Drones et robots tueurs dans la guerre : soldat ou algorithme, qui décidera de la vie et de la mort demain ?

Source: The Conversation – in French – By Laurent Vilaine, Docteur en sciences de gestion, ancien officier, enseignant en géopolitique à ESDES Business School, ESDES – UCLy (Lyon Catholic University)

Il est impossible de purement et simplement ignorer la propagation sans cesse plus rapide des armes létales autonomes et de l’intelligence artificielle sur les théâtres de guerre ; mais il serait éminemment dangereux de confier la prise de décision à la technologie seule.


La guerre des machines est déjà en cours. Ces dernières années, le recours massif aux drones et à l’intelligence artificielle (IA) a transformé le champ de bataille et la nature des opérations. L’autonomie accélère la détection et la délivrance du feu. La refuser, c’est rendre les armes. L’envisager sans garde-fous, c’est percevoir la guerre dénuée de toute éthique.

La France est une puissance moyenne qui ne peut se permettre de prendre du retard technologique. Mais la France est également une grande démocratie qui se veut exemplaire : elle ne peut faire n’importe quoi avec l’avènement de ces nouvelles armes. Elle doit instaurer la primauté humaine sur le code informatique, assumer un couple homme-machine où l’impact militaire demeure, mais où l’humain reste responsable.

Les drones, l’IA, les robots tueurs sont déjà là. Le front en Ukraine est saturé de drones et de logiciels qui trient des images. Déjà, des prototypes sont capables de détecter, de poursuivre et de frapper presque sans intervention humaine. Où la France se place-t-elle dans cette rapide évolution, et que doit-elle décider aujourd’hui pour rester dans la course sans nier ses valeurs ?

Ce qui a déjà changé

Le drone est devenu l’outil d’artillerie du pauvre. Il est l’instrument de reconnaissance de la petite unité et l’engin de précision du dernier mètre. Avec les milliers de drones dans le ciel, l’œil est partout, l’angle mort se réduit. La surprise se joue en secondes.

L’artillerie classique est, certes, toujours efficace. Mais la rupture que constituent les drones est d’abord logicielle : des algorithmes identifient une silhouette humaine ou celle d’un véhicule et accélèrent le temps entre la détection et la frappe. C’est précisément là où l’humain fatigue, là où chaque seconde compte et que la valeur ajoutée de l’autonomie s’affirme.

Pourquoi l’autonomie change tout

Il est nécessaire de distinguer l’idéal du réel. Dans la première configuration, l’humain décide alors que, dans la deuxième, l’humain commence à déléguer des éléments de son jugement à, par exemple, une alerte automatique ou à une trajectoire optimale.

Concrètement, il est d’usage de parler de trois régimes différents :

  • l’humain dans la boucle ;
  • l’humain sur la boucle ;
  • et l’humain hors de la boucle.

Le premier cas est très simple : l’humain décide. Dans le deuxième cas, l’humain surveille et, éventuellement, interrompt. Dans le troisième cas, la machine est préprogrammée et décide seule.

Ce n’est pas qu’une affaire de choix, car, à très haute vitesse (défense antidrones, interception de missiles ou encore combat collaboratif aérien complexe), la présence humaine tend à s’effacer, puisque l’action se joue en secondes ou en dizaines de secondes. Le réalisme et l’efficacité de l’action imposent dès lors de penser que refuser toute autonomie revient à accepter d’être lent et, donc, inopérant. En revanche, accepter une autonomie totale, c’est-à-dire rejeter tout garde-fou, c’est faire entrer de l’incertitude, voire de l’erreur, dans le fonctionnement d’une action létale.

La responsabilité stratégique et éthique d’un pays démocratique se joue entre ces deux pôles.

Le dilemme des puissances moyennes

La France est, du point de vue militaire, une puissance moyenne, mais de très haute technologie. Elle est souveraine dans la grande majorité de ses équipements, mais ne dispose pas d’un budget illimité, ce qui l’oblige à arbitrer.

Dans ce contexte, se priver d’autonomie revient à prendre le risque d’un retard capacitaire face à des régimes autocratiques à l’éthique inexistante ; s’y jeter sans doctrine, c’est s’exposer à une bavure ou à une action involontaire menant à une escalade risquant d’éroder la confiance de la société dans sa propre armée.

Atouts et angles morts français

La France dispose d’une armée moderne et aguerrie en raison de sa participation à de nombreuses missions extérieures. Sa chaîne hiérarchique est saine car elle responsabilise les différents niveaux (contrairement à l’armée russe par exemple). Son industrie sait intégrer des systèmes complexes. En outre, elle dispose d’une grande expertise de la guerre électronique et en cybersécurité. Ces différentes caractéristiques sont des fondements solides pour développer une autonomie maîtrisée.

En revanche, les défauts de l’industrie française sont connus. Son industrie et les militaires privilégient des solutions lourdes et chères. En bonne logique ; les cycles d’acquisition sont longs en raison des innovations. Enfin, une certaine difficulté à passer du démonstrateur à la série peut être constatée.

Tout cela rend difficile la réponse à un besoin massif et urgent du déploiement de drones et de systèmes antidrones, qui combinent détection, brouillage, leurre et neutralisation, du niveau section jusqu’au niveau opératif (sur l’ensemble d’un front).

Ce que la France devrait décider maintenant

L’industrie doit ancrer la primauté nouvelle dès la conception de l’arme ou du système d’armes. Cet objectif doit incorporer certains impératifs : chaque boucle létale (processus de décision et d’action qui conduit à neutraliser ou à tuer une cible) doit avoir un responsable humain identifiable.

En outre, des garde-fous techniques doivent être mis en place. Des « kill-switch » (« boutons d’arrêt d’urgence ») physiques doivent être installés dans les systèmes. Des seuils reparamétrables doivent être prévus : par exemple, si un radar ou une IA détecte une cible, il est nécessaire de définir un seuil de confiance (par exemple de 95 %) avant de la classer comme ennemie. Des limitations géographiques et temporelles codées doivent être prévues. Par exemple, un drone armé ne peut jamais franchir les coordonnées GPS d’un espace aérien civil ou bien une munition autonome se désactive automatiquement au bout de trente minutes si elle n’a pas trouvé de cible.

Un autre point important est que la décision doit être traçable. Il est nécessaire de posséder des journaux de mission permettant de déterminer qui a fait quoi, quand et sur quelle base sensorielle (radars, imagerie, etc.). Une telle traçabilité permet de définir la chaîne de responsabilité. Elle permet également d’apprendre de ses erreurs.

La formation des personnels est aussi importante que la qualité des matériels. Les militaires doivent être formés, préparés à l’ambiguïté. Les opérateurs et décisionnaires doivent être en mesure de comprendre le fonctionnement et les limites des algorithmes, savoir lire un score de confiance. Ils doivent être en mesure de reconnaître une dérive de capteur et, par conséquent, de décider quand reprendre la main. Paradoxalement, l’autonomie exige des humains mieux formés, pas moins.

Sur le plan capacitaire, la France doit apprendre le « low-cost », ce qui implique de disposer d’essaims et de munitions rôdeuses en nombre. Pour ce faire, le pays doit savoir intégrer dans sa base industrielle de défense aussi bien les grandes entreprises traditionnelles que des start-ups innovantes pour plus de productions locales et réactives. Il ne s’agit pas de remplacer les systèmes lourds, mais bien de les compléter afin de pouvoir saturer le champ de bataille.

Le pays, qui a délaissé la capacité antiaérienne, doit bâtir une défense antidrones, chargée de la courte portée et ayant les capacités de détecter, d’identifier, de brouiller, de leurrer, de durcir les postes de commandement (c’est-à-dire leur apporter une protection plus efficace, en les enterrant, par exemple) et protéger les convois. Ces capacités doivent être intégrées dans l’entraînement au quotidien.

Ce qu’il faut éviter

Un piège peut être une forme de surenchère normative stérile. Il est nécessaire de tenir bon sur les principes sans être naïf dans un monde de plus en plus agressif. Si la France dit explicitement « Jamais de robots tueurs autonomes », cela n’empêchera pas d’autres pays d’en utiliser ; mais dire « Toujours oui à ces technologies » serait incompatible avec les principes moraux proclamés par Paris.

Un cadre clair, ajusté par l’expérience, doit donc être inventé.

La dépendance logicielle et, donc, l’absence de souveraineté numérique sont très dangereuses. Il est indispensable de ne pas acheter de briques IA sans véritablement connaître leurs biais, sans savoir ce que l’algorithme a pris en compte. Un effort financier continu doit être entrepris pour développer nos propres outils.

Enfin, il faut éviter d’oublier le facteur humain. Il serait tentant de soulager la chaîne décisionnelle par l’automatisation. Ce serait la priver de l’intelligence de situation propre aux humains et de leur intuition difficilement codable. La doctrine doit accepter de ralentir provisoirement l’action sur le champ de bataille pour laisser la place au jugement.

Responsabilité et droit : la vraie ligne rouge

Une machine, bien paramétrée, peut paradoxalement mieux respecter qu’un humain le droit des conflits armés qui repose sur quelques principes simples. Durant un conflit, il est nécessaire de distinguer (ne pas frapper les civils), d’agir dans le cadre de la proportionnalité, c’est-à-dire de ne pas causer de dommages excessifs (ce qui est très difficile à mettre en œuvre) ; et d’appliquer la précaution (faire tout ce qui est raisonnable pour éviter l’erreur).

