Pourquoi le flou des « savoir-être » ne doit rien au hasard

Source: The Conversation – in French – By Jean Pralong, Professeur de Gestion des Ressources Humaines, EM Normandie

Mais de quoi les « savoir-être » sont-ils le nom ? Souvent mal définis et renvoyant à des notions floues, ils sont peut-être, d’abord, le révélateur de ce qu’est vraiment le process de recrutement : une négociation entre manager et recruteur et un moment de cristallisation des besoins en compétences de l’organisation.


Les savoir-être sont devenus essentiels pour recruter. Pourtant, personne ne sait vraiment les définir. Cette imprécision, souvent interprétée comme une faiblesse méthodologique, est en réalité le symptôme d’un déséquilibre politique. Dans les organisations, les recruteurs évaluent, mais les managers décident. Et tant que cette relation restera asymétrique, les savoir-être resteront flous.

Les savoir-être se sont fait une place de choix dans notre imaginaire du travail. Dans un monde incertain, changeant et interconnecté, les savoir-faire ne suffisent plus ; il faut d’autres compétences pour analyser, concevoir ou coopérer, entre autres déclinaisons du changement, de l’innovation ou du leadership. Mais quelles sont donc ces compétences ?

Une absence de définition claire

Une revue systématique de la littérature scientifique montre que seulement 11 % des articles publiés dans les revues de management entre 2014 et 2019 proposent une définition claire des soft skills (ou savoir-être). Près de la moitié ne mobilise aucun cadre théorique, les autres s’éparpillant sur cinquante théories différentes. Du côté des entreprises, les compétences comportementales sont rarement définies et décrites avec précision. Leur évaluation est majoritairement livrée à des appréciations subjectives, quand elle n’est pas confiée, pire, à un test de personnalité.

On en vient rapidement à suspecter les savoir-être d’être la vitrine de discriminations selon des critères de comportements, d’éducation et donc d’origine sociale. Sans éliminer cette thèse, nous voudrions ici proposer une autre lecture issue de l’enquête « SAV du recrutement », parue fin juin.




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Des savoir-être à double face

Les compétences sont souvent assimilées à un stock individuel de caractéristiques internes et stables. Ces caractéristiques déterminent des comportements et des performances en situation de travail. La stabilité des compétences rend possible une évaluation standardisée ; elle donne aux recruteurs un sentiment d’objectivité et fonde leur légitimité professionnelle. Mais les compétences sont aussi des constructions sociales. Elles émergent et prennent leur sens dans une configuration singulière de vocabulaire, de normes et d’attentes.

C’est cette matrice qui donne un sens à « s’adapter », « être proactif » ou « être organisé ». Le processus adopté par l’entreprise, qui cadre les étapes et les modalités de la sélection, est aussi une fabrique des compétences. On lui attribue le rôle d’objectiver les différences interindividuelles et donc de produire des décisions rationnelles. En réalité, le processus de recrutement et ses différentes séquences produisent des consensus plutôt que des choix rationnels. Les compétences sont autant construites par le process que préexistantes : il les nomme, les quantifie et, donc, les promulgue.

Manager, recruteur : l’un décide, l’autre exécute

L’évaluation des savoir-être s’inscrit dans une négociation entre deux acteurs : le recruteur et le manager. Mais ces deux acteurs n’ont pas le même pouvoir. Le manager a la maîtrise de décision. Il fixe les besoins, valide les profils et tranche en dernier ressort : il est le client du recrutement. Son autorité repose sur sa position hiérarchique, son contrôle budgétaire et sa connaissance du terrain.

Le recruteur apporte des outils, des méthodes et une expertise technique. Mais il ne maîtrise ni les critères d’évaluation finaux ni le cadre dans lequel s’inscrivent les décisions. Sa fonction est d’aider le manager à formuler ses besoins sans les contester. Il doit se montrer suffisamment précis pour apparaître compétent, mais jamais trop rigide, sous peine d’entrer en conflit avec les attentes implicites du décideur.

L’intérêt supérieur de l’entreprise avant tout

Dans ces conditions, le recruteur peut mobiliser deux stratégies. Il peut tenter d’être le « maïeuticien » des besoins du manager, ce qui est le rôle qui lui est dévolu. Il va alors le forcer à clarifier ses attentes, au risque de faire émerger des critères discriminants auxquels il ne pourra pas s’opposer. Les verbatims recueillis pendant l’étude montrent que les managers avancent souvent l’intérêt supérieur de l’entreprise sur la morale ou la loi :

« Une femme de 35 ans, c’est évident qu’elle a eu ou qu’elle aura des enfants rapidement. Si elle n’en a pas encore deux ou trois, le risque est qu’elle en fasse. Il faut donc a minima savoir où elle en est. (..) C’est une question d’entreprise » (manager, distribution, 29 ans).

« Un trou sur un CV, une expérience courte, ça ne peut pas rester dans le vague. Il faut savoir. Il n’y a ni bonne ou ni mauvaise raison, je peux tout entendre à condition de le savoir. Mais il n’y a pas de hasard et malheureusement l’expérience m’a prouvé que fermer les yeux, c’est reculer pour mieux sauter » (manager, commerce BtoB, 35 ans).

Le recruteur a donc tout intérêt à maintenir une certaine ambiguïté. Des termes flous lui permettent de préserver une apparence de neutralité, tout en évitant de figer des critères qu’il se refuse à utiliser.

Une diplomatie du recrutement

Le travail réel du recruteur consiste alors à orchestrer un subtil équilibre entre des exigences contradictoires. Son expertise ne réside pas tant dans l’application mécanique de grilles d’évaluation que dans sa capacité à traduire, filtrer et reformuler les demandes managériales. Il devient un interprète des tensions organisationnelles. Il doit décoder les attentes implicites du manager tout en préservant le cadre légal et éthique du recrutement.

Cette gymnastique professionnelle l’amène à développer un savoir-faire particulier dans la gestion des paradoxes : maintenir une façade d’objectivité tout en intégrant des critères subjectifs, satisfaire des besoins business parfois problématiques sans compromettre sa responsabilité professionnelle.

FNEGE Media 2022.

Les savoir-être flous deviennent ainsi les outils privilégiés de cette diplomatie du recrutement, permettant de dire sans dire, d’évaluer sans discriminer explicitement, et de préserver la cohésion d’un processus fondamentalement traversé par des logiques contradictoires.

Vers une profession à part entière

Le flou des savoir-être n’est pas une simple question de vocabulaire. C’est le révélateur d’un déséquilibre professionnel durable entre ceux qui décident et ceux qui évaluent. C’est aussi la manifestation du savoir-faire des recruteurs et de leur capacité à faire face, avec leurs compétences et leurs convictions, aux contraintes qui pèsent sur eux.

Pour les dépasser, il faut reconnaître que recruter est un métier, au sens plein du terme : une activité dotée de normes, de règles, de savoirs spécifiques et d’une responsabilité propre. C’est à cette condition seulement que le recrutement pourra s’ériger en profession à part entière, capable de définir ses propres critères d’excellence et de garantir la qualité de ses pratiques. Il ne s’agit pas d’imposer un jargon technique, mais de construire collectivement une science de l’évaluation des compétences humaines – une science qui serve enfin à la fois les organisations, les recruteurs… et les candidats.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Pourquoi le flou des « savoir-être » ne doit rien au hasard – https://theconversation.com/pourquoi-le-flou-des-savoir-etre-ne-doit-rien-au-hasard-259175

Pourquoi certains (ex-)employés publient des avis employeurs en ligne

Source: The Conversation – in French – By Chloé Guillot-Soulez, Professeure des Universités en Sciences de Gestion, iaelyon School of Management – Université Jean Moulin Lyon 3

Orientées vers soi, vers les autres ou vers l’entreprise, les motivations pour publier son avis employeurs en ligne sont légion. Elles soulignent que l’expérience de travail, bonne ou mauvaise, constitue un enjeu clé des politiques de ressources humaines.


Les plateformes d’avis employeurs comme Glassdoor, Indeed ou Choosemycompany sont devenues une source d’information privilégiée pour les candidats à l’embauche qui les considèrent généralement comme plus crédibles que la communication émanant de l’entreprise.

