Les influenceurs redéfinissent les médias : leçons du Kenya, du Nigeria et de l’Afrique du Sud

Source: The Conversation – in French – By Amy Ross Arguedas, Postdoctoral Researcher Fellow, Reuters Institute for the Study of Journalism, University of Oxford, University of Oxford

Les créateurs et influenceurs de l’actualité sont devenus des sources d’information de plus en plus importantes, car de plus en plus de personnes se tournent vers les réseaux sociaux et les plateformes de vidoé telles que Facebook et YouTube pour s’informer. Par « créateurs de l’actualité », nous entendons les personnes qui créent et diffusent du contenu principalement via les réseaux sociaux et les plateformes de vidéo et qui ont une certaine influence sur les débats publics autour de l’actualité et des affaires courantes.

Si les médias d’information traditionnels et les journalistes continuent de dominer l’attention sur les plateformes classiques telles que Facebook, les données de notre Digital News Report 2025 (Rapport sur l’information numérique 2025) montrent que les organes de presse sont confrontés à une concurrence croissante de la part des créateurs sur d’autres plateformes, en particulier sur les nouveaux réseaux axés sur la vidéo.

En Afrique du Sud, par exemple, les utilisateurs de Facebook, YouTube et X accordent toujours plus d’attention aux médias d’information traditionnels et aux journalistes qu’aux créateurs de contenu et aux influenceurs. Mais les médias traditionnels sont désormais éclipsés par les créateurs et les personnalités sur Instagram (59 %) et TikTok (52 %).



Ce changement n’est pas passé inaperçu. Dans certaines régions du monde, les politiciens intègrent systématiquement les créateurs de contenu dans leurs stratégies médiatiques. De grands médias d’information tels que CNN et le Washington Post ont lancé des collectifs de créateurs ou des réseaux. Ceux-ci génèrent du contenu destiné aux jeunes, adapté à chaque plateforme (consommé sur les réseaux sociaux plutôt que sur les sites d’information).

Mais à quels types de créateurs d’actualités le public prête-t-il attention ? Et en quoi leur rôle varie-t-il d’un pays à l’autre ?

Nous abordons ces questions dans notre étude publiée avec des collègues du Reuters Institute for the Study of Journalism de l’université d’Oxford. Nous dressons la carte des créateurs d’actualités et des influenceurs dans 24 pays, dont trois marchés africains : le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud.

Cette analyse nous a permis de développer une nouvelle classification des créateurs d’actualités, dans laquelle nous décrivons ce qu’ils offrent au public et l’impact que cela a sur les organes de presse. Elle nous a également permis d’identifier les pays où les influenceurs ont le plus (et le moins) d’impact, ainsi que quelques figures majeures.

Types de créateurs d’actualités

Nous avons abordé la question du point de vue du public, en utilisant les données de deux enquêtes en ligne réalisées en 2024 et 2025. Nous avons analysé les réponses à des questions ouvertes dans lesquelles nous demandions aux personnes interrogées de citer les médias et les personnalités auxquels elles prêtaient attention sur les réseaux sociaux.

Nous avons ensuite compilé les listes des 15 personnalités les plus citées dans chaque pays et classé les créateurs en fonction de leur approche de l’actualité.



Nous avons constaté que les créateurs d’actualités les plus mentionnés se concentrent sur les commentaires, beaucoup d’entre eux diffusant des messages partisans qui sont souvent plus subjectifs que les commentaires des médias traditionnels, la plupart sont de droite sur l’échiquier politique.

Un autre sous-ensemble se concentre sur l’actualité et les enquêtes. Les créateurs et les journalistes citoyens innovent parfois par leurs approches en utilisant des sources ouvertes et en abordant des questions négligées par les médias classiques.

Un autre groupe de créateurs avertis sur les réseaux sociaux se concentre sur l’analyse de l’actualité. Ils touchent souvent un public jeune que les médias traditionnels ont du mal à intéresser.

Enfin, les spécialistes, dont beaucoup ont quitté les médias traditionnels, ont tendance à approfondir des sujets de niche spécifiques via leurs chaînes YouTube, leurs podcasts ou leurs Substacks.

Nous avons également identifié quatre catégories de créateurs proches de l’actualité dont le contenu est axé sur la comédie, le divertissement informatif, les jeux vidéo ou la musique et le mode de vie, qui touchent souvent un public encore plus large et peuvent avoir un impact significatif sur les débats publics. Dans la pratique, ces catégories sont iclassables. De nombreux créateurs individuels combinent différentes approches ou changent au fil du temps.

Trois conclusions clés

1. Les créateurs ont un impact plus important dans certains pays que dans d’autres. Le public accorde davantage d’attention aux créateurs d’actualités dans les pays africains, ainsi que dans de nombreux marchés asiatiques et latino-américains et aux États-Unis. Cela s’explique en partie par une utilisation plus importante des réseaux sociaux dans l’ensemble, mais aussi par des facteurs tels que les différences culturelles, la taille du marché et la force ou la faiblesse des médias traditionnels. En revanche, les créateurs jouent un rôle moins important dans de nombreux pays d’Europe du Nord et au Japon.



2. Les créateurs d’actualités de premier plan sont généralement des hommes. Ce déséquilibre entre les sexes est évident lorsqu’on analyse les personnes les plus mentionnées sur les 24 marchés, où 85 % sont des hommes. Cela vaut également pour les pays africains : 12 des 15 personnes les plus mentionnées au Kenya, 13 des 15 au Nigeria et 14 des 15 en Afrique du Sud sont des hommes. La différence est particulièrement prononcée dans la catégorie des commentaires politiques.

3. YouTube est la plateforme la plus importante pour les créateurs. Il existe toutefois des différences selon les pays. Facebook reste une plateforme d’information importante au Kenya et en Asie. X est particulièrement important en Afrique du Sud, au Nigeria, aux États-Unis et au Japon, et reste la principale plateforme pour suivre les personnalités politiques. Instagram est largement utilisé pour les contenus politiques dans des pays comme le Brésil et est souvent le réseau de prédilection pour les contenus liés au mode de vie et à l’infodivertissement.



Conclusions sur les marchés africains

Il faut se rappeler que les données du Kenya, du Nigeria et de l’Afrique du Sud proviennent d’enquêtes en ligne. Elles sont représentatives donc de des jeunes anglophones, et non l’ensemble de la population. (Lisez les profils complets des pays ici.)

Kenya : Le Kenya dispose d’une scène créative très dynamique, mais en matière d’actualité, ce sont les présentateurs des chaînes de télévision (comme Larry Madowo de CNN et Lulu Hassan de Citizen TV) qui arrivent en tête de la liste des personnalités les plus mentionnées au Kenya.

Plusieurs créateurs indépendants tels que l’ancienne présentatrice de Tuko News Lynn Ngugi, Oga Obinna et The News Guy touchent également leur public avec des histoires personnelles, des interviews sincères et des informations de dernière minute. Les actualités people et le divertissement sont des éléments clés du marché kenyan, où Edgar Obare est connu pour ses révélations croustillantes sur les célébrités, tout comme le Nairobi Gossip Club sur Instagram.

Nigeria : Au Nigeria, les militants, les présentateurs de télévision et de radio reconnus, ainsi que les influenceurs et les comptes spécialisés dans le divertissement, occupent une place de premier plan. Si les diffuseurs restent les principales sources d’information, dans certains cas, les influenceurs et les journalistes citoyens sont désormais les premiers à révéler des informations avant les médias traditionnels.

De loin la personnalité la plus mentionnée au Nigeria, VeryDarkMan est un créateur engagé souvent filmé en tête des manifestations. D’autres militants comme Aisha Yesufu et Dan Bello sont également très mentionnés. Au-delà de la politique, des créateurs tels que Linda Ikeji et le populaire Instablog9ja sont connus pour publier des actualités sur le divertissement et les célébrités, principalement sur Instagram.

Afrique du Sud : Le nombre de créateurs d’actualités locaux dans la liste sud-africaine est plus faible que dans de nombreux autres pays. L’homme d’affaires sud-africain basé aux États-Unis Elon Musk et l’humoriste Trevor Noah occupent une place importante aux côtés de la star de TikTok Dylan Page, qui a passé une grande partie de son enfance dans le pays.

Les youtubeurs et podcasteurs internationaux tels que Joe Rogan, Candace Owens et Tucker Carlson sont également très populaires auprès des personnes interrogées. MacG, animateur du podcast le plus populaire d’Afrique du Sud, est la personne la plus citée. Il est connu pour ses interviews franches, mais également critiqué pour ses propos parfois nuisibles.

Une offre d’information fragmentée

Nos conclusions soulignent à quel point les sources d’information sont devenues confuses, fragmentées et vaguement définies, car beaucoup s’informent sur diverses plateformes.

Nous constatons qu’il existe une grande diversité de créateurs d’informations (bien que principalement masculins) qui proposent une grade diversité de contenus créatifs, attrayants et informatifs. Ceux-ci comblent parfois les vides laissés par les organes de presse et s’éloignent souvent de leurs conventions, ce qui ne permet pas toujours de les considérer comme fiables.

Leur impact tend à être plus fortement ressenti dans les pays densément peuplés où les médias traditionnels sont sous pression. Si certains complètent ou s’appuient sur les médias d’information traditionnels, ils constituent également une source de concurrence croissante, en particulier auprès des jeunes publics qui sont déjà réticents à consulter les sites web et les applications d’information.

