Comment La Réunion est devenue invisible en Afrique du Sud

Source: The Conversation – in French – By Christophe Rocheland, chercheur, Université Paris 8 – Vincennes Saint-Denis

Il y a plus de quarante ans, des leaders réunionnais finançaient clandestinement le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela. Parmi eux, Paul Vergès, fondateur du Parti communiste réunionnais, arrachait au Parlement européen les premières sanctions internationales contre Pretoria. Aujourd’hui, l’Afrique du Sud, puissance régionale africaine, est statistiquement absente du commerce extérieur de La Réunion.

Entre les deux territoires, les proclamations sur les liens forgés dans la lutte anti-apartheid n’ont pas été suffisants pour susciter la signature par Pretoria du programme Interreg Océan Indien. Il s’agit d’un dispositif européen finançant des projets de coopération régionale dans l’Océan Indien.

De la complicité active à l’indifférence mutuelle : comment deux territoires liés par deux siècles d’histoire commune ont-ils “réussi” à se rendre invisibles l’un à l’autre, et que coûte cette régression aux Réunionnais ?

En 1851, un planteur britannique plante les premières boutures de canne à sucre jamais cultivées au Natal, en Afrique du Sud, venues de La Réunion, par le jeu des relations entre les sucriers colons réunionnais et anglais. C’est sur cette même terre du KwaZulu-Natal que s’enracine la trajectoire du géant sucrier Tongaat Hulett, aujourd’hui l’un des premiers producteurs du continent africain.

Le lieu porte une charge symbolique inversée : l’île qui exporta son savoir-faire agricole vers le continent se retrouve, un siècle et demi plus tard, économiquement marginalisée face à l’industrie qu’elle contribua à faire naître. Cent soixante-quinze ans plus tard, les deux territoires n’ont toujours pas signé le moindre accord de coopération institutionnel durable.

Mes recherches théorisent sur la posture géopolitique structurellement ambivalente de La Réunion, territoire ancré dans l’espace africain et indiaocéanique et une diplomatie territoriale du “faire semblant”. Ce paradoxe a un nom : la géopolitique du sanblan.

Le sanblan, ou l’art de faire semblant de coopérer

Le concept de sanblan (contraction créole de semblant et de sang blanc) désigne une posture géopolitique caractéristique des élites politiques réunionnaises : on en parle sans trop en dire, on en fait sans trop en faire, laissant à l’État le soin de décider sans prendre en main les outils de coopération internationale dont elles disposent.

Dans le cas d’espèce des relations sudafricano-réunionnaises, il décrit trente ans de rendez-vous manqués entre les décideurs des deux territoires : poignées de mains, communiqués sur les « nouvelles perspectives », délégations qui rentrent sans suite opérationnelle, sans lien politique nourri.

Paris conservant le monopole des relations extérieures sans produire de résultat concret pour l’île avec Pretoria. Les collectivités réunionnaises, divisées, peinent à se présenter comme un interlocuteur cohérent. Le programme Interreg Océan Indien (62,2 millions d’euros pour 2021–2027) géré par la région Réunion, présidée par Huguette Bello, une des leaders du combat anti-apartheid, en est le symptôme : l’Afrique du Sud reste le seul pays de la zone à ne pas l’avoir signé depuis deux cycles consécutifs.

Le verrou est politique : Pretoria pose la question de Mayotte comme condition préalable, Paris est embarrassé et c’est l’intégration économique régionale de La Réunion qui trinque.

Les chiffres du commerce extérieur donnent la mesure concrète de cet échec. En 2023, La Réunion importe pour 7,1 milliards d’euros de biens et exporte pour 400 millions d’euros, soit un déficit commercial de 94 %. Les importations depuis la France hexagonale représente à elle seule 59 %, soit près de 4,2 milliards d’euros (acheminés principalement depuis des centrales d’achat situées à 9 400 kilomètres). L’Afrique du Sud, à 2 900 kilomètres, n’apparaît dans aucune rubrique notable des exportations réunionnaises : elle en est statistiquement absente.

Côté importations, sa seule contribution recensée est du charbon, en voie d’extinction : les livraisons de houille sud-africaine ont chuté de 52 % en 2023 avec la conversion des centrales à la biomasse (wood pellets). D’ici deux ou trois ans, ce dernier flux disparaîtra à son tour.

L’île Maurice, voisine, apporte la démonstration contraire : l’Afrique du Sud est son premier client (12,7 % de ses exportations) et son quatrième fournisseur (7,3 % des importations), pour un commerce bilatéral dépassant 800 millions de dollars en 2023. Port-Louis est pourtant à la même distance de Johannesburg que Saint-Denis. L’écart n’est pas géographique, il est politique.

La trajectoire régressive est lisible sur cinquante ans. Dans les années 1980, La Réunion figurait au 7è rang des marchés d’exportation du régime d’apartheid et absorbait près de la moitié de ses exportations fruitières vers l’océan Indien.

Depuis 1994, cette relation s’est effondrée. En 2019, l’ensemble des échanges avec l’Afrique et les îles voisines combinés représentaient moins de 50 millions d’euros. Le charbon a succédé aux fruits, avant de s’effondrer à son tour. Il ne reste que les fruits frais, soit 52 % des volumes importés à La Réunion (agrumes, pommes, poires et raisins).

Une île utilisée, puis ignorée

Entre 1975 et 1990, Pretoria installe son unique consulat général dans le sud-ouest de l’océan Indien à Saint-Denis. La France maintient discrètement des relations économiques incluant une coopération nucléaire, pendant que La Réunion sert à faire transiter des marchandises « sensibles » vers le régime d’apartheid. Selon les statistiques douanières sud-africaines de 1990, l’île figure alors au septième rang des marchés d’exportation du régime, distinctement séparée de la « France » dans leurs propres tableaux.

En face, le Parti communiste réunionnais et ses alliés mènent une résistance qui dépasse le registre symbolique. Son ancien trésorier, Raymond Lauret, a témoigné qu’à la fin des années 1980, Paul Vergès, son Président fondateur, lui demande de retirer discrètement plusieurs centaines de milliers de francs en liquide pour les remettre à l’ANC, alors classée « organisation terroriste » par les Etats-Unis.

En 1979, Vergès dirige une mission du Parlement européen dans les pays de la ligne de front (États africains qui soutenaient la lutte contre l’apartheid : Tanzanie, Zambie, Botswana, Mozambique, Angola, Zimbabwe…).

Le rapport qui en résulte débouche sur les premières sanctions de la Communauté économique européenne (CEE) contre le régime de Pretoria. En novembre 2025, le président français Emmanuel Macron s’est rendu au mémorial de Freedom Park : le nom de Paul Vergès est gravé sur le Mur des Héros de la lutte anti-apartheid le faisant entrer dans le Panthéon sud-africain.

Le sanblan a un coût réel, mesurable, quotidien : des prix à la consommation artificiellement élevée, une dépendance à l’hexagone française que rien ne justifie géographiquement, des retards d’investissements et de développement dans plusieurs secteurs économiques comme l’aérien, le tourisme, les services financiers ou encore la diversification d’une économie trop dépendante des transferts publics de l’Hexagone français.

Pendant que La Réunion invoque la mémoire de la lutte contre l’apartheid, Maurice signe des accords et exporte. Cesser le sanblan, ce n’est pas trahir Paris : c’est enfin assumer, collectivement, que La Réunion est une île africaine dotée d’un passeport français et que cette identité double est une force, non une contradiction. Il ne manque qu’une chose : la volonté d’agir au-delà des discours.

The Conversation

Christophe Rocheland does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

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Le « verrouillage carbone », ou pourquoi les majors pétrolières comme Shell renoncent à leurs projets de décarbonation

Source: The Conversation – France (in French) – By Fernanda Arreola, Professor of Strategy and Entrepreneurship, ESSCA School of Management

Les grands groupes pétroliers tels que Shell peuvent-ils réellement accomplir leur transition énergétique ? Derrière les difficultés, on retrouve la notion centrale de « verrouillage carbone ». Celui-ci est d’abord lié à la durée de vie des infrastructures pétrolières, mais un second type de verrou s’y superpose, lié aux attentes des marchés et des actionnaires.


Pourquoi la transition énergétique progresse-t-elle si lentement, alors même que les technologies bas carbone existent, sont de moins en moins onéreuses et gagnent peu à peu des parts de marché ? Cette question d’actualité trouve une réponse dans les travaux fondateurs de Gregory C. Unruh, qui a introduit dès les années 2000 le concept de carbon lock-in, ou verrouillage carbone en français.

Selon lui, nos économies sont enfermées dans une trajectoire fossile, non pas du fait de l’absence d’alternatives, mais parce que les technologies, institutions et comportements permettant les conditions de cette trajectoire se renforcent mutuellement, créant une inertie systémique. Autrement dit, le carbon lock-in, c’est quand un système continue à fonctionner, non pas parce qu’il est optimal, mais parce qu’il est déjà en place.

Ce cadre théorique a depuis été enrichi par de nombreux travaux, notamment ceux de Steven J. Davis, qui montre comment les infrastructures existantes conditionnent les émissions futures et rendent toute bifurcation coûteuse et incertaine. Dans cette perspective, transformer le système énergétique ne consiste pas simplement à innover, mais à défaire un ensemble de dépendances accumulées dans le temps. Cette perspective prend une résonance particulière dans le cas de Shell, que nous avons analysée dans notre étude récente.

