Les pays africains riverains de la mer Rouge face à des risques croissants avec l’expansion des Houthis

Source: The Conversation – in French – By Burak Şakir Şeker, Associate Professor, Department of International Relations, Ankara Hacı Bayram Veli University

La prise de contrôle par les Houthis de plusieurs zones de la côte yéménite de la mer Rouge offre à ce groupe armé une nouvelle plateforme pour perturber le trafic maritime international. Le groupe a pris le contrôle du port de Mokha, de l’île de Mayyun (Périm), ainsi que des îles de Zuqar et de l’archipel des Hanish, situées à environ 160 km au nord du détroit de Bab el-Mandeb. Ces zones étaient auparavant contrôlées par les forces gouvernementales yéménites.

Le détroit de Bab el-Mandeb est un goulet d’étranglement maritime d’environ 32 km de large. Il se situe entre la péninsule Arabique au nord-est et la Corne de l’Afrique au sud-ouest. Il relie directement la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien.

Cette configuration géographique revêt une importance particulière. L’île de Mayyun, par exemple, divise le détroit en deux chenaux empruntés par la marine marchande internationale. Historiquement, environ [12 % du commerce maritime mondial] emprunte la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. Sénat français – Le détroit de Bab el-Mandeb Le versant africain du détroit, situé entre Djibouti et l’Érythrée, n’est pas contrôlé par les Houthis.

Mais l’avancée de ce groupe en septembre 2026 a de graves implications économiques et sécuritaires pour l’Égypte, l’Éthiopie, Djibouti et l’Érythrée, et pourrait aggraver les conflits existants en Somalie et au Soudan.

Les Houthis sont un mouvement soutenu par l’Iran qui contrôle une grande partie du Yémen et qui combat le gouvernement internationalement reconnu du pays depuis qu’il a pris la capitale Sanaa, en 2014.

J’ai étudié la géopolitique et la sécurité maritimes mondiales, notamment les questions relatives à la mer Rouge, pendant plus de deux décennies. À mon sens, la menace houthiste n’est pas seulement d’ordre logistique. Elle représente également un danger stratégique pour les États africains riverains de la mer Rouge.

Le littoral africain revêt soudainement une importance accrue aux yeux des acteurs extérieurs qui souhaitent surveiller, contenir ou contourner la voie maritime située en face d’eux. Les Houthis occupent désormais des positions armées autour du détroit, rapprochant ainsi la menace de cette voie maritime stratégique.




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Dans l’état actuel des choses, un groupe armé non étatique soutenu par l’Iran pourrait être en mesure de déployer des missiles, des mines et des vedettes rapides sur une longue portion de la côte orientale de la mer Rouge.

Dans le même temps, l’Iran conserve la capacité de bloquer le détroit d’Ormuz. Cela accroît le risque de perturbation simultanée dans ces deux goulets d’étranglement maritimes importants. Cela pourrait priver les navires de toute route sûre pour traverser la mer Rouge.

Les risques pour l’Afrique

Les perturbations en mer Rouge se répercutent en cascade sur quatre aspects des économies africaines : les coûts du transport maritime et de l’assurance, les recettes portuaires, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que les risques liés à la sécurité maritime.

États de la mer Rouge

Égypte

L’Égypte est exposée au risque financier direct le plus important. En 2024, la baisse du trafic dans le canal de Suez, liée notamment aux attaques des Houthis contre les navires marchands en mer Rouge, a entraîné, selon les autorités égyptiennes, une perte d’environ 7 milliards de dollars de recettes liées aux droits de transit.

Les recettes ont atteint 4,67 milliards de dollars américains pour l’exercice 2025-2026, soit une hausse de 23 % par rapport à l’année précédente. Mais si le détournement du trafic maritime se poursuit, il pourrait rapidement réduire, voire annuler, cette amélioration des recettes.

Djibouti, Éthiopie et Érythrée

Plus de 3700 personnes fuyant les hostilités dans l’ouest du Yémen ont rejoint les côtes septentrionales de Djibouti. La reprise des combats a porté à 141.972 le nombre de personnes déplacées depuis le début de l’escalade, en septembre 2026.

Djibouti est également une voie commerciale essentielle pour l’Éthiopie, qui est enclavée. L’Éthiopie réalise environ 95 % de ses échanges commerciaux via Djibouti.

L’Érythrée est également vulnérable sur le plan géopolitique. Sa position géographique la rend attractive pour l’Arabie saoudite et l’Égypte, qui souhaitent s’assurer que l’Iran et les Houthis n’exercent pas une influence trop importante sur la rive africaine de la mer Rouge. Elle est également désormais impliquée dans la reprise du conflit en Éthiopie.

Somalie et Soudan

La crise liée aux Houthis vient aggraver les crises existantes en Somalie et au Soudan.

Les Houthis et le groupe terroriste somalien al-Shabaab se sont échangé des armes, des technologies de drones et des formations en contrepartie d’un soutien aux activités de piraterie au large des côtes somaliennes. Cette coopération intervient alors qu’une mission de l’Union africaine en Somalie tente de contenir al-Shabaab.

En conséquence, le nombre d’actes de piraterie au large des côtes somaliennes a bondi en 2026, atteignant son plus haut niveau depuis dix ans en 2026. En septembre 2026, la Somalie a adopté un projet de loi contre la piraterie visant à prévenir les enlèvements en mer.




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Au Soudan, le soutien de l’Iran s’est étendu à certaines composantes des Forces armées soudanaises. Celles-ci combattent les Forces de soutien rapide (FSR), qui bénéficient notamment du soutien des Émirats arabes unis.

À la mi-2024, les Houthis auraient commencé à transférer des armes à l’armée soudanaise pour le compte de l’Iran. Le Trésor américain a sanctionné en 2024 le directeur chargé des acquisitions d’armes des Forces armées soudanaises, puis, en 2025, des acteurs islamistes soudanais en raison notamment de leurs liens avec l’Iran.

Les implications sont préoccupantes : la rive africaine de la mer Rouge est désormais davantage exposée aux réseaux d’influence et d’approvisionnement liés aux Houthis et à l’Iran.

La lutte pour le contrôle politique

Les bouleversements géopolitiques actuels en mer Rouge sont antérieurs à l’offensive des Houthis.

En janvier 2024, l’Éthiopie a signé un protocole d’accord avec la région séparatiste du Somaliland afin d’obtenir un accès à sa façade maritime sur le golfe d’Aden et à une base navale. En échange, elle s’est engagée à envisager la reconnaissance de cette région.

La Somalie, l’Érythrée et l’Égypte se sont opposées à cet accord. Moins d’un an plus tard, les trois pays ont mis en place mécanisme de sécurité conjoint.

Depuis lors, la coopération régionale en matière de sécurité s’est accélérée. Le 30 juillet 2026, l’Arabie saoudite a accueilli à Riyad une réunion au cours de laquelle 14 pays, dont l’Égypte, Djibouti, le Soudan et la Somalie, ont annoncé la création de l’Alliance multinationale de défense maritime.

Les Émirats arabes unis — à la suite d’affrontements avec les forces soutenues par l’Arabie saoudite au Yémen en décembre 2025 — et l’Éthiopie, pays enclavé, en sont exclus.




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Dans le même temps, un alignement concurrent regroupant les Émirats arabes unis, Israël et l’Éthiopie a vu le jour, renforcé par la reconnaissance du Somaliland par Israël en décembre 2025.

De l’autre côté se trouvent la Somalie, la Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite.

L’Iran a également cherché à s’assurer une présence militaire le long du corridor de la mer Rouge, notamment au Soudan.

L’Érythrée, quant à elle, utilise son littoral stratégique pour renforcer sa position régionale et faire contrepoids à l’Éthiopie.

Il en résulte une lutte d’influence croissante dans laquelle les puissances du Moyen-Orient tirent davantage parti de la position stratégique de l’Afrique.

Que faire ?

Aucun État africain ne peut à lui seul protéger le détroit de Bab al-Mandeb, mais les gouvernements peuvent atténuer certaines conséquences en diversifiant l’accès aux ports et les voies commerciales intérieures. Un levier plus direct consiste à améliorer les capacités de sécurité maritime au niveau régional.

En août 2026, les États signataires du Code de conduite de Djibouti et de son amendement de Djeddah se sont engagés à mettre en place une force opérationnelle combinée pour lutter contre la piraterie.

Le succès de cette initiative dépendra de la capacité des gouvernements à fournir les navires, les renseignements, le personnel et les cadres juridiques nécessaires pour en faire un mécanisme de sécurité opérationnel.

Les États africains ne définissent pas encore l’agenda stratégique global, mais leur contrôle des points d’étranglement maritimes renforce leur poids diplomatique. Le défi consiste à tirer parti de ce poids sans devenir les relais d’un conflit plus large au Moyen-Orient.

