Comment la philosophie d’Hartmut Rosa « résonne » avec les sports de glisse

Source: The Conversation – in French – By Jérôme Visioli, Maître de Conférences STAPS, Université de Bretagne occidentale

Zachary DeBottis/Pexels, CC BY

Le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa a développé une sociologie de la relation au monde qui distingue deux expériences fondamentales. D’un côté, l’« aliénation », lorsque l’individu se sent indifférent ou agressé par son environnement. De l’autre, la « résonance », expérience d’harmonie que les sportifs, entre autres, tendent à rechercher à travers leurs pratiques.


Selon Hartmut Rosa, la « résonance » repose sur quatre dimensions : être touché par le monde, entrer en relation avec lui sans chercher à le dominer, le transformer tout en acceptant d’être transformé et accueillir l’imprévisibilité de cette interaction. L’auteur souligne également que la recherche de l’expérience de résonance par les sportifs constitue l’un des principaux motifs de leur engagement durable dans la pratique, avec des enjeux importants en termes de bien-être.

Si les études empiriques visant à documenter les expériences de résonance et d’aliénation restent rares, on note actuellement un développement des recherches en sciences du sport autour de différentes pratiques (course, apnée, yoga, parkour, etc.). Cela s’illustre, par exemple, dans le numéro de la revue Sport, Ethics and Philosophy intitulé « Hartmut Rosa as a sport philosopher », que nous coordonnons avec Matthieu Quidu, Brice Favier-Ambrosini et Bernard Andrieu, à paraître en 2026.

À ce titre, les sports de glisse constituent un terrain particulièrement fécond, car ils mobilisent simultanément un rapport sensible à l’environnement naturel ou urbain, des interactions sociales marquées par la coopération et la reconnaissance entre pairs, une relation intime à la matérialité de l’équipement, un fort engagement corporel, mental et émotionnel (équilibre, risque, maîtrise technique), un rapport au temps singulier où alternent attente, répétition et fulgurance des instants de réussite.

Pour illustrer plus concrètement cet aspect, nous proposons de rendre compte d’une étude auprès de skateurs, menée avec Oriane Petiot, Pauline Prouff et Gilles Kermarrec, à paraître en 2026. L’objectif était de documenter résonance et aliénation à travers la documentation de récits d’expérience particulièrement marquants, correspondant à des incidents critiques. L’étude a été menée auprès de 50 skateurs âgés de 10 à 47 ans, dont 9 femmes et 41 hommes.

L’expérience de résonance en skateboard

L’expérience de résonance, c’est ce moment où une personne sent que « quelque chose vibre » entre elle et le monde. Dans le cadre de la pratique du skate, elle se divise en deux grandes catégories : la relation à la planche (74,2 %) et la relation à l’environnement (25,8 %).

La première regroupe la réussite dans une figure (47 %) et le dépassement de la peur (27,3 %). Dans le premier cas, la résonance est vécue comme une expérience d’harmonie entre corps, esprit et skateboard :

« Une session de skate où ma confiance en moi était totale. Je me sentais aligné avec toutes les planètes, presque dans un état de grâce. […] J’avais l’impression de me voir skater de l’extérieur et que mes capacités cognitives étaient amplifiées. »

Dans le second, elle naît du surpassement de soi face aux échecs et à la prise de risque :

« Après des tentatives ratées et beaucoup de peur, le trick passe enfin : un immense soulagement, une fierté et un bonheur intenses. »

Ces récits montrent que l’expérience de résonance émerge autant en lien avec la maîtrise de la planche que dans le dépassement de l’insatisfaction.

La deuxième catégorie (25,8 %) met en évidence la qualité de la relation au monde, structurée autour de deux sous-catégories : les moments avec les pairs (N = 15 ; 22,7 %) et les déplacements et découvertes de spots (N = 2 ; 3,0 %). Des moments d’émotions partagées illustrent une résonance collective, nourrie aussi par des projets communs où

« tout le monde vit le trick avec toi et t’encourage à le réussir ! […] Une joie folle, une immense satisfaction de partager un tel moment avec autant d’amis ».

Les voyages et découvertes de spots offrent également des expériences mémorables :

« Partir une semaine avec neuf potes… joie intense, liberté totale, euphorie, ivresse. »

Ces récits d’expérience soulignent l’importance du partage social des émotions liées à la découverte de nouveaux espaces de pratique.

L’expérience d’aliénation en skateboard

L’expérience d’aliénation correspond à une rupture du lien avec le monde, lorsque l’individu ne parvient plus à se sentir en relation vivante et signifiante avec son environnement. Dans le cadre de la pratique du skate, elle se divise en deux grandes catégories : la relation avec la planche (88,5 %) et la relation avec l’environnement ou les pairs (11,5 %).

Dans la première catégorie, l’aliénation découle principalement des blessures (45,9 %), des échecs répétés (32,8 %) et des difficultés d’apprentissage (9,8 %). Un jeune skateur raconte :

« Je me suis cassé le bras assez sérieusement […]. Dès que je suis tombé, j’ai su qu’il était cassé. »

L’expérience de la blessure est non seulement liée à la douleur, mais également à l’impossibilité de continuer à pratiquer le skateboard associée à une fragilisation de l’estime de soi et des liens sociaux :

« Boom, entorse ! […] tu réalises que tu ne pourras pas skater pendant un ou deux mois. »

Les échecs répétitifs suscitent également une forte insatisfaction :

« Après des dizaines d’essais sur un trick, tu te sens capable, mais ça ne passe pas […] fatigue, nervosité, frustration m’ont fait littéralement craquer. »

La seconde catégorie porte sur la relation au social, et représente 11,5 % des expériences d’aliénation, autour de la pression sociale et de la compétition (8,2 %), mais aussi des conflits (3,3 %). L’aliénation émerge notamment lorsque les interactions avec les pairs deviennent sources de rejet :

« Un gars m’a poussé, et, honnêtement, j’ai beaucoup remis en question ma place au skatepark. »

Certains évoquent un sentiment de solitude :

« Pendant trois-quatre mois, j’ai skaté seul… vraiment triste, car à ce moment, le skate était la seule chose qui me faisait plaisir. »

L’observation et le jugement peuvent également blesser les pratiquants :

« Après une chute devant les autres, j’étais tellement honteuse […] je suis partie démoralisée. »

Ces expériences montrent l’ambivalence des relations sociales, qui peuvent fragiliser l’estime de soi et transformer le skatepark en espace d’exclusion.

À la recherche de l’expérience de résonance dans les pratiques sportives

Les résultats de l’étude révèlent une dialectique essentielle entre résonance et aliénation dans l’expérience des skateurs, qui se déploie sur une temporalité évolutive. La résonance surgit souvent après des phases d’aliénation, par exemple lorsqu’un trick réussi suit de multiples tentatives infructueuses. Inversement, l’intensité des moments de résonance peut nourrir la quête permanente de sensations, au risque de retomber dans l’aliénation. Cette dialectique structure la pratique du skateboard, redéfinissant les relations au corps, à la planche, à l’environnement social et urbain.

Ces processus échappent en partie à notre contrôle, car, comme l’explique Rosa, l’expérience de résonance se caractérise aussi par une certaine indisponibilité, c’est-à-dire qu’elle ne peut pas être produite ou maîtrisée à volonté. Néanmoins, la pratique régulière favorise l’appropriation progressive de la planche comme prolongement du corps.

Le skatepark apparaît également comme une « oasis de résonance » potentielle, par ses dimensions sociales parfois associées à l’écoute de la musique, permettant de s’évader d’une société caractérisée par l’accélération, autre concept développé par Hartmut Rosa.

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Les résultats de notre étude invitent à la prise en compte de l’expérience des pratiquants par les intervenants dans le cadre d’une pédagogie de la résonance. Ils peuvent également susciter des réflexions dans les associations sportives et les politiques publiques, afin de favoriser des environnements propices à l’épanouissement des skateurs.

Enfin, ils invitent à élargir les recherches sur l’expérience de résonance à d’autres sports de glisse (surf, planche à voile, snowboard, etc.), et plus globalement à l’ensemble des pratiques sportives contemporaines, en intégrant éventuellement l’écoute de la musique comme amplificateur d’évasion.

