La « méthode Lecornu » a-t-elle échoué ?

Source: The Conversation – in French – By Thomas Ehrhard, Maitre de conférences, Université Paris-Panthéon-Assas

Deux motions de censure ont été déposées, le vendredi 23 janvier, en réponse à l’utilisation de l’article 49-3 par Sébastien Lecornu sur la partie recettes du budget. La promesse du premier ministre de ne pas faire usage de cet outil constitutionnel en négociant des compromis avec les groupes parlementaires a été rompue. Pourtant, il ne s’agit pas tant d’un échec de méthode que d’une conséquence d’un vice originel concernant la formation du gouvernement.


Malgré les promesses et les sentiments d’un premier ministre « un peu amer » d’avoir perdu le « pari », d’après ses propres mots, la tentation d’y voir un « échec de la « méthode Lecornu » est grande avec le retour du « 49-3 » sur la scène politique.

Cependant, les trois mois d’examen parlementaire ne soldent pas un échec de méthode, mais bien la conséquence logique d’un vice originel concernant la formation du gouvernement.

Deux raisons qui expliquent cet échec

D’abord, le gouvernement est mal né avec un processus de nomination et de renomination improbable, ne s’appuyant sur aucune majorité gouvernementale, aucune majorité parlementaire, et aucune majorité partisane. Or, ce triptyque détermine la logique institutionnelle majoritaire du régime parlementaire de la Ve République.

Ensuite, conséquemment, le gouvernement aurait dû, comme dans les autres régimes parlementaires lorsqu’aucun parti ne dispose à lui seul d’un nombre de sièges majoritaire à la chambre basse, essayer de s’appuyer sur une coalition. Il n’en a rien été.




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Or, en France comme à l’étranger, les compromis ne résultent pas de débats parlementaires dans lesquels des orateurs se convaincraient au terme d’argumentations faisant changer d’avis ceux qui les écoutent. Les compromis se font a priori, avant la nomination du gouvernement, et précisément en contractualisant les réformes, leurs contenus, et leur calendrier. Tous les autres pays (Allemagne, Belgique, Espagne, Pays-Bas, etc.) fonctionnent ainsi. Dans le contexte actuel, l’erreur initiale vient donc de la manière dont le premier ministre a été nommé, plaçant le gouvernement dans une position de faiblesse définitive.

Il n’existe pas de « méthode Lecornu »

Cet épisode budgétaire n’est donc qu’une énième péripétie dérisoire et prévisible, mais qui permet de comprendre certains des dérèglements et des lacunes de la vie politique et institutionnelle française.

Premièrement, il n’existe pas de « méthode Lecornu » : le gouvernement n’a ni dirigé les débats, ni gouverné le contenu du texte dont tous les acteurs disent avoir obtenu gains de cause (sauf LFI et RN), ni eu les moyens de l’ingéniosité du gouvernement Barnier qui s’est appuyé sur le Sénat pour être majoritaire en commission mixte paritaire. Au contraire, il a subi le calendrier, malgré ses tentatives répétées de dramatisation, subi les rivalités inter et intra-partisanes, malgré ses tentatives de dépolitiser le budget « pour la France ». Il a subi, enfin, les jeux parlementaires, malgré son étrange renoncement à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. Difficile d’y voir une nouvelle méthode de gouvernement, tant il s’agit là d’un acte d’impuissance.

Deuxièmement, un gouvernement ne peut pas dépendre d’un consentement renouvelé quotidiennement (« Gouverner, c’est prévoir ») et rempli de lignes rouges des députés et partis. Cela, dans un contexte majoritaire ou non, à un ou plusieurs partis. Les contrats de coalition servent justement à anticiper le contenu de la partition gouvernementale, et laissent au quotidien l’exécution de ce contrat. Ils sont négociés durement, pendant plusieurs mois, allongeant d’autant la période entre les résultats législatifs et la nomination du gouvernement : 18 mois en Belgique (2010), de 7 à 9 mois aux Pays-Bas (2017, 2021), 6 mois en Allemagne (2017), 4 mois en Espagne (2023). Cela n’est pas un problème démocratique mais la prise en compte de la fragmentation parlementaire à minorités multiples. Cela rappelle l’idée élémentaire selon laquelle, dans un régime parlementaire, le gouvernement doit être doté d’une légitimité avant de gouverner et d’exercer sa responsabilité.

Les véritables responsables

Plus largement, cet épisode donne à voir les autres acteurs. Reconnaissons ainsi à Sébastien Lecornu que cette erreur n’est pas la sienne et qu’il importe finalement peu. Qui porte la responsabilité ?

  • Le président de la République et ses conseillers (ceux-là mêmes qui lui ont soufflé l’idée de dissoudre l’Assemblée nationale) portent la responsabilité de cette erreur. Elle remonte au lendemain des législatives de juillet 2024. Depuis lors, trois premiers ministres se sont succédé, tous nommés selon des calculs politiciens reposant sur des capacités supposées à obtenir l’abstention de LFI ou du RN, puis du PS ou de LR, en cas de motions de censure. Comme dans tous les autres régimes parlementaires, le chef du parti ayant remporté le plus de sièges aurait dû être appelé à tenter de former un gouvernement, puis en cas d’échec, le deuxième, etc. Un premier ministre n’aurait donc dû être nommé qu’après avoir construit une coalition au programme de gouvernement contractualisé, démontrant, de fait, une assise suffisante à l’Assemblée nationale.

  • Le Parlement, pris au piège par le gouvernement qui a tenté de le responsabiliser pour cacher son impuissance, dans une inversion malvenue des rôles, n’est pas devenu le gouvernement.

  • L’Assemblée nationale a confirmé que sa capacité à légiférer était compromise (contrairement à ce qu’ont pu affirmer certains commentateurs à propos d’un nouvel « âge d’or » du parlementarisme). On peut expliquer cette incapacité par la subordination de l’Assemblée en tant qu’institution mais aussi par son déclassement politique, lié au manque de poids politique des nouveaux députés depuis 2017.

  • Le Sénat a montré ses limites constitutionnelles. Autrement dit, la Seconde Chambre, doublement exclue des influences politiques et institutionnelles, n’a pas pu peser sur l’examen du projet de loi de finances et a donc travaillé vainement.

Quels enseignements en tirer ?

Cet épisode apporte des enseignements, de plus en plus flagrants depuis juillet 2024.

1) L’arithmétique de l’Assemblée nationale expose une double impasse. D’une part, le président de la République ne dispose plus d’une majorité parlementaire pour gouverner comme il l’a fait entre 2017 et 2022 : c’est la fin du « présidentialisme majoritaire » qui caractérisait jusqu’alors la Ve République. Mais, d’autre part, aucune majorité alternative ne s’est constituée autour du premier ministre, contrairement aux périodes de cohabitation (1986-1988, 1993-1995, 1997-2002), pour opérer un « retour au texte » de la Constitution – c’est-à-dire une lecture où le premier ministre gouverne effectivement.

Dès lors, toute discussion sur l’inadaptation supposée des règles de l’examen parlementaire des projets de loi de finances est malvenue. Elles attribuent les échecs du gouvernement et de l’Assemblée aux règles de procédure – comme l’a suggéré la présidente de l’Assemblée nationale Braun-Pivet – alors que les causes sont ailleurs. Le changement de procédure n’aurait pas conduit à un résultat différent. Les propositions de réformes (comme celles du Haut-Commissariat au plan) écartent le poids du contexte politique et, pis, relèvent d’une vision techniciste et d’un solutionnisme normatif dépassé.

2) Ni présidentialisme ni « retour au texte » de la Constitution : nous assistons à la fin des modèles connus de la Ve République. Dans ce contexte, les institutions ne sont « bien faites » pour personne (François Mitterrand déclarait en juillet 1981 : « Les institutions n’étaient pas faites à mon intention. Mais, elles sont bien faites pour moi. ») Un changement de texte (qui serait le 26ᵉ…) ou un nouveau mode de scrutin ne changerait ni les votes des Français, ni le populisme, ni le déclin des partis de gouvernement, ni les acteurs politiques. Le contexte de fragmentation appelle un nouveau modèle reposant sur la formation d’un gouvernement de coalition comme à l’étranger – ce que permet le texte de la Constitution aux lectures multiples.

3) Reste aux acteurs politiques à le penser et le mettre en œuvre. Mais, au regard des atermoiements du président de la République depuis 2022, des députés qui ont intériorisé leur incompétence à légiférer (comme l’illustrent les motions de rejet préalable de mai et juin 2025 utilisées pour contourner le débat à l’Assemblée nationale par des majorités de circonstance pourtant favorables aux textes), et des partis et candidats tournés vers la prochaine élection présidentielle comme sous la IVe République vers la prochaine crise institutionnelle, il n’est pas certain qu’ils y arrivent.

La séquence ouverte en 2017 a disrupté le système politique, sans construire. S’appuyant sur les institutions et le fait majoritaire jusqu’en 2022, Emmanuel Macron n’a pas su, depuis, instaurer un mode de fonctionnement adapté à l’absence de majorité. Faute d’avoir pensé un gouvernement par coalition négociée, le pouvoir exécutif s’épuise à chercher des majorités de circonstance et à attendre du Parlement ce qu’il ne peut pas faire. Tant que cette leçon ne sera pas tirée, il n’y aura pas de méthode – Lecornu ou autre. Les institutions en sortent abîmées ; LFI et RN : 25 sièges en 2017, 198 depuis 2024. In fine, la question n’est peut-être plus de savoir qui gouvernera, mais s’il sera encore possible de gouverner.