Au début des années 2020, l’entreprise fait face à une pression croissante. Régulations climatiques renforcées, attentes sociétales accrues, et décisions judiciaires inédites, notamment aux Pays-Bas. Ces éléments correspondent à ce que la littérature identifie comme des chocs exogènes, des situations externes capables de déstabiliser un système.

La transition de Shell se présente alors a priori comme conforme à la théorie, mais il apparaît rapidement qu’il existe un verrouillage carbone de second ordre, lié aux marchés et aux orientations stratégiques, en particulier les attentes des actionnaires. Explications.




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Shell : une transition qui se heurte à deux verrous

De 2015 à 2024, Shell engage des investissements significatifs dans des technologies bas carbone comme l’hydrogène, les biocarburants et le captage du carbone. C’est en particulier le cas pour sa raffinerie de Rotterdam (Pays-Bas), connue sous le nom de raffinerie Shell Pernis. À première vue, l’entreprise semble amorcer une sortie du carbon lock-in.

Shell semble commencer à franchir un cap. Les activités bas carbone gagnent en importance, la stratégie de l’entreprise évolue, et une réduction de la dépendance aux hydrocarbures paraît envisageable. Notre article montre que cette phase correspond à un désenclavement de premier ordre. Les contraintes technologiques et infrastructurelles, qui définissent le carbon lock-in, commencent alors à s’atténuer. C’est ici que, pour la première fois, les conditions matérielles d’une transition deviennent réellement plausibles.

Cadre théorique permettant de comprendre comment on peut lever le premier verrouillage carbone, appliqué au cas de Shell Pernis.
G. Unruh et coll., 2026, Fourni par l’auteur

Mais cette dynamique ne se stabilise pas. Très rapidement, une autre forme de contrainte émerge : celle des marchés financiers. Les attentes de rentabilité des investisseurs, les logiques de valorisation boursière et les modèles de gouvernance exercent une pression forte sur les choix stratégiques.

Du point de vue des investisseurs, les activités fossiles restent souvent les plus rentables à court terme. Les investissements bas carbone, plus incertains et plus longs à rentabiliser, peinent à rivaliser. Progressivement, la stratégie de Shell se rééquilibre. Les ambitions climatiques sont ajustées, et les activités traditionnelles retrouvent un rôle central.

Ce constat rappelle que le succès de la transition dépend pour beaucoup des organisations, des institutions et des pratiques existantes. Or, les nouvelles activités reposent ici sur les infrastructures, les compétences et les chaînes de valeur héritées du pétrole. Dans le cas présent, la transformation ne remplace pas le système existant, elle s’y superpose.

Cette observation confirme un point clé de notre recherche : les transitions industrielles sont rarement des ruptures, mais plutôt des reconfigurations progressives.

La véritable difficulté ? Sortir du second verrouillage carbone

C’est dans cette tension que réside la contribution principale de notre recherche. Nous montrons en effet que sortir du verrouillage carbone ne suffit pas. Même lorsque les contraintes technologiques s’affaiblissent, un nouveau verrouillage peut émerger, d’ordre financier et stratégique. Nous l’avons appelé « verrouillage carbone de second ordre » (second-order carbon lock-in).

Ce deuxième verrouillage ne repose plus sur seulement sur les infrastructures en place, mais également sur des logiques économiques telles que les attentes des actionnaires, les exigences de rentabilité et les structures de gouvernance. Autrement dit, même lorsque la transition devient techniquement possible, elle peut rester économiquement difficile.

Comment le second verrou carbone conduit finalement à reculer sur les engagements de transition.
G. Unruh et coll., 2026, Fourni par l’auteur

Cette distinction entre les deux formes de verrouillage carbone suggère que les politiques climatiques ne peuvent pas se limiter à soutenir l’innovation ou à adapter les régulations qui s’appliquent aux infrastructures. Elles doivent aussi transformer les incitations économiques et financières qui orientent les décisions des entreprises. Sans cela, les efforts de transition risquent de rester partiels, instables, voire réversibles.




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Comment sortir du piège carbone… sans y retomber ?

L’histoire de Shell n’est pas une exception. Elle révèle une dynamique plus générale, celle d’une transition énergétique qui progresse, mais qui reste contrainte par les logiques profondes du système juridique et économique. Sortir du piège carbone ne consiste donc pas seulement à changer de technologie. Il faut aussi changer les règles du jeu.

Le cas de la raffinerie Shell Pernis met en évidence à la fois l’efficacité et les limites des interventions classiques de décarbonation. Les interventions de premier ordre visent d’abord à réduire les inerties internes aux complexes techno-institutionnels (c’est-à-dire les systèmes regroupant aussi bien des acteurs publics que privés qui participent à la diffusion des nouvelles normes technologiques). Elles sont essentielles pour amorcer la transition, mais demeurent insuffisantes lorsque les entreprises sont insérées dans des systèmes transnationaux, notamment les marchés financiers globaux et la concurrence internationale, qui peuvent réintroduire de nouvelles contraintes.

Ceci a deux conséquences très concrètes :

  • Pour les décideurs publics, cela implique de dépasser les cadres nationaux et d’articuler les politiques climatiques à l’évolution de la gouvernance financière. Une meilleure coordination avec des institutions, telles que la Banque centrale européenne (BCE), l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) ou l’Organisation internationale des commissions de valeurs (IOSCO), apparaît nécessaire afin de limiter les désalignements entre objectifs climatiques et logiques de marché. Des instruments complémentaires, comme des cadres contractuels de long terme ou des protections contre certaines pressions financières, pourraient également soutenir les entreprises en transition.

  • Pour les entreprises, la transition ne saurait être réduite à un enjeu technologique ou réglementaire local. Et cela d’autant plus pour les firmes multinationales, qui opèrent dans plusieurs cadres nationaux à la fois et doivent gérer des attentes multiples et souvent divergentes, notamment de la part de leurs investisseurs. Les investissements de transition nécessitent des stratégies spécifiques, capables de valoriser leur rentabilité à long terme tout en limitant les pressions à court terme.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Le « verrouillage carbone », ou pourquoi les majors pétrolières comme Shell renoncent à leurs projets de décarbonation – https://theconversation.com/le-verrouillage-carbone-ou-pourquoi-les-majors-petrolieres-comme-shell-renoncent-a-leurs-projets-de-decarbonation-283288

TotalEnergies face à l’administration Trump : quand l’abandon de l’éolien offshore devient une monnaie d’échange

Source: The Conversation – France (in French) – By Wissem Ajili Ben Youssef, Professeur associé en Finance, EM Normandie

En mars 2026, le groupe TotalEnergies a annoncé renoncer à deux concessions d’éolien offshore sur la côte Est américaine. En échange, l’administration Trump, ouvertement hostile au développement des énergies renouvelables, a promis des investissements de plus de 801 millions d’euros. Cet accord, qualifié de « gagnant-gagnant » par les deux parties, constitue un précédent juridique inédit. Il intervient au pire moment pour les États-Unis, qui doivent faire face à une augmentation massive de la demande d’électricité et fragilise la crédibilité des engagements ESG de la major pétrolière.


L’annonce est intervenue discrètement et l’actualité chargée des deux derniers mois aura eu tôt fait de la chasser des radars. Elle marque pourtant un précédent questionnable. Le 23 mars 2026, lors de la conférence CERAWeek à Houston (Texas), Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a annoncé un accord d’environ 930 millions de dollars (plus de 801 millions d’euros) avec l’administration Trump.

Cet accord prévoit l’abandon par le groupe français de ses deux concessions d’éolien offshore sur la côte Est américaine, Carolina Long Bay et New York Bight, ainsi qu’un redéploiement des investissements vers les hydrocarbures, en particulier le gaz naturel liquéfié (GNL). Le dirigeant a qualifié cet accord de « gagnant-gagnant », une formule qui mérite d’être décortiquée.

L’administration Trump et le groupe TotalEnergies ont signé, en mars 2026, un accord de remboursement d’un peu moins d’un milliard de dollars au géant français, compensant l’abandon de ses projets d’éolien en mer aux États-Unis, remplacés par des investissements dans le gaz et le pétrole.

Présenté comme une sortie pragmatique d’investissements devenus « politiquement hostiles », cet accord renvoie en réalité à des enjeux plus profonds. D’abord, parce qu’il constitue un précédent juridique inédit qui marque un recentrage stratégique aux implications significatives pour ce qui est des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Ensuite, parce que l’accord envoie également un signal négatif aux marchés financiers, dans un contexte où la demande américaine d’électricité s’apprête à battre des records, notamment dans le contexte de la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

En définitive, l’accord fragilise simultanément la crédibilité des engagements climatiques de l’entreprise et la sécurité juridique des investissements verts, tout en interrogeant la gouvernance de la transition énergétique.

Un deal énergétique à 930 millions de dollars

Les deux concessions abandonnées par TotalEnergies représentaient une capacité cumulée d’environ 4 gigawatts (GW), soit l’équivalent de quatre réacteurs nucléaires, ou encore de quoi alimenter près de 1,5 million de foyers en électricité décarbonée.

