Comment le cirque réimagine la coopération ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Sandrine Stervinou, Professeur Associé, Audencia

Galapiat, une compagnie de cirque contemporain basée en Bretagne, a délaissé le statut d’association pour celui de Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC). Comment réussir ce changement de gouvernance ? En créant de nouvelles pratiques managériales.


Le cirque contemporain, narratif, engagé et inspiré de diverses disciplines artistiques, tient une place non négligeable dans notre pays. Les compagnies se sont multipliées, leur nombre passant de 15 à 600 en 40 ans. Elles complètent l’offre du cirque traditionnel, généralement familial et sous chapiteau – Bouglione, Arlette Gruss ou Pinder. Ces troupes proposent des spectacles dans lesquels les artistes s’emparent de questions de société et font appel tout autant à la raison… qu’aux émotions des spectateurs.

Dans ce monde du cirque contemporain, Galapiat Cirque a piqué notre intérêt, car la compagnie est considérée comme atypique grâce à sa taille, son succès et sa longévité. Le modèle de la Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) lui a permis de développer une activité commerciale tout en préservant l’esprit collaboratif. Galapiat Cirque est une référence en Bretagne, la région qui l’a accueilli il y a près de 20 ans. La compagnie offre de 100 à 160 représentations par an, avec un budget avoisinant les 800 000 € et un collectif de 37 membres-associés.

A la suite d’une première rencontre avec son administrateur en 2015, peu de temps après que Galapiat Cirque soit devenu une SCIC, nous avons voulu comprendre le choix du modèle coopératif et son impact sur le succès de la compagnie. À partir de quinze entretiens et de la participation à différentes réunions, nous avons publié une étude de cas. Elle permet d’identifier les leçons à tirer pour les organisations culturelles qui choisiraient ce modèle de gouvernance.

Société coopérative d’intérêt collectif

« Les coopératives sont des acteurs clés dans la préservation et le développement du patrimoine culturel mondial. Elles offrent de bonnes conditions de travail, la possibilité […] de transmettre notre patrimoine aux générations futures de manière durable et inclusive », rappelle Iñigo Albuzuri, président de l’Organisation internationale des coopératives de production industrielle, d’artisanat et de services (CICOPA).

La Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) est un modèle hybride alliant mission sociale, non lucrativité et activité commerciale. Divers acteurs – salariés, usagers, associations, collectivités locales, partenaires privés – peuvent détenir des parts sociales de l’entreprise pour en devenir membres-associés. Ce statut leur permet de participer aux grandes décisions de l’organisation selon le principe « une personne (morale ou physique), une voix ».

Présentation du modèle de la SCIC.

Les bénéfices doivent majoritairement être mis en réserves impartageables pour soutenir la structure – à hauteur d’au minimum 57,4 %. Souvent, ils le sont à 100 % sur décision des membres-associés. Certains commentateurs y voient le croisement entre la coopérative, la société commerciale et l’association. Créé en 2001, ce statut attire régulièrement de nouveaux candidats. En 2024, on compte 417 SCIC en France, employant plus de 15 000 personnes pour un chiffre d’affaires de 1,6 milliard d’euros.

Les SCIC culturelles, elles, restent rares. Selon le site des SCIC, elles représentent, en 2024, seulement 8,5 % des coopératives, en comptant les SCIC dans le domaine sportif. Pourtant dès 2015, l’État a encouragé leur création, notamment dans le cadre d’évènements tels que les forums « entreprendre dans la culture ».

Pourquoi l’association Galapiat Cirque a-t-elle fait le choix de la SCIC et avec quel impact ?

Pas de chef

Galapiat Cirque a été créé sous forme associative en 2006 par six artistes fraîchement sortis du Centre National des Arts du Cirque (CNAC) à Châlons-en-Champagne, l’une des trois grandes écoles de cirque françaises. Ces cinq hommes et une femme, venus de pays et d’horizons différents, rêvent d’un spectacle collectif itinérant. Allant à l’encontre de l’avis de leurs professeurs, ils se lancent dans la création de leur premier spectacle sans metteur en scène. Ce sont les prémisses du principe du « pas de chef ».




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Si le succès artistique et financier est rapidement au rendez-vous pour le spectacle Risque Zéro, le statut associatif montre, lui, ses limites. Chacun des six artistes veut pouvoir affirmer sa propre voix et créer les spectacles qui lui ressemblent. Chaque projet se gère indépendamment, avec son propre budget. En cas de déficit, c’est le bureau de l’association – président, secrétaire et trésorier – qui en assume la responsabilité. Or, comme souvent dans les associations, les personnes du bureau sont assez éloignées du cœur de l’activité. Avec la croissance, la situation se tend pour l’équipe administrative qui prend des décisions sans en avoir la légitimité, créant un sentiment d’inconfort voire de mal-être.

« C’est un des paradoxes du milieu culturel : on est tous sous forme associative, alors que la plupart du temps, les associations sont totalement fantoches […]. J’ai l’impression que la forme SCIC a changé des choses, en tout cas a accéléré ce processus de légitimation des salariés. […] Une tentative de faire coller la forme à la réalité le plus possible » souligne un associé de Galapiat.

Après une longue période de gestation ponctuée de nombreuses rencontres et discussions, le statut de SCIC est finalement adopté en 2015.

Décider collectivement

Choisir le statut SCIC structure la vision du projet de cirque collectif. Il permet de donner une voix identique à tous les membres – sont membres ceux qui ont pris au minimum une part sociale, d’un montant symbolique de 25 euros. Selon l’administrateur de la compagnie, le projet est avant tout motivé par la volonté d’entériner un fonctionnement le plus démocratique possible, en prenant en compte l’ensemble des avis, les positions de toutes les personnes investies – soit trente-sept membres.


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Les artistes approchant ou dépassant la quarantaine, l’envie de transmettre, d’accompagner de jeunes compagnies, de partager et de se sédentariser se fait sentir. Un groupe de travail, composé de volontaires (artistes et administratifs) se met à la recherche d’un lieu. Au bout de trois ans, un lieu atypique a été proposé, discuté et validé en assemblée générale.

« On aura pris une décision collective. Et oui, ça prend du temps. Alors c’est imparfait, hein ? Cette recherche permanente de trouver un chemin commun à 37 est unique. C’est vraiment pour ça que je suis chez Galapiat en fait. Aujourd’hui, plus que pour le cirque en fait » estime un des salariés-associés

« Statut n’est pas vertu »

Se structurer en coopérative ne garantit pas une participation réelle de tous à la prise de décision et à l’absence de chef. « Statut n’est pas vertu. » Pour éviter la concentration de pouvoir et favoriser le partage des responsabilités, la SCIC étudiée a établi une co-gérance tournante à trois personnes, chaque membre devenant co-gérant à un moment donné pour une durée de trois ans.

« L’idée est de ne pas tout mettre sur les épaules d’une personne. C’est mon interprétation de la raison pour laquelle on a décidé de passer sur une co-gérance tournante » rappelle un artiste-associé

Au quotidien, les co-gérants sont aidés par le Groupement d’Accompagnement à la Gérance (GAG), groupe de six volontaires nommés pour un an renouvelable. Il se réunit chaque mois et gère la vie coopérative : organisation des Assemblées générales (AG), lien avec les structures partenaires, questions juridiques, relations avec les associés, etc. Il assume également la responsabilité d’employeur et mène, par exemple, les entretiens annuels des salariés.

Trois bonnes pratiques managériales

Dans les fondamentaux de la coopérative circassienne, on trouve la volonté de faire vivre le collectif, d’assurer une juste rémunération des salariés, d’incarner au maximum les valeurs coopératives et de s’engager dans l’environnement local et la défense du milieu culturel.

La SCIC reprend les trois bonnes pratiques managériales qui ont fait leurs preuves en coopérative : la clarification de l’organisation, la co-gérance, la co-contruction du projet. Mais, elle va plus loin, cherchant l’équilibre entre partage du pouvoir et des responsabilités, incitant chaque membre à en prendre une part équitable, au nom du collectif.

Cet art de la coopération permet d’éviter la dégénérescence des coopératives, souvent présentée comme inéluctable. Galapiat Cirque garde une vision optimiste et continue d’imaginer des futurs organisationnels désirables tout en ayant une vision lucide des risques que le collectif doit affronter. Comme ils le disaient il y a 20 ans, dans le cirque, le risque zéro n’existe pas.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Comment le cirque réimagine la coopération ? – https://theconversation.com/comment-le-cirque-reimagine-la-cooperation-258421

Les amours de vacances : entre liberté, exploration et normes sociales

Source: The Conversation – France (in French) – By Marine Lambolez, Doctorante, ENS de Lyon

Le temps des vacances permet aux jeunes d’explorer sans pression, loin de leur cercle quotidien, des relations avec des jeunes issus d’autres milieux qu’ils n’auraient pas croisés autrement. Un temps de liberté précieux pour le développement de leur personnalité ?


