Sénégal : l’autorité de régulation de l’audiovisuel est indépendante mais sous influence

Source: The Conversation – in French – By Layiré Diop, Professseur de communication, Francis Marion University

L’année 1990 marque le début d’une nouvelle ère de démocratisation en Afrique. Lors du Sommet de La Baule, la France conditionne son aide publique au développement à la tenue d’élections libres et à la promotion des libertés publiques, notamment celle de la presse. Dans ce contexte, les États africains sont encouragés à créer des organes de régulation indépendants pour encadrer les médias et garantir le pluralisme. Le Sénégal s’inscrit dans cette dynamique : le Haut conseil de la radiotélévision (HCRT) est institué en 1991, devient Haut conseil de l’audiovisuel (HCA) en 1998, puis Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) en 2006, afin d’accompagner la libéralisation du paysage médiatique national.

Depuis sa création, le CNRA se trouve au cœur de débats récurrents sur son indépendance réelle. Il est souvent accusé d’être un instrument du pouvoir politique plutôt qu’un arbitre neutre. Notre étude, fondée sur 18 entretiens avec des acteurs du secteur, dont des journalistes, des anciens régulateurs et des responsables de médias, met en lumière une volonté persistante de “contrôle” de la part de l’État, révélant un phénomène d’instrumentalisation institutionnelle.

Une tare congénitale

Dès l’origine, le CNRA a été conçu avec des pouvoirs limités. Plusieurs anciens responsables estiment que les autorités politiques ont toujours refusé de lui transférer de réelles prérogatives, craignant de perdre le contrôle d’un secteur jugé stratégique pour la stabilité du régime.

Les premiers projets de loi des années 1990 prévoyaient un organe fort, capable d’attribuer les licences et de définir les cahiers des charges. Ces dispositions ont été supprimées au profit d’un modèle plus répressif, placé sous la tutelle du ministère de la Communication. Cette logique de contrôle s’est traduite par la nomination de magistrats à la tête de l’institution, censés incarner la rigueur mais aussi la loyauté envers le pouvoir.

Certains membres qui avaient publiquement dénoncé l’ingérence religieuse dans la vie politique ont été écartés, confirmant la difficulté du CNRA à exercer un contre-pouvoir effectif. En somme, l’institution porte dans son ADN cette tare congénitale : être juridiquement indépendante mais politiquement dépendante.

Des nominations contestées

Bien que la loi reconnaisse au CNRA le statut d’autorité administrative indépendante, la procédure de désignation de ses membres soulève de nombreuses interrogations. En effet, tous les membres sont nommés par le chef de l’État, sans consultation obligatoire des associations professionnelles ou de la société civile. Ce mode de nomination, très centralisé, nourrit soupçons et critiques quant à la véritable autonomie du Conseil.

Durant le mandat 2012-2018, un journaliste nommé président du CNRA a choisi lui-même les membres du Conseil, suscitant la réprobation du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS). Pour de nombreux observateurs, une telle configuration crée une relation de dépendance : la personne nommée se trouve implicitement redevable envers le pouvoir exécutif. D’autres reconnaissent toutefois que certains présidents ont fait preuve d’intégrité personnelle et ont tenté de maintenir une distance avec les pressions politiques.

La loi de 2006 a pourtant prévu plusieurs garanties pour protéger cette indépendance : un mandat unique de six ans, l’immunité pour les actes accomplis dans l’exercice des fonctions, ainsi que l’interdiction de cumuler un mandat électif ou d’exercer dans une entreprise médiatique. Mais ces garde-fous juridiques restent insuffisants pour compenser le déséquilibre initial créé par la mainmise présidentielle sur les nominations.

Pouvoirs et moyens limités

Les limites du CNRA ne tiennent pas seulement à son mode de nomination, mais aussi à la faiblesse de ses compétences et de ses ressources. L’institution ne participe pas à l’attribution des fréquences, prérogative confiée à l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARTP). Ce processus demeure opaque et fortement influencé par la présidence de la République, ce qui alimente la méfiance du secteur.

De plus, le CNRA n’intervient pas dans la nomination des dirigeants du service public de l’audiovisuel, contrairement à ce qui se pratique dans d’autres pays africains comme le Bénin ou dans des démocraties établies comme la France. Son pouvoir de sanction reste également symbolique : il peut formuler des mises en demeure ou des avertissements, mais il ne peut ni suspendre un programme, ni retirer une fréquence, ni interrompre un signal.

Les contraintes budgétaires aggravent ces faiblesses structurelles. Avec un budget annuel d’environ 280 millions de francs CFA et un effectif limité à 29 agents, le CNRA dispose de moyens humains et matériels très restreints. Son action est concentrée à Dakar, sans présence effective dans les régions. Par ailleurs, il ne dispose d’aucune compétence explicite sur la régulation des contenus diffusés sur Internet, alors que les médias numériques occupent une place croissante dans l’espace public.

Une indépendance à consolider

Dans ces conditions, l’indépendance du CNRA apparaît largement théorique. Le mode de nomination des membres, l’absence d’ancrage constitutionnel, la faiblesse de ses moyens et l’exclusion de la société civile du processus de décision renforcent la perception d’un organe sous tutelle politique. La création du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie (Cored), organe d’autorégulation mis en place par les journalistes, illustre cette défiance croissante du milieu professionnel envers le régulateur officiel.

Les conséquences de cette situation sont notables pour la qualité démocratique du pays. Lors de l’élection présidentielle de 2019, la mission d’observation de l’Union européenne a reproché au CNRA son manque de réactivité face aux déséquilibres de traitement entre les candidats dans les médias publics et privés. Plus récemment, la publication de la liste des nouveaux membres du Conseil, en décembre 2024, a suscité de vives critiques en raison de l’affiliation politique supposée de plusieurs d’entre eux.

Face à cette crise de légitimité, de nombreux acteurs plaident pour l’opérationnalisation de la Haute autorité de régulation de la communication audiovisuelle (HARCA), prévue par le Code de la presse de 2017 mais jamais mise en œuvre. Une telle institution pourrait permettre de refonder la régulation sur des bases plus transparentes, en prévoyant une désignation pluraliste, un mandat véritablement inamovible et une autonomie financière garantie.

Autant de conditions nécessaires pour donner corps à une indépendance encore fragile et restaurer la crédibilité d’un régulateur souvent perçu comme un géant aux pieds d’argile.

The Conversation

Layiré Diop does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

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Silence en Tanzanie, bruit à Madagascar : comment deux crises opposées racontent la même histoire

Source: The Conversation – in French – By Fabrice Lollia, Docteur en sciences de l’information et de la communication, chercheur associé laboratoire DICEN Ile de France, Université Gustave Eiffel

En 2025 deux pays d’Afrique et de l’océan Indien ont été secoués par des crises politiques d’ampleur. La Tanzanie, à la suite d’élections controversées, et Madagascar, confrontée à une crise socio-économique qui s’est rapidement muée en contestation politique diffuse.

Ces deux crises n’ont ni la même origine ni le même déroulement. Pour autant, en les observant à travers la perspective des sciences de l’information et de la communication (SIC), le même schéma apparaît avec une rupture dans la médiation institutionnelle, une circulation désordonnée de l’information, une montée rapide des récits concurrents et en défintive un affaiblissement profond de la confiance publique.

Cette comparaison n’a pas pour objectif d’uniformiser des réalités différentes mais plutôt d’éclairer ce que ces crises révèlent d’un moment commun en Afrique de l’Est où la communication publique, les technologies numériques et la gouvernance sécuritaire deviennent indissociables.

Chercheur en sciences de l’information et de la communication, je suis spécialiste des dynamiques de crise, de sécurité et des technologies numériques. J’en propose une analyse info-communicationnelle.

Tanzanie : de la coupure d’internet au vide informationnel

Le 29 octobre 2025, la réélection de la présidente Samia Suluhu Hassan avec près de 98 % des voix a immédiatement suscité des interrogations. Le principal parti d’opposition, Chadema, affaibli par les arrestations de plusieurs de ses responsables, n’a pas pu jouer pleinement son rôle.

Les manifestations qui ont éclaté à Dar es-Salaam, Mwanza ou Arusha ont été suivies d’un triptyque sécuritaire entre couvre-feu national, déploiement militaire et coupure d’internet.

Si cette dernière mesure est présentée comme un outil de prévention de la violence, ses effets sont souvent contre-productifs. La coupure d’internet ne fait pas disparaître les tensions. Bien au contraire, elle les nourrit voire les déplace. En privant la population d’informations fiables, elle ouvre la voie à une circulation hors ligne de rumeurs et d’interprétations façonnant un récit hors ligne bien souvent guidé par l’émotion.

De nombreux mécanismes sont bien documentés :

La perte de visibilité institutionnelle : l’État ne peut plus diffuser ses messages ni ajuster son discours;

Le sentiment d’opacité : une coupure est rarement perçue comme une protection mais plutôt comme une tentative de contrôle du récit;

L’amplification de la rumeur : l’information circule malgré tout souvent de manière plus incontrôlée;

La déstabilisation économique : banques, entreprises, services essentiels subissent des perturbations.

