Trafic d’animaux sauvage en Corée du Nord : quand le gouvernement ferme les yeux

Source: The Conversation – France in French (3) – By Joshua Elves-Powell, Associate Lecturer in Biodiversity Conservation and Ecology, UCL

Des rapports suggèrent que les peaux de goral à longue queue sont vendues illégalement à des acheteurs en Chine. Vachovec1 , CC BY-SA

Des chercheurs se sont appuyés sur des témoignages de réfugiés nord-coréens, confirmés par des rapports provenant de Chine, de Corée du Sud et des images satellites, pour dresser un panorama du commerce illégal d’animaux sauvages dans le pays. Ces données suggèrent l’implication de l’État.


La Corée du Nord est connue pour le commerce illicite d’armes et de stupéfiants. Mais une nouvelle étude que j’ai menée avec des collègues britanniques et norvégiens révèle un nouveau sujet de préoccupation : le commerce illégal d’espèces sauvages prospère dans le pays, y compris celles qui sont censées être protégées par la législation nord-coréenne.

D’après des entretiens menés auprès de réfugiés nord-coréens (également appelés « transfuges » ou « fugitifs »), qui peuvent être d’anciens chasseurs voire des intermédiaires dans le commerce d’animaux sauvages, notre étude, menée sur quatre ans, montre que presque toutes les espèces de mammifères en Corée du Nord plus grandes qu’un hérisson sont capturées de manière opportuniste, à des fins de consommation ou de commerce. Même les espèces hautement protégées font l’objet de commerce, parfois au-delà de la frontière chinoise.

Le plus frappant reste que ce phénomène ne se limite pas au marché noir. L’État nord-coréen lui-même semble tirer profit de l’exploitation illégale et non durable de la faune sauvage.

Le poids de l’économie informelle

Après l’effondrement de l’économie nord-coréenne dans les années 1990, le pays a connu une grave famine qui a fait entre 600 000 et 1 million de morts. Ne pouvant plus compter sur l’État pour subvenir à leurs besoins alimentaires, médicaux et autres besoins fondamentaux, de nombreux citoyens se sont alors mis à acheter et à vendre des marchandises – parfois volées dans des usines publiques ou introduites en contrebande depuis la Chine – dans le cadre d’une économie informelle en pleine expansion.

Cette économie informelle intègre aussi les animaux et les plantes sauvages, une précieuse ressource alimentaire. La faune sauvage est également appréciée pour son utilisation dans la médecine traditionnelle coréenne, ou pour la fabrication de produits tels que les vêtements d’hiver.

Il est important de noter que la vente de produits issus de la faune sauvage permet de générer des revenus importants. C’est pourquoi, outre le marché intérieur de la viande sauvage et des parties animales, un commerce international s’est développé, dans lequel des contrebandiers tentaient de vendre des produits issus de la faune sauvage nord-coréenne de l’autre côté de la frontière, en Chine.

Vue aérienne de la zone démitarilisée à la frontière entre les deux Corées
La zone démilitarisée de 4 km de large entre la Corée du Nord et la Corée du Sud est devenue un refuge pour la faune sauvage.
Eleteurtre/Shutterstock

Ce commerce n’est officiellement reconnu par aucun des deux gouvernements. La Corée du Nord est l’un des rares pays à ne pas être signataire de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) – le traité qui réglemente le commerce international des espèces menacées d’extinction. Il existe donc peu de données officielles. Bon nombre des techniques habituellement utilisées par les chercheurs, telles que les études de marché ou l’analyse des données relatives aux saisies ou au commerce, sont tout simplement impossibles à mettre en œuvre dans le cas de la Corée du Nord.

C’est pourquoi nous nous sommes tournés vers les témoignages de réfugiés nord-coréens. Parmi eux figuraient d’anciens chasseurs, des intermédiaires, des acheteurs et même des soldats qui avaient été affectés à des réserves de chasse réservées à la famille dirigeante de la Corée du Nord. Afin de protéger leur sécurité, tous les entretiens ont été menés de façon anonyme.

Pour vérifier les données issues de ces entretiens, nous les avons comparées à des rapports provenant de Chine et de Corée du Sud. Les changements signalés dans certaines ressources forestières ont également pu être vérifiés à l’aide de la télédétection par satellite.

Leurs récits donnent une idée impressionnante des interactions entre humains, animaux et plantes sauvages en Corée du Nord, ainsi que de leur utilisation commerciale.

L’implication de l’État nord-coréen dans le commerce d’espèces sauvages

Cependant, le plus inquiétant est que ces témoignages suggèrent que l’État nord-coréen lui-même puisse être directement impliqué dans le commerce d’espèces sauvages. Bien qu’il soit ressorti clairement des entretiens que les participants ignoraient le plus souvent le statut juridique du commerce d’espèces sauvages pour différentes espèces, notre analyse montre qu’une partie de ce commerce semble être illégale.

Les participants ont décrit des fermes d’élevage d’animaux sauvages gérées par l’État qui produisent des loutres, des faisans, des cerfs et des ours, ainsi que des parties de leur corps, à des fins commerciales. En effet, la Corée du Nord a été le premier pays à élever des ours pour leur bile, avant que cette pratique ne se répande en Chine et en Corée du Sud.

L’État aurait également collecté des peaux d’animaux via un système de quotas, les habitants remettant les peaux à une agence gouvernementale, tandis que les chasseurs agréés par l’État et les communautés locales offraient parfois des produits issus de la faune sauvage à l’État ou à ses dirigeants en guise de tribut.

ours noir
La Corée du Nord possède des fermes d’élevage d’ours. L’un des produits fabriqués est la bile d’ours, utilisée en médecine traditionnelle (photo prise en Corée du Sud).
Joshua Elves Powell

L’une des espèces identifiées par nos interlocuteurs était le goral à longue queue (sur l’image en tête de cet article). Longtemps chassé pour sa peau, cet animal est désormais strictement protégé par la CITES. Nos données suggèrent que les gorals étaient destinés à être vendus à des acheteurs chinois. La Chine est pourtant partie à la convention (c’est-à-dire, elle l’a ratifié), ce commerce constituerait donc une violation des engagements pris par la Chine dans le cadre de la CITES.

Les impacts au-delà des frontières coréennes

La péninsule coréenne est un site d’importance mondiale pour de nombreuses espèces de mammifères. Ses régions septentrionales sont reliées, par voie terrestre, à des zones de Chine où ces espèces sont actuellement en voie de rétablissement. Cependant, la chasse non durable et la déforestation menacent leur potentiel de rétablissement en Corée du Nord.

Ceci a des conséquences plus larges. Par exemple, on espérait que le léopard de l’Amour, l’un des félins les plus rares au monde, puisse un jour recoloniser naturellement la Corée du Sud. Mais cela semble désormais très improbable, car ces animaux seraient confrontés à de graves menaces rien qu’en traversant la Corée du Nord.

Par ailleurs, les objectifs de conservation de la Chine, tels que la restauration du tigre de Sibérie dans ses provinces du Nