Comment le Sénégal peut financer son économie sans s’endetter davantage

Source: The Conversation – in French – By Souleymane Gueye, Professor of Economics and Statistics, City College of San Francisco

Le modèle d’endettement externe, longtemps présenté comme le moteur du développement des pays sous-développés en général et du Sénégal en particulier, révèle aujourd’hui ses limites. Le Sénégal fait face à un endettement public record (119 % du PIB) selon le Fonds monétaire international – aggravé par des « dettes cachées » hors bilan et une contrainte budgétaire qui menace à la fois sa stabilité macro-économique et sa capacité à financer un développement durable et inclusif. Lors des assemblées du FMI et de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva a salué la transparence dont les autorités sénégalaises ont fait montre en révélant la dette cachée, estimant qu’elles ont eu “le courage de dire la vérité”.

Les crises successives – dette des années 1980, pandémie de COVID-19, guerre en Ukraine, guerre commerciale décrétée par la nouvelle administration américaine, la suspension/diminution de l’aide au développement – ont ravivé une question centrale : comment financer la transformation structurelle du pays sans replonger dans la dépendance et le surendettement ?

En tant qu’économiste ayant étudié les mécanismes d’endettement et les sources alternatives de financement du Sénégal, j’examine dans cet article les alternatives au modèle classique d’endettement. Je défends l’idée que des instruments concrets existent pour soutenir une croissance inclusive, génératrice de richesse, d’emplois et porteuse de réduction des inégalités des revenus.

Les limites d’un modèle fondé sur la dette

Selon la théorie économique néo-classique, un pays avec un taux d’épargne faible peut accélérer sa croissance économique en finançant ses investissements productifs par la dette internationale. C’est sur ce principe que le Sénégal, comme d’autres pays africains, a beaucoup emprunté sur les marchés internationaux pour construire routes, ponts et infrastructures censés soutenir la croissance et conduire le pays vers l’émergence.

La réalité dément cette théorie dans le cas du Sénégal. Après quarante années de recours aux financements extérieurs, la dette publique dépasse aujourd’hui 118 % du PIB. Le déficit budgétaire s’élève aussi à plus de 14 % du PIB. Le service de la dette absorbe plus de 25 % des recettes fiscales. Les charges d’intérêts sur la dette ont augmenté de 32,7 % durant ce trimestre, atteignant 823 milliards de FCFA (environ 1,34 milliard de dollars US), d’après le ministre des Finances. La croissance économique reste très volatile, avec une productivité stagnante et un taux de chômage très élevé (22,8 %).

Le taux moyen de croissance économique est de 5 %. La productivité du travail n’augmente en moyenne que de 0.6 %. Elle est freinée par la mauvaise orientation de la main-d’œuvre et de l’insuffisance d’équipements performants.

Les investissements massifs n’ont pas créé le cercle vertueux attendu. Au lieu de créer une croissance endogène et inclusive, ils ont consolidé une économie dépendante des importations et des devises étrangères.

Cette dépendance a entraîné un cycle de surendettement. L’État doit sans cesse emprunter de nouvelles sommes pour rembourser les dettes contractées en devises. Le service de la dette augmente chaque année (+21 % sur les intérêts). S’y ajoute un besoin de financement du compte courant estimé à 2700 milliards de FCFA (environ 4,39 milliards de dollars US). Autant de ressources soustraites aux dépenses sociales et d’investissement.

Cette situation n’est pas passagère. Elle traduit un blocage structurel.La théorie de la dépendance montre que l’emprunt international entretient une dépendance durable vis-à-vis des grands centres financiers. Celle-ci est aggravée par des contrats opaques et la pression des agences de notation comme Moody’s qui ne cessent de dégrader la note du pays.

La doctrine de la “dette odieuse” formulée par Alexander Sack considère qu’une dette contractée sans consentement démocratique et contraire à l’intérêt public peut être annulée. Cette idée refait surface au Sénégal : la Cour des comptes a révélé l’existence d’une dette « cachée » estimée à 13 milliards de dollars fin 2024, contre 7 milliards sous le régime précédent.

Ce fardeau de la dette cachée pèse lourdement sur les finances publiques et nuit à la crédibilité du pays sur les marchés. Le Sénégal doit désormais emprunter à des taux très élevés . C’est pourquoi une partie des Sénégalais demande que le pays refuse de rembourser cette dette cachée qu’ils jugent “odieuse”.

Ces analyses montrent la nécessité de diversifier les sources de financement pour atténuer la dépendance du pays à l’endettement.

## Financer autrement l’économe

La recherche d’alternatives au modèle classique d’endettement devient urgente. Au-delà de la mobilisation des ressources domestiques (réformes fiscales, épargne nationale), plusieurs instruments offrent des solutions crédibles pour financer autrement la croissance. Un fonds souverain, alimenté par les revenus des ressources naturelles (or, zircon, hydrocarbures), pourrait constituer une base de financement stratégique.

Les échanges de dette contre développement offrent une solution. Ils convertissent une créance en financements pour des secteurs comme la santé ou l’éducation. Résultat : la dette s’allège tout en soutenant les services publics.

La diaspora sénégalaise, dont les transferts représentent près de 10 % du PIB, constitue un autre levier majeur pour financer des infrastructures stratégiques. Le lancement du premier Diaspora Bond a d’ailleurs permis de lever 450 milliards de FCFA (environ 731,7 millions de dollars US), bien au-delà de l’objectif initial de 487,8 millions de dollars US. Ces obligations citoyennes, assorties de taux de rendement compétitifs, peuvent devenir un outil structurant de patriotisme économique.

L’utilisation des Sukuk islamiques qui sont des obligations en conformité avec la charia (loi islamique) limiterait le risque de change tout en mobilisant une épargne nationale et étrangère compatible avec les valeurs islamiques de nombreux investisseurs. Pour le Sénégal, il faudra simplement rationaliser le recours à cette finance islamique en travaillant sur un cadre juridique et réglementaire transparent. En 2014, le gouvernement l’avait déjà utilisé pour lever 325,2 millions de dollars US.

Un autre levier de financement consisterait à émettre des obligations indexées au PIB. Avec ce système, le remboursement de la dette dépend de la santé économique du pays. Si la croissance est forte, les créanciers sont mieux remboursés. Si l’économie ralentit ou subit un choc climatique (inondation, disette sécheresse), les remboursements diminuent. Ce mécanisme testé en Argentine après 2001 prouve que les finances publiques, en partageant les risques avec les créanciers, laissent aux autorités une marge de manoeuvre budgétaire.

D’autres mécanismes financiers méritent d’être développés. La microfinance, les fintechs, le capital-risque et les sociétés de capital d’investissement peuvent non seulement accompagner les start-up et les PME innovantes mais aussi cibler une partie de la population non bancable.

A ces leviers de financement, il faudra y inclure les fonds verts pour le climat et les obligations vertes, niches qui permettront de lever des fonds pour lutter contre le réchauffement climatique ou de financer des projets environnementaux structurants.

Le Sénégal doit s’appuyer sur une stratégie bien pensée qui combinerait ces formes de financement alternatif avec les investissements directs étrangers (IDE) et les partenariats public-privé transparents dans des secteurs tels que le BTP, les énergies renouvelables, l’agro-industrie et les hautes technologies.

Bien articulés et adossés à une diplomatie économique efficace, ces leviers peuvent diminuer la vulnérabilité externe du pays. Ils peuvent renforcer la nouvelle approche de financement des politiques publiques pour une transformation systémique de l’économie sénégalaise tout en renforçant la crédibilité internationale du Sénégal.

Une réforme en deux temps

Pour rompre ce cercle vicieux dans lequel le Sénégal s’est empêtré, il est nécessaire d’amorcer des réformes qui auront un double objectif.

D’une part, assainir l’héritage de dettes accumulées par un audit rigoureux, une restructuration ciblée et une gouvernance budgétaire plus transparente.

D’autre part, bâtir une nouvelle stratégie de financement capable de mobiliser les ressources domestiques, de diversifier les partenariats et d’intégrer des instruments innovants tels que les échanges de dette contre développement, les sukuk islamiques, les obligations indexées au PIB et les diaspora bonds.

Cette transformation exige une discipline institutionnelle exemplaire et une sélection stratégique des instruments de financement afin de protéger les dépenses sociales, soutenir l’emploi des jeunes et préserver le pouvoir d’achat des Sénégalais les plus vulnérables. En maîtrisant ces leviers, le Sénégal pourra libérer son potentiel productif pour une transformation systémique de son économie et réduire sa dépendance aux marchés financiers internationaux.

Il s’agira ainsi de bâtir une trajectoire de croissance durable, résiliente et véritablement inclusive, capable d’éradiquer la pauvreté et de réduire les inégalités économiques.

La réussite de la Vision Sénégal 2050 – référentiel de développement du pays – dépendra de cette capacité à financer autrement les politiques publiques et l’ économie.

The Conversation

Souleymane Gueye receives funding from Fulbrith et le college de San Francisco.

ref. Comment le Sénégal peut financer son économie sans s’endetter davantage – https://theconversation.com/comment-le-senegal-peut-financer-son-economie-sans-sendetter-davantage-266225

La edición genética podría desactivar uno de los principales culpables del cáncer de pulmón

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pedro Pablo Medina Vico, Catedrático en el Departamento de Biología Molecular y Bioquímica. Director del Grupo de Investigación de Regulación Génica y Cáncer en el Centro de Investigación Genómica y Oncológica (GenyO)., Universidad de Granada

Yok_onepiece/Shutterstock

El paso del tiempo lo cambia casi todo menos la principal causa de cáncer en el mundo, que en las últimas décadas ha sido el cáncer de pulmón. Solo en España se diagnostican más de 30 000 casos cada año, y la supervivencia a cinco años apenas alcanza el 20 %. Parte del problema es que los tumores suelen detectarse tarde y que los tratamientos, incluso los más novedosos, acaban perdiendo eficacia.

