Cinquante ans après la mort de Franco, que reste-t-il de sa dictature ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Sophie Baby, Maîtresse de conférences HDR en histoire contemporaine, Université Bourgogne Europe

La mort du dictateur Francisco Franco, le 20 novembre 1975, a ouvert la voie à la démocratisation de l’Espagne. Pour autant, les quatre décennies durant lesquelles il a exercé le pouvoir dans son pays ont laissé une trace qui ne s’est pas encore estompée. Sophie Baby, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université Bourgogne Europe, spécialiste du franquisme et de la transition démocratique en Espagne, autrice en 2024 de Juger Franco ? Impunité, réconciliation, mémoire, aux éditions La Découverte, revient dans cet entretien sur le parcours du Caudillo, de son rôle dans la guerre civile (1936 à 1939) à la répression que son régime a mise en œuvre, sans oublier les enjeux mémoriels autour de la commémoration de cette époque qui secouent aujourd’hui l’Espagne contemporaine.


The Conversation : Pouvez-vous nous rappeler qui était Francisco Franco et la façon dont il est arrivé au pouvoir ?

Sophie Baby : Franco, né en 1892 dans le village d’El Ferrol, en Galice, est un officier de carrière qui s’illustre dans la guerre du Rif (1921-1926), alors seul terrain d’action de l’armée espagnole. Il devient à 33 ans l’un des plus jeunes généraux d’Europe. Après la proclamation de la Seconde République espagnole en 1931, il occupe plusieurs postes de haut rang. En 1936, il se rallie, assez tardivement, au coup d’État militaire qui cherche à renverser la toute jeune République. D’autres généraux que lui ont fomenté ce putsch, mais il y jouera un rôle clé.

Depuis les Canaries, il rallie le Maroc, soulève l’armée d’Afrique qui lui était fidèle et débarque en Andalousie. Avec la mort des autres chefs putschistes, les généraux Sanjurjo et Mola, dans des accidents d’avion, il s’affirme comme le leader du camp rebelle dit « national ». Face à l’échec du coup d’État et à la résistance du gouvernement républicain, d’une partie de l’armée restée loyale à la République et de la population, une guerre civile s’engage, qui durera trois ans. Installé à Burgos, dans le nord du pays, Franco fonde les bases de son futur régime, et s’impose sur tout le territoire après la victoire proclamée le 1er avril 1939.

Sur quelles valeurs ce nouveau régime repose-t-il ?

S. B. : Le régime franquiste s’appuie sur le Movimiento Nacional (Mouvement national) qui devient le seul parti autorisé en Espagne. C’est un mouvement nationaliste, antilibéral, catholique et profondément anticommuniste, hostile aux réformes laïques et sociales de la République. Centré sur la Phalange, organisation inspirée du fascisme italien, il vise à restaurer un ordre traditionnel fondé sur l’armée, l’Église et les hiérarchies sociales. Son idéologie mêle nationalisme, conservatisme et croisade religieuse contre une « anti-Espagne » identifiée au communisme, à la franc-maçonnerie, au libéralisme.

Quel a été le bilan humain de la guerre civile et du régime de Franco ?

S. B. : Il faut distinguer ce qui est le strict bilan de la guerre civile, de 1936 à 1939, et le bilan de la répression franquiste, qui s’entremêlent dans le temps. Ces bilans ne sont pas totalement définitifs, on ne dispose toujours pas de liste précise des noms et du nombre des victimes. Mais les historiens ont énormément travaillé et l’ordre de grandeur est fiable aujourd’hui.

On estime que la guerre civile a fait 500 000 victimes. Parmi elles, 100 000 étaient des soldats tombés au front, donc une minorité. Environ 200 000 personnes ont été exécutées à l’arrière – 49 000 dans la zone contrôlée par les républicains et 100 000 dans la zone franquiste. Le reste sont des victimes des conséquences de la guerre, des déplacements, de la famine et des bombardements des villes.

Après 1939, la répression franquiste se poursuit, avec environ 50 000 exécutions dans les années 1940. Par ailleurs, l’Espagne est plongée dans une grave famine provoquée non pas par le simple isolement conséquent à la Seconde Guerre mondiale, comme l’a clamé la propagande franquiste, mais par la politique d’autarcie du régime qui avait fait le pari de l’autosuffisance, interrompant les importations notamment d’engrais, fixant autoritairement les prix, réquisitionnant la production, laissant la population en proie du marché noir et à la faim, pour un bilan d’au moins 200 000 morts.

En outre, on estime qu’au tout début des années 1940, il y a à peu près 1 million de prisonniers en Espagne : environ 300 000 dans les prisons et plus d’un demi-million dans les presque 200 camps de concentration répartis sur le territoire espagnol, qui existent jusqu’en 1947. On estime que quelque 100 000 prisonniers de ces camps de concentration ont trouvé la mort pendant cette période.

Par ailleurs, 140 000 travailleurs forcés sont passés dans les camps de travail du régime, qui fonctionnaient encore dans les années 1950. Tandis que 500 000 personnes fuient la répression franquiste ; les deux tiers ne reviendront pas.

Le régime franquiste s’est clairement rangé pendant le conflit mondial du côté de Hitler et de Mussolini, qui avaient massivement contribué à la victoire du camp national par l’envoi de dizaines de milliers de soldats, d’avions, de matériel de guerre. Oscillant entre un statut de neutralité et de non-belligérance, Franco s’était engagé, lors de sa rencontre avec Hitler à Hendaye en octobre 1940, à entrer en guerre au moment opportun – moment qui ne s’est jamais présenté. Mais les Alliés n’étaient pas dupes : l’Espagne de Franco fut mise au ban de la communauté internationale et ne put pas rejoindre l’Organisation des Nations unies avant 1955.

Aujourd’hui, qu’en est-il de la question de la reconnaissance des victimes de la guerre et du régime ?

S. B. : Le régime franquiste a mis en place une politique mémorielle offensive et durable, reposant d’abord sur l’exaltation des héros et des martyrs de la « croisade ». Les victimes du camp national ont obtenu des tombes avec des noms et des monuments leur rendant hommage – ces monuments « a los caídos » (« aux morts ») qui parsèment les villages de la Péninsule. Elles ont pu bénéficier de pensions en tant qu’anciens combattants, invalides de guerre, veuves ou orphelins.

Ce qui n’était pas le cas de celles et ceux du camp vaincu, voués à l’exclusion, à la misère et à l’oubli. Paul Preston parle à cet égard de politique de la vengeance. La persécution se poursuivra jusqu’à la fin du régime, les dernières exécutions politiques datant de quelques semaines avant la mort du dictateur.

C’est ce déséquilibre que les collectifs de victimes issues du camp républicain, constitués dans les années 1960 et 1970, demanderont à compenser une fois le dictateur disparu, réclamant réparation puis reconnaissance.

En 2025, le gouvernement de Pedro Sánchez a lancé l’année commémorative des « Cinquante ans de liberté » pour célébrer les acquis démocratiques et les luttes antifranquistes. L’accent est mis sur ceux qui ont lutté et, pour certains, perdu leur vie sur l’autel de ce combat pour la liberté. Cette initiative s’inscrit dans une politique mémorielle amorcée avec l’exhumation de Franco en 2019 – son corps reposait jusque-là dans la basilique de Valle de los Caídos, en Castille au nord-ouest de Madrid, construite par des prisonniers du régime ; Pedro Sanchez, tout juste arrivé au pouvoir, avait fait une priorité de son transfert vers le caveau de sa famille – et renforcée par la loi sur la mémoire démocratique de 2022, qui rompt avec la logique d’équivalence entre les deux camps, condamne sans détour la dictature et affirme la supériorité définitive de la légitimité démocratique sur la légitimité franquiste.

Face à ces politiques de mémoire orchestrées par la gauche, quelles sont les positions de la droite traditionnelle et de l’extrême droite ?

S. B. : Il est certain que la droite – que ce soit le parti conservateur traditionnel, le Parti populaire (PP), ou la formation d’extrême droite Vox, apparue en 2014 – s’est toujours opposée à cette politique de mémoire qu’elle considère comme une façon d’entretenir la division des Espagnols susceptible, dit-elle, de reconduire la guerre civile d’antan. Ces partis estiment qu’il ne faut pas « rouvrir les blessures du passé », même si un relatif consensus existe aujourd’hui, au moins localement, sur la nécessité d’identifier et de restituer les corps des disparus. Mais ils s’opposent à toute forme de réhabilitation des victimes et refusent toute forme de responsabilité de l’État.

La droite, qui n’a jamais rompu avec la dictature franquiste et qui a majoritairement refusé d’adopter la Constitution de 1978, s’est depuis le début des années 2000 approprié l’héritage de la transition à la démocratie, brandissant la concorde, le consensus, la réconciliation comme arguments pour rejeter les politiques de mémoire.

Comment la question des symboles franquistes dans l’espace public est-elle traitée ?

S. B. : La première loi mémorielle de 2007, adoptée par le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero, a engagé l’effacement de l’espace public des symboles franquistes qui étaient encore omniprésents : changement des noms de rues, suppression des emblèmes de la Phalange (le joug et les flèches) présents sur tous les bâtiments publics, déboulonnage des statues équestres de Franco, destruction d’un certain nombre de monuments à la gloire du régime et de la « croisade » parce qu’ils exaltaient de façon trop évidente les valeurs du franquisme. Il en subsiste un certain nombre et, tout récemment, le gouvernement a annoncé la publication d’un recensement de ces symboles encore en place.

