Décrocher un diplôme sans reprendre des études : la validation des acquis de l’expérience, un dispositif méconnu

Source: The Conversation – in French – By Céline Hoffert, Maîtresse de conférences en sciences de l’éducation et de la formation, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

La validation des acquis de l’expérience permet d’obtenir un diplôme en valorisant les compétences acquises sur le terrain professionnel, sans nécessairement reprendre des études. Ce dispositif reste encore peu mobilisé, bien qu’il présente de nombreux atouts.


Dans un monde marqué par la mondialisation et un marché de l’emploi en tension, le diplôme demeure incontournable pour accéder à l’emploi, sécuriser son parcours et améliorer son employabilité. Cependant les trajectoires professionnelles ne sont plus longilignes. Le diplôme obtenu par formation initiale – lorsqu’il existe – ne peut répondre à lui seul aux enjeux économiques et sociaux.

En effet, l’accélération des évolutions technologiques rend nécessaire l’apprentissage constant pour innover et pour rester compétitif. Or la formation professionnelle continue présente encore des lacunes : elle bénéficie surtout aux personnes déjà diplômées et répond avec un temps de retard aux besoins du marché du travail.

Pour penser l’apprentissage tout au long de la vie, il s’agit aujourd’hui de reconnaître la dimension formatrice de l’expérience, au travail ou dans la vie quotidienne. Créée en 2002, la validation des acquis de l’expérience (VAE) répond à ces besoins de certification. Plus de 250 000 diplômes ont été délivrés par cette voie. De quoi s’agit-il ?

Le déroulement de la VAE

La VAE est ouverte à toute personne justifiant d’une expérience de terrain, qu’elle soit professionnelle, bénévole, syndicale ou même personnelle. Elle permet d’obtenir un diplôme, titre ou certificat national, identique à celui délivré par formation initiale ou continue. Il est ainsi possible d’obtenir tout diplôme référencé au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), qu’il s’agisse d’un CAP, d’un baccalauréat professionnel, d’une licence, d’un master ou même d’un doctorat.

La démarche se déroule en moyenne sur une année, indépendamment du calendrier scolaire ou universitaire. Elle est principalement mobilisée hors temps de travail.

La démarche de VAE consiste à « mettre au travail » l’expérience pour démontrer la maîtrise des connaissances et des compétences inscrites au référentiel du diplôme visé. Pour ce faire, le candidat ou la candidate traverse quatre grandes étapes. Il ou elle :

  • identifie le diplôme en lien avec son expérience et son projet ;

  • constitue un dossier de recevabilité-faisabilité (aussi appelé « livret 1 ») pour autoriser son entrée dans le dispositif et sécuriser son parcours ;

  • constitue un dossier VAE (aussi appelé « livret 2 ») qui est un écrit spécifique, à la fois professionnel et académique, nécessitant la maîtrise de compétences transversales (écriture, synthèse…), d’autant plus exigeantes que le niveau du diplôme visé est élevé ;

  • présente le dossier VAE à un jury qui décide d’une validation totale, partielle ou d’un refus.

Plus qu’un diplôme, un processus apprenant

La VAE n’est pas à proprement parlé un dispositif de formation. Sa finalité est d’abord certifiante. Cependant, elle apparaît profondément apprenante, au sens où elle développe les dispositions à apprendre des candidats. Elle répond ainsi aux enjeux de l’apprenance, en encourageant à apprendre en tout lieu et en toute situation. Selon Philippe Carré, auteur du concept, « On apprend toujours seul, mais jamais sans les autres. » Aussi, la plupart des candidats et candidates bénéficient d’un accompagnement, ce qui favorise la dynamique d’apprentissage.

Notre recherche (menée dans l’enseignement supérieur) a mis en exergue cette dynamique générée par la mise au travail de l’expérience.

Celle-ci débute par une mise au jour des connaissances et compétences. Mettre des mots sur son expérience, c’est prendre conscience de ce que l’on sait, de ce que l’on sait faire, de ce que l’on aime ou non faire. C’est mieux se connaître, identifier ses forces et ses zones de progrès.

Cette mise au jour permet ainsi, par comparaison, de mesurer les écarts entre ses acquis et ce qui est requis pour le diplôme, ou pour évoluer professionnellement.

La mise au jour des connaissances et compétences engage leur mise à jour, pour combler les écarts. Les candidats peuvent bénéficier de temps formatifs dans le cadre de l’accompagnement et en dehors, mais ils peuvent aussi apprendre de leurs lectures et de leurs échanges avec leur entourage professionnel et personnel, et avec d’autres candidats.

Ces nouvelles connaissances et compétences mises en œuvre facilitent l’élaboration de leur dossier, et contribuent plus largement au développement professionnel et personnel des candidats. Ainsi ce sont leur rapport au savoir et leur rapport au travail qui évoluent.

Reconnaître le dispositif de VAE

Malgré ses atouts, la diplomation par VAE reste marginale si on la compare aux autres voies d’accès aux diplômes. Elle peine à atteindre pleinement les publics qui en auraient le plus besoin. Si elle est principalement mobilisée par des personnes peu qualifiées, ce sont majoritairement des personnes en situation d’emploi qui se portent candidates.

Le dispositif a donc connu plusieurs ajustements législatifs et réglementaires, plus ou moins conséquents, au gré des réformes de l’éducation et de l’emploi. La loi du 21 décembre 2022 portant mesures d’urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi marque un tournant pour la VAE. Cette loi entend simplifier les démarches et se focalise principalement sur les freins administratifs pour élargir les publics concernés.

Que la VAE soit davantage connue est une chose, mais est-elle reconnue à sa juste valeur ? Pour ses bénéficiaires comme pour les employeurs, la VAE offre certes des avantages « productifs » en termes logistiques et financiers, elle atteste officiellement de compétences « métiers ».

Mais la VAE peut aussi se révéler « constructive » : elle mobilise et développe des capacités à organiser le travail, à faire preuve d’autonomie et de persévérance ; et surtout elle mobilise et développe les dispositions à apprendre. Ceci apparaît aujourd’hui essentiel dans un monde en pleine accélération.

The Conversation

Céline Hoffert est membre du réseau UnivPro (https://www.univpro.fr).
Elle a été Chargée d’ingénierie et d’accompagnement VAE puis Responsable de la Cellule VAE de l’Université de Strasbourg de 2010 à 2024.

ref. Décrocher un diplôme sans reprendre des études : la validation des acquis de l’expérience, un dispositif méconnu – https://theconversation.com/decrocher-un-diplome-sans-reprendre-des-etudes-la-validation-des-acquis-de-lexperience-un-dispositif-meconnu-260242

Qui était Berta Cáceres, assassinée en 2016 pour avoir défendu une rivière sacrée au Honduras ?

Source: The Conversation – in French – By Shérazade Zaiter, Auteure | Juriste | Conférencière | Ambassadrice pour le Pacte européen du climat, Université de Limoges

Berta Cáceres a reçu, en 2015, le « Nobel vert », le prix Goldman pour l’environnement. Goldman Environmental Prize

Cet été, The Conversation France vous emmène à la rencontre de personnalités pionnières mais méconnues de mouvements pour la protection de l’environnement. Aujourd’hui, il s’agit de Berta Cáceres, militante écologiste qui a défendu les droits des peuples autochtones et qui a été froidement assassinée, en 2016, au Honduras.


En 2023, 196 défenseurs de l’environnement ont été tués à travers le monde. Ces chiffres terrifiants, publiés en septembre 2024 par l’ONG Global Witness, témoignent d’une réalité alarmante : s’engager pour la planète peut coûter la vie. Et dans ce combat, l’Amérique latine reste l’une des régions les plus dangereuses. Depuis 2012, plus de 2 100 militants sont morts, soit un meurtre tous les deux jours.

Parmi les pays les plus touchés : la Colombie, le Brésil, le Mexique, les Philippines… et le Honduras. Dans ce petit pays d’Amérique centrale, 18 défenseurs de l’environnement ont perdu la vie en 2023. La majorité des victimes sont issues des peuples autochtones, qui représentent à peine 5 % de la population mondiale, mais qui concentrent plus d’un tiers des agressions recensées.

Le destin de Berta Cáceres, militante hondurienne assassinée en 2016, en représente un exemple tragique. Ce texte retrace le portrait de cette figure hors norme dont l’écho résonne encore aujourd’hui.

Engagée pour les peuples autochtones

Figure emblématique de la défense des droits autochtones et de l’environnement, Berta Cáceres est devenue le symbole d’une lutte universelle contre la corruption environnementale.

Berta Cáceres en 2007.
UN Environment

Née le 4 mars 1971 à La Esperanza, elle a grandi au sein d’une famille engagée. Sa mère, Austra Bertha Flores, est sage-femme et militante féministe. Son père, Ricardo Cáceres, appartient au peuple indigène lenca.

Très tôt, Berta a été sensibilisée aux inégalités sociales, à la pauvreté et à l’injustice. En 1993, elle a cofondé le Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras (COPINH), une organisation dédiée à la défense des droits des peuples autochtones. Avec le COPINH, elle s’est engagée contre l’exploitation des ressources naturelles et contre le fait que les projets industriels soient imposés aux communautés sans leur consentement.

Le « Nobel vert » pour sa mobilisation contre un projet de barrage

Au début des années 2000, le gouvernement hondurien a attribué des concessions à des entreprises privées pour construire des barrages hydroélectriques sur des territoires indigènes. Parmi ces derniers, le projet Agua Zarca, porté par la société Desarrollos Energéticos S.A. (DESA), prévoyait de barrer le fleuve Gualcarque, une rivière sacrée pour les Lenca. Un projet qui menaçait leur existence même : le peuple Lenca dépend de cette rivière pour son eau, sa culture, sa spiritualité et sa survie.

