Pourquoi il faut en finir avec le mythe de la forêt salvatrice

Source: The Conversation – France (in French) – By Guillaume Decocq, Professeur en sciences végétales et fongiques, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)


L’ESSENTIEL

  • Face au changement climatique, les forêts sont souvent présentées comme de salvateurs « poumons verts ». Pourtant, de plus en plus de forêts françaises émettent plus de CO₂ qu’elles n’en séquestrent.

  • Pour le comprendre, il faut savoir faire la distinction entre stocks et flux de carbone, mais également regarder la forêt dans son ensemble, au-delà des arbres qui la constituent.

  • Selon les essences présentes, le mode de gestion, l’utilisation faite du bois prélevé, les forêts peuvent être plus ou moins résilientes face au changement climatique.


Face au changement climatique, les forêts vont-elles pouvoir nous sauver ? L’idée est rassurante, mais elle repose sur une mauvaise compréhension du cycle du carbone et de ce qu’est véritablement une forêt, au-delà des arbres qui la constituent.

Le contexte actuel plus qu’inquiétant doit de fait nous obliger à remettre en cause ce mythe de la forêt salvatrice, voici pourquoi.

Qu’est-ce que la fixation de CO₂ ?

Commençons tout d’abord par démythifier une première chose : si les forêts et toutes les plantes de la planète peuvent stocker du carbone, ce n’est rien comparé aux océans et aux eaux de surface qui capturent chaque année 29 000 gigatonnes (Gt) de CO₂, contre 2 000 Gt pour les organismes photosynthétiques, dont beaucoup, soit dit en passant, vivent dans l’eau.

Quant à la photosynthèse, parlons-en. Cette faculté des végétaux chlorophylliens est souvent mal comprise. Elle permet aux plantes de produire des sucres nécessaires à leur développement en utilisant pour cela à la fois des molécules d’eau principalement puisées dans le sol par les racines et des molécules de CO₂ captées dans l’air par les feuilles.

Une photosynthèse intermittente

Ce processus n’est pas permanent : il peut fortement diminuer et même s’arrêter, notamment en période de sécheresse quand l’eau vient à manquer, la nuit lorsqu’il n’y a plus de lumière, en période de canicule (en été) ou de gel (en hiver) quand la température trop haute ou trop basse empêche l’activité métabolique.

Enfin, quand certains arbres perdent leurs feuilles à l’automne, ils perdent du même coup, la voie d’entrée du CO₂.

Fixation et séquestration du carbone

Une autre confusion est fréquente : la photosynthèse permet l’entrée du carbone dans la plante, c’est ce qu’on appelle la fixation du carbone. Ce n’est pas la même chose que la séquestration du carbone, qui s’inscrit dans la durée.

Pour que les forêts puissent être des auxiliaires à l’heure du changement climatique, il faut que, dans la durée, elles séquestrent davantage de carbone qu’elles n’en émettent. On pourra alors les qualifier de puits de carbone.

Les émissions de CO₂ de l’arbre

Ici, certains fronceront peut-être les sourcils. Comment ça, une forêt émet du CO₂ ? Tout à fait. Pour comprendre comment, il faut regarder ce qu’il se passe après la photosynthèse.

Ce processus permet donc à l’arbre de produire des sucres grâce à du CO₂ capté dans l’air et de l’eau puisée dans le sol. Ces sucres sont ensuite oxydés (grâce à l’oxygène O₂ de l’air) pour fournir l’énergie et fabriquer les tissus, nécessaires à sa croissance et à son développement, c’est ce qu’on appelle la respiration.

En consommant ces sucres, l’arbre rejette alors de l’eau et du CO₂. Dans certaines situations, l’hiver ou la nuit par exemple, un arbre continuera de respirer mais arrêtera sa photosynthèse, il émet donc plus de CO₂ qu’il n’en fixe.

PHOTOSYNTHÈSE ET RESPIRATION : DE QUOI PARLE-T-ON ?

  • Schématiquement, la photosynthèse chez les plantes est le processus qui utilise l’énergie solaire pour casser des molécules d’eau H₂O puisées dans le sol, en récupérer les atomes d’hydrogène (H) pour les fixer à des molécules de dioxyde de carbone (CO₂) captées dans l’air (en se débarrassant des atomes d’oxygène de l’eau sous forme d’oxygène, O₂) et, ainsi, produire des sucres CHO, base de la matière organique. Elle est réalisée par tous les organismes possédant de la chlorophylle : les plantes et les cyanobactéries.
  • Inversement, la respiration qui concerne tous les organismes vivants (à l’exception de quelques bactéries capables de se passer d’oxygène, chez qui la respiration est remplacée par la fermentation), y compris les plantes, correspond à la dégradation de la matière organique par oxydation, qui libère du CO₂, de l’eau et de la chaleur.

Le carbone stocké par l’arbre n’est pas éternel

Cependant, la part de CO₂ captée lors de la photosynthèse qui est respirée par l’arbre lui-même est faible. La plus grande partie du carbone puisé dans l’atmosphère est incorporée dans l’amidon, la cellulose, la lignine (constituant fondamental du bois, ndlr), les racines, le tronc, les branches, les feuilles et les fruits de l’arbre.

Ce carbone-là sera donc stocké dans l’arbre tant que celui-ci sera en vie. Mais si ce dernier brûle, le CO₂ sera relargué dans l’atmosphère.

Si l’arbre meurt de maladie ou autre, il sera décomposé lentement, ce qui libérera également une grande partie du carbone sur le long terme.

Le rôle crucial de la biodiversité des sols

Mais si l’arbre pousse dans un écosystème en bonne santé, alors bactéries, champignons, vers de terre et autres organismes décomposeurs pourront également se nourrir du bois mort et incorporer une partie de son carbone dans la matière organique des sols et dans leur propre biomasse. Eh oui, en forêt, tous les organismes participent au stockage du carbone, pas seulement les arbres, d’où l’intérêt d’une biodiversité élevée.

C’est également ce qu’il se passe quand une feuille ou une branche morte tombe. Le sol forestier constitue ainsi souvent un stock de carbone bien plus important que la partie aérienne des arbres.

Quand une forêt devient source de carbone

Mais si une forêt brûle, si elle subit une sécheresse trop longue ou que trop d’arbres dépérissent à la suite d’attaques de pathogènes, elles peuvent se retrouver à être dans la durée une source de carbone, et non plus un puits.

C’est un phénomène inquiétant que l’on observe de plus en plus. On peut le constater, par exemple, en voyant le jaunissement des feuilles et leur chute en plein été ou les branches supérieures des arbres qui meurent : c’est du même coup la surface photosynthétique de l’arbre qui est réduite.

Un cercle vicieux qui s’installe

Affaiblis, les arbres deviennent également plus vulnérables aux infections et aux attaques de ravageurs, ce qui en accroît le taux de mortalité. Le cercle vicieux peut encore continuer : la surmortalité des arbres en forêt entraîne de facto une accumulation de combustible au sol et dans les airs. Par temps chaud et sec, même les végétaux vivants se dessèchent, ce qui en augmente l’inflammabilité.

En sachant cela, que peuvent donc les forêts et leurs sols à l’heure du changement climatique ? Celui-ci impose de réduire la quantité de CO₂ atmosphérique, le principal gaz à effet de serre. Pour cela, il faut nécessairement réduire les sources d’émissions de CO₂.

En parallèle, on peut également séquestrer durablement le CO₂ en favorisant la photosynthèse tout en préservant les stocks de carbone organique.

Comment favoriser la photosynthèse ?

La première question que l’on peut alors se poser est la suivante : comment favoriser la photosynthèse ? On ne peut pas augmenter le rendement de celle-ci, mais on peut augmenter la surface photosynthétique.

C’est l’objectif des politiques de reforestation et de lutte contre la déforestation, qui concernent surtout les forêts tropicales.

Les bienfaits des forêts stratifiées

On peut également agir sur la surface photosynthétique sans modifier la surface forestière en s’intéressant à la stratification de la végétation. Ainsi, un hectare de forêt avec une strate arborescente, une strate arbustive et une strate herbacée, a fortiori lorsqu’on privilégie les mélanges d’espèces aux caractéristiques morphologiques et physiologiques complémentaires (par exemple, de petits arbres d’ombre sous une canopée de grands arbres de lumière, avec un mélange feuillus-résineux), permet d’atteindre un rendement photosynthétique bien plus important qu’une plantation où tous les arbres sont de la même espèce et du même âge, surtout s’il s’agit d’un résineux exotique qui empêche le développement de strates arbustives et herbacées dans son sous-bois.

La stratification et la biodiversité des espèces arbustives permet ainsi de séquestrer jusqu’à 40 % de carbone en plus, tout en favorisant la biodiversité aérienne et souterraine.

De même, plus on diversifie les espèces d’arbre et plus on laisse de bois mort au sol, plus la diversité en espèces végétales, animales ou microbiennes sera élevée et plus le stockage de carbone dans les sols sera important.

Si on associe cette gestion des forêts à une restauration des zones humides, on multiplie les effets biodiversité, stockage de carbone et solutions anti-incendie.

Le stock de carbone et la filière bois

Le carbone séquestré par les arbres peut également avoir une seconde vie lorsque la forêt est exploitée pour produire diverses ressources à partir du bois. Le carbone peut alors être stocké durant plus ou moins longtemps selon la durée de vie des ressources produites.

C’est selon cette logique que les politiques publiques ont favorisé le matériau bois : parce que le bois de construction représente en théorie une forme durable de stockage de carbone organique. Ainsi, à l’heure du réchauffement climatique global, la forêt est présentée comme salvatrice : non seulement elle peut être un puits de carbone, mais elle stocke une partie du CO₂ séquestré dans un matériau qui peut se monnayer.

Pourtant, l’actualité nous montre que la réalité est tout autre et que le puits de carbone qu’elle était devient de plus en plus souvent une source.

Des plantations commerciales au bilan carbone questionnant

De fait, la volonté d’avoir des forêts résilientes face au changement climatique et rentables d’un point de vue économique génère le développement d’un certain modèle : celui de plantations commerciales d’arbres supposément mieux adaptés aux sécheresses, car provenant de zones du monde plus arides. La plantation de ces espèces (surtout des résineux, comme le cèdre de l’Atlas, le pin de Monterey, le pin à encens, etc.) nécessite un travail mécanique du sol accompagné d’une fertilisation et, parfois, de traitements herbicides.

