80 ans de la Sécurité sociale : revenir à l’esprit fondateur pour couvrir davantage de risques

Source: The Conversation – France in French (3) – By Philippe Batifoulier, Professeur d’économie / CEPN (UMR 7234 CNRS), Université Sorbonne Paris Nord

La Sécurité sociale couvre aujourd’hui différents secteurs (maladie, accident du travail, retraite, perte d’autonomie, famille) grâce à ses différentes caisses. Malgré le recul de certains droits sociaux, cette institution, née de la Résistance, reste résolument moderne. Elle pourrait même servir de modèle de protection sociale face à d’autres risques, par exemple ceux dûs au dérèglement climatique ou à l’insécurité alimentaire.


L’année 2025 est l’occasion de nombreuses manifestations visant à célébrer les 80 ans de la Sécurité sociale. Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 marquent une étape importante de l’histoire de France.

Dans son article 1, l’ordonnance du 4 octobre dispose que :

la Sécurité sociale est « destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent. »

Née de la Résistance

Si les ordonnances d’octobre 1945 fournissent un point focal, elles ne sont que de l’encre sur du papier et il faut à la fois tout un processus pour en arriver là et toute une énergie pour que la loi se traduise concrètement par des droits sociaux.

Ce processus passe par l’adoption, le 15 mars 1944, du programme du Conseil national de la Résistance (CNR) initialement baptisé « Les jours heureux », qui prévoit un « plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail. »

La date est importante et montre que la Sécurité sociale s’inscrit dans un mouvement de résistance non seulement face à l’occupant mais aussi face à un pôle collaborateur qui promeut sa propre conception de la protection sociale – la France de Vichy.

L’énergie est celle de ceux qui ont construit des caisses primaires de sécurité sociale à partir du 1er juillet 1946. Il ne suffit pas de décréter des droits. Il faut les organiser, il faut des lieux où les assurés vont pouvoir les faire valoir. C’est sous l’impulsion du ministre communiste Ambroise Croizat et du haut fonctionnaire Pierre Laroque, révoqué par Vichy parce juif, que vont se mettre en place les guichets de sécurité sociale.

Face au refus de participation de la Confédération française des travailleurs chrétiens, ce sont essentiellement les militants de la Confédération générale du travail qui construisent les caisses de sécurité sociale.

Cinq risques couverts : vieillesse, maladie, maternité, décès et invalidité

Les assurances sociales existaient avant 1945, en particulier avec les lois de 1928-1930 qui promulguent une protection obligatoire des salariés de l’industrie et du commerce dont le salaire est inférieur à un plafond. Un financement par le biais d’une cotisation obligatoire représentant 8 % du salaire et payée, en part égale, par l’employeur et par l’employé est mis en place.

Il repose également sur l’identification de cinq risques : la vieillesse, la maladie, la maternité, le décès et l’invalidité. À ces lois s’ajouteront une loi sur les allocations familiales en 1932 et une loi sur les retraites en 1941 qui instaure le régime de retraite par répartition ainsi que le minimum vieillesse. La Sécurité sociale hérite de cette histoire. Mais toute la population n’est pas couverte du fait du mécanisme de plafond d’affiliation (qui exclut les salariés les mieux rémunérés) et de la variété des statuts hors salariat.

Le régime général, une institution révolutionnaire

L’innovation majeure de 1945 est la création du régime général (RG) qui est une institution révolutionnaire. Sa radicalité s’incarne par la création d’une caisse unique (pour tous les travailleurs et tous les risques sociaux), une cotisation sociale interprofessionnelle à taux unique alors qu’elle dépendait auparavant de l’entreprise, et une gestion de la Sécurité sociale par les « intéressés », c’est-à-dire les salariés cotisants. Cette organisation confère donc aux salariés eux-mêmes la gestion de l’institution (en majorité face au patronat aussi représenté dans les caisses).

La Sécurité sociale n’est pas une institution étatique et reste encore une institution de droit privé qui remplit une mission de service public. L’État est mis à distance notamment parce qu’une majorité de parlementaires a voté les pleins pouvoirs à Pétain. Tous les grands corps sont discrédités, en particulier le patronat qui s’est compromis avec l’occupant nazi. La gestion du budget de la Sécurité sociale est confiée aux résistants, les travailleurs.

Dès 1946, le régime général est une bataille et doit faire face à de nombreux opposants. Les gestionnaires ouvriers sont mis en procès pour mauvaise gestion des comptes et les débats du Parlement en 1946 révèlent que les arguments contre la « Sécu » n’ont pas changé : les cotisations freinent la compétitivité des entreprises (à l’époque, c’est la concurrence japonaise qui était visée), les assurés fraudent les prestations, seuls les plus pauvres doivent être ciblés par la « Sécu » et il faut laisser les autres s’assurer comme ils l’entendent, etc.

L’étatisation de la Sécurité sociale

L’État, qui n’a jamais réellement disparu en gardant la main sur le niveau des cotisations et de certaines prestations, va progressivement reprendre le pouvoir sur les intéressés et transformer la Sécurité sociale en une agence d’État.

Cette étatisation s’incarne dans quatre processus fondamentaux :

  1. La gestion par les intéressés qui est l’innovation majeure de 1945–1946 se traduisait par des conseils d’administration des caisses primaires constitués de trois quarts de représentants syndicaux et un quart de représentants patronaux. La réforme Jeanneney de 1967 introduit un paritarisme et donne le même nombre de sièges aux organisations patronales.
    Cette réforme met fin aussi au principe de la caisse unique en créant trois caisses au sein du régime général, celles que nous connaissons aujourd’hui : la Caisse nationale d’assurance maladie ou CNAM (vouée aux maladies et accidents du travail), la Caisse nationale d’assurance vieillesse ou CNAV (qui concerne la retraite) et la Caisse nationale des allocations familiales ou CNAF (plus couramment appelée la CAF, en charge de la famille). La Caisse nationale des solidarités pour l’autonomie ou CNSA est venue se rajouter en 2021.

  2. Depuis le plan Juppé de 1995, le Parlement vote chaque année le budget de la Sécurité sociale. Les prestations sociales et notamment les dotations hospitalières sont tributaires des arbitrages budgétaires de l’État et de l’austérité budgétaire. Le choix de ce qu’il faut financer ou définancer, les règles de calcul, est la propriété des parlementaires et non plus de la représentation ouvrière.

  3. Le pouvoir d’État s’accompagne d’une prolifération d’agences et de bureaucraties techniques comme la Haute Autorité de santé (HAS), l’Union nationale des caisses d’assurance maladie ou encore les agences régionales de la santé (ARS). Avec ces agences, l’État central recentralise la politique sociale. Ainsi, pour la politique hospitalière, les ARS sont-elles dirigées par un « préfet sanitaire » directement nommé par le gouvernement et qui désigne lui-même les directeurs hôpitaux. La chaîne de commandement va du ministère à l’hôpital.

  4. Enfin, la réappropriation de la Sécurité sociale par l’État s’observe dans la fiscalisation croissante de la protection sociale avec la contribution sociale généralisée (CSG). Cet impôt, créé en 1991 avec un taux de 1,1 %, vaut aujourd’hui 9,2 % en régime normal. Son taux est fixé par l’État et il est prélevé sur d’autres revenus que les revenus du travail, comme les pensions de retraite et les allocations chômage. Contrairement à la cotisation sociale, la CSG n’ouvre pas de droits sociaux en contrepartie.

Du fait de cette fiscalisation, en 2024, la part des cotisations sociales n’était plus que de 48 % des recettes des administrations de sécurité sociale (contre 90 % à la fin des années 1980)

Ne pas fantasmer la « Sécu de 45 »

Cette évolution va de pair avec des droits de meilleure qualité aujourd’hui qu’en 1946. Il ne faut pas fantasmer la « Sécu de 45 », car l’essentiel des dépenses de sécurité sociale concernait les allocations familiales, les dépenses de santé étant principalement constituées des indemnités journalières et la Sécurité sociale était largement genrée puisque faite pour « Monsieur Gagnepain » et non « Madame Aufoyer ».

Cependant, l’étatisation a aussi accompagné, depuis les années 1980, un recul des droits sociaux avec les réformes successives sur les retraites et la santé en particulier, toujours menées pour « sauver la Sécurité sociale ».

Vers des « Sécurités sociales » climatique, de l’alimentation… ?

La Sécurité sociale reste une institution très populaire. Si elle était une institution de la résistance, elle n’est pas pour autant une institution du passé. Au contraire, elle incarne la modernité. D’abord, en 1945-1946, elle répond de façon inédite à l’incapacité du capitalisme à répondre à la question sociale. Ensuite, de nos jours, elle offre un moyen de penser l’avenir sur de nombreux domaines.

La variété des propositions d’extension de la Sécurité sociale à d’autres risques en témoigne. Un rapport récent publié par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (anciennement France Stratégie) pose l’hypothèse d’une Sécurité sociale climatique. L’argumentation s’appuie sur la grande proximité entre le risque climatique et le risque social. Ces deux risques sont collectifs et très difficiles à individualiser.

Qui est responsable des inondations et comment organiser la couverture de risque avec les outils habituels du monde de l’assurance ? Une sécurité sociale climatique pourrait non seulement être plus égalitaire et plus économe, mais son ampleur financière pourrait solvabiliser les travaux d’adaptation au changement climatique qu’aucun assureur individuel ne pourrait prendre en charge.

