Mesurer l’invisible : ce que l’écorce des arbres nous apprend de la pollution de l’air à Paris

Source: The Conversation – France (in French) – By Yann Sivry, Professeur des Universités, Institut de physique du globe de Paris (IPGP)

Les particules fines et ultrafines issues du trafic routier sont parmi les polluants les plus nocifs pour la santé. Elles sont aussi les plus difficiles à mesurer à l’échelle d’un quartier. À Paris, un projet de sciences participatives montre comment des citoyennes et des citoyens, en prélevant l’écorce des platanes qui peuplent la ville, peuvent compléter les dispositifs officiels et produire des données utiles à l’action publique.


Dans les grandes villes, la pollution de l’air est surveillée par des stations fixes, par exemple celles d’Airparif en Île-de-France, qui permettent le suivi assez fin de différents types de polluants et de modéliser les tendances générales. Ces stations sont encore trop peu nombreuses pour rendre compte de l’exposition réelle des populations, rue par rue.

Cette limite est particulièrement problématique pour la fraction inorganique des particules fines (de dimensions inférieurs à 2,5 micromètres) et ultrafines (plus petites que 0,1 micromètre). Par « fraction inorganique », on entend les particules minérales ne contenant pas de carbone. Elles sont d’origine soit primaire (érosion des sols, particules métalliques liées à l’usure des plaquettes de frein…), soit secondaire, formées à partir d’autres polluants gazeux. Ces particules sont étroitement liées au trafic routier et associées à des effets sanitaires majeurs. Or, à l’heure actuelle, une seule station de mesure fixe est opérationnelle dans Paris.

Platane dans le XVIᵉ arrondissement de Paris.
Polymagou/Wikimédia, CC BY-SA

Pourtant, la mesure devrait guider l’action : urbanisme, aménagements cyclables, piétonisation ou régulation du trafic reposent sur des données souvent trop parcellaires pour éclairer des décisions locales.

Notre recherche, publiée dans la revue Community Science, s’appuie sur un constat simple : les arbres enregistrent la pollution de leur environnement immédiat. Les particules issues du trafic se déposent sur l’écorce, qui agit comme un capteur passif intégrant la pollution sur plusieurs mois. Cela en fait un indicateur pertinent pour évaluer une exposition chronique.

L’écorce des platanes, révélatrice de pollution

Dans le cadre du projet Ecorc’Air, des volontaires collectent, chaque printemps, au moment de l’exfoliation annuelle, des fragments d’écorce de platanes, arbre omniprésent le long des rues – et notamment au sein de la capitale parisienne, qui abrite plus de 40 000 platanes.

Ces échantillons sont ensuite transmis en laboratoire, où ils sont analysés. La mesure d’une propriété physique particulière de l’échantillon, la susceptibilité magnétique, permet d’estimer la quantité de particules métalliques déposées. Ces dernières sont directement liées aux émissions du trafic automobile.




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Sur plusieurs milliers d’échantillons collectés depuis 2016, nous montrons que ce signal magnétique est fortement corrélé à la présence de métaux, dont certains peuvent se révéler toxiques en fonction de leur nature et des doses inhalées. Le protocole mis en place, très accessible même sans connaissances préalables, permet de cartographier la pollution à une échelle très fine, de l’ordre de quelques dizaines de mètres.

Susceptibilité magnétique des échantillons d’écorce collectés au cours des campagnes successives.
C. Carvallo et coll., 2024, Fourni par l’auteur

Grâce à cet échantillonnage massif, rendu possible par la participation citoyenne, plusieurs observations ont pu être faites :

  • d’abord, il existe des « points noirs » persistants. Certaines zones parisiennes présentent des niveaux élevés et récurrents de pollution en particules métalliques depuis le début du suivi : il s’agit des quais à forte circulation (la voie Georges-Pompidou sur sa portion carrossable, par exemple), des abords du périphérique et des axes congestionnés. À l’inverse, les parcs et les espaces éloignés du trafic affichent des niveaux relativement faibles. Ces cartes permettent d’identifier des priorités d’intervention, là où les stations de surveillance classiques ne suffisent pas.

  • Ensuite, la pollution décroît rapidement avec la distance. Nos données montrent une diminution nette de la contamination en particules dès que l’on s’éloigne de la chaussée, surtout dans les premiers mètres. Cela confirme l’importance du choix de l’implantation des trottoirs et des pistes cyclables vis-à-vis des barrières naturelles (haies ou arbustes) et des zones de repos (espaces où l’on trouve par exemple des bancs).




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Quand les voitures font écran

L’un des résultats les plus frappants concerne l’organisation très concrète de l’espace public. Sur plusieurs grands axes parisiens, notamment le boulevard Saint-Germain, nous avons comparé les niveaux de pollution enregistrés par les arbres selon la configuration de la voie la plus proche : circulation automobile générale (configuration notée A sur le schéma ci-dessous), voie bus-taxi (C), voie partagée bus-vélo-taxi (D) ou présence d’une file de stationnement entre la chaussée et le trottoir (B).

Quatre configurations de la chaussée sont présentes sur le boulevard Saint-Germain.
C. Carvallo et coll., 2024, Fourni par l’auteur

Les différences observées sont nettes. Les arbres situés au plus près des voies de circulation automobile présentent systématiquement les valeurs de susceptibilité magnétique les plus élevées. À l’inverse, lorsqu’un élément (haie naturelle, véhicule stationné) sépare la chaussée du trottoir, les niveaux mesurés dans l’écorce sont significativement plus faibles. Cette diminution est suffisamment marquée pour être statistiquement robuste sur l’ensemble des données collectées en 2020 et 2021.

Cette observation suggère que les véhicules en stationnement jouent un double rôle. D’un côté, ils augmentent la distance entre la source d’émission et les piétons et piétonnes et, de l’autre, ils constituent un obstacle physique à la projection directe des particules métalliques issues du trafic vers les trottoirs. Cet effet de « paravent » réduit l’exposition des piétons et piétonnes de manière comparable à celle obtenue en s’éloignant de plusieurs mètres de la chaussée.

Les voies partagées avec les bus et les taxis, souvent présentées comme favorables aux mobilités actives, sont associées à des niveaux élevés de pollution.
Ben Welle, CC BY-SA

Notre point n’est pas ici de promouvoir la généralisation de places de stationnement le long des rues, qui favoriserait les déplacements en voiture, mais de pointer l’intérêt de penser une réelle séparation entre la chaussée et les piétons et piétonnes. À l’inverse, les voies partagées avec les bus et les taxis, souvent présentées comme favorables aux mobilités actives, restent associées à des niveaux élevés de pollution particulaire.

Ces résultats, intuitifs en apparence, sont pourtant rarement objectivés par des données à haute résolution spatiale. Ils montrent que des choix d’aménagement très concrets – plans de stationnement, élargissement des trottoirs, séparation réelle des pistes cyclables, séparation spatiale des zones piétonnes et du trafic routier, projets de végétalisation… – ont des effets mesurables sur l’exposition quotidienne des populations.




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Les sciences participatives changent la donne

Un tel niveau de détail n’aurait pas été possible sans la participation massive de volontaires. Les réseaux de surveillance réglementaires, indispensables pour suivre les tendances de fond, reposent sur un nombre limité de stations fixes. À Paris, comme dans la plupart des grandes villes, celles-ci sont trop espacées pour rendre compte des contrastes fins liés à la morphologie des rues, à l’intensité locale du trafic ou aux choix d’aménagement.

Le projet Ecorc’Air repose sur une logique différente : multiplier les points de mesure simples, robustes et comparables dans le temps. En mobilisant des bénévoles pour collecter des échantillons d’écorce de platanes à hauteur de respiration, il a été possible de constituer, année après année, une base de données accessible de plusieurs milliers de points, couvrant des quartiers entiers et permettant des comparaisons temporelles.

Résultats collectés par le projet Ecorc’Air entre 2016 et 2025

Cette approche présente un second avantage souvent sous-estimé : elle transforme la production de données en objet de dialogue. Les lieux de prélèvement ne sont pas ciblés uniquement par les équipes de recherche, mais également par les volontaires et les collectivités, en fonction de leur expertise sur leurs lieux de vie, de leur perception des nuisances, de leurs usages quotidiens ou de leurs questionnements sur des projets urbains en cours. Ce croisement entre savoirs scientifiques et expériences locales enrichit l’interprétation des données et renforce leur légitimité sociale.

Les entretiens menés par l’équipe scientifique dans le cadre du projet montrent d’ailleurs que les motivations à participer sont diverses. Certaines personnes s’engagent par curiosité scientifique, d’autres par inquiétude pour leur cadre de vie ou simple souhait d’amélioration de leur environnement. Du côté des collectivités, l’intérêt tient autant à la production de données environnementales qu’à la capacité à instaurer un lien avec les habitants et habitantes autour d’enjeux environnementaux et sanitaires majeurs. Les sciences participatives ne sont donc pas seulement un outil de mesure : elles deviennent un dispositif d’intermédiation entre science, population et action publique.

Pour les pouvoirs publics, la leçon est claire : il existe aujourd’hui des moyens complémentaires peu coûteux et éprouvés permettant de documenter l’exposition réelle des populations à la pollution liée au trafic. Sans se substituer aux réseaux officiels, ces démarches permettent d’identifier des zones à enjeu, d’évaluer l’impact d’aménagements urbains et de suivre des évolutions dans le temps à une échelle pertinente pour l’action locale.

Les résultats obtenus à Paris montrent que certaines zones restent durablement exposées, malgré une baisse globale des concentrations mesurées à l’échelle de la ville. Ils suggèrent également que des choix d’aménagement apparemment secondaires – emplacement des pistes cyclables, organisation du stationnement, largeur des trottoirs… – peuvent avoir des effets significatifs pour ce qui est de l’exposition aux particules inorganiques des passants et passantes.

