D’un signal de qualité à une contrainte compétitive : le système des AOC fonctionne-t-il encore ?

Source: The Conversation – in French – By Jean-Marie Cardebat, Professeur d’économie à l’Université de Bordeaux et Professeur affilié à l’INSEEC Grande Ecole, Université de Bordeaux

Quarante millions d’euros ont été débloqués par l’Union européenne pour aider la filière vinicole. Au-delà des enjeux financiers, le secteur souffre aussi des blocages inhérents au système des AOC. Longtemps protectrice, les appellations d’origine contrôlée étaient une garantie de qualité. Elles deviennent une entrave à l’adaptation, alors que le marché s’est mondialisé et le climat déréglé.


Entre des fêtes de fin d’année marquées par les barrages routiers des agriculteurs, le salon Wine Paris et maintenant celui de l’agriculture, la France vit depuis deux mois au rythme de son secteur agricole. Jadis dominant et grand pourvoyeur de devises, ce secteur s’étiole depuis plusieurs années. Si les accords commerciaux cristallisent aujourd’hui les débats sur les difficultés des agriculteurs, ils ne peuvent expliquer ce déclin à eux seuls. Les oppositions radicales sur le Mercosur, aujourd’hui, et, demain, sur l’accord de libre-échange avec l’Inde, pourraient au contraire nous éloigner d’une nécessaire remise en question interne.

Parmi les causes structurelles du déclin du secteur agricole, il en est une qui s’apparente pourtant à une force historique : les appellations d’origine contrôlées (AOC). Loin du bruit médiatique, la critique du système des AOC devient une litanie persistante dans le secteur agricole. Le vin mérite un examen particulier, car c’est dans cette filière qu’a été créé ce système d’appellations d’origine contrôlée dans les années 1930. Aujourd’hui, la filière possède le plus grand nombre d’AOC dans notre pays. L’image d’une AOC perçue comme un signal de qualité vecteur de vente glisse insidieusement vers celle d’un système sclérosé imposant des contraintes empêchant les viticulteurs de s’adapter aux changements nécessaires de l’époque.




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Trois défis à relever

Or ces changements représentent des défis majeurs : l’adaptation au changement climatique, l’évolution des attentes des consommateurs ou encore la dilution du signal qualité face à la multiplication d’AOC inconnues du grand public. Sur ces trois points, la filière et les pouvoirs publics (l’Institut national de l’origine et de la qualité, INAO) doivent rapidement créer les conditions de l’adaptation. Le sujet est sur la table mais les freins au changement sont puissants malgré la crise actuelle que traverse la filière.

Historiquement, l’AOC protège contre la contrefaçon et évite la tromperie consistant à vendre du vin provenant d’une autre région, moins chère. L’AOC s’est donc imposée comme un signal de qualité. En garantissant une origine, l’AOC défend aussi un goût, un particularisme lié au terroir. On parle alors de typicité du vin. Les vins jugés non typiques d’une appellation, par un comité de dégustation local composé de professionnels, ne peuvent pas recevoir le droit de vendre sous l’appellation.

Un cahier des charges très précis

Au-delà même du goût et des aspects organoleptiques, il faut respecter un cahier des charges extrêmement précis sur le plan viticole. Les cépages autorisés, l’espacement des pieds de vigne, leur taille, le droit à irriguer, les types de vins (couleur, vins effervescents), le rendement maximum autorisé, etc., sont dictés par l’AOC qui est gouvernée par les professionnels eux-mêmes sous l’égide de l’INAO. Les règles sont nombreuses, strictes et largement figées. C’est là que le bât blesse. Le vigneron qui veut évoluer et s’adapter aux défis actuels peut être contraint de sortir de l’AOC.

De plus en plus le font et vendent leurs bouteilles en « Vin de France ». Ainsi, l’emblématique Château Lafleur s’est retiré en août 2025 de l’AOC Pomerol, l’une des plus prestigieuses du monde, plongeant la filière vin dans la stupeur. La justification venait de la volonté d’irriguer les vignes face au réchauffement climatique et aux épisodes récurrents de sécheresse.

On comprend que l’arbitrage des vignerons entre les gains et les coûts de l’AOC évolue rapidement au détriment des appellations. Plusieurs études académiques publiées récemment nous permettent de comprendre pourquoi. D’un côté, les gains s’amenuisent. Un article récent montre que trop d’AOC morcelées dissolvent le signal de qualité.

Limites cognitives

Le consommateur ne peut pas mémoriser un ensemble d’information aussi conséquent. Il existerait ainsi un nombre et une taille d’AOC optimaux. Rappelons qu’il existe plus de 2 200 AOC dans le monde et plus de 350 en France. Dans la même veine, une autre étude démontre que le consommateur opère des regroupements sémantiques : des AOC avec des noms proches lui apparaissent équivalentes. Le consommateur pratique donc, quand cela est possible, un tri. Au fond, il resterait sensible à l’origine mais à des échelles plus macroscopiques (pays, région), limitant ainsi son encombrement cognitif. Ces études indiquent finalement que le signal qualité se dissout avec la progression du nombre d’AOC.

De nouveaux signaux de qualité

Autre facteur d’amenuisement du gain de l’AOC, le signal de qualité qu’il envoie est aujourd’hui concurrencé par d’autres signaux qui apparaissent plus clairs et plus lisibles aux yeux du consommateur. Il s’agit, d’une part, de la note donnée par d’autres consommateurs sur des applications dédiés (type Vivino) ou de celles donnée par les experts. L’information se trouve très facilement sur Internet.

Et il s’agit, d’autre part, de la marque. La concurrence des nouveaux pays producteurs de vins a vu émerger des marques fortes, reconnues par les consommateurs et agissant comme un signal de qualité. On parle de confiance dans la marque. Souvent ces marques mettent en avant des cépages qui sont peu nombreux et facilement assimilables à un goût pour le consommateur. Entre, notes, marques et même cépages, l’AOC n’est donc plus qu’un signal parmi d’autres. Et, qui plus est, un signal qui parle de moins en moins à un consommateur mondialisé n’ayant strictement aucune connaissance des subtilités des AOC.

Baisse de la productivité et de la rentabilité

Si les gains de l’AOC s’estompent, les coûts, en revanche, augmentent très sensiblement. Ils sont de deux natures. L’inertie du cahier des charges des AOC empêche une adaptation rapide au changement climatique. Or celui-ci pèse sur les rendements viticoles depuis 2019. Les évènements extrêmes sont en cause (pluie diluvienne, grêle, gel tardif, sécheresse). Il existe des moyens de s’en prémunir et la recherche avance dans ce domaine, mais l’adoption de ces innovations semble plus lente que l’innovation elle-même finalement. En attendant, la productivité se réduit et la rentabilité des exploitations baisse.

Arte, 2025.

L’inertie des cahiers des charges des AOC pèse aussi sur l’adaptation aux attentes des consommateurs. Celles-ci se portent vers les vins plus légers, le blanc, les pétillants, le sans alcool. Il est parfois impossible de produire de tels vins dans le cadre des AOC. Certaines AOC s’empêchent de surfer sur les tendances du marché au nom de la tradition et de la typicité. Cela peut s’entendre car le vin est dépositaire d’une culture et d’un savoir-faire traditionnel. Néanmoins, certaines AOC du Sud-Ouest combinent la tradition avec une évolutivité forte des règles de production, non sans un certain succès, ce qui porte à réflexion.

Un début de réflexion

Or cette réflexion débute enfin. Un débat sur la simplification des AOC s’est engagé depuis janvier 2026 dans la filière. Il sera intéressant de voir jusqu’où les professionnels sont eux-mêmes prêts à s’engager. Sont-ils prêts à réduire drastiquement le nombre d’AOC, par exemple, pour redonner de la visibilité aux consommateurs ? Car, au-delà de la simplification, il est également urgent de réfléchir à la valorisation de l’origine sur des échelles géographiques plus larges. Il est aussi important d’élargir le cahier des charges aux dimensions environnementale et œnotouristique. Il est urgent, enfin, de poser une stratégie nationale pour promouvoir le vin de France à l’export, ce que font les italiens par exemple, dans une approche macroscopique de l’appellation.

En bref, il faudra être innovant, certainement, et sans doute disruptif. Car l’innovation est aujourd’hui l’apanage des « vins de France ». Cette catégorie qui montre un dynamisme impressionnant dans un contexte de crise devrait faire réfléchir la filière comme les pouvoirs publics lors des débats qui viennent de s’ouvrir sur la simplification des AOC.

The Conversation

Président de la European Association of Wine Economists

ref. D’un signal de qualité à une contrainte compétitive : le système des AOC fonctionne-t-il encore ? – https://theconversation.com/dun-signal-de-qualite-a-une-contrainte-competitive-le-systeme-des-aoc-fonctionne-t-il-encore-276817

How natural hydrogen, hiding deep in the Earth, could serve as a new energy source

Source: The Conversation – USA (2) – By Promise Longe, Ph.D. Candidate in Chemical and Petroleum Engineering, University of Kansas

A drilling site in northeastern France is part of an effort to measure and collect natural hydrogen. Jean-Christophe Verhaegen/AFP via Getty Images

In the search for more, new and cleaner sources of energy, a largely untapped resource is emerging: natural hydrogen.