KRAS: el interruptor genético que no se apaga

Entre los principales culpables está un gen con nombre propio: KRAS. Codifica una proteína con un interruptor que indica a las células cuándo crecer y dividirse. Cuando el gen que la produce muta, el interruptor queda atascado en la posición de “encendido”, desencadenando una proliferación descontrolada.

Aproximadamente un tercio de los pacientes con adenocarcinoma de pulmón presenta mutaciones en KRAS. Y los tumores se vuelven “adictos” a estas versiones mutadas de la proteína: si se eliminan, el tumor no sobrevive.

Del “gen intocable” a un blanco terapéutico

Durante años, KRAS fue considerado inabordable desde la farmacología. Todos los intentos de bloquearlo fallaban. El panorama cambió con la llegada de inhibidores como Sotorasib, aprobado en 2021 para una mutación concreta de KRAS llamada G12C. El fármaco supuso un avance histórico, aunque con limitaciones importantes: muchos pacientes no responden y otros desarrollan resistencia en cuestión de meses.

Nuestro equipo ha explorado otra vía. En lugar de bloquear la proteína mutada, hemos intentado eliminar la mutación de raíz, atacando al gen que produce la proteína. Para ello empleamos HiFi-Cas9, una versión de alta fidelidad de la herramienta CRISPR-Cas9.

KRAS.

La clave es la precisión. Diseñamos guías capaces de distinguir las mutaciones más comunes en KRAS (G12C y G12D). HiFi-Cas9 corta exclusivamente el ADN mutado y respeta la copia normal del gen. Así, las células tumorales –adictas a las proteínas mutadas– dejan de producirlas y, en consecuencia, mueren, mientras que las normales no se ven afectadas.

En modelos preclínicos, las células cayeron fulminadas

En cultivos celulares y en esferoides tridimensionales, que reproducen mejor la realidad de un tumor, la viabilidad celular se desplomó tras la aplicación de nuestra terapia. Es decir, las células no resistieron y cayeron fulminadas.

El siguiente paso fueron los xenoinjertos PDX, pequeños fragmentos de tumor de pacientes directamente implantados en ratones. En este modelo más realista, HiFi-Cas9 frenó de manera significativa el crecimiento tumoral. En algunos casos, la eficacia fue incluso superior a la de Sotorasib. Y lo más prometedor: también mostró actividad en modelos resistentes al fármaco.

En organoides de pacientes, es decir, minitumores cultivados en laboratorio, los resultados fueron consistentes: nuestra terapia experimental volvió a limitar la proliferación de las células con KRAS mutado.

Lo más interesante es que KRAS no es exclusivo del pulmón: también está implicado en tumores de páncreas y colorrectales de mal pronóstico. Si logramos aprovechar esta “adicción tumoral” como vulnerabilidad terapéutica, la estrategia podría extenderse a varios tipos de cáncer.

Eliminar la mutación desde el origen

¿Qué aporta la edición genética frente a los fármacos actuales? La diferencia esencial es que CRISPR elimina la mutación en su origen, mientras que los inhibidores como Sotorasib solo bloquean la proteína una vez producida. Esto podría explicar por qué las herramientas de edición genética funcionan en contextos donde los fármacos dejan de hacerlo.

Pero hay que ser cautos. Se trata aún de una prueba de concepto preclínica. El gran reto pendiente es encontrar formas seguras y eficientes de llevar las herramientas de edición génica a las células tumorales dentro del organismo. En nuestro estudio usamos partículas virales como vehículo, pero esta tecnología debe continuar mejorándose antes de que pueda ser suministrada de manera generalizada a los pacientes.

¿Puede ser esta la terapia oncológica del futuro?

La edición genética con HiFi-Cas9 abre un camino distinto en oncología. No es todavía una terapia disponible en la clínica, pero combina la potencia de la investigación básica con la ambición de la medicina personalizada. Mostrar que es posible eliminar mutaciones clave directamente en el ADN tumoral es un primer paso hacia nuevas terapias para quienes más lo necesitan.

Obviamente, plantea una serie de cuestiones importantes. Por ejemplo, ¿podemos garantizar que el sistema actúe solo en células tumorales? ¿Cómo evitamos reacciones inmunes frente a los vehículos de entrega? ¿Qué consecuencias a largo plazo puede tener alterar de forma permanente el ADN?

Responderlas llevará años de investigación y ensayos rigurosos. No obstante, nuestros resultados, junto con otros trabajos pioneros, sugieren que esta terapia es prometedora y merece seguir siendo explorada.


Este estudio ha sido realizado por investigadores de la Universidad de Granada (GENYO), el Hospital 12 de Octubre (Madrid), el Hospital General Universitario de Valencia y la Universitat Politècnica de València. El trabajo ha contado con la financiación de la Asociación Española Contra el Cáncer, el Ministerio de Ciencia e Innovación y la Junta de Andalucía.


The Conversation

Las investigaciones que han dado lugar a este artículo, cuentan con financiación de la Asociación Española contra el Cáncer (AECC). La AECC no ha tenido ninguna injerencia en el diseño, desarrollo, análisis ni interpretación de los resultados.

ref. La edición genética podría desactivar uno de los principales culpables del cáncer de pulmón – https://theconversation.com/la-edicion-genetica-podria-desactivar-uno-de-los-principales-culpables-del-cancer-de-pulmon-265573

Une étude montre que 60 ans est souvent l’âge de notre apogée

Source: The Conversation – France in French (3) – By Gilles E. Gignac, Associate Professor of Psychology, The University of Western Australia

Raisonnement moral, stabilité émotionnelle, résistance aux biais cognitifs… autant de traits qui atteignent leur maturité bien après la jeunesse et qui expliquent pourquoi cette période de la vie peut être un âge d’or pour le jugement et le leadership.


À mesure que votre jeunesse s’éloigne, votre crainte du vieillissement grandit peut-être. Les résultats de recherche que mon collègue et moi avons récemment publiés dans la revue Intelligence pourraient vous rassurer, car ils révèlent qu’il existe de très bonnes raisons de se réjouir de prendre de l’âge. En effet, pour nombre d’entre nous, le fonctionnement psychologique atteint en réalité son pic entre 55 et 60 ans.

Ces connaissances éclairent les raisons pour lesquelles les personnes de cette tranche d’âge peuvent constituer des atouts dans le milieu professionnel, que ce soit en matière de résolution de problèmes complexes ou dans l’exercice du leadership.

Différents types de pics

De nombreux résultats de recherches indiquent que les êtres humains atteignent l’apogée de leur forme physique entre le milieu de la vingtaine et le début de la trentaine.

Un vaste corpus d’études établit également que c’est aussi vers le milieu de la vingtaine que les capacités intellectuelles « brutes » – c’est-à-dire la faculté de raisonner, de se souvenir et de traiter rapidement les informations – commencent généralement à décliner.

Ce schéma se reflète dans le monde réel. Les athlètes atteignent en général le pic de leurs performances avant 30 ans. Les mathématiciens signent souvent leurs contributions les plus marquantes aux alentours de la trentaine. Quant aux champions d’échecs, ils sont rarement au sommet de leur art après 40 ans.

Pourtant, si l’on regarde au-delà de la seule « capacité de traitement brute », une image bien différente se dessine.

De la capacité de raisonnement à la stabilité émotionnelle

Dans notre étude, nous sommes allés au-delà de la seule faculté de raisonnement. Nous nous sommes concentrés sur des traits psychologiques bien établis, répondant à plusieurs critères : pouvoir être mesurés de manière fiable, refléter des caractéristiques durables plutôt que des états passagers, suivre des trajectoires liées à l’âge bien documentées, et être connus pour prédire les performances des individus dans la vie réelle.

Notre recherche nous a permis d’identifier 16 dimensions psychologiques correspondant à ces critères. Il s’agissait notamment de capacités cognitives fondamentales, telles que le raisonnement, la capacité de mémorisation, la vitesse de traitement, les connaissances ou encore l’intelligence émotionnelle. Figuraient aussi parmi ces 16 dimensions les fameux « Big Five », ou cinq grands traits de personnalité : l’extraversion, la stabilité émotionnelle (névrosisme vs stabilité émotionnelle dans le modèle des Big Five, ndlr), le caractère consciencieux, l’ouverture à l’expérience et l’agréabilité.

Nous avons recensé puis compilé toutes les études portant sur ces 16 dimensions menées sur des cohortes de grandes tailles. En les standardisant, grâce à une échelle commune, nous avons pu établir des comparaisons directes et cartographier l’évolution de chaque trait au fil de la vie.

Un pic plus tard dans la vie

Plusieurs des traits que nous avons mesurés atteignent leur pic bien plus tard dans l’existence. Ainsi, le caractère consciencieux culmine autour de 65 ans, tandis que la stabilité émotionnelle atteint son maximum vers 75 ans.

Des dimensions moins souvent évoquées, comme le raisonnement moral, semblent également s’épanouir à un âge avancé. De même, la capacité à résister aux biais cognitifs – ces raccourcis mentaux qui peuvent nous conduire à des décisions irrationnelles ou moins exactes – peut continuer de s’améliorer jusqu’à 70 ans, voire 80 ans.

En combinant les trajectoires liées à l’âge de ces 16 dimensions dans un indice pondéré, théoriquement et empiriquement étayé, un schéma frappant est apparu.

Le fonctionnement mental global culmine entre 55 et 60 ans, avant de commencer à diminuer vers 65 ans. Ce déclin s’accentue après 75 ans, ce qui suggère qu’à un âge avancé, la diminution des capacités pourrait s’accélérer une fois qu’elle est entamée.

En finir avec les idées reçues sur l’âge

Nos résultats pourraient contribuer à expliquer pourquoi nombre les fonctions de leadership les plus exigeantes dans le secteur des affaires, de la politique ou de la vie publique sont souvent occupées par des quinquagénaires ou des sexagénaires. Si certaines capacités déclinent avec l’âge, elles sont contrebalancées par la progression d’autres traits essentiels. Ensemble, ces compétences favorisent de meilleures capacités de jugement et des prises de décisions plus réfléchies – autant de qualités cruciales au sommet.

