Les plus anciennes traces de rites funéraires montrent que les communautés du Paléolithique vivaient leur deuil comme nous

Source: The Conversation – in French – By Layla Tiseo, PhD Candidate in Anthropology, Université de Montréal

Il y a environ 27 500 ans, un adolescent âgé de 15 ans a été sauvagement attaqué par un ours, dans l’actuelle Ligurie, en Italie. L’attaque lui a déchiqueté la mâchoire, le cou et l’épaule gauche. Malgré son état critique, il n’était pas seul dans ses derniers instants.

Au contraire, les membres de sa communauté l’ont transporté dans la grotte d’Arene Candide, ont pansé ses blessures et sont restés à ses côtés pendant plusieurs jours jusqu’à son décès. Son corps a été allongé sur un lit d’ocre rouge (un pigment naturel à base d’argile) et par la suite enterré.

Lorsque les archéologues ont mis au jour ses restes en mai 1942, il était paré de centaines de coquillages perforés et de canines de cerf formant une couronne autour de sa tête, de pendentifs en ivoire de mammouth, de quatre bâtons décorés en bois de wapiti et d’une lame de silex qu’il brandissait encore fermement dans sa main droite — ils l’ont surnommé « il Principe », ou « le Prince ». La richesse de ses objets funéraires suggère qu’il jouissait soit d’un statut élevé, soit d’une grande vénération.

La conception courante de la vie à l’époque glaciaire — brutale, isolée, fondée sur la survie — laisse peu de place à la compassion et au deuil face à la mort. Pourtant, l’enterrement du « Prince » montre à quel point les humains ont depuis longtemps recours à des objets et à des rituels pour honorer la mémoire de leurs proches.

Une grotte réservée aux défunts

Le site archéologique d’Arene Candide illustre parfaitement ce comportement, avec de multiple sépultures de ce type et une utilisation de la grotte s’étendant du paléolithique supérieur, il y a 34 400 ans, jusqu’au néolithique, vers le VIe siècle avant notre ère.

Considéré comme inhabitable sur de longues périodes, ce réseau de grottes semble avoir été un lieu de sépulture dédié. Cela suggère que les communautés prenaient le temps de se rendre aux Arene Candide afin de préparer et d’enterrer les membres de leurs groupes.

La communauté aurait apporté avec elle de l’ocre. Broyée ou utilise telle quelle, on pense qu’elle jouait un rôle à la fois médicinal et symbolique dans les pratiques liées aux soins et à la mort au cours de la préhistoire.

Souvent mélangé avec un liant, l’ocre peut adhérer à la peau, aux os et à la pierre, créant ainsi des traces durables des soins prodigués qui survivent et restent visibles au fil des années.

Prendre soin des mourants

Les blessures subies par le prince de l’ère glaciaire étaient importantes. Son squelette présente des lésions au niveau du cou, de l’épaule gauche et de la mâchoire, avec des fragments de mâchoire et de clavicule gauche manquants.

Lors des fouilles, les archéologues ont remarqué des grumeaux d’ocre placés dans ces blessures, qui auraient pu servir d’agent cautérisant. D’autres membres de la communauté étant probablement présents au moment de l’attaque, l’ocre aurait été appliqué dans le but de sauver la vie de l’adolescent.

L’utilisation du même pigment, tant pour les soins infirmiers que pour les funérailles, révèle une nouvelle facette de la vie préhistorique, montrant à quel point ces premières communautés accordaient de l’importance aux soins donnés aux vivants et à l’hommage rendu à leurs défunts. Cela suggère un désir de chérir ses proches avant et après leur mort. Pour une société que l’on a tendance à imaginer obsédée par la survie, c’est significatif.

Enterrer de manière intentionnelle

Cette histoire de mise en terre aux Arene Candide n’est pas la seule à retenir l’attention. Sur ce même site, environ 15 000 ans après l’enterrement de « il Principe », une grande inhumation — une tombe contenant plusieurs corps — témoigne de la pérennité de cette pratique.

Divisé en deux phases distinctes, cet ensemble funéraire montre de nouveau des individus enterrés dans des tombes teintées d’ocre rouge. On a retrouvé à leurs côtés plus de 29 moitiés de galets teintés d’ocre.

Ces galets plats et oblongs, tous de formes similaires, provenaient de rivières et étaient aléatoirement teintés avec la même ocre que celle trouvée dans les tombes. Une étude suggère qu’ils servaient d’applicateurs de pigment lors des rituels funéraires.

Des archéologues ont expérimenté la taille de pierre. Cela a permis de déterminer que ces galets n’avaient pas été brisés par accident ni dans le cadre de la fabrication d’outils. Ils ont été coupés en deux. La moitié laissée auprès des dépouilles enterrées étaient nettes et régulières. Cela indique une fracture intentionnelle.

Les galets auraient été brisés en guise de métaphore de la mort de la personne. L’autre partie, celle qui n’était laissée auprès des corps, n’a jamais été retrouvée. Une explication plausible est que, à l’instar d’un souvenir, l’autre moitié a été conservée par la communauté afin de se souvenir du défunt.

Ce que ces sépultures nous apprennent sur le deuil

Ces tombes montrent que les humains ont depuis longtemps trouvé des moyens d’accepter la réalité de la mort et de maintenir les liens après celle-ci.


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L’utilisation répétée de l’ocre en contexte funéraire sur une période de 15 000 ans laisse entrevoir une façon de penser, profondément ancrée dans la culture, concernant les corps et la mort. Bien que chaque décès soit un événement unique, les histoires individuelles se fondent dans des pratiques rituelles reconnaissables et participatives. Ce type de deuil rassemble les communautés autour d’un processus commun.

Notre capacité à utiliser des matériaux symboliques pour gérer des émotions complexes, comme le deuil, remonte à au moins 27 500 ans. Et bien que cela puisse prendre des formes différentes, elle répond au même objectif fondamental : rendre la perte tangible et surmontable.

La Conversation Canada

Layla Tiseo ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les plus anciennes traces de rites funéraires montrent que les communautés du Paléolithique vivaient leur deuil comme nous – https://theconversation.com/les-plus-anciennes-traces-de-rites-funeraires-montrent-que-les-communautes-du-paleolithique-vivaient-leur-deuil-comme-nous-285994

Six faits surprenants sur la flore aquatique

Source: The Conversation – France in French (2) – By Alexander Bowles, Glasstone Research Fellow, Plant Science, University of Oxford

L’utriculaire est une plante carnivore aquatique rare.
Maximillian cabinet/Shutterstock

Des plantes sans racines, d’autres carnivores, certaines capables de fleurir sous l’eau… Les plantes aquatiques ont développé des adaptations spectaculaires qui défient notre vision du monde végétal.


À l’abri des regards, sous la surface des eaux, se déploie un monde végétal d’une étonnante inventivité et parmi les plus importants sur le plan écologique.

Comme je le souligne dans une publication récente, les plantes aquatiques ont développé une extraordinaire diversité d’adaptations pour vivre sous l’eau. Certaines fleurissent sous la surface, d’autres capturent des animaux grâce à d’ingénieux pièges. Voici sept faits qui montrent à quel point ces organismes remarquables bousculent nos idées reçues sur ce qu’est une plante et sur les stratégies qu’elle déploie pour survivre.

1. Les plantes n’en finissent pas de retourner à l’eau

Quand on pense aux plantes, on imagine spontanément les forêts, les prairies ou les champs. Pourtant, au cours de leur histoire évolutive, les plantes sont retournées à de nombreuses reprises dans le milieu aquatique, là même où elles sont apparues. Il y a environ 500 millions d’années, elles ont conquis les terres émergées. Depuis, nombre d’entre elles ont fait le chemin inverse. Les scientifiques estiment que le mode de vie aquatique est apparu indépendamment plus de 100 fois au sein de différents groupes de plantes.

Les nénuphars font flotter leurs feuilles à la surface, les lentilles d’eau dérivent librement et les herbiers marins vivent entièrement immergés dans l’océan. Certains de ces groupes sont retournés à l’eau il y a plus de 100 millions d’années. Cette réapparition répétée des plantes aquatiques constitue l’un des exemples les plus spectaculaires de l’évolution convergente dans la nature.

2. Les plantes qui n’en sont pas

Parmi les organismes les plus visibles sous la surface de l’eau figurent les algues. Elles réalisent la photosynthèse et ressemblent souvent à des plantes sous-marines. Pourtant, malgré les apparences, certaines algues ne sont pas de véritables plantes.

Des algues
Les algues ne sont pas des plantes.
divedog/Shutterstock

Les algues marines appartiennent en réalité à plusieurs lignées d’algues distinctes dans l’arbre du vivant. Les laminaires géantes, qui forment de véritables forêts sous-marines, sont des algues brunes. Le nori et la dulse sont des algues rouges, tandis que la laitue de mer appartient aux algues vertes.

Contrairement aux plantes, elles ne possèdent ni véritables racines, ni tiges, ni feuilles, et ne produisent ni fleurs ni graines. Leur ressemblance avec les plantes rappelle toutefois que l’évolution peut conduire à des formes très similaires chez des organismes pourtant très éloignés, lorsqu’ils sont confrontés aux mêmes contraintes environnementales.

