Des Néandertaliennes et des enfants victimes de cannibalisme il y a 45 000 ans

Source: The Conversation – France in French (2) – By Quentin Cosnefroy, Post doctorant, Université de Bordeaux

Des ossements retrouvés dans la grotte de Goyet en Belgique prouvent que les Néandertaliens pratiquaient le cannibalisme. S’agit-il d’un épisode unique ou d’une pratique répétée dans le temps ? Ce comportement est-il propre à ce site ou pourrait-il être reconnu sur d’autres ?


La pratique du cannibalisme chez les Néandertaliens est bien documentée. À ce jour, et d’après nos calculs, le nombre d’individus néandertaliens montrant des traces de cannibalisme dépasserait même celui des individus inhumés pour cette espèce humaine disparue, ce qui en ferait une pratique mortuaire récurrente.

Une nouvelle étude menée par notre équipe et publiée dans la revue Scientific Reports apporte de nouveaux éclairages sur cette pratique, à la toute fin de l’histoire des Néandertaliens en Europe.

À Goyet, en Belgique, il y a environ 41 000 à 45 000 ans, des femmes et des enfants néandertaliens ont été les victimes d’un cannibalisme hautement sélectif. Cette sélection témoigne d’abord de pratiques exocannibales, c’est-à-dire qu’elle a été exercée sur des individus non locaux, considérés comme externes au groupe qui les a consommés.

L’étude révèle ensuite que la composition de l’assemblage (quatre femmes, un enfant et un nouveau-né) ne peut s’expliquer par le hasard : elle résulte d’un choix délibéré qui a spécifiquement ciblé des individus jeunes et des femmes parmi les plus petites et les moins robustes jamais documentées chez Néandertal. Ce comportement pourrait représenter l’un des premiers indices tangibles de tensions ou de conflits entre groupes humains au Paléolithique moyen (300 000 à 40 000 ans).

Un assemblage exceptionnel

Les restes osseux néandertaliens de la troisième caverne de Goyet (Belgique) représentent l’une des plus grandes collections de restes néandertaliens au monde. Les individus ont pu être identifiés grâce à un long travail de réexamen des collections anciennes, amorcé en 2008 par Hélène Rougier (qui cosigne cet article).

Conservée à l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB), à Bruxelles, depuis les premières fouilles menées sur le site de Goyet à la fin du XIXe siècle, cette collection anthropologique était encore largement inédite au début du XXIe siècle, car mélangée aux restes animaux du site. Un effort de plus de dix ansn mêlant tri de la faune, remontage de pièces osseuses et analyses biochimiques, a permis de reconstituer et de réanalyser cet assemblage exceptionnel fragment par fragment, malgré la perte du contexte archéologique originel.

Une précédente étude de notre équipe a montré qu’environ un tiers de ces ossements présentent des traces de cannibalisme. Visibles sur la surface des os, des traces de découpe laissées par des outils en pierre (liées à la désarticulation et au décharnement des corps) ainsi que des impacts de percussion et des fractures réalisées sur os frais (pour en extraire la moelle osseuse) attestent d’une consommation de ces restes humains, avec un traitement identique à celui de la faune chassée et consommée dans ce site. Certains de ces ossements ont même été utilisés comme outils pour affûter les silex taillés.

Localisation des différents types de traces (coupures, cassures, impacts de percussion et usures en tant que retouchoir) sur les os de Néandertaliens de Goyet.
Fourni par l’auteur

Dans cette nouvelle étude, notre équipe interdisciplinaire et internationale menée par des chercheuses et chercheurs du laboratoire PACEA (Université de Bordeaux-CNRS-Ministère de la culture) et de l’Université d’État de Californie à Northridge, a poussé les analyses encore plus loin afin d’identifier le profil biologique des individus cannibalisés, malgré l’état fragmentaire des restes.

Une combinaison de données paléogénétiques (analyse de l’ADN ancien) et isotopiques (donnant des informations sur la provenance géographique ou l’alimentation), associées à une analyse fine de la morphologie des ossements (principalement des os des membres inférieurs, les fémurs et les tibias) indique un assemblage tout à fait singulier : sur un minimum de six individus identifiés, quatre sont des femmes adultes ou adolescentes et deux sont des individus immatures de sexe masculin.

La comparaison avec un profil de mortalité attendu à cette époque ou avec d’autres sites attestant d’un cannibalisme entre Néandertaliens montre que la probabilité d’obtenir la composition retrouvée à Goyet est proche de zéro. En somme, l’association de ces individus ne peut résulter du hasard, elle est le résultat d’une sélection délibérée de certains individus.

Une approche interdisciplinaire pour faire parler les ossements

Nous avons pu dresser le profil de ces individus cannibalisés, parmi les derniers représentants néandertaliens au monde.

Les données de l’ADN ancien montrent que les individus adultes/adolescents sont tous de sexe féminin, mais n’ont pas de liens de parenté proche. Cette caractéristique pourrait suggérer l’appartenance des individus à différents groupes, et donc renvoyer à plusieurs évènements de cannibalisme, mais pourrait aussi s’expliquer par une origine exogame des individus féminins d’un même groupe, c’est-à-dire avec des femmes venant d’autres groupes avant d’intégrer celui où elles vivaient, une pratique déjà documentée chez les Néandertaliens.

Pour aller dans ce sens, nos analyses montrent que les individus consommés n’étaient pas originaires de la région. Ce sont les isotopes du soufre présents dans leurs os qui montrent une signature distincte de celle de la faune locale et des Néandertaliens voisins du site de Spy – une indication forte que les victimes ne faisaient pas partie du groupe local, confirmant ainsi la dimension exocannibale de cette pratique sur le site de Goyet.

Enfin, l’étude de la morphologie des ossements eux-mêmes apporte des précisions essentielles sur l’identité des individus, en particulier des quatre femmes adultes/adolescentes. Cependant, cette analyse a représenté un véritable défi : les ossements sont extrêmement fragmentés, conséquence directe des multiples fracturations survenues lors de leur consommation. Ce travail, mené à l’Université de Bordeaux, s’est appuyé sur une analyse virtuelle des restes à partir de scanners par rayons X réalisés à l’IRSNB.

Les résultats montrent que les indices de robustesse des fémurs et des tibias sont très faibles en comparaison de ceux d’autres spécimens de la même période : ces Néandertaliennes étaient remarquablement graciles (minces). Plus encore, les estimations de stature obtenues indiquent une petite taille : 1m51 en moyenne pour l’ensemble des individus et autour de 1m43 pour la plus petite d’entre elles, baptisée GN3. Bien qu’il s’agisse d’estimations, ces valeurs placent les Néandertaliennes de Goyet parmi les plus petites représentantes de cette humanité disparue.

Des indices de conflits préhistoriques ?

Qu’il s’agisse d’un ou de plusieurs évènements, la pratique d’un cannibalisme ciblé sur les femmes et sur les enfants d’un autre groupe social suggère la présence de tensions ou de conflits entre groupes. À cette époque (la fin du Paléolithique moyen), les données archéologiques témoignent de la coexistence de plusieurs traditions culturelles associées à Néandertal dans le nord de l’Europe et touchant à la façon de tailler les outils en pierre.

Reconstitution virtuelle d’un Néandertalien.
Institute of Natural Sciences, Fourni par l’auteur

Dans ce contexte, l’arrivée des premiers groupes d’Homo sapiens, déjà présents à quelques centaines de kilomètres à l’est de Goyet, a pu engendrer une pression sur les groupes néandertaliens de la région et notamment dans l’accès aux ressources, les deux groupes humains chassant les mêmes animaux. Si l’on ne peut pas exclure qu’Homo sapiens ait été à l’origine de l’assemblage de Goyet, les données archéologiques, et notamment l’utilisation de certains ossements comme outils (pratique documentée dans d’autres sites avec traces de cannibalisme où seul Néandertal pouvait en être l’auteur), vont plutôt dans le sens d’une pratique intra-spécifique.

Des perspectives pour le futur

Malgré ces avancées, plusieurs questions demeurent ouvertes : s’agit-il d’un épisode unique ou d’une pratique répétée dans le temps ? Ce comportement est-il propre à Goyet ou pourrait-il être reconnu sur d’autres sites si l’on disposait des mêmes outils d’analyse ? Travailler sur des restes issus de cannibalisme reste particulièrement complexe : il faut d’abord identifier des fragments, puis tenter d’en extraire un maximum d’informations.

Dans le cas présent, c’est précisément la combinaison de plusieurs approches réunissant des spécialistes internationaux de disciplines différentes qui a permis d’éclairer la spécificité de ces vestiges longtemps restés muets.

Désormais, l’existence de méthodes fiables pour analyser des fragments très réduits ouvre des perspectives considérables : la reprise d’anciennes collections non étudiées, la réévaluation de sites connus pour leur cannibalisme ou l’identification de nouveaux assemblages pourraient, dans les années à venir, profondément renouveler notre compréhension des interactions sociales, des dynamiques territoriales et de la diversité biologique des derniers Néandertaliens.

The Conversation

Quentin Cosnefroy a reçu des financements du Projet-ANR-22-CE27-0016 NeHos : De l’Homme de Néandertal à l’Homo sapiens – Comprendre une (r)évolution culturelle en Europe au Paléolithique.

