L’éducation est-elle une faiblesse quand la loi du plus fort s’impose ?

Source: The Conversation – in French – By Laurent Bibard, Professeur en management, titulaire de la chaire Edgar Morin de la complexité, ESSEC

L’instruction fondamentale, c’est le langage, qui permet de questionner le monde. (_La Leçon_, de Pierre-Auguste Renoir, v. 1889). via Wikimedia Commons

Face aux crises climatiques, économiques et sociales qui s’enchaînent et obscurcissent notre horizon, il convient d’éviter les réponses toutes faites et de réapprendre à problématiser le monde pour identifier les véritables défis.

C’est dans cet esprit que, dans Par-delà le brouillard… il n’y a pas de crise, le philosophe Laurent Bibard dialogue avec Thibault Lieurade, journaliste spécialisé en économie et en management, afin d’éclairer treize grands enjeux contemporains, du travail à l’intelligence artificielle, en passant par l’éthique et la sexualité. Dans le chapitre consacré à l’éducation, ils s’arrêtent sur l’importance de l’expérience concrète, le goût de l’effort et la pression de la compétition. Extraits.


Lorsque l’on voit la remise en cause de la science, l’essor des dogmatismes religieux, la loi du plus fort que cherche à imposer Vladimir Poutine au mépris du droit international, ou encore le fait que Donald Trump nomme au ministère de l’éducation l’ancienne patronne de la fédération de catch, on peut se poser la question : faut-il désormais privilégier la musculation aux études ? Avons-nous changé d’époque ?

En raison de notre mémoire biologique très pauvre, l’éducation restera toujours indispensable aux humains que nous sommes. Les enfants humains dépendent de leurs parents pendant des décennies, ce qui n’est absolument pas le cas des animaux. Cela signifie que la relation de dépendance verticale, classique, descendante est absolument constitutive de notre humanité. Pourtant, notre destin est bien de devenir des adultes, des personnes libres, responsables, capables de prendre des décisions, d’affronter l’incertitude avec les autres, et ce, d’égal à égal.

Cette relation parents-enfants qui nous conditionne cependant irréductiblement à l’origine pourrait s’appliquer de manière symbolique au domaine de la gestion, ou au monde politique. En effet, nous sommes faits d’une tension toujours présente au long de nos vies entre ces deux pôles contradictoires, ce qui explique les difficultés et les dérives possibles. N’oublions pas que l’origine du mot enfant, en latin, est infans, autrement dit celui qui n’a pas la parole, celui qui ne sait pas parler. À l’inverse, l’adulte, c’est quelqu’un qui sait prendre la parole, qui peut prendre la parole, qui ose prendre la parole. Lorsque la parole est libre, elle ouvre et signe un monde libre, où l’on parle, en dehors du seul règne de la force. Cela est inséparable de la notion de responsabilité, laquelle s’apprend et implique donc un besoin essentiel d’éducation. La responsabilité, c’est la capacité de répondre, et il n’y a pas de réponse sans question.

L’instruction fondamentale, c’est donc le langage. La deuxième chose que le parent se doit de laisser faire aux enfants pour qu’ils grandissent, ce sont des expériences. Bien sûr, il interdit les expériences qui seraient radicalement dangereuses, mais il permet le plus d’expériences possible au travers desquelles, même s’il échoue, l’enfant s’essaye, s’éprouve et, par là, grandit. Le parent tyrannique, volontairement ou maladroitement, en voulant surprotéger l’enfant, va l’empêcher de grandir, faute de le laisser faire ses expériences. Ainsi, le parent symbolique, tyrannique, le despote ou le tyran qui gouverne un pays par la force va empêcher la population de grandir, c’est-à-dire de prendre la parole au sens fort du terme, d’avoir « droit de cité ».

L’extrême inverse, c’est une politique de l’enfant qui se croit d’emblée adulte sans avoir besoin d’éducation. Les réseaux sociaux et Internet favorisent cela. Comme une information gigantesque est disponible, comme tout le contenu du monde est accessible par téléphone, par tablette, par ordinateur, émerge ce sentiment qu’il n’y a plus besoin d’éducation, de parents réels ou symboliques pour grandir. C’est dramatique, car ce qui manque dans ce cas-là, ce n’est pas le contenu informationnel, mais l’apprentissage du sens critique, le développement des capacités de réflexion, de prise de distance, de recul, d’interrogation.

Néanmoins, dans un monde où l’intelligence artificielle (IA) écrit, traduit, calcule ou encore dessine de manière parfois plus pertinente et, dans tous les cas, plus rapidement que l’humain, à quoi servent encore les écoles primaire et secondaire, les enseignements de langues (tout du moins à l’écrit) ou de maths ?

Effectivement, ces outils sont très pratiques. Mais ce qui est très pratique peut avoir pour conséquence de nous faire perdre toutes sortes de compétences parce que leur utilisation nous rend paresseux. Pour prendre un exemple : entre autres, j’enseigne beaucoup en formation continue, auprès de personnes très alertes qui ont des postes à hautes responsabilités dans des programmes appelés Executive MBA. Cela signifie que les participants ont des fonctions de cadres, déjà de très haut niveau, et qu’ils vont devenir directeurs à des niveaux encore plus importants. Je leur demande dans certains cours un rendu écrit sur la base du cours. Ils ont maintenant tendance à le faire de plus en plus rédiger par un logiciel et, en conséquence, ils ne s’investissent pas dans le texte et dans la réflexion, ou très peu. Ils perdent donc l’occasion d’approfondir qualitativement l’intensité réflexive dont ils sont pourtant capables. Quand on perd cela, c’est son âme que l’on perd.

Mais dans un monde où il faut aller vite, où il faut être productif, compétitif, n’est-on pas dès lors contraint de sacrifier son âme pour survivre, ne serait-ce qu’économiquement ?

C’est là un problème vieux comme le monde. L’auteur qui l’a le plus explicitement posé, c’est Machiavel. Il dit à peu près ceci : « On veut la paix, peut-être, mais si les autres innovent, en particulier dans le domaine des armes, on ne peut pas ne pas tout faire pour dépasser ceux qui veulent nous agresser en innovant. » On se trouve dans l’obligation, du fait de la concurrence, de jouer le jeu. Nous devrions malgré tout sans cesse nous poser la question de savoir à quoi ça sert, vers où cela nous mène. Nous sommes ainsi dans un gâchis gigantesque à cause du problème de la compétition. La compétition, c’est toujours du court-termisme auquel on est bien obligé de souscrire parce qu’on a besoin de préserver nos existences. Mais si nous ne faisons que cela, le monde court à sa perte. Et nous le savons bien.




À lire aussi :
La société du concours : entre admis et recalés, quelques points d’écart, mais des conséquences pour toute une vie


Nous sommes actuellement dans un contexte où la nouvelle présidence américaine rejette complètement la question du climat en aggravant de manière dramatique la compétition au travers des énergies fossiles et de tout ce qu’il faut tenter de quitter. À long terme, de telles positions nous conduisent effectivement à notre perte. La même réflexion s’impose sur l’IA : le volume de matières premières qu’utilisent les machines pour fonctionner, ou encore les « petites mains » des plates-formes, posent des questions environnementales et sociales considérables que la fascination pour l’IA masque.

Quand nous considérons ces questions, cela nous oblige, de nouveau, à prendre du recul. Mon point n’est pas de dire qu’il ne faut pas le faire, mais qu’il faut se demander constamment à quoi sert ce que l’on fait et jusqu’où le faire. Donc, arbitrer pour le meilleur.

L’essor de l’IA permet aussi, pour un certain nombre de tâches, de réduire considérablement l’effort. En quoi faut-il veiller à ce point, à savoir ne pas perdre un certain goût de l’effort ? Comment transmettre désormais aux plus jeunes ce goût de l’effort ? Faut-il davantage insister sur le plaisir de faire ?

C’est capital. J’en reviens au court-termisme : on est dans un monde qui donne l’illusion de pouvoir avoir tout, tout le temps et tout de suite, et que c’est bien ainsi. Les plus jeunes peuvent ainsi croire que l’on peut être adulte sans avoir besoin d’éducation, être d’emblée quelqu’un de capable. Bien évidemment, c’est faux. Être capable, cela s’apprend. C’est pénible, c’est dangereux. Comme on l’a déjà vu, le mot péril est indissociable de la notion d’expérience. On ne construit pas sa personnalité sans danger et sans aller à des choses qui ne sont pas évidentes ni spontanément agréables.

Dans la clinique taoïste, manger et penser, donc savourer et savoir, c’est la même chose. D’ailleurs, l’étymologie de savoir le dit : la saveur et le savoir, c’est la même chose. On en a déjà parlé : quand on donne à un enfant à manger quelque chose, l’enfant peut avoir une répugnance a priori. La tâche du parent est, tant que l’enfant n’a pas goûté, de lui dire qu’il ne peut pas savoir s’il aime ou s’il n’aime pas – donc de l’obliger à goûter, pour se faire vraiment une idée, comme on dit. C’est l’équivalent de l’effort. On peut caricaturer un peu – mais pas tant que cela : quand on n’a pas envie de faire d’effort pour l’alimentation, on souscrit à McDo et l’enfant est obèse à vingt ans… L’éducation du goût donne le goût de l’éducation.

