Taxe sur les économies informelles en Afrique : promesses et écueils de la technologie

Source: The Conversation – in French – By Abel Gwaindepi, Senior Researcher, Danish Institute for International Studies

Les changements dans le monde du financement du développement, en particulier la forte baisse de l’aide étrangère et la diminution des prêts bon marché accordés aux pays à faible revenu ont remis la fiscalité au centre du débat.

L’Afrique est entrée dans une nouvelle « ère fiscale pour le développement ». À mesure que les financements extérieurs se tarissent, de nombreux pays africains comptent désormais davantage sur leur propre capacité à lever des fonds par le biais de la fiscalité. Mais une grande partie des économies africaines est informelle, ce qui est largement considéré comme un obstacle à la collecte des recettes fiscales.

Mes travaux récents montrent également que les pays où le secteur informel est très développé ont tendance à percevoir moins de recettes fiscales et à être confrontés à d’autres difficultés connexes.

Les gouvernements qui ont du mal à payer les salaires et à fournir des services publics ont deux options principales :

  • augmenter les impôts du secteur formel en relevant les taux, en introduisant de nouvelles taxes ou en réduisant les incitations fiscales (mesure impopulaire auprès des entreprises qui paient déjà)

  • étendre la fiscalité au secteur informel, où travaillent la plupart des gens et opèrent la plupart des entreprises, bien que ces acteurs soient déjà partiellement grevés par des taxes assimilables à des impôts et d’autres paiements informels.

La réalisation de la seconde option se heurte à de nombreux obstacles.

Environ 85 % des personnes en âge de travailler en Afrique subsaharienne sont employées de manière informelle. Il est donc extrêmement difficile pour les autorités fiscales de suivre l’activité économique ou de faire respecter la conformité. L’informel complique la tâche des gouvernements pour développer les trois capacités nécessaires à une fiscalité efficace : l’identification, la détection et la collecte.

La technologie apporte une réponse à ces trois défis. Mais, comme le montrent mes recherches, elle ne constitue pas une solution complète. Des outils mal conçus peuvent amplifier les défis existants ou créer de nouvelles injustices, affaiblir la confiance et pousser les gens à revenir à l’argent liquide.

La technologie, un outil à double tranchant

La capacité d’identification est la capacité à savoir qui doit payer des impôts – qu’il s’agisse de particuliers, d’entreprises ou de propriétés – grâce à des registres et des bases de données fiables. La capacité de détection consiste à vérifier si les particuliers et les entreprises déclarent les montants corrects. Cela se fait souvent à l’aide d’informations provenant de tiers, telles que les reçus électroniques et les enregistrements de transactions monétaires mobiles. La capacité de collecte est la capacité à garantir que les impôts sont payés de manière fluide et sécurisée. La technologie peut renforcer ces trois capacités :

  • les systèmes d’identification numérique permettent de mettre les contribuables face à leurs obligations.

  • les données de transactions électroniques aident à découvrir les revenus sous-déclarés.

  • les systèmes de déclaration en ligne ou de retenue à la source automatisés facilitent les paiements pour les contribuables tout en réduisant les contacts directs, source d’inefficacité et de fraude.

Les technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique sont désormais utilisées pour évaluer le risque fiscal, signaler les déclarations suspectes, détecter les fraudes potentielles et hiérarchiser les cas d’audit de manière beaucoup plus précise et efficace que la sélection manuelle.

Il est nécessaire de mettre en place des équipements de base, des infrastructures numériques fiables avant de pouvoir réaliser des progrès significatifs dans ce domaine dans les pays à faible revenu. L’une des méthodes utilisées par les gouvernements pour taxer le secteur informel consiste à mettre en place des «régimes fiscaux simplifiés».

La technologie joue ici un rôle important. Par exemple, l’expérience du Rwanda montre à quel point la facturation numérique peut être puissante. Lorsque les grandes entreprises ont besoin de factures électroniques valides pour déclarer leurs dépenses. Elles imposent cette exigence aux petits fournisseurs auprès desquels elles s’approvisionnent. Cela améliore le respect des obligations fiscales.

Les machines de facturation électronique du Rwanda ont également montré que la conformité volontaire à la TVA est possible lorsque la technologie simplifie le processus, réduit la paperasserie et comble le déficit d’information.

Au Kenya, le gouvernement a mis en place l’eTIMS, un système numérique sans papier qui stocke les reçus sous forme électronique. Il fonctionne grâce à des registres fiscaux électroniques qui valident, signent, cryptent puis envoient les données de vente directement à l’administration fiscale kenyane.

Fiscalité des services financiers numériques

Les services financiers numériques font désormais partie de la vie quotidienne sur tout le continent, en particulier l’argent mobile et les portefeuilles numériques. Ces dernières années, les gouvernements ont également commencé à utiliser ces services comme base d’imposition.

L’idée est que même si les commerçants informels ne paient pas d’impôts officiels, beaucoup d’entre eux effectuent néanmoins des paiements électroniques via des systèmes tels que l’argent mobile ou les portefeuilles électroniques.

Au Ghana, le gouvernement a introduit une taxe électronique de 1,75 % sur les transactions électroniques, avec une exemption de 100 cédis (10 dollars américains). Après une levée de boucliers et un retour massif à l’argent liquide, le taux a d’abord été réduit, puis complètement supprimé en 2025. Il était perçu comme contre-productif pour les efforts de formalisation et d’inclusion financière.

L’art du possible

La fiscalité dans les pays à faible revenu relève souvent de « l’art du possible ». Les données montrent que les taxes sur l’argent mobile peuvent réduire considérablement l’utilisation des services financiers numériques, jusqu’à 39 % dans certains contextes. La charge est particulièrement lourde lorsque la pénétration bancaire est faible. Les utilisateurs ruraux et non bancarisés n’ont pas vraiment d’alternative à l’argent mobile. Ils doivent soit payer la taxe, soit recourir à des options inefficaces et souvent plus coûteuses.

Les gouvernements doivent trouver un équilibre entre des priorités concurrentes. Ils souhaitent promouvoir la numérisation et soutenir les marchés des services financiers numériques, tout en élargissant l’inclusion financière en maintenant des services financiers formels abordables et accessibles. Dans le même temps, ils doivent générer des revenus durables.

La technologie doit faire partie de la solution, mais elle nécessite des bases solides.

Au-delà de la technologie qui aide à numériser les documents administratifs ou permet un dépôt instantané, il existe une question plus fondamentale. À mesure que la richesse passe au numérique (applications, plateformes, portefeuilles électroniques, blockchain et même cryptomonnaies), les systèmes fiscaux doivent évoluer en conséquence. Les pays ne peuvent pas suivre le rythme s’ils n’investissent pas dans les compétences fiscales du XXIe siècle et dans l’infrastructure numérique nécessaire pour dépasser les systèmes fiscaux analogiques.

Dans les pays où l’économie informelle est très développée, la technologie peut soutenir la modernisation fiscale, mais elle se heurte également à des limites importantes. Celles-ci sont liées à la faiblesse des infrastructures, au comportement humain et aux contraintes institutionnelles ou juridiques.

Les outils numériques ne peuvent tout simplement pas fonctionner là où l’accès à l’électricité ou à Internet n’est pas fiable.

Le facteur humain est également important : même lorsque les systèmes fonctionnent, de nombreux contribuables n’ont pas les compétences, la conscience ou la capacité financière nécessaires pour les utiliser. Et les agents fiscaux peuvent résister ou faire un mauvais usage des nouveaux outils si les incitations ne sont pas adaptées. Le cadre juridique est également important, car les audits numériques peuvent être effectués rapidement, mais le processus peut être ralenti si les tribunaux sont inefficaces.

Ce qu’il faut faire

Le défi fondamental en matière de fiscalité reste le même : aucun système fiscal ne peut maximiser à la fois les recettes, l’équité et la simplicité. Une bonne politique consiste à trouver le juste équilibre, plutôt que de faire des compromis qui font peser le plus lourd fardeau sur les plus pauvres. Et les gens sont plus disposés à payer lorsqu’ils voient que l’État fournit des services essentiels en retour.

En fin de compte, la fiscalité est une question politique. Elle implique des décisions sur qui paie et comment. Ces décisions reflètent autant les priorités d’un pays que ses capacités techniques.

À mesure que les revenus et l’activité commerciale se déplacent vers les plateformes numériques, les gouvernements ont besoin de systèmes modernes capables de suivre le rythme, de comprendre comment les entreprises informelles se tournent vers le numérique, en tout ou en partie, et d’appliquer efficacement les règles fiscales.

The Conversation

Abel Gwaindepi does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

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Flore endémique des Pyrénées : vers un risque de déclin massif d’ici la fin du siècle

Source: The Conversation – in French – By Noèmie Collette, Doctorante en écologie, Université de Perpignan Via Domitia

La dauphinelle des montagnes (_Delphinium montanum_) est une fleur de montagne emblématique des Pyrénées, menacée par le changement climatique. Olive Titus / Flickr, CC BY

L’évolution des conditions climatiques menace, à l’horizon 2100, près de la moitié des espèces florales endémiques uniques des Pyrénées. Il est urgent de renforcer les suivis pour mener des stratégies de conservation plus efficaces. À cet égard, les modèles de distribution d’espèces constituent un outil précieux.


Situées à l’interface de l’influence climatique atlantique et méditerranéenne, les Pyrénées se distinguent par leur richesse exceptionnelle en espèces végétales. Ce massif montagneux accueille notamment plusieurs dizaines d’espèces endémiques, strictement limitées à ce territoire.

