Avec la loi d’urgence agricole, la France contrevient au droit international sur les zones humides

Source: The Conversation – in French – By Dr Carina Bury, Chargée d’enseignement, Université Paris Nanterre

Tandis qu’une partie du pays est touchée par des restrictions maximales d’utilisation de l’eau potable, le Parlement vient d’adopter la loi d’urgence agricole, qui prévoit le doublement des capacités de stockage de l’eau pour l’irrigation agricole à l’horizon 2035. Or, cette loi, conjuguée au contexte réglementaire français de la gestion de l’eau, contredit la Convention de Ramsar sur les zones humides, pourtant ratifiée par la France en 1986. La promulgation de cette loi est désormais suspendue, depuis le 24 juillet 2026, à la saisine du Conseil constitutionnel entreprise par plusieurs députés « insoumis » et écologistes.


A la fin juillet 2026, des dizaines de départements interdisent aux particuliers d’arroser leur jardin sous peine d’amende. Quelques jours plus tôt, le Parlement votait le doublement des capacités de stockage d’eau agricole d’ici 2035, dans le cadre de la loi d’urgence agricole.

L’agriculture consomme déjà, sur la période 2010-2018, 58 % de l’eau qui ne retourne pas dans les milieux naturels. Et cela, en grande partie, pour nourrir un cheptel de plus de 16 millions de bovins.

Les zones humides (étangs, lacs, marais…), elles, n’ont aucun droit à faire valoir. Le droit français ne les protège que de biais, par un calcul. Dans chaque bassin, on fixe la quantité d’eau que l’on peut pomper de façon que le milieu tienne encore huit années sur dix, l’été, quand les rivières sont au plus bas. Deux années sur dix, donc, on admet d’avance qu’il ne tiendra pas. Le manque n’est pas un accident : il est prévu au calcul.

Pire : la loi d’urgence agricole, adoptée le 21 juillet (mais pas encore promulguée, le Conseil constitutionnel doit désormais se prononcer), fait de l’état d’un marais un argument contre lui. En effet, quand un projet détruit une zone humide, celui qui le porte doit compenser ailleurs ; la loi prévoit désormais de doser cette contrepartie selon l’état du milieu. Plus un marais est déjà abîmé, moins on exigera de celui qui l’achève. À l’Assemblée, la rapporteure de la Commission du développement durable avait prévenu : abîmer un peu revient à s’ouvrir le droit d’abîmer tout à fait.

Or, la France s’est engagée par traité à préserver ses zones humides en ratifiant en 1986 la Convention de Ramsar. Les États parties ont depuis précisé que cela impose de leur allouer l’eau nécessaire à leur maintien.




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Quand la loi fixe l’ordre de priorité entre citoyens, agriculture et zones naturelles

Remplir une piscine, arroser un jardin, laver une voiture, ces gestes sont désormais interdits dans beaucoup de départements sous peine d’amende.

Ils ne sont pourtant pas le cœur du problème. En effet, l’eau prélevée par le particulier est extraite du milieu, mais une large part lui revient au bout de la chaîne. Il faut distinguer l’eau prélevée de l’eau consommée, qui ne revient pas : elle est soit évaporée, soit absorbée par les plantes, dans tous les cas, perdue pour le cycle local.

Sur ce critère de l’eau consommée, le seul qui compte pour les nappes d’eau, l’agriculture est le premier poste : 58 % du total, devant l’eau potable (26 %). Cette consommation se concentre entre juin et août, quand les nappes sont déjà au plus bas.

On pourrait arguer que c’est nécessaire pour notre alimentation. Or, cette eau ne va pas directement dans nos assiettes. L’abreuvement des bêtes ne pèse qu’environ 1 % des prélèvements nationaux.

Autrement dit, le bœuf ne boit pas l’eau du marais, il la mange : sur trois millions d’hectares de maïs, la moitié est cultivée comme fourrage et le principal débouché du maïs grain reste l’alimentation animale. Là où les bassines doivent être construites – c’est-à-dire le bassin de la Sèvre niortaise et du Mignon – plus d’une exploitation irrigante sur deux élève des animaux.

Dans la sèvre niortaise, la moitié de l’irrigation va à la culture du maïs, laquelle est principalement destinée à l’alimentation animale et en particulier bovine.
Jaclou-DL/Pixabay

Ce même mois de juillet 2026, le Parlement a inscrit dans la loi l’objectif de doubler les capacités de stockage d’eau à usage agricole d’ici 2035, facilitant la construction de ces ouvrages y compris en zones humides. Dans le même temps, ce texte supprime les réunions publiques au cours de la consultation préalable en vue d’un projet et renforce le poids du monde agricole dans les instances de gestion de l’eau.

La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a jugé dans la presse que le texte modifiait

« bien au-delà » de l’urgence agricole « la politique qui organise le partage de la ressource en eau ».

Le fond du problème tient à ce que le droit accorde à chacun. Au particulier, une interdiction : il risque une amende. À l’irrigation agricole, qui consomme le plus, une promesse de doubler ses réserves. Au bœuf, enfin, dont l’alimentation commande toute cette eau, l’appui d’une loi qui facilite les projets d’élevage au nom de la « souveraineté » agricole. Le marais, lui, ne récolte que des miettes : un équilibre souhaitable, mais qui peut ne pas être respecté deux années sur dix.

Or, cette logique à géométrie variable sous-tend un certain ordre de priorité. On le comprend, les marais passent en dernier.

L’exemple du Marais poitevin

Le Marais poitevin illustre bien les difficultés auxquelles se heurte déjà la réglementation française sur l’eau du fait du changement climatique et de la multiplication des sécheresses. Il ne s’agit pas d’un marais parmi d’autres : il est inscrit depuis 2023 sur la liste des zones humides d’importance internationale au titre de la Convention de Ramsar sur près de 69 000 hectares.

En effet, le code de l’environnement impose que le volume prélevable tienne compte des zones humides, qui dépendent également de la nappe. Ainsi, le schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de la Sèvre niortaise fixe un niveau maximal de prélèvements à respecter, conformément à la règle des huit années sur dix. Or, la détermination de ce volume prélevable doit théoriquement, depuis 2021, tenir compte des effets du changement climatique.

Vidéo Ouest-France du 2 novembre 2022 consacrée aux conflits sur les mégabassines à l’origine de manifestations à Sainte-Soline.

Or, sur ce point, les juges ont récemment donné raison aux associations anti-bassines. En 2025, les juges de la Cour administrative d’appel de Bordeaux ont jugé « excessifs » les volumes d’irrigation accordés par l’État dans ce territoire. En 2024 déjà, plusieurs réserves de substitution, dont l’emblématique bassine de Sainte-Soline, avaient été suspendues en raison de la présence d’espèces protégées.




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Le paradoxe : des bassines subventionnées pour compenser la destruction de zones humides

Le problème de fond se joue à trois niveaux :

  • D’abord, la façon dont sont fixés les seuils depuis 2021. Les objectifs de niveau d’eau sont calibrés pour satisfaire l’ensemble des usages « en moyenne huit années sur dix ». Restent les années sèches (deux années sur dix), celles que le changement climatique rend plus sèches encore, où c’est le milieu naturel qui sort perdant. Un tel sacrifice n’est pas accidentel : il est inscrit dans la formulation de la règle.

  • C’est aussi la « solution » même qui est promue, consistant à stocker davantage d’eau, qui est contestable. Face à un milieu privé de son eau, la logique voudrait qu’on prélève moins ; au contraire, les réserves de substitution prélèvent autant, mais plus tôt dans l’année, dans un ouvrage conçu pour durer trente ans. C’est un exemple type de maladaptation au changement climatique, où le remède augmentera encore la vulnérabilité des milieux naturels.

  • Le troisième problème est dans la loi d’urgence agricole en elle-même, qui allège les obligations de compensation écologique pour les projets de retenues d’eau situés dans des zones humides déjà altérées. Elle permet aussi que les zones humides créées sur les bords d’une installation de stockage puissent compenser la destruction d’autres zones humides.

Dans le Marais poitevin, l’habitat le plus précieux – des tourbières alcalines, abritant des plantes qui n’existent nulle part ailleurs – est dégradé sur la totalité de sa surface, du fait notamment des abaissements de nappe. Cette dégradation, causée par les prélèvements, devient un motif juridique permettant de justifier sa moindre protection : plus un marais est abîmé, moins la loi le défend.

Or, l’argument de la loi, selon lequel la marge humide d’une bassine nouvellement créée peut compenser la destruction d’une tourbière, résiste difficilement à l’examen : 30 cm d’eau en moins, et c’est un écosystème millénaire qui disparaît. De surcroît, ces habitats se trouvent à l’intérieur du périmètre inscrit au titre de Ramsar, inscription qui oblige la France à signaler sans délai toute modification de leurs caractéristiques écologiques.




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Ce que la France vote est en contradiction avec ce qu’elle a ratifié à l’international

Le respect du droit international n’est pas une option. La France est partie depuis 1986 à la Convention de Ramsar. Il s’agit du plus ancien traité_ mondial_ moderne d’environnement en vigueur, et c’est le seul consacré à un type d’écosystème. Son article 3(1) impose à la France de concevoir ses plans d’aménagement de façon à promouvoir l’« utilisation rationnelle » de toutes les zones humides de son territoire.

Ce qu’implique cette « utilisation rationnelle » a été précisé au fil du temps.

  • En 2002, la résolution VIII.1 a porté sur la détermination et l’allocation de l’eau nécessaire au maintien des fonctions écologiques des zones humides.