The Conversation

Jérôme Visioli ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Comment la philosophie d’Hartmut Rosa « résonne » avec les sports de glisse – https://theconversation.com/comment-la-philosophie-dhartmut-rosa-resonne-avec-les-sports-de-glisse-263674

Du régime de Vichy à Marx… l’étonnant parcours de l’économiste Henri Denis

Source: The Conversation – in French – By Damien Bazin, Maître de Conférences HDR en Sciences Economiques, Université Côte d’Azur

Henri Denis souhaite une nouvelle organisation de l’économie, centrée sur la communauté de travail, sur l’artisanat, induisant la suspension du jeu capitaliste et des luttes de classes. Wikimediacommons

Des années 1960 aux années 1980, les étudiants en économie ont dans leur main le manuel de l’Histoire de la pensée économique, d’Henri Denis (1913-2011). Tour à tour corporatiste, proche de Vichy, progressiste chrétien, communiste, ce dernier termine ses jours en reniant le communisme et en revenant au corporatisme. Un universitaire brillant et une girouette idéologique épousant la doctrine du moment.


Du début des années 1960 aux années 1980, l’histoire de la pensée économique a pour figure centrale le professeur Henri Denis (1913-2011). Il enseigne à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, en étant l’auteur d’un manuel d’Histoire de la pensée économique.

De la première édition de 1966 à nos jours, ce manuel connaît plusieurs éditions successives et est traduit en huit langues. « Le Denis » est entre les mains des étudiants durant toutes ces années. Le cours délivré par Henri Denis forme plusieurs générations d’apprentis en sciences économiques.

Une large partie du manuel et du cours d’Henri Denis est consacrée à l’économie de Karl Marx. Bien que ce professeur d’université se réclame de l’auteur du Capital, il ne fut pas toujours un marxiste, à en juger par sa trajectoire proche de Vichy durant la Seconde Guerre mondiale. Durant cette période, il symbolise l’engagement doctrinal d’économistes dans le mouvement corporatiste, selon lequel les représentants des salariés identifient leur intérêt (de corporation) à l’intérêt général.

Alors, peut-on séparer l’homme de connaissance (théoricien) de l’homme individuel (politisé) ?

Disciple d’un vichyste

Lorsque l’on aborde la question du positionnement politique des économistes français lors de la Seconde Guerre mondiale, une figure emblématique surgit, celle de François Perroux, qui adhéra au régime de Vichy. Celle de son disciple et collègue Henri Denis est beaucoup moins connue en ce domaine.

Celui qui allait conquérir une notoriété universitaire en tant qu’historien de la pensée économique a épousé la doctrine corporatiste. Il partage les valeurs politiques de celui qui est l’un des membres de son jury de thèse, thèse soutenue le 7 mars 1938 à la Faculté de droit de Paris, « Les récentes théories monétaires en France. Idée quantitative et conflit des méthodes ».

Pour resituer le contexte, rappelons que l’entre-deux-guerres, avec en particulier le choc de la Grande Dépression (années 1930), est propice pour certains économistes à une réflexion autour d’un ordre économique nouveau, condensant un refus du libéralisme et du communisme. En économie, comme dans le reste des sciences sociales, ces visions du monde s’affrontent.

Corporatisme catholique

Portrait d’Henri Denis (1913-2011), économiste sulfureux français.
FAL

En France, la doctrine corporatiste réunit autour d’elle plusieurs économistes, dont Gaëtan Pirou (lui aussi figurant dans le jury de thèse d’Henri Denis en 1938), François Perroux et le jeune Henri Denis. Celui-ci est issu d’une famille bretonne très catholique. Il est séduit par cette pensée qui, malgré sa diversité, entend défendre les valeurs de l’Occident et celles de la chrétienté.

Henri Denis obtient son doctorat et décroche l’agrégation de sciences économiques en 1942. Un an auparavant, en 1941, il publie La corporation dans la célèbre collection « Que sais-je ? » Ouvrage dans lequel il rend un hommage appuyé à François Perroux, et aussi à Gaëtan Pirou, dont il s’inspire pour comparer les différents courants corporatistes en Europe, du Portugal salazariste à l’Italie fasciste en passant par l’Allemagne nazie.

Dans cet ouvrage, il expose la véritable finalité du corporatisme : construire un nouvel ordre social et une nouvelle organisation de l’économie, centrés sur le corporatisme, sur la communauté de travail, sur l’artisanat, induisant la suspension du jeu capitaliste et des luttes de classes. Un an plus tard, Henri Denis va jusqu’à prétendre que le socialisme est la ruine de la civilisation.

Travaux financés par Vichy

Cette adhésion d’Henri Denis aux principes du corporatisme le conduit à rejoindre la Fondation française pour l’étude des problèmes humains créée en 1941, mieux connue sous l’appellation de Fondation Alexis-Carrel (du nom du Prix Nobel de médecine Alexis Carrel, qui prôna l’eugénisme). Son budget est alloué par le secrétariat d’État à la famille et à la santé du régime de Vichy.

Cette fondation est constituée de six départements, dont celui de « bio-sociologie », dirigé par François Perroux, qui fit appel à Henri Denis en 1942 pour traiter des théories économiques. Les conflits de personnes au sein même de la Fondation conduisent Perroux et Denis à s’éloigner d’Alexis Carrel. Mais c’est surtout la fin de la guerre, occasionnant un démantèlement progressif des institutions de Vichy, qui oblige les économistes à songer à leur reconversion.

Henri Denis, comme beaucoup d’autres, entreprend, dès le lendemain du conflit, une reconversion idéologique saisissante, inattendue même.

Du corporatisme au communisme

Afin d’effacer les années d’engagement dans le corporatisme et les fonctions accomplies dans les institutions du gouvernement de Vichy, l’heure est aux reconversions. Pour les universitaires, se soustraire à ce risque, c’est entreprendre une révolution idéologique, comme celle qui va caractériser Henri Denis.

On sait qu’après la guerre, le communisme s’impose, tant par le rôle joué par l’URSS dans l’issue de la guerre, que, dans le cas français, l’affirmation politique du Parti communiste français (PCF). Après un passage par l’Union des chrétiens progressistes (UCP), Henri Denis rejoint le PCF en 1953 – il quitte le PCF huit ans plus tard, c’est-à-dire au moment où il est nommé professeur à Paris.

Il dirige le quotidien Ouest Matin, une émanation des fédérations du PCF de Bretagne, « un grand quotidien régional d’information et de défense républicaine ». Il intègre le comité de rédaction de la revue marxiste Économie et politique, où il développe une critique des approches catholiques du marxisme.

En 1950, Henri Denis publie la Valeur. Dans cet ouvrage, il critique explicitement l’économie bourgeoise et cherche à démontrer la pertinence scientifique du marxisme en économie.

Enseignant communiste


FAL

Professeur agrégé d’économie à l’Université de Rennes (Ille-et-Vilaine), Henri Denis est muté au début des années 1960 à ce qui est encore la Faculté de droit de Paris. Dans le cadre de son cours d’histoire de la pensée économique, Henri Denis publie en 1966 la première édition de son célèbre manuel Histoire de la pensée économique.

Comparativement aux manuels antérieurs (ceux de Charles Gide et Charles Rist, d’André Piettre ou d’Émile James, par exemple), la place de Marx et du marxisme dans le manuel de Denis est imposante : un bon tiers du manuel, soit plus de 200 pages. Elle témoigne de son engagement doctrinal et de sa connaissance de l’œuvre de Marx et des auteurs se réclamant de lui.

Nombreux sont les témoignages d’anciens étudiants devenus pour certains d’entre eux des professeurs d’économie qui indiquent que le manuel d’Henri Denis a contribué de manière décisive à l’implantation du marxisme dans les universités. La réception et la diffusion de l’Histoire de la pensée économique, d’Henri Denis, suscitent de nombreuses controverses. Elles opposent les professeurs plutôt conservateurs qui ont vu dans ce livre et dans le cours professé par Denis, une façon de corrompre la jeunesse française, tandis que d’autres y décèlent un renouveau de la pensée marxiste en France.

Discrédite le marxisme

Les années 1970 sont celles de la montée en puissance de la problématique des droits humains du totalitarisme, et du goulag en Union soviétique. L’étoile du marxisme commence à pâlir, et le discrédit jeté sur Marx et sur son œuvre s’affirme. Les signes annonciateurs du libéralisme se distinguent dans la science économique, et dans les mouvements politiques.




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Henri Denis, qui, durant plus de vingt ans, met en avant la scientificité de l’œuvre de Marx, participe à son discrédit. Il publie, en 1980, l’Économie de Marx. Histoire d’un échec. Le terme « échec » apparaissant lourd de sens à une époque où l’idée de socialisme n’a plus cours, et est associée à la dictature.

Fidèle à une conception corporatiste de l’organisation de la société, Henri Denis revient plus de quarante ans après, sur cette doctrine dans l’un de ses derniers ouvrages, publiés en 1984, Logique hégélienne et systèmes économiques. Il indique qu’il s’agit d’une solution aux maux engendrés par le libéralisme (injustices et désordres) et à la tyrannie inhérente à la planification.

