Diella, première ministre artificielle en Albanie : le piège de la féminisation des IA

Source: The Conversation – in French – By Sylvie Borau, Professeure en Marketing éthique, TBS Education

Pour la première fois dans l’histoire, une intelligence artificielle a fait en Albanie son entrée au sein d’un gouvernement. Au-delà des questionnements sur la place des IA dans la décision publique, la nomination de Diella comme ministre chargée des marchés publics suscite des interrogations sur la féminisation quasi systématique des avatars IA. Cette pratique trompeuse qui entretient les stéréotypes de genre perpétue l’objectification des femmes et facilite la manipulation.


Le gouvernement albanais vient de créer la surprise en nommant Diella, une intelligence artificielle (IA), au poste de ministre des marchés publics. Présentée comme un atout dans la lutte contre la corruption, Diella serait chargée d’analyser les appels d’offres, repérer les conflits d’intérêts et garantir l’impartialité des décisions publiques.

Cette initiative inédite marque une étape historique. Pour la première fois, une IA entre officiellement dans un gouvernement, ici, sous les traits d’un avatar numérique féminin. Mais au-delà du coup médiatique, et des questionnements éthiques que peut soulever cette nomination – peut-on vraiment gouverner avec une IA ?, elle suscite des interrogations fondamentales sur la féminisation quasi systématique des agents IA.

Pourquoi Diella est-elle une femme artificielle ? Et quelles sont les implications de cette féminisation de l’IA ?

Diella : un cas d’école problématique

L’IA a déjà été utilisée comme outil de gouvernance. Certaines villes se servent, par exemple, des algorithmes pour optimiser les transports ou pour détecter la fraude. Mais en nommant une IA au rang de ministre, l’Albanie franchit une étape symbolique majeure : plus qu’un outil, elle devient une figure féminine publique, censée incarner des valeurs de transparence et de justice.

La promesse est séduisante : même si une IA peut reproduire ou amplifier les biais de ceux qui l’ont programmée, une machine ne peut, en théorie, ni accepter de pots-de-vin ni favoriser des proches. Elle paraît offrir une garantie d’impartialité dans un pays où les scandales de corruption entachent la vie politique. L’Albanie est, en effet, classée 80e sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption, selon Transparency International.

Mais cette vision occulte un problème central : les conséquences éthiques de la féminisation de l’IA sont loin d’être anodines.

Pourquoi les IA sont-elles presque toujours féminines ?

Depuis Siri (Apple), Alexa (Amazon) Cortana (Microsoft) ou encore Sophia, le premier robot ayant obtenu la nationalité saoudienne en 2017, la plupart des assistants virtuels et robots intelligents ont été dotés d’une voix, d’un visage, d’un corps ou d’un prénom féminins. Ce n’est pas un hasard.

Sophia, interviewée dans le Tonight Show, de Jimmy Fallon en avril 2017.

Dans une première recherche sur la question, nous avons montré que nous percevons les bots féminins comme plus chaleureux, plus dignes de confiance, voire même plus humains que leurs équivalents masculins.




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Pourquoi ? Parce que les femmes sont, en moyenne, perçues comme plus chaleureuses et plus susceptibles d’éprouver des émotions que les hommes… et ces qualités font défaut aux machines. La féminisation des objets en IA contribue donc à humaniser ces objets.

Cette féminisation s’appuie sur des stéréotypes bien ancrés : la femme serait « naturellement » plus douce, attentive et empathique. En dotant leurs machines de ces attributs, les concepteurs compensent la froideur et l’artificialité des algorithmes et facilitent leur acceptation et leur adoption.

Quand la féminisation devient manipulation

Mais cette pratique soulève des problèmes éthiques majeurs, que j’ai développés dans un article récent publié dans les pages du Journal of Business Ethics.

Cet article compare les implications éthiques de l’usage d’attributs genrés et sexués féminins dans deux contextes. D’un côté, la publicité, où l’on recourt depuis longtemps à des représentations féminines idéalisées pour séduire les consommateurs. De l’autre, les agents IA, qui reprennent aujourd’hui ces mêmes codes. Cette mise en parallèle permet de montrer que, dans les deux cas, la féminisation engendre trois dangers majeurs : tromperie, objectification, et discrimination.

  • La tromperie et la manipulation

Attribuer artificiellement des caractéristiques humaines et féminines à des machines exploite nos réactions inconscientes et automatiques aux traits néoténiques (caractéristiques juvéniles associées aux traits féminins comme les yeux ronds, des traits arrondis) qui évoquent inconsciemment l’innocence et, donc, l’honnêteté et la sincérité.

Cette manipulation subtile pourrait faciliter l’acceptation de décisions algorithmiques potentiellement problématiques. Une IA féminisée fait croire qu’elle est plus humaine, plus empathique, plus « digne de confiance ». Or, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un programme informatique, sans émotions ni conscience – question qui commence à être discutée –, dont les décisions peuvent être biaisées voire instrumentalisées.




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  • L’objectification littérale

Contrairement à la publicité qui compare métaphoriquement les femmes à des objets, l’intelligence artificielle va plus loin : elle transforme littéralement la femme en objet programmable (une machine, un algorithme). Les IA féminines réduisent les attributs féminins à de simples outils de service : des machines obéissantes, disponibles en permanence. Cette mécanisation de la féminité reproduit et amplifie les logiques publicitaires d’objectification, mais avec une dimension inédite : l’interactivité.

Résultat, des chercheurs relèvent la persistance de propos agressifs et à caractère sexuel dans les interactions avec ces assistantes, normalisant ainsi des comportements abusifs envers les « femmes-machines » qui risquent de se reporter sur les vraies femmes… In fine, l’humanisation et la féminisation de l’IA peut paradoxalement conduire à une déshumanisation accrue des femmes.

  • La perpétuation de stéréotypes

À première vue, Diella pourrait apparaître comme une victoire symbolique : une femme – même virtuelle – accède à un poste de ministre. Dans un pays où la politique reste dominée par les hommes, et alors que la plupart des IA féminines sont des assistantes, certains y verront un signe d’égalité.

Mais cette lecture naïve et optimiste occulte un paradoxe. Alors que les femmes réelles peinent à accéder aux plus hautes fonctions dans de nombreux gouvernements, c’est une femme artificielle qui incarne l’intégrité au pouvoir. Surnommée « la servante des marchés publics », c’est en réalité une femme sans pouvoir d’agir. On retrouve ici un vieux schéma : « l’Ève artificielle », façonnée pour correspondre à un idéal de docilité et de pureté. Une ministre parfaite, car obéissante et inaltérable… et qui ne remettra jamais en cause le système qui l’a créée.

L’IA au féminin, sainte dévouée ou Ève manipulatrice

La féminisation des IA repose en réalité sur deux tropes profondément enracinés dans notre imaginaire, qui réduisent l’identité féminine à l’archétype de la sainte dévouée ou de l’Ève manipulatrice.

La sainte dévouée, c’est l’image de la femme pure, obéissante, entièrement tournée vers les autres. Dans le cas de Diella, elle se manifeste par une promesse de transparence et de loyauté absolue, une figure de vertu incorruptible au service de l’État et de son peuple.

La représentation visuelle de Diella rappelle d’ailleurs fortement l’iconographie de la Vierge Marie : visage doux, regard baissé, attitude humble, et voile blanc. Ces codes esthétiques religieux associent cette IA à une figure de pureté et de dévouement absolu. Mais en faisant de l’IA une figure féminine idéalisée et docile, on alimente un sexisme bienveillant qui enferme les femmes réelles dans ces mêmes stéréotypes.

L’Ève manipulatrice : dans la culture populaire, la confiance accordée à une IA féminisée se transforme en soupçon de tromperie ou de danger. Exemple emblématique : le film de science-fiction Ex Machina, dans lequel le héros est dupé par une IA dont il tombe amoureux.

Si Diella venait à servir d’instrument politique pour justifier certaines décisions opaques, elle pourrait elle aussi être perçue sous ce prisme : non plus comme une garante de transparence, mais comme une figure de dissimulation.

Ces deux représentations contradictoires – la vierge sacrificielle et la séductrice perfide – continuent de structurer nos perceptions des femmes et se projettent désormais sur des artefacts technologiques, alimentant une boucle qui influence à son tour la manière dont les femmes réelles sont perçues.

Pour une IA non humanisée et non genrée

Plutôt que d’humaniser et de genrer l’IA, assumons-la comme une nouvelle espèce technologique : ni homme ni femme, ni humaine ni divine, mais un outil distinct, pensé pour compléter nos capacités et non pour les imiter. Cela suppose de lui donner une apparence et une voix non humaines, afin d’éviter toute confusion, toute tromperie et toute manipulation.

Le développement des IA devrait s’appuyer sur une transparence totale, en représentant l’IA pour ce qu’elle est vraiment, à savoir un algorithme.

Enfin, les concepteurs devraient rendre publics la composition de leurs équipes, les publics visés, les choix de conception. Car, derrière l’apparente neutralité des algorithmes et de leur interface, il y a toujours des décisions humaines, culturelles et politiques.

L’arrivée de Diella au gouvernement albanais doit ouvrir un débat de fond : comment voulons-nous représenter l’IA ? Alors que ces technologies occupent une place croissante dans nos vies, il est urgent de réfléchir à la façon dont leur représentation façonne nos démocraties et nos relations humaines.

