Quand les algorithmes de recrutement renforcent les biais que l’on voulait réduire

Source: The Conversation – France (in French) – By Matthijs Meire, Associate professor, IÉSEG School of Management

Alors que l’Union européenne met en œuvre sa législation sur l’intelligence artificielle, l’usage de l’IA dans le processus de recrutement par les entreprises fait l’objet d’une attention croissante. De nouvelles recherches montrent que les biais algorithmiques ne proviennent pas toujours des algorithmes eux-mêmes, mais des décisions humaines « intégrées » dans les données avec lesquelles ils sont entraînés.


À la fin de 2025, l’autorité française chargée de la lutte contre les discriminations a exprimé des inquiétudes concernant le système de diffusion d’offres d’emploi d’une grande plateforme de réseaux sociaux. Certaines annonces étaient davantage montrées aux hommes, d’autres aux femmes. Cette affaire illustre une question désormais centrale pour les entreprises et les décideurs publics : comment des systèmes d’IA peuvent-ils produire des résultats inéquitables sans avoir été explicitement programmés pour discriminer ?

Cette question est devenue encore plus importante avec l’entrée en vigueur progressive du règlement européen sur l’IA, qui classe les systèmes utilisés dans le recrutement et l’emploi parmi les applications à haut risque. Le message est clair pour les entreprises qui recourent à l’IA afin de sélectionner, classer ou recommander des candidats… Supprimer les variables sensibles telles que le sexe ou l’origine ethnique ne suffit pas à s’acquitter de ses responsabilités en matière d’équité.




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La fausse neutralité des données

Une idée répandue consiste à penser que les biais apparaissent uniquement lorsqu’un algorithme utilise directement des caractéristiques protégées. Or, le problème est souvent plus subtil. Les systèmes d’IA apprennent à partir de données historiques, elles-mêmes issues de décisions humaines qui peuvent déjà refléter des inégalités.

Les plateformes de travail en ligne et les outils de recrutement s’appuient de plus en plus sur des systèmes de classement. Ceux-ci privilégient généralement des indicateurs tels que les performances passées, le nombre de missions réalisées ou l’expérience accumulée.

Du point de vue des entreprises, cette logique paraît parfaitement rationnelle, puisqu’elle réduit les coûts de recherche, facilite l’identification des profils pertinents et valorise l’expérience. Mais elle comporte aussi un risque. Ces indicateurs supposent que les résultats passés reflètent uniquement le mérite individuel. Or, ils peuvent également être le produit d’un accès inégal aux opportunités.

Une perfide boucle de rétroaction

C’est ainsi qu’apparaît une boucle de rétroaction. Une personne qui bénéficie d’un léger avantage au début de sa carrière accumule davantage d’expérience. Cette expérience améliore son classement dans les systèmes automatisés, ce qui augmente sa visibilité et lui ouvre de nouvelles opportunités. Au fil du temps, cet avantage initial se renforce.

Pour les entreprises qui utilisent des outils de recrutement fondés sur l’IA, cela signifie qu’un classement présenté comme « objectif » ou « basé sur la performance » peut, en réalité, reproduire et amplifier des inégalités préexistantes.

Des inégalités humaines aux biais algorithmiques

Nos recherches sur les grandes plateformes de travail en ligne montrent que ces mécanismes peuvent affecter plusieurs groupes simultanément. Les femmes, en moyenne, accumulent moins de missions réalisées que des hommes présentant des caractéristiques comparables, comme l’âge, le niveau d’études, le tarif horaire, les évaluations reçues et les vérifications du profil. Cette différence se traduit ensuite par une moindre visibilité dans les classements. Les écarts peuvent être encore plus marqués lorsque plusieurs facteurs se combinent : les femmes issues de minorités ethniques, par exemple, sont souvent davantage pénalisées que ne le laisserait prévoir l’effet de chacune de ces caractéristiques prise isolément.

De même, les jeunes professionnels disposent souvent de moins d’expérience à valoriser et peuvent être systématiquement désavantagés dans les classements, malgré des compétences comparables. Il en résulte un « déficit de visibilité » qui ne reflète pas nécessairement les capacités réelles des candidats.

L’un des enseignements majeurs est que ces résultats peuvent apparaître même en l’absence de toute information démographique explicite. Les biais passent alors par des variables indirectes, comme le nombre de missions déjà réalisées. Cet indicateur, qui reflète les décisions de recrutement passées, semble neutre, mais il est étroitement lié à des désavantages structurels.

Ouvrir la boîte noire

Pour les organisations qui déploient l’IA dans le recrutement, la gestion des talents ou les ressources humaines, plusieurs enseignements se dégagent. D’abord, supprimer les données sensibles ne suffit pas. Un système peut continuer à reproduire des inégalités s’il apprend à partir de résultats historiques eux-mêmes biaisés. On peut se demander si le fait de supprimer complètement les données sensibles des profils de free-lances permettrait de résoudre le biais humain initial.

Ensuite, les critères d’optimisation méritent une attention particulière. Les outils conçus pour identifier les « meilleurs candidats » risquent de favoriser ceux qui ont déjà bénéficié d’une plus grande visibilité ou d’un accès privilégié aux opportunités.

Enfin, les boucles de rétroaction doivent être considérées comme un véritable enjeu de gouvernance. Lorsqu’un système influence la visibilité des candidats, et que cette visibilité façonne les données utilisées demain, les biais peuvent s’autoalimenter.

B smart, 2026.

Un défi majeur pour la gouvernance de l’IA

La mise en œuvre de la réglementation européenne marque un changement de perspective. La question n’est plus seulement de savoir si un algorithme utilise des données sensibles, mais aussi s’il produit des effets discriminatoires par des mécanismes indirects.

Les enjeux dépassent largement le recrutement. Aujourd’hui, les algorithmes influencent également l’octroi de crédit, la tarification des assurances, les recommandations personnalisées ou encore la modération de contenu. Dans tous ces domaines, comprendre l’origine des données devient aussi important que la conception technique des modèles.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Quand les algorithmes de recrutement renforcent les biais que l’on voulait réduire – https://theconversation.com/quand-les-algorithmes-de-recrutement-renforcent-les-biais-que-lon-voulait-reduire-285384

Les publicités utilisant des visages générés par IA deviennent contre-productives lorsqu’elles ressemblent trop au consommateur

Source: The Conversation – France (in French) – By Arno De Caigny, Full Professor of Marketing Analytics, IÉSEG School of Management


L’ESSENTIEL

  • Les visages générés par IA offrent aux publicitaires un moyen de créer une impression de proximité avec le consommateur.

  • Une étude souligne que, au-delà de 57 % de similarité faciale, de telles publicités seraient contre-productives.

  • Jusqu’où personnaliser la publicité grâce à l’IA ?


En apparence, l’intelligence artificielle générative offre aux publicitaires un outil idéal : créer une annonce qui ressemble à chaque consommateur. Plus une publicité paraît personnelle, plus elle devrait convaincre.

La réalité est plus nuancée. Notre étude souligne que les visages générés par IA peuvent augmenter l’efficacité d’une publicité. Mais seulement jusqu’à un certain point. Lorsque le visage présenté ressemble trop à la personne qui regarde l’annonce, l’intention d’achat diminue.

Le résultat principal est simple : la ressemblance aide tant qu’elle reste modérée. Dans notre échantillon, l’effet positif est maximal autour de 57 % de similarité faciale. Au-delà, la publicité devient moins persuasive.

La personnalisation par IA fonctionne comme une arme à double tranchant : elle peut à la fois créer de la proximité et donner l’impression d’une intrusion.

Promesse d’une publicité sur mesure

Depuis l’essor de l’IA générative, les marques testent de nouvelles formes de personnalisation. Ces outils ne servent plus seulement à produire des textes ou des images plus vite. Ils adaptent également un contenu à une personne précise.

Dans la publicité, ce changement est important. Pendant longtemps, la personnalisation consistait surtout à cibler des groupes : jeunes parents, amateurs de sport, voyageurs fréquents ou cadres urbains. L’IA générative permet désormais d’aller plus loin. Elle peut modifier une image, un décor, un produit ou un visage pour un particulier. Cette évolution s’inscrit dans l’émergence de la « publicité synthétique », pour laquelle proposent un cadre théorique destiné à comprendre les réactions des consommateurs aux contenus publicitaires créés ou manipulés par l’IA.

Les entreprises Samsung et Glance ont par exemple annoncé une expérience où des publicités sur écran verrouillé peuvent intégrer la ressemblance de l’utilisateur. Concrètement, l’utilisateur peut volontairement fournir un selfie à partir duquel l’IA génère des images hyperréalistes de lui portant différentes tenues, qui peuvent ensuite être affichées sur son écran verrouillé. Dans le secteur de la mode, une publicité Guess utilisant des mannequins générés par IA dans Vogue a suscité un débat sur l’authenticité et les standards de beauté.