Girouette économique

En se penchant sur cette figure légendaire de la pensée économique en France, l’ambition était de montrer qu’Henri Denis, dans le champ même de la science économique, avait, comme d’autres, incorporé certaines règles du jeu social qui l’ont conduit à se situer en quelque sorte sur les sommets de la pensée économique. D’abord, en affirmant sa croyance en la doctrine du moment, le corporatisme, puis, en raison de la défaite de cette doctrine, en épousant la cause du marxisme, avant d’y renoncer.

Ce faisant, il s’agit de créer une anamnèse des origines d’un professeur, et de pratiquer une historicisation d’un parcours universitaire, en se libérant d’une forme d’illusion de l’autonomie de la sphère des idées. Les discours et les actions qui se constituent dans un champ, celui de l’économie en l’occurrence, sont sociologiquement déterminés par les conditions sociales de ceux qui en sont les dépositaires. Dit autrement, l’homme de connaissance ne peut être dissocié de l’homme individuel.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Du régime de Vichy à Marx… l’étonnant parcours de l’économiste Henri Denis – https://theconversation.com/du-regime-de-vichy-a-marx-letonnant-parcours-de-leconomiste-henri-denis-257406

Comment Grok, le chatbot de Musk, est devenu nazi

Source: The Conversation – in French – By Aaron J. Snoswell, Senior Research Fellow in AI Accountability, Queensland University of Technology

En juillet 2025, Grok, le chatbot d’Elon Musk sur X, s’est qualifié d’«Hitler mécanique » et a tenu des propos pronazis. Mijansk786

Les propos problématiques de Grok, l’intelligence artificielle du réseau social X, illustrent l’influence des idées de son créateur, Elon Musk, sur sa conception. Mais ils posent également la question des biais plus discrets que ses concurrents masquent derrière un vernis d’impartialité, incompatible avec le processus d’entraînement de ce type d’IA.


Grok, l’agent conversationnel – ou chatbot – intégré au réseau social X et fondé sur l’intelligence artificielle développée par la société xAI d’Elon Musk, a fait la une des journaux en juillet 2025 après s’être qualifié de « Mecha-Hitler » (« Hitler mécanique ») et avoir tenu des propos pronazis en réponse à des demandes d’utilisateurs.




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Les développeurs ont présenté leurs excuses pour ces « publications inappropriées » et ont pris des mesures pour empêcher, à l’avenir, Grok de tenir des propos haineux dans ses publications sur X. Cet incident aura cependant été suffisant pour relancer les débats sur les biais des intelligences artificielles (IA) dans les réponses données aux demandes des utilisateurs.

À la suite des propos pronazis tenus sur X par Grok, ses développeurs ont publié un message d’excuse le 9 juillet _via_ le compte officiel du chatbot : « Nous avons pris connaissance des publications récentes de Grok et nous nous employons activement à supprimer celles qui sont inappropriées », affirmaient-ils.

Mais cette dernière controverse n’est pas tant révélatrice de la propension de Grok à tenir des propos extrémistes que d’un manque de transparence fondamental dans le développement de l’IA sur laquelle est basé ce chatbot. Musk prétendait en effet bâtir une IA « cherchant la vérité », hors de tout parti pris. La mise en œuvre technique de ce programme révèle pourtant une programmation idéologique systémique Grok.

Il s’agit là d’une véritable étude de cas accidentelle sur la manière dont les systèmes d’intelligence artificielle intègrent les valeurs de leurs créateurs : les prises de position sans filtre de Musk rendent en effet visible ce que d’autres entreprises ont tendance à occulter.

Grok, c’est quoi ?

Grok est un chatbot doté d’ « une touche d’humour et d’un zeste de rébellion », selon ses créateurs. Il est basé sur une intelligence artificielle développée par xAI, qui détient également la plate-forme de réseau social X.

La première version de Grok a été lancée en 2023. Des études indépendantes suggèrent que son dernier modèle en date, Grok 4, surpasserait les concurrents dans différents tests d’« intelligence ». Le chatbot est disponible indépendamment, mais aussi directement sur X.

xAI affirme que « les connaissances de (cette) IA doivent être exhaustives et aussi étendues que possible ». De son côté, Musk a présenté Grok comme une alternative sérieuse aux chatbots leaders du marché, comme ChatGPT d’OpenAI, accusé d’être « woke » par des figures publiques de droite, notamment anglo-saxonnes.

En amont du dernier scandale en date lié à ses prises de position pronazi, Grok avait déjà fait la une des journaux pour avoir proféré des menaces de violence sexuelle, pour avoir affirmé qu’un « génocide blanc » avait lieu en Afrique du Sud, ou encore pour ses propos insultants à l’égard de plusieurs chefs d’État. Cette dernière frasque a conduit à son interdiction en Turquie, après des injures contre le président de ce pays, Recep Tayyip Erdoğan, et le fondateur de la République, Mustafa Kemal Atatürk.

Mais comment les développeurs peuvent-ils générer de telles valeurs chez une IA, et façonner un chatbot au comportement aussi problématique ? À l’heure actuelle, ceux-ci sont construits sur la base de grands modèles de langage (Large Language Models en anglais, ou LLM) qui offrent plusieurs leviers sur lesquels les développeurs peuvent s’appuyer pour influer sur l’attitude future de leur création.

Derrière le comportement des IA, différentes étapes

Le préentraînement

Pour commencer, les développeurs sélectionnent les données utilisées pendant cette première étape de la création d’un chatbot. Cela implique non seulement de filtrer les contenus indésirables parmi les données d’entraînement, mais aussi de mettre en avant les informations souhaitées.

GPT-3 a ainsi été alimenté par des données dans lesquelles Wikipédia était jusqu’à six fois plus représentée que d’autres ensembles de données, car OpenAI considérait l’encyclopédie en ligne comme de meilleure qualité par rapport au reste. Grok, quant à lui, est entraîné à partir de diverses sources, notamment des publications provenant de X. Cela pourrait expliquer que le chatbot ait été épinglé pour avoir vérifié l’opinion d’Elon Musk sur des sujets controversés avant de répondre.

Dans cette capture réalisée par le chercheur Simon Willison, on peut voir le processus de réflexion détaillé de Grok face à une demande portant sur un sujet controversé (ici, une demande de soutien à Israël ou à la Palestine) : le chatbot consulte les publications d’Elon Musk sur le sujet avant de fournir une réponse.

Musk a précédemment indiqué que xAI effectue un tri dans les données d’entraînement de Grok, par exemple pour améliorer ses connaissances juridiques et pour supprimer le contenu généré par d’autres LLM à des fins d’augmentation de la qualité des réponses. Le milliardaire a également lancé un appel à la communauté d’utilisateurs de X pour trouver des problèmes complexes et des faits « politiquement incorrects, mais néanmoins vrais » à soumettre à son chatbot. Rien ne permet de savoir si ces données ont bien été utilisées ni quelles mesures de contrôle qualité ont été appliquées sur celles-ci.

Dans cette publication du 21 juin 2025, Elon Musk invite les utilisateurs à répondre avec « des faits clivants pour l’entraînement de Grok ». Par cela, il entend « des choses politiquement incorrectes, mais cependant vraies sur le plan factuel ».

Le réglage de précision

La deuxième étape, le réglage de précision – plus connu sous le nom anglais de fine-tuning – consiste à ajuster le comportement du LLM à l’aide de retours sur ses réponses. Les développeurs créent des cahiers des charges détaillés décrivant leurs positions éthiques de prédilection, que des évaluateurs humains ou des IA secondaires utilisent ensuite comme grille d’évaluation pour évaluer et améliorer les réponses du chatbot, ancrant ainsi efficacement ces valeurs dans la machine.

Une enquête de Business Insider a mis en lumière que les instructions données par xAI à ses « tuteurs pour IA » humains leur demandaient de traquer l’« idéologie woke » et la « cancel culture » dans les réponses du chatbot. Si des documents internes à l’entreprise indiquaient que Grok ne devait pas « imposer une opinion qui confirme ou infirme les préjugés d’un utilisateur », ils précisaient également que le chatbot devait éviter les réponses donnant raison aux deux parties d’un débat, lorsqu’une réponse plus tranchée était possible.

Les instructions système

Les instructions système – c’est-à-dire les consignes fournies au chatbot avant chaque conversation avec un utilisateur – guident le comportement du modèle une fois déployé.