The Conversation

Sylvie Borau ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Diella, première ministre artificielle en Albanie : le piège de la féminisation des IA – https://theconversation.com/diella-premiere-ministre-artificielle-en-albanie-le-piege-de-la-feminisation-des-ia-265608

Travailler assis ou debout ? Pour la productivité et la santé, mieux vaut alterner

Source: The Conversation – in French – By Cédrick Bonnet, Chargé de recherche CNRS, spécialiste dans l’influence des positions du corps sur Comportement, Cognition et Cerveau, Université de Lille

Des travaux de recherche révèlent que la position debout améliore l’attention visuelle. Ce constat plaide en faveur de l’alternance des stations assise et debout au cours de la journée de travail. Prendre cette habitude permettrait aussi de lutter contre les effets délétères pour la santé résultant du maintien sur une trop longue période de l’une ou l’autre des deux positions.


Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la mécanisation, le confort accru, l’ordinateur, Internet et le télétravail entre autres ont considérablement augmenté le temps que nous passons assis.

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population de la planète est quotidiennement assise plus de 50 % du temps, ce qui représente plus de 8 heures par jour. Plus grave encore, les personnes qui travaillent en bureau sont assises entre 65 et 85 % de leur journée, ce qui représente de 11,2 à 12,8 heures par jour, et le temps passé assis continuera à augmenter au moins jusqu’à 2030.

On sait que ces changements ne sont pas sans conséquence pour notre santé. Il a notamment été démontré que l’augmentation de la sédentarité est associée à un risque accru de maladie cardiovasculaire, de diabète de type 2, de cancer, d’obésité, d’anxiété ou de dépression. Mais ce n’est pas tout, il semblerait que notre position ait également un impact sur notre productivité.

Dans notre équipe de recherche, au SCALab, nous avons émis l’hypothèse qu’une personne en bonne santé (autrement dit, dans ce contexte, ne rencontrant pas de problème pour se tenir debout) devrait réaliser de meilleures performances debout qu’assise, ceci tant que la fatigue en position debout n’est pas excessive. Les résultats que nous avons obtenus jusqu’ici le confirment. Explications.

Notre posture influe-t-elle sur notre efficacité ?

Au cours d’une journée, les individus adoptent trois types de position du corps : allongée pour dormir, debout pour bouger et plus ou moins pliée, pour s’asseoir notamment.

Pour comprendre pourquoi nous pourrions être plus efficaces debout qu’assis, il faut savoir que, pour fonctionner au mieux, nos systèmes sensoriels et attentionnels ont besoin de stimulations, d’accélérations et de perturbations. Or, si, en position debout, notre corps oscille sans arrêt et doit continuellement contrôler son équilibre pour ne pas tomber, en position assise, il n’est pas perturbé de la sorte.

Ces dernières années, notre équipe de recherche a conduit plusieurs projets de recherche pour valider notre hypothèse. Dans un article récemment accepté pour publication, nous avons demandé à 24 jeunes adultes de réaliser six fois une tâche d’attention (« Attention Network Test ») en alternant les positions du corps (assis, debout), et six fois cette même tâche seulement en position assise.

Les résultats obtenus montrent que l’attention visuelle des participants est meilleure en alternant les positions du corps qu’en restant tout le temps assis. En outre, les participants réalisaient la tâche plus rapidement (avec des temps de réaction plus courts) quand ils étaient debout dans la condition d’alternance.

Dans un second article récent, nous avons demandé à 17 jeunes adultes sains de réaliser la même tâche d’attention (« Attention Network Task ») soit assis, soit debout. Nous avons testé si c’était le fait de devoir contrôler et ajuster l’équilibre debout, et pas uniquement le fait d’être debout, qui peut expliquer de meilleures performances debout qu’assis.

Les analyses ont effectivement montré que plus les oscillations des participants étaient complexes, plus leur temps de réaction était raccourci (corrélation de Pearson négative significative) et plus leur score d’alerte (tiré de la tâche d’attention) était élevé. Par définition, le score d’alerte reflète la capacité d’un individu à préparer et à maintenir un état d’alerte afin de répondre rapidement à un stimulus attendu.

Ces résultats indiquent que les individus complexifient leurs oscillations posturales debout de façon à améliorer leur performance à la tâche d’attention. On peut supposer qu’en position assise, tout individu serait moins (voire, ne serait pas) capable de complexifier ses oscillations justement parce qu’il n’a pas à contrôler son équilibre.

En 2024, nous avons demandé à 24 jeunes adultes sains de réaliser une tâche de Stroop modifiée dans quatre positions du corps différentes : debout contre un mur ; debout naturellement avec les pieds serrés ; avec les pieds normalement écartés ; avec les pieds légèrement plus écartés que d’habitude.

Les résultats obtenus révèlent l’existence d’une corrélation significative entre le nombre de cibles bien trouvées dans cette tâche de Stroop et des variables d’oscillations de la tête et du centre de pression (le point d’application de la résultante des forces de réaction au sol exercées par les pieds sur le sol). Autrement dit, plus les participants oscillaient (en rapidité et en amplitude) et meilleure était leur performance à bien trouver les cibles dans cette tâche de Stroop modifiée.

En résumé, ces trois études menées en laboratoire sont en accord avec notre hypothèse initiale. La position debout optimise la performance à des tâches d’attention visuelle de courtes durées.

Nos résultats sont également en ligne avec ceux d’autres scientifiques. En effet, plusieurs investigateurs ont déjà montré que les performances aux tâches d’attention et de Stroop modifiées étaient meilleures debout qu’assis. En outre, d’autres études ont révélé que l’alternance assis-debout amène des résultats significativement meilleurs que la position assise seule. Enfin, des travaux ont montré que la productivité à long terme était meilleure en alternant les positions assise et debout.

En effet, l’attention décline de plus en plus à mesure que l’on reste assis, alors qu’elle reste plus élevée en position debout – surtout dans les trente premières minutes d’une tâche. Ce résultat est important, car il suggère que l’individu ne devient pas meilleur en étant debout qu’en restant assis, mais plutôt qu’il évite un déclin de performance en se mettant debout.

Vaut-il mieux travailler debout ou assis ?

La majorité des travaux publiés révèle que les performances en position assise sont identiques à celles en position debout quand les tâches durent moins de dix minutes. En revanche, les performances en position debout peuvent être meilleures qu’en position assise lorsque les tâches durent entre dix et trente minutes. Entre trente minutes et une heure et demie (soit quatre-vingt-dix minutes), les performances dans les deux positions redeviennent équivalentes. Au-delà d’une heure et demie, les performances devraient logiquement être moins bonnes debout qu’assis, mais aucune recherche ne l’a encore montré jusqu’à présent à notre connaissance.

Pour toutes ces raisons, selon nous, la meilleure dynamique posturale à adopter pour optimiser les performances et la productivité est d’alterner fréquemment les positions du corps, en les maintenant chacune de 15 à 30 ou 45 minutes.

Il faut souligner que la dynamique posturale a non seulement des conséquences sur la performance et la productivité, mais aussi sur la santé. On savait déjà que rester debout excessivement longtemps est très problématique pour la santé. Depuis une vingtaine d’années plus particulièrement, les travaux de recherche ont aussi révélé que la station assise excessive est également très problématique pour la santé.

Elle accroît en effet le risque de mort prématurée, ainsi que celui d’être affecté par diverses maladies chroniques graves : cancer, diabète, maladies inflammatoires, musculaires, vasculaires chroniques, attaque cardiaque).

La station assise excessive a aussi été associée à une augmentation du surpoids et de l’obésité, ainsi qu’au développement des troubles du sommeil et à des problèmes cognitifs. Par ailleurs, on sait qu’être sédentaire a également des effets sur le psychisme, accroissant non seulement le risque de dépression, mais aussi celui d’avoir une moins bonne vitalité au travail.

Notre synthèse de la littérature révèle que pour limiter le risque de survenue de ces problèmes de santé, les individus devraient tous les jours rester quasiment autant debout qu’assis – autrement dit, ils devraient passer 50 % du temps debout.

Alterner au fil de la journée les postures assises et debout toutes les 15 à 45 minutes permettrait non seulement d’améliorer la productivité, mais aussi de réduire les conséquences pour la santé. Cela permet en effet d’augmenter le temps passé debout tout au long de la journée en évitant au mieux la fatigue.

Pour y parvenir, il faudrait équiper les travailleurs de bureaux assis/debout. Ceux-ci sont déjà adoptés dans de nombreux pays dans le monde, notamment aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Chine ou en Europe du Nord. Pour aider les utilisateurs à adopter une dynamique posturale bénéfique ou optimale, l’emploi de tels bureaux devrait être couplé à une application « assis-debout » destinée à guider les utilisateurs. Malheureusement, l’offre en matière d’applications – y compris celle proposée par des objets connectés tels que montres, smartphones ou bureaux connectés – est encore imparfaite à l’heure actuelle. Afin d’y remédier, notre équipe est en train de développer une telle application.

