Des milieux pauvres en oxygène ont-ils permis l’émergence des photosymbioses qui ont changé la face la Terre ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Christophe Robaglia, Professeur de biologie, Aix-Marseille Université (AMU)

La photosynthèse fixe le carbone atmosphérique sous forme de molécules organiques essentielles à la vie et produit l’oxygène présent dans l’atmosphère et dans les mers. Elle a été acquise par le monde vivant via des intégrations cellulaires successives en « poupées russes », les photosymbioses. En mimant les étapes précoces des photosymbioses, nous suggérons, dans notre article publié dans Current Biology que l’oxygène serait un facteur déterminant pour les initier en milieu hypoxique (faible teneur en oxygène). La fourniture de carbone pouvant être un évènement secondaire.


En convertissant le rayonnement solaire en énergie utilisable par le monde vivant, la réaction de photosynthèse a profondément modifié l’ensemble de la planète Terre. La photosynthèse permet la conversion du carbone provenant du dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique en matière organique complexe, principalement sous forme de sucres qui alimentent une grande partie des formes de vie, dont les sociétés humaines. Une autre conséquence de la photosynthèse, qui a eu des conséquences majeures à l’échelle planétaire, est la production d’oxygène. Celle-ci est causée par la cassure de molécules d’eau qui initie le flux énergétique d’électrons qui permet la fixation du carbone en sucres.

La photosynthèse oxygénique est apparue chez un groupe particulier de bactéries, les cyanobactéries, dont des traces fossiles remontent à 3,8 milliards d’années et dont des descendants existent encore aujourd’hui. L’oxygène produit a permis le métabolisme aérobie, plus énergétique, qui a conduit à l’émergence d’organismes unicellulaires prédateurs. Certains ont intégré des cyanobactéries, bénéficiant à leur tour de la photosynthèse, c’est ce que l’on appelle la photosymbiose. Les lointains descendants de ces organismes sont devenus les algues et les plantes actuelles.

Des emboîtements en « poupées russes » secondaires et tertiaires

L’histoire ne s’arrête pas là puisque, à plusieurs reprises, d’autres organismes prédateurs ont intégré ceux déjà issus de la première photosymbiose, créant des emboîtements en « poupées russes » secondaires et tertiaires. Par exemple, les coraux, apparus il y a environ 500 millions d’années, sont des animaux hébergeant des organismes photosynthétiques unicellulaires issus d’une photosymbiose secondaire, les dinoflagellés.

Nous avons développé un système expérimental permettant l’évolution en laboratoire d’étapes précoces de la transition entre une relation prédateur-proies vers une relation hôte-photosymbionte. Il comprend un organisme unicellulaire prédateur du groupe des ciliés, Tetrahymena thermophila et des proies photosynthétiques. Les ciliés sont des unicellulaires, très abondants dans les écosystèmes aquatiques, dont font partie les paramécies. la cyanobactérie Synechoccoccus elongatus permet de mimer les événements de photosymbiose primaire et la microalgue verte eucaryote Chlorella variabilis permet de mimer les événements de photosymbiose secondaire.

Des cellules de Tetrahymena thermophila ont phagocyté des algues unicellulaires (Chlorella variabilis), celles-ci ne sont pas digérées et peuvent fournir de l’oxygène issu de la photosynthèse.
Fourni par l’auteur

Grâce à la fluorescence naturelle des organismes photosynthétiques, nous avons combiné la microscopie et la cytométrie de flux, qui permet de quantifier et de trier des cellules suivant leur taille ou leur fluorescence pour observer le trajet des proies à l’intérieur des cellules prédatrices.

Une gloutonnerie extraordinaire

Nous avons ainsi caractérisé cette dynamique de la phagocytose jusqu’à l’élimination sous forme de boulettes fécales. Ceci a montré la gloutonnerie du prédateur unicellulaire qui peut ingérer jusqu’à 160 cyanobactéries ou 40 microalgues en moins d’une heure, et les élimine progressivement pendant plusieurs heures. Curieusement, de nombreuses proies sont rejetées sans être digérées totalement, voire pas du tout, suggérant qu’une transition simple entre l’état de proie et celui de symbionte intracellulaire ne nécessiterait que l’interruption de la rejection.

Afin d’évaluer les conditions environnementales permettant l’initiation d’une symbiose, nous avons placé le prédateur et ses proies dans des milieux pauvres en carbone assimilable ou en absence oxygène, et mesuré la survie du prédateur. Nous avons ainsi montré que les proies photosynthétiques favorisent considérablement la survie en milieu hypoxique alors qu’elles procurent un avantage faible, voire inexistant, dans un milieu pauvre en carbone. L’hypoxie induit aussi une condition physiologique atténuant sa propre cause, puisque le transit intracellulaire des proies est considérablement ralenti, favorisant ainsi l’utilisation de l’oxygène produit par la photosynthèse des proies.

Ce résultat n’était pas vraiment attendu car il est généralement admis que le moteur principal des photosymbioses est la fourniture de carbone sous forme de sucres. Nous montrons donc que la production d’oxygène en conditions hypoxiques peut être une cause primaire de l’initiation d’une symbiose photosynthétique.

Les milieux hypoxiques ont été prépondérants pendant une grande partie de l’histoire de notre planète et sont toujours fréquents, en particulier dans les environnements aquatiques et marins. Leur incidence augmente même sous l’influence de perturbations anthropiques et de l’augmentation des températures. L’exploration de ces milieux pourrait donc révéler de nouvelles associations photosymbiotiques. Nous anticipons maintenant que le système expérimental que nous avons développé nous permettra d’étudier les mécanismes moléculaires et cellulaires stabilisant une proie en symbionte, qui restent largement inconnus. Au-delà de la compréhension d’un mécanisme fondamental d’association entre organismes ces travaux pourraient avoir des applications de biologie synthétique, pour construire, par exemple, de nouvelles associations productrices de biocarburants.

The Conversation

Christophe Robaglia a reçu des financements de l’ANR, Projet-ANR-21-CE20-0035 PHOCEE

Gaël Brasseur et Loïc Quevarec ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Des milieux pauvres en oxygène ont-ils permis l’émergence des photosymbioses qui ont changé la face la Terre ? – https://theconversation.com/des-milieux-pauvres-en-oxygene-ont-ils-permis-lemergence-des-photosymbioses-qui-ont-change-la-face-la-terre-278135

Pourquoi lire « J’ai mal » suffit à déclencher la douleur

Source: The Conversation – France in French (2) – By Richard Palluel-Germain, Enseignant Chercheur en Psychologie, Université Grenoble Alpes (UGA)

Lire est une source d’émotions intenses… et réelles. Annie Spratt/Unsplash, CC BY

Au CHU de Grenoble, des patients épileptiques ont lu des phrases, comme « Je me cogne », « Je me brûle », « Je goûte » ou « Il me chatouille », pendant qu’on enregistrait leur activité cérébrale. Résultat : l’insula postérieure, une zone du cerveau qui est impliquée dans le ressenti de la douleur, la température ou le dégoût, s’active comme si le corps vivait réellement la scène. Voici un décryptage de cette étude récente, parue fin 2025 dans iScience.


Vous êtes tranquillement installé avec un bon livre. Survient alors une scène si tendue que vos muscles se crispent et votre cœur accélère. Ce basculement d’une suite de caractères d’imprimerie vers des sensations physiques est très fréquent et commence tout juste à être mieux compris par les neurosciences cognitives. Comprendre un mot, ce n’est pas seulement le voir – c’est activer tout un réseau de connaissances et d’expériences. Par exemple, dès l’instant où vous lisez le mot

… vous percevez sa couleur, la forme des caractères, ses lettres. Puis, presque instantanément, son sens émerge : un fruit rond, sucré ou acidulé, peut-être le souvenir de la tarte Tatin de votre mamie, voire même l’image de Newton sous son arbre ?

Comprendre un mot, au delà de le voir, c’est activer tout un réseau de connaissances et d’expériences. Comment ces sensations et ces images arrivent-elles dans nos cerveaux ? Le traitement cognitif lors de la lecture est-il un calcul purement abstrait, ou le sens des mots est-il ancré dans des expériences sensorielles ou motrices qui remontent à la surface ?

Pour répondre à ces questions, nous vous proposons de comprendre d’abord les enjeux théoriques majeurs en psychologie concernant l’accès à la signification des mots ; puis de plonger avec nous dans nos expériences.

Comment percevons-nous le monde ?

Les individus interagissent avec leur environnement par l’intermédiaire de multiples modalités d’entrée et de sortie. Une modalité est un canal par lequel nous faisons l’expérience du monde ou agissons sur celui-ci. Il peut s’agir d’une modalité sensorielle, comme la vision qui nous permet de percevoir les formes et les couleurs, la somesthésie, qui va nous aider à ressentir le toucher et la douleur, ou encore la modalité verbale, qui nous permet de traduire nos pensées en mots.

À chaque fois que vous interagissez avec une pomme, votre cerveau entre en ébullition. Si vous la regardez, vos zones visuelles s’activent ; si vous la croquez, ce sont vos zones gustatives qui prennent le relais… Ces activités sont dites « spécifiques » : elles sont les échos directs de vos sens. Puis grâce à des chefs d’orchestre comme l’hippocampe, ces sensations éphémères ne s’évaporent pas. Elles se transforment en traces mnésiques durables. Paradoxalement, bien que ces souvenirs soient bâtis à partir de vos sens, ils ne restent pas cantonnés dans les zones de la vision ou du toucher. Ils migrent vers des « zones de convergence » neutres, de véritables carrefours cérébraux où l’information est stockée à long terme. Jusqu’ici, tout le monde est plus ou moins d’accord.

