Le climat a son objectif de 1,5 °C, qu’en est-il de l’océan ? Un baromètre pour changer de regard

Source: The Conversation – France (in French) – By Marina Lévy, Directrice de l’Institut de l’Océan, océanographe, Sorbonne Université; Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

L’océan joue un rôle simultanément de régulateur du climat, de pourvoyeur de ressources pour nos sociétés et d’espace de tensions croissantes, mais est trop souvent vu de façon fragmentée. Présenté pour la première fois lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc) de Nice en 2025, le baromètre Starfish a été développé par des scientifiques pour présenter une vision d’ensemble de l’état de santé de l’océan. La deuxième édition est dévoilée, ce 8 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan.


L’océan recouvre plus des deux tiers de la surface de la Terre. Il régule le climat, soutient nos économies, transporte l’essentiel de nos échanges et nourrit des milliards d’êtres humains. Et pourtant, il reste l’un des « grands impensés de nos sociétés ».

Cette invisibilité tient en partie à la manière dont l’océan nous apparaît, c’est-à-dire, par fragments, et cela, sans que ces différents signaux ne soient toujours reliés entre eux. Changement climatique, perte de biodiversité, pollutions multiples et autres pressions humaines, ressources alimentaires, biomédicales et énergétiques, transport de marchandises, de données numériques et voie de migrations humaines, gouvernance, impacts sur les sociétés… ces dimensions interagissent en permanence. Nous voyons les symptômes, mais rarement le système dans son entier.

Pourtant, les connaissances scientifiques sur l’océan n’ont jamais été aussi nombreuses, mais elles restent largement dispersées et souvent peu accessibles à un public non spécialiste. À l’occasion de la Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc 3), organisée à Nice en juin 2025, l’idée a émergé de fournir aux décideurs un indicateur clair, à l’image du seuil de 1,5 °C pour le climat. Mais l’océan ne saurait se résumer à un chiffre.

Il est simultanément régulateur, ressource et espace de tensions croissantes. C’est un système dont dépend directement la stabilité de nos sociétés, désormais confrontées à des risques accrus, dont les répercussions sont déjà bien visibles : records de température de l’eau, montée des eaux, tempêtes plus intenses du fait du changement climatique, mais aussi exploitation non durable des ressources, pollution plastique et même blocage de points stratégiques de passage du commerce mondial, comme nous le rappelle l’actualité.

Plutôt qu’un indicateur unique, l’idée d’un baromètre multi-dimensionnel a donc émergé : ainsi est né le baromètre Starfish, dévoilé pour la première fois le 8 juin 2025 à l’occasion de la journée mondiale de l’océan. Élaboré par une équipe multidisciplinaire d’experts, il a été présenté, à l’occasion de l’Unoc 3, aux délégations de chefs d’États et de gouvernements.

Pour l’édition 2026 du baromètre, l’équipe s’est élargie avec notamment l’intégration des membres du comité scientifique du One Ocean Science Congress (le congrès scientifique qui coïncidait avec l’Unoc), renforçant la représentativité géographique avec une participation accrue d’experts issus du Sud global. Mise à jour avec des données plus récentes, le baromètre Starfish 2026 a été dévoilé le 8 juin 2026, la Journée mondiale de l’océan ayant été retenue comme rendez-vous annuel.




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Pourquoi l’océan est-il si important pour le climat ?


Une nouvelle grille de lecture pour repenser nos interactions avec l’océan

Plutôt qu’un indicateur unique, le baromètre Starfish – dont les résultats sont publiés chaque année dans une revue scientifique à comité de lecture – propose une lecture intégrée de l’océan et de ses relations avec l’humanité.

Cette grille de lecture repose sur cinq dimensions complémentaires, qui forment les cinq branches de l’étoile de mer utilisée pour représenter graphiquement le baromètre :

  • l’état de l’océan,

  • les pressions qui s’exercent sur lui,

  • les réponses mises en place pour le protéger,

  • les conséquences positives pour nos sociétés,

  • et enfin les conséquences négatives pour celles-ci.

Ce baromètre ne produit pas de nouvelles données mais joue un rôle complémentaire : rendre intelligible les savoirs qui existent déjà de façon dispersée. Chaque année, il propose une sélection de développements majeurs liés à l’océan et fondés sur les connaissances scientifiques les plus récentes. Conçu à l’échelle globale, il offre une vision d’ensemble de l’océan dans toute sa complexité, au-delà des frontières géographiques et des découpages institutionnels. Il permet ainsi de replacer des phénomènes locaux ou sectoriels dans un contexte plus large, et de mieux comprendre les interdépendances qui structurent le système océanique. Cette approche permet de relier des enjeux souvent traités séparément, du climat à la sécurité alimentaire, de la biodiversité aux tensions géopolitiques, en les replaçant dans un même système d’interactions.

Le baromètre 2025 dressait ainsi un constat préoccupant : les écosystèmes marins continuent de se dégrader sous l’effet de pressions humaines croissantes. Si les efforts de protection progressent, ils restent encore bien en deçà de ce qui serait nécessaire pour inverser la tendance.

Nous avions mis en avant six chiffres clés pour illustrer la tension entre la trajectoire actuelle et les objectifs de durabilité :

  • l’augmentation du niveau des mers (23 cm depuis 1901),

  • le nombre d’espèces marines menacées d’extinction (1677),

  • la surexploitation halieutique (37,7 % des stocks de poissons),

  • 102 milliards de dollars (soit 88 5 milliards d’euros) de pertes mondiales du fait des tempêtes et des inondations,

  • la production alimentaire marine (115 millions de tonnes),

  • et enfin la protection de seulement 8,34 % de la surface de l’océan par des aires marines protégées.




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Les océans surchauffent, voici ce que cela signifie pour l’humain et les écosystèmes du monde entier


Les nouveautés de l’édition 2026

Le principal constat du baromètre 2026 reste celui d’un océan dont l’état continue de se détériorer, avec même de premiers signes d’accélération.

Baromètre Starfish 2026.
Fourni par l’auteur

Les pressions humaines, qui restent élevées, sont toujours en cause : les émissions de gaz à effet de serre du transport maritime montrent peu de signes de décarbonation, la pêche industrielle manque toujours de transparence, des contrats d’exploration minière en eaux profondes sont accordés, et la quantité de déchets plastiques dans les océans a atteint des niveaux records.

Les impacts sociétaux, eux aussi, s’aggravent : forte augmentation sur le long terme des pertes économiques liées aux tempêtes et aux inondations, avec un pic particulièrement élevé en 2024. De nouvelles estimations montrant que les dommages liés à l’océan représentent une part majeure du coût socioéconomique total que représentent le changement climatique, la surexploitation des ressources, la perte de biodiversité et la pollution de l’océan.

Dans le même temps, l’édition 2026 met en évidence des avancées structurantes en matière de gouvernance et de solutions. L’entrée en vigueur de deux accords internationaux – le traité sur la haute mer en janvier 2026 et l’interdiction de certaines subventions néfastes à la pêche en septembre 2025 – ainsi que le renforcement des protections commerciales pour les requins et les raies menacés, constituent des étapes majeures pour la protection de la biodiversité marine.

Parallèlement, l’expansion des aires marines protégées – qui a désormais dépassé le seuil symbolique des 10 % – et l’essor des initiatives d’économie circulaire et de financement de l’océan témoignent d’un potentiel de transformation.

Néanmoins, les observations in situ de l’océan sont fragilisées alors même que la demande sociétale en données sur l’océan augmente. L’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), par exemple, qui joue un rôle clé au niveau mondial dans l’observation des océans, a fait l’objet de désinvestissements massifs de la part de l’administration américaine actuelle.




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Une boussole pour l’action publique

Au-delà de l’outil de suivi que représente le baromètre, l’enjeu est plus profond : changer la manière dont nous pensons l’océan. L’océan n’est pas seulement un espace en dégradation : il est, par nature, un pilier des équilibres de la planète. Tant qu’il restera invisible ou mal compris, il restera mal gouverné. À l’inverse, une lecture plus intégrée doit permettre de mieux relier les causes, les conséquences et les leviers d’action. Le baromètre Starfish permettra d’accompagner cette prise de conscience encore incomplète, mais essentielle.

Cette grille de lecture ouvre aussi des perspectives nouvelles pour la recherche. En mettant en regard les différentes dimensions de la relation entre l’humanité et les océans, elle permet d’identifier plus clairement les angles morts de la connaissance : ce que l’on sait et surtout ce que l’on ne sait pas encore. Autrement dit, elle peut contribuer à orienter les priorités scientifiques, en révélant les manques, les déséquilibres et les besoins d’observation.

À terme, cette approche pourrait également être déclinée à des échelles régionales. Une telle adaptation permettrait de mieux tenir compte des spécificités locales – écologiques, économiques ou sociales – tout en conservant une vision systémique. Elle offrirait ainsi un cadre cohérent pour évaluer les politiques publiques, en reliant plus directement les pressions exercées sur l’océan, les mesures mises en place et leurs effets mesurables.


Les axes du Baromètre 2026 ont été pilotés par Thomas Frölicher (État de l’océan), William Cheung (Pressions humaines), Patrice Guillotreau (Impacts sociétaux), Joachim Claudet (Efforts de protection) et Peter Haugan (Opportunités pour l’humanité). Marina Lévy et Karina Von Schuckmann ont assuré la direction scientifique d’ensemble. Cette édition du Starfish a été grandement facilitée par Mahé Butel (cheffe de projet), Laurence Collet (communication), Xi Ruan (appui à la production) et Pierre Bahurel (pilotage opérationnel).

