Les entreprises qui passent à la semaine de quatre jours sont-elles plus productives ? Une étude menée sur 15 entreprises apporte des réponses

Source: The Conversation – in French – By John L. Hopkins, Professor of Management, Deakin University

Réduire le temps de travail sans réduire le salaire ou les résultats : c’est le pari du modèle « 100 : 80 : 100 », mobilisé pour mettre en place la semaine de quatre jours dans les 15 entreprises étudiées par des chercheurs australiens. Israel Andrade/Unsplash, CC BY

L’ESSENTIEL

  • Une étude menée auprès de 15 entreprises australiennes montre que la semaine de quatre jours a été largement adoptée après les essais.

  • Aucune n’a constaté de baisse de productivité, et plusieurs ont même observé une amélioration.

  • La principale motivation n’était pas la performance, mais la prévention du burn out.


Dans un essai publié en 1930, l’économiste britannique John Maynard Keynes prédisait que, cent ans plus tard, les progrès technologiques auraient remplacé une telle part du travail humain que nous ne travaillerions plus que 15 heures par semaine – voire plus du tout.

Près d’un siècle plus tard, cette vision ne s’est pas vraiment concrétisée. En Australie, des recherches montrent au contraire que les salariés travaillent régulièrement davantage que ce pour quoi ils sont rémunérés, en effectuant en moyenne 3,6 heures supplémentaires non payées par semaine.

La semaine de quatre jours est apparue pour la première fois comme une solution concrète lors de la crise énergétique des années 1970. Mais l’idée a véritablement repris de l’élan lorsque la pandémie de Covid-19 a conduit à une remise en question mondiale de nos façons de travailler et de nos lieux de travail.

Aujourd’hui, l’intérêt pour cette organisation du travail grandit pour d’autres raisons. La guerre entre l’Iran et Israël, qui perturbe les approvisionnements en carburant, relance les appels à réduire les déplacements. Les syndicats réclament une réduction du temps de travail. Enfin, récemment, le spécialiste de l’intelligence artificielle OpenAI a invité les employeurs à expérimenter la semaine de quatre jours afin de mieux redistribuer les gains de productivité attendus de l’intelligence artificielle (IA).

Notre nouvelle étude, publiée dans la revue Humanities and Social Sciences Communications du groupe Nature, s’intéresse à l’expérience de 15 entreprises australiennes ayant adopté la semaine de quatre jours. Quatorze d’entre elles ont choisi de conserver ce modèle. Aucune n’a constaté de baisse de productivité.

Notre étude

Pendant deux ans, nous avons étudié 15 entreprises ayant officiellement expérimenté la semaine de quatre jours selon le modèle « 100:80:100 ».

Ce modèle repose sur un principe simple : les salariés conservent 100 % de leur salaire tout en ne travaillant que 80 % de leur temps habituel, à condition de maintenir 100 % de leur niveau de production.

Nous avons interrogé les principaux décideurs de ces entreprises, ceux qui avaient porté le projet de semaine de quatre jours et joué un rôle central dans sa conception et sa mise en œuvre.

Nous voulions comprendre ce qui avait motivé ces entreprises à adopter ce modèle, quels bénéfices et quelles difficultés elles avaient rencontrés, ainsi que son impact global sur leur productivité et leurs performances.

Les entreprises étudiées appartenaient à des secteurs très variés, allant de la logistique à la gestion immobilière, en passant par la santé et l’édition. Environ la moitié étaient de petites structures comptant de deux à 18 salariés, les autres étant des entreprises de taille intermédiaire employant jusqu’à 85 personnes.

Pourquoi ces entreprises ont franchi le pas

La semaine de quatre jours est souvent présentée comme un moyen d’améliorer la productivité. Pourtant, parmi les 15 entreprises que nous avons interrogées, six ont indiqué que leur principale motivation était avant tout de lutter contre l’épuisement professionnel (burn out).

Selon une enquête menée en 2025 par l’association Beyond Blue, un salarié australien sur deux est confronté au burn out, les jeunes et les parents étant les plus exposés.

Dans notre étude, la directrice générale d’une entreprise de taille intermédiaire spécialisée dans les technologies de santé a ainsi souligné l’importance de préserver l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, ainsi que de mettre en place des stratégies de prévention du burn out pour les salariés.

Selon elle, les principaux indicateurs permettant d’évaluer le succès de la semaine de quatre jours étaient le taux de départs des salariés, l’absentéisme, ainsi que le nombre d’arrêts maladie ou de journées d’absence liées à la santé mentale provoquées par le burn out.

Une autre dirigeante, à la tête d’une entreprise de taille intermédiaire du secteur financier, résume ainsi sa démarche :

« Nous nous sommes dit qu’il était un peu hypocrite d’encourager chaque jour nos clients à mieux vivre si nous n’appliquions pas nous-mêmes ces principes au sein de notre entreprise. »

Pour beaucoup d’entreprises, la prévention du burn out a été un argument déterminant en faveur de la semaine de quatre jours.
Cup of Couple/Pexels

Le bilan

Au moment de nos entretiens, réalisés entre le début de l’année 2023 et la fin de l’année 2024, 14 des 15 entreprises participantes appliquaient toujours le modèle « 100:80:100 », soit en prolongeant leur phase d’essai, soit en l’adoptant définitivement. Certaines reconnaissaient être encore au début de l’expérience. À l’inverse, l’une d’entre elles fonctionnait déjà selon ce modèle depuis près de huit ans.

Une seule entreprise a finalement renoncé à la semaine de quatre jours. Elle a toutefois expliqué que le contexte avait fortement pesé dans cette décision, l’expérimentation ayant coïncidé avec une période de profonds changements au sein de l’organisation.

S’agissant de la productivité, six des entreprises participantes ont indiqué qu’elle avait augmenté depuis l’instauration de la semaine de quatre jours. Les autres ont estimé qu’elle était restée globalement stable. Fait notable, aucune n’a signalé de baisse de productivité liée à cette nouvelle organisation du travail.

Ces évaluations reposaient sur les indicateurs choisis par chaque entreprise : chiffre d’affaires, bénéfices, respect des délais de livraison des projets ou encore Net Promoter Score, un indicateur mesurant la satisfaction et la fidélité des clients. Invitées à dresser un bilan global de l’expérience, les entreprises ont attribué au modèle une note moyenne de 8,5 sur 10.

Limites et enseignements

Notre étude présente plusieurs limites. D’abord, le modèle « 100:80:100 » que nous avons analysé est encore relativement récent, ce qui explique le nombre limité d’entreprises australiennes pouvant être étudiées. Nous prévoyons de retrouver ces mêmes entreprises dans les prochaines années afin d’évaluer si cette organisation du travail est viable sur le long terme.

Il faut également souligner que les personnes interrogées avaient, pour la plupart, joué un rôle décisif dans la mise en place de la semaine de quatre jours. Leurs réponses peuvent donc refléter un certain biais en faveur de cette expérimentation.

Malgré ces réserves, alors que le burn out au travail progresse et que les gains de productivité attendus de l’intelligence artificielle soulèvent la question de leur répartition, la semaine de quatre jours apparaît comme une piste sérieuse qui mérite d’être explorée.

The Conversation

John L. Hopkins ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les entreprises qui passent à la semaine de quatre jours sont-elles plus productives ? Une étude menée sur 15 entreprises apporte des réponses – https://theconversation.com/les-entreprises-qui-passent-a-la-semaine-de-quatre-jours-sont-elles-plus-productives-une-etude-menee-sur-15-entreprises-apporte-des-reponses-288018

La guerre contre les houthistes du Yémen peut-elle détourner Riyad du Soudan ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Yassine El Yattioui, Chargé d’enseignement à l’Université Lumière Lyon II – Professeur invité à l’ILERI Nice, Université Lumière Lyon 2


L’ESSENTIEL

  • La guerre civile soudanaise dépasse désormais le cadre national et s’inscrit dans un espace stratégique reliant la Corne de l’Afrique, la mer Rouge et la péninsule Arabique.

  • L’Arabie saoudite est un soutien affirmé de l’une des parties belligérantes : les Forces armées soudanaises (SAF). Si les attaques des houthistes du Yémen contre Riyad s’intensifiaient durablement, le royaume serait contraint de réorienter ses ressources vers sa propre protection, réduisant son soutien aux SAF.

  • L’avenir du conflit soudanais dépend peut-être moins des combats au Soudan que des arbitrages géopolitiques que fera Riyad face à des menaces régionales concurrentes.


La guerre civile soudanaise ne peut plus être appréhendée comme un conflit strictement interne opposant les Forces armées soudanaises (SAF), contrôlant aujourd’hui le nord et l’est du pays, aux Forces de soutien rapide (RSF), qui ont la haute main dans l’ouest et le sud. Elle s’inscrit désormais dans un espace sécuritaire interdépendant reliant la Corne de l’Afrique, la mer Rouge et la péninsule Arabique, où les dynamiques d’un théâtre influencent directement les équilibres d’un autre.

Dans cette configuration, les choix stratégiques de l’Arabie saoudite, appui constant des SAF, ne relèvent pas uniquement de l’évolution du conflit soudanais, mais également des contraintes imposées par son environnement régional.

La place du Soudan dans la politique étrangère saoudienne

Depuis plusieurs années, Riyad privilégie une politique étrangère conciliant médiation diplomatique, stabilité régionale et protection des intérêts économiques associés au projet Vision 2030. Lancé en 2016 par le prince héritier Mohammed ben Salmane, ce plan vise à diversifier l’économie du pays pour réduire sa dépendance historique aux revenus du pétrole, tout en transformant la société saoudienne et en modernisant l’État.

Le Soudan occupe une place importante dans cette stratégie en raison de sa position sur la façade occidentale de la mer Rouge et de son rôle dans la sécurisation des routes commerciales reliant Bab el-Mandeb au canal de Suez. Ainsi, 12 % du commerce maritime mondial transite par cet espace, qui constitue un passage essentiel pour la sécurité énergétique et commerciale du Golfe.

Cette stratégie demeure toutefois conditionnée par une variable souvent sous-estimée : la disponibilité des ressources militaires, financières et diplomatiques du Royaume. Sur le plan financier, ses marges de manœuvre sont également contraintes. Le budget saoudien pour l’exercice 2026 prévoit 1 313 milliards de riyals (plus de 303 milliards d’euros, ndlr) de dépenses, contre 1 147 milliards de riyals (environ 264,8 milliards d’euros, ndlr) de recettes, soit un déficit de 165 milliards de riyals, équivalant à environ 38 milliards d’euros (3,3 % du PIB). Cette trajectoire budgétaire traduit la volonté de Riyad de poursuivre simultanément le financement des mégaprojets du plan Vision 2030, la modernisation de ses capacités de défense, les investissements du Public Investment Fund (PIF) ainsi que la sécurisation des infrastructures énergétiques et des voies maritimes de la mer Rouge.

