Pourquoi les femmes restent-elles minoritaires dans la politique locale ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Zineb Abidi Perier, Maitresse de Conférences, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Les femmes occupent aujourd’hui 42,1 % des sièges dans les conseils municipaux. Pourtant, elles restent minoritaires dans les intercommunalités, là où se décident les orientations budgétaires et stratégiques des territoires.


La France affiche une ambition claire en matière d’égalité femmes-hommes en politique. Depuis la loi sur la parité de 2000, les listes électorales dans de nombreuses communes doivent alterner femmes et hommes. Résultat, les conseils municipaux ont profondément changé de visage. Alors qu’en 1995, les femmes ne représentaient qu’environ 21 % des conseillers municipaux, en 2020, elles en représentent 42,1 %. Cette progression confirme l’efficacité des quotas pour transformer la représentation descriptive des assemblées locales). Mais derrière ce progrès visible se cache une réalité plus nuancée. Dans les structures intercommunales, là où se prennent des décisions clés sur les finances locales, l’aménagement du territoire ou le développement économique, les femmes restent nettement sous-représentées.

Notre recherche, fondée sur les données exhaustives des élections municipales de 2020 et sur plus de 64 000 délégués intercommunaux, met en évidence un mécanisme central : les inégalités observées dans les intercommunalités ne naissent pas à ce niveau, elles prolongent celles qui structurent déjà l’accès aux fonctions exécutives municipales.

Les intercommunalités, un lieu de pouvoir discret mais stratégique

Depuis 2014, chaque commune française doit intégrer l’une des 1 254 structures intercommunales, appelées établissements publics de coopération intercommunale. Ils exercent des compétences majeures en matière de fiscalité économique, de transports, de politique de l’habitat, de développement durable ou encore de planification urbaine. Ils constituent un niveau décisif de coordination et de mutualisation de l’action publique locale.

Pourtant, leurs membres ne sont pas élus directement par les citoyens. Ils sont désignés parmi les élus municipaux, selon des règles largement dépendantes de la taille des communes et du nombre de sièges attribués. La majorité des structures intercommunales se situent entre 30 % et 45 % de femmes, et les cas dépassant 50 % restent minoritaires. Cette distribution confirme que la parité n’est pas devenue la norme à l’échelle intercommunale.

Le verrou des postes exécutifs municipaux

Le point clé se situe au niveau des maires et des adjoints. Dans plus de 70 % des communes, l’intercommunalité ne dispose que d’un seul siège. Ce siège est presque systématiquement occupé par le maire. Or les maires demeurent très majoritairement des hommes. Le mécanisme est institutionnellement simple mais politiquement décisif. Lorsque la commune ne dispose que d’un représentant, celui-ci est issu de l’exécutif, le plus souvent le maire. La sous-représentation des femmes à la tête des municipalités se transmet donc directement à l’échelon intercommunal.

Les recherches consacrées à la désignation des maires montrent que cette phase, qui se déroule au sein même du conseil municipal, constitue un véritable point de blocage pour l’accès des femmes aux fonctions exécutives locales. Plus largement, les études sur la sélection des candidats et les carrières politiques mettent en évidence le poids de l’ancienneté, des réseaux partisans et de l’avantage des sortants. Ces mécanismes tendent à consolider la position de ceux déjà en place, le plus souvent des hommes.

Selon nos recherches, lorsque le nombre de sièges augmente, l’écart entre la part de femmes parmi les conseillers municipaux et leur part parmi les postes exécutifs se réduit, mais il ne disparaît pas. À l’échelle nationale, les femmes occupent 35,1 % des sièges intercommunaux, mais seulement 31,7 % des positions les plus stratégiques L’accès au pouvoir exécutif reste plus inégal que l’accès aux sièges ordinaires.

Taille et fragmentation : des effets institutionnels puissants

Tous les territoires ne se ressemblent pas. Nos analyses montrent que la taille démographique des intercommunalités est positivement associée à la présence féminine. Dans les 20 % d’intercommunalités les moins peuplées, la part moyenne de femmes est d’environ 31,6 %. Dans les 20 % les plus peuplées, elle atteint près de 39 %. L’effet est croissant mais non linéaire. La montée en population favorise la représentation féminine, puis l’effet marginal s’atténue dans les plus grandes structures. Ce résultat est cohérent avec les travaux montrant que les systèmes proportionnels et les contextes urbains plus politisés offrent un environnement plus favorable à l’émergence de candidatures féminines. Les grandes intercommunalités regroupent davantage de communes soumises à des règles de parité strictes et à une compétition partisane structurée.

À l’inverse, la fragmentation territoriale pénalise la représentation des femmes. À population équivalente, une intercommunalité composée d’un grand nombre de petites communes présente une proportion plus faible de femmes. La règle du délégué unique renforce mécaniquement le poids des maires, donc celui des hommes. Deux territoires démographiquement comparables peuvent ainsi produire des conseils intercommunaux très différents selon leur degré de fragmentation.

Le poids du statut juridique et du régime fiscal

Le type d’intercommunalité joue également un rôle significatif. Les métropoles atteignent en moyenne plus de 40 % de femmes, tandis que les communautés de communes, plus rurales et plus fragmentées, se situent autour de 34 %. Les structures à fiscalité professionnelle unique affichent une proportion plus élevée de femmes que celles à fiscalité additionnelle.

Ces différences traduisent des effets combinés de taille, d’intégration financière et de structuration institutionnelle. Les environnements plus intégrés tendent à s’accompagner de pratiques politiques plus formalisées et d’une mise en œuvre plus effective des normes de parité.

L’orientation politique : un effet réel mais limité

L’orientation politique a également un impact. Les intercommunalités à majorité de gauche comptent en moyenne davantage de femmes que celles orientées à droite. Ce résultat est cohérent avec la littérature montrant que les partis de gauche soutiennent plus fortement les quotas et les politiques d’égalité.

Cependant, cet effet reste secondaire par rapport aux contraintes institutionnelles. Les différences idéologiques existent, mais elles ne compensent pas les mécanismes structurels liés à la sélection des exécutifs municipaux et à la fragmentation territoriale.

Des assemblées plus paritaires, un pouvoir encore inégal

La France a profondément transformé la composition de ses conseils municipaux au cours des vingt dernières années. Dans les communes de plus de 1 000 habitants, la loi impose un équilibre entre femmes et hommes sur les listes électorales, ce qui a permis une progression nette de la présence féminine. Mais cette avancée reste incomplète. D’une part, ces obligations ne s’appliquent pas aux communes de moins de 1 000 habitants. D’autre part, elles encadrent la composition des listes, pas l’attribution des fonctions exécutives. Le choix des maires, des adjoints ou des représentants envoyés à l’intercommunalité, notamment lorsqu’il n’y a qu’un seul siège, n’est pas soumis aux mêmes règles. Or ce sont précisément ces fonctions qui concentrent l’essentiel du pouvoir décisionnel.

Ainsi, si les assemblées se sont féminisées, les postes où se prennent les décisions stratégiques demeurent majoritairement occupés par des hommes. La démocratie ne se limite pas à l’équilibre des chiffres. Elle suppose un accès réel et égal aux responsabilités et aux lieux où s’exerce effectivement le pouvoir.

Un enjeu démocratique

Les intercommunalités gèrent des budgets importants et structurent durablement l’action publique locale. Elles façonnent le quotidien des citoyens en matière de mobilité, d’habitat et de développement économique. Leur composition reflète imparfaitement la société qu’elles administrent. Les femmes représentent plus de la moitié de la population et près de la moitié des conseillers municipaux, mais elles restent minoritaires là où se concentrent les leviers exécutifs. Comprendre les mécanismes institutionnels qui produisent ces écarts permet de dépasser les explications culturalistes ou individualisantes. Les règles de désignation, les structures territoriales et les procédures de sélection interne façonnent profondément les trajectoires politiques.