The Conversation

Burak Şakir Şeker does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Les pays africains riverains de la mer Rouge face à des risques croissants avec l’expansion des Houthis – https://theconversation.com/les-pays-africains-riverains-de-la-mer-rouge-face-a-des-risques-croissants-avec-lexpansion-des-houthis-292492

¿Por qué se producen desahucios?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sergio Nasarre Aznar, Derecho civil, Derecho de la vivienda, Universitat Rovira i Virgili

BalkansCat/Shutterstock

Desde la Gran Recesión que afectó a la economía mundial a partir de 2007, los desahucios entraron de lleno en las preocupaciones de la sociedad española. El estallido de la burbuja inmobiliaria en España se unió a la subida de tipos y el aumento del paro provocado por la crisis global, e hizo que muchas familias se vieran imposibilitadas de pagar –bien sus hipotecas, bien sus alquileres–, y perdieran sus viviendas.

Han pasado casi 20 años desde entonces y la preocupación se mantiene. Desde mediados de 2024, las ejecuciones hipotecarias, a diferencia de los desahucios arrendaticios, han sufrido un repunte en algunas comunidades autónomas, especialmente en Andalucía y Cataluña según datos del INE.

Propietarios, arrendatarios y okupas

Los desahucios pueden ser de tres tipos: a los propietarios –como consecuencia de la ejecución de la hipoteca por impago–, a los arrendatarios –si dejan de pagar la renta, si maltratan la vivienda, si tienen un mal comportamiento o si, a la terminación del plazo contratado o legal, no abandonan la vivienda voluntariamente– y a los okupas.

El fundamento de estos tres desahucios es distinto, aunque el resultado sea el mismo (el abandono forzosa de la vivienda o lanzamiento):

  • El primero, porque se incumplieron los pagos prometidos del préstamo concedido –generalmente cientos de miles de euros a pagar en varias décadas– sin el cual no se podría haber realizado la compra de la vivienda, que se puso como garantía de la devolución del dinero prestado.

  • El segundo, porque el arrendatario, que vive en una casa ajena y debe compensar al propietario por ello mediante el pago de la renta, debe cumplir con los pagos y con el plazo de duración de su derecho a usar la vivienda.

  • El tercero, porque el okupa entra y se mantiene en un inmueble ajeno sin título alguno.

Estas reglas se amparan en los principios del Derecho civil, que nos acompañan desde hace miles de años, y se fundamentan en la obligación de cumplir lo acordado (pacta sunt servanda).

Pero los desahucios se dan en todos los países europeos, como explicamos en nuestro trabajo Homeless prevention in the context of evictions (2016), e incluso, en muchos casos, en más medida que en España.

El descontrol de deuda en contexto europeo

Un buen indicador para ver el riesgo de desahucio es el sobreendeudamiento familiar a causa de la vivienda (hogares que dedican más del 40 % de sus ingresos al sostén de la misma) en las ciudades, lo que hace aumentar el riesgo de impago (de la hipoteca o del alquiler).

Atendiendo a Eurostat, en 2025, tanto la media europea de sobreendeudamiento familiar en las ciudades a causa de la vivienda (9,6 % de las familias) como la de los países del norte de Europa (como Dinamarca, Noruega, Suecia, los Países Bajos o Alemania) son más altas que en España (8,2%). En Dinamarca el triple, y en Noruega el doble, por ejemplo.

En la misma línea, los datos de la OCDE de 2024 muestran las elevadas tasas de desahucios en Dinamarca, Finlandia, Reino Unido y Bélgica, comparadas con España.

Durante décadas, en la política de estos países ha prevalecido el alquiler sobre la compra de vivienda, lo que ha terminado provocando la concentración de la vivienda en cada vez menos manos (fondos inversiones, extranjeros, segundas y ulteriores residencias), convirtiendo a la gente con menos recursos en dependientes (en muchos casos, a perpetuidad, dados los precios) de ellos. Han creado sociedades de ricos propietarios y de pobres inquilinos, a las que los países mediterráneos éramos ajenas gracias a una propiedad privada de las viviendas muy distribuida. Esto ha cambiado desde que la Unión europea ha venido dificultando el acceso a la financiación hipotecaria de la familias, en España claramente desde la Ley 5/2019.

La vivienda subsidiada

En el otro lado del problema están comunidades como, por ejemplo, Cataluña, donde hay más de 105 000 personas en lista de espera para una vivienda social, al tiempo que la que está actualmente gestionada acumula una deuda de 39 millones de euros en 2025, según la propia Agencia de la vivienda de Cataluña.

En principio, los poderes públicos son los que deben crear las condiciones para que las familias puedan procurarse una vivienda por sus propios medios; pero, ante los desahucios, las administraciones públicas deben evitar que la persona que se encuentre ante esta situación quede desamparada, ofreciéndole una alternativa habitacional. Solo así se cumple plenamente el art. 47 CE.

De llegarse a aprobar las medidas previstas en el Proyecto de Decreto Ley de Vivienda decaído en julio de 2026 respecto a los desahucios, las comunidades autónomas tendrían que ofrecer una vivienda alternativa a las familias afectadas. En caso de no hacerlo, se invalidaría el lanzamiento y la comunidad autónoma tendría que cubrir los impagos del inquilino y pagar el alquiler al casero, si este no es un gran tenedor, afectando así a sus propias cuentas, como lo demuestra la experiencia en Polonia.

The Conversation

Nuestro grupo de investigación, Eurohousing, está financiado por el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades.

– ref. ¿Por qué se producen desahucios? – https://theconversation.com/por-que-se-producen-desahucios-292812

Repas à un euro dans les restaurants universitaires : il fallait penser à la logistique avant

Source: The Conversation – in French – By Gilles Paché, Professeur des Universités en Sciences de Gestion, Aix-Marseille Université (AMU)


L’ESSENTIEL

  • La généralisation du repas à un euro accroît la fréquentation de restaurants universitaires déjà fortement sollicités.

  • Servir davantage de repas à l’heure du déjeuner suppose d’adapter toute la chaîne logistique des Crous.

  • L’enjeu ne se limite donc pas au financement de la mesure, il réside aussi dans la capacité à absorber la demande supplémentaire.


Depuis le 4 mai 2026, tous les étudiants peuvent bénéficier du repas à un euro dans les restaurants universitaires. Pour accompagner la mise en œuvre, l’État a prévu 50 millions d’euros en 2026, destinés notamment à compenser la baisse du prix payé et à financer des mesures d’accompagnement pour les Crous (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires).

Une récente étude rappelle toutefois que si l’alimentation étudiante dépend du prix, l’accessibilité physique et cognitive joue également un rôle majeur pour favoriser l’évolution des pratiques. Cette observation vaut aussi pour la restauration universitaire : rendre le repas moins cher stimule la demande. Encore faut-il disposer des moyens pour absorber ce surcroît.

Au-delà du budgétaire

La question qui se pose désormais est donc moins celle du prix que celle de la capacité physique à assurer le service. Un repas à un euro dans un « Resto U » n’est pas une simple question budgétaire, mais renvoie à une chaîne logistique complexe : denrées à commander et éventuellement à stocker, cuisines à dimensionner, équipements à faire fonctionner, personnels à recruter, lignes de self à alimenter, tables à libérer et salles à nettoyer…




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Cette chaîne doit en outre fonctionner dans un temps contraint, car, selon les Crous, 55 % des passages se concentrent entre 12 heures et 13 heures, dont 30 % sur la tranche 12 heures-12 h 30. Ce qui compte dans un Resto U est donc le nombre de repas qu’il est possible de servir en « flux tendus ». Avec le repas à un euro, et l’explosion induite de la demande, la contrainte semble avoir été largement mésestimée.

Une hyperpression omniprésente

Les difficultés ne sont pas apparues avec la généralisation du repas à un euro, même si celle-ci les accentue. Depuis la pandémie de Covid-19 et les crises géopolitiques successives, les Crous font face à une progression rapide de leur fréquentation. En 2023-2024, plus de 42,8 millions de repas ont été servis, soit environ 6 millions de plus en un an. Le Sénat relève que 4,5 millions de repas supplémentaires sont notamment liés à la mise en œuvre du repas à un euro pour les étudiants boursiers et en situation de précarité, conduisant à une situation d’hyperpression. Le réseau des Crous a encore franchi un seuil en 2025 avec 44,2 millions de repas, soit 600 000 de plus qu’en 2024.

Cette trajectoire ascendante change la manière d’envisager la dimension capacitaire. La généralisation du repas à un euro intervient alors que l’activité de restauration des Crous est sous tension, notamment en matière de ressources humaines.

Un rapport du Sénat avait d’ailleurs anticipé la difficulté, estimant que l’universalisation du repas à un euro « ne pourrait [pas] être absorbable pour les Crous du fait de l’afflux de repas qui en résulterait ». Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de savoir combien coûte aux finances publiques un repas à un euro (environ 8 euros en 2026…), mais aussi « combien de repas supplémentaires peut-on effectivement mettre à disposition des étudiants dans de bonnes conditions ? ».