Berta Cáceres a alors organisé la résistance. Manifestations, blocages, campagnes internationales… Pendant des années, elle a dénoncé la collusion entre l’entreprise DESA, les responsables politiques et les forces de sécurité. Bien que pacifique, son action dérangeait. Très vite, elle est devenue la cible de harcèlements, de menaces de mort, et de tentatives d’intimidation. Le gouvernement hondurien, au lieu de la protéger, a préféré l’accuser d’incitation à la violence.

En 2015, Berta Cáceres a reçu le prestigieux prix Goldman pour l’environnement. Ce prix, surnommé le « Nobel vert », récompense les plus grands défenseurs de la nature à travers le monde. Il est venu saluer son combat acharné pour les droits des peuples autochtones et la protection des territoires sacrés. Le monde entier a alors découvert le courage de cette guerrière, porte-voix des rivières et des forêts du Honduras.

Un meurtre qui a provoqué une onde de choc mondiale

Mais cette reconnaissance internationale n’aura pas suffi à la protéger. Dans la nuit du 2 au 3 mars 2016, des tueurs à gages sont entrés chez elle et l’ont froidement abattue. Elle avait 44 ans et était mère de quatre enfants. Elle a été assassinée pour avoir défendu une rivière sacrée.

Son meurtre, parfaitement ciblé et planifié, a provoqué une onde de choc mondiale. Les Nations unies, Amnesty International, les gouvernements étrangers, les ONG environnementales : tous réclament une enquête impartiale. Michel Forst, ancien rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains, a exhorté le Honduras à garantir une enquête complète sur le meurtre de Berta.

Mais dans ce pays, l’impunité reste la norme. Plus de huit ans après son assassinat, la justice hondurienne peine toujours à poursuivre tous les responsables impliqués dans le crime. Pour l’heure, les quatre tueurs à gages, un major de l’armée, plusieurs responsables de DESA – dont son ancien chef de la sécurité et Roberto David Castillo Mejía, son ancien président – ont été condamnés.

Roberto David Castillo Mejía, en particulier, a été condamné en 2022 par la Cour suprême de justice du Honduras à 22 ans de prison comme coauteur de l’assassinat de Berta. En novembre 2024, il a écopé de cinq années supplémentaires pour fraude et usage de faux documents dans l’affaire de Gualcarque.

Cette condamnation repose en grande partie sur les preuves méticuleusement collectées par Berta elle-même au prix de sa vie. À l’époque, Castillo siégeait également à la direction de l’entreprise nationale d’électricité (ENEE), une position qui lui aurait permis de manipuler l’attribution des contrats publics en faveur de DESA.

Ce cas illustre parfaitement la collusion toxique entre entreprises privées, institutions publiques et réseaux de pouvoir. Si ces condamnations représentent une avancée partielle, elles ne sauraient masquer l’absence de poursuites contre les véritables architectes de ce système de prédation. Roberto David Castillo ne serait que le maillon d’une structure criminelle plus large : la liste des personnes condamnées n’intègre pas toutes les personnes qui ont planifié et ordonné l’assassinat de l’activiste.

Face au refus du gouvernement hondurien d’accepter des investigations d’enquêteurs étrangers, un groupe d’experts indépendant a, en 2017, mis en cause les autorités du Honduras.

Dans ce contexte, le refus du Honduras de ratifier l’accord d’Escazú, qui concerne les droits d’accès à l’information sur l’environnement, la participation du public à la prise de décision environnementale, la justice environnementale et un environnement sain et durable pour les générations actuelles et futures en Amérique latine et dans les Caraïbes, apparaît comme une forme de déni institutionnel.

Signé par 24 pays en septembre 2018 au Costa Rica et entré en vigueur en avril 2021, ce traité régional, pionnier sur l’environnement et les droits humains, engage les États à garantir l’accès à l’information environnementale, à renforcer la participation citoyenne aux décisions écologiques, et surtout à protéger les défenseurs de l’environnement.

Le Honduras, qui reste l’un des pays les plus meurtriers au monde pour les défenseurs de l’environnement, ne l’a toujours pas ratifié, alors même que la société civile et les ONG internationales réclament son adoption urgente. À ce jour, seuls 18 pays d’Amérique latine et des Caraïbes l’ont ratifié.

L’héritage laissé par Berta Cáceres

L’histoire de Berta Cáceres dépasse les frontières du Honduras et appelle à ce que justice soit faite. Non seulement pour elle, mais pour toutes celles et ceux qui, aujourd’hui encore, risquent leur vie pour défendre la Terre. Ce drame révèle les mécanismes d’un système global où la défense du vivant entre en conflit avec des intérêts économiques puissants. Dans ce système, ce sont souvent les plus vulnérables – peuples autochtones, femmes, paysans – qui paient le prix fort.




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Le COPINH poursuit aujourd’hui l’œuvre de Berta Cáceres, mené en partie par sa fille Laura Zúñiga Cáceres. À La Esperanza, des fresques murales, des cérémonies et des chants perpétuent la mémoire de celle qu’on appelle désormais la gardienne des rivières.

Berta Cáceres est ainsi devenue une figure universelle de la résistance : une femme qui a su unir écologie, justice sociale et lutte pour les droits des peuples dans un même souffle. De nombreuses organisations de défense des droits humains et de

l’environnement à travers le monde évoquent régulièrement son nom pour dénoncer les violences systémiques. Dans un monde confronté à la crise climatique, à l’effondrement de la biodiversité et aux dérives autoritaires, sa mémoire rappelle que défendre l’environnement, ce n’est pas seulement protéger la nature, c’est aussi défendre les droits humains.

Berta Cáceres a ouvert un chemin pour la nouvelle génération de défenseurs de l’environnement : défendre la planète, c’est aussi défendre la vie, la dignité et la démocratie.

Ainsi Berta Cáceres disait-elle :

« Notre Terre-mère, militarisée, clôturée, empoisonnée, témoin de la violation systématique des droits fondamentaux, nous impose d’agir. »

Aujourd’hui, face à l’urgence écologique et climatique, aux atteintes aux droits humains et aux menaces croissantes contre les libertés, ces mots ne sont plus un simple avertissement. Ce sont des impératifs moraux. Agir n’est plus une option : c’est un devoir.

The Conversation

Shérazade Zaiter est membre d’Avocats sans Frontières et du Centre International de Droit Comparé de l’Environnement.

ref. Qui était Berta Cáceres, assassinée en 2016 pour avoir défendu une rivière sacrée au Honduras ? – https://theconversation.com/qui-etait-berta-caceres-assassinee-en-2016-pour-avoir-defendu-une-riviere-sacree-au-honduras-261413

États-Unis : la politique nataliste inégalitaire de Donald Trump

Source: The Conversation – in French – By Allane Madanamoothoo, Associate Professor of Law, EDC Paris Business School

La « grande et belle loi budgétaire », annoncée par Donald Trump, début juillet, vise notamment à inciter les femmes états-uniennes à avoir plus d’enfants. En examinant ses dispositions, on constate que ce sont avant tout les femmes les mieux loties aux niveaux social et économique qui seront à même d’en profiter.


Comme de nombreux autres pays du monde, les États-Unis sont confrontés à une baisse massive des naissances depuis des décennies. Cette chute démographique s’est amorcée, aux États-Unis, dès le XIXe siècle, une époque où les femmes avaient en moyenne sept enfants. Depuis 2007, le taux de natalité outre-Atlantique est tombé à 1,6 enfant par femme, soit un taux largement inférieur au seuil de renouvellement des générations, lequel est estimé à environ 2,05 enfants par femme hors immigration.

Selon les données des centres de contrôle et de prévention des maladies, environ 3,6 millions de naissances ont été enregistrées en 2023, ce qui représente un recul de 2 % par rapport à 2022, et une diminution de 20 % depuis 2007.

Face à ce constat, Donald Trump veut provoquer un baby-boom, une ambition qu’il avait déjà formulée en 2023. En février dernier, le président a signé un décret exécutif visant à « examiner » les moyens de réduire le coût de la fécondation in vitro et d’en faciliter l’accès aux citoyens américains. Toutefois, à ce propos, rien n’a encore été concrétisé à ce jour. En attendant, une nouvelle étape vient d’être franchie avec la loi budgétaire, promulguée le 4 juillet dernier, dite « grande et belle loi budgétaire ». Celle-ci prévoit des mesures incitatives en faveur de la natalité.

Trump n’est pas le seul à avoir une vision nataliste. Le vice-président J. D. Vance, connu pour son mépris envers les femmes sans enfant, a lui aussi affirmé vouloir plus de bébés aux États-Unis. Pour Elon Musk, ancien proche allié de Trump et père de quatorze enfants qu’il a eus avec quatre femmes différentes, la diminution du taux de natalité est plus inquiétante que le réchauffement climatique. Les mouvements pronatalistes gagnent également en visibilité depuis quelques années. Le déclin de la natalité est ainsi devenu un sujet de préoccupation majeur dans le pays.

Comment expliquer cet effondrement démographique, que Donald Trump entend combattre à travers les mesures natalistes prévues dans sa loi budgétaire ? Et ces mesures seront-elles accessibles et équitables pour toutes les familles ?

Les facteurs clés de la dénatalité

Comme le souligne Donna Strobino, experte en recherche sur la santé maternelle et infantile, les femmes, aux États-Unis, poursuivent en moyenne des études plus longues que les hommes. Certaines – principalement les résidentes des métropoles du numérique et de la tech, issues de la population blanche, aisée et diplômée – privilégient ensuite leur carrière à la maternité. D’autres, quoique moins bien loties financièrement, ont fait le choix d’avoir moins d’enfants en raison d’un certain esprit d’indépendance vis-à-vis des valeurs traditionnelles.