La question n’est donc pas seulement celle de la présence des femmes en politique locale. Elle est celle de leur accès effectif, à égalité, aux positions où s’exerce réellement le pouvoir.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Pourquoi les femmes restent-elles minoritaires dans la politique locale ? – https://theconversation.com/pourquoi-les-femmes-restent-elles-minoritaires-dans-la-politique-locale-276793

Du détroit d’Ormuz à l’Europe : comprendre la rapidité de la propagation de l’insécurité énergétique

Source: The Conversation – France in French (3) – By Kambiz Zare, Professor of International Business and Geostrategy, Kedge Business School

Les tensions dans le golfe Persique mettent en évidence la vulnérabilité structurelle des pays de l’union européenne, qui importent environ 58 % de leur énergie, ce qui les rend très sensibles à toute perturbation des routes maritimes ou de la production des pays membres du Conseil de coopération du Golfe. La réponse ne peut être exclusivement militaire : l’UE doit accélérer sa transition énergétique et s’engager plus activement sur le plan diplomatique pour stabiliser la région.


Dans le contexte actuel, les marchés, comme toujours, continuent de réagir aux informations qu’ils reçoivent. Ils montent, ils baissent, ils peuvent créer des épisodes de panique, mais aussi des opportunités d’arbitrage, tout en incitant les investisseurs à rechercher des placements jugés plus sûrs. Au fond, cette réactivité immédiate est la nature même des marchés.

En ce qui concerne la crise iranienne, à ce stade il faut distinguer deux niveaux. Le premier est déjà visible : un choc de volatilité. Le second serait beaucoup plus grave : un choc systémique majeur. Pour l’instant, le premier est réel ; le second reste un risque, pas une certitude.

Pour l’Union européenne, l’enjeu ne se limite pas à une accalmie boursière ou à une baisse ponctuelle du prix du baril de Brent. Le problème est plus profond : l’Europe reste fortement exposée aux chocs énergétiques extérieurs, en particulier lorsque les tensions géopolitiques menacent les routes maritimes, le trafic des tankers et la confiance des producteurs du golfe Persique. L’énergie n’est pas un sujet périphérique pour l’économie européenne. Elle se situe au cœur de l’inflation, de la production industrielle, des coûts de transport et de la compétitivité.

Figure 1 : Taux d’inflation des prix de l’énergie dans l’Union européenne entre 2019 et 2025, par produit.
Statista

En d’autres termes, même lorsque les prix reculent temporairement, le signal stratégique reste inchangé : la sécurité énergétique de l’Europe demeure vulnérable à des perturbations que cette dernière ne contrôle pas.

Une vulnérabilité structurelle de l’Europe

La fragilité européenne n’est pas conjoncturelle ; elle est structurelle. Depuis longtemps, la demande énergétique de l’UE dépasse sa production intérieure, ce qui rend le bloc durablement dépendant des importations. Le taux global de dépendance énergétique de l’UE se situe autour de 58 %. Surtout, l’Union importe plus de 90 % du pétrole qu’elle consomme et entre environ 80 % et 90 % de son gaz, selon les indicateurs retenus. Cette réalité place l’Europe en situation de forte exposition dès qu’un conflit menace les voies maritimes, les flux pétroliers ou la production des régions exportatrices.

Figure 2 : Approvisionnement en énergie primaire dans l’Union européenne de 2023 à 2024, par combustible.
Statista

L’Europe a certes diversifié une partie de ses fournisseurs. Pour le pétrole, ses principaux partenaires sont aujourd’hui les États-Unis, la Norvège et le Kazakhstan. Pour le gaz, la Norvège occupe une place centrale, suivie par l’Algérie et le Royaume-Uni. En matière de gaz naturel liquéfié, les États-Unis dominent très largement, devant la Russie puis le Qatar.

Cette diversification a réduit certains risques, mais elle n’a pas supprimé la dépendance. Elle a simplement changé sa géographie. L’Europe dépend moins d’un fournisseur unique qu’auparavant, mais elle reste profondément insérée dans un marché mondial où les prix réagissent immédiatement aux tensions géopolitiques.

Le détroit d’Ormuz : un choc qui dépasse le seul pétrole

Le risque lié au détroit d’Ormuz ne concerne pas uniquement le pétrole. Toute perturbation durable dans le golfe Persique peut aussi affecter d’autres matières premières et intrants stratégiques pour l’industrie européenne : engrais, produits chimiques, pétrochimiques, plastiques et divers produits intermédiaires indispensables aux chaînes de production.

Pour l’Europe, les secteurs les plus vulnérables sont ceux qui sont déjà très énergivores ou fortement dépendants d’intrants importés. On pense notamment à la chimie, à la pétrochimie, au ciment, au verre, à la céramique, au papier, mais aussi à certaines branches de l’agroalimentaire via la question des engrais et du transport. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ces secteurs se situent souvent en amont de l’économie. Lorsqu’ils subissent une hausse des coûts, celle-ci se diffuse ensuite dans le reste du système productif. Le choc ne reste donc pas limité à l’énergie. Il passe aussi par le fret, l’assurance maritime, les coûts de production et, à terme, par les prix à la consommation.

Autrement dit, l’Europe ne fait pas face à une simple tension énergétique, mais à une chaîne de transmission inflationniste beaucoup plus large. Il n’est même pas nécessaire qu’Ormuz soit totalement fermé pour produire cet effet. Le simple risque de perturbation peut suffire à faire grimper les prix, parce que les marchés réagissent autant à l’anticipation d’un choc qu’au choc lui-même.

Prix du pétrole, croissance et risque stagflationniste

Le retour d’un pétrole au-dessus de 100 dollars (85,5 euros) est un marqueur très préoccupant pour l’Europe. Une telle hausse renchérit immédiatement le transport, pèse sur les marges industrielles, fragilise la compétitivité et réduit le pouvoir d’achat. L’Europe n’est peut-être pas au centre géographique de la crise, mais elle en supporte très directement les conséquences économiques.

La Commission européenne a évoqué le risque d’un choc stagflationniste majeur. Le scénario est crédible – l’expérience de l’invasion de l’Ukraine n’est pas loin –, mais il ne doit pas être présenté comme inévitable. Il devient sérieux si trois conditions se cumulent : un choc énergétique durable, une remontée de l’inflation et un ralentissement de l’activité sous l’effet de coûts élevés prolongés.

Pour la zone euro, la vulnérabilité est réelle, car la croissance y est déjà plus modérée que dans d’autres grands blocs, notamment les États-Unis ou certaines économies asiatiques. Cela signifie que l’Europe dispose de moins de marge pour absorber un nouveau choc d’offre. Nous ne sommes pas automatiquement dans une répétition du choc de 2022. Tout dépendra de la durée de la crise, de l’intensité de la perturbation et de la capacité de l’Europe à sécuriser ses approvisionnements.

Ce que l’Europe peut faire : d’Ormuz à Bruxelles, deux priorités

Le déploiement d’une flotte européenne peut contribuer à sécuriser les routes commerciales et à rassurer les marchés. Mais il faut rester lucide : cela ne fera ni baisser durablement les prix ni disparaître le risque géopolitique. La réponse européenne ne peut donc pas être uniquement militaire. Elle doit aussi être diplomatique, énergétique et stratégique.

La leçon est claire : tant que l’Europe restera dépendante du pétrole et du gaz importés, toute crise majeure dans le golfe Persique continuera d’affecter directement ses prix, son inflation, son industrie et sa croissance. L’instabilité du Moyen-Orient n’est plus un sujet périphérique ; elle fait partie intégrante de la sécurité économique européenne.

L’Union européenne doit d’abord accélérer sa sortie de la dépendance aux énergies fossiles, en misant davantage sur les renouvelables, l’électrification, les réseaux et l’efficacité énergétique. Elle doit ensuite contribuer plus activement à la stabilité régionale. La sécurité de l’économie européenne dépend aussi de sa capacité à défendre un environnement géopolitique plus stable.