L’entreprise avait acquis ces droits au terme de procédures d’appel d’offres longues et coûteuses. Pour celles-ci, elle avait engagé des centaines de millions de dollars en études environnementales ainsi qu’en ingénierie préliminaire. Les deux projets avaient en outre déjà obtenu les autorisations fédérales nécessaires, ce qui les plaçait dans une phase avancée de développement.

Les raisons de ce rétropédalage tiennent au contexte politique. Dès janvier 2025, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche s’est accompagné d’une offensive réglementaire contre l’éolien offshore, avec le gel de permis, la remise en cause de cadres contractuels existants et une pression accrue sur les États côtiers.

Interview de Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, sur la chaîne états-unienne CNBC.

Dans cet environnement devenu incertain, les opérateurs ont réagi différemment. Ørsted et Equinor, par exemple, ont choisi la voie judiciaire. TotalEnergies a fait un autre choix, en acceptant un deal négocié avec l’administration fédérale, fondé sur l’abandon de ses actifs éoliens offshore, en échange d’une compensation financière présentée comme définitive.




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Pragmatisme ou revirement stratégique ?

La contrepartie du deal est explicite. Il permet à TotalEnergies de confirmer son statut de premier exportateur privé de gaz naturel liquéfié américain, avec 19 millions de tonnes par an de capacité contractualisée, soit environ 18 % de la production nationale des États-Unis.

Pour l’administration Trump, qui a fait de l’expansion du GNL un instrument central de sa politique industrielle et diplomatique, le groupe français apparaît comme un partenaire de premier plan. L’accord s’inscrit ainsi dans une logique assumée de donnant-donnant, fondée sur l’abandon d’actifs éoliens offshore en échange de la pérennité des positions du groupe dans l’exportation gazière.

Cette convergence stratégique crée toutefois une tension directe avec les engagements climatiques affichés par TotalEnergies. Le groupe dit viser la neutralité carbone en Europe à l’horizon de 2030 et au niveau mondial d’ici à 2050, en cohérence affichée avec les scénarios de l’Agence internationale de l’énergie.

Or, plusieurs travaux académiques soulignent que les émissions fugitives de méthane sur l’ensemble du cycle de vie du GNL peuvent, sur un horizon de vingt ans, annuler le léger avantage du gaz par rapport aux autres énergies fossiles et le rendre comparable au charbon en matière d’impact climatique.

Cette contradiction n’est pas seulement environnementale, elle est aussi financière. Le « greenium », défini comme la prime de valorisation ou la décote de rendement associées aux titres de dette d’un émetteur jugé crédible sur le plan environnemental, repose fondamentalement sur la cohérence perçue entre sa stratégie industrielle, son allocation d’actifs et sa trajectoire climatique.

La littérature montre que toute divergence entre engagements climatiques affichés et décisions d’investissement effectives tend à éroder, voire à inverser, cette prime de crédibilité. Ce lien entre crédibilité ESG et comportement des investisseurs rejoint nos travaux récents montrant que l’adoption des standards ESG dépend étroitement de la cohérence entre stratégie, gouvernance et environnement réglementaire.

Dans un tel contexte, un déclassement du groupe dans les portefeuilles de grands investisseurs institutionnels, ou une remise en cause de sa crédibilité environnementale, entraînerait des conséquences très concrètes. Lorsque des investisseurs se retirent ou deviennent plus prudents, se financer devient plus coûteux. Cette hausse durable du coût du capital pèserait alors bien davantage, à moyen terme, que le gain financier immédiat tiré du deal américain.

Un contournement inédit du droit à l’expropriation réglementaire

L’aspect le plus singulier de cet accord tient à sa nature juridique. L’administration Trump avait d’abord tenté de bloquer des projets éoliens pourtant déjà autorisés. Ces initiatives ont été invalidées par les tribunaux fédéraux, qui ont rappelé que les permis délivrés créaient des droits protégés et ne pouvaient être suspendus ou retirés unilatéralement par l’exécutif.

Face à cette limite, l’administration a changé de levier. Bloquée juridiquement, l’administration a trouvé avec TotalEnergies un moyen plus efficace : substituer à la contrainte réglementaire une transaction financière conduisant à l’abandon volontaire des projets.

Ce mécanisme s’inscrit dans une tension bien connue du droit économique états-unien, celle de l’« expropriation réglementaire indirecte », ou regulatory taking. Le cinquième amendement de la Constitution interdit notamment, en effet, à l’État de priver un investisseur de la valeur économique de son actif sans compensation, y compris en l’absence de nationalisation formelle. Lorsqu’une réglementation devient si contraignante qu’elle rend un investissement non viable, elle peut être assimilée à une expropriation déguisée. C’est précisément sur ce fondement que les tribunaux fédéraux ont bloqué les tentatives de l’administration visant à neutraliser des projets éoliens déjà autorisés.

L’accord annoncé à CERAWeek permet ainsi de contourner la jurisprudence sans l’affronter directement. En recourant à une compensation financière négociée, l’administration évite toute qualification d’expropriation, tout en obtenant un résultat équivalent : l’abandon de projets pourtant légalement autorisés.

Ce précédent est lourd de conséquences. Il installe l’idée qu’un permis pour un projet d’énergie renouvelable peut devenir rachetable au gré d’une alternance politique, indépendamment de sa conformité au droit en vigueur. Or, les travaux de l’économiste Nicholas Bloom sur l’incertitude de politique économique montrent que ce type d’instabilité réglementaire pèse durablement sur les décisions d’investissement, bien au-delà des cycles politiques immédiats.

La prime de risque exigée par les investisseurs s’en trouve accrue. Et cela non seulement pour le projet concerné, mais aussi pour l’ensemble des investissements dans les énergies renouvelables aux États‑Unis. Ce mécanisme est cohérent avec nos travaux récents, qui montrent que l’incertitude politique accroît durablement la prime de risque exigée par les investisseurs et modifie les flux d’investissement, bien au‑delà des chocs politiques immédiats.

Quand l’abandon de l’éolien intervient au pire moment

L’ironie de cet accord tient avant tout à son calendrier. Selon les projections de l’Agence d’information américaine sur l’énergie, la demande d’électricité américaine devrait croître de plus de 15 % d’ici 2030, sous l’effet combiné du développement accéléré des centres de données liés à l’intelligence artificielle, de l’électrification des transports et de la réindustrialisation.

Dans ce contexte, les technologies les plus rapidement mobilisables restent l’éolien et le solaire, dont les coûts sont désormais compétitifs avec ceux des énergies fossiles. Renoncer à près de 4 gigawatts d’éolien offshore déjà autorisés au profit d’un combustible fossile revient ainsi à abandonner un projet dont les fondations sont déjà posées.

Les États côtiers concernés, en particulier la Caroline du Nord et l’État de New York, avaient intégré ces capacités dans leurs trajectoires officielles de transition, à la fois pour sécuriser l’approvisionnement électrique et pour atteindre leurs objectifs climatiques. Cette situation met en lumière une tension croissante entre la gouvernance énergétique fédérale et les stratégies des États, fragilisant la cohérence de la politique énergétique américaine au moment même où les besoins augmentent le plus rapidement.

Cet accord révèle aussi, de façon plus générale, les tensions structurelles au cœur de la gouvernance climatique mondiale. Il souligne l’écart persistant entre les engagements climatiques volontaires, la stabilité juridique de façade et, de fait, la volatilité des politiques publiques. Si ce type de mécanisme, fondé sur le rachat d’abandons de projets légalement autorisés, venait à se généraliser, la prime de risque associée aux investissements verts aux États‑Unis en serait durablement renforcée.

Pour TotalEnergies, l’accord peut apparaître économiquement rationnel à court terme. Le véritable test se jouera toutefois ailleurs : dans l’évolution de ses notations ESG, dans l’examen des prochains rapports de durabilité et dans la capacité des marchés à distinguer une transition effective d’un simple ajustement de stratégie sous contrainte politique.




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Wissem Ajili Ben Youssef ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Angine de Poitrine: por qué el cerebro disfruta con la música que no entiende del todo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Oliver Serrano León, Director y profesor del Máster de Psicología General Sanitaria, Universidad Europea

Actuación del dúo Angine de Poitrine. CLICHEK/Angine de Poitrine

Abrimos un vídeo casi por accidente. En pantalla aparecen dos figuras enmascaradas, con una estética entre lo artesanal, lo absurdo y lo inquietante. Empiezan a tocar. La guitarra no suena como esperamos. Algunas notas parecen estar “entre” las notas que conocemos. La batería avanza con precisión, pero no siempre por los caminos previsibles. La primera reacción puede ser de desconcierto. La segunda, de curiosidad. Y, sin darnos demasiada cuenta, seguimos mirando.

Algo así explica parte del fenómeno reciente de Angine de Poitrine, dúo experimental de Quebec que se ha hecho especialmente visible por su combinación de rock matemático, máscaras de papel maché, humor surrealista y uso de guitarras microtonales. Su actuación en KEXP ha contribuido a convertirlos en una rareza viral: no solo por cómo suenan, sino por la dificultad de encajarlos en una categoría conocida.

Angine de Poitrine en KEXP.

Desde la psicología, el caso es muy interesante porque obliga a preguntarse algo más amplio: ¿por qué puede gustarnos una música que, al principio, no sabemos interpretar?