Leurs aires de répartition restreintes, parfois limitées à quelques sommets, les rendent particulièrement vulnérables au changement climatique. Nos travaux récemment publiés montrent que près de la moitié des espèces endémiques pyrénéennes considérées pourraient voir leurs conditions climatiques, aujourd’hui favorables, disparaître du massif d’ici à 2100.

Le persil d’isard (Xatartia scabra), une plante strictement endémique des éboulis d’altitude des Pyrénées. Comme beaucoup d’espèces montagnardes à aire très réduite, elle pourrait voir disparaître d’ici à 2100 les conditions climatiques qui permettent sa survie.
Joris Bertrand, Fourni par l’auteur

Cette perte se traduirait par une réduction majeure des zones où ces espèces sont le plus à même de se maintenir ou de s’établir. Ceci fragiliserait durablement les populations et accroîtrait fortement leur risque d’extinction locale.

Flore endémiques des Pyrénées : un patrimoine en danger

L’analyse couvre quatre périodes du climat actuel à l’horizon 2100 et repose sur quatre scénarios climatiques illustrant différentes trajectoires de réchauffement. Celles-ci vont d’une hausse modérée (environ + 2,16 °C) à un réchauffement nettement plus marqué (jusqu’à + 6,14 °C) à l’échelle des Pyrénées.

Les résultats dressent un constat alarmant. D’ici à la fin du siècle, 69 % des espèces endémiques étudiées pourraient perdre plus des trois quarts de la superficie des zones qui leur sont climatiquement favorables. Suivant les scénarios les plus pessimistes, plus d’une espèce sur deux verrait même l’intégralité de sa niche bioclimatique disparaître. Autrement dit, perdrait toutes les conditions climatiques nécessaires à sa survie.

Certaines plantes emblématiques du massif, telles que la Dauphinelle des montagnes (Delphinium montanum), l’endressie des Pyrénées (Endressia pyrenaica), ou encore l’esparcette des Pyrénées (Onobrychis pyrenaica), apparaissent particulièrement vulnérables. Les modèles indiquent que les conditions climatiques qui leur sont favorables pourraient déjà avoir disparu à l’échelle du massif, suggérant soit une survie temporaire dans des microrefuges, soit un décalage entre déclin climatique et extinction biologique. Ce phénomène est connu sous le nom de « dette d’extinction ».

Réduction des zones favorables aux plantes endémiques des Pyrénées d’ici à 2100.
Noèmie Collette, Fourni par l’auteur

Malgré une dynamique globalement défavorable, deux espèces (Linaria bubanii) et Pinguicula longifolia) pourraient toutefois voir leurs habitats favorables s’étendre dans le futur. Même si ces espèces pourraient théoriquement coloniser de nouveaux milieux, ces cas resteraient marginaux et ne compenseraient pas la tendance globale attendue.




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Les sommets pour ultimes refuges

Les montagnes figurent parmi les écosystèmes les plus exposés aux bouleversements climatiques. Les températures y augmentent plus rapidement qu’en plaine, contraignant de nombreuses espèces à coloniser des altitudes toujours plus élevées pour suivre les conditions qui leur sont favorables.

Dans l’étude présentée sur les plantes endémiques pyrénéennes face au changement climatique, au-delà du déclin attendu des zones favorables, nos résultats montrent que les conditions climatiques adaptées à ces plantes pourraient se déplacer progressivement. La plupart des zones actuellement favorables ne le resteraient pas, et cela non pas parce que le climat deviendrait défavorable partout à la fois, mais parce que les conditions favorables à ces espèces pourraient se déplacer.

En moyenne, les zones climatiquement favorables aux espèces devraient s’élever d’environ 180 m en altitude et de 3 km vers le Nord d’ici à 2100. Cela ne signifie pas que les espèces suivront automatiquement ce mouvement : de multiples contraintes biologiques, écologiques ou physiques limiteront leur capacité de dispersion.

Ainsi, la plupart des lieux où ces plantes survivent aujourd’hui ne leur conviendront plus demain, augmentant le risque de déclin. Dans les scénarios les plus pessimistes, les aires propices à un maximum d’espèces se concentreraient au-delà de 2 000 m, et deviendraient très morcelées du fait de la topographie du massif, formant de petits « refuges » isolés. Cette fragmentation accentuerait les risques d’isolement génétique et d’extinction locale.

Paysage de haute montagne pyrénéenne dominé par des éboulis et des pelouses alpines sur des versants raides, caractéristique des milieux privilégiés par les espèces endémiques.
Joris Bertrand, Fourni par l’auteur

Ces résultats invitent à repenser les stratégies de conservation. Les sommets et crêtes, où subsisteront les dernières conditions favorables, doivent devenir des refuges prioritaires. Les espèces les plus menacées nécessitent un suivi renforcé et la protection de leurs micro-habitats, voire, dans certains cas, des mesures exceptionnelles, telles que la conservation ex situ ou la migration assistée.

Plus largement, cette étude souligne que la conservation doit intégrer les climats futurs, et pas seulement les distributions actuelles des espèces, sans quoi les efforts de conservation risquent d’être déployés là où les espèces ne pourront de toute façon plus se maintenir.




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Des modèles précieux pour suivre la distribution des espèces

Dans le cas des endémiques Pyrénéennes, l’étude repose sur un outil central de l’écologie contemporaine : les modèles de distribution d’espèces (Species Distribution Models, SDM). Ces approches se sont imposées au début des années 2000, avec des travaux méthodologiques fondateurs et les premières applications à grande échelle, montrant la forte vulnérabilité de la flore européenne face au réchauffement.

Dans leur forme la plus complète, les SDM peuvent intégrer de multiples dimensions de l’écologie : conditions bioclimatiques, capacités de dispersion, traits fonctionnels, interactions biotiques, ou encore des informations génétiques permettant de quantifier l’adaptation locale. Ils permettent ainsi de caractériser non seulement où une espèce vit, mais aussi pourquoi elle s’y maintient et comment elle pourrait répondre aux changements environnementaux. Toutefois, toutes ces informations ne sont pas disponibles pour l’ensemble des espèces, ce qui limite leur intégration lorsqu’on en étudie un grand nombre simultanément.

Résumé graphique des résultats principaux de l’étude sur l’impact du changement climatique sur la flore endémique des Pyrénées.
Fourni par l’auteur

Dans ce contexte, l’approche la plus appropriée consiste à caractériser la niche bioclimatique d’une espèce, entendue comme l’ensemble des conditions climatiques, notamment de températures et de précipitations, compatibles avec son maintien. Cette approche repose sur le croisement de données de présence, provenant de relevés de terrain, d’herbiers ou de bases de données en ligne, avec des variables décrivant les conditions environnementales des sites occupés.

Éclairer les trajectoires possibles

Les modèles permettent ainsi de définir les combinaisons climatiques associées à la présence (ou l’absence) de l’espèce, et donc les environnements où elle est susceptible de se maintenir. Une fois ce portrait établi, il devient possible d’étudier comment ces conditions favorables évolueraient sous différents climats futurs afin d’estimer où l’espèce pourrait subsister, migrer ou disparaître.

Afin de renforcer la robustesse des résultats, l’étude présentée mobilise cinq grandes familles de modèles couramment utilisés en biologie de la conservation, chacun doté d’avantages et d’inconvénients : certains captent mieux les relations non linéaires, d’autres sont plus adaptés aux espèces présentant peu d’occurrences dans une zone d’étude donnée. Les combiner dans une approche dite « d’ensemble », permet de réduire l’influence des incertitudes propres à chaque méthode et d’obtenir des prédictions plus robustes. Pour chaque espèce, plusieurs dizaines de modèles ont ainsi été calibrés, puis agrégés afin d’obtenir une prédiction consensus, plus robuste face aux incertitudes méthodologiques.

Face à l’accélération du changement climatique, le suivi scientifique et la protection des derniers sites favorables ne suffiront pas toujours à prévenir les déclins, mais ils demeurent essentiels pour préserver au mieux la richesse et la singularité de la flore pyrénéenne tout en accompagnant au mieux les transformations à venir. Les modèles de distribution des espèces n’ont pas vocation à prédire précisément l’avenir, mais à éclairer les trajectoires possibles.

Ici, leur message est clair et cohérent : si le réchauffement se poursuit au rythme actuel, une part importante du patrimoine végétal unique des Pyrénées pourrait disparaître d’ici la fin du siècle. Préparer la transition plutôt que la subir, renforcer la coordination entre la France, l’Espagne et Andorre, et protéger les derniers refuges de biodiversité montagnarde apparaissent désormais comme des leviers indispensables pour protéger ce patrimoine irremplaçable.

The Conversation

a bénéficié pour cette étude des financements de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée (Émergence 2024), l’État-Commissariat de massif des Pyrénées (FNADT 2023) et du programme Interreg-POCTEFA dans le cadre du projet Floralab+ (EFA024/01).

Joris Bertrand a bénéficié pour cette étude du programme européen Interreg-POCTEFA dans le cadre du projet Floralab+ (EFA024/01). Il a par ailleurs été financé et est actuellement financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).

Sébastien Pinel a reçu des financements pour cette étude du financement d’un programme européen Interreg-POCTEFA dans le cadre du projet Floralab+ (EFA024/01).