Hélène Rougier et Isabelle Crevecoeur ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Des Néandertaliennes et des enfants victimes de cannibalisme il y a 45 000 ans – https://theconversation.com/des-neandertaliennes-et-des-enfants-victimes-de-cannibalisme-il-y-a-45-000-ans-271043

The truth about ‘miracle’ heaters and wood stoves

Source: The Conversation – UK – By Will de Freitas, Environment + Energy Editor, The Conversation

Hodoimg / shutterstock

This roundup of The Conversation’s climate coverage was first published in our award-winning weekly climate action newsletter, Imagine.

Each year, as temperatures drop, the same promises resurface. A tiny heater that can warm your whole home for pennies. A simple hack using candles and flowerpots. A wood-burning stove that’s cosy, clean and cheap.

Some of these fixes are outright scams. Some are just dangerous. Others work, but with hidden costs most don’t know about.

All of them run into the realities of physics, pollution or safety.

Wood-burning stoves are becoming more popular and I can see the appeal. When visiting my in-laws in rural Dorset, I sometimes work from a shepherd’s hut in their garden, which is heated with a wood stove. I like the sense of control and the boom-and-bust cycle of warmth caused by loading firewood every hour or two.

The real fire feels dependable in a way that modern systems sometimes don’t. It feels traditional. And, increasingly, it is presented as environmentally acceptable.

But beneath the romance and the cosiness there is an uncomfortable truth. Domestic burning is now recognised as a leading source of PM2.5, one of the most harmful forms of air pollution.

The UK does regulate wood stove emissions, but under a system designed for another era, says James Heydon of the University of Nottingham.

wood burning stove
Wood burning doesn’t emit 1950s-style smog – but it does pollute the air.
Kev Gregory / shutterstock

“Smoke control areas” were created as a response to lethal smogs in the 1950s, he says, but the system has barely changed since.

“Even perfect enforcement”, he writes, “would not solve the core problem. SCAs were designed to reduce visible smoke, not invisible PM2.5. Modern ‘Defra-approved’ and ‘EcoDesign’ stoves are exempt because they emit less visible smoke.”

But those exempt stoves still emit lots of PM2.5 – more than 300 times that of a gas boiler, says Heydon. “Since 2010, more than 2,500 stove models have been exempted from SCA rules, steadily widening the loophole and gradually weakening the system’s ability to control PM2.5.”

A few months back, my father-in-law replaced the shepherd’s hut stove with an electric heater. My lungs will remain pollution-free this Christmas, but I do miss the stove.

Beware heater scams

My father-in-law appears to have bought an appropriate heater that actually works. Unfortunately, many people are being sold devices that don’t live up to expectations as social media is filled with portable heater scams this winter.

Doomscrolling through a cold snap, you may see bold claims for heaters that can supposedly warm an entire home in minutes while costing pennies to run. It can often feel like true cosiness is only a click away.

These products rely on a powerful idea, that fancy new designs have unlocked a step-change in efficiency. But language, not technology, is doing the heavy lifting.

In reality, says Dylan Ryan of Edinburgh Napier University, almost all electric heaters are already close to 100% efficient. That means all the electricity is turned into heat, not “lost” as light or noise. The more electricity you put into the heater, the more it will warm your home, and vice versa.

This is why engineers like Ryan stress there is no clever design or secret hack that can make one plug-in heater significantly more efficient than another. “When a product claims to heat more while using less electricity”, he writes, “alarm bells should ring.”

Some adverts promise to warm a home in minutes. But the numbers don’t work.

Here’s Ryan again:

Heating a typical home means warming hundreds of cubic metres of air, as well as countering heat losses to the outside. That takes lots of energy. To do it quickly would require tens of kilowatts of power – far more than can be drawn safely from a standard household plug socket.

In practice, the wattage of most portable heaters is deliberately limited to avoid overheated wiring and reduce fire risk. The allowed wattage is enough to warm a small room, says Ryan, but is “nowhere near enough to rapidly heat a whole house”.

When neither tradition nor technology has the answer, people sometimes look elsewhere for answers.

This is where “heating hacks” flourish. Social media is filled with improvised fixes: bricks heated in ovens, tea lights beneath flower pots, makeshift indoor fires.

I get the appeal of feeling like an energy efficient MacGyver, keeping warm on the cheap using unexpected household goods. Unfortunately, these set ups still run into basic physics: they deliver warmth at a far higher cost per unit of energy than electricity or gas.

In a helpful piece on how to keep warm on a budget during very cold weather, Mari Martiskainen of the University of Sussex points out candles and similar heating hacks are also a major fire risk.

Smoky stoves, scam heaters and viral hacks are all responses to the same problems: energy is expensive, homes are leaky, and people are cold. But as Ryan points out, the real solutions are slower and more boring: better insulation, more efficient heating, and reforms to lower the cost of energy itself.


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ref. The truth about ‘miracle’ heaters and wood stoves – https://theconversation.com/the-truth-about-miracle-heaters-and-wood-stoves-272303

How Venezuela has been preparing for a US invasion for more than two decades

Source: The Conversation – UK – By Gemma Ware, Host, The Conversation Weekly Podcast, The Conversation

In the latest escalation of tensions between the US and Venezuela, on December 17 US President Donald Trump ordered a “complete blockade” of sanctioned oil tankers going into and out of Venezuela. His Venezuelan counterpart, Nicolás Maduro, called the move “warmongering threats”, and accused the US of trying to steal its resources.

Since September, US military operations in the Caribbean have killed at least 95 people in 25 strikes. The Trump administration says it is targeting drug traffickers, but US lawmakers are now investigating some of the strikes amid mounting criticism of their scope and intent.

Meanwhile, Trump has placed a US$50 million bounty on the head of Maduro, and authorised the CIA to conduct covert lethal operations inside Venezuela.

In this episode of The Conversation Weekly podcast, we speak to Pablo Uchoa, a PhD candidate researching Venezuela’s military scenario planning, on how Venezuela has long been preparing for this moment.

He traces that planning back to 2002 and an unsuccessful coup attempt against former Venezuelan leader, Hugo Chávez. Uchoa explains that two important influences on Chavez’s thinking at the time were Vietnam and Iraq:

Obviously the Vietnamese army expelled the Americans just by making it so hard for the Americans to stay in – and the same thing with Iraq, in different ways. The basic idea here is that the fight is not just army against army. This is … people against an army.

Listen to the interview with Pablo Uchoa about the Venezuelan military scenario planning on The Conversation Weekly podcast.

This episode was written and produced by Mend Mariwany and Gemma Ware with production assistance from Katie Flood. Mixing by Michelle Macklem and theme music by Neeta Sarl.

Newsclips in this episode from NBC News, BBC News, Geopolitical Economy Report, Al Jazeera English, AP Archive, the Straits Times, Euronews, CBS News and Reuters.

Listen to The Conversation Weekly via any of the apps listed above, download it directly via our RSS feed or find out how else to listen here. A transcript of this episode is available via the Apple Podcasts or Spotify apps.

The Conversation

Pablo Uchoa has received UKRI funding for his research on the transformation of Venezuala’s military under Hugo Chávez.

ref. How Venezuela has been preparing for a US invasion for more than two decades – https://theconversation.com/how-venezuela-has-been-preparing-for-a-us-invasion-for-more-than-two-decades-272304

Small study finds microdoses of cannabis stalled cognitive decline in Alzheimer’s patients

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Fabricio Pamplona, Doutor em Farmacologia, Universidade Federal de Santa Catarina (UFSC)

As the world’s population ages, the number of people living with dementias such as Alzheimer’s disease increases. Given the lack of curative treatments and the limited effectiveness of available medications, interest in new therapeutic approaches is growing. Among them are cannabinoids from the cannabis plant.

A small new Brazilian study published in the international Journal of Alzheimer’s Disease investigated the effects of microdoses of cannabis extract on patients with mild Alzheimer’s disease. The results found positive effects, without the associated “high” of cannabis.

The logic of microdoses

The study, led by professor Francisney Nascimento and colleagues at the Federal University of Latin American Integration (UNILA), recruited 24 elderly patients (60-80 years) diagnosed with mild Alzheimer’s. It evaluated the effects of daily use of an oil prepared from Cannabis extract containing THC and CBD in similar proportions and extremely low concentrations (0.3 mg of each cannabinoid). These sub-psychoactive doses do not cause the “high” associated with recreational use of the plant.

The extract used was donated by ABRACE, Brazil’s biggest patient association and had no contribution from cannabis companies or other funding sources.

“Microdosing” is a term usually associated with recreational use of psychedelics. Given the size of the dose, it would be easy to question whether it could have any effect at all.

Doses below 1 mg of the cannabinoid compounds are not frequently reported in the literature of clinical practice. However, the researchers’ decision to use microdosing did not come out of nowhere. In 2017, the group led by Andreas Zimmer and Andras Bilkei-Gorzo had already demonstrated that very low doses of THC restored cognition in elderly mice, reversing gene expression patterns and brain synapse density in the hippocampus to levels similar to those of young animals.

Subsequently, other studies in mice reinforced that the endocannabinoid system, which is important for neuroprotection and regulates normal brain activity (ranging from body temperature to memory), undergoes a natural decline during ageing.

Inspired by these findings, the group initially tested microdosing of cannabis extract in a single patient with Alzheimer’s disease for 22 months. They found cognitive improvement, assessed using the Adas-Cog scale, a set of tasks using things like word recall to test cognitive function. This triggered the decision to run a more robust clinical trial in human volunteers to verify the cognitive-enhancement effects observed in the volunteer. The second study was a properly controlled randomised and double-blinded clinical trial.