Il faut reconnaître que xAI publie les instructions système de Grok. Certaines d’entre elles, comme celle invitant le chatbot à « supposer que les points de vue subjectifs provenant des médias sont biaisés », ou celle le poussant à « ne pas hésiter à faire des déclarations politiquement incorrectes, à condition qu’elles soient bien étayées », ont probablement été des facteurs clés dans la dernière controverse.

Ces instructions sont toujours mises à jour à l’heure actuelle, et leur évolution, qu’il est possible de suivre en direct, constitue en soi une étude de cas fascinante.

La mise en place de « garde-fous »

Les développeurs peuvent enfin ajouter des « garde-fous », c’est-à-dire des filtres qui bloquent certaines requêtes ou réponses. OpenAI affirme ainsi ne pas autoriser ChatGPT « à générer du contenu haineux, harcelant, violent ou réservé aux adultes ». Le modèle chinois DeepSeek censure de son côté les discussions sur la répression contre les manifestations de la place Tian’anmen de 1989.

Des tests effectués lors de la rédaction de cet article suggèrent que Grok est beaucoup moins restrictif dans les requêtes qu’il accepte et dans les réponses apportées que les modèles concurrents.

Le paradoxe de la transparence

La controverse autour des messages pronazis de Grok met en lumière une question éthique plus profonde. Est-il préférable que les entreprises spécialisées dans l’IA affichent ouvertement leurs convictions idéologiques et fassent preuve de transparence à ce sujet, ou qu’elles maintiennent une neutralité illusoire, tout en intégrant secrètement leurs valeurs dans leurs créations ?

Tous les grands systèmes d’IA reflètent en effet la vision du monde de leurs créateurs, des prudentes positions corporatistes de Microsoft Copilot à l’attachement à la sécurité des échanges et des utilisateurs détectable chez Claude d’Anthropic. La différence réside dans la transparence de ces entreprises.

Les déclarations publiques de Musk permettent de relier facilement les comportements de Grok aux convictions affichées du milliardaire sur « l’idéologie woke » et les biais médiatiques. À l’inverse, lorsque d’autres chatbots se trompent de manière spectaculaire, il nous est impossible de savoir si cela reflète les opinions des créateurs de l’IA, l’aversion au risque de l’entreprise face à une question jugée tendancieuse, une volonté de suivre des règles en vigueur, ou s’il s’agit d’un simple accident.

Le scandale lié à Grok fait écho à des précédents familiers. L’IA de X ressemble en effet au chatbot Tay de Microsoft, qui tenait des propos haineux et racistes en 2016. Il avait également été formé à partir des données de Twitter, le prédécesseur de X, et déployé sur ce réseau social, avant d’être rapidement mis hors-ligne.

Il existe cependant une différence cruciale entre Grok et Tay. Le racisme de cette dernière résultait de la manipulation menée par des utilisateurs et de la faiblesse des mesures de sécurité en place : il résultait de circonstances involontaires. Le comportement de Grok, quant à lui, semble provenir au moins en partie de la manière dont il a été conçu.

La véritable leçon à tirer du cas Grok tient à la transparence dans le développement des IA. À mesure que ces systèmes deviennent plus puissants et plus répandus – la prise en charge de Grok dans les véhicules Tesla vient ainsi d’être annoncée –, la question n’est plus de savoir si l’IA reflétera les valeurs humaines de manière générale. Il s’agit plutôt d’établir si les entreprises créatrices feront preuve de transparence quant aux valeurs personnelles qu’elles encodent, et quant aux raisons pour lesquelles elles ont choisi de doter leurs modèles de ces valeurs.

Face à ses concurrents, l’approche de Musk est à la fois plus honnête (nous voyons son influence) et plus trompeuse (il prétend à l’objectivité tout en programmant son chatbot avec subjectivité).

Dans un secteur fondé sur le mythe de la neutralité des algorithmes, Grok révèle une réalité immuable. Il n’existe pas d’IA impartiale, seulement des IA dont les biais nous apparaissent avec plus ou moins de clarté.

The Conversation

Aaron J. Snoswell a reçu des financements de recherche de la part d’OpenAI en 2024-2025 pour développer de nouveaux cadres d’évaluation permettant de mesurer la compétence morale des agents conversationnels basés sur l’IA.

– ref. Comment Grok, le chatbot de Musk, est devenu nazi – https://theconversation.com/comment-grok-le-chatbot-de-musk-est-devenu-nazi-261738

Tests psychologiques : à quels outils se fier sur un marché pléthorique ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Katia Terriot, Maîtresse de conférences en psychologie, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

Du milieu scolaire aux process de recrutement, en passant par les choix d’orientation, les tests psychologiques sont de plus en plus mobilisés, dans des situations décisives pour l’avenir des personnes concernées. Mais sont-ils toujours fiables ? Et à quelles sont les conditions d’une utilisation pertinente ?


À leur création au XIXe siècle, les tests psychologiques ont été utilisés principalement pour étudier le fonctionnement de l’intelligence. Avec la création de programmes centrés sur l’évaluation des personnalités à partir des années 1960, ils ont été largement diffusés dans les entreprises pour accompagner la gestion des ressources humaines et le recrutement.

Depuis les années 2000, ils sont de plus en plus mobilisés dans le champ de l’orientation également. Du test d’aptitudes pour un futur pilote de l’air au questionnaire de personnalité destiné à un manager, en passant par l’évaluation cognitive en milieu scolaire, ces outils interviennent chaque jour dans des situations décisives.

Utilisés à bon escient, ils peuvent éclairer et objectiver un choix ; mal choisis ou mal interprétés, ils risquent au contraire de l’orienter dans une mauvaise direction.

Une offre pléthorique

La diversité des tests psychologiques est impressionnante : tests d’aptitude pour surveillant pénitentiaire, questionnaire de personnalité pour managers, échelles de motivation pour élèves en difficulté… et, à l’autre extrémité du spectre, les quiz en ligne ou dans les magazines, parfois présentés comme « scientifiques » mais sans aucune base rigoureuse.

Certains tests psychologiques sont utilisés dans le monde entier, parfois à des milliers d’exemplaires chaque année. Leur popularité, le fait qu’ils aient été créés par une personnalité reconnue ou adoptés par de grandes entreprises ne garantit pourtant en rien leur qualité scientifique. Derrière une apparente simplicité et un succès commercial peuvent se cacher de fortes disparités de qualité. Or, un outil mal construit peut mener à des interprétations erronées et à des décisions inadaptées.

À quoi les tests servent-ils ?

Un test psychologique n’est pas qu’un simple questionnaire. C’est un instrument standardisé (c’est-à-dire prévu pour être utilisé dans des conditions contrôlées, toujours les mêmes), destiné à mesurer une dimension précise, comme le raisonnement, la mémoire, l’attention, la personnalité ou les intérêts professionnels. Par exemple, certaines épreuves de raisonnement sont utilisées depuis plus d’un siècle et ont été améliorées avec le temps. Elles permettent de manière fiable de prédire la capacité d’une personne à s’adapter à des situations nouvelles et complexes.

Utilisés de manière appropriée (c’est-à-dire adaptés à la situation et à la personne évaluée, utilisés par une personne compétente, respectant les règles de standardisation), ces outils ont une réelle valeur ajoutée. Ils permettent d’objectiver des observations (par exemple, pour confirmer ou pour infirmer un trouble d’apprentissage) ou d’aider à la prise de décisions d’orientation scolaire ou professionnelle, en éclairant les motivations, les intérêts ou les compétences des personnes, ou encore de suivre l’évolution d’une compétence ou d’une souffrance psychologique au fil du temps.

Si les tests peuvent jouer un rôle clé dans de nombreux contextes, encore faut-il qu’ils soient conçus avec rigueur. Dans l’idéal, la conception d’un test psychologique s’appuie sur plusieurs années de travail collectif entre chercheurs et praticiens, avec des phases d’expérimentation et une validation par les pairs. En pratique, beaucoup d’outils diffusés dans le monde du travail ou sur Internet échappent à ce cadre scientifique rigoureux, ce qui explique la grande diversité de qualité que l’on trouve sur le marché.

La démarche d’élaboration d’un test psychologique

Construire un test de qualité demande bien plus qu’une idée lumineuse. Le processus commence par un modèle théorique solide. Les tests d’intelligence actuels, par exemple, reposent souvent sur le modèle CHC (Cattell-Horn-Carroll), qui distingue différentes composantes cognitives. À partir de cette base, on élabore des items (par exemple, une question ou un problème à résoudre), que l’on soumet à un large échantillon de participants.