Dans un contexte où les recommandations sanitaires internationales sont de plus en plus strictes et où la demande sociale de transparence environnementale s’accroît, ces données fines constituent un appui précieux à la décision. Elles permettent de dépasser les débats trop généraux sur la pollution pour entrer dans une logique d’action ciblée concrète, territorialisée et discutée, en concertation avec les usagers et usagères.

À terme, l’enjeu n’est pas seulement de mieux mesurer, mais de mieux décider. Les sciences participatives, intégrées aux politiques publiques, peuvent contribuer à combler un angle mort majeur de la gouvernance environnementale : celui de l’exposition quotidienne, réelle, vécue, à l’échelle de la rue. À Paris, mais aussi dans d’autres villes européennes, l’intérêt pour ce type de démarches grandit. L’enjeu n’est plus seulement de mesurer, mais de transformer ces données en leviers d’action, à l’échelle des quartiers.

The Conversation

Sivry Yann a reçu des financements de l’Agence Nationale pour la Recherche, du CNRS et de la Fondation Université Paris Cité.

Aude Isambert a reçu des financements du CPT (Centre des Politiques de la Terre) de l’Université Paris Cité (StratEx-IdEx).

Claire Carvallo a reçu des financements du CNRS.

Laure Turcati a reçu des financements à travers le réseau Science Ensemble du label SAPS de Sorbonne Université et de l’Etat au titre de France 2030 dans le cadre du projet SOUND porté par l’Alliance Sorbonne Université.

Christine Franke ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Mesurer l’invisible : ce que l’écorce des arbres nous apprend de la pollution de l’air à Paris – https://theconversation.com/mesurer-linvisible-ce-que-lecorce-des-arbres-nous-apprend-de-la-pollution-de-lair-a-paris-279149

La obsesión por el rendimiento puede quitarnos el placer de practicar deporte

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gonzalo Martín Pérez Arana, Profesor Titular de Anatomía y Embriología Humanas, Universidad de Cádiz

PeopleImages.com/Shutterstock

En las últimas décadas, la frontera entre la actividad física y la lógica de mercado se ha vuelto casi invisible. Lo que antes era una expansión natural del cuerpo, un espacio de recreo, ha sido colonizado por la lógica productiva. Hoy no “hacemos deporte”, sino que más bien “producimos bienestar”. El ejercicio físico se ha transformado en una extensión de la jornada laboral, afectando a la salud física y mental de niños y adultos, y desconectándonos de la esencia misma del movimiento humano: el placer.

La infancia bajo el cronómetro: el fin del juego libre

Un impacto preocupante de esto se observa en la infancia. Tradicionalmente, el juego era un espacio autogestionado, sin más reglas que las que los propios niños establecían y sin más fin que el disfrute. Sin embargo, la obsesión actual por el rendimiento competitivo precoz ha profesionalizado el patio de recreo.

Cada vez más temprano, los niños son inscritos en disciplinas con entrenamientos estructurados y metas rígidas. Esta exigencia no es gratuita. Desde el punto de vista fisiológico, la especialización temprana y el entrenamiento de alta intensidad provocan una epidemia de daños musculoesqueléticos antes exclusivos de atletas olímpicos: fracturas por estrés, tendinitis crónicas y daños en las placas de crecimiento, desoyendo los consejos de sociedades como la American Medical Society for Sports Medicine que recomiendan como norma no entrenar más horas semanales que la edad del niño en años.

Pero el daño más profundo es el simbólico. Al sustituir el juego libre por la competencia reglada, el niño deja de explorar su cuerpo de forma creativa. El movimiento se vuelve una respuesta a una orden externa, no un impulso interno. Cuando el deporte se convierte en “trabajo” antes de los diez años, el riesgo de abandono deportivo –el burnout infantil– es altísimo.

Al llegar a la adolescencia, muchos jóvenes asocian el ejercicio con la presión y el fracaso, alejándose para siempre de una vida activa.




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El adulto y el fitness como “segundo empleo”

En la edad adulta, la distorsión toma otra forma: la cuantificación. Vivimos en la era del self-tracking, la práctica de registrar y analizar datos personales de manera sistemática a través de la tecnología. Relojes inteligentes, aplicaciones de rendimiento y redes sociales han convertido el trote matutino o la sesión de gimnasio en un conjunto de datos que deben ser optimizados. El ejercicio ha pasado de ser un alivio del estrés a ser una de sus fuentes.

Cuando el valor de una actividad física depende exclusivamente de las calorías quemadas, los kilómetros recorridos o la comparación con los estándares de una comunidad digital, el cuerpo deja de ser un sujeto para convertirse en un objeto de gestión. Esta “obligación medible” genera una relación neurótica con la salud. Si el reloj no registra la actividad, parece que esta no ha ocurrido. Si no se superan las marcas del día anterior, el sentimiento es de ineficacia.

Esta presión no solo agota la mente: destruye el cuerpo. La lesión por sobreuso en aficionados es el resultado directo de ignorar las señales propioceptivas del organismo en favor de las métricas.

El adulto moderno, agotado por su jornada laboral, se impone un entrenamiento extenuante bajo la premisa del “no pain, no gain” (sin dolor no hay ganancia), ignorando que el cortisol generado por el estrés competitivo se suma al estrés profesional, lo que desemboca en fatiga crónica y desmotivación.

La desnaturalización del placer

La consecuencia final de todo lo anterior es la pérdida del placer natural. El cuerpo está diseñado para moverse; la dopamina y las endorfinas son los premios evolutivos por el movimiento. Sin embargo, cuando ese movimiento está mediado por la presión del resultado, la gratificación se desplaza del proceso al dato final. Ya no se disfruta el correr, se disfruta el haber terminado y haber cumplido la meta.

Esta desconexión nos vuelve analfabetos corporales. Dejamos de saber cuándo nuestro cuerpo necesita descanso, cuándo necesita un estiramiento suave o cuándo pide un esfuerzo explosivo, porque la planificación externa manda sobre la sensación interna. El ejercicio se despoja de su aura de libertad y se vuelve una tarea pendiente en una lista de deberes.




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Por la recuperación del movimiento lúdico

Para restablecer nuestra salud y equilibrio, es necesario desmantelar la idea del deporte como producción. Volver al movimiento lúdico significa redescubrir la actividad física como fin en sí mismo. No abandonar el esfuerzo, sino de cambiar el motor que lo impulsa.

En la infancia debemos reivindicar el juego, devolviendo a los niños ese tiempo no estructurado, con menos ligas competitivas y más árboles a los que trepar. El juego libre es la base del desarrollo cognitivo y emocional: el espacio donde se aprende a negociar, a imaginar y a amar el movimiento por lo que se siente, no por la medalla que se gana.

En los adultos, el primer paso hacia la salud es, paradójicamente, dejar el reloj en casa de vez en cuando. Escuchar el ritmo de la respiración sin compararlo con un gráfico de frecuencia cardíaca. Permitirse entrenar a una intensidad baja solo por el placer de sentir el aire o la fuerza de los músculos, sin la presión de la “quema calórica” y centrándonos en el propio movimiento lúdico como una invitación a la exploración. Probar una disciplina nueva no para ser el mejor, sino por la curiosidad de aprender un patrón motor diferente. Bailar, nadar sin contar largos, caminar por el monte sin mirar el GPS.

En definitiva, el ejercicio no debería ser un castigo por lo que comimos, ni una competencia contra nosotros mismos para demostrar productividad. Es, fundamentalmente, la celebración de estar vivos y capaces de interactuar con el mundo. Si logramos separar el movimiento de la lógica del beneficio y el rendimiento, no solo reduciremos las lesiones y el agotamiento, sino que recuperaremos un pilar esencial del bienestar humano: la alegría de moverse por el simple y maravilloso hecho de hacerlo. Solo así el ejercicio dejará de ser una carga para volver a ser una medicina no sólo para el cuerpo, sino para el alma.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. La obsesión por el rendimiento puede quitarnos el placer de practicar deporte – https://theconversation.com/la-obsesion-por-el-rendimiento-puede-quitarnos-el-placer-de-practicar-deporte-279707

La crisis del queroseno amenaza al verano europeo: por qué España está mejor preparada

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Enrique Parra Iglesias, Profesor Titular de Universidad, Universidad de Alcalá

Repostaje de queroseno. Jaromir Chalabala/Shutterstock

A principios de este año, el verano de 2026 prometía batir todos los registros históricos de visitantes para España. La patronal de líneas aéreas, ALA, tiene programados unos 260 millones de asientos, un 5,7 % más que en 2025, y Aena preveía, antes del inicio de la guerra en Oriente Medio, un incremento del 1,3 % de pasajeros hasta los 326 millones.

Pero el cierre efectivo del estrecho de Ormuz desde el pasado 28 de febrero ha desencadenado lo que la Agencia Internacional de la Energía ha calificado como “la mayor disrupción de suministro petrolero de la historia”.

No obstante, mientras Lufthansa cancela 20 000 vuelos y Bruselas busca activar un plan de emergencia, las aerolíneas españolas parecieran mantener su programación. La explicación no está en los contratos de suministro ni en las reservas estratégicas: está, en parte, en una carambola industrial decidida hace tres lustros y en una logística doméstica diseñada hace décadas.

La anomalía española: una inversión de hace quince años

España consumió 7,74 millones de toneladas de queroseno en 2025, según la Corporación de Reservas Estrategicas de Productos Petrolíferos (CORES), un récord histórico. El 78 % de ese combustible se produce en refinerías españolas lo suficientemente avanzadas para poder incrementar el rendimiento del crudo cuando las señales de precio lo justifican.

Infraestructuras petrolíferas (refinerías y oleoductos) en España (2015).
Fuente: Instituto Geográfico Nacional, CC BY

Esa flexibilidad operativa es resultado, en parte, de dos inversiones industriales ejecutadas hace tres lustros, cuando España importaba 13 millones de toneladas anuales de diésel y queroseno. En 2010 Cepsa (hoy Moeve), amplió y mejoró su planta de La Rábida (Huelva) y en 2011 Repsol hizo lo propio en su planta de Cartagena.