Dans ce contexte, les ressources consacrées au dossier soudanais restent volontairement ciblées et privilégient l’assistance humanitaire, le soutien aux institutions étatiques et les mécanismes de stabilisation économique plutôt qu’un financement direct des opérations militaires des SAF. La rencontre du 20 avril 2026 entre le prince héritier Mohammed ben Salmane et le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan à Djeddah illustre cette approche.

Une reprise durable des hostilités contre les houthistes modifierait la hiérarchie des priorités sécuritaires saoudiennes en imposant une réallocation des capacités vers la protection du territoire national, des infrastructures énergétiques et des objectifs économiques de Vision 2030. L’engagement au Soudan dépendrait alors moins de l’évolution du conflit soudanais que de la pression exercée par une menace jugée plus immédiate.

Hiérarchisation des menaces et soutenabilité stratégique de l’engagement saoudien

L’évolution de la politique étrangère saoudienne ne peut être comprise à travers une lecture exclusivement événementielle des crises régionales. Les arbitrages opérés par Riyad résultent avant tout de contraintes structurelles liées à la rareté des ressources, à l’interdépendance des espaces sécuritaires et à la nécessité de préserver les conditions internes de la puissance. L’engagement du Royaume au Soudan doit ainsi être analysé à l’aune de la concurrence entre plusieurs priorités stratégiques plutôt qu’à partir des seules dynamiques internes du conflit soudanais.

Le réalisme structurel offre un premier cadre d’analyse pertinent. Dans un système international anarchique, les États disposent de ressources militaires, financières et politiques limitées qu’ils doivent répartir entre des menaces concurrentes. Toute intensification d’un front stratégique réduit mécaniquement les capacités mobilisables sur un autre.

Pour l’Arabie saoudite, une reprise durable de la confrontation avec les houthistes du Yémen mobiliserait prioritairement les systèmes de défense aérienne, les capacités de renseignement, les ressources budgétaires et les moyens navals destinés à protéger le territoire, les infrastructures énergétiques et les objectifs économiques associés à Vision 2030. Le soutien au Soudan ne disparaîtrait pas nécessairement, mais il serait soumis à une logique de réallocation des ressources.

Cette dynamique rejoint la théorie de l’équilibre des menaces développée par Stephen Walt. Les États hiérarchisent leurs priorités non seulement en fonction de la puissance de leurs adversaires, mais aussi de leur proximité géographique, de leurs capacités offensives et de leurs intentions perçues. À cet égard, les houthistes représentent pour Riyad une menace directe contre le territoire national et les infrastructures critiques, tandis que le conflit soudanais demeure une menace indirecte affectant principalement la stabilité de la mer Rouge. Cette différence de nature conduit logiquement à privilégier la gestion de la menace la plus immédiate lorsque les ressources deviennent plus contraintes.

Cette hiérarchisation doit également être replacée dans le cadre du complexe régional de sécurité de la mer Rouge. Les conflits yéménite et soudanais ne constituent pas deux crises indépendantes, mais deux composantes d’un même environnement stratégique où les évolutions d’un théâtre influencent les équilibres de l’autre. Une dégradation de la situation au Yémen accroît les besoins sécuritaires de l’Arabie saoudite et modifie, par ricochet, les ressources qu’elle peut consacrer au Soudan. De même, l’instabilité soudanaise fragilise la sécurité maritime régionale, soulignant l’interdépendance croissante des espaces compris entre Bab el-Mandeb, la mer Rouge et la Corne de l’Afrique.

Les apports de la sociologie du conflit permettent d’approfondir cette lecture. Les guerres prolongées ne mobilisent pas uniquement des capacités militaires ; elles sollicitent durablement les appareils administratifs, les finances publiques et les ressources politiques des États. Dans le cas saoudien, cette tension est particulièrement forte, car la réussite de Vision 2030 repose sur la stabilité sécuritaire, l’attractivité des investissements étrangers et la protection des infrastructures stratégiques. Une escalade prolongée contre les houthistes ferait donc peser une double contrainte : répondre à une menace militaire directe tout en préservant les conditions économiques de la transformation du Royaume.

Cette évolution traduit une transformation plus large de la doctrine stratégique saoudienne. Depuis le début des années 2020, Riyad privilégie progressivement une logique de consolidation plutôt que de projection militaire systématique. L’influence régionale ne repose plus exclusivement sur l’intervention directe, mais sur une combinaison d’instruments diplomatiques, économiques et institutionnels visant à limiter les coûts des engagements extérieurs tout en préservant les intérêts stratégiques du Royaume.

Dans cette perspective, le soutien aux Forces armées soudanaises ne serait pas remis en cause dans son principe, mais dans ses modalités. Une intensification durable de la menace houthie conduirait vraisemblablement à privilégier la médiation diplomatique, l’appui institutionnel, la coopération sécuritaire ciblée et les initiatives de stabilisation régionale plutôt qu’un engagement militaire plus coûteux.

Implications stratégiques et trajectoires prospectives

Une telle évolution ne traduirait pas un désengagement du dossier soudanais, mais une adaptation rationnelle à la concurrence entre plusieurs priorités sécuritaires.

Pour les SAF, cette évolution ne signifierait pas une rupture du partenariat avec l’Arabie saoudite, mais une dépendance accrue aux arbitrages régionaux. La capacité de Riyad à maintenir simultanément plusieurs engagements extérieurs apparaît désormais comme une variable déterminante de l’équilibre stratégique soudanais.

Trois trajectoires prospectives peuvent être envisagées.

  • La première, la plus probable, correspond à une rationalisation progressive de l’engagement saoudien : le Royaume préserverait son influence au Soudan tout en privilégiant les instruments diplomatiques et institutionnels.

  • La seconde repose sur une intensification majeure des attaques houthies, susceptible d’imposer un recentrage durable des ressources sur la protection du territoire national et de réduire davantage les capacités consacrées au dossier soudanais.

  • Enfin, un scénario de stabilisation régionale avec une victoire totale des SAF permettrait à Riyad de réinvestir plus largement le théâtre soudanais, notamment dans les domaines de la reconstruction institutionnelle, de la sécurité maritime et du développement économique.

La redéfinition de la puissance

Au-delà du cas saoudien, on assiste à une transformation plus profonde des rapports de puissance au Moyen-Orient. La puissance ne se mesure plus seulement à la capacité de projeter des moyens militaires sur plusieurs théâtres, mais également à l’aptitude des États à arbitrer durablement entre des priorités concurrentes sans compromettre leurs objectifs stratégiques de long terme.

La Turquie en fournit une illustration particulièrement éclairante. Malgré son implication simultanée en Syrie, en Irak, dans le Caucase, en Méditerranée orientale et en Libye, Ankara a progressivement adapté son activisme extérieur afin de limiter les coûts économiques et diplomatiques de cette surextension stratégique. Depuis le début des années 2020, la normalisation engagée avec plusieurs puissances régionales, notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte et Israël – avant la dégradation liée à Gaza – témoigne d’une volonté de hiérarchiser les priorités nationales sans renoncer à son statut de puissance régionale.

La crédibilité d’un État repose désormais autant sur sa capacité à sélectionner ses engagements qu’à les multiplier, faisant de la gestion des arbitrages stratégiques un indicateur central de puissance. Comprendre cette logique apparaît indispensable pour analyser les recompositions géopolitiques de la mer Rouge et les nouvelles formes d’exercice de la puissance dans les conflits du XXIᵉ siècle.

The Conversation

Yassine El Yattioui ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La guerre contre les houthistes du Yémen peut-elle détourner Riyad du Soudan ? – https://theconversation.com/la-guerre-contre-les-houthistes-du-yemen-peut-elle-detourner-riyad-du-soudan-288862

Fusion froide : quand la compétition et la pression médiatique virent à la bavure scientifique

Source: The Conversation – France in French (2) – By Denis Machon, Professeur, INSA Lyon – Université de Lyon

La fusion froide, une révolution qui n’aura pas eu lieu. Logan Vosssur/Unsplash, CC BY

L’ESSENTIEL

  • La fusion est la réaction qui a lieu à l’intérieur du soleil et qui fournit une quantité d’énergie immense.

  • Pour initier cette réaction, il faut atteindre des températures extrêmement élevées : 100 millions de degrés Celsius, ce qui est très complexe sur Terre.

  • Imaginez l’enthousiasme général lorsque deux équipes de recherche ont annoncé avoir observé une fusion à température ambiante : la promesse d’une énergie illimitée et propre. Un peu trop beau pour être vrai !


Toute découverte de rupture dans le domaine de conversion et stockage de l’énergie, en particulier pour fournir une énergie bon marché et quasi inépuisable, est un sésame pour une célébrité intemporelle.

La fusion nucléaire est le mécanisme à l’œuvre au cœur du soleil et qui permet la production de quantités d’énergie immenses. Une réaction de fusion consiste en l’appariement de deux atomes de deutérium (un isotope de l’hydrogène constitué d’un proton et d’un neutron). C’est une réaction très différente de la fission nucléaire qui est le phénomène utilisé dans les centrales nucléaires actuelles et qui consiste à scinder le noyau d’un atome lourd, comme l’uranium, après l’absorption d’un neutron. Cette réaction de fission libère une grande quantité d’énergie ainsi que de nouveaux neutrons, qui peuvent à leur tour provoquer d’autres fissions. Il en résulte une réaction en chaîne qui doit être soigneusement contrôlée dans un réacteur nucléaire.

Les intérêts de la fusion sont l’utilisation de « combustible » abondant (deutérium), une très forte densité énergétique et moins de déchets radioactifs à vie longue que pour la fission.

Dans le cas de la fusion, la combinaison des atomes de deutérium demande une quantité d’énergie importante pour initier la réaction (il est nécessaire d’atteindre des températures de 100 millions de degrés Celsius soit 10 000 fois la température de la surface du Soleil). Toutefois, l’espoir est d’obtenir un bilan énergétique final en faveur de l’utilisateur, typiquement un gain d’un facteur 10. La maîtrise de la fusion est donc un défi scientifique et technologique majeur. Des programmes de recherche coûteux ont été dédiés à la construction d’un tel réacteur. Par exemple, le projet ITER est une collaboration internationale dont le réacteur se situe dans le sud de la France.

Un soleil dans une éprouvette ?

Ainsi, quelle surprise quand des scientifiques ont clamé observer ce phénomène de fusion dans une éprouvette de laboratoire sans fournir une énergie d’initiation prohibitive.

Dans les années 1980, deux groupes de chercheurs de l’état de Utah aux États-Unis travaillaient sur la fusion mais à température ambiante à l’aide d’une cellule électrochimique à base de palladium. Ce matériau peut absorber des quantités importantes d’hydrogène et de deutérium, deux ingrédients essentiels pour la fusion. L’hypothèse scientifique était que le confinement de ces deux éléments dans un volume réduit pouvait conduire à la réaction de fusion. Le premier groupe dirigé par Stanley Pons et Michael Fleischmann a mesuré une production de chaleur très élevée (faisant fondre les électrodes, paraît-il). Le second groupe dirigé par Steven Jones a, quant à lui, détecté une production importante de neutrons, signe d’une réaction nucléaire.