Valérie Delorme-Hinoux a bénéficié pour cette étude du financement d’un programme européen Interreg-POCTEFA dans le cadre du projet Floralab+ (EFA024/01).

ref. Flore endémique des Pyrénées : vers un risque de déclin massif d’ici la fin du siècle – https://theconversation.com/flore-endemique-des-pyrenees-vers-un-risque-de-declin-massif-dici-la-fin-du-siecle-275731

Prairies sous Plexiglas, images satellite, équations… comment les scientifiques prédisent les effets du changement climatique sur les écosystèmes

Source: The Conversation – in French – By Coline Deveautour, Enseignante-Chercheuse en Ecologie microbienne des sols, UniLaSalle

Plateforme EucFACE, près de Sydney, Australie. Vinod Kumar, Craig McNamarra, Craig Barton., Fourni par l’auteur

Expérimentation à ciel ouvert avec des prairies recouvertes de Plexiglas ou bien avec des anneaux en carbone de 25 mètres, reproduction d’écosystèmes miniatures en laboratoire, utilisations de données historiques, suivis depuis l’espace, équations… Pour comprendre comment le changement climatique va impacter les écosystèmes, les méthodes sont nombreuses et souvent complémentaires.


« Gérer l’inévitable pour éviter l’ingérable. » À l’heure où les effets du changement climatique ne vont partout qu’en s’accroissant, telle est la formulation courante des climatologues pour exprimer très concrètement l’objectif stratégique des politiques climatiques.

Face aux prédictions préoccupantes, les écologues observent, cherchent à comprendre ce phénomène pour mieux prédire ses conséquences sur nos écosystèmes.

Il existe différentes approches pour tester comment le changement climatique influe sur les organismes, leurs interactions entre individus, entre espèces et avec leur environnement. Cela combine des observations, des expérimentations et de la modélisation. Voici un tour d’horizon de ces différentes approches mises en place en France et dans le monde.

Des plateformes expérimentales grandeur nature

Une première approche consiste à modifier un écosystème via des équipements et à étudier les changements qui en découlent. Que ce soit pour évaluer la sécheresse, les hausses de température ou l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère, le principe reste le même. Cela permet de contrôler une ou plusieurs variables environnementales (la pluviométrie, la température et autres) comme si nous étions sous les conditions futures, pour simuler les scénarios climatiques à venir.

C’est le cas de la plateforme de Puéchabon, dans le sud de la France, ou de la plateforme DRI-GRASS, près de Sydney (Australie). Toutes deux cherchent à comprendre comment un changement dans les régimes de pluie impacte l’écosystème et son fonctionnement, mais dans deux écosystèmes bien distincts.

À Puéchabon (Hérault), un système de gouttières dans une forêt de chênes verts exclut partiellement l’eau de pluie pour simuler la sécheresse. Cette expérimentation a débuté en 2003, avec quatre parcelles de 140 mètres carrés dans la forêt de chênes verts. Ainsi, on évalue l’effet de la sécheresse sur des parcelles entières de forêt. Quels effets sur la forêt, sur les arbres, sur le sol ? Quels effets sur le stockage de carbone ?

À Sydney, la plateforme DRI-Grass utilise un système similaire dans un autre type d’écosystème : une prairie. À la place de gouttières, ce sont des toits en Plexiglas qui couvrent différentes parties de la prairie. Cette expérience, plus récente, a débuté en 2013 et couvre un peu plus de 120 m2.

Plateforme expérimentale DRI-GRASS, près de Sydney (Australie).
Coline Deveautour, Fourni par l’auteur

Élément en plus, un système d’irrigation simule plusieurs scénarios possibles : une augmentation, diminution ou changement dans la distribution des eaux de pluie. Cette dernière permet d’étudier les scénarios d’événements extrêmes : des pluies plus rares mais plus fortes. Les chercheurs peuvent donc modifier les régimes hydriques pour se caler sur les scénarios de prédiction des climats futurs. L’un d’entre nous a ainsi travaillé sur cette plateforme pendant trois ans pour mieux comprendre la réponse des champignons et leur interaction avec les plantes face au changement climatique.

Toujours en Australie, mais beaucoup plus impressionnante par sa taille et le dispositif mis en place, la plateforme EucFACE teste l’effet de l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère. Ici, ce sont des anneaux en fibre de carbone qui entourent des parcelles circulaires de forêt d’eucalyptus de 25 mètres de diamètre et hauts de 28 mètres !

Plateforme expérimentale EucFACE, près de Sydney (Australie).
photos prises par l’équipe gestionnaire du site EucFACE — Vinod Kumar, Craig McNamarra, Craig Barton., Fourni par l’auteur

Durant la journée, ces anneaux injectent du CO2 sur la forêt pour simuler une augmentation de CO2 à 550 ppm, la concentration attendue dans l’atmosphère pour l’année 2050. De nombreux chercheurs travaillent sur cette plateforme pour comprendre comment l’augmentation du CO2 risque de perturber le fonctionnement des forêts natives d’Australie.

Pour une simulation plus réaliste des changements à venir, certaines plates-formes allient plusieurs facteurs. La plateforme autrichienne ClimGrass par exemple, teste non seulement l’augmentation du CO2 mais aussi la température et la sécheresse. Cette plateforme de maintenant dix ans s’intéresse aux impacts du changement sur une prairie.

Quels que soient la plateforme et le scénario testé, des chercheurs de plusieurs disciplines travaillent et prennent des mesures pour étudier les effets du changement climatique sur les organismes (plantes, organismes du sol, herbivores et autres), la diversité des espèces et sur le fonctionnement de l’écosystème (sa capacité à fixer le carbone, par exemple).

Une des difficultés liées avec cette approche expérimentale est la multitude de facteurs qui ne sont pas contrôlés dans une expérimentation à ciel ouvert. Les résultats peuvent varier d’une année sur l’autre en fonction des aléas bien réels du terrain (une année exceptionnellement pluvieuse, par exemple). De plus, ces études sont en général plus coûteuses et demandent plus d’entretien.

Créer et contrôler un mini-écosystème : les microcosmes

Pour des conditions plus contrôlées, d’autres projets consistent à mettre en place des écosystèmes à échelle réduite en laboratoire. Par exemple, un microcosme terrestre peut contenir soit des assemblages artificiels d’organismes (une sélection de plantes en pots) soit des portions d’écosystème venant de l’environnement (des sols et plants extraits d’une prairie ou autre).

Plants de tomates dans une enceinte phytotronique (température, photopériode et hygrométrie contrôlées) de l’équipe de recherche AGHYLE, UniLaSalle.
Adrien Gauthier, Fourni par l’auteur

Ces mini-écosystèmes sont ensuite placés dans des chambres climatiques. Ces chambres varient en taille, mais peuvent être aussi réduites à deux mètres cubes. Elles confinent des communautés d’organismes et les exposent à des variables environnementales (température, humidité, CO2…) simulant des scénarios du changement climatique en conditions entièrement contrôlées.

Ce genre d’expérimentation a l’avantage d’avoir un environnement qui facilite l’interprétation et le suivi. Par exemple, simuler une hausse de température tandis que les autres paramètres (humidité, CO2…) sont constants et eux aussi contrôlés avec précision. Cela permet d’isoler et d’interpréter l’effet de la température, et uniquement de la température, sur le microcosme. Ainsi, les microcosmes ne sont qu’une portion de l’écosystème, et s’éloignent de conditions plus fluctuantes et réalistes.

Exploiter les gradients naturels

Plutôt que modifier l’écosystème ou d’en isoler une partie, certains chercheurs utilisent des gradients naturels, soit les variations naturelles que l’on constate dans la nature. Sur les écosystèmes terrestres, on retrouve des gradients de température avec l’altitude en montagne, par exemple. Plus on monte en altitude, plus les températures chutent. Un gradient de température existe aussi en fonction de la latitude. En général, plus on se rapproche des pôles, plus les températures sont froides. Et, plus récemment utilisés, il existe aussi les gradients de température entre les zones rurales et urbaines avec leurs îlots de chaleur.

Ainsi, l’impact de la température peut être évalué en suivant un transect (ligne virtuelle) le long du gradient, mais pas seulement.

Il existe des expériences de « translocation », où les chercheurs déplacent soit des espèces soit des communautés entières de zones élevées en montagne vers des zones plus basses pour simuler un réchauffement. Par exemple, des chercheurs ont déplacé des placettes de prairie de 0,7 mètre sur 0,7 mètre à trois différentes élévations dans les Alpes : 950, 1 450 et 1 950 mètres au-dessus du niveau de la mer. À la suite de ces transplantations, un suivi régulier peut être effectué pour étudier les plantes, leurs abondances et les espèces associées.

Un autre type d’expérimentation consiste à déplacer un organisme vers des zones plus élevées, et donc actuellement plus froides. Ces zones, pour le moment inaccessibles aux organismes de basses altitudes (avec des températures plus clémentes), deviendront propices à leur développement avec le réchauffement global. L’intérêt de ces études est de mesurer l’impact de ces futures migrations sur les écosystèmes où ces espèces sont pour le moment absentes.

Bien qu’informatives, ces expériences ont, elles aussi, leurs biais. Le gradient de température est un facteur déterminant, cependant il existe toute une myriade d’autres facteurs environnementaux qui varient le long de ces gradients. Ces facteurs ne peuvent pas être contrôlés, mais on peut tout de même les prendre en compte pour interpréter les observations des chercheurs.