The Conversation

Cédrick Bonnet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Travailler assis ou debout ? Pour la productivité et la santé, mieux vaut alterner – https://theconversation.com/travailler-assis-ou-debout-pour-la-productivite-et-la-sante-mieux-vaut-alterner-265209

C’est en ayant moins d’enfants que les femmes ont réduit l’écart salarial avec les hommes

Source: The Conversation – France (in French) – By Alexandra Killewald, Professor of Sociology, University of Michigan

En 2024, les femmes états-uniennes ne gagnent que 85% de ce que les hommes reçoivent pour chaque heure travaillée. MoMo Productions/DigitalVision via Getty Images

Aux États-Unis, baisse du taux de natalité et réduction de l’écart salarial entre hommes et femmes ne sont pas simplement concomitantes. Elles sont liées. Pour obtenir l’égalité salariale, il faudra agir sur les effets de la parentalité en matière de rémunération.


Aux États-Unis, les femmes ne gagnaient en moyenne que 85 % de ce que les hommes gagnaient pour chaque heure travaillée en 2024. Cependant, elles s’en sortent beaucoup mieux que leurs mères et grands-mères il y a quarante ans. Au milieu des années 1980, les femmes ne touchaient que 65 % du salaire des hommes pour chaque heure de travail rémunéré.

Les salaires des femmes se sont améliorés par rapport à ceux des hommes en partie grâce aux progrès réalisés dans leur niveau d’éducation et leur expérience professionnelle, et parce que les femmes se sont orientées vers des professions mieux rémunérées. Mais les avancées vers l’égalité salariale sont actuellement au point mort.

En tant que sociologues et démographes, nous voulions savoir si les changements au sein des familles américaines avaient également contribué à rapprocher les femmes de l’égalité salariale avec les hommes. Dans un article publié en juin 2025 dans la revue académique Social Forces, nous avons montré que cet écart salarial se réduit en partie parce que les femmes ont moins d’enfants.

Les mères gagnent moins, mais les pères gagnent davantage

Aux États-Unis et ailleurs, de nombreuses preuves montrent que la parentalité affecte différemment les salaires des hommes et des femmes. Comparativement aux femmes sans enfant, la maternité entraîne des pertes de salaire pour les femmes. Et ces pertes sont plus importantes lorsque les femmes ont plusieurs enfants.

En revanche, après être devenus pères, les hommes voient généralement leur salaire augmenter. Comme le fait d’avoir des enfants tend à faire baisser les salaires des femmes et à les faire augmenter pour les hommes, la parentalité élargit l’écart salarial entre les sexes.

La baisse du taux de natalité joue un rôle

Les Américaines ont en général moins d’enfants. Les femmes, y compris celles qui ne travaillent pas à l’extérieur du foyer, avaient en moyenne environ trois enfants avant l’âge de 40 ans en 1980. En 2000, cette moyenne était tombée à 1,9 enfant, et elle est restée relativement stable depuis.

Pour déterminer si les changements dans le nombre d’enfants des mères américaines actives influencent leurs revenus par rapport à ceux des hommes, nous avons analysé des données recueillies auprès d’un échantillon représentatif à l’échelle nationale des familles américaines. Nous avons suivi l’évolution au fil du temps du nombre d’enfants des Américains actifs âgés de 30 à 55 ans.

Nous avons constaté que le nombre moyen d’enfants par employé a chuté de manière significative entre 1980 et 2000, passant d’environ 2,4 à environ 1,8. Cette moyenne s’est stabilisée après 2000 ; en 2018, dernière année de notre analyse, les employés avaient en moyenne environ 1,8 enfant.

Dans le même temps, le salaire horaire des femmes de cette tranche d’âge par rapport à celui des hommes a fortement augmenté. Il est passé de 58 % en 1980 à 69 % en 1990, puis a progressé plus lentement pour atteindre 76 % en 2018. Autrement dit, à mesure que le nombre d’enfants diminuait, l’écart salarial entre les sexes se réduisait. Pour les deux tendances, les changements ont été rapides dans les années 1980, puis plus lents après 1990.

Nous avons ensuite estimé dans quelle mesure la diminution du nombre d’enfants chez les hommes et les femmes pouvait expliquer la réduction de l’écart salarial entre les sexes entre 1980 et 2018. Nous avons constaté que, même après avoir tenu compte d’autres facteurs tels que le nombre d’années d’études, l’expérience professionnelle antérieure et la profession exercée, environ 8 % de la réduction de l’écart salarial entre les sexes peut s’expliquer par le fait que les hommes et les femmes actifs ont moins d’enfants.

Ensuite, nous avons montré que le nombre d’enfants des employés américains avait diminué plus rapidement dans les années 1980 que par la suite. Ce ralentissement a coïncidé avec une décélération des gains salariaux des femmes par rapport aux hommes. Une fois que le nombre moyen d’enfants des employés américains s’est stabilisé vers 2000, les progrès des femmes vers l’égalité salariale avec les hommes se sont également stabilisés.

Des questions sur l’avenir de la fécondité aux États-Unis

Aux États-Unis, universitaires et responsables politiques débattent de la question de savoir pourquoi les Américains ont moins d’enfants aujourd’hui qu’il y a une ou deux décennies, et de ce que le gouvernement devrait faire à ce sujet.

Nous convenons que ce sont des questions importantes.

Nos recherches montrent que tout changement futur dans le nombre d’enfants des Américains est très susceptible d’influencer la rapidité avec laquelle les femmes et les hommes atteignent l’égalité salariale. Mais ce n’est pas une fatalité. Le nombre d’enfants que les Américains ont affecte l’écart salarial entre les sexes uniquement parce que la parentalité réduit les salaires des femmes tout en augmentant ceux des hommes. Tant que ces effets inégaux de la parentalité sur les revenus des hommes et des femmes persistent, ils continueront à freiner les progrès des femmes vers l’égalité salariale.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. C’est en ayant moins d’enfants que les femmes ont réduit l’écart salarial avec les hommes – https://theconversation.com/cest-en-ayant-moins-denfants-que-les-femmes-ont-reduit-lecart-salarial-avec-les-hommes-265894

Even as Jimmy Kimmel returns to the airwaves, TV networks remain more vulnerable to political pressure than ever before

Source: The Conversation – USA (2) – By Sage Meredith Goodwin, Postdoctoral Fellow at the Center for American Political History and Technology, Purdue University

ABC briefly suspended ‘Jimmy Kimmel Live!’ after the host made controversial remarks about the shooting of conservative activist Charlie Kirk. Emma McIntyre/Getty Images for Turner

“Is there any way we can screw him?” asked President Richard M. Nixon.

“We’ve been trying to,” an aide replied, alluding to the White House’s efforts to remove from the airwaves an ABC talk show host whose critiques of the administration had placed that “son of a b—h” on the chief executive’s enemies list.

Over 50 years ago, Nixon and his team sought to use the full weight of the federal government – with calls to network executives, Federal Communications Commission complaints, IRS audits and FBI investigations – to silence “The Dick Cavett Show.”

Cavett, who seemed to personify the liberalism that Nixon despised, had drawn the president’s ire by platforming anti-war activists like John Kerry and Jane Fonda, along with left-wing radicals such as Stokely Carmichael.

Nixon ultimately failed in his attempt to silence Cavett. ABC executives were committed to independent media, while the broadcasting industry as a whole had garnered the attention and trust of an enormous audience, which insulated them from political pressure.

It’s a sharp contrast to President Donald Trump’s second term, during which he has loudly announced his desire to rid the nation’s televisions of his critics, and is making headway in doing so. In July 2025, CBS announced the cancellation of Stephen Colbert’s late night show. While the network maintained this was “purely a financial decision” based on ratings, it came in the wake of Colbert mocking both the president and the network.

I hear Kimmel is next,” Trump crowed in the days after. Lo and behold, ABC briefly suspended Jimmy Kimmel on Sept. 17 over comments the comedian made about the response to the murder of right-wing activist Charlie Kirk. The suspension was lifted five days later, after it generated widespread backlash and became a flash point for free speech debates in the U.S.

But why has Trump been able to shake up late-night TV in ways Nixon never could?

It’s tempting to think of the network era – those decades in the 20th century when CBS, NBC and ABC dominated television – as a golden age of independent broadcasting and free expression.

However, as political historians of media, we know from our research that TV has always been a battleground of politics, business interests and broadcasting ideals.

The apparent appeasement of Trump by network executives shows just how much has changed in both the media and regulatory landscape since Nixon’s time.

Television’s decline

Direct pressure from the White House was the immediate catalyst for ABC’s decision to briefly pull the plug on Kimmel.

Brendan Carr, the chair of the FCC, threatened ABC and its affiliates while speaking on the podcast of right-wing commentator Benny Johnson.

“These companies can find ways to change conduct to take action on Kimmel,” he said, “or, you know, there’s going to be additional work for the FCC ahead.” Soon, Nexstar and Sinclair, which own dozens of ABC affiliates, announced that they would pull the show, forcing ABC to act.

That said, network television’s fading place in the American media ecosystem probably made the call a whole lot easier.

When Nixon was trying to nix “The Dick Cavett Show,” the program averaged 5 million viewers a night. The rival “Tonight Show Starring Johnny Carson” regularly pulled in 11 million viewers.

Yet even Cavett’s relatively smaller audience is more than double what Kimmel and his colleagues in late night television can count on today.

The rise of cable loosened the networks’ chokehold on TV news and entertainment in the late 20th century. The internet – followed by the advent of podcasts, streaming and social media – merely accelerated this trend.

By the 2010s, more viewers were watching clips of late night talk shows on their phones and computers than on television. Today, over 40% of people under 30 say they don’t watch broadcast or cable TV.