L’évolution future de cet espace créatif dépendra en partie du rôle que joueront les plateformes dans la promotion de contenus utiles et de qualité, du développement de modèles économiques pour soutenir ces créateurs et de l’intérêt continu du public.

The Conversation

Le Digital News Report/Reuters Institute a reçu en 2025 un financement de la Google News Initiative, de BBC News, de l’Ofcom, de la Coimisiún na Meán en Irlande, de l’Autorité néerlandaise des médias (CvdM), de la Fondation finlandaise pour la recherche sur l’industrie des médias, de la Fondation Fritt Ord, de Code for Africa, de la Fondation coréenne pour la presse, d’Edelman UK, de NHK, Reuters News Agency, Ringier et YouTube, ainsi que nos sponsors universitaires du Leibniz Institute for Media Research/Hans Bredow Institute, de l’université de Navarre en Espagne, de l’université de Canberra en Australie, du Centre d’études sur les médias au Québec au Canada et de l’université de Roskilde au Danemark. La Fundación Gabo soutient la traduction du rapport en espagnol.

Le Digital News Report/Reuters Institute a reçu en 2025 un financement de la Google News Initiative, de BBC News, de l’Ofcom, de la Coimisiún na Meán en Irlande, de l’Autorité néerlandaise des médias (CvdM), de la Fondation finlandaise pour la recherche sur l’industrie des médias, de la Fondation Fritt Ord, de Code for Africa, de la Fondation coréenne pour la presse, d’Edelman UK, de NHK, Reuters News Agency, Ringier et YouTube, ainsi que nos sponsors universitaires du Leibniz Institute for Media Research/Hans Bredow Institute, de l’université de Navarre en Espagne, de l’université de Canberra en Australie, du Centre d’études sur les médias au Québec au Canada et de l’université de Roskilde au Danemark. La Fundación Gabo soutient la traduction du rapport en espagnol. Il est membre du comité consultatif du Science Media Centre (SMC) au Royaume-Uni.

ref. Les influenceurs redéfinissent les médias : leçons du Kenya, du Nigeria et de l’Afrique du Sud – https://theconversation.com/les-influenceurs-redefinissent-les-medias-lecons-du-kenya-du-nigeria-et-de-lafrique-du-sud-271134

Congés payés : la France doit se mettre en règle avec l’UE, quelle conséquences pour les salariés ?

Source: The Conversation – in French – By Michel Miné, Professeur du Cnam, titulaire de la chaire Droit du travail et droits de la personne, Lise/Cnam/Cnrs, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

Le droit de l’Union européenne oblige la France à revoir la façon dont elle considérait les congés payés jusqu’alors. Cela comporte des implications dans au moins trois domaines et conduira notamment à revenir sur une législation héritée du régime de Vichy.


Le droit international des droits de l’homme (Convention de l’Organisation internationale du travail n° 132 et Pacte de l’ONU de 1966, Charte sociale européenne) et le droit de l’Union européenne (Charte des droits fondamentaux) consacrent le droit aux congés payés comme un droit fondamental de la personne du travailleur. L’adjectif « fondamental » doit être pris au sérieux dans cette formulation.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) met en œuvre cette conception dans son interprétation de la directive du 4 novembre 2003 qui « fixe des prescriptions minimales de sécurité et de santé en matière d’aménagement du temps de travail ». Pour la Cour, « le droit au congé annuel payé de chaque travailleur doit être considéré comme un principe du droit social communautaire revêtant une importance particulière, auquel il ne saurait être dérogé » et « le travailleur doit normalement pouvoir bénéficier d’un repos effectif, dans un souci de protection efficace de sa sécurité et de sa santé ».

Sa jurisprudence, avec plus de 30 décisions portant sur les congés payés, permet des progrès de ce droit dans les différents États membres.

Cependant, l’intégration de ces progrès dans le droit français s’avère particulièrement lente du fait de l’inaction, voire du refus, des gouvernements successifs, pour en faire bénéficier les salariés. La loi Valls-El Khomri du 8 août 2016, qui a transformé l’architecture du droit du temps de travail constitue une illustration emblématique de ce refus.

Dans ce contexte, les juridictions nationales, dans le cadre du dialogue des juges, assurent la mise en œuvre de la jurisprudence européenne.

Mauvaise transposition

Les arrêts récents fortement médiatisés s’inscrivent dans une histoire qui a commencé au début de ce siècle. Ainsi, à titre d’illustration, ce sont des arrêts européens qui sont à l’origine de modification de la législation sur de nombreux points : l’acquisition de congés sans une période minimale de travail (CJUE 26 juin 2001), le congé maternité et les congés payés se cumulant sans se confondre (CJCE 18 mars 2004), etc.




À lire aussi :
Quand l’Union européenne améliore les droits sociaux : le cas des congés payés et de la maladie


Constatant dans certains États, dont la France, la mauvaise transposition du droit européen sur les congés payés, la Cour s’est fondée sur la Charte pour en imposer l’application (CJUE 6 novembre 2018, C-570/16 et C‑684/16). En cas d’impossibilité d’interpréter une législation nationale en conformité avec le droit européen, la juridiction nationale doit laisser la législation nationale inappliquée. La diffusion du droit européen via la jurisprudence nationale s’est alors intensifiée.

Ainsi en est-il du droit d’acquérir des congés payés pendant un arrêt de travail pour maladie. Selon la Cour de justice, la finalité du droit au congé annuel payé est, d’une part, de « permettre au travailleur de se reposer » et, d’autre part, de « disposer d’une période de détente et de loisirs ».

« La Charte des droits sociaux fondamentaux érige le droit à une période annuelle de congé payé en droit de l’homme reconnu à toute personne. »

Congés payés et arrêt maladie

Ainsi, le travailleur en sa qualité de travailleur a droit à une période de congés payés. Le droit à congés n’est pas subordonné à une prestation de travail préalable et un arrêt de travail pour maladie est sans incidence sur l’acquisition des droits à congés (arrêt rendu en grande chambre, 20 janvier 2009, C-350/06 et C-520/06).

Ce faisant la Cour pose une règle comparable à celle du Front populaire (loi du 20 juin 1936 et décret du 1er août 1936) considérant que le travailleur avait droit à la totalité de ses congés payés y compris en cas d’arrêt maladie.

En réaction à cette législation, le régime de Vichy avait subordonné le droit aux congés payés à un temps de « travail effectif » (décret du 13 avril 1940, loi du 31 juillet 1942). Cette législation a perduré jusqu’en 2024.

Pourtant, après la décision de la Cour de justice de 2009, la Cour de cassation, chaque année, à partir de 2013, demandait aux gouvernements successifs la mise en conformité du code du travail avec le droit européen. Sans succès.

Après plusieurs arrêts (Cour administrative d’appel de Versailles, du 17 juillet 2023, condamnation de la France pour non-transposition de la directive ; Cassation sociale, 13 septembre 2023, quatre arrêts), la loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 prévoit la mise en conformité du droit français.

Mise en conformité partielle

Cependant, cette mise en conformité du droit national avec le droit européen demeure partielle. La discrimination persiste au regard de l’état de santé. Le salarié ayant subi un arrêt maladie ne trouvant pas (officiellement) sa cause dans sa situation de travail acquiert seulement deux jours de congés par mois, quand le salarié en arrêt de travail pour maladie professionnelle ou accident du travail ou sans arrêt acquiert deux jours et demi par mois. Des accords collectifs de branche et d’entreprise peuvent bien entendu mettre fin à cette discrimination.

La loi limite fortement les effets de la solution jurisprudentielle, notamment au regard de la rétroactivité, à la demande d’organisations patronales, ce qui a pour effet de complexifier le droit applicable en particulier en imposant des doubles compteurs de mesure du temps.

Ainsi, la jurisprudence européenne (depuis l’arrêt de 2009) et la jurisprudence nationale (depuis les arrêts de 2023) renouent avec les textes fondateurs de 1936 et la conception originelle des congés payés.

Le droit au report des jours de congés en cas de maladie pendant les congés payés est un second exemple. Selon la CJUE, « un travailleur qui est en congé de maladie durant une période de congé annuel fixée au préalable a le droit, à sa demande, et afin qu’il puisse bénéficier effectivement de son congé annuel, de prendre celui-ci à une autre époque que celle coïncidant avec la période de congé de maladie » (CJCE 10 septembre 2009, C‑277/08 ; CJUE 21 juin 2012, ANGED). Les congés payés et l’arrêt maladie ayant deux finalités différentes ne peuvent se confondre.

Mise en demeure de la France

Le Code du travail n’ayant pas été mis en conformité, la France a reçu, le 18 juin 2025, une lettre de mise en demeure de la Commission pour manquement aux règles de l’UE sur le temps de travail.

En application du droit européen, pour la Cour de cassation il convient de juger désormais que « le salarié en situation d’arrêt de travail pour cause de maladie survenue durant la période de congé annuel payé a le droit de bénéficier ultérieurement des jours de congé payé coïncidant avec la période d’arrêt de travail pour maladie » (Cassation sociale 10 septembre 2025, n° J 23-22.732).

