Le contrôle en cours de redéfinition à l’ère du travail à distance. Mais cela va-t-il dans le bon sens ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Caroline Diard, Professeur associé – Département Droit des Affaires et Ressources Humaines, TBS Education

Le télétravail en éloignant les salariés de leur manager a-t-il augmenté ou réduit le contrôle des tâches et du temps de travail ? De nouvelles formes et pratiques de management sont-elles apparues ? Dans quelle mesure sont-elles cohérentes avec les nouvelles façons de travailler à l’ère numérique ?


Alors que le contrôle du temps de travail et le droit à la déconnexion sont des obligations de l’employeur pour protéger la santé des salariés, l’étude 2025 de l’Observatoire du télétravail (Ugict-CGT) révèle que le Code du travail n’est pas respecté concernant ces deux dimensions.

En effet, malgré les bouleversements induits par le développement du travail à distance, les pratiques de contrôle restent assez limitées et s’orientent principalement vers la surveillance des temps de connexion, non pas dans l’objectif de les réguler comme le voudrait la loi, mais au contraire comme une attestation que le travail est effectué.

Cette pratique ne présage pas de l’implication et de la performance des télétravailleurs, mais révèle en revanche un manque de considération pour les conditions dans lesquelles le travail est exercé alors que l’employeur en est juridiquement responsable.

Du lien de subordination

Le contrôle fait partie inhérente du travail salarié et de la relation d’emploi formalisée par le lien contractuel employeur/employé, qui induit légalement un lien de subordination

Le contrat de travail est une

« convention par laquelle une personne s’engage à mettre son activité à la disposition d’une autre personne (physique ou morale), sous la subordination de laquelle elle se place, moyennant une rémunération ».

Le lien de subordination est donc consubstantiel à tout contrat de travail (quel qu’en soit le type) et renvoie au

« lien par lequel l’employeur exerce son pouvoir de direction sur l’employé : pouvoir de donner des ordres, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner la mauvaise exécution des ordres ».

Le contrôle du travail concerne ainsi de manière très large l’exécution des tâches confiées par l’employeur.




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Des modalités de contrôle peu novatrices

Avec le développement du télétravail et l’éclatement des unités de lieu, de temps et d’action, on aurait pu s’attendre à une évolution des modalités avec laquelle s’exerce ce lien de subordination et l’activité de contrôle qui lui est inhérente : la surveillance visuelle par les comportements n’est en effet plus possible lorsque les missions confiées sont réalisées à distance. L’enquête menée par l’Observatoire du télétravail de l’Ugict-CGT auprès de 5 336 télétravailleurs ne montre cependant pas de transformations profondes. Elle atteste en revanche de pratiques qui ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Si de plus en plus de salariés se sentent surveillés en télétravail, ils restent une minorité. En outre, la perception du contrôle est relativement faible. C’est seulement le cas de 17 % des répondants, contre 8 % lors de la précédente enquête menée en 2023.

A contrario, tout comme dans l’enquête précédente (2023), une forte majorité de salariés (79 %) ne savent pas s’ils sont contrôlés et n’ont pas été informés des dispositifs utilisés. Ces chiffres suggèrent que ce contrôle pourrait s’exercer à leur insu ou au travers de pratiques informelles déviantes.

Par ailleurs, lorsqu’ils sont identifiés, les dispositifs de contrôle ne sont guère novateurs et s’appuient encore largement sur le traditionnel reporting a posteriori plutôt que sur de nouvelles modalités technologiques en temps réel (IA, frappes de clavier, mouvements de souris, caméras). Le contrôle s’exerce ainsi avant tout sur les résultats de l’activité (plutôt que sur l’activité en train de se faire), en phase avec un management par objectifs qui sied mieux au travail à distance que le micromanagement, mais qui est loin d’être nouveau puisqu’il a été théorisé dans les années 1950 par Peter Drucker.

Transposition du réel au virtuel

Les modalités de contrôle consistent souvent en une transposition simple dans le monde virtuel les pratiques qui avaient déjà cours sur site : système de badge numérique (22,6 %) et feuille de temps (12,67 %).

Les verbatim recueillis lors de l’enquête révèlent en outre que, pour les télétravailleurs interrogés, ce contrôle consiste avant tout à s’assurer qu’ils sont bien connectés : « Le logiciel utilise le contrôle des connexions et leur durée », « Contrôle connexion permanent », « Heure de connexion/déconnexion sur Teams », « Suspicion de surveillance par le statut en veille de Teams ».

Ces témoignages traduisent une forme de glissement, d’un contrôle de l’activité à un contrôle de la disponibilité. Autrement dit, le contrôle ne renvoie plus à une mesure de la performance, mais à une preuve de présence – qui n’assure pas pour autant que le travail demandé est effectivement réalisé. Il s’agit donc davantage de regarder « le nombre d’heures de connexion du salarié que la qualité des contributions ou des échanges »

Impératif de présence

Cet impératif de présence peut par ailleurs s’étendre au-delà du temps de travail avec des sollicitations hors horaires (avant 9 heures ou après 19 heures). Si ces pratiques restent minoritaires, elles concernent tout de même un peu plus d’un salarié sur cinq régulièrement, et seul un tiers des répondants disent ne jamais y être confrontés.

Cette situation présente ainsi le risque de voir se développer « des journées de travail à rallonge » qui ne respectent pas les temps de repos légaux. Notons cependant que pour les répondants, ces sollicitations hors horaires ne sont pas directement liées au télétravail : plus de neuf personnes sur dix déclarent que ces situations ne sont pas plus fréquentes lorsqu’elles sont en télétravail que lorsqu’elles sont sur site.

Ce phénomène serait ainsi davantage lié à la « joignabilité » permanente permise par les outils numériques et à leur usage non régulé, quel que soit le lieu où s’exerce l’activité professionnelle.

Des pratiques en décalage avec le Code du travail

Il en ressort ainsi une vision assez pauvre du contrôle, qui pose par ailleurs problème au regard de nombreux articles du Code du travail qui ne sont pas respectés :

  • Articles L3131-1 à L3131-3 : l’employeur doit contrôler le volume horaire, l’amplitude, les maxima et les temps de repos.

  • Article L4121-1 : l’employeur a l’obligation de protéger la santé et la sécurité des travailleurs.

  • Article L1121-1 : les restrictions des libertés individuelles ne sont possibles que si elles sont justifiées et proportionnées.

  • Article L1222-4 : aucune donnée personnelle ne peut être collectée sans information préalable du salarié.

  • Article L2242-17 : droit à la déconnexion qui impose la mise en place de dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale

Ainsi, le contrôle du travail n’implique pas seulement un droit de surveiller et de sanctionner de la part de l’employeur, il inclut également un devoir de protection des salariés.

Le télétravail lève ainsi le voile sur l’ambivalence du contrôle, tel qu’il est inscrit dans le Code du travail et tel qu’il est mis en œuvre par les entreprises. Comme le résume bien un télétravailleur interrogé dans le cadre des entretiens qualitatifs menés en complément de l’enquête :

« On a un outil qui permet non pas de contrôler qu’on travaille trop, mais de contrôler qu’on est bien connecté. »

Contrôler, c’est veiller… ou presque

À cet égard, il peut être utile de rappeler l’étymologie du terme « contrôle&nbsp. En vieux français, le terme « contrerole » est le « rôle opposé », le « registre tenu en double », permettant de vérifier l’exactitude et de réguler. Il est proche du terme « surveiller », qui est un dérivé de « veiller ». Ces origines étymologiques acquièrent une nouvelle portée à l’heure du télétravail en questionnant l’objet et l’objectif du contrôle : s’agit-il de contrôler uniquement le travail pour sanctionner sa mauvaise exécution ? N’est-il pas aussi question de contrôler les conditions dans lesquelles il est réalisé dans l’objectif de veiller au respect des droits des travailleurs ?

La question du contrôle s’inscrit pleinement dans les problématiques du travail hybride, à la fois en télétravail mais également sur site.

En effet, alors que le débat sur le « retour au bureau » agite les organisations, avec des annonces très médiatisées de certaines grandes entreprises, on peut questionner là aussi la notion du contrôle.

Du côté des employeurs, l’argumentaire principalement utilisé pour justifier le retour au bureau est celui du délitement des liens sociaux et ses conséquences potentielles sur l’intelligence collective sous toutes ses formes. Du côté des salariés et de leurs représentants subsiste une légitime suspicion quant à l’association entre présence sur site et contrôle.

Fnege 2025.

