Le plus grand danger des entreprises qui se penchent sur leur passé ? S’écarter d’une « juste mémoire » pour instrumentaliser leur histoire

Source: The Conversation – in French – By Fatima Regany, Maître de conférences, LUMEN (ULR 4999), Université de Lille

Comme ce crocodile Lacoste scintillant dans un parking, de nombreuses entreprises ont un passé avec ses zones d’ombre. AkuraYochi/Shutterstock

L’histoire des entreprises appartient à tout le monde. Autant aux communicants férus de récits fédérateurs pour leurs clients et leurs collaborateurs qu’aux historiens qui prônent l’honnêteté sur les zones d’ombre. Pour éviter la réécriture du passé, des chercheurs appellent à promouvoir une éthique de la mémoire organisationnelle.


La construction du passé des organisations n’est jamais anodine ; elle est le produit d’un travail collectif, négocié, parfois conflictuel, entre des acteurs aux intérêts divergents. Par exemple, Lacoste passe sous silence la décennie des années 1990 traversée de conflits internes. De nombreux exemples illustrent les questions éthiques que la société et les entreprises commencent tout juste – au mieux – à formuler.

Dans nos recherches, publiées dans le Journal of Business Ethics et Décisions Marketing, nous nous intéressons à la façon dont ces récits se fabriquent concrètement, qui les négocie, qui cède, qui résiste à ces constructions, et également à ce que ces pratiques révèlent de la responsabilité des organisations envers leur passé.

Nos conclusions nous ont conduits à plaider pour l’émergence d’une nouvelle éthique de la mémoire organisationnelle centrée sur le dialogue, la responsabilité des entreprises, des espaces de délibération et un certain courage face aux potentielles heures sombres des organisations.

« Histoire rhétorique »

Musées d’entreprise, expositions itinérantes, livres commémoratifs, campagnes publicitaires saturées de sépia et de références aux origines… pour les organisations, le patrimoine historique est devenu un actif à part entière, géré, valorisé, monétisé. Hermès met en scène ses archives dans un concept store parisien, Michelin propose une expérience immersive à Clermont-Ferrand, la Vache qui rit a ouvert une maison-musée sur le site même de sa naissance en 1921.

Ce mouvement a suscité, depuis le milieu des années 2000, un courant de recherche en sciences de gestion autour des « usages du passé ». Les chercheurs Andrew Popp, Roy Suddaby, Mads Mordhorst et Daniel Wadhwani ont montré que l’histoire n’est pas simplement ce qui s’est passé, mais ce que les organisations choisissent d’en faire. Roy Suddaby parle d’« histoire rhétorique » : le passé peut-être un outil de persuasion, de légitimation, de différenciation.

C’est dans ce champ que s’inscrit notre recherche, avec une question que ses fondateurs ont peu explorée : celle des enjeux éthiques. Car une marque dotée de racines profondes, d’un savoir-faire transmis de génération en génération, acquiert une forme d’autorité morale difficile à contester. La légitimité historique est une valeur marchande de premier ordre.

Mais qui, précisément, fabrique cette histoire ?

Honnêteté sur les zones d’ombre

Derrière chaque récit de marque se cache un réseau d’acteurs hétérogènes externes ou non à l’organisation : des historiens universitaires engagés pour des missions ponctuelles, des consultants spécialisés dans le « branding patrimonial », des responsables d’archives internes, des directeurs artistiques, des scénographes ou des responsables marketing.

Nous avons mené des entretiens avec ces différents professionnels et étudié six grandes entreprises françaises – Air France, Hermès, Lacoste, La Vache qui Rit, Michelin, SNCF – pour mieux comprendre comment deux logiques principales s’affrontent, rarement harmonieusement.

D’un côté, les historiens qu’ils soient universitaires ou spécialisés dans le conseil, défendent une déontologie fondée sur la rigueur des sources, l’exhaustivité du récit et l’honnêteté sur les zones d’ombre. L’un d’eux a refusé de signer un ouvrage commandé par une grande banque, dont le texte avait été expurgé de toute référence à l’Occupation :

« Vous me donnez mon argent et vous publiez ce que vous voulez. Mais sans mon nom. »

De l’autre côté, les équipes marketing et communication raisonnent surtout en termes de cohérence narrative, de positionnement de marque et d’attractivité pour les consommateurs. Le passé est avant tout un matériau à façonner au service d’une stratégie présente et d’un récit fédérateur. Certains le reconnaissent sans détour : ils cherchent dans les archives ce qui conforte le récit souhaité, pas nécessairement ce qui est le plus représentatif de la réalité historique.

« Les films Inside Chanel sont un cas d’école qui subliment l’histoire de la fondatrice. Mais c’est aussi une réécriture maîtrisée : les sujets qui dérangent sont soigneusement effacés, loin de ce que révèlent les recherches historiques sérieuses », souligne un consultant en patrimoine de marque.

Entre ces deux professions, les compromis se négocient, parfois dans la tension. Les rôles se brouillent : l’historien conseille sur les « actifs marketing », la direction marketing tranche sur l’interprétation du passé. Ce que l’un juge inacceptable, l’autre l’appelle choix éditorial, chacun répondant aux impératifs de son métier.

Ces usages du passé peuvent ainsi donner lieu à des abus de mémoire.

Abus de mémoire

Les abus de mémoire dépassent les seules entreprises qui les pratiquent. Ils touchent à la mémoire collective. Les grandes marques sont des actrices culturelles puissantes, dont les récits circulent dans les campagnes publicitaires, les musées ou les expositions.




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Quand une entreprise industrielle se raconte rétrospectivement comme pionnière de la transition écologique, quand une maison de luxe se donne l’apparence d’avoir une tradition ininterrompue, elles écrivent une histoire dont elles contrôlent les termes tout en en tirant profit. Le problème n’est pas ce qu’elles racontent de leur passé, mais que cette narration se donne pour ce qu’elle n’est pas, reversant dans le sens commun des récits possiblement trompeurs :

« Les consommateurs ne peuvent pas identifier ce qui est vrai et ce qui est faux », nous a confié un historien-consultant.

Mémoire réprimée, manipulée ou forcée

Pour comprendre ces tensions, nous avons mobilisé dans l’un de nos articles le philosophe Paul Ricœur, dont l’ouvrage la Mémoire, l’histoire, l’oubli (2000) distingue trois types d’abus pensés pour les sociétés politiques. Ces catégories s’appliquent avec une acuité troublante au monde des organisations.

Mémoire réprimée. C’est le silence sur ce qui dérange, celui des conflits sociaux, des compromissions avec des régimes peu recommandables ou des scandales de gouvernance. L’institution financière qui efface son implication dans le financement de plantations esclavagistes au XIXᵉ siècle ne commet pas seulement une omission commercialement gênante, elle dissimule des responsabilités historiques potentiellement lourdes.

Nos interlocuteurs s’accordent sur ce point : une organisation ne devrait pas mentir sur son passé. Ils divergent sur ce qui constitue un mensonge. Pour certains, l’omission est acceptable, voire nécessaire. Pour d’autres, elle équivaut à une censure.

Mémoire manipulée. C’est la mémoire la plus répandue et la plus insidieuse ; on ne supprime pas les faits, on les réinterprète pour leur faire dire ce qu’ils n’ont jamais dit. Un historien travaillant pour une grande entreprise nous a rapporté la position inconfortable suivante : en 1996, celle-ci avait lancé un test technologique dicté par des impératifs de performance, sans aucune préoccupation environnementale. Des années plus tard, ce test est présenté comme la preuve que l’entreprise était « pionnière en matière d’écologie ».

Le procédé est courant. Une exposition non chronologique crée une continuité artificielle qui efface les ruptures. Son efficacité tient précisément à son mélange de vrai et de fabriqué (archives authentiques, objets réels, témoignages sincères, etc.) ce qui la rend difficile à déconstruire pour un public non averti.

Mémoire forcée. Il s’agit de l’excès inverse, celui d’un devoir de mémoire transformé en outil de communication. Anniversaires hors années jubilaires, fondateurs érigés en figures mythiques, événements nationaux captés pour renforcer une identité de marque, etc. Un responsable de communication patrimoniale nous décrivait avec ironie cet art de surfer sur « la vague rétro, l’enthousiasme pour la nostalgie et l’authenticité ».

La mémoire collective d’une profession, d’un territoire, d’une époque finit par être capturée au profit d’une seule marque, qui en tire une légitimité disproportionnée.

Éthique de la mémoire organisationnelle

Face à ces constats, que faire ?

À l’heure où transparence et cohérence sont exigées des entreprises, la gestion de la mémoire ne peut plus être laissée aux seuls communicants.

Construire des récits historiques est un acte éthique. Sélectionner, omettre, mettre en valeur ou dissimuler, toutes ces décisions engagent la façon dont une organisation accepte ou refuse d’assumer ses responsabilités.

Cela implique aussi de structurer le dialogue entre acteurs pour qu’archivistes, historiens, équipes communication ou direction travaillent main dans la main. Des espaces de délibération réels, où rigueur historique, objectifs et impératifs de narration se négocient de façon transparente, seraient un premier pas dans cette voie.

Cela suppose d’admettre que certaines vérités inconfortables peuvent devenir une ressource. Les organisations qui ont assumé des pans difficiles de leur histoire ont souvent constaté que cette honnêteté renforçait, à terme, la confiance de leurs publics.

