Le dilemme de Trump : mettre fin à la guerre contre l’Iran pour satisfaire les Américains, au risque de mécontenter sa base évangélique

Source: The Conversation – in French – By André Gagné, Full Professor, Department of Theological Studies, Concordia University

La guerre menée par les États-Unis contre l’Iran devient rapidement l’une des plus impopulaires de l’histoire des États-Unis. Début mars 2026, lorsque le conflit éclate, 46 % des Américains s’y opposent, selon l’agrégateur de sondages Nate Silver. Aujourd’hui, cette proportion atteint 57 %.

Dans ce contexte, le président américain Donald Trump cherche de toute urgence des soutiens à son effort de guerre. Un groupe en particulier se distingue par son appui constant à ses opérations militaires : les sionistes chrétiens.

Parmi ses soutiens les plus fervents figurent les participants à la récente conférence annuelle de Christians United for Israel (CUFI), tenue à Washington.

Dirigée par le pasteur John Hagee, connu pour ses prises de position incendiaires, la CUFI s’est imposée comme l’un des groupes de pression les plus puissants au sein du Parti républicain. Forte de dix millions de membres, elle constitue l’une des bases de soutien les plus fidèles de Donald Trump, notamment pour ses efforts militaires.

La récente conférence de la CUFI a réuni des milliers de partisans fervents d’un rapprochement étroit entre les États-Unis et Israël, ainsi que l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis. Lors de la soirée consacrée à l’honneur d’Israël, Hagee ouvre la conférence par une déclaration particulièrement virulente au sujet du régime iranien :

La question est de savoir si un régime qui soutient le terrorisme et menace Israël doit être autorisé à exister… Israël a le droit d’empêcher qu’une épée nucléaire ne soit placée au-dessus du cou du peuple juif.

L’enjeu de la Palestine

Le projet de doctorat de mon co-auteur, Jason Piché, porte sur le sionisme chrétien, le dispensationalisme et leur influence sur la politique étrangère des États-Unis. Le dispensationalisme divise l’histoire en différentes périodes, considérées comme autant d’étapes établies par Dieu pour régir et organiser le cours des affaires humaines. Il constitue à la fois une méthode d’interprétation de la Bible et une grille de lecture de l’histoire biblique.

Mon livre, Ces évangéliques derrière Trump : Hégémonie, démonologie et fin du monde, s’intéresse, quant à lui, au rôle des évangéliques américains dans la vie politique des États-Unis.

Des organisations chrétiennes comme la CUFI ont pour vocation première de soutenir Israël avec ferveur. Mais le sionisme chrétien joue déjà un rôle important au sein de certains courants du protestantisme américain à la fin du XIXe siècle, et son influence ne cesse de croître après la création de l’État d’Israël en 1948.

Le sionisme chrétien se développe parallèlement, au milieu du XIXe siècle, à une doctrine théologique appelée le prémillénarisme dispensationaliste.

Une photo en noir et blanc d’un homme aux cheveux gris hirsutes
John Nelson Darby en 1840 à Genève.
(Palais Eynard à Genève)

Lors d’une tournée aux États-Unis, le théologien et bibliste John Nelson Darby contribue à populariser l’idée selon laquelle Dieu divise l’histoire du monde en sept dispensations, soit sept périodes historiques distinctes. Selon Darby, la dernière de ces périodes prévoit le retour de Jésus-Christ sur terre et le début de son règne millénaire.

Darby estime que les Juifs jouent un rôle déterminant dans cette dernière période. Selon lui, le retour du Christ ne peut avoir lieu que si les Juifs reprennent possession de leur terre ancestrale en Palestine et y construisent un Troisième Temple.

Les sionistes chrétiens et les dispensationalistes deviennent ainsi de fervents défenseurs de l’État d’Israël, convaincus que sa survie et sa sécurité sont essentielles à l’accomplissement du plan de Dieu tel qu’ils le comprennent. Ils soutiennent, par conséquent, les opérations militaires conjointes entre Israël et les États-Unis contre l’Iran et estiment que les États-Unis doivent prendre des mesures pour favoriser les intérêts israéliens dans la région.




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Sionisme chrétien et politique étrangère des États-Unis

Trump a récemment annoncé la reprise des négociations avec la République islamique d’Iran, une initiative qui entraîne un certain répit dans les hostilités entre les deux pays. Mais le président américain affirme désormais que les États-Unis ne négocient qu’à moitié avec Téhéran.

Pour ses partisans sionistes chrétiens, ces négociations représentent pourtant une menace existentielle pour Israël et, par ricochet, pour les intérêts américains. Lors de la récente soirée de la CUFI consacrée à Israël, le pasteur influent Russell Johnson fait part de ses inquiétudes devant une foule qui lui répond par une ovation retentissante :

C’est pourquoi je dois dire à nos dirigeants politiques : allez jusqu’au bout !… Israël ne devrait pas être empêché d’éliminer définitivement une menace existentielle simplement parce que des diplomates veulent une cérémonie et que des politiciens veulent faire les manchettes. Si vous voulez que l’Amérique soit forte et libre, l’Amérique doit rester l’amie d’Israël.

Pour les partisans les plus fidèles de Trump, la guerre que les États-Unis et Israël mènent contre l’Iran constitue une lutte existentielle, à la fois politique et militaire, mais aussi profondément spirituelle.


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Ils estiment que les États-Unis et Israël doivent neutraliser l’Iran afin de garantir la sécurité d’Israël à long terme. À leurs yeux, de telles actions renforcent non seulement Israël et consolident sa place dans le cadre dispensationaliste de la fin des temps, mais elles servent également les intérêts des États-Unis. Ils considèrent en effet qu’elles s’inscrivent dans la promesse de Genèse 12,3, où il est dit que Dieu bénira ceux qui soutiennent le peuple avec lequel il a conclu son alliance.

Le dilemme de Trump

Trump se trouve dans une position délicate. Avec un taux d’approbation qui ne dépasse que 38 %, mettre fin à la guerre risque de décevoir ses partisans les plus fervents, tandis que la poursuivre pourrait l’éloigner davantage encore de la majorité des Américains qui désapprouvent le conflit.

Son approche, qui oscille entre des frappes aériennes aux effets limités, des menaces aux conséquences potentiellement catastrophiques et des négociations de paix infructueuses, risque de ne satisfaire aucun de ses principaux électeurs.

Une chose est certaine : s’il décide d’intensifier la guerre, les sionistes chrétiens seront au premier rang de ceux qui le soutiendront.

La Conversation Canada

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Le dilemme de Trump : mettre fin à la guerre contre l’Iran pour satisfaire les Américains, au risque de mécontenter sa base évangélique – https://theconversation.com/le-dilemme-de-trump-mettre-fin-a-la-guerre-contre-liran-pour-satisfaire-les-americains-au-risque-de-mecontenter-sa-base-evangelique-289549

Voici pourquoi les chauffeurs de taxi développent rarement la maladie d’Alzheimer

Source: The Conversation – in French – By Hatim Sharif, Professor of Civil and Environmental Engineering, The University of Texas at San Antonio

Les chauffeurs de taxi et d’ambulance sont moins susceptibles que les travailleurs de presque tous les autres secteurs de développer la maladie d’Alzheimer. C’est ce qu’a révélé, de manière surprenante, une étude menée en 2024 qui a examiné les certificats de décès de près de 9 millions de personnes aux États-Unis.


Ces conclusions m’ont interpellé, car ces deux métiers reposent sur la même chose que mon propre travail : les cartes.

J’ai passé plus de deux décennies à scruter des cartes. Pas des cartes papier accrochées au mur, mais des cartes numériques comportant plusieurs couches : des limites de zones inondables superposées à des secteurs de recensement, des points chauds d’accidents de la route reportés en fonction de la géométrie routière, et des relevés satellitaires des précipitations superposés aux bassins hydrographiques.

Une grande partie de mon travail en tant qu’ingénieur civil et environnemental s’effectue à l’aide de SIG – c’est-à-dire des systèmes d’information géographique. Les ingénieurs comme moi gardent à l’esprit plusieurs relations spatiales à la fois, en déterminant la position relative des éléments les uns par rapport aux autres à différentes échelles, allant d’un pâté de maisons à un bassin versant entier.

J’ai toujours cru que le raisonnement spatial à travers les couches cartographiques relevait purement du domaine professionnel. Mais cette étude sur les chauffeurs de taxi et les ambulanciers m’a amené à me demander si tout ce travail mental pouvait avoir des effets bénéfiques sur le cerveau.

Le cerveau des chauffeurs de taxi

Sur les 9 millions de certificats de décès de janvier 2020 à décembre 2022 examinés par les chercheurs, les chauffeurs de taxi et d’ambulance présentaient le risque le plus faible de mourir de la maladie d’Alzheimer parmi 443 professions. Après avoir tenu compte de l’âge, du sexe, de la race, de l’origine ethnique et du niveau d’éducation, environ 1 chauffeur de taxi ou d’ambulance sur 100 est décédé de la maladie d’Alzheimer, comparativement à 1 personne sur 60 dans l’ensemble de la population.