Pour en bénéficier, le salarié doit avoir notifié un arrêt de travail pour maladie à l’employeur. Des questions pratiques se posent : cette règle est applicable aux cinq semaines de congés ; le régime du report restant à préciser.

Calcul des majorations des heures supplémentaires

Un autre exemple de la façon dont la diffusion du droit européen via la jurisprudence nationale s’est alors intensifiée concerne le droit au bénéfice des majorations pour heures supplémentaires. Selon le droit européen (CJUE 13 janvier 2022, C-514/20), afin de déterminer si le seuil des heures travaillées donnant droit à majoration pour heures supplémentaires est atteint, les heures correspondant à la période de congé annuel payé pris par le travailleur sont prises en compte en tant qu’heures de travail accomplies.

En application de cette règle, pour la Cour de cassation, l’assiette de calcul hebdomadaire des heures supplémentaires doit intégrer les périodes de congés payés. Les jours de congés payés, au cours d’une semaine, sont désormais pris en compte pour le calcul de la durée du travail lorsque le temps de travail est décompté à la semaine.

Public Sénat 2025.

Le salarié a alors droit à des majorations pour heures supplémentaires en cas de dépassement de la durée légale de 35 heures hebdomadaires (Cassation sociale 10 septembre 2025, n° 23-22.732).

La disposition contraire du Code du travail (article L. 3121-28), qui subordonne à l’accomplissement de plus de 35 heures hebdomadaires de « travail effectif » le déclenchement des majorations pour heures supplémentaires, est écartée. Des questions pratiques se posent : cette règle est applicable aux cinq semaines de congés et aux heures complémentaires des salariés à temps partiel (à défaut, une discrimination indirecte serait imposée aux salariés à temps partiel, en majorité des femmes).

La jurisprudence européenne apporte encore bien d’autres précisions en matière de congés payés. Ainsi, en cas d’arrêt maladie en cours d’année, si le travailleur a subi une baisse de ses revenus (indemnités/rémunération), il a droit lors de la prise de ses congés payés à l’intégralité de l’indemnité de congés payés, sans réduction, calculée comme s’il avait travaillé pendant toute la période de référence (CJUE 9 décembre 2021, C‑217/20).

Ce sujet des congés payés est emblématique des nombreux apports du droit européen du travail au droit national. Le droit du travail grâce à la jurisprudence nationale est progressivement mis en harmonie avec le droit européen, assurant aux salariés le bénéfice de leurs droits et aux employeurs la sécurité juridique.

The Conversation

Michel Miné est membre du RACSE (Réseau Académique de la Charte sociale européenne)

ref. Congés payés : la France doit se mettre en règle avec l’UE, quelle conséquences pour les salariés ? – https://theconversation.com/conges-payes-la-france-doit-se-mettre-en-regle-avec-lue-quelle-consequences-pour-les-salaries-269978

AFM-Téléthon : comment les patients et leurs proches ont révolutionné la recherche médicale

Source: The Conversation – in French – By Marie-Georges Fayn, Chercheuse associée, Université de Tours

Le Téléthon 2025 se tiendra les 5 et 6 décembre 2025. Née grâce à la détermination de parents d’enfants atteints de myopathie, l’association a su transformer l’épreuve de la maladie en une force génératrice d’entraide, de progrès scientifique et d’innovation sociale. Retour sur les raisons de ce succès, à la lumière des théories de l’empowerment.


Lorsqu’est créée, en 1958, l’Association française pour la myopathie (AFM), scientifiques et médecins n’ont que très peu de connaissances sur la maladie. Soutenue par une poignée de parents de patients, sa fondatrice Yolaine de Kepper, elle-même mère de quatre enfants atteints de myopathie de Duchenne, n’accepte pas la fatalité.

Elle décide de créer une structure pour faire connaître (et reconnaître) cette maladie, avec l’ambition de parvenir un jour à guérir les malades, dont la majorité mourait avant d’atteindre l’âge adulte. Les statuts initialement enregistrés au Journal officiel précisaient alors que l’objet de l’AFM était « [le] recensement des myopathes en France et en Belgique, [l’]obtention pour les malades atteints de myopathie des avantages du régime “longue durée” ; [la] création d’un centre spécialisé social et médical ».

Un peu moins de soixante-dix ans plus tard, devenue Association française contre les myopathies puis AFM-Téléthon, cette structure est une actrice incontournable de la recherche biomédicale, dont l’influence et l’expertise s’étendent bien au-delà de son périmètre initial.

L’analyse croisée des rapports institutionnels de l’association ainsi que de publications scientifiques ou issues de la société civile permet de mieux comprendre comment ce succès s’est construit, grâce à l’empowerment collectif.

De la révolte des familles à la naissance d’un mouvement

Sur son site Internet,l’AFM-Téléthon revendique un réseau de 68 délégations s’appuyant sur plus de 850 bénévoles afin d’accompagner quotidiennement les malades et leurs proches.

Le refus de la fatalité, la solidarité, la quête de solutions sont les valeurs fondatrices de ce collectif. En devenant membres de l’AFM, les parents sortent de leur isolement, s’entraident et mutualisent leurs expériences. Au fil du temps les réunions informelles se sont structurées ; l’association dispose aujourd’hui d’importants moyens d’accueil et d’information : groupes de paroles, lignes d’écoute, forums…

Le rapprochement de familles confrontées aux mêmes maux a permis de faire émerger une prise de conscience, une identité partagée, des liens de solidarité, un savoir et un pouvoir collectifs offrant une illustration concrète de l’empowerment communautaire. Ce terme d’empowerment est difficile à traduire en français, car il n’existe pas réellement d’équivalent capable de restituer à la fois sa dimension individuelle et sa dynamique collective, évolutive et transformative (même si des essais ont été tentés, tels qu’« empouvoirement », « pouvoir d’agir » ou « encapacitation », notamment).

Quand les patients deviennent partenaires de la recherche

Au début des années 1980, l’AFM réalise qu’aider ne suffit pas : il faut chercher à guérir. En 1981, elle crée son premier conseil scientifique, posant les bases d’une alliance entre familles, chercheurs et médecins. En 1982, sous la présidence de Bernard Barataud, elle adopte une devise ambitieuse, « Refuser, résister, guérir ».

Mais pour atteindre cet objectif, l’association a besoin d’argent, de beaucoup d’argent. En 1987, inspirée par le Jerry Lewis Show, l’AFM lance le Téléthon avec France 2. Un marathon de trente heures d’émission en direct qui mobilisent tout un pays : 180 millions de francs (soit l’équivalent de 27 millions d’euros) sont collectés dès la première édition. C’est un tournant historique – la société civile devient co-actrice de la recherche médicale.

L’association investit dans des laboratoires et des instituts (voir tableau plus bas) et les découvertes scientifiques majeures s’enchaînent :

Dans son rapport annuel et financier 2024, l’association revendique plus de 40 essais cliniques en cours ou en préparation pour 33 maladies différentes (muscle, peau, cœur, vision, foie…).

Ce contexte a permis à Laurence Tiennot-Herment, présidente de l’AFM, de déclarer lors du Téléthon 2024 :

« Aujourd’hui, nous avons des résultats concrets. C’est une révolution médicale collective. »

L’accompagnement au plus près des familles

Parallèlement au progrès scientifique, l’association poursuit sa mobilisation en faveur du soutien aux malades dans leur vie quotidienne en concevant un maillage au plus près des familles. L’AFM-Téléthon se prévaut de 120 référents parcours de santé qui interviennent non seulement à domicile, mais aussi à l’école et en entreprise, afin d’accompagner chaque étape du parcours de vie : diagnostic, scolarisation, emploi, démarches administratives.

Vecteurs d’empowerment individuel, ces professionnels favorisent l’expression des besoins, la prise d’autonomie et la construction de projets de vie adaptés à chaque situation. Leur accompagnement sur mesure aide les personnes à faire valoir leurs droits, à renforcer leur capacité d’agir et à devenir acteurs de leur parcours.

Ces dispositifs placent les personnes concernées au cœur des décisions qui les affectent. Des groupes d’intérêt par pathologie sont aussi constitués (Myopathies de Duchenne et de Becker, Amyotrophies spinales, Myasthénie, Dystrophie myotonique de Steinert, Dystrophie facio-scapulo-humérale, Maladies neuromusculaires non diagnostiquées, Myopathies inflammatoires, Myopathies des ceintures). Ils réunissent des personnes ayant développé une expertise approfondie de leur maladie. Ensemble, ils mobilisent leur intelligence collective pour co-produire des connaissances et développer les filières de santé ainsi que la recherche.

Mobilisant son énergie et ses ressources autour de deux stratégies complémentaires, l’AFM-Téléthon inscrit donc ses actions dans un empowerment collaboratif d’envergure : un axe scientifique, associant les familles à la production de connaissances fondamentales et au développement de programmes expérimentaux, et un axe social, fondé sur l’accompagnent à l’autonomie avec la co-conception de services (ouverture d’une ligne téléphonique « accueil familles » – 0 800 35 36 37 – accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, création de lieux de répit) et de dispositifs de soutien en proximité (visites à domicile par les référents de parcours santé cités précédemment, cellule d’aide psychologique durant la pandémie).