The Conversation

Laurent Bibard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’éducation est-elle une faiblesse quand la loi du plus fort s’impose ? – https://theconversation.com/leducation-est-elle-une-faiblesse-quand-la-loi-du-plus-fort-simpose-272113

Ménopause et prise de poids : des mesures précoces pour accompagner les changements hormonaux

Source: The Conversation – in French – By Vinaya Gogineni, Obesity Medicine Fellow, Vanderbilt University

Les changements hormonaux qui se produisent plusieurs années avant la ménopause peuvent entraîner une perte musculaire progressive et une augmentation de la résistance à l’insuline. Morsa Images/DigitalVision via Getty Images

La plupart des femmes s’attendent à ce que la lutte contre le poids commence après la ménopause. Mais certaines recherches suggèrent que le véritable basculement métabolique survient des années plus tôt. Savoir reconnaître quand il se produit permet d’intervenir pour accompagner ces changements au mieux.


Vous êtes entrée dans la quarantaine en continuant à suivre la même routine que les années précédentes : manger sainement et faire de l’exercice régulièrement. Pourtant, ces derniers temps, à chaque fois que vous montez sur la balance, celle-ci semble insidieusement afficher un chiffre de plus en plus élevé. Vous avez peut-être également remarqué que vos vêtements tombent différemment ou que votre tour de taille semble s’être élargi, comme qui dirait « du jour au lendemain »…

Vous revient alors en mémoire la frustration qu’exprimait votre mère à propos des éternels régimes, de la nécessité de faire plus de cardio, ou au sujet de la « prise de poids liée à la ménopause ». Pourtant, vous êtes toujours réglée, et la ménopause ne devrait pas s’annoncer avant au moins cinq ans. Mais alors, qu’êtes-vous en train de vivre ?

En tant que médecin généraliste spécialisée dans la prise en charge des questions de poids et qu’endocrinologue, spécialisée en médecine de l’obésité, nous sommes régulièrement confrontées à des histoires de ce type : des femmes qui « font tout comme il faut » ont soudain l’impression que leur corps se retourne contre elles.

Si le mode de vie est bien évidemment important, il faut comprendre que, dans ce contexte, la cause profonde de la situation n’est pas due à un manque de volonté. L’origine de ces changements est à chercher du côté de la physiologie.

Au cours de la transition vers la ménopause, qui dure plusieurs années, le traitement des glucides devient moins efficace, tandis que le métabolisme de repos ralentit. Cette conjonction de facteurs peut favoriser la prise de poids – en particulier au niveau du ventre – même si les habitudes ont peu changé.

Toutefois, la prise de poids au cours de la transition ménopausique n’est pas nécessairement inévitable.

Un basculement silencieux avant la ménopause

Le diagnostic de la ménopause est posé lorsqu’une absence de règles est constatée depuis douze mois, chez une femme âgée de 45 à 55 ans. Cependant, certains des processus physiologiques qui aboutiront à la ménopause débutent bien avant celle-ci. La transition hormonale, due à des modifications de la signalisation entre le cerveau et les ovaires, commence des années plus tôt, lors d’une phase appelée périménopause. C’est à ce moment que les taux d’œstrogènes et de progestérone commencent à fluctuer de manière imprévisible.

Ces variations hormonales se répercutent sur presque tous les systèmes métaboliques. En effet, les œstrogènes contribuent à réguler la répartition des graisses, la réparation musculaire et la sensibilité à l’insuline. Lorsque leurs niveaux oscillent fortement, l’organisme commence à stocker la graisse différemment : celle-ci est déplacée des hanches et des cuisses vers l’abdomen. La synthèse des protéines musculaires ralentit également.

Le résultat est une perte musculaire progressive et une augmentation de la résistance à l’insuline, même lorsque le mode de vie n’a pas changé. Parallèlement, ces changements hormonaux peuvent perturber le sommeil, influer sur les niveaux de cortisol et modifier l’appétit.

Or, au moment même où ces changements physiologiques s’intensifient, les contraintes sociales – prise en charge de proches, responsabilités professionnelles et familiales – s’accroissent souvent, ce qui laisse moins de temps pour s’occuper de soi, se reposer ou pratiquer une activité physique.

À cette période de l’existence, ce qui frappe le plus les femmes n’est pas tant le chiffre affiché par la balance que l’évolution de leur corps. En effet, même si le poids reste stable, de nombreuses femmes perdent du muscle et gagnent de la graisse abdominale. Cette graisse profonde, qui entoure des organes vitaux, est associée à l’inflammation ainsi qu’à un risque accru de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, de maladies du foie et de troubles du sommeil.

Pourquoi la périménopause est une fenêtre d’opportunité

Depuis 1994, une étude intitulée Study of Women’s Health Across the Nation suit des femmes issues de milieux variés vivant dans plusieurs régions des États-Unis, afin d’étudier les changements physiologiques qui surviennent à l’âge mûr. L’une des principales observations de ces travaux est que c’est au cours de la périménopause, soit bien avant l’arrêt des règles, que la masse grasse commence à augmenter tandis que la masse maigre entame sa diminution.

Un groupe de femmes effectuant des swings avec kettlebell pendant un cours en salle de sport
La trentaine et la quarantaine peuvent être l’occasion de construire sa résilience métabolique.
Thomas Barwick/DigitalVision via Getty Images

Or, une fois que cette redistribution accélérée se stabilise, au cours de la ménopause, son inversion s’avère beaucoup plus difficile, même si elle n’est pas impossible.

Pour cette raison, la périménopause devrait être considérée comme une « fenêtre d’opportunité métabolique ». À cette époque de la vie, le corps demeure adaptable ; il répond à la musculation, à une alimentation de qualité, et à la mise en place de meilleures routines de sommeil. En adoptant des stratégies appropriées à cette période, les femmes peuvent atténuer les effets des changements hormonaux, et se préparer à une transition plus saine au cours de la ménopause et au-delà.

Malheureusement, la plupart des approches proposées pour faire face à la transition ménopausique sont réactives : les symptômes – tels que les bouffées de chaleur ou les troubles du sommeil – ne sont pris en charge qu’après leur apparition. Rares sont les femmes à qui l’on a expliqué que la réduction du risque métabolique associé à la ménopause commence en réalité des années avant cette dernière, durant la périménopause, cette phase discrète mais décisive de leur vie.

Ce que la plupart des femmes ignorent

Pour les femmes dans la quarantaine, le conseil habituel « Mangez moins, bougez plus » passe à côté de l’essentiel, car il simplifie à l’excès la biologie, ignorant le contexte hormonal.

Ainsi, en matière d’activité physique, le cardio seul ne suffit pas à gérer correctement son poids et à atteindre un optimum en matière de santé métabolique. Trop souvent négligée, la musculation (associée à un apport protéique adéquat) devient à cet âge indispensable pour préserver sa masse maigre et maintenir la sensibilité à l’insuline.

Le sommeil et la régulation du stress sont tout aussi essentiels. Les fluctuations d’œstrogènes peuvent en effet perturber les rythmes du cortisol, ce qui se traduit par de la fatigue, des réveils nocturnes et des « fringales ». Privilégier des pratiques améliorant l’hygiène du sommeil – limiter les écrans avant le coucher, s’exposer à la lumière du matin, éviter de manger tard le soir et faire de l’exercice plus tôt dans la journée – aide à réguler ces rythmes hormonaux.

Comprendre pourquoi ces habitudes sont importantes permet de fournir un contexte essentiel pour élaborer des stratégies d’ajustement durables, compatibles avec le mode de vie de chacune.

Comment agir tôt ?

La trentaine et la quarantaine ne doivent pas être vues comme un compte à rebours vers le déclin. Elles doivent plutôt être perçues comme des périodes propices à la construction de sa résilience métabolique. En conjuguant prise de conscience, stratégies basées sur des preuves scientifiques et soins « proactifs », les femmes peuvent traverser la périménopause et la ménopause avec confiance et force. Voici quelques pistes pour commencer :

Soulevez des poids. Fixez-vous comme objectif deux à trois séances de renforcement ou de musculation par semaine, afin de préserver votre masse musculaire et de stimuler votre métabolisme. Travaillez selon le principe de surcharge progressive, c’est-à-dire en augmentant graduellement la contrainte imposée à vos muscles.

Priorisez les protéines. Veillez à intégrer à chaque repas un apport protéique suffisant, pour supporter vos muscles, augmenter votre satiété et stabiliser votre glycémie. Des résultats de plus en plus nombreux semblent indiquer que le besoin protéique est plus élevé que celui figurant dans les recommandations actuelles d’apports journaliers. Visez plutôt 0,55 à 0,73 gramme de protéines par livre de poids corporel (soit 1,2 à 1,6 gramme de protéines par kilogramme) par jour, afin de réduire le risque de perte musculaire liée à l’âge.

Dormez « plus intelligemment ». L’hygiène du sommeil et la gestion du stress aident à réguler le cortisol et les hormones de l’appétit. Essayez de vous ménager chaque nuit sept à huit heures d’un sommeil de qualité.

Posez des questions à vos médecins. Lors des bilans annuels, ne vous contentez pas d’aborder uniquement la question du poids : discutez aussi avec votre médecin de votre composition corporelle et de votre santé métabolique. N’hésitez pas à anticiper, et à aborder également les bénéfices et les risques des traitements hormonaux de la ménopause.

Durant la quarantaine, votre métabolisme n’est pas « cassé » ; il s’adapte à une nouvelle étape de votre vie. Une fois que ceci est bien compris, il devient possible de travailler avec son corps, plutôt que contre lui.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Ménopause et prise de poids : des mesures précoces pour accompagner les changements hormonaux – https://theconversation.com/menopause-et-prise-de-poids-des-mesures-precoces-pour-accompagner-les-changements-hormonaux-272750

Les JO de Montréal 1976, un laboratoire qui a transformé le Québec bien au-delà des stades et des podiums

Source: The Conversation – in French – By Tegwen Gadais, Professor, Département des sciences de l’activité physique, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Alors que l’imaginaire collectif retient surtout les déficits financiers et les controverses, une lecture approfondie de Montréal 1976 révèle un véritable laboratoire de transformations sociales et culturelles. Ces Jeux ont impulsé la modernisation du sport, introduit des innovations pédagogiques et mis en lumière la francophonie olympique, laissant un héritage immatériel encore perceptible aujourd’hui.

