À quand une fusée réutilisable en Europe ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Elisa Cliquet Moreno, Chef de projet réutilisation, Centre national d’études spatiales (CNES)

Une nouvelle course à l’espace est en cours. Depuis 2013, Space-X, le principal concurrent d’Ariane, est capable de récupérer et réutiliser le premier étage de sa fusée Falcon 9 et travaille à rendre sa super fusée Starship entièrement réutilisable.

De nombreux acteurs cherchent à acquérir cette technologie, qui permet de réduire les coûts et d’améliorer la versatilité et la flexibilité d’un système de lancement. En effet, alors qu’un lanceur (ou fusée) est constitué de plusieurs étages, le premier étage — le plus puissant pour lutter contre la gravité et la traînée aérodynamique — est aussi le plus cher. Le récupérer et le remettre en état peut être moins cher que d’en fabriquer un neuf à chaque lancement.


La réutilisation est un indéniable atout de compétitivité à l’heure où la concurrence mondiale augmente dans le domaine des lanceurs.

Le CNES (Centre national d’études spatiales) a, depuis 2015, mis en place une feuille de route articulée autour de plusieurs prototypes de démonstration. Ceux-ci visent à maîtriser les différentes briques technologiques et les nouvelles « phases de vie » des lanceurs liées à la réutilisation : il faut pouvoir guider la phase de retour, atterrir verticalement, puis « remettre en sécurité » l’étage récupéré avec des robots, c’est-à-dire vidanger les fluides sous pression qu’il contient encore pour permettre l’accès à des opérateurs dans des conditions de sécurité optimales.

Après des essais au sol réussis en France en 2024, c’est un prototype d’étage à bas coût et réutilisable qui a rejoint au début de cet été son pas de tir à Kiruna, en Suède.

Première étape : développer un moteur versatile, capable de fournir de petites comme de grandes poussées

La première brique fondamentale est de disposer d’un moteur réallumable et dont la poussée peut s’adapter en cours du vol pour permettre à la fois un décollage « à fond », pour faire décoller le lanceur plein, mais également permettre un atterrissage tout en douceur du premier étage quasiment vide : il faut pour cela un moteur capable de fonctionner sur une large plage de poussée.




À lire aussi :
Ariane 6 et les nouveaux lanceurs spatiaux, ou comment fabriquer une fusée aujourd’hui


Du décollage à la récupération du premier étage de la fusée. Selon le calendrier ou la performance requise pour une mission ultérieure, l’opérateur peut choisir entre un étage neuf ou un étage déjà utilisé : cette option rend les préparations de missions plus flexibles et versatiles.
Elisa Cliquet Moreno, Fourni par l’auteur

Le démonstrateur (ou prototype) Promethéus a donc naturellement fait l’objet de la première démonstration, initiée sous l’impulsion du CNES dès 2015. Fonctionnant à l’oxygène liquide et au biométhane liquide (plus propre et mieux adapté à la réutilisation que le kérosène ou l’hydrogène), capable de fournir une poussée allant de 30 à 110 % de son point de fonctionnement de référence à 1000 kilonewtons, il est le précurseur d’une nouvelle génération de moteurs réutilisables à bas coût. Grâce à l’impression 3D, il est composé de 50 % de pièce en moins qu’un moteur conventionnel. Le but est que Promethéus soit réutilisable au minimum 5 fois (le nombre de réutilisations pour assurer l’intérêt économique de la récupération est une variable qui dépend de chaque système de lancement).

Testé avec succès courant 2024 chez ArianeGroup à Vernon, dans l’Eure, le premier exemplaire de Promethéus a été monté sur le premier prototype européen d’étage réutilisable à oxygène et méthane liquides, Thémis T1H.

Thémis T1H, les premiers tests à échelle 1 d’un démonstrateur d’étage bas coût et réutilisable en Europe

Ce démonstrateur n’est pas un lanceur complet mais juste un premier étage. Il a quitté le site d’ArianeGroup en France le 12 juin dernier pour rejoindre le pas de tir suédois. Là, Thémis T1H doit d’abord subir des essais combinés avec ses robots de remise en sécurité avant de réaliser un « hop » de quelques dizaines de mètres.

T1H, qui mesure plus de 30 mètres de haut pour environ 30 tonnes, va permettre de valider les grands principes des opérations liées à la réutilisation à une échelle représentative d’un petit lanceur. Seront en particulier scrutées les phases d’atterrissage et de remise en sécurité.

Experience Europe’s first reusable rocket demonstrator hop test – Now in 3D. Source : Salto.

Un autre prototype Thémis, plus ambitieux, est en cours d’étude.

CALLISTO, un démonstrateur de premier étage réutilisable beaucoup plus ambitieux

Le démonstrateur CALLISTO, fruit d’une coopération entre le CNES, les agences spatiales japonaise JAXA et allemande DLR, marque un saut en complexité.

Ce démonstrateur de 13 mètres de haut, tout juste plus d’un mètre de diamètre et environ 4 tonnes au décollage, malgré son échelle réduite, porte toutes les fonctions et la complexité d’un futur premier étage de lanceur réutilisable. Pour illustrer les défis technologiques à relever avec CALLISTO, citons par exemple la manœuvre de « retournement » parmi tant d’autres : après une phase de montée comme une fusée normale, l’étage doit rapidement changer d’orientation pour revenir vers son pas de tir ce qui « secoue » les ergols dans les réservoirs au point que, sans précaution particulière, le liquide se déplace, se mélange avec le gaz, se réchauffe, et pourrait ne plus alimenter le moteur qui doit pourtant être rallumé ensuite pour freiner l’étage.

Callisto doit freiner dans la phase de retour sur Terre, puis ouvrir ses pieds rétractables. On voit que le bas de la fusée chauffe énormément. Vue d’artiste.
CNES/Orbital Dreams, 2023, Fourni par l’auteur

CALLISTO est conçu pour voler dix fois, être capable de monter à plus de dix kilomètres d’altitude et effectuer une manœuvre complexe lui permettant de se retourner rapidement vers son pas d’atterrissage, situé juste à côté de son pas de tir sur l’Ensemble de Lancement Multi-Lanceurs (ELM — Diamant) au Centre Spatial Guyanais, à Kourou. Les vols de CALLISTO permettront ainsi de valider de nouveaux algorithmes pour le GNC (Guidage Navigation Pilotage), une autre brique cruciale pour la réutilisation.

De nombreux éléments de CALLISTO sont déjà fabriqués et en cours d’essai, notamment les pieds, certaines structures clés, et des équipements avioniques. Les trois partenaires du programme contribuent de manière égalitaire à sa réalisation : la JAXA fournit par exemple le moteur, le DLR les pieds, et le CNES réalise les études système et le segment sol.

Des essais à feu de l’ensemble propulsif sont prévus mi-2026 au centre d’essai de Noshiro au Japon avant l’envoi de CALLISTO au Centre Spatial Guyanais pour ses premiers essais au second semestre 2026.

Les vols de CALLISTO, qui commenceront par des petits « sauts » (hops) à basse altitude seront de plus en plus ambitieux : ils culmineront à plus de dix kilomètres d’altitude et franchiront Mach 1.

Skyhopper : récupérer et faire re-voler un étage sur un lanceur opérationnel

La dernière étape de la feuille de route consistera à démontrer la récupération puis un second vol de l’étage récupéré, directement sur un mini lanceur opérationnel, lors d’un de ses vols commerciaux. C’est ArianeGroup & MaiaSpace qui ont été retenus pour mener à bien ce projet, baptisé Skyhopper, qui sera testé en Guyane.

Une fois la mission principale du premier étage achevée, celui-ci sera séparé du deuxième étage à une altitude d’environ 50 kilomètres : il effectuera alors une manœuvre de ré-orientation, déploiera ses gouvernes aérodynamiques, rallumera ses moteurs pour un boost de freinage.

S’en suivra une phase planée, pendant laquelle l’étage sera dirigé grâce à ses gouvernes aérodynamiques, puis un dernier rallumage du moteur, le déploiement des pieds et enfin l’atterrissage vertical sur une barge maritime située à quelques centaines de kilomètres des côtes guyanaises.

L’étage sera alors stabilisé et remis en sécurité de façon autonome par des robots puis la barge sera tractée jusqu’au port de Pariacabo en Guyane. Une fois inspecté et remis en état, cet étage sera assemblé sur un autre lanceur qui décollera pour une nouvelle mission vers l’orbite achevant ainsi la démonstration avant la fin de la décennie.




