Volcans de boue et séismes silencieux : quand les ondes d’un séisme ont des effets à très grande distance

Source: The Conversation – in French – By Cécile Doubre, Physicienne du Globe, Université de Strasbourg

Un volcan de boue en Azerbaïdjan. Chmee2/Wikipédia, CC BY-SA

Les tremblements de terre ne restent jamais isolés : ils peuvent déclencher toute une cascade d’autres phénomènes géologiques, un effet que les chercheurs étudient depuis des décennies. Une nouvelle étude confirme que les fluides, comme l’eau, jouent un rôle majeur dans la résistance de la croûte terrestre aux forces tectoniques à l’origine des séismes.


La Terre ne reste pas immobile après un grand séisme. À proximité de l’épicentre d’un fort séisme, des dégâts importants peuvent être provoqués par les secousses sismiques (destructions de routes ou d’immeubles, par exemple). Et il n’est pas rare d’observer également des glissements de terrain. Le choc principal peut aussi déstabiliser les failles environnantes, et créer ainsi de nouveaux points de rupture, appelés les « répliques ».

Beaucoup plus loin, là où personne ne ressent la moindre secousse, les instruments détectent une augmentation des petits tremblements de terre, surtout dans les régions volcaniques et géothermiques. Récemment, on a aussi pu observer des mouvements le long de zone de subduction, situés à plusieurs milliers de kilomètres de l’épicentre d’un séisme ayant eu lieu quelques minutes avant, interrogeant ainsi sur le lien mécanique entre ces deux phénomènes.

Dans notre article, publié cette semaine dans Science, nous révélons comment les grands tremblements de terre qui ont frappé la Turquie en 2023 ont produit des effets imprévus dans le bassin de Kura en Azerbaijan, à 1 000 kilomètres de l’épicentre : éruptions de volcans de boue (grands édifices faits de boue consolidée à la suite d’éruptions successives), gonflement d’une nappe d’hydrocarbures et séismes lents (également appelés « silencieux », c’est-à-dire sans émissions d’ondes sismiques).

Ces observations nous ont permis de mettre en évidence de manière quasi directe, et c’est bien là la nouveauté de cette étude, le rôle fondamental que jouent les fluides présents dans la croûte terrestre (de l’eau, par exemple) sur la résistance de celle-ci et, par conséquent, sur l’activité sismique.

Des observations inattendues à 1 000 kilomètres des deux séismes turcs

Dans le cadre de sa thèse sur la déformation lente dans le Caucase oriental, notre doctorant, Zaur Baraymov a traité de nombreuses images satellitaires radar de l’Agence spatiale européenne. En les comparant une à une (technique de géophysique appelée interférométrie radar), il a été étonné d’observer un signal le long de plusieurs failles dans la période correspondant aux deux grands séismes de Kahramanmaras, en Turquie, en février 2023.

Grâce à cette compilation d’images satellites et aux enregistrements sismologiques locaux, nous montrons que ces grands séismes ont déclenché, à plus de 1 000 kilomètres de distance, des gonflements et des éruptions de plusieurs dizaines de volcans de boue ainsi que des « séismes lents » sur plusieurs failles : ces glissements ont lieu trop lentement pour émettre eux-mêmes des ondes sismiques.

Que s’est-il passé ?

Sous l’effet du mouvement continu des plaques tectoniques à la surface de la Terre, des forces s’accumulent dans la croûte terrestre. Au sud-est de la Turquie, les plaques arabique et anatolienne se déplacent l’une par rapport à l’autre et la faille est-anatolienne résiste à ce mouvement. La majeure partie du temps, les failles sismiques sont « bloquées », et rien ne se passe… jusqu’au moment où ça lâche.

En février 2023, ce système de failles a brutalement glissé de plusieurs mètres, deux fois en quelques heures. Ce mouvement brutal est comparable au relâchement soudain d’un élastique : lorsqu’il se détend d’un coup, il rebondit dans tous les sens. Dans le cas d’un séisme, des ondes sismiques sont émises dans toutes les directions de l’espace. Typiquement, les secousses sont très fortes et peuvent détruire des bâtiments à proximité de l’épicentre, mais, à 1 000 kilomètres de distance, ces mouvements sont atténués et ne sont plus ressentis par les humains, même si les sismomètres, très sensibles, enregistrent des vibrations.

En 2023, au moment où les ondes atténuées du séisme turc ont traversé le bassin de Kura en Azerbaïdjan, à 1 000 kilomètres de l’épicentre, quelque six minutes après le séisme, nous avons détecté, sur des images satellites, du mouvement sur sept failles tectoniques. Celles-ci ont glissé silencieusement de plusieurs centimètres, sans émettre d’ondes sismiques.

carte des 2 séismes et des effets observés à distance
Les séismes de Turquie, en 2023, ont eu des effets inattendus à 1 000 kilomètres de là, à l’ouest de la mer Caspienne, dans les contreforts du Caucase.
Romain Jolivet, Fourni par l’auteur

En même temps, une cinquantaine de volcans de boue sont entrés en éruption en crachant de la boue, tandis que d’autres se déformaient.

Nous avons même mesuré le soulèvement du sol de quelques centimètres au-dessus d’un gisement d’hydrocarbures situé à l’aplomb d’une des failles activées.

Jamais une telle accumulation de phénomènes déclenchés par un même séisme n’avait été observée.

Comment un séisme peut-il déclencher de tels phénomènes à distance ?

La concomitance des éruptions de volcans de boue et des glissements silencieux sur les failles met en évidence le rôle des fluides dans ces déclenchements.

Plus précisément, observer ces volcans de boue s’activer et le champ d’hydrocarbures gonfler indique que la pression des fluides dans les roches du sous-sol a augmenté au passage des ondes sismiques. Cet effet est connu, notamment le phénomène appelé « liquéfaction » qui se produit sur les sols saturés en eau, perdant leur stabilité à la suite d’un séisme.

L’augmentation de la pression des fluides est aussi connue pour fragiliser les failles et les conduire à relâcher de la contrainte en glissant. De plus, il est bien établi qu’une pression de fluide élevée favorise un glissement lent sur les failles, qui ne génère pas d’ondes sismiques. Les ondes sismiques, en passant, ont donc fait grimper la pression des fluides dans la croûte, occasionnant à la fois les éruptions de boue et les glissements asismiques sur ces failles.

Cette étude constitue la première observation directe de l’influence des fluides présents dans la croûte sur le déclenchement à distance des séismes lents.

Le rôle des fluides dans la propagation des ondes sismiques sur de grandes distances

Depuis longtemps, les géophysiciens soupçonnaient que les fluides jouent un rôle dans une observation intrigante : comment de simples ondes sismiques, qui génèrent de faibles contraintes de quelques kilopascals, peuvent-elles déclencher des glissements sur des failles pourtant capables de résister à des contraintes bien supérieures, de quelques mégapascals ?

Nos observations apportent la réponse. L’augmentation de pression de fluide peut permettre d’atteindre l’échelle des mégapascals et d’activer les failles présentes dans la croûte saturée en fluides.

Il reste maintenant à généraliser ces observations. Toutes les failles sont-elles baignées de fluides circulant dans les roches de la croûte ? Si oui, quelle est la nature de ces fluides ? Nous savons qu’il y a de l’eau dans la croûte, et particulièrement dans les sédiments de la région du bassin de Kura, mais nos observations montrent que les hydrocarbures peuvent aussi être impliqués.

Des analyses géochimiques suggèrent même que des fluides, comme de l’eau chargée en dioxyde de carbone, pourraient remonter du manteau. La question reste ouverte…


Le projet Évolution spatiale et temporelle de la déformation sur et hors faille – SaTellite est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui finance en France la recherche sur projets. L’ANR a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

The Conversation

Jusqu’à fin 2024, Alessia Maggi a été conseillère en matière de formations universitaires à l’Université Franco-Azerbaijanaise, un partenariat entre l’université de Strasbourg et la Azerbaijan State Oil and Industry University (ASOIU).

Romain Jolivet a été membre de l’Institut Universitaire de France entre 2019 et 2024. Il a reçu des financements de l’ANR ainsi que l’ERC.