The Conversation

Kambiz Zare est membre du conseil scientifique du Spirales Institute Think Tank

ref. Du détroit d’Ormuz à l’Europe : comprendre la rapidité de la propagation de l’insécurité énergétique – https://theconversation.com/du-detroit-dormuz-a-leurope-comprendre-la-rapidite-de-la-propagation-de-linsecurite-energetique-278591

Est-ce la fin du multilatéralisme ? Les organisations internationales, victimes collatérales de la guerre en Iran

Source: The Conversation – France in French (3) – By Theresa Reinold, Professeure assistante de droit international, EDHEC Business School

La guerre en Iran met en évidence la faiblesse de l’ordre international fondé sur des règles, car elle démontre une fois de plus que les grandes puissances peuvent agir unilatéralement tout en paralysant les institutions censées garantir la sécurité collective. Le Conseil de sécurité de l’ONU apparaît incapable de réagir de manière équilibrée, notamment en raison du droit de veto et de doubles standards qui évitent de remettre en cause les actions des États-Unis et de leurs alliés. L’Union européenne, malgré son poids économique et diplomatique, reste marginalisée par ses divisions internes, sa dépendance sécuritaire envers Washington et son manque de volonté politique d’assumer un rôle géopolitique plus affirmé.


L’un des aspects les plus frappants de la guerre en Iran est la mesure dans laquelle elle a mis en évidence l’inefficacité des organisations internationales et des approches multilatérales pour résoudre les conflits mondiaux. Si nous considérons ce conflit comme un indicateur de la viabilité de l’ordre international fondé sur des règles établi après la Seconde Guerre mondiale, nous pouvons conclure que le patient présente un pouls très faible.

L’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Union européenne (UE) sont deux organisations qui incarnent l’ordre normatif mondial d’après 1945, un ordre fondé sur des principes tels que la règle de droit, la non-agression et le respect de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique des États souverains.

Ces principes, et les différentes organisations internationales qui les incarnent, sont parmi les premières victimes de la campagne militaire américano-israélienne. Comment en est-on arrivé là et que pourrait-on faire pour donner un nouveau souffle au multilatéralisme ?

Les Nations unies : une histoire de rivalité entre grandes puissances et de doubles standards

La guerre en Iran a clairement montré que le système de sécurité collective mis en place après 1945 est largement paralysé lorsqu’une grande puissance décide d’agir seule. Le Conseil de sécurité de l’ONU a été désigné comme le gardien de la paix et de la sécurité internationales, mais il a été paralysé par le droit de veto de ses membres permanents qui ont maintes fois utilisé leur influence pour protéger du regard international leurs propres actions et celles de leurs alliés.

Lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran fin février 2026, le Conseil de sécurité n’a dans un premier temps pas réussi à trouver de réponse significative, et encore moins à autoriser des mesures visant à désamorcer la crise. Au contraire, le conflit s’est déroulé en dehors du cadre du droit international, les actions militaires unilatérales devenant la norme plutôt que l’exception.

Il a finalement, le 11 mars, adopté une résolution qui se concentrait uniquement sur la condamnation des attaques de l’Iran contre les États du Golfe. La résolution, adoptée par 13 voix pour et les abstentions de la Russie et de la Chine, qualifiait les actions de l’Iran d’« attaques flagrantes » et exigeait l’arrêt immédiat de cette agression régionale.

Si cette résolution est un signal important indiquant que l’institution est toujours active et que l’ONU a encore une certaine volonté de protéger les normes fondamentales sur lesquelles elle a été fondée, son approche unilatérale souligne le double standard persistant du Conseil de sécurité : la résolution ne fait aucune mention des frappes initiales américano-israéliennes contre l’Iran qui ont déclenché l’escalade, ni ne traite du contexte plus large du conflit, tel que la légalité de ces frappes ou l’assassinat du guide suprême iranien. Le silence assourdissant du Conseil de sécurité de l’ONU face aux violations du droit international par les États-Unis et Israël suggère une fois de plus l’utilisation d’un double standard et sape davantage sa crédibilité en tant que gardien de la paix et de la sécurité internationales.

Cependant, alors que le Conseil est actuellement plus ou moins paralysé, il existe une procédure qui pourrait redynamiser l’ONU dans cette crise géopolitique, à savoir la procédure « Uniting for Peace » (Unis pour la paix). Ce mécanisme donne des pouvoirs à l’Assemblée générale des Nations unies en cas d’impasse au Conseil de sécurité.

« Uniting for Peace » est une résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1950 (résolution 377[V]). Elle a été conçue pour permettre à l’Assemblée générale d’agir dans les cas où le Conseil de sécurité est dans l’incapacité de le faire en raison d’un veto émis par l’un de ses membres permanents. L’objectif est de contourner un blocage du Conseil de sécurité et de permettre à l’Assemblée générale de recommander des mesures collectives – y compris l’emploi de la force armée – afin de maintenir ou de rétablir la paix et la sécurité internationales. Si cette procédure n’a pas encore été utilisée dans la crise iranienne, c’est parce que la volonté politique nécessaire à cet effet n’est pas suffisante.

L’Union européenne : une actrice dotée d’une réelle puissance géopolitique… mais qui n’est pas disposée à l’utiliser

Un autre aspect notable (mais sans surprise) de cette guerre est l’absence totale de pertinence de l’Union européenne en tant que médiatrice et artisane de la paix. L’impulsion fondatrice de l’UE était de construire la paix sur la base de la coopération multilatérale et de la résolution non violente des conflits. L’UE se considère comme une puissance normative qui cherche à projeter ses valeurs dans le monde entier en utilisant le soft power, mais qui a tendance à éviter de recourir à la coercition.

Malheureusement, la période dans laquelle nous vivons est celle où les États les plus puissants ont décidé que la violence était désormais l’outil privilégié pour atteindre leurs objectifs de politique étrangère, soit en renversant les régimes hostiles, soit en s’emparant de territoires étrangers par la force armée.

Dans ce monde où règne la loi du plus fort, l’Europe semble impuissante. L’UE n’a pas été consultée avant la guerre en Iran et ne participe pas activement aux hostilités. Au contraire, elle observe depuis les coulisses, lançant des appels futiles à la retenue et se sabotant elle-même dans des querelles internes. Cela est regrettable, compte tenu du rôle historique joué par l’Europe dans la négociation de l’accord sur le nucléaire iranien.

Pourquoi l’UE se retrouve-t-elle spectatrice dans l’événement géopolitique le plus important de 2026 ? D’une part, parce qu’elle n’a – une fois de plus – pas réussi à parler d’une seule voix. Les États membres ont adopté des positions divergentes, certains exprimant leur soutien aux actions américano-israéliennes et d’autres appelant à la retenue. L’Espagne, par exemple, a pris le risque d’un conflit ouvert avec l’administration Trump au sujet de l’utilisation de ses bases militaires pour l’effort de guerre, tandis que d’autres acteurs importants, dont l’Allemagne et la France, ont exprimé une certaine compréhension pour les frappes aériennes.

S’il est facile de critiquer l’UE pour son manque d’unité sur des questions géopolitiques majeures, cette multiplicité de voix est en réalité une caractéristique voulue de cette entité hybride, qui combine à la fois des éléments supranationaux et intergouvernementaux dans son architecture institutionnelle. Dans le même temps, cette caractéristique sape activement l’action de l’UE sur la scène internationale.

Un autre facteur qui condamne l’UE à l’inefficacité dans les crises géopolitiques est la dépendance de l’Europe vis-à-vis des États-Unis en matière de sécurité et l’absence d’une politique de défense commune soutenue par une armée européenne.