Si une machine peut aider à appliquer ces principes, elle ne peut, seule, assumer la responsabilité de se tromper.

Comment correctement appliquer ces principes ? Réponse : c’est le commandement qui s’assure que les paramétrages et les règles ont été convenablement définis, testés, validés.

Société et politique : ne pas mentir au pays

La guerre est par nature une activité terrible, destructrice des âmes et des chairs. Affirmer que le recours généralisé à l’IA permettrait de rendre la guerre « propre » serait une imposture intellectuelle et morale.

L’autonomie est ambiguë. Si elle peut réduire certaines erreurs humaines inhérentes au combat (la fatigue, le stress, la confusion, l’indécision), elle en introduit d’autres :

  • le biais : une IA entraînée avec des images de chars soviétiques dans le désert peut se tromper si elle rencontre un blindé moderne en forêt) ;
  • les capteurs trompés : des feux de camp peuvent tromper une caméra infrarouge qui les prendra pour des signatures humaines ou de véhicules
  • la confusion. Exemple historique : en 1983, l’officier soviétique Stanislav Petrov a refusé de croire son système d’alerte qui détectait à tort une attaque nucléaire américaine contre l’URSS. Une IA autonome aurait appliqué son programme et donc déclenché le feu nucléaire soviétique contre le territoire des États-Unis…

Coder nos valeurs

Notre pays doit faire concilier agilité et vitesse au combat, et conscience humaine. Cela suppose de coder nos valeurs dans les systèmes (garde-fous, traçabilité, réversibilité), de procéder à des essais dans le maximum de situation (temps, météo, nombres différents d’acteurs, etc.), d’enseigner ce que l’on pourrait appeler « l’humilité algorithmique », du sergent au général.

Alors, demandions-nous, qui décidera de la vie et de la mort ? La réponse d’un pays démocratique, comme le nôtre, doit être nuancée. Certes, la machine étend le champ du possible, mais l’humain doit garder la main sur le sens et sur la responsabilité. L’autonomie ne doit pas chasser l’humain. La guerre moderne impose la rapidité de l’attaque et de la réplique. À notre doctrine d’éviter de faire de cet impératif un désert éthique.

The Conversation

Laurent Vilaine ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Drones et robots tueurs dans la guerre : soldat ou algorithme, qui décidera de la vie et de la mort demain ? – https://theconversation.com/drones-et-robots-tueurs-dans-la-guerre-soldat-ou-algorithme-qui-decidera-de-la-vie-et-de-la-mort-demain-263836

60% of Africans don’t believe democracy is working in their interests – how parliaments can fix the problem

Source: The Conversation – Africa (2) – By Temitayo Isaac Odeyemi, Research fellow, University of Birmingham

Across Africa, democracy is being tested – by rising authoritarianism and military coups as well as a growing disconnect between citizens and the institutions meant to represent them.

The latest flagship report from Afrobarometer, a pan African research network, delivers a powerful warning. Citizen Engagement, Citizen Power, released in July 2025, reports that over 60% of Africans are dissatisfied with how democracy works in their countries. Support for democracy remains high, but belief in its effectiveness is fading, especially when citizens feel excluded from meaningful participation in decisions that affect them.

Put simply: the crisis of participation results from people being absent from the room when decisions that affect them are made. This article sets out practical ways parliaments can bring citizens in.

I am a political scientist whose work in comparative politics focuses on political institutions and democratic engagement in Africa. My broader research builds on my PhD on institutional development and legislative public engagement in Nigeria.

This research has shown that democratic fatigue has many roots, including insecurity and unmet socio-economic needs. But the deeper issue is a crisis of participation where decisions that affect people are made without consultation. Too often, Africans feel that decisions are made for them, not with them. Power remains concentrated in elite circles, while public engagement is reduced to symbolic gestures.

Democracy, in this view, is something performed in capitals rather than lived in communities.

If that is to change, parliaments must take the lead. As the institutions most visibly linked to representation, they can reconnect citizens with the democratic process. When parliaments get people to take part, they help restore public confidence. When they fail to do so, the entire democratic project is weakened.

Encouragingly, many African constitutions, including those of Kenya, South Africa, Zambia and Zimbabwe, now call for public participation in making laws.

Parliaments are increasingly referring to citizen engagement in their strategic plans, and standout models like South Africa’s Public Participation Model offer practical frameworks.

South Africa’s efforts have contributed to a 27% increase in public understanding of the parliament’s mandates. Evidence from civil society and independent research corroborates this.

But in many countries implementation remains patchy, and most parliaments fall short on including citizens.

According to Afrobarometer’s October 2024 data, trust in parliaments has declined by 19 percentage points since 2011. Only 37% of Africans now express confidence in these critical policy-making and representative bodies.

There’s a sense that public participation is often tokenistic — and that parliaments engage with citizens only when politically convenient.

Two recent examples illustrate the cost of disengagement. In Kenya, mass protests over the 2024 Finance Bill erupted after parliament passed controversial tax measures without adequate public consultation. The backlash, including the storming of parliament, reflected widespread anger not just at the bill’s content, but at the lack of citizen involvement in shaping it.

In Nigeria, lawmakers reinstated a colonial-era national anthem in a single day, bypassing public input.

One of the reasons trust in parliaments is falling is that there are gaps in how the institution listens and acts.

As the Afrobarometer data shows, citizens consistently believed that parliaments hold the key to making laws and holding leaders to account. So the challenge is not what the institution does or is expected to do, it is how it does it. Thus, producing visible actions is one way for parliament to restore public faith.

What Afrobarometer tells us about participation

The message of Citizen Engagement, Citizen Power is clear: citizens want more than just the right to vote. They want to shape decisions, hold leaders accountable, and co-create solutions to the challenges they face. Participation is not a luxury; it is central to the legitimacy and effectiveness of democratic institutions.

For parliaments, this starts with communication. Many citizens are simply unaware of what their parliament does, or how to influence it. Parliamentary websites are often out of date, social media channels underused, and legislative documents filled with inaccessible jargon.

Parliaments must use plain-language summaries, infographics and citizen-focused materials to explain key issues. This is urgent in an era of misinformation and deep fakes.

Radio remains one of the most powerful and accessible tools for democratic outreach. Legislatures already using radio programmes to explain bills and gather feedback should expand these initiatives, especially in local languages. Podcasts, public dialogues and community events can also spark engagement.

But engagement is not only about information – it is about presence. Many parliaments remain physically and culturally distant from the people they serve. Members of parliament are increasingly drawn from wealthy, business-oriented elites, creating a growing perception that parliament serves its own interests.

In earlier periods, teachers, civil servants and community leaders were more common in legislatures.

To close this gap, parliaments must invest in decentralised engagement. That includes hosting hearings outside capitals, organising outreach in rural areas, and partnering with schools, universities and faith-based institutions.

Crucially, consultation must be genuine. All too often, participation is limited to elite NGOs in urban centres. They play an important role, but are not a substitute for broad-based engagement. South Africa’s Parliamentary Democracy Office offers one model: a dedicated outreach unit working to include rural voices and translate public input into policy. Similar efforts across the continent should ensure that participation becomes routine, and that citizens can trace how their contributions affect outcomes.

Existing community structures can host citizens’ assemblies and forums. Technology can also help, but must be used inclusively. With nearly half the population living in rural areas and one-third lacking formal education, digital engagement risks excluding the very groups that most need a voice.

Participation as a democratic lifeline

The Afrobarometer report shows that citizens are not turning away from democracy itself. They are turning away from democratic institutions that don’t include them. Participation can reconnect citizens to democracy and restore trust in governance. But only if it is meaningful, sustained and inclusive.

The events in Kenya and Nigeria demonstrate the risks of exclusion. If parliaments legislate without the people, citizens will seek a voice elsewhere – through protests, populist movements, or authoritarian alternatives.

The Conversation

Temitayo Isaac Odeyemi does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. 60% of Africans don’t believe democracy is working in their interests – how parliaments can fix the problem – https://theconversation.com/60-of-africans-dont-believe-democracy-is-working-in-their-interests-how-parliaments-can-fix-the-problem-262581

Corée du Nord : comment la logistique déjoue les obstacles

Source: The Conversation – France (in French) – By Gilles Paché, Professeur des Universités en Sciences de Gestion, Aix-Marseille Université (AMU)

Comment la Corée du Nord fait-elle pour mettre à la disposition de toute sa population les biens dont elle a besoin ? Plongée dans la logistique façon Pyongyang, où le train joue un rôle essentiel.


La Corée du Nord nous apparaît le plus souvent comme une terre de secrets, avec sa dynastie de dictateurs dont on ignore presque tout, et ses frontières hermétiques qui la coupent du monde, même si des signaux à bas bruit d’un changement progressif sont identifiables. Le mystère est au moins aussi grand concernant sa logistique, parce qu’il faut bien qu’une logistique opère, comme dans n’importe quel pays, pour couvrir les besoins.

Comment les marchandises circulent-elles à travers le pays malgré la sévérité des sanctions et, donc, des contraintes imposées à la Corée du Nord ? La créativité assure en fait le bon fonctionnement d’une dictature singulière, et son exploration révèle une ingéniosité déconcertante, sachant que les chaînes logistiques n’y ressemblent à aucune autre.