Les études sur les JO de Montréal se concentrent surtout sur l’organisation matérielle, les enjeux géopolitiques, l’héritage infrastructurel et quelques analyses sectorielles. Elles négligent pourtant des dimensions essentielles, comme le contexte sportif québécois, les transformations de l’éducation physique et le rôle de la francophonie olympique.

Les travaux, souvent écrits dans l’urgence médiatique, privilégient les aspects superficiels ou sensationnalistes, occultant les effets structurants de l’événement. Les mémoires des dirigeants du Comité international olympique (CIO) ou du Comité organisateur des Jeux olympiques (COJO), comme Lord Killanin ou Artur Takač, offrent une perspective interne et géopolitique précieuse.

Révolution tranquille et réforme éducative

Pour comprendre l’importance des JO de Montréal, il est indispensable de les replacer dans le contexte des années 1960-1970, une période marquée parla Révolution tranquille. Cette époque voit l’État québécois s’engager dans une série de réformes profondes, notamment dans les domaines de l’éducation et du sport. En 1964, la création du ministère de l’Éducation marque un tournant, avec l’introduction de l’éducation physique obligatoire dans les écoles.

En 1968, le Congrès du Sport du Québec est organisé, le Haut-Commissariat à la jeunesse, aux loisirs et aux sports est fondé, suivi de la Confédération des sports du Québec et de la Fédération du sport scolaire du Québec. Ces structures posent les bases d’une démocratisation du sport, avec une attention particulière portée au sport scolaire et associatif. En 1970, les premiers Jeux du Québec sont organisés, officialisant une dynamique déjà en plein essor. Lorsque Montréal est désignée ville hôte des JO la même année, le Québec est en pleine effervescence sportive.

L’éducation olympique : une innovation pionnière

L’un des aspects les plus novateurs des JO de Montréal réside dans le programme d’éducation olympique, inspiré des idéaux de Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux olympiques de l’ère moderne, et visant à sensibiliser la jeunesse québécoise aux valeurs olympiques — amitié, respect, excellence — et à l’éducation physique. Lancé en 1973, le programme POMS (Promotion de l’olympisme en milieu scolaire) réunit le ministère de l’Éducation, l’Association des professionnels de l’activité physique du Québec et le COJO.

POMS agit à la fois sur l’éducation et la participation populaire, avec des ressources pédagogiques, des conférences et des activités sportives et artistiques dans les écoles. Impulsé par des figures comme le professeur Fernand Landry, le programme préfigure le Programme d’éducation aux valeurs olympiques du CIO et fait de Montréal 1976 un laboratoire précoce de l’éducation olympique contemporaine.

Un camp international au parc La Fontaine a également réuni plus de 900 jeunes de 45 pays, qui ont assisté aux compétitions, participé à des activités sportives et culturelles, et rencontré des acteurs du milieu éducatif et sportif, incarnant concrètement les valeurs olympiques dans un contexte marqué par la guerre froide.

Un programme culturel sans précédent

Conformément aux exigences du CIO, Montréal 1976 inclut un programme culturel d’une ampleur inédite. Pour la première fois dans l’histoire des JO, ce programme est entièrement confié au COJO et se veut national. Il mobilise tous les gouvernements du Canada, ainsi que les Premières Nations, pour célébrer la diversité culturelle du Canada.

Pendant un mois en juillet, Montréal devient une capitale culturelle internationale, accueillant concerts, expositions, spectacles de danse, manifestations artisanales et événements littéraires. C’est la première fois qu’un festival d’une telle ampleur est organisé au Canada et cela est une manière de mettre Montréal sur la carte culturelle du monde.

Ce programme met en avant le multiculturalisme, érigé en politique nationale dès 1971, et offre une vitrine sans précédent à la pluralité culturelle du Canada. Des événements comme Mosaïqueart ou Artisanage sont conçus pour être accessibles en français et en anglais, reflétant la dualité linguistique du pays.

L’orientation de ce programme était alors la reconnaissance de ceux qui ont apporté une contribution au patrimoine culturel du Canada. C’est dans cette optique que toutes les provinces, les territoires et populations ont été sollicités pour y prendre part.

La francophonie olympique : un symbole fort

Montréal 1976 constitue également un moment clé pour la francophonie olympique. Deuxième ville francophone à accueillir les JO d’été après Paris en 1924, Montréal organise l’événement à une époque où l’anglais se fait une place dans les instances du CIO.

La dualité linguistique canadienne confère à ces Jeux une dimension particulière, marquée par des gestes symboliques forts : l’allumage du chaudron par deux jeunes athlètes représentant les communautés francophone et anglophone, la déclaration officielle d’ouverture des Jeux par la Reine Elizabeth II en français (puis en anglais).

Par ailleurs, en 1968 Montréal avait été choisie par le comité olympique canadienne face à Toronto pour être la ville candidate du Canada pour les JO de 1976.

Héritages sportifs et institutionnels

Les JO de 1976 s’inscrivent dans une dynamique longue de développement du sport au Québec. Depuis les années 1960, des efforts considérables ont été déployés pour structurer le sport scolaire et associatif. Les candidatures de Montréal pour les JO de 1972 et 1976, portées par le maire Jean Drapeau, ont joué un rôle d’électrochoc pour le mouvement sportif québécois. Le gouvernement fédéral, de son côté, a lancé les Jeux du Canada en 1967, posant les bases d’une infrastructure sportive nationale.

Avant 1976, le paysage sportif québécois était dominé par des sports comme le hockey, le baseball et le football américain. Les JO ont servi de catalyseur pour diversifier et démocratiser la pratique sportive. Après les Jeux, plusieurs dynamiques se renforcent :

  • Augmentation du nombre de clubs sportifs, déjà amorcée dans les années 1960 ;

  • Mise en place de programmes de soutien à l’élite, comme Mission Québec 76, visant à accroître la représentation des athlètes québécois dans la délégation canadienne ;

  • Dynamisation des structures fédérales et des associations sportives ;

  • Développement d’infrastructures majeures, comme le CEPSUM (Centre d’éducation physique et des sports de l’Université de Montréal) ou le complexe Claude-Robillard.




À lire aussi :
Ne blâmons pas 1976 si le Canada n’est pas l’hôte des JO de 2026



Déjà des milliers d’abonnés à l’infolettre de La Conversation. Et vous ? Abonnez-vous gratuitement à notre infolettre pour mieux comprendre les grands enjeux contemporains.


La longue histoire des candidatures montréalaises

L’obtention des JO de 1976 n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une stratégie politique de longue haleine. Dès les années 1930, le maire Camillien Houde soutient des candidatures pour les JO d’hiver (1932, 1940, 1944, 1956). Jean Drapeau reprend ce flambeau en 1963, après une visite marquante au Musée olympique de Lausanne. Sa stratégie repose sur une diplomatie active auprès du CIO, une mobilisation de l’aura d’Expo 67, et une utilisation habile de la francophonie comme levier géopolitique.

Les archives montrent que le rêve olympique a servi de levier pour le développement urbain, notamment dans l’est de Montréal avec la construction du Parc olympique. Montréal 1976 apparaît ainsi comme le fruit d’un travail de longue haleine mêlant ambitions locales, enjeux internationaux, éducatifs et sportifs.

Une relecture globale de Montréal 1976 permet ainsi de dépasser le récit de l’échec pour en faire un moment fondateur de la modernité québécoise. Cet héritage immatériel, trop longtemps occulté, mérite d’être pleinement intégré à l’historiographie olympique. En replaçant ces Jeux dans leur contexte social, éducatif et culturel, on découvre un événement qui a transformé le Québec bien au-delà des stades et des podiums.

La Conversation Canada

Tegwen Gadais a reçu des financements de la part du ministère de l’éducation du Québec. Il est le co-titulaire de la chaire UNESCO sur le sport pour le développement, la paix et l’environnement.

Lefèvre Florent ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les JO de Montréal 1976, un laboratoire qui a transformé le Québec bien au-delà des stades et des podiums – https://theconversation.com/les-jo-de-montreal-1976-un-laboratoire-qui-a-transforme-le-quebec-bien-au-dela-des-stades-et-des-podiums-271280

How low can you go (and still build muscle)? Why strength training matters at any age

Source: The Conversation – Canada – By Tom Janssen, PhD candidate, McMaster University

Getting out of a chair shouldn’t be a struggle. Yet for many older adults, simple everyday movements like this become increasingly difficult as our muscles break down and weaken with age, a process called sarcopenia. The consequences build quietly: trouble climbing stairs, more hospital visits and, eventually, losing the ability to live independently.

The encouraging news is that you do not need long workouts or heavy training to push back. Even modest amounts of strength training can meaningfully preserve muscle and maintain your ability to move with confidence.

Building a buffer

Being hospitalized or immobilized for short periods of time can have profound consequences for our muscles. During these short (around five days) and sometimes longer periods of inactivity and immobilization, we lose muscle and get weaker.

The bad news is that it’s hard to get that muscle and strength back, particularly as we age. Therefore, prevention is always better than a cure. However, sometimes accidents or illnesses just can’t be avoided. This is why we need to create a bit of a buffer or “muscle savings account.”

Here’s an uncomfortable truth: you will lose muscle during periods of immobilization, whether from illness, surgery or injury. The loss is inevitable. What’s not inevitable is whether you can afford that loss. If you’re already low on muscle mass, losing even a small amount can push you over the edge from independence to dependence. The same loss that barely affects someone with a larger amount of muscle can leave someone with less muscle unable to function independently.