Insaisissable objet du contrôle

Il y a donc une tension dans les organisations. Mais on manque de précision sur ce qu’on souhaite contrôler. Deux ensembles de questions demeurent. D’une part, celles relatives à la surveillance. Est-on encore dans l’idée que la présence physique prouve le travail effectué ? Contrôle-t-on la quantité de travail ? Sa qualité ? La volonté d’une présence physique a-t-elle pour objectif de surveiller en temps réel le salarié à sa tâche, possiblement en l’absence de confiance ? D’autre part, celles relatives à l’accompagnement et au soutien. Le management est-il meilleur en co-présence ? Le soutien social est-il meilleur sur site ? La circulation de l’information trouve-t-elle de plus efficaces canaux ?

À l’évidence, le débat sur le retour au bureau est clivant, mais il pourrait l’être moins si l’on questionnait la valeur ajoutée réelle pour le salarié, pour son travail, pour sa satisfaction et donc pour sa performance, de se rendre sur site plutôt que de rester chez lui. La question n’est donc pas de savoir s’il faut contrôler, mais comment le faire !

Le lien de subordination demeure consubstantiel au contrat de travail – il fonde le pouvoir de direction, d’organisation et de sanction de l’employeur. Mais ce pouvoir doit s’exercer dans les bornes que fixe le droit : celles du respect, de la proportionnalité et de la santé au travail.

Ceci questionne une nouvelle éthique du management : veiller et protéger plutôt que surveiller ; réguler et animer plutôt que traquer. S’il est de sa responsabilité de garantir que ses équipes atteignent les performances attendues, le manager doit également le faire en s’assurant de la qualité et de la légalité des conditions dans lesquelles ces performances sont réalisées.


Cet article a été co-écrit avec Nicolas Cochard, directeur de la recherche du groupe Kardham, enseignant en qualité de vie au travail (QVT) en master RH à l’Université Paris Nanterre.

The Conversation

Suzy Canivenc est membre de l’OICN (Observatoire de l”Infobésité et de la Collaboration Numérique) et Directrice scientifique de Mailoop

Caroline Diard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le contrôle en cours de redéfinition à l’ère du travail à distance. Mais cela va-t-il dans le bon sens ? – https://theconversation.com/le-controle-en-cours-de-redefinition-a-lere-du-travail-a-distance-mais-cela-va-t-il-dans-le-bon-sens-268451

Pourquoi les réunions de travail nuisent au bien-être

Source: The Conversation – France (in French) – By Willem Standaert, Associate Professor, Université de Liège

Toute réunion doit commencer par une question simple : pourquoi nous réunissons-nous ? Dotshock/Shutterstock

Trop nombreuses, trop longues et inefficaces, les réunions de travail, loin d’être de simples outils de coordination, peuvent devenir de véritables moteurs de mal-être. Comment y remédier ? Analyse par la science… des réunions.


Quiconque travaille dans une organisation le sait : les réunions s’enchaînent à un rythme effréné. En moyenne, les managers y passent vingt-trois heures par semaine. Une grande partie de ces échanges est jugée de faible valeur, voire totalement contre-productive. Le paradoxe de cette frénésie est que de mauvaises réunions en génèrent encore davantage… pour tenter de réparer les précédentes.

Pendant longtemps, les réunions n’ont pas été étudiées comme un objet de recherche en soi ; elles servaient de contexte à l’analyse, mais rarement d’unité centrale. Un manuel publié en 2015 a posé les bases de ce champ émergent, la « science des réunions ». Le véritable problème ne tient pas tant au nombre de réunions qu’à leur conception, au manque de clarté de leurs objectifs, et aux inégalités qu’elles renforcent souvent inconsciemment.

Se réunir nourrit le bien-être, ou lui nuit

Notre série d’études menées pendant et après la pandémie de Covid-19 souligne que les réunions peuvent à la fois nourrir le bien-être des participants et lui nuire. Trop de réunions peuvent conduire au burn-out et à l’envie de quitter son organisation ; mais elles peuvent aussi renforcer l’engagement des employés.

Le recours massif au télétravail et aux réunions virtuelles, accéléré par la pandémie, a introduit de nouvelles sources de fatigue : surcharge cognitive, hyperconnexion, effacement des frontières entre vie professionnelle et personnelle. Ces réunions en ligne favorisent aussi des interactions sociales continues et permettent de mieux percevoir la place de chacun dans l’organisation.

Les femmes parlent moins en visioconférence

Ces nouveaux formats de réunion ne sont pas vécus par tous de la même manière.

Un constat frappant concerne le temps de parole. Dans notre enquête menée auprès de centaines d’employés, les résultats sont clairs. Les femmes rapportent avoir plus de difficultés à s’exprimer en réunion virtuelle qu’en présentiel. Les causes sont multiples : interruptions plus fréquentes, invisibilité sur les écrans partagés, difficulté à décoder les signaux non verbaux, ou encore la double charge mentale lorsque les réunions se tiennent à domicile.

Autrement dit, les réunions en ligne – censées démocratiser l’accès – peuvent, si l’on n’y prend pas garde, renforcer les inégalités de genre.

Une réunion doit se concevoir, pas se subir

Face à cette folie des réunions, la solution n’est pas de les supprimer, mais de mieux les concevoir. Tout commence par une question simple, souvent oubliée : pourquoi nous réunissons-nous ?

Selon notre série d’études couvrant plusieurs milliers de réunions, il existe quatre grands objectifs :

  • partager de l’information,
  • prendre des décisions,
  • exprimer des émotions ou des opinions,
  • et construire des relations de travail.

Chacun de ces objectifs exige des conditions spécifiques, comme voir les visages, entendre les intonations, observer les réactions, partager un écran, etc. Aucun format (audio, visioconférence, hybride ou présentiel) n’est universellement le meilleur. Le mode choisi doit dépendre de l’objectif principal, et non d’une habitude ou d’une commodité technologique.

Plus encore, la recherche identifie des leviers simples mais puissants pour améliorer l’expérience collective :

  • partager à l’avance un ordre du jour clair et les documents nécessaires pour préparer les participants ;

  • varier les modes de prise de parole grâce à des outils de « main levée », des chats anonymes, ou des tours systématiques ;

  • jouer un vrai rôle de modération. Les responsables de réunion doivent équilibrer les interventions, encourager la participation et éviter les dynamiques d’exclusion.

Miroir de la culture organisationnelle

Les réunions ne sont jamais neutres. Elles reflètent – souvent inconsciemment – la culture, les rapports de pouvoir et les priorités implicites d’une organisation. Les données sont claires, les pistes d’amélioration existent. Reste aux entreprises et à leurs dirigeants à reconnaître le pouvoir transformateur des réunions.

Une organisation où seules les voix les plus fortes se font entendre en réunion est rarement inclusive en dehors. À l’inverse, des réunions bien menées peuvent devenir des espaces de respect et d’innovation collective.

L’objectif n’est pas d’avoir moins de réunions, mais de meilleures réunions. Des réunions qui respectent le temps et l’énergie de chacun. Des réunions qui donnent une voix à tous. Des réunions qui créent du lien.


Article écrit avec le Dr Arnaud Stiepen, expert en communication et vulgarisation scientifiques.

The Conversation

Willem Standaert ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi les réunions de travail nuisent au bien-être – https://theconversation.com/pourquoi-les-reunions-de-travail-nuisent-au-bien-etre-269205

Sommes-nous entrepreneurs par nature ou par culture ? Étude sur notre cerveau

Source: The Conversation – France in French (3) – By Frédéric Ooms, Chargé de cours, Université de Liège

Si le cerveau est capable de renforcer certains réseaux neuronaux grâce à l’entraînement, comme on muscle son corps par le sport, alors l’expérience entrepreneuriale répétée pourrait elle-même être un facteur de développement de ces connexions particulières. BillionPhotos/Shutterstock

L’entrepreneuriat façonne-t-il le cerveau ? Certaines personnes naissent-elles avec des caractéristiques cérébrales qui les prédisposent à entreprendre ? Pour tenter de répondre à ces questions, une étude récente explore le fonctionnement du cerveau d’entrepreneurs grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, une technique qui permet de visualiser l’activité cérébrale.


Si l’on reconnaît l’importance des processus cognitifs chez les entrepreneurs
– comment pensent-ils et agissent-il face à l’incertitude ? –, on s’est peu intéressé à l’étude de leur cerveau lorsqu’ils prennent leurs décisions.