De la science à la société

L’AFM-Téléthon porte une vision ambitieuse et volontariste de la santé. Ses plaidoyers inspirent les plans nationaux sur les maladies rares et promeuvent une recherche simplifiée, mieux financée et tournée vers l’innovation.

Ainsi, le programme de dépistage néonatal comprend désormais celui de l’amyotrophie spinale infantile (SMA) chez les nouveau-nés. Il s’agit d’une extension nationale du projet Depisma porté par l’AFM-Téléthon (le projet Depisma, projet-pilote de dépistage génétique à la naissance a été déployé par l’AFM-Téléthon dans les régions Nouvelle-Aquitaine et Grand-Est ; lancé en janvier 2023, il a permis de dépister la maladie sur quatre bébés et de la traiter).

Mais son influence dépasse largement le champ sanitaire : ses trente heures d’antenne et les milliers d’événements organisés dans plus de 15 000 communes ne sont pas seulement des temps de collecte : ils constituent un levier de transformation sociale. En offrant une tribune aux malades et à leurs proches, l’association a rendu visibles celles et ceux que la société tenait à distance.

L’association s’inscrit dans une tradition d’action axée sur la solidarité, l’accompagnement des familles et le soutien à la recherche, écartant toute prise de position partisane. Cette orientation stratégique lui permet de concentrer ses ressources sur son obligation de résultat (sauver la vie des enfants).

Par ailleurs, elle met son expertise scientifique et organisationnelle au service d’autres associations, notamment pour le développement de biomarqueurs, la structuration des filières ou la réponse à des appels d’offres. L’exemple de l’AFM-Téléthon illustre la manière dont un acteur majeur peut contribuer à renforcer un empowerment collectif, sans nécessairement investir le registre politique au sens strict comme ont choisi de le faire d’autres mouvements.


L’empowerment des patients. La révolution douce en santé, Presses de l’EHESP, octobre 2025.
DR

Pour approfondir :

The Conversation

Marie-Georges Fayn ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. AFM-Téléthon : comment les patients et leurs proches ont révolutionné la recherche médicale – https://theconversation.com/afm-telethon-comment-les-patients-et-leurs-proches-ont-revolutionne-la-recherche-medicale-268463

Pops Mohamed mixed old and new to reinvent South African music

Source: The Conversation – Africa – By Gwen Ansell, Associate of the Gordon Institute for Business Science, University of Pretoria

Ismail Mohamed-Jan – better known by South African jazz fans as Pops Mohamed – has passed away at the age of 75. His life in music represented a struggle against narrow, oppressive definitions – of race, instrumental appropriateness and musical genre.

A few days before his death, a remastered version of his 2006 album Kalamazoo, Vol. 5 (A Dedication to Sipho Gumede) had been released on digital platforms ahead of an official launch.

Mohamed was born on 10 December 1949 in the working-class gold-mining town of Benoni in South Africa. By his mid-teens, the Group Areas Act – which divided urban areas into racially segregated zones during apartheid – had forced his family to move to Reiger Park (then called Stertonville).

The suburb was allocated to residents of mixed heritage: Mohamed’s father had Indian and Portuguese ancestry; his mother, Xhosa and Khoisan forebears.

Influences

Significantly for his musical development, Reiger Park was a stone’s throw from the Black residential area of Vosloorus and the remnants of the historic informal settlement of Kalamazoo, where people of all racial classifications had lived side by side. He told me in a radio interview about travelling in the area with his father:

I used to witness migrant workers from the East Rand Property Mines coming with traditional instruments to the shebeens (taverns) and playing their mbiras (thumb pianos) and their mouth bows … and at the same time you’d have jazz musicians playing Count Basie stuff on an old out-of-tune piano … and these traditional guys would be joining in, jamming on their instruments.

At home, Mohamed’s family played music from LM Radio – which defied apartheid by broadcasting from Mozambique – and Springbok Radio – the first commercial station in South Africa, owned by the state (“I got attracted to Cliff Richard and the Shadows”).

As he became more interested in music, but still at high school, he’d take trips to central Johannesburg, to Dorkay House and the Bantu Men’s Social Centre, both famous as cultural centres for Black artists and thinkers. There he found his first guitar teacher, whose name he remembered as Gilbert Strauss. He heard legends like saxophonist Kippie Moeketsi rehearsing.

His first teenage band was Les Valiants (The Valiants). And by the early 1970s he was with The Dynamics, influenced by the assertive Soweto Soul sound of groups such as The Cannibals and The Beaters (later Harari).

Partly to pay school fees and partly out of a sense of adventure, those teenage bands sometimes played in white clubs, enduring the bureaucracy of special permits and sometimes playing behind a curtain while white men mimed out front. Apartheid laws prohibited venues from allowing racial mixing.

Something musically very interesting, he suggested, was emerging at that time from “how we copied the Americans and couldn’t get it quite right”. He was teaching himself to play a Yamaha keyboard with a ‘disco’ pre-set, falling in love with the sounds of Timmy Thomas and Marvin Gaye. “But then I was also influenced by Kippie Moeketsi and those melodies”.

Challenging boundaries

Introduced by As-Shams label founder Rashid Vally to reedman Basil Manenberg Coetzee, and together with an old Dorkay House friend, bassist Sipho Gumede, that eclectic mix went down on record as the first album by the band Black Disco, which produced the popular hit Dark Clouds.

Mohamed wasn’t yet confident to call himself a jazzman, but:

Sipho and Basil told me: just play what your heart is telling you. They were my mentors.

The success of Dark Clouds led to a second album, this time with drummer Peter Morake, called Black Discovery/Night Express – until the officious white minority apartheid censors blue-pencilled the first two words.

And after that the Black Disco band, with shifting personnel, was very much in demand at more upmarket clubs in the coloured townships.

Already the music was challenging boundaries:

We were bridging between a Jo’burg and a Cape Town feel – but still keeping the funk alive … But it was always very important for us not to stay inside the classification.

He explained:

The regime divided us – people classified coloured (mixed race) had identity documents; Black people had the dompas (pass book). We didn’t accept that separation. Black Disco was our way of saying: we are with you.

With work precarious and earnings uncertain, Mohamed played across genres and in multiple bands. Playing pop covers with his band Children’s Society did not satisfy him, but it provided some income. And he scored an even more substantial hit with them in 1975 with the original song I’m A Married Man.

It had been Black Disco that established the politics of his music. And in the shadow of the anti-apartheid 1976 Soweto uprising, with drummer Monty Weber, he established the project Movement in the City – a name he said was code for fighting the system.

Traditional sounds

He began exploring traditional instruments too, fearing that this heritage would be taken away.

So he mastered various mouth-bows and whistles, berimbau, didgeridoo, a range of percussion and the Senegambian kora, a stringed instrument with a long neck. On the kora, his style was unique, combining West African motifs, South African idioms and his personal, plaintive, tuneful melodies. It became his favourite instrument, “telling me more about what’s happening in myself … about who I am”.

Mohamed had a prolific and diverse recording career from that time on, producing more than 20 albums. Five of them, titled Kalamazoo, revisited Khoisan and African jazz tunes. He established a close relationship with individual Indigenous Khoisan musicians, healers and their communities, taking frequent trips to visit and play music with them in the Kalahari Desert.

With former Earth Wind and Fire trumpeter Bruce Cassidy he recorded the duo set Timeless. He also toured Europe with the London Sound Collective and voice artist Zena Edwards. Sampling, he said to me, was “a nice way of educating young people about traditional sounds”.

He established a partnership with steelpan player and multi-instrumentalist Dave Reynolds: “We’re both committed to a South African musical identity,” Reynolds says, “and we both play instruments that we weren’t born to – Trinidadian pans and Senegambian kora – but were rather called to.”

Mohamed’s final video.

In late 2021, Mohamed was hospitalised, and his convalescence left him struggling to work for a period. He continued working. His most recent release, Kalamazoo 5, used digital remastering to extend the sound palette of earlier work.

It showed how, never content to stay within anybody else’s boxes, he held on to his mission of “taking the old and mixing it with the new. We’re not destroying the music: we’re giving it a way to live on.” Through his recordings, it will.

The Conversation

Gwen Ansell does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Pops Mohamed mixed old and new to reinvent South African music – https://theconversation.com/pops-mohamed-mixed-old-and-new-to-reinvent-south-african-music-175710

Fairness for whom? The impact of Alberta’s trans-exclusionary sports law

Source: The Conversation – Canada – By Gio Dolcecore, Assistant Professor, Social Work, Mount Royal University

Alberta’s Fairness and Safety in Sport Act promises protection. We believe that it discriminates and decides who gets to belong in sport.

The act, which received royal assent in December 2024 and came into effect on Sept. 1, 2025, requires organizations like school divisions, post-secondary institutions and provincial sport bodies to create and implement policies for athlete eligibility, including limiting eligibility for female-only divisions to people assigned female at birth.

While framed by the province’s United Conservative Party government as a measure to protect competition and ensure athletes “are able to participate in the sports they love fairly, safely, and meaningfully,” the act bans transgender girls aged 12 years and older from participating in competitive sports for women.

As there is no consistent or conclusive scientific evidence to show that transgender athletes have an inherent advantage, the act appears to be part of an organized anti-trans backlash occurring across the country, and a broader targeting of transgender and gender-nonconforming athletes internationally.