Ces exemples illustrent une évolution plus large. La publicité ne cherche plus seulement à parler à une cible. Elle cherche à se rapprocher du consommateur lui-même. Le visage rend cette évolution particulièrement sensible.

Tester la limite de la ressemblance

La question n’est pas seulement de savoir si la ressemblance fonctionne. Elle est de savoir jusqu’où elle peut aller.

Pour étudier cette question, nous avons d’abord mesuré automatiquement la similarité entre deux visages. Leur méthode utilise une technologie issue de la reconnaissance faciale. Chaque visage est transformé en représentation numérique. L’algorithme compare ensuite deux représentations et attribue un score compris entre 0 et 1.

Un score proche de 0 indique deux visages très différents. Un score proche de 1 indique deux visages très similaires.

Exemple d’un visage généré par l’IA utilisé dans notre première étude. Pour chaque participant, nous avons modifié ce visage afin qu’il ressemble plus ou moins à son propre visage, sur la base d’une photo provenant de ses réseaux sociaux. Le texte et la présentation de la publicité restaient identiques ; seule la ressemblance du visage changeait.
Fourni par l’auteur

Dans une étude de validation, l’algorithme et les participants sont parvenus à des conclusions très similaires. Pour cent comparaisons, les participants devaient indiquer lequel de deux visages ressemblait le plus à un visage de référence. L’algorithme a ensuite effectué la même tâche. L’accord entre ses choix et ceux des participants était élevé (kappa de Cohen = 0,88).

L’algorithme peut donc évaluer la ressemblance faciale d’une manière largement comparable à la perception humaine, sans devoir solliciter de nouveaux participants pour chaque image.

Point optimal : 57,6 % de similarité faciale

Nous avons ensuite mené deux expériences.

Dans la première, les participants voyaient une publicité pour une assurance automobile. Cette publicité contenait un visage généré par IA. Ce visage était plus ou moins proche de la photo de profil du participant sur un réseau social, utilisée avec son accord.

Conclusion : la relation entre la similarité faciale et l’intention d’achat n’est pas linéaire. Lorsque la similarité part d’un niveau faible et augmente, l’intention d’achat progresse. Toutefois, lorsqu’elle devient très élevée, l’intention d’achat diminue.

Une seconde expérience, portant sur dix niveaux de ressemblance allant d’une similarité très faible à une similarité très élevée, confirme cette relation en forme de « U inversé ». Comme l’illustre le graphique ci-dessus, une ressemblance modérée améliore l’efficacité de la publicité, tandis qu’une ressemblance excessive la pénalise. Cela veut dire, lorsque le visage ne ressemble presque pas au consommateur, l’intention d’achat est relativement faible.

Cette ressemblance excessive peut paraître étrange, intrusive ou donner l’impression que la publicité cherche trop manifestement à manipuler le consommateur.

Le point optimal estimé est de 57,6 % de similarité faciale. L’intervalle de confiance se situe entre environ 52 % et 63 %.

Pourquoi un visage familier peut convaincre

La ressemblance joue un rôle connu dans la persuasion. Les individus sont souvent plus réceptifs aux personnes qu’ils perçoivent comme proches d’eux. En publicité, ce mécanisme est décrit comme un effet de similarité. Celui-ci s’inscrit notamment dans la théorie de la comparaison sociale du psychologue Leon Festinger, selon laquelle les individus tendent à se comparer à des personnes qu’ils perçoivent comme similaires.

Cette proximité peut venir de l’âge, du style, du genre ou du langage. Elle peut aussi venir du visage. Des travaux antérieurs montrent que la ressemblance faciale peut influencer la confiance ou l’attitude envers une marque.

L’IA générative change l’échelle de ce mécanisme. Il ne s’agit plus seulement de choisir un mannequin proche d’une catégorie de consommateurs. Il devient possible de générer un visage qui ressemble à une personne donnée.

Quand la proximité devient intrusion

Pourquoi une publicité trop ressemblante convainc-t-elle moins ? Une première explication tient au sentiment d’intrusion. Une publicité très personnalisée peut donner l’impression que la marque en sait trop sur le consommateur. Des recherches montrent que l’utilisation d’éléments personnels, comme le nom ou la photographie peut renforcer cette impression et réduire l’intention d’achat.




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Une deuxième explication renvoie à la « vallée de l’étrange ». Cette théorie suggère qu’un visage presque humain, mais pas totalement naturel, peut provoquer un malaise. Dans une publicité, un visage qui ressemble beaucoup au consommateur sans le représenter exactement peut produire un effet similaire.

Une troisième explication concerne la persuasion elle-même. Lorsqu’un consommateur comprend trop clairement qu’une marque cherche à l’influencer, il peut devenir plus méfiant. Une personnalisation trop visible peut donc rendre la stratégie publicitaire trop évidente.

La vraie limite de l’IA publicitaire

Notre étude ne conclut pas que les visages générés par IA doivent être évités. Elle montre qu’ils doivent être calibrés.

Pour les annonceurs, l’objectif ne devrait pas être de créer le visage le plus ressemblant possible. Il devrait être de créer une impression de proximité sans franchir le seuil où cette proximité devient gênante.

La technologie permet d’aller très loin dans la personnalisation. Mais l’efficacité publicitaire dépend aussi de ce que les consommateurs acceptent.

La bonne question n’est donc pas seulement : jusqu’où peut-on personnaliser une publicité ? Elle est plutôt : à partir de quand la personnalisation cesse-t-elle d’être utile et commence-t-elle à devenir intrusive ?

The Conversation

Gudrun Roose est membre de Departement Marketing, Innovation and Organisation de Ghent University (Belgium).

Arno De Caigny ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Les publicités utilisant des visages générés par IA deviennent contre-productives lorsqu’elles ressemblent trop au consommateur – https://theconversation.com/les-publicites-utilisant-des-visages-generes-par-ia-deviennent-contre-productives-lorsquelles-ressemblent-trop-au-consommateur-282771

Travailleurs indépendants en situation de handicap : attention au risque d’épuisement professionnel

Source: The Conversation – France (in French) – By Christel Tessier Dargent, Maître de Conférences, Université Jean Monnet, Saint-Étienne


L’ESSENTIEL

  • De nombreuses personnes en situation de handicap sont des travailleurs indépendants par nécessité tout autant que par choix.

  • Cette solution est loin d’être idéale, car les impacts négatifs sur la santé mentale et physique sont nombreux.

  • Une politique publique est d’autant plus nécessaire que l’entrepreneuriat possède des impacts positifs importants pour cette population souvent discriminée dans l’emploi.


En France, près de 80 000 personnes en situation de handicap travaillent à leur compte, sous le statut de travailleur indépendant handicapé (TIH), reconnu depuis 2016 uniquement. Ce choix, le plus souvent contraint, a un coût que l’on mesure rarement : leur santé. Une étude que nous avons menée auprès de 126 de ces travailleurs indépendants révèle un risque d’épuisement professionnel parmi les plus élevés jamais observé en France par notre observatoire, supérieur même à celui des agriculteurs, jusqu’ici en tête des populations les plus exposées.

Le handicap concerne 16 % de la population mondiale, soit 1,3 milliard de personnes. En France, une personne sur deux y sera confrontée, temporairement ou durablement, au cours de sa vie. Or, le taux de chômage des personnes en situation de handicap y reste nettement supérieur à la moyenne nationale (11,5 % contre 7,7 % en 2025). Quand les portes du salariat se ferment, par discrimination à l’embauche, stigmatisation dans l’emploi, plafond de verre ou absence d’aménagement raisonnable, beaucoup créent leur propre emploi, par nécessité plus que par opportunité. Or, cet entrepreneuriat « inclusif » demeure, malgré les discours, un angle mort des politiques publiques.




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Moins de 3 000 euros de chiffre d’affaires annuel

Qui sont-ils ? Plus âgés (47,5 ans en moyenne), plus souvent des femmes (64 %) et plus diplômés (61 % ont au moins un bac+5) que la moyenne des indépendants, les trois quarts des TIH interrogés travaillent depuis leur domicile et la plupart en tirent de maigres revenus, puisque 43 % déclarent moins de 3 000 euros de chiffre d’affaires annuel, preuve d’activités plutôt pérennes, mais peu rémunératrices.

Dans quelle mesure et, à quelles conditions, cette activité professionnelle est-elle « salutogène », c’est-à-dire positive, ou, au contraire, un piège pour la santé physique et mentale des TIH ? Pour le savoir, nous avons demandé à ces entrepreneurs ce qui les épuise et ce qui les comble. La réponse tient en un subtil équilibre : le handicap « leste » la trajectoire entrepreneuriale des personnes en situation de handicap, mais l’« entrepreneuriabilité » peut être un facteur de bien-être et d’épanouissement, dans un environnement capacitant.