S’y ajoute le report du projet parental des unes et des autres pour des raisons sociétales (célibat, inégalité dans la répartition des tâches domestiques), de priorités professionnelles (crainte du « plafond de mère ») ou économiques (remboursement du prêt d’études, chômage, prix élevé du logement, coût ou pénurie des garderies).

Les « Ginks » – Green Inclinations No Kids –, de leur côté, ont fait le choix de ne pas avoir d’enfants pour des raisons d’ordre écologique.

En outre, la commercialisation aux États-Unis de la pilule contraceptive depuis 1960, ainsi que l’accès plus facile à l’avortement (du moins avant l’arrêt Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization en 2022) ont également contribué à cette baisse de la natalité.

Enfin, certaines femmes états-uniennes ont choisi de différer leur projet de maternité en recourant à la congélation de leurs ovocytes, quand bien même cette pratique ne garantit pas une future grossesse.

L’accessibilité inégale des politiques natalistes de Trump

L’une des mesures annoncées par la nouvelle administration, qui sera mise en œuvre dès juillet 2026, est la création d’un compte d’épargne pour les nouveau-nés, baptisé « compte Trump ». Dans le cadre de ce dispositif, le gouvernement fédéral versera 1 000 dollars aux parents de chaque enfant de citoyenneté états-unienne né entre le 1er janvier 2025 et le 31 décembre 2028, quel que soit le revenu du foyer.

« Trump promet 1 000 dollars par bébé », LCI.

La loi autorise les familles à alimenter ce compte jusqu’à un plafond de 5 000 dollars par an jusqu’aux 18 ans du bénéficiaire. Toutefois, ces « comptes Trump », qui sont censés profiter à tous les enfants états-uniens, favoriseraient surtout les familles les plus aisées. Une simulation, effectuée par Washington Monthly, démontre qu’avec un rendement annuel de 8 %, le dépôt unique de 1 000 dollars par l’État fédéral ne rapporterait que 3 996 dollars après dix-huit ans. À l’inverse, une famille capable d’y verser 5 000 dollars chaque année accumulerait près de 191 000 dollars au terme de la même période.

Parallèlement, la nouvelle loi budgétaire a augmenté le crédit d’impôt pour enfants (Child Tax Credit, CTC), le faisant passer de 2 000 à 2 200 dollars par enfant, à compter de l’année d’imposition 2025. Le CTC étant déterminé par le niveau de revenus du foyer, 19,3 millions d’enfants, contre 17 millions actuellement, ne bénéficieront pas de cette augmentation, car leurs familles ne remplissent pas les nouvelles exigences minimales de revenus.

Les enfants appartenant à une catégorie spécifique de la population pauvre en pâtiront davantage. Les données publiées par le Bureau du recensement, en 2023, montrent en effet que les Noirs et les Hispaniques sont davantage touchés par la pauvreté. Pour la juriste Beverly Moran, 17 millions d’enfants appartenant à ces groupes seront exclus du CTC.




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Une inégalité exacerbée par les coupes dans les aides sociales

Medicaid, un programme public d’assurance santé pour les plus démunis, finance plus de quatre naissances sur dix au niveau national, et près de la moitié des naissances en milieu rural. Les coupes drastiques prévues dans ce programme pourraient avoir de graves conséquences sur la pérennité de certains hôpitaux. Plus de 300 hôpitaux situés en zone rurale, déjà confrontés à une pression financière significative, pourraient être amenés à fermer ou à supprimer leurs services de maternité.




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Une telle évolution nuirait gravement à la santé des femmes enceintes et de l’enfant qu’elles portent, à celle des jeunes mères et des nouveau-nés. Cela est d’autant plus préoccupant que le taux de mortalité maternelle ne cesse d’augmenter aux États-Unis. L’Organisation mondiale de la santé définit la mortalité maternelle comme « le décès d’une femme, survenu au cours de la grossesse ou dans un délai de quarante-deux jours après sa terminaison, quelle qu’en soit la durée ou la localisation, pour une cause quelconque déterminée ou aggravée par la grossesse ou sa prise en charge, mais ni accidentelle ni fortuite ».

Par ailleurs, si Medicaid finance environ 40 % des accouchements à l’échelle nationale, il couvre plus de 64 % des naissances chez les Afro-Américaines. Selon l’association March of Dimes, les taux de naissances prématurées et de mortalité maternelle et infantile, qui sont plus élevés dans la population noire, risquent d’augmenter en raison de ces coupes budgétaires.

« La mortalité maternelle chez les femmes afro-américaines », Nat Geo France.

Le sabrage dans le programme d’aide supplémentaire à la nutrition (Supplemental Nutrition Assistance Program, SNAP), destiné aux plus défavorisés, aura également un impact réel sur la capacité à procréer des personnes qui n’y seront plus éligibles. En effet, une mauvaise nutrition peut affecter la fertilité des hommes et des femmes.

De plus, les femmes ayant été victimes d’insécurité alimentaire risquent plus que les autres d’avoir des carences et de donner par la suite naissance à des enfants en sous-poids et plus vulnérables aux maladies.

Notons qu’en 2023, 55 % des bénéficiaires du programme SNAP étaient des femmes, et près de 33 % étaient des femmes de couleur.




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Il en ressort que les mesures natalistes mises en place par la politique de Donald Trump, pour autant qu’elles soient efficaces, aideront davantage les classes moyennes et supérieures.

Couplées aux réductions de Medicaid et du SNAP, ces mesures traduisent également le choix politique de limiter la reproduction des pauvres et des Noirs. De telles mesures – le retour de l’eugénisme positif comme négatif sous un nouveau visage… – auront de lourdes conséquences.

The Conversation

Allane Madanamoothoo ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. États-Unis : la politique nataliste inégalitaire de Donald Trump – https://theconversation.com/etats-unis-la-politique-nataliste-inegalitaire-de-donald-trump-261973

Refuges de montagne : entre regain de fréquentation et menaces climatiques

Source: The Conversation – in French – By Philippe Bourdeau, Professeur émérite de géographie culturelle, UMR Pacte, Université Grenoble Alpes (UGA)

Lieux iconiques de l’histoire de l’alpinisme, les refuges bénéficient d’une relance de fréquentation portée par un rajeunissement de leur public. Cette embellie survient au moment où des dizaines de bâtiments et leurs accès sont menacés par les effets du réchauffement climatique. Alors que l’inflation des coûts de maintenance, de rénovation ou de reconstruction engendrés par ces impacts se heurte à la raréfaction de l’argent public, une vision prospective s’amorce pour repenser leur conception et leurs fonctions.


À l’interface entre vallées et moyenne et haute altitude, les refuges jouent un rôle de plus en plus structurant dans la fréquentation de la montagne peu aménagée, à mesure que leur public s’élargit, et que leur statut et leurs fonctions initiales d’hébergement et de restauration se transforment et s’étoffent. Dans les Alpes françaises, on en recense 234 qui représentent une capacité d’accueil de 9 466 lits, dont 138 correspondent strictement aux trois critères de définition retenus par le Code du tourisme, à savoir : l’absence d’accès par voie carrossable ou remontée mécanique, l’inaccessibilité pendant au moins une partie de l’année aux véhicules de secours et la mise à disposition en permanence d’un espace ouvert au public.

Du fait de leurs caractéristiques géographiques, techniques, culturelles et fonctionnelles, ce sont des hébergements très atypiques au regard des standards touristiques conventionnels : accès pédestre à des sites isolés à haute valeur environnementale, souvent dotés d’un statut de protection ; déconnexion fréquente des réseaux de communication ; ressources très restreintes en eau et en énergie ; fortes contraintes de traitement ou de transport des rejets et déchets ; exiguïté de l’espace habitable ; éventualité de circonstances météorologiques exceptionnelles et de situations de risques (avalanches, écroulements rocheux) ou d’accidents ; exigence d’autonomie hors des périodes de gardiennage ou dans les cabanes non gardées.

Il en est de même en ce qui concerne les conditions de séjour : repas pris en commun, menu unique le soir, dortoirs collectifs… Ces particularités les inscrivent au cœur de questionnements sociétaux majeurs : relation à la nature, rapport au confort et à la frugalité, adaptation au changement climatique, sans oublier l’accessibilité sociale et le vivre-ensemble.

Une fréquentation relancée

Au cours de cinq dernières années, dans l’ensemble de l’Arc alpin, la fréquentation des refuges de montagne, mesurée en nuitées, a atteint des records. C’est le cas en Suisse, dès 2019, puis en France en 2023.

L’examen de l’évolution du nombre de nuitées annuelles sur une longue période montre cependant, pour la France, un tableau très contrasté. À l’échelle nationale, les nuitées enregistrées chaque année dans les refuges de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM) ont connu une nette baisse après un pic d’environ 300 000 nuitées atteint dans la première moitié des années 1990.

Après un rétablissement au début des années 2000, suivi d’une phase de stagnation, le nombre total de nuitées annuelles a recommencé à augmenter à partir de 2017, pour s’établir autour de 370 000 en 2023 et en 2024, selon les données de la FFCAM.

Pour l’année 2023, si l’on prend aussi en compte la fréquentation des 12 refuges du parc national de la Vanoise, c’est ce massif qui comptabilise la fréquentation annuelle la plus importante à l’échelle française (110 000 nuitées), suivi par le massif des Écrins (76 000 nuitées), puis par les Pyrénées (73 000 nuitées), le massif du Mont-Blanc (66 000 nuitées) et les Alpes du Sud (34 000 nuitées).