À lire aussi :
Adieu Ariane 5 ! Retour sur ses plus belles missions


Cette feuille de route, qui s’appuie à la fois sur des programmes de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) (Promethéus et Thémis ont été initié par le CNES puis sont entrés dans le périmètre du « Future Launcher Preparatory Programme » de l’ESA respectivement en 2016 et 2019) et des programmes nationaux (Skyhopper) ou dans une coopération multilatérale (CALLISTO), a bénéficié également d’un solide support de multiples activités de Recherche et Technologies menées au niveau national, permettant de valider en amont et à petite échelle des concepts peu matures comme l’impression 3D permettant ensuite d’optimiser la conception et la fabrication du moteur Promethéus.

La France et ses partenaires sont donc en ordre de bataille pour relever les défis de la réutilisation du premier étage d’un lanceur.

The Conversation

Elisa Cliquet Moreno est membre de l’Association Aéronautique et Astronautique de France (présidente de la commission transport spatial)

ref. À quand une fusée réutilisable en Europe ? – https://theconversation.com/a-quand-une-fusee-reutilisable-en-europe-262381

The history of strikes in France

Source: The Conversation – France in French (3) – By Stéphane Sirot, Professeur d’histoire politique et sociale du XXème siècle, CY Cergy Paris Université

While strikes do not occur more often in France than elsewhere in Western Europe, their place in the history of the French labor movement is nonetheless unique. For trade unions, strikes were once a preferred means of improving everyday life, and also at the heart of their revolutionary utopia. In other words, they were aimed at the overcoming of capitalism.

Over time, strikes have become firmly established as a central feature of social relations in France, but their utopian function has faltered. At the turn of the 20th and 21st centuries, like other expressions of class struggle, it has even been significantly devalued.

The disruption of the prevailing order by the workers

In addition to its role as a tool for defending living conditions and fighting for new rights, strikes are a primitive form of agglomeration of the working class, whose rise in power precedes and then accompanies the development of trade unionism.

When the right to form unions was granted in 1884, labor disputes, which had been decriminalized in 1864, were already well on their way to becoming a central feature of industrial relations. In other words, action preceded organization. Often, throughout the 19th century, action even laid the foundation for organization: unions were formed in the wake of social unrest, with some disappearing quickly once a strike was over, and others continuing to exist.

When la Confédération Générale du Travail (General Trade Confederation), known as the CGT, was founded in central France in 1895, it quickly adopted a set of values based on “worker autonomy” and “direct action”. Through its own struggles, independent of partisan structures and institutions, the working class was supposed to prepare for the “dual task”, defined by the trade union movement, of the prosaic struggle for immediate demands and the utopian prospect of overthrowing capitalism. This approach gives strikes a central role and tends to endow them with all kinds of virtues.

Strikes are seen as an education in solidarity, through the material mutual aid they often generate or through their interprofessional reach. They are also an education in class struggle, an “episode of social warfare”, as one of the pre-1914 leaders of the CGT wrote. This is why, whatever happens, “its results can only be favorable to the working class from a moral point of view, [because] there is an increase in proletarian militancy”. And if a strike is victorious, it is a form of collective recovery from capitalism, because it produces “a reduction in the privileges of the exploiting class”.

Finally, revolutionary trade unionists believe that a general strike provides workers with the weapon that will enable them to achieve the Holy Grail: the definitive demise of capitalism. This is the argument put forward in Comment nous ferons la Révolution (How We Will Bring About the Revolution) the only work in the activist field that describes in detail the process of appropriation of the means of production by the workers themselves, under the aegis of their unions, which then set about organizing a bright future.

A politically charged general strike in France never occurred and, thus, never led to radical social change. But such a utopia was not necessarily intended to be prophetic. Its function was also, and perhaps above all, to protect the labor movement from the siren calls of co-management of and support for the existing system, a project conceived in the last decades of the 19th century by the republican elites. In addition, maintaining a revolutionary course seems conducive to fuelling a “great fear” in the dominant order, which, to reassure itself, feels compelled to make concessions.

From the paradise of class struggle to the purgatory of ‘social dialogue’

While the first world war dealt the final blow to revolutionary trade unionism, two main approaches to strikes prevailed during the years of a split in the CGT (1922-1935). For the confederation of Léon Jouhaux, a socialist who was awarded a Nobel peace prize in 1951, the suspension of production was essentially a last resort to be used only if negotiations failed. For the CGTU, which was close to the French Communist Party (PCF), it could be a weapon that went beyond the mere satisfaction of economic demands. According to communist trade unionists, “as it develops, the strike inevitably becomes a political struggle pitting workers against the trinity of employers, government and reformists, demonstrating the need for a ruthless struggle that goes beyond the corporate framework”.

However, in trade union discourse and imagination, striking is no longer seen as a practice capable of promoting the principle of “worker autonomy” or bringing about the birth of a new society. It has lost its utopian dimension.

Nevertheless, a strike remains a major weapon. Until the second world war, trade unionism and the working class were not yet fully integrated into Western societies; the process was certainly under way, but not yet complete. Although gradually becoming more commonplace, collective bargaining struggled to find its place. Workers’ organizations therefore had to rely on a culture of struggle, which was almost the only means of improving daily life and temporarily disrupting the capitalist system of exploitation.

Subsequently, and until the 1960s and 1970s, strikes remained a very common feature of union practices, albeit for reasons that differed significantly from those of previous periods. Within the framework of the “Fordist compromise” (the exchange of productivity gains for purchasing power) and the institutionalization of trade unionism, strikes became primarily a means of managing systemic disruptions and promoting a slightly less inequitable distribution of wealth, in a logic of conflictual regulation of social relations. The act of stopping work became ritualized, as illustrated by the exponential increase in the number of days of action.

Furthermore, within the framework of the welfare states built up during the post-war economic boom, France and the Western world undergo a phase of progressive reforms which, on the surface, do not appear to be the result of a systematic and constant power struggle. It is reasonable to assume that, in the long term, this situation is partly responsible for the decline in the legitimacy of strike action. As soon as an improvement in living conditions appears possible through political action or through compromises agreed with the unions in the context of a “social dialogue” that is set to prosper, a shift is likely to occur that will relegate strikes to the status of a nuisance or an accident to be avoided.

It was then that employee organizations and their practices were confronted with, among other things, the effects of the economic climate (slowing growth, deindustrialization, job insecurity, individualization of wages, counterreforms dismantling the welfare state, etc.), the rise of liberalism – one of whose aims is to paralyze union action – and post-1968 changes in society (rise of individualism, decline of grand political utopias, etc.).

To this list of endogenous causes, it must be added those created by trade unionism itself. These include its distancing from the political arena and its role in this area; its inability to generate hope; and the contradictions raised by its nature as an institutional counterweight, torn between an obligation to oppose and a deep-rooted inclusion in society.

Delegitimization of strike action

In this context, the trade union movement at the turn of the 20th and 21st centuries seems to have significantly retreated to a strategy of survival. This appears to consist of saving its legitimacy, if necessary by distancing itself from the mobilization of workers and, ultimately, by abandoning the idea of breaking with the capitalist order.

For the past 30 or 40 years, one after another and to varying degrees, the major labor confederations have also embarked on a path that has fuelled doubt. There has even been rhetorical delegitimization of strike action. In 1985, Edmond Maire, then leader of the French Democratic Confederation of Labour (la Confédération française démocratique du travail or CFDT), said: “[…] the old myth that says union action is only about strikes is a thing of the past. Trade unions must abandon it.”

However, trade unionism based on “social dialogue” without leverage has never been as successful as that based on confrontation. In France, the major historical phases of significant social gains have resulted from trade union and popular mobilization. The Popular Front in the 1930s, liberation (la Libération) from German occupation in the 1940s, and May-June 1968 are striking examples.

Conversely, since the 1980s, characterized by the development of decentralized collective bargaining processes, the restriction of social rights has been steadily progressing. Except in November-December 1995, when a determined social movement, in this case a bloquant (blocking) and renewable one, managed to spread while sparking debates that were able to establish a link between professional demands and the societal choices they brought to light.

Throughout its history, trade unionism has rallied support and established itself as a social force feared by the ruling order, which, today as in the past, rarely concedes anything without feeling threatened. This has been achieved both through the utopian political project that it promoted, and through strike action, which it made a major paradigm.


A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!