The Conversation

Marina Lévy a reçu des financements de l’ANR et du CNES.

ref. Le climat a son objectif de 1,5 °C, qu’en est-il de l’océan ? Un baromètre pour changer de regard – https://theconversation.com/le-climat-a-son-objectif-de-1-5-c-quen-est-il-de-locean-un-barometre-pour-changer-de-regard-280640

Le climat a son objectif de 1,5 °C, qu’en est-il pour l’océan ? Un baromètre pour changer de regard

Source: The Conversation – in French – By Marina Lévy, Directrice de l’Institut de l’Océan, océanographe, Sorbonne Université; Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

L’océan joue simultanément un rôle de régulateur du climat, de pourvoyeur de ressources pour nos sociétés et d’espace de tensions croissantes, mais est trop souvent vu de façon fragmentée. Présenté pour la première fois lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC) de Nice en 2025, le baromètre Starfish a été développé par des scientifiques pour présenter une vision plus holistique de l’état de santé de l’océan. La deuxième édition est dévoilée ce 8 juin 2026 à l’occasion de la journée mondiale de l’océan.


L’océan recouvre plus des deux tiers de la surface de la Terre. Il régule le climat, soutient nos économies, transporte l’essentiel de nos échanges et nourrit des milliards d’êtres humains. Et pourtant, il reste l’un des « grands impensés de nos sociétés ».

Cette invisibilité tient en partie à la manière dont l’océan nous apparaît, c’est-à-dire, par fragments, et cela, sans que ces différents signaux ne soient toujours reliés entre eux. Changement climatique, perte de biodiversité, pollutions multiples et autres pressions humaines, ressources alimentaires, biomédicales et énergétiques, transport de marchandises, de données numériques et voie de migrations humaines, gouvernance, impacts sur les sociétés… ces dimensions interagissent en permanence. Nous voyons les symptômes, mais rarement le système dans son entier.

Pourtant, les connaissances scientifiques sur l’océan n’ont jamais été aussi nombreuses, mais elles restent largement dispersées et souvent peu accessibles à un public non spécialiste. À l’occasion de la Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC3), organisée à Nice en juin 2025, l’idée a émergé de fournir aux décideurs un indicateur clair, à l’image du seuil de 1,5 °C pour le climat. Mais l’océan ne saurait se résumer à un chiffre.

Il est simultanément régulateur, ressource et espace de tensions croissantes. C’est un système dont dépend directement la stabilité de nos sociétés, désormais confrontées à des risques accrus, dont les répercussions sont déjà bien visibles : records de température de l’eau, montée des eaux, tempêtes plus intenses du fait du changement climatique, mais aussi exploitation non durable des ressources, pollution plastique et même blocage de points stratégiques de passage du commerce mondial, comme nous le rappelle l’actualité.

Plutôt qu’un indicateur unique, l’idée d’un baromètre multi-dimensionnel a donc émergé : ainsi est né le baromètre Starfish, dévoilé pour la première fois le 8 juin 2025 à l’occasion de la journée mondiale de l’océan. Élaboré par une équipe multidisciplinaire d’experts, il a été présenté, à l’occasion de l’UNOC3, aux délégations de chefs d’États et de gouvernements.

Pour l’édition 2026 du baromètre, l’équipe s’est élargie avec notamment l’intégration des membres du comité scientifique du One Ocean Science Congress (le congrès scientifique qui coïncidait avec l’UNOC), renforçant la représentativité géographique avec une participation accrue d’experts issus du Sud global. Mise à jour avec des données plus récentes, le baromètre Starfish 2026 a été dévoilé le 8 juin 2026, la journée mondiale de l’océan ayant été retenue comme rendez-vous annuel.




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Cette grille de lecture repose sur cinq dimensions complémentaires, qui forment les cinq branches de l’étoile de mer utilisée pour représenter graphiquement le baromètre :

  • l’état de l’océan,

  • les pressions qui s’exercent sur lui,

  • les réponses mises en place pour le protéger,

  • les conséquences positives pour nos sociétés,

  • et enfin les conséquences négatives pour celles-ci.

Ce baromètre ne produit pas de nouvelles données mais joue un rôle complémentaire : rendre intelligible les savoirs qui existent déjà de façon dispersée. Chaque année, il propose une sélection de développements majeurs liés à l’océan et fondés sur les connaissances scientifiques les plus récentes. Conçu à l’échelle globale, il offre une vision d’ensemble de l’océan dans toute sa complexité, au-delà des frontières géographiques et des découpages institutionnels. Il permet ainsi de replacer des phénomènes locaux ou sectoriels dans un contexte plus large, et de mieux comprendre les interdépendances qui structurent le système océanique. Cette approche permet de relier des enjeux souvent traités séparément, du climat à la sécurité alimentaire, de la biodiversité aux tensions géopolitiques, en les replaçant dans un même système d’interactions.

Le baromètre 2025 dressait ainsi un constat préoccupant : les écosystèmes marins continuent de se dégrader sous l’effet de pressions humaines croissantes. Si les efforts de protection progressent, ils restent encore bien en deçà de ce qui serait nécessaire pour inverser la tendance.

Nous avions mis en avant six chiffres clés pour illustrer la tension entre la trajectoire actuelle et les objectifs de durabilité :

  • l’augmentation du niveau des mers (23 cm depuis 1901),

  • le nombre d’espèces marines menacées d’extinction (1677),

  • la surexploitation halieutique (37,7 % des stocks de poissons),

  • 102 milliards de dollars de pertes mondiales du fait des tempêtes et des inondations,

  • la production alimentaire marine (115 millions de tonnes),

  • et enfin la protection de seulement 8,34 % de la surface de l’océan par des aires marines protégées.




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Les nouveautés de l’édition 2026

Le principal constat du baromètre 2026 reste celui d’un océan dont l’état continue de se détériorer, avec même de premiers signes d’accélération.

Baromètre Starfish 2026.
Fourni par l’auteur

Les pressions humaines, qui restent élevées, sont toujours en cause : les émissions de gaz à effet de serre du transport maritime montrent peu de signes de décarbonation, la pêche industrielle manque toujours de transparence, des contrats d’exploration minière en eaux profondes sont accordés, et la quantité de déchets plastiques dans les océans a atteint des niveaux records.

Les impacts sociétaux, eux aussi, s’aggravent : forte augmentation sur le long terme des pertes économiques liées aux tempêtes et aux inondations, avec un pic particulièrement élevé en 2024. De nouvelles estimations montrant que les dommages liés à l’océan représentent une part majeure du coût socio-économique total que représentent le changement climatique, la surexploitation des ressources, la perte de biodiversité et la pollution de l’océan.

Dans le même temps, l’édition 2026 met en évidence des avancées structurantes en matière de gouvernance et de solutions. L’entrée en vigueur de deux accords internationaux – le traité sur la haute mer en janvier 2026 et l’interdiction de certaines subventions néfastes à la pêche en septembre 2025 – ainsi que le renforcement des protections commerciales pour les requins et les raies menacés, constituent des étapes majeures pour la protection de la biodiversité marine.

Parallèlement, l’expansion des aires marines protégées – qui a désormais dépassé le seuil symbolique des 10 % – et l’essor des initiatives d’économie circulaire et de financement de l’océan témoignent d’un potentiel de transformation.

Néanmoins, les observations in situ de l’océan sont fragilisées alors même que la demande sociétale en données sur l’océan augmente. L’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), par exemple, qui joue un rôle clé au niveau mondial dans l’observation des océans, a fait l’objet de désinvestissements massifs de la part de l’administration américaine actuelle.




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Une boussole pour l’action publique

Au-delà de l’outil de suivi que représente le baromètre, l’enjeu est plus profond : changer la manière dont nous pensons l’océan. L’océan n’est pas seulement un espace en dégradation : il est, par nature, un pilier des équilibres de la planète. Tant qu’il restera invisible ou mal compris, il restera mal gouverné. À l’inverse, une lecture plus intégrée doit permettre de mieux relier les causes, les conséquences et les leviers d’action. Le baromètre Starfish permettra d’accompagner cette prise de conscience encore incomplète, mais essentielle.

Cette grille de lecture ouvre aussi des perspectives nouvelles pour la recherche. En mettant en regard les différentes dimensions de la relation entre l’humanité et les océans, elle permet d’identifier plus clairement les angles morts de la connaissance : ce que l’on sait et surtout ce que l’on ne sait pas encore. Autrement dit, elle peut contribuer à orienter les priorités scientifiques, en révélant les manques, les déséquilibres et les besoins d’observation.

À terme, cette approche pourrait également être déclinée à des échelles régionales. Une telle adaptation permettrait de mieux tenir compte des spécificités locales – écologiques, économiques ou sociales – tout en conservant une vision systémique. Elle offrirait ainsi un cadre cohérent pour évaluer les politiques publiques, en reliant plus directement les pressions exercées sur l’océan, les mesures mises en place et leurs effets mesurables.