Unlike hydrogen produced from industrial processes, natural hydrogen forms through geological reactions that occur normally within the Earth’s crust, meaning it costs nothing to make – though it costs some amount to extract – and does not emit any carbon dioxide or other human‑caused pollutants.

Today, hydrogen is used mainly in oil refining, production of ammonia for fertilizer and to make methanol, which can be a fuel and an ingredient in plastics. Emerging technologies are making hydrogen a viable fuel for cars, planes, ships and factories. Hydrogen demand around the world is projected to grow from around 90 million metric tons in 2022 to more than 500 million metric tons by 2050. Some of that supply could come from nature itself, as well.

To describe each source of hydrogen, energy researchers like me, and the energy industry as a whole, use a range of colors. In general, “gray” and “blue” hydrogen are made by burning fossil fuels, with blue hydrogen incorporating technology that captures the carbon dioxide produced in the process to reduce emissions. “Green” hydrogen comes from renewable‑energy‑powered electrolysis, using electricity to split water into hydrogen and oxygen. “White” or “gold” hydrogen occurs naturally underground and can be extracted directly with minimal processing.

How natural hydrogen forms

Natural hydrogen originates from several geological processes. The most well‑studied mechanism is serpentinization, a reaction where water interacts with iron‑rich rocks known as ultramafics, releasing hydrogen gas.

Serpentinization occurs in diverse settings around the world, including ocean ridges and continental formations such as the Midcontinent Rift in North America, a band of mostly igneous rocks with some sedimentary rocks mixed in, which extends from Minnesota through the Lake Superior region and southward toward Kansas.

Another process, thermogenic hydrogen formation, occurs in deep sedimentary basins when organic material decomposes under high temperatures, roughly 480 to 930 degrees Fahrenheit (250 to 500 degrees Celsius). These reactions can also produce hydrogen alongside other gases, such as methane or nitrogen.

Because these processes happen over millions of years, using natural hydrogen generally requires far less energy than human‑made methods such as electrolysis, which consumes roughly 50 kilowatt-hours of electricity per kilogram of hydrogen produced – enough to power an average home for a day or two, and more than the energy that kilogram of hydrogen can provide. Natural hydrogen is already made – it just has to be collected.

The science and the search

Researchers and exploration companies are developing methods similar to those used in oil and gas exploration to locate potential hydrogen accumulations. They are looking at three types of geological formations:

  1. Focused seepage, where hydrogen seeps naturally through cracks and faults. It tends to reach the surface and disperse quickly, making large-scale capture difficult.

  2. Coal beds, where hydrogen binds to coal layers, offer higher potential density but pose difficulties for extraction. The hydrogen must first be separated from the coal and then flow through tight rock layers to the extraction point.

  3. Reservoir‑trap‑seal systems, comparable to the rock formations that trap natural gas underground, are considered the most promising for commercial production because they can concentrate large volumes of hydrogen in well‑defined, drillable structures. However, they remain largely unproven in practice: The basic idea is well established, and geologists have a good sense of where those formations might occur, but they still lack detailed data on how much hydrogen these formations actually contain and how easy it would be to extract.

A large drill rig sits on open ground.
A drill site in eastern Kansas is one of several places companies are looking for natural hydrogen.
HyTerra

Massive reserves – somewhere

The U.S. Geological Survey estimates there could be more than 5 trillion metric tons of geological hydrogen underground around the world. But only a small fraction of that is estimated to be recoverable, both technically and in terms of reasonable costs.

However, even 2% of that total would be more than all proven natural gas reserves on the planetand enough to meet projected demand for the next 200 years, even accounting for increased consumption.

All of that reserve has built up over billions of years. The Earth naturally produces between 15 million and 31 million metric tons of natural hydrogen each year – less than 1% of the amount expected to be needed each year by 2050. But only a fraction of that is likely to be efficiently captured.

So geologic hydrogen is likely best viewed as a very large but ultimately finite source of low‑carbon energy that can substantially complement, but not replace, other energy sources, including various methods of producing hydrogen.

Global hot spots

Currently, only one hydrogen field, at Mali’s Bourakébougou village, produces natural hydrogen commercially, supplying tens of tons of hydrogen per year to power the village.

However, the number of companies exploring for natural hydrogen has increased rapidly, from roughly 10 in 2020 to about 40 by the end of 2023, according to Rystad Energy and related government and research‑lab reports.

Apart from that one field in Mali, exploration is concentrated in the United States, Australia, Canada and several European countries.

In the U.S., HyTerra’s Nemaha Project in Kansas has confirmed subsurface hydrogen concentrations reaching more than 90% hydrogen and 3% helium. The higher the concentration of hydrogen, the more efficient and cost‑effective it is to recover. HyTerra is also exploring elsewhere in the Midwest and Rocky Mountain regions.

A close-up image of a rock that is mottled in shades of green and gray.
The geologic process of forming serpentinite can produce hydrogen.
James St. John via Flickr, CC BY

Technical barriers

Transforming geological hydrogen into a commercial energy source presents tough scientific and technical challenges. Detecting and measuring hydrogen underground is difficult because of its small molecular size and reactivity with other elements in the rocks.

And if what’s found is low concentrations of hydrogen mixed with large amounts of other gases, it can be costly, even prohibitively so, to separate and purify the hydrogen before it can be used.

Economics and efficiency

The economic promise of natural hydrogen lies in its simplicity.

Because geological processes already performed the production work, early estimates suggest that extraction costs could be one‑tenth the production costs for other traditional hydrogen generation techniques – or possibly even less than that.

But those figures are based on the small amounts of hydrogen found so far and may not represent future large‑scale performance. Producing enough to serve commercial demand will require discovering large, high-quality accumulations.

As one leading research group noted, “This is not a gold rush.” It’s a careful exploration for scientific evidence that could lead, in time, to an abundant, carbon‑free and continuous energy source that complements other renewable energy sources.

The Conversation

Promise Longe does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How natural hydrogen, hiding deep in the Earth, could serve as a new energy source – https://theconversation.com/how-natural-hydrogen-hiding-deep-in-the-earth-could-serve-as-a-new-energy-source-273174

How to prevent elections from being stolen − lessons from around the world for the US

Source: The Conversation – USA – By Shelley Inglis, Senior Visiting Scholar with the Center for the Study of Genocide and Human Rights, Rutgers University

Research has found that voter fraud is rare in the United States. AP Photo/Bryon Houlgrave

President Donald Trump in his State of the Union address on Feb. 24, 2026, doubled down on his false claims that the U.S. elections system is compromised. He asserted that “the cheating is rampant in our elections. It’s rampant.”

These pronouncements follow the January 2026 FBI seizure of 2020 ballots from Fulton County, Georgia, and the president’s recent call for the Republican Party to nationalize elections. The Trump administration is also suing 24 states and Washington, D.C., for voter lists to monitor voter registrations.

In his speech, Trump asked Republicans to pass the SAVE America Act. Approved by the House on Feb. 11, 2026, the measure would require that voters provide documentary proof of U.S. citizenship, effectively ending all online voter registration. “They want to cheat. They have cheated,” he said of Democrats.

These calls spread distrust in the U.S. electoral process, despite extensive evidence showing that voter fraud is rare, especially by noncitizens.

All this has led to speculation about how much further the Trump administration and Republican Party might go to tilt the 2026 midterm and 2028 presidential elections in their favor.

After decades of working internationally on democracy and peace-building, I know that efforts to undermine elections are not uncommon. Citizens of many affected countries have learned various techniques to help protect the integrity of their elections and democracy that may be helpful to Americans today.

International electoral assistance

Leaders, even in established democracies such as India, have used increasingly sophisticated and wide-ranging means to manipulate elections in their favor. Those means vary from legal changes that suppress votes to harassment and prosecution of the opposition, to promoting widespread disinformation campaigns.

These methods have evolved despite international efforts to counter rigged elections and improve election integrity. These countering efforts are called electoral assistance, and they support societies to develop electoral systems that reflect the will of the people and adhere to democratic principles.

Electoral assistance has been shown to strengthen transparency and election administration in countries such as Armenia and Mexico. It has also improved voter registration and education in countries such as Ghana and Colombia.

It’s mostly provided by international nonprofits, such as the National Democratic Institute and The Carter Center in the U.S. Multilateral organizations such as the United Nations also provide electoral assistance.

a group of men and women in formal wear stand around a podium that says ‘only americans should vote in american elections’
House Majority Leader Steve Scalise, R-La., speaks to reporters about the SAVE America Act alongside Republican leadership and supporters on Capitol Hill in Washington, D.C., on Feb. 11, 2026.
AP Photo/Tom Brenner

Five international responses to electoral manipulation

Here are five areas of electoral assistance that have shown some success internationally.

Early warning and community resilience: Early warning efforts track threats of violence and intimidation against election officials, candidates and voters. They seek to mitigate risks and prepare for crises. This happens from the early stages of an election through election day in countries such as Sri Lanka and Liberia.

Law enforcement, civic groups and election officials usually undertake these efforts together. But where such direct cooperation with government authorities is not feasible, civic groups can help by undertaking risk assessments and tracking coercion and threats. They can also raise alarms with officials and the media.

Indicators, or established metrics, can track sophisticated coercion tactics such as the misuse of government funds for campaign purposes. They also can track vote buying, like civic groups in North Macedonia did during 2024 parliamentary and 2025 local elections.