The Conversation

Stéphane Sirot ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. The history of strikes in France – https://theconversation.com/the-history-of-strikes-in-france-264823

‘Para mi sorpresa, creció más de lo que hubiese podido imaginar’: el legado de Robert Redford en Sundance

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jenny Cooney, Lecturer in Lifestyle Journalism, Monash University

Robert Redford en el ‘brunch’ de cineastas durante el Festival de Cine de Sundance de 2005. George Pimentel/WireImage

Cuando en 1981 Robert Redford fundó el Instituto Sundance, con sede en Utah, con el fin de proporcionar un sistema de apoyo independiente a cineastas, transformó por completo Hollywood. De hecho Sundance, bautizado con el nombre de su papel en Dos hombres y un destino (1969), se convirtió en su mayor legado.

Redford, que ha fallecido a los 89 años, ya era un gran icono cinematográfico cuando compró un terreno y creó un espacio sin ánimo de lucro con la misión de “fomentar las voces independientes, defender las historias arriesgadas y originales, y cultivar una comunidad para que los artistas puedan crear y prosperar a nivel mundial”.

Comenzando con laboratorios, becas, subvenciones y programas de mentoría para cineastas independientes, finalmente decidió lanzar su propio festival de cine en la cercana Park City, también en Utah, en 1985.

“Los laboratorios eran sin duda la parte más importante de Sundance y siguen siendo el núcleo de lo que somos y lo que hacemos hoy en día”, reflexionó el actor durante mi última entrevista con él en 2013 en el Festival Internacional de Cine de Toronto, mientras promocionaba su propia película independiente, Cuando todo está perdido.

Pero, como me dijo, después de cinco años de funcionamiento del programa:

“Me di cuenta de que habíamos tenido mucho éxito, pero ahora no tenían ningún sitio al que acudir. Así que pensé: ‘Bueno, ¿y si creamos un festival en el que al menos podamos reunirlos para que vean el trabajo de los demás y así podamos crear una comunidad para ellos?’. Y entonces, para mi grata sorpresa, creció más allá de lo que hubiese podido imaginar”.

Y eso es decir poco. Una impresionante lista de cineastas pueden agradecer a Redford el impulso que dio a sus carreras. Entre los antiguos alumnos del Instituto Sundance se encuentran Bong Joon-ho (que trabajó en sus primeros guiones en los laboratorios Sundance antes de Parásitos), Chloé Zhao y Taika Waititi, que a menudo regresa al Instituto como mentor.

Tres personas en un escenario
El presidente y fundador del Instituto Sundance, Robert Redford, la directora ejecutiva del Instituto Sundance, Keri Putnam, y el director del Festival de Cine de Sundance, John Cooper, durante el festival de 2018.
Nicholas Hunt/Getty Images

Entre las primeras películas que se estrenaron en el festival se encuentran Reservoir Dogs (1992), de Quentin Tarantino; Sexo, mentiras y cintas de vídeo (1989), de Steve Soderbergh; Slackers (2002), de Richard Linklater; Cigarettes and Coffee (1993), de Paul Thomas Anderson; el cortometraje Angry (1991), de Nicole Holofcener; Pi (1998), de Darren Aronofsky, y Whiplash (2014), de Damian Chazelle.

Creando un refugio

Para cualquiera que tuviera la suerte de asistir a Sundance en sus inicios, aquel era un refugio para los cineastas independientes. No era raro ver a “Bob”, como siempre se le conocía en persona, caminando por la calle principal de camino al estreno de una película o a una cena con jóvenes directores ansiosos por recibir sus consejos.

Ver a Redford interpretar a Bob Woodward en el thriller sobre el Watergate Todos los hombres del presidente (1976) fue una de mis primeras inspiraciones para dedicarme al periodismo. Además, desde que me enamoré de él en El golpe (1973) y Tal como éramos (1973), me costaba no sentirme intimidada al cruzarme con él en Park City.

Robert Redford y Andie MacDowell en el Festival de Cine de Sundance en 2003.
Randall Michelson/WireImage

Sin embargo, Bob te hacía olvidar rápidamente su estatus de icono. En poco tiempo, acababas charlando sobre un nuevo cineasta al que él apoyaba con entusiasmo o sobre su labor medioambiental (fue miembro del consejo de administración de la organización sin ánimo de lucro Natural Resources Defense Council durante cinco décadas).

Todo el mundo se sentía igual en ese mundo del cine independiente, y Redford era el responsable del buen ambiente.

En 1994, estuve esperando en una cafetería de Main Street a que Elle MacPherson bajara esquiando de una montaña para hacerle una entrevista promocionando su papel en la película australiana Sirenas. Más tarde ese mismo día, compartí un chocolate caliente con Hugh Grant mientras se quejaba de que se le habían congelado los dedos de los pies por llevar unos zapatos inadecuados y haber tenido que caminar bajo una tormenta de nieve para asistir al estreno de Cuatro bodas y un funeral.

En sus inicios, Sundance era un destino para los amantes del cine, no para los peluqueros y maquilladores, los vestidos de diseñador inapropiadamente glamurosos o los regalos promocionales.

La llegada de Hollywood

Pero, al final, como no se podía negar la influencia de cualquier película que llegara a Sundance, Hollywood llamó a la puerta.

“En 1985, solo teníamos un cine y quizá cuatro o cinco restaurantes en la ciudad, por lo que era un lugar mucho más tranquilo y pequeño, pero con el tiempo creció tanto que el ambiente cambió por completo”, reflexionó Redford durante nuestra entrevista:

“De repente, toda esta gente vino a aprovecharse de nuestro festival y, como somos una organización sin ánimo de lucro, no pudimos hacer nada al respecto. Teníamos lo que llamábamos ‘ambush mongers’ (en español sería algo parecido a ‘promotores de emboscadas’) que venían a vender sus productos y repartir regalos promocionales, y estoy seguro de que siempre habrá gente así, pero somos lo suficientemente fuertes como para resistir”.

El evento resistió, pero la infraestructura cedió. En 2027, el festival se trasladará finalmente a Boulder, Colorado, tras un cuidadoso proceso de selección destinado a garantizar que se mantenga el espíritu de Sundance.

Redford dejó de ser la cara visible del certamen en 2019 para dedicarse a pasar más tiempo con los cineastas y sus proyectos. Sin embargo, apoyó el traslado a Colorado y dijo en su declaración sobre el anuncio

“No hay palabras para expresar la sincera gratitud que siento hacia Park City, el estado de Utah y todos los miembros de la comunidad de Utah que han ayudado a construir la organización”.

El espíritu de Sundance sigue vivo, pero no será lo mismo sin Bob en las calles o en las salas de cine.

The Conversation

Jenny Cooney no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ‘Para mi sorpresa, creció más de lo que hubiese podido imaginar’: el legado de Robert Redford en Sundance – https://theconversation.com/para-mi-sorpresa-crecio-mas-de-lo-que-hubiese-podido-imaginar-el-legado-de-robert-redford-en-sundance-265495

Genocidio: la palabra que creó Raphael Lemkin y que hoy nos interpela en Gaza

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Joaquín González Ibáñez, Derecho Internacional Público – Protección internacional de derechos humanos, Universidad Complutense de Madrid

kipgodi/Shutterstock

La visión de justicia que algunos tratados internacionales quieren alcanzar está vinculada, a veces, a un nombre propio y a una historia humana excepcional que desembocó en su creación. La Convención para la Prevención y Sanción del Delito de Genocidio de 1948 nació como una decisión soberana de los Estados, pero se cimentó en la imaginación moral y visión jurídica del polaco Raphael Lemkin.

Lemkin disfrutó gracias a la literatura de la capacidad de imaginar la vida de los otros. En su autobiografía, titulada Totalmente extraoficial, Lemkin relata cómo conformó su visión de justicia desde su niñez en Polonia hasta su condición de refugiado en Estados Unidos y cómo creó el neologismo “genocidio”, en 1943 hasta que finalmente fuera adoptada el 9 de diciembre de 1948 en la Convención sobre genocidio.

Con su relato, Lemkin exhorta a informarse, obliga a comprometerse y afirma que “la función de la memoria no es solamente registrar los acontecimientos del pasado, sino también estimular la conciencia”. Al igual que nosotros hoy en Gaza, Ucrania, Myanmar, Sudán y el resto de crisis invisibilizadas con víctimas civiles, Lemkin enfrentó durante sus estudios en la Facultad de Derecho de la Universidad de Leópolis en 1921 –cuyos bancos de la última fila eran el lugar obligado para los estudiantes judíos– el dilema y la crisis moral frente a las matanzas de los armenios en 1915 y la inacción jurídica contra los perpetradores turcos.

Hoy somos parte de las revoluciones que iniciaron personas como Lemkin. Hemos aprendido que la historia humana evoluciona porque siempre hubo personas que atisbaron nuevos escenarios y construyeron espacios innovadores desde donde reorientar la acción humana de la justicia.