Ces pratiques empruntées à l’agriculture sont évidemment dévastatrices pour l’écosystème, l’environnement et in fine le climat, d’autant plus qu’elles font appel à de lourds engins forestiers très émetteurs de CO₂ et d’autres polluants et provoquent un déstockage massif du carbone des sols – bien plus important que celui lié au dépérissement lui-même.

Des monocultures très fragiles

Plus grave, ces monocultures sont beaucoup plus vulnérables aux attaques de ravageurs, aux sécheresses et aux incendies, qui provoquent le relargage brutal du CO₂ stocké dans cette biomasse. Ce non-sens écologique est souvent un non-sens économique, puisque le taux de succès des plantations est souvent faible, les épisodes récurrents de sécheresse et de canicule tuant massivement les jeunes plants qui n’ont pas eu le temps de développer suffisamment leurs racines.

De plus, les jeunes plantations étant très attractives vis-à-vis des ongulés, les rares survivants échappent difficilement à la dent des herbivores en l’absence de coûteuses protections. S’ensuit un retour très lent de la forêt, qui mettra souvent plus de quinze ans à redevenir un puits plutôt qu’une source de carbone.

Ainsi, d’un cercle vicieux où la forêt dépérissante aggrave l’effet de serre plutôt que de le réduire, on passe très vite à une spirale infernale quand il s’agit d’intensifier la sylviculture et d’artificialiser la forêt pour tenter d’adapter la production de bois rémunérateur dans une périlleuse fuite en avant, sans recul sur l’écosystème forestier et ses fonctions climatiques.

L’utilisation du bois : un facteur déterminant

Le devenir du bois issu des forêts pose aussi question. Sur les 57 millions de mètres cubes de bois récoltés chaque année en France hexagonale, 39 millions (68,4 %) sont utilisés comme bois-énergie (en autoconsommation ou commercialisé comme tel ou sous forme des déchets des usines de première et seconde transformation).

Le carbone stocké de ce bois sera donc immédiatement relargué dans l’atmosphère dès qu’il sera brûlé. Dix autres millions (17,5 %) partent dans l’industrie du papier, carton panneaux, etc., ce qui représente un stockage de court-moyen terme. Donc finalement, la proportion du bois prélevé qui continue de stocker durablement le carbone (bois d’œuvre) est relativement faible (14 %).

Des rotations qui s’accélèrent

Les politiques extractivistes ont également favorisé le racourcissement des rotations des plantations forestières en arguant du fait que les jeunes arbres en pleine croissance séquestreraient davantage de CO₂. Ce n’est pas faux, mais cela occulte le fait que le rajeunissement favorise aussi le déstockage massif des peuplements plus âgés et des sols malmenés par l’exploitation et la replantation.

De plus, l’argument des adeptes de la sylviculture intensive selon lequel une forêt âgée – dont les arbres ont dépassé l’âge d’exploitabilité – ne séquestreraient plus de carbone, mais émettraient autant de CO₂ qu’elles en fixent, a déjà été largement infirmé par la recherche scientifique.

Bien sûr, le fait que l’essentiel du stock de carbone se trouve dans le sol forestier est également passé sous silence dans cette même logique, puisque les pratiques d’exploitation, de replantation et d’entretien provoquent son érosion.

Le bénéfice mensonger des arbres à croissance rapide

Une autre idée reçue est que les espèces d’arbre à croissance rapide seraient beaucoup plus efficaces à séquestrer le CO₂ que celles à croissance lente, un prétexte trompeur pour délaisser chênes, hêtres, sapins et autres essences spontanées de nos forêts au profit de résineux indigènes (comme le pin maritime « amélioré » génétiquement) ou exotiques (comme le sapin Douglas) et de feuillus à bois tendre (par exemple, les peupliers hybrides, les eucalyptus ou encore l’arbre « magique » Paulownia tomentosa).

Effectivement le volume de bois accumulé par ces arbres en quelques années est souvent impressionnant, mais il s’agit de bois « tendres », c’est-à-dire à densité très faible. Pour un même volume de bois, une espèce à croissance lente stocke donc une quantité de carbone bien plus importante. Il n’y a même aucun lien entre la quantité de carbone séquestrée et la vitesse de croissance d’un arbre, puisque c’est la longévité de l’arbre qui importe.

Quelles forêts pour demain ?

Que conclure de tous ces constats ? Il ne s’agit évidemment pas de remettre en cause le rôle de puits de carbone de la forêt française : il est crucial. Mais pour que la forêt continue d’assurer ce rôle, il est urgent de préserver les forêts (notamment les forêts anciennes et les forêts humides), de restaurer les écosystèmes dégradés (en favorisant le reboisement naturel), de favoriser l’économie circulaire et la réutilisation du matériau bois, d’éviter le greenwashing en améliorant les certifications sur des critères réactualisés à l’aune des données scientifiques et en mettant en place des bilans carbone complets des filières. La forêt est un écosystème complexe qui ne saurait être réduit à ses arbres.

Aujourd’hui, le défi est d’en accroître la résilience face aux changements climatiques, ce qui suppose d’inventer une nouvelle ingénierie forestière. Comme toute ingénierie, elle doit s’appuyer sur des bases scientifiques solides et actualisées, et suppose la confrontation de différents savoirs.

Face à la complexité, toute solution simple serait un leurre. Les arguments environnementaux de la « lutte contre l’effet de serre et les changements climatiques » ne devraient plus servir de caution écologique aux politiques publiques qui promeuvent le retour brutal d’une vision productiviste et non durable de la forêt, qui sert uniquement les intérêts des lobbies industriels et économiques, au détriment des autres usagers de la forêt.

Ils doivent au contraire intégrer les dimensions « écosystémique » et sociale de la forêt, même si les institutions détestent la complexité et que les politiques publiques procèdent toujours par simplification des enjeux qu’elles visent à réguler. Tout l’enjeu pour les scientifiques est d’éclairer les débats autour des politiques climatiques et économiques de la gestion forestière et de la filière bois.

The Conversation

Francois Criscuolo est membre du collectif des riverains de la scierie SIAT à Oberhaslach, qui a mené entre 2021 et 2023 un dialogue avec l’entreprise pour réduire les nuisances sonores et liées à la pollution.

Guillaume Decocq ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Pourquoi il faut en finir avec le mythe de la forêt salvatrice – https://theconversation.com/pourquoi-il-faut-en-finir-avec-le-mythe-de-la-foret-salvatrice-289909

Tsunami de tierra: ¿qué provocó la mortífera inundación glaciar en Nepal?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Levan Tielidze, Research Fellow in Glacial Geomorphology, Monash University

Prakash Mathema/Getty

Más de 150 personas han fallecido y cientos más están desaparecidas después de que una enorme avalancha de agua, hielo, barro y rocas se precipitara más de 170 kilómetros por el valle del río Bhote Koshi, en Nepal. El valle es la principal vía de comunicación entre Katmandú, en Nepal, y Lhasa, en el Tíbet. Apenas hubo aviso previo.

Las imágenes de la crecida repentina cargada de escombros son impactantes. Por desgracia, no es de extrañar. Como experto en glaciares, he seguido de cerca su retroceso acelerado en todo el mundo a medida que se derriten, así como los desastres que pueden provocar. Los primeros análisis sugieren que el colapso repentino de un glaciar desencadenó la catástrofe.

A medida que el cambio climático se intensifica, los glaciares de todo el mundo se están derritiendo, incluso en regiones de gran altitud como el Himalaya. El Himalaya es especialmente vulnerable, ya que las empinadas laderas de muchas de estas montañas tan altas están formadas por permafrost –roca y suelo congelados desde hace siglos–. A medida que aumentan las temperaturas, estas laderas están empezando a derretirse o a desestabilizarse. Si se produce un terremoto o un deslizamiento de tierra, puede desencadenar un flujo de escombros repentino y devastador.

Es demasiado pronto para afirmar que esta fue la causa exacta. Pero sabemos que las grandes reservas de hielo del Himalaya –conocido como el “tercer polo” del mundo porque contiene la mayor cantidad de nieve y hielo después del Ártico y la Antártida– ya no son seguras.

¿Qué sabemos sobre esta catástrofe?

Lo ocurrido en Nepal se debe, probablemente, a un enorme deslizamiento de hielo y rocas que arrasó un puerto de montaña y arrastró hielo, agua, rocas, árboles y tierra.

El alud fue tan grande que, en un principio, se pensó que se trataba de un terremoto, ya que la energía sísmica se registró como un seísmo de magnitud 4,4 en los sismógrafos.

Cuando llegó al puerto de Gyirong –un paso fronterizo entre China y Nepal–, la pared de escombros se asemejaba a un tsunami de tierra. Las primeras estimaciones sugieren que la ola podría haber tenido 30 metros de altura.

La gente observa un tramo de autopista dañado por las inundaciones en Nuwakot, en el centro de Nepal.
Un tramo de autopista dañado por las inundaciones en Nuwakot, en el centro de Nepal.
Subaas Shrestha/Getty Images

¿Cuáles son las posibles causas?

A veces, desastres como estos pueden producirse cuando el agua de deshielo de un glaciar, atrapada en un lago por un deslizamiento de tierra, se desborda. Uno de estos fenómenos, conocido como “inundación por desbordamiento de un lago glaciar”, afectó a Nepal en 2024.

Sin embargo, los primeros análisis sugieren que ese no es el caso aquí. Las imágenes de satélite indican que el deslizamiento de tierra podría haber erosionado grandes partes de un glaciar, provocando su colapso.

Aún no sabemos qué provocó el colapso del glaciar. Sin embargo, los glaciares de todo el mundo se encuentran en general en retroceso, lo que puede dar lugar a desastres como inundaciones y flujos de escombros.




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El año pasado, una inundación de menor magnitud afectó al mismo distrito de Nepal, causando la muerte de nueve personas. También el año pasado, el deshielo de un glaciar en Suiza provocó un enorme flujo de escombros que destruyó el pueblo de Blatten. En 2023, un deslizamiento de tierra y la posterior inundación en mi país natal, Georgia, causaron la muerte de 33 personas en una estación de montaña.