What we found

Several clinical scales were used to objectively measure the impact of cannabis treatment. This time, the improvement was observed in the mini-mental state exam (MMSE) scale, a widely used scale for assessing cognitive function in patients with dementia. It’s a validated set of questions that are asked to the patient, with the aid of an accompanying person (typically a family member of helper). After 24 weeks of treatment, the group receiving the cannabis extract showed stabilisation in their scores, while the placebo group showed cognitive deterioration (worsening of Alzheimer’s symptoms).

The impact was modest but relevant, patients using cannabis microdosing scored two to three points higher than their placebo counterparts (full points on the MMSE is 30). In patients with preserved or moderately impaired cognitive function, it may be unrealistic to expect major changes in a few weeks.

Cannabis extracts did not improve other non-cognitive symptoms, like depression, general health or overall quality of life. On the other hand, there was no difference in adverse side effects. This was likely due to the extremely low dose used.

This result echoes findings from my 2022 study which found a reduction in endocannabinoid signalling during ageing, meaning ageing brains are more prone to cognitive degradation without the protection of the cannabinoids. Among other mechanisms, cannabinoids seem to protect cognition by reducing drivers of inflammation in the brain.

A new paradigm: cannabis without the ‘high’

The biggest obstacle to the acceptance of cannabis as a therapeutic tool in brain ageing is perhaps not scientific, but cultural. In many countries, the fear of “getting high” deters many patients and even healthcare professionals. But studies such as this show there are ways to get around this problem by using doses so low they do not cause noticeable changes in consciousness, but which can still modulate important biological systems, such as inflammation and neuroplasticity.

Microdoses of cannabis can escape the psychoactive zone and still deliver benefits. This could open the door to new formulations focused on prevention, especially in more vulnerable populations, such as elderly people with mild cognitive impairment or a family history of dementia.

What now?

Despite its potential, the study also has important limitations: the sample size is small, and the effects were restricted to one dimension of the cognition scale. Still, the work represents an unprecedented step: it is the first clinical trial to successfully test the microdose approach in patients with Alzheimer’s disease. It is a new way of looking at this plant in the treatment of important diseases.

To move forward, new studies with a larger number of participants, longer follow-up times, and in combination with biological markers (such as neuroimaging and inflammatory biomarkers) will be necessary. Only then will it be possible to answer the fundamental question: can cannabis slow down the progression of Alzheimer’s disease? We have taken an important step towards understanding this, but for now, the question remains unanswered.

The Conversation

Fabricio Pamplona não presta consultoria, trabalha, possui ações ou recebe financiamento de qualquer empresa ou organização que poderia se beneficiar com a publicação deste artigo e não revelou nenhum vínculo relevante além de seu cargo acadêmico.

ref. Small study finds microdoses of cannabis stalled cognitive decline in Alzheimer’s patients – https://theconversation.com/small-study-finds-microdoses-of-cannabis-stalled-cognitive-decline-in-alzheimers-patients-271170

Le chêne-liège, un arbre victime de la surexploitation de ses forêts comme de leur abandon

Source: The Conversation – France (in French) – By Thierry Gauquelin, Professeur émérite, Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE), Aix-Marseille Université (AMU)

Vieux chêne-liège, Andalousie (côte sud de l’Espagne). Thierry Gauquelin, CC BY

C’est un arbre pourvoyeur de multiples ressources depuis des millénaires et à la résilience remarquable lorsqu’il est confronté aux flammes. Le chêne-liège est cependant aujourd’hui menacé, d’un côté comme de l’autre de la Méditerranée, par le changement climatique ainsi que par sa surexploitation ou son abandon.


Alcornoque, surera, ballot, leuge, rusque, surier, suve, corcier… tous ces noms renvoient en fait à un seul et même arbre, le chêne-liège (Quercus suber) dont Pline l’Ancien (Ier siècle de notre ère) vantait déjà tous les mérites et utilisations.

Feuillage de chêne-liège, massif des Albères (Pyrénées).
Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Ce chêne d’une hauteur moyenne de 10 mètres à 15 mètres, dont le feuillage persistant est assez semblable à celui du chêne vert (Quercus ilex), en diffère par son houppier étalé, ses grosses branches maîtresses – les charpentières – relativement horizontales et surtout par son écorce exubérante – le liège – un matériau exceptionnel à l’origine de l’intérêt que cet arbre a pu susciter et suscite encore.

C’est bien sûr l’utilisation du liège pour les bouchons, mais aussi dans le BTP en tant qu’isolant phonique et thermique avec aujourd’hui des avancées prometteuses dans le domaine de l’écoconstruction des bâtiments ou encore pour les fusées Ariane.

La fabrication de chaussures fait partie des nombreuses utilisations du liège, comme le témoigne cette gravure issue du livre Le liège et ses utilisations de Henri de Graffigny (1863-1934)
La fabrication de chaussures fait partie des nombreuses utilisations du liège, comme en témoigne cette gravure issue du livre le Liège et ses utilisations, de Henri de Graffigny (1863-1934).
Gallica

Ainsi, les forêts de chêne-liège, qualifiées de systèmes socio-écologiques, ont été exploitées, soignées et modifiées depuis plus de trois mille ans, principalement pour ce liège, mais aussi pour leurs fruits, les glands, qui nourrissent ou ont nourri autant les humains que le bétail.

Dans sa région d’origine, la suberaie – c’est ainsi qu’on nomme une forêt de chêne-liège – a ainsi été largement favorisée par l’être humain. Observez nombre de suberaies des Albères, dans les Pyrénées ; vous verrez que les arbres sont peu ou prou alignés, c’est là le signe de la main humaine.

Malgré cette exploitation millénaire, ces suberaies peuvent héberger une biodiversité remarquable, notamment une faune spécifique et inféodée au bois mort et aux microhabitats que forment les vieux arbres souvent présents dans ces suberaies exploitées. La suberaie représente aussi l’habitat de prédilection de la tortue d’Hermann, unique espèce de tortue terrestre présente en France hexagonale et en Corse.

Au Maroc, ces écosystèmes abritent des petites mares temporaires, les dayas, à la biodiversité exceptionnelle, malheureusement menacées par le changement climatique et la surexploitation.

Daya dans la forêt de la Maamora (Maroc).
Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Une répartition liée au climat et au sol

Le chêne-liège est endémique du bassin occidental de la Méditerranée, présent sur les deux rives sud et nord, du Maroc à l’Italie, mais il n’est pas limité au seul climat méditerranéen. On le trouve ainsi en grande quantité au Portugal, un des principaux producteurs de liège, mais aussi sur tout le littoral aquitain, comme dans la forêt des Landes. En France, ces suberaies recouvrent environ 70 000 hectares (ha) sur trois principaux secteurs : les massifs provençaux des Maures et de l’Esterel, le sud de la Corse et les Pyrénées-Orientales.

Autre caractéristique de ce chêne-liège, c’est une espèce exclusivement calcifuge, c’est-à-dire qu’elle fuit littéralement les terrains calcaires. C’est ce qui va régir sa répartition dans ce domaine méditerranéen. Ainsi, en Provence marseillaise calcaire, vous ne trouverez pas de chêne-liège. En revanche, passé Toulon, vers l’est, dans l’Esterel ou les Maures, le chêne-liège apparaît spontanément.

Extrait de la carte de la végétation de la France (feuille de Marseille), œuvre collective du CNRS. Le chêne-liège n’apparaît en orange que sur la partie est de la zone, sur les sols à roche-mère siliceuse.
CNRS, Fourni par l’auteur

Les suberaies, derniers remparts contre l’incendie

Le chêne-liège est un arbre qui résiste fort bien à l’incendie du fait de cette couche épaisse d’écorce isolante, le liège, qui entoure le tronc. Si un incendie balaie une suberaie, le liège pourra être consumé sur plusieurs centimètres, mais rapidement des bourgeons dormants sous cette écorce se développeront et l’arbre repartira.

La périodicité de ces incendies doit évidemment rester raisonnable, sinon la biodiversité, notamment du sol, sera trop profondément affectée par ces perturbations récurrentes, compromettant ainsi le bon fonctionnement de ces forêts ; et la récolte de liège, qui ne peut se faire que tous les 8 ans à 15 ans, est dans tous les cas plus que compromise.

Dans le massif landais, où cette essence était autrefois bien représentée et exploitée, cette résilience à l’incendie et le rôle de pare-feu que peuvent jouer les suberaies doivent ainsi encourager des plantations massives de chêne-liège. Cela permet aussi de constituer des peuplements plus diversifiés donc plus résilients que les plantations monospécifiques de pin maritime.

Démasclage et subériculture

Démasclage réalisé dans les années 1900.
Collectif Forêt Vivante Sud Gironde

La récolte du liège, essence même de la subériculture, est une affaire de spécialistes. Le chêne-liège est caractérisé par le développement exubérant de l’écorce, boursouflée et crevassée, ce fameux liège aux caractéristiques exceptionnelles. Mais cette écorce épaisse, observable sur les arbres qui n’ont pas été exploités, et qualifiée de « liège mâle », est inutilisable pour la fabrication de bouchons bien denses et réguliers. Elle sera par contre utilisée comme matériau isolant. Dans tous les cas, il faut donc enlever ce liège mâle ; cette opération s’appelle le « démasclage ».

Le rusquier (l’ouvrier qui lève l’écorce du chêne-liège) l’ôte à l’aide d’incisions verticales faites avec une hachette particulière, sur une hauteur d’environ deux mètres à partir du sol, séparant ainsi deux moitiés de l’écorce.