Selon une étude d’Hello Work publiée en 2024, 73 % des Français consulteraient régulièrement des avis employeurs en ligne mais les lecteurs les plus assidus sont plus particulièrement les jeunes travailleurs (88 %), les profils en reconversion professionnelle (88 %) et les personnes en recherche active de poste (85 %).

Alors même que ces sites ont progressivement gagné en popularité et en influence, l’analyse des motivations des individus à publier un avis employeurs en ligne reste un angle mort : pourquoi certains employés ou ex-employés prennent-ils le temps de partager leur expérience, qu’elle soit positive ou négative ?

Trois logiques à l’œuvre

Dans le cadre de notre recherche, nous avons interrogé 22 individus ayant déposé un avis employeurs en ligne. Onze motivations regroupées en trois grandes catégories ressortent : orientées vers soi, vers les autres et vers l’entreprise.

Des motivations orientées vers soi

  • L’utilitarisme lié aux contraintes techniques des plateformes : « J’ai posté cet avis uniquement pour débloquer des avis » (R21) ;

  • L’hédonisme qui correspond à un plaisir autocentré associé à la publication de l’avis : « Quand je laisse un avis négatif, oui c’est important mais pas pour l’entreprise, pour moi. Par exemple, si je laisse un avis sur cette entreprise-là, je m’en fiche que cette entreprise sache que j’ai laissé l’avis ou pas » (R16) ;

  • La valorisation de soi liée à la fierté et à un sentiment de valorisation de l’estime de soi en ayant travaillé pour un bon employeur : « Après avoir posté l’avis, j’étais contente de partager cette expérience et la fierté de travailler dans cette entreprise » (R7) ;

  • L’évacuation de sentiments négatifs (mécontentement, colère, vengeance…) liée à une mauvaise expérience de travail : « J’ai eu envie de poster cet avis pour montrer mon mécontentement. C’était plus qu’un mécontentement, je dirais du dégoût déjà, parce que je trouve que ce n’est pas une façon de traiter les gens » (R8).

Des motivations orientées vers les autres

Le dépôt d’un avis employeurs est ensuite orienté vers les autres, en particulier les personnes en recherche d’emploi plus susceptibles de consulter les avis :

  • Le désir d’aider les autres : « Après avoir posté l’avis, honnêtement, je me suis senti vraiment “aidante”, je me suis sentie bien, parce que j’ai aidé des gens » (R6) ;

  • La réciprocité car les auteurs ont le sentiment d’appartenir à une communauté qui s’entraide : « Ce qui me motive à déposer des avis en ligne c’est de me dire que j’aimerais que les gens fassent pareil. J’aimerais trouver l’information donc je vais la donner de mon côté aussi » (R9) ;

  • La volonté de renseigner sur l’expérience de travail pour permettre aux personnes qui consultent de savoir s’il s’agit d’un bon ou d’un mauvais employeur : « Je me suis dit que ça pourrait servir à d’autres personnes, de voir comment les RH et l’employeur se sont comportés dans cette entreprise, comment ça s’était réellement passé ». (R8).

Des motivations orientées vers l’entreprise

  • La rédaction d’un avis en réponse à une demande de l’entreprise : « J’étais dans une société et, à la fin de mon stage, il y a un des membres de la société qui m’a demandé de poster, de donner mon avis sur l’entreprise et sur comment ça s’était passé » (R5)

  • Le désir d’aider l’entreprise quand celle-ci est confrontée à des difficultés de recrutement : « Je me suis dit, ils utilisent Indeed je vais mettre un bon avis sur leur page comme ça au moins les autres gens le verront et ça aidera peut-être ma gérante à trouver plusieurs employés » (R6)

  • La volonté d’influencer, positivement ou négativement, l’image et la notoriété en particulier quand il s’agit de petites entreprises : « C’est une entreprise qui n’est pas trop connue du public et du coup je pense que ce genre d’avis peut pousser des gens qui ne connaissent pas forcément à postuler » (R7)

  • Le souhait de faire un retour à l’entreprise. Celui-ci peut être positif : « Je voulais le partager avec tous les membres de l’entreprise, leur faire passer un message pour leur dire comme quoi c’était agréable de travailler avec eux » (R18). Mais il peut aussi être négatif avec l’objectif de pousser l’entreprise à évoluer : « Ce manager était impoli avec les clients et désagréable donc vraiment je voulais faire remonter ça à la direction pour qu’ils comprennent qu’il y avait un sérieux problème » (R13).

L’expérience de travail

Cette recherche souligne l’importance de l’expérience, bonne ou mauvaise, comme élément déclencheur du dépôt d’un avis employeurs en ligne en ligne.

Aligner promesse et réalité

Les plateformes d’avis employeurs sont un moyen de témoigner de l’expérience de travail vécue et un outil d’évaluation du contrat psychologique en lien avec la promesse employeur formulée par l’entreprise.




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Les avis employeurs s’intègrent au bouche-à-oreille sur les employeurs. Le respect (ou non) du contrat psychologique détermine l’évaluation de l’expérience de travail et influence l’action de publier un avis. Au-delà du simple fait de témoigner du respect du contrat psychologique, les répondants ont conscience que les candidats à l’embauche se renseignent sur les employeurs avant de postuler. Ils consultent les avis employeurs en plus des messages et signaux envoyés par l’entreprise.

Réaliser un travail de veille sur les avis employeurs

Les entreprises ont tout intérêt à réaliser un travail de veille sur les avis employeurs afin d’évaluer la qualité de l’expérience de travail et sa cohérence par rapport à la promesse employeur. En cas d’avis positifs, l’enjeu sera de maintenir ces bonnes évaluations dans la durée. À l’inverse, de mauvais avis sont utiles pour identifier les dysfonctionnements, améliorer la politique de ressources humaines (RH) et éviter le partage d’informations négatives.

Encourager les avis positifs (sans les acheter)

L’action de déposer un avis employeurs apparaît comme un acte à la fois volontaire et altruiste déterminé par l’expérience de travail vécue. Alors que certaines entreprises se demandent si elles auraient intérêt à inciter leurs employés à déposer des avis en ligne, notre recherche permet d’identifier que des incitations financières seraient contreproductives alors que des incitations prosociales peuvent être envisagées.

Les avis employeurs apparaissent aujourd’hui comme un levier d’employee empowerment. Ils s’intègrent pleinement à l’économie de l’expérience qui donne une place centrale aux expériences des individus. Face à cette situation, les entreprises ne sont pas démunies mais la qualité de l’expérience de travail offerte demeure la clé des « bons employeurs ».

The Conversation

Chloé Guillot-Soulez ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi certains (ex-)employés publient des avis employeurs en ligne – https://theconversation.com/pourquoi-certains-ex-employes-publient-des-avis-employeurs-en-ligne-264403

Les cobots, des collègues de travail comme les autres ?

Source: The Conversation – in French – By Thierry Colin, Professeur des universités en Sciences de gestion, Université de Lorraine

Le concept de cobot a été inventé par l’industrie automobile. L’objectif : créer des robots capables de travailler aux côtés des humains, sans risque d’insécurité. Gumpanat/Shutterstock

Les robots collaboratifs, ou cobots, ne remplacent pas seulement les humains : ils peuvent travaillent avec eux. Quel est leur impact sur la division du travail ?


Les robots sont omniprésents dans la production industrielle. Leur diffusion a toujours été au cœur d’enjeux humains, sociaux, économiques et en management, entraînant très tôt de nombreux questionnements.

Une nouvelle interrogation émerge aujourd’hui avec l’apparition des cobots. Capables de travailler non seulement à la place, mais aussi avec les humains au sein des ateliers, les robots collaboratifs sont-ils en train de devenir des collègues comme les autres ? Légers, flexibles, relativement accessibles et conviviaux… sont-ils susceptibles de remettre en cause les codes de la division du travail ?

