Où va la démocratie française ?

Source: The Conversation – in French – By Nonna Mayer, Directrice de recherche au CNRS/Centre d’études européennes, Sciences Po

Depuis la dissolution de juin 2024, le système politique français semble grippé et la confiance des Français dans les institutions politiques s’érode. Pourtant, la recherche montre que les citoyens ne rejettent pas la démocratie en tant que telle, ils rejettent un système politique qui ne fonctionne plus comme une démocratie.

La France s’est installée dans une zone de turbulences démocratiques durables. Effondrement des partis de gouvernement, poussée de la droite radicale populiste et fragmentation de l’Assemblée nationale nourrissent depuis quelques décennies l’idée d’une démocratie structurellement déstabilisée. La séquence électorale de 2024, marquée par des élections européennes triomphales pour le Rassemblement national (RN), la dissolution surprise de l’Assemblée nationale et l’aggravation de la crise du fait majoritaire, a amplifié ce diagnostic d’une démocratie fragilisée.

Ces turbulences masquent pourtant un paradoxe : si la confiance des Françaises et des Français dans les institutions politiques s’érode, leur attachement aux valeurs démocratiques demeure très solide. Contrastant avec un discours répandu, les recherches que nous avons menées avec 23 autres chercheurs mettent en évidence que les Français ne sont pas fatigués de la démocratie mais d’un système politique qui, à leurs yeux, ne fonctionne plus comme une démocratie.

Une démocratie toujours plébiscitée mais jugée dysfonctionnelle

Les enquêtes internationales sont sans ambiguïté. Selon la dernière vague de l’« Enquête sur les valeurs des Européens » (2018), plus de 90 % des Français considèrent la démocratie comme un bon régime politique. Un soutien comparable à celui observé dans la plupart des démocraties européennes, et largement devant le soutien à une alternative technocratique ou à un gouvernement autoritaire. De la même manière, une large majorité estime qu’il est essentiel de vivre dans un pays gouverné démocratiquement, avec une note moyenne de 8,6 sur une échelle allant de 1 pour « pas important du tout » à 10 pour « absolument important ».

Les Françaises et les Français sont nettement plus sévères quand il s’agit d’évaluer le fonctionnement de leur démocratie. Quand on leur demande à quel point la France est gouvernée démocratiquement, ils la situent à 6,4 sur une échelle où 1 indique « pas du tout démocratique » et 10 « complètement démocratique ». Cela conduit à un niveau de satisfaction dans la démocratie très modeste, de l’ordre de 5,2 selon l’« Enquête sociale européenne » de 2020. Le même décalage entre adhésion et insatisfaction démocratique apparaît dans la plupart des autres pays européens.

Une fatigue démocratique « par le haut »

La crise actuelle ne traduit donc pas un rejet des valeurs démocratiques, mais une remise en cause d’un système institutionnel perçu comme n’étant plus en phase avec ces valeurs. Loin d’une fatigue démocratique « par le bas », c’est-à-dire parmi les citoyens, il s’agit plutôt d’une fatigue démocratique « par le haut », c’est-à-dire d’un processus dans lequel les pratiques de gouvernement contribuent à effriter la confiance des citoyens.

Le constat est désormais bien documenté dans la littérature comparative : les démocraties libérales s’affaissent moins sous l’effet d’une désaffection populaire ou d’un déficit de performances économiques et sociales que par des choix politiques, des logiques partisanes et des contournements institutionnels opérés par les élites au pouvoir. En France, plusieurs évolutions ont alimenté cette dynamique.

La centralisation extrême de la Ve République a progressivement transformé un exécutif fort en un exécutif hypertrophié, marginalisant le Parlement et affaiblissant les espaces de médiation censés coproduire la confiance démocratique : partis politiques, syndicats, corps intermédiaires… Les usages répétés de l’article 49.3, les négociations difficiles avec les partenaires sociaux ou encore les conventions citoyennes dont les recommandations ont été partiellement ou totalement écartées, ont renforcé l’idée que les dispositifs participatifs et délibératifs, supposés remédier aux dysfonctionnements de la démocratie électorale, restent largement symboliques.

Cette rigidification des pratiques de gouvernement s’est accompagnée d’une répression plus visible des mobilisations sociales. Des travaux récents, ainsi que la défenseure des droits, ont attiré l’attention sur la normalisation de dispositifs d’exception, l’extension du maintien de l’ordre judiciaire et administratif, et l’usage accru de qualifications pénales restrictives. De la gestion du mouvement des gilets jaunes à celle des mobilisations contre la réforme des retraites, la protestation, pourtant pilier historique de la vie politique française, s’est vue de plus en plus disqualifiée voire criminalisée. Ces évolutions ont aujourd’hui réduit la capacité de la société civile à influencer durablement l’agenda politique.

Des aspirations démocratiques qui se déplacent

Face à la fermeture des canaux conventionnels, les aspirations démocratiques se déplacent vers des formes d’expression plus faiblement institutionnalisées : blocages, actions locales, pétitions, mobilisations numériques. Celles-ci traduisent un désir persistant de participation à la fabrique des choix publics.

Par ailleurs, les Françaises et Français sont maximalistes en matière de démocratie : ils adhèrent massivement aux piliers électoraux et constitutionnels du régime libéral, mais aussi à la dimension sociale de la démocratie, qui suppose l’égalité réelle et la protection contre l’arbitraire économique. On constate également un fort soutien à une souveraineté populaire plus directe, qui va de pair avec l’attrait pour des formes de démocratie sans intermédiaires. Les citoyens ordinaires tirés au sort ou les experts sont perçus comme capables de prendre des décisions rationnelles et rapides, transcendant les divisions politiques.

Les données du baromètre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) 2023 confirment ce soutien élevé aux réformes démocratiques. Le référendum recueille notamment une adhésion majoritaire, en particulier parmi les citoyens qui se sentent exclus de la représentation politique. Les électeurs du Rassemblement national, souvent décrits comme antidémocratiques, ne font pas exception à cette logique. Une part importante d’entre eux soutient des dispositifs de démocratie directe ou délibérative. Paradoxalement, ce parti qui valorise l’ordre et l’autorité ne trouve pas ses meilleurs soutiens chez les personnes en faveur d’un « dirigeant fort qui n’a à se préoccuper ni du Parlement ni des élections », mais chez celles qui souhaiteraient plutôt que « des citoyens tirés au sort décident ce qui leur paraît le meilleur pour le pays ». L’idée selon laquelle l’électorat de droite radicale populiste serait par principe hostile à la démocratie ne résiste pas à l’examen empirique.

Une démocratie sociale en berne

Le décalage entre valeurs démocratiques et fonctionnement institutionnel s’enracine dans les inégalités sociales. La précarité économique, les faibles niveaux de revenus et de diplômes comme les discriminations raciales s’accompagnent d’un sentiment aigu de ne pas compter politiquement. Le score EPICES, qui mesure la précarité sociale individuelle, est fortement associé à l’abstention répétée. Les minorités racisées comme les classes populaires vivent la représentation comme distante, parfois hostile, et développent un rapport à la fois utilitaire et méfiant à la politique.

Les institutions de l’État social – école, logement, justice, services publics – constituent des lieux centraux où les citoyens font l’expérience concrète et émotionnelle de la démocratie. Or, sous l’effet de contraintes budgétaires et de réformes structurelles de long terme, ces institutions ont vu leur capacité protectrice se recomposer ; ce qui alimente un sentiment d’abandon et d’injustice. Sans un socle minimal de justice sociale, l’égalité politique formelle et l’État de droit peinent à produire de la légitimité durable.

La France est-elle alors en voie de basculer dans l’autocratisation ? En comparaison européenne, l’attachement à la démocratie est élevé. La participation record aux législatives anticipées de 2024 – plus de 66 %, soit près de vingt points de plus qu’en 2022 – rappelle aussi que les citoyens peuvent se mobiliser lorsque l’enjeu est perçu comme décisif. Enfin, il faut voir dans l’attrait des Français pour différentes formes de démocratie le signe d’une culture démocratique mature et exigeante, qui entend combiner pluralisme, efficacité, inclusion et capacité décisionnelle. Cela représente une opportunité pour l’action publique pour réinventer les règles du jeu démocratique en mêlant plusieurs façons de décider.

Que faire ?

Dans ces conditions, la réponse aux turbulences actuelles ne peut se limiter à des ajustements techniques. Elle suppose une refondation du lien politique.

Les assemblées citoyennes dotées de pouvoirs réels, les référendums d’initiative citoyenne encadrés, les budgets participatifs décisionnels ou les dispositifs délibératifs sur les politiques complexes sont des instruments éprouvés et bénéficiant, on l’a vu, d’un soutien populaire significatif.

En définitive, la France se trouve à un carrefour. Une voie mène à la poursuite de la centralisation technocratique, à la déresponsabilisation des élites et à la tentation illibérale. L’autre ouvre sur un nouvel horizon démocratique, où la participation citoyenne produit de véritables décisions.

Le choix appartient moins aux citoyens, dont l’attachement aux valeurs démocratiques ne faiblit pas, qu’aux responsables politiques, aujourd’hui appelés à réformer un système perçu comme verrouillé. Les Français ne sont pas fatigués de la démocratie. Ils sont fatigués d’une démocratie inachevée, car vécue comme défaillante et confisquée.