Les données ainsi recueillies font l’objet d’analyses statistiques sophistiquées : on vérifie que le test mesure bien ce qu’il prétend mesurer (validité), que les résultats sont stables et reproductibles (fidélité), et que chaque item contribue réellement à l’évaluation. Cette phase est suivie de l’étalonnage. Les résultats d’un échantillon représentatif de la population à laquelle s’adresse le test sont recueillis.




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À chaque utilisation, les résultats d’une personne pourront ainsi être comparés à une « norme » de référence. Enfin, toutes ces étapes doivent être documentées dans un manuel détaillé, où sont présentées les preuves scientifiques, les conditions d’utilisation et les limites de l’outil.

Reconnaître un test de qualité

Ainsi, la qualité d’un test se juge d’abord sur la solidité de sa documentation. Un manuel expose clairement ses fondements théoriques, sa méthode de construction, les résultats des analyses statistiques et les conditions précises de passation.

Les normes doivent avoir été établies sur un échantillon représentatif, reflétant la diversité de la population à laquelle le test est destiné. L’absence de ces éléments doit alerter. Un test dépourvu de manuel, dont les promesses se limitent à des slogans vagues comme « Révélez votre potentiel caché » ou qui se contente de vanter sa popularité sans présenter de données scientifiques fiables, doit être abordé avec prudence.

À titre d’exemple, un argument marketing mettrait en avant que « ce test est plébiscité par des milliers d’utilisateurs et recommandé par les plus grands coachs » alors que l’argument scientifique pourrait indiquer que « ce test a été validé sur 1 500 personnes représentatives de la population française ».

Cependant, même lorsqu’un test est élaboré de façon rigoureuse sur le plan scientifique, il reste nécessaire de garder un regard critique sur ses atouts et sur ses limites. Les données psychométriques doivent être examinées avec attention pour faire un choix éclairé. Car un test fiable mais mal choisi peut avoir des conséquences importantes sur la pratique professionnelle.

Par exemple, utiliser avec un enfant un outil dont l’étalonnage a été conçu à partir d’une population d’adolescents peut conduire à sous-estimer les capacités de l’enfant, avec un risque de l’orienter vers un dispositif de soutien inapproprié.

Une utilisation éthique et rigoureuse

Mais avoir un regard critique sur la qualité d’un test ne suffit toujours pas. Encore faut-il que son utilisation respecte des règles strictes. Même l’outil le plus solide sur le plan scientifique peut produire des conclusions erronées s’il est administré dans de mauvaises conditions ou interprété sans tenir compte du contexte. C’est là qu’interviennent les principes d’une utilisation éthique et rigoureuse.

Respecter les conditions standardisées de passation (temps, consignes, cotation, environnement) est indispensable. La confidentialité des résultats doit être assurée, et leur interprétation doit tenir compte du contexte, des observations qualitatives et d’autres sources d’information. Il est, en effet, indispensable, de rappeler qu’un test psychologique, même élaboré scientifiquement, n’est pas omniscient. Il ne peut à lui seul saisir toute la complexité d’une personne ni prédire son avenir.

Un résultat chiffré ne prend sens que replacé dans un ensemble plus large d’informations : observations cliniques, entretiens, éléments contextuels. Se fier uniquement à un score, c’est comme évaluer toute la personnalité de quelqu’un en ne lui posant qu’une seule question, par exemple : « Préférez-vous passer vos vacances à la plage ou à la montagne ? »

En France, l’usage de certains tests est réservé aux psychologues, parce que leur interprétation exige des compétences techniques et cliniques spécifiques. D’autres outils peuvent être utilisés par des non-psychologues, à condition de suivre une formation spécifique, généralement proposée par l’éditeur du test. Mais même dans ce cas, un usage hors cadre légal ou déontologique expose à des décisions inadaptées, potentiellement néfastes pour l’individu, ou discriminatoires.

Dans un marché pléthorique, savoir faire la différence entre des tests valides scientifiquement et d’autres plus douteux est devenu une compétence en soi. C’est l’objectif du MOOC Tout comprendre sur les tests en psychologie : usages, limites et bonnes pratiques) diffusé sur FUN MOOC. Il propose aux professionnels et au grand public de comprendre les principes de construction des tests, d’identifier les critères de qualité et de distinguer preuves scientifiques et arguments commerciaux.


Le MOOC Tout comprendre sur les tests en psychologie : usages, limites et bonnes pratiques, a été conçu par Jean-Luc Bernaud, Pascal Bessonneau, Richard Gucek, Lin Lhotellier, Even Loarer, Katia Terriot et Aline Vansoeterstede, membres de l’Institut national d’étude du travail et d’orientation professionnelle (Inétop) du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Tests psychologiques : à quels outils se fier sur un marché pléthorique ? – https://theconversation.com/tests-psychologiques-a-quels-outils-se-fier-sur-un-marche-plethorique-264056

Why Jimmy Kimmel’s First Amendment rights weren’t violated – but ABC’s would be protected if it stood up to the FCC and Trump

Source: The Conversation – USA – By Wayne Unger, Associate Professor of Law, Quinnipiac University

A crowd protests in Hollywood, Calif., on Sept. 18, 2025, after the suspension of the ‘Jimmy Kimmel Live!’ taping earlier in the day. David Pashaee / Middle East Images via AFP, Getty Images

The assassination of conservative activist Charlie Kirk has sparked a wave of political commentary.

There were the respectful and sincere comments condemning the killing. Former President Barack Obama said, “What happened was a tragedy and … I mourn for him and his family.” And former Vice President Mike Pence said, “I’m heartsick about what happened to him.”

But Kirk’s killing also elicited what many saw as inappropriate comments. MSNBC terminated commentator Matthew Dowd after he said, “Hateful thoughts lead to hateful words, which then lead to hateful actions.” American Airlines grounded pilots accused of celebrating Kirk’s death.

Perhaps the most notable reaction to remarks seen as controversial about the Kirk killing hit ABC comedian Jimmy Kimmel. His network suspended him indefinitely after comments that he made about the alleged shooter in Kirk’s death.

Countless defenders of Kimmel quickly responded to his indefinite suspension as an attack on the First Amendment. MSNBC host Chris Hayes posted the following on X: “This is the most straightforward attack on free speech from state actors I’ve ever seen in my life and it’s not even close.”

But is it?

FCC Chairman Brendan Carr’s statement about how Jimmy Kimmel’s remarks could hurt ABC affiliate stations.

Free speech? It depends

The First Amendment limits government officials from infringing one’s right to free speech and expression.

For example, the government cannot force someone to recite the Pledge of Allegiance or salute the American flag, because the First Amendment, as one Supreme Court justice wrote, “includes both the right to speak freely and the right to refrain from speaking at all.”

And government cannot limit speech that it finds disagreeable while permitting other speech that it favors.

However, the First Amendment does not apply to private employers. With the exception of the 13th Amendment, which generally prohibits slavery, the Constitution applies only to government and those acting on its behalf.

So, as a general rule, employers are free to discipline employees for their speech – even the employees’ speech outside of the workplace. In this way, U.S. Sen. Lindsey Graham correctly said on X, “Free speech doesn’t prevent you from being fired if you’re stupid and have poor judgment.”

This is why Amy Cooper’s employer, an investment firm, was free to terminate her following her 2020 verbal dispute in New York’s Central Park with a bird-watcher over her unleashed dog. She called the police, falsely claiming that the bird-watcher, a Black man, was threatening her life. The incident, captured on video, went viral and Cooper was fired, with her employer saying, “We do not condone racism of any kind.”

This is also why ABC was able to fire Roseanne Barr from the revival of her show, “Roseanne,” after she posted a tweet about Valerie Jarrett, a Black woman who had been a top aide to President Obama, that many viewed as racist.

But as a scholar of constitutional law, I believe Kimmel’s situation is not as straightforward.

A small monument made out of marble has the First Amendment to the US Constitution printed on it.
A marble plaque inscribed with the First Amendment sits on Independence Mall in Philadelphia, Pa.
Raymond Boyd/Getty Images

Threat complicates things

Neither Cooper’s employer nor Barr’s employer faced any government pressure to terminate them.

Kimmel’s indefinite suspension followed a vague threat from the chairman of the Federal Communications Commission, Brendan Carr. As complaints about Kimmel’s statement exploded in conservative media, Carr suggested in a podcast interview that Kimmel’s statements could lead to the FCC revoking ABC affiliate stations’ licenses.

“We can do this the easy way or the hard way,” Carr said.

But the Supreme Court has been crystal clear. Government officials cannot attempt to coerce private parties in order to punish or suppress views that the government disfavors.