El objetivo de esos proyectos era el mismo: ajustar el binomio oferta-demanda de destilados medios –diésel y queroseno– del mercado español. La paradoja es que aquellas decisiones se tomaron pensando en asegurar el suministro de diésel y no en una crisis de queroseno por el cierre de Ormuz quince años después.

La carambola molecular

Para entender por qué España resiste hay que mirar dentro de una refinería. El petróleo se separa en una torre de destilación atmosférica por temperaturas: el queroseno (base del Jet A-1, el combustible estándar para los aviones de turbinas), más ligero, y el gasóleo, más pesado, son dos fracciones de destilados medios vecinos de piso. Y aquí está la clave: los límites entre ambos no son inamovibles.

Los técnicos de refinería pueden mover los puntos de corte para estirar la fracción de queroseno, robando moléculas que normalmente irían al depósito de un camión. Aunque existen restricciones físicas: un queroseno con demasiadas moléculas pesadas podría cristalizar a 10 000 metros, donde la temperatura cae por debajo de los -40ºC, y la seguridad aérea es el primer árbitro del juego. Pero, dentro de esos márgenes, hay flexibilidad operativa real. Siempre que se disponga de materia prima: petróleo.

No obstante, esa flexibilidad no es uniforme. En una refinería compleja se pueden romper las moléculas pesadas para fabricar destilados medios extra a partir de fracciones que, de otro modo, serían menos valiosas. La planta de hidrógeno se convierte así en el factor limitante: sin hidrógeno suficiente para esa transformación y para los hidrotratamientos posteriores, la flexibilidad operativa se acaba.

Y hay un competidor industrial silencioso para esa misma fracción del barril: la fabricación de alquilbenceno lineal, materia prima de los detergentes biodegradables y en la que España es potencia mundial, también utiliza moléculas que de otro modo irían al queroseno. Cuando las aerolíneas pujan por el combustible, los detergentes también pujan.

Hay que destacar que para la optimización de la producción de refinerías se utilizan modelos de programación lineal que integran miles de variables: los crudos disponibles, las especificaciones de cada unidad y las señales del mercado.

Reabrir Ormuz no resolverá el problema

Antes del conflicto, el golfo Pérsico exportaba 400 000 barriles diarios de jet fuel –un 20 % del comercio mundial– y, además, suministraba el crudo que refinan los grandes exportadores asiáticos. Al cerrarse Ormuz, la doble dependencia europea se activó en simultáneo (la del crudo y la de sus derivados ya refinados): Europa importaba 470 000 barriles diarios netos de queroseno, de los que hasta 375 000 procedían del Golfo.

Y aquí hay una idea que no se ha recogido bien: aunque Ormuz se reabriera mañana, la recuperación no sería ni rápida ni completa: los daños militares a las refinerías clave han provocado una pérdida estructural de oferta global de queroseno de 200 000 barriles diarios en 2026, con un pico de 500 000 en el segundo trimestre.

El cuello de botella no es el estrecho, sino la capacidad industrial destruida.

Crisis en los cielos de Europa

Casi dos meses después del inicio de la guerra entre Estados Unidos-Israel e Irán, las aerolíneas europeas viven su peor momento desde la pandemia: cancelaciones masivas, el precio del queroseno se ha duplicado y hay una advertencia del comisario europeo de Energía: el continente avanza “muy rápidamente” hacia una crisis de suministro que podría obligar a cancelar vuelos masivamente antes de que termine el verano.

En este contexto, la fotografía española desentona. Por ahora, Iberia, Vueling y Air Europa no han anunciado recortes y solo Volotea ha reducido sus vuelos (menos de un 1 %). Exolum –la empresa logística que mueve la mayor parte de los productos desde las refinerías– declara que la actividad de queroseno en marzo supera la del año pasado, mientras las petroleras españolas señalan que sus refinerías están operando al máximo.

No obstante, hay una distinción crucial que hacer: seguridad de suministro no es lo mismo que inmunidad al precio. Las aerolíneas españolas compran su combustible a precio de mercado, que hoy está un 80 % por encima de los niveles de febrero. Que la refinería sea española no abarata el billete, lo que hace es garantizar que el avión puede despegar. Escasez y precio son dos problemas distintos que exigen soluciones diferentes.

La paradoja regulatoria y el talón de Aquiles

Hay un factor regulatorio europeo que conviene conectar con la actual crisis energética. El Reglamento ReFuelEU Aviation, vigente desde enero de 2025, obliga a los operadores comerciales a repostar al menos el 90 % del combustible que necesitan en el aeropuerto europeo de salida para impedir el tankering –cargar deliberadamente más o menos combustible del necesario– como práctica de optimización de costes. Pero el mismo reglamento permite excepciones cuando hay restricciones de disponibilidad en destino.

Bruselas estudia activar entre sus Estados miembros un mecanismo de reparto de queroseno, el plan AccelerateEU. Si se pone en práctica, la capacidad productiva de España dejaría de ser un activo nacional para convertirse en un recurso compartido y la ventaja comparativa se diluiría por la vía de la solidaridad europea.

Jordi Hereu, ministro de Industria y Turismo, ha resumido en una frase el talón de Aquiles español: “Podemos llenar los aviones en Málaga, Barcelona o Madrid, pero también vivimos de que en Heathrow o Hannover puedan llenar los aviones de queroseno”. España puede garantizar el combustible en sus aeropuertos en los vuelos de vuelta, pero no que los de ida salgan de los aeropuertos de origen de sus turistas (alemanes, franceses, británicos).

Una soberanía escrita en la industria

La crisis del queroseno es un recordatorio de que tener capacidad industrial de refino e infraestructura logística doméstica son activos de seguridad nacional. No bastan los contratos de suministro ni las reservas estratégicas si el sistema depende estructuralmente de una cadena de valor que empieza y termina fuera de las fronteras.

En los últimos años, Europa ha cerrado o reconvertido sus refinerías en nombre de la eficiencia y la transición ecológica, subcontratando implícitamente el refino a Oriente Medio y Asia. El diseño fue racional para tiempos de paz y oferta abundante, pero en tiempos de incertidumbre geopolítica ha resultado ser frágil. Y España, que conservó y modernizó sus refinerías, tiene hoy uno de los sistemas más resilientes del continente.

La crisis de Ormuz es un aviso sobre en qué arena se jugará la siguiente ronda de seguridad energética. Esta vez la respuesta no está en los mercados sino en las plantas industriales y en los oleoductos.

The Conversation

Enrique Parra Iglesias no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La crisis del queroseno amenaza al verano europeo: por qué España está mejor preparada – https://theconversation.com/la-crisis-del-queroseno-amenaza-al-verano-europeo-por-que-espana-esta-mejor-preparada-281570

¿Qué imaginamos cuando alguien dice ‘mena’?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Iraide Ibarretxe-Antuñano, Catedrática de Lingüística General, Universidad de Zaragoza

¿Ve esto cuando piensa en dos menores extranjeros no acompañados? oneinchpunch/Shutterstock

¿Ha visto la película Cuando ruge la marabunta? En este clásico del cine de aventuras de los años cincuenta, una plantación en la selva sudamericana se enfrenta a una masa de hormigas que avanza sin detenerse, devorándolo todo a su paso. No se trata de criaturas gigantes ni especialmente sofisticadas. Son, simplemente, millones de insectos organizados en movimiento continuo.

Ahora bien, piense en esto: ¿qué le produce más inquietud, decir “se acerca una marabunta” o “se acerca un grupo numeroso de hormigas”? En términos estrictos, ambas expresiones pueden referirse a lo mismo. Sin embargo, no provocan la misma reacción.

La diferencia no está en la realidad, sino en el lenguaje.

La palabra marabunta no describe únicamente un conjunto de insectos. Activa una imagen mental muy concreta: masa, descontrol, amenaza. No pensamos en individuos, sino en una entidad colectiva que avanza sin rostro ni matices.

Ese efecto no es casual. Desde la lingüística cognitiva sabemos que las palabras no solo nombran, sino que activan marcos interpretativos y prototipos que simplifican la realidad y orientan nuestra percepción. Este mismo mecanismo, que nos ayuda a procesar el mundo de forma rápida y eficiente, también opera cuando hablamos de grupos humanos.

Cuando una palabra deja de describir y empieza a construir

Un ejemplo claro en el contexto actual español es el término mena. En origen, se trata de un acrónimo administrativo, MENA –menor extranjero no acompañado–, utilizado en el ámbito jurídico para describir una situación específica dentro del sistema de protección de la infancia. Su función era técnica: identificar a menores en situación de desprotección que requieren tutela institucional.

Sin embargo, como ha ocurrido con otros acrónimos, su uso se ha extendido más allá de ese contexto. No solo ha cambiado su “ropaje formal” –ya no se escribe en mayúsculas ni se percibe como una secuencia de iniciales–, sino que se ha integrado plenamente en el sistema léxico del español: se pronuncia como una unidad –[ména]–, admite plural –menas–, determinantes –los menas–… Y lo más importante: su significado también ha cambiado.

Hoy, mena ya no funciona únicamente como una descripción administrativa. Funciona como una categoría social. Y, como ocurre con marabunta, esa categoría no es neutra.

De la categoría al prototipo

Cuando utilizamos la palabra mena, no solemos activar la definición jurídica completa. No pensamos necesariamente en menores, en su situación de vulnerabilidad o en la obligación del Estado de tutelarlos. En su lugar, se activa una imagen más simple y más inmediata: un prototipo.

Dos niños juegan al fútbol en una plaza, a contraluz.
Las realidades siempre son muy complejas.
bepsy/Shutterstock

Ese prototipo ha ido construyéndose en los últimos años. Interrumpa la lectura un momento y responda a esta sencilla pregunta: ¿a quién se ha imaginado cuando ha leído la palabra mena?