The Conversation

Thomas Ehrhard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La « méthode Lecornu » a-t-elle échoué ? – https://theconversation.com/la-methode-lecornu-a-t-elle-echoue-274065

Donald Trump ou pas, le Groenland, futur pivot logistique arctique

Source: The Conversation – in French – By Gilles Paché, Professeur des Universités en Sciences de Gestion, Aix-Marseille Université (AMU)

Loin d’être seulement un territoire gorgé de ressources naturelles attisant toutes les convoitises, le Groenland se place comme un nœud stratégique majeur pour les chaînes d’approvisionnement mondiales. Une telle réalité reste encore trop souvent méconnue.


Depuis la réélection de Donald Trump, le Groenland occupe une place grandissante dans les débats politiques, souvent réduit dans les médias à une question de captation de ressources naturelles. Terres rares, uranium, hydrocarbures ou eau douce sont fréquemment présentés comme les motivations principales de l’intérêt renouvelé du président des États-Unis et, plus largement, des grandes puissances pour ce territoire arctique. Bien que fondée sur des enjeux réels, une telle lecture que l’on qualifiera d’extractive tend à simplifier la nature des tensions actuelles dans la mesure où elle masque une transformation plus profonde des équilibres mondiaux.

Le Groenland apparaît en effet moins comme un simple réservoir de ressources naturelles que comme un espace clé de circulation et de projection des flux dans un contexte de profonde reconfiguration des échanges. Les chaînes d’approvisionnement mondiales, longtemps structurées autour de routes méridionales, sont aujourd’hui fragilisées par les crises géopolitiques et la saturation des infrastructures existantes. D’où une interrogation récurrente : l’Arctique n’émerge-t-il pas comme un nouvel horizon logistique rendu progressivement accessible par le recul de la banquise ? Le Groenland, par sa position centrale entre l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie, deviendrait alors un élément clé de la recomposition en cours, bien au-delà de la seule question des ressources.

De nouvelles routes maritimes arctiques

Le commerce maritime mondial repose historiquement sur quelques grandes routes structurantes : le canal de Suez (Égypte), le canal de Panama, le détroit de Malacca (Thaïlande, Indonésie, Malaisie) ou encore le cap de Bonne-Espérance (Afrique du Sud). Ces passages sont à la fois vitaux et très vulnérables, comme l’a montré l’ensablement du porte-conteneurs Ever Given en mars 2021 dans le canal de Suez. De ce point de vue, l’Arctique apparaît de plus en plus comme une alternative crédible. En effet, la réduction de la banquise estivale, fruit du réchauffement climatique, ouvre progressivement trois axes majeurs :




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Même si les routes indiquées sur la carte 1 ne sont pas encore accessibles toute l’année, leur fenêtre de navigabilité s’allonge et leur fiabilité augmente. L’intérêt logistique est considérable puisqu’un trajet maritime entre l’Asie de l’Est et l’Europe du Nord peut être raccourci de 30 à 40 % par rapport à un trajet par le canal de Suez, réduisant à la fois le temps de transport, la consommation de carburant et les émissions polluantes.

Carte 1. Nouvelles routes maritimes ouvertes grâce à la fonte des glaces


« La Dépêche », 15 janvier 2026., Fourni par l’auteur

Pour les chaînes d’approvisionnement mondiales, dont les délais et les coûts sont des variables critiques, ces gains sont loin d’être négligeables. Le Groenland ne constitue pas ici seulement un lieu de transit passif. Sa position géographique en fait au contraire une zone idéale pour des fonctions de soutien en matière d’escales techniques, de ravitaillement et d’assistance aux navires, mais aussi d’opérations de recherche et de sauvetage.

Il convient toutefois de nuancer l’enthousiasme qui gagne certains observateurs quant à l’émergence d’une nouvelle géographie des flux. Les routes arctiques, actuelles et à venir, restent soumises à des conditions extrêmes (météo imprévisible, dérive des glaces, ou encore manque de cartographie précise). La logistique arctique est donc plus complexe, plus risquée et plus coûteuse en infrastructures que la logistique des chaînes mondiales d’approvisionnement mise en œuvre depuis le début des années 1980. C’est précisément pour répondre à ces contraintes que le Groenland gagne en importance : en servant de base avancée pour la coordination et l’intervention, il devrait contribuer à la viabilité économique de nouvelles routes.

La logistique, un instrument de puissance

Dans le monde contemporain, nul doute que la logistique n’est plus un simple outil technique au service des échanges de biens et services. Elle est devenue clairement un instrument de puissance, au même titre que la maîtrise de ressources énergétiques et des technologies, notamment d’intelligence artificielle. Contrôler des routes et des nœuds critiques, c’est influencer les flux économiques et, par extension, les rapports de force internationaux. Or, le Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark, se trouve de facto intégré aux structures occidentales, notamment via l’Otan. Il est ainsi un élément clé de l’architecture sécuritaire de l’Atlantique Nord et de l’Arctique.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis considèrent le Groenland comme un maillon essentiel de leur sécurité. La base spatiale de Pituffik (base aérienne de Thulé, jusqu’en 2023), construite en 1951, et aujourd’hui intégrée au dispositif de défense antimissile et de surveillance états-unien, illustre cette vision géostratégique que la carte 2 permet de mieux visualiser.

Au-delà de sa fonction militaire, la base de Pituffik joue également un rôle logistique majeur dans le suivi des flux maritimes de l’Arctique. Compte tenu du contexte de rivalités accrues avec la Russie et de méfiance vis-à-vis des ambitions chinoises, l’administration Trump cherche à renforcer sa présence et ses partenariats dans la région. La logistique, entendue comme capacité à soutenir et protéger des flux, en constitue un élément clé.

Carte 2. Les États-Unis sous la menace des missiles balistiques russes


« Ouest-France/Lignes de Défense », 7 janvier 2026., Fourni par l’auteur

La Russie dispose du plus long littoral arctique et a investi massivement dans des infrastructures portuaires, des brise-glaces et des bases militaires le long de la route du Nord-Est. Pour Moscou, cette route est à la fois un atout économique et un levier géopolitique. Concernant la Chine, bien que non riveraine, elle se définit depuis 2018 comme un « État proche de l’Arctique » et intègre la région dans son initiative des nouvelles Routes de la Soie. À ce titre, ses investissements potentiels dans les ports et les câbles sous-marins suscitent une vigilance accrue des pays occidentaux. Dans un contexte de montée en puissance des stratégies arctiques russe et chinoise, le Groenland apparaît ainsi comme un point de cristallisation des enjeux logistiques et sécuritaires occidentaux.

Un multiplicateur de puissance

Loin d’être un simple territoire périphérique, le Groenland concentre en effet des fonctions essentielles de surveillance et de protection des infrastructures critiques structurant les chaînes d’approvisionnement mondiales. Routes maritimes émergentes, ports en développement, câbles de communication sous-marins et capacités satellitaires y convergent. Leur sécurisation conditionne non seulement la fluidité des échanges, mais aussi la résilience des systèmes militaires, numériques et énergétiques occidentaux. Dès lors, le Groenland s’impose comme un véritable « multiplicateur » de puissance : y contrôler l’accès et le soutien logistique confère un avantage stratégique décisif dans tout l’Arctique. Une telle centralité illustre l’imbrication croissante entre logistique et stratégie dans les rivalités entre puissances.

Le développement de la logistique arctique repose avant toute chose sur les infrastructures. Le Groenland possède un potentiel important pour l’accueil de ports en eau profonde capables de recevoir des navires de grande taille. Un accord signé en septembre 2025 entre le Danemark et le gouvernement groenlandais prévoit ainsi la construction d’un deep‑water port à Qaqortoq, dans le sud du territoire. Ce type de port joue un rôle de plate-forme multimodale, reliant transport maritime et aérien et, à terme, des réseaux numériques avancés. Il permettra de consolider, redistribuer ou rediriger les flux entre l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie, en particulier pour les marchandises à forte valeur ajoutée ou sensibles aux délais.

Un futur hub logistique majeur

Au-delà des ports, la logistique moderne repose sur une gamme étendue de services : stockage stratégique, maintenance des flottes, gestion des carburants, traitement des données de navigation. Le Groenland pourrait accueillir des bases spécialisées dans le soutien, réduisant la dépendance à des infrastructures éloignées, situées plus au sud. Ajoutons que le climat froid, souvent perçu comme un handicap, constitue également un avantage concurrentiel pour l’implantation de data centers. Le refroidissement naturel réduit les coûts énergétiques (de 40 à 80 % de la consommation totale), tout en renforçant la résilience des infrastructures numériques.

Il serait toutefois illusoire de comparer en l’état le Groenland à des hubs logistiques matures tels que Singapour ou Rotterdam, traitant respectivement des centaines de millions de tonnes de marchandises par an. Avec une population d’environ 56 000 habitants, le territoire est confronté à des contraintes structurelles majeures : aucune route interurbaine ni voie ferrée, des infrastructures conçues pour de faibles volumes et une dépendance presque exclusive au transport aérien et maritime.

France Culture 2026.

De telles limites réduisent l’attractivité des routes arctiques pour le trafic commercial de grande échelle et exigent des investissements considérables afin d’accroître la capacité logistique locale. À moyen et long terme, le Groenland pourrait cependant se positionner comme un nœud logistique complémentaire
– plutôt que concurrent – des grands hubs mondiaux
.