Cette tendance ne s’étendait pas aux autres emplois de conducteur. Les chercheurs ont conclu que la clé pour réduire le risque d’Alzheimer ne résidait pas dans la conduite en soi, mais dans la navigation continue en temps réel : le travail constant consistant à se situer dans l’espace, à suivre une destination et à mettre à jour une carte mentale à mesure que les conditions changent. Les conducteurs dont le travail reposait sur des itinéraires fixes ou prédéterminés, comme les chauffeurs d’autobus et les pilotes d’avion, ne semblaient pas bénéficier d’un avantage similaire.




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Les chercheurs estiment que le lien entre un travail faisant largement appel à la navigation et un risque moindre de développer la maladie d’Alzheimer est lié à l’hippocampe, une partie du cerveau qui régit la mémoire et la navigation spatiale. C’est l’une des premières régions cérébrales touchées par la maladie d’Alzheimer : les troubles de l’orientation et de la navigation spatiale comptent parmi les premiers signes de la maladie, apparaissant parfois avant même une perte de mémoire manifeste.

Dans une étude marquante menée en 2000, des neuroscientifiques ont comparé les cerveaux de chauffeurs de taxi londoniens titulaires d’un permis à ceux de personnes qui ne conduisaient pas de taxi. Leurs résultats ont fourni la première preuve, grâce à l’imagerie structurelle, que certaines régions du cerveau adulte peuvent subir des changements mesurables sous l’effet d’une sollicitation continue liée à l’orientation. Pour obtenir leur permis, les chauffeurs de taxi londoniens doivent mémoriser plus de 25 000 rues dans un rayon de près de dix kilomètres autour de Charing Cross, un défi connu sous le nom de « The Knowledge » qui prend de trois à quatre ans.

Pouvez-vous mémoriser 25 000 rues et savoir comment vous y repérer ?

Les chercheurs ont découvert que les chauffeurs de taxi londoniens présentaient un volume nettement plus important de matière grise dans l’hippocampe postérieur, une région du cerveau associée au stockage de cartes spatiales à grande échelle. Ce volume évoluait par ailleurs en fonction de l’expérience : plus une personne conduisait depuis longtemps, plus cette partie du cerveau était volumineuse. Ce changement résultait de la pratique et n’était pas héréditaire. Bien que les personnes douées pour l’orientation puissent être attirées par ce genre d’emploi, le travail lui-même a bel et bien un impact sur le cerveau.

Ensemble, ces deux études présentent un argument cohérent : un travail qui sollicite intensément l’hippocampe peut le remodeler, et ce remodelage pourrait offrir une protection contre l’une des maladies liées au vieillissement les plus redoutées.


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Le rôle des spécialistes de la cartographie

Les cartographes, les urbanistes et les analystes géospatiaux consacrent leurs journées de travail à un raisonnement spatial soutenu. Un spécialiste des systèmes d’information géographique peut, par exemple, utiliser un ordinateur pour superposer des données démographiques sur des cartes d’exposition aux inondations afin d’identifier les populations à risque, ou analyser des images satellites pour cartographier la couverture du sol après un feu de forêt. Les chercheurs jonglent simultanément avec plusieurs couches de données, systèmes de coordonnées et échelles.

Le raisonnement spatial à travers un écran sollicite-t-il l’hippocampe de la même manière que le fait de se déplacer dans une vraie ville ?

Alors qu’un chauffeur de taxi s’oriente depuis l’intérieur de la scène, au niveau de la rue, les chercheurs en SIG visualisent l’espace d’en haut sous forme de carte – ce que les spécialistes des sciences cognitives appellent le raisonnement allocentrique. Mais ces deux perspectives se recoupent dans le cerveau : l’hippocampe construit également des cartes à partir de points de vue extérieurs, et non seulement à partir de la position du navigateur lui-même.




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Les recherches sur les cartes cognitives mènent à la même conclusion que l’étude sur les chauffeurs de taxi. En 2023, des chercheurs ont appliqué un modèle d’apprentissage automatique à plus de 22 500 personnes issues d’un ensemble de données national et ont pu prédire, avec une précision de 84 %, quels codes postaux présentaient des taux plus élevés de la maladie d’Alzheimer en se basant sur la complexité de l’environnement. Les personnes vivant dans des environnements spatialement complexes – c’est-à-dire ceux qui obligent à créer activement des cartes, comme les réseaux routiers denses comportant de nombreux carrefours, divers points d’intérêt et repères, ainsi que de multiples options d’itinéraires – étaient moins susceptibles de développer la maladie d’Alzheimer.

Une étude de suivi a établi un lien entre la complexité géospatiale de l’environnement et un volume plus important dans les régions du cerveau responsables de la navigation spatiale. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que la création régulière de cartes cognitives fait travailler les circuits mêmes que la maladie d’Alzheimer attaque en premier. Le fait de solliciter de façon répétée les systèmes cognitifs impliqués dans la navigation spatiale pourrait contribuer à retarder l’apparition des symptômes de la maladie.

Cependant, ces deux études portent sur le lieu de résidence des personnes, et non sur leur travail. Il reste à vérifier si le raisonnement spatial sur un écran fait travailler les mêmes circuits que la navigation urbaine dans la vie réelle.

Protéger votre cerveau

Les implications quant à savoir si un raisonnement spatial soutenu protège le cerveau vont bien au-delà des cartographes et des chauffeurs de taxi. Des études ont maintes fois mis en évidence un lien entre les professions exigeant une grande complexité mentale et un ralentissement du déclin cognitif ainsi qu’un risque moindre de démence, même après avoir tenu compte du niveau d’éducation.

Les recherches sur la réserve cognitive – la capacité du cerveau à continuer de fonctionner malgré la maladie – peuvent aider à expliquer pourquoi deux personnes présentant un fardeau de maladie similaire peuvent afficher des niveaux de déficience cognitive nettement différents. Si la réflexion spatiale exigeante protège le cerveau, alors la manière dont les sociétés conçoivent la scolarité, la formation professionnelle et la retraite devient une question de santé cérébrale.

Le raisonnement spatial peut s’entraîner, et les possibilités de formation sont déjà très répandues. Des cours sur les SIG et la télédétection sont offerts dans le cadre de programmes de géographie, d’ingénierie, de santé publique et de sciences de l’environnement partout dans le monde.

Si la pratique régulière du raisonnement spatial peut aider le cerveau à renforcer les circuits que la maladie d’Alzheimer attaque en premier, son intérêt va bien au-delà des compétences techniques qu’elle permet d’acquérir.

La Conversation Canada

Hatim Sharif ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Voici pourquoi les chauffeurs de taxi développent rarement la maladie d’Alzheimer – https://theconversation.com/voici-pourquoi-les-chauffeurs-de-taxi-developpent-rarement-la-maladie-dalzheimer-289576

¿Cómo hemos llegado a esta situación con los incendios forestales en España? Echamos la vista atrás para buscar las causas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Eduardo Rojas Briales, Profesor permanente laboral; ciencia e ingeniería forestal (selvicultura, repoblaciones, infraestructuras verdes, gobernanza, cooperación, recursos forestales globales, incendios). ETSIAMN, Universitat Politècnica de València

Vecino de Los Gallardos (Almería) intentando extinguir las llamas de un incendio, 11 de julio de 2026. Ataurrahmanstudio/Shutterstock

Los incendios de este verano, tanto por su intensidad como por su afectación a zonas habitadas, han generado una gran preocupación social y una búsqueda inmediata de culpables y soluciones rápidas. No obstante, hablamos de un reto tremendamente complejo debido, entre otras razones, a su excepcional escala espacial.

España ha pasado de ser un país altamente deforestado a principios del siglo XX –en 1930 tenía apenas ocho millones de hectáreas de bosque (16 % de la superficie española)– a disponer hoy de 19,1 millones (38 %).

La actual cobertura forestal española está muy por delante de Italia (31 %), Francia (32 %) o Alemania (33 %). Cabe destacar que ese avance del bosque no se explica solo por las repoblaciones, sino que responde mayoritariamente a la recuperación espontánea de los bosques quemados además de su expansión natural, sobre todo en montaña.

Los incendios no constituyen un hecho novedoso. Ya en 1968 el Ministerio de Agricultura creó el Servicio contra Incendios Forestales, incluyendo una compleja estadística en aquel momento única en Europa. Décadas antes, entre 1920 y la Guerra Civil, se produjo un creciente número de incendios como consecuencia del abandono de los viñedos debido al insecto filoxera.

Desvinculados de la naturaleza

España “se acostó” a principios de los 50 como un país eminentemente rural y subdesarrollado y se despertó en 1970 como un país urbano relativamente desarrollado. Había olvidado sus raíces y su extenso territorio rural, restringiéndolo a una cada vez más marginal fuente de mano de obra, lugar para el suministro de agua, energía y alimentos y ubicación de infraestructuras de conexión entre conurbaciones.