En dépit de ces conclusions, les travailleurs les plus âgés sont aussi ceux qui font face aux plus grandes difficultés lorsqu’il s’agit de réintégrer le marché de l’emploi après une perte de poste. Dans une certaine mesure, certains facteurs structurels pourraient influencer les décisions en matière d’embauche. Recruter une personne d’une cinquantaine d’années pourrait par exemple être perçu par les employeurs comme un investissement de court terme dans le cas d’une probable retraite à 60 ans.

Dans d’autres cas, certains métiers imposent un âge de départ obligatoire. Ainsi, l’Organisation de l’aviation civile internationale fixe à 65 ans l’âge limite pour les pilotes de ligne internationaux. Dans de nombreux pays, les contrôleurs aériens doivent eux aussi prendre leur retraite entre 56 et 60 ans (en France, l’âge limite est fixé à 59 ans, ndlr). Étant donné que ces professions exigent des niveaux de mémoire et d’attention particulièrement élevés, ces limites d’âge sont souvent considérées comme justifiées.

Cependant, la situation n’est pas la même d’une personne à l’autre. Des recherches ont montré que si certains adultes voient leur rapidité de raisonnement et leur mémoire décliner en vieillissant, d’autres conservent ces capacités jusqu’à un âge avancé. L’âge, à lui seul, ne détermine donc pas le fonctionnement cognitif global. Les évaluations et les appréciations devraient plutôt se baser sur les capacités et les traits réels des individus, plutôt que sur des présupposés liés à leur âge.

Un pic, pas un compte à rebours

Dans l’ensemble, ces résultats soulignent la nécessité de mettre en place des pratiques d’embauche et de fidélisation plus inclusives sur le plan de l’âge, qui tiendraient compte du fait que chez de nombreuses personnes, vieillir constitue un atout en matière de travail.

Charles Darwin a publié De l’origine des espèces à 50 ans. Ludwig Van Beethoven a créé sa Neuvième symphonie à 53 ans et alors qu’il était profondément sourd. Plus récemment, Lisa Su, aujourd’hui âgée de 55 ans, a engagé le fabricant américain de semi-conducteurs, microprocesseurs et cartes graphiques Advanced Micro Devices (AMD) dans l’un des revirements technologiques les plus spectaculaires du secteur.

L’histoire regorge de personnalités qui ont accompli leurs plus grandes percées à des âges dépassant largement ce que la société considère souvent comme « l’âge d’or ». Peut-être est-il temps de cesser de voir la maturité comme un compte à rebours, et de la reconnaître pour ce qu’elle est vraiment : un sommet.

The Conversation

Gilles E. Gignac ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Une étude montre que 60 ans est souvent l’âge de notre apogée – https://theconversation.com/une-etude-montre-que-60-ans-est-souvent-lage-de-notre-apogee-267683

Pollution : quand l’environnement menace la fertilité féminine

Source: The Conversation – France in French (3) – By Sophian Tricotteaux-Zarqaoui, Doctorant, laboratoire Périnatalité et Risques toxiques (UMR_I 01), Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

La fertilité mondiale est en recul depuis plusieurs décennies. Si l’on connaît de multiples facteurs impliqués dans cet inquiétant phénomène, une partie des cas d’infertilité demeure sans explications. Un nombre croissant de preuves semble toutefois incriminer divers polluants environnementaux, en raison de leur capacité à perturber les cycles hormonaux.


Depuis plus de soixante-dix ans, un phénomène discret, mais de plus en plus préoccupant prend de l’ampleur dans le domaine de la santé reproductive : la fertilité mondiale connaît une baisse continue. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dresse un constat alarmant : aujourd’hui, pour un couple sur six dans le monde, devenir parents s’apparente davantage à un rêve difficile à réaliser qu’à une perspective aisément envisageable.

Les raisons de cette situation, qui affecte aussi bien les hommes que les femmes, sont multiples : évolutions sociétales, choix de vie, facteurs médicaux… Mais ils ne suffisent pas à expliquer l’ampleur du phénomène. Pour l’expliquer, les chercheurs s’intéressent de plus en plus aux effets des polluants environnementaux, et en particulier à ceux des perturbateurs endocriniens.

Ces substances, avec lesquelles nous sommes en contact au quotidien, peuvent interférer avec le système hormonal, clé de voûte de la reproduction. Ces substances ont la capacité de dérégler notre système hormonal, pourtant essentiel au bon fonctionnement de la reproduction. Aujourd’hui, les preuves sont accablantes et mettent en cause leur rôle dans les troubles de la fertilité féminine. Explications.

Un recul important de l’âge de la première grossesse

L’âge demeure l’un des facteurs majeurs influençant la fertilité. En effet, les femmes naissent avec un stock limité d’ovules qui diminue progressivement au fil des années jusqu’à la ménopause. Ce processus naturel réduit les chances de conception au fil du temps, jusqu’à l’arrêt complet des règles, qui survient généralement entre 45 et 55 ans, (avec un âge moyen de 51 ans en France).

Or, au fil du XXe siècle, l’accès aux études, l’entrée massive des femmes sur le marché du travail, d’une part, et le coût élevé lié à l’éducation des enfants, d’autre part, ont modifié les stratégies familiales, repoussant toujours plus loin l’âge moyen de la première grossesse. Ainsi, en France, celui-ci ne cesse de reculer depuis les années 1970. En 2022, il atteignait 31 ans, alors qu’il était de 24 ans en 1974.

Facilité par un meilleur accès à la contraception, ce report de l’âge de la parentalité au-delà des 30 ans pose un véritable défi, car la fertilité féminine décline drastiquement après 35 ans. Cette situation rend aussi plus complexe la prise en charge médicale des troubles de l’infertilité. En effet, plus le diagnostic d’infertilité est posé tardivement, plus le projet de devenir parents est mis en péril, car les traitements peuvent être longs.

Il faut souligner que les causes de l’infertilité ne se limitent pas uniquement à l’âge ; d’autres problèmes gynécologiques peuvent être impliqués. Parmi ceux-ci, on y trouve les anomalies utérines, le syndrome des ovaires polykystiques, les problèmes anatomiques, et l’endométriose.

Toutefois, en France, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 10 % à 25 % des cas d’infertilité sont aujourd’hui d’origine inexpliquée. Une partie de ces cas pourrait être due à l’exposition à des polluants environnementaux, qui interfèrent avec le système hormonal et perturbent les mécanismes de la reproduction.

Les polluants environnementaux, la face cachée de l’infertilité

On sait aujourd’hui que des problèmes d’infertilité peuvent résulter d’un certain nombre de facteurs environnementaux, tels que le tabagisme, la consommation excessive d’alcool ou encore l’obésité pour ne citer que les plus connus.

Depuis plusieurs années, différentes études scientifiques incriminent également les perturbateurs endocriniens, parmi lesquels on retrouve certains pesticides, d’être à l’origine de certains cas d’infertilité inexpliquée.

Selon l’OMS, un perturbateur endocrinien est :

« Une substance ou un mélange de substances qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein d’une population »

Pour le dire simplement, les perturbateurs endocriniens sont des substances qui ont la capacité d’interférer avec le système hormonal perturbant ainsi le cycle menstruel.

Aujourd’hui, nous sommes tous exposés à un large spectre de perturbateurs endocriniens, qu’il s’agisse de bisphénols (notamment le bisphénol A, mais pas uniquement), de pesticides tels que le chlorpyrifos, ou de substances telles que les polychlorobiphényles, les phtalates et leurs métabolites, etc.

Ces composés sont présents dans de nombreux produits du quotidien, par exemple les bouteilles en plastique, les contenants alimentaires, les revêtements internes des boîtes de conserve métalliques, les détergents, les microplastiques, les retardateurs de flamme, les appareils électroniques et même les produits cosmétiques…

Notre mode de vie, notre alimentation, les lieux que nous fréquentons, et même notre métier influencent notre exposition à ces substances, et certains sont plus exposés que d’autres : agriculteurs et agricultrices, personnes exerçant des métiers de la coiffure, de l’esthétique, fleuristes

Naturellement, vivre à proximité de zones polluées, comme un champ cultivé en utilisant des pesticides, par exemple, accroît de même le risque de contamination par des perturbateurs endocriniens.




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Une mécanique hormonale finement régulée

L’exposition aux perturbateurs endocriniens peut avoir des effets particulièrement délétères chez la femme, car elle peut perturber le cycle menstruel.

Ce cycle naturel, qui prépare le corps à une éventuelle grossesse, est contrôlé par un ensemble d’organes qui communiquent entre eux grâce à des hormones : le cerveau (l’hypothalamus et l’hypophyse), les ovaires et l’utérus. Il repose sur deux processus qui se déroulent en parallèle.

L’un se déroule au niveau des ovaires, lesquels passent par plusieurs étapes au cours du cycle menstruel : développement des follicules contenant les ovocytes, libération d’un ovule prêt à être fécondé (l’ovulation), puis formation d’une structure temporaire appelée corps jaune qui permettra la continuité de la grossesse.

Le second processus se passe au niveau de l’utérus, qui se prépare à accueillir un futur bébé en épaississant sa paroi. Si la fécondation n’a pas lieu, cette muqueuse épaissie est éliminée par les voies naturelles : ce sont les règles.

Ce système est orchestré par plusieurs hormones essentielles, produites par les ovaires (œstradiol et progestérone) ainsi que par le cerveau (la GnRH, LH et FSH). C’est cette fine régulation hormonale qui permet au cycle menstruel de se dérouler chaque mois.

Une désorganisation, ne serait-ce que minime, de ce système millimétré, sous l’effet par exemple de perturbateurs endocriniens, peut se traduire par une infertilité dite « inexpliquée ».

Perturbateurs endocriniens et infertilité féminine

Des substances comme le bisphénol A, les phtalates et certains pesticides ont pu être liées à une accélération du vieillissement ovarien. En provoquant un stress oxydatif dans les follicules ovariens, elles endommagent les cellules impliquées dans le développement des ovocytes. Le contact avec ces substances se traduit par une diminution précoce de la qualité et de la quantité des ovules disponibles.