Démonstration de démasclage par Renaud Piazzetta, Institut méditerranéen du liège, massif des Albères (France).
Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur
Liège mâle et femelle du chêne-liège (Albères, France).
Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Il faut procéder d’une manière très précautionneuse, de façon à ne pas abîmer l’assise qui donne naissance au liège. C’est un travail de spécialistes – lesquels se font de plus en plus rares et donc convoités. Le liège mâle enlevé, le tronc apparaît rouge vif.

Plaques de liège et bouchons à l’emporte-pièce.
Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Un nouveau liège, bien dense, de très belle qualité, appelé le liège femelle, se forme alors. Au bout d’une période de huit à douze ans, on le récoltera quand son épaisseur permettra d’en extraire à l’emporte-pièce des bouchons de belle longueur.

À chaque démasclage, on montera un peu plus haut dans l’arbre. Quand des arbres présentent un démasclage très haut, jusqu’aux branches charpentières qui partent directement du tronc, on peut en déduire qu’ils sont très anciens, qu’ils ont 150 ans ou 200 ans, rarement plus d’ailleurs, car le chêne-liège n’est quand même pas une espèce très longévive.

C’est ensuite terminé sur le terrain. Les plaques de liège récoltées vont approvisionner les bouchonneries, comme les Bouchons Abel du Boulou (Pyrénées-Orientales), l’une des dernières en France à encore se fournir en liège local des Albères.

Récolte du liège, forêt de la Maamora (Maroc).
Thierry Gauquelin, CC BY

Des suberaies aujourd’hui dépérissantes et menacées

Bien que particulièrement résilientes face aux incendies, les suberaies sont menacées dans toute leur aire de répartition du fait à la fois, selon les pays concernés, de leur surexploitation, de leur abandon ou encore du changement climatique.

Suberaie de la Maamora (Maroc).
Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Ainsi au Maroc, la forêt de la Maamora, au nord-est de Rabat, considérée comme la plus grande suberaie d’un seul tenant au monde, est aujourd’hui réduite à 60 000 ha (sa surface était de plus de 100 000 ha dans les années 1950). Elle a subi de très fortes dégradations au cours de ces dernières décennies, notamment du fait de l’essor des plantations d’eucalyptus privilégié pour sa croissante rapide, sa résistance à la sécheresse et son utilisation pour la pâte à papier.

Suberaie dépérissante de Ben Slimane (Maroc).
Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Cette suberaie reste néanmoins pourvoyeuse de nombreuses ressources pour les populations environnantes. Les dimanche de printemps dans la Maamora, près de Rabat, on verra comme cela tout à la fois le démasclage à la sauvette des arbres encore préservés, mais aussi le gaulage : les branches des chênes sont battues avec une longue perche pour faire tomber les fruits – des glands doux vendus ensuite bouillis à quelques dirhams le kilo pour le plus grand plaisir des enfants. On apercevera également le pâturage avec des bovins prélevant les feuilles encore tendres jusqu’à la hauteur que leur encolure tendue permet, la coupe par les bergers des branches afin de faciliter la tâche des animaux. Se joignent à ce tableaux quelques Rabatis pique-niquant sous les plus gros arbres à l’ombre cependant légère, après la récolte sauvage de bois mort pour cuire les brochettes.

Autant d’usages qui, au même titre que la biodiversité, sont menacés aujourd’hui par la sécheresse récurrente liée au changement climatique sur l’ensemble des suberaies allant de Rabat à Ben Slimane.

En France, c’est au contraire d’abord l’abandon progressif de l’exploitation des suberaies lié pour partie à la faible rentabilité de cette activité de subériculture qui menace ces écosystèmes. Cet abandon a rendu notamment les peuplements embroussaillés plus sensibles aux incendies.

D’autres facteurs aggravent ce déclin, comme une régénération naturelle très faible, des blessures dues à des démasclages mal réalisés ou l’installation d’insectes xylophages, tels que le coléoptère Platypus cylindrus qui peut localement pulluler et rapidement tuer des chênes-lièges. Et ce sont aussi aujourd’hui les canicules et sécheresses répétées liées au changement climatique qui aggravent ce dépérissement.

Tout ceci explique le classement comme vulnérables (VU) par l’UICN des suberaies méditerranéennes.

Relancer la subériculture en France en s’appuyant sur la science et sur la formation

Le maintien de ces systèmes socio-écologiques particuliers, à la biodiversité remarquable et jouant un rôle écologique majeur, notamment dans la lutte contre les incendies ou le maintien de sols fonctionnels, ne peut s’envisager qu’en intégrant une dimension socio-économique, tant ces deux composantes écologiques et économiques sont ici liées. Il s’agit alors de relancer économiquement la filière pour permettre notamment de préserver ces écosystèmes multifonctionnels. Différentes structures (Institut du liège, Subéraie varoise…) s’attachent aujourd’hui à cet objectif.

Ceci peut s’envisager notamment en privilégiant des circuits courts, économiquement rentables, en ciblant sans doute la production de bouchons haut de gamme, tout en explorant des nouvelles filières de valorisation du liège mâle.

Il s’agit aussi de favoriser la biodiversité, garante du bon fonctionnement de l’écosystème et de la qualité du liège récolté, et la résilience des peuplements aux aléas climatiques et notamment aux incendies.

Des travaux de recherche préliminaires menés par l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE) dans le massif des Albères (Pyrénées) ont ainsi pu mettre en évidence qu’un débroussaillage et un pâturage des parcelles exploitées pour le liège favorisait une biodiversité floristique et faunistique caractéristique des milieux plus secs et plus lumineux et différente de celle que l’on retrouvait dans les parcelles laissées en libre évolution.

Cependant la pression exercée sur les suberaies doit rester raisonnée autant que possible. En effet, d’autres travaux menés par l’IMBE en collaboration avec l’Université Hassan-II de Casablanca ont montré quant à eux qu’une surexploitation de parcelles de chênes-lièges dans la région de Ben Slimane conduisait à une perte de biodiversité du sol et de sa capacité à séquestrer du carbone.

Mais la science seule ne suffit pas, et les suberaies nous montrent que nous avons de plus en plus besoin de professionnels et de chercheurs capables de travailler dans plusieurs disciplines et avec divers acteurs, en combinant les connaissances issues de différentes disciplines afin de contribuer à cet objectif commun de préservation et de valorisation.

Du point de vue académique, comprendre la suberaie comme système socio-écologique est un exercice complexe qui demande l’analyse des relations économiques, sociales et institutionnelles internationales, des savoir-faire traditionnels, sous des contraintes écologiques et climatiques profondément impactées par les particularités du XXIe siècle.

Ces écosystèmes constituent ainsi aujourd’hui « un terrain de jeu » idéal pour des formations universitaires académiques dispensées conjointement à Aix-Marseille Université et à l’Université Hassan-II de Casablanca où l’enseignement de la transdisciplinarité est réalisé en ancrant les apprentissages dans un problème concret.

Étude de la faune du sol par les étudiants de l’Université de Marseille et de Casablanca ; suberaie des Pyrénées-Orientales.
Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Cependant, dans l’Hexagone, malgré la banalité des bouchons de liège, les relations étroites que les habitants des Albères, des massifs des Maures et des Landes entretiennent avec ces suberaies sont aujourd’hui anecdotiques, alors qu’une meilleure connaissance de ce patrimoine, à la fois biologique et culturel, est un préalable à ce nouvel essor.

The Conversation

Anne Bousquet-Mélou a reçu des financements de la fondation amidex et de l’institut méditerranéen pour la transition environnementale de l’université d’Aix-Marseille

Irene Teixidor-Toneu a reçu des financements de l’agence nationale de la recherche (ANR).

Mathieu Santonja a reçu des financements de l’Agence nationale de la recherche (ANR), France 2030 et l’Union Européenne.

Thierry Gauquelin ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le chêne-liège, un arbre victime de la surexploitation de ses forêts comme de leur abandon – https://theconversation.com/le-chene-liege-un-arbre-victime-de-la-surexploitation-de-ses-forets-comme-de-leur-abandon-269747

Votre « sapin » de Noël n’est peut-être pas un sapin, voici pourquoi

Source: The Conversation – France (in French) – By Guillaume Decocq, Professeur en sciences végétales et fongiques, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

Sapin de Noël, Piazza del Duomo, Milan (Italie). Thierry Gauquelin, CC BY

Souvent, le « sapin » de Noël n’est pas un sapin. Et il n’est pas lié historiquement à la naissance de Jésus de Nazareth. Deux botanistes se sont penchés sur ces paradoxes et nous aident à identifier les différents types d’arbres utilisés pour le 24 décembre.


Chaque année au mois de décembre, les « sapins » de Noël réapparaissent dans l’espace public, souvent richement ornementés et illuminés, mais également dans de nombreux foyers français où leurs branches les plus basses attendent d’abriter les cadeaux. Associé à la fête chrétienne de la nativité, cette tradition bien ancrée en Europe n’est pourtant pas d’origine religieuse, et le « sapin » de Noël est rarement un sapin ! Revenons donc en arrière pour tout comprendre à ces paradoxes.

Aux origines du sapin de Noël

Les origines du sapin de Noël restent incertaines et remontent probablement à la fin du Moyen Âge en Europe. Les premières mentions avérées apparaissent, indépendamment les unes des autres, au début du XVe siècle dans les régions germaniques de l’Ouest et du Nord, dans les pays baltes et, peu de temps après, en Alsace, où la première érection d’un sapin de Noël à Strasbourg date de 1492.Partout, en fin d’année, des conifères décorés de pommes, de pain d’épices et de guirlandes sont érigés sur la place publique.