La revolución de los derechos humanos no avala que las personas de una determinada nacionalidad, etnia, religión o grupo gocen prima facie de una especial probidad, buena fe u honradez. Son únicamente nuestros actos los que determinan nuestra condición y responsabilidades.

Tras los procesos de Núremberg, se asentó el principio jurídico de que quien comete crímenes internacionales es responsable de los mismos sin excepción alguna. En 2025, lo trascendente es cómo protegemos con mayor eficacia a las víctimas en el plano interno o internacional, independientemente de quién cometió los crímenes.

Justicia para todas las víctimas

Por tanto, la justicia que reclamamos es para las víctimas de las atrocidades cometidas por Hamás en Israel el 7 de octubre de 2022, sean las asesinadas o las supervivientes que aún hoy, en 2025, se encuentran en Gaza como rehenes de dicho grupo terrorista. De igual modo, protestamos por los diferentes crímenes internacionales que se están perpetrando de manera indiscriminada por parte de Israel contra la población civil de Gaza.

La lectura del artículo II de la Convención sobre Genocidio permite realizar una interpretación legítima sobre si las acciones realizadas por el ejército de Israel coinciden con las conductas descritas en la Convención como actos de genocidio.

La destrucción de infraestructuras alimenticias y energéticas y el quebranto absoluto de las instituciones vitales para el desarrollo de la comunidad palestina gazatí (escuelas, lugares de culto y hospitales), así como la creación deliberada de hambrunas y víctimas mortales como resultado de operaciones militares, con un porcentaje abrumador de mujeres y niños entre las víctimas, pueden subsumirse en el tipo penal del crimen de genocidio.

Los hechos coinciden en su descripción con varias de las conductas recogidas expresamente en la Convención como constitutivas de este crimen: “matar a miembros del grupo, causar daños físicos o psicológicos graves o someter deliberadamente a los miembros del grupo a condiciones de vida que hayan de acarrear su destrucción física, total o parcial”.

En relación con la intencionalidad dolosa de la comisión del crimen, las alegaciones de Sudáfrica en el proceso en la Corte Internacional de Justicia de enero de 2024 señalaban las declaraciones expresas de miembros del gobierno de Israel que deshumanizaban y cosificaban a los palestinos. Se suman, además, las recientes perífrasis conceptuales sobre el destino de los palestinos al citar pasajes del Antiguo Testamento que instaban a cometer matanzas y exterminios. Todos estos elementos muestran una deliberada voluntad de destruir total o parcialmente a la población gazatí.

Acusar de antisemitismo a quien interpreta que las acciones del ejército de Israel son constitutivas de un genocidio, como la relatora de la ONU Francesca Albanese, el escritor israelí David Grossman o los periodistas que sobreviven en Gaza y relatan lo que acontece, es una forma de censura y violencia moral dirigida contra quienes deciden no permanecer indiferentes frente a la hambruna y el asesinato de decenas de miles de personas. El silencio nunca ha ayudado a las víctimas; el ruido que distorsiona tampoco.

Sólo la voz de las personas que incidan en la acción cívica y busquen una respuesta institucional nacional e internacional puede acabar con la indiferencia.

Debemos expresar rechazo al dolor

Si bien la Corte Penal Internacional imputó a Netanyahu y a su exministro de Defensa Yoav Gallan por el crimen de genocidio en noviembre de 2024, y previamente Sudáfrica denució a Israel en diciembre de 2023 ante la Corte Internacional de Justicia por violación de la Convención sobre Genocidio, lo que está ocurriendo en Gaza es demasiado importante para dejarlo sólo en manos de los juristas.

Se puede y se debe expresar rechazo a la catástrofe y al dolor aberrante. Los desastres humanitarios, los conflictos y las guerras nos han enseñado que nuestra indignación es intermitente. Pero también sabemos, gracias al legado de personas como Lemkin, que las revoluciones son todas imposibles, hasta que acontecen. Entonces, se convierten en inevitables.

Albie Sachs, jurista judío, víctima del apartheid y magistrado del Tribunal Constitucional de la nueva Sudáfrica de Nelson Mandela, señalaba que “aunque siempre uno debería ser escéptico sobre las pretensiones del Derecho, nunca se debería ser cínico sobre sus posibilidades”. Por eso, el legado de Lemkin no puede ser una entelequia.

En Gaza tenemos la posibilidad de oponernos a una nueva barbarie y evitar la impunidad. En palabras de Lemkin, esta es una nueva causa de la humanidad.

Gracias a Lemkin, el Derecho ofrece una posibilidad de respuesta a las víctimas inermes y casi invisibilizadas. Y ciertamente, es una justicia humana e imperfecta frente a la catástrofe proferida, pero una justicia posible.

The Conversation

Joaquín González Ibáñez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Genocidio: la palabra que creó Raphael Lemkin y que hoy nos interpela en Gaza – https://theconversation.com/genocidio-la-palabra-que-creo-raphael-lemkin-y-que-hoy-nos-interpela-en-gaza-264955

La Vuelta, Mayo del 68 o las campañas contra el apartheid: cómo las protestas incomodan y transforman

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Igor Ahedo Gurrutxaga, Profesor de Ciencia Política – Investigador Principal de Parte Hartuz – Director del programa de doctorado Sociedad, Política y Cultura, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

Protestas propalestinas el pasado domingo durante la última etapa de la Vuelta ciclista a España. RTVE

¿Sirve para algo parar la Vuelta ciclista a España? ¿Puede la protesta ser compatible con la normalidad? ¿Es legítima la neutralidad en estos tiempos? Son preguntas que el movimiento de protesta ante la masacre que Israel está perpetrando en Gaza ha puesto sobre la mesa y el tablero mediático recientemente.

La ciencia política y la política comparada dan algunas pistas. La primera es que la protesta forma parte del avance democratizador a lo largo de la historia. La segunda es que el éxito de la protesta es esquivo pero, a menudo, desencadena cambios en la mirada de las poblaciones. La tercera es que cualquier análisis sobre la protesta sirve para interrogarnos sobre nuestra responsabilidad personal ante la realidad.

No se puede entender la democracia sin comprender que el conflicto es parte consustancial del avance en los derechos sociales, políticos y económicos. No se puede entender la política como proceso de mejora de la vida pública sin comprender que los movimientos sociales son agentes legítimos y necesarios.

La política es un proceso cuyo resultado deriva de una correlación de fuerzas entre actores mediadores de intereses (generales o particulares) presentes en la sociedad. De esta correlación emerge un tipo u otro de sistema (más o menos democrático), así como decisiones que obligan. Desde cuestiones generales como los derechos sociales a aspectos particulares como quién participa en un evento deportivo, todo es resultado de una correlación de fuerzas.

En contextos autoritarios, la ausencia de partidos políticos hace que los movimientos sociales sean claves en la transición o cambio de régimen. Son los únicos actores capaces de socavar la legitimación del régimen, sea en Birmania, Portugal o la RDA. El impacto de la protesta siempre se acumula en la memoria, sea en forma de tumultos frente al muro de Berlín, o sea en forma claveles en los fusiles de los militares –Portugal, 1974–.

No es un momento, es un proceso

Pero estos eventos no son espontáneos: son el resultado de la lenta, oculta e inexorable acción de una miríada de colectivos que van limitando la legitimidad de los regímenes autoritarios o de las políticas injustas. Esta es una clave. La protesta no es un momento, sino un proceso.

En los regímenes democráticos, el papel de los movimientos sociales sigue siendo esencial. Y también molesto para los actores con capacidad de influencia. Molestan a los partidos y a los grupos de interés, algunos de ellos con acceso a grandes recursos económicos y capacidad de influencia.

Por ello, para garantizar un equilibrio de los intereses generales sobre los particulares en democracia se necesita de una sociedad civil sana y organizada en colectivos que apuesten por el avance de los derechos, limiten los intereses particulares y presionen a los decisores públicos.

Así las cosas, la presencia de los movimientos sociales y la protesta está detrás de cualquier avance de derechos. La institucionalización de las políticas de igualdad, los derechos reproductivos, sexuales y cívicos de las mujeres no se puede entender sin décadas, sino siglos, de lucha feminista, una lucha que toma forma de protestas convencionales, pero también desobedientes.

Su práctica transita entre las estrategias convencionales, regladas y ajustadas al marco legal y las prácticas disruptivas, orientadas a desestabilizar el orden para llamar atención sobre la injusticia. Por eso, los repertorios de protesta de los movimientos sociales contemplan la ruptura de la norma y la normalidad. Cuando esta ruptura se hace masiva, pone al sistema ante los límites del mantenimiento de aquello que la sociedad asimila como injusto.