Les perturbateurs endocriniens sont aussi soupçonnés de jouer un rôle dans un trouble plus grave, appelé insuffisance ovarienne précoce. Celui-ci se traduit par un arrêt définitif du fonctionnement des ovaires avant 40 ans. Cette pathologie entraîne une ménopause prématurée, des troubles hormonaux et des difficultés à concevoir.

On sait que l’insuffisance ovarienne précoce peut avoir des causes génétiques, mais certains perturbateurs endocriniens semblent être eux aussi impliqués. C’est par exemple le cas des dioxines ainsi que des perfluoroalkyls et polyfluoroalkyls (aussi nommés PFAS).

Mais ce n’est pas tout : les perturbateurs endocriniens interfèrent également avec la grossesse elle-même. Pour qu’une grossesse puisse survenir, il faut qu’un ovule arrive à maturité et soit libéré lors de l’ovulation. Or, les perturbateurs endocriniens perturbent ce processus de différentes manières.

Certains d’entre eux bloquent la maturation des ovules, empêchant le développement normal des follicules ovariens

D’autres entraînent un déséquilibre hormonal, en modifiant la production des hormones comme l’œstrogène et la progestérone, ce qui perturbe le cycle menstruel et réduit les chances d’ovulation.

Des impacts au-delà de la conception

Les perturbateurs endocriniens peuvent aussi altérer les récepteurs hormonaux. C’est par exemple le cas de substances telles que l’atrazine, un pesticide très répandu, qui diminuent la réponse des ovaires aux hormones essentielles à l’ovulation.

Tous ces mécanismes se traduisent à des perturbations de l’ovulation qui interfèrent avec la fécondation. La conséquence, chez certaines femmes exposées, est la survenue de problèmes de fertilité, voire, dans certains cas, d’une infertilité totale.

Enfin, les perturbateurs endocriniens peuvent aussi s’avérer problématiques lors des étapes qui suivent la fécondation. Pour qu’une grossesse survienne, la fécondation seule ne suffit pas : l’œuf ainsi formé doit ensuite parvenir à s’implanter correctement dans l’utérus. Il faut pour cela que la muqueuse utérine (appelée endomètre) soit réceptive.

Or, les perturbateurs endocriniens, en particulier le bisphénol A, perturbent également cette étape. Les conséquences peuvent être des fausses couches à répétition, des difficultés d’implantation de l’embryon ou les complications pendant la grossesse : dysfonctionnement du placenta (prééclampsie), retard de croissance du fœtus, etc.

Enfin, les perturbateurs endocriniens semblent aussi jouer un rôle dans le développement de l’endométriose. On peut prendre le cas du TCDD, un herbicide agissant comme perturbateur endocrinien, qui est associé à la sévérité de la maladie.

Ce que la science sait… et ce qu’elle ignore encore

Aujourd’hui, nous savons que certains polluants présents dans notre environnement, comme le bisphénol A, les phtalates, certains pesticides, les dioxines ou les PFAS, peuvent altérer la fertilité féminine en perturbant la réserve ovarienne, l’ovulation, l’implantation embryonnaire ou en favorisant des pathologies comme l’endométriose.

Cependant, de nombreuses zones d’ombre subsistent : la proportion exacte de cas d’infertilité liés à ces substances reste inconnue, notamment en raison de la difficulté à mesurer l’exposition réelle et de l’effet « cocktail », autrement dit les résultats des interactions entre différentes molécules (nous sommes en effet exposés simultanément à de nombreuses substances différentes).

Parmi les questions qui restent en suspens, quelle est la part exacte de ces polluants dans les cas d’infertilité ? Quels sont les effets combinés des expositions multiples ? Quelles périodes de la vie sont les plus vulnérables ?

Informer, prévenir, agir

Face à l’ampleur du fléau silencieux que représente l’infertilité, il est essentiel de conjuguer les efforts de la recherche à la prévention et à l’information du public. On peut ainsi espérer mieux comprendre les effets des perturbateurs endocriniens sur la fertilité féminine, et en limiter l’impact.

Adopter quelques gestes simples, tel que limiter l’usage des plastiques alimentaires ou opter pour des cosmétiques exempts de perturbateurs connus peut permettre de réduire son exposition. Si possible, mieux vaut également avancer le plus possible dans le temps son projet parental.

Il est également important que recherches et actions de prévention soient soutenues par les institutions. Celles-ci doivent veiller à ce que la dimension environnementale soit pleinement intégrée aux stratégies visant à améliorer la santé reproductive. Cela peut passer par des réglementations plus strictes et par un meilleur suivi de l’utilisation de ces substances, tout en préservant la responsabilité individuelle.

Agir dès aujourd’hui pour protéger la fertilité féminine, par des choix éclairés et par une mobilisation collective, permettra de préserver la santé reproductive des générations futures.

The Conversation

Sophian Tricotteaux-Zarqaoui a reçu des financements de la région Haut de France dans le cadre de sa thèse

Hafida Khorsi, Mariame Kabbour, Marwa Lahimer et Moncef Benkhalifa ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Pollution : quand l’environnement menace la fertilité féminine – https://theconversation.com/pollution-quand-lenvironnement-menace-la-fertilite-feminine-241654

Pourquoi le prix de l’or s’envole-t-il actuellement ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Luke Hartigan, Lecturer in Economics, University of Sydney

Le prix de l’or vient de franchir un nouveau record, porté par une demande mondiale sans précédent. Investisseurs particuliers, fonds indiciels et banques centrales de pays émergents, en particulier la Chine et la Russie, se ruent sur le métal jaune, détaille Luke Hartigan, professeur d’économie à l’université de Sydney.


Mardi 14 octobre, le cours de l’or a franchi pour la première fois la barre des 4 100 dollars américains (3 525 euros) l’once, portant la hausse de cette année à plus de 50 %. La rapidité de cette flambée dépasse de loin les prévisions des analystes et représente quasiment un doublement depuis le début du mouvement, amorcé début 2024.

Cette envolée a séduit investisseurs et épargnants, au point de provoquer de longues files d’attente devant des comptoirs de change et des négociants en métaux précieux.

Qu’est-ce qui explique cet envol ?

Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer cette course record : l’incertitude économique liée à l’endettement croissant des États et à la paralysie budgétaire américaine, ou encore les craintes d’une perte d’indépendance de la Réserve fédérale. Si sous pression politique, elle venait à baisser les taux américains, cela pourrait relancer l’inflation, contre laquelle l’or reste une valeur refuge traditionnelle.

Mais ces facteurs ne suffisent pas à expliquer la hausse fulgurante. D’abord parce que la progression de l’or s’inscrit dans une tendance haussière continue depuis plusieurs années, bien avant que ces éléments ne surgissent.

L’explication la plus plausible se trouve du côté de la demande croissante pour les fonds indiciels cotés en bourse (communément appelés ETF) adossés à l’or. Ces instruments financiers permettent aux investisseurs d’acheter et de vendre de l’or en Bourse aussi facilement qu’une action ou une obligation, ce qui démocratise considérablement l’accès au métal jaune. Avant le lancement du premier ETF or en 2003, il était bien plus difficile pour le grand public de s’exposer à ce marché. Aujourd’hui, l’or peut se négocier comme n’importe quel actif financier, ce qui change la perception de son rôle de valeur refuge en période de turbulences.

À cette demande des particuliers s’ajoute celle de certains pays émergents, en particulier la Chine et la Russie, qui convertissent une partie de leurs réserves officielles en or au détriment des grandes devises comme le dollar. Selon le Fonds monétaire international, leurs réserves physiques d’or ont augmenté de 161 % depuis 2006, atteignant environ 10 300 tonnes, contre seulement 50 % de croissance entre 1955 et 2005.

Cette réorientation s’explique notamment par l’usage accru des sanctions financières par les États-Unis et et d’autres gouvernements émetteurs des principales monnaies de réserve (dollar américain, euro, yen japonais et livre sterling). La Russie, devenue acheteuse nette d’or en 2006, a accéléré ses achats après l’annexion de la Crimée en 2014 et dispose aujourd’hui de l’un des plus gros stocks mondiaux. La Chine, de son côté, réduit ses avoirs en obligations américaines pour renforcer ses réserves en or, dans une stratégie dite de « dédollarisation ».

Après l’exclusion de la Russie du système de paiements Swift et face aux projets occidentaux de saisie d’avoirs russes pour contribuer à financer l’effort de guerre en Ukraine, de nombreuses banques centrales émergentes ont accru leurs réserves d’or. Pour elles, les grandes monnaies occidentales comportent désormais un risque politique, contrairement à l’or. Cette tendance pourrait à terme réduire l’efficacité des sanctions financières comme outil diplomatique.

Jusqu’où l’or peut-il monter ?

La demande persistante des banques centrales russes et chinoises, conjuguée à l’appétit des investisseurs pour les ETF, laisse entrevoir de nouvelles hausses. Les ETF attirent d’autant plus de capitaux que les prix montent, sous l’effet d’un certain « Fomo » (Fear of missing out ou peur de rater le train). Le Conseil mondial de l’or a ainsi fait état en septembre d’entrées record dans ces fonds : 26 milliards de dollars au troisième trimestre (22,4 milliards d’euros) et 64 milliards de dollars (55 milliards d’euros) sur les neuf premiers mois de l’année.

Les achats des banques centrales émergentes, eux, dépendent moins du prix que des facteurs géopolitiques, ce qui continue de soutenir la demande. Sur cette base, Goldman Sachs a déjà relevé son objectif de cours à 4 900 dollars l’once d’ici à fin 2026.

Un atout pour l’Australie

Quelles conséquences pour l’Australie ? Troisième producteur mondial, avec 19 % des réserves connues, le pays est bien placé pour profiter de cette envolée. Le ministère de l’Industrie, des Sciences et des Ressources du pays prévoit même que la valeur des exportations d’or dépassera dès l’an prochain celle du gaz naturel liquéfié. L’or deviendrait ainsi le deuxième produit d’exportation, juste derrière un autre métal « précieux » : le minerai de fer.