L’importance du réseau ferré

En lieu et place de centres de distribution high-tech, de matériels de manutention automatisés et d’un dense réseau autoroutier, on se trouve en présence de routes de montagne sinueuses et mal entretenues, et de chemins de fer vieillissants. La majorité du réseau de 6 300 kilomètres date d’avant 1925, mais sa volumétrie est finalement comparable à celle de la France, qui dispose de 28 000 kilomètres pour une superficie quatre fois supérieure.

Chaque expédition de biens de première nécessité se présente de fait comme un casse-tête stratégique, à la recherche d’un équilibre constant entre l’utilisation au plus juste de ressources rares et le respect absolu de priorités géopolitiques. Explorer la logistique nord-coréenne est en effet autant une question technique que politique, pour une dictature soumise, comme omentionné plus haut, à des sanctions internationales très sévères.




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Tragédies ferroviaires

Le réseau ferroviaire constitue l’épine dorsale de la logistique intérieure. Les trains transportent tout : du charbon, des denrées alimentaires mais aussi des équipements industriels, reliant fermes, usines et bases militaires. Mais la vétusté endémique des infrastructures et les coupures d’électricité rendent toute planification chaotique, sans parler de possibles drames. En décembre 2023, un train à alimentation électrique a subi une chute brutale de tension, et le déraillement consécutif a causé la mort de plus de 400 personnes, mettant en lumière la fragilité structurelle du réseau ferroviaire.

Autre exemple tragique : un soldat est mort de faim à bord d’un train bloqué plusieurs jours, sans vivres ni assistance. Cet épisode dramatique, digne d’un mauvais polar, illustre la dépendance au rail, qui peut devenir un piège mortel, sachant que l’État donne toujours la priorité aux expéditions officielles, détournant trains et marchandises à destination de civils pour satisfaire prioritairement des besoins militaires, ce qui ne fut pas le cas en l’espèce pour le malheureux soldat.

Plus surprenant, les préférences de la dynastie régnante influencent directement les décisions logistiques. Des témoignages de transfuges rapportent que Kim Il-Sung et Kim Jong-il privilégiaient certaines régions selon leurs projets ou leurs caprices du moment, orientant ainsi directement la topographie des flux de transport, sans oublier que le train restait le moyen de transport le plus sécurisé à leurs yeux. Dans un tel contexte, les planificateurs aux ordres doivent bricoler des solutions adaptées. Lorsqu’une pénurie surgit, notamment pour les denrées alimentaires, ils réorganisent les chargements et les expéditions ou réacheminent en urgence les livraisons pour faire face aux exigences liées à la défense du territoire.

Une succession de mini-crises

L’acheminement de denrées alimentaires est effectivement l’un des points sensibles de la logistique nord-coréenne. La production agricole fluctue fortement selon les conditions climatiques, tandis que les pénuries d’énergie paralysent souvent la circulation des marchandises. Les camions sont rares, en étant réservés à la nomenklatura locale. Dans certaines régions, des responsables logistiques munis de bons prioritaires d’enlèvement se livrent à une “chasse aux vivres”. Par exemple, à Sinuiju et Uiju, ils écument fermes et entrepôts pour récupérer fruits, légumes et produits essentiels, souvent au détriment des locaux. Penser chaque acheminement ressemble alors à la résolution d’une succession de mini-crises.

Pour y faire face, les habitants s’appuient sur des réseaux locaux d’entraide et le travail collectif. Malgré ces défis, le pays réussit à maintenir des chaînes logistiques minimales pour ses villes et, surtout, pour ses différentes bases militaires. Ici, l’efficacité se mesure moins en référence à la vélocité des flux de biens de première nécessité que la capacité d’assurer la survie des populations et, par-dessus tout, du régime. Des itinéraires détournés, des transports nocturnes ou encore le recours à une main-d’œuvre étrangère pour pallier les défaillances logistiques témoignent d’un véritable jeu d’équilibriste, indispensable au maintien d’une dictature soumise à un isolement extrême dès lors qu’elle est devenue la neuvième puissance nucléaire de la planète.

Contournements discrets

Depuis son premier essai d’une bombe au plutonium en octobre 2006, les sanctions internationales ont poussé la Corée du Nord à développer des stratégies logistiques sophistiquées de contournement. Les frontières avec la Chine et la Russie, notamment le fleuve Tumen, servent de points de passage pour des échanges informels. Des commerçants nord-coréens, symboles d’une nouvelle classe moyenne d’entrepreneurs, les exploitent pour faire entrer des biens essentiels tels que le carburant, les médicaments et des composants technologiques, souvent via des routes maritimes non officielles. Ces activités logistiques sont rendues possibles grâce à la coopération tacite entre les autorités locales et les réseaux de contrebande.

Lesdits réseaux sont organisés et coordonnés le plus souvent par des entités liées à l’État, telles que le fameux « Bureau 39 », chargé des activités économiques illicites. Ils utilisent des navires sous pavillons de complaisance pour transporter des marchandises entre la Corée du Nord et la Chine, contournant ainsi les sanctions internationales de manière discrète puisque sont masquées l’origine et la destination réelles des cargaisons, tout en brouillant les pistes pour les autorités de contrôle.

À cela s’ajoute le fait que des diplomates nord-coréens ont été impliqués dans des activités de contrebande d’armes, utilisant leur statut pour faciliter le déroulement des opérations logistiques.

En mai 2024, AsiaPress, agence de presse japonaise travaillant avec un réseau clandestin de journalistes nord-coréens pour documenter la vie quotidienne et l’économie souterraine du pays, a révélé comment le ministère nord-coréen de la sécurité d’État (MSS) orchestre un contournement au poste frontalier du District 21, face à Hyesan. L’agence précise que, chaque jour, des camions chinois chargés de biens essentiels traversent la frontière sous l’œil vigilant des autorités nord-coréennes, un agent du MSS posté tous les 20 mètres pour superviser l’opération ! Ces flux sont initiés par le Bureau 39, qui tire profit de l’économie parallèle pour renflouer les caisses du régime, finalement grâce à une logistique soutenant un trafic autant secret que stratégique.

Une résilience jusqu’à l’invraisemblable

En fin de compte, l’élément clé à retenir de la logistique nord-coréenne est sans doute sa remarquable résilience sur le long terme. Des voies ferrées sans âge aux sentiers de montagne dérobés utilisés dans les trafics de contrebande, chaque expédition raconte une histoire de survie et d’ingéniosité. Un constat pas réellement surprenant car même dans les pays les plus isolés, et mis au ban diplomatique et économique, une logistique ad hoc s’avère indispensable à la circulation des biens et au fonctionnement d’une société.

France 24 – 2025.

Chaque déplacement prend ici la forme d’un défi permanent, comme si la Corée du Nord jouait une partie de poker sans fin contre la pénurie. La logistique n’y est pas celle de l’efficacité managériale au sens occidental du terme, mais d’une survie faite de bricolages, de détournements et de multiples astuces. Un sac de riz transporté à vélo, un wagon surchargé cahotant à 25 km/h à travers les campagnes, ou un esquif improvisé franchissant un fleuve le démontre jour après jour. Finalement, déjouer les obstacles est l’objectif principal d’une logistique nord-coréenne, pas comme les autres.

Des liens officiels avec la Russie

La résilience se renforce d’ailleurs au fil des semaines puisqu’à mesure que la guerre en Ukraine s’enlise, une partie de la logistique nord-coréenne bascule vers des échanges de plus en plus formels et nombreux avec le voisin russe. Ainsi, les livraisons d’armes destinées à la Russie, documentées par plusieurs sources, relèvent la présence d’une logistique organisée, puissante et totalement assumée, qui participe au fait de sortir la Corée du Nord de son isolement.

De même, la récente reprise de vols commerciaux entre Moscou et Pyongyang par la compagnie russe Nordwind symbolise le glissement vers une institutionnalisation incontestable des canaux officiels. En d’autres termes, la logistique nord-coréenne se révèle capable non seulement d’improviser dans l’ombre, mais aussi de se formaliser lorsque l’opportunité se présente. Une plasticité qui conforte le régime et, à ce titre, n’est certainement pas sans danger pour la sécurité à long terme de la planète.

The Conversation

Gilles Paché ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Corée du Nord : comment la logistique déjoue les obstacles – https://theconversation.com/coree-du-nord-comment-la-logistique-dejoue-les-obstacles-264074

Les bactéries miroirs pourraient conquérir la vie sur Terre : et si ce fantasme de scientifiques devenait une dangereuse réalité

Source: The Conversation – France in French (3) – By Kate Adamala, Assistant Professor of Genetics, Cell Biology and Development, University of Minnesota

À l’avenir, si des cellules synthétiques (dites « cellules miroirs »), correspondant à la version chimiquement inversée de cellules naturelles, se développaient sur Terre, quelles pourraient être les conséquences pour la santé humaine et l’environnement ? On fait le point sur les risques et les enjeux liés à cette vie miroir.


La plupart des grandes molécules biologiques, y compris toutes les protéines, l’ADN et l’ARN, s’orientent dans une direction ou dans une autre. En d’autres termes, elles sont chirales. Tout comme le gant gauche ne convient qu’à la main gauche et le gant droit à la main droite, les molécules chirales ne peuvent interagir qu’avec d’autres molécules dont la chiralité est compatible.