This matters especially as we age, because older adults don’t bounce back the way younger people do. A 20-year-old loses muscle in the hospital and regains it within weeks. A 70-year-old might never get it back. That’s why building a buffer shouldn’t be thought of as optional; it’s essential insurance for your future independence.

Here’s how age-related muscle loss typically unfolds: it’s not a gentle slope but a staircase going down step by step. You’re stable for months or years, then something happens — a fall, a surgery, pneumonia — and you drop to a new, lower level. Then another incident, another drop. Each time you lose muscle, and never fully regain it.

Maybe you’ve seen this in your own family. “Everything changed after that fall.” “Dad was never the same after his knee surgery.” These stories share a common thread: insufficient muscle reserves meeting an inevitable health challenge.

The good news? This trajectory isn’t set in stone. The muscle you build now determines whether future setbacks become temporary obstacles or permanent limitations.

Maintaining strength

Physical activity, specifically strength training, is key to maintaining and increasing muscle mass and strength. Strength training refers to lifting weights, either dumbbells, workout machines or resistance bands.

Remaining physically active (walking, gardening and the like) as we age is crucial for our heart and brain health, and helps prevent the development of Type 2 diabetes. However, there are some unique and specific benefits to strength training.

Moving weights and other types of resistance training emphasizes the development of power and strength, which are crucial in daily activities like climbing stairs or lifting a heavy bag of groceries, and in reducing fall risk. Resistance training is irreplaceable in this respect.

Despite this, only 42 per cent of Canadians over age 65 follow strength training guidelines, a gap that leaves many vulnerable to the muscle loss that can make daily activities a struggle.

Heavy vs. lighter weights: can a little be enough?

Some people may be thinking, “Lifting heavy weights in a gym full of muscular young folks is just not for me, thanks.” But what if you don’t need to lift heavy weights to maintain or even gain muscle?

Our research and that of others consistently demonstrates that you don’t have to lift heavy weights to gain muscle and strength. Heavier weights offer a slight advantage for strength gains, but lighter weights work remarkably well, enough to make a real difference in your daily life.

A good indicator to know if a weight is heavy enough, is to see if you are fatigued after 20-25 repetitions. If you can do more then 25 repetitions you should probably go slightly heavier in weights. This weight will be different from person to person and from time to time.

Here’s encouraging news: Stuart Phillips’ exercise metabolism research group at McMaster University found that one weekly session of lighter-weight strength training builds both muscle and strength.

Yes, more sessions produce faster results, but the most important threshold isn’t between adequate and excellent; it’s between zero and one. A single weekly workout shifts you from declining muscle mass to actually gaining ground, building the buffer that safeguards independence as you age.

Keep in mind that a range of 20-25 repetitions is most likely an ideal range for lighter weight strength training. Anything lower than that might not have the same beneficial effects.

To maximize gains with lighter weights, you’ll eventually want to train to voluntary failure, which means until you physically can no longer complete the exercise with appropriate form.

But here’s what beginners need to hear: don’t worry about that just yet. Your first workout doesn’t need to be perfect or exhausting. It just needs to happen. As you build confidence and consistency, you can push harder. And making that first workout happen can be easier than you think. A basic set of dumbbells or resistance bands means you can begin today, at home, without a gym membership or intimidating equipment.

The bottom line is simple. One strength session per week beats zero. Lighter weights beat no weights. Starting imperfectly beats never starting at all. The muscle buffer you build now, however gradually, is insurance against the loss that comes with age and illness. Your future self, still climbing stairs and carrying groceries independently, will thank you for beginning today.

The Conversation

Matthew Lees is supported by a Canadian Institutes of Health Research (CIHR) Postdoctoral Fellowship award (Funding Reference Number 187773).

Tom Janssen does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How low can you go (and still build muscle)? Why strength training matters at any age – https://theconversation.com/how-low-can-you-go-and-still-build-muscle-why-strength-training-matters-at-any-age-270938

Une nouvelle étude met en lumière le rôle du climat dans la disparition de l’homme de Florès

Source: The Conversation – in French – By Nick Scroxton, Research Fellow, Palaeoclimate, National University of Ireland Maynooth

Crâne d’_Homo Floresiensis_ dont le cerveau atteint un volume de 380 à 400 cm³. Wikimédia Commons, CC BY-SA

L’analyse de stalagmites et de fossiles d’éléphants pygmées révèle comment le climat et la présence d’eau douce ont façonné la vie et la survie de l’homme de Florès.


Il y a environ 50 000 ans, l’humanité a perdu l’un de ses derniers cousins hominines survivants, Homo floresiensis (ou homme de Florès, également connu sous le nom de « Hobbit » en raison de sa petite taille). La cause de sa disparition, après plus d’un million d’années passées sur l’île volcanique isolée de Florès, en Indonésie, demeure une énigme de longue date.

De nouvelles preuves suggèrent toutefois qu’une période de sécheresse extrême, commencée il y a environ 61 000 ans, pourrait avoir contribué à la disparition des hommes de Florès. Notre nouvelle étude, publiée le 8 décembre dans Communications Earth & Environment, révèle une histoire d’essor et d’effondrement écologique. Nous avons établi le relevé climatique le plus détaillé à ce jour du site où vivaient autrefois ces anciens hominines.

Une île aux grottes profondes

La découverte d’Homo floresiensis en 2003 a bouleversé notre conception de ce qui fait de nous des êtres humains. Ces hominines de petite taille et au cerveau réduit, qui ne mesuraient que 1,1 m, fabriquaient des outils en pierre. Contre toute attente, ils ont atteint l’île de Florès, apparemment sans disposer de technologie maritime.

Les ossements et outils en pierre d’H. floresiensis ont été retrouvés dans la grotte de Liang Bua, dissimulée dans une petite vallée des hauteurs de l’île. Ces vestiges datent d’une période comprise entre 190 000 et 50 000 ans.

Aujourd’hui, Florès connaît un climat de mousson, avec de fortes pluies pendant les étés humides (principalement de novembre à mars) et des précipitations plus légères durant les hivers plus secs (de mai à septembre). Cependant, durant la dernière période glaciaire, la quantité de pluie et le moment où elle tombait variaient considérablement.

Pour comprendre à quoi ressemblaient ces pluies, notre équipe s’est tournée vers une grotte située à 700 mètres en amont de Liang Bua, appelée Liang Luar. Par pur hasard, au fond de cette grotte se trouvait une stalagmite qui s’est formée précisément pendant la période correspondant à la disparition d’H. floresiensis. En grandissant couche après couche grâce à l’eau qui goutte du plafond, sa composition chimique variable enregistre l’histoire d’un climat en mutation.

Les paléoclimatologues disposent de deux principaux outils géochimiques pour reconstituer à partir des stalagmites les précipitations passées. En observant une mesure spécifique de l’oxygène, appelée δ18O, ils peuvent identifier les variations d’intensité de la mousson. Parallèlement, le rapport entre le magnésium et le calcium permet d’estimer la quantité totale de précipitations.

Nous avons combiné ces deux types de mesures sur les mêmes échantillons, les avons précisément datés, puis avons reconstitué les niveaux de précipitations estivales, hivernales et annuelles. L’ensemble offre un aperçu inédit de la variabilité saisonnière du climat.

Nous avons identifié trois grandes phases climatiques. Entre 91 000 et 76 000 ans, le climat était plus humide qu’aujourd’hui tout au long de l’année. De 76 000 à 61 000 ans, la mousson est devenue très nettement saisonnière, avec des étés plus pluvieux et des hivers plus secs. Enfin, entre 61 000 et 47 000 ans, le climat s’est considérablement asséché durant l’été, à l’image de celui que connaît aujourd’hui le sud du Queensland en Australie.

Les « Hobbits » suivaient leurs proies

Nous disposions donc d’un relevé précis des grands changements climatiques, mais restait à savoir quelle en avait été la réponse écologique, s’il y en avait eu une. Il nous fallait établir une chronologie précise des fossiles d’H. floresiensis retrouvés à Liang Bua.

La solution est venue de manière inattendue grâce à notre analyse du δ18O contenu dans l’émail des dents fossilisées de Stegodon florensis insularis, un lointain parent pygmée disparu des éléphants modernes. Ces jeunes éléphants pygmées figuraient parmi les proies préférées des « Hobbits », comme le montrent les traces de découpe sur les os retrouvés à Liang Bua.

Fait remarquable, les variations du δ18O observées dans la stalagmite de Liang Luar correspondaient parfaitement à celles relevées dans les dents provenant de couches sédimentaires de plus en plus profondes à Liang Bua. Cette concordance nous a permis de dater avec précision les fossiles de Stegodon ainsi que les restes associés d’Homo floresiensis.

La chronologie ainsi affinée montre qu’environ 90 % des restes d’éléphants pygmées datent de la période comprise entre 76 000 et 61 000 ans, soit une période au climat fortement saisonnier, ni trop humide ni trop sec – une sorte de climat idéal. Ce contexte semble avoir offert des conditions favorables au pâturage des éléphants pygmées et à leur chasse par Homo floresiensis. Mais les deux espèces ont presque disparu lorsque le climat est devenu plus sec.

En bas, une photo d’une stalagmite taillée et polie avec les emplacements d’échantillonnage indiqués par des carrés bleus. Au-dessus, un graphique combinant courbe et histogramme montre la fréquence des fossiles de Stegodon. Les données s’accordent clairement avec une période d’étés humides
Coupe transversale de la stalagmite précisément datée utilisée dans cette étude, montrant ses couches de croissance. Le graphique illustre la chronologie affinée des fossiles de Stegodon dans deux secteurs de fouille à Liang Bua.
Mike Gagan

Le recul des précipitations, des éléphants pygmées et des « Hobbits » au même moment indique que la raréfaction des ressources a joué un rôle crucial dans ce qui ressemble à un abandon progressif de Liang Bua.