Le déboulonnage des statues peut rappeler la vague que l’on a pu observer aux États-Unis et ailleurs, notamment au Royaume-Uni, à la suite du mouvement Black Lives Matter. Mais en Espagne, il n’a rien eu d’un tel élan populaire ; à l’inverse, il a relevé d’une politique menée d’en haut par les pouvoirs publics.




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Aujourd’hui, que reste-t-il de la figure de Franco ?

S. B. : La commémoration des cinquante ans de la mort de Franco soulève une question centrale : que commémorer exactement ? La mort d’un dictateur ? Ce qu’il en reste, c’est, je dirais, majoritairement de l’ignorance. Dans le cursus scolaire classique, la part consacrée à l’enseignement de l’histoire de l’Espagne du XXe siècle est très réduite. Cela conduit à une méconnaissance globale de ce qu’a été réellement le franquisme et encourage une vision très édulcorée de ce régime.

Un discours familial et social persiste dans certains milieux, surtout de droite et dans certaines régions comme Madrid ou la Castille, qui tend à minimiser l’ampleur de la répression franquiste, à renier toute comparaison de Franco avec Hitler ou Mussolini, à valoriser les bienfaits du régime. Jusqu’à considérer, pour un cinquième de la population, selon un sondage récent, que les années de la dictature de Franco furent bonnes, voire très bonnes, pour les Espagnols. On observe ainsi une apparente résurgence de cette vision positive du régime franquiste ces dix dernières années, à la faveur de l’essor de Vox : de plus en plus de jeunes participent aux messes en l’honneur de Franco, chantent dans la rue le Cara al Sol (l’hymne phalangiste) et certains enseignants du secondaire déplorent que des élèves choisissent Franco comme héros de l’histoire de l’Espagne à l’occasion de travaux à rendre.

Cela explique en partie la politique du gouvernement socialiste actuel, destinée notamment à cette jeunesse, qui insiste non seulement sur la cruauté du régime par le biais de la réhabilitation des victimes, mais aussi sur les conséquences concrètes de l’absence de libertés et sur l’importance de la lutte antifranquiste et des acquis démocratiques.


Propos recueillis par Mathilde Teissonnière.

The Conversation

Sophie Baby a reçu des financements de l’Institut universitaire de France.

ref. Cinquante ans après la mort de Franco, que reste-t-il de sa dictature ? – https://theconversation.com/cinquante-ans-apres-la-mort-de-franco-que-reste-t-il-de-sa-dictature-269085

Pourquoi publier une « nouvelle » histoire de France en 2025

Source: The Conversation – France in French (3) – By Éric Anceau, Professeur d’histoire contemporaine, Université de Lorraine

_Le 28 juillet 1830. La Liberté guidant le peuple_ (1830), tableau d’Eugène Delacroix (1798-1863) exposé au Louvre (Paris). Musée du Louvre via Wikimédia Commons

La connaissance du passé évolue au fil des recherches. Du big data à l’archéologie préventive, la palette d’outils à disposition de l’historien s’enrichit. Et on s’intéresse aujourd’hui à des sujets longtemps restés sous silence, comme l’environnement ou le genre. Regard sur cette nouvelle approche de l’histoire.


L’histoire de France est un inépuisable sujet de discussion pour les personnalités politiques de tous bords, les médias, les Français et les étrangers qui observent les querelles qui agitent notre pays autour de son passé avec un mélange d’admiration, d’amusement et d’agacement. Les représentations qui en ont été proposées lors de la cérémonie des Jeux olympiques de Paris, à l’été 2024, ont ainsi fait couler beaucoup d’encre.

De fait, la connaissance du passé progresse au fil des recherches. Le contexte de naguère n’est plus celui d’aujourd’hui et les interprétations de l’histoire s’entrechoquent. On ne peut ainsi pas parler du passé colonial de la France en 2025 comme on le faisait au « temps béni des colonies », pour reprendre le titre de la chanson ironique et critique, en 1976, de Michel Sardou, Pierre Delanoë et Jacques Revaux – pour ne donner que cet exemple.

C’est pourquoi nous avons entrepris avec une centaine de spécialistes une Nouvelle Histoire de France. Publiée en octobre 2025 aux éditions Passés composés, cette somme de 340 éclairages, des Francs à la crise actuelle de la Ve République, de Vercingétorix à Simone Veil, tient compte des renouvellements de la discipline. Explications.

Une histoire trop longtemps tiraillée entre roman national et déconstruction

Non seulement la France a été au cœur de la plupart des principaux événements qui ont scandé l’histoire mondiale des derniers siècles, mais elle a également été en proie à des clivages politiques, religieux et idéologiques majeurs : les catholiques face aux protestants, les républicains contre les monarchistes ou encore la droite face à la gauche.

Ce passé, long, riche et tumultueux, n’a cessé d’être instrumentalisé. À partir du XIXe siècle, et plus particulièrement de la IIIe République, a dominé un « roman national » qui présentait la France sans nuances, puissante et rayonnante, et faisait de tous ces affrontements un préalable douloureux mais nécessaire à un avenir radieux.

À partir des années 1970, cette histoire a commencé à être déconstruite par le postmodernisme soucieux de rompre avec la modernité née pendant les Lumières, de libérer la pensée et de délivrer l’individu du passé pour l’inscrire pleinement dans le présent, en fustigeant les grands récits historiques.

Cette approche a été salutaire car elle a fait réfléchir, a remis en cause de fausses évidences et a fait progresser notre connaissance. Ainsi, pour reprendre le cas de l’histoire coloniale, Edward Saïd (1935-2003) a-t-il souligné, dans l’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident (1978, 1980 pour l’édition française), ce que le regard occidental porté sur l’Orient et sur les colonisés avait pu avoir de biaisé, voire de méprisant, même s’il a pu pécher lui-même par réductionnisme et caricature pour défendre sa thèse.

Et certains déconstructeurs en sont venus à noircir systématiquement l’histoire de France, comme le fit par exemple Claude Ribbe avec son Crime de Napoléon (2005) comparant l’esclavage et la traite négrière à la Shoah et Napoléon à Hitler.

Cependant, d’autres ont rapidement profité de ces derniers excès pour proposer de nouveau un roman national qui a pu prendre un tour essentialiste. Il existe pourtant et évidemment une voie entre la fierté aveugle des uns et la passion destructrice des autres.

Un troisième moment historiographique

De la fin des années 2000 au milieu de la décennie suivante, trois grandes entreprises collectives ont contribué à explorer une autre voie, à distance des interprétations partisanes.

À partir de 2009, Joël Cornette a ainsi dirigé, pour l’éditeur Belin, une Histoire de France en plus de dix volumes et 10 000 pages, faisant la part belle aux sources et aux illustrations. Claude Gauvard a pris peu après la tête d’une Histoire personnelle de la France en six volumes aux Presses universitaires de France, avant que Patrick Boucheron et un autre collectif ne publient, en 2017, chez Fayard, une Histoire mondiale de la France autour d’événements destinés à faire réfléchir.

Ces trois histoires proposaient un récit chronologique et s’appuyaient sur des spécialistes reconnus pour essayer de recentrer un pendule de l’histoire qui avait sans nul doute trop oscillé. Il nous est cependant apparu qu’il y avait nécessité de proposer un autre projet de grande ampleur, une Nouvelle Histoire de France. Nous avons emprunté cette même voie médiane, en rassemblant d’ailleurs plusieurs des autrices et auteurs qui avaient participé aux entreprises précédentes, mais en procédant aussi différemment, sous forme encyclopédique et chronologico-thématique.

Pierre Nora (1931-2025) qui avait dirigé une somme pionnière au milieu des années 1980, les Lieux de mémoire, nous disait au début du processus éditorial, en 2023, que le temps était sans doute venu d’ouvrir un troisième moment historiographique, celui d’une histoire soustraite à la fausse modernité qui conduit à ne lire le passé qu’avec des schémas actuels de pensée, celui d’une histoire renonçant au nouveau mantra qui rend l’Occident coupable de tous les maux et qui pare le reste du monde de toutes les vertus par un excès symétrique à celui par lequel le premier s’est longtemps pris pour le phare de la planète renvoyant le second à sa supposée arriération, celui enfin d’une histoire extraite du cadre étroit de notre hexagone pour montrer ce que la France doit au monde mais aussi ce qu’elle lui a apporté, dans un incessant mouvement de circulation à double sens, à la fois humain, matériel et immatériel.

De nouveaux sujets et des méthodes nouvelles

Avec cette Nouvelle Histoire de France, il s’agit de renoncer aux effets de mode, d’accorder toute leur place aux incontournables – les personnalités, les faits marquants, les œuvres majeures – sans omettre aucun des renouvellements majeurs de ces dernières années. La discipline a évolué en effet tant dans les objets (histoire impériale et coloniale, histoire des voix oubliées et des marges négligées, histoire du genre et des femmes, histoire environnementale…), que dans les méthodes (archéologie préventive, prosopographie, approche par le bas, jeu sur les échelles, big data…).