Cécile Doubre et Luis Rivera ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Volcans de boue et séismes silencieux : quand les ondes d’un séisme ont des effets à très grande distance – https://theconversation.com/volcans-de-boue-et-seismes-silencieux-quand-les-ondes-dun-seisme-ont-des-effets-a-tres-grande-distance-264526

Respirar aire limpio, un derecho universal que se sigue vulnerando en todo el mundo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Manuel Pujadas Cordero, Jefe de la Unidad de Caracterización y Control de la Contaminación Atmosférica, Centro de Investigaciones Energéticas, Medioambientales y Tecnológicas (CIEMAT)

Saurav022/Shutterstock

Tras la Segunda Guerra Mundial no resultó demasiado difícil consensuar a nivel internacional que el mantenimiento de la paz y la seguridad entre las naciones, el fomento del desarrollo económico y social y la promoción de la cooperación debían ser objetivos prioritarios y permanentes. La redacción y firma por representantes de 50 países de la Carta de las Naciones Unidas, en vigor desde el 24 de octubre de 1945, supuso la base fundacional de la Organización de las Naciones Unidas (ONU), cuya Asamblea General consensuó y adoptó, tres años después, la famosa Declaración Universal de los Derechos Humanos (DUDH).

Analizar los treinta artículos que constituyen ese imponente listado de derechos (políticos, sociales, económicos y culturales), capitales para todos los seres humanos, quizás nos permitiera identificar algunos otros que, dadas las circunstancias, no fueron considerados entonces prioritarios, aunque sin duda lo son.

Me refiero, por ejemplo, al derecho a respirar aire saludable o al derecho a beber agua realmente potable. Se podría decir que, por su naturaleza, ambos estarían implícitamente recogidos en el derecho a la vida, que lógicamente encabeza el listado de la DUDH. Pero lo cierto es que, casi 80 años después de aquella firma, para muchos millones de personas en todo el mundo se trata de aspiraciones tan básicas como inalcanzables.

Llegados a este punto y puestos a defender con decisión estos derechos tan primarios, antes resulta imprescindible definirlos y acotarlos técnicamente. Y para ello hay que responder a la siguiente cuestión: ¿en qué condiciones el aire o el agua dejan de ser aptos para el consumo? En una primera reacción podríamos pensar que se trata de una pregunta retórica porque su respuesta ya se conoce, sin embargo, nada más lejos de la realidad.

¿Qué es el aire?

Centrándonos en la primera parte de esa cuestión, conseguir establecer los límites físico-químicos mínimos que debe cumplir el aire respirable es un reto científico de primer orden.

El aire ambiente es una mezcla compleja de constituyentes, gaseosos y no gaseosos, que ha ido evolucionando a lo largo de la historia de nuestro planeta y que sigue en plena transformación.

La intuición llevó a Hipócrates (siglo IV a. e. c.) a relacionar ciertos problemas de salud con respirar aire “sucio”, pero no fue hasta el siglo XIX pasado cuando se comenzó a entender realmente qué era el aire y sus implicaciones.

Primero se identificaron los componentes gaseosos mayoritarios (nitrógeno, oxígeno y argón) y ya en el siglo XX se descubrió que estos se mantienen en proporciones bastante estables en la troposfera desde hace al menos 100 millones de años. Se identificó el papel del oxígeno como sostén de la vida aeróbica y, poco a poco, se fueron descubriendo otros muchos constituyentes minoritarios y sus diferentes papeles y efectos (sobre la salud humana, la biodiversidad, el clima, etc.).

Establecer este tipo de relaciones causales es una tarea muy compleja y en continua evolución que se viene desarrollando desde mediados del siglo XX, momento en el que nació el concepto de “calidad del aire”.

El Día Internacional del Aire Limpio

Gracias al trabajo de físicos y químicos atmosféricos, biólogos, médicos, ambientalistas, etc., se ha avanzado muchísimo en el conocimiento de la atmósfera, en general, y del aire ambiente y sus interacciones con la biosfera en particular. Esto ha permitido ir acotando los límites que deben establecerse para las concentraciones ambientales de aquellos constituyentes que por sus efectos negativos sobre la salud y el medio ambiente identificamos como contaminantes atmosféricos más peligrosos, como las partículas, el monóxido de carbono y el dióxido de nitrógeno.

Tras el inmenso golpe de la covid-19 en 2020, la ONU declaró el 7 de septiembre como el Día Internacional del Aire Limpio (“para un cielo azul”, según reza el eslogan). Seguramente, volver a constatar las terribles consecuencias de respirar en todo el mundo aire contaminado (en este caso biológicamente), contribuyó a esa decisión que, desde mi punto de vista, viene a reconocer implícitamente, por fin, la universalidad del derecho a respirar aire limpio y saludable.

Posteriormente, en 2022, la Asamblea General de las Naciones Unidas tomó una decisión histórica al reconocer que todos los humanos tenemos el derecho a acceder a un medio ambiente saludable. Esta vez el reconocimiento fue explícito y amplio, pero era “solo el principio”, como advirtió el secretario general de la ONU António Guterres, ya que requiere que todos los países apliquen medidas para “hacerlo una realidad para todo el mundo, en todas partes”.

Diferencias entre países

Décadas antes de este reconocimiento de la ONU, las recomendaciones de la Organización Mundial de la Salud (OMS) y de muchas agencias medioambientales de distintos países evidenciaron la necesidad imperiosa de controlar la presencia en el aire ambiente de ciertos contaminantes (actualmente: partículas PM10 y PM2.5, ozono, dióxido de nitrógeno, dióxido de azufre, monóxido de carbono, etc.).




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Todo esto se fue implementando principalmente en zonas del mundo altamente desarrolladas, como EE. UU., Europa, Canadá, Japón, etc., a través de la adopción de estrictos marcos regulatorios y de fuertes mecanismos de control, tanto para las emisiones atmosféricas contaminantes de origen antrópico como para vigilar la calidad del aire, en un esfuerzo progresivo y permanente. Baste recordar, por ejemplo, que la última Directiva europea de Calidad del Aire es de octubre de 2024.

Fruto de estas iniciativas, la calidad del aire en esas áreas ha mejorado significativamente respecto a la existente hace cuatro o cinco décadas, y con ello la vida de muchísimas personas. No obstante, a estas alturas del siglo XXI, la experiencia cotidiana de otros muchos millones de personas, generalmente en países desfavorecidos y casi olvidados, es radicalmente distinta.

En esos entornos la calidad del aire, sencillamente, no es una prioridad y la población no puede ejercer su derecho básico a respirar con seguridad. En consecuencia, sus cifras de morbilidad y mortalidad prematura debidas a la contaminación del aire son escandalosas y periódicamente denunciadas por la OMS en informes oficiales demoledores.

Ante este panorama, no podemos resignarnos a que una gran parte de la población mundial siga sin poder ejercer el derecho básico a respirar un aire “razonablemente” limpio. Es inaceptable que desde su nacimiento muchísimas personas vean incrementar de manera continua e inexorable el riesgo de contraer enfermedades muy graves o de morir muy prematuramente por respirar sistemáticamente aire contaminado.

Por ello, los científicos e ingenieros tenemos que seguir trabajando sin descanso para mejorar la base de conocimiento en todos los aspectos relacionados con este problema y para encontrar soluciones urgentes. Como sociedad del siglo XXI, globalizada para tantas cosas, no deberíamos ignorar ni permitir este tremendo drama global.

The Conversation

Manuel Pujadas Cordero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Respirar aire limpio, un derecho universal que se sigue vulnerando en todo el mundo – https://theconversation.com/respirar-aire-limpio-un-derecho-universal-que-se-sigue-vulnerando-en-todo-el-mundo-264287

The federal government’s repeated use of back-to-work powers undermines Canadian workers’ right to strike

Source: The Conversation – Canada – By Bethany Hastie, Assistant Professor, Law, University of British Columbia

The federal government’s recent use of Section 107 of the Canadian Labour Code to end the Air Canada flight attendant strike is a troubling development for Canadian workers and unions.

On Aug. 16, less than 12 hours after more than 10,000 Air Canada flight attendants walked off the job, the federal jobs minister intervened.

Patty Hajdu invoked Section 107 to order the attendants back to work, and directed their union and Air Canada to binding arbitration — a process in which a neutral third party decides on the terms of a collective agreement after considering each party’s position.

Section 107 provides the jobs minister with the general power to “maintain or secure industrial peace” and to direct the Canada Industrial Relations Board (CIRB), which adjudicates workplace disputes, to also take similar actions.