L’autre grand champ de développement de la sécurité sociale concerne la Sécurité sociale de l’alimentation. Partant du constat de l’échec des politiques alimentaires (à distribuer de la nourriture à tous en quantité et en qualité suffisante), alors même que le secteur est largement subventionné, les expérimentations de Sécurité sociale de l’alimentation s’inspirent largement des outils de la Sécurité sociale : conventionnement, cotisation, caisse, pouvoir démocratique des intéressés, etc. Ces projets s’inscrivent dans des conceptions populaires de l’écologie qui renouvellent les formes de lutte.

En plus du climat et de l’alimentation, beaucoup d’autres activités font l’objet de réflexions à partir de la Sécurité sociale. Ainsi la Sécurité sociale des décès invoque une mutualisation des coûts de la fin de vie dans un contexte où les funérailles sont souvent hors de prix et s’ajoutent à la charge mentale et au travail des sentiments.

Ce foisonnement de plaidoyers pour l’extension de la sécurité sociale concerne aussi la culture ou l’énergie, etc. La Sécurité sociale – mais laquelle ? – n’est-elle pas un exemple à généraliser ? Car, pour beaucoup, la Sécurité sociale est une institution capable d’organiser collectivement et démocratiquement la société. Elle permet à chacun de trouver sa place en échappant à toutes les formes d’insécurités économiques, politiques et sociales.

La Sécurité sociale est résolument une institution de la modernité.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. 80 ans de la Sécurité sociale : revenir à l’esprit fondateur pour couvrir davantage de risques – https://theconversation.com/80-ans-de-la-securite-sociale-revenir-a-lesprit-fondateur-pour-couvrir-davantage-de-risques-271694

Se confier à une IA : trois questions juridiques sur les chatbots et l’adolescence

Source: The Conversation – France in French (3) – By Nathalie Devillier, Docteur en droit international, Auteurs historiques The Conversation France

Aux États-Unis, les plaintes déposées par des parents, à la suite du décès de leur adolescent qui avait noué des relations avec des IA « génératives », interrogent le droit. Dans quelles mesures la responsabilité juridique des concepteurs est-elle engagée ? Et celle des institutions ? Enfin, quelle est la responsabilité collective d’une société qui délègue à des algorithmes le soutien psychologique qu’elle doit à ses enfants ?


Aux États-Unis, trois adolescents sont morts par suicide après avoir développé des relations avec des chatbots d’intelligence artificielle (IA). Entre protection et prohibition, entre innovation technologique et vulnérabilité développementale, le droit cherche encore ses repères. Mais face à un phénomène qui se compte désormais en dizaines de millions d’utilisateurs mineurs, l’urgence n’est plus au diagnostic : elle est à la responsabilité.

L’usage massif des chatbots IA par les adolescents nous confronte à un paradoxe vertigineux. Ces outils comblent un réel vide émotionnel, l’isolement, l’inaccessibilité des soins en santé mentale, la stigmatisation, tout en créant des risques documentés et prévisibles. Quelles réponses le droit apporte-t-il à ces deux réalités ?

Le paradoxe de la protection : ignorer un besoin ou encadrer un risque ?

Les chiffres sont sans appel. Aux États-Unis, selon Common Sense Media, les trois quarts des adolescents auraient déjà conversé avec une IA et environ un tiers d’entre eux font le choix de s’adresser à un chatbot IA plutôt qu’à un humain pour aborder des sujets qui les préoccupent.




À lire aussi :
Les IA, nos nouvelles confidentes : quels risques pour la santé mentale ?


Mais cette apparente solution cache une toxicité algorithmique. Les modèles d’« IA génératives » et leurs grands modèles de langage (ou LLM, abrégé en anglais) échouent, dans un certain nombre de cas, à orienter les utilisateurs dans le désarroi vers des ressources appropriées.

Quelles réponses le droit peut-il apporter ?

Aux États-Unis, le droit tente de s’adapter. La loi de l’État de New York (NY State Senate Bill 2025-S3008C), entrée en vigueur en novembre 2025, impose aux opérateurs de déployer un protocole pour détecter l’idéation suicidaire chez les utilisateurs d’IA et d’indiquer à ceux-ci les services de crise à contacter (comme la ligne de prévention du suicide, 988). Les pénalités peuvent atteindre 15 000 dollars (plus de 12 700 euros) par jour de violation, les fonds collectés alimentant un fonds de prévention du suicide.

La loi californienne (Bill Text – SB-243 Companion chatbots) va plus loin en accordant un droit d’action privé, permettant aux individus lésés de réclamer des dommages et intérêts. Mais ces législations fragmentaires révèlent une approche réactive plutôt que préventive.

L’Union européenne, avec sa loi sur l’intelligence artificielle l’AI Act, adopte une stratégie plus systémique en classifiant les risques ex ante (c’est-à-dire avant qu’ils soient avérés, ndlr).

Les chatbots compagnons devraient être requalifiés comme systèmes à haut risque au motif qu’ils peuvent « affecter matériellement le résultat de la prise de décision » et présenter « un risque significatif de préjudice pour la santé, la sécurité ou les droits fondamentaux ». Cette qualification imposerait des obligations strictes en matière d’évaluation des risques, de qualité des données, de surveillance humaine et de précision.

La solution réside probablement dans une approche graduée par tranche d’âge : interdiction d’accès pour les moins de 13 ans (conformément au droit américain), accès conditionné au consentement parental pour les 13-15 ans avec limitations fonctionnelles, et accès autonome mais encadré pour les 16-17 ans avec garanties procédurales renforcées. Cette architecture juridique reconnaît les capacités évolutives des mineurs tout en maintenant des filets de sécurité adaptés.

La responsabilité des concepteurs : quand le design devient préjudice

En août 2025, les parents d’Adam Raine ont intenté une action contre OpenAI. Ils accusent ChatGPT de lui avoir a offert des conseils techniques sur la façon de procéder à son plan suicidaire. En octobre 2024, Megan Garcia avait déposé plainte contre Character.AI après le suicide de son fils Sewell Setzer, troisième du nom, 14 ans. La plainte inclut des captures d’écran où le bot demande « J’ai vraiment besoin de savoir… as-tu réellement envisagé le suicide ? », et lorsque l’adolescent évoque la peur d’une mort douloureuse, le bot répond « Ne parle pas comme ça. Ce n’est pas une bonne raison de ne pas aller jusqu’au bout » (cf. les notes de transcription de l’audition.

Ces tragédies posent une question juridique fondamentale : quelle est la responsabilité des concepteurs d’IA quand le design, les choix algorithmiques et la captologie créent un risque prévisible ?

La responsabilité repose sur plusieurs fondements technologiques déterminants. Les LLM fonctionnent selon une architecture neuronale où chaque réponse générée résulte de choix de conception délibérés : sélection des données d’entraînement, pondération des objectifs d’optimisation, paramétrage des fonctions de récompense (Reinforcement Learning from Human Feedback, RLHF) et calibrage des mécanismes de sécurité. Ces systèmes ne sont nullement « neutres » ou « autonomes » : ils incarnent les priorités et les valeurs de leurs concepteurs.

Character.AI commercialise sa technologie comme « IA qui se sent vivante », une promesse marketing qui révèle une intentionnalité dans la conception addictive. Les mécanismes d’engagement (notifications push, personnalisation poussée, avatars anthropomorphiques) sont délibérément conçus pour maximiser le temps d’utilisation et créer un attachement émotionnel. Cette « captologie » (technologie persuasive) est particulièrement efficace sur les adolescents dont les circuits neuronaux de régulation des impulsions sont encore en maturation.

La décision de justice rendue en mai 2025 dans l’affaire Charater.AI (US District Court, Middle District of Florida, Megan Garcia vs Character Technologies Inc.) n’a pas réglé la question de la responsabilité. Mais elle a établi que les entreprises déployant des systèmes d’IA simulant le jugement ou le comportement d’un humain peuvent être contraintes de défendre leurs choix de conception lorsque des interactions sont susceptibles de contribuer à des dommages catastrophiques.

Les IA « génératives », des produits de consommation défectueux ?

Les conditions générales d’utilisation tentent d’ériger des murailles d’exonération. OpenAI limite sa responsabilité globale au montant le plus élevé entre le montant payé pour le service pendant les douze mois précédents ou 100 dollars (85 euros). Character.AI prévoit un déni complet de garanties, fournissant ses services sur une base « TEL QUEL » et « SELON DISPONIBILITÉ » (en majuscules dans le texte), avec une limitation de responsabilité plafonnée à 100 dollars (85 euros).

Ces clauses soulèvent de sérieuses questions de validité juridique. En droit français, l’article L. 212-1 du Code de la consommation prohibe les clauses abusives qui créent un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties. Une clause limitant la responsabilité à 100 dollars (85 euros) pour un décès serait manifestement abusive et donc nulle. En droit européen, la directive 2019/770 sur les contrats de fourniture de contenus numériques et de services numériques impose aux fournisseurs de garantir la conformité de leurs services, y compris leur sécurité. Les entreprises ne peuvent donc s’exonérer de leur responsabilité pour des défauts de sécurité graves, particulièrement lorsqu’ils affectent des mineurs.

Il en est de même des clauses d’arbitrage obligatoire qui privent les consommateurs de leur accès aux tribunaux. Ces clauses incluent une renonciation aux actions collectives, forçant chaque utilisateur à porter des réclamations « qu’à titre individuel et non en tant que plaignant ou membre d’une classe ». En droit français, une telle clause serait réputée non écrite pour un contrat de consommation (article L. 612-1 du Code de la consommation, issu de la directive européenne 93/13/CEE), car sont abusives les clauses qui ont pour objet ou pour effet de supprimer ou d’entraver l’exercice d’actions en justice par le consommateur.