Les axes du Baromètre 2026 ont été pilotés par Thomas Frölicher (État de l’océan), William Cheung (Pressions humaines), Patrice Guillotreau (Impacts sociétaux), Joachim Claudet (Efforts de protection) et Peter Haugan (Opportunités pour l’humanité). Marina Lévy et Karina Von Schuckmann ont assuré la direction scientifique d’ensemble. Cette édition du Starfish a été grandement facilitée par Mahé Butel (cheffe de projet), Laurence Collet (communication), Xi Ruan (appui à la production) et Pierre Bahurel (pilotage opérationnel).

The Conversation

Marina Lévy a reçu des financements de l’ANR et du CNES.

ref. Le climat a son objectif de 1,5 °C, qu’en est-il pour l’océan ? Un baromètre pour changer de regard – https://theconversation.com/le-climat-a-son-objectif-de-1-5-c-quen-est-il-pour-locean-un-barometre-pour-changer-de-regard-280640

Por qué los eclipses nos fascinan: lo que ocurre en el cerebro cuando miramos al cielo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José A. Morales García, Investigador Científico en enfermedades neurodegenerativas y Profesor Titular de la Facultad de Medicina, Universidad Complutense de Madrid

sobinsergey84/Shutterstock

¿Alguna vez se ha sentido hechizado por algo? Si atendemos al origen de la palabra, es posible que la respuesta sea sí. “Fascinación” proviene del latín fascinare, que significa embrujar o encantar. Y describe bien esa sensación en la que algo capta nuestra atención de forma casi irresistible, como si no pudiéramos controlarlo.

Los eclipses son un ejemplo especialmente claro. A lo largo de la historia han despertado una mezcla de asombro, inquietud y curiosidad difícil de ignorar. Aunque es complicado saber con certeza qué pensaban nuestros antepasados, existen indicios de que observaban el cielo de forma sistemática desde tiempos muy antiguos. Un ejemplo son los petroglifos de Loughcrew, en Irlanda, datados en torno al 3340 a. e. c., donde algunos investigadores han propuesto posibles representaciones de un eclipse solar.

En muchas culturas antiguas no se interpretaban como eventos naturales, sino como señales de desequilibrio cósmico, presagios enviados por los dioses. Mientras que en la tradición china, por ejemplo, se pensaba que un dragón devoraba el Sol, algunas culturas americanas los atribuían a jaguares u otras criaturas. Estas interpretaciones, a menudo asociadas al miedo, impulsaron la necesidad de anticipar cuándo ocurrirían. Y esa necesidad tuvo consecuencias profundas: favoreció la observación sistemática del cielo y el registro de patrones, semillas de lo que con el tiempo se convertiría en la astronomía y las matemáticas.

Hoy sabemos exactamente en qué consiste un eclipse, pero ¿por qué nos sigue fascinando? La respuesta, una vez más, está en el sistema nervioso.

Cuando millones de personas se reúnen para observarlo, no solo están mirando al cielo, también están activando algunos de los circuitos más profundos y antiguos del cerebro humano: la fascinación. Esa mezcla de curiosidad, sorpresa y emoción no es un capricho cultural, sino un fenómeno biológico con bases bien estudiadas.

Olvidarse de uno mismo: la red neuronal por defecto

Uno de los modelos neurobiológicos más aceptados describe la fascinación como una respuesta a una “brecha de información”: percibimos que hay algo relevante que desconocemos, y eso genera una especie de tensión cognitiva que queremos resolver. Este marco teórico, propuesto por el psicólogo George Loewenstein y respaldado por estudios neurocientíficos posteriores, sugiere que la búsqueda de conocimiento actúa como un potente motor interno.

Un eclipse encaja perfectamente en este mecanismo. Sabemos lo suficiente como para anticiparlo, pero su rareza, complejidad y espectacularidad generan incertidumbre. Es difícil no mirar.

Cuando algo nos fascina, como el momento en que la Luna comienza a tapar al Sol, se activan regiones como la corteza cingulada anterior y la ínsula anterior, implicadas en detectar lo inesperado y dirigir nuestra atención hacia ello.

En paralelo, disminuye la actividad de la llamada red neuronal por defecto, asociada a procesos autorreferenciales como la rumiación o el pensamiento centrado en uno mismo. Este cambio de equilibrio cerebral ayuda a explicar una sensación común durante experiencias intensas: la de “olvidarse de uno mismo” y centrarse completamente en lo que está ocurriendo.

Un sistema que recompensa por aprender

A medida que el eclipse avanza, entra en juego otro mecanismo clave: el sistema de recompensa del cerebro. Regiones como el estriado y el núcleo accumbens liberan dopamina, un neurotransmisor fundamental en la motivación y el placer. Aquí ocurre algo interesante: el cerebro no solo responde a recompensas materiales, sino también a la información. En otras palabras, aprender o resolver una incógnita resulta intrínsecamente gratificante.

La fascinación, además, no termina en la emoción del momento. Durante estados de alta curiosidad, el hipocampo, una estructura esencial para la memoria, se activa en coordinación con el sistema dopaminérgico. Diversos estudios han demostrado que esto mejora la consolidación de la memoria: pasado el tiempo, recordamos con claridad dónde estábamos cuando vimos el eclipse. El cerebro marca ese momento como relevante.

Estas experiencias intensas también pueden ir acompañadas de respuestas fisiológicas, como escalofríos o piel de gallina, fruto de la interacción entre el sistema emocional y el nervioso autónomo; los mismos mecanismos que se activan cuando escuchamos música o contemplamos una obra de arte.

Al final, todo esto forma parte de un mismo proceso: la incertidumbre despierta la curiosidad; la resolución activa el sistema de recompensa; y todo ello refuerza la memoria. Un eclipse, en este sentido, no es solo un fenómeno astronómico, sino un estímulo especialmente eficaz para activar estos circuitos.

¿Se puede no “sentir nada”?

Ahora bien, no todo el mundo experimenta esta fascinación con la misma intensidad. Los estudios basados en neuroimagen indican que algunas personas, por su organización cerebral, son menos propensas a este tipo de experiencias.

Bajo determinadas condiciones como la depresión o la enfermedad de Parkinson, donde la sensibilidad a la recompensa suele ser menor, la capacidad de experimentar interés o asombro puede verse atenuada. Esto podría relacionarse con disfunciones en los circuitos de recompensa (estriado) y en la integración emocional (núcleo accumbens).

De hecho, las personas con alta necesidad de cierre cognitivo (preferencia por respuestas definitivas y aversión a la ambigüedad) experimentan menos asombro. Un eclipse, con su carácter efímero e impredecible, podría generar más incomodidad que fascinación en estas personas.

Lejos de ser un simple lujo emocional, la fascinación, como desencadenante de la curiosidad, puede entenderse como un mecanismo adaptativo que nos empuja a explorar, aprender y comprender el entorno. Desde esta perspectiva, un eclipse no es solo un espectáculo visual, sino un estímulo que activa un sistema diseñado para convertir la sorpresa en conocimiento.


Este artículo fue publicado previamente por la Oficina de Transferencia de Resultados de Investigación (OTRI) de la Universidad Complutense de Madrid (UCM).


The Conversation

José A. Morales García no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué los eclipses nos fascinan: lo que ocurre en el cerebro cuando miramos al cielo – https://theconversation.com/por-que-los-eclipses-nos-fascinan-lo-que-ocurre-en-el-cerebro-cuando-miramos-al-cielo-283402

Timothy Garton Ash: demasiado pronto para descifrar la Historia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Santiago de Navascués Martínez, Profesor ayudante doctor de Historia Contemporánea, Universidad de Navarra

Timothy Garton Ash durante la entrega del Premio Theodor Heuss 2017 en Alemania. Susanne Kern/Wikimedia Commons, CC BY-SA

En 1978, un joven estudiante británico llegó a Berlín para investigar la resistencia alemana al nazismo. Su nombre era Timothy Garton Ash y pronto descubrió que el presente le interesaba más que el pasado: la República Democrática Alemana que tenía delante, con su aparato de vigilancia y su sociedad organizada sobre la mentira, era más urgente que cualquier archivo histórico. No tardó en convertirse en objeto de atención de la Stasi, que le abrió un expediente y reclutó informadores de su entorno.

Años después, cuando pudo leer esa documentación, fue a buscar a los informadores, los entrevistó y escribió El expediente, uno de los retratos más lúcidos que existen sobre lo que significaba vivir en una sociedad donde la mentira lo impregnaba todo, incluidas las relaciones más íntimas.

Este libro establece las credenciales de Garton Ash como ningún otro. El historiador, recientemente galardonado con el Premio Princesa de Asturias de Ciencias Sociales 2026, vivió el comunismo en sus propias carnes, lo sufrió en pequeña medida, y lo entendió desde dentro. Esa posición es la materia prima de toda su obra y explica por qué sus libros tienen una textura que los distingue de la historiografía académica convencional.

Historia del presente

La mejor prueba es La linterna mágica, relato de las revoluciones del 89 en Varsovia, Budapest, Berlín y Praga.

Portada de La linterna mágica, de Timothy Garton Ash

Penguin Libros

En noviembre de 1989, mientras la revolución checoslovaca se desplegaba en las calles de Praga, Garton Ash estaba en los bastidores del Teatro de la Linterna Mágica, sede improvisada del Foro Cívico, el grupo opositor al comunismo.