Ainsi la coupure d’internet ne gèle pas la crise mais la rend plutôt invisible, plus volatile et parfois plus dangereuse. C’est ce silence imposé qui transforme l’espace public en une zone d’ombre où la défiance s’installe.

Madagacar : la crise dans le bruit

À Madagascar le scénario est presque inversé. Ce qui a déclenché la crise de septembre 2025 n’est pas qu’un évènement politique direct mais une crise d’accès direct à l’eau et l’électricité dans un contexte de fatigue socio-économique déjà prononcée.
Ce quotidien fragilisé a servi de catalyseur à une mobilisation rapide, d’abord centrée sur l’accès aux services essentiels, puis progressivement politisée.
Les premiers rassemblements ont émergé à Antananarivo avant d’être relayés dans plusieurs villes.

Contrairement à la Tanzanie, aucune coupure d’internet ni dispositif sécuritaire massif n’est déployé. Mais cette absence de fermeture crée un vide communicationnel. Les autorités tardent à s’exprimer, et ne proposent pas de récit cohérent susceptible d’apaiser l’inquiétude collective.

Dans cet espace laissé libre, les réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, TikTok) deviennent la principale scène de médiation, de communication et d’information. Entre vidéos amateurs, alertes locales, messages d’indignation, mais aussi fausses informations, erreurs factuelles et interprétations émotionnelles, l’information circule en continu. Ce flux non régulé crée une dynamique de mobilisation très différente de celle observée en Tanzanie.

Plusieurs mécanismes se combinent :

  • Saturation émotionnelle, liée au déferlement d’images et de témoignages ;

  • Politisation progressive, l’accès à l’eau devenant un révélateur des dysfonctionnements de gouvernance ;

  • Fragmentation des récits, chaque communauté produisant sa propre interprétation de la crise ;

  • Accélération collective, favorisée par une communication institutionnelle insuffisante.

Madagascar produit ainsi une crise dans le bruit, où l’excès d’information remplace le silence imposé par la coupure numérique tanzanienne.

L’effondrement de la médiation institutionnelle

À première vue, tout oppose les deux situations. La Tanzanie montre un silence total alors que Madagascar agit dans un débordement informationnel.

Et pourtant, les deux trajectoires convergent vers un point commun. Celui de la rupture de confiance avec les institutions.

Cette convergence repose sur quatre dynamiques communes :

  • Tout d’abord, la fragilité de la communication publique en période de tension.
    Dans les deux cas, les institutions n’ont pas réussi à occuper l’espace discursif de manière cohérente. En Tanzanie, le silence institutionnel a laissé place à la rumeur. À Madagascar, l’incapacité à structurer un récit clair a permis aux récits alternatifs de prospérer.

Ensuite, le rôle central du numérique comme amplificateur émotionnel. Le numérique ne cause pas la crise, il en modifie la vitesse et la géographie. En Tanzanie, sa suppression a déplacé l’expression contestataire hors ligne la rendant plus difficile à anticiper. À Madagascar, la présence non encadrée du numérique, en l’absence d’un discours public structurant, a permis aux contenus émotionnels ( vidéos, témoignages, messages d’alerte ) de dominer le traitement de l’évènement. Cela a amplifié la perception de la crise, créant un effet de loupe où l’émotion collective devançait largement l’information vérifiée.

Aussi, la montée des récits parallèles est également présente. Dans les deux pays, un déficit de médiation institutionnelle produit le même effet. La place laissée vacante est immédiatement occupée par des acteurs non institutionnels (influenceurs, militants, groupe WhatsApp, chaînes Telegram, micromédias, etc.).

Enfin, le recours à des réponses sécuritaires. À des degrés différents, les deux pays ont utilisé une logique de maintien de l’ordre à savoir militarisation et arrestations en Tanzanie, crispation politique et réactions institutionnelles tardives à Madagascar.

Dans les deux cas, ces mesures peuvent temporairement encadrer la contestation mais rarement restaurer la confiance.

Vers une nouvelle vulnérabilité africaine

Des crises locales (pénuries, élections contestées, tensions sociales) basculent désormais rapidement dans une dimension informationnelle.

L’espace public africain est devenu hybride, à la fois numérique et physique, où les émotions circulent plus vite que les faits, où les récits s’imposent avant les explications, et où les institutions peinent à s’adapter à cette vitesse. La vulnérabilité est moins politique que liée à l’information.

Comment renforcer la résilience des sociétés africaines ? Quelques pistes :

  • Développer une vraie communication de crise institutionnelle. Une communication transparente, régulière, pédagogique, capable d’expliquer les décisions et de dissiper les flous.

  • Mettre en place une cellule de veille sécuritaire info communicationnelle afin d’analyser les signaux faibles, détecter les rumeurs, comprendre les dynamiques émotionnelles et anticiper l’escalade.

  • Nouer des partenariats de coordination avec les plateformes numériques et les médias, afin de garantir la circulation rapide de l’information fiable. Ces partenariats peuvent prévoir des lignes directes de signalement, des protocoles de lutte contre la désinformation et une mise en avant des messages publics essentiels lors des crises.

  • Former les décideurs aux dynamiques numériques et à la médiation afin de comprendre comment un récit circule et devient une compétence stratégique;

  • Articuler sécurité et communication : la réponse sécuritaire seule ne suffit jamais, elle doit être accompagnée d’un récit clair et de repères;

  • Renforcer les espaces de dialogue institutionnel : l’absence de canal ouvre la voie aux récits alternatifs.

Madagascar et la Tanzanie ne traversent pas les mêmes réalités politiques. Mais leurs crises respectives montrent une dynamique commune : lorsque la médiation institutionnelle se fragilise, lorsque l’information circule sans repères, lorsque les décisions ne sont pas expliquées, la confiance publique se dissout et la crise s’approfondit.

Comprendre cette vulnérabilité n’est pas juste un exercice d’analyse. C’est une condition nécessaire pour renforcer la stabilité des sociétés africaines dans un monde où la communication est devenue l’infrastructure invisible de la sécurité.

The Conversation

Fabrice Lollia does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Silence en Tanzanie, bruit à Madagascar : comment deux crises opposées racontent la même histoire – https://theconversation.com/silence-en-tanzanie-bruit-a-madagascar-comment-deux-crises-opposees-racontent-la-meme-histoire-269972

Primera muerte en el mundo de una persona infectada con el virus de la gripe aviar H5N5

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Rivas González, Catedrático de Microbiología. Miembro de la Sociedad Española de Microbiología., Universidad de Salamanca

ShineTerra/Shutterstock

Las autoridades sanitarias de los Estados Unidos han confirmado la primera muerte humana registrada a causa del virus H5N5, un subtipo de la gripe aviar. El paciente fallecido era una persona adulta, con problemas de salud subyacentes, residente del condado de Grays Harbor, en el estado de Washington. El fallecido había estado hospitalizado desde principios de noviembre, después de desarrollar fiebre alta, confusión y problemas respiratorios.

La vía de transmisión más probable ha sido a través del contacto con una bandada mixta de aves de corral domésticas que poseía y atendía en el patio trasero de su vivienda. Estas aves de corral domésticas habían estado expuestas a aves silvestres.

La gripe aviar es una enfermedad viral causada por virus de la influenza tipo A que circulan de manera natural en las aves acuáticas silvestres a nivel global. Estos virus tienen la capacidad de infectar a otras especies de aves y, con menos frecuencia, a mamíferos. Muchas veces resultan mortales para aves de corral, como pollos y pavos.

La gripe aviar altamente patógena

En los últimos años, los virus de la gripe o influenza aviar altamente patógena (IAAP) se han propagado a una escala sin precedentes, provocando una mortalidad masiva en aves y mamíferos.

En 2023, se detectó una incursión transatlántica de virus de la gripe aviar altamente patógena H5N5 desde Eurasia a Norteamérica, con una modificación genética (sustitución PB2-E627K) que les ayuda a adaptarse a los mamíferos. De hecho, la variante que infectaba a mapaches y zorrillos de Norteamérica era la misma que hacía enfermar a los gatos domésticos en Islandia, provocando letargo, pérdida de apetito, calambres y rigidez. Tres gatos (una hembra adulta y dos gatitos de 10 semanas) murieron en Islandia tras haber estado enfermos sólo unos días.

La cepa H5N5 responsable de su enfermedad fue exactamente la misma que se encontró en aves silvestres y aves de corral en Islandia.

Una paradita en Islandia, Groenlandia o Svalbard

No es casualidad: Islandia es un conocido lugar de escala para gaviotas y otras aves marinas infectadas con gripe aviar. De hecho, está implicada en la posible propagación de virus desde Europa a América del Norte, conectando las rutas migratorias americanas del Atlántico este y del Atlántico norte.

Groenlandia también podría desempeñar un papel similar en la propagación del virus de la gripe aviar, junto con Svalbard, un archipiélago noruego del alto Ártico. Es más, el primer caso documentado de muerte por el virus de la influenza aviar altamente patógena (HPAIV) subtipo H5N5 en una morsa del Atlántico (Odobenus rosmarus rosmarus) fue encontrado muerto en Svalbard en el año 2023.