Kimmel does have over 20 million subscribers on YouTube and millions more on social media, but ABC has struggled to monetize this following.

In short, late night is no longer the TV crown jewel it once was. As a result, it’s far easier for executives to decide to cut the cord on a Kimmel or a Colbert.

Deregulation and consolidation

Broadcasting has always been a business where those at the top are swayed by the bottom line.

But back in Cavett’s day, top decision-makers at the networks were still dyed-in-the-wool broadcasting executives. Leonard Goldenson, the president of ABC whom Nixon’s aides hounded, had created the network from scratch and was invested in the ideals of independent media. Over at CBS, founder William S. Paley had spent decades building the network’s brand and reputation and held similar beliefs. They wanted to shield the respectability of their networks, which made them more resolute when confronted with political attacks.

Now, however, the ultimate decisions about what happens at ABC and CBS are made by executives at the megacorporations that own them.

Decades of deregulation – in particular, the Telecommunications Act of 1996, which spurred a wave of media mergers and consolidation – have allowed broadcasting today to be dominated by a handful of massive conglomerates. They own not only the networks, but also studios, cable channels and internet services.

These media giants need government approval to further expand their empires. This includes the US$8 billion merger that made Paramount Skydance the owner of CBS in summer 2025 – a deal that was approved just a week after CBS announced the cancellation of “The Late Show with Stephen Colbert.” Disney, which owns ABC, also has major deals pending that require the government’s go-ahead.

If the ultimate goal is ever-increasing profits for shareholders, getting rid of a late night show may seem like a small price to pay – especially if a particular program threatens the government’s sign-off on a massive deal.

Charging ‘liberal bias’

The decline of ratings and media consolidation has left television more vulnerable to attempts at political intimidation than ever before.

Trump is far from the first conservative to use the television networks as a political punching bag. His strategy of tarring national broadcasters with the brush of “liberal media bias” can be traced back to right-wing media activists who, as early as the 1940s, argued that the mainstream media shut out conservative ideas and voices.

Elderly female holds sign reading 'Disney/ABC bows to Trump extortion.'
People protest in New York City against ABC’s decision to suspend Jimmy Kimmel from his late night show.
Stephanie Keith/Getty Images

Nixon, convinced that the nation’s television industry was against him, brought those tactics to the White House. In public, he relied on his vice president, Spiro Agnew, to slam the networks as part of an irresponsibly hostile liberal “unelected elite” with “vast power.” In private, Nixon abused the office of the presidency to harass and intimidate broadcasting reporters, directors and executives.

These tactics largely failed. But in Nixon’s wake, partisan media activists like former Fox News executive Roger Ailes and radio host Rush Limbaugh continued to popularize the idea of “liberal media bias” within the conservative movement.

Today, Trump’s charges of “liberal bias” or “fake news” galvanize his supporters – and make media executives sweat – because they’re a key part of modern right-wing identity.

But the president’s no-holds-barred approach is unprecedented. By threatening broadcasting licenses, instigating investigations and filing lawsuits – all while declaring the mainstream media “the enemy of the people” – Trump has turned the dial up to 11.

His administration’s success in temporarily getting Kimmel off the air is obviously one more chapter in an ongoing crisis for free speech. Unfortunately, given the trends in the relationship between American media and politics over the past half-century, it likely won’t be the last.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Even as Jimmy Kimmel returns to the airwaves, TV networks remain more vulnerable to political pressure than ever before – https://theconversation.com/even-as-jimmy-kimmel-returns-to-the-airwaves-tv-networks-remain-more-vulnerable-to-political-pressure-than-ever-before-265653

¡Yo también soy buena en matemáticas! Esta es la manera de enseñar que cambia actitudes

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Beltrán-Pellicer, Profesor del área de Didáctica de la matemática, Universidad de Zaragoza

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Piense en matemáticas, y más concretamente en la clase de matemáticas: ¿ha pensado en operaciones, fórmulas y ejercicios? Es lo habitual. Y sin embargo, tienen mucho más que ver con razonar, comunicar, resolver problemas, representar. Poner el foco de la enseñanza en uno u otro lado afecta a las emociones, el autoconcepto (si pensamos que se nos dan bien o mal) y las creencias del alumnado hacia las matemáticas de diferente manera.

Hemos investigado esas tres dimensiones (emociones, autoconcepto y creencias) cuando las clases de matemáticas pasan de tener un enfoque “instrumental” (basado en reglas y procedimientos aplicados sin significado) a uno “relacional” (fundamentado en una comprensión profunda de los contenidos). Y hemos comprobado que el segundo permite al alumnado vivir la asignatura de una manera más positiva, a sentirse más competentes en matemáticas y a construir una visión más rica de lo que significa hacerlas.

Si es objetivamente mejor, ¿por qué es tan difícil de adoptar este modelo en la clase de matemáticas? Los avances curriculares, las orientaciones internacionales y la literatura científica inciden en su importancia, pero el profesorado a menudo prefiere repetir modelos de enseñanza similares a los que experimentó en su día como estudiante, y los libros de texto no suelen favorecer este enfoque.

Un punto de partida instrumental

Basta echar un vistazo a los libros de texto habituales para comprobar que la enseñanza de las matemáticas, tanto en primaria como secundaria, sigue estando marcada por un enfoque instrumental: “Esto se hace así, ejercita, repite”.

Esto es precisamente lo que nos encontramos al analizar redacciones de un grupo de 19 estudiantes a comienzo de 4º de primaria: la mayoría describía las matemáticas como una asignatura centrada en operaciones. “Los problemas son multiplicaciones, sumas, restas…”, escribía un alumno.

En estas redacciones, los alumnos percibían su competencia en matemáticas como baja. Las emociones, cuando eran positivas, se limitaban a un “me gustan” sin mayor profundidad. El mensaje era claro: las matemáticas eran ejercicios aritméticos rutinarios que había que superar. No se hacían referencias al razonamiento y a la comprensión.

El giro hacia la resolución de problemas

En un modelo de enseñanza instrumental se fomenta una comprensión superficial de los contenidos, pues el aprendizaje de estos requiere de la memorización de una serie de reglas. ¿Quién no ha escuchado alguna vez la frase “no hace falta que lo entiendas ahora, simplemente hazlo”? Incluso en películas como Recuerdos del ayer (1991) aparece esta tendencia.

Las tareas a realizar suelen ser rutinarias, ejercicios, mientras que los problemas se reducen en muchas ocasiones a ejercicios con contexto que actúa como decorado, sin aportar. Es posible que en este modelo aparezcan problemas genuinos al final, que supongan un reto y para los que no haya una regla directa de resolución.




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Por qué los problemas de matemáticas son un rollo (y cómo evitarlo)


Por el contrario, en un modelo relacional se persigue una comprensión profunda de los contenidos. El objetivo ya no es aprenderse una serie de reglas sin significado, sino conectar la experiencia previa para construir nuevo conocimiento.

Para ello es imprescindible movilizar procesos que indican actividad matemática de calidad: resolución de problemas; razonamiento, conjetura y prueba; argumentación; comunicación; representación; conexiones dentro y fuera de las matemáticas. El aprendizaje a través de la resolución de problemas implica que el alumnado se enfrenta a problemas auténticos, cuidadosamente seleccionados, sin haber recibido instrucción previa que los convierta en ejercicios. Es en la resolución de estos problemas, con el adecuado andamiaje por parte del profesorado (normalmente en forma de preguntas), donde emerge el nuevo contenido.

Por ejemplo, calcular el área un cuadrado “inclinado” en una cuadrícula, es todo un problema. Si no se conoce el teorema de Pitágoras, claro:

Cálculo del área de un cuadrado inclinado en una cuadrícula de dos formas distintas

En la imagen podemos ver dos técnicas puestas en juego por el alumnado para resolverlo. Este problema da lugar a una extensión directa, pues si se plantea investigar el área de cuadrados con diferentes “inclinaciones”, la generalización te pone en bandeja el famoso teorema. Obsérvese que si primero se proporciona el teorema, como se haría en un modelo instrumental, el problema se convierte en un ejercicio rutinario.

Trabajando con el enfoque relacional

A lo largo del curso, nuestro grupo de 19 estudiantes trabajó con un modelo relacional, centrado en la resolución de problemas y en metodologías como las thinking classrooms, también conocidas en español como aulas para pensar, que surgen a raíz de un libro del profesor sueco Peter Liljedahl. En dicha obra se recoge una serie de técnicas que facilita la creación de una cultura de aula orientada a la resolución de problemas. Por ejemplo, que el alumnado se enfrente a ellos de pie, en pizarras borrables verticales y en grupos aleatorios de tres. De esta manera, la interacción se multiplica, al mismo tiempo que el docente se hace más consciente de qué está haciendo el alumnado.

El cambio fue radical. En junio, 15 de los 19 alumnos hablaban de las matemáticas como algo que tenía que ver con comprender, pensar, trabajar en grupo y encontrar sentido. Ya no se trataba de cuentas, sino de procesos. Una niña resumía así su experiencia:

“Las matemáticas para mí son poder entender los números. Me gusta trabajar en grupos en las pizarras en vez de hacerlo en solitario”.