In a 2024 case, National Rifle Association v. Vullo, a unanimous Supreme Court plainly said that the government’s threat of invoking legal sanctions and other coercion to suppress speech it doesn’t like violates the First Amendment. That principle is so profound and fundamental that it got support from every member of an often bitterly divided court.

A threat to revoke broadcast licenses would almost certainly be seen in a court of law as a government action tantamount to coercion. And Carr’s public comments undoubtedly connect that threat to Kimmel’s disfavored comments.

If the FCC had indeed moved to strip ABC affiliates of their licenses to broadcast because of what Kimmel said, ABC and its parent company, Disney, could have sued the FCC to block the license revocations on First Amendment grounds, citing the NRA v. Vullo case.

But the network seemingly caved to the coercive threat instead of fighting for Kimmel. This is why so many are decrying the Kimmel suspension as an attack on free speech and the First Amendment – even though they might not fully understand the law they’re citing.

The Conversation

Wayne Unger does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Why Jimmy Kimmel’s First Amendment rights weren’t violated – but ABC’s would be protected if it stood up to the FCC and Trump – https://theconversation.com/why-jimmy-kimmels-first-amendment-rights-werent-violated-but-abcs-would-be-protected-if-it-stood-up-to-the-fcc-and-trump-265703

Poor sleep may nudge the brain toward dementia, researchers find

Source: The Conversation – UK – By Timothy Hearn, Senior Lecturer in Bioinformatics, Anglia Ruskin University

fizkes/Shutterstock.com

Staring at the ceiling while the clock blinks 3am doesn’t only sap energy for the next day. A large, long-running US study of older adults has now linked chronic insomnia to changes inside the brain that set the stage for dementia.

The researchers, from the Mayo Clinic in the US, followed 2,750 people aged 50 and over for an average of five and a half years. Every year the volunteers completed detailed memory tests and many also had brain scans that measured two telltale markers of future cognitive trouble: the buildup of amyloid plaques, and tiny spots of damage in the brain’s white matter – known as white-matter hyperintensities.

Participants were classed as having chronic insomnia if their medical records contained at least two insomnia diagnoses a month apart – a definition that captured 16% of the sample.

Compared with people who slept soundly, those with chronic insomnia experienced a faster slide in memory and thinking and were 40% more likely to develop mild cognitive impairment or dementia over the study period.

When the team looked more closely, they saw that insomnia paired with shorter-than-usual sleep was especially harmful. These poor sleepers already performed as if they were four years older at the first assessment and showed higher levels of both amyloid plaques and white-matter damage.

By contrast, insomniacs who said they were sleeping more than usual, perhaps because their sleep problems had eased, had less white-matter damage than average.

Why do both amyloid plaques and blood-vessel damage matter? Alzheimer’s disease isn’t driven by amyloid alone. Studies increasingly show that clogged or leaky small blood vessels also speed cognitive decline, and the two disease states can magnify each other.

Amyloid plaques explained.

White-matter hyperintensities disrupt the wiring that carries messages between brain regions, while amyloid gums up the neurons themselves. Finding higher levels of both in people with chronic insomnia strengthens the idea that poor sleep may push the brain towards a double hit.

The study’s models confirmed the well-known effect of carrying the ApoE4 variant; the strongest common genetic risk factor for late-onset Alzheimer’s. Carriers declined more quickly than non-carriers, and the insomnia effect was large enough to be comparable to the effect of having the gene.

Scientists suspect ApoE4 amplifies the damage of sleepless nights by slowing the overnight clearance of amyloid and making blood vessels more vulnerable to inflammation.

Taken together, these findings add to a growing body of research, from middle-aged civil servants in the UK, to community studies in China and the US, showing that how well we sleep in midlife and beyond tracks closely with how well we think later on.

Chronic insomnia appears to accelerate the trajectory towards dementia, not through one pathway but several: by boosting amyloid, eroding white matter and probably raising blood pressure and blood-sugar levels too.

That sounds like an obvious next step, but the evidence is mixed. The Mayo Clinic researchers found no clear benefit, or harm, from the sleeping pills its participants were taking. Trials of newer drugs such as orexin blockers have hinted at reductions in Alzheimer-related proteins in spinal fluid, but these studies are tiny and short term.

Cognitive behavioural therapy for insomnia, delivered in person or digitally, remains the gold-standard treatment and improves sleep in around 70% of patients. Whether it also protects the brain is still unproven, although one small trial in people with mild cognitive impairment showed sharper executive function after this type of talk therapy.

So the relationship is unlikely to be as simple as “treat insomnia, avoid dementia”. Poor sleep often co-exists with depression, anxiety, chronic pain and sleep apnoea – all of which themselves hurt the brain. Unravelling which piece of the puzzle to target, and when, will take rigorously designed long-term studies.

Prevention starts early

The participants in Mayo Clinic study were, on average, 70 years old at the start of the study, but other research has shown that routinely sleeping less than six hours a night in your 50s is already linked to higher dementia risk two decades later.

That suggests prevention efforts shouldn’t wait until retirement. Keeping an eye on sleep from midlife, alongside blood pressure, cholesterol and exercise, is a sensible brain-health strategy.

Sleepless nights are more than a nuisance. Chronic insomnia appears to accelerate both amyloid buildup and silent blood-vessel damage, nudging the brain toward cognitive decline – especially in people who already carry the high-risk ApoE4 gene.

Good quality sleep is emerging as one of the modifiable pillars of brain health, but scientists are still working out whether fixing insomnia can truly head off dementia, and at what stage of life interventions will have the greatest payoff.

The Conversation

Timothy Hearn does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Poor sleep may nudge the brain toward dementia, researchers find – https://theconversation.com/poor-sleep-may-nudge-the-brain-toward-dementia-researchers-find-265216

How farmers are finding greener ways to produce food, from East Anglia to Andhra Pradesh in India

Source: The Conversation – UK – By Lynn Dicks, Professor of Ecology, University of Cambridge

An innovative sustainable farming method which avoids fertilisers and pesticides in favour of natural soil regeneration has helped farmers in India increase profits while also benefiting wild birds. Our new research shows how “zero budget natural farming” has more than doubled farmer profits.

Ecologists like us evaluate low-tech agroecological approaches that harness the power of nature and people to produce food with skilled labour, knowledge and active management of ecological functions like pollination and soil nutrient cycling.

We’ve been studying two promising agroecological systems, both devised by farming communities to address the soil degradation that threatens the long-term future of food.

Zero budget natural farming is a sustainable farming system that is being heavily incentivised by the government of Andhra Pradesh, a state on the east coast of southern India. Zero budget natural farming is generating considerable interest from other countries, including Brazil, Mexico, Zambia and Indonesia.

The other farming system we’ve been examining is “regenerative farming”, increasingly popular in the UK, US and Europe. While similar, these two farming systems have very different cultural framings.

Regenerative farming is a set of principles that aims to regenerate rather than degrade soil. Farmers are encouraged to monitor their own outcomes and adaptively manage their soils.

Zero budget natural farming aims to boost crop yields and reduce costs by ending the use of synthetics (fertilisers and pesticides) and regenerating natural ecological functions. Farmers are encouraged to work together and share resources such as straw, manures and soil treatments at village level.

To understand whether these two systems could really be scalable, we measured their outcomes for nature, food production and profitability on real working farms. We focused on these key aspects because there is often a direct trade-off between them. Having more nature locally can mean that less food is produced on farmed land.

Nature-friendly farming can lower overall food production or profits, especially at scales larger than individual fields and farms, because land is taken out of production for wildlife-friendly strips around fields, for example.

If there is no change in overall food demand, this creates a risk of driving even greater nature loss and greenhouse gas emissions elsewhere, as agriculture continues to expand into natural habitats.

For agroecological systems to be a solution, they must be highly productive, minimising the footprint (total area) of agriculture on Earth, while supporting enough wild nature to maintain ecological functions such as soil nutrient cycling and pollination.

big black bird with yellow beak eating yellow berries on tree branch
Some native birds such as the Malabar pied hornbill rely on natural forests to thrive.
Chris Barber71/Shutterstock

Our research shows that the shift to zero budget natural farming more than doubles farmer profits and does not reduce food production relative to chemical farming. These farms also support more wild birds, especially those that help control pests by eating insects and other invertebrates, such as drongos, pipits and warblers. For the rice-dominated small farms we studied in south India, zero budget natural farming avoids the direct trade-off between nature and food production.

But this agroecological farmland is no substitute for natural forest in terms of bird conservation. Forests are vital for birds threatened with extinction, many of which cannot thrive on farmland of any kind, such as the Malabar pied hornbill.