Since June 2024, the federal government has used Section 107 four other times to interfere with striking workers at West Jet, the CN and CPKC railways, the British Columbia and Québec ports and Canada Post.

The ability to strike is the most powerful tool workers have when collectively bargaining with their employers. When the government intervenes and pre-emptively ends a strike, it undermines the legal purpose and use of strikes in Canadian labour law. It also likely violates workers’ constitutional right to strike under the Canadian Charter of Rights and Freedoms.

The purpose of strikes in Canadian labour law

In defending its use of Section 107, the federal government has repeatedly argued its intervention is necessary because the parties were at an impasse. This undermines the very purpose of a strike.

Under Canadian labour law, workers can only strike during collective bargaining with their employer and when certain conditions have been met. Strikes are intended to move collective bargaining forward when the parties reach an impasse in negotiations. They work by exerting economic pressure on an employer and incentivizing them to return to the bargaining table and reach an agreement.

Often, as during last year’s Air Canada pilots labour dispute illustrates, the threat of a strike alone is enough to spur the parties to reach an agreement.

The swiftness with which the government has intervened — for example, less than 17 hours into the CN/CPKC strike and less than 12 hours into the most recent Air Canada strike — undercuts the ability of those strikes to achieve their purpose of moving past deadlocks.

Government intervention also creates an expectation for employers. Air Canada, for instance, asked for federal intervention due to an impasse several days before the flight attendants’ strike began. Such requests undermine the purpose of strikes and, in turn, the collective bargaining process itself.

The recent Air Canada dispute also demonstrates the effectiveness of strikes when government interference is no longer an option. Once it was clear to Air Canada that the flight attendants would continue to strike despite the government ordering them back to work, they were able to reach a tentative agreement with the union within 48 hours.

Intervention not justified

The federal government has repeatedly pointed to economic hardship as justification for using Section 107. Harm to the economy was cited as a basis to order the CN/CPKC railway workers back-to-work last summer, and again when the federal government intervened in labour disputes at the Montréal, Québec and Vancouver ports in November 2024.

Most recently, Hajdu defended sending Air Canada flight attendants back to work because “the potential for immediate negative impact on Canadians and our economy is simply too great.”




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Yet economic hardship is not a justifiable basis for removing workers’ right to strike. Canadian labour law recognizes that only workers who provide essential services may be prohibited from striking — where withdrawal or interruption of services would cause a serious and immediate threat to public safety or security, such as police officers or fire fighters.

Notably, both the Montréal port workers and the CN/CPKC railway workers have been subject to attempts by their employers to have their work designated as essential. However, the CIRB declined to make such a designation in either case.

The constitutional right to strike

The government’s use of Section 107 is likely unconstitutional. Since the right to strike was recognized as protected under the Canadian Charter of Rights and Freedoms in a 2015 Supreme Court of Canada decision, laws that remove workers’ ability to strike risk violating the guarantee of freedom of association.

Restrictions on the right to strike may sometimes be justified under Section 1 of the Charter, which allows for reasonable limits on Charter rights and freedoms where the government can show the limit is justifiable, such as in the case of essential service workers.

However, the government’s use of Section 107 so far — swiftly, and with reference to economic hardship as the primary reason for doing so — seems unlikely to be justified.

The importance of the constitutional right to strike has already stymied the federal government’s use of Section 107. In the West Jet mechanics labour dispute, it was determined by the CIRB that the government’s order for binding arbitration had not suspended the mechanics’ constitutional right to strike, which allowed them to proceed with their planned strike.

In all subsequent orders, the federal government has avoided this outcome by specifically ordering the end of the strike.

The significance of a constitutionally protected right to strike was underscored during the recent Air Canada dispute when flight attendants and their union defied the government’s back-to-work order, risking jail time and hefty fines by continuing to strike.

Troubling development for labour rights

The Canadian government’s willingness to intervene in labour disputes, and the manner in which it has done so, undermines the collective bargaining process central to Canadian labour law and industrial relations.

The constitutionality of the government’s actions will soon be ruled on by the courts. Unions representing the port workers, the railroad workers and the Air Canada flight attendants have all filed constitutional challenges against the government’s use of Section 107.

However, a final decision by the courts could still be years away. In the meantime, workers and unions in major federal sectors will remain vulnerable to government intervention, and — as in the recent Air Canada dispute — may have to risk fines and jail time to assert their constitutional right to strike.

The Conversation

Bethany Hastie receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada. She is a member of the BC Employment Standards Coalition.

Keegan Nicol does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The federal government’s repeated use of back-to-work powers undermines Canadian workers’ right to strike – https://theconversation.com/the-federal-governments-repeated-use-of-back-to-work-powers-undermines-canadian-workers-right-to-strike-263605

Hablar dos idiomas desde pequeños: un entrenamiento cerebral para toda la vida

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alejandro Martínez, Personal de investigación en el grupo Neuro-colab, UDIT – Universidad de Diseño, Innovación y Tecnología

Tolikoff Photography/Shutterstock

Cuando niñas y niños crecen escuchando dos idiomas, su familia y docentes a veces se preocupan: ¿se confundirá? ¿Tardará más en hablar? ¿Afectará a su rendimiento escolar?

Estas dudas son comprensibles: efectivamente, los niños y niñas bilingües pueden tardar un poco más en pronunciar sus primeras palabras o mezclar ambos idiomas al inicio. Sin embargo, esto no es un retraso patológico, sino parte natural de su aprendizaje. En realidad, están procesando el doble de información lingüística, lo que supone un entrenamiento adicional para el cerebro, que se fortalece de manera muy beneficiosa para toda la vida.

Qué significa ser bilingüe

Ser bilingüe no es simplemente hablar dos idiomas con fluidez: una persona bilingüe es quien usa regularmente ambos idiomas en su vida
. Esto incluye a quienes aprenden uno en casa y otro en el colegio, a los niños que hablan un idioma con un progenitor y otro con el otro, o a quienes viven en comunidades donde se alternan dos lenguas de manera habitual.




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Ahora bien, ¿se es bilingüe para siempre? La respuesta es matizada. Una persona puede dejar de usar uno de sus idiomas y con el tiempo experimentar atrición lingüística: perder vocabulario, fluidez o precisión. No obstante, aunque la competencia práctica disminuya, el cerebro conserva las huellas de ese aprendizaje temprano. Estudios recientes muestran que los beneficios cognitivos —como la flexibilidad mental o la reserva cognitiva— persisten incluso en quienes han dejado de usar de manera activa sus dos lenguas.

El cerebro bilingüe en desarrollo

Durante la infancia, el cerebro es muy plástico. La hipótesis del período crítico sugiere que aprender idiomas temprano favorece una organización cerebral más integrada: las redes neuronales de los distintos idiomas se solapan y cooperan, en lugar de funcionar de manera separada como suele suceder en adultos.

Por ejemplo, un niño que aprende inglés y castellano desde pequeño puede alternar entre idiomas de forma rápida y natural, mientras que un adulto necesitará más esfuerzo y energía para cambiar de lengua. Hay diversos estudios de neuroimagen que muestran que cuanto antes se adquiere un segundo idioma, más se solapan sus redes neuronales con las del primero, reduciendo el esfuerzo para cambiar de lengua.

Un aprendizaje doble, no ralentizado

En la práctica, aunque parezca que los niños bilingües empiezan a hablar más tarde, lo que ocurre es que están distribuyendo su vocabulario entre dos idiomas. Si un niño monolingüe conoce 60 palabras en castellano, un bilingüe puede saber 30 en inglés y 30 en castellano: el total es el mismo. Es decir, progresan más despacio en cada lengua por separado, pero no en su desarrollo lingüístico global.

Más allá del vocabulario, gestionar dos idiomas desde temprano entrena el control ejecutivo, que incluye la capacidad de concentrarse, alternar tareas y filtrar distracciones. Por ejemplo, un niño bilingüe puede cambiar rápidamente entre instrucciones en castellano e inglés en clase, o seleccionar el idioma adecuado según con quién habla. Estas situaciones refuerzan la memoria de trabajo y la atención sostenida.




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El cerebro bilingüe, además, suprime temporalmente la lengua que no necesita en cada contexto. Este proceso, conocido como [“control inhibitorio”], no significa “borrar” un idioma, sino apagarlo momentáneamente para que el otro fluya sin interferencias. Esa gimnasia cerebral fortalece redes vinculadas a la toma de decisiones, la planificación y la resolución de problemas.