3. Des plantes qui vivent dans les profondeurs

Les plantes ont besoin de lumière pour réaliser la photosynthèse, ce qui les cantonne généralement aux milieux terrestres ou aux eaux peu profondes. Pourtant, certaines mousses aquatiques survivent à des profondeurs étonnantes. La faucillette courbée (Drepanocladus aduncus) a ainsi été observée à 140 mètres sous la surface dans les eaux exceptionnellement limpides de Crater Lake, dans l’État américain de l’Oregon. Il s’agit de la plante aquatique connue poussant aussi sur terre qui vit à la plus grande profondeur, environ la hauteur de la cathédrale de Strasbourg.

Des mousses de grande profondeur ont également été recensées dans des lacs de Nouvelle-Zélande, d’Antarctique et d’autres régions. Elles prospèrent dans des environnements si profonds qu’ils sont presque totalement privés de lumière et où très peu d’animaux peuvent survivre.

4. Des plantes sans racines

Les racines sont l’une des caractéristiques emblématiques des plantes. Elles les ancrent dans le sol et y puisent l’eau ainsi que les nutriments. Pourtant, de nombreuses plantes aquatiques ont considérablement réduit leur système racinaire, et certaines semblent même avoir complètement perdu leurs racines.

La Wolffia est aussi surnommée le « caviar vert » en raison de ses qualités nutritionnelles.
Suphap Donwun/Shutterstock

La vie sous l’eau change les règles du jeu. L’eau et les nutriments dissous entourent directement la plante, rendant les vastes systèmes racinaires beaucoup moins utiles que sur terre. De nombreuses espèces aquatiques absorbent ainsi les nutriments directement par leurs feuilles et leurs tiges.

Les lentilles d’eau en offrent l’un des exemples les plus extrêmes. Certaines espèces ne possèdent qu’une seule racine, contrairement à des parentes comme la grande lentille d’eau, qui en développe plusieurs. Quant aux espèces du genre Wolffia – les plus petites plantes à fleurs du monde –, elles n’ont plus aucune racine et flottent librement à la surface de l’eau. Un individu mesure à peine un millimètre de long et ses fleurs ne dépassent pas 0,3 millimètre.

5. Des plantes carnivores sous l’eau

Toutes les plantes aquatiques ne se contentent pas de la lumière du Soleil et des nutriments dissous dans l’eau. Certaines complètent leur alimentation en capturant et en digérant de petits animaux.

Les exemples les plus spectaculaires sont les utriculaires (Utricularia), un groupe de plantes aquatiques dépourvues de racines que l’on trouve dans les eaux douces du monde entier. Leurs feuilles se sont transformées en minuscules pièges en forme de vessie qui créent un vide en expulsant l’eau contenue dans leur cavité.

Les utriculaires sont un véritable cauchemar pour les minuscules animaux.
JIANG TIANMU/Shutterstock

Lorsqu’un minuscule animal effleure les poils sensitifs situés à l’entrée du piège, une trappe s’ouvre brusquement et la proie est aspirée en moins d’une milliseconde. Les pièges des utriculaires figurent ainsi parmi les mouvements les plus rapides du règne végétal. S’ils capturent le plus souvent de petits invertébrés aquatiques, il leur arrive aussi de piéger des larves de poissons et des têtards.

Ce mode de vie carnivore permet aux utriculaires de prospérer dans des eaux pauvres en nutriments, où la plupart des autres plantes peinent à survivre.

6. Une pollinisation portée par les courants

Quand on pense à la pollinisation des plantes, on imagine volontiers des abeilles butinant de fleur en fleur par une belle journée ensoleillée. Mais sous l’eau, la pollinisation devient beaucoup plus compliquée. Au lieu de compter sur les insectes ou le vent, de nombreuses plantes aquatiques, comme les herbiers marins, utilisent directement les courants pour transporter leur pollen jusqu’à sa destination.

Sur terre, les plantes attirent leurs pollinisateurs en diffusant des parfums dans l’air. Sous l’eau, en revanche, ces signaux volatils sont inefficaces. Cette contrainte a conduit à un changement évolutif : les plantes entièrement aquatiques, comme les herbiers marins, ont perdu les gènes responsables de la production de ces composés odorants. Ne procurant plus d’avantage, ils ont progressivement disparu au cours de l’évolution.

7. Les herbiers marins et les mangroves, de puissants puits de carbone

Les herbiers marins et les mangroves capturent et stockent le carbone dans leurs tissus ainsi que dans les sédiments qui les entourent, ce qui les classe parmi les puits de carbone naturels les plus efficaces de la planète. Ensemble, ils emmagasinent ce que les scientifiques appellent le « carbone bleu » : le carbone piégé dans les écosystèmes côtiers, où il peut rester stocké pendant des siècles, voire des millénaires.

Les mangroves stockent des quantités de carbone insoupçonnées.
Ethan Daniels/Shutterstock

À l’échelle mondiale, ces écosystèmes – herbiers marins et mangroves – stockent 11,5 milliards de tonnes de carbone. Les mangroves représentent à elles seules le plus grand réservoir de carbone bleu, avec 6,5 milliards de tonnes.

Qu’elles capturent leurs proies en quelques fractions de milliseconde, poussent dans une quasi-obscurité ou stockent du carbone pendant des siècles, les plantes aquatiques témoignent de l’extraordinaire capacité du vivant à s’adapter.

The Conversation

Alexander Bowles a reçu une bourse « Glasstone Fellowship » à l’Université d’Oxford.

ref. Six faits surprenants sur la flore aquatique – https://theconversation.com/six-faits-surprenants-sur-la-flore-aquatique-286882

La selección: terremotos en Venezuela

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elba Astorga, Editora de Economía, The Conversation

Un rescatista trabaja en el lugar donde se derrumbó un edificio tras los fuertes terremotos mientras continúan las operaciones de búsqueda, rescate y recuperación en La Guaira. ttanni/Shutterstock

“Qué triste está la ciudad, perdida ya de su fe, pero destruida será, el día de San Bernabé, quien viviere lo verá”. Con esa tétrica cantinela, el mendigo caraqueño Raposanta anunciaba, en los primeros meses de 1641, la próxima destrucción de la capital de la entonces Capitanía General de Venezuela. Llegó el 11 de junio, día de San Bernabé, y cuentan las crónicas que:

“Entre las ocho y media y las nueve de la mañana, tembló la tierra grandemente e hizo en esta ciudad de Santiago de León de Caracas y en su puerto de La Guaira un destrozo miserabilísimo. No hubo casa, una ni ninguna, que no viniese totalmente al suelo o no hiciese tan grande sentimiento que se pueda en muchos tiempos vivir. La iglesia mayor se abrió por diferentes partes, (…) cayó parte de la iglesia del convento de Las Monjas, cayó casi toda la iglesia de San Francisco…”.

Ese fue el primer terremoto documentado en la ciudad de Caracas, con 74 años de fundada, y se estima que tuvo una magnitud de entre 7,5 y 8.

El 26 de marzo de 1812, Jueves Santo, se concatenaron tres tremendas sacudidas sísmicas en tres puntos distintos del país en lo que se conoce como el Terremoto de Venezuela. Ocurrido en plena guerra de Independencia, hubo quien adujo que se trataba de un castigo divino por intentar subvertir el orden establecido desde España. Ha quedado para los libros de historia la imagen de Simón Bolívar encaramado sobre los escombros arengando a las gentes:

“Si la Naturaleza se opone lucharemos contra ella y haremos que nos obedezca”.

Se estima que la magnitud de esos tres seísmos fue de entre 6,2 y 7.

Pintura en la que muchas personas se lamentan sobre los restos de otros seres humanos.
Oleo sobre tela Terremoto de 1812, del pintor venezolano Tito Salas.
Wikimedia Commons

El último gran terremoto de Caracas, antes del 24-J, ocurrió el 29 de julio de 1967. De magnitud 6,6, hizo colapsar varios edificios en la capital y La Guaira, y hubo 240 fallecidos.

A las 18.04 horas del 24 de junio de 2026, día de San Juan y aniversario de la batalla de Carabobo (1821), la más importante en la guerra de Independencia, volvió a moverse el suelo venezolano. Dos grandes terremotos, de 7,2 el primero y 7,5 el segundo, sacudieron la tierra durante tres minutos eternos. Todos hemos sido testigos, en vivo o vía redes y pantallas desde cualquier lugar del mundo, del grado de destrucción alcanzado. A dos semanas del terremoto ya hay más 3 800 personas muertas y cerca de 17 000 heridas. Y, aunque no hay estimaciones oficiales del número de desaparecidos, se llega a hablar de en torno a los 50 000.

El norte de Venezuela es una de las regiones con mayor actividad sísmica del norte de América del Sur porque allí confluyen la placa del Caribe y la de Sudamérica.

Haití (que sufrió un enorme seísmo en 2010) al norte y Venezuela al sur, están situados en los límites de ambas placas, que se mueven lateralmente en una falla de cizalla: una fractura en la corteza terrestre donde dos bloques de roca se desplazan horizontalmente uno respecto al otro, en direcciones contrarias.

La cuestión es que el grueso de la población de Venezuela se concentra en los estados de la franja norte del país, por lo que en ellos conviven vulnerabilidad sísmica y densidad de población.

La catástrofe es tan grande que se ha decretado el estado de emergencia a escala nacional y La Guaira ha sido calificada “zona de desastre”, por la cantidad de viviendas derrumbadas e infraestructuras colapsadas. Además, los daños han obligado al cierre del aeropuerto de Maiquetía, el más importante del país.