Le passé n’appartient à personne en propre. Il est un bien commun, fragmentaire, toujours en cours d’interprétation. Les entreprises qui en font usage ont une responsabilité à la hauteur de l’influence qu’elles exercent. Paul Ricœur parlait de « juste mémoire » ; ni obsession du passé ni amnésie confortable. C’est à cette exigence que les organisations devraient, elles aussi, être tenues.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Le plus grand danger des entreprises qui se penchent sur leur passé ? S’écarter d’une « juste mémoire » pour instrumentaliser leur histoire – https://theconversation.com/le-plus-grand-danger-des-entreprises-qui-se-penchent-sur-leur-passe-secarter-dune-juste-memoire-pour-instrumentaliser-leur-histoire-282165

Malgré un engouement qui ne démord pas, les clubs de football professionnels féminins français n’ont toujours pas trouvé leur modèle économique

Source: The Conversation – in French – By Patrice Bouvet, Maitre de conférences HDR en économie et management du sport, Université de Poitiers

Les OL Lyonnes et la section féminine du Paris Saint-Germain font rayonner le championnat féminin français en Europe. Victor Velter/Shutterstock

Malgré des affluences record dans les stades et devant les postes de télévision, les clubs de football féminins français ne sont pas tous à l’équilibre sur le plan financier. Comment l’expliquer ? Et surtout, quelles solutions mettre en place pour résoudre ces difficultés ?


Le 5 avril 2026, Pierre-Henri Deballon, propriétaire du Dijon Football Côte-d’Or, rappelle qu’avec « l’effondrement des droits TV sur lesquels reposait le développement du football professionnel féminin, [la] section féminine [qu’il dirige] est déficitaire à hauteur de 1,5 million d’euros pour la seule saison 2025/2026 ».

Comme le souligne l’économiste du sport Wladimir Andreff en 2023, un constat s’impose en France : faute de revenus de transferts, le modèle économique du football féminin n’est pas à l’équilibre pour tous les clubs. Uniquement quinze équipes européennes voient leurs revenus cumulés augmenter de 35 % et seule la section féminine du PSG fait partie du classement avec 4,6 millions d’euros pour la saison 2024/2025.

Pourtant, la Fédération française de football comptabilise 733 672 téléspectateurs lors de la phase aller de la Première Ligue féminine (saison 2025/2026). Des audiences en hausse de plus de 79 % par rapport à 2024/2025.

Comment l’expliquer ? Que risque-t-il d’advenir des clubs de football féminin français ? Qui pourra survivre ?

Le phénomène n’est pas nouveau pour la planète football ; une réalité que j’étudie depuis 1996.

Championnat féminin créé en 1974

Environ un tiers des footballeuses licenciées dans le monde se trouve aux États-Unis. L’Europe compte presque 1,5 million de licenciées ; 250 000 jouent en France. Le championnat de France féminin est créé en 1974. Seize équipes jouaient alors dans quatre groupes régionaux. Le format est ensuite modifié à quatre reprises pour conduire au format actuel avec 12 équipes évoluant dans l’Arkema Première Ligue féminine.

Au début des années 2000, presque tous les clubs sont amateurs. Les sections féminines sont aujourd’hui majoritairement détenues par des clubs professionnels masculins, 21 des 24 clubs dans les deux premières divisions. Ils évoluent le plus souvent dans une grande ville. Contrairement au football masculin, pour lequel la Direction nationale du contrôle de gestion publie tous les ans un rapport d’activité, peu de données sont disponibles pour le football féminin.

Selon les chercheurs Luc Arrondel et Richard Duhautois, les difficultés économiques sont le produit d’une combinaison de facteurs historiques (l’exclusion institutionnelle), sociopolitiques (retard de l’émancipation féminine), économiques (faiblesse des revenus et des droits TV) et structurels (professionnalisation tardive, carrières précaires).

Peu d’argent rentre dans les caisses

À l’exception des clubs qui peuvent compter sur leurs riches actionnaires et/ou participent régulièrement aux coupes européennes, comme l’OL Lyonnes de Michele Kang, les revenus restent insuffisants.




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Pendant de nombreuses années, les sections féminines de clubs professionnels masculins ont pu bénéficier de revenus de transferts issus des droits TV perçus par les sections masculines. La diminution de ces droits – d’une valeur de plus de 1 000 millions d’euros pour la période 2020/2021 et d’une valeur de moins de 500 millions d’euros pour la période 2024/2029 – limite grandement cette possibilité.

Les produits d’un club de football féminin sont conditionnés à la vente de droits – droits TV, droits d’exposition, droits d’entrée et droits d’appellation. Pour les saisons 2023-2024 à 2028-2029, le montant annuel total des droits TV de l’équipe de France féminine et de la D1 Arkema est estimé à 5,3 millions d’euros par saison, soit presque 100 fois moins que ceux du football masculin.

En 2019, la Coupe du monde masculine distribuait 400 millions de dollars (344,68 millions d’euros) de primes, contre seulement 30 millions (25,8 millions d’euros) pour la compétition féminine

Près de 2,9 millions d’euros de dépenses pour 1,4 million d’euros de recettes

Certaines charges sont en revanche incompressibles. Le poste de dépenses le plus important reste la rémunération des joueuses, en hausse depuis la création, en 2004, de la Ligue de football féminin professionnel ; elle atteint 750 00 euros brut mensuel pour les meilleures joueuses. Les frais de déplacement, l’organisation des matchs et le coût de fonctionnement des centres de formation complètent ces charges.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que la majorité des clubs féminins connaissent des difficultés économiques. Pour la section féminine du Dijon Football Côte-d’Or, le budget est d’un peu moins de trois millions d’euros. Il n’est pas intégralement financé par les recettes dégagées par l’équipe féminine. Les dépenses sont de l’ordre de 2,9 millions contre 1,4 million de recettes.

Quasiment aucune joueuse fait l’objet de transferts (internationaux) avec paiement d’indemnités, ce qui limite certaines charges (amortissements, mutations et honoraires d’intermédiaires), mais prive les sections féminines de possibilités de faire du trading joueuses, susceptible de limiter les déficits.

Trois catégories de club

En analysant la situation actuelle des clubs évoluant en Arkema Première Ligue et dans le championnat de France féminin de football de deuxième division, trois situations peuvent être distinguées :

  • les clubs qui, forts de leur histoire et/ou de leur situation au regard des variables précédentes, peuvent regarder l’avenir avec optimisme : OL Lyonnes, Paris Saint-Germain, Olympique de Marseille ;

  • les clubs qui bénéficient d’un important soutien populaire : RC Lens, AS Saint-Étienne, FC Nantes. Lors de la phase aller 2024/2025, Nantes possède la meilleure affluence moyenne (5 776 spectateurs) sur la phase aller, devant l’OL Lyonnes (5 001) et le RC Lens (4 277).

  • les clubs qui, a priori, peuvent compter sur la puissance financière de leur riche actionnaire (fonds de pension ou individus fortunés) : Paris FC, RC Strasbourg, Montpellier HSC.

À l’avenir, ces clubs devraient constituer le « noyau dur » de la ligue 1 féminine. En fonction de leurs performances, celle-ci devrait être complétée par les clubs suivants : FC Fleury 91, Dijon FCO, Le Havre FC, Toulouse FC, Lille OSC, OGC Nice.

Il est aujourd’hui nécessaire de réfléchir à l’avenir du football professionnel féminin en Europe. Une solution d’avenir pourrait être la création d’une ligue fermée ou semi-fermée réunissant les équipes disposant des moyens suffisants pour y participer parallèlement à l’organisation de championnats nationaux, moins exigeants économiquement, permettant aux sections féminines des « petits clubs » de s’y maintenir.

The Conversation

Patrice Bouvet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Malgré un engouement qui ne démord pas, les clubs de football professionnels féminins français n’ont toujours pas trouvé leur modèle économique – https://theconversation.com/malgre-un-engouement-qui-ne-demord-pas-les-clubs-de-football-professionnels-feminins-francais-nont-toujours-pas-trouve-leur-modele-economique-281770

Le système mondial d’observation des océans est en danger : sans les États-Unis, l’Europe et l’Asie doivent jouer un rôle global

Source: The Conversation – France in French (2) – By Sabrina Speich, Professeure en océanographie et sciences du climat, École normale supérieure (ENS) – PSL

Arrêter de financer le système global de mesure de l’océan met en danger nos capacités de prévisions météorologiques et d’anticipation – ce qui coûterait au final bien plus cher que ce système lui-même.


Peu de pays sont à même de surveiller les océans, et l’arrangement mondial qui a prévalu jusqu’ici, duquel nous dépendons, montre aujourd’hui des signes de faiblesse. L’Europe et l’Asie doivent désormais décider si elles laissent ce système perdre de sa force ou si elles reprennent la main ensemble.

À l’heure actuelle, dans tous les bassins océaniques de la planète, un réseau mondial d’instruments mesure l’état de la mer.

Des navires de recherche sillonnent les océans en suivant des lignes imaginaires, les « transects », de façon répétée, pour accumuler des données de la surface aux fonds marins. Des bouées ancrées surveillent les océans tropicaux, à la recherche des premiers signes d’El Niño ou de cyclones tropicaux, et prennent le pouls de la circulation thermohaline.