Les grandes vacances s’accompagnent de tout un imaginaire : la chaleur (de plus en plus), la baignade, le vélo entre copains, l’ennui des longues journées, les cartes postales, le camping, la maison des grands-parents ou le quartier qui se vide pour deux mois… et les amours de vacances, qui se nouent plus souvent en bord de plage qu’aux vacances de la Toussaint, d’où leur nom anglais de « summer fling ».

En dehors de l’espace scolaire et, bien souvent, sous un contrôle parental plus diffus qu’à l’accoutumée, la liberté estivale des jeunes s’étend à la sphère amoureuse.

Loin du regard du cercle quotidien, les idylles se lient sans pression. L’été, les jeunes peuvent se réinventer et sortir de leur place attitrée au sein de leurs familles ou de leurs groupes d’amis : l’intello, le rigolo, la bonne copine, l’ex d’untelle…). C’est l’occasion d’explorer des relations amicales et amoureuses avec des jeunes de milieux sociaux ou d’appartenance géographique éloignées, que l’on ne croiserait pas dans son quotidien, et de faire fi de son capital de popularité scolaire.




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Il est fréquent que les élèves débutent l’année scolaire avec un nouveau style vestimentaire, une nouvelle coiffure, une nouvelle facette de leur identité expérimentés et perfectionnés à l’abri des regards pendant l’été.

Il en va de même pour les relations amoureuses. Les vacances permettent au jeune couple de passer beaucoup de temps ensemble, dehors ou à des évènements estivaux organisés par la ville, le camping, le club de vacances… tout cela en ayant généralement moins besoin de demander l’autorisation aux parents de voir un ou une partenaire en particulier ni de s’organiser autour des activités extrascolaires et sociales qui rythment l’année scolaire.

Ces espaces de liberté et d’expérimentation permettent aux jeunes de construire une base de relation solide avant de présenter leur partenaire à leurs familles et leurs amis et amies au retour des vacances… ou d’arrêter la relation avant qu’elle soit soumise à l’approbation des proches ou à la logistique du quotidien, notamment pour les relations à distance.

Échapper au jugement des autres

Les amours de vacances fonctionnent comme des espaces de liberté pour les jeunes, hors du regard des pairs et de la famille. À l’école, au contraire, les histoires d’amour sont un sujet de conversation quotidien.

Du côté des groupes de garçons, il convient de se moquer de l’ami amoureux. D’abord, il faut mettre à distance l’intérêt pour l’amour car celui-ci serait fondamentalement féminin. Par conséquent, les garçons amoureux, surtout à un jeune âge, vont être moqués et leur masculinité remise en cause.

Chez les adolescents, quand le fait d’avoir une petite amie n’est plus sanctionné socialement, il convient de bien rappeler aux garçons en couple que la loyauté masculine surpasse la relation amoureuse, selon l’adage sexiste « les potes avant les putes ».

Chez les filles, le jugement des amies porte plus sur le partenaire que sur leur amie. Il s’agit pour elles de protéger leur amie de garçons malintentionnés, ou qui ne les « mériteraient » pas. Cependant, les critères selon lesquels un partenaire masculin va être considéré comme à la hauteur ou non varient et souffrent parfois des ancrages sociaux des jeunes. Ainsi, un garçon issu d’un milieu social plus défavorisé, ou d’une culture tout à fait différente, pourra faire l’objet des critiques des proches de sa petite amie, sans raison valable.

C’est par exemple autour de ces dynamiques conflictuelles que s’ouvrait la série Newport Beach (The OC). Les réactions amicales genrées sont représentées, de façon caricaturales, dans la chanson Summer nights de Grease, dans laquelle Sandy et Danny décrivent leur histoire de vacances de façons bien différentes :

Summer Nights (Clip du film Grease).

Evidemment, échapper au jugement des autres peut être particulièrement libérateur pour les jeunes soumis à des normes familiales strictes. C’est notamment le moment idéal pour les adolescent·es LGBTQIA+ de découvrir leurs attirances sans craindre de conséquences sociales au sein de leur famille ou de leur établissement scolaire.

Remettre en cause les normes de socialisation

En dehors de l’institution scolaire et à distance, figurativement ou géographiquement, de l’institution familiale, les normes de socialisation auxquelles est soumis chaque individu, a fortiori parmi les plus jeunes, se font moins sentir. L’été devient le moment parfait pour remettre en cause les normes respectées le reste de l’année.

Toutefois, ce n’est pas toujours une mauvaise chose quand les autres se mêlent des histoires de cœur des adolescentes et adolescents. Le contrôle parental permet bien sûr d’éviter des situations inappropriées (écarts d’âge, manque de prévention) et les filles (et de plus en plus les garçons) savent mettre en garde leurs amies contre des comportements toxiques dans leurs relations amoureuses. L’autre face du jugement est celle des conseils, parfois bons, qui permettent aux jeunes (et moins jeunes) de naviguer dans ces premières relations de couple.


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En dehors des vacances, les jeunes sont friands de moments dérobés au regard de leurs proches pour se découvrir « de leur côté ». Nous observons notamment cela avec l’investissement sentimental des espaces numériques anonymes. Les rencontres amoureuses se font aussi maintenant sur Discord ou dans les tchats de jeux en réseau (League of Legends, Fortnite…).

Parfois, l’entièreté de la relation amoureuse se vit sans rencontrer le cercle de son partenaire et, cela en étonnera plus d’un, sans même que les amoureux ne se rencontrent « en vrai ».

Internet offre ces « vacances infinies », enfermées dans le temps du loisir, au sein duquel les jeunes couples virtuels peuvent ne se soucier que de leur relation et de leurs activités ludiques. On peut se questionner sur le rôle que joueront ces relations dans la formation amoureuse des nouvelles générations, qui semblent convaincues de la fable « pour vivre heureux, vivons cachés ».

The Conversation

Marine Lambolez ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les amours de vacances : entre liberté, exploration et normes sociales – https://theconversation.com/les-amours-de-vacances-entre-liberte-exploration-et-normes-sociales-258093

Los inmigrantes en Europa y Norteamérica ganan un 18 % menos que los nativos: aquí las razones

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Are Skeie Hermansen, Professor of Sociology, University of Oslo

Según un nuevo estudio, los inmigrantes acaban trabajando en sectores, ocupaciones y empresas con salarios más bajos. F Armstrong Photography/Shutterstock

A medida que muchos países se enfrentan al envejecimiento de la población, la caída de la natalidad, la escasez de mano de obra y las presiones fiscales, la capacidad de integrar con éxito a la población migrante se está convirtiendo en una cuestión cada vez más urgente.

Sin embargo, nuestro nuevo estudio revela que los salarios de los inmigrantes en Europa y Norteamérica son casi un 18 % inferiores a los de los nativos. Para llegar a esta conclusión, hemos analizado los salarios de 13,5 millones de personas en nueve países: Canadá, Dinamarca, Francia, Alemania, Países Bajos, Noruega, España, Suecia y Estados Unidos. Los datos corresponden al periodo comprendido entre 2016 y 2019.

La población migrante en estos territorios ganaba menos principalmente porque no podía acceder a puestos de trabajo mejor remunerados. Tres cuartas partes de la brecha salarial se debían a la falta de acceso a empleos bien pagados, mientras que solo una cuarta parte se atribuía a las diferencias salariales entre los migrantes y los trabajadores nativos en el mismo empleo.

España presenta la brecha más grande, mientras que la de Suecia es la más pequeña.
Los autores

Los países de altos ingresos que examinamos en Europa y América del Norte se enfrentan a retos demográficos similares, con bajas tasas de fertilidad que provocan el envejecimiento de la población y la escasez de mano de obra. Es poco probable que las medidas natalistas cambien este destino demográfico, pero unas políticas de inmigración sólidas pueden ayudar.

En todos estos países, con instituciones laborales y poblaciones migrantes muy diferentes, se da un hecho común: no están aprovechando el capital humano de los inmigrantes.

