Quand l’humour l’emporte sur la parole politique

Source: The Conversation – France in French (3) – By Laélia Véron, Maîtresse de conférence en stylistique et langue française, Université d’Orléans

À mesure que les frontières entre information, divertissement et politique s’estompent, le rire s’impose au centre du jeu. L’humour semble combler le vide laissé par une parole politique en perte de crédit. Que révèle ce déplacement sur l’état du débat démocratique ? Que gagne (et que perd) la démocratie lorsque le rire prétend non seulement dénoncer, mais aussi changer le réel ?


« En vingt ans d’activisme pour la paix, j’ai influencé vingt personnes. Avec une plaisanterie sur un dictateur, vingt millions. »

Ces mots sont ceux de Noam Shuster-Eliassi, humoriste israélienne « entrée dans l’humour comme d’autres en politique » après avoir délaissé les manifestations et l’activisme aux Nations Unies pour la chanson et le stand-up engagé. L’humour permet-il le renouveau de la politique ?

Les relations entre les deux sphères restent houleuses. En témoigne la récente plainte du ministère de l’intérieur Laurent Nuñez contre l’humoriste Pierre-Emmanuel Barré (pour avoir comparé, dans une chronique sur les violences policières, la police à Daech) et le nouveau procès aux prudhommes de l’humoriste Guillaume Meurice, qui conteste la rupture anticipée de son contrat par son ex-employeur France Inter à la suite d’une blague sur Benyamin Nétanyahou.

Ces polémiques ne sont pas isolées : on peut également citer celle sur l’apparence vestimentaire lors d’un sketch sur France 5 de l’humoriste Merwane Benlazar (accusé d’islamisme en raison de son look) ou les controverses autour de l’humoriste Sophia Aram, accusée de « racisme » par les journalistes du Parisien à la suite d’une chronique dans laquelle elle se moquait des membres de la flottille en route vers Gaza, de l’eurodéputée Rima Hassan (surnommée « Lady Gaza ») et de l’activiste Greta Thunberg (renommée « Miss Krisprolls »).

Si ces polémiques ne sont pas nouvelles, comme le rappelle la linguiste Nelly Quemener, elles semblent prendre une dimension inédite : la blague de Guillaume Meurice, discutée à l’Assemblée nationale et au Sénat, a ainsi provoqué plus de réactions que certaines prises de position sérieuses de dirigeants politiques.

Bande-annonce du documentaire de Noam Shuster-Eliassi.

Des sphères de moins en moins étanches

Les sphères politiques et humoristiques ne cessent de se chevaucher. Les dispositifs discursifs médiatiques, qui jouent de plus en plus sur « l’infotainment » (le croisement de l’information et de l’entertainment, le divertissement), croisent très souvent prises de parole journalistique, politique et humoristique. Il est fréquent de voir réunis autour d’un plateau, politiques, experts, artistes et humoristes, si bien qu’on ne sait plus à quel régime discursif participe telle ou telle intervention.

Un exemple type est l’émission « Quotidien » de Yann Barthès, présentée comme « une grande session d’information qui mêle humour et impertinence. » Les réseaux sociaux contribuent à ce mélange des genres en rebondissant, avec des blagues, sur des informations sérieuses. Ces blagues peuvent faire le buzz et se voir ensuite relayées par les médias traditionnels.

Parole politique et parole politique humoristique s’entremêlent au point qu’il n’est plus toujours facile de les distinguer. Qui n’a pas fait l’expérience de s’esclaffer devant un titre du Gorafi puis d’être effaré quand, quelques jours après, l’information a priori burlesque est devenue réalité ? L’indistinction a donné lieu à un hastag, #pasgorafi, pour désigner des informations qui ont l’air d’être des blagues mais qui n’en sont pas. Les proches de Trump portent docilement des chaussures de la marque préférée du président des États-Unis, même lorsqu’elles sont trop grandes pour eux ? Clownesque mais #pasgorafi.

Que projette-t-on sur l’humour politique ?

Du côté du public, la dévalorisation de la parole politique, qui peut paraître de plus en plus vide et stéréotypée (ce qu’on appelle la « langue de bois ») peut aller de pair avec une tendance à reporter des attentes frustrées sur d’autres types de discours. On cherche alors la politique partout… sauf dans les discours institutionnels politiques.

Il peut s’agir de la parole scientifique, lorsque chercheuses et chercheurs sont sommés de trouver une solution à des problèmes politiques ou doivent mener un travail d’alerte politique face à la surdité de certains dirigeants, comme cela a été le cas avec les pesticides et la loi Duplomb. On pense aussi à la parole journalistique : il est quelquefois bien difficile de tracer la limite entre le discours d’un éditorialiste et le discours d’un politique professionnel. Enfin, c’est le cas de la parole humoristique.

Lorsque la parole politique est désavouée, qu’elle paraît inexistante ou nulle, l’humour politique peut finir par être perçu non comme un discours qui croise le politique, qui peut le servir ou au contraire le critiquer, mais comme l’incarnation de la parole politique. L’effet, quelquefois bien réel, de cet humour qui peut taquiner ou même déstabiliser le pouvoir en place peut alors être confondu avec une capacité politique à changer l’ordre des choses.

L’impossible équilibre des humoristes

Face à cette situation, les humoristes sont dans une situation d’autant plus inconfortable qu’ils peuvent être sanctionnés, comme le rappelle Nelly Quemener, « par en haut » (par des institutions, comme l’Arcom), mais aussi contestés « par en bas » (par le public, notamment sur les réseaux sociaux).

Pris entre des injonctions contradictoires, ces humoristes adoptent un discours ambigu. Certaines et certains vont revendiquer un humour « politique » mais tout en rejetant l’étiquette d’un humour « partisan » ou « militant ». L’humoriste Fary insiste sur l’importance de ne pas se prendre pour un « porte-parole » et préfère définir son spectacle comme un moment plus « poétique » que politique. Très peu d’humoristes assument de faire passer leur engagement politique au premier plan (Sophia Aram déclare qu’elle assume d’être « de moins en moins drôle », mais c’est une exception).

Guillaume Meurice signe bon nombre de pétitions marquées à gauche, mais lorsque La France insoumise (LFI) lui a proposé son investiture pour se présenter aux législatives en juin-juillet 2024, il a réagi en déclarant, sur les réseaux sociaux,

« La République, ce n’est pas moi ! »

(une allusion ironique aux propos de Jean-Luc Mélenchon).

Quand on analyse le métadiscours des humoristes sur leurs pratiques, on remarque que les mêmes qui revendiquent l’humour politique et qui, pour le défendre, peuvent lui prêter bon nombre de vertus (pédagogiques, démocratiques, cathartiques) vont également prendre soin de rejeter la posture du « donneur de leçons » ou même de celui ou de celle qui croirait pouvoir agir sur le réel grâce au rire.

Dans un entretien au Monde, l’humoriste Charline Vanhoenacker déclare à la fois que l’humour politique est un moyen d’« inverser le rapport de domination » et qu’il ne faut pas le « surinterpréte[r] », car il n’aurait d’autre intention que de « faire rire ». Charline Vanhoenacker tente à la fois de défendre sa pratique (et son utilité) et de se protéger (sachant qu’elle a été, entre autres, interrogée par la police judiciaire à la suite de la blague de Guillaume Meurice) en dégonflant ses prétentions.

Ne réduire ni l’humour ni la politique

La force critique de l’humour n’est plus à démontrer. L’ironie politique peut ainsi permettre d’interroger et de reconsidérer les discours politiques dominants en les mettant à distance. Mais il ne faut pas réduire le discours politique à l’humour ou l’ironie. Le soulagement ou l’admiration éprouvée devant une vanne bien placée ne doit pas nous pousser à renoncer au débat, à la contestation et la proposition argumentée.

C’est d’ailleurs cet équilibre entre humour et sérieux politique que cherchent à atteindre bon nombre d’émissions qui ne sont rarement qu’humoristiques, qui alternent entre moments d’humour cathartique et écoute des analyses ou des propositions d’une ou d’un invité non humoriste.

L’humour politique peut être une étape, un moyen. Mais s’il devient une fin, il risque de tourner au ludisme, qui fait de tout discours un jeu, ou au cynisme, qui pointe les insuffisances de chaque discours. La dérision peut devenir une tentation : elle réduit alors le monde à un ensemble de discours absurdes et nous installe dans une position désabusée et désengagée vis-à-vis du réel. Au lieu de nous aider à affronter la politique, elle conduit alors à la déserter.


Laélia Véron est coautrice, avec Guillaume Fondu, de T’es sérieuse ? Problèmes politiques de l’ironie, La Découverte, 2026.

