Algues vertes, fougères et mousses : comment les plantes sans fleurs se reproduisent-elles ?

Source: The Conversation – in French – By Yoan Coudert, Chercheur CNRS en Reproduction et développement des plantes, ENS de Lyon; Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

Johannes Hedwig a commencé à étudier les plantes sans fleurs au XVIIIᵉ siècle. Biodiversity Heritage Library

Avant les fleurs. Enquête scientifique aux origines des plantes est le fruit d’une collaboration entre Yoan Coudert, un chercheur spécialiste en reproduction des plantes, et Louise Joor, une autrice de bande dessinée. Le résultat est un bel ouvrage, paru chez CNRS Éditions, qui parle de façon pédagogique et agréable d’une partie du règne végétal que l’on ignore et méconnaît souvent : les plantes sans fleurs. Elles sont minoritaires aujourd’hui en nombre d’espèces, mais elles existaient bien avant les plantes à fleurs et enchantent toujours de nombreux milieux naturels, comme les tourbières.

Dans cet extrait, les auteurs nous aident à comprendre comment ces plantes se reproduisent, sans fleurs, justement.


Très attractives, les fleurs n’ont pas exercé leurs charmes que sur les insectes, les botanistes aussi y ont succombé. Jusqu’à la fin du XVIIIᵉ siècle, l’attention qu’on leur portait était si grande qu’on ignorait presque tout de l’anatomie des autres plantes. On pensait par exemple que mousses et fougères étaient dépourvues d’organes reproducteurs.




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En 1789, Johannes Hedwig se penche sur l’intimité des mousses. Ses découvertes vont provoquer une véritable révolution… Il révèle, pour la première fois, leurs discrets organes sexuels. Avec leurs comparses fougères et algues, cette discrétion leur a longtemps valu d’être classées parmi les plantes cryptogames, ce qui signifie littéralement « sexualité cachée », par opposition aux phanérogames comme les plantes à fleurs, dont la sexualité est apparente et parfois même exubérante. En 1851, une seconde révolution va avoir lieu grâce, cette fois, à Wilhelm Hofmeister. Il n’a alors que 26 ans et se trouve à la tête d’un magasin de musique. Pendant son temps libre, il est botaniste amateur et s’applique à étudier les plantes et compare en particulier les étapes du développement d’espèces différentes. On ne juge pas, chacun ses passions !

Il observe d’abord que, chez les mousses, l’organe sexuel femelle se forme à la pointe des tiges feuillées, celles-là mêmes qu’on rencontre sous forme de paquets compacts et verts sur les murs et toits de nos maisons. Cet organe qui ressemble à une bouteille contient à sa base une cellule : la cellule sexuelle ou le gamète femelle. D’autres tiges feuillées portent à leur pointe les gamètes mâles. Par extension, on appelle gamétophyte la phase du cycle de vie qui porte les gamètes. Chez les mousses, la tige feuillée verte est donc le gamétophyte. Il est visible à l’œil nu et persiste toute l’année, c’est la forme dominante de leur cycle de vie.

Le gamète mâle, un spermatozoïde à deux flagelles, féconde le gamète femelle ce qui produit le zygote. Celui-ci se divise un grand nombre de fois pour engendrer une fine tige souvent marron et haute de quelques centimètres, sans feuilles ni branches, terminée par une petite capsule produisant les spores. Cette deuxième phase du cycle de vie s’appelle pour cette raison le sporophyte. Les spores germeront pour engendrer un nouveau gamétophyte, le cycle recommence.

Hofmeister, qui a l’œil affûté, observe que, chez les fougères, l’organe sexuel femelle ressemble aussi un peu à une bouteille. La similarité avec les mousses est frappante, mais il relève deux différences fondamentales. D’abord, la structure qui le porte est minuscule. Ce gamétophyte, appelé prothalle, ressemble à un fin voile vert pas plus gros qu’une pièce de monnaie. Difficile de le voir dans la nature. Ensuite, après fécondation, le zygote des fougères n’arrête plus de grandir et devient une plante feuillue d’une dizaine de centimètres de hauteur, voire plusieurs mètres pour les fougères arborescentes. Les spores sont empaquetées dans de petits sacs sous les feuilles. La plante feuillue est donc le sporophyte.

En étudiant d’autres familles de plantes, Hofmeister conclut que leur cycle de vie comporte toujours deux phases qui alternent. Cette découverte aura de fortes implications dans notre compréhension de l’évolution des plantes sur Terre. Pour résumer, l’une des phases est appelée le sporophyte, rudimentaire chez les mousses et autres bryophytes, bien plus élaboré chez les fougères et leurs cousines lycophytes. Chez les gymnospermes et angiospermes, il constitue quasi intégralement la partie des plantes que nous connaissons. Arbres, arbustes, herbes, etc., sont des sporophytes.

L’autre phase est nommée le gamétophyte. Il constitue la majeure partie du cycle de vie des bryophytes mais est réduit chez les fougères, et ne compte que quelques cellules chez les gymnospermes et angiospermes.

Les algues vertes font leur cycle de vie sous forme de gamétophyte et le sporophyte est limité au zygote qui entre immédiatement dans un processus de division spécifique. Mais contrairement aux mousses, tout se passe à l’intérieur. Il germera ensuite pour engendrer un nouveau gamétophyte.


Avant les fleurs.
CNRS Éditions, Fourni par l’auteur

Ce livre a été illustré par Louise Joor, autrice belge de bandes dessinées. Elle s’est fait connaître dès 2014 avec le premier album de sa série Kanopé (Delcourt).

The Conversation

Yoan Coudert a reçu des financements de l’ANR et du Human Frontier Science Program.

– ref. Algues vertes, fougères et mousses : comment les plantes sans fleurs se reproduisent-elles ? – https://theconversation.com/algues-vertes-fougeres-et-mousses-comment-les-plantes-sans-fleurs-se-reproduisent-elles-284736

Montée des eaux, météo extrèmes : comment de nouveaux systèmes d’IA peuvent aider les villes à mieux se préparer

Source: The Conversation – in French – By Andrea Ficchì, Postdoctoral Research Fellow, Hydrologist and Data Scientist, AXA Research Fund; Polytechnic University of Milan

Notre nouveau modèle d’intelligence artificielle permet de prévoir les ondes de tempêtes extrêmes – ces rehaussements importants du niveau de la mer sur le littoral causés par les vents d’une grande dépression – avec une grande précision, y compris dans les conditions climatiques futures. Ce modèle d’IA fonctionnant rapidement, il peut aider les chercheurs et les professionnels à mieux évaluer les risques d’inondation côtière, et à mieux planifier les mesures d’adaptation.


Le niveau de la mer monte, et avec lui, les risques liés aux événements côtiers extrêmes tels que les ondes de tempête – des élévations temporaires du niveau de la mer causées principalement par des tempêtes, qui comptent parmi les principaux facteurs à l’origine des inondations côtières. Alors que plus de 10 % de la population mondiale vit dans des régions côtières de faible altitude, la combinaison d’une élévation progressive du niveau moyen de la mer et d’événements extrêmes de plus en plus intenses représente une menace croissante.




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Pour les urbanistes et les décideurs politiques chargés des zones côtières, l’enjeu principal ne réside pas seulement dans l’élévation prévue du niveau moyen de la mer, mais aussi dans l’évolution des événements extrêmes, que ce soit en matière de probabilité ou de gravité. En effet, la conception des infrastructures, l’urbanisme et la préparation aux catastrophes reposent sur des scénarios, établis scientifiquement, de tels événements extrêmes.

Cependant, la projection d’événements extrêmes liés au niveau de la mer reste un défi scientifique majeur, car ceux-ci sont le résultat d’interactions complexes et non linéaires entre les marées, les forçages atmosphériques, la dynamique océanique et les caractéristiques côtières locales.

Cela signifie que les incertitudes dans les projections de ces événements extrêmes restent en grande partie non quantifiées. Par exemple, de petites différences dans les hypothèses des modèles peuvent entraîner de grandes différences dans les résultats prévus, en particulier pour les événements extrêmes. Ces incertitudes ont des implications importantes pour les planificateurs, la protection civile et, en fin de compte, la protection des vies humaines et des biens.

À l’heure actuelle, l’efficacité des modèles d’IA ouvre de nouvelles possibilités. En effet, comme ceux-ci peuvent générer des prévisions beaucoup plus rapidement que les modèles basés sur les lois physiques, ils permettent d’explorer de vastes ensembles de scénarios futurs, ce qui serait d’un coût prohibitif si l’on utilisait uniquement des modèles traditionnels (basés sur la physique). Considérer de nombreux scénarios est particulièrement important pour évaluer les risques, car il s’agit de comprendre la probabilité d’événements rares mais catastrophiques.

Une approche combinant IA et physique pour un risque en mutation

Les modèles traditionnels fondés sur la physique, qui utilisent les lois physiques pour représenter le mouvement des eaux côtières, peuvent simuler ces processus en détail, mais ils sont coûteux en matière de calcul, ce qui rend difficile l’exploration d’un large éventail de scénarios futurs et d’incertitudes.

Parallèlement, les systèmes d’intelligence artificielle sont de plus en plus utilisés en sciences du climat, car ils offrent de nouvelles possibilités pour surmonter ces défis.

Cependant, leur fiabilité reste incertaine dans ce contexte, notamment en raison de deux défis majeurs : la représentation limitée des événements extrêmes rares mais à fort impact dans les données d’apprentissage, et la nécessité de généraliser les résultats – de manière robuste – à des conditions climatiques futures qui pourraient différer considérablement de celles observées historiquement.