Allí vio a Václav Havel, disidente checoslovaco, líder de Foro Cívico, posteriormente, presidente de Checoslovaquia y también el primer presidente de la República Checa. Havel se movía con un andar apresurado y característico por el vestíbulo, con el cuerpo ligeramente encorvado y los brazos agitándose, vestido con vaqueros y jersey. Se detenía un instante, comenzaba a explicar alguna “negociación importante”, y en tres frases era arrastrado de nuevo por la vorágine. Se iba con una sonrisa de disculpa por encima del hombro, como diciendo: ¿qué le vamos a hacer? En el escenario, las funciones continuaban. Detrás, la historia cambiaba de acto: la revolución, como el teatro, era el único espacio donde había sido posible decir algunas verdades durante décadas.

A este talento para estar en el lugar preciso en el momento preciso se añade una prosa de rara claridad. Garton Ash se define como practicante de la “historia del presente”, una disciplina que exige tanto el rigor del historiador como la inmediatez del reportero. Sus libros mezclan erudición y autobiografía en una proporción que raramente falla, y que alcanza su mayor ambición en Europa. Una historia personal, un recorrido por casi ochenta años de historia del continente.

Despertar del sueño

Pero una lectura de conjunto deja una pregunta abierta. En una edición ampliada de La linterna mágica, Garton Ash añade un capítulo en el que constata una paradoja que no termina de resolver.

Portada de Europa, una historia personal, de Timothy Garton Ash.

Penguin libros

En 1989, el lema de las revoluciones era “el regreso a Europa.” Los europeos del Este soñaban con Europa como sinónimo de todas las cosas buenas: prosperidad, libertad, democracia, civilización. Pero según menciona el historiador en su libro, los problemas –se entiende que a partir del siglo XXI– no tardaron en llegar, “puesto que, inevitablemente, la realidad no estaba a la altura del sueño”.

Joachim Gauck, antiguo pastor protestante de la RDA que llegó a ser presidente de la Alemania unificada, lo resumió con ironía: “Soñábamos con el paraíso y despertamos en Renania del Norte-Westfalia”. Para acceder a Europa había que cumplir con las normas relativas a la economía, el sistema jurídico, el trato a las minorías, la regulación de los medios de comunicación, el control de las fuerzas armadas, el etiquetado de los alimentos… Es decir, algo mucho más prosaico.

Garton Ash se hace una pregunta clave: “¿Y hacia dónde vamos ahora? ¿Cuál era nuestro objetivo estratégico?”. Parece que la realidad no podía estar a la altura del sueño.

Tres décadas después, Polonia y Hungría reivindican una Europa cristiana, tradicional y conservadora. Hace pocos años, el expresidente Victor Orbán –otro líder de las revoluciones– declaraba que, si en 1989 pensaban que Europa era su futuro, hoy ellos son el futuro de Europa. Garton Ash registra el dato con incomodidad, pero lo despacha como “populismo”. Lo que no considera es que quizá esa Europa Central que tanto admira nunca quiso ser lo que el consenso progresista occidental es hoy en día.

El cristianismo compartido

En Europa. Una historia personal hay un mapa que ilustra este problema. Se trata de la Europa Polyglotta, elaborada en 1730, donde treinta y tres idiomas europeos, escritos en alfabetos diferentes –latino, cirílico, griego– comparten la misma frase: “Padre nuestro que estás en los cielos.”

El propio Garton Ash reconoce que sin el cristianismo no existiría Europa tal como la conocemos. Pero trata esa raíz como herencia arqueológica, ya superada: los fundadores de la Unión Europea invocaban el cristianismo; las generaciones posteriores prefieren los valores ilustrados. Lo que el mapa sugiere, y lo que la historia de Polonia o de la propia RDA confirma, es que esas raíces no desaparecen cuando se declaran extintas. Quizás el anhelo de libertad al otro lado del Telón de Acero era mucho más antiguo y profundo que las reivindicaciones de la nueva Europa, como los derechos de género o la apertura de fronteras.

El propio Garton Ash desmiente que Europa sea el producto acabado de ese liberalismo de finales del siglo XX. Lo hace con su descripción de un personaje clave en la lucha anticomunista como el polaco Bronisław Geremek. Así, lo define como alguien que llevaba “en la médula la profunda y definitoria herencia cristiana de Europa”: había escapado de niño del gueto de Varsovia, fue monaguillo, y un sacerdote de la cofradía de la Virgen María “supo motivarlo.” Geremek fue décadas después uno de los artífices del sindicato Solidaridad, opositor al gobierno comunista polaco.

Garton Ash escribe que los recuerdos personales figuran entre los propulsores más potentes de cuanto Europa ha hecho desde 1945. Es lo que llama “el motor del recuerdo”. Y tiene razón. Pero la memoria del Centro y Este de Europa era trágica: querían librarse del yugo soviético, pero no querían tampoco caer en las reglas establecidas por la agresiva globalización de principios de siglo XXI. Es decir, el motor funcionaba con una combustión que el marco del historiador no termina de reconocer.

Existe una anécdota clásica entre los historiadores escépticos. En 1972, Kissinger preguntó a Zhou Enlai qué pensaba sobre el impacto de la Revolución Francesa. El primer ministro chino respondió: “Es demasiado pronto para saber.” Durante décadas se citó como ejemplo de visión a largo plazo. Hasta que el intérprete aclaró que Zhou no hablaba de 1789 sino del Mayo del 68, ocurrido apenas cuatro años antes. No era sabiduría milenaria, sino la dificultad de descifrar lo que estaba sucediendo.

Es muy difícil, casi imposible, leer el presente. Se puede intentar, pero estamos demasiado cerca. Los libros de Timothy Garton Ash servirán como motor de la historia en el futuro, cuando ya nadie recuerde aquellos hechos.


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Santiago de Navascués Martínez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Timothy Garton Ash: demasiado pronto para descifrar la Historia – https://theconversation.com/timothy-garton-ash-demasiado-pronto-para-descifrar-la-historia-283928

‘Un monstruo viene a verme’ a la escuela: tres historias para aprender mejor

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Alan Chávez Meléndez, Profesor de Metodología de la Investigación y Capital Humano, Universidad de Guadalajara

¿Qué tiene que ver un monstruo hecho de tejo con aprender a aprender? Más de lo que parece. Un monstruo viene a verme, la película del director español J.A. Bayona, está basada en la novela homónima de Patrick Ness, quien también escribió el guion cinematográfico. Esta historia no es solo un éxito de crítica: tiene presencia activa en las aulas.

Portada del libro de Patrick Ness con prólogo J.A. Bayona.
CC BY

El Ministerio de Educación de Chile lo incluye en su currículum nacional como lectura recomendada para séptimo básico. En España, la obra ha sido adaptada al teatro y forma parte de la programación oficial para centros de Educación Secundaria en el curso 2025-2026. En varios centros educativos españoles se trabaja como lectura en el aula con guías didácticas específicas.

Que una obra literaria transite así, del texto al cine y de ahí al aula, no es casualidad: hay algo en esta historia que los docentes reconocen como pedagógicamente valioso. Juntos, libro y película, ofrecen un retrato preciso sobre las competencias emocionales en situaciones de adversidad, y por qué esas competencias son fundamentales para el aprendizaje significativo.

Las emociones no interrumpen el aprendizaje, sino que lo hacen posible

Durante décadas, la educación trató las emociones como un obstáculo: algo que había que controlar para poder aprender bien. Hoy sabemos que es al revés.

La investigación en psicología educativa muestra que las competencias emocionales, como la capacidad de escucha, la empatía, la autorregulación o la autocompasión, no son habilidades blandas secundarias. Son condiciones necesarias para que ocurra un aprendizaje profundo y duradero.

Conor, el protagonista del libro y de la película, lo aprende de la manera más difícil: acompañando a su madre en un proceso de enfermedad terminal, mientras enfrenta el acoso escolar y la ausencia de su padre. A las 00:07 horas, un monstruo arbóreo hecho de tejo comienza a visitarlo para contarle tres historias. Cada una activa en él una competencia emocional distinta.

Primera historia: la empatía como herramienta de pensamiento crítico

La primera historia del monstruo presenta un reino donde nada es lo que parece. El príncipe que se presenta como víctima no lo es del todo. La bruja malvada tampoco responde a su rol.

Conor siente decepción y confusión. Pero esa incomodidad emocional es exactamente lo que lo empuja a mirar más profundo, a suspender el juicio y a comprender que la realidad es más compleja de lo que aparenta.

Eso es empatía cognitiva, la capacidad de ponerse en el lugar del otro, incluso cuando ese otro nos resulta difícil de entender. Y es también la base del pensamiento crítico: no podemos analizar bien aquello que nos negamos a comprender.

En el aula, esta competencia se traduce en algo concreto: el estudiante que desarrolla empatía cognitiva es capaz de leer un texto con el que no está de acuerdo sin descartarlo de inmediato. Puede escuchar una perspectiva diferente sin cerrarse y sostener la incomodidad de no saber antes de juzgar. Esa capacidad de espera activa es, en el fondo, lo que distingue a quien aprende de quien solo confirma lo que ya cree.

Segunda historia: autorregulación emocional, no supresión

La segunda historia lleva a Conor a destruir la habitación de su abuela en un arrebato de ira. Lo sorprendente no es el arrebato, sino lo que viene después: no hay castigo externo. Solo la emoción misma, con todo su peso.

Ahí está la lección. La autorregulación emocional no significa no sentir. Significa atravesar la emoción con conciencia, sin destruirse ni destruir a otros innecesariamente.