Este cambio de enfoque no solo transformó la visión de la asignatura. También aumentó la autopercepción de competencia: seis estudiantes se sentían ahora “buenos en matemáticas”, frente a solo uno al inicio. Y en el plano emocional, 16 de 19 expresaban entusiasmo, diversión y tranquilidad, vinculando sus emociones positivas con actividades concretas como resolver problemas difíciles o colaborar en grupo.

El aula dejó de ser un lugar donde se repiten procedimientos para convertirse en un espacio de exploración y descubrimiento compartido.

El regreso al modelo expositivo

La historia, sin embargo, no acaba ahí. En enero del curso siguiente, ya en 5º de primaria, este mismo alumnado volvió a un enfoque instrumental, basado en ejercicios individuales y enseñanza expositiva. Volvimos a pedir redacciones a principios de curso en las que compartieran sus emociones y creencias sobre la asignatura. El contraste fue inmediato. Menos de la mitad de las redacciones incluían ahora una visión clara de las matemáticas, y muchas reflejaban aburrimiento o desánimo, como indica un alumno:

“Este año las mates son más aburridas porque la mayoría de las veces hacemos cuentas”.

Curiosamente, la percepción de competencia seguía siendo alta: doce alumnos se sentían seguros. Pero las emociones se tornaron negativas para quienes habían disfrutado de un aprendizaje relacional. La incoherencia entre lo que habían vivido antes y lo que ahora encontraban en clase generaba frustración.

Al mismo tiempo, otro grupo de estudiantes mostraba alivio: “No tenemos casi ningún problema difícil… me gustan las matemáticas”. Para algunos, la baja demanda cognitiva resultaba cómoda, aunque poco estimulante.

Lo que nos dicen estos hallazgos

Los resultados de esta pequeña investigación confirman algo que la literatura científica internacional lleva años subrayando: la cultura de aula condiciona la relación del alumnado con las matemáticas. Un enfoque basado en la resolución de problemas no solo proporciona aprendizajes significativos, sino que también fomenta emociones positivas y refuerza la confianza en las propias capacidades. Por el contrario, volver a un modelo instrumental puede erosionar ese vínculo, especialmente en quienes han descubierto que las matemáticas pueden ser algo más que cuentas.


Este artículo está basado en una investigación en la que ha colaborado Manuel Jesús Siaba-Lestón, maestro en el CEIP Plurilingüe Ricardo Tobío, Esteiro-Muros (La Coruña).

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Pablo Beltrán-Pellicer recibe fondos del grupo S60_23R -Investigación en Educación Matemática (Gobierno de Aragón).

Sergio Martínez-Juste recibe fondos del grupo S60_23R -Investigación en Educación Matemática (Gobierno de Aragón).

Gregorio Morales Ordóñez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¡Yo también soy buena en matemáticas! Esta es la manera de enseñar que cambia actitudes – https://theconversation.com/yo-tambien-soy-buena-en-matematicas-esta-es-la-manera-de-ensenar-que-cambia-actitudes-265224

Cuando el Corán coincide con la OMS: así influye la religión en la lactancia materna

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Manuel Martínez Linares, Profesor de Enfermería, Universidad de Granada

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Siguen existiendo barreras para la lactancia materna. Si todas las criaturas entre los 0 y 6 meses de edad estuvieran amamantadas de forma óptima, se podría salvar la vida a más de 820 000 cada año. Sin embargo, la realidad es que solo el 44 % reciben alimentación mediante lactancia materna exclusiva durante los primeros seis meses de vida.

En España, más del 90 % de las mujeres deciden iniciar la lactancia materna en el momento del nacimiento, pero únicamente el 35 % sigue haciéndolo a los 6 meses, a pesar de los beneficios que mantenerla les puedan suponer.

A pesar de la evidencia existente, persisten las barreras que dificultan la promoción de la lactancia materna exclusiva. Por ejemplo, el escaso apoyo laboral para que las mujeres puedan seguir realizándola. También falta preparación previa antes del parto y los mitos que mantienen la idea de que la lactancia materna exclusiva es insuficiente para satisfacer al bebé. Todo esto sin olvidar la falta de disponibilidad de recursos humanos, materiales y económicos, [así como de personal sanitario correctamente preparado], a pesar de que lo hay (https://internationalbreastfeedingjournal.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13006-024-00630-3).

No alcanzar los objetivos marcados por la Organización Mundial de la Salud (OMS) en lo que respecta a la lactancia genera pérdidas. Estas pueden ser económicas, de 302 000 millones de dólares anuales, pero también se malogran los beneficios que genera para el bebé, la madre, la sociedad y el medio ambiente. La OMS recomienda la lactancia materna de forma exclusiva durante los primeros 6 meses de vida y de forma complementaria hasta los 2 años.

Aunque los programas de promoción de lactancia materna exclusiva llevados a cabo por profesionales de la matronería han demostrado su utilidad, esto no es suficiente. También deben incorporar un asesoramiento sobre los motivos que influyen en las mujeres en la elección y el abandono de la lactancia materna exclusiva.

La religión es una parte más a tener en cuenta

Las personas pueden concebir y vivir sus creencias religiosas como parte de su ser de forma holística. No tenerlo en cuenta en la práctica clínica puede considerarse como una falta de interés por parte del profesional sanitario y convertirse en una barrera para la comunicación y la creación de confianza.

En cambio, se ha comprobado que las tasas de lactancia materna exclusiva al nacer difieren según la creencia religiosa de la madre. Así, la adherencia es mayor entre las mujeres musulmanas en comparación con las cristianas.

Esto se explica porque la lactancia materna también se puede ver influida por prácticas y creencias culturales. Por lo tanto, en la promoción del amamantamiento hay que tener en cuenta factores religiosos y culturales que van a condicionar no solo el inicio, sino también su mantenimiento, tal y como reflejan los estudios realizados al respecto.

Nuevos hallazgos sobre este tema

Recientemente hemos llevado a cabo un estudio con mujeres musulmanas y cristianas de Melilla. Los resultados indican que, independientemente de su ideología religiosa, la reincorporación a la actividad laboral tras el parto es el momento que condiciona la continuidad de la lactancia materna. Este es, por lo tanto, un factor determinante para abandonarla.

Sin embargo, las mujeres musulmanas practicantes mantienen en una mayor proporción la lactancia materna hasta los dos años de edad de la criatura porque así se indica en el Corán. En las mujeres cristianas, independientemente de que se identifiquen como practicantes o no, no suele ocurrir así.

El apoyo que las mujeres reciben por parte de sus parejas y familiares también ayuda a continuar con la lactancia. A este respecto, para todas mujeres, “la tradición del biberón” familiar influye en el abandono de esa práctica. La pareja y la madre son personas fundamentales para el abandono o continuidad del amamantamiento, a quienes hay que añadir la suegra en el caso de las mujeres musulmanas.

Las recomendaciones y experiencias de la suegra pueden decantar tanto el abandono como la continuidad de este tipo de alimentación. En este sentido, las mujeres musulmanas cuentan, además de con el mandato coránico, lo que genera una mayor influencia social y apoyo.

Tener conocimientos sobre lactancia materna también contribuye. Es en el programa de preparación al parto y la maternidad donde este conocimiento se puede adquirir, a partir de la información proporcionada por el personal de matronería. Sin embargo, las mujeres musulmanas acuden en menor medida a este tipo de atención que se oferta. En cambio, las mujeres cristianas que sí suelen acudir, sobre todo si se trata de su primer embarazo, aseguraron que les proporciona seguridad a la hora de comenzar a dar lactancia materna, las empoderaba y les hacía aumentar la confianza en sí mismas para poder hacerlo.

Queda mucho trabajo por delante

Los organismos internacionales y nacionales en materia de salud dicen que la lactancia materna es la mejor forma para alimentar a una criatura. A pesar de que hay organizaciones de profesionales de la sanidad que trabajan por ello, los motivos de su abandono siguen siendo los mismos. La incorporación al trabajo o creer que la leche producida no alimenta, son algunos de ellos.

Además, sigue sin haber profesionales de la matronería de referencia, tanto en atención primaria como en atención hospitalaria, cuya función principal sea dedicar el tiempo necesario a concienciar, ayudar y acompañar a las embarazadas y madres. Todo ello terminaría repercutiendo en un ahorro para la madre, la familia, el sistema sanitario y el medio ambiente en general, con independencia de la religión que profesen las familias.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cuando el Corán coincide con la OMS: así influye la religión en la lactancia materna – https://theconversation.com/cuando-el-coran-coincide-con-la-oms-asi-influye-la-religion-en-la-lactancia-materna-264825

Los Estados reaccionan contra Israel: estas son las medidas que se han tomado y los países que las han puesto en marcha

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Irene Vázquez Serrano, Profesora de Derecho Internacional Público y Relaciones Internacionales, Universidad de Murcia

Panorama de edificios destruidos en Gaza. tayifmukta/Shutterstock

El pasado 8 de septiembre, Volker Türk, Alto Comisionado de la ONU para los Derechos Humanos, se preguntaba: “¿Dónde están las medidas decisivas para prevenir el genocidio?”. Ese día, el presidente del Ejecutivo español, Pedro Sánchez, anunciaba la adopción de un paquete de medidas con la finalidad de frenar “el genocidio en Gaza” cometido por Israel, situándose España en la primera línea de lucha contra los crímenes cometidos contra el pueblo palestino.