Gare aux goulets d’étranglement

Penser la logistique, c’est précisément penser ensemble les flux, les infrastructures, les capacités et les besoins, plutôt que de considérer séparément chacun des éléments, comme le précisait Aurélien Rouquet avec sa défense d’un « ministère de l’aménagement et de la logistique ». Dans une chaîne de service, cette vision systémique conduit à une règle élémentaire : la capacité globale est déterminée par ses maillons les plus contraints.

Une cuisine peut produire davantage sans que cela fasse disparaître une file d’attente à la caisse. Une salle peut accueillir davantage d’étudiants sans que les lignes de distribution suivent. Recruter ne sert pas davantage si les locaux, les équipements ou les espaces de circulation forment autant de goulets d’étranglement.

Les pouvoirs publics n’ignorent pas totalement la question puisque des investissements ont été engagés avant la généralisation du repas à un euro. Le gouvernement défend ainsi la création de 3 157 places supplémentaires à la rentrée 2024 et 2 613 à la rentrée 2025, précisément pour répondre à la hausse continue de fréquentation. Le dispositif comprend également des moyens supplémentaires consacrés aux personnels et aux infrastructures. Le constat n’est donc pas celui d’une absence d’action, mais plutôt celui d’un écart entre la stimulation de la demande et les capacités nécessaires pour y faire face.

La charrue avant les bœufs

C’est ici que se situe un décalage temporel à l’origine de ce que les économistes appellent un « effet d’hystérésis » : une décision tarifaire peut être prise rapidement à l’échelle nationale, tandis qu’une capacité de restauration se construit lentement au fil des études, des financements, des marchés publics, des travaux, des équipements et des recrutements. La réponse publique reconnaît désormais cette contrainte.

Le gouvernement indique ainsi consacrer 5 millions d’euros aux investissements urgents dans les infrastructures de restauration. Il mentionne également des réflexions sur l’organisation plus efficace de la pause méridienne. En d’autres termes, la logistique est bien identifiée comme une condition de réussite, mais elle intervient après que le prix a immédiatement stimulé la demande, comme si l’on avait mis la charrue avant les bœufs…

Le prix face au mur de la capacité

La généralisation du repas à un euro révèle une difficulté plus générale de l’action publique : une politique peut stimuler la demande sans que l’offre suive le rythme. Le phénomène est connu dans les systèmes de santé. Lorsque la demande de soins excède les capacités disponibles, l’ajustement ne passe pas par les prix, mais par les délais.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) souligne ainsi que les temps d’attente augmentent lorsque la demande dépasse l’offre, contrainte par les personnels, équipements et infrastructures. Ce mécanisme éclaire le cas de la restauration universitaire. Une baisse du prix génère davantage de repas sans créer ni caisses supplémentaires, ni mètres carrés, ni personnels. Quand le prix baisse sans que la capacité augmente, le rationnement ne disparaît pas, il change de forme en se transformant en congestion, en attente et en temps perdu.

France TV, 2026.

Une étude menée dans un restaurant universitaire américain conclut certes qu’une allocation plus efficace des personnels vers les postes les plus sollicités réduit sensiblement les temps d’attente, mais une telle optimisation partielle ne saurait se substituer à un accroissement des capacités lorsque la demande additionnelle excède durablement l’offre.

Dans les Restos U français, l’évaluation doit donc intégrer les places disponibles, la capacité de production horaire, les effectifs mobilisables, les surfaces disponibles et les temps de rotation. L’enjeu réside ici dans l’adéquation (pour l’instant, ratée) entre ambition sociale de la mesure et capacités matérielles requises pour sa mise en œuvre.

Vaine promesse ?

Le repas à un euro nous rappelle qu’une politique publique ne peut être évaluée uniquement à partir de son coût budgétaire. Le prix d’une prestation sera parfois décidé pour répondre à des objectifs sociétaux (légitimes), tandis que la construction d’une capacité logistique se pense dans le temps long.

En ce qui concerne le repas à un euro, la promesse tarifaire a été placée au premier plan sans que la planification des opérations soit traitée avec la même urgence. Ainsi qu’on pouvait le craindre, les conséquences furent très vite visibles, avec des files d’attente qui s’allongent, un temps de déjeuner qui se réduit, et des étudiants qui renoncent parfois à se nourrir, comme les chaînes de télévision se sont plu à le médiatiser en septembre 2026.

La réaction ne s’est pas fait attendre de la part du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous). Dès le 24 septembre, il a été demandé aux Crous de bloquer par affichage l’accès de nouveaux étudiants à chaque Resto U dès lors que la capacité maximale d’accueil est atteinte. En clair, il s’agit d’empêcher les équipes de poursuivre leur activité au-delà de ce qu’elles peuvent assurer en toute sécurité.

Pour les étudiants, voilà une belle occasion de redécouvrir une vieille leçon logistique. Lorsque la demande excède fortement les capacités disponibles et que le prix ne joue pas son rôle de régulateur, c’est tout simplement une gestion de la pénurie qui s’impose. Hélas, il s’agit d’une étude de cas qui sort des salles de cours pour trouver une application concrète à l’entrée des Restos U.

The Conversation

Gilles Paché ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Repas à un euro dans les restaurants universitaires : il fallait penser à la logistique avant – https://theconversation.com/repas-a-un-euro-dans-les-restaurants-universitaires-il-fallait-penser-a-la-logistique-avant-292802

Faut-il acheter une IA plus fiable, ou payer pour la corriger ?

Source: The Conversation – in French – By Engin Iyidogan, Professor de finance, SKEMA Business School


L’ESSENTIEL

  • Pour limiter les erreurs de l’intelligence artificielle (IA), les entreprises peuvent s’offrir un modèle plus fiable ou renforcer leur processus de vérification de ses réponses.

  • Comme le souligne une recherche, cet arbitrage dépend essentiellement de la valeur stratégique de leurs usages.

  • Une traduction maladroite d’une réunion en interne utilisée en marketing n’a pas le même poids qu’un mauvais conseil juridique.


En pratique, toute entreprise qui déploie un assistant conversationnel se heurte tôt ou tard au même problème : l’outil produit une réponse fausse, mais formulée avec assurance. On appelle cela une « hallucination » ; une réponse plausible contient une information inventée.

Le premier réflexe ? Changer d’outil en choisissant un modèle plus récent, plus cher et réputé plus fiable. L’autre voie consiste à conserver son modèle bon marché et à faire relire ses réponses par un humain. Les deux démarches visent le même résultat : moins de réponses erronées transmises au client. Les deux ont un coût. Dans une étude récente, nous modélisons ce choix.

Cet arbitrage est déjà très concret. La Banque de France observe une diffusion très large de ces outils dans les entreprises françaises, même si leurs gains de productivité restent limités.

Payer le modèle ou payer la relecture

Il faut déjà le préciser : choisir un modèle plus fiable ne supprime pas le travail de contrôle. Une étude parue en 2025 a testé des outils juridiques professionnels présentés « sans hallucination ». Dans les tests, entre 17 % et 33 % des réponses contenaient des informations fausses ou attribuaient à une source des affirmations qu’elle n’étayait pas.

Ce contrôle peut prendre plusieurs formes : adosser l’outil à une base de sources validées, produire plusieurs réponses et ne garder que celles qui concordent ou faire relire la réponse par un salarié. Aucune de ces méthodes n’est gratuite. Chacune mobilise des ressources de calcul ou du temps de travail.




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Notre modèle met en regard ces deux dépenses. D’un côté, le coût d’accès au modèle payé à son fournisseur. De l’autre, le coût du contrôle organisé par l’entreprise elle-même. Dans les deux cas, l’entreprise achète la même chose : de la fiabilité.

Mais quelle solution revient le moins cher ?

Point de bascule

Notre exemple illustre un point de bascule possible. Lorsque les usages à portée stratégique deviennent plus fréquents, payer davantage pour un modèle plus fiable peut devenir préférable à un modèle bon marché assorti d’un contrôle plus poussé. La réduction du risque d’erreur justifie le surcoût.

Ce qui déclenche cette bascule, dans notre modèle, n’est pas l’arrivée d’une génération de modèles plus performants, mais la composition des usages de l’entreprise, c’est-à-dire la part de ses requêtes pour lesquelles une réponse fausse coûte réellement cher.

Plus la part des usages à fort enjeu est grande, plus l’effort de vérification nécessaire est important, et donc coûteux. Deux entreprises équipées du même outil peuvent avoir intérêt à faire des choix opposés. Utiliser cet outil dans un service client généraliste ou dans un service de conformité n’expose pas aux mêmes risques.