The Conversation

Laelia Véron a été chroniqueuse scientifique pendant plusieurs années dans l’émission “Par Jupiter” “C’est encore nous” “Le Grand Dimanche Soir” avec Charline Vanhoenacker et Guillaume Meurice sur France Inter. Elle est actuellement chroniqueuse dans l’émission “La Dernière”, animée par Guillaume Meurice, sur Radio Nova.

ref. Quand l’humour l’emporte sur la parole politique – https://theconversation.com/quand-lhumour-lemporte-sur-la-parole-politique-279375

En Iran, la poésie comme langage politique clandestin

Source: The Conversation – France in French (3) – By Firouzeh Nahavandi, Professeure émérite, Université Libre de Bruxelles (ULB)

En Iran, les vers des grands poètes classiques ne sont pas seulement un héritage culturel : ils permettent de dire, suggérer et partager des significations politiques sans les formuler explicitement.


Dans un contexte marqué, depuis plusieurs années par un durcissement de la répression en Iran — milliers de manifestants tués par les forces d’ordre, dizaines de milliers d’arrestations, surveillance accrue de la parole publique, multiplication des cas d’application de la peine capitale —, s’exprimer de façon explicite devient de plus en plus dangereux.

Dans ce contexte, certaines formes d’expression acquièrent une fonction particulière. C’est le cas de la poésie, qui ne relève pas uniquement du patrimoine culturel : elle constitue une pratique sociale vivante et un mode d’expression structurant. Aujourd’hui encore, les vers des grands poètes classiques continuent de circuler, d’être cités et réinterprétés — non seulement pour leur valeur littéraire, mais aussi parce qu’ils offrent une manière de dire les choses autrement.

Langage d’Ésope

Cette centralité de l’implicite ne relève pas seulement de la conjoncture actuelle : elle correspond à une ressource déjà disponible, qui devient particulièrement centrale en contexte de contrainte. Elle s’inscrit dans une histoire plus longue des rapports entre pouvoir et expression en Iran, où la parole indirecte a souvent constitué une modalité privilégiée pour dire ce qui ne pouvait être formulé ouvertement. Elle se retrouve également dans d’autres formes d’interaction sociale, comme le ta’arof, cet ensemble de codes relationnels fondés sur la politesse, le décalage entre le dit et le voulu, et la gestion implicite des positions sociales. Elle apparaît aussi, sous d’autres formes, dans les pratiques de négociation, où la formulation indirecte permet d’introduire des marges d’interprétation. On l’a par exemple constaté dans les pratiques diplomatiques contemporaines, quand l’Iran peut se dire prêt à la négociation tout en en déplaçant constamment les conditions, maintenant ainsi une marge d’interprétation.




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Dans cette optique, le recours à la poésie ne relève pas d’un contournement ponctuel, mais d’un registre d’expression durable. Ainsi, dans un environnement où parler de façon directe revient à s’exposer au danger, la poésie apparaît comme une ressource discursive spécifique : elle permet de suggérer, d’évoquer, de partager des significations politiques sans les formuler explicitement. La densité symbolique et la polysémie de la poésie persane classique permettent des lectures multiples, ajustées aux contextes. Cette plasticité en fait un outil d’expression particulièrement efficace dans des contextes de coercition. Dans le Shahnameh, Ferdowsi (Xe–XIe siècle) met en scène des figures de souveraineté dont les trajectoires — justice, dérive, chute — offrent autant de modèles implicites d’évaluation du pouvoir. Ces récits n’évoquent pas directement le présent, mais ils fournissent des cadres d’interprétation à celui-ci.

Chez Saadi (XIIIe siècle), certaines maximes formulent plus directement les conditions de la légitimité politique :

« Le roi qui opprime son peuple creuse lui-même les fondations de sa chute. »

Leur généralité fait leur force : elles peuvent être mobilisées sans désigner explicitement une situation donnée.

À l’inverse, Hafez (XIVe siècle) privilégie l’ambiguïté. Ses vers autorisent des interprétations multiples, sans jamais s’inscrire dans un registre univoque. Cette indétermination facilite leur circulation dans des contextes de surveillance. Ces différents registres — récit exemplaire, maxime normative, ambiguïté poétique — composent un répertoire d’expressions disponibles. Ils offrent plusieurs manières de dire le pouvoir, de le juger ou de s’en distancier, sans recourir à une parole directe.

Lire entre les lignes : une compétence partagée

L’efficacité de ce mode d’expression repose sur une compétence largement partagée : la capacité à reconnaître les références, à interpréter les allusions et à lire entre les lignes. Car, en Iran, la poésie classique n’est pas réservée aux milieux lettrés. Elle est connue, citée, mobilisée dans les échanges quotidiens comme dans les discours publics.

« Les fils d’Adam sont les membres d’un même corps, créés d’une même essence. Si un membre souffre, les autres ne peuvent rester en repos. »

Ce passage de Saadi, inscrit au fronton du siège de l’Organisation des Nations unies, illustre la portée universelle de cette tradition. Mais dans le contexte iranien, il peut aussi être mobilisé comme une manière indirecte de rappeler que face à l’injustice, nul ne peut rester indifférent. Cette compétence ne se réduit pas à une connaissance des textes. Elle implique une capacité à situer les énoncés, à en ajuster l’interprétation en fonction de la situation, et à reconnaître ce qui est suggéré sans être explicitement formulé. Elle s’acquiert progressivement, par familiarité plus que par apprentissage formel, et constitue une dimension ordinaire de la socialisation.

Comprendre un vers ne consiste pas seulement à en saisir le sens littéral. C’est reconnaître une allusion, capter un sous-entendu, situer une référence. Cette compétence, acquise dans le temps long, devient dans un contexte de surveillance une ressource sociale et politique. Dans un environnement de surveillance, elle permet une communication implicite, où le sens circule sans être entièrement formulé.

Des répertoires anciens, des usages actuels

La force de la poésie classique tient aussi à sa distance par rapport aux situations contemporaines. Produits dans des contextes historiques éloignés, les vers d’Omar Khayyam (XIe–XIIe siècle), de Saadi ou de Hafez ne renvoient pas à une conjoncture précise. Cette distance facilite leur réappropriation. Les quatrains d’Omar Khayyam, qui insistent sur la fragilité de l’existence et la valeur de l’instant présent, peuvent ainsi entrer en résonance avec des contextes contemporains marqués par l’incertitude et la violence, en proposant une autre hiérarchie des valeurs. Cette capacité d’actualisation repose sur une tension productive entre distance historique et pertinence contemporaine. Plus les textes sont éloignés de leur contexte d’origine, plus ils peuvent être réinvestis dans des configurations nouvelles, sans être immédiatement assignables à une position politique explicite.

Aujourd’hui, ces répertoires se reconfigurent à travers de nouveaux supports. Sur les réseaux sociaux, les vers sont fragmentés, transformés, parfois anonymisés. Ils circulent sous forme de citations, d’images ou de slogans. Ces circulations numériques modifient les modalités de diffusion sans en altérer la logique. La fragmentation des vers, leur mise en image ou leur anonymisation renforcent parfois leur capacité de circulation, tout en maintenant leur fonction d’allusion. Le numérique n’efface pas la tradition : il en reconfigure les usages.

Lors des mobilisations qui ont suivi la mort de Mahsa Jina Amini en 2022, de nombreux messages ont repris, explicitement ou non, des motifs issus de la poésie classique — notamment très présents chez Hafez — la nuit, l’attente, l’aube — pour exprimer des attentes ou des critiques sans recourir à un langage explicitement politique.

Dans un espace public restreint, cette circulation permet de maintenir un langage commun.

Une autre manière de dire le politique

Le recours à la poésie peut être compris comme le signe d’un décalage entre les formes d’expression disponibles dans la société et les contraintes imposées à la parole publique. Ce décalage ne signifie pas absence de parole, mais transformation de ses formes. Il révèle une tension entre des attentes sociales d’expression et les limites imposées à leur formulation explicite. Dans cet espace contraint, la poésie apparaît comme l’un des lieux où cette tension peut se dire — de manière indirecte, mais intelligible.

Lorsque l’expression directe devient risquée, les formes indirectes ne disparaissent pas : elles se maintiennent, se transforment et parfois se renforcent. La poésie, en Iran, constitue une modalité spécifique du politique, fondée sur l’allusion, la polysémie et le partage de références communes.

Dans un contexte où parler peut entraîner des sanctions allant jusqu’à la mort, cette forme d’expression n’annule pas le risque, mais elle en modifie les conditions. Elle permet au sens de circuler sans être entièrement fixé. Ainsi comprise, la poésie apparaît moins comme un refuge que comme une ressource : non pas un extérieur au politique, mais une manière de le formuler sous contrainte.

The Conversation

Firouzeh Nahavandi ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. En Iran, la poésie comme langage politique clandestin – https://theconversation.com/en-iran-la-poesie-comme-langage-politique-clandestin-282181

Cameroon’s sacred and royal animals: could literature and futures thinking help save them?