The Conversation

Frédéric Gonthier a reçu des financements du programme Horizon Europe n°1010952237: TRUEDEM—Trust in European Democracies.

Nonna Mayer ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Où va la démocratie française ? – https://theconversation.com/ou-va-la-democratie-francaise-271396

Compter sur ses doigts aide-t-il un enfant à progresser en maths ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Jennifer Way, Associate Professor in Primary and Early Childhood Mathematics Education, University of Sydney

Contrairement à certaines idées reçues, il n’est pas nécessaire de décourager les enfants de compter sur leurs doigts. Une étude publiée récemment apporte quelques éléments d’explication.


Si vous demandez à un jeune enfant de résoudre une opération mathématique simple, telle que 4 + 2, il est possible qu’il compte sur ses doigts pour trouver la solution. Devrions-nous encourager ce type de réflexe ? La question peut paraître simple, mais il est étonnamment complexe d’y répondre.

Certains enseignants et parents pourraient dire que, oui, car cela semble aider les jeunes enfants à apprendre les chiffres. D’autres pourraient être plus réticents, arguant que cela pourrait ralentir la mise en place de stratégies mentales.

Une nouvelle étude suisse montre que les enfants qui comptent sur leurs doigts dès leur plus jeune âge obtiennent de meilleurs résultats pour résoudre des additions que ceux qui ne le font pas.

Que dit la recherche ?

Les chercheurs ont de vifs débats entre eux quant à l’intérêt pour les enfants de compter sur leurs doigts.

Les psychologues scolaires affirment que cela aide les enfants à élaborer des stratégies sans surcharger leur mémoire de travail (la capacité de notre cerveau à stocker des informations pendant un court laps de temps pendant que nous réfléchissons à quelque chose), jusqu’à ce qu’ils maîtrisent des stratégies plus abstraites.

Les chercheurs en cognition incarnée (apprentissage par l’action) affirment que l’association des doigts et des chiffres est « une action naturelle » et qu’elle doit donc être encouragée. Les neuroscientifiques pourraient également noter que des parties similaires du cerveau s’activent lorsque vous bougez vos doigts et pensez à des chiffres, ce qui aide la mémoire.

Plusieurs études menées en classe ont montré que les enfants qui utilisent des stratégies avec leurs doigts pour résoudre des problèmes mathématiques obtiennent de meilleurs résultats que ceux qui ne le font pas, jusqu’à l’âge de 7 ans environ, où l’inverse devient vrai.

Ainsi, avant l’âge de 7 ans, il vaut mieux compter sur ses doigts. Après 7 ans, il vaut mieux ne plus le faire.

Pourquoi en est-il ainsi ? Qu’est-ce que cela signifie pour l’enseignement des mathématiques ? Cela fait l’objet d’un débat depuis plusieurs années.

Une nouvelle étude auprès de 200 enfants

Une nouvelle étude de l’Université de Lausanne a permis de franchir un cap dans ce débat.

Les chercheurs affirment que les précédentes études nous ont laissé deux explications possibles à cette apparente bascule dans les avantages du fait de compter sur les doigts vers l’âge de 7 ans.

Une interprétation est que les stratégies fondées sur le décompte des doigts deviennent inefficaces lorsque les questions mathématiques se complexifient (par exemple, 13 + 9 est plus difficile que 1 + 3), de sorte que les enfants qui les utilisent obtiennent de moins bons résultats.

L’autre possibilité est que les enfants qui n’utilisent pas de stratégies digitales à l’âge de 7 ans (et qui obtiennent de meilleurs résultats que ceux qui les utilisent) en étaient auparavant des utilisateurs mais sont passés à des stratégies mentales plus avancées.

Pour démêler ces explications contradictoires, les chercheurs ont suivi près de 200 enfants âgés de 4,5 ans à 7,5 ans et ont évalué leurs compétences en addition et leur utilisation des doigts tous les six mois.

Ils ont notamment suivi si et quand les enfants ont commencé et arrêté d’utiliser leurs doigts. Ainsi, à chaque point d’évaluation, il a été noté si les enfants n’utilisaient pas leurs doigts, s’ils venaient de commencer à les utiliser, s’ils continuaient à les utiliser ou s’ils avaient arrêté de les utiliser.

Quels sont les résultats de l’étude ?

L’étude a révélé qu’à l’âge de 6,5 ans, la plupart des enfants qui n’utilisaient pas leurs doigts étaient en fait d’anciens utilisateurs. Ces anciens utilisateurs étaient également ceux qui obtenaient les meilleurs résultats aux questions d’addition et continuaient à s’améliorer un an plus tard. L’importance de cette découverte réside dans le fait que, dans les études précédentes, ces enfants très performants avaient seulement été identifiés comme des enfants n’utilisant pas leurs doigts, et non comme d’anciens utilisateurs de stratégies basées sur les doigts.

Dans la nouvelle étude suisse, seuls 12 enfants n’ont jamais utilisé leurs doigts au fil des ans, et ils constituaient le groupe le moins performant.

De plus, l’étude a montré que les « débutants tardifs » utilisant des stratégies de comptage sur les doigts, qui continuaient à utiliser ces stratégies à l’âge de 6,5 à 7,5 ans, n’étaient pas aussi performants que les anciens utilisateurs de leurs doigts.

Dans la nouvelle étude suisse, seuls 12 enfants n’ont jamais utilisé leurs doigts au fil des ans, et ils constituaient le groupe le moins performant.

De plus, l’étude a montré que les « débutants tardifs » utilisant des stratégies de comptage sur les doigts, qui continuaient à les mobiliser à l’âge de 6,5 à 7,5 ans, n’étaient pas aussi performants que les anciens utilisateurs.

Quelles conséquences en tirer ?

Les résultats de cette étude longitudinale unique sont éloquents. Il semble raisonnable de conclure que les enseignants et les parents devraient encourager le fait de compter sur ses doigts dès la maternelle, et pendant les deux premières années d’école.

Cependant, l’étude suisse s’est principalement concentrée sur des enfants européens blancs issus de milieux socio-économiques moyens à élevés. Trouverions-nous des résultats aussi clairs dans une école publique multiculturelle de niveau moyen ? Nous pensons que oui.

Notre propre étude 2025 a révélé une grande variété de méthodes pour compter sur les doigts dans ces écoles, mais lorsque les enseignants y prêtaient attention, cela favorisait les compétences des enfants en matière de calcul.

Les parents peuvent montrer aux enfants d’âge préscolaire comment représenter les chiffres, par exemple en levant trois doigts et en disant « trois ».

Aidez-les à s’entraîner à compter de un à dix, en levant un doigt à la fois. Une fois qu’ils auront commencé, le reste viendra naturellement. Il n’est pas nécessaire de les décourager de le faire. Les enfants cessent naturellement d’utiliser leurs doigts lorsqu’ils n’ont plus besoin de ce recours.

The Conversation

Jennifer Way a reçu un financement du ministère de l’Éducation de Nouvelle-Galles du Sud, Fonds de recherche stratégique (2021-2024). ID : G212850.

Katherin Cartwright a reçu un financement du ministère de l’Éducation de Nouvelle-Galles du Sud, Fonds de recherche stratégique (2021-2024). ID : G212850.

ref. Compter sur ses doigts aide-t-il un enfant à progresser en maths ? – https://theconversation.com/compter-sur-ses-doigts-aide-t-il-un-enfant-a-progresser-en-maths-272407

Pourquoi l’affichage environnemental textile pourrait-il changer nos habitudes d’achat ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Anthony Chung Chai Man, Assistant Professor, ESCE International Business School

Un affichage de type éco-score sur les vêtements pourrait-il avoir un impact sur les habitudes de consommation, en orientant les consommateurs vers les marques les plus vertueuses ? Ces derniers seraient-ils prêts à payer plus cher des vêtements respectueux de l’environnement ? Deux facteurs vont influencer la réponse des acheteurs : l’impact de l’éco-score sur l’image du vêtement et sur leur sentiment de culpabilité.


L’industrie textile est réputée être l’une des plus polluantes au monde, produisant 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et 20 % de la pollution de l’eau potable (Agence européenne pour l’environnement. Pourtant, contrairement au secteur alimentaire où le Nutri-Score est devenu familier en quelques années, le textile ne dispose pas encore de systèmes d’étiquetage environnemental largement reconnu dans le monde entier.




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Face à ce vide, l’Agence de la transition écologique (Ademe) a lancé une expérimentation d’éco-score textile, dans le cadre de la loi Climat et résilience, avec l’objectif de donner une information synthétique aux consommateurs pour identifier les vêtements les plus respectueux de l’environnement. Mais ce type d’affichage peut-il vraiment influencer les comportements d’achat ? Et surtout, sommes-nous prêts à payer plus cher pour des vêtements plus respectueux de l’environnement ?

Bien que plus de la moitié des consommateurs expriment le souhait que les marques de mode adoptent des pratiques plus vertueuses en matière d’écologie, moins d’un tiers se disent réellement prêts à débourser davantage pour des vêtements conçus de manière durable.

Un signal qui change la donne

Nous avons étudié dans un article à paraître l’impact que pourrait avoir un indicateur de type éco-score sur la propension à payer un surprix, c’est-à-dire un prix plus élevé, pour des vêtements plus durables. Après avoir interrogé 136 clients dans deux magasins d’une même marque de vêtement, six scénarios ont été testés via une expérimentation en ligne auprès de 277 répondants. Les manipulations (des AB tests) correspondent aux éco-scores allant de A (très bon) à E (très mauvais), ainsi que l’absence de score.