Nos recherches récentes, basées sur des études de cas comprenant des entretiens et des observations en situation, ont permis de repérer quatre types d’usage des cobots : configuration simultanée, alternée, flexible ou coexistence. Elles rentrent dans le cadre du projet Impact « C-Shift » (Cobots in the Service of Human activity at work) qui vise à étudier l’impact de la mise en œuvre de dispositifs collaboratifs intelligents tels que les cobots dans le cadre des défis de l’industrie du futur.

Qu’est-ce qu’un cobot ?

Le terme cobot est créé par la contraction des termes anglais « collaborative » et « robot ». La paternité en est attribuée à des universitaires états-uniennes qui cherchent à la fois à limiter les troubles musculosquelettiques et à améliorer la productivité dans des usines de production automobile – Ford et General Motors.

Un robot collaboratif est un robot qui peut être installé dans le même espace de travail que les opérateurs humains, sans barrière de protection physique. Ils sont équipés de capteurs et de programmes déclenchant un ralentissement du mouvement ou un arrêt complet si un risque de collision est détecté. Ils sont capables de réaliser la plupart des opérations industrielles – visser, percer, poncer, souder.

Les cobots ne sont pas conçus pour des usages prédéfinis. Ils sont caractérisés avant tout par leur flexibilité. Facilement programmables grâce à des interfaces accessibles sur des tablettes, ils sont faciles à déplacer. Ils peuvent aussi bien mettre des produits cosmétiques dans des cartons, que faire du contrôle qualité à l’aide d’une caméra en bout de chaîne de production ou souder des pièces métalliques.

Marché multiplié par quatre d’ici 2030

Les cobots ne sont plus de simples prototypes de laboratoire. Ils sont désormais couramment utilisés dans des usines de toutes tailles et dans divers secteurs – automobile, logistique, santé, agroalimentaire –, bien que leur adoption reste encore loin d’être généralisée. La part des cobots dans les ventes mondiales de robots serait de l’ordre de 3 % et, selon ABI research, le marché des cobots pourrait être multiplié par quatre d’ici 2030.

Courbe
Prévision de croissance du marché mondial des robots collaboratifs (cobots) de 2020 à 2030 en millions de dollars états-uniens. »
Statista et ABI Research, FAL

Les cobots ne visent pas à remplacer les robots traditionnels en raison de plusieurs limitations :

  • Leur charge utile est réduite : leur légèreté et leur petite taille les empêchent de manipuler des objets lourds.

  • Leur vitesse d’exécution est volontairement limitée pour garantir la sécurité des humains qui travaillent autour. Cela freine leur productivité et les rend peu adaptés aux productions à très grande échelle.

  • Installés dans les mêmes espaces que les humains, les cobots soulèvent des problèmes de sécurité lorsqu’ils sont équipés d’outils dangereux – outil coupant ou torche de soudage.

Leur potentiel réside avant tout dans de nouveaux usages et une approche différente de l’automatisation. Ainsi, dans une PME spécialisée dans la tôlerie qui a fait l’objet d’une étude de cas, les soudures sont effectuées par un robot de soudure traditionnel pour les grandes séries récurrentes. Pour les séries de taille moyenne et par des soudeurs pour les petites séries ou des soudures trop complexes, elles sont effectuées par des cobots.

Quatre usages des cobots en usine

Si par définition les cobots ont la possibilité de travailler dans le même espace que des opérateurs humains, leurs usages ne sont pas nécessairement collaboratifs et nos recherches nous ont permis de distinguer quatre configurations.

Projet C-SHIFT, cobots et industrie du futur, de l’Université de Lorraine.
Université de Lorraine, Fourni par l’auteur

Coexistence avec l’humain

À un extrême, les cobots viennent se substituer aux opérateurs pour prendre en charge les gestes les plus pénibles et/ou gagner en productivité. On qualifie cet usage de coexistence, car il n’y a aucune interaction directe avec les humains.

Dans l’industrie automobile, des cobots vissent des pièces sous les véhicules, là où les positions sont particulièrement difficiles pour les opérateurs.




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Configuration simultanée

Dans la configuration simultanée, cobots et opérateurs travaillent ensemble en adaptant mutuellement leurs mouvements, côte à côte ou face à face. Si cette configuration est largement réalisable en laboratoire, elle est assez rare en condition réelle. La raison : le temps nécessaire à sa mise au point et sa certification sécurité obligatoire.

Chez un équipementier, le cobot positionne une colonne de direction pour automobile avec précision, évitant le port de charges et les chocs, et l’opérateur effectue des tâches de vissage sur la pièce.

Configuration alternée

La configuration alternée correspond à une situation où l’opérateur utilise le cobot, mais n’interagit pas directement avec lui. Il le programme pour une série de tâches, et le laisse travailler seul, dans un espace différent. Cette configuration garantit une meilleure sécurité pour l’opérateur humain. Ce dernier optimise la répartition du travail entre ce qu’il confie au cobot et ce qu’il continue de faire lui-même.

Chez un fabricant d’échangeurs thermiques pour la production de gaz industriels, les soudeurs délèguent aux cobots les soudures les plus simples et se concentrent sur des soudures plus complexes ou moins répétitives.

Configuration flexible

Dans la configuration flexible, la répartition du travail entre humains et cobots évolue au cours du temps, en fonction du plan de charge. Une fois la technologie maîtrisée, les cobots peuvent être réaffectés à différentes activités en fonction des exigences du moment. Le même cobot peut être utilisé pendant une période pour une activité de chargement de machines, puis réoutillé, il peut servir pour du ponçage, puis des opérations de peinture, etc.

L’efficacité réside dans la capacité des opérateurs, des techniciens et des ingénieurs à travailler ensemble pour inventer constamment de nouveaux usages. Cette configuration semble particulièrement adaptée à des PME dans lesquelles les séries sont courtes et variables.

Cobots et IA

Les cobots font partie d’un vaste mouvement technologique. Le contexte de l’industrie 5.0 et l’utilisation croissante de l’IA permettront aux cobots d’être encore plus adaptables, voire capables d’improvisation. Ils pourront être intégrés dans des « systèmes cyberphysiques de production », c’est-à-dire des systèmes très intégrés dans lesquels l’informatique contrôle directement les outils de production.

Cette intégration n’est pas évidente à ce stade. Si elle est possible, on peut penser que c’est la capacité à « combler les trous » de l’automatisation traditionnelle qui sera dominante, reléguant la flexibilité et l’aspect collaboratif au second plan. Inversement, le recours à l’intelligence artificielle peut aider au développement de configuration flexible misant sur la collaboration au sein des collectifs de travail.

Si ces évolutions technologiques ouvrent de nombreux possibles, elles laissent ouverte la question des usages en contexte réel. Les tendances futures dépendront des choix qui seront faits en termes de division du travail et de compétences.

Les configurations dites coexistence et activité simultanée ont finalement peu d’implications sur l’évolution des compétences ou de modalités de collaboration entre ingénieurs, techniciens et opérateurs. À l’inverse, le choix des configurations flexible ou activité alternée suppose que les opérateurs développent de nouvelles compétences, notamment en programmation, et que de nouvelles formes de collaboration verticales se développent.

En d’autres termes, les cobots redistribuent moins les cartes en matière de collaboration homme-machine qu’ils n’invitent à revoir les logiques de collaborations entre humains au sein des organisations.

The Conversation

Thierry Colin a bénéficié d’une aide de l’Initiative d’Excellence Lorraine (LUE) au titre du programme France 2030, portant la référence ANR-15-IDEX-04-LUE. Il a aussi bénéficié d’une aide de l’ANACT dans le cadre de son AMI “Prospective pour accompagner la transition des systèmes de travail”

Benoît Grasser a bénéficié d’une aide de l’Initiative d’Excellence Lorraine (LUE) au titre du programme France 2030, portant la référence ANR-15-IDEX-04-LUE. Il a aussi bénéficié d’une aide de l’ANACT dans le cadre de son AMI « Prospective pour accompagner la transition des systèmes de travail ».

ref. Les cobots, des collègues de travail comme les autres ? – https://theconversation.com/les-cobots-des-collegues-de-travail-comme-les-autres-260231

The hard truth about the circular economy – real change will take more than refillable bottles

Source: The Conversation – UK – By Jonatan Pinkse, Professor of Sustainable Business, Centre for Sustainable Business, King’s College London

hurricanehank/Shutterstock

We extract more than 100 billion tonnes of raw materials from Earth each year, then throw most of them away. The “circular economy” offers a different approach: instead of the linear “take-make-waste” model, we could reuse, repair and recycle materials. But despite growing enthsiasm for a circular lifestyle, we’re actaully moving backwards – and using more virgin resources than ever.