Parmi les nouveaux sujets historiques, l’environnement est très certainement l’un de ceux qui ont pris le plus de place dans la recherche en raison de la dégradation accélérée de la planète due au double processus de marchandisation du monde
– porté par un imaginaire économique de croissance infinie – et d’artificialisation de la planète – reposant sur un imaginaire technoscientifique prométhéen – qui se développe depuis la fin du XVIIIe siècle. En mettant en avant ces alertes précoces et les alternatives proposées dans le passé, l’histoire environnementale est porteuse de sens pour l’avenir et c’est pourquoi nous voulions lui accorder une grande place en confiant à Charles-François Mathis, son chef de file en France, le soin de l’aborder.

Quant aux méthodes nouvelles à disposition de l’historien, il nous faut dire un mot, là encore à titre d’exemple, de l’archéologie préventive. Celle-ci a commencé à se développer en France à partir des années 1970, avec l’ambition de préserver et d’étudier les éléments significatifs du patrimoine archéologique français menacés par les travaux d’aménagement et les projets immobiliers. Elle a permis de mieux comprendre l’héritage gaulois de la France et ses limites. Et qui mieux que Dominique Garcia, grand spécialiste de la Gaule préromaine et directeur de l’Institut national de la recherche archéologique préventive (Inrap) pour traiter le chapitre « Gaulois » de notre ouvrage ?

En outre, l’histoire n’est pas une discipline isolée mais elle s’enrichit du dialogue avec les autres sciences humaines et sociales et c’est dans cet esprit que nous avons aussi fait appel à 17 auteurs et autrices de 14 autres disciplines, habitués à travailler en profondeur historique : le géographe Jean-Robert Pitte, le spécialiste de la littérature française Robert Kopp, l’historienne de l’art Anne Pingeot, le philosophe Marcel Gauchet… Tous ont accepté de mettre leur savoir à la portée du plus grand nombre au prix d’un effort de synthèse et de vulgarisation.

C’est à ce prix que cette histoire en 100 chapitres, 340 éclairages et 1 100 pages se veut renouvelée et tout à la fois érudite et vivante, encyclopédique et ludique, dépassionnée… mais passionnante !

The Conversation

Éric Anceau a dirigé la « Nouvelle histoire de France » publiée aux éditions Passés composés.

ref. Pourquoi publier une « nouvelle » histoire de France en 2025 – https://theconversation.com/pourquoi-publier-une-nouvelle-histoire-de-france-en-2025-267669

Pour la première fois, une étude révèle ce qui se passe dans le cerveau d’un entrepreneur

Source: The Conversation – in French – By Frédéric Ooms, Chargé de cours, Université de Liège

Si le cerveau est capable de renforcer certains réseaux neuronaux grâce à l’entraînement, comme on muscle son corps par le sport, alors l’expérience entrepreneuriale répétée pourrait elle-même être un facteur de développement de ces connexions particulières. BillionPhotos/Shutterstock

L’entrepreneuriat façonne-t-il le cerveau ? Certaines personnes naissent-elles avec des caractéristiques cérébrales qui les prédisposent à entreprendre ? Pour tenter de répondre à ces questions, une étude récente explore le fonctionnement du cerveau d’entrepreneurs grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, une technique qui permet de visualiser l’activité cérébrale.


Si l’on reconnaît l’importance des processus cognitifs chez les entrepreneurs
– comment pensent-ils et agissent-il face à l’incertitude ? –, on s’est peu intéressé à l’étude de leur cerveau lorsqu’ils prennent leurs décisions.

Pourquoi certains individus semblent exceller dans la création d’entreprises et naviguent habilement à travers l’incertitude, tandis que d’autres peinent à s’adapter ?

Pour tenter de faire la lumière sur la réponse à cette question, nous avons mené des travaux faisant converger neurosciences et recherche en entrepreneuriat. Nous avons en effet exploré l’activité cérébrale chez des entrepreneurs grâce à une technique d’imagerie médicale, l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).

Fruit d’une collaboration entre le centre de recherche interdisciplinaire en sciences biomédicales GIGA Consciousness Research Unit de l’Université de Liège (Belgique) et le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Liège, notre étude ouvre de nouvelles perspectives sur la manière dont les entrepreneurs abordent la prise de décision, gèrent l’incertitude et exploitent de nouvelles opportunités.

Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf)

L’IRMf permet de visualiser l’activité cérébrale en mesurant les variations du flux sanguin dans le cerveau. Cette méthode repose sur un principe simple : lorsqu’une région du cerveau est activée, elle consomme plus d’oxygène, ce qui entraîne une augmentation du flux sanguin vers cette zone. Ce surplus d’oxygène modifie légèrement les propriétés magnétiques du sang. C’est cette différence que l’IRMf mesure pour créer des cartes d’activité cérébrale en temps réel, offrant ainsi une vue détaillée de la fonction cérébrale.

Plus précisément, notre étude s’est concentrée sur 23 entrepreneurs habituels
– c’est-à-dire ceux qui ont lancé plusieurs entreprises, en les comparant à 17 managers travaillant dans de grandes organisations.

L’analyse de connectivité en état de repos basée sur une région cérébrale d’intérêt (seed-based resting state fMRI) a révélé que ces entrepreneurs expérimentés présentent une connectivité neuronale accrue entre certaines régions de l’hémisphère droit du cerveau : l’insula et le cortex préfrontal. Ces zones jouent un rôle dans la flexibilité cognitive et la prise de décisions exploratoires, c’est-à-dire la capacité à ajuster sa stratégie et à penser autrement face à des situations nouvelles ou incertaines.

Mieux gérer l’incertitude

Ce réseau cérébral plus connecté pourrait contribuer à expliquer pourquoi ces entrepreneurs semblent mieux armés pour gérer l’incertitude et faire preuve de flexibilité cognitive, des capacités souvent associées à l’identification d’opportunités entrepreneuriales.

Que ce soit de manière séquentielle – les serial entrepreneurs, qui créent une entreprise après l’autre – ou de façon concurrente – les portfolio entrepreneurs qui gèrent plusieurs entreprises en même temps –, ces profils paraissent exceller dans l’art de s’adapter rapidement. Une compétence précieuse dans le monde des start-ups, où les repères sont rarement stables.

Une autre étude, portant sur le même groupe d’entrepreneurs et de managers met en lumière un autre phénomène intrigant : ces entrepreneurs habituels présentent un volume de matière grise plus important dans l’insula gauche. Bien que l’étude n’ait pas directement mesuré la pensée divergente, d’autres travaux ont montré que l’augmentation du volume de matière grise dans l’insula gauche est associée à cette capacité – c’est-à-dire la faculté de générer de nombreuses idées différentes pour résoudre un même problème.

Ce qui suggère que les différences observées chez ces entrepreneurs pourraient refléter une plus grande propension à la pensée divergente.

Une question essentielle reste ouverte : l’entrepreneuriat façonne-t-il le cerveau… ou bien certaines personnes naissent-elles avec ces caractéristiques cérébrales qui les prédisposent à entreprendre ?

Autrement dit, sommes-nous entrepreneurs par nature ou par culture ?

Nature ou culture ?

Cette interrogation est aujourd’hui au cœur des nouveaux projets de recherche menés par l’équipe d’HEC Liège et du Centre de recherche du cyclotron (CRC) de l’Université de Liège. Cette orientation de recherche s’appuie sur le concept de « plasticité cérébrale », c’est-à-dire la capacité du cerveau à se modifier sous l’effet des expériences et des apprentissages.

Si le cerveau est capable de renforcer certains réseaux neuronaux grâce à l’entraînement, comme on muscle son corps par le sport, alors l’expérience entrepreneuriale répétée pourrait elle-même être un facteur de développement de ces connexions particulières. À l’inverse, si ces différences cérébrales sont présentes dès le départ, cela poserait la question de traits cognitifs ou neurobiologiques favorisant l’esprit d’entreprise.

Pour répondre à ces questions, de nouveaux travaux sont en cours au sein du laboratoire et du GIGA-CRC, avec notamment des études longitudinales visant à suivre l’évolution des cerveaux d’entrepreneurs au fil de leur parcours, mais aussi des comparaisons avec de jeunes porteurs de projets ou des aspirants entrepreneurs.

L’enjeu est de mieux comprendre si, et comment, l’expérience de l’entrepreneuriat peut façonner notre cerveau. Cette nouvelle phase de la recherche est en cours et entre dans une phase clé : le recrutement des participants pour une étude en imagerie par résonance magnétique (IRM). Nous recherchons des volontaires, entrepreneurs ou non, prêts à contribuer à cette exploration scientifique inédite sur les effets de la pratique entrepreneuriale sur le cerveau.

Former les futurs entrepreneurs

L’intégration des neurosciences dans l’étude de l’entrepreneuriat offre une perspective novatrice sur les facteurs qui pourraient contribuer à l’esprit entrepreneurial. En comprenant si – et comment – l’expérience entrepreneuriale influence la structure et la fonction cérébrales, il deviendrait possible de concevoir des approches de formation spécifiques pour favoriser l’esprit d’entreprendre. On pourrait, par exemple, imaginer de mettre au point des exercices pratiques et des approches d’apprentissage immersif afin de développer chez les étudiants les compétences observées chez des entrepreneurs habituels.


Cet article a été rédigé avec l’aide du Dr Arnaud Stiepen, expert en communication et vulgarisation scientifiques.