Pero este desastre es uno de los más graves hasta la fecha.

El permafrost es vulnerable

Los glaciares de gran altitud del Himalaya pueden responder al cambio climático de forma diferente a los glaciares situados a menor altitud o en regiones relativamente más cálidas. El deshielo y la degradación del permafrost también pueden contribuir a que las empinadas laderas del Himalaya sean menos estables.

El permafrost es un suelo compuesto por roca, tierra y hielo que se ha mantenido a una temperatura igual o inferior a 0 °C durante muchos años. A medida que el clima se calienta, el suelo puede descongelarse, lo que debilita el hielo que ayuda a unir la roca y la tierra.

En las laderas montañosas empinadas, esta pérdida de suelo congelado puede hacer que las laderas sean menos estables y aumentar la probabilidad de desprendimientos de rocas, deslizamientos de tierra y otras formas de movimiento del terreno. Un terremoto, un desprendimiento de rocas u otra perturbación puede entonces desencadenar un rápido movimiento cuesta abajo de rocas, tierra y escombros.

¿Se pueden prevenir estos desastres?

No hubo víctimas mortales cuando se derrumbó el glaciar suizo. Gracias a que existían sistemas de alerta temprana, las autoridades evacuaron a los residentes antes de que se produjera el derrumbe.




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A medida que aumenten las temperaturas y los desastres relacionados con el clima se vuelvan más frecuentes o graves en algunas regiones, los sistemas de alerta temprana cobrarán cada vez más importancia para los pueblos y localidades situados cerca de glaciares o de permafrost en proceso de descongelación. Estos sistemas pueden monitorizar el rápido aumento del nivel de los ríos, las lluvias intensas y las ondas sísmicas para alertar a las autoridades antes de que se produzca una catástrofe.

Sin embargo, la instalación y el mantenimiento de sistemas de alerta temprana eficaces pueden requerir una inversión significativa, lo que supone un reto para los países de bajos ingresos y en desarrollo. La buena noticia es que el Fondo Verde para el Clima anunció el año pasado que destinaría financiación a mejorar los sistemas de vigilancia en Nepal.

Pero hay otro problema más. El agua procedente del deshielo de los glaciares del Himalaya alimenta ríos que son vitales para miles de millones de personas en Nepal, Pakistán, la India y China. A medida que el clima se calienta, el aumento del deshielo de los glaciares puede incrementar temporalmente el caudal de los ríos y, en algunos lugares, contribuir al riesgo de inundaciones.

Sin embargo, si en paralelo los glaciares siguen reduciéndose, su aportación podría disminuir con el tiempo y provocar una menor disponibilidad de agua, especialmente durante la estación seca.

La reducción rápida de las emisiones de gases de efecto invernadero, la inversión en sistemas de alerta temprana y una mejor vigilancia de las regiones montañosas vulnerables pueden ayudar a las comunidades a prepararse. Estas medidas no lograrán prevenir todos los desastres, pero pueden salvar vidas y ofrecer a las personas más oportunidades para adaptarse al cambio climático.

The Conversation

Levan Tielidze ha recibido financiación del Consejo Australiano de Investigación.

– ref. Tsunami de tierra: ¿qué provocó la mortífera inundación glaciar en Nepal? – https://theconversation.com/tsunami-de-tierra-que-provoco-la-mortifera-inundacion-glaciar-en-nepal-290634

La paradoja de Monticello: ideas de igualdad frente a una realidad de servidumbre

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Santiago Iñiguez de Onzoño, Presidente IE University, IE University

Anton_Ivanov/Shutterstock

Situada sobre una suave colina en el estado de Virginia se alza Monticello (montecito, en italiano), la casa que el filósofo y político estadounidense Thomas Jefferson diseñó y habitó durante más de cuatro décadas, y que es una de las declaraciones arquitectónicas más elocuentes de los primeros años de la república estadounidense.

Orden y simetría

Inspirada en las villas clásicas del arquitecto renacentista Andrea Palladio, Monticello combina simetría, proporción y orden racional en una forma que Jefferson creía reflejo de los ideales de una sociedad ilustrada.

La construcción comenzó en 1768 y continuó, con constantes modificaciones, hasta el final de la vida de Jefferson, en 1826. La casa fue evolucionando junto a su propietario. Tras sus años en Europa, Jefferson la rediseñó incorporando ideas tomadas de la arquitectura clásica y de los refinados edificios urbanos que había visto en Francia e Italia. Su rasgo más distintivo es la cúpula octogonal que se eleva sobre la fachada occidental, una innovación poco habitual en las viviendas americanas de la época.

Más que una residencia, Monticello era un verdadero laboratorio de ideas. Jefferson llenó sus estancias de libros, instrumentos científicos, mapas y curiosidades mecánicas. El vestíbulo de entrada funcionaba casi como un pequeño museo de la Ilustración, con fósiles, artefactos indígenas norteamericanos e inventos que reflejaban su curiosidad inagotable.

Una contradicción profunda

Sin embargo, Monticello también encarnaba una de las contradicciones más profundas de la vida de Jefferson: la finca era una plantación trabajada por personas esclavizadas, cuyo esfuerzo hacía posible el refinado mundo intelectual que Jefferson celebraba.

Comprender a Jefferson es comprender la tensión entre aspiración y realidad. Nacido en 1743 en el seno de la élite terrateniente de Virginia, pronto destacó como uno de los pensadores políticos más brillantes de su generación. Formado como abogado, entró muy joven en la vida pública y acabó convirtiéndose en una de las figuras centrales de la Revolución Americana.

Su logro más conocido fue la redacción de la Declaración de Independencia (1776), en la que dio expresión filosófica a la afirmación revolucionaria de que todas las personas son creadas iguales y están dotadas de derechos inalienables.

La carrera pública de Jefferson fue larga y diversa. Fue gobernador de Virginia durante la Guerra de Independencia, luego representó a la joven república de EE. UU. en Francia, donde observó el intenso clima intelectual que precedió a la Revolución Francesa. Bajo la presidencia de George Washington se convirtió en el primer secretario de Estado de la joven nación, contribuyendo a definir su posición diplomática en el mundo. En 1801 fue elegido tercer presidente de los Estados Unidos, y ejerció dos mandatos durante los cuales el país duplicó su territorio gracias a la compra de Luisiana.

Sin embargo, su legado no puede entenderse únicamente a través de sus logros. También exige enfrentarse a sus contradicciones, que durante mucho tiempo han inquietado tanto a historiadores como a ciudadanos: la esclavitud sostenía la economía de plantación sobre la que descansaba su mundo ideal de libertad entre iguales.

Dos realidades opuestas

La dimensión más conocida y controvertida de esa contradicción involucra a Sally Hemings, una esclava que vivía en Monticello. Las pruebas acumuladas durante las últimas décadas sugieren que Jefferson mantuvo con ella una larga relación y fue padre de varios de sus hijos. Esto obliga a confrontar la distancia entre el lenguaje universal de libertad de Jefferson y las realidades sociales de la Virginia del siglo XVIII.

Esta paradoja no borra los logros de Jefferson, pero sí los ensombrece. El autor de una de las declaraciones más poderosas de igualdad humana en la historia moderna sostuvo una sociedad estructurada por la desigualdad.

La tensión entre esas dos realidades ha permanecido como uno de los temas definitorios de la historia de Estados Unidos. Jefferson perteneció a la generación que creó la arquitectura institucional de los Estados Unidos, un proyecto que incluía la Constitución y los grandes debates recogidos en The Federalist Papers, la colección de artículos escritos por Alexander Hamilton, James Madison y John Jay en la que defienden la propuesta constitucional de la nueva república.

Pueblo libre y soberano

Aunque Jefferson se encontraba en Francia cuando se redactó la Constitución estadounidense, su filosofía política contribuyó a modelar el espíritu democrático que acabaría definiendo a EE. UU.

En el centro de su pensamiento se encontraba una profunda fe en el autogobierno republicano. Jefferson creía que la legitimidad política descansaba, en última instancia, en los ciudadanos y no en las élites hereditarias. El experimento americano, a su juicio, debía demostrar que un pueblo libre podía gobernarse a sí mismo mediante leyes e instituciones, y no mediante la fuerza o la mera tradición.

También creía profundamente en la educación como fundamento de la democracia. Una ciudadanía informada, sostenía, era la única garante fiable de la libertad. Esta convicción le llevó a fundar la Universidad de Virginia, una de las primeras universidades modernas de Estados Unidos, concebida como un lugar donde el conocimiento sostuviera el gobierno republicano.

Igualmente, Jefferson temía la concentración del poder, que las grandes instituciones financieras, las élites arraigadas o los gobiernos demasiado lejanos acabaran erosionando la libertad republicana. Por ello, su filosofía política subrayaba la importancia del autogobierno local, la virtud cívica, la independencia de y la participación activa de los ciudadanos (propietarios) en la vida pública.

La propia arquitectura de Monticello refleja estos ideales. Su armonía clásica evoca las virtudes republicanas de la antigua Roma y el humanismo cívico de la Italia renacentista. Para Jefferson, la arquitectura no era meramente estética. Era también una forma de expresión política. Los edificios podían encarnar valores y transmitir principios. Podían recordar a los ciudadanos que el orden, el equilibrio y la razón constituían los fundamentos de una sociedad libre.

Democracia en constante desarrollo

Desde la colina de Monticello, Jefferson podía contemplar el paisaje de Virginia e imaginar una república de ciudadanos libres gobernándose a sí mismos. Esa visión, imperfectamente realizada y constantemente debatida, sigue siendo una de las ideas políticas más influyentes de la historia moderna.

A dos siglos de la muerte de Jefferson y doscientos cincuenta años de la declaración de independencia estadounidense, la república que él contribuyó a forjar sigue siendo la democracia constitucional continua más antigua del mundo moderno. Sus instituciones han sobrevivido a guerras civiles, crisis económicas y profundas transformaciones sociales, pero también han sido desafiadas repetidamente por las mismas contradicciones presentes en el nacimiento de la nación.

Jefferson supo ver que la democracia nunca estaría terminada:

El árbol de la libertad debe ser refrescado de vez en cuando con la sangre de patriotas y tiranos. Es su abono natural.