  • En 2005, la résolution IX.1 y a ajouté des lignes directrices sur la gestion des eaux souterraines. Le principe qui s’en dégage est simple : les besoins en eau d’une zone humide doivent être pris en compte dans tout plan de prélèvement à l’échelle du bassin versant.

Il existe une formule bien connue des juristes : pacta sunt servanda, les traités doivent être respectés. Elle a une conséquence moins citée : un État ne peut pas invoquer son propre droit pour justifier qu’il n’exécute pas un traité. Ce que le Parlement vote n’est donc pas, de ce point de vue, une affaire purement interne.

Un État qui ratifie un traité accepte que ses engagements descendent jusque dans ses propres lois. Et donc, de façon implicite, que sa façon de légiférer ne soit plus seulement une question de droit interne.

En clair, protéger un marais suppose des règles nationales, que le préfet et l’agence de l’eau sont tenus d’appliquer quand ils délivrent une autorisation de pompage. L’engagement international de la France ne s’arrête donc pas au Quai d’Orsay.

S’y ajoute une exigence de diligence. Les obligations d’un État ne sont pas figées au jour de la signature d’un traité international. Elles se mesurent à l’état des connaissances et à la situation du moment. Comme le changement climatique multiplie les années sèches, l’effort attendu de la France augmente. Une loi qui abaisse la protection au moment précis où il faudrait au contraire la relever n’est pas seulement insuffisante : elle va dans le sens inverse de ce que l’engagement impose.

En 2021, la Cour de justice européenne a condamné l’Espagne pour ne pas avoir évalué l’effet des pompages souterrains sur les zones humides du parc national de Doñana.
José Luis Filpo Cabana, CC BY-SA

Le droit européen y ajoute désormais de possibles sanctions : en 2021, la Cour de justice a condamné l’Espagne pour le parc de Doñana, pour ne pas avoir évalué l’effet des pompages souterrains sur la zone humide. La France pourrait faire l’objet d’une décision similaire pour le Marais poitevin.

Une nouvelle contrainte de l’UE s’applique depuis 2024 : le règlement européen sur la restauration de la nature impose de remettre en eau une part des tourbières drainées d’ici 2030.

Le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux, le nerf de la guerre

Annuler les autorisations une par une par voie judiciaire, comme c’est actuellement le cas, des années après la construction, est l’arme la plus faible : elle ne vise que les gros projets sans toucher aux conditions qui les ont rendus possibles. En l’occurrence, le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux.

Celui-ci doit être révisé tous les six ans : c’est le seul endroit du droit français où l’on raisonne selon les bassins versants, qu’on tient compte des effets cumulés et avec une représentation des usagers au sein des instances de gouvernance. C’est le lieu de négociation où les besoins en eau des écosystèmes du marais doivent devenir un plafond opposable, plutôt qu’un vague objectif qui ne serait tenu que les bonnes années.

La question brûlante, cet été 2026, n’est pas de savoir comment économiser un peu d’eau en prenant sa douche ou en se lavant les dents. Elle est de savoir qui peut demander de l’eau, à quel titre et par quels moyens. L’irriguant dépose une demande, l’industriel négocie et le particulier, lui, se voit notifier une interdiction. Le marais ne demande rien : il n’a ni dossier ni siège au comité de bassin, et n’accède au juge que par le biais d’une association qui plaide en son nom. Il n’a qu’un traité, ratifié en 1986, qui oblige la France à lui garantir l’eau dont il vit.

C’est le seul usager dont le droit ne dépend pas d’un arbitrage local, et c’est pourtant le seul qui sort perdant chaque été. Un État peut décider de faire passer les bovins avant les marais. Mais il ne peut pas décider que cet arbitrage relève de sa seule appréciation, s’il a pris par ailleurs des engagements internationaux.

La saisine du Conseil constitutionnel sur la loi d’urgence agricole pourra-t-elle aboutir sur cette question de l’eau ? Le code de l’environnement énonce bien un principe de non-régression, selon lequel la protection de l’environnement ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante.

Mais le législateur « ne se lie pas lui-même » : une nouvelle loi peut déroger à une loi antérieure. C’est donc la Charte de l’environnement, de valeur constitutionnelle, qui servira de mesure, comme en 2025 pour la loi Duplomb, qui avait été partiellement censurée. Mais quand bien même une censure interviendrait, elle ne toucherait qu’aux articles déférés, non aux règles qui organisent la répartition de l’eau.




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The Conversation

Dr Carina Bury a reçu des financements de la Fondation fédérale allemande pour l’environnement (Deutsche Bundesstiftung Umwelt) pour sa thèse sur la mise en oeuvre de la Convention de Ramsar.

– ref. Avec la loi d’urgence agricole, la France contrevient au droit international sur les zones humides – https://theconversation.com/avec-la-loi-durgence-agricole-la-france-contrevient-au-droit-international-sur-les-zones-humides-288212

Les lanceurs d’alerte au travail se censurent, car ils sont ignorés par leur hiérarchie. Comment éviter d’en arriver à un drame ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Wim Vandekerckhove, Professeur en éthique des affaires, EDHEC Business School

15 % des salariés estiment qu’il y a des irrégularités dans leur organisation. Très peu d’entre eux font part de ces préoccupations à la direction ou via un canal dédié aux lanceurs d’alerte. Alors, avant que la vie d’un collègue soit en danger, comment signaler un dysfonctionnement ?


Qu’il s’agisse du scandale pharmaceutique du Mediator en France ou du tollé suscité par l’affaire dite du « Dieselgate », lorsqu’un scandale éclate, on entend souvent parler d’un ou deux lanceurs d’alerte, en se demandant pourquoi tous ceux qui étaient au courant n’ont rien dit alors que les conditions d’une catastrophe étaient réunies, sous leurs yeux.

Alors pourquoi la plupart des gens restent-ils silencieux lorsqu’ils sont témoins d’actes répréhensibles ?

Une étude récente menée par Transparency International sur les lancements d’alerte en entreprise révèle que 15 % des employés estiment que des irrégularités ont lieu sur leur lieu de travail. Les deux tiers d’entre eux déclarent faire part de leurs préoccupations à d’autres personnes, le plus souvent à leur supérieur hiérarchique direct.

Lors d’une réunion d’équipe, ils peuvent demander s’ils ont bien compris la procédure, ou interroger un collègue pour savoir si ce qu’ils sont censés faire est conforme à la politique de l’entreprise. À ce stade, ils expriment alors une préoccupation, mais cela ne fait pas nécessairement d’eux des lanceurs d’alerte, ou du moins ils ne se considèrent pas comme tels.

Nos recherches antérieures indiquent que la réaction la plus courante face à ce faible niveau de partage des préoccupations est que l’employé est ignoré.

Pour la plupart d’entre nous, le fait d’être ignoré, dès cette étape, est la raison principale pour laquelle nous n’allons pas plus loin. Très peu d’employés feront en effet part de leurs préoccupations à la direction ou via un canal dédié aux lanceurs d’alerte.

Majorité silencieuse

Selon Navex, l’un des leaders européens dans la gestion de systèmes et de logiciels d’alerte interne au sein des entreprises, le nombre moyen d’employés signalant des irrégularités via un canal dédié (lorsqu’il existe) est de 1,57 pour 100 employés.

À quel point ce chiffre est-il faible ?

Imaginons une entreprise de 200 employés. L’étude de Navex suggère que, lorsque les salariés qui expriment des doutes sont ignorés (comme évoqué précédemment), seuls trois d’entre eux feront part de leurs préoccupations via un canal interne de signalement. En résumé, théoriquement, si vous avez 200 employés et que 30 d’entre eux sont témoins d’un acte répréhensible, 27 gardent le silence et seuls 3 osent parler.

Le fait de s’exprimer dépend en grande partie du type d’acte répréhensible. Nous sommes plus enclins à signaler les actes qui constituent une menace pour la santé ou la sécurité d’une personne, et moins enclins à signaler ceux qui concernent une violation de la politique de l’entreprise. Mais voici le hic : avant que la vie de quelqu’un ne soit en danger, nous avons déjà passé beaucoup de temps à garder le silence face à la pente glissante des violations de la politique de l’entreprise.

Notre silence face aux « fautes mineures » constitue un apprentissage comportemental qui encourage en réalité le silence face aux fautes plus graves dont nous pourrions être témoins.

Depuis 2019, la directive européenne sur le lancement d’alerte impose à toutes les organisations de plus de 50 salariés de disposer d’un canal interne de lancement d’alerte et d’avoir la capacité d’assurer un suivi rigoureux des signalements reçus par ces canaux.

La transposition dans la législation nationale des 27 États membres de l’Union européenne est en place depuis un certain temps. Grâce à des mesures de protection renforcées et à des exigences en matière de canaux de signalement, l’objectif de la directive européenne était de créer un environnement permettant aux employés de faire part de leurs préoccupations en toute sécurité et efficacement.

Manque de confiance dans les processus

Selon nos recherches, les employeurs et employés utilisent des logiques différentes. Ce qui semble freiner les employés, c’est l’impression que le fait de s’exprimer comporte des risques. Ils ne sont pas convaincus que le signalement d’irrégularités à leur employeur donnerait lieu à des mesures concrètes et qu’ils ne subiraient aucune conséquence négative pour avoir fait part de leurs préoccupations. En d’autres termes, les employés restent silencieux parce qu’ils ne font pas confiance aux canaux de signalement.