Far from just a local or niche issue, the implementation of this act exposes inconsistencies in sport policy and raises urgent questions about how anti-trans politics are shaping access to sport.

The impact on youth

The Fairness and Safety in Sport Act empowers just about anyone to file a complaint related to an organizations’ eligibility determinations. Incidents like one in British Columbia in 2023
a man attending a girls’ track and field meet demanded that a nine-year-old cisgender girl with a pixie cut prove she was not a boy through documentation — demonstrate the impact of this type of gender policing.

The consequences fall on transgender and gender non-conforming youth. For them, being banned from participation brings not only the loss of athletic opportunities, but also heightened experiences of exclusion and stigma.

Teammates and coaches must also navigate fractured team dynamics and a school-based athletic culture that risks becoming less about belonging and more about surveillance. The policy undermines the very developmental and educational values that sport is meant to cultivate.

It also places heavy and often invisible demands on the people who support these children. Parents and caregivers are left to shoulder the emotional work of helping their children process the psychological repercussions of exclusion in ways that surpass the normal responsibilities of parenting.

Research consistently shows that parents of transgender and gender-diverse children face significantly elevated levels of stress compared to parents of non-transgender children. This is largely due to the chronic strain of stigma, discrimination and navigating hostile environments along with the emotional labour of advocating within schools, health care and peer groups.

The impact on society

The act also has implications for varsity athletics and broader sporting cultures at post-secondary institutions.

Universities across the province have been forced to create new internal policies and procedures to align with the act, which place incoming and existing athletes participating in women’s varsity sport under increased scrutiny.

An inconsistency emerges when Alberta athletes step onto fields, rinks and courts outside the province.

Since the national institution for post-secondary sport in Canada (U Sport) still allows transgender athletes to compete according to their gender identity, Alberta now risks excluding its own youth while requiring them to compete under different eligibility standards when facing athletes from other provinces.

In addition, implementing this act will eventually create financial strain for organizations. Administering exclusionary rules requires new systems of eligibility verification, monitoring and appeals — an administrative burden that smaller leagues in particular are ill-equipped to manage.

A 2024 statement by the Alberta 2SLGBTQI+ Chamber of Commerce even urged the government to reject this trans-exclusionary legislation on the basis that it would also reduce Alberta’s market share of tourism and 2SLGBTQI+ travel revenue.

Resistance is necessary

Public response so far to the Fairness and Safety in Sport Act has been mixed.

Since it’s provincial law, school districts and universities have complied, creating internal policies and processes to fulfil the requirements of the act even while its trans-exclusionary nature runs counter to many of their values and commitments to equity, diversity and inclusion.

Some, however, have taken action. One University of Lethbridge faculty member, for example, resigned from the Board of Governors after it was forced to accept the new act.

Egale Canada, a national 2SLGBTQI organization — which, along with Calgary-based non-profit support organization Skipping Stone — has launched legal action against the Alberta government, challenging the constitutionality of the province’s anti-trans laws, and released a statement condemning the Fairness and Safety in Sport Act.

On Nov. 17, the Alberta government tabled legislation that seeks to invoke the notwithstanding clause of the Charter of Rights and Freedoms to insulate its laws from legal challenges. Using the clause would prevent courts from striking down laws for being unconstitutional, and in this context specifically, overrides the Charter rights of gender-diverse people.

This action has spurred widespread condemnation, including from the Canadian Civil Liberties Association and the Alberta Medical Association. Albertans are also making their views heard through MLA recall petitions and public protests.

The human toll of the Fairness and Safety in Sport Act must be recognized and challenged. When people refuse to accept exclusion and the overriding of basic human rights in sport, it can become a space for play, belonging and personal growth.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Fairness for whom? The impact of Alberta’s trans-exclusionary sports law – https://theconversation.com/fairness-for-whom-the-impact-of-albertas-trans-exclusionary-sports-law-265565

Pete Hegseth could be investigated for illegal orders by 5 different bodies – but none are likely to lead to charges

Source: The Conversation – USA – By Joshua Kastenberg, Professor of Law, University of New Mexico

Defense Secretary Pete Hegseth attends a cabinet meeting with President Donald Trump at the White House in Washington, DC on December 2, 2025. Carolyn Van Houten/The Washington Post via Getty Images

News reports about a U.S. military attack on a boat in the Caribbean allegedly carrying drugs have raised critical questions about the military campaign against drug smugglers being carried out by the Trump administration in that region.

Among them: whether Secretary of Defense Pete Hegseth or others face criminal liability for any of the attacks. Those attacks killed people alleged to have been involved in illegal narcotics trafficking.

Congressional investigations have begun into allegations that a Sept. 2, 2025, follow-up attack on two survivors of an earlier attack was illegal and ordered by Hegseth. Some legal scholars have cited violations of international and United States criminal law that could come into play.

But as a military law scholar who spent 20 years as a lawyer and judge in the U.S. Air Force, I know that there aren’t enough facts known yet to determine who is responsible for what. There are five investigative mechanisms that could be used to determine the facts and whether there is criminal liability on the part of both senior civilian officials and military members involved in the now extensively reported second strike on the suspected drug boat that resulted in the deaths of civilians.

There are two caveats to this analysis. The first is that the Constitution says a person is to be presumed innocent before being proved guilty. The second is that the story from the White House and the Pentagon has changed over time.

A man in a dark blue military uniform walks among a number of men in suits.
Navy Adm. Frank Bradley, center, arrives for a closed-door classified meeting with lawmakers on Capitol Hill on Dec. 4, 2025.
Andrew Harnik/Getty Images

Congressional committees investigate

The first investigative mechanism is the Congress itself.

The House of Representatives and the Senate each have an armed services committee and a foreign relations or foreign affairs committee. In theory, any of these committees can place people under oath and have them testify, as well as issue subpoenas to obtain information.

This concept isn’t new.

Multiple committees examined the country’s lack of preparedness preceding the Japanese attack on Pearl Harbor and other military installations in 1941.

Almost every month during the Vietnam War, one or more of these committees investigated military matters, including one of the most notorious war crimes in U.S. history. In 1968, Army Lt. William Laws Calley commanded a platoon of soldiers who murdered close to 500 villagers in My Lai, including children and the elderly, none of whom posed a threat and none of whom were lawful targets.

But congressional investigations can be highly political. Even during the My Lai investigation, at least one member of the House, Mendel Rivers, a South Carolina Democrat who was at that time chairman of the Committee on Armed Services, attempted to shield officers in the chain of command. There is little reason to believe that a current investigation, conducted by a dramatically polarized Congress, will be free of partisan politics.

Attorney general investigates

A second means of investigating is for the U.S. attorney general to preliminarily conclude that crimes have been committed and to convene a grand jury to investigate. A federal grand jury is a constitutional body consisting of ordinary adult citizens. Its operations are governed by the Federal Rules of Criminal Procedure, and its role is to investigate whether there is probable cause to determine that a person has violated the criminal laws.

A federal statute prohibits murder. As far back as 1820, if not before, federal grand juries have investigated the crime of “murder on the high seas.”

No member of the president’s administration is immune from the criminal laws of the country, with the exception of the president himself when he has acted in the capacity of president or commander in chief. The Supreme Court in 2024 determined that the president is mostly immune from prosecution under criminal law.

But I believe this type of investigation is unlikely. That’s because members of the administration have argued that their actions were legal and that the men killed in the second strike were continuing in their mission and posed a threat.

Moreover, the attorney general is supposed to act in an independent capacity from the White House. But Trump’s attorney general, Pam Bondi, has demonstrated her loyalty to the president and his agenda in many instances.

Another consideration is that federal agency heads who rely on their attorneys in good faith are presumed to be immune from the law. This may be why Hegseth has stated that lawyers had advised the mission’s commanders.

Congress and the AG work a case

It is possible that during a congressional investigation one or more witnesses will be accused of lying under oath or accused of contempt.

Congress has the authority to hold individuals in contempt and fine and sentence them, but this is rare. Usually, Congress forwards the claim to the attorney general. Contempt of Congress is a federal misdemeanor offense, meaning a person cannot be sentenced to more than a year. Again, I believe it is unlikely that the attorney general would pursue a contempt charge in a federal court from these events.

Inspector general investigates

The Department of Defense’s inspector general can investigate allegations of wrongdoing in the department, and this includes the secretary. In the past, inspectors general have discovered criminal activity, written a publicly releasable report, and then a senior official was prosecuted.

In 2003, the Department of Defense investigated Darleen Druyun, a senior contracting official, for wrongly steering multimillion-dollar contracts to Boeing. The investigative report resulted in criminal charges from the Justice Department, and Druyun was found guilty in a criminal trial. Boeing officials also left the company, and the company was fined.

The military can investigate its civilian members but cannot prosecute them. The Uniform Code of Military Justice does not apply to civilians. That includes the president and secretary of defense, even though they are at the pinnacle of the chain of command.

International courts investigate

Finally, an investigation could be mounted through international law as enforced by courts outside of the United States.

Superpowers such as the United States and Russia often get a free pass from international law enforcement. In 1986, the International Court of Justice – a body partly created by the United States – ruled that the United States under the Reagan administration violated Nicaragua’s sovereignty during its civil war.

The Reagan administration’s response was that because other nations had disregarded the court, so too would the United States. No American official was ever held to account for the mining of Nicaragua’s main port or for the arming of rebels that led to the deaths of Nicaraguans.