Source: The Conversation – Africa – By Kenneth Nsah Mala, Expert in Environmental Humanities, Sustainability Science, Foresight and Futures Studies, University of Cologne

Certain animals, like the lion, carry deep cultural and spiritual significance. But they also face extinction. Library of Congress

In the grasslands and highlands of western Cameroon, some animals are believed to be sacred. Within the region’s indigenous kingdoms (fondoms), many of these animals are also considered to be royal. They include wild cats (like cheetahs, leopards, lions, tigers), buffaloes, elephants, porcupines, cowries (sea snails), and a brightly coloured bird called the Bannerman’s turaco.

These species carry deep cultural and spiritual significance. They are, for example, often used to decorate royals (kings, queens and queen mothers) or to award royal distinctions to deserving individuals. Their body parts can be used to make crowns, bedding, footstools, bangles or necklaces for royalty. Red feathers from the Bannerman’s turaco are used to distinguish warriors and hunters.

An ornate bird in a tree with a bright red head tuft, red wing tips and blue tail.
Bannermann’s turaco.
Henrik Grönvold

Here, indigenous cultural practices can both sustain and decimate biodiversity. The names of some of these animals, especially wild cats, are used as praise names for kings. But custom dictates that when these animals are found, they must be killed and taken to the palace as a tribute.

Most are either locally extinct or critically endangered. Except for cowries and porcupines, all these animals are included on the red list of the International Union for the Conservation of Nature.

Biodiversity loss caused by humans is accelerating at alarming rates around the world. This includes biodiversity hotspots like the Congo Basin in central Africa, which Cameroon is part of. Thousands of species have been identified in the basin, 30% of which are endemic (native).




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I am a scholar who works across disciplines. These include the arts, literature and cultural studies; environmental humanities; sustainability science; anticipatory governance and future generations; strategic foresight and futures studies.

In a recent study, I explored how literary creativity combined with foresight workshops might help change how people view these animals. Could they offer more hopeful futures for these unique species?

The role of literature

Literary texts like plays, poems and novels offer insights into dealing with climate and ecological challenges in the Congo Basin. (Even in the case of less popular but highly important species such as insects.)

This is the case in many works by anglophone Cameroonian authors, like Athanasius Nsahlai, Kenjo Jumbam, J.K. Bannavti, and John Nkengasong.




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Their stories have the potential to warn against the destruction of royal and sacred animals. They can also help shape new visions for the future of biodiversity conservation.

I draw on postcolonial ecocriticism (the relationship between literature, culture, the environment and history) and narrative foresight (what stories can reveal about the future) in my study. I analyse how these books engage with royal and sacred animals in ways that challenge environmentally unfriendly cultural practices, and how they propose new forms of relations between humans and other animals.

Jumbam’s novella, Lukong and the Leopard, for instance, tells the story of a young man called Lukong. The son of an outcast from the Nso kingdom, he helps capture a lion. Surprisingly the king demands it be brought to his palace alive. Just as Lukong is to be decorated by the king, his father sneaks in. Fearing for his son’s life, he sets the lion free.

In a sense, the story challenges the old cultural practice of killing royal animals. It invites readers to change how they see and relate with these animals in order to protect them.

Workshops

Stories like this can then be taken into foresight workshop sessions. Narrative foresight meets group participation to create what is called participatory foresight. Participants and stakeholders from diverse backgrounds are brought together to explore future scenarios, the challenges that shape them and what can drive change.

As part of my research, I organised a day of participatory foresight workshops on #CongoBasinFutures and #RoyalAnimalsFutures in Yaoundé, Cameroon.

Over 30 participants across a range of ages, genders and interests were brought together. They included teachers, researchers, environmentalists, farmers, nurses, writers, filmmakers, musicians, journalists, students, civil society workers, policymakers, and indigenous kings (fons).

Using foresight tools, participants were asked to discuss motivations as well as historical barriers while envisioning more hopeful futures for royal and sacred animals. The workshops were designed to include literary narratives on the plight of these animals.

They drew on current trends and signals of change, like climate change, biodiversity loss and indigenous cultural practices. They imagined new futures and then collectively proposed several policy interventions that could be practical solutions.

Shaping better policies

Cameroon does have environmental laws aimed at protecting biodiversity, but they are not effectively implemented. My study – and our workshop – seeks to complement these laws and contribute to their effective use in practice. Ideas coming out of the workshop include:

  • Creative arts and education should be used to help raise awareness about protecting royal animals and biodiversity. This could include programmes like our workshop, creative competitions and updating educational curricula.

  • Instead of decorating those who kill, local hunters should be rewarded when they spot and report the presence of royal animals for monitoring and preservation. The use of artificial animal parts for traditional ceremonies should be encouraged.

  • Policy should encourage research into the controlled breeding of endangered royal and sacred animals and the promotion of ecotourism around these animals. Special parks and reserves could combine arts and royal animals to attract tourists. Revenue could improve livelihoods, sustain cultures, and promote environmental conservation.

  • Environmental regulation should be strengthened through collaboration with all stakeholders, including indigenous authorities and local communities. Hunting of certain animals could be regulated. Hunting seasons and quotas for certain species could be in place. Indigenous leaders and communities could be engaged to adapt and modernise cultural practices in an era of environmental collapse.




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But we must move from recommendations into action. Otherwise, ideas from studies like this will remain good on paper only, like most environmental laws in Cameroon. If so, royal animals and other species will continue to be threatened by extinction.

The Conversation

Kenneth Nsah Mala receives funding from the University of Cologne (Germany), the British Council, and the School of International Futures (SOIF).

ref. Cameroon’s sacred and royal animals: could literature and futures thinking help save them? – https://theconversation.com/cameroons-sacred-and-royal-animals-could-literature-and-futures-thinking-help-save-them-281160

Crédit immobilier : les raisons d’un blocage du marché du logement

Source: The Conversation – France (in French) – By Jérémie Bertrand, Professeur de finance, IESEG School of Management et LEM-CNRS 9221, IÉSEG School of Management, IÉSEG School of Management

La brutale hausse des taux d’intérêt fait craindre à certains experts un krach immobilier. Pourtant, les conditions sont loin d’être réunies. Ce que l’on observe, c’est plutôt un marché en pause, où acheteurs et vendeurs retardent leur projet. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour les ménages qui cherchent à se loger. Pour l’économie, c’est moins grave. Pour le moment.


Depuis deux ans, le marché immobilier français traverse une zone de turbulences rarement observée depuis le début des années 2000. Hausse brutale des taux d’intérêt, chute du pouvoir d’achat immobilier, transactions en berne : autant de signaux qui alimentent une question devenue récurrente chez les ménages comme chez les investisseurs : faut-il s’attendre à un krach du crédit immobilier ?

Derrière les discours anxiogènes, quels sont les mécanismes économiques réellement à l’œuvre ? Entre 2021 et 2024, les taux immobiliers sont passés d’environ 1 % à plus de 4 %. Ce choc peut être perçu comme violent, surtout après une décennie d’argent « quasi gratuit ». Cependant, comme le montre le graphique ci-dessous, dans les années 2000, emprunter à 4 ou 5 % était la norme.


Coin Capital et Banque de France (calculs des auteurs), Fourni par l’auteur

Ce qui change aujourd’hui, et ce qu’on observe sur le graphique, c’est la vitesse de la remontée. Elle a pris de court les ménages comme les banques. Résultat : la hausse rapide des taux a provoqué une contraction accélérée de la demande de crédit. Beaucoup de ménages ne passent plus le filtre du taux d’endettement, ou renoncent tout simplement à s’endetter pour acheter.

Un marché du crédit sous tension

Le volume de crédits immobiliers accordés a fortement chuté depuis 2022. Les banques, contraintes par des règles prudentielles (taux d’endettement à 35 %, durée maximale de 25 ans), ont resserré l’accès au financement. Elles prêtent moins, et sélectionnent les dossiers de manière plus rigoureuse.




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Ce phénomène nourrit l’idée d’un « krach du crédit ». Toutefois, un krach, au sens strict, suppose un effondrement brutal et désordonné du système. Or, ce que l’on observe aujourd’hui ressemble davantage à un ajustement forcé qu’à une rupture systémique.

Les banques françaises restent solides, bien capitalisées, et peu exposées à des prêts risqués de type « subprime » comme ce fut le cas aux États-Unis en 2008.

Correction dans les grandes villes

Face à la baisse de la demande, les prix immobiliers ont entamé une correction dans de nombreuses grandes villes depuis 2023. Paris, Lyon ou Bordeaux ont enregistré des baisses de prix significatives, souvent comprises entre 5 % et 10 % selon les périodes et les marchés.