Ese mismo año, en Noruega, se encontraron numerosas águilas de cola blanca (Haliaeetus albicilla) infectadas con el H5N5. Y al parecer, la región atlántica de Canadá es un importante punto de entrada a Norteamérica para los virus de la influenza aviar euroasiáticos.

Por el aire y por el agua

Los virus de influenza tipo A pueden dividirse en diferentes subtipos dependiendo de los genes que constituyen las proteínas de superficie, la hemaglutinina (H) y la neuraminidasa (N), que son las que el sistema inmune del individuo infectado reconoce como antígenos “extraños”.

Existen 18 subtipos de hemaglutinina y 11 subtipos de neuraminidasa diferentes, de H1 a H18 y de N1 a N11 respectivamente, por lo que potencialmente existen decenas de combinaciones del subtipo de influenza A, siendo H5N5 una de ellas.

Dentro de cada subtipo existe una considerable variabilidad, lo que repercute en la patogenicidad de la cepa. La mayoría de los subtipos de virus influenza patógenos para los seres humanos se originan en aves, pero también en cerdos, que ofrecen un espacio ideal para que variantes de diversos orígenes se mezclen (recombinación).

En las aves acuáticas, los virus de influenza A se replican y son eliminados del tracto digestivo, lo que permite la transmisión por el agua. En humanos, porcinos y otros modelos de mamíferos, los virus de la influenza se replican en el tracto respiratorio superior o inferior, lo que favorece la transmisión aérea.

La infección a humanos es excepcional

En circunstancias excepcionales, los virus de la gripe aviar pueden infectar a seres humanos y hacerles enfermar. La mayoría de los casos documentados en personas han ocurrido tras la exposición directa a animales infectados.

Hasta ahora los casos mortales en humanos habían sido causados por el linaje euroasiático H5N1. El caso estadounidense es el primero conocido en que el H5N5 causa la muerte de un humano.

A pesar de que existen informes que sugieren la capacidad de los subtipos H5 para infectar a los humanos, la propagación eficiente de estos virus es limitada entre las personas. Pero aunque el riesgo para la población general es bajo, es recomendable tomar medidas preventivas, como evitar el contacto directo con aves silvestres, aves de corral y otros animales enfermos o muertos, observándolos solo a distancia y no tocando superficies o materiales contaminados con su saliva, mucosidad o heces.

En caso de que sea inevitable el contacto cercano o directo con animales enfermos o muertos, es crucial utilizar el equipo de protección personal recomendado. Además, es prudente lavarse las manos frecuentemente con agua y jabón, y abstenerse de tocar y consumir leche cruda y productos lácteos crudos, especialmente aquellos provenientes de animales con una infección confirmada o sospechada, o que se encuentren en áreas con animales infectados.

La vacuna contra la gripe estacional no protege contra la gripe aviar, pero se recomienda su administración para reducir el riesgo de que una persona de infecte de ambas a la vez, porque podría aumentar la posibilidad de que surja un virus de la gripe aviar con mayor capacidad de transmisión entre humanos.

The Conversation

Raúl Rivas González no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Primera muerte en el mundo de una persona infectada con el virus de la gripe aviar H5N5 – https://theconversation.com/primera-muerte-en-el-mundo-de-una-persona-infectada-con-el-virus-de-la-gripe-aviar-h5n5-270439

Borrachera bajo el agua: el misterio de la narcosis por nitrógeno

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Óscar Elía Zudaire, Profesor de Psicología, Universidad Europea

La narcosis por nitrógeno puede afectar a los buceadores a partir de los 30 metros de profundidad. Allexxandar/Shutterstock

Dicen que sabemos más sobre la superficie de Marte que sobre las profundidades de nuestro propio planeta. Y probablemente sea cierto: mientras telescopios y sondas cartografían galaxias lejanas, apenas hemos explorado una mínima fracción del fondo marino.

El océano sigue siendo, en muchos sentidos, nuestro “espacio interior”: oscuro, misterioso y, a veces incluso hostil, donde cada metro de profundidad cambia las reglas de la biología, la física… y también de la mente.

Libertad submarina

El buceo recreativo nació de un sueño romántico: el de poder respirar bajo el agua y moverse entre peces como uno más del océano. Hasta mediados del siglo XX, sumergirse más allá de unos pocos metros era cosa de marinos, científicos o aventureros con escafandras pesadas y mangueras conectadas a la superficie. Todo cambió en 1943, cuando Jacques Cousteau y Émile Gagnan desarrollaron el regulador de aire comprimido, un ingenioso sistema que permitía respirar del tanque sólo cuando se inhalaba. Así nació el Aqua-Lung, predecesor de los actuales reguladores, y con él, la libertad submarina.

En pocas décadas, lo que empezó como una rareza se convirtió en un pasatiempo global, ya sea por trabajo, aventura o simple diversión. Pero a medida que uno desciende, el océano empieza a cobrar su peaje. La luz se desvanece, la presión aumenta, los gases se comportan de forma distinta… y a cierta profundidad, el nitrógeno empieza a “emborrachar” el cerebro.

Paz, euforia y confusión

En ese ambiente hiperbárico (es decir, con más presión de la que tenemos en la superficie) de las profundidades, no solo acechan los tiburones, sino un peligro más sutil e inesperado: la narcosis del nitrógeno. A partir de unos 30 metros de profundidad, el aumento de la presión hace que ese gas, presente en el aire que respiramos durante toda nuestra vida sin ningún tipo de problema, se disuelva en mayor cantidad en la sangre y en los tejidos, afectando al sistema nervioso.

El resultado es una especie de “borrachera del buceador”, una sensación de euforia, lentitud o descoordinación que puede hacer que incluso los más experimentados tomen decisiones absurdas o peligrosas sin darse cuenta.
Los síntomas varían: algunos sienten una paz absoluta, otros no pueden dejar de reír y hay quienes experimentan ansiedad o confusión.

Es un fenómeno curioso, porque el buceador puede sentirse genial justo antes de cometer un error fatal, como quitarse el regulador o perder la orientación. No es casual que Cousteau lo llamara “la embriaguez de las profundidades”: una metáfora perfecta para ese instante en que el cerebro, saturado de nitrógeno, olvida que está a decenas de metros bajo el agua, en un entorno que no perdona los fallos.

La narcosis del nitrógeno no es un hallazgo reciente. Ya en 1930, los fisiólogos británicos Leonard Erskine Hill y John James Rickard Macleod (que recibiría el Nobel en 1923 por el descubrimiento de la insulina) describieron por primera vez este extraño efecto del gas a altas presiones. Desde entonces, sabemos que nadie está realmente a salvo: puede afectar tanto a buceadores novatos como a los más experimentados, porque la susceptibilidad varía entre personas e incluso entre inmersiones.

El cerebro funciona a cámara lenta

¿Y por qué ocurre exactamente? Lo cierto es que aún no lo sabemos del todo. La hipótesis más aceptada es que, al aumentar la presión, el nitrógeno se disuelve en mayor cantidad en las membranas de las neuronas, alterando su funcionamiento y ralentizando la comunicación entre ellas. Es como si el cerebro funcionara en cámara lenta.

Algunos estudios apuntan también a un efecto similar al de ciertos anestésicos, que interfieren con los receptores cerebrales del neurotransmisor GABA y provocan esa mezcla de euforia y torpeza. Además, varios experimentos sugieren que el nitrógeno reduce la liberación de ciertos aminoácidos importantes para la actividad cerebral, como el glutamato, la glutamina y la asparagina, sin afectar a los receptores NMDA. En eso difiere del óxido nitroso (el “gas de la risa”), que sí actúa directamente sobre ellos.

Es decir, ambos gases pueden alterar nuestra conciencia, pero lo hacen por caminos distintos: el óxido nitroso “bloquea” la señal, mientras que el nitrógeno parece simplemente atenuarla, como si bajara el volumen del cerebro. Y cuando bajas el volumen del cerebro…

Por otra parte, un estudio realizado en C. elegans, un pequeño gusano muy utilizado en investigación, sugiere que la dopamina es la responsable de algunos de los cambios de comportamiento bajo presión, pero parece actuar junto a otras vías aún desconocidas. Por ejemplo, los niveles de serotonina, otro neurotransmisor clave, aumentan bajo alta presión de nitrógeno.

La manera en que interactúan exactamente estos neurotransmisores y aminoácidos durante la narcosis del nitrógeno sigue siendo un misterio, pero demuestra que el efecto del gas en el cerebro es mucho más complejo de lo que parece.

Como suele pasar en ciencia, la respuesta completa sigue bajo la superficie: sabemos qué se siente y qué lo desencadena, pero no del todo cómo actúa ese gas aparentemente inocente cuando se convierte en embriagador.

¿Cómo se puede evitar?