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The situation is different for the arable farmers we’re working with in eastern and southern England, who are farming regeneratively. This approach is challenging to define so we calculated a “regenerative score” for each farm based on the consistency with which farmers adhered to the five principles of regenerative farming. Those principles include keeping the soil covered to reduce erosion and increase its organic content, and increasing crop diversity.

Becoming more regenerative on this scale has clear benefits for some indicators of healthy soils such as earthworm numbers. But our initial data indicated some declines in yield at field scale. This is likely to be larger when scaled up to landscapes, because of crop choices. The regenerative system in these arable farms is more sustainable by many measures, but not quite as productive, in terms of food output, as intensive chemical farms.

The future of farming

Things might look different in the future, as accelerating climate change makes the soil’s abilities to absorb and retain water much more important. Regenerative farming potentially offers resilience to climate change, through better soils and higher diversity, but this is challenging to demonstrate empirically. For now, regenerative farming in the English farms where we work is not a straightforward solution that delivers high food production and better nature, like zero budget natural farming in India.

One reason for the difference might be that UK arable farms are largely constrained to working with crop varieties engineered to thrive in very intensive systems with high chemical inputs. These varieties have weaker roots and potentially lower disease resistance than more traditional crop varieties. Part of the solution here is to breed crop varieties that thrive in agroecological systems without heavy chemical fertiliser use (so-called “lower input systems”). For industrial agriculture systems, this will involve the plant breeding industry.

Zero budget natural farmers are encouraged to use traditional crop varieties, and are more likely to re-use their own seeds, rather than buying them in every year. Perhaps this means their crops are better adapted to lower input conditions, with stronger roots or better positive associations with soil microbes. To cement its future, those who live and work in the region are calling for zero budget natural farming to be recognised by buyers, so farmers can access new markets for sustainable produce and take advantage of higher retail prices.

In both cases, the key to long term success may be economic, rather than purely scientific, with changes in the crop breeding industry, markets and value chains as important as how farms themselves are managed.


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Lynn Dicks receives funding from UKRI (NERC and BBSRC). She is affiliated with Natural England, as a Board Member, and the East Suffolk Trust as a Trustee.

Katherine Berthon receives funding from UKRI BBSRC. She is affiliated with the H3 Project (https://h3.ac.uk/) and a member of the British Ecological Society.

Iris Berger does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. How farmers are finding greener ways to produce food, from East Anglia to Andhra Pradesh in India – https://theconversation.com/how-farmers-are-finding-greener-ways-to-produce-food-from-east-anglia-to-andhra-pradesh-in-india-261890

How workplace bullying can affect your personality

Source: The Conversation – UK – By Samuel Farley, Senior Lecturer in Work Psychology, University of Sheffield

Littleaom/Shutterstock

Sadly, most people will come across a workplace bully at some point. Unwarranted criticism, ostracism, personal insults, and verbal or physical threats are just some of the tools in the bully’s locker. Over time, the target of bullying can find it increasingly difficult to defend themselves from this behaviour.

Bullying undermines productive workplaces, and can damage the reputations of both the bully and the organisation. Of course, it is even more damaging for the targets of the bully, who report physical and psychological health problems, job loss, and even symptoms of post-traumatic stress.

With up to one in ten UK employees experiencing bullying, this problem could affect more than three million workers across the country.

In a recent research study drawing on data from 2,469 employees over a four-year period, we examined whether experiences of bullying were related to changes in the “big five” personality traits: openness, conscientiousness, extroversion, agreeableness and neuroticism.

It’s well known that bullying is bad for wellbeing, performance and mood. But why would we think that bullying might change core aspects of a person, including their personality?

Our predictions were primarily based on a personality change theory. The core idea is that repeatedly experiencing thoughts, emotions and reactions that are at odds with a person’s normal traits can actually change them over time.

For example, extroverts are typically cheerful, sociable people who seek excitement. However, an extrovert exposed to bullying would in all likelihood start to experience negative emotions regularly. They might withdraw socially, and could learn that social isolation is an effective way to avoid bullying. As a result, their normal outgoing traits might reduce over time.

Our results showed that being bullied was associated with significant reductions in extrovert traits and conscientiousness (that is, being dependable and organised). The drop in conscientiousness could be because the target feels demotivated by the unfairness of being bullied – or the bullying may even take the form of removing meaningful tasks from the colleague.

Being bullied was also linked to increased neuroticism, which is the tendency to experience negative emotional states such as anxiety, anger and depression.

We also found that longer periods of bullying were associated with the target becoming less of an extrovert and more neurotic.

This suggests that, in addition to all the other harms, bullying can also rob people of their cheerfulness, sociability, dependability and calmness.

Who do bullies target?

Our research also explored whether personality traits were a risk factor for experiencing bullying. We discovered that conscientiousness and extroversion may put workers at greater risk of attracting the attention of a workplace bully.

A cautious interpretation of this might infer that conscientious employees are targeted by those envious of their higher performance levels (tall poppy syndrome – where high-flying people are “cut down” out of a misplaced sense of egalitarianism). It is less clear however why extroverts might be targeted.

Interestingly, when we looked at people who experienced sustained bullying over longer periods of time, we found that other personality traits were risk factors. Neuroticism, openness (encompassing traits of imagination, curiosity and novelty) and disagreeableness were all linked to experiencing bullying for a longer duration.

This indicates that emotional, unconventional and argumentative people tend to experience the most bullying. However, it’s still not fully understood whether it is personality that attracts bullying, or whether in fact the bullying is driving personality change.

HR policy manual on a desk beside a computer keyboard
An effective anti-bullying policy can help to mitigate the harm to employees.
Vitalii Vodolazskyi/Shutterstock

There is little other research on the personality types most likely to be targeted by bullies. And we don’t yet know if the personality changes suffered by them are likely to be permanent. However, we do have concrete knowledge about the factors that are most helpful in limiting the impact of bullying on victims.

Working in a supportive environment where wellbeing is prioritised and where there are processes to enable a resolution can really help those experiencing bullying. Equally, receiving support from colleagues, friends and family can limit the damaging effects.

Ultimately, bullying is an escalating process that causes lasting harm. The best medicine is to end the experience as soon as possible, or better yet, prevent it altogether.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. How workplace bullying can affect your personality – https://theconversation.com/how-workplace-bullying-can-affect-your-personality-265350

A violent dystopian thriller, KPop Demon Hunters and an updated Ibsen play: what to see this week

Source: The Conversation – UK – By Jane Wright, Commissioning Editor, Arts & Culture, The Conversation

No one wants to see a good Jedi turn bad, but that’s exactly what happens to Luke Skywalker actor Mark Hamill in The Long Walk, an adaptation of a Stephen King story of the same name. Hamill plays the terrifying major who presides over a group of young men taking part in a barbaric televised contest that requires them to walk continuously at a speed above 3mph or be summarily executed.

The setting for this violent dystopian thriller is a bleak 1970s America in the grip of economic decline that follows an unnamed war. A forerunner to the Hunger Games (the film is directed by Francis Lawrence, who helmed four of the five-film franchise), The Long Walk focuses on the idea of suffering and survival as spectacle. It’s not hard to see the source material’s influence on series like Squid Game or films like Koushun Takami’s Battle Royale.

Written in 1967, King’s story was a heartfelt response to the Vietnam draft and the impact of the war on his generation. Our reviewer Matt Jacobsen found the setting of a dark, inhospitable America a clever inversion that distils many of the familiar themes of the Vietnam movie. Indeed, he points to the deadly road march as reminiscent of GIs trudging through the jungle of Vietnam in 1980s films like Platoon and Full Metal Jacket.

At the film’s heart is the relationship between Ray Garraty (Cooper Hoffman) and Peter McVries (David Jonsson) with distinct echoes of Stand By Me in its depiction of friendship between boys. It has particular resonance in today’s bleak cultural environment for young men, vulnerable to the darker influences of social media and the conflicting expectations placed on them.

In The Long Walk, wit, tenderness and compassion come to the fore as the contestants are made vulnerable by the punishing exertions of the march and the violence meted out to those who falter. Some consolation perhaps, in what is undoubtedly a grim but compelling watch.

The Long Walk is in cinemas now




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The Long Walk: a brutal, brilliant film about suffering in the name of patriotism


KPopping and queer Americana

I have to say I’m late to the KPop Demon Hunters thing, and only started paying attention when a colleague mentioned his young daughters were crazy for it, and explained it was now Netflix’s most watched film ever.

That’s quite an achievement, and it ticks all the boxes: catchy tunes, stunning animations and relatable themes, not to mention a good dose of girl power in the form of three K-pop girl-banders who use their voices to protect the world from demonic forces (of course). But how much does the film reflect the real K-pop phenomenon? Our Korean culture expert Cholong Sung has the answers.