Contrastes de fréquentation entre moyenne et haute montagne

L’évolution de cette fréquentation est fortement différenciée selon les vallées et les secteurs, ainsi que selon l’altitude et l’accessibilité des sites. Les bâtiments de haute montagne situés au-dessus de 2 700 mètres, tournés majoritairement vers la pratique de l’alpinisme, connaissent à quelques exceptions une baisse tendancielle, alors que les refuges de moyenne montagne ou ceux qui sont les plus accessibles aux randonneurs connaissent une augmentation de fréquentation.

Un contraste très net s’accentue entre la pratique restreinte de l’alpinisme, qui concerne environ 200 000 personnes à l’échelle de la population française, et celle fortement répandue de la randonnée pédestre, qui concerne un public de 10,4 millions de pratiquants hors montagne et de 6,4 millions en montagne, d’après l’enquête nationale sur les pratiques physiques et sportives 2020.

De plus, la nouvelle donne climatique réduit drastiquement la pratique estivale de l’alpinisme, maintenant décalée d’un mois sur la fin du printemps, ce qui tend à instaurer une continuité avec la pratique du ski de randonnée, en fort développement depuis dix ans (jusqu’à représenter plus de 30 % des nuitées annuelles dans certains refuges).

Menaces, enjeux et dilemmes : bienvenue dans les refuges de l’anthropocène

Dans le même temps, l’impact du changement climatique sur les refuges s’amplifie, les bâtiments situés en haute montagne étant les plus vulnérables. Une étude récente portant sur un panel de 45 refuges situés dans trois massifs en Suisse (Valais) et en France (Écrins et Mont-Blanc) souligne que les trois quarts d’entre eux sont affectés par au moins deux des cinq types d’impacts identifiés : dégradation des accès routiers, dégradation des itinéraires pédestres, dommages aux bâtiments, raréfaction des ressources en eau et altération des conditions de pratique des activités autour des refuges.

Dans les années 2010, ce sont en premier lieu les accès aux refuges du bassin de la mer de Glace, dans le massif du Mont-Blanc, qui ont été bouleversés par le retrait glaciaire.

À partir de 2020, les refuges du massif des Écrins connaissent de multiples épisodes de fermeture définitive (la Pilatte, à 2 577 mètres ou temporaire, imputables à des déstabilisations géomorphologiques du fait du retrait glaciaire, à des crues torrentielles, des écroulements rocheux sur les sentiers d’accès ou des pénuries d’eau.

Au-delà des refuges, ce sont aussi toutes les infrastructures d’accès routières et pédestres qui les desservent qui sont régulièrement endommagées, avec comme sujet majeur la destruction chronique de passerelles et de sentiers. Dans les Écrins, les évènements météorologiques survenus en 2023 et en 2024 ont dégradé 30 kilomètres de sentiers sur le linéaire de 600 kilomètres géré par le parc national et détruit 53 des 120 des passerelles installées pour franchir les torrents. Le budget annuel consacré à l’entretien et à la restauration des sentiers et passerelles a augmenté de 65 % entre 2019 et 2024, passant de 260 000 euros à 435 000 euros (source : Parc national des Écrins) et constitue une charge financière de moins en moins soutenable.

Une complexification des conditions de fonctionnement et de gardiennage

La pression climatique s’accompagne de multiples facteurs de complexification qui accentuent la vulnérabilité des refuges en fragilisant les équilibres sur lesquels repose leur fonctionnement. Ainsi, la logique de montée en confort et de service qui a prévalu depuis le milieu des années 2010 se heurte aux impératifs de sobriété en matière d’énergie et de ressource en eau.

De même, l’inflation des coûts de rénovation et de soutenabilité environnementale d’un parc de bâtiments vieillissant fait face à l’érosion des financements publics.

Devant de telles mutations, les gardiens, qui ont le statut de travailleurs indépendants, voient leurs missions largement amplifiées, qu’il s’agisse d’accueillir des publics diversifiés, de transmettre des informations culturelles et patrimoniales, d’expliquer les changements paysagers et les enjeux de biodiversité, de gérer de fait le bivouac aux alentours du refuge, de délivrer des conseils en tout genre destinés à un public de primo-arrivants en montagne, voire de réguler certains comportements maladroits ou inappropriés.

Les refuges, des laboratoires de transition

Malgré le regain d’intérêt qu’ils suscitent et leur rôle d’outil d’aménagement et de vecteur d’accès à la montagne, les refuges sont soumis à de fortes incertitudes structurelles et fonctionnelles dont le tableau peut sembler très sombre. De fait, c’est bien le maintien de l’intégrité du parc actuel qui est remis en question par les effets croisés des destructions climatiques et de l’effondrement programmé des financements publics.

Les logiques de fluidité de fréquentation, fondées sur une mobilité automobile généralisée, instituées depuis des décennies, sont à réinterroger, aussi bien en ce qui concerne l’accès aux hautes vallées, la localisation des parkings, le réseau de chemins d’accès et de passerelles, et le niveau d’entretien des itinéraires de randonnée et d’ascension.

Il s’agit de redéfinir les pratiques touristiques et sportives, en imaginant des séjours plus longs, des itinérances, des périodes de gardiennage élargies. Avec notamment pour enjeu un ré-étagement des refuges en altitude et un redimensionnement (à la hausse ou à la baisse, selon les situations locales) des capacités d’hébergement. L’ensemble des paramètres qui conditionnent le statut et le fonctionnement des refuges doit désormais être pris en compte, comme la question de leur accessibilité sociale, de leur soutenabilité environnementale, de leur mode de gardiennage et de leur modèle économique.

Cette réflexion prospective a fait l’objet d’ateliers créatifs et collaboratifs RefugeRemix organisés en 2019, en 2023 et en 2024 dans le cadre des programmes de recherche Refuges sentinelles et HutObsTour. Dans la continuité des Rencontres sur les refuges au cœur des transitions, organisées en 2023, cette réflexion mobilise les parties prenantes du secteur autour d’une plateforme dont l’objectif est d’élaborer une feuille de route pour l’avenir, sous l’égide du Commissariat de massif des Alpes et avec l’appui du parc national des Écrins.


L’équipe des programmes Refuges sentinelles et HutObsTour a participé à la rédaction de cet article : Victor Andrade, Richard Bonet, Laine Chanteloup, Mélanie Clivaz, Marc Langenbach, Jean Miczka, Justin Reymond, Sophie de Rosemont. Merci également à Brice Lefèvre et Pierrick Navizet.

The Conversation

Philippe Bourdeau a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche, du Labex ITTEM, du FNADT, du Parc National des Écrins, du Parc National de la Vanoise, de la Communauté de Communes de la Vallée de Chamonix, de la Fondation Petzl.

ref. Refuges de montagne : entre regain de fréquentation et menaces climatiques – https://theconversation.com/refuges-de-montagne-entre-regain-de-frequentation-et-menaces-climatiques-262926

Graff : de l’underground à la sauvegarde institutionnelle

Source: The Conversation – in French – By Sabrina Dubbeld, Maîtresse de conférences en Histoire et théorie de l’art contemporain, Aix-Marseille Université (AMU)

Graff rue des Muettes, quartier du Panier, Marseille (Bouches-du-Rhône, février 2019). Sabrina Dubbeld , Fourni par l’auteur

Certaines révolutions sont plutôt discrètes. En juillet 2025, sans tambour ni trompette, dans le cadre feutré de l’Institut national de l’histoire de l’art, était inauguré le Centre national des archives numériques de l’art urbain. Jusqu’alors, le graff n’avait pas d’archives institutionnalisées. Il s’agit d’une étape cruciale dans la patrimonialisation de cet art. Elle consacre un mouvement longtemps marginalisé, tout en offrant aux chercheurs un accès inédit à des archives essentielles.


La pratique du graffiti writing – ou graff– apparaît à la fin des années 1960 aux États-Unis. En Europe, elle s’impose en tant que pratique culturelle urbaine au cours des années 1980. Les acteurs de cet art font du travail autour du lettrage et de la typographie de leur signature (dit aussi « blaze ») le cœur de leur recherche. Selon l’écrivain Norman Mailer, qui publia en 1974 l’un des premiers grands essais consacrés au graff, une nouvelle « religion » est née : celle du nom, qui se multiplie depuis lors à l’envi sur l’ensemble des supports disponibles : murs, portes, palissades, mais aussi sur les trains, « l’extase du railway » participant pleinement de la mythologie du mouvement.

Plus de cinquante ans après son apparition, l’histoire du graff demeure secrète en France : « Le graffiti est encore un mouvement underground. Son évolution, ses différents courants restent obscurs pour le grand public », précise l’artiste et spécialiste de l’art urbain Nicolas Gzeley. Pourtant, depuis les années 1980, de nombreuses expositions ont été consacrées à ses acteurs. Parmi les plus récentes, on trouve « Rammellzee » au Palais de Tokyo à Paris (2025), « Graffiti X Georges Mathieu » à la Monnaie de Paris (2025), « Aréosol, une histoire du graffiti » (2024) au musée des Beaux-Arts de Rennes (Ille-et-Vilaine).

Des galeristes pionniers apportèrent également très tôt leur soutien au mouvement, tels que Willem Speerstra, Magda Danysz ou encore Agnès B., qui invita des graffeurs, repérés dans les rues de Paris et de New York, à exposer dans sa galerie dès 1985. Ce soutien anticipait d’une vingtaine d’années l’engouement pour l’art urbain sur le marché de l’art, succès qui ne s’est pas démenti depuis.

Comment, dans ces conditions, expliquer la confidentialité dans laquelle se maintient cette pratique artistique ?