Deux chiralités sont possibles : gauche et droite, officiellement appelées L pour le latin laevus et D pour dexter. Toute vie sur Terre utilise des protéines L et des sucres D. Même les Archaea, un large groupe de microorganismes à la composition chimique inhabituelle, respectent cette règle concernant la chiralité des principales molécules qu’ils utilisent.

Depuis longtemps, les scientifiques spéculent sur la possibilité de créer des biopolymères qui reproduiraient les composés présents dans la nature, mais dans une orientation opposée, à savoir des composés constitués de protéines D et de sucres L. Ces dernières années, des avancées prometteuses ont été réalisées, notamment à travers la mise au point d’enzymes capables de fabriquer des ARN miroirs et des ADN miroirs.

Diagramme de deux modèles moléculaires qui sont des images miroirs l’un de l’autre, comme les deux mains sur lesquelles ils sont superposés
La chiralité désigne le fait qu’un élément ne peut pas être superposé à son image miroir, comme c’est le cas pour vos mains.
NASA

Quand les scientifiques ont observé que ces molécules miroirs se comportaient exactement comme leurs équivalents naturels, ils ont estimé qu’il serait possible de créer une cellule vivante complète à partir de ces molécules. Les bactéries miroirs, en particulier, ont le potentiel pour constituer des outils de recherche fondamentale précieux, ce qui pourrait peut-être permettre aux scientifiques d’étudier pour la première fois un nouvel arbre de la vie et de résoudre de nombreux problèmes en bioingénierie et biomédecine.

Cette « vie miroir », comme on la surnomme – faite de cellules vivantes constituées d’éléments de base ayant une chiralité opposée à celle des éléments qui composent la vie naturelle –, pourrait avoir des propriétés très similaires à celles des cellules vivantes naturelles. Ces cellules miroirs pourraient vivre dans le même environnement, se disputer les ressources et se comporter comme n’importe quel organisme vivant. Elles seraient capables d’échapper aux infections d’autres prédateurs et aux systèmes immunitaires, car ces adversaires ne seraient pas en mesure de les reconnaître.

Ses caractéristiques justifient pourquoi des chercheurs et chercheuses comme moi ont été immédiatement attirés par la vie miroir. Mais ses qualités constituent également des défauts majeurs qui permettent d’appréhender les problèmes posés par cette technologie.

Je suis spécialiste de la biologie de synthèse, j’étudie les façons d’utiliser la chimie pour créer des cellules vivantes. Je suis également bioingénieure et je développe des outils pour la bioéconomie.

En qualité de chimiste de formation, la vie miroir m’est d’abord apparue comme un moyen fascinant de répondre à des questions fondamentales sur la biologie et d’appliquer concrètement ces découvertes à l’industrie et à la médecine. Cependant, à mesure que j’en apprenais davantage sur l’immunologie et sur l’écologie de la vie miroir, j’ai pris conscience des conséquences potentielles de cette technologie sur l’environnement et sur la santé.

De réelles inquiétudes fondées sur une hypothétique « vie miroir »

Il est important de noter que les chercheurs seront probablement, d’ici dix ans à trente ans, en mesure de créer des bactéries miroirs. À l’échelle d’un domaine en perpétuelle évolution, comme la biologie de synthèse, une décennie correspond à une très longue période. La création de cellules synthétiques est difficile en soi et la création de cellules miroirs nécessiterait plusieurs avancées techniques.

Cependant, cela comporterait un risque. Si des cellules miroirs étaient libérées dans l’environnement, elles seraient probablement capables de proliférer rapidement sans grande restriction. Les mécanismes naturels qui maintiennent l’équilibre des écosystèmes, notamment les infections et la prédation, ne fonctionneraient pas sur la vie miroir.

Les bactéries, comme la plupart des formes de vie, sont sensibles aux infections virales. Des virus bactériens, ou bactériophages, pénètrent dans les bactéries en se liant à leurs récepteurs de surface, puis utilisent leur machinerie cellulaire pour se répliquer.

Mais tout comme un gant gauche ne convient pas à une main droite, les bactériophages naturels ne reconnaîtraient pas les récepteurs cellulaires miroirs et ne pourraient pas utiliser leur mécanisme. La vie miroir serait probablement résistante aux virus.

Image microscopique de nombreuses boules géométriques fixées à une sphère translucide par de fins filaments
Les bactéries miroirs pourraient être capables d’échapper aux bactériophages censés contribuer à les maintenir sous contrôle. Ici, plusieurs bactériophages sont fixés à la paroi cellulaire d’une bactérie.
Professor Graham Beards/Wikimedia, CC BY-SA

Les microorganismes qui se nourrissent dans l’environnement contribuent également à maintenir les populations de bactéries sous contrôle. Ils distinguent les aliments des non aliments à l’aide de récepteurs chimiques « gustatifs ». Tout ce à quoi ces récepteurs se lient, comme les bactéries et les débris organiques, est considéré comme comestible.

À l’inverse, les éléments qui ne peuvent pas se lier à ces récepteurs, comme les roches, sont classés comme non comestibles. Pensez à un chien qui fouille le sol de la cuisine : il mangera un morceau de pain, mais se contentera de renifler une cuillère avant de passer à autre chose. Pour les prédateurs des bactéries, la vie en miroir ressemblerait davantage à une cuillère qu’à du pain : les prédateurs la « renifleraient » avec leurs récepteurs et passeraient à autre chose, car ces cellules ne peuvent pas se lier à eux.

La garantie d’être en sécurité contre le risque d’être mangées serait une excellente nouvelle pour les bactéries miroirs, car cela leur permettrait de se reproduire librement. Ce serait une bien moins bonne nouvelle pour le reste de l’écosystème, car les bactéries miroirs pourraient accaparer tous les nutriments et se propager de manière incontrôlable.

Même si les bactéries miroirs n’attaquaient pas activement les autres organismes, elles consommeraient tout de même les sources de nourriture dont les autres organismes ont besoin. Et comme les cellules miroirs auraient un taux de mortalité beaucoup plus faible que les organismes normaux en raison de l’absence de prédation, elles prendraient lentement, mais sûrement, le contrôle de l’environnement.

Même si les cellules miroirs se développaient plus lentement que les cellules normales, elles seraient capables de se développer sans que rien ne les arrête.

Une immunité insuffisante

Un autre mécanisme de contrôle biologique qui ne serait pas capable de « détecter » les cellules miroirs est le système immunitaire.

Vos cellules immunitaires vérifient constamment tout ce qu’elles trouvent dans votre sang. L’arbre décisionnel d’une cellule immunitaire est assez simple. Tout d’abord, il détermine si quelque chose est vivant ou non, puis il le compare à la base de données du « soi » – vos propres cellules. Si cet élément est vivant mais ne fait pas partie de vous, il doit être détruit. Les cellules miroirs ne passeraient probablement pas la première étape de ce filtrage : elles ne provoqueraient pas de réponse immunitaire, car le système immunitaire ne serait pas capable de reconnaître ou de se lier aux antigènes des cellules miroirs. Cela signifie que les cellules miroirs pourraient infecter une large variété d’hôtes, une situation sans précédent.

Vous pensez certainement qu’une infection causée par des bactéries miroirs pourrait être traitée avec des antibiotiques de même nature. Cela fonctionnerait probablement, et ce serait même moins agressif pour votre intestin qu’un traitement antibiotique classique. En effet, comme les antibiotiques présentent également une polarité, les versions miroirs de ces médicaments n’auraient aucun effet sur votre microbiome intestinal, tout comme les antibiotiques classiques n’ont aucun effet sur les cellules miroirs.

Mais les humains ne représentent qu’une petite partie de l’écosystème. Tous les autres animaux et plantes peuvent également être sensibles à une infection par des pathogènes miroirs. S’il est possible d’imaginer que l’on puisse développer des antibiotiques miroirs pour traiter les infections humaines, il est physiquement impossible de traiter l’ensemble du monde végétal et animal.

Si tous les organismes sont sensibles à une infection, même lente, par des bactéries miroirs, il n’existe aucun traitement efficace qui puisse être déployé à l’échelle de l’ensemble de l’écosystème.

Mieux vaut prévenir que guérir

La vie miroir est un sujet de recherche passionnant et un outil potentiellement efficace pour des applications pratiques en médecine et en biotechnologie. Mais pour de nombreux scientifiques, dont je fais partie, aucun de ces avantages ne compense les graves conséquences que la vie miroir peut avoir sur la santé humaine et sur l’environnement.

Avec un groupe de chercheurs en immunologie, en écologie, en biosécurité et en sécurité, dont certains ont déjà travaillé activement sur la vie miroir, nous avons mené une analyse approfondie des motifs d’inquiétudes possibles concernant la création de la vie miroir. Quelle que soit la manière dont la question était examinée, de front ou à travers le miroir, nos conclusions étaient claires : les avantages potentiels de la création de la vie miroir ne valent pas les risques encourus.

« La vie en miroir est scientifiquement séduisante, mais éthiquement peu pertinente », CBC News.