Ojalá me equivocara, pero seguramente la imagen corresponde a la de un chico adolescente, de origen magrebí –especialmente marroquí–, situado en entornos urbanos y frecuentemente vinculado, en el discurso mediático, a narrativas de conflicto o problematización social. ¿He adivinado? Si es así, no es casualidad. De hecho, cuando le pedí a una inteligencia artificial que generara una imagen de menas, el resultado fue muy parecido. Esta imagen no representa la diversidad real del colectivo, pero funciona como referencia dominante.

La teoría de los prototipos, desarrollada por Eleanor Rosch, explica precisamente este fenómeno: no pensamos en categorías como listas de características, sino a partir de ejemplos representativos. El problema es que, una vez fijado, ese prototipo acaba funcionando como modelo para todo el grupo, incluso para aquellos miembros que no encajan en él.

Y aquí aparece una cuestión clave: cuando una categoría activa sistemáticamente el mismo prototipo, deja de ser descriptiva y pasa a ser reductora.

De situación a identidad

Este proceso tiene un efecto especialmente importante: la reificación, el paso de una situación temporal a una característica percibida como estable. Ser “menor extranjero no acompañado” es, en origen, una situación circunstancial. Es algo contingente, que depende de la edad, el momento migratorio y la situación administrativa. Sin embargo, cuando el término se convierte en sustantivo –un mena– esa condición se transforma en identidad.

No es alguien que está en esa situación, sino alguien que es eso.

Este desplazamiento es crucial porque convierte la categoría en algo aparentemente estable y definitorio. Y, al hacerlo, dificulta percibirla como una condición temporal vinculada a una situación de vulnerabilidad. Desde el punto de vista lingüístico, es un ejemplo claro de cómo el lenguaje puede transformar situaciones en identidades.

La simplificación de la complejidad

El siguiente paso es la simplificación. Y aquí es donde el paralelismo con la marabunta se vuelve especialmente revelador.

Al igual que dejamos de ver hormigas individuales para ver una masa, el uso de una etiqueta como mena favorece la percepción del grupo como un colectivo homogéneo. Se produce un proceso de desindividualización: las personas dejan de tener historia, contexto y circunstancias propias, y pasan a ser miembros de una categoría abstracta.

A esto se suma la activación del prototipo. Una vez fijado, sus características se proyectan sobre todo el grupo, incluso cuando no se corresponden con la realidad. Se produce así una sobregeneralización: lo que es representativo en el discurso se interpreta como definitorio.

Este doble proceso es lo que permite hablar de deshumanización en sentido discursivo. No porque el término niegue explícitamente la condición humana, sino porque reduce la complejidad de las personas a una imagen simplificada.

¿Quién legitima estas categorías?

Estos procesos no ocurren de forma aislada. Se consolidan en el espacio público a través de su circulación en determinados ámbitos, insertos en marcos discursivos concretos. Cuando los medios repiten “mena” en titulares y noticias no solo lo popularizan, sino que contribuyen a fijar los contextos en los que aparece. Y esos contextos –seguridad, conflicto, gestión de recursos– acaban formando parte de su significado. Cuando en el discurso político se utilizan estas categorías, se activan asociaciones de forma inmediata y se estructura el debate sin necesidad de explicitar todos los matices.

Tres adolescentes caminan por una acera con las mochilas a la espalda.
No hay categorías inmutables que definan a los menas.
Jose HERNANDEZ Camera 51/Shutterstock

Entonces, ¿cuando instituciones como la Real Academia Española incluyen mena es su diccionario contribuyen también a este proceso? No, su incorporación, como ocurre con otras palabras, responde a su uso extendido.

Ahora bien, el problema no es que esté en el diccionario, sino la forma en que se define:

Acrón. de menor extranjero no acompañado.

m. y f. Esp. Inmigrante menor de edad que no cuenta con la atención de ninguna persona que se responsabilice de él. U. a veces en sent. despect.

La definición recoge su origen administrativo, pero no refleja plenamente su transformación en el uso social. Presenta su posible carácter despectivo como algo ocasional y formula la idea de que estos menores “no cuentan con ningún adulto”, obviando la obligación legal de tutela por parte del Estado. Además, el uso del término “inmigrante” y del masculino genérico contribuye a reforzar el prototipo dominante.

El diccionario no solo recopila el lenguaje, también contribuye a fijar determinadas interpretaciones. Y eso sí que es criticable, porque se legitiman determinadas formas de nombrar y, con ellas, determinadas formas de percibir.

Volver a la marabunta

La marabunta nos inquieta no por lo que es, sino por cómo la nombramos. Algo parecido ocurre cuando utilizamos ciertas etiquetas para referirnos a grupos humanos. No es solo que simplifiquen, es cómo simplifican.

En un momento en el que expresiones como “prioridad nacional” ocupan el centro del debate público, conviene recordar algo básico: las palabras no son neutrales. No solo describen el mundo; deciden qué parte de ese mundo vemos y cuál dejamos de ver.

Quizá la pregunta no sea solo qué es prioritario, sino a quién miramos cuando hablamos: si vemos una marabunta… o a cada una de las hormigas.


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Iraide Ibarretxe-Antuñano es Investigadora Principal en el proyecto “Motivación, iconicidad y arbitrariedad en el procesamiento del lenguaje multimodal (MOTIV)” (Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, PID2021-123302NB-I00). Coordina el Grupo de Acción ICON del Campus Íberus, el grupo de innovación Innolingua+ y la iniciativa Lingüística para Todos. Dirige la plataforma de divulgación Zaragoza Lingüística a la Carta (Grupo Psylex, H-11-17R).

ref. ¿Qué imaginamos cuando alguien dice ‘mena’? – https://theconversation.com/que-imaginamos-cuando-alguien-dice-mena-273168

Buscando alcanzar la experiencia de lo sublime con el arte contemporáneo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Echarri Iribarren, Responsable del Área Educativa del Museo Universidad de Navarra, Universidad de Navarra

El arte contemporáneo puede generar vivencias muy intensas y significativas para las personas. Así le sucedió por ejemplo a la coleccionista Dominique de Menil al contemplar la obra del estadounidense Mark Rothko. Se sintió en paz, abrazada y libre. Las lágrimas acudieron a sus ojos. A tenor de su experiencia, podríamos decir que la obra de Rothko permite experimentar lo sublime, ya que en sus rectángulos de color puede recogerse toda la vastedad de un paisaje inmenso.

Los museos de arte contemporáneo pueden promover la educación estética de los visitantes. Cada obra envía constantemente diferentes mensajes al espectador y crea una conexión entre la persona y el arte que proporciona experiencias significativas. Estas conexiones pueden establecerse también para la contemplación de lo sublime, frecuentemente desarrollado en el arte, ya que suele tener fuertes repercusiones tanto cognitivas como emocionales y espirituales.

Aunque lo sublime surge en el siglo I, el concepto se atribuye, sobre todo, a los filósofos Edmund Burke e Immanuel Kant quienes, en el siglo XVIII, ahondaron en sus posibilidades filosóficas. El término hace referencia a la magnificencia de la naturaleza, a su enorme vastedad y belleza. Pero también tiene un componente de sentimiento hacia lo terrible de la pequeñez de la persona frente a la magnitud del mundo. Lo sublime es algo que puede hacer que la persona se pregunte sobre el sentido de su existencia.

¿Arte figurativo o abstracto?

Para entender cómo ocurren las conexiones entre los espectadores y el arte, realizamos un estudio sobre la relación que puede haber entre la experiencia estética y lo sublime. Lo hicimos a través de la contemplación del arte contemporáneo en oposición al figurativo. Además, decidimos analizarlo específicamente en un grupo de Personas Altamente Sensibles (PAS), algo que nunca se había hecho antes.

Las PAS pertenecen a un grupo escasamente estudiado en literatura científica. Se caracterizan por tener una alta sensibilidad hacia la estética y una fuerte capacidad para obtener profundos y trascendentes significados desde la obra de arte. Nuestro objetivo era conocer su respuesta concreta a la contemplación del arte contemporáneo.

Con este objetivo, utilizamos dos obras del Museo Universidad de Navarra, pertenecientes a dos corrientes artísticas diferentes. Para el estudio del estilo figurativo, caracterizado por poder reconocer en él los objetos representados, se escogieron paisajes montañosos en blanco y negro de Infinito artificial (2014) del artista Fernando Maselli. Para el estudio del estilo abstracto, en concreto el expresionismo abstracto de Mark Rothko, analizaron su obra Sin título (1969), donde no se detectan objetos concretos sino que solo existen campos de color. Queríamos ver si, dependiendo de cada uno de los estilos, existían diferencias en la experiencia estética obtenida.

Para la evaluación de la “experiencia estética de lo sublime” creamos una escala propia, en la que se consideraron cuatro dimensiones: percepción, emoción, cognición y espiritualidad. En cada una de ellas se incluían diferentes ítems que permitían obtener información desglosada sobre aspectos como la admiración, el sentido de la vida, la belleza, el miedo o el asombro. La conjunción de todas estas dimensiones determinaba en conjunto la experiencia obtenida.

Además se realizó una pregunta cualitativa en la que se les pedía describir con sus propias palabras cómo había sido su experiencia de contemplación de la obra de arte.

Alcanzar lo sublime

Tras la contemplación de las obras de arte, podemos decir que los resultados muestran que estos individuos pueden experimentar intensamente las obras de arte contemporáneo en relación con lo sublime, sean figurativas o abstractas.

En el análisis cualitativo se recogieron respuestas como “es maravilloso”, “me he encontrado increíblemente bien”, “el poder de contemplar un paisaje sublime me ha permitido acceder a sus misterios y empatizar con ello”. El concepto de lo sublime aparece representado a través de palabras que implican relación directa con ello, como “lo infinito”, “lo inalcanzable” o “la inmensidad”. Además, se ve reflejado con altas puntuaciones en las experiencias y en las diferentes dimensiones personales: perceptuales, cognitivas, emocionales y espirituales, tanto para el estilo figurativo como para el abstracto.