Le graff : des origines illégales et subversives

Le graff – tel qu’il est appréhendé, décrit et pratiqué par la majorité de ses acteurs – constitue une contre-culture souterraine, largement transgressive et fortement codifiée. En témoigne le sociolecte complexe et proliférant dont les graffeurs font usage – tag, flop, chrome… – et dont l’évolution, fort rapide, nécessite la mise à jour régulière de glossaires spécialisés. Les œuvres produites, dès lors qu’elles sont réalisées dans l’espace de la cité sans autorisation, sont considérées, au regard de la loi, comme des actes délictueux.

« On a souvent tendance, écrit le commissaire d’exposition Hugo Vitrani, à oublier que la première institution à laquelle sont confrontés les graffeurs est le palais de justice, bien avant le musée. »

Les travaux de Julie Vaslin, chercheuse en science politique, mettent en exergue l’ampleur et le caractère systématique des moyens déployés par les pouvoirs publics dans la lutte anti-graffitis depuis le début des années 1980 : effacement, poursuites judiciaires pouvant déboucher sur de lourdes condamnations. Encore aujourd’hui, alors que la labellisation « street art » a supplanté depuis une dizaine d’années celle de « graffiti » et que différentes formes d’institutionnalisation de l’art urbain se développent, « l’effacement de l’immense majorité des graffitis, écrit Julie Vaslin, est la condition sine qua non de l’encadrement culturel de quelques-uns d’entre eux ». À titre d’exemple, en 2024, la Ville de Paris a dépensé pas moins de 6,9 millions d’euros pour le nettoyage et la suppression de ces écritures sauvages.

Une histoire lacunaire, « parsemée de zones d’ombres »

Face à la rigueur de cette répression et l’efficacité des dispositifs d’effacement, le culte du secret fut savamment entretenu par les graffeurs. Ils s’organisèrent très tôt au sein de leur « crew » (équipe) afin de documenter leurs pratiques en constituant des traces graphiques et photographiques, seuls vestiges de leurs œuvres, par nature éphémères. Ces documents circulèrent un temps clandestinement, souvent par courrier, en France mais aussi à l’étranger, la mobilité faisant partie intégrante de la culture graff. Les fanzines ainsi que les vidéozines jouèrent également un rôle de premier plan pour la préservation de la mémoire du mouvement et sa dissémination au-delà des frontières. Il en va de même pour les magazines spécialisés qui se diffusèrent dans les kiosques à journaux français début 2000.

Esquisses du graffeur ASHA dans son atelier, Marseille, papier, crayon de couleur, crayon feutre, crayon à bille, 21 x 29, 7 cm.
Esquisses du graffeur ASHA dans son atelier, Marseille, papier, crayon de couleur, crayon feutre, crayon à bille, 21 x 29,7 cm.
S. Dubbeld, février 2019, Fourni par l’auteur

Cette « fièvre d’archives » n’a toutefois pas empêché la disparition de nombre d’entre elles, que ce soit lors de leur transfert d’un lieu à un autre afin d’éviter qu’elles ne constituent des preuves matérielles incriminantes, ou lors de leur saisie et mise sous scellés dans le cadre d’enquêtes judiciaires. Lors du mythique procès de Versailles qui s’acheva en 2011, la communauté perdit ainsi plusieurs mètres cubes de books (« carnets ») renfermant d’innombrables photographies, esquisses et dessins préparatoires, en dépit d’une pétition ayant récolté des milliers de signatures pour leur dépôt et leur sauvegarde aux Archives nationales.

Disséminées, fragmentées et constituées dans des conditions précaires, hors de toute norme de conservation, les archives du mouvement furent soumises aux vicissitudes du temps, à un inexorable processus de dégradation, voire de disparition. Elles dessinent une histoire lacunaire, « parsemée de zones d’ombres ».

Cette histoire est en outre reléguée à la marge de la reconnaissance des institutions publiques artistiques et universitaires, particulièrement dans le champ de l’histoire de l’art où cet art n’a pas encore acquis sa pleine légitimité. L’étude, menée en 2024 par les chercheurs Juliette Theureau, Camila Goulart-Narduchi et Christophe Genin portant sur la représentation de l’art urbain dans les collections publiques françaises, confirme la faible présence de cet art dans les musées. Il ne constitue que 0,02 % du volume total des œuvres des musées d’art moderne et contemporain et, dans 75 % des cas, il s’agit des quatre mêmes artistes.

En outre, 85 % de ces productions sont conservées dans quatre institutions et 55 % d’entre elles se trouvent dans la capitale.

De même, le nombre de travaux scientifiques de fond qui sont consacrés au graff en histoire et sciences de l’art s’avère peu encourageant. À ce jour, on recense moins d’une dizaine de thèses de doctorat consacrées à l’analyse de cette pratique depuis son émergence en Europe. De fait, jusqu’à une date très récente, le mouvement suscitait avant tout l’intérêt des sociologues et des anthropologues. D’ailleurs, la plus grande collection consacrée au graff en Europe – plus de 1 800 objets – se trouve dans un musée de société en France (le Mucem, à Marseille), et non dans un musée d’art contemporain.

Ainsi que le résume la chercheuse en anthropologie Claire Calogirou, «  pour se constituer en “œuvre d’art”, il manque encore au graffiti des historiens et des critiques d’art ».

Arcanes : un centre pour la sauvegarde et la valorisation de l’art urbain

En 2022, conscient de l’urgence à lutter contre la disparition progressive de ce patrimoine archivistique, la Fédération de l’art urbain, avec le soutien du ministère de la culture, entreprit la création du centre Arcanes « destiné à la sauvegarde et à la valorisation des archives de l’art urbain ».

Depuis trois ans, l’équipe réunissant des spécialistes ainsi que des professionnels de la culture et de l’archivage s’attelle à la collecte et au traitement de fonds d’archives numériques relatifs à cette thématique. Ces fonds émanent tant d’artistes, de critiques d’art, d’amateurs et de commissaires d’expositions que d’institutions publiques.

Mur de la Plaine, Marseille
Mur de la Plaine, Marseille.
Sabrina Dubbeld, février 2019, Fourni par l’auteur

Ouverte au public le 15 juillet 2025, la plateforme propose d’ores et déjà 10 000 documents à la consultation, 18 000 images, et des milliers de fiches renvoyant à des lieux de création ou à des acteurs de l’art urbain. Outre des vidéos et de nombreux entretiens avec les acteurs, Arcanes accueille également des articles de presse, ephemera, carnets de croquis, portfolios, archives judiciaires, reconstitutions et modélisations 3D de certains murs de sites historiques du graff, comme le terrain vague de Stalingrad (quartier La Chapelle, Paris, XVIIIe arrondissement), un des foyers majeurs du graffiti français européen à la fin des années 1980.

Des perspectives enthousiasmantes pour la recherche

La création de ce centre d’archives offre des perspectives enthousiasmantes en ce qui concerne la recherche en art consacrée au graff. Le fait de pouvoir accéder à une documentation centralisée, rigoureusement indexée, facilitera grandement le travail d’interprétation et de contextualisation des sources, en particulier pour les doctorants qui pourront y puiser des matériaux essentiels à leurs enquêtes.

L’enrichissement du corpus documentaire, appuyé par la constitution d’archives orales, ouvre la voie à la réalisation d’études ciblées explorant des pans moins investigués jusqu’alors par la recherche : retracer les évolutions stylistiques et graphiques du graff ainsi que ses liens avec d’autres formes artistiques et contre-culturelles qui lui sont contemporaines ; s’intéresser à la circulation et aux transferts artistiques entre les différentes scènes ; écrire l’histoire précise de sa répression ; se questionner sur sa réception, sa matérialité, sa mise en exposition, sa restauration, son statut, les critères esthétiques qui ont contribué à son établissement pérenne sur le marché de l’art…

Ainsi, Arcanes constitue assurément un pas crucial pour la patrimonialisation, la visibilité et la reconnaissance institutionnelle du mouvement graff. Espérons toutefois que cette initiative s’accompagnera bientôt de la création d’un centre d’archives physique à même de sauvegarder durablement ces archives fragiles.

D’autant que celles-ci portent, ainsi que le souligne l’historien de l’art et directeur général de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) Éric de Chassey,

« les traces des actions menées dans l’espace urbain par certains des artistes les plus importants des dernières décennies ».

The Conversation

Sabrina Dubbeld ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Graff : de l’underground à la sauvegarde institutionnelle – https://theconversation.com/graff-de-lunderground-a-la-sauvegarde-institutionnelle-263398

Dark sky tourism offers time with darkness and celestial wonders

Source: The Conversation – Canada – By Glen Hvenegaard, Professor, Environmental Science, University of Alberta

On a cold winter night in a rural area, I looked through a scope to see the rings of Saturn for the first time. Connecting grade school science book descriptions with a real life view amazed me.

Even without a telescope or binoculars, many of us have had similar memorable moments — like watching the Milky Way galaxy, identifying constellations and safely observing a solar eclipse.

Dark skies are places mostly free of light pollution and where one can see celestial features easily. Dark skies can be awe-inspiring, but they are also vitally important for both animal health, human health and local economies.

Even though our current night skies have become polluted with excessive light, there are ways to promote understanding, reduce light pollution and support local communities. Tourism researchers in Australia have defined dark sky tourism (DST) as “tourism based on unpolluted night skies involving observation and appreciation of naturally occurring celestial phenomena.”

My colleague Clark Banack and I have researched factors contributing to the success of the Jasper Dark Sky festival in Alberta. This research was informed by our combined expertise studying protected areas and environmental education (my areas) and sustainable rural communities (Banack’s area).

Wildlife, humans need night and darkness

Dark skies are important because wildlife and humans have evolved to rely on predictable patterns of dark and light. For example, some amphibians plan their breeding rituals around darkness patterns. Hatchling sea turtles use the bright sea horizon to find the sea. Many mammals and birds hunt at night, using natural light from the moon and stars.