Como consecuencia de la pérdida de vínculo con lo natural de un medio urbano muy hostil para gran parte de la sociedad y las series de Félix Rodríguez de la Fuente, surgió el primer ansia de recuperar lo natural. Esta coincidió en el tiempo con la primera cumbre ambiental de Naciones Unidas en Estocolmo y el cambio en la denominación de la aún única administración forestal en España de Dirección General de Montes a Instituto Nacional para la Conservación de la Naturaleza.

Con la Transición, como ocurriera en otros países de la cuenca mediterránea que salían de una dictadura, los incendios se multiplicaron en la medida en que la autoridad de los cuerpos de seguridad se debilitaba. Galicia y la costa mediterránea fueron los territorios que más sufrieron, especialmente entre finales de los 70 y mediados de los 90.

Consolidada la democracia y el sistema autonómico, las comunidades más afectadas –especialmente Cataluña, Andalucía, Galicia, Valencia, Castilla-La Mancha, Castilla y León o Canarias– se dotaron de sofisticados medios, especialmente aéreos, para mejorar la actuación inmediata en los primeros minutos de una potencial ignición. A la vez se mejoró la observación meteorológica y el análisis de la causa de ignición comenzando con la determinación exacta del arranque del fuego.

También se abordó el problema de los basureros incontrolados y las líneas eléctricas, ambos generadores de incendios, gracias a alguna sentencia contundente en lo referente a la responsabilidad civil.

Todo ello llevó a una bajada a la mitad del número de incendios y su extensión comparados con hace 30 años. Hay que recordar que el noroeste, con solo el 15 % de la superficie, acaparaba dos tercios del número de incendios en aquellos años. Pero también hay avances en esta zona: por ejemplo, Galicia ha reducido el número de igniciones en un 66,67 % desde entonces.

Las consecuencias de apostar solo por la extinción

Ya entonces los especialistas advirtieron que una apuesta basada exclusivamente en la extinción se acabaría agotando, como ya había ocurrido en Estados Unidos. De hecho, el proyecto de investigación europeo FIREPARADOX analizó esta cuestión y alertó del breve recorrido que el alivio que supusieron las fuertes inversiones en extinción comportaría.

Al reducirse las zonas quemadas, pero no actuar en el estado del monte, los contados incendios que no se consiguiesen atajar en el primer momento devendrían en megaincendios, compensando con creces lo ganado en los anteriores 10-15 años. Desde el principio de esta década hemos llegado exactamente a este punto.




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Actuaciones necesarias para prevenir incendios

El cambio climático y la alta carga de combustible fino disponible para arder en el monte ofrecen al fuego unas condiciones favorables que no hemos conocido en los últimos siglos. De ahí que sea necesario mitigar el primero y gestionar el segundo a la hora de afrontar el reto de los incendios.




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Abordar el estado del territorio es igualmente necesario en todos los casos. Las medidas requeridas corresponden en buena medida a adaptación al cambio climático e incluso mitigación, si gestionamos más activamente los bosques. Recordemos que en los países secos –como España en gran parte– la prioridad principal es la adaptación.

Otro aspecto clave es la necesidad de buscar sinergias que aprovechen óptimamente los limitados recursos públicos y respondan a las necesidades de diferentes colectivos sociales.

Recuperar la agricultura y ganadería extensiva en montaña como aliados en la lucha contra los incendios es clave también respecto a la despoblación rural. Además, estas actividades proporcionan alimentos de mayor calidad nutricional y diversificados.




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Por otro lado, aprovechar la madera, el corcho, la resina y la biomasa que producen los bosques –de la que solo aprovechamos un 60 %– permitiría reforzar la bioeconomía y avanzar más deprisa en una transición energética más diversificada, flexible en el tiempo y presente en todo el territorio, además de reforzar las pymes y acelerar la construcción con madera, clave en la reducción de emisiones de un sector estratégico como la construcción.

The Conversation

Eduardo Rojas Briales no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Cómo hemos llegado a esta situación con los incendios forestales en España? Echamos la vista atrás para buscar las causas – https://theconversation.com/como-hemos-llegado-a-esta-situacion-con-los-incendios-forestales-en-espana-echamos-la-vista-atras-para-buscar-las-causas-289172

La tapa del eclipse, con sandía y salsa de grillos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elena Sanz, Directora editorial, The Conversation

Juanma Serrano/UIMP CC BY-NC-ND

Los amantes de la gastronomía conocen (y disfrutan) de la enciclopedia culinaria Modernist Cuisine. Su autor no es un cocinero sino un físico llamado Nathan Myhrvold que, mientras trabajaba para Bill Gates como director de tecnología de Microsoft, se las ingenió para matricularse en La Varenne, una escuela de cocina profesional de Francia. Y se enamoró tanto de la gastronomía que acabó cambiando su rumbo profesional para dedicar toda su atención a los procesos culinarios.

Viene a cuento porque para Myhrvold la cocina es la unión perfecta entre la ciencia, la técnica y la creatividad artística. Una definición que suscribe completamente Yasser Ríos, profesor y experto en tecnología y diseño de alimentos del Basque Culinary Center, que en la última edición del curso de verano “La aventura de divulgar ciencia en español con éxito”, celebrado en la UIMP, formuló en voz alta y respondió la pregunta: ¿qué aporta la ciencia a la creación de un plato?

“Ambas nacen de la curiosidad, la observación y la experimentación para entender cómo funciona el mundo”, explicaba Yasser, que puso sobre la mesa, con ejemplos concretos desarrollados por alumnado del Basque Culinary Center, el papel que juegan el conocimiento, la investigación y la sostenibilidad a la hora de crear nuevas experiencias culinarias que tengan no solo sabor sino, también, sentido.

Miedo, curiosidad, asombro y luz

Pudimos comprobar cómo se diseña un plato teniendo en cuenta la técnica, el sabor, la emoción y el storytelling a través de un ejemplo práctico: la creación (y degustación) de nuestra “tapa del eclipse”. Un plato creado ad hoc para el curso y que solo existió de forma efímera durante unas horas en el Palacio de la Magdalena de Santander.

“Hay dos partes en cada plato: una tangible, comestible; y otra intangible, como el storytelling y el diseño de las emociones”, explicaba Yasser.

Por eso, antes de decidir ingredientes, formatos y técnicas, analizamos junto a Yasser las emociones que puede generar un eclipse (y que, idealmente, debía trasladar a la tapa). Hace siglos, cuando se desconocía el origen del eclipse, dominaban el desconcierto, el miedo, la inquietud (¡se acaba el mundo!) y la sorpresa. Hoy el cuarteto sería más bien: asombro, fascinación, curiosidad, efecto wow.

Con esta idea en mente –y una lista de atributos ya más o menos definida–, unida al concepto astronómico de lo que es un eclipse de Sol –ese instante en que la Luna se colocará entre el Sol y la Tierra, y lo dejará todo a oscuras–, se sumaron otros conceptos a la ecuación: luz, oscuridad, temporalidad, momento efímero, círculo, transparencia… Y, por supuesto, verano.

De la sandía, hasta los andares

Yasser concibió, a partir de ahí, un original tartar de sandía (fruta estival por excelencia), de la que lo aprovechó todo: el endocarpio (la pulpa roja), el mesocarpio (blanco) y el exocarpo (la corteza externa verde). Congeló la pulpa roja y luego la descongeló para que perdiera el agua sin necesidad de calentarla. De esta manera, obtuvo una especie de carne que pudo salar y ahumar para cambiar su sabor. El mesocarpio le sirvió para hacer un delicioso encurtido, aderezado con el jugo que soltó la pulpa al descongelar, que aportó el toque ácido de la tapa. Además, tostó la parte verde de la sandía para secarla, cual si fuera un té, y preparar una infusión junto con la melaza.

La base del tartar, elegido por ser un formato reconocible que se podía comer en uno o dos bocados, era un pan de cristal totalmente transparente que contenía jugo de sandía, kuzu, almidón de patata, vinagre de sandía, ácido málico y ácido ascórbico.

Finalmente, elaboró una salsa umami con un insecto nocturno y crujiente, en alusión a esa noche momentánea que irrumpe en mitad del día cuando se produce un eclipse solar total. Seguro que lo ha adivinado: usó grillos.

En el emplatado, remató la tapa con flores de sauco, el equivalente a la alcaparra que suele aderezar el tartar.

El resultado: un exótico, misterioso y efímero bocado, con mucha ciencia detrás, que nos dejó con un buen sabor de boca en los preliminares del auténtico eclipse.

The Conversation

– ref. La tapa del eclipse, con sandía y salsa de grillos – https://theconversation.com/la-tapa-del-eclipse-con-sandia-y-salsa-de-grillos-289544

Cómo hablar de inmigración en el aula

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miguel Osorio García de Oteyza, Profesor área Geografía Humana (Humanidades y ciencias sociales), Universidad Francisco de Vitoria

koldo_studio/Shutterstock

Las migraciones son un hecho natural y constante en la historia. Cambiar el lugar de residencia, de manera individual o colectivamente, ha sido el comportamiento natural de las sociedades humanas: los hombres prehistóricos se desplazaban buscando alimento y climas templados; hoy se migra para buscar trabajo o para huir de una guerra o de la violencia.