Héritages et perspectives

Les axes logistiques ont toujours façonné le pouvoir des États. Des Routes de la Soie aux canaux de Suez et de Panama, la maîtrise des flux a déterminé les fortunes économiques et la capacité de projection militaire. Dans cette lignée, le Groenland pourrait incarner un jalon stratégique analogue pour le XXIe siècle. Son positionnement géographique central, combiné à des infrastructures adaptées, en fait un pivot capable d’influencer non seulement le commerce arctique mais aussi les chaînes d’approvisionnement mondiales. La logistique y devient ainsi un vecteur de puissance, révélant comment la maîtrise des circulations matérielles et numériques redessine la hiérarchie des États dans un monde multipolaire.

Au-delà de la géographie et de l’économie, le Groenland illustre l’imbrication croissante entre technologie, environnement et stratégie. Les défis du climat arctique obligent à innover en matière d’infrastructures et de sécurité, tandis que l’histoire contemporaine rappelle que le contrôle de points névralgiques produit des effets durables sur l’équilibre global des échanges.

En ce sens, le Groenland ne peut être réduit à un territoire dont les riches ressources sont à portée de main, mais un laboratoire de la puissance logistique où sécurité, commerce et innovation convergent. À n’en point douter, son rôle futur devrait résonner comme une preuve supplémentaire que les flux – et ceux qui les organisent – façonnent en profondeur le nouvel ordre mondial.

The Conversation

Gilles Paché ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Donald Trump ou pas, le Groenland, futur pivot logistique arctique – https://theconversation.com/donald-trump-ou-pas-le-groenland-futur-pivot-logistique-arctique-273928

Intervención militar de EE.UU. en México: la duda ahora es cuándo y cómo se producirá

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Arturo Santa Cruz Díaz Santana, Profesor-Investigador especializado en América del Norte, regionalismos y teoría de las RRII, Universidad de Guadalajara

lev radin/Shutterstock

La situación entre México y Estados Unidos continúa tranquila”, rezaba el encabezado de una nota de la Associated Press (AP) publicada hace exactamente 100 años, el 24 de enero de 1926. Hoy en día un encabezado similar es prácticamente impensable.

Desde que Donald J. Trump asumió la presidencia hace un año, la relación entre los dos países ha estado marcada por la hostilidad proveniente del norte del Río Bravo. No en balde, la misma agencia de noticias publicaba el pasado 16 de enero un teletipo con las declaraciones de la presidenta mexicana Claudia Sheinbaum. En ellas, expresaba “un esfuerzo por evitar los rumores de intervención por parte de la administración Trump”.

En este baile, Estados Unidos lleva la iniciativa y su estrategia juega en contra de la inviolabilidad del territorio mexicano y la soberanía el país. Washington ha movido ficha al reclamar que no solo detengan y les entreguen a presuntos miembros de los cárteles, sino también a narcopolíticos. Es decir, a funcionarios públicos coludidos con el narcotráfico. Esto supone un factor de presión añadido para Sheinbaum, ya que algunos de esos narcopolíticos tiene vínculos con Morena, el partido que la llevó a la presidencia, y con el propio Gobierno.

El interrogante que sobrevuela ahora el ambiente no estriba tanto en si habrá algún tipo de acción armada por parte de efectivos estadounidenses en México durante este 2026, sino qué forma adquirirá.

Mas de un siglo bajo amenaza

En 1916, la “expedición punitiva” comandada por el general Pershing penetró en territorio mexicano en búsqueda del líder revolucionario Pancho Villa. Este había asaltado el poblado estadounidense de Columbus y la amenaza de una intervención armada en territorio mexicano parecía real. Hoy en día, más de un siglo después, esa amenaza sigue vigente.

Desde la ilegal incursión de tropas estadounidenses en Venezuela, el presidente Donald Trump ha sugerido en repetidas ocasiones que un ataque armado por parte de las fuerzas armadas de su país puede tener lugar. El mensaje no puede ser más claro: “Algo se tiene que hacer con México”.

El pretexto para las amenazas intervencionistas es ahora el tránsito de drogas de México a Estados Unidos, particularmente de fentanilo. De manera un tanto surrealista, el mandatario estadounidense ha designado a esta sustancia como “arma de destrucción masiva”. La relación bilateral, pues, no está tranquila.

Sheinbaum deja atrás los “abrazos” sin balazos

La respuesta de la presidenta mexicana ha pivotado de forma recurrente sobre dos argumentos. Por un lado están sus repetidas declaraciones oponiéndose a cualquier intervención armada estadounidense en territorio mexicano. Por otro, sus reiteradas alusiones a la intensificación de la cooperación de su gobierno con las autoridades estadounidenses en materia de narcotráfico. Una colaboración que, en opinión de Sheinbaum, está funcionado.

Los decomisos de estupefacientes, así como las detenciones de narcotraficantes y el traslado de 93 líderes del crimen organizado a Estados Unidos son hechos probados. Dichos traslados se han producido mediante procesos legales de extradición o, simplemente, subiendo a los presuntos narcos a un avión.

Este giro en la estrategia contra el crimen organizado ha puesto en evidencia que la cómplice y fallida política de “abrazos, no balazos” del mentor y antecesor de la mandataria, Andrés Manuel López Obrador, ha sido abandonada.

A pesar de ello, queda claro que el tipo de colaboración que Sheinbaum está ofreciendo resulta insuficiente para el Gobierno estadounidense. Lo confirmó el Secretario de Estado, Marco Rubio, este 15 de enero, después del enésimo llamado por parte de la presidenta y su canciller, Juan Ramón de la Fuente, a descartar la vía armada en México. “Los avances graduales para afrontar los desafíos de la seguridad fronteriza son inaceptables”, afirmó Rubio.

Narcopolíticos en el punto de mira

El precio para contener los ataques estadounidenses en territorio mexicano se ha incrementado. No bastan ya las incautaciones y el envío de narcotraficantes a Estados Unidos. El presidente Trump ha reiterado que, en México, personalidades políticas posibilitan e incurren en el trasiego de narcóticos hacia su país. Washington demanda ahora la entrega de dichos funcionarios corruptos, que ciertamente existen.

El problema para la presidenta Sheinbaum es que varios de los posibles candidatos a dejar el país mantienen vínculos cercanos con López Obrador. Y este sigue teniendo una considerable influencia, tanto en Morena, el partido que llevó a Sheinbaum al poder, como en el gobierno que ella preside.

La defenestración de estos narcopolíticos, entre ellos alguien cercano al ex mandatario, y su entrega a las autoridades del vecino país del Norte provocaría seguramente un sismo en el grupo gobernante. Todo parece indicar, sin embargo, que hacia allá se encamina la estrategia que habrá de seguir la presidenta en los próximos meses.

Investigadores y periodistas especializados en narcotráfico han dado a conocer listas de presuntos narcopolíticos. En ellas se citan a varias figuras destacadas de la política mexicana, incluyendo alcaldes, gobernadores y funcionarios federales.

Una posición de fuerza para renegociar el acuerdo comercial T-MEC

Sin embargo, como el propio delincuente convicto que ocupa la Casa Blanca (Trump fue declarado culpable de 34 delitos por un jurado de Nueva York en mayo de 2024) ha dejado ver en más de una ocasión, con él no hay acuerdo que valga. Lo suyo es mover la portería. Así, no sería extraño que el gobierno trumpista utilice el tema de la corrupción en el sistema de justicia mexicano para obtener ventajas en la “revisión” del acuerdo comercial entre los tres países de América del Norte, Canadá, Estados Unidos y México, conocido en este último como T-MEC. El concepto de revisión aparece en las reglas, pero en la práctica se trata más de una renegociación. Es decir, un proceso de hondo calado.

Tampoco sorprendería que el gobierno de Claudia Sheinbaum se vea arrinconado a entregar a algún o algunos políticos con vínculos con cárteles mexicanos de la droga, seis los cuales han sido designados por la administración Trump como organizaciones terroristas internacionales desde febrero de 2025. Este escenario no garantiza el fin de la presión ni de la amenaza de intervención.

No se puede descartar que, a pesar de las nuevas concesiones en materia de detenciones y traslados, el presidente estadounidense siga barajando algún tipo de ataque cinético por parte de las fuerzas armadas de su país.

Es poco probable que se trate de una misión análoga a la realizada en Caracas, en parte por el riesgo que conllevaría para Estados Unidos realizar ese tipo de maniobra en un país con el que tiene más de 3.000 kilómetros de frontera. Pero también es improbable que Washington se conforme con un ataque quirúrgico con drones sobre algún laboratorio de narcóticos.

La administración Trump está presionando ya para que efectivos estadounidenses acompañen a sus pares mexicanos en operaciones en territorio de México. Hasta hace poco, una operación de tal naturaleza habría sido impensable, pero ya no lo es. El reto para la presidenta Cladua Sheinbaum consisitiría en incrementar la colaboración con Estados Unidos en un orden de magnitud, al tiempo que convence a la ciudadanía de que esto se hace de manera voluntaria y sin violar la soberanía mexicana. Sin duda, resultará complicado encontrar la cuadratura de ese círculo.

La situación entre México y Estados Unidos, al menos durante lo que resta del gobierno del presidente Trump, distará, como decía aquel titular de la AP hace un siglo, de estar tranquila.

The Conversation

Arturo Santa Cruz Díaz Santana no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Intervención militar de EE.UU. en México: la duda ahora es cuándo y cómo se producirá – https://theconversation.com/intervencion-militar-de-ee-uu-en-mexico-la-duda-ahora-es-cuando-y-como-se-producira-274088

« Carney a prononcé un discours courageux – parce que risqué », selon une spécialiste

Source: The Conversation – in French – By Mireille Lalancette, Professor, Département de lettres et communication sociale, Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

Le discours prononcé mardi par le premier ministre Mark Carney au Forum économique mondial, à Davos en Suisse, dicté par le pragmatisme dont l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre se revendique depuis son arrivée dans la vie politique, marque un tournant majeur pour les relations internationales du Canada.