In response, some species evade their predators using the cover of darkness. Many birds migrate at night with the help of cues from the dark skies. For humans, past and present travellers have planned navigation using dark skies.

The amazing night sky has inspired many cultures in the realms of science, religion, philosophy, art and literature. Regular schedules of dark and light help us live and sleep well.

Negative effects of light pollution

Unfortunately, light pollution can cause negative effects. For example, artificial light confuses migratory species in finding their way, changes the timing of reproduction and reduces concealment for prey animals. Nocturnal predators are less effective in catching prey. Artificial lights attract insects in unnaturally high densities.

Furthermore, humans are affected by light pollution, with impacts on our natural circadian rhythms and sleep patterns, which may lead to other more serious health problems. Up to 80 per cent of the world’s population can’t see key night sky features.

Aside from the environmental effects, the financial costs are high: in the United States alone, researchers estimate the financial cost of wasted energy from light pollution to be about US$7 billion per year.




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Dark sky tourism

Despite the spread and impacts of light pollution, many people actively seek out dark skies. Dark sky tourism (DST) appears to be growing, based on the number of visits to astronomical observatories, development of dark sky preserves, watching auroras, dark sky festivals, solar eclipses, star parties and sky-watching domes.

There are no accurate estimates of the size of DST, but many tourism sites indicate significant visitation and economic impact. For example, research published in 2019 found that dark sky enthusiasts spend more than US$500 million each year visiting the Colorado Plateau, creating 10,000 jobs.

Yellowknife has been called the aurora capital of North America with an average of 240 potential nights per year and suitable conditions to view the northern lights. In 2018, about 34,000 visitors spent CA$57 million in the Northwest Territories capital.

Local economic benefits

The large demand for DST and the local economic benefits are strong motivations for maintaining dark skies. Dark sky tourists want reliable opportunities to view the night sky and seek out guided educational programs to support those activities. Communities offering such tourism tend to support these same goals in order to maintain economic impacts.

Some organizations promote efforts to reduce light pollution through advocacy, education, retrofits and the designation of certified dark sky sites.

These night sky advocate groups want to minimize light pollution by limiting brightness on lights, using sensors and timers, changing light hues, minimizing the number of lights and directing lights downwards.

Canadian dark sky sites

To certify such efforts, Dark Sky International recognizes more than 200 dark sky places in 22 countries.

The Royal Astronomical Society of Canada recognizes 27 dark sky sites across the country, including dark sky preserves, nocturnal preserves and urban star parks, each with unique approaches to reducing lighting.

Canadian sites include Point Pelee National Park, in Ontario (most southerly), Terra Nova National Park in Newfoundland (most easterly) and Cattle Point urban star park in British Columbia (most westerly), as well as Wood Buffalo National Park, which spans the Alberta and Northwest Territories border. These and other dark sky sites are natural attractions for dark sky tourists.

Jasper dark sky preserve

Following designation of the Jasper dark sky preserve (11,228 square kilometres) in 2011, the annual Jasper Dark Sky Festival has sought to promote dark skies among the public and policy-makers and to reduce artificial light.

The festival is held during the October tourist season. Despite the damage in Jasper from wildfires in 2024, the festival will celebrate its 15-year anniversary this fall.

After a small-scale start (with aspects like night-time walks and telescope viewing), the festival expanded its offerings with some ticketed events and a range of options, including science education, entertainment and cultural events. People can choose from both free and paid activities.

As our research examined, the success of the festival has depended on the dark sky designation, balance between growth and sustainability, balance between education and entertainment, strong relationships with stakeholders, local champions, community support and a strong reputation. The economic impacts on Jasper have been positive during a season that normally under-utilizes local restaurants and hotels.

Dark sky tourism can help protect dark skies by generating support among educated and satisfied tourists and among communities receiving economic impacts. Such impacts may persuade decision-makers to enact policies to protect dark skies, such as dark sky preserves that have worked well in places like Jasper.

During your next night-time outing, be sure to look upward to appreciate our amazing dark skies, and consider the benefits for tourists and communities alike.

The Conversation

Glen Hvenegaard received support for this project from the University of Alberta’s Augustana Faculty Research Committee through the Social Sciences and Humanities Research Council.

ref. Dark sky tourism offers time with darkness and celestial wonders – https://theconversation.com/dark-sky-tourism-offers-time-with-darkness-and-celestial-wonders-259633

Sex workers in colonial Senegal were policed by France – book explores a racist history

Source: The Conversation – Africa – By Caroline Séquin, Associate Professor of Modern European History, Lafayette College

Desiring Whiteness is an award-winning book by historian Caroline Séquin. It explores the intertwined histories of commercial sex work and racial politics in France and the French colonial empire, particularly in Senegal. We asked her five questions about her study.


How was sex work regulated in France?

A new system controlling commercial sex developed during Napoleon’s Consulate in the early 1800s. It was first implemented in Paris, then across France. Known as regulationism, it tolerated, rather than banned, commercial sex. But under specific conditions.

It licensed brothels, so long as the women who sold sex (it was assumed men didn’t) were registered with the vice police. They had to undergo a regular gynaecological exam to detect any sexually transmissible infections (STIs) they might inadvertently pass to their clients.

At the time syphilis was a serious public health threat. Doctors didn’t know how to treat it. Women caught with an STI or who broke the regulationist rules were interned in hospitals or prison without proper trials.

Historians have shown how regulationism was an arbitrary and flawed system. It unfairly targeted mostly working-class women for the benefit of male heterosexual desire.

What form did it take in the colonies like Senegal?

After the abolition of slavery in 1848, French colonial authorities adopted the regulationist regime that had been developed in France.

The French empire at the time included Martinique, Guadeloupe, French Guiana, Reunion, and some coastal regions of Algeria. In addition were French trading posts in Senegal and India, and several protectorates in the Pacific.

So, in Senegal regulationism was adopted in Saint-Louis and Gorée Island. There the French had built trading posts which they converted into colonial territories around the same time.




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Regulationism became a way to control the bodies of formerly enslaved women. Colonial authorities saw them as a public health threat to the French men present in the region. They feared that, after abolition, women would resort to commercial sex as a means of survival. This would contribute to the spread of STIs. They extended these policies to all of colonial Senegal a year after abolition.

How did Senegal’s sex workers respond?

Not in the way that colonial authorities would have hoped. Many of the African women who were accused of engaging in commercial sex evaded the mandatory health checks or police registration. For example, they relocated to other areas to avoid detection.

And although the new colonial decree allowed for the creation of brothels, it appears none existed in the colony until the early 1900s. Authorities routinely lamented how the African women who sold sex did so “clandestinely”. Meaning outside licensed brothels and colonial control.

One shouldn’t dismiss the reality that some of these women were likely wrongly accused of being sex workers. Gender and racial bias shaped how medical and colonial authorities viewed Black women.

I haven’t found any evidence of brothels staffed with African women in Dakar or across colonial Senegal. All licensed brothels were staffed with European women and their services were reserved exclusively for European men.

The sexual reputation of white women greatly mattered to colonial authorities as it was supposed to reflect French moral superiority. Nonetheless, they tolerated their sexual activity because brothel keepers denied African male clients access to their businesses. This helped prevent interracial sex.

Sex with a white sex worker was preferrable to sexual or conjugal relationships developing with African women. Given the widespread assumption at the time that men had natural sexual needs, brothels were perceived as a “necessary evil” to maintain the social, moral, and racial order.

So, the regulation of commercial sex became an essential tool for the upholding of colonial rule. This increasingly relied on strict racial hierarchies and the preservation of French whiteness.

How does this play out today?

The regulationist regime was legally abolished in France – and colonial Senegal – in 1946. However, a few years after decolonisation and Senegal’s independence in 1960, a new law was established by Senegalese authorities. It required sex workers to be registered (with medical authorities, rather than police) and regularly checked for STIs. Those who failed to comply risked being jailed.




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This is strikingly similar to the regulationist system established during the colonial period and it still stands to this day.

This was a different path than that taken by other African countries formerly under French colonial control, which associated regulationism with colonial oppression. They moved to eliminate it after independence. Some scholars, however, have lauded Senegal’s regulationist style laws as one of the main reasons why the country has the lowest reported HIV rate in the continent.

What do you hope readers will take away from your book?

The regulation of commercial sex was not simply about controlling women’s bodies and sexuality. It was also about policing racial relations.

As colonial discourses about race shifted and interracial sex and intimacy became increasingly frowned upon from the late 1800s, French authorities relied on commercial sex to limit the development of more sustained forms of intimacy across racial and colonial boundaries. In their view these threatened to dilute the myth of French whiteness by creating multiracial offspring.

What this meant for who could sell and buy sex in brothels differed in colonial Senegal and France. But, in the end, the racial logic that undergirded metropolitan and colonial brothels was the same.




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So, my book contributes to an ever-growing scholarship that has debunked the myth of France’s colour blindness, by uncovering how the regulation of commercial sex was just one of the many ways in which racial difference and hierarchies were produced and upheld in the century following the abolition of slavery.

In that sense, France was not exceptional but rather similar to other imperial nations like the United States, where the control of sex and conjugality became crucial for the racial project of white supremacy in the aftermath of the abolition of slavery.

The Conversation

Caroline Séquin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Sex workers in colonial Senegal were policed by France – book explores a racist history – https://theconversation.com/sex-workers-in-colonial-senegal-were-policed-by-france-book-explores-a-racist-history-262999

Social connections matter for the well-being of neurodivergent workers – adjustments to office settings and routines aren’t enough

Source: The Conversation – France – By Raysa Geaquinto Rocha, Lecturer at the University of Essex and Assistant Professor at the VU Amsterdam, European Academy of Management (EURAM)

Think about the last time you chatted with a colleague by the coffee machine, grabbed lunch with a colleague, or reached out to someone to praise their performance. These casual work connections, often taken for granted, can become pathways to new opportunities, valuable information, and a sense of belonging that make our professional lives meaningful.