Quelques années plus tard, des mâts ornés de lierre et de houx (des plantes à fleurs qui, comme la majorité des conifères, conservent leur feuillage en hiver) sont mentionnés en Angleterre.

Chaque fois, ce sont les corporations commerçantes qui sont à l’initiative de ce qui est baptisé « mai d’hiver » ou « mai de Noël ». En effet, cette pratique serait une transposition hivernale des « mais », ces arbres érigés au début du mois de mai pour célébrer la renaissance printanière de la végétation. Le terme « arbre de Noël » (Weihnachtsbaum) n’apparaît, lui, qu’en 1611, à Turckheim, en Alsace.

Il faut ensuite attendre le XVIe siècle pour que cette tradition, qui concernait uniquement la place publique, fasse son entrée dans la sphère privée. À Sélestat (Alsace), en 1521, un édit municipal autorise ainsi les habitants à couper de petits sapins pour Noël ; des conifères sont vendus sur les marchés à des particuliers pour qu’ils puissent les ramener chez eux et les décorer de pommes, de friandises et de gaufrettes.

La pratique doit connaître un succès rapide, puisque quelques décennies plus tard, les premières réglementations apparaissent pour limiter les abattages, comme à Fribourg (Suisse actuelle) en 1554, et les religieux dénoncent la généralisation d’un rite païen. Cela peut paraître paradoxal puisque le « sapin » de Noël est aujourd’hui souvent considéré comme un symbole religieux associé au christianisme.

Sapin de Noël sur la place Saint-Pierre, au Vatican
La tradition du sapin de Noël sur la place Saint-Pierre, au Vatican (Rome), apparaît en 1982…
Giuseppe Milo/Flick, CC BY

Mais cette christianisation d’un rite profane, qui ferait du sapin une évocation de l’Arbre de vie de la Bible, est très récente. Il a d’ailleurs fallu attendre 1982 pour que le premier sapin de Noël apparaisse place Saint-Pierre au Vatican.

Un arbre de Noël en Norvège au début du XXᵉ siècle. L’arbre est ici un épicéa
Un arbre de Noël en Norvège au début du XXᵉ siècle. L’arbre est ici un épicéa.
Archive nationale de Norvège, CC BY

Pour autant, l’arbre de Noël reste encore limité aux foyers aisés durant le XVIIIe siècle et ne devient une tradition populaire indissociable de la fête de Noël qu’à partir du XIXe siècle, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, où la tradition aurait été exportée en Pennsylvanie par des colons allemands à la fin du XVIIIe siècle.

À cette époque, l’arbre de Noël n’est d’ailleurs pas nécessairement un conifère, plusieurs feuillus sont utilisés, notamment des arbres fruitiers comme le pommier Christkindel, une variété de l’est de la France dont les petites pommes rouges écarlates auraient inspiré les boules de Noël une année où les pommes vinrent à manquer. Alors pourquoi le « sapin » de Noël ?

Sapin de Noël, à Dubaï. dans un centre commercial
Sapin de Noël, à Dubaï (Émirats arabes unis), dans un centre commercial.
CC BY

Un sapin de Noël qui en est rarement un

Aux origines, le « sapin » de Noël ne pouvait déjà pas être un sapin, puisqu’aucune espèce de sapin n’est autochtone dans les contrées qui ont vu naître cette tradition.

La seule espèce de sapin originaire d’Europe occidentale – hors région méditerranéenne – est le sapin blanc (Abies alba en latin), qui est naturellement absent de la moitié nord-ouest de l’Allemagne, des pays baltes et de toute l’Europe du Nord. Et à l’époque, l’être humain ne se livrait pas encore à des translocations d’espèces exotiques.

Forêt de sapin blanc dans les Vosges
Forêt de sapin blanc dans les Vosges.
Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Le « sapin » était donc surtout l’épicéa commun (Picea abies) et, plus occasionnellement, le pin sylvestre (Pinus sylvestris). Le véritable sapin blanc a cependant pu être utilisé de part et d’autre du Rhin, puisqu’il est indigène dans les massifs des Vosges (donc en Alsace), du Jura, des Alpes et des Pyrénées, mais probablement de manière assez marginale.

Aujourd’hui, en Europe, ce sont près de 50 millions d’arbres qui sont mis sur le marché pour les fêtes de fin d’année, dont 6 millions rien qu’en France. L’épicéa reste majoritaire, même si, en France, on lui préfère depuis quelques décennies le sapin de Nordmann (Abies nordmanniana), qui a l’avantage de ne pas perdre rapidement ses aiguilles, mais qui a l’inconvénient de ne pas dégager le même parfum de résine et d’être vendu plus cher.

Ainsi plus de 80 % des sapins vendus cette année en France sont du Nordmann, et l’épicea est, cette année, impossible à trouver dans la région de Marseille. Le sapin de Nordmann est une espèce exotique en France ; originaire d’une région qui s’étend de la Turquie aux montagnes du Caucase, il est largement planté désormais en France, notamment dans le Centre, pour être vendu à Noël, souvent un peu plus tôt que l’épicéa qui est indigène et également largement cultivé.

Ces dernières années on assiste aussi à une certaine diversification des conifères vendus comme arbres de Noël, puisque plusieurs espèces d’origine nord-américaine sont venues enrichir la palette :

  • de véritables sapins comme le sapin de Vancouver (Abies grandis) et le sapin noble (Abies procera), tous deux originaires de la côte ouest ;

  • des épicéas, en particulier le mal nommé « sapin » bleu du Colorado (Picea pungens), aux aiguilles bleu argenté et à l’odeur de pin ;

  • le « sapin » de Douglas (Pseudotsuga menziesii), dont le nom est trompeur, car il n’est ni un sapin ni un épicéa.

De manière amusante, l’Amérique du Nord, qui nous a fourni ces espèces de sapin à la mode, n’échappe pas à la tentation de l’exotisme ; ainsi, c’est le pin sylvestre européen qui a longtemps été l’espèce privilégiée outre-Altantique. Ce n’est que depuis les années 1980 que le Douglas et le sapin de Fraser (Abies fraseri) l’ont supplanté aux États-Unis, et le sapin baumier (Abies balsamea) au Canada.

Dans les régions tropicales et dans l’hémisphère Sud, cependant, d’autres arbres sont plébiscités. À La Réunion, par exemple, où Noël tombe pendant l’été austral, on utilise aussi bien des conifères (« pin » de Norfolk, Araucaria heterophylla ; « pin » colonnaire, Auraucaria columnaris ; « cèdre » du Japon, Cryptomeria japonica), que des feuillus tropicaux aux fleurs spectaculaires (flamboyant, Delonix regia) ou aux fruits comestibles (letchi, Litchi chinensis). Aux Antilles, on trouve également le filao (Casuarina equisitifolia) qui, malgré les apparences, n’est pas un conifère mais une plante à fleurs. Dans d’autres régions tropicales le pin de Monterey (Pinus radiata) et le cyprès de Lambert (Cupressus macrocarpa) sont également utilisés.

Un peu de botanique pour s’y retrouver

Parmi toutes ces espèces alors, comment s’y retrouver ? Comment savoir si ces « sapins » en sont véritablement ?

Commençons d’abord par rappeler que beaucoup des arbres que l’on voit à Noël appartiennent à la même grande famille des Pinacées qui comprend 11 genres et près de 250 espèces. On y trouve 50 espèces de sapins (Albies), 36 d’épicéas (Picea) et 130 de pins (Pinus). C’est la plus grande famille de conifères, dont les ancêtres sont apparus il y a près de 400 millions d’années, bien avant l’invention de la fleur dans l’histoire de l’évolution, plus de 200 millions d’années plus tard.

Les conifères font donc partie des Gymnospermes ou plantes « à ovule nu » qui, contrairement aux Angiospermes ne présentent ni fleur ni fruit. Parmi les Gymnospermes, une Pinacée est facilement reconnaissable à ses cônes femelles, plus connus sous le nom de « pommes de pin ». Ils sont constitués d’un axe central sur lequel des écailles ligneuses sont insérées de manière spiralée, portant sur leur face supérieure deux graines (les cônes mâles, plus discrets, sont en chatons).

Pour différencier les épicéas (genre Picea) des vrais sapins (genre Abies), quatre caractères peuvent être observés :

1 – les cônes femelles sont pendants chez les épicéas, mais dressés chez les sapins ;

A gauche un sapin aux cônes dressés. A droite un épicea aux cônes pendants. Forêt de Barèges, Pyrénées
À gauche, un sapin aux cônes dressés. À droite, un épicea aux cônes pendants. Forêt de Barèges, Pyrénées.
Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

2 – les cônes d’épicéas tombent entiers au sol, alors qu’ils se désintègrent sur l’arbre chez les sapins (donc jamais de cônes entiers au sol, juste des écailles) ;

3 – les rameaux des épicéas, une fois les aiguilles tombées, sont rugueux, car chacune des aiguilles est portée par une petite excroissance appelée pulvinus. Ils sont lisses chez les sapins, mais ornés de cicatrices rondes ;

4 – les aiguilles sont cylindriques plus ou moins anguleuses chez les épicéas, mais plates chez les vrais sapins.