C’est sur la suite que les chercheurs se divisent : comment réutilisons-nous ces souvenirs pour penser ou pour comprendre ce qu’on lit ?

Selon les théories dites « désincarnées », le cerveau fonctionne comme un ordinateur ultrapuissant. Une fois qu’une expérience (manger une pomme) est stockée, elle est transformée en un symbole abstrait, un code pur. Pour penser au concept de « pomme », votre cerveau n’aurait plus besoin de se souvenir de la sensation de la pomme ; il manipule simplement des données logiques, déconnectées de vos sens.

La théorie de la cognition « incarnée », à l’inverse, soutient que la pensée reste profondément ancrée dans le corps. Selon elle, on ne peut pas penser à une « pomme » sans que le cerveau ne réactive secrètement les zones sensorielles du toucher, de la vue, du goût, etc. Penser, ce serait en quelque sorte re-vivre l’expérience physique à basse intensité. Le sens d’un mot ne serait pas un code abstrait mais une simulation sensorielle.

Le débat reste ouvert : notre pensée est-elle une simulation sensorielle ou un pur calcul abstrait ? La réponse se cache peut-être dans la manière dont ces traces mnésiques s’animent lorsque nous lisons.

Observer comment le cerveau réagit lors de la lecture

Un élément de réponse est peut-être à trouver dans des travaux en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).

En effet, ces recherches montrent que lire ou entendre un mot d’action comme « manger » active les régions motrices qui sont observées lors de l’action effective de manger.

De plus, il a été montré que si l’action concerne la main ou le pied, ce sont les zones motrices correspondantes qui s’activent – il y aurait une « somatotopie », c’est-à-dire une organisation cérébrale reflétant la topographie de notre corps. En clair : l’activité provoquée par des phrases évoquant le pied, la bouche ou la main chevauche précisément les zones motrices vouées à ces mêmes parties du corps.

Ces résultats semblent donc contredire l’hypothèse dite « désincarnée », selon laquelle les zones motrices somatotopiques ne devraient jouer aucun rôle dans la compréhension des phrases ou la représentation du sens des verbes.

De la même manière, les mots liés aux couleurs mobilisent les aires visuelles spécialisées, les mots liés aux odeurs activent les régions olfactives et les phrases décrivant des mouvements sollicitent les zones impliquées dans la perception du mouvement.




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Ces études présentent cependant des limites. L’IRM fonctionnelle ne permet pas notamment de mesurer précisément le moment où ces activations apparaissent. Or, la question du temps est centrale dans le débat entre cognition incarnée et cognition symbolique. En effet, selon l’hypothèse incarnée, l’activation des régions sensorimotrices surviendrait au moment même où le sens émerge.

Zoom sur l’insula grâce à une résolution temporelle d’exception

Pour pallier cette limite de l’IRM fonctionnelle, notre équipe s’est intéressée à la dynamique de l’activité cérébrale dans le cortex insulaire (résultats publiés fin 2025).

Nous nous sommes penchés spécifiquement sur cette zone, car le cortex insulaire, ou insula, constitue une véritable « tour de contrôle » de nos sensations. Il est subdivisé en plusieurs sous-régions, organisées en deux grandes zones qui coopèrent pour transformer un simple message nerveux en une expérience subjective. De manière schématique, on distingue l’insula antérieure et l’insula postérieure. Chacune de ces deux parties traite des informations distinctes en provenance du corps et de l’environnement.

Ainsi, l’insula postérieure est impliquée dans le traitement des signaux issus des organes internes (informations intéroceptives, telles que les battements du cœur ou les sensations viscérales) ainsi que des signaux liés à une menace pour l’intégrité des tissus (informations nociceptives, comme celles générées lors d’une coupure ou d’une brûlure). L’insula antérieure, quant à elle, présente une dimension plus intégrative et cognitive, contribuant à l’élaboration du sens des sensations, notamment à travers leur dimension émotionnelle et cognitive.




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Pour évaluer la dynamique de l’activité cérébrale de l’insula, nous avons utilisé une méthode offrant l’une des meilleures précisions temporelles et spatiales disponibles chez l’être humain : l’électroencéphalographie intracrânienne (iEEG). L’iEEG est une méthode de neuro-imagerie dite invasive, utilisée uniquement pour des raisons médicales, impliquant l’exploration de l’activité électrique cérébrale à l’aide des électrodes implantées à l’intérieur du cerveau. Cette méthode permet ainsi une mesure de l’activité neuronale très précise d’un point de vue de la localisation et du décours temporel. Elle est notamment employée chez des patients souffrant d’une épilepsie pharmacorésistante (dont les crises ne peuvent être contrôlées par un médicament) afin de localiser la zone du cerveau responsable des crises.

C’est ainsi que nous avons collaboré avec 16 patients implantés avec des iEEG au CHU de Grenoble-Alpes pour raisons médicales. Nous leur avons demandé de lire de courtes phrases appartenant à différentes catégories sémantiques : abstraites (par exemple, « Je réfléchis »), liées à l’action (par exemple, « Je cours ») et liées à des sensations somesthésiques (par exemple, « Je me brûle »).

Nos résultats montrent que l’insula postérieure n’est pas seulement impliquée dans la perception de sensations ou de douleurs qui sont effectivement induites physiquement, mais peut également être sélectivement mobilisée lors du traitement de phrases décrivant des sensations somesthésiques, comme la douleur (par exemple, « Je me brûle »). Cette réponse neuronale survient très tôt dans le temps, environ 150 millisecondes après l’apparition du mot « brûle » sur l’écran. De manière intéressante, l’insula antérieure ne montre pas cette dynamique temporelle.

Cette temporalité extrêmement courte suggère que l’insula postérieure pourrait contribuer au traitement lexico-sémantique des phrases liées aux sensations corporelles. En d’autres termes, lors du traitement de phrases liées aux sensations, le cerveau simulerait des expériences sensorielles et douloureuses, réactivant partiellement des régions habituellement impliquées dans le traitement des sensations réelles.

L’implication de l’insula postérieure en réponse à de telles phrases apporte des éléments de réponse aux débats sur la cognition incarnée ou désincarnée, selon laquelle l’accès au sens de mots liés à des sensations implique une re-expérience partielle de l’état sensoriel correspondant.

Pour résumer, il existe donc un ensemble d’études, utilisant diverses méthodologies, remettant en question l’hypothèse dite « désincarnée » qui dominait les théories du langage jusqu’à la fin du XXᵉ siècle. Les zones cérébrales spécifiques à une modalité – incluant les cortex visuel, auditif et moteur –, dont on savait depuis longtemps qu’elles jouent un rôle crucial dans la perception et la production de la forme des mots, semblent désormais également impliquées dans l’instanciation du sens des mots.

Bien sûr de nombreuses questions restent en suspens. Une question cruciale est sans doute la suivante : comment les simulations spécifiques à une modalité sensori-motrice peuvent-elles représenter des concepts abstraits comme le temps, la justice ou le bonheur ? Les objets concrets (comme une pomme) ou les actions concrètes (comme lancer) peuvent être représentés par des simulations sensorielles ou motrices. Mais comment représenter des idées que nous ne pouvons ni percevoir avec nos sens ni manipuler avec nos muscles ?


Le projet LAMI (ANR-22-CE28-0026) est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets. L’ANR a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

The Conversation

Richard Palluel-Germain a reçu des financements l’Agence Nationale de la Recherche, grant/
award number: LAMI-ANR-22-CE28-0026.

Marcela Perrone-Bertolotti a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche, grant/ award number: LAMI-ANR-22-CE28-0026..

ref. Pourquoi lire « J’ai mal » suffit à déclencher la douleur – https://theconversation.com/pourquoi-lire-jai-mal-suffit-a-declencher-la-douleur-280292

Anticiper une éruption : ce que le réveil du piton de la Fournaise nous apprend

Source: The Conversation – France in French (2) – By Zacharie Duputel, Sismologue, Chargé de recherche au CNRS, Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise, Institut de physique du globe de Paris (IPGP)

Quelques heures après le début de l’éruption, le 13 février 2026, une fissure éruptive s’ouvre sur le flanc est-sud-est du piton de la Fournaise. La photo est réalisée par un drone survolant la zone dans le cadre du suivi de l’activité éruptive. ©OVPF-IPGP, Fourni par l’auteur

Le piton de la Fournaise, situé sur l’île de La Réunion, est souvent présenté comme l’un des volcans les mieux surveillés au monde. Depuis 1979, l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise suit l’activité du volcan 24 heures sur 24 grâce à un réseau de plus de 100 instruments qui enregistrent les moindres soubresauts du volcan : séismes, déformations du sol et émissions de gaz.

Cette surveillance étroite, même si elle ne permet pas une prédiction au sens strict – à savoir prédire la date et l’heure exactes du début d’une éruption –, permet de reconnaître les phases de réactivation nous renseignant sur une augmentation de la probabilité d’une éruption.


Le piton de la Fournaise a connu 86 éruptions depuis la création, en 1979, de l’Observatoire volcanologique qui suit son activité. Toutes ont pu être anticipées grâce à différents signaux avant-coureurs, comme l’augmentation de sismicité, l’inflation du volcan ou l’augmentation des flux de CO₂ dans le sol, permettant à l’observatoire de donner l’alerte aux autorités.

L’éruption du 13 février 2026 en est un bon exemple : pendant plusieurs semaines, le volcan a montré des signaux de réactivation, d’abord discrets et profonds, puis de plus en plus superficiels et clairs. Leur analyse montre qu’une éruption peut souvent être anticipée, même si son déclenchement final peut être extrêmement rapide. Cette éruption a connu trois phases d’activité : du 13 février au 25 mars, du 28 mars au 2 avril, puis du 8 au 12 avril 2026. Au 13 avril, elle est à l’arrêt, mais une reprise reste possible.

la lave traverse la route
Le 13 mars 2026, un mois après le début de l’éruption, la coulée de lave a traversé de la route nationale 2.
©OVPF-IPGP, Fourni par l’auteur

Des signaux d’abord discrets, puis de plus en plus clairs

À la suite de l’éruption de juillet à août 2023, le piton de la Fournaise était entré dans une phase de repos sans aucun signe d’activité ni en surface ni en profondeur, après plusieurs années particulièrement actives marquées par une à cinq éruptions par an depuis 2014.