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L’IA et la modélisation physique sont des outils complémentaires : les modèles physiques restent essentiels pour représenter les processus sous-jacents et pour générer les données de haute qualité nécessaires à l’entraînement et à la validation des modèles d’IA, et, en fin de compte, pour instaurer la confiance dans leur homologue IA.

En combinant le réalisme physique des modèles traditionnels avec l’efficacité et la flexibilité de l’IA, les scientifiques développent une nouvelle génération d’outils pour l’évaluation des risques côtiers.

Ces outils seront essentiels pour éclairer les stratégies d’adaptation, aidant les sociétés à mieux se préparer à un avenir où les événements extrêmes liés au niveau de la mer pourraient devenir plus fréquents et plus graves.

Nos résultats suggèrent que l’IA peut être utilisée de manière fiable pour prévoir des événements extrêmes liés au niveau de la mer, rares mais à fort impact. De plus, les modèles d’IA, en permettant la génération rapide de scénarios et des tests de sensibilité, fournissent un nouvel outil pour mieux caractériser ces incertitudes.

Un nouvel « émulateur » d’IA pour la prévision des ondes de tempêtes extrêmes

Dans notre récente étude publiée dans Earth’s Future, nous avons cherché à déterminer si des modèles d’IA peuvent prédire avec précision des événements extrêmes liés au niveau de la mer, lorsqu’ils sont entraînés à émuler les résultats de simulations et de projections fondées sur la physique. En d’autres termes, nos modèles d’IA visent à apprendre à reproduire les résultats de ces modèles plus complexes, mais beaucoup plus rapidement.

Nos résultats montrent que les émulateurs d’IA parviennent à appréhender la dynamique complexe sous-jacente aux ondes de tempête et à reproduire les événements extrêmes avec une grande précision, y compris dans des scénarios futurs, par rapport aux projections disponibles jusqu’au milieu du XXIᵉ siècle.

Pour le démontrer, nous avons développé un cadre permettant d’améliorer la capacité des modèles d’IA à représenter les ondes de tempêtes extrêmes et de vérifier si leurs prévisions restent fiables dans des scénarios futurs.

Nous nous sommes concentrés sur la zone côtière de New York comme étude de cas, car elle est très exposée aux inondations côtières, avec une population dense, des infrastructures critiques et des actifs économiques majeurs – et parce qu’elle a connu des ondes de tempêtes dévastatrices dans l’histoire récente, comme lors de l’ouragan Sandy en 2012, qui a causé de nombreux décès et plus de 60 milliards de dollars (51,9 milliards d’euros) de dommages économiques.

Notre émulateur d’IA s’appuie sur des simulations fondées sur la physique (qui sont issues du Global Tide and Surge Model (GTSM), librement accessibles) non seulement pour l’entraînement, mais aussi pour évaluer sa fiabilité dans différentes conditions climatiques, y compris des scénarios futurs.

Limites actuelles et prochaines étapes

La prochaine étape consiste à tester plus en profondeur la robustesse de ces outils d’IA sur un éventail plus large de scénarios climatiques et à les intégrer dans des cadres opérationnels d’évaluation des risques ainsi que dans des services mondiaux de données climatiques fournissant des informations hydroclimatiques et côtières aux décideurs, tels que l’Aqueduct Flood Risk Analyzer et le Copernicus Climate Data Store.

Plus largement, les modèles d’IA ont le potentiel de répondre à plusieurs besoins critiques en matière d’analyse des risques côtiers, mais d’importantes lacunes subsistent.

Il s’agit notamment d’améliorer et de quantifier rigoureusement leur transférabilité à travers un large éventail de scénarios futurs, de mieux représenter les incertitudes associées aux paramètres physiques intégrés dans les données d’apprentissage, et d’évaluer dans quelle mesure ces modèles se généralisent à différentes localisations géographiques.

Il sera essentiel de clarifier les limites de leurs capacités d’extrapolation pour renforcer la confiance dans leur utilisation à des fins de prise de décision, en particulier dans des conditions inédites, dues au changement climatique et à la non-stationnarité (c’est-à-dire les changements de régimes climatiques et des phénomènes extrêmes plus intenses que ceux observés auparavant), et qui se situent donc en dehors de la fourchette couverte par les observations passées ou les simulations fondées sur la physique que nous avons utilisées pour entraîner les modèles d’IA.


Le mécénat scientifique d’AXA fait désormais partie du Fonds Axa pour le progrès humain, qui regroupe les engagements philanthropiques du Groupe et des mutuelles d’assurance Axa dans les domaines de la science, de la nature, de la solidarité et de la culture. Avant 2025, ce mécénat scientifique global était assuré par le Fonds Axa pour la recherche, qui a soutenu plus de 750 projets à travers le monde depuis sa création en 2007. Pour en savoir plus, rendez-vous sur Fonds Axa pour le progrès humain.

The Conversation

Andrea Ficchì a reçu une bourse de recherche postdoctorale du Fonds AXA pour la Recherche (aujourd’hui Fonds Axa pour le progrès humain) dans le cadre de l’appel à candidatures lancé conjointement par le Fonds AXA pour la Recherche et la Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO à l’occasion de la Décennie de l’Océan.

Emiliano Longo est membre de la CMCC Foundation (Euro-Mediterranean Center on Climate Change). Il a reçu des financements de Politecnico di Milano.

– ref. Montée des eaux, météo extrèmes : comment de nouveaux systèmes d’IA peuvent aider les villes à mieux se préparer – https://theconversation.com/montee-des-eaux-meteo-extremes-comment-de-nouveaux-systemes-dia-peuvent-aider-les-villes-a-mieux-se-preparer-284465

L’article L214 fête ses 50 ans : la sensibilité animale reconnue par la loi mais ignorée dans les faits

Source: The Conversation – in French – By Émilie Dardenne, Professeure des universités, Université Rennes 2

Cinquante ans après l’article L214 qui reconnaissait les animaux comme sensibles, le développement de l’élevage intensif est désormais de plus en plus facilité. Mark Stebnicki/Pexels, CC BY

Il y a cinquante ans, la loi française reconnaissait la sensibilité animale avec le désormais célèbre article L214-1 du Code rural.

Cet article a depuis été régulièrement mobilisé contre l’élevage intensif et ses dérives, car il reconnaît la nécessité pour chaque animal d’évoluer dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.

Un demi-siècle plus tard, cependant, les dernières loi Duplomb et loi d’urgence agricole s’éloignent de plus en plus de l’esprit de l’article L214 en facilitant le développement de l’élevage intensif. Comment expliquer cette évolution ? La chercheuse Émilie Dardenne, autrice de Penser la condition animale, Outils critiques (Presse de Sciences Po), nous offre plusieurs clefs de réponse.


En 1976, l’article L214-1 du Code rural considérait les animaux non humains comme des êtres sensibles et établissait que « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. » Ce principe inédit ouvrait une nouvelle ère. Toutefois, cinquante ans plus tard, on ne peut faire qu’un constat accablant : non seulement cet article n’a jamais été réellement appliqué, mais l’État s’éloigne de plus en plus de la reconnaissance de la sensibilité animale.

De la sensibilité animale en 1976 à la loi d’urgence agricole de 2026

La loi Duplomb, dont les décrets d’application ont été publiés en février 2026, a déjà relevé sensiblement les seuils à partir desquels une évaluation environnementale (une étude d’impact favorisant la prise en compte des enjeux environnementaux dans l’élaboration de projets) est requise pour les élevages : de 40 000 à 85 000 poulets, de 2 000 à 3 000 cochons, de 750 à 900 truies.

Cette loi a ceci de remarquable qu’elle encourage ce que la loi de 1976 réprouve, et ce qu’une large majorité de Françaises et des Français déclarent vouloir interdire. En effet, selon un sondage Ifop conduit en janvier 2026, 82 % sont hostiles à l’élevage intensif, qui pousse à l’extrême les densités, génère des douleurs intenses ou chroniques, sépare les petits d’avec leur mère et empêche l’expression de comportements essentiels tels que l’exploration de l’environnement ou la possibilité de se reposer dans un endroit approprié. Les bâtiments sont souvent inadaptés au changement climatique, où, sans possibilité de se mettre à l’abri, les animaux subissent des coups de chaleur mortels.

Les pratiques de l’élevage intensif s’opposent ainsi aux besoins fondamentaux des animaux et à leur bien-être, ce qui est en totale contradiction avec l’article L214. Comme le souligne l’association du même nom dans son rapport Insensibles. 1976-2026, 50 ans de mépris de la loi en élevage intensif :

« En un demi-siècle, l’élevage n’a pas seulement changé d’échelle, il a transformé les animaux. Plus productifs, plus gros, plus prolifiques. Au lieu de respecter les besoins d’êtres sensibles, la sélection génétique a poussé leurs corps aux limites du possible. »

Un poulet dit de chair « produit » aujourd’hui presque deux fois plus de viande qu’il n’en produisait en 1978. Ces poulets, notamment ceux de la variété Ross 308, ont été sélectionnés génération après génération pour avoir une croissance maximale en un minimum de temps. L’accélération est telle que leur corps ne parvient pas à suivre : leurs muscles se développent si vite que leurs os, leur cœur et leurs poumons défaillent.

Adopté en première lecture le 2 juin à l’Assemblée nationale, le projet de loi d’urgence agricole (qui sera examiné au Sénat à partir du 29 juin) va pourtant encore plus loin que la Loi Duplomb. Son article 17 habilite le gouvernement à créer un régime spécifique pour les élevages, en assouplissant les règles : relèvement des seuils réglementaires, allègement des autorisations, réduction de certaines obligations de consultation ou d’évaluation.