Rameau de sapin de Nordmann à gauche (face supérieure et inférieure), et d’épicéa sur la photo de droite
Rameau de sapin de Nordmann à gauche (face supérieure et inférieure), et d’épicéa sur la photo de droite.
Thierry Gauquelin/Guillaume Decocq, Fourni par l’auteur

Les vrais sapins peuvent être confondus avec les Douglas du genre Pseudotsuga. Ce genre comporte quatre espèces différentes, dont la plus connue et répandue est Pseudotsuga menziesii, d’origine nord-américaine). Toutes ont des aiguilles plates pourvues de deux bandes blanches à la face inférieure comme le sapin blanc. Mais chez les Douglas, les cônes sont pendants et tombent entiers, comme chez les épicéas, et les aiguilles ont toutes à peu près la même longueur, alors qu’elles sont de tailles très inégales chez les sapins.

Quant aux pins (Pinus), ils se différencient des genres précédents, qui ont tous des aiguilles solitaires, par leurs aiguilles normalement groupées par 2, 3 ou 5 au sein d’une gaine membraneuse basale caduque.

Rameaux de pin.
Auguste Herbst, vers 1900. Musée de l’école de Nancy/Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Concernant les « sapins » de Noël ultramarins évoqués plus haut, il s’agit de conifères appartenant à d’autres familles botaniques, celle des Pinacées étant quasiment restreinte à l’hémisphère Nord.

Au sud de l’équateur, on trouve par exemple les espèces du genre Araucaria comme le « pin » de Norfolk et le « pin » colonnaire, qui ne sont donc pas des pins mais qui appartiennent à la famille des Araucariacées, exclusivement présente dans l’hémisphère Sud. Le « cèdre » du Japon, du genre Cryptomeria – qui n’est donc pas un cèdre, puisque non apparenté au genre Cedrus – et le cyprès de Lambert, du genre Cupressus qui, lui, est donc bien un cyprès, appartiennent à la famille des Cupressacées, au même titre que nos genévriers ou les séquoias et les thuyas.

On voit bien ici que les noms vernaculaires utilisés pour nommer les espèces végétales sont souvent une source de confusions, d’où l’importance du nom latin, qui en revanche est unique et attribué selon des règles très précises. C’est l’objectif de la science systématique, qui décrit, nomme (conformément au Code international de nomenclature biologique) et classe dans un système hiérarchisé les êtres vivants. Ce système prend en compte les liens de parenté entre les espèces, tels qu’ils sont reconstitués à partir des données génétiques, d’où son assimilation à un arbre généalogique du vivant.




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Pour des sapins de Noël plus vertueux

Finalement, le seul « sapin » de Noël autochtone en France est donc l’épicea.

Dans tous les cas, les arbres commercialisés, que ce soient des Nordmann, des grandis, des pungens ou des épiceas sont issus de plantations. Et il faut être très exigeant sur leur mode de culture. Une filière bio est en train d’émerger garantissant qu’aucun traitement chimique n’est administré sur la plantation et qu’aucun désherbant ni aucun produit phytosanitaire n’est utilisé, pour le respect de la faune et de la flore locale.

Il ne faut pas oublier que les introductions d’essences exotiques ne sont pas dénuées de risques. Ainsi, même quand ils sont cultivés à proximité de la région où ils sont vendus, les « sapins » de Noël d’origine exotique peuvent servir de vecteurs pour des insectes ravageurs ou des agents pathogènes, susceptibles de s’attaquer aux conifères sauvages de nos forêts. Ainsi vaudrait-il mieux privilégier les essences autochtones.

La question est souvent posée aussi de savoir s’il faut préférer les arbres en pot ou les arbres coupés. Si les premiers sont réutilisables d’une année sur l’autre (tant qu’ils ne dépassent pas une certaine taille !) parce qu’ils peuvent être plantés ou mis en jauge dans un coin du jardin, des filières de recyclage ont aussi émergé pour les seconds, que ce soit pour le compostage ou pour lutter contre l’érosion ; par exemple la ville d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques) installe des sapins de Noël récupérés sur le cordon dunaire de la plage pour ralentir l’érosion par la mer.

Sapins de Noël sur la plage d’Anglet
Sapins de Noël sur la plage d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques).
Thierry Gauquelin, Fourni par l’auteur

Et dans tous les cas, un « sapin » naturel, qu’il soit Abies ou Picea vaut toujours mieux qu’un sapin en plastique. Si ces derniers restent encore minoritaires en France, ils représentent plus de 80 % des arbres achetés aux États-Unis. Et ils sont aujourd’hui bien loin des tout premiers sapins artificiels initialement apparus en Allemagne au XIXe siècle, et alors confectionnés avec des plumes d’oie teintes en vert, rapidement remplacées par des poils d’animaux, puis par de l’aluminium.

Sinon, à défaut d’acheter aujourd’hui un sapin, pourquoi ne pas décorer des plantes d’intérieur tel qu’un ficus en pot. Certes, ce n’est pas un sapin ni même un conifère, mais l’arbre de Noël n’en a pas toujours été un au cours de l’histoire.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Votre « sapin » de Noël n’est peut-être pas un sapin, voici pourquoi – https://theconversation.com/votre-sapin-de-noel-nest-peut-etre-pas-un-sapin-voici-pourquoi-271687

Study shows views of British empire shape voting behaviour – but in subtle ways

Source: The Conversation – UK – By Christopher Claassen, Professor of Political Behaviour, University of Glasgow

A reproduction of a postcard marking empire day celebrations in Bristol in 1912. Shutterstock/Igor Golovniov

If you wander through Glasgow Green, you’ll encounter the Doulton fountain, a gaudy terracotta tribute to empire that features “native” and colonial figures in national dress holding out the produce of their lands to the imperial centre. Like thousands of imperial monuments across Britain, the Doulton Fountain is neither widely celebrated nor widely denounced. It is part of the everyday backdrop.

That quiet coexistence says a lot about Britain’s relationship with its imperial past. Empire is everywhere – cast in stone, threaded through schoolbook stories and family lore – but rarely front-and-centre in political debate. In a new article in the British Journal of Political Science, Daniel Devine and I set out to answer two questions: what do Britons actually think about the empire, and do those views matter politically?

To answer these questions, we built a measure of imperial nostalgia using survey questions on attitudes to empire. We asked people how much they agreed with statements like “the British Empire had a great civilising effect” and “the British Empire was responsible for many atrocities”.

Across two polls in late 2023 and mid-2024, we found Britain both divided and unsure about its imperial past. Net support swings from −50 points when asked whether the empire was “responsible for many atrocities” (62% agree, 12% disagree) to +21 points on whether it had a “civilising effect” (44% agree, 23% disagree).

Between a quarter and 40% of respondents chose the “neither” or “don’t know” options, showing that there is substantial ambivalence in attitudes. Taken together, opinion about empire tilts slightly negative: more critical than celebratory, but far from a blanket rejection.

A chart showing how people responded to questions about the British empire.
Ambivalence over empire.
C Claassen, CC BY-ND

Demographically, imperial nostalgia rises with age and falls with education. It is higher among men and white British respondents, and notably lower in London and Scotland. In short, it behaves like a form of cultural conservatism. However, we find that it forms its own dimension of opinion, distinct from authoritarianism and nationalism. That distinctiveness matters, because it implies politicians may be tapping something different when they invoke empire, as when Boris Johnson recited The Road to Mandalay on a visit to Myanmar.

How imperial views relate to voting

We found that imperial nostalgia connects quite significantly with partisan politics. Supporters of Labour, the Liberal Democrats and the Greens are, on average, more critical of empire. Conservative and Reform supporters are more nostalgic about it. This is perhaps predictable but the strength of the relationship between views on empire and party preference was a surprise – it was stronger than left–right economic values, for example.

The result survives more demanding tests. Imperial nostalgia remains an important positive predictor for Conservative and Reform support, and a negative predictor of Green support, when we control for respondents’ other political attitudes and identities.

The link remains when we add a separate measure of general nostalgia (“life was better 50 years ago”), demonstrating that imperial nostalgia isn’t just another name for backward-looking mood. In fact, the two nostalgias diverge in their effects. General nostalgia negatively predicts Conservative support but positively predicts Reform support. Imperial nostalgia boosts both the Conservatives and Reform.

However, this is not to say that voters want their politicians to go on about empire. In fact, when we asked respondents to choose between hypothetical parliamentary candidates, they opted for ambivalence in their representatives. When presented with a conservative who thought empire had a “civilising effect”, a progressive who said empire was “responsible for many atrocities” and a third candidate with mixed views incorporating both, the latter was the most popular.

Detailing on the Doulton fountain showing men and women with farm animals.
The Doulton fountain in Glasgow.
Shutterstock/PJ photography

While a conservative position on empire neither helps nor hurts a candidate overall, a progressive stance actually reduces support by about five percentage points. In other words, criticism is the least popular position when it comes to politicians, even though most respondents adopted such a critical view when asked about their own opinions of empire.

The picture sharpens when we examine the results separately by respondents’ ideology and party. Conservative and culturally conservative voters punish the critical “atrocities” stance strongly, while cultural liberals offer little offsetting reward for it.

Studied silence on empire

So for political parties, openly criticising empire is not a winning strategy. It yields only minimal gains on the left while antagonising and mobilising voters on the right.

That asymmetry helps explain the studied quiet we’re currently experiencing. Steering around an issue is considered the best course of action if it divides the public and risks energising opponents more than supporters.

Our study suggests that imperial nostalgia is like a submerged current in British politics. It shapes where parties can safely sail even if they rarely talk about the tide. But we think it’s possible that the current could resurface.