Pourquoi certains individus semblent exceller dans la création d’entreprises et naviguent habilement à travers l’incertitude, tandis que d’autres peinent à s’adapter ?

Pour tenter de faire la lumière sur la réponse à cette question, nous avons mené des travaux faisant converger neurosciences et recherche en entrepreneuriat. Nous avons en effet exploré l’activité cérébrale chez des entrepreneurs grâce à une technique d’imagerie médicale, l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).

Fruit d’une collaboration entre le centre de recherche interdisciplinaire en sciences biomédicales GIGA Consciousness Research Unit de l’Université de Liège (Belgique) et le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Liège, notre étude ouvre de nouvelles perspectives sur la manière dont les entrepreneurs abordent la prise de décision, gèrent l’incertitude et exploitent de nouvelles opportunités.

Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf)

L’IRMf permet de visualiser l’activité cérébrale en mesurant les variations du flux sanguin dans le cerveau. Cette méthode repose sur un principe simple : lorsqu’une région du cerveau est activée, elle consomme plus d’oxygène, ce qui entraîne une augmentation du flux sanguin vers cette zone. Ce surplus d’oxygène modifie légèrement les propriétés magnétiques du sang. C’est cette différence que l’IRMf mesure pour créer des cartes d’activité cérébrale en temps réel, offrant ainsi une vue détaillée de la fonction cérébrale.

Plus précisément, notre étude s’est concentrée sur 23 entrepreneurs habituels
– c’est-à-dire ceux qui ont lancé plusieurs entreprises, en les comparant à 17 managers travaillant dans de grandes organisations.

L’analyse de connectivité en état de repos basée sur une région cérébrale d’intérêt (seed-based resting state fMRI) a révélé que ces entrepreneurs expérimentés présentent une connectivité neuronale accrue entre certaines régions de l’hémisphère droit du cerveau : l’insula et le cortex préfrontal. Ces zones jouent un rôle dans la flexibilité cognitive et la prise de décisions exploratoires, c’est-à-dire la capacité à ajuster sa stratégie et à penser autrement face à des situations nouvelles ou incertaines.

Mieux gérer l’incertitude

Ce réseau cérébral plus connecté pourrait contribuer à expliquer pourquoi ces entrepreneurs semblent mieux armés pour gérer l’incertitude et faire preuve de flexibilité cognitive, des capacités souvent associées à l’identification d’opportunités entrepreneuriales.

Que ce soit de manière séquentielle – les serial entrepreneurs, qui créent une entreprise après l’autre – ou de façon concurrente – les portfolio entrepreneurs qui gèrent plusieurs entreprises en même temps –, ces profils paraissent exceller dans l’art de s’adapter rapidement. Une compétence précieuse dans le monde des start-ups, où les repères sont rarement stables.

Une autre étude, portant sur le même groupe d’entrepreneurs et de managers met en lumière un autre phénomène intrigant : ces entrepreneurs habituels présentent un volume de matière grise plus important dans l’insula gauche. Bien que l’étude n’ait pas directement mesuré la pensée divergente, d’autres travaux ont montré que l’augmentation du volume de matière grise dans l’insula gauche est associée à cette capacité – c’est-à-dire la faculté de générer de nombreuses idées différentes pour résoudre un même problème.

Ce qui suggère que les différences observées chez ces entrepreneurs pourraient refléter une plus grande propension à la pensée divergente.

Une question essentielle reste ouverte : l’entrepreneuriat façonne-t-il le cerveau… ou bien certaines personnes naissent-elles avec ces caractéristiques cérébrales qui les prédisposent à entreprendre ?

Autrement dit, sommes-nous entrepreneurs par nature ou par culture ?

Nature ou culture ?

Cette interrogation est aujourd’hui au cœur des nouveaux projets de recherche menés par l’équipe d’HEC Liège et du Centre de recherche du cyclotron (CRC) de l’Université de Liège. Cette orientation de recherche s’appuie sur le concept de « plasticité cérébrale », c’est-à-dire la capacité du cerveau à se modifier sous l’effet des expériences et des apprentissages.

Si le cerveau est capable de renforcer certains réseaux neuronaux grâce à l’entraînement, comme on muscle son corps par le sport, alors l’expérience entrepreneuriale répétée pourrait elle-même être un facteur de développement de ces connexions particulières. À l’inverse, si ces différences cérébrales sont présentes dès le départ, cela poserait la question de traits cognitifs ou neurobiologiques favorisant l’esprit d’entreprise.

Pour répondre à ces questions, de nouveaux travaux sont en cours au sein du laboratoire et du GIGA-CRC, avec notamment des études longitudinales visant à suivre l’évolution des cerveaux d’entrepreneurs au fil de leur parcours, mais aussi des comparaisons avec de jeunes porteurs de projets ou des aspirants entrepreneurs.

L’enjeu est de mieux comprendre si, et comment, l’expérience de l’entrepreneuriat peut façonner notre cerveau. Cette nouvelle phase de la recherche est en cours et entre dans une phase clé : le recrutement des participants pour une étude en imagerie par résonance magnétique (IRM). Nous recherchons des volontaires, entrepreneurs ou non, prêts à contribuer à cette exploration scientifique inédite sur les effets de la pratique entrepreneuriale sur le cerveau.

Former les futurs entrepreneurs

L’intégration des neurosciences dans l’étude de l’entrepreneuriat offre une perspective novatrice sur les facteurs qui pourraient contribuer à l’esprit entrepreneurial. En comprenant si – et comment – l’expérience entrepreneuriale influence la structure et la fonction cérébrales, il deviendrait possible de concevoir des approches de formation spécifiques pour favoriser l’esprit d’entreprendre. On pourrait, par exemple, imaginer de mettre au point des exercices pratiques et des approches d’apprentissage immersif afin de développer chez les étudiants les compétences observées chez des entrepreneurs habituels.


Cet article a été rédigé avec l’aide du Dr Arnaud Stiepen, expert en communication et vulgarisation scientifiques.

The Conversation

Frédéric Ooms a été financé par une subvention ARC (Actions de Recherche Concertée) de la Fédération Wallonie‑Bruxelles.

ref. Sommes-nous entrepreneurs par nature ou par culture ? Étude sur notre cerveau – https://theconversation.com/sommes-nous-entrepreneurs-par-nature-ou-par-culture-etude-sur-notre-cerveau-259324

Intelligence économique : de la compétition à la coopération

Source: The Conversation – France (in French) – By Julien Poisson, Doctorant en intelligence économique, Université de Caen Normandie

La notion d’intelligence économique renvoie à au moins deux réalités différentes. Moins offensive, elle peut être un levier pertinent pour favoriser la collaboration entre les entreprises et leur environnement et pour rendre les écosystèmes plus résilients.


Depuis les années 1990, l’intelligence économique oscille entre deux modèles antagonistes : l’un, hérité de la « competitive intelligence » qui en fait une arme de guerre économique ; l’autre, issu de la « social intelligence » qui la conçoit au service d’un développement partagé. Aujourd’hui, face à l’incertitude croissante, des dirigeants d’entreprise semblent privilégier la seconde voie, celle de la coopération et de la responsabilité collective.

Deux visions

Popularisée dans les années 1990, l’intelligence économique s’est imposée en France comme une boîte à outils stratégique. Elle aide les organisations à anticiper les évolutions, à protéger leurs ressources et à influencer leur environnement à leur avantage. Son principe est simple : l’information est vitale. Il faut la collecter, l’analyser, la partager et la protéger via par exemple des pratiques de veille, de prospective, de sécurité économique et numérique, de protection des savoir-faire, d’influence et de lobbying. Mais derrière cette définition se cachent deux visions opposées.

La première voit l’intelligence économique comme une arme au service de la compétition. La seconde la conçoit comme un bien commun, au service de la société.

La première, popularisée par Michael Porter au début des années 1980, s’inscrit dans le courant de la « competitive intelligence ». La maîtrise de l’information permet d’éclairer les choix stratégiques et d’anticiper les mouvements de la concurrence. L’entreprise est considérée comme un acteur en alerte permanente, mobilisant des données, des outils d’analyse et des modèles prédictifs pour renforcer sa compétitivité. La perspective est à la fois défensive et offensive : l’intelligence économique sert à conquérir des parts de marché et à se prémunir des menaces externes.