Marcadas diferencias regionales

Como apuntábamos, hemos constatado que los inmigrantes ganan un 17,9 % menos que los nativos, aunque la diferencia salarial varía mucho de un Estado a otro. En España, un país que ha acogido a un gran número de inmigrantes en los últimos años, esa diferencia supera el 29 %. En Suecia, donde muchos inmigrantes encuentran trabajo en el sector público, es solo del 7 %. Estos resultados no incluyen a aquellos desempleados ni a los que trabajan en la economía informal.

El lugar de nacimiento también influye. Las diferencias salariales medias más elevadas se registraban entre los migrantes procedentes del África subsahariana (26,1 %) y de Oriente Medio y el norte de África (23,7 %). En el caso de aquellos procedentes de Europa, América del Norte y otros países occidentales, la diferencia salarial media con respecto a los nativos era mucho más modesta, del 9 %.

Diferencias salariales de los inmigrantes según su región de origen.
Los autores

Además, nuestros resultados sugieren que los hijos de inmigrantes tenían perspectivas salariales sustancialmente mejores que sus padres. En los países en los que se disponía de datos sobre la segunda generación –Canadá, Dinamarca, Alemania, Países Bajos, Noruega y Suecia–, la diferencia se redujo con el tiempo: su descendencia ganaba de media un 5,7 % menos que los trabajadores con padres nativos.




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Difícil acceso a empleos mejor remunerados

Más allá de cuantificar la brecha, queríamos comprender las raíces de las disparidades salariales. Para crear mejores políticas, es importante saber si los inmigrantes cobran menos que los nativos cuando realizan el mismo trabajo en la misma empresa, o si estas diferencias se deben a que los extranjeros suelen trabajar en empleos peor remunerados.

Con un amplio margen, descubrimos que los inmigrantes acaban trabajando en sectores, ocupaciones y empresas con salarios más bajos; tres cuartas partes de la diferencia se debía a este tipo de selección en el mercado laboral. La diferencia salarial por el mismo trabajo en la misma empresa era solo del 4,6 % de media en los nueve países.

Estas desigualdades representan un fracaso de la política de inmigración a la hora de integrar a los migrantes, ya que estos se ven relegados a trabajos en los que no pueden aportar todo su potencial. Nuestros análisis descartan que la falta de acceso a trabajos mejor remunerados sea simplemente un reflejo de la diferencia de cualificación entre los inmigrantes y los trabajadores nativos. También hemos constatado que la magnitud de la brecha salarial y el papel fundamental del acceso desigual a los empleos bien remunerados es similar para los inmigrantes con y sin estudios universitarios.

Esto significa que la diferencia salarial entre inmigrantes y nativos representa en gran medida una ineficiencia del mercado y unas políticas fallidas, con importantes consecuencias sociales tanto para la población migrante como para los países que la acogen.




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Implicaciones políticas

Aunque las políticas para garantizar la misma remuneración por un mismo trabajo pueden parecer una solución viable, no cerrarán la brecha salarial de los inmigrantes. Esto se debe a que solo ayudan a quienes ya han conseguido un empleo, mientras los migrantes se enfrentan a barreras laborales que comienzan mucho antes incluso de solicitar un puesto de trabajo. Entre ellas se incluyen los complicados procesos de validación de títulos universitarios u otras cualificaciones, y la exclusión de las redes profesionales.

Por lo tanto, las políticas deben centrarse en facilitar el acceso a mejores puestos de trabajo.

Para que esto sea posible, los gobiernos deben invertir en programas como la formación lingüística, la educación y la formación profesional para los inmigrantes. Deben garantizar que estos tengan acceso temprano a información sobre empleo, redes profesionales, asistencia en la búsqueda de trabajo y referencias de empleadores. Deben implementar un reconocimiento estandarizado y transparente de los títulos y credenciales extranjeras, ayudando a los inmigrantes a acceder a puestos de trabajo que se ajusten a sus habilidades y formación.




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Esto es especialmente importante para Europa, que se apresura a atraer –y retener– a inmigrantes cualificados que pueden estar reconsiderando su decisión de irse a Estados Unidos en la era Trump. En la Unión Europea, alrededor del 40 % de los inmigrantes no comunitarios con estudios universitarios tienen empleos que no requieren un título, lo que supone una infrautilización de las competencias conocida como desperdicio de cerebros.

Algunos países ya están tomando medidas para remediar esta situación. La Ley de Inmigración Cualificada de Alemania, que entró en vigor en 2024, permite a los titulados extranjeros trabajar mientras se reconoce oficialmente su título. En 2025, Francia reformó su permiso Passeport Talent para atraer a profesionales cualificados y hacer frente a la escasez de mano de obra, especialmente en el sector sanitario.

Este tipo de políticas contribuyen a garantizar que los trabajadores extranjeros puedan aportar todo su potencial y que los países puedan aprovechar al máximo los beneficios de la inmigración en términos de aumento de la productividad, mayores ingresos fiscales y reducción de las desigualdades.

Si los migrantes no pueden acceder a buenos puestos de trabajo, sus competencias quedan infrautilizadas y la sociedad sale perdiendo. Una política de inmigración inteligente no termina en la frontera, sino que comienza allí.


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The Conversation

Are Skeie Hermansen ha recibido financiación del Consejo Europeo de Investigación (ERC) en el marco del programa de investigación e innovación Horizonte 2020 de la Unión Europea (convenio de subvención n.º 851149), del Consejo de Investigación de Noruega (subvención 287016) y del Centro de Estudios Avanzados de la Academia Noruega de Ciencias y Letras (beca CAS para jóvenes investigadores 2019/2020).

Marta M. Elvira recibe financiación del Ministerio de Ciencia e Innovación de España, subvención PID2020- 118807RB-I00/AEI /10.13039/501100011033.

Andrew Penner no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Los inmigrantes en Europa y Norteamérica ganan un 18 % menos que los nativos: aquí las razones – https://theconversation.com/los-inmigrantes-en-europa-y-norteamerica-ganan-un-18-menos-que-los-nativos-aqui-las-razones-261285

Paolo Borsellino: the murder of an anti-mafia prosecutor and the enduring mystery of his missing red notebook

Source: The Conversation – UK – By Felia Allum, Professor of Comparative Organised Crime and Corruption, University of Bath

It has been 33 years since anti-mafia prosecutor Paolo Borsellino was blown up by Cosa Nostra in front of his mother’s home in Palermo, Sicily. His death on July 19 1992 came 57 days after the murder of his colleague, Giovanni Falcone. This was the peak of Cosa Nostra’s attack on state representatives.

A vital document was lost that day – a red notebook believed to have been in Borsellino’s work bag. This loss has hampered attempts to understand how deep into the Italian state Cosa Nostra’s activities run.

The early 1990s were a turbulent time in Italy. The fall of the Berlin wall in 1989 broke the Italian party system and wiped out the traditional political parties, which had been based around the opposing forces of the Christian Democrats (supported by the US and the Vatican) and the Communist party.

The Christian Democrats, in power during the post-war period, had often protected Cosa Nostra. But losing power meant an inability to honour its “pact” with mafiosi. This led to the mafia attacking anyone who got in its way.

Falcone and Borsellino, as anti-mafia prosecutors, had got under the skin of Cosa Nostra. Their work zoned in on its mentality and activities. They were the driving force behind the 1986 “maxi trial” that saw hundreds of mafiosi prosecuted. This was the first time important mafia bosses were imprisoned. Falcone and Borsellino had brought a new understanding to the internal workings of the mafia, including its links with politics and money laundering operations.

The mafia was deploying terrorist tactics against state representatives and institutions in the early 1990s in what appears to have been an attempt to get the state to negotiate with it. Borsellino, it is believed, was investigating this when he was murdered.

The red notebook

Crucially, on the day Borsellino was murdered, his work bag, which contained his red notebook (“l’agenda rossa”) disappeared from the wreckage of his car.

He carried his red notebook around with him everywhere, making copious notes of his investigations and ideas. Had it been recovered, l’agenda rossa could have revealed the possible links between state representatives (including with the police and judiciary), businessmen and Cosa Nostra.

It could, in effect, have mapped out how and to what extent Cosa Nostra had infiltrated the Italian state and the nature of its relationships with the new political class, the business elite, freemasons and other covert actors.

A photograph of a police officer walking off with what looks very much like the bag that presumably contained the notebook has circulated ever since. But this is where the trail ends. The bag – minus the notebook – was later found in the office of the head of the flying squad, with no explanation as to how and why it got there.

The disappearance of the red notebook remains a persistent enigma – and one which continues to haunt contemporary Italy because of what it might suggest about the nation’s underworld and political class.