La investigadora Susan David llama a esto agilidad emocional. Consiste en la capacidad de moverse a través de las emociones difíciles con intención, en lugar de ser arrastrado por ellas o de suprimirlas. Quien desarrolla esta competencia aprende más, porque puede sostener la incomodidad que el aprendizaje genuino siempre implica.

Aplicado al aprendizaje, esto significa que un estudiante con autorregulación emocional puede enfrentar una materia difícil sin bloquearse, recibir una crítica sin desmoronarse o tolerar la frustración de no entender algo de inmediato sin abandonar. No porque no sienta esas emociones, sino porque ha aprendido a no dejar que lo gobiernen. Esa diferencia entre reaccionar y responder es una de las habilidades más valiosas que puede desarrollar cualquier persona en formación.

Tercera historia: autocompasión como condición para aprender de los errores

La tercera historia es la más breve y la más poderosa. Un hombre quería ser visto. Cuando al fin lo ven, descubre que ser visto no es lo mismo que ser comprendido.

Conor aprende que detrás de su ira hay una tristeza enorme. Y tras esa tristeza, una verdad que ha evitado enfrentar: desea que el sufrimiento de su madre termine, aunque eso signifique perderla.

Nombrar esa verdad, sin juzgarse por sentirla, es un acto de autocompasión. Y la autocompasión es una competencia crítica para el aprendizaje, porque aprender implica equivocarse, y equivocarse duele. Sin autocompasión, el error se convierte en vergüenza, y la vergüenza paraliza.

En contextos educativos, la falta de autocompasión tiene consecuencias muy concretas: estudiantes que no participan por miedo a equivocarse, que abandonan cuando no logran resultados rápidos o que interiorizan el error como señal de incapacidad. La autocompasión no es condescendencia con uno mismo; es la condición que permite levantarse del error con curiosidad en lugar de con vergüenza, y seguir aprendiendo.

¿Qué nos queda a nosotros?

No necesitamos enfrentar la muerte de un ser querido para desarrollar estas competencias. Pero sí necesitamos espacios, dentro y fuera del aula, donde sea posible sentir, nombrar y atravesar las emociones sin que eso se considere una debilidad.

La empatía, la autorregulación y la autocompasión no se enseñan memorizando definiciones. Se desarrollan en la experiencia, en el vínculo, en el acompañamiento. Y también, a veces, frente a un libro o una pantalla, si estamos dispuestos a no apartar la mirada.

Como el monstruo le dice a Conor: las historias más importantes son las que más nos cuesta contar. Lo mismo aplica para las emociones que más nos cuesta sentir. Y también para los aprendizajes que más nos transforman.

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Jorge Alan Chávez Meléndez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ‘Un monstruo viene a verme’ a la escuela: tres historias para aprender mejor – https://theconversation.com/un-monstruo-viene-a-verme-a-la-escuela-tres-historias-para-aprender-mejor-282823

Cuando la tecnología nos hace sentir torpes, quizá el problema no seamos nosotros

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ainhoa Apraiz Iriarte, Docente e investigadora en Innovación en Diseño Industrial, con especialización en Diseño de Interacción y Aceptación Tecnológica en Robótica., Mondragon Unibertsitatea, Mondragon Unibertsitatea

A veces, interactuar con una máquina no resulta algo fácil de resolver a la primera. Roberto Hund / Pexels. , CC BY-SA

Todos hemos usado alguna vez una tecnología que nos hizo sentir torpes. Puede ser la web de una administración pública en la que no queda claro cuál es el siguiente paso, una máquina de autoservicio en el supermercado que forma cola porque varias personas miran la interfaz sin saber dónde pulsar, una aplicación móvil que cambia de diseño y esconde la función que más utilizábamos…

Cuando esto ocurre, la frustración es inmediata. Tendemos a suspirar, a asumir que el sistema funciona correctamente y a decirnos en voz baja: definitivamente, la tecnología no es lo mío.

Si alguna de estas escenas resulta familiar, tenga en cuenta que el problema no siempre está en nuestra supuesta falta de habilidad. Puede que la aplicación funcionara bien durante el desarrollo, pero no en las condiciones reales de uso ni con las personas que finalmente tenían que utilizarla.

Y esto no es solo una cuestión de comodidad. Cuando una aplicación, una máquina o un trámite digital no se entienden, pueden convertirse en una barrera para acceder a servicios, completar gestiones o ejercer derechos. Así, un diseño deficiente puede convertirse en una barrera de exclusión social.

Y es ahí es donde entran las pruebas de usabilidad.

Por qué no basta con que una tecnología “funcione”

Existe una confusión frecuente en el desarrollo tecnológico. Que una herramienta funcione no significa solo que el código no falle. Tampoco basta con que el sistema complete una operación: debe permitir que una persona real pueda usarla con claridad y eficiencia cuando la necesita.

En este sentido, aunque muchas herramientas se consideran terminadas cuando cumplen los requisitos técnicos y superan todos los controles internos, pueden fallar después, cuando alguien intenta usarlas en una situación real, con prisa, con interrupciones o bajo presión.

Y es que la tecnología no se usa en el vacío. La utilizamos personas que no siempre tenemos el mismo nivel de atención, memoria, tiempo o paciencia. También llegamos con expectativas previas sobre cómo deberíamos interactuar con una interfaz.

Qué son las pruebas de usabilidad

Para analizar esto, disciplinas como la interacción persona-ordenador (IPO) utilizan las pruebas o tests de usabilidad, que no consisten solo en preguntar si gustan los botones o si la pantalla es bonita.

Un test de usabilidad tampoco busca saber si alguien es hábil, sino comprobar si el sistema permite completar una tarea sin dudas, errores ni esfuerzos innecesarios.

En las pruebas, no pedimos a quien participa que nos explique cómo cree que utilizaría una herramienta. Le proponemos una tarea concreta; por ejemplo: “compra un billete de autobús para mañana a las 10:00 aplicando este código de descuento”. A partir de ese momento, el equipo investigador observa el proceso, procurando intervenir lo mínimo posible.

La persona empieza. Busca el botón. Se detiene. Vuelve atrás. Lee dos veces la misma frase. Pregunta si lo ha hecho bien. Ahí es donde se revela la realidad del diseño. Lo importante no es solo si se llega al final, sino qué ocurre por el camino.

Escena de un test de usabilidad: un investigador observa desde una cámara Gesell mientras una persona participante realiza una tarea con el apoyo de una facilitadora.
Escena de un test de usabilidad: un investigador observa desde una cámara Gesell mientras una persona participante realiza una tarea con el apoyo de una facilitadora.
DBZ – Mondragon Unibertsitatea.

Qué medimos: el resultado, el camino y el esfuerzo

Para analizar la experiencia de forma objetiva, registramos datos organizados en diferentes niveles. Primero evaluamos el resultado: si la persona consigue completar la tarea solicitada o si se ve obligada a desistir.

Segundo, tenemos en cuenta el proceso: medimos cuánto tarda, dónde se pierde, qué errores comete o cuántos pasos y rodeos necesita antes de encontrar la opción correcta. Por ejemplo, si varios usuarios se detienen en el mismo punto o interpretan mal la misma palabra, ya no hablamos de torpeza individual. Lo que estamos viendo es una señal de que el diseño está dificultando la comprensión.

Por último, analizamos el esfuerzo, la carga cognitiva, la seguridad percibida y la aparición de frustración o fatiga mental.

Reconocer estos patrones es lo que permite corregir las herramientas antes de que lleguen al público general.

Nuestro estudio: medir lo que ocurre durante una tarea

Desde el proyecto NO-STRESS, llevamos esta lógica a entornos industriales. Empezamos diseñando el protocolo científico y, un año más tarde, liberamos un banco de datos sobre estrés y desempeño en tareas de fabricación.

En el estudio, analizamos tareas habituales de fabricación, como la preparación de kits de piezas, el control de calidad, el ensamblaje y la monitorización de producto. No nos limitamos a verificar si la tarea se completaba. Combinamos tiempos, errores, movimiento corporal y percepción de estrés.

La idea era comprobar que el resultado final de una tarea no cuenta toda la historia. Una actividad puede completarse correctamente y, aun así, exigir demasiada atención o resultar más cansada de lo esperado.

Diseñar para personas no es hacer las cosas bonitas

El diseño centrado en las personas no constituye un lujo estético; representa una necesidad funcional, económica y social:

  • En los servicios públicos digitales, un diseño deficiente se convierte en una barrera de exclusión social que afecta con mayor gravedad a los colectivos más vulnerables, como las personas mayores.

  • En el entorno laboral, una mala herramienta multiplica tareas duplicadas, clics innecesarios y frustración.

  • En la vida cotidiana, un diseño inadecuado convierte acciones sencillas –pedir una cita, pagar en una máquina o modificar una reserva– en pequeñas fuentes de frustración.