Les instruments de l’observatoire ont enregistré les premiers signes de réveil à la mi-septembre 2025, avec de la sismicité profonde à environ 20 kilomètres de profondeur sous la région des Plaines (à 15 kilomètres au nord-ouest du sommet du volcan) qui a duré et augmenté jusqu’en novembre. Ces séismes sont le signe d’un mouvement de magma ou d’une montée en pression dans la partie profonde du système d’alimentation du volcan.

Cartographie des coulées de lave de l’éruption du 13 février 2026 – en date du 10 avril 2026. Les segments noirs indiquent la localisation des fissures éruptives. Les zones colorées indiquent le contour des coulées de lave à différentes dates indiquées en légende. Ces contours sont obtenus par interprétation d’images satellites.
©LMV-IRD-OSUL-Université de la Réunion — OVPF-IPGP, Fourni par l’auteur

À partir du 22 novembre 2025, l’activité sismique est devenue plus superficielle et s’est rapprochée du sommet : d’abord entre 4 et 5 kilomètres de profondeur, puis entre 1 et 2,5 kilomètres, dans la zone du réservoir magmatique superficiel.

Fin novembre, l’inflation de l’édifice volcanique (c’est-à-dire le « gonflement » du volcan) confirmait la mise en pression du réservoir magmatique superficiel situé sous le sommet.

À ce stade, les signaux sismiques et géodésiques convergeaient et nous indiquaient clairement qu’une remontée de magma des profondeurs vers le système d’alimentation superficiel du volcan était en train de se produire. Nous avons donc alerté les autorités de cette situation, et le préfet de La Réunion a déclenché, le 28 novembre 2025, la phase de vigilance du plan Orsec « Piton de la Fournaise », le dispositif de gestion de crise en cas de menace éruptive. Ce niveau d’alerte signifie qu’une éruption est possible à moyen terme, c’est-à-dire dans les jours ou les semaines qui suivent. Les randonneurs sont ainsi informés qu’une éruption peut se produire, mais ils peuvent toujours accéder au sommet du piton de la Fournaise à condition de rester sur le sentier balisé.




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Le réveil du volcan

Le réveil du volcan s’est manifesté par trois intrusions magmatiques (injections de magma qui n’atteignent pas la surface, ce sont en quelque sorte des éruptions avortées) – les 5 décembre 2025, 1er janvier 2026 et 6 et 7 février 2026 – ainsi que par une première éruption brève, sur le flanc nord du volcan, du 18 au 20 janvier 2026.

Chacun de ces épisodes a été précédé par une crise sismique, c’est-à-dire un essaim de séismes très rapprochés dans le temps et l’espace, pouvant atteindre plusieurs centaines d’événements par heure, ainsi que par des mouvements rapides du sol, liés à la remontée du magma depuis le réservoir magmatique superficiel situé à environ deux kilomètres sous le sommet.

carte de sismicité
Séismes localisés du piton de la Fournaise entre le 1ᵉʳ septembre 2025 et le 13 février 2026. Chaque point correspond à un séisme dont la couleur indique la date, et la taille la magnitude du séisme. Le réveil du volcan a débuté par une activité sismique à environ 20 km sous les plaines à partir de mi-septembre 2025 puis, à partir de novembre, par une activité sous le sommet à environ 5 km de profondeur, suivie par une sismicité sommitale.
©WebObs/OVPF-IPGP, Fourni par l’auteur

Ces crises sismiques déclenchent des alarmes automatiques permettant d’avertir la personne d’astreinte de l’observatoire, et ainsi d’alerter rapidement les autorités, afin que le préfet puisse activer les niveaux correspondants du plan OrsecC : d’abord l’alerte 1, « éruption imminente », puis, lorsque l’éruption débute, l’alerte 2-1, « éruption en cours dans l’Enclos sans menace particulière », alerte 2-2, « éruption en cours dans l’Enclos avec menace pour les biens et l’environnement » ou alerte 2-3 « éruption en cours Hors Enclos avec menace pour les personnes, les biens et l’environnement ». L’Enclos étant une structure caldérique inhabitée où se sont produits 95 % des éruptions récentes.

Entre chacune de ces intrusions et éruptions, l’activité sismique et l’inflation de l’édifice ont perduré, traduisant la poursuite de la pressurisation du réservoir superficiel. Ces observations ont conduit, sous recommandation de l’observatoire, au maintien de la phase de Vigilance du plan Orsec de la part du préfet de La Réunion entre chacune de ces phases.

Des signaux précoces, mais un déclenchement parfois très rapide

Même si les éruptions du piton de la Fournaise sont toutes précédées par des crises sismiques, indiquant le début de la remontée finale du magma depuis le réservoir superficiel vers la surface, une éruption peut se mettre en place très rapidement.

Ainsi, contrairement à l’éruption de janvier 2026 dont la crise sismique avait duré 3,18 heures (soit 191 minutes), l’éruption du 13 février a débuté environ trente-cinq minutes seulement après le début de la crise sismique. Même si nous avons donné l’alerte rapidement aux autorités d’une probabilité forte de l’imminence d’une éruption, l’évacuation complète du volcan n’a pas pu être menée dans un délai si court. Certains randonneurs ont ainsi assisté au début de l’éruption au sommet avant d’être rapidement pris en charge par le peloton de gendarmerie de haute montagne. Les fissures étaient alors situées à 300 mètres du sentier autorisé.

Fissure éruptive sur le flanc est-sud-est du piton de la Fournaise quelques heures après le début de l’éruption, le 13 février 2026. Survol en drone réalisé dans le cadre du suivi de l’activité éruptive.
©OVPF-IPGP, Fourni par l’auteur

Le temps écoulé entre le début de la crise sismique et celui de l’éruption dépend de la localisation des fissures éruptives. Cela s’explique par le fait que les injections magmatiques au Piton de la Fournaise se déroulent en deux étapes : d’abord une migration verticale du magma depuis le toit du réservoir superficiel, puis, pour les éruptions latérales – excentrée par rapport au sommet – une migration latérale vers l’un des flancs du volcan. Plus le site éruptif est éloigné du sommet, plus cette propagation latérale prend du temps. À l’inverse, lorsque les fissures s’ouvrent au sommet, directement au droit du réservoir magmatique comme le 13 février 2026, la distance à parcourir par le magma est courte et la durée de propagation avant l’arrivée du magma en surface est en général inférieure à une heure, car le magma n’a essentiellement qu’un trajet vertical à parcourir dans un milieu déjà très fracturé.

Aujourd’hui, nous savons estimer la position approximative de l’injection magmatique au sein de l’édifice volcanique grâce à la localisation des séismes qu’elle provoque et aux sources de déformation. C’est ainsi qu’au cours de la crise sismique nous informons les autorités sur la zone où le magma se propage. En revanche, nous ne savons pas pour le moment prédire avec exactitude l’emplacement du futur site éruptif, ni l’heure précise du début de l’éruption, même si des avancées récentes permettent de prédire si une injection magmatique atteindra ou non la surface.




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De nouveaux outils pour mieux anticiper les éruptions et la propagation des coulées de lave

Ainsi, de nouveaux outils d’analyse, notamment fondés sur l’apprentissage automatique, permettent aujourd’hui de mieux détecter la sismicité et d’analyser en temps réel des mesures fines de déformation. Et le Piton de la Fournaise, véritable volcan-laboratoire, permet de tester ces nouvelles méthodes.

Parmi ces avancées, nous avons développé et implémenté à l’observatoire la méthode Jerk. Cette méthode est basée sur la détection de très faibles mouvements du sol enregistrés à près de 8 km du volcan, associés à l’ouverture brutale des fractures lors d’une injection magmatique. Elle permet d’émettre des alertes automatiques, fondées sur un unique paramètre associé à une valeur seuil, indiquant la probabilité forte qu’une injection de magma aboutisse à une éruption.

Ainsi, cette méthode a permis de lancer une alarme en temps réel avant 92 % des 24 éruptions étudiées entre 2014 et 2023, parfois plusieurs heures avant l’arrivée du magma en surface. Le système Jerk a très bien fonctionné lors des éruptions de janvier et février 2026.

Lors d’une éruption, nous cherchons également à mieux anticiper les trajectoires des coulées de lave, en simulant les zones probables de recouvrement par les laves. Ces cartes, en complément des relevés de terrain réalisés grâce à des survols par des drones opérés par l’observatoire volcanologique, le service départemental d’incendie et de secours et la gendarmerie, ont été mises à jour et partagées avec les autorités tout au long de la gestion de crise, notamment pour définir les zones potentiellement impactées par les coulées de lave.

Ainsi, durant les 48 heures précédant la coupure de la route nationale RN2 (route qui relie le sud au nord de l’île sur la côte est) par les coulées de lave, nous avons suivi au plus près, sur le terrain et grâce aux caméras de l’observatoire, la position des résurgences de lave afin d’affiner ces simulations. Ces simulations ont également été précieuses pour définir à l’avance le point d’arrivée de la lave à l’océan, dont l’interaction avec l’eau de mer a généré un panache de gaz acide.


Le projet LAVA (ANR-16-CE39-0009) est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance en France la recherche sur projets. L’ANR a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

The Conversation

Oryaëlle CHEVREL a reçu des financements de l’Institut de Recherche pour le Développement et Agence nationale de la recherche (projet LAVA ANR-16 CE39-0009).