La Organización Internacional para las Migraciones (OIM) (creada por las Naciones Unidas en 1951 para orientar las políticas de una migración más humana y ordenada) cifró en 281 millones las personas habían migrado a otros países en 2024. Este numero es sólo un 3 % del total de la población mundial, un porcentaje más o menos estable.

Cambio en los países de acogida

Lo que sí cambia a lo largo de la historia es de qué países salen personas y a qué países se dirigen. Hay lugares, como Estados Unidos, que han sido siempre receptores de migrantes. Otros, como España, que en otras épocas fue un país de emigrantes, son hoy sobre todo puntos de destino. Por otro lado hay países como Argentina que fueron especialmente receptores y hoy son emisores.

España ha pasado de un millón de personas con nacionalidad extranjera en el año 2000 a siete millones en 2026, entre los que hay una mayoría procedentes de América, en segundo lugar de Europa y en tercer lugar de África. Estas cifras suponen que uno de cada cinco residentes en España es originario de otra cultura, lo que implica un reto para la convivencia.

Cuando los políticos o los medios de comunicación tratan este tema, hay una serie de palabras que se suelen oír o leer con frecuencia. A continuación, explicamos su origen y significado objetivo, así como la intención y connotaciones con que suelen utilizarse.

Xenofobia y racismo

La xenofobia es el rechazo o el odio a la persona de origen extranjero. Se traduce en actitudes, prejuicios o conductas que rechazan, excluyen y, muchas veces, desprecian a esas personas. En distintos contextos, tanto en la vida real como en las redes sociales, se utilizan términos racistas que discriminan a las personas por su origen o raza.

De esta manera se etiqueta de forma negativa a los grupos humanos como si todos se comportasen de la misma manera, discriminando por su color de piel, su lengua, sus costumbres o nacionalidades; así, si una persona de un país ha robado, a veces se dice que todos los que son de ese país son unos ladrones.




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¿Cómo contamos la realidad?

Cuando las personas y los medios de comunicación transmiten información y noticias, a menudo utilizan una “narrativa” (también llamado “marco narrativo” o “relato”) determinada. Es el hilo conductor que crea una historia, con unos personajes, y conecta los datos y los hechos con las emociones.

Imaginemos un hecho muy reciente: la llegada a Ceuta de más de 50 000 personas procedentes de Marruecos el pasado 30 de julio de 2026. Cuando algunos medios utilizan, para referirse a este hecho, la palabra “invasión” están creando en nuestra mente un marco narrativo bélico y de ataque. Si en cambio se habla de “entrada” de inmigrantes, nuestra percepción de un hecho similar es totalmente distinta.

Es decir, cada narrativa tiene un impacto en quienes la leen o la escuchan: configuran nuestra imaginación y nuestra forma de entender las cosas.

Narrativa antimigratoria

Con las cuestiones migratorias abundan narrativas, muchas veces falsas, exageradas o tergiversadas, que nos llegan en forma de noticia.

A menudo deshumanizan al inmigrante (hablando, por ejemplo, en lugar de personas de “flujos migratorios”) o equiparan la inmigración con problemas de seguridad o de pobreza. Así se distancian de los que llegan, que son “otros”, diferentes. “Ellos” frente a “nosotros”.

Estos relatos suelen construirse entorno a cinco ejes: la securitización, que asocia migración y delincuencia; la retórica identitaria, que presenta la diversidad como amenaza cultural; el rechazo al extranjero, con islamofobia y aporofobia; la condena de la movilidad humana; y la instrumentalización electoral.

De la narrativa antimigratoria al odio

Uno de los efectos obvios de las narrativas antimigratorias es la generación de rechazo, miedo o incluso odio hacia los migrantes. Aunque España es uno de los países de Europa que mejor valora la integración social de los migrantes, el Observatorio Español del Racismo y la Xenofobia notificó 2 655 casos de contenidos de odio racista en redes sociales en 2023. La plataforma con más incidencias fue X/Twitter (30,4 %), seguida de Instagram (21,4 %) y Facebook (20,5 %). Las plataformas solo retiraron el 49,4 % de los contenidos notificados.

Los menores migrantes no acompañados fueron en 2023 el colectivo más victimizado: en el 45,5 % del discurso de odio dirigido a ellos se les vincula con inseguridad ciudadana usando lenguaje agresivo explícito.




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Aplicación de nuevas narrativas migratorias

Usar un lenguaje respetuoso es el primer paso para tratar con dignidad a todas las personas. He aquí algunas herramientas a tener en cuenta:

  1. Prescindir de comparaciones que enfatizan un sentimiento de enfrentamiento entre nosotros y ellos, los de aquí y los de allí. Escapar de dicotomías que presentan a esos supuestos “otros” como enemigos irreconciliables.

  2. Evitar los estereotipos y las generalizaciones. Cada persona tiene su propia historia que la hace única.

  3. Desprenderse de los prejuicios. No reducir a una persona a su lugar de nacimiento.

  4. Analizar las palabras y los mensajes que se usan para detectar cuándo se está usando un discurso sesgado por la narrativa antimigratoria.

  5. Utilizar la empatía y respetar la dignidad inherente a todas las personas.

  6. Verificar antes de compartir. Ante imágenes o vídeos impactantes sobre migración, contrastar siempre la fuente.

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Miguel Osorio García de Oteyza recibe fondos de FECYT entonces perteneciente al Ministerio de Ciencia e Innovación.

– ref. Cómo hablar de inmigración en el aula – https://theconversation.com/como-hablar-de-inmigracion-en-el-aula-284141

Qué ocurre después del ‘match’: citas, sexo y relaciones en las aplicaciones de citas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Mañas Acero, Profesora de Intervención Integral en Violencia de Género, Universidad Pontificia Comillas

Drazen Zigic/Shutterstock

La curiosidad, la búsqueda de validación o el amor. Esas son algunas de las razones que nos impulsan a usar una aplicación de citas. Pero ¿qué sucede cuando la pantalla nos devuelve un match?

En los últimos años, las aplicaciones de citas se han posicionado como una de las principales vías para conocer gente y buscar pareja/s. Hoy navegamos entre multitud de opciones: Meetic, Grindr, Adopta un Tío, OkCupid o Tinder. Esta última destaca por su alcance internacional, con presencia en más de 185 países y disponible en más de 60 idiomas.

La expansión de estas aplicaciones y sus cifras de uso evidencian un nuevo escenario de relaciones en el que las interacciones digitales y presenciales se entrelazan de forma constante.

El inicio del vínculo digital

En el juego de las apps de citas, el match es solo el comienzo. Si ambas personas coinciden en gustarse o en mostrar interés, la plataforma habilita la posibilidad de entablar una conversación privada.

Sin embargo, no todo match se traduce en una conversación, ni toda conversación en un encuentro. Fenómenos como el ghosting –una forma de terminar o interrumpir una relación en la que una persona corta toda comunicación de manera repentina y sin dar explicaciones– o la pérdida de interés pueden hacer que muchas interacciones se queden en el camino.

En este artículo compartimos los resultados de un estudio basado en el análisis de las experiencias de 667 personas usuarias de apps de citas. El objetivo era conocer qué interacciones se producen tras el primer contacto.

De la pantalla a la cita presencial: ¿y después?

El paso de lo digital a lo presencial parece, en muchas ocasiones, una progresión natural cuando la interacción inicial funciona. De este modo, el resultado más frecuente después de la interacción virtual fue conocer a personas cara a cara. La mayor parte de participantes había tenido al menos una cita presencial, y por término medio habían quedado con 11 personas.

Ahora bien, no todas esas citas derivan en una interacción más estrecha. Alrededor de la mitad generaron cierta conexión, dando lugar a contactos más íntimos, como los besos. Esto podría indicar que el “salto” a la cita es relativamente común, pero que la química y la continuidad se juegan, sobre todo, en el encuentro presencial.

Sexo e intimidad en las citas

Las relaciones sexuales suelen ser una de las principales motivaciones en el uso de apps de citas, y también aparecen con frecuencia en las trayectorias que se inician en estas plataformas. En nuestro estudio, la mayoría de los contactos afectivos establecidos acabó en relaciones sexuales. Sin embargo, la continuidad sexual con una misma persona se reduce considerablemente: de media, esas relaciones se mantuvieron con unas tres personas.

El patrón parece bastante claro. El encuentro sexual puede ocurrir, pero mantenerlo en el tiempo depende de algo más que la atracción inicial: entran en juego factores como la compatibilidad, el interés mutuo o el momento vital.

Cuando surge el vínculo estable

¿Cuántas veces un match termina en vínculo estable? Pues menos de las que podríamos esperar. En nuestro estudio, las relaciones de pareja surgidas a través de apps fueron menos frecuentes: de media, las personas participantes reportaron unas dos.