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Le sénateur et ancien diplomate canadien Peter Boehm a parlé du discours de Carney comme du « plus important prononcé par un premier ministre canadien depuis Louis St.Laurent en 1947 », tandis que certains analystes l’on comparé au discours du premier ministre britannique Winston Churchill sur le rideau de fer.

Était-ce la bonne décision compte tenu des retombées et des représailles potentielles ? S’il est difficile de prédire la portée qu’aura véritablement un discours politique, la professeure en communication politique à l’UQTR, Mireille Lalancette, note que Carney a très bien manié les codes du discours et les procédés rhétoriques afin de porter son message. Elle repère à cet égard une proximité entre Carney et le président américain John F. Kennedy, qui avait proclamé de manière célèbre : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. »

L’habileté de Carney n’est pas moindre, lorsqu’il dit : « Nous ne comptons plus seulement sur la force de nos valeurs, mais la valeur de notre force. » Lalancette, autrice de l’ouvrage Prendre la parole et argumenter, rappelle que Carney a écrit lui-même son discours, et note que l’on repère à ces formules solennelles la conscience qu’avait Carney de marquer un potentiel moment de bascule.


La Conversation Canada : Mark Carney s’est construit une image d’homme pragmatique et compétent. Réussit-il à tenir cette posture maintenant qu’il est confronté à Donald Trump et aux grandes puissances économiques ?

Mireille Lalancette : Pour l’instant, Mark Carney parvient à tirer son épingle du jeu. Si on se reporte au triangle du leadership, théorie avec laquelle je travaille avec mes collègues italiens Diego Cieccobelli et Luigi Di Gregorio, et qui comprend trois grands traits, soit la compétence, l’authenticité et la proximité, on voit qu’il réussit à les mettre de l’avant tant par ses paroles que ses gestes. L’authenticité, par exemple, ressort de ses propos et prises de décision, lorsqu’il parle d’honnêteté et de mettre fin aux mensonges. Le discours de Carney à Davos assumait un propos authentique malgré les risques importants qui y étaient associés.

Il y a un parallèle à faire ici avec Jean Chrétien, qui avait refusé en 2003 de participer à l’invasion de l’Irak avec George W. Bush. Il y avait une rupture ferme : on ne suivait plus aveuglément les Américains. Il ne voulait pas aller là, ne jugeait pas cette guerre nécessaire.

LCC : Carney s’est efforcé de se construire une image de politicien accessible et près des enjeux des gens. Est-ce que cette posture est encore importante dans le contexte actuel, ou peut-il jouer plus frontalement sur son image d’élite politique et économique ?

M.L. : Construire une posture politique, c’est un peu comme manipuler un système de son : On intensifie certaines variables, on en atténue d’autres en fonction du contexte et du moment. En ce moment, c’est gagnant pour Carney – et en fait il n’a pas vraiment le choix de mettre de l’avant cette posture. Ce qui est intéressant également avec cette posture d’élite économique qu’il possède, c’est que Carney connait les codes de ces milieux, il parle le même langage qu’eux. Quand on analyse le discours de Davos, et à plus forte raison sa réception, force est reconnaitre que Carney a su évaluer aussi bien le moment que le ton à adopté.




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LCC : Carney a prononcé son discours à un moment stratégique, alors que l’Europe fait front contre Trump et son désir de prendre contrôle du Groenland. Est-ce qu’il n’y a pas un risque pour le Canada, qui évolue dans un contexte plus précaire ?

Donald Trump montre une carte aux dirigeants occidentaux
Vraisemblablement crée à l’aide de l’intelligence artificielle, cette image publiée par Trump sur son compte Truth Social montre différents dirigeants du monde écoutant le prédisent américain discourir sur ce qui semble être l’élargissement du territoire américain au Canada et au Groenland.
(Capture d’écran | X), CC BY

M.L. : Marc Carney a prononcé un discours courageux – parce que risqué. Le problème, cependant, c’est que ne pas prendre ce risque constitue également un risque. Aussi récemment que lundi dernier, Trump publiait sur son compte Truth Social une carte où on pouvait voir le drapeau américain s’étendre au Canada et au Groenland. C’est du symbole, mais qui travaille concrètement un certain imaginaire politique de sa base. C’est une manière également de nous dire que notre présence est dérangeante. On a pu voir cette dernière année que marcher sur la pointe des pieds, signer des accords, bref que s’adapter aux humeurs de Trump de manière réactive, n’est pas une stratégie viable.


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On doit également rappeler que le discours de Carney ne visait pas uniquement les États-Unis, mais aussi d’autres superpuissances, comme la Russie et la Chine. Les pays d’Asie, de l’Europe et de l’Amérique vont avoir avantage à collaborer tant que les superpuissances vont adopter des attitudes belligérantes. Le message de Carney, à cet égard, était un appel au courage et à l’union.

Nous ne sommes pas naïfs, car nous reconnaissons que les progrès sont souvent graduels, que les intérêts sont divergents, que tous nos partenaires ne partagent pas nécessairement nos valeurs. Nous allons collaborer de manière ouverte, stratégique et lucide. Nous acceptons pleinement le monde tel qu’il est sans attendre qu’il devienne ce que nous aimerions voir. (Mark Carney)




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LCC : Ce nouveau leadership de Carney pourrait-il redonner au pays une place plus importante sur la scène internationale, quelque chose d’analogue à ce qu’on voyait sous Brian Mulroney ?

M.L. : Mulroney avait joué un rôle clé de négociateur, c’était un fin négociateur depuis longtemps. À l’échelle de son parti, c’est d’ailleurs quelque chose que des gens lui ont reproché, puisque confronté à des candidats qui voulaient par exemple quitter le parti, il avait tendance à négocier jusqu’à la fin. La place du Canada sur la scène internationale s’est détériorée notamment avec Harper, parce que ce n’était pas une priorité à l’époque. Trudeau a essayé de redorer le blason du pays, mais ça reste toujours un défi dans un contexte où les puissances mondiales ne jouent pas nécessairement selon les règles du jeu établies notamment par les traités internationaux.




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Le leadership, c’est surtout quelque chose qui s’exerce, et tout spécialement en fonction d’un contexte donné, en mettant certaines qualités de l’avant. Il est encore tôt pour se prononcer, mais on peut dire que jusqu’à maintenant, Carney joue les bonnes cartes en fonction du contexte, qui est d’ailleurs particulièrement délicat à négocier.

LCC : Pierre Poilievre a été pris de court par la posture technocrate adoptée par Carney. Est-ce que son discours politique s’y adapte ?

M.L. : Pierre Poilievre rêvait d’une campagne avec Trudeau, qui n’a pas eu lieu parce qu’il a tellement bien mené ses attaques en amont, que son adversaire est parti. Toute sa stratégie de campagne était liée à Trudeau, ce qui a fait que pendant les deux premières semaines de la campagne, il s’affairait encore à attaquer Trudeau alors que son adversaire était Carney. Mais dans le contexte actuel, ce n’est pas crédible, il répète systématiquement les mêmes arguments, les mêmes slogans. On le voit difficilement prononcer un discours comme celui que Mark Carney à offert à Davos cette semaine.

La Conversation Canada

Mireille Lalancette ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. « Carney a prononcé un discours courageux – parce que risqué », selon une spécialiste – https://theconversation.com/carney-a-prononce-un-discours-courageux-parce-que-risque-selon-une-specialiste-274171

Academy Awards 2026: How ‘Hamnet’ will help me lead Shakespeare classes about ‘Hamlet’s’ Ophelia

Source: The Conversation – Canada – By Paul Yachnin, Tomlinson Professor of Shakespeare Studies, McGill University

In ‘Hamnet,’ Shakespeare’s wife, Agnes, (Jessie Buckley) is a healer. (Agata Grzybowska/2025 Focus Features LLC)

When I teach Shakespeare’s play, Hamlet, many students love the character Ophelia, and so do I. But the play seems to silence her just when readers need to know more about how she sees the world and her place in it — especially the young women in my classes.

After all, as Shakespeare critics have noted, Ophelia is a young woman who is bossed around by her brother and her father and slut-shamed and violently rejected by Hamlet — the prince who said he loved her.

Over the centuries, Ophelia appears frequently in popular western culture — recently in the Taylor Swift song of the same name, just as Ophelia imagery is referenced on Swift’s Life of a Showgirl album cover.




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Hamlet‘s Ophelia goes mad in the wake of her father’s murder. She ends up falling into a brook and drowning, according to the weirdly poetic account delivered by Queen Gertrude:

“There is a willow grows aslant a brook,

That shows his hoar leaves in the glassy stream;

There with fantastic garlands did she come

Of crow-flowers, nettles, daisies, and long purples …”

Finally, Maggie O’Farrell’s novel Hamnet, and the Hamnet movie that she wrote with director Chloé Zhao — now nominated for eight Academy Awards — have given me something important to share about Ophelia the next time I teach Hamlet.

Trailer for ‘Hamnet.’

Hamnet imagines origins of ‘Hamlet’

Hamnet, novel and movie, tells a compelling story about the origins of the play Hamlet in Shakespeare’s life as O’Farrell and Zhao imagine it, focused on the passionate relationship between Shakespeare and his wife and the tragedy of their son Hamnet’s death from plague at age 11.




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The film draws on sparse historical details, such as the name of Shakespeare’s wife Agnes (aka Anne Hathaway) and the known death of one of their children.

The film shows us the shattering grief they felt — and envisions Hamlet as a gift of remembrance for the dead Hamnet, a gift that seems strong enough to begin to heal the broken love between Agnes and William.