L’éco-score est un signal efficace pour encourager les consommateurs à payer un surprix à travers deux mécanismes : l’image verte perçue de la marque et la culpabilité anticipée.

L’image verte, un levier pour les marques

À l’heure où la fast-fashion explose (Shein a connu une croissance de 57 % en un an), il devient crucial de proposer des alternatives plus durables, qui ne soient pas seulement une forme de greenwashing.

Notre étude montre que les scores A et B, en améliorant significativement « l’image verte » des marques, augmentent la propension des consommateurs à payer un surprix, par rapport au même vêtement proposé sans indication de score. À l’inverse, les scores D et E ont un effet plus négatif que l’absence de score, alors que le score C a des effets similaires à l’absence de score.

L’image verte perçue de la marque joue ainsi un rôle clé. Un affichage environnemental clair et crédible améliore cette image, et peut donc devenir un levier stratégique pour les marques les plus vertueuses.

Le prix de l’innocence

De manière contre-intuitive, notre étude révèle que seul le score E (le plus défavorable) génère plus de culpabilité anticipée comparativement à l’absence de score. La culpabilité est définie comme « l’anticipation d’un sentiment que l’on peut éprouver lorsqu’on envisage de violer ses normes personnelles ». Le score C, souvent perçu comme neutre, ou le D (négatif) ont les mêmes effets sur la culpabilité des consommateurs que l’absence de score. Cela souligne l’importance d’un affichage obligatoire, car sans signal clair, même un produit écologique peut être perçu comme peu vertueux. En effet, sans étiquette, les consommateurs ne détectent pas le caractère durable du produit, et ne sont donc pas enclins à payer plus cher. À l’inverse, une marque peu écologique qui n’affiche rien évite de générer de la culpabilité, ce qui peut favoriser l’achat.

Or, notre recherche montre que plus les consommateurs se sentent coupables, moins ils sont prêts à payer un surprix. Un affichage environnemental positif (scores A ou B) permet donc non seulement de valoriser les efforts des marques, mais aussi de réduire la culpabilité liée à l’achat, favorisant ainsi des comportements plus responsables.

France 24, 2024.

Peur sur l’image des marques

Au-delà de son rôle incitatif, l’éco-score pourrait aussi jouer un rôle dissuasif : en rendant visibles les pratiques peu vertueuses, il pénalise les entreprises non responsables en exposant leur impact environnemental aux yeux des consommateurs. Ce mécanisme de signalement négatif pourrait encourager les marques à revoir leurs chaînes de production, sous peine de voir leur image écologiquement dégradée. L’absence de score, elle aussi, devient suspecte, puisqu’elle peut être interprétée comme une volonté de cacher des pratiques peu durables.

Trop de labels ?

Reste le problème du nombre de labels, aujourd’hui nombreux et parfois confus. Notre recherche montre qu’un affichage standardisé et bien conçu peut aider à clarifier les choix. Les consommateurs veulent un signal simple et auxquels ils sont déjà familiers (« on a l’habitude de ce genre d’étiquette, comme pour le Nutri-Score ou l’électroménager », indique une des personnes interrogées). Mais attention : il ne s’agit pas dans notre étude de consommer moins, mais de consommer mieux.

La généralisation de l’éco-score textile pourrait encourager des pratiques d’achat plus durables, à condition que les marques jouent le jeu de la transparence ou qu’elles y soient contraintes. Pour les consommateurs, c’est une opportunité de faire des choix plus éclairés – et pour les marques, une chance de redéfinir leur positionnement éthique.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Pourquoi l’affichage environnemental textile pourrait-il changer nos habitudes d’achat ? – https://theconversation.com/pourquoi-laffichage-environnemental-textile-pourrait-il-changer-nos-habitudes-dachat-271414

La fabrique du « bon patient » : comment les affiches de santé publique nous façonnent

Source: The Conversation – France in French (3) – By Anouchka Divoux, Maîtresse de conférences en Sciences du Langage et Didactique des Langues, Université de Lorraine

Nous les croisons partout, sans vraiment y prêter attention : dans les salles d’attente, les couloirs d’hôpitaux, les stations de métro ou les écoles. Les affiches de santé publique semblent n’être que de simples rappels destinés à nous aider à « bien nous comporter ». Mais, sous leurs couleurs pastel et leurs slogans bienveillants, elles transmettent une vision très précise, et rarement neutre, de ce que doivent être la santé, le citoyen et la responsabilité.


« N’attendez pas les premiers effets des fortes chaleurs », « Debout, chez vous – 10 astuces anti-sédentarité », « Avec le cannabis, on peut vite se sentir dépassé », « Pour un mode de vie plus équilibré, chaque petit pas compte »…

Les affiches de santé publique qui fleurissent toute l’année autour de nous constituent autant de rappels destinés à nous inciter à faire les bons gestes, à adopter les bons comportements pour notre santé. Cependant, loin d’être de simples supports d’information, elles sont aussi des outils de normalisation.

Elles individualisent des problèmes collectifs, construisent un référentiel universel trompeur et occultent les inégalités sociales, matérielles ou linguistiques qui rendent certains comportements difficiles, voire impossibles.

Sous couvert d’aide ou de prévention, elles déplacent subtilement les responsabilités collectives vers les individus. Décryptage.

Quand informer devient prescrire

En tant que chercheuses en sciences du langage, nous avons été interpellées par les réactions de jeunes adultes interrogés dans le cadre du projet CARES (« Comprendre, analyser et repenser les énoncés “brefs” dans les campagnes nationales de prévention de la santé »).

Face à une affiche dénonçant les violences verbales et physiques envers les soignants, l’ensemble des participants a condamné ces pratiques. Cependant, davantage que l’adhésion au message véhiculé par l’affiche en question, les réactions recueillies ont mis en lumière un élément de discours sous-jacent : les participants ont largement dénoncé le jugement moral porté par l’affiche, soulignant l’absence d’explications concernant les défaillances structurelles de l’État sur ces problématiques, susceptibles d’être à l’origine de ces agressions.

Les participants ont immédiatement pointé que, sur l’affiche, rien n’était dit du sous-effectif, de la saturation des services ou des interminables heures d’attente. Autrement dit, le poster condamnait un comportement individuel, sans évoquer aucun des facteurs structurels qui alimentent ces tensions.

Cette observation nous a conduits à constater que les messages de ce type ne se limitent pas à présenter une situation, mais qu’ils tendent à orienter le comportement des individus.

Une question est dès lors apparue centrale dans notre étude : les messages des affiches de santé visent-ils à éclairer ou à orienter le comportement des individus ? Autrement dit, le rôle social de ces affiches est-il d’« informer sur » ou plutôt « d’inciter à » ?

La nuance est primordiale : si l’information vise à raconter et à expliquer pour faire circuler un savoir, l’incitation cherche à orienter nos actions en prescrivant quoi faire et comment, tout en nous informant des conséquences d’un éventuel non-respect.

Partant de ce constat, nous nous sommes interrogées sur les mécanismes et les raisons qui amènent la communication publique à déplacer l’objet de ses messages et à transférer une responsabilité collective vers les individus.

Prévention plutôt que promotion de la santé ? Une confusion qui n’est jamais neutre

Dans le langage institutionnel, le terme prévention et l’expression promotion de la santé sont souvent employés comme s’ils allaient de soi, alors même qu’ils recouvrent des réalités très différentes.

La prévention, telle qu’elle est mise en scène dans la plupart des affiches, repose sur la discipline individuelle. Les messages proposés visent à éviter un risque ou l’aggravation d’une pathologie en demandant aux individus d’adopter un « bon » comportement : annuler un rendez-vous, se laver les mains, ne pas se rendre aux urgences pour un problème bénin, etc.

La promotion de la santé, quant à elle, vise à transformer l’environnement social pour rendre les comportements souhaités possibles. Cette approche relève d’une tout autre logique. Il ne s’agit plus seulement de dire aux individus quoi faire, mais de créer les conditions favorables à l’action : horaires adaptés, renforcement de l’accueil, simplification administrative, médiation linguistique, etc.

Sous les affiches rassurantes, un ordre social se dessine

Comme l’a montré le sociologue Érik Neveu, les messages de santé publique fabriquent une citoyenneté sanitaire sans conflits sans antagonismes, sans classes sociales, un espace où l’effacement des tensions donne l’illusion d’un consensus moral.

Si chacun adoptait les « bons réflexes », le système fonctionnerait mieux. Peu à peu, « informer » se mue en « orienter », « accompagner » en « commander », « prévenir » en « moraliser ». La santé, pensée hier comme un droit collectif, glisse vers un devoir individuel où le devoir de se soigner prend la place du droit à la santé.

C’est précisément dans ce basculement vers une responsabilisation individuelle que se joue l’ambiguïté des campagnes. Derrière l’apparente neutralité des messages, une confusion s’installe entre prévention et promotion de la santé.

Ce brouillage n’est jamais neutre car il laisse entendre que si le système dysfonctionne, c’est avant tout parce que les citoyens n’adoptent pas le comportement attendu. Autrement dit, derrière les appels au « bon sens » sanitaire se construit une véritable forme de gouvernement des conduites.