Les deux groupes, malgré leur proximité géographique, travaillaient en parallèle, indépendamment l’un de l’autre. Néanmoins, ils finirent par découvrir leurs activités réciproques et décidèrent de se rencontrer en janvier 1989. La réunion a tourné court : aucune collaboration n’a été possible car chaque groupe voulait annoncer sa découverte le plus rapidement possible pour obtenir le prestige officiel des premiers résultats sur la fusion froide. Néanmoins, leurs universités instaurèrent une réunion d’arbitrage. Les deux groupes sont arrivés à un accord : ils devaient, l’un et l’autre, envoyer par courrier leur article respectif à la revue Nature le 24 mars. Ils prévoyaient même de se retrouver au bureau de poste ce jour-là.

Le travail scientifique est généralement mené en collaboration mais il existe une forme de compétition permanente sous-jacente, cette approche ambiguë ayant reçu le nom de coopétition.

Un sprint médiatique pour la paternité de la « Fusion froide »

Malgré l’entente, Pons et Fleischmann ont soumis leur article plus tôt (le 11 mars) à une autre revue et ont convoqué une conférence de presse pour le 23 mars afin d’annoncer leurs résultats. Jones ayant écho de cette démarche a envoyé son article à Nature par fax.

Ainsi, l’annonce médiatique a devancé l’annonce scientifique, cette dernière consistant en une publication dans une revue scientifique avec comité de lecture. Sous cette pression médiatique, la revue s’est dépêchée de publier l’article de Pons et Fleischmann au plus tôt.

Cette précipitation, tant du côté des auteurs que des éditeurs, est incompatible avec les exigences de la rigueur scientifique. Dans le cas de cette affaire, après publication de l’article, le journal a dû publier deux pages d’errata soit 1 9 changements en tout. La temporalité de la science n’est que peu compatible avec celle des médias.

Une course de fond scientifique

Après cette course à l’annonce est venu le temps de la vérification et de la discussion. Dans une première période, des confirmations expérimentales de génération d’un excès de chaleur ou d’émission de rayonnement et particules furent obtenues avant que les résultats négatifs ne s’accumulent.

En particulier, les scientifiques s’étonnèrent de la faible émission de neutrons comparée à la production d’énergie. En réalité, si la fusion avait eu lieu avec le niveau d’émission neutronique attendu, les expérimentateurs auraient été exposés à des doses létales de rayonnement. Par ailleurs, l’analyse du spectre montrant l’émission de rayons gamma montra que le pic observé était trop fin pour être un pic d’origine physique et correspondait à un artéfact expérimental. Les défenseurs de la fusion froide ont alors suggéré l’existence de mécanismes nucléaires inconnus, sans fondement expérimental solide.

Avec le temps, malgré de nombreuses expériences dans d’autres laboratoires, les résultats ne purent pas être reproduits, ni sur la production de chaleur ni sur l’émission de neutrons. Les publications présentant des résultats négatifs commencèrent à s’empiler. Récemment, deux articles ont analysé l’ensemble des données et ont conclu que la « fusion froide » avait été proclamée sur la base de signaux expérimentaux fragiles ou mal interprétés, combinés à des erreurs de mesure, un contrôle insuffisant des conditions expérimentales, et l’absence de validation indépendante.

Ce que la fusion froide nous apprend

Cet épisode montre la pression pesant sur les chercheurs qui doivent être « visibles » dans le paysage scientifico-médiatique pour obtenir des récompenses et des financements.

Cela est d’autant plus actuel que les promesses technologiques (nouvelles batteries, ordinateur quantique, Intelligence artificielle, conquête de l’espace…) se multiplient. L’injonction du « publish or perish » pousse les scientifiques à la faute soit en produisant des résultats frauduleux soit en annonçant des résultats exceptionnels mais sur la base d’une expérimentation et d’une analyse bâclées.

Ce phénomène a malheureusement tendance à proliférer : le nombre de fraudes et de rétractations est en augmentation (cela montre quand même le bon fonctionnement de l’autorégulation en science, mais jusqu’à quand ?) mais, parallèlement, la publication de résultats « négatifs », c’est-à-dire contredisant un article publié, est en baisse. Ce dernier point pourrait être une bonne nouvelle car signe d’une qualité accrue. Mais il semble que la raison première est plutôt qu’il est difficile de publier et valoriser un résultat montrant que rien ne se passe plutôt qu’un résultat démontrant un phénomène.

Ainsi, bien qu’elles s’ancrent dans la durée, la démarche scientifique et la reproductibilité des résultats restent les outils fiables pour établir la réalité d’une découverte. Seules les observations expérimentales robustes et reproductibles s’inscrivent durablement dans l’héritage scientifique.

The Conversation

Denis Machon ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Fusion froide : quand la compétition et la pression médiatique virent à la bavure scientifique – https://theconversation.com/fusion-froide-quand-la-competition-et-la-pression-mediatique-virent-a-la-bavure-scientifique-286459

Ceuta: una pieza más en el tablero para el iliberalismo que atenta contra las democracias del mundo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By David Alvarado, Associate professor, Universidade de Vigo

Andrzej Rostek/Shutterstock

La tarde del 29 de julio, Mohamed VI pronunció su discurso anual desde el palacio de Tetuán, a apenas 30 kilómetros de Ceuta. El rey dibujó un país próspero –con un crecimiento próximo al 5 %– y políticamente
estable, un capital estratégico que había hecho de Marruecos un actor “creíble, respetado y escuchado” internacionalmente.

Horas después, de madrugada, mientras avanzaban los preparativos para la Fiesta del Trono, que congregó en la ciudad de M’diq a la cúpula del régimen, representantes diplomáticos y dirigentes mundiales, daba comienzo la avalancha sobre la ciudad autónoma de Ceuta.

Durante el episodio se registraron 72 000 entradas irregulares, al menos 79 fallecidos en el lado español y más de 70 000 retornos voluntarios a territorio marroquí en los días siguientes. El debate se fracturó entre quienes interpretaron la entrada como una “invasión orquestada por Rabat” y quienes lo atribuyeron a mafias y redes de desinformación.

Más allá de la búsqueda de responsables en una crisis migratoria que no es nueva, estas lecturas dejan fuera lógicas profundas que ayudan a entender el cuándo, el dónde y la escala de lo ocurrido: el soberanismo irredento de Marruecos sobre los enclaves de Ceuta y Melilla, las presiones ocultas, la reconfiguración de las esferas de influencia en el Mediterráneo sur y el iliberalismo transnacional que busca erosionar la democracia en el mundo.

Irredentismo y rivalidad regional

La reivindicación de los enclaves españoles está inscrita en el texto constitucional marroquí, que en su artículo 42 compromete al rey como garante de “la integridad territorial del Reino en sus fronteras auténticas”. El irredentismo estructura el imaginario nacional que atraviesa monarquía, partidos políticos y ciudadanía en general.

En 2023, la embajada de Marruecos en Madrid publicó un mapa que incluía ambas ciudades en su espacio soberano, junto con el Sáhara Occidental. La investigación académica sostiene que los flujos migratorios hacia estos enclaves están históricamente imbricados en ese “proyecto de recuperación”. Ningún gobierno marroquí trata el Tarajal o Beni Enzar, los principales pasos de acceso, como una frontera entre Estados soberanos.

La estrategia marroquí sobre los enclaves es deliberada y multidimensional. Combina presión migratoria, cierre selectivo de aduanas y desarrollo de grandes proyectos de infraestructuras –como los puertos Tanger Med y Nador West Med– para ahogar económicamente y hacer prescindibles los intercambios con las ciudades. El Parlamento Europeo reconoció en 2021 que la crisis migratoria de mayo de ese año fue desencadenada intencionalmente por Rabat como respuesta a la acogida en España “por razones humanitarias” de Brahim Gali, líder del Frente Polisario.

El precedente de septiembre de 2024, cuando las fuerzas marroquíes contuvieron de inmediato una convocatoria digital similar, confirma que la capacidad de control fronterizo existía también en esta más reciente acometida.

El 20 de julio, Pedro Sánchez visitaba Argel, escenificando así la “reconciliación diplomática” con el país magrebí, a lo que hay que añadir los avances en la tramitación de la ley de concesión de nacionalidad española a los saharauis nacidos bajo la administración española y la hipótesis marroquí sobre supuestas injerencias argelinas en lo que se presenta como “asalto teledirigido”. La imposibilidad de demostrar la responsabilidad directa de alguna de estas variables en lo sucedido es la marca de la coerción en zona gris.

Zona gris y guerra híbrida

La competición entre potencias ya no se expresa únicamente a través de acciones militares convencionales, sino también a través de ciberataques, sabotajes, campañas de influencia, presión económica, instrumentalización migratoria o guerra legal (lawfare). La zona gris designa el conjunto de acciones de coerción acumulativa que operan por debajo del umbral del conflicto armado y desplazan la carga de la prueba hacia el actor defensor. Su rasgo definitorio es la dificultad de atribución, ya que el agresor actúa de forma que ninguna respuesta proporcional resulte justificable. El Consejo de la UE reconoce la instrumentalización de flujos migratorios como una modalidad de guerra híbrida.

El combustible estructural del episodio de Ceuta es conocido. Marruecos registra una tasa de paro juvenil del 37,2 % entre los 15 y los 24 años, con porcentajes que superan el 45 % en zonas urbanas, mientras el PIB no cesa de aumentar. La brecha entre ese crecimiento y la percepción de exclusión alimenta lo que el politólogo Ted Gurr denominó “privación relativa”: aquello que realmente empuja la emigración es la distancia entre expectativas y realidad, no una situación de pobreza absoluta. Las movilizaciones de finales de 2025 articularon este decalaje bajo el lema “queremos hospitales, no solamente estadios”, denunciando el despilfarro vinculado a la organización del Mundial 2030 mientras la población carece de servicios básicos.

Sentencia del Supremo

El detonante más inmediato de los sucesos de Ceuta lo encontramos en la resolución del Tribunal Supremo 814/2026, que prohibió las devoluciones en caliente de los migrantes que entran a nado en Ceuta y Melilla. Esta información se amplificó y distorsionó para hacer creer que la frontera estaba abierta.

Desde el 27 de julio, una investigación en fuentes abiertas documentó grupos de Facebook con decenas de miles de miembros que compartían mapas, rutas y listas de material para el cruce, imbricados en una campaña con marca propia y células de reclutamiento autoensambladas.

El excomisario europeo Thierry Breton lo calificó como “el primer ataque híbrido algorítmico a gran escala contra una frontera exterior de la Unión Europea”.

Acuerdos de Abraham y esferas de influencia

A finales de 2020, Marruecos se adhirió a los Acuerdos de Abraham –proceso de normalización árabe-israelí impulsado por la primera Administración Trump y que reconfiguró las alianzas en Oriente Medio y el Norte de África– a cambio del reconocimiento estadounidense de la soberanía de Rabat sobre el Sáhara Occidental.