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À la même époque, un tout autre courant émerge. À l’initiative du chercheur suédois Stevan Dedijer qui propose une vision bien plus inclusive avec la « social intelligence ». L’information n’est pas seulement une ressource stratégique au profit de quelques acteurs cherchant à être dominants, mais une orientation collective : celle des institutions, des entreprises et des citoyens cherchant à apprendre, à s’adapter et à innover ensemble. Cette approche, fondée sur la coopération entre sphères publique et privée, promeut une perspective visant le développement durable des sociétés plutôt que la seule performance des organisations.

Un lien entre savoir et action

Ces deux traditions ne s’opposent pas seulement dans leurs finalités ; elles reflètent deux conceptions du lien entre savoir et action. La « competitive intelligence » privilégie la maîtrise de son environnement et la compétition, quand la « social intelligence » valorise la coordination et la mutualisation des connaissances. En Suède, cette dernière s’est traduite par des dispositifs régionaux associant recherche, industrie et pouvoirs publics pour renforcer la capacité d’adaptation collective.

En France, l’intelligence économique s’est construite sur un équilibre fragile entre ces deux héritages : celui de la guerre économique et celui de la coopération à l’échelle du territoire. Aujourd’hui, la perspective de la social intelligence trouve un véritable écho chez les dirigeants d’entreprise. Face à la complexité et à l’incertitude, ils privilégient désormais des démarches collectives et apprenantes plutôt que la seule recherche d’un avantage concurrentiel. L’intelligence économique devient un levier d’action concrète, ancré dans la coopération et la responsabilité.

Veille collaborative

Ces démarches se traduisent sur le terrain par des formes de veille collaborative, où les entreprises mutualisent la collecte et l’analyse d’informations pour anticiper les mutations de leur environnement. Elles s’incarnent aussi dans les « entreprises à mission », qui placent le sens, la durabilité et la contribution au bien commun au cœur de leur stratégie.

Ces pratiques s’inscrivent pleinement dans la réflexion menée par Maryline Filippi autour de la responsabilité territoriale des entreprises (RTE). Elle propose d’« entreprendre en collectif et en responsabilité pour le bien commun ». Elles traduisent une conception du développement où le territoire devient un espace vivant de coopération entre les acteurs économiques, publics et associatifs. Dans cette perspective, la performance n’est plus une fin en soi, mais un moyen d’assurer la robustesse des systèmes productifs, cette capacité à durer et à s’adapter que défend Olivier Hamant.

Ministère des armées 2025.

Des formes variées d’appropriation

Comme le montre ma recherche doctorale (en particulier Poisson et coll., 2025), la notion d’intelligence économique connaît une appropriation variée selon le profil de dirigeant. En particulier, nous révélons que l’intelligence économique est souvent mobilisée pour construire des relations en vue de se doter de la force collective nécessaire pour faire face à l’incertitude.

Ainsi comprise, l’intelligence économique s’incarne dans des réseaux d’acteurs apprenants, dans la capacité à créer de la confiance et à partager les ressources d’un territoire. Elle propose une autre voie que celle de la compétition : celle de la coopération, de l’éthique et de la conscience d’un destin commun.

Cet article est publié dans le cadre de la Fête de la science (qui a eu lieu du 3 au 13 octobre 2025), dont The Conversation France est partenaire. Cette nouvelle édition porte sur la thématique « Intelligence(s) ». Retrouvez tous les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr.“

The Conversation

Julien Poisson a reçu des financements de la Région Normandie et de l’Agence Nationale de la Recherche Technologique (ANRT) dans le cadre de sa thèse CIFRE menée depuis novembre 2021.

Ludovic Jeanne est membre de l’Académie de l’Intelligence économique.

Simon Lee a reçu des financements de l’ANRT dans le cadre de contrats CIFRE.

ref. Intelligence économique : de la compétition à la coopération – https://theconversation.com/intelligence-economique-de-la-competition-a-la-cooperation-266925

Justicia ambiental en Europa: ¿se debería compensar a los países del sur por su vulnerabilidad climática?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Armando Alvares Garcia Júnior, Profesor de Derecho Internacional y de Relaciones Internacionales, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Rodrigo Fernández Photo/Shutterstock

La COP30 de Belém do Pará (Brasil) se celebra en un planeta que atraviesa su periodo más cálido desde que existen registros. La Organización Meteorológica Mundial ha confirmado que 2023, 2024 y 2025 constituyen los años más calurosos de la historia moderna.

En este escenario, la Unión Europea (UE) se presenta como ejemplo de liderazgo climático, con una retórica de justicia ambiental y solidaridad global pero, dentro de sus fronteras, se consolida una desigualdad importante: el sur mediterráneo (España, Portugal, Italia, Grecia) es especialmente vulnerable al cambio climático y sus consecuencias, sin recibir una compensación proporcional.

Aunque todos los Estados miembros comparten el compromiso de reducir las emisiones en el marco del Pacto Verde, el Reglamento Europeo de Reparto del Esfuerzo asigna porcentajes distintos según el PIB per cápita y la estructura económica.

España, por ejemplo, busca cumplir con algunos de los objetivos más ambiciosos asignados dentro de este reparto, ya que su porcentaje de reducción de emisiones es más elevado que el de otras economías mediterráneas con menor PIB per cápita. Lo hace, además, en un contexto de vulnerabilidad creciente: sufre daños derivados del cambio climático y carece de mecanismos de compensación adecuados que equilibren el peso de esos esfuerzos dentro del bloque europeo.

Un punto caliente del cambio climático

El Ministerio para la Transición Ecológica y el Reto Demográfico publicó en octubre de este año el informe ERICC, que identifica 141 riesgos climáticos para España. Entre ellos destacan la desertificación progresiva, la pérdida de cosechas, los incendios forestales recurrentes y la reducción crítica de recursos hídricos.

Estos riesgos hace mucho tiempo que dejaron de ser proyecciones teóricas. Son ya realidades perfectamente observables: los termómetros superan los cuarenta grados en zonas interiores, los embalses registran mínimos históricos, la superficie quemada equivale cada verano a la de una provincia de tamaño mediano. En paralelo, la mortalidad asociada al calor ha aumentado de forma sostenida, especialmente entre los mayores.

España, como parte de la península ibérica y la cuenca mediterránea, es ampliamente considerada una de las regiones más vulnerables y un “punto caliente” (hotspot) del cambio climático dentro de la Unión Europea. Su vulnerabilidad es alta. De hecho, el Centro Común de Investigación de la Comisión Europea alerta de pérdidas agrícolas que podrían alcanzar entre el 10 % y el 20 % en la próxima década. Por otro lado, el norte experimentaría una expansión relativa de su productividad agrícola.

Justicia climática

A ello se suma una brecha energética estructural: los países septentrionales reciben más fondos de transición porque la Unión Europea prioriza la reconversión industrial y minera, concentrada históricamente en el norte y el centro del continente. En cambio, el sur enfrenta un reto distinto: adaptarse a un entorno climático extremo que exige inversiones constantes en estructuras como desaladoras, sistemas de riego y redes eléctricas reforzadas.

Las tarifas en el norte son más estables porque esos países disponen de redes eléctricas más integradas, una mayor capacidad de almacenamiento y menor dependencia de la climatización estival, lo que suaviza las oscilaciones de precios.

El resultado es un modelo que favorece a quienes transforman su industria y penaliza a quienes deben proteger su territorio del impacto climático inmediato.

A pesar de ello, el diseño institucional de Bruselas mantiene un enfoque homogéneo. Las mismas metas de reducción de emisiones rigen para Laponia y Andalucía, pese a sus realidades opuestas. Andalucía ha emitido más que Laponia, pero enfrenta una transición más costosa, con calor extremo, falta de agua y pérdidas agrícolas. El principio de justicia climática se diluye así en su aplicación dentro de la UE.

Las políticas de descarbonización han incrementado los costes de producción agrícola e industrial, especialmente en regiones dependientes de sectores intensivos en agua y energía. El resultado es una paradoja: los territorios más vulnerables son los que asumen la carga más pesada de la adaptación, sin mecanismos compensatorios suficientes en los fondos europeos de transición justa.

En la COP30 de Belém, el presidente brasileño, Luiz Inácio Lula da Silva, y el secretario general de la ONU, António Guterres, apelan a la coherencia entre discurso y acción. Ambos líderes insisten en que una transición justa exige reconocer las desigualdades estructurales entre regiones y adaptar las políticas al grado de vulnerabilidad. Esa misma lógica, aplicada dentro de Europa, pone en cuestión la equidad del modelo verde.

La transición tiene un coste elevado para España

La experiencia de España en la transición climática europea ilustra las complejidades de equilibrar la adhesión a la normativa de descarbonización, la gestión de costes económicos significativos y la búsqueda de una redistribución equitativa de los recursos y beneficios.