Cet ajustement est logique : quand le crédit devient plus cher, la capacité d’achat diminue. Pour que les transactions repartent, les prix doivent s’aligner, c’est la loi de l’offre et de la demande. Mais là encore, on parle d’une correction progressive, pas d’un effondrement généralisé.

Toutefois, plusieurs facteurs structurels viennent limiter la baisse des prix. D’abord, le déséquilibre entre l’offre et la demande reste important. En France, le marché du logement est caractérisé depuis plusieurs années par une forme de pénurie, en particulier dans les grandes métropoles. Comme l’explique l’association nationale pour l’information sur le logement (ANIL), il n’y a tout simplement pas assez de logements disponibles pour répondre aux besoins des ménages, ce qui soutient mécaniquement les prix, même en période de ralentissement. De plus, de nombreux propriétaires hésitent à revendre leur bien à un prix inférieur à celui auquel ils l’ont acheté, afin d’éviter de matérialiser une perte financière.

Le marché immobilier français ne connaît pas un ajustement fluide par les prix, mais un ajustement bloqué : les vendeurs refusent de baisser fortement leurs prix tandis que les acheteurs perdent leur capacité d’emprunt. Le résultat est moins un krach qu’une paralysie progressive du marché.

Des besoins de logement accrus pour des raisons démographiques

Simultanément, la dynamique démographique continue d’alimenter la demande. La population française augmente, vieillit et évolue dans ses modes de vie (dé-cohabitation, familles monoparentales, mobilité professionnelle). Toutes ces évolutions accroissent le besoin de logements, ajoutant un blocage supplémentaire à l’ajustement attendu.

Enfin, la structure de la propriété joue un rôle stabilisateur. Une part importante des propriétaires en France n’a plus de crédit à rembourser : leur taux d’endettement est d’environ 11 %, contre près de 28 % pour les accédants. Cette situation financière plus confortable limite les ventes contraintes en période de ralentissement.

Au total, ces éléments créent une forme d’inertie du marché immobilier français : les prix peuvent baisser, mais ils résistent mieux aux chocs que dans des marchés plus spéculatifs ou plus endettés. Autrement dit, on n’observe pas de ventes massives contraintes susceptibles de provoquer une chute brutale des prix qui constituerait le mécanisme d’ajustement « normal ».

En revanche, cette résistance s’accompagne d’un autre phénomène : un fort ralentissement de l’activité. Dans un contexte de taux d’intérêt élevés, acheteurs et vendeurs adoptent des stratégies d’attente. Les premiers espèrent une baisse des taux pour améliorer leur capacité d’emprunt ; les seconds préfèrent différer la vente dans l’espoir de préserver leur prix. Ce décalage bloque les négociations et réduit fortement le nombre de transactions. Le marché ne s’effondre donc pas : il se grippe. Les échanges se raréfient, la mobilité résidentielle ralentit, et l’ensemble donne l’impression d’un marché « à l’arrêt ».

Le rôle stabilisateur des autorités européennes et nationales

Par ailleurs, les autorités jouent un rôle central dans l’évolution du marché. La Banque Centrale européenne a déjà ralenti la hausse des taux, et pourrait les stabiliser, voire les baisser progressivement si l’inflation recule. En France, les autorités ont déjà ajusté certains paramètres pour éviter un blocage du marché. Le calcul du taux d’usure, le taux maximal légal pour prêter, a ainsi été temporairement mensualisé en 2023 afin de mieux suivre la remontée rapide des taux et de fluidifier l’octroi des crédits.

Parallèlement, les banques disposent de marges de flexibilité sur les règles d’endettement, avec des dérogations encadrées qui permettent d’approuver certains dossiers au-delà des critères standards. L’objectif est clair : maintenir un accès minimal au crédit malgré le durcissement des conditions. Ces interventions contribuent à amortir les chocs. Elles rendent un scénario de krach pur, moins probable, même si elles ne peuvent pas empêcher un ralentissement durable.

France 24 – 2024.

Ce n’est pas un krach, juste un dérèglement

Plutôt qu’un krach, on assiste à la fin d’un cycle exceptionnellement favorable. Le marché immobilier entre dans une phase plus « normale », marquée par des taux plus élevés qu’au cours de la décennie passée, une sélection accrue des emprunteurs et une stabilisation, voire une baisse modérée des prix. Cela implique un changement de comportement. Les acheteurs doivent revoir leurs attentes, les vendeurs ajuster leurs prix, et les investisseurs recalculer leurs rendements.

Pour les ménages, la situation est inconfortable mais pas catastrophique. Ceux qui ont déjà emprunté à taux fixe sont protégés. Ceux qui souhaitent acheter doivent être plus patients et plus stratégiques.

Le vrai risque n’est pas un krach brutal, mais un marché durablement grippé, avec moins de transactions et une mobilité résidentielle réduite. Cela peut avoir des effets économiques plus larges, notamment sur le secteur du bâtiment.

La période d’euphorie du secteur immobilier est révolue. Nous sommes entrés dans un environnement plus exigeant, où le crédit redevient une ressource rare et coûteuse. Pour les acteurs du marché, l’enjeu n’est plus de profiter d’un cycle haussier, mais de s’adapter à une nouvelle réalité.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Crédit immobilier : les raisons d’un blocage du marché du logement – https://theconversation.com/credit-immobilier-les-raisons-dun-blocage-du-marche-du-logement-281774

Birds of prey in South Africa are in trouble – a study analyses data from 16 years of road counts

Source: The Conversation – Africa – By Santiago Zuluaga Castañeda, JdlC Researcher, Departamento de Ecología Evolutiva, Museo Nacional de Ciencias Naturales (MNCN-CSIC)

Birds of prey and vultures (raptors) play a vital role in ecosystems, both as top predators and key scavengers. However, compared to many other bird species, raptor populations are declining faster. This is because they need large areas to live in, have low population densities, and reproduce slowly. For these reasons they are vulnerable to human impacts like farming with pesticides, electrocution, collision with wind turbines, or poaching.

In many cases, by the time scientists and conservationists fully understand how bad the declines are, it may be too late to act. Thus, having good population monitoring is vital to act as an early warning system of declines. Many countries in the global south host important populations of raptors but lack effective monitoring programmes.

Africa is an important continent for raptor diversity. Several studies across Africa have used road counts (counting birds from repeated transects across routes) to monitor how raptor populations have changed over time. A recent study went one step further, combining trends from these different surveys from across Africa to better understand these changes at a pan-African scale. Unfortunately, no data from South Africa were available to be incorporated into this analysis.

In our recent study we took advantage of data that was collected by one dedicated fieldworker, Ronelle Visagie, who drove nearly 400,000 km (the distance from Earth to the moon) across the central area of South Africa (see map) between 2009 and 2025, while she worked for the Birds of Prey Programme of the Endangered Wildlife Trust.

During these 16 years, Ronelle counted all the raptors and large birds that she saw on these work trips. Comparing how the rate of these observations (numbers of individuals per 100km driven) changed over time allowed us to explore species population trends. We had enough data to examine trends for 18 raptors and eight other large bird species over this period. Unfortunately, we did not find a good news story.

These road counts revealed that 50% of the species (13 out of 26) declined significantly, while only three species (12%) showed significant increases. The remaining ten species (38%) showed no significant trends (see Figure 2).

The declining trends raise serious concerns about the conservation status of several species in a region known to host important raptor populations. Thus, urgent conservation actions are needed, especially for species declining by more than 50%. Given that several of these species are not currently listed as threatened either globally or regionally, their conservation status may need to be reassessed.

Trends in raptor populations

According to our results, 42% of the assessed species declined by more than 50% in the last 16 years.

Notable declines included all of the three migratory species assessed (lesser kestrel, amur falcon and steppe buzzard). These trends match other studies from their breeding grounds in the northern hemisphere, which also suggested declines. Protecting migratory species is especially challenging because action may be needed in breeding areas, non-breeding areas, and along migration routes, where the threats they face may differ.

We also found declines of several resident raptors, including jackal buzzard, Verreaux’s eagle and secretarybird. Populations of these species declined by over 50% in our study region.

In contrast, populations of white-necked raven, greater kestrels, and white-backed vulture increased. The latter is a critically endangered species, but seems to be increasing within our study area.




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Some of the trends we detected were similar to a recent study that explored raptor population trends from across Africa using similar approaches to our study. For example, our findings of large declines for secretarybird and lesser kestrel were very similar to those reported in Kenya and Botswana. Additionally, similar population changes for secretarybird were detected during winter (but not summer) using road counts in the Nama Karoo (a major part of our study area) during the period just before our study (a 61% decline between the late 1980s and early 2010s). This suggests that the decline detected earlier may have continued into the mid-2020s.