Un risque élevé d’épuisement

Sur l’échelle de référence du burn out, le BMS-10, gradué de 1 à 7, les TIH interrogés atteignent en moyenne 4,22. À titre de comparaison, les dirigeants de PME suivis par l’observatoire Amarok se situent autour de 3,4 et les agriculteurs, jusqu’ici la population la plus touchée, autour de 3,82. Surtout, 42,1 % des travailleurs indépendants handicapés présentent un risque avéré d’épuisement, et 17,5 % un risque sévère. Leur qualité de vie ainsi que leur santé physique et mentale ressenties sont globalement basses.

Tous les parcours ne se valent pas. Dans notre échantillon, 65 % se sont lancés par nécessité, faute d’autre issue professionnelle. Or, c’est précisément cet entrepreneuriat subi qui est associé à l’épuisement professionnel, tandis que l’entrepreneuriat choisi, d’opportunité, va de pair avec un meilleur bien-être.

Aux pressions communes à tout indépendant (trésorerie, prospection, isolement…) s’ajoutent des contraintes propres au handicap. La disparition de certaines allocations rend les revenus incertains ; la charge administrative, empreinte de complexité et d’incertitude, s’alourdit, entre les démarches auprès de l’Urssaf, de la Maison départementale des personnes handicapées ou de Cap Emploi ; la stigmatisation et la discrimination persistent.

« Au niveau intégration, il y a encore beaucoup de préjugés, surtout de la méconnaissance », confie Laura.

Quant au handicap lui-même, il grève la productivité : douleurs chroniques, fatigue, jours où travailler devient impossible.

De l’importance des soutiens de proximité

Les trajectoires entrepreneuriales des personnes en situation de handicap s’appuient sur des soutiens essentiels, comme la famille, les pairs ou les associations, car l’écosystème entrepreneurial « classique » s’avère peu adapté pour répondre à leurs besoins spécifiques, comme le soulignent les verbatims de notre étude : les lieux et dispositifs censés soutenir les entrepreneurs restent peu accessibles.

Paul, malvoyant, « se perd régulièrement dans Station F » ; Jessica, sourde, explique, en colère, avoir été « dispensée d’une formation clé parce qu’il n’y avait pas d’interprète ». À cela s’ajoute l’isolement, qui accroît le risque d’épuisement et dégrade la santé mentale ressentie, sans pour autant entamer le bien-être, comme si une accoutumance s’installait.

Public Sénat, 2025.

Le travail indépendant offre pourtant de puissants leviers de santé aux TIH. La souplesse du statut d’indépendant permet d’ajuster le rythme selon l’évolution de sa condition : horaires, pauses, télétravail, réduction des déplacements, aménagement du lieu de travail et choix des clients. S’y ajoutent la reconnaissance, la fierté des projets aboutis, le sens retrouvé, les rencontres et les réseaux de soutien, et la satisfaction du travail bien fait.

« C’est ma revanche sur la vie », résume Marc.




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Une source d’épanouissement malgré tout ?

Autant d’indices que l’entrepreneuriat peut être générateur de bonne santé physique et mentale, à condition que l’environnement le permette. Un chiffre éclaire ce constat : pour près de neuf répondants sur dix (88,9 %), le travail occupe une place existentielle, au cœur de leur identité.

Ces résultats restent « corrélationnels » : seul un suivi dans le temps, que nous engageons, permettra d’établir des liens de cause à effet. L’alerte, elle, est sans ambiguïté.

Protéger la santé des entrepreneurs en situation de handicap suppose des mesures concrètes : simplifier les démarches administratives, sécuriser un revenu d’autonomie, sensibiliser clients et institutions à la réalité du handicap, y compris invisible, et bâtir des réseaux de soutien et des outils réellement accessibles à tous, sans reléguer ces entrepreneurs dans des dispositifs à part. Reste une question : combien de talents notre société laissera-t-elle encore s’épuiser, faute d’un écosystème à leur mesure ?

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Travailleurs indépendants en situation de handicap : attention au risque d’épuisement professionnel – https://theconversation.com/travailleurs-independants-en-situation-de-handicap-attention-au-risque-depuisement-professionnel-288233

¿Tienen base científica las recientes medidas impuestas a Meta para proteger la salud mental de los menores?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ingrid Mosquera Gende, Profesora Titular de Universidad en la Facultad de Ciencias de la Educación y Humanidades. Investigadora Principal del Grupo TEKINDI, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Only_NewPhoto/Shutterstock

El histórico litigio contra Meta en Estados Unidos, que comenzó en 2023 y llegó a juicio en agosto de 2026, surgió a raíz de una ola masiva de demandas impulsadas por casi medio centenar de fiscales generales, distritos escolares y familias que denunciaban sus riesgos para la salud mental. El caso sorteó la inmunidad proporcionada por la Sección 230 de la Ley de Telecomunicaciones estadounidense, que libera de responsabilidad a los proveedores y usuarios de un “servicio informático interactivo” en relación con la divulgación de información proporcionada por usuarios de terceros.

Finalmente, el procedimiento concluyó con un acuerdo multimillonario y con la imposición de transformaciones estructurales directas que afectan a Instagram y Facebook y que podrían llegar a extenderse a otras plataformas y redes sociales, según ha declarado el fiscal general William Tong.

¿Están basadas estas medidas en evidencias científicas o son únicamente cambios “estéticos”?

Bloqueos automáticos temporales

En primer lugar, el acuerdo establece dos horas diarias de uso para menores de 18 años, junto con avisos periódicos para fomentar pausas y un uso más autorregulado. La evidencia científica respalda la idea general de limitar el tiempo de exposición a las redes sociales y favorecer pausas durante su utilización, aunque no permite considerar las dos horas como un umbral médico universal ni los avisos periódicos como intervalos científicamente establecidos. Algunos ensayos experimentales sugieren que reducir temporalmente el uso puede mejorar determinados indicadores de bienestar, en parte, a través de una mejoría del sueño. Sin embargo, los efectos dependen también de cómo y para qué se utilizan las redes.

En segundo lugar, se establecerán bloqueos automáticos durante la noche, en línea con la evidencia que relaciona el insomnio con una mayor presencia de síntomas de problemas de salud mental. Esta medida podría complementarse o sustituirse por otras más sencillas en el hogar, como evitar que los adolescentes utilicen el móvil en el dormitorio o dejarlo fuera de la habitación durante la noche.

En tercer lugar, se suprimirán las notificaciones emergentes –push notifications– en horario escolar. Aunque esta medida puede evitar el “efecto llamada”, debemos recordar que la revisión frecuente de las redes sociales ha sido relacionada con el fenómeno denominado Fear of Missing Out o FOMO –inquietud de estar perdiéndose experiencias que otras personas sí están viviendo, en este caso en las redes sociales–, el cual no desaparece eliminando las notificaciones.

Sin filtros estéticos ni recompensas

Por otra parte, la propuesta de eliminar los filtros estéticos evitaría que los menores se comparasen con una imagen de sí mismos modificada e inalcanzable, circunstancia que puede provocar problemas de autoestima o de imagen corporal. No obstante, si se siguen usando este tipo de filtros en las plataformas de sus referentes adultos, que suelen hacer vídeos conjuntos o salir en sus publicaciones, podrán seguir viéndose reflejados de manera irreal.

Además, también desaparecerá el botón de “Me gusta” en cuentas adolescentes, un gran reforzador de la publicación de contenido en redes. Aun así, ocultar el número de “me gusta” no elimina las interacciones sociales: los comentarios, seguidores, elementos compartidos o mensajes continúan proporcionando señales de aprobación y reconocimiento. Por tanto, es razonable pensar que la búsqueda de aprobación podría desplazarse hacia otras formas de interacción.

Verificación de la edad y control parental

Por último, debemos destacar dos medidas relacionadas con la privacidad y la seguridad.

La primera disposición es llevar a cabo un refuerzo de la verificación de edad. De hecho, ya se están desarrollando sistemas que no impliquen revelar a la plataforma la identidad, la fecha exacta de nacimiento u otros datos personales. No obstante, estas tecnologías todavía presentan retos relacionados con su precisión, los falsos positivos y negativos, la representatividad de los algoritmos y el equilibro entre seguridad y privacidad.

El objetivo es, por tanto, encontrar un punto medio entre una verificación suficientemente fiable para proteger a los menores y el principio de minimización de datos que exige la protección de la privacidad.

La otra medida implica desarrollar mejoras en los controles parentales, para que sean más accesibles y los tutores puedan desactivar tanto el feed algorítmico como la reproducción automática. En este caso, el empleo de cortafuegos automatizados puede ser muy útil, pero tampoco debemos olvidar la importante función presencial que deben tener padres y madres en la crianza.

Más allá de las redes

Las redes sociales ofrecen grandes oportunidades, tanto para personas adultas como para las más jóvenes, aunque también han demostrado su potencial para generar complicaciones. En el caso concreto de los adolescentes, estos retos se multiplican por tratarse de una población más vulnerable, que requiere, por tanto, una mayor protección.