La frase no es tanto una llamada a la sublevación como el reconocimiento de que las instituciones libres requieren vigilancia constante y renovación.


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The Conversation

Santiago Iñiguez de Onzoño no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. La paradoja de Monticello: ideas de igualdad frente a una realidad de servidumbre – https://theconversation.com/la-paradoja-de-monticello-ideas-de-igualdad-frente-a-una-realidad-de-servidumbre-287385

Crisis de Ceuta: la narrativa de la “invasión” de migrantes pone en peligro el suministro alimentario y la economía de Europa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Diana Tung, Postdoctoral Researcher, FOODCIRCUITS, Universitat de Barcelona

Migrantes acampados en el exterior del puerto de Ceuta, 31 de julio de 2026. Colinmthompson/Shutterstock

En agosto de 2026, se desató una grave crisis humanitaria en Ceuta. Alrededor de 72 000 personas, en su mayoría hombres, entraron desde Marruecos en el transcurso de dos días. Más de un centenar se ahogaron al intentar cruzar al territorio español.

La gran mayoría de los migrantes regresó pronto a Marruecos, pero en la actualidad todavía quedan hasta 5 000 en la ciudad, muchos de ellos menores no acompañados atrapados en un limbo jurídico y político incierto.

En toda Europa, los políticos de extrema derecha han aprovechado la crisis humanitaria en Ceuta como una oportunidad para avivar el racismo y la xenofobia.

El partido de extrema derecha Vox está avivando los temores ante una “inmigración ilegal, descontrolada y desenfrenada”. La presidenta italiana, Giorgia Meloni, declaró desafiante en X que Italia no “cedería ni un milímetro en materia de inmigración ilegal” y suspendió los acuerdos de Schengen con España.

Esta actitud se refleja de forma más generalizada en el Parlamento Europeo. El Reglamento de Retorno de la UE –un sistema para “devolver” a los nacionales de terceros países, que incluye la detención de personas en centros extraterritoriales durante un máximo de dos años antes de deportarlas– se aprobó en junio. Fue recibida con aplausos y cánticos de “que se los lleven” por parte de los eurodiputados de extrema derecha.

Pero aunque el alarmismo contra los migrantes pueda dar buenos resultados en las urnas, a la larga también perjudicará a Europa. Las políticas migratorias severas no solo impactan en los migrantes y sus familias, sino que también se ha demostrado ampliamente que tienen efectos negativos en las economías nacionales y en la productividad, así como en la nutrición y la salud.




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Frente al discurso antiinmigración, datos: ¿por qué los inmigrantes son necesarios para las economías de EE. UU. y Europa?


Los migrantes alimentan a Europa

La tragedia de Ceuta fue notable por su alcance y magnitud, pero las circunstancias que la rodearon no lo fueron. Tanto en Europa como en el resto del mundo, los migrantes se están utilizando cada vez más como arma política, a pesar de que son ellos quienes sostienen las infraestructuras y las economías que constituyen la columna vertebral de la vida cotidiana y la salud.

Nuestro proyecto de investigación, titulado FOODCIRCUITS, rastrea los alimentos que se comercializan en Europa y Estados Unidos, con el fin de comprender más a fondo el papel y las experiencias de los trabajadores migrantes. Una de las ramas del proyecto se centra en las cadenas de suministro de cítricos españoles, de importancia mundial, y pone de relieve cómo los migrantes quedan ocultos a la vista en los sistemas transnacionales de producción, transporte y consumo de estas frutas.

Trabajadores agrícolas en los campos durante la cosecha
Trabajadores agrícolas en los campos durante la cosecha.
F Armstrong Photography/Shutterstock

Analizamos los movimientos (a menudo contradictorios) de personas y productos agrícolas por todo el mundo, así como las políticas que regulan la circulación, la legalidad y los derechos humanos y laborales. Gracias a un trabajo de campo original, a largo plazo e in situ, podemos aportar una perspectiva y un contexto muy necesarios a los debates actuales sobre la migración y las controversias que la rodean.

Numerosas investigaciones han demostrado que los trabajadores agrícolas de todo el mundo están expuestos de forma desproporcionada a condiciones de trabajo peligrosas. Los jornaleros que trabajan en situación informal o irregular se enfrentan a riesgos para la salud que se agravan y que conllevan una mayor exposición a lesiones y a la muerte.




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Como cuarto mayor productor agrícola de la UE y uno de los mayores productores de cítricos del mundo, España es muy consciente de su dependencia de los inmigrantes. Oficialmente, representan alrededor del 30 % del total de trabajadores agrícolas. Y un recuento insuficiente de los trabajadores indocumentados hace que esta cifra sea probablemente mucho mayor.

Desde los huertos de frutas de hueso de Lleida hasta los naranjales de Valencia y los extensos campos de fresas de Huelva, los trabajadores migrantes desempeñan un papel fundamental en el abastecimiento alimentario europeo. También son esenciales para el sector agrícola español, cuyo valor asciende a 43 900 millones de euros al año. En Europa, una de cada cuatro frutas frescas que se consumen se produce en España. Esta notable cifra solo es posible gracias al trabajo no reconocido de los jornaleros migrantes.

La regularización masiva en España

El programa especial de regularización de España, puesto en marcha a principios de este año, permitió que casi 1,2 millones de personas indocumentadas solicitaran la regularización y el derecho al trabajo. Esta medida contribuirá a frenar las condiciones laborales de explotación y a mejorar el acceso a la asistencia sanitaria y a otros servicios esenciales para la vida.

El número definitivo de solicitantes fue más del doble de las estimaciones iniciales. Esta demanda tan elevada de vías de regularización pone de manifiesto hasta qué punto los migrantes han quedado ocultos a la sociedad en general y cómo se da por sentado su trabajo.




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Aunque el programa exige que los solicitantes cumplan criterios estrictos, ha sido objeto de críticas por parte de grupos políticos populistas de derecha, que califican el número de solicitudes de “invasión migratoria”.

Otros países de la UE han llegado incluso a culpar al programa de regularización de la crisis de Ceuta, calificándolo de “factor de atracción” para los migrantes.

Pero desde Ceuta hasta la Península y el resto de Europa, los migrantes son habitualmente utilizados como chivos expiatorios, señalados erróneamente como la fuente de los problemas sociales y empleados para avivar los sentimientos xenófobos con fines políticos. Dado que las valiosas y esenciales contribuciones de los migrantes a la sociedad suelen pasar desapercibidas, debemos analizar con detenimiento y espíritu crítico cuándo y cómo se les empuja al primer plano del panorama informativo.

The Conversation

La investigación de Diana Tung en el marco del proyecto FOODCIRCUITS está financiada por la subvención n.º 101045424 del Consejo Europeo de Investigación.

La investigación de Seth M. Holmes en el marco del proyecto FOODCIRCUITS está financiada por la subvención n.º 101045424 del Consejo Europeo de Investigación.

– ref. Crisis de Ceuta: la narrativa de la “invasión” de migrantes pone en peligro el suministro alimentario y la economía de Europa – https://theconversation.com/crisis-de-ceuta-la-narrativa-de-la-invasion-de-migrantes-pone-en-peligro-el-suministro-alimentario-y-la-economia-de-europa-290457

De helipuertos a vertipuertos: el futuro de la movilidad aérea en las ciudades

Source: The Conversation – (in Spanish) – By C. Alejandro Di Bernardi, Profesor Máster en Gestión de Sistemas Aeronáuticos, Universidad Politécnica de Madrid (UPM); Universidad Nacional de la Plata

Cuando se habla de movilidad aérea urbana, la atención suele centrarse en los vehículos de despegue y aterrizaje vertical (Vertical Take-Off and Landing, VTOL). La versión eléctrica de estas aeronaves (eVTOL) promete introducir una nueva dimensión al transporte urbano mientras reducen los tiempos de viaje, los costos y el ruido generado.

Sin embargo, detrás de esta revolución tecnológica existe una pregunta mucho menos visible aunque igual de importante: ¿desde dónde despegarán y dónde aterrizarán estas máquinas?

La respuesta está en los vertipuertos, una infraestructura destinada a los vehículos eléctricos de despegue y aterrizaje vertical que jugará el mismo papel que los aeropuertos desempeñan para los aviones, los helipuertos para los helicópteros o las estaciones para los trenes.

No es un helipuerto adaptado

Aunque vertipuertos y helipuertos permiten operaciones de despegue y aterrizaje vertical, un vertipuerto no debe entenderse como un simple helipuerto adaptado. La propia Agencia Europea de Seguridad Aérea (EASA) fue, en marzo de 2022, el primer organismo regulador en publicar una serie de especificaciones técnicas para este tipo de infraestructuras.

En ese documento, la EASA plantea el vertipuerto como una instalación concebida para operar aeronaves eléctricas VTOL, incorporando áreas de embarque y desembarque, sistemas de recarga eléctrica, espacios de mantenimiento y conexiones con otros modos de transporte. También la Administración Federal de la Aviación estadounidense (FAA) ha seguido el mismo camino y ha establecido las directrices de ingeniería y diseño que deberán cumplir los vertipuertos para garantizar la seguridad de las operaciones.

Por otra parte, en la asamblea de la Organización de Aviación Civil Internacional (OACI), celebrada en otoño de 2025 se trató el tema de los eVTOL y las diversas cuestiones que están en discusión en torno a su desarrollo (instalaciones, normativa, formación de personal, etc.).

El desafío de la movilidad aérea avanzada ha venido para quedarse, y ya no consiste únicamente en desarrollar nuevas aeronaves, sino también en planificar, diseñar y construir las infraestructuras e instalaciones que permitan operarlas.

Un nuevo paradigma en movilidad urbana

La mayoría de las noticias sobre movilidad aérea avanzada se centran en los prototipos de aeronaves. Sin embargo, pocas veces se habla de las infraestructuras necesarias para que puedan prestar un servicio regular o a demanda. En este ámbito, la NASA viene desarrollando desde hace años numerosos programas de investigación sobre movilidad aérea avanzada (Advanced Air Mobility, AAM) en los que analiza cómo deberían distribuirse las redes de vertipuertos, cuáles serían las mejores ubicaciones dentro de las ciudades, cómo integrar estas operaciones con el resto del transporte y qué demanda podrían absorber en el futuro.