Comment la santé publique fabrique le « bon patient »

Pour saisir les ressorts de cette orientation, les travaux du philosophe français Michel Foucault et du sociologue britannique Nikolas Rose constituent un cadre d’analyse particulièrement opérant, en développant notamment la notion de biopolitique.

Le biopolitique désigne la manière dont le pouvoir s’exerce non plus uniquement sur les territoires et les lois, mais directement sur la vie des individus et des populations. En résumé : les institutions modernes gèrent également les populations par le biais de la santé, de la natalité, de l’hygiène, etc. L’État ne contrôle plus directement l’individu mais l’incite à s’autodiscipliner et à s’autoréguler.

Foucault montre ainsi que les institutions modernes gouvernent les populations en agissant sur leurs comportements : hygiène, sport, alimentation, gestion du « capital santé » comme on gère un capital économique. Rose prolonge cette réflexion en décrivant un citoyen sommé de devenir l’entrepreneur de son propre corps, toujours vigilant, anticipant, optimisant.

Dans les sociétés néolibérales, la santé devient une norme morale et identitaire, il y a donc « responsabilisation biologique ». Pour Rose, l’individu est sommé de devenir un acteur actif de sa propre santé, sous peine d’être considéré comme irresponsable, voire coupable. Dans ce cadre, ne pas être un « bon patient » devient presque une faute morale.

Cette reconfiguration du rôle du citoyen ne dépend pas seulement des dispositifs administratifs et politiques, elle s’exprime aussi dans la manière même dont les institutions prennent la parole. Le langage institutionnel ne se limite pas à relayer des faits. Il construit et impose en réalité une « vérité sociale », portée par l’autorité de celui qui énonce.

Abordées sous l’angle de la performativité du langage (Austin, 1962 ; Butler, 2004, ces affiches énoncent tout autant des comportements attendus qu’elles contribuent à produire la figure du « bon patient », celui qui est prévoyant, calme, discipliné, autonome, respectueux, et relègue à la défaillance, voire à la faute, celles et ceux qui s’en écartent.

Entre humour et culpabilité : comment une affiche produit le « bon usager »

L’affiche des « lapins posés aux rendez-vous médicaux » est un exemple très parlant de ce type de processus. Cette campagne de sensibilisation à la gestion du parcours de soin transforme un problème systémique en faute individuelle, à travers un dispositif graphique, langagier ainsi que moral, politiquement et économiquement pensé.


DR — l’Assurance maladie

L’affiche montre un lapin qui patiente sur une chaise dans une salle d’attente, accompagné du slogan : « Ne posez pas de lapin à un médecin. Annulez et votre rendez-vous profitera à quelqu’un. »

À partir d’un énoncé construit sur une métaphore légère (le lapin) et par l’usage d’un langage simple, familier, infantilisant ou humoristique (rime : lapin/médecin), on délivre un message culpabilisant.

On observe un contraste entre la légèreté de la formule et la gravité de la conséquence évoquée : la perte de temps médical. Le lecteur est face à un énoncé qui prescrit une conduite ou un comportement socialement/moralement requis : il faut annuler son rendez-vous !

Or, dans cette affiche, le patient est le seul acteur nommé et mis en cause, les raisons systémiques de la situation sont complètement effacées. Le fonctionnement, ou plutôt les dysfonctionnements, du système de santé aboutissant à ces annulations de dernières minutes n’est pas non plus questionné.

Le manque de praticiens peut en effet entraîner des délais de rendez-vous très longs, délais qui augmentent le risque de potentiels oublis de date. Certains patients peuvent rencontrer des difficultés à contacter le médecin ou son secrétariat pour annuler. Sans oublier que tous les patients ne maîtrisent pas nécessairement – ni techniquement ni linguistiquement – les plates-formes de rendez-vous. D’autres raisons peuvent aussi aboutir au fait que certains patients décident de ne pas se présenter au rendez-vous. On peut par exemple citer l’angoisse de l’annonce d’une maladie potentielle, qui peut faire tourner les talons à certaines personnes en dernière minute.

L’objet du message véhiculé par cette affiche est de culpabiliser les patients « défaillants ». À sa lecture, le lecteur est engagé dans une sorte de dette symbolique envers les soignants : « il n’y a déjà pas beaucoup de rendez-vous possibles donc en plus si on n’y va pas… C’est honteux ! »

Le soin se trouve ainsi dépolitisé ; c’est le comportement individuel – ici, le fait de ne pas honorer un rendez-vous – qui serait responsable de la dégradation du système, plutôt que ses limites structurelles. L’idée sous-jacente est claire et renvoie à l’opposition entre « bons usagers » et « usagers déviants », récurrente dans les discours institutionnels contemporains.

Autrement dit, l’individu est sommé d’être un citoyen discipliné et donc un acteur efficient de la santé publique. Ces éléments de discours mettent ainsi en œuvre une forme de paternalisme discursif et effacent une forme de dialogue en considérant le lecteur comme un sujet à éduquer plutôt qu’un citoyen à accompagner. Cet aspect renvoie au « registre autoritaire masqué », selon lequel « la violence symbolique s’exerce avec le consentement de ceux qui la subissent, par le biais du langage ».

Les affiches de santé ne sont pas neutres

Considérer les affiches de santé dans leur dimension sociale et linguistique permet de rappeler que la santé publique ne se réduit pas à convaincre chacun d’être un « bon patient », mais à construire collectivement les conditions qui rendent les « bons comportements » possibles.

En effet, cette polarisation entre « bon usager » et « usager déviant » reflète une logique de gestion néolibérale des comportements, où l’individu devient responsable du bon fonctionnement du système. L’orientation choisie pour élaborer ces campagnes tend à faire disparaître la dimension politique des questions de santé, comme les inégalités sociales, les politiques publiques ou les choix économiques.

Elle masque également les déterminants sociaux de la santé, tels que la précarité, l’environnement, le stress ou l’illettrisme. Tout cela se fait au profit d’un discours centré sur la volonté, l’effort et la discipline relevant d’une responsabilité individuelle et de choix présentés comme purement personnels et « naturels ».

Pour les publics précarisés et faiblement scolarisés, ces affiches deviennent alors une double peine : ils sont responsables selon la norme, bien qu’étant souvent incapables d’en saisir pleinement les codes.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. La fabrique du « bon patient » : comment les affiches de santé publique nous façonnent – https://theconversation.com/la-fabrique-du-bon-patient-comment-les-affiches-de-sante-publique-nous-faconnent-273512

Iran’s crackdown: why security forces are shooting demonstrators straight in the eye

Source: The Conversation – France – By Firouzeh Nahavandi, Professeure émérite, Université Libre de Bruxelles (ULB)

In Iran, protestors and especially militants are being subjected to an extremely violent crackdown with shooting aimed at their eyes. Blinding the enemy who dares to dispute the powers that be, is the latest act of repression to go down in the country’s long history.


Over the course of the Iranian dissident action in recent years, and during the nationwide Women, Life, Freedom movement in 2022 the frequency of eye injuries inflicted upon protestors has come under public scrutiny. Women, young people and students, often passers-by even, have literally lost an eye, or their – eyesight – from buckshot or close-range projectiles. A tactic by security forces that we are now witnessing again: lawyer and 2003 Peace Nobel laureate Shirin Ebadi estimated on 9 January that “at least 400 people have been admitted to hospital in Tehran with firearm-related eye injuries since protests kicked off at the start of the year.

Such brutal use of force reveals far more than just police slip-ups. These acts are part of a political rhetoric that is echoed throughout Iran’s long history, in which aiming for the eyes symbolically signifies stripping someone of their personal, political capital.


A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!


Power lies in the eye of the beholder

In ancient Iranian political culture, power and the eyes are inextricably linked. I see, therefore I know; I see, therefore, I judge; I see, therefore I govern. This concept runs throughout Iran’s literary and political realms. For instance, in the Shahnameh (Book of Kings) by Ferdowsi (10th Century), blindness constitutes a narrative marker of political and cosmic decline: heralding the loss of farr (divine glory), the principle of the legitimisation of power as a durable, symbolic disqualification of the exercise of sovereignty. Being blinded is synonymous with being fallen.

In the Shahnameh, the passage where Rustam blinds Esfandiar with an arrow is an edifying scene for Iran’s political realm: by targeting the eyes, the tale overtly associates the loss of vision with the disqualification of power and an end to all grounds for claiming sovereignty.

Rustam blinds Esfandiar with an arrow (opaque watercolour on paper), undated. Click to zoom.
San Diego Museum of Art/Bridgeman Images

Historically, blindness was used as a political neutralising weapon. It was a way of eliminating a rival – prince or dignitary – without spilling blood, which was considered sacrilegious where the elite was concerned. Blind people weren’t executed, they were eradicated from the political arena.

The Shah of Persia Abbas the Great (who ruled from 1588 until his death in 1629) blinded several of his sons and grandsons whom he suspected of plotting against him or opposing succession to the throne.

In 1742, Nader Shah ordered for his son, then heir to the throne Reza Qoli Mirza to be blinded, an emblematic act of political silencing practices in Persia.

From blinding rituals to blinding to maintain security: why are protestors’ eyes so frequently in the firing line of Iranian security forces?

The Islamic Republic does not lay claim to blinding as punishment, but the massive repetition of eye injuries during contemporary repression reveals a symbolic continuity.