De la ‘mili’ al ‘apartheid’

En España, la “mili” –el antiguo servicio militar obligatorio– no desapareció a causa de estrategias como la objeción de conciencia, asimilada por el sistema a través de la prestación social sustitutoria. Es verdad que se apoyó en este avance asentado en lo normal y lo legal, practicado de forma masiva, pero se precipitó con la ruptura del orden: como consecuencia de una creciente ola desobediente que tenía su expresión en la insumisión de miles de jóvenes al servicio militar. En este contexto, la correlación de fuerzas que es la política impedía a España presentarse como una democracia avanzada con un ejército de jóvenes en prisión que se negaban a portar las armas.

No cabe duda de que los movimientos sociales son agentes claves en los procesos de democratización y en el avance de la democracia: han hecho tambalear los cimientos del apartheid, han deslegitimado las políticas de segregación en EE. UU, han permitido el avance de la igualdad de género en España o han provocado la caída de regímenes en países como Taiwan, Nepal, Portugal o Chile.

Pero su éxito no es univoco. Estos movimientos han provocado cambios culturales, sin impactos inmediatos en el sistema político, como fue el caso de Mayo del 68. Pueden provocar cambios en el gobierno, pero no en el sistema, como sucedió en Chile con el ascenso de Gabriel Boric y el rechazo a la reforma constitucional.

El feminismo o Gaza

También pueden provocar cambios lentos, pero inexorables, que permiten comprender sistemas de dominación, como sucede con el feminismo. Y pueden evidenciar que la normalidad no es una opción cuando se asiste a una de las mayores barbaries de la historia de la humanidad, como está sucediendo en Gaza.

Ello nos lleva a una última reflexión. Más que preguntar si sirve la protesta, la pregunta en nuestro tiempo es si es legítimo no protestar. Decía Erich Fromm que si en todos los mitos el origen de la civilización fue resultado de un acto de desobediencia, el final de la civilización puede ser el resultado de un acto de obediencia masiva.

Gaza interpela al mundo y evidencia el abismo del fin de la civilización. Por eso, si el antónimo de la obediencia es la desobediencia, no hay otra salida que la protesta frente a lo intolerable que es la normalidad en un mundo en escombros en el que la neutralidad es complicidad.

The Conversation

Igor Ahedo Gurrutxaga no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La Vuelta, Mayo del 68 o las campañas contra el apartheid: cómo las protestas incomodan y transforman – https://theconversation.com/la-vuelta-mayo-del-68-o-las-campanas-contra-el-apartheid-como-las-protestas-incomodan-y-transforman-265436

Emmy-winning ER drama ‘The Pitt’ shines a light on compassionate teaching

Source: The Conversation – Canada – By Elizabeth A. Marshall, Professor of Education, Simon Fraser University

The Pitt, HBO Max’s Emmy-winning television medical drama, is a breakout hit.

Medical professionals and critics alike laud the show for its realistic portrayal of an emergency room.

That the show is also a master class in teaching has largely escaped notice.

As a critic and scholar who writes about representations of teachers in popular media,
I hadn’t expected to think about teaching when tuning in for a fictional show about Pittsburgh Trauma Medical Hospital.

Popular media: education and escape

Philosopher of education Adam Greteman and K.J. Burke, an expert in teacher education, highlight how popular media serves as an educational space. Lessons about schooling can appear as a pleasurable escape from reality, both reflecting and sometimes distorting the full scope of people’s lived experiences.

Television, film and even children’s picture books shape public perceptions of the teaching profession — and so does The Pitt.

Trailer for ‘The Pitt’

Dr. Michael “Robby” Robinavitch (Noah Wyle) mentors a team of nurses and doctors at a teaching hospital. The ER may not be a formal classroom, but what makes The Pitt so intriguing as a case study about education is its setting outside the classroom. Interns learn on the go in a hands-on setting with real-world consequences and problems.

While I cannot comment specifically about the show’s depictions of what may be needed for best-practice ER infrastructure and education, I’m interested in how the show offers compelling insights around what it means to teach with and through trauma that are relevant for education in schools and at post-secondary levels at large.




Read more:
Living to tell the story: Lawsuit accuses ER doctor of anti-Indigenous racism


The COVID-19 pandemic

The COVID-19 pandemic looms large in The Pitt, and flashbacks to one particularly awful day intrude into Dr. Robby’s mind throughout the episodes. Like doctors and nurses, educators were on the front lines during the pandemic.

A recent study highlights the pandemic’s lingering adverse effect on teacher recruitment and retention. Likewise, in a 2022 study, researchers in the Department of Psychiatry at the University of Colorado School of Medicine found that the stressors on K-12 educators led to burnout and other mental health challenges. Attending to the mental health of both students and teachers as part of, rather than outside of, teacher training is a start.




Read more:
Teachers lack resources to meet classroom needs, and absences shouldn’t surprise us


Stereotypes of male educators

To fully understand Dr. Robby, it is essential to recognize how his character transcends familiar stereotypes of male educators in popular culture. Familiar tropes include the buffoon (Mr. D. in the show of the same name), the burnout (the teacher in Ferris Bueller’s Day Off), the disciplinarian (the assistant principal in The Breakfast Club), the maverick (Dewey Finn in School of Rock, John Keating in Dead Poet’s Society), the villain (Severus Snape in Harry Potter) and the wise mentor (Albus Dumbledore in Harry Potter).

The Pitt’s Dr. Robby doesn’t fit neatly into any of these categories. Specifically, he embraces vulnerability and compassion that expand previous representations of teaching in popular culture.

Dr. Robby has more in common with characters like the teacher Justine Gandy in the 2025 film Weapons or Dan Dunne in the 2006 Half Nelson; deeply flawed, yet highly empathetic — super feelers who connect with the people they teach.

Compassionate teaching methods

Struggling with PTSD from the pandemic and the loss of his mentor, Dr. Robby suffers a panic attack in Episode 13. This background informs Dr. Robby’s compassionate teaching methods, which align with current calls for trauma-informed approaches in education.




Read more:
Hard choices put health workers at risk of mental anguish, PTSD during coronavirus


Dr. Robby leans into trauma on both a social (the pandemic and its aftermath; an epidemic of drug overdoses) and an individual level (the loss of his own mentor to COVID-19 under his watch) as the starting point for instruction.

After 15 years of university teaching, I, too, begin with the assumption that most students are merely holding it together for class as they deal with a range of experiences like personal depression, anxiety, grief and abuse, as well as collective distress about wildfires, war and increasing authoritarianism across the globe.

Cultural diversity

The Pitt’s diverse cast speaks multiple languages and brings different cultural perspectives to the ER. Dr. Robby’s ability to build on the differences of the interns, doctors and staff endorses equity and inclusion as essential to the art of teaching, especially as DEI initiatives are being dismantled or rebranded across North America.

While classrooms in the United States and Canada are increasingly ethnically and linguistically diverse, the teachers are not. The ER is stronger because of the differences that the interns bring.

Violence

In Episode 12, “6:00 p.m.,” a mass shooting at a music festival fills the hospital with victims who need to be triaged.

Not only in the U.S., but also in Canada, educational systems advise lockdown drills. The Aug. 27, 2025, Annunciation Catholic Church shooting in the U.S. is just one example of how teachers in the U.S. live with the reality and fear of threats from guns. Such threats are not as present across Canadian educational spaces, but still a reality.

And in both health care and schools, such stark eruptions point to wider systemic problems that need to be addressed across society, not only when they become crises.

Dr. Robby receives constant pressure to prioritize profits over patient care. Likewise, as post-secondary institutions struggle with financial constraints as they navigate the pandemic’s fallout, The Pitt teaches us that now, more than ever, we need to value face-to-face interaction.

Across disciplines, institutions need to provide supports for educators to shape emergent curricula co-built with and for the students who show up in our classrooms. Students need opportunities in their own communities to work side by side with an experienced mentor, like Dr. Robby, in hands-on, real-world spaces outside of the formal classroom.

The teacher we need

Dr. Robby is no John Keating of Dead Poets Society, and that’s a refreshing break from romanticized ideas about individual teachers saving the day.

The Pitt offers us instead a vulnerable yet compassionate male teacher with fears and flaws like his interns and patients. Dr. Robby is the teacher we all need right now.