This photo could even suggest that the goal of killing Borsellino was not just to eliminate a zealous public prosecutor but to remove a pantheon of knowledge about organised crime and its infiltration into the public realm as part of a more orchestrated plan.

Then, in 1993, Cosa Nostra suddenly and inexplicably ceased its terrorist tactics against the state. It was as though a truce had been reached. Could this be the case?

Many have speculated that there was a secret dialogue and a trattativa – a state-mafia negotiation entered and a deal struck between state representatives and Cosa Nostra leaders to stop the violence. In exchange for an end to the violence, it was suggested that state representatives promised softer anti-mafia laws. It’s possible that the disappearance of Borsellino’s red notebook could have been part of the deal.

Interpreting history

The history of these dynamics between state and the mafia has since been written and re-written, dividing Italians and mafia scholars.

At the heart of all these disagreements lie two questions: was the notebook taken intentionally and why did Cosa Nostra stop its attacks on the state at the specific moment that it did?. The answer to these would essentially establish whether or not there was a negotiated peace between the mafia and the state.

In 2014, high-profile politicians, police officers and mafiosi were put on trial, accused of playing a role and enabling these negotiations. This was, in effect, the Italian state putting itself on trial.

Some legal experts and historians have argued that the theory of coordinated action by state representatives and mafiosi was always an absurd hypothesis. While there might have been some random informal contacts, they contest that there was never a formal pact. The end of Cosa Nostra‘s violence, they argue, was due to a combination of other factors, including greater enforcement of the law.

Others argue that there is evidence of a pact. These include first-hand accounts from former criminals. But of course it is hard to make these stories stick because all evidence of a relationship of this kind would, by definition, be covert and off the books. As with many trials and in particular, mafia trials, there are no facts, just interpretations of facts.

In 2018, some state representatives and mafiosi were found guilty. But in 2023, the Italian supreme court overturned the 2018 ruling and concluded that there was no pact and no state-mafia negotiation.

All involved were cleared for different reasons as the court attempted to draw a line under the intrigue by articulating a clear position. But with the mafia, answers are rarely that simple. And history is not only written in the courtroom.

Borsellino’s legacy is celebrated in Italy to this day – but the unresolved matter of his missing notebook haunts the country more profoundly. His bag – minus the notebook – has recently been put on show at the Italian senate to celebrate his life. The display is also a reminder of how much remains unresolved from that period.

The Conversation

Felia Allum does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Paolo Borsellino: the murder of an anti-mafia prosecutor and the enduring mystery of his missing red notebook – https://theconversation.com/paolo-borsellino-the-murder-of-an-anti-mafia-prosecutor-and-the-enduring-mystery-of-his-missing-red-notebook-259101

Dans les pays du Sud, une protection sociale écologique pour faire face aux conséquences du changement climatique

Source: The Conversation – in French – By Léo Delpy, Maitre de conférences, Université de Lille

Face aux évènements climatiques extrêmes, les pays du Sud et les organisations internationales déploient des fonds d’urgence et des projets One Health liant santé humaine, animale et environnementale. Mais ces initiatives restent souvent cloisonnées. Comment repenser la protection sociale pour qu’elle s’adapte aux défis climatiques ?


Selon le GIEC, le changement climatique provoque de nombreuses conséquences sur la santé humaine : augmentation de la mortalité liée aux vagues de chaleur, aggravation des crises alimentaires, difficultés accrues d’accès à l’eau, émergence de zoonoses… Le dernier rapport mondial sur la protection sociale de l’Organisation internationale du travail souligne quant à lui un paradoxe : dans les 20 pays les plus vulnérables face au changement climatique, seuls 8,7 % de la population en moyenne bénéficie d’un dispositif de protection sociale.

Pourtant, le lancement depuis les années 2010 de politiques d’extension de la protection sociale et de couverture santé universelle dans les pays à faible revenu promettait de réelles avancées. Le Rwanda, par exemple, est souvent considéré comme une réussite après la mise en place de l’adhésion obligatoire aux mutuelles pour les travailleurs de l’économie informelle (l’ensemble des emplois qui ne sont pas réglementés ou protégés par l’État) et un engagement fort de l’État. Ce type de politique a été initié dans la quasi-totalité des pays d’Afrique subsaharienne, mais le bilan demeure contrasté. Face à ce constat, comment construire une protection sociale non seulement plus étendue mais également adaptée aux conséquences du changement climatique ?

Des dispositifs existants mais insuffisants

Devant l’intensification généralisée des effets du changement climatique, l’économiste Eloi Laurent indique que le secteur privé ne pourra pas assurer la couverture de ce type de risques, et ce pour plusieurs raisons. D’une part, les sinistres liés au changement climatique ont des impacts variables dont il est difficile d’estimer les conséquences et les coûts associés. De plus, ces sinistres affectent différemment les territoires, si bien que certains ne sont pas rentables pour les compagnies d’assurance, comme les régions côtières.

Eloi Laurent propose dans ce contexte une protection sociale écologique qui adapterait la protection sociale aux risques écologiques. Il s’agit de mutualiser les coûts en lien avec la couverture de ces risques et de lutter contre les inégalités liées au changement climatique.

En Afrique subsaharienne, quelques initiatives vont dans ce sens. L’un des dispositifs emblématiques dans l’extension de la protection sociale face au changement climatique est le programme de protection sociale adaptative au Sahel. Mis en œuvre en 2014 par la Banque mondiale et des gouvernements nationaux, il est encore aujourd’hui déployé dans six pays (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad).

Ce programme propose d’associer des transferts monétaires ciblés sur des populations fragiles en cas d’évènements climatiques à un dispositif d’alerte précoce. Ce mécanisme se fonde sur des indicateurs régulièrement mis à jour afin d’anticiper la survenue d’une crise, par exemple une sécheresse. Une partie de l’aide est alors débloquée lorsque les indicateurs du système d’alerte (pluviométrie en ce qui concerne les sécheresses) dépassent les seuils fixés.

Cependant, le programme ne permet de couvrir qu’une part relativement réduite des risques nationaux. Au total, selon le rapport annuel de 2024, ce sont près de 1,2 million d’individus qui bénéficient d’un dispositif de réponse aux crises. Cela représente une infime partie des populations et risques dans la région. Par ailleurs, on peut s’interroger sur la durabilité de tels programmes dont le financement est entièrement assuré par des organisations internationales. Au vu du coût actuel du programme (plusieurs dizaines de millions d’euros annuels), il parait difficile de proposer une couverture pérenne à l’ensemble des populations.

Lier protection sociale adaptative et approche One Health (« Une seule santé »)

L’approche One Health est une conception intégrée considérant comme centrales les interdépendances entre santé humaine, santé animale et santé environnementale. Le groupe d’experts de haut niveau Une seule santé la définit ainsi : « “Une seule santé” (One Health) […] reconnaît que la santé des êtres humains, des animaux domestiques et sauvages, des plantes et de l’environnement au sens large (y compris les écosystèmes) sont étroitement liées et interdépendantes. »

En Afrique, plusieurs initiatives ont été lancées à partir de cette approche, principalement en vue de lutter contre les maladies infectieuses, en particulier les zoonoses. Quelques pays sont considérés comme relativement avancés (Kenya, Tanzanie), ayant mis en place une plate-forme One Health associant les différents acteurs concernés (ministères de la santé, de l’environnement, services vétérinaires…). D’autres pays sont également actifs mais moins avancés (Cameroun, Sénégal…).

Le projet Thiellal au Sénégal est une illustration intéressante de ces initiatives. Dans une région d’élevage et d’agriculture, l’absence de gestion organisée des ordures ménagères exerce un impact considérable sur les communautés d’éleveurs et d’agriculteurs (pollution plastique, chimique, résistance aux antimicrobiens provoquée par les déchets de médicaments…). Le projet Thiellal vise à mobiliser les communautés locales pour agir sur les déterminants de la santé en recourant à une approche One Health.

Plusieurs solutions fondées sur une logique One Health ont ainsi été mises en place. Elles ont consisté à former des acteurs communautaires et professionnels pour la mise en œuvre d’actions adaptées aux contextes locaux (tri des déchets, agroécologie), à sensibiliser les agriculteurs aux risques liés à l’utilisation des produits chimiques et à trouver des solutions alternatives, et enfin à soutenir des décisions à l’échelle communautaire, en plus des acteurs publics locaux et nationaux. Ce projet illustre cependant le fait que les projets One Health n’intègrent généralement pas de dispositifs de protection sociale, et réciproquement.