El cerebro no escucha: predice

Escuchar música no es recibir sonidos de forma pasiva. El cerebro anticipa. Espera que una melodía continúe en una dirección, que una tensión armónica se resuelva, que un ritmo cierre en determinado punto. Buena parte del placer musical surge de ese delicado juego entre confirmación y sorpresa.

Cuando todo es demasiado previsible, la música puede volverse plana. Cuando todo es demasiado imprevisible, puede resultar caótica. Entre ambos extremos aparece una zona especialmente fértil: la música que desafía nuestras expectativas, pero no las destruye por completo. Estudios sobre predictibilidad, incertidumbre y placer musical han mostrado que tendemos a preferir niveles intermedios de complejidad predictiva: suficiente orden para orientarnos, suficiente sorpresa para mantenernos atentos.

Angine de Poitrine trabaja precisamente en ese territorio. Sus canciones pueden parecer extrañas, pero no son puro desorden. Hay repetición, pulso, patrones, energía corporal. La batería ofrece una estructura reconocible mientras la guitarra introduce una sensación de inestabilidad. El resultado es una mezcla psicológicamente eficaz: el oyente no entiende del todo lo que ocurre, pero tampoco se pierde por completo.

Microtonos: cuando una nota parece estar fuera de sitio

El uso de microtonos merece una atención especial. En la música occidental más habitual, estamos acostumbrados a dividir la octava en doce semitonos. El piano, la guitarra estándar o gran parte del pop se mueven dentro de ese marco. La música microtonal, en cambio, utiliza intervalos más pequeños o diferentes a los que ese sistema nos ha enseñado a esperar.

Por eso, para muchos oyentes, una guitarra microtonal puede sonar inicialmente “desafinada”. Pero esa impresión no significa necesariamente que lo esté. Significa que el cerebro compara lo que escucha con sus esquemas previos. Si una nota cae en un lugar que nuestro sistema auditivo-cultural no espera, la interpretamos como rareza, tensión o error.

Portada del álbum _Vol. II_ de Angine de Poitrine.
Portada del álbum Vol. II de Angine de Poitrine.
Angine de Poitrine

La investigación sobre aprendizaje de intervalos microtonales desconocidos muestra que los oyentes occidentales sin formación específica pueden empezar a familiarizarse con escalas no habituales mediante exposición. Es decir, lo que al principio parece extraño puede volverse progresivamente inteligible. El gusto musical no es solo una preferencia espontánea: también es aprendizaje perceptivo.

Otros trabajos sobre acordes microtonales poco familiares sugieren que la respuesta afectiva ante estos sonidos depende tanto de propiedades acústicas internas como de regularidades aprendidas por exposición cultural. Dicho de otro modo: no escuchamos solo con el oído, sino también con la historia musical que llevamos incorporada.

La incomodidad también puede ser estética

La clave no está en que Angine de Poitrine elimine la incomodidad, sino en que la convierte en parte de la experiencia. Esto conecta con una idea central en psicología de la música: el placer no surge únicamente de lo agradable, suave o familiar. También puede surgir de la tensión, de la ambigüedad y de la resolución parcial de una expectativa.

La música activa circuitos cerebrales relacionados con la recompensa, la anticipación y la emoción. Revisiones neurocientíficas sobre placer musical y predicción han propuesto que el disfrute aparece cuando el cerebro detecta patrones, genera expectativas y experimenta desviaciones significativas respecto a ellas. No nos emociona solo lo que suena bonito; nos emociona lo que nos obliga a reorganizar lo que esperábamos oír.

De ahí que una propuesta aparentemente difícil pueda volverse adictiva. La primera escucha produce extrañeza. La segunda permite reconocer un patrón. La tercera convierte lo raro en familiar. En ese recorrido, el cerebro obtiene una pequeña recompensa: ha domesticado parcialmente el caos.

Ver cambia lo que oímos

Angine de Poitrine no es solo sonido. Es imagen, gesto, teatro, personaje. Las máscaras, la estética absurda y la corporalidad de la interpretación influyen en la forma en que escuchamos. La investigación sobre la percepción musical como experiencia multisensorial ha mostrado que los elementos visuales de una actuación no son un simple adorno: pueden modificar la interpretación emocional, estructural y estética de lo que oímos.

Dibujo de una persona con una careta blanca con lunares negros y otra con careta negra y lunares blancos.
El aspecto de sus integrantes forma parte de su atractivo.
Angine de Poitrine

No es lo mismo escuchar una pieza microtonal sin contexto que verla ejecutada por dos figuras que parecen salidas de un ritual cómico y artesanal. La información visual puede funcionar como una clave de lectura: esto no es un error, es un juego; no es torpeza, es intención; no es ruido, es lenguaje. De hecho, varios estudios han mostrado que la información visual influye en la evaluación de una interpretación musical y que los gestos del intérprete también cambian lo que percibimos.

En un ecosistema saturado de música pulida, recomendaciones algorítmicas y experiencias cada vez más mediadas por pantallas, esa dimensión física y performativa también importa. Angine de Poitrine parece ofrecer algo difícil de simular del todo: presencia, rareza manual, imperfección significativa. La sensación de “esto está ocurriendo” forma parte del atractivo, especialmente en un contexto donde la experiencia musical en directo sigue asociándose a autenticidad, identidad y conexión social.

Lo raro como refugio frente a lo previsible

Quizá el éxito de Angine de Poitrine tenga que ver con una paradoja contemporánea. Nunca hemos tenido acceso a tanta música y, sin embargo, muchas experiencias culturales parecen cada vez más optimizadas para no incomodar. Las plataformas aprenden nuestras preferencias y nos devuelven variaciones de lo que ya nos gustaba. La sorpresa queda administrada en pequeñas dosis.

Por eso, cuando aparece algo que rompe la plantilla sin renunciar al ritmo, al virtuosismo y al humor, el cerebro presta atención. No porque entienda inmediatamente el código, sino porque detecta una oportunidad de exploración.

Angine de Poitrine no demuestra que todo lo extraño acabe gustando. La rareza por sí sola no basta. Lo que funciona es la combinación entre desviación y estructura, entre microtonos y groove, entre máscara y precisión, entre desconcierto y placer corporal.

En el fondo, quizá no es que disfrutemos de esta música a pesar de no entenderla del todo. Tal vez la disfrutamos porque nos obliga a escuchar de otra manera.


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Oliver Serrano León no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Angine de Poitrine: por qué el cerebro disfruta con la música que no entiende del todo – https://theconversation.com/angine-de-poitrine-por-que-el-cerebro-disfruta-con-la-musica-que-no-entiende-del-todo-283033

Cuántos (buenos) amigos tenemos influye en cómo percibimos nuestro cuerpo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Amar D’Adamo, PhD Candidate, Universidad Carlos III

La satisfacción con el propio cuerpo podría estar relacionada con la solidez de nuestro círculo de amistades. Priscilla du Preez / Unsplash., CC BY-SA

Muy posiblemente, usted sabe cuánto mide, cuánto pesa, su talla o cómo se mueve. Sin embargo, numerosos experimentos muestran que esta percepción no es siempre igual. De hecho, se ha demostrado que se puede cambiar a través de estímulos externos. En la conocida ilusión de la mano de goma, por ejemplo, una persona puede llegar a sentir como propia una mano artificial, si ve que la acarician al mismo tiempo que se acaricia su mano real (que permanece oculta).

Estas ilusiones corporales no son simples curiosidades. Nos ayudan a entender cómo el cerebro combina señales visuales, táctiles, auditivas y motoras para construir una representación del cuerpo. Lo que muestran es que esa representación no está grabada de una vez para siempre: se actualiza continuamente a partir de la información sensorial disponible.

Cómo nos afecta el sonido de nuestros pasos

En este contexto, en nuestro grupo hemos trabajado mucho con la llamada “ilusión de los pasos”.

El experimento muestra cómo el sonido de nuestros pasos influye en cómo nos sentimos.

Se trata de un experimento con un planteamiento sencillo: los participantes caminan mientras escuchan en tiempo real el sonido de sus propios pasos, pero ese sonido se modifica. Si se refuerzan las frecuencias bajas, los pasos suenan más graves y se asocian con un cuerpo más pesado. Si se refuerzan las frecuencias altas, los pasos suenan más ligeros.

A continuación, se pregunta a las personas sobre cómo perciben su cuerpo y si observan cambios en cómo sienten su peso corporal, su tamaño y su forma de caminar. También se les pregunta por algunos aspectos emocionales asociados al movimiento.

Desde un punto de vista práctico, estos experimentos involucran la combinación de varias tecnologías, tanto de tratamiento de las señales acústicas como sensores y electrónica de recogida de datos. Estas nos permiten manipular los sonidos, así como recoger medidas de la marcha y de la actividad muscular, que se complementan con una serie de cuestionarios. También medimos con sensores señales relacionadas con nuestras respuestas emocionales y fisiológicas –como, por ejemplo, las del corazón–.

Sandalias que llevan los participantes en el estudio para el experimento de sus datos, que permiten enviar el sonido de sus pasos para ser modificado y reenviado al sujeto así como registrar otros datos fisiológicos.
i_mBODY Lab.