Avec l’assèchement du climat, la principale source d’eau en saison sèche, le petit fleuve Wae Racang, a peut-être diminué au point de ne plus suffire, privant les Stegodon d’eau douce. Les animaux ont alors pu migrer hors de la région, Homo floresiensis les suivant.

Un volcan impliqué ?

Les derniers restes fossiles de Stegodon et les outils en pierre de Liang Bua sont recouverts d’une épaisse couche de cendres volcaniques, datée d’environ 50 000 ans. On ne sait pas encore si une éruption volcanique à proximité a constitué « la goutte d’eau » dans le déclin des hommes de Florès de Liang Bua.

Les premières traces archéologiques attribuées à Homo sapiens se trouvent au-dessus de cette couche de cendres. Même s’il est impossible de savoir si Homo sapiens et Homo floresiensis se sont croisés, de nouvelles preuves archéologiques et génétiques indiquent que les Homo sapiens parcouraient déjà l’Indonésie, sautant d’île en île jusqu’au supercontinent de Sahul, il y a au moins 60 000 ans.

Si Homo floresiensis a été contraint par des pressions écologiques de quitter leur refuge pour se rapprocher de la côte, il est possible qu’ils aient croisé la route des humains modernes. Et si tel était le cas, la concurrence, les maladies, voire la prédation, auraient pu devenir des facteurs déterminants.

Quelle que soit la cause ultime, notre étude fournit un cadre pour de futures recherches sur l’extinction de l’emblématique Homo floresiensis dans le contexte de grands changements climatiques. Le rôle fondamental de la disponibilité en eau douce dans le déclin de l’un de nos cousins humains rappelle que l’histoire de l’humanité est une expérience fragile de survie, et que les variations des précipitations peuvent avoir des conséquences profondes.

The Conversation

Nick Scroxton a reçu des financements de de la Sustainable Energy Authority of Ireland et a réalisé ce travail tout en bénéficiant d’un financement de l’Australian Research Council.

Gerrit van den Bergh a reçu des financements de l’Australian Research Council.

Michael Gagan a reçu des financements de l’Australian Research Council.

Mika Rizki Puspaningrum ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Une nouvelle étude met en lumière le rôle du climat dans la disparition de l’homme de Florès – https://theconversation.com/une-nouvelle-etude-met-en-lumiere-le-role-du-climat-dans-la-disparition-de-lhomme-de-flores-271858

Pourquoi faisait-on l’amour à plusieurs dans l’Antiquité ?

Source: The Conversation – in French – By Christian-Georges Schwentzel, Professeur d’histoire ancienne, Université de Lorraine

Scène érotique peinte sur les bords d’un kylix (vase à boire) attique à figures rouges, vers 510 avant notre ère. Marie-Lan Nguyen/Wikimédia, CC BY

On trouve dans la Bible et chez les auteurs grecs et latins de l’Antiquité divers exemples de relations sexuelles impliquant plusieurs partenaires, qu’il s’agisse de « trouples », comme on dit aujourd’hui, ou d’orgies sexuelles. Pourquoi faisait-on l’amour à plusieurs dans l’Antiquité ?


Les premiers « trouples » apparaissent dans la Bible. Le patriarche Jacob a épousé deux sœurs : Léa l’aînée et Rachel la cadette. Or Rachel n’arrive pas à avoir d’enfants de son mari ; elle est jalouse de Léa qui a, elle, réussi à mettre au monde quatre fils. C’est alors que lui vient une idée : « Voici ma servante Bilha, dit-elle à Jacob, va vers elle, et qu’elle enfante sur mes genoux ; d’elle j’aurai moi aussi, un fils » (Genèse 30, 3).

Rachel propose donc à son mari une relation sexuelle à trois. Bilha est installée sur les genoux de sa maîtresse. Elle lui prête, pourrait-on dire, son vagin, Rachel se dédoublant en quelque sorte.

L’astuce fonctionne parfaitement, puisque, neuf mois plus tard, Bilha met au monde un fils que s’approprie aussitôt Rachel. Puis, espérant désormais rattraper son retard sur Léa, Rachel incite Jacob à une nouvelle union à trois. Nouveau succès : Rachel-Bilha accouche d’un second garçon.

C’est alors que Léa se met à craindre de perdre son avance sur sa sœur et rivale. Imitant Rachel, elle livre elle aussi à Jacob le vagin de sa servante, une dénommée Zilpa, qu’elle installe sur ses genoux, offrant à son époux deux vagins à pénétrer.

Le patriarche n’y voit rien à redire : il s’exécute volontiers, acceptant cette nouvelle manière de procréer. Par l’entremise de Zilpa, Léa donne encore deux fils à Jacob. « Quel bonheur pour moi ! », s’écrie-t-elle.

Au-delà de la signification sociale de cette histoire, on soupçonne que le rédacteur se soit aussi fait plaisir, en exposant cette totale domination patriarcale de Jacob sur ses femmes dont les désirs de maternité et la rivalité ne font qu’aggraver la soumission. Le comble étant que ce n’est même pas lui, mais ses épouses qui le poussent à faire l’amour avec les deux servantes. Et pour la bonne cause ! Car, si le patriarche multiplie ses relations sexuelles, ce n’est pas pour son plaisir personnel, mais afin d’accroître sa descendance, tout en satisfaisant les désirs de gloire maternelle des deux rivales vaniteuses…

Absalom et les concubines de son père, dessin de Lovis Corinth, 1923.
Harvard Art Museums/Fogg Museum, George R. Nutter Fund

Absalom et la partouze politique

La Bible nous offre aussi un exemple de partouze dont la signification est avant tout politique. Le prince Absalom, fils du roi David, se révolte contre son père et prend le pouvoir à Jérusalem. C’est alors que, sur les conseils d’un de ses proches, il décide de faire l’amour avec dix concubines du harem paternel. L’usurpateur pense ainsi affirmer sa virilité, tout en galvanisant ses partisans.

Il fait installer, sur la terrasse du palais royal, une tente dans laquelle il possède les dix femmes qu’il a réunies, non à la vue mais au su de tous. Le peuple spectateur, à défaut de contempler les ébats du souverain, en perçoit seulement les râles, tandis que la toile de la tente qui les couvre en répercute les secousses. Cette spectaculaire prise de possession des concubines royales était censée légitimer le pouvoir du successeur qui se plaçait, phalliquement parlant, dans le sillage de son père (2 Samuel 20, 3).

Plaisirs masculins dans des sociétés patriarcales

Dans la Grèce antique, les unions à plusieurs ont d’abord pour fin d’assurer le plaisir d’hommes en position dominante. Aux VIe ou Ve siècles avant notre ère, les riches citoyens grecs, à Athènes ou à Corinthe, organisent des partouzes où ils convoquent des courtisanes de luxe, appelées hétaïres, chargées de les divertir par leurs chants, leurs danses ou leurs prestations sexuelles. Au cours de ces soirées, les convives pénètrent parfois à plusieurs les mêmes prostituées, comme le montre certaines peintures pornographiques sur des céramiques.




À lire aussi :
Les Grecs et les Romains aimaient-ils vraiment les orgies ?


Les Grecs ne se cachent pas dès lors que leurs pratiques sexuelles sont reconnues comme valorisantes pour eux. Leur phallus est à l’honneur, pénétrant la bouche ou l’anus des prostituées. Les hommes libres doivent, en effet, toujours se trouver dans une position sexuelle vue comme supérieure : ils sont des individus « jouissant » grâce aux corps qu’ils exploitent.

Certaines prostituées de luxe pouvaient être louées par plusieurs hommes en même temps. La « colocation » permettait de réduire le coût de la prestation de la jeune fille, partagé entre ses clients, mais aussi à des amis d’en jouir en même temps au cours d’un moment considéré comme convivial et festif.

Les Orgies de Messaline, tableau de Federico Faruffini, 1867.

Une hypersexualité féminine condamnée

Les textes antiques évoquent aussi des plaisirs féminins. Aphrodite, Vénus pour les Romains, est décrite comme une véritable déesse libérée des carcans de la société patriarcale. Elle choisit elle-même ses amants, que ce soit parmi les dieux ou les hommes. Son époux, le dieu Héphaïstos est vu comme ridicule et impuissant.

Cependant, seule cette grande déesse bénéficie du droit de coucher avec qui elle veut, en tant que divinité de l’amour et de la beauté. Les femmes humaines ne partagent pas ce privilège divin.

Ainsi, la reine d’Égypte Cléopâtre est conspuée par les écrivains romains, car elle aurait entretenu des relations sexuelles avec de nombreux amants. Insatiable figure de l’hypersexuelle, elle aurait même couché, dit-on, avec ses propres esclaves. Un comble aux yeux de la société patriarcale romaine.

Au Ier siècle de notre ère, l’impératrice romaine Messaline est elle aussi condamnée puis assassinée par son époux, l’empereur Claude, en raison de ses infidélités. Pline l’Ancien raconte qu’elle faisait l’amour avec 25 amants par jour et organisait des orgies sexuelles au palais impérial (Pline l’Ancien, Histoire naturelle X, 83).

Elle serait aussi allée se prostituer la nuit dans des bordels de Rome, uniquement pour le plaisir.




À lire aussi :
Depuis quand la vulve est-elle obscène ?


En fait, Cléopâtre et Messaline incarnent la peur de la société phallocratique romaine face à l’hypersexualité féminine, vue comme une monstruosité. L’idéal pour les Romains est qu’une femme ne connaisse qu’un seul homme à la fois : son époux. Dite univira en latin, elle est considérée comme l’épouse parfaite.