La cuestión que se plantea ahora es cuál es la calidad real, cómo es el mantenimiento y qué condiciones de uso tienen las construcciones en Venezuela. En La Guaira y en Caracas, decisiones de construcción discutibles, ampliaciones informales y ausencia de programas sostenidos de mantenimiento han provocado el colapso de muchas infraestructuras en este gran suceso sísmico de 2026.

Ante esta tragedia, hemos visto desde muy pronto la movilización de la ciudadanía venezolana: desde los primeros rescates improvisados y sin medios a las pocas horas de los derrumbes pasando por la organización de cocinas colectivas, la recaudación de insumos, el transporte de medicamentos y materiales. Esta enorme movilización no ha ocurrido solo dentro del territorio: también han participado los miembros de la diáspora venezolana, casi 8 millones de personas que en la última década se vieron obligadas a abandonar el país por razones políticas o de pobreza y falta de oportunidades.

La reconstrucción del país será una tarea de la patria global o no será. Una característica fundamental de la Venezuela de 2026 es que su sociedad ya no coincide con su territorio sino que lo sobrepasa.

Sin embargo, no nos engañemos: en estas dos semanas no todo ha sido bondad. En las zonas afectadas por los seísmos se han producido robos y saqueos. En medio del caos, han coincidido tres elementos esenciales para que se produzca un delito: infractores motivados, objetivos valiosos y accesibles, y la ausencia de guardianes eficaces y control social. Así, el caos elimina la barrera del riesgo y maximiza la oportunidad de beneficio: el espacio público, antes regulado, se convierte temporalmente en un escenario de total impunidad.

A más de dos semanas de los terremotos del día de San Juan, se abre el largo camino hacia la recuperación de la confianza y la reconstrucción de las regiones afectadas. La ayuda humanitaria seguirá siendo necesaria y vale la pena conocer las distintas opciones disponibles para decidir cómo ayudar a Venezuela desde fuera de forma segura, responsable y eficaz.

The Conversation

ref. La selección: terremotos en Venezuela – https://theconversation.com/la-seleccion-terremotos-en-venezuela-287150

Les refuges climatiques seront utiles s’ils n’oublient pas de faire de la chaleur un objet politique

Source: The Conversation – in French – By François De Gasperi, Chercheur Postdoctoral en études urbaines, Chaire Territoires en Transition GEM, GEM

Alors que la France a déjà connu trois vagues de chaleur en quelques semaines à peine, le concept de refuge climatique, qui s’institutionnalise dans un certain nombre de pays, cristallise les espoirs des citoyens en surchauffe. Il peut s’agir d’une réponse prometteuse, mais uniquement à certaines conditions, notamment de les concevoir et de les déployer en gardant en tête des critères d’accessibilité, d’hospitalité et de justice socioécologique. En bref, d’en faire des objets politiques.


Notre maison brûle et nous la regardons (enfin) en face. Alors que la France vient de connaître deux séquences caniculaires précoces et intenses, la chaleur semble s’imposer comme un problème public majeur. Le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais enregistré par Météo France et une nouvelle vague de chaleur touche désormais une grande partie du pays.

Le traitement médiatique immédiat de la canicule s’est largement détourné des enjeux de fond, privilégiant des réponses à court terme et individuelles au détriment d’une réflexion collective sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Plan massif de climatisation, mise en cause des scientifiques, légitimation de la débrouille au sein des foyers…

Ce cadrage tend à occulter une réalité bien documentée : celle des inégalités socioécologiques. L’exposition aux fortes chaleurs, la vulnérabilité face à leurs conséquences et les capacités d’adaptation varient selon les conditions de logement, l’état de santé, les ressources économiques, l’âge ou encore l’accès aux espaces publics. Les enquêtes sociologiques, à commencer par celle d’Eric Klinenberg sur la canicule de Chicago en 1995, montrent aussi que l’isolement social constitue un facteur majeur de surmortalité.

Contre toute solution hâtive qui pourrait participer d’une maladaptation, les sciences sociales nous invitent à politiser la chaleur, en saisissant la canicule comme un problème social collectif permettant d’articuler les enjeux d’adaptation et ceux d’atténuation.

Ainsi, ouvrir des refuges climatiques ne suffit pas : encore faut-il que ceux qui en ont besoin les connaissent, puissent s’y sentir à l’aise et s’en saisissent pour construire collectivement les conditions d’un « bien-vivre » dans un monde plus chaud.

Refuges climatiques : de quoi parle-t-on ?

Le concept de refuge climatique s’institutionnalise. De Buenos Aires à Bologne, en passant par Porto et Londres, de nombreuses villes l’adoptent pour adapter leur tissu urbain à la crise climatique et protéger leurs habitants de la chaleur.

Le parc de La Muntanyeta fait partie du réseau de refuges climatiques de Barcelone.
Área Metropolitana de Barcelona, CC BY-SA

Barcelone fait figure de référence, avec un réseau de plusieurs centaines de refuges : écoles, bibliothèques, musées, parcs et jardins, répondant à des critères de confort thermique, d’accessibilité, de repos et d’accès à l’eau.

Le contour des refuges climatiques varie pourtant d’une ville à l’autre. Certains réseaux privilégient les parcs et jardins, d’autres des équipements climatisés. En réaction, une définition minimale s’esquisse peu à peu dans la littérature scientifique : le refuge climatique conjugue rafraîchissement et hospitalité afin d’offrir un « réconfort thermique » limitant la vulnérabilité face aux aléas climatiques pour tenter de se protéger de l’aléa météorologique.

Mais faire du confort thermique un enjeu politique suppose de mesurer le stress thermique vécu par les habitants, en tenant compte non seulement de l’îlot de chaleur urbain, mais aussi de l’ombre, de la ventilation, de la morphologie des rues et de la qualité des logements.

Parce qu’il résulte des interactions entre expériences de chaleur, conditions de logement, ressources socio-économiques et accès aux refuges climatiques, le confort thermique appelle des politiques d’universalisme proportionné, bénéficiant à tous, tout en accordant une attention prioritaire aux plus vulnérables.




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Comment configurer les refuges climatiques ?

Les villes font face à plusieurs défis. Le premier porte sur les infrastructures : faut-il créer de nouveaux espaces refuges ou bien adapter les services existants ?

Le choix des techniques de rafraîchissement soulève en outre des enjeux environnementaux et politiques. La climatisation en est l’exemple emblématique : si son rôle dans l’accentuation de l’îlot de chaleur urbain est bien documenté, un usage ciblé reste indispensable pour les publics les plus vulnérables (seniors, enfants, SDF…).




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Les volets sont des dispositifs de protection solaires importants en été.
SatyaPrem/Pixabay

La recherche souligne aussi la nécessité d’adopter des pratiques architecturales favorisant le confort d’été : matériaux biosourcés, protections solaires (volets, stores) et solutions passives de rafraîchissement, comme les réseaux de froid urbain. Autant de leviers pour concevoir des refuges climatiques et adapter les villes.

Ainsi, un réseau de refuges climatiques ne se réduit pas à des lieux frais. Ceux-ci doivent aussi proposer des services (eau, wifi, etc.) et être pensés, dès leur conception, comme des espaces d’hospitalité, ce qui suppose une animation et des personnels formés à ces nouveaux usages.




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L’enjeu de l’accessibilité

La question de l’accessibilité du refuge est un élément clé à intégrer dans une perspective de justice socioécologique.

Carte du cheminement du projet « Green Cells », en Italie.

À quelle échelle les déployer ? Ville, quartier, îlot ou immeuble ? La littérature plaide pour une approche multiéchelle articulant adaptation et atténuation.

Une question également culturelle

Mais le défi à relever est également culturel. Concevoir des refuges climatiques suppose d’abord de les penser comme des lieux d’hospitalité et d’entraide.

Les recherches montrent que leur conception mérite d’être pensée à partir des quartiers et des communautés concernées afin d’identifier les besoins des habitants et de favoriser leur appropriation. Dès leur conception, l’implication des réseaux de proximité est essentielle, comme à Porto, où le design et localisation des refuges climatiques s’inscrivent dans une méthodologie participative qui tient compte de la connaissance préexistante des lieux par les habitants.

Autre changement culturel complémentaire : la diffusion d’une culture de rafraîchissement des corps. Au Japon, la démarche « Cool Biz » adapte les normes vestimentaires en été ; à Genève, l’interdiction du travail en extérieur l’après-midi en période de canicule s’accompagne de pédagogie quant aux gestes de rafraîchissement.




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Veut-on vraiment parler de « refuges » climatiques ?

Le terme de « refuges climatiques » mérite qu’on s’y arrête : il est très largement associé à des représentations liées à la catastrophe, en lien avec les notions de « refuges » et de « réfugiés ». Or, si l’on veut penser ces lieux comme des espaces de solidarité, d’entraide et de soutien, il importe de dépasser cet imaginaire.

Ils comportent aussi un potentiel effet repoussoir, lié à l’imaginaire néolibéral d’un individu autonome et puissant, peinant à se reconnaître comme vulnérable et interdépendant. Qui souhaite se dire « réfugié » climatique ? Et comment désigner ceux qui le sont réellement ? Les enquêtes montrent que les plus vulnérables, notamment les personnes âgées ou malades, sous-estiment leur propre vulnérabilité tout en l’identifiant plus facilement chez les autres. Faut-il y voir le signe du refus d’un potentiel stigmate associé à cette vulnérabilité ?