For these efforts to be successful, it’s critical that networks of trusted leaders urge early action to put in place greater safeguards long before election day. Raising alarms and urging action was done successfully by religious leaders in Kenya during general elections in 2022.

Real-time disinformation and local media reaction: Real-time fact-checking and debunking of false or manipulative information has proven critical to election integrity in countries such as Mexico and South Africa.

A highly organized and fast-moving approach involving media, technology companies and authorities successfully countered disinformation to ensure a competitive democratic election in Brazil in 2022. A coalition of Brazilian media outlets, for example, fact-checked political claims and viral rumors during the election period, using innovative tools such as online apps.

Robust local media play a particularly important role. In the 2024 presidential election of Maia Sandu in Moldova, a new investigative newspaper uncovered a Russia-backed network that paid people to attend anti-Sandu rallies and to vote against the president. That outlet had received training by an expert nonprofit group. It also received free legal advice and human resource management that were critical to its effectiveness.

Neutrality, transparency and systems reform: Amid efforts to sow doubt in elections, increasing transparency and ethical standards can help build awareness and deepen trust.

Various tools, such as codes of conduct that detail ethical standards, can be formulated for candidates, media and businesses. This has been done in Nigeria and the Philippines.

International groups, including the the International Foundation for Electoral Systems, published model commitments for advancing genuine and credible elections in 2024, which have been used for preelection assessments in Bangladesh.

Additionally, major technology companies such as Google and Meta in 2024 helped draft the international Voluntary Election Guidelines for Technology Companies. Meta also helped target false content and deepfakes during Australia’s 2025 election.

The neutrality of election officials is critical to tackle distrust. In New Zealand, high levels of public trust in elections align with robust neutrality rules for public officials. The key is to develop public awareness of such commitments and how they can be useful to hold election officials, media and businesses accountable.

More profoundly, the design of the electoral system can also be linked to levels of public trust and polarization. New Zealand, South Africa and Northern Ireland, for example, reformed from winner-take-all elections to proportional representation elections to address deep internal divisions and dissatisfaction with unrepresentative results.

Broad-based mobilization and civic campaigns: Significant voter turnout that delivers large winning margins make efforts to manipulate results more difficult.

In Zambia, for example, a landslide victory for the opposition candidate in the 2021 presidential elections was driven by high youth turnout and people switching parties in urban areas.

Mobilization efforts can span from public campaigns to digital tools and voter registration and education. These efforts can motivate key groups, such as youth, minority or overseas voters. Participation of diaspora groups in Poland’s 2023 parliamentary elections was a key factor in the opposition’s win.

Proactively building public awareness of election security measures, called prebunking campaigns, has demonstrated results in increasing trust in elections in Brazil and the U.S. Additionally, civic education has shown to have positive impact on voter choice of pro-democracy candidates over their preferred party.

Strategic coalitions and nonpartisan monitoring: Nonpartisan monitoring and observation of an electoral process is a key tool in the electoral assistance tool kit. Effective monitoring often involves coalitions of nonpartisan civic groups, which Senegal has used, and faith-based organizations, as in the Philippines, to ensure adequate coverage of polling stations and consistent application of standards.

Key tools, such as parallel vote tabulation, or “quick counts,” which provide independent and statistically accurate reports on the quality of voting and counting process, have helped verify official election results in Ukraine, Ghana and Paraguay.

International observation by entities such as the Organization for Security and Cooperation in Europe assesses whether elections meet global standards. Where it identifies serious flaws or fraud, such scrutiny can help justify mass protests or mobilization, such as in Serbia’s parliamentary and local elections in 2023, trigger new elections, such as in Bolivia’s general elections in 2019, or support international condemnation, such as in Georgia’s 2024 parliamentary elections. They also make recommendations on reforms, such as changes to elections laws and systems, to strengthen integrity and align with democratic principles.

The Conversation

From May 2023 until July 1, 2025, the author served in the Bureau for Democracy, Human Rights, and Governance at the United States Agency for International Development (U.S.A.I.D.).

ref. How to prevent elections from being stolen − lessons from around the world for the US – https://theconversation.com/how-to-prevent-elections-from-being-stolen-lessons-from-around-the-world-for-the-us-275390

We need to talk about how Black women educators experience burnout and care

Source: The Conversation – Canada – By Nadia Clarke Cordick, PhD Student, Educational Studies, Lakehead University

When I began teaching, I was the only Black educator on staff at my Ontario school.

In addition to my official responsibilities, I was often called on to translate cultural dynamics, support students experiencing racism and provide emotional labour for colleagues — for instance by serving as a shoulder to cry on.

As research related to Ontario and elsewhere in Canada shows, both these situations — of finding myself the sole Black educator on a staff, and being expected to provide emotional labour — are common for Black teachers.

No one named the cultural translation and emotional labour tasks, they were simply expected. While professional development days offered “wellness” sessions on mindfulness and stress reduction, they never addressed the racialized stress I was experiencing or named a systemic problem to be solved.

While often well-intentioned, as researchers across sectors have examined, “wellness” focused on individual responsibility can often be interpreted as asking individuals to cope better, rather than asking institutions, cultures or social structures to change.

Now, in my doctoral studies, I am developing a research plan to conduct a qualitative study with Black women educators in Ontario, where I explore how they experience burnout and care in predominantly white school systems — and how they re-imagine those systems as places of dignity, rest and belonging.




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Being the ‘only one’ at work and the decades long fight against anti-Black racism


Wellness focused on the individual

Teacher wellness strategies comprise things like short-term initiatives and professional development focused on stress management. These may be offered by school boards, teacher unions or third-party organizations.

Approaches to teacher wellness often ignore deeper contexts, including around racialized and gendered inequities: for example, that Black women educators face disproportionate stress due to systemic racism, isolation and exploitative emotional labour.

Research shows that generic self-care programming fails to acknowledge how race and gender shape the experience of burnout in education. Without addressing institutional conditions, these “solutions” become bandages on a structural wound.

The weight Black women carry in schools

Black women are often positioned as caretakers, expected to support students, serve on equity committees and manage diversity work, all while navigating workplace bias and surveillance. These added burdens are rarely acknowledged or compensated.

A 2023 doctoral dissertation called this out directly: “wellness” for Black women educators often becomes a form of resistance, not just recovery, in the face of institutional neglect. Emotional exhaustion is not a personal failure, but a predictable outcome of systems that extract care without offering care in return.

Many Black women educators also report experiencing “racial battle fatigue,” a term describing the cumulative toll of daily microaggressions, stereotype threats and constant self-monitoring in predominantly white environments.




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Addressing anti-Black racism is key to improving well-being of Black Canadians


In exploratory conversations conducted as part of developing my research,
I am hearing that Black women educators are experiencing harm in the very systems that claim to support their well-being — that we are being asked to survive conditions that need to change. One educator in Durham Region shared the following:

“In 2011 and again in 2019, I had white colleagues reach out and touch my hair, one of them during an introduction by my administrator. I had to tell them it made me uncomfortable, and that conversation was hard. But it’s the kind of emotional labour we carry, quietly.”

During the COVID-19 pandemic, emotional labour became even more visible. The same educator recalled that after George Floyd’s murder:

“Our admin opened a staff meeting by asking how we were feeling. There was no prep. No follow-up. It felt like emotional voyeurism. What were they offering in return for that vulnerability?”




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How to deal with the pain of racism — and become a better advocate: Don’t Call Me Resilient EP 2


Afrofuturism offers a liberatory framework

To truly support Black women educators, we need frameworks that centre justice, imagination and collective care, not just resilience.

One such approach is Afrofuturism: a Black radical tradition that blends memory, imagination and the envisioning of liberated futures and new worlds beyond racial violence.

In educational contexts, Afrofuturism has been used to disrupt deficit narratives and imagine liberatory possibilities for Black learners and educators alike.

Informed by Afrofuturist and Black feminist thought, my emerging research identifies four recurring principles that reframe well-being as political, collective and embodied:

  • Speculative imagination: Dreaming of educational spaces that don’t yet exist.

  • Embodiment: Honouring the body as a site of knowledge and resistance.

  • Fugitivity: Refusing harmful systems and finding joy outside their boundaries.

  • World-making: Creating new models of care, rest and belonging.

‘Affinity spaces’

These Afrofuturist and Black feminist principles partly emerged in practice during my earlier research in social justice studies, when I collaborated with Hill Run Club, a Toronto-based Black women’s running and wellness collective.

Working alongside 12 Black women over the course of a year, I engaged as both a researcher and a run coach through movement, reflective journaling and vision boarding. This community-rooted project was co-created with participants and explored how Black women experience wellness, safety, body politics and belonging in predominantly white fitness spaces.

This work countered dominant wellness narratives by engaging in speculative reimagining and centring community-rooted care as acts of resistance.
It also laid the methodological and theoretical foundation for my current research.

In a narrative interview, Aaries Clarke Cordick, a teacher candidate in Ontario, shared what Afrofuturist wellness means to her:

“Affinity spaces make a difference. Being around colleagues with similar philosophies of inclusion, or even just seeing teachers who reflect the diversity of our students matters. We need PD [professional development] that speaks directly to racial battle fatigue and burnout, especially for those working with marginalized students but in staff cultures that aren’t Black.”

How we can actually do better

So what would it mean to take Black women educators’ well-being seriously?