Por supuesto, existen maneras de frenar los riesgos inherentes de las redes. Eso sí, su eficacia real tendrá que comprobarse después de su implantación, mediante datos sobre el comportamiento de los usuarios y evaluaciones independientes. Para ello, será muy importante la implicación de los progenitores, pero también la de los propios adolescentes, dado que la mayoría de las medidas pueden ser sorteadas o sustituidas por otras estrategias de uso. Por eso, por ejemplo, habrá que desarrollar mecanismos para identificar cuentas múltiples, pertenecientes al mismo menor, con las que se tratan de burlar los límites de edad.

Ante todo, debemos asumir que la relación conflictiva entre las redes sociales y la adolescencia va más allá de las medidas corporativas que puedan tomarse (las cuales, sin duda, juegan un papel fundamental). Continúa siendo crucial priorizar la alfabetización digital, tanto de los jóvenes como de sus progenitores y educadores.

Y, en este contexto, no podemos olvidar la importancia del ejemplo de los adultos: no solo importa cuánto tiempo pasamos frente a las pantallas, sino también cómo las utilizamos y qué comportamiento mostramos en ellas.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. ¿Tienen base científica las recientes medidas impuestas a Meta para proteger la salud mental de los menores? – https://theconversation.com/tienen-base-cientifica-las-recientes-medidas-impuestas-a-meta-para-proteger-la-salud-mental-de-los-menores-291178

Suplemento cultural: hace veinticinco años

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudia Lorenzo Rubiera, Editora de Arte y Humanidades, The Conversation

Monumento en honor a las víctimas del atentado del 11-S en las Torres Gemelas de Nueva York: dos piscinas inmensas que ocupan los espacios de las dos torres. Alberto-g-rovi / Wikimedia Commons, CC BY

Una versión de este texto se publicó por primera vez en nuestro boletín Suplemento cultural, un resumen quincenal de la actualidad cultural y una selección de los mejores artículos de historia, literatura, cine, arte o música. Si quiere recibirlo, puede suscribirse aquí.


En septiembre del año 2000 visité Nueva York por primera vez con mis padres y mis tíos. Subimos a la azotea de las Torres Gemelas, a primera hora de la mañana, para desayunar y evitar las colas que se formaban el resto del día. Estábamos casi solos, rozando el cielo, a una altura que se me antojaba descomunal. Asomarme al borde de los ventanales de la cafetería había sido vertiginoso: allá, muy abajo, transcurría la vida de lo que parecían miles de hormigas moviéndose por la Manzanota. Un año después pensé, con la tripa hecha un nudo, qué habría sido de aquella camarera que había sido tan simpática con nosotros.

Han pasado 25 años desde el 11 de septiembre de 2001. Una generación entera no lo vivió, o no lo recuerda. Sin embargo, ni nosotros ni el mundo en el que vivimos han sido lo mismo desde entonces. Este cambio se ha dejado notar en todos los ámbitos y, por supuesto, ha reverberado en la cultura. La literatura y el cine llevan un cuarto de siglo intentando expresar un evento tan abrumador, algo que, se decía, “solo pasa en las películas”.

Es obvio que la destrucción de las Torres Gemelas provocó un cambio significativo en la silueta de Manhattan. Pero tal vez sea menos obvio que la ausencia de estos edificios ha definido desde aquel día la personalidad de la ciudad de Nueva York. Tanto, al menos, como su presencia lo hizo en décadas anteriores.

El Monumento Nacional del 11-s, dos inmensas y sobrecogedoras piscinas que se hunden en el espacio en el que estaban antes los edificios, busca mantener su memoria sin alardes.

Buscando un puerto

Otra ciudad en la que se percibe la huella de la Historia, hasta el punto de que fue esta la responsable de su creación, es la polaca Gdynia. El relato del lugar se inicia a principios de los años 20 del siglo pasado, con la Segunda República de Polonia y su necesidad de tener un buen puerto que pudiese gestionar el comercio y las comunicaciones por mar. Y continua este 2026, cuando la Unesco ha declarado a su Centro Modernista Patrimonio Mundial de la Humanidad.

Anna K. Dulska explica cómo pudo transformarse un pueblito en semejante ciudad.

Una historieta bordada

En Londres están como locos con la llegada a la capital británica del Tapiz de Bayeux. Los 68 metros de tela relatan la historia de la conquista de Inglaterra por parte de Guillermo I, sus peleas con Harold II y su triunfo en la Batalla de Hastings. El tapiz, hecho a mayor gloria de Guillermo, se expone habitualmente en la ciudad normanda que lleva su nombre y hay quien dice que es uno de los precursores de los tebeos, por su formato de narración.

En una demostración inaudita de diplomacia en los tiempos que corren –y que coincide con el cierre temporal del museo que lo expone–, Francia le ha cedido la obra, durante diez meses, al British Museum, que ayer 10 de septiembre abrió las puertas de esta exhibición temporal al público. Las entradas están agotadas hasta diciembre. No obstante, quienes lo han podido ver lo definen como una experiencia maravillosa, totalmente alejada de lo habitual.

GTA vuelve (muy pronto)

Y saltamos de la representación de una batalla de 1066 a otro 6: el de Grand Theft Auto VI. Permítanme el guiño fácil porque, aunque son eventos muy diferentes, tanto el tapiz como la salida de este videojuego podrían definirse como dos de los momentos culturales más esperados del otoño.

Para ver GTA VI todavía falta un par de meses pero los números alrededor de su estreno ya son apabullantes. Por eso merece la pena revisar cómo revolucionaron sus predecesores los videojuegos y por qué todo el mundo está ansioso por saber cómo será este nuevo.

Una Carmen única

Algo que también comienza con el curso es la temporada cinematográfica. Arrancan los festivales de otoño –Venecia, Telluride, Toronto, San Sebastián…– y arranca con ellos el runrún de las que serán las películas del año, las que triunfarán nacional e internacionalmente. Como la denominada carrera de premios a veces agota y nos hace perder perspectiva, merece la pena leer a Emeterio Díez Puertas y sus análisis cinematográficos y culturales para recuperar la curiosidad por el séptimo arte.

Esta vez, de la mano del filósofo y sociólogo Edgar Morin, recientemente fallecido, analiza la figura de una estrella de cine y cómo la creación de esta corresponde no solo al ser humano concreto sino al momento social en el que vive y a los valores que encarna y que casan con los de su país y su público. Para ello, y en vez de poner el ojo en Hollywood como hizo Morin, Díez Puertas se fija en una de las actrices más famosas de España en los años 50 del siglo XX: Carmen Sevilla.

Dudas existenciales

A todos nos ha pasado. De repente nos quedamos despiertos, en medio de la noche, dándole vueltas a algo que nos ha generado preguntas que parecen básicas para el ser humano, que requieren una respuesta que nos permita seguir funcionando porque sentimos que sin esa resolución no somos nada.

El mismo acto de reflexionar sobre ellas, de estudiarlas e interrogarnos a nosotros mismos ya implica hacer filosofía, ¿no es esto maravilloso?

Por eso les pido que, antes de leer estos dos estupendos artículos sobre la verdad y el monólogo interior, se pregunten por ambos conceptos. Seguro que llegan a una conclusión la mar de interesante.

The Conversation

– ref. Suplemento cultural: hace veinticinco años – https://theconversation.com/suplemento-cultural-hace-veinticinco-anos-291578

L’épidémie d’Ebola en RDC risque de se transformer en pandémie mondiale : comment éviter cela

Source: The Conversation – in French – By Jia B. Kangbai, Senior lecturer, Njala University

Compte tenu de sa rapidité, de son ampleur et de sa portée, l’épidémie de maladie à virus Ebola due au virus Bundibugyo, qui s’est déclarée en République démocratique du Congo à la mi-2026, pourrait devenir une épidémie mondiale.

Je suis épidémiologiste spécialisé dans les maladies infectieuses et j’ai participé à la gestion de l’épidémie d’Ebola de 2014-2016 dans mon pays, la Sierra Leone. Fort des enseignements tirés de l’expérience de la Sierra Leone et après avoir suivi l’épidémie qui a éclaté mi-2026 en RDC, je conclus qu’elle risque de se transformer en épidémie mondiale.

Plusieurs raisons expliquent cela.

Il est difficile de prévenir une épidémie à propagation rapide qui s’est déjà étendue à une vaste région géographique.

La rapidité de la propagation rend même difficile l’évaluation de l’ampleur réelle de son extension. Il est difficile de mesurer quotidiennement ses véritables indicateurs, tels que l’incidence (le nombre de cas détectés) et le taux de létalité (la proportion ou le pourcentage de décès parmi les cas détectés).

Il a fallu en moyenne quatre mois pour que le nombre cumulé de cas de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest de 2013-2016 en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone atteigne 1 000 après la déclaration officielle de l’épidémie. Lors de l’épidémie en RDC, il a fallu moins de deux mois pour atteindre ce même chiffre.