La mejor forma de protegerse de la narcosis del nitrógeno es simple: no bajar a más profundidad de la recomendada para cada nivel de experiencia, ascender despacio y mantener siempre la calma. Los buceadores aprenden a reconocer los primeros síntomas y a reaccionar antes de que afecten a la seguridad. Con planificación, entrenamiento y sentido común, la narcosis puede ser solo una curiosidad científica más que una amenaza real.

El buceo recreativo sigue siendo seguro y asombrosamente enriquecedor, siempre que se haga bajo supervisión, con equipos fiables y con profesionales formados que cuiden cada inmersión.

The Conversation

Óscar Elía Zudaire no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Borrachera bajo el agua: el misterio de la narcosis por nitrógeno – https://theconversation.com/borrachera-bajo-el-agua-el-misterio-de-la-narcosis-por-nitrogeno-268547

Las nuevas cuentas del Real Madrid: ingresos récord, pero también una deuda financiera sin precedentes

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Martín Magdalena, PhD in Economic and Business Sciences / Associate Lecturer in Universidad Pontificia Comillas-ICADE, Universidad Pontificia Comillas

Vista panorámica del estadio Santiago Bernabéu, con su cubierta retráctil extendida. David Benito/Shutterstock

La Junta Directiva del Real Madrid presentó el domingo 23 de noviembre a sus socios representantes las cuentas de la temporada 2024/2025 durante su Asamblea General Ordinaria.

En la temporada pasada, el club blanco alcanzó un volumen de negocio récord impulsado por el nuevo estadio Santiago Bernabéu. Sin embargo, las cuentas también muestran el creciente riesgo financiero en que incurre el club al alcanzar una deuda financiera sin precedentes.

El dato más contundente es el volumen de ingresos. La cifra de negocios del club ascendió a casi 1 200 millones de euros, consolidando el crecimiento de los últimos años. Este crecimiento se explica, en parte, por la remodelación del estadio pues la temporada 2024/2025 ha sido la primera en la que ha estado completamente operativo tras las obras realizadas.




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Costes de plantilla controlados

El gasto de personal está por debajo del 50 % de los ingresos (un 44 %) cuando cuatro temporadas atrás se situaba en el 73 %. Este nivel está muy por debajo del umbral máximo del 70 % que imponen las reglas de control económico de la UEFA y LaLiga.




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Beneficios mejorados

La buena evolución de los ingresos y gastos ha llevado al club a conseguir un beneficio operativo bruto (EBITDA) de más de 240 millones de euros y un beneficio operativo neto de 75 millones de euros. Esto es un crecimiento de casi el 250 % respecto al año anterior, cuando fue de 21 millones de euros.

El beneficio operativo bruto muestra, básicamente, la capacidad inicial que una empresa tiene para generar caja con sus actividades. El EBITDA es lo que le queda al club tras deducir de todos sus ingresos (por derechos televisivos, venta de entradas, ingresos comerciales y por la gestión del estadio) los costes directos e indirectos (como salarios, servicios, mantenimiento, equipaciones, material de oficina, etc.), pero antes del pago de impuestos, intereses de deuda, depreciaciones y amortizaciones.

Estos resultados muestran cómo se va notando el efecto positivo de la actividad del nuevo Bernabéu, aunque todavía no esté funcionando a plena capacidad.

La deuda: el gran riesgo a futuro

El Madrid tiene una deuda de casi 1 600 millones de euros por la remodelación de su estadio. Esto, unido a otros importes pendientes de pago, ha elevado la deuda total del club por encima de los 2 200 millones de euros, que equivalen a casi un 80 % del total de sus activos.

En paralelo, tiene un total de 542 millones de euros en cuentas por cobrar (dinero que le deben entidades externas por la venta a crédito de productos o servicios, como por ejemplo importes pendientes de cobro por derechos de retransmisión, patrocinios, o por traspaso de jugadores) y en tesorería (la liquidez que necesita para asumir sus operaciones mensuales de pagos por facturas, salarios, intereses, impuestos, etc.).

El pago de intereses ha subido hasta 44 millones de euros. Este aumento era previsible porque, terminadas las obras principales del estadio, el club dejó de capitalizar intereses (en las cuentas presentadas durante las obras no los registró como gastos sino que los añadió al coste total del nuevo estadio) y empezó a apuntar en su contabilidad el gasto por los intereses de la deuda y la amortización del estadio (reflejando la depreciación de su valor durante el periodo 2024/2025).

Tras restar los gastos financieros y los impuestos, el club cerró la temporada con un beneficio neto de 24 millones de euros, con lo que duplica el beneficio que tuvo hace cuatro temporadas. Este resultado ha permitido al club aumentar su patrimonio neto hasta casi 600 millones de euros.

Sin embargo, el fondo de maniobra (el indicador financiero que muestra la capacidad de una empresa para cumplir con sus pagos y obligaciones a corto plazo) y la tesorería se han reducido como consecuencia de que, en las temporadas anteriores, el club tenía la liquidez de los préstamos aún sin utilizar para los pagos de las obras.

El fondo de maniobra ha sido negativo en casi 360 millones de euros y el dinero en la caja se redujo hasta los 176 millones de euros a 30 de junio de 2025.

Rentabilidad y endeudamiento

Para acabar el análisis de estas cuentas anuales es necesario explicar algunas ratios que se usan para examinar a las empresas:

  1. La deuda financiera sobre el resultado operativo bruto (deuda/EBITDA) del Real Madrid alcanza las 6,4 veces. Aunque es elevada, se ha reducido desde 7,7 veces la temporada anterior. Esta ratio mide la capacidad del club para pagar su deuda y esa cifra implica que necesitaría durante de seis años todo su resultado operativo bruto para liquidar dicha deuda.

  2. La rentabilidad sobre ventas (ROS) ha subido hasta el 6,5 %, casi el doble que la que tenía hace cuatro temporadas. El ROS mide qué porcentaje de los ingresos por ventas se convierte en beneficio y muestra su eficiencia para generar ganancias a partir de su actividad. Esto significa que el Real Madrid en esta temporada ha sido capaz de generar un resultado operativo neto (antes de intereses e impuestos, como hemos visto anteriormente) de 6,5 euros por cada 100 euros de ventas realizadas.

  3. La rentabilidad financiera (ROE) ha subido hasta el 4 %, pero aún se encuentra por debajo de la de la temporada 2021/2022. El ROE, que mide la rentabilidad obtenida con el dinero de los accionistas, se calcula dividiendo el beneficio neto entre los fondos propios (capital social, reservas y beneficios retenidos). Este indicador muestra cuánto beneficio obtiene el club por cada euro invertido por los socios y permite valorar si la entidad está aprovechando bien esos recursos.

En conjunto, estos indicadores muestran que el primer año completo del nuevo Bernabéu ha permitido al Real Madrid compensar, al menos en parte, el riesgo asumido con la deuda necesaria para financiar la obra. El fuerte aumento de los ingresos y el control del gasto han mejorado la rentabilidad del club. El desafío ahora es mantener esta tendencia para asegurar la estabilidad económica en las próximas temporadas, en un contexto competitivo cada vez más exigente.

Presupuesto y estrategia a futuro

Para la temporada 2025/2026 el club ha presupuestado unos ingresos cercanos a los 1 250 millones de euros y un beneficio neto de 10 millones de euros (14 millones menos que en 2024/2025). Esta reducción se debe, entre otras variaciones de gastos, al incremento de los gastos financieros hasta casi 50 millones de euros.

La estrategia del Real Madrid pasa por financiar sus cuentas con deuda a largo plazo, confiando en que el crecimiento operativo del nuevo Bernabéu permita sostener este modelo de financiación.

El Real Madrid prevé continuar explotando los nuevos negocios del estadio (conciertos y festivales de música, eventos especiales como el reciente partido de la NFL, etc.) que todavía no están a pleno rendimiento.

Dos factores a considerar

El Real Madrid ha apostado por una estrategia basada en un ambicioso plan de inversión financiado con deuda a largo plazo, con la confianza de que el crecimiento operativo del nuevo Bernabéu sostenga este modelo de crecimiento.

Por otra parte, el contexto del fútbol europeo es cada vez más exigente. Por ejemplo, la Premier League duplica los ingresos de LaLiga, y sus grandes clubes cuentan con el respaldo financiero adicional de inversores internacionales.

Estas dos cuestiones plantean una duda clave: ¿bastará el plan actual para mantener el liderazgo deportivo y económico del Madrid o deberá explorar nuevas vías de financiación que podrían transformar su propia estructura?




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Jorge Martín Magdalena no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las nuevas cuentas del Real Madrid: ingresos récord, pero también una deuda financiera sin precedentes – https://theconversation.com/las-nuevas-cuentas-del-real-madrid-ingresos-record-pero-tambien-una-deuda-financiera-sin-precedentes-270045

De Mallorca a LIGO: descifrando el lenguaje del universo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Joan-René Mérou, Physics PhD Student, Universitat de les Illes Balears

Recreación de la fusión de dos agujeros negros generando ondas gravitacionales. Jurik Peter/Shutterstock

Cuando cae la noche sobre Mallorca y el viento sopla suavemente entre los robles, el silencio parece hablar un idioma que solo entienden aquellos que se detienen a escuchar. Desde una duna en la playa de Es Trenc, con el horizonte inmóvil, o desde la cima de Teix, donde el aire es tan fino que parece tejer hilos invisibles con el cielo, uno se pregunta qué esconden las estrellas, qué misterio sostiene su constante centelleo.