Des suivis et des mesures de longue haleine

Certains écosystèmes sont étudiés depuis très longtemps. C’est le cas de la forêt expérimentale Hubbard Brook, au New Hampshire, dans le nord-est des États-Unis. Des mesures environnementales et les suivis d’espèces associées sont collectés depuis 1955 (soit soixante-et-onze ans cette année !). En France, le Centre d’études biologiques de Chizé effectue des recherches sur l’évolution des populations animales sauvages depuis 1968.

On peut ainsi corréler les données météorologiques avec l’activité, l’abondance et la diversité d’espèces. Les données permettent non seulement d’observer directement le changement du climat lors des décennies passées mais aussi comment la variabilité des événements climatiques influence le fonctionnement de l’écosystème.

Une autre manière d’obtenir des mesures sur le long terme et de réaliser des suivis à grande échelle se fait grâce aux sciences citoyennes. Que ce soit dans un jardin, en ville ou en randonnée, les données d’observation d’espèces permettent non seulement d’enregistrer la présence de l’espèce mais aussi leur phénologie, c’est-à-dire comment le climat influence la saisonnalité des espèces.

Ces fluctuations sont aussi mises en évidence grâce à des registres historiques. C’est le cas de la date de floraison des cerisiers de Kyoto, dont les registres remontent à 853. Ou encore plus proche de nous, les registres des dates des vendanges qui prouvent qu’elles ont avancées en moyenne de deux à trois semaines.

Parmi les données citées par le rapport du Giec, on retrouve la date de floraison des cerisiers au Japon. L’agence japonaise de météorologie constate que la floraison avance en moyenne de 1,2 jour tous les dix ans.
Ryosuke Yagi/flicker, CC BY

Ce genre de projet permet de répondre à plusieurs questions, par exemple : Est-ce que le printemps démarre de plus en plus tôt ? Est-ce que la distribution géographique de l’espèce change ? Lesquelles sont les plus impactées ?

Des suivis depuis l’espace

Des mesures en continu, tous les jours, et qui recouvre toute la surface terrestre depuis l’espace pour mieux comprendre le fonctionnement terrestre et améliorer les modèles de prédiction. Parmi les nombreuses applications de cet outil, ça permet notamment de cartographier la végétation, son état de santé et sa capacité à fixer le CO2.

La modélisation

La modélisation est une activité incontournable en sciences, permettant de représenter de manière simplifiée un système, en l’occurrence ici, un écosystème. Ces modèles peuvent prendre des formes très différentes, de la simple équation mathématique jusqu’au modèle complexe reposant sur un grand nombre de paramètres (climatiques, pédologiques, biologiques et autres).

Un exemple très parlant de l’utilisation de la modélisation est la projection des feux de forêts. Cela permet de prédire comment le changement climatique influe sur l’intensité, la durée des saisons des feux, leurs étendues. Ces modélisations sont d’autant plus importantes car elles permettent aussi d’identifier des forêts jusque-là épargnées, mais qui avec le changement climatique, seront touchées.

Une fois que les risques d’incendie sont estimés, il est possible d’allier ces prédictions avec les observations de terrain : quelles espèces sont présentes ? Sont-elles adaptées aux feux ? Des simulations permettent aussi d’examiner l’implantation et l’extinction de différentes espèces en relation avec les feux et l’environnement.

De manière générale, les modèles sont adaptables à différents écosystèmes (forêts, prairies, lac, océans…), espèces modèles, climats (tempérés, tropicaux…). Avec l’avancée de nos technologies, ces modèles deviennent toujours plus performants. Bien que complexes, ces méthodes sont des outils puissants pour explorer les conséquences du changement climatique et laissent la porte ouverte à tout un champ des possibles.

Quelle que soit l’approche utilisée par les chercheurs, tous ces outils et méthodes sont complémentaires. Chacun apporte une pierre à l’édifice dans la construction d’une connaissance scientifique opérationnelle pour l’atténuation des causes du changement climatique et l’adaptation face à ses effets déjà observables.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Prairies sous Plexiglas, images satellite, équations… comment les scientifiques prédisent les effets du changement climatique sur les écosystèmes – https://theconversation.com/prairies-sous-plexiglas-images-satellite-equations-comment-les-scientifiques-predisent-les-effets-du-changement-climatique-sur-les-ecosystemes-274994

South Africa is sending in the army to fight crime (again). Does it ever work?

Source: The Conversation – Africa (2) – By Guy Lamb, Criminologist / Senior Lecturer, Stellenbosch University

Soldiers from the South African National Defence Force are going to be deployed alongside members of the South African Police Service to combat gangs and armed groups associated with illegal mining.

The announcement by South African president Cyril Ramaphosa in his State of the Nation address in mid-February 2026 received the support of opposition political parties, including the Democratic Alliance and the Economic Freedom Fighters.

More broadly, the decision was both praised and condemned by commentators.

I have studied militarised forms of policing for many years. The findings of my research suggest that there are both positive and negative aspects to these kinds of interventions.

There are clear drawbacks to the domestic deployment of the military in a policing role. But, under certain conditions, there have been crime reduction effects.

The history

The military have been deployed to assist the police in crime fighting (including
combating gang violence) in South Africa on regular occasions since the late 1990s. It was commonplace during the 1980s in apartheid South Africa.

Examples include Operation Recoil (1997), Operation Slasher (2001),
Operation Combat (2012), Operation Thunder (2018) and Operation Lockdown (2019).

The defence force was also deployed alongside the police in 2020 to enforce
“hard” COVID-19 lockdown restrictions.

This situation is not unique to South Africa. Numerous countries, such as Brazil, Colombia, El Salvador, Kenya, Mexico and the US, have used their militaries for policing.

Decisions by governments to use soldiers to perform policing functions are
primarily due to pragmatic and political considerations.

Police are at times not sufficiently capable of responding to specific criminal dangers due to their hyper violent nature (such as gang conflicts) or due to constraints such as a lack of resources, inadequate training and corruption.

The military sometimes takes on policing roles when a government wants to demonstrate that it is capable of containing criminal threats.

There are other reasons too for the use of soldiers in civilian settings. Soldiers have been deployed in contexts of intense rivalries between political parties. For example, policing scholars have emphasised that the US federal government’s deployment of the National Guard to Democrat-led cities (such as Los Angeles and Chicago) in 2025 and 2026 was an effort by the Trump administration to undermine the credibility of the political leadership in these cities.

My research has established that both pragmatic and political reasons have been behind the defence force’s involvement in police work in South Africa over the past 30 years. That is, in many high crime areas the authorities have had to contend with well-armed criminal groups and highly dangerous environments where there are low levels of community trust in the police.

In September 2025, the acting police minister, Firoz Cachalia, admitted that there was no practical plan to respond to gang violence in the Western Cape. Moreover, during times of elevated crime levels, government tends to frame its policing as a “war” and criminals as “enemies” on which the police and defence force must “stamp their authority”.

To date there has been no comprehensive multi-country research on the impact of
military involvement in combating crime. Existing studies are based on single case analyses (such as Colombia). These studies indicate that the crime reduction effect of using the military for policing is limited.

A study on US troop deployment in Africa, Latin America and the Middle East indicates that it was associated with an increase in property crime.

Furthermore, there’s evidence that the use of the military in the “war on drugs” has led to human rights abuses. In the case of the Philippines for example, it also led to extrajudicial killings.

My research on high density policing operations in South Africa has demonstrated that deploying the military can result in the reduction of violent crime (especially murder) in targeted areas. But this is dependent on the arrest of large numbers of “wanted” criminals. And the seizure of large quantities of illegal firearms.

The domestic deployment of the defence force also increases the risk of human rights abuses. Soldiers are trained to use lethal force and are not schooled in the subtleties of police work.

This was evident during the defence force’s enforcement of the COVID-19 lockdown, when numerous allegations of abuse were reported. There was also video footage on social media of soldiers forcing people to perform demeaning physical exercises as punishment for not adhering to lockdown regulations.

My research has shown that the crime reduction effect of military deployment is temporary. Violent crime levels tend to increase in high crime areas within a year of the intervention being concluded. This has been confirmed in a study done in 2023. The reason is that police operations involving the military typically do not address the underlying societal causes of violent crime and the external sources of illegal firearms.

It’s therefore encouraging that the president committed the government to carrying out the Integrated Crime and Violence Prevention Strategy and pursuing tighter firearm controls.

The Conversation

Guy Lamb is a Commissioner with the National Planning Commission.

ref. South Africa is sending in the army to fight crime (again). Does it ever work? – https://theconversation.com/south-africa-is-sending-in-the-army-to-fight-crime-again-does-it-ever-work-276285

Critical mineral supply faces risks if local communities aren’t consulted enough: the case of lithium in Ghana

Source: The Conversation – Africa – By Clement Sefa-Nyarko, Lecturer in Security, Development and Leadership in Africa, King’s College London

Clean technologies depend on critical minerals such as lithium and cobalt. Over 65% of the world’s cobalt is mined in the Democratic Republic of Congo. Nearly 40% of the world’s manganese is mined in South Africa. Substantial deposits of lithium are found in Zimbabwe. Ghana is emerging as a miner of that mineral of lithium too.

What’s less well understood is how the supply chains of these minerals are assessed and managed. The dominant view is that only three players matter: the mineral-mining industry, the host state where the minerals are found, and the wider geopolitical equation.

But there’s a fourth piece of the puzzle: the role of communities.