The Conversation

Luke Hartigan reçoit des financements de l’Australian Research Council (DP230100959).

ref. Pourquoi le prix de l’or s’envole-t-il actuellement ? – https://theconversation.com/pourquoi-le-prix-de-lor-senvole-t-il-actuellement-267883

From warning to reality: Canada’s escalating hate crisis demands action

Source: The Conversation – Canada – By Frederick John Packer, Associate Professor of Law and former Director of the Human Rights Research and Education Centre (2014-2025), L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

Widespread, unrestrained hatred and polarization in the United States recently jolted Americans when conservative influencer Charlie Kirk was gunned down in broad daylight. As thousands of attentive students at Kirk’s Utah event watched in horror, thousands more have seen it unfold online — an experience none will easily forget.

In the aftermath of the shooting, the U.S. became engulfed in extremist reactions, unsubstantiated accusations and escalatory rhetoric.

The hatred and violence have barely subsided. U.S. President Donald Trump and War Secretary Pete Hegseth stoked further fears while addressing an assembly of American generals and admirals and warning of an “enemy from within” that needs to be met with military force in some of America’s largest cities.

Language fuels extremism

Political violence has long been associated with the United States. But heated and volatile politics is fuelling extremist movements around the world, undermining social cohesion and the political stability required for sustainable peace and prosperity.

Canada is facing this same challenge and needs urgently to reverse the trend.

In a previous article published shortly after the Oct. 7, 2023 attacks against Israel by Hamas, one of us warned of a dangerous surge in hate crimes against Jewish and Muslim communities in Canada.




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Israel-Hamas war: Canada must act to prevent hate crimes against Muslim and Jewish communities


Decisive action was urged to protect vulnerable populations. Those fears have not only materialized, but have intensified.

Crisis in Canada, too

The June 2025 assassination of Melissa Hortman, Democratic speaker of the Minnesota House of Representatives, and attacks on other legislators, starkly illustrates the prevailing threat — not just in the U.S., but in Canada as well.

Canadian lawmakers are facing greatly increased threats. In 2020, a former Canadian army reservist rammed his truck through the gates of Rideau Hall to confront Prime Minister Justin Trudeau with firearms in what a judge called a “politically motivated armed assault intended to intimidate Canada’s elected government.”




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11 years after the Parliament Hill shooting, is Canada doing enough to tackle political violence?


Some argue we’re living in a “hateful era of public speech” as toxic language emboldens real-world violence.

This grim reality echoed throughout the International Conference on Countering Hate and Polarization at the University of Ottawa in May 2025, when community leaders, scholars, practitioners and policymakers came together to discuss possible solutions to the crisis.

Rising hate crimes

Hate crimes motivated by racism, homophobia, antisemitism and Islamophobia have sharply increased in Canada, according to statistics from Canadian police services:

  • There were 4,777 hate-motivated incidents in 2023, a 32 per cent increase over 2022 (3,612 incidents)
  • That marked the third sharp rise in four years and was more than double the 2019 rate
  • Religion-based hate crimes surged 67 per cent
  • Antisemitic incidents were up 71 per cent (900 cases)
  • Islamophobic incidents were up 94 per cent (211 cases).

These are only the reported and recorded cases; undoubtedly, there are many more incidents since victims often fear reporting, or incidents are not categorized by police as hate crimes.

Marginalized groups in Canada, including diaspora communities, face particular vulnerability, as discussed at the Ottawa conference by representatives of different communities, including Hazaras, Yazidis, Hizmet and others.

Small minorities are especially targeted and vulnerable. They endure threats, intimidation and surveillance connected to overseas conflicts, compounding historical trauma and undermining their sense of safety, security and belonging in Canada.

The ongoing hate rhetoric against diaspora communities both in their countries of origin and in Canada fuels hate crimes against them and facilitates the increasing transnational repression aimed against them.




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New commission sheds light on how diaspora communities are impacted by foreign interference


The role of social media

Social media platforms thrive on outrage, amplifying divisive content that fuels anger and resentment.

Experts at the Ottawa conference emphasized that algorithms reward inflammatory posts, creating echo chambers that isolate communities and silence diverse perspectives. So far, profit-seeking social media corporations and their directors have been shielded from any accountability or liability — criminal or civil — despite established roles in political violence, including genocides.




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Unliked: How Facebook is playing a part in the Rohingya genocide


This state of affairs has motivated some jurisdictions, like Australia, to ban social media for children.

But addressing hate and polarization requires more than stronger laws. While it’s critical to enhance existing legal tools, such as clearly defining hate-motivated crimes, it’s not enough without broader systemic reforms.

5 ways to take concrete action

1. Online platforms must be held accountable.

The European Union’s Digital Services Act offers a useful model for regulating harmful online content, emphasizing transparency and responsibility. Canada should adopt similar measures, ensuring tech companies prioritize public safety over profit.

At the University of Ottawa conference, speakers highlighted Canada’s proposed Online Harms Act (Bill C-63), underlining the need for balanced, carefully defined legislation that safeguards free expression while effectively combating online hate.

2. Police and prosecutors need better training.

At the Ottawa conference, Mariam Musse of the Office of the Federal Ombudsperson for Victims of Crime, along with policy and legal researcher Hannan Mohamud, explained that police often lack the necessary cultural sensitivity and trauma-informed approaches.

Implementing mandatory anti-bias and human rights training can help build trust between law enforcement and communities. Positive examples in Toronto and Ottawa shed light, but need guaranteed, long-term funding.

3. Canada must focus its response on victims.

Strengthening the 10-year-old Canadian Victims Bill of Rights, increasing funding for culturally sensitive support services and improving access to compensation can empower victims and help communities heal. Collecting detailed demographic data is critical to understand the full impact of hate crimes and tailor effective solutions.

4. Community-led dialogue initiatives are essential.

Investing in grassroots organizations that regularly bring diverse groups together can build genuine relationships and reduce prejudice. This must begin in schools.

5. Addressing socio-economic inequalities is crucial.

At the Ottawa conference, Victoria Kuketz of the Public Policy Forum’s Democracy Project pointed out that financial pressures, housing crises and political opportunism fuel resentment and radicalization. Tackling these issues through inclusive social policies will reduce the appeal of hateful narratives.

Our shared responsibility

Effective activism requires a clear, hopeful vision, not just resistance to threats. Without a positive vision for society, efforts risk becoming reactionary rather than transformative.

Canada is long past the warning stage: hate and polarization are palpably threatening our democracy, social cohesion and public safety every day. The path forward is clear: collective, sustained and compassionate action through means and approaches that are proven to work.

So far, Canada’s response is inadequate, hesitant and late.

Policymakers need to take action, including establishing a dedicated national body to address all hate-motivated crime, working with provincial authorities to support local programs across Canada and promoting community-wide actions tailored to specific needs.

By embracing dialogue, strengthening communities and implementing systemic reforms, the rich diversity that defines Canada will be protected and a safer future will be secured for everyone. But it requires investing in the proven methods of countering hate and polarization and ending the blight with determination and urgency.

The Conversation

Frederick John Packer receives funding from the Open Society Foundations and the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada.

Davut Akca receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council (SSHRC).

ref. From warning to reality: Canada’s escalating hate crisis demands action – https://theconversation.com/from-warning-to-reality-canadas-escalating-hate-crisis-demands-action-265933

Cinco claves para entender el robo en el Louvre y en otros muchos museos del mundo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen Jordá Sanz, Directora del Departamento de Criminología y Seguridad, Universidad Camilo José Cela

La diadema la emperatriz Eugenia, una de las joyas robadas en Museo del Louvre. Kay Emm Pea/Shutterstock

El robo ocurrido el pasado domingo en el Museo del Louvre de París en el que delincuentes lograron sustraer joyas de alto valor de la Galería de Apolo vuelve a poner de relieve una reflexión de largo aliento para la criminología aplicada al patrimonio cultural. La seguridad en museos sigue siendo un campo donde coexisten amenazas tradicionales y emergentes, visiones simbólicas y dinámicas criminales y un enorme coste simbólico cuando se produce una brecha.

Desde el punto de vista de esa seguridad, podemos destacar cinco ideas claves que nos ayudarán a entender mejor cuáles son los fallos y cómo operan los delincuentes.

1. La ciberseguridad importa, pero la llave sigue siendo física

Aunque no cabe duda de que la ciberseguridad es hoy una amenaza creciente y de primer orden para entidades culturales –con riesgos que van desde el acceso indebido a catálogos digitalizados hasta el sabotaje de sistemas de vigilancia y alarmas–, ello no debe llevarnos a minimizar el rol esencial de la seguridad física.

En muchos casos, los atacantes no requieren –o no solo– vulnerar sistemas informáticos sofisticados: pueden actuar sobre ventanas, puertas de servicio, techos o falsos muros y acompañarse de herramientas rudimentarias. Las primeras informaciones apuntan a que en el Louvre los ladrones habrían utilizado una fachada lateral y aprovechado andamiajes temporales para ganar acceso, sin depender de una intrusión digital compleja.

Esta tensión entre amenazas digitales y físicas debe abordarse de forma integrada: centros museísticos pueden blindar redes, cifrar datos y monitorizar accesos virtuales, pero mientras la puerta trasera permanezca débil o poco vigilada, la intrusión es viable.

2. Entre el lucro, el símbolo y la protesta: múltiples amenazas en juego

Los museos ocupan un punto estratégico y conflictivo porque concentran bienes susceptibles bajo múltiples lógicas delictivas. Aunque en los últimos años han cobrado visibilidad los ataques vinculados al activismo o al terrorismo –mediante acciones que buscan impactar simbólicamente en la identidad o provocar atención mediática mediante el daño o la profanación del patrimonio artístico–, no han desaparecido los robos con ánimo de lucro.

Continúan operando redes dedicadas a extraer piezas para su venta en mercados ilícitos o para fraccionarlas y comercializarlas por vías encubiertas. En los grandes robos de las últimas décadas, las investigaciones suelen revelar esta convergencia de motivaciones: junto a los gestos ideológicos o propagandísticos, persiste la lógica económica del delito patrimonial como negocio lucrativo y altamente especializado.