Las medidas son estas:

  1. Aprobación de un Real Decreto Ley prohibiendo la compra y venta de armas a Israel previsto, de facto, desde octubre de 2023. El 14 de julio ya hubo un acuerdo entre los socios del Ejecutivo para a`robar una ley, y la recogida de 1 200 firmas, impulsadas por la campaña Fin al Comercio de Armas con Israel, ya solicitaban en Madrid un embargo inmediato.

  2. Prohibición del tránsito de buques que lleven combustible al ejército israelí.

  3. Prohibición, en el espacio aéreo español, de vuelos que lleven material militar a Israel.

  4. Prohibición de entrada al territorio español de personas implicadas directamente en la planificación, ejecución o justificación de actos de genocidio, violaciones de derechos humanos y crímenes de guerra en Gaza.

  5. Prohibición de importación de productos originarios de los asentamientos ilegales israelíes en Gaza y Cisjordania, una demanda recurrente de Francesca Albanese, la relatora Especial de la ONU para los Territorios Palestinos Ocupados.

  6. Reducción de la asistencia consular a los ciudadanos españoles que residen en los asentamientos israelíes ilegales en Gaza y Cisjordania a la mínima legalmente obligatoria, ya demandada por la Asamblea General de la ONU (resolución de 13 de septiembre de 2024).

  7. Refuerzo del apoyo a la Autoridad Palestina con el incremento de personal en la Misión de Asistencia Fronteriza de la Unión Europea en Rafah y el establecimiento de nuevos proyectos de cooperación en agricultura, seguridad alimenticia y asistencia médica.

  8. Aumento de la financiación de la Agencia de Naciones Unidas para los Refugiados Palestinos en, aproximadamente, 10 millones de euros adicionales.

  9. Incremento de la ayuda humanitaria y la cooperación en Gaza hasta los 150 millones de euros el próximo año 2026.

Tras los pasos de España

La adopción de estas disposiciones por parte de España, que coinciden con la carta abierta firmada en agosto de 2025 por 209 exembajadores y altos funcionarios europeos reclamando medidas “inmediatas” para frenar las acciones de Israel, ha supuesto una irremediable presión sobre otros países.

  • Eslovenia ha sido el primer Estado europeo en prohibir la importación de productos de asentamientos de colonos israelíes en territorio palestino y la importación, exportación y tránsito a/o desde Israel, habiendo declarado persona non grata a dos ministros del Ejecutivo israelí.

  • Suecia y Países Bajos, junto a Reino Unido, Canadá, Noruega, Australia y Nueva Zelanda han sancionado a los ministros israelíes Itamar Ben-Gvir (Seguridad) y Bezalel Smotrich (Finanzas) por incitar a la violencia hacia los palestinos en la Cisjordania ocupada.

  • Bélgica, por su parte, presentó un paquete de medidas condicionadas a la liberación de rehenes por Hamás.

  • En Noruega, el Fondo de Pensiones del Gobierno Noruego ha retirado sus inversiones de empresas con sede en Israel.

Otras medidas colectivas propuestas

Son varias las iniciativas propuestas por diversos grupos de Estados. Por ejemplo, el borrador de proyecto (junio 2025) elaborado por Argelia, Dinamarca, Grecia, Guyana, Pakistán, Panamá, la República de Corea (Corea del Sur), Sierra Leona, Eslovenia y Somalia que solicitaba al Consejo de Seguridad la aprobación de un alto el fuego inmediato, incondicional y permanente y la liberación incondicional de los rehenes retenidos por Hamás y otros grupos. Sin embargo, Estados Unidos vetó su aprobación.

Más tarde, se celebró en Bogotá la primera conferencia del Grupo de La Haya, formada por ocho Estados –Bolivia, Cuba, Honduras, Senegal, Sudáfrica, Malasia, Namibia y Colombia–, junto a 30 delegaciones estatales y otros organismos de la ONU liderados por Colombia y Sudáfrica. Su finalidad era adoptar seis medidas económicas y diplomáticas: no permitir la provisión de armas a Israel y revisar los contratos públicos para impedir el apoyo indirecto a la ocupación de los territorios palestinos y apoyar a la justicia internacional, entre otras.

En este sentido, el fiscal general del Estado español, Álvaro García Ortiz, ha aprobado la apertura de investigaciones sobre los actos llevados a cabo en Gaza por Israel.

Reconocimiento al Estado de Palestina

Un lugar destacado entre las medidas adoptadas ocupa el reconocimiento del Estado de Palestina el pasado 28 de mayo liderado por España, uniéndose Irlanda, Noruega y Eslovenia –Suecia ya lo hizo en 2014 y Colombia en 2018–. Mientras que Finlandia y Luxemburgo están considerándolo, Francia, Malta y Bélgica lo harán durante la reunión de la Asamblea General de la ONU.

Alemania, Italia, Hungría, República Checa, Bulgaria y Austria siguen siendo contrarios. Sin embargo, el número de Estados que reconocen al Estado de Palestina aumenta cada vez más. Así lo han hecho recientemente Reino Unido, Australia, Canadá, Portugal y Japón.

Irlanda, por su parte, también solicitó la exclusión de Israel de la ONU, algo poco probable al ser necesaria la recomendación del Consejo de Seguridad. Y Colombia rompió relaciones diplomáticas con Israel, creando una delegación diplomática donde tomó posesión el primer embajador colombiano ante el Estado de Palestina.

La necesaria presión internacional

El Observador Permanente del Estado de Palestina ante la ONU, Riyad Mansour, señaló que “lo que puede detener este genocidio es que los Estados tomen medidas inmediatas y reales para disuadir a Israel”. Quizá las recientes recomendaciones de la Comisión Internacional Independiente de Investigación de la ONU sirvan para evitar una escalada mayor de esta barbarie que dura demasiados años ya.

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Irene Vázquez Serrano no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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No hay respiro: la contaminación del aire afecta a la salud mental

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Romero-Castillo, Profesor de Psicobiología e investigador en Neurociencia Cognitiva, Universidad de Málaga

New Africa/Shutterstock

Lo que inhalamos en las ciudades dista mucho de ser una bocanada de aire fresco. Sabemos desde hace tiempo que la contaminación del aire daña pulmones y corazón, aumentando el riesgo de enfermedades respiratorias y cardiovasculares.

Sin embargo, la evidencia científica va más allá: también se ha demostrado que la polución impacta en el cerebro. Por ejemplo, aumenta la posibilidad de padecer ictus, demencias (como el alzhéimer) y deterioro cognitivo.




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La contaminación del aire podría aumentar el riesgo de sufrir alzhéimer y otras demencias


En esta línea, cada vez más estudios señalan su influencia directa en trastornos psicológicos. De entre los investigados, se ha encontrado relación con ansiedad, depresión e incluso suicidio.

Pequeñas y letales

El smog es una palabra formada por la fusión entre smoke, humo, y fog, niebla. Es un tipo de contaminación muy presente en las grades ciudades del mundo. La imagen muestra la ciudad china de Fanhe con smog (a la izquierda) y sin smog (a la derecha), unas imágenes tomadas con 10 días de diferencia.
Wikipedia, CC BY-NC-SA

El aire contiene partículas microscópicas, llamadas material particulado (PM), cuya toxicidad y tamaño determinan sus efectos sobre la salud. Para la salud mental, son especialmente relevantes:

Para imaginar el tamaño de las partículas, piense que el cabello humano promedio tiene un diámetro aproximado de 70 micrómetros. Esta imagen muestra diferentes tipos de partículas para comparar su tamaño.
Kumar, S., & Dwivedi, S. K. (2022), CC BY

Tanto las partículas finas como las ultrafinas pueden alcanzar los alveolos pulmonares, entrar en la sangre para llegar a la cabeza e internarse en el cerebro atravesando la barrera hematoencefálica. Incluso pueden ingresar directamente al cerebro (eludiendo la barrera) a través de las neuronas presentes en el interior de la nariz, en el epitelio olfatorio.

¿Qué ocurre en el cerebro?

Aunque los desencadenantes biológicos que produce la presencia de estas partículas en el cerebro siguen siendo en gran parte desconocidos, se han identificado varios mecanismos:

  • Un aumento del estrés oxidativo y la consecuente inflamación (como respuesta funcional de la astroglia, los capilares cerebrales y, en particular, la microglia). Estos procesos se han observado en estudios con humanos y en modelos animales, y resultan especialmente importantes en el caso de los trastornos de ansiedad y depresivos.

  • Un efecto neurotóxico directo, que lleva a cambios estructurales. Esta situación compromete la conectividad neuronal y el equilibrio de neurotransmisores. Al parecer, las partículas de plomo, mercurio, manganeso y de combustión del diésel podrían causar este efecto neurotóxico y contribuir al riesgo de suicidio.

  • La alteración del eje hipotalámico-hipofisario-adrenal (HPA), el sistema que regula las respuestas del organismo al estrés. Las partículas contaminantes pueden afectar a la producción de hormonas, como el cortisol, e interferir en el equilibrio neuroendocrino, lo que puede correlacionarse con ansiedad, depresión y suicidio.

Ansiedad disparada por la polución

Los trastornos de ansiedad son el tipo más común de trastorno psiquiátrico en la población general. Y uno de los factores de riesgo modificables es la polución del aire.