Los futuros vertipuertos podrían instalarse prácticamente en cualquier lado: sobre edificios, junto a estaciones ferroviarias, en aeropuertos, puertos, hospitales, centros logísticos o incluso lugares turísticos. Pero su función irá mucho más allá del simple despegue y aterrizaje: la idea es que se conviertan en nodos multimodales en el que confluyan distintos medios de transporte pasando a formar parte de un nuevo equipamiento urbano.

Por ejemplo, un pasajero podría llegar en metro, continuar el viaje en un eVTOL y completar el último tramo mediante un vehículo autónomo o un servicio de micromovilidad. Esta integración permitiría reducir los tiempos de viaje, mejorar la conectividad y aprovechar una dimensión del espacio urbano hasta ahora prácticamente inexplorada: el espacio aéreo de baja altura.

Como muestran los resultados, el éxito de la movilidad aérea urbana dependerá de una simbiosis entre la planificación de las infraestructuras y el desarrollo de las propias aeronaves.

Los grandes interrogantes de la próxima movilidad urbana

La implantación de vertipuertos exigirá responder a numerosas preguntas: ¿dónde ubicarlos?, ¿cómo minimizar el ruido?, ¿cómo garantizar la seguridad operacional?, ¿cómo integrarlos con el urbanismo existente?, ¿cómo gestionar un tráfico aéreo mucho más intenso sobre las ciudades?.

No es casual que tanto la agencia de seguridad aérea europea como la estadounidense (EASA y FAA) continúen actualizando sus documentos técnicos. Por su parte, la NASA sigue ampliando sus investigaciones antes de que las operaciones comerciales alcancen una escala significativa, y la aviación civil busca darle impulso a los eVTOL.

La historia demuestra que las grandes transformaciones del transporte nunca han dependido solo de los vehículos, sino también de las infraestructuras desde las que operan. Un claro ejemplo de ello es el desarrollo del Airbus A380, que obligó al rediseño de las infraestructuras aeroportuarias para la aviación comercial.

La movilidad aérea urbana seguirá el mismo camino. Cuando dentro de unos años veamos despegar taxis aéreos sobre nuestras ciudades, probablemente la verdadera innovación no serán las aeronaves, sino la infraestructura que hará posible su operación diaria. Los vertipuertos no serán simplemente la evolución de los helipuertos: serán la puerta de entrada a un nuevo sistema de transporte urbano.

Como dijo una vez William Gibson, novelista de ciencia ficción y padre del cyberpunk:

«El futuro ya está aquí; simplemente no está distribuido de manera uniforme».


Este artículo se publicó originalmente en la revista Telos, de la Fundación Telefónica.


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C. Alejandro Di Bernardi no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. De helipuertos a vertipuertos: el futuro de la movilidad aérea en las ciudades – https://theconversation.com/de-helipuertos-a-vertipuertos-el-futuro-de-la-movilidad-aerea-en-las-ciudades-290578

Cómo usar la IA para escribir mejor sin volvernos dependientes

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pedro Manuel Moreno-Marcos, Profesor Titular en el Departamento de Ingeniería Telemática de la Universidad Carlos III de Madrid, Universidad Carlos III

Andrii Zastrozhnov/Shutterstock

Hasta hace poco, la redacción era un proceso fundamentalmente manual que exigía una serie de habilidades concretas: ordenar ideas, desarrollar argumentos o sintetizar, elegir ejemplos y metáforas, organizar las ideas en oraciones y párrafos, darles a todos ellos una coherencia y un estilo. Cuanto mejor se nos dieran esas habilidades, o más las practicásemos, mejor sería la calidad de nuestra escritura.

Por ejemplo, para “bordar” una redacción en el instituto no bastaba con escribir lo primero que se nos viniera a la cabeza. Era necesario reflexionar sobre cómo redactar y revisar el texto varias veces para cumplir con una serie de criterios.

Hoy en día, aunque sigue existiendo el conjunto de criterios y las habilidades descritas siguen siendo importantes, perfeccionar una redacción ya no depende únicamente de la capacidad humana, porque cualquier estudiante tiene a su disposición numerosos programas de inteligencia artificial que pueden mejorar todo tipo de escritos en segundos. Incluso, permiten elaborar textos completos con tan solo una serie de indicaciones generales.

El riesgo de la dependencia cognitiva

La inteligencia artificial puede ser un salvavidas para quienes tienen dificultades con la redacción. Algunas herramientas detectan y corrigen errores lingüísticos con un alto grado de precisión. Además, estas se han ido especializando para ofrecer soluciones cada vez más complejas, como las retroalimentaciones personalizadas o la tutorización inteligente.

No obstante, algunos investigadores advierten de que un uso excesivo y continuado de estos programas puede generar dependencia. Como consecuencia, ha surgido un debate sobre el riesgo de atrofia cognitiva o la deuda cognitiva: es decir, el riesgo de dejar de ser capaces de realizar tareas sin ayuda de una máquina.




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Dicha dependencia podría disminuir el pensamiento crítico, reducir la creatividad o debilitar la memoria, o incluso mermar la capacidad para reflexionar sobre la escritura, algo que las herramientas aún no pueden lograr.

No evitar el esfuerzo

Las investigaciones sobre la atrofia cognitiva relacionada con el uso de la inteligencia artificial todavía son incipientes. No obstante, algunos estudios han identificado acciones concretas que podrían provocarla. Una de ellas es el hábito de delegar tareas que requieren un gran esfuerzo cognitivo, como estructurar ideas o razonar supuestos, a herramientas externas.

Dicha práctica se conoce como descarga cognitiva y surge del intento de reducir la carga mental asociada al proceso de escritura. Hay expertos que recomiendan hacer un uso controlado de los programas que apoyan la escritura.

¿Qué conviene hacer?

En primer lugar, para evitar la atrofia o deuda cognitiva, los expertos recomiendan realizar un pequeño esfuerzo antes de recurrir a la inteligencia artificial. Ante el “síndrome de la hoja en blanco” (la inseguridad e incomodidad que nos produce generar esas primeras líneas escritas), conviene dedicar unos minutos a analizar y desarrollar nuestras ideas propias. Este gesto activa nuestros procesos cognitivos, potencia nuestra creatividad y asegura la originalidad de nuestros escritos.

Por ejemplo, si queremos redactar un texto argumentativo, primero deberíamos identificar nuestra opinión acerca de un determinado tema. Para ello, sería útil anotar las ideas clave que queremos transmitir y crear un esquema general que nos ayude a estructurar el texto. Si nos saltamos estos pasos previos y dejamos que la IA escriba todo desde cero, reducimos nuestro esfuerzo mental y corremos el riesgo de depender cada vez más de ella.




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En segundo lugar, la inteligencia artificial debe actuar como un tutor, no como un autor. En vez de solicitarle que escriba un párrafo, es preferible utilizarla para obtener retroalimentaciones sobre aspectos concretos de los escritos. De este modo, se fomenta la reflexión sobre el proceso de escritura y se reduce el riesgo de dependencia.

Un tutor, no un autor

Un ejemplo de esta propuesta es la aplicación desarrollada en el proyecto de investigación PALABRIA. Esta detecta errores lingüísticos en textos de estudiantes y les proporciona retroalimentaciones útiles para mejorar sus habilidades de redacción. Además, incorpora indicadores de analítica del aprendizaje que permiten medir el progreso del alumno durante la escritura.

Así pues, la aplicación aprovecha las capacidades de la inteligencia artificial para fomentar el aprendizaje de la lengua escrita, en lugar de sustituir la redacción. Esta propuesta innovadora ha sido presentada en seminarios, congresos y jornadas internacionales. Y su arquitectura interna puede consultarse en la web del proyecto PALABRIA.

Por último, algunos autores recomiendan utilizar la inteligencia artificial únicamente para revisar textos ya terminados. Así, la tecnología no intervendría en los procesos creativos que requieren un mayor esfuerzo cognitivo. Por tanto, actuaría como un apoyo durante la fase final de revisión, pero no sustituiría las tareas intelectuales necesarias para escribir.

Mejorar la escritura sin volvernos dependientes

Las aplicaciones de inteligencia artificial pueden mejorar la calidad de nuestros textos, como ya se ha señalado en otros artículos. Estas ofrecen un amplio abanico de funciones que no solo facilitan la escritura, sino que fomentan el aprendizaje autónomo e incluso la reflexión gramatical.

No obstante, conviene entender sus limitaciones para utilizarlas adecuadamente y no perjudicar el pensamiento crítico. En ese sentido, son de gran relevancia eventos como las jornadas PALABRIA, que suponen un espacio de diálogo para repensar críticamente el uso de la IA.

Los consejos expuestos anteriormente, así como el ejemplo del proyecto PALABRIA, pueden servir de referencia para superar el riesgo de la atrofia cognitiva. Además, de aplicarlos, se evitaría también una dependencia perjudicial de la tecnología durante la escritura.

The Conversation

Pedro Manuel Moreno-Marcos recibe fondos del proyecto PALABRIA-CM-UC3M, financiado por la Comunidad de Madrid a través del convenio-subvención para el fomento y la promoción de la investigación y la transferencia de tecnología en la Universidad Carlos III de Madrid.

Daniel Fernández Artiaga recibe fondos del proyecto PALABRIA-CM-UC3M, financiado por la Comunidad de Madrid a través del convenio-subvención para el fomento y la promoción de la investigación y la transferencia de tecnología en la Universidad Carlos III de Madrid.

Marina Serrano-Marín recibe fondos del proyecto PALABRIA-CM-UC3M, financiado por la Comunidad de Madrid a través del convenio-subvención para el fomento y la promoción de la investigación y la transferencia de tecnología en la Universidad Carlos III de Madrid.

Pedro J. Muñoz-Merino recibe fondos del proyecto PALABRIA-CM-UC3M, financiado por la Comunidad de Madrid a través del convenio-subvención para el fomento y la promoción de la investigación y la transferencia de tecnología en la Universidad Carlos III de Madrid.