Encore faut-il préciser ce qu’est un « fort enjeu ». Deux ordres de grandeur se cachent derrière ce mot, et notre modèle les sépare : ce que rapporte une bonne réponse d’une part, et ce que coûte une réponse fausse d’autre part. La seconde porte un nom, l’« aversion aux hallucinations », et elle ne se déduit pas de la première. Deux services peuvent gagner le même temps sur un premier jet.

Alors qu’une formule marketing maladroite se réécrit, une réponse fausse sur une obligation réglementaire se paie. C’est cette seconde grandeur qui range les usages à fort enjeu : le conseil juridique, la santé et l’octroi de crédit tout en haut de l’échelle, la traduction interne ou le résumé de réunion tout en bas. Le tri de candidatures, lui, occupe une position plus inconfortable. Le gain attendu y est modeste, le coût d’une erreur ne l’est pas.

Faire soi-même ou faire faire

Reste à savoir qui exécute ce contrôle : soit l’entreprise elle-même, soit un prestataire qui lui vend un service déjà vérifié. Une étude portant sur 3 143 entreprises souligne que les entreprises européennes font souvent les deux à la fois, achetant des solutions prêtes à l’emploi et développant leurs propres outils en interne.

Notre modèle éclaire ce dosage minutieux. Quand le contrôle est externalisé, la facture couvre trois éléments : l’accès à l’intelligence artificielle, le travail de vérification et la marge économique du prestataire.

La marge du prestataire peut sembler n’être qu’un supplément négociable ; c’est tout le contraire. Pour le client, négocier pour baisser cette marge revient à acheter une autre prestation moins cher parce que le contrôle y est moins poussé.

Ce que notre modèle ne dit pas

Le contrôle en interne soulève une question distincte que notre modèle ne tranche pas.

Si l’entreprise cherche à éviter de payer la marge d’un prestataire, elle doit encore organiser et suivre le travail de vérification. L’internalisation ne garantit pas, à elle seule, sa qualité. Le travail de vérification ne disparaît jamais ; il change de forme. Facturé par le prestataire, ce dernier devient du temps de travail en interne que les budgets isolent rarement en tant que tel.

Si l’entreprise repère l’erreur, elle sanctionne son prestataire. Mais que se passe-t-il lorsqu’elle ne la repère pas ?

Le risque est réel, car une hallucination est précisément une réponse fausse qui a l’air juste. Or, dans notre modèle, le prestataire vérifie parce qu’il craint de perdre le contrat et la marge qu’il en tire. Si le client laisse passer les erreurs, cette crainte s’estompe. Le prestataire peut alors relâcher son contrôle sans que cela se voie.

Notre modèle ne prend en compte que les erreurs qui coûtent à l’entreprise. Une réponse fausse peut pourtant nuire à d’autres : un client mal renseigné, un candidat écarté à tort, etc. Reste à savoir qui paiera les pots cassés.

The Conversation

Engin Iyidogan ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Faut-il acheter une IA plus fiable, ou payer pour la corriger ? – https://theconversation.com/faut-il-acheter-une-ia-plus-fiable-ou-payer-pour-la-corriger-288222

Suplemento cultural: Lorca no vuelve porque no se había ido

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudia Lorenzo Rubiera, Editora de Arte y Humanidades, The Conversation

Fotograma de la película _La bola negra_. Carla Oset/Atresmedia

Una versión de este texto se publicó por primera vez en nuestro boletín Suplemento cultural, un resumen quincenal de la actualidad cultural y una selección de los mejores artículos de historia, literatura, cine, arte o música. Si quiere recibirlo, puede suscribirse aquí.


Nunca una película española había sonado tanto en la denominada “campaña de premios” cinematográficos internacionales. Desde que se estrenó en Cannes en mayo, La bola negra, de Javier Calvo y Javier Ambrossi (“los Javis”) ha aparecido en todas las quinielas de los críticos y periodistas como uno de los filmes que puede alzarse con numerosas nominaciones a los óscar. Hace unas semanas, la Academia de Cine española la eligió oficialmente como su representante para el óscar a Mejor Película Internacional y en el Festival de Cine de Toronto se alzó con el Premio del Público, un galardón que podría parecer simplemente popular pero que augura éxitos a quienes se hacen con él.

En el centro del fenómeno, y con permiso de Penélope Cruz, hay un nombre: Federico García Lorca. Artífice del borrador original de La bola negra, un documento de cuatro páginas en el que esbozaba una historia que quedó inacabada por su asesinato, Lorca permea la narración aunque no sea el personaje principal. Mezclando un posible argumento de su obra con La piedra oscura, la dramaturgia de Alberto Conejero en la que un soldado franquista vigila a su prisionero, Rafael Rodríguez Rapún, último compañero sentimental de Lorca, los Javis tejen un melodrama épico queer con vocación de película clásica que, de momento, y tras su estreno en España, arrasa por donde va.

¿Qué hizo que el poeta, el actor, el dramaturgo pasase de ser un hombre de la cultura en los años 20 y 30 del siglo XX a un símbolo cien años después? María Isabel Calle Romero desgrana las diferentes etapas que ha vivido la figura de Federico García Lorca.

Precisamente en el Festival de Cine de San Sebastián se presentó el documental La voz quebrada, de Manuel Menchón, en el que, entre otras cosas, se rescatan las últimas imágenes descubiertas de Federico García Lorca en movimiento. Conocemos cómo era y cómo se movía Lorca, cómo escribía, pero no sabemos, como detalla Manuel Molina Prados, qué voz tenía.

Por eso los Javis, en su nueva fábula, han intentado otorgarle una.

Shakira de ida y vuelta

Cuando hablamos de la explosión de la música en español en los últimos años, nos fijamos en muchos artistas que empezaron en la década de 2010 (Bad Bunny, Karol G, Rosalía…). Pero había quien llevaba dando guerra desde mucho antes y que ha conseguido, a lo largo de toda su carrera, moverse dentro de las reglas de la industria hasta conseguir transformar estas reglas a su favor. Esa persona es Shakira, inmersa estos días en su segunda semana de residencia en Madrid.

Y si nos remontamos al siglo XIX podemos rastrear cómo la historia musical española está desde mucho antes irremediablemente atada a la de América Latina, y viceversa. El flamenco, un género nacido en la península, no se entiende sin todas las influencias que se cruzaron a ambos lados del Atlántico y que se alimentaron mutuamente.

Mirar desde otro ángulo

Una de mis obras favoritas es Rosencrantz y Guildenstern han muerto, una reinterpretación que Tom Stoppard hizo de dos personajes muy secundarios de Hamlet. Hurgar en las posibilidades dramáticas que presentan quienes no protagonizan los relatos que han pasado a la historia pero que, sin embargo, están presentes en ellas es un ejercicio que los escritores llevan haciendo mucho tiempo. Circe, de Madeline Miller, se centra en un personaje de la Odisea y le da nueva entidad. El mismo éxito musical y cinematográfico de los últimos años, Wicked, revisita El mago de Oz desde otro punto de vista.

Por eso resulta muy interesante la nueva serie, estrenada hace unos meses, La otra hermana Bennet, que presenta una vida, y una versión alternativa, para Mary Bennett, una de las hermanas de las protagonistas de Orgullo y prejuicio y tal vez uno de los personajes más ridiculizados de la familia. Basada en la novela homónima, nos enseña las infinitas posibilidades que tiene volver a releer los clásicos cambiando, simplemente, el lugar en el que ponemos el foco.

Anacronismos ¿sí o no?

Cada vez que se estrena un filme vagamente histórico, muchos se desesperan intentando descubrir si lo que se ve en la pantalla es fiel a la realidad de la época en la que parece suceder. Nos fijamos en ropajes, formas de hablar y actitudes, pero es extraño que prestemos atención a las emociones, cuando ellas también varían.

La importancia que se le daba a unos sentimientos y no a otros ha cambiado a lo largo de la historia. Los conflictos pueden resonar pero no ser los mismos y, muchas veces, a la hora de buscar la forma de armar un relato, los escritores o guionistas apelan a la forma de sentir contemporánea al periodo en el que lo desarrollan, pero no necesariamente al momento que retratan en él. ¿Es esto un error, o una forma de acercarnos a otras gentes de otros tiempos y otros lugares?

A veces sucede, sin embargo, que en la realidad somos testigos de algo que, de tan extraordinario, parece falso, como si saliese de una película. Y así lo decimos. Desde hace más de cien años, el séptimo arte se utiliza para comparar, revisitar y retratar también nuestra propia vida.

Faltas en el aire

A principios de mes fallecía Gloria Steinem y nos quedábamos sin otra gran personalidad de los siglos XX y XXI. Le pedimos a Socorro Suárez Lafuente, catedrática de la Universidad de Oviedo, impulsora de los estudios de género, que nos recordase por qué el activismo de Steinem había recuperado y actualizado las demandas feministas que habían comenzado con Christine de Pizan y la “querella de las mujeres” en el siglo XV.