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Cela contraste avec l’excès de confiance observé chez les dirigeants. Ils pensent que les questions importantes seront abordées, mais craignent que les canaux de communication ne soient utilisés à mauvais escient. Nos travaux de recherche auprès de professionnels de la conformité suggèrent que la haute direction souhaite conserver le contrôle total des cas de signalement interne.

Gestion des signalements

Il n’en reste pas moins que les organisations ont encore beaucoup à faire pour s’améliorer. Dans le cadre du projet BRIGHT soutenu par la Commission européenne (Building Resilience through Integrity, Good Governance, and Honesty Training), un outil d’auto-évaluation Speak Up Self Assessment (SUSA) en ligne et gratuit a été créé. Il est développé à l’intention des professionnels de l’intégrité à travers l’Europe afin qu’ils puissent évaluer eux-mêmes la culture de lancement d’alerte et les systèmes de signalement au sein de leurs organisations.

Cet outil est conçu pour fournir un retour d’information sur la manière dont des entreprises telles que le groupe français EDF, par exemple, se conforment aux exigences de l’Union européenne, à la norme ISO 37002:2021 et aux lignes directrices de la Chambre de commerce internationale (CCI).

Les données de SUSA indiquent que des canaux de signalement existent, mais qu’ils sont trop souvent de mauvaise qualité. Alors que la plupart des organisations semblent espérer une solution miracle, ce qu’il faut réellement, c’est un effort continu de la part de la direction pour instaurer et renforcer une culture du dialogue.

Culture du signalement

Nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers en espérant que le silence de l’ancienne génération soit en voie de disparition, laissant la place à la voix de la nouvelle génération.

Au contraire, une étude menée par Protect, la principale organisation caritative britannique qui soutient et conseille les lanceurs d’alerte, montre que la génération Z est encore plus silencieuse que les baby-boomers.

Cette récente étude a révélé que les jeunes travailleurs (âgés de 18 à 24 ans) sont moins enclins à s’exprimer que tout autre groupe d’âge, quel que soit le type d’irrégularité. La majorité silencieuse, confrontée à des obstacles tels que la peur et le sentiment d’impuissance, semble s’agrandir, ce qui devrait être une vraie source de préoccupation.

The Conversation

Wim Vandekerckhove a reçu des financements de la Commission Européenne pour coordonner le projet BRIGHT et développer l’outil d’auto-évaluation Speak-Up Self-Assessment (SUSA) ( http://www.susatool.com ).

– ref. Les lanceurs d’alerte au travail se censurent, car ils sont ignorés par leur hiérarchie. Comment éviter d’en arriver à un drame ? – https://theconversation.com/les-lanceurs-dalerte-au-travail-se-censurent-car-ils-sont-ignores-par-leur-hierarchie-comment-eviter-den-arriver-a-un-drame-283186

Peut-on s’inspirer du Japon pour repenser la durabilité de la filière textile en France ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Nathalie Lallemand-Stempak, Maitresse de conférences en sciences de gestion, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Vous voyez trois kimonos ? C’est aussi un modèle original de reconditionnement de l’industrie textile. Damian Hutter/Unsplash, CC BY

Re conditionner le textile pourrait être un moyen de réduire l’empreinte écologique du secteur. Dans la seconde moitié du XXe siècle, le Japon pratiquait encore la réutilisation à grande échelle des tissus pour créer de nouveaux habits. Comprendre le fonctionnement de ce modèle donne des pistes pour inventer un nouveau modèle de production et de consommation.


À l’échelle mondiale, l’industrie textile est le quatrième secteur ayant le plus d’impact sur l’environnement. Elle représente environ 8 % des émissions de gaz à effet de serre et 20 % de la pollution mondiale d’eau potable. Corollaire d’une production toujours croissante, le cycle de vie des vêtements est de plus en plus court. Ce phénomène génère à son tour une quantité massive de déchets, à l’origine de catastrophes environnementales.

Si la France est en avance sur l’Europe dans l’application d’une responsabilité élargie du producteur (REP) à la filière textile, ses résultats restent néanmoins décevants. En 2023, seuls 32 % des textiles et chaussures mis sur le marché des particuliers ont été collectés. Et moins de 60 % des produits textiles collectés sont considérés comme réutilisables, faute d’une qualité suffisante.




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Une troisième voie existe

En réponse à ce problème, la durabilité appliquée au secteur textile s’articule aujourd’hui autour de deux leviers principaux : réduire la production – soit, faire moins, mais mieux ; et généraliser la collecte et le recyclage. Le premier est souvent présenté comme inévitable pour limiter l’impact environnemental de la filière. Cependant, il suppose de remettre en cause le modèle économique des acteurs qui dominent aujourd’hui le marché mais aussi de modifier les habitudes de consommation de la société. D’un autre côté, la rentabilité de l’activité de recyclage incite à maintenir des niveaux de production élevés, en contradiction avec l’objectif de réduction de son empreinte.

Dans ce débat, une troisième voie existe, pourtant rarement évoquée, en dépit d’une volonté affichée, le « reconditionnement ». Distinct de la simple notion de « seconde main », le terme désigne un ensemble de techniques et de pratiques reposant sur l’entretien, la réparation, l’échange, l’adaptation et la réutilisation et visant à prolonger la durée de vie des produits, quel que soit leur utilisateur. Son impact environnemental est marginal, tout en favorisant la création d’emploi local, notamment dans le tri, la réparation et le « re design » et en répondant aux habitudes de renouveau des consommateurs. Pourtant, son développement, et a fortiori sa généralisation, sont généralement considérés comme difficile, voire impossible dans un contexte de consommation de masse.

Exception nipponne

À ce jour, le Japon constitue la seule exception du G20 à avoir pratiqué le reconditionnement textile à grande échelle. Non pas au temps des artisans d’autrefois, mais en plein XXe siècle, entre les années 1920 et 1960, quand un kimono teint sur deux vendu à Kyoto, centre de la production nationale, était reconditionné. Loin de l’image d’Épinal présentant une population culturellement prédisposée à la sobriété, cette pratique trouve son origine dans le goût des Japonais pour la mode dans un contexte de ressources limitées. En effet, pendant plus de deux siècles, l’archipel a fonctionné en quasi-autarcie, produisant relativement peu de coton, tandis que la soie restait l’apanage d’une infime minorité : la haute strate de la classe guerrière, qui ne représentait elle-même qu’environ 7 % de la population. Face à une demande que l’offre en vêtements neufs pouvait pas satisfaire, le reconditionnement émerge comme une réponse.

Dès le XVIIIe siècle, la filière se structure. À Tokyo, deux marchés principaux coexistent :

  • l’un, dédié au commerce de gros, vend des textiles neufs issus de stocks invendus des saisons précédentes et qu’il faut remettre au goût du jour ;

  • le second est un marché d’occasion où les articles sont vendus sans être remis à neuf, mais où le tri revêt une importance cruciale. On y trie les textiles encore vendables localement de ceux destinés à d’autres marchés.

Une véritable industrie du reconditionnement

La vente au détail y côtoie ainsi le commerce de gros, et une part importante des acheteurs est composée de colporteurs qui participent aux enchères du matin avant d’écouler leur marchandise dans l’après-midi ou via les enchères du soir. Plusieurs marchés régionaux, alimentés par les textiles en provenance des métropoles, complètent ce réseau à l’échelle du pays.

Loin d’être une pratique de subsistance prémoderne vouée à disparaître avec la modernisation, à partir des années 1920, le reconditionnement textile au Japon évolue et devient une industrie à part entière. Se met alors en place un écosystème complexe, associant des compétences techniques diverses et hautement spécialisées – réparation, re-teinture, nettoyage, détachage, refaçonnage – dont les différents métiers s’organisent en corporations, syndicats et associations professionnelles.

Le shikkai – (dont le nom signifie littéralement « marchand de toutes choses ») est une figure centrale du reconditionnement. Ni fabricant ni simple revendeur, il est avant tout un coordinateur. C’est lui qui orchestre l’ensemble du cycle de vie d’un vêtement, de sa première teinture jusqu’à ses reconditionnements successifs. Il évalue l’état du tissu, conseille le client sur les options de reconditionnement, supervise le parcours des pièces qui leur sont confiées, mobilise un réseau d’artisans hautement spécialisés, contrôle chaque étape du processus, puis restitue la pièce finie. Le shikkai peut également servir de point de vente, mais son principal atout réside dans sa proximité avec le client et dans sa capacité à orchestrer cet écosystème artisanal. In fine, c’est la fonction d’intermédiaire qualifié de proximité qui fait du shikkai le pivot de toute la filière.

La réparabilité au cœur de la valeur

On distingue trois facteurs clés de succès du reconditionnement textile au Japon :

Premièrement, la culture vestimentaire est fondée sur un vêtement à la structure simple et standardisée, pour les hommes comme pour les femmes : le kimono. La valeur perçue du vêtement ne résidant pas dans sa coupe mais dans la qualité et la quantité du tissu qui le compose, ainsi que dans la richesse et le design de ses motifs, sa réparabilité est un critère intégré dans la conception même du produit.

RTS 2023.

Deuxièmement, l’habit constitue une forme de capital et d’épargne mobilisable. En témoigne l’exemple d’une maison guerrière au bord de la faillite qui, en 1842, parvient à récupérer l’équivalent de la moitié de son revenu annuel en vendant son stock de vêtements. Ce principe traverse l’ensemble des groupes sociaux jusqu’au XXe siècle. Ainsi, l’expression « mener la vie de bambou » – vendre progressivement ses vêtements pour assurer sa subsistance – est encore très répandue au Japon après 1945. Lorsqu’ils sont trop usés pour être revendus en l’état, les kimonos servent encore à la fabrication de cols, de bordures, d’éponges, ou de housses, procurant une source de revenus modeste mais stable.