Este contraste entre contactos y relaciones estables sugiere que solo una parte pequeña de las interacciones iniciadas en estas plataformas termina en pareja. Como sucede con los ligues fuera de la pantalla, vincularse de forma estable requiere algo más que una atracción inicial: necesita tiempo, compromiso y expectativas compartidas, elementos menos inmediatos que el match.

Género, orientación y edad importan

Las experiencias en apps de citas no son homogéneas. En nuestro estudio, factores como el género, la orientación sexual o la edad se asocian con diferencias en cómo y cuánto se interactúa.

Al examinar los resultados desde una perspectiva de género, aparece una brecha clara: los hombres reportan el doble de citas presenciales que las mujeres. Además, declaran el doble de interacciones en el resto de resultados analizados, incluyendo besos y relaciones sexuales. Estas diferencias pueden tener varias lecturas.

Por un lado, muchas mujeres adoptan estrategias de autoprotección cuando quedan con hombres desconocidos, como quedar en lugares públicos o informar a su entorno. Por otro, algunas teorías apuntan a diferencias en las motivaciones: los hombres podrían priorizar el sexo a corto plazo, mientras que las mujeres pondrían más énfasis en la seguridad o la conexión emocional.

En todo caso, es mejor no hacer lecturas rígidas o estereotipadas, ya que estas tendencias conviven hoy con procesos de cambio como el empoderamiento femenino y la transformación de las normas sexuales.

En los datos también aparecen diferencias según la orientación sexual. Los hombres homosexuales reportan un mayor número de interacciones. Esto sugiere que las apps de citas pueden funcionar como espacios de exploración con mayor anonimato y menor estigma social en la expresión de la identidad sexual.

Por último, la edad también introduce diferencias. Las personas adultas (31-50 años) y las mayores de 50 años reconocen haber tenido más citas y relaciones afectivo-sexuales que las jóvenes.

Quizás las personas adultas y mayores tienden a tener expectativas más claras y definidas –como la búsqueda de estabilidad o una vida sexual activa–, mientras que las más jóvenes pueden utilizar estas apps de forma más exploratoria y encontrar otros espacios de socialización en los que establecer nuevas relaciones.

Nuevas formas de relacionarnos

El match inicial es el comienzo de un recorrido incierto. A partir de ahí, muchas interacciones se quedan en mensajes que no avanzan. Otras pasan a una cita. Algunas terminan en besos o en sexo. Y solo en una pequeña parte de los casos aparecen vínculos que se consolidan.

Las apps de citas dibujan un mapa complejo de relaciones contemporáneas. Tener esta información puede ayudarnos a ajustar expectativas. Las aplicaciones pueden ampliar oportunidades de contacto y acelerar el inicio de la interacción, pero no eliminan los requisitos habituales para sostener una relación. Entender ese recorrido –y saber en qué punto se quedan la mayoría de interacciones– permite leer con más realismo qué pueden aportar estas plataformas y hasta dónde llegan.

En el fondo, comprender qué ocurre después del match no solo nos permite conocer mejor cómo nos relacionamos hoy, también nos permite entender cómo estamos construyendo y negociando la intimidad en el siglo XXI.

Estos datos provienen de un cuestionario online de carácter nacional y recogen la experiencia de quienes participaron de forma voluntaria. Por tanto, no equivalen a una fotografía representativa de la población. Aun así, nos permiten conocer, de una forma más aproximada, los resultados y las experiencias de las personas usuarias tras el uso de apps de citas y qué evidencian dichas experiencias sobre las formas contemporáneas de relacionarnos social, afectiva y sexualmente.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Qué ocurre después del ‘match’: citas, sexo y relaciones en las aplicaciones de citas – https://theconversation.com/que-ocurre-despues-del-match-citas-sexo-y-relaciones-en-las-aplicaciones-de-citas-281092

La falacia del ‘Just Do It’: por qué el cerebro prefiere el sofá al gimnasio (y no es culpa nuestra)

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miguel Ángel Rodríguez, Investigador predoctoral en las bases evolutivas y neuropsicológicas de la (in)actividad física humana, Universidad de Oviedo

New Africa/Shutterstock

“Nunca evolucionamos para hacer ejercicio”, afirma el biólogo evolutivo Daniel Lieberman. Y tiene razón. El ser humano ha evolucionado para ser físicamente activo por pura necesidad de supervivencia: cazar, recolectar y explorar.

Sin embargo, el ejercicio –entendido como actividad planificada y estructurada para mejorar la forma física– es un concepto mucho más reciente. Hoy, aunque la tecnología ha reducido drásticamente la necesidad de movernos, la actividad física sigue siendo esencial para conservar nuestra salud física y mental.

Las estadísticas son alarmantes. A nivel global, 1 de cada 3 adultos y 8 de cada 10 adolescentes no alcanzan los niveles mínimos de actividad física recomendados por la Organización Mundial de la Salud. El 90 % elige el ascensor frente a las escaleras, y solo la mitad de quienes se proponen hacer ejercicio logra cumplir su objetivo.

Estos datos nos invitan a reflexionar: ¿por qué ciertas personas disfrutan corriendo un ultramaratón bajo el sol abrasador del desierto, mientras que otras sudan en frío con solo pensar en salir a dar una vuelta a la manzana?

Más allá de la fuerza de voluntad

En 1988, la compañía Nike lanzó un spot publicitario protagonizado por un octogenario sonriente llamado Walt Stack que aparecía corriendo por el Golden Gate de San Francisco mientras explicaba cuál era su motivación para hacerlo a diario. El anuncio terminaba con tres palabras escritas en blanco sobre fondo negro: Just Do It.

Sencillo, ¿verdad? Pero ¿será solo cuestión de fuerza de voluntad lo que distingue a quienes hacen ejercicio de quienes no lo hacen? Parece que no todos partimos de la misma casilla de salida, pues diversos estudios en gemelos han revelado que aproximadamente el 60 % de nuestra capacidad de autocontrol está condicionada genéticamente.

Nuestra disposición a movernos está influida por procesos inconscientes. Así, las decisiones sobre realizar o no ejercicio pueden estar determinadas por predisposiciones biológicas que moldean la percepción del esfuerzo, el placer o la incomodidad.

Los psicólogos Daniel Kahneman y Amos Tversky propusieron un modelo que ayuda a entender este conflicto entre el comportamiento automático y el deliberado. Según ellos, nuestras decisiones están determinadas por el “sistema 1”, rápido e intuitivo (por ejemplo, apartar la mano del fuego), y el “sistema 2”, lento y analítico (mantener hábitos como el ejercicio). Pues bien, las decisiones racionales del sistema 2 reciben la influencia de mecanismos inconscientes, lo que plantea una idea fascinante: nuestras elecciones, como levantarse del sofá, podrían estar determinadas por procesos cerebrales que escapan al control consciente.

Como explica el psicólogo y escritor canadiense Steven Pinker, no somos una hoja en blanco, sino organismos evolutivos diseñados para responder al mundo. Comportamientos como elegir las escaleras mecánicas frente a las convencionales responden a mecanismos ancestrales destinados a ahorrar energía en entornos de escasez.

En una sociedad dominada por la búsqueda del placer inmediato, donde pasar la tarde deslizando el dedo por una pantalla resulta más sugerente que atarse las zapatillas, someter al cuerpo a esfuerzos “innecesarios” supone un desafío directo a nuestra programación biológica más primitiva. Y es que, salvo que exista una recompensa suficientemente valiosa, el cerebro tiende a favorecer las conductas de menor coste energético. Por ello, iniciar y mantener la actividad física suele requerir más recursos cognitivos que dejarse llevar por la inactividad.

La dopamina y otros factores que escapan a nuestro control

Aquí entra en juego la dopamina, el neurotransmisor que regula el placer y la tolerancia al esfuerzo. Las variaciones individuales en el sistema dopaminérgico e, incluso, la composición de la microbiota intestinal modulan nuestra motivación para hacer ejercicio. Lo que es evidente es que estos factores no dependen de nosotros, como tampoco la actividad física que nuestra madre realizó durante el embarazo, que predice nuestros niveles de actividad física en la etapa adulta.

No obstante, la biología no basta para explicar el comportamiento humano, y aspectos como la experiencia y el contexto social alteran la autoeficacia y la motivación con el ejercicio. Así, gemelos idénticos, que comparten un mismo ADN, divergen en su respuesta a la actividad física en función de malas experiencias o inseguridades corporales. Estas vivencias modulan la relación emocional con el movimiento y pueden generar trayectorias opuestas.

De la culpa individual a la responsabilidad colectiva

Reconocer estos condicionamientos no significa ser fatalistas. Una vez comprendemos la influencia de los factores biológicos y ambientales, eliminamos el componente moral de la inactividad. Así, aceptar que el esfuerzo físico no tiene el mismo coste para todos nos obliga a mirar menos al individuo y más a las situaciones en las que vive.