The Conversation

Frédéric Ooms a été financé par une subvention ARC (Actions de Recherche Concertée) de la Fédération Wallonie‑Bruxelles.

ref. Pour la première fois, une étude révèle ce qui se passe dans le cerveau d’un entrepreneur – https://theconversation.com/pour-la-premiere-fois-une-etude-revele-ce-qui-se-passe-dans-le-cerveau-dun-entrepreneur-259324

Comment le G20 peut aider l’Afrique à sortir de la crise de la dette

Source: The Conversation – in French – By Danny Bradlow, Professor/Senior Research Fellow, Centre for Advancement of Scholarship, University of Pretoria

La fin de la présidence sud-africaine du G20 ne veut pas dire que le pays perd sa capacité ou sa responsabilité à défendre les priorités qu’elle a portées en 2025. L’Afrique du Sud peut encore plaider pour des actions sur ces questions, au sein du G20 comme dans d’autres espaces internationaux et régionaux.

Dans cet article, je soutiens que l’Afrique du Sud devrait à l’avenir donner la priorité aux défis financiers de l’Afrique qu’elle a défendus en 2025.

L’Afrique du Sud avait défini quatre grandes priorités pour sa présidence du G20. Deux concernaient directement les questions financières. L’une visait à « garantir la viabilité de la dette des pays à faible revenu ». L’autre consistait à mobiliser des financements pour une transition énergétique juste.

L’importance de la dette, du financement du développement et du climat pour l’avenir de l’Afrique est évidente. Plus de la moitié des pays africains sont soit en situation de surendettement, soit risquent de l’être. Plus de la moitié de la population africaine vit dans des pays qui dépensent plus pour le service de leur dette que pour la santé et/ou l’éducation.

En outre, en 2023, 17 pays africains ont connu des sorties nettes de capitaux. Autrement dit, ils ont utilisé plus de devises pour payer leurs créanciers étrangers qu’ils n’en ont reçu via de nouveaux prêts pour financer leur développement. Le continent est également confronté à des phénomènes météorologiques extrêmes qui ont des répercussions négatives sur la sécurité alimentaire et le bien-être humain.

En clair, les pays africains sont pris dans un cercle vicieux. Les effets du changement climatique et la pression de la dette s’alimentent mutuellement et minent leur capacité à atteindre les objectifs de développement durable.

Les priorités de l’Afrique du Sud

Les priorités de l’Afrique du Sud pour sa présidence du G20 étaient ambitieuses. Leur succès exigeait des actions concrètes à trois niveaux :

La prise de conscience : L’Afrique du Sud devait amener la communauté internationale à mieux comprendre la nature des problèmes de dette et de financement. Il s’agissait aussi de lui faire prendre la mesure des conséquences d’une inaction.

Le processus : L’Afrique du Sud devait convaincre le G20 de corriger les faiblesses du cadre commun, conçu pour aider les pays à faible revenu à obtenir un allégement de dette.

Les cas de la Zambie et du Ghana ont montré que le cadre commun était lourd, lent et indûment favorable aux créanciers. Le système impose au pays endetté de négocier séparément avec chaque groupe de créanciers, et dans un ordre précis. Il ne peut discuter avec ses créanciers commerciaux qu’après avoir abouti à un accord avec ses créanciers officiels.

Les créanciers commerciaux ne peuvent accorder un allégement tant que les créanciers officiels ne sont pas satisfaits de l’accord obtenu. Ils doivent aussi être certains de ne pas être traités moins favorablement que les créanciers commerciaux.

Une autre complication vient des multiples rôles du FMI dans les restructurations de dette. Il est à la fois conseiller et créancier des pays endettés. De plus, c’est lui qui réalise l’analyse de viabilité de la dette. Cette analyse détermine le montant de l’allègement que tous les autres créanciers doivent consentir. Plus son analyse est optimiste, plus les contributions attendues de chaque créancier, y compris le FMI, sont faibles. Ces efforts peuvent prendre la forme de nouveaux financements ou de nouvelles conditions de remboursement.

Le fond : Le processus actuel de restructuration de la dette traite la dette comme un problème technique financier et juridique. Il ignore que c’est un problème complexe et multidimensionnel pour les pays débiteurs. Cette approche limite les négociations aux termes des contrats financiers. Les négociations se concentrent sur les ajustements nécessaires parce que le débiteur ne peut pas respecter ses obligations initiales.

Cette perspective laisse de côté les effets de la crise de la dette sur les autres obligations juridiques de l’État, ainsi que sur sa situation sociale, politique, environnementale et culturelle. Cela revient à laisser le pays se débrouiller seul avec ces conséquences. Cette séparation artificielle entre les différentes obligations du pays empêche toute issue au cercle vicieux dette, développement et climat. Elle contraint le pays à choisir entre honorer ses dettes et financer son développement.

Au cours de l’année 2025, l’Afrique du Sud a été très efficace pour alerter sur la crise de la dette africaine et son impact désastreux. Elle a persuadé les ministres des Finances et les gouverneurs de banques centrales du G20 d’adopter une déclaration sur la viabilité de la dette en octobre. Cette déclaration est la reconnaissance éloquente par le G20 du problème et de la nécessité de mieux gérer ces questions. Malheureusement, elle ne contient aucun engagement ferme du G20 sur les actions à mener pour remédier à la situation

Aucun progrès substantiel n’a été réalisé au niveau du processus et du fond. Il est peu probable que cela change dans les dernières semaines de la présidence sud-africaine.

Mais l’Afrique du Sud peut prendre trois mesures après la fin de son mandat pour que la crise de la dette africaine continue d’attirer l’attention.

Trois mesures à prendre

Premièrement, l’Afrique du Sud devrait demander à un groupe comme le Panel d’experts africains
qu’elle a créé pour conseiller le président, de préparer un rapport technique. Ce rapport doit identifier et analyser tous les obstacles qui empêchent l’Afrique d’accéder à des financements externes de développement qui soient abordables, durables et prévisibles.

Ce rapport devrait être soumis au président sud-africain au cours du premier semestre 2026. L’année prochaine, l’Afrique du Sud sera toujours membre de la troïka du G20, qui se compose des présidents actuel, sortant et entrant du G20. Par conséquent, l’année prochaine, elle pourra toujours présenter le rapport au G20. L’Afrique du Sud peut également utiliser ce rapport pour promouvoir des actions dans d’autres forums régionaux et mondiaux appropriés.

Deuxièmement, l’Afrique du Sud et l’Union africaine devraient créer un « Club des emprunteurs africains », indépendant du G20. Ce club servirait d’espace d’échange entre États africains endettés. Ils pourraient y partager informations, expériences et enseignements tirés de leurs négociations sur la dette souveraine, ainsi que des pratiques de gestion responsable de la dette. Le cas échéant, le club pourrait collaborer avec des institutions financières régionales africaines.

Le club, en collaboration avec des organisations régionales telles que la Facilité africaine de soutien juridique, pourrait également organiser des ateliers. Les États intéressés pourraient y partager davantage d’informations et évaluer plus clairement leurs options de financement. Ils pourraient aussi renforcer leurs capacités de négociation dans les transactions liées à la dette souveraine.

Le Club des emprunteurs africains devrait également être chargé de créer une table ronde sur la dette souveraine africaine, sur le modèle de la Table ronde mondiale sur la dette souveraine. Cette structure serait un forum informel, fonctionnant selon la règle de Chatham House. Elle réunirait les différentes catégories d’acteurs concernés par la dette africaine pour réfléchir à un processus de restructuration qui soit efficace, rapide et équitable, et qui adopte une approche holistique de la crise de la dette souveraine.

Troisièmement, l’Afrique du Sud devrait profiter du fait que les effets du climat, des inégalités, du chômage et de la pauvreté sur son développement sont désormais reconnus comme des enjeux majeurs relevant du mandat macro-économique et financier du FMI. L’Afrique du Sud devrait demander que le FMI revoie ses règles, ses pratiques et sa gouvernance.

Cet appel devrait rappeler que [les banques multilatérales de développement ont fait l’objet de plusieurs évaluations du G20](https://www.gihub.org/resources/publications/strengthening-multilateral-development-banks-the-triple-agenda-report-of-the-g20-independent-experts-group/ “) ces dernières années. Ces évaluations ont permis des améliorations importantes dans leurs cadres financiers et leurs pratiques. En revanche, le FMI n’a pas été soumis à une revue comparable, alors même que ses opérations auraient dû faire l’objet de révisions peut-être encore plus approfondies.

The Conversation

Danny Bradlow, outre son poste à l’université de Pretoria, est chercheur senior non résident au Centre de politique de développement mondial de l’université de Boston, conseiller senior du G20 à l’Institut sud-africain des affaires internationales et responsable de la conformité à l’Unité de conformité sociale et environnementale du PNUD.

ref. Comment le G20 peut aider l’Afrique à sortir de la crise de la dette – https://theconversation.com/comment-le-g20-peut-aider-lafrique-a-sortir-de-la-crise-de-la-dette-269891

Greffes d’organes vers l’humain : coeur, reins, peau… pourquoi le cochon est-il devenu l’animal de référence pour les xénogreffes ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Coralie Thieulin, Enseignant chercheur en physique à l’ECE, docteure en biophysique, ECE Paris

Greffer l’organe d’un animal à un être humain n’est plus de la science-fiction. Ces dernières années, plusieurs patients ont reçu des cœurs, des reins ou même la peau d’un porc génétiquement modifié. Mais pourquoi choisir le cochon, plutôt qu’un autre animal ?


Le terme xénogreffe désigne la transplantation d’un tissu ou d’un organe provenant d’une espèce différente de celle du receveur, par exemple, d’un porc vers un humain. Elle se distingue de l’allogreffe, entre deux humains, et de l’autogreffe, utilisant les propres tissus du patient. L’objectif est de remédier à la pénurie chronique d’organes humains disponibles pour la transplantation, tout en garantissant la compatibilité et la sécurité du greffon.