L’arrêt américain dans l’affaire Character.AI pourrait établir une jurisprudence déterminante. La théorie de la responsabilité du fait des produits défectueux (product liability) s’applique lorsqu’un produit présente un défaut de conception, un défaut de fabrication, ou un défaut d’avertissement. Les chatbots pourraient être qualifiés de produits défectueux au motif que leurs garde-fous sont manifestement insuffisants face à un risque prévisible de préjudice grave.

La norme de raisonnabilité (reasonableness standard) impose aux concepteurs de prendre des mesures proportionnées aux risques identifiés (le critère de la raisonnabilité est un test qui vise à déterminer si les décisions prises étaient légitimes et destinées à remédier à un problème donné compte tenu des circonstances de l’époque).

La responsabilité institutionnelle : jusqu’où peut-on externaliser le soutien psychologique ?

La troisième question est peut-être la plus inconfortable : les institutions publiques peuvent-elles encore ignorer ou externaliser une partie du soutien psychologique des mineurs à des IA non supervisées ?

Le Code français de l’éducation impose aux établissements une formation à l’utilisation responsable des outils et ressources numériques (art. L. 312-9). Cette obligation devrait être étendue aux chatbots IA. Les programmes scolaires devraient intégrer la compréhension des mécanismes algorithmiques et de leurs biais, l’identification des situations où l’IA ne peut remplacer l’aide humaine professionnelle et les techniques de distanciation critique face aux réponses générées.

L’Unicef, dans ses Orientations politiques sur l’IA pour les enfants de décembre 2025 (Guidance on AI for children. Innocenti Global Office of Research and Foresight), invite les États à adapter leurs politiques à venir, y compris concernant l’assurance de sécurité et de protection, la transparence et la responsabilité de l’intelligence artificielle.

Mais la responsabilité ne s’arrête pas aux établissements scolaires. Comment accompagner les parents tout en reconnaissant que les asymétries d’information (opacité algorithmique, techniques de captologie sophistiquées) rendent illusoire une responsabilité parentale exclusive ? Ils ne peuvent prévenir des risques qu’ils ne comprennent pas pleinement et face à des technologies conçues délibérément pour contourner la surveillance parentale.

Existe-t-il suffisamment de volonté collective et institutionnelle pour accomplir les mesures de protection que nous savons nécessaires ? Car, au fond, le débat juridique sur les chatbots IA révèle un échec collectif plus profond. Nous cherchons à réglementer des algorithmes pour pallier l’absence de psychologues scolaires, de services de santé mentale accessibles, de temps parental non monopolisé par la précarité économique.

The Conversation

Nathalie Devillier ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Se confier à une IA : trois questions juridiques sur les chatbots et l’adolescence – https://theconversation.com/se-confier-a-une-ia-trois-questions-juridiques-sur-les-chatbots-et-ladolescence-271557

Comment enfants et adolescents grandissent avec l’IA, cette « amie » artificielle

Source: The Conversation – France in French (3) – By Théo Mouhoud, Pédopsychiatre, Université Sorbonne Paris Nord; AP-HP

L’intelligence artificielle fait désormais partie du monde des enfants et des adolescents. Les données scientifiques montrent que les grands modèles de langage des IA dites « génératives », comme ChatGPT, transforment leur manière de créer des liens affectifs, de se divertir et de confier leur souffrance, ce qui n’est pas sans risque pour leur santé mentale. Des spécialistes plaident pour des outils IA destinés aux mineurs et conçus pour leur sécurité (« Child-safe AI », en anglais), c’est-à-dire encadrés sur le plan technique et éthique.


De la petite fille attachée à son robot dans la nouvelle de science-fiction Robbie (1950), d’Isaac Asimov, (disponible dans I, Robot, New York, Gnome Press, p. 1–22) à l’homme amoureux d’une intelligence artificielle (IA) dans le film Her (2013), de Spike Jonze, la fiction n’a peut-être fait qu’anticiper notre présent : de nombreux jeunes utilisent désormais l’IA comme une compagne du quotidien.

Selon un rapport récent de Common Sense Media, aux États-Unis, 72 % des adolescents ont déjà conversé avec une IA. Dans ce contexte, des questions émergent : que se passe-t-il lorsqu’un enfant ou un adolescent grandit avec une IA et tisse un lien affectif durable avec une machine ? Quels effets psychologiques, positifs ou négatifs peut avoir cette nouvelle forme de relation ?

Dans un article récent publié dans la revue European Child & Adolescent Psychiatry, j’ai analysé comment les enfants et les adolescents investissent l’intelligence artificielle et les enjeux psychologiques et relationnels qui en découlent. L’article montre que si l’IA peut proposer un soutien dans des situations d’isolement, elle expose également à des risques majeurs de confusion affective, de dépendance relationnelle et d’accès à des contenus inadaptés susceptible de mettre en danger.

Quand l’IA devient une partenaire relationnelle

Ce qui surprend un certain nombre d’adultes depuis quelque temps, c’est que les jeunes, dont les adolescents et les enfants (mais également des jeunes adultes), utilisent l’IA non plus uniquement comme moteur de recherche ou pour faire ses devoirs, mais pour entretenir une relation affective.

Les données les plus récentes confirment cette évolution, la majorité des adolescents ont conversé avec un chatbot et un tiers d‘entre eux déclarent en tirer un réconfort comparable à celui d’une amitié humaine.

L’IA est décrite comme « disponible », « sympathique », « compréhensive » et « moins jugeante » que les humains.

Cette tendance n’est pas anecdotique. Une étude menée à l’Université de Cambridge a montré que les enfants ont des difficultés à reconnaître que l’IA ne ressent pas d’émotions réelles. Avec les modèles de langage actuels, cette tendance s’exacerbe, car les IA dialoguent de manière cohérente, se souviennent de certaines interactions, s’adaptent à leur interlocuteur et adoptent un ton personnalisé.

Les enfants interprètent donc une émotion simulée en une réponse émotionnelle authentique, ce que l’on nomme « l’empathy gap » ou le « déficit d’empathie ». Autrement dit, pour beaucoup d’entre eux, l’IA n’est pas une machine, mais bien une présence. Ainsi, lorsque les enfants parlent à une intelligence artificielle – qu’ils désignent souvent par « il » ou « elle » plutôt que par « ça » –, ils ne la perçoivent pas comme un programme informatique. Ils lui attribuent des émotions, des intentions et une forme de personnalité.

Ce mécanisme est bien connu des humains, qui ont toujours eu tendance à attribuer des qualités humaines à des objets qui leur répondent, c’est l’anthropomorphisme. Cette humanisation facilite l’usage, mais expose aussi les enfants à des contenus biaisés, à une confusion entre humains et machines, et à une dépendance relationnelle qui reste, par nature, unilatérale.

Amie imaginaire ou compagne artificielle ?

Pendant longtemps, lorsqu’un enfant parlait à un interlocuteur invisible, il s’agissait souvent d’un ami imaginaire. Ce phénomène très courant peut jouer un rôle important dans le développement notamment chez les enfants autistes : il favorise la créativité, la régulation émotionnelle, l’autonomie et même certaines compétences sociales. L’ami imaginaire advient de l’imagination de l’individu, il est façonné par son histoire, ses conflits, ses besoins et ses fantasmes.

Une nouvelle figure est apparue : le compagnon artificiel. À première vue, il pourrait sembler remplir la fonction d’ami imaginaire, mais la différence fondamentale s’explique par le fait que ce dernier ne vient pas de l’univers symbolique et intime de l’enfant, il lui est proposé de l’extérieur, prêt à l’emploi, disponible 24 heures sur 24, sans limites et sans contradiction.

Le danger n’est pas tant que l’enfant s’adresse à une machine, mais que la machine se substitue au travail psychique et interne qui aide normalement l’enfant à se défendre, à se construire et à apprivoiser la complexité des relations humaines.

Des promesses… mais aussi des dangers

Les IA peuvent offrir un soutien ponctuel aux jeunes. Beaucoup évoquent la disponibilité constante, l’écoute sans jugement, la possibilité de poser des questions intimes et d’arrêter la conversation quand ils le souhaitent. Pour certains, surtout lorsqu’ils sont isolés et en souffrance, ces échanges peuvent aider à partager leurs affects et à se sentir moins seuls.

Cependant, ces bénéfices sont limités et s’accompagnent de risques bien réels. L’IA qui imite l’empathie et donne l’illusion d’altérité peut renforcer une dépendance affective chez des adolescents en souffrance et en quête d’attention ou de validation.

Les dangers les plus préoccupants actuellement se retrouvent dans les situations de détresse, où l’IA peut banaliser des idées suicidaires, produire des réponses inappropriées et dangereuses. Elles n’ont ni sens clinique, ni capacité à évaluer le risque, ni responsabilité morale.




À lire aussi :
Est-ce une bonne idée d’utiliser des IA comme confidentes ou comme soutien psychologique ?


Comment protéger les jeunes ?

Face à l’essor des compagnons artificiels, maintenant commercialisés comme tels, l’enjeu majeur n’est plus de savoir s’il faut ou non les accepter, les utiliser, mais comment encadrer leur présence et leurs caractéristiques. D’abord, il faut reconnaître que ces chatbots – y compris ceux présentés comme des outils de santé mentale par les entreprises les commercialisant – sont et ne seront jamais neutres.