Cómo influye el tamaño de nuestra red social

Como dato adicional, en nuestro estudio nos preguntamos si era posible que la respuesta de los sujetos a los estímulos dependiera de su red de apoyo social. Para ello, incluimos en nuestra recogida de datos un cuestionario estándar con el que caracterizamos también la red de apoyo social de cada uno de los 105 participantes en el experimento.

No se trataba de contar conocidos o contactos en redes sociales, sino de identificar a las personas a las que acudirían en distintas situaciones de apoyo emocional o práctico. A partir de esa información, medimos cuántas personas formaban parte de esa red y en cuántos grupos o ámbitos sociales se organizaba.

Más amigos, mayor satisfacción corporal

Nuestros resultados mostraron claramente una relación entre apoyo social e imagen corporal. Las personas con redes de apoyo más grandes muestran mayor satisfacción con su imagen corporal y menos síntomas asociados a trastornos de la conducta alimentaria.

Esto no prueba que una red social amplia cause directamente una mejor imagen corporal, pero sí sugiere que el bienestar corporal no depende solo de factores individuales, sino también del contexto social.

Cuando analizamos la ilusión de los pasos, vimos que, en participantes con redes de apoyo más pequeñas, el efecto del sonido seguía el patrón esperado. Los pasos graves tendían a hacer que se sintieran más pesados y los pasos agudos tendían a hacer que se sintieran más ligeros.

En cambio, en personas con redes de apoyo más grandes o más diversificadas, este efecto se reducía o se modificaba.

Es decir, las personas con menos apoyo social eran más moldeables, cambiando más su percepción del peso corporal. Las personas con redes más amplias parecían menos susceptibles a esa manipulación.

Menos vulnerables al exterior

Una interpretación posible es que las relaciones sociales actúen como una especie de estabilizador de la imagen corporal. Una red de apoyo amplia puede ofrecer más experiencias de aceptación, más diversidad de referentes y más oportunidades de contrastar normas sociales sobre el cuerpo. Esto podría hacer que la representación corporal dependa menos de señales externas puntuales.

Esta interpretación es especialmente relevante porque el peso corporal no es una dimensión neutra. Está cargado de normas sociales, estigmas, expectativas de género y comparaciones. Por eso estudiar una ilusión relacionada con el peso permite conectar la percepción corporal con un terreno claramente social.

Nuestro estudio no demuestra que aumentar el apoyo social sea por sí solo una intervención contra los problemas de imagen corporal. Tampoco permite establecer una relación causal directa entre red social y percepción del cuerpo. Lo que sí plantea es que la percepción corporal no puede entenderse como un fenómeno puramente privado o individual.

El cuerpo que sentimos se construye con señales sensoriales, pero también en un entorno social. Nuestros vínculos, nuestras comparaciones, nuestras experiencias de aceptación y las normas culturales que nos rodean pueden influir en cómo interpretamos las señales que proceden del cuerpo.

Posibles aplicaciones prácticas

En este contexto, es importante notar que estos estudios se podrían aplicar en personas con distintos problemas, como es el caso de los trastornos alimentarios, por ejemplo, con el diseño de dispositivos electrónicos directamente relacionados con una percepción distorsionada del propio cuerpo.

Otra aplicación interesante es contrarrestar sensaciones de pesadez que se observan en diversas condiciones de salud, como la depresión, algo que estamos estudiando en el proyecto SENSEBEAT. También podrían ser útiles para actuar en casos de estigma asociado al peso.

En cualquier caso, tales intervenciones deben tener en cuenta el factor social. Como hemos visto, a la hora de juzgarnos a nosotros mismos ante el espejo, no es lo mismo que nuestra red social de apoyo sea raquítica o que esté bien alimentada.

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Amar D’Adamo recibe fondos del Consejo Europeo de Investigación (ERC) bajo el programa de investigación e innovación Horizon 2020 de la Unión Europea (acuerdo de subvención n.º 101002711; proyecto BODYinTRANSIT).

Ana Tajadura Jiménez recibe fondos del Consejo Europeo de Investigación (ERC) bajo el programa de investigación e innovación Horizon 2020 de la Unión Europea (acuerdo de subvención n.º 101002711; proyecto BODYinTRANSIT).

Angel Sánchez Sánchez recibe fondos de la Agencia Estatal de Investigacion, Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, y de la Fundacion BBVA. Es co-director del Laboratorio de Economía del Comportamiento de la Fundación COTEC.

Lize De Coster recibe fondos del programa CONEX-Plus (n.º 801538), financiado por la Universidad Carlos III de Madrid y la Comisión Europea a través de la Acción COFUND Marie Sklodowska-Curie (H2020-MSCA-COFUND-2017-GA801538).

ref. Cuántos (buenos) amigos tenemos influye en cómo percibimos nuestro cuerpo – https://theconversation.com/cuantos-buenos-amigos-tenemos-influye-en-como-percibimos-nuestro-cuerpo-282874

¿Está empobreciendo la IA el lenguaje periodístico (y de la sociedad)?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Xosé López-García, Periodismo digital, comunicación digital, Universidade de Santiago de Compostela

markus winkler k Am hKISLM unsplash Markus Winkler / Unsplash., CC BY

¿Qué ocurre con el lenguaje público cuando una parte creciente de los textos que circulan en la prensa, internet y las redes comienza a ser escrita por máquinas? La cuestión no afecta solo al periodismo como actividad profesional. También puede afectar la riqueza de la lengua que usamos para comprender, describir y debatir la realidad.

Históricamente, la prensa ha sido uno de los espacios donde la lengua pública se expande y enriquece. No es el único motor del cambio lingüístico, por supuesto, pero sí uno de los ámbitos donde las sociedades ponen a circular palabras, giros y formas de nombrar hechos emergentes. Distintos trabajos sobre lenguaje periodístico y neologismos muestran justamente que los periódicos han funcionado como espacios de creación y difusión de vocabulario nuevo, especialmente, cuando deben dar cuenta de acontecimientos, tecnologías o transformaciones sociales para públicos amplios.

Ese papel puede debilitarse si una parte importante de la escritura periodística se delega en sistemas generativos. Los grandes modelos de lenguaje se basan, de manera general, en la predicción del siguiente token o palabra probable dentro de una secuencia. Por eso, producen textos fluidos y plausibles, pero también tienden a privilegiar regularidades estadísticas, patrones frecuentes y formulaciones ya estabilizadas. En sí mismo, esto no implica una degradación automática del lenguaje. El problema aparece cuando esa lógica se vuelve dominante en la escritura pública.

Entrenamiento de la IA con textos producidos por otras IA

El riesgo se vuelve más serio cuando esos sistemas empiezan a entrenarse con textos producidos por otras IA. Eso es lo que varias investigaciones recientes han descrito como una dinámica de model collapse o “colapso del modelo”: un proceso degenerativo en el que los datos generados por un modelo contaminan el entrenamiento de generaciones posteriores.

Traducido al plano del lenguaje, esto significa que si los sistemas aprenden cada vez más de textos sintéticos y si esos textos comienzan además a llenar la web y el espacio público, el ecosistema verbal disponible para futuros entrenamientos se estrecha. Más texto artificial significa menos contacto con la variación social efectiva del lenguaje humano, lo que puede significar un deterioro de la lengua en diferentes ámbitos.

Reproducción y amplificación de sesgos

Para empezar, cuando disminuye la variación de los datos y predominan patrones ya consolidados, los sesgos presentes en el material de entrenamiento pueden reforzarse en lugar de corregirse. La literatura reciente sobre evolución de modelos de lenguaje y sesgo advierte precisamente que los procesos recursivos pueden amplificar prejuicios existentes en vez de diversificar perspectivas.

Por otro lado, la escritura empieza a sonar cada vez más parecida a sí misma: se repiten estructuras sintácticas, tonos medios, secuencias formularias y maneras previsibles de desarrollar los párrafos. Esto importa particularmente en el periodismo, porque la prensa no solo transmite información: también media entre registros especializados y públicos amplios, selecciona énfasis, traduce vocabularios y ensaya formulaciones. Cuando la prosa pública se vuelve demasiado uniforme, disminuye esa capacidad de ajuste fino frente a la novedad.

Erosión de la innovación lingüística

Así, se reducen las palabras raras o específicas, las construcciones menos frecuentes y algunos matices pragmáticos, como la ironía, la ambigüedad o ciertas modulaciones del punto de vista. El aumento del texto sintético en el entrenamiento se asocia con degradación de desempeño y con una cobertura más pobre de la distribución del lenguaje humano. En términos simples: el sistema conserva mejor el centro que los bordes.

Y es que muchas innovaciones nacen como desvíos inestables, usos raros o soluciones locales para nombrar algo nuevo. Si el sistema favorece siempre lo más probable, esas formas emergentes tienen menos espacio para circular y consolidarse. Este punto no debe entenderse como una oposición abstracta entre “humano” y “máquina”, sino como una diferencia entre una lengua expuesta a la contingencia social y una prosa generada a partir de regularidades ya aprendidas.

Deterioro del ecosistema lingüístico público

No se trata solo de tener menos palabras distintas, sino también menos capacidad de establecer distinciones finas. Cuando el lenguaje se vuelve más vago, más repetitivo o más predecible, también se empobrecen las herramientas con que una sociedad describe problemas, matiza posiciones y debate en el espacio público.