Beneficios a lo largo de la vida

El bilingüismo no solo aporta ventajas durante la infancia: sus efectos positivos pueden mantenerse incluso si con los años se deja de usar uno de los idiomas de manera habitual. Aunque pueda perderse esta segunda lengua, el entrenamiento cognitivo temprano permanece latente.

Por ejemplo, adultos mayores que crecieron hablando dos idiomas muestran más materia gris en áreas clave del cerebro y se puede retrasar en ellos la aparición de síntomas de alzhéimer.

Flexibilidad cognitiva

Además, manejar dos idiomas fomenta la flexibilidad cognitiva, es decir, la capacidad de adaptarse a situaciones cambiantes. Cuando un niño o un adolescente cambia de idioma según con quién habla, lee un texto en un idioma y luego explica la misma idea en otro, está practicando la capacidad de concentración y atención focalizada en otros contextos: en juegos, conversaciones en entornos ruidosos, cambios inesperados en clase o en actividades extracurriculares. Esta flexibilidad le permite aprender nuevas habilidades de manera más fluida.

La clave no es que las personas bilingües sean “mejores” que otras personas, sino que su cerebro aprende a gestionar la información de manera diferente, lo que les permite enfrentarse a desafíos variados con mayor facilidad.

Estas experiencias contribuyen a lo que los científicos llaman “reserva cognitiva”, un recurso mental que protege el cerebro y ayuda a mantener capacidades cognitivas durante décadas, incluso en la vejez.

Cómo aprovechar las ventajas del bilingüismo

Fomentar el bilingüismo no significa presionar ni forzar resultados, sino crear contextos naturales de exposición a ambos idiomas. Leer cuentos en dos lenguas, ver películas en versión original con subtítulos, cantar canciones, jugar a juegos de roles o mantener conversaciones en la lengua familiar son maneras informales de practicar sin convertirlo en una obligación.

Esto es importante porque, aunque los programas académicos como el método AICLE (Aprendizaje Integrado de Contenidos y Lenguas Extranjeras) tienen un papel, el bilingüismo cotidiano se enriquece en situaciones más espontáneas: cocinar siguiendo recetas en francés, jugar a videojuegos en inglés o compartir historias familiares en la lengua materna. Estas experiencias refuerzan el vínculo emocional con el idioma y lo convierten en una herramienta viva, más allá de la escuela.

Lejos de ser un reto, la exposición a dos idiomas es una oportunidad para que los niños desarrollen un cerebro flexible, bien conectado y capaz de organizar el conocimiento de manera eficiente. Crecer en contextos que valoren ambos idiomas permite aprovechar estas ventajas cognitivas y culturales, apoyando tanto su aprendizaje académico como su desarrollo personal.

The Conversation

Alejandro Martínez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Hablar dos idiomas desde pequeños: un entrenamiento cerebral para toda la vida – https://theconversation.com/hablar-dos-idiomas-desde-pequenos-un-entrenamiento-cerebral-para-toda-la-vida-262576

Los Juegos del dopaje libre: Las Vegas acogerá en 2026 la cita más peligrosa de la historia del deporte

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Millán Aguilar Navarro, Profesor de Ciencias de la Actividad Física y del Deporte (CAFyD) y Coordinador del Grupo Estable de Investigación "Dopaje en el Deporte", Universidad Francisco de Vitoria

World Aquatics ha prohibido a los nadadores competir en los Juegos Mejorados + Enhanced, CC BY

En mayo de 2026, se celebrarán en Las Vegas los Enhanced Games o Juegos Mejorados. Los atletas competirán en las modalidades de natación (50 m libres, 100 m libres, 50 m mariposa y 100 m mariposa); atletismo (100 m lisos y 110 m vallas) y halterofilia (arrancada y dos tiempos). Lo llamativo de esta cita deportiva es que, desde la organización, se incentiva el uso de sustancias dopantes, amparándose en que los atletas estarán sujetos a un exhaustivo control médico para asegurar su estado de salud y minimizar los riesgos asociados a la utilización de esas sustancias.

Posición de instituciones como AMA y COI

Instituciones como la Agencia Mundial Antidopaje (AMA) y el Comité Olímpico Internacional (COI) se han posicionado claramente en contra. La AMA condena los Juegos Mejorados como una acción peligrosa e irresponsable. Además, advierte a deportistas y personal de apoyo (médicos, entrenadores, fisioterapeutas y nutricionistas) sobre las consecuencias que tiene participar en este evento, incluyendo el riesgo para la salud y el daño a la reputación. Así, establece que quien participe cometerá una violación de las normas antidopaje, y, por tanto, quedará vinculado con el dopaje para siempre.

La comisión atlética del COI (formada únicamente por deportistas) también condena estos juegos, estableciendo que “traicionan todo lo que defienden”.

Los riesgos físcios del uso de sustancias dopantes

El dopaje con esteroides anabólicos androgénicos (EAA) conlleva múltiples riesgos para la salud física y mental. Entre los efectos adversos más relevantes se encuentran los problemas cardiovasculares y hepáticos, como hipertrofia ventricular, infartos, muerte súbita y daño hepático.

A nivel psicológico, se han documentado cambios de humor, agresividad, depresión y dependencia. Los EAA también alteran el eje hormonal, lo que puede provocar infertilidad y ginecomastia (agrandamiento de los pechos en hombres), además de efectos dermatológicos como acné severo y alopecia. Asimismo, su uso se asocia con conductas de riesgo, como el consumo de múltiples drogas. Y por si fuera poco, se ha observado una mayor prevalencia de trastornos de la conducta alimentaria, ansiedad y síntomas depresivos entre personas que han consumido estas sustancias.

Pero ¿puede la supervisión médica hacer el uso de sustancias dopantes “seguro”?

Los estudios no avalan el dopaje supervisado

A raíz de la aparición de estos juegos, han surgido diferentes investigaciones científicas. Una de las más recientes ha analizado si un modelo de dopaje bajo supervisión médica es efectivo para que el uso de las sustancias dopantes sea “seguro” (como proponen los Juegos Mejorados).

Las principales conclusiones del estudio muestran que no hay evidencia suficiente como para asegurar que el dopaje supervisado no tenga consecuencias a largo plazo. Además, los riesgos físicos y psicológicos siguen siendo significativos incluso en protocolos que siguen supervisión médica.

Aunque la idea de reducir los daños gracias a este control puede parecer atractiva, no se justifica científica ni éticamente en ningún contexto deportivo. Normalizar el uso de sustancias dopantes puede aumentar su prevalencia en contextos recreativos, generando un problema grave para la salud pública.

¿Se puede reducir a cero el dopaje en el deporte?

El último informe de la AMA sobre la práctica del dopaje arroja un 0,96 % de resultados positivos en los controles realizados en 2023. Esta cifra puede parecer baja, y es que, aunque se trata de menos de un 1 %, estamos hablando del 1 % de unos 290 000 controles realizados, lo que supone 2 697 resultados positivos. Por lo tanto, todo parece indicar que reducir el dopaje al 0 % es prácticamente imposible.

¿Qué está haciendo la AMA para reducir la prevalencia de dopaje?

La AMA continúa con sus esfuerzos para reducir el dopaje a través de dos vías principales: la prevención y la mejora de los métodos de detección. Y una de las principales estrategias de prevención es la educación.

La AMA trata de educar y asesorar a los deportistas constantemente. Las organizaciones nacionales antidopaje forman a los deportistas de las diferentes federaciones en normativa, procedimientos, riesgos y responsabilidades. Además, la AMA ha introducido recientemente la figura del Athlete Antidoping Ombud o “Agente antidopaje”, que ofrece asesoramiento de forma gratis, neutral y confidencial para los atletas.

Los influyentes

Otro punto que aborda la AMA es la formación del futuro personal de apoyo al deportista (estudiantes universitarios de carreras como Medicina, Ciencias del Deporte, Nutrición o Fisioterapia), quienes en un futuro jugarán un papel fundamental en la prevención del dopaje debido a su capacidad de influir en las actitudes y creencias de los deportistas.

Sin embargo, recientes investigaciones han demostrado que este futuro personal de apoyo no tiene las herramientas ni la formación necesarias para cumplir con sus responsabilidades debidamente.