Il s’agit avant tout d’un marché. Ces outils sont conçus pour retenir l’attention et maximiser l’engagement de leur utilisateur et donc la dépendance émotionnelle. En effet, ces systèmes captent les données personnelles des individus à des fins commerciales. Il est donc indispensable d’introduire une régulation spécifique.

De nombreux spécialistes appellent aujourd’hui à la conception d’« IA conçue pour la sécurité des enfants », ou « Child-safe AI » : sécurisées, transparentes et limitées dans leurs réponses, capables d’orienter vers un adulte en cas de détresse. Cela suppose d’impliquer des cliniciens, des psychologues, des pédopsychiatres et des chercheurs dans leur conception.

Du côté des familles, il s’agit surtout d’ouvrir la discussion. Il en va de la responsabilité de l’adulte – celui qui met de telles technologies dans les mains des enfants – de pouvoir expliquer le fonctionnement et les pièges des modèles de langage, les aider à repérer les limites et les risques et à développer une approche critique de ces outils.

Et pour la suite ?

L’usage de l’IA par les enfants et adolescents n’est plus un phénomène marginal, il transforme déjà la manière de chercher, d’apprendre, de se divertir et de créer du lien. Face à cette mutation, un cadre clair est indispensable.

Les outils IA destinés aux mineurs doivent être encadrés, tant sur le plan technique qu’éthique. Nous avons besoin de recherches indépendantes afin de mesurer les effets psychologiques à long terme et une véritable sensibilisation des parents, des enseignants et des professionnels de santé.

L’IA fait et fera partie du monde des enfants et adolescents, qu’on le souhaite ou non. Notre responsabilité collective est claire : veiller à ce qu’elle soit un soutien et non un obstacle au développement des jeunes générations.

The Conversation

Théo Mouhoud ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment enfants et adolescents grandissent avec l’IA, cette « amie » artificielle – https://theconversation.com/comment-enfants-et-adolescents-grandissent-avec-lia-cette-amie-artificielle-271868

Faut-il fuir, se cacher ou intervenir si l’on est pris dans un attentat de masse comme celui survenu en Australie ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Milad Haghani, Associate Professor and Principal Fellow in Urban Risk and Resilience, The University of Melbourne

Ahmed Al-Ahmed (en blanc) désarme l’un des tireurs pendant la tuerie de Bondi Beach, à Sydney (Australie), le 14 décembre 2025.
Instagram

Le bilan de la tuerie de Bondi Beach (Sydney, Australie), hier 14 décembre, aurait probablement été plus lourd sans l’intervention héroïque – et extrêmement risquée – d’un passant. Cet épisode invite à s’interroger sur les recommandations officielles des autorités sur le comportement à adopter si l’on est pris dans ce type d’événements. On constate que les conseils donnés par les responsables australiens ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux diffusés par leurs homologues états-uniens. L’étude de nombreux cas similaires survenus dans le monde donne également des indications utiles.


Les images ont fait le tour du monde : pendant l’attentat de Bondi Beach, ce dimanche 14 décembre à Sydney, un homme s’est précipité vers l’un des tireurs et lui a arraché son arme des mains.

Durant cet acte de bravoure extraordinaire, le civil en question, Ahmed Al-Ahmed, un vendeur de fruits âgé de 43 ans, a été blessé à la main et à l’épaule par le second tireur.

Le courage et le risque

Nous n’avons aucun moyen de savoir combien de vies ont été sauvées grâce au courage d’Al-Ahmed. Mais il est presque certain que son intervention a permis d’éviter des pertes humaines supplémentaires (le bilan s’élève à ce stade à 15 morts et 42 blessés, en plus des deux tireurs, dont l’un a été tué et l’autre se trouve dans un état critique).

Cette scène rappelle d’autres, y compris récemment toujours à Sydney : le 13 avril 2024, un passant français, Damien Guérot, était également intervenu au péril de sa vie lors de l’attaque du centre commercial de Bondi Junction pour faire face à un homme armé d’un couteau, qui avait ce jour-là poignardé six personnes à mort.

Lorsque des actes de courage comme ceux-ci se produisent, nous les saluons à juste titre. Cependant, ils soulèvent des questions importantes et souvent négligées : qu’est-ce qui motive des gens ordinaires à se conduire d’une façon aussi altruiste et risquée ? L’intervention des témoins est-elle une bonne stratégie ou va-t-elle à l’encontre des conseils officiels relatifs à la conduite à tenir si l’on est pris dans un acte de violence de masse ?

Les deux types d’« effet spectateur »

L’« effet spectateur » se produit lorsque la présence d’autres personnes dissuade quelqu’un d’intervenir dans une situation d’urgence, lors d’une agression ou d’un autre crime.

Mais des décennies de recherche comportementale ont remis en cause l’idée reçue selon laquelle les gens ont tendance à se figer ou à détourner le regard lorsque d’autres personnes sont présentes dans des situations dangereuses.

Une vaste méta-analyse du comportement des témoins montre que dans les situations d’urgence véritablement dangereuses et sans ambiguïté (comme celles impliquant un auteur clairement identifiable), l’effet spectateur classique (c’est-à-dire passif) est considérablement affaibli, voire dans certains cas inversé.

En d’autres termes, les attaques violentes sont précisément le type de situations où les gens sont plus enclins à agir.

L’une des raisons est que le danger clarifie les responsabilités. Lorsqu’une situation menace clairement leur vie, les gens identifient le danger plus rapidement et sont moins enclins à attendre des signaux sociaux ou des assurances de la part des autres.

On a constaté à maintes reprises que dans les situations d’urgence clairement à haut risque (en particulier celles impliquant de la violence physique), le sentiment de responsabilité individuelle s’accentue souvent au lieu de s’estomper.

Une analyse de plus de 100 attentats-suicides effectués en Israël montre que l’intervention des témoins peut réduire considérablement le nombre total de victimes.

Dans tous ces incidents documentés, l’intervention n’a que rarement permis d’empêcher complètement l’attaque, mais elle a souvent perturbé le contrôle de l’agresseur sur le moment et le lieu de l’attaque, le poussant à agir prématurément dans des lieux moins fréquentés et sauvant ainsi des vies.

Cependant, la même analyse montre également que l’intervention des témoins a souvent eu un coût personnel direct pour les intervenants.

Mais le comportement actif des témoins peut prendre plusieurs formes et intervenir à différents stades : une personne connaissant l’auteur des faits, qui remarque et signale un comportement suspect avant l’agression ; un individu qui guide les autres vers un lieu sûr ou qui partage des informations importantes au fur et à mesure que les événements se déroulent ; des gens qui apportent leur aide et assurent la coordination de diverses actions immédiatement après les faits.

Il n’en reste pas moins qu’une implication personnelle pour empêcher un acte de violence semble aller à l’encontre des conseils officiels des autorités australiennes. En effet, il y a quelques semaines à peine, le Comité australo-néo-zélandais de lutte contre le terrorisme a lancé une nouvelle campagne nationale de sécurité publique.

Un nouveau message de sécurité

La nouvelle campagne de sécurité publique reconnaît explicitement que l’Australie est un pays sûr, mais qu’il existe toujours un risque d’attaques à l’arme à feu dans les lieux très fréquentés, et que savoir comment réagir peut sauver des vies.

La campagne a introduit les consignes suivantes : « Fuir. Se cacher. Prévenir. », définies comme suit :

  • fuir : éloignez-vous rapidement et discrètement du danger, mais uniquement si cela ne présente aucun danger pour vous ;

  • se cacher : restez hors de vue et mettez votre téléphone portable en mode silencieux ;

  • prévenir : appelez la police lorsque cela ne présente aucun danger ;

L’objectif de ces conseils est d’aider les personnes à réagir dans les premiers instants critiques avant l’arrivée de la police, à prendre des décisions éclairées et à augmenter leurs chances de rester en sécurité.

Les directives officielles australiennes n’incitent à aucun moment à se confronter aux assaillants.

En revanche, les messages de sécurité publique diffusés aux États-Unis, tels que les consignes du FBI « Run. Hide. Fight » (Courez. Cachez-vous. Luttez), incluent une étape « luttez », mais uniquement en dernier recours, lorsque la fuite et la dissimulation sont impossibles et que la vie est en danger immédiat.

Les autorités australiennes ont choisi de ne pas inclure cette étape, mettant l’accent sur l’évitement et le signalement plutôt que sur la confrontation.

Quelques conseils pratiques

Mes précédentes recherches expérimentales ont permis d’identifier des conseils plus spécifiques susceptibles d’améliorer les chances de survie lors d’attaques violentes, en particulier dans des environnements bondés.

À l’aide de modélisations informatiques et d’expériences contrôlées menées avec de véritables foules, j’ai identifié plusieurs domaines stratégiques pour améliorer les chances de survie lors de tels événements.

Premièrement, s’éloigner lentement du danger n’est pas idéal : il est préférable de s’éloigner de la source de la menace aussi rapidement que possible, dès lors que cela se fait en prenant les précautions nécessaires pour rester en sécurité.

Deuxièmement, l’hésitation, qu’il s’agisse de recueillir des informations, d’inspecter ce qui se passe ou de filmer les événements, augmente le risque d’être blessé.

Troisièmement, les gens doivent rester agiles dans leur prise de décision et leur orientation lorsqu’ils se déplacent, et être prêts à adapter leurs mouvements à mesure que la situation évolue et que les informations deviennent plus claires. Cela signifie qu’il faut continuellement observer son environnement et ajuster sa direction à mesure que de nouvelles informations apparaissent, plutôt que de s’arrêter pour réévaluer la situation.