My work will continue to engage three approaches that shift the focus from individualized “self-care” toward structural, community-rooted change:

Institutionalize sister circles: These peer-led spaces are already being used informally for mutual support, mentorship and storytelling. Schools should recognize and resource them as formal professional learning structures.

Build radical rest into policy: Instead of encouraging teachers to “unplug” after work, school boards can conduct equity audits and provide protected wellness time during the school day.

Co-create wellness initiatives: Black women educators must be at the centre of designing wellness policies that reflect their lived realities, not treated as afterthoughts in generic programming.

These changes require commitment, but they are not impossible. They ask school systems to shift from extractive relationships to reciprocal ones, where care is not just encouraged but embedded.

Afrofuturism invites us to envision education as a site of liberation, not just endurance. In doing so, it reminds us that the well-being of Black women educators is not a luxury. It is a political imperative, and a blueprint for better schools for everyone.

The Conversation

Nadia Clarke Cordick does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. We need to talk about how Black women educators experience burnout and care – https://theconversation.com/we-need-to-talk-about-how-black-women-educators-experience-burnout-and-care-274400

¿Se ha descubierto la primera “luna” fuera del sistema solar?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos Vázquez Monzón, Profesor Ayudante Doctor, especializado en Astrofísica y Astrodinámica, Universidad Loyola Andalucía

“Exoluna” orbitando su planeta (imagen artística). NASA, ESA, and L. Hustak (STScI)., CC BY

En los últimos meses, la comunidad astronómica se ha visto sacudida por una pregunta que muchos aficionados al cosmos se han planteado alguna vez: ¿existen lunas alrededor de planetas fuera del sistema solar? Aunque ya se han confirmado más de 6 000 exoplanetas, hasta ahora ninguna luna extrasolar había sido verificada de forma concluyente. Sin embargo, recientes observaciones sugieren que podríamos estar acercándonos a ese esperado hito científico.

El protagonista de esta historia es HD 206893 B, un objeto masivo situado a unos 133 años luz de la Tierra, en la constelación de Capricornio. Con una masa estimada de unas 23 veces la de Júpiter, se encuentra en una región difusa de la clasificación astronómica, a medio camino entre un planeta gigante y una enana marrón. Observado desde hace años captando directamente su luz con grandes telescopios, este mundo ya era peculiar por su atmósfera rica en polvo y por su juventud.

Ahora, además, ha revelado un movimiento inesperado: un sutil “vaivén” que podría delatar la presencia de un cuerpo acompañante.

Exoplaneta HD 206893 B, con su “luna”.
NASA, CC BY

Cómo se ha “visto” lo invisible

Detectar una luna alrededor de un exoplaneta es un reto formidable. Los planetas suelen descubrirse cuando transitan frente a su estrella o cuando su gravedad hace oscilar ligeramente a la estrella anfitriona. Las lunas, en cambio, son mucho más pequeñas y sus efectos, mucho más débiles. En el sistema solar, los satélites son omnipresentes, pero extrapolar esa experiencia a otros sistemas ha resultado extremadamente difícil.

En este caso, los investigadores han utilizado una técnica llamada astrometría, que consiste en medir con extrema precisión pequeños cambios en la posición de un objeto. Para ello, emplearon el instrumento GRAVITY, instalado en el Very Large Telescope Interferometer (VLTI), en el desierto de Atacama. Este sistema combina la luz de varios telescopios para alcanzar una precisión extraordinaria, capaz de medir desplazamientos diminutos.

El análisis de los datos reveló un pequeño movimiento de ida y vuelta del exoplaneta que se repite cada nueve meses. Ese “bamboleo” es coherente con la idea de que no se mueve solo, sino que está siendo perturbado por otro cuerpo que lo orbita. A diferencia de otros métodos, aquí no se detecta directamente la luz del supuesto satélite, sino su influencia gravitatoria sobre el planeta anfitrión.

Más grande de lo esperado

Si este objeto adicional es realmente una luna, se trataría de algo radicalmente distinto a cualquier satélite conocido. Las estimaciones preliminares apuntan a una masa de alrededor de 0,4 veces la de Júpiter, casi nueve veces la masa de Neptuno. Para hacernos una idea, la masa de la luna más grande del sistema solar, Ganímedes, es apenas una fracción diminuta de la masa de la Tierra.

Un satélite tan masivo plantea preguntas fundamentales. ¿Tiene sentido llamarlo “luna” o sería más apropiado hablar de un sistema binario de dos cuerpos gigantes? La distinción no es meramente terminológica. Las lunas regulares del Sistema Solar se forman en discos de material alrededor de los planetas, pero generar un objeto de semejante tamaño requeriría condiciones extremas o mecanismos alternativos, como la formación conjunta de ambos cuerpos a partir del mismo colapso gravitatorio.

La posible existencia de una exoluna tan masiva obligaría a revisar los modelos actuales de formación de satélites. También reforzaría la idea de que la arquitectura de los sistemas planetarios puede ser mucho más diversa de lo que sugiere nuestro propio vecindario cósmico. En este sentido, HD 206893 B se suma a una creciente lista de objetos que desafían las categorías tradicionales y difuminan la frontera entre planetas y estrellas fallidas.

¿Es realmente una exoluna?

Aquí es donde la prudencia se vuelve esencial. Aunque los datos son sugerentes, los propios autores del estudio subrayan que no se trata de una confirmación definitiva. La señal detectada podría deberse, en principio, a efectos instrumentales, a variaciones orbitales más complejas o a limitaciones en los modelos empleados para interpretar los datos.

La cautela está respaldada por precedentes. En el pasado, candidatos a exolunas alrededor de Kepler-1625b o Kepler-1708b generaron gran expectación, pero análisis posteriores arrojaron resultados ambiguos o, incluso, negativos. A ellos, se suma el caso de WASP‑49b, donde señales espectroscópicas inusuales –como una nube de sodio desplazada– han sido interpretadas por algunos estudios como posibles indicios indirectos de un satélite, aunque sin consenso ni confirmación definitiva.

La historia reciente recuerda que, en ciencia, las afirmaciones extraordinarias requieren pruebas extraordinarias.

Por qué importa

Más allá del impacto mediático, este posible hallazgo es relevante por varias razones. Demuestra el poder de nuevas técnicas observacionales para explorar fenómenos antes inalcanzables y abre una vía independiente a los métodos clásicos de detección. Además, amplía nuestro marco teórico sobre cómo se forman y evolucionan planetas y satélites.

Las lunas también ocupan un lugar especial en la búsqueda de vida fuera de la Tierra. Aunque el caso de HD 206893 B es demasiado extremo para albergar condiciones habitables, cada nuevo descubrimiento contribuye a comprender mejor la diversidad de entornos que existen en la galaxia.

Así, a pesar de que todavía no hay una exoluna confirmada, el posible compañero de HD 206893 B sitúa a la astronomía en un momento especialmente estimulante. Las próximas observaciones y el escrutinio riguroso de la comunidad científica decidirán si estamos ante una ilusión pasajera o ante el primer ejemplo real de una luna más allá del sistema solar. Mientras tanto, conviene seguir esta historia de cerca: podría marcar el inicio de una nueva etapa en la exploración de otros mundos.

The Conversation

Carlos Vázquez Monzón ha recibido fondos de la Unión Europea-NextGenerationEU, y de la Xunta de Galicia bajo la beca ED 431B 2020/38

ref. ¿Se ha descubierto la primera “luna” fuera del sistema solar? – https://theconversation.com/se-ha-descubierto-la-primera-luna-fuera-del-sistema-solar-274867

Paix contre extraction en RDC : les limites de l’approche Trump

Source: The Conversation – in French – By Kasper Hoffmann, Adjunct assistant professor, Roskilde University

Début décembre 2025, Donald Trump posait, sourire aux lèvres, à la Maison-Blanche aux côtés du président congolais Félix Tshisekedi et du président rwandais Paul Kagame. « Nous réglons une guerre qui dure depuis des décennies», déclarait-il. Mais derrière ces grandes paroles se dessine une nouvelle forme de diplomatie, où la paix devient une monnaie d’échange et les minerais stratégiques de la République démocratique du Congo, l’enjeu central. Que signifie réellement cet accord pour la paix en RDC et pour la politique mondiale ?

L’accord entre les deux pays s’appuie sur le texte initial signé le 27 juin 2025.

Il prévoit notamment le retrait des troupes rwandaises de l’est du Congo et la neutralisation des forces rebelles des Forces démocratiques de libération du Congo (FDLR) opérant en RDC. Il inclut aussi le désarmement et la réintégration des groupes armés, ainsi que le retour des réfugiés et des déplacés internes, avec des garanties d’accès humanitaire. Enfin, il prévoit la création d’un cadre de coopération économique régionale centré sur les minerais critiques.

Nos travaux portent, entre autres, sur la gouvernance dans les zones de conflit, l’économie de guerre, ainsi que les conflits autour des ressources en RD Congo. Nous soutenons que, sans s’attaquer aux dynamiques historiques complexes du conflit, l’accord risque de ne pas garantir une paix durable.

Ce qui frappe n’est pas tant la promesse d’une plus grande transparence dans les chaînes d’approvisionnement — des mécanismes existent déjà — que le fait que celle-ci s’inscrive dans un partenariat direct avec le gouvernement et des entreprises américaines. Washington a d’ailleurs signé des accords économiques bilatéraux séparés avec les deux pays.