Il n’existe aucun moyen de rendre quoi que ce soit totalement infaillible, y compris les dispositifs de sécurité intégrés à une cellule miroir, censés prévenir le risque de rejet accidentel ou délibéré dans l’environnement. Les chercheurs travaillant dans ce domaine, dont nous-mêmes, pouvons trouver cela décevant. Mais ne pas fabriquer de cellules miroirs peut garantir la sécurité et la sûreté de la planète. Une discussion plus approfondie au sein de la communauté scientifique mondiale, afin d’identifier les types de recherches sur les biomolécules miroirs et les technologies connexes les plus sûres, et réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour réglementer ces recherches, peut contribuer à prévenir les dangers potentiels.

Conserver les cellules miroirs à l’intérieur du miroir, plutôt que de les rendre physiquement réelles, est le moyen le plus sûr de garantir la sécurité.

The Conversation

Kate Adamala ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les bactéries miroirs pourraient conquérir la vie sur Terre : et si ce fantasme de scientifiques devenait une dangereuse réalité – https://theconversation.com/les-bacteries-miroirs-pourraient-conquerir-la-vie-sur-terre-et-si-ce-fantasme-de-scientifiques-devenait-une-dangereuse-realite-257145

Budget Bayrou : voter la confiance, puis l’amender peut être une bonne option

Source: The Conversation – France in French (3) – By François Langot, Professeur d’économie, Directeur adjoint de l’i-MIP (PSE-CEPREMAP), Le Mans Université

Lundi 1er septembre, le premier ministre, François Bayrou, débute des consultations avec les principaux leaders politiques à propos de son projet de budget pour 2026. Un autre budget est-il possible ? Peut-on à la fois réduire l’endettement, sans casser la croissance, tout en réduisant les inégalités ?


Cette année, l’État français versera 68 milliards d’intérêts aux marchés financiers. Au-delà de cette dépense contrainte, il déboursera 91 milliards d’euros de plus que ses recettes : le total de ses dépenses hors charges d’intérêts sera de 1 627 milliards d’euros, alors qu’il ne percevra « que » 1 535 milliards de recettes. Ce sont donc 159 milliards d’euros (91+68) qu’il faudra « trouver » en 2025, puis 170 milliards d’euros en 2026, si rien ne change dans la gestion des finances publiques.

Une gestion de la dette plus difficile

Pour s’opposer aux changements proposés par le gouvernement Bayrou, certains affirment que le niveau de la dette publique n’est pas un problème. Ils ont raison, mais uniquement dans un contexte particulier : si l’augmentation de la richesse créée en France chaque année à l’avenir est suffisante pour compenser les intérêts payés chaque année. Les prévisions pour 2025 indiquent que le taux d’intérêt sur la dette sera de 2,2 %, alors que la croissance ne sera que de 2 %. Il y aura donc un besoin de financement d’environ 7 milliards d’euros en 2025.

Même si les dépenses de l’État hors charges d’intérêts étaient égales à ses recettes, le surplus de revenus créés en 2025 serait inférieur de 7 milliards d’euros aux intérêts à couvrir sur la dette publique. Cela augmentera mécaniquement le ratio dette/PIB (la dette, augmentée de ses intérêts, croissant plus vite que le PIB). Pour 2026, la hausse des taux d’intérêt et le contexte international morose ne laissent pas envisager une croissance économique supérieure au taux d’intérêt, permettant de stabiliser la dette, même si les dépenses hors charges d’intérêts étaient égales aux recettes publiques.

Ainsi, le contexte conjoncturel (faible croissance et hausse des taux d’intérêt) doit conduire à s’inquiéter du niveau de la dette : plus il est élevé, plus un taux d’intérêt élevé par rapport au taux de croissance créera de nouveaux besoins de financement, faisant alors exploser la dette. Cette hausse de la charge d’intérêts a évidemment des conséquences immédiates : à niveau de recettes égales, les euros qui y sont consacrés ne peuvent servir à financer l’école, la santé, la sécurité ou les transferts aux ménages.




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Ne pas voter la confiance, si celle-ci porte sur l’état des finances publiques et le montant d’efforts budgétaires à fournir pour contenir la hausse de la dette, ne semble donc pas fondée économiquement. Toutefois, les pistes avancées par le premier ministre le 15 juillet dernier pourraient être amendées, notamment pour conjuguer la réduction de la dette et la préservation de la croissance économique. Cette dernière est d’autant plus nécessaire qu’elle peut contribuer à la réduction du poids la dette.

Un budget pour la croissance qui réduit les inégalités

Tout en réduisant l’écart entre les dépenses hors charges d’intérêts et les recettes publiques, afin de ne pas accroître comptablement l’endettement, ces amendements doivent alors poursuivre un double objectif :

  • soutenir la croissance, car elle facilite la gestion des finances publiques en finançant la charge des intérêts

  • et contenir les inégalités économiques pour que les mesures prises soient majoritaires approuvées dans l’opinion.

Ces mesures budgétaires doivent être calibrées afin qu’elles réduisent graduellement le déficit, d’au moins 40 milliards d’euros en 2026, puis d’une séquence à déterminer pour que le déficit soit ramené à 3 % du PIB en 2029 conformément aux engagements européens de la France). Pour que ces mesures soient efficaces, elles doivent cibler les baisses de dépenses et les hausses de recettes qui réduisent le moins la croissance et n’augmentent pas les inégalités.

Réduire les dépenses plutôt qu’augmenter les prélèvements

Les évaluations faites par le Cepremap et l’i-MIP des deux derniers budgets proposés par les gouvernements Barnier et Bayrou (voir les notes du Cepremap et de l’i-MIP), ont montré que deux types de mesures réduisent fortement la croissance : d’une part, les coupes dans les dépenses de fonctionnement de l’État et des collectivités, et d’autre part, les hausses de prélèvements, ces derniers réduisant peu le déficit du faut des réductions d’assiette qu’ils provoquent.

En revanche, les réductions des transferts indexés sur les revenus du travail (retraites et allocations chômage) permettent à la fois de réduire le déficit et de soutenir la croissance. En effet, ces économies affecteront les seniors qui peuvent, pour les compenser, puiser dans leur épargne s’ils sont retraités ou travailler plus longtemps s’ils sont encore actifs.

Ces mesures permettront à la fois de soutenir la demande par la remise en circulation de l’excès d’épargne accumulée depuis la crise du Covid – principalement par les plus de 60 ans, selon l’Insee (2025) – et d’accroître le taux d’emploi, encore trop faible en France, deux leviers fondamentaux de la croissance. Afin de ne pas creuser les inégalités, les transferts d’assistance, tels que le minimum vieillesse, peuvent être accrus, car tous les seniors ne disposent pas d’épargne ou d’opportunités pour prolonger leur activité.

Graphique 1 : Évolutions depuis 1995 des dépenses et des recettes de l’État (en pourcentage du PIB). Les écarts au début de chaque mandat présidentiel sont en point de pourcentage, comme l’écart minimal (vert) et l’écart maximal (en orange)


Fourni par l’auteur

Quelles dépenses cibler ? Corriger les déséquilibres passés

Respectant le cadrage budgétaire proposé par le gouvernement Bayrou, les amendements au budget doivent aussi corriger de certains déséquilibres passés. Les évolutions historiques des dépenses publiques et des recettes de l’État indiquent, contrairement aux analyses trop partielles, que les prélèvements sont encore au-dessus de leur niveau moyen de 0,4 point de pourcentage, alors que les dépenses sont encore à plus 3 points au-dessus de leur niveau moyen (entre 1995 et aujourd’hui, les recettes représentent 51 % du PIB et les dépenses 54 %, voir graphique 1). Courir après la hausse des dépenses en augmentant les prélèvements ne semble donc pas être une évidence aujourd’hui.

France 24 – 2025.

L’ouverture de négociations que le premier ministre propose doit alors permettre de mieux cibler les mesures réduisant les dépenses. Pour mener cette négociation, les mesures sélectionnées doivent, en premier lieu, soutenir la croissance et contenir les inégalités économiques en favorisant celles qui augmentent la consommation des ménages et le taux d’emploi, et en second lieu, tenir compte des évolutions passées, certains postes de dépenses ayant déjà connu des dérives tendancielles.

Le graphique 2 montre que si la baisse continue de la part des dépenses consacrées au fonctionnement de l’État peut se justifier (-4 points au total), celle consacrée à l’enseignement est plus surprenante (-1,5 point au total), contrastant, en particulier, avec la hausse continue de celle consacrée à la santé (+ 3,3 points au total). Si la perspective est de soutenir la croissance et de contenir les inégalités, il serait opportun d’arrêter de réduire le soutien aux affaires économiques observé pendant la présidence d’E. Macron – comme cela avait aussi le cas pendant celle de J. Chirac, alors qu’il avait fortement crû pendant celle de F. Hollande –, mais aussi parvenir à contenir la part des dépenses consacrées à la protection sociale, en hausse de 1,4 point de PIB depuis 1995. Le choix des postes où se feront les économies budgétaires ne peut donc pas être indépendant des relatifs efforts précédemment consentis et de leurs impacts sur la croissance.

Graphique 2 : Évolutions par mandat présidentiel des dépenses de l’État (en pourcentage du PIB) par postes


Lecture : pendant les présidences de J. Chirac, N. Sarkozy et F. Hollande, les dépenses de protection sociale ont augmenté de 1,2, 1 et 0,3 point de pourcentage respectivement (soit au total une hausse de 2,5 points) et baissé de 1,1 point pendant la présidence d’E. Macron.