Quelque 4 000 flotteurs autonomes plongent tous les dix jours à 2 000 mètres de profondeur avant de remonter pour transmettre la température et la salinité aux stations au sol par satellite. Des planeurs sous-marins patrouillent les marges continentales, et des bouées dérivantes flottent à la surface dans les eaux les plus reculées. Des centaines d’éléphants de mer portent des capteurs miniaturisés sous la banquise polaire…

Ce réseau produit des informations inestimables qui nous permettent d’anticiper l’évolution des conditions océaniques et météorologiques, d’y réagir, et de protéger l’océan.

Néanmoins, le réseau de surveillance des océans est fragile, bien plus que ne le réalisent la plupart des gens et la plupart des gouvernements – notre nouvelle étude, publiée dans Nature Climate Change, a mesuré pour la première fois à quel point.

Le résultat est alarmant. Si les observations d’un seul contributeur majeur, les États-Unis, étaient retirées du Système mondial d’observation de l’océan (GOOS), les erreurs dans notre estimation de la vitesse de réchauffement de l’océan augmenteraient de 163 %. C’est pire que de perdre au hasard 80 % de toutes les données océaniques mondiales. La raison est d’ordre géographique : les instruments américains couvrent tous les bassins océaniques et comblent des lacunes qu’aucun autre pays n’est en mesure de pallier actuellement.

Il ne s’agit pas d’une préoccupation théorique. Les coupes proposées au budget de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de la Fondation nationale pour la science aux États-Unis (NSF) menacent aujourd’hui la contribution états-unienne au GOOS.

La situation n’est guère meilleure de l’autre côté de l’Atlantique ; et les pressions ne se limitent pas à l’Occident. En Chine, scientifiques et décideurs s’efforcent de mettre en place une contribution nationale plus résiliente à l’observation des océans, mais sans les ressources que la situation exige.

Le système de surveillance marine sur lequel le monde s’appuie est mis à rude épreuve presque partout dans le monde.

Un système d’observation dont chaque composante répond à des questions auxquelles les autres ne peuvent pas répondre

Les débats publics sur l’observation des océans se concentrent souvent sur les flotteurs Argo.

Conçus pour surveiller les conditions océaniques, les flotteurs Argo font partie d’un programme international qui recueille des données sur la salinité, la température et les courants à l’aide d’une flotte d’instruments robotisés qui dérivent et se déplacent verticalement entre la surface et les couches intermédiaires de l’eau.
D. Luquet, IMEV, Fourni par l’auteur

Chaque flotteur Argo est essentiellement un cylindre étanche contenant des composants électroniques sous pression, doté d’une chambre de flottabilité ingénieuse : il se remplit d’eau de mer pour couler et se vide pour remonter à la surface. Les sciences de l’océan ont été, proprement, révolutionnées par l’utilisation de ces robots autonomes au cours du siècle écoulé.

Cependant, Argo n’est qu’un élément du GOOS et la complémentarité de ses composantes est essentielle.

  • Argo profile les deux kilomètres supérieurs de l’océan ouvert ;

  • les navires de recherche descendent plus profondément : les campagnes GO-SHIP effectuent des relevés de la surface au fond marin le long de transects (traversées) répétés sur de longues distances, fournissant des mesures de référence de haute précision qui permettent d’étalonner tous les autres instruments et aident à valider les modèles climatiques ;

  • les bouées ancrées fournissent des séries chronologiques continues essentielles pour surveiller El Niño, la circulation méridionale de retournement de l’Atlantique, ainsi que les conditions dans lesquelles se forment les cyclones tropicaux …

  • les planeurs sous-marins mesurent les courants côtiers, les tourbillons et les marges continentales que les flotteurs ne peuvent pas détecter ;

  • les éléphants de mer transportent des capteurs dans les zones sous-glaciaires des océans polaires, inaccessibles à tout autre instrument.

En somme, chaque plateforme répond à des questions auxquelles les autres ne peuvent pas répondre.

Si l’on supprime l’un de ces éléments, la capacité du système d’observation à fournir des informations fiables se dégrade non pas proportionnellement au volume de données perdues, mais proportionnellement à l’endroit où apparaissent les lacunes.

Ce que ce réseau apporte réellement

Le Système mondial d’observation des océans est trop souvent décrit comme un « système de surveillance du climat », mais son rôle est bien plus vaste.

Toutes les prévisions météorologiques opérationnelles s’appuient sur ces données. Les systèmes de prévision numérique météo, gérés par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, par Météo France et par tous les autres grands services météorologiques, intègrent des observations océaniques plusieurs fois par jour.

Sans elles, les prévisions perdent rapidement leur fiabilité.

De même, les nouveaux systèmes de prévision fondés sur l’intelligence artificielle Pangu-Weather et GraphCast, malgré leurs performances impressionnantes, s’appuient entièrement sur ce même flux d’observations. L’IA ne remplace pas les observations : elle en dépend.

Les prévisions subsaisonnières à saisonnières, qui aident à anticiper les saisons de récolte, la demande en énergie et la disponibilité en eau plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à l’avance dépendent de manière cruciale des connaissances sur la chaleur et la salinité sous-marines.

Les prévisions de trajectoire et d’intensité des cyclones tropicaux, essentielles aux décisions d’alerte précoce et d’évacuation, dépendent de la connaissance de la chaleur contenue dans les couches sous-marines de l’océan, et pas seulement de la température de surface de la mer. En effet, les ouragans tirent leur énergie explosive des couches chaudes situées jusqu’à au moins 200 mètres de profondeur.

Les alertes de vagues de chaleur marines, désormais utilisées couramment par les gestionnaires des pêcheries du monde entier, sont impossibles sans une observation soutenue des couches sous-marines.

Les projections du niveau de la mer utilisées pour concevoir les infrastructures côtières nécessitent des décennies de mesures cohérentes, et la salinité apporte les informations de densité indispensables pour déterminer tous les courants océaniques, y compris l’Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC), le grand « courant de retournement » de l’Atlantique.

En bref, le GOOS est le pilier des services opérationnels, des alertes de tempête de demain aux plans d’adaptation du siècle prochain. Le GOOS n’est pas un luxe mais une nécessité.

Pourquoi les modèles et l’IA ne peuvent à eux seuls nous sauver

Il existe une idée fausse persistante, amplifiée par l’essor de l’intelligence artificielle (IA), selon laquelle des modèles suffisamment avancés pourraient se substituer aux observations directes. Ce n’est pas le cas.

Tout modèle de prévision, qu’il soit traditionnel ou fondé sur l’IA, repose sur l’assimilation des données : un ajustement continu de la simulation par rapport aux mesures du monde réel. Un modèle d’IA entraîné sur un passé riche en observations sera peu performant dans un présent où les observations sont rares. Dans un monde où les phénomènes extrêmes se multiplient et où l’état des océans évolue, les tendances historiques deviennent moins fiables.




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Une observation non effectuée est perdue à jamais. Les mesures satellitaires de la surface de la mer ne peuvent pas nous dire ce qui se passe à des centaines ou des milliers de mètres de profondeur, là où la chaleur s’accumule, où les courants se réorganisent et où se forment déjà les précurseurs de la météo de la saison suivante. Pour voir sous la surface, nous avons besoin d’instruments dans l’eau.

L’assurance la moins chère dont nous disposons

L’argument selon lequel l’observation des océans est trop coûteuse s’effondre face aux chiffres.

Le coût annuel total du système mondial, toutes plateformes et tous personnels confondus, s’élève à environ un milliard d’euros à l’échelle mondiale. La part européenne n’en représente qu’une fraction.

Les phénomènes météorologiques extrêmes liés aux conditions océaniques ont causé des dizaines de milliards d’euros de dégâts à travers l’Europe rien qu’en 2024.

Une seule saison d’ouragans majeure dans l’Atlantique Nord peut coûter des centaines de milliards de dollars aux États-Unis. Les vagues de chaleur marines ont anéanti des pêcheries valant des milliards et provoqué un blanchissement massif des coraux sur tous les récifs de la planète. Les prévisions saisonnières erronées ont des répercussions en cascade sur l’agriculture, l’énergie et l’aide humanitaire, avec des conséquences rarement chiffrées.

Chaque euro dépensé pour l’observation des océans rapporte plusieurs fois sa valeur. C’est l’un des investissements publics les plus rentables qui soient.

Le choix de l’Europe

L’Europe doit considérer l’observation des océans comme une infrastructure critique, au même titre que la navigation par satellite ou les services météorologiques. Cela implique un financement stable et pluriannuel pour l’épine dorsale opérationnelle du système : les bouées, les navires, les amarrages, les planeurs sous-marins et les centres de données qui traitent et diffusent les données.

La France possède la deuxième plus grande zone économique exclusive (ZEE) du monde. Présente dans les océans Atlantique, Pacifique et Indien, la France compte cinq départements et régions ainsi que sept collectivités d’outre-mer, qui abritent 2,7 millions de citoyens français. Pourtant, la France ne contribue qu’à environ 5 % des données mondiales sur le profil de température des océans.

La contribution de l’Australie est plus de trois fois supérieure.

L’Union européenne y contribue à hauteur d’environ 12 %, soit moins d’un quart de la part américaine. L’Europe et la France en particulier devraient augmenter considérablement leur contribution.

OceanObs’29, la conférence internationale décennale qui se tiendra en Chine en 2029, est l’occasion de négocier un système mondial plus équilibré, reflétant les capacités économiques et les intérêts maritimes plutôt qu’un accident de l’histoire.

La coopération scientifique entre l’Europe et la Chine devrait s’intensifier, car leurs zones d’observation sont largement complémentaires. Ensemble, elles couvriraient une grande partie des océans mondiaux.