Suárez Lafuente fue quien presentó la candidatura de Steinem al Premio Princesa de Asturias de Comunicación y Humanidades 2021, lo que hizo que la estadounidense acabase consiguiendo el galardón, así que es una gran voz para hablar de ella.

No son solo términos

Hay en asturiano una palabra que usamos mucho y que no tiene traducción a otras lenguas: repunante. Aunque parezca semejante a repugnante, no es así. Alguien repunante es alguien que protesta por todo y al que nada le parece bien. Hasta quienes apenas hablan asturiano en Asturias lo dicen. Pero cuando se escapa en una conversación con gente de fuera de la región (o, como diría la escritora Aitana Castaño, subpajarianos), es fácil que ambas palabras se confundan y se mezcle su significado.

Explicar repunante es explicar una cultura. Igual que decir tapas define algo de España, morriña indica un sentimiento arraigado en Galicia o commute determina la rutina anglosajona del viaje (muchas veces muy largo) de ida y vuelta al trabajo.

Por eso traducir no es solo cambiar unas palabras por otras sino intentar transmitir, en otro idioma, una forma de ver el mundo.

The Conversation

– ref. Suplemento cultural: Lorca no vuelve porque no se había ido – https://theconversation.com/suplemento-cultural-lorca-no-vuelve-porque-no-se-habia-ido-290681

Pourquoi le PIB par habitant en Chine reste-t-il bas par rapport à la France ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Amaury Goguel, Economist & Academic Dean of the MSc Financial Markets & Investments. Co-author of the book "Managing Country Risk in an Age of Globalization", SKEMA Business School


L’ESSENTIEL

  • La Chine est la première puissance économique en parité de pouvoir d’achat et la deuxième en valeur nominale.

  • Entre démographie, inégalités et dépendance à son secteur industriel, la République populaire de Chine garde un PIB par habitant beaucoup plus faible que la France.

  • Le calcul de son indice de développement humain (IDH) conduit à ouvrir de nouvelles perspectives.


La Chine a annoncé en septembre 2025 qu’elle renonçait à son statut de pays en développement au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Malgré cette annonce, le premier ministre chinois Li Qiang affirme lors d’une intervention majeure en marge de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) que la Chine reste un pays à revenu intermédiaire et donc que « la Chine restera toujours un pays en développement ».

Avec 17 368 milliards d’euros, la Chine est devenue la deuxième économie mondiale en PIB nominal – 2 981 milliards d’euros pour la France – et la première puissance mondiale devant les États-Unis en PIB en parité de pouvoir d’achat (PIB PPA). Ce dernier s’élevant à 36 497 milliards d’euros en Chine.

Pourtant, en 2025, le PIB par habitant atteignait 25  975 euros en Chine contre 58 651 euros en France selon les données Banque mondiale.

Alors, comment expliquer ce contraste ?

Près de 1,4 milliard d’habitants

La première explication est d’ordre démographique. La Chine compte près de 1,4 milliard d’habitants, contre environ 69 millions en France. La richesse créée est répartie entre une population presque vingt fois plus nombreuse.

Le vieillissement de la population accentue ces difficultés. Depuis 2022, le nombre de décès dépasse celui des naissances ; la population en âge de travailler diminue rapidement. Selon le Fonds monétaire international (FMI), cette évolution pourrait accroître fortement les dépenses liées aux retraites puisqu’un nombre réduit d’actifs doit générer la richesse redistribuée à une population inactive plus nombreuse.

Population de la Chine.
Department of Economic and Social Affairs — ONU

Cette situation est connue sous le terme de « dividende démographique inversé » théorisé notamment par David Bloom, David Canning et Jaypee Sevilla.

La conséquence : une baisse de la croissance économique. Les travaux du FMI estiment qu’à moins d’un gain d’efficacité massif – automatisation, hausse de l’âge de la retraite –, la contraction de la force de travail retirera entre 0,5 et 1 point de croissance annuelle du PIB par habitant à la Chine sur les deux prochaines décennies.

Fortes inégalités

Le PIB par habitant présente d’autres limites importantes. Il s’agit d’une moyenne, qui peut masquer des écarts considérables entre les habitants d’un même pays. La Chine présente des inégalités de revenus similaires aux États-Unis et très supérieures à la France.

Coefficient de Gini de la Chine.
Word Inequality Database

Les travaux du World Inequality Lab fondé et co-dirigé par Thomas Piketty montrent que les 10 % des Chinois les plus riches captent environ 42 % du revenu national, contre seulement 15 % pour la moitié la moins aisée de la population.

Activités industrielles

La démographie et les inégalités économiques n’expliquent pas tout. Le modèle économique chinois repose encore largement sur l’industrie, les exportations et la construction.

La raison principale réside dans le surinvestissement dans les infrastructures lourdes, le logement et les usines d’assemblage, qui génèrent des marges faibles par rapport aux services à forte intensité de propriété intellectuelle – R&D, conseil, logiciels.

Le secteur industriel produit des biens, mais il crée moins de richesse par salarié que les activités dans les services numériques, la recherche, la finance ou le conseil. Une étude met en évidence que pour générer un dollar de PIB, la Chine déploie 70 % de capital productif en plus que les économies occidentales.

Le secteur immobilier en Chine illustre les déséquilibres du modèle chinois. Pendant près de vingt ans, la construction a constitué l’un des principaux moteurs de la croissance – jusqu’à 30 % du PIB. Les ménages ont investi massivement dans le logement, tandis que les collectivités locales dépendaient largement de la vente de terrains pour financer leurs dépenses.

Les économistes Kenneth Rogoff et Yuanchen Yang montrent que la crise immobilière pèse désormais sur l’investissement, la consommation et la croissance potentielle de la Chine avec des finances locales paralysées, une hausse de l’épargne de précaution et une faible consommation induite.

La sempiternelle dépendance de la croissance chinoise aux exportations pose un autre problème. Lorsque le gouvernement de la République populaire de Chine subventionne massivement certaines industries jugées prioritaires, les exportations de ces dernières finissent surtout par soutenir les consommateurs occidentaux. Certes, la Chine développe un leadership technologique et industriel sans pareil, mais au détriment du pouvoir d’achat domestique.

Réinvention du modèle socio-économique

Si le PIB par habitant mesure la richesse produite en moyenne par une personne, cet indicateur ne résume pas à lui seul le niveau de développement d’une économie. Il ne traduit pas véritablement une capacité de résilience d’un pays.

L’économiste Amartya Sen souligne qu’un pays peut produire moins, mais offrir un niveau de vie plus élevé grâce à des services publics, un système de santé performant ou une économie plus équilibrée. C’est le cas de la France qui présente un PIB par tête d’habitant en PPA nettement plus faible que les États-Unis, mais un IDH (Indice de Développement Humain) similaire.

L’évaluation du développement des pays doit intégrer leur capacité de résistance face à d’éventuelles évolutions défavorables du contexte mondial à moyen terme. L’efficacité et la conversion des richesses produites, l’inclusion sociale et la souveraineté économique sont désormais indispensables pour apprécier le véritable niveau de développement d’une économie.

Une question fondamentale demeure : la Chine parviendra-t-elle à réinventer son modèle socio-économique pour offrir à ses citoyens les standards de vie d’une nation développée, ou le choc démographique figerait-il ses inégalités avant qu’elle n’atteigne le haut du classement de l’IDH ?

The Conversation

Amaury Goguel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Pourquoi le PIB par habitant en Chine reste-t-il bas par rapport à la France ? – https://theconversation.com/pourquoi-le-pib-par-habitant-en-chine-reste-t-il-bas-par-rapport-a-la-france-288026

Las ciudades sostenibles empiezan mucho antes del primer ladrillo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen Esther Falcón-Pérez, Profesora Titular de Universidad de Economía Financiera y Contabilidad. Instituto Tides., Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

Cuando pensamos en una ciudad sostenible solemos imaginar edificios eficientes, carriles bici o grandes parques urbanos. Pero las ciudades empiezan mucho antes de que se construya la primera vivienda. Comienzan sobre un plano.

Cada vez que un ayuntamiento decide cómo crecerá una ciudad en los próximos años, lo hace a través del planeamiento urbanístico: las normas y planos que determinan qué usos podrá tener cada terreno. Así se establece dónde habrá viviendas, colegios, parques o zonas para actividades económicas. Son decisiones que condicionarán cómo crecerán nuestras ciudades durante las próximas décadas.

Aunque físicamente nada haya cambiado todavía, esas decisiones pueden generar importantes expectativas sobre el futuro de un territorio.

Del planeamiento urbanístico al derecho adquirido

Y esas decisiones no se convierten en una realidad hasta que no se han llevado a cabo. Así, desde el punto de vista de los propietarios de un terreno, éstos no pueden considerar suyo un futuro desarrollo urbanístico solo porque aparece previsto en un plan.