Y entonces recuerdas que estamos aquí, personas pequeñas en una isla pequeña dentro de un planeta pequeño, y sin embargo capaces de escuchar el susurro más suave del universo. Imaginemos dos agujeros negros, en algún lugar remoto, girando uno alrededor del otro hasta fusionarse en un grito silencioso. Este grito viaja por el cosmos como un temblor del espacio-tiempo, una onda que viaja durante miles de millones de años hasta llegar a la Tierra, para hacer vibrar ligeramente los espejos del detector LIGO.

Gracias a detectores extraordinarios como LIGO, podemos “oír” estas vibraciones, lo que nos permite observar fenómenos invisibles para los telescopios convencionales y comprender mejor las leyes de la naturaleza. Estas ondas fueron predichas por Einstein hace más de cien años, cuando redefinió la gravedad no como una fuerza, sino como un efecto de la geometría del espacio-tiempo sobre la materia.

Pequeñas perturbaciones cargadas de información

Las ondas gravitacionales son perturbaciones en el espacio-tiempo causadas por cualquier masa que acelere. Incluso un gesto cotidiano como un aplauso las genera, aunque entonces son tan débiles que resultan imposibles de detectar. Solo los acontecimientos más violentos del universo, como la fusión de dos agujeros negros, dos estrellas de neutrones o un agujero negro con una estrella de neutrones, producen ondas lo suficientemente intensas como para que podamos “cazarlas” en la Tierra.

Estas ondas viajan a la velocidad de la luz y deforman el espacio-tiempo por el que pasan, llevando consigo información única sobre los eventos que las generan. Gracias a ellas, podemos obtener información directa sobre las propiedades y el comportamiento de objetos tan extremos como los agujeros negros y las estrellas de neutrones. Nos permiten estudiar su masa, giro, distancia y dinámica de fusión, así como la física en condiciones extremas de gravedad, densidad y energía que no se pueden reproducir en ningún laboratorio de la Tierra.

Así funciona LIGO

No fue hasta el 14 de septiembre de 2015 cuando pudimos escuchar estas vibraciones cósmicas por primera vez. Ese día, un mallorquín, Miquel Oliver, trabajaba en el observatorio LIGO Hanford, en Estados Unidos, colaborando directamente con el equipo científico. Allí, dentro de esos túneles silenciosos, la humanidad abrió una nueva ventana al cosmos, confirmando una predicción centenaria y marcando el comienzo de una nueva era de la astronomía de ondas gravitacionales.

LIGO es un extraordinario detector interferométrico. Consiste en dos inmensos brazos en forma de L, cada uno de cuatro kilómetros de longitud, situados en Estados Unidos: uno en Hanford (Washington) y otro en Livingston (Luisiana). Su funcionamiento se basa en el envío de un rayo láser que se divide en dos; cada uno recorre uno de los brazos y realiza miles de viajes reflejándose en espejos suspendidos.

Instalaciones del Observatorio Ligo en Hanford (Washington, Estados Unidos).
Caltech/MIT/LIGO Lab

Si no pasa ninguna onda gravitacional, los láseres se recombinan, produciendo una interferencia destructiva. Pero si una de esas perturbaciones atraviesa el detector, deforma el espacio-tiempo estirando y comprimiendo los brazos, cambiando su longitud relativa. Esto hace que los rayos se recombinen con un ligero cambio de fase, lo cual genera una interferencia constructiva y produce una señal detectable.




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Esta diferencia es tan pequeña que corresponde a deformaciones del espacio-tiempo de una milésima parte del ancho de un protón. Para detectarlas, se requiere un entorno extremadamente silencioso, libre de cualquier ruido. El silencio en LIGO es tan profundo que puede detectar todo, desde el sonido cuántico más sutil hasta un terremoto lejano. Pero lo que buscan es aún más sutil: un susurro de la propia gravedad. Para ello, existe un equipo de caracterización de detectores, encargado de identificar y eliminar todas estas fuentes de ruido, garantizando la fiabilidad de las señales registradas.

Con acento mallorquín

Investigadores de la Universitat de les Illes Balears (UIB) han sido parte esencial de este esfuerzo científico. En 2015, cuando la primera señal hizo temblar los detectores, Miquel Oliver se encontraba en Hanford. Posteriormente, Pep Covas, que mejoró la calidad de los datos, y Rodrigo Tenorio viajaron allí. Rafel Jaume Amengual y Joan-René Mérou pasaron una temporada en Livingston. Rafel trabajó en la sincronización temporal y la calibración de las señales astrofísicas, mientras que Joan-René identificó las fuentes de ruido.

Este año, 2025, coincidiendo con el décimo aniversario de aquella primera detección, otros dos estudiantes de doctorado, Alicia Calafat y Joan-René Mérou, volverán a LIGO Hanford para aprender a leer estas señales del cosmos y contribuir a futuros descubrimientos que ampliarán nuestro conocimiento del universo.

¿Por qué es fundamental este trabajo? Porque nos ayuda a comprender la gravedad, uno de los grandes misterios que aún siguen sin resolverse. Las ondas gravitacionales contienen secretos sobre la creación de los agujeros negros, sobre la materia más densa del universo, sobre los límites mismos de nuestro entendimiento. Cada detección es un paso más hacia una teoría unificada de las fuerzas de la naturaleza, un paso más hacia la comprensión de quiénes somos y de dónde venimos.

Retorno a las raíces

Y mientras los detectores escuchan el universo desde los bosques de Luisiana y los desiertos de Washington, aquí en Mallorca podemos subir al Teix y mirar al cielo con los ojos llenos de preguntas. El conocimiento científico no consiste solo en un conjunto de datos y fórmulas: es un retorno a nuestras raíces más profundas, a ese momento primordial en el que la humanidad contempló la bóveda celeste y soñó con comprenderla.

Los investigadores de la UIB, cuando viajan a LIGO, no solo llevan consigo el conocimiento, sino también la mirada de quienes saben escuchar el silencio del cosmos. Porque el silencio habla, si sabemos leerlo. Porque, en el fondo, mirar al cielo, escucharlo y querer comprender su lenguaje es también querer comprendernos a nosotros mismos. Y mientras el universo vibra con misterios ancestrales, aquí, en Mallorca, seguimos escuchando.


Este artículo resultó ganador del VI Concurs de Divulgació Científica de la Universitat de les Illes Balears en la categoría General.


The Conversation

Joan-René Mérou recibe fondos de la Universitat de les Illes Balears (UIB); los proyectos de la Agencia Estatal de Investigación PID2022-138626NB-I00, RED2024-153978-E, RED2024-153735-E, financiados por MICIU/AEI/10.13039/501100011033 y por el FEDER/UE; y por la Comunitat Autònoma de les Illes Balears a través de la Conselleria d’Educació i Universitats con fondos de la Unión Europea – NextGenerationEU/PRTR-C17.I1 (SINCO2022/6719) y de la Unión Europea – Fondo Europeo de Desarrollo Regional (FEDER) (SINCO2022/18146) y el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades a través de la ayuda Formación de Profesorado Universitario 2022 FPU22/01187. 

Alicia Calafat recibe fondos de la Universitat de les Illes Balears (UIB); los proyectos de la Agencia Estatal de Investigación PID2022-138626NB-I00, RED2024-153978-E, RED2024-153735-E, financiados por MICIU/AEI/10.13039/501100011033 y por el FEDER/UE; y por la Comunitat Autònoma de les Illes Balears a través de la Conselleria d’Educació i Universitats con fondos de la Unión Europea – NextGenerationEU/PRTR-C17.I1 (SINCO2022/6719) y de la Unión Europea – Fondo Europeo de Desarrollo Regional (FEDER) (SINCO2022/18146).

ref. De Mallorca a LIGO: descifrando el lenguaje del universo – https://theconversation.com/de-mallorca-a-ligo-descifrando-el-lenguaje-del-universo-269946

Anatomía de una mente absorta: ‘flow’, hiperfoco y neurodiversidad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Iratxe Antonio-Agirre, Associate Professor in the Department of Developmental and Educational Psychology, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

Gaukhar Yerk/Shutterstock

¿Qué tienen en común un programador que escribe líneas de código durante horas sin pestañear, un niño superdotado que se olvida de comer por estar resolviendo acertijos, un atleta de élite en plena competición y una artista que siente cómo su cuerpo desaparece mientras pinta? Todos han entrado en un estado mental poco frecuente pero intensamente poderoso: un enfoque tan absoluto que el tiempo, el entorno y el yo desaparecen.

Este fenómeno se conoce como estado de flow, que en español puede traducirse como “flujo”. El psicólogo Mihály Csíkszentmihályi ya lo describió hace medio siglo como una experiencia óptima de conciencia. Se trata de un momento en el que mente y cuerpo se alinean con lo que estamos haciendo, sin esfuerzo aparente, en una danza perfecta entre desafío y habilidad.