Una mayor exposición a PM₂.₅ se asocia con un mayor riesgo de síntomas elevados de ansiedad. Además, un estudio longitudinal en población infantil y adolescente muestra que no solo la exposición prolongada a la polución tiene consecuencias: incluso picos puntuales de contaminación pueden derivar en un aumento inmediato de la ansiedad.

Por si fuera poco, la exposición crónica a niveles elevados de partículas finas no solo incrementa el riesgo de ansiedad, sino que también agrava la sintomatología en quienes ya la padecen. Estudios en grandes cohortes han sugerido que vivir en áreas con peor calidad del aire aumenta la probabilidad de necesitar tratamiento por ansiedad.

Cuando la contaminación del aire es deprimente

La mala calidad del aire también se asocia a tasas aparentemente más altas de depresión mayor, un trastorno muy presente en el mundo y que puede desembocar en suicidio.

La consistencia de los hallazgos en distintos países y contextos respalda la solidez de esta relación. Tanto la exposición a corto plazo como a largo plazo a PM₂.₅ (además de a otros contaminantes) es problemática.

El riesgo es aún más elevado en personas que sufren enfermedades cardiovasculares, diabetes o asma. Esta relación sugiere que la contaminación podría actuar como un factor que golpea con más fuerza a las poblaciones más frágiles.

Un aire envenenado puede aumentar el suicidio

La exposición a corto plazo al aire sucio (en especial, a PM₂.₅ y a partículas inhalables PM₁₀) se ha asociado positivamente con suicidios intentados y consumados. La relación se evalúa vinculando la concentración media de material particulado en los momentos previos al lugar del suicidio con datos extraídos de las autopsias.

En esta línea, también se ha hallado que un aumento transitorio del material particulado aumenta el riesgo de suicidio en personas con enfermedades cardiovasculares preexistentes. Además, se ha observado que el riesgo relativo de suicidio es significativamente mayor en los países de ingresos altos que en los de ingresos bajos.

De momento, estas conclusiones deben interpretarse con cautela, ya que existen limitaciones en los estudios analizados. Pero las direcciones van en la misma línea que se observa en el resto de investigaciones: un aire envenenado daña la vida.




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Una amenaza sibilina

Ha pasado tiempo desde que R. E. L. Faris y H. W. Dunham observaran, en 1939, que la población del centro de Chicago presentaba mayores tasas de esquizofrenia en comparación con la de las afueras. Desde entonces, la ciencia no ha hecho más que reforzar la idea que subyace a este estudio, uno de los primeros que mostró indicios de relación entre contaminación del aire y trastornos psicológicos.

En la actualidad, millones de personas viven expuestas a este riesgo. La evidencia es clara: una sombra silenciosa, persistente y dañina que impregna desde la infancia hasta la vejez. Y la respuesta debe ser contundente: necesitamos políticas públicas firmes y decisiones personales responsables. Sin más demora. Necesitamos, de verdad, un respiro.

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Jorge Romero-Castillo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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Por qué el apoyo mayoritario a Palestina no se traducirá en la creación de un Estado

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maha Nassar, Associate Professor in the School of Middle Eastern and North African Studies, University of Arizona

Estadounidenses pro palestinos se reúnen en Nueva York en una marcha hacia la ONU el 18 de septiembre de 2025. Selcuk Acar/Anadolu via Getty Images

Es probable que el reconocimiento de un Estado palestino domine los debates en la Asamblea General de la ONU que se celebra esta semana en Nueva York.

De los 193 Estados miembros, unos 150 reconocen ya el Estado palestino. Australia, Canadá y el Reino Unido se han convertido en los últimos en hacerlo. Y se espera que ese número aumente en los próximos días, ya que varios países más anunciarán oficialmente un reconocimiento similar.

El hecho de que una serie de naciones occidentales estén añadiendo sus nombres a la lista casi universal del sur global supone una importante victoria diplomática para la causa de una nación independiente, soberana y autónoma para los palestinos. Por el contrario, implica una gran derrota diplomática para Israel, especialmente dos años después de contar con el apoyo masivo de las naciones occidentales tras el ataque del 7 de octubre por parte de Hamás.

Como estudiosa de la historia moderna de Palestina, sé que este momento diplomático lleva décadas gestándose. Pero también soy consciente de que ya se han producido avances simbólicos e insignificantes sobre esta cuestión.

La realidad sin Estado

La lucha por la creación de un Estado palestino se remonta al menos a 1967. Durante la guerra de los seis días contra una coalición de Estados árabes, Israel conquistó y amplió su control militar sobre el resto de lo que era la Palestina histórica , una franja de tierra que se extiende desde el río Jordán, al este, hasta el mar Mediterráneo, al oeste.

Al término de la guerra, Israel había tomado el control de Cisjordania, Jerusalén Este y la Franja de Gaza.

A diferencia de lo que ocurrió tras la guerra de 1948, que condujo a su independencia, Israel optó por no conceder la ciudadanía israelí a los palestinos que vivían en las zonas recién conquistadas. En su lugar, comenzó a gobernarlos mediante una serie de órdenes militares.

Un hombre extiende los brazos para enfatizar su discurso mientras se encuentra de pie ante un atril.
Yasser Arafat se dirige a la Asamblea General de las Naciones Unidas en 1974.
Bettmann / Contributor

Estas órdenes controlaban casi todos los aspectos de la vida palestina, y muchas siguen vigentes en la actualidad. Por ejemplo, si un agricultor quiere cosechar sus olivos cerca de un asentamiento judío en Cisjordania, necesita un permiso. O
si un trabajador de Gaza quiere trabajar dentro de Israel, necesita un permiso israelí. Incluso rezar en una mezquita o iglesia en Jerusalén Este depende de la obtención de un permiso.

Este sistema de permisos servía como un recordatorio constante a los palestinos que vivían en los territorios ocupados de que carecían de control sobre sus propias vidas cotidianas. Mientras tanto, las autoridades intentaban aplastar la idea de la nacionalidad palestina mediante políticas como la prohibición de exhibir públicamente su bandera. Eso, y otras expresiones de identidad nacional en los territorios ocupados, podían acarrear penas de hasta 10 años de prisión.

Estas políticas encajan con la creencia, expresada en 1969 por la entonces primera ministra israelí Golda Meir, de que «en esta zona no existe tal cosa como los palestinos».

El auge del nacionalismo palestino

Casi al mismo tiempo que Meir hizo ese comentario, los palestinos comenzaron a organizarse en torno a la idea de la creación de un Estado.

Aunque la idea ya se había planteado anteriormente, la creación de un Estado se codificó como doctrina oficial en una resolución en febrero de 1969 en Egipto. Esto ocurrió durante una sesión del Consejo Nacional Palestino, el órgano legislativo de la Organización para la Liberación de Palestina (OLP), que se formó en 1964 como representante oficial de sus ciudadanos en los territorios ocupados.

Esa resolución pedía un Estado libre, secular y democrático en Palestina –incluido todo el Estado de Israel– en el que musulmanes, cristianos y judíos tuvieran los mismos derechos.

A partir de ese momento, la lucha contra la ocupación tomó dos caminos paralelos: la presión diplomática y la resistencia armada.

Pero los acontecimientos sobre el terreno socavaron la idea de un único Estado para todos según lo previsto en la resolución de El Cairo.

El final inconcluso de la guerra árabe-israelí de 1973 abrió la puerta a una mayor diplomacia entre Israel y los Estados árabes. Egipto e Israel decidieron que la diplomacia les ayudaría a alcanzar sus objetivos, lo que culminó en el tratado de paz entre Egipto e Israel de 1979. Pero el tratado también dejó a los palestinos sin el apoyo árabe unificado.

Mientras tanto, a lo largo de la década de 1970, la ocupación israelí se profundizó y afianzó con la construcción de asentamientos israelíes, especialmente en Cisjordania.

La OLP respondió en 1974 con la publicación de lo que se conoció como el Plan de 10 Puntos, en el que se orientaban hacia la búsqueda del establecimiento de una autoridad nacional en cualquier parte de la Palestina histórica que pudiera ser liberada.

Luego, en 1988, un año después del inicio de la primera intifada palestina, la OLP declaró unilateralmente la independencia en los territorios ocupados en 1967.

La medida fue en gran medida simbólica: Cisjordania, Gaza y Jerusalén Este seguían bajo ocupación, y la OLP se encontraba entonces en el exilio en Túnez.

Pero representó la unión de los palestinos en el exilio –la mayoría de los cuales procedían de ciudades y pueblos que ahora formaban parte del Estado de Israel– con los palestinos de los territorios ocupados.

La declaración fue redactada por el poeta palestino Mahmoud Darwish, que creció en Israel, y proclamada por Yasser Arafat, líder de la OLP en el exilio.

También fue un momento de gran esperanza. Lo que la mayoría de los palestinos querían era que la comunidad internacional los reconociera como un organismo nacional, merecedor de un lugar en la mesa con otros Estados-nación.

Compromiso y rechazo

Cisjordania, la Franja de Gaza y Jerusalén Este comprenden alrededor del 22 % de la Palestina histórica. Por lo tanto, la declaración significaba efectivamente que los palestinos renunciaban al 78 % restante de lo que consideraban su tierra.

La reacción de la comunidad internacional ante la declaración de la OLP fue dividida. Muchos países del Sur Global que habían sido colonizados en el pasado reconocieron inmediatamente la independencia palestina.

Unos 78 países avalaron la declaración. Israel la rechazó de plano, al igual que Estados Unidos y la mayoría de los países occidentales.