El valor artístico y simbólico de muchas obras convierte a los museos en objetivos que van más allá del beneficio monetario puro: por eso un robo no siempre obedece a una lógica clásica de ganancia. En el caso del Louvre, las autoridades han señalado que podrían existir lazos con redes especializadas y mercados internacionales de reventa, lo que demuestra la coexistencia de motivaciones materiales y simbólicas en un mismo hecho.

3. La ficción exagera, pero la realidad sigue usando la navaja de Okcham

El imaginario popular –reforzado por el cine y las series– tiende a contemplar robos de museos como operaciones complejas, invasiones de alta ingeniería, tecnología de punta y secuencias espectaculares: túneles desde alcantarillas, rayos láser, sincronización de cámaras o acrobacias imposibles.

No cabe duda de que estos relatos atraen al público, pero la criminología práctica observa que los métodos tradicionales –forzar vitrinas, cortar cierres, neutralizar alarmas de forma sencilla, apalancar puntos de vidrio o marcos, aprovechar huecos de seguridad…– prevalecen en múltiples casos reales.

Casos como el robo al Museo Isabella Stewart Gardner (Boston) de 1990, en el que los asaltantes actuaron durante una noche forzando puertas y accediendo a zonas interiores, o el desmantelamiento del Green Vault en Dresde (2019) muestran que la sofisticación no es imprescindible para el éxito si los puntos de vulnerabilidad existen.

Subestimar lo “rudimentario” es un error frecuente: una simple herramienta, un descuido humano o una rutina mal ajustada pueden abrir la puerta a lo que parecía imposible.

En el fondo, muchos robos de museo confirman una suerte de “navaja de Ockham” aplicada al delito: la explicación más sencilla –una brecha física, una llave mal custodiada, una vigilancia relajada– suele ser la verdadera. Lo aparentemente modesto, una mano hábil o una herramienta elemental puede quebrar los sistemas más sofisticados cuando se combinan con oportunidad y conocimiento.

4. Los ladrones miran con los ojos del visitante

La fase de inteligencia y preparación delictiva suele apoyarse en mecanismos que, a primera vista, parecen triviales: visitas de reconocimiento al museo en horarios ordinarios, observación de rutinas del personal de seguridad, aprovechamiento de horarios de mantenimiento o de montaje de exposiciones y, en ocasiones, la complicidad o el conocimiento interno (los llamados insiders).

Muchos robos han sido posibles gracias a datos aparentemente inocuos: quién vigila determinados pasillos, qué puertas sirven como salidas auxiliares, qué horarios de limpieza se usan, si hay zonas en obras que debilitan la protección física o dónde están los puntos ciegos de cámaras.

Además, hay elementos estructurales ocultos: conductos internos, estancias que no siempre están en los planos públicos, pasillos técnicos, canales de ventilación o accesos secundarios no divulgados al público.

Ese desconocimiento general sobre la anatomía completa del espacio museístico da ventaja al delincuente sofisticado. En el caso del reciente robo al Louvre, varios medios han resaltado que los perpetradores actuaron con rapidez y conocían dónde golpear, lo que sugiere un nivel previo alto de reconocimiento y planificación.

5. El patrimonio no solo se mide en euros

Debemos recordar que el patrimonio que custodian los museos no puede medirse solo en dinero. Cuando una obra desaparece o resulta dañada, la pérdida va mucho más allá de su precio en el mercado: se interrumpe un vínculo con la historia, con la creatividad humana y con el legado cultural que hemos recibido y que deberíamos transmitir.

Cada pieza robada o destruida deja un vacío en la forma en que entendemos nuestro pasado y en cómo damos sentido a la experiencia artística y social del presente.
Los museos son guardianes de esa herencia común: albergan objetos únicos, irrepetibles, que cuentan quiénes fuimos, cómo hemos pensado y qué hemos valorado a lo largo del tiempo.

El daño de un robo afecta al conjunto de la sociedad, porque cada pérdida empobrece la posibilidad de aprender, admirar y reconocernos en lo que otros crearon antes.
Por eso, la protección del patrimonio artístico, histórico y cultural no puede limitarse a impedir robos puntuales.

Requiere políticas amplias que integren restauración, cooperación internacional, trazabilidad de piezas y formación constante del personal, además de un compromiso activo de la ciudadanía con el valor de sus museos. Cuidar el patrimonio es cuidar la historia viva de una cultura.

Si algo enseña el reciente episodio del Louvre es que la seguridad en los museos debe concebirse como un equilibrio entre la protección física y la defensa digital. Las amenazas son diversas, los métodos cambian, pero el riesgo esencial sigue siendo el mismo: perder aquello que nos conecta con nuestro pasado y nos enriquece como sociedad. La criminología patrimonial nos recuerda que cada museo protegido es una victoria colectiva frente al olvido, el expolio y la indiferencia.

The Conversation

Carmen Jordá Sanz está vinculada a Prosegur.

ref. Cinco claves para entender el robo en el Louvre y en otros muchos museos del mundo – https://theconversation.com/cinco-claves-para-entender-el-robo-en-el-louvre-y-en-otros-muchos-museos-del-mundo-267891

Las provocaciones constantes de Rusia ponen a Europa contra las cuerdas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Christo Atanasov Kostov, International Relations, Cold War, nationalism, Russian propaganda, IE University

Las fuerzas especiales del ejército ruso inspeccionan vehículos en un puesto de control en Zaporizhzhia, Ucrania, en febrero de 2024. Sergey Nikonov/Shutterstock

Las escenas se han vuelto tristemente familiares: tanques rusos entrando en Georgia en 2008, la ocupación de Crimea en 2014, la invasión de Ucrania en 2022, los aviones militares rusos violando el espacio aéreo europeo y, ahora, los misteriosos avistamientos de drones que cierran aeropuertos en toda Europa.

Aunque estos acontecimientos puedan parecer inconexos, en realidad no son más que capítulos de una estrategia única, centrada y en evolución. El objetivo de Rusia es ejercer su poderío militar cuando sea necesario, emplear tácticas de guerra en la “zona gris” cuando sea posible y ejercer presión política en todas partes. Moscú lleva décadas haciendo todo esto con un único objetivo en mente: redibujar el mapa de seguridad de Europa sin desencadenar una guerra directa con la OTAN.

El objetivo no es improvisado ni ambiguo, y en esencia es irredentista. Busca revertir la expansión de la OTAN tras la Guerra Fría y reafirmar la esfera de influencia rusa en Europa.

Este enfoque singular fue el que rigió las acciones de Rusia en el período previo a su invasión de Ucrania. En diciembre de 2021, Moscú exigió que la OTAN impidiera a Ucrania y Georgia unirse a la alianza, y que sus fuerzas se retiraran a sus posiciones de mayo de 1997, donde se encontraban antes de que los antiguos Estados soviéticos de Europa del Este se unieran a la organización.

No se trataba de una maniobra diplomática previa a la invasión terrestre de febrero de 2022, sino de un objetivo en sí mismo. Desde la perspectiva del Kremlin, la ampliación de la OTAN es tanto una humillación como una amenaza existencial, y debe frenarse a toda costa.

Un conjunto de herramientas de presión

Las acciones de Rusia pueden interpretarse de diversas maneras: como alarde de fuerza, política de riesgo o presión diplomática. De hecho, todas estas etiquetas son acertadas, pero Rusia las utiliza conjuntamente para difuminar las líneas típicas entre la diplomacia, la acción militar y la propaganda interna. Podemos desglosar el “conjunto de herramientas” de presión de Moscú en diferentes tipos de acciones.

  • Política arriesgada para forzar el diálogo: la escalada militar, desde la concentración de tropas hasta la propia invasión de Ucrania, crea crisis que obligan a Occidente a prestar atención. Rusia fabrica emergencias para ganar influencia en las negociaciones, como ya hizo con éxito durante la Guerra Fría y, más recientemente, en Georgia en 2008 y en Ucrania a partir de 2014.

  • Sondeo de la zona gris: las incursiones de drones y aviones sobre Alemania, Estonia, Dinamarca y Noruega son pruebas deliberadas de la capacidad de detección y respuesta de la OTAN. También tienen el propósito más práctico de recopilar información sobre la cobertura y la preparación de los radares sin entrar en hostilidades abiertas.

  • Presión híbrida sobre los aliados más pequeños de la OTAN: los ciberataques y las interrupciones del suministro energético en varios Estados miembros de la UE están diseñados para poner a prueba la solidaridad de la alianza. Moscú señala a los Estados más pequeños y débiles para fomentar el resentimiento y la duda dentro de la OTAN.

  • Teatro nacional: para Putin, enfrentarse a Occidente le da buena imagen en su país. Como afirmó recientemente Dmitry Medvedev, vicepresidente del Consejo de Seguridad de Rusia, “Europa teme su propia guerra”. Para el Kremlin, ese temor refuerza la narrativa de que Rusia es la potencia asertiva y Occidente es indeciso.

El uso de estas herramientas por parte de Rusia no es nuevo, sino que se basa en estrategias que se han perfeccionado desde el colapso de la Unión Soviética. Desde Transnistria hasta Abjasia, Osetia del Sur y Donbás, Moscú mantiene guerras “sin resolver” que excluyen a los Estados de la OTAN y la UE, preservando la influencia rusa de forma indefinida.




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La “prueba permanente” de Rusia

Hoy en día, la estrategia del Kremlin favorece cada vez más los medios híbridos –drones, ciberataques, desinformación y chantaje energético– frente a la guerra. No se trata de provocaciones aleatorias, sino de una campaña coherente de pruebas.

Cada incursión y cada ataque tienen un propósito diagnóstico: ¿puede Europa detectarlos? ¿Puede coordinar una respuesta conjunta? ¿Puede poner en marcha esta respuesta de forma rápida y eficaz?

Como admitieron las autoridades belgas tras una reciente serie de avistamientos de drones, el continente necesita “actuar más rápido” en la construcción de sistemas de defensa aérea. Cada admisión de este tipo refuerza la convicción de Moscú de que Europa no está preparada y está dividida.