El pasaporte biológico

Casos de dopaje muy mediáticos han ocurrido de esta forma, como el del tenista Jannik Sinner o el del jugador del Athletic Club de Bilbao Yeray Álvarez, ambos mal asesorados por su personal de apoyo.

Por último, las agencias de control de dopaje siguen mejorando sus métodos de detección de sustancias prohibidas con el paso del tiempo, volviéndolos más sensibles y menos invasivos. Entre estos métodos se encuentran los análisis de orina y sangre y el análisis del pasaporte biológico.

El pasaporte biológico monitoriza diferentes variables biológicas que pueden detectar la utilización de sustancias prohibidas por variaciones a lo largo del tiempo. Sin embargo, la AMA sigue investigando en nuevos biomarcadores y formas de análisis que sean capaces de detectar el uso de estas sustancias de forma más precisa. Una de las próximas mejoras será la inclusión de variables hormonales en dicho pasaporte.

Para seguir fortaleciendo la prevención, en diciembre de 2025 se celebrará en Corea del Sur la Conferencia Mundial sobre Dopaje en el Deporte, organizada por la AMA. Uno de los principales objetivos del encuentro será presentar y detallar el próximo Código Mundial Antidopaje, que entrará en vigor en 2027. Asimismo, la conferencia servirá como espacio para debatir y proponer nuevas estrategias que permitan mejorar la prevención y la detección del dopaje a nivel global.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Los Juegos del dopaje libre: Las Vegas acogerá en 2026 la cita más peligrosa de la historia del deporte – https://theconversation.com/los-juegos-del-dopaje-libre-las-vegas-acogera-en-2026-la-cita-mas-peligrosa-de-la-historia-del-deporte-261696

Vuelta a las aulas con el cine francés

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ana Belén Soto, Profesora de Filología Francesa, Universidad Autónoma de Madrid

Fotograma de la película ‘Una razón brillante’. FilmAffinity

Agosto se termina y otra vez resuena en el aire esa emotiva canción del Dúo Dinámico que marcó “el final del verano” a más de una generación. Y es que, si bien las vacaciones han cambiado y podemos disfrutarlas en diferentes momentos del año, existe un hito anual que marca los tiempos: la vuelta al cole.

Este fenómeno social moviliza a millones de personas cada mes de septiembre. En España, en el curso 2024-2025 el Ministerio de Educación contaba con más de 8 000 000 alumnos matriculados en enseñanzas no universitarias, y se estimaba que habría más de 1 400 000 estudiantes universitarios de grado. Y no podemos olvidar a sus familias, a los docentes y a otros profesionales que trabajan en el sector. Así, el calendario académico pauta el ritmo de nuestra sociedad.

Y ¿qué mejor manera de preparar este nuevo curso que disfrutando de una buena película? Porque sí, el ámbito educativo está representado en el cine desde sus orígenes.

Pensemos que en 1933 Jean Vigo estrenaba Cero en conducta, un mediometraje centrado en cuatro muchachos que se rebelan en un internado contra las férreas medidas disciplinarias. Se trata de una obra clave en la historia del cine francés que fue, por cierto, censurada hasta 1945 por sus valores libertarios y subversivos, considerados antipatrióticos en un contexto político conservador y nacionalista.

Un niño se levanta de un pupitre mientras sus compañeros le observan.
Imagen de Los cuatrocientos golpes.
FilmAffinity

Desde entonces, muchos son los títulos estrenados en la gran pantalla que reflejan el entorno educativo desde una multiplicidad de perspectivas y de géneros.

En la cinematografía francesa el tema educativo siempre ha estado bastante presente. Así, los galos nos han legado desde clásicos como Los cuatrocientos golpes (1959) o La piel dura (1976) de François Truffaut, a títulos más recientes como Los chicos del coro (2004). Volver a ver ese drama musical centrado en la vida de un internado permite reflexionar sobre la importancia de la empatía y la música como herramientas educativas y de cohesión social.

El colegio como lugar de superación

La música como vehículo de autoexpresión y crecimiento individual también supone el epicentro de la acción en La familia Bélier (2014). El filme pone el foco en las vicisitudes del día a día de las personas con discapacidad y sus allegados a partir de Paula, una adolescente oyente en una familia con sordera.

Enmarcada en la estela de Intocable (2011), esta comedia dramática celebra la diversidad, el colegio como espacio clave para el crecimiento personal y enarbola la figura del profesor como elemento catalizador para el desarrollo de quienes se forman en las aulas. Descubrir que tiene un don para cantar pone a la protagonista en una tesitura psicológica de calado: decidir entre irse a vivir a París para seguir formándose o quedarse para ejercer de intérprete en lenguaje de signos para su familia. El colegio se convierte así en el motor narrativo de una historia de superación que promueve el diálogo, la aceptación y la comprensión mutua.

El compromiso social en la cinematografía francesa también implica evocar Hoy empieza todo (1999) y Ser y tener (2002). Centradas en las escuelas rurales, en la primera su director, Betrand Tavernier, vehicula la lectura social desde la doble perspectiva docente (hacia los alumnos y sus familias, pero también hacia las instituciones). En la segunda, contada en formato documental, Nicolas Philibert se centra en las escuelas unitarias en las que una misma clase comparte varios grados.

De la periferia al centro

Las zonas periféricas a las grandes urbes también están representadas en las proyecciones francesas. Los profesores de Saint-Denis (2019), Madame Hyde (2017) o El buen maestro (2017) son tres de los ejemplos más representativos de los últimos años.

Los suburbios parisinos se muestran aquí desde su marginalidad y también desde su multiculturalidad. El sistema educativo en estas películas se convierte en el motor de cambio para una población vulnerable. Así, con distintos matices, se escenifican cuestiones de calado en materia de integración y promoción sociocultural y se abre una reflexión en torno al poder transformador del sistema educativo en el contexto francés.

Este debate existe igualmente en el París intramuros, tal y como lo retrata François Bégaudeau en La clase (2008). El acceso a la educación superior también es objeto de reflexión, como podemos ver en Una razón brillante (2017). En esta comedia dramática se escenifican los prejuicios, los estereotipos socio-raciales y el choque de clases bajo la mirada de una joven procedente del extrarradio parisino que se inscribe en una prestigiosa universidad para cursar Derecho.

Estamos ante películas que plantean, además, las consecuencias humanas de la precariedad familiar, que cuestionan la promoción social y exponen la resiliencia de aquellos que rompen con las barreras del determinismo social.

La cultura y la educación francesas

Existen otros títulos como Club de padres (2020) o Una casa de locos (2002), más ligeros, que abordan la paternidad y los vínculos afectivos en la comunidad escolar o la identidad europea desde el prisma de la juventud en intercambios universitarios.

Por ello, podemos decir que la filmografía francesa considera al mundo educativo un escenario privilegiado para explorar las tensiones socioculturales y promover espacios inclusivos, tolerantes y solidarios. Y esto no es baladí, porque la educación pública es uno de los pilares de un sistema que confía en la formación como medio de transmisión de los valores de la República Francesa y de transformación social.

Así, muchos son los cineastas que se adscriben a la tradición de ese cine comprometido y reflexivo que ha cultivado una mirada crítica hacia la vida diaria con el objetivo de visibilizar y sensibilizar sobre la capacidad del cine como agente de cambio sociocultural.


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Ana Belén Soto no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Vuelta a las aulas con el cine francés – https://theconversation.com/vuelta-a-las-aulas-con-el-cine-frances-264308

Quiénes mienten en internet y por qué: el perfil de los usuarios que falsean sus datos online

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Saéz Ortuño, Profesora Dept. Empresa, Universitat de Barcelona, Universitat de Barcelona

Song_about_summer/Shutterstock

Hoy en día, cada clic en internet genera datos. Y esos datos pueden tener valor. Por eso, muchas personas deciden no decir la verdad al registrarse en sorteos, encuestas o concursos. Un estudio de la Universitat de Barcelona encontró que casi un 6 % de los usuarios en España ha dado datos falsos en este tipo de formularios. Este comportamiento es más común en hombres mayores y mujeres jóvenes, pero las razones son más complejas de lo que parece.

Pero ¿qué lleva a alguien a registrarse como “Leo Messi” o a usar el correo de otra persona para participar más de una vez en un sorteo? En nuestro estudio, combinamos inteligencia artificial con entrevistas personales para averiguarlo. Los motivos más comunes son la desconfianza en las empresas, la diversión o el deseo de proteger la privacidad.