La oposición de Washington fue tal que Estados Unidos denegó el visado a Arafat antes de su previsto discurso ante las Naciones Unidas en su sede de Nueva York. Como resultado, la reunión de diciembre de 1988 tuvo que trasladarse a Ginebra.

Aunque se negaron a aceptar la condición de Estado palestino, Estados Unidos e Israel comenzaron a reconocer a la OLP como órgano representativo del pueblo palestino. Esto formaba parte de los Acuerdos de Oslo, un proceso diplomático que muchos creían que trazarían una hoja de ruta para una eventual solución de dos Estados.

Mientras que algunos palestinos consideraban los acuerdos como un avance diplomático, otros se mostraron más escépticos, entre ellos Darwish y el profesor palestino-estadounidense Edward Said, que creían que Oslo era un regalo envenenado: aunque se presentó como un paso hacia una solución de dos Estados, el acuerdo no decía nada sobre un Estado palestino en el ínterin.

En realidad, los Acuerdos de Oslo no han conducido a la creación de un Estado. Más bien, crearon un sistema de autonomía fragmentada bajo la recién creada Autoridad Palestina que, aunque estaba destinada a ser provisional, se ha convertido en permanente.

A la Autoridad Palestina solo se le concedieron poderes limitados y se le privó de una independencia real. Aunque tenía cierta influencia en la educación, la sanidad y los servicios municipales, Israel mantuvo el control de las tierras, los recursos, las fronteras y la economía palestinas. Esto sigue siendo así hoy en día.

Nuevo impulso para el reconocimiento del Estado

La desilusión con los Acuerdos de Oslo contribuyó a la segunda intifada, mucho más violenta de 2000 a 2005.

Mahmoud Abbas, líder de la Autoridad Palestina tras Arafat, respondió impulsando de nuevo el reconocimiento internacional de la condición de Estado.

Y en 2012, la Asamblea General de la ONU votó a favor de mejorar el estatus de Palestina, elevándolo de «observador no miembro» a «Estado observador no miembro».

Dos hombres se dan la mano.
La delegación palestina en la Asamblea General de la ONU antes de la votación para elevar el estatus de Palestina a Estado observador no miembro en 2012.
Stan Honda/AFP via Getty Images

En teoría, esto significaba que los palestinos ahora tenían acceso a organismos internacionales, como la Corte Penal Internacional y la Corte Internacional de Justicia.

Pero cualquier cambio significativo en el estatus de la soberanía palestina tendría que pasar por el Consejo de Seguridad de la ONU, no por la Asamblea General.

Estados Unidos sigue oponiéndose a que los palestinos obtengan la condición de Estado independiente. Mientras tenga derecho de veto en el Consejo de Seguridad, la consecución de un Estado verdaderamente soberano seguirá estando fuera de discusión. Y eso seguirá siendo así, independientemente de lo que hagan otros miembros del Consejo de Seguridad como Francia y el Reino Unido.

De hecho, muchos palestinos y otros críticos del statu quo afirman que las naciones occidentales están utilizando la cuestión de la condición de Estado palestino para inhibirse en la tarea diplomática mucho más difícil de hacer responsable a Israel de lo que un organismo de la ONU acaba de describir como un genocidio en Gaza.

The Conversation

Maha Nassar no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué el apoyo mayoritario a Palestina no se traducirá en la creación de un Estado – https://theconversation.com/por-que-el-apoyo-mayoritario-a-palestina-no-se-traducira-en-la-creacion-de-un-estado-265837

El engaño de la luz dorada del otoño, bajo la mirada de la física

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antonio Manuel Peña García, Catedrático del Área de Ingeniería Eléctrica, Universidad de Granada

Subbotina Anna/Shutterstock

Imagine que está tranquilamente en casa y de repente recibe una de esas “llamadas de la suerte”. Al otro lado del teléfono, un famosísimo presentador vocifera entusiasmado que está en directo y que puede ganar un millón de euros si responde a la siguiente pregunta: ¿de qué color es la luz del otoño?

¿Qué contestaríamos usted o yo? ¿Y mil personas al azar? No tengo pruebas ni dudas de que muchos responderíamos “dorada”. Pero no todos. ¿No todos? ¿Acaso es una sensación subjetiva? Pensemos antes de contestar. Pero rápido, que estamos en directo.

¿Qué dice la física?

En el hemisferio norte, el otoño es el periodo en el que la Tierra se acerca al Sol desde un punto en el que días y noches tienen igual duración (equinoccio de otoño) hasta su máxima cercanía (solsticio de invierno). Comienza el 22 de septiembre y finalizará el 21 de diciembre. Para nuestros vecinos del hemisferio sur, esta época es la primavera.

Aunque esta definición requiere algunos matices, nos da la primera pista para responder a la pregunta del millón.

Lo primero que llama la atención es que el invierno en nuestro hemisferio coincida con la menor distancia al Sol, ya que cuanto más cerca estemos, más radiación solar llega a la Tierra. Sin embargo, es la inclinación de los rayos en cada estación y no la distancia a nuestra estrella es lo que determina la cantidad de luz y calor que recibimos.

Como en otoño la elevación solar máxima va decreciendo y sabemos que el color del cielo pasa del azul al amarillo-rojizo cuando el Sol está más bajo, es lógico que su luz parezca más dorada.

Entonces, la luz del invierno ¿debería ser más dorada todavía? ¿Y los primeros días de primavera?

Pero a mí la primavera se me antoja multicolor. Y el invierno blanco aunque no nieve. ¿Y a usted?

Es más, el otoño puede ser lluvioso, lo que limpia la atmósfera de aerosoles que enrojecen el cielo… A la física no le gusta esa imagen otoñal eminentemente dorada.

Sonata de otoño

Si alguien consagró su pluma a describir la luz, ése fue D. Ramón del Valle-Inclán, el otro gran manco de nuestra literatura.

“Aquel renacimiento de nuestros amores fue como una tarde otoñal de celajes dorados, amable y melancólica”.

En su Sonata de otoño (1902), Valle nos pinta el ocaso de una vida amada con un sentimiento jamás igualado en las letras españolas. Y lo hace desde el otoño de su Galicia natal, que para él era, ante todo, dorado.

Este otro pasaje es especialmente revelador:

“Yo también los evoqué un día lejano, cuando la mañana otoñal y dorada envolvía el jardín húmedo y reverdecido por la constante lluvia de la noche. Bajo el cielo límpido, de un azul heráldico, los cipreses venerables parecían tener el ensueño de la vida monástica”.

Sin reparos en describir la mañana como dorada y azul al mismo tiempo.

Y no solo Valle. Son incontables los grandes literatos (¡y pintores!) que han soñado un otoño entre rayos dorados. Desde Octavio Paz hasta Juan Ramón Jiménez. Pero, ¿por qué contradicen a la física? Quizá el poeta moguereño nos de una pista:

“Esparce octubre, al blando movimiento del sur, las hojas áureas y las rojas…”.

¿Es posible que imaginemos el otoño en tonos dorados solo porque es el color característico de las hojas en esta estación? ¿Existe algo en nosotros que acertada o equivocadamente asocie un color a otras sensaciones o viceversa?

Fuego rojo, fuego azul y una misteriosa hipótesis

Si nos hubieran preguntado por el color del fuego o de las cosas muy calientes, la respuesta habría sido más fácil: rojo. Todo el mundo asocia el rojo al calor. Hasta llegar el rojo vivo, expresión de algo extremadamente caliente. ¿Y de qué color son las cosas muy frías? Blancas o azuladas, por supuesto.

Pero la física, que es una aguafiestas, vuelve a la carga con una pregunta burlona: si la llama del soplete es azulada y la de una cerilla, roja, ¿cuál está más caliente? Independientemente de lo que estemos quemando, que influye mucho en el color, si observamos una llama es frecuente que su interior (más caliente) sea azulado y su exterior (más frío), rojo.

El color de las estrellas

También las estrellas azules son más calientes que las rojas. Este hecho lo explica la “curva de emisión del cuerpo negro”, que durante décadas trajo de cabeza a los físicos y desembocó en el desarrollo de la mecánica cuántica. Vamos, que si algún color debe asignarse a las temperaturas, es el azul a las altas y el rojo a las bajas. Y esto es incontestable.

Entonces, ¿por qué asociamos el último a lo caliente? La respuesta es breve: lo hacemos y punto. La llamada “hipótesis del tono-calor” se estableció hace más de un siglo, pero no está claro por qué nuestro cerebro contradice a la física.

El ser humano ha evolucionado durante cientos de milenios junto a fuegos de combustibles vegetales, rojos y poco calientes. ¿Es posible que haya quedado grabado en lo más profundo de nuestro ser que lo caliente es rojo? Yo creo que sí, pero no está demostrado. Como también es posible que las hojas doradas que tapizan árboles y suelos en otoño nos hagan concebir esta estación de ese color.

Literatura y arte dicen que la luz del otoño es dorada sin que la física esté totalmente conforme. Cabe pensar que se trate de una asociación mental atávica. ¿Será aceptable para ganar el millón?

The Conversation

Antonio Manuel Peña García no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El engaño de la luz dorada del otoño, bajo la mirada de la física – https://theconversation.com/el-engano-de-la-luz-dorada-del-otono-bajo-la-mirada-de-la-fisica-264439