Ces statistiques sont postérieures à la déclaration de l’épidémie. Celle-ci a commencé bien avant d’être officiellement détectée, ce qui implique que des transmissions et des décès se sont produits sans avoir été comptabilisés. Seuls les cas d’Ebola apparus après la déclaration officielle ont été recensés. Cela signifie que les professionnels de santé en première ligne doivent faire face à un énorme retard accumulé en matière de prise en charge, de surveillance et de recherche de contacts.

Compte tenu de l’ampleur et de la rapidité actuelles de l’épidémie, les mesures suivantes s’imposent :

  • mobliser des financements suffisants et durables pendant plusieurs mois pour financer les salaires des professionnels de première ligne, les consommables de laboratoire, les équipements de protection individuelle et les fournitures destinées à la prévention et au contrôle des infections

  • veiller au respect rigoureux des mesures de prévention et de contrôle des infections dans les établissements de santé et aux postes frontières

  • impliquer activement les membres de la communauté dans la riposte en collaborant avec des leaders locaux de confiance, des chefs religieux, des groupes de jeunes et des agents de santé communautaires

  • mettre en place un dépistage aux frontières

  • concevoir un parcours de soins plus sûr pour les patients – un système de triage, d’isolement, de dépistage et de traitement.

Raisons possibles de la propagation rapide

Ebola est généralement une maladie très contagieuse, caractérisée par un taux de transmission élevé. Un cas primaire d’Ebola peut transmettre l’infection à 1,5 à 2,5 autres personnes.

Mais la propagation rapide de la maladie à virus Bundibugyo ne correspond pas au schéma épidémiologique attendu. Un certain nombre de facteurs interdépendants sont à l’origine de cette propagation rapide. Parmi ceux-ci figurent l’émergence de « super-propagateurs » ; le manque de données ; la pénurie de traitements et de vaccins ; la lenteur et l’absence de mise en œuvre des interventions de santé publique ; les difficultés à obtenir un engagement total et la confiance de la communauté ; et l’insécurité due au conflit armé en cours.

Le rôle des « super-propagateurs »

Le rôle des super-propagateurs de maladies lors des épidémies n’est pas nouveau. Une étude menée pendant l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 a révélé que les super-propagateurs étaient responsables de plus de 60 % de la transmission soutenue.

Les « super-propagateurs » sont des personnes infectées qui transmettent de manière disproportionnée des agents pathogènes à des personnes sensibles au cours d’une épidémie. Cela peut s’expliquer par la manière dont la maladie affecte l’organisme, ainsi que par des facteurs environnementaux, comportementaux, sociaux et démographiques.

La super-propagation d’une maladie est plus fréquente au début d’une épidémie. Elle est plus marquée dans le cas d’une maladie relativement nouvelle ou d’une souche rare d’un agent pathogène. Dans ces situations, les personnes infectées jouent le rôle de super-propagateurs principalement parce qu’elles ignorent comment l’infection se transmet ou comment la prévenir.




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La rareté du virus Bundibugyo en fait un candidat probable à une propagation massive. L’absence de kits de dépistage adaptés a largement contribué au retard dans le diagnostic au début de l’épidémie. Cela a entraîné la poursuite de sa propagation. Compte tenu de l’étendue géographique et de la vitesse de propagation de cette épidémie, l’insuffisance des kits de dépistage a encore compliqué sa gestion.

Lorsqu’une personne tombe malade, la démarche normale consiste à établir un diagnostic et à la traiter. Cela fonctionne bien lorsque la personne infectée connaît les signes et symptômes de la maladie. La méconnaissance des symptômes peut entraîner des retards dans la recherche d’un traitement et, par conséquent, une transmission prolongée.

L’âge a également joué un rôle dans la propagation massive – lors de cette épidémie comme lors des précédentes. L’âge de la personne infectée (en particulier les enfants de moins de 15 ans et les adultes de plus de 45 ans) aurait été le principal facteur responsable de la super-propagation lors des épidémies de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest.

Dans l’épidémie actuelle en RDC, les personnes âgées de 18 à 49 ans représentent la majeure partie des cas, tandis qu’un quart des décès concerne des enfants de moins de 15 ans. Les enfants ne connaissent pas bien les signes et symptômes d’Ebola et consultent tardivement. Ils risquent ainsi de transmettre la maladie à leurs proches.

Les personnes âgées de 18 à 49 ans se livrent à des activités à haut risque, notamment des rapports sexuels non protégés, ce qui augmente le risque de transmission de la maladie. Le virus Bundibugyo se transmet par contact avec le sang ou les fluides corporels d’une personne infectée, ou avec des surfaces ou des objets contaminés.




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La propagation massive dépend également de la manière dont la maladie se manifeste.

En RDC, en raison de la rareté du virus Bundibugyo, on sait peu de choses sur ses signes et symptômes, ce qui complique le diagnostic clinique précoce.

Ebola Zaïre, la souche la plus courante du virus, présente une phase aiguë précoce caractérisée par des vomissements, de la diarrhée, de la toux et des hémorragies. En revanche, les symptômes précoces d’une infection par le virus Bundibugyo sont de type « sec » : la personne peut présenter de la fièvre, de la fatigue, des douleurs musculaires, des maux de tête et des maux de gorge. Ces symptômes pourraient facilement être confondus avec ceux d’autres infections tropicales. Ce caractère bénin donne de faux espoirs aux patients et les « incite » à retarder la recherche d’un traitement.

À cette complexité s’ajoute le climat d’insécurité qui règne en RDC, ce qui retarde encore davantage l’accès des populations aux soins. L’est de la RDC est en proie à des conflits violents depuis des décennies, et c’est là que l’épidémie se propage.

Lacunes dans les données, résistance et insécurité

L’épidémie en RDC a montré ce que la préparation aux épidémies peut permettre d’accomplir et ce qui reste à faire.

Les données constituent un défi majeur. Lorsqu’une épidémie sévit en silence depuis des semaines, sans être détectée, les données qui émergent après la déclaration de l’état d’urgence sont pour la plupart spéculatives.

Dans certaines zones de santé, moins de 20 % des cas recensés peuvent être rattachés à des contacts identifiés. La maladie a donc tendance à se propager vers des régions non touchées, ce qui rend difficile la maîtrise de l’épidémie.

À ce problème s’ajoutent les agressions commises à l’encontre du personnel de santé et des travailleurs humanitaires par les familles des patients atteints. Le mois d’août 2026 a enregistré le nombre le plus élevé. Ces agressions découlent principalement d’une profonde méfiance envers les autorités, ainsi que de cultures et de traditions qui entrent en conflit avec les protocoles médicaux.

Parmi les autres facteurs contribuant à la propagation, on peut citer :

  • la taille gigantesque de la RDC – dont la superficie est presque équivalente à celle de l’Europe occidentale. En septembre 2026, le virus Bundibugyo avait touché une zone de la taille de la France.

  • des frontières poreuses, rendant impossible le suivi des déplacements des personnes

  • l’insécurité persistante : le gouvernement de Kinshasa peine à gouverner et à fournir les services de base sur l’ensemble du territoire

  • le vide thérapeutique – l’absence de traitements et de vaccins homologués pour soigner et prévenir la propagation du virus de Bundibugyo est une autre raison pour laquelle celui-ci risque de devenir une épidémie mondiale.




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L’incapacité à mettre au point un vaccin contre le Bundibugyo constitue une défaillance catastrophique tant sur le plan biomédical qu’en matière de gouvernance. Cela n’aurait pas dû se produire, étant donné que des flambées localisées de Bundibugyo s’étaient déjà produites à plusieurs reprises en RDC.

Des kits de diagnostic, des traitements et des candidats-vaccins potentiels ont été mis en phase d’essais cliniques. Mais la préparation à une épidémie aurait dû commencer bien plus tôt.

Prévenir une épidémie mondiale de Bundibugyo

Il sera difficile d’empêcher une épidémie à propagation rapide qui s’est déjà étendue à une vaste région géographique. Cela nécessite une stratégie nuancée.

L’un des principaux enseignements que j’ai tirés des épidémies d’Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 est que les stratégies de prévention doivent toujours être conçues pour faire face aux revers. Les responsables de la planification doivent être capables d’anticiper ces nouveaux défis, de persévérer et d’y répondre au fur et à mesure qu’ils se présentent.

Le déploiement du vaccin Ervebo contre Ebola-Zaïre en RDC est une bonne nouvelle. Mais pour endiguer une épidémie, il faut des interventions de santé publique solides, notamment la vaccination, qui s’appuient sur un engagement total et la confiance de la communauté. Au moins, l’essai clinique actuel du vaccin Ervebo contre Ebola Zaïre permettra de recueillir des données, ce qui vaut mieux que de devoir tout recommencer à zéro à l’avenir.

La contribution des acteurs de la santé mondiale, tant au niveau international que national, est également nécessaire. La dissolution de l’USAID et les coupes dans le financement de la santé publique ne manqueront pas de créer davantage de problèmes sanitaires à l’échelle mondiale. L’octroi d’un financement ponctuel en période de crise sanitaire ne peut combler les lacunes en matière de préparation et de prévention des épidémies.