Un vivier d’artisans

Enfin, la société dispose d’un vaste vivier d’artisans dotés d’une haute technicité couvrant un large spectre de microspécialisations liées à la prolongation de durée de vie des textiles. Cet ensemble est structuré en réseau, avec un maillage territorial fin permettant de limiter considérablement la perte de valeur lors du passage d’un état à un autre. Il associe des services de proximité coordonnés par des acteurs dédiés à de grands pôles commerciaux nationaux capables de gérer des flux importants. Les compétences en matière de tri et de préparation y jouent un rôle central, bien qu’elles demeurent mal documentées, car largement exercées par des femmes dans des contextes informels.

Alors qu’en France une loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile a été promulguée le 8 juillet 2026 après un long parcours parlementaire, certains s’inquiètent déjà du caractère insuffisant de ce texte pionnier. L’expérience japonaise du reconditionnement à grande échelle montre pourtant que la conciliation entre désir de consommation et durabilité environnementale n’est pas une utopie, mais une possibilité historiquement documentée. Elle suppose cependant de déplacer la création de valeur de l’achat de produits neufs vers leur entretien, et de rendre désirable leur réparation, leur transformation et leur circulation prolongée.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Peut-on s’inspirer du Japon pour repenser la durabilité de la filière textile en France ? – https://theconversation.com/peut-on-sinspirer-du-japon-pour-repenser-la-durabilite-de-la-filiere-textile-en-france-281779

La selección: 90 aniversario de la guerra civil española

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lola Delgado, Editora de Política y Sociedad, The Conversation

Soldado con ametralladora durante la guerra civil española. Everett Collection/Shutterstock

“Paz, piedad y perdón”. Hay quienes conocen este como “el discurso de las tres pes”. Fue el último de Manuel Azaña, pronunciado en el Ayuntamiento de Barcelona en el segundo aniversario del golpe de Estado que sufrió la II República española, allá por el 18 de julio de 1938. Resulta curioso, pero su llamamiento de aquel día ha sobrevivido al paso del tiempo.

Noventa años después del golpe de Estado que desencadenó el conflicto, aquellas tres palabras siguen resonando como el mejor antídoto frente al odio que devastó España. Azaña las pronunció desde el corazón, el mismo que le impulsó a escribir su carta de renuncia a la presidencia que dirigió al entonces presidente de las Cortes, Diego Martínez Barrio, el 27 de febrero de 1939 en Collonges-sous Salève, en la frontera francesa con Suiza. Merece la pena detenerse unos minutos en este artículo para conocer la historia que hay detrás de su hallazgo y conservación.

La guerra dejó cientos de miles de muertos, millones de vidas marcadas para siempre y un legado de dolor cuyas consecuencias, en muchos casos, aún perduran.

Pero, nueve décadas después, aquella contienda sigue planteando preguntas que van mucho más allá de la historia militar o de los grandes acontecimientos políticos. La investigación actual dirige cada vez más la mirada hacia las personas: cómo vivieron aquel conflicto, qué consecuencias dejó en quienes lo sufrieron y de qué manera sus efectos continúan proyectándose sobre las generaciones posteriores.

Una de las líneas de trabajo que más interés ha despertado en los últimos años es el estudio del trauma psicológico. Durante décadas, las secuelas emocionales de la guerra apenas ocuparon espacio en el debate público. Sin embargo, distintos equipos de investigación tratan ahora de comprender cómo el miedo, la violencia, la represión o el exilio pudieron condicionar la salud mental de quienes los padecieron e incluso influir en sus descendientes. En este artículo se habla de un proyecto que pretende sacar a la luz las secuelas que todavía perviven en familiares de segunda a cuarta generación de víctimas del franquismo.

El silencio impuesto durante años, unido a la dificultad para elaborar el duelo, hace pensar que muchas de esas heridas permanecieron ocultas durante décadas.

Frente a la imagen de verdugos movidos únicamente por el fanatismo, algunos estudios como el que nos detalla Francisco Jorge Leira Castiñeira, de la Universidad Carlos III, analizan cómo miles de hombres sin experiencia militar fueron incorporados por la fuerza a los ejércitos y terminaron participando en episodios de enorme brutalidad. Comprender los mecanismos psicológicos, sociales y políticos que transforman a ciudadanos corrientes en perpetradores resulta esencial no solo para interpretar el pasado, sino también para prevenir que procesos similares vuelvan a repetirse.

Otra historia que nos sigue sobrecogiendo en este 90 aniversario es la de los llamados “niños de la guerra”. Miles de menores fueron evacuados al extranjero para escapar de los bombardeos y muchos nunca regresaron a España, como los 456 hijos de republicanos denominados “niños de Morelia” (México). O los casi 3 000 menores españoles trasladados a la Unión Soviética entre 1937 y 1938.

La experiencia de los niños de la guerra marcó profundamente sus vidas y también la literatura que muchos escribieron años después, tal y como escribe la investigadora Maravillas Moreno Amor, de la Universidad de Murcia. Sus recuerdos constituyen hoy un valioso testimonio sobre el desarraigo, la pérdida de la infancia y la construcción de una identidad entre dos países.

“España que perdimos, no nos pierdas”, dice uno de los versos más memorables del poema Entre España y México (1939), escrito por el poeta alcarreño Pedro Garfias durante el exilio republicano. Esa frase se repitió durante años por todos aquellos que tuvieron que dejar su tierra huyendo de la represión franquista.

Los historiadores siguen ampliando las fronteras del conocimiento sobre la Guerra Civil. El acceso a nuevos archivos, la digitalización masiva de documentos, las técnicas de análisis de grandes bases de datos o la incorporación de nuevas disciplinas están permitiendo formular preguntas diferentes a las de hace solo unas décadas. La investigación ya no se limita a reconstruir qué ocurrió, sino que intenta comprender cómo afectó a la vida cotidiana, a las emociones y a la memoria colectiva.

Todo ello sin olvidar que la violencia no terminó con el final de la guerra. La dictadura franquista desarrolló un amplio sistema represivo –como nos cuenta el investigador Cristian Sánchez Benítez, de la Universidad de Jaén– que combinó ejecuciones, encarcelamientos, trabajos forzados, depuraciones profesionales, exilio y control social.

Aquella represión buscaba castigar a los vencidos, pero también moldear el comportamiento de toda la sociedad mediante el miedo.

Noventa años después, la historia sigue recordándonos que ninguna investigación sobre la Guerra Civil encontrará una conclusión más necesaria que aquellas tres palabras de Manuel Azaña: paz, piedad y perdón.

The Conversation

– ref. La selección: 90 aniversario de la guerra civil española – https://theconversation.com/la-seleccion-90-aniversario-de-la-guerra-civil-espanola-288173

Mercados de predicción, ¿juegos de azar o inteligencia colectiva?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco J. Jariego, Independent Researcher. Professor of Innovation & Futures Studies, UNED – Universidad Nacional de Educación a Distancia

Publicidad de la plataforma Kalshi promocionando su servicio de apuestas sobre las elecciones a la alcaldía de Nueva York en 2025.
Rblfmr/Shutterstock

Un mercado de predicción es un mecanismo en el que los participantes negocian contratos cuyo valor depende del resultado de “un evento futuro, incierto, pero definido con precisión”.

Aunque el acontecimiento y su impacto no se puedan predecir con absoluta certeza, la clave está en describir con precisión el contrato (qué debe pasar para que se cumpla o no). Así, el precio en cada momento es la mejor estimación del colectivo sobre la probabilidad de que ese evento ocurra: los mercados revelan y agregan información privada dispersa entre numerosos agentes.

El pasado 26 de mayo de 2026, el Ministerio de Consumo de España ordenó el bloqueo cautelar de las plataformas Kalshi y Polymarket y les abrió un expediente sancionador por operar sin licencia de juego. Para el Gobierno español, los mercados de predicción son, a efectos legales, juegos de azar.

El punto de inflexión

Hace cinco años, los mercados de predicción todavía eran, sobre todo, un experimento académico. En 2024, el ciclo electoral estadounidense los hizo despegar. Kalshi, fundado en 2018, obtuvo el reconocimiento de la CFTC para operar como mercado regulado en los 50 estados y se integró con plataformas de finanzas (fintech) como Robinhood y Coinbase. Polymarket, creado en 2020 sobre blockchain, creció rápidamente en volumen de transacciones y fue citado como referencia informativa por medios internacionales de primer nivel. Los mercados de predicción llegaban así al público generalista.

El debate ha sido intenso: desde análisis en los grandes medios y artículos de opinión, hasta artículos académicos que los describen como una amenaza para la salud pública, la heterogeneidad de las fuentes e intensidad de la discusión son indicadores precisos del interés que genera el sector.

Ejemplos de mercados de predicción, presentes y pasados
Ejemplos de mercados de predicción.
Francisco J. Jariego con información de Wikipedia, CC BY-SA

¿Por qué son tan controvertidos?

La evidencia sobre su capacidad predictiva es sólida: en múltiples situaciones, los mercados de predicción superan a las encuestas y a los paneles de expertos. Su mecanismo de agregación de información dispersa amplía el espectro de opinión disponible y, por tanto, de inteligencia colectiva.

Las objeciones más enconadas son tres:

  • Su equiparación con los juegos de azar.

  • La manipulación por participantes que dispongan de información privilegiada.

  • Las reservas éticas sobre la monetización de eventos negativos.

Las tres han sido ampliamente estudiadas y debatidas.