Une autre préoccupation concerne l’approche proposée pour traiter ces questions. Ce qui frappe n’est pas tant la promesse d’une plus grande transparence dans les chaînes d’approvisionnement — des mécanismes existent déjà — que le fait que celle-ci s’inscrive dans un partenariat direct avec le gouvernement et des entreprises américaines. Washington a d’ailleurs signé des accords économiques bilatéraux séparés avec les deux pays.




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L’objectif sous-jacent de l’accord

La tentative de l’administration Trump de négocier un accord de paix en RD Congo doit être considérée à la lumière de son approche décomplexée de la politique mondiale, axée sur la sécurisation des ressources telles que le pétrole au Venezuela et les minéraux critiques au Congo. Si les méthodes diffèrent, l’objectif sous-jacent est le même : garantir l’accès à des actifs économiques stratégiques et renforcer la position des États-Unis sur la scène mondiale. Dans les deux cas, cette approche a ignoré les institutions multilatérales et les cadres de coopération existants pour privilégier une approche unilatérale.

L’accord entre la RD Congo et le Rwanda est le fruit de mois de diplomatie discrète menée par Massad Boulos, conseiller spécial de Trump pour l’Afrique. À première vue, il semble prometteur. Mais une analyse plus fine révèle une logique inquiétante : une guerre complexe façonnée par des dynamiques historiques profondes, réduite à une question d’accès aux minerais, en ignorant les facteurs qui alimentent la violence depuis plus de trente ans.

Selon nos recherches, ces facteurs comprennent la nature de l’État congolais, les liens entre la terre et l’identité ainsi que la militarisation de la compétition politique.

Dans cette approche, la paix devient une monnaie d’échange plutôt qu’un processus politique. Plus alarmant encore, elle légitime – voire récompense – le Rwanda pour avoir envoyé des troupes dans un État souverain voisin, en violation des principes fondamentaux du droit international. Cette atteinte à l’intégrité territoriale crée un précédent dangereux et reflète une tendance plus large observée avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les attaques israéliennes au Liban. Elle nous éloigne d’une solution durable à un conflit qui cause des souffrances humanitaires immenses depuis des années.




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Plus largement, l’administration Trump a systématiquement cherché à négocier la paix par une approche transactionnelle, reposant sur des incitations économiques allant des accords miniers aux menaces tarifaires pour influencer les parties au conflit. C’est le même schéma utilisé dans le différend frontalier entre la Thaïlande et le Cambodge ou dans le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Avec, jusq’ici, des résultats mitigés.

Des garanties sécuritaires floues

Une raison majeure de ces échecs est que ces accords ne s’attaquent pas aux causes historiques complexes des conflits : griefs identitaires, héritages de répression étatique, institutions fragiles et rivalités géopolitiques. Les incitations économiques promises sont souvent liées à des investissements qui ne se concrétiseront que dans un avenir lointain. Elles ne permettent donc pas de créer la confiance immédiate nécessaire pour engager un processus de paix.

Les processus de paix menés par les États-Unis se heurtent aussi à des problèmes d’application. Sous Trump, le poids des garanties sécuritaires américaines reste flou, tout comme l’influence réelle sur les acteurs susceptibles de faire échouer l’accord. Sans surprise, plusieurs accords ont été violés ou partiellement mis en œuvre. C’est aussi le cas pour l’accord Rwanda–Congo.

Alors que les dirigeants posaient côte à côte à la Maison-Blanche, les combats s’intensifiaient sur le terrain avec une nouvelle offensive des rebelles AFC/M23 soutenus par Kigali. Le 10 décembre, le groupe a même occupé Uvira, deuxième ville du Sud-Kivu, marquant une escalade majeure aux implications régionales. L’AFC/M23 a encore retiré officiellement ses troupes afin d’instaurer la confiance. Sur le terrain, les effets de ce retrait sur les processus de paix en cours restent incertains. L’occupation a causé d’importants dommages économiques à la ville et a aggravé les tensions intercommunautaires, notamment les menaces visant les Banyamulenge, une communauté tutsie vivant sur les Hauts Plateaux d’Itombwe.




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Un ordre mondial en mutation

Lors d’une campagne militaire antérieure du mouvement rebelle M23 en 2012 et 2013, plusieurs puissances occidentales et africaines, comme les États-Unis, l’Afrique du Sud et plusieurs membres de l’UE avaient exercé une pression sur Kigali, via des sanctions et des menaces de suspension d’aide, qui a contribué au retrait de ses troupes. Ce type d’action collective multilatérale semble aujourd’hui révolu, malgré certaines sanctions imposées par les États-Unis et l’UE après la prise de Goma par les rebelles AFC/M23 en janvier 2025. La priorité donnée par Trump aux intérêts économiques américains a affaibli la réponse internationale nécessaire pour élaborer et mettre en oeuvre un accord de paix global

L’enjeu central de la rivalité internationale autour de la RDC est l’accès à ses immenses réserves de minerais critiques : coltan, cassitérite, or, lithium dans l’est, ainsi que cuivre et cobalt dans le sud-est.

Cette course mondiale pour l’accès à ces minéraux est motivée non seulement par l’essor de l’IA générative et la transition vers les énergies vertes, mais aussi par le rôle croissant qu’ils jouent dans l’industrie de la défense. Cependant, l’approvisionnement reste incertain, car seuls quelques pays extraient et traitent ces minerais, dont certains sont actuellement en guerre. C’est ce qui explique l’intérêt de Trump pour des accords similaires en Ukraine et en Birmanie.

Pour l’administration Trump, la paix en RDC semble donc moins être une fin en soi qu’un moyen de garantir l’accès à ces ressources stratégiques. Cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, qui guide également ses investissements. Ces dernières années, le gouvernement américain a ainsi investi massivement dans le corridor ferroviaire de Lobito, destiné à acheminer les minerais vers la côte atlantique, puis vers les marchés américains.

Mépris du droit international

Les motivations géopolitiques et économiques derrière ces efforts sapent leur efficacité, y compris en RDC. Elles illustrent le mépris de Washington pour le droit international, créant un environnement permissif où les violations de l’intégrité territoriale se banalisent. Il n’est pas anodin que l’AFC/M23, soutenu par Kigali, ait pris Goma quelques jours après l’investiture de Trump le 20 janvier 2025. Cela montre que le conflit congolais est à la fois façonné par, et contribue à façonner, un ordre mondial qui s’éloigne des normes juridiques.

Des groupes de la société civile qualifient l’accord négocié par l’administration Trump de « pacte paix contre extraction ». Les factions armées vont plus loin, le présentant comme un signe d’impérialisme américano-rwandais pour justifier leur lutte. Pendant ce temps, la prise d’Uvira par l’AFC/M23 met à mal la crédibilité de Washington comme médiateur.

Quand de telles violations restent impunies, le signal est clair : la vision trumpienne d’une nouvelle Pax Americana est érigée sur des bases fragiles.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Paix contre extraction en RDC : les limites de l’approche Trump – https://theconversation.com/paix-contre-extraction-en-rdc-les-limites-de-lapproche-trump-273189

Le droit civil n’aime pas les chats, mais il aime la responsabilité

Source: The Conversation – France (in French) – By Jordy Bony, Docteur et Professeur en droit à l’EM Lyon, EM Lyon Business School

Quand le chat, malgré sa liberté légendaire, se heurte à un adversaire aussi têtu que le Code civil, quand un plaignant obtient, outre des dommages et intérêts, le versement d’une astreinte financière de 30 euros chaque fois que le félin domestique de sa voisine entrera dans son jardin, cela donne un jugement qui fait beaucoup jaser médiatiquement, mais qui n’est pas du tout surprenant quand on regarde ce que dit le droit.


Le Code civil n’aime pas les chats parce qu’ils sont indisciplinés, imprévisibles et libres, trois qualités que le droit supporte mal. En revanche, il aime la responsabilité, car elle permet de réparer sans juger.

Retour sur une actualité surprenante datant de 2025 : une propriétaire de chat a été condamnée à payer 1 250 euros à son voisin pour des dégradations causées par son animal. Si cette décision a suscité beaucoup d’émoi, elle permet aussi de mieux comprendre une logique du droit civil méconnue du grand public, celle de la réparation sans faute du fait de l’animal, et, de façon plus globale les enjeux juridiques concernant le statut de nos compagnons domestiques.

Les faits et la décision de justice

En l’espèce, une propriétaire de chat vivant dans une maison individuelle laissait son animal circuler librement à l’extérieur. À plusieurs reprises, le chat s’est introduit dans la propriété voisine, où il a causé diverses dégradations, notamment dans le jardin et les aménagements extérieurs. Malgré les démarches amiables entreprises par le voisin pour faire cesser ces intrusions, les passages répétés de l’animal se sont poursuivis.

Estimant subir un préjudice anormal et récurrent, le voisin a alors saisi le tribunal judiciaire compétent. Il reprochait à la propriétaire de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour empêcher son chat de pénétrer sur sa propriété et sollicitait une indemnisation au titre des nuisances et dégradations subies.

Par une ordonnance rendue en janvier 2025, le tribunal de Béziers (Hérault) a fait droit à cette demande. Il a condamné la propriétaire du chat à verser une somme totale de 1 250 euros, comprenant des dommages et intérêts ainsi que des frais de justice. Le juge a également assorti sa décision d’une astreinte financière en cas de nouvelles intrusions de l’animal sur la propriété voisine (soit 30 euros à chaque passage de l’animal chez le voisin), afin d’inciter la propriétaire à prendre des mesures effectives pour y mettre fin. À noter que le voisin avait installé des caméras chez lui pour prouver le passage du chat.

Cette décision, largement relayée dans les médias, a pu surprendre par son montant et par l’idée même qu’un propriétaire puisse être tenu de réparer le comportement d’un chat, animal souvent perçu comme indépendant et difficilement contrôlable. Elle s’inscrit pourtant dans une logique juridique bien établie en droit civil, fondée sur la responsabilité du gardien de l’animal et sur la protection des victimes de troubles anormaux de voisinage.

Explication de la logique juridique

La première clé de compréhension, très pragmatique, est la suivante : le droit civil ne s’intéresse pas à l’intention de l’animal. Il s’intéresse à une question plus terre-à-terre : qui doit réparer le dommage survenu à la suite des intrusions du chat ?

C’est précisément l’objet de la responsabilité civile : remettre la victime du dommage, autant que possible, dans la situation où elle se serait trouvée si le dommage n’avait pas eu lieu. Et c’est là que le chat, malgré son indépendance légendaire, tombe sur un adversaire plus têtu que lui : le Code civil.

En droit civil français, la responsabilité civile est encadrée par les articles 1240 et suivants du code civil. L’article 1243 intéresse particulièrement notre cas. Il énonce la chose suivante :

« Le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, pendant qu’il est à son usage, est responsable du dommage que l’animal a causé, soit que l’animal fût sous sa garde, soit qu’il fût égaré ou échappé. »

Autrement dit le propriétaire dont le chat erre dans le voisinage devra répondre des dégradations commises par ce dernier, qu’importe que cela soit le résultat d’un manque de diligence ou non. Le Code civil est plutôt clair sur la question.

Il en va de même pour les parents responsables de leurs enfants mineurs causant des dégradations ou des instituteurs et artisans qui sont responsables de leurs élèves et apprentis lorsqu’ils sont sous leur surveillance.

Il faut insister sur un point qui explique, à lui seul, le sentiment de « sévérité » que cette affaire peut susciter : la responsabilité du fait des animaux est une responsabilité de plein droit. Concrètement, le voisin n’a pas à démontrer que la propriétaire a été négligente ni qu’elle « aurait pu faire mieux » : il doit surtout établir que l’animal a joué un rôle dans la survenance du dommage et que la personne poursuivie en était le propriétaire ou, plus largement, le gardien. Qu’importe, d’ailleurs, que l’animal viennent une seule fois ou de façon récurrente. À partir du moment où le lien peut être établi avec certitude entre un dommage certain, la venue du chat et le propriétaire, la responsabilité peut être engagée.

Être le gardien d’un chat implique d’être tenu responsable de ses possibles dégradations des biens d’autrui.
Fourni par l’auteur

En droit, la notion de « garde » renvoie à l’idée de maîtrise : celui qui a l’usage, le contrôle et la direction de l’animal. Dans l’immense majorité des cas, c’est le propriétaire. Et c’est précisément parce que le chat est un chat (mobile, autonome, parfois fugueur) que le droit choisit une règle simple : la victime ne supporte pas le risque de cette autonomie ; le gardien, si, lorsqu’il est parfaitement identifiable.

C’est quelque chose qui peut être sous-estimé, mais adopter un animal est de fait vecteur de responsabilité. La Société protectrice des animaux (SPA) met d’ailleurs régulièrement à jour la liste des obligations des propriétaires d’animaux domestiques.

À ce stade, le raisonnement est clair, mais l’affaire ne se limite pas à un pot de fleurs renversé. Elle parle aussi de voisinage. En effet, le deuxième fondement utile pour comprendre la décision est la théorie du trouble anormal de voisinage, désormais consacrée dans le Code civil. L’article 1253 dispose que

« Le propriétaire […] qui est à l’origine d’un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage est responsable de plein droit du dommage qui en résulte. »

Dans le langage juridique, « de plein droit » signifie ici que la victime n’a pas à prouver une faute, à condition d’établir l’existence d’un trouble anormal et un lien de causalité entre ce trouble et le chat.

Là encore, la logique est accessible : vivre en société implique d’accepter des désagréments ordinaires. Mais lorsqu’une nuisance dépasse ce qu’on peut raisonnablement tolérer (par sa répétition, sa durée, sa fréquence ou son intensité), le droit ouvre droit à réparation. Dans cette affaire, la répétition des intrusions (et la persistance malgré les démarches amiables) est précisément ce qui fait basculer le dossier du simple incident vers un trouble que le juge peut considérer comme anormal.

Reste enfin une question plus générale, qui explique aussi l’étonnement du public : quel est, au juste, le statut juridique d’un animal ?

Un animal sensible… mais pas responsable au sens du droit

Le droit français reconnaît la singularité de l’animal : l’article 515-14 du Code civil dispose que les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité, tout en précisant qu’ils demeurent soumis au régime des biens (sous réserve des lois qui les protègent).

Autrement dit l’animal n’est pas reconnu comme un bien classique au sens du Code civil, mais il n’est pas non plus un sujet de droit civilement « débiteur » : il ne peut pas, juridiquement, être condamné à indemniser. Le droit civil se tourne donc vers une personne : le gardien, parce que c’est le seul acteur doté d’un patrimoine sur lequel la réparation peut s’exécuter. C’est cette singularité qui permet d’affirmer avec humour que « le droit civil n’aime pas les chats » dans le sens où l’animal, en général, s’est révélé être un des enjeux juridiques de la modernisation du droit civil.

Le statut juridique de l’animal demeure toujours un sujet d’intenses débats, riches également en précédents historiques qui peuvent sembler étonnants, à l’instar des procès des animaux qui ont été rendus du XIIIᵉ au XVIᵉ siècle. Aujourd’hui, les poursuites pénales à l’encontre des animaux ne sont pas possibles puisqu’ils sont dénués de personnalité juridique. C’est un élément auquel il faut cependant faire attention, car certaines personnes défendent aujourd’hui l’octroi d’une personnalité juridique animale.

Une truie et ses porcelets jugés pour le meurtre d’un enfant. Le procès aurait eu lieu en 1457. la mère a été reconnue coupable mais les porcelets ont été acquittés.
Wikimédia, CC BY

Au fond, cette affaire en dit moins sur les chats que sur le droit civil : ce dernier ne moralise pas, il œuvre pour la réparation. Le propriétaire d’un animal peut trouver cela injuste, surtout lorsque l’animal échappe en partie à son contrôle. Mais c’est précisément la logique du système : éviter que la victime supporte seule un trouble qu’elle n’a pas choisi. Le droit civil n’a pas de préférence pour les chats ou contre eux. Il a une préférence constante : identifier un responsable et réparer.

Si le chat fauteur de troubles avait été un animal errant sans propriétaire, il aurait été manifestement impossible pour le propriétaire du jardin d’obtenir réparation, en l’absence de gardien identifié du félin. Idem pour les animaux non domestiques qui doivent faire l’objet d’une autre forme de contrôle.

À cet égard, le statut du chat peut troubler. Si le droit le considère comme un animal domestique quand il a un gardien, certains peuvent questionner cette nature. C’est ce que souligne l’historienne des sciences Valérie Chansigaud dans Histoire de la domestication animale (2020), lorsqu’elle rappelle le statut atypique du chat. À la différence de nombreuses races de chiens dont l’aptitude à la chasse s’est trouvée « altérée par la domestication », le chat conserve généralement ses capacités de prédateur. Il peut s’éloigner de son gardien, et il reste « difficile de distinguer morphologiquement » les chats domestiques des chats sauvages. Le chat demeure ainsi, écrit-elle, « une énigme » qui « interroge la notion même de domestication ».

The Conversation

Jordy Bony ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le droit civil n’aime pas les chats, mais il aime la responsabilité – https://theconversation.com/le-droit-civil-naime-pas-les-chats-mais-il-aime-la-responsabilite-276321

Lifting the lid on unknown coral microbiomes living in the Pacific ocean

Source: The Conversation – France – By Shinichi Sunagawa, Associate Professor at the Department of Biology, Swiss Federal Institute of Technology Zurich

Reef-building coral colonies serve as structured habitats for diverse microbiomes, forming a
hidden reservoir of taxonomic, genetic and chemical diversity (photo supplied by the author).
Shinichi Sunagawa, Fourni par l’auteur

For decades, we have thought of coral reefs as the “rainforests of the sea:” vibrant, complex ecosystems full of fish, sponges, and coral. However, our recent findings suggest we’ve been overlooking a crucial part of this picture. By looking beyond the colourful life into the microscopic world, we have uncovered a “hidden chemical universe” that could hold the key to the next generation of life-saving medicines.

Our work, published in Nature, is the result of an international collaborative effort between the Sunagawa, Paoli, and Piel labs, alongside the Tara Ocean Foundation: France’s first foundation to be recognised as promoting public interest in the world’s oceans, founded by Agnès Troublé alias French Fashion designer agnès b. By combining our expertise in marine ecology, microbiology, and biotechnology, we have taken a closer look at corals. Far more than just individual animals, we prefer to think of them as super-organisms: bustling cities where the coral animal provides the living architecture, while trillions of microbes inhabit them, carrying out vital services.