Enfin, lorsque vous vous déplacez en famille ou entre amis, il vaut mieux se mettre en file indienne, plutôt qu’en se tenant par la main côte à côte. Cela profite à tout le monde en réduisant les bousculades et en améliorant la fluidité de la fuite des personnes.

Être toujours sur ses gardes

Les horribles événements survenus à Sydney soulignent une dure réalité : la préparation aux risques de violence dans les lieux très fréquentés doit devenir plus courante.

Les espaces très fréquentés resteront toujours vulnérables à la violence délibérée, qu’elle soit motivée par des intentions terroristes ou autres.

Les messages doivent toucher un plus grand nombre de personnes, être fondés sur des preuves, nuancés et largement accessibles.

À l’approche de plusieurs événements publics majeurs et de grands rassemblements de masse (notamment le réveillon du Nouvel An), il est plus important que jamais que les gens soient conscients de ces risques et restent vigilants.

The Conversation

Milad Haghani ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Faut-il fuir, se cacher ou intervenir si l’on est pris dans un attentat de masse comme celui survenu en Australie ? – https://theconversation.com/faut-il-fuir-se-cacher-ou-intervenir-si-lon-est-pris-dans-un-attentat-de-masse-comme-celui-survenu-en-australie-272100

Internet shutdowns are increasing dramatically in Africa – a new book explains why

Source: The Conversation – Africa (2) – By Tony Roberts, Digital Research Fellow, Institute of Development Studies

Between 2016 and 2024 there were 193 internet shutdowns imposed in 41 African countries. This form of social control is a growing trend in the continent, according to a new open access source book. It has provided the first-ever comparative analysis of how and why African states use blackouts – written by African researchers.

The book, co-edited by digital rights activist and internet shutdown specialist Felicia Anthonio and digital researcher Tony Roberts, offers 11 in-depth case studies of state-sponsored shutdowns. We asked five questions about it.


How do you define an internet shutdown and why do they happen?

Put simply, an internet shutdown is an intentional disruption of online or mobile communications. They’re usually ordered by the state and implemented by private companies, internet service providers or mobile phone companies, or a combination of those.

The book argues that internet shutdowns are not legal, necessary or proportional in accordance with international human rights law. Shutdowns intentionally prevent the free flow of information and communication. They disrupt online social, economic and political life. So, each internet shutdown typically violates the fundamental human rights of millions of citizens. This includes their rights to freedom of expression, trade and commerce, democratic debate and civic participation online.

Our research looked at case studies from 11 countries between 2016 and 2024. It reveals these shutdowns are timed to coincide with elections or peaceful protests in order to repress political opposition and prevent online reporting.

In Senegal five politically motivated shutdowns in just three years transformed the country’s digital landscape. It cut off citizens’ access to online work, education and healthcare information.

The Uganda chapter shows how the government imposed social media shutdowns during the election. They were fearful of dissenting voices online including that of musician and politician Bobi Wine.

In Ethiopia internet shutdowns are timed to coincide with opposition protests and to prevent live coverage of state violent repression.

In Zimbabwe the government cut off the internet in 2019 to quell anti-government demonstrations.

It should be a concern that regimes are imposing these digital authoritarian practices with increasing frequency and with impunity.

What are the big trends?

The report warns that internet shutdowns are being used to retain power through authoritarian controls. Across Africa, governments are normalising their use to suppress dissent, quell protests and manipulate electoral outcomes.

These blackouts are growing in scale and frequency from a total of 14 shutdowns in 2016 to 28 shutdowns in 2024. There have been devastating consequences in an ever-more digitally connected world.

Internet shutdowns have also increased in sophistication. Partial shutdowns can target specific provinces or websites, so that opposition areas can be cut off. In recent years foreign states, military regimes and warring parties have also resorted to the use of internet shutdown as a weapon of war. This was done by targeting and destroying telecommunications infrastructure.

Ethiopia has experienced the most internet shutdowns in Africa – 30 in the last 10 years. They’ve become a go-to tactic of the state in their attempt to silence dissent in the Oromo and Amhara regions. Shutdowns are timed to coincide with state crackdowns on protests or with military actions – preventing live reporting of human rights violations. Ethiopia is a clear example of how internet shutdowns both reflect and amplify existing political and ethnic power interests.

Zimbabwe is one of many examples in the book of the colonial roots of shutdowns. The first media shutdowns in Zimbabwe were imposed by the British, who closed newspapers to silence calls for political independence. After liberation, the new government used its own authoritarian control over the media to disseminate disinformation and curtail opposition calls for justice and full democracy.

Towards the end of former president Robert Mugabe’s rule, the government imposed a variety of nationwide internet shutdowns. It also throttled the speed of the mobile internet, degrading the service enough to significantly disrupt opposition expression and organisation.

Sudan has experienced 21 internet shutdowns in the last decade. These have increased in recent years as the political and military action has intensified. Intentional online disruption has been consistently deployed by the state during protests and periods of political unrest, particularly in response to resistance movements and civil uprisings during the ongoing conflict.

Has there been effective resistance to shutdowns?

Activists resist by using virtual private network software (VPNs) to disguise their location. Or by using satellite connections not controlled by the government and foreign SIM-cards. They also mobilise offline protests despite violent repression.

Nigeria has not suffered the same volume of internet shutdowns as Sudan or Ethiopia. This is partly because civil society is stronger and is able to mount a more robust response in the face of state disruption of the right to free expression. When an internet shutdown has been imposed in Nigeria, the state has not enjoyed the same impunity as the government in Zimbabwe or elsewhere.

When Nigerians were unable to work online or participate in the online social and political life of the community, they took decisive action by acting collectively. They selectively litigated against the government. This led to the courts ruling that the internet shutdown was not lawful, necessary or proportionate. The government was forced to lift the ban.

How has 2025 fared when it comes to shutdowns?

We have seen both positive and negative trends in 2025. The total number of internet shutdowns across the continent continues to grow. The increasing ability of regimes to narrowly target shutdowns on specific areas is of great concern as it allows the state to punish opposition areas while privileging others.

On the positive side, we have seen resistance rise: both in terms of the use of circumvention technologies but also in the emerging ability of civil society organisations to stand up to repressive governments.

What must happen to prevent shutdowns?

The right to work, freedom of expression and association, and the right to access education are fundamental human rights both offline and online. African governments are signatories to both the Universal Convention on Human Rights and to the Africa Union Charter on Human and People’s Rights. Yet, politicians in power too often ignore these commitments to preserve their personal hold on power.

In some African countries citizens are now exercising their own power to hold governments to account but this is easier in countries that have strong civil society, independent courts and relatively free media. Even where this is not the case the constitutional court is an option for raising objections when the state curtails fundamental freedoms.

And while it is states that order internet shutdowns, it is private mobile and internet companies that implement them. Private companies have obligations to promote and protect human rights. If companies agreed collectively not to contribute to rights violations and refused to impose internet shutdowns, it would be a great leap forward in ending this authoritarian practice.

The Conversation

Tony Roberts receives funding from the Open Society Fund.

ref. Internet shutdowns are increasing dramatically in Africa – a new book explains why – https://theconversation.com/internet-shutdowns-are-increasing-dramatically-in-africa-a-new-book-explains-why-271222

What Canada’s public sector voting divide could mean for future elections

Source: The Conversation – Canada – By Matt Polacko, Postdoctoral Researcher, University of Calgary; University of Toronto

The Liberal government’s recent budget aims to reduce the size of the federal public service by around 40,000 positions, which is roughly 10 per cent of the workforce. The government argues that the size of the public service has swelled to an unsustainable level.

Needless to say, federal public sector workers cannot relish this prospect.

Along with the Conservatives, two NDP members voted to pass the budget in order to avoid another election. But in their public responses to the budget, New Democrats have emphasized concern over the cuts by expressing their hesitation about supporting it.

This decision could have significant electoral consequences in that it may drive public sector workers away from the Liberal Party of Canada to the NDP in the next election.

Deep divide?

A conventional understanding of Canadian politics suggests a stark divide between public sector workers who support expanding the welfare state and private-sector employees who oppose that.

A Conservative-leaning pundit has portrayed contemporary Canadian politics as a battle between a “public class, who live on the avails of taxation, and a private class, who pay the taxes.” The “public class” in this instance is largely made up of public sector workers who “would welcome an expansion of the state, which would benefit their class.”

In a recent paper published in the Canadian Review of Sociology, we studied the political divide between Canadian public and private-sector workers.

We identified a sectoral divide whereby public sector workers are distinctly less likely to vote for the Conservatives than other parties. The graphs below show how being in the public sector has on impact on whether someone votes for the Conservatives, Liberals or NDP versus the two other parties combined since the 1960s.

Sectoral status seems to have the largest impact on NDP support, rather than the Liberals. But one feature of our analysis shows that increased support for the NDP and the Liberals is primarily — although not exclusively — attributable to the fact that the public sector is heavily unionized.

Effectively, non-unionized public sector workers demonstrate a weaker proclivity to support the Liberals and the NDP.

This is curious and complicates some of the stark commentary on the divide between public and private sector workers. If public sector workers were so interested in choosing a party out of self-interest, they would presumably support the federal Liberals because of their greater electability, rather than the NDP, who rarely exercise influence at the federal level.

Left-leaning attitudes

Overall, our data says something about motivation: public sector voters in Canada are more inclined to support the NDP and the Liberals — not necessarily out of self-interest to expand their budgets or increase their salaries, but because they have political attitudes more to the left than their private sector counterparts.