Si nos atenemos a la definición del BOE de los juegos de azar vemos que todos esos elementos concurren con facilidad en los mercados de predicción:

“Toda actividad en la que se arriesgan cantidades de dinero u objetos económicamente evaluables sobre resultados futuros e inciertos, dependientes en alguna medida del azar, y que permiten su transferencia entre los participantes, con independencia de que predomine la destreza de los jugadores o el azar”.

Aunque el operador de teleprompter de la Casa Blanca acaba de ser acusado de utilizar información privilegiada sobre los contenidos de los discursos del presidente estadounidense, la posible manipulación de los mercados de predicción es difícilmente sostenible en el tiempo: cualquier intento de distorsionar el precio crea oportunidades de arbitraje que los participantes con información real aprovechan.

La presencia de especuladores, paradójicamente, incrementa la liquidez. No es una propiedad exclusiva de estos mercados: ocurre en cualquier otro, desde la renta variable hasta los mercados de opciones y futuros. Los manipuladores atraen a participantes informados dispuestos a explotar las ineficiencias que crean, mejorando en ocasiones la precisión del mercado.

Y respecto a la ética de las apuestas sobre eventos negativos, esta cuestión tiene una respuesta que seguramente no agrade a muchos: la información sobre eventos negativos es valiosa para quienes deben prevenirlos, pero suprimirla no elimina el riesgo, solo la capacidad de estimarlo.

Miedo al futuro

Los medios de comunicación pueden verse especialmente afectados por la agilidad e inmediatez de los mercados de predicción: Polymarket y Kalshi ofrecen información en tiempo real en redes sociales, y plataformas como Substack permiten integrar predicciones directamente en sus artículos.

Estas plataformas operan en un espacio regulatorio ambiguo que ninguna jurisdicción ha resuelto satisfactoriamente. En Estados Unidos, por ejemplo, más de la mitad de los estados restringen las apuestas sobre resultados electorales. El problema no es la regulación, sino el marco conceptual: equiparar un mercado de agregación de información con una máquina tragaperras es un error de categoría. En lugar de bloquear el acceso a los mercados de predicción, vale más establecer las condiciones para que operen legalmente. La función de la regulación debe ser habilitar y encauzar nuevas posibilidades, no limitarlas.

La verdadera razón del rechazo subyace en dos capas más profundas:

  • La estratégica. Como formuló Maquiavelo en El príncipe, nada es más difícil que introducir un nuevo orden de cosas: el innovador tiene en contra a todos los que se benefician del antiguo orden.

  • La sociológica. El estadounidense Robert K. Merton describió cómo anticiparse a los hechos puede influir en el comportamiento de los involucrados y provocar que lo que se predice finalmente ocurra. Si un mercado asigna alta probabilidad a un evento, ¿acelera su llegada? Aunque el argumento es real, opera en ambas direcciones: la misma dinámica que puede precipitar un resultado negativo puede también movilizar la respuesta que lo evita, o decantar uno deseable. Que el conocimiento anticipado del futuro tenga consecuencias no es un defecto del mecanismo, es precisamente su valor.

La batalla no ha hecho más que comenzar

La valoración de Kalshi supera los 40 000 millones de dólares y la de Polymarket está en torno a los 15 000 millones de dólares respectivamente. Y Mark Zuckerberg acaba de anunciar que Meta pone la mirada en los mercados de predicción.

No es la primera vez que experimenta con ellos: ya lo hizo con Forecast, en 2020, durante los primeros días de la pandemia. La nueva apuesta es una aplicación llamada internamente Arena. Zuckerberg no quiere perderse esta nueva oportunidad de negocio que abren Kalshi y Polymarket.

The Conversation

Francisco J. Jariego no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Mercados de predicción, ¿juegos de azar o inteligencia colectiva? – https://theconversation.com/mercados-de-prediccion-juegos-de-azar-o-inteligencia-colectiva-286031

¿Se puede enseñar a oscuras? Una propuesta sorprendente para mejorar la concentración infantil

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Paloma Bravo-Fuentes, Profesora ayudante doctora del área de Didáctica de la Expresión Musical, Universidad de Málaga

Un grupo de escolares trabajan en un mural con pintura fluorescente y luz negra. Paloma Bravo Fuentes.

En muchas aulas con niños de 3, 4 o 5 años pedir silencio no basta. A esa edad, la atención todavía depende mucho del cuerpo, de la emoción y del entorno. Un espacio saturado de estímulos, con conversaciones cruzadas, objetos que compiten por la mirada y una tarea poco significativa, puede empujar al grupo hacia la dispersión. Por eso la propuesta educativa que explicamos a continuación no empieza con una orden, sino con una transformación del ambiente.

La luz negra es un tipo de iluminación, como una bombilla, un foco o una tira LED, que emite luz ultravioleta. Combinada con materiales fluorescentes y música de fondo, logra crear una interrupción positiva de la rutina. El aula deja de ser el escenario habitual y se convierte en un espacio novedoso. La mirada se dirige hacia lo que brilla, el fondo se oscurece y la actividad artística se vuelve el centro de la experiencia.

No se trata de hacer magia, sino de reorganizar el ambiente sensorial: menos ruido visual, más contraste y música bien elegida. Esa combinación puede favorecer la calma, la atención y la cooperación en los más pequeños.

Cuando apagamos la luz, encendemos la atención

La luz negra cambia de forma muy clara la manera en que los niños perciben el aula. Al apagar la iluminación habitual, muchos estímulos visuales cotidianos (carteles, mochilas, juguetes, muebles o movimientos alrededor) pierden protagonismo. En cambio, los colores fluorescentes destacan con intensidad sobre el fondo oscuro. El resultado es un entorno más simple y focalizado: la mirada se dirige de manera natural hacia aquello que brilla.

Y es que la luz que entra por los ojos no solo sirve para “ver”. La retina también envía información a zonas del cerebro relacionadas con el estado de alerta, los ritmos biológicos y la regulación del nivel de activación.




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Esto ocurre porque la retina no solo capta imágenes: también cuenta con unas células especiales que detectan cuánta luz hay en el ambiente. Esa información viaja hasta distintas zonas del cerebro y contribuye a regular nuestro nivel de alerta, el sueño y otros ritmos del organismo.

No es que la radiación ultravioleta estimule directamente el cerebro infantil, sino que la combinación de penumbra, contraste y fluorescencia reorganiza la atención. Reduce el ruido visual, concentra la mirada y convierte la actividad artística en el foco principal de la experiencia.

Menos estímulos compitiendo por la mirada

Algunas investigaciones sobre la capacidad de atención en el aula han mostrado que los elementos visuales del espacio pueden atraer la mirada y competir con la actividad de aprendizaje. No significa que la clase deba estar vacía, sino que el exceso de información puede dificultar el foco, especialmente en edades tempranas o en alumnado con necesidades de apoyo.

La luz negra modifica esa condición visual. Al apagar la iluminación general, lo fluorescente se vuelve el centro de la experiencia. Desde el punto de vista pedagógico, esto ayuda a convertir una tarea abierta en una tarea más delimitada: cada estudiante no tiene que elegir entre muchos estímulos, sino entrar en una escena visual clara.

Los dibujos cobran vida bajo la luz negra, despertando la sorpresa y la ilusión de los niños y niñas.
Paloma Sánchez Bravo.

La música que organiza el ambiente

La luz negra transforma lo que se ve en el aula, pero la música ayuda a transformar cómo se habita ese espacio. No actúa como un simple acompañamiento, sino como parte del ambiente sensorial que sostiene la experiencia. Una música suave, estable y bien elegida (pues un volumen alto puede aumentar la excitación en lugar de regularla y algunas letras distraer o condicionar demasiado la actividad) puede marcar un ritmo común, reducir la sensación de ruido, acompañar el movimiento y favorecer que niñas y niños entren poco a poco en una disposición más calmada y atenta.




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En educación infantil, la música tiene un valor especial porque conecta cuerpo, emoción y acción. El alumnado no solo escucha: se mueve, pinta, espera, imita, recuerda y comparte dentro de una misma atmósfera. Junto con la penumbra, el contraste visual y los materiales fluorescentes, la música potencia la sensación de inmersión y convierte la actividad artística en una experiencia más envolvente.

Diversos estudios sobre desarrollo emocional en la etapa preescolar subrayan su papel para acompañar la expresión emocional, la autorregulación y la participación infantil.

Un ejemplo de aula: de la disrupción al mural compartido

Recientemente pusimos en marcha esta alternativa pedagógica en un aula con niños y niñas de 5 años. El grupo acumulaba interrupciones, comportamientos disruptivos y dificultades para respetar turnos o mantener tareas cooperativas. La propuesta fue sencilla: apagar la luz, encender lámparas de luz negra, colocar papel continuo negro en el suelo, ofrecer pinturas fluorescentes y escuchar una selección musical de canciones elegidas por el propio alumnado.

La consigna también fue simple: pintar lo que la música les hiciera sentir o recordar. Durante la sesión se observó una bajada del ruido de fondo, una mayor atención sostenida, préstamo espontáneo de materiales y comentarios positivos entre iguales. En el cierre, cada estudiante mostró su parte del mural y explicó qué había sentido o recordado. Según la docente, en los días posteriores hubo menos conflictos y una mejor disposición al trabajo cooperativo.

Lo que nos enseña esta experiencia

La luz negra y la música no sustituyen a una buena gestión de aula ni resuelven por sí solas los problemas de convivencia. Tampoco convierten automáticamente una actividad en una experiencia educativa significativa. Su efecto depende de cómo se diseñe la propuesta, de la intención docente y de la manera en que se acompañe al grupo.