The Conversation

François Langot ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Budget Bayrou : voter la confiance, puis l’amender peut être une bonne option – https://theconversation.com/budget-bayrou-voter-la-confiance-puis-lamender-peut-etre-une-bonne-option-264166

AI has a hidden water cost − here’s how to calculate yours

Source: The Conversation – USA (2) – By Leo S. Lo, Dean of Libraries; Advisor to the Provost for AI Literacy; Professor of Education, University of Virginia

How many AI queries does it take to use up a regular plastic water bottle’s worth of water? kieferpix/iStock/Getty Images Plus

Artificial intelligence systems are thirsty, consuming as much as 500 milliliters of water – a single-serving water bottle – for each short conversation a user has with the GPT-3 version of OpenAI’s ChatGPT system. They use roughly the same amount of water to draft a 100-word email message.

That figure includes the water used to cool the data center’s servers and the water consumed at the power plants generating the electricity to run them.

But the study that calculated those estimates also pointed out that AI systems’ water usage can vary widely, depending on where and when the computer answering the query is running.

To me, as an academic librarian and professor of education, understanding AI is not just about knowing how to write prompts. It also involves understanding the infrastructure, the trade-offs, and the civic choices that surround AI.

Many people assume AI is inherently harmful, especially given headlines calling out its vast energy and water footprint. Those effects are real, but they’re only part of the story.

When people move from seeing AI as simply a resource drain to understanding its actual footprint, where the effects come from, how they vary, and what can be done to reduce them, they are far better equipped to make choices that balance innovation with sustainability.

2 hidden streams

Behind every AI query are two streams of water use.

The first is on-site cooling of servers that generate enormous amounts of heat. This often uses evaporative cooling towers – giant misters that spray water over hot pipes or open basins. The evaporation carries away heat, but that water is removed from the local water supply, such as a river, a reservoir or an aquifer. Other cooling systems may use less water but more electricity.

The second stream is used by the power plants generating the electricity to power the data center. Coal, gas and nuclear plants use large volumes of water for steam cycles and cooling.

Hydropower also uses up significant amounts of water, which evaporates from reservoirs. Concentrated solar plants, which run more like traditional steam power stations, can be water-intensive if they rely on wet cooling.

By contrast, wind turbines and solar panels use almost no water once built, aside from occasional cleaning.

Large concrete towers emit vapor into the atmosphere.
Cooling towers, like these at a power plant in Florida, use water evaporation to lower the temperature of equipment.
Paul Hennessy/SOPA Images/LightRocket via Getty Images

Climate and timing matter

Water use shifts dramatically with location. A data center in cool, humid Ireland can often rely on outside air or chillers and run for months with minimal water use. By contrast, a data center in Arizona in July may depend heavily on evaporative cooling. Hot, dry air makes that method highly effective, but it also consumes large volumes of water, since evaporation is the mechanism that removes heat.

Timing matters too. A University of Massachusetts Amherst study found that a data center might use only half as much water in winter as in summer. And at midday during a heat wave, cooling systems work overtime. At night, demand is lower.

Newer approaches offer promising alternatives. For instance, immersion cooling submerges servers in fluids that don’t conduct electricity, such as synthetic oils, reducing water evaporation almost entirely.

And a new design from Microsoft claims to use zero water for cooling, by circulating a special liquid through sealed pipes directly across computer chips. The liquid absorbs heat and then releases it through a closed-loop system without needing any evaporation. The data centers would still use some potable water for restrooms and other staff facilities, but cooling itself would no longer draw from local water supplies.

These solutions are not yet mainstream, however, mainly because of cost, maintenance complexity and the difficulty of converting existing data centers to new systems. Most operators rely on evaporative systems.

A simple skill you can use

The type of AI model being queried matters, too. That’s because of the different levels of complexity and the hardware and amount of processor power they require. Some models may use far more resources than others. For example, one study found that certain models can consume over 70 times more energy and water than ultra‑efficient ones.

You can estimate AI’s water footprint yourself in just three steps, with no advanced math required.

Step 1 – Look for credible research or official disclosures. Independent analyses estimate that a medium-length GPT-5 response, which is about 150 to 200 words of output, or roughly 200 to 300 tokens, uses about 19.3 watt-hours. A response of similar length from GPT-4o uses about 1.75 watt-hours.

Step 2 – Use a practical estimate for the amount of water per unit of electricity, combining the usage for cooling and for power.

Independent researchers and industry reports suggest that a reasonable range today is about 1.3 to 2.0 milliliters per watt-hour. The lower end reflects efficient facilities that use modern cooling and cleaner grids. The higher end represents more typical sites.

Step 3 – Now it’s time to put the pieces together. Take the energy number you found in Step 1 and multiply it by the water factor from Step 2. That gives you the water footprint of a single AI response.

Here’s the one-line formula you’ll need:

Energy per prompt (watt-hours) × Water factor (milliliters per watt-hour) = Water per prompt (in milliliters)

For a medium-length query to GPT-5, that calculation should use the figures of 19.3 watt-hours and 2 milliliters per watt-hour. 19.3 x 2 = 39 milliliters of water per response.

For a medium-length query to GPT-4o, the calculation is 1.75 watt-hours x 2 milliliters per watt-hour = 3.5 milliliters of water per response.

If you assume the data centers are more efficient, and use 1.3 milliliters per watt-hour, the numbers drop: about 25 milliliters for GPT-5 and 2.3 milliliters for GPT-4o.

A recent Google technical report said a median text prompt to its Gemini system uses just 0.24 watt-hours of electricity and about 0.26 milliliters of water – roughly the volume of five drops. However, the report does not say how long that prompt is, so it can’t be compared directly with GPT water usage.

Those different estimates – ranging from 0.26 milliliters to 39 milliliters – demonstrate how much the effects of efficiency, AI model and power-generation infrastructure all matter.

Comparisons can add context

To truly understand how much water these queries use, it can be helpful to compare them to other familiar water uses.

When multiplied by millions, AI queries’ water use adds up. OpenAI reports about 2.5 billion prompts per day. That figure includes queries to its GPT-4o, GPT-4 Turbo, GPT-3.5 and GPT-5 systems, with no public breakdown of how many queries are issued to each particular model.

Using independent estimates and Google’s official reporting gives a sense of the possible range:

  • All Google Gemini median prompts: about 650,000 liters per day.
  • All GPT 4o medium prompts: about 8.8 million liters per day.
  • All GPT 5 medium prompts: about 97.5 million liters per day.
A small black spigot spews a stream of water over a green grass lawn.
Americans use lots of water to keep gardens and lawns looking fresh.
James Carbone/Newsday RM via Getty Images

For comparison, Americans use about 34 billion liters per day watering residential lawns and gardens. One liter is about one-quarter of a gallon.

Generative AI does use water, but – at least for now – its daily totals are small compared with other common uses such as lawns, showers and laundry.

But its water demand is not fixed. Google’s disclosure shows what is possible when systems are optimized, with specialized chips, efficient cooling and smart workload management. Recycling water and locating data centers in cooler, wetter regions can help, too.

Transparency matters, as well: When companies release their data, the public, policymakers and researchers can see what is achievable and compare providers fairly.

The Conversation

Leo S. Lo does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. AI has a hidden water cost − here’s how to calculate yours – https://theconversation.com/ai-has-a-hidden-water-cost-heres-how-to-calculate-yours-263252

Teachers are key to students’ AI literacy, and need support

Source: The Conversation – Canada – By Sue Mylde, Doctoral Student, EdD., Learning Sciences, Werklund School of Education, University of Calgary

With the rapid advancement of generative artificial intelligence (GenAI), teachers have been thrust into a new and ever-shifting classroom reality.

The public, including many students, now has widespread access to GenAI tools and large language models (LLMs). Students sometimes use these tools with schoolwork. School boards have taken different approaches to regulating or integrating tech in classrooms. Teachers, meanwhile, find themselves responding to these paradigm shifts while juggling student needs and wider expectations.

The Canadian Teachers’ Federation (CTF) has called on the federal government and the Council of Ministers of Education, Canada to work with provinces and territories to enact enforceable policies that protect student privacy and data security, regulate how AI is used in classrooms and promote responsible and ethical use of AI systems.

The federation acknowledges AI tools have the potential to enhance teaching and learning; it also express concern about regulatory gaps that leave students exposed to risks like data breaches, algorithmic bias and decline in education standards.

As researchers whose combined work focuses on professional learning and AI in education, as well as professional practice standards and innovations in education, we believe commitments are needed not just in the form of policies, but also procedures and practices which develop AI competencies for teachers. We argue these should span both initial teacher education programs and ongoing professional learning.




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Many questions raised for teachers

AI raises many questions about the purpose of education, including questions around academic integrity and how education can uphold fairness and equity. Questions include:

Teachers are uniquely positioned to help guide students as they grapple with the existential and social implications of AI alongside practical concerns for their own and students’ futures. Teachers cannot face this complex challenge alone — they need support and to feel skilled and empowered to fulfil this important role.

Empowering teachers

There’s a growing international consensus echoed by calls to action that teachers are essential players as learners develop AI literacy.

The CTF calls for the role of teachers “in creating caring, human-centred classrooms” to be prioritized “in all AI policy development to ensure Canadian students enjoy their right to a quality education.”