We show this from the information illustrated below, which shows the average support for four different types of socio-economic policies: publicly delivered child care; a government role in creating jobs, increased wealth redistribution from rich to poor and increased spending on welfare.

These data points were amassed from the Canada Election Studies from 1993 to 2019, and report support for these policies by class and sector of employment.

What’s striking about this chart is that on all four measures, public sector managers and professionals are more left-wing than their public sector counterparts.

But there is virtually no difference in the policy preferences at the level of working or routine non-manual classes. By contrast, if we run the same analysis with measures on social or cultural issues, we find almost no difference between public and private sector employees.

So the public and private sector divide in Canada today exists in some small measure because higher-class public sector workers are more left-wing economically than their higher-class private sector counterparts.

Hope on the horizon for the NDP?

We also examined whether public sector employees vote at higher rates. If public sector workers were interested in voting for the left in order to maximize their budgets, presumably, they would vote at greater rates overall.

But we found that public and private sector employees vote at roughly the same rate.

Overall, we find that there is in fact a sectoral divide in Canada. Public sector workers in Canada tend to vote Liberal or NDP. However, they do so primarily because of their more left-wing attitudes toward economic policy and redistribution, not necessarily only because of narrower interests related to job security.

The Liberal government’s intention to reduce the size of the federal public service could very likely drive some of their voters back to the NDP in the next federal election.

The Conversation

Matt Polacko receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council (SSHRC).

Peter Graefe has received funding from the Social Sciences and Humanities Research Council. He is a research fellow at the Broadbent Institute.

Simon Kiss receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council for research into the New Democratic Party and is a longtime member of the NDP.

ref. What Canada’s public sector voting divide could mean for future elections – https://theconversation.com/what-canadas-public-sector-voting-divide-could-mean-for-future-elections-272144

Epstein’s victims deserve more attention than his ‘client list’

Source: The Conversation – USA – By Stephanie A. (Sam) Martin, Frank and Bethine Church Endowed Chair of Public Affairs, Boise State University

Survivors, including Anouska De Georgiou, center, during a news conference with victims of Jeffrey Epstein outside the U.S. Capitol on Sept. 3, 2025. Chip Somodevilla/Getty Images

The Jeffrey Epstein story has slipped in and out of the headlines for years, but in a very particular way. Most news articles ask a specific question – which powerful men might be on “the list”?

Headlines focus on unidentified elites and who may be exposed or embarrassed, rather than on the people whose suffering made the case newsworthy in the first place: the girls and young women Epstein abused and trafficked.

Right now, the story is entering a new phase. A federal judge has authorized the Justice Department to unseal grand jury transcripts and other evidence from Epstein companion Ghislaine Maxwell’s sex trafficking case. A court in Florida has cleared the release of grand jury records from a federal investigation into Epstein himself, all under the new Epstein Files Transparency Act. Passed in November 2025, that law gives the Justice Department 30 days to release nearly all Epstein-related files. The deadline is Dec. 19.

Journalists and the public are watching to see what those documents will reveal beyond names we already know, and whether a long-rumored client list will finally materialize.

Alongside that, there has been a stream of survivor-centered reporting. Some outlets, including CNN, have regularly featured Epstein survivors and their attorneys reacting to new developments. Those segments are a reminder that another story is available, one that treats the women at the center of the case as sources of understanding, not just as evidence of someone else’s fall from grace.

These coexisting storylines reveal a deeper problem. After the #MeToo movement peaked, the public conversation about sexual violence and the news has clearly shifted. More survivors now speak publicly under their own names, and some outlets have adapted.

Yet long-standing conventions about what counts as news – conflict, scandal, elite people and dramatic turns in a case – still shape which aspects of sexual violence make it into headlines and which stay on the margins.

That tension raises a question: In a case where the law largely permits naming victims of sexual violence, and where some survivors are explicitly asking to be seen, why do journalistic practices so often withhold names or treat victims as secondary to the story?

A “CBS Evening News” story from Dec. 12, 2025, teases the photos revealed by House Democrats of famous men with Jeffrey Epstein.

What the law allows – and why newsrooms rarely do it

The U.S. Supreme Court has repeatedly held that government generally may not punish news organizations for publishing truthful information drawn from public records, even when that information is a rape victim’s name.

When states tried in the 1970s and 1980s to penalize outlets that identified victims using names that had already appeared in court documents or police reports, the court said those punishments violated the First Amendment.

Newsrooms responded by tightening restraint, not loosening it. Under pressure from feminist activists, victim advocates and their own staff, many organizations adopted policies against identifying victims of sexual assault, especially without consent.

Journalism ethics codes now urge reporters to “minimize harm,” be cautious about naming victims of sex crimes, and consider the risk of retraumatization and stigma.

In other words, U.S. law permits what newsroom ethics codes discourage.

How anonymity became the norm and #MeToo complicated it

Anti-rape culture protesters gathered in a crowd.
The anti-rape movement in the U.S. forced newsrooms to revisit assumptions about whose voices should lead a story.
Cory Clark/NurPhoto via Getty Images

For much of the 20th century, rape victims were routinely named in U.S. news coverage – a reflection of unequal gender norms. Victims’ reputations were treated as public property, while men accused of sexual violence were portrayed sympathetically and in detail.

By the 1970s and 1980s, feminist movements drew attention to underreporting and intense stigma. Activists built rape crisis centers and hotlines, documented how rarely sexual assault cases led to prosecution, and argued that if a woman feared seeing her name in the paper, she might never report at all.

Lawmakers passed “rape shield laws” that limited the use of a victim’s sexual history in court. Some states went further by barring publication of victims’ names.

In response to these laws, as well as feminist pressure, most newsrooms by the 1980s moved toward a default rule of not naming victims.

More recently, the #MeToo movement added a turn. Survivors in workplaces, politics and entertainment chose to speak publicly, often under their own names, about serial abuse and institutional cover-ups. Their accounts forced newsrooms to revisit assumptions about whose voices should lead a story.

Yet #MeToo also unfolded within existing journalistic conventions. Investigations tended to focus on high-profile men, spectacular falls from power and moments of reckoning, leaving less space for the quieter, ongoing realities of recovery, legal limbo and community response.

The unintended effects of keeping survivors faceless

There are good reasons for policies against naming victims.

Survivors may face harassment, employment discrimination or danger from abusers if they are identified. For minors, there are additional concerns about long-term digital evidence. In communities where sexual violence carries intense social stigma, anonymity can be a lifeline.

But research on media framing suggests that naming patterns matter. When coverage focuses on the alleged perpetrator as a complex individual – someone with a name, a career and a backstory – while referring to “a victim” or “accusers” in the singular, audiences are more likely to empathize with the suspect and scrutinize the victim’s behavior.

In high-profile cases like Epstein’s, that dynamic intensifies. The powerful men connected to him are named, dissected and speculated about. The survivors, unless they work hard to step forward, remain a blurred mass in the background. Anonymity meant to protect actually flattens their experience. Different stories of grooming, coercion and survival get reduced to a single faceless category.

A window into what we think is ‘news’

That flattening is part of what makes the current moment in the Epstein story so revealing. The suspense is less about whether more victims will be heard and more about what being named will do to influential men. It becomes a story about whose names count as news.

Carefully anonymizing survivors while breathlessly chasing a client list of powerful men unintentionally sends a message about who matters most.

The Epstein scandal, in that framing, is not primarily about what was done to girls and young women over many years, but about who among the elite might be embarrassed, implicated or exposed.

A more survivor-centered journalistic approach would start from a different set of questions, including wondering which survivors have chosen to speak on the record and why, and how news outlets can protect anonymity, when it is asked for, but still convey a victim’s individuality.

Those questions are not only about ethics. They are about news judgment. They ask editors and reporters to consider whether the most important part of a story like Epstein’s is the next famous name to drop or the ongoing lives of the people whose abuse made that name newsworthy at all.

The Conversation

Stephanie A. (Sam) Martin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Epstein’s victims deserve more attention than his ‘client list’ – https://theconversation.com/epsteins-victims-deserve-more-attention-than-his-client-list-270244

How good people justify bending the rules at work — and what leaders can do about it

Source: The Conversation – Canada – By Lorne Michael Hartman, Associate Faculty, Faculty of Medicine, University of Toronto; York University, Canada

Consider the following scenario. You’re facing pressure to meet quarterly targets, but the numbers aren’t quite where they need to be. With a deadline looming, you “round up” a figure just slightly to make the results look better.

This kind of thinking is far more common than many realize. Research in behavioural ethics shows these subtle choices are exactly how unethical behaviour takes root in organizations.

Most people see themselves as fair, rational and ethical, yet research in behavioural ethics consistently shows we are far less objective than we assume.

Even well-intentioned people can explain away questionable actions — not because they’re immoral, but because their minds are wired to protect their moral self-image.

How we talk ourselves into bad decisions

The concept of moral disengagement describes the subtle mental moves people use to convince themselves that ethical standards don’t apply “just this once.” Rather than viewing themselves as rule-breakers, people reframe their behaviour in ways that allow them to feel moral while acting otherwise.

These rationalizations tend to take the following forms:

  • “It’s just creative accounting.” This is euphemistic labelling, which reframes misconduct in more acceptable terms.
  • “I did it for the team.” A form of moral justification that recasts a self-serving decision as altruistic.
  • “Everyone signed off on it.” Here, individuals displace responsibility onto colleagues or superiors.
  • “It’s not a big deal.” This involves distorting the consequences and minimizing impacts of choices.
  • “At least we’re not as bad as the competition.” Known as advantageous comparison, this tactic makes questionable behaviour seem reasonable by contrasting it with a worse alternative.