Lo que sí nos recuerdan es que la concentración infantil no depende únicamente de la voluntad del estudiante. Depende también de cómo organizamos el espacio, la luz, el sonido, la tarea y la relación con los demás.

Apagar la luz para encender colores fluorescentes puede parecer un gesto pequeño. Sin embargo, usado con criterio, permite algo muy valioso en educación: detener la inercia del conflicto y abrir una escena nueva en la que mirar, escuchar, crear y cooperar resulte un poco más fácil.

The Conversation

Paloma Bravo-Fuentes no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Se puede enseñar a oscuras? Una propuesta sorprendente para mejorar la concentración infantil – https://theconversation.com/se-puede-ensenar-a-oscuras-una-propuesta-sorprendente-para-mejorar-la-concentracion-infantil-285113

El fósil ‘perdido’ de una nueva especie de reptil revela pistas sobre los antepasados de los dinosaurios y los cocodrilos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mauricio Garcia, Doutorando no Programa de Pós-Graduação em Biodiversidade Animal , Universidade Federal de Santa Maria (UFSM)

Mucho antes de que los dinosaurios dominaran los continentes y de que aparecieran los cocodrilos modernos, sus antepasados ya atravesaban una etapa decisiva en su trayectoria evolutiva. Fue en ese mundo antiguo, poco después de la mayor extinción masiva de la historia de la Tierra, donde vivió una nueva especie de reptil fósil descubierta en el estado brasileño de Río Grande del Sur.

Bautizada como Silescelida acristata, la especie vivió hace unos 240 millones de años, durante el período Triásico Medio. El fósil fue hallado en Dona Francisca, en la región central de Río Grande del Sur, en rocas que forman parte del Geoparque Quarta Colônia de la UNESCO.

El hallazgo ayuda a llenar una importante laguna sobre la evolución de los arcosauriformes, un grupo de reptiles del que surgieron los arcosaurios. Los arcosaurios son el linaje que abarca dos de los grupos más conocidos de vertebrados terrestres: los cocodrilos y los dinosaurios, incluidas las aves.

El estudio fue llevado a cabo por investigadores del Centro de Apoyo a la Investigación Paleontológica de la Cuarta Colonia de la Universidad Federal de Santa María en colaboración con investigadores de la Universidad Federal de Río Grande del Sur y de la Pontificia Universidad Católica de Río Grande del Sur, y se ha publicado en la revista científica Scientific Reports.

Un animal pequeño en un mundo en reconstrucción

En la época en que Silescelida acristata vivió, los ecosistemas terrestres aún se estaban recuperando de la extinción del Pérmico-Triásico, ocurrida hace unos 252 millones de años. Este suceso acabó con gran parte de la vida del planeta y dio paso a la diversificación de nuevos grupos de animales.

Fue en este contexto de recuperación ecológica cuando diferentes linajes de reptiles comenzaron a desempeñar nuevos papeles en los entornos terrestres. Entre ellos se encontraban los arcosauriformes, que experimentaron una gran diversificación durante el Triásico. Silescelida acristata era un animal relativamente pequeño, de cuerpo esbelto y locomoción cuadrúpeda. Su tamaño puede compararse al de un caimán pequeño.

Aunque no era ni un dinosaurio ni un cocodrilo, pertenecía a un linaje cercano a las formas que precedieron al origen de estos grupos. Su dieta probablemente incluía animales más pequeños, lo que sugiere que desempeñaba el papel de pequeño depredador en los ecosistemas del Triásico del sur de Brasil.

¿Por qué es importante este fósil?

El fósil conserva principalmente partes de las extremidades. A primera vista, este tipo de material puede parecer limitado, pero contiene información importante sobre la locomoción y el parentesco evolutivo del animal.

Una de las características más relevantes de Silescelida acristata se encuentra en su fémur, el hueso del muslo. Al igual que algunos de sus parientes cercanos, tenía las patas en una posición semierguida, situadas más por debajo del cuerpo que hacia los lados.

Este cambio permitía una locomoción más eficiente, reduciendo el arrastre del cuerpo contra el suelo. En términos evolutivos, este tipo de transformación está relacionada con el conjunto de cambios anatómicos que, más tarde, resultarían fundamentales para el éxito de los arcosaurios.

En otras palabras, el nuevo fósil ayuda a comprender una fase anterior al auge de los dinosaurios y los cocodrilos, cuando sus parientes cercanos aún estaban experimentando con diferentes formas corporales, posturas y modos de locomoción.

Parentesco poco común

Los análisis filogenéticos indican que Silescelida acristata podría estar emparentado con los Euparkeriidae, un grupo poco común de arcosauriformes que la ciencia aún no conoce bien.

Hasta ahora, los fósiles asociados a este grupo se conocían principalmente en África, Asia y Europa. La presencia de una forma emparentada con los Euparkeriidae en Sudamérica amplía significativamente la distribución geográfica conocida de estos animales.

Esto sugiere que estos reptiles estaban más extendidos por el mundo durante el Triásico de lo que indicaba el registro fósil. Además, refuerza la importancia de Sudamérica para el estudio del origen y la diversificación de los grandes grupos de vertebrados terrestres.

El “redescubrimiento” de un fósil olvidado

El descubrimiento de Silescelida acristata también tiene una historia poco común. Parte del fósil, precisamente la porción que conservaba información esencial sobre su procedencia, se perdió accidentalmente durante más de dos décadas.

No fue hasta 2022, durante una visita técnica a la colección científica de la Pontificia Universidad Católica de Río Grande del Sur, cuando los investigadores localizaron el fragmento desaparecido. Este redescubrimiento permitió confirmar el origen del espécimen y llevar a cabo su descripción formal como una nueva especie.

El propio nombre del animal hace referencia a esta historia. Silescelida combina palabras asociadas al “silencio” y a la “pierna”. El “silencio” alude al largo período durante el cual parte del fósil permaneció olvidado, mientras que “pierna” se refiere al tipo de material conservado, compuesto principalmente por huesos de las extremidades.

Por su parte, el nombre acristata significa “sin cresta”. Se eligió porque el fémur de este animal carece de una cresta o protuberancia ósea elevada, conocida como trocánter, donde se uniría parte de la musculatura de la cola. Esta ausencia diferencia a Silescelida acristata de casi todos sus parientes cercanos.

¿Qué cambia este hallazgo?

La presencia de Silescelida acristata en el Triásico Medio de Brasil demuestra que la historia evolutiva de los arcosauriformes fue más amplia y compleja de lo que se imaginaba. El fósil indica que también existían en Sudamérica linajes cercanos a los Euparkeriidae, lo que amplía el papel del continente en la diversificación inicial de los parientes de los dinosaurios y los cocodrilos.

Además, el hallazgo consolida a Río Grande del Sur como una de las regiones más importantes del mundo para el estudio de la fauna del Triásico. Las rocas de la región conservan fósiles de diferentes etapas de la evolución de los vertebrados terrestres, incluidos algunos de los dinosaurios más antiguos que se conocen y grandes depredadores que vivieron antes de la Era de los Dinosaurios.

Cada nuevo fósil hallado en este contexto ayuda a reconstruir cómo se reorganizaron los ecosistemas terrestres tras la extinción del Pérmico-Triásico y cómo surgieron los grupos que más tarde dominarían los continentes.

Pequeños huesos, grandes historias

Los fósiles incompletos suelen considerarse menos informativos que los esqueletos casi completos. Sin embargo, es importante recordar que la gran mayoría de los fósiles hallados durante las excavaciones son fragmentarios. Descubrimientos como el de Silescelida acristata demuestran que incluso partes aisladas del esqueleto pueden revelar información fundamental sobre la evolución.

En este caso, los huesos de las extremidades permitieron identificar una nueva especie, deducir aspectos de su locomoción, investigar sus relaciones filogenéticas y ampliar la distribución conocida de un grupo poco común de reptiles del Triásico.

Más allá de describir un nuevo animal, el estudio muestra cómo la paleontología brasileña sigue contribuyendo a comprender capítulos fundamentales de la historia de la vida en la Tierra. En las rocas de Río Grande del Sur, los fósiles de hace 240 millones de años aún guardan pistas sobre el origen de los grupos de animales que transformarían los ecosistemas terrestres para siempre.

The Conversation

Mauricio Garcia no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El fósil ‘perdido’ de una nueva especie de reptil revela pistas sobre los antepasados de los dinosaurios y los cocodrilos – https://theconversation.com/el-fosil-perdido-de-una-nueva-especie-de-reptil-revela-pistas-sobre-los-antepasados-de-los-dinosaurios-y-los-cocodrilos-288245

¿Por qué cuando estamos junto al mar nos apetece comer cosas saladas?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Miguel Soriano del Castillo, Catedrático de Nutrición y Bromatología del Departamento de Medicina Preventiva y Salud Pública, Universitat de València

Davizro Photography/Shutterstock

Hay escenas que parecen formar parte de una memoria compartida: una mesa frente al mar y una bebida fría acompañada de aceitunas, patatas, frutos secos, sardinas, tortilla o una ración de calamares. A veces ni siquiera tenemos mucha hambre, pero el ambiente parece empujarnos hacia lo salado. ¿Es solo costumbre? ¿Responde a una necesidad del organismo? ¿O el mar despierta de algún modo el apetito por la sal?

El cuerpo también habla: sudor, sodio y sed

El primer sospechoso es el sudor. En la playa caminamos, nadamos, jugamos, tomamos el sol y, aunque la brisa lo disimule, perdemos agua y electrolitos. Entre ellos se encuentra el sodio, esencial para mantener el equilibrio de líquidos, transmitir impulsos nerviosos y permitir el funcionamiento muscular.