Por ejemplo, que un plan urbanístico reserve una zona para un futuro barrio no significa que sus propietarios hayan adquirido ya el derecho a desarrollarlo.

Pongamos otro ejemplo. Imaginemos una zona agrícola situada en las afueras de una ciudad cuyos terrenos pertenecen a distintos propietarios. El plan urbanístico prevé que dentro de unos años pueda transformarse en un nuevo barrio residencial. Sin embargo, mientras no se cumplan las condiciones que exige la ley, sus propietarios siguen teniendo el mismo suelo que tenían antes. La posibilidad de que algún día se construyan viviendas en esa zona es, por el momento, una expectativa de futuro y no un derecho adquirido.

La Ley de Suelo y Rehabilitación Urbana establece que esos derechos no nacen automáticamente con la aprobación del plan urbanístico. Antes deben cumplirse una serie de requisitos.

Entre otras obligaciones, es necesario urbanizar el suelo, es decir, dotarlo de calles, aceras, alumbrado y redes de suministro. También es preciso reservar parte del terreno para equipamientos públicos, como parques o colegios, y los propietarios deben asumir los costes y beneficios que genera la transformación urbanística.

El planeamiento urbanístico lo aprueba la Administración, normalmente la administración local (ayuntamientos). Pero eso no significa que sea el ayuntamiento quien tenga que urbanizar directamente el suelo. En muchos casos, son los propios propietarios de los terrenos los que deben asumir las obligaciones y los costes necesarios para transformar dicho suelo, de acuerdo con lo que establece la legislación urbanística.

Así, quienes se benefician del desarrollo urbano también deben contribuir a hacerlo posible. Además, una parte del suelo transformado se destina a usos que benefician al conjunto de la ciudadanía.

Solo cuando esas obligaciones se cumplen nace el derecho a desarrollar el suelo conforme al uso previsto en el plan urbanístico.

Además, los instrumentos de planeamiento están sometidos a evaluación ambiental y deben tener en cuenta cuestiones como la protección de los recursos naturales, los riesgos naturales o el impacto de la transformación del suelo.

¿Cuándo deja de ser una expectativa?

La legislación urbanística establece con claridad cuándo nace el derecho a desarrollar un suelo. Sin embargo, todavía quedaba una cuestión por aclarar: ¿es ese también el momento en que ese derecho pasa a pertenecer jurídicamente al propietario y puede producir efectos económicos?

Dicho de forma sencilla, la pregunta es cuándo una expectativa de futuro deja de ser solo una previsión contenida en un plan urbanístico y pasa a convertirse en un derecho efectivamente adquirido.

En una reciente investigación, he podido identificar este momento: cuando la legislación urbanística reconoce que el propietario ha cumplido las condiciones necesarias para adquirir el derecho urbanístico es también cuando ese derecho puede considerarse definitivamente adquirido desde el punto de vista jurídico y económico.

Esta conclusión tiene importantes implicaciones. Significa que el desarrollo urbano no puede apoyarse únicamente en expectativas sobre lo que un suelo podría llegar a ser algún día, sino en situaciones jurídicas ya consolidadas.

El suelo como punto de partida de ciudades sostenibles

Cuando hablamos de sostenibilidad urbana pensamos a menudo en soluciones tecnológicas o ambientales. Sin embargo, ésta también depende de las decisiones que tomamos sobre el suelo y sobre la forma en que planificamos su transformación.

Un planeamiento sostenible debe favorecer un crecimiento ordenado y no disperso de las ciudades, facilitar el acceso a vivienda, servicios y transporte, y evitar un consumo innecesario de suelo, teniendo en cuenta al mismo tiempo la protección de los espacios naturales y agrícolas.

El suelo es un recurso limitado. La manera en que regulamos su utilización y las condiciones que exigimos para su desarrollo condicionan no solo el diseño de nuestras ciudades, sino también su futuro económico, social y ambiental. Su transformación está sujeta a unas condiciones y controles que buscan que sea compatible con el interés general y con la protección del territorio.




Leer más:
La ciudad no termina en la superficie: el papel del suelo en la sostenibilidad urbana


Por tanto, mucho antes de que aparezcan las grúas o se coloque el primer ladrillo, ya estamos definiendo cómo será el desarrollo urbano. Saber cuándo una previsión urbanística deja de ser una expectativa y se convierte en un derecho adquirido es esencial para comprender cómo planificamos el territorio en el que viviremos mañana.


Este artículo se publicó originalmente en la revista Telos, de la Fundación Telefónica.


The Conversation

Carmen Esther Falcón-Pérez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Las ciudades sostenibles empiezan mucho antes del primer ladrillo – https://theconversation.com/las-ciudades-sostenibles-empiezan-mucho-antes-del-primer-ladrillo-292493

Nueva York-Valencia: la ciencia suma fuerzas para un traslado seguro de las obras de Sorolla

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antoni Colomina Subiela, Conservació i Restauració de Béns Culturals, Universitat Politècnica de València

_La playa de Valencia_ (1908), de Joaquín Sorolla. Rawpixel.com/Shutterstock

El anuncio del traslado a Valencia de más de doscientas obras de Joaquín Sorolla procedentes de la Hispanic Society of America de Nueva York representa un acontecimiento cultural de primera magnitud. Estas valiosas pinturas cruzarán el Atlántico para formar parte de una exposición de larga duración en el Museu de la Ciutat, hasta que quede acondicionado el Palacio de las Comunicaciones, destino final de las obras.

Tras la expectación por contemplar de nuevo el legado pictórico del maestro en su tierra natal, se despliega una fascinante ingeniería de conservación preventiva para garantizar que cada lienzo complete el viaje intacto.

Lecciones de la historia y la ayuda de plantas aromáticas

La protección del arte en viajes oceánicos cuenta con antecedentes remotos muy sugerentes. En el siglo XVI, los comerciantes de la Carrera de Indias idearon procedimientos para transportar pinturas y esculturas hasta los puertos americanos.

Para mitigar los riesgos de la navegación ultramarina, las obras se embalaban en cajas de madera protegidas interiormente con mantas de arpillera y estopa.

Además, en las húmedas bodegas de los galeones se empleaban plantas aromáticas biocidas como el orégano, el romero y el espliego para repeler insectos y microorganismos. Al mismo tiempo, los contenedores se sellaban exteriormente con telas enceradas o impregnadas de brea para resguardar las piezas del ambiente marino. Estos pioneros remedios sentaron las bases de la moderna conservación preventiva que aplicamos hoy.

Panel monumental correspondiente a la colección ‘Visión de España’ de la Hispanic Society de Nueva York.
Ritu Manoj Jethani/Shutterstock

En la actualidad, la ciencia de la conservación se rige por criterios mucho más exigentes. Precedentes críticos como el del Guernica de Picasso demostraron los severos peligros de las itinerancias continuas, donde el repetido desclavado del bastidor y enrollado del lienzo acabó generando una densa red de craquelados y pérdidas de estrato pictórico. Los informes técnicos del Museo Reina Sofía concluyeron que someter el lienzo a nuevos desplazamientos implicaría un riesgo inaceptable de nuevos daños que desaconseja rotundamente su movilidad. La lección fue clara: la integridad física del bien cultural debe prevalecer siempre sobre el interés expositivo.

Este mismo principio de prudencia explicaría por qué en el actual traslado de la colección Sorolla se han excluido los catorce monumentales paneles de Visión de España. Aunque estas enormes telas ya viajaron por nuestro país entre 2007 y 2010 para su restauración y exposición, la física de materiales enseña que el gran formato sufre un estrés mecánico extraordinario durante su desmontaje, manipulación y transporte.

Microclimas portátiles

Para las doscientas obras de formato transportable que sí viajarán a Valencia, el método de embalaje sigue estándares técnicos internacionales ampliamente consensuados. Estas exigencias coinciden de manera exacta con las prescripciones fijadas en los pliegos de condiciones de la licitación. De acuerdo con esta normativa, las obras viajarán dentro de cajas construidas con madera certificada y revestidas con espumas sintéticas aislantes.

‘Las grupas’, de Joaquín Sorolla.
Hispanic Society of America, Public Domain., CC BY

Todos los materiales o coberturas en contacto directo con las pinturas deben ser neutros, químicamente estables, no abrasivos y resistentes a la rotura. El objetivo prioritario consiste en garantizar una absoluta estabilidad de las condiciones ambientales durante todo el recorrido. Para ello, la temperatura debe situarse entre 18 y 22 °C, mientras que la humedad relativa debe mantenerse entre el 45 % y el 55 %, con variaciones mínimas, especialmente durante las estancias en los almacenes aeroportuarios y las bodegas de carga.

También es esencial respetar un periodo de aclimatación de entre 12 y 24 horas antes de abrir las cajas en el museo de destino. Este tiempo permite que las obras se adapten gradualmente a las condiciones del nuevo entorno y evita la formación de condensación sobre las pinturas.