En cierto modo, España reúne todos los ingredientes de esa contradicción: cumplimiento normativo, costes elevados y escasa redistribución.

El país ha demostrado un alto grado de compromiso ambiental. Ha reducido emisiones, incrementado la generación renovable y avanzado en políticas de economía circular. No obstante, la falta de flexibilidad en la aplicación de las normas europeas agrava desigualdades sociales y territoriales.

Sectores como la agricultura, el turismo y la energía enfrentan una transformación forzada que compromete empleos y estabilidad económica. En Andalucía, Murcia y Castilla-La Mancha, el agotamiento de los acuíferos y la caída de la rentabilidad agraria convierten el “discurso verde” en un desafío de supervivencia. Parte de ese agotamiento proviene del propio modelo de regadío intensivo, que ha sostenido durante décadas la economía regional, pero hoy compromete su sostenibilidad. La transición ecológica exige reformar ese sistema sin ofrecer aún alternativas productivas equivalentes.

Una estrategia diferenciada por regiones

La Comisión Europea se enfrenta a una disyuntiva: mantener una política uniforme relativamente insensible a las diferencias existentes o avanzar hacia una estrategia diferenciada por regiones.

La justicia climática implica atender a quienes están en primera línea del cambio ambiental. La UE debe reconocer sus propias asimetrías. En cierto modo, España representa el límite físico y político del modelo verde europeo: un territorio que encarna los costes del cambio sin disfrutar plenamente de sus beneficios: inversión, empleo sostenible, estabilidad energética e innovación tecnológica.

El norte y el centro de Europa concentran la mayoría de esos retornos gracias a su tejido industrial y su posición en las cadenas de valor. Mientras, España asume los costes físicos y de adaptación –sequías, incendios y desertificación– sin recibir en igual medida los frutos de esa modernización.

Hacia una justicia climática europea

La Unión Europea podría garantizar una justicia climática efectiva aplicando políticas que reconozcan las diferencias estructurales entre sus Estados miembros. En primer lugar, debería incorporar la vulnerabilidad climática como criterio de reparto en todos los fondos verdes para que las regiones más afectadas –por sequías, desertificación o incendios– reciban un apoyo proporcional a sus riesgos.

En segundo lugar, convendría ampliar el Fondo de Transición Justa, actualmente centrado en el cierre de minas e industrias del norte, hacia un instrumento que también financie la adaptación ecológica en el sur.

Finalmente, la UE debería crear un mecanismo de solidaridad climática que compense los costes desiguales de la transición. Existen instrumentos parciales, como el Mecanismo para una Transición Justa o el Fondo de Cohesión, pero fueron concebidos para la reconversión industrial y no para compensar los impactos físicos del cambio climático, por lo que aún no actúan como mecanismos de justicia climática efectiva.

En Belém, los líderes reclaman coherencia; en Bruselas, esa coherencia sigue pendiente. La transición ecológica será verdaderamente justa cuando los países que más sufren reciban una protección proporcional a su vulnerabilidad, también dentro de la UE.

The Conversation

Armando Alvares Garcia Júnior no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Justicia ambiental en Europa: ¿se debería compensar a los países del sur por su vulnerabilidad climática? – https://theconversation.com/justicia-ambiental-en-europa-se-deberia-compensar-a-los-paises-del-sur-por-su-vulnerabilidad-climatica-269334

Un nuevo experimento revela que rejuvenecer es posible

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco José Esteban Ruiz, Profesor titular de Biología Celular, Universidad de Jaén

Retrato de un joven mono Cynomolgus mobrafotografie

Envejecer es inevitable. Nuestras células se agotan y los tejidos pierden su equilibrio. Pero ¿y si parte de ese proceso se pudiera revertir? Sí, hablamos de encontrar la piedra filosofal del rejuvenecimiento.

Hace sólo unos días, la prestigiosa revista científica Cell publicó un breve artículo que ha reavivado esta pregunta y plantea una reflexión crítica sobre las terapias con células madre mesenquimales, tan de uso en algunas clínicas, que hasta ahora no habían demostrado resultados sólidos contra el envejecimiento. De hecho, en este artículo subrayan que los riesgos y que la variabilidad entre tratamientos han generado más dudas que certezas.

Durante años, las terapias con células madre se presentaron como el futuro del rejuvenecimiento, pero la realidad ha sido mucho menos brillante. En varios ensayos clínicos, las células trasplantadas apenas lograban integrarse en los tejidos y, cuando lo hacían, envejecían o morían rápidamente sin producir mejoras duraderas.

Pero ahora, en el breve análisis antes comentado, los autores describen un estudio revelador que, según ellos, marca un punto de inflexión al ser un trabajo experimental tremendo, detallado y sorprendente que demuestra algo nunca visto con esa profundidad: el rejuvenecimiento es posible, al menos en primates.

El estudio que lo demuestra

El trabajo al que se refieren parte de una idea arriesgada pero lógica: si las células madre envejecidas no funcionan bien en un cuerpo también envejecido, ¿por qué no modificarlas antes de trasplantarlas y que así funcionen?

Y se pusieron manos a la obra: modificaron genéticamente células madre mesenquimales humanas, de modo que mejoraron la función del gen FOXO3, directamente relacionado con el daño celular que se produce con la longevidad.

FOXO3 ayuda a reparar daños en el ADN, reduce el estrés oxidativo y mantiene a raya a las células que empiezan a fallar. Se puede considerar, en cierto modo, un centinela molecular. De ahí que los investigadores recurrieran al “elegante truco” de hacer que FOXO3 permaneciese activo durante más tiempo.

Con este cambio, las células resultaron ser más resistentes al estrés y al daño del ADN con la edad. Y eso les llevó a bautizarlas como SRCs (siglas de senescence-resistant cells, o células resistentes al envejecimiento).

Pero no se quedaron en las células. Durante diez meses consecutivos, el equipo de investigación inyectó, cada dos semanas y por vía intravenosa, estas células a primates Cynomolgus, con una edad equivalente a la de un ser humano de entre 60 y 70 años. Lo que observaron no era nada común: los órganos de los primates rejuvenecían.

Los órganos que rejuvenecen

El cerebro fue uno de los órganos más sensibles al tratamiento. Los animales mostraron menos atrofia cortical y un aumento de la conectividad en el hipocampo, la región cerebral relacionada con la memoria y el aprendizaje. Incluso disminuyeron las proteínas vinculadas con la enfermedad de Alzheimer. Según los relojes epigenéticos basados en análisis de transcriptómica (que estudian cómo se expresan los genes), algunos tipos neuronales “retrocedieron” más de seis años en su edad biológica.

Y el efecto no se detuvo ahí. El sistema óseo mejoró su densidad, se detectó menos inflamación crónica y menos células senescentes. Los tejidos de la piel, el músculo o el intestino presentaron patrones moleculares más jóvenes. E incluso el sistema reproductor, uno de los más afectados por el paso del tiempo, experimentó un rejuvenecimiento sorprendente: las hembras mostraron oocitos más jóvenes y en los machos mejoró la espermatogénesis.

Quizá lo más interesante del estudio no sea el rejuvenecimiento en sí, sino cómo ocurre. Las células trasplantadas no se quedaron en los tejidos y no reemplazaron células viejas por células nuevas. Su acción se debió a los exosomas, es decir, pequeñas vesículas celulares cargadas de instrucciones moleculares que parecen reprogramar el estado funcional de otras células.

Lo verdaderamente sorprendente es que, cuando los investigadores administraron solo los exosomas, sin células, se reprodujeron muchos de los efectos rejuvenecedores, lo cual abre la posibilidad de terapias más seguras y fáciles de controlar.

De momento, solo hay resultados en primates

¿Podemos, entonces, revertir nuestra edad biológica? La tentación de sacar conclusiones rápidas es grande, pero hemos de ser prudentes. Este trabajo es sólido, sí, pero sigue siendo preclínico y realizado en primates no humanos.

Quedan muchas preguntas abiertas. Por ejemplo, ¿son duraderos estos cambios? ¿Es seguro intervenir de esta manera durante años? ¿Qué moléculas exactas contienen esos exosomas? ¿Se comportará el organismo humano igual que el de estos primates?

Aún así, el experimento aporta evidencias de que el envejecimiento no es un muro completamente rígido, sino un proceso dinámico que responde a señales celulares, que se acelera o se frena, y que puede retroceder.