Once rare, targeted and admitted to, the use of blinding is now widespread, denied by the authorities, carried out using weapons termed “non-lethal” and rarely sanctioned.

Yet its political role of neutralising without killing, strike the body to deter and prevent further dissent still remains comparable.

In contemporary Iran, the eyes have become a political weapon. Demonstrators film, document and diffuse what they see. Images circulate, reach the borders and weaken the government’s narrative. When the eyes are hit, you can’t see or show others, putting a stop to filming, identifying and witnessing.

The target isn’t just the individual’s point of view; it’s the broader vision that connects the streets of Iran with international public opinion.

Unlike the act of blinding in ancient times that was reserved for the male elite, nowadays eye-related violence mainly is targeted at women and young people. The female gaze, independent, freed from all ideological control, for the world to see becomes politically intolerable for a regime founded on dictating the body and what should be seen.

A continuum of visible brutality

The ongoing repression following on from mass protest action that kicked off in late December 2025, intensified after a nationwide Internet blackout, blatantly sought to reduce exposure of the acts of violence inflicted on protestors.

Independent medical reports and witness accounts described hospitals as being overwhelmed with casualties – specifically eye-related – along with a rise in crowd-control involving firearms with real bullets, documented in several Iranian provinces. These injuries confirm that the body and particularly, the ability to see and report, are still the main target of repressive rule.

Beyond the figures, women’s first-hand accounts tell a different tale of these contemporary practices. While Iranian society has witnessed women spearheading activist movements since Mahsa Jina Amini’s killing in 2022 – some of whom were deliberately blinded during protests –, such injuries symbolise both crackdown efforts to cancel out the independent female gaze posing a political threat to the establishment; and the resistance of these injured, yet defiant women bearing mutilated faces, who are living proof of Iranian repression.

History isn’t confined to a distant past of political neutralisation: it is impregnated by women of today’s personal bodily experiences, where eye trauma can be interpreted as exploitative violence and a sign of a political struggle that revolves around the field of vision.

The body becomes ‘capital’: the ultimate sovereignty

The Islamic Republic may have broken away from the monarchy’s sacredness, but the ancient principle by which the body is perceived as capital that holds personal power, is still intact. While monarchs resorted to blinding their subjects in order to protect their dynasties, security forces use mutilation to ensure its survival.

This strategy produces a paradoxical effect. In Persia, blinding was used as a weapon of political destruction in ancient times. Today, it makes the regime’s brutality visible for all to see. As mutilated faces are in circulation, victims become symbols and the eyes they have lost become a testimony to Iran’s profound crisis of democratic legitimacy.

History doesn’t repeat itself but it lives on through gestures. By shooting at the eyes, the Iranian government revives the old rule book for domination: take away an individual’s ability to see and you politically eliminate them.

The Conversation

Firouzeh Nahavandi ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Iran’s crackdown: why security forces are shooting demonstrators straight in the eye – https://theconversation.com/irans-crackdown-why-security-forces-are-shooting-demonstrators-straight-in-the-eye-273508

Heated Rivalry: How investment in Canadian content can pay off at home and abroad

Source: The Conversation – Canada – By Daphne Rena Idiz, Postdoctoral Fellow, Department of Arts, Culture and Media, University of Toronto

Hudson Williams and Connor Storrie in an Episode 6 (‘The Cottage’) scene of ‘Heated Rivalry.’ (Bell Media)

In late December 2025, it seemed like everyone went to “the cottage.” This is a reference to the steamy Crave megahit Heated Rivalry. Even The Guggenheim Museum of New York and Ottawa Tourism has jumped on the Heated Rivalry bandwagon.

Heated Rivalry has launched the careers of Texas native Connor Storrie and Hudson Williams, from British Columbia. The actors play hockey rivals-turned-lovers Ilya Rozanov and Shane Hollander.




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The Heated Rivalry obsession is widespread, having topped Crave’s No. 1 most-watched spot for weeks and taken global audiences, TV networks and online algorithms by storm.

Storrie and Williams have appeared at the Golden Globes, on The Tonight Show Starring Jimmy Fallon and on Late Night with Seth Meyers.

In an era where data-crunching increasingly offers predictions about market-driven success, all this might make viewers wonder if Heated Rivalry has cracked the algorithmic code.

Crave trailer for ‘Heated Rivalry.’

Risk-taking gone right

Was the show a bet on #booktok fans? Heated Rivalry is based on a book that is part of the popular Game Changers series by Canadian author Rachel Reid.

However, as scholars who have examined contemporary TV production, we agree with acting coach Anna Lamadrid that Heated Rivalry would never have been made if left solely to algorithmic analysis.

The standard algorithm-driven approach designed to entice the widest possible audience — typical of U.S. streaming giants like Netflix — would argue the series had limited appeal, no star power and a niche audience.

More likely, as creator Jacob Tierney told Myles McNutt, a professor of media studies, Crave trusted him and his vision. Tierney previously made the popular and award-winning shows Shoresy and Letterkenny.

As Tierney told McNutt, Heated Rivalry was greenlit by Crave but needed additional financing. Tierney approached several studios, but received notes “that would fundamentally change the story, or fundamentally change the tone.”

In a recent CBS interview with Montréal-born actor François Arnaud, who plays older gay hockey player Scott Hunter, Arnaud said he “didn’t think the show could have been made in the U.S.” He said Heated Rivalry was “at a big streamer before” that wanted changes, including “no kissing until Episode 5.”

Two men in dressy suits leaning against a bar in a fancy environment.
François Arnaud and
Hudson Williams in an Episode 1 scene from ‘Heated Rivalry.’

(Bell Media)

Heated Rivalry is an example of risk-taking gone right at a time when there are calls to cancel international streamers in favour of investing in homegrown film and TV. Its success is also the result of a confluence of industry-level transformations in Canadian production and streaming.

A confluence of conditions

In the 1950s, only a few Canadian broadcasters made content entirely “in-house.” Production and distribution companies were operated by government-funded agencies, including the Canadian Broadcasting Corporation and the National Film Board of Canada.

Creative content consisted mostly of news and filmed theatre or dance productions. In the 1960s, pay TV emerged and appetite built for racier variety TV, game shows and talk shows.

By the 1970s, the baby boomer bubble — combined with arts funding and more affordable video and editing equipment — changed everything. Low-cost content for niche audiences proliferated on cable TV.

The Canadian media system moved toward independent production. Production companies were separated from broadcasters, owned and run by different people. But the ability to green-light Canadian-scripted TV shows still depended on acquiring distribution licences from a few major broadcasters.

This triggered funding from the Canada Media Fund and provincial or territorial tax credits, which still finance most productions. To spread financial risk, many dramas were co-productions between Canada and other countries.

By 2005, in the wake of broadband and the growth of more audacious content produced for smaller audiences, Canadian broadcasters shifted to reality (“unscripted”) TV as a relatively inexpensive genre that could draw big audiences.

Still, breakthrough dramatic programs — like Corner Gas (2004-09), Little Mosque on the Prairie (2007-12), Kim’s Convenience (2016-21) and Schitt’s Creek (2015-20) — dealt with the complexity and specificity of Canadian society.

Steamy streaming

Today, several key policy changes and corporate consolidations have brought smaller, riskier and explicitly Canadian projects to the screen.

The Online Streaming Act and the recently updated definition of Canadian content have targeted streaming services like Netflix and Crave to incentivize the production and discoverability of Canadian shows.

Shifts in policy have supported Canadian content, including funding for underrepresented voices. Heated Rivalry’s development ran parallel to recent policy and industry shifts.




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Bell Media, the largest Canadian media company, owns CTV and Crave. In March 2025, it acquired a majority stake of United Kingdom-based global distributor Sphere Abacus. This played a key role in Heated Rivalry’s development.

The Canada Media Fund contributed $3.1 million to Heated Rivalry. Culture Minister Marc Miller has also noted in addition to the federal funding, the series received tax credits. Eligible Canadian film or video productions can receive a refundable tax credit.

Bell Media committed to the show budget in March 2025, including a contribution from recently acquired Sphere Abacus.

Sean Cohan, Bell Media CEO, has said the company saw Heated Rivalry as a show that could move the conglomerate “from being seen as a legacy broadcaster to a digital-media content player with global impact.”

The series was shot in just over a month at a budget of less than CDN$5 million per episode and before long, stars Williams and Storrie were whisked away to the Golden Globes.

What’s next for Canadian productions?

Crave is already promoting Slo Pitch starring Schitt’s Creek actor Emily Hampshire and featuring Heated Rivalry’s Nadine Bhaba.

Set to premiere in 2026, this 10-episode mockumentary series follows a queer, underdog softball team. While the show is also about gay sports, it’s in a league all its own — promising “beer, lesbians and baseball.”

Is Crave a beacon of hope for Canadian content? Maybe Canadian producers and distributors can leverage the Heated Rivalry effect to galvanize Canadian and international audiences onto more Canadian-produced intellectual property (IP).

The issue of IP is now a key sticking point in multiple unresolved lawsuits by Netflix, Amazon and Spotify that have been brought to the federal government.

The looming Warner Bros Discovery (Warner Bros, HBO) acquisition by Netflix will directly impact Crave. As HBO Max’s sole Canadian distributor, there’s some worry about what could happen to this lucrative content for the Canadian streamer should Netflix gobble up all of the IP — a major issue for distribution deals and Canadian creatives.