El diseño urbano amplifica las desigualdades biológicas. Según el estudio PASOS, que incluyó a más de 4 000 menores de edad, aquellos que viven en barrios de bajo estatus socioeconómico y escasa accesibilidad peatonal registran menos minutos de juego al aire libre y menor participación en actividades deportivas.

Las políticas actuales buscan actuar desde las primeras etapas de la vida. La promoción del ejercicio físico durante el embarazo, el impulso de la educación física y el acceso universal a espacios recreativos son estrategias que pretenden compensar desventajas biológicas o contextuales antes de que se consoliden.

Los contextos socioeconómicos, los marcos normativos, los modelos educativos y el diseño de los espacios comunes deben operar como aliados de la motivación. Por ejemplo, en Cluj-Napoca (Rumanía), puedes obtener un billete de bus a cambio de hacer 20 sentadillas. Con más de 200 000 billetes emitidos, esta iniciativa demuestra que es posible transformar un esfuerzo biológicamente costoso en un juego de recompensa inmediata.

En última instancia, debemos entender la libertad como una construcción colectiva. Como escribió el filósofo Arthur Schopenhauer: “El hombre puede hacer lo que quiere, pero no puede querer [elegir] lo que quiere”. El verdadero acto de voluntad colectiva no reside en exigir un simplista Just Do It, sino en diseñar entornos que inviten al movimiento.

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Este artículo fue finalista del Premio Luis Felipe Torrente de Divulgación sobre Medicina y Salud, organizado por la Fundación Lilly y The Conversation

– ref. La falacia del ‘Just Do It’: por qué el cerebro prefiere el sofá al gimnasio (y no es culpa nuestra) – https://theconversation.com/la-falacia-del-just-do-it-por-que-el-cerebro-prefiere-el-sofa-al-gimnasio-y-no-es-culpa-nuestra-288546

John Galliano en el Met: ¿puede el talento sobrevivir al juicio moral?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sandra Bravo Durán, Socióloga y Doctora en Creatividad Aplicada, UDIT – Universidad de Diseño, Innovación y Tecnología

John Galliano en un fotograma del documental _Auge y caída de John Galliano_. Nicholas Matthews/StudioTF1, FAL

El Metropolitan Museum of Art de Nueva York anunció el pasado 31 de julio que la gran exposición de primavera de 2027 de su Costume Institute estará dedicada a John Galliano. John Galliano: Horizons recorrerá cuatro décadas de trayectoria, desde sus años de estudiante en Central Saint Martins de Londres hasta su trabajo para su propia firma, Givenchy, Christian Dior y Maison Margiela. Será la primera gran retrospectiva museística centrada exclusivamente en el diseñador, a quien el propio Met define como uno de los creadores más inventivos e influyentes de la moda contemporánea.

La elección tiene además un carácter excepcional: Galliano será solo el tercer diseñador vivo al que el Costume Institute dedica una exposición monográfica, después de Yves Saint Laurent, en 1983, y Rei Kawakubo, en 2017.

Pero su trayectoria quedó marcada en 2011 por varios episodios de insultos antisemitas y racistas que provocaron su despido de Dior y una posterior condena de la justicia francesa. De ahí que el anuncio haya recuperado una discusión que excede ampliamente la moda: ¿merece Galliano semejante reconocimiento?

Quizá la pregunta esté mal planteada. Una exposición no es exactamente un premio y un museo no es un salón de la fama para figuras moralmente ejemplares. Según el Consejo Internacional de Museos, su función incluye investigar, conservar, interpretar y exhibir patrimonio, pero también favorecer la educación y la reflexión.

El caso Galliano obliga, así, a preguntarse algo más complejo: cómo reconocer una aportación cultural extraordinaria sin transformar ese reconocimiento en la absolución de quien la produjo.

Antes de Dior ya estaba Galliano

Para entender la polémica hay que comprender primero por qué Galliano importa.

En 1984 presentó en Saint Martins Les Incroyables, una colección de graduación inspirada en la Francia posrevolucionaria y atravesada por la cultura del Londres de los ochenta. Aparecían ya allí los elementos que definirían su lenguaje: historicismo, romanticismo, dramatización de la silueta y, especialmente, la utilización de la ropa para construir personajes.

Su singularidad no residió simplemente en recurrir al pasado. Galliano podía partir del siglo XVIII, del corte al bies de la diseñadora francesa Madeleine Vionnet, del cine o de un personaje literario y recombinar todas esas referencias hasta convertirlas en algo reconociblemente suyo. La historia no era un archivo que reproducir, sino una materia que desmontar y volver a ensamblar.

Detrás de la teatralidad existía además una enorme competencia técnica: dominio del corte, atención a la construcción del cuerpo y una capacidad extraordinaria para conseguir movimiento y ligereza en prendas de gran complejidad.

Por eso Dior no inventó a Galliano. Cuando llegó a la casa francesa en 1996 el británico llevaba más de una década desarrollando su lenguaje y había pasado ya por Givenchy. Dior le dio algo diferente: escala. El archivo, la alta costura, los artesanos, los recursos económicos y el alcance global permitieron proyectar aquella imaginación sobre una de las grandes instituciones de la moda.

El desfile como mundo

Galliano tampoco se limitó a hacer vestidos espectaculares. Contribuyó a transformar el desfile en una experiencia narrativa en la que prendas, música, maquillaje, escenografía, casting y movimiento construían un mismo universo.

Él, Alexander McQueen y otros diseñadores de los años noventa desplazaron el desfile hacia territorios próximos al teatro y la performance, convirtiéndolo en un espacio desde el que articular fantasías, identidades y ansiedades contemporáneas.

Galliano entendió antes de que el storytelling se convirtiera en lenguaje habitual del marketing que una colección podía contar una historia completa. Las modelos no llevaban simplemente ropa: encarnaban personajes. Sus desfiles podían funcionar como acontecimientos culturales y no únicamente como presentaciones comerciales.

En ese proceso contribuyó también a consolidar la figura contemporánea del director creativo como autor total: alguien capaz de diseñar prendas, interpretar un archivo, construir imágenes y producir un universo simbólico alrededor de una marca.

Ahí reside buena parte de su excepcionalidad. En Galliano convergen conocimiento histórico, virtuosismo técnico, intuición visual y una capacidad narrativa poco habitual. Calificarlo de “genio” resulta problemático precisamente porque la propia noción arrastra una larga mitología cultural. Pero ignorar la excepcionalidad de su talento impediría comprender por qué su caso resulta tan incómodo. Si Galliano hubiera sido un diseñador menor, probablemente este debate no tendría la misma intensidad.

La decisión del Metropolitan de dedicarle esta retrospectiva también puede leerse en relación con el momento que atraviesa la propia moda. En un sistema cada vez más condicionado por la velocidad, la producción continua de novedad y la circulación inmediata de imágenes, la dimensión artística y cultural de la disciplina corre el riesgo de quedar subordinada a su lógica industrial y comunicativa. Volver sobre Galliano permite precisamente recordar otra tradición de la moda: la que investiga, cita, construye lenguaje, produce memoria y dialoga con la historia del arte, el cine, la literatura o la cultura visual.

En ese sentido, no resulta extraño que sea un museo quien vuelva a situarlo en el centro. Si una institución cultural no reivindica la moda como objeto de conocimiento, creación y patrimonio, difícilmente lo hará una industria sometida a la urgencia de la siguiente temporada. Y si se busca una figura capaz de condensar esa dimensión artística de la moda contemporánea, Galliano resulta difícil de sustituir.

Cuando la biografía cambia nuestra mirada

Su caída en 2011 alteró inevitablemente la lectura de todo lo anterior. Tras ser despedido de Dior, regresó a la industria como director creativo de Maison Margiela.

Se puede estudiar el contexto de adicciones, presión profesional y deterioro personal que acompañó aquel periodo, pero contextualizar no equivale a justificar.
La cuestión es qué ocurre cuando lo que conocemos del autor modifica nuestra experiencia de su obra.

Un vestido de Galliano de 1997 no cambió materialmente en 2011. Cambió el contexto desde el que lo mirábamos.

Vestido rojo de estilo flamenca de alta costura de John Galliano exhibido en París en la Galería Dior. Hay una reproducción grande al fondo de una fotografía de una modelo vistiendo la prenda.
Vestido de alta costura de John Galliano exhibido en París en la Galería Dior. La fotografía que está de fondo es de Peter Lindbergh, en 1997.
Lila Louisa/Shutterstock

Qué exposición merece Galliano

Ahí entra el museo. Las instituciones culturales no solo conservan objetos: producen contextos y participan en su legitimación. Desde la sociología de la cultura sabemos que el canon no depende únicamente del valor intrínseco de las obras, sino también de museos, críticos, conservadores y otras instituciones capaces de otorgarles reconocimiento.

Por eso situar a Galliano junto a Saint Laurent y Kawakubo entre los escasísimos diseñadores vivos que han recibido una monográfica del Costume Institute supone una afirmación sobre su posición en la historia de la moda.