Ese intercambio convirtió al reino de Mohamed VI en nodo del eje Washington-Tel Aviv-Golfo, con acceso a tecnología militar avanzada, y ancla de la estrategia regional de Washington frente a la influencia rusa y china en el continente africano.

En octubre de 2025, la Resolución 2797 del Consejo de Seguridad no hizo sino consolidar ese alineamiento al calificar el plan de autonomía marroquí como “la solución más viable” para el Sáhara.

La influencia estadounidense

La confluencia de presiones sobre España ilustra esa arquitectura. El mismo día de los cruces hacia Ceuta, Marco Rubio elogiaba a Mohamed VI.

Al día siguiente, el Departamento de Estado trasladaba la responsabilidad al gobierno de Sánchez y situaba a España en Nivel 2 de alerta por riesgo de terrorismo y manifestaciones, mientras que mantenía a Ceuta en Nivel 3 debido a problemas de orden público.

La Comisión de Asignaciones de la Cámara de Representantes había descrito en abril a Ceuta y Melilla como ciudades “situadas en territorio marroquí” bajo “administración española”, respaldando un diálogo sobre su futuro estatuto. El think tank neoconservador AEI llamaba a lanzar una “marcha verde” sobre Ceuta y Melilla, arguyendo que el artículo 5 de la OTAN no ampara los territorios españoles en África.

La influencia europea

La capacidad europea de presionar a Marruecos choca con dos límites estructurales. El primero es la dependencia en materia de seguridad y control migratorio. La UE financia la cooperación migratoria con Rabat desde 2004 y se intensificó a partir de 2013, convirtiendo a Marruecos en árbitro de facto de su propia frontera exterior.

Eso explica también los giros bilaterales sobre el Sáhara: España pivotó en 2022 tras la crisis de Ceuta de mayo de 2021, mientras que Francia lo hizo en 2024 después de tensiones similares.

Lo que comenzó como concesiones bilaterales ante la presión migratoria cristalizó, en enero de 2026, en una posición comunitaria coordinada en el Consejo de Asociación UE-Marruecos. El Sáhara se ha convertido así en el primer conflicto territorial posguerra fría donde la conveniencia estratégica desplaza a los principios normativos.

La internacional ultra

La internacional iliberal es una red transnacional cuya función geopolítica trasciende la retórica electoral. Opera para fracturar los mecanismos de solidaridad de la UE y sustituir el orden normativo multilateral por una lógica identitaria.

Tras la llegada masiva de inmigrantes a las fronteras de Ceuta, la presidenta italiana Giorgia Meloni suspendió el acuerdo Schengen con España –un gesto para la galería, dado que el control fronterizo se ejerce en el Estrecho–, mientras Italia acumula el mayor volumen de entradas irregulares de la UE y su gobierno ha emitido en silencio más de 368 000 permisos laborales a ciudadanos no comunitarios.

El británico Nigel Farage lanzó la “Operación Fortaleza”, una propuesta de bloqueo naval inspirada directamente en Ceuta. El representante de Israel ante la ONU exigió que España explicara por qué “mantiene enclaves coloniales en África”, transformando la emergencia humanitaria en un arma diplomática contra el principal gobierno europeo que defiende la causa palestina.

España marca posiciones

El gobierno de Pedro Sánchez representa exactamente el modelo que esta red ultra combate. España reconoció el Estado palestino, vetó el tránsito de armamento a Israel, denegó el uso de bases militares a Washington para atacar Irán e inició un proceso de regularización para cientos de miles de migrantes, en un contexto donde los cruces irregulares hacia el conjunto de la UE cayeron un 40 % en el primer semestre de 2026.

Cuando Bielorrusia instrumentalizó, en 2021, los flujos migratorios desde su frontera con Polonia, el Parlamento Europeo reconoció el ataque híbrido y los 27 respondieron con solidaridad. Ante la avalancha en Ceuta, 22 gobiernos firmaron una carta culpando a Madrid. Entonces, el problema era Lukashenko. Hoy, lo es Sánchez.

The Conversation

David Alvarado no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Ceuta: una pieza más en el tablero para el iliberalismo que atenta contra las democracias del mundo – https://theconversation.com/ceuta-una-pieza-mas-en-el-tablero-para-el-iliberalismo-que-atenta-contra-las-democracias-del-mundo-288963

Migration de travail : pourquoi l’Afrique ne peut pas miser uniquement sur l’emploi à l’étranger

Source: The Conversation – in French – By Michael Boampong, Visiting Fellow, The Open University

Les gouvernements africains encouragent de plus en plus les jeunes à travailler à l’étranger. Pour lutter contre le chômage des jeunes dans leur pays, par exemple, le Ghana et le Kenya ont élargi leurs accords de mobilité de main-d’œuvre avec d’autres pays. Parmi ceux-ci figurent l’Espagne, le Qatar et des États des Caraïbes.

Les accords conclus avec les pays du Golfe concernent principalement les emplois dans les secteurs de la construction et des services. Mais les partenariats plus récents avec les pays des Caraïbes ciblent des professionnels qualifiés tels que les infirmières et le personnel de santé.

Ces accords peuvent créer des parcours structurés permettant aux personnes de travailler à l’étranger, souvent dans des secteurs où la main-d’œuvre est très demandée.

De nombreux pays africains comptent une population jeune importante et en pleine croissance qui peine à trouver des emplois décents. Parallèlement, les économies plus riches sont confrontées au vieillissement de leur population et à des pénuries de main-d’œuvre. Des données indiquent que 71,7 % des jeunes adultes (25-29 ans) actifs en Afrique subsaharienne occupent des emplois «précaires».

Dans le même temps, les pays d’Europe et d’ailleurs ont besoin de main-d’œuvre dans des secteurs tels que les soins, l’agriculture et le bâtiment. Mettre en relation les travailleurs avec les pénuries de main-d’œuvre à l’étranger semble offrir une solution pratique.

Mais une question plus profonde se pose. Quelles sont les conséquences à long terme pour le développement lorsque les gouvernements font de l’emploi à l’étranger une stratégie de développement économique ?

Nous étudions la gouvernance des migrations et les aspirations des jeunes au Ghana. Nous avons examiné comment les gouvernements, les acteurs internationaux et les jeunes appréhendent le rôle de la migration dans le développement.

Notre étude récente s’est appuyée sur une analyse documentaire, des entretiens avec des décideurs politiques et des acteurs du domaine de la migration, ainsi que sur une recherche ethnographique menée auprès de jeunes au Ghana. Elle a révélé que les décideurs politiques adoptent de plus en plus une perspective axée sur les « gains économiques ».

Ils considèrent la migration comme une source de transferts de fonds, de compétences et d’investissements. En revanche, les aspirations des jeunes à émigrer restent ancrées dans le manque d’opportunités et dans des réalités socio-économiques plus larges.

Notre étude s’est concentrée sur la gouvernance de la migration plutôt que sur les accords de mobilité de main-d’œuvre eux-mêmes. Elle soulève toutefois la question de ce qui se passe lorsque la perception de la migration comme une ressource économique commence à façonner la politique de mobilité de main-d’œuvre.

Les facteurs déterminants

Au Ghana, les transferts de fonds représentent 6 % du PIB du pays. En 2024, ce chiffre s’élevait à environ 4,6 milliards de dollars américains.

Ce montant était bien supérieur à la somme des investissements directs étrangers et de l’aide publique au développement cette année-là. Le développement de l’emploi à l’étranger est donc considéré comme un moyen d’accroître ces flux tout en allégeant la pression sur les marchés du travail nationaux.

La protection des travailleurs migrants illustre bien l’une des implications de ce phénomène.

Une étude récente menée au Kenya a montré comment les gouvernements peuvent encourager l’emploi à l’étranger même lorsque les protections accordées aux travailleurs migrants restent insuffisantes. Il s’agit là d’une préoccupation importante, mais qui passe à côté d’un enjeu plus large.

Les arbitrages plus généraux en matière de développement peuvent être moins pris en compte. Même lorsque les accords de mobilité de la main-d’œuvre sont relativement bien réglementés, ils peuvent néanmoins contribuer à des défis structurels au niveau national, tels que la perte de travailleurs qualifiés dans des secteurs critiques comme la santé et l’éducation.

Le Ghana en est un exemple clair. Le pays connaît déjà un exode important de professionnels de santé. Les données montrent que 400 à 500 infirmiers émigrent chaque mois ces dernières années pour travailler à l’étranger. Dans le même temps, les systèmes de santé nationaux restent sous pression, avec un ratio patients/personnel soignant élevé et des ressources limitées.

Cette situation a suscité de larges débats sur l’éthique du recrutement dans des pays déjà confrontés à des pénuries de personnel de santé. Encourager davantage la migration, même dans le cadre d’accords officiels, soulève des questions importantes. Les pays peuvent-ils maintenir des services essentiels tout en facilitant le départ de travailleurs qualifiés ? Et comment ces politiques affectent-elles les investissements à long terme dans le capital humain ?

Que se passe-t-il lorsque les migrants rentrent chez eux ?

Nos recherches soulignent également l’importance de considérer la migration comme un processus de développement plus large plutôt que comme un simple déplacement transfrontalier. À mesure que la mobilité de la main-d’œuvre s’étend, la question de savoir ce qui se passe lorsque les migrants rentrent chez eux prend de plus en plus d’importance. De nombreux migrants finissent par rentrer chez eux, apportant avec eux des compétences, de l’expérience et des ressources financières.

La migration de retour peut favoriser l’entrepreneuriat, l’innovation et le développement local. Mais ces résultats ne sont pas automatiques. Le Rapport mondial des Nations Unies sur la jeunesse et la migration suggère que les migrants de retour ont souvent besoin d’un soutien efficace à la réintégration et d’un accès à des opportunités économiques pour transformer les compétences et l’expérience acquises à l’étranger en atouts pour le développement local. Des politiques telles que la reconnaissance des compétences et l’accès au financement peuvent contribuer à rendre cela possible.

Repenser la mobilité de la main-d’œuvre

L’une des implications de nos recherches est que les politiques migratoires devraient s’inscrire dans des stratégies de développement plus larges plutôt que d’être jugées uniquement à l’aune de leurs retombées économiques immédiates. Cela ne signifie pas qu’il faille décourager la mobilité de la main-d’œuvre. Celle-ci devrait plutôt compléter (et non remplacer) les investissements dans le travail décent, le développement des compétences et des institutions publiques solides dans le pays d’origine.

La mobilité de la main-d’œuvre n’est donc pas négative en soi. Lorsqu’elle est bien conçue, elle peut contribuer tant au développement individuel qu’au développement national. Pour cela, il faut aller au-delà d’une approche étroite axée uniquement sur l’emploi à l’étranger.