Cependant, le plus grand obstacle à l’action de l’UE en matière de géopolitique n’est ni institutionnel ni matériel. Il est d’ordre psychologique. Il n’y a aucune volonté de diriger, aucune volonté d’utiliser une approche musclée pour contrer le mépris flagrant de Trump pour le multilatéralisme et le droit international (valeurs qui sont au cœur de l’identité européenne), et une croyance naïve que les relations transatlantiques se répareront d’elles-mêmes. Au lieu de tirer parti de son poids économique et diplomatique pour contrer les actions unilatérales des États-Unis, l’UE a souvent eu recours à des gestes réactifs et conciliants, dans l’espoir que l’harmonie transatlantique serait rétablie d’une manière ou d’une autre par la seule bonne volonté. Cela reflète une erreur de calcul fondamentale : la conviction que les États-Unis, sous Trump ou sous tout autre dirigeant, finiront par reconnaître et récompenser la loyauté européenne, même si les actions de Washington démontrent le contraire.

La bonne nouvelle, c’est que cela peut changer. Les mentalités peuvent évoluer, les identités peuvent être reconstruites et l’autonomie peut être renforcée.

Le patient est faible, mais il y a de l’espoir

Non, le multilatéralisme n’est pas mort. Les organisations internationales telles que l’ONU et l’UE ont non seulement mis en place des normes et des mécanismes qui les autoriseraient à jouer un rôle essentiel dans les crises géopolitiques, mais elles disposent également d’énormes ressources qui leur permettraient de jouer un tel rôle.

Le pouls du patient est donc faible, mais il existe des remèdes efficaces pour le renforcer. Nous devons maintenant rassembler la volonté politique nécessaire pour les appliquer.

The Conversation

Theresa Reinold a reçu des financements de Thyssen Foundation.

ref. Est-ce la fin du multilatéralisme ? Les organisations internationales, victimes collatérales de la guerre en Iran – https://theconversation.com/est-ce-la-fin-du-multilateralisme-les-organisations-internationales-victimes-collaterales-de-la-guerre-en-iran-278390

Le réseau portuaire de la Chine se concentre autour des routes les plus risquées de la planète… et ce n’est pas un hasard

Source: The Conversation – France in French (3) – By Dylan Spencer, Assistant Professor of Criminology, Georgia Southern University

La Chine a pris pied dans plus de 90 ports à travers le monde. Une nouvelle étude montre que ces investissements ne sont pas répartis au hasard : ils se concentrent près des grands goulets d’étranglement du commerce mondial et dans des corridors maritimes exposés à la piraterie.


Fin février 2026, le gouvernement panaméen a pris le contrôle de deux ports du canal de Panama qui étaient exploités depuis deux décennies par un conglomérat hongkongais. Cette décision constitue le dernier épisode d’un long bras de fer juridique, après que la Cour suprême du Panama a annulé les contrats de l’entreprise.

Mais l’affaire dépasse largement le cadre d’un simple différend local. Elle a attiré l’attention des États-Unis et de la Chine, dont la rivalité autour des ports mondiaux et des routes commerciales s’est intensifiée ces dernières années, notamment dans la zone stratégique du canal de Panama, où la présence chinoise a, à plusieurs reprises, suscité l’ire de l’administration Trump.

Des entreprises chinoises possèdent ou exploitent désormais des terminaux dans plus de 90 ports à travers le monde, dont beaucoup figurent parmi les plus fréquentés. Ce réseau s’étend de l’Afrique à l’Europe, en passant par le Moyen-Orient et l’Asie, avec une activité en croissance en Amérique du Sud.

L’ampleur de l’implication chinoise dans les ports à l’étranger a alimenté le débat sur la nature réelle de ces investissements : s’agit-il d’opérations strictement commerciales ou servent-ils des objectifs stratégiques plus larges ?

Une grande partie de ce débat s’est appuyée sur des études de cas et des analyses politiques, notamment dans le cas du canal de Panama. Pourtant, comprendre où se situent ces ports et déterminer s’il existe des caractéristiques communes aux pays qui les accueillent est essentiel, car des perturbations des grandes routes maritimes peuvent se répercuter sur l’ensemble de l’économie mondiale.

Dans une étude récente, nous – chercheurs en sécurité maritime, en infrastructures mondiales et en commerce international – avons constitué la première base de données mondiale des ports liés à des entreprises chinoises. Nous avons ensuite analysé 133 pays côtiers afin de comprendre pourquoi certains accueillent des investissements portuaires chinois tandis que d’autres n’en ont pas.

Nous avons constaté que l’expansion des ports chinois à l’étranger n’est pas aléatoire. Loin d’être principalement déterminés par le climat général des affaires, ces investissements se concentrent près des points d’étranglement maritimes et des corridors maritimes exposés à la piraterie, avec des indices plus modestes suggérant que les pays riches en ressources ont également davantage de chances d’accueillir ces ports.

L’importance des points d’étranglement

Certaines routes maritimes sont plus importantes que d’autres. Le canal de Suez, le détroit d’Ormuz et le détroit de Malacca sont des exemples de points d’étranglement – des passages étroits par lesquels transitent d’énormes volumes du commerce mondial et des flux d’énergie.

Selon nos résultats, les pays situés à proximité de points d’étranglement majeurs ou secondaires, comme le Panama ou ceux bordant le détroit du Pas-de-Calais – dont la France – sont nettement plus susceptibles d’accueillir un port lié à des entreprises chinoises. En termes simples, la proximité avec des goulets d’étranglement essentiels du commerce mondial constitue un fort prédicteur des investissements chinois.

Carte des points d’étranglement
Les points d’étranglement se situent le long de corridors maritimes particulièrement sensibles.
Spencer/Christiansen/Pires/Tsai/Gondhali/Petrossian

Cette disposition a une logique économique. La Chine dépend fortement du commerce maritime pour soutenir sa croissance. Or les ports situés près des points d’étranglement se trouvent le long des corridors maritimes les plus sensibles du monde et offrent un accès commercial durable dans des emplacements stratégiques.

Malgré les inquiétudes en Occident, selon lesquelles Pékin développerait des ports à des fins militaires, tous ne constituent pas pour autant des bases navales déguisées.

La plupart des installations liées à des entreprises chinoises sont des terminaux commerciaux. Cependant, des infrastructures commerciales peuvent aussi avoir une valeur stratégique. Ainsi la première base logistique militaire à l’étranger de la Chine, à Djibouti, se trouve à côté du complexe portuaire de Doraleh exploité par… une entreprise chinoise. Un rapport du Congressional Research Service souligne que cette installation soutient les opérations navales et l’accès régional dans l’ouest de l’océan Indien.

Cela ne signifie pas que les autres ports détenus ou exploités par des entreprises chinoises soient des installations militaires. Mais le contrôle de terminaux, de plateformes logistiques et de données sur les chaînes d’approvisionnement peut, avec le temps, influencer les relations économiques et sécuritaires.

Le rôle de la piraterie et des ressources

Les mêmes corridors maritimes dans lesquels Pékin concentre ses investissements portuaires sont aussi des points chauds de la criminalité maritime. Dans une recherche distincte, nous avons montré que les ports maritimes peuvent faciliter la pêche illégale, non déclarée et non réglementée lorsque les mécanismes de contrôle sont faibles. Nos derniers résultats indiquent que les ports liés à des entreprises chinoises sont plus fréquents dans des pays déjà confrontés à la piraterie et à l’insécurité maritime.

Ce chevauchement ne signifie pas que les ports provoquent des activités illicites, mais il montre que ces investissements se produisent souvent dans des environnements maritimes à plus haut risque. L’un des résultats les plus surprenants de notre étude concerne précisément cette relation entre la piraterie et les investissements portuaires.

Entre 1991 et 2018, des milliers d’incidents de piraterie ont été enregistrés dans le monde. Pourtant, au lieu d’éviter les zones à risque, les ports liés à des entreprises chinoises sont plus fréquents dans les pays où les niveaux de piraterie sont les plus élevés.

Pourquoi investir dans des corridors instables ? Parce que la piraterie signale les routes commerciales à la fois vulnérables et précieuses. Investir dans des ports dans des régions comme le golfe de Guinée ou certaines parties de l’Asie du Sud-Est peut aider Pékin à protéger ses intérêts maritimes. En ce sens, la piraterie peut signaler non seulement un risque, mais aussi une opportunité.