En France, au 1er janvier 2025, 22 585 patients étaient inscrits sur la liste nationale d’attente pour une greffe, dont 11 666 en liste active. En 2024, 852 patients sont décédés en attendant une greffe.

La peau de porc, une pionnière des xénogreffes

C’est d’abord la peau qui a ouvert la voie. Depuis les années 1960, la peau de porc est utilisée comme pansement biologique temporaire pour les grands brûlés. Sa structure et son épaisseur sont étonnamment proches de celles de la peau humaine, ce qui permet une bonne adhérence et une protection efficace contre les infections et la déshydratation.

Contrairement à d’autres animaux (vache, mouton, lapin), la peau de porc présente un réseau de collagène (protéine structurelle présente dans le tissu conjonctif et responsable de la résistance et élasticité des tissus) et une densité cellulaire similaires à ceux de l’homme, limitant les réactions de rejet immédiat. Ces greffes ne sont toutefois que temporaires : le système immunitaire finit par les détruire. Néanmoins, elles offrent une protection temporaire avant une autogreffe ou une greffe humaine.

Une proximité biologique frappante

Au-delà de la peau, le cochon partage de nombreux points communs physiologiques avec l’être humain : taille des organes, rythme cardiaque, pression artérielle, composition du plasma, voire métabolisme. Le cœur d’un cochon adulte, par exemple, a des dimensions proches de celui d’un humain, ce qui en fait un candidat naturel pour les greffes.

D’autres espèces, comme les primates non humains, présentent une proximité génétique encore plus importante, mais leur utilisation soulève des questions éthiques et sanitaires beaucoup plus lourdes, sans parler de leur reproduction lente et de leur statut protégé.

Un animal compatible avec la médecine moderne

Au contraire, les cochons sont faciles à élever, atteignent rapidement leur taille adulte, et leurs organes peuvent être obtenus dans des conditions sanitaires contrôlées. Les lignées génétiquement modifiées, comme celles développées par la société américaine Revivicor, sont désormais dépourvues de certains gènes responsables du rejet hyper aigu, ce qui rend leurs organes plus « compatibles » avec le système immunitaire humain.

Les chercheurs ont aussi supprimé des virus « dormants » (qui ne s’activent pas) présents dans le génome du porc, réduisant le risque de transmission d’agents infectieux à l’Homme.

Du pansement biologique à la greffe d’organe

Après la peau, les chercheurs se tournent vers les reins, le cœur, le foie ou encore le pancréas. En 2024, des patients ont survécu plusieurs semaines avec un cœur de porc génétiquement modifié, une prouesse longtemps jugée impossible. Des essais ont également été menés avec des reins de porc, notamment chez des patients en état de mort cérébrale ou, plus récemment, chez un patient vivant. En revanche, les recherches sur le foie et le pancréas en sont encore au stade préclinique, menées uniquement chez l’animal. Ces avancées ne sont pas seulement symboliques : la pénurie mondiale de donneurs humains pousse la médecine à explorer des alternatives réalistes.

Cependant, le défi immunologique reste immense – même génétiquement modifiés, les organes porcins peuvent être rejetés par le système immunitaire humain – tout comme les enjeux éthiques liés notamment au bien-être animal.

Le cochon s’est imposé non par hasard, mais parce qu’il représente un compromis entre proximité biologique, faisabilité et acceptabilité sociale. Si les essais confirment la sécurité et la durabilité des greffes, le porc pourrait bientôt devenir un allié inattendu mais essentiel de la médecine humaine.

The Conversation

Coralie Thieulin ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Greffes d’organes vers l’humain : coeur, reins, peau… pourquoi le cochon est-il devenu l’animal de référence pour les xénogreffes ? – https://theconversation.com/greffes-dorganes-vers-lhumain-coeur-reins-peau-pourquoi-le-cochon-est-il-devenu-lanimal-de-reference-pour-les-xenogreffes-267370

Cinco claves para que la escuela sea un entorno seguro y protector

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Irene Montiel Juan, Profesora e investigadora Universitat Oberta de Catalunya (UOC). Grupo VICRIM – Sistema de Justicia Penal, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

wavebreakmedia/Shutterstock

“Ahora no dejo que nadie me insulte y me hable mal, o se lo digo a la profesora”.

Esta frase de una niña de nueve años muestra lo importante que es saber identificar lo que es violencia y comprender que los adultos tienen la obligación de proteger a los niños. Algo que puede marcar la diferencia entre normalizar una situación de maltrato o no.

La frase la aportó una de los casi 1 000 niños y niñas que participaron en el programa para protección de la infancia #EscuelaSinViolencias de la Fundación FC Barcelona, cuyo impacto hemos evaluado en nuestro grupo de investigación, y que se ha implementado ya en más de 160 escuelas y 32 000 alumnos en Cataluña.

La violencia sigue siendo un problema social, de derechos y de salud pública, que afecta a uno de cada dos menores cada año. Apenas el 10 % de los casos son reportados a las autoridades competentes.

Los adultos, especialmente quienes trabajan con menores de edad, estamos obligados a crear “entornos seguros”: a fomentar el buen trato y el respeto mutuo, la convivencia, la resolución pacífica de conflictos y, en definitiva, el desarrollo óptimo del menor.

¿Cómo podemos hacerlo? Nuestro estudio sobre la evaluación de ese programa nos ha permitido identificar cinco claves fundamentales.

1. Los adultos son los responsables

En primer lugar, la cultura de la protección debe construirse sobre la base de que la responsabilidad recae siempre en las personas adultas. Los niños y niñas deben conocer sus derechos, aprender a identificar situaciones que los vulneran y a personas adultas de referencia a las que pedir ayuda, pero la responsabilidad de afinar la mirada, garantizar entornos seguros que promuevan el bienestar, detectar situaciones de riesgo o de maltrato y actuar es exclusivamente de los adultos.

Los estudios demuestran que aumentar los conocimientos y habilidades del alumnado les empodera para identificar abusos y explicar sus experiencias, pero cerca debe haber adultos disponibles, sensibles y capaces de actuar.

2. Trabajo en equipo y sensibilización colectiva

Alumnado, familia y profesorado deben conocer los derechos de la infancia, las diferentes formas de violencia (incluso las más sutiles) y su grave impacto en la etapa infantil y adolescente.

En el contexto escolar, es imprescindible además que el profesorado conozca los protocolos de actuación y tenga un referente especialmente formado en la puesta en marcha de estos protocolos. Si la familia y la escuela están bien conectados, y los niños y niñas se sienten escuchados y comprendidos, estaremos creando el ambiente idóneo para la detección temprana.




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Para ello, generemos espacios y momentos cotidianos de escucha activa y confianza, sin juzgarlos ni minimizar sus preocupaciones, teniendo en cuenta su opinión y respondiendo desde el apoyo y la calma. Estas habilidades son las que promueve el programa #EscolaSenseViolencies

3. Más allá del acoso entre iguales

La evidencia sugiere que podemos aprender a detectar mejor situaciones de violencia mediante formación especializada y que hay menores víctimas de distintas formas de violencia en todos los centros.

Sin embargo, muchos profesionales en el ámbito educativo siguen presentando desconocimiento y falsas creencias. Por ejemplo, se tiende a pensar que la violencia contra la infancia es poco frecuente y que si no deja marcas visibles no es violencia. Tendemos a minimizar la gravedad de las agresiones verbales o relacionales (gritos, insultos), considerando ciertas conductas “tolerables”, y así son normalizadas por los menores. Conocer las cifras y consecuencias de esta realidad es fundamental para cambiar la mirada y el comportamiento.




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Como docentes o miembros de la comunidad escolar tenemos que saber que niños y niñas pueden ser víctimas de violencia más allá del acoso entre iguales o de las paredes de los colegios. Es frecuente que las mismas víctimas sean objeto de diferentes formas de violencia en diferentes contextos.

4. El conocimiento no traumatiza, empodera

Los niños y niñas tienen derecho a ser escuchados y a hablar sobre cosas que son importantes para ellos, como la violencia.

En las escuelas, podemos realizar actividades en clase que sirvan para exponer diferentes situaciones de violencia, comentarlas y discutir posibles soluciones. Ellos pueden explicar experiencias propias de manera acorde a su edad: los adultos debemos proporcionarles entornos seguros donde hacerlo, con personas preparadas para escucharles activamente y responder de manera sensible y protectora.




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Por ejemplo, muchos participantes del programa decían cosas como: “Me ha ayudado a ver las injusticias”, “Los profesores ahora nos escuchan más, y si me pasa algo, se lo digo”.

La información proporcionada por los adultos debe ser veraz, basada en la evidencia y adaptada a su nivel de desarrollo y conocimientos, buscando ejemplos sencillos, claros y que puedan entender. Por ejemplo, explicándoles que algo que les lastima no puede ser un secreto, o que tienen derecho a decir que algo no les gusta, incluso a una persona adulta.

Debemos transmitirles además la seguridad de que sabemos qué hay que hacer para protegerles, sin cuestionarles. Por ejemplo, no digamos “¿por qué no lo contaste antes?” o “¿estás seguro de que fue así?”, sino “siento mucho que hayas pasado por eso, gracias por confiar en mí”. Tampoco se trata ni de alarmar ni de prometerles cosas imposibles: en lugar de “no se lo contaré a nadie”, podemos afirmar “seré todo lo discreta que pueda, pero tengo la obligación de comunicarlo para protegerte”.