But in the book and the movie, the potential healing a work of art can catalyze has roots eleswhere: Agnes’s art of natural healing. From her late mother, a woman said by the locals to have been a “forest witch,” Agnes learned how to gather the flowers and herbs that grow in the forests near Stratford and how to concoct them into medicines able to heal the sick and broken bodies of her neighbours.

Regardless of the historical plausibility of Hamnet, could it possibly tell us something about Hamlet that we don’t already know?

In my analysis as a Shakespeare scholar, the film can open up a new way of seeing, loving and standing up for Ophelia, precisely by seeing Ophelia in dialogue with Hamnet’s Agnes.

Face to face with Ophelia

To understand that story, let’s consider that the theatre Shakespeare and his company made in London around the turn of the 16th century is
what I am calling a “thinking machine.”

This idea emerges from collaborative interdisciplinary research I’m doing that brings Shakespeare into conversation about social, environmental and political upheaval and explores the convergence of art, science, technology and human experience.

Why a machine? Like large language models (LLMs) today that train on huge archives of digital data, Shakespeare’s play-making didn’t just draw on previous plays, but also on literary, political and legal language, street talk, sermons, songs — the whole textual and spoken ecosystem of his time and the textual works of earlier ages.

However, unlike LLMs, which use predictive logic to generate what word should follow what word to generate a text, Shakespeare’s plays are human-made mechanisms with meanings that grow larger over time and more complex by way of the creative, networked intelligence of actors and many other interpreters.

Hamlet, itself drawing on a vast trove of literary and cultural works, has generated a multitude of different performances, different critical accounts and thousands of other works of art. The works Hamlet has inspired have also been able to loop back and bring to light aspects of the play that have passed unremarked in earlier interpretations.

Ophelia as healer

Eighteenth and 19th-century Germans, for example, took up Hamlet as a play about their own struggles toward nationhood. Ferdinand Freiligrath wrote a poem “Hamlet” (1844) with the line “Deutschland ist Hamlet.”

Painting of a dreamy looking woman beside water.
John William Waterhouse 1894 painting ‘Ophelia.’
(Wikimedia)

That new way of thinking about the play took root across many European nations. It even ended up giving voice to 20th-century Québecois aspirations toward nationhood in Hubert Aquin’s novel Prochain Épisode.

Hamnet, like other interpretations of Shakespeare’s work, can help advance our understanding of Ophelia, a character who has been at the centre of much feminist scholarship across fields for at least the past 40 years and has been a central concern in theatrical, literary and visual art for far longer.

Image of a woman looking up from a greeny blue setting suggesting water in a jeweled bustier.
Taylor Swift’s ‘The Life of a Showgirl’ album cover references earlier artistic depictions of Ophelia.
(Wikimedia)

Maggie O’Farrell’s Agnes, brought to life on-screen by Zhao in Hamnet, can begin to bring forward stronger readings of the role of Ophelia.

Building on earlier readings that amplify studies of corruption and governance, we might consider how Ophelia, like Zhao’s Agnes, also sets out to be a healer, but a healer of souls and of the nation itself.

In the play’s Act 4, Opelia’s “mad” talk, heard by ordinary people in the streets, is already stirring the people up against the corrupt monarchy.

Fighting moral disease

The “mad” Ophelia uses herbs and flowers to get at the moral disease that has infected Denmark. Like Hamlet, she is bent on bringing healthy nationhood back to Claudius’s “rotten” state.

The flowers and herbs she offers to the king and queen and to her brother Laertes, or simply imagines she is offering, include, among others, rosemary “for remembrance,” pansies “for thoughts,” and rue, “herb of grace.” They are medicinal drivers of reflection and repentance and offer rich opportunities for symbolic analysis.

But the king and queen don’t heed what the poor “mad” girl has to say, and the play ends with spectacular show of killing and dying. Both Ophelia and Hamlet fail to save Denmark from corruption and death. It is a tragedy, after all.

Let’s consider then that Gertrude’s weird poetic narrative about how Ophelia died was only the first attempt to tell her story.

It falls to me, my students and you to tell it more truthfully for our time — and Hamnet offers a pathway forward.

The Conversation

Paul Yachnin receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada.

ref. Academy Awards 2026: How ‘Hamnet’ will help me lead Shakespeare classes about ‘Hamlet’s’ Ophelia – https://theconversation.com/academy-awards-2026-how-hamnet-will-help-me-lead-shakespeare-classes-about-hamlets-ophelia-273444

Mark Carney à Davos : virage à 180 degrés dans les relations avec les États-Unis

Source: The Conversation – in French – By Stewart Prest, Lecturer, Political Science, University of British Columbia

Ce fut un moment de clarté totale. Le discours du premier ministre Mark Carney devant l’élite politique et économique mondiale réunie à Davos cette semaine décrit les réalités du monde présent et passé avec une franchise et une nuance rarement entendues de la part d’un chef d’État en exercice.

Son message était double.

Tout d’abord, tous les états doivent accepter une nouvelle réalité, à savoir que le monde a changé. Les anciennes façons de faire en politique internationale ne reviendront plus. Il serait vain d’espérer le retour de la raison. Le monde où nous vivons est régi par la menace et l’usage de la force brute.

Le second message vient toutefois tempérer le premier. Même si les grandes puissances mondiales peuvent agir de manière unilatérale, les autres — notamment les « puissances moyennes » comme le Canada — ne sont pas sans moyens.

Ces États, en coopérant dans des domaines d’intérêt commun, peuvent mutualiser leurs ressources limitées pour construire ce qui équivaut à un réseau flexible de liens coopératifs. Ensemble, ils pourraient représenter une alternative aux puissances qui, comme les États-Unis, leur offrent seulement des miettes en échange de leur capitulation.

S’ils veulent préserver leur indépendance, ces pays n’ont guère le choix. Comme l’a si bien dit Mark Carney : « Si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu. »

Entre fermeté et à-plat-ventrisme

Ce discours marque un changement d’approche radical du Canada dans ses relations avec son voisin.

Malgré sa fermeté affichée durant la campagne électorale de 2025, Mark Carney a d’abord gouverné en ménageant la chèvre et le chou. Dans l’espoir de renouveler des relations commerciales et normaliser la relation avec les États-Unis, il a tenté de négocier de bonne foi, en multipliant les gestes conciliants sur des questions qui semblaient compter pour le président américain Donald Trump.

Ainsi, le Canada a engagé des ressources importantes pour augmenter les budgets militaires et également pour lutter contre un problème de trafic de fentanyl largement inexistant. Cette conciliation a même frôlé l’à-plat-ventrisme, avec le retrait unilatéral des contre-tarifs douaniers sur les produits américains, qui n’a produit aucun effet perceptible.

Avec franchise, le premier ministre a admis que cette stratégie n’a pas fonctionné.

Même s’il n’a jamais nommé les États-Unis ni Trump, aucun doute ne subsiste sur la source des changements mondiaux spectaculaires que décrit Mark Carney. Le vernis s’est même légèrement écaillé lorsqu’il a réitéré le soutien canadien à la souveraineté du Groenland en tant que territoire du Danemark.

En fait, le discours était remarquablement direct dans sa critique de la politique étrangère américaine du second mandat de Donald Trump — laquelle aggrave la situation de presque tout le monde, y compris des Américains eux-mêmes, ce que d’autres avant lui ont déjà affirmé.

La réponse de Trump

Cette pique peu subtile n’a pas échappé à l’auditoire à Davos ni à ceux qui écoutaient de l’autre côté de l’Atlantique.

Donald Trump n’a pas tardé à riposter dans son style habituel — décousu et parfois confus, comme son discours prononcé le lendemain sur la même tribune.

Il a réitéré son intention d’annexer le Groenland, tout en confondant à plusieurs reprises l’île avec l’Islande voisine, également souveraine.

Il a également pris soin d’interpeler le premier ministre canadien : « Le Canada existe grâce aux États-Unis. Ne l’oublie pas, Mark, dans tes prochaines déclarations. »

Cette menace flagrante envers un voisin et allié n’a fait qu’ajouter une preuve additionnelle à l’argumentaire de Mark Carney. Ses commentaires révèlent l’espèce de « gangstérisme » souvent observé de la part de Trump, dans le ton d’une autre remarque passée : « Beau pays, Mark. Ce serait dommage qu’il lui arrive quelque chose. »

Critique du passé

Si le premier ministre canadien a été incisif quant à l’effritement d’un ordre international libéral fondé sur des règles, sa critique du passé a été, à certains égards, encore plus remarquable. Sur ce point, il s’est exprimé avec une franchise rarement entendue à Davos.

Il y décrivait, en termes clairs, un ordre régi tout autant par son hypocrisie que par ses règles. Le Canada, a-t-il reconnu, se range parmi les pays qui ont profité d’un système aux règles inégalement appliquées et fortement sous influence des superpuissances.

C’est précisément cette notion, ainsi que l’idée que les États doivent se projeter vers l’avenir pour survivre, qui sous-tendait son exhortation à ne pas pleurer la disparition de l’ancien ordre.

Le premier ministre canadien, face aux menaces diverses et imprévisibles, aspire à voir émerger un nouveau système plus résilient, plus honnête et plus juste.

Les puissances moyennes, en élaborant un terrain d’entente sur des questions communes, pourront ainsi agir conformément à leurs valeurs et intérêts, au lieu de toujours plier devant des superpuissances qui, de toute façon, bafouent trop souvent leurs propres valeurs sans vergogne. La puissance comptera toujours, mais elle ne doit pas être la seule chose qui compte.