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Not to stretch the hockey metaphor too tight, but policy sets the rules of the game. Corporate and government funding bring the players to the rink. Producers and writers aspire to be winning coaches. Audiences want to be on the edge of their seats.

They also want more choices: exploring riskier storylines, meeting new talent and seeing their own lives — and Canadian content — on screen. With Heated Rivalry’s success, they seem to have it all this season.

The Conversation

Daphne Rena Idiz receives funding from the Creative Labour and Critical Futures (CLCF) project.

Claudia Sicondolfo receives funding from SSHRC for Archives in Action and Platforming Leisure and is a Board Member for the Toronto Queer Film Festival.

MaryElizabeth Luka receives funding from University of Toronto Cluster of Scholarly Prominence program (Creative Labour Critical Futures) as well as from periodic competitive, peer-adjudicated Social Sciences and Humanities Research Council funding programs for research in their areas of expertise.

ref. Heated Rivalry: How investment in Canadian content can pay off at home and abroad – https://theconversation.com/heated-rivalry-how-investment-in-canadian-content-can-pay-off-at-home-and-abroad-272982

Fighting climate change in the Sahel is worsening conflicts – new research shows how

Source: The Conversation – Africa (2) – By Folahanmi Aina, Lecturer in Political Economy of Violence, Conflict and Development, SOAS, University of London

The Sahel, the semi-arid African region stretching from the Atlantic Ocean in the west to the Red Sea in the east, has become the epicentre of global terrorism, given the high number of attacks by armed groups and the resulting fatalities, including those suffered by civilians. This development is rooted in a complex interplay of factors. They include state fragility, illicit economies, limited presence of government in rural areas, and conflicts driven by resource scarcity due to climate shocks.

I am a political scientist with regional expertise in conflict, security and development in west Africa. In a recent policy brief for a research programme, I set out how climate change mitigation efforts in Sahelian communities have intensified pre-existing tensions.

The research involved extensive fieldwork and interviews in July and August 2025 with community members in Burkina Faso, Mali, Niger and Nigeria. The aim was to understand the interaction between various pressure points and crises playing out in their lives.

Livelihoods are under pressure as a result of climate change. Resources are scarce and unevenly allocated. Governance structures are weak and armed groups compete for control.

The findings were clear: climate action can either exacerbate or alleviate crises.

Many climate mitigation efforts are large-scale projects, like building solar farms, extensive reforestation initiatives, or bio-fuel plantations. The Great Green Wall initiative and the Agriculture Climate Resilient Value Chain Development Project in Niger are examples.

These projects are deemed vital for reducing carbon footprints. But carrying them out in fragile states poses a risk. In the Sahel, misconceived environmental security policymaking can have adverse impacts and even fuel the very insecurity it aims to prevent. Top-down approach objectives can be at odds with local social and ecological realities.

I conclude from my findings that the United Nations’ approach to climate change mitigation in the Sahel requires a re-evaluation. What’s needed are adaptation interventions that are:

  • conflict-sensitive

  • community-led and context-specific

  • designed using a transboundary process. This is because interventions are capable of shaping political economies, security arrangements and community relations across borders, not just within them.

A fragile environment

My research confirms that climate change in Sahelian communities has intensified pre-existing tensions. These include:

Insecurity: Local populations are exposed to conflicts that are made worse by climate-induced pressures. This includes farmer-herder disputes over diminishing grazing land, intercommunal clashes for access to scarce water resources, and ethno-religious tensions aggravated by competition over livelihood opportunities.

Interviews conducted with farmers, pastoralists and community heads, among others, highlighted how shifts in rainfall patterns, long droughts and unpredictable harvests are directly undermining livelihoods. People are being forced into daily coping strategies that sometimes heighten local conflicts.

State fragility: Interviews with key informants, including local vigilantes, paint a picture of governments’ inability to provide security, deliver basic services or mediate rising disputes.

As a result communities have been forced to find alternative forms of governance and protection. These include local vigilante groups, traditional community elders and informal resource management committees.

Criminal networks: Climate vulnerability and state fragility have created an environment that allows violent extremist organisations to operate and expand their influence. These groups range from armed bandits to violent extremist organisations such as Boko Haram and Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM). They are not merely a result of ideology. They are consequences of a system in distress. They strategically exploit the insecurities and grievances that climate change and state fragility have created.

A Malian community leader put it perfectly. He warned that if a community

becomes a dry land … the armed group can use this opportunity to install themselves.

Towards a conflict-sensitive approach

Statements from people interviewed reflect simple, yet profound, solutions.

The central message is the need for local ownership and community involvement.

A traditional ruler from Burkina Faso, for instance, insisted that:

if projects come, they must include the community from the beginning, to ensure people feel respected, build trust, and ensure that solutions respond to real needs.

A respondent in Nigeria, too, said that “when the locals engage with government many solutions come aboard”. In Niger, a local actor stressed the need to “involve the population more in the decision-making process concerning them”.

These comments point to policy directives. They argue for a departure from the top-down, expert-driven model of development.

For climate change mitigation to be a force for peace, it must be integrated with peacebuilding and state-building efforts. Involving local authorities and community-level institutions in making decisions can lead to interventions that are context-sensitive, legitimate and responsive to local realities.

This translates to linking climate finance to projects that provide not only renewable energy infrastructure but also schools, health centres and sustainable livelihoods. It means transparent, community-led dialogue to resolve conflicts before they escalate across the Sahel region.

Next steps

The Sahel’s plight is a powerful lesson for the global community. The interconnectedness of climate change, state fragility and conflict is a complex adaptive system. It cannot be solved with single-sector interventions. The challenges are too intertwined, and the stakes are too high.

International development and climate policy must shift. Climate change mitigation is not a technical exercise, but an opportunity to rebuild broken social contracts, foster community resilience and promote equitable development.

Addressing root causes instead of symptoms can turn a vicious cycle of fragility into one of peace and development.

The Conversation

Folahanmi Aina does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Fighting climate change in the Sahel is worsening conflicts – new research shows how – https://theconversation.com/fighting-climate-change-in-the-sahel-is-worsening-conflicts-new-research-shows-how-273673

La génération Z souffre davantage d’épuisement professionnel que toute autre génération. Voici pourquoi et ce qui peut être fait

Source: The Conversation – in French – By Nitin Deckha, Lecturer in Justice Studies, Early Childhood Studies, Community and Social Services and Electives, University of Guelph-Humber

Les travailleurs de la génération Z font état de niveaux d’épuisement professionnel parmi les plus élevés jamais enregistrés, et de nouvelles recherches suggèrent qu’ils croulent sous un stress sans précédent.

Si les personnes de tous âges affichent des niveaux d’épuisement professionnel, la génération Z et la génération Y signalent un « pic d’épuisement professionnel » à un âge plus précoce. Aux États-Unis, un sondage réalisé auprès de 2 000 adultes a révélé qu’un quart des Américains sont épuisés avant l’âge de 30 ans.

De même, une étude britannique a mesuré l’épuisement professionnel sur une période de 18 mois après la pandémie de Covid-19 et a révélé que les jeunes de la génération Z signalaient des niveaux d’épuisement professionnel de 80 %. Des niveaux plus élevés d’épuisement professionnel parmi la cohorte de la génération Z ont également été signalés par la BBC il y a quelques années.

Une enquête menée dans 11 pays auprès de plus de 13 000 employés et cadres de première ligne a révélé que les travailleurs de la génération Z étaient plus susceptibles de se sentir épuisés (83 %) que les autres employés (75 %).

Une autre étude internationale sur le bien-être a révélé que près d’un quart des 18-24 ans souffraient d’un « stress ingérable », 98 % d’entre eux déclarant présenter un ou plusieurs symptômes d’épuisement professionnel.

Au Canada, un sondage réalisé par Canadian Business a révélé que 51 % des répondants de la génération Z se sentaient épuisés, un pourcentage inférieur à celui des millénariaux (55 %), mais supérieur à celui des baby-boomers (29 %) et de la génération X (32 %).

En tant qu’enseignant universitaire depuis de nombreuses années auprès d’étudiants de la génération Z et père de deux enfants de cette génération, je trouve stupéfiant le niveau d’épuisement professionnel de la génération Z dans le monde du travail actuel. Plutôt que de rejeter les jeunes travailleurs en les qualifiant de distraits ou trop exigeants en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, nous devrions peut-être considérer qu’ils tirent la sonnette d’alarme sur ce qui ne va pas au travail et sur la manière dont nous pouvons y remédier.


25-35 ans : vos enjeux, est une série produite par La Conversation/The Conversation.

Chacun vit sa vingtaine et sa trentaine à sa façon. Certains économisent pour contracter un prêt hypothécaire quand d’autres se démènent pour payer leur loyer. Certains passent tout leur temps sur les applications de rencontres quand d’autres essaient de comprendre comment élever un enfant. Notre série sur les 25-35 ans aborde vos défis et enjeux de tous les jours.

Qu’est-ce que le l’épuisement professionnel ?

L’épuisement professionnel peut varier d’une personne à l’autre et d’un métier à l’autre, mais les chercheurs s’entendent généralement sur ses caractéristiques fondamentales. Il survient lorsqu’il y a un conflit entre ce qu’un travailleur attend de son emploi et ce que celui-ci exige réellement.

Ce décalage peut prendre plusieurs formes : des tâches professionnelles ambiguës, une surcharge de travail, ou un manque de ressources ou de compétences nécessaires pour répondre aux exigences d’un poste.