5. Para prevenir, no todo vale

Por último, para prevenir la violencia, no todo vale. Los programas de prevención e intervención deben ir más allá de las buenas intenciones. Los centros educativos deben elegir aquellos que estén diseñados desde un marco teórico y empírico sólido y que tengan pruebas publicadas de su eficacia. Lo ideal es que sus efectos se midan y se evalúen periódicamente para confirmar que producen cambios de actitud y conducta significativos y duraderos. Es decir, debe comprobarse que consiguen los efectos deseados, pero también que no provocan ningún daño.

Aplicando estas claves, es posible convertir la escuela en un entorno seguro y protector, donde no solo se previene la violencia, sino que se revelan y se detectan más casos, lo que puede marcar la diferencia entre actuar a tiempo o no hacerlo.

The Conversation

El programa #EscuelaSinViolencias está financiado por la Fundación FC Barcelona.

Nada que declarar

ref. Cinco claves para que la escuela sea un entorno seguro y protector – https://theconversation.com/cinco-claves-para-que-la-escuela-sea-un-entorno-seguro-y-protector-258741

Otra pandemia global: el analfabetismo financiero

Source: The Conversation – (in Spanish) – By James Manuel Pérez-Morón, Profesor Escuela Internacional de Ciencias Económicas y Administrativas, Universidad de La Sabana

Irene Miller/Shutterstock

Imaginemos a una persona que compra un electrodoméstico a cuotas, sin entender que pagará el doble de su valor. A una pareja joven que usa su primera tarjeta de crédito como si fuera dinero extra, sin pensar en los intereses acumulados. O a un político que ofrece subsidios ilimitados o nacionalizar los ahorros.

En cada caso, el desconocimiento pesa más que la falta de dinero y nos vuelve vulnerables al endeudamiento, al consumo irracional y al engaño político y económico.

El sistema educativo tradicional enseña lengua, matemáticas e historia, pero fomenta el analfabetismo financiero (AF): personas incapaces de comprender y aplicar conceptos básicos sobre cómo funciona un crédito, el ahorro, la inversión o la gestión de la deuda. Sabemos leer textos, pero no balances. Calculamos áreas, pero no intereses.

Datos que visibilizan el problema

Según datos de 2023 de la Organización para la Cooperación y el Desarrollo Económico (OCDE), la puntuación media de alfabetización financiera de los adultos de 39 países fue de 60 sobre 100.

La falta de educación financiera no entiende de estratos sociales, ni de género, ni de la potencia económica de los países. En Estados Unidos, por ejemplo, los niveles han empeorado en la pospandemia, afectando incluso a quienes tienen educación universitaria.

En Europa, solo el 18 % de los ciudadanos goza de un alto nivel de alfabetización financiera. Y en América Latina países como Perú y Uruguay muestran los peores niveles de conocimiento financiero.

En el otro lado de la balanza, los habitantes de Suecia, Japón, Alemania, Nueva Zelanda y Singapur son los mejor preparados en este ámbito.

Educación financiera y salud mental

La falta de educación financiera tiene efectos directos sobre la salud mental, el estrés y la depresión. El Banco Interamericano de Desarrollo indica que las preocupaciones económicas son una de las principales fuentes de ansiedad en la población trabajadora.




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El miedo constante al impago, la incertidumbre sobre el futuro o la culpa por decisiones financieras mal informadas se convierten en factores de deterioro emocional y físico. Por el contrario, la educación financiera empodera: permite planificar, anticipar crisis y tomar decisiones con mayor control y seguridad. Enseñar a manejar el dinero es, en el fondo, enseñar a vivir con menos miedo.

Algunos modelos inspiradores

En Finlandia existe una aldea empresarial, Yrityskylä, una simulación de ciudad que enseña a los niños desde primaria y secundaria a gestionar ingresos, impuestos y empresas. Así, no parece gratuito que ocupe el segundo lugar entre los países de la OCDE con mejores conocimientos financieros. Además, su Banco Central ha creado centros de educación sobre este ámbito para adultos, ampliando el aprendizaje a toda la población.

Una estrategia similar se aplica en algunos estados de EE.UU, donde la legislación obliga a los colegios a impartir clases de educación económica y financiera como requisito para graduarse, y no solo como complemento de otras materias.

No basta con decir “enseñemos finanzas”. Se requiere una política pública con continuidad, evaluación e integración real en los sistemas educativos para reducir la vulnerabilidad financiera de la población: más endeudamiento, menos ahorro y mayor riesgo de engaño político y económico.

Educar para decidir

La educación financiera temprana debería ser tan esencial como las matemáticas o la educación cívica. No se trata de formar contadores, sino ciudadanos capaces de comprender conceptos básicos como presupuesto, interés, ahorro, riesgo o inversión responsable. Y si esta formación llega a la población más vulnerable e históricamente excluida en lo socioeconómico, mucho mejor.

Los países de la OCDE que han priorizado esta enseñanza demuestran que una generación empoderada financieramente tiene efectos multiplicadores en sus familias y comunidades, influyendo incluso en las decisiones económicas de sus padres.

Para proteger la democracia

La educación financiera no es un privilegio sino una necesidad social y una forma de proteger la democracia. Comprender el dinero, a cualquier edad, significa tomar control de la vida, reducir el estrés y construir un futuro más estable.

En América Latina, urge el diseño de políticas públicas integrales, que articulen escuelas, universidades, sector financiero, gobiernos y medios de comunicación. La alfabetización financiera no puede depender del interés individual: debe asumirse como un derecho educativo y una herramienta de inclusión social.

Porque en un mundo donde la ignorancia se paga con intereses, aprender a decidir sigue siendo el acto más revolucionario que nos queda.

The Conversation

James Manuel Pérez-Morón no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Otra pandemia global: el analfabetismo financiero – https://theconversation.com/otra-pandemia-global-el-analfabetismo-financiero-267822

Más que un juego: el ‘tikitaka’ del Barça y de España crea marca global y atrae turismo e inversión

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Nahuel Ivan Faedo, Assistant Professor, Universitat de Vic – Universitat Central de Catalunya

Varios jugadores del FC Barcelona celebran un gol de Leo Messi (tercero por la izquierda) durante el partido de Supercopa que enfrentó al equipo catalán con el Real Madrid el 17 de agosto de 2011. Natursports/Shutterstock

En el verano de 2010, millones de personas festejaron en las calles la victoria del primer mundial de la selección española. Aquel triunfo, basado en un juego de posesión y toque corto, fue más que un simple hito deportivo: supuso la consagración a nivel internacional de un estilo creado en el FC Barcelona con Johan Cruyff, perfeccionado por Pep Guardiola y aplicado por Vicente del Bosque a la selección de España con un éxito sin antecedentes.

Ese mismo estilo, llamado “tikitaka” de manera popular, no solo dejó su huella en el campo de juego, sino que cambió la manera en que el mundo ve a España y a Cataluña. A través de lo que en nuestra nueva investigación llamamos playstyle branding, el fútbol de posesión se convirtió en una herramienta cultural y de proyección internacional.

De Cruyff a Guardiola: la filosofía que define un estilo

El FC Barcelona siempre ha sido més que un club: un símbolo de identidad catalana y de valores como creatividad, disciplina y colaboración. Esta identidad se fue forjando a través del tiempo. Johan Cruyff, llegado en 1988, incorporó conceptos del “futbol total” holandés, priorizando el control del balón y el trabajo en equipo. Como explica Joan Vilà, exentrenador de categorías inferiores del Barça y conocedor de la cantera del club, más conocida como La Masia: “El énfasis en el control del balón, el movimiento y el pase no solo promueve habilidades técnicas, también transmite principios de responsabilidad y trabajo en equipo”.

Pep Guardiola consolidó este enfoque entre 2008 y 2012, logrando victorias históricas como el sextete de 2009. Su influencia no se quedó en el Barça: la selección española adoptó este estilo, gracias a jugadores formados en La Masia como Xavi, Iniesta, Piqué y Busquets, lo que permitió dominar el fútbol internacional durante esos años.

Nuestra investigación, basada en entrevistas con entrenadores, exjugadores y periodistas, confirma que este estilo no solo define cómo se juega, sino que también moldea la identidad del club y de la selección, reflejando valores y principios compartidos. Según Joan Capdevila, campeón del mundo en 2010: “El éxito de la selección se basó en un estilo incorporado desde las categorías juveniles; los jugadores ya estaban preparados cuando llegaron al primer equipo”.

Más que táctica: valores y cultura en el césped

La Masia forma técnicamente, pero también social y personalmente. Joan Vilà señala: “Se enseña fútbol, pero también a ser personas conscientes de su entorno. Así se forma un estilo que trasciende el campo”. Este enfoque genera cohesión social. Aficionados y comunidades se reconocen en el juego, fortaleciendo la identidad colectiva y el orgullo regional y nacional.

Más allá de la táctica, el fútbol de posesión y toque dio pie a un lenguaje propio, donde términos como “jugar” y “disfrutar” sustituyen a “atacar” o “defender”. En La Masia, este vocabulario refleja una visión del fútbol como arte y colaboración, y no solo como competencia.