Premièrement, des partenariats stratégiques entre les gouvernements, les employeurs, les établissements d’enseignement et de formation, les agences de recrutement et les organisations internationales sont essentiels. Cela pourrait passer par des programmes de formation conçus conjointement, la reconnaissance des qualifications et des accords dans le cadre desquels les pays de destination investissent dans la formation de travailleurs qualifiés dans les pays d’origine.

Deuxièmement, la réintégration doit être prise plus au sérieux. Offrir aux migrants de retour un accès au financement, à la formation et à des opportunités d’emploi peut aider à transformer les expériences de migration en atouts pour le développement économique local.

Troisièmement, la mobilité de la main-d’œuvre ne doit pas se substituer à la création d’emplois au niveau national, mais la compléter. Les gouvernements doivent continuer à investir dans des secteurs capables d’offrir aux jeunes un travail décent dans leur pays d’origine, plutôt que de compter sur la migration comme solution principale au chômage ou au sous-emploi des jeunes.

La question centrale est de savoir comment la migration s’inscrit dans une stratégie de développement plus large.

La mobilité de la main-d’œuvre peut créer des opportunités pour les individus et les familles. Mais elle ne peut se substituer aux investissements à long terme en faveur du travail décent, de l’éducation et de la transformation économique dans le pays d’origine.

Si elle est simplement considérée comme une solution à court terme au chômage, la mobilité de la main-d’œuvre risque d’aggraver les inégalités et d’affaiblir des systèmes déjà fragiles. Lorsqu’elle s’inscrit dans une stratégie de développement plus large, elle peut contribuer à une croissance plus inclusive et durable.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Migration de travail : pourquoi l’Afrique ne peut pas miser uniquement sur l’emploi à l’étranger – https://theconversation.com/migration-de-travail-pourquoi-lafrique-ne-peut-pas-miser-uniquement-sur-lemploi-a-letranger-288853

Décharges sauvages, décharges anciennes : comment surmonter la tentation de l’oubli ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Camille Dormoy, Docteure en sociologie, spécialiste des politiques publiques de gestion des déchets/économie circulaire, Le Mans Université; Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

Les décharges ont accompagné l’essor de la société de consommation, mais elles ne bénéficient d’un statut réglementaire que depuis 1975. Celui-ci a introduit un certain nombre d’obligations environnementales pour les nouveaux sites de traitement des déchets. Mais qu’en est-il des anciennes décharges ? Les tentatives d’inventaires réalisées restent loin d’être exhaustives, et le coût des opérations peut inciter les communes concernées à privilégier la voie de l’oubli. Des opérations de réhabilitation sont pourtant possibles.


Les décharges sauvages font partie de notre histoire et polluent silencieusement les sols. Le procès Nestlé Waters, dans lequel la multinationale est poursuivie pour ses décharges sauvages, en lien avec sa production d’eau en bouteilles plastique, l’a récemment rappelé.

Des milliers de bouteilles en plastique (473 000 mètres cubes pour les quatre sites concernés par le procès) ont ainsi été stockées illégalement, sans qu’aucune mesure ne soit prise pour empêcher la pollution des milieux.

Rappel des faits de l’affaire Nestlé Waters, où des milliers de bouteilles en plastique se sont retrouvées dans l’environnement.

Ce procès s’inscrit dans le cadre d’un problème national bien plus vaste, qui tient au fait que le l’invention réglementaire des décharges, soit finalement assez récente : elle date de 1975. Quelles sont ses implications pour la gestion contemporaine de ce qu’on nomme aujourd’hui « décharges sauvages » ? État des lieux.

La création réglementaire des décharges en 1975

La loi du 15 juillet 1975 relative à l’élimination des déchets et à la récupération des matériaux définit le déchet dans son premier article :

« Est un déchet au sens de la présente loi tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon. »

Elle impose un mode d’élimination caractérisé par la volonté de favoriser au maximum la récupération des « matériaux, éléments ou formes d’énergie réutilisables » (dans son article 15) et par celle d’éviter « les effets nocifs sur le sol, la flore et la faune, à dégrader les sites ou les paysages, à polluer l’air ou les eaux, à engendrer des bruits et des odeurs, et d’une façon générale à porter atteinte à la santé de l’homme et à l’environnement » (art. 2).

Cette loi importante est intervenue à un moment où le nombre de déchets croissait de façon exponentielle en raison du développement de la consommation de produits rapidement obsolètes. Les préoccupations environnementales étaient vives, tant dans les milieux scientifiques que dans certains secteurs de la société civile. Par exemple, l’essai la Société de consommation du sociologue Jean Baudrillard a paru en 1970.

Cette loi a imposé aux communes la responsabilité de la collecte et de l’élimination de leurs déchets. Depuis, il n’est plus possible de se débarrasser des déchets dans le premier trou venu ou de les jeter dans les cours d’eau. La décharge est une opération réglementée, et les sites qui accueillent les déchets sont soumis à autorisation administrative.




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Une réglementation qui ne règle pas entièrement le problème

Autrement dit, 1975 a vu l’invention réglementaire des décharges, qui existaient déjà de fait, mais sans aucun cadre contraignant. Cette loi a toutefois mis du temps à produire ses premiers effets sur les modes de gestion des déchets. En effet, les communes ont dû investir pour s’équiper en infrastructures adaptées : collecte, incinération, ou sites d’enfouissement agréés, quitte à se regrouper pour mettre en commun leurs déchets et leurs moyens de les gérer.

Mais même une fois déployée dans un maillage complet du territoire, ces « décharges agréées » ne règlent pas totalement, tant s’en faut, l’épineux problème du devenir des matières et des objets ayant perdu toute valeur. Et cela, pour trois raisons :

  • d’abord parce que le législateur a exclu de la loi de 1975 les effluents liquides et gazeux, qui peuvent pourtant occasionner de grands problèmes environnementaux. L’évacuation dans l’atmosphère des particules fines ou du CO₂, par exemple, n’est pas visée par la loi ;

  • mais aussi parce qu’il y a toujours des dépôts « sauvages », dont le nombre et le volume sont difficilement évaluables. Une économie criminelle s’est d’ailleurs développée autour de la prise en charge à faible coût de certains déchets ;

  • enfin, les décharges anciennes n’ont pas disparu avec l’instauration de la loi de 1975 qui, en instituant les « décharges agréées », a du même coup rendu toutes les autres « sauvages ». Elles sont qualifiées de « décharges brutes » dans les documents réglementaires.

Toutes ces anciennes décharges, grandes ou petites mais innombrables, continuent de retenir des déchets et des substances potentiellement toxiques.

Certaines ressurgissent brutalement. À la faveur de l’actualité, comme c’est le cas pour l’affaire Nestlé Waters, ou encore lorsqu’un pan de falaise abritant une ancienne décharge littorale menace de s’effondrer dans la mer et de libérer les déchets qu’elle contient, comme c’est le cas à Dollemard, près du Havre.

Fermée depuis vingt-cinq ans, la décharge de Dollemard au Havre (Seine-Maritime) va être traitée. Les travaux de réhabilitation ont commencé en juin 2026.

Malgré sa fermeture officielle au tournant des années 2000, Dollemard continuerait de déverser entre 30 et 80 m³ de déchets dans la mer chaque année.

Comment se débarrasser du passé ? Le regard des sciences sociales

Les sciences sociales ont plusieurs façons de définir le déchet. L’une d’entre elles le considère comme une trace du passé, d’ailleurs d’intérêt potentiel pour l’archéologie.

Longtemps, l’élimination des déchets par la mise en décharge a permis de croire que l’on pouvait éliminer le passé. Mais les objets font preuve de rémanence. Comment s’en débarrasser ?

Il existe deux manières de traiter du passé et de ses objets.

  • La première est de l’actualiser, c’est-à-dire de faire de ce passé un présent. C’est la procédure qui est utilisée avec la patrimonialisation (c’est-à-dire faire des déchets passés un objet d’étude du passé), la réhabilitation (c’est-à-dire la remise en état), ou encore le réemploi : les choses du passé sont traitées en fonction des besoins et des exigences du présent.

  • La seconde est simplement l’oubli.

Le traitement des décharges anciennes a précisément emprunté ces deux voies.




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Inventorier pour réhabiliter

En 1997, une directive a lancé une vaste opération de recensement des anciennes décharges, sous l’égide des préfets. L’ambition ? Que cet inventaire permette de contrôler le potentiel dangereux de ces décharges ou de les résorber.

Un peu plus d’un quart de siècle plus tard, plusieurs rapports officiels montrent que cette tentative comportait de très grosses lacunes. Le passage à l’action est resté bien trop timide.

Pour les décharges du littoral, comme celle de Dollemard près du Havre (Seine-Maritime), un vaste plan de résorption a débuté en 2022. La décharge de Dollemard, où plus de 400 000 tonnes de déchets ont été stockées, est ainsi en cours de réhabilitation. Il s’agit d’en retirer les déchets et de les envoyer vers des lieux d’oubli bien gérés, c’est-à-dire vers des centres d’enfouissement modernes où les risques de fuite vers l’environnement, en particulier vers les nappes phréatiques, sont contrôlés.

Mais faire disparaître une ancienne décharge ne consiste pas toujours à retirer les déchets. Ce n’est pas toujours possible : lorsqu’ils sont enfouis depuis plusieurs décennies, mélangés à la terre et répartis sur plusieurs mètres d’épaisseur, leur excavation, leur transport et leur traitement peuvent représenter un coût – humain et financier – colossal.




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Réhabiliter sans déplacer les déchets : l’exemple de Guêprei

Le cas de Guêprei, commune de l’Orne d’environ 150 habitants, montre concrètement ce que suppose la réhabilitation d’un site de petite taille, tant sur le plan technique que financier.

Son ancienne décharge communale occupait près de 3 800 mètres carrés à proximité du Meillon, un cours d’eau fragilisé par différentes pollutions. Après une étude des sols, le choix n’a pas été d’extraire tous les déchets, ce qui aurait représenté un coût que cette petite collectivité n’aurait pas pu supporter, mais de limiter leur contact avec les eaux de ruissellement tout en les maintenant sur place.

L’aménagement réalisé peut être décrit comme une forme de « sarcophage » : les déchets ont été confinés sous une épaisse couverture argileuse destinée à réduire les infiltrations et à isoler le dépôt. Le terme est imagé, mais il rappelle une réalité importante : la pollution n’a pas disparu. Elle a été stabilisée, recouverte et rendue moins susceptible de se diffuser.

Aménagement réalisé pour la requalification de l’ancienne décharge communale de Guêprei (Orne).
Syndicat mixte du bassin de la Dives/LinkedIn

Dans les documents institutionnels, l’opération n’est d’ailleurs pas présentée comme une dépollution, mais comme une « requalification » de l’ancienne décharge. Au-dessus et autour de cet espace confiné, le projet a consisté à créer une zone tampon humide artificielle. Celle-ci recueille une partie des eaux provenant des terrains agricoles voisins, ralentit leur écoulement et limite le transfert de nitrates, de phosphore ou de produits phytosanitaires vers le Meillon qui coule en contrebas.