The Conversation

Elizabeth A. Marshall does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Emmy-winning ER drama ‘The Pitt’ shines a light on compassionate teaching – https://theconversation.com/emmy-winning-er-drama-the-pitt-shines-a-light-on-compassionate-teaching-265429

¿Está mi hijo hablando con un pederasta mientras juega en Roblox?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Abellán Hernández, Profesora de Comunicación, Universidad de Murcia

La plataforma de videojuegos Roblox ha generado problemas de acoso sexual a menores. Roblox.

Las nuevas generaciones, especialmente los alfas –nacidos entre 2010 y 2024-2025–, socializan de manera diferente. Los videojuegos con un alto nivel de interacción son clave para las relaciones de estas generaciones digitales. Uno de los espacios con mayor interacción entre estos jóvenes es Roblox.

En este metaverso, aproximadamente el 60 % de los usuarios tienen entre 9 y 16 años. Y, con más de 80 millones de usuarios globales, solo en España, es el espacio digital preferido de los niños con edades comprendidas entre los 4 y 15 años. Esto lo convierte en un entorno especialmente sensible al acoso y la pederastia. En un momento de gran relevancia de las plataformas multijugador, ¿puede la inteligencia artificial garantizar interacciones saludables entre usuarios?

¿Qué es Roblox y qué problemas expone?

Roblox es una plataforma multijugador en que sus usuarios pueden crear objetos, construcciones, escenarios, personajes… Desde parkour a mazmorras, Roblox ofrece infinidad de posibilidades lúdicas amenizadas por interacciones entre pares. Sin embargo, esta plataforma ha sido noticia recientemente, por los peligros que acechan, más que por su posible valor para fomentar la diversidad y la creatividad.

Roblox es un “ecosistema online” donde los usuarios crean libremente experiencias en forma de minijuegos. Pero sus herramientas ofrecen también la posibilidad de crear entornos inseguros. Si no se regula adecuadamente, los contenidos inadecuados pueden ser consumidos por menores.

Por ejemplo, incluye juegos de condominio o condos, donde el contenido sexual se explicita mostrando avatares desnudos o simulando que practican sexo. Los condos consiguen eludir los sistemas de control de la plataforma porque son difundidos en otros espacios como Discord o TikTok. Además, habitualmente proponen entrar en casitas (condominio) con habitaciones y piscinas donde se esconde el alto contenido sexual.

Condos: el lado oscuro

El problema de los condos es que pueden ser espacios donde los depredadores sexuales acechen a los menores. Recientemente, el YouTuber Schelp –que ya había sido víctima de acoso en la plataforma– ha sido bloqueado en Roblox, a pesar de su lucha contra los depredadores sexuales en la plataforma.

El usuario de Roblox y YouTuber Schelp explica su batalla contra la pederastia en la plataforma.

Según Roblox, Schelp violó su política de privacidad al hacerse pasar por menor, invitando a los presuntos depredadores a otras plataformas. De esta manera, podía tener conversaciones sexualmente explícitas con ellos y dejarlos expuestos. Exactamente, la misma estrategia de interacción que estos emplean en Roblox.

El fenómeno del grooming

Allá donde haya jóvenes sin control aparente, pueden surgir riesgos de grooming o acoso online por parte de pederastas. La práctica del grooming consiste en que el adulto interactúa con el menor ganando su confianza. Entonces, le solicita imágenes, vídeos o interacciones sexuales que pueden llegar a encuentros físicos.

Aunque parece algo aislado, el fenómeno es más recurrente de lo que se piensa. Datos internacionales revelan que los acosadores (groomers) suelen ser personas socialmente adaptadas, con edad entre los 28 y 35 años. El impacto psicológico del grooming entre sus víctimas lo convierte en uno de los mayores riesgos que las plataformas encaran.

Control parental e inteligencia artificial

La mayoría de los juegos como Roblox tienen controles parentales que permiten limitar el chat con desconocidos. Pero esto no implica que se puede erradicar el riesgo al 100 %. Sin embargo, la empresa propietaria de la plataforma encuentra en estas fórmulas una manera de escabullir su responsabilidad. Es cierto que, si se siguen las recomendaciones de ciberseguridad, se puede disfrutar sin peligros. Más importante incluso es la alfabetización digital de menores y sus padres y educadores, para aprender a identificar y actuar ante los riesgos del grooming.

Otra herramienta que podría ser útil es la inteligencia artificial como aliada en la lucha contra el grooming. Ya existen aplicaciones con modelos de procesamiento del lenguaje y aprendizaje profundo que identifican expresiones de odio en redes sociales y en otros ámbitos digitales como medios de comunicación. En este sentido, destacan el proyecto HATEMEDIA, de la Universidad Internacional de La Rioja, y el trabajo del grupo SINAI, de la Universidad de Jaén, que se enfoca específicamente en expresiones ofensivas en X.

Bots vigilantes

Por otro lado, el avance en integración de modelos de aprendizaje automático en entornos de juego sugiere que los NPC –del inglés Non Player Character, personajes virtuales que actúan movidos por un sistema de inteligencia artificial– podrían servir para identificar prácticas inadecuadas. Esto ya ocurre en Alien: Isolation, donde el personaje del Xenomorfo “aprende” del comportamiento del jugador.

Por su parte, Meta anunció que incorporará su modelo de IA, Llama, a los NPC en su metaverso, Horizon Worlds. Y NVIDIA está trabajando en un desarrollo similar a partir del concepto de ‘Neo-NPC’. Esto nos llevará a hacernos nuevas preguntas: ¿cómo diferenciar si un avatar es una IA o un usuario humano? ¿Qué nivel de libre albedrío tendrán estos bots generativos en su integración con avatares virtuales? ¿Puede la IA integrada en bots y NPC ser una aliada para frenar el acoso en el mundo digital?

Mientras, Mo Gawdat, ex directivo de Google, vaticina que entramos en un período distópico que durará hasta 2027. Cuando la IA se haga con el control total de internet, las empresas desarrolladoras de estas plataformas estarán obligadas a un mayor grado de compromiso y responsabilidad.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Está mi hijo hablando con un pederasta mientras juega en Roblox? – https://theconversation.com/esta-mi-hijo-hablando-con-un-pederasta-mientras-juega-en-roblox-264600

Pérdida de visión y audición: la ‘pinza’ que precipita el deterioro de la salud en la vejez

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Humberto Yévenes Briones, Profesor en la Facultad de Medicina. Departamento de Medicina Preventiva y Salud Pública y Microbiología., Universidad Autónoma de Madrid

La discapacidad visual y la pérdida de audición son las dos limitaciones sensoriales más comunes en el mundo. Se estima que más de 2 200 millones de personas presentan algún grado de de la primera, mientras que más de 1 300 millones viven con pérdida de audición discapacitante. Son cifras que además, según las proyecciones, seguirán aumentando en los próximos años.

Al impacto en la calidad de vida hay que sumar el enorme costo social y económico que acarrean, pues limitan la participación plena en la educación, el empleo y la vida comunitaria.

Pero más allá de las dificultades cotidianas que generan, tanto la pérdida de visión como de audición parecen tener un efecto profundo sobre la salud general. Así, un equipo de la Universidad Autónoma de Madrid (UAM), en colaboración con la Universidad Johns Hopkins y la Universidad de Harvard, acabamos de demostrar que cuando ambas limitaciones sensoriales se combinan, el riesgo de sufrir el síndrome de fragilidad se duplica.

La lenta gestación de un síndrome debilitante

La fragilidad es un síndrome geriátrico caracterizado por una pérdida progresiva de energía, fuerza y capacidad de adaptación. Sus consecuencias son graves: hospitalizaciones más largas, mayor dependencia en las actividades diarias, riesgo de caídas y una mortalidad prematura. A todo ello se añaden importantes costes para las familias y el sistema sanitario.

En los últimos años, la investigación ha mostrado que este deterioro no surge de un día para otro, sino que se va gestando a lo largo de la vida adulta. Por eso resulta clave identificar factores de riesgo tempranos.

De hecho, la fragilidad se asocia con múltiples desencadenantes, que abarcan dimensiones biológicas, sociales y de estilo de vida: la edad avanzada, el bajo índice de masa corporal, tener sexo femenino, la desnutrición, los niveles reducidos de vitamina D, la polifarmacia (el consumo de múltiples medicamentos simultáneamente), el tabaquismo, el consumo de alcohol, la inactividad física, la soledad… Pero, hasta el momento, los factores sensoriales no habían sido estudiados en detalle.

Lo que revela el estudio

Nuestro trabajo, publicado en la revista Aging and Disease, analizó datos de 105 406 personas de entre 39 y 72 años de la base de datos británica UK Biobank. La visión se evaluó con pruebas de agudeza visual, y la audición, mediante un test de reconocimiento de dígitos en ruido.