As provinces establish their own recommended approaches around AI and education, education and government agencies are partnering to support innovation and programs for the development of AI literacy.

Guidance created through government, research and not-for profit tech partnerships or tech company partnerships can also be consulted.

Despite growing resources, the development of AI technology continues to outpace implementation support and essential training for teachers. This widening gap between teacher competencies and the demands of an AI-infused classroom is unsustainable.

This is not merely about keeping pace with technology; it’s about equipping teachers to guide the next generation in a world transformed by AI.

People meeting around a table.
Teachers need tailored professional education, support and learning opportunities to make informed choices about AI in their classrooms.
(Allison Shelley/EDUimages), CC BY-NC

Equipping teachers

A holistic approach to prepare teachers for different issues at stake with AI-enhanced classrooms is needed.

Teachers need:

1. Supported forums to address critical awareness of AI’s impacts: Teacher education and professional development spaces could allow forums for teachers to address issues such as: helping students examine AI’s societal impacts, including the ethics of AI use; environmental concerns; privacy concerns, misinformation, labour displacement and bias; how AI works within social media algorithms; personalized advertising; social-emotional support chatbots. These conversations are central to AI literacy.




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2. Foundational knowledge of AI: Teachers need a baseline understanding of how AI works, including its limitations, biases and design. They don’t need to be computer scientists, but they do need to be aware of what tools are available to them, learn how to make informed pedagogical and ethical choices about potentially using AI and understand how to use tools.

3. To be equipped with strategies to meaningfully integrate AI into teaching and learning, which requires asking why and when to integrate AI in learning.

4. Design-based professional learning: teachers need time and space to learn from each other. AI is evolving quickly, and teachers need professional learning communities where they can share ideas, design and test new approaches, and reflect on their experiences. Effectively using GenAI tools requires varied knowledge. Research-practice partnerships where researchers and practitioners work together, and professional learning that is responsive to teachers’ specific contexts and practices hold promise for developing AI competencies. This could look like using AI as a professional learning tool to design activities that foster creativity or exploring using AI to support differentiated learning and promote inquiry.

By empowering teachers with skills and confidence in AI use, they can continue to guide students and shape students’ critical and responsible engagement with this technology.

A shared responsibility

Teachers cannot do this alone. Successfully integrating AI into education requires a concerted and collaborative effort from all stakeholders within the educational ecosystem. This vital partnership includes governing bodies, school boards and school leaders and teachers and researchers, who are instrumental in leading this transformation.

Together, these partners can help establish clear, strategic mandates for AI integration and dedicate robust funding for essential tools and comprehensive training and research to foster innovative spaces where educators and researchers can experiment and study practices.

Research is needed to assess the broader effects of AI use, for example, on critical thinking and cognitive offloading, to evaluate and understand the impacts of this technology in education. Supports are needed to ensure that AI adoption is not haphazard, but strategic and equitable across all jurisdictions.

Implementation should also consider teacher burnout and the existing responsibilities that teachers carry. What can be removed, and what robust supports can be provided so teachers can take this on without compromising their well-being or effectiveness?

Professional learning for educational uses of AI is already taking root through informal peer-to-peer networks and diverse formal experiences. These include academic institutions, bodies like the not-for-profit organizations International Society for Technology in Education or the Alberta Machine Intelligence Institute
and charitable organization Let’s Talk Science among many others. These existing pathways can be leveraged and scaled with targeted support to bridge the current preparation gap.

It’s time for policymakers to recognize that investing in teachers is one of the most powerful ways we can invest in our students and in a better future for all of us.

The Conversation

Barbara Brown receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council.

Sue Mylde does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Teachers are key to students’ AI literacy, and need support – https://theconversation.com/teachers-are-key-to-students-ai-literacy-and-need-support-260390

Warming temperatures affect glaciers’ ability to store meltwater, contributing to rising sea levels

Source: The Conversation – Canada – By Danielle Halle, PhD Candidate, Glaciology, University of Waterloo

In higher elevations, firn, frozen water that is something between snow and ice, covers the top of glaciers. Firn plays a critical role in regulating glacial meltwater and sea level rise.

It does this by absorbing meltwater, the water released by melting glaciers. The ability of the firn layer to absorb meltwater — its “sponginess” — can be determined by the amount of pore space available, which is impacted by several variables such as temperature, firn grain size and presence of ice layers within the firn layer. A more spongy firn layer allows for more meltwater to be stored as it trickles down and refreezes when it reaches colder temperatures at depth.

Layers of firn can exist between refrozen ice layers. The greater the number of refrozen ice layers there are embedded within the firn layer, the more intense a melt period has been. These layers can act as a barrier against meltwater being stored within the spongy firn layer, forcing the meltwater to flow to lower elevations, eventually exiting the glacier as runoff into the ocean.

Glacial loss

The Devon Ice Cap is located within Inuit Nunangat, the homelands of the Inuit. It is one of the largest ice caps in the Canadian Arctic at approximately 14,000 square kilometres in area and with a maximum thickness of approximately 880 metres.

The Devon Ice Cap is one of many ice masses that play a vital role in the Arctic ecosystem, including in the nearshore marine ecosystem.

a map showing the location of the Devon ice cap
A 1969 map of the Devon Ice Cap, Nvt.
(Glacier Atlas of Canada/Government of Canada)

Our research team found that the Devon Ice Cap in Nunavut experienced a decrease in the amount of refrozen glacial meltwater in its firn layer. This was caused by the cooler-than-average summer air temperatures the region experienced in 2021.

Air temperature and glacier melt are closely related, and our research shows how the firn layer is affected by climate changes. It also highlights the fact that climate change does not happen in a linear fashion. Rather, temperatures fluctuate while trending globally towards glacial loss.

Comparing data

We observed how much ice was in the firn layer by extracting six shallow firn cores from different elevations in 2022 and comparing them to cores extracted in 2012.

We found that at the lowest elevation sites on the ice cap (1,400 metres above sea level), where air temperatures are expected to be warmer than at higher elevations, the amount of refrozen meltwater content decreased by nearly 30 per cent. Conversely, at the highest elevation site (1,800 metres above sea level, where temperatures are colder), the decrease was about 11 per cent. These changes occurred despite higher average summer temperatures between 2012 and 2022.

a researcher site on ice
Documenting the different layers of the firn cores collected fromt the Devon Ice Cap in 2022.
(B. Danielson), CC BY

Greenland Ice Sheet

A similar pattern was also observed on the Greenland Ice Sheet in 2019. Researchers there found less glacial meltwater had refrozen within the firn layer along several points.

The decrease in frozen meltwater seen in the Greenland Ice Sheet’s firn layer had also occurred during a time of less surface melt. Less surface melt in one year can help to increase meltwater storage in the firn layer in following years.

Overall, it was found that in the long term, the Greenland Ice Sheet is more sensitive to warming than cooling. In other words, one extreme year of summer heat had a greater impact on the amount of meltwater compared to other cooler years when meltwater was temporarily stored.

Eventually, the Greenland Ice Sheet and other ice masses across the globe will reach a peak refreezing point, where meltwater can no longer be stored within the firn layer because so much has already accumulated, creating an impermeable layer of ice. Instead of this water being stored in the firn layer, it will run through and off the glacier.

Future measurements

Our findings show how the firn layer responds to one summer of below-average air temperatures. A reduction in the amount of refrozen glacial meltwater stored means an increase in the glacier’s capacity to store meltwater for the next season. This demonstrates the firn layer’s ability to potentially reduce meltwater runoff during a given year.

The future of the glaciers and ice caps in the Canadian Arctic will depend on changes in global temperatures and how glacial physical processes respond. The Canadian Arctic consists of 14 per cent of the world’s glaciers and ice caps by volume, and melting glaciers in the region are projected to be one of the greatest contributors to sea-level rise in the next century.

A better understanding of firn processes and changes in porosity will help researchers quantify how much and when sea level rises are expected from the Canadian Arctic glaciers.

The Conversation

Danielle Halle receives funding from POLAR knowledge Canada, Northern Scientific Training Program, Ontario Graduate Scholarship and the University of Waterloo.

Wesley Van Wychen does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Warming temperatures affect glaciers’ ability to store meltwater, contributing to rising sea levels – https://theconversation.com/warming-temperatures-affect-glaciers-ability-to-store-meltwater-contributing-to-rising-sea-levels-240628

New study shows how Amazon trees use recent rainfall in the dry season and support the production of their own rain

Source: The Conversation – Canada – By Magali Nehemy, Assistant Professor, Department of Earth & Environmental Science, University of British Columbia

The Amazon is the world’s largest tropical forest, home to unmatched biodiversity and one of the planet’s longest rivers. Besides the Amazon River, the Amazon rainforest also features “flying rivers:” invisible streams of vapour that travel through the atmosphere, fuelling rainfall both within the forest and far beyond its boundaries.

The forests play a central role in this system. Much of the moisture that rises into the atmosphere comes from transpiration. Trees pull water from the soil through their roots, transport it to the leaves and release it as vapour. That vapour becomes rainfall — sometimes locally, sometimes hundreds of kilometres away.

In the dry season when rain is scarce, up to 70 per cent of rainfall in the Amazon comes from this moisture-recycling generated by the forest itself. This raises a key question: where do the trees find the water to keep the cycle going during the driest months?