Muchas veces, el problema empieza antes de tocar el botón: en una instrucción ambigua, un texto saturado o un flujo ilógico. Así que la próxima vez que una pantalla nos haga sentir torpes, preguntémonos quién la probó, con quiénes y en qué condiciones. Porque una tecnología no funciona de verdad hasta que funciona para las personas que tienen que usarla.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cuando la tecnología nos hace sentir torpes, quizá el problema no seamos nosotros – https://theconversation.com/cuando-la-tecnologia-nos-hace-sentir-torpes-quiza-el-problema-no-seamos-nosotros-284110

Masculinidades y adicciones: ¿por qué a ellos les cuesta más pedir ayuda?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen María Galvez Sánchez, Professor. Faculty of Psychology and Speech Therapy. Universidad de Murcia, Universidad de Murcia

Andrii Zastrozhnov/Shutterstock

Las adicciones son un problema de salud pública muy importante y cada vez aumenta más su presencia en la sociedad. La Organización Mundial de la Salud informa de que cada año 2,6 millones de personas mueren a causa del consumo de alcohol, mientras que 600 000 lo hacen por las drogas.

Estos fallecimientos muestran un marcado componente de género, ya que los hombres son los más afectados. A ellos corresponden 2 millones de las muertes relacionadas con el alcohol y 400 000 de las motivadas por sustancias psicoactivas.

Pero ¿por qué esa brecha? La investigación demuestra que existen diferencias en la forma en que hombres y mujeres actúan al buscar ayuda para problemas de salud, incluidas las adicciones. Ellas tienden a pedir ayuda con mayor frecuencia, en parte debido a las normas tradicionales de género establecidas por la sociedad, que también influyen en las creencias y comportamientos de los varones con respecto a la búsqueda de apoyo.

Ser hombre suele asociarse a ser fuerte, independiente y resolver todo solo. Esto puede dar lugar a que los hombres piensen que pedir ayuda es una muestra de debilidad y falta de autosuficiencia, y lo eviten.

Las barreras que les impiden pedir ayuda

Existen otras barreras que dificultan que los hombres busquen ayuda para resolver sus adicciones. Entre las más comunes se encuentran el estigma público, los prejuicios sociales y la discriminación. Estos son especialmente fuertes en casos de adicción al alcohol y al juego, no tanto en cuanto al consumo de tabaco.

Las creencias negativas sobre la utilidad de los tratamientos y el miedo a ser juzgados también actúan como barreras. Estas barreras están muy relacionadas con la forma en que la sociedad considera que debe ser un hombre. Ya que predomina la idea de que los hombres tienen que ser autosuficientes, resolver todo por ellos mismos, y no mostrar debilidad.

El proceso de búsqueda de ayuda es diferente según el tipo de adicción. Sin embargo, todas las adicciones comparten el impacto de las normas de género y el estigma social como factores que dificultan pedir ayuda.

Para trabajar eficazmente con las adicciones en hombres, es importante integrar una perspectiva de género en el diagnóstico, la prevención y el tratamiento, con enfoques personalizados y adaptados a sus necesidades específicas.

Existen otras formas de “ser hombre”

Comprender qué es la masculinidad hegemónica ayuda a entender por qué a muchos hombres les cuesta pedir ayuda. La masculinidad hegemónica es la forma en la que la sociedad define cómo deber ser un hombre. La sociedad establece normas que asocian la masculinidad con la fuerza, la independencia y ocultación de las emociones. Estas normas pueden hacer que los hombres eviten buscar ayuda para que nos los consideren débiles.

Sin embargo, existen otras formas de “ser hombre”. La masculinidad igualitaria propone una forma diferente de estar en el mundo basada en la equidad de género, el respeto mutuo y la eliminación de las diferencias de poder. Este enfoque promueve en los hombres la empatía, la colaboración y la expresión emocional.

En este contexto, la masculinidad no se define por la superioridad, sino por la igualdad y el respeto en las relaciones humanas. La masculinidad igualitaria es una herramienta importante para eliminar las barreras en la búsqueda de ayuda, especialmente en contextos de adicción, y ayudar a promover sociedades más inclusivas y justas.

Saber pedir ayuda es necesario porque permite a las personas enfrentar sus desafíos con apoyo profesional y social, aumentando las posibilidades de superar las dificultades y mejorar la calidad de vida. Por el contrario, no pedir ayuda a tiempo retrasa el diagnóstico, el tratamiento y la recuperación. Pedir ayuda también puede eliminar el estigma y la soledad que muchas veces acompañan a los problemas de adicción. Nadie debería enfrentar sus problemas en soledad.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Masculinidades y adicciones: ¿por qué a ellos les cuesta más pedir ayuda? – https://theconversation.com/masculinidades-y-adicciones-por-que-a-ellos-les-cuesta-mas-pedir-ayuda-281613

Cuando una especie se mezcla con otra hasta el borde de la desaparición, ¿intervenimos o dejamos actuar a la evolución?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Liétor Gallego, Investigador postdoctoral especializado en comunicación, divulgación y transferencia del conocimiento científico, Universidad de Jaén

Caracol del género _Iberus_ (concretamente, de la especie _I. gualtieranus alonensis_). Didaccc/Shutterstock

En biología, se conoce como hibridación al cruce entre individuos de especies o linajes distintos que da lugar, por lo general, a descendientes con características de ambos progenitores. Un ejemplo que todos conocemos es la mula, descendiente de la mezcla entre una yegua y un burro.

Durante mucho tiempo, el fenómeno biológico de la hibridación se consideró un proceso raro y evolutivamente marginal, casi anecdótico, tanto en vertebrados como en invertebrados.

Repasemos algunos ejemplos:

  • En mamíferos, la mezcla entre lobo y perro puede reducir la diversidad genética y comprometer la conservación de poblaciones silvestres

  • En aves, cambios ambientales recientes están favoreciendo cruces entre especies antes aisladas.

  • En peces, la elección errónea de pareja puede incluso generar nuevas líneas evolutivas.

  • En anfibios, se han detectado poblaciones introducidas de origen híbrido que logran establecerse.

  • En reptiles, se han descrito híbridos entre especies venenosas que despiertan tanto inquietud como interés.

  • En insectos, mariposas como Heliconius muestran cómo la hibridación puede dar lugar a nuevas especies

  • En moluscos, casos como la nacra (Pinna nobilis) mediterránea evidencian que la hibridación también puede influir en la dinámica y conservación de especies marinas.

Existe, además, un tipo de hibridación más complejo, que va un paso más allá: la hibridación con introgresión, donde los híbridos vuelven a cruzarse con una de las especies parentales, de modo que algunos de sus genes acaban integrándose de forma estable en ella a lo largo de las generaciones. No se trata solo de un cruce puntual, sino de la incorporación progresiva de genes de una especie en otra, lo que puede modificar sus características, facilitar la capacidad de colonizar nuevos entornos o diluir la identidad genética de las poblaciones originales.

En el caso de los invertebrados, el desarrollo de herramientas genéticas y genómicas ha revelado que el intercambio de genes entre especies es más frecuente de lo que se pensaba y que, en determinadas circunstancias, puede incluso conferir ventajas adaptativas a los híbridos. Aun así, la hibridación no suele considerarse un motor principal de especiación –el proceso por el cual una especie ancestral se divide en dos o más distintas–, sino más bien un mecanismo complementario dentro de un marco evolutivo más amplio.




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Caracoles españoles cuestionan la visión clásica de la hibridación

Entre los caracoles, la hibridación y la introgresión entre especies cercanas están bien documentadas, aunque generalmente se consideran procesos secundarios: rara vez originan nuevas especies y actúan más bien como mecanismos que introducen variación genética dentro de las ya existentes. Son la estructura poblacional, la ecología y el aislamiento geográfico los que actúan como principales motores evolutivos.

Sin embargo, este esquema encuentra una excepción más que notable en el género Iberus, endémico del sureste ibérico, donde la hibridación no parece ser un fenómeno puntual, sino recurrente: hasta 38 presuntos tipos de híbridos han sido descritos en Redescubriendo el género Iberus, un proyecto de ciencia ciudadana, estudio resultante de más de dos décadas de trabajo de un equipo de investigadores de Jaén. Este patrón sugiere que la hibridación como fuerza evolutiva en los gasterópodos terrestres podría haber sido subestimada.

Uno de los ejemplos más clásicos de hibridación dentro del género se encuentra en el entorno de la ermita del Cristo de la Sierra, en la sierra de Abdalajís (Málaga), donde conviven Iberus cobosi e Iberus marmoratus. El marcado contraste entre ambas especies explica que este fenómeno llamara ya la atención de los investigadores del siglo pasado. Mientras que la primera muestra una concha angulosa, con una quilla bien definida y una estriación muy evidente, la segunda presenta formas redondeadas y superficies lisas. Entre ambos extremos aparecen los híbridos, que parecen situarse en un punto intermedio: con una quilla suavizada, estrías menos densas y una concha menos achatada, decorada con marmoraciones más sutiles.

Más grave de lo que parecía

Desde finales del siglo pasado hasta hoy, se puede observar cómo la introgresión de I. marmoratus avanza de forma sostenida por la ladera norte del extremo oriental de la sierra de Abdalajís, ganando terreno a I. cobosi.

Tradicionalmente, este proceso se reconocía por la presencia de ejemplares claramente intermedios. Sin embargo, hallazgos recientes han cambiado de forma notable esta visión. Por un lado, se han identificado individuos con aspecto inequívoco de I. cobosi que presentan marcadores mitocondriales propios de I. marmoratus (Figura 3A). Por otro, aparecen fenotipos aparentemente puros que incorporan las bandas características de I. marmoratus (Figura 3B). A ello se suma el descubrimiento de ejemplares con labio rosado, un rasgo común en I. marmoratus pero nunca antes descrito en I. cobosi (Figura 3C).