Si estos resultados se consolidan podrían cambiar el modo de entender la medicina del envejecimiento. En lugar de tratar cada enfermedad asociada a la edad por separado, se podrían intervenir a la vez todos los procesos biológicos que las originan, como la inflamación crónica, el daño celular y la pérdida de resiliencia tisular.

No estamos hablando de inmortalidad ni de elixires mágicos. Estamos hablando de biología celular y tisular real, medible y replicable. Y eso, por sí mismo, ya supone una revolución silenciosa.

Rejuvenecer: ¿para qué y para quién?

La posibilidad de revertir la edad biológica despierta entusiasmo, pero también obliga a hacerse preguntas incómodas. ¿Buscamos vivir más años o vivirlos mejor? ¿Quién tendría acceso a estas terapias si algún día llegan a ser seguras y eficaces?

Por otro lado, el impacto no sería solo individual, sino que afectaría a los sistemas de salud, a la forma de entender la vejez y, en última instancia, a nuestro propio modelo social.

Además, el riesgo de que estos avances se confundan con promesas simplificadas de “anti-aging” es real. Por eso hacen falta regulaciones estrictas y una evidencia clínica sólida. Está claro que rejuvenecer no es solo un reto biológico: también plantea un desafío ético y social.

The Conversation

Francisco José Esteban Ruiz recibe fondos para investigación del Ministerio de Ciencia e Innovación, la Agencia Estatal de Investigación (AEI) y el Fondo Europeo de Desarrollo Regional (FEDER) bajo el proyecto PID-156228NB-I00, y de la Consejería de Salud y Consumo, Junta de Andalucía (PIP-0113-2024).

ref. Un nuevo experimento revela que rejuvenecer es posible – https://theconversation.com/un-nuevo-experimento-revela-que-rejuvenecer-es-posible-269889

Why ‘not just living for the weekend’ may be a trend for good

Source: Radio New Zealand

You may have seen people documenting and romanticising their midweek excursions and rituals on social media lately.

There are also spoof versions showing people declaring they’re ‘not just living for the weekend’ before quickly jumping into bed or curling up on the couch.

Emma Dickeson has recently documented a trip to the ballet and a solo swim as part of a ‘not just living for the weekend’ series on TikTok.

Emma Dickeson says she hopes people will be inspired to enjoy their entire week.

Emma Dickeson says she hopes people will be inspired to enjoy their entire week.

Supplied

– Published by EveningReport.nz and AsiaPacificReport.nz, see: MIL OSI in partnership with Radio New Zealand

‘Wild’ night in city as band shouts $35k in free drinks after gig cancelled

Source: Radio New Zealand

Were you there the night Amyl and the Sniffers shouted the city of Melbourne thousands of free drinks?

Perhaps like Woodstock, the number of people who say they were — who will tell mates they scored a beer from one of Australia’s most thrilling guitar bands — might stretch beyond reality.

What is true is that, in the space of a few hours, a bitterly frustrating moment was reconfigured into a lasting memory that summed up the very best of Melbourne’s live music community.

Amyl & The Sniffers

Amyl and the Sniffers have been nominated for a Grammy

supplied

To recap — Friday night should have been a triumphant, crowning communal homecoming.

A free, all-ages gig at Federation Square in Melbourne’s CBD for an in-demand band celebrating an implausible ascent to stardom. 

Take your pick from their recent honours.

Amyl and the Sniffers just sold-out a 10,000-capacity venue in London, capping off a mammoth run of international tour and festival dates.

Last weekend they were nominated for a Grammy.

They currently have a song sound-tracking a Japanese car ad. Not bad for a Melbourne pub band.

On the Friday morning of the Fed Square gig, they encouraged fans on social media to be considerate of younger attendees, clearly mindful that this could be a big one.

Mere minutes before they were due to hit the stage, the show was abruptly cancelled.

Amyl and The Sniffers Fed Square show was cancelled eight minutes before it was scheduled to start.

Amyl and The Sniffers Fed Square show was cancelled eight minutes before it was scheduled to start.

Jason Katsaras

The Melbourne Arts Precinct Corporation (MAP Co), which operates Fed Square, said there had been multiple breaches of security barriers.

The decision to shut it down was “not made lightly” according to MAP Co chief executive Katrina Sedgwick, but the view was “it was unsafe for the audience, the staff and the band to continue”.

The band quickly took to their Instagram page.

“We’re devastated. We’re really apologetic,” said their magnetic lead singer Amy Taylor, sandwiched among some coarse language.

“We were really excited to play. We’re so sorry. Grrrr.”

‘Have a drink on us’

Then, a new post.

Taylor, still jittering with apology, announced the band was relinquishing their performance fee.

Five thousand dollars would go behind the bar at seven of the city’s small live music venues immediately.

“Have a drink on us,” she said in the video, that has since reached more than 1 million views.

“Just have some fun tonight.”

That meant $35,000 worth of free drinks at The Tote, The Old Bar, The Curtin, Labour in Vain, Hell’s Kitchen, Last Chance Rock and Roll Bar, and Cherry Bar.

For a scene hanging on by a frayed guitar lead, that isn’t just generous — it’s unfathomable and unprecedented.

A few kilometres up the road at The Curtin, publican Benjamin “Rusty” Russell found out his establishment was one of the venues.

“I was like … Jesus, that’s wild. Absolutely wild,” he said.

“We talk about Melbourne music community — well that is it. [The band] cut their teeth in places like this, so to see them give back like that is amazing.”

Celebrations rang out across the front bar and drinks (“nothing top-shelf” according to Rusty) began to flow.

In Fitzroy, Louie and his mates were among those lining up outside The Old Bar, having left the “frustrating” Fed Square debacle in search of a free drink.

“We looked up on Instagram and saw they’d put $5K down at a bunch of pubs and bars around town, so we were like, we’ve got to go for one,” Louie said.

“It’s awesome that they’ve pumped a bunch of money into these local venues. Bloody good onyas.”

Around the corner, the $5,000 tab had already run out at the Labour in Vain, but the pub was still heaving.

“We couldn’t have received any more love than what we’ve received tonight from them,” said JP, one of the bar managers.

“We are one of the first pubs they ever played in. We love them, love what they’ve done for the pub, whether it be for publicity or for the community.”

Bar tab comes amid pub woes

There is every chance Friday night will spill into Melbourne’s sticky-carpeted music mythology.

But the once proud label of ‘Australia’s live music capital’ has become something of a grim cliche.

Speak to anyone involved in live music for longer than a politician’s photo shoot, and you’ll find an industry that is hurting.

“It’s terrible right now,” said Fergus, who was working the door at The Old Bar.

“There are so many live music venues closing down, and the government should really do more to support them. It’s great that Amyl are doing it, but they shouldn’t have to, you know?”

At a grassroots level, an industry that saw the losses of the pandemic compounded by changes in spending (and drinking) habits is being squeezed by rising operating and regulatory costs.

Back at The Curtin, publican Rusty used to see Amyl and the Sniffers play to the devoted few in the pub’s front bar.

He’s glad the City of Melbourne is helping them to put on large-scale shows, but believes there’s more to be done to support the next crop of artists.

“A lot of politicians mean well,” he said.

“But when it comes down to it, we are facing significant issues that aren’t really being heard enough.”

It is a point made less diplomatically over the bar by Jess Norman, who walked across from Fed Square.

“You can’t just support people in their glory days,” she said.

“You need to support people when they’re in the dirt and they’re in the grit and they’re doing the hard yards.

“We need to support the venues that support these young acts.”

For Jess and her bar stool companion, Chris Sutherland, beyond any free drinks that may have been poured, this was nonetheless a night to treasure.

“I feel like this could be a huge cultural moment for Victoria and Melbourne,” she said.

“Other acts couldn’t shut down Fed Square. Robbie Williams couldn’t shut down the city! Then you turn around and give everyone a shout at the pub? Like, that’s nuts!

“When Melbourne shuts down your gig and gives you lemons,” Chris Sutherland said, “you turn the answer to lemonade for the whole f…ing town!”

– Published by EveningReport.nz and AsiaPacificReport.nz, see: MIL OSI in partnership with Radio New Zealand

Cómo se construye la nueva industria de la música a través de ‘Operación Triunfo’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Ángel Baños Saldaña, Profesor de Literatura Española, Universidad de Castilla-La Mancha

Imagen de la gala 8 de _Operación Triunfo 2025_. Amazon MGM Studios

Hace unos días nuestro amigo Mike nos comentó: “Me vi el primer capítulo en Amazon y lo quité”. Hizo una pausa breve, casi teatral, antes de insistir: “No me representa. No me representa a mí”. Y luego, con una sonrisa resignada, añadió: “A la gente joven a lo mejor sí”.