For the estimated 15-20% of workers who are neurodivergent, navigating these connections often involves unique challenges. Beyond managing sensory overload in bustling office environments (think fluorescent lighting, background conversations and constant movement), neurodivergent workers may struggle with unspoken rules of workplace socialising. Many find chitchat draining, requiring significant mental effort to process verbal cues in real time. Others experience anxiety around initiating casual contact or maintaining small talk without a clear purpose. Reading subtle facial expressions and knowing when to join or leave conversations present additional hurdles. And the practice of “masking”, or consciously hiding neurodivergent traits to “fit in”, can also lead to exhaustion.

Together, these challenges create significant barriers to building the connections and networks that contribute to workplace well-being and career development. In the work of the late French sociologist Pierre Bourdieu, these networks are part of a person’s “social capital”, a form of capital that allows individuals to influence others and access resources.

What is neurodivergence?

Neurodivergence refers to the neurobiological variation in how human brains function and process information. Neurodivergent individuals have brain structures and cognitive processes that differ from what society considers neurotypical. Neurodiversity includes classifications such as autism spectrum disorder (ASD), attention deficit hyperactivity disorder (ADHD), dyslexia, dyscalculia, and Tourette syndrome, among others. These classifications often pose both unique challenges and bring distinct strengths. For instance, many neurodivergent people face difficulty with time management, and also demonstrate exceptional pattern recognition, creativity, or hyperfocus in their areas of interest.

Many neurodivergent individuals have traits, or experience co-occurring conditions or challenges, that can further shape their workplace experiences. For instance, sensory processing sensitivity affects how environmental stimuli are perceived and processed, often leading to heightened reactions to lights, sounds and textures. Rejection sensitive dysphoria (RSD) manifests as an intense emotional response to perceived or actual rejection or criticism, along with a need for external validation. (Women with ADHD are particularly affected by RSD challenges in the workplace.) There may be executive function challenges affecting time management and task prioritisation. And a recent study has found that anxiety and depression occur at higher rates among some neurodivergent populations.

Neurodivergence and invisibility

Neurodivergence in the workplace is often invisible. Many neurodivergent people navigate work environments without formal diagnoses, either because assessment services are limited or costly, or because they have developed coping strategies without identifying the underlying differences in how their brains function. Those with diagnoses may choose not to disclose their neurodivergent status for reasons including fears of misunderstanding, stigma or discrimination. As a result, these workers may be managing substantial cognitive efforts and social challenges without colleagues or managers knowing it. The pressure can lead to less work-life balance and job satisfaction, along with increased anxiety and burnout.

Organisations committed to neuroinclusion face a particular challenge: how to create environments that support neurodivergent workers when many remain unidentified? This challenge underscores the importance of applying universal design principles in the workplace, and the trouble with relying on individually requested accommodations. It also points to the need for neurodivergent workers to build meaningful relationships at work.

The social dimension of neuroinclusivity

While the UK’s Equality Act 2010 ensures “reasonable adjustments” to physical environments and work processes, these safeguards primarily address workplace inclusion’s visible and structural aspects. They do not fully address its social dimension, where those casual coffee chats and lunch break conversations happen. Despite having the proper desk set-up or flexible hours, many neurodivergent workers still struggle to navigate unwritten social rules and networking expectations. In our research, we argue that building a neuroinclusive workplace requires finding ways to make it easier for meaningful connections to happen.

Underscoring the growing recognition of this viewpoint, a UK employment tribunal ruled earlier this year that nonverbal “expressions of frustration”, such as sighing and exaggerated exhaling, that were directed at a worker with ADHD constituted disability discrimination. The ruling signals a shift toward recognising that neuroinclusive workplaces must also address the nuanced social behaviours that shape neurodivergent workers’ experiences.


A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!


The quest for a neuroinclusive workplace

Rather than expecting neurodivergent workers to adapt to conventional social norms, forward-thinking organisations are redesigning interaction spaces with clearer social protocols, diverse communication channels and explicit networking pathways. These environments reflect awareness that different neurological processing styles bring a valuable diversity of perspectives.

As part of our ongoing research project, Neurodivergent workers and well-being: Socialisation and meaningful relationships in the workplace, we have been conducting interviews with neurodivergent workers, HR managers and neuroinclusion specialists in the UK to understand the role that socialisation has on career development, job satisfaction, and the ultimate flourishing of neurodivergent workers. We have also been sending surveys to neurodivergent workers to ask about topics such as distributive justice, perceived stigma, and social relationships at work. Some of our research is in the technology sector, where companies increasingly recognise that inclusion comes from celebrating neurodiversity.

So far, we’re hearing that socialisation is a bigger struggle for neurodivergent workers than requesting and receiving reasonable adjustments. Our forthcoming guide aims to help policymakers, organisations and managers implement evidence-based strategies to support neurodivergent workers in building the meaningful connections that all workers need to flourish.


The European Academy of Management (EURAM) is a learned society founded in 2001. With over 2,000 members from 60 countries in Europe and beyond, EURAM aims at advancing the academic discipline of management in Europe.

The Conversation

Dr Raysa Rocha (Principal Investigator) is part of the research project “Neurodivergent workers and well-being: Socialisation and meaningful relationships in the workplace” (2025-2027). The project is funded by the British Academy/Wellcome Trust (Award: SRG24241480) and approved by Essex-ERAMS ETH2425-0166.

Dr Louise Nash (Co-Investigator) is part of the research project “Neurodivergent workers and well-being: Socialisation and meaningful relationships in the workplace” (2025-2027), funded by the British Academy/Wellcome Trust and approved by Essex-ERAMS.

Dr Siddhartha Saxena (Co-Investigator) is part of the research project “Neurodivergent workers and well-being: Socialisation and meaningful relationships in the workplace” (2025-2027), funded by the British Academy/Wellcome Trust and approved by Essex-ERAMS.

ref. Social connections matter for the well-being of neurodivergent workers – adjustments to office settings and routines aren’t enough – https://theconversation.com/social-connections-matter-for-the-well-being-of-neurodivergent-workers-adjustments-to-office-settings-and-routines-arent-enough-263449

Orwell’s opposition to totalitarianism was rooted in his support for freeing workers from poverty and exploitation

Source: The Conversation – USA – By Mark Satta, Associate Professor of Philosophy and Law, Wayne State University

In writing he did before his most famous novels, Orwell focused primarily on other themes including work, poverty, anti-imperialism and democratic socialism. zoom-zoom, iStock/Getty Images Plus

George Orwell’s dystopian novels “Animal Farm” and “1984” have remained popular in the U.S. ever since their initial publication in the 1940s.

What’s less well known is that in the years before the publication of “Animal Farm” and “1984,” Orwell’s writing often focused primarily on other themes including work, poverty, anti-imperialism and democratic socialism.

In fact, Orwell remained a committed democratic socialist until his death in 1950.

“Animal Farm” tells the tale of a group of farm animals who take ownership of their farm from their human master by means of rebellion, but who eventually end up re-enslaved by the farm’s pigs. “1984” tells the story of one man’s failed attempt to resist totalitarian rule in a hypothetical future dictatorship set in Orwell’s home country of England.

Part of these books’ initial appeal came from their critiques of Soviet communism as the U.S. was entering the Cold War. Part of why the books seem to have remained popular are their anti-totalitarian and pro-freedom messages, which have been praised by people across the U.S. political spectrum.

Orwell, who died of tuberculosis at age 46, is a writer famous for the ideas that preoccupied him in the final years of his life. His journey to those ideas via his thinking about work, poverty and democratic socialism, among other themes, may surprise those familiar with only his dystopian fiction.

Communism and socialism not synonymous

Orwell’s democratic socialism may surprise some Americans for at least two reasons.

First, when many Americans talk about politics, they often treat communism and socialism as interchangeable terms. How could Orwell, the great satirist of Soviet communism, have been a socialist?

The answer is that communism and socialism are not synonymous.

A man with a long face, thin nose and dark, wavy hair.
Author George Orwell was a committed democratic socialist until his death.
Bettman/Getty Images

Orwell denied that Soviet communism was a form of socialism. Instead, he saw Soviet communism as totalitarianism merely masquerading as socialism.

Orwell claimed in his 1937 book, “The Road to Wigan Pier,” that “Socialism means justice and common decency” and a commitment to “the overthrow of tyranny.” Elsewhere in the same book, he maligned communism’s anti-democratic behavior as like “sawing off the branch you are sitting on.”

A second reason that Orwell’s commitment to democratic socialism may surprise some is because in the U.S., democratic socialism is often associated with the nation’s most left-leaning political figures, such as Sen. Bernie Sanders, Rep. Alexandria Ocasio-Cortez, and New York City mayoral candidate Zohran Mamdani. And Orwell is often not viewed in popular imagination as a political progressive.

Yet, by American standards, Orwell was very politically progressive. He argued in “The Lion and the Unicorn” that his home country of England ought to nationalize mines, railways, banks and major industries. He also argued for limits on income inequality. Some of these policies run to the left of even most U.S. democratic socialists.

For Orwell, such left-leaning economic policies were not only compatible with, but required, a strong commitment to the central pillars of democracy, such as intellectual freedom, free speech, a free press and genuine rule by the people.

I think the best way to understand how these aspects of Orwell’s political views came together is to look at the evolution of his writing.

Work and poverty

Two of the most important themes in Orwell’s first decade as a professional writer, the 1930s, are work and poverty.