Une nouvelle page d’histoire ?

À tous égards, les propos du premier ministre canadien à Davos étaient éblouissants. Mais saura-t-il joindre le geste à la parole ?

Une ovation enthousiaste a accueilli ce discours. À juste titre, il a également reçu les éloges du monde entier pour sa description lucide d’un ordre mondial plus dur et sa vision de la manière dont des États comme le Canada pourront continuer à prospérer dans ce contexte.

Mais quant à savoir si ce discours passera réellement dans les annales, tout dépendra de la suite. Si le Canada souhaite sérieusement tracer une nouvelle voie distincte de celle des grandes puissances, il faudra autre chose que de beaux discours.

Il devra démontrer le sérieux de ses intentions par divers gestes, tels que le déploiement éventuel d’une force symbolique au Groenland. Le Canada n’obtiendra pas le soutien des autres s’il ne les soutient pas lui-même.

De même, le Canada doit rejeter les projets tels que le « Conseil de la paix » de Trump — une tentative à peine voilée de remplacer les institutions de gouvernance mondiale par un organisme composé de membres choisis par lui et fait pour répondre à ses caprices.

Mais maintenant que Mark Carney a capté l’attention du monde entier, la suite dépendra de ce qu’il en fera.

La Conversation Canada

Stewart Prest ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Mark Carney à Davos : virage à 180 degrés dans les relations avec les États-Unis – https://theconversation.com/mark-carney-a-davos-virage-a-180-degres-dans-les-relations-avec-les-etats-unis-274155

En busca de la ‘desensibilización’: así funciona la inmunoterapia oral en las alergias a los alimentos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Itziar Eusebio Cartagena, Médico especialista en Alergología, Fundación para la Investigación Biomédica del Hospital Infantil Universitario Niño Jesús (FIBHNJS)

Lyutikov 713/Shutterstock

Probablemente, alguno de los amigos de sus hijos, sobrinos o nietos, o ellos mismos, sean alérgicos a algún alimento. Es un problema cada vez más habitual y con mayores repercusiones sociales y sanitarias entre los menores.

En la primera infancia, la alergia a la leche de vaca y al huevo es la más frecuente: según las distintas técnicas de evaluación, puede afectar a entre el 0,09 y el 1,84 % de la población pediátrica. Los pacientes tienen el riesgo de sufrir reacciones adversas graves (anafilaxia) o incluso fatales, y deben someterse a dietas de evitación estrictas que se asocian a un empeoramiento en la calidad de vida tanto del niño como de sus familiares.

Detección y tratamiento

Para hacer el diagnóstico, es preciso que el paciente haya experimentado síntomas compatibles, como picor de boca, aparición de habones u otros, en un periodo corto (menos de dos horas) tras la toma de un alimento. Además, se debe confirmar mediante un estudio alergológico, basado en pruebas cutáneas de prick test (aplicación de extractos de alérgenos mediante gotas y punciones superficiales para observar si se producen reacciones en la piel), detección en suero de un anticuerpo determinante en su mecanismo (la inmunoglobulina E –IgE– específica) y, en algunos casos, pruebas de provocación oral, en las que el paciente ingiere cantidades crecientes de un alimento o fármaco.

Normalmente, el tratamiento consiste en dejar de consumir la comida causante de la alergia y en proporcionar tanto al paciente como a los familiares educación y entrenamiento para controlar los síntomas en caso de que la persona afectada se exponga al alimento por accidente. Además, hay que monitorizar la evolución de las pruebas alergológicas, ya que un 50-60 % de los niños dejarán de ser alérgicos a los 6-8 años de forma espontánea. En los casos de mayor gravedad, lo más probable es que se trate de una alergia persistente.

La baza de la inmunoterapia

En los últimos años se han desarrollado nuevas estrategias terapéuticas para reducir el riesgo de reacción y reintroducir activamente el alimento causante del problema en la dieta de los pacientes. Entre ellas, la inmunoterapia con alimentos es la más consolidada. Según las guías clínicas internacionales, está indicada para alergia persistente a alimentos con poca probabilidad de resolución espontánea.

Consiste en administrar dosis crecientes del alimento con el fin de incrementar la cantidad de leche o huevo que el paciente puede tomar sin padecer reacciones adversas mientras mantiene el tratamiento. Se puede administrar por 4 rutas: la vía oral, que es la más estudiada y utilizada (y en la que nos centraremos), la vía sublingual y las vías subcutánea y epicutánea (a través de la piel). Estas dos últimas solo se han aplicado en el marco de ensayos clínicos.

Aumento progresivo de la dosis de alimento

El tratamiento de inmunoterapia oral (ITO, a partir de ahora) suele empezar con dosis muy bajas y se incrementa progresivamente en un centro sanitario (“fase de inducción”) hasta llegar a la “desensibilización”. Generalmente, se alcanza con 200-250 ml de leche de vaca o un huevo crudo o poco cocinado, dependiendo del tipo de alergia. Esta etapa puede durar desde unos días a varios meses, ya que algunos protocolos programan aumentos de dosis diarias, mientras que otros, más conservadores, pautan las subidas semanalmente o en mayores intervalos de tiempo.




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Una vez que el paciente es capaz de tomar la dosis diana establecida en la fase de inducción, entraría en la “fase de mantenimiento”. Entonces consumirá el alimento en su domicilio a diario o cada 48 horas para poder comer otros productos que contengan leche o huevo, respectivamente. La fase de mantenimiento es crónica, y el paciente deberá consumir el alimento con la asiduidad establecida para seguir beneficiándose de las ventajas de la terapia.

Eficacia probada

En los estudios publicados sobre la inmunoterapia oral con leche de vaca, por ejemplo, el tratamiento demuestra tasas de eficacia muy superiores a las observadas en pacientes que no lo se someten a él (69,6 % frente a 17,5 %).

Otro punto a valorar es que la eficiencia de la ITO está claramente asociada a la gravedad de la alergia. En una investigación realizada en España, dividieron a niños alérgicos a la leche de vaca en tres grupos según ese criterio (bajos, intermedios y altos). Se vio que cuanto mayor severidad de alergia presentaba el paciente, más dificultades experimentaba para obtener ventajas con el tratamiento y sufría más eventos adversos o reacciones alérgicas. Esto sugiere una correlación inversa entre eficacia de la ITO y valores de alergia/sensibilización.

Por otra parte, algunos estudios han utilizado leche horneada (un tipo de bollería) como un primer paso en la ITO, ya que al desnaturalizar algunas proteínas de la leche de vaca, el calor favorecería la seguridad del tratamiento. Aunque los resultados son alentadores, estos trabajos no son suficientemente concluyentes como para recomendarlo con las mismas garantías que la ITO convencional.

A tener en cuenta

Como cualquier tratamiento, la ITO no carece de efectos adversos. Al estar en contacto con el alimento que produce la alergia, se pueden presentar desde reacciones leves como picor de boca o habones en la piel (las más frecuentes), hasta respuestas graves como anafilaxia, que requiere del uso de adrenalina y asistencia en urgencias. Con menor frecuencia pueden aparecer alteraciones del tracto digestivo como esofagitis eosinofílica, que suele desaparecer al retirar el tratamiento.

Debido a que son más frecuentes las reacciones en la fase de inducción, es muy importante que la inmunoterapia se realice siempre en hospitales o centros médicos con personal sanitario adecuadamente formado. Y además de las respuestas adversas, es importante considerar que la ITO supone un cambio de rutinas muy exigentes al paciente y la familia, para garantizar que el tratamiento posterior en domicilio se lleve a cabo de manera segura.

En definitiva, la inmunoterapia oral se utiliza desde hace varias décadas y ha demostrado una relación riesgo/beneficio ventajosa, ayudando a mejorar la calidad de vida a los pacientes y familiares. Ante la eventualidad de producirse reacciones adversas graves, es muy importante que la fase de inducción siempre se realice en centros especializados y supervisado por equipo sanitario experto.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. En busca de la ‘desensibilización’: así funciona la inmunoterapia oral en las alergias a los alimentos – https://theconversation.com/en-busca-de-la-desensibilizacion-asi-funciona-la-inmunoterapia-oral-en-las-alergias-a-los-alimentos-270107

Los ultraprocesados: el combustible ignorado de la caries y un gran problema de salud pública en México

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Fernanda Yáñez Acosta, Especialista en Odontopediatría / Doctorado en Ciencias de la Educación., Universidad de Guadalajara

aleksandr talancev/Shutterstock

Desde la infancia escuchamos que los dulces y las golosinas causan caries. Y es cierto: el azúcar es el alimento favorito de las bacterias en nuestra boca. Sin embargo, en la actualidad sabemos de la existencia de otro gran enemigo para la salud de nuestros dientes del que apenas se habla: los alimentos ultraprocesados, que están contribuyendo a la actual epidemia de caries a nivel mundial.

¿Qué son realmente los ultraprocesados?

De acuerdo con la clasificación NOVA, un sistema que agrupa los alimentos por su nivel de procesamiento, los “ultraprocesados” son todos aquellos alimentos que han sufrido, a partir de técnicas industriales, alteraciones en su forma natural.

Estos alimentos tienen un alto contenido en sal, azúcar, grasas saturadas y, además, utilizan aditivos como conservadores, texturizantes, saborizantes y edulcorantes para mejorar sus características y apariencia. Al ser ricos en azúcares, alimentan a las millones de bacterias que forman la placa dental o biopelícula dental, que crecen y convierten nuestros “snacks” favoritos en ácidos muy fuertes. Estos ácidos hacen que el pH disminuya.