I am an academic researching justice and equity in critical minerals governance and energy transitions. In a recent paper, I examined the role of communities and the presence or absence of a social licence to operate. In other words, community “approval” that allows a project to proceed.

I focused on Ghana’s emerging lithium sector. Communities here are already feeling livelihood and social pressures following the commercial discovery. My research shows that weak and opaque governance around critical-mineral projects create early friction between communities, companies and the state. I found that delays in legal and regulatory processes, exclusion from decision making, and inadequate compensation routinely disrupt livelihoods in lithium rich communities.

These governance failures heighten local tensions. When communities feel sidelined or harmed, the risk of social conflict rises sharply. It can result in project delays, shutdowns and higher costs for both states and companies. These pressures are not incidental. They directly affect the stability of global supply chains.

I argue that effective risk governance must move beyond geopolitics. It must embed the fundamentals of social legitimacy. These include:

  • free, prior and informed consent

  • fair and transparent benefit-sharing

  • sustained, meaningful engagement with affected communities.

Without these basics, no amount of technological innovation or diplomatic negotiation can secure the minerals needed for the energy transition.

As global competition intensifies over access to strategic minerals, the governance of mining sites in the global south becomes important for supply chain assurance.

Why local participation matters

My argument is that local participation is one of the strongest predictors of whether mining projects gain or lose legitimacy, and therefore whether supply chains remain stable or face disruption.

When communities are involved early and meaningfully in decisions about land access, water use, environmental safeguards and compensation, they are more likely to see mining not as an imposed threat but as a negotiated partnership. This reduces uncertainty, builds trust and lowers the likelihood of conflict. Those conditions are essential for predictable mineral flows.

Research in sustainable mining consistently shows that communities are not passive recipients of mining impacts. They are active agents whose consent, cooperation or resistance can determine the lifespan of entire supply chains. Participation creates the space for communities to articulate their needs. It shapes benefit‑sharing mechanisms and ensures that mining does not undermine local livelihoods. When people have no voice in decisions that affect their land, water or social well-being, grievances accumulate and protests, legal challenges or operational blockages become far more likely.

Findings from my research further demonstrate that participation is a practical risk-management tool. It is not a symbolic gesture. In mining communities, weak engagement and unclear communication about land restrictions and compensation create perceptions of dispossession. They intensify tensions that threaten project timelines. Conversely, when engagement is consistent and meaningful, concerns are addressed early. This reduces the likelihood of costly shutdowns and strengthens the long‑term security of mineral supply chains.

Participation anchors mining projects in social legitimacy. It shifts extraction from something done to communities towards something negotiated with them. It turns potential flashpoints into points of cooperation. In a world where a single protest can disrupt global supply chains, community participation is no longer optional. It is a fundamental safeguard for the energy transition.

Way forward

Reducing the risk of supply-chain disruptions is not easy, but there is a clear path to it.

First, future global meetings like the COP climate summits and UN processes should explicitly include critical minerals, sustainable mining and community protections as formal agenda items. This will close the long-standing governance gap that leaves mineral supply chains exposed.

Second, international bodies should develop shared indicators for meaningful participation, benefit-sharing and community legitimacy. Social licence must be treated as a material risk factor that can halt mines and disrupt global markets.

Instead of resisting regulation, mineral-producing countries should help shape global environmental, social and governance expectations. They should reflect local priorities, environmental conditions and value-addition goals, while ensuring stable, responsible mineral flows.

Governments and companies should establish shared governance arrangements covering water use, land access, benefit-sharing and grievance processes. This will build trust early and prevent local conflict.

Also, mineral-rich countries should align on minimum social and environmental standards, free, prior and informed consent requirements, and value-addition policies. These will ensure diversification does not encourage weak oversight or exploitation.

The Conversation

Clement Sefa-Nyarko receives funding from UK Research and Innovation (UKRI) through a Future Leaders Fellowship for a project on justice in critical minerals governance and energy transitions. He also occasionally consults for Participatory Development Associates on international development in Africa, but this work is not related to mining.

ref. Critical mineral supply faces risks if local communities aren’t consulted enough: the case of lithium in Ghana – https://theconversation.com/critical-mineral-supply-faces-risks-if-local-communities-arent-consulted-enough-the-case-of-lithium-in-ghana-275723

Trump, aliado incómodo: lecciones de Múnich 2026 para España y Europa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Armando Alvares Garcia Júnior, Profesor de Derecho Internacional y de Relaciones Internacionales, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

La Conferencia de Seguridad de Múnich 2026, un foro clave donde líderes mundiales analizan amenazas globales como conflictos armados y rivalidades entre potencias, destaca la evolución tensa de la relación entre Estados Unidos y Europa bajo Donald Trump, actual presidente de EE. UU. Este evento anual, celebrado los días 13, 14 y 15 de febrero en Alemania, reúne a ministros, presidentes y expertos para debatir cómo mantener la paz en un mundo inestable.

El informe oficial advierte que EE. UU., artífice del orden internacional posterior a 1945, ahora impulsa su “demolición” mediante políticas impredecibles que generan desconfianza entre aliados. Para la Unión Europea y para España, esto se traduce en más gasto en defensa, más autonomía forzada y menos margen para seguir mirando hacia otro lado.

Trump no asistió, pero su sombra dominó los debates. La amenaza de hacerse por la fuerza con Groenlandia, territorio de la OTAN, se ha convertido en un punto de inflexión psicológico: evidencia que Washington puede actuar también como depredador con sus aliados. De ahí el lema sombrío de esta edición, Under Destruction, y el clima de duelo que describen los organizadores: Europa habría pasado de la negación a la ira y la depresión hasta aceptar que la relación transatlántica no volverá a ser lo que era.

La versión amable del trumpismo

En este contexto, el discurso de Marco Rubio, secretario de Estado de EE. UU., presentó la cara más conciliadora del enfoque trumpista. Rubio elogió a Occidente como “la mayor civilización de la historia”, insistió en que EE. UU. no busca romper con Europa y llamó a “revitalizar una vieja amistad”, ganándose aplausos en el hotel Bayerischer Hof.

No obstante, el trasfondo revela condiciones claras: la alianza perdura si se alinea con prioridades estadounidenses, desde sanciones en Venezuela hasta posiciones en Gaza, pasando por amenazas como la inmigración o el “culto climático”, y un rechazo al multilateralismo tradicional de la ONU o similares. Rubio pulió argumentos agresivos de otros como J. D. Vance, pero defendió una visión nacionalista, blanca y cristiana de Occidente que contrasta con el pluralismo ideológico en declive pero presente en Europa.

Desde Europa, las réplicas combinaron desafío verbal con reconocimiento de dependencia.

El canciller alemán, Friedrich Merz, declaró que el orden basado en normas ya no existe, reconoció una “profunda zanja” con EE. UU., urgió refundar la OTAN y enfatizó que ni siquiera Estados Unidos resulta lo bastante fuerte para actuar en solitario ante rivales globales como China o Rusia.

Emmanuel Macron instó a Europa a pasar de “objeto” a “sujeto” en seguridad, iniciando un debate sobre extender el paraguas nuclear francés al conjunto del continente, y exigió voz europea en decisiones sobre Ucrania y fronteras.

La presidenta de la Comisión Europea, Ursula von der Leyen, y el primer ministro británico, Keir Starmer, reforzaron esta visión con una OTAN “más europea” y una columna vertebral de capacidades estratégicas propias, como misiles de largo alcance o defensa cibernética.

La doctrina OTAN 3.0

Elbridge Colby, subsecretario de Defensa estadounidense, articuló la doctrina de OTAN 3.0, que justifica recortar compromisos convencionales de EE. UU. en Europa para priorizar el Indo-Pacífico frente a China.

Un examen detallado de discursos y documentos expone elementos sutiles: idealización de la Guerra Fría, ambigüedad hacia Rusia pese a Ucrania, un calendario de traspaso de cargas irreal que abre una ventana de vulnerabilidad y la ilusión de un actor europeo unificado, pese a divisiones políticas, industriales y sociales en la UE.

El resultado es una exigencia a Europa para que corra más rápido de lo que sus piernas y sistemas pueden alcanzar, con plazos que generan riesgos de desprotección temporal.

España participó atrapada entre exigencias externas y su estrategia interna. Trump ha criticado públicamente el retraso histórico en gasto militar de Madrid, impulsando vía una OTAN 3.0 objetivos más allá del 2 % del PIB, posiblemente hacia 3 % o más.

El Gobierno de Pedro Sánchez se presentó como atlantista sin sumisión, rechazó el rearme nuclear y abogó por un “rearme moral” contra la deriva armamentista, destacando la contribución a misiones de la OTAN, el “flanco sur” (migración, terrorismo) y la coherencia entre la defensa de Ucrania y Gaza.

Para los ciudadanos españoles, Múnich se traduce en tres ámbitos tangibles:

Múnich 2026 urge transformar recelo en acción: Europa, y España, deciden si aceleran hacia la autonomía o reformulan un modelo de seguridad ya insostenible.

The Conversation

Armando Alvares Garcia Júnior no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Trump, aliado incómodo: lecciones de Múnich 2026 para España y Europa – https://theconversation.com/trump-aliado-incomodo-lecciones-de-munich-2026-para-espana-y-europa-276108

FDA’s abrupt flip-flop on Moderna’s mRNA flu shot highlights growing risks to drug-makers of investing in vaccines

Source: The Conversation – USA (3) – By Ana Santos Rutschman, Professor of Law, Villanova University

Federal health officials have raised safety concerns about mRNA vaccines, although they have provided no credible data on health risks. NurPhoto via Getty Images

The Food and Drug Administration’s decision, made public on Feb. 10, 2026, to not review an application to approve Moderna’s proposed mRNA-based flu vaccine set off a firestorm of criticism from public health experts.