La fidélité, une qualité féminine

Dans l’Antiquité gréco-romaine, la fidélité sexuelle ou amoureuse est uniquement conçue comme une qualité féminine. Le héros grec Ulysse nous en offre un bel exemple dans l’Odyssée, d’Homère : au cours de son périple en Méditerranée, il a des relations avec plusieurs amantes, comme Circé ou Nausicaa, tandis que son épouse Pénélope l’attend sagement dans sa demeure d’Ithaque où elle repousse scrupuleusement tous ses prétendants.

La fidélité conjugale s’inscrit logiquement dans le prolongement de la virginité antérieure au mariage, autre qualité vue comme exclusivement féminine. Les femmes ne sont pas réputées maîtresses de leur corps qui ne leur appartient pas.

À l’inverse, le fiancé puis l’époux peut avoir toutes les relations sexuelles qu’il souhaite avec des personnes, hommes ou femmes, étrangers ou de statut inférieur : prostitués des deux sexes, esclaves, filles ou garçons non citoyens. Les sociétés grecque et romaine sont fondamentalement inégalitaires dans le sens où la loi n’est pas la même pour toutes et tous. Elles reposent sur trois oppositions fondamentales : hommes/femmes, citoyens/étrangers, maîtres/esclaves.

Homme sodomisant un homme qui pénètre une femme. Fresque des thermes suburbains de Pompéi Iᵉʳ siècle de notre ère.

Une pornographie pour rire… en rappelant la morale dominante

Des fresques romaines représentant des relations sexuelles à plusieurs ont été découvertes à Pompéi. Elles ont été réalisées, au Ier siècle de notre ère, dans un but à la fois humoristique et moral : faire rire le spectateur et délivrer un message moral.

Cet humour sexuel exprime la morale du moment, comme le suggère une scène de triolisme visible dans les vestiaires des thermes suburbains de Pompéi. On voit un homme sodomisé par un autre homme, alors qu’il est lui-même en train de pénétrer une femme à quatre pattes devant lui.

On peut rapprocher cette peinture d’une histoire d’adultère racontée par le romancier antique Apulée. Le mari, de retour chez lui à l’improviste, surprend sa femme avec un jeune amant. Non sans ironie, il dit renoncer à intenter un procès pour adultère, car il partage les mêmes goûts que sa femme. Il préfère donc leur imposer une réconciliation « à trois dans un seul lit » (Apulée, Métamorphoses, IX, 27).

Quatuor composé de deux hommes et deux femmes au lit. Fresque des thermes suburbains de Pompéi. Iᵉʳ siècle de notre ère.

Une autre scène montre cette fois quatre partenaires : l’homme à gauche pénètre l’homme à sa droite, qui reçoit une fellation de la femme, qui à son tour reçoit un cunnilingus de la femme la plus à droite. L’homme qui se trouve tout à fait à gauche se trouve en position dominante, car il n’agit que pour son propre plaisir. Il adresse au spectateur un geste de la main droite, proclamant la jouissance qu’il ressent. C’est lui le vainqueur de la scène qui se présente comme une sorte de bataille entre quatre partenaires, dont trois sont soumis.

Ainsi, les peintures pornographiques romaines vantent la satisfaction sexuelle, vue comme légitime, d’individus dominants. Elles ont aussi pour but de faire rire ces mêmes hommes dominants, toujours par rapport aux attendus et préjugés de leur morale sexuelle phallocratique.

Bacchanale, tableau d’Auguste Lévêque, début du XXᵉ siècle.

Rencontrer le divin : la partouze mystique

Les partouzes antiques peuvent aussi s’inscrire dans un contexte religieux. Selon l’historien latin Tite-Live, les adeptes du dieu Bacchus, se livraient à toutes sortes d’unions charnelles au cours de cérémonies nocturnes, à la fois sexuelles et mystiques, nommées Bacchanales.

« Le vin, la nuit, le mélange des sexes et des âges eurent bientôt éteint tout sentiment de pudeur, et l’on se livra à des vices de toute nature, chacun trouvant à satisfaire sa passion favorite » (Tite-Live, Histoire romaine, XXXIX, 8-19).

Ces antiques bacchanales seraient-elles les ancêtres des soirées libertines aujourd’hui en vogue dans certaines capitales occidentales ?

The Conversation

Christian-Georges Schwentzel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi faisait-on l’amour à plusieurs dans l’Antiquité ? – https://theconversation.com/pourquoi-faisait-on-lamour-a-plusieurs-dans-lantiquite-272458

LA fires: Chemicals from the smoke lingered inside homes long after the wildfires were out – studies tracked the harm

Source: The Conversation – USA (2) – By Yifang Zhu, Professor of Environmental Health Sciences, University of California, Los Angeles

Smoke rolls up a hillside from the Palisades Fire on Jan. 11, 2025, in Los Angeles. AP Photo/Eric Thayer

When wildfires began racing through the Los Angeles area on Jan. 7, 2025, the scope of the disaster caught residents by surprise. Forecasters had warned about high winds and exceptionally dry conditions, but few people expected to see smoke and fires for weeks in one of America’s largest metro areas.

Environmental health scientist Yifang Zhu studies air quality at UCLA and began collecting samples from inside and outside homes the day after the fires began. In this Q&A, she describes findings by her team, a consortium of universities and local projects, that are painting a picture of the health risks millions of Los Angeles-area residents faced.

Their research offers both a warning and steps people everywhere can take to protect their homes and themselves from wildfire smoke in the future.

What made the LA fires unusual?

Urban fires are unique in a sense that it’s not just trees and other biomass burning. When homes and vehicles catch fire, plastics, electronics, cleaning chemicals, paints, textiles, construction material and much more burns, releasing chemicals and metals into the air.

More than 16,000 buildings burned in LA. Electric vehicles burned. A dental clinic burned. All of this gets mixed into the smoke in complicated ways, creating complex mixtures that can have definite health risks.

One thing we’ve found that is especially important for people to understand is that the concentration of these chemicals and metals can actually be higher inside homes compared with outside after a fire.

Satellite image of fire outlines.
A composite of satellite images from January 2025 shows outlines, in red, of the largest fires in the Los Angeles area. Altadena is on the right, and Pacific Palisades is on the lower left.
MMGIS, Caltech/JPL

What are your health studies trying to learn?

To understand the health risks from air pollution, you need to know what people are exposed to and how much of it.

The LA Fire HEALTH Study, which I’m part of, is a 10-year project combining the work of exposure scientists and health researchers from several universities who are studying the long-term effects of the fire. Many other community and health groups are also working hard to help communities recover. A local program called CAP.LA, or Community Action Program Los Angeles, is supporting some of my work, including establishing a real-time air quality monitoring network in the Palisades area called CAP AIR.

During an active wildfire, it’s extremely difficult to collect high-quality air samples. Access is restricted, conditions change quickly, and research resources are often limited and take time to assemble. When the fires broke out not far from my lab at UCLA, my colleagues and I had been preparing for a different study and were able to quickly shift focus and start collecting samples to directly measure people’s exposure to metals and chemicals near and around the fires.

A neighborhood with smoke in the air.
Wildfire smoke, like this during the Palisades Fire on Jan. 7, 2025, can get into a home under doors and around windows.
AP Photo/Ethan Swope

My group has been working with people whose homes were exposed to smoke but didn’t burn and collecting samples over time to understand the smoke’s effects. We’re primarily testing for volatile organic compounds off-gassing from soft goods – things like pillows, textiles and stuffed animals that are likely to absorb compounds from the smoke.

Our testing found volatile organic compounds that were at high levels outdoors during the active fire were still high indoors in February, after the fires were contained. When a Harvard University team led by environmental scientist Joe Allen took samples in March and April, they saw a similar pattern, with indoor levels still high.

What health risks did your team find in homes?

We have found high levels of different kinds of volatile organic compounds, which have different health risks. Some are carcinogens, like benzene. We have also found metals like arsenic, a known carcinogen, and lead, which is a neurotoxin.

Mike Kleeman, an air quality engineer at the University of California Davis, found elevated levels of hexavalent chromium in the nanometer-size range, which can be a really dangerous carcinogen. In March, he drove around collecting air samples from a burn zone. That was testing which government agencies would not have routinely done.

Fires have a long list of toxic compounds, and many of them aren’t being measured.

Chart shows spike in visits in early January 2025
Data from the Centers for Disease Control and Prevention shows emergency room visits spiking during the fires in early January 2025. The bold line shows the daily percentage of emergency department (ED) encounters that were associated with wildfires, and the dashed line shows the outdoor air quality index (AQI) values.
CDC

What do you want people to take away from these results?

People are exposed to many types of volatile organic compounds in their daily lives, but after wildfires, the indoor VOC levels can be much, much higher.

I think that’s a big public health message from the LA fires that people really need to know.

In general, people tend to think the outdoor air is worse for their health, particularly in a place like LA, but often, the indoor air is less healthy because there are several chemical emission sources right there and it’s an enclosed space.

Think about cooking with a gas stove, or burning candles or spraying air fresheners. All of these are putting pollutants into the air. Indoor pollution sources like cleaning fluids and PFAS from furniture and carpets are all around.

We often hear from people who are really worried about the air quality outside and its health risk during fires, but you need to think about the air indoors too.

A man walks on a beach with a dog as smoke rise from a fire in the background.
Thick smoke from a wildfire spreads over homes in Pacific Palisades, as seen from the Venice Beach section of Los Angeles on Jan. 7, 2025.
AP Photo/Jae C. Hong

What are some tips for people dealing with fires?