Aline Peltier, François Beauducel et Zacharie Duputel ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Anticiper une éruption : ce que le réveil du piton de la Fournaise nous apprend – https://theconversation.com/anticiper-une-eruption-ce-que-le-reveil-du-piton-de-la-fournaise-nous-apprend-280473

The Islamabad talks were doomed to failure – and Hormuz blockade has thrown another obstacle to any Iran-US deal

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Farah N. Jan, Senior Lecturer in International Relations, University of Pennsylvania

U.S. Vice President JD Vance leaves Islamabad on April 12, 2026. Jacquelyn Martin – Pool/Getty Images Jacquelyn Martin/Getty Images

Twenty-one hours of direct negotiations. The highest-level face-to-face engagement between Washington and Tehran since the 1979 Islamic Revolution.

And yet, U.S. Vice President JD Vance boarded Air Force Two in Islamabad on the morning of April 12, 2026, with no deal to end the U.S. and Israeli war against Iran, including an understanding over Tehran’s nuclear ambitions.

The U.S. has since begun what it says is a blockade of any and all ships originating in Iranian ports and would interdict every vessel that has paid a toll to Iran.

The collapse of the talks wasn’t the fault of bad faith or clumsy diplomacy. Rather, the talks failed because of structural obstacles that no amount of negotiating skill can overcome in a single weekend.

I and other exponents of international relations theory predicted this outcome. Understanding why matters enormously for what comes next.

The commitment barrier

The meeting in Islamabad wasn’t the first time representatives from the United States and Iran have sat around a table. In 2015, the Joint Comprehensive Plan of Action agreed to by Iran, the U.S. and five other nations showed that a formal agreement with nuclear inspections and verification is possible.

But that deal, which saw sanctions on Iran relaxed in return for limits over Tehran’s nuclear program, collapsed because the first Trump administration unilaterally walked away from the deal in 2018. In fact, the International Atomic Energy Agency had consistently certified Tehran was holding up its end of the bargain.

Four men oin suits shake hands.
Iranian Foreign Minister Mohammad Javad Zarif shakes hands with U.S. Secretary of State John Kerry on Nov. 24, 2013, in Geneva.
Fabrice Coffrini/AFP via Getty Images

Then came the June 2025 strikes by Israel and the U.S. on Iran’s nuclear facilities.

Successive rounds of indirect talks between the U.S. and Iran followed in early 2026. But despite an Omani mediator telling the world that a breakthrough was within reach, the U.S. bombed Iran on Feb. 28, 2026.

Mohammad Bagher Ghalibaf, Iran’s parliamentary speaker who led Iran’s delegation in Islamabad, cited recent U.S. military action as a barrier to successful negotiations: “Due to the experiences of the previous two wars, we have no trust in the other side.”

Rather than an Iranian negotiating position, however, that was merely a description of a structural reality. Iran cannot be confident that any agreement it signs will be honored by this or subsequent American or Israeli administrations. And Washington isn’t sure Iran will not quietly rebuild what was destroyed once pressure lifts.

Moreover, while verification mechanisms on Iran’s nuclear program solve a technical problem, they do not solve the ongoing political one, in which both states are effectively still at war. Trust, once comprehensively destroyed, cannot be rebuilt in a hotel in Islamabad over 21 hours.

The scope of the problem

“The simple fact is that we need to see an affirmative commitment that (Iran) will not seek a nuclear weapon, and they will not seek the tools that would enable them to quickly achieve a nuclear weapon,” Vance said amid the Islamabad talks.

Iran’s enrichment knowledge is one of those tools. But the knowledge of how to enrich uranium to weapons-grade purity does not disappear when centrifuges are destroyed.

In this way, nuclear expertise is not like territory, equipment or sanctions relief. Centrifuges can be dismantled, and sanctions can be lifted in stages – both lend themselves to phased, verifiable agreements.

What the U.S. is demanding – a verifiable, permanent end to Iran’s breakout potential – requires Iran to surrender something that cannot be given back once conceded. Tehran and Washington both know this.

A complex of roads and buildings seen from a satellite image.
Satellite image shows the Natanz nuclear facility and underground complex in and around Pickaxe Mountain, Iran.
Maxar/Getty Images

The problem is compounded by the extraordinary breadth of American demands on nonnuclear issues. Tehran’s demands included the release of frozen assets, guarantees around its nuclear program, the right to charge ships passing through the Strait of Hormuz, an end to Israeli attacks on Hezbollah and war reparations.

Washington’s 15-point proposal reportedly demanded a 20-year moratorium on enrichment, ballistic missile suspension, reopening of Hormuz, recognition of Israel’s right to exist and an end to Iran’s support for its regional proxy network, including Hezbollah, the Houthis and Hamas.

These are not two sides haggling over price. They are two sides who cannot even agree on what the negotiation is about.

Israel veto

Iran has also made ending Israeli strikes on Hezbollah in Lebanon a condition of any comprehensive settlement, conditions which Washington and Jerusalem have both rejected.

The result is a structural deadlock that has nothing to do with Iranian or American negotiating skill. Moreover, even if the two parties in Islamabad found common ground on the nuclear question, Israel could always torpedo any deal through a continuation of its military action in Lebanon and Iran.

And Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu did not need to be in Islamabad to shape what happened there. While Vance and Ghalibaf were negotiating, Netanyahu was on television, telling the world: “Israel under my leadership will continue to fight Iran’s terror regime and its proxies.” He made no mention of the talks at all – and has since come out strongly in support of the U.S. blockade.

What happens next?

Where does this leave the 14-day ceasefire, and what happens after that?

While the Trump administration immediately ramped up pressure on Tehran after the failure of talks, such escalation has thus far failed to bring about Iran’s capitulation in the current conflict.

Iran has declared the blockade an act of “piracy” and placed the country on “maximum combat alert,” with the country’s Revolutionary Guard warning that any military vessels approaching Hormuz would receive a “firm response.”

But like the nuclear negotiations, the blockade runs into the same wall. Iran controls the strait through mines, drones and geography. The U.S. can interdict ships but cannot reopen the strait without Iran’s cooperation – absent an unlikely military occupation.

As such, the blockade is largely a pressure tactic without a clear path for how it would resolve, which is exactly the problem that produced the Islamabad failure in the first place. The blockade also holds the risk of pulling in more countries. Trump’s interdiction order – “it’s going to be all or none” – in theory means the U.S. Navy would be prepared to interdict a Chinese tanker that has done business with Iran, risking a direct maritime confrontation with a nuclear power.

The alternative would be to let Chinese tankers through to avoid confrontation, but in so doing expose the blockade as a hollow strategy.

In either case, Beijing has become an active stakeholder in Iran’s leverage.

Same old problems … and a new one to boot

The structural obstacles that broke the Islamabad meetings will not dissolve before April 22, when the current ceasefire is due to expire.

The difficulty of convincing either side that any agreement will actually be honored will not be resolved by more talks, but is rather a product of what happened before the current negotiations. The nature of the nuclear question itself will not be negotiated away – it is a feature of physics and knowledge, not of political will. Moreover, Israel’s veto over any regional settlement will not disappear because Washington wants a deal.

Signs suggest that talks are still alive, and both Iran and the U.S. have shown a willingness to change previous red lines on the nuclear question even since the failure in Islamabad. Absent a larger shift in the status quo, however, the next round will face the same structural obstacles as before. But this time, there will be the added complication of a naval blockade that narrows, rather than expands, the diplomatic space.

The Conversation

Farah N. Jan does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The Islamabad talks were doomed to failure – and Hormuz blockade has thrown another obstacle to any Iran-US deal – https://theconversation.com/the-islamabad-talks-were-doomed-to-failure-and-hormuz-blockade-has-thrown-another-obstacle-to-any-iran-us-deal-280553

Strait of Hormuz: Why the US and Iran are sailing in very different legal waters

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Elizabeth Mendenhall, Associate Professor of Marine Affairs, University of Rhode Island

A vessel heads toward the Strait of Hormuz on April 8, 2026. Shady Alassar/Anadolu via Getty Images

The Strait of Hormuz exists in the eye of the beholder.

While everyone agrees that, geographically speaking, it is a strait – a narrow sea passage connecting two places that ships want to go – its political and legal status is rather more complicated.

The United States and Iran both eye the strait – a choke point through which 20% of the world’s oil passes – very differently. Washington sees the Strait of Hormuz as exclusively an international waterway, whereas Tehran sees it as part of it territorial waters.

It follows that Iran’s toll-charging of ships is seen by the U.S. as illegal. Similarly, U.S. President Donald Trump’s blockade of the passage is a “grave violation” of sovereignty to Iran.

As an expert in the law of the sea, I know part of the problem is that the U.S. and Iran are living in two different worlds when it comes to the international laws governing the strait. Further complicating matters, both are in a different legal universe than most of the rest of the world.

The law of the sea

The “law of the sea” is a network of international laws, customs and agreements that set out the foundation for rights of access and control in the ocean. The framework sits apart from the laws of warfare, which are also relevant to the Persian Gulf situation.

The United Nations Convention on the Law of the Sea, or UNCLOS, is a major plank of the law of the sea. Completed in 1982 and in force since 1994, it aims to create a stable set of zones and places – like international straits – where everyone agrees on who can do what. It has been ratified by 171 countries and the European Union, but not Iran or the United States. Iran has signed it but has yet to ratify; the U.S. has done neither.

This means that the rules which almost every country in the world has consented to can’t serve as a basis of agreement over how the U.S. and Iran should govern their actions in the strait during the current war.

The view from Iran

Both Iran and the U.S. agree that under the law of the sea, the Strait of Hormuz is an international strait, but not on what kind of international strait it is. Moreover, they disagree on the relevant laws that exist, and how they apply.