What we found within these microscopic communities was staggering. After analysing 820 samples from 99 coral reefs across the Pacific, we reconstructed the genomes of 645 microbial species living within the corals. The surprise? More than 99% of them were completely new to science. Deciphering their genetic code revealed that these tiny residents are not silent “germs,” but prolific chemical engineers. They harbour a greater variety of biosynthetic blueprints for natural products than has been documented in the entire global open ocean so far.

How we found out

Our discovery didn’t happen in a single laboratory. It began aboard the 118-foot research schooner Tara, designed to withstand Arctic ice. After completing an extensive exploration of plankton across the global ocean, Tara served as our floating laboratory for the Tara Pacific mission. Over several years, our team visited 99 reefs across the Pacific. Life on Tara combined rugged seafaring with high-tech biology: while the crew managed the ship, teams of divers collected coral samples from remote archipelagos thousands of miles apart.

carte
The Tara Expedition and sample-collecting mission’s ship route.
tara, Fourni par l’auteur

Back on land, the real detective work began. DNA sequencing at the French National Center of Sequencing (Genoscope) and genome reconstruction using ETH Zurich’s supercomputers allowed us to decode the genetic information from these microbes.

This enabled us to map Pacific coral microbiomes at an unprecedented scale. We found that microbes are highly specific to their coral hosts; each coral species has its own unique microbial fingerprint, shaped over millions of years of evolution.

Why it matters

Most current medical drugs were originally discovered in nature, many from soil bacteria. But we are running out of new “soil” leads, and antibiotic-resistant “superbugs” pose a growing global threat.

Here is where the tiny but mighty “chemical engineers” come in. Within their DNA, these microbes encode Biosynthetic Gene Clusters: instruction manuals for building diverse biochemical molecules, including antibiotics. Because coral-associated microbes live in the highly competitive reef environment, they have evolved sophisticated chemical weapons to defend their hosts or fight rivals. By identifying these Biosynthetic Gene Clusters, we have uncovered a “molecular library” written in a language we are only just beginning to translate. These chemicals may provide solutions to biotechnological challenges and human diseases.

What is next

Our discovery of new microbial species and biochemical diversity in corals is just the beginning. The Tara Pacific expedition studied only a handful of coral species, while at least 1,500 have been described worldwide, highlighting the enormous potential for scientific breakthroughs. But a tragedy is unfolding: as climate change warms the oceans, reefs are dying. When a reef disappears, we don’t just lose a beautiful ecosystem, we witness the “burning” of this library before we’ve had a chance to read the books.

The journey that began on Tara is now a race against time to unlock the secrets contained in the microbiomes of coral and other reef organisms before they are lost forever. Protecting reefs is critical, not only for the environment and the millions of people who directly depend on them, but also for preserving the biological pharmacy that could safeguard human health for generations to come.

The Conversation

Shinichi Sunagawa received funding from the Swiss National Science Foundation.

Chris Bowler ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Lifting the lid on unknown coral microbiomes living in the Pacific ocean – https://theconversation.com/lifting-the-lid-on-unknown-coral-microbiomes-living-in-the-pacific-ocean-276770

Lo que el caso de Madrid nos enseña sobre la gestión de residuos: tratarlos no es suficiente

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Nicolás Martínez Ramón, Investigador predoctoral en análisis de sistemas energéticos, IMDEA ENERGÍA

RomaMCS/Shutterstock

En 2035 solo el 10 % de los residuos municipales podrán acabar en vertedero, según el objetivo marcado por el Parlamento Europeo. Con menos de diez años por delante, España parte de una situación muy alejada de esta meta: cerca de la mitad de los residuos siguen recalando en en vertedero.

Abordar el tramo que falta hasta alcanzar el objetivo supone un gran esfuerzo, particularmente en aquellos municipios densamente poblados, donde las instalaciones de tratamiento de residuos se encuentran necesariamente cerca de las áreas residenciales.

Ejemplos de otros países europeos

En algunos lugares de Europa, este objetivo se ha alcanzado ya combinando distintos enfoques. Los Países Bajos son un ejemplo claro del uso intensivo de incineradoras. Tanto es así que en periodos puntuales han tenido que importar residuos de otros lugares para mantener la operación de las plantas.

Existen otros casos (por ejemplo, el modelo alemán) en los que se apuesta por sistemas de separación en origen altamente exigentes, acompañados de políticas públicas que reducen los impropios. Estos impropios son los materiales que se depositan en el contenedor equivocado y que dificultan el reciclaje. Aun así, tampoco en estos modelos se prescinde del tratamiento térmico del rechazo, es decir, de aquellos residuos que no pueden reciclarse ni aprovecharse en las primeras etapas de tratamiento. La diferencia no está tanto en las tecnologías disponibles como en dónde se sitúan los mayores esfuerzos en la gestión del sistema.

España presenta realidades muy diversas, desde pequeños municipios rurales hasta grandes áreas metropolitanas con combinaciones de distintas estrategias y tecnologías. En términos generales, la incineración es menos habitual que en los países del norte de Europa y se concentra sobre todo en las grandes ciudades.

El caso de Madrid

Madrid resulta interesante porque dispone de un sistema de tratamiento tecnológicamente complejo donde conviven plantas de reciclaje, compostaje, digestión anaerobia, vertedero e incineración.

Hoy en día, Madrid está todavía lejos del objetivo marcado por la Unión Europea: alrededor del 45 % de los residuos madrileños siguen terminando en vertedero. Buena parte de la reducción conseguida depende de que la incineradora de Valdemingómez opere prácticamente al límite de su capacidad.

Un paisaje verde con montículos y una infraestructura con chimeneas para la gestión de residuos
Parque de gestión de residuos de Valdemingómez.
IES MANUEL GARCÍA BARROS A ESTRADA – PONTEVEDRA/Flickr, CC BY-SA

Además, el cierre previsto de la incineradora en torno a 2035 obliga a plantear alternativas. Prescindir de ella sin una solución equivalente implicaría un aumento inmediato de la deposición en vertedero, mientras que su sustitución por tecnologías emergentes como la gasificación o la pirólisis –descomposición de los residuos a altas temperaturas en ausencia de oxígeno– abre un debate sobre hasta qué punto el problema puede resolverse únicamente desde el tratamiento.

Por todo ello, Madrid constituye un caso de estudio revelador a la hora de evaluar hasta qué punto un sistema apoyado en tecnologías de tratamiento avanzadas puede conseguir una reducción en el vertido sin cambios profundos en la generación de residuos y las políticas públicas que condicionan la aparición del rechazo.

¿Es más efectivo eliminar los residuos o evitarlos y reciclarlos?

Esta tensión entre tecnología y prevención supone un rasgo típico en la gestión de residuos, donde las respuestas se han apoyado principalmente en soluciones de tratamiento, frente a un avance menos ambicioso en las estrategias de prevención, reutilización y reciclaje de calidad.

En este sentido, un estudio que hemos liderado investigadores de la Unidad de Análisis de Sistemas de IMDEA Energía ha demostrado que, incluso sustituyendo la incineradora por tecnologías avanzadas de tratamiento como la gasificación y la pirólisis, un sistema de gestión de residuos como el de Madrid toparía con un límite estructural de alrededor del 40 % de tasa de vertido bajo escenarios optimistas de separación.

A pesar de ese límite, y aunque son necesarias otras soluciones, la incorporación de estas tecnologías resulta interesante dado que amplían la funcionalidad del sistema, contribuyendo a satisfacer la demanda de productos de alto valor como hidrógeno o combustibles circulares avanzados.

Los estudios identifican medidas eficaces para reducir estructuralmente la producción aguas arriba de residuos que no pueden reciclarse: fiscalidad que penalice envases complejos, una responsabilidad ampliada del productor más exigente o requisitos de ecodiseño, es decir, diseñar los productos desde el inicio para que generen menos impacto y sean más fáciles de desmontar y reciclar.




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El plástico es inevitable, su desperdicio no


Estas medidas requieren marcos regulatorios de ámbito nacional o europeo, ya que afectan directamente al diseño y comercialización de los productos. Otras, en cambio, pueden activarse a escala local, una vez establecidos esos marcos, mediante el diseño de instrumentos económicos, sistemas de recogida más exigentes o incentivos vinculados a la calidad del residuo.

En este contexto se sitúa la reintroducción de la tasa de residuos urbanos en Madrid en 2023, en aplicación del principio de “quien contamina paga”. Todos los municipios de más de 5 000 habitantes tenían de plazo hasta el 2025 para implantar una tasa de basuras.

Aunque la obligación de implantar esta tasa deriva de la legislación estatal, su configuración a nivel municipal determina en gran medida su capacidad para modificar comportamientos y reducir los impropios.

Buscar las causas para aplicar soluciones

En definitiva, reducir el vertido no es una cuestión solo de elegir la “mejor” tecnología, sino también de abogar por un enfoque integral que actúe sobre las causas del problema. La experiencia muestra que, sin políticas públicas ambiciosas que actúen sobre la prevención, el diseño de productos y la calidad de los residuos que generamos, incluso las soluciones más avanzadas acabarán topando con los mismos muros.