Des initiatives qui restent cloisonnées

On constate que les dispositifs de protection sociale adaptative décrits plus haut continuent d’être mis en œuvre de façon indépendante des initiatives One Health. Les premiers sont portés par certains acteurs de l’aide au développement (Banque mondiale, Unicef, Programme alimentaire mondial), les seconds le sont par d’autres institutions (Organisation mondiale de la santé, Organisation mondiale de la santé animale, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, Programme des Nations unies pour l’environnement…). Le cloisonnement des deux types d’actions aboutit à une absence de synergie et une moindre efficacité des deux dispositifs.

En effet, la protection sociale comporte un volet de gestion et d’anticipation des risques qui en l’état n’intègre pas les enseignements de l’approche One Health. Ainsi, pour reprendre l’exemple du projet Thiellal, l’utilisation de pesticides, l’agriculture productiviste et la pollution de l’eau sont aussi des facteurs qui contribuent à accroître le risque de phénomènes climatiques extrêmes. Ces derniers à leur tour mettent gravement en danger les conditions de vie et à la santé humaine, car ils créent des désastres environnementaux et réduisent l’accès à l’alimentation (pertes de cheptel et de production agricole). Prendre en compte ces effets semble indispensable à la réussite des dispositifs de protection sociale.

La compréhension des interactions entre santé humaine, santé animale et santé environnementale devrait être systématiquement intégrée aux dispositifs de protection sociale en tant que facteurs de risque mesurable (pour rendre plus fiables les indicateurs d’alerte précoce) mais aussi en tant que leviers d’une amélioration des synergies entre santé et environnement.

Par exemple, l’agroécologie, en réduisant l’usage des pesticides et d’autres produits polluants, assurerait la protection de l’environnement, des animaux, et aurait des effets significatifs sur la santé humaine. Au Bénin, la ferme Songhaï est une illustration de réussite d’un centre de formation et de production agricole fondé sur l’agroécologie. La ferme génère des revenus locaux, produit des denrées alimentaires de qualité sans nuire à l’environnement. D’une certaine façon, cette expérience adopte une approche One Health sans le savoir.

Intégrer cette conception aux systèmes locaux de protection sociale permettrait ainsi d’agir sur deux dimensions. D’une part, recréer des écosystèmes viables sur le plan économique, social et environnemental. D’autre part, assurer les bénéfices de ces écosystèmes pour les populations qui en seraient directement contributrices, tout en étant couvertes par une protection sociale armée contre les risques climatiques.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Dans les pays du Sud, une protection sociale écologique pour faire face aux conséquences du changement climatique – https://theconversation.com/dans-les-pays-du-sud-une-protection-sociale-ecologique-pour-faire-face-aux-consequences-du-changement-climatique-258759

Anatomie d’une crue éclair : pourquoi les inondations au Texas ont-elles été si meurtrières ?

Source: The Conversation – in French – By Hossein Bonakdari, Associate Professor, Civil Engineering, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

Entre le 3 et le 6 juillet, la région Texas Hill Country a été touchée par des inondations soudaines et catastrophiques le long du réseau hydrographique de la rivière Guadalupe.

Les inondations ont fait au moins 134 morts, dont plus de 107 dans le seul comté de Kerr. Plus de 101 personnes étaient toujours portées disparues le 15 juillet, parmi lesquelles plusieurs enfants qui participaient à des camps le long de la rivière.

Les pertes économiques préliminaires sont estimées entre 18 et 22 milliards de dollars américains (25 à 30 G$ CAD). Ce coût est dû notamment aux dommages causés aux habitations et aux infrastructures.

Comprendre l’anatomie de cette crue éclair et démêler l’interaction complexe des forces météorologiques, géomorphologiques et hydrologiques constitue la première étape en vue d’une évaluation complète de ce qui s’est passé. Ces informations sont essentielles pour aider à prévenir de telles tragédies à l’avenir.


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Conditions atmosphériques

Les inondations qui ont frappé le centre du Texas en juillet 2025 ont été déclenchées par une configuration météorologique rare et puissante.

Les anomalies atmosphériques sont des conditions météorologiques qui diffèrent de ce qui est prévu. L’analyse des anomalies atmosphériques de juillet 2025 révèle des conditions thermodynamiques hors norme qui ont directement contribué à la gravité des inondations.




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Les précipitations totales sur la zone centrale touchée dans la région Texas Hill Country entre le 3 et le 6 juillet sont estimées à plus de 15 milliards de mètres cubes d’eau, un volume exceptionnel.

Ces pluies torrentielles ont été favorisées par des anomalies de température persistantes, comprises entre 5,4 et 6,9 degrés Celsius au-dessus de la moyenne. Ces températures élevées ont augmenté la capacité de l’atmosphère à retenir l’humidité.

À ces niveaux d’anomalie, la masse d’air pouvait stocker 35 à 50 % de vapeur d’eau en plus par rapport à la normale.

Dans le même temps, les anomalies d’humidité spécifique ont reflété une augmentation de 60 à 70 % par rapport aux valeurs de référence de juillet pour le centre du Texas. L’humidité spécifique, qui quantifie la masse réelle de vapeur d’eau par kilogramme d’air, fournit une mesure plus directe de l’humidité latente disponible pour les précipitations.

L’addition de ces variables thermodynamiques extrêmes a créé un environnement idéal pour une convection profonde et chargée d’humidité, favorisant des précipitations intenses et prolongées.

Carte du Texas montrant les précipitations cumulées
Cette carte du Texas met en évidence la zone d’impact principale dans la région de Texas Hill Country, où les précipitations totales ont dépassé 430 millimètres, soit plus de quatre fois la moyenne régionale pour le mois de juillet.
(H. Bonakdari/GSMaP), CC BY

Impacts du relief

Si les conditions météorologiques extrêmes ont été à l’origine des inondations de juillet 2025, la morphologie de la rivière Guadalupe (sa forme, son comportement et son débit) a joué un rôle déterminant dans la transformation de ces fortes précipitations en une crue éclair catastrophique.

La géographie physique du bassin supérieur, la configuration du réseau hydrographique et la structure de la vallée ont contribué à la concentration et à la propagation rapides des eaux de crue.

Surnommé « Flash Flood Alley », le relief du bassin supérieur de la rivière Guadalupe a amplifié les inondations de juillet 2025 en raison de la combinaison de pentes abruptes, de sols peu profonds et d’une géologie karstique.

Ces pentes abruptes ont limité l’infiltration et entraîné une saturation rapide des sols sous l’effet des fortes précipitations. La prédominance du calcaire karstique – un calcaire façonné par l’eau qui a créé des plaines et des dolines – a encore réduit la capacité de stockage sous la surface, ce qui a réduit au minimum le délai entre les précipitations et le débit.

De plus, les sections étroites de la vallée ont créé des goulets d’étranglement hydrauliques, accélérant le débit et augmentant la profondeur des inondations, ce qui a particulièrement affecté les zones résidentielles et les campings.

Carte du Texas montrant la topographie du fleuve
Carte montrant les relations entre les sources escarpées, les confluents des affluents et les communautés vulnérables en aval.
(H. Bonakdari/NASA), CC BY

En revanche, les vallées plus larges ont permis à l’eau de s’étaler latéralement, mais la force destructrice due à la pression en amont était toujours présente. Ces caractéristiques géomorphologiques, aggravées par l’humidité atmosphérique extrême, ont créé un environnement propice à une accumulation rapide des eaux de crue, qui ont frappé avec une force dévastatrice, en particulier le long des zones de confluence et des berges densément peuplées.

Ruissellement excessif

Avant les événements de juillet 2025, le centre du Texas avait déjà connu des conditions d’humidité élevée du sol en raison de précipitations supérieures à la moyenne au cours du mois de juin et début juillet. Les indices d’humidité antérieurs, qui mesurent le degré d’humidité du sol avant les précipitations, approchaient les 90 à 100 % de saturation, ce qui signifie que le sol était effectivement prêt pour un ruissellement rapide.

Le relief karstique de la région, caractérisé par des sols rocheux peu profonds, offrait une porosité effective inférieure à 5 %, ce qui limitait considérablement l’absorption dans le sol. Parallèlement, le niveau des nappes phréatiques régionales avait augmenté, réduisant encore la capacité du sol à absorber l’eau.




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Les conditions étaient donc réunies pour que les pluies torrentielles génèrent une crue catastrophique. Lorsque les précipitations intenses ont commencé, le sol s’est rapidement et complètement saturé, entraînant un ruissellement de surface immédiat et rapide.