It’s not clear which, if any, of these mechanisms will be used to hold accountable those who ordered and carried out the September 2025 operation in the Caribbean that killed two survivors of an earlier attack. What is clear is that the methods exist to find the facts – and make judgments based on them.

The Conversation

Joshua Kastenberg does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Pete Hegseth could be investigated for illegal orders by 5 different bodies – but none are likely to lead to charges – https://theconversation.com/pete-hegseth-could-be-investigated-for-illegal-orders-by-5-different-bodies-but-none-are-likely-to-lead-to-charges-271284

Elecciones en Honduras: el empate técnico y la demora del recuento elevan la tensión política y social

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mariana Ramos Algarra, Asesora de procesos académicos de la Especialización en Derechos Humanos, Derecho Internacional Humanitario y Justicia Transicional y Profesora de la Facultad de Estudios Jurídicos, Políticos e Internacionales, Universidad de La Sabana, Universidad de La Sabana

A tres días del cierre de las urnas, Honduras continúa sin un ganador oficial de sus elecciones generales. Tras la reanudación del escrutinio, y con un poco más del 79 % de las actas procesadas, el Consejo Nacional Electoral anunció un “empate técnico” entre los dos principales candidatos presidenciales: Salvador Nasralla, del Partido Liberal, con el 40,33 %, y Nasry Asfura, del Partido Nacional, con el 39,59 %. Por detrás se encuentra Rixi Moncada, la ex ministra de Defensa y candidata de Libre, el partido oficialista, con un 19 %.

En un escenario tan estrecho, el Consejo Nacional Electoral (CNE) no ha podido proclamar a un ganador y la declaración oficial podría tardar hasta 30 días, tal como lo permite la normativa electoral hondureña. Esta combinación de conteo lento y a veces suspendido, margen mínimo y ausencia de resultados definitivos ha alimentado un clima de tensión social y política.

Para muchos, la lenta transmisión de resultados ha rememorado los episodios de 2017, cuando el retraso en el escrutinio generó protestas, muertes y una grave crisis de legitimidad.

Riesgos de disputa narrativa y contestación del resultado

Los riesgos de disputa aumentan como consecuencia del estrecho margen, de la falta de definición oficial ante la votación y de un oficialismo que no reconoce su derrota. Sobrevuelan este escenario factores desestabilizantes: denuncias de irregularidades, cuestionamientos sobre la transparencia del recuento de votos, comunicados acerca de posibles hackeos al sistema del CNE, presión de simpatizantes y peticiones de recuento e impugnaciones. En un país con instituciones debilitadas, cualquier percepción de opacidad puede convertirse rápidamente en un detonante de conflictividad.

Un proceso electoral en tela de juicio

Honduras llegó a las elecciones del 30 de noviembre de 2025 en un ambiente marcado por una fuerte polarización y profundas tensiones institucionales. El Consejo Nacional Electoral había enfrentado meses de divisiones internas, retrasos logísticos y cuestionamientos sobre su capacidad operativa.

Estos factores afectaban directamente la credibilidad del proceso. Las primarias de marzo, que registraron fallas significativas en la entrega de material electoral, la transmisión de resultados y en la gestión de actas, seguían pesando en la memoria de la ciudadanía y la comunidad internacional. Por ello, cualquier error en los comicios del 30 de noviembre remitiría inevitablemente al antecedente electoral inmediato.

A este escenario se sumaban presiones políticas provenientes de distintos actores, incluida la presidenta del país, Xiomara Castro, y el presidente estadounidense, Donald Trump, quien ha llegado a lanzar amenazas veladas desde Truth.

La preocupación era mayor debido al papel de las Fuerzas Armadas, en un contexto de estado de excepción prolongado en gran parte del territorio, que había limitado libertades civiles.

La confianza en la integridad del voto resultaba tan decisiva como el propio resultado. Sin la certeza de transparencia, las posibilidades de impugnaciones, descontento social o una crisis poselectoral seguían siendo altas.

Polarización y denuncias de fraude

La elección de noviembre de 2025 se celebró en un clima político profundamente polarizado. Los principales bloques partidarios (Libre, el Partido Nacional y el Partido Liberal) llegaron con una narrativa de desconfianza mutua y acusaciones cruzadas de posible fraude.

Diversos sectores políticos habían advertido, incluso antes de la apertura de las urnas, sobre eventuales irregularidades en la transmisión de datos, el papel del Consejo Nacional Electoral (CNE) y la transparencia del escrutinio.

La competencia cerrada entre candidatos alimentó esa percepción de riesgo. Este ambiente previo, no solo estuvo atravesado por la disputa partidista, sino por una batalla narrativa en la que cada actor buscó imponer su propia interpretación del proceso.

La pugna discursiva terminó condicionando la legitimidad de cualquier dato oficial, incluso antes de que fuera divulgado. El terreno estaba preparado para que la contienda electoral se decidiera no solo en las urnas, sino también en la arena simbólica. Allí donde se define qué versión de los hechos resulta creíble a la ciudadanía.

Hartazgo y demandas ciudadanas

La jornada se desarrolló tras años de deterioro social acumulado, con niveles persistentes de violencia, migración masiva, precariedad económica e institucionales debilitadas. Para muchos hondureños, la elección representaba no solo un cambio de autoridades locales y nacionales, sino una oportunidad para redefinir los términos de la gobernabilidad democrática.

La ciudadanía reclamaba, ante todo, seguridad, oportunidades laborales reales, una justicia efectiva y un Estado menos permeable a la corrupción. Este cansancio generalizado configuró un electorado más exigente y menos dispuesto a tolerar fallas técnicas o decisiones opacas por parte de sus autoridades.

El estigma de las elecciones previas

Los comicios de 2017 , marcados por denuncias de fraude, recuentos demorados y una fuerte crisis de legitimadad, permanecían como un antecedente clave en la memoria colectiva. La victoria de Xiomara Castro en 2021 obtuvo un reconocimiento amplio y dio pie a una transición más estable, aunque persistieron las fuertes tensiones entre instituciones y partidos.

Esa historia reciente elevó drásticamente las exigencias sobre el CNE, creado en 2019 para garantizar mayor independencia técnica del órgano electoral. Pese a ello, este orrganismo sigue recibiendo críticas y denuncias, no siempre fundamentadas.

Tecnología electoral, desigualdades y capacidades limitadas

Los comicios de 2025 introdujeron un sistema de verificación biométrica y transmisión electrónica de resultados. Este representó un avance para fortalecer la integridad del proceso. Sin embargo, los problemas de conectividad y la infraestructura precaria en zonas rurales han supuesto un reto estructural.

Algunas fallas, como caída de red, colapso del sistema, demoras y errores en la lectura de la huella o el rostro, pueden ser interpretadas como indicios de manipulación o interferencia. Reportes de observación nacional e internacional advirtieron sobre estás desigualdades y problemáticas tecnológicas, que no son incidentales sino estructurales y que convirtieron la implementación de herramientas biométricas en un desafío técnico y político a la vez.

Observación ciudadana y seguimiento mediático como contrapeso

Pese a las dificultades institucionales del proceso, la elección contó con la presencia de 6.300 observadores electorales. Según el CNE, 43 organizaciones nacionales y 25 internacionales, hasta completar un total de 68, participaron en la observación electoral. Este hecho ha aportado vigilancia directa sobre el terreno.

La labor de estas misiones y plataformas de observación se volvió especialmente relevante en momentos en los que se reportaron incidentes graves. Entre ellos, la expulsión de observadores internacionales dentro de un centro de votación por parte de colectivos afines al partido oficialista o los fallos en el seguimiento del proceso por parte de jurados e integrantes de mesas electorales.

La intensa cobertura mediática ha permitido exponer irregularidades, contrastar discurso de actores políticos y mantener la presión pública para exigir transparencia. Aunque este seguimiento constante no elimina riesgos inherentes a un proceso tan ajustado, sí ha contribuido a contener abusos, visibilizar irregularidades y brindar un contrapeso frente a la incertidumbre institucional.

Papel clave de la fase postelectoral

Lo que suceda en los próximos días será determinante para la estabilidad política de Honduras. La definición clara de un ganador, la aceptación de los resultados por parte de los diferentes actores políticos y la divulgación íntegra y verificable de las actas constituirán pruebas cruciales para evaluar la solidez de su sistema electoral.

En procesos recientes en la región, organismos como la OEA y la UE han enfatizado que la fase poselectoral resulta igual de relevante y delicada que la jornada de votación. En ella suelen concentrarse los mayores riesgos de conflictividad y erosión institucional.

Como observadora internacional acreditada e invitada por el Consejo Nacional Electoral para estas elecciones generales, pude constatar directamente que la complejidad del contexto hondureño no reside únicamente en las fallas técnicas o en los retrasos del escrutinio, sino en la fuerte desconfianza que antecede, rodea y condiciona cada decisión del sistema electoral y el gobierno.

La combinación de denuncias reiteradas de fraude, vulnerabilidades tecnológicas, narrativas contrapuestas y declaraciones sobre el no reconocimiento de resultados, configura un escenario en el que cualquier error, por menor que sea, se convierte en un detonante político.