Parallèlement, nous avons examiné la richesse en ressources naturelles des pays hôtes à l’aide d’un indicateur incluant les ressources extractives, minières et agricoles. Nous avons trouvé des indices suggérant que les pays disposant de ressources plus abondantes étaient davantage susceptibles d’accueillir au moins un port lié à des entreprises chinoises, mais si cette relation n’apparaissait pas de manière constante dans tous les modèles.

De fait, certaines explications souvent avancées pour expliquer où et pourquoi la Chine investit dans des ports ne résistent pas à notre analyse.

Les indicateurs généraux du climat des affaires et de la gouvernance, tels que la facilité à faire des affaires ou la stabilité institutionnelle, ne sont pas, après examen, des prédicteurs constants de la présence de ports liés à des entreprises chinoises. Cela suggère que la géographie et les facteurs de risque maritimes comptent davantage que les indicateurs économiques ou de gouvernance plus généraux.

Implications plus larges

Quelles que soient les motivations derrière les investissements chinois, leurs effets dépassent le simple cadre du commerce local et de la logistique. Les ports ne sont plus seulement des infrastructures locales. Ils sont devenus des nœuds des chaînes d’approvisionnement mondiales et, de plus en plus, des éléments de la compétition géopolitique. Et si tous les investissements ne traduisent pas une ambition militaire dissimulée, il serait naïf de considérer que tous les projets portuaires sont politiquement neutres.

Les récentes réponses politiques américaines reflètent ces inquiétudes croissantes. Début 2026, la Maison-Blanche a présenté un plan visant à renforcer l’industrie maritime américaine et à réduire la dépendance à l’égard d’infrastructures maritimes contrôlées par des acteurs étrangers. L’administration s’est également penchée de plus près sur l’implication d’entreprises étrangères dans des installations clés de l’hémisphère occidental, notamment des ports liés au canal de Panama.

De telles initiatives suggèrent qu’à Washington, le contrôle des infrastructures maritimes n’est plus considéré comme une simple question commerciale, mais de plus en plus comme un enjeu de sécurité économique et nationale. Et comme le montre la carte des pays accueillant des ports liés à des entreprises chinoises, les investissements de Pékin suivent les routes commerciales les plus stratégiques du monde – non pas par hasard, mais par choix.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Le réseau portuaire de la Chine se concentre autour des routes les plus risquées de la planète… et ce n’est pas un hasard – https://theconversation.com/le-reseau-portuaire-de-la-chine-se-concentre-autour-des-routes-les-plus-risquees-de-la-planete-et-ce-nest-pas-un-hasard-277691

Masked T-cell engagers: cancer immunotherapies for the future?

Source: The Conversation – UK – By Sheena Cruickshank, Professor in Immunology, University of Manchester

T-cells, a type of immune cell, can be used to attack cancer cells. Lightspring/ Shutterstock

A new immunotherapy drug has demonstrated early promise in a recent prostate cancer clinical trial. The drug, called VIR-5500, is a “masked T-cell engager”. This type of immunotherapy ignites our own immune arsenal to fight cancer.

In the trial, which is still in progress and has not yet undergone peer-review, patients with advanced prostate cancer who had failed to respond to other treatments were given VIR-5500. Remarkably, initial findings showed that in the patients who received the highest doses, 82% saw reductions in their PSA (prostate specific antigen) levels – a commonly used measure of prostate cancer.

Strikingly, nearly half of the patients within this group also showed tumour shrinkage at both the primary tumour sites as well as in metastatic tumours (tumours which had spread from the prostate into different parts of the body).

Cancer cells have mechanisms to evade being eliminated by our immune system. But immunotherapies boost our immune system’s capacity to fight cancer. They do this by combatting these evasion strategies.

Various immunotherapies have demonstrated phenomenal success in recent years. Yet many cancers, such as prostate cancer, remain difficult to treat exposing the need for more effective immunotherapies.

T-cell engagers are a specific type of immunotherapy that works by anchoring immune cells, called T-cells, and cancer cells together by engaging molecules on the surface of both cell types. This enforced proximity prompts the T-cells to produce toxic cancer-killing chemicals and generate a cascade of inflammatory processes that promote cancer killing.

There are now over 200 different T-cell engagers, many of which are in clinical trials to treat a range of tumours including multiple myeloma, leukaemia and lung cancer.

T-cell engagers

T-cell engagers are not just being trialled for cancer. They may also help with treating other viral conditions, such as hepatitis B, which can cause life-long infection. As in cancer, the virus can evade our immune responses – but T-cell engagers can promote more effective clearance of virally-infected cells.

Despite the great promise surrounding T-cell engagers, the vigorous inflammation they trigger can also be a double-edged sword. In some cases, it can cause a serious inflammatory condition called cytokine release syndrome.

Cytokines are protein messengers released by cells that can drive inflammation. Normally, their release is tightly controlled – but in cytokine release syndrome, the response is excessive and uncontrolled. This can lead to multi-organ failure with potentially life-threatening consequences.

A digital depiction of cytokines being released and attacking a cell.
T-cell engagers can also sometimes cause an uncontrolled immune response.
ALIOUI Mohammed Elamine7/ Shutterstock

Similar toxic inflammatory side-effects can be seen with other immunotherapies. It’s likely the condition is driven by the potent, acute activation of an immune response.

This is why T-cell engagers and other immunotherapy drugs need to be refined, to ensure their effects are less toxic.

One way of doing this involves producing versions of immunotherapies that are inactive but can be activated once inside tumours.

This is done by covering the drug in a “mask” that prevents it from engaging both the T-cells and cancer cells. When the drug enters tumours, molecules that are abundant in cancers can break down this mask, allowing the drug to engage its target cells. VIR-5500, the drug used in this recent, promising prostate cancer trial, is one of many new masked T-cell engagers.

As such, masking creates an effective drug that may also be safer. Tumour-specific activation should restrict the anti-cancer, inflammatory response to within the tumour, preventing widespread inflammation.

It may also enable the T-cell engagers to be more selective towards cancer cells, as some of their targets may also be expressed by normal healthy cells. This could simultaneously reduce toxicity and improve anti-cancer potency.

An additional benefit of masked immunotherapies is that the conversion from the inactive to active drug in the body takes time. This changes how the drug is dosed within patients.

In the clinic, T-cell engagers are often given in small doses that then need to be escalated to prevent acute immune over-activation. But the mask would allow the drug to be released more slowly, making delivery simpler and safer. The mask itself may also prevent the drugs from being broken down in the body and may extend their lifespan.

An important finding in this recent trial for prostate cancer was that most patients who received the highest doses of VIR-5500 suffered only mild inflammatory side effects. Given the known toxicity associated with T-cell engagers, this is an exciting finding – suggesting the masking is working to reduce the risks of excessive inflammation.

If further research proves that masking T-cell engagers creates safer, more effective drugs, then we can expand what we can do with them. They can be combined with more traditional cancer therapies, such as chemotherapy or radiotherapy, which may prove even more effective in eliminating cancer.

Other masked T-cell engagers have also shown early clinical promise in prostate cancer and trials have begun in numerous other cancers including pancreatic, colorectal and lung cancer.

As these trials are all ongoing, it’s too early to know the full extent of clinical success here. Early trials also only test within a small number of patients. The data has also not yet faced the scrutiny of peer-review and have only been presented at an oncology conferences.

Nevertheless, the initial results represent great hope for treating cancers that have proven otherwise difficult to treat with other immunotherapies.

The Conversation

Jonathan Worboys receives funding from Wellcome and the BBSRC.

Sheena Cruickshank does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Masked T-cell engagers: cancer immunotherapies for the future? – https://theconversation.com/masked-t-cell-engagers-cancer-immunotherapies-for-the-future-277437

Your toddler is likely to get 12 or more illnesses in their first year at nursery – but they’ll build immunity, too

Source: The Conversation – UK – By Lucy van Dorp, Principal Research Fellow, Microbial Genomics, UCL

Art_Photo/Shutterstock

There’s no nice way to put it: small children are snotty. A research study that tested children for multiple respiratory viruses every week for a year found that under-fives are carrying one or more viruses 50% of the time. A child aged 15 months will have 12-15 colds per year and eight or nine of those will show symptoms, such as a runny nose. If parents feel their small children are sick with a cold half the time, that’s backed up by evidence.