¿Qué tan común es?

Una empresa española que recopila datos online nos permitió utilizar su base de datos para nuestra investigación. Este fichero contiene la información proporcionada por más de siete millones de residentes en España al participar, entre 2010 y 2023, en sorteos y concursos en línea.

De dicha muestra, el 5,86 % falsificó sus datos. Para detectarlo, usamos herramientas automáticas que revisaban nombres, códigos postales, correos y teléfonos. También verificamos desde qué dispositivo o red se conectaban. Lo interesante es que, cuando varias personas usan la misma conexión a internet, es cinco veces más probable que alguna de ellas mienta.

¿Quién miente más?

Encontramos diferencias según el grupo de personas analizadas. Por ejemplo, los hombres mayores tienden a falsificar nombres, apellidos y teléfonos. En cambio, las mujeres jóvenes suelen dar correos falsos o teléfonos inventados. Esto sugiere que no todos mienten de la misma forma, y que los formularios deberían adaptarse para detectar mejor estos engaños.

¿Qué motiva estas mentiras?

Entrevistamos a 37 personas que habían dado datos falsos. Sus respuestas muestran que muchas veces no lo hacen con mala intención. Algunas personas lo hacen por venganza, porque sienten que ellas han sido engañadas antes por las empresas. Otras lo hacen por diversión, como un juego. También hay quienes creen que si se registran varias veces, tienen más posibilidades de ganar. Algunos incluso lo ven como un reto y se sienten más inteligentes y ven reforzada su autoestima si el sistema no los detecta.

¿Por qué no ocultan su dirección IP?

A pesar de que mentir está mal visto, muchas personas no se preocupan por ocultar su dirección IP (algo así como el número de identidad de su dispositivo). Algunas dicen que cambiarla es incómodo. Otras no saben cómo hacerlo. Y muchas no lo ven necesario, porque nunca han sufrido consecuencias. Esto muestra que muchas personas creen que es difícil detectar el engaño y que no les pasará nada por mentir en internet.

¿Por qué es importante?

En la era digital, muchas decisiones se basan en los datos que damos en internet. Si esos datos son falsos, las empresas y organizaciones pueden tomar decisiones equivocadas. Esto afecta desde campañas de publicidad hasta estudios sobre salud o educación. También plantea una pregunta importante: ¿cómo detectar a los que mienten sin perjudicar a quienes se equivocan sin querer?

¿Qué podemos hacer?

Este estudio nos recuerda que detrás de cada dato hay una persona. Y que no siempre se miente por maldad. A veces se hace por miedo, otras por diversión o simplemente por costumbre. Si queremos una sociedad digital más honesta no solo necesitamos mejorar el sistemas: también necesitamos entender mejor el comportamiento humano.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Quiénes mienten en internet y por qué: el perfil de los usuarios que falsean sus datos online – https://theconversation.com/quienes-mienten-en-internet-y-por-que-el-perfil-de-los-usuarios-que-falsean-sus-datos-online-263853

De dos días a 19 semanas: el salto histórico de los permisos de paternidad en España

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Teresa Torres Coronas, Profesor de gestión de empresas, Universitat Rovira i Virgili

Imagine un salto en el tiempo hacia el año 2015. En un piso de la Rambla de Tarragona, una pareja comparte los primeros días con su hijo recién nacido. Ella, ingeniera, dispone de 16 semanas de permiso de maternidad. Él, consultor, disfruta de 13 días de permiso de paternidad, una mejora notable frente a los dos días laborables reconocidos hasta que se promulgó la Ley Orgánica 3/2007 para la igualdad efectiva de mujeres y hombres. Como ocurría en la mayoría de hogares, el reparto de cuidados era desigual.

Ocho años después, con su segundo hijo, la escena fue distinta. En 2023 ya ambos disfrutaron de 16 semanas de permiso retribuido e intransferible. Este cambio no fue repentino, sino el resultado de sucesivas reformas que culminaron con el Real Decreto Ley 6/2019, que otorgó la plena equiparación de los progenitores en 2021, incluida la obligatoriedad de acogerse al permiso las seis primeras semanas tras el nacimiento o adopción.

En julio de 2025, el Gobierno español anunció la aprobación del Real Decreto Ley 9/2025, que amplía el permiso por nacimiento y cuidado del menor a 19 semanas retribuidas para cada progenitor. De estas, siguen siendo obligatorias las seis primeras, 11 pueden disfrutarse libremente durante los primeros 12 meses, y dos (cuatro en familias monoparentales) pueden usarse hasta que el menor cumpla 8 años. En familias monoparentales, la duración total asciende a 32 semanas y, en casos de parto múltiple o hijos con discapacidad, se añaden dos semanas más por progenitor.

Este permiso convive con el permiso parental adicional de ocho semanas no retribuidas introducido en el Real Decreto Ley 5/2023 mediante el nuevo artículo 48 bis del Estatuto de los Trabajadores. Este derecho, individual e intransferible para cada progenitor, les permite suspender su contrato laboral para cuidar, de manera flexible, a hijos menores de ocho años.

El RDL 5/2023 también introdujo el permiso por fuerza mayor para cuidados urgentes de cuatro días retribuibles, pero dejó sin resolver la cuestión más importante: la retribución exigida por la Directiva europea 2019/1158 para el permiso parental –que no es lo mismo que el permiso por nacimiento y cuidado del menor– que permite ausentarse del trabajo para el cuidado de hijos menores de ocho años.

La Comisión Europea advirtió a España de este retraso y, en 2025, el TJUE sancionó al Estado por incumplir los plazos de transposición. En consecuencia, España aún debe garantizar la financiación plena del permiso parental para cumplir con la normativa comunitaria.

España en el contexto europeo e internacional

Con la reforma de 2025, España se sitúa entre los países más avanzados en el permiso por nacimiento y cuidado del menor, que es retribuido al 100 %, igualitario e intransferible, con medidas específicas para familias monoparentales y en casos de discapacidad.

Suecia encabeza el ranking europeo con un permiso parental de 480 días remunerados por hijo, de los cuales 390 días se pagan al 80 % del salario y los 90 restantes con una cuantía fija. Además, al menos 90 días son intransferibles para cada progenitor, lo que fomenta la corresponsabilidad y sitúa al país como referente mundial en conciliación.

En el caso de Estados Unidos, a nivel federal no existe un permiso parental retribuido. Solo se garantizan 12 semanas de ausencia laboral sin sueldo aplicable en empresas de más de 50 empleados. En los últimos años, varios estados han creado programas propios de permiso parental retribuido, como California, Nueva York o Nueva Jersey. A diferencia de España, el acceso depende del estado, la empresa y el contrato, lo que genera fuertes desigualdades.

Más allá de la norma: uso real e impacto económico

El marco legal español no garantiza por sí solo un uso igualitario entre progenitores. Según el Ministerio de Igualdad, más del 90 % de las madres utilizan todo su permiso frente al 85 % de los padres. La diferencia es pequeña, pero suficiente para mostrar que persisten barreras culturales y laborales.

Según la OCDE, muchos hombres creen que tomar todo el permiso puede frenar su carrera, con menos promoción, proyección o salario. Este temor convive con estereotipos de género que siguen asociando el cuidado a las madres y la ausencia de una cultura empresarial que normalice al padre cuidador.

Además, las desigualdades socioeconómicas también condicionan el uso de los permisos. Las mujeres con empleos precarios o bajos salarios son las que más dificultades tienen para usar esos permisos. La paradoja es que quienes más lo necesitan son quienes más obstáculos encuentran, una brecha de clase que refuerza el riesgo de desigualdad. La ley impulsa la corresponsabilidad, pero la práctica avanza con mayor lentitud.

A estas barreras individuales se añade también el desafío empresarial. En particular, las pymes suelen expresar su preocupación por la reorganización interna que implican las ausencias prolongadas. Sin embargo, la evidencia apunta en otra dirección. Las empresas que implementan políticas sólidas de conciliación entre vida laboral y personal no solo logran retener mejor al talento, sino que también reducen significativamente la rotación de personal.

A nivel global, las contribución económica de las mujeres todavía no alcanza su verdadero potencial y parte de la responsabilidad está en que sobre ellas recae mayoritariamente el trabajo de los cuidados. La evidencia internacional muestra que los permisos parentales igualitarios no son solo una medida de conciliación, sino también una apuesta económica.