Our study in the Tapajós National Forest

In our recent study, colleagues and I set out to answer this question. In 2021 during the peak of the dry-season, we conducted fieldwork in the Tapajós National Forest, in Pará state, Brazil on the traditional territory of the Mundurukú people.

We worked across two contrasting sites: a hilltop forest with a deep water table (about 40 metres), and a valley forest near a stream where groundwater is much shallower.

The results were surprising. Most water used for transpiration in the dry season did not come from deep reserves, but from shallow soil. In a year without extreme drought or floods, 69 per cent of transpiration on the hill and 46 per cent in the valley came from the top 50 centimetres of soil.

Our research also found that water stored in the shallow soil had fallen on land recently, specifically during the dry season. In other words, the forest rapidly recycles the rain: it falls, infiltrates shallow soil, is absorbed by roots and is released back into the atmosphere, fuelling new rainfall — right when the forest needs water most.

The role of tree diversity

Not all trees contribute to this cycle equally. The Amazon’s diversity means species use different strategies to access water stored in the soil. Our study showed that a key factor is “embolism resistance,” a measure of how well a tree can keep water moving through its tissues during drought.

Trees that are more resistant in preventing air blockages in their water transport system are able to keep drawing water from soil and releasing moisture into the atmosphere, even in the driest months.

Drawing water from dry soil is like a tug-of-war, where water is the rope: the soil holds onto the water while the roots try to pull it free. The drier the soil, the stronger the pull required.

Species with high embolism resistance can keep transpiring as soils dry, therefore they can rely on recently fallen rain in shallow soil. Less resistant species are more drought-sensitive and will rely more on deeper roots to reach stable reserves, or other strategies.

Our study shows that the higher the resistance to embolism, the higher the proportion of shallow water a tree uses, and therefore the more recent rainfall from the dry season is returned to the atmosphere. This is the first evidence that rapid recycling of dry-season rainfall through transpiration is strongly supported by embolism resistance.

The challenge ahead

Rainforests are facing significant threats of human encroachment and deforestation. Recent policy changes in Brazil risk accelerating deforestation in sensitive areas such as the Amazon, the Cerrado savannah and Atlantic Forest — all vital for the water cycle.

A disrupted water cycle with less rain threatens biodiversity and natural habitats, as well as water security food supplies.

Local and Indigenous communities are the most directly affected, but the impacts extend far beyond. The flying rivers also carry Amazonian moisture to southern and central parts of Brazil, supporting agriculture in major grain-producing regions. Less forest means less rain, threatening crops, food security and the economy.

This delicate balance is threatened by deforestation. When forests are cut down, fewer trees release moisture into the air through transpiration, reducing the formation of local and nearby rainfall during the dry season.

Forest loss weakens the very system that sustains rainfall — the recycling of water through transpiration. Our study shows that embolism-resistant trees play a central role by quickly returning dry-season rainfall to the atmosphere, where it fuels new rainfall.

The message is clear: without the forest, there is no rain, and without rain, no forest. The quick recycling of dry-season rain keeps the Amazon alive through its driest months. It also plays a crucial role in triggering the return of the wet season. If the forest loses its ability to recycle this water, the entire hydrological cycle risks collapse.

Brazil will host the 2025 United Nations Climate Change Conference, COP30, in November. As policymakers gather, preserving rainforests like the Amazon must be among the issues at the top of the agenda.

The world’s forests are complex and biodiverse places with delicate natural systems that sustain them. The Amazon truly functions as a rain-making engine that helps sustain life, inside and beyond the forest.

The Conversation

Magali Nehemy does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. New study shows how Amazon trees use recent rainfall in the dry season and support the production of their own rain – https://theconversation.com/new-study-shows-how-amazon-trees-use-recent-rainfall-in-the-dry-season-and-support-the-production-of-their-own-rain-263525

How a 300-year-old Scottish country estate escaped the wrecking ball

Source: The Conversation – Canada – By Kevin James, Professor, History, University of Guelph

Duff House, near Aberdeen in Scotland, in May 2011. (Wikimedia Commons), CC BY

Between 1945 and 1974, Scotland lost a proportionally higher number of country houses than England — 175 of these stately formerly aristocratic homes (think Downton Abbey) were demolished, according to Country Life magazine in August 1979.

It noted that despite recent interventions to support them, several grand houses in Scotland continued to be threatened by the wrecking ball.

In my ongoing research and in a podcast for Scottish History Out of Order, I have looked into how the fortunes of the buildings often mirrored those of the families themselves. Their vast wealth from land holdings were hit hard, especially by heavy taxation that began in the period after the First World War.

This resulted in a large-scale liquidation of many stately residences that dotted the countryside on the British Isles. Many were demolished and others sold. A few lived on as residences — physical reminders of the once-mighty power of the families who lived there.

Duff House defies demolition

But in remote northeastern Scotland, there was an exception to the rule.

The construction of Duff House, an aristocratic residence for Lord Braco (later the first Earl of Fife), began in 1735. Since then, it has lived many lives and defied demolition. And its many stories reveal a great deal about the precarious identity of a former illustrious stately home.

The house’s first public life was as a gift. In 1906, the Duke and Duchess of Fife (a royal princess as the eldest daughter of King Edward VII), offered it to the nearby burghs of Banff and Macduff.

A black-and-white photo shows a man in military garb and a woman in a gown and tiara.
The Duke and Duchess of Fife circa 1911.
(Wikimedia Commons), CC BY

Not long after the two burghs received the gift, they began to worry about its costly upkeep. In fact, the duke’s representative in 1907 offered to take back the property if it were a burden for the burghs.

Community officials insisted they wished to keep Duff House. But a use had to be found that imposed no costs to community residents. A few options were weighed: A hotel? Or, even better, a hydropathic establishment, known as a “hydro,” a popular form of hotel that attracted well-heeled patrons to participate in a strict regime of water-based “treatments?” Patrons could imagine themselves as lords and ladies of the manor for a few days, at least.

This is when Duff House’s public life began — not as a hydro in the end, but as an opulent hotel.

Tepid demand

Demand was underwhelming. Distant from urban centres and markets and based in a sprawling one-time private home that required extensive adaptations, a hotel was a costly undertaking. In fact, just as the (much more successful) golf course on the grounds opened, Duff House Hotel was entering into a series of loss-making years.

It ultimately led the hotel company to exit and a new business to emerge: a sanatorium for the treatment of gastric illnesses. Unlike the hotel, it seems to have attracted stable and even growing patronage, even through the First World War.

Had Duff House finally found a profitable purpose? At the end of the war, the sanatorium moved to North Wales to be closer to its main clientele, leaving people to ask what was becoming a familiar question: what was to be done with Duff House?

The Second World War

The 1920s and ‘30s brought a few efforts to revive the building as a hotel, albeit on a much more modest scale. Those efforts, like the hotel ventures before them, failed.

The Second World War saw the state requisition of private property on a massive scale as the home front was mobilized in support of the conflict. Large country estates, in public and private hands, offered expansive grounds and large buildings that were adapted for a variety of uses, including hospitals and sites for convalescence.

Many properties like Duff House were enlisted in the war effort. Initially used to detain German prisoners-of-war (during which a German bomb fell on the building and killed several Germans held there), Duff House subsequently served as a barracks for British, Polish and Norwegian soldiers.

The house’s wartime role ended with the conflict. It fell derelict, with Scots Magazine calling it in July 1949 a “decomposing white elephant.” It had come a long way from the halcyon days in which a royal princess called it home.

Preservationist groups lobbied the government to intervene: would it not be
appropriate, they asked, to designate it a site of historical and architectural importance? The response was yes. But formally recognizing the building’s significance underscored the longtime dilemma: how to make it affordably accessible and maintained?

Costly repairs

In the 1950s, the Crown assumed ownership of the house amid pressure to improve its condition despite the high costs of doing so.

The late 1950s and ’60s brought about new discussions and debates over the property’s future: A private residence (perhaps even for foreign royals)? Local government offices? An archive? A site for temporary record storage? An overseas club or a hotel (again)? Perhaps even flats or offices?

By the mid-1970s, a decision was taken that it be used exclusively for public purposes. Duff House was to become a landmark public site, at considerable cost.

During the ’70s, the house inched toward reopening its interior to the public after a period of repair and preservation that lasted more than two decades.

As it operates today — a country house gallery operated by Historic Environment Scotland in partnership with other organizations — Duff House offers visitors insights into the opulent life of an aristocratic home.

Unearthing Duff House’s past

There are faint echoes of its many other more recent lives: Polish writing on some of the walls, a wall painting of a Norwegian flag and evidence of interior adaptations.

They are critical parts of its past, though they are less visible to the eye than the elegant interior décor.

It takes some imagination to conjure the former derelict building, or a barracks, but Historic Environment Scotland is working to unearth them and feature them alongside the opulent draperies and fine furniture.

Duff House’s history is a reminder that not all country homes faced the same 20th-century fate.

For all its trials and incarnations, from failed business to barracks to dereliction and now revival, Duff House still managed to escape the wrecking balls that claimed many similar buildings in a century that was as unkind to country houses as it was to the titled owners whose wealth declined with them.

The Conversation

Kevin James receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada.

ref. How a 300-year-old Scottish country estate escaped the wrecking ball – https://theconversation.com/how-a-300-year-old-scottish-country-estate-escaped-the-wrecking-ball-263582