For Iran, the Strait of Hormuz is an international strait as set out under international law predating UNCLOS – notably the International Court of Justice’s ruling in the 1949 Corfu Channel case and the 1958 Territorial Seas Convention.

These older standards state that foreign ships have a right of “innocent passage” through international straits. Put in other terms, this means that if a ship is simply passing through, without doing anything else and without harming the security of the coastal countries, it must be allowed passage.

This gives Iran – and Oman, the strait’s other bordering country – power to make and enforce some rules over passage, such as rules for safety and the environment. They also have wide discretion to decide if passage is “non-innocent” and therefore not allowed. But it does not give them the right to impede innocent passage.

Contrary to the older standard, however, Tehran claims the right to “suspend” passage through its half of the strait, citing the waters as its territorial sea. This is a violation of the 1958 Territorial Seas Convention that Iran relies on for legal support, which says that when a territorial sea is also an international strait, innocent passage cannot be suspended.

The US interpretation

For the U.S., the Strait of Hormuz is an international strait requiring “transit passage,” as per UNCLOS. Although the United States is not a member of UNCLOS, it argues that the agreement’s updated concept of an “international strait” should apply.

Understanding a waterway as the newer type of “international strait,” which requires transit passage, shifts the balance against a coastal country’s control and toward free navigation.

Under this standard, countries bordering straits – like Iran and Oman in the case of Hormuz – must also allow overflight and submarines below the surface. Passage must be allowed so long as it is “continuous and expeditious.”

The U.S. has forcefully asserted this position at sea through regular “Freedom of Navigation” patrols through the Strait of Hormuz and other straits around the world. The patrols are a visible rejection of claims over the ocean that the U.S. deems illegal or excessive.

The basic U.S. argument is supported by some leading legal scholars, such as James Kraska, a professor of international maritime law at the U.S. Naval War College, who decries the Iranian position as “lawfare” and argues that Iran must abide by the compromises made in UNCLOS.

A ‘persistent objector’

But the U.S. is a global outlier here, and one of only a handful of countries – alongside the United Kingdom, France, Australia, Thailand and Papua New Guinea – which argue that “transit passage” is required by custom.

Custom, in this sense, is established if a practice at sea is seen as consistent and is backed by wide agreement over its legality. If something is seen as customary law, it applies to everyone. The only way to prevent a custom from applying to you is through the “persistent objection rule,” which gives a country an exemption to newly emerging standards if it has shown itself to be consistently against it.

Legal scholars are split on whether transit passage is customary law – although law of the sea specialists tend to say it is not.

Tehran argues that even if transit passage were customary international law, Iran is a “persistent objector,” and therefore, the rule doesn’t apply to them.

And it is true that Iran’s objection has been consistent. Both Iran and Oman argued in favor of innocent passage, and against transit passage, at the UNCLOS negotiations.

Iran reaffirmed its perspective upon signing UNCLOS in 1982. Tehran argues that because transit passage is tied up in the compromises made by UNCLOS, only countries that ratify the treaty can claim the right to transit passage – and neither the U.S. nor Iran has ratified it.

A graphic shows a map with warships.
U.S. warships float around the Strait of Hormuz.
Yasin Demirci/Anadolu via Getty Images

Navigating troubled waters

The complex military situation and economic disruption are only part of the story of the Strait of Hormuz.

What lies beneath is a complicated legal situation. Not only do the U.S. and Iran disagree about the legal status of the strait, but the countries that flag oil tankers – and which are therefore responsible for them – must also navigate their own commitments and perspectives under the law of the sea.

Every nation wants to avoid a legal precedent that is contrary to its long-term interests. But for international law to function – to reduce conflict and enable trade – what is needed is an agreement about what rules exist, and a shared commitment to abide by them.

Only that would achieve a stable post-war status for the Strait of Hormuz. How we get there, however, requires navigating some very tricky waters.

The Conversation

Elizabeth Mendenhall does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Strait of Hormuz: Why the US and Iran are sailing in very different legal waters – https://theconversation.com/strait-of-hormuz-why-the-us-and-iran-are-sailing-in-very-different-legal-waters-280557

How debate about gender identity could undermine global efforts to protect victims of violence

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Jenna Norosky, Postdoctoral Fellow at the Institute for Genocide and Mass Atrocity Prevention, Binghamton University, State University of New York

A transgender woman takes part in an International Day For The Elimination Of Violence Against Women demonstration in El Salvador on Nov. 25, 2019. Camilo Freedman/APHOTOGRAFIA/Getty Images)

Aided by the Trump administration, debate over gender identity has gone from being a touchstone of domestic culture wars to infiltrating the work of international groups – including those designed to protect vulnerable communities.

In March 2026, at the 70th session of the U.N. Commission on the Status of Women, a U.S. delegate submitted a draft resolution to define gender in alignment with what the representative described as “its ordinary, generally accepted usage, as referring to men and women.”

While this may seem like a relatively benign or procedural intervention, the proposed resolution invited significant blowback from other delegates. Sweden’s representative framed it as an attempt “to turn back the clock 30 to 40 years.” The resolution ultimately failed after being blocked from going to a vote by Belgium, on behalf of the EU.

As an expert on gender, sexuality and conflict, I see the latest dispute over terminology at a key U.N. conference as reflecting a wider fight among the international community that has rumbled on for months. I believe that contest, moreover, threatens to undermine critical work to serve survivors of violence across the world.

Shifting approaches to gender

In recent years, some international organizations, nongovernmental organizations and countries have moved to understand gender beyond equating it with biological sex.

This had included expanding its meaning within the peace and security sector.

The U.N. Refugee Agency, for example, now follows an “age, gender and diversity” policy that defines gender as “socially constructed roles for women and men, which are often central to the way people define themselves and are defined by others.” In other words, trans women are women, and trans men are men.

The International Criminal Court takes a similar stance in its approach to gender-based crimes.

Both bodies contend that this gender lens is important for understanding the full scope of experiences and vulnerabilities not just of women and girls, but also LGBTQ+ individuals and men and boys during conflict.

While heavily contested by some nations, this approach departs from a previous implicit assumption that only women are targeted for sexual violence in conflict – and that these women are all cisgender.

Gender identity and violence

Despite the normalization of more inclusive approaches to gender, the pushback has recently gained a lot of traction, aided in part by the reversal of the U.S. from its previous stance under the Biden administration.

Only two months into the Trump administration, the U.S. pulled out of a working group of nations on LGBTQ+ concerns. Then, in January 2026, it withdrew from a slew of international bodies it claimed were “often dominated by progressive ideology and detached from national interests,” including U.N. Women. Most recently, the administration has called on FIFA, soccer’s international governing body, to change its policy on trans athletes.

It isn’t just the U.S. contesting inclusive language, however. In June 2025, the U.N. special rapporteur on violence against women and girls, Reem Alsalem, published a report suggesting that gender-neutral language and the recognition of gender identity in policy erases the category of what it refers to as “sex-based discrimination” against women and girls.

Two women sit at a table.
A draft report by the United Nations special rapporteur, Reem Alsalem, left, sparked controversy.
Adem Altan/AFP via Getty Images

The draft resolution also argues that “gender identity theory” contributes to violence against women by advancing “stereotypes” and “sexist norms about how women should dress and behave.”

In effect, the report introduces a far narrower understanding of violence against women – and “gender” writ large – which notably excludes trans women.

Human rights professionals and NGOs, including Amnesty International and various feminist organizations, submitted a response to the draft version of the report claiming that its adoption of the term “sex-based violence … undermines decades of feminist advocacy, scientific evidence and legal advances.” Moreover, it “risks excluding vulnerable populations from essential protections.”

Nations were unsurprisingly split in their response, with some offering praise for the report’s approach and others raising concerns. Such was the feeling aroused by the special rapporteur’s position that in late 2025, Australia’s commissioner on sex inequality asked internally about potentially blocking Alsalem’s reappointment to her post.

Gender in conflict situations

Debates over language are familiar to those working in international crisis work, and some important tensions remain unaddressed. I argue, though, that a narrow interpretation of “gender” based on sex assigned at birth risks missing harms against certain groups.

Research on conflict and humanitarian contexts suggests that expansive conceptualizations of gender can better reveal dimensions of harms experienced by people who are not cisgender, heterosexual women or girls.

For example, my research with UMass Amherst’s Charli Carpenter demonstrates that a gender lens shows how Ukraine’s travel ban on “battle-aged” civilian men places these men, their families, trans women and nonbinary people misidentified as men at undue risk. In this case, it’s not biological sex but beliefs about gender – for example, the characterization of men as warriors and protectors – that create these vulnerabilities.

Similarly, understanding wartime violence against gender and sexual minorities as gender-based highlights how these groups can be singled out by state and armed groups for transgressing sanctioned gender norms.

However, there are also trade-offs to more expansive approaches to gender, as evidenced by my research on changing global approaches to wartime sexual violence against men and boys.

Some practitioners I spoke with expressed concern that the inclusion of violence against men and boys under the rubric of gender-based violence would detract from the disproportionate impact and structural roots of violence against women.

This is particularly troubling at moment of increasingly limited resources earmarked to serve conflict- and other crisis-affected women and girls, as well as rising backlash against women’s rights.

The silhouette of a woman's head
A South Sudanese victim of sexual violence in the Sudanese capital Khartoum.
Ashraf Shazly/AFP via Getty Images

The anti-trans backlash

The resolution brought forward by the U.S., as well as the special rapporteur’s report, should, I believe, be understood in the context of a wider anti-trans backlash.

This backlash – which involves diverse groups, from religious conservatives to even some women’s rights advocates – mobilizes fears about public safety, marriage and the family structure.