En bref, l’épuisement professionnel est plus susceptible de se produire lorsqu’il y a un décalage croissant entre les attentes d’une personne vis-à-vis de son travail et de la réalité. Les jeunes travailleurs, les femmes et les employés ayant moins d’ancienneté sont particulièrement exposés au risque d’épuisement professionnel.

L’épuisement professionnel évolue généralement selon trois dimensions. Si la fatigue en est souvent le premier symptôme perceptible, le deuxième est le cynisme ou la dépersonnalisation, qui conduit à l’aliénation et au détachement du travail. Ce détachement conduit à la troisième dimension de l’épuisement professionnel : une baisse du sentiment d’accomplissement personnel ou d’efficacité personnelle.




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Pourquoi la génération Z est-elle particulièrement vulnérable à l’épuisement professionnel ?

La génération Z est vulnérable pour plusieurs raisons. Tout d’abord, de nombreux membres de la génération Z sont entrés sur le marché du travail pendant et après la pandémie de Covid-19.

C’était une période de profonds bouleversements, d’isolement social et de changement des protocoles et des exigences de travail. Ces conditions ont perturbé l’apprentissage informel qui se fait généralement par le biais d’interactions quotidiennes avec des collègues, difficiles à reproduire dans le cadre d’un travail à distance.

Deuxièmement, les pressions économiques générales se sont intensifiées. Comme l’affirme l’économiste américaine Pavlina Tcherneva, « la mort du contrat social et la précarisation des emplois » – l’espoir qu’une formation universitaire déboucherait sur un emploi bien rémunéré – a laissé de nombreux jeunes dans une situation beaucoup plus précaire.

L’intensification des perturbations économiques, l’aggravation des inégalités, l’augmentation des coûts du logement et de la vie et la montée de l’emploi précaire ont exercé une pression financière accrue sur cette génération.

Un troisième facteur est la restructuration du travail qui s’opère sous l’influence de l’intelligence artificielle. Comme l’a écrit Ann Kowal Smith, spécialiste des stratégies en milieu de travail, dans un article récent publié dans Forbes, la génération Z est la première génération à entrer sur un marché du travail défini par une « nouvelle architecture du travail : des horaires hybrides qui fragmentent les relations, une automatisation qui supprime le contexte et des dirigeants trop occupés pour donner l’exemple en matière de jugement ».


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Que peut-on faire ?

Si vous lisez cet article et que vous vous sentez épuisé, la première chose à savoir est que vous ne réagissez pas de manière excessive et que vous n’êtes pas seul. Heureusement, il existe des moyens de s’en remettre.

L’un des remèdes les plus négligés contre l’épuisement professionnel consiste à lutter contre l’aliénation et l’isolement qu’il engendre. La meilleure façon d’y parvenir est de créer des liens et d’établir des relations avec les autres, en commençant par vos collègues de travail. Cela peut être aussi simple que de demander à un collègue comment il va après une réunion, ou d’organiser un café hebdomadaire avec un collègue.




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Par ailleurs, il est important d’abandonner l’idée que travailler trop est synonyme de mieux travailler. Fixez des limites au travail en bloquant du temps dans votre agenda et en indiquant clairement votre disponibilité à vos collègues.

Mais les stratégies d’adaptation individuelles ont leurs limites. Les solutions plus fondamentales doivent venir des lieux de travail eux-mêmes. Les employeurs doivent proposer des conditions de travail plus flexibles, notamment en matière de bien-être et de santé mentale. Les dirigeants et les responsables doivent communiquer clairement leurs attentes professionnelles, et les lieux de travail doivent mettre en place des politiques visant à examiner et à redistribuer de manière proactive les charges de travail excessives.

Kowal Smith a également suggéré de mettre en place une nouvelle « architecture d’apprentissage » sur le lieu de travail, qui inclurait le mentorat, fournirait des boucles de rétroaction et récompenserait la curiosité et l’agilité.

Ces efforts conjugués de transformation du lieu de travail pourraient humaniser celui-ci, réduire l’épuisement professionnel et améliorer l’engagement, même à l’ère de l’intelligence artificielle. Un lieu de travail qui convient mieux à la génération Z est finalement plus efficace pour nous tous.

La Conversation Canada

Nitin Deckha est membre de l’Institute for Performance and Learning et de la Canadian Community of Corporate Educators.

ref. La génération Z souffre davantage d’épuisement professionnel que toute autre génération. Voici pourquoi et ce qui peut être fait – https://theconversation.com/la-generation-z-souffre-davantage-depuisement-professionnel-que-toute-autre-generation-voici-pourquoi-et-ce-qui-peut-etre-fait-272142

Dérapages sur Twitter/X : le départ discret des universités

Source: The Conversation – in French – By Denis Carlier, Doctorant en science politique (UQAM) et en histoire (université d’Angers), Université du Québec à Montréal (UQAM)

Longtemps colonne vertébrale de la sociabilité académique en ligne, Twitter/X se vide désormais de ses universitaires. Le virage idéologique de la plate-forme vers l’extrême droite après son rachat par Elon Musk en 2022 a poussé les chercheurs à ne plus rester passifs : le « Twitter scientifique » se fragmente, puis se dissout, au profit d’un écosystème dispersé… et plus méfiant.

Créée en 2006, Twitter/X s’était imposé comme la plate-forme de prédilection des professions intellectuelles. Malgré le rejet par de nombreux universitaires des positions d’extrême droite d’Elon Musk, beaucoup ont eu du mal à quitter le réseau après son rachat en 2022, faute d’alternative offrant les mêmes ressources professionnelles.

L’attentisme dominait, dans l’espoir qu’une alternative émergerait, freinée par la nécessité d’atteindre une masse critique, en particulier pour les comptes les plus suivis capables d’attirer le public plus passif.

Un sondage publié en juin dernier conclut finalement à un éclatement du « Twitter scientifique », avec à la fois un intérêt renouvelé pour des plates-formes préétablies (YouTube, Instagram, LinkedIn), l’investissement de nouvelles plates-formes (Bluesky, Mastodon) et un retour aux lettres d’information, aux courriels et aux interactions en personne.




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Élections, émeutes et ingérences : les déclencheurs d’un exode académique

Plusieurs événements auront pu servir de déclencheur au départ de Twitter/X, depuis le rachat lui-même et l’introduction d’un système d’abonnement premium jusqu’à la restauration du compte de Donald Trump, suspendu après l’attaque du Capitole.

Des événements plus locaux ont aussi servi de déclencheur, comme le blocage judiciaire de Twitter/X au Brésil à l’automne 2024, après le refus de Musk de suspendre des comptes liés à la tentative de coup du 8 janvier 2023. En Grande-Bretagne, son soutien aux émeutes anti-immigration de l’été 2024 a également précipité des départs. Le milliardaire avait auparavant amplifié la portée de Tommy Robinson, l’un des artisans des émeutes, en restaurant son compte.

L’événement majeur aura cependant été la réélection de Donald Trump en novembre 2024, à l’issue d’une campagne financée par Elon Musk. L’association des deux noms, la consternation face à une campagne marquée par les mensonges racistes, et les craintes quant aux politiques à venir ont agi comme un électrochoc bien au-delà des États-Unis. Dès novembre, des universitaires très suivis annonçaient leur départ pour Bluesky.

Les événements évoqués ne suffisent toutefois pas à expliquer, à eux seuls, la dissolution du « Twitter universitaire ». S’y ajoutent notamment les frustrations associées à la fin de l’interface de programmation (API) gratuite, utilisée pour de nombreuses recherches empiriques, ou le risque réputationnel pour les comptes les plus influents.

Le risque de harcèlement n’est pas le même pour tous : il concerne particulièrement les femmes, avec des campagnes qui peuvent s’étaler sur des années et mènent rarement à des condamnations.

Dans plusieurs pays, le départ des institutions s’est trouvé motivé par l’ingérence d’Elon Musk dans la politique nationale. Cela a été le cas en Grande-Bretagne après les émeutes de l’été 2024, avec notamment des annonces de départ de la part de la bibliothèque de York University et de la London Metropolitan University.

Ce désengagement est cependant demeuré largement silencieux, d’autres institutions arrêtant simplement de poster de nouveaux messages, dont la London Business School.

En Allemagne et en Autriche, c’est une intervention vidéo d’Elon Musk lors d’un rassemblement du parti d’extrême droite AfD qui a déclenché, en janvier 2025, le départ concerté d’une soixantaine d’universités. Au même moment en France, Polytechnique ou l’École des hautes études en sciences sociales annonçaient leur départ, suivies par d’autres universités. Au Pays-Bas enfin, un phénomène semblable a eu lieu.




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Un départ en toute discrétion

Cette tendance a été beaucoup plus discrète en Amérique du Nord. Toutefois, sans en faire grande publicité, les deux tiers des universités du Québec ont bien cessé de mettre à jour leur compte officiel. Le 27 janvier 2025, l’UQAR annonçait en interne sa décision, après avoir stoppé toute communication durant l’automne. Le compte de l’Université de Montréal, non alimenté depuis le 11 février, comprend en description la mention « Ce compte est inactif ». Enfin l’ÉTS publiait le 5 décembre un message annonçant son basculement vers Bluesky, après des mois d’inaction.