Cómo se atenúa el movimiento durante el transporte

Más allá de los cambios ambientales, el mayor peligro mecánico durante el trayecto son las vibraciones continuas de los vehículos. La oscilación constante del transporte por carretera puede hacer que la tela del cuadro entre en balanceo repetido. Este esfuerzo mecánico continuado sobre la estructura del lienzo termina provocando microfisuras en las delicadas capas de pintura.

Para neutralizar este fenómeno, el transporte terrestre se realiza exclusivamente en camiones especializados con suspensión neumática y control climático. Desde hace varias décadas, los especialistas aconsejan instalar un panel trasero que genera una pequeña cámara de aire tras la tela. Esta sencilla pero eficaz solución amortigua el movimiento del lienzo y frena su desgaste mecánico durante el viaje.

La custodia experta: ¿quién es el ‘correo de arte’?

A pesar de la alta tecnología empleada, la máxima seguridad del traslado descansa en la vigilancia presencial del correo de arte. Este especialista en conservación y restauración viaja en representación de la institución prestamista con plena potestad técnica, de modo que su autoridad le permite supervisar cada maniobra e incluso detener la operación si detecta el menor indicio de riesgo.

La labor del correo de arte abarca la inspección directa del embalaje, el seguimiento en las terminales de carga, la logística terrestre y el montaje final. Para llevar a cabo este control con la máxima precisión, la herramienta documental clave es el informe de condición (condition report). Este documento técnico, apoyado en mapas de daños y fotografías de alta resolución, registrará el estado exacto de cada Sorolla antes de ser embalado.

‘Ayamonte, la pesca del atún’, de Joaquín Sorolla.
Hispanic Society of America, Public Domain., CC BY

Tras el desembalaje en Valencia, el correo y los técnicos locales examinarán minuciosamente cada lienzo y firmarán conjuntamente el informe, que certifica formalmente que la obra no ha sufrido la menor alteración durante su travesía. La vigilancia técnica no termina con el montaje, sino que se mantiene activa mediante inspecciones periódicas durante toda la exposición.

Con todo, los preparativos para el regreso de Sorolla a Valencia muestran la madurez de la conservación preventiva contemporánea, que integra la investigación histórica, la regulación del patrimonio público y la avanzada ingeniería de materiales. Y gracias a esta alianza científica, la luz del maestro mediterráneo volverá a disfrutarse en su tierra con las máximas garantías de seguridad.


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The Conversation

Antoni Colomina Subiela no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Nueva York-Valencia: la ciencia suma fuerzas para un traslado seguro de las obras de Sorolla – https://theconversation.com/nueva-york-valencia-la-ciencia-suma-fuerzas-para-un-traslado-seguro-de-las-obras-de-sorolla-292276

¿Qué convierte una diferencia corporal en discapacidad?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Joan Calvin Palomares, Ayudante Investigador en el departamento de Filosofía y humanidades, Universidad Pontificia Comillas

La discapacidad no supone una limitación cuando la tecnología está ahí para ayudar y no para dificultar el acceso a las actividades cotidianas. Romain Virtuel / Unsplash. , CC BY-SA

“Fuera de servicio”, reza un cartel en la puerta del ascensor. Mal asunto. Para algunos será una molestia; para quien no puede usar las escaleras puede significar la cancelación completa del trayecto. Al pulsar el botón –por si el cartel estuviera allí por error–, una persona usuaria de silla de ruedas puede descubrir que el ascensor ha adquirido el “poder soberano” de decidir quién llega y quién no. De pronto, esta máquina ocupa un lugar predominante en la pregunta ¿qué entendemos por discapacidad?

Aceras, puertas, pavimentos, ascensores: anchuras, pendientes, pesos y superficies; accesos amables u hostiles, posibles o imposibles. Esa misma persona descubre que la alternativa consiste en subir varios escalones. La silla de ruedas, que no es más que una tecnología de movilidad, queda convertida por el entramado técnico en signo de inmovilidad y hace que la diferencia se torne discapacidad.

No estamos ante una carencia individual de autonomía, sino ante una autonomía distribuida entre cuerpos, técnicas y espacios. La persona sigue siendo la misma: la misma parálisis, la misma silla, el mismo proyecto. Solo ha cambiado la disponibilidad del mundo.

Escaleras que exluyen: cuando el espacio no es neutral

¿Dónde se encuentra, entonces, la negatividad que asociamos a esa diferencia llamada discapacidad? ¿En una médula seccionada, en necesitar una silla de ruedas y un ascensor o en un mundo tecnológico cuyos fallos perjudican más a quienes dependen de esas infraestructuras?

La condición corporal es real y puede producir limitaciones, dolor, cansancio o necesidad de apoyos; no tendría sentido disolverla en el lenguaje. Pero la carga negativa asociada a la discapacidad se produce, en buena medida, en los desajustes tecnológicos que habilitan o deshabilitan la participación. Así, la lesión es real, aunque no explica por sí sola la imposibilidad de llegar a la planta superior. Una resonancia magnética puede describirla con precisión, pero no dice nada sobre los escalones, las puertas estrechas, los ascensores rotos o los transportes inaccesibles.

En la gramática cotidiana, decimos que alguien “tiene una discapacidad”. Pero rara vez decimos que un edificio solo admite un modo de moverse o que la falta de previsión tecnológica produce exclusión. Rara vez decimos que lo que está en juego es un espacio discapacitante, no una persona discapacitada. Esa gramática esconde una ontología individualista: imagina a cada persona como una unidad cerrada, definida por sus capacidades y déficits, como si el mundo fuese un escenario neutral. La carga negativa se atribuye a la condición corporal y no al entramado tecnológico. Así, la negatividad no recae sobre el ascensor averiado, las puertas estrechas o el espacio inaccesible, sino sobre el individuo considerado incapaz o “dis capaz”.

¿De quién es la responsabilidad?

Esta inversión naturaliza tecnologías excluyentes y desplaza la discapacidad hacia el individuo, obligado a cargar con la responsabilidad: rehabilitación, adaptación y una gramática de la superación que eleva hasta el heroísmo a quienes logran transitar nuestra ecología discapacitante. El problema no está en la rehabilitación ni en los apoyos, sino en convertirlos en obligaciones individuales.

Por mucho que hayamos avanzado en accesibilidad, la frase “la persona discapacitada no puede acceder” nos resulta más natural que decir “el edificio impide el acceso y necesita ser adaptado”. También parece más natural decir que una persona usuaria de silla de ruedas no pudo subir debido a su discapacidad que pensar en una realidad tecnológica diseñada para un solo modo de ser. Es la persona quien recibe un diagnóstico, no las escaleras, las aceras y las puertas.

Todos usamos tecnologías mediadoras

Todos actuamos mediante técnicas e infraestructuras. Caminamos con zapatos sobre aceras, atravesamos puertas, escribimos con teclados. Dependemos de un entramado tecnológico cuyos apoyos, por estar normalizados, parecen naturales. La dependencia tecnológica es universal. Sin embargo, la vulnerabilidad ante sus fallos se distribuye desigualmente.

Así, podemos considerar tecnologías de la discapacidad a las que permiten a determinados cuerpos moverse, comunicarse o participar, y tecnologías discapacitantes a las infraestructuras que convierten una diferencia en exclusión, al admitir un repertorio estrecho de cuerpos y movimientos. Percibimos las primeras como signos de una dependencia excepcional porque su desajuste con las tecnologías naturalizadas las vuelve visibles. No hay un exceso individual de dependencia, sino un desajuste entre tecnologías normalizadas y otras no integradas en nuestra visión del mundo. La escalera tuvo arquitecto, presupuesto y licencia de obra; no es un accidente geológico. También es una tecnología de acceso, pero se vuelve discapacitante cuando se impone como única vía y carece de alternativa para otros modos de moverse.

Escuchar la voz de los afectados

Pensar esto desde la experiencia de la discapacidad exige reconocer que quien usa una silla de ruedas no es solo una persona objeto de diagnóstico o intervención a la que se ofrecen soluciones para paliar sus carencias. Su experiencia produce conocimiento situado sobre el mundo construido: conoce de primera mano el desajuste entre las tecnologías discapacitantes y las tecnologías de la discapacidad.

La experiencia propia no concede una autoridad absoluta, pero sí una autoridad situada que no puede ser sustituida por el diagnóstico técnico ni por la mirada externa. Es quien reconoce las pendientes de una rampa, el peso de una puerta, la anchura de un pasillo, la distancia entre un aula y un baño, y la diferencia entre los ascensores que funcionan y aquellos que cortan en seco un destino.