La réduction des financements a exercé une pression considérable sur la surveillance, qui revêt une importance capitale lors d’une épidémie aussi fulgurante. Les zones sanitaires où les taux de prévalence, de mortalité et de transmission du virus de Bundibugyo sont élevés devraient faire l’objet d’une attention prioritaire en matière de surveillance. Dans un pays aussi vaste que la RDC, la surveillance nécessite d’énormes ressources logistiques et humaines.

La mesure la plus urgente à prendre pour prévenir une épidémie mondiale consiste à redoubler d’efforts en matière de dépistage en temps réel, ce qui dépend à son tour d’une surveillance sanitaire solide.

Le financement est essentiel. Le manque de fonds peut entraver l’arrivée d’experts internationaux, la logistique et l’aide humanitaire dans les zones encore épargnées situées en dehors de l’est de la RDC. Plus de 500 millions de dollars américains auraient déjà été versés à la RDC depuis que l’épidémie a été déclarée. Il n’y a donc aucune raison pour que les agents de première ligne ne soient pas rémunérés.

Les actions de grève menées par les agents de première ligne suggèrent que les activités de santé publique visant à lutter contre une épidémie d’une telle ampleur et d’une telle rapidité devraient aller de pair avec une gestion financière rigoureuse et des politiques administratives efficaces.

The Conversation

Jia B. Kangbai does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. L’épidémie d’Ebola en RDC risque de se transformer en pandémie mondiale : comment éviter cela – https://theconversation.com/lepidemie-debola-en-rdc-risque-de-se-transformer-en-pandemie-mondiale-comment-eviter-cela-291573

El derecho a caminar: cómo garantizar por ley que los peatones puedan desplazarse a pie

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Manuel Ayllón Díaz-González, Profesor Titular de Derecho Administrativo, Universidad de Málaga

Cristi Croitoru/Shutterstock

¿Quién no ha tenido alguna vez la sensación de que un simple paseo le aclaraba la mente? ¿De que, tras una caminata, tenía mejores ideas y podía tomar decisiones más acertadas? Sobre los “pensamientos caminados” han reflexionado filósofos de la talla de Aristóteles, Rousseau o Nietzsche. Caminar no es solo “la mejor medicina”, como nos diría el sabio Hipócrates, sino que sus efectos van más allá; tanto en el plano individual, como también en el colectivo, pues las relaciones “de a pie” son siempre más humanas. Bien lo saben los peregrinos del Camino de Santiago que con frecuencia dicen que “el Camino te da lo que te falta y te quita lo que te sobra”.

Con todos los parabienes que se derivan del acto de andar –y teniendo en cuenta que constituye para los seres humanos la forma de movilidad más natural y universal y, sin duda, la más ecológica–, ¿no debería recibir un tratamiento preferente por parte de los poderes públicos? Y, sin embargo, ¿por qué se dificulta tanto?

Uno tiene la sensación de que muchas de nuestras ciudades están más diseñadas para la circulación de los vehículos que para la de los peatones. Algunos trayectos son imposibles de realizar andando, ya sea por la carencia de aceras, por obras en las vías públicas que se eternizan o por encontrarnos con caminos que no tienen continuidad o están bloqueados o cercados.

Otros desplazamientos a pie resultan tremendamente incómodos debido a aceras demasiado estrechas, en mal estado o invadidas por terrazas de establecimientos de hostelería u otros elementos. O bien se nos fuerza a recorridos inadecuados, poco atractivos o ilógicos. Las agresiones y dificultades que sufrimos como peatones son incontables.

En una reciente publicación abordo en profundidad estas cuestiones desde una perspectiva jurídica y aporto una solución: que el acto de caminar sea considerado en el ordenamiento jurídico español como un auténtico derecho para las personas.

Multitud de transeúntes en una esquina de la plaza Cataluña de la ciudad de Barcelona
Peatones en una esquina de la plaza Cataluña, en Barcelona.
EGT-1/Shutterstock

El derecho a caminar

Este derecho se conceptualizaría como el derecho que tiene cada individuo a desplazarse a pie de una manera segura y en condiciones adecuadas. Ello implicaría la capacidad para acceder a pie a cualquier punto de interés ciudadano, tanto en el ámbito urbano como en el interurbano y en el medio natural, así como a la propia estancia en los mismos. Iría acompañado, además, del reconocimiento de la prioridad de la movilidad peatonal frente a cualquier otra forma de transporte (lo que se ha venido a llamar el principio “el peatón, primero” en la pirámide jerarquizada de la movilidad), muy especialmente, respecto del uso del vehículo particular.

Las ventajas de configurar la movilidad peatonal como un derecho ciudadano son evidentes. En la situación actual, el mayor o menor respeto hacia los peatones depende, en gran medida, de la voluntad política de cada una de las Administraciones públicas. Sin embargo, el reconocimiento del derecho permitiría a cualquier ciudadano que considerara que se le está impidiendo llevar a cabo un itinerario a pie en condiciones adecuadas exigir que se le ponga remedio.

Si la Administración en cuestión no atendiera la petición, podría reclamar la tutela judicial para que los tribunales obligaran a revertir la situación. Las acciones judiciales serían ejercitables también ante cualquier comportamiento vulnerador del derecho procedente de un particular.

Al mismo tiempo, el derecho a caminar, dada su enorme dimensión colectiva, reforzaría la posición de las diferentes organizaciones defensoras de la movilidad a pie que existen en España. Les permitiría no solo interponer demandas judiciales para la defensa del derecho, sino también exigirles a los entes públicos políticas acordes con su respeto.




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Una ley reguladora de la movilidad a pie

Aunque no existe en la actualidad un reconocimiento explícito del derecho a caminar en el ordenamiento jurídico –ni en España ni, hasta donde me alcanza el juicio, en ningún otro país–, existen argumentos jurídicos sólidos para sustentar que podría ser construido por los propios jueces, a través de su jurisprudencia, atendiendo a alguna demanda judicial que lo reclame.

Téngase presente que con su consecución se hacen efectivos derechos fundamentales e intereses públicos previstos en la propia Constitución española. Muy especialmente, la libertad de circulación reconocida en su artículo 19. Esta conexión permitiría, incluso, que el derecho fuera amparado por el propio Tribunal Constitucional y que lo considerara uno más de los “derechos humanos”.

Pero la mejor manera de garantizar su cumplimiento sería desde el plano legislativo. Por ello, podría aprobarse una ley estatal para la movilidad a pie en España o, en su defecto, leyes autonómicas con el mismo objeto. Esta normativa, sobre la base de reconocer expresamente el derecho, forzaría a las Administraciones a elaborar políticas públicas dirigidas expresamente a posibilitar los desplazamientos a pie sustentadas sobre tres pilares fundamentales:

  • Primero, la construcción de ciudades caminables, esto es, hacer de las urbes espacios en los que los desplazamientos a pie sean no solo posibles, sino también seguros, prácticos, agradables y deseables.

  • En segundo lugar, la consagración del concepto de “vial completo”, que implica impedir que puedan construirse vías abiertas al tráfico rodado que no tengan resuelta previamente la movilidad peatonal y obliguen al peatón a caminar por la calzada. Ello debe conducir a prohibir la construcción de calles sin aceras –o sin bandas de exclusividad peatonal– y de carreteras carentes de arcenes practicables o soluciones similares.

  • Y, por último, el aseguramiento de la movilidad a pie en el medio natural, ya sea para conectar una población con otra, con fines recreativos, o bien para garantizar la visita a aquellos elementos de la naturaleza de relevancia (montes, playas, ríos, vías pecuarias, elementos patrimoniales de interés cultural, etc.), aun cuando se encuentren en propiedad privada.

La finalidad última de este cuerpo legislativo sería propiciar en la sociedad española una cultura del caminar que haga de este acto un comportamiento cotidiano en la vida de las personas.

En un mundo tan complejo como el actual, con los gravísimos problemas que las sociedades han de afrontar, podría pensarse que estas cuestiones son de menor calado. Sin embargo, la gestación de una cultura del caminar tiene un efecto transformador de alcance global pues contribuye a la construcción de comunidades más sanas, sostenibles y cohesionadas. En definitiva, una sociedad que anda es una sociedad que avanza.

The Conversation

Juan Manuel Ayllón Díaz-González no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El derecho a caminar: cómo garantizar por ley que los peatones puedan desplazarse a pie – https://theconversation.com/el-derecho-a-caminar-como-garantizar-por-ley-que-los-peatones-puedan-desplazarse-a-pie-291420

¿Se aprende mejor haciendo? Lo que dice la ciencia sobre las metodologías activas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Silvia Conde-Izquierdo, Investigadora. Especialización en Metodologías Activas, Evaluación Formativa, Conocimiento Tecnopedagógico, Formación Docente, Universidad Camilo José Cela

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Imaginemos dos aulas de primaria. En la primera, el profesor explica el ciclo del agua mientras el alumnado toma apuntes. La explicación termina y la clase continúa con el siguiente contenido.