Aunque las conclusiones no permiten extrapolar los resultados a personas que no sean PAS, sí que permiten afirmar que el arte puede generar experiencias intensas y muy significativas relacionadas con el concepto de sublime. Hasta ahora, solo existían análisis teóricos sobre la experiencia de lo sublime a través del arte en un grupo concreto de personas, no empíricos. Por lo tanto, sería conveniente seguir realizando investigaciones para estudiarla con otras obras de arte y otros estilos.


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Fernando Echarri Iribarren trabaja para el Museo Universidad de Navarra

Natalia Verea García es delegada en Navarra de la Asociación Española de Educación Sensible (AEES). La AEES participa en el programa SociARTE del Museo Universidad de Navarra, que se desarrolla con el apoyo de Fundación La Caixa.

Teresa Barrio Fernández no recibe financiación externa relevante a título personal, pero sí la organización para la que trabaja. Concretamente el proyecto SociArte, que permite la realización de actividades como la descrita, es financiado por la Fundación la Caixa. Trabaja para el MUN (Universidad de Navarra) y es miembro individual del Consejo Internacional de Museos (ICOM), organización internacional de museos y profesionales de museos.

Ignacio Miguéliz Valcarlos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Buscando alcanzar la experiencia de lo sublime con el arte contemporáneo – https://theconversation.com/buscando-alcanzar-la-experiencia-de-lo-sublime-con-el-arte-contemporaneo-275609

10 claves por las que la ciencia puede perder terreno en una sociedad desinformada

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ana Muñoz van den Eynde, Responsable de la Unidad de Investigación en Ciencia, Tecnología y Sociedad (UICTS), Centro de Investigaciones Energéticas, Medioambientales y Tecnológicas (CIEMAT)

Roman Samborskyi/Shutterstock

Las transformaciones que han tenido lugar desde el fin de la Guerra Fría han aumentado la polarización política en muchas partes del mundo hasta niveles nunca vistos. Las diferencias y los conflictos se alinean, generando además una intensa reacción emocional: negativa hacia el “otro”, pero positiva y acrítica hacia los “nuestros”. Se construye así una dinámica pueblo-antipueblo.

En combinación con la desinformación, la verdad también se polariza: hay una por cada ideología o clase social. Por ello, se hace difícil construir significados compartidos.

La polarización afecta a la esfera política y social, influye en la confianza en las instituciones y condiciona cómo se percibe la ciencia.

En el siglo XXI se suceden las crisis. La combinación de la polarización con el malestar que las crisis generan está produciendo a nivel mundial una tendencia a desconfiar de las personas que piensan de manera distinta, creen en otros valores, afrontan los problemas de manera diferente o tienen un estilo de vida o un nivel cultural distinto del nuestro. Eso contribuye a que se confíe más en las recomendaciones de personas cercanas que en las de los expertos.

La información se valora por su utilidad identitaria

La desinformación es un elemento central a la hora de construir los nuevos contextos en los que se inscribe la percepción social de la ciencia. No se reduce únicamente a la difusión de contenidos falsos, sino que configura un ecosistema en el que la información contrastada compite con bulos, interpretaciones interesadas y mensajes orientados a activar emociones.

La información deja de valorarse por su veracidad y pasa a consumirse en función de su utilidad identitaria y emocional. Es lo que conocemos como razonamiento motivado, entendido como la tendencia a aceptar y compartir aquella información que confirma las propias creencias, y a sospechar de la que las contradice.

Como señaló Harry Frankfurt en su libro On Bullshit: sobre la manipulación de la verdad, cuando las personas mienten, creen en la verdad y, como les importa, se esfuerzan por ocultarla. En un contexto de desinformación, la verdad deja de ser importante y se tergiversa para conseguir un objetivo o, simplemente, para controlar la narrativa.

Este es el caldo de cultivo del que se nutre el conspiracionismo. Ofrece relatos simples, cohesionadores y críticos, capaces de ordenar la incertidumbre atribuyendo causalidad a la acción oculta de élites, gobiernos o intereses privados.

La pandemia de la covid-19 intensificó de forma extraordinaria la interacción de estos elementos en su relación con el conocimiento científico. El temor social, la incertidumbre en las decisiones y el conocimiento limitado, coincidieron con una circulación masiva de bulos sobre el origen del virus, las medidas sanitarias y las vacunas. Como resultado, se dudó de la veracidad de la información y se cuestionó la legitimidad de las instituciones científicas, sanitarias y políticas.

Esta sospecha hacia la ciencia y las instituciones adquiere una expresión política e identitaria, dando lugar a lo que conocemos como populismo científico: la idea de que la gente corriente es una fuente legítima, o incluso superior, de conocimiento frente a unas elites académicas corruptas que se perciben como agentes con agenda propia que proclaman la verdad desde su torre de marfil. Esta revolución del sentido común supone una impugnación de la hegemonía cultural de los expertos en la que se cuestiona el privilegio de decidir qué cuenta como verdad.

La percepción social de la ciencia

Teniendo en cuenta este contexto, hemos preguntado a la población su opinión sobre distintos aspectos involucrados en la percepción social de la ciencia en el marco del proyecto PICA-CI y hemos analizado algunas de estas tendencias para intentar entender mejor la situación en la que nos encontramos. Estas son algunas de las conclusiones:

  1. Explicamos bien el conspiracionismo con cuatro variables: ideología (la más importante), exposición a noticias positivas sobre ciencia, exposición a noticias negativas sobre ciencia y actitud conspirativa hacia la misma. Cuanto más conservadoras las personas, más exposición a noticias negativas y más actitud conspirativa hacia la ciencia.

  2. La actitud conspirativa hacia la ciencia no es en realidad una actitud hacia la ciencia, sino un componente del conspiracionismo. Es decir, la ciencia se ha convertido en una institución más de las que desconfiar para quienes piensan de manera conspirativa.

  3. Las personas más conservadoras confían menos en el gobierno, la democracia y la justicia. Se puede interpretar este resultado como un efecto de la polarización. Habría que ver qué ocurre con un gobierno conservador.

  4. La ideología tiene un efecto doble en la imagen de la ciencia que va en sentido contrario. Influye negativamente a través del conspiracionismo. Pero influye positivamente de manera directa: las personas más conservadoras tienen una actitud más positiva ante la ciencia y mayor conocimiento de ella, aunque su actitud ante la ciencia es más idealizada y acrítica.

  5. Cuanto más se piensa de manera conspirativa, menor conocimiento se tiene sobre ciencia.

  6. Las personas muestran una imagen positiva de sí mismas, pero muestran una peor imagen de los demás; por ejemplo, están de acuerdo con la frase “la gente se irrita por cualquier cosa”. Es lo que hemos llamado clima social.

  7. Al intentar medir la actitud negativa hacia la ciencia, ha tenido más peso la idea de que está manipulada (“La ciencia está al servicio del poder”) que la actitud puramente negativa (“La ciencia no se preocupa por las necesidades de la gente”).

  8. Las personas más interesadas, y las que saben más, tienen una actitud más positiva hacia la ciencia. En cambio, el conspiracionismo disminuye esa actitud positiva.

  9. Confiar en las instituciones contribuye a tener una actitud idealizada hacia la ciencia. El conspiracionismo, sin embargo, ejerce el efecto contrario, pero influye menos en esta actitud que en la positiva. Esto sugiere que las maneras de pensar extremas se acaban tocando porque tener una imagen idealizada y poco realista de la ciencia también es negativo.

  10. Es habitual encontrar un alto interés por la ciencia en la población. Nuestros resultados coinciden pero, al mismo tiempo, muestran un menor interés por aprender o por invertir tiempo y esfuerzo en mejorar la comprensión de la ciencia.

Los resultados muestran que la realidad no es blanca y negra. Muestran también que la imagen de la ciencia es muy compleja. En este escenario, reconstruir la confianza en la ciencia exige algo más que combatir bulos: implica generar espacios compartidos, reforzar la educación crítica y reducir la polarización.

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Ana Muñoz van den Eynde recibe fondos de la Agencia Estatal de Investigación y la Fundación Española para la Ciencia y la Tecnología y es socia de la Asociación Española para el Avance de la Ciencia.

Ramón Iker Soria Royuela recibe fondos de la Agencia Estatal de Investigación y la Fundación Española para la Ciencia y la Tecnología.

Unai Coto Suárez recibe fondos de la Agencia Estatal de Investigación y la Fundación Española para la Ciencia y la Tecnología

ref. 10 claves por las que la ciencia puede perder terreno en una sociedad desinformada – https://theconversation.com/10-claves-por-las-que-la-ciencia-puede-perder-terreno-en-una-sociedad-desinformada-280237

Atender trastornos de desarrollo en las aulas de infantil: enfoques que funcionan

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Valentín Iglesias Sarmiento, Profesor, Universidade de Vigo

Robert Kneschke/Shutterstock

La escuela es hoy uno de los entornos más decisivos –y más infrautilizados– para garantizar que los niños con trastornos del desarrollo o en riesgo reciban la atención que necesitan en el momento en que más importa.

Para entender por qué, hay que empezar por el principio.

Qué es la atención temprana y a quién va dirigida

La atención temprana es el conjunto de intervenciones dirigidas a la población infantil de 0 a 6 años –con trastornos en el desarrollo o en riesgo de padecerlos– con el objetivo de responder lo antes posible a sus necesidades transitorias o permanentes. Pueden ser trastornos del desarrollo motor, cognitivo, sensorial, del lenguaje, generalizado, conductual y emocional; o la monitorización de niños con factores de riesgo biológico –nacimiento prematuro, bajo peso al nacer, enfermedades crónicas– y de niños con riesgo psicosocial derivado de situaciones de vulnerabilidad familiar o socioeconómica.