Le temps de concentration est le temps nécessaire à l’eau de pluie pour atteindre le point de sortie d’un bassin versant, comme une rivière ou un ruisseau, depuis son point le plus éloigné. Dans la région centrale du Texas Hill Country (connue pour ses pentes abruptes et ses sols rocheux et peu profonds), ce temps n’est que d’une à deux heures. Cela signifie que de fortes pluies peuvent entraîner une crue dangereuse des rivières en très peu de temps.

L’eau s’écoule rapidement le long des pentes et à travers des canaux souterrains. Elle dispose à cet égard de très peu de temps afin de s’infiltrer dans le sol. En conséquence, des rivières telles que la Guadalupe peuvent gonfler rapidement, montant de plusieurs mètres en peu de temps, ce qui provoque des inondations rapides dans les vallées étroites et les communautés situées à basse altitude.

Des forces multiples

Les inondations de juillet au Texas ont été dévastatrices et meurtrières. Elles sont dues à la conjonction de divers facteurs météorologiques et topographiques.

Une atmosphère surchauffée, saturée de vapeur d’eau, a provoqué des précipitations record. Le relief unique de la région des Texas Hill Country a rapidement canalisé ces précipitations vers le réseau fluvial, tandis que l’hydrologie de la région, déjà fragilisée par les tempêtes précédentes, a transformé la quasi-totalité de ces précipitations en ruissellement.

En comprenant comment ces éléments atmosphériques, géographiques et hydrologiques se sont combinés, nous pouvons mieux anticiper les risques futurs dans la « Flash Flood Alley » et améliorer les systèmes d’alerte précoce afin de sauver des vies.

La Conversation Canada

Hossein Bonakdari ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Anatomie d’une crue éclair : pourquoi les inondations au Texas ont-elles été si meurtrières ? – https://theconversation.com/anatomie-dune-crue-eclair-pourquoi-les-inondations-au-texas-ont-elles-ete-si-meurtrieres-261155

The golden oyster mushroom craze unleashed an invasive species – and a worrying new study shows it’s harming native fungi

Source: The Conversation – USA (2) – By Aishwarya Veerabahu, Ph.D. Candidate in Botany, University of Wisconsin-Madison

Golden oyster mushrooms can be cultivated, but they can also escape into the wild. DDukang/iStock/Getty Images Plus

Golden oyster mushrooms, with their sunny yellow caps and nutty flavor, have become wildly popular for being healthy, delicious and easy to grow at home from mushroom kits.

But this food craze has also unleashed an invasive species into the wild, and new research shows it’s pushing out native fungi.

In a study we believe is the first of its kind, fellow mycologists and I demonstrate that an invasive fungus can cause environmental harm, just as invasive plants and animals can when they take over ecosystems.

A woman with a phone camera takes pictures of large clumps of yellow mushrooms growing all over the base of a tree.
A scientist documents golden oyster mushrooms growing wild in a Wisconsin forest, where these invasive fungi don’t belong. DNA tests showed the species had pushed out other native fungi.
Aishwarya Veerabahu

Native mushrooms and other fungi are important for the health of many ecosystems. They break down dead wood and other plant material, helping it decay. They cycle nutrients such as carbon and nitrogen from the dead tissues of plants and animals, turning it into usable forms that enter the soil, atmosphere or their own bodies. Fungi also play a role in managing climate change by sequestering carbon in soil and mediating carbon emissions from soil and wood.

Their symbiotic relationships with other organisms also help other organisms thrive. Mycorrhizal fungi on roots, for example, help plants absorb water and nutrients. And wood decay fungi help create wooded habitats for birds, mammals and plant seedlings.

However, we found that invasive golden oyster mushrooms, a wood decay fungus, can threaten forests’ fungal biodiversity and harm the health of ecosystems that are already vulnerable to climate change and habitat destruction.

The dark side of the mushroom trade

Golden oyster mushrooms, native to Asia, were brought to North America around the early 2000s. They’re part of an international mushroom culinary craze that has been feeding into one of the world’s leading drivers of biodiversity loss: invasive species.

As fungi are moved around the world in global trade, either intentionally as products, such as kits people buy for growing mushrooms at home, or unintentionally as microbial stowaways along with soil, plants, timber and even shipping pallets, they can establish themselves in new environments.

Where golden oyster mushrooms, an invasive species in North America, have been reported in the wild, including in forests, parks and neighborhoods. Red dots indicate new reports each year. States in yellow have had a report at some point. Aishwarya Veerabahu

Many mushroom species have been cultivated in North America for decades without becoming invasive species threats. However, golden oyster mushrooms have been different.

No one knows exactly how golden oyster mushrooms escaped into the wild, whether from a grow kit, a commercial mushroom farm or outdoor logs inoculated with golden oysters – a home-cultivation technique where mushroom mycelium is placed into logs to colonize the wood and produce mushrooms.

As grow kits increased in popularity, many people began buying golden oyster kits and watching them blossom into beautiful yellow mushrooms in their backyards. Their spores or composted kits could have spread into nearby forests.

Evidence from a pioneering study by Andrea Reisdorf (née Bruce) suggests golden oyster mushrooms were introduced into the wild in multiple U.S. states around the early 2010s.

Species the golden oysters pushed out

In our study, designed by Michelle Jusino and Mark Banik, research scientists with the U.S. Forest Service, our team went into forests around Madison, Wisconsin, and drilled into dead trees to collect wood shavings containing the natural fungal community within each tree. Some of the trees had golden oyster mushrooms on them, and some did not.

We then extracted DNA to identify and compare which fungi, and how many fungi, were in trees that had been invaded by golden oyster mushrooms compared with those that had not been.

We were startled to find that trees with golden oyster mushrooms housed only half as many fungal species as trees without golden oyster mushrooms, sometimes even less. We also found that the composition of fungi in trees with golden oyster mushrooms was different from trees without golden oyster mushrooms.

For example, the gentle green “mossy maze polypore” and the “elm oyster” mushroom were pushed out of trees invaded by golden oyster mushrooms.

Mossy green mushrooms grow like shelfs on the side of a tree trunk.
Mossy maze polypore growing on a stump. This is one of the native species that disappeared from trees when the golden oyster mushroom moved in.
mauriziobiso/iStock/Getty Images Plus

Another ousted fungus, Nemania serpens, is known for producing diverse arrays of chemicals that differ even between individuals of the same species. Fungi are sources of revolutionary medicines, including antibiotics like penicillin, cholesterol medication and organ transplant stabilizers. The value of undiscovered, potentially useful chemicals can be lost when invasive species push others out.

The invasive species problem includes fungi

Given what my colleagues and I discovered, we believe it is time to include invasive fungi in the global conversation about invasive species and examine their role as a cause of biodiversity loss.

That conversation includes the idea of fungal “endemism” – that each place has a native fungal community that can be thrown out of balance. Native fungal communities tend to be diverse, having evolved together over thousands of years to coexist. Our research shows how invasive species can change the makeup of fungal communities by outcompeting native species, thus changing the fungal processes that have shaped native ecosystems.

There are many other invasive fungi. For example, the deadly poisonous “death cap” Amanita phalloides and the “orange ping-pong bat” Favolaschia calocera are invasive in North America. The classic red and white “fly agaric” Amanita muscaria is native to North America but invasive elsewhere.

Bright orange mushrooms the texture of ping-pong paddles.
The orange ping-pong bat mushroom is invasive in North America. These were photographed in New Zealand.
Bernard Spragg. NZ/Flickr Creative Commons

The golden oyster mushrooms’ invasion of North America should serve as a bright yellow warning that nonnative fungi are capable of rapid invasion and should be cultivated with caution, if at all.

Golden oyster mushrooms are now recognized as invasive in Switzerland and can be found in forests in Italy, Hungary, Serbia and Germany. I have been hearing about people attempting to cultivate them around the world, including in Turkey, India, Ecuador, Kenya, Italy and Portugal. It’s possible that golden oyster mushrooms may not be able to establish invasive populations in some regions. Continued research will help us understand the full scope of impacts invasive fungi can have.

What you can do to help

Mushroom growers, businesses and foragers around the world may be asking themselves, “What can we do about it?”

For the time being, I recommend that people consider refraining from using golden oyster mushroom grow kits to prevent any new introductions. For people who make a living selling these mushrooms, consider adding a note that this species is invasive and should be cultivated indoors and not composted.

If you enjoy growing mushrooms at home, try cultivating safe, native species that you have collected in your region.

Most mushrooms you see in the grocery store are grown indoors.