En un nivel más amplio, el problema ya no es solo qué le pasa a un modelo, sino qué le pasa al ecosistema lingüístico público. Si la web se llena de textos sintéticos, los propios lectores, periodistas e instituciones pasarán a convivir con un lenguaje público menos diverso. Algunos trabajos recientes hablan incluso de “contaminación” del ecosistema web por datos sintéticos y muestran que el modo en que se mezclan datos reales y artificiales es decisivo para evitar deterioros mayores.

¿Está todo perdido?

Conviene, eso sí, no exagerar. La investigación no sostiene que cualquier uso de IA produzca inevitablemente colapso o degradación. Algunos estudios muestran que, cuando los datos sintéticos se mezclan con los datos reales en vez de reemplazarlos por completo, el colapso no se comporta del mismo modo y el error puede permanecer acotado. Es decir, el problema no está en usar IA de forma puntual ni en mezclar prudentemente datos sintéticos y humanos, sino en reemplazar masivamente la escritura humana y luego reciclar ese reemplazo como si fuera lenguaje vivo.

Con la incorporación de la IA a las rutinas de producción periodística, el periodismo gana en eficiencia. Pero ¿qué pierde una sociedad cuando el lenguaje que circula públicamente se vuelve más uniforme, más predecible y menos abierto a lo nuevo? Si la prensa renuncia, aunque sea en parte, a su función de escribir, traducir, nombrar y ensayar formulaciones nuevas, no solo cambian las rutinas de trabajo. También, se debilita uno de los espacios donde la lengua pública históricamente más ha podido enriquecerse, renovarse y expandir sus posibilidades.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Está empobreciendo la IA el lenguaje periodístico (y de la sociedad)? – https://theconversation.com/esta-empobreciendo-la-ia-el-lenguaje-periodistico-y-de-la-sociedad-280765

Tres claves para cuidar la microbiota… y dormir mejor

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sara Uceda Gutiérrez, Profesora de Psicobiología, Universidad Nebrija

La alimentación contribuye a tener una microbiota equilibrada y, en consecuencia, a mejorar la calidad del sueño. Oleksandra Naumenko/Shutterstock

Un tercio de nuestra vida transcurre durmiendo, y no es casualidad: el sueño sostiene buena parte de nuestra salud. Incluso ciertos animales a los que esa fase diaria de descanso parece “complicarles la vida”, como algunos mamíferos acuáticos que necesitan salir a respirar o aves que pueden pasar hasta 10 días sin pisar tierra firme, duermen con adaptaciones sorprendentes.

Mientras dormimos, las decenas de billones de microorganismos que nos habitan, conocidos como microbiota, siguen sus propios ritmos. Para que nos hagamos una idea, esta colonia microcoscópica, compuesta principalmente de bacterias, puede alcanzar un peso de medio kilo. Junto con su hospedador, forma la unidad biológica que llamamos holobionte.

La microbiota no es, pues, un simple pasajero, sino que constituye con cada persona una unidad funcional que influye en procesos clave como la digestión, la inmunidad y, como veremos, el sueño.

Nuestra relación con los microorganismos que albergamos es profundamente interdependiente. No solo les ofrecemos un lugar donde vivir, sino que también dependemos de ellos para mantener numerosas funciones biológicas. Este delicado equilibrio se asocia cada vez más con la salud, el bienestar y, posiblemente, con la longevidad.

Una relación en ambos sentidos

Como ocurre con muchos procesos fisiológicos, la relación entre microbiota y sueño es bidireccional. Es decir, nuestra composición microbiana puede influir en cómo dormimos, pero el descanso nocturno también es necesario para mantener una microbiota diversa y equilibrada.

Cuando esta es saludable produce, entre otras sustancias, ácidos grasos de cadena corta como el butirato. Sus moléculas se asocian con una menor inflamación y con un mejor funcionamiento de distintas vías neuroendocrinas, incluido el eje hipotálamo–hipófisis–adrenal, que regula la respuesta al estrés. Un buen desempeño de este sistema puede contribuir a reducir los niveles nocturnos de cortisol, favoreciendo un sueño más profundo y menos despertares durante la noche.




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Además, la microbiota está vinculada a la producción de neurotransmisores como la serotonina, relacionada con los estados de ánimo positivo.

Hábitos para conciliar mejor el sueño

Es esencial recordar que no existe una microbiota perfecta, ya que cada persona tiene un ecosistema microbiano propio. Lo importante es mantener un equilibrio funcional y, de existir una alteración, recordar que las mejoras suelen consolidarse mediante cambios graduales en el estilo de vida. Para ello, a continuación proporcionamos tres consejos que ayudan a mejorar la relación entre sueño y microbiota:

1. Llene el plato de fibra. Un factor determinante es la alimentación: una microbiota bien nutrida favorece un organismo menos inflamado y un descanso de mayor calidad. Verduras, frutas, legumbres, cereales integrales y alimentos fermentados como yogur, kéfir o col fermentada alimentan a las bacterias beneficiosas del intestino.

En este sentido, la dieta mediterránea, uno de nuestros grandes patrimonios culturales y gastronómicos, constituye un patrón alimentario especialmente favorable para la diversidad microbiana. Y hay que tener en cuenta que reducir el consumo de alimentos ultraprocesados también contribuye a mantener ese equilibrio.

2. Respete sus horarios. La exposición a la luz natural, especialmente por la mañana, es otro factor clave. La luz actúa como una señal fundamental para sincronizar nuestro ritmo circadiano. Reducir la exposición a luz artificial intensa por la noche puede mejorar la calidad del sueño y ayudar a mantener estos ritmos biológicos en equilibrio.

Dormir lo suficiente y con buena calidad no es solo una forma de descansar, es también una manera de mantener en armonía el ecosistema microscópico que nos acompaña toda la vida. Y ese equilibrio puede tener un impacto profundo en nuestra salud física y mental.

La restricción de sueño durante solo unos pocos días puede alterar la composición de la microbiota, aumentar los marcadores inflamatorios y favorecer un aumento de la permeabilidad intestinal. Incluso puede modificar la respuesta del organismo a la glucosa al día siguiente o la capacidad cognitiva del individuo.

3. Muévase cada día y gestione su estrés El ejercicio regular se asocia con mayor diversidad microbiana y con un sueño más reparador. No hace falta entrenar intensamente: caminar, montar en bici o nadar ya suma beneficios.

Y, por último, aunque quizá sea lo más difícil en nuestras sociedades actuales, es importante gestionar adecuadamente el estrés. Prácticas como la respiración consciente, el yoga, la meditación o el mindfulness pueden contribuir a reducirlo. También lo hacen actividades tan sencillas como mantener relaciones sociales de calidad o dar un paseo en contacto con la naturaleza.

Reducir el estrés no solo beneficia a nuestra salud mental, sino también a la salud de la microbiota y, por consiguiente, a la calidad de nuestro descanso.

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ref. Tres claves para cuidar la microbiota… y dormir mejor – https://theconversation.com/tres-claves-para-cuidar-la-microbiota-y-dormir-mejor-276191

¿Cuántas veces hacemos compras online innecesarias? Es que no compramos ropa, compramos felicidad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pedro Cuesta-Valiño, Catedrático de Marketing e Investigación de Mercados, Universidad de Alcalá

Dejan Sarec/Shutterstock

El comercio electrónico ya forma parte de nuestras rutinas y, para muchas personas, la compra online ha dejado de ser una alternativa para convertirse en su opción preferida de compra. La comodidad, la rapidez y el acceso inmediato a un catálogo casi infinito de prendas explican en gran medida este crecimiento. Pero, detrás de ese aparente “clic y listo”, hay algo más: ¿qué es lo que realmente nos empuja a querer comprar en una tienda de moda online?

En una investigación reciente, que hemos publicado en Journal of Consumer Behaviour, analizamos cómo la usabilidad del comercio electrónico, la satisfacción del usuario y la felicidad del consumidor son factores que explican por qué decidimos comprar moda online, y qué hace que queramos volver a hacerlo.

Una web que funcione y nos haga felices

Los resultados son claros: no compramos solo porque la web funcione bien. Compramos online porque eso nos hace sentir bien. Esta premisa cambia por completo la manera en que las marcas deben diseñar sus plataformas digitales: la experiencia digital ya no es solo funcional, también es emocional.

Al analizar el comercio electrónico, muchos estudios se centran en variables técnicas como la velocidad de carga, la facilidad de uso, la eficiencia en las búsquedas o la claridad en la información. Todos estos factores siguen siendo fundamentales, por supuesto. Pero nuestro estudio demuestra que no son suficientes para explicar por qué un consumidor decide, finalmente, comprar online un producto.

En otras palabras, que una web funcione bien no garantiza que queramos comprar en ella. Lo que sí lo hace es un componente menos evidente: la felicidad del consumidor. Este concepto no habla solo de estar “contento”, sino de dos formas distintas de bienestar.

  1. El placer inmediato: la satisfacción de encontrar una prenda que nos gusta, aprovechar una oferta o recibir el pedido en casa, que es lo que se conoce como felicidad hedónica.

  2. La felicidad eudaimónica: la sensación, más profunda y duradera, de satisfacción personal que aparece cuando compramos de acuerdo con nuestros valores y sentimos que estamos tomando decisiones acertadas y responsables.