La buena noticia es que las herramientas de apoyo a la gestión existen y están bien documentadas. Tanto modelos matemáticos para dirigir los sistemas de gestión de residuos hacia un desempeño más sostenible, como estrategias para empujar políticas públicas que reduzcan la presencia de impropios y rechazos. Combinar estas herramientas con innovación tecnológica permite no solo cumplir objetivos, sino también avanzar hacia un modelo de gestión de residuos más justo, capaz de contribuir a la transición energética y alineado con los principios de la economía circular.

The Conversation

Nicolás Martínez Ramón recibe fondos del Ministerio de Ciencia e Innovación.

Diego Iribarren Lorenzo participa en proyectos financiados por entidades como el Ministerio de Ciencia e Innovación y la Unión Europea.

Javier Dufour Andía participa en proyectos financiados por entidades como el Ministerio de Ciencia e Innovación y la Unión Europea y es miembro del Executive Board de Hydrogen Europe Research

ref. Lo que el caso de Madrid nos enseña sobre la gestión de residuos: tratarlos no es suficiente – https://theconversation.com/lo-que-el-caso-de-madrid-nos-ensena-sobre-la-gestion-de-residuos-tratarlos-no-es-suficiente-273311

¿Y si lo dejásemos todo y nos fuésemos al desierto? ‘Sirāt’ y la tentación de desaparecer de sí

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sofía Esteban Moreno, Investigadora Predoctoral Teoría de la Literatura , Universidad de Valladolid

Dos de los _raveros_ de _Sirāt_ en pleno trance. BTEAM Pictures

Estamos solos en el desierto. Cielo sin fronteras, tierra sin agua. Todo es horizonte. ¿Cruzamos? Para no perderse, advertía María Zambrano en Los bienaventurados, hay que interiorizar el desierto, hacerlo carne en el alma y en los sentidos.

En la tradición islámica, el Sirāt es un puente escatológico, más fino que un cabello y más afilado que una espada, suspendido entre la condena y la salvación. No todos lo atraviesan. Con esta advertencia simbólica arranca la aclamada película homónima de Óliver Laxe. Lo que podría parecer una road movie se revela pronto como viaje iniciático hacia el límite interior.

Un padre, acompañado por su hijo, busca a su hija desaparecida entre jóvenes que cruzan el desierto marroquí de rave en rave. Pero aquí la desaparición no es necesariamente muerte ni tragedia. Es fuga. Es retirada. Es la tentación de desvincularse del mundo.

Un grupo de gente y dos camiones en el desierto.
Imagen promocional de Sirāt de Oliver Laxe, con los protagonistas en medio del desierto.
BTEAM Pictures

Desertar: una forma de exilio contemporáneo

Desertar es abandonar el campo de batalla. En Sirāt, esa palabra resuena literalmente cuando Tonin, con la pierna amputada, canta en tono lúdico “Le déserteur” de Boris Vian. La película muestra tres formas de exilio: la del ravero que se retira del mundo productivo en busca de comunión; la del desplazado por la guerra, expulsado sin elección; y la del peregrino que avanza hacia La Meca en busca de orientación. Tres deserciones distintas que convergen en el mismo desierto. Y quizás una cuarta, la deserción ontológica, la retirada del relato que nos sostiene para quedar expuestos, sin garantías, al misterio.

Sirāt convierte en imagen el nihilismo contemporáneo.

Mientras el ritmo techno propone suspensión, el mundo introduce guerra y controles militares. En la rave bailan también jóvenes con amputaciones. El rito los acoge. El trance actúa como un fármaco, remedio y veneno a la vez, amplificado por sustancias que prometen expansión. Los psicoactivos, escribe el sociólogo David Le Breton en Desaparecer de sí, son un filo de navaja: “el objetivo es vivir burlando la muerte, pero aceptando al mismo tiempo que algún día habrá que pagar un precio por ello”.

El trance no borra la violencia, pero abre un espacio precario donde incluso el cuerpo herido es integrado. Las heridas físicas y simbólicas, en lugar de fijarse como estigmas, se convierten en ritmo compartido, y por unos instantes dejan de doler.

La comunidad que surge ahí no se funda en identidades, sino en la necesidad de compartir cuando ya no se tiene nada. Lo que empieza como comunidad estética deviene comunidad de supervivencia. ¿Estamos ante una espiritualidad sin templo ni dogma, o ante su simulacro? ¿Puede surgir una forma de trascendencia en medio de la saturación y del exceso?

La rave como suspensión del yo

Le Breton llamó “desaparecer de sí” a ese deseo contemporáneo de suspender el peso de ser alguien. En sociedades donde debemos afirmarnos constantemente en nuestro personaje, surge la voluntad de ralentizar el pensamiento y dejar de representarnos ante los otros.

La rave en Sirāt ensaya esa ligereza. El techno no se escucha, se baila. La música de Kangding Ray es densa, industrial y casi mineral. La vibración es tectónica, como si el desierto marcara el pulso desde el subsuelo. En la estructura de los altavoces, plantados como monolitos tecnológicos en la arena, se dibuja una cruz; es un cruce de ejes donde la horizontalidad del ritmo roza una verticalidad simbólica. ¿No sostiene el DJ, como un oficiante, ese altar efímero?

La investigación continúa fuera del cine. En su instalación HU/هُوَ. Bailad como si nadie os viera en el Museo Reina Sofía, Laxe trabaja con el término árabe hu, asociado en la tradición sufí al aliento originario, a la vibración primera. Es una instalación audiovisual inmersiva que traslada las cuestiones espirituales y sensoriales planteadas en Sirāt al espacio museístico. El sonido, así entendido, dibuja una arquitectura invisible que ordena el mundo desde la vibración.

Un hombre con una mano amputada baila en el desierto.
Una de las imágenes de la instalación de Oliver Laxe en el Reina Sofía que recupera a uno de los personajes de Sirāt y su entorno.
Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía

Cruzar después de haberlo perdido todo

El viaje se radicaliza (y a partir de ahora se dan datos clave del argumento de la película). Los personajes cruzan agua –umbral tradicional de tránsito y purificación– y atraviesan un desfiladero donde el protagonista pierde a su hijo. La noche oscura cae. Cae con ella la inocencia. Se anuncia la apoteosis del héroe.

El desierto, como recordaba Juan Eduardo Cirlot en su Diccionario de símbolos, es un paisaje que despoja al sujeto de todo refugio y lo reduce a lo esencial. No es casual que sea el lugar de la prueba en las tradiciones monoteístas; Moisés, Elías o Cristo atraviesan la intemperie antes de recibir la palabra o la misión. La revelación profética pasa por la pérdida del yo.

El campo de minas materializa el Sirāt. Cada paso puede ser el último. Jade, cubierta con una mortaja negra que recuerda a los derviches giróvagos –miembros de cofradías sufíes que buscan la unión con lo divino a través de la danza extática–, grita en trance y estalla. Como en el giro sufí, pensar implica caer.

Imagen de un hombre bailando mientras gira rodeado de otros hombres.
Los derviches giratorios (semazens) realizan la danza mística Sema, que simboliza el viaje espiritual del ser humano y su deseo de alcanzar a Alá.
Turpcan/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Aquí la catarsis opera en sentido aristotélico: el espectador experimenta miedo y compasión sin distancia analítica. No se trata de comprender el límite, sino de sentirlo. La rave había anticipado esa forma de pensamiento encarnado, pues en la danza, el cuerpo precede al juicio. Se siente antes de pensar.

Luis, interpretado por Sergi López, consigue cruzar ese campo porque ya no tiene relato que proteger. El Sirāt exige ligereza. Y esa ligereza es desposesión del yo.

Ir con las imágenes hasta el final de las palabras

Con un cine de silencios, riesgo y gestos mínimos, Laxe devuelve a la pantalla algo infrecuente: el espacio para el misterio, lo sagrado y la fragilidad. En sus entrevistas ha insistido en que mirar hacia dentro es hoy un gesto radicalmente contracultural. En un mundo saturado de representaciones, habitar la herida sin dramatismo –bailarla en lugar de negarla– puede convertirse en una forma de regenerar el imaginario colectivo. En una entrevista reciente, el director afirmaba que Sirāt “visualiza el miedo a morir y te revivifica, porque cuando la muerte irrumpe nos conecta con la vida”.

La herida es la grieta existencial de una época que ya no sabe qué creer. Y creer es crear, como sostenía Unamuno. Crear, dice Laxe, es construir un edificio sabiendo que al final habrá que saltar. Esa es también la posición del espectador; aceptar la entrega, atravesar la vibración y asumir el vacío.

No ofrece respuestas ni paraísos visibles. Pero deja una pregunta abierta:
¿desaparecer de sí es una forma de libertad o el primer paso hacia la intemperie?


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Sofía Esteban Moreno recibe fondos de ayudas de Formación del Profesorado Universitario (FPU) financiadas por la Agencia Estatal de Investigación, el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades. Asimismo, forma parte del proyecto TRANSFERRE. Referencia: PID2023-148361NB-I00), financiado por la Agencia Estatal de Investigación, el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades y cofinanciado por la Unión Europea.

ref. ¿Y si lo dejásemos todo y nos fuésemos al desierto? ‘Sirāt’ y la tentación de desaparecer de sí – https://theconversation.com/y-si-lo-dejasemos-todo-y-nos-fuesemos-al-desierto-sirat-y-la-tentacion-de-desaparecer-de-si-273552