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Le choix des mots n’a rien de neutre au moment de concevoir des dispositifs d’action publique : faut-il parler de « haltes fraîcheurs », se limiter à la chaleur, intégrer aussi la protection contre le froid en hiver, ou viser plus largement des « lieux du bien vivre » ?

La qualification retenue oriente les usages auxquels ces espaces sont destinés : simples réponses à une crise ou lieux de solidarité, de convivialité et de délibération sur nos manières d’habiter un monde où de nombreux seuils socioécologiques ont déjà été franchis. Plus qu’un changement de vocabulaire, elle engage un projet politique : faire de ces lieux des espaces où se renforcent les liens socioécologiques et où se construit, à partir des réalités locales, une conception partagée du bien vivre.

Ainsi, les refuges climatiques ne seront à la hauteur du problème qu’à condition d’être plus que des points frais sur une carte : des lieux accessibles, intégrés aux pratiques habitantes, capables d’accueillir des publics vulnérables sans les stigmatiser, et de soutenir des apprentissages collectifs face à la crise socioécologique.

The Conversation

François De Gasperi est membre de la chaire Territoires en transition de GEM, qui est soutenue par différents partenaires publics et privés.

Fiona Ottaviani est co-titulaire de la chaire Territoires en transition de GEM, qui est soutenue par différents partenaires publics et privés.

Hélène Picard est membre de la chaire Territoires en transition de GEM, qui est soutenue par différents partenaires publics et privés.

Albane Grandazzi ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les refuges climatiques seront utiles s’ils n’oublient pas de faire de la chaleur un objet politique – https://theconversation.com/les-refuges-climatiques-seront-utiles-sils-noublient-pas-de-faire-de-la-chaleur-un-objet-politique-287200

Percevoir les conséquences immédiates du changement climatique suffit-il pour changer les comportements ?

Source: The Conversation – in French – By Langlais Camille, Post-doctorante en psychologie sociale, Université de Caen Normandie

Cet été 2026, la France subit de plein fouet les conséquences directes du réchauffement de la planète. Cette situation pourrait-elle affecter la distance psychologique à laquelle nous percevons le changement climatique et, par ce biais, constituer une opportunité pour renforcer les comportements visant à lutter contre ce risque ? Une méta-analyse inédite montre que la réalité est plus nuancée.


Avant même le début de l’été, la France hexagonale avait déjà connu deux épisodes caniculaires en 2026. Depuis début juillet, elle en connaît un troisième. Ces épisodes témoignent de l’augmentation et de l’intensification des événements climatiques extrêmes.

Ils ravivent aussi une question récurrente dans le débat public : vivre plus directement les conséquences du changement climatique, comme nous en avons fait l’expérience depuis plusieurs semaines, peut-il contribuer à modifier les comportements plus facilement ?

Le concept de distance psychologique est, depuis longtemps, mobilisé pour répondre à cette question. Mais est-il toujours pertinent ? Notre synthèse de vingt années de recherche en psychologie montre que la réponse est loin d’être aussi évidente qu’il n’y paraît.

La distance psychologique, les prémices d’un concept fondateur

Dès le début des années 90, quelques années seulement après le premier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les premiers groupes de recherche en sciences sociales voient le jour. En 1991, le psychologue allemand Kurt Pawlik publie un article fondateur intitulé psychologie du changement environnemental global.

Il y décrit plusieurs caractéristiques psychologiques du changement climatique :

  • des signaux physiques difficilement détectables à sa propre échelle,

  • un décalage temporel important entre les causes et les conséquences,

  • une forte incertitude,

  • ainsi qu’une distance souvent élevée vis-à-vis des personnes les plus touchées.

Selon lui, ces caractéristiques nous conduiraient à minimiser les risques associés au changement climatique et à y répondre de manière insuffisante.

Les premières grandes enquêtes portant sur les perceptions du changement climatique, conduites en Amérique du Nord et en Europe au début des années 2000, ont largement confirmé cette intuition. Elles montrent que le changement climatique est souvent perçu comme un phénomène abstrait et distant, mobilisant des futurs incertains ainsi que des victimes lointaines.

Au début des années 2000, l’ours polaire est devenu l’incarnation, au sein des grands médias et des discours écologiques, d’un changement climatique lointain et abstrait.
NOAA

À partir de ces travaux, un vaste champ de recherche s’est développé au cours de la décennie suivante autour de la notion de distance psychologique au changement climatique.

Une intuition confirmée par les premières observations

Le concept de distance psychologique renvoie au fait que nous ne pouvons expérimenter que notre réalité immédiate. Dès lors, tout objet situé au-delà de « l’ici et maintenant » exigerait de faire appel à des capacités mentales pour « transcender » la distance à l’objet et ainsi anticiper le futur (distance temporelle), imaginer d’autres lieux (distance géographique), se mettre à la place d’autrui (distance sociale) ou encore, envisager des scénarios alternatifs à notre réalité (distance hypothétique).

Appliqué au changement climatique, il est alors envisagé que ces quatre dimensions viendraient alimenter un sentiment global de distance face à ce risque. Et surtout, que plus cette distance psychologique au changement climatique serait importante, moins nous serions susceptibles d’agir contre celui-ci.

Des premières études observationnelles ont conforté cette hypothèse. Dès 2012, il a notamment été montré qu’un lien existait entre une distance psychologique élevée et une moindre propension à adopter des comportements en faveur du climat au sein d’un large panel de citoyens et citoyennes britanniques. Mais à mesure que les travaux se sont accumulés, ces premières preuves se sont trouvées peu à peu nuancées.




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Des résultats de plus en plus contrastés

Les études suivantes, menées dans des contextes variés, ont dressé un tableau plus contrasté, avec des liens beaucoup plus variables entre les différentes formes de distance psychologique (temporelle, spatiale, sociale ou hypothétique) et les indicateurs d’engagement climatique.

De nombreux chercheurs et chercheuses ont également testé l’effet de campagnes de communications centrées sur les impacts immédiats et locaux du changement climatique.

Dans une série d’études réalisées en Normandie, nous avons par exemple exposé plusieurs centaines de participantes et participants à des projections concernant l’augmentation des températures en France, si aucune mesure n’était prise pour atténuer les effets du changement climatique. Ces projections concernaient leur région (proximité spatiale) à un horizon proche (proximité temporelle) ou une région ultra-marine (distance spatiale) à un horizon lointain (distance temporelle).

Exemple de support utilisé pour évaluer l’effet de communications centrées sur les manifestations climatiques locales et immmédiates, ici à Alençon (Normandie) à l’horizon 2030, en comparaison d’une communication plus distante, ici à Saint-Denis (La Réunion) à l’horizon 2100.
Camille Langlais, Fourni par l’auteur

De manière générale, les dispositifs censés réduire la distance psychologique au changement climatique ont révélé des résultats tout aussi hétérogènes que ceux observés dans les études observationnelles précédentes : certaines de ces interventions ont conduit à des effets positifs, tandis que d’autres n’ont obtenu aucun effet, et quelques unes se sont même avérées contreproductives, en comparaison de communications centrées sur des impacts plus distants.

Cette absence de preuves claires, dans un sens comme dans l’autre, a nourri un vif débat dans la sphère académique, conduisant progressivement la communauté scientifique à emprunter deux voies.

  • Une partie des chercheurs et chercheuses ont tenté d’identifier les conditions d’efficacité de ces interventions afin d’améliorer leur implémentation : dans quels contextes, auprès de quels publics et sous quelle forme ce type de stratégie peut fonctionner ?

  • D’autres, plus critiques, ont plaidé pour un basculement de stratégies centrées sur la perception du risque vers des stratégies centrées sur les solutions visant, par exemple, à renforcer la perception d’être en mesure d’agir.




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Les résultats de notre méta-analyse

Face à l’accumulation d’études contradictoires, nous avons réalisé la première méta-analyse de l’ensemble des preuves disponibles, comprenant 81 études menées dans plus de soixante pays entre 2004 et 2024.

Nos analyses montrent bien un lien statistiquement significatif entre une forte distance psychologique et une faible orientation envers l’action climatique au sein des études observationnelles. Mais cette relation reste faible : la perception de distance vis-à-vis du changement climatique n’explique, en moyenne, qu’environ 6 % des différences observées chez les personnes interrogées concernant leur propension à œuvrer en faveur du climat.

Ce résultat rappelle que les facteurs permettant de comprendre l’engagement climatique sont pluriels. Ils ne sont pas seulement liés à la perception des risques. Ils se rattachent également à un ensemble d’autres facteurs psychologiques, mais aussi sociaux, culturels, économiques ou encore politiques.

Nos résultats sont encore plus nuancés lorsqu’il s’agit des études interventionnelles. Prises ensemble, elles montrent que les effets des dispositifs de communication destinés à réduire la distance psychologique au changement climatique sont, en moyenne, proches de zéro.

Elles semblent toutefois gagner légèrement en efficacité lorsqu’elles visent à agir sur les quatre dimensions de la distance psychologique à la fois (temporelle, géographique, sociale et hypothétique). Dans ce cas, l’intention d’agir pourrait progresser d’environ 2 %.