Lo innovador de nuestro estudio es mostrar que ambos tipos de felicidad explican una parte muy importante de la intención de compra. Para las tiendas online, esto significa que deben preocuparse no solo por el funcionamiento de la web, sino por cómo hace sentir a los consumidores durante todo el proceso de compra.

La usabilidad importa por lo que genera

Los datos muestran que la usabilidad de la web no solo influye directamente en la intención de compra, sino también de forma indirecta al propiciar la satisfacción del usuario. Es decir, si la web es fácil de usar, intuitiva y rápida, la experiencia será fluida y esa fluidez genera satisfacción. La satisfacción es un primer paso hacia la felicidad del consumidor. Y la felicidad, a su vez, impulsa la intención de compra.

En otras palabras, la usabilidad actúa como una puerta de entrada a una experiencia más emocional. Cuando algo funciona bien no solo se evitan frustraciones a los usuarios sino que se sientan las bases para que el proceso sea agradable, incluso placentero.

¿Qué hace realmente feliz al consumidor online?

En nuestro estudio hicimos entrevistas para saber qué aspectos concretos del proceso de compra están detrás de esa felicidad del consumidor. Y dimos con cuatro elementos.

  1. El placer de encontrar algo perfecto: los entrevistados describieron la sensación de satisfacción inmediata que da descubrir una prenda ideal, un descuento inesperado o un artículo difícil de encontrar. Esos “pequeños momentos de alegría” impulsan la compra al generar felicidad hedónica.

  2. La sensación de control: elegir, comparar, personalizar y decidir genera la percepción de estar haciendo una compra inteligente, bien pensada. Esa satisfacción refuerza la fidelidad.

  3. La reducción de la incertidumbre: servicios como probadores virtuales, guías de tallas coherentes o una atención al cliente personalizada generan seguridad, lo que incrementa la satisfacción y la intención de compra.

  4. La alineación con valores personales: la coherencia entre la compra y los valores del consumidor –por ejemplo, sostenibilidad, transparencia o responsabilidad social– refuerza la conexión emocional con la marca y genera felicidad eudaimónica.

Satisfacción: el puente entre la técnica y la emoción

Los datos demuestran que la satisfacción del consumidor actúa como un eslabón clave: una web usable aumenta la satisfacción, una mayor satisfacción incrementa la felicidad, y la felicidad mejora la intención de compra.

En este sentido, la satisfacción deja de ser un simple indicador de “experiencia positiva” y se convierte en un elemento estructural en el proceso emocional del consumidor.

No se compran productos, sino experiencias que generan felicidad

El estudio ofrece varias conclusiones prácticas que deberían transformar la estrategia digital de las empresas de moda.

Por un lado, que la usabilidad no es un lujo, sino una necesidad. Los consumidores abandonan rápidamente una web lenta, confusa o poco intuitiva. Pero, además, una mala usabilidad rompe la cadena emocional que lleva a la compra.

En segundo lugar, la felicidad es un objetivo de negocio. Las marcas deben diseñar experiencias que generen placer inmediato y, al mismo tiempo, fomentar sensaciones de realización personal.

Por otra parte, la personalización es tecnología pero también empatía. Los consumidores valoran que la web les entienda, lo que incluye recomendaciones adaptadas, mensajes útiles, información relevante y procesos claros.

La sostenibilidad importa y mucho. Muchos compradores buscan coherencia entre sus valores y su comportamiento de consumo. Iniciativas de reducción de impacto ambiental se relacionan con mayores niveles de satisfacción y felicidad.

Por último, la confianza digital es un requisito emocional. La transparencia, la calidad de la información y la seguridad durante la compra fortalecen la intención de volver a comprar.

Un futuro más humano para el comercio electrónico

Si las empresas quieren competir en un entorno saturado, no basta con invertir en tecnología. Deben comprender cómo se sienten las personas cuando compran. Y eso implica repensar el diseño, la comunicación, la narrativa de marca y la propia experiencia de usuario.

Entender esto no solo ayuda a las empresas a vender más. También nos ayuda, como consumidores, a ser más conscientes de por qué compramos. Y de si realmente queremos hacerlo.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Cuántas veces hacemos compras online innecesarias? Es que no compramos ropa, compramos felicidad – https://theconversation.com/cuantas-veces-hacemos-compras-online-innecesarias-es-que-no-compramos-ropa-compramos-felicidad-281959

Así se está extendiendo el cultivo del aguacate por España a pesar de sus consecuencias ambientales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jaime Martínez Valderrama, Científico Titular, Estación Experimental de Zonas Áridas (EEZA – CSIC)

Aguacates en una plantación en Vélez-Málaga, Málaga, España. Anarociogf/Shutterstock

Como ocurre con otros alimentos rodeados de un aura casi milagrosa, la fiebre por el aguacate parece imparable. Son innegables sus propiedades nutritivas y su asociación con la categoría de los llamados “superalimentos”, definidos por la RAE como aquellos “a los que se les suponen propiedades beneficiosas para la salud añadidas a su valor nutritivo”.

Los denominados “superalimentos”un término más publicitario que científico–, caracterizados por su elevado contenido en antioxidantes, fibra, vitaminas y minerales, no solo se consumen por sus supuestos beneficios para la salud. Además, suelen percibirse como productos “naturales”, asociados a prácticas de manejo tradicionales desarrolladas y perfeccionadas por comunidades indígenas a lo largo de siglos o, al menos, sostenibles. Pero esto no siempre es así.

Incentivos que se traducen en la intensificación del cultivo

Las modas alimentarias generan nuevas demandas de consumo que, en un mundo tan conectado y tecnificado, se traducen rápidamente en la expansión de los cultivos más demandados. En España, la superficie dedicada al aguacate ha aumentado un 62 % en la última década, superando ya las 24 000 hectáreas. Además, este cultivo ha desbordado su ámbito tradicional –la Costa Tropical granadina y la Costa del Sol malagueña, donde aún se concentra el núcleo principal con unas 16 500 hectáreas– para extenderse hacia nuevos territorios.

Las Islas Canarias, pioneras y especialmente aptas para este cultivo, albergan alrededor de 1 400 hectáreas. A ellas se suman otras provincias andaluzas, como Cádiz (1 800 hectáreas), y la Comunidad Valenciana (4 200 hectáreas), donde el aguacate está sustituyendo progresivamente a los cítricos, hoy menos rentables pese a sus conocidas propiedades. Allí encuentra condiciones favorables, como la proximidad al mar –que reduce el riesgo de heladas– y determinadas áreas montañosas.

El crecimiento del consumo en España es igualmente notable: según el Panel de Consumo Alimentario en los hogares, pasó de 0,66 en 2010 a 2 kg en 2024 por habitante y año. Para satisfacer esta demanda, el mercado español depende en gran medida de las importaciones, que alcanzaron las 262 000 toneladas en 2024, de acuerdo con DATACOMEX.

Ello no impide que una parte importante de la producción nacional se destine a la exportación. Como ocurre con frecuencia en el mercado agroalimentario global, resulta perfectamente compatible –según la lógica de los mercados– exportar cerca de 140 000 toneladas de aguacate y, al mismo tiempo, importar producto procedente de lugares tan lejanos como Perú, origen del 66 % de los aguacates importados por España.




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Otros alimentos nutritivos, incluidos los de origen animal

Más allá de estos alimentos de corte exótico, lo cierto es que en el ámbito mediterráneo tenemos la suerte de contar con diversos alimentos con destacadas propiedades nutricionales, como el innegociable aceite de oliva o las humildes almendras. Como vemos, parece que este tipo de alimentos han de ser necesariamente vegetales, dado que muchas corrientes nutricionales y ambientales han proscrito la proteína animal.

En este sentido es necesario reivindicar uno de los alimentos más completos: el huevo. Su perfecto equilibrio proteico es utilizado como el estándar de referencia para evaluar la calidad de las proteínas de otros alimentos debido a su alto valor biológico y perfil completo de aminoácidos. Además, es una fuente de colina, crucial para el desarrollo cognitivo y la salud cerebral y tiene un alto poder saciante, con solo 70-80 kcal por unidad. Hay otros “superalimentos” de origen animal. El yogur, por ejemplo, es un aliado para mantener en forma nuestra microbiota, pieza fundamental de nuestra salud.

Aunque el consumo de carne en exceso está desaconsejado, lo cierto es que la proteína animal fue clave en nuestra evolución como especie. La inteligencia se sustenta en un cerebro que demanda mucha energía y requiere alimentos con alta densidad de nutrientes, como la carne. Esta fue la que permitió a nuestra especie acortar la longitud del intestino, reducir el tamaño de las mandíbulas y dedicar tiempo y energía a algo más que masticar y digerir fibras vegetales. Aún hoy sigue siendo un componente esencial de la alimentación humana. Un estudio reciente señala que la mayoría de los alimentos más ricos en micronutrientes esenciales –como hierro, zinc, ácido fólico, vitamina A, calcio y vitamina B12, cuyas deficiencias siguen siendo muy frecuentes a escala global– son de origen animal.

La cara B de productos que no son tan naturales

La realidad de los alimentos de moda –una lista cada vez más extensa y cambiante que que se actualiza constantemente– dista mucho de ser tan atractiva como sugiere la publicidad. Muchos de los beneficios para la salud que se les atribuyen carecen de un respaldo científico sólido, especialmente cuando se analizan a partir de ensayos controlados de intervención en humanos.