Las experiencias tempranas –la calidad de los vínculos afectivos, la respuesta a las necesidades específicas de cada niño, la riqueza del entorno– contruyen el desarrollo de los más pequeños porque las conexiones que el cerebro establece en estos primeros años forman la arquitectura sobre la que se edificarán todos los aprendizajes y comportamientos posteriores. Y esa arquitectura es extraordinariamente plástica en los primeros años –especialmente entre los 0 y los 6– y más difícil de modificar con el tiempo.




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El enfoque contemporáneo de la atención temprana apuesta por trabajar en los entornos naturales del niño, integrando los apoyos en las rutinas cotidianas, con la familia como agente activo y con los profesionales de la educación como colaboradores esenciales.

En este marco, la escuela infantil deja de ser el destino al que llega el niño después de la atención temprana: debe actuar como receptora de los servicios de atención temprana y, al mismo tiempo, trabajar activamente en la detección de estas necesidades y en atenderlas.




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Un mandato legal con mucho por desarrollar

Aunque la ley de educación española y el Real Decreto 95/2022 establecen los principios de educación inclusiva y apuestan por la detección precoz y la atención temprana, los datos más recientes muestran que solo algunas comunidades han dado pasos concretos en la articulación entre servicios.

La transición del servicio de atención temprana a la escuela es uno de los momentos más angustiosos del proceso para muchas familias. En un breve periodo de tiempo, estos pequeños pueden pasar por distintos sistemas –sanitario, servicios sociales, asociaciones, atención temprana y el propio centro educativo– y, dentro de la propia escuela, por espacios como el aula ordinaria, el aula de apoyo, el comedor o el gimnasio, entre otros lugares donde se desarrollan actividades escolares y extraescolares.

Los equipos que les han acompañado desde el diagnóstico ceden el relevo a maestros que, en demasiados casos, no han recibido información suficiente sobre sus necesidades e identifican la coordinación con los servicios de atención temprana como el punto más débil de toda la práctica docente, pese a que desde 2023 existe una Hoja de Ruta para la mejora de la atención temprana en España para la coordinación interadministrativa entre los ámbitos sanitario, social y educativo.

Objetivos inalcanzables de inclusión

Los datos españoles son preocupantes. La investigación reciente muestra que solo una minoría de los docentes de educación infantil y primaria se considera realmente preparada para objetivos inclusivos. Además, alrededor de la mitad no se siente competente para dar respuesta a las necesidades educativas de su alumnado. Los propios maestros señalan que la formación universitaria recibida no les capacita para diseñar currículums inclusivos.

Ubicar a un alumno con discapacidad en un aula ordinaria sin cambiar la organización, el currículum ni las estrategias de enseñanza no garantiza su participación, solo su acceso al sistema educativo y, por tanto, no es inclusión.

Los expertos definen cinco condiciones para que la inclusión sea real: acceso progresivo y universal a la educación infantil, equipos con formación adecuada para atender la diversidad, currículum holístico que responda a todos los niños, sistemas de evaluación basados en evidencia, y liderazgo institucional comprometido. En España, la mayoría siguen siendo asignaturas pendientes.

Tres enfoques inspiradores para el aula de infantil

¿Y qué puede hacer un maestro de educación infantil –aquí y ahora– para avanzar hacia esa escuela inclusiva? La evidencia apunta a tres enfoques complementarios:

  • La enseñanza estructurada (TEACCH). Desarrollado inicialmente para niños con trastorno del espectro autista, el enfoque TEACCH –basado en la estructuración del espacio, el tiempo, los sistemas de actividad y los apoyos visuales– ha demostrado ser beneficioso para todo el alumnado. Un aula con espacios bien definidos, horarios visuales y rutinas predecibles reduce la ansiedad, facilita la anticipación y libera recursos cognitivos para el aprendizaje. No es una adaptación para unos pocos: es buena pedagogía para todos.

  • El diseño universal para el aprendizaje (DUA 3.0) ayuda a los docentes a diseñar propuestas que respondan desde el principio a la diversidad del aula, en lugar de adaptar a posteriori lo que no funciona para algunos. La última versión (3.0) refuerza sus tres principios clásicos –múltiples formas de implicación, de representación, y de acción y expresión– con nuevos énfasis: la identidad del aprendiz, el aprendizaje colectivo e interdependiente, y el reconocimiento de los sesgos sistémicos como barreras para el aprendizaje.

  • El sistema de apoyo multinivel (MTSS). El MTSS organiza la respuesta educativa en tres niveles de intensidad creciente: intervención universal para todo el alumnado, intervención dirigida para quienes muestran dificultades, e intervención intensiva e individualizada. Su fortaleza reside en que integra detección precoz, seguimiento continuo del progreso, toma de decisiones basada en evidencia y coordinación entre docentes, especialistas, familias y servicios externos.




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El currículo multinivel: todos aprenden juntos

Un cuarto elemento, complementario a los anteriores, es el currículo multinivel, sistematizado en España por Asunción González del Yerro en colaboración con Plena Inclusión.

Si el DUA es el marco que orienta cómo diseñar propuestas accesibles para todos, el currículo multinivel es la herramienta que lo concreta en una lección específica: todos los alumnos trabajan el mismo concepto al mismo tiempo, pero con distintos niveles de complejidad en la presentación, la práctica y la evaluación.

El punto de partida es el perfil de aprendizaje: una recogida sistemática de información sobre las capacidades, intereses, estilo de aprendizaje y necesidades de cada niño, que la maestra construye al inicio del curso y actualiza a lo largo del tiempo. Esto es lo que permite planificar con sentido.

Imaginemos una actividad sobre los animales del entorno. Algunos niños están comenzando a categorizar: identifican y nombran animales de su vida cotidiana con apoyo de imágenes. Otros son ya capaces de agruparlos según donde viven –tierra, agua, aire– con materiales manipulativos. Y otros, con mayor dominio del lenguaje, inventan una historia protagonizada por uno de ellos y la cuentan al grupo. Tres formas de acceder al mismo contenido; todos presentes en la misma asamblea, todos aportando y aprendiendo.

Atención temprana en la escuela

Los niños con trastornos del desarrollo o en riesgo llegan a la escuela con una historia de apoyos, de vínculos terapéuticos, de estrategias familiares construidas a lo largo de años. La escuela infantil tiene la responsabilidad –y la oportunidad– de recoger esa historia y construir sobre ella, en coordinación estrecha con las familias y con los profesionales que han acompañado al niño antes.

Eso requiere formación, recursos y liderazgo pedagógico comprometido. Pero, sobre todo, requiere un cambio de perspectiva colectivo. La atención temprana no termina cuando el niño entra al aula. En buena medida, ahí es donde empieza de verdad.

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Valentín Iglesias Sarmiento recibe fondos de Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades en el marco del proyecto “Predictores Longitudinales del logro matemático multicomponente (LOPREMMA)”. Ref: PID2023-148052NB-I00.

Leire Pérez Pérez recibe fondos de Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades en el marco del proyecto “Predictores Longitudinales del logro matemático multicomponente (LOPREMMA)”. Ref: PID2023-148052NB-I00.

ref. Atender trastornos de desarrollo en las aulas de infantil: enfoques que funcionan – https://theconversation.com/atender-trastornos-de-desarrollo-en-las-aulas-de-infantil-enfoques-que-funcionan-279589

Claves para buscar el mejor lugar desde donde observar el próximo eclipse de sol

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco José Torcal Milla, Profesor Titular. Departamento de Física Aplicada. Centro: EINA. Instituto: I3A, Universidad de Zaragoza

No queda prácticamente nada para que podamos disfrutar del eclipse total de Sol del 12 de agosto de 2026, un fenómeno excepcional que ensombrecerá buena parte del noreste de España cerca del ocaso. Muchos aficionados ya están pensando desde qué lugar lo observarán.

El pasado 29 de abril actuó como un día “espejo” del eclipse, ya que el Sol se situaba aproximadamente a la misma hora en una posición muy parecida a la que ocupará durante el esperado 12 de agosto, comenzando la parcialidad en el intervalo entre las 17:30 y las 19:30 (hora peninsular) y la totalidad cerca de las 20:30, justo antes de la puesta de sol.




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El movimiento de los astros

Desde la Antigüedad, la observación del cielo ha permitido comprobar que los astros presentan movimientos periódicos, es decir, repiten posiciones y trayectorias siguiendo intervalos regulares de tiempo. Esta periodicidad se manifiesta en fenómenos tan conocidos como la sucesión del día y la noche, las fases de la Luna, las estaciones del año o la reaparición cíclica de determinados cuerpos celestes.




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El estudio de estos ciclos fue esencial para el desarrollo de los calendarios, la navegación y, en definitiva, para el nacimiento de la astronomía científica.

En el sistema solar, esta regularidad se debe principalmente a los movimientos de rotación y traslación de sus cuerpos: la Tierra gira sobre su eje cada 24 horas y completa una vuelta alrededor del Sol cada año; la Luna orbita la Tierra aproximadamente cada 28 días; y el resto de los planetas siguen órbitas regulares con periodos que van desde los 88 días de Mercurio hasta los 165 años de Neptuno, hablando siempre en términos terrestres.

El 29 de abril fue el día espejo

Durante los últimos días se ha popularizado en redes sociales y medios de comunicación la expresión día “espejo” del eclipse total de Sol de agosto de 2026. Con ello se hace referencia a una fecha en la que la posición aparente del Sol y su recorrido diario por el cielo son muy similares a los que tendrá el día del eclipse.

Si fuéramos completamente estrictos, habría que matizar que la posición exacta del Sol en un punto del cielo solo se repite de forma precisa al cabo de un año. Sin embargo, dentro del ciclo anual existen fechas que presentan una geometría solar muy parecida y que resultan enormemente útiles para planificar observaciones.

Pues bien, el 29 de abril nuestra estrella se encontraba prácticamente a la misma distancia temporal del solsticio de verano que el 12 de agosto de 2026: unos 52 días antes y 52 días después, respectivamente.