Cuando el organismo detecta una pérdida importante de ese nutriente, puede activar mecanismos que favorecen la búsqueda de sal. Esto no significa que cada antojo de patatas fritas sea una señal urgente del cuerpo. La mayoría de las personas no llega a la playa con una deficiencia real de sodio y, de hecho, en las sociedades occidentales solemos consumir más sal de la recomendada. Sin embargo, el calor, el ejercicio, la sudoración abundante, la exposición prolongada al sol o el consumo de alcohol pueden aumentar la sensación de que algo salado “entra mejor”.

El cuerpo no responde a la sal únicamente como nutriente, sino también como una experiencia sensorial cuyo atractivo cambia según el estado fisiológico. La apetencia surge así de la interacción entre necesidad, aprendizaje, placer y ambiente.

También interviene la sed. Los alimentos salados estimulan el deseo de beber, y junto al mar solemos tener bebidas frías a mano. La combinación entre sal, frescor y calor ambiental resulta atractiva: aceitunas y cerveza, patatas y refresco, frutos secos y agua con gas, pescado frito y limón… El placer reside en la secuencia completa: calor, sal, bebida fría, descanso y conversación.

El mar como escenario del apetito

La fisiología, sin embargo, no lo explica todo. Si fuera solo una cuestión de sudor, al salir de una sauna nos apetecerían los mismos alimentos que en un chiringuito, y no siempre ocurre. Comemos con el cuerpo, pero también con la memoria. El cerebro aprende asociaciones: el cine está vinculado a las palomitas; un cumpleaños, a la tarta; la Navidad, a los dulces; y la playa, al aperitivo. Las señales ambientales pueden influir en qué comemos y en qué cantidad, incluso antes de que aparezca el hambre fisiológica.

El mar concentra muchas de esas señales. Huele a sal, algas, protector solar, pescado, humo de cocina y verano. Suena a olas, conversaciones y vajilla de terraza. Todo el conjunto funciona como un “menú invisible” que el cerebro reconoce sin necesidad de leerlo.




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Además, muchos alimentos costeros son salados por razones históricas. Durante siglos, la sal fue esencial para conservar pescados antes de la refrigeración. De ahí nacieron preparaciones como las anchoas, la mojama, el bacalao, las huevas o numerosos pescados curados. En las regiones marítimas, la sal no representa solo un sabor: forma parte de la conservación, el comercio, la gastronomía y el paisaje.

Por eso, el deseo de comer algo salado junto al mar también puede entenderse como una respuesta aprendida. No buscamos sal únicamente porque el cuerpo pueda necesitarla, sino porque hemos aprendido que forma parte del ritual de estar en la costa.

Una experiencia multisensorial

Además, el sabor no nace solo en la lengua. También intervienen el olfato, la vista, el sonido, la textura, la temperatura, el entorno y las expectativas . La investigación sobre gastrofísica muestra que el ambiente puede modificar la experiencia de comer. Un alimento puede parecernos más fresco, intenso o agradable según las señales que lo acompañan.

Comer junto al mar no es igual que degustar el mismo plato en una habitación cerrada. Las olas, la brisa, el olor salino y la temperatura cambian la escena. Quizá no aumenten literalmente la cantidad de sal, pero pueden hacer que el cerebro interprete como más apropiados o placenteros los sabores marinos.

Una anchoa, una ostra o un pescado frito parecen encajar con el paisaje. Cuando un alimento resulta coherente con el contexto, suele disfrutarse más. El cerebro no evalúa el sabor de forma aislada, sino dentro de una escena completa. Por eso un aperitivo sencillo puede parecer extraordinario frente al mar y menos memorable en casa.

Disfrutar sin abusar

Conviene, no obstante, no romantizar la sal. Que el cuerpo pueda desear alimentos que la contengan durante un día caluroso no significa que necesitemos consumirlos sin límite. La Organización Mundial de la Salud recomienda que los adultos tomen menos de cinco gramos de sal al día. Aperitivos, conservas, snacks, salazones y frituras pueden aportar cantidades elevadas en poco volumen.

Entender el antojo no equivale a justificar una barra libre. Podemos disfrutar del sabor intenso sin depender solo de productos ultraprocesados. Algunas alternativas son pescados y mariscos frescos, aceitunas en cantidades moderadas, frutos secos con poca sal, gazpacho, ensaladas, encurtidos –controlando la cantidad– y preparaciones con limón, vinagre, hierbas o especias.

Cuando estamos en la playa y nos apetece algo salado, probablemente no existe una sola causa. Habla el sudor, el sodio y la sed, pero también el olor del mar, la memoria de otros veranos y una cultura gastronómica construida durante siglos alrededor de la sal. Ese deseo no es únicamente biología ni costumbre: es una conversación entre el cuerpo, el paisaje, los sentidos y la memoria.

The Conversation

José Miguel Soriano del Castillo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Por qué cuando estamos junto al mar nos apetece comer cosas saladas? – https://theconversation.com/por-que-cuando-estamos-junto-al-mar-nos-apetece-comer-cosas-saladas-287994

El Mundial también se juega en los algoritmos: la batalla digital por la imagen de Argentina

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Nahuel Ivan Faedo, Assistant Professor, Universitat de Vic – Universitat Central de Catalunya

Hinchas argentinos siguen el partido de su selección contra la de Egipto el pasado 7 de julio en una pantalla gigante en Buenos Aires. Carolina Jaramillo/Shutterstock

¿Puede un mundial cambiar la reputación internacional de un país? En diciembre de 2022, gran parte del mundo celebró que la selección argentina levantara la Copa del Mundo. Durante y después del Mundial de fútbol masculino de 2026, las redes sociales registraron una intensa circulación de vídeos y publicaciones que presentaban a la selección como un equipo favorecido por la FIFA, beneficiado por los árbitros e incluso como el símbolo de un país supuestamente racista. Las teorías conspiranoicas no han parado.

La controversia trascendió el ámbito deportivo y llegó incluso a celebridades internacionales. El actor Samuel L. Jackson compartió en Instagram una publicación en la que calificaba a Argentina como “el país más racista del mundo”. El cantante Niall Horan fue criticado tras interactuar con un contenido que ironizaba sobre la actuación de la selección argentina y el conflicto por la soberanía de las Islas Malvinas. La discusión también llegó al ámbito político. La congresista estadounidense Jasmine Crockett vinculó el rechazo internacional hacia Argentina durante el Mundial con una supuesta historia racista del país.

Entre decisiones arbitrales, polémicas deportivas, contenidos manipulados e imágenes generadas con inteligencia artificial, el debate trascendió rápidamente el terreno de juego. El cuestionamiento de fondo consiste en cómo se construyen, amplifican y transforman las narrativas internacionales sobre un país en la era de TikTok, X, Instagram y la inteligencia artificial. Un mundial ya no solo se disputa en el campo de juego; también se libra en los algoritmos que determinan qué historias se vuelven virales y cuáles terminan moldeando la reputación global de una nación.

Deporte y reputación nacional

Más allá de la competición, los megaeventos deportivos funcionan como herramientas de reputación nacional ante una audiencia global. Durante un mundial, cientos de millones de personas siguen los mismos partidos, comentan las mismas jugadas y participan en las mismas polémicas.

El teórico Simon Anholt popularizó el concepto de nation branding (imagen de marca nacional), comprendido como el proceso mediante el cual los países construyen y gestionan su imagen y reputación internacional. El geopolitólogo estadounidense Joseph Nye desarrolló la idea de soft power (poder blando), entendida como la capacidad de un país para influir a través de la cultura, el deporte o el prestigio simbólico. Estos conceptos ayudan a explicar cómo el éxito deportivo puede reforzar, o destruir, el prestigio internacional de un país.

Un Mundial de fútbol es, en este sentido, un escaparate global. Un país gana o pierde partidos, pero al mismo tiempo, proyecta imágenes, valores, estereotipos y emociones, es decir, proyecta reputación. Esta proyección ya no depende únicamente de los medios tradicionales.

Hoy la disputa se juega en plataformas gobernadas por algoritmos. Estos no crean estas narrativas, pero sí condicionan cuáles alcanzan mayor visibilidad. Al priorizar contenidos que generan interacción pueden amplificar tanto informaciones rigurosas como interpretaciones simplificadas o falsas.

¿Por qué las falsedades viajan más rápido?

Cuando el objetivo es generar interacción, hemos de cuestionar qué mensajes atraen nuestra atención. Un estudio publicado en la revista Science analizó 126 000 historias compartidas por tres millones de usuarios de X durante 11 años. Como conclusión, las informaciones falsas se difundían más lejos, más rápido y con mayor audiencia que las verdaderas.

La explicación es más psicológica que tecnológica. El contenido que genera sorpresa, indignación o conflicto capta mejor la atención humana que la información matizada. Por ejemplo, un vídeo titulado “La FIFA le regaló el Mundial a Messi” tiene más probabilidades de obtener clics y comentarios que un análisis detallado de una decisión arbitral.

Las narrativas digitales se construyen, por tanto, combinando y difundiendo repetidamente datos reales, interpretaciones, exageraciones y desinformación, una mezcla que contribuye a dotarlas de apariencia de verdad y las hace más difíciles de cuestionar.