There is no single right answer. In some places, golden oyster mushrooms are being cultivated as a food source for impoverished communities, for income, or to process agricultural waste and produce food at the same time. Positives like these will have to be considered alongside the mushrooms’ negative impacts when developing management plans or legislation.

In the future, some ideas for solutions could involve sporeless strains of golden oysters for home kits that can’t spread, or a targeted mycovirus that could control the population. Increased awareness about responsible cultivation practices is important, because when invasive species move in and disrupt the native biodiversity, we all stand to lose the beautiful, colorful, weird fungi we see on walks in the forest.

The Conversation

Aishwarya Veerabahu receives funding from UW-Madison Dept. of Botany, the UW Arboretum, the Society of Ecological Restoration, and the Garden Club of America. Aishwarya Veerabahu was an employee of the USDA Forest Service.

ref. The golden oyster mushroom craze unleashed an invasive species – and a worrying new study shows it’s harming native fungi – https://theconversation.com/the-golden-oyster-mushroom-craze-unleashed-an-invasive-species-and-a-worrying-new-study-shows-its-harming-native-fungi-259006

When big sports events expand, like FIFA’s 2026 World Cup matches across North America, their climate footprint expands too

Source: The Conversation – USA (2) – By Brian P. McCullough, Associate Professor of Sport Management, University of Michigan

Lionel Messi celebrates with fans after Argentina won the FIFA World Cup championship in 2022 in Qatar. Michael Regan-FIFA/FIFA via Getty Images

When the FIFA World Cup hits North America in June 2026, 48 teams and millions of soccer fans will be traveling to and from venues spread across the United States, Canada and Mexico.

It’s a dramatic expansion – 16 more teams will be playing than in recent years, with a jump from 64 to 104 matches. The tournament is projected to bring in over US$10 billion in revenue. But the expansion will also mean a lot more travel and other activities that contribute to climate change.

The environmental impacts of giant sporting events like the World Cup create a complex paradox for an industry grappling with its future in a warming world.

A sustainability conundrum

Sports are undeniably experiencing the effects of climate change. Rising global temperatures are putting athletes’ health at risk during summer heat waves and shortening winter sports seasons. Many of the 2026 World Cup venues often see heat waves in June and early July, when the tournament is scheduled.

There is a divide over how sports should respond.

Some athletes are speaking out for more sustainable choices and have called on lawmakers to take steps to limit climate-warming emissions. At the same time, the sport industry is growing and facing a constant push to increase revenue. The NCAA is also considering expanding its March Madness basketball tournaments from 68 teams currently to as many as 76.

A sweating soccer player squirts water from a bottle onto his forehead during a match.
Park Yong-woo of team Al Ain from Abu Dhabi tries to cool off during a Club World Cup match on June 26, 2025, in Washington, D.C., which was in the midst of a heat wave. Some players have raised concerns about likely high temperatures during the 2026 World Cup, with matches scheduled June 11 to July 19.
AP Photo/Julia Demaree Nikhinson

Estimates for the 2026 World Cup show what large tournament expansions can mean for the climate. A report from Scientists for Global Responsibility estimates that the expanded World Cup could generate over 9 million metric tons of carbon dioxide equivalent, nearly double the average of the past four World Cups.

This massive increase – and the increase that would come if the NCAA basketball tournaments also expand – would primarily be driven by air travel as fans and players fly among event cities that are thousands of miles apart.

A lot of money is at stake, but so is the climate

Sports are big business, and adding more matches to events like the World Cup and NCAA tournaments will likely lead to larger media rights contracts and greater gate receipts from more fans attending the events, boosting revenues. These are powerful financial incentives.

In the NCAA’s case, there is another reason to consider a larger tournament: The House v. NCAA settlement opened the door for college athletic departments to share revenue with athletes, which will significantly increase costs for many college programs. More teams would mean more television revenue and, crucially, more revenue to be distributed to member NCAA institutions and their athletic conferences.

When climate promises become greenwashing

The inherent conflict between maximizing profit through growth and minimizing environmental footprint presents a dilemma for sports.

Several sport organizations have promised to reduce their impact on the climate, including signing up for initiatives like the United Nations Sports for Climate Action Framework.

However, as sports tournaments and exhibition games expand, it can become increasingly hard for sports organizations to meet their climate commitments. In some cases, groups making sustainability commitments have been accused of greenwashing, suggesting the goals are more about public relations than making genuine, measurable changes.

For example, FIFA’s early claims that it would hold a “fully carbon-neutral” World Cup in Qatar in 2022 were challenged by a group of European countries that accused soccer’s world governing body of underestimating emissions. The Swiss Fairness Commission, which monitors fairness in advertising, considered the complaints and determined that FIFA’s claims could not be substantiated.

A young man looks up as he prepares to board a plane on the tarmac in Milan, Italy, for a flight to Rome on Dec. 15, 2024.
Alessandro Bastoni, of Inter Milan and Italy’s national team, prepares to board a flight from Milan to Rome with his team.
Mattia Ozbot-Inter/Inter via Getty Images

Aviation is often the biggest driver of emissions. A study that colleagues and I conducted on the NCAA men’s basketball tournament found about 80% of its emissions were connected to travel. And that was after the NCAA began using the pod system, which is designed to keep teams closer to home for the first and second rounds.

Finding practical solutions

Some academics, observing the rising emissions trend, have called for radical solutions like the end of commercialized sports or drastically limiting who can attend sporting events, with a focus on fans from the region.

These solutions are frankly not practical, in my view, nor do they align with other positive developments. The growing popularity of women’s sports shows the challenge in limiting sports events – more games expands participation but adds to the industry’s overall footprint.

Further compounding the challenges of reducing environmental impact is the amount of fan travel, which is outside the direct control of the sports organization or event organizers.

Many fans will follow their teams long distances, especially for mega-events like the World Cup or the NCAA tournament. During the men’s World Cup in Russia in 2018, more than 840,000 fans traveled from other countries. The top countries by number of fans, after Russia, were China, the U.S., Mexico and Argentina.

There is an argument that distributed sporting events like March Madness or the World Cup can be better in some ways for local environments because they don’t overwhelm a single city. However, merely spreading the impact does not necessarily reduce it, particularly when considering the effects on climate change.

How fans can cut their environmental footprint

Sport organizations and event planners can take steps to be more sustainable and also encourage more sustainable choices among fans. Fans can reduce their environmental impact in a variety of ways. For example:

  • Avoid taking airplanes for shorter distances, such as between FIFA venues in Philadelphia, New York and Boston, and carpool or take Amtrak instead. Planes can be more efficient for long distances, but air travel is still a major contributing factor to emissions.

  • While in a host city, use mass transit or rent electric vehicles or bicycles for local travel.

  • Consider sustainable accommodations, such as short-term rentals that might have a smaller environmental footprint than a hotel. Or stay at a certified green hotel that makes an effort to be more efficient in its use of water and energy.

  • Engage in sustainable pregame and postgame activities, such as choosing local, sustainable food options, and minimize waste.

  • You can also pay to offset carbon emissions for attending different sporting events, much like concertgoers do when they attend musical festivals. While critics question offsets’ true environmental benefit, they do represent people’s growing awareness of their environmental footprint.

Through all these options, it’s clear that sports face a significant challenge in addressing their environmental impacts and encouraging fans to be more sustainable, while simultaneously trying to meet ambitious business and environmental targets.

In my view, a sustainable path forward will require strategic, yet genuine, commitment by the sports industry and its fans, and a willingness to prioritize long-term planetary health alongside economic gains – balancing the sport and sustainability.

The Conversation

Brian P. McCullough does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. When big sports events expand, like FIFA’s 2026 World Cup matches across North America, their climate footprint expands too – https://theconversation.com/when-big-sports-events-expand-like-fifas-2026-world-cup-matches-across-north-america-their-climate-footprint-expands-too-259437

What makes ‘great powers’ great? And how will they adapt to a multipolar world?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Andrew Latham, Professor of Political Science, Macalester College

When greats clash! In this case, in the 1974 film ‘Godzilla vs. Mechagodzilla.’ FilmPublicityArchive/United Archives via Getty Images

Many column inches have been dedicated to dissecting the “great power rivalry” currently playing out between China and the U.S.

But what makes a power “great” in the realm of international relations?

Unlike other states, great powers possess a capacity to shape not only their immediate surroundings but the global order itself – defining the rules, norms and structures that govern international politics. Historically, they have been seen as the architects of world systems, exercising influence far beyond their neighborhoods.