Over the past decade, the idea of a circular economy gained significant traction, inspiring some to aim for a zero-waste lifestyle. It has become a cornerstone of the broader transition to net zero, as the production of oil-based plastics continues to generate waste and carbon emissions.

The reality paints a far less optimistic picture. According to the latest Circularity Gap report, the use of “secondary” materials like recycled plastic or reclaimed wood is declining, while reliance on virgin resources continues to rise.

This raises the question why – with all the enthusiasm for a circular economy – are we still struggling to make meaningful progress towards it?

In our recent research, my colleagues and I argue that progress is being held back by two distinct narratives. One paints a utopian vision – arguing that, with enough innovation, we can eliminate waste and regenerate ecosystems, all while continuing to grow the economy.

The opposite narrative is less hopeful and fixates on the obstacles – high costs, consumer resistance and the lack of government support. It concludes that meaningful change is simply unrealistic.

Trapped between these extremes of utopia and paralysis, people may often find themselves unable to move forward. Our research explores the roots of this impasse and identifies three reasons people struggle to adopt more circular lifestyles – too much talk, too little support and the hard limits of physics.

Beyond recycling

It’s easier to talk about circularity than to practise it. While consumers may embrace the idea of circularity in principle, they often stop short of making the fundamental changes to their consumption habits that it requires.

Part of the appeal lies in its simplicity as a concept. But achieving it is anything but simple.

For example, to jumpstart recycling in the UK plastics sector, the idea of One Bin to Rule Them All was introduced as a trial project in 2021. The framework outlined a single collection system for all plastic waste. While the vision was bold and appealing in its simplicity, research showed that many industry representatives viewed it as idealistic and disconnected from people’s daily realities.

The initiative struggled to gain traction due to concerns about its feasibility in practice. It would require changing the entire waste collection system and investing in digital tracking for plastic waste. Industry support remained limited, as companies were reluctant to invest beyond trials without clearer guidance from the government on legal requirements.

Building a circular economy requires collective effort. To offer another example, some fashion brands have begun to offer to collect clothes for recycling. It’s a promising initiative, but the support systems are not always in place. Even when items are returned, much of what is collected cannot be recycled because the materials are difficult to identify.

To make recycling effective, product labels would need to be standardised to state clearly the composition of each item. Yet many brands have been slow to embrace full transparency.

And some of the problem comes down to our changing shopping habits, which are also affecting efforts to reduce waste. When the UK introduced a 5p charge for single-use plastic bags in 2015 (later increased to a 10p minimum), their usage steadily declined.

But in England, this progress has recently reversed, with the shift blamed on more people shopping for groceries online or ordering food from delivery apps. In the push for convenience, people seem to have less support for initiatives to reduce plastic waste.

pile of plastic bags for recycling
Plastic bag sales are on the rise again in the UK.
nelo2309/Shutterstock

Ultimately, the limits of circularity are grounded in the laws of physics. The concept of a circular economy assumes that materials can be reused indefinitely without any degradation. Terms like “upcycling” may sound promising, but for many products this simply isn’t realistic.

Materials naturally degrade over time. While we might value an upcycled product for its vintage appeal, the underlying materials may be of lower technical quality. In other words, circularity faces a fundamental challenge. It’s possible to slow down material degradation, but it’s not possible to eliminate it.

While circular economy efforts often fall short, there are ways to move forward. The first lesson is simple – less talk, more action. Consumers shouldn’t just opt for recycled or refurbished products when it’s convenient. They should critically examine everything they use in daily life and look for products that are easier to repair, recycle or upgrade. Clearly, lots of people just don’t have this kind of knowledge, so support from government and industry in helping them make better purchases will be essential.

But people also need to be more realistic about what circularity can achieve. Even with the best intentions, items cannot be recycled indefinitely. Still, we can be more ambitious. There’s nothing wrong with starting small, as long as things keep moving in the right direction. Most people can do more than they think. Reusing, repairing and developing habits that gradually reduce waste can have a meaningful impact over time. Circularity isn’t about perfection, it’s about consistent progress.

The Conversation

Jonatan Pinkse does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The hard truth about the circular economy – real change will take more than refillable bottles – https://theconversation.com/the-hard-truth-about-the-circular-economy-real-change-will-take-more-than-refillable-bottles-261810

Jane Austen: why are adaptations of Mansfield Park and Northanger Abbey so rare?

Source: The Conversation – UK – By Amy Wilcockson, Research Assistant, Scottish Literature, University of Glasgow

More than two centuries after her death, Jane Austen is one of the most adapted authors of all time, her life and novels dramatised for film and television from every angle imaginable. Despite the plethora of Pride and Prejudice adaptations, Netflix is making its own version, starring Emma Corrin, Jack Lowden and Olivia Colman.

Sense and Sensibility is being rehashed too, with Daisy Edgar-Jones as Elinor Dashwood. On the small screen, the BBC released the hit documentary Jane Austen: Rise of a Genius alongside an adaptation of Gill Hornby’s novel Miss Austen that centres on Austen’s sister Cassandra (plus a forthcoming sequel). A dramatisation of Janice Hadlow’s novel The Other Bennet Sister which takes up the story of Mary, the dowdy younger sister of Lizzy, has also commenced filming.

Emma got a smart and entertaining do-over in 2020 starring Anya Taylor-Joy as the arrogant but well-meaning matchmaker. And of course Carrie Cracknell’s Persuasion got its Fleabag moment in 2022 starring Dakota Johnson as a wine-swigging heartbroken Anne Elliot whispering acerbic asides to the audience.


This article is part of a series commemorating the 250th anniversary of Jane Austen’s birth. Despite having published only six books, she is one of the best-known authors in history. These articles explore the legacy and life of this incredible writer.


So far so good, say Austen fans, who rejoice in these continued adaptations as they celebrate the 250th anniversary of her birth this year. Yet it is the same stories being told.

Given the packed cinemas for the 20th anniversary screenings of the 2005 Pride and Prejudice film starring Keira Knightley as Lizzy, plus the enduring appeal of that wet-shirted Mr Darcy moment from the BBC series in 1995, it is clear this novel is Austen’s most enduring work. But do we need another adaptation? Or another “alternative” view of Austen or Lizzy Bennet’s lives?

I’m the first to admit that I’m an Austen fan. Her stories have timeless appeal. They focus on romance and class, alongside larger issues of the Regency period such as power, the role of women and even slavery – although the representation of slavery and empire in Austen’s work is long contested.

So what of the “forgotten”, less-adapted novels: Northanger Abbey and Mansfield Park? These are the two of Austen’s novels that bring wider issues into focus. Why are film-makers happy to leave these stories be? Are their narratives less compelling or have we been brainwashed by Mr Darcy and his breeches?

Northanger Abbey was last adapted in 2007 for ITV, starring Felicity Jones as the heroine Catherine Morland. Its previous iteration premiered in 1987 with Katharine Schlesinger in the lead role. There has never been a film version.

Written in 1798-99, Northanger Abbey was not published until six months after Austen’s death in December 1817. It is a gothic pastiche, satirising the melodramatic plots and moody locations of popular novels at the time. It also offers a harsh criticism of the conventions of marriage, wealth and social status faced by young women.

Influenced by her sensational gothic reading material, Catherine Morland initially believes General Tilney, with whom she is staying, is guilty of killing his wife. While not a murderer, General Tilney does treat Catherine callously.

After learning that she is not a wealthy heiress, he declares her unsuitable to marry his son, Henry, turfs her out of Northanger Abbey, and leaves her facing a long journey home alone – a fate perilous to any proper young lady. Snobbishness and gender conventions combine as Austen ridicules class and social ambition.