Sur tous ces points, il permet au gouvernement de réformer par simple ordonnance. Le texte fragilise également le travail des lanceurs d’alerte en rendant les enquêtes dans les élevages plus risquées. Derrière le terme « simplification », c’est en réalité l’expansion de l’élevage intensif que le gouvernement peut ainsi administrer directement, sans passer par le parlement. Ce faisant, le modèle agroindustriel s’impose encore davantage, et la prise en compte de la sensibilité animale devient une variable encore plus distante, malgré son inscription dans la loi de 1976.

Mais comment expliquer que le sort de centaines de millions d’êtres sensibles soit quantité négligeable ?

De l’anthropocentrisme à l’« anthroparchie »

Une première clef d’explication est sans doute à trouver du côté de l’anthropocentrisme, que l’on peut définir comme une simple propension des êtres humains à se voir comme le centre de l’univers, mais qui peut être aussi mobilisé de façon idéologique pour justifier une supériorité humaine sur le reste des êtres sensibles.

L’anthropocentrisme s’est constitué historiquement, depuis la grande chaîne des êtres d’Aristote, qui affirmait que tous les animaux non humains ont été conçus par la nature pour servir l’être humain, jusqu’aux religions monothéistes qui placent Homo sapiens au sommet des créatures terrestres.

La grande chaîne des êtres.
CC BY

L’anthropocentrisme se déploie alors sous différentes formes.

Le primatologue Frans de Waal, qui n’a cessé d’explorer dans ses travaux la richesse des émotions et des sociétés de grands singes a nommé « anthropodéni » la tendance humaine à s’octroyer certains attributs, se positionnant ainsi comme espèce spéciale, unique, niant partager avec les autres animaux des capacités émotionnelles, cognitives et comportementales comparables.

Quand l’anthropocentrisme cesse d’être un simple point de vue pour devenir une doctrine, il engendre ce que la politologue Erika Cudworth appelle une « anthroparchie » : un régime politique et un système social d’attitudes, de pratiques et d’institutions qui privilégient les êtres humains et leur permet d’exercer une souveraineté sur le reste du monde. Ce régime repose sur cinq structures imbriquées : relations de production industrialisée, domestication, politique institutionnelle, violence systémique et humanisme exclusif. C’est dans ce cadre que la Loi Duplomb et la loi d’urgence agricole de 2026 trouvent leur légitimité.

Elles la trouvent aussi dans le spécisme, qui caractérise notre société, et qui permet à l’exploitation intensive des animaux non humains de se développer sans entrave.

Le spécisme institutionnalisé

Le spécisme a été théorisé par le psychologue britannique Richard Ryder puis popularisé par le philosophe australien Peter Singer dans les années 1970. Il dénote un préjugé ou parti pris en faveur des intérêts des membres d’une espèce. La forme la plus connue et influente du spécisme est celle qui favorise les intérêts de l’espèce humaine sur les autres espèces animales.

Si l’anthropocentrisme permet sur le plan politique l’hégémonie humaine, le spécisme, lui, signale un traitement différencié fondé sur l’espèce. Autrement dit, là où l’anthropocentrisme dit « l’humain est au centre ou en surplomb de tout », le spécisme dit « traitons différemment les êtres en fonction de leur espèce », que cette espèce soit Homo sapiens ou non.

C’est le spécisme, par exemple, qui explique que des familles contemporaines intègrent des animaux non humains avec qui leurs membres entretiennent des relations privilégiées (chien et chat, en particulier), mais que, dans le même temps, les animaux dont nous nous nourrissons, comme les cochons, soient traités avec mépris et cela bien qu’ils aient des capacités cognitives et des comportements équivalents à ceux des chiens.

Comme l’écrit la philosophe Sarah Zanaz, le spécisme fait système, c’est-à-dire que l’institution permet, perpétue et légalise la maltraitance des animaux en vertu de leur non-appartenance à l’espèce humaine. L’exploitation animale et la violence exercée contre les animaux maintenus captifs dans les productions intensives ne sont pas de simples accidents administratifs : elles sont l’expression d’une cohérence systémique. Sous l’influence des filières agroindustrielles, les gouvernements successifs ont ainsi régulièrement bloqué les évolutions réglementaires et entravé la remise en cause du modèle intensif, pourtant réclamée par l’opinion publique et également appelée par des scientifiques spécialistes de bien-être animal.

L’invisibilisation du spécisme est un mécanisme central de son existence et de son déploiement continu. Les abattoirs et les élevages sont relégués loin des villes, hors de la vue des citoyennes et citoyens. Le langage lui-même participe de l’occultation : on ne « tue » pas les animaux, on préfère dire qu’on les « abat », tels des arbres. Le jargon technique présente les cochons comme vivant dans des « bâtiments d’engraissement », ils deviennent des êtres dont la seule valeur est économique et qui ont, une fois mis à mort, des « rendements de carcasse ». Les expressions courantes liées aux cochons sont d’ailleurs invariablement péjoratives (« se goinfrer comme un cochon », « vivre dans une porcherie », « avoir une tête de cochon »), ce qui entretient à leur égard un profond mépris.

Quel horizon pour les animaux non humains naissant et vivant dans les exploitations intensives ? Tant que l’anthropocentrisme idéologique et le spécisme resteront les piliers invisibles de nos institutions, aucune loi ne suffira à les protéger, eux qui, pourtant, sont sensibles, ont une vie psychique et sociale, et de ce fait, ont des intérêts à ne pas souffrir.

The Conversation

Émilie Dardenne a reçu des financements de l’Institut universitaire de France.

– ref. L’article L214 fête ses 50 ans : la sensibilité animale reconnue par la loi mais ignorée dans les faits – https://theconversation.com/larticle-l214-fete-ses-50-ans-la-sensibilite-animale-reconnue-par-la-loi-mais-ignoree-dans-les-faits-283440

El rompecabezas numérico de la Sagrada Familia y el alma matemática del templo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sergi Muria Maldonado, Professor de Didàctica de les Matemàtiques, Universitat de Barcelona

Vista de las columnas del interior del templo, que finalmente se ramifican en múltiples brazos que imitan a los árboles de la naturaleza. David Herraez Calzada/Shutterstock

Este año, 2026, se cumple el centenario de la muerte de Antoni Gaudí, el arquitecto de la basílica de la Sagrada Familia. La belleza de este templo, ya de por sí extraordinaria, se vuelve aún más profunda cuando uno descubre los cálculos numéricos que se esconden tras sus formas.

Es como si la armonía visual del conjunto adquiriera una nueva dimensión al contemplar los principios matemáticos que sustentan su estructura, dotándola de funcionalidad, equilibrio y coherencia.

Sin duda, la persona que más a fondo ha estudiado las matemáticas de la Sagrada Familia ha sido Claudi Alsina i Català, quien cursó sus estudios iniciales en esta especialidad en la Universidad de Barcelona y supervisó la tesis doctoral del actual arquitecto director de las obras del templo, Jordi Faulí.

En sus memorias, Alsina afirma:

Todo el mundo se había preguntado si en el diseño del Templo de la Sagrada Família existía un módulo y un sistema de proporciones que guiara todas las relaciones métricas de la obra. (…) Un sábado por la tarde, sentado en mi escritorio en casa, con todos los datos y documentos sobre este misterioso sistema proporcional, si es que existía…, lo descubrí. El módulo de 7,5 metros y las relaciones entre los divisores de 12 (1:4, 1:3, 1:2, 3:4, 2:3, 1) parecían explicar muchas cosas.

El número 12, un elemento central

No es de extrañar que el número 12 desempeñe un papel destacado en la estructura del templo. Gaudí concibió la Sagrada Familia como una síntesis de arquitectura y simbolismo religioso, y el 12 es un número con una fuerte presencia bíblica: los 12 hijos de Jacob, las 12 tribus de Israel, los 12 apóstoles o la corona de 12 estrellas del Libro del Apocalipsis son solo algunos ejemplos.

Pero su interés no es solo simbólico. Desde un punto de vista matemático, el 12 es un número especialmente adecuado para establecer proporciones, ya que tiene muchos divisores. De hecho, son las relaciones entre estos divisores las que, según Alsina, explican gran parte del sistema proporcional de la basílica.

Con estos antecedentes simbólicos y matemáticos, el vínculo entre los elementos estructurales del templo y el número 12 no debería sorprender.

El módulo de 7,5 metros

Basándonos en las palabras de Alsina, les invitamos a realizar una breve visita con una perspectiva matemática de la Sagrada Familia.

Las dimensiones del templo están vinculadas al número 12 y al módulo de 7,5 metros. Su longitud es de 90 m (7,5 x 12), la anchura es de 60 metros (7,5 x 8) y la anchura de la nave principal es de 45 m (7,5 x 6).

En cuanto a las alturas, la bóveda más alta es la del ábside, con 75 m (7,5 × 10); seguida de la bóveda del crucero, con 60 m (7,5 × 8); 45 metros para la bóveda de la nave (7,5 × 6); 30 metros para la nave lateral (7,5 × 4) y 15 metros para el coro (7,5 × 2).

En armonía con la montaña de Montjuïc

La Torre de Jesús es la torre central y más alta del templo, con 172,5 m (7,5 x 23), en armonía con la altura del monte de Montjuïc. Está coronada por una cruz de cuatro brazos de 17 metros de altura y 13,5 metros de ancho. Alrededor de esta se encuentran las cuatro torres de los Evangelistas, que alcanzan una altura de 135 m (7,5 x 18).

Estrella de la Sagrada Familia coronando la Torre de María.
Estrella de la Sagrada Familia coronando la Torre de María.
Por Canaan., CC BY

La Torre de María, de 138 m, es la segunda más alta de la basílica. Está coronada por una estrella de 12 puntas, que descansa sobre tres brazos de soporte. Esta estrella tiene un diámetro de 7,5 m y está formada por un dodecaedro regular, en cada una de cuyas caras se alzan puntas pentagonales en forma de pirámide. Los reflejos de la luz del día y la iluminación nocturna interior confieren a esta estrella una belleza única.