– ref. Cómo usar la IA para escribir mejor sin volvernos dependientes – https://theconversation.com/como-usar-la-ia-para-escribir-mejor-sin-volvernos-dependientes-286879

El telescopio Nancy Grace Roman despegará este domingo con una nueva mirada panorámica al universo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miguel Ángel Aloy, Catedrático de Astrofísica, Universitat de València

Simulación del Nancy Grace Roman en el espacio. NASA., CC BY

La NASA se prepara para lanzar esta semana uno de sus proyectos científicos más ambiciosos de las últimas décadas: el telescopio espacial Nancy Grace Roman. El despegue está previsto para el domingo 30 de agosto de 2026 a las 7:26 de la mañana, hora de Florida –las 13:26 en la España peninsular–, desde el complejo 39A del Centro Espacial Kennedy. Un cohete Falcon Heavy de SpaceX será el encargado de enviarlo al espacio.

El telescopio lleva el nombre de la primera jefa de Astronomía en la NASA, una de las principales impulsoras de la astronomía espacial estadounidense. Conocida frecuentemente como “la madre del Hubble”, Roman (1925-2018) desempeñó un papel fundamental en la planificación de los primeros grandes observatorios espaciales. La misión que ahora la homenajea aspira a continuar ese legado, aunque con una estrategia observacional diferente: en lugar de concentrarse en regiones muy pequeñas del cielo, observará áreas enormes con gran resolución y sensibilidad.

Nancy Grace Roman, la primera jefa de Astronomía de la NASA, a los 88 años, en 2015.
Wikimedia Commons., CC BY

Un objetivo ambicioso

El espejo principal de Roman tiene 2,4 metros de diámetro, aproximadamente el mismo tamaño que el del Hubble. Sin embargo, su principal instrumento, el Wide Field Instrument o WFI, es una cámara de unos 300 megapíxeles cuyo campo de visión es alrededor de cien veces mayor que el de las cámaras infrarrojas del Hubble.

Cada exposición podrá abarcar una región del cielo mayor que el tamaño aparente de la Luna llena, con una resolución comparable a la del veterano telescopio espacial. Gracias a esta combinación, Roman podrá cartografiar el universo hasta mil veces más deprisa que Hubble.

Tras separarse del cohete, el observatorio viajará hacia el punto de Lagrange L2 del sistema Sol-Tierra, situado a aproximadamente 1,5 millones de kilómetros de nuestro planeta. Roman compartirá así el entorno orbital del telescopio espacial James Webb, la misión Euclid de la Agencia Espacial Europea (ESA) y el observatorio ruso-alemán de rayos X Spektr-RG.

Esta región ofrece unas condiciones térmicas y geométricas especialmente favorables para realizar observaciones astronómicas estables y continuadas.

Energía y materia oscuras, en el punto de mira

Uno de sus objetivos estrella será investigar la energía oscura, el misterioso componente responsable de la expansión acelerada del universo. Aunque se estima que constituye alrededor de dos tercios del contenido energético del cosmos, su naturaleza continúa siendo desconocida.

Para ello, el telescopio estudiará la distribución de cientos de millones de galaxias, observará supernovas de tipo Ia –supernova que ocurre en sistemas binarios (sistemas de dos estrellas que orbitan entre sí) en los cuales una de las estrellas es una enana blanca– y analizará cómo la materia curva débilmente la luz procedente de galaxias lejanas. La comparación de estas mediciones permitirá reconstruir con gran precisión la historia de la expansión cósmica y comprobar si la energía oscura se comporta como una constante cosmológica o si sus propiedades han cambiado con el tiempo.

Sus observaciones también proporcionarán información sobre la materia oscura. Roman no podrá verla directamente, pero sí detectará sus efectos gravitatorios sobre las galaxias y sobre la luz que atraviesa las grandes estructuras del universo. La combinación de mapas profundos y extensos permitirá estudiar cómo se distribuye la materia oscura y cómo ha guiado la formación de galaxias y cúmulos galácticos.

Construcción del telescopio Nancy Grace Roman en la NASA.

Búsqueda de exoplanetas escurridizos

El segundo gran ámbito científico de la misión será la identificación de exoplanetas: buscará durante largos periodos en regiones densamente pobladas próximas al centro de la Vía Láctea, siguiendo el brillo de decenas de millones de estrellas.

Cuando una estrella o un planeta pasa casi exactamente por delante de otra estrella más distante, su gravedad actúa como una lente y amplifica temporalmente la luz del objeto del fondo. Este fenómeno, denominado microlente gravitatoria, permitirá al Roman descubrir planetas difíciles de detectar mediante otros métodos: mundos fríos, planetas alejados de sus estrellas e, incluso, cuerpos errantes que viajan por la galaxia sin estar ligados a ningún sistema planetario. La NASA espera que Roman encuentre alrededor de 2 500 planetas mediante esta técnica.

Alta tecnología óptica

Por otra parte, el observatorio incorpora un coronógrafo experimental, capaz de bloquear la luz de una estrella para revelar objetos mucho más tenues situados a su alrededor. Su propósito principal no será realizar un censo masivo de planetas, sino demostrar tecnologías de óptica de altísimo contraste que podrían utilizarse en futuras misiones destinadas a obtener imágenes de planetas similares a la Tierra.

El instrumento podrá fotografiar grandes exoplanetas y discos de polvo con un nivel de detalle hasta mil veces superior al alcanzado anteriormente desde el espacio.

Este nuevo lanzamiento complementará, por tanto, a los otros grandes observatorios. Mientras que James Webb puede estudiar con extraordinario detalle objetos individuales, Roman permitirá descubrir y clasificar poblaciones enteras de galaxias, estrellas y planetas. Sus enormes cartografías identificarán innumerables objetivos que posteriormente podrán ser examinados con Webb, Hubble y telescopios terrestres como el Observatorio Vera C. Rubin, en Chile.

Asimismo, aunque no es uno de sus grandes objetivos científicos, también contribuirá al estudio de objetos compactos. Mediante microlentes gravitatorias, podrá detectar y medir agujeros negros y estrellas de neutrones aislados. Al mismo tiempo, sus observaciones repetidas del cielo permitirán identificar fusiones de estrellas de neutrones, disrupciones de estrellas por agujeros negros y la actividad de agujeros negros supermasivos.

Un volumen de datos sin precedentes

Está previsto que l misión principal dure cinco años, con la posibilidad de prolongarla otros cinco. Durante ese tiempo, podría medir la luz de más de mil millones de galaxias y generar un volumen de datos sin precedentes para una misión astrofísica de la NASA. Su legado no dependerá únicamente de las preguntas para las que ha sido diseñado. Como sucedió con Hubble, es probable que muchos de sus descubrimientos más importantes surjan de fenómenos que todavía no hemos imaginado.

Por eso, su lanzamiento no representa simplemente la incorporación de otro telescopio al espacio. Supone un cambio de escala: combinar la nitidez de un gran observatorio espacial con una visión panorámica del cielo.

Si Hubble nos enseñó a contemplar el universo en profundidad, Roman promete mostrarnos, con un detalle semejante, su inmensidad.

The Conversation

Miguel Ángel Aloy no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El telescopio Nancy Grace Roman despegará este domingo con una nueva mirada panorámica al universo – https://theconversation.com/el-telescopio-nancy-grace-roman-despegara-este-domingo-con-una-nueva-mirada-panoramica-al-universo-290561

Un Mediterráneo más cálido no crea las tormentas, pero las intensifica

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos Calvo Sancho, Investigador Postdoctoral, Centro de Investigaciones sobre Desertificación (CIDE; CSIC-UV-GVA), Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC)

Nubes de tormenta en Alicante. Marinissim/Shutterstock

El 24 de agosto, el nordeste peninsular volvió a mirar al cielo. AEMET activó avisos naranjas ante el riesgo de lluvias que podían acumular hasta 30 milímetros en una hora, rachas de viento muy fuertes y la posibilidad de granizo de más de cinco centímetros, que se cumplió en diferentes puntos de Aragón y Cataluña.

Al mismo tiempo, el Mediterráneo occidental encara el final del verano tras registrar temperaturas superficiales récord para un mes de julio y mantener una intensa ola de calor marina durante agosto. Un análisis rápido de atribución, aún pendiente de revisión por pares, estima que el calentamiento global de origen humano añadió unos 2 ºC a esta ola de calor marina.

La coincidencia invita a una pregunta inevitable: ¿está el cambio climático volviendo más violentas las tormentas en España? La respuesta breve es que está cargando el escenario con más combustible, pero no enciende por sí solo cada tormenta.

El combustible y la cerilla

Para que se forme una tormenta intensa (en términos técnicos: “convección profunda organizada”) deben coincidir varios ingredientes: aire húmedo en capas bajas, un divergencia en altura que favorezca su ascenso, inestabilidad y, para que se organice, suficiente cizalladura (es decir, cambio de la magnitud o dirección del viento con la altura). La compleja orografía de la Península y las convergencias locales también pueden proporcionar el empujón inicial.

Un Mediterráneo muy cálido no sustituye ninguno de esos mecanismos: únicamente ayuda a incrementar la humedad en capas bajas y la inestabilidad. Pero cuando el viento conecta el mar con la tormenta, puede aportar más vapor y energía. Además, por cada grado de calentamiento, la atmósfera puede contener alrededor de un 7 % más de vapor de agua. Las corrientes ascendentes y la liberación de calor dentro de la nube pueden amplificar todavía más la lluvia y la formación de granizo y de rachas de viento muy fuertes.

El mar cálido es, por tanto, combustible potencial; pero la configuración atmosférica sigue siendo la cerilla.

Tres tormentas bajo la lupa

En los últimos años, el Mediterráneo occidental ha registrado varios episodios convectivos extremos. Tres de ellos destacan por haber sido analizados mediante estudios de atribución, es decir, que investigan su relación con el cambio climático. Nos referimos al derecho –fuertes vientos en línea recta durante varias horas y recorriendo centenares de kilómetros– y el granizo gigante que cayó en Girona en 2022 y la dana de Valencia de 2024. Estos trabajos plantean una pregunta sencilla: ¿qué habría pasado con la misma situación atmosférica en un clima preindustrial? Si el fenómeno no llega a desarrollarse, el cambio climático fue decisivo; si aparece, pero es menos intenso u organizado, podemos medir cuánto lo reforzó.