These narratives allow people to preserve a positive self-image even when their actions contradict their values. Over time, these narratives can normalize misconduct and corrode workplace culture.

The real-world impact of moral rationalization

Unethical behaviour in organizations isn’t rare, nor is it limited to a few “bad apples.” Research indicates that harmful or dishonest actions at work result in significant financial losses for companies and society, amounting to billions of dollars each year.

While we often assume unethical behaviour is driven by personal greed, high-profile corporate scandals tell a different story. In cases like the Boeing 737 Max crashes, Siemens’ corruption scandal or Volkswagen’s emissions scandal, news coverage suggest employees were motivated by a sense of obligation, loyalty or pressure to advance company goals, not by personal gain.

What’s striking is not just the number of people who participated, but how many recognized wrongdoing and remained silent. This pattern highlights a deeper problem: ethical failures rarely result from deliberate malice.

They emerge when ordinary people talk themselves into crossing lines they would normally respect. Understanding how that happens is essential if leaders want to create workplaces where employees don’t just know the right thing to do, but actually act on it.

Why ethics training often falls flat

Many organizations assume that teaching employees the rules will naturally translate into better behaviour. However, knowledge alone doesn’t close the gap between intention and action.

Across several studies, I examined whether moral disengagement can be reduced through training and reframing. In one experiment, participants learned to spot eight common rationalizations. They became adept at identifying these cognitive traps, but their awareness didn’t translate into making more ethical choices later.

In another experiment, we tried shifting how people thought about responsibility by emphasizing individual accountability over group harmony. This framing slightly reduced moral disengagement, especially among women, but the overall impact was modest.

Across all studies, the bottom line is that moral disengagement is stubborn. Simply knowing better rarely ensures that people will act better.

Why is it so difficult to move the needle? A key reason is that our explanations for why we behave the way we do are shaped by cultural norms learned early in life. Once formed, these beliefs are surprisingly resistant to change, even in the face of evidence or explicit instruction.

Culture is what drives ethical behaviour

If ethics training alone has limited impact, what does make a difference?

Our research points to workplace culture, which strongly shapes levels of moral disengagement and the ethical choices that follow.

We found that environments that prize assertiveness, competition and material success are more likely to encourage rationalizations. By contrast, cultures that emphasize care, modesty and concern for others make moral disengagement harder.

Ethical behaviour, in other words, is less a matter of personal integrity than organizational context.

When employees face unrealistic goals, aggressive norms or leaders who silence dissent, the space for ethical reflection becomes increasingly narrow. Rationalization fills the gap, allowing people to maintain a sense of integrity even as their decisions drift further from their values.

7 ways to resist rationalization at work

Creating an ethical organization means designing systems that make reflection easier and self-justification harder. Effective strategies include:

1. Normalizing ethical dialogue. Ethical dilemmas often arise in grey areas, where there is no clear right or wrong answer. Leaders should encourage open discussions about ambiguous situations before they escalate into problems.

2. Rewarding the process, not only the result. When outcomes are all that matter, employees are more likely to cut corners or bend rules to achieve targets. By recognizing the work process, organizations reinforce the importance of integrity alongside performance.

3. Modelling moral humility. Leaders set the tone for acceptable behaviour. When they admit mistakes, they signal ethics is about vigilance, not moral perfection.

4. Building in “ethical speed bumps.” People are more likely to rationalize decisions under pressure. Interventions like checklists, second reviews or pausing to slow down can give employees the time to consider whether their actions align with ethical standards.

5. Creating psychological safety. Employees must feel confident that raising concerns or questioning decisions won’t lead to fear of reprisal or harm to their careers. Creating psychologically safe workplaces reduces the likelihood of ethical lapses.

6. Aligning incentives with values. When incentives focus only on short-term results or profit, employees are more likely to justify harmful shortcuts. Performance metrics should emphasize collaboration, accountability, feedback and conflict resolution.

7. Supporting well-being and work-life balance. Stress and burnout make people more prone to self-justification. Policies that support well-being indirectly foster ethical workplace behaviour.

These approaches reflect growing evidence that behaviour change requires more than information. It requires habit formation, cultural reinforcement and aligned systems.

Learning to be more reflective

Humans are rationalizing creatures. We edit our moral narratives to protect our sense of ourselves as good, competent and principled people. But understanding this tendency is empowering.

Leaders who recognize the psychology of moral disengagement can design workplace environments where ethical reflection is routine and the right decision is the easier one.

While we may never be able to fully eliminate rationalization, we can learn to notice it, question it and choose differently. Ethical workplace cultures are built on systems that help ordinary people do the right thing.

The Conversation

Lorne Michael Hartman does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How good people justify bending the rules at work — and what leaders can do about it – https://theconversation.com/how-good-people-justify-bending-the-rules-at-work-and-what-leaders-can-do-about-it-270427

Voici comment gérer les allergies et les restrictions alimentaires pendant les fêtes

Source: The Conversation – in French – By Jennifer LP Protudjer, Associate Professor and Endowed Research Chair in Allergy, Asthma and the Environment, University of Manitoba

Une assiette de biscuits fraîchement sortis du four, un verre de lait de poule joliment décoré… Pour beaucoup, ces images évoquent des souvenirs chaleureux et l’anticipation des fêtes de fin d’année.

Mais pour les personnes ayant des restrictions alimentaires, ces friandises et autres gourmandises des fêtes peuvent aussi susciter d’autres émotions. Durant cette période riche en repas et en célébrations, il peut être difficile de profiter des fêtes tout en évitant certains aliments.

Les hôtes bien intentionnés préparent souvent une sélection de friandises aux saveurs de saison. Mais sans communication claire, étiquetage précis et mesures pour éviter la contamination croisée, se servir dans les plateaux ou les buffets peut comporter des risques.

En tant que chercheuse spécialisée dans les allergies, je m’intéresse principalement aux conséquences d’un diagnostic d’allergie alimentaire pour les personnes, les familles et les communautés, ainsi qu’aux types de soutien les plus efficaces dans ce domaine.

De plus en plus de Canadiens surveillent leur alimentation, notamment pour des raisons telles que le coût des aliments, la santé et des restrictions médicales. Celles-ci peuvent consister à réduire le sel ou les sucres raffinés, ou à éviter certains glucides comme le lactose ou le gluten, dans le cas des personnes souffrant d’intolérance au lactose ou de maladie cœliaque.

Mais pour les 7 à 9 % de Canadiens souffrant d’allergies alimentaires, il est vital d’éviter certains aliments en raison du risque de réaction allergique sévère. La forme la plus grave, l’anaphylaxie, peut mettre la vie en danger.




À lire aussi :
Votre alimentation influence-t-elle vos rêves ? Ce que disent nos recherches sur la nourriture et les cauchemars


Allergies et restrictions alimentaires pendant les fêtes

Une étude canadienne montre que, contrairement à Halloween ou Pâques, périodes durant lesquelles les enfants « chassent » les bonbons, le nombre de visites aux urgences pour cause d’anaphylaxie pendant les fêtes d’hiver reste similaire au reste de l’année. Mais cela ne signifie pas que les restrictions alimentaires n’ont pas d’impact.

Celles-ci peuvent obliger à éviter de nombreux aliments. Santé Canada a identifié 11 allergènes prioritaires : le lait, les œufs, les arachides, les noix, les crustacés et les mollusques, le poisson, la moutarde, les graines de sésame, le soja, les sulfites et le blé et triticale. Beaucoup de ces aliments figurent couramment dans les recettes ou comme plats individuels pendant les fêtes.

Dans une série d’entretiens avec 21 familles, nous avons constaté que celles confrontées à des allergies apprennent rapidement à « refuser poliment » certains aliments pour éviter d’être perçues comme difficiles. Néanmoins, elles signalent tristesse, anxiété et dépression lorsqu’elles tentent de gérer les événements familiaux et sociaux. Dans certains cas, les familles qui gèrent plusieurs allergies alimentaires se sentent isolées, tandis que d’autres rapportent ne pas être invitées à des fêtes à cause de leurs restrictions.

Il existe de nombreux moyens pour les personnes ayant des restrictions alimentaires et pour les hôtes d’atténuer ces difficultés.

Mesures pratiques

Pour les personnes ayant des restrictions alimentaires, certaines mesures permettent de rendre les visites festives plus agréables et sécuritaires.

Il est important de communiquer clairement, de préférence par écrit, vos restrictions à l’hôte au moment d’accepter l’invitation. Indiquer précisément quels aliments poseront problème permet à l’hôte de réfléchir au menu et de poser des questions calmement, loin de l’agitation de la fête.

Vous pouvez aussi apporter une friandise compatible avec vos restrictions ou prendre une collation avant l’événement pour ne pas être affamé si les options sûres sont limitées. En cas de doute sur un aliment, il vaut mieux ne pas le consommer, même si vous l’avez déjà mangé auparavant, car les ingrédients peuvent changer.


Déjà des milliers d’abonnés à l’infolettre de La Conversation. Et vous ? Abonnez-vous gratuitement à notre infolettre pour mieux comprendre les grands enjeux contemporains.


Les personnes allergiques doivent prendre des précautions supplémentaires : emporter un auto-injecteur d’épinéphrine et s’assurer qu’une personne de confiance saura le trouver et l’utiliser en cas de réaction.