Plan de l’aménagement réalisé.
Syndicat mixte du bassin de la Dives/LinkedIn

L’opération comprend également une plantation boisée, une valorisation paysagère du site et son intégration à un chemin de randonnée. La décharge devient ainsi presque invisible : elle prend l’apparence d’un espace naturel, alors même que les déchets demeurent sous la surface. La réhabilitation ne constitue donc pas un retour à l’état initial, mais la construction d’un nouvel équilibre technique, qui devra être surveillée dans le temps.

Le coût de l’opération atteint 70 000 euros. À l’échelle d’une commune de 153 âmes, cela représente plus de 450 euros par habitant. Ce chiffre reste théorique, puisque les travaux n’ont pas seulement financé directement par les seuls habitants – ils ont également été subventionnés à hauteur de 80 %. Mais elle permet de mesurer l’écart entre le coût d’une intervention environnementale et les ressources disponibles dans une très petite commune.

Cet exemple montre donc que les difficultés tiennent moins à un manque de volonté qu’à l’insuffisance des moyens financiers, techniques et administratifs. Diagnostiquer les sols, arbitrer entre excavation et confinement, mobiliser des financements, puis assurer le suivi du site supposent une ingénierie dont les petites communes disposent rarement.

La tentation de l’oubli, un mauvais calcul

La réhabilitation des anciennes décharges révèle ainsi une inégalité entre les territoires. Certains sites peuvent être traités parce qu’ils bénéficient d’un syndicat compétent et de financements adaptés. D’autres restent en place pendant des décennies, non parce qu’ils seraient sans danger, mais parce que leur traitement dépasse les capacités de la commune qui en a hérité. Dans ce cas, la politique de l’oubli peut être tentante.

Rendre publique l’existence d’une décharge oubliée soulève donc, pour une commune, toute sorte de difficultés matérielles et financières. Les petites communes n’ont pas les ressources budgétaires pour engager les opérations de dépollution qui pourraient se révéler nécessaires. Sans compter la perte de valeur du foncier : la présence d’une ancienne décharge peut rendre de vastes terrains inconstructibles ou non cultivables.

Les pollutions restant souvent invisibles, l’oubli est souvent la solution la moins coûteuse. Du moins dans l’immédiat, car la dissémination des substances toxiques aura très probablement un coût, en matière de gestion des eaux et de santé publique, aussi élevé que difficile à évaluer pour l’instant.

Il y a, par conséquent, urgence à identifier les anciennes décharges. Elles vivent encore dans les mémoires des gens qui les ont connues et utilisées avant la transformation imposée par la loi de 1975. Les personnes qui avaient 20 ans en 1975 sont aujourd’hui septuagénaires. Dans vingt ans, qui se souviendra ?


Cet article est issu du séminaire « Ce que les infrastructures font aux déchets – Regards des sciences sociales », organisé du 27 au 29 avril 2026 par le laboratoire ESO (CNRS, Le Mans Université) et le laboratoire Habiter le Monde (Université de Picardie Jules Verne).


Le projet SO RYLL-22-PERE-0011, mené dans le cadre du PEPR Recyclage de France 2030, est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets. L’ANR a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

The Conversation

Camille Dormoy a reçu des financements de l’ANR-22-PEPR-0011.

Mathieu Durand a reçu des financements de ANR-22-PEPR-0011, ainsi que de l’AMI CMA COMREVA

Denis Blot ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Décharges sauvages, décharges anciennes : comment surmonter la tentation de l’oubli ? – https://theconversation.com/decharges-sauvages-decharges-anciennes-comment-surmonter-la-tentation-de-loubli-287891

Los espacios naturales protegidos no están a salvo de los incendios y también necesitan medidas de prevención

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Leonor Calvo Galván, Catedrática de Ecología, Universidad de León

Nuria PhotoStock/Shutterstock

Los parques nacionales, parques naturales, las reservas y los espacios de la Red Natura 2000 constituyen una de las principales herramientas para conservar la biodiversidad y el patrimonio natural. Sin embargo, su declaración legal no los aísla de las perturbaciones ambientales, ni los protege frente a los grandes incendios forestales.

El fuego no entiende de límites administrativos, puede iniciarse dentro de un espacio protegido o propagarse desde los territorios circundantes. Y cuando coincide con condiciones meteorológicas extremas y una elevada continuidad del combustible, puede superar cualquier frontera sobre el mapa.

Incendios en la Red Natura 2000 en el verano de 2025

Una vez termine la temporada de grandes incendios de este año, podremos evaluar con detalle su impacto en las áreas protegidas. De momento, han afectado, por ejemplo, a la Reserva Natural del Valle de Iruelas (Ávila), hogar de la mayor colonia de buitre negro de Castilla y León, y a las cuencas de los ríos Alberche y Cofio (Comunidad de Madrid). Todos ellos forman parte de la Red Natura 2000.

En el verano de 2025, los incendios tuvieron una incidencia especialmente elevada sobre los espacios protegidos del noroeste de la península ibérica. De los 66 grandes incendios ocurridos, todos ellos superiores a 500 hectáreas, 40 afectaron a espacios de la Red Natura 2000. En su interior ardieron 150 074 hectáreas, equivalentes al 28,6 % de toda la superficie quemada.

El impacto fue especialmente intenso en el noroeste de España, donde 22 incendios afectaron a 108 010 hectáreas protegidas, el 39,9 % de la superficie quemada en esta región. Dentro de estos espacios, el fuego afectó principalmente a pastizales (61,1 % de la superficie quemada), comunidades arboladas (30 %) y, en menor proporción, a matorrales (6,1 %). Hay que destacar que ardió parte de espacios emblemáticos como los parques nacionales de Peneda-Gerês, en Portugal, y Picos de Europa, en España.

Además, el fuego calcinó territorios importantes para la conservación de especies amenazadas de Castilla y León. Entre ellos cabe destacar el 18 % del área de distribución de Geranium dolomiticum, el 12 % de la del urogallo cantábrico y el 7 % de la del oso pardo.

Un valle entre montañas con vegetación dominada por pinos
Valle de Iruelas antes del incendio del 2026.
Rastrojo/Wikimedia Commons, CC BY-SA

¿Arden con mayor severidad las áreas protegidas?

No es fácil determinar si estas zonas arden con mayor severidad ya que depende, en gran medida, de la escala y del contexto analizados. Así, un estudio reciente, con una escala espacial que abarca los biomas forestales mediterráneos de Europa, California, Chile y Australia, señala que en ellos la severidad del fuego fue un 20 % mayor dentro de las áreas protegidas. Además, la población que vivía dentro o cerca de espacios protegidos presentó una probabilidad hasta 16 veces mayor de verse expuesta a grandes incendios.

Sin embargo, en otra investigación a menor escala, focalizada en las zonas afectadas por los incendios extremos ocurridos en 2025, se observó que, al comparar las superficies protegidas y no protegidas afectadas, la severidad fue igualmente elevada en ambas. La figura de protección no tuvo un efecto significativo en la severidad.

En los eventos extremos de fuego, cuando el incendio escapa a la capacidad de extinción y alcanza grandes dimensiones, su severidad depende principalmente de las condiciones meteorológicas, el tipo de vegetación, la cantidad y continuidad del combustible y la configuración del terreno. Bajo estas circunstancias extremas, la protección legal no aumenta ni reduce por sí sola los daños provocados por el fuego.

Estos resultados advierten de los riesgos de ampliar las áreas estrictamente protegidas sin incorporar medidas adecuadas de prevención.




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El caso de las Reservas de la Biosfera de Castilla y León

Las Reservas de la Biosfera, promovidas por la UNESCO mediante el programa Man and the Biosphere, buscan compatibilizar la conservación del patrimonio natural y cultural con el desarrollo económico y social de las comunidades locales. De todas las Reservas de la Biosfera en España, Castilla y León alberga diez: Ancares Leoneses, Alto Bernesga, Babia, Los Argüellos, Meseta Ibérica, Picos de Europa, Sierras de Béjar y Francia, Real Sitio de San Ildefonso-El Espinar, Valle de Laciana y Valles de Omaña y Luna.

Estos territorios contienen paisajes de elevado valor natural, pero también actividades ganaderas, forestales y agrícolas que han contribuido históricamente a modelarlos. La calidad de la gestión, la coordinación entre administraciones y la implicación de la población local determinan en estas áreas la protección frente a los incendios.

Mapa de España donde aparecen marcadas las Reservas de la Biosfera
Reservas de la Biosfera en España.
OAPN/Ministerio para la Transición Ecológica y el Reto Demográfico

Recientemente, el Grupo de Ecología Aplicada y Teledetección de la Universidad de León hemos realizado un estudio (todavía sin publicar) sobre los incendios ocurridos entre 2008 y 2025. Nuestro trabajo muestra que estas reservas registraron, en conjunto, un menor número de incendios y una menor superficie quemada que las áreas exteriores adyacentes. No obstante, esta respuesta no fue homogénea, sino que dependió de la gestión del territorio, la zonificación interna y las condiciones bioclimáticas.

En general, se observó que los paisajes en mosaico –donde se alternan distintos usos de suelo, como campos de cultivo, pastos y bosque–, asociados a la ganadería, los cultivos y otros aprovechamientos tradicionales, limitan la propagación del fuego incluso cuando se producen numerosas igniciones. Además, las reservas situadas en el ámbito más mediterráneo fueron más vulnerables que las pertenecientes a la montaña cantábrica, lo que evidencia la influencia conjunta del clima, la estructura del paisaje y el abandono territorial.




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El fuego también es un proceso ecológico

Rebrote de lignotubérculo en Erica australis diez meses después del incendio de las Médulas de León en 2025.
Leonor Calvo, CC BY-NC
Plántulas de Cistus laurifolius procedentes de germinación de semillas después del incendio de las Médulas de León en 2025.
Leonor Calvo, CC BY-NC

No todos los incendios tienen las mismas consecuencias. El fuego es una perturbación natural en numerosos ecosistemas mediterráneos. Muchas plantas pueden rebrotar desde raíces, cepas o yemas protegidas. Otras mantienen bancos de semillas cuya germinación es estimulada por el calor o el humo.

Por tanto, una superficie quemada no equivale necesariamente a un ecosistema destruido. Cuando el incendio se mantiene dentro del régimen al que están adaptadas, la vegetación puede recuperar progresivamente su estructura y composición.

El problema aparece cuando ese régimen se altera. Una frecuencia de incendios excesiva puede impedir que los árboles alcancen la madurez y produzcan semillas. Una severidad extrema puede destruir los órganos de rebrote, los bancos de semillas y la materia orgánica del suelo. Los incendios muy extensos eliminan, además, los refugios y dificultan la recolonización de las zonas afectadas.