La pregunta deja entonces de ser si Galliano merece una exposición para convertirse en otra: qué exposición merece Galliano.

El Metropolitan ha adelantado que Horizons abordará tanto su producción creativa como sus comportamientos antisemitas, racistas y anti-asiáticos de 2010 y 2011, sus consecuencias y el modo en que han modificado la recepción posterior de su trabajo. Una retrospectiva que recurriera al viejo relato romántico del “genio atormentado” correría el riesgo de blanquear su biografía. Pero eliminarlo de la historia produciría también un relato incompleto.

Admirar sin mitificar

El debate conecta con una vieja cuestión de la filosofía del arte: si la valoración estética puede mantenerse completamente separada de la moral. El filósofo americano Noël Carroll ha defendido un “moralismo moderado” según el cual, en determinadas circunstancias, los aspectos éticos pueden formar legítimamente parte de nuestra valoración artística.

Un hombre y una mujer, ambos con vestidos de gala, posan en una alfombra roja.
John Galliano y Charlize Theron, con un modelo de Dior Haute Couture diseñado por Galliano, en la gala inaugural de la exposición AngloMania: Tradición y transgresión en la moda británica, en el Museo Metropolitano, el 1 de mayo de 2006.
Everett Colletion/Shutterstock

Esta posición permite evitar dos extremos: ni la conducta de un creador vuelve automáticamente irrelevante toda su obra, ni la excelencia artística convierte en irrelevante su responsabilidad moral.

Ese podría ser precisamente el reto del Metropolitan: permitir al público apreciar la innovación de Galliano sin necesidad de mitificar al hombre. Enseñar, en definitiva, no qué debe admirarse, sino cómo mirar críticamente aquello que admiramos.

Ahí reside probablemente el verdadero interés de John Galliano: Horizons. Más que resolver la vieja cuestión de si es posible separar la obra de su autor, la exposición obliga a pensar cómo se incorpora al patrimonio cultural una figura cuya importancia histórica convive con una biografía difícil de neutralizar.

Porque los museos no solo conservan el pasado: también producen los marcos desde los que ese pasado será interpretado. Decidir qué se exhibe, cómo se contextualiza y qué lugar ocupa dentro del relato institucional forma parte de la construcción misma del canon.

El caso Galliano plantea así una cuestión que excede ampliamente a la moda: cómo reconoce una sociedad el valor de aquello que considera culturalmente relevante sin convertir ese reconocimiento en indulgencia.

Quizá ese sea uno de los desafíos contemporáneos de la cultura: aprender a preservar la complejidad sin convertirla ni en absolución ni en borrado.


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Sandra Bravo Durán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. John Galliano en el Met: ¿puede el talento sobrevivir al juicio moral? – https://theconversation.com/john-galliano-en-el-met-puede-el-talento-sobrevivir-al-juicio-moral-289734

Europa quiere que las reseñas ‘online’ de sus alojamientos turísticos sean fiables y transparentes

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mónica Pellejero, Profesor investigador en Organización de Empresas, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

africa_pink/Shutterstock

Antes de elegir alojamiento, mucha gente mira la nota media del establecimiento, repasa varias opiniones, busca información sobre limpieza, ruido o trato y, con todos esos ingredientes, intenta anticipar una experiencia que todavía no ha vivido.

Esa dependencia no es casual. Un estudio clásico realizado en el contexto hotelero mostró que las reseñas online influyen de forma clara tanto en la percepción de confianza como en la intención de reserva. Y otro experimento comprobó que la mera exposición a reseñas aumenta la consideración de un hotel, especialmente cuando se trata de establecimientos menos conocidos. En turismo, donde el producto es difícil de evaluar antes del consumo, la experiencia ajena funciona como un atajo para reducir incertidumbre.

Certificar la confianza

En febrero de 2026 la Comisión Europea reunió en Bruselas a los primeros firmantes del nuevo marco europeo para reseñas de alojamientos turísticos. No es un gesto menor: si Bruselas entra en este terreno es porque las reseñas online han dejado de ser un complemento pintoresco del viaje para convertirse en una pieza central de la confianza digital.

El nuevo código, impulsado con la participación de organizaciones de consumidores, asociaciones, empresas y plataformas, busca aumentar la transparencia y la fiabilidad de las opiniones. Entre los firmantes están algunas de las empresas del sector turístico con mayor presencia en redes como Booking.com, Expedia Group, Tripadvisor Group y Airbnb, que se han comprometido a favorecer reseñas genuinas y valoraciones más fiables.

La pregunta es ¿qué cambia con esta nueva normativa para quien reserva?

Qué pretende corregir la UE

La lógica del nuevo código europeo no es sustituir la legislación vigente, sino reforzar buenas prácticas en un espacio donde la confianza del consumidor depende de detalles que a menudo pasan desapercibidos.

El texto insiste en varios principios: ofrecer información clara sobre cómo se calculan las puntuaciones, establecer medidas contra actores de mala fe, permitir que solo usuarios verificados publiquen opiniones cuando estas aparezcan de forma anónima o bajo seudónimo, facilitar la denuncia de reseñas falsas, ilícitas o contrarias a las políticas de la plataforma, y asegurar plazos razonables para revisar, impugnar o retirar comentarios cuestionados.

También contempla que los usuarios puedan ordenar las reseñas por criterios relevantes –por ejemplo, las más recientes– y que se informe sobre cómo se gestionan las opiniones desactualizadas.

Hay, además, un mensaje importante para los propios alojamientos. El código pide a los establecimientos y a sus representantes que se abstengan de generar reseñas falsas o de contratar a terceros para coordinarlas, y también desaconseja el uso de incentivos desproporcionados o condicionados que sesguen las valoraciones de los clientes.

Al mismo tiempo, reconoce que las reseñas negativas legítimas no deben desaparecer por sistema: pueden ser una oportunidad para responder, corregir y demostrar mejoras. El objetivo, por tanto, no es construir un espacio impecable y complaciente, sino uno más honesto y trazable.

No basta con leer: también hay que interpretar

Que las reseñas influyan mucho no significa que debamos leerlas con fe ciega. La investigación lleva tiempo mostrando que la confianza depende, además de la nota media, del tipo de comentario que la acompaña. Un estudio sobre la utilidad percibida de las reseñas en webs de viajes concluyó que las características cualitativas del mensaje –como su claridad, legibilidad y contenido– pesan incluso más que algunos indicadores puramente numéricos.

En cuanto a la confianza en las reseñas online, esta aumenta cuando el texto se percibe como más concreto, más centrado en atributos relevantes y más verosímil. En otras palabras: no solo importa cuántas estrellas vemos, sino qué cuentan esas opiniones y cómo lo cuentan.

Eso explica por qué una puntuación alta no siempre despeja las dudas. A veces un alojamiento tiene muy buena nota, pero basta con leer unos pocos comentarios para detectar grietas: críticas que se repiten sobre ruido, colas, mala atención o habitaciones diferentes a las fotos.

En la fase inicial de la decisión de reserva, la interacción entre la puntuación y el número de reseñas modifica la confianza del usuario y su disposición a incluir un hotel entre sus opciones reales. Es decir, una nota alta no significa lo mismo si procede de veinte opiniones que si llega acompañada de miles de comentarios consistentes.

El problema no es solo la falsedad, sino la ingenuidad

Conviene aclarar que la existencia de reseñas falsas no convierte en inútil todo el ecosistema de opiniones. Pero sí obliga a leer mejor.

Una investigación sobre viajeros con alta aversión al riesgo observó que las reseñas negativas suelen percibirse como más útiles que las positivas. No porque toda crítica sea cierta, sino porque cuando intentamos evitar una mala experiencia prestamos más atención a las señales de peligro que a las de normalidad.

Por eso, el cambio más importante quizá no sea solo normativo, sino cultural. El código europeo manda una señal clara: las reseñas no son un ruido espontáneo de internet, sino una infraestructura de confianza que afecta a consumidores, plataformas y empresas. Para quien reserva, eso significa algo bastante práctico.

Seguir leyendo opiniones tiene sentido, pero conviene fijarse menos en una sola reseña llamativa y más en los patrones: qué problemas se repiten, cuántas opiniones hay, si el comentario es concreto, si el sistema explica cómo calcula la nota y si la plataforma ofrece mecanismos visibles para verificar, ordenar o cuestionar lo publicado.

El futuro de las reseñas no pasa por creerlo todo ni por desconfiar de todo, sino por aprender a leer mejor en un entorno que, al menos sobre el papel, empieza a exigir más transparencia.

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Mónica Pellejero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Europa quiere que las reseñas ‘online’ de sus alojamientos turísticos sean fiables y transparentes – https://theconversation.com/europa-quiere-que-las-resenas-online-de-sus-alojamientos-turisticos-sean-fiables-y-transparentes-289290

SLA : l’exposition professionnelle aux pesticides pourrait accroître le risque de maladie du motoneurone

Source: The Conversation – in French – By Rachel Tan, Associate Professor in Neuroscience, The Brain and Mind Centre, University of Sydney

L’exposition aux pesticides semble liée à un risque accru de développer une SLA, mais des interrogations persistent. Huntstock/Getty

Une nouvelle étude suggère que l’exposition aux pesticides pourrait augmenter le risque de sclérose latérale amyotrophique, ou SLA. Cependant, ces travaux ne permettent pas de déterminer dans quelle mesure cette exposition contribuerait à l’apparition de la maladie, notamment en regard d’autres facteurs potentiels.