Fútbol y proyección internacional: playstyle branding

Un ejemplo claro de cómo el estilo de juego ha proyectado la imagen de Cataluña es la colaboración entre el FC Barcelona y la Agencia Catalana de Turismo. Este acuerdo busca consolidar la simbiosis entre el club y la región, utilizando la proyección internacional del Barça para promover Cataluña como destino turístico. La identidad y los valores del club se alinean con los de la región, reforzando su imagen global.

Vídeo de la campaña Feel the colours protagonizado por Aitana Bonmatí, ganadora de las tres últimas ediciones del Balón de Oro.

Es importante destacar que la selección española elevó la reputación del país a través del fútbol. Los triunfos, especialmente los de la Eurocopa de 2008 y el Mundial de 2010, junto con el de la Eurocopa de 2012, consolidaron la imagen de España como nación estratégica e innovadora, reforzando la marca país y fomentando turismo e inversión. José Sámano, exeditor de El País, recuerda: “Antes, la selección era ‘La Furia’. Tras 2008, España pasó a ser reconocida por su identidad futbolística clara”.

De la Barcelona Olímpica a la Barçamanía

Barcelona pasó de ser la “ciudad olímpica” de 1992 a consolidarse como “la ciudad del fútbol creativo”. La identidad del Barça contribuyó a posicionar a la capital catalana como un centro global de innovación y excelencia, lo que tuvo un impacto directo en su imagen turística y empresarial.

Este modelo trascendió fronteras. Academias y equipos de países como Alemania, Inglaterra o incluso India (donde emigraron al final de su carrera diversos jugadores de LaLiga) adoptaron principios del juego de posesión, integrando valores de colaboración y pensamiento estratégico en sus metodologías.

La paradoja es evidente. Un estilo nacido del orgullo catalán terminó definiendo la identidad futbolística de toda España, uniendo bajo una misma filosofía a jugadores y aficionados de distintas regiones. Este modelo de juego no solo transformó la selección nacional, sino que también impulsó la exportación del talento futbolístico español.

Desde la primera década del siglo XXI, la presencia de jugadores españoles en ligas extranjeras ha crecido de forma notable. En la temporada 2025, por ejemplo, 22 internacionales españoles juegan fuera de LaLiga, con especial presencia en la Premier League inglesa.

Conexión euromediterránea

El “tikitaka” ha dejado una huella cultural en Cataluña y España, reflejando valores como creatividad, inteligencia colectiva y trabajo en equipo. Según Jonathan Giráldez, exentrenador del Barça Femení, este estilo habla un mismo idioma, proyectando esos principios en la imagen de Barcelona, Cataluña y España.

La identidad futbolística española encuentra resonancia en iniciativas diplomáticas como Casa Mediterráneo, creada en 2009 por el Gobierno español para fortalecer las relaciones con los países de la región euromediterránea en ámbitos culturales, económicos, científicos y de innovación sostenible. La filosofía del fútbol español coincide en valores con los principios promovidos por esta institución, mostrando cómo el deporte y la cultura pueden dialogar y reforzarse mutuamente.

Hoy, el concepto de playstyle branding nos permite entender el fútbol no solo como un espectáculo deportivo, sino como una forma de diplomacia cultural. El “fútbol total” holandés o el Jogo Bonito brasileño reflejan identidades nacionales, mientras que el “fútbol de posesión” representa la mentalidad mediterránea: colectiva, estratégica y creativa.

Más allá de los trofeos, la grandeza del estilo está en su capacidad de unir comunidades, generar orgullo colectivo y cambiar la percepción internacional de un país. La Masia del FC Barcelona sigue siendo el epicentro de esta filosofía, y su influencia se extiende a jugadores, entrenadores y aficionados de todo el planeta.

El fútbol demuestra así que puede ser mucho más que un juego: es una plataforma para expresar valores, proyectar cultura y construir reputación. La filosofía de Cruyff, Guardiola y sus discípulos sigue viva cada vez que un equipo adopta la posesión y el toque como bandera, recordándonos que un estilo de juego puede realmente trascender el campo y dejar una marca imborrable en la sociedad y el mundo.

El popularmente llamado “tikitaka” no solo cambió el fútbol. También ha contribuido a proyectar una imagen internacional de España con acento mediterráneo y a reforzar su identidad cultural y diplomática.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Más que un juego: el ‘tikitaka’ del Barça y de España crea marca global y atrae turismo e inversión – https://theconversation.com/mas-que-un-juego-el-tikitaka-del-barca-y-de-espana-crea-marca-global-y-atrae-turismo-e-inversion-266443

Anatomía psicológica de los cazadores de Sarajevo: el perfil inquietante de quien mata por placer

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Díez Ruiz, Professor, Faculty of Education and Sport, Universidad de Deusto

Agujeros de bala en el muro de un edificio en Sarajevo. yuzu2020/Shutterstock

Durante el asedio a Sarajevo, entre 1992 y 1996, mientras muchos ciudadanos huían diariamente de las balas y explosiones con la urgencia de quien sabe que cada segundo puede ser el último, se escondía otra verdad aún más perturbadora.

No todos los que disparaban desde las colinas o desde los edificios de la conocida como avenida de los francotiradores –Bulevar Mese Selimovica–, en el centro de la ciudad, eran milicianos. Entre esos francotiradores, según revelan las investigaciones y la denuncia del escritor Ezio Gavazzeni y de los abogados Nicola Brigida y Guido Salvini, había visitantes extranjeros que viajaban desde Europa occidental para participar en una actividad clandestina que bautizaron como “safari de francotiradores”.

Se trataba de hombres que pagaban altas sumas de dinero por la oportunidad de matar desde la distancia y con total impunidad a hombres, mujeres y niños indefensos, como si fueran piezas de caza.

El nexo común entre estos individuos era su pasión por las armas y por la caza. No eran soldados o mercenarios. Eran individuos con dinero que obtenían un subidón de adrenalina matando a personas indefensas, no por odio ni por venganza, simplemente por placer y diversión.

Sarajevo les ofrecía la experiencia definitiva: el componente letal de un conflicto real, la posibilidad de disparar sin restricciones y la impunidad. No iban a la guerra: iban a vivir una experiencia extrema, con mucha adrenalina, algo único.

¿Qué clase de persona hace algo así? ¿Quién mata a alguien que no conoce, no por odio ni rencor, sino por mera diversión? ¿Qué perfil se esconde detrás de tanta perversión y maldad?

Así es el “cazador de guerra”

La mayor parte de ellos eran personas con buenas posiciones y reputación en sus países: empresarios, profesionales liberales, hombres casados, padres de familia. Rostros que no despertaban sospechas. No se ajustaban al estereotipo de criminal, y justamente por eso el fenómeno resulta tan inquietante.

Eran individuos que, en su vida cotidiana, podían pasar por ejemplares. Pero cuando el avión aterrizaba y cogían el fusil de francotirador, emergía una faceta que permanecía oculta bajo la respetabilidad social. Sarajevo les ofrecía algo distinto: el peligro real, la verdadera guerra, la sensación de poder absoluto sobre la vida de otro ser humano.

Este contraste entre la vida oficial (pulcra, respetada, aburguesada) y la vida secreta (cruel y violenta) revela la existencia de una grieta psicológica profunda: una doble identidad moral.

Pero este perfil no surge de la nada. ¿Qué factores pueden explicarlo?

1. La adrenalina como argumento

Se trata de individuos con una alta necesidad de sensaciones intensas. Para ellos, la rutina es una forma de encierro. Necesitan estímulos externos para sentirse vivos. El psicólogo Marvin Zuckerman apuntó a este rasgo de personalidad en su obra Sensation Seeking: Beyond the Optimal Level of Arousal (1994), referencia obligada para comprender por qué algunos individuos buscan experiencias extremas incluso si implican riesgo físico o legal. En su forma sana, este rasgo se asocia al deporte extremo. En su forma patológica, combinada con una falta de empatía, puede conducir a la violencia recreativa.

La guerra proporciona lo que estas personas no encuentran en la vida cotidiana: intensidad inmediata, riesgo real, descarga de adrenalina y, sobre todo, la ilusión de omnipotencia.

Muchos de estos sujetos no matarían nunca en sus países de origen. Es el contexto el que elimina las barreras. La psicología social lleva décadas documentando este fenómeno. En sus estudios sobre la crueldad ordinaria, Philip Zimbardo ya mostró cómo personas aparentemente normales pueden transgredir límites éticos cuando perciben que el marco social, o la ausencia de él, legitima sus acciones.

Sarajevo, sitiada, sin ley y bajo el fuego constante, ofrecía la coartada perfecta: nadie pedía explicaciones, nadie controlaba quién llegaba o quién se marchaba, y la línea entre combatiente y visitante se difuminaba en la confusión de la guerra urbana.

2. La deshumanización: requisito previo para matar

Ninguna de estas conductas sería posible sin un proceso psicológico fundamental: la deshumanizacion del otro. La psicología ha demostrado que la violencia extrema requiere un paso previo: convertir a la víctima en objeto. Ervin Staub señala en su obra The Roots of Evil (1989) que en todos los genocidios del mundo hubo un proceso de deshumanización que permitió que personas normales se transformaran en verdugos.

En Bosnia bastaba con convertir a los ciudadanos en “objetivos” o “blancos móviles”. La distancia física se convertía en distancia emocional. El cazador ya no veía a la persona; veía la silueta en movimiento, una diana.