Si ce bénéfice reste très modeste, le faible coût de mise en œuvre et de diffusion de ce type de support informationnel à grande échelle en fait un levier intéressant, en complément d’autres méthodes. En revanche, même dans les conditions les plus favorables, cet effet se limite aux intentions. Nos analyses montrent qu’il ne se traduit ni par un changement réel des comportements ni par un soutien accru à des politiques climatiques.




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Comprendre n’est pas agir

À l’heure où le changement climatique devient de plus en plus tangible, y compris dans les régions auparavant à l’abri de ses effets les plus visibles, nos résultats invitent ainsi à une certaine prudence quant à certaines idées répandues dans le débat public.

Percevoir le changement climatique comme un risque immédiat pour soi et ses proches reste un facteur favorable à l’engagement individuel, mais son poids est largement surestimé. Et cela qu’il s’agisse d’expliquer les différences interindividuelles en matière d’engagement, ou de chercher à faire évoluer les pratiques. Ce facteur ne suffira donc pas, à lui seul, à provoquer le point de bascule espéré vers un tournant écologique majeur.

Pour autant, notre propos n’est pas ici de remettre en question l’intérêt de mieux informer les citoyens et citoyennes sur les impacts locaux du changement climatique. Notre travail démontre plutôt que cette stratégie ne saurait constituer l’alpha et l’oméga de politiques de changement des pratiques, comme le suggèrent pourtant trop souvent, encore aujourd’hui, tant des acteurs et actrices politiques qu’une partie du milieu académique.




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The Conversation

Langlais Camille a reçu des financements de La Région Normandie.

Sénémeaud Cécile a reçu des financements de la Région Normandie, de l’Agence Nationale de la Recherche et de l’ADEME.

ref. Percevoir les conséquences immédiates du changement climatique suffit-il pour changer les comportements ? – https://theconversation.com/percevoir-les-consequences-immediates-du-changement-climatique-suffit-il-pour-changer-les-comportements-287614

Christopher Nolan, el cineasta que no deja de jugar con el espacio y el tiempo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rafael Robles Gutiérrez, Rafatal, Profesor Dr. de Comunicación Audiovisual y cineasta, Universidad de Málaga

Joseph Gordon-Levitt en una escena de _Inception_, la película de Christopher Nolan en la que el tiempo y el espacio literalmente pueden doblarse. Warner Bros

La narración de la Odisea, de Homero, empieza in media res, es decir, en mitad de la historia. Ulises, su protagonista, tarda varios capítulos en aparecer, y cuando lo hace sabemos de sus aventuras y desventuras gracias a unos flashback que él mismo relata. Es decir, la estructura del poema no es lineal y el tiempo y el espacio se mezclan a lo largo de todo el periplo.

Precisamente, el espacio y el tiempo son unas variables más que recurrentes en las películas de Christopher Nolan, encargado de la nueva adaptación del poema épico.

Desde el principio de su filmografía, Nolan se ha servido de aquello que, según Andréi Tarkovsky, definía más puramente al lenguaje cinematográfico: trozos de espacio y de tiempo. Según el cineasta ruso, estos son los elementos con los que el director debe esculpir la película. El británico ha utilizado estas variables muchas veces, no sólo para armar la estructura que sostiene la historia, sino como parte de la narrativa. Porque, en muchos casos de su carrera, el propio filme se desarrolla en esa representación bidimensional de los dos ejes.

Primero el futuro, después el presente

Las películas de Nolan desafían la linealidad cronológica. Así se puede ver en Memento, el filme que catapultó internacionalmente su carrera en el año 2000.

Memento cuenta la historia de Leonard quien, a causa de una lesión cerebral, pierde sus nuevos recuerdos cada quince minutos (aunque sigue sabiendo cómo realizar tareas cotidianas). A través de diferentes recursos, Leonard apunta, fotografía o se tatúa información para, en última instancia, alcanzar su objetivo: descubrir quién asesinó a su esposa y le dejó a él en ese estado.

La narración cinematográfica se presenta igual de caótica que los recuerdos del protagonista. En un ejercicio de desorden temporal, el espectador ve primero los resultados de lo ocurrido en la que será la secuencia siguiente, en vez de seguir el orden opuesto. En esta marcha atrás se implica emocionalmente al espectador, haciendo que el tiempo transforme su propia experiencia. Esa fragmentación y uso del tiempo, rasgos fundamentales de la puesta en escena, se relacionan estrechamente con cuestiones como la memoria, la percepción de la realidad y, especialmente, la identidad del ser humano. Es decir, quiénes somos depende de cómo organicemos temporalmente nuestra experiencia.

El tiempo que se estira espacialmente

En Inception, un aparente thriller de ladrones que también bebe de la ciencia ficción, los personajes se sumergen en diferentes niveles de sueño que no controlan. Si la teoría de la relatividad de Einstein dice que el espacio y el tiempo no son fijos ni absolutos, sino que se deforman, estiran y fusionan en un tejido dinámico de cuatro dimensiones llamado espacio-tiempo, Nolan la utiliza para desarrollar esos niveles de sueño. Así, cada vez que alguien baja una de estas capas, el tiempo se dilata proporcionalmente. Los sueños, que son tridimensionales, están directamente afectados por esa cuarta dimensión que es el tiempo.

Los personajes que diseñan la puesta en escena –el espacio– de los sueños se denominan arquitectos. Y a su vez, la propia arquitectura narrativa de la película se sostiene en esa suspensión del tiempo, alargándolo o estrechándolo. Esto afecta directamente a las emociones, y la identidad, de los personajes: Cobb, el protagonista, se culpabiliza de la muerte de su esposa (un hecho transmutado de Memento) y se regocija peligrosamente en la capacidad física y tangible del espacio, creado a través de los recuerdos, reconstruido en los sueños.

Del tiempo en el espacio a las horas en la guerra

Para ir un paso más allá y seguir el camino trazado por Albert Einstein, Nolan se asocia con el físico Kip Thorne para crear una sólida base científica en el guion de Interstellar, junto a su hermano Jonathan. En ella se cuenta la historia de Cooper y un grupo de astronautas que viajan a través del Universo para encontrar un planeta habitable para los humanos, ya que en la Tierra los recursos están al límite.

Además de narrar las peripecias de los personajes y conseguir una fiel representación de la cuarta dimensión de forma física –es decir, el tiempo plasmado en el espacio–, resulta memorable el momento en el que el protagonista regresa para reencontrarse con su octogenaria hija: mientras para él han pasado sólo dos años de viaje hacia las estrellas y agujeros negros, para ella han transcurrido décadas.

Dunkerque narra la historia real del rescate marítimo de soldados aliados rodeados por alemanes en una playa en 1940. Supone su primera recreación histórica y, aunque pensásemos que por ello debería respetar un tono alejado de la ciencia ficción, Nolan utiliza a su antojo el espacio y el tiempo en su estructura. Así, la película tiene tres puntos de vista que se desarrollan en tres líneas temporales diferentes: lo sucedido en la tierra se expande una semana, lo que pasa en el mar ocupa el espacio de un día y las luchas aéreas transcurren en una hora.

De forma magistral, Nolan une el desenlace de las tres tramas. Así, los hilos argumentales que se desarrollan en diferentes espacios y tiempos convergen. Todo sucede antes del clímax y aumenta progresivamente la tensión de la experiencia cinematográfica del espectador.

Vuelve Einstein

En 2020, con Tenet, el cineasta riza el rizo y desafía la propia relatividad dando, en esta ocasión, un paso hacia adelante y otro hacia atrás gracias al concepto de simetría (de nuevo Einstein). Si, según el científico, el espacio y el tiempo se dilatan y contraen dependiendo de la velocidad del observador, en Tenet el espectador actúa como dicho observador y es testigo de cómo los personajes y sus acciones transcurren en dos sentidos temporales opuestos.

Como el concepto analógico del rebobinado de cintas, los personajes van marcha atrás en una línea temporal en la que “el protagonista” se ve envuelto en una trama de espionaje que busca controlar un descubrimiento científico que invierte la entropía, es decir la magnitud física que mide el grado de desorden o caos dentro de un sistema, de ciertas personas y objetos. A pesar de lo asombroso del descubrimiento, resulta nefasto, ya que como habitualmente nos tiene acostumbrados el cine, traerá la Tercera Guerra Mundial si cae en manos inapropiadas.

Y de esas propias manos, las del físico J. Robert Oppenheimer, y del quebrantamiento de su propia identidad, asediado por las visiones de un holocausto nuclear futuro al pasar a la Historia como el padre de la bomba atómica, habla Oppenheimer. El cineasta, al rodar su primer biopic, nos regala la recreación de una probable conversación sobre la responsabilidad moral de la física cuántica entre Oppenheimer y Einstein. La escena es un claro homenaje al padre del relativismo y de las variables –en constante evolución– de forma y fondo de las que se nutre su obra.

Así pues, ante tanta atención puesta en el espacio y el tiempo, solo cabe preguntarse: ¿cómo será el regreso a Ítaca del propio Christopher Nolan?