El pH funciona como una alarma del diente: cuando este baja de 5.5, la alerta suena. Por debajo de ese nivel crítico, el ácido comienza a disolver los minerales que hacen duros a nuestros dientes, un proceso conocido como desmineralización. Con el esmalte deteriorado, la caries tiene vía libre para desarrollarse.




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Los alimentos pegajosos son más dañinos

No solo importa cuántos ultraprocesados consumimos, sino también con qué frecuencia. Al fin y al cabo, cada vez que comemos estos alimentos se activa el ataque ácido. Además, consumirlos de manera rutinaria en edad infantil desplaza de la dieta opciones más saludables y nutritivas, como los alimentos ricos en fibra, esenciales para una dieta equilibrada y para el mantenimiento de una buena salud bucal.

Otro factor de riesgo a tener en cuenta es el tipo de carbohidrato que se consume: cuanto más pegajosa es la consistencia del alimento, más tiempo permanece en boca. Y eso se lo pone aún más fácil a las bacterias que atacan los dientes.

Entre los factores que disminuyen el riesgo de tener caries destacan la higiene oral con una buena técnica de cepillado y uso de hilo dental, que la saliva tenga una buena capacidad protectora y que los dientes se encuentren sanos y fuertes. Además, de una dieta sana y libre de alimentos ultraprocesados. Una manzana, por ejemplo, resulta mucho más saludable ya que, aparte de ser un alimento natural, limpia los dientes por el tipo de consistencia que la caracteriza, a diferencia de una galleta, cuya consistencia pegajosa se adhiere al diente y mantiene un pH ácido por más tiempo.




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El maíz y las legumbres, desplazados

Investigaciones en países como en Brasil y Estados Unidos han identificado que los niños con mayor consumo de ultraprocesados muestran una prevalencia más alta de caries y una menor calidad en la dieta.

En México, durante revisiones médicas realizadas en escuelas de educación básica, se detectó que el 59 % de los niños y niñas presentan caries, lo que evidencia la magnitud del problema. El consumo creciente de alimentos ultraprocesados en el país tiene profundas consecuencias en los ámbitos social, cultural y económico, especialmente entre las poblaciones más vulnerables.

El aumento de la ingesta de estos alimentos en comunidades indígenas, rurales y de bajos recursos se ha convertido en una señal de debilidad económica y desigualdad social. Por un lado, su consumo excesivo desplaza la dieta tradicional mexicana (basada en alimentos naturales como maíz, legumbres, frutas y verduras), lo que supone una pérdida de las raíces alimentarias.

Además, la inserción de la mujer en el sector laboral ha modificado la dinámica familiar, llevando a un mayor consumo de estos productos, ya que son percibidos como fáciles y rápidos de obtener.

Lo más preocupante es que, más allá de la salud bucal, el consumo frecuente de ultraprocesados desde temprana edad incrementa el peso y el desarrollo de enfermedades crónico-degenerativas, como la hipertensión y la diabetes, tercera causa de muerte en México.

Para colmo, el cambio en los hábitos alimenticios impacta directamente el presupuesto familiar y el gasto público en salud. Entre 2006 y 2022, el gasto de las familias mexicanas en alimentos ultraprocesados creció un 20.5 %,, mientras que el gasto en alimentos no procesados apenas subió un 0.5 %. Este aumento no hace más que agravar la pobreza.

Aumentan la obesidad y la diabetes

Estos cambios en los hábitos de consumo se traduce, además, en un costo en enfermedades. Como ya adelantábamos, el consumo de ultraprocesados está ligado al aumento de obesidad, diabetes tipo 2, enfermedades cardiovasculares y, por supuesto, caries. Y el manejo de estas condiciones representa un fuerte gasto económico en cuidados, atención y tratamientos, afectando tanto a las familias como al sector sanitario. Sin duda, la prevención de la enfermedad es más barata que atenderla.

El consumo de alimentos ultraprocesados es un problema multifacético que puede traducirse un desplazamiento cultural alimentario, un aumento en el gasto familiar que contribuye a la pobreza en poblaciones vulnerables y un incremento en los problemas de salud que exigen altos costos de atención. Revertir esta epidemia es una necesidad urgente.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Los ultraprocesados: el combustible ignorado de la caries y un gran problema de salud pública en México – https://theconversation.com/los-ultraprocesados-el-combustible-ignorado-de-la-caries-y-un-gran-problema-de-salud-publica-en-mexico-270018

Cuando la prensa calla y las redes hablan: cómo se informa del suicidio en España

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco Javier Olivar de Julián, Doctor en Comunicación. Profesor Universitario Máster SIG y Máster PRL., UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Nicoleta Ionescu/Shutterstock

El primer Plan de Acción para la Prevención del Suicidio ha sido aprobado en 2025. El documento destaca la importancia de una información de calidad sobre este asunto, y los medios de comunicación pueden influir con eficacia en ello. Hace falta que esa información sea rigurosa, ética y responsable y que la cobertura periodística, respaldada por la evidencia, esté alejada del sensacionalismo y avalada por la colaboración de profesionales especializados.

De esta manera, el periodismo puede colaborar para prevenir el suicidio y sensibilizar a la sociedad sobre el sufrimiento de las víctimas.
El plan apunta a prevenir la conducta suicida, a apoyar a las personas en situación de mayor riesgo y a fomentar una cobertura informativa responsable de los medios de comunicación.

El Proyecto MindHealthMedia, de la Universidad Internacional de La Rioja (UNIR), analiza la comunicación sobre salud mental. Uno de sus estudios ha analizado la participación en X (antes Twitter) ante causas de mortalidad externa. Concretamente, los investigadores han comparado la repercusión de dos sucesos con víctimas famosas: el suicidio de la actriz Verónica Forqué y el accidente de tráfico del cantante Álex Casademunt.

La participación en X fue mayor en el caso del fallecimiento de Forqué, justo al contrario de lo que sucede en la prensa. Esto generó una conversación orientada a valorar la utilidad de la información.

De la tragedia mediática al debate digital

Analizar cómo los medios de comunicación abordan el suicidio y los accidentes de tráfico es esencial. En España, el primero ha sido en 2021 la principal causa de mortalidad no natural, superando con creces a los siniestros en la carretera. La prensa tradicional ha tendido a informar poco y mal sobre ello, a menudo silenciándolo con el objetivo de evitar un efecto contagio conocido como el “efecto Werther”.

Frente a este silencio mediático, los usuarios de las redes sociales divulgan libremente sus opiniones sobre el suicidio.

El contraste informativo

Estudios previos destacan en la prensa un exceso de noticias sobre accidentes de circulación y un “gran silencio informativo” sobre suicidios. Y cuando informan sobre estos, a menudo lo hacen con rasgos sensacionalistas y sin enfoque preventivo, algo que se intensifica cuando la víctima es famosa.

En este contexto, la Organización Mundial de la Salud (OMS) ha emitido recomendaciones para la redacción de noticias de suicidio que los profesionales del periodismo, a menudo, ignoran.

Sin embargo, en el ámbito digital, y sobre todo en X, el panorama cambia. Como apuntábamos más arriba, el análisis del citado estudio reveló que la conversación generada en X tras la muerte de Verónica Forqué superó en volumen a la de Álex Casademunt. Este hallazgo revela que la prensa tradicional mantuvo el silencio estratégico por el “bien público”. Mientras tanto, en la esfera digital el debate se activaba.

Culpa y prevención

Existen diferencias en las características de los mensajes de los usuarios. Por ejemplo, el suicidio de Forqué promovió una discusión más orientada a la culpabilidad y al enfoque preventivo, variables que no se presentaron en los tuits sobre Casademunt.

Esto sugiere que la muerte por suicidio no solo incitó a los usuarios a proponer medidas de prevención, sino también a aportar ideas para evitar que sucesos similares se repitieran. Mientras, la conversación sobre el accidente de tráfico del cantante se caracterizó por una mayor expresión de emotividad y, además, por una mención más frecuente a la causa del fallecimiento y a la edad de la víctima.

El efecto Papageno en la esfera digital

Desde el punto de vista periodístico, la redacción es fundamental, ya que un mal reportaje podría desencadenar el efecto contagio. En contraste, una noticia de alta calidad puede salvar vidas.

El mayor enfoque preventivo en los tuits sobre Verónica Forqué sugiere que la red social se convierte en un espacio empático y constructivo. Es ahí donde se pueden compartir recursos de prevención. Esto es relevante, ya que también cuestiona que hablar sobre el suicidio pueda provocar un efecto contagio.

Además, la actitud de los medios en el suicidio de la actriz fue denunciada por la Confederación de Organizaciones de Psicopedagogía y Orientación de España, lo que remarca la diferencia entre la prensa y el entorno digital.

Sensacionalismo: una constante en la fama

Un rasgo común fue el alto nivel de sensacionalismo, hecho que puede atribuirse a la fama de ambas víctimas. La mención de la causa de la muerte es clave para evaluar dicha actitud sensacionalista. Además, la OMS recomienda evitar este tipo de detalles en casos de suicidio.
En este sentido, se detectó una mención mucho mayor en los tuits sobre Álex Casademunt que en los de Verónica Forqué.

En definitiva, la prensa y X no actúan igual ante el suicidio. En las redes sociales, el accidente de Álex Casademunt generó mensajes emotivos, mientras que el suicidio de Verónica Forqué transmitió un enfoque preventivo.

Esta diferencia de la conversación debe hacernos reflexionar. ¿Qué quiere el público y qué les ofrece la prensa? Tenemos un nuevo Plan de Acción para la Prevención del Suicidio, pero ¿es esto suficiente? El periodismo constructivo y el de soluciones pueden ser dos vías para conseguirlo.