3. Sadismo vestido de aventura

Posiblemente todos estos individuos compartan un rasgo característico: un sadismo cotidiano que, en circunstancias normales, queda reprimido. Personas capaces de disfrutar secretamente del sufrimiento ajeno, aunque jamás lo reconozcan en público. El acto mismo de localizar a alguien, apuntar, esperar el momento, se convertía en una forma de goce. No era solo violencia: era entretenimiento.

Aquí se abre la grieta más preocupante: cuando el sufrimiento humano se convierte en un espectáculo, el mal deja de ser una anomalía y empieza a ser una opción.

4. El narcisismo maligo: el poder como placer

El perfil psicológico de quienes buscan esta experiencia extrema suele incluir un componente narcisista. Con el dinero se compraba la sensación de que todo es posible. Se compraba un viaje a un escenario de guerra con ausencia de límites, disponibilidad de víctimas vulnerables, anonimato total y la oportunidad de ejercer dominación absoluta.

Este narcisismo moral (creencia de que uno está por encima de cualquier norma) explica por qué personas con buena reputación podían transformarse en verdugos temporales sin remordimiento alguno. En Bosnia se sentían impunes, habían pagado para ello, y ese sentimiento es por sí uno de los catalizadores más peligrosos de la violencia humana.

Para Eric Fromm el poder sobre otro humano es la forma más extrema de confirmación narcisista. El narcisista extremo no busca matar por ira, sino por reafirmación. El acto de disparar sobre un desconocido desde la distancia reafirma a un omnipotente.

Lo que revela sobre nosotros

Estos casos no solo hablan de individuos desviados, sino de una parte oscura de la condición humana. La violencia, cuando aparece lejana y sin consecuencias, se vuelve atractiva para quienes buscan intensidades que la vida ordinaria no puede proporcionar.

El hombre puede convertirse en un demonio o en un santo, tal y como podemos deducir de la obra de Viktor Frankl, dependiendo de las decisiones que tome y del contexto en el que se encuentre.

Sarajevo nos demuestra, como en otros lugares antes y después, que donde la ley desaparece, algunos corren hacia la luz… y otros hacia la oscuridad.

Cuando un conflicto estalla, no solo se movilizan ejércitos; también emergen los rincones más oscuros de la psicología humana. Y mientras existan personas dispuestas a pagar por experimentar violencia sin consecuencias, siempre habrá guerras que actúen como imán.

The Conversation

Fernando Díez Ruiz no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Anatomía psicológica de los cazadores de Sarajevo: el perfil inquietante de quien mata por placer – https://theconversation.com/anatomia-psicologica-de-los-cazadores-de-sarajevo-el-perfil-inquietante-de-quien-mata-por-placer-269858

Nos faltan nutrientes, nos sobran tóxicos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Marta López Alonso, Professor of Animal Pathology, Universidade de Santiago de Compostela

Las nueces de Brasil son ricas en selenio, un mineral esencial en pequeñas cantidades. Peter Hermes Furian/Shutterstock

A veces bromeo diciendo que mis mascotas están mejor alimentadas que mis hijos. Y no es porque no lo intente: simplemente, los niños rechazan verduras, pescado o legumbres, mientras que un perro nunca protesta ante un pienso perfectamente formulado con las vitaminas y minerales que necesita. El resultado se ve a simple vista: un pelo sano e hiperbrillante, energía y buena salud.

La comparación puede sonar exagerada, pero refleja un hecho: en nutrición, los productos destinados a los animales –ya sean de granja o de compañía– son más completos que los dirigidos a las personas.

Los pequeños grandes protagonistas del metabolismo

Los llamados microminerales o elementos traza –como hierro, zinc, cobre, selenio, yodo o manganeso– son imprescindibles para la vida. Aunque los necesitamos en cantidades diminutas, participan en cientos de reacciones metabólicas. El hierro transporta oxígeno en la sangre, el zinc y el cobre forman parte de enzimas que protegen frente al estrés oxidativo, el yodo es esencial para la función tiroidea y el selenio contribuye al buen funcionamiento del sistema inmune.

Cuando faltan estos nutrientes, aunque sea de forma leve, el organismo lo nota: aumenta la fatiga, bajan las defensas y se favorece la aparición de enfermedades crónicas, incluido el cáncer.

La Organización Mundial de la Salud estima que más de 2 000 millones de personas sufren deficiencia de algún micronutriente. No hablamos de hambre visible, sino de lo que se llama “hambre oculta”: hay comida en el plato, pero faltan esos ingredientes invisibles que garantizan un desarrollo sano y un envejecimiento saludable.

Lo que sobra también daña

A este problema se suma la exposición a elementos tóxicos como arsénico, plomo, mercurio y cadmio. Entramos en contacto con ellos a través de ciertos alimentos o del entorno. Aunque las cantidades sean pequeñas, se acumulan en el organismo y afectan al sistema nervioso, la fertilidad o aumentan el riesgo de cáncer.

El gran reto es que tanto las carencias de minerales esenciales como la exposición a tóxicos suelen pasar inadvertidas. No dan señales evidentes hasta que el problema ya es serio.

Un problema global con distintas caras

La falta de micronutrientes es un problema universal, pero no se manifiesta igual en todos los rincones del planeta. En los países de ingresos bajos, las carencias suelen deberse a una dieta basada casi exclusivamente en cereales o tubérculos y a la escasa disponibilidad de alimentos de origen animal ricos en hierro, zinc y selenio. Allí, deficiencias combinadas de hierro, zinc y yodo afectan a millones de niños y mujeres, con graves consecuencias sobre el desarrollo físico y cognitivo.

En los países de ingresos medios conviven dos realidades opuestas. Mientras en las zonas rurales persisten las carencias por falta de acceso a alimentos variados, en las grandes ciudades aparecen deficiencias “ocultas” ligadas a dietas ultraprocesadas y a un consumo excesivo de calorías, pero pobre en micronutrientes.

En cambio, en las sociedades más desarrolladas los déficits suelen ser más sutiles. No se trata de hambre visible, sino de carencias subclínicas asociadas al envejecimiento y a dietas veganas o con un bajo consumo de carne y pescado mal planificadas.

En Europa, por ejemplo, se han descrito niveles bajos de
selenio y yodo en varios países del norte y centro del continente, vinculados a suelos pobres en estos elementos.

A la vez, la exposición a metales tóxicos como mercurio o cadmio sigue siendo una preocupación, sobre todo por el consumo de ciertos pescados o por el tabaquismo.

Esta diversidad de causas refleja que el “hambre oculta” adopta múltiples formas y que garantizar un aporte equilibrado de minerales esenciales es un desafío global que no distingue fronteras ni niveles de renta.

Nutrición de precisión para animales

En veterinaria, sin embargo, llevamos tiempo adelantados en este terreno. No solo ocurre con nuestras mascotas. En vacas lecheras, por ejemplo, se analiza el suero –la parte líquida de la sangre– de forma rutinaria para ajustar la dieta y prevenir deficiencias que afectarían tanto a la salud del animal como a la producción de leche.

En caballos, cerdos o aves de corral sucede lo mismo: la nutrición se ajusta con precisión para evitar problemas y optimizar resultados.

En medicina humana seguimos basándonos sobre todo en encuestas de dieta y recomendaciones generales, ya que no existen valores de referencia universalmente aceptados. Se calcula cuánto hierro, zinc o yodo debería tomar la media de la población y, a partir de ahí, se diseñan guías nutricionales.

Este enfoque resulta útil para orientar políticas de salud pública, pero tiene limitaciones claras: no refleja la situación individual. Una persona puede estar en riesgo de déficit aunque cumpla las recomendaciones teóricas, o puede estar acumulando tóxicos sin saberlo.

La paradoja es evidente: si cuidamos tanto la dieta de una vaca o de un perro, ¿por qué no aplicamos los mismos principios a nuestra propia salud?

El suero: una ventana a la nutrición

La buena noticia es que tenemos una herramienta sencilla para dar el salto a la nutrición personalizada: el análisis de suero.

El suero permite medir de una sola vez tanto minerales esenciales como tóxicos. Igual que hoy recibimos valores de colesterol o glucosa en una analítica rutinaria, podríamos saber si nos falta zinc o selenio, o si estamos acumulando plomo o cadmio.

Las tecnologías de análisis actuales hacen posible obtener estos perfiles de forma rápida, precisa y a partir de una pequeña muestra. Esto abre la puerta a programas de salud pública más eficaces, que no se basen solo en estimaciones dietéticas, y a una nutrición realmente personalizada.

¿Cuidamos más a las vacas?

Si sabemos que una vaca con déficit de selenio produce menos leche y es menos fértil, actuamos enseguida para corregirlo. Si un perro necesita zinc para mantener el pelo brillante, se lo damos sin dudar. ¿Por qué no hacemos lo mismo con los humanos?

La nutrición de precisión no debería estar limitada a los animales de granja o de nuestras mascotas. También puede y debe aplicarse a la salud humana. Una simple analítica de suero podría ayudarnos a vivir más sanos, prevenir enfermedades y envejecer con mejor calidad de vida.

Quizás sea el momento de aprender de lo que la veterinaria lleva años haciendo bien: cuidar la nutrición hasta el último detalle.

The Conversation

Recibo financiación de proyectos de investigación competitivos financiados con fondos públicos nacionales y europeos, no directamente relacionados con el contenido de este artículo.

ref. Nos faltan nutrientes, nos sobran tóxicos – https://theconversation.com/nos-faltan-nutrientes-nos-sobran-toxicos-266279