Une opportunité qui se referme si on laisse le réseau se dégrader

Le danger réside dans l’érosion progressive des informations dont dépend désormais une part croissante de l’activité humaine et de l’économie bleue.

Les alertes cycloniques deviennent moins fiables, les prévisions saisonnières moins précises, les projections sur le niveau de la mer moins exactes. Chaque perte est peut-être tolérable individuellement. Ensemble, elles reviennent à avancer à l’aveuglette vers la transformation la plus lourde de conséquences du climat de la planète de toute l’histoire de l’humanité.

Le système d’observation des océans est un service public planétaire, construit au fil des décennies par de nombreuses nations. La France et l’Europe possèdent les institutions, l’expertise et l’intérêt maritime nécessaires pour jouer un rôle bien plus important.

Ce qui manque, c’est la décision politique d’agir, tant que le système peut encore être maintenu. La perte de la collaboration entre les nations imposerait une reconstruction bien plus difficile et coûteuse qu’un investissement soutenu dans ce qui fonctionne déjà.

The Conversation

Sabrina Speich a reçu des financements de l’ERC, EU Horizon 2030, CNES TOSCA et l’ANR. Elle est présidente du comité d’experts du “Ocean Observations for Physics and Climate” des programmes UN GOOS et GCOS.

John Abraham, Kevin Trenberth et Lijing Cheng ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Le système mondial d’observation des océans est en danger : sans les États-Unis, l’Europe et l’Asie doivent jouer un rôle global – https://theconversation.com/le-systeme-mondial-dobservation-des-oceans-est-en-danger-sans-les-etats-unis-leurope-et-lasie-doivent-jouer-un-role-global-284870

El acuerdo de paz podría poner fin a la guerra con Irán, pero ¿qué han conseguido realmente Estados Unidos e Israel?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Amin Saikal, Emeritus Professor of Middle Eastern Studies, Australian National University; The University of Western Australia; Victoria University

Tras semanas de negociaciones intermitentes, el presidente de EE. UU., Donald Trump, parece haber alcanzado finalmente un acuerdo con el régimen iraní para poner fin a la guerra que ha sacudido la región –y los mercados energéticos mundiales– desde finales de febrero.

Sin embargo, es probable que los detalles del acuerdo sigan siendo objeto de controversia hasta que se firme el próximo viernes, tal y como está previsto.

Impulsado por el primer ministro israelí, Benjamin Netanyahu, Trump inició la guerra el 28 de febrero con el objetivo de derrocar al régimen iraní y conseguir que Teherán capitulara, tal y como había hecho en Venezuela.

Sin embargo, no pudo alcanzar este objetivo ante la sólida respuesta defensiva de Teherán. Bajo una enorme presión nacional e internacional, Trump decidió finalmente que tenía que recurrir a la solución diplomática que tenía a su alcance para poner fin al conflicto lo antes posible.

El “memorándum de entendimiento” que Washington y Teherán acaban de anunciar es una confirmación de esta realidad.

Dejará a Irán en una posición más fuerte que antes de la guerra, a EE. UU. con mucho menos peso en la región y a Israel en la estacada. El acuerdo también impulsará a los Estados árabes del golfo Pérsico a reevaluar sus alianzas de seguridad con EE. UU. y a aceptar a Irán como un actor regional influyente.

Pocos puntos de acuerdo aparentes

Fuentes iraníes y estadounidenses han proporcionado versiones diferentes del acuerdo.

Ambas partes parecen haber pactado permitir que se reanude el tráfico en el estrecho de Ormuz y levantar el bloqueo naval estadounidense de los puertos iraníes. Las negociaciones sobre el programa nuclear de Irán también continuarán durante los próximos 60 días.

Más allá de esto, las dos partes parecen estar muy alejadas en otras cuestiones.

Según los medios iraníes, el acuerdo pondría fin a los combates en todos los frentes, incluido el bombardeo israelí del Líbano, y reabriría el estrecho de Ormuz en un plazo de 30 días “bajo las condiciones de Irán”.

También exige la liberación de 24 000 millones de dólares en activos iraníes congelados durante las 60 jornadas de negociaciones, y obliga a EE. UU. y a sus aliados a presentar planes de reconstrucción para Irán por un valor de al menos 300 000 millones de dólares.

Sin embargo, según el medio de comunicación estadounidense Axios, el acuerdo exige que el estrecho se reabra inmediatamente sin peajes. Un funcionario estadounidense declaró a Axios que, tras la reapertura, se concederían a Irán “exenciones temporales de las sanciones” para permitirle vender petróleo.

Trump tampoco hizo ninguna referencia al Líbano en su anuncio del acuerdo en Truth Social, aunque los mediadores pakistaníes afirmaron que estaba incluido en el acuerdo.

También quedan por resolver muchas cuestiones polémicas relacionadas con el programa nuclear de Irán. Entre ellas se incluyen el futuro de las reservas iraníes de uranio altamente enriquecido y si se debería permitir al país enriquecer uranio a un nivel acordado con fines pacíficos.

El fin de una guerra sin sentido

Cuando Trump y Netanyahu iniciaron la guerra, su objetivo era derrocar al Gobierno de Irán, destruir su programa nuclear y su capacidad de lanzar misiles, y romper sus vínculos con sus aliados regionales: Hezbolá en el Líbano, los hutíes en Yemen, las milicias chiitas iraquíes y Hamás y la Yihad Islámica en Palestina.

El objetivo general era alterar el orden regional en beneficio de EE. UU. e Israel. Esto permitiría a Netanyahu alcanzar su tan ansiado objetivo de convertir a Irán en una entidad débil y perseguir su visión de un “Gran Israel” en Oriente Medio, una región estratégicamente vital y rica en petróleo.

Sin embargo, a pesar de su naturaleza autoritaria y de todos los retos de política interior y exterior a los que se enfrenta, el sistema islámico iraní ha demostrado que está hecho para sobrevivir. Ha resistido la decapitación de su liderazgo, el bombardeo militar masivo de Estados Unidos e Israel y el posterior bloqueo estadounidense de los puertos iraníes.

Es cierto que Irán ha sufrido graves daños en su infraestructura y economía, así como víctimas civiles. Pero el régimen fue capaz de responder de formas que han resultado muy costosas para EE. UU., sus aliados árabes del Golfo e Israel.

Su control sobre el estrecho de Ormuz, algo que Teherán nunca había tenido antes de la guerra, ha desencadenado una crisis mundial de energía y fertilizantes y ha proporcionado a Teherán una enorme ventaja.

Trump, por su parte, se enfrentaba a una creciente oposición interna a la guerra, combinada con la escasez en el suministro de interceptores de defensa aérea (como los misiles Patriot) y la falta de apoyo entre los aliados tradicionales de EE. UU. Considerando todo esto, Trump tenía buenas razones para no permitir que el conflicto se prolongara demasiado, especialmente en un año electoral.

El acuerdo debe de ser muy desalentador para Netanyahu, cuya determinación de debilitar fundamentalmente a Irán se está desmoronando.

Es posible que aún intente socavar el acuerdo de paz continuando con los ataques contra el Líbano y, tal vez, anexionando formalmente Gaza y Cisjordania. Pero dada la dependencia de Netanyahu de EE. UU. para sus operaciones militares y su supervivencia política, Trump tiene mucha influencia para obligarle a él y a los ministros de extrema derecha de su gabinete a que se sometan a sus dictados.

Si se firma un acuerdo de paz definitivo, este podría allanar el camino para algún tipo de acercamiento entre Irán y EE. UU. como requisito previo para un Oriente Medio más estable y pacífico. Pero aún no es momento para lanzar las campanas al vuelo.

Ambas partes ya han pasado por esto antes. Llevaban meses negociando un acuerdo sobre el programa nuclear de Irán antes de que empezara el ataque el pasado 28 de febrero. Según los mediadores omaníes, un acuerdo estaba “al alcance de la mano” cuando comenzaron a caer las bombas.

Esto significa que cualquier alto el fuego que se alcance ahora podría ser muy frágil. También plantea la pregunta de qué sentido tenía, en primer lugar, esta guerra, librada sin tener en cuenta el derecho internacional ni la aprobación del Congreso estadounidense.

The Conversation

Amin Saikal no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El acuerdo de paz podría poner fin a la guerra con Irán, pero ¿qué han conseguido realmente Estados Unidos e Israel? – https://theconversation.com/el-acuerdo-de-paz-podria-poner-fin-a-la-guerra-con-iran-pero-que-han-conseguido-realmente-estados-unidos-e-israel-285266

Israel y el coste de vivir en guerra permanente: siete frentes abiertos y ningún final a la vista

Source: The Conversation – (in Spanish) – By David Alvarado, Associate professor, Universidade de Vigo

Bombardeo de una aldea del sur del Líbano por parte de Israel el pasado 6 de abril. mahdi313/Shutterstock

El Estado de Israel no entró en guerra en octubre de 2023. Sus conflictos con los vecinos se remontan a 1948, a la contienda de 1967 y a la presencia militar continuada en Cisjordania y Gaza desde entonces, así como a la invasión del sur del Líbano entre 1982 y 2000.

Lo que cambió con el ataque de Hamás del 7 de octubre fue la escala. Desde entonces el país combate de forma simultánea en varios frentes sin un acuerdo a la vista en ninguno de ellos.