Hablaba de Operación Triunfo 2025, que parece diseñado para “jóvenes con rentabilidad”. Así lo señala su publicidad: desde la primera gala se habla de la adquisición de capital para “invertir” a través del banco online que lo patrocina, el mismo que ha planificado un sorteo de entradas por TikTok para la gala final.

Este programa musical de telerrealidad apunta a un sector de la generación Z que compara precios en Idealo, previene los signos de la edad con La Roche-Posay o CeraVe, se refresca con Cacaolat o Nestea y juega con piezas de Lego. Dicho en otros términos, su público objetivo son los jóvenes con cierta capacidad adquisitiva.

El nuevo formato ha planificado un cambio de paradigma en la relación entre televisión, música y cultura popular y la productora Gestmusic ha canalizado su difusión en torno a una nueva edad.

Cinco personas posan detrás de una mesa en un escenario.
Chenoa, presentadora del formato, y el jurado de esta edición de 2025. De izquierda a derecha, Guille Milkyway, Cris Regatero, Abraham Mateo y Leire Martínez.
Amazon MGM Studios

The show must go on

Cuando Operación Triunfo irrumpió en 2001, lo hizo como un acontecimiento televisivo. Era una fábrica de sueños que convertía a jóvenes anónimos, casi sin formación, en iconos de masas. Su éxito no radicaba solo en la música, sino en la construcción de una narrativa aspiracional que mezclaba mérito, emoción y espectáculo.

Tras su reaparición en 2017, el formato encontró una segunda vida en la era digital. Y desde su emisión en Amazon Prime, el programa se ha reconvertido en un espejo de la (nueva) industria musical.

El espectáculo ya no ocurre solo en una gala de tres horas, sino en un flujo continuo de clips, directos, comentarios y reacciones. OT2025 no se ve, se navega. Se consume entre notificaciones mientras permanece la fascinación por ver nacer al artista “adolescente”, por asistir al proceso en el que el anonimato se convierte en figura pública.

Operación Triunfo comienza mucho antes de que los concursantes entren el escenario. El proceso de selección combina estrategias tradicionales y digitales. Por un lado, se realizan castings presenciales en varias ciudades de España; por otro, se impulsa la participación a través de redes sociales con iniciativas como el #OTCover, que permite a los aspirantes mostrar su talento en TikTok e Instagram.

Ya en la Academia, se les instruye según la lógica de la industria musical: ensayos, trabajo en equipo, presión mediática y exposición constante.

Más que un concurso, OT2025 es un síntoma cultural. Se trata de una versión acentuada de la sociedad musical del espectáculo: una maquinaria afectiva en la que lo visible produce verdad y multiplica los comentarios en redes.

La vocación transmedia del regreso de OT como proyecto televisivo ya ha conquistado a los jóvenes. A partir de esta edición, se constata la voluntad manifiesta de fidelizar clientes en ese sector. Esos son los jóvenes que van “un pasito por delante”, como dice el anuncio del banco.

El talento como performance

En OT2025 la noción de talento se expande más allá de la técnica vocal o la interpretación. Lo que se busca –y se recompensa– es la capacidad de emocionar, de conectar y de narrarse. El concursante interpreta su identidad, ensaya su autenticidad y construye una marca personal en tiempo real para integrarse en una industria. Esta detentará gran parte de sus derechos de imagen, autor y explotación comercial.

La perfomance se basa en el ideal contemporáneo de la autenticidad emocional. Guille Toledano, uno de los concursantes, lo intuye, e insiste en validar su capacidad como intérprete de canciones pero no como compositor. Mostrar la vulnerabilidad y la virtud, compartir el proceso, llorar frente a cámara o abrirse ante el público se convierten en partes esenciales de la narrativa.

El espectáculo ya no consiste en la perfección, sino en la emoción visible. Cada gesto, cada palabra y cada interpretación forman parte de una coreografía colectiva que combina espontaneidad y cálculo. Aprender a sentir ante la cámara es tan importante como saber cantar.

Algoritmos, plataformas y la nueva industria musical

La principal diferencia entre OT2025 y sus predecesores reside en la infraestructura. La industria musical se ha desplazado hacia un modelo donde las plataformas, además de patrocinar el formato, actúan como amplificadores del gusto (y del negocio). En su segundo año de existencia, la “Tienda OT” se consolida para conectar con la juventud. Su merchandising quiere que le guste vestir como los concursantes, hablar como ellos y llevar totebags con sus frases.

El programa asume esta lógica de manera explícita. Las canciones se graban y se publican en streaming. Estas van acompañadas de estrategias de marketing que organizan, desde la plataforma Amazon, un perfecto entramado de cómo funciona la cultura.

Las métricas de escucha, los picos de viralidad y las menciones en redes sociales se incorporan como parte de los criterios de éxito y de juventud. A más interacción, mayor identificación con su público. Por eso, los aspirantes a “triunfitos” disfrutan en la Academia de treinta minutos de consumo de TikTok a la semana, en pantalla grande, y mientras aprenden protocolo. Necesitan incorporar su imagen al que es hoy el gran escaparate del espectáculo y saber gestionarlo.

Un grupo de gente joven posa.
Todos los concursantes de esta nueva edición de OT.
Amazon MGM Studios

En este contexto, OT2025 ilustra un nuevo tipo de industria musical participativa. Ya no basta con “gustar” al jurado o al público: hay que ser relevante dentro del flujo de datos. El artista debe aprender a dialogar con algoritmos y audiencias simultáneamente, optimizando su presencia en el ecosistema digital.

Esto pone sobre la mesa la aceleración de los tiempos de producción, la homogeneización estética y la fragilidad emocional derivada de la exposición constante. El programa es un espejo de las contradicciones de la cultura digital: celebra la creatividad, pero dentro de los márgenes del mercado y la atención.

OT2025 como laboratorio de la industria musical

Más allá del espectáculo, OT2025 puede entenderse como un espacio donde se ensayan nuevas formas de creación, representación y consumo en la era digital.

Su valor no reside solo en los artistas que lanza, sino en los discursos que genera sobre la identidad, la autenticidad, el éxito y el trabajo creativo. Deja tras de sí un repertorio de canciones, debates y símbolos que alimentan la memoria joven y colectiva.

El programa pone de relieve las nuevas condiciones del trabajo artístico: la autoexplotación emocional, la hiperconectividad, la dependencia de las plataformas. Pero también abre oportunidades inéditas para la autonomía y la autogestión. Los concursantes ya no esperan ser “descubiertos” por una discográfica; son ellos quienes aprenden a convertirse en su propia industria. Porque ¿de verdad importa el ganador?

OT2025 no solo lo ganará un concursante, sino también los patrocinadores y la industria musical. El formato condensa las tensiones centrales de la cultura contemporánea: autenticidad y artificio, emoción y cálculo, arte y mercado. Su verdadera relevancia no radica en quién gana, sino en cómo revela las transformaciones estructurales de la música popular y de la producción cultural en la era del espectáculo permanente.

The Conversation

José Ángel Baños Saldaña es miembro del equipo de investigación del proyecto de I+D+i “Mucho más que poemas. Poesía para más gente y poéticas de la canción” (M+PoeMAS), cuya referencia es PID2024-158927NB-100.

Guillermo Sánchez Ungidos es miembro del equipo de investigación del proyecto de I+D+i “Mucho más que poemas. Poesía para más gente y poéticas de la canción” (M+PoeMAS), cuya referencia es PID2024-158927NB-100.

ref. Cómo se construye la nueva industria de la música a través de ‘Operación Triunfo’ – https://theconversation.com/como-se-construye-la-nueva-industria-de-la-musica-a-traves-de-operacion-triunfo-265413

¿Qué pasa con la igualdad en el contexto digital?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Milagros Sáinz Ibáñez, Investigadora y directora del grupo de investigación de género y TIC del IN3, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Ilustradora: Nadia Hafid.

Durante los últimos años, las redes sociales se han convertido en una herramienta de socialización básica para los jóvenes. ¿Quién se iba a imaginar, años atrás, la relevancia y el papel que estas plataformas digitales iban a tener en la vida de las personas, si cabe más intenso entre niños y adolescentes? Los móviles y sus aplicaciones se empiezan a usar a edades cada vez más tempranas. Nueve de cada diez adolescentes españoles se conectan varias veces al día a internet o están permanentemente conectados.