Published in 1814, Mansfield Park was Austen’s third novel. Long considered to be the odd one out of Austen’s works, it was adapted as a TV series in 1983, with film versions released in 1999 and 2007.

In Mansfield Park, Austen examines bigger issues, including infidelity, gambling and most problematically of all, the fact that Sir Thomas Bertram (the uncle of the heroine Fanny Price) owns a plantation in Antigua.

Bringing up the slavery question

Fanny asks her uncle about the slave trade, but is ignored. By positioning a key character as a plantation owner, many scholars – myself included – argue that Austen was trying to draw attention to this debate in her novel. There is also plenty of circumstantial evidence that Mansfield Park is named for Lord Mansfield, a judge who played an important role in ending slavery in England.

Recent research examining Austen’s family demonstrates that three of her brothers were engaged in anti-slavery activism, her letters share that she was “much in love” with the abolitionist Thomas Clarkson, and some critics posit the view that Austen herself supported abolition. Mansfield Park and Emma both feature discussions on the slave trade.

At the very least, Austen was interested in questions of slavery and race. While it is impossible to definitively decipher her personal views from her literary works, it is clear that important issues such as slavery feature in her novels, albeit subtly.

Perhaps it is this serious and timely subject matter, so unlike the usual Austen narrative, that puts off film-makers. But Northanger Abbey and Mansfield Park deserve their time in the limelight.

Rather than iterations of Austen’s afterlives or Lizzy’s family members, powerful and original adaptations of these two novels would invigorate new generations of readers and filmgoers. Who wouldn’t want to watch Greta Gerwig’s Northanger Abbey? It is a serious travesty that a film version has never been released.

Perhaps big studios simply haven’t got around to commissioning a new Northanger Abbey or Mansfield Park. But in doing so, they are neglecting a third of Austen’s published novels.

They represent Austen’s most nuanced works, focusing not just on romance (although both heroines get their happy endings) but on society’s wider issues. Crucially, they demonstrate that their author was not just a writer of fluffy romance, but an informed observer of politics and society and the structures that underpinned them.

Even more radically, film-makers could offer a different perspective by adapting one of her contemporaries’ novels – Austen was not the only female author writing during this period.

Scottish novelist Susan Ferrier admired Austen’s work, yet was a hugely successful author in her own right, outselling Austen in the 1800s. Any of her three novels – Marriage; The Inheritance; and Destiny, would be sure-fire Regency hits. Or Gothic pioneer Ann Radcliffe whose tale The Mysteries of Udolpho, one of the Gothic novels Catherine Morland so enjoys, is ripe for the big screen.

Audiences would perhaps see film versions of her fellow authors’ works as a way to honour Austen’s legacy too, offering viewers something familiar yet different.

The Conversation

Amy Wilcockson does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Jane Austen: why are adaptations of Mansfield Park and Northanger Abbey so rare? – https://theconversation.com/jane-austen-why-are-adaptations-of-mansfield-park-and-northanger-abbey-so-rare-262739

Blair’s ID cards failed in the 2000s – could Starmer’s version fare better?

Source: The Conversation – UK – By Tim Holmes, Senior Lecturer in Criminology and Policing, Bangor University

The UK government is once again looking at the possibility of introducing identity cards, with the prime minister Keir Starmer announcing plans for a new scheme for all UK citizens.

The argument is familiar. With tougher ID systems, illegal immigration would be harder and the UK less appealing. But it also raises a familiar set of questions. How would such a scheme work? And what lessons are there to be learned from the last time the UK had ID cards?

Identity cards were compulsory during the second world war, but the system was scrapped in 1952 after growing unease about police powers and civil liberties.

Fifty years later, Tony Blair’s Labour government proposed new biometric ID cards backed by a national database. Ministers claimed they would help tackle terrorism, illegal immigration and identity theft while giving people secure access to public services.

At the time, terrorism, illegal immigration and identity theft were major concerns. The 9/11 bombers had avoided detection in the US, 23 illegal immigrants had died while cockle picking in Morecambe Bay in 2004 and people were increasingly falling victim to online fraud and identity theft.

In 2006 the Identity Cards Act was introduced. The scheme would introduce cards for citizens with new biometric security features and data stored on a national database. Eventually, whether you wanted a card or not, you could not function in UK society without one.

Some argued it would lead the UK to becoming a surveillance society. Protest groups warned of the risks, while Liberal Democrat MP Simon Hughes vowed to go to prison rather than accept the card and the power it gave the state.

In the end, the cards were never tested. The scheme collapsed in 2010, undone not by principle but by cost and a change of government.

2025 proposals

Rising public concern over illegal immigration has once again led to calls for solutions.

The UK government’s latest proposals follow a home affairs committee inquiry into digital IDs and electronic visas in June. It examined whether migrants should be required to use them to prove their status when applying for jobs. The argument being that with a tougher ID system, illegal immigrants would be deterred from attempting to enter the country.

The UK is already far more digitally monitored than it was 20 years ago. Biometric passports, digital driving licences and online identity checks are used as a matter of course.

In 2010, when the last ID card scheme was scrapped, public attitudes towards surveillance were generally favourable when used in public spaces. But monitoring in private spaces was not.

In 2025, attitudes towards surveillance vary depending on the type. There is now more concern around the mass surveillance of people’s online activities, for example.

Identity schemes are used in 142 countries around the world, 70 with electronic ID. Biometric technology has improved considerably over the past 20 years. More than 120 countries now use facial recognition in passport systems, while UK police forces have integrated the technology into their work.

The question is not whether cards can verify identity – they can. It’s whether they reduce crime or illegal immigration. That depends on how essential they become to everyday life. If an ID check is required for employment, housing and access to services, people without documents may be pushed into the margins, rather than required to leave the country.

In 2005, writer Arun Kundnani argued that ID cards risked becoming “exclusion cards”, creating a new underclass of people unable to access services legally but still present in the shadow economy. That would give organised crime networks even greater power over undocumented migrants, offering illegal routes into housing and work.

Another unresolved question is cost. The last scheme collapsed under the financial weight of setting up the infrastructure and issuing cards nationwide. With public finances tight, the government could find itself facing the same problem again.

Surveillance

There are also broader questions about trust. Academic Clive Norris, who has studied mass surveillance, has warned that constant monitoring encourages the view that ordinary citizens cannot be trusted: “If we are gathering data on people all the time on the basis that they may do something wrong, this is promoting a view that as citizens we cannot be trusted.”

Digital identity cards could bring benefits. For those entitled to live and work in the UK, they might make access to services simpler and faster. But the debate is about more than efficiency. It goes to the heart of how much oversight the state should have over everyday life, and whether a costly system would achieve its stated aims.

The last attempt at ID cards was sunk before it could be tested. Two decades on, the UK is more accustomed to digital surveillance and more anxious about immigration. The question is whether that makes this the right time for a second attempt – or whether the country risks repeating old mistakes.

The Conversation

Tim Holmes does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Blair’s ID cards failed in the 2000s – could Starmer’s version fare better? – https://theconversation.com/blairs-id-cards-failed-in-the-2000s-could-starmers-version-fare-better-264517

HPV: what you need to know about the common virus linked to cancer

Source: The Conversation – UK – By Dan Baumgardt, Senior Lecturer, School of Psychology and Neuroscience, University of Bristol

Few viruses are as widespread – and sometimes misunderstood – as the human papillomavirus, or HPV. It’s so common that most of us – up to 80% – will encounter it at some point in our lives, often without even realising it. Understanding HPV matters, given that it is linked to several types of cancer.

Scientists have identified more than 200 types of HPV, making it one of the most diverse viral families known – and a complex one at that. Many strains are low risk, causing either no symptoms or benign warts. HPV types 1, 2 and 4, for instance, are responsible for the common skin wart. Many will have experienced these, including the familiar verruca (plantar wart) picked up at swimming pools.