Imperial nostalgia correlates strongly with support beyond the main parties: positively with Reform and negatively with the Greens. With Britain’s party system in unprecedented flux, a challenger could weaponise the issue to split opponents and mobilise a base.

And since younger Britons hold more notably critical views of empire, their entry into the electorate could make debates about the past more electorally decisive and therefore worth campaigning on. Our experiment suggests a sharp backlash from conservatives will ensue, setting the stage for a fresh culture-war divide.

Even without these two factors, it remains the case that backward-looking narratives resonate more strongly in periods of perceived national decline. So if the current stagnation persists, imperial nostalgia could surface from background mood to foreground politics.


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The Conversation

Christopher Claassen has received funding from the Leverhulme Trust and NORFACE (New Opportunities for Research Funding Agency Cooperation in Europe)

ref. Study shows views of British empire shape voting behaviour – but in subtle ways – https://theconversation.com/study-shows-views-of-british-empire-shape-voting-behaviour-but-in-subtle-ways-272131

Más depredadores de lo esperado: la pirámide de la biodiversidad es más bien un cuadrado

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miguel Bastos Araújo, Research Professor in Biogeography and Global Change, Museo Nacional de Ciencias Naturales (MNCN-CSIC)

Una leona en Sudafrica: Kruger park Miguel Araujo, CC BY-SA

Durante décadas, la imagen que ha dominado los manuales de Ecología ha sido la de la pirámide de la biodiversidad: mucha biomasa vegetal en la base, menos herbívoros encima y todavía menos depredadores en la cúspide. Esa intuición es correcta para describir el flujo de energía, pero resulta engañosa si la convertimos en una regla sobre cómo se distribuye el número de especies.

“Trófica” es una palabra que viene del griego y quiere decir “alimentación”. El flujo de energía en la cadena es el movimiento desde los productores (plantas, algas), que capturan energía solar, hacia los consumidores (herbívoros, carnívoros) y descomponedores (buitres). A medida que se alimentan unos de otros se pierde energía en cada nivel en forma de calor, que, por lo tanto, disminuye según ascendemos en los niveles tróficos. La energía desciende, sí, pero no el número de especies, como hemos descubierto.

En nuestro artículo, publicado en Proceedings of the Royal Society B, liderado desde el Museo Nacional de
Ciencias Naturales (MNCN-CSIC), analizamos la información dietética de más del 90 % de los animales terrestres descritos y mostramos que la diversidad de especies a lo largo de los niveles tróficos no se organiza como una pirámide. En promedio, se parece más a un “cuadrado”: proporciones similares de especies herbívoras y depredadoras, y una fracción menor de consumidores mixtos.

Energía piramidal, riqueza de especies no necesariamente piramidal

En cada transferencia trófica (cuando unos se comen a los otros) se pierde parte de la energía disponible, por lo que es lógico que los niveles superiores sostengan menos biomasa y menos individuos. Pero ese argumento físico no obliga a que también haya muchas menos especies en esos niveles.

Nuestro estudio confirma precisamente esa separación conceptual: la energía puede ser piramidal, mientras que la riqueza de especies puede obedecer a restricciones distintas, vinculadas a procesos ecológicos y evolutivos que operan durante tiempos largos.

Un patrón global sorprendentemente uniforme

Cuando estudiamos a los tetrápodos (mamíferos, aves, reptiles y anfibios) y artrópodos terrestres (hormigas, escarabajos, arañas, escorpiones, ciempiés y milpiés), el patrón global es casi “cuadrado”: aproximadamente el 45,8 % de las especies son consumidores primarios (herbívoros), el 42,6 % son consumidores de niveles tróficos superiores (depredadores y otros consumidores de animales) y el 11,6 % son consumidores mixtos (que usan recursos vegetales y animales de forma regular).

El resultado es aún más contraintuitivo si se observan solo los tetrápodos: en ese subconjunto aparece una “pirámide invertida” de diversidad, con cerca de 69,6 % de especies situadas en niveles tróficos superiores. Aquí están los leones, tigres, lobos, cocodrilos, serpientes grandes, etc.

Los artrópodos –por su enorme diversidad– son los que “aplanan” el patrón agregado y llevan el conjunto hacia el cuadrado global. En este grupo están invertebrados como arañas, escorpiones, mantis, escarabajos, chinches y ciertas avispas y moscas (dípteros), que cazan y consumen otros animales para subsistir.

Lo verdaderamente inesperado: el patrón se repite

Un resultado especialmente llamativo es que la proporción de organismos en cada nivel de la cadena alimentaria se mantiene casi igual entre distintos tipos de comunidades. Al comparar seis grandes estructuras tróficas (definidas por su forma de alimentarse), se observa que los tetrápodos presentan una distribución muy similar: en promedio 68,13 % de consumidores de niveles superiores, 21,42 % de consumidores primarios y 10,45 % de consumidores mixtos (con intervalos de confianza del 95 %).

De hecho, si se intenta diferenciar esas seis estructuras de comunidad usando solo el porcentaje de especies en cada nivel de la cadena alimentaria, el resultado es casi el mismo que elegir al azar: la clasificación apenas mejora un 6,6 %. Dicho de forma sencilla, el “reparto” de especies entre herbívoros, carnívoros y omnívoros es tan parecido en todos los casos que sirve muy poco para distinguir unos grandes tipos de comunidades de otros.

No se trata solo de cuántas especies hay en cada nivel de la cadena alimentaria: tampoco cambia mucho qué comen en conjunto. Para responder a una crítica habitual –que el número de especies pueda ser parecido, pero su función ecológica muy distinta–, el estudio añade un análisis más. Al examinar comunidades de aves y mamíferos, se observa que la proporción global de alimento de origen vegetal frente al de origen animal en la dieta total es prácticamente la misma en distintos tipos de comunidades. Es decir, no solo se repite el número de especies por nivel trófico, sino también el equilibrio de lo que comen.

El mensaje no es solo que “hay muchos depredadores en número de especies”, sino que el funcionamiento trófico no cambia drásticamente entre grandes contextos ecológicos, al menos en estos conjuntos.

Por qué hay tantas especies de depredadores y escasos individuos

Aquí conviene distinguir dos magnitudes que se confunden a menudo:

  • Abundancia: los depredadores suelen tener densidades menores y pueden ser más vulnerables a la extinción local.

  • Riqueza de especies: aun con baja abundancia, puede existir gran diversidad si la diferenciación ecológica y la diversificación compensan el riesgo de pérdida.

Una posibilidad consistente con los resultados es que los consumidores de niveles superiores se diversifiquen con relativa rapidez (por ejemplo, al especializarse en presas, hábitats, microclimas o estrategias de forrajeo), de modo que una mayor rotación (extinciones y reemplazos) no impida sostener alta riqueza a largo plazo. A esto se sumaría el hecho de que los consumidores mixtos sean relativamente pocos, lo que encaja con un proceso de diversificación que favorece posiciones tróficas más definidas dentro de la jerarquía.

Para conservación: no tratar a los depredadores como un extra minoritario

Si los depredadores representan una fracción tan grande y estable de la diversidad, entonces las políticas de conservación y gestión que, directa o indirectamente, erosionan su papel (persecución, simplificación del hábitat, colapso de presas, alteración de redes de interacción) no solo afectan a funciones ecológicas conocidas: también pueden suponer una reducción sustantiva de biodiversidad por simple contabilidad de especies.

El punto crítico es conceptual: no es prudente asumir que los niveles tróficos superiores son, por definición, una “capa fina” y prescindible. Si la estructura “cuadrada” es un resultado robusto de procesos eco-evolutivos y de restricciones de red, desmantelar un nivel trófico puede empujar a los ecosistemas hacia configuraciones menos estables o menos robustas, precisamente lo contrario de lo que se persigue en restauración y conservación.

The Conversation

Miguel Bastos Araújo y Luís Camacho, ambos co-autores de la publicación referida en este artículo, recibieron fondos del Consejo Superior de Investigaciones Científicas para esta investigación.

ref. Más depredadores de lo esperado: la pirámide de la biodiversidad es más bien un cuadrado – https://theconversation.com/mas-depredadores-de-lo-esperado-la-piramide-de-la-biodiversidad-es-mas-bien-un-cuadrado-272299

Many shoppers take a strange comfort of buying now and paying later – but it can come with a sting after Christmas

Source: The Conversation – UK – By Anita Lifen Zhao, Associate Professor of Marketing at the School of Management, Swansea University

shutterstock BongkarnGraphic/Shutterstock

It’s that time of year again, and retailers are pulling out all the stops to get us spending – from Black Friday to new year’s sales.

The average Briton expects to shell out around £300 on Christmas gifts. But as budgets tighten, more people are turning to buy-now-pay-later schemes to spread the cost over time. Our research has uncovered how these services have become woven into many people’s festive spending.

One shopper told us how a brand’s email about an early Black Friday discount led her to buy items she had been considering for a while, as the reduced prices made the decision feel too good to pass up.

But not everyone can afford this seasonal spending spree. About a third of Britons worry about the financial hit of Christmas. Many turn to credit cards or overdrafts. And that’s now being joined by the fast-growing buy-now-pay-later options to make ends meet.

One man said he had built up about £120 in buy-now-pay-later debt after picking up “bits and bobs” for Christmas, and hoped his total spending wouldn’t climb beyond £500 this year.