Poliedros en las torres

Los poliedros también están muy presentes en las torres de la Sagrada Familia. Las cuatro torres de la fachada de la Gloria culminan en dodecaedros, las cuatro torres de la fachada de la Natividad culminan en octaedros irregulares truncados y las cuatro torres de la fachada de la Pasión culminan en cubos truncados.

En las 12 torres, un pináculo se eleva por encima de estos poliedros. Las dedicadas a los evangelistas culminan en icosaedros regulares que contienen focos que iluminan la gran cruz que preside la torre de Jesús. Justo encima de cada icosaedro hay una escultura con la representación simbólica del evangelista. Hay numerosos poliedros estrellados en el templo, especialmente en la fachada de la Natividad.

Torres de la fachada de la Natividad, coronadas por octaedros.
Yura Tarasovskyy/Shutterstock

¡No son columnas, es un bosque!

Por otro lado, los arcos catenarios están presentes en el templo como elementos estructurales principales, ya que son una forma muy eficaz de transmitir cargas al suelo sin necesidad de otros elementos de soporte. Se integran en el sistema de columnas inclinadas que sostienen las bóvedas de las naves interiores, en las propias bóvedas y techos, y en la Fachada de la Natividad.

En el interior de la Sagrada Familia se pueden encontrar cuatro tipos diferentes de columnas. Todas ellas se denominan columnas de torsión de doble hélice, tienen una base poligonal en forma de estrella redondeada y se generan por la intersección de dos columnas de Salomón opuestas. Por encima de cada una hay un nudo del que emergen diferentes ramas, similares a las de un árbol, que sostienen de manera muy eficiente las torres y el techo del templo.

Las claraboyas del techo son también hiperboloides de una sola lámina. Al estar formadas por líneas rectas su construcción es más fácil y optimiza la captación y proyección de la luz.

El simbolismo de dos números: 7 y 33

Otros números ocultos en el templo son profundamente simbólicos. Por ejemplo, el baldaquín sobre el altar mayor, que es un heptágono regular de 5 metros de diámetro, cuyos siete lados simbolizan los siete dones del Espíritu Santo.

En la Fachada de la Pasión hay un cuadrado numérico en el que todas las filas, columnas y diagonales suman 33, con evidentes connotaciones religiosas. Parece estar inspirado en el cuadrado mágico que aparece en el cuadro Melancolía, de Alberto Durero.

Montaje de _Melencolia I_, de Alberto Durero, donde se puede ver una cuadrícula numérica en la esquina superior derecha y del cuadrado mágico diseñado por el escultor Josep Maria Subirachs.
A la derecha, Melencolia I, de Alberto Durero, donde se puede ver una cuadrícula numérica en la esquina superior derecha. A la izquierda, el cuadrado mágico diseñado por el escultor Josep Maria Subirachs.
Wikimedia Commons/jordi domènech, CC BY-SA

La percepción de las matemáticas que hay detrás del Templo de la Sagrada Familia lo hace aún más bello e inspira una mayor admiración por el genio de Antoni Gaudí.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. El rompecabezas numérico de la Sagrada Familia y el alma matemática del templo – https://theconversation.com/el-rompecabezas-numerico-de-la-sagrada-familia-y-el-alma-matematica-del-templo-284845

El día de la revelación… nutricional: ¿qué podrían comer los extraterrestres?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Miguel Soriano del Castillo, Catedrático de Nutrición y Bromatología del Departamento de Medicina Preventiva y Salud Pública, Universitat de València

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Con el estreno de El día de la revelación, la nueva película de Steven Spielberg sobre extraterrestres, vuelve una pregunta tan vieja como la ciencia ficción: si los alienígenas llegaran a la Tierra, ¿vendrían a conquistarnos, a estudiarnos… o quizás a comer?

Conviene empezar con una advertencia. No existen pruebas científicas de que seres extraterrestres hayan visitado la Tierra, ni mucho menos datos sobre su alimentación. La NASA afirma que no hay datos que apoyen que los fenómenos anómalos no identificados (FANI) sean tecnología alienígena, y el Departamento de Defensa de Estados Unidos tampoco ha encontrado pruebas verificables de tecnología o actividad extraterrestre.

Ahora bien, “extraterrestre” significa, literalmente, “fuera de la Tierra”. En ese sentido amplio, los únicos extraterrestres cuya alimentación conocemos son, paradójicamente, humanos: astronautas que viven durante semanas o meses en el espacio. Su caso no nos dice qué comería un alienígena, pero sí recuerda que salir de la Tierra modifica la forma de alimentarse.

En microgravedad cambian el apetito, la percepción del sabor, la masa muscular, la salud ósea, la hidratación y el gasto energético. Incluso para nuestra propia especie, comer fuera del planeta exige adaptar menús, nutrientes, texturas, conservación de alimentos y control metabólico.

Por tanto, este artículo es un ejercicio completamente especulativo, pero no absurdo. La biología permite hacer preguntas razonables incluso sobre organismos imaginarios: ¿cuánto pesan? ¿Se mueven mucho? ¿Mantienen una temperatura corporal constante? ¿Respiran oxígeno? ¿Tienen cerebro grande? ¿Viven en gravedad similar a la terrestre? Con esas piezas podemos estimar no “la dieta alienígena”, sino el coste energético mínimo de un ser vivo hipotético.

De los ovnis a las calorías: lo que sí podemos calcular

La palabra “alienígena” no designa una categoría biológica. En la cultura popular aparecen seres “grises” o “reptilianos”, humanoides altos, criaturas luminosas o inteligencias mecánicas. Pero esas clasificaciones pertenecen al folclore ufológico y a la ficción, no a la zoología.

La ciencia sí tiene herramientas para estimar el metabolismo. En los animales terrestres, una orientación que se puede aplicar es que el gasto energético basal (la energía mínima que un organismo necesita en reposo para mantener funciones vitales) aumenta con la masa corporal, aunque no de forma proporcional. Un ratón consume mucha energía por cada gramo de cuerpo; un elefante, en cambio, gasta muchísimo en total, pero relativamente poco por kilo. Dicho de otra forma: cuanto más grande es un organismo, más energía necesita, pero cada kilo de su cuerpo suele ser energéticamente más “barato”.

Aplicado a un ser vivo hipotético, esto permite hacer estimaciones orientativas. Si imaginamos un organismo caliente, activo y parecido en su funcionamiento básico a un mamífero o un ave, un ser de unos 30 kilos podría necesitar cerca de 900 kilocalorías (kcal) al día solo para mantenerse en reposo. Una criatura de 70 kilos precisaría alrededor de 1 700 kcal diarias, una cifra próxima a la de un humano adulto en metabolismo basal. Y un alienígena de 150 kilos podría superar las 3 000 kcal diarias incluso antes de moverse demasiado.

La clave está en “reposo”. Esas cifras solo indican la energía mínima para sostener funciones básicas: respirar, mantener la temperatura corporal, reparar tejidos, hacer circular fluidos y conservar activo el sistema nervioso. A eso habría que añadir locomoción, estrés, reproducción, termorregulación, digestión, actividad cerebral y cualquier comportamiento propio de un visitante interplanetario.

Un alienígena que caminara, corriera, excavara, volara o atravesara medio planeta para abducir vacas necesitaría bastante más energía que la estimada por su metabolismo basal. En ese caso, la pregunta ya no sería solo cuánto pesa, sino qué hace, cómo se mueve y cuánta energía le cuesta existir en nuestro ambiente.

Grises, reptilianos y humanoides: una bioenergética imaginaria

Tomemos tres figuras clásicas de la imaginación extraterrestre.

  • El “gris” pequeño, de cuerpo delgado, cabeza grande y aparente baja musculatura, podría pesar entre 25 y 40 kg. Si fuera un organismo caliente, activo y con cerebro voluminoso, su gasto basal estaría entre 800 y 1 100 kcal diarias. Sin embargo, un cerebro grande es caro: en humanos, consume alrededor de una quinta parte de la energía en reposo. Si los grises fueran seres hiperencefalizados, su dieta tendría que ser energética y constante, salvo que hubieran desarrollado una biología muy eficiente o apoyo tecnológico.

  • El “reptiliano” plantea otro problema. Si realmente fuera reptiliano en el sentido fisiológico, quizá sería ectotermo: no gastaría tanta energía en mantener una temperatura interna constante. En ese caso, un ser de 100 kg podría necesitar menos comida diaria que un mamífero de igual tamaño, siempre que viviera en un ambiente térmicamente favorable. Pero si fuera un depredador inteligente, bípedo, musculoso y activo, su gasto podría subir a niveles comparables o superiores a los humanos. Un reptiliano de 150 kg endotermo quizá necesitaría 3 000 kcal diarias en reposo, y bastante más si realiza actividad física.

  • El humanoide alto, de 80 a 100 kg, sería el caso más fácil de imaginar. Si su fisiología resultara similar a la humana, precisaría entre 1 900 y 2 300 kcal diarias en reposo, y entre 2 500 y 4 000 con actividad. En una visita espacial, además, habría que considerar trajes, naves, gravedad distinta, microbiota, hidratación y adaptación al estrés.

Una cuarta posibilidad es la entidad postbiológica: inteligencia artificial, organismo híbrido o cuerpo sintético. Ahí la “alimentación” ya no serían proteínas, grasas o carbohidratos, sino electricidad, calor, combustible químico o energía nuclear. Un robot alienígena no comería paella: recargaría baterías.

¿Qué podrían comer en la Tierra?

Si un visitante extraterrestre estuviera basado en carbono, agua y química parecida a la terrestre, nuestro planeta sería un buffet peligroso. Hay agua líquida, sales, carbono orgánico, azúcares, grasas, aminoácidos y minerales, pero también toxinas, patógenos, alérgenos y moléculas incompatibles.