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Rafael Robles Gutiérrez, Rafatal no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Christopher Nolan, el cineasta que no deja de jugar con el espacio y el tiempo – https://theconversation.com/christopher-nolan-el-cineasta-que-no-deja-de-jugar-con-el-espacio-y-el-tiempo-287133

De hombres corrientes a perpetradores: los reclutas forzosos de la Guerra Civil española

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco Jorge Leira Castiñeira, Ramón y Cajal Fellow en Historia Contemporénea, Universidad Carlos III

“Una guerra es una guerra”. Esta frase la pronunció un antiguo combatiente a principios de siglo durante una charla que tuve con él. Recordaba que, durante algunas treguas, había hablado con soldados del otro bando. Podían conversar, reconocerse como personas, quizá compartir un cigarrillo o unas palabras. Pero cuando regresaba el combate, volvían a dispararse.

Aquella frase breve resume uno de los grandes problemas de la historia de la violencia: ¿cómo llega una persona corriente a matar? ¿Qué ocurre cuando un campesino, un obrero, un estudiante o un empleado que nunca había ejercido una violencia extrema recibe un fusil y la orden de combatir?

La Guerra Civil española permite observar este proceso. Entre 1936 y 1939, cientos de miles de hombres fueron movilizados de manera obligatoria. Muchos no eligieron estar allí. Algunos ni siquiera compartían la ideología del bando en el que terminaron luchando. Había conservadores, republicanos, socialistas, anarquistas, comunistas y personas sin una identidad política definida.

En el ejército sublevado, los reclutas forzosos constituyeron una parte fundamental de las tropas. Miles de jóvenes llamados a filas bajo amenaza de castigo. Muchos no habían disparado nunca contra nadie. Algunos procedían de familias de izquierda. Otros apenas se habían interesado por la política.

Adaptarse y matar

Sin embargo, una vez integrados en la maquinaria militar, tuvieron que adaptarse a una realidad completamente nueva. Esto obliga a mirar el conflicto más allá de los voluntarios falangistas, los requetés carlistas, los legionarios o los militares profesionales.

Y adaptarse significaba, muchas veces, matar. No hay una explicación única para esa transformación. La ideología importa, pero no basta. También influyen el miedo, la obediencia, la presión del grupo, la necesidad de sobrevivir, la defensa de los compañeros y la transformación de las normas morales en un contexto extremo. Surge una cuestión incómoda: la violencia extrema no siempre es obra de monstruos.

La mayoría de los soldados no eran fanáticos. La guerra había creado un mundo con reglas diferentes. En tiempos de paz, matar es un crimen. En una batalla se convierte en una obligación; y quien la perpetra, en héroe.

La guerra no borra necesariamente la moral. El enemigo puede estar a pocos metros. Puede verse su rostro, escuchar sus gritos y percibir su miedo. Algunos veteranos recordaron décadas después esa contradicción. Podían sentir compasión por prisioneros y, poco después, disparar contra otros hombres en combate. Uno de ellos explicó que había dado pan a unos prisioneros porque le daban pena, pero añadió que cuando comenzaba la batalla “había que matar”.

“No tenía elección”

Para soportar esa tensión aparecen explicaciones en muchas entrevistas realizada a excombatientes a lo largo de mi investigación: “era él o yo”, “no tenía elección”, “cumplía órdenes”, “si no disparaba, me mataban”. Estas frases pueden funcionar como mecanismos de supervivencia psicológica, ya que permiten reconstruir una imagen coherente de uno mismo después de haber atravesado una experiencia traumática.

El psicólogo Albert Bandura habló de “desconexión moral”. Se produce cuando una persona separa temporalmente sus principios. No necesita dejar de pensar que matar está mal. Puede convencerse de que, en aquella situación concreta, es necesario.

Para comprender cómo cambia el comportamiento dentro de un ejército resulta especialmente útil la teoría del psicólogo Herbert C. Kelman, uno de los grandes referentes en psicología de la paz. Kelman distinguió tres procesos: identificación, internalización y cumplimiento.

La identificación aparece cuando el individuo adopta comportamientos del grupo porque necesita pertenecer a él. En una unidad militar, los soldados comparten hambre, miedo, bombardeos, noches de guardia y la posibilidad constante de morir. Poco a poco, la compañía se convierte en el principal mundo social del combatiente. Surge un “nosotros” y, frente a él, un “ellos”. La lealtad hacia los compañeros puede ser incluso más fuerte que la ideología. Un soldado quizá no comparte las ideas de sus mandos, pero no quiere abandonar al hombre que duerme a su lado o que lo ha protegido durante un ataque.

La internalización se produce cuando las normas del grupo empiezan a parecer naturales. La disciplina, la jerarquía y determinadas formas de violencia se integran en la vida cotidiana. Un veterano relató cómo un desertor regresó a su unidad y fue ejecutado de inmediato por un sargento. Décadas después, su relato no estaba marcado por una condena tajante. Lo resumía como una de esas “cosas de la guerra”.

Cuando la responsabilidad se dispersa

La cadena de mando también dispersa la responsabilidad. Pensemos en un fusilamiento. Un superior toma la decisión. Otro transmite la orden. Un oficial organiza el pelotón. Un suboficial selecciona a los soldados. Finalmente, alguien dispara. Cada participante puede sentir que la responsabilidad principal pertenece a otro. “Yo no decidí”, “solo transmití la orden” o “cumplía mi función”.

El tercer proceso es el cumplimiento. Aquí la persona obedece porque existe una autoridad con capacidad real de castigo. Durante la guerra, el soldado no decide libremente dónde va, cuándo ataca o qué operaciones realiza. Puede ser encarcelado, enviado a un batallón disciplinario o incluso fusilado si desobedece.

La coerción podía extenderse a la familia. Desertar podía provocar interrogatorios o represalias contra padres, hermanos o esposas. Por eso resulta demasiado sencillo afirmar que un combatiente “podía haberse negado”. Sí, existían alternativas. Algunos huyeron o desertaron. Pero cada decisión tenía un coste enorme. Podían morir, podían castigar a su familia, podían represaliar a sus compañeros. La libertad existía, pero estaba profundamente limitada.

Los testimonios muestran hasta qué punto la guerra podía modificar los marcos de pensamiento. Un veterano reconoció que había soldados que mataban, violaban o cometían actos todavía peores. Cuando se le preguntó por qué nadie intervenía, respondió: “¿qué ibas a hacer?”. Era una frase de resignación que escondía una condena implícita.

Reclutas forzosos antifranquistas

La violencia aparece como una realidad inevitable. Sin embargo, combatir en un ejército no significa necesariamente compartir su ideología. Hubo reclutas forzosos procedentes de familias anarquistas o vinculados a organizaciones de izquierda que sirvieron durante años en el ejército sublevado y que después se incorporaron a la guerrilla antifranquista o se marcharon al exilio. Obedecer no equivale siempre a creer.

Tampoco todos soportaron la experiencia del mismo modo. Algunos quedaron marcados durante décadas. Otros guardaron silencio. Muchos relatos recuerdan con enorme precisión el hambre, las marchas, los uniformes o el paisaje, pero apenas mencionan la muerte. Esos silencios también forman parte de la historia.

No existe una respuesta única a la pregunta de por qué mata una persona corriente. Puede hacerlo por ideología, miedo, obediencia, supervivencia, compañerismo, presión o costumbre. Esas razones pueden mezclarse y cambiar durante el conflicto.

Comprender estos procesos no significa justificar la violencia: significa reconocer hasta qué punto la guerra transforma a quienes participan en ella.

Las personas no se dividen fácilmente entre héroes, víctimas y monstruos. Las situaciones extremas crean espacios ambiguos. Cambian las reglas, el lenguaje, las lealtades y los límites de lo aceptable.

La violencia extrema puede aparecer cuando una autoridad legitima el daño, cuando el grupo lo normaliza, cuando el miedo reduce las alternativas y cuando el enemigo deja de ser visto como una persona.

Por eso estudiar a los perpetradores no significa apartar la mirada de las víctimas. Tampoco juzgarlos. Significa intentar comprender cómo fue posible que se desarrollase esa violencia en España. Y esa pregunta no pertenece solo al pasado.

The Conversation

Este artículo de Francisco Jorge Leira Castiñeira ha sido financiado por el Ministerio de Ciencia, Innovación e Universidades a través de un contrato Ramón y Cajal (RYC2023-045639-I).

ref. De hombres corrientes a perpetradores: los reclutas forzosos de la Guerra Civil española – https://theconversation.com/de-hombres-corrientes-a-perpetradores-los-reclutas-forzosos-de-la-guerra-civil-espanola-287137

El poder transformador de la generosidad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Santiago Iñiguez de Onzoño, Presidente IE University, IE University

White bear studio/Shutterstock

Cada año, desde 1987, la revista Forbes publica la lista de las personas más ricas del mundo. Pero también ofrece un ranking de los principales filántropos globales: hombres y mujeres que donan a causas sociales, a la investigación de enfermedades, a la creación de becas educativas, a iniciativas para mejorar el medio ambiente y similares.

En sus informes más recientes, la revista ha incluido un interesante factor de ponderación que permite conocer qué multimillonarios donan un mayor porcentaje de su patrimonio neto. Es el Forbes Philanthropy Score.

Aunque informes como el de Forbes influyen en la opinión pública, muchos grandes filántropos no donan dinero en busca de reconocimiento o publicidad. Mi experiencia con algunos donantes es que prefieren el anonimato, independientemente de que puedan beneficiarse o no de ventajas fiscales por sus aportaciones. En cualquier caso, creo que deberíamos alegrarnos de que la filantropía parezca estar en aumento, aunque haya sectores de la sociedad que resten importancia a donaciones significativas por proceder del ámbito privado.