But just a week later, on Feb. 18, the FDA backtracked on its decision, saying that it will indeed review the vaccine, potentially in time for its approval for the 2025-26 flu season. The decision sent Moderna’s stocks soaring in a rebound from the earlier decision.

Even before the FDA’s decision to reject the application, Moderna and other drugmakers were beginning to pare back investments in vaccines due to concerns about the approval process. As a law professor who studies vaccine policy, I believe the FDA’s abrupt shift is unlikely to assuage those concerns.

What happens now that the FDA is willing to review the application?

The FDA said it will review the vaccine for use by people age 50 to 64 under the standard review pathaway, which is how it evaluates most drugs.

In declining the application originally, the FDA claimed that Moderna did not conduct an “adequate and well-controlled” study because it had not compared patients receiving its vaccine with patients receiving what the agency claimed to be “the best-available standard of care.” The agency’s decision to review it now is effectively a reversal of that position, which was not based on any legal standard .

For people age 65 and older, the FDA said it will now review the vaccine through a long-standing program called “accelerated approval,” which is used to more quickly review drugs that “treat serious conditions” and “fill an unmet medical need,” and that show promise.

Moderna stock rebounded after the Food and Drug Administration reversed its decision.

Under this faster process, the law allows the FDA to consider different data than under a standard approval. Instead of looking at final results, a company can submit results that use a proxy measurement to reflect that a drug is likely to achieve its clinical goal.

This means that if the FDA approves Moderna’s vaccine for this older age group, the company will have to conduct additional studies on it afterward. What’s unusual, though, is that the agency typically suggests the use of the accelerated approval pathway much earlier in the process, not after a company submits its application.

Is the agency’s reversal likely to calm vaccine manufacturers?

Federal health officials under Health and Human Services Secretary Robert F. Kennedy Jr., including at the FDA, have taken many steps over the past year that disrupt long-standing public health practices relating to vaccine access and approval. They have expressed particular skepticism toward mRNA-based vaccines, which were developed during the COVID-19 pandemic.

Kennedy and other health officials have raised concerns about safety while providing no credible data on health risks, and have defunded research on their development.

With so many areas in vaccine law and policy in turmoil, incentives for vaccine manufacturers to bring vaccines to market are shrinking. Recent changes in the FDA’s approach, including proposals on new standards for testing vaccines that many vaccine experts have called impossible to achieve, have raised major concerns.

Already, multiple vaccine manufacturers, including Moderna, have announced plans to scale back their investment in vaccine research and cut jobs.

By agreeing to review Moderna’s application for people age 50 to 64, the FDA is seemingly softening its stance on vaccines. But the agency’s unpredictable decisions – including the highly unusual way it invoked accelerated approval for Moderna’s vaccine – might not be enough to assuage manufacturers’ worries about the current state of regulatory uncertainty.

This article includes portions of a previous article originally published on Feb. 12, 2026.

The Conversation

Ana Santos Rutschman does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. FDA’s abrupt flip-flop on Moderna’s mRNA flu shot highlights growing risks to drug-makers of investing in vaccines – https://theconversation.com/fdas-abrupt-flip-flop-on-modernas-mrna-flu-shot-highlights-growing-risks-to-drug-makers-of-investing-in-vaccines-276331

Tahoe avalanche: What causes snow slopes to collapse? A physicist and skier explains, with tips for surviving

Source: The Conversation – USA (2) – By Nathalie Vriend, Associate Professor of Thermo Fluid Sciences, University of Colorado Boulder

A deadly avalanche buried a group of backcountry skiers and guides near Lake Tahoe in California’s Sierra Nevada as an intense storm brought heavy, wet snow to the region on Feb. 17, 2026. Six of the skiers were rescued, but eight others didn’t survive and another was missing. The region had been under an avalanche warning that was rated high, according to the Sierra Avalanche Center.

Avalanche deaths are rare inside the boundaries of ski resorts, but the risk rises in the backcountry – 30 backcountry avalanche deaths were reported in the U.S. during the 2022-23 season, 14 the following year, and 19 in 2024-25. Nathalie Vriend, a skier and physicist at the University of Colorado Boulder who studies avalanches, explains what happens in an avalanche and techniques for surviving one.

What causes avalanches?

The behavior of an avalanche depends on the structure of the snowpack, but that’s only one ingredient. An avalanche requires all the wrong conditions at the wrong time.

The angle of the mountain slope is important. Slopes between 25 and 40 degrees run the greatest risk of avalanches. Those are also ideal for skiing, of course. If the slope is less than 25 degrees, there might be little slips, but the snow won’t pick up speed. If it’s over 40 degrees, the snow typically cannot accumulate, clearing away the avalanche risk.

Avalanche awareness for backcountry skiers.

Then there needs to be a trigger. A snowpack may be seemingly stable until a snowmobile or skier disturbs it enough that the snow starts to move. Strong winds or rock falls may also cause an avalanche. Blowing snow can create wind loading and build up into cornices, creating an overhang that can eventually fall and trigger an avalanche below.

What happens inside the snowpack during an avalanche?

Mountain snowpack isn’t uniform. Because it builds up over time, it is a snapshot of recent weather conditions and has both stable and weak layers.

When snow falls, it’s a fluffy crystal structure. But when the temperature rises and the snow starts to melt and then refreezes, it turns more granular.

That granular, icier snow is a weak layer. When a new snowfall dumps on top of it, the grains in the weak layer can shear, creating a surface for an avalanche to slide on. The weight of new snowpack can cause the entire face of a mountain to fall away almost instantaneously. As the avalanche picks up speed, more snow and debris are incorporated in the avalanche and it can become really big and violent.

A domed mountain with snow clearly slid down the full width of one side.
An avalanche takes down the side of a mountain near Winter Park, Colo., in 2021.
Colorado Avalanche Information Center via AP

In my lab at the University of Colorado at Boulder, I study small-scale laboratory avalanches. We use a technique called photoelasticity and create thin avalanches to reveal what’s going on inside the avalanche. We track photoelastic particles with a high-speed camera and can observe that particles bounce and collide really fast, within 1/1,000th of a second.

In a real avalanche, those violent collisions create a lot of heat through friction, which causes more melting. As the avalanche comes to a rest, this liquid can quickly refreeze again, locking the snowpack in place like concrete. People say “swim to the surface” in an avalanche, but you may not know whether the surface is up or down. If the avalanche is still moving and the granules haven’t frozen solid again, you might be able to move slightly, but it is really hard.

What can skiers do if they’re in an avalanche?

I’ve done fieldwork on real snow avalanches triggered intentionally in Switzerland. We were in a bunker in a valley, and they dropped explosives at the top of the mountain. Using radar, we could look inside the avalanche as it came toward us. It was easily going more than 110 miles per hour (50 meters per second).

Even if the avalanche is small, you can’t outski or outrun it easily. The big danger is when the snow is deep – you could be buried under several feet of snow. Basically, as the avalanche slows down, new snow keeps piling on top of you. People report this as being trapped in concrete without an ability to even move a limb. It must be a very frightening experience.

A yellow dog pulls on a tug held by a man in ski patrol outfit and goggles who is buried up to his waist in snow.
An avalanche rescue dog tugs on a ski patrol member during avalanche training at Copper Mountain in Colorado.
AAron Ontiveroz/MediaNews Group/The Denver Post via Getty Images

Backcountry skiers carry tools that can increase their chances of survival. Your best bet, though, is your peers – particularly in the backcountry, where emergency crews will take hours to arrive.

There are a few things you can do. First, carry a transceiver, which transmits a signal identifying your location. When you are caught in an avalanche, you are transmitting a signal. Your friends can switch their transceivers to the “receiving” mode and try to locate your beacon. It’s also important to have an avalanche probe and a shovel in the backcountry for when your friends do locate your position: The snow is like concrete, and it will be hard to extract you.

Avalanche air bags can also help – James Bond used an elaborate concept of one in “The World Is Not Enough.” With modern avalanche air bags, you pull a toggle on your back, and the air bag inflates behind your head, turning you into a bigger particle. Bigger particles tend to stay at the surface, making you easier to locate.

How is avalanche risk changing as winter temperatures rise?

It’s an important question, and it’s not as simple as warming temperatures mean less snow, so fewer avalanches. Instead, if mountains have more variation in temperatures, they may have more melting and refreezing phases during the winter, creating weaker snowpacks compared with historical records.

The historical conditions that communities have grown up around can change. In 2017, there was a big avalanche in Italy that took out an entire hotel. It was in an area where people didn’t expect an avalanche, based on historical data.

There are computer models that can calculate where avalanches are likely to occur. But when temperatures, snowfall and precipitation patterns change, you may not be able to truly understand cause and effect on natural hazards like snow avalanches.

This article, originally published Jan. 11, 2024, has been updated with a backcountry avalanche near Lake Tahoe.