La Tierra no sería necesariamente comestible para ellos. Una proteína terrestre podría no servirles si usaran aminoácidos distintos. Nuestros azúcares podrían resultar inútiles si su metabolismo empleara otras formas quirales (versiones especulares de las muestras). Nuestras bacterias podrían no infectarlos… o podrían resultar devastadoras.

Esta última posibilidad ya fue desarrollada por H.G. Wells en su novela La Guerra de los Mundos (1898): los marcianos no son derrotados por las armas humanas, sino por los microorganismos terrestres, frente a los que no tienen defensas evolutivas. La novela convierte así la incompatibilidad biológica en el verdadero límite de la invasión.

En astrobiología se suele pensar que la vida necesita una fuente de energía, un medio líquido y elementos químicos adecuados. Pero eso no implica que todos los seres vivos del universo puedan compartir menú. En la Tierra, un koala vive casi condenado al eucalipto y una vaca necesita a su microbiota para digerir celulosa. La dieta no es solo energía: es bioquímica, microbioma y evolución.

Por eso, si vinieran, quizá no buscarían “comida” humana, sino materias primas: agua, nitrógeno, fósforo, hierro, sales, lípidos, biomasa microbiana o moléculas orgánicas simples. La vieja imagen de alienígenas robando ganado podría reinterpretarse, especulativamente, no como maldad cósmica, sino como muestreo nutricional. Poco tranquilizador para las vacas, en todo caso.

La nutrición extraterrestre como espejo de la nuestra

Este juego especulativo recuerda que la nutrición no es una lista de alimentos, sino una ciencia del intercambio energético entre un organismo y su ambiente. Comer es resolver un problema físico: obtener energía, construir tejidos, eliminar residuos y no intoxicarse.

En humanos, los dietistas-nutricionistas son importantes porque traducen esa ciencia en salud: ajustan energía, proteínas, micronutrientes, hidratación y hábitos a personas concretas. No ingerimos “calorías” en abstracto, sino que comemos dentro de una cultura, una microbiota, una enfermedad, una edad, un presupuesto y una biografía.

Si algún día contactáramos con seres biológicos no terrestres, no solo serían necesarias profesiones como la diplomacia, la lingüística o la ingeniería. También harían falta expertos capaces de preguntar qué moléculas toleran, qué energía necesitan, qué les intoxica, qué microorganismos transportan y qué recursos terrestres podrían usar sin destruir ecosistemas: los nutricionistas de alienígenas.

Porque, pensándolo bien, si alguna vez los ET llegaran a nuestro mundo, a lo mejor no vendrían a llevarse cosas, conquistarnos o revelar secretos cósmicos. Tal vez vendrían, simplemente, a comer mejor. Pero si de verdad quisieran entender nuestra nutrición, tendrían que aprender una última lección terrestre: aquí comer no es solo ingerir energía, es compartir tiempo.

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José Miguel Soriano del Castillo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El día de la revelación… nutricional: ¿qué podrían comer los extraterrestres? – https://theconversation.com/el-dia-de-la-revelacion-nutricional-que-podrian-comer-los-extraterrestres-283623

Aprender dialogando: ventajas de evaluar con exámenes orales grupales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mª Pilar Rodrigo Moriche, Prof. Ayudante Doctor del departamento de Pedagogía – Directora Escuela UAM de Animación, Universidad Autónoma de Madrid

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En plena era de la inteligencia artificial y las pedagogías activas, los exámenes orales grupales están reapareciendo como una alternativa eficaz para evaluar lo que de verdad importa: pensar, dialogar y construir conocimiento en común.

No pretenden sustituir por completo a los exámenes escritos, sino reconocer que ciertos aprendizajes –los más ligados a la comprensión profunda, al análisis crítico y a la competencia social– se expresan mejor en el contexto de una interacción con iguales.

La vuelta del examen oral está reabriendo un debate necesario. No se trata solo de recuperar una práctica tradicional, sino de explorar formatos que permitan una evaluación más auténtica, dialogada y conectada con la naturaleza social de los aprendizajes. Sobre todo si entendemos que el conocimiento no se construye en soledad: se negocia, se discute, y se elabora en relación con otros.

Por qué grupal

Escuchar a los estudiantes, en lugar de leer sus escritos a posteriori, tiene limitaciones evidentes en términos de tiempo y logística, pero pueden resolverse con formatos breves, grupos reducidos y criterios transparentes. Y a cambio, lo que aporta el examen oral grupal es difícil de replicar de otra manera: permite observar cómo se construye el conocimiento entre muchos.

Este formato es especialmente adecuado para valorar comprensión, aplicación y razonamiento, siempre que se cuiden criterios y condiciones de equidad.

También puede favorecer la colaboración y el pensamiento crítico, y reducir parte de la ansiedad asociada al “cara a cara” individual. El grupo se convierte, así, en un espacio que potencia y sostiene, en lugar de amenazar o jerarquizar.

Teoría del grupo operativo

Desde la perspectiva del “grupo operativo” desarrollada por el psiquiatra argentino de origen suizo Enrique Pichon Riviére, el grupo no es solo un conjunto de personas: orientado a una tarea, emergen roles y dinámicas que pueden facilitar el aprendizaje.

En este marco, una tarea no es únicamente hablar del temario (tarea explícita), sino también mantener las condiciones para pensar en conjunto (tarea implícita). Es decir, distribuir la palabra, tolerar la duda, gestionar la tensión y volver al problema cuando el grupo se dispersa.

Durante ese proceso emergen roles que influyen directamente en el aprendizaje: quién impulsa y organiza, quién pregunta y confronta, quién sintetiza, quién monopoliza o incluso quién –sin querer– bloquea el avance.

Esto hace que sea posible evaluar, simultáneamente, el dominio conceptual de cada estudiante y cómo contribuye o dificulta que el grupo aprenda con escucha, argumentación, regulación emocional y responsabilidad. No como habilidades blandas superficiales, sino como condiciones reales y necesarias para producir conocimiento colectivo.

Más humano y más fiel

No se trata de un regreso al pasado como reacción a la tecnología, sino de recuperar lo que aporta este formato para evaluar a los estudiantes de una manera más fiel. Un examen oral grupal permite valorar aspectos que no se recogen en pruebas estandarizadas: la argumentación, la escucha activa o la construcción de sentido, por ejemplo, de manera que se puede analizar mejor el grado de conocimiento de un contenido determinado. Analizar, evaluar y crear son capacidades cognitivas de orden superior.

Si, además, se plantea conectando lo que el alumnado aprende con su realidad cotidiana, la evaluación resulta todavía más auténtica.

Por ejemplo, en la formación inicial del profesorado, el examen puede comenzar con una breve simulación de claustro: “El equipo docente de un centro público debate cómo reorganizar los apoyos y desdobles tras detectar dificultades de convivencia en un grupo de 5º de primaria. ¿Qué información necesitaríais para tomar una decisión fundamentada? ¿Qué alternativas propondríais y cómo justificaríais vuestra postura desde los marcos conceptuales trabajados en la asignatura?”

Situaciones de este tipo permiten que la discusión sea más auténtica, que emerja un razonamiento situado y que el alumnado movilice el conocimiento profesional de manera significativa.

Del producto al proceso

La prueba oral así planteada permite desplazar el foco del producto al proceso. Ayuda a chicos y chicas a comprender cómo se aprende, cómo progresan y cómo pueden [transferir ese conocimiento a nuevos contextos]. Se trata de evaluar para dar a los propios estudiantes mayor capacidad de mejora y para que lo que aprenden no sea puntual, sino que los efectos perduren y sean transferibles.

Aunque gran parte de las investigaciones sobre el examen oral grupal se han desarrollado en educación superior, pueden plantearse también para fortalecer la autonomía progresiva del alumnado en etapas de primaria y secundaria.

Pero ¿cómo diseñarlo para que sea justo, fiable, inclusivo y realmente conectado con los desafíos educativos contemporáneos?

Cómo diseñar un examen oral grupal

Para que el examen oral grupal pueda aplicarse en contextos educativos diversos, manteniendo la exigencia académica sin que se dispare la carga docente, proponemos que se realice en grupos reducidos de cinco o seis estudiantes, con una duración aproximada de veinte a veinticinco minutos. La prueba comienza con la presentación de un caso, una pregunta generadora o un breve dilema relacionado con los contenidos trabajados en la asignatura.

Tras uno o dos minutos de lectura silenciosa y reflexión individual –que permiten garantizar la responsabilidad personal–, el grupo inicia una discusión estructurada en torno al problema planteado.

Durante este intercambio se observa no solo lo que los estudiantes saben, sino cómo negocian, argumentan, se escuchan y reconstruyen el conocimiento en interacción, elementos que la investigación señala como clave en la evaluación oral y en el aprendizaje social.

La discusión grupal es seguida de un breve turno de preguntas individuales dirigidas por la persona docente, que permiten verificar de manera inequívoca la comprensión y el dominio conceptual de cada participante. La prueba concluye con una síntesis conjunta en la que el grupo recoge sus conclusiones y decisiones finales.

Qué se evalúa en un examen oral en grupo

El examen integra criterios individuales y grupales. En la dimensión individual se valora la precisión conceptual, la capacidad para aplicar los contenidos a situaciones reales, la coherencia de los argumentos y la calidad de las aportaciones. También se observa la participación sostenida y la responsabilidad en el proceso.

En la dimensión grupal se evalúa la calidad del diálogo: cómo se distribuye la palabra, cómo se mantiene el foco en la tarea, la capacidad de escucha, la integración de perspectivas diversas y el modo en que el grupo consigue construir una respuesta común.