Desde el punto de vista ambiental, su expansión fuera de sus dominios naturales está generando impactos considerables. Cuando un cultivo como el aguacate abandona los ambientes tropicales, caracterizados por lluvias abundantes y relativamente regulares, para implantarse en regiones áridas, surgen elevadas necesidades de riego que ponen en riesgo el equilibrio hídrico de esos territorios.

El deterioro y descenso de las masas de agua subterránea en muchas de estas zonas productoras constituye una clara evidencia de ello. A este agotamiento del recurso hídrico se suman otros procesos de degradación, como la salinización de los suelos y la erosión derivada de la transformación de laderas abruptas, desprovistas de su cubierta vegetal para albergar nuevas plantaciones.




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Incluso en sus regiones de origen, donde estos cultivos están mejor adaptados a las condiciones ambientales, los impactos ecológicos son muy significativos al sobrepasar la disponibilidad de espacio y recursos.

Así, cuando la rentabilidad a corto plazo se convierte en el principal criterio de producción, tienden a imponerse el monocultivo –con la consiguiente pérdida de diversidad genética–, el uso intensivo de agroquímicos, la degradación progresiva del suelo y la tala indiscriminada de bosques para ampliar la superficie cultivada.

Una dieta variada y no basada en los alimentos de moda

Cada cierto tiempo surgen alimentos presentados casi como soluciones milagrosas capaces de resolver todos nuestros problemas de salud. Incorporarlos a la dieta puede ser positivo y enriquecedor, pero convertirlos en el eje exclusivo de la alimentación resulta contraproducente. Un enfoque nutricional más equilibrado pasa por mantener una dieta variada –tanto en el día a día como a lo largo de las estaciones–, basada en productos frescos y de temporada, evitando los ultraprocesados.

Desde el punto de vista ambiental, más importante que el producto en sí es comprender –aunque a menudo no resulte sencillo– cómo se produce ese alimento. No es comparable la carne procedente de macrogranjas con la obtenida de rebaños móviles que aprovechan distintos recursos pastables. Del mismo modo, no es equivalente consumir un aguacate cultivado en una pequeña explotación familiar con riego de apoyo que otro procedente de grandes monocultivos implantados sobre áreas previamente deforestadas.

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Jaime Martínez Valderrama no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Así se está extendiendo el cultivo del aguacate por España a pesar de sus consecuencias ambientales – https://theconversation.com/asi-se-esta-extendiendo-el-cultivo-del-aguacate-por-espana-a-pesar-de-sus-consecuencias-ambientales-280939

Por qué entender la IA será tan importante como aprender a leer

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Bárbara Castillo Abdul, Docente e Investigadora Senior, UDIT – Universidad de Diseño, Innovación y Tecnología

Durante años, la alfabetización mediática ha sido considerada una competencia esencial para desenvolverse en entornos digitales. Consiste en aprender a identificar fuentes fiables, a contrastar información o detectar contenidos engañosos.

Sin embargo, en un contexto marcado por la expansión de la inteligencia artificial en los procesos de acceso, producción y circulación del conocimiento, el ecosistema informativo se ha transformado y las competencias citadas no son suficientes.

Tradicionalmente, los usuarios interactuaban con contenidos relativamente identificables, producidos por emisores reconocibles y bajo lógicas editoriales más o menos transparentes. Hoy, esa relación ha cambiado de forma sustancial. Cada vez con mayor frecuencia, los usuarios no acceden a información que deben interpretar, sino que interactúan con sistemas que la sintetizan, reorganizan y generan en tiempo real.

¿Por qué responde ChatGPT lo que responde?

Por ejemplo, hace algunos años una persona que quería informarse sobre vacunas, salud mental o alimentación saludable podía leer noticias en distintos medios digitales, consultar artículos científicos o comparar la opinión de expertos. El pensamiento crítico consistía en evaluar quién producía la información, desde qué medio se difundía y con qué intención.

Hoy, ese mismo usuario puede preguntarle directamente a ChatGPT o a otro sistema de inteligencia artificial: “¿Las vacunas son seguras?”, “¿Cómo sé si tengo ansiedad?” o “¿Qué dieta es mejor para mí?”. En pocos segundos recibe una respuesta clara, estructurada y aparentemente fiable. Sin embargo, muchas veces desconoce qué fuentes utilizó el sistema, qué información priorizó, qué datos omitió o qué sesgos pueden influir en la respuesta generada.

La diferencia es profunda: antes, el pensamiento crítico se dirigía principalmente al contenido; ahora también debe dirigirse al sistema que produce y organiza el conocimiento. De hecho, investigaciones recientes advierten que la creciente dependencia de sistemas de inteligencia artificial puede modificar la forma en que las personas evalúan información y toman decisiones, especialmente en ámbitos sensibles como la salud y el bienestar.

Un uso acrítico de la IA

Sabemos que el uso de la IA mejora la eficiencia en la producción de contenidos, pero también tiende a desplazar el juicio crítico hacia la confianza en el sistema, especialmente cuando los resultados se presentan de forma coherente y verosímil.

Este fenómeno se extiende más allá del ámbito educativo: la rápida adopción de estas tecnologías está transformando las dinámicas de acceso a la información, generando nuevos desafíos en términos de transparencia, equidad y gobernanza del conocimiento.

Entender la mediación algorítmica

La inteligencia artificial no solo facilita el acceso a la información, sino que interviene activamente en su construcción. Este cambio no es menor. Supone el paso de un modelo basado en la interpretación de contenidos a otro en el que la mediación algorítmica ocupa un lugar central. En este contexto, la fuente puede volverse más difusa, la autoría menos visible y la lógica de producción del conocimiento más opaca para los usuarios.

Por eso, la comprensión de los sistemas algorítmicos resulta tan relevante como la evaluación de los contenidos, y la alfabetización digital y mediática debe incluir la alfabetización en inteligencia artificial, un campo emergente que integra dimensiones técnicas, críticas y éticas.

¿Qué es la alfabetización en inteligencia artificial?

Dicha alfabetización va más allá de saber utilizar herramientas como ChatGPT, Gemini o Copilot. No se trata únicamente de aprender a escribir mejores instrucciones o de obtener respuestas más rápidas, sino de comprender cómo estos sistemas producen información, qué límites tienen y qué implicaciones sociales, éticas y cognitivas pueden generar.

En términos prácticos, una persona alfabetizada en IA debería ser capaz de comprender, al menos de forma básica, cómo funcionan los sistemas algorítmicos, qué papel desempeñan los datos en la generación de respuestas, por qué pueden aparecer sesgos o errores y cómo la automatización influye en la manera en que interpretamos la realidad y tomamos decisiones.




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Nuevas competencias críticas

Esto implica desarrollar nuevas competencias críticas: cuestionar la aparente neutralidad de las respuestas generadas por IA, identificar cuándo una respuesta requiere verificación adicional, reconocer los riesgos de delegar excesivamente el pensamiento en sistemas automatizados y comprender que estas tecnologías no “piensan”, sino que producen resultados a partir de patrones y probabilidades.

Ahora mismo existe una brecha entre estas transformaciones y las prácticas educativas. Mientras se persigue que los estudiantes sean capaces de analizar contenidos y desarrollar competencias de alfabetización mediática e informacional, tal y como promueven organismos como la UNESCO y marcos educativos vinculados a la competencia digital, no siempre se les está proporcionando herramientas para comprender los procesos mediante los cuales esos contenidos son generados.




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Cómo se construye el conocimiento

Lo que está en juego ya no es únicamente una competencia digital, sino la capacidad de las sociedades para comprender quién organiza, prioriza y legitima el conocimiento en entornos cada vez más automatizados.

Los individuos pueden creer que toman decisiones plenamente informadas cuando, en realidad, dependen de sistemas cuya lógica interna no conocen. Esto no solo afecta la forma en que consumimos información, sino también la capacidad de las sociedades para participar críticamente en ámbitos como la salud, la política o la comunicación pública.




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Para que los ciudadanos alcancen esta alfabetización en IA, el aprendizaje debería comenzar progresivamente desde la escuela e integrarse de manera transversal en distintas etapas educativas y programas de formación ciudadana, no solo desde áreas tecnológicas, sino también desde materias vinculadas a la comunicación, la ética, las ciencias sociales y la ciudadanía digital.

La población adulta también necesita espacios de formación y divulgación que permitan comprender críticamente el funcionamiento de estas tecnologías, especialmente en ámbitos sensibles como la salud, la información política o la educación.

La responsabilidad no recae únicamente en los sistemas educativos. Gobiernos, universidades, medios de comunicación, plataformas tecnológicas y organismos internacionales también tienen un papel clave en el desarrollo de una ciudadanía capaz de interactuar críticamente con la inteligencia artificial. En un contexto donde los algoritmos participan cada vez más en la organización de aquello que vemos, pensamos y creemos saber, entender cómo funcionan deja de ser una competencia especializada para convertirse en una necesidad democrática.

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Bárbara Castillo Abdul no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué entender la IA será tan importante como aprender a leer – https://theconversation.com/por-que-entender-la-ia-sera-tan-importante-como-aprender-a-leer-281933