Esta disposición casi simétrica dentro del año provoca que la trayectoria aparente del Sol en ambas fechas sea muy semejante. Como consecuencia, la altura del Sol sobre el horizonte, la duración del día y el arco que describe desde el amanecer hasta el atardecer resultan muy parecidos.

Eso convertía el día espejo (y el día siguiente, como referencia, tampoco estaba mal) en una excelente ocasión para comprobar si el lugar que habíamos pensado para ver el eclipse ofrece buenas condiciones: horizonte despejado, ausencia de obstáculos, accesos cómodos o una buena panorámica hacia la zona donde se pondrá el Sol.

Un “mapa de sombra”

Calma. Si no pudo desplazarse el 29 de abril al lugar elegido, no hay problema. El Instituto Geográfico Nacional pone a disposición del público su conocido “mapa de sombra”: un visualizador interactivo con información detallada del eclipse, horarios y localizaciones. A través de esta herramienta es posible conocer de forma inmediata la hora de inicio y final del eclipse en cualquier punto concreto, así como la altura del Sol sobre el horizonte en cada fase del fenómeno. Resulta especialmente útil para comparar distintos lugares y decidir cuál puede ofrecer mejores condiciones de observación.

Eso sí, conviene recordar que el visor se basa en modelos de relieve y no contempla obstáculos cercanos como edificios, árboles u otras estructuras que sí podrían afectar a la visibilidad real.

El eclipse total de Sol del 12 de agosto de 2026 será uno de los grandes acontecimientos astronómicos de las próximas décadas en España. Por eso, cualquier oportunidad para preparar con antelación la observación merece la pena. Y hoy, 29 de abril, tenemos una ocasión privilegiada para hacerlo, simplemente mirando al cielo.

The Conversation

Francisco José Torcal Milla no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Claves para buscar el mejor lugar desde donde observar el próximo eclipse de sol – https://theconversation.com/claves-para-buscar-el-mejor-lugar-desde-donde-observar-el-proximo-eclipse-de-sol-281658

Supreme Court considers whether police can use Big Tech data to capture info from all cellphone users in a place and time

Source: The Conversation – USA – By Anne Toomey McKenna, Affiliated Faculty Member, Institute for Computational and Data Sciences, Penn State

Police got cellphone data for many people who happened to be in this area near the time of a bank robbery. AP Photo/Steve Helber

Google tracks the vast majority of cellphones in the United States, collecting your location, usage and device data through installed software and apps. The tracking occurs by various autonomous processes you cannot see or stop, even when you turn off location history, and Google and other companies keep that data for years. Outside of your control and wherever you go, your cellphone continuously creates a durable and revealing digital trail, and law enforcement agencies can get warrants to obtain it.

But some of those warrants aren’t looking for data about a specific person. Instead, police are compelling tech companies to reveal every cellphone in a particular area during certain time periods. Called geofence warrants, their use is at the heart of a case before the U.S. Supreme Court that will determine what the Fourth Amendment’s protections against unreasonable search and seizure mean in the digital age.

The Supreme Court case Chatrie v. United States involves the hunt for a suspect in an armed bank robbery in busy Midlothian, Virginia, in May 2019, and how police settled on a man named Okello Chatrie as the perpetrator.

Detective Joshua Hylton was granted a geofence warrant that compelled Google to search its database and identify every cellphone in a 17½-acre area around the bank, including private residences and a church, for a period of two hours. Working closely with Google, police ultimately narrowed in on Chatrie. When the trial court denied Chatrie’s motion to suppress the geofence-derived evidence, Chatrie appealed.

The Supreme Court will decide if, when and how law enforcement can use geofences. It matters because all cellphone-carrying people can end up in tomorrow’s geofence, like all those who were unknowingly grabbed in the Chatrie search. And nearly all users are unaware of these fences. No one specifically consents to be included in them, but people have no choice. What happened in the Chatrie case is a feat otherwise impossible but for advances in location tracking technology and advanced AI systems.

As a privacy, electronic surveillance and tech law attorney, author and legal educator, I have spent years researching, writing, educating and advising about these kinds of privacy and legal issues, and my books on electronic surveillance and evidence are routinely cited and relied upon by courts grappling with these issues.

a woman walks in between a brick and cement buidling and a parking lot
A customer walks out of a credit union in Virginia where a robbery in 2019 set in motion events that led to a Supreme Court case.
AP Photo/Steve Helber

How geofences work

Geofences are part of modern life. By carrying your smartphone and other devices, you generate location and other device activity data. That data is collected, stored, analyzed, and bought and sold by multiple companies. The location history data being collected about you is what makes geofences possible, and it is comprehensive and precise.

Location history relies on a variety of sources of data that can include cell tower location, cellphone data such as connections to Wi-Fi networks and Bluetooth sources, and cellular data sent via cell tower. This means the communications you received and sent and the apps you used can be swept up in a geofence.

Advanced AI technologies analyze that data to discern increasing amounts of personal and behavioral data – insights about people, groups and activities – that can be used for a variety of purposes, including targeted advertising. Your rich location history and device data get snatched up regularly in such fences by private companies; your present and past self travels through them constantly.

A geofence can be in real time, for instance to identify and track who is at a protest, or any period in the past decade or so. It can be dynamically generated, like a circle around a specific location, or it could be a predefined set of boundaries, such as a specific address or area defined by streets or other geographical boundaries. One geofence warrant that Google received covered 2.5 square miles of San Francisco for a period of 2½ days.

There has been a significant increase in law enforcement’s use of geofence warrants over the past decade. Google revealed in court that it received a 1,500% percent increase in geofence requests from 2017 to 2018, a 500% percent increase from 2018 to 2019, and by 2020, it had 11,500 geofence warrants in a year. Between 2021 and 2023, geofence warrants made up over 25% of all warrants that Google received from law enforcement agencies in the United States.

a hand holds a smartphone displaying a map with a map in the background
If you carry a smartphone around with you, Google and other tech companies keep track of where you are and everywhere you’ve been.
Dilara Irem Sancar/Anadolu via Getty Images

Search warrants and the Fourth Amendment

The Fourth Amendment is the foundation on which all U.S. electronic privacy laws rest. When government agents want to search or seize a person, place or thing – absent consent or emergency – the Fourth Amendment requires agents to obtain a court-approved warrant based on probable cause. Agents do this by providing a judge with enough evidence to establish probable cause that the person, place or thing to be searched or seized is associated with a crime.

The resulting warrant must describe with “particularity” the specific person, place or thing to be searched or seized. If these requirements are not met, the search is unreasonable and therefore unlawful, and evidence obtained in that search cannot be used in court, barring a good-faith exception.

The Fourth Amendment’s “particularity” requirement strictly forbids general warrants, historically used by British troops against Colonists to engage in overly broad or all-encompassing searches.

Reverse warrants

The only “particularity” that police can specify in applying for a geofence warrant is that a crime occurred at a particular time and place. Hence, geofence warrants are often called reverse warrants because they literally reverse the traditional process of conducting an investigation to identify a suspect and then obtain a warrant to gather information on that suspect. Geofence warrants gather all devices in a time and place, and then, aided by technology, police sift through for potential suspects.

The execution of a geofence warrant is very different from that of a typical warrant. Litigation records reveal a collaborative effort between law enforcement and Google that follows a three-step process. First, law enforcement officials specify in the warrant a time and place to be searched. The data they’re seeking is not merely a list of cellphone devices in the area; it is usually more detailed. For instance, it could include data about whether a device accessed a particular email account or app or sent a text at the time it was in the area of the geofence.

Second, the company provides the officials with an anonymized list of users or devices matching the warrant’s criteria. At this point, things start to become more fluid, and the officials may seek additional information about specific users outside of the initial search parameters.

Third, law enforcement officials then analyze the information and request that the company “unmask” certain users. In complying, Google may tell police the account holder’s name, their address, their email address, and even whether they were communicating or using certain apps during the relevant time. The officials then decide whether any of the users may be connected to the crime.

This close work between the private entity – usually Google – and law enforcement throughout the geofence warrant process raises significant privacy and civil liberties concerns. It also does not appear that there is any court review or judicial oversight during this give-and-take between law enforcement officers and Google in the geofence warrant process.

A split among appeals courts

In the Chatrie case, the trial court took issue with the geofence warrant police used, finding that it lacked particularized probable cause. But the trial court also determined that the officers in question had relied on the defective warrant in good faith, and thus it ruled the geofence evidence could be used against the defendant.

On appeal to the 4th U.S. Circuit Court of Appeals, a divided panel affirmed the trial court’s decision, and it concluded, over vigorous dissent, that obtaining the geofence data was not a search. The full 4th Circuit affirmed the trial court’s decision.

But the 4th Circuit’s 2024 Chatrie decision stands at odds with the 5th Circuit’s 2024 decision in United States v. Smith. In the Smith case, the 5th Circuit ruled that “geofence warrants are modern-day general warrants and are unconstitutional under the Fourth Amendment.” This split among the federal appeals courts should be resolved by the Supreme Court in its Chatrie decision.

Chatrie and the Supreme Court

For decades, the court has grappled with law enforcement’s use of technologies to track the location of people or things, issuing decisions about cell site location information and GPS. It has ruled that the U.S. Constitution requires law enforcement agents to obtain a warrant to track a person using their cellphone location history data or GPS, barring exigent circumstances.

The government is arguing in the Chatrie case that users voluntarily consented to the collection of location history, so they have no reasonable expectation of privacy in the data, and thus there is no violation of the Fourth Amendment.

Some of the amicus briefs filed in support of the defendant assert that electronic location data is protected by the Fourth Amendment’s warrant requirement, and that the geofence warrant fails to satisfy the Fourth Amendment’s particularity requirement. Some also argue that approving this warrant would open the door to a variety of reverse search warrants. And some contend that there is no meaningful consent or voluntariness around the data collection that underpins geofence technology.

Questions from the Supreme Court justices during oral arguments on April 27, 2026, indicate that at least some of them consider geofence warrants to be general warrants and thus unconstitutional. But for now, we wait.