By the end of 2025, more than half the UK population will have tried buy-now-pay-later. It has become mainstream across all ages and incomes, reaching this status in just over a decade. This is much faster than credit cards, which took decades to catch on. This Christmas, buy-now-pay-later’s influence is impossible to miss.

Frictionless credit at the click of a button

But why has its use spread so quickly? One reason we discovered from our interviews with shoppers is because it’s incredibly easy to access. Minimal checks and balances mean almost anyone can sign up, though regulation is on the way.

One woman said what drew her to buy-now-pay-later was how effortless it felt. The service was readily available, convenient and allowed her to manage costs she otherwise might not cover upfront.

Buy-now-pay-later isn’t just easy, though – it’s everywhere. Whether you’re shopping online, in-store, at global brands, or with local sellers, buy-now-pay-later is available at the checkout. Some even feel it’s safer than entering card details online: “I believe, or I see it as a safer way to pay in the sense … prevents me from entering in my card details … on the website.”

Buy-now-pay-later providers also sweeten the deal with special promotions, and their apps let you use the service even when stores don’t officially offer it. For many, it’s become an essential part of holiday shopping. As one participant told us: “Now the festive season approaches, the utility of buy-now-pay-later schemes becomes especially evident in my Christmas budgeting.”

Teen girl lying on the floor looking at her phone surrounded by Christmas things
Young people see buy-now-pay-later as a modern way to access their ‘future money’.
Roman Samborskyi/Shutterstock

For some people, buy-now-pay-later is a lifeline for impulse buys and last-minute must-haves. One respondent explained that it had made her recent clothes shopping easier. She had ordered multiple outfits for a Christmas event, kept just one and returned the rest. She said it was reassuring that no payment had been taken while she waited to make her final choice.

Buy-now-pay-later also helps people stretch their budgets, especially when giving gifts is tied to family expectations or self-indulgence. An interviewee told us that she often uses it in the run up to Christmas, when she needs to buy several gifts but doesn’t have the funds available all at once. To her, it made the service particularly useful during the festive period.

Still, not everyone is comfortable borrowing to buy gifts, as one person told us: “When I buy gifts, I prefer to have them paid instantly as one-off payments as opposed to over time because I think in my head when I’m giving the gift, I don’t want to think about, you know, two months later I’m still paying for that gift.”

Others see a downside to the buy-now-pay-later habit: “What I don’t really like about Klarna at times is the fact that it’s kind of addictive … I can feel myself getting attached [to] the idea of paying later rather than straight away, because I feel like I’m technically not spending.”

The lure of ‘future money’

Buy-now-pay-later can also appear to soothe the sting of spending. Instead of feeling the pain at checkout, you get to delay it, and sometimes until well after the festive glow has faded.

Young people, especially generation Z (born between 1995 and 2009) and millennials (born between 1980 and 1994), often see buy-now-pay-later as a modern way to access their “future money”, quite unlike the old-school credit card.

But the bill always comes eventually. Overdoing it with buy-now-pay-later can leave you struggling to keep up with repayments, especially if you’ve bought more than you can afford.

Our research found that frequent users are more likely to incur late fees, interest charges and have current money worries. Young users may lack financial skills, but they’re optimistic about bouncing back. Sometimes too optimistic.

We all want a joyful Christmas. Buy-now-pay-later can help, but it’s no magic wand. Rely on it too much, and you may start the new year with more debt than you bargained for.

The Conversation

Anita Lifen Zhao has received funding from the British Academy. She is an Associate Professor in Marketing at the School of Management, Swansea University. The University is an affiliate member of the Money Advice Liaison Group.

Philippa Ward has received funding from the British Academy. She is a Professor of Marketing at the School of Business, Computing and Social Sciences, University of Gloucestershire. The University is an affiliate member of the Money Advice Liaison Group.

Ruffin Relja is a Senior Lecturer in Marketing at the School of Business, Computing and Social Sciences, University of Gloucestershire. The University is an affiliate member of the Money Advice Liaison Group.

ref. Many shoppers take a strange comfort of buying now and paying later – but it can come with a sting after Christmas – https://theconversation.com/many-shoppers-take-a-strange-comfort-of-buying-now-and-paying-later-but-it-can-come-with-a-sting-after-christmas-271695

Study shows Britons’ views of empire shape their voting behaviour – but in subtle ways

Source: The Conversation – UK – By Christopher Claassen, Professor of Political Behaviour, University of Glasgow

A reproduction of a postcard marking empire day celebrations in Bristol in 1912. Shutterstock/Igor Golovniov

If you wander through Glasgow Green, you’ll encounter the Doulton fountain, a gaudy terracotta tribute to empire that features “native” and colonial figures in national dress holding out the produce of their lands to the imperial centre. Like thousands of imperial monuments across Britain, the Doulton Fountain is neither widely celebrated nor widely denounced. It is part of the everyday backdrop.

That quiet coexistence says a lot about Britain’s relationship with its imperial past. Empire is everywhere – cast in stone, threaded through schoolbook stories and family lore – but rarely front-and-centre in political debate. In a new article in the British Journal of Political Science, Daniel Devine and I set out to answer two questions: what do Britons actually think about the empire, and do those views matter politically?

To answer these questions, we built a measure of imperial nostalgia using survey questions on attitudes to empire. We asked people how much they agreed with statements like “the British Empire had a great civilising effect” and “the British Empire was responsible for many atrocities”.

Across two polls in late 2023 and mid-2024, we found Britain both divided and unsure about its imperial past. Net support swings from −50 points when asked whether the empire was “responsible for many atrocities” (62% agree, 12% disagree) to +21 points on whether it had a “civilising effect” (44% agree, 23% disagree). Between a quarter and 40% of respondents chose the “neither” or “don’t know” options, showing that there is substantial ambivalence in attitudes. Taken together, opinion about empire tilts slightly negative: more critical than celebratory, but far from a blanket rejection.

A chart showing how people responded to questions about the British empire.
Ambivalence over empire.
C Claassen, CC BY-ND

Demographically, imperial nostalgia rises with age and falls with education. It is higher among men and white British respondents, and notably lower in London and Scotland. In short, it behaves like a form of cultural conservatism. However, we find that it forms its own dimension of opinion, distinct from authoritarianism and nationalism. That distinctiveness matters, because it implies politicians may be tapping something different when they invoke empire, as when Boris Johnson recited The Road to Mandalay on a visit to Myanmar.

How imperial views relate to voting

We found that imperial nostalgia connects quite significantly with partisan politics. Supporters of Labour, the Liberal Democrats and the Greens are, on average, more critical of empire. Conservative and Reform supporters are more nostalgic about it. This is perhaps predictable but the strength of the relationship between views on empire and party preference was a surprise – it was stronger than left–right economic values, for example.

The result survives more demanding tests. Imperial nostalgia remains an important positive predictor for Conservative and Reform support, and a negative predictor of Green support, when we control for respondents’ other political attitudes and identities.

The link remains when we add a separate measure of general nostalgia (“life was better 50 years ago”), demonstrating that imperial nostalgia isn’t just another name for backward-looking mood. In fact, the two nostalgias diverge in their effects. General nostalgia negatively predicts Conservative support but positively predicts Reform support. Imperial nostalgia boosts both the Conservatives and Reform.

However, this is not to say that voters want their politicians to go on about empire. In fact, when we asked respondents to choose between hypothetical parliamentary candidates, they opted for ambivalence in their representatives. When presented with a conservative who thought empire had a “civilising effect”, a progressive who said empire was “responsible for many atrocities” and a third candidate with mixed views incorporating both, the latter was the most popular.

Detailing on the Doulton fountain showing men and women with farm animals.
The Doulton fountain in Glasgow.
Shutterstock/PJ photography

While a conservative position on empire neither helps nor hurts a candidate overall, a progressive stance actually reduces support by about five percentage points. In other words, criticism is the least popular position when it comes to politicians, even though most respondents adopted such a critical view when asked about their own opinions of empire.

The picture sharpens when we examine the results separately by respondents’ ideology and party. Conservative and culturally conservative voters punish the critical “atrocities” stance strongly, while cultural liberals offer little offsetting reward for it.

Studied silence on empire

So for political parties, openly criticising empire is not a winning strategy. It yields only minimal gains on the left while antagonising and mobilising voters on the right.

That asymmetry helps explain the studied quiet we’re currently experiencing. Steering around an issue is considered the best course of action if it divides the public and risks energising opponents more than supporters.

Our study suggests that imperial nostalgia is like a submerged current in British politics. It shapes where parties can safely sail even if they rarely talk about the tide. But we think it’s possible that the current could resurface.

Imperial nostalgia correlates strongly with support beyond the main parties: positively with Reform and negatively with the Greens. With Britain’s party system in unprecedented flux, a challenger could weaponise the issue to split opponents and mobilise a base.

And since younger Britons hold more notably critical views of empire, their entry into the electorate could make debates about the past more electorally decisive and therefore worth campaigning on. Our experiment suggests a sharp backlash from conservatives will ensue, setting the stage for a fresh culture-war divide.

Even without these two factors, it remains the case that backward-looking narratives resonate more strongly in periods of perceived national decline. So if the current stagnation persists, imperial nostalgia could surface from background mood to foreground politics.


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The Conversation

Christopher Claassen has received funding from the Leverhulme Trust and NORFACE (New Opportunities for Research Funding Agency Cooperation in Europe)

ref. Study shows Britons’ views of empire shape their voting behaviour – but in subtle ways – https://theconversation.com/study-shows-britons-views-of-empire-shape-their-voting-behaviour-but-in-subtle-ways-272131