Estas políticas favorecen la participación femenina en el empleo, redistribuyen los cuidados y aumentan la productividad. Un informe reciente de la OIT revela una brecha global de más de cinco meses entre las semanas de permiso parental remunerado de mujeres (24,7) y hombres (2,2).

Además, la OIT estima que garantizar permisos remunerados de al menos 14 semanas para ambos progenitores requeriría una inversión equivalente al 0,13 % del PIB mundial, pero podría generar más de cuatro millones de empleos formales para 2035. En suma, la igualdad no es solo justicia social, también es crecimiento económico.

Entre los países con permisos más equitativos del mundo

En menos de dos décadas, España ha pasado de conceder apenas dos días a los padres a situarse entre los países con permisos parentales más amplios y equitativos del mundo. Esta evolución la coloca en la vanguardia europea.

La comparación internacional revela un panorama desigual. Mientras Europa avanza a distintas velocidades y Estados Unidos sigue dependiendo de legislaciones estatales fragmentadas, España ha optado por un sistema universal y garantizado. El desafío de la próxima década será transformar este derecho en práctica cotidiana, superar las barreras culturales que frenan a muchos padres y fomentar políticas empresariales que normalicen la conciliación.

El permiso parental no es solo un beneficio laboral. Es una palanca de igualdad, bienestar. El reto ahora es consolidarlo para que la corresponsabilidad deje de ser aspiración y se convierta en norma social y motor de prosperidad compartida.


La versión original de este artículo ha sido publicada en la revista Telos, de Fundación Telefónica.


The Conversation

Teresa Torres Coronas colabora con Telos, la revista que edita Fundación Telefónica.

ref. De dos días a 19 semanas: el salto histórico de los permisos de paternidad en España – https://theconversation.com/de-dos-dias-a-19-semanas-el-salto-historico-de-los-permisos-de-paternidad-en-espana-264501

Deux portraits, deux destins : voici comment des œuvres d’Otto Dix se sont retrouvées dans des musées canadiens

Source: The Conversation – in French – By Monika Wright, Doctorante en histoire de l’art, Université du Québec à Montréal (UQAM)

En 1933, dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir à titre de chancelier du Parti national-socialiste, d’importantes campagnes de pillage d’œuvres d’art avant-gardistes sont organisées.

Qualifiées de « dégénérées », ces œuvres sont d’abord confisquées dans les institutions muséales allemandes, puis dans les collections privées. Les populations juives sont particulièrement ciblées. Lorsque la guerre éclate, les pays occupés sont à leur tour dépossédés de leurs biens culturels.

Une première tentative de restitution a lieu au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, mais les priorités vont alors à la reconstruction des pays lourdement touchés. Il faudra attendre les années 1990 pour voir de réelles mesures être mises en place afin que ces œuvres soient rendues à leurs propriétaires ou à leurs familles.

Toutefois, encore aujourd’hui, des milliers d’entre elles demeurent introuvables, ou se trouvent injustement dans des collections muséales ou privées. Il n’est pas rare d’entendre de nouvelles histoires rocambolesques d’œuvres qui réapparaissent après plus de 80 ans, comme cette toile de Giuseppe Ghislandi, repérée en août sur le site web d’une agence immobilière proposant une maison à vendre en Argentine, pillée par les nazis à un marchant d’art juif à Amsterdam durant l’occupation.

Désormais, la plupart des institutions se sont dotées de politiques encadrant la recherche en provenance des œuvres de leurs collections, avec une attention particulière portée sur la période allant de 1933 à 1945.

Dans ce contexte, certaines œuvres ont suivi des parcours surprenants. Passionnée par la question de la spoliation et le contexte de la Deuxième Guerre mondiale, j’ai pu le constater lors de mes recherches de second cycle en histoire de l’art. Je me suis alors intéressée à la trajectoire de deux portraits exécutés par l’artiste allemand de la Nouvelle Objectivité, Otto Dix, aujourd’hui conservés dans des collections muséales canadiennes. Le parcours de l’un a été retracé, tandis que l’autre reste plus mystérieux.

Montréal, un tableau devenu un symbole de la légitimité artistique québécoise

Le premier, « Portrait de l’avocat Hugo Simons », est réalisé par Dix en 1925 pour son ami Hugo Simons, qui l’avait aidé à remporter un procès. Lorsque la guerre éclate, Simons et sa famille, de religion juive, fuient l’Allemagne nazie pour s’installer à Montréal en 1939. Simons conserve ensuite le tableau tout au long de sa vie.

Après la mort de Simons, la famille décide de mettre en vente le tableau en 1992 à la suite d’un avis de dette fiscale rétroactive sur sa valeur. L’œuvre est alors proposée au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) pour la moitié de son prix, en guise de reconnaissance envers la ville d’accueil. Alors que plus de la moitié des œuvres de Dix ont disparu ou ont été détruites durant la guerre, celle-ci se trouve dans un parfait état de conservation.

S’ensuivent des négociations difficiles entre le MBAM et le gouvernement fédéral, réticent à accorder un prêt. L’affaire prend rapidement une dimension publique dans les médias. L’acquisition du tableau permettrait non seulement au MBAM d’intégrer une œuvre de maître dans sa collection, mais aussi d’offrir au Québec la crédibilité artistique à laquelle il aspire.

Finalement, grâce à l’addition de financements privés et publics, le tableau entre dans la collection du MBAM en 1993. Il devient alors, bien malgré lui, un symbole nationaliste.

Toronto, le mystère du Dr Stadelmann

Le second, « Portrait du Dr Heinrich Stadelmann », a un parcours moins limpide. Aujourd’hui conservé à l’Art Gallery of Ontario (AGO) à Toronto, le tableau a été commandé par Stadelmann lui-même en 1922. Psychiatre dresdois reconnu pour son érudition et son excentricité, il était aussi un fervent admirateur des avant-gardes. Le portrait, qui semble emprunter des traits à un macabre Friedrich Nietzsche, reflète bien cette singularité.

Contrairement à Simons, Stadelmann n’a jamais mis les pieds au Canada. Pourquoi le tableau se retrouve-t-il alors à l’AGO ? Rien ne l’explique, à première vue. Le cartel indique simplement : « Anonymous gift, 1969 ; donated by the Ontario Heritage Foundation, 1988 ».

À l’exception d’une courte période passée hors de Dresde durant les bombardements, Stadelmann y est toujours resté et aurait continué à pratiquer jusqu’à sa mort en 1948. Il ne semble pas avoir eu de besoins financiers particuliers qui expliqueraient la vente ou la cession de son portrait.


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Des recherches en archives révèlent toutefois que l’œuvre aurait aussi appartenu au docteur en physique William (né Wilhelm) Landmann. Juif, il fuit également l’Allemagne nazie en 1939 et s’installe à Toronto avec sa famille. Collectionneur d’art, il aurait acquis la majorité de ses œuvres entre 1920 et 1935. Sa collection comprend des pièces de Marc Chagall, Georg Grosz, Paul Klee, Wassily Kandinsky, Otto Müller, Emil Nolde, Max Pechstein et Fernand Léger.

Landmann aurait été lui-même victime de spoliation nazie. Lors de son émigration au Canada, il n’aurait emporté qu’une partie de sa collection, l’autre restant entreposée en Europe, notamment dans les voûtes du Rijksmuseum à Amsterdam et dans des entrepôts suisses. Il en récupère une partie en 1946, mais plusieurs œuvres demeurent introuvables. Aujourd’hui encore, elles figurent dans la base de données Lost Art, répertoriées comme biens culturels confisqués aux personnes persécutées.

Un mystérieux numéro, un titre fautif et d’étranges coïncidences

On ignore si le portrait de Stadelmann est arrivé au Canada avec Landmann en 1939, ou s’il faisait partie du lot récupéré en 1946. Ce que l’on sait, c’est que Landmann s’implique activement dans la vie artistique torontoise. Il prête régulièrement des œuvres pour des expositions organisées à l’AGO, et le portrait de Stadelmann est accroché à deux reprises : en 1946 et en 1948.