The Conversation

Anne Toomey McKenna serves on the Advisory Board to the Institute for Electrical and Electronics Engineers (IEEE)-USA’s Artificial Intelligence Policy Committee (AIPC) and Chairs multiple AIPC subcommittees. The AIPC work involves subject matter and education-related interaction with U.S. Senate and House congressional staffers and the Congressional AI Caucus. McKenna has received funding from the National Security Agency for the development of legal educational materials about cyberlaw (a course which the government still makes available online for the public) and funding from The National Police Foundation together with the U.S. Department of Justice-COPS division for legal analysis regarding the use of drones in domestic policing.

ref. Supreme Court considers whether police can use Big Tech data to capture info from all cellphone users in a place and time – https://theconversation.com/supreme-court-considers-whether-police-can-use-big-tech-data-to-capture-info-from-all-cellphone-users-in-a-place-and-time-281505

Supreme Court geofencing case weighs constitutionality of digital dragnets – and how far your rights go in the data Big Tech collects on you

Source: The Conversation – USA – By Anne Toomey McKenna, Affiliated Faculty Member, Institute for Computational and Data Sciences, Penn State

Police got cellphone data for many people who happened to be in this area near the time of a bank robbery. AP Photo/Steve Helber

Google tracks the vast majority of cellphones in the United States, collecting your location, usage and device data through installed software and apps. The tracking occurs by various autonomous processes you cannot see or stop, even when you turn off location history, and Google and other companies keep that data for years. Outside of your control and wherever you go, your cellphone continuously creates a durable and revealing digital trail, and law enforcement agencies can get warrants to obtain it.

But some of those warrants aren’t looking for data about a specific person. Instead, police are compelling tech companies to reveal every cellphone in a particular area during certain time periods. Called geofence warrants, their use is at the heart of a case before the U.S. Supreme Court that will determine what the Fourth Amendment’s protections against unreasonable search and seizure mean in the digital age.

The Supreme Court case Chatrie v. United States involves the hunt for a suspect in an armed bank robbery in busy Midlothian, Virginia, in May 2019, and how police settled on a man named Okello Chatrie as the perpetrator.

Detective Joshua Hylton was granted a geofence warrant that compelled Google to search its database and identify every cellphone in a 17½-acre area around the bank, including private residences and a church, for a period of two hours. Working closely with Google, police ultimately narrowed in on Chatrie. When the trial court denied Chatrie’s motion to suppress the geofence-derived evidence, Chatrie appealed.

The Supreme Court will decide if, when and how law enforcement can use geofences. It matters because all cellphone-carrying people can end up in tomorrow’s geofence, like all those who were unknowingly grabbed in the Chatrie search. And nearly all users are unaware of these fences. No one specifically consents to be included in them, but people have no choice. What happened in the Chatrie case is a feat otherwise impossible but for advances in location tracking technology and advanced AI systems.

As a privacy, electronic surveillance and tech law attorney, author and legal educator, I have spent years researching, writing, educating and advising about these kinds of privacy and legal issues, and my books on electronic surveillance and evidence are routinely cited and relied upon by courts grappling with these issues.

a woman walks in between a brick and cement buidling and a parking lot
A customer walks out of a credit union in Virginia where a robbery in 2019 set in motion events that led to a Supreme Court case.
AP Photo/Steve Helber

How geofences work

Geofences are part of modern life. By carrying your smartphone and other devices, you generate location and other device activity data. That data is collected, stored, analyzed, and bought and sold by multiple companies. The location history data being collected about you is what makes geofences possible, and it is comprehensive and precise.

Location history relies on a variety of sources of data that can include cell tower location, cellphone data such as connections to Wi-Fi networks and Bluetooth sources, and cellular data sent via cell tower. This means the communications you received and sent and the apps you used can be swept up in a geofence.

Advanced AI technologies analyze that data to discern increasing amounts of personal and behavioral data – insights about people, groups and activities – that can be used for a variety of purposes, including targeted advertising. Your rich location history and device data get snatched up regularly in such fences by private companies; your present and past self travels through them constantly.

A geofence can be in real time, for instance to identify and track who is at a protest, or any period in the past decade or so. It can be dynamically generated, like a circle around a specific location, or it could be a predefined set of boundaries, such as a specific address or area defined by streets or other geographical boundaries. One geofence warrant that Google received covered 2.5 square miles of San Francisco for a period of 2½ days.

There has been a significant increase in law enforcement’s use of geofence warrants over the past decade. Google revealed in court that it received a 1,500% percent increase in geofence requests from 2017 to 2018, a 500% percent increase from 2018 to 2019, and by 2020, it had 11,500 geofence warrants in a year. Between 2021 and 2023, geofence warrants made up over 25% of all warrants that Google received from law enforcement agencies in the United States.

a hand holds a smartphone displaying a map with a map in the background
If you carry a smartphone around with you, Google and other tech companies keep track of where you are and everywhere you’ve been.
Dilara Irem Sancar/Anadolu via Getty Images

Search warrants and the Fourth Amendment

The Fourth Amendment is the foundation on which all U.S. electronic privacy laws rest. When government agents want to search or seize a person, place or thing – absent consent or emergency – the Fourth Amendment requires agents to obtain a court-approved warrant based on probable cause. Agents do this by providing a judge with enough evidence to establish probable cause that the person, place or thing to be searched or seized is associated with a crime.

The resulting warrant must describe with “particularity” the specific person, place or thing to be searched or seized. If these requirements are not met, the search is unreasonable and therefore unlawful, and evidence obtained in that search cannot be used in court, barring a good-faith exception.

The Fourth Amendment’s “particularity” requirement strictly forbids general warrants, historically used by British troops against Colonists to engage in overly broad or all-encompassing searches.

Reverse warrants

The only “particularity” that police can specify in applying for a geofence warrant is that a crime occurred at a particular time and place. Hence, geofence warrants are often called reverse warrants because they literally reverse the traditional process of conducting an investigation to identify a suspect and then obtain a warrant to gather information on that suspect. Geofence warrants gather all devices in a time and place, and then, aided by technology, police sift through for potential suspects.

The execution of a geofence warrant is very different from that of a typical warrant. Litigation records reveal a collaborative effort between law enforcement and Google that follows a three-step process. First, law enforcement officials specify in the warrant a time and place to be searched. The data they’re seeking is not merely a list of cellphone devices in the area; it is usually more detailed. For instance, it could include data about whether a device accessed a particular email account or app or sent a text at the time it was in the area of the geofence.

Second, the company provides the officials with an anonymized list of users or devices matching the warrant’s criteria. At this point, things start to become more fluid, and the officials may seek additional information about specific users outside of the initial search parameters.

Third, law enforcement officials then analyze the information and request that the company “unmask” certain users. In complying, Google may tell police the account holder’s name, their address, their email address, and even whether they were communicating or using certain apps during the relevant time. The officials then decide whether any of the users may be connected to the crime.

This close work between the private entity – usually Google – and law enforcement throughout the geofence warrant process raises significant privacy and civil liberties concerns. It also does not appear that there is any court review or judicial oversight during this give-and-take between law enforcement officers and Google in the geofence warrant process.

A split among appeals courts

In the Chatrie case, the trial court took issue with the geofence warrant police used, finding that it lacked particularized probable cause. But the trial court also determined that the officers in question had relied on the defective warrant in good faith, and thus it ruled the geofence evidence could be used against the defendant.

On appeal to the 4th U.S. Circuit Court of Appeals, a divided panel affirmed the trial court’s decision, and it concluded, over vigorous dissent, that obtaining the geofence data was not a search. The full 4th Circuit affirmed the trial court’s decision.

But the 4th Circuit’s 2024 Chatrie decision stands at odds with the 5th Circuit’s 2024 decision in United States v. Smith. In the Smith case, the 5th Circuit ruled that “geofence warrants are modern-day general warrants and are unconstitutional under the Fourth Amendment.” This split among the federal appeals courts should be resolved by the Supreme Court in its Chatrie decision.

Chatrie and the Supreme Court

For decades, the court has grappled with law enforcement’s use of technologies to track the location of people or things, issuing decisions about cell site location information and GPS. It has ruled that the U.S. Constitution requires law enforcement agents to obtain a warrant to track a person using their cellphone location history data or GPS, barring exigent circumstances.

The government is arguing in the Chatrie case that users voluntarily consented to the collection of location history, so they have no reasonable expectation of privacy in the data, and thus there is no violation of the Fourth Amendment.

Some of the amicus briefs filed in support of the defendant assert that electronic location data is protected by the Fourth Amendment’s warrant requirement, and that the geofence warrant fails to satisfy the Fourth Amendment’s particularity requirement. Some also argue that approving this warrant would open the door to a variety of reverse search warrants. And some contend that there is no meaningful consent or voluntariness around the data collection that underpins geofence technology.

Questions from the Supreme Court justices during oral arguments on April 27, 2026, indicate that at least some of them consider geofence warrants to be general warrants and thus unconstitutional. But for now, we wait.

The Conversation

Anne Toomey McKenna serves on the Advisory Board to the Institute for Electrical and Electronics Engineers (IEEE)-USA’s Artificial Intelligence Policy Committee (AIPC) and Chairs multiple AIPC subcommittees. The AIPC work involves subject matter and education-related interaction with U.S. Senate and House congressional staffers and the Congressional AI Caucus. McKenna has received funding from the National Security Agency for the development of legal educational materials about cyberlaw (a course which the government still makes available online for the public) and funding from The National Police Foundation together with the U.S. Department of Justice-COPS division for legal analysis regarding the use of drones in domestic policing.

ref. Supreme Court geofencing case weighs constitutionality of digital dragnets – and how far your rights go in the data Big Tech collects on you – https://theconversation.com/supreme-court-geofencing-case-weighs-constitutionality-of-digital-dragnets-and-how-far-your-rights-go-in-the-data-big-tech-collects-on-you-281505