No solo los ricos

En cualquier caso, la generosidad no es una cualidad exclusiva de los ricos. Es una virtud que todos podemos cultivar para hacernos mejores y más felices. En este sentido, recordemos el relato bíblico de La ofrenda de la viuda: Marcos cuenta cómo, aunque solo dio dos pequeñas monedas de limosna, mucho menos en términos absolutos que otros donantes, Jesús reconoció su contribución como mucho más valiosa por el sacrificio personal que implicaba.

Posteriormente, los filósofos explicarían la generosidad de distintas maneras:.Descartes la consideraba “la llave de todas las virtudes y un remedio general contra todos los desórdenes de las pasiones”, mientras que Nietzsche la calificaba como “la virtud más elevada”.

La generosidad, frente a la codicia, suele entenderse como el hábito de dar o compartir con otros sin esperar nada a cambio. Es posible dar muchas cosas, no solo dinero, regalos u objetos. También se puede ser generoso con el tiempo, a veces el bien más preciado, algo especialmente pertinente en el ámbito académico.

Querer mucho

También se puede ser generoso con el afecto, por ejemplo, felicitando a conocidos en sus cumpleaños o celebraciones, elogiando a otra persona por un logro o mostrando empatía.

Existen, asimismo, actos que parecen generosos pero no lo son. El político estadounidense Lester H. Hunt (1892-1954) escribió que regalar una botella de vino a un vecino puede hacerse para establecer una relación, o que un obsequio a una persona necesitada, pero amenazante, puede ser simplemente una forma de evitar un conflicto.

Sin embargo, dada la dificultad de determinar o medir la intencionalidad, debemos conformarnos con juzgar lo que observamos. Tal vez muchos actos que consideramos generosos no cumplirían con la exigencia de desinterés que plantea Hunt. Dicho esto, podría sostenerse que cualquier forma de dar es mejor que ninguna.

Generosidad recíproca

Nos gusta pensar que la generosidad en el seno familiar es desinteresada y no transaccional. Sin embargo, puede existir una expectativa razonable de reciprocidad. Por ejemplo, los hijos cuidan de sus padres cuando estos envejecen, devolviendo el cuidado recibido en la infancia.

En la amistad también ocurre que las personas se reprochan no haber ayudado en momentos críticos. Aunque el factor decisivo es que no haya una expectativa de retorno a corto plazo, también se entiende que se puede contar con los amigos en tiempos difíciles. Como dice el refrán: “En la necesidad se conoce al amigo”.

Un artículo publicado en la revista Nature en 2017 mostró el vínculo neuronal entre generosidad y felicidad. Mediante una resonancia magnética, se midió la actividad de distintas áreas del cerebro de los participantes. A un grupo se le entregó una cantidad de dinero para destinarla a las necesidades de otras personas, al otro se le dio la misma cantidad para gastarla en sí mismos. En el primer caso, las imágenes mostraron una conectividad más intensa entre la función temporoparietal y el estriado ventral, la zona del cerebro que activa la sensación de felicidad.

Los científicos concluyeron que los seres humanos son generosos con familiares, amigos o desconocidos porque eso les hace sentirse mejor y no tanto por la búsqueda de una compensación.

Generosidad en el trabajo

También en el ámbito laboral se han analizado los efectos del comportamiento generoso entre colegas. Dicen los expertos: “Practicar la amabilidad resulta enormemente beneficioso para nuestros compañeros. Ser reconocido en el trabajo ayuda a reducir el agotamiento y el absentismo, y mejora el bienestar de los empleados”. Y recomiendan ser generosos en agradecimientos y reconocimientos dentro del entorno profesional. La generosidad en el agradecimiento mejora el clima, motiva a otros y, en línea con el estudio de Nature, hace más felices a quienes la practican.

Desde una perspectiva transaccional, podría pensarse que las personas generosas actúan de manera ingenua al no buscar abiertamente algo a cambio de sus buenas acciones. Esta visión es errónea, porque la generosidad, aunque no persiga compensación, siempre es reconocida, aunque sea a largo plazo, a través del respeto de los demás.

Sin embargo, en contextos donde triunfan los insistentes y oportunistas, uno de los riesgos de ser el único que practica sistemáticamente la generosidad es acabar sufriendo de “agotamiento por generosidad”.

Por lo general, en los equipos de trabajo los aprovechados son pronto identificados y excluidos. Pero si uno tiene la percepción personal, contrastada con la opinión de personas de confianza, de ser el único miembro generoso del equipo, conviene tomar medidas para equilibrar la situación.

Generosidad y mentorazgo

En el libro Dar y recibir (2013), el profesor e investigador estadounidense Adam Grant explica que en todas las organizaciones hay receptores, quienes suelen beneficiarse del trabajo de los demás, incluidos los jefes, equilibradores, que contribuyen y utilizan de manera compensada el trabajo común, y dadores: esa valiosa especie que contribuye al colectivo sin esperar necesariamente algo a cambio.

En una empresa, lo ideal es que haya más dadores que receptores porque, aritméticamente hablando, el valor añadido total será mayor y, además, se generará un entorno laboral más positivo.

Otra forma de ejercer la generosidad en el trabajo es el mentorazgo, práctica que ha demostrado mejorar el desempeño de los directivos jóvenes. Para que tenga éxito, esta relación debe basarse en el desinterés, la ausencia de agenda política, el respeto mutuo, la coherencia y el compromiso.

Generosidad vocacional

En el ámbito educativo, la generosidad es una cualidad fundamental del profesorado. El desinterés necesario para dedicar años a mejorar el aprendizaje de los jóvenes convierte esta profesión en una vocación, una llamada a servir al desarrollo de los estudiantes, que no se compensa únicamente con la remuneración.

En cierto modo, considero a los directivos y gestores como docentes, porque parte de su tarea consiste en motivar a sus colaboradores y subordinados para que trabajen eficazmente, se identifiquen con su organización y mejoren como profesionales y como personas. Sin duda, el ejercicio de cualquier forma de liderazgo debe sustentarse en la generosidad.

Una versión de este artículo se publicó en LinkedIn.

The Conversation

Santiago Iñiguez de Onzoño no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El poder transformador de la generosidad – https://theconversation.com/el-poder-transformador-de-la-generosidad-286530

Quiero ayudar tras una situación de emergencia humanitaria: ¿cuál es la mejor forma de hacerlo?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Borja Santos Porras, Associate Dean and Professor – IE School of politics, economics and global affairs, IE University

Suphapong Eiamvorasombat/Shutterstock

Cada vez que un terremoto, una inundación o un conflicto golpea a miles de personas, la reacción de la ciudadanía es inmediata: queremos ayudar. El problema no es la falta de generosidad, sino no saber canalizarla bien.

Aquí la buena intención no siempre coincide con la ayuda más eficaz. Repasamos las tres vías principales –donar bienes, aportar a organizaciones humanitarias reconocidas o financiar directamente a organizaciones locales– con sus ventajas, sus límites y qué dice la experiencia sobre cuál suele tener más impacto.

Recolección de insumos: la opción más visible, pero casi nunca la más útil

Enviar ropa, comida o medicamentos es el gesto más intuitivo: das algo tangible y sientes que ayudas de verdad. Sin embargo, es la opción que más advertencias recibe por parte de los organismos humanitarios. La Agencia Española de Cooperación Internacional para el Desarrollo (AECID) desaconseja las donaciones en especie en la fase inmediata de una emergencia porque pueden saturar la logística de quienes están gestionando el desastre sobre el terreno.

Las razones son prácticas: clasificar, embalar, transportar y almacenar bienes cuesta tiempo y dinero, recursos que en plena emergencia son extremadamente escasos. Además, lo que enviamos no siempre coincide con lo que realmente se necesita –por disparidad en las tallas, climas o cultura alimentaria– y en muchos casos termina acumulado en almacenes, o incluso desechado.

En 2008, cuando trabajaba en el equipo de Naciones Unidas para Emergencias en Ecuador, sufrimos los efectos de las inundaciones de El Niño y llegaron muchos aviones con ayuda proveniente de muchos países. Hicimos un recuento de lo enviado frente a lo que realmente se necesitaba: solo el 5 % de lo que llegaba era útil.

Cajas de medicamentos y ayuda humanitaria de UNICEF para Ucrania (2022).
Sodel Vladyslav/Shutterstock

Otro ejemplo, este de 2011, cuando trabajaba con Naciones Unidas en Etiopía. Allí la base de la alimentación es la injera, un pan plano hecho con un cereal local llamado tef. Como parte de la respuesta a la crisis humanitaria de ese año, Estados Unidos envió toneladas de maíz, en gran parte, excedentes de su propia producción agrícola. El problema es que buena parte de la población etíope ni conocía ese alimento ni sabía cómo cocinarlo, y, sencillamente, no lo quería.

El Instituto de Estudios sobre Conflictos y Acción Humanitaria (IECAH) ha realizado guias prácticas para orientar a la ciudadanía sobre las donaciones en especie. ¿Cuándo tienen sentido este tipo de donaciones? Solo si hay un llamamiento específico de una organización que ya opera allí y que ha pedido ese material en concreto.

Donar a organizaciones reconocidas en España: seguridad, trazabilidad… y ventajas fiscales

Aportar dinero a una ONG española con experiencia humanitaria acreditada es, por consenso, la vía más recomendada por los especialistas en ayuda internacional. Estas entidades cuentan con personal profesional, mecanismos de coordinación con las autoridades locales y sistemas contrastados de rendición de cuentas.