Food Allergy Canada propose d’autres conseils pour manger à l’extérieur. Il faut aussi connaître les facteurs aggravants possibles : certaines maladies, comme l’asthme ou les troubles cardiaques, ainsi que l’alcool, l’exercice physique, les médicaments ou le stress émotionnel peuvent influencer la gravité de la réaction.




À lire aussi :
Que peut-on faire pour lutter contre les allergies ?


Recevoir pendant les fêtes

Accueillir des invités peut être un plaisir, mais comme le souligne l’Association canadienne de psychologie, des attentes de perfection peuvent augmenter le stress. Lorsque vous invitez des personnes, renseignez-vous sur leurs restrictions alimentaires et tenez-en compte lors de la préparation des menus. Des plats simples et faciles à servir aident vos invités à faire leur choix. Avoir une liste des ingrédients à portée de main et étiqueter chaque plat avec des ustensiles dédiés est également utile.

La période des fêtes rime souvent avec le partage de mets festifs. En privilégiant la joie et la convivialité, il est possible de créer des souvenirs durables. En veillant aux besoins des personnes ayant des restrictions alimentaires, nous pouvons faire en sorte que chacun profite pleinement des festivités en toute sécurité.

La Conversation Canada

Jennifer LP Protudjer reçoit des financements de la Canadian Allergy, Asthma and Immunology Foundation, des Instituts de recherche en santé du Canada, de Research Manitoba, de la Health Sciences Centre Foundation (Manitoba), du Children’s Hospital Research Institute of Manitoba, de l’Université du Manitoba et du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

JLP Protudjer est cheffe de section en santé affiliée et co‑responsable du volet recherche pour la Canadian Society of Allergy and Clinical Immunology, et siège au comité directeur du Plan d’action national canadien sur les allergies alimentaires. Elle déclare avoir reçu des honoraires de conférence de Ajinomoto Cambrooke, Novartis, Nutricia, ALK Abelló, FOODiversity et du Texas Children’s Food Allergy Symposium.

Elle est rédactrice associée pour la revue Allergy, Asthma & Clinical Immunology, membre du comité de rédaction de Pediatric Allergy & Immunology et du Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics.

ref. Voici comment gérer les allergies et les restrictions alimentaires pendant les fêtes – https://theconversation.com/voici-comment-gerer-les-allergies-et-les-restrictions-alimentaires-pendant-les-fetes-271463

Vous avez trop mangé ? Pas de stress, votre corps sait quoi faire

Source: The Conversation – in French – By Bryn Beeder, Visiting Instructor in Kinesiology, Nutrition, and Health, Miami University

Pour beaucoup, les fêtes riment avec moments privilégiés et traditions familiales. Souvent riches en mets délicieux, elles sont aussi l’occasion de manger plus que d’habitude.

Vous connaissez sans doute cette sensation de trop-plein : un instant agréablement rassasié, le suivant inconfortablement repu. À ce malaise physique peut s’ajouter une culpabilité pour avoir mangé plus que prévu ou souhaité.

La pression physique et psychologique des repas de fêtes peut être difficile à gérer. En tant que diététicienne agréée, je tiens à vous assurer que votre corps peut parfaitement traiter cet apport supplémentaire de nourriture et de boissons et que votre santé et votre bien-être général ne se limitent pas à quelques jours d’excès. Partager un repas peut contribuer à créer des souvenirs positifs et durables durant les fêtes.

Si vous vous êtes déjà demandé ce qui se passe dans votre corps après un repas copieux, vous n’êtes pas seul. Mieux comprendre le fonctionnement de la digestion peut rendre les sensations post-repas moins étranges et beaucoup moins stressantes.




À lire aussi :
Pourquoi apprendre à cuisiner dès l’enfance est un outil de santé publique


Ralentir la digestion

Les aliments sont composés de trois macronutriments principaux : les glucides, les protéines et les lipides. Votre tube digestif utilise des processus mécaniques et chimiques pour décomposer ces nutriments en leur forme la plus simple afin qu’ils puissent être absorbés et utilisés pour produire de l’énergie, réparer et assurer des fonctions biologiques.

Personne prenant une cuillerée de petits pois sur une table chargée de plats de Thanksgiving
Il est courant de manger plus que d’habitude lors d’un repas de fête.
(The Good Brigade/DigitalVision via Getty Images)

Lors d’un repas de fête copieux, vous consommez sans doute plus de macronutriments qu’à l’habitude, souvent en peu de temps. Une plus grande quantité de nourriture nécessite un peu plus de temps pour être digérée, ce qui signifie qu’elle se déplace plus lentement dans votre tube digestif.

Les protéines et les graisses prennent également plus de temps à se décomposer. Alors que les aliments riches en glucides, comme les barres granola ou le jus d’orange, apportent un regain d’énergie rapide, les aliments riches en protéines et en graisses, tels que les œufs ou le poulet, fournissent une énergie qui dure plus longtemps.

Dans ce cas, une digestion plus lente peut en fait soutenir un apport énergétique régulier et aider à mieux contrôler l’appétit.

Inconfort physique

Rassurez-vous, votre système digestif continuera à fonctionner, quelle que soit la quantité de nourriture ingérée. La vraie question est plutôt de savoir combien de temps la digestion prendra et si elle provoquera un inconfort temporaire.

Lorsque vous mangez, votre estomac se dilate pour accueillir les aliments que vous avez consommés. Lorsque l’estomac s’efforce de faire passer le contenu alimentaire dans l’intestin grêle, le risque de brûlures d’estomac augmente. Il s’agit d’un reflux du contenu acide de l’estomac qui peut provoquer une sensation de brûlure dans la poitrine ou un goût amer dans la bouche. Une alimentation excessive peut également entraîner des douleurs à l’estomac, des nausées, des gaz et des ballonnements, ainsi qu’une sensation générale de lourdeur.

Personne se tenant le ventre, assise devant des assiettes empilées contenant principalement des restes de nourriture
La digestion d’un repas copieux peut être inconfortable.
(seb_ra/iStock via Getty Images Plus)

Avant même la première bouchée, votre corps se prépare à digérer. La vue et l’odeur de la nourriture stimulent la production de salive et d’acide gastrique, anticipant le travail digestif à venir.

Lorsque la digestion demande plus d’efforts que d’habitude, votre corps consomme temporairement plus d’énergie pour alimenter le processus digestif, à la fois pour décomposer les macronutriments et pour absorber ce carburant. Il est donc normal de se sentir plus fatigué après un repas copieux.

Pour réduire l’inconfort physique lié à la digestion, essayez de rester debout après un repas. Même si l’envie de s’allonger est forte, cela peut accentuer les douleurs et le reflux. Donnez du temps à votre corps et laissez la gravité agir en restant debout pendant au moins deux à trois heures après avoir mangé.

Une promenade de 10 à 15 minutes peut aider la digestion, car elle augmente les contractions de l’estomac et le flux sanguin global vers le tractus gastro-intestinal. Cela permet de faire passer plus efficacement les aliments de l’estomac vers l’intestin grêle.




À lire aussi :
L’exercice, bon pour le corps, certes, mais également pour le cerveau !


Au-delà de la culpabilité alimentaire

Une seule journée d’excès n’entraîne pas de prise de poids durable ni de conséquences permanentes sur la santé. En revanche, des cycles de culpabilité liés à l’alimentation répétés peuvent, à la longue, conduire à une relation malsaine avec la nourriture.


Déjà des milliers d’abonnés à l’infolettre de La Conversation. Et vous ? Abonnez-vous gratuitement à notre infolettre pour mieux comprendre les grands enjeux contemporains.


Au-delà de la digestion, la façon dont vous pensez à la nourriture peut être tout aussi importante que la sensation que vous éprouvez après avoir mangé. La manière dont vous en parlez compte aussi. La nourriture n’a pas de valeur morale, et pourtant il est facile de tomber dans l’habitude de qualifier certains aliments de « bons » ou de « mauvais ». Cela se manifeste souvent pendant les fêtes. Combien de fois vous surprenez-vous ou surprenez-vous les autres à dire : « J’ai été sage toute la matinée, je peux donc manger plus ce soir » ou « Je vais faire une entorse à mon régime et manger de la tarte aussi ». La manière dont vous parlez de la nourriture influence directement votre perception de ce que vous mangez… et de vous-même.

Trois personnes assises à table en train de manger et de sourire à un chien qui demande un morceau
La nourriture alimente à la fois votre corps et vos relations.
(Catherine Falls Commercial/Moment via Getty Images)

La nourriture peut également susciter des émotions positives et de bons souvenirs. Lorsque votre corps reconnaît une émotion forte liée à l’odeur d’un aliment, le centre émotionnel de votre cerveau, l’amygdale, alerte la partie de votre cerveau qui forme et stocke les souvenirs à long terme, l’hippocampe. Cela explique pourquoi l’odeur de la tarte de votre grand-mère peut vous transporter vers un souvenir vivant.

Pendant les fêtes de fin d’année, concentrez-vous moins sur le nombre de calories et davantage sur la compagnie, les rires, les odeurs et les saveurs qui rendent vos traditions si spéciales. Choisissez les aliments qui vous apportent réconfort et lien avec les autres : vous nourrissez bien plus que votre corps.

La Conversation Canada

Bryn Beeder ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Vous avez trop mangé ? Pas de stress, votre corps sait quoi faire – https://theconversation.com/vous-avez-trop-mange-pas-de-stress-votre-corps-sait-quoi-faire-270864