We compared the direction of trends (whether species numbers were going up or down) from our road counts and the Southern African Bird Atlas Project (SABAP2). But only about half of the trends agreed between the two methods (road counts and the bird atlas). Species with consistent trends between the methods included amur falcon and lesser kestrel – both showing declines – and greater kestrel and white-backed vulture – both showing increases. Species with inconsistent trends all showed decreases according to our road counts but increases according to the bird atlas project. These included Ludwig’s bustard, blue crane, secretarybird, black-winged kite, and southern pale chanting goshawk.

If we assume that our road counts trends are reliable, these findings suggest that although the bird atlas project data can provide valuable information on the changes in distribution of birds, atlas data may be less well suited to capture changes in abundance at large spatial scales and across multiple species.

Across Africa, declines in birds of prey are often linked to human population growth, agricultural expansion and climate change. In our study area, there have been no major recent changes in land use or population density, but more subtle or long-term human impacts may be driving these changes.

Conflicts between people and raptors, including illegal killings, could play a role. Climate change and infrastructure like power lines and wind farms are adding further pressure by fragmenting aerial habitat and affecting survival and reproduction.




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Trends in human populations

Human populations in Africa are expected to grow significantly over the next three decades, which will increase pressure on biodiversity.

Given the projected human population growth in Africa (79%), and a corresponding rise in demand for resources and energy, threats to vulnerable bird species are likely to get worse.

It is therefore essential that we have reliable tools to monitor species trends and better understand the impacts of these pressures.

This is crucial for understanding the current biodiversity crisis and preventing severe wildlife loss.

Ronelle Visagie and Gareth Tate of the Endangered Wildlife Trust contributed to this research.

The Conversation

Santiago Zuluaga Castañeda received funding from The ABAX Foundation and a Juan de la Cierva postdoctoral contract from the Spanish government.

Arjun Amar receives funding from The ABAX Foundation.

Megan Murgatroyd does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Birds of prey in South Africa are in trouble – a study analyses data from 16 years of road counts – https://theconversation.com/birds-of-prey-in-south-africa-are-in-trouble-a-study-analyses-data-from-16-years-of-road-counts-281908

Ce que les chats peuvent nous apprendre sur les cancers humains

Source: The Conversation – in French – By Geoffrey Wood, Professor, Co-Director, Institute for Comparative Cancer Investigation, University of Guelph

Les chats ont un taux de cancers similaire à celui des humains et développent souvent les mêmes types de cancer. (Unsplash/Andy Quezada)

Les chats vivent dans nos maisons, boivent notre eau et dorment même dans nos lits. Ils sont des membres à part entière de nombreux foyers et partagent notre vie.

Ils présentent également de nombreuses similitudes biologiques avec nous. Les chats ont un taux de cancers similaire à celui des humains et développent souvent les mêmes types de cancer. Comme pour les humains, l’amélioration des soins de santé et de l’alimentation leur permet de vivre plus longtemps, ce qui augmente leur risque de souffrir d’un cancer au cours de leur vie.

un chat gris dans un jardin
Les chats sont des membres à part entière de nombreux foyers et partagent notre vie. Ils présentent également de multiples similitudes biologiques avec les humains.
(Geoff Wood)

Avec mes collègues, nous nous sommes demandé si les cancers félins ressemblaient aux cancers humains sur le plan génétique ? Nous avons mené la plus grande étude jamais réalisée sur le séquençage de l’ADN des tumeurs des chats. Nos recherches ont révélé des similitudes frappantes entre les cancers félins et humains, et les résultats laissent entrevoir des retombées positives tant pour les chats que pour nous.

Notre collaboration internationale a permis de publier récemment une étude portant sur les tumeurs de 500 chats et couvrant 13 types de tumeurs. Nous avons isolé l’ADN de ces tumeurs et cartographié la séquence de 1 000 gènes qui présentent souvent des mutations dans les cancers humains.

Cancers félins et humains

Dans l’ensemble, le gène qui a le plus souvent muté est le gène TP5, un gène de protection contre le cancer, qui est également le plus fréquemment muté dans les cancers humains. Un autre exemple est le gène PIK3CA, qui comporte une mutation dans environ 40 % des cancers du sein chez l’être humain et dont on a constaté qu’il était altéré dans environ 50 % des cancers mammaires chez le chat.

Il existe des médicaments spécialement conçus pour les cancers humains présentant certaines mutations, comme celles du gène PIK3CA. Maintenant que nous connaissons les mutations courantes dans les cancers félins, il est possible de tester ces médicaments sur les chats.

Comment étudions-nous le cancer chez les chats ? Depuis 2009, la biobanque vétérinaire du Collège vétérinaire de l’Ontario, qui fait partie de l’Institut de recherche comparative sur le cancer de l’Université de Guelph, conserve des échantillons de tumeurs provenant de chats traités au Centre de cancer animal.

Avec le consentement du propriétaire, une partie de la tumeur prélevée lors de l’intervention chirurgicale est préservée et congelée en vue d’études futures. De plus, des échantillons sanguins sont conservés afin de servir de ressource pour mettre au point des tests de dépistage moins invasifs, en utilisant des molécules associées à la maladie présentes dans le sang.

Récemment, la biobanque vétérinaire s’est jointe au consortium Biobanques Ontario afin de faciliter les études sur le cancer entre espèces. Des essais cliniques sur le cancer sont également menés chez des chats et des chiens, dans le but d’utiliser les résultats de la recherche pour concevoir de meilleurs traitements pour les animaux de compagnie, mais aussi pour nous permettre de mieux comprendre les cancers humains.

Les chats peuvent nous en apprendre beaucoup sur les cancers humains. Il existe plusieurs cancers ou sous-types de cancer qui sont courants chez les chats, mais rares chez nous. Le cancer mammaire « triple négatif » — caractérisé par l’absence de récepteurs d’œstrogènes et de progestérone, et du récepteur du facteur de croissance HER2 — est de loin le sous-type le plus courant chez les chats. Il ne représente toutefois que 15 % des cancers du sein chez l’humain.

Ce sous-type touche principalement les femmes jeunes, les femmes noires et celles présentant une prédisposition génétique héréditaire (mutation du gène BRCA1). Il est particulièrement agressif et difficile à traiter.

Le cancer du pancréas est un autre exemple. Le sous-type acineux, le plus fréquent chez les chats, est relativement rare chez l’être humain. Il est donc plus facile de mener des études sur ce type de cancer chez les chats.

Notre étude sur le séquençage génomique chez le chat a également révélé quelques différences dans les profils de mutation entre les cancers humains et félins. Environ 25 % des cancers humains présentent des mutations des gènes RAS, alors que ces mutations sont rares chez les chats. L’étude de ces cancers chez le chat pourrait nous aider à mieux comprendre le rôle de ces gènes dans le développement de la maladie.

Génomes de souris et de chats

Les associations caritatives de lutte contre le cancer et les organismes qui octroient des subventions pour la recherche en santé humaine soutiennent régulièrement des études utilisant des modèles de cancer humain chez les rongeurs, mais l’étude du cancer chez d’autres espèces animales est plus difficile à faire accepter.

Les rongeurs servant de modèles sont génétiquement modifiés pour développer un cancer ou pour présenter un système immunitaire gravement déficient, de manière à pouvoir héberger des cellules cancéreuses humaines.

Ces modèles sont très efficaces pour étudier les mécanismes moléculaires du cancer, mais leur bilan en matière de médicaments anticancéreux est médiocre. En effet, plus de 90 % des nouveaux traitements anticancéreux mis au point à partir de ces modèles échouent lors des essais cliniques humains et ne sont jamais autorisés à des fins thérapeutiques.


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En revanche, le cancer se développe souvent spontanément chez le chat dans le même environnement que chez les humains. Ces animaux présentent également de nombreux troubles sous-jacents ou concomitants similaires aux nôtres, tels qu’obésité, maladies auto-immunes, maladies rénales, diabète et divers autres troubles endocriniens.

Le génome des chats ressemble davantage à celui des humains que le génome des souris, et l’organisation du génome félin (l’ordre des gènes sur les chromosomes) est plus proche de celle de l’être humain que ne l’est celle du chien.

L’Atlas du génome du cancer est une immense base de données en libre accès qui répertorie les mutations observées dans différents types de cancer chez les humains. Aucune ressource de ce type n’existe pour les chats.

Les données issues de notre récente publication sont désormais disponibles via le Wellcome Sanger Institute. Elles constitueront une ressource fondamentale et gratuite pour les chercheurs qui étudient le cancer chez les chats et les humains, au bénéfice des deux espèces.