Sin objetivo final

Esa manera de entender la seguridad tampoco es nueva. Benjamin Netanyahu la expuso hace más de tres décadas en A Place Among the Nations, publicado originalmente en 1993 y reeditado en 2000 como A Durable Peace, donde abogaba por una paz apuntalada en la disuasión y la fuerza, nunca en la reconciliación. La guerra prolongada no es otra cosa que la aplicación coherente de aquella idea.

Pero toda guerra necesita un endgame, el objetivo final que define en qué consiste ganar y cuándo es conveniente detenerse. Israel libra sus campañas sin ese criterio. Yossi Mekelberg, investigador sénior para Oriente Medio y Norte de África de Chatham House, identifica hasta siete frentes activos.

  • Gaza, sometida a un alto el fuego precario desde octubre de 2025 mientras el ejército amplía unilateralmente el control territorial.

  • Líbano, con la reciente toma del castillo de Beaufort y el avance al norte del río Litani hacia Nabatieh.

  • Irán, bajo bombardeo desde el 28 de febrero con una tregua frágil que Tel Aviv no deja de vulnerar

  • Siria, avanzando posiciones dentro del territorio tras la caída de Bashar al-Asad.

  • Cisjordania, sometida a una expansión acelerada de asentamientos y violencia de colonos

  • Yemen, en conflicto con los hutíes.

  • Irak, donde se enfrenta a milicias proiraníes.

Una democracia en retirada

Los índices de referencia cuestionan hasta qué punto Israel sigue siendo una democracia. En 2024, el Instituto V-Dem le retiró la categoría de “democracia liberal” por primera vez en más de medio siglo y lo reclasificó como “democracia electoral”, un régimen donde se vota pero los derechos civiles y la igualdad ante la ley dejan de estar protegidos.

En su último informe, sitúa al país entre los 44 Estados en fase de autocratización, tendencia global en la que la censura de los medios es una herramienta extendida por las autoridades.

Freedom House rebajó hasta ocho puntos su calificación, constatando un franco deterioro de las libertades civiles durante la última década y situando al Estado hebreo al nivel de Namibia o Brasil. Un hito de este menoscabo continuado fue la reforma judicial de 2023, que pretendía anular el control del Tribunal Supremo sobre el Parlamento y desató las mayores protestas de la historia del país.

La deriva autoritaria se explica en parte por aquellos que sostienen al Gobierno: la coalición de Netanyahu se apoya en su partido, el Likud, y en dos formaciones de extrema derecha. La primera es Poder Judío (Otzma Yehudit), del ministro de Seguridad Nacional Itamar Ben Gvir, heredero del movimiento kahanista fundado por Meir Kahane. Ben Gvir se mantiene en el cargo a pesar de su racismo antiárabe y las continuas polémicas que protagoniza.

La segunda fuerza ultraderechista aliada de Netanyahu es Sionismo Religioso (HaTzionut HaDati), de Bezalel Smotrich, el titular de Finanzas. Surgido del movimiento de colonos religiosos de Cisjordania, personifica la agenda anexionista.

Completan el bloque dos partidos ultraortodoxos, Shas y Judaísmo Unido de la Torá (Yahadut HaTorah). Para un primer ministro procesado por corrupción, esa alianza es la condición de su permanencia en el poder, pero incluso de su libertad personal. La dependencia de los socios más radicales condiciona cada decisión, desde la política penitenciaria hasta una salida en cualquiera de los frentes abiertos.

La hegemonía de los socios ultra se proyecta sobre la minoría árabe. El sociólogo Sammy Smooha describió a Israel como modelo prototípico de democracia étnica, un sistema que combina instituciones democráticas con la dominación de un grupo que se mantiene inalterable a condición de hurtar cualquier alternativa política a las minorías. Los ciudadanos árabes israelíes, algo más del 21 % de la población, ocupan esa posición.

La ley de pena de muerte para palestinos condenados por matar israelíes, así como la asimetría entre el 99,74 % de casos que terminan en condenas para los encausados árabes por tribunales militares y tan solo un 3 % contra colonos –según datos de la organización israelí de derechos humanos Yesh Din– ilustran esa jerarquía. B’Tselem no dudó en calificar de apartheid ya en 2021 el “régimen de supremacía judía entre el río Jordán y el Mediterráneo”.

La sociedad que no ve la guerra

El deterioro de la libertad de prensa, el pluralismo mediático y la independencia editorial han hecho caer a Israel del puesto 86 en 2022 al 116 en 2026 que anualmente elabora Reporteros Sin Fronteras. El Instituto Reuters documenta con detalle cómo la televisión israelí apenas muestra imágenes de la destrucción en Gaza y análisis independientes dan cuenta de un silencio sin precedentes en los grandes medios israelíes.

El gobierno de Netanyahu sancionó económicamente al periódico en hebreo Haaretz y también se endureció la censura militar de coberturas informativas hasta niveles inéditos.

Los israelíes padecen las consecuencias de conflictos que no llegan a ver, si bien no toda la sociedad acepta este marco. Las manifestaciones antigubernamentales han ganado fuerza con los ataques contra Irán y se multiplican las protestas contra la guerra. Encabezada por Yair Lapid y Yair Golan, la oposición denuncia la deriva iliberal y exige una comisión de investigación sobre los sucesos el 7 de octubre de 2023.

Las dinámicas en curso preceden a la actual coalición gubernamental. Omer Bartov, profesor de Estudios del Holocausto en la Universidad de Brown (Estados Unidos) y nacido en un kibutz, indaga cómo el sionismo, nacido como movimiento de emancipación de la minoría judía perseguida en Europa, derivó en ideología etnonacionalista y de dominación. Bartov se pregunta cómo un Estado fundado con apoyo internacional tras el Holocausto opera hoy con impunidad frente al mismo orden jurídico que aquel crimen contribuyó a construir.

La expansión de asentamientos en Cisjordania –más de 700 000 colonos frente a apenas 10 000 en 1972– y las órdenes de arresto de la Corte Penal Internacional son la expresión más reciente de un proceso que arranca décadas antes de que Netanyahu llegara al poder y que ningún gobierno israelí anterior interrumpió.

138 000 millones de dólares en conflictos

El coste de la guerra permanente es también material. El gobernador del Banco de Israel, Amir Yaron, cifró en 405 000 millones de shekels (unos 120 000 millones de euros) el coste total de los conflictos desde el 7 de octubre hasta finales del pasado mes de abril, que representa más del 17 % del PIB.

El economista Esteban Klor, de la Universidad Hebrea de Jerusalén, considera que los israelíes “pagan dos veces” por la guerra: la deuda pública, que pasó del 60 % al 69 % del PIB desde 2022; y los recortes en gasto social, sanidad e infraestructuras. El turismo, que antes del 7-O generaba alrededor del 3 % del PIB, registró entre enero y mayo de 2026 apenas 356 400 llegadas internacionales, frente a las 565 300 del mismo período de 2025, lo cual representa una caída del 37 %.

Fractura económica y política confluyen en un mismo punto: la exención del servicio militar de los ultraortodoxos, en torno al 13 % de la población, tensiona la coalición que mantiene a Netanyahu en el poder. El Banco Central estima en 10 000 millones de shekels (unos 2 500 millones de euros) anuales el coste de esa no incorporación.

Al desgaste interno se suma un creciente aislamiento exterior. Francia, Reino Unido, España y Canadá han reconocido formalmente el Estado palestino y una docena de países ha aprobado un embargo de armas contra Israel.

España, Irlanda, Eslovenia, Países Bajos e Islandia se retiraron de Eurovisión 2026 por la participación israelí, episodio precedido por las protestas contra el equipo ciclista Israel-Premier Tech en La Vuelta Ciclista a España.

Israel evidencia elevadas capacidades militares mientras su sistema democrático se degrada y su cohesión se fractura. Un Estado fundado tras el Holocausto con el mandato de garantizar seguridad y dignidad al pueblo judío ocupa territorios de terceros países, afronta acusaciones de genocidio, aprueba penas de muerte discriminatorias y erosiona los derechos de sus propios ciudadanos. Es la paradoja de una potencia militar que libra guerras sin objetivo definido ni amparo en el derecho internacional, con una sociedad partida cada vez más sola en el mundo.

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David Alvarado no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Israel y el coste de vivir en guerra permanente: siete frentes abiertos y ningún final a la vista – https://theconversation.com/israel-y-el-coste-de-vivir-en-guerra-permanente-siete-frentes-abiertos-y-ningun-final-a-la-vista-284376

Los estropajos y las esponjas son un entorno perfecto para que crezcan microbios

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Rivas González, Catedrático de Microbiología. Miembro de la Sociedad Española de Microbiología, Universidad de Salamanca

Viki Pavlovna/Shutterstock

Las esponjas de baño, las bayetas y los estropajos de cocina, tan usados en el día a día, tienen un lado siniestro: proporcionan un entorno oscuro, húmedo y rico en nutrientes, ideal para la proliferación de bacterias, algunas inofensivas y otras patógenos oportunistas. De ahí que constituyan una fuente importante, aunque a menudo subestimada, de contaminación doméstica en cocinas y baños.

Eso no impidió que el mercado mundial de esponjas y estropajos alcanzase un valor de 5 700 millones de dólares en 2025. Es más, se prevé que llegue a los 7 200 millones de dólares en 2034.