Los resultados fueron claros:

• La pérdida de visión aumentó en un 50 % la probabilidad de sufrir fragilidad.

• La pérdida auditiva elevó ese riesgo en un 30 % (para casos leves) y hasta un 80 % (para los más graves).

• Pero la combinación de ambas discapacidades sensoriales duplicó el riesgo frente a quienes no presentaban ninguna.

Más allá de los números: ¿por qué ocurre esto?

Mientras que la pérdida de visión limita la movilidad y aumenta el riesgo de caídas, la de audición dificulta la comunicación y puede favorecer la soledad. Ambas reducen la actividad física y la vida social, dos pilares fundamentales para un envejecimiento saludable.

Además, la relación apunta a posibles mecanismos biológicos comunes, como la inflamación crónica y la disfunción celular, procesos que también están detrás del envejecimiento acelerado.

¿Qué podemos hacer?

La evaluación de la visión y la audición puede ser una herramienta clave para detectar a las personas con mayor riesgo de fragilidad antes de que esta se manifieste clínicamente.

El mensaje es claro: no debemos resignarnos a la pérdida sensorial como un destino inevitable. Revisiones periódicas, el uso de gafas o audífonos cuando son necesarios y el fomento de la actividad física y social pueden marcar la diferencia.

Se necesitan más estudios longitudinales y ensayos clínicos para confirmar esta relación y diseñar intervenciones preventivas, pero lo que ya sabemos invita a replantear la forma de abordar el envejecimiento: no basta con tratar enfermedades, hay que cuidar también de nuestros sentidos.

Por ello, es necesario impulsar investigaciones poblacionales de mayor calidad que incorporen medidas objetivas tanto de audición como de visión. Asimismo, resulta clave incluir la participación de especialistas en epidemiología, salud pública y políticas públicas. Como sociedad, debemos fortalecer la investigación y la defensa de políticas que mejoren el acceso y la equidad en la atención, especialmente en el ámbito de la discapacidad visual y auditiva.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Pérdida de visión y audición: la ‘pinza’ que precipita el deterioro de la salud en la vejez – https://theconversation.com/perdida-de-vision-y-audicion-la-pinza-que-precipita-el-deterioro-de-la-salud-en-la-vejez-265000

El uso consciente de la tecnología nos abre las puertas del aprendizaje y la creatividad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María del Mar Grandío Pérez, Profesora Titular de Universidad, Universidad de Murcia

En un contexto social donde la tecnología corre más rápido que nosotros, es importante saber qué hacer con ella para sacarle el máximo partido en nuestras vidas. Los últimos datos de consumo digital recabados por el Instituto Nacional de Estadística confirman el uso intensivo y generalizado de la tecnología por parte de la población española, consolidando su presencia en prácticamente todos los ámbitos de la vida cotidiana, tanto a nivel personal en el hogar como a nivel social como herramienta comunicativa.

Datos recientes de nuestro estudio sobre bienestar digital con la Universidad Europea del Bienestar (EUNIWELL) corroboran esta tendencia de consumo intensivo también en Europa.

La tecnología facilita la vida de la población adulta europea en muchas facetas, tanto en el trabajo (con una percepción de mayor productividad y facilidad para la conciliación personal) como en el ámbito de las relaciones sociales. Sin embargo, también hemos observado efectos adversos como fatiga tecnológica, dificultad de desconexión o desconfianza hacia ciertos contenidos digitales, entre ellos los producidos por inteligencia artificial generativa.

Tecnología para desplegar la mejor versión de nosotros mismos

Utilizar la tecnología con un propósito consciente nos permite aprovecharla para nuestro desarrollo personal e integral. No se trata sólo de estar o no conectado, sino de que esa conexión, cuando sea necesaria, sea consciente y significativa para nosotros. De esta manera, cuidamos nuestro equilibrio personal, nuestras relaciones laborales y educativas o nuestras relaciones sociales. Utilizada de este modo, la tecnología nos ayuda a aprender, a cuidarnos y, por qué no, a desplegar la mejor versión de nosotros mismos.

Por ejemplo, realizar una videollamada con nuestros seres queridos o leer la prensa digital por la mañana puede considerarse un uso consciente y saludable de la tecnología, ya que nos permite afianzar lazos familiares o estar bien informados.

En contraste, un consumo no consciente se manifiesta cuando tomamos el móvil sin un motivo claro, como un tic inconsciente o por miedo a perdernos algo, fenómeno conocido como FOMO (por las siglas en inglés de Fear Of Missing Out: miedo a perderse algo).




Leer más:
Tecnoestrés, fatiga informática y el derecho a la desconexión digital en el ámbito laboral


Este tipo de comportamiento está relacionado con las interrupciones tecnológicas diarias, que son distracciones frecuentes en nuestras acciones diarias provocadas por el uso constante de dispositivos digitales a lo largo del día. Estas interrupciones pueden afectar negativamente nuestra productividad, concentración, comunicación, bienestar general e incluso las relaciones sociales.

De esta manera, cuando nuestras conexiones tienen un momento y un propósito claro, dejamos de consumir de manera automática. Recuperamos las riendas de nuestro consumo tecnológico, nuestra consciencia deja de estar en “piloto automático” y estamos menos expuestos a la fatiga o la desconfianza. Podemos, así, sacar el máximo partido de la tecnología para nuestra autorrealización.




Leer más:
Cada vez más personas buscan formarse durante toda la vida


En esta línea, las tecnologías pueden apoyar un aprendizaje formal en instituciones educativas y a través de cursos online. Pero resultan especialmente interesantes para aquellos que, aún no formando parte de una comunidad educativa reglada, las quieren utilizar de manera autodidacta para mejorar su formación personal. Rompiendo barreras geográficas y dejándose llevar por la cultura de la curiosidad, el autodidacta busca, practica y aprende.

El primer ejemplo de autoaprendizaje tecnológico lo vemos en el movimiento fandom. Los fans fueron los primeros en crear productos artísticos y culturales a partir de libros o películas, pero observamos ahora cómo esta práctica está muy extendida. Los booktubers y booktokers, por ejemplo, aprenden a hablar en público y a realizar análisis literarios de sus libros favoritos mientras manejan las redes sociales.

En YouTube también podemos ver ensayos audiovisuales o remezclas donde de manera autodidacta –jóvenes y no tan jóvenes– editan vídeos al mismo tiempo que ofrecen una aproximación crítica a la cultura popular.

El acceso al conocimiento experto se ha democratizado

Además, la tecnología nos puede ofrecer un aprendizaje para toda una vida, lleno de significado, que podamos compartir con aquellos que coinciden en nuestra pasión o motivación particular, aunque estén al otro lado del planeta, o especialmente por eso.

El acceso al conocimiento experto se ha democratizado: existen vídeos, pódcasts o newsletters que nos permiten ahondar en nuestros intereses y hobbies, en aquello que queremos aprender. De hecho, muchas grandes universidades como Harvard o el MIT ofrecen cursos gratuitos sobre multitud de temas. Es importante aquí saber elegir bien las fuentes, que sean autorizadas en cada materia. No guiarnos tanto por influencers, sino por personas que han logrado el reconocimiento de una comunidad y después un seguimiento masivo, y no al revés.




Leer más:
Jóvenes y adolescentes en redes sociales: ¿consumidores o creadores?


La inteligencia artificial generativa también ofrece interesantes posibilidades de autoaprendizaje, así como de creación de contenido. A través de numerosas plataformas podemos resolver dudas al instante sobre cualquier cuestión. La IA nos permite, además, generar contenido digital como música o vídeos, o aprender un idioma con programas que simulan diálogos naturales y que nos ofrecen feedback instantáneo.

A diferencia de un buscador tradicional, que ofrece una lista de enlaces cuando se le hace una pregunta, la IA elabora una respuesta concreta con toda la información que encuentra disponible en internet indicando las fuentes de la información utilizadas. Esta transparencia en cuanto a las fuentes no garantiza la fiabilidad total de la información; por ejemplo, que esté actualizada. Sigue siendo fundamental desarrollar un pensamiento crítico al interpretar los contenidos generados por la IA.

Los niños tienen una actitud más crítica hacia la IA que los adultos

El fuerte impulso que la inteligencia artificial está dando a la educación autodidacta plantea también un gran reto: comprender su impacto en los procesos cognitivos y en la creatividad humana. En este sentido, recientes datos de The Alan Turing Institute revelan cómo los niños entre 9 y 12 años presentan una aproximación crítica más aguda hacia la IA que los adultos, incluyendo la consciencia sobre la posibilidad de errores y los sesgos en las decisiones algorítmicas.