The Conversation

Francisco Javier Olivar de Julián recibe fondos para esta investigación, que forma parte del proyecto “Producción y consumo de información sobre salud mental en redes sociales. Análisis de aspectos periodísticos, psicológicos, éticos y sociales (MINDHEALTHMEDIA)”, financiado por Ministerio de Ciencia e Innovación CIN/AEI / PID2022-136425OB-I00 y por FEDER “Una manera de hacer Europa”.

Jesús Díaz-Campo recibe fondos para esta investigación, que forma parte del proyecto “Producción y consumo de información sobre salud mental en redes sociales. Análisis de aspectos periodísticos, psicológicos, éticos y sociales (MINDHEALTHMEDIA)”, financiado por Ministerio de Ciencia e Innovación CIN/AEI / PID2022-136425OB-I00 y por FEDER “Una manera de hacer Europa”

Francisco Segado-Boj no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuando la prensa calla y las redes hablan: cómo se informa del suicidio en España – https://theconversation.com/cuando-la-prensa-calla-y-las-redes-hablan-como-se-informa-del-suicidio-en-espana-270551

Las estrategias globales de conservación olvidan a las especies acuáticas de ríos, lagos y arroyos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mayerly Alexandra Guerrero Moreno, Doutoranda em Sociedade, Natureza e Desenvolvimento, Universidade Federal do Oeste do Pará (UFOPA)

A pesar de su importancia ecológica, social y económica, los ecosistemas acuáticos, especialmente los de agua dulce, siguen siendo los más descuidados en las estrategias globales de conservación. Estas aún se caracterizan por criterios limitados y un sesgo a favor de los entornos marinos y las especies carismáticas, dejando fuera gran parte de la diversidad acuática, sobre todo la presente en ríos, lagos y arroyos tropicales.

Esta invisibilidad también se refleja en los Objetivos de Desarrollo Sostenible (ODS) de la ONU, que descuidan la conservación de la biodiversidad de agua dulce, notablemente ausente tanto en el ODS 14 (centrado en los océanos) como en el ODS 15 (centrado en los entornos terrestres).

Afrontar los retos de la conservación acuática exige la diversificación de las especies representadas y la ampliación de los criterios de selección.

¿Qué especies se protegen?

En un estudio recientemente publicado en la revista Water Biology and Security, abordamos esta laguna al examinar la infrarrepresentación de las especies acuáticas, especialmente las de agua dulce, en las estrategias globales de conservación.

El trabajo ha sido elaborado por investigadores de instituciones brasileñas e internacionales, entre las que se incluyen la Universidad Federal del Oeste de Pará, la Universidad Federal de Pará, la Universidad de Integración Internacional de la Lusofonía Afro-Brasileña y el Centro de Ciencias del Mar de la Universidad del Algarve.

Hemos llevado a cabo un análisis exhaustivo de la literatura científica para identificar qué especies se utilizan con mayor frecuencia como indicadores para la selección de áreas prioritarias para la conservación, qué entornos acuáticos reciben más atención, qué métodos se emplean y qué criterios orientan la elección de estas especies.

Los grupos más representativos fueron los del filo Chordata, que concentran más del 70 % de las especies analizadas, destacando los peces óseos, los mamíferos acuáticos, los reptiles y las aves.

Entre estos grupos, destaca el predominio de especies carismáticas y de amplia distribución como la tortuga boba (Caretta caretta), el delfín mular (Tursiops truncatus), la tortuga verde (Chelonia mydas) y la nutria europea (Lutra lutra).

Estas especies suelen estar asociadas a estados de conservación preocupantes, como “Vulnerable” (VU), “En peligro” (EN) o “En peligro crítico” (CR), lo que refuerza su papel como símbolos de alerta sobre la pérdida de biodiversidad acuática.

Sin embargo, algunas especies con menor riesgo, como la posidonia oceánica (menor preocupación), también aparecen en la lista, lo que destaca la importancia de otros atributos como el papel ecológico y el valor cultural. La presencia de plantas acuáticas e invertebrados, aunque minoritaria, señala el potencial de ampliar la diversidad taxonómica de las especies insignia e integrar estrategias más inclusivas en la conservación de los ecosistemas acuáticos.

En resumen, los resultados revelan una fuerte concentración en la investigación y la conservación de los entornos marinos y las especies de gran atractivo carismático, como los peces grandes y los mamíferos acuáticos. Por el contrario, las especies de ríos, lagos y arroyos siguen siendo prácticamente invisibles en la producción científica y en las estrategias de conservación analizadas.




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¿Cómo se seleccionan las especies que se protegen?

Además, el estudio identificó que los criterios utilizados para la elección de especies acuáticas como especies emblemáticas para la conservación son, en su mayoría, limitados y se concentran en pocos atributos, lo que restringe el alcance de las estrategias.

Entre los principales criterios destacados se encuentran:

  • Estado de conservación: las especies clasificadas como amenazadas en listas nacionales e internacionales, como la Lista Roja de la Unión Internacional para la Conservación de la Naturaleza, se utilizan ampliamente como especies insignia, lo que representa una estrategia de sensibilización frente al riesgo de extinción.

  • Atractivo visual y carisma: los organismos con una apariencia considerada “carismática” o con la que es fácil empatizar, como los delfines, las tortugas, las rayas y los peces grandes, son los más elegidos, incluso cuando su papel ecológico es a veces menos relevante que el de otras especies poco conocidas.

  • Importancia ecológica: algunos estudios destacan el papel funcional de las especies, como su posición trófica o su contribución a la integridad del ecosistema acuático. Sin embargo, este criterio todavía se utiliza poco en comparación con los atributos visuales.

  • Distribución geográfica y endemismo: las especies con distribución restringida o endémicas de regiones amenazadas se han valorado como posibles banderas, pero aparecen con menos frecuencia en las publicaciones analizadas.

  • Importancia cultural y económica: criterios como el valor simbólico para las comunidades tradicionales o la relevancia económica de la especie para la pesca y el turismo aún se consideran raramente, lo que revela una distancia entre la ciencia, las políticas públicas y las realidades locales.

El predominio de criterios visuales o conservacionistas clásicos demuestra una visión limitada sobre el papel de las especies insignia y restringe el potencial transformador de este enfoque en las políticas de conservación. Ante esto, el estudio propone urgentemente una ampliación de los criterios, con una mayor integración de aspectos ecológicos, socioculturales y territoriales.

El desequilibrio geográfico de la investigación científica

A pesar de los avances en la producción académica sobre las especies acuáticas como indicadores de conservación, los datos revelan un fuerte desequilibrio geográfico. La mayoría de los estudios son realizados por instituciones del norte global (América del Norte, Europa y Asia), lo que acentúa el sesgo de los resultados.

Por el contrario, los países tropicales, que son megadiversos y tienen una mayor vulnerabilidad ecológica, tienen una participación reducida, lo que perpetúa la invisibilidad de sus ecosistemas de agua dulce y de las especies que contienen.

Este patrón pone de manifiesto la urgente necesidad de descentralizar la investigación y fortalecer la ciencia producida en el sur global, promoviendo un mayor protagonismo de los investigadores e instituciones locales en la formulación de agendas, metodologías y políticas públicas de conservación. En regiones como la Amazonía, este protagonismo es esencial para que las estrategias reflejen las realidades ecológicas, sociales y culturales específicas de los territorios acuáticos y sean verdaderamente eficaces.

Criterios limitados y distanciamiento de las prácticas locales

Otro dato importante revelado por el estudio es que los criterios empleados para elegir especies acuáticas como banderas siguen siendo restrictivos y poco conectados con los contextos socioculturales locales. Hay un claro predominio de atributos visuales, como el carisma y el atractivo estético, en detrimento de dimensiones como la importancia cultural, económica, religiosa o simbólica para las comunidades que viven a orillas de ríos, lagos y arroyos.

Esta laguna refuerza la distancia entre la ciencia y las prácticas tradicionales, lo que dificulta la construcción de estrategias de conservación más justas, participativas y eficaces. Sin reconocer el valor de las especies para las poblaciones locales, los proyectos de conservación corren el riesgo de imponer soluciones externas, poco arraigadas en los territorios, lo que compromete su legitimidad y sostenibilidad a largo plazo.

Esta investigación representa un paso fundamental para comprender cómo las estrategias de conservación, especialmente el uso de especies insignia, pueden mejorarse desde una perspectiva más inclusiva, diversa y conectada con los territorios acuáticos amazónicos. Al alinear la producción científica con los conocimientos y las demandas de las comunidades tradicionales, la iniciativa busca fortalecer las políticas públicas y las prácticas locales que contribuyen a la protección de la biodiversidad acuática y al desarrollo sostenible de la Amazonía.


El estudio forma parte de las acciones del Instituto Nacional de Ciencia y Tecnología Síntesis de la Biodiversidad Amazónica (INCT–SynBiAm), el Programa de Investigación en Biodiversidad de la Amazonia Oriental (PPBio-AmOr) y el Programa Ecológico de Larga Duración de la Amazonia Oriental (PELD-AmOr), que actúan en la articulación entre ciencia, conservación y sostenibilidad en la región.

The Conversation

Mayerly Alexandra Guerrero Moreno recibe financiación del CNPq y CAPACREAM.

Everton Silva, José Max B. Oliveira-Junior y Leandro Juen no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. Las estrategias globales de conservación olvidan a las especies acuáticas de ríos, lagos y arroyos – https://theconversation.com/las-estrategias-globales-de-conservacion-olvidan-a-las-especies-acuaticas-de-rios-lagos-y-arroyos-271790