El flow no es simple concentración. Es una absorción tan profunda que el sentido del tiempo se distorsiona y la acción parece fluir por sí sola. En sus estudios, Csíkszentmihályi y sus colegas observaron este fenómeno en atletas, músicos y científicos.

De la ejecución de habilidades al aprendizaje

Sin embargo, no todos lo viven igual. Los atletas y músicos suelen experimentar este estado mental durante la ejecución de habilidades que ya dominan, mientras que los investigadores lo viven en el proceso mismo de aprendizaje y descubrimiento. En este último caso, el flow está estrechamente ligado al aprendizaje autodirigido: la capacidad de explorar y aprender sin una guía externa, impulsado por la curiosidad y la motivación interna.

Otro estudio con más de 450 músicos y atletas de élite mostró que ambos grupos experimentaban flow con frecuencia, especialmente en contextos grupales, y que el equilibrio entre desafío y habilidad era el mejor predictor de bienestar y satisfacción vital. No se trata de trabajar más, sino de encontrar el punto exacto en el que la dificultad nos reta sin desbordarnos.

Flujo versus hiperfoco

Pero hay otro estado mental que, a primera vista, se le parece: el hiperfoco. También implica una atención extrema, distorsión del tiempo y una desconexión del entorno, pero su origen y su control son distintos. Mientras que el flujo es un estado voluntario y regulado, el hiperfoco es más automático y compulsivo. El cerebro se engancha profundamente con algo que despierta su interés (a veces útil, a veces no tanto) y resulta casi imposible soltarlo. Se olvida el mundo… y también comer, dormir o responder un mensaje.

La diferencia clave es el control. El flujo se cultiva; el hiperfoco te atrapa.

Imaginemos un estudiante que dedica una tarde entera a un proyecto de clase especialmente estimulante, avanzando más en unas horas que en días de estudio convencional; en cambio, ese mismo estudiante podría quedar atrapado durante horas perfeccionando un detalle menor de otro proyecto, ignorando plazos y prioridades más urgentes. Mientras que en la primera situación el hiperfoco potencia su rendimiento, en la segunda la intensidad de la concentración desplaza tareas esenciales y genera estrés.

El placer de concentrarse (a veces hasta el agotamiento)

Aunque muy diferentes entre sí, las personas en el espectro autista, con TDAH, altas capacidades o alta sensibilidad comparten una notable predisposición a sumergirse profundamente en aquello que les interesa. En todos estos casos puede aparecer una concentración tan intensa que el tiempo y el entorno parecen desdibujarse.

Sin embargo, el modo en que se manifiesta esa atención varía. En el espectro autista o el TDAH (de forma episódica y discontinua) es más común el hiperfoco, un estado absorbente y a menudo difícil de interrumpir, ligado a intereses específicos.

Las personas con altas capacidades o alta sensibilidad, aunque dependiendo de su perfil cognitivo y emocional, suelen acceder con mayor facilidad y más profundamente al estado de flujo, caracterizado por un equilibrio entre desafío y habilidad, disfrute y sensación de control. Pero también necesitan aprender a regular la intensidad. Es decir, saber cuándo frenar, cómo descansar, y qué condiciones facilitan (o sabotean) su bienestar mental.

Una intensidad mental poco común

Ese es, precisamente, otro aspecto que tienen en común estos perfiles: una mente que procesa el mundo con una intensidad poco común. Esa profundidad cognitiva y sensorial puede ser una fuente de creatividad y lucidez, pero también un terreno fértil para la saturación cuando los estímulos o las emociones se acumulan.

En las personas que están en el espectro autista o aquellas altamente sensibles, esa sobrecarga puede desembocar en un colapso sensorial, una especie de apagón interno que obliga al cuerpo y a la mente a desconectarse. En el TDAH, la consecuencia se manifiesta más como agotamiento atencional o emocional, mientras que en las altas capacidades adopta la forma de fatiga mental, fruto de una sobreestimulación constante.

En esta línea, investigaciones recientes introducen el concepto de “variabilidad de flujo” que es la oscilación entre días de altísima concentración y días de bloqueo o dispersión. Las personas con gran variabilidad de flujo tiende a mostrar menos creatividad y más fatiga mental, precisamente porque no logran mantener una estabilidad emocional y cognitiva en su rendimiento. El estado mental de flujo es frágil, depende de multiples factores como el contexto, la motivación, la energía, las emociones… y fluctúa fácilmente. Por eso, aprender a mantenerlo estable puede ser tan importante como aprender a alcanzarlo.

El entorno importa

A diferencia del mito del genio solitario o del talento que brilla sin ayuda, lo que permite que el flujo se vuelva una práctica sostenida para cualquier persona, y no solo un accidente feliz, es el diseño consciente del entorno y del propio ritmo de vida.

Los factores externos son decisivos: espacios silenciosos, tiempos sin interrupciones, objetivos bien definidos y una atmósfera que transmita propósito y claridad. Estos elementos no solo reducen la distracción, sino que crean las condiciones necesarias para que la mente pueda concentrarse con profundidad y fluidez.

No se trata de eliminar el ruido del mundo, sino de configurar un contexto que lo haga irrelevante. Diseñar rutinas que incluyan pausas reales, desconexión sensorial y descansos mentales no implica trabajar menos, sino trabajar mejor: dar espacio a la mente para que recupere su capacidad natural de enfoque y creatividad.

Reconciliar intensidad con equilibrio

Si el entorno es el escenario, la mente es el instrumento. El flujo surge cuando ambos se sincronizan. Sin embargo, para quienes poseen una mente especialmente intensa, ya sea por sensibilidad, talento o neurodivergencia, esa armonía exige un trabajo interno de autorregulación y autoconciencia.

Los factores internos que sostienen el flujo incluyen la motivación intrínseca, el sentido de propósito y un equilibrio adecuado entre desafío y habilidad. Pero también requieren la capacidad de reconocer cuándo la concentración profunda empieza a transformarse en sobreexcitación o hiperfoco, estados que pueden agotar más que nutrir.

Aprender a modular la propia intensidad no significa apagarla, sino dirigirla con precisión. La verdadera maestría consiste en mantener la energía sin perder el equilibrio. Es decier, fluir plenamente sin quemarse en el intento. Entre la estructura del entorno y la gestión del mundo interno se encuentra el arte de trabajar y vivir con profundidad.

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Iratxe Antonio-Agirre no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Anatomía de una mente absorta: ‘flow’, hiperfoco y neurodiversidad – https://theconversation.com/anatomia-de-una-mente-absorta-flow-hiperfoco-y-neurodiversidad-267702

Más allá del silicio: alternativas para mejorar el rendimiento de las celdas solares

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miquel Solà Puig, Catedrático de Química Física, Universitat de Girona

Actualmente, la mayoría de las celdas solares se fabrican con silicio, que requiere un alto consumo eléctrico. fuyu liu/Shutterstock

Aunque la Tierra recibe solo una milmillonésima parte de la colosal producción de energía del Sol, incluso esa pequeña fracción representa 120 000 billones de vatios. Y, para satisfacer la energía que se consume en el planeta, tan solo necesitaríamos recolectar menos del 0,02 %. Como un ejemplo entre la oferta y demanda energética actual, en solo 6 horas, los desiertos de todo el mundo reciben más energía solar que la que consumimos los humanos en un año.




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Además de ser una fuente inagotable, la energía solar presenta al menos otra ventaja clave sobre otras renovables (biomasa, mareomotriz, geotérmica, hidráulica y eólica): la distribución global de la luz solar permite ubicar las instalaciones de producción de energía más cerca del lugar de consumo.

Desventajas del silicio

La energía del Sol se puede captar mediante celdas solares, pero la mayoría de ellas están basadas en silicio, que son costosas y pesadas. Su producción requiere, pues, un gran consumo energético, lo que genera una alta contaminación ambiental.

Por otro lado, aunque las celdas solares de silicio han alcanzado eficiencias de conversión de energía superiores al 26 %, la mejora adicional se limita a eficiencias de alrededor del 30 % debido al llamado límite de Shockley-Queisser Este límite marca la eficiencia teórica máxima de una celda solar de silicio en el 32 %, debido a pérdidas por recombinación radiativa en la celda.

Se calcula que para captar la energía que consume la población mundial necesitaríamos 51 000 millones de celdas solares de silicio, lo que supone
unas 6 o 7 por habitante del planeta. Un número que podríamos reducir si consiguiéramos mejorar su eficiencia. Si además fuéramos capaces de disminuir los costes de producción, sería más viable llegar a instalar el número necesario para satisfacer las necesidades energéticas de la humanidad.

Para abordar estos problemas, se están investigando dos alternativas principales: las celdas solares de perovskita y las celdas solares orgánicas.

Celdas solares de perovskita

En el primer caso, el material que transforma la luz en electricidad es un mineral descubierto por Gustav Rose en 1839 en los montes Urales (Rusia). Los compuestos de perovskita son relativamente fáciles y baratos de producir y tienen una gran capacidad de absorber la luz solar. Con estas celdas se han conseguido eficiencias del 27 % cuando solo las conforman perovskitas y del 30 % combinadas con silicio.