Con este papel tan importante en la socialización y las relaciones personales de las nuevas generaciones, ¿afecta el uso de redes sociales a la brecha de género? Y si lo hace, ¿en qué sentido?

Por un lado, las redes sociales se han convertido en una herramienta de empoderamiento de las mujeres, sobre todo de las más jóvenes. Han servido de altavoz para aglutinar sororidad y esfuerzos para denunciar públicamente casos de abusos, discriminación, y violencia contra las mujeres en todas sus dimensiones. Movimientos como el #Mee too, #yo si te creo o #ni una más han nacido y crecido en las redes sociales.

Las redes también han servido para fomentar la colaboración entre mujeres en asuntos como la fertilidad o el síndrome de la impostora, con la creación de múltiples recursos destinados a superar situaciones de discriminación o enfrentarse a la inseguridad de las redes.

Diferencias de género en el uso e impacto de las redes sociales

Niños, niñas y adolescentes no usan las mismas redes sociales ni de la misma manera. Por ejemplo, entre los usuarios españoles de 11 o 12 años de Whatsapp, Twitch, Youtube o Instagram, se ha observado que los niños seguían más publicaciones relacionadas con los deportes o los videojuegos y las niñas los contenidos de música, moda, salud, belleza, política y personas famosas. Las niñas, además, informaban seguir a más familiares en las redes sociales que los niños.

Los estudios sugieren que los chicos adolescentes usan más Youtube y las chicas Tik Tok o Instagram. Usar más Tik Tok o Instagram, y preferir contenidos sobre moda, salud, famosos o belleza, tiene un impacto en la presión estética que sufren especialmente las chicas.

Para ellas, las redes sociales se convierten a menudo en un escaparate donde se destaca la apariencia física, se idealiza la imagen corporal y se persigue la validación social. Una mayoría de usuarios (algunos de ellos influencers a los que siguen miles de personas) intercambian imágenes casi siempre atractivas sobre diferentes ámbitos de su vida personal y profesional.

Esta excesiva importancia de la imagen corporal, y la cosificación y sexualización del cuerpo de las mujeres que implica, hacen a las chicas especialmente vulnerables a determinados problemas de salud mental. Por ejemplo, el uso de Instagram destaca en algunos estudios por su relación con la insatisfacción corporal, la promoción de la delgadez y la comparación social. Otras investigaciones relacionan el uso de Facebook con una baja autoestima y cambios en la conducta alimentaria.




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¿Por qué las chicas adolescentes se sienten peor que los chicos?


Una inteligencia artificial sexista

Más allá de las redes sociales, hay otros ámbitos donde la tecnología, si no tenemos cuidado, puede acabar acentuando determinados estereotipos y con ellos, la desigualdad. Por ejemplo, el ámbito de la inteligencia artificial. Cada vez es más frecuente el uso de las herramientas de inteligencia artificial generativa para diseñar influencers.

Si observamos con detenimiento los atributos asociados a su aspecto físico y psicológico podremos observar este tipo de influencers (utilizados en muchas ocasiones con fines de marketing y publicidad), al igual que ocurre en el caso de los influencers de carne y hueso, replican y exageran las características físicas, psicológicas y los roles de las mujeres y de los hombres que representan. Aitana López, Shudu Gram, Alex, o Kyra son ejemplos de algunos de los influencers creados con herramientas de IA.

Los datos de los que se alimentan estas herramientas para la creación de imágenes y contenidos contienen numerosos sesgos de género, y por lo tanto, en el diseño y producción de nuevas tecnologías digitales se sigue adoptando una visión tradicional de los roles y estereotipos asociados a hombres y mujeres.

Sin embargo, a pesar de la importancia que tienen las redes sociales y la inteligencia artificial como potenciales propagadores de los sesgos y estereotipos de género, apenas existen estudios sobre el tema. ¿Qué atributos se toman como referencia para definir la apariencia física, la personalidad, las actitudes o el comportamiento que estos influencers muestran al público, y por qué?

Ciberacoso y ‘grooming’, sobre todo en chicas

Un riesgo del uso de redes sociales a edades tempranas es el de ser contactado o contactar con desconocidos, algo que 1 de cada 3 adolescentes hacen. Existen numerosas evidencias que señalan que las chicas reciben más mensajes no solicitados y viven más experiencias de acoso y abuso que sus compañeros.

Por ejemplo, según un estudio del Instituto de las Mujeres sobre acoso en las redes (2022), el 80 % de las mujeres ha sufrido alguna situación de acoso en las redes sociales. La mitad de las situaciones de acoso en las redes están relacionadas con el establecimiento (o intento de establecimiento) de una relación íntima. Además, en la mayoría de las ocasiones estas experiencias de acoso eran propiciadas por personas desconocidas.




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El surgimiento de la machosfera

Es chocante que el empoderamiento de las mujeres en las redes y, por ende, en diferentes ámbitos de la vida haya propiciado a su vez el impulso de un movimiento reaccionario, misógino y antifeminista, que se conoce como la machosfera (manosfera en inglés).

La machosfera ha sido definida como el conjunto de espacios virtuales que dan cabida a una multitud de movimientos basados en el fomento de una masculinidad tóxica centrada en la propagación de discursos misóginos y antifeministas. Se caracterizan por fomentar la propagación de bulos y la desinformación sobre la igualdad de género y la situación de las mujeres. Además, reivindican la vuelta a valores masculinos tradicionales con argumentos que niegan la violencia contra las mujeres, afirmando incluso que es un invento ideológico.

Entre los chicos adolescentes, la tendencia a creer que la violencia de género es un invento ideológico o a banalizarla ha estado aumentando en los últimos años, como podemos observar comparando resultados del Barómetro Juventud y Género: en 2019, el 11,9 % estaban de acuerdo con la frase de que la violencia de género es un invento ideológico; en 2021 esta cifra subió hasta el 20 %; y en 2023, al 23 %.Muchos jóvenes (chicos mayoritariamente) encuentran cobijo y comprensión en este tipo de movimientos, muy presentes en las redes, donde se fomenta una visión distorsionada y tóxica de las relaciones entre hombres y mujeres.




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A esto se añade la falta de conocimiento sobre qué constituye un delito de odio o cómo gestionarlo: el 43 % de los jóvenes de ambos sexos no cree o no está seguro de que mandar mensajes de odio sea delito (casi el 50 % de los chicos frente al 37 % de las chicas), y 1 de cada 4 adolescentes afirmaba que no sabría dónde denunciar un caso de violencia online.

Videojuegos, un mundo hostil para las mujeres

En torno al 47 % de las personas que juegan a videojuegos son mujeres. Sin embargo, muchas de ellas reciben continuos insultos y descalificaciones por parte de algunos hombres también jugadores.

Por este motivo, algunas deciden ocultar su identidad femenina para evitar este tipo de situaciones. Además, son recurrentes las situaciones de acoso en redes sociales que sufren las pocas mujeres que producen y diseñan videojuegos.

La pornografía y la igualdad de género

En los últimos años preocupa especialmente el acceso de los jóvenes desde edades muy tempranas a la pornografía, especialmente por parte de los chicos. Esto tiene un efecto importante en cómo perciben las relaciones sexuales y afectivas, pues la mayoría de vídeos y contenidos a los que acceden ofrecen una imagen distorsionada de las mujeres, de las relaciones y del papel que juegan las mujeres en ellas.

Estudios recientes señalan la influencia que el consumo de este tipo de contenidos tiene en las relaciones de pareja durante la adolescencia, pues en muchos casos algunos adolescentes (sobre todo chicos) tienen muy interiorizado lo que han visualizado y exigen a sus parejas reproducir lo que han visto en el material pornográfico al que han tenido acceso.

Las evidencias que hemos recabado confirman la necesidad de trabajar con niños, niñas y adolescentes para fomentar entre ellos un uso crítico, responsable y ético de las herramientas digitales, especialmente de las redes sociales. Existen algunos ejemplos sobre el mal uso de estas herramientas con fines sexistas que no se deberían producir. Pero también es importante trabajar con las familias, el profesorado y especialistas en educación para formarse y promover un uso ético de las redes sociales.


La versión original de este artículo se ha publicado en la Revista Telos, de Fundación Telefónica.

The Conversation

Milagros Sáinz Ibáñez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Qué pasa con la igualdad en el contexto digital? – https://theconversation.com/que-pasa-con-la-igualdad-en-el-contexto-digital-269252