Some of the backlash is predicated on harmful stereotypes about trans women that portray them as predatory opportunists.

While there is no evidence of this being a common trend, such narratives permeate the special rapporteur’s report. For example, the document includes claims that “males who identify as women retain a male pattern of criminality” and that lesbians get “coerced into sexual relations with males who identify as women.”

The report also constructs hypothetical scenarios about trans-inclusive spaces as a threat to cisgender women’s safety, such as the absence of “single-sex” washrooms in refugee camps “often leads to women avoiding using mixed-sex facilities.”

Navigating transphobic rhetoric

Significantly, this latter claim is embedded within partial truths. There is evidence that women’s vulnerability increases when refugee camps don’t have women’s washrooms, when they are placed too close to men’s washrooms or are in remote, unlit locations.

But there is no evidence in the draft report or elsewhere that the threat comes from trans women and not men.

In fact, research suggests that LGBTQ+ refugees and detained migrants experience unique and exacerbated vulnerabilities to sexual harassment, violence and exploitation.

Moreover, in conflict and humanitarian situations, violence against LGBTQ+ people shares some key root causes driving violence against women and girls, such as restrictive gender norms and militarism.

The agenda to prevent violence against women is, I would argue, increasingly co-opted by transphobia. Ultimately, this distracts from the struggles experienced by all those marginalized on the basis of gender.

The Conversation

Jenna Norosky received funding from the American Political Science Association to conduct research referenced in this article.

ref. How debate about gender identity could undermine global efforts to protect victims of violence – https://theconversation.com/how-debate-about-gender-identity-could-undermine-global-efforts-to-protect-victims-of-violence-267177

Del Apollo 11 a Artemis II: ¿alguien paga el viaje de las marcas que van al espacio?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rafael Povo Grande de Castilla, Director del Grado en Publicidad y Creación de Marca, UDIT – Universidad de Diseño, Innovación y Tecnología

NASA

La NASA niega la mayor: “No seleccionamos las comidas ni los alimentos de la tripulación en función de acuerdos con marcas. Esto no fue publicidad encubierta”. El lunes 6 de abril de 2026, a las 00:44 h (Hora de la Costa Este de EE. UU.) a bordo de la nave Orión, en la misión Artemis II, tuvo lugar un evento histórico. Y no hablamos de que seres humanos vieran con sus propios ojos la cara oculta de la Luna, sino de que un bote de Nutella robara todo el protagonismo al momento.

Ferrero, empresa propietaria de la marca, también desmintió cualquier tipo de acuerdo publicitario de product placement, como se denomina al emplazamiento de productos publicitarios en un espacio audiovisual sin alterar el ritmo de la acción. Asunto cerrado. ¿Seguro?

Hay antecedentes de productos que aprovecharon ser seleccionados por la NASA para misiones emblemáticas, como el mítico cronógrafo OMEGA Speedmaster en el Apollo 11 en 1969. Omega explotó publicitariamente la elección de este reloj con permiso de la NASA, y lo sigue haciendo. La relación de Omega con la agencia estadounidense de exploración espacial es excelente, aunque, eso sí, no constan intercambios económicos entre ambos.

Buzz Aldrin, astronauta de la misión Apolo 11, fotografiado con su reloj OMEGA Speedmaster.
Buzz Aldrin, astronauta de la misión Apolo 11, fotografiado con su reloj OMEGA Speedmaster.
NASA

El product placement funciona desde el principio de los tiempos audiovisuales. El caso de ACME es especialmente simpático: se empezó a usar como marca genérica en el cine, precisamente para evitar hacer product placement gratuito por azar, hasta acabar convirtiéndose en un icono pop, gracias a el Correcaminos y el Coyote.

Las ciudades también se promocionan

En todos los productos audiovisuales existe la posibilidad de incluir marcas. Los acuerdos de colaboración entre la productora y las marcas son infinitos y están regulados por contratos larguísimos y muy detallados. Hasta las ciudades firman contratos de product placement para promocionarse y aparecer con un aspecto amable en películas.

FedEx es otro caso paradigmático. En la película Náufrago (Robert Zemeckis, 2000), la trama gira alrededor de un catastrófico accidente de un avión de FedEx, una de las más importantes empresas de paquetería del mundo. Todo lo que puede perjudicar a la reputación de una compañía está en el guion: accidente, muertes, pérdida de paquetes… Los logotipos están bien visibles. Un infierno para los responsables de marca. Sin embargo, hubo un acuerdo: FedEx no pagó ni un dólar, pero puso todos los medios de la empresa a disposición de Zemeckis. El éxito de taquilla fue impresionante, pero más sorprendente fue la repercusión que esta película tuvo en el reconocimiento de marca.

En la película Náufrago (2000), protagonizada por Tom Hanks, podían verse paquetes de la compañía FedEx.

Este caso se estudia en todas las escuelas de publicidad y de negocios. ¿La clave? Las emociones. En los minutos finales de la cinta, el protagonista se obsesiona con entregar el único paquete que dejó sin abrir en su increíble aventura como acto de responsabilidad. Suficiente para FedEx.

Google, el buscador que no aparece en el cine

¿Quién no se sorprende cuando ve, por ejemplo, los buscadores de internet tan extraños que aparecen en películas y series? ¿Qué pasa con Google? Muy sencillo. Google no solo no paga por aparecer –razón suficiente de algunas productoras para eliminarlo de la ecuación–, sino que pleitea si su marca se relaciona en la trama con delitos o posibles crímenes. ¿Cómo deshacerse de un cadáver? Mejor lo buscas en “Searcher”, el famoso buscador de las letras de colores.

El verdadero Santo Grial no está en los acuerdos, sino en lo que se llama publicity (no confundir con publicidad). Productos que aparecen de la nada en noticias, en redes, en obras de arte… Hay tantas marcas y tantos objetos reconocibles incluso sin logotipo que lo raro sería que no apareciesen constantemente.

Campbell se planteó denunciar a Andy Warhol antes de darse cuenta del impagable capital de marca que acababan de obtener sin coste cuando el pintor eligió la marca y el logo en sus obras.

La magia se produce cuando el momento, la persona o las circunstancias son muy especiales y la marca sabe sacar provecho de ello, una sabiduría que no siempre pasa por la publicación inmediata, humorística y alocada de un post en redes. El fenómeno de la piña de Mecadona (2024) –se viralizó la idea de ligar en el supermercado si se llevaba una piña bocabajo dentro del carrito– es controvertido: ¿fue bueno para la marca? ¿Se aprovechó? ¿Se desperdició? La publicity no tiene reglas. Y en la era del algoritmo, menos. Algo que podría beneficiar a una marca se sale de control o algo que podría perjudicarle, se gira y le sonríe. Quizá un post anónimo. Quizá una maniobra del community manager. Quizá una acción interesada de un influencer. Hay miles de casos.

¿Por qué no taparon las marcas?

Pero, volviendo la nave de la Artemis II y a Nutella: ¿es creíble que las personas al cargo de los equipajes de los astronautas no tengan ninguna limitación a la hora de enviar marcas comerciales visibles al espacio, sabiendo que las cámaras graban a todas horas? “Estoy buscando un artículo de higiene específico: la crema Honest”, dijo Christina Koch durante una retransmisión de la NASA en referencia a una marca de crema cuya propietaria es la actriz Jessica Alba y que la astronauta no encontraba a bordo.

Nada sería más lógico que tapar los logotipos o eliminar los envases originales antes del viaje. Se hace siempre. Todos hemos visto manzanas tapadas en los portátiles de presentadores de televisión y botellas que ocultan su etiqueta a cámara para no dar publicidad gratis a nadie.

¿En la emisión más vista del viaje a la Luna se cuela un frasco de Nutella volando graciosamente durante un buen rato, mostrando su reconocible logotipo varias veces a cámara? Llámenme malpensado. Yo creo que alguien sabía que esto iba a pasar. Por cierto, soy boomer. Prefiero la Nocilla.

The Conversation

Rafael Povo Grande de Castilla no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Del Apollo 11 a Artemis II: ¿alguien paga el viaje de las marcas que van al espacio? – https://theconversation.com/del-apollo-11-a-artemis-ii-alguien-paga-el-viaje-de-las-marcas-que-van-al-espacio-280402

Velas e incienso, cuando el supuesto “bienestar” contamina la casa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Teresa Baeza Romero, Catedrática de Universidad. Dpto. Química-Física. Escuela Técnica Superior de Ingenieros Agrónomos de Ciudad Real. Inamol., Universidad de Castilla-La Mancha

Las velas aromáticas y el incienso pueden ser una mala idea para nuestra salud respiratoria. Shashi Chaturvedula / Unsplash. , CC BY

Encender una vela aromática o quemar incienso suele asociarse al bienestar, la calma o la espiritualidad. Sin embargo, desde el punto de vista de la química atmosférica, ambos gestos implican algo mucho menos idílico: introducir una fuente de combustión dentro del hogar. Y esto no es recomendable, por varias razones.

Pasamos cerca del 90 % de nuestro tiempo en espacios cerrados, donde los contaminantes no se dispersan fácilmente y pueden alcanzar concentraciones superiores a las del exterior, incluso cuando el aire “parece” limpio.

Qué ocurre realmente cuando encendemos una vela

Cuando encendemos una vela, la mecha no es el combustible. Su función es transportar la cera fundida hasta la llama. Lo que realmente se quema es la cera, que en la mayoría de las velas comerciales es parafina, un derivado del petróleo –aunque también puede ser cera vegetal o de abeja–.

Este proceso de combustión nunca es completamente limpio. Además de dióxido de carbono y vapor de agua, se liberan partículas de muy pequeño tamaño (PM2,5 y ultrafinas) y una mezcla compleja de contaminantes gaseosos, como monóxido de carbono, formaldehído, acetaldehído y compuestos orgánicos volátiles (VOCs).