Un punto de inflexión para la democracia

Persisten en Honduras posiciones irreconciliables entre los partidos, mensajes contradictorios de sus dirigencias y presión de bases movilizadas. Este escenario podría desembocar en una nueva crisis institucional si no se gestiona con responsabilidad. En un país donde las Fuerzas Armadas han tenido un rol históricamente determinante en momentos de inestabilidad, su comportamiento frente al desenlace electoral también será un elemento clave para preservar el orden democrático.

La pregunta central hoy no es solamente quién será finalmente declarado presidente, sino si Honduras logrará transformar este momento crítico en un punto de inflexión. La verdadera prueba para la democracia hondureña radica en la capacidad de sus instituciones para ofrecer certezas. También reside en la responsabilidad pública con la que actúen los partidos políticos y sus liderazgos, y en la madurez ciudadana para sostener la exigencia de transparencia sin caer en una polarización más destructiva.

The Conversation

Mariana Ramos Algarra no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Elecciones en Honduras: el empate técnico y la demora del recuento elevan la tensión política y social – https://theconversation.com/elecciones-en-honduras-el-empate-tecnico-y-la-demora-del-recuento-elevan-la-tension-politica-y-social-270669

Managing food allergies and dietary restrictions during the holidays

Source: The Conversation – Canada – By Jennifer LP Protudjer, Associate Professor and Endowed Research Chair in Allergy, Asthma and the Environment, University of Manitoba

A plate of freshly baked cookies, a glass of perfectly garnished eggnog. For many, these images may conjure up warm memories and the anticipation of the forthcoming holiday season.

But for those with dietary restrictions, these goodies — and other holiday treats — can contribute to other emotions as well. During a season filled with parties and food, navigating the holidays while avoiding certain foods can be harrowing.

Well-intentioned hosts may prepare a selection of treats in a kitchen that includes flavours of the season. But without clear communication, detailed food labels and assurance of good practices to prevent cross-contact of foods, navigating a holiday tray or buffet line involves risk.

As an allergy researcher, my focus is on understanding the impacts of a food allergy diagnosis on people, families and communities, and what types of food allergy supports are most meaningful.

Many Canadians are increasingly aware of the foods they are eating, for reasons including but not limited to food costs, health and medical dietary restrictions. This latter reason can include efforts to reduce sodium or refined sugars, or avoid certain carbohydrates such as lactose or gluten for those with lactose intolerance or celiac disease, respectively.

But for the seven to nine per cent of Canadians with food allergies, the need to avoid is critical because of the risk of an acute allergic reaction. The most severe presentation of allergic reaction is anaphylaxis, which is potentially life-threatening.

Allergies and diet restrictions during holidays

Canadian research shows that, unlike holidays like Halloween and Easter during which children “hunt” for candy, rates of emergency department visits due to anaphylaxis during the winter holiday season are similar to the rates seen throughout the year. But that doesn’t mean food allergy restrictions don’t have an impact during these holidays.

Dietary restrictions can involve the need to avoid a range of foods. Health Canada has identified 11 priority allergens that are commonly associated with food allergies and allergic reactions: milk, eggs, peanuts, tree nuts, crustaceans and molluscs, fish, mustard, sesame seeds, soy, sulphites, and wheat and triticale. Notably, many of these foods commonly appear as ingredients in a holiday recipe, or as a single food item.

In a series of interviews with 21 families, colleagues and I identified that families dealing with food allergy learn quickly how to “decline something politely” stressing that they cannot eat the food, rather than being a picky eater. Nonetheless, they note feelings of grief, depression and anxiety as they strive to navigate events with their extended family and social circles. In some cases, families who manage multiple food allergies feel isolated, while some note that they are not invited to events because of their food allergy.

There are many ways that both those with dietary restrictions, and hosts, can lessen these impacts.

Practical actions

For anyone with a dietary restriction, there are certain actions that make holiday visiting more enjoyable and safer.

First, be certain to clearly communicate, in writing, any dietary restrictions to the host, at the time of accepting the invitation. Detailing which food options work within your dietary restrictions provides opportunity for the host to consider the menu, and to ask any questions at a calmer time than with a room full of guests.

You may also wish to bring a holiday treat that meets your restrictions. Eating a small snack ahead of any festivities can keep hunger at bay in case there are limited safe food options available. When in doubt about a food, do not consume it. Even if you have previously consumed the food, ingredient lists change occasionally.

Specific to those with food allergies, additional steps are warranted. Before leaving home, ensure that you have at least one epinephrine autoinjector that a trusted person can easily locate and use if anaphylaxis is suspected.

Food Allergy Canada offers some other practical tips for dining out. Awareness of the potential for co-factors to worsen the severity of a reaction is also needed. In addition to co-existing medical conditions, such as heart disease or asthma, research supports that alcohol, exercise, medication/drugs and possibly emotional stress may influence reaction severity.

Hosting this holiday season?

Welcoming guests can be joyful. But as the Canadian Psychological Association notes, there may be expectations of perfection, which — when not achieved — can contribute to stress. When inviting guests, ask about any dietary restrictions and bear these in mind while planning menus. Single food items or simple dishes may help your guests navigate food choices. Having a list of ingredients on hand, and adding labels and dedicated serving utensils to each dish, are similarly helpful.

The holiday season often involves sharing festive treats. By emphasizing joy and togetherness, memories can be made to cherish for a lifetime. With greater awareness of the needs of those with dietary restrictions, we can collectively work to ensure that everyone can safely indulge.

The Conversation

Jennifer LP Protudjer receives funding from from Canadian Allergy, Asthma and Immunology Foundation; Canadian Institutes of Health Research; Research Manitoba; Health Sciences Centre Foundation (Manitoba); Children’s Hospital Research Institute of Manitoba; University of Manitoba; and, Social Sciences and Humanities Research Council of Canada.

JLP Protudjer is Section Head, Allied Health; and Co-Lead, Research Pillar for the Canadian Society of Allergy and Clinical Immunology, and is on the steering committee for Canada’s National Food Allergy Action Plan. She reports speaker fees from Ajinomoto Cambrooke, Novartis, Nutricia, ALK Abelló, and FOODiversity, and Texas Children’s Food Allergy Symposium . She is an associate editor for Allergy, Asthma & Clinical Immunology; and, and editorial board member, Pediatric Allergy & Immunology; and, Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics.

ref. Managing food allergies and dietary restrictions during the holidays – https://theconversation.com/managing-food-allergies-and-dietary-restrictions-during-the-holidays-270265

La ficción del amor según Carmen Martín Gaite

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gemma Márquez Fernández, Profesora lectora de literatura española moderna y contemporánea, Universitat de Barcelona

Retrato de Carmen Martín Gaite en la exposición _El Equilibrio y el Caos: una mirada al mundo de Carmen Martín Gaite_, de 2014. Universidad Carlos III, CC BY-NC-SA

El amor es un cuento que nos contamos a nosotros mismos, y cuando nos lo contamos mal nos exponemos a un descalabro. Esta es una de las ideas esenciales del ensayismo de Carmen Martín Gaite. Y a ella se añade otra: a lo largo de la historia, los riesgos de la ficción amorosa han afectado sobre todo a la mujer.

No sabemos si la escritora salmantina habría suscrito la consigna de la feminista estadounidense Kate Millet: “el amor ha sido el opio de las mujeres”. Pero tampoco parece estar muy lejos de ella en su obra ensayística. Martín Gaite constata que la mujer lleva siglos colmando su ansia de libertad y reconocimiento mediante el amor.

Ahora bien, ese amor no lo ha definido ella misma, sino los modelos culturales. Modelos, por cierto, que dan gato por liebre: prometen plenitud y acaban propiciando una continua dependencia de la mirada masculina.

Martín Gaite trata este tema con una habilidad singular: la de encontrar agazapado el discurso cultural en nuestros gestos más cotidianos y nuestros deseos más íntimos. Por eso sus ensayos consiguen que nos interroguemos y nos encontremos.

Narraciones en soledad

Así sucede en La búsqueda de interlocutor (1974), obra que señala la clave del problema según la autora: la intolerancia a la soledad. Esa resistencia explicaría que las mujeres hayan asumido las distintas versiones de la relación amorosa que la cultura les ha proporcionado.

El dilema es que la soledad es fundamental para componer un relato propio sobre una misma. Solo así se evitaría la trampa de picar en el ajeno. La búsqueda de interlocutor describe con lucidez esa trampa: quedar a la intemperie existencial cuando el cuentito ya no se sostiene.

Artículo de Carmen Martín Gaite en la revista _Triunfo_ en octubre de 1970.
Artículo de Carmen Martín Gaite en la revista Triunfo en octubre de 1970.
Triunfo digital

¿Qué une a Emma Bovary, Marilyn Monroe y el ama de casa de los 60 entregada al fetichismo consumista? Todas ellas han construido sus vidas sobre relatos ajenos: la literatura, el cine o la publicidad les han dado imágenes con las que identificarse. Al hacerlo así, se han convertido en criaturas que se buscan en los ojos de los hombres. Pero cuando falla ese espejo, la imagen cae y no se sabe o no se puede llenar el vacío con otro relato de una misma.

A Martín Gaite le parece sustancial crear esa nueva narración, sin la cual no puede sostenerse la personalidad. Tanto es así que advierte de su importancia a las feministas de los 70. No habrá emancipación, afirma la autora, si no se enraíza en un proceso íntimo de elaboración subjetiva.