En conjunto, estas evidencias muestran que el morfotipo (conjunto de rasgos morfológicos característicos de la concha) clásico del híbrido cobosi × marmoratus representa solo una de las múltiples formas que puede adoptar la introgresión. Existen otras variantes más crípticas (morfológicamente indistinguibles de las formas puras y solo identificables mediante análisis genéticos), en las que la concha conserva el aspecto típico de I. cobosi y solo varían detalles sutiles de la ornamentación. Anteriormente, estas se atribuían a variabilidad intraespecífica (entre organismos de la misma especie), pero en realidad reflejan una introgresión acumulada a lo largo de generaciones.




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¿Una extinción inminente?

Posiblemente, hoy en día resulte muy difícil encontrar ejemplares genéticamente puros de I. cobosi en su área clásica de distribución. Existe, no obstante, otra población situada unos 700 metros cornisa arriba hacia el oeste en la sierra de Abdalajís que merece una exploración detallada en busca de ese genotipo original. Hasta ahora, no se han detectado en ella señales de introgresión con I. marmoratus, aunque sí con otra especie: I. polymorphicus.

A falta de prospecciones más exhaustivas en otros enclaves de la sierra –especialmente en su vertiente sur–, todo apunta a que la presencia de linajes genéticamente puros del endemismo es, como mínimo, muy reducida.

Es un escenario que podría estar anunciando la posible extinción de I. cobosi y que plantea un dilema de conservación nada trivial: si este proceso de “desespeciación” debe ser gestionado activamente o asumido como parte de la dinámica evolutiva natural. Entre las posibles estrategias, podría considerarse la localización y preservación de los últimos núcleos genéticamente puros, su cría en cautividad y eventual reintroducción en áreas libres de especies del mismo género.

Pero no es la única opción. También cabría plantear la protección estricta de microhábitats refugio, la creación de barreras ecológicas que limiten el contacto entre especies, el seguimiento genético a largo plazo de las poblaciones o incluso la gestión pasiva, aceptando la introgresión como un proceso evolutivo en curso.

No obstante, esta decisión, que no sólo afecta a estos caracoles sino a todas las especies del planeta, trasciende lo puramente biológico y se adentra en el terreno de la filosofía y la ética. ¿Preservar una especie tal y como la conocimos, o aceptar y acompañar su transformación en un mundo en constante cambio?

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José Liétor Gallego no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuando una especie se mezcla con otra hasta el borde de la desaparición, ¿intervenimos o dejamos actuar a la evolución? – https://theconversation.com/cuando-una-especie-se-mezcla-con-otra-hasta-el-borde-de-la-desaparicion-intervenimos-o-dejamos-actuar-a-la-evolucion-280002

Recogida de basura puerta a puerta: ¿por qué muchos ayuntamientos la eligen si es tan polémica?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miguel Ángel Artacho Ramírez, Director de Centro de Investigación en Dirección de Proyectos, Innovación y Sostenibilidad (PRINS) de la UPV, Universitat Politècnica de València

A-photographyy/Shutterstock

La gestión de residuos municipales es un problema muy complejo que suele representar más del 30 % del presupuesto total de los servicios de un ayuntamiento. La tasa de basuras que hemos tenido hasta ahora en España apenas cubría el 60 % del coste real del servicio.

Para corregir ese desfase financiero y cumplir con la normativa europea, la ley de de residuos y suelos contaminados exigía a los ayuntamientos aplicar una tasa de residuos específica, diferenciada y no deficitaria. El objetivo: permitir la implantación de sistemas de “pago por generación” antes de abril de 2025. Estos requisitos no se están cumpliendo y no hay visos de que se cumplan a corto plazo.

Esta misma ley establecía como objetivo reciclar el 55 % de los residuos municipales en 2025, el 60 % en 2030 y el 65 % en 2035, limitando para este último año la cantidad de residuos que acaban en el vertedero al 10 % del total. Lamentablemente, estamos lejos de cumplirlo, pues en España sólo se recicla, de media, el 38 % y el 50 % de los residuos municipales acaban en el vertedero.

Para mejorar estas cifras e intentar cumplir la legislación, muchas Administraciones están intentando hacer sus deberes mediante la implantación del sistema de recogida puerta a puerta, aunque no cuentan con el apoyo mayoritario de la ciudadanía.

En España, las comunidades que han abierto camino en la recogida puerta a puerta son Cataluña, País Vasco y Navarra, auténticos laboratorios donde este sistema empezó a demostrar su eficacia. Cataluña es hoy la región con mayor implantación, superando los 300 municipios, mientras que territorios como la Comunidad Valenciana y las Islas Baleares destacan por su rápida evolución hacia este modelo más sostenible y participativo.

Entre los municipios donde este esquema funciona de forma integral destacan Artà en Mallorca, Besalú en Girona y Usúrbil en el País Vasco, todos ellos con resultados muy altos de reciclaje. En cambio, otros municipios aplican el sistema solo en algunas fracciones o zonas, como Banyoles y Castelló d’Empúries en Girona, o Maó en Menorca, donde el puerta a puerta convive con otros modelos de recogida.

Ninguna gran ciudad española lo aplica, pero existen ejemplos europeos emblemáticos como Milán y Bruselas.

Las ventajas del puerta a puerta

Estudios científicos recientes demuestran que, con el sistema puerta a puerta, se consiguen varios objetivos:

  • Mayor separación y reciclaje. Por ejemplo, en la República Checa, la adopción de este sistema incrementó las tasas de separación en un 40 % frente al uso de contenedores. En Suecia, los hogares con este sistema separaron el doble de residuos que aquellos que usaban contenedores. Y en la ciudad alemana de Colonia, la transición al sistema puerta a puerta aumentó el reciclaje de plásticos en un 19 %.

  • Mayor pureza de los materiales. Un estudio en Italia demostró que el porcentaje de materiales reciclables que acaban erróneamente en la “fracción resto” (basura mezclada que va al vertedero) es significativamente mayor con el sistema de contenedores que con el puerta a puerta. Esto demuestra una eficiencia mayor de la segregación en origen que asegura un reciclaje de mayor calidad.

  • Eliminación de microvertederos. El esquema puerta a puerta mitiga el problema de la existencia de basura dispersa y la creación de focos de insalubridad o “microvertederos”, que frecuentemente se forman por el mal uso o desbordamiento de los contenedores en vía pública.

Así, parece ser el sistema ideal para cumplir con las exigencias europeas y alcanzar los objetivos de reciclaje, reducir la presencia de impropios (residuos depositados en el contenedor equivocado) y disminuir la fracción resto enviada al vertedero.

Además, cuando se implemente el pago por generación, el sistema puerta a puerta es perfecto para garantizar la trazabilidad necesaria, con el objetivo de conocer exactamente qué cantidad y calidad de residuos genera cada hogar.




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Nuevos reciclajes

Finalmente, la citada ley amplió el catálogo de residuos que deben separarse en origen. Además del papel, plástico y vidrio, la normativa obliga a la separación de los biorresiduos y puso como límite diciembre de 2024 para recoger de forma separada los residuos textiles, aceites de cocina usados, residuos domésticos peligrosos y residuos voluminosos.

La recogida puerta a puerta facilita la gestión logística de estos nuevos flujos, evitando la necesidad de sembrar las aceras con innumerables contenedores distintos para cada tipo de residuo.




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Impacto ambiental

Un estudio reciente de análisis de ciclo de vida, que contempla los impactos de distintos modos de recogida y de los tratamientos finales (reciclaje, compostaje y vertedero), demuestra que el sistema puerta a puerta es más ecológico que el uso de contenedores.

El sistema reduce la huella de carbono total, incluyendo la reducción de emisiones a largo plazo de los vertederos, cuya vida útil se alarga al reducirse drásticamente la fracción resto a eliminar.




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Económicamente, ¿le cuesta más al ayuntamiento?

A nivel económico, investigaciones recientes demuestran que, aunque los costes de personal y logísticos son mayores con este sistema, el ayuntamiento recupera esa inversión por dos vías: deja de pagar las elevadas tasas y penalizaciones europeas por enterrar residuos mezclados en el vertedero y genera ingresos al vender materiales reciclables muy puros a las plantas de tratamiento.

Con todo, el sistema cuadra las cuentas y protege el medio ambiente sin exigir un aumento de los impuestos municipales.

Si además se emplea la técnica de fusión (agrupando los residuos de algunos hogares contiguos), la rentabilidad económica y ambiental del sistema se dispara: concentrando los cubos de cinco familias, los costes disminuyen en un 46 % y las emisiones de CO₂ un 27 %.

Los vecinos como agentes clave

También es clave destacar que el sistema crea empleo local, gana espacio público y mejora su estética, ofreciendo un entorno mucho más limpio y saludable.

A pesar de las ventajas en materia social y de sostenibilidad, el éxito del sistema depende de que los vecinos acepten el cambio.

Los cambios no se logran solo con imposiciones legales; se requiere un delicado equilibrio entre apoyo normativo, coordinación municipal y compromiso comunitario.

Para evitar la resistencia vecinal y lograr que se adopten las nuevas rutinas, los expertos recomiendan que las instituciones sigan algunas pautas:

  • Comunicación directa, personal y puerta a puerta: para que la gente cambie sus hábitos, la información no puede ser abstracta. En EE. UU., una campaña de información puerta a puerta logró que el 50 % de los vecinos adoptaran las nuevas pautas de reciclaje en solo cuatro semanas, frente a un escaso 5 % de adopción en zonas donde la información se ofreció a través de medios municipales pasivos.