En la segunda, la escena es muy distinta. A niños y niñas se les plantea un reto: diseñar un sistema para recoger y reutilizar el agua de lluvia en el colegio. Para conseguirlo deben investigar, calcular, debatir propuestas, construir una maqueta y defender su solución. Mientras resuelven un problema real, aprenden ciencias, matemáticas, comunicación y trabajo en equipo.

¿Qué grupo tendrá más oportunidades de comprender y utilizar lo aprendido? La investigación reciente sobre metodologías activas muestra que implicar al alumnado en tareas que requieren utilizar sus conocimientos puede favorecer el aprendizaje y el rendimiento académico.

Evidencias sobre las metodologías activas

Un solo estudio no basta para demostrar que una estrategia educativa funciona. La confianza aparece cuando investigaciones realizadas en distintos países y contextos llegan a conclusiones similares. Eso es exactamente lo que ha ocurrido con las metodologías activas.

Una revisión sistemática –un tipo de investigación que localiza, selecciona y analiza de forma rigurosa los estudios relevantes disponibles sobre una misma pregunta para obtener una visión global de la evidencia– examinó 36 investigaciones publicadas entre 2018 y 2024 sobre nueve metodologías activas.

Los resultados mostraron que estrategias como el aprendizaje cooperativo, el aprendizaje basado en proyectos y problemas, la gamificación, el aula invertida o el aprendizaje basado en indagación se asociaban con mejores resultados académicos, mayores niveles de motivación y una mayor satisfacción del alumnado en comparación con enfoques más tradicionales.

Otros estudios muestran que estos beneficios pueden observarse en distintas áreas de aprendizaje y que la incorporación de estrategias activas puede complementar la enseñanza tradicional. Además, estas estrategias pueden introducirse de forma progresiva, adaptándose a las características y necesidades de cada aula.

Otros beneficios más allá del rendimiento escolar

Pero sus beneficios van más allá del rendimiento académico. La investigación sobre metodologías activas también ha encontrado resultados favorables en aspectos como la motivación y la implicación del alumnado en su aprendizaje. Estos factores son relevantes porque aprender no consiste únicamente en obtener mejores resultados, sino también en encontrar sentido a aquello que se aprende.




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¿Cómo ponerlo en marcha?

Aunque el término metodologías activas pueda sonar técnico, la idea es sencilla: el alumnado deja de limitarse a escuchar para empezar a utilizar lo que aprende.

Imaginemos una clase de matemáticas. En lugar de resolver una serie de operaciones, la clase debe calcular el presupuesto de una excursión escolar. El alumnado compara precios, estima gastos, justifica sus cálculos y decide qué opción resulta más viable.

Lo mismo sucede en lengua y literatura. Después de leer una novela, el alumnado puede crear un pódcast donde analiza las decisiones de los personajes y defiende su interpretación utilizando evidencias del texto.




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En una clase de ciencias naturales sobre ecosistemas podemos partir de un problema cercano: averiguar por qué ha disminuido una especie de la zona y proponer medidas para protegerla a partir de los conocimientos trabajados en clase.

Y ni siquiera es necesario organizar siempre un proyecto. Tras explicar un fenómeno científico, puede bastar con plantear una situación inesperada: ¿qué ocurriría con esta planta si permaneciera varios días sin luz? A partir de ahí, el alumnado puede discutir posibles respuestas y justificar su conclusión.

El contenido no cambia; cambia la forma de aprenderlo. En lugar de limitarse a recordar información, el alumnado debe comprenderla, relacionarla con otros conocimientos y utilizarla en situaciones diferentes, dentro y fuera del aula.

Pero hay un matiz importante: las metodologías activas no eliminan las explicaciones del profesorado ni convierten todas las clases en proyectos. El docente sigue siendo quien diseña las actividades, acompaña el proceso y ayuda al alumnado a construir el conocimiento.




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¿Cómo aprovecharlas mejor?

La investigación educativa sobre pensamiento crítico en Primaria destaca la importancia de implicar al alumnado en actividades que permitan dialogar, plantearse preguntas y utilizar los conocimientos. Uno de los cambios más visibles se produce precisamente en su papel en el aula: de escuchar, recordar y reproducir contenidos a explicar, argumentar, relacionar ideas y resolver problemas.

Además, este tipo de aprendizaje ofrece oportunidades para desarrollar competencias como el pensamiento crítico, la colaboración y la resolución de problemas, especialmente cuando el alumnado debe analizar alternativas, debatirlas con otros y buscar conjuntamente una solución.

El desafío ahora es conseguir que ese conocimiento científico llegue a las aulas y a los docentes. Porque la mejor enseñanza no es la que ayuda a recordar una respuesta durante un examen, sino la que despierta la curiosidad, desarrolla el pensamiento crítico y ofrece las herramientas para seguir aprendiendo mucho después de haber abandonado el aula.

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Silvia Conde-Izquierdo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Se aprende mejor haciendo? Lo que dice la ciencia sobre las metodologías activas – https://theconversation.com/se-aprende-mejor-haciendo-lo-que-dice-la-ciencia-sobre-las-metodologias-activas-287391

La epilepsia es más común en países de bajos ingresos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Emilio Verche, Profesor de Psicobiología, Universidad Complutense de Madrid

Only_NewPhoto/Shutterstock

La epilepsia, que afecta a unos 50 millones de personas en el mundo, tiene un impacto muy importante en la salud pública: es una de las diez enfermedades neurológicas que suman un mayor número de años de vida con discapacidad.

Sin embargo, su distribución a nivel mundial es muy desigual. Según datos de la Organización Mundial de la Salud (OMS), el 80 % de los casos se encuentran en países de ingresos bajos y medios. La OMS estima que en estos países se realizan 139 diagnósticos por cada 100 000 habitantes cada año, frente a los 49 por cada 100 000 en países de ingresos altos.

En cuanto al porcentaje de población que padece la dolencia, la tasa se sitúa en 5,49 por cada 1 000 personas en países ricos, mientras que asciende a 6,68 por cada 1 000 en países con ingresos medios y bajos. Esto provoca que la mortalidad asociada a la epilepsia sea mucho mayor en estos últimos.

El desigual acceso a los tratamientos

Uno de los motivos que explican esas diferencias tiene que ver con el acceso al tratamiento. En comparación con otras enfermedades, la terapia farmacológica para el control de las crisis epilépticas es relativamente barata. Por ello, el 60-70 % de las personas afectadas en países con altos ingresos consigue evitar las crisis recurriendo solo a la medicación.

Sin embargo, esto no ocurre en el resto del mundo. Se estima que la proporción de pacientes sin tratamiento o con un tratamiento inadecuado asciende en los países con ingresos bajos o medios a entre el 50 y el 75 %, mientras que en los países económicamente más favorecidos es solo del 10 %.

Además, el problema es que las pocas personas con acceso a los fármacos a menudo no pueden seguir correctamente el tratamiento por falta en la continuidad de la disposición de los fármacos o de una correcta supervisión.

Otra de las razones que explican esta gran desigualdad es que en los países con ingresos medios y pequeños hay mayor incidencia y menos prevención de los factores de riesgo, como las infecciones que afectan al cerebro (paludismo o neurocisticercosis), problemas durante el parto o los traumatismos craneoencefálicos.

Factores que ahondan la brecha

Las causas de esta brecha en el acceso a los tratamientos y la atención sanitaria son múltiples y pueden clasificarse en dos categorías principales: factores relacionados con el sistema de salud y factores culturales.

Los primeros apuntan a una desigualdad en la distribución de los servicios públicos (mejores en las zonas urbanas que rurales), una diferencia en la calidad de la atención médica pública frente a la privada y falta de personal sanitario especializado.

Pero además del impacto clínico, la epilepsia se acompaña en muchos lugares de un estigma social, lo que puede retrasar la búsqueda de atención médica o favorecer el recurso a tratamientos no médicos (medicina alternativa, curanderos, etc.), así como obstaculizar el acceso a la educación, al empleo y a la participación social. No obstante, algunos de esos impedimentos también pueden vincularse al trastorno cerebral subyacente a la epilepsia.

La mayor parte de las veces el estigma es ejercido por otras personas. A menudo, aún se cree erróneamente que las convulsiones son contagiosas, con las consiguientes reticencias a ayudar durante las crisis. En algunas áreas, las mujeres experimentan un estigma especialmente intenso, que reduce sus oportunidades de matrimonio y aumenta su vulnerabilidad a la discriminación, el abuso físico y la violencia sexual.

Acciones para mejorar el diagnóstico y el tratamiento

Abordar esta brecha en el diagnóstico y la atención de la epilepsia implica la combinación de acciones médicas, educativas y sociales que respeten las creencias culturales, así como los recursos locales y las prioridades de cada comunidad.

Algunas de esas acciones incluyen:

  • Fomentar las formaciones básicas especializadas en sanitarios de atención primaria, promoviendo la idea de que la epilepsia es una afección tratable.