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En Rusia, estos momentos se recopilan en vídeos propagandísticos para la televisión estatal, en los que los expertos se burlan de la “debilidad” europea y presentan el caos del continente como una validación de la postura beligerante del Kremlin. Esta crisis fabricada, a su vez, es la última aplicación de una estrategia bien perfeccionada.

En lo que respecta a Occidente, el objetivo es el agotamiento, no la conquista: una “prueba permanente” diseñada para agotar los recursos y la unidad mediante una presión constante y de bajo nivel.

¿Qué vendrá después?

Las crecientes provocaciones de Rusia hacia la OTAN y Europa no pueden mantenerse como statu quo. Tal y como están las cosas, hay tres posibles escenarios a los que podrían conducirnos:

  • Una nueva confrontación a largo plazo: Este es el resultado más probable, ya que la OTAN no puede ceder a las demandas fundamentales de Rusia sin socavar sus principios fundacionales. El conflicto probablemente adoptaría la forma de un prolongado enfrentamiento: más tropas en el flanco oriental de la alianza, aumento de los presupuestos de defensa y un nuevo telón de acero en toda Europa.

  • La “finlandización” de Ucrania: un resultado posible, aunque inestable, podría ser que Ucrania se viera obligada a adoptar un estatus neutral, renunciando a la adhesión a la OTAN a cambio de garantías, como hizo Finlandia durante la Guerra Fría. Desde la perspectiva de Occidente, esto recompensaría la agresión de Moscú y afianzaría su veto sobre la soberanía de sus vecinos.

  • Escalada por error de cálculo: en un panorama de tensión creciente, incluso un incidente menor –el derribo de un dron, un ciberataque que sale mal– podría derivar en una confrontación más amplia. Una guerra deliberada entre la OTAN y Rusia sigue siendo improbable, pero ya no es impensable.

El imperativo de Europa: la resiliencia

El enfoque del Kremlin se basa en la fragmentación; la respuesta de Europa debe ser la cohesión. Esto significa desarrollar ciertas capacidades:

  • Defensa aérea y antimisiles integrada: construir un escudo verdaderamente continental, cerrando las brechas que podrían aprovechar los drones y los sistemas hipersónicos.

  • Defensa híbrida colectiva: tratar los ciberataques o las incursiones de drones como retos para toda la alianza. Un mecanismo de respuesta único y previamente acordado por la OTAN impediría a Moscú aislar a los miembros.

  • Autonomía tecnológica y política: invertir en las industrias de defensa europeas, la independencia en materia de energías renovables y cadenas de suministro resilientes. La seguridad comienza ahora con la autosuficiencia, especialmente ante el apoyo vacilante de Estados Unidos.

  • Disuasión mediante la diplomacia: Europa debe combinar una disuasión militar creíble con un compromiso pragmático, garantizando que los canales de comunicación permanezcan abiertos para evitar una escalada.

La estrategia de Rusia no es reactiva, es estructural. El Kremlin pretende obligar a Occidente a aceptar un nuevo orden de seguridad mediante una combinación de coacción, sondeos y pruebas perpetuas. Las herramientas pueden variar –desde tanques hasta drones, desde invasiones abiertas hasta guerras híbridas de desgaste–, pero el objetivo sigue siendo el mismo: socavar la unidad europea y restaurar la esfera de influencia que Rusia perdió en 1991.

El reto de Europa es igualmente claro. Tiene que resistir el cansancio de una crisis interminable y demostrar que es la resiliencia, y no el miedo, lo que define el futuro del continente.

Las provocaciones de Moscú continuarán hasta que los costes se vuelvan prohibitivos. Solo una Europa unificada y preparada puede hacer que eso suceda.

The Conversation

Christo Atanasov Kostov no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las provocaciones constantes de Rusia ponen a Europa contra las cuerdas – https://theconversation.com/las-provocaciones-constantes-de-rusia-ponen-a-europa-contra-las-cuerdas-267663

El universo como una cáscara de naranja: una propuesta revolucionaria para la teoría del todo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco José Torcal Milla, Profesor Titular. Departamento de Física Aplicada. Centro: EINA. Instituto: I3A, Universidad de Zaragoza

agsandrew/Shutterstock

Casi todo lo que ocurre a nuestro alrededor puede explicarse con tan solo dos teorías físicas: la Teoría de la Relatividad General y la Mecánica Cuántica. Hasta hoy, todo intento de unificación de ambas teorías ha sido infructuoso. Sin embargo, físicos de las Universidades de Varsovia y Cracovia, ambas en Polonia, han podido dar con la clave que podría, por fin, unificarlas. Si aciertan, estaríamos ante la mayor revolución de la física, la unificación soñada. Antes de ver cómo lo han hecho, pongámonos en antecedentes.

Las dos grandes teorías de la física

A principios del siglo XX hicieron aparición las dos teorías con las que los físicos somos capaces de explicar el funcionamiento del universo, tanto a grandes escalas (Relatividad General) como a escalas atómicas (Mecánica Cuántica).

Imagen de la 5ª conferencia Solvay (1927), que reunió a las mentes que dieron fruto a las dos grandes teorías de la Física.
wikipedia

La Teoría de la Relatividad General

La primera fue gestada por Albert Einstein y puesta en conocimiento del resto del mundo entre 1915 y 1916.

La Teoría de la Relatividad General está ligada a la Ley de Gravitación Universal que Sir Isaac Newton dictó en 1687, pero va mucho más allá. Establece que el espacio y el tiempo son dimensiones con igual consideración y que la atracción gravitatoria no es una fuerza como tal, sino una perturbación o deformación de la geometría del entramado espacio-tiempo, producida por la masa.

A mayor masa, mayor deformación, o lo que es lo mismo en términos newtonianos, mayor atracción. Los objetos más masivos conocidos son los agujeros negros y, por lo tanto, son los que más distorsionan el espacio-tiempo y mayor atracción gravitatoria producen.




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Una de las revelaciones más interesantes de la teoría es que los astros u objetos siguen siempre líneas “rectas” pero estas pueden estar inmersas en geometrías curvas, y esa curvatura la generan los objetos con masa.

Un ejemplo clásico para poder entender este concepto es el siguiente. Si yo me encuentro sobre la superficie de la Tierra y deseo ir del polo norte al polo sur, el camino más corto será una línea recta siguiendo un meridiano, pero ¿es realmente recta? Si otra persona me está observando desde el espacio verá que lo que estoy recorriendo es realmente una curva, porque la superficie sobre la que me desplazo es una curva, la superficie terrestre. A estás “líneas rectas” o de menor longitud entre dos puntos se les denomina geodésicas.




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La Mecánica Cuántica

Al otro extremo nos encontramos con la Mecánica Cuántica. Esta teoría comenzó a gestarse a finales del siglo XIX cuando el físico alemán Max Planck propuso que la radiación electromagnética era absorbida y emitida por la materia en cantidades fraccionadas y finitas que llamó “cuantos”, explicando de esta manera el patrón de radiación del cuerpo negro y los espectros de absorción/emisión, entre otros fenómenos.

En las teorías anteriores a esta, la energía se trataba como una magnitud continua, lo que en esta teoría se sustituye por una energía cuantizada.

Aunque Einstein, detractor confeso de la teoría cuántica, se valió del concepto de cuanto para explicar el efecto fotoeléctrico en 1905, no fue hasta más allá de 1920 cuando empezó a desarrollarse dicha teoría, un proceso en el que participaron grandes mentes como Louis de Broglie, Erwin Schrödinger y Werner Heisenberg, entre otros. Sus postulados explican el comportamiento de la materia a escalas atómicas y subatómicas, así como las interacciones a esas escalas, excepto la gravitatoria.

La Ecuación de Schrödinger tiene el papel en Mecánica Cuántica que las Leyes de Newton y de conservación de la energía tienen en Mecánica Clásica. Describe cómo un sistema cuántico no relativista evoluciona en el tiempo. En el caso relativista, si la velocidad de la partícula es comparable con la velocidad de la luz, se debe acudir a otras ecuaciones más complejas, como la de Dirac o la de Klein-Gordon.

La incompatibilidad de ambas teorías

Y si estas dos teorías funcionan tan bien en sus dominios, ¿por qué no pueden aplicarse satisfactoriamente al mismo sistema? La principal diferencia entre ambas es que la primera es determinista y la segunda probabilística, y eso las hace (o hacía) incompatibles.

Intentos de unificación

Quizá, la teoría de unificación más conocida por el gran público es la Teoría de Cuerdas y es que Sheldon Cooper en la serie The Big Bang Theory trabajaba en ella y la defendía a capa y espada. Esta se basa en suponer que las partículas fundamentales no son partículas sin estructura interna, sino estados vibracionales de un objeto más básico llamado cuerda.

Sheldon Cooper explicando a Penny su pizarra en la serie The Big Bang Theory
CBS, CC BY

Cada partícula se manifiesta mediante un estado vibracional diferente de la cuerda. Para que funcione, además de las cuatro dimensiones clásicas (tres espaciales y una temporal), se necesitan seis más, inobservables en la práctica, aunque, de funcionar, esto no sería ningún inconveniente.

La segunda teoría unificadora que más adeptos tiene es la Gravedad Cuántica de Lazos o de Bucles, defendida en The Big Band Theory por Leslie Winkle, conocida archienemiga de Sheldon Cooper. Aun encontrándose inacabada, ha cosechado algunos éxitos. Plantea que el espacio-tiempo tiene una estructura discreta a escalas minúsculas, del orden de la longitud de Planck.

Otras teorías que persiguen la unificación de la Relatividad General y la Mecánica Cuántica son la supergravedad, la teoría de supercuerdas, la teoría M, la teoría de la gravedad emergente, la teoría de la gravedad cuántica asintóticamente segura, la geometría no conmutativa, la teoría twistorial, la gravedad cuántica inducida o la teoría de variables cuánticas gravitatorias.