KPop Demon Hunters is on Netflix now




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KPop Demon Hunters gives a glimpse into K-pop culture in South Korea


What at first seems like a forbidden love story between a young woman and her fiance’s brother, On Swift Horses unexpectedly pivots to the hidden queer culture that existed in the United States of the 1950s. At the height of the American dream, when culture celebrated marriage and family as duty-bound goals, both characters turn out to be attracted to their own sex.

The glossy iconography of 1950s Americana is reimagined for this hidden world, making visible the queer lives that existed below the radar at a time of social censure and legal repression. This is an enjoyable watch that perhaps, according to our reviewer, would have worked better as a TV series, affording the space to develop characters more fully.

On Swift Horses is in cinemas now




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On Swift Horses: a film that fails to go deep enough on the complex queer lives of people in the 1950s


Love in a warm climate

I do love a bit of dark Scandinavian intrigue, so a new adaptation of Ibsen’s The Lady From The Sea makes a welcome addition to London’s theatrical fare. Starring Alicia Vikander as Ellida, a woman drawn ineluctably to the ocean, and Andrew Lincoln as her husband Edward, the setting is transferred from the Norwegian fjords to the Yorkshire coast.

Loaded with contemporary relevance, writer and director Simon Stone references Beyoncé and Just Stop Oil activism, and features a millennial protagonist struggling with climate anxiety. Does it work in this updated incarnation? Read our review and find out.

The Lady From The Sea is on at the Bridge Theatre in London until November 8




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The Lady from the Sea: a fierce play that shies from the wonderful unknowability of Henrik Ibsen’s original


From the late medieval period to the Arts and Crafts movement of the late 19th and early 20th centuries, The Nature of Gothic at the Blackburn Museum and Art Gallery explores the fascinating history of decorative borders. The show takes in in a diverse array of historical examples, from Islamic calligraphy adorned with floral frames, to vividly illuminated medieval manuscripts and the lush decorated margins of Pre-Raphaelite paintings.

The Nature of Gothic at the Blackburn Museum and Art Gallery until December 13




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New exhibition explores history of decorative borders: from medieval manuscripts to William Morris



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– ref. A violent dystopian thriller, KPop Demon Hunters and an updated Ibsen play: what to see this week – https://theconversation.com/a-violent-dystopian-thriller-kpop-demon-hunters-and-an-updated-ibsen-play-what-to-see-this-week-265553

Robert Redford: ten great films from a brilliant career

Source: The Conversation – UK – By Daniel O’Brien, Lecturer, Department of Literature Film and Theatre Studies, University of Essex

Over the course of an illustrious film career which began in 1960, Robert Redford starred in more than 50 films and directed nine. He was nominated for an Oscar four times, won best director for his debut Ordinary People in 1980, and received an honorary Oscar for his contribution to the film industry in 2001. It’s an extraordinary body of work – here we pick our ten favourites.

1. Butch Cassidy and the Sundance Kid (1969)

Robert Redford defined his Hollywood stardom in 1969 with George Roy Hill’s Butch Cassidy and the Sundance Kid, a film that reconfigured both the western and the buddy movie. Riding the momentum of New Hollywood titles like Easy Rider and Midnight Cowboy, Hill’s film struck a balance between fresh storytelling and classic Hollywood style.

Playing opposite Paul Newman’s wily Butch, Redford’s cool, sharp-shooting Sundance creates one of cinema’s most iconic duos. Their charisma and wit onscreen are as striking as their arresting good looks. But this is also carefully balanced. Sundance’s inability to swim, for example, adds humour and vulnerability, humanising Redford’s star power. The final defiant freeze-frame is culturally iconic, while the film’s legacy lives on through the Sundance Film Festival, providing a platform for independent filmmakers.

2. Jeremiah Jonhnson (1972)

Redford’s portrayal of 19th-century mountain man Jeremiah Johnson tells the tale of a disillusioned figure retreating into the wilderness, seeking solace in the solitude, beauty and danger of the Rocky Mountains.

Sparse in dialogue and narrative, the film relies on Redford’s quiet authority to carry it. Very much a product of its era, it frames Johnson in violent clashes with both Native Americans and nature itself. Most significantly, it marked the beginning of Redford’s long partnership with director Sydney Pollack, a fruitful collaboration that would later include The Way We Were, Three Days of the Condor, and Out of Africa.

3. The Sting (1973)

Reuniting with director George Roy Hill, Redford teamed up again with Paul Newman for The Sting, a stylish 1930s caper about two grifters scheming to outwit a crime boss, played with icy menace by Robert Shaw – a stark contrast to the warmth between the leads. This time it’s Newman’s turn to wear the moustache, with Redford clean-shaven, a playful reversal of their Butch Cassidy look. With its clever twists, Scott Joplin ragtime piano score and screen-wipe transitions, the film won seven Oscars at the 46th Academy Awards, including best picture and best director, and earned Redford a nomination for best actor.

4. All the President’s Men (1976)

Alan J. Pakula’s All the President’s Men paired Redford with Dustin Hoffman in a serious contemporary role, dramatising the Watergate scandal just two years after Nixon’s resignation. A taut, uncompromising account of investigative journalism, the film showcases Redford’s range in a part that eschews glamour for realism and the pursuit of truth. Fifty years later it remains one of cinema’s most sophisticated political dramas. The project owed much to Redford, who approached Bob Woodward and Carl Bernstein before securing rights to their book, and adapting it for the screen.

5. Ordinary People (1980)

Redford’s directorial debut, Ordinary People was a huge success, winning best picture and earning him the Oscar for best director. A powerful family drama about grief and alienation, it starred Donald Sutherland, Mary Tyler Moore and Timothy Hutton. The film transformed Redford’s career, expanding his influence behind the camera.

6. Sneakers (1992)

Directed by Phil Alden Robinson, Sneakers let Redford dip back into the caper genre, this time with a tech-age twist. He plays a former hacker turned security consultant who, along with a mismatched crew (Sidney Poitier, Dan Aykroyd, River Phoenix), is pulled into a plot over a code-breaking device. The film mixes comedy, intrigue and early 1990s paranoia about surveillance, while retaining a breezy touch as Redford holds it all together with his familiar charm.

7. Quiz Show (1994)

Redford’s fourth feature film, Quiz Show, returned to his interest in public scandal – this time shifting from the White House to NBC’s 1950s game show Twenty-One and the controversy surrounding contestant Charles Van Doren (Ralph Fiennes). Exposing how producers rigged the contest to engineer Van Doren’s success, the film probes questions of truth, media and morality, echoing Redford’s enduring fascination with power and integrity in American culture. Nominated for four Oscars, Quiz Show remains one of Redford’s most accomplished and incisive directorial works.

8. The Great Gatsby (1974)

Jack Clayton’s adaptation of F. Scott Fitzgerald’s The Great Gatsby cast Redford as one of literature’s most enigmatic figures: Jay Gatsby, the wealthy, detached, and obsessive dreamer pining for Daisy Buchanan (Mia Farrow). With his good looks and charisma, Redford embodied Gatsby’s allure, mystery and melancholy, even as the film itself divided critics. Lavish costumes and period design capture the excess of the Jazz Age, while Redford grounds the story’s glittering parties with Gatsby’s aching loneliness.

9. All Is Lost (2013)

J.C. Chandor’s All Is Lost is an engaging piece of action survival cinema, with Redford at 77 proving he could still carry a film entirely alone. He plays an unnamed sailor in the Indian Ocean whose boat is punctured by a drifting shipping container, an accident that escalates into a fight for survival on the open sea. With almost no dialogue (just 51 words), the drama relies on Redford’s presence and physicality. Like Jeremiah Johnson transposed from mountains to water, the film is elemental and meditative, and Redford delivers a late-career performance of remarkable endurance, which earned him the New York Film Critics Circle Award for best actor.

10. The Old Man & the Gun (2018)

David Lowery’s The Old Man & the Gun was announced as Redford’s final starring role, and it feels like a fitting farewell. While he later appeared briefly in Avengers: Endgame (2019) and in the anthology film Omniboat: A Fast Boat Fantasia (2020), this was the last feature he headlined.

Redford plays Forrest Tucker, a real-life career criminal who, well into his seventies, escapes prison and keeps robbing banks with a smile. The film isn’t about suspense so much as presence, and Redford brings the same easy charisma that defined his early career. Gentle, nostalgic and playful, it stands as an apt curtain call for a legendary performer and filmmaker.


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Daniel O’Brien does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

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