The LA fires have given us lots of insights into how to restore homes after smoke damage and what can be cleaned up, or remediated. One thing we want to do is develop an easy-to-follow decision tree or playbook that can help guide future fire recovery.

When the fires broke out, even I had to think about the actions I should take to reduce the smoke’s potential impact, and I study these risks.

First, close all your windows during the wildfire. If you have electricity, keep air purifiers running. That could help capture smoke that does get into the home before it soaks into soft materials.

Once the outside air is clean enough, then open those windows again to ventilate the house. Be sure to clean your HVAC system and replace filters, because the smoke leaves debris. If the home is severely impacted by smoke, some items will have to be removed, but not in every case.

And you definitely need to do testing. A home might seem fine when you look at it, but our testing showed how textiles and upholstery inside can continue off-gassing chemicals for weeks or longer.

But many people don’t have their homes tested after wildfires. They might not know how to read the results or trust the results. Remediation can also be expensive, and some insurance companies won’t cover it. There are probably people who don’t know whether their homes are safe at this point.

So there needs to be a clear path for recovery, with contamination levels to watch for and advice for finding help.

This is not going to be the last fire in the Los Angeles area, and LA will not be the last city to experience fire.

The Conversation

Yifang Zhu is working with CAP.LA (Community Action Project Los Angeles), which is funded by the R&S Kayne Foundation, and the LA Fire Health Study, which is funded by private philanthropists, including the Speigel Family Fund. Her work has also been partially funded by the Gordon and Betty Moore Foundation, the Danhakl Family Foundation, and the California Air Resources Board.

ref. LA fires: Chemicals from the smoke lingered inside homes long after the wildfires were out – studies tracked the harm – https://theconversation.com/la-fires-chemicals-from-the-smoke-lingered-inside-homes-long-after-the-wildfires-were-out-studies-tracked-the-harm-272473

Voters shrug off scandals, paying a price in lost trust

Source: The Conversation – USA – By Brandon Rottinghaus, Professor of Political Science, University of Houston

Donald Trump waits in court during proceedings over a business records violation. He was convicted, but Trump and his supporters dismissed the case as a partisan attack. Mary Altaffer/AP

Donald Trump joked in 2016 that he could “stand in the middle of Fifth Avenue and shoot somebody” and not lose support. In 2024, after two impeachments and 34 felony convictions, he has more or less proved the point. He not only returned to the White House, he turned his mug shot into décor, hanging it outside the Oval Office like a trophy.

He’s not alone. Many politicians are ensnared in scandal, but they seldom pay the same kind of cost their forebears might have 20 or 30 years ago. My research, which draws on 50 years of verified political scandals at the state and national levels, national surveys and an expert poll, reaches a clear and somewhat unsettling conclusion.

In today’s polarized America, scandals hurt less, fade faster and rarely end political careers.

New York’s Andrew Cuomo and New Jersey’s Jim McGreevey both resigned as governors due to sex scandals, only to run again this year for mayoral posts. Both lost. Cuomo sought to replace New York Mayor Eric Adams, who never stepped down despite being indicted – with charges later dropped – in a corruption case that engulfed much of his administration.

The adulterous state attorney general from Texas, Ken Paxton, survived an impeachment vote in 2023 over bribery and abuse of office and is now running for the U.S. Senate. The list goes on – proof that scandal rarely ends a political career.

When scandals still mattered

For most of the previous half-century, scandals had real bite.

Watergate, which involved an administration spying on its political enemies, knocked out President Richard M. Nixon. The Keating Five banking scandal of the 1980s reshaped the Senate, damaging the careers of most of the prominent senators who intervened with regulators to help a campaign contributor later convicted of fraud.

Members of Congress referred to the House ethics committee were far less likely to keep their seats. Governors, speakers and cabinet officials ensnared in scandal routinely resigned. The nation understood scandal as a serious breach of public trust, not a potential fundraising opportunity.

But beginning in the late 1990s and accelerating throughout the Trump era, something changed.

According to my dataset of more than 800 scandals involving presidents, governors and members of Congress, politicians in recent decades have survived scandals for longer periods of time and ultimately faced fewer consequences.

Even at the presidential level – where personal legacy should, in theory, be most sensitive – scandals barely leave a dent. Trump and his supporters have worn his legal attacks as a badge of honor, taking them as proof that an insidious swamp has conspired against him.

This isn’t just a quirk of modern politics. As a political scientist, I believe it’s a threat to democratic accountability. Accountability holds politicians, and the political system, to legal, moral and ethical standards. Without these checks, the people lose their power.

To salvage the basic idea that wrongdoing still matters, the nation will need to figure out how to Make Scandals Great Again – not in the partisan sense but in the civic one.

As a start, both parties could commit to basic red lines – bribery, abuse of office, exploitation – where resignation is expected, not optional. This would send a signal to voters about when to take charges seriously. That matters because, while voters can forgive mistakes, they shouldn’t excuse corruption.

Former New York Governor Andrew Cuomo hugs a supporter on election night.
Andrew Cuomo, who resigned as New York governor amid scandal in 2021, fell short during his comeback bid for mayor this year.
Heather Kalifa/AP

A tribal cue, not an ethical event

Why the new imperviousness?

Partisanship is the main culprit. Today’s voters don’t evaluate scandal as citizens; they evaluate it as fans. Democrats and Republicans seek to punish misdeeds by the other side but rationalize them for their own.

This selective morality is the engine of “affective polarization,” a political science term describing the intense dislike of the opposing party that now defines American politics. A scandal becomes less an ethical event than a tribal cue. If it hurts my enemy, I’m outraged. If it hurts my ally, it’s probably exaggerated, unfair or just fake.

The nation’s siloed and shrinking media environment accelerates this trend. News consumers drift toward outlets that favor their politics, giving them a partial view of possible wrongdoing. Local journalism, formerly the institution most responsible for uncovering wrongdoing, has been gutted. A typical House scandal once generated 70 or more stories in a district’s largest newspaper. Today, it averages around 23.

Evaluating surveys of presidency scholars, I found that economic growth, time in office, war leadership and perceived intellectual ability all meaningfully shape presidential greatness. Scandals, by comparison, barely move the needle.

Warren G. Harding still gets dinged for Teapot Dome, a major corruption scandal a century ago, and Nixon remains defined by Watergate. But for most modern presidents, scandal is just one more piece of noise in an already overwhelming media environment.

At the same time, partisan media ecosystems reinforce voters’ instincts. For many voters, negative coverage of a fellow partisan is not a warning sign. As with Trump, it can be a badge of honor, proof that the so-called establishment fears their champion.

The incentive structure flips. Instead of shrinking from scandal and behavior that could once have ended careers, politicians learn to exploit it. As Texas governor a decade ago, Rick Perry printed his felony mug shot on a T-shirt for supporters. Trump’s best fundraising days corresponded directly to his criminal court appearances.

Making scandals resonate

Even when the evidence is clear-cut, the public’s memory isn’t.

Voters forget scandals that should matter but vividly remember ones that fit their partisan worldview, sometimes even when memory contradicts fact. Years after Trump left office, more Republicans believed his false claims – about the 2020 election, cures for COVID-19 and the Jan. 6 Capitol riot – than during his presidency. The longer the scandal drags on, the foggier the details become, making it easier for partisans to reshape the narrative.

The problem isn’t that America has too many scandals. It’s that the consequences no longer match the misdeeds.

But the story isn’t hopeless. Scandals still matter under certain conditions – particularly when they involve clear abuses of power or financial corruption and, crucially, when voters actually learn credible details. And political scientists have long known that scandals can produce real benefit. They expose wrongdoing, prompt reforms, sharpen voter attention and remind citizens that institutions need scrutiny.

Texas Attorney General Ken Paxton makes a statement at his office.
Ken Paxton has spent most of his years as Texas attorney general under indictment but survived an impeachment vote and is now running for the Senate.
Eric Gay/AP

So, what would it take to Make Scandals Great Again, not as spectacle but as accountability?

One step would be to rebuild the watchdogs. Local journalism could use investment, including through nonprofit models and philanthropy.

Second, it’s important that ethics enforcement maintains independence from the political actors it polices. Letting lawmakers investigate themselves guarantees selective outrage. At the same time, however, political parties could play a role in restoring trust by calling out their own, increasing their own accountability by lamenting real offenses among their own members.

Political scandals will never disappear from American life. But for them to serve as silver linings – and, ultimately, to protect public trust – the conditions that give them meaning require restoration. That could foster a political culture where wrongdoing still carries a price and where truth can pierce through the noise long enough for the public to hear it.

The Conversation

Brandon Rottinghaus does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Voters shrug off scandals, paying a price in lost trust – https://theconversation.com/voters-shrug-off-scandals-paying-a-price-in-lost-trust-271077

How museums can help rebuild trust in a divided America

Source: The Conversation – USA (2) – By Devon Akmon, Director of the MSU Museum and CoLab Studio, Michigan State University

Across the United States, political polarization has deepened to historic levels. In a report published in May 2025, the Pew Research Center found that Americans are more divided and less trusting of one another than at any point in recent decades. Yet museums remain among the few places where curiosity still draws people across political and cultural lines.

Ninety-two percent of adults view museums as nonpartisan sources of education, according to a report from Wilkening Consulting. People also trust museums for presenting fact-based, authentic and research-driven information. Ninety-six percent of Americans say they would support lawmakers who fund museums, and 97% see museums as vital educational assets to their communities. These findings place museums among the most trusted institutions in American life, ranking just behind friends and family.

That rare level of confidence gives museums both an opportunity and a responsibility. As debates over science, history and art intensify, they are being called upon to do something more fundamental: to model how people might think and listen together.