Además, muchas de estas organizaciones trabajan con estándares humanitarios universales que guían la ayuda en desastres, como los estándares Esfera, que buscan proteger la dignidad humana en la respuesta a las personas afectadas: cuánta agua o comida mínima se debe dar y en qué condiciones, cómo deben ser los refugios, qué características debe tener la atención sanitaria, etc. Estos estándares fueron establecidos por el Movimiento Internacional de la Cruz Roja y numerosas organizaciones humanitarias tras las fallas detectadas en la asistencia a los refugiados del genocidio de Ruanda, en 1994.

Además de la profesionalidad y la rendición de cuentas, hay un incentivo añadido que algunos ciudadanos desconocen: si la entidad está acogida a la Ley 49/2002 de régimen fiscal de entidades sin fines lucrativos, la donación desgrava en el IRPF.

Aportar a instituciones u organizaciones locales: ayuda directa y sin intermediarios

Financiar directamente a una organización local tiene una ventaja muy clara: la financiación llega sin intermediarios y de forma más directa a quien ejecuta la ayuda sobre el terreno. Esto suele traducirse en mayor flexibilidad para adaptar los fondos a las necesidades reales y cambiantes, y menos costes de gestión intermedios.

No obstante, también tiene un inconveniente: resulta más difícil para el donante verificar la solvencia y trayectoria de la organización, y no siempre está claro que tenga la profesionalidad y el conocimiento necesarios para trabajar en contextos humanitarios. Además, estas donaciones normalmente no dan derecho a deducción fiscal en España, al no estar la entidad receptora acogida a la Ley 49/2002.

Esta vía es recomendable cuando existe una relación de confianza previa y contrastada con la entidad local, por ejemplo, a través de asociaciones en España de ciudadanos migrantes de los países en emergencia, que suelen tener conocimiento directo del terreno y de las organizaciones fiables que operan allí.

¿Por qué el dinero, en cualquier caso, es mejor que las donaciones en especie?

Más allá de por dónde se canalicen los recursos, el consenso del sector humanitario –recogido por la AECID, la CONGDE y organismos como CALP (Cash Learning Partnership)– es claro: el dinero es preferible a los bienes materiales.

Una donación económica permite comprar lo necesario en mercados locales o cercanos a la zona afectada, lo que, además de garantizar que la ayuda se ajusta a la necesidad real, reactiva la economía local justo cuando más lo necesita. Es decir, genera empleo, mantiene en marcha comercios y evita la dependencia total de la ayuda externa. Es lo que en el sector se llaman programas de transferencias monetarias, considerados, hoy por hoy, la forma de asistencia humanitaria más eficaz y respetuosa con la dignidad de las personas afectadas.

Es fundamental ayudar, si bien exige también informarse. La rapidez con la que se dona no debería ir por delante de la eficacia con la que esa ayuda llega a quien la necesita.

The Conversation

Borja Santos Porras no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Quiero ayudar tras una situación de emergencia humanitaria: ¿cuál es la mejor forma de hacerlo? – https://theconversation.com/quiero-ayudar-tras-una-situacion-de-emergencia-humanitaria-cual-es-la-mejor-forma-de-hacerlo-286748

El planeta donde podríamos volar moviendo los brazos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos Vázquez Monzón, Profesor Ayudante Doctor, especializado en Astrofísica y Astrodinámica, Universidad Loyola Andalucía

Zoteva/Shutterstock

La búsqueda de exoplanetas ha cambiado nuestra forma de entender el universo. Durante mucho tiempo, los astrónomos clasificaron los planetas utilizando como referencia los mundos del sistema solar. Sin embargo, los miles de exoplanetas descubiertos en las últimas décadas han revelado una diversidad mucho mayor de la esperada. Entre ellos destaca Kepler-138d, un planeta situado a unos 200 años luz de la Tierra que podría pertenecer a una categoría completamente distinta a cualquier cosa conocida en nuestro vecindario cósmico.

Un mundo oceánico

Kepler-138d ha despertado un gran interés porque, pese a tener un tamaño parecido al de la Tierra, parece poseer una densidad mucho menor. Los datos sugieren que podría contener enormes cantidades de agua y materiales ligeros, hasta el punto de que ha sido identificado como uno de los candidatos más prometedores a mundo oceánico. Si esta interpretación es correcta, estaríamos ante un planeta cuya estructura interna y condiciones ambientales podrían diferir radicalmente de las terrestres.




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El extraño descubrimiento que podría cambiar lo que sabemos sobre exoplanetas oceánicos


Y eso conduce a una pregunta fascinante: si existen mundos tan distintos al nuestro, ¿podrían existir algunos donde los seres humanos fueran capaces de volar moviendo los brazos?

Representación artística de la estrella Kepler-9 y dos de sus exoplanetas, caracterizados por sus densidades excepcionalmente bajas.
NASA, Jet Propulsion Laboratory/California Institute of Technology, Ames Research Center

Cuando el entorno importa tanto como el cuerpo

La respuesta intuitiva es no. Los humanos no tenemos alas y nuestra anatomía no está diseñada para el vuelo. Sin embargo, esa conclusión depende en gran medida de las condiciones físicas de la Tierra.

Nuestro planeta combina una gravedad relativamente intensa con una atmósfera que, aunque suficiente para que vuelen aves y aviones, no proporciona el apoyo necesario para que una persona pueda sostenerse en el aire mediante la fuerza de sus propios brazos. Por eso necesitamos tecnologías que compensen esas limitaciones.

Pero la física del vuelo no depende únicamente del organismo. También depende del entorno.

Los dos ingredientes del vuelo humano asistido

Para imaginar un mundo donde una persona pudiera volar moviendo los brazos hacen falta dos ingredientes fundamentales.

El primero es una gravedad relativamente baja. Cuanto menor sea la atracción gravitatoria de un planeta, menor será también el peso de cualquier objeto situado sobre su superficie. Los saltos serán más altos, las caídas más lentas y permanecer en el aire resultará mucho más fácil.

El segundo ingrediente es una atmósfera densa. Cuando el aire contiene más materia, los movimientos generan fuerzas aerodinámicas más intensas. Cada superficie expuesta al flujo de aire produce más sustentación y puede permanecer suspendida con mayor facilidad.

La combinación de ambos factores cambia completamente las reglas del juego. En un planeta con gravedad moderada y una atmósfera especialmente espesa, una persona equipada con simples membranas de planeo podría desplazarse por el aire de forma sorprendentemente eficiente. Los movimientos de brazos y piernas ayudarían a mantener la altura, aprovechar las corrientes atmosféricas y prolongar el tiempo de vuelo.

No sería un vuelo como el de las aves, sino algo a medio camino entre saltar, planear y navegar por el aire.

Volar siempre ha sido el sueño de la humanidad.
Wikimedia Commons

Lo que Kepler-138d nos enseña

Kepler-138d resulta especialmente interesante porque demuestra que existen mundos con propiedades físicas muy distintas a las terrestres. Su baja densidad sugiere una composición rica en agua y materiales ligeros, algo que hasta hace pocos años apenas aparecía en los modelos planetarios más habituales.

Aunque todavía conocemos pocos detalles sobre su atmósfera, este planeta podría representar una de las primeras muestras de una familia de mundos donde las condiciones ambientales difieren profundamente de las que encontramos en la Tierra. Los llamados mundos oceánicos podrían poseer atmósferas extensas y entornos físicos muy diferentes a los que estamos acostumbrados a imaginar.

Precisamente por eso, Kepler-138d nos invita a pensar en posibilidades que antes parecían reservadas a la ciencia ficción. Si existen planetas con composiciones tan distintas, también podrían existir mundos donde la combinación de gravedad y atmósfera favorezca formas de movilidad imposibles en nuestro planeta.

En ese contexto, el vuelo humano asistido deja de ser una fantasía absurda para convertirse en una consecuencia plausible de determinadas condiciones físicas.

Un universo lleno de posibilidades

La imagen de una persona elevándose lentamente mientras mueve los brazos puede parecer propia de una novela fantástica. Sin embargo, no contradice ninguna ley de la naturaleza. Lo único que requiere es un entorno adecuado.

Kepler-138d no es importante porque sepamos exactamente cómo es, sino porque nos recuerda que la Tierra representa solo una de las muchas maneras posibles de construir un planeta. Cada nuevo exoplaneta descubierto amplía nuestra visión de lo que puede existir en el universo.

Quizá algunos de esos mundos posean atmósferas tan densas y condiciones gravitatorias tan favorables que volar resulte casi tan natural como caminar. Quizá los habitantes de esos planetas aprendan a planear desde niños y consideren el desplazamiento aéreo una habilidad cotidiana.

A medida que descubrimos más mundos como Kepler-138d, resulta cada vez más evidente que muchas de las limitaciones que damos por sentadas son simplemente consecuencia de vivir en un planeta concreto. En algún lugar de la galaxia podría existir un mundo donde el viejo sueño humano de volar no requiera motores ni alas artificiales. Bastaría con extender los brazos y dejar que el planeta hiciera el resto.

The Conversation

Carlos Vázquez Monzón no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El planeta donde podríamos volar moviendo los brazos – https://theconversation.com/el-planeta-donde-podriamos-volar-moviendo-los-brazos-284669