  • Fortalecer los sistemas de atención primaria, garantizando el acceso a medicamentos esenciales para tratar las crisis.

  • Desarrollar programas de prevención en entornos sanitarios y educativos para conocer la enfermedad y saber cómo actuar ante una crisis.

  • Emprender acciones centradas en la intervención contra el estigma asociado a la enfermedad.

  • Desarrollar programas educativos para los pacientes basados en el autoconocimiento y autocuidado.

No solo hace falta crear conciencia social sobre la importancia de la epilepsia, sino también generar cambios legislativos, clínicos y educativos que permitan mejorar la calidad de vida de las personas afectadas. Con este objetivo, la Internacional Bureau for Epilepsy (IBE) ha creado la guía Advocate’s Toolkit for Making Epilepsy a Priority in Africa para impulsar proyectos de incidencia política y social relacionados con la epilepsia.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. La epilepsia es más común en países de bajos ingresos – https://theconversation.com/la-epilepsia-es-mas-comun-en-paises-de-bajos-ingresos-265990

‘Sobremesa’, ‘flâner’ o ‘saudade’: la traducción no intercambia palabras sino que explica culturas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Olga Popova, Investigadora predoctoral, Universidad de Cádiz

Terrazas en el Greenwich Village de Nueva York. rblfmr/Shutterstock

La traducción suele entenderse como un simple cambio de palabras entre lenguas. No obstante, los principales desafíos surgen cuando una lengua expresa conceptos o realidades culturales sin equivalente directo en otra. ¿Cómo traducir la diferencia entre te quiero y te amo? ¿Qué ocurre con palabras como sobremesa, agobio o botellón?

Las lenguas no son sólo comunicación, sino también cultura, y la traducción humana sigue siendo esencial para su comprensión.

No es un simple intercambio de palabras

“Tú, que sabes inglés, tradúceme esta frase” o “¿cómo se dice mariscar en alemán?”. ¿Cuántas veces hemos escuchado preguntas como estas? Todas ellas surgen porque la traducción suele concebirse como algo automático, un simple intercambio entre dos códigos.

Sin embargo, esta va mucho más allá de sustituir unas palabras por otras. Su objetivo es transmitir el significado, la intención comunicativa y el contexto cultural, procurando que el resultado suene natural para quienes lo leen o escuchan. Precisamente por eso, cuando disfrutamos de una novela traducida o vemos una película doblada, rara vez pensamos en el trabajo que hay detrás. Si la traducción funciona, suele pasar desapercibida.

Traducir conlleva interpretar, conocer bien las lenguas y las culturas implicadas y, muy a menudo, saber leer entre líneas. Es una operación lingüística, pero también un acto de comunicación y una forma de mediación entre mundos diferentes.

Las lenguas: una visión del mundo

En español se dice nieve, pero en maorí hablan de huka-rere, “uno de los hijos de la lluvia y el viento”. Cada pueblo y su forma de ver el mundo son únicos, y estas particularidades encuentran un reflejo en las lenguas que hablan.

La relación entre lengua, cultura y pensamiento ha sido ampliamente estudiada desde disciplinas como la lingüística cognitiva o la antropología lingüística. Aunque existe debate sobre hasta qué punto el lenguaje condiciona nuestra forma de pensar, sí hay un amplio consenso en que las lenguas reflejan la experiencia y el contexto cultural de sus hablantes. Esta influencia no solo se aprecia al comparar idiomas diferentes, sino también dentro de una misma lengua.

Un ejemplo muy ilustrativo se encuentra en estos versos de Federico García Lorca:

En la mitad del camino cortó limones redondos,

y los fue tirando al agua hasta que la puso de oro.

Para un lector español, la imagen resulta natural. Sin embargo, para lectores de otros países de habla hispana, la escena puede resultar confusa. Mientras en España los limones suelen asociarse al color amarillo, en gran parte de América Latina son verdes. El propio Gabriel García Márquez recordó esta diferencia al descubrir, durante un viaje a Europa, que “el diccionario tenía razón” y que allí esa fruta tenía, efectivamente, ese color.

Si una misma palabra puede evocar imágenes distintas dentro de una misma lengua, las diferencias son aún más evidentes cuando intervienen lenguas y culturas distintas. Es precisamente ahí donde el traductor debe demostrar su competencia y tomar decisiones.

Si no existe la palabra: los vacíos léxicos

Uno de los principales desafíos de la traducción son los vacíos léxicos, es decir, cuando una lengua dispone de un término concreto para expresar una idea, mientras que otra necesita recurrir a varias palabras para transmitir el mismo significado.

Es el caso de los verbos madrugar y trasnochar. En muchas lenguas no existe un equivalente directo, por lo que es necesario traducirlos mediante expresiones como “levantarse temprano” o “acostarse tarde” (o “estar despierto hasta muy tarde”, según el contexto).

Algo parecido ocurre con sobremesa. En español basta una sola palabra para referirse al tiempo de conversación que sigue a una comida, mientras que en otras lenguas es necesario describir la situación.

Sin embargo, la ausencia de un equivalente léxico no significa que esas realidades no existan. En muchos idiomas no hay un término exacto equivalente a veranear, estrenar o puente, aunque sus hablantes también tengan vacaciones de verano, vistan una camiseta por primera vez o disfruten de un fin de semana largo gracias a un día festivo.

Este fenómeno no es exclusivo del español. Todas las lenguas poseen palabras que condensan significados difíciles de expresar de forma tan concisa en otros idiomas. Es el caso de flâner, en francés, que alude al paseo sin rumbo y contemplativo asociado tradicionalmente a la vida urbana parisina, o de saudade, en portugués, utilizada para expresar una mezcla de nostalgia, añoranza y afecto por algo o alguien ausente.

Ante estos vacíos léxicos, el traductor debe recurrir a distintas estrategias: explicar el concepto mediante una perífrasis, encontrar un equivalente aproximado o adaptar la expresión al contexto para transmitir el mismo significado. El objetivo no es traducir cada palabra de forma aislada, sino conseguir que el receptor de la traducción comprenda la misma idea que el receptor del texto original.

Los ‘realia’: cuando el problema es cultural

Si los vacíos léxicos plantean un desafío lingüístico, los realia suponen un reto cultural. Se trata de palabras que designan objetos, instituciones, costumbres o fenómenos propios de una comunidad y que no tienen un equivalente directo porque la realidad a la que hacen referencia no existe en otras culturas (o no existe de la misma manera).

Uno de los ejemplos más conocidos es siesta, una palabra que ha acabado incorporándose a muchas lenguas como préstamo, conservando prácticamente su forma original. Algo parecido ocurre con botellón, que no solo denomina una reunión para beber alcohol al aire libre, sino un fenómeno social muy característico. Traducir esta palabra exige algo más que encontrar un equivalnte: requiere explicar el contexto cultural que la hace comprensible.

La lista de realia es muy amplia: palabras como tapas, flamenco, patio, oposiciones o jerez remiten a realidades profundamente vinculadas a la cultura hispánica. En estos casos, los traductores suelen optar por mantener el término original (es decir, utilizar un préstamo) y acompañarlo de una explicación que permita al lector comprender su significado.

Los realia ponen de manifiesto que traducir no consiste únicamente en trasladar palabras de una lengua a otra. En muchas ocasiones, el verdadero reto es hacer comprensible una realidad cultural para quienes nunca han formado parte de ella.

Por todas estas razones, la intervención humana sigue siendo fundamental, incluso en una época en la que los traductores automáticos han alcanzado un notable nivel de precisión. El sentido del texto depende a menudo del contexto, de las intenciones del autor, de los conocimientos compartidos con el destinatario o de referencias culturales implícitas que una traducción literal difícilmente puede captar. El humano es capaz de interpretar todos estos elementos y tomar decisiones para que el texto no solo sea correcto desde el punto de vista lingüístico, sino también adecuado desde el punto de vista cultural.

En definitiva, traducir consiste en hacer posible la comprensión entre distintas maneras de ver el mundo.


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The Conversation

Olga Popova es investigadora predoctoral FPU21/04296, afiliada al Área de Lingüística General (Departamento de Filología) de la Universidad de Cádiz. Asismismo, forma parte del Instituto Universitario de Investigación en Lingüística Aplicada (ILA) y del grupo de investigación Semaínein (HUM 147). Participa en el proyecto de I+D+i PID2022-139201OB-I00, financiado por MCIN / AEI /10.13039/501100011033/ y “FEDER Una manera de hacer Europa”; y, en el proyecto ANR-19-GURE-0001, financiado por Agencia Nacional de Investigación en el marco del programa “Francia 2030″. Además, es presidenta de la Asociación de Jóvenes Lingüistas (AJL) y directora de la revista Estudios Interlingüísticos.

– ref. ‘Sobremesa’, ‘flâner’ o ‘saudade’: la traducción no intercambia palabras sino que explica culturas – https://theconversation.com/sobremesa-flaner-o-saudade-la-traduccion-no-intercambia-palabras-sino-que-explica-culturas-285770