De la devastación al diálogo

Para ello es necesario saber narrar, contarse el propio mundo con atención, paciencia y palabras bien afiladas. Ese es el hallazgo de El cuento de nunca acabar (1983), ensayo que describe el vínculo entre amor y narración y se pregunta por la posibilidad de una ficción amorosa que no desemboque en devastación emocional.

Martín Gaite afirma que nos hacemos en la mirada y los cuentos de la madre. Después, nos empezamos a entrenar como narradores para encandilar a los adultos con nuestros propios cuentos. El deseo de replicar esa sensación de reconocimiento nos lanza más tarde a la aventura amorosa: perseguimos “nuestro ‘yo’ reflejado en los ojos del otro”.

Sin embargo, esa persecución es el problema mismo: queremos afirmarnos en la persona amada, y así la ocultamos con nuestros propios deseos, heridas y fantasías. Superponemos nuestro cuento al suyo.

Lo deseable sería, en cambio, basar la relación en un diálogo cuidadoso para evitar esas proyecciones. Pero Martín Gaite no cree demasiado en esa posibilidad: “Yo, la verdad, lo veo muy difícil”. Y, sin embargo, no quiere acabar de desecharla. Por eso la inventa en sus novelas y la confía al futuro.

Tomar las riendas

Eso sí, esa apuesta por el futuro no dará fruto si no nos comprometemos a un trabajo: pasar del relato de La Cenicienta al de El Gato con Botas. Será necesario hacer como el felino protagonista, que inventa una ficción para construir su libertad. Así se deshace de lo que otros dicen que es o no es: contándose tan bien su propia historia que tanto él mismo como los demás tienen que creer en ella.

Para Martín Gaite, no habrá camino a otras narraciones amorosas –en caso de que las quisiéramos inventar– si las mujeres no toman las riendas de su propia historia interior.

En la actualidad, la copiosa cosecha narrativa de las novelistas es una indagación en ese sentido. Autoras como Sara Mesa, Elisa Victoria o Andrea Abreu, entre otras, están contando el cuento propio de sus protagonistas. El tiempo dirá si para inventar o no, entre todas, ficciones amorosas inéditas.

The Conversation

Gemma Márquez Fernández no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La ficción del amor según Carmen Martín Gaite – https://theconversation.com/la-ficcion-del-amor-segun-carmen-martin-gaite-270706

La IA y el futuro del trabajo: buscar el equilibrio entre la gestión humana y la gestión del algoritmo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Adrián Serrano Sanz, Personal Docente e Investigador, Universidad San Jorge

Doriano Solinas / iStock

Cuando se habla de trabajo e inteligencia artificial la opinión parece oscilar entre un tecnooptimismo exacerbado y un tecnopesimismo profético. Lejos de los grandes debates, la relación entre la IA y el futuro del empleo plantea problemáticas no tan evidentes a las que es necesario dedicar tiempo de análisis.

En este artículo se reflexiona sobre la incipiente tensión entre la gestión algorítmica y humana de las organizaciones partiendo de la opinión de la parte de la relación laboral a la que habitualmente se presenta como damnificada: los trabajadores.

Inteligencia artificial y el futuro del trabajo

En febrero de 2025 se publicó el Eurobarómetro 554 sobre IA y el futuro del trabajo. Entre otras cuestiones, los encuestadores preguntaron a los más de 25 000 ciudadanos europeos participantes cuál era su opinión sobre el uso de las tecnologías digitales y la IA.

La percepción global sobre su uso en el puesto de trabajo fue, en términos generales, favorable. El informe señala que el 62 % de los participantes manifestaron una actitud positiva frente a un 32 % que respondió negativamente. A simple vista, podría decirse que los ciudadanos europeos están notablemente a favor de la inteligencia artificial en el trabajo. No obstante, los resultados por países dan un color distinto a estos datos.

Mientras que en el norte de Europa las actitudes son claramente positivas, el optimismo desciende a medida que se avanza hacia el sur. A modo de ejemplo, en Dinamarca el 86 % de los encuestados valoran de modo favorable esta cuestión mientras que en Portugal solamente el 48 % opina lo mismo.

¿Qué opiniones genera el impacto de la IA en el mercado de trabajo?

A nivel europeo, el 66 % de los participantes están de acuerdo en dos cosas. En primer lugar, que la IA eliminará más puestos de trabajo de los que creará. En segundo lugar, que robará puestos de trabajo de las personas.

Aquí los resultados por países se invierten y aquellos que anteriormente mostraban una postura menos conforme están de acuerdo con estas afirmaciones. Para continuar con las diferencias entre norte y sur, el 80 % de los griegos concuerdan en que desaparecerán más puestos de trabajo de los que se crearán a consecuencia de la inteligencia artificial, frente a un 45 % de los daneses.

¿Y sobre los impactos en áreas críticas del puesto de trabajo?

Independientemente de las diferencias anteriores, existe una opinión notablemente compartida sobre este punto. Cuando se pregunta sobre la utilización de la IA para despedir empleados, el 78 % de los encuestados muestran posicionamientos en contra. En Dinamarca, el 94 % de los entrevistados muestran su desacuerdo, mientras que en Portugal ese porcentaje es del 70 %. Polonia y Rumanía son los países en los que los encuestados se muestran más conformes con el uso de la IA para el proceso de despido de trabajadores (33 y 28 % respectivamente).

Se pregunta también sobre el uso de sistemas de inteligencia artificial para la monitorización de los trabajadores. Los resultados van en el mismo sentido con un 63 % de los entrevistados en desacuerdo. En cuanto a la selección automática de candidatos y la evaluación del desempeño, el porcentaje de valoraciones desfavorables es del 57 %.

En contraste con la ilusión de unanimidad, en esta revisión de algunos de los resultados del Eurobarómetro se aprecia que las opiniones están lejos de ser homogéneas. Variables como la idiosincrasia, la confianza o los valores asociados al trabajo de cada país influyen en la postura de los ciudadanos europeos, poniendo en tela de juicio ese supuesto consenso global.

Gestión algorítmica y gestión humana: una tensión incipiente

La diferencia entre la aparente unanimidad social sobre la bondad de la IA y lo que muestran los datos es algo que las organizaciones deben recordar. En su proyección hacia el futuro, a las compañías les conviene no olvidar la parte humana que las conforma ni la necesidad de que determinadas acciones sigan siendo ejecutadas por personas y no de manera automatizada y mediada por la racionalidad algorítmica.

En el ámbito laboral, las promesas de la inteligencia artificial y sus desarrolladores están destinadas a potenciar la productividad y agilizar los procesos, algo que no implica necesariamente la mejora de los puestos de trabajo ni del empleo en general, aunque esta asociación se realice a menudo.

Si bien el uso de la IA puede parecer positivo en un nivel superficial, también puede tener consecuencias contraproducentes para la organización. A modo de ejemplo, podría generar un incremento de los niveles de estrés hasta derivar en cuadros de burnout (un estado de agotamiento emocional, despersonalización y pérdida de eficacia en el trabajo), contribuir al aislamiento y la soledad en el empleo o aumentar la carga de trabajo. Así lo señalan Sue Cantrell, Jason Flynn y Nic Scoble-Williams (2025) en su contribución al informe “Tendencias Globales de Capital Humano 2025” publicado por Deloitte, donde uno de los resultados más preocupantes de los efectos silenciosos de la inteligencia artificial era que el 77 % de los trabajadores encuestados afirmaban que el uso de la misma había aumentado su carga de trabajo y disminuido su productividad.

En los últimos años, desde la gestión de personal se ha hecho hincapié en la necesidad de potenciar aspectos del trabajo que no son los puramente productivos, como la cohesión interna o la construcción de trabajos con significado, entre otros. Estos aspectos “humanos” del empleo son aún más relevantes en la actualidad, considerando las expectativas laborales de las futuras generaciones de trabajadores. A modo de ejemplo, de acuerdo a los datos, la ausencia de percepción de propósito en el empleo es un factor que genera ansiedad y estrés en buena parte de los trabajadores pertenecientes a la llamada generación Z, así como también en los millennials.

En muchos aspectos, el enfoque de gestión basado en lo humano choca frontalmente con la racionalidad que impone la gestión algorítmica. Como señala el filósofo francés Eric Sadin: “lo humano representa (…) el agente con el cual hay que negociar continuamente y que termina inevitablemente por hacer más lenta la gran máquina económica”, por lo que en muchas ocasiones la oposición entre gestión humana y gestión algorítmica se resuelve en “descalificar la acción humana en beneficio de un ‘ser computacional’ que se juzga superior”.

Parece claro entonces que el futuro del trabajo deberá pasar también por resolver la tensión entre la productividad aumentada propuesta por la IA y sus promotores, y los ritmos humanos. Esto es, resolver la tensión entre la gestión algorítmica y la gestión humana.


Una versión de este artículo se publicó en la revista Telos de la Fundación Telefónica.

The Conversation

Adrián Serrano Sanz no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La IA y el futuro del trabajo: buscar el equilibrio entre la gestión humana y la gestión del algoritmo – https://theconversation.com/la-ia-y-el-futuro-del-trabajo-buscar-el-equilibrio-entre-la-gestion-humana-y-la-gestion-del-algoritmo-267677