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Proteger no significa eliminar los incendios

El abandono de la ganadería extensiva, la recogida de leña y otros aprovechamientos tradicionales ha favorecido la acumulación de biomasa y la conexión entre formaciones vegetales antes separadas por pastizales, cultivos o áreas aclaradas. Esta continuidad facilita que, una vez iniciado, el fuego se propague por grandes superficies y alcance las copas de los árboles, pudiéndose transformar en eventos extremos de fuego de difícil manejo y grandes impactos en los ecosistemas.

Conservar no significa inmovilizar el territorio. Si bien en algunas figuras de protección, como en parques nacionales, la gestión está más restringida, en todas deben ponerse en marcha medidas de prevención. Estas deben combinar la gestión del combustible, la recuperación de la ganadería extensiva, las quemas prescritas cuando sean ecológicamente adecuadas y la creación de paisajes heterogéneos. Y también incluyen planes de autoprotección para la población y sus bienes, la coordinación entre administraciones, la participación local y el seguimiento científico.

Proteger un territorio no consiste solamente en otorgarle una categoría jurídica. Significa comprender sus procesos ecológicos, mantener su capacidad de adaptación y gestionar los riesgos existentes dentro y fuera de sus límites. Los espacios protegidos también sufren las consecuencias de los incendios forestales y, por tanto, conservarlos exige integrar el conocimiento científico aportado por la ecología del fuego en sus planes de gestión.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Los espacios naturales protegidos no están a salvo de los incendios y también necesitan medidas de prevención – https://theconversation.com/los-espacios-naturales-protegidos-no-estan-a-salvo-de-los-incendios-y-tambien-necesitan-medidas-de-prevencion-288529

¿Por qué algunas personas se enamoran de asesinos? La ciencia empieza a encontrar respuestas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Dolores Fernández Pérez, Profesora Ayudante Doctora. Departamento de Psicología, Universidad de Castilla-La Mancha

En la película _Extremadamente cruel, malvado y perverso_, el actor Zac Efron (izquierda) encarnaba al asesino en serie Ted Bundy. Netflix

En pleno juicio contra Ted Bundy, uno de los asesinos en serie más conocidos de Estados Unidos, muchas mujeres comenzaron a enviarle cartas de contenido romántico. Eran los años 70. Décadas después, en plena era de las redes sociales, en TikTok circulan vídeos que muestran a criminales violentos como si fueran estrellas de cine.

Este fenómeno tiene nombre: hibristofilia. Se trata de la atracción romántica o sexual hacia delincuentes peligrosos, y parece que es más frecuente en mujeres, aunque el fenómeno no está estudiado profundamente.

El término viene del griego y significa algo así como “afinidad por quien comete un ultraje”. También se conoce como el “síndrome de Bonnie y Clyde”. No figura como enfermedad en los manuales de psiquiatría, pero puede provocar malestar y daño en la persona. Es de dos tipos: pasivo –cuando alguien admira desde lejos, escribe cartas o fantasea con “cambiar al otro con su amor”– o activo/agresivo –cuando la persona colabora con su pareja para cometer el delito–.

Por tanto, la hibristofilia no siempre se queda en la fantasía. Algunos delincuentes explotan y manipulan a sus admiradores para conseguir cómplices, apoyo logístico o incluso para fugarse. Esto obliga a prever redes de apoyo romántico, incluso dentro de las prisiones (como ocurrió con Joyce Mitchell en 2015, una funcionaria de una prisión del estado de Nueva York que ayudó a dos convinctos a huir). Desde la victimología, los “enamorados” pueden convertirse en víctimas secundarias, expuestos a daño emocional, financiero o físico.

La fascinación por los “chicos malos”

¿Por qué ocurre? El concepto fue descrito en 1986 por el psicólogo neozelandés John Money, aunque la fascinación por los “chicos malos” es mucho más antigua. Algunas explicaciones hablan de la búsqueda de emociones fuertes (un incremento de la adrenalina). Otras, de la confusión entre la dominancia que muestran muchos agresores, con fortaleza y protección. Tambien el deseo de “salvar” a alguien herido. A veces influyen la baja autoestima, la ausencia de la figura paterna, la soledad o incluso un trauma infantil. Sin embargo, también se han visto casos en mujeres exitosas y sin antecedentes de maltrato. Por tanto, no hay una única causa e influyen factores personales, culturales y sociales.

La evidencia científica sobre la hibristofilia es escasa. Gran parte de lo publicado es teórico o anecdótico. Sin embargo, algunos trabajos empiezan a ofrecer datos. Un grupo de investigadores analizaron vídeos de TikTok y descubrieron que en la mayoría, los delincuentes eran sexualmente objetivados o romantizados. El hallazgo más claro fue lo que llamaron “trivialización del trauma”: la minimización, a menudo lúdica, de los crímenes y del sufrimiento de las víctimas.

Y es que, los medios de comunicación y la cultura popular refuerzan este fenómeno. Películas y series suelen mostrar a criminales como carismáticos o incomprendidos. Cuando Ted Bundy fue interpretado en cine por Zac Efron, el atractivo del actor hizo que muchos olvidaran la gravedad de sus delitos. El auge de las historias reales de crímenes y la difusión en redes sociales amplifican el efecto. Aumentan los vídeos que presentan a delincuentes como ídolos sexuales, justificando sus actos y convirtiendo la violencia en un chiste.

La hibristofilia se alimenta así de un entorno que convierte a criminales en celebridades. Ciclos informativos permanentes, documentales y comunidades digitales proyectan un aura de intriga. En foros de crímenes reales se comparten fotos, se justifican delitos y hasta se compite por escribir más cartas a un preso.

Este interés no es nuevo. A lo largo de la historia, delincuentes convictos, incluso asesinos en serie, se convirtieron en objeto de deseo. Algunos recibieron cartas con fotos íntimas y contenido sexual explícito. Richard Ramirez, conocido como el “Night Stalker”, se casó en prisión con una admiradora. Charles Manson, Jeffrey Dahmer y hasta terroristas y autores de tiroteos en colegios recibieron cartas, regalos y propuestas de matrimonio. Lo que tienen en común es la fama que les dieron los medios y el aura oscura que los convirtió en figuras de culto.

No solo es cosa de mujeres

Aunque suele pensarse que es algo femenino, también hay casos de hombres. En el Reino Unido, tres varones se sintieron atraídos por la asesina Joanne Dennehy. Su obsesión fue tan grande que terminaron ayudándola a ocultar cadáveres, engañar a la policía y planear más ataques. Ninguno tenía antecedentes. Los jueces lo llamaron “hibristofilia agresiva en hombres”. Este ejemplo muestra que la atracción por un criminal puede arrastrar a personas comunes a una vida delictiva.

Generación Z y vídeos de TikTok

Hoy en día, algunos miembros de la generación Z muestra un patrón preocupante en lo referente a la hibristofilia. Un estudio reciente analizó miles de vídeos en TikTok sobre el tema y detectó siete ideas frecuentes: perdonar más a un criminal si es atractivo, confundir al actor con el asesino real, justificar sus actos por una infancia difícil, idealizar al “chico malo”, fantasear con que proteja a la pareja, creer que el amor puede cambiarlo y bromear con la violencia como si fuera erótica. En todos los casos, se embellece al infractor y se desplaza la empatía hacia él.

¿Qué podemos hacer como sociedad y como usuarios? Primero, cuestionar la forma en que consumimos estas historias. Preguntarnos quién gana con cada tendencia y quién pierde. Dar más espacio a las víctimas y a la prevención que al brillo del criminal. Si un contenido nos provoca fascinación por alguien peligroso, parar y pensar por qué. En redes, no premiar con un “me gusta” estos comportamientos ni compartir material que idealice la violencia.

La hibristofilia es poco frecuente, pero la forma de contar estas historias puede alimentar esa fascinación. Cuando convertimos a un criminal en personaje de culto, aunque sea sin querer, corremos el riesgo de trivializar su violencia y eclipsar a quienes la sufrieron. Contar estos casos sin adornos ni romanticismo ayuda a que la violencia no se confunda con algo atractivo.

The Conversation

Dolores Fernández Pérez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Por qué algunas personas se enamoran de asesinos? La ciencia empieza a encontrar respuestas – https://theconversation.com/por-que-algunas-personas-se-enamoran-de-asesinos-la-ciencia-empieza-a-encontrar-respuestas-264654

¿Tenemos derecho a la sombra en las ciudades?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Tomás Criado, Antropólogo urbano, Investigador senior Ramón y Cajal del grupo CareNet, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Toldos en la Plaza de la Reina de Valencia. Veja/Shutterstock

¿Han intentado ir al parque con niños una mañana de verano? Habrán comprobado una realidad aterradora. Durante nuestro paseo nos topamos con calles abrasadas por el sol y pavimentos recalentados, o parques infantiles convertidos en parrillas de caucho y metal por el calor.

Esta experiencia refleja un problema conocido por urbanistas y climatólogos. Nuestras ciudades se han convertido en “sarcófagos infrastructurales”. Es decir, hemos clausurado los suelos bajo gruesas capas de hormigón.

Este sellado asfixia el metabolismo subterráneo y actúa como una trampa de calor. Así, disparamos el efecto isla de calor urbana y nos exponemos a una insolación extrema. Pero ¿cómo hemos llegado a esta situación de vulnerabilidad absoluta?

El sol como centro de nuestras ciudades

Desde el siglo XIX, el higienismo fue el concepto que guió el urbanismo moderno. Esta visión derribó barrios medievales de calles estrechas y sinuosas. El objetivo era abrir las ciudades al sol y al aire libre.

Bajo la premisa del ingeniero y urbanista Ildefons Cerdà (1815-1876) de que “el sol es salud”, el urbanismo priorizó la movilidad. El siglo XX no hizo sino empeorar el problema. La trágica ola de calor del año 2003 evidenció una cruda realidad. Este modelo nos aboca a una catástrofe crónica y creciente.

Hoy, ciudades como Barcelona o Sevilla ensayan planes para adaptarse. Las sombras, menospreciadas por este “urbanismo solar”, reciben ahora una atención renovada. Los umbráculos, toldos y parasoles están de vuelta para hacer las calles más habitables.




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Cómo el calor amplifica las desigualdades

El antropólogo y filósofo Bruno Latour hablaba de “mutación climática” para describir aquello que el debate científico llama el Antropoceno. Esto es, la era de la afectación planetaria de los seres humanos a causa de una forma de vida moderna dependiente de las energías fósiles. Él contraponía ese término a la idea de crisis.

Una crisis se puede revertir, pero una mutación implica una transformación ecológica irreversible. Sin embargo, el impacto de esta profunda mutación está lejos de ser homogéneo. El calor extremo funciona como una lente que amplifica las desigualdades sociales existentes.

Así lo demuestra el Índice de Vulnerabilidad al Cambio Climático. Este instrumento del Área Metropolitana de Barcelona, creado en 2021, analiza el impacto de las altas temperaturas. Nos enseña cómo la calidad de la vivienda y la pobreza energética son factores decisivos.

Tenemos que repensar el urbanismo poniendo la vulnerabilidad en el centro. Las olas de calor condenan a muchas personas a un “aislamiento fatal” dentro de casa.