¿Cómo es posible que estos artículos de limpieza estén contaminados, si los “lavamos” continuamente? Muy sencillo: una vez que los microorganismos entran en contacto con ellos, encuentran condiciones favorables para su persistencia y multiplicación, con la presencia constante de humedad, temperatura benigna y, especialmente, de residuos orgánicos (nutrientes para los microbios) provenientes de alimentos, productos cosméticos o residuos corporales.

La temperatura del agua caliente que utilizamos para fregar o ducharnos, y que, para evitar achicharrarnos las manos o el cuerpo, rara vez supera los 40 °C o 45 °C, no es suficiente para eliminar los microbios de las esponjas y de los estropajos.

Húmedos y porosos

No podemos obviar que la estructura de una esponja o de un estropajo proporciona numerosos espacios pequeños donde los microbios pueden adherirse, refugiarse y multiplicarse. El ambiente húmedo y poroso de un estropajo de cocina crea una incubadora ideal para esos microorganismos, permitiendo que la densidad alcance hasta 54 000 millones de bacterias por centímetro cúbico.

Varios autores han analizado los estropajos utilizados en cocinas domésticas, informando de un alto nivel de contaminación por patógenos como Salmonella spp, Staphylococcus aureus, Campylobacter spp, Moraxella spp., Enterobacter cloacae, Escherichia coli, Klebsiella oxytoca, Cronobacter sakazakii o Listeria monocytogenes. En concreto, un análisis realizado en 1997 en 10 cocinas estadounidenses encontró que el 33 % de los estropajos analizados fueron positivos para Escherichia coli y el 67 % para coliformes fecales. Y también hay evidencias de que E. coli, Salmonella y Staphylococcus aureus pueden sobrevivir y persistir hasta 16 días en un estropajo de cocina y hasta 13 días en bayetas de microfibra.

El uso de un estropajo contaminado puede propagar bacterias por las superficies de la cocina, incluyendo mesas, utensilios y platos. El riesgo aumenta al limpiar los jugos de la carne cruda; por ejemplo, del pollo.

Esto resulta inquietante si tenemos en cuenta que un estudio realizado en 2020 sobre la calidad microbiológica de los estropajos utilizados en residencias universitarias reveló que los estudiantes los usaban para lavar artículos como cubiertos, platos y vasos, pero también para limpiar el horno (32 %), el fregadero (26 %), el frigorifico (10 %) e incluso derrames en el suelo (4 %). Y que, además de estar repletos de bacterias patógenas humanas, muchas de ellas fueron resistentes a antibióticos como la amoxicilina, la cefalotina, la cefoxitina y el cefuroxima-axetilo.

Los paños de cocina no son mucho mejores

Por otra parte, un trabajo publicado en 2025 reveló una contaminación generalizada en la evaluación microbiana de 50 muestras de paños de cocina recolectados de hogares en el distrito de Hyderabad de Pakistán. Casi todos dieron positivo para diversos microorganismos: 98 % para bacterias coliformes, 84 % para Staphylococcus aureus, 82 % para Vibrio cholerae, 74 % para Shigella, 54 % para Salmonella, 54 % para Escherichia coli y 26 % para Pseudomonas aeruginosa. En un estudio realizado hace más de dos décadas, se demostró que los paños de cocina incluso podían transferir más bacterias que los estropajos.

Los resultados de una encuesta aplicada en seis países europeos revelaron que el 16 % de los usuarios mantiene prácticas de riesgo, tales como limpiar jugos de carne cruda con el paño de cocina, no cambiarlo inmediatamente y no colgarlo para que se seque.

Los paños que se guardan arrugados retienen la humedad y permiten una rápida multiplicación de Salmonella y una mayor persistencia de Campylobacter. Por el contrario, colgar los paños extendidos para que se sequen reduce significativamente la carga bacteriana, independientemente del material del que estén hechos.

Cortinas, esponjas y patitos de goma en el baño

Las esponjas de lufa, utilizadas para la limpieza y la exfoliación de la piel, son un accesorio común en la ducha, y han sido relacionadas con infecciones de la piel y los tejidos blandos, debido a su capacidad para albergar bacterias patógenas como Streptococcus pyogenes y causar microtraumatismos en la piel. Las cortinas de ducha de vinilo también son propensas a acumular microbios. En cuanto a los patitos de goma que hacen que la hora del baño sea tan divertida para los más pequeños, en su interior pueden contener hasta 9,5 millones de bacterias por centímetro cuadrado.

Lavado en el lavavajillas

Tenga en cuenta que un ciclo de lavado con agua caliente en la lavadora ayuda a limpiar a fondo las bayetas y los paños de cocina, facilitando la eliminación de los microbios.

Reducir el crecimiento microbiano en las esponjas y en los estropajos no requiere métodos de desinfección complicados. Algunos estudios sugieren que basta con aplicar algunas medidas sencillas, como limpiar las esponjas y estropajos de cocina con cloro (lejía), hervirlos o lavarlos en el lavavajillas con un programa intensivo. No obstante, recuerde que también es conveniente renovar y reemplazar con regularidad nuestros estropajos y esponjas, sobre todo si están visiblemente sucios o desprenden un olor desagradable.

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Raúl Rivas González no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

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El mito del virus amable: por qué la evolución no garantiza patógenos más benignos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Isidoro Martínez González, Científico Titular de OPIs, Instituto de Salud Carlos III

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Durante la pandemia de covid-19 caló profundamente en la sociedad una idea tan extendida como reconfortante: que la evolución haría que el virus fuera cada vez más contagioso, pero menos peligroso. A primera vista, el razonamiento parece impecable. Si un virus mata a su huésped de forma fulminante, la cadena de transmisión se trunca. Por tanto, la lógica dicta que un virus inteligente debería atenuarse para permitir que el enfermo mantenga su movilidad y, así, disemine el patógeno.

Sin embargo, la biología nos demuestra que esta es solo una de las muchas posibilidades. La evolución es un proceso ciego que no tiene un propósito definido, ni premia a los virus buenos o compasivos. Simplemente, la selección natural favorece a aquellos organismos que logran dejar más copias de sí mismos, lo que conocemos como eficacia biológica.

Dependiendo de la ecología de cada patógeno, maximizar ese éxito reproductivo a veces conlleva una menor virulencia, pero en muchas otras ocasiones exige exactamente lo contrario.

El dilema del compromiso evolutivo

La pregunta crucial es qué combinación de transmisión y daño maximiza el éxito reproductivo.

Para responder a esta pregunta, la ciencia recurre a la hipótesis del compromiso evolutivo. Un virus que se replica mucho puede alcanzar altas cargas virales y transmitirse con facilidad, pero también puede producir más daño. Si ese daño inmoviliza o mata al huésped antes de que contagie a otros, la selección natural favorecerá variantes menos virulentas.

Sin embargo, si la transmisión ocurre antes de la enfermedad grave, la virulencia posterior apenas supone un coste evolutivo. En ese caso, no hay presión clara hacia la benignidad.

Cuando hacer menos daño es ventajoso

Existen, por supuesto, evidencias de casos en los que hacer menos daño ayuda a una mejor transmisión. El ejemplo paradigmático es el virus de la mixomatosis en los conejos. Al introducirse una cepa altamente letal en Australia para controlar las plagas de conejos, su virulencia disminuyó rápidamente. Las cepas de virulencia intermedia triunfaron porque los conejos sobrevivían lo suficiente para que los mosquitos que los picaban difundieran el virus.

El VIH ilustra este mismo principio. Una carga viral elevada facilita la transmisión, pero acelera el colapso inmunitario, por lo que la selección natural favorece una virulencia intermedia.

Tanto el virus de la mixomatosis como el VIH ofrecen claros ejemplos de cómo opera el compromiso evolutivo. Las cepas de virulencia intermedia ganan porque producen más infecciones secundarias a lo largo de la vida infecciosa del hospedador. Las más patológicas eliminan al hospedador demasiado rápido. Por el contrario, las menos patológicas no se replican o transmiten lo suficiente.

Recientemente, la variante ómicron del SARS-CoV-2 pareció confirmar el mito de la atenuación al propagarse con enorme facilidad y presentar un menor riesgo de ingreso en la UCI. Sin embargo, la realidad es que el patógeno se topó con un paisaje inmunológico distinto: una población con robustas defensas por vacunas e infecciones previas. Su impacto real resultó de una compleja interacción inmunológica, no de una regla universal hacia la inocuidad.

Por qué más contagioso no significa más leve

La otra cara de la moneda nos demuestra que una mayor transmisibilidad no equivale a una menor virulencia. El propio SARS-CoV-2 evidenció que los virus no siempre se vuelven más leves: las variantes alfa y delta fueron más transmisibles, pero también aumentaron significativamente el riesgo de ingreso hospitalario y muerte.

La clave reside en la “ventana de transmisión”: si un patógeno se transmite eficientemente antes de causar una enfermedad grave, la selección natural es completamente ciega a la letalidad posterior. En la covid-19, los contagios ocurren días antes del colapso respiratorio. Esta separación temporal anula cualquier presión selectiva hacia una menor virulencia y al virus le es indiferente el destino final del paciente si ya ha saltado a otro huésped.

Asimismo, la ecología de la transmisión explica por qué patógenos letales como el ébola mantienen brotes devastadores. Su contagio a través de fluidos se ve facilitado por contextos sanitarios precarios, donde la alta letalidad no impide la propagación.

La letalidad es cosa de dos: el papel determinante del huésped

Debemos comprender, además, que la letalidad no es un rasgo inmutable del genoma viral, sino el resultado de una interacción con el huésped. Aquí entran en juego otros factores como edad, inmunidad y la atención médica. Por ello, es crucial distinguir entre transmisibilidad, la virulencia intrínseca y la letalidad observada.