El principal problema que presentan es su escasa estabilidad. Debido a que la perovskita reacciona con oxígeno y agua, este material se degrada en un tiempo inferior a un año. El otro inconveniente es la existencia de defectos en su cristal, los cuales frenan la conducción eléctrica.

En la actualidad, existen numerosos grupos de investigación y empresas buscando soluciones que permitan en un futuro no lejano comercializar celdas solares de perovskita. Una de las propuestas consiste en añadir una capa de fullerenos en la superficie del material para que mejore su estabilidad frente al agua y, como consecuencia, también la conducción eléctrica.

La revolución de las moléculas orgánicas

Por otro lado, se están estudiando las celdas solares orgánicas, otra tecnología prometedora que utiliza moléculas orgánicas π-conjugadas, es decir, moléculas con enlaces simples y múltiples alternados (como, por ejemplo, H₂C=CH-CH=CH-CH=CH₂).

La energía fotovoltaica orgánica ofrece varias ventajas: las celdas solares son ligeras, económicas de fabricar, flexibles, transparentes y su síntesis tiene un bajo impacto ambiental. No obstante, su principal problema es la baja eficiencia que presentan, aunque se han publicado eficiencias de celdas solares fabricadas con materiales orgánicos que llegan al 19 %.

Existen empresas que ya fabrican celdas fotovoltaicas orgánicas y, según la consultora india Versha Vijay de Kings Research, se estima que el mercado de celdas solares orgánicas crecerá de 130,2 millones de dólares en 2023 a 326,6 millones en 2031.

Las celdas solares orgánicas pueden estar compuestas por materiales dadores y aceptores de electrones mezclados o por un solo material que contenga un grupo dador (D) y un grupo aceptor (A) en la misma molécula (D-A). Ambos grupos están enlazados por un enlace covalente.

La absorción de un fotón de la luz solar produce un estado de transferencia de carga D⁺-A⁻ que puede evolucionar para generar un excitón. Este dará lugar a una separación de las cargas positiva y negativa que viajan hacía el ánodo y el cátodo cerrando el circuito, con lo que se consigue generar electricidad a partir de la luz.

Una de las líneas de investigación que se siguen es la que involucra moléculas orgánicas que presentan fisión de singlete. En estas moléculas, por cada fotón absorbido se pueden generar dos excitones que a su vez generan dos pares electrón-agujero.

La principal diferencia respecto a las celdas orgánicas tradicionales es que éstas pueden generar como máximo un electrón por cada fotón, mientras que las celdas orgánicas con materiales que tienen fisión de singlete pueden generar dos electrones por cada fotón, con lo que se puede potencialmente doblar la eficiencia de la celda solar orgánica.

En el proceso de fisión de singlete un fotón puede llegar a generar dos excitones que a su vez pueden generar dos pares de electrón-agujero, potencialmente doblando la eficiencia de la celda solar orgánica.

Aunque todavía no se han alcanzado resultados comercializables, se está realizando mucha investigación en esta dirección. Esperamos que en un período de cinco a diez años podamos adquirir las revolucionarias celdas solares orgánicas.

The Conversation

Miquel Solà Puig recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades (proyecto PID2023-147424NB-I00) y la Generalitat de Catalunya (proyecto 2021SGR623 e ICREA Academia 2024).

ref. Más allá del silicio: alternativas para mejorar el rendimiento de las celdas solares – https://theconversation.com/mas-alla-del-silicio-alternativas-para-mejorar-el-rendimiento-de-las-celdas-solares-255180

¿Qué efecto tiene decidir a quién se retrata (y a quién no)?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Óscar Díaz Chica, Profesor del Departamento de Ciencias Sociales, Universidad Europea Miguel de Cervantes

Fotografía de Dorothea Lange en la que se muestra a una familia originaria de Oklahoma, residente en ese momento en el campamento de trabajadores migrantes de la Administración de Seguridad Agrícola (FSA) en California, durante la Gran Depresión. Library of Congress’s Prints and Photographs division
Imagen de edificios en blanco y negro.
‘Vista desde la ventana en Le Gras’ de Joseph Nicéphore Niépce es la fotografía más antigua que se conserva.
Harry Ransom Center/Wikimedia Commons

Desde que en el año 1826 Joseph Nicéphore Niépce tomara la que se considera como imagen fotográfica más antigua conservada, la fotografía ha experimentado una gran expansión. Ya no solo porque gran parte de la población tenga constantemente una cámara a mano gracias al móvil, o porque las redes sociales hayan impulsado el protagonismo de la actual cultura de la imagen –sea estática o en movimiento–, sino también porque esta técnica se ha convertido en un elemento artístico con gran proyección.

Hablar hoy de fotos es mencionar un gesto cotidiano. Fotos que ya no suelen revelarse de forma analógica sino de manera digital. Para ello se utilizan programas informáticos con objeto de ajustar parámetros como, entre otros, el brillo, el contraste, la saturación y la nitidez.

Por contra, cuando el revelado es analógico se usan películas sensibles a la luz que capturan imágenes a través del objetivo de las cámaras. Se trata de exposiciones que quedan grabadas en el film y que posteriormente, a través de reacciones químicas, generan las fotografías en papel. Es lo que coloquialmente se denomina “revelar un carrete”, porque todas las exposiciones a la luz de una película quedan almacenadas en un carrete opaco de plástico que posteriormente se trata en un laboratorio.

El caso de las tarjetas Shirley

Las capturas fotográficas no siempre reflejan la realidad de manera fiel, lo que puede generar algún tipo de perjuicio. Un caso paradigmático se evidenció con las denominadas “Shirley Cards” o tarjetas Shirley de la marca Kodak.

Estas películas fotográficas calibraban sus ajustes de color e iluminación a través de una modelo blanca (conocida como “Shirley”), utilizada como estándar internacional. Como consecuencia, los tonos de piel más oscuros quedaban sobre o subexpuestos. El problema, que se presentó a mediados del siglo XX, no fue subsanado hasta que unas compañías de muebles y chocolates se quejaron a Kodak de la mala exposición de sus productos en las fotos.

Es decir, lo que generó el cambio no fue que la gente negra apareciera desfigurada en las fotografías, sino las necesidades de los clientes de piel blanca, que eran quienes dominaban el mercado. El problema se solucionó con el equivalente moderno de las tarjetas Shirley que, junto a los parches de color o la escala de grises, contemplaba la existencia de diferentes tonos de piel.

Dignidad y fotografía

La capacidad para ofrecer diferentes lecturas de la fotografía de una persona se ha explorado desde la semiótica. A fin de cuentas, las fotos no dejan de ser construcciones del lenguaje que permiten nombrar con corrección (o no) aquello que designan. Cuando la fotografía no representa con fidelidad la propia imagen puede llegar a generar problemas psicológicos y afectar a la dignidad e identidad personal.

En este sentido, la representación fotográfica supone una llamada a la responsabilidad social del fotógrafo. Un ejemplo de esta disposición sería el caso de la humanista Dorothea Lange, quien trató de sensibilizar a la opinión pública sobre las condiciones de vida de los más desfavorecidos.

Lange se unió a la Farm Security Administration (FSA) en la tercera década del siglo XX. Por entonces ese organismo, impulsor de un conjunto de reformas y subsidios para paliar los daños de la crisis económica de 1929 en Estados Unidos, reclutó a algunos de los mejores documentalistas de la época para crear un archivo fotográfico. Su objetivo era mostrar la dura realidad de las zonas rurales durante la Gran Depresión.

Imagen de Dorothea Lange en la que retrata a una familia con cinco niños caminando por la carretera
Imagen de Dorothea Lange en la que retrata a una familia con cinco niños caminando por la carretera, con destino a Krebs, Oklahoma (Estados Unidos). En 1936, el padre cultivaba tierras a cambio de una tercera y cuarta parte de la cosecha. Enfermó de neumonía y perdió la granja. No pudo conseguir trabajo en la Administración y le denegaron la ayuda del condado en el que había residido durante quince años debido a su residencia temporal en otro condado tras su enfermedad.
Library of Congress’s Prints and Photographs division

Para atender este cometido, Lange tuvo que documentar la pobreza y las difíciles condiciones de vida del colectivo rural norteamericano afectado por la crisis económica y social. En su realización se esforzó por captar la dignidad de las personas fotografiadas, así como provocar una respuesta emocional en el espectador. Su caso es particularmente interesante al ser una firme defensora de la fotografía directa, objetiva y carente de manipulación. Sus imágenes trataban de invitar a la reflexión, mostrar al ser humano y sus circunstancias sin alterar las situaciones.

Si me veo es que existo

Dentro de los múltiples usos de la fotografía se encuentra la inclusión social. Especialmente incentivada a través del lenguaje, también se ha estimulado mediante la incorporación en las fotos de determinadas personas o grupos sociales.