Esta mirada conjunta permite identificar tanto los roles que impulsan el trabajo –como el líder o el mediador– como aquellos que, sin pretenderlo, lo dificultan o desvían –como el saboteador o el chivo expiatorio–.

Durante el examen no se corrige al alumnado de forma directa, pero sí se realizan intervenciones discretas para redistribuir la palabra, recentrar el foco o moderar un monopolio involuntario. Al finalizar, se nombran como funciones grupales (y no como rasgos individuales) para que el alumnado comprenda su impacto en el proceso y pueda ajustarlos en futuras actividades.

De este modo, la retroalimentación combina una breve devolución oral e inmediata al grupo, centrada en la dinámica y en criterios observables, con una retroalimentación individual posterior y más detallada, que permite profundizar sin exponer a nadie y asegura una evaluación más justa y formativa.

Para garantizar la equidad, es importante publicar la rúbrica y los criterios desde el inicio del curso, realizar simulacros de examen oral grupal en sesiones breves, incluir preguntas individuales obligatorias, y cerrar la actividad con una autoevaluación y coevaluación que permita revisar tanto el desempeño individual como la dinámica del grupo.

Entrenamiento previo

El formato de examen grupal oral no solo hace posible evaluar de manera más auténtica competencias complejas como el pensamiento crítico, la argumentación o la colaboración. También ofrece un espacio más humano y más fiel a cómo se aprende y se discute el conocimiento en los entornos académicos y profesionales actuales.

Eso sí, para que el examen sea una experiencia formativa y no una situación de ansiedad, es fundamental que el alumnado practique este tipo de interacción a lo largo del curso.

Actividades como las simulaciones, los mapas conceptuales colaborativos, las ferias expositivas o las micro presentaciones en equipo ayudan a desarrollar habilidades de escucha, síntesis, negociación y toma de decisiones compartidas. De este modo, llegado el examen, el grupo podrá centrarse en la calidad del razonamiento.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Aprender dialogando: ventajas de evaluar con exámenes orales grupales – https://theconversation.com/aprender-dialogando-ventajas-de-evaluar-con-examenes-orales-grupales-274128

Tenemos que hablar más de la postmenopausia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Susana P. Gaytan, Profesora Titular de Fisiología, Universidad de Sevilla

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Históricamente, las investigaciones sobre el bienestar y la calidad de vida de las mujeres han sido muy minoritarias. Como consecuencia de esta escasez de estudios, la información que nos llegaba a las mujeres sobre nuestra salud era sesgada o, directamente, falsa.

Detectar un infarto en mujeres

El uso de estudios clínicos realizados sin perspectiva de género nos ha llevado a conclusiones erróneas. Ya es un clásico el problema en la identificación del infarto en mujeres. Entre nosotras no es habitual el fuerte dolor en el brazo izquierdo de los hombres y, por ese motivo, muchas veces pasaba desapercibido.

Identificar bien la enfermedad es importante, pero la salud no se limita a eso. Estar sanas implica también mantener unos niveles adecuados de confort. Lo que sucede en una etapa vital concreta puede ser “frecuente”, pero si nos duele o molesta no tenemos que aceptarlo como “normal”.

Los cambios específicos que experimenta el cuerpo de las mujeres precisan de estudios concretos, revisando todas las fases de su biografía. El problema es que, a partir de cierta edad, la invisibilización de las mujeres se intensifica.

Teniendo en cuenta que, para 2030, la población mundial de mujeres menopáusicas alcanzará los 1 200 millones, es indiscutible la urgencia de informar sobre el tema. Todas deberíamos poder transitar por esta etapa sin estigmas, con salud y seguridad. Sobre todo teniendo en cuenta que muchas mujeres vamos a pasar al menos un tercio de nuestras vidas en la postmenopausia, que implica cambios importantes en nuestros cuerpos. De ahí que sean indispensables los avances en el conocimiento de la fisiología de las mujeres que alcanzamos el climaterio.

Equilibrio emocional y físico

No existe una única forma “correcta” de vivir la menopausia. Sin embargo, todas tenemos derecho a vivirla con un bienestar adecuado disfrutando de equilibrio emocional y físico. Para hacerlo posible, es preciso tener acceso a todos los datos disponibles que nos permitan decidir sobre nuestro propio cuerpo. Una menopausia saludable no significa que todo siga igual: el cuerpo experimenta cambios, pero estos deben ser manejables.

Ante preguntas como si tenemos opciones cuando se presenta un problema en nuestros huesos, o si podemos reaccionar frente a las enfermedades cardiovasculares y las alteraciones metabólicas, la respuesta corta es sí.

Existen terapias, pero no todo se reduce a “medicalizar” la fisiología femenina. El climaterio conlleva cambios endocrinos evidentes que requieren ajustes. El principal de estos cambios es el nivel de hormonas sexuales femeninas (sobre todo de estrógenos), absolutamente normal. Con algunas adaptaciones en la dieta, el ejercicio o los cuidados de la salud emocional se puede disfrutar de una vida plena.

Por ejemplo, realizar ejercicio aeróbico regula con eficacia la salud cardíaca, la presión arterial y otras variables de la salud coronaria. Además, practicar un deporte de manera regular tiene efectos positivos probados sobre la salud mental de las mujeres ENLACE.

En cuanto a la alimentación, la dieta mediterránea, en especial el consumo de verduras frescas y legumbres, ayuda a mantener un peso adecuado y unas arterias sanas.

Alimentación y microbiota en la menopausia

Una buena alimentación también contribuye a paliar los efectos de los cambios hormonales en el sistema digestivo, que en la menopausia se asocian con menos diversidad y riqueza de la microbiota intestinal.

Cuidar la microbiota también ayuda a evitar la pérdida de salud ósea, la osteoporosis, que no solo depende del calcio, sino también de los cambios en los microorganismos que pueblan nuestro intestino.

A esto se suma que, en la menopausia, las mujeres suelen notar habitualmente una pérdida de la calidad del sueño. Se necesitan más estudios para determinar con claridad la causa.

Aunque existen opciones de tratamiento farmacológicas y no farmacológicas seguras y eficaces para tratar estos trastornos, la dieta vuelve a ser relevante como medida preventiva. Hay datos que demuestran que el aumento de peso se corresponde con un mayor riesgo de problemas a la hora de dormir.

En definitiva, una menopausia con bienestar no debe ser una excepción, sino una posibilidad real para todas nosotras. En las mujeres mayores, al llegar a esta etapa se fortalecen muchas destrezas intelectuales y tenemos una perspectiva vital más equilibrada. Y eso, no cabe duda, es digno de celebrar.

The Conversation

Susana P. Gaytan no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Tenemos que hablar más de la postmenopausia – https://theconversation.com/tenemos-que-hablar-mas-de-la-postmenopausia-280824

Ni ‘Los Supersónicos’ ni ‘El quinto elemento’: así será la movilidad área en las ciudades

Source: The Conversation – (in Spanish) – By C. Alejandro Di Bernardi, Profesor Máster en Gestión de Sistemas Aeronáuticos, Universidad Politécnica de Madrid (UPM); Universidad Nacional de la Plata

El CityAirbus es un vehículo de aterrizaje vertical diseñado para el transporte urbano. Wikimedia Commons., CC BY

El crecimiento demográfico, la congestión del tráfico y la necesidad de sistemas de transporte más eficientes y sostenibles están impulsando un cambio de paradigma. La movilidad aérea urbana (o UAM, siglas de Urban Air Mobility) propone agregar una nueva dimensión al transporte en las ciudades inteligentes del futuro: el espacio aéreo a baja altura.

Lejos de pertenecer al terreno de la ciencia ficción, esta idea comenzó a consolidarse y a tomar fuerza después de la pandemia de covid-19, en 2020, como una de las transformaciones más disruptivas del sistema de transporte moderno.

Imagen de la serie Los Supersónicos –The Jetsons en inglés–.
Hanna Barbera.

Naves de aterrizaje vertical

El desarrollo de aeronaves eléctricas de despegue y aterrizaje vertical –conocidas como eVTOL (electric Vertical Take-Off and Landing)–, junto con avances en el internet de las cosas (IoT), automatización, inteligencia artificial, ciencia de datos, conectividad y almacenamiento energético, está acelerando la posibilidad de transportar, de otra manera, a pasajeros y carga dentro de las ciudades mediante corredores aéreos urbanos dedicados a tal fin.

A diferencia de los helicópteros tradicionales, los eVTOL buscan ofrecer menores impactos acústicos y costos operativos sensiblemente más bajos. Diferentes empresas ya desarrollan prototipos tecnológicos orientados tanto al transporte de pasajeros como a logística urbana, servicios de emergencia y seguridad.

Paralelamente, organismos internacionales de referencia como la Federal Aviation Administration (FAA) estadounidense, la European Aviation Safety Authority (EASA) y la Organización de Aviación Civil Internacional (OACI) avanzan en marcos regulatorios y conceptuales para integrar estas operaciones en entornos urbanos complejos.

Adaptar la planificación urbana

La incorporación de transporte aéreo en las ciudades obligará a repensar infraestructura, conectividad, diseño urbano y gestión del espacio aéreo, con una planificación integral que permita la circulación de distintos tipos de vehículos.

Uno de los cambios más visibles será la aparición de los vertipuertos (similares a los helipuertos), que funcionarán como puntos de despegue, aterrizaje, carga eléctrica y transferencia de pasajeros o carga.

Estas nuevas infraestructras podrían integrarse a terrazas de edificios, centros logísticos, intercambiadores multimodales o zonas estratégicas de la ciudad, ya sean de interés comercial o financiero.

Imagen ilustrativa de una red de vertipuertos en Milán.
GTAA – UNLP.