En interiores poco ventilados, las concentraciones de estas partículas y gases pueden aumentar rápidamente, hasta alcanzar valores comparables a los de entornos urbanos con mala calidad del aire, especialmente, cuando la combustión es inestable o la mecha es demasiado larga.

El incienso, una fuente de emisiones

El incienso suele percibirse como una alternativa “natural” a las velas perfumadas. Sin embargo, la evidencia científica indica que su impacto sobre la calidad del aire interior es, en general, mayor y más preocupante.

Durante su combustión, el incienso emite grandes cantidades de partículas finas y ultrafinas, además de monóxido de carbono, óxidos de nitrógeno y numerosos VOCs aromáticos.

Un resultado especialmente relevante es que aproximadamente un 4,5 % de la masa del incienso se convierte en partículas que podemos respirar. Esto es aproximadamente cuatro veces más que un cigarrillo. Así, el incienso es una de las principales fuentes de contaminación del aire interior en hogares de no fumadores.

No todas las partículas son iguales: el potencial oxidativo

Durante años, el riesgo para la salud se evaluó principalmente en función de la masa de partículas presentes en el aire. Hoy sabemos que esto es insuficiente. Un parámetro clave es el potencial oxidativo, que describe la capacidad de las partículas para dañar nuestros tejidos pulmonares.




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Efectos de las partículas en la salud: no solo el tamaño importa


Las partículas procedentes del incienso presentan de forma consistente un potencial oxidativo elevado, comparable o, incluso, superior al de partículas asociadas al tráfico urbano.

Las velas también emiten partículas con actividad oxidativa, especialmente cuando son de parafina, están perfumadas o arden de forma inestable. No obstante, su potencial oxidativo medio suele ser inferior al del incienso, que genera aerosoles más reactivos y con mayor capacidad de inducir estrés oxidativo respiratorio.

El papel de las fragancias: el aroma complica la química

El tipo de cera influye en las emisiones, pero no es el único factor. Las fragancias, tanto naturales como sintéticas, introducen nuevos compuestos en el cóctel de la mezcla emitida.

Durante la combustión, muchos perfumes liberan VOCs reactivos que pueden transformarse en otros contaminantes, como aldehídos –compuestos orgánicos volátiles irritantes formados por oxidación– y aerosoles orgánicos secundarios –partículas microscópicas que se generan en el aire a partir de reacciones químicas–, lo que incrementa tanto la cantidad como la reactividad de los contaminantes presentes en el aire interior.

Así, una vela comercializada como “natural” puede dejar de serlo, desde el punto de vista de la química del aire, si está intensamente perfumada.

Evidencias sobre efectos en la salud

La exposición continuada a los contaminantes emitidos por velas e incienso se ha asociado con irritación de las vías respiratorias, empeoramiento del asma y disminución de la función pulmonar, especialmente, en niños y personas con patologías respiratorias previas.

En regiones donde el uso de incienso es diario y prolongado, diversos estudios epidemiológicos han encontrado asociaciones con enfermedades respiratorias crónicas e, incluso, cáncer de pulmón, lo que refuerza la preocupación por este tipo de exposición doméstica.

¿Qué es peor para la salud: una vela o el incienso?

Si se comparan ambos en condiciones similares de uso, la evidencia converge: el incienso emite mucha más cantidad de partículas con mayor potencial oxidativo, libera una mezcla gaseosa más compleja y reactiva y cuenta con mayor respaldo epidemiológico de efectos adversos.

Esto no significa que las velas sean inocuas, sino que, en términos generales, el incienso representa la fuente más agresiva de contaminación del aire interior entre las dos.

Respirar mejor empieza con gestos pequeños

En casa, solemos juzgar el aire por el olor o por lo que vemos. Si no huele mal y no hay humo a la vista, damos por hecho que es limpio. Sin embargo, la contaminación más relevante en interiores es invisible y se acumula poco a poco, sin avisar.

La química nos recuerda algo esencial: el bienestar no se quema ni se huele, se respira.

Por eso, reducir la exposición no pasa por prohibiciones radicales, sino por gestos informados y sostenibles. Usar velas y ambientadores de combustión de forma ocasional, limitar su duración, mantener las mechas cortas y la llama estable, ventilar bien durante y después de su uso, priorizar velas sin perfume y evitar el uso habitual de incienso en interiores son decisiones sencillas que marcan la diferencia.

Pequeños cambios cotidianos pueden reducir de forma significativa la cantidad de contaminantes que inhalamos. Porque cuidar el aire interior no consiste en renunciar al confort, sino en entender qué estamos respirando y cuándo merece la pena hacerlo.

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Esta publicación es parte del proyecto de I+D+i PID2022-139724OB-I00 financiado por MICIU/AEI/10.13039/501100011033 y FEDER, del proyecto SBPLY/23/180225/000194 financiado por la Agencia de Investigación e Innovación de Castilla-la-Mancha, cofinanciado por la Unión Europea y del proyecto 2025-GRIN-38334, financiado por el plan propio de investigación de la UCLM y cofinanciado con fondos FEDER.

ref. Velas e incienso, cuando el supuesto “bienestar” contamina la casa – https://theconversation.com/velas-e-incienso-cuando-el-supuesto-bienestar-contamina-la-casa-280488

Hombres y mujeres no saben lo mismo sobre finanzas, ¿por qué?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elisabet Ruiz Dotras, Profesora en finanzas, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

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Hoy en día, ahorrar es una condición necesaria, pero no suficiente. Necesitamos invertir y, para ello, es clave contar con educación financiera. Esto implica aprender a elegir entre productos cada vez más complejos, planificar la jubilación, valorar si realmente necesitamos un seguro o saber detectar posibles estafas.

Pero no se trata solo de tomar decisiones, sino de entenderlas. Es importante analizar si un producto financiero es adecuado para nosotros, conocer su rentabilidad y tener claros sus costes. Desde fondos de inversión y planes de pensiones hasta seguros, de créditos para comprar un coche a una hipoteca, todas son decisiones que conviene tomar con calma y con una base sólida de conocimientos financieros.

Pero esta “competencia financiera” no es la misma en hombres y mujeres. Hay estudios que muestran de manera consistente que las mujeres tienen menos conocimientos financieros que los hombres. Tanto básico –cálculo de intereses o comprensión de la inflación– como más avanzados– diversificación del riesgo o los mercados financieros–, donde la brecha de género es todavía mayor.

Factores personales, culturales y laborales

Las causas no pueden atribuirse simplemente a diferencias en capacidad o formación académica. De hecho, la brecha persiste incluso cuando hombres y mujeres tienen niveles educativos similares.

En realidad, la brecha de género financiera parece estar relacionada con factores personales, culturales y laborales. Las trayectorias profesionales, las experiencias pasadas y el nivel de autoconfianza influyen en la forma en que hombres y mujeres se relacionan con las finanzas.

Por ejemplo, los hombres tienden a participar más en los mercados financieros y a asumir inversiones más arriesgadas, mientras que las mujeres suelen concentrarse más en la gestión cotidiana del presupuesto doméstico. Estas diferencias influyen: cuanta más exposición se tiene a decisiones y productos financieros, mayor es el aprendizaje que se genera.

Cómo se adquieren los conocimientos financieros

Hemos realizado un estudio para entender cómo deciden formarse en temas financieros los hombres y las mujeres, y qué decisiones toman cuando buscan aprender sobre finanzas.

Consideramos las diferentes formas en que las personas pueden aprender sobre finanzas. Esto incluye la educación formal, como asignaturas o programas académicos, la formación en el trabajo, la participación en cursos o seminarios, y también el aprendizaje por cuenta propia, por ejemplo, leyendo o buscando información en la web.

Los resultados confirmaron que la brecha de género en conocimiento financiero existe, incluso entre personas con niveles educativos similares. Pero, más allá de esta conclusión, el estudio aportó un elemento clave: la diferencia no se explica únicamente por cuánto aprenden hombres y mujeres, sino por las estrategias que utilizan para hacerlo.

Diferentes estrategias de aprendizaje

Una de las conclusiones más relevantes del estudio es que alcanzar niveles avanzados de conocimiento financiero no depende solo de las características individuales, sino también de la decisión de utilizar distintas fuentes de aprendizaje. Las personas que recurren a múltiples vías de aprendizaje –por ejemplo, combinando formación formal, experiencia laboral y autoaprendizaje– tienden a alcanzar mayores niveles de conocimiento financiero.

Además, en términos generales, los hombres muestran una mayor tendencia a invertir activamente en su propia educación financiera a través de procesos de aprendizaje informal y autoaprendizaje. Es decir, tienden con mayor frecuencia a buscar cursos especializados, leer sobre inversiones o formarse por iniciativa propia.




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La educación financiera sigue siendo una asignatura pendiente


Las mujeres, en cambio, suelen adquirir conocimientos financieros principalmente a través de vías estructuradas y accesibles, como la educación formal, la formación proporcionada por el trabajo o el uso de recursos disponibles en internet que no implican un coste económico.

El papel de la experiencia laboral y los ingresos

El estudio también demuestra que las experiencias profesionales desempeñan un papel importante en el desarrollo de conocimientos financieros avanzados. Trabajar en ocupaciones donde es necesario utilizar habilidades financieras contribuye significativamente al aprendizaje. Esto sugiere que la participación de las mujeres en determinados sectores o posiciones laborales puede influir indirectamente en sus niveles de alfabetización financiera.

Además, el análisis revela que el nivel de ingresos también tiene un efecto relevante. En este sentido, reducir la brecha salarial de género también podría contribuir a disminuir la brecha en conocimientos financieros. A medida que aumentan los ingresos, las personas suelen enfrentarse a decisiones financieras más complejas –como planificar el ahorro, invertirlo o gestionar el patrimonio–, lo que a su vez favorece el aprendizaje y el desarrollo de competencias financieras.