Un ejemplo fue el derecho mediterráneo del 18 de agosto de 2022: un sistema convectivo muy extenso y duradero que dejó rachas de viento de hasta 224 kilómetros por hora en Córcega. Su estudio mostró que, al enfriar tres grados la superficie del mar, el sistema perdía organización, intensidad y persistencia. Por otro lado, en un clima preindustrial, el derecho no hubiera llegado a formarse, siendo el primer trabajo que evidencia que el cambio climático puede “formar” eventos convectivos extremos.

Doce días después, una supercélula produjo en La Bisbal d’Empordà (Girona) piedras de granizo de hasta 12 centímetros. En un estudio que colideré, comprobamos que la ola de calor marina –con una anomalía media de más de 3 ºC en una ventana de tres semanas– reforzó la inestabilidad. Sin aquella ola de calor y bajo condiciones preindustriales, la tormenta aún podía formarse, pero el entorno era menos propicio para desarrollar granizo gigante.

El tercer caso es la dana de Valencia del 29 de octubre de 2024. En una investigación que he liderado, simulaciones a un kilómetro de resolución indican que el calentamiento antropogénico aumentó un 21 % la lluvia acumulada en seis horas, un 55 % la superficie que superó los 180 milímetros y un 19 % el volumen precipitado en la cuenca del Júcar. Además, comprobamos que el calentamiento global amplificó la dinámica interna de la tormenta. El cambio climático no originó la tormenta, pero agravó sus efectos.




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Esquema de los cambios producidos por el cambio climático antropogénico en la dana en Valencia el 29 de octubre de 2024
Esquema de los cambios producidos por el cambio climático antropogénico en la tormenta que produjo las inundaciones en Valencia el 29 de octubre de 2024: aumento de le evapotranspiración en el mar, el flujo de vapor, el calentamiento del aire y las corrientes de ascenso. Todo ello provocó precipitaciones más intensas.
Calvo-Sancho et al. (2026)

¿Habrá más tormentas?

Estos resultados no permiten afirmar que las tormentas mediterráneas sean ahora más frecuentes. Las series de observaciones de granizo y viento convectivo son cortas e irregulares, y estos fenómenos son muy pequeños para muchos modelos climáticos.

Sí sabemos que la región mediterránea puede volverse más seca en promedio y, a la vez, sufrir aguaceros más intensos cuando coincidan los ingredientes. El granizo presenta una dicotomía: una mayor inestabilidad favorece corrientes ascendentes capaces de sostener piedras grandes, mientras que un nivel de enfriamiento más alto puede derretir más granizo pequeño.

Tampoco está claro que las danas vayan a aumentar su frecuencia, pero las que se formen pueden encontrar una atmósfera más húmeda y un mar más cálido. Es decir, con mayor potencial para desarrollar eventos convectivos extremos.

Por eso, de las tormentas de finales de este mes de agosto podemos decir que coinciden con un Mediterráneo excepcionalmente cálido y que éste puede suministrar humedad adicional. Cuánto las ha reforzado solo podrá saberse con un análisis robusto con observaciones y simulaciones de alta resolución.

Del peligro al desastre

La meteorología tampoco actúa sola. Las consecuencias de una tormenta dependen de dónde cae la lluvia, del relieve, de la ocupación de barrancos y zonas inundables, del estado del suelo, de los avisos y de la exposición de la población.




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Un Mediterráneo con mayor carga calorífica no es el único culpable de cada tormenta, pero tampoco un espectador inocente. El depósito de combustible contiene cada vez más energía y de mejor calidad; la atmósfera decide cuándo salta la chispa. Estos días lo hemos visto en el nordeste peninsular: el Mediterráneo no está para bromas y prepararnos para sus consecuencias depende de nosotros.

The Conversation

Carlos Calvo Sancho recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades en el marco del contrato Juan de la Cierva (JDC2024-055355-I). También agradece a la Generalitat Valenciana por el apoyo en el proyecto PROMETEO para Grupos de Investigación de Excelencia (GVA-CIPROM/2023/38) y al Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades en el proyecto CONSCIENCE (PID2023-146344OB-I00).

– ref. Un Mediterráneo más cálido no crea las tormentas, pero las intensifica – https://theconversation.com/un-mediterraneo-mas-calido-no-crea-las-tormentas-pero-las-intensifica-290547

Demanda masiva contra Meta por su riesgo para la salud mental: ¿de quién es la responsabilidad?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Teresa Bobes Bascarán, Profesora asociada en Ciencias de la Salud, Universidad de Oviedo · Psicóloga clínica, SESPA · Investigadora en salud mental (CIBERSAM, ISPA, INEUROPA), Universidad de Oviedo

Jose Luis Carrascosa/Shutterstock

El paisaje que la tecnología dibuja para los adolescentes cabe en un bolsillo. Los acompaña al despertarse, en el instituto, mientras comen, cuando están solos y, demasiadas veces, hasta el momento de dormir. Pero no es un paisaje pasivo. También observa qué miran, registra dónde se detienen, aprende qué despierta su interés y decide qué mostrarles a continuación. Por eso, quizá llevemos demasiado tiempo haciendo una pregunta demasiado sencilla: ¿cuántas horas pasan nuestros adolescentes delante de una pantalla? Tal vez sea el momento de empezar a plantearnos qué responsabilidad tienen quienes diseñan esa pantalla para que resulte tan difícil de abandonar.

Meta, ante los tribunales

La cuestión ha dejado de ser exclusivamente científica o educativa. La semana pasada daba comienzo un juicio histórico por la demanda de veintinueve estados de Estados Unidos contra Meta, propietaria de Instagram y Facebook. La acusación sostiene que algunas características de sus plataformas fueron deliberadamente diseñadas para aumentar el tiempo que niños y adolescentes permanecen en ellas, explotando vulnerabilidades propias de su desarrollo y anteponiendo el beneficio económico a su bienestar.

Meta rechaza estas acusaciones y serán los tribunales quienes determinen si existe responsabilidad jurídica.

Sin embargo, el caso plantea una cuestión que trasciende a una empresa y a Estados Unidos. Durante años, hemos situado buena parte de la responsabilidad sobre el propio adolescente y su familia: limitar el móvil, controlar horarios, supervisar contenidos, educar en un uso responsable. Todo ello sigue siendo necesario, aunque parece que es solo una parte de la solución.

Las redes sociales no son una enfermedad

La evidencia científica disponible no permite afirmar que utilizar redes sociales provoque necesariamente depresión, ansiedad o problemas de salud mental. Una revisión sistemática y metaanálisis publicada en JAMA Pediatrics, que reunió 143 estudios y más de un millón de adolescentes, encontró asociaciones entre el uso de redes sociales y síntomas internalizantes –problemas psicológicos y emocionales que una persona dirige hacia su propio mundo interior en lugar de manifestarlos de forma externa–, aunque de magnitud pequeña.

Por otro lado, gran parte de la investigación disponible es observacional. Esto hace difícil determinar la dirección de la relación. Un adolescente puede sentirse peor como consecuencia de determinadas experiencias en redes sociales, pero también puede abusar de estas porque se siente solo, ansioso o deprimido. Y ambas cosas pueden retroalimentarse.

Una revisión reciente que integra decenas de revisiones previas refuerza precisamente esta idea: las relaciones entre el uso general de redes sociales y la salud mental son débiles e inconsistentes, mientras que las asociaciones son más claras cuando hablamos de uso problemático.

No importa solamente cuánto, sino cómo

No es lo mismo utilizar Instagram para hablar con amigos que pasar horas comparando el propio cuerpo con imágenes cuidadosamente seleccionadas o modificadas. Tampoco es equivalente buscar voluntariamente información sobre un problema a recibir de forma repetida contenidos similares porque un algoritmo ha aprendido que consiguen mantener nuestra atención. Esto adquiere especial relevancia cuando hablamos de autolesiones o conducta suicida.

Una revisión sistemática publicada en Clinical Psychology Review encontró algo especialmente interesante: la frecuencia general de uso de redes sociales no se relacionaba por sí sola con pensamientos y conductas autolesivas. Sí aparecían asociaciones, en cambio, con experiencias digitales específicas como la cibervictimización –daño, abuso o delito que sufre una persona a través de internet, el teléfono móvil o las redes sociales–, el uso problemático o la exposición e interacción con contenidos relacionados con autolesiones y suicidio.

Un cerebro adolescente frente a una tecnología adulta

La adolescencia es una etapa especialmente sensible al reconocimiento social, la comparación con los iguales, la aceptación y la necesidad de pertenencia. No se trata de una debilidad ni de una patología. Es desarrollo humano normal. Pero precisamente por eso algunas características del diseño digital merecen especial atención.

En este escenario, el desplazamiento o scroll infinito, la reproducción automática, las notificaciones, los contadores de “me gusta” o los sistemas personalizados de recomendación no aparecieron espontáneamente. Son decisiones de diseño. Detrás de ellas, existen sistemas extraordinariamente sofisticados capaces de aprender continuamente de nuestro comportamiento.

Además, no todos los adolescentes parten del mismo lugar. El impacto puede variar según la edad, el estado emocional previo, la autoestima, las experiencias de acoso, el aislamiento, la calidad de las relaciones familiares, el sueño o los contenidos consumidos.

Más allá de los que puede hacer la familia

Durante años, hemos explicado a las familias que deben establecer límites. Que el móvil no debería dormir junto al adolescente. Que deben supervisar contenidos, favorecer actividades presenciales, cuidar el sueño y enseñar pensamiento crítico. Son recomendaciones razonables. Pero existe cierta desproporción en pedir a una familia que, desde el salón de su casa, contrarreste por sí sola sistemas desarrollados por algunas de las mayores compañías tecnológicas del mundo, capaces de analizar millones de interacciones y aprender qué consigue que cada usuario permanezca unos minutos más conectado.

Aquí aparece el verdadero cambio que plantea el caso Meta. La responsabilidad no puede analizarse únicamente desde el comportamiento de quien utiliza el producto. Sobre todo, debemos cuestionar la intención de quien lo diseña.

Europa también se lo está preguntando

Esta discusión no queda al otro lado del Atlántico. La Ley de Servicios Digitales de la Unión Europea establece obligaciones específicas para proteger a los menores en las plataformas digitales. La Comisión Europea ha puesto el foco en cuestiones como los sistemas de recomendación, determinados diseños potencialmente adictivos, el ciberacoso, la exposición a contenidos perjudiciales, la privacidad por defecto y los mecanismos de comprobación de edad.