Todas ellas trabajan en la línea de cuantificar la Relatividad General para que funcione a escalas atómicas y aunque algunas de ellas han conseguido éxitos, quedan lejos de convertirse en la teoría del todo.

Una herramienta hacia la unificación: el Tensor Alena

La mayor parte de los esfuerzos llevados a cabo en la búsqueda de una teoría de la gravedad cuántica se han centrado hasta ahora en intentar cuantificar la gravedad.

Sin embargo, la piedra filosofal de la propuesta publicada por los físicos de las Universidades de Varsovia y Cracovia, es un tensor que han llamado “Tensor Alena”. Adopta un enfoque completamente opuesto: transforma el espacio-tiempo curvado en un espacio-tiempo plano (como estirar la cáscara de una naranja) de manera que se mantengan matemáticamente los resultados que la Relatividad General y, a continuación, aplican sobre este espacio plano las herramientas conocidas de la mecánica cuántica.

En el artículo, los autores derivan las ecuaciones cuánticas que describen el sistema físico completo, incluyendo todas las fuerzas.

Resulta que estas ecuaciones coinciden con las tres principales ecuaciones cuánticas conocidas hasta ahora, y este hecho lleva a una conclusión completamente inesperada: la gravedad ha estado presente en la mecánica cuántica desde el principio y no habíamos sabido verlo.

Todo esto continuará, y seguiremos contándolo.

The Conversation

Francisco José Torcal Milla no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El universo como una cáscara de naranja: una propuesta revolucionaria para la teoría del todo – https://theconversation.com/el-universo-como-una-cascara-de-naranja-una-propuesta-revolucionaria-para-la-teoria-del-todo-246446

Cómo distinguir la delgada línea entre educar y adoctrinar

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Javier M. Valle, Director del Grupo de Investigación sobre Políticas Educativas Supranacionales, Universidad Autónoma de Madrid

BERMIX STUDIO/Shutterstock

Profesores con pañuelos palestinos en clase en Alcorcón (Madrid) o con lazos amarillos en Cataluña, centros que incitan a la huelga a su alumnado contra una ley educativa o que los animan a participar en marchas contrarias a ella… ¿Es educativo? ¿O es adoctrinamiento?

Educar supone tratar de desplegar el máximo desarrollo integral de cada persona. Esto incluye poder reflexionar de manera crítica sobre los problemas sociales y políticos que nos circundan. Adoctrinar, por el contrario, es imponer una visión concreta sobre esos problemas, la que el profesor o el centro tienen. Esta distinción, que parece muy gruesa, puede resultar a veces muy delgada.

Los estudiantes viven en una realidad que, al igual que a los adultos, les interpela: les invita y exige a tomar posturas e incluso decisiones políticas de activismo social (las guerras de Ucrania, Gaza y tantas otras, la radicalización de las posturas sobre temas muy sensibles como la eutanasia, el aborto, la violencia de género, la transexualidad…).

¿Qué hacer si quieren expresar sus posiciones políticas en el marco del centro? ¿Hasta que punto el centro debe alentar posiciones políticas concretas?

Lo que dice la ley

La Recomendación del Consejo de la Unión Europea propone un aprendizaje competencial que vaya más allá de los meros conocimientos debe incluir destrezas y, muy significativamente, actitudes. Ello incluye el pensamiento crítico como un componente esencial: es fundamental para evaluar información, tomar decisiones informadas y resolver problemas de manera autónoma; para comprender los sistemas sociales, políticos y económicos de hoy y participar activamente en la sociedad; para usar críticamente la tecnología digital y para identificar oportunidades, evaluar riesgos y tomar decisiones innovadoras.

Pensamiento crítico y libertad de enseñanza

Esa legislación se aplica a todos los currículos de los países de la Unión Europea. Por ejemplo, la ley española incorpora el pensamiento crítico como parte de su enfoque educativo, promoviendo su desarrollo desde las primeras etapas escolares. Los docentes deben estimular el análisis, la argumentación, el debate y la reflexión en todas las áreas.

La libertad de enseñanza (por un lado, creación de centros docentes dentro del respeto de los principios democráticos; y, por otro, garantía a los padres de poder elegir una educación para sus hijos conforme a sus convicciones religiosas, filosóficas o pedagógicas) está garantizada tanto en los tratados de la Unión Europea como en las democracias occidentales de nuestro entorno, cuyas constituciones así lo recogen.




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Por supuesto, la Constitución Española no es una excepción (artículo 27) y, además, nuestros centros tienen la capacidad para establecer un proyecto educativo de centro que marca los valores, fines y principios que orientan su acción en el marco de su realidad contextual. Legislativamente, la autonomía de los centros educativos queda establecida también en los Reales Decretos que marcan el currículo de la enseñanza básica en cada comunidad autónoma.

De la libertad al adoctrinamiento

No obstante, ni fomentar el pensamiento crítico ni la libertad de enseñanza son excusas para que en los centros (desde las estructuras de su titularidad o sus equipos directivos, ni desde sus profesores) se practique el adoctrinamiento. Más bien lo contrario: fomentar el pensamiento crítico es la mejor defensa contra el adoctrinamiento y la libertad de enseñanza es clave para la pluralidad social.

¿Cómo podemos, pues, definir esa delgada frontera? Existe un texto clásico de los años 80, de José Manuel Esteve: “El concepto de educación y su red nomológica” (publicado en el libro Teoría de la Educación. I, coordinado por J. L. Castillejo). Su autor propone aplicar tres criterios: uso, forma y contenido. A ellos podríamos añadir los de sentido y objeto. La siguiente tabla puede comparar estos criterios para discernir los dos términos:

Cuadro con criterios para discernir cuándo se educa en pensamiento crítico y cuándo se está adoctrinando, a partir del artículo de JM Esteve El concepto de educación y su red nomológica.
Cuadro con criterios para discernir cuándo se educa en pensamiento crítico y cuándo se está adoctrinando, a partir del artículo de J. M. Esteve ‘El concepto de educación y su red nomológica’.
Elaboración propia.

Por poner un ejemplo, educar sería enseñar un hecho histórico mostrando los hechos (veraces) –teniendo como base fuentes fiables y diversas– y sus distintas interpretaciones –según actores diferentes de esos hechos–, fomentando un juicio interpretativo propio sobre el análisis crítico de las fuentes; mientras que adoctrinar sería enseñar ese hecho histórico desde una perspectiva única, presentándola como una interpretación auténtica y exclusiva y descalificando otra posible interpretación.

Detectar el adoctrinamiento

Llegados a este punto, podemos concluir que las prácticas adoctrinadoras en un centro quedan al descubierto en los siguientes casos:

1) Imposición ideológica o política:

  • Se obliga o presiona a estudiantes a participar en manifestaciones o actividades políticas.

  • Se promueve el activismo obligatorio como parte del currículo.

  • Se exige adhesión a causas específicas sin opción a disentir.

2) Falta de pluralidad y pensamiento crítico

  • Se presenta una única visión de los hechos, omitiendo o descalificando otras perspectivas.

  • Se ridiculiza, estigmatiza o penaliza la discrepancia.

  • No se fomenta el debate ni el cuestionamiento.

  • Se considera “correcta” solo la ideología del docente.

3) Manipulación de contenidos

  • Se distorsionan hechos históricos o científicos para ajustarlos a una narrativa.

  • Se omiten datos relevantes.

  • Se utilizan materiales didácticos sesgados o propagandísticos.

4) Evaluación ideologizada

  • Las calificaciones dependen de repetir ideas impuestas, no del razonamiento.

  • Se premia la obediencia ideológica más que la argumentación.

5) Confusión entre opinión y ciencia

  • Se presentan creencias personales como hechos científicos o dogmas.

  • Se niegan teorías científicas por motivos ideológicos sin explicaciones racionales.

6) Lenguaje y trato discriminatorio

  • Se usa lenguaje cargado ideológicamente.

  • Se emplean términos despectivos hacia ciertos grupos, ideas o figuras históricas.

¿Qué podemos hacer ante sospecha de adoctrinamiento?

Cuando se atisba adoctrinamiento en la acción escolar, todos debiéramos ponernos alerta; muy especialmente, las familias implicadas deben tomar conciencia de que esas prácticas no son propias de una escuela con potencial educativo real.

Y pueden asumirse actitudes proactivas ante ello que se conviertan en acciones concretas:

  • Lo primero, consultar con otras familias y contrastar esa percepción para ratificarla o descartarla.

  • Contrastar también el currículo que se está impartiendo (ver el Proyecto Educativo de Centro y calibrar su grado de cumplimiento, observar los libros de texto) y, muy especialmente, si las metodologías y los métodos de evaluación que se utilizan incurren es esos supuestos.

  • Si se estiman prácticas adoctrinadoras, plantear (con toda sensibilidad) la inquietud ante la asociación de familias del centro, el equipo directivo y los docentes para abrir un debate respetuoso y plural sobre la situación.

  • Llevarlo al Consejo Escolar del centro, para abrir un debate libre y plural sobre la cuestión en el espacio de representación del centro de mayor legitimidad y entre cuyas funciones está aprobar su Proyecto Educativo.

  • Y, lo más importante, fomentar el pensamiento crítico en casa, promoviendo un diálogo familiar con los menores sobre lo que aprenden y sobre cómo eso modula su percepción de los problemas sociales emergentes, animándolos al contraste de información, a la reflexión crítica y al razonamiento argumentativo de sus ideas.

En la esfera pública, la escuela es hoy la institución educadora de mayor potencial. En toda la historia de la especie, nunca antes tuvo un papel tan determinante en la educación de los individuos, ya que está universalizada, esto es, es obligatoria y gratuita durante la infancia y la adolescencia.

Por eso hay quien la ha definido como el “proyecto más exitoso de la historia”. Ante esa enorme responsabilidad de su misión educadora, su acción no puede verse empañada por adoctrinamiento alguno.

The Conversation

Javier M. Valle no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cómo distinguir la delgada línea entre educar y adoctrinar – https://theconversation.com/como-distinguir-la-delgada-linea-entre-educar-y-adoctrinar-267025