Une vue nocturne du Art Gallery of Ontario
Vue nocturne du Art Gallery of Ontario, où on retrouve le « Portrait du Dr Heinrich Stadelmann ».
(Sean Driscoll/Unsplash), CC BY-NC-ND

Une photographie des archives montre le dos du tableau. On y distingue l’inscription grossière en noir du chiffre « 621 » dans le coin supérieur droit du cadre. Le titre du portrait y figure également, mais avec une erreur : « Dix, 22, Dr Heinrih Stadelmann ». Le « C » de Heinrich manque. Qui a inscrit ce numéro et ce titre fautif ? Et pourquoi ?

Landmann connaissait bien le marché de l’art. Il a vendu certaines de ses œuvres à des institutions aussi importantes que le Museum of Modern Art à New York, ou la Dominion Gallery à Montréal.

Le choix de faire don du portrait à l’Ontario Heritage Foundation, et non directement à l’AGO, intrigue. D’autant plus que l’année du don, 1969, correspond à l’année du décès d’Otto Dix. Et autre coïncidence : en 1988, lorsque l’œuvre est finalement transférée à l’AGO, cela se fait moins d’un an après la mort de Landmann. Pourquoi la Fondation a-t-elle conservé le tableau pendant 19 ans avant de le céder ?

Tous ces éléments ne permettent évidemment pas d’affirmer que l’œuvre a été victime de spoliation, mais ils suffisent à soulever la question.

Mieux comprendre la mémoire culturelle et les responsabilités des institutions muséales

L’étude de la trajectoire de ces deux tableaux illustre comment la spoliation a pu influencer le destin d’œuvres qui n’auraient sans doute jamais quitté l’Allemagne autrement.

Alors que le « Portrait de l’avocat Hugo Simons » est devenu une œuvre phare du MBAM, un mystère continue de planer autour du « Portrait du Dr Heinrich Stadelmann » conservé à l’AGO.

La recherche en provenance reste encore peu développée au Canada, surtout si l’on compare avec l’Europe et les États-Unis. Pourtant, ce cas d’étude démontre toute la pertinence d’entreprendre ces enquêtes ici : elles révèlent non seulement les zones d’ombre entourant certaines œuvres, mais contribuent aussi à mieux comprendre la mémoire culturelle et les responsabilités des institutions muséales.

La Conversation Canada

Monika Wright a reçu des financements du Groupe de recherche et de réflexion CIÉCO.

ref. Deux portraits, deux destins : voici comment des œuvres d’Otto Dix se sont retrouvées dans des musées canadiens – https://theconversation.com/deux-portraits-deux-destins-voici-comment-des-oeuvres-dotto-dix-se-sont-retrouvees-dans-des-musees-canadiens-263593

Le boom de la créatine : tendances et faits concernant les compléments alimentaires et leur utilisation

Source: The Conversation – in French – By Scott Mills, PhD Candidate, Kinesiology and Health Studies, University of Regina

La supplémentation en créatine connaît un essor marqué chez celles et ceux qui souhaitent accroître leur masse musculaire et améliorer leurs performances.

La créatine n’est certainement pas une découverte récente. Les premières recherches remontent en effet aux années 1830. Sa popularité, en revanche, constitue un phénomène nouveau. La vente de créatine dépasse désormais les milieux du culturisme et du sport de haut niveau. Elle trouve même des applications cliniques, ses effets dépassant le seul champ des performances musculaires.

La créatine est l’un des suppléments les plus étudiés, et les recherches récentes confirment son efficacité pour obtenir des résultats constants et mesurables en musculation, en mise en forme et pour la santé en général.

Bien que la créatine soit naturellement présente dans certains aliments (viande rouge, fruits de mer) et produite par l’organisme, l’usage de compléments a fortement augmenté, en particulier chez les jeunes hommes.

Cette popularité croissante s’explique en grande partie par le désir des jeunes hommes d’augmenter leur masse musculaire et leur force. Plusieurs méta-analyses ont examiné les effets de la créatine associés à un entraînement de résistance sur les propriétés musculaires et confirment son efficacité.

En termes simples, la créatine peut aider à maintenir le niveau d’énergie, en particulier lors d’exercices de courte durée et de haute intensité, comme la musculation.

Le rôle de la créatine dans l’organisme

Sur le plan physiologique, une fois ingérée, la majorité de la créatine est stockée dans les muscles sous forme de phosphocréatine (PCr). Sous cette forme, elle peut aider à maintenir le niveau d’énergie grâce au maintien de l’adénosine triphosphate (ATP), qui est la principale source d’énergie de l’organisme.

Comme la supplémentation en créatine augmente les réserves intramusculaires de créatine, elle peut permettre des séances de résistance plus intenses et plus longues, se traduisant par des gains supérieurs.

Les bienfaits de la créatine ne limitent toutefois pas aux performances musculaires. Des travaux décrivent des effets sur le stockage et le métabolisme du glucose, la dynamique de la circulation sanguine, les effets anti-inflammatoires ainsi que sur la cognition et les fonctions cérébrales, entre autres.

Posologie et sécurité

Côté dosage, les recommandations pour les hommes varient, mais en général, une dose quotidienne de cinq grammes de créatine, ou une dose personnalisée en fonction du poids corporel (0,1 gramme par kilogramme par jour), est généralement bien tolérée et efficace pour améliorer les performances musculaires.

Du point de vue de l’apport alimentaire, atteindre 5 g de créatine suppose, à titre d’exemple, de consommer environ 1,15 kg de bœuf ou 1 kg de porc. Même une alimentation riche en aliments contenant de la créatine risque donc de ne pas suffire à en maximiser les effets.

Ces aliments ont toutefois une teneur élevée en calories, ce qui fait que pour atteindre l’apport quotidien recommandé en créatine, un individu devra ingérer une grande quantité de calories. Les compléments alimentaires constituent à cet égard une option pratique et attrayante. Ils sont en effet non seulement facile à consommer, mais également pauvre en calories.

De plus, d’un point de vue financier, à environ 0,50 dollar par portion, il s’agit d’une stratégie simple et rentable pour atteindre les objectifs d’apport en créatine. Avec l’apparition de nouvelles formes de créatine (gélules, gommes et poudres aromatisées), il est facile de maintenir son apport.

En ce qui concerne la sécurité des compléments alimentaires à base de créatine, un document de synthèse publié par l’International Society of Sports Nutrition a conclu que la supplémentation en créatine n’entraîne pas plus d’effets indésirables chez les personnes en bonne santé que le placebo, même à des doses plus élevées.

Cela dit, la créatine n’a pas été épargnée par les critiques. Selon certaines anecdotes, la créatine pourrait avoir des effets secondaires indésirables. Cependant, des recherches sur les mythes et idées reçues courants concernant la créatine (notamment les préoccupations relatives à la rétention d’eau, la perte de cheveux et la déshydratation) ont largement dissipé bon nombre de ces craintes.


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L’entraînement en résistance est essentiel

Il est important de noter que si la consommation de créatine seule peut encore avoir certains effets positifs, c’est principalement la consommation de créatine associée à un entraînement en résistance qui apporte des bienfaits.

La musculation peut augmenter les mesures de croissance et de performance musculaires (puissance, force et endurance musculaires). Combiner musculation et créatine permet de maximiser les effets de cette dernière. La musculation est donc un élément essentiel pour obtenir les effets positifs de la créatine.

Rappelons enfin que la créatine n’est pas un nutriment essentiel. On peut améliorer croissance et performances musculaires en misant sur une alimentation de qualité, un programme de résistance personnalisé, un bon sommeil et une gestion du stress efficace. Un mode de vie sain est la base du bien-être, y compris pour développer efficacement sa masse musculaire.

La supplémentation en créatine a trouvé sa place chez ceux qui souhaitent augmenter leur masse musculaire et leurs performances. Elle a fait l’objet de nombreuses recherches et est largement acceptée. Elle continue de gagner en popularité en raison de ses effets positifs lorsqu’elle est associée à un programme d’entraînement de résistance solide, de son profil de sécurité lorsqu’elle est consommée à des doses fondées sur des preuves et de son faible coût.

Bien que la supplémentation en créatine ne soit pas essentielle, elle peut constituer un choix pratique, abordable et efficace pour ceux qui recherchent des avantages en termes de croissance musculaire et au-delà.

La Conversation Canada

Scott Mills ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le boom de la créatine : tendances et faits concernant les compléments alimentaires et leur utilisation – https://theconversation.com/le-boom-de-la-creatine-tendances-et-faits-concernant-les-complements-alimentaires-et-leur-utilisation-263145