De hecho, a comienzos de este año 2026, la Comisión Europea ha abierto casos específicos contra Meta, TikTok y Shein por presuntamente infringir la Ley de Servicios Digitales mediante el uso de interfaces de diseño adictivo.

El debate empieza así a desplazarse desde una perspectiva exclusivamente individual hacia otra más amplia: la arquitectura del propio entorno digital. Y, probablemente, ahí esté una de las claves de los próximos años.

Porque proteger a los adolescentes no significa negarles autonomía ni convertir cualquier riesgo en una prohibición. Significa repartir razonablemente las responsabilidades entre quienes utilizan la tecnología, quienes acompañan y educan y quienes obtienen beneficios diseñándola. Educar a nuestros menores para utilizar responsablemente las redes es imprescindible. Exigir responsabilidad a quienes las diseñan, también.

The Conversation

Teresa Bobes Bascarán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Demanda masiva contra Meta por su riesgo para la salud mental: ¿de quién es la responsabilidad? – https://theconversation.com/demanda-masiva-contra-meta-por-su-riesgo-para-la-salud-mental-de-quien-es-la-responsabilidad-290390

Cancer : quand des cellules résistent à leur mort programmée et favorisent le développement des tumeurs

Source: The Conversation – in French – By Abdel Aouacheria, Biologiste, chargé de recherches au CNRS, spécialiste de la vie et de la mort des cellules, Université de Montpellier

La mort programmée, ou apoptose, est un processus clé du bon fonctionnement des cellules. De manière paradoxale, c’est quand ce processus se dérègle, quand certaines cellules se caractérisent par une « non mort », que les cancers peuvent se développer et mettre en jeu le pronostic vital.

Abdel Aouacheria (Université de Montpellier) décrypte ces processus tumoraux dans un chapitre de la Mort, architecte du vivant, aux éditions Belin. Il raconte aussi les stratégies thérapeutiques à l’œuvre pour empêcher ces cellules de devenir « immortelles ».


Si la mort cellulaire programmée est indispensable au bon fonctionnement du vivant, elle peut aussi devenir son ennemie. Trop peu de mort, et les cellules s’accumulent anarchiquement : c’est le cancer. Trop de mort, et les tissus s’atrophient, comme dans les maladies dégénératives.

Une mort cellulaire aberrante peut perturber le développement embryonnaire, fragiliser l’immunité, altérer la fertilité ou nuire aux fonctions cognitives. Les cellules ne meurent plus pour laisser place au neuf ; elles s’éteignent massivement ou, à l’inverse, persistent effrontément quand elles devraient disparaître, compromettant ainsi les fonctions essentielles des tissus et des organes.

Le même processus, qui dans un cadre physiologique vise à promouvoir l’intégration et l’harmonie, peut, dans un autre contexte, revêtir un tout autre visage, mortifère, et conduire à des pathologies graves, voire provoquer la mort de l’organisme tout entier.

Cancer : quand la mort cellulaire est en panne

Selon les données du CépiDe (le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès) de l’Inserm, les cancers constituent la première cause de mortalité en France, représentant environ un quart des décès en 2023.

Parmi les plus meurtriers figurent les cancers du poumon, du côlonrectum, de la prostate et du pancréas.

Mais quel rôle joue exactement la mort cellulaire dans cette hécatombe biologique ? Quels sont les liens entre cancers et mort cellulaire ?

La cancérisation est une dérive cellulaire progressive, multifactorielle, marquée par une succession d’étapes. D’abord, l’initiation, où une mutation génétique irréversible altère un gène clé (un oncogène ou un gène suppresseur de tumeur), souvent sous l’effet d’un agent mutagène, comme certaines substances chimiques ou des radiations.

Puis vient la promotion, phase au cours de laquelle les cellules mutées prolifèrent de manière excessive sous l’influence de signaux environnementaux ou hormonaux, favorisant l’accumulation de clones déviants.

Enfin, la progression correspond à l’accumulation d’anomalies additionnelles qui dotent les cellules transformées de nouveaux pouvoirs, tels qu’envahir les tissus, échapper à l’immunité et coloniser d’autres organes après avoir formé des métastases.

Des cellules incapables de mourir quand il le faudrait

Dans une synthèse remarquable publiée en 2000, puis mise à jour dix ans plus tard, deux médecins californiens, Douglas Hanahan et Robert Weinberg, ont formalisé les caractéristiques fondamentales des cellules cancéreuses. Parmi les « signes distinctifs du cancer », on trouve sans surprise la résistance à la mort cellulaire programmée.

Le constat que font ces auteurs est sans appel :

« La capacité des populations de cellules tumorales à se multiplier est déterminée non seulement par le taux de prolifération cellulaire, mais aussi par le taux d’attrition des cellules. La mort cellulaire programmée –­l’apoptose – représente une source majeure de cette attrition. Les preuves s’accumulent, principalement à partir d’études sur des modèles de souris et des cellules cultivées, ainsi qu’à partir d’analyses descriptives de biopsies à différentes étapes de la carcinogenèse humaine, que la résistance acquise à l’apoptose est une caractéristique de la plupart des types de cancers, voire de tous les types de cancers. »

À l’échelle cellulaire, la résistance à la mort favorise la survie de cellules présentant des altérations génétiques majeures, promouvant ainsi l’instabilité génomique, qui est un moteur clé de la carcinogenèse. Ce défaut d’élimination alimente une spirale de mutations, favorise la sélection de clones de plus en plus agressifs et booste le potentiel invasif de la tumeur. Ce n’est donc pas seulement la multiplication anarchique des cellules qui caractérise le cancer, mais aussi leur incapacité à mourir quand il le faudrait.

La tumeur résiste aux signaux de mort et façonne son environnement

La résistance à l’apoptose est par ailleurs étroitement liée à la plasticité cellulaire. De nombreuses cellules cancéreuses subissent une transformation (la transition épithélio-mésenchymateuse, ou EMT), qui les rend plus mobiles et invasives, mais aussi moins sensibles aux signaux de mort. Ces cellules acquièrent notamment une tolérance au stress oxydatif, ce qui leur permet de survivre dans des environnements tissulaires hostiles.

Simultanément, la tumeur façonne son microenvironnement. Elle stimule l’angiogenèse, c’est-à‑dire la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, pour s’assurer un apport constant en oxygène et en nutriments. Elle sécrète également des cytokines inflammatoires qui contribuent à créer un milieu favorable à sa propre croissance. La résistance à la mort cellulaire s’inscrit dans toute une dynamique d’adaptations cellulaires, métaboliques et immunologiques.

Des métastases favorisées aussi par l’arrêt de la mort cellulaire

Ce blocage de l’apoptose (cette mort cellulaire qui sculpte nos tissus, ndlr) joue aussi un rôle central dans la dissémination métastatique. Pour quitter leur site d’origine et coloniser d’autres organes, les cellules tumorales doivent résister aux forces mécaniques des tissus qu’elles traversent, mais aussi échapper aux défenses immunitaires. Or, elles y parviennent en partie en détournant l’action des lymphocytes T cytotoxiques, ces cellules du système immunitaire chargées de traquer et de détruire les cellules anormales.

Pour ce faire, les tumeurs surexpriment des molécules inhibitrices telles que PD-L1 (programmed deathligand 1), qui se lie au récepteur PD-1 (programmed death-1) présent à la surface des lymphocytes T, les désactivant et court-circuitant ainsi la réponse immunitaire.

Traiter les cancers en réactivant l’apoptose

Ce mécanisme d’évasion a ouvert la voie à des thérapies innovantes, utilisant des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (comme les anticorps anti-PD-1), qui permettent de restaurer la capacité des lymphocytes à reconnaître et détruire les cellules tumorales. Ces traitements ont révolutionné le pronostic de certains cancers jusqu’alors très résistants, en redonnant au système immunitaire les moyens de faire son travail.

De façon générale, la plupart des traitements anticancéreux visent à réactiver les voies de mort cellulaire dans les tumeurs, qu’il s’agisse de chimiothérapies, de radiothérapies ou de thérapies ciblées. Mais là encore, la plasticité des cellules cancéreuses complique la tâche. Lorsque les mécanismes d’autodestruction sont gravement altérés, les traitements deviennent inefficaces.

Des voies de survie comme PIK/AKT (une voie de signalisation qui joue un rôle dans la croissance, la prolifération et la survie cellulaire, ndlr) ou NF-KB (une famille de protéines impliquées dans la réponse immunitaire, ndlr), souvent hyperactivées dans les cancers, permettent aux cellules tumorales de contourner les effets cytotoxiques des thérapies. Cet exemple illustre la manière dont les cellules tumorales manipulent activement les voies de la mort cellulaire pour assurer leur propre survie.

Les cellules cancéreuses, des entités « quasi immortelles »

Le cancer, en plus d’échapper aux signaux létaux, subvertit également les voies de survie, car la résistance à la mort cellulaire confère un avantage sélectif aux cellules tumorales. Cette résistance fait des cellules cancéreuses des entités « quasi immortelles », capables de se multiplier sans frein en échappant aux mécanismes normaux de contrôle, de remodeler leur environnement et de survivre loin de leur territoire d’origine.

C’est cette aptitude à persister envers et contre tout qui fait du cancer non seulement une maladie de la prolifération, mais aussi une maladie de la « non-mort » cellulaire qui, paradoxalement, peut finir par provoquer la mort de l’organisme. Au fond, tout cancer est voué à scier la branche sur laquelle il se trouve…

The Conversation

Abdel Aouacheria est membre fondateur de la Chaire Reliance en complexité (de la Fondation de l’Université de Montpellier) et de la Chaire Unesco Complexité, consacrées à la pensée complexe d’Edgar Morin.
Il bénéficie d’un financement de l’ANR (projet MitoDanger ANR-24-CE34-1332).

– ref. Cancer : quand des cellules résistent à leur mort programmée et favorisent le développement des tumeurs – https://theconversation.com/cancer-quand-des-cellules-resistent-a-leur-mort-programmee-et-favorisent-le-developpement-des-tumeurs-290222