  • Reducción de barreras logísticas (fácil y gratuito): las instituciones deben eliminar cualquier obstáculo práctico y logístico. Esto implica la distribución gratuita de cubos adecuados y bolsas compostables para la fracción orgánica directamente a los hogares.

  • Transparencia y demostración de eficacia: la reticencia vecinal a menudo nace del escepticismo sobre si el esfuerzo realmente vale la pena. Las autoridades deben fortalecer la confianza publicando informes periódicos, visuales y accesibles que muestren los resultados cuantitativos de la separación: cuántas toneladas se han salvado del vertedero, cuánto dinero público se ha ahorrado y cómo la materia orgánica se ha transformado en compost de alta calidad para la agricultura local.

  • Implementación de incentivos tangibles: combinar el nuevo sistema de recogida con mecanismos de recompensa transforma una obligación molesta en un beneficio. Las instituciones pueden implementar sistemas de “recompensa” con los que los vecinos ganen puntos por separar correctamente, canjeables por descuentos en comercios locales, productos sostenibles o rebajas en sus impuestos municipales.

  • Fomento de normas sociales mediante la educación: el reciclaje debe percibirse como una norma socialmente esperada y valorada por la comunidad. Para lograrlo, los ayuntamientos deben promover programas de educación ambiental en las escuelas, convirtiendo a los niños en embajadores del reciclaje en sus propias familias.

La conclusión es que el sistema puerta a puerta nos ayudaría a estar a la altura de las sociedades más avanzadas en materia de residuos si se consiguiera el compromiso de todos.

The Conversation

Miguel Ángel Artacho Ramírez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Recogida de basura puerta a puerta: ¿por qué muchos ayuntamientos la eligen si es tan polémica? – https://theconversation.com/recogida-de-basura-puerta-a-puerta-por-que-muchos-ayuntamientos-la-eligen-si-es-tan-polemica-284205

Escuchar cómo habla una persona puede cambiar su diagnóstico (y su vida)

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen Varo Varo, Catedrática de Lingüística General en la UCA, investigadora del Instituto de Lingüística Aplicada (ILA). Semántica léxica, déficits semánticos y perfiles lingüísticos en trastornos ddel neurodesarrollo y enfermedades neurodegenerativas, Universidad de Cádiz

Anton Vierietin/Shutterstock

Hay familias que llevan años en lo que los especialistas llaman un limbo diagnóstico: saben que “algo” ocurre, pero ninguna prueba lo confirma con suficiente claridad. A veces se trata de un hijo que, superando los umbrales mínimos en las pruebas estandarizadas, tiene “algo” que no encaja. Otras es un mayor en el que “algo” ha cambiado, pero de una forma difícil de explicar. En estos contextos, deberíamos prestar más atención al lenguaje.

Puesto que tendemos a pensar en el lenguaje como un instrumento de comunicación social, los problemas de lenguaje son entendidos como aquellos que interfieren con esa función comunicativa. En estos casos, la intervención consiste, fundamentalmente, en restaurarla o, al menos, compensarla.

Este enfoque funcional relega a un segundo plano el hecho de que en el lenguaje también se proyectan los principales mecanismos de la cognición: la memoria, la atención, la categorización, la función ejecutiva, e incluso la emoción.

De hecho, el análisis lingüístico no solo nos informa sobre las competencias relacionadas con lenguaje sino, de manera especial, sobre la arquitectura cognitiva de cada persona.

Cuando el lenguaje se deteriora

Cuando el lenguaje se deteriora o se desarrolla de forma atípica no lo hace al azar: sigue patrones que reflejan la peculiar organización de los sistemas cognitivos subyacentes.

La neuropsicología cognitiva distingue dos sistemas de memoria con sustratos cerebrales diferenciados.

Por un lado, la memoria declarativa actúa como un almacén mental para hechos y palabras. De ella dependen tanto el vocabulario como la capacidad para captar la intención de un mensaje en su contexto social.

Por otro lado, la memoria procedimental se encarga de las habilidades y secuencias automatizadas. Este sistema gestiona la arquitectura estructural del lenguaje, desde la combinación de sonidos hasta la formación de palabras y la construcción de oraciones.

A partir de esta distinción, la mirada clínica permite interpretar perfiles lingüísticos que, a primera vista, resultan desconcertantes.

Corta pero no es un cuchillo

Imaginemos un paciente que, cuando habla, construye oraciones gramaticalmente válidas pero vacías de contenido semántico. Por ejemplo, dice: “necesito algo para cortar… no es un cuchillo… algo que corta” para referirse a un serrucho. Se trata de una disociación entre fonología y gramática frente al léxico que puede alertar de que hay una demencia semántica.

Este patrón tan específico puede indicar la atrofia de una zona del cerebro llamada neocórtex temporal izquierdo, región cerebral que funciona como el centro logístico de nuestros conceptos y conocimientos.

Torpeza en el discurso y torpeza motora

La disociación puede encontrarse también en dirección contraria. Pensemos en una niña de diez años con una alteración genética poco habitual con un discurso lento, que tiende a acumular comienzos oracionales (“Ella…es que… es que… es que ella quería…”), con largas pausas y excesivas autocorrecciones. Es el rastro de una mente que sabe lo que quiere decir, pero que lucha contra la maquinaria que se ocupa de unir las piezas.

Su comprensión y su vocabulario son excelentes, incluso es capaz de producir expresiones como “Va al cole guapa vestida”, donde el orden está alterado pero el sentido es nítido. O puede construir frases como “Conmigo se lleva bien de generosa”, que muestran cómo su mente ha fusionado dos estructuras distintas en el intento de ensamblar el mensaje.

Este perfil, que suele acompañarse de torpeza motora y dificultades atencionales, muestra que el problema no está en el conocimiento del mundo o el almacén de conceptos, sino en la maquinaria encargada de secuenciar y automatizar las reglas del lenguaje.

El diagnóstico del lingüista

¿Cómo puede la lingüística ayudar en estos casos? La clave no está en analizar el habla espontánea en situaciones reales, en las que la mente debe gestionar el lenguaje, a la vez que la atención y la memoria. No se trata simplemente de hacer un inventario de errores –como quien cuenta piezas rotas–, sino de interpretar esos fallos como un mapa coherente. Al observar qué piezas fallan y cuáles resisten, el lingüista puede realizar un diagnóstico funcional: una explicación detallada de cómo está organizado el cerebro de esa persona.

Así, el lenguaje deja de ser el problema para convertirse en la herramienta que nos dice exactamente dónde necesita apoyo la paciente.

Desde trastornos del neurodesarrollo hasta enfermedades neurodegenerativas

Esto vale tanto para los trastornos del neurodesarrollo (en niños) como para las enfermedades neurodegenerativas en sus fases iniciales (en mayores). En ambos, casos, los cambios en el lenguaje suelen preceder a la confirmación diagnóstica por otras vías. Y se puede llevar a cabo sin procedimientos invasivos y con un impacto directo sobre la calidad de vida cotidiana.

Hay veces en que falla la fluidez verbal en la categorización semántica, es decir, al organizar y clasificar los significados. Por ejemplo, cuando una persona, al tratar de decir “tenedor”, es incapaz de decidir entre la palabra correcta y opciones como “cuchara” y “cuchillo”, que se encuentran semánticamente cercanas.

Si alguien pierde la especificidad del contenido de forma progresiva, por ejemplo pasando de decir “canario” a “pájaro”, hasta finalmente referirse a él como “animal” o “bicho”, hablamos de un deterioro de la memoria semántica a largo plazo.

La importancia de identificar lo que está preservado

La terapia más eficaz no es la que intenta reconstruir lo que se ha perdido o nunca se desarrolló de manera típica, sino la que identifica lo que está preservado y lo convierte en apoyo para lo que ya está comprometido.

En el adulto con demencia semántica en fase temprana, las rutas fonológica y gramatical intactas sostienen todavía durante un tiempo la comunicación que el vaciamiento semántico –esa pérdida progresiva de los conceptos y los nombres de las cosas que deja el lenguaje como una estructura hueca– irá erosionando.

En la niña con la alteración genética, su excelente capacidad para entender la intención del otro, respetar los turnos de palabra y usar el contexto para hacerse entender nos permiten construir estrategias de comunicación funcional eficaces.

Aprender a leer esos patrones, en lugar de simplemente catalogar déficits por niveles lingüísticos, es lo que convierte el análisis del lenguaje en un instrumento de diagnóstico cognitivo temprano.

The Conversation

Carmen Varo Varo recibe fondos de: Proyecto: «Estudio neurocognitivo longitudinal y transversal de las capacidades acústico-perceptivas y la función lingüística en niños prematuros», Proyecto de Excelencia (Modalidad Reto Consolidado): «Estudio psicolingüístico longitudinal de niños con cromosomopatías de baja prevalencia» y Proyecto de Investigación (Responsabilidad Social): «Herramientas para la evaluación y rehabilitación del lenguaje en niños con cromosomopatías de baja prevalencia».

ref. Escuchar cómo habla una persona puede cambiar su diagnóstico (y su vida) – https://theconversation.com/escuchar-como-habla-una-persona-puede-cambiar-su-diagnostico-y-su-vida-277159