The notion of great powers came about to distinguish between the most and least powerful states. The concept gained currency after the 1648 Peace of Westphalia and the Congress of Vienna in 1815 – events in Europe that helped establish the notion of sovereign states and the international laws governing them.

Whereas the great powers of the previous eras – for example, the Roman Empire – sought to expand their territory at almost every turn and relied on military power to do so, the modern great power utilizes a complex tapestry of diplomatic pressure, economic leverage and the assertions of international law. The order emerging out of Westphalia enshrined the principles of national sovereignty and territorial integrity, which allowed these powers to pursue a balance of power as codified by the Congress of Vienna based on negotiation as opposed to domination.

This transformation represented a momentous development in world politics: At least some portion of the legitimacy of a state’s control was now realized through its relationships and capacity to keep the peace, rather than resting solely on its ability to use force.

From great to ‘super’

Using their material capabilities – economic strength, military might and political influence – great powers have been able to project power across multiple regions and dictate the terms of international order.

In the 19th-century Concert of Europe, the great powers – Britain, France, Austria, Prussia and Russia – collectively managed European politics, balancing power to maintain stability. Their influence extended globally through imperial expansion, trade and the establishment of norms that reflected their priorities.

During the 20th century, the Cold War brought a stark distinction between great powers and other states. The U.S. and the Soviet Union, as the era’s two “superpowers,” dominated the international system, shaping it through a rivalry that encompassed military alliances, ideological competition and economic systems. Great powers in this context were not merely powerful states but the central actors defining the structure of global politics.

Toward a multipolar world

The post-Cold War period briefly ushered in a unipolar moment, with the U.S. as the sole great power capable of shaping the international system on a global scale.

This era was marked by the expansion of liberal internationalism, economic globalization and U.S.-led-and-constructed multilateralism.

However, the emergence of new centers of power, particularly China and to a lesser extent Russia, has brought the unipolar era to a close, ushering in a multipolar world where the distinctive nature of great powers is once again reshaped.

In this system, great powers are states with the material capabilities and strategic ambition to influence the global order as a whole.

And here they differ from regional powers, whose influence is largely confined to specific areas. Nations such as Turkey, India, Australia, Brazil and Japan are influential within their neighborhoods. But they lack the global reach of the U.S. or China to fundamentally alter the international system.

Instead, the roles of these regional powers is often defined by stabilizing their regions, addressing local challenges or acting as intermediaries in great power competition.

Challenging greatness

Yet the multipolar world presents unique challenges for today’s great powers. The diffusion of power means that no single great power can dominate the system as the U.S. did in the post-Cold War unipolar era.

Instead, today’s great powers must navigate complex dynamics, balancing competition with cooperation. For instance, the rivalry between Washington and Beijing is now a defining feature of global politics, spanning trade, technology, military strategy and ideological influence. Meanwhile, Russia’s efforts to maintain its great power status have resulted in more assertive, though regionally focused, actions that nonetheless have global implications.

Great powers must also contend with the constraints of interdependence. The interconnected nature of the global economy, the proliferation of advanced technologies and the rise of transnational challenges such as climate change and pandemics limit the ability of any one great power to unilaterally dictate outcomes. This reality forces great powers to prioritize their core interests while finding ways to manage global issues through cooperation, even amid intense competition.

As the world continues to adjust to multiple centers of power, the defining feature of great powers remains an unmatched capacity to project influence globally and define the parameters of the international order.

Whether through competition, cooperation or conflict, the actions of great powers will, I believe, continue to shape the trajectory of the global system, making their distinctiveness as central players in international relations more relevant than ever.

This article is part of a series explaining foreign policy terms commonly used but rarely explained.

The Conversation

Andrew Latham does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. What makes ‘great powers’ great? And how will they adapt to a multipolar world? – https://theconversation.com/what-makes-great-powers-great-and-how-will-they-adapt-to-a-multipolar-world-260969

Why is Israel bombing Syria?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Ali Mamouri, Research Fellow, Middle East Studies, Deakin University

Conflict in Syria has escalated with Israel launching bombing raids against its northern neighbour.

It follows months of fluctuating tensions in southern Syria between the Druze minority and forces aligned with the new government in Damascus. Clashes erupted in the last few days, prompting Israeli airstrikes in defence of the Druze by targeting government bases, tanks, and heavy weaponry.

Israel Minister Amichai Chikli has called the Syrian president Ahmed al-Sharaa

a terrorist, a barbaric murderer who should be eliminated without delay.

Despite the incendiary language, a ceasefire has been reached, halting the fighting – for now.

Syrian forces have begun withdrawing heavy military equipment from the region, while Druze fighters have agreed to suspend armed resistance, allowing government troops to regain control of the main Druze city of Suwayda.

What do the Druze want?

The Druze are a small religious minority estimated at over one million people, primarily concentrated in the mountainous regions of Lebanon, Syria, Israel, and Jordan.

In Syria, their population is estimated at around 700,000 (of around 23 million total Syrian population), with the majority residing in the southern As-Suwayda Governorate – or province – which serves as their traditional stronghold.

Since the 2011 uprising against the Assad regime, the Druze have maintained a degree of autonomy, successfully defending their territory from various threats, including ISIS and other jihadist groups.

Following Assad’s fall late last year, the Druze — along with other minority groups such as the Kurds in the east and Alawites in the west — have called for the country to be federalized.

They advocate for a decentralised model that would grant greater autonomy to regional communities.

However, the transitional government in Damascus is pushing for a centralised state and seeking to reassert full control over the entire Syrian territory. This fundamental disagreement has led to periodic clashes between Druze forces and government-aligned troops.

Despite the temporary ceasefire, tensions remain high. Given the core political dispute remains unresolved, many expect renewed conflict to erupt in the near future.

Why is Israel involved?

The ousting of the Assad regime created a strategic opening for Israel to expand its influence in southern Syria. Israel’s involvement is driven by two primary concerns:

1. Securing its northern border

Israel views the power vacuum in Syria’s south as a potential threat, particularly the risk of anti-Israeli militias establishing a foothold near its northern border.

During the recent clashes, the Israeli military declared

The Israeli Defence Forces will not allow a military threat to exist in southern Syria and will act against it.

Likewise, Prime Minister Benjamin Netanyahu, who has stated he will not allow Syrian forces south of Damascus:

We are acting to prevent the Syrian regime from harming them [the Druze] and to ensure the demilitarisation of the area adjacent to our border with Syria.

In line with these warnings, the Israeli Air Force has conducted extensive strikes against Syrian military infrastructure, targeting bases, aircraft, tanks, and heavy weaponry.

These operations are intended to prevent any future buildup of military capacity that could be used against Israel from the Syrian side of the border.

2. Supporting a federated Syria

Israel is backing the two prominent allied minorities in Syria — the Kurds in the northeast and the Druze in the south — in their push for a federal governance model.

A fragmented Syria, divided along ethnic and religious lines, is seen by some Israeli policymakers as a way to maintain Israeli domination in the region.

This vision is part of what some Israeli officials have referred to as a “New Middle East” — one where regional stability and normalisation emerge through reshaped borders and alliances.

Israeli Foreign Minister Gideon Sa’ar recently echoed this strategy, stating:

A single Syrian state with effective control and sovereignty over all its territory is unrealistic.

For Israel, the logical path forward is autonomy for the various minorities in Syria within a federal structure.

The United States’ role?

According to unconfirmed reports, Washington has privately urged Israel to scale back its military strikes on Syria in order to prevent further escalation and preserve regional stability.

The US is promoting increased support for Syria’s new regime in an effort to help it reassert control and stabilise the country.

There are also indications the US and its allies are encouraging the Syrian government to move toward normalisation with Israel. Reports suggest Tel Aviv has held talks with the new Sharaa-led regime about the possibility of Syria joining the Abraham Accords (diplomatic agreements between Israel and several Arab states), which the regime in Damascus appears open to.

US Special Envoy Tom Barrack has described the recent clashes as “worrisome”, calling for de-escalation and emphasising the need for

a peaceful, inclusive outcome for all stakeholders – including the Druze, Bedouin tribes, the Syrian government, and Israeli forces.

Given the deep-rooted political divisions, competing regional agendas, and unresolved demands from minority groups, the unrest in southern Syria is unlikely to end soon.

Despite another temporary ceasefire, underlying tensions remain. Further clashes are not only possible but highly probable.

The Conversation

Ali Mamouri does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why is Israel bombing Syria? – https://theconversation.com/why-is-israel-bombing-syria-261259