Our new study brings together information from different sources to understand how the immune systems of small children differ from adults, why children pass germs around so effectively and what parents can do to help.

Babies and toddlers are encountering a whole host of infectious diseases for the first time, which makes them more likely to have symptoms; this can make them more likely to pass these bugs on to others. We also found that going to nursery often accelerates a natural process of building up immunity that would otherwise take place at school. Finally, we highlighted vaccination as a major tool to reduce childhood sick days.

It’s worth saying that most of the evidence we reviewed is from studies conducted before COVID showed up. We don’t yet know whether COVID adds another virus to this mix.

Children experience about twice as many bouts of diarrhoea and vomiting per year as adults (two on average). Having an under five in your household increases your risk as an adult of having diarrhoea and vomiting three- to fivefold.

Children also pick up multiple viruses and bacteria that can cause rashes or skin infections. By 12 months of age, 70% of children have antibodies to the two viruses (HHV6A and 6B) that cause most cases of roseola (a common infection, usually causing high temperature and a rash). By age five, 65% of children in the UK have antibodies to varicella-zoster virus (chickenpox). In short, twelve colds, two rounds of diarrhoea and vomiting and one or two rash illnesses is typical between 12 and 24 months of age, with or without nursery.

Nursery bugs

But parents aren’t exaggerating when they say that starting at nursery leads to children and infants passing more germs around than might be caught at a birthday party or baby class. The process of picking up germs that cause colds, stomach bugs and rashes is sped up by starting at nursery and continues for one to two years.

However, this is a trade off against disease later.

Studies have shown that children who attend nursery have fewer infections when they start primary school than children who did not attend nursery. The idea that nursery gets bugs out of the way before starting school has evidence behind it. Whether or not this is a good thing may come down to parents’ opinions.

In some cases, delaying the age children get an infection for the first time is beneficial, such as for RSV, the cause of bronchiolitis. For others, earlier infection or vaccination (such as for varicella-zoster virus, the cause of chickenpox) seems to lead to milder symptoms than if infection is delayed to later in childhood.

We think it’s important for parents’ employers to know that all small children get ill frequently, and that this is entirely normal – their immune systems are barraged with new infections and they must develop immunity to those infections that can’t be prevented with vaccination. It’s not an indicator of poor hygiene at a nursery or parents being precious. Children can transmit before and after they show symptoms, simply keeping ill children home isn’t enough to stop transmission.

Beyond better support from employers, how do we make this situation better for young children and their parents and carers? We found in our research that vaccination is one of the most effective things we can do to prevent children from becoming sick and to reduce their symptoms.

With large outbreaks of measles in the US and UK, ensuring that young children receive their recommended vaccines, such as MMRV (for measles, mumps, rubella and, since early 2026, chickenpox) has never been more important. Between January 1 and March 6 2026, 34% of England’s measles cases were in the one to four years (nursery) age group. In summer 2025, over 96% of measles cases were in unvaccinated people.

In the future, vaccination programmes could even be designed to delay infection to the age at which it is safest for children to contract each specific infection, based on whether they are likely to be exposed at nursery.

Finally, we want to reassure parents that age, better hand hygiene and a more experienced immune system mean that rates of illness for nursery children go down by 50% each year of attendance. Things can only get better.

The Conversation

Lucy van Dorp receives funding from the UKRI Future Leaders Fellowshp Programme.

Charlotte Houldcroft receives funding from the Cambridge-Africa ALBORADA Trust and the European Research Council.

ref. Your toddler is likely to get 12 or more illnesses in their first year at nursery – but they’ll build immunity, too – https://theconversation.com/your-toddler-is-likely-to-get-12-or-more-illnesses-in-their-first-year-at-nursery-but-theyll-build-immunity-too-275587

Human vision: what we actually see – and don’t see – tells us a lot about consciousness

Source: The Conversation – UK – By Henry Taylor, Associate Professor, Department of Philosophy, University of Birmingham

Kitreel/Shutterstock

What can you see right now? This might seem like a silly question, but what enters your consciousness is not the whole story when it comes to vision. A great deal of visual processing in the brain goes on well below our conscious awareness.

Some studies have probed the unconscious depths of vision. One source of
evidence comes from the neurological condition known as blindsight, which is caused by damage to areas of the brain involved in processing visual information. People with blindsight report that they are unable to see, either entirely or in a portion of their visual field. However, when asked to guess what is there, they can often do so with remarkable accuracy.

For example, in an experiment published in 2004 on someone with blindsight, a black bar was displayed in the portion of the visual field to which the person was blind. The person was asked to “guess” whether the bar was vertical or horizontal.

Despite denying any conscious awareness of the bar, the participant could answer correctly at a level well above chance. The participant even showed evidence of being able to pay attention to the bar – they were faster to respond when an arrow (placed in a healthy area of their visual field) correctly indicated the location of the bar.

The most popular interpretation (though not the only one) is that people with blindsight can see these objects, but not see them consciously. They see what is there, but it all goes on unconsciously, below their awareness.

The phenomenon of inattentional blindness seems to show you can see without the information crossing into your consciousness. Anyone can experience inattentional blindness. The phenomenon has been known about for a long time, but we can most easily get a handle on it by looking at a well-known experiment reported in 1999.

In this experiment, participants are shown a video of people playing basketball, and told to count the number of passes between the players wearing a white shirt. If you’ve never done this before, I urge to you stop reading now and watch the video.

In many cases, people are so busy counting the passes that they completely miss a large gorilla walking across the middle of the scene and beating its chest, then walking off. The gorilla’s right there, in the centre of your visual field. Light from the gorilla enters your eyes, and is processed in the visual system, but somehow you missed it, because you weren’t paying attention to it.

The gorilla has more to teach us. In another experiment reported in 2013, radiologists were given a series of lung scans. They were told to look for nodules (which show up as small light coloured circles) on each scan. In one of the scans, a large picture of a dancing gorilla was superimposed on top of the lung scan. In this study, 83% of the radiologists failed to spot it, even though it was 48 times bigger than the average nodule they were looking for. Some of them even looked directly at the gorilla and still didn’t notice it!

The interpretation of these experiments is controversial. Some scientists suggest that in these kinds of cases, you consciously see the gorilla, but immediately forget it (although a dancing gorilla in someone’s lung doesn’t seem like the kind of thing you’d forget). Others argue that you see the gorilla, but the information never made its way into consciousness. You saw the gorilla, but unconsciously.

Let’s assume that in the case of blindsight, and inattentional blindness, the information is seen, but didn’t make it all the way to consciousness. Then, the question is: what makes some information conscious, rather than the information that stays unconscious? This is one of the central questions for consciousness studies in philosophy, psychology and neuroscience.

The brain’s loudspeaker

There’s no agreement on which is the best theory of consciousness, but in my
opinion, the strongest contender is the global neuronal workspace theory.

According to this theory, consciousness is all to do with a particular area of the brain which is the seat of the “workspace”. The workspace is a system with a small capacity, so it can’t hold a lot of information at any one time. The job of the workspace is to take unconscious information and broadcast it to lots of different networks all across the brain. Global neuronal workspace theorists say that broadcasting the information in this way is what makes it conscious.

The job of the workspace is to act like the brain’s loudspeaker, and consciousness is the information that gets broadcast. The workspace takes unconscious information and boosts it so that many of the different systems in the brain hear about it and can use that information in their own processes. The late philosopher Daniel Dennett used to call consciousness “fame in the brain”. The workspace idea is similar.