Pour la plupart des universités, ce départ a été parfaitement silencieux. On le constate pour l’UQTR (dernier message le 17 octobre 2024), l’UQAT, Polytechnique, ou encore HEC.

L’UQAC (octobre 2021) et le Collège militaire royal Saint-Jean (juin 2024) ont précédé cette vague, cet établissement ayant même supprimé son compte au cours de l’année 2025. Quant au compte de l’Institut national de la recherche scientifique, il est désormais passé en mode « privé ».

Seules six universités québécoises continuent aujourd’hui de communiquer sur Twitter/X : l’UQAM, l’UQO, l’Université Laval, Bishop’s, Concordia et McGill.

Parmi les raisons expliquant le maintien d’un compte institutionnel figure, selon le chercheur en communication Andy Tattersall, une volonté d’éviter l’usurpation d’identité, de laisser ouverte la possibilité de revenir, de maintenir une veille des discussions à propos de l’université et de maximiser la capacité à communiquer. Sur ce dernier point, on peut noter cependant un effondrement de l’engagement avec la fin du Twitter académique. Un tweet de l’UQAM n’atteint aujourd’hui que 100 à 200 personnes, avec un nombre négligeable de clics mensuels.

Parmi les raisons de quitter le réseau figure à l’inverse le risque réputationnel associé à une plate-forme d’extrême droite. La reprise en main du réseau par Elon Musk a également été marquée par des décisions incongrues, annoncée par des réactions impulsives à certains tweets. De quoi susciter une perte de confiance face à un manque de prévisibilité et de constance.


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Fin de la neutralité des plates-formes

En faisant de Twitter/X son bac à sable personnel, Elon Musk rend de plus en plus difficile toute dissociation entre l’homme et le réseau social. Depuis son rachat, la modération des contenus a été considérablement réduite. Coutumier de sorties haineuses, souvent présentées comme de simples provocations pour rire (« pour le lulz »), Musk partage également des messages d’autres comptes pour en amplifier la diffusion – une pratique qui fait l’objet d’une plainte en France, déposée par la boxeuse algérienne Imane Khelif.

Le milliardaire est aussi engagé personnellement dans la guerre contre les sciences de l’administration Trump. Il y contribue notamment à travers l’outil conversationnel Grok, intégré à Twitter/X en novembre 2023. En novembre 2025, Grok faisait l’apologie de la Shoah. Deux mois plus tard, l’outil était utilisé pour générer des images pédopornographiques ou « déshabiller » des femmes par hypertrucage (deepfake).

Au-delà des prises de position d’Elon Musk, la droitisation de Twitter/X a accentué des dérives déjà présentes. Le harcèlement et la haine, autrefois perçus comme des abus, s’imposent désormais comme des traits centraux du réseau. L’échec relatif d’un « Bluesky académique » et le retour à des formats plus traditionnels, comme l’infolettre, relancent enfin la question d’un déclin des réseaux sociaux, marqué par une baisse globale du nombre de messages publiés, au profit de la simple consultation (lurking).

La Conversation Canada

Denis Carlier a reçu des financements du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), du Réseau québécois en études féministes (RÉQEF) et de la Société québécoise de science politique (SQSP). Il possède un compte Twitter, inactif depuis plusieurs années.

ref. Dérapages sur Twitter/X : le départ discret des universités – https://theconversation.com/derapages-sur-twitter-x-le-depart-discret-des-universites-270209

¿Es posible perder peso eliminando el gluten de la dieta, como afirma Matt Damon?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Guy Guppy, Lecturer in Performance Nutrition and Exercise Physiology, Kingston University

Cuando Matt Damon atribuyó recientemente su pérdida de peso a una dieta sin gluten, reavivó un debate familiar sobre este controvertido enfoque alimenticio. Pero aunque las afirmaciones de la estrella de la Odisea han suscitado debate, la ciencia que hay detrás de la pérdida de peso cuenta una historia mucho más matizada que la simple eliminación de una sola proteína.

El gluten es una proteína natural que se encuentra en cereales como el trigo, la cebada y el centeno, lo que significa que se consume habitualmente en alimentos cotidianos como el pan, la pasta y los cereales. Para la mayoría de las personas, el gluten no causa ningún problema de salud.

Sin embargo, para quienes padecen la enfermedad celíaca, que afecta a alrededor del 1 % de la población, es esencial evitarlo. Esta enfermedad autoinmune desencadena una respuesta al gluten, dañando el revestimiento del intestino delgado y dificultando la absorción de nutrientes.

También existe la intolerancia al gluten, o sensibilidad al gluten no celíaca, una afección asociada a síntomas como hinchazón y reflujo. Las personas con esta afección también suelen experimentar problemas más allá del sistema digestivo, como dolores de cabeza y erupciones cutáneas.

A pesar del creciente número de personas que refieren estos síntomas, la intolerancia al gluten sigue siendo objeto de acalorados debates en cuanto a sus causas y tratamiento. Actualmente, el único enfoque recomendado es adoptar una dieta sin gluten.

Para el resto de personas, aquellas que no padecen celiaquía ni intolerancia al gluten, evitar los alimentos ricos en gluten puede ser innecesario y potencialmente problemático.

Los alimentos ricos en gluten, como el pan, la pasta y los cereales, no solo aportan carbohidratos, sino que también son excelentes fuentes de fibra y vitaminas del grupo B.

Eliminar estos alimentos puede contribuir inadvertidamente a deficiencias nutricionales. Sin embargo, el mercado de productos sin gluten sigue creciendo, y las previsiones sugieren que alcanzará los 13 700 millones de dólares estadounidenses (casi 11 700 millones de euros) en 2030.

Dado que Damon no reveló ninguna afección médica al hablar de sus objetivos de pérdida de peso, la explicación más probable de sus resultados radica en su dieta y comportamiento generales, más que en el gluten en sí. Una investigación publicada en Nutrients no encontró diferencias significativas entre las dietas sin gluten y las ricas en gluten en cuanto a la grasa corporal o el peso corporal entre adultos sanos.

Mecánica, no magia

La pérdida de peso que muchas personas experimentan con las dietas sin gluten a menudo se debe a la mecánica y no a la magia. Dado que el gluten se encuentra en muchos alimentos ricos en energía y basados en carbohidratos, las personas que lo eliminan suelen suprimir alimentos como la pizza, la comida rápida y la pasta.

Esta restricción de carbohidratos conduce a una reducción del glucógeno, la forma almacenada de carbohidratos en el cuerpo humano. Cuando se almacena glucógeno, también se almacena agua junto con él.

Por lo tanto, cuando los niveles de glucógeno disminuyen, el peso del agua también lo hace, creando la ilusión de una rápida pérdida de grasa. Este fenómeno explica por qué las personas suelen ver resultados espectaculares en la primera o segunda semana de cualquier nueva dieta o programa de ejercicio.

Más allá de la reducción de la ingesta de carbohidratos, las personas que siguen dietas sin gluten suelen pasar a consumir más alimentos integrales naturalmente libres de gluten. Esta reestructuración de la dieta suele dar lugar a un menor consumo de calorías en general.

Un pequeño estudio preliminar, publicado en Frontiers of Sports and Active Living, descubrió que seguir una dieta sin gluten durante seis semanas provocaba una reducción significativa del peso corporal en comparación con una dieta de control. Pero estos cambios probablemente fueron el resultado de un déficit calórico y una pérdida de líquidos, más que de cualquier ventaja metabólica derivada de la eliminación del gluten.

Hay otro factor en juego. Los carbohidratos derivados del trigo contienen azúcares fermentables llamados fructanos, que son descompuestos por las bacterias del intestino grueso. Esta fermentación produce gases que pueden causar hinchazón, dolor y cambios en las deposiciones. Cuando se eliminan estos alimentos, los síntomas desaparecen y el estómago puede parecer más plano, un cambio estético que las personas pueden confundir con la pérdida de grasa.

El gluten puede tener beneficios para la salud

Adoptar una dieta sin gluten que no sea médicamente necesaria podría, en realidad, aumentar los riesgos para la salud. Un amplio estudio publicado en el BMJ encontró una asociación entre una mayor ingesta de gluten y un menor riesgo de enfermedades cardíacas.

Del mismo modo, las investigaciones han revelado una relación entre el bajo consumo de gluten y el aumento del riesgo de diabetes tipo 2.

El culpable de estas preocupantes relaciones podría ser los productos sin gluten que llenan las estanterías de los supermercados. Cuando se elimina el gluten de un producto, cambia la textura y la palatabilidad del alimento. Para compensarlo, los fabricantes añaden otros ingredientes para mejorar el sabor y la consistencia.

¿El resultado? Se ha demostrado que los productos sin gluten contienen significativamente menos proteínas, más grasas saturadas, menos fibra y más azúcar que sus homólogos convencionales. Con el tiempo, este perfil nutricional puede conducir a una dieta deficiente y, por lo tanto, a una mala salud.

Así que, aunque la gente pueda creer que dejar de consumir gluten provoca la pérdida de peso, la realidad suele ser diferente. Los cambios sutiles en la estructura y la composición de la dieta, junto con las modificaciones en el comportamiento, suelen ser la verdadera razón.

The Conversation

Guy Guppy no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Es posible perder peso eliminando el gluten de la dieta, como afirma Matt Damon? – https://theconversation.com/es-posible-perder-peso-eliminando-el-gluten-de-la-dieta-como-afirma-matt-damon-273931