As director of the Michigan State University Museum in East Lansing, and core faculty in the Arts, Cultural Management and Museum Studies program at MSU, I see every day how these spaces can foster understanding.

Questioning algorithms, fostering dialogue

At the MSU Museum, an upcoming exhibition titled “Blurred Realities” will ask a question that feels urgent far beyond its gallery walls: How do we decide what is true?

Opening in January 2026, “Blurred Realities” examines how information, bias and technology shape people’s understanding of the world. Rather than advancing a single authoritative narrative, the exhibition creates space for inquiry, encouraging visitors to reflect on how beliefs are formed, how digital systems influence perception, and how imagination reshapes memory and identity. In doing so, the exhibition invites thoughtful engagement with the stories, data and algorithms that shape contemporary life, and considers what it means to navigate truth in an increasingly complex information environment.

Central to this effort are the museum’s “CoLaborators,” a team of college students trained to facilitate small, idea-driven conversations that encourage curiosity and exchange between museum visitors. They engage guests in open conversations that respond to their interests in the moment. This approach differs from the traditional docent model, which often centers on the transmission of information. Instead, the students’ work transforms the gallery into a living forum where questions matter more than conclusions.

In my experience, this is just one of many ways that museums are engaging the communities they serve to explore timely and relevant topics that shape contemporary life.

Michigan State University students discuss their participation in the CoLaborator program.

Catalysts for civic connection

Museums have long been places to explore the natural world, cultural artifacts and scientific discovery.

History museums have hosted community storytelling projects. An excellent example is the “Your Story, Our Story” project led by the Tenement Museum in New York.

Science museums, including the Natural History Museum of Utah, have led public discussions on climate change.

Art and history museums have opened their galleries and programming spaces to conversations about identity and belonging. The Charles H. Wright Museum of African American History held an exhibition centered on Detroiters exonerated of crimes and themes of justice, identity and renewal.

The Institute of Museum and Library Services describes museums and libraries as community catalysts that support social well-being through cultural engagement, shared identity and social connection. In a time when public debate often happens online, in anger and lacking nuance, museums offer something different: a physical place where curiosity can thrive and where people can pause, reflect and listen.

The more than 35,000 museums across the United States represent a remarkably broad and diverse field, rooted in communities of every size and serving people where they live and learn. Their core work has traditionally focused on collecting, researching, preserving and interpreting objects of historical, cultural and scientific significance.

As social divisions grow, they are becoming important forms of social infrastructure where people can encounter different perspectives. In many cases, their roles are also expanding as museums help the public engage with the pressing questions of our time.

The Association of Science and Technology Centers notes that rising mistrust in institutions, the spread of misinformation and the weakening of shared public spaces are creating new challenges for organizations that engage the public. In recent years, these trends are prompting museums to think about their role in supporting connection and understanding. Across the country, institutions that once focused mainly on preservation and education are reframing their purpose to include convening civic dialogue and helping visitors navigate complex issues together.

Preserving trust in an age of discontent

As museums step more visibly into the civic sphere, they also face new pressures. Efforts to engage with difficult topics can draw criticism from across the political spectrum.

Some question why museums address issues like race, climate or misinformation at all, while others expect them to go further. The result can be a delicate balance between maintaining trust and remaining relevant. Staff and volunteers are expected to create inclusive environments while navigating limited resources, public scrutiny and, sometimes, personal attacks. Smaller institutions may lack the capacity to sustain long-term partnerships or withstand political pushback.

I believe avoiding these conversations carries its own risks. It can reinforce perceptions that museums are detached from the realities of the communities they serve. The key question we ask ourselves at the MSU Museum is not whether to engage with societal issues, but how to do so with care, humility and authenticity. That involves listening as much as leading and viewing dialogue itself as part of our educational mission.

At a moment when trust in public institutions is fragile, museums hold a rare and valuable position. They are places where people still expect to learn something new and to encounter ideas different from their own. When museums invite visitors to think together about complex issues, whether through exhibitions, conversations or community partnerships, they help nurture the habits of curiosity and empathy that democracy depend on. These interactions may not resolve polarization, but they can model a more constructive way of engaging with difference.

Within a museum’s walls, people can explore difficult ideas without the noise of argument or the demand to take sides. In doing so, museums continue their essential work, not only preserving the past but helping us imagine a shared future built on understanding, curiosity and trust.

Blurred Realities” is on view at the Michigan State University Museum in East Lasing, Michigan, from Jan. 15 to July 18, 2026.

Read more of our stories about Michigan.

The Conversation

Devon Akmon is the board chair for the American Alliance of Museums.

ref. How museums can help rebuild trust in a divided America – https://theconversation.com/how-museums-can-help-rebuild-trust-in-a-divided-america-268466

Why does orange juice taste bad after you brush your teeth?

Source: The Conversation – USA – By Linda Bartoshuk, Research Professor of Psychology, George Washington University

There’s a scientific reason your OJ tastes funny after you brush your teeth. JGI/Tom Grill/Tetra Images via Getty Images

Curious Kids is a series for children of all ages. If you have a question you’d like an expert to answer, send it to CuriousKidsUS@theconversation.com.


Why does orange juice taste bad after you brush your teeth? – Seth G., age 10, Bloomington, Indiana


It’s a mistake you hopefully only make once. In your morning rush to get ready, you brush your teeth before you head to the kitchen and down a big glass of orange juice. Yuck!

What makes your clean, minty mouth taste so gross when it meets OJ?

The short answer is that toothpaste contains a detergent that dissolves fat. And since your taste buds are partly made of fat, they are disrupted whenever you brush your teeth.

Before you decide you need to stop brushing your teeth to save your taste buds, know that this disruption is temporary, lasting only a few minutes. Brushing with toothpaste is still important for your health.

But how does this change in taste happen? And how are the taste receptors that are all over the surface of your tongue supposed to work?

I’m a psychologist, and I’ve spent more than 40 years researching the science of how people experience taste and flavor.

Let’s look at the science behind this phenomenon:

A bittersweet symphony

Thanks to evolution, your brain is wired to make you love the sweet sugars your body and brain need for fuel and hate the bitter poisons than could kill you. So your receptors for these two particular tastes are vital to your survival.

All of the cells in your body are held together by an outer layer, known as the membrane, that is made up of fats called lipids. And in sweet or bitter taste receptor cells, the cell membranes also contain a special molecule called a G protein-coupled receptor, or GPCR.

Some GPCRs are designed to detect sweet tastes. They tune out all compounds that aren’t sweet and respond only to the sugars your body can use. Others detect bitter tastes, tuning in to the large number of compounds in nature that are poisonous. They act as a built-in alarm system.

Salty chips and sour candies

Your perception of saltiness and sourness happens a little differently. These tastes are detected when positively charged ions called cations pass through tiny openings in the cell membrane of your salty and sour receptors.

In the case of saltiness, the cation is the positively charged sodium found in sodium chloride – common table salt.

For acidic, or sour, tastes, the cation is a positively charged hydrogen ion. While different types of acids may contain different chemical compounds, they all contain the hydrogen cation.

When you eat potato chips, the positively charged sodium cations from the salt pass through special openings in a receptor’s membrane, producing the salty taste. Similarly, the hydrogen cations in your favorite sour candy slip through other special openings in your sour receptor’s membrane and send a “sour” signal to your brain.

Toothpaste and OJ

The orange juice that many people like to drink with breakfast is naturally high in sugar. But it also contains citric acid, with its hydrogen cations. As a result, it’s a delicious combination of both sweet and a little sour.

But if you brush your teeth before breakfast, your OJ tastes terrible. What’s changed?

It’s not just that minty tastes clash with sweet ones. Toothpaste contains the detergent sodium lauryl sulfate, which helps remove dental plaque from your teeth. Plaque is the sticky film of germs that can cause cavities and make your breath smell bad.

Boy brushes teeth with green toothbrush
The detergent that helps toothpaste clean your teeth also affects your taste receptors.
Ekaterina Goncharova/Moment via Getty Images

If you ever do the dishes, you’ve probably seen what happens when you squirt detergent into a sink full of greasy water: The detergent breaks up the greasy fat, making it easy to wipe it off the dishes and rinse them clean.

But there’s another type of fat in your mouth that the detergent in toothpaste disrupts – the lipids in the cell membranes of your taste receptors. Brushing your teeth breaks up that layer of lipids, temporarily changing how you perceive taste.

Testing it out

Back in 1980, I conducted a study with a couple of my colleagues who were studying chemistry. We wanted to know how the tongue responds to sweet, bitter, salty and sour after being exposed to sodium lauryl sulfate, the detergent in toothpaste.

We conducted an experiment with seven student volunteers at Yale. They tasted very high concentrations of sweet sucrose, sour citric acid, salt and bitter quinine, both before and after holding a solution (0.05%) of sodium lauryl sulfate in their mouths for one minute.

You could conduct your own version of this experiment with something sweet like sugar, a little table salt, orange juice and tonic water. Taste them before you brush your teeth and then after, and see what happens!

We found that the intensity of the tastes of sucrose, salt and quinine were reduced by a small amount, but the most important change was that a bitter taste was added to the sour taste of citric acid.

This is why, instead of tasting sweet with a bit of nice tanginess, your OJ tastes bitter after you brush your teeth.


Hello, curious kids! Do you have a question you’d like an expert to answer? Ask an adult to send your question to CuriousKidsUS@theconversation.com. Please tell us your name, age and the city where you live.

And since curiosity has no age limit – adults, let us know what you’re wondering, too. We won’t be able to answer every question, but we will do our best.

The Conversation

Linda Bartoshuk has received funding from NIH.

ref. Why does orange juice taste bad after you brush your teeth? – https://theconversation.com/why-does-orange-juice-taste-bad-after-you-brush-your-teeth-271741