Por eso, recuperar la calle en estos contextos es fundamental. Al mismo tiempo, los espacios públicos someten a los viandantes a irradiaciones solares brutales. Las personas que trabajan al aire libre lo sufren de manera muy intensa.

El acceso a la sombra se ha convertido, por tanto, en una necesidad urbana innegociable para proteger los cuerpos más vulnerables. Es decir, todas aquellas vidas que el urbanismo moderno y su irradiación total han marginado.




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Soluciones low tech: oda a la sombra

Las diferencias de temperatura entre un lugar sombreado y uno soleado son abismales. Sin embargo, cabe señalar que no todas las sombras son iguales: la evapotranspiración y el follaje de los árboles ofrecen un confort térmico muy superior.

Ante la emergencia climática, el debate urbanístico receta plantar árboles. ¡Ojalá esta fuese la solución definitiva! Sin embargo, dentro de los “sarcófagos infraestructurales”, los árboles viven conectados con redes de soporte vital.

Las ciudades sufren sequías recurrentes y limitaciones de espacio en el subsuelo. Por tanto, no podemos depender exclusivamente de la vegetación; nos hace falta desplegar una serie de medidas alternativas.

El Ayuntamiento de Barcelona, por ejemplo, convocó hace unos años un concurso arquitectónico para generar prototipos de sombra efímera. Gracias a aquel aprendizaje, el consistorio desplegó un plan de estructuras estándar.

¿Es posible que estemos olvidando el carácter mundano de hacer sombra? ¿Que se puede crear sombra con muy pocos recursos? Entonces, ¿por qué no utilizar soluciones low tech o autoconstruidas?

Eso nos permitiría volver a soluciones arquitectónicas ancestrales como la medina mediterránea. Aquellos callejones estrechos eran una gran oda a la sombra.

Callejón estrecho con sombras de una medina de Tánger.
Art of line/Shutterstock

También podríamos revitalizar los umbráculos clásicos y la protección popular.

Sin embargo, la implementación de tales medidas es muy compleja dentro de los códigos urbanísticos actuales. Estas regulaciones fueron concebidas para un escenario climático ya obsoleto. Por ejemplo, muchas ordenanzas continúan exigiendo el uso de pavimentos impermeables y de estructuras de aluminio en vez de madera. En este contexto, ¿cómo podríamos articular un derecho a la sombra real?

¿Un derecho a la sombra?

Los historiadores Christophe Bonneuil y Jean-Baptiste Fressoz hablan de los problemas a los que nos aboca una gobernanza altamente institucionalizada para responder a la crisis ecológica. A menudo, grupos de expertos monopolizan las decisiones, y eso ralentiza y limita las posibilidades de acción.

Estos expertos determinan qué soluciones son viables y quién merece protección. Al mismo tiempo, relegan a la ciudadanía a un papel puramente pasivo y expectante. Para contrarrestar esta dinámica, en la Universitat Oberta de Catalunya estamos desplegando un proyecto de investigación-acción, el Departamento de Umbrología.

Arquitectura temporal de sombra en una plaza abierta, hecha con palos y telas, bajo la cual tiene lugar una conversación pública con gente sentada en sillas.
Conversación a la sombra. Cardedeu, Barcelona, 11 de julio.
Marc Sureda/Arquitectura de Contacte, FAL

El objetivo del trabajo es repoblar la imaginación urbana colectiva con procesos abiertos y de diálogo. Con estructuras para sombrear temporalmente ciertos lugares soleados, queremos crear conversaciones urbanas reales. El objetivo no es solucionar técnicamente la insolación, sino abrir un debate ciudadano para expresar los problemas concretos que el urbanismo solar causa a una gran diversidad de gente.

Queremos articular una conversación pública abierta sobre el impacto cotidiano de vivir en estos sarcófagos infraestructurales y debatir un borrador de Ordenanza por el Derecho Urbano a la Sombra.

Inspirados por ficciones legales como el Parlamento del Loira, este texto legal especulativo entiende la sombra como un bien comunal de todas las personas y seres vivos expulsados y expuestos por el orden solar del urbanismo moderno, como las personas que trabajan al aire libre. La ordenanza reivindica la habitabilidad de toda la comunidad biótica urbana y denuncia la expulsión a la que nos arroja el urbanismo solar.

El auténtico potencial de esta dinámica participativa es una apuesta por democratizar la gestión y la intervención de la redirección ecológica que requiere el calor urbano. Necesitamos desmantelar palmo a palmo los sarcófagos infraestructurales en los que vivimos para convertirlos en espacios de refugio.

Para hacer habitables las ciudades de hoy, hay que desplazar el urbanismo solar desplegando formas de autoprotección para una soberanía climática popular.

The Conversation

Tomás Criado cuenta con una beca Ramón y Cajal de la Agencia Estatal de Investigación (RYC2021-033410-I) y es IP del proyecto «El Departamento de Umbrología», financiado por la Fundación Daniel y Nina Carasso.

ref. ¿Tenemos derecho a la sombra en las ciudades? – https://theconversation.com/tenemos-derecho-a-la-sombra-en-las-ciudades-288638

El bronceado no es signo de salud: así se protege la piel del daño solar

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Natasha Zarich Dimitrievich, Investigadora en Señalización y Cáncer, Instituto de Salud Carlos III

Elen Stock/Shutterstock

La piel morena suele asociarse con salud, vacaciones o una vida al aire libre. Sin embargo, el bronceado no es un símbolo de salud, sino un mecanismo de defensa frente a la radiación ultravioleta. Para entender cómo se produce
hay que combinar dos disciplinas: la física de la radiación solar y la biología molecular de nuestra piel.

La física y la biología del bronceado

El principal responsable del bronceado es la melanina, un pigmento producido por células de la epidermis, llamadas melanocitos, que desempeña un papel esencial en la protección de la piel. La melanina se distribuye a los queratinocitos, las principales células de la epidermis, donde forma un paraguas microscópico sobre el núcleo celular para evitar que sea dañado por la luz ultravioleta.

La luz visible representa solo una pequeña parte de la radiación emitida por el Sol. Junto a ella llegan los infrarrojos, responsables del calor, y la radiación ultravioleta (UV), invisible para nuestros ojos pero con una enorme capacidad para producir cambios biológicos.

Desde el punto de vista de la física, la radiación está formada por fotones, cuya energía depende de su longitud de onda. Cuanto menor es la longitud de onda, mayor es la energía transportada por cada fotón.

La radiación ultravioleta que llega a la Tierra está formada principalmente por UVA (con una longitud de onda de entre 315 y 400 nanómetros) y UVB (entre 280 y 315 nanómetros). Los UVA representan alrededor del 95 % de la radiación ultravioleta que llega al suelo y los UVB el 5 %, aunque estas proporciones varían con la hora del día, la estación y la latitud.

Si bien poseen menos energía por fotón, los UVA penetran más profundamente en la piel y alcanzan la dermis. En la epidermis oxidan y redistribuyen la melanina ya existente, mientras que en la dermis generan radicales libres que dañan el colágeno y la elastina, favoreciendo el fotoenvejecimiento.

Los UVB, aunque menos abundantes, transportan más energía por fotón y actúan principalmente en la epidermis. Allí producen lesiones estructurales en el ADN de los queratinocitos, lo que activa la proteína p53, conocida como “el guardián del genoma” por su papel a la hora de evitar el desarrollo de tumores.

Dicha proteína estimula la síntesis de melanina, que se transfiere a los queratinocitos para proteger el ADN frente a futuras exposiciones solares. Aunque la producción de melanina se activa tras un daño inicial en el ADN, gran parte de este puede ser reparado por las células.

Los UVB son también responsables de iniciar la producción de vitamina D en la piel, aunque mediante un mecanismo diferente.

Una pequeña diferencia en la energía de un fotón basta para activar estos mecanismos celulares completamente distintos. La síntesis de nueva melanina es la responsable del bronceado duradero. En este aspecto, debemos tener en cuenta que las personas con piel más oscura presentan una mayor pigmentación debido a una mayor actividad melanogénica y al tipo de melanina que producen, por lo que el aumento de pigmentación tras la exposición solar suele resultar menos evidente en ellos y su protección natural frente a la radiación ultravioleta es mayor.

¿Broncea más el Sol de mediodía?

Cuando el Sol está alto, sus rayos atraviesan una menor cantidad de atmósfera y llegan más fotones ultravioleta a la piel. Tanto los UVA como los UVB se absorben menos durante ese recorrido, aunque el aumento es mucho mayor para los UVB, ya que la atmósfera los atenúa con mayor eficacia.

Como consecuencia, al mediodía aumenta la cantidad de fotones UVB, lo que incrementa el daño inicial en el ADN y, con ello, la síntesis de melanina. Si la exposición a esta mayor intensidad de radiación UVB es prolongada, el daño puede superar la capacidad de protección que proporciona la melanina y los mecanismos de reparación celular. Esto desencadena una respuesta inflamatoria conocida como quemadura solar y aumenta el riesgo de mutaciones y cáncer de piel.

El calor no es un buen indicador de la intensidad de la radiación ultravioleta. La sensación térmica depende principalmente de la radiación infrarroja, por lo que es posible recibir dosis elevadas de radiación ultravioleta incluso en días frescos, nublados o con viento.

La melanina también protege los ojos

La melanina no solo está presente en la piel. También está en el iris y el epitelio pigmentario de la retina, donde absorbe parte de la radiación ultravioleta y reduce el daño oxidativo.

Las personas con ojos claros suelen ser más sensibles al deslumbramiento y presentan un mayor riesgo de algunas enfermedades oculares relacionadas con la exposición solar. A diferencia de la piel, el ojo no desarrolla un bronceado protector. Por ello, unas gafas de sol homologadas con filtro UV son tan importantes como el protector solar.

Un sofisticado sistema de defensa

Comprender la física de la radiación solar y la biología de la piel permite entender que no existe bronceado sin un daño previo en el ADN.

Si las exposiciones solares son moderadas y se espacian en el tiempo, gran parte del daño puede repararse. Cuando el daño supera la capacidad de protección de la melanina y los mecanismos de reparación celular, se acumula y favorece el envejecimiento cutáneo y aumenta el riesgo de cáncer de piel. Comprender este proceso permite disfrutar del Sol minimizando sus riesgos.

Los fotoprotectores actúan como filtros ópticos que reducen el número de fotones ultravioleta que alcanzan la piel y, con ello, el daño biológico. Utilizarlos adecuadamente, junto con limitar la exposición en las horas centrales del día, permite aprovechar los beneficios del Sol, como la síntesis de vitamina D, al mismo tiempo que se reducen los riesgos de una exposición excesiva.

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Natasha Zarich Dimitrievich no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El bronceado no es signo de salud: así se protege la piel del daño solar – https://theconversation.com/el-bronceado-no-es-signo-de-salud-asi-se-protege-la-piel-del-dano-solar-288304