La Conversation Canada

Geoffrey Wood bénéficie d’un financement du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, du Pet Trust et de l’Institut ontarien de recherche sur le cancer.

ref. Ce que les chats peuvent nous apprendre sur les cancers humains – https://theconversation.com/ce-que-les-chats-peuvent-nous-apprendre-sur-les-cancers-humains-277929

Why a landmark Supreme Court ruling has failed to keep racial bias out of jury selection

Source: The Conversation – USA – By Austin Sarat, William Nelson Cromwell Professor of Jurisprudence and Political Science, Amherst College

In 1986, the Supreme Court barred prosecutors from striking jurors solely because of race. Bloomberg Creative/Getty Images

On April 30, 2026, Texas executed James Broadnax, a Black man who was sentenced to death for the robbery and murder of two men in 2008.

Before the jury was seated, the prosecutor moved to dismiss each of the seven Black people from the jury pool. Citing court documents, CNN noted that he “(utilized) a spreadsheet during jury selection that bolded only the names of every Black juror” and none of the white or Latino people. After defense objections, the judge reseated one Black juror, citing the otherwise all-white jury.

The trial proceeded with 11 white jurors and one Black juror.

Mugshot of James Broadnax
James Broadnax was executed in Texas on April 30, 2026.
Associated Press/Texas Department of Criminal Justice

A jury with that racial composition is likely to deliberate in a different way than one that is more racially diverse. According to Duke University law professor James Coleman, “Juries with two or more members of color deliberate longer, discuss a wider range of evidence, and collectively are more accurate in their statements about cases, regardless of the race of the defendant.”

A 2012 Duke University study of two Florida counties found that juries “formed from all-white jury pools convicted Black defendants 16% more often than white defendants, a gap that was nearly eliminated when at least one member of the jury pool was Black.”

Broadnax was executed on the 40th anniversary of Batson v. Kentucky, in which the Supreme Court ruled that prosecutors cannot exclude jurors solely on account of their race.

But Broadnax’s case is not an outlier. Similar efforts to “whiten” juries in capital cases regularly occur in states that authorize the death penalty. A 2025 analysis of Alabama’s death row by the Equal Justice Initiative found that across 122 capital cases – involving Black and white defendants in roughly equal numbers – more than one-third were decided by juries with no Black jurors or, like Broadnax’s case, only one.

As a death penalty scholar who has tracked the role of race in the death penalty system, I believed Batson was a step forward in the effort to address a long history of excluding Black people from jury service. But 40 years have shown that Batson merely scratched the surface of the problem.

A long history

The exclusion of Black people from jury service is as old as the republic itself.

Before the Civil War, one way this was done was by limiting eligibility for such service to those who could vote. Some states went further, saying only whites could serve on juries. A Tennessee law dating from 1858 is a good example: “Every white male citizen who is a freeholder, or householder, and twenty-one years of age, is legally qualified to act as a grand or petit juror.”

It was only after the Civil War and the passage of the 13th, 14th and 15th amendments to the Constitution that Black people were entitled to serve on juries nationwide – at least in theory.

Some states resisted. For example, West Virginia law specified that “all white male persons who are twenty-one years of age and who are citizens of this State shall be liable to serve as jurors.”

In 1880, 12 years after the ratification of the 14th Amendment – which guarantees equal protection of the law – the Supreme Court struck down that West Virginia law. It did so in the case of a former slave who was convicted in a capital case by an all-white jury and given a death sentence – a preview, I believe, of the kind of thing that happened to Broadnax.

The court held that the West Virginia law that “denies to colored citizens the right and privilege of participating in the administration of the law as jurors because of their color … is, practically, a brand upon them, and a discrimination against them which is forbidden by the [14th] amendment.”

Despite the court’s unequivocal ruling, the door to jury service remained closed to Black people. As legal scholar Sarah Claxton argued in 2022, “States across the country enacted vague and subjective standards for juror eligibility – requiring good moral character, honest and intelligent men, persons having educational qualifications – whose discriminatory application excluded Black citizens from juries.”

The modern story

The story of racial discrimination in jury selection is not simply a story of a now discredited past.

In 1965, the Supreme Court refused to remedy the exclusion of Black people from juries that its 1880 decision was supposed to have ended. It held, in Swain v. Alabama, that “a defendant in a criminal case is not constitutionally entitled to a proportionate number of his race on the trial jury or the jury panel.”

Two decades passed before the court again took up the glaring problem of racial discrimination by prosecutors seeking to keep Black people off juries.

In Batson v. Kentucky, the court considered a case in which the prosecuting attorney “used his peremptory challenges to strike all four black persons” in the jury pool and managed to seat an all-white jury. And on April 30, 1986, it reaffirmed that “a State denies a Black defendant equal protection when it puts him on trial before a jury from which members of his race have been purposefully excluded.”

The court then created a process for challenging jury selection. First, the defendant must point to evidence – based on how the prosecutor used their strikes – that suggests racial discrimination. If they can, the prosecutor must then come forward with “a neutral explanation for challenging Black jurors.” Finally, the trial judge weighs all the evidence to decide whether the prosecutor’s stated reason is genuine or a cover for bias. In practice, this means a Batson challenge will fail as long as the prosecutor can offer any nonracial reason for excluding Black jurors, however thin.

Thurgood Marshall standing outside the Supreme Court building
When Batson v. Kentucky was decided, Justice Thurgood Marshall warned that the decision would not end racial discrimination in jury selection.
Bettmann/Getty Images

When Batson v. Kentucky was decided, Justice Thurgood Marshall, drawing on his years of experience as an NAACP Legal Defense Fund lawyer, warned that the decision would not end racial discrimination in jury selection. “Merely allowing defendants the opportunity to challenge the racially discriminatory use of peremptory challenges in individual cases will not end the illegitimate use of the peremptory challenge,” he explained.

He predicted that “any prosecutor can easily assert facially neutral reasons for striking a juror, and trial courts are ill-equipped to second-guess those reasons.”

40 years of Batson

History has proved Marshall right.

In the Broadnax case, prosecutors claimed that their efforts to remove Black jurors had nothing to do with their race. They suggested that they were dismissed because they could not be impartial or they had reservations about the death penalty, disqualifying them from service on a jury in a capital murder trial.

The Batson test has not been much of an obstacle for prosecutors in other capital cases either. In fact, in 2025 the Death Penalty Information Center reported that in the years after Batson, “prosecutors soon learned how to successfully defend race-based challenges, and courts generally accepted even the flimsiest excuses.” That’s why defendants rarely win Batson challenges “despite powerful evidence of racial bias.”

In the 40 years since Batson was decided, the Death Penalty Information Center has identified only 68 cases across 16 states in which a capital defendant succeeded in getting a conviction or death sentence reversed because of racial discrimination in jury selection.

The picture is similar in California, where more comprehensive data exists. According to a 2020 Berkeley Law report, the California Supreme Court reviewed 142 cases involving Batson claims over 30 years and found a violation in only three. At the time the report was published, it had been more than three decades since that court found a Batson violation involving the strike of a Black prospective juror.

Looking at what has happened since Batson v. Kentucky, Elisabeth Semel, a UC Berkeley law professor and co-director of the school’s Death Penalty Clinic, said in an interview with the Death Penalty Information Center that she would give Batson a grade of “F.” As she explained, “It certainly has failed to achieve its promise.”

The Conversation

Austin Sarat does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why a landmark Supreme Court ruling has failed to keep racial bias out of jury selection – https://theconversation.com/why-a-landmark-supreme-court-ruling-has-failed-to-keep-racial-bias-out-of-jury-selection-282132

Hantavirus y memoria pandémica: por qué el miedo llega antes que los datos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mónica Pachón-Basallo, Doctora en educación y psicología, Universidad de Navarra

eamesBot/Shutterstock

Hay un viejo dicho popular que dice: “Si me mientes una vez, es tu culpa. Si me mientes dos, es la mía”. A primera vista parece un proverbio sobre la confianza interpersonal, pero encierra algo mucho más profundo sobre cómo funciona nuestra mente cuando ha sido golpeada por una experiencia límite. Entender la reacción de mucha gente ante las noticias del hantavirus pasa, necesariamente, por entender ese mecanismo.

El cerebro que recuerda lo malo mejor que lo bueno

Empecemos por un hecho bien establecido en psicología cognitiva: nuestro cerebro no trata lo bueno y lo malo de forma simétrica. En un artículo que lleva más de 10 000 citas en la literatura científica, Roy Baumeister y sus colaboradores demostraron que los eventos negativos se procesan con más profundidad, se recuerdan con mayor detalle y durante más tiempo, y dejan huellas más resistentes al cambio que los eventos positivos. Lo llamaron, sin ambages, Bad is Stronger than Good, “lo malo es más fuerte que lo bueno”.

Esto no es un defecto, sino una solución evolutiva: un organismo que aprende más rápido de las amenazas sobrevive mejor. El problema es que ese mismo sistema, tan útil en la sabana, opera con exactamente la misma lógica en el siglo XXI cuando vemos en el móvil el titular “Brote de hantavirus en crucero procedente de Argentina”.