The Conversation

Nathalie Vriend receives funding from the Moore Foundation, and in the past from the Royal Society and NERC among others.

ref. Tahoe avalanche: What causes snow slopes to collapse? A physicist and skier explains, with tips for surviving – https://theconversation.com/tahoe-avalanche-what-causes-snow-slopes-to-collapse-a-physicist-and-skier-explains-with-tips-for-surviving-276361

Les revendications éphémères de la France en mer de Chine méridionale (1930-1956)

Source: The Conversation – in French – By Paco Milhiet, Visiting fellow au sein de la Rajaratnam School of International Studies ( NTU-Singapour), chercheur associé à l’Institut catholique de Paris, Institut catholique de Paris (ICP)

Le drapeau français sur les îles de mer de Chine méridionale : aujourd’hui, seule l’IA peut créer cette vision, qui aurait pourtant bien pu se réaliser. Paco Milhiet/Mistral AI, Fourni par l’auteur

Puissance coloniale en Indochine (1862–1954), la France a pendant un temps revendiqué la souveraineté sur les îles Paracels et Spratleys. Les bouleversements géopolitiques de la Seconde Guerre mondiale puis le processus de décolonisation ont progressivement sapé ses ambitions, conduisant à son éviction régionale. Retour sur cet épisode éphémère, qui préfigure les tensions actuelles en mer de Chine méridionale.


Épicentre des tensions géopolitiques en Asie du Sud-Est, la mer de Chine méridionale est un espace maritime stratégique et contesté. Voie de communication essentielle pour le commerce mondial, notamment pour le transit des hydrocarbures, ce bassin maritime recèle d’importantes ressources halieutiques, ainsi que des gisements de matières premières.

Elle est également constellée de structures marines (îles, îlots, rochers, hauts-fonds, récifs, cayes), principalement regroupées en trois archipels : les Paracels à l’ouest, les Spratleys au sud et les Pratas au nord. Ces poussières insulaires ne représentent qu’une quinzaine de km2 de terres émergées. Dépourvues d’intérêts économiques propres, peu propices à l’implantation durable de communautés humaines, elles ont longtemps suscité le désintérêt, voire la méfiance, des États riverains, en raison des risques qu’elles représentaient pour la navigation.

Pourtant, depuis la signature de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer en 1982, les convoitises étatiques s’aiguisent autour de la supposée juridiction que ces structures confèrent aux espaces maritimes environnants. En résulte une course à l’occupation, des revendications souveraines qui se superposent, et des accrochages réguliers entre marines de guerre, garde-côtes et pécheurs. La République populaire de Chine, particulièrement, y développe un irrédentisme assertif et décomplexé, via la poldérisation de nombreuses entités insulaires, transformées en bases militaires.

Puissance influente et souveraine dans la zone au temps de l’Indochine française (1862-1954), la France s’est elle aussi intéressée à ces îles et y a même revendiqué la souveraineté. Prises dans les tumultes géopolitiques du XXe siècle, les ambitions de Paris n’auront pas résisté à son éviction de la région.

Lieu microcosmique de la grande histoire asiatique, ces quelques îlots dispersés en mer de Chine racontent à leur échelle les ambitions impériales, les illusions de puissance et le désengagement inéluctable de la France en Extrême-Orient.

Indochine française et mer de Chine méridionale

L’influence française dans la péninsule indochinoise se développe au début du XIXe siècle, animée par une triple ambition : religieuse d’abord, par l’entremise de missionnaires catholiques ; commerciale ensuite, pour conquérir de nouveaux marchés tout en diversifiant les sources d’approvisionnement ; stratégique enfin, dans un contexte de concurrence coloniale qui voit le Royaume-Uni affermir ses ambitions dans la région.

À la recherche d’un débouché sur le sud de la Chine, la politique active française sur le Mékong, puis le Fleuve rouge, entraîne une colonisation progressive de l’ensemble de la péninsule indochinoise : la Cochinchine devient une colonie en 1862, le royaume du Cambodge, un protectorat en 1863, suivi de l’Annam et du Tonkin en 1884, de l’enclave chinoise de Kouang-Tchéou-Wan en 1898 et enfin du Laos en 1899.

Largement méconnus des cartographes, et craints des navigateurs, les territoires insulaires de mer de Chine méridionale n’intéressent pas les administrateurs français, accaparés par des sujets prioritaires : bail de Fort-Bayard, construction de la ligne de chemin de fer reliant le Yunnan et le Tonkin, influence japonaise sur l’île chinoise de Hainan.

C’est d’ailleurs l’activisme nippon dans la zone qui va inciter les autorités françaises à reconsidérer l’intérêt de ces îles. Implanté à Taïwan depuis la guerre sino-japonaise de 1894-1895, le Japon soutient officieusement des sociétés qui investissent les îles de mer de Chine pour y exploiter le guano.

Alors que les équilibres géopolitiques pré-Seconde guerre mondiale se mettent en place en Asie, la France revendique ouvertement sa souveraineté sur les îles Paracels et Spratleys à partir de 1930.

Les Paracels, une revendication française au titre des droits «historiques» de l’empire d’Annam

Situées à environ 300 km au sud-est de l’île de Hainan, les îles Paracels regroupent 130 structures marines. Connues des pécheurs annamites et hainanais, ces îles ne sont néanmoins pas occupées de manière permanente, car inhospitalières et dangereuses pour la navigation. Elles suscitent d’abord l’indifférence des autorités coloniales. Alors qu’aucun État ne revendique officiellement l’archipel, la dynastie Qing, au crépuscule de son règne, y réalise une prise de possession officielle en 1909, mais n’occupe pas l’île de manière permanente.

Entre le déclin chinois et l’assertivité croissante du Japon, les autorités françaises vont progressivement formuler une revendication sur l’archipel. Paris se réfère alors aux droits historiques de l’empire d’Annam pour justifier ses ambitions. En effet, des documents vietnamiens, antérieurs à la période coloniale, font mention de visites régulières de ces archipels par des pêcheurs annamites. Une administration effective se serait même matérialisée sous l’empereur Gia Long à partir de 1816.

La Chine refusant une reconnaissance des droits annamites et opposant son propre récit historique, la diplomatie française soumet en 1937 une proposition d’arbitrage international au gouvernement national de Chang Kai Chek, lequel rejette l’initiative. La même année, alors que le Japon entreprend l’invasion de la Chine continentale, la France dépêche aux Paracels un navire chargé d’établir une prise de possession officielle.

À quelques centaines de kilomètres plus au sud, dans l’archipel des Spratleys, des dynamiques similaires sont à l’œuvre, à quelques détails près…

Les Spratleys : une prise de possession au nom de la France seule

Les îles Spratleys regroupent une vingtaine de structures émergées et une centaine de récifs. Excentrées par rapport à la route Singapour-Hongkong, les autorités françaises s’y intéressent encore moins que les Paracels. Les Britanniques y avaient bien exploité le phosphate à la fin du XIXe siècle depuis leur colonie de Labuan, sans pour autant y avoir effectué une prise de possession officielle.

Ici encore, c’est la présence croissante des Japonais qui va inciter les autorités françaises à reconsidérer la zone. À l’instar des autres archipels de la mer de Chine, des entrepreneurs japonais exploitent le guano, notamment à Itu Aba, depuis le début du XXe siècle.

En 1930, la canonnière La Malicieuse prend officiellement possession de l’île Spratley. En 1933, les navires Alerte et Astrolabe réitèrent l’opération sur cinq autres îles. Détail important, contrairement aux Paracels, la revendication est faite au titre de la France seule, et les Spratleys sont rattachées administrativement à Baria en Cochinchine, colonie dont le statut juridique diffère de celui de l’Annam (protectorat).

La publication au Journal officiel provoque une protestation de Tokyo et l’archipel devient un sujet de contentieux franco-japonais. La France propose de soumettre le litige à une juridiction internationale, mais les Japonais ont d’autres projets.

Occupation japonaise et éviction française

En 1939, les forces japonaises envahissent Hainan, les Paracels et les Spratleys. Alors que la France capitule, la situation est confuse en Indochine, où les Japonais arrivent à partir de 1940. L’amiral Decoux, gouverneur général resté fidèle à Vichy, collabore avec les forces japonaises tout en maintenant un semblant d’autonomie. Déclinaison surprenante de cette situation ambiguë aux Paracels, travailleurs japonais et militaires franco-annamites cohabiteront tant bien que mal sur l’île Boisée pendant la durée de la guerre.

À la fin des hostilités, si le Japon est hors-jeu, le contentieux sino-français sur les Paracels reprend brièvement. En 1947, à quelques jours d’intervalle, Chinois et Français occupent les îles Boisée et Pattle. Finalement, en vertu de l’accord franco-vietnamien du 8 mars 1949, Paris remet officiellement le contrôle de l’île Pattle à Saigon.

Aux Spratleys, la situation diverge. Si les accords de Genève de 1954 consacrent la pleine indépendance du Vietnam, certains considèrent à Paris que ces îles n’ont jamais fait partie de l’empire d’Annam et pourraient donc juridiquement être distinguées du Vietnam. La France garderait ainsi un semblant d’influence régionale en maintenant des troupes et une base.

Cette position ne tiendra pas. Le président Ngo Dinh Diem exige le retrait des 30 000 soldats français. Les dernières escales françaises aux Paracels et aux Spratleys ont lieu en 1956. Il faudra attendre plus d’un demi-siècle pour que la France reformule des ambitions régionales.

Géopolitique-fiction : et si la France était restée souveraine en mer de Chine ?