El problema se agrava cuando el algoritmo sustituye al contexto. Incluso un megaevento tan documentado como un mundial puede ser reinterpretado a partir de vídeos descontextualizados que se difunden masivamente en cuestión de segundos. Si esto ocurre en un acontecimiento seguido por millones de personas, resulta aún más fácil en ámbitos donde la mayoría no puede verificar la información por sí misma, como la política internacional, las guerras o la economía.

El sociólogo Manuel Castells sostiene que en la sociedad red el poder depende en buena medida de la capacidad de construir significados compartidos. En ese contexto, las plataformas digitales además de distribuir información, contribuyen a determinar qué interpretaciones alcanzan mayor difusión.

Argentina como laboratorio digital

El caso argentino ilustra cómo se construyen narrativas de odio en redes sociales. La imagen se difunde mediante la participación de influencers o celebridades, pero también a través de miles de usuarios que reproducen y reinterpretan esos contenidos.

Esta dinámica se produce, además, en un contexto marcado por ciertos discursos agresivos y, en ocasiones, racistas o machistas. Estos discursos están presentes en buena parte del periodismo deportivo y el entorno futbolístico, y cuando se viralizan pueden contribuir a construir una imagen negativa del país. Se genera así una sensación de consenso alrededor de ideas simplificadas, tergiversadas o, directamente, falsas.

Algunas críticas a la selección argentina se han argumentado en hechos reales, como los cánticos ofensivos dirigidos a jugadores franceses durante la celebración de 2022 o la reacción violenta de algunos jugadores argentinos contra jugadores de la selección española tras la final del Mundial masculino de fútbol de 2026.

Otras fueron interpretaciones discutibles o simplistas. Por ejemplo, utilizar la composición étnica de la selección para argumentar que la sociedad argentina es racista. Y otras fueron directamente falsas y refieren declaraciones inventadas, titulares inexistentes o vídeos manipulados con inteligencia artificial. No importa la veracidad de los hechos. El objetivo es articular un relato verosímil y ofrecer explicaciones simples sobre fenómenos complejos.

Por lo tanto, el debate sobre el racismo en Argentina no puede reducirse a un equipo de fútbol. Se trata de un fenómeno histórico y estructural que no puede explicarse únicamente a partir de insultos o episodios aislados. Esto permite evitar dos simplificaciones opuestas: negar la existencia del racismo en Argentina o concluir, a partir de unos pocos episodios virales, que el país es excepcionalmente racista.

Más allá de la bandera

La tentación frente a una campaña viral es responder con nacionalismo automático: “nos atacan porque ganamos”. La opuesta es aceptar sin matices cualquier narrativa internacional porque se volvió tendencia. Ninguna de las dos ayuda a comprender el fenómeno.

Argentina, como cualquier país, debe ser criticada cuando corresponde y sus problemas sociales deben analizarse con rigor. Pero también debemos entender cómo una mezcla de hechos reales, exageraciones, prejuicios y falsedades puede terminar construyendo la imagen de un país entero. Las realidades complejas no pueden reducirse a relatos simples amplificados por la velocidad de las redes.

Un partido de fútbol dura noventa minutos. Las narrativas digitales pueden durar años o ser eternas. Hoy, la reputación internacional de un país ya no depende únicamente de lo que ocurre en el terreno de juego, sino también de las historias que los algoritmos deciden amplificar.


Este artículo se publicó originalmente en la revista Telos, de la Fundación Telefónica.


The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. El Mundial también se juega en los algoritmos: la batalla digital por la imagen de Argentina – https://theconversation.com/el-mundial-tambien-se-juega-en-los-algoritmos-la-batalla-digital-por-la-imagen-de-argentina-288160

El eclipse solar que se encontró con Jaume I, el rey conquistador

Source: The Conversation – (in Spanish) – By David Galadí Enríquez, Profesor del Departamento de Física, Universidad de Córdoba

Jaume I en las _Cantigas de Santa María_ de Alfonso X de Castilla. Biblioteca Real del Monasterio de San Lorenzo del Escorial.

Jaume I el Conquistador había llegado el 2 de junio de 1239 a la ciudad de Montpellier, ahora francesa pero, por entonces, bajo el dominio de la Corona de Aragón.

Al día siguiente lo sorprendió un fenómeno inesperado, tan chocante que el propio rey consideró que valía la pena mencionarlo en las memorias que dictó muchos años después, su famoso Llibre dels fets (“Libro de los hechos”). Entre las varias versiones del texto que se conservan, el manuscrito C incluye este pasaje –en catalán antiguo– dentro del breve capítulo 305:

“E entram en Muntpesler en dijous, e el divendres, entre’l migjorn e hora nona, fo eclipsis major que anch hom veés, de memòria de aquells qui ara són, car tot lo sol cobrí la luna e podia hom veer bé set esteles en lo cel”.

Es decir:

“Y entramos en Montpellier en jueves, y el viernes, entre el mediodía y las tres de la tarde, sucedió un eclipse mayor que el que nadie hubiera visto, según el recuerdo de los que ahora están, porque todo el sol cubrió la luna y se podían ver bien siete estrellas en el cielo”.

Un suceso inesperado

Hay muchos motivos para asegurar que Jaume I y su corte no esperaban el fenómeno, que los sorprendió por completo. El impacto tuvo que ser tan fuerte como para que el rey lo considerara digno de mencionar treinta y cinco años después, cuando dictó sus memorias (dado que él no sabía escribir).

Circulan muchos relatos míticos y exagerados sobre la supuesta capacidad de las culturas antiguas para predecir eclipses de Sol. Por ejemplo, suele decirse que Tales de Mileto pronosticó el eclipse total del año 585 a. e. c.

Algunas regularidades como el ciclo de saros, un período de aproximadamente 18 años, 11 días y 8 horas tras el cual la Tierra, la Luna y el Sol recuperan la misma alineación geométrica, permiten emitir alertas en torno a fechas en las que podría suceder un eclipse, y pueden ser bastante efectivas en el caso de los eclipses de Luna. Pero conocer de antemano cuándo y, sobre todo, dónde ocurrirá un eclipse total de Sol quedaba fuera del alcance de todas las culturas anteriores a la revolución científica.

Sí es cierto que muchas civilizaciones conocían el mecanismo que subyace a los eclipses: el juego de interposiciones y sombras entre la Tierra, la Luna y el Sol. Y, de hecho, el propio relato del rey Jaume I es un ejemplo. A pesar de la ambigüedad gramatical sobre cuál es el objeto y cuál el sujeto de la expresión “tot lo sol cobrí la luna”, en su época se sabía lo suficiente como para que la única interpretación posible coincida con la explicación que daríamos hoy: el disco lunar pasó por delante del Sol.

La conclusión es que Jaume I y su corte tuvieron mucha fortuna, una suerte loca. Cada eclipse total de Sol se llega a ver desde un área muy pequeña del planeta, y la probabilidad de que uno de estos fenómenos pase por la puerta de nuestra casa resulta bajísima. Los cálculos están hechos: si queremos sentarnos en el patio de casa hasta que pase por allí un eclipse total de Sol, entonces tendremos que armarnos de paciencia, porque en promedio nos tocará esperar unos 380 años.

Predicción de eclipses hoy

Desde el arranque de la física de Newton, gracias a las mejoras en técnicas de observación (telescopios) y los avances enormes en matemáticas, la nueva ciencia de la mecánica celeste mejoró la precisión en la predicción de eclipses de una manera prodigiosa. En la actualidad sabemos dónde y cuándo se produjeron y producirán todos los eclipses solares y lunares con exactitud de unos cuantos metros y fracciones de segundo. Las mayores incertidumbres no se deben a nuestras capacidades de cálculo, sino al carácter irregular de la rotación del planeta Tierra.

Mapa del eclipse del 3 de junio de 1239. La banda de totalidad pasa por la península Ibérica, sur de Francia, norte de Italia.
Cálculos modernos demuestran que el Llibre dels fets describe un episodio real. El eclipse pasó por Montpellier el viernes 3 de junio de 1239 pasado el mediodía. Se muestran en rosa los límites norte y sur de la banda de totalidad. El punto negro marca el lugar donde el eclipse se observó en condiciones mejores, entre Valladolid y Madrid, con seis minutos de duración de la fase total.
Xavier Jubier Eclipse Page

Así se ha podido calcular no solo la frecuencia de eclipses solares totales a la que hacíamos referencia antes, sino otra multitud de detalles sobre estos fenómenos. Por ejemplo, la fase total de un eclipse de este tipo puede durar desde menos de un segundo hasta, como máximo, siete minutos. Un eclipse solar de tres minutos ya empieza a considerarse largo.

Pues bien, Jaume I no solo tuvo la suerte de que le cayera un eclipse sin haberlo buscado, sino que le tocó uno de los largos: sabemos que la totalidad de aquel fenómeno, en Montpellier, ascendió a cinco minutos. El eclipse sucedió además en condiciones de observación muy buenas, con el Sol a más de sesenta grados de altura sobre el horizonte, aunque fueron aún mejores (con casi seis minutos de duración) en el centro de la península ibérica.

En tiempos de Jaume I, el Sol y la Luna regalaban el espectáculo mágico de los eclipses solares totales tan solo a las personas con más suerte. En la actualidad lo sabemos todo sobre estos fenómenos, lo que los pone al alcance de cualquiera que disponga del tiempo y el dinero necesarios para viajar.

En 2026 y 2027 dos eclipses solares totales pasarán por España… ¿se los va a perder?


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The Conversation

David Galadí Enríquez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El eclipse solar que se encontró con Jaume I, el rey conquistador – https://theconversation.com/el-eclipse-solar-que-se-encontro-con-jaume-i-el-rey-conquistador-272652