A nivel neurobiológico, la amígdala (estructura central del sistema límbico) actúa como un detector de amenazas que procesa la señal de peligro antes de que el córtex prefrontal pueda evaluarla de forma racional. El neurocientífico estadounidense Joseph LeDoux describió este mecanismo como la “vía corta”: un atajo neuronal que sacrifica precisión a cambio de velocidad. El resultado es que reaccionamos emocionalmente antes de pensar. Y cuando ese sistema ha sido entrenado por una experiencia tan intensa como el covid, la reactividad se dispara con mucha más facilidad.

El covid como experiencia condicionante de escala histórica

Para entender la intensidad de la respuesta actual, hay que ir un paso más atrás. Desde la psicología del aprendizaje, el covid funcionó como una experiencia de altísima intensidad emocional: muerte cercana, confinamiento, incertidumbre radical, pérdida de rutinas, de trabajo, de personas queridas. Toda esa carga quedó asociada a un conjunto de señales muy concretas: noticias de virus, curvas de contagio, palabras como “pandemia”, “transmisión”, “sin vacuna”…

Ahora esas señales están cargadas de significado emocional aprendido. Basta con que aparezca una de ellas (aunque sea un virus completamente diferente, aunque los datos sean tranquilizadores) para que el sistema emocional dispare la respuesta aprendida: ansiedad, alerta, necesidad de hacer algo o, en el polo opuesto, desconexión total.

Aquí volvemos al dicho del principio: la “segunda amenaza” ya no se evalúa desde cero. El sistema llega cargado, con los esquemas activados, listo para confirmar lo peor.

Por qué el covid dejó esa impronta y no otra

Pero hay algo que hace que esta asociación sea especialmente poderosa, y que va más allá de la psicología individual. Durante generaciones, los seres humanos hemos mantenido las pandemias, las guerras mundiales y las extinciones masivas en el terreno de lo que le pasó a otros, en otro tiempo. Los historiadores hablan de “distancia psicológica”: los eventos catastróficos del pasado forman parte de nuestro imaginario colectivo, pero no de nuestra experiencia vivida. Esto tiene una función protectora muy concreta: nos permite funcionar en el día a día sin conectar con la posibilidad de que algo así nos pueda pasar a nosotros, aquí, ahora.

Y, sin embargo, antes del covid, ese mismo sistema tenía un escudo cognitivo adicional: el sesgo de optimismo irreal, descrito por el psicólogo Neil Weinstein como la tendencia a creer que los eventos negativos son menos probables para uno mismo que para los demás en situaciones comparables. Aunque algunos autores lo han relacionado con efectos protectores sobre el bienestar psicológico, el propio fenómeno puede volverse maladaptativo cuando conduce a subestimar riesgos reales y reducir conductas preventivas. En cierto modo, podríamos decir que no es negación patológica, sino el precio de la salud mental cotidiana: no podemos permitirnos vivir en alerta permanente.

El covid lo rompió todo. Y no solo de forma individual, sino generacional y colectiva: por primera vez en la memoria viva de la mayoría de la población, una amenaza de escala civilizatoria fue real, cercana, concreta y transmitida en directo. Eso dejó una impronta que no funciona como un recuerdo más, sino como una reconfiguración del umbral de amenaza percibida. El escudo cognitivo se rompió, y ahora el sistema de detección de peligros opera en un terreno nuevo, más sensible.

Dos respuestas, un mismo origen

Cuando ese sistema condicionado se activa frente a noticias como las del hantavirus, las personas tendemos a responder de dos maneras que parecen opuestas pero comparten la misma raíz:

  • Hiperactivación: búsqueda compulsiva de información, compra preventiva de mascarillas, plantearse cancelar el viaje a Tenerife aunque los datos objetivos no lo justifiquen. Es la respuesta de quien no puede no hacer nada cuando el sistema emocional está en alerta.

  • Evitación y desconexión: ignorar las noticias, racionalizar que “esto no es lo mismo”, cambiar de tema. Lejos de ser indiferencia, es muchas veces una estrategia defensiva para no reconectar con el peso emocional de lo vivido.

Ambas respuestas son comprensibles y, en cierta medida, adaptativas. El problema surge cuando se vuelven rígidas: quien está en hipervigilancia acaba en un ciclo de ansiedad que se retroalimenta; quien desconecta pierde la capacidad de hacer una evaluación realista del riesgo.

La OMS ya ha señalado que el brote actual de hantavirus no es comparable ni en mecanismo ni en escala a la transmisión del SARS-CoV-2 (y esa información importa), pero llega a un sistema de procesamiento que, para una parte de la población, ya no opera desde la calma. Saber los datos no es suficiente si el sistema emocional no está en condiciones de recibirlos.

Quizás lo más llamativo de todo esto es que no habla de irracionalidad, sino de coherencia. Nuestro sistema psicológico hace exactamente lo que aprendió a hacer: recuerda lo malo con más precisión, se prepara antes de pensar, y aplica lo aprendido en cuanto detecta una señal parecida. El problema no es el cerebro; es que el mundo cambió de una forma para la que no teníamos precedente reciente, y todavía estamos recalibrando.

Volviendo al dicho: si la primera vez te pilló desprevenido, ahora tu sistema emocional prefiere equivocarse por exceso antes que volver a ser sorprendido. Es, en el fondo, una forma de aprendizaje. Incómoda, a veces desproporcionada, pero perfectamente humana.

The Conversation

Mónica Pachón-Basallo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Hantavirus y memoria pandémica: por qué el miedo llega antes que los datos – https://theconversation.com/hantavirus-y-memoria-pandemica-por-que-el-miedo-llega-antes-que-los-datos-282517

Thoreau the scientist – how environmental research informed ‘Walden’ and later works

Source: The Conversation – USA – By Robert M. Thorson, Professor of Earth Science, University of Connecticut

Henry David Thoreau investigated the Sudbury River as America’s first river scientist. Robert M. Thorson

The steam locomotive chugged its way toward Cambridge, Massachusetts, on Aug. 15, 1859. On board was an impatient young scientist wanting to understand the math and science governing how river channels should behave. After disembarking at Harvard College and searching the stacks of its library, Henry David Thoreau checked out “Principes D’Hydraulique,” a three-volume tome of hydraulic engineering.

Once he translated and transcribed 17 pages from the original French, he finally discovered what he was looking for: an equation for the equilibrium velocity of a stream, given its shape, slope, volume of flow and bed roughness.

This theoretically minded, quantitative side of Thoreau is nearly invisible in the cultural zeitgeist. There, his other side dominates: the famous 19th-century transcendental nature writer, philosopher, social critic and abolitionist who lived for two years in a small house in the woods above Walden Pond in Concord, Massachusetts.

This literary-minded, qualitative Thoreau is canonized and mythologized for “Walden,” a foundational text for America’s environmental movement, and for “Civil Disobedience,” which describes a model of nonviolent political protest later adopted by Emma Goldman, Mahatma Gandhi, Martin Luther King Jr. and many others.

A small dam with water from a river spilling over it.
Removal of this low factory dam across the Concord River in Billerica, Mass., was the center of contention for what may have been America’s first major environmental assessment.
Robert M. Thorson

The nearly invisible Thoreau – the compulsively quantitative and analytically rigorous physical scientist – emerged from my research as a geologist interested in the history of 19th-century science. With two decades of scholarly books and articles behind me, I’m now featuring this less well-known Thoreau in my upcoming book, “The Walden Experiments: The Science of Henry David Thoreau.”

Footnote to fame

Thoreau rose to fame as an original American thinker. He’s now the star of an award-winning video game. The Thoreau Alliance, an organization dedicated to educating about his life and legacy, is international. A recently released and highly acclaimed Ken Burns-Ewers brothers biopic, “Henry David Thoreau,” focuses on the usual side of Thoreau as a writer and activist, emphasizing his focus on environmental justice, sustainable living and the power of nature to heal our increasingly technological and frenetic lives.

A black and white photo of Henry David Thoreau wearing a suit jacket and bow tie.
Henry David Thoreau was a prominent 19th-century naturalist, environmentalist and writer.
Benjamin D. Maxham/National Portrait Gallery

I served as an adviser for and appear in the film, which touches on Thoreau’s science. These touches are limited mainly to his work as a biological naturalist. Examples include his pioneering insights on the dispersal of seeds, his anticipation of Charles Darwin’s theory of natural selection and his study of the seasonal manifestations of natural phenomena, such as plants’ flowering times and bird migrations.

Physical science

“I keep out of doors for the sake of the mineral, vegetable, and animal in me.”

Thoreau wrote this entry in his journal on Nov. 4, 1852, when he was busy researching the lake at Walden Pond. His words remind readers that any search for meaning must ultimately begin with the bedrock roots of their lives on which all plants, animals and cultures depend. My way of saying the same thing is, “No rocks, no ecosystems, no cultures.”