Some strains, such as HPV 6 and 11, cause genital wartssmall growths that appear on the genitals or around the anus. Treatments such as creams, surgical removal or freezing can get rid of the visible warts, but they don’t remove the virus itself. This means the virus can still be passed to sexual partners until the body’s immune system clears it.

Most seriously, certain types of HPV – particularly 16 and 18 – have known links to cancer. They belong to a group of about 14 high-risk strains that can enter human cells and damage their DNA. This damage interferes with the cells’ normal controls on growth and division, which can lead to the development of cancer.

Repeated or persistent infection with these strains increases the risk of developing cancer. So, too, does smoking, which reduces the ability of the immune system to clear the virus.

Because HPV comes in so many forms – from harmless skin warts to strains linked with cancer – it’s easy to see how myths and confusion can take hold. To separate fact from fiction, here are five key points that everyone should know about the virus.

1. HPV is not just associated with cervical cancer

While cervical cancer remains the most recognised HPV-related malignancy, the virus is also linked to cancers of the vulva, vagina, anus, penis, mouth and throat. Emerging evidence suggests some types may also contribute to developing skin cancer.

This broad cancer risk explains why the widely available HPV vaccine is recommended for both sexes. The vaccine’s ability to prevent HPV infection makes population-wide immunisation beneficial, as transmission may occur between heterosexual and homosexual partners alike.

2. You don’t need to have symptoms or genital warts to pass the virus on

HPV can remain on the skin for months before the immune system clears it, allowing transmission through contact even before genital warts appear and after they’ve been treated. This is why condoms should be used for at least three months after visible warts have resolved.

A condom in gold packaging.
A condom should still be used three months after genital warts have resolved.
AtlasStudio/Shutterstock.com

3. HPV transmission can occur from more than just vaginal or anal sex

Oral and throat cancers can develop following HPV infection acquired through oral sex. The incidence of mouth and throat cancer is increasing worldwide, with oral sex now the most significant behavioural risk factor. Using condoms during oral sex can help reduce this risk.

HPV can also spread through the use of sex toys. One study highlighted the ability of transmissible HPV to remain on sex toys and the need to develop proper hygiene practices for cleaning, and avoiding shared use.

4. Condoms are not 100% effective at preventing spread

Condoms can lower the risk of HPV transmission, but they can’t offer full protection, as uncovered skin can still carry the virus.

This is why many sexually active people will come into contact with a strain of the virus at some point in their lives, even when practising safe sex.

5. Even vaccinated women need to have smear tests

Current HPV vaccines target the main high-risk virus types but cannot cover all cancer-causing strains, or treat existing infections. In rarer cases, cervical cancer can also arise without HPV infection. This is why women aged 25 to 64 are still invited for cervical screening every five years, even after vaccination.

Women should also seek urgent medical review for other indicators of cervical cancer. These include pain or bleeding after sex, bleeding between periods or after menopause, and changes in vaginal discharge.

Even though the HPV vaccine is widely available, uptake has dropped in some areas. The COVID pandemic disrupted routine vaccination programmes, while misinformation about the vaccine’s safety and effectiveness has shaken trust. In some places, low awareness of HPV’s link to different cancers – and of the need to vaccinate boys as well as girls – has also made public understanding more difficult.

The World Health Organization has set a target of fully vaccinating 90% of girls by age 15 by 2030. At present, only about 48% of girls worldwide are fully vaccinated, so there is more work to be done.

Although HPV is often harmless, the potential consequences of some strains are too significant to ignore. But no one should be fearful of an active sex life. For those eligible for the HPV vaccine, protection is not just for the individual, but also for future sexual partners who could otherwise be exposed. By staying informed and taking preventative measures, we can reduce the effect of this common virus and keep ourselves and others safer.

The Conversation

Dan Baumgardt does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. HPV: what you need to know about the common virus linked to cancer – https://theconversation.com/hpv-what-you-need-to-know-about-the-common-virus-linked-to-cancer-263678

Cameroun : l’élection présidentielle risque d’entraîner une instabilité, quel que soit le vainqueur

Source: The Conversation – in French – By Manu Lekunze, Lecturer, University of Aberdeen

Les Camerounais éliront le 12 octobre 2025. Le président sortant, Paul Biya, au pouvoir depuis près de 43 ans, sera candidat.

En 2025, comme lors de la dernière élection de 2018 et de toutes les élections présidentielles depuis 1992, il est raisonnable de s’attendre à ce que le parti au pouvoir l’emporte. Et les partis d’opposition contesteront certainement les résultats.

Si Biya remporte l’élection, à la fin de son nouveau mandat en 2032, il aura été au pouvoir pendant un demi-siècle. Ce sera un exploit qu’aucun autre chef d’État n’aura réalisé à l’ère moderne.

De plus, en 1968, Biya occupait simultanément les fonctions de directeur du cabinet civil du président et de secrétaire général de la présidence (le poste le plus important du gouvernement après celui de président). En 1979, il est devenu Premier ministre et, en novembre 1982, il a succédé à Ahmadou Ahidjo à la présidence.

Par conséquent, compte tenu du niveau d’éducation limité d’Ahidjo et de ses problèmes de santé à la fin de son mandat, on peut dire que Biya tient les rennes du pouvoir depuis 1968.

En tant que spécialiste de la sécurité internationale, j’ai mené des recherches sur la sécurité au Cameroun depuis plus de 10 ans, notamment sur l’insurrection séparatiste dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, et les implications sécuritaires du maintien au pouvoir de Biya.

À mon avis, malgré les nombreuses critiques adressées au régime de Biya, il a su contribuer à réguler la vie publique et préserver une certaine stabilité. Au cours des 42 dernières années, les investisseurs étrangers et les partenaires de sécurité externes n’ont pas eu à s’inquiéter de changements politiques radicaux au Cameroun.

Cette élection, qu’elle débouche sur un nouveau mandat ou sur une transition, risque de compromettre la stabilité à laquelle les partenaires externes du Cameroun se sont habitués. Elle pourrait accroître les tensions ethniques ou régionales résultant d’une marginalisation prolongée. Elle pourrait également amorcer un processus de transition qui pourrait prendre du temps à se consolider, laissant place à l’instabilité, y compris à davantage de conflits armés.

Menaces d’insurrection

Parmi les griefs les plus souvent cités par les séparatistes figurent l’abolition du système fédéral et le changement du nom officiel du Cameroun en 1984, qui est passé de République unie du Cameroun à République du Cameroun (nom adopté par l’ancienne colonie française du Cameroun en 1960).

Les séparatistes font valoir que le mot « unie » indiquait clairement que le Cameroun actuel était composé de deux parties égales. La suppression de ce mot signifie que l’une a absorbé l’autre.

Ils sont également mécontents de la sous-représentation des anglophones aux postes gouvernementaux de haut niveau.

En tant que secrétaire général de la présidence, Biya n’était pas un simple spectateur lors du référendum de 1972 qui a mis fin au système fédéral de gouvernement du pays. Il est également chargé de nommer les hauts fonctionnaires depuis 1982.

Certains séparatistes pensent que si son gouvernement avait répondu aux protestations de 2016, celles-ci n’auraient pas dégénéré en insurrection.

Les manifestations organisées en 2016 par des avocats et des enseignants anglophones contre la domination perçue des francophones ont déclenché une répression violente de la part des forces de sécurité. Cela a conduit à la formation de groupes séparatistes armés qui ont déclaré un État indépendant appelé « Ambazonie » et ont déclenché un conflit armé avec le gouvernement.

De même, on pourrait dire que l’approche de Biya en matière de politique étrangère a contribué à la croissance et à la puissance de Boko Haram, un groupe terroriste régional, au Cameroun. Le groupe a exploité les failles de l’architecture sécuritaire du Cameroun et la stratégie de Biya consistant à faire profil bas sur la scène politique internationale.

L’International Crisis Group et plusieurs analystes estiment que si le gouvernement camerounais avait réprimé les activités de Boko Haram, l’insurrection aurait eu du mal à prendre l’ampleur qu’elle a connue en 2014 et 2015.

À mon avis, la réticence de Biya à attirer l’attention internationale sur le Cameroun l’a rendu hésitant à agir contre Boko Haram.