These are what he focused on most in his first book, the autobiographical “Down and Out in Paris and London,” published in 1933. There he recounts his experiences living among the poor and unemployed in France and England in the late 1920s and early 1930s.

The book is full of pithy insights, such as “poverty frees people from ordinary standards of behavior, just as money frees people from work,” and “the average millionaire is only the average dishwasher dressed in a new suit.”

The latter quote highlights one of the key ethical and political messages of “Down and Out”: It is primarily social and political circumstances, and not moral character, that separates the rich from the poor.

Another key theme in “Down and Out” is that without a certain amount of leisure, people are incapable of doing certain kinds of thinking.

For example, Orwell argued that the reason the kitchen staff in French restaurants had not gone on strike or formed a union was because “they do not think, because they have no leisure for it; their life has made slaves of them.”

Orwell blamed the owners of such establishments for exploiting their workers. As he saw it, at most upscale restaurants “the staff work more and the customers pay more” and “no one benefits except the proprietor.”

In multiple novels and works of nonfiction in the 1930s, Orwell continued to explore the idea that social and political circumstances robbed people of the time they needed to engage in tasks like serious thinking and writing.

Imperialism and democratic socialism

One of Orwell’s earliest and most enduring political commitments was anti-imperialism – opposition to extending national power by means of colonialization or military force.

Orwell was of English and French descent. He was raised in England, but born in India in 1903. His father worked for the British Civil Service, which at the time exercised administrative control over India as a British colony.

Following his father’s footsteps, he spent five years working for the Imperial Police in Burma, now Myanmar. He came away from that experience with a deep hatred of imperialism. He drew upon this in his novel “Burmese Days” and his essays “A Hanging” and “Shooting an Elephant.”

In “The Road to Wigan Pier,” he wrote, “I hated the imperialism I was serving with a bitterness which I probably cannot make clear.”

“Wigan Pier” also displays Orwell’s commitment to democratic socialism. In the book’s first half, he reports on the dismal working and living conditions of the poor and unemployed in northern England. In the second half, he uses that material to make a case for democratic socialism.

In Orwell’s view, in deciding whether to embrace democratic socialism one had “to decide whether things at present are tolerable or not tolerable.” He concluded that present conditions were not tolerable and that democratic socialism was the way to make things better.

An antique-looking application to join the Indian Police Force.
George Orwell’s 1922 application papers to join the ‘Indian Police Force’ – in this case, the Burma Police – using his real name, Eric Blair.
Heritage Art/Heritage Images via Getty Images

Propaganda and totalitarianism

Orwell developed into a sharp critic of Soviet Russia after witnessing how they used propaganda to mislead much of Europe about the Spanish Civil War. He discussed this in his book “Homage to Catalonia,” which recounts his time during the Spanish Civil War as a volunteer soldier fighting with the Spanish left against Gen. Francisco Franco, who would go on to become the country’s longtime dictator.

From Orwell’s perspective, communism highlighted the risks of how socialist revolution could go wrong. He thought that, without care, attempts at socialist revolution could create opportunities for a new form of oppression through totalitarianism.

He saw that totalitarianism was not limited to either the political left or right. Soviet communism represented left-wing totalitarianism, while Nazi Germany and Fascist Italy represented right-wing totalitarianism.

Thus, a major preoccupation in his final years was trying to warn people about the risks of falling into totalitarianism during times of political upheaval. Orwell wanted radical political change, but the change he wanted was in the service of increasing freedom and democracy, not decreasing it.

“Animal Farm” is a story about falling into autocracy. “1984” is a story about just how much autocracy can take from us.

But the things Orwell wanted to preserve, such as freedom of the mind, were also things that he thought were at risk from circumstances like poverty, oppressive working conditions and imperialism.

The Conversation

Research for this article was supported by a faculty fellowship from the Douglas A. Fraser Center for Workplace Issues at Wayne State University.

ref. Orwell’s opposition to totalitarianism was rooted in his support for freeing workers from poverty and exploitation – https://theconversation.com/orwells-opposition-to-totalitarianism-was-rooted-in-his-support-for-freeing-workers-from-poverty-and-exploitation-261121

Monsoon flooding has killed hundreds in Pakistan – climate change is pushing the rainy season from blessing to looming catastrophe

Source: The Conversation – USA (2) – By Pintu Kumar Mahla, Research Associate at the Water Resources Research Institute, University of Arizona

Rescuers search for survivors on Aug. 18, 2025, after a flash flood submerged homes, killing at least 18 people in a village near Swabi, Pakistan. Hussain Ali/Anadolu via Getty Images

Farmers in South Asia rely on the summer monsoon’s rainfall, but extreme monsoon rains in recent years have been destructive and deadly.

Since July, flooding during the 2025 summer monsoon has killed more than 700 people in Pakistan as water and mud swept through settlements and ancient towns. Streets in Karachi, a vital port city of about 20 million people, were inundated.

The damage has been reminiscent of 2022, when monsoon flooding stretched for miles across the country and displaced more than 8 million people.

Images of flood-damaged areas of Pakistan in August 2025.

Pakistan has a long history of natural disasters, from lethal heat waves to flash flooding. As global temperatures rise, the risks from powerful downpours, flash floods and melting glaciers are increasing.

I work on issues of water security and grew up in South Asia. I see how climate change is raising the risks and creating an urgent need for a dangerously unprepared region to invest in disaster preparedness.

Why Pakistan gets such extreme floods

The effects of climate change have wide-ranging implications for ecosystems, human communities and the physical environment.

Rising temperatures increase both evaporation and the amount of moisture the atmosphere can hold, leading to powerful downpours.

Cars, people and a bus try to move through a flooded street.
Drivers push their way through flooding in Karachi, Pakistan, on Aug. 19, 2025.
AP Photo/Fareed Khan

At the same time, warming in the mountains speeds up the melting of snowpack and glaciers. Melting glaciers increase both runoff into rivers and the risk of glacial lake outburst floods. Glacial lake outburst floods occur when depressions dammed by glacier ice or rock fill with meltwater and overflow or burst through their dams.

A glacial lake outburst in Pakistan’s northern Gilgit-Baltistan region on Aug. 22, 2025, showed the cascading dangers. The resulting flood damaged dozens of houses and pushed up debris that temporarily blocked a river. With the river blocked, water built up, creating a broad lake that threatened more flooding for communities downstream. Dozens of schools were evacuated as a precaution.

Torrential rains in the same region a few weeks earlier had triggered landslides and flooding that stranded 200 people.

People carry a board as they walk through broken concrete and other debris that once was part of houses.
Residents recover useful items from the rubble of homes damaged by flooding on July 22, 2025. Their homes were near the bank of the Hunza River in Sarwarabad, in northern Pakistan.
AP Photo/Abdul Rehman

Earth’s cryosphere – its glaciers, ice sheets, sea ice and snow cover – is a key part of the planet’s climate system. Snow- and ice-covered surfaces can reflect up to 80% or 90% of sunlight, keeping temperatures cooler. The loss of reflective snow and ice cover as temperatures rise helps to further accelerate warming.

Temperatures have been rising faster in the Himalayan region in recent decades, from increasing at about 0.18 degrees Fahrenheit (0.10 Celsius) per decade in the early 20th century to rising at about 0.58 F (0.32 C) per decade by the early 21st century.

In July, Pakistan saw record-breaking heat, with temperatures in Chilas, in the mountains, reaching 119 F (48.5 C), which may have contributed to the flooding that followed. When heat waves hit, faster melting can trigger major flooding, particularly in the Indus River Basin’s lower reaches, where agriculture fields are common in the flood plains.

Deforestation, homes in flood plains add to risks

Pakistan’s challenges include having a fast-growing population that has more than tripled since 1980 to over 250 million people.

A large part of that population, about 96 million, live along riverbanks and in dried riverbeds. Those areas provide flat, available land but also high flood risks.

More people has also led to more deforestation, removing both a source of cooling and increasing the risk of faster flooding and mudslides. From 2001 to 2024, Pakistan lost about 8% of its tree cover, primarily to logging. Some of that has gone into building large dams for hydropower.

Preparing for future disasters

Pakistan is among the countries hit hardest by weather-related disasters over the past two decades, yet it ranks 150th globally out of 192 countries when it comes to being ready to deal with disasters, according to the Notre Dame Global Adaptation Initiative’s assessments.

The Pakistan National Disaster Management Authority’s recent National Disaster Risk Reduction Strategy (2025-2030) discusses improvement in disaster risk management since 2006. But Pakistan’s disasters preparedness is still limited by poor coordination between institutions, too few early warning systems and not enough financial resources.

People’s vulnerability to disasters is made worse by old infrastructure, often poor drainage and urban planning that, in my view, doesn’t do enough to take disaster risk reduction into account. Political instability in Pakistan can also make disaster responses less effective.

The country could improve safety by designing infrastructure to better withstand disasters, expanding early warning networks, making risk reduction a part of education and policy, and improving community training and awareness programs. Those steps will require better governance and funding.

For long-term protection against natural and human-made disasters, nature-based strategies can also help, such as replanting forests to reduce erosion and mudslide risks and improving land-use planning to avoid building in flood-prone areas or creating new flood risks. The world can help by reducing greenhouse gas emissions that are driving climate change.

The Conversation

Pintu Kumar Mahla is affiliated with the Water Resources Research Center, the University of Arizona. He is also a member of the International Association of Water Law (AIDA). Pintu Kumar Mahla has not received funding related to this article.

ref. Monsoon flooding has killed hundreds in Pakistan – climate change is pushing the rainy season from blessing to looming catastrophe – https://theconversation.com/monsoon-flooding-has-killed-hundreds-in-pakistan-climate-change-is-pushing-the-rainy-season-from-blessing-to-looming-catastrophe-263610