During his research on the lake and nearby streams, Thoreau made an original discovery in fluid mechanics. On June 4, 1854, he wrote the first known technical description of a standing capillary wave: a small water wave that, instead of rippling outward, stays in a fixed position.

This phenomenon, which he later made a technical drawing of, is now known as the Thoreau-Reynolds Ridge. His co-discoverer, Osborne Reynolds, was a pioneering Irish-British hydraulic engineer.

Limnology and geology

Thoreau also pioneered limnology, the science of lakes. He studied how light passed through the water of Lake Walden in liquid, solid and vapor phases, how the lake stored heat in stable layers during the summer and winter, how the water chemistry affected its clarity, and how lakes eventually fill to become dry land.

His 1939 recognition as America’s first limnologist precedes by two years his 1941 canonization as an important American writer.

Thoreau correctly interpreted that his New England landscape had been shaped by a colossal ice sheet that had flowed southward from Canada. At the time, the state geologist of Massachusetts and the American science establishment were incorrectly attributing the same landscape to an iceberg-laden catastrophic flood. He also correctly reasoned that his beloved Walden Pond was born when a buried remnant of that ice sheet melted downward to create a groundwater-filled sinkhole called a kettle.

He kept a growing reference collection of rocks and minerals in his attic garret that was later exhibited for decades at the nearby Fruitlands Museum in Harvard, Massachusetts. His journal entries are peppered with geological insights related to these specimens. His final journal entry is a geological interpretation of rain splash erosion.

Thoreau’s river science

The most analytically rigorous science of Thoreau’s life culminated with his 1859 research trip to the library stacks of Harvard College. At the time, he was investigating how the Concord River watershed had changed in response to the construction of a downstream factory dam a century earlier.

Thoreau’s research was a clandestine part of a protracted legal case involving four acts of the state Legislature between 1859 and 1862. Potentially, this was America’s first major environmental assessment because it examined alternative actions to dam removal and weighed environmental protection against socioeconomic costs.

During a span of 18 months, Thoreau carried out nearly 50 discrete research tasks to create dozens of tables of numerical data and a detailed compilation map of the Concord River Valley that’s over 7 feet long. His river science predates that of the United States’ first recognized river scientist by 18 years.

The boldest claim of my latest book is that Thoreau’s sharp swerve toward science in 1851-52 led to the rescue of “Walden,” his most famous work. Specifically, his field research led to an understanding of its namesake place as a natural system of water, air, land, aquifer and life that included humanity. This more complex and inclusive vision transformed what had been an abandoned draft of social critique into the nature writing that became a foundational text for America’s environmental movement.

The Thoreau who built literary castles in the air put the solid foundations of physical science beneath them.

The Conversation

Robert M. Thorson was an unpaid scholarly advisor for the film project described here and appears in the film.

ref. Thoreau the scientist – how environmental research informed ‘Walden’ and later works – https://theconversation.com/thoreau-the-scientist-how-environmental-research-informed-walden-and-later-works-281097

Conspiracy theorists are building AI interfaces to the Epstein files – and presenting their views as data analysis

Source: The Conversation – USA – By Matthew N. Hannah, Associate Professor of Rhetoric, Politics and Culture, University of Wisconsin-Madison

Redacted documents from the Jeffrey Epstein files can fuel conspiracy thinking. Brendan Smialowski via Getty Images

Jeffrey Epstein’s death on Aug. 10, 2019, sparked a flurry of conspiracy theories, and the release of Epstein’s purported suicide note on May 6, 2026, is a good bet to be fodder for more.

But Epstein’s death is only one facet of the convicted sex offender’s story to spawn and sustain conspiracy theories.

The Department of Justice has released more than 3 million publicly available documents related to the shadowy sex-trafficking networks surrounding Epstein. Journalists and researchers are working to make sense of the massive trove of data, but it is going slowly, and the interface built by the Department of Justice to the documents is unwieldy.

In response, some Americans have taken it upon themselves to dive into the archive. They are using artificial intelligence to develop platforms to make navigating the Epstein files easier and to conjure up new assessments of all the information.

As a scholar of online conspiratorial activity, I’m seeing that these tools are also helping conspiracy theorists craft their narratives.

Do-it-yourself conspiracy platforms

Because the Epstein files are a massive, unstructured dataset made up of PDF files, videos, photographs and other materials, these platforms make it easier for people to see connections where none exist.

Some of the platforms are intentionally masquerading as neutral, data-driven AI research tools but are actually designed by conspiracy theorists to encourage and amplify conspiracy thinking, leading to what I call “platform conspiracism.”

Epstein conspiracy theories often follow a classic logical fallacy known as “post hoc ergo propter hoc” — assuming that because event A happened before event B, event A must have caused event B. For example, in 2017, QAnon participants claimed that there was a secret cabal of satanic pedophiles trafficking children, so by this faulty logic, the subsequent Epstein revelations must be evidence that QAnon was right.

Some Epstein platform operators are supplementing their thinking with ideas from QAnon and other online conspiracy movements about cannibalism, satanism or the CIA’s experiments with mind control in the 1950s known as MK Ultra.

The platform conspiracists have a ready audience because many Americans are concerned about the vast tentacles of Epstein affiliates reaching into government, entertainment, academia and the tech industry. And of course many people simply want to know who is in the files and why. The unintended, or in some cases intended, consequences are that the do-it-yourself conspiracy platforms encourage paranoia and conspiracism.

Each time the Department of Justice releases or tries to not release a new crop of documents, it sparks widespread interest. Social media influencers, for example, immediately share videos of their own interpretations of the files.

Conspiracy masquerading as data analysis

One platform, called the WEBB, promises to use AI for “document intelligence” that can purportedly help researchers explore the Epstein files, flight logs, court documents and depositions.

Using a slick interface with literal red threads animating the screen as a reader moves their mouse, WEBB automates the messy data cleaning tasks that are required when working with unstructured data. The site says WEBB converts, optically records and indexes the files’ contents automatically, making the documents “structured, searchable intelligence.”

Protesters carrying signs about conspiracies.
Some AI research tools designed by conspiracy theorists may widen conspiracist thinking.
Bryan Dozier/Middle East Images/AFP via Getty Images

Named for Gary Webb, an investigative journalist who reported on an alleged CIA drug trafficking operation, WEBB invites users to imagine themselves as scrappy open-source intelligence researchers. It presents the platform as an objective resource that will be transparent about its functions. But even in the necessary first step of cleaning data, researchers make decisions that can steer the results.

One of the creators of WEBB is purported antisemitic conspiracy influencer Ian Carroll, who has appeared on Alex Jones’ Infowars and other far-right shows espousing conspiracy theories about Jewish cabals, 9/11 Trutherism, Epstein and Pizzagate, the discredited conspiracy theory in which child sex trafficking was allegedly happening at the Comet Ping Pong Pizzeria in Washington.

Carroll, or someone on his team, engages with people who mine the Epstein files through the WEBB interface, sharing their interpretations with his 1.4 million followers. Carroll also posts explainer videos showcasing his own conspiracy theory research with WEBB.

Other platforms such as Epstein Exposed and Epstein File Search offer similar platforms for “doing your own research” in the Epstein files. While they are less overtly conspiratorial, lacking endorsements from conspiracy theorists such as Candace Owens, such platforms use social media posts to encourage conspiracy research on their platforms.

An expanding web

WEBB also promises to begin adding datasets to its AI-powered platform that are related to other conspiracy theories, such as those about the 9/11 attacks and UFOs. Added “files” even include books of the Bible that were removed.

The WEBB team stated that their AI tool won’t hallucinate – create false or nonsensical content – because it is only trained on the file data, even though large language models routinely hallucinate because they are driven by probabilities.

It remains unclear how WEBB won’t hallucinate when it jumbles the Epstein files, JFK reports, 9/11 documents and Book of Enoch together. Carroll is now promoting a product called WEBB Enterprise, which presumably will include more access and tools for a fee.

Conspiracy of data

Whenever Americans are hungry for answers, platforms such as these can more easily masquerade as objective data analysis tools. They feed into a “conspiracy of data,” in which false or misleading information is presented in charts and graphics that create the impression of accuracy and authority.

Legitimate data analysis is complicated, messy and challenging, and best practices call for data analysis tools to emphasize transparency and context. For example, journalists at The New York Times use AI to supplement their work while also acknowledging the potential sloppiness of such tools and need for experts and journalists to do the work.

And as platforms like WEBB add their own datasets, the fodder for the paranoid fantasy of online conspiracy theories grows.

The Conversation

Matthew N. Hannah does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Conspiracy theorists are building AI interfaces to the Epstein files – and presenting their views as data analysis – https://theconversation.com/conspiracy-theorists-are-building-ai-interfaces-to-the-epstein-files-and-presenting-their-views-as-data-analysis-277949