Este dato sugiere que, cuando los niños entran en contacto con la inteligencia artificial desde edades tempranas, la pueden incorporar de forma natural en su manera de aproximarse al mundo y, en lugar de aceptarla pasivamente, tienden a cuestionar los resultados que les ofrecen. Esta actitud crítica es menor en adultos, que al mostrar una mayor confianza en la tecnología pueden ver reducida su capacidad para detectar errores o limitaciones.

De ahí la importancia de una educación específica en inteligencia artificial, lo que hoy se conoce como IA Literacy, tanto en edades tempranas como en adultos. Quienes aprendan a comprender, utilizar y relacionarse de forma crítica con la IA aprovecharán mejor sus posibilidades para el aprendizaje autónomo y el desarrollo integral como personas.

Sería interesante, por tanto, en aras del fomento del autoaprendizaje y el uso tecnológico hacia el bienestar, no acotar las posibilidades de los más jóvenes contando las horas que utilizan pantallas, sino centrarnos principalmente en que las usen de forma consciente y con un propósito claro para su autoconocimiento y crecimiento personal.

Tal vez así pongamos fin a muchos de los problemas que tiene la tecnología utilizada en modo automático.


La versión original de este artículo ha sido publicada en la revista Telos, de Fundación Telefónica.


The Conversation

María del Mar Grandío Pérez colabora con TELOS, la revista que edita Fundación Telefónica.

ref. El uso consciente de la tecnología nos abre las puertas del aprendizaje y la creatividad – https://theconversation.com/el-uso-consciente-de-la-tecnologia-nos-abre-las-puertas-del-aprendizaje-y-la-creatividad-264802

Cinco trucos basados en la ciencia para mantener los propósitos de comienzo de curso

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ana María Melendo Viñado, Personal Docente e Investigador en Educación, Universidad Camilo José Cela

shutterstock nicimbikije/Shutterstock

Para muchos, la vuelta de las vacaciones de verano, en septiembre en el hemisferio norte y en marzo en el sur, es el verdadero momento de “año nuevo”. Más que una simple vuelta al calendario, representa el regreso a la rutina tras una etapa de desconexión.

Durante el verano, las ciudades se vacían, cambian el ritmo y durante unos meses todo se vive de otra manera. Por eso, cuando llega la vuelta a las tareas habituales, nuestro cerebro hace clic. Con este clic nos referimos a una reactivación de la planificación, la organización, toma de decisiones y autocontrol, funciones ejecutivas clave en nuestro cerebro que se activan en momentos así.

¿Cómo se exterioriza esta activación? Con la necesidad de hacer listas de propósitos, apuntarnos a nuevas aventuras, descubrir nuevos hobbies, retomar la relación de amor-odio por el gimnasio, poner el despertador más pronto para tener esos diez minutos de meditación que dicen que van tan bien, y un largo etc. ¿Suena familiar? Muy parecido a los propósitos que hacemos 31 de diciembre y que tanto cuesta mantener.




Leer más:
Por qué nos cuesta tanto cumplir los buenos propósitos de Año Nuevo


En este artículo explico cinco claves con base psicológica para aprovechar esa activación del cerebro para retomar o dar comienzo a nuevas rutinas.

1. Anclaje de hábitos

El anclaje de hábitos es una de las técnicas más efectivas para materializar nuestras buenas intenciones de forma sencilla y sostenible. Como propone el escritor James Clear en su libro Hábitos atómicos, se trata de vincular un nuevo hábito a uno que ya existe en nuestro día a día.

Veamos un ejemplo práctico: después de servirnos un café cada mañana, escribimos una lista con todas las tareas que queremos realizar durante el día, organizándolas por orden de prioridad. Aprovechamos la red neuronal ya existente de hábitos automáticos (como es ese café o te tan necesario cada mañana) para estructurar mentalmente la jornada y priorizar las tareas del día. Asociando una acción a la otra, reducimos la resistencia natural que nuestro cerebro presenta frente a los cambios.

2. Exigencia o compromiso público o social

Lo que los angloparlantes llaman “accountability” es una manera de obligarnos a rendir cuentas de lo que hemos prometido hacer. Hacer público un objetivo o compartirlo con otra persona aumenta significativamente la probabilidad de cumplirlo.

Veamos un ejemplo práctico: dos amigas deciden apuntarse a una media maratón. Ninguna de las dos tiene experiencia previa corriendo largas distancias, así que comienzan de cero. Su exigencia o compromiso social será compartir cada día la distancia recorrida, una captura de pantalla de la aplicación de running o una foto tras la carrera con un café y una tostada. Este compromiso compartido hace menos probable el abandono del proyecto.

3. Condicionamiento operante

También conocido como refuerzo positivo, el condicionamiento operante está basado en las teorías del psicólogo Burrhus Frederic Skinner. Es una técnica de modificación de la conducta que consiste en añadir una recompensa inmediata y significativa después de un comportamiento deseado. De esta manera, nos aseguramos de que el comportamiento se repita.

Veamos un ejemplo práctico: nos apuntamos a clases de inglés porque nos lo exige la empresa, pero la realidad es que detestamos el inglés: nos aburre, nos frustra y no nos motiva en absoluto. Pero, justo al salir de clase se publica un nuevo episodio del podcast de las Kardashian (y obvio que usan frases que acabamos de aprender en clase).

El episodio dura exactamente lo mismo que el trayecto a casa andando, así que la vuelta a casa se hace más llevadera y cada vez entendemos más el contexto, “you know…” Es decir, reforzamos el comportamiento deseado con una recompensa inmediata.

Lo mismo ocurre si nos damos el premio de ver un episodio de nuestra serie favorita cada vez que completamos un tema de examen. Aumentan las ganas de repetir ese hábito productivo.

4. Implementación de intenciones

La psicóloga alemana Gabriele Oettingen y su colega Peter Gollwitzer han impulsado y desarrollado este concepto. Consiste en especificar con precisión cuándo, dónde y cómo realizaremos una actividad concreta.

Supongamos que queremos comenzar a meditar como rutina diaria, pero no sabemos cómo hacerlo ni cuándo. Aplicando la técnica de implementación de intenciones establecemos que cada mañana, justo después de tomarnos el café, nos sentaremos junto a la ventana y meditaremos cinco minutos usando una app de meditación guiada los primeros días, hasta que sea un hábito. Así establecemos cuándo –después del café por la mañana–, dónde –en la silla junto a la ventana– y cómo –con una app de meditación guiada. La planificación de la actividad transforma la idea vaga en un plan específico y concreto.

5. Monitoreo y autorregistro

Esta técnica consiste en hacer un seguimiento consciente de un comportamiento. Viene de la psicología conductual y cognitivo-conductual cuyos impulsores, B. F. Skinner y Donald Meichenbaum, defienden que la conducta puede ser modificada eficazmente usando refuerzos positivos o negativos.

Sabemos que la mayoría de los días, entre el trabajo, el cansancio, otros hobbies y compromisos, no nos da tiempo de caminar tanto como quisierámos. Nos proponemos una meta diaria de 12 000 pasos y realizamos un autoregistro para automotivarnos. Entonces, podemos comenzar poniendo una alarma un poco más temprano por las mañanas, para salir de casa antes y caminar hasta una parada de autobús más lejana o ir parcialmente andando al trabajo.

Como siguiente paso, podemos fijar un recordatorio en el móvil para caminar después de cenar, tan solo 15 minutos diarios (cifra que podremos ir aumentando). Utilizando una app para registrar el número de pasos diarios, podemos incluso recibir una notificación cuando lleguemos a la meta deseada. Este seguimiento ayuda a concienciarnos y motivarnos generar conciencia y motivación.

De intención a hábito

Septiembre no es solo el regreso a la rutina, sino una oportunidad perfecta para reactivar nuestra planificación, compromiso y motivación. Ya sea con la lista de tareas después del café, compartiendo el selfie postcarrera, aficionándonos a las series en versión original, haciendo yoga o andando 12 000 pasos al día.

Tenemos a nuestro alcance herramientas científicamente respaldadas para construir la vida que deseamos. Lo importante es empezar, porque el cambio comienza con un pequeño paso y tu cerebro está listo para acompañarte en el camino.

The Conversation

Ana María Melendo Viñado no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cinco trucos basados en la ciencia para mantener los propósitos de comienzo de curso – https://theconversation.com/cinco-trucos-basados-en-la-ciencia-para-mantener-los-propositos-de-comienzo-de-curso-264819