Mientras, la planificación urbana, de la mano con las autoridades aeronáuticas, deberá contemplar nuevos corredores aéreos de baja altitud en sus códigos urbanos de uso de suelos. En este sentido, la movilidad aérea urbana camina hacia un ecosistema tridimensional donde los modos de transporte tradicional convivirán con drones, eVTOL, helicópteros y aeronaves convencionales. Esto requerirá sistemas avanzados de gestión de tráfico aéreo urbano, integración digital y altos niveles de automatización.

Conectividad y sostenibilidad

Por supuesto, esta innovación no reemplazará a los sistemas de transporte terrestre, sino que los complementará. Los futuros vertipuertos se conectarán, según el caso, con aeropuertos, estaciones ferroviarias, subterráneos y terminales de buses, generando ecosistemas de movilidad más integrados y dinámicos. El objetivo final será reducir tiempos de desplazamiento y mejorar conectividad urbana.

La sostenibilidad es otro de sus puntos clave. Gran parte de los desarrollos actuales se orientan hacia aeronaves eléctricas o híbridas que buscan reducir emisiones y dependencia de combustibles fósiles. Sin embargo, el verdadero impacto ambiental dependerá de múltiples factores: el origen de la generación eléctrica, la cantidad de operaciones, la infraestructura requerida y la gestión del ruido urbano.

Como parte importante de la ecuación, la aceptación social será probablemente uno de los mayores desafíos para su implementación masiva.

La ciencia ficción se materializa

En este contexto, la regulación jugará un papel central. Organismos como la FAA y la EASA ya desarrollan acuerdos vinculados a certificación de aeronaves eVTOL, integración operacional y seguridad y desarrollo de infraestructura.

Por su parte, la OACI comenzó, no hace mucho, a incorporar la movilidad aérea avanzada (AAM) dentro de sus discusiones estratégicas sobre el futuro del transporte aéreo. No se trata únicamente de aprobar nuevas aeronaves, sino de construir un ecosistema operacional completamente nuevo.

Su desarrollo todavía enfrenta enormes desafíos tecnológicos, regulatorios y sociales. Hoy tenemos más preguntas que respuestas. Sin embargo, la historia de la aviación demuestra que muchas de las ideas que alguna vez parecieron imposibles terminaron transformando la vida de las personas.

Tal vez el mejor espejo donde mirarnos hoy sean Los Supersónicos, aquella serie animada de los años 1960 que imaginaba ciudades verticales, videollamadas, educación a distancia, relojes inteligentes, hogares automatizados, robots domésticos y vehículos voladores mucho antes de que existieran.

Como decía Eric Hoffer, “la mejor manera de predecir el futuro es crearlo”. Y quizás eso sea precisamente lo que estamos comenzando a hacer.

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C. Alejandro Di Bernardi no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Ni ‘Los Supersónicos’ ni ‘El quinto elemento’: así será la movilidad área en las ciudades – https://theconversation.com/ni-los-supersonicos-ni-el-quinto-elemento-asi-sera-la-movilidad-area-en-las-ciudades-284047

La agricultura bajo el punto de mira de la geopolítica mundial

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco Rigal, Doctorando Industrial en Biotecnología, Universidad Pública de Navarra

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La agricultura moderna se encuentra en un punto de estancamiento. La necesidad imperiosa de incrementar los rendimientos para alimentar a una población creciente, sin comprometer la capacidad de las futuras generaciones para satisfacer sus propias necesidades, se suma a una serie de factores que dificultan alcanzar este objetivo. Una creciente volatilidad en el ámbito económico, geopolítico y ambiental esta modulando las necesidades del agricultor, empujándole a buscar alternativas disponibles y rentables. En este contexto, el agricultor se encuentra atrapado entre varias fuerzas: la necesidad de mantener rendimientos competitivos y obtener unos incrementos productivos sostenibles con el medio ambiente mientras se enfrenta a un aumento de costes impredecibles y tornadizos.

Los insumos agrícolas clásicos, los fertilizantes minerales y de síntesis, representan uno de los puntos delicados a tratar. Existen dos prismas decisivos, la ubicación de este tipo de yacimientos y los procesos de síntesis vinculados con recursos estratégicos. Por eso, dos de las grandes preguntas que debemos hacernos son: ¿de dónde vienen los fertilizantes más comunes? ¿Y qué vinculación tienen con una situación geopolítica cambiante?




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La geopolítica como modulador de los recursos agrícolas

La urea, uno de los fertilizantes más utilizados a nivel mundial, se ha convertido en el ejemplo más claro de cómo un evento geopolítico puede impactar directamente la rentabilidad del campo.

Este compuesto se fabrica industrialmente a partir de amoníaco y dióxido de carbono, mediante una reacción química a alta presión y temperatura que transforma ambos compuestos en un fertilizante. Su elaboración está directamente vinculada al gas natural, ya que este es la principal materia prima para producir amoníaco, “su componente base”, a través de un proceso llamado Haber-Bosch. Debido a la vinculación con este recurso tan estratégico, los precios de esta materia prima son tan volátiles.

El conflicto en Ucrania, las restricciones impuestas por los distintos países implicados y la fragmentación del comercio internacional provocaron su encarecimiento. Tras el inicio de la guerra en febrero de 2022, los precios globales de los fertilizantes experimentaron un notable encarecimiento en los primeros meses del año.




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La crisis del estrecho de Ormuz también disparó el precio de la urea al interrumpir una ruta estratégica para el comercio global de fertilizantes . Según declaraciones del director de la Organización de las Naciones Unidas para la Alimentación y la Agricultura (FAO), el impacto generado por el conflicto se tradujo en un aumento de los precios de la urea granulada procedente de Oriente Medio de casi un 20 % en una semana. A mediados de abril, los precios de la urea habían subido un 52 % en Estados Unidos y un 60 % en Brasil.

Se calcula que se han retrasado entre 1,5 y 3 millones de toneladas de comercio de fertilizantes al mes, lo que pone en peligro la productividad agrícola a nivel global.




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El fósforo, otro fertilizante estratégico

Aunque el fósforo suele recibir menos atención mediática que el nitrógeno, se trata de otro de los fertilizantes estratégicos más expuestos a la inestabilidad geopolítica. A diferencia del nitrógeno, que puede sintetizarse industrialmente a partir de gas natural, el fósforo depende mayoritariamente de la extracción minera de compuestos como la roca fosfórica, un recurso finito cuya producción y reservas están altamente concentradas en unos pocos países, especialmente Marruecos, China y Estados Unidos.

Reportes de la FAO indican que la crisis en el Estrecho de Ormuz ha tensionado el comercio mundial de fertilizantes, elevando los costes energéticos y de transporte, presionando al alza los precios de insumos como la roca fosfórica. En el primer trimestre de 2026 se experimentaron subidas de entorno al 6 % en fertilizantes fosfatados ampliamente utilizados como el DAP (fosfato diamónico) y el MAP (fosfato monoamónico), trasladándose hacia el usuario final, el agricultor.

Estos dos ejemplos, denotan la elevada vulnerabilidad del sistema agrícola debido a la estrecha vinculación con factores ajenos al campo. En los últimos años, alternativas a estos productos han ido tomando más protagonismo en el mercado de los fertilizantes, no solo por tener un carácter más limpio y ser impulsado por normativas verdes, sino por su naturaleza productiva y su vinculación a un mercado más local.




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Una alternativa para el agricultor

En este escenario, los biofertilizantes se están consolidando como una alternativa especialmente atractiva no solo por su eficacia agronómica, sino por su menor dependencia de recursos estratégicos globales y su mayor integración en circuitos productivos locales. A diferencia de los fertilizantes minerales convencionales, cuya producción depende de materias primas concentradas en pocos países y de cadenas de suministro altamente expuestas a la volatilidad geopolítica, los biofertilizantes se basan en recursos biológicos renovables y procesos de producción más descentralizados.

Esto permite reducir la exposición a crisis internacionales de materias primas como el gas natural o la roca fosfórica, y al mismo tiempo favorece el desarrollo de industrias locales más resilientes y cercanas al agricultor. El valor de estos biofertilizantes, por lo tanto, no radica únicamente en mejorar la eficiencia del uso de nutrientes o la salud del suelo, sino también en ofrecer una mayor autonomía estratégica al sistema agrícola frente a un entorno global cada vez más incierto.

The Conversation

Francisco Rigal Actualmente se encuentra haciendo un doctorado industrial habiendo recibido financiación a través de la Convocatoria DIN.

Miren Edurne Baroja Fernández es Investigadora Científica del CSIC y recibe financiación pública para la realización de sus trabajos de investigación en el área de la bioestimulación.

– ref. La agricultura bajo el punto de mira de la geopolítica mundial – https://theconversation.com/la-agricultura-bajo-el-punto-de-mira-de-la-geopolitica-mundial-283235

¿Está Gaudí sobrevalorado?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Camilla Mileto, Catedrática de Composición Arquitectónica, Universitat Politècnica de València

Vista de la azotea de La Pedrera (Casa Milá). Jaroslav Moravcik/Shutterstock

La Sagrada Familia, el Park Güell, la Casa Batlló y La Pedrera, todas ellas en Barcelona, fueron cuatro de los diez espacios monumentales más visitados en España en 2024. Entre todas ellas generaron más de 265 millones de euros solo en ese año. Sin embargo, en muchos casos, tras ver estos lugares, los asistentes se sienten no solo agobiados ante la masa de gente que les acompaña sino también decepcionados. Un reportero del Telegraph definió la Sagrada Familia como “la catedral más fea del mundo”.