A menudo, la patología grave se desarrolla en órganos que no participan en la transmisión. La poliomielitis lo ilustra a la perfección: el virus se replica en el intestino, lo que facilita su propagación asintomática. Sin embargo, la temida parálisis ocurre solo si invade el sistema nervioso, un callejón sin salida anatómico que no ofrece ninguna ventaja para el contagio.

La salud pública no puede depender del azar

Cuando un virus, nuevo o no, se convierte en un problema de salud pública, es una grave imprudencia epidemiológica asumir que sus futuras variantes serán más leves.

No podemos esperar que la selección natural haga el trabajo de la salud pública. Por ello, instituciones como la OMS insisten en la vigilancia genómica continua de virus como el SARS-CoV-2. Medidas preventivas como vacunar o ventilar reducen la circulación del patógeno, quitándole billetes de lotería para explorar mutaciones peligrosas.

Debemos desterrar el mito del final feliz garantizado. Los virus no tienen intenciones ni evolucionan para convivir pacíficamente con nosotros, su única directriz es seguir circulando. A veces eso los hace más amables. Muchas otras veces, no.

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ref. El mito del virus amable: por qué la evolución no garantiza patógenos más benignos – https://theconversation.com/el-mito-del-virus-amable-por-que-la-evolucion-no-garantiza-patogenos-mas-benignos-283223

¿Dónde están las geólogas y paleontólogas en los libros divulgativos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Dánae Sanz Pérez, Investigadora postdoctoral en Paleontología, Universidad Complutense de Madrid

Ilustración de las tres geólogas de países hispanohablantes mencionadas en los libros de divulgación analizados. De izquierda a derecha: Adriana Ocampo (Colombia), Carmina Virgili (España) y María Fernanda Campa Uranga (México). Dánae Sanz Pérez.

Marie Curie, Rosalind Franklin o Jane Goodall forman parte del imaginario colectivo cuando pensamos en mujeres científicas. Sus historias aparecen en libros, documentales y materiales educativos de todo el mundo. ¿Pero a cuántas geólogas o paleontólogas podríamos nombrar?

La dificultad no se debe a que no existan. A través del tiempo, mujeres de todo el mundo han realizado contribuciones fundamentales para comprender el pasado de la Tierra, los procesos que la modelan y la evolución de la vida en nuestro planeta. Sin embargo, sus nombres rara vez llegan al público general.

Es un hecho con implicaciones más allá de la mera curiosidad estadística, si tenemos en cuenta que la divulgación científica es un puente entre la ciencia y la comunidad. No solo acerca el conocimiento al público, también define qué historias se cuentan, qué referentes se visibilizan y, finalmente, a quiénes reconocemos como protagonistas de los avances científicos.

Es importante, entonces, que los contenidos que se comunican sean inclusivos y representen la diversidad de voces que conforman la ciencia. No obstante, los resultados de nuestro estudio muestran que la representación de las científicas en los principales libros de divulgación está marcada por fuertes desequilibrios disciplinarios, geográficos y lingüísticos.

Ciencia contada desde una mirada poco realista

En nuestra investigación, identificamos 194 científicas de 18 disciplinas diferentes, aunque no todas ocupaban el mismo espacio.

La medicina, la biología, la astronomía y las matemáticas concentran cerca de la mitad de los nombres presentes en los libros analizados. En cambio, en disciplinas como la geología y la paleontología apenas aparecen: para ser exactos, solo había 14 geólogas y tres paleontólogas.

La situación es especialmente llamativa en paleontología. La mayoría de los libros recurren a una misma figura: Mary Anning (1799-1847), conocida en todo el mundo por sus importantes hallazgos de los lechos marinos del período Jurásico en la localidad inglesa Lyme Regis, donde vivía. Su importancia histórica es indiscutible, pero una disciplina no puede resumirse en un solo nombre.

Otras investigadoras cuyos trabajos han sido trascendentales para la ciencia apenas se citan o están completamente ausentes. Por ejemplo, ninguno de los libros mencionó a Tilly Edinger, pionera del estudio de los cerebros fósiles o paleoneurología; a Elisabeth Vrba, reconocida por sus estudios que trasformaron la comprensión de la evolución, o a Mary Leakey, responsable de algunos de los hallazgos más importantes sobre evolución humana del siglo XX.

El idioma también marca diferencias

Los desequilibrios en la representación no afectan solo a las disciplinas. También encontramos un claro sesgo geográfico. Así, la mayoría de las científicas destacadas en los libros de divulgación provienen de países angloparlantes –Estados Unidos y el Reino Unido–. Solo el 5,7 % procede de países hispanohablantes.

Esta concentración geográfica refuerza la idea de que el conocimiento científico solo se genera en ciertas regiones y en determinados idiomas. Además, limita la diversidad de referentes disponibles para niñas y jóvenes, dificultando que encuentren modelos cercanos a su realidad cultural, lingüística o geográfica.

¿Dónde están las paleontólogas y geólogas hispanohablantes?

La brecha, de nuevo, es más evidente en las geociencias. Entre las 14 geólogas identificadas, solo tres proceden de países hispanohablantes: Adriana Ocampo (Colombia), Carmina Virgili (España) y María Fernanda Campa Uranga (México).

La situación es todavía más extrema en paleontología, ya que no encontramos ninguna paleontóloga hispanohablante en los libros de divulgación. Esta ausencia no refleja la realidad de la disciplina. América Latina y España cuentan con investigadoras reconocidas internacionalmente. Algunos ejemplos son la argentina Zulma Brandoni de Gasparini, la colombiana María Páramo Fonseca o la española Asunción Linares.

El problema, por tanto, no es la falta de referentes, sino que sus nombres permanecen invisibles para el público general.

La divulgación también puede reproducir sesgos

No debemos olvidar que la divulgación científica, además de acercar la investigación a la sociedad, influye en la imagen que construimos sobre la ciencia.

Los libros no solo explican descubrimientos. También muestran quién hace ciencia, desde dónde se produce conocimiento, qué disciplinas consideramos importantes y qué historias merecen ser recordadas. Estas narrativas son especialmente importantes durante la infancia y la adolescencia, etapas en las que se identifican vocaciones y se construyen referentes que ayudan a imaginar posibles trayectorias profesionales. Cuanto más diversos son esos modelos, más oportunidades existen para que niñas y jóvenes se vean reflejadas en ellos.

El objetivo de nuestro trabajo es resaltar el rol social de los contenidos divulgativos para, a partir de ello, reflexionar sobre quiénes se quedan fuera de estos relatos y con qué consecuencias. Cuando son excluidas determinadas disciplinas, países o idiomas, también se limita la diversidad de historias y trayectorias que integran esa imagen.

Para contribuir a cambiar esta situación, hemos puesto en marcha una base de datos abierta de paleontólogas de países hispanohablantes. La iniciativa busca reunir trayectorias, líneas de investigación y contextos geográficos diversos. Para ello, se ha habilitado un formulario abierto, dirigido a mujeres de esta disciplina.

Y es que las paleontólogas hispanohablantes existen y han realizado contribuciones fundamentales al conocimiento científico. El reto ahora es que sus historias también formen parte de los relatos divulgativos.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Dónde están las geólogas y paleontólogas en los libros divulgativos? – https://theconversation.com/donde-estan-las-geologas-y-paleontologas-en-los-libros-divulgativos-284595

‘Weekendismo’: así es la tendencia que ha convertido los fines de semana en días agotadores

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sandra Bravo Durán, Socióloga y Doctora en Creatividad Aplicada, UDIT – Universidad de Diseño, Innovación y Tecnología

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El jueves por la tarde cambia algo en el ambiente. Los grupos de WhatsApp empiezan a llenarse de mensajes sobre escapadas, brunches, cenas o rutas improvisadas. El viernes ya no parece exactamente un día laboral, sino una transición emocional hacia otra vida más deseable. Y el domingo, casi siempre demasiado pronto, aparece esa mezcla extraña de ansiedad, cansancio y frustración difusa: el fin de semana tampoco ha sido suficiente.

Quizá llevamos años viviendo bajo una lógica contemporánea que apenas habíamos nombrado: el weekendismo. Aunque el término pueda sonar reciente, en realidad fue utilizado ya en 1963 por el antropólogo Theron Núñez para describir el turismo de fin de semana de las clases urbanas hacia pequeños pueblos y zonas rurales cercanas. Pero hoy el fenómeno parece haber adquirido una dimensión mucho más profunda.

El weekendismo contemporáneo ya no consiste únicamente en viajar durante el fin de semana. Consiste, sobre todo, en convertir el tiempo libre en un espacio de rendimiento emocional, social y simbólico. Dicho de otro modo, el fin de semana ha dejado de funcionar como pausa para convertirse en proyecto.

El descanso ahora también es una tarea

El sociólogo Hartmut Rosa lleva años explicando cómo la aceleración se ha convertido en una de las lógicas centrales de la vida contemporánea. Vivimos atrapados en una sensación permanente de falta de tiempo, intentando aprovechar cada minuto mientras sentimos, paradójicamente, que nunca llegamos a nada. Y esa aceleración ya no afecta solo al trabajo: también organiza el descanso.