One of the most striking implications of the global neuronal workspace theory is how little information makes it to consciousness. Since the workspace has quite a small capacity, it follows that we can only ever be conscious of a little at a time. We might think there’s a rich visual world in front of us, full of details, all of which we’re conscious of, but really – according to the theory – we’re only ever conscious of a small portion of that.

Some philosophers and scientists have objected to the theory on these grounds. They suggest that consciousness “overflows” the workspace: we are conscious of more information than can “fit” into the workspace at any one time. Even with these debates still ongoing, I think the global neuronal workspace theory gives us a reasonably clear answer to the question of what consciousness is for, and how it interacts with other systems in the brain.

In our brains, consciousness is only the tip of a very large iceberg. But the global neuronal workspace theory might give us insight into what makes that tip so special.

The Conversation

Henry Taylor has received funding from the Leverhulme Trust.

ref. Human vision: what we actually see – and don’t see – tells us a lot about consciousness – https://theconversation.com/human-vision-what-we-actually-see-and-dont-see-tells-us-a-lot-about-consciousness-276310

The UK’s high electricity prices are here to stay. But could they offer an opportunity?

Source: The Conversation – UK – By Renaud Foucart, Senior Lecturer in Economics, Lancaster University Management School, Lancaster University

K-FK/Shutterstock

Four years after Russia’s invasion of Ukraine, the world is bracing for another energy crisis. The US-Israel bombing of Iran and then the blockade of the strait of Hormuz have forced up the price of oil. The price of natural gas in Europe has also risen sharply.

In the UK, Prime Minister Keir Starmer has announced a £50 million package to support consumers who heat their homes with oil. The government is also considering a U-turn on the decision to increase fuel duty (currently almost 53p per litre of petrol or diesel) in September after a 15-year freeze. Other taxes would need to go up to compensate.

But the main question concerns what will happen to electricity prices this summer. A sustained crisis could push prices higher for both households and businesses. It could also push the Bank of England to avoid interest rate cuts, making mortgages more expensive. And the government could even end up paying part of everyone’s bills directly as it did between 2022 and 2024, piling up tens of billions of pounds of public debt.

To secure most of the future production of electricity – wind farms or new nuclear power stations for instance – the government signs what are known as “contracts for difference” with electricity producers. These contracts fix the price of electricity for decades, typically above expected wholesale prices.

These guaranteed prices correspond roughly to the expected average cost of producing electricity. Unlike gas, once a wind farm is built, each additional unit of electricity costs almost nothing to produce. So, without a guaranteed price, renewable producers would fear having to sell the electricity for free and never recouping their investment.

Consumers are shouldering the risk

The UK is not as sunny as somewhere like Spain and so will never get very cheap solar power. It is also trying to build new nuclear power plants, but the first attempt (Hinkley point C, currently expected to begin delivering electricity in 2030) is so expensive that the French state-owned energy operator EDF lost £10 billion in the process. Future projects now ask taxpayers to take most of the risk and pay upfront in the form of higher bills.

Consumers mostly notice these extra costs added to their bills (called “environmental levies”) when gas prices are low. The levies currently make up 6.5% of a typical bill, which is down from 13% after the government shifted some costs so that they would be paid for through general taxation.

So given that they’re paying upfront for the infrastructure, consumers might expect renewables to cut their bills when gas prices spike. But that is not how markets work: the price is set by the most expensive unit sold. Around 85% of the time in the UK this most expensive unit uses liquefied natural gas (LNG) transported by boat.

If one day the UK becomes like Spain where prices are mostly set by renewables (thanks to huge leaps in wind and solar), wholesale prices will often be zero. But consumers will still pay more, because they will still be charged the environmental levies that were put in place years before to invest in the infrastructure.

This is what led the CEO of energy giant E.ON, Chris Norbury, to declare in parliament that “even if the wholesale price was zero, bills would still be where they were today”. That’s true, but also a bit misleading.

Wholesale prices only go to zero because the country invested in renewables. The alternative – going back to more gas – would probably be much more expensive for everyone. It would certainly be more risky as the current conflict in the Middle East is illustrating.

Sunshine and wind do not need to pass through the strait of Hormuz and cannot be used as leverage by dictators. And what looks like a costly subsidy heaping pressure on billpayers in good times becomes insurance in a crisis.

During the peak of the energy crisis in 2022, the wholesale price of electricity was higher than the guaranteed one, and renewable generators paid money to the government instead of receiving subsidies. But because the government was helping out with everyone’s bills, consumers never saw the benefit.

Aerial photo of Ferrybridge Battery Energy Storage System under construction, part of UK renewable energy infrastructure, West Yorkshire.
Investing in storage at scale will be vital.
btimagery/Shutterstock

In 2025 in the UK, less than a third of electricity was generated using gas. Replacing renewables with gas would mean building power plants and importing more gas at ever-higher prices and greater geopolitical risk.

Gas is cheaper in the US where fracking makes the country almost energy independent. But fracking is much harder in places that are as densely populated as England. The government is currently planning to ban it everywhere in the UK.

But the UK’s vulnerable situation also gives it a chance to innovate and export. The key is making sure that consumers pay a price that reflects the real cost of electricity at any given moment.

The more we switch from fossil fuels – heating, cars, trucks – to electricity, the more battery capacity we have to fill. The price signal (the gap between cheap and expensive electricity) gives industries and households a strong incentive to innovate and invest in storage.

Most people only care about their monthly bill and won’t adapt directly. But smart appliances, home batteries and vehicle-to-grid systems (where vehicles can store electricity and sell it back to the grid when required) will do it for them.

The UK can gain in efficiency what nature has not provided in resources. This could give Britain a chance to sell its innovations to the world. Selling services is what the UK does as a country, after all. The large majority of global investments in energy are in renewables, and there will be huge opportunities for the countries that figure out how to run a grid on intermittent electricity sources.

The Conversation

Renaud Foucart does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The UK’s high electricity prices are here to stay. But could they offer an opportunity? – https://theconversation.com/the-uks-high-electricity-prices-are-here-to-stay-but-could-they-offer-an-opportunity-278584

How moss could help roads cope with heavy rain and reduce air pollution

Source: The Conversation – UK – By Pedram Vousoughi, Post Doctoral Researcher in Biological Sciences, University of Limerick

Moss grows slowly and absorbs air pollution. Herzstaub/Shutterstock

Across Europe, many banks alongside motorways are planted with grass to stabilise soil and keep roadside landscapes tidy.

But there may be a better solution. Already some countries are experimenting with using moss in built-up areas to absorb air pollution. As countries search for nature-based solutions to climate and environmental challenges, roadside moss is starting to attract attention. So could mossy motorway banks work?

Moss could offer environmental benefits over grass, from trapping air pollution to slowing rainwater runoff during heavy storms.

Mosses are small plants that grow without roots or flowers. Instead of drawing nutrients from soil like most plants do, they absorb water and minerals directly from the air. They can grow in thin soils, shaded areas and exposed surfaces where grass often struggles. Once established, moss also requires very little maintenance. Unlike grass, moss grows slowly and stays low to the ground. This means roadside moss would require far less mowing, potentially reducing labour and maintenance costs along thousands of kilometres of roads.

A large French road, with trees nearby.
Planting moss alongside motorways could help with air pollution.
Ponta shots/Shutterstock

Moss and air pollution

One of moss’s most fascinating features is its ability to absorb substances from the atmosphere. It can accumulate pollutants such as heavy metals.

Scientists have used moss for decades as a bioindicator – a living organism used to monitor environmental pollution. Experimental observations have shown that moss can also exhibit visible physical responses to air pollution. For example, moss exposed to highly polluted environments has been observed to change colour from fresh green to brownish.

Across Europe, the European Moss Survey uses moss samples to track air pollution levels in dozens of countries. Research shows moss can capture pollutants including nitrogen compounds and particulate matter, both of which are produced by traffic emissions. If moss grows beside busy roads, it may therefore help capture some airborne pollution before it spreads into surrounding ecosystems or nearby communities.