No es solo un tema del turismo. Incluso gente a la que no le disgusta Gaudí considera que el poder de atracción que ejercen las obras del arquitecto en la Ciudad Condal muchas veces opaca otros secretos de Barcelona e, incluso, del modernismo entero. Así que le hemos preguntado a diferentes expertos si es cierta la queja popular: ¿está Gaudí sobrevalorado?


Maestro de la relación entre la estructura y la forma

Antonio Gaudí es posiblemente el único arquitecto universal con el que cuenta España. A pesar de haber vivido ajeno a los encuentros estructurales de la época, la utilización que hizo de los métodos tradicionales de construcción, tanto en los pilares como en las paredes y cubiertas, junto con sus experiencias con funiculares y su dominio de la geometría para la búsqueda de toda clase de superficies, permiten calificarlo como un gran constructor, precisamente por las relaciones que plantea entre la estructura y la forma. Incluso se convirtió en precedente de las formas laminares de los años 30, y de las formas complejas de la arquitectura actual.

Interior de la cripta de la Colonia Güell.
Interior de la cripta de la Colonia Güell.
Enfo/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Solo con el pórtico de acceso y la cripta de la iglesia de la colonia Güell o los viaductos de acceso al Parque Güell Gaudí hubiese pasado a la historia.

Sin embargo, el proceso de transformación del proyecto de la Sagrada Familia, de la que él solo dejó casi completa la fachada del Nacimiento, con los distintos dibujos y maquetas –reconstruidos parcialmente por sus colaboradores– que elaboró para continuarla, y el hecho de que se haya completado la iglesia con las torres, han hecho que su obra –a través de la interpretación de su geometría por ordenador y de otros materiales– haya seguido viva hasta hoy en día.

Carlos Nárdiz Ortiz, profesor titular del departamento Proyectos Arquitectónicos, Urbanismo y Composición, Universidade da Coruña


¿Sobrevalorado o sobreexplotado?

Ante cualquier efeméride es lógico preguntarse hasta qué punto lo recordado merece ser celebrado a ciertos niveles. Al hecho de cuestionar la importancia concedida a la figura y obra de Gaudí podríamos dar muchas respuestas, según el punto de vista desde el que la abordemos.

Exterior de la Casa Batlló en Barcelona, uno de los edificios de Gaudí más visitados.
Exterior de la Casa Batlló en Barcelona, uno de los edificios de Gaudí más visitados.
ChristianSchd/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Mi respuesta es que la obra de Gaudí es suficientemente merecedora de un puesto destacado en el desarrollo del Modernismo europeo, sí. Y lo es porque, si hacemos una comparativa con el resto de aportaciones europeas, la suya es eminentemente singular, no está integrada en un grupo como sí es el caso de los artistas del art noveau francés o de los miembros de la Secesión vienesa. La simbiosis entre naturaleza –como inspiración–, tradición –como referencia a no olvidar, pero a renovar– y modernidad –la atención los nuevos materiales y a la integración de las artes decorativas– es en Gaudí sin par.

A lo que asistimos es a una sobreexplotación de su figura, que es muy distinto. Lamentablemente, la Sagrada Familia es casi un parque de atracciones, cosa que reduce a Gaudí a un “fenómeno” extravagante –y fuente de ingresos–, más que a un significativo hito en la historia del arte, que es lo que verdaderamente es.

Milagros García Vázquez, profesora de Estética y Arte Contemporáneo, Universidad Pontificia Comillas


Siempre una nueva solución

No considero que Gaudí esté sobrevalorado en la actualidad, ya que su relevancia arquitectónica no se basa únicamente en la singularidad estética de sus edificios, sino en la enorme innovación técnica y conceptual que desarrolló. Fue un arquitecto capaz de adelantarse a su tiempo mediante la investigación constante de nuevas soluciones estructurales, espaciales y constructivas. Su obra demuestra un profundo conocimiento de la geometría y de los materiales, utilizando sistemas como los arcos catenarios o las geometrías regladas, que anticiparon conceptos de la arquitectura moderna.

Arcos catenarios en el desván de La Pedrera.
Arcos catenarios en el desván de La Pedrera.
Matthias Ott/Wikimedia Commons, CC BY

Además, Gaudí supo integrar tradición e innovación, reinterpretando técnicas artesanales y materiales tradicionales desde una visión completamente nueva. Otro aspecto destacable es que nunca repetía soluciones de forma automática, sino que cada proyecto respondía de manera específica a las necesidades funcionales y espaciales de cada obra.

Más allá de la arquitectura, también fue una persona preocupada por la sociedad de su tiempo. Entendía la arquitectura como una disciplina al servicio de las personas y cuidaba con enorme esmero todos los detalles de sus proyectos. Finalmente, muchos de los conocimientos técnicos y constructivos que desarrolló continúan estudiándose hoy en día, lo que demuestra la vigencia y profundidad de su legado.

Ricardo Gómez Val, subdirector de la Escuela de Arquitectura, Universitat Internacional de Catalunya


Un genio de gran ingenio

Antonio Gaudí puede situarse entre los diez arquitectos más significativos de la historia del arte occidental junto a Le Corbusier, Mies van der Rohe o el propio Miguel Ángel. Más que considerarlo un genio, me gusta decir que tenía un gran ingenio, es decir que, a través de muchas horas de trabajo y de reflexión, llegó a soluciones estructurales, como la columna de doble giro o las bóvedas hiperbólicas, que nunca habían sido exploradas con anterioridad y que, incluso en pleno siglo XXI, pueden considerarse innovadoras.

Imagen de las bóvedas hiperbólicas en la Sagrada Familia.
Imagen de las bóvedas hiperbólicas en la Sagrada Familia.
jorapa/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Por otro lado, concebía –como otros arquitectos de su época– que la arquitectura había de integrar todas las artes, incluso la música, de manera que cualquier pequeño detalle debía ser una obra de arte.

Finalmente, hay que tener presente que sólo se le puede entender completamente desde la situación política y social en la que vivió, una Cataluña abierta a la industria y la modernidad que recuperaba su historia, lengua y cultura. Gaudí se identificaba con la ideología catalanista y, al mismo tiempo, profundamente religiosa, inspirada en la doctrina social de la Iglesia defendida por el papa León XIII. Consciente de que la arquitectura era un arte parlante, estos valores debían traducirse en su obra.

Mireia Freixa Serra, catedràtica emèrita de Historia del Arte, Universitat de Barcelona


Condenado al ostracismo

Gaudí ejerció un extraordinario control integral, simultáneo y coordinado del espacio, la forma, la estructura, la construcción, la materialidad, la policromía, el simbolismo, la iluminación y la ventilación, que no tiene parangón previo ni posterior en la historia de la arquitectura. Pero la arquitectura moderna lo condenó al ostracismo durante gran parte del siglo XX, acusándole de diseñar estructuras confusas e inestables, soslayar las reglas de la construcción o ser un arquitecto excesivamente decorador.

Pórtico con unos arcos que parecen torcidos de piedra.
Pórtico de la Lavandera en el Park Güell.
Dr.eliecerhernandezmina/ Wikimedia Commons, CC BY-SA

Aunque cada vez menos, retazos de esas opiniones permanecen todavía en el siglo XXI. Sin embargo, superados los prejuicios estéticos, su figura no ha hecho más que crecer desde los testimonios de Salvador Dalí –que le consideraba un artista único precursor del porvenir en la arquitectura–, Le Corbusier –que lo calificó como el gran constructor del siglo XX– o José Luis Sert –que afirmó que la arquitectura del futuro se parecería a sus últimas obras y tenía razón en cuanto al empleo de fractales, geometrías complejas y variaciones creativas de un mismo motivo–.

Más recientemente, a estos se unen algunos Premios Pritzker como Frank Gehry o Toyo Ito, que reconocen la enorme envergadura y calidad holística de su arquitectura, al punto de desbordarles.

Camilla Mileto y Fernando Vegas López-Manzanares, catedráticos de Composición Arquitectónica, Universitat Politècnica de València


Falta conocer más de Gaudí

Gaudí es un genio de la arquitectura, artista, ingeniero, botánico, pensador, filósofo y humanista, similar a los grandes del Renacimiento, como Leonardo da Vinci. Es decir, no está sobrevalorado en absoluto. Más bien al contrario, falta mucho por conocer y divulgar de su obra y su figura.

Foto en blanco y negro de la fachada de la Casa Calvet.
Fachada de la Casa Calvet, entre 1885 y 1927.
Memòria Digital de Catalunya/Wikimedia Commons

Fue el precursor fundamental de la ecología, la sostenibilidad, la bioclimática y la biomimética en la arquitectura. Fue investigador y promotor del uso del arco catenario, las bóvedas parabólicas, los pilares ramificados, las superficies regladas y los cálculos estéreo-funiculares. También, dentro de la misma disciplina, del reciclaje y reutilización de residuos y de la ergonomía en la arquitectura y el diseño.

Pero ¿cuál es el secreto de la atracción permanente que ejerce su obra, que atraviesa generaciones? Es una personalidad poliédrica, sumamente rica y coherente a la vez. Representa la simbiosis perfecta de los valores éticos (como humanista en búsqueda del bien común), los valores estéticos (como artista en búsqueda de la belleza) y los valores científicos (como científico en búsqueda de la verdad).

Carlos Salas Mirat, doctor del Área de Construcciones Arquitectónicas, Universidad Rey Juan Carlos

The Conversation

Ricardo Gómez Val es profesor y subdirector de la Escuela de Arquitectura de la UIC y miembro de y secretario de la Asociación de Amigos de Gaudí.

Camilla Mileto, Carlos Nárdiz Ortiz, Carlos Salas Mirat, Fernando Vegas López-Manzanares, Milagros García Vázquez y Mireia Freixa no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

– ref. ¿Está Gaudí sobrevalorado? – https://theconversation.com/esta-gaudi-sobrevalorado-282990