En résumé : il est peu probable que le statu quo permette de faire face à la menace d’une insurrection persistante.




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Les élections peuvent aggraver les divisions

Maurice Kamto était le principal candidat de l’opposition lors de la dernière élection présidentielle. Sa contestation des résultats a provoqué une certaine crise post-électorale. Sa candidature à l’élection de 2025 a été rejetée.

Kamto appartient à l’ethnie Bamiléké, originaire de la région Ouest, où règne déjà un sentiment d’exclusion politique.

Issa Tchiroma, figure de l’opposition qui a occupé des fonctions ministérielles pendant de longues périodes depuis 1992, a démissionné en 2025 pour se porter candidat aux élections d’octobre. Tchiroma est originaire du nord (régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord). Il existe une certaine attente quant à la rotation de la présidence entre le nord et le sud. C’est au tour du nord, car Biya, le deuxième président, est originaire du sud, tandis que le premier président, Ahidjo, était originaire du nord.

Tchiroma risque de dénoncer un traitement injuste s’il ne remporte pas les élections. Il a déjà protesté publiquement contre le fait qu’on l’empêche de quitter le pays.

Les violences dans la région natale de Kamto, le Bamiléké, ou dans le nord de Tchiroma pourraient étendre les zones du territoire camerounais touchées par l’insurrection. Certaines parties du nord-ouest (où opèrent les séparatistes) et de l’ouest sont reliées à l’Adamaoua, puis aux régions du nord et de l’extrême nord (où opère Boko Haram). Une coalition entre les Bamiléké et le nord contre le sud (base électorale de Biya) pourrait sérieusement compromettre la sécurité du Cameroun. Cette division pourrait entraîner plus qu’une insurrection périphérique.

Si le Cameroun est déstabilisé en raison du maintien au pouvoir de Biya ou d’une transition bâclée, cela menacera la sécurité dans la région de l’Afrique centrale.

La voie à suivre

Mes recherches sur l’insurrection séparatiste montrent clairement que les responsables camerounais et leurs soutiens internationaux doivent s’attaquer au sentiment de marginalisation ou d’exclusion politique.

L’âge et la longévité de Biya au pouvoir, ainsi que la perspective d’un nouveau mandat de sept ans, soulèvent des questions quant à la transition éventuelle et à l’origine ethnique du prochain président.

Il serait nécessaire de parvenir à un consensus prudent afin de garantir qu’un groupe politiquement important comme les Peuls, les Bamilékés ou les anglophones ne se sente pas sérieusement marginalisé ou exclu de la vie politique.

The Conversation

Manu Lekunze reçoit un financement des conseils de recherche britanniques

ref. Cameroun : l’élection présidentielle risque d’entraîner une instabilité, quel que soit le vainqueur – https://theconversation.com/cameroun-lelection-presidentielle-risque-dentrainer-une-instabilite-quel-que-soit-le-vainqueur-264427

Sortir du piège de la dette : les alternatives au modèle FMI pour le Sénégal

Source: The Conversation – in French – By Souleymane Gueye, Professor of Economics and Statistics, City College of San Francisco

Depuis février 2025, le Sénégal est secoué par les révélations du rapport de la Cour des comptes sur une dette publique bien plus élevée que ce qui avait été annoncé. Une première mission du Fonds monétaire international (FMI) , en mars dernier, avait confirmé une sous-évaluation massive de la dette (passée à près de 100 % du PIB). Le FMI a dépêché une deuxième mission “spéciale” du 19 au 27 août suite à un deuxième audit. Celui-ci a montré que la dette réelle du pays était bien plus lourde que prévu, atteignant près de 119 % du PIB en 2024.

Depuis plus de quarante ans, le Sénégal s’est engagé dans une coopération continue avec le FMI. Cette relation, justifiée à ses débuts par le besoin de rétablir les équilibres macroéconomiques, s’est traduite par une succession de programmes d’ajustement structurel, de stabilisation budgétaire et de réformes économiques.

Si elle a permis une certaine stabilité du cadre macroéconomique, elle a aussi généré une dépendance chronique vis-à-vis de l’endettement extérieur et a freiné la capacité du pays à définir une stratégie économique souveraine. Les révélations récentes de la Cour des comptes et la révision spectaculaire de la dette publique par le FMI confirment que ce modèle est à bout de souffle.

Dans une étude récente, j’ai examiné l’évolution des relations entre le Sénégal et le FMI. J’estime que cette coopération de plus de quatre décennies a laissé des traces profondes sur l’économie nationale. Aujourd’hui, l’enjeu pour le Sénégal est de redéfinir ce partenariat et de repenser les relations avec le FMI, afin d’éviter de reproduire le suivisme des régimes précédents.

Une coopération héritée de l’ajustement structurel

Les années 1980 inaugurent une ère d’austérité avec les premiers plans d’ajustement structurel. Sous l’impulsion du FMI, le Sénégal a réduit les dépenses sociales, privatisé des secteurs stratégiques et ouvert son économie à une concurrence internationale déséquilibrée.

Les promesses de modernisation se sont vite traduites par un affaiblissement de l’État, la disparition de pans entiers du tissu productif national et une pauvreté endémique. Le secteur agricole, notamment les filières arachidière, cotonnière et rizicole, ainsi que dans le secteur industriel les industries de transformation des produits halieutiques et du phosphate, ont particulièrement été touchés.

L’objectif officiel de réduction des déficits s’est payé d’un coût social et économique élevé, dont les séquelles sont encore visibles dans le pays.




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Des réformes macroéconomiques sans transformation sociale

Au tournant des années 2000, avec les initiatives PPTE (Pays pauvres très endettés) et les mécanismes concessionnels, le Sénégal a bénéficié des initiatives d’allégements de dette et de la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance. Mais la logique est restée la même : dépendre des financements extérieurs pour stabiliser le cadre macroéconomique, sans s’attaquer aux causes structurelles du sous-développement.

Le Plan Sénégal Émergent (PSE) lancé en 2014 a certes dopé la croissance par les infrastructures et l’énergie, mais sans transformation profonde du marché du travail ni réduction significative de la pauvreté et des inégalités. Il a contribué à accroître le taux de pauvreté, qui atteint 39 %. Il a aussi approfondi les inégalités : les 20 % les plus riches concentrent 48 % des revenus, tandis que les 20 % les plus pauvres ne disposent que de 5 %, soit un indice de 0,45.

De plus, il a créé les conditions d’une insécurité alimentaire inquiétante, touchant près de 3 500 000 personnes. Le chômage des jeunes (27,7 %), la précarité et l’informalité demeurent massifs.

Les politiques de développement du capital humain et social n’étaient pas au coeur des préoccupations des autorités étatiques. Il s’en est suivi une inadéquation entre la formation, la qualification professionnelle et les besoins réels du marché du travail d’une part et d’autre part, aucune attention n’était accordée à la mise en place de politiques d’emplois sérieuses en direction des jeunes, des femmes et des couches les plus vulnérables de la société.

L’absence manifeste d’une bonne stratégie de développement économique diversifiée adossée aux réalités économiques du pays explique aussi le manque de création d’emplois durant la mise en exécution du PSE.

D’autres facteurs expliquent le manque de transformation du marché de l’emploi, notamment la négligence du secteur agricole et la mauvaise gouvernance marquée par la corruption. Cette situation favorise une gestion défaillante des ressources publiques et crée une dissymétrie entre les investissements massifs dans les infrastructures et le secteur minier, d’une part, et leur faible impact réel sur le marché du travail, d’autre part. En conséquence, le développement économique et social du pays reste limité.

Le choc des révélations de 2025

Le rapport de la Cour des comptes (février 2025), confirmé par l’audit du cabinet Forvis Mazars, a révélé l’ampleur des « déclarations erronées » des autorités du régime précédent dans la gestion des finances publiques. La dette, présentée comme soutenable, est passée brutalement de 74,4 % à 111 % du PIB en 2023, puis 118,8 % en 2024.