Recevoir un diagnostic de sclérose latérale amyotrophique (SLA) – une affection également connue dans le monde anglophone sous le nom de « maladie de Lou Gehrig », et en France sous celui de « maladie de Charcot » – est dévastateur.

En effet, cette maladie, qui constitue la forme la plus fréquente de maladie du motoneurone est une affection neurodégénérative invalidante d’évolution rapide : la survie moyenne n’est que de deux à trois ans après le diagnostic (il n’existe pas pour l’heure de traitement curatif pour la grande majorité des cas de SLA, même si les premiers essais d’un traitement ciblant une anomalie impliquée dans les formes génétiques de la maladie suggèrent qu’il pourrait ralentir leur progression, NdT).

Le plus souvent diagnostiquée entre 40 ans et 70 ans, la SLA altère la capacité à parler, à déglutir (et donc à manger) ainsi qu’à respirer. Actuellement, les causes de la maladie demeurent mal comprises.

Une nouvelle étude révèle que l’exposition professionnelle aux pesticides peut accroître de 61 à 71 % le risque de développer une SLA. Ce travail est une méta-analyse, autrement dit les résultats de huit autres études – qui n’évaluent toutefois pas toutes le risque de la même manière. Voici pourquoi ces conclusions doivent être interprétées avec prudence.

Ce que l’on sait des causes la SLA

Les hommes sont plus fréquemment touchés par la SLA que les femmes : chez eux, le risque de développer la maladie est accru d’environ 20 %.

Chez plus de 90 % des patients, la maladie survient de façon sporadique : la grande majorité d’entre eux ne présente ni antécédent familial connu ni cause génétique identifiée.

Les 10 % de cas restants sont dits familiaux, c’est-à-dire que la personne est porteuse d’un variant génétique connu ou qu’il existe dans sa famille des antécédents de SLA.

On comprend encore mal ce qui déclenche exactement les formes sporadiques comme familiales de la maladie, même s’il est probable que cette dernière résulte d’une interaction entre gènes et environnement.

Depuis quelques décennies, les chercheurs se demandent si l’exposition aux pesticides pourrait constituer un facteur déclenchant.

Si diverses études ont effectivement mis en évidence des associations entre exposition aux pesticides et risque accru de SLA, aucune relation de causalité n’a toutefois encore été établie.

Qu’apportent ces nouveaux travaux ?

Les auteurs de cette nouvelle étude ont effectué une revue systématique des articles publiés sur le sujet dans la littérature scientifique entre 1990 et 2025, puis ont réalisé une méta-analyse (une analyse statistique de résultats déjà publiés, NdT) sur les données de huit études distinctes : cinq menées aux États-Unis, une au Canada et en France, une en Italie et la dernière en Australie.

Leur objectif était de répondre à une question simple mais importante : le fait d’avoir été exposé, à un moment ou à un autre, à des pesticides dans le cadre de son travail augmente-t-il le risque de développer une SLA ?

D’après les résultats obtenus, la réponse est oui.

Globalement, les personnes ayant été exposées, ne serait-ce qu’une fois, à des pesticides (fongicides, herbicides ou insecticides) sur leur lieu de travail présentaient un risque de SLA accru de 61 % par rapport à des personnes non exposées.

Selon ces travaux, le lien entre exposition aux pesticides et risque de SLA apparaît plus marqué chez les hommes que chez les femmes. Cependant, les données sont trop limitées pour déterminer si cet écart traduit une véritable différence biologique ou résulte de lacunes dans la mesure de l’exposition chez les femmes.

Le risque s’est aussi avéré légèrement plus élevé lors d’une exposition à des pesticides de type herbicide, cette dernière étant associée à une hausse de 71 % du risque de développer une SLA.

Une augmentation de 61 à 71 % ne représente qu’un petit nombre de cas supplémentaires annuels, car, en Australie, la SLA touche environ 8 personnes sur 100 000 (en Europe, l’incidence annuelle de la SLA varie de 1,11 pour 100 000 personnes à 5,55 pour 100 000 habitants ; en France, les données épidémiologiques sont encore limitées, mais selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, 2,5 nouveaux cas pour 100 000 habitants seraient diagnostiqués chaque année, NdT). Toutefois, il faut souligner que les chiffres ne rendent pas compte du caractère invalidant et dévastateur de cette maladie, que ce soit pour les individus qu’elle frappe ou pour leur entourage.

Rappelons qu’il n’existe à ce jour aucun traitement curatif.

Les limites de ces travaux

En réanalysant 1 734 cas de SLA issus de huit études différentes, ces nouveaux travaux ont permis d’analyser davantage de données qu’aucune autre étude isolée.

Mais un tel regroupement introduit inévitablement des hétérogénéités, car chaque étude a été conduite indépendamment, selon des méthodes variables. Les différences qui en résultent sont difficiles à contrôler.

Ainsi, plusieurs des études retenues ont mis en évidence un lien entre la survenue d’une SLA et d’autres facteurs de risque distincts, comme les traumatismes crâniens ou l’exposition à d’autres types de substances toxiques. Or, la méta-analyse n’a pas pu dissocier complètement ces facteurs de l’exposition aux pesticides. Impossible, dès lors, de dire précisément dans quelle mesure l’exposition aux pesticides a contribué à l’apparition ultérieure de la maladie (ni si d’autres facteurs y ont également concouru, ni, là aussi, dans quelle mesure).

L’une des études portait par ailleurs sur des vétérans exposés à l’agent orange, un herbicide employé comme arme par les États-Unis d’Amérique au cours de la guerre du Vietnam. Ce type d’exposition diffère probablement beaucoup des expositions professionnelles aux pesticides rencontrées aujourd’hui. Or, ces nouveaux travaux n’ont pas analysé ces résultats séparément.

La plupart des études incluses étaient de type « déclaratif », autrement dit elles reposaient sur des expositions rapportées par les participants eux-mêmes. Ces derniers devaient se remémorer les pesticides auxquels ils avaient vraisemblablement été exposés au cours de leur vie, et en estimer les quantités. Or, ce type d’étude tendait à révéler un lien plus fort entre pesticides et SLA que les études dans lesquelles l’exposition avait été mesurée de façon indépendante.

Comme le soulignent les auteurs des travaux eux-mêmes, un biais de mémorisation pourrait être entré en ligne de compte : les personnes déjà atteintes de SLA, ou qui soupçonnent un lien entre les pesticides et la maladie, sont en effet susceptibles de se souvenir plus aisément que les autres d’une exposition aux pesticides et de la déclarer.

Que retenir de cette nouvelle étude ?

Globalement, ces résultats renforcent l’hypothèse selon laquelle l’exposition professionnelle aux pesticides augmente le risque de développer une SLA.

Ils soulignent aussi la nécessité de mettre en œuvre des recherches plus rigoureuses afin d’identifier les mécanismes qui mènent à la maladie. Il s’agit notamment de déterminer quelles substances chimiques ou quels constituants des pesticides pourraient être en cause. Autre question importante : le risque dépend-il de la dose ? Autrement dit, une exposition prolongée, ou à des doses plus élevées, accroît-elle le risque ?

Enfin, on considère aujourd’hui que le risque de développer une SLA résulte vraisemblablement d’une combinaison de différents facteurs, génétiques comme environnementaux. La manière dont les expositions à ces facteurs s’accumulent et interagissent au fil de l’existence pourrait jouer un rôle dans la maladie. On peut imaginer, par exemple, que le risque soit augmenté chez des personnes qui auraient manipulé quotidiennement des pesticides, et qui auraient également été exposées à d’autres substances toxiques (ou qui auraient subi un traumatisme crânien grave, qui présenteraient une prédisposition génétique, etc.).

Ce modèle de développement de la maladie est dit « en plusieurs étapes » (multistep) ; il n’est pas possible, à ce jour, d’établir avec précision un profil de risque individuel.

On l’aura compris, le paysage de la SLA est encore mouvant. Pour que les autorités puissent faire évoluer la réglementation en matière de seuils d’exposition et que les employeurs puissent mettre en place des stratégies de réduction des risques efficaces afin de mieux protéger les travailleurs, il sera nécessaire d’approfondir encore les connaissances.

The Conversation

Rachel Tan a reçu des subventions de la part de FightMND et du ministère de la Santé de Nouvelle-Galles du Sud.

– ref. SLA : l’exposition professionnelle aux pesticides pourrait accroître le risque de maladie du motoneurone – https://theconversation.com/sla-lexposition-professionnelle-aux-pesticides-pourrait-accroitre-le-risque-de-maladie-du-motoneurone-289730