Así ocurre por ejemplo en el caso de algunas mujeres indígenas de Argentina a inicios del siglo XX. En relatos publicados de viajes de naturalistas a zonas periféricas de este país (como la Patagonia o Jujuy) aparecen fotografías que las retratan y reflejan sus condiciones de vida.

Es cierto que el montaje de algunas fotografías se orienta a reflejar las representaciones de temporalidad que los exploradores concebían respecto al mundo indígena. Aunque muchas respondían a esa mirada colonial, su posterior recuperación en archivos y museos ha permitido reconocerlas como parte de la historia visual del país y dar visibilidad a identidades antes marginadas.

Imagen en blanco y negro de unas mujeres indígenas.
Imagen tomada por Robert Lehmann-Nitsche en Latinoamérica a principios del siglo XX.
Instituto Ibero-Americano

Otras formas de revolución fotográfica

Incluso la lectura de fotografías ha facilitado la inclusión, como demuestra un estudio realizado con brasileños con discapacidad auditiva de 16 y 17 años.

La investigación se desarrolló a partir de la selección de fotografías de los principales periódicos de información generalista de Río de Janeiro. Las imágenes estaban relacionadas con el medio ambiente y con acontecimientos cercanos a los alumnos (como las ecobarreiras: barreras flotantes diseñadas para detener la basura antes de que llegara a bahías desbordadas después de fuertes lluvias). El lenguaje visual de la fotografía periodística ayudó a los alumnos a entender conceptos técnico-científicos de los investigadores y superar las barreras del lenguaje auditivo. Además, facilitó su comprensión de ideas ecológicas complejas y fomentó su inclusión en el debate ambiental.

Entre otros resultados puntuales destacados, se confirmó que la inclusión de metadatos (que describen el contenido, la calidad, la condición y otras características de la imagen) en las fotografías de medios de comunicación online facilita tres veces más la comprensión de estos jóvenes con discapacidad auditiva que las fotografías de medios impresos.

Por otra parte, también es posible estimular la inclusión al favorecer, por ejemplo, que grupos vulnerables con diversidad funcional se comuniquen con la sociedad gracias a sus capturas fotográficas.

Hasta la publicidad

Realmente, la fotografía no solo destaca por su capacidad para representar con fidelidad un fragmento de realidad, sino también por permitir que esa imagen pueda ser vista por otros. Este hecho de compartir una imagen es, en sí mismo, un acto de comunicación (etimológicamente vinculado a poner algo en común) que puede facilitar la integración de lo representado.

La fotografía de inclusión es un recurso que no solo tiene sentido en el ámbito del periodismo, la antropología o la documentación. Su potencial es realmente muy versátil y favorece que también sea valorado en otros campos como la publicidad.

Primeros planos de diferentes personas de diferentes procedencias y colores de piel.
Una de las campañas históricas de la marca United Colors of Benetton creada por Oliviero Toscani en 1998 apelaba al decimotercer artículo de la Declaración Universal de los Derechos Humanos para indicar que ‘todo el mundo tiene derecho a abandonar cualquier país, incluido el suyo, y a regresar a su país’.
United Colors of Benetton

En este ámbito se ha planteado como recurso tanto por su impacto emocional como por su capacidad para incluir minorías marginadas en los anuncios. Su mayor utilización también parece interesante en entornos como el digital, para contrarrestar en cierto modo alguno de los problemas asociados al uso de las redes sociales.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Qué efecto tiene decidir a quién se retrata (y a quién no)? – https://theconversation.com/que-efecto-tiene-decidir-a-quien-se-retrata-y-a-quien-no-265920

¿Cómo enseñamos español de manera eficaz a la población migrante?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Ángel Tejero López, Docente e investigador, Universidad Camilo José Cela

AnnaStills/Shutterstock

Cuando Keita llegó a España procedente de la República de Guinea apenas podía comunicarse. Hoy, siete años más tarde, está trabajando en Albacete.

La lengua es una herramienta fundamental para mejorar la integración de los migrantes no hispanohablantes, especialmente de quienes llegan en condiciones de vulnerabilidad. En España, el 13,4 % de la población tiene nacionalidad extranjera y el 18,2 % ha nacido fuera de España, según datos de 2024.

El desafío de la integración se incrementa cuando las procedencias no se corresponden con países hispanohablantes, como lo son muchas de las personas que solicitan protección internacional. No hablar la lengua del país de acogida impide que la población inmigrante tenga acceso a las mismas oportunidades.

El idioma como puerta de integración

La acogida es un reto económico, legislativo, político, sanitario, social y educativo. El idioma del país receptor se considera una llave de acceso a derechos básicos y a una consecuente vida más autónoma y digna.

Existen iniciativas que facilitan la integración lingüística a estos migrantes no hispanohablantes. Desde distintas universidades e instituciones europeas surgen iniciativas como INCLUDEED o REBUILD. Estos proyectos apuestan por facilitar la integración social y lingüística a través de la colaboración e innovación institucional. Nosotros también hemos diseñado una iniciativa pedagógica llamada ELIM con la que utilizar el conocimiento del idioma específicamente para superar situaciones de vulnerabilidad.

¿Qué sucede en el aula de español para inmigrantes?

Diría que ningún docente puede olvidar la experiencia de enseñar español por primera vez a inmigrantes. Los años de formación, la experiencia en la enseñanza de lenguas o los materiales y metodologías que siempre suelen funcionar apenas tienen importancia. Nadie nos prepara para un contexto lleno de tantas particularidades.

Estas aulas se caracterizan por una diversidad cultural y lingüística constante que obliga a replantear la forma de enseñar en cada momento. Es común tener estudiantes procedentes de países de habla árabe, como Marruecos, de Ucrania o Rusia, además de otras lenguas de países africanos: wolof, fulani o bambara, por ejemplo.

Los ritmos de aprendizaje son marcadamente heterogéneos. Por un lado, aparecen limitaciones de alfabetización y lectoescritura. Muchas personas nunca han ido a la escuela de manera regular. Por otra parte, hay personas con doctorados, que alcanzaron el máximo nivel académico o que eran profesionales asentados en sus países de origen.

A estos factores hay que añadir las experiencias traumáticas que vivieron antes de emigrar, durante el desplazamiento, o tras su reciente llegada a una nueva y diferente sociedad. Los testimonios no suelen ser sencillos de procesar. El duelo migratorio influye también en los estados anímicos, mentales y de motivación. Las habituales responsabilidades familiares, las limitaciones de salud o los trámites burocráticos suelen ser predominantes y afectan en el proceso de enseñanza y aprendizaje de la lengua.

Posibles pautas de actuación

Por lo tanto, el reto va más allá de la enseñanza del idioma. Centros y profesorado deberían tener en cuenta las siguientes recomendaciones:

  1. Analizar las necesidades reales del alumnado. No solo tiene importancia el nivel de lengua o la capacidad de lectoescritura, sino otros elementos más subjetivos como las motivaciones de aprendizaje, las experiencias previas o la importancia del factor psicológico por el duelo migratorio.

  2. Priorizar el aprendizaje funcional y promover un enfoque comunicativo extremo. Es conveniente contextualizar los contenidos y diseñar actividades adaptadas a las realidades sociales y culturales de inmersión. No sería propio tratar temas como las vacaciones de verano cuando muchos migrantes jamás han tenido unas. En cambio, los trámites burocráticos, las gestiones administrativas, la búsqueda de empleo o vivienda y el acceso a servicios básicos son elementos clave en su día día.

  3. Diseñar materiales y actividades adaptados a las realidades. Son escasos los manuales y materiales disponibles para la enseñanza de español a migrantes. Los centros y docentes hacen un gran trabajo de diseño y creación que desafortunadamente no suele compartirse con la comunidad.

  4. Tener en consideración la dimensión afectiva e intercultural, abrazar la alfabetización como un componente más y relegar la evaluación a un segundo plano.

Colaboración y apoyo institucional

No existe un marco estructurado de colaboraciones y apoyos institucionales con relación a la integración sociolingüística de los migrantes.

El primer paso sería estrechar lazos entre profesorado de español para inmigrantes. Asimismo, es de vital importancia fomentar la cooperación interinstitucional, involucrando no solo a oenegés y asociaciones, sino también alianzas con organismos públicos, universidades o el propio Instituto Cervantes. Solo así se comenzarán a combatir las barreras burocráticas y económicas, garantizando que estos elementos no limiten el acceso a la educación lingüística.

El reconocimiento de la profesión por parte de todos los organismos competentes es fundamental. La enseñanza de español a inmigrantes es mucho más que enseñar un idioma. Se trata de abrir puertas hacia la construcción de un futuro con más oportunidades y menos desigualdades.

En palabras de Keita: “Aprender español me ayudó muchísimo. Cuando llegué aquí no sabía ni decir ‘hola’, no podía comunicarme con la gente y así es imposible trabajar. Ahora soy maquinista y cada vez que lo pienso me siento muy feliz”.

The Conversation

José Ángel Tejero López no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Cómo enseñamos español de manera eficaz a la población migrante? – https://theconversation.com/como-ensenamos-espanol-de-manera-eficaz-a-la-poblacion-migrante-266192