Another potential benefit involves water. Many moss species act like natural sponges. They can absorb several times their own weight in water and release it slowly over time. On roadside slopes, this property could help slow down rainwater runoff during heavy storms. Fast runoff from roads and embankments can overwhelm drainage systems and contribute to flash flooding. By temporarily storing water, moss could reduce the speed at which rainwater flows into roadside drains. The UK, for instance, has one of the densest road networks in Europe, and many major roads run close to towns and residential areas. Vegetation that can reduce pollution and water runoff could therefore provide environmental benefits.

Roadside vegetation can also play an important role in biodiversity. Road verges and embankments form long, connected strips of habitat that can support insects, mosses, lichens and other small organisms. In landscapes heavily shaped by agriculture or urban development, these narrow corridors can help species move between fragmented habitats. Moss-dominated banks may provide microhabitats for invertebrates and microorganisms that depend on moist, shaded environments. Although research on mossy roadside systems is still limited, increasing structural diversity along road verges could enhance ecological connectivity and contribute to wider efforts to support biodiversity in managed landscapes.




Read more:
An epic global study of moss reveals it is far more vital to Earth’s ecosystems than we knew


Moss thrives in cool, damp climates with frequent rainfall, conditions common across much of the UK, for instance. Shaded roadside slopes, especially where roads cut through hillsides or woodland, also favour moss growth. In such places, grass often struggles because soils are thin and sunlight is limited.

Moss growing on an old pipe.
Moss helps increase biodiversity along busy roads.
Maria Libov/Shutterstock

Best in shade

Despite its potential advantages, moss would not be a universal solution.

One problem is it grows slowly. Establishing a stable moss cover on new embankments could take several years.
Also, roadside environments can be harsh. Salt used for winter road de-icing can damage many moss species, and prolonged dry conditions may limit growth on exposed slopes.

Another issue is pollutant accumulation. Moss can absorb airborne pollutants, but these substances remain stored within the plant material. Over time this may require monitoring or periodic removal. Finally, moss generally prefers shaded and moist environments. On sunny or dry motorway banks, other vegetation may still be more suitable.

Road networks occupy vast areas of land, yet roadside vegetation is often managed simply to keep it short and tidy. Instead of treating roadside land as space that just needs mowing, it could be designed to capture pollution, manage water and support biodiversity.

Moss will not transform highways overnight. But small ecological changes along thousands of kilometres of roads could add up to meaningful environmental benefits. Sometimes, even plants at the edges of our motorways may help tackle pollution, flooding and climate change.

The Conversation

Pedram Vousoughi receives funding from Ireland’s Department of Climate, Energy, and the Environment for funding his current work under the FORESIGHT services contract for national agriculture and land-use modeling. He has also been granted EPS-IRC funding previously.

ref. How moss could help roads cope with heavy rain and reduce air pollution – https://theconversation.com/how-moss-could-help-roads-cope-with-heavy-rain-and-reduce-air-pollution-277686

Indigenous-led renewable energy projects offer benefits that reach far beyond reducing carbon emissions

Source: The Conversation – Canada – By Ian Munroe, Research Associate, Sinton Lab, University of Toronto

The number of renewable energy projects that are fully or partly Indigenous-owned is growing quickly in Canada, and our new research suggests that their benefits reach far beyond reducing greenhouse gas emissions.

The number of such projects on traditional Indigenous territories and reserve lands jumped by more than 300 per cent between 2009 and 2020. Nearly one-fifth of the country’s electricity-generating infrastructure involved First Nations, Métis and Inuit partners or beneficiaries as of 2022.

Yet little is known about the impacts of these renewable-energy projects within the participating communities beyond the physical footprint of the construction.

We aimed to fill this information policy gap in response to a request from two organizations that work extensively with First Nations, the Clean Energy Association of British Columbia and the New Relationship Trust, which obtained funding from Natural Resources Canada to conduct research.

Together we conducted a study to paint a more complete picture of these broader impacts, interviewing knowledge-holders in 14 First Nations in British Columbia involved with 36 planned or operational Indigenous-led renewable energy projects.

We found that these projects employ “placed-based” approaches, often with a high degree of community engagement early on, and revenues often allocated to support their own culture, governance, ecology, support services and economy.

Transformational change

a solar panel with wind turbines in the far distance with the setting sun
The world is entering a new era in which energy independence will be more important.
(Unsplash/Alexander Mils)

We found that when First Nations’ worldviews are centred and community control is enabled, broad social and cultural benefits result, providing greater self-determination.

As part of our research, we interviewed knowledge-holders from the West Moberly First Nations near Peace River, B.C. The nation has used wind-project revenues to support cultural camps and youth programs. As one knowledge-holder there told us:

“We are involved in it, and we are engaged in it. We are co-owners. And I know our Elders feel really good about hearing that. Knowing that we are not just sitting on the sidelines, while other people fill their pockets in our territory. And our community is doing that kind of stuff more and more. There is a connection there, right, because you are involved. More money is flowing to the community.”

In the Fraser Canyon region, the T’eqt’aqtn’mux (Kanaka Bar Indian Band), which has been affected by wildfires in recent years, has used proceeds from solar projects to reduce fire hazards and protect homes.

In the case of the Skidegate Band Council, we heard that revenues from a two-megawatt microgrid solar project would go toward funding Tll Yahda Energy, a partnership with the Old Massett Village Council to develop renewable energy projects in Haida Gwaii.

While these results demonstrate that a broad range of positive outcomes can flow from Indigenous-led renewable energy projects, the social and cultural impacts remain neglected in conventional energy practice.

An alternative to traditional energy planning

The Indigenous-led projects we heard about stand in contrast to typically used top-down decision-making, favoured by governments.

This approach is often characterized by public consultation that occurs after the decision of where to site the project has been made, often leading to local rejection of the project, and sometimes cancellation.

The bottom-up nature of the approaches we heard about hold important lessons that can enable widespread acceptance of energy transitions.

This is particularly relevant in B.C., where the provincial government is encouraging renewable energy projects to create economic opportunity and counter external economic shocks, including tariffs from the United States.

an aerial view of a group of solar panels
Indigenous-led approaches can support communities and aid progress toward decarbonization goals.
(Unsplash/Anders J)

This policy push extends to the province’s more than 200 First Nations, with a 2025 procurement call that requires at least 25 per cent First Nations ownership of a project.

The B.C. government must also meet its obligations under the Declaration on the Rights of Indigenous Peoples Act (DRIPA), which aims to bring provincial legislation into agreement with the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.

The UN treaty requires that state parties enable self-determination and obtain free, prior and informed consent from Indigenous Peoples for projects that impact their lands or resources. Indigenous-led renewable electricity projects in B.C. could help meet requirements under DRIPA to provide pathways for First Nations to improve their economic and social conditions without discrimination.

The Indigenous-led approaches we studied provide a vehicle to support Indigenous communities and make progress toward the province’s decarbonization goals. They also hold valuable lessons for developing policy in other jurisdictions like Ontario, where the provincial government has pledged to boost support for the growing number of Indigenous energy projects.

The world is entering a new era in which energy independence will be more important. Our findings about Indigenous-led projects illustrate a radically different approach to growing the Canada’s renewables industry in a way that can provide energy and facilitate transformational social and cultural change.

The Conversation

Christina E. Hoicka receives funding from the Canada Research Chair Secretariat, the Government of Canada’s New Frontiers in Research Fund, CANSTOREnergy project NFRFT-2022-00197, New Frontiers in Research Fund Global NFRFG-2020-00339, funding from Natural Resources Canada Clean Energy for Rural and Remote Communities Program, Capacity Building Stream funding program, all of which supported this research. The research was conducted in partnership with the Clean Energy Association of British Columbia and the New Relationship Trust.

Anna Berka and Ian Munroe do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Indigenous-led renewable energy projects offer benefits that reach far beyond reducing carbon emissions – https://theconversation.com/indigenous-led-renewable-energy-projects-offer-benefits-that-reach-far-beyond-reducing-carbon-emissions-276612