En apenas 48 horas intentamos recuperar sueño, vida social, bienestar físico, cultura, ocio y autocuidado: hacer deporte, quedar con amigos, descubrir restaurantes, escaparse a otra ciudad, leer o, simplemente, desconectar.

La paradoja es evidente: el ocio empieza a parecerse demasiado al trabajo. Hay personas agotadas no solo por trabajar demasiado, sino por intentar tener un fin de semana a la altura de internet. Descansar ya no significa detenerse, sino seguir produciendo una versión deseable de uno mismo.

El bienestar convertido en identidad

El filósofo y ensayista surcoreano Byung-Chul Han explicaba en La sociedad del cansancio que hemos pasado de una sociedad disciplinaria a una sociedad del rendimiento donde el individuo ya no se siente obligado desde fuera, sino impulsado constantemente a optimizarse desde dentro.

Esa lógica va más allá del trabajo: afecta al cuerpo, las relaciones, el descanso y el ocio. Incluso el bienestar parece haberse convertido en una tarea productiva.

El auge global de la llamada wellness economy refleja precisamente esta transformación. Según el Global Wellness Institute, la economía mundial del bienestar ya superó los seis billones de dólares en 2023. Running clubs, pilates, mindfulness, journaling o entrenamientos como Hyrox funcionan cada vez más no solo como prácticas saludables, sino también como símbolos culturales asociados a disciplina, autocuidado y estatus aspiracional. El bienestar deja de ser únicamente bienestar: se convierte también en identidad.

Algo parecido sucede con la gastronomía, el deporte o el turismo. Las escapadas exprés, los brunches virales o determinados rituales contemporáneos del ocio funcionan cada vez más como formas de construir una narrativa visible de una vida interesante.

El economista y sociólogo estadounidense Thorstein Veblen, célebre por fundar la escuela institucionalista, observó a finales del siglo XIX cómo el ocio podía actuar como forma de exhibición social. Hoy esa exhibición se ha intensificado radicalmente a través de las redes sociales.

Más que interrumpir la lógica productiva, el ocio actual simplemente la disfraza de bienestar, autocuidado y autenticidad.

Vivir… y que parezca que vivimos bien

Además de vivir el fin de semana, ahora se documenta y se comparte. Gran parte de nuestra vida social funciona como una representación teatral: actuamos, construimos escenas y gestionamos constantemente la imagen que proyectamos hacia los demás.

Como consecuencia, el descanso contemporáneo también se estetiza. El café del domingo ya no es solo un café: es el matcha en una taza minimalista, el libro estratégicamente colocado sobre la mesa y la luz natural entrando por la ventana. El paseo debe parecer cinematográfico.
Incluso quedarse en casa necesita ahora cierta estética para resultar deseable.

Conceptos como aesthetic, main character energy o la romantización de la vida cotidiana reflejan precisamente cómo las redes sociales han transformado el ocio en narrativa visual aspiracional. Disfrutar el fin de semana se nos queda corto: debe parecer visualmente atractivo, equilibrado e interesante a ojos de los demás.

Basta abrir TikTok o Instagram un domingo por la mañana para encontrar una repetición casi coreografiada de rituales contemporáneos: cafés estéticos, carreras grupales, comidas fotogénicas, escapadas rápidas o rutinas de autocuidado convertidas en contenido visual. Hashtags como #slowliving –vida pausada o lenta–, #thatgirl –en redes sociales se utiliza para describir a una mujer que parece tener su vida perfectamente organizada, que es exitosa, se viste bien y mantiene hábitos saludables–, #weekendvibes –ambiente de fin de semana– o #romanticizeyourlife –convierte tu vida en algo romántico– acumulan millones de visualizaciones, mostrando una vida aparentemente pausada y consciente que, paradójicamente, exige una enorme producción estética constante.

Y es la pescadilla que se muerde la cola, porque deseamos no solo aquello que necesitamos, sino aquello que observamos constantemente en nuestro entorno social y digital.

La desaparición de la pausa

Ahí aparece una de las grandes contradicciones contemporáneas. Pasamos gran parte de la semana soñando con la libertad del fin de semana. Pero cuando finalmente llega ese tiempo libre, solemos ocuparlo siguiendo deseos, ritmos y aspiraciones que no hemos elegido completamente nosotros. Como advertia Jonathan Crary en 24/7: Capitalismo tardío y el fin del sueño, los espacios improductivos están desapareciendo.

Diversas investigaciones en psicología y comportamiento digital muestran además una creciente intolerancia contemporánea al tiempo vacío, al tiempo improductivo, que empieza a percibirse como tiempo desperdiciado. Hasta el descanso parece exigir ahora cierta utilidad: recuperarse, optimizarse, reconectar, mejorar hábitos o producir bienestar visible. El domingo ya no termina con descanso, sino muchas veces con la sensación de haber gestionado mal el tiempo libre.

Lo revolucionario ahora es recuperar formas de ocio que no necesiten productividad ni validación. Pasear sin objetivo. Escuchar música sin mirar el móvil. Tomar un café mirando por la ventana. Leer sin convertirlo en contenido. Quedarse en casa sin sentir culpa.

Quizá el verdadero lujo contemporáneo ya no sea viajar más, consumir más experiencias o llenar la agenda de planes, sino recuperar algo mucho más simple y cada vez más escaso: la posibilidad de descansar sin sentir que deberíamos estar haciendo algo mejor. Sin que los fines de semana sean otra forma más de rendimiento.

The Conversation

Sandra Bravo Durán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ‘Weekendismo’: así es la tendencia que ha convertido los fines de semana en días agotadores – https://theconversation.com/weekendismo-asi-es-la-tendencia-que-ha-convertido-los-fines-de-semana-en-dias-agotadores-283635

Nuevo prefijo para identificar las llamadas comerciales: ¿cómo puede afectar a las empresas?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Sáez Ortuño, Profesora Dept. Empresa, Universitat de Barcelona, Universitat de Barcelona

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La forma en que se regulan las llamadas comerciales en España ha ido cambiando, y si hasta ahora se prohíbe usar números de teléfonos móviles y se pide el consentimiento de la gente, desde octubre de 2026, por ley, todas las llamadas comerciales deberán usar el prefijo 400. De este modo se aporta más transparencia al sector, pero también podría afectar al empleo y a la actividad económica.

Un sector de peso para el empleo

En España, el sector de los centros de llamadas mueve casi 4 800 millones de euros al año y da trabajo a unas 120 000 personas. Además, su actividad sirve a muchos otros sectores, como telecomunicaciones, banca, seguros y servicios.

Pero en los últimos años su productividad ha decrecido. En 2024 el empleo bajó un 5,16 % y cayó la facturación. La causa fue la deslocalización y la automatización de las llamadas. Las nuevas reglas podrían agravar estas tendencias.

El efecto rechazo: menos respuesta por la identificación

El principal riesgo del prefijo 400 es económico. Nace del llamado efecto etiqueta: al ver que una llamada es comercial, la gente no la coge. Da igual si la llamada puede serle útil o no.

  1. Si los call centers contactan menos con los clientes producirán menos, lo que implicaría menos ingresos. Eso llevaría a recortar gastos y, en un sector donde los sueldos pesan mucho, esto se traduciría en menos empleo.

  2. La incertidumbre puede acelerar cambios ya en marcha como, por ejemplo, un mayor uso de los canales digitales o el traslado de los centros a otros países.

  3. Los centros de llamadas ayudan a vender y dan servicio a muchos sectores. Si su eficacia baja al punto de reducir los ingresos de las empresas, la actividad económica total también caería y, por tanto, los impuestos recaudados.

De hecho, la Asociación Española de Expertos en la Relación con Clientes (AEERC) ha recurrido esta norma ante la Audiencia Nacional. Sostiene que puede causar un “daño irreversible”: al estigmatizar las comunicaciones empresariales reduciría la respuesta de los clientes. Incluso la de aquellos que, con la normativa actual, ya otorgaron su permiso expreso.

La experiencia chilena

En 2025, Chile introdujo un sistema de prefijos obligatorios para distinguir llamadas comerciales solicitadas (600) de no solicitadas (809). El objetivo era dar más transparencia a los contactos comerciales y frenar el riesgo de fraude. Pero su aplicación también ha tenido efectos negativos:

Dado que el aumento de los impagos por la dificultad para contactar con los clientes deudores altera las cuentas de las empresas y limita su disponibilidad de crédito, tras un fallo de la Corte Suprema chilena, en mayo de 2026 las llamadas de cobranza quedaron fuera de la obligación legal de identificar las llamadas comerciales.

Hacia un enfoque más equilibrado

La pregunta no es si regular el sector, sino cómo hacerlo. La experiencia chilena ofrece algunas ideas:

  • Segmentar las llamadas según su finalidad (comercial, informativa o contractual) para definir cuáles quedan sujetas al uso del prefijo comercial.

  • Usar listas blancas, que señalan qué emisores son de confianza, ofrece más transparencia a los clientes y evita el fraude.

  • Desarrollar distintos canales de comunicación (teléfono, correo, canales digitales) para el contacto con los clientes.

Debe haber un equilibrio entre los intereses de clientes y empresas para que menos llamadas molestas no impliquen peores resultados para las empresas, con el riesgo de que haya menos crecimiento económico.

The Conversation

Laura Sáez Ortuño no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Nuevo prefijo para identificar las llamadas comerciales: ¿cómo puede afectar a las empresas? – https://theconversation.com/nuevo-prefijo-para-identificar-las-llamadas-comerciales-como-puede-afectar-a-las-empresas-284918