Cette révision dramatique démontre l’absence de transparence et l’inefficacité des mécanismes de contrôle censés accompagner la coopération avec le FMI. L’institution elle-même, en validant pendant plusieurs années des données sous-estimées, porte une responsabilité dans cette crise de crédibilité.

De la transparence à la dépendance renforcée

La mission du FMI d’août 2025 a salué l’engagement du Sénégal à corriger ses pratiques budgétaires et annoncé une série de mesures techniques : centralisation de la gestion de la dette, audits des arriérés, création d’une base de données unifiée, renforcement du Compte unique du Trésor.

Si ces mesures peuvent améliorer la gouvernance financière, elles ne changent rien à la logique de dépendance. Le nouveau communiqué de presse du FMI, présenté comme aligné sur la Vision 2050 (référentiel de développement du Sénégal), reprend les conditionnalités classiques du FMI : rigueur budgétaire, discipline macroéconomique et promesse d’inclusion sociale. Mais l’expérience historique démontre que ces engagements se traduisent rarement en progrès tangibles pour les populations.

Le piège d’une économie à deux vitesses

L’économie sénégalaise affiche en 2025 une croissance record de 12,1 % grâce au boom pétrolier et gazier. Mais la croissance hors hydrocarbures reste limitée à 3,1 %, confirmant le risque d’une économie duale où la manne énergétique masque la stagnation des autres
secteurs. Cette dépendance aux hydrocarbures, adossée à un endettement massif, fragilise l’avenir du pays et l’expose aux chocs extérieurs. En poursuivant dans cette voie, le Sénégal risque de voir ses marges de souveraineté réduites à néant.

Pour une rupture nécessaire

Quarante ans de coopération avec le FMI montrent une constante : la dépendance aux financements extérieurs et la reproduction des déséquilibres structurels. Face à cette impasse, une rupture s’impose. Elle passe par :

  • la mobilisation des ressources internes (épargne nationale, appel à la diaspora, lutte contre la corruption et les détournements) ;

  • une politique industrielle et agricole endogène, tournée vers la création d’emplois et la sécurité alimentaire ;

  • la réorientation des priorités budgétaires vers l’éducation, la santé et la protection sociale ;

  • une gouvernance renforcée, fondée sur la transparence et l’appropriation nationale des réformes.

Le nouveau cycle de coopération proposé par le FMI, malgré son habillage technique et son discours sur la transparence, risque de reproduire le schéma de dépendance qui a marqué les décennies passées. Le Sénégal se trouve face à un choix historique : continuer dans la voie du suivisme, au prix d’une souveraineté économique toujours plus réduite, ou engager une véritable rupture pour construire un modèle de développement autonome, inclusif et résilient.

C’est seulement au prix de cette rupture que le pays pourra transformer la manne énergétique en un levier de prospérité partagée et durable. Il pourra aussi inscrire les financements extérieurs dans une logique de transformation systémique et structurelle de l’économie, au service des priorités nationales définies dans l’Agenda national de transformation Vision 2050.

The Conversation

Souleymane Gueye does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Sortir du piège de la dette : les alternatives au modèle FMI pour le Sénégal – https://theconversation.com/sortir-du-piege-de-la-dette-les-alternatives-au-modele-fmi-pour-le-senegal-263755

Four victims, no remorse: Erin Patterson given a life sentence for mushroom murders

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Rick Sarre, Emeritus Professor in Law and Criminal Justice, University of South Australia

Erin Patterson, having been convicted in the Supreme Court of Victoria two months ago on three counts of murder and one count of attempted murder, has today received a life sentence from the trial judge, Justice Christopher Beale.

He ordered a non-parole period of 33 years. Given her age (50) and the 676 days she’s already spent in detention, this means Patterson will not be eligible to apply for parole until 2056, when she is in her 80s.

Erin Patterson’s story is now one of the most well-known true crime cases in Australia. Nine weeks ago, a jury found her guilty of poisoning her lunch guests in July 2023 at her home in Leongatha with foraged death-cap mushrooms she had baked into individual servings of Beef Wellington.

In sentencing, Justice Beale said he had no hesitation in finding Patterson’s offending falls into the “worst category” of murder and attempted murder.

So after months of media frenzy and myriad headlines, the sentencing now bookends the case, pending any appeal. Here’s how the judge reached his decision and what happens now.

A lengthy prison term

The life sentence was as expected, given Patterson’s lawyer, Colin Mandy, did not oppose the prosecution’s bid for the maximum sentence for murder in Victoria.

The matter that exercised the judge’s mind, principally, in considering the sentence was the length of the non-parole period. The standard such period for murder in Victoria is 20 years.

If there’s more than one victim, however, the minimum non-parole period increases to 25 years.

While it’s possible to sentence a murderer to life without parole, it is very unusual.

In 2019, the judge who gave a life sentence to James Gargasoulas, the man who drove down Bourke Street Mall in Melbourne, killing six people, set a non-parole period of 46 years.

What did the judge consider?

The factors taken into account in sentencing relate to the nature of the crime and the personal circumstances of the person convicted.

The final outcome is informed by principles that vary only slightly across Australia’s states and territories.

The main one here, arguably, was denunciation: the sentence needs to reinforce in the public mind the abhorrence of her conduct.

Indeed, there was no plea of guilty, and no remorse from Patterson at any time.

Moreover, when considering a non-parole period, a judge takes into account what is referred to as “proportionality”. This can be a limiting feature where there is lesser culpability, but an exacerbating feature where there are multiple deaths.

One might refer to it colloquially as a person receiving their “just desserts”.

In this instance, the judge was mindful of the fact there were four victims.

He was also mindful of Patterson’s “harsh” prison conditions, telling the court:

you have effectively been held in continuous solitary confinement for the last 15 months and at the very least there is a substantial chance that for your protection you will continue to be held in solitary confinement for years to come.

Deterrence, as a regular feature of the sentencing exercise, in this case becomes a companion to denunciation.

Rehabilitation was always unlikely to have any impact on the sentence, given the life term. There was no submission by defence counsel that his client had a diagnosed mental disorder or would benefit from any form of an ongoing remediation or restorative program.

Huge personal tolls

What dominated the submissions at the pre-sentence hearing in August were the victim impact statements.

In Victoria, such statements have been in place since 1994, but it has only been since 2005 that the court has been required to take account of the impact of the crime on any victim when sentencing.

Only since 2011 have victims been granted the right to read a statement aloud in court or have a nominated representative do so on their behalf.

In the Patterson pre-sentence hearing, the sole survivor of the meal, Ian Wilkinson, read his own statement and described the loss of his wife Heather. He said he felt “only half alive without her”.

Patterson’s estranged husband Simon did not attend the pre-sentence hearing, so his statement was read to the judge by a family member. His children, he wrote:

have […] been robbed of hope for the kind of relationship with their mother that every child naturally yearns for.

The Wilkinsons’ daughter, Ruth Dubois, also addressed the judge with her own statement. She highlighted the wider victims of the crimes, namely medical staff, investigators, shop owners (who had had their names scrutinised), mushroom growers, the health department and taxpayers.

“I am horrified,” she said, “that our family is even associated, through no choice of our own, with such destructive behaviour towards the community”.

Will there be an appeal?

Patterson’s counsel has 28 days in which to appeal. An appeal would either be against conviction or the sentence or both.

In relation to an appeal against conviction, defence counsel would need to establish that the trial judge made a mistake in admitting (or ruling out) certain evidence or failing to properly explain the defence case.

The former, a mistake about evidence, is the more common appeal ground.

Less likely is the latter appeal ground because it would be difficult for defence counsel to assert that his client’s case was given too little regard by the judge, given the amount of time (almost two days) Justice Beale devoted to explaining the defence case to the jury.

When appealing the length of the non-parole period, either counsel can argue the duration was either manifestly inadequate (a prosecution submission) or manifestly excessive (a defence submission). It remains to be seen if either side will pursue this option.

Whatever the case, there would not be too many observers surprised by the judge’s final determination.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Four victims, no remorse: Erin Patterson given a life sentence for mushroom murders – https://theconversation.com/four-victims-no-remorse-erin-patterson-given-a-life-sentence-for-mushroom-murders-264128