Depuis 2018, Emmanuel Macron a développé une stratégie indo-pacifique devenue progressivement un objectif prioritaire de la politique étrangère française. L’exercice de la souveraineté dans les collectivités d’outre-mer en constitue le pilier principal. La ZEE qu’elle confère représente un attribut de puissance incontournable : plus de 90 % de l’espace maritime français, le deuxième plus important au monde, se trouve en Indo-Pacifique.

En repensant à la mer de Chine méridionale, il est alors tentant d’imaginer que la France ait maintenu sa souveraineté sur les Paracels et/ou les Spratleys. Si les propositions d’arbitrage soumises à la Chine et au Japon avaient été acceptées et la souveraineté française confirmée par une juridiction, comme ce fut le cas avec l’atoll de Clipperton en 1931, la France disposerait aujourd’hui d’une « tête de pont » souveraine au cœur de la zone la plus contestée du globe.

Paris aurait pu alors jouer pleinement son rôle de «puissance d’équilibre», jouissant d’une «autonomie stratégique», pour défendre «la liberté de souveraineté». Autant de vocables que le président Macron aime associer à la stratégie Indo-Pacifique française.

Une lecture réaliste invite toutefois à la modestie.

Confettis d’empire ou pépites géopolitique ?

D’abord, un jugement d’un tribunal arbitral, rendu le 12 juillet 2016, précise que les îles Spratley ne peuvent pas prétendre à une ZEE, car elles ne disposent pas de capacité objective à accueillir une activité économique ou des habitations humaines. De quoi tempérer le caractère stratégique réel de ces îlots, juridiquement considérés comme des rochers. Ensuite, les puissances riveraines de la zone, Pékin et Hanoi en tête, n’auraient probablement jamais reconnu la souveraineté d’un acteur occidental — qui plus est, ancienne puissance coloniale en Asie.

Côté français, la fin des revendications souveraines a probablement épargné bien des contraintes géopolitiques. Car ce que la France a abandonné en mer de Chine, elle a continué à le revendiquer ailleurs. Ainsi, d’autres îles ou rochers inhabités sont aujourd’hui l’objet de contentieux.

Les îles Éparses par exemple, détachées administrativement de Madagascar trois mois avant l’indépendance en 1960, sont aujourd’hui activement revendiquées par Madagascar et l’île Maurice (Tromelin), Port Louis et Antananarivo étant d’ailleurs soutenus dans leur démarche par des résolutions non contraignantes de l’Assemblée générale de l’ONU.

À l’autre bout de l’Indo-Pacifique, le Vanuatu conteste la souveraineté française sur les îles Matthew et Hunter.

Des querelles lancinantes qui compromettent parfois l’intégration régionale de la France. À l’heure où Paris cherche à renforcer ses partenariats en Asie du Sud-Est, il est peu probable qu’une revendication souveraine dans une région déjà sous haute tension eut été bénéfique pour les ambitions françaises en Indo-Pacifique.

Horizon de puissance bordé d’écueils diplomatique, la géopolitique des îles désertes s’avère souvent à double tranchant.

The Conversation

Paco Milhiet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les revendications éphémères de la France en mer de Chine méridionale (1930-1956) – https://theconversation.com/les-revendications-ephemeres-de-la-france-en-mer-de-chine-meridionale-1930-1956-275458

Las redes “sociales” están muertas: ahora son solo trampas de atención

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Checa García, Profesor y consultor de marketing digital. Director del Máster en Redes Sociales de UNIR, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Ilustración sobre la soledad impuesta por las mal llamadas “redes sociales”. Jamillah Knowles & Reset.Tech Australia / https://betterimagesofai.org , CC BY-SA

El término “redes sociales” ha quedado fosilizado en nuestro vocabulario, una inercia lingüística que oculta una realidad tecnológica y sociológica muy diferente. Sin embargo, las redes sociales, tal y como fueron concebidas, han muerto. Lo que hoy consumimos son plataformas comerciales de entretenimiento masivo, construidas sobre una arquitectura que ya no busca la conexión entre personas, sino la retención de la atención ante un espectáculo interminable y, en gran medida, amateur.

Para comprender esta defunción, es necesario mirar atrás, hacia la arqueología de internet. En sus inicios, plataformas como Six Degrees y, posteriormente, MySpace o el primer Facebook, tenían una misión clara: trasladar el grafo social del mundo físico al entorno virtual. El objetivo era establecer vínculos, ya fueran con conocidos o con extraños afines, y la interacción era fundamentalmente conversacional. El usuario construía su red de forma activa y el contenido que consumía era, estrictamente, el que esa red generaba. La publicación de una fotografía o un estado era una invitación al diálogo, un nodo de conexión que fortalecía la relación entre personas.

De la red de contactos al feed de intereses

En el paradigma actual, no obstante, la cercanía emocional o relacional con el creador del contenido es irrelevante. Lo que prima es la capacidad de ese contenido para retener al usuario durante microsegundos. El algoritmo de TikTok, por ejemplo, no premia la amistad: se centra en mostrar contenidos inferidos a partir de microseñales (tiempo de visualización, repeticiones, pausas).

Esto ha convertido a los usuarios en espectadores pasivos de un flujo incesante de vídeos cortos, memes y opiniones de personas con las que no tienen, ni tendrán, ningún vínculo real. Facebook e Instagram han ido pasando de organizarse en torno a “personas y cuentas que sigues” a mostrar “más contenido relevante recomendado por sistemas de IA”, es decir, un “motor de descubrimiento”. La metáfora ya no es la del club social, sino la del catálogo.

Cuando el objetivo es retener

Este cambio altera los incentivos. Publicar “para los tuyos” tiene menos sentido si la distribución depende de un sistema que premia la probabilidad de consumo, no la calidad del vínculo. En la práctica, lo relacional se desplaza hacia la mensajería privada, los grupos pequeños y los contenidos efímeros, mientras lo público se ha convertido en un mero escaparate.

En este escenario, la conversación existe, aunque deja de ser la unidad económica principal. Lo que se monetiza es la atención sostenida. Y ahí encaja la saturación publicitaria: cuantos más minutos dentro, más impresiones, más segmentación, más datos recabados del usuario.

Contenidos gratis, anuncios caros

La transformación tiene una lógica empresarial impecable. Las plataformas alojan y distribuyen una cantidad masiva de contenido producido por usuarios que, en su inmensa mayoría, no cobran nada. Ese contenido es abundante, renovable, personalizable y barato. La plataforma vende publicidad alrededor (y dentro) de esa producción ajena, sin asumir los costes propios de los grupos mediáticos tradicionales: redacciones, licencias, producción, derechos.

La monetización se expande, incluso, hacia territorios que antes parecían “puertos seguros” de lo social. Meta ya ha anunciado la introducción de publicidad y suscripciones en WhatsApp, aunque se concentre en la pestaña de “Novedades” y no en los chats. El movimiento es simbólico: la mensajería, donde todavía se conserva la intimidad del vínculo, también se integra en la lógica del producto comercial.

Incluso LinkedIn, el último bastión de la red social profesional pura, ha comenzado a contaminar su feed con contenido “inspiracional” y recomendaciones algorítmicas que poco tienen que ver con la red de contactos directa del profesional, buscando aumentar el tiempo de permanencia en la aplicación a costa de la relevancia laboral.

YouTube y la prueba evidente

En este debate conviene incluir una aclaración: YouTube se ha llamado mil veces red social sin haberlo sido nunca. Es, ante todo, una plataforma de entretenimiento con capa social. Puedes comentar, suscribirte, dar a “me gusta” o chatear en directo, pero el centro del sistema no es crear contactos, es consumir vídeo. Lo interesante es que muchas redes se han “youtubeado”: mantienen funciones sociales, pero su corazón es la recomendación algorítmica orientada a retención.

La paradoja es que las propias plataformas reconocen, de forma indirecta, que el cambio ha sido profundo. Meta ha empezado a probar funciones para reiniciar las recomendaciones de Instagram y recuerda que existen alternativas como el feed de “Seguidos” en orden cronológico. Si hace falta un botón para que seamos nosotros quienes gestionemos nuestra propia experiencia, es porque el algoritmo ya no es un asistente: es, por defecto, el director de programación.

¿Deberíamos dejar de llamarlas redes sociales?

En el contexto español, esta realidad se palpa con datos. El Estudio de Redes Sociales 2025 de IAB Spain arroja una luz muy clara sobre el cambio de paradigma: la principal motivación de los usuarios españoles para usar estas plataformas ya no es “estar en contacto con amigos”, sino “entretenerse”, un objetivo citado por más del 80 % de los encuestados.

Fenómenos como la Kings League o el auge de los streamers españoles no son más que la profesionalización de este entretenimiento dentro de plataformas que ya funcionan como las nuevas cadenas generalistas.

En definitiva, en un momento en el que se plantea vetar su acceso a menores de 16 años, debemos empezar a llamar a las cosas por su nombre. Seguir llamando redes sociales a Instagram, TikTok o X es un error categórico. Son plataformas de entretenimiento algorítmico donde la interacción humana ha quedado relegada a un segundo plano, supeditada siempre al imperativo comercial de mantenernos mirando la pantalla el mayor tiempo posible.

La red, entendida como tejido humano, se ha roto. Lo que queda es una audiencia global fragmentada, sola y perpetuamente entretenida.

The Conversation

Fernando Checa García no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las redes “sociales” están muertas: ahora son solo trampas de atención – https://theconversation.com/las-redes-sociales-estan-muertas-ahora-son-solo-trampas-de-atencion-275118