Dotar de autoridad a quienes viven esa diferencia es una forma de cuestionar la idea de que de podemos colocar un cartel de “fuera de servicio” sin que la avería suponga una responsabilidad añadida. Por eso, es necesario incorporar a quienes usan estas infraestructuras en su diseño, evaluación y mantenimiento, y tratar cada fallo sin alternativa como una interrupción del derecho de acceso. Quizá no sea necesario declarar culpable al ascensor, pero sí retirarle a las infraestructuras la misma coartada de que goza la naturaleza.

The Conversation

Joan Calvin Palomares no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Qué convierte una diferencia corporal en discapacidad? – https://theconversation.com/que-convierte-una-diferencia-corporal-en-discapacidad-290359

El metano: ¿solución o problema en el siglo XXI?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Manuel Pujadas Cordero, Jefe de la Unidad de Caracterización y Control de la Contaminación Atmosférica, Centro de Investigaciones Energéticas, Medioambientales y Tecnológicas (CIEMAT)

A lo largo del ciclo de vida de los combustibles fósiles, como el gas natural licuado, suelen producirse importantes liberaciones de metano a la atmósfera. GreenOak/Shutterstock

Desde hace tiempo, el hidrocarburo más simple de la naturaleza, el metano (CH₄), se encuentra en el punto de mira científico, económico y social por su notable relevancia a distintos niveles. Actualmente, sigue manteniendo una posición ciertamente paradójica. Por un lado, conserva su gran importancia estratégica como combustible y materia prima en la transición energética, y por otro, continúa generando mucha preocupación por su papel como gas de efecto invernadero, como avalan los últimos datos y conclusiones científicas que confirman su aumento en la atmósfera. ¿Es posible salir de este bucle?

Emisiones naturales y de origen humano

Aunque el metano puede producirse por vía sintética, la mayor parte del que se utiliza como combustible procede del gas natural (GN) de origen fósil (95 % del cual es metano), sin olvidar el biometano, obtenido a partir del biogás depurado.

En generación eléctrica su importancia es clara. Los rendimientos de conversión energética de las centrales de ciclo combinado alimentadas con gas natural suelen ser de un 50–60 %, es decir, bastante superiores a los de las centrales térmicas convencionales de carbón, fueloil y gasoil. Aunque, en última instancia, todo dependa de la tecnología, tamaño de la instalación y condiciones de operación.

En todo caso, hay que decir que la combustión del GN no resulta ambientalmente inocua. Pese a que suele producir menos dióxido de carbono (CO₂) por unidad de energía y menores cantidades de dióxido de azufre (SO₂) y partículas que en los otros casos, se siguen generando cantidades significativas de óxidos de nitrógeno (NOₓ) y otros contaminantes.

El gran problema del metano no proviene de lo que se quema, sino de lo que se escapa al aire sin quemar. A lo largo del ciclo de vida de los combustibles fósiles, especialmente del GN, el carbón, el petróleo y derivados, así como durante la producción y utilización del biogás, suelen producirse liberaciones de metano a la atmósfera, por fugas no intencionadas, venteos operativos, fallos en las tuberías, etc.

Por otro lado, otros sectores económicos y actividades también generan emisiones incontroladas de metano, destacando por su importancia las del sector agrícola y ganadero (del cultivo del arroz, la fermentación entérica en rumiantes, la gestión de purines, etc.), así como las procedentes del tratamiento de residuos sólidos y aguas residuales urbanas.

Por último, también se producen emisiones de metano por actividad bacteriana en espacios naturales, especialmente en humedales y aguas continentales. Aunque algunas de estas emisiones puedan estar influidas o incluso originadas por modificaciones antropogénicas del territorio y del ciclo hidrológico.

Un gas de efecto invernadero

Todo el metano presente en el aire, con independencia de su origen, es activo climática y ambientalmente debido a sus propiedades radiativas y a su comportamiento fisicoquímico. El efecto climático deriva de la capacidad de este gas para absorber radiación infrarroja, de modo parecido y complementario al del CO₂ y el agua, contribuyendo a retener una parte de la radiación térmica que la Tierra emite.

Sabemos que su concentración atmosférica actual es unas 2,7 veces superior a la de la época preindustrial y que en los últimos años ese aumento ha alcanzado el 20 %. Por ejemplo, la concentración media anual de metano registrada en el Observatorio Atmosférico de Izaña (Tenerife) se incrementó aproximadamente en un 19 % entre 1984 y 2024, pasando de unas 1 650 partes por mil millones (ppb) a unas 1 965 ppb. También sabemos por el Grupo Intergubernamental de Expertos sobre el Cambio Climático (IPCC) que, en términos globales, la contribución del metano al incremento de la temperatura media global en el periodo 2010-2019 respecto al periodo 1850–1900 ha sido aproximadamente de 0,5 °C.

Gráfica que muestra el aumento de la concentración media global de metano en la atmósfera.
Aumento de la concentración media global de metano en la atmósfera.
NOAA

Aunque las causas del aumento de la concentración del metano en la atmósfera siguen presentes en el debate científico, se ha estimado que aproximadamente el 85 % del crecimiento observado desde 2007 se podía atribuir a emisiones de origen microbiano. Este resultado no coincide plenamente con otras estimaciones del balance global; entre otras cosas, por la complejidad de separar cuantitativamente la contribución de las distintas fuentes emisoras naturales, y también porque para conseguirlo resulta fundamental disponer simultáneamente de observaciones atmosféricas, isotópicas y de inventarios de emisiones, algo muy complejo.

Pese a estas dificultades, el Global Methane Budget ha estimado recientemente que alrededor del 65 % de las emisiones directas globales de metano ya son antropogénicas, destacando el peso de las producidas por actividades agropecuarias y de gestión de residuos, seguidas por la producción y uso de combustibles fósiles y, en menor medida, por la quema de biomasa y biocombustibles. Estos resultados ponen de manifiesto el papel relevante de las actividades agrícolas y ganaderas, de los grandes vertederos y de las plantas de tratamiento de aguas residuales como fuentes emisoras extensas de metano. En España tenemos algunos ejemplos bien documentados, como los vertederos de Valdemingómez, Pinto y Colmenar Viejo, en la Comunidad de Madrid.

Basura acumulada en un vertedero
Los grandes vertederos y las plantas de tratamiento de aguas residuales constituyen fuentes emisoras de metano.
Ernest Rose/Shutterstock

Otros efectos en la atmósfera

Pero su papel en la atmósfera no se reduce a su influencia sobre el clima, sino que se extiende a otros aspectos de la química atmosférica con importantes implicaciones ambientales directas e indirectas. El CH₄ interviene en una compleja cadena de procesos químicos y fotoquímicos atmosféricos que, en presencia de óxidos de nitrógeno, contribuyen a la formación de ozono (O₃) y, por tanto, a incrementar su concentración troposférica.




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Aunque la magnitud de este efecto depende de las condiciones químicas y meteorológicas, se estima que las emisiones globales actuales de metano, naturales y antropogénicas, son responsables de aproximadamente el 37 % de los niveles de ozono de fondo en Europa. Este hecho resulta también preocupante, dados los efectos negativos del ozono troposférico sobre la salud humana, los agrosistemas y los ecosistemas.

Por último, una mayor abundancia de CH₄ podría alterar la capacidad oxidativa de la atmósfera al afectar a la disponibilidad de radicales oxidantes, que participan en su eliminación, lo que en determinadas condiciones contribuiría a prolongar la vida atmosférica del propio metano, generando así una retroalimentación positiva.




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Objetivo: reducir las emisiones de metano

En definitiva, siendo el metano un valioso recurso energético e industrial que forma parte de la solución en la transición energética actual, también es urgente que deje de ser un problema climático y ambiental de primer orden. La clave está en nuestra capacidad para reducir sustancialmente sus emisiones antrópicas porque esta acción constituye una de las medidas con mayor potencial para limitar el calentamiento global a corto plazo, además de ayudar a mejorar la calidad del aire.

Sin duda estamos ante un gran reto, pero resulta asumible porque existen tecnologías y estrategias para conseguirlo. En el sector de los combustibles fósiles, por ejemplo, las soluciones pasan generalmente por la mejora del equipamiento para evitar fugas, así como por la instalación de sistemas de recuperación de flujos de metano a baja presión, que posteriormente se podrían aprovechar o tratar.

El desafío real consiste en implementar estas medidas rápida y eficazmente sobre las fuentes y sectores con emisiones más importantes, manteniendo sistemas de vigilancia capaces de verificar los resultados.

A estos objetivos debemos dedicarle de manera urgente cuantos esfuerzos y recursos sean necesarios, si queremos preservar un clima habitable para las próximas generaciones.

The Conversation

Manuel Pujadas Cordero recibe fondos públicos (UE, Gobierno de España, C. Autónomas de España) para el desarrollo de sus actividades de I+D+i.

– ref. El metano: ¿solución o problema en el siglo XXI? – https://theconversation.com/el-metano-solucion-o-problema-en-el-siglo-xxi-291681