Hacia una mayor igualdad financiera

La alfabetización financiera no es solo una cuestión de conocimiento individual. Tiene implicaciones directas para la autonomía económica, la toma de decisiones dentro del hogar y la capacidad de afrontar riesgos financieros a lo largo de la vida.

Reducir la brecha de género en este ámbito no consiste únicamente en ofrecer más información, sino en comprender mejor sus razones y qué barreras pueden estar influyendo en ese proceso.

Tradicionalmente, muchas iniciativas de educación financiera han sido diseñadas como programas generales dirigidos a toda la población. Sin embargo, los estudios sugieren que las estrategias de aprendizaje no son iguales para todos. Son necesarios cursos dirigidos específicamente a mujeres en los que se aborden aspectos clave como la confianza, la elaboración de presupuestos, el ahorro y la inversión.

Además, estos programas deberían incluir formación sobre cómo hablar de finanzas en pareja, fomentar la planificación financiera familiar y promover la toma de decisiones económicas de forma conjunta. Visibilizar las desigualdades existentes y generar conciencia sobre ellas nos ayudará a avanzar hacia su eliminación.

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Elisabet Ruiz Dotras no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Hombres y mujeres no saben lo mismo sobre finanzas, ¿por qué? – https://theconversation.com/hombres-y-mujeres-no-saben-lo-mismo-sobre-finanzas-por-que-275953

¿Por qué no puedo parar? Patrones de diseño adictivos y tecnología que ‘engancha’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Marta Beltrán, Jefa del Área Científica de la Agencia Española de Protección de Datos; profesora titular de Universidad en excedencia, Universidad Rey Juan Carlos

En las últimas semanas, dos jurados en Estados Unidos han declarado a grandes empresas tecnológicas responsables de negligencia por el diseño de sus productos y servicios, considerándolos adictivos y perjudiciales para la salud mental de sus usuarios. En concreto, de los más jóvenes.

Esta es la primera vez que en el seno de un procedimiento judicial se atribuye responsabilidad directa a estas empresas por el diseño adictivo de sus plataformas. Las demandas alegaban que ese diseño adictivo provocó aislamiento social, problemas de sueño y depresión en jóvenes. Los jurados de ambos casos han establecido que, efectivamente, existe evidencia de que dichas plataformas fueron concebidas deliberadamente para que los usuarios pasen conectados a ellas más tiempo del que tienen previsto y del que resulta saludable para ellos.

En paralelo, la Comisión Europea ha intensificado su control sobre el diseño adictivo en relación con el cumplimiento de la Ley de Servicios Digitales o DSA, no sólo en redes sociales o plataformas de vídeo, sino también en plataformas de comercio electrónico, especialmente, las de moda rápida.

Cuando la tecnología ‘engancha’

Pero ¿por qué cuesta tanto soltar el móvil o desconectarse de estas plataformas? ¿Por qué, aunque sepamos que deberíamos parar, seguimos viendo “sólo un vídeo más” o revisando una y otra vez las mismas notificaciones? Detrás de ese comportamiento, que puede llegar a ser problemático o abusivo, hay un diseño intencional y deliberado basado en patrones de diseño adictivos.

Se trata de estrategias estándar presentes en multitud de productos y servicios digitales y meticulosamente estudiadas para mantenernos enganchados. Estos patrones son el resultado de décadas de investigación en psicología, sociología y diseño de interfaces, combinado con una capacidad sin precedentes para conocernos y singularizarnos.

No son un error ni una casualidad, sino el núcleo de un modelo de negocio que prioriza nuestra atención y nuestros datos sobre nuestro bienestar. Y tampoco son inevitables, ya que se podría diseñar tecnología de otra manera.

La tecnología ‘persuasiva’

En los años 90 surgió el concepto de tecnología persuasiva, de usar el diseño para motivar conductas positivas, como por ejemplo dejar de fumar o hacer ejercicio. Sin embargo, con el tiempo, este concepto comenzó a aplicarse a objetivos menos constructivos y de manera más oscura. El modelo de negocio dominante en internet, basado en publicidad y tratamiento masivo de datos, transformó la persuasión en manipulación.

Hoy, los patrones de diseño adictivos no son la excepción, sino la norma. Los encontramos en redes sociales, plataformas de streaming, videojuegos, sitios de comercio electrónico e incluso en apps de citas. Su objetivo es doble: que pasemos más tiempo conectados y que lo hagamos con un mayor grado de “compromiso” (por ejemplo, dispuestos a saltarnos una comida, dormir menos o compartir información sensible con tal de seguir usando el producto o servicio).

Si la tecnología no nos sirve, nos está usando

Estos patrones están estrechamente relacionados con los datos personales. Las plataformas recogen y generan información sobre nosotros de múltiples formas. Lo más directo es la información personal que compartimos voluntariamente, por ejemplo, al crear una cuenta o al compartir contenido, como nuestro nombre, edad o ubicación.

Pero las plataformas también trabajan con datos de comportamiento, de los que puede que seamos menos conscientes: qué vemos y cuándo, cuánto tiempo pasamos en cada contenido y cómo interactuamos con él, con quién nos comunicamos. Por último, las plataformas infieren datos personales como nuestras preferencias políticas, estado de salud o emocional, o vulnerabilidades psicológicas.

Los verdaderos clientes: los anunciantes

Toda esta información sirve para personalizar los anuncios que se nos muestran. Hay que tener en cuenta que con el modelo de negocio actual no somos los clientes de las plataformas, sino el producto: nuestros datos y nuestra atención son lo que se vende a los verdaderos clientes, los anunciantes, que pagan por mostrarnos su publicidad de diferentes formas.

Los datos personales también se utilizan para optimizar el funcionamiento de los patrones adictivos. Si pasamos más tiempo en la plataforma, efectivamente, se nos muestran anuncios más personalizados durante más tiempo. Pero, además, la plataforma aprende más sobre nosotros y nos ofrece un diseño o un contenido aún más adictivo, para nosotros en concreto (focalización). Así, pasamos más tiempo en la plataforma: es un círculo vicioso del que es muy difícil salir.

Cuatro estrategias de diseño adictivas

Las cuatro grandes categorías de patrones de diseño adictivos reflejan estrategias sistemáticas para mantenernos enganchados a la tecnología, cada una basada en mecanismos distintos pero complementarios.

  • La primera se llama “acción forzada” y fuerza a los usuarios a realizar tareas o a invertir tiempo de manera sutil, como el scrolling infinito, los temporizadores y las recompensas periódicas en juegos o la reproducción automática de vídeos. El diseño elimina puntos de salida claros, haciendo que “sólo un poco más” se convierta rápidamente en horas de uso.

  • La segunda categoría, “ingeniería social”, explota nuestras vulnerabilidades psicológicas, como el miedo a perderse algo (FOMO), la aprobación social (likes y notificaciones) o la escasez artificial (“¡Últimas unidades!”). Estos patrones manipulan emociones para impulsar decisiones impulsivas, como comprar, compartir o seguir consumiendo contenido.

  • La tercera categoría es la “interferencia con la interfaz”: altera el diseño para dificultar acciones que no benefician a la plataforma (como dar de baja un servicio) y facilitar las que sí, usando colores, ubicaciones o sobrecarga de estímulos que nublan nuestro juicio.

  • Finalmente, la cuarta es la “persistencia”, que aprovecha el deseo humano de completar tareas, como no dejar vídeos o canciones a medias, finalizar barras de progreso interminables o lidiar con interrupciones constantes que nos impiden concentrarnos.

Los patrones que se han identificado en estas cuatro categorías crean un ecosistema donde la tecnología no solo captura nuestra atención, sino que redefine nuestros hábitos, prioridades y hasta nuestra salud.

Mucho más que perder el tiempo

Los efectos de este tipo de diseño van mucho más allá de una inocente pérdida de tiempo, como en ocasiones se ha interpretado en el pasado. Por eso, este tipo de diseño se considera, cada vez más, un riesgo sistémico para la sociedad, una amenaza para la estabilidad y el bienestar colectivo. Pensemos en posibles impactos en nuestros derechos y libertades, como la libertad de información o la no discriminación.

Y sobre todo, es el derecho a la integridad el que se está demostrando que sufre los mayores impactos. Ya existe evidencia que vincula los patrones adictivos con problemas de salud mental y física, desde los dolores musculoesqueléticos y la alteración de la percepción del estado emocional hasta la depresión, la ansiedad, el estrés, la baja autoestima, el insomnio y la baja calidad del sueño.

Tecnología que priorice el bienestar

La pregunta “¿Por qué no puedo parar?” ya no es solo una inquietud personal, sino el centro de un debate legal y social que cobra fuerza: las resoluciones y sentencias que reconocen que la tecnología se diseña para ser adictiva serán cada vez más frecuentes, pero su verdadero valor estará en lo que hagamos después.

Asumir responsabilidades por el pasado, por ejemplo, mediante la exigencia de reparaciones a quienes se lucraron con nuestra atención y salud, es el primer paso.

Pero el cambio real pasa por transformar los modelos de negocio que premian la adicción, regular con firmeza los diseños adictivos y, sobre todo, exigir como sociedad tecnologías que prioricen el bienestar. La tecnología no es intrínsecamente tóxica: es el resultado de decisiones humanas, y como tales, pueden y deben cambiar.

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Marta Beltrán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Por qué no puedo parar? Patrones de diseño adictivos y tecnología que ‘engancha’ – https://theconversation.com/por-que-no-puedo-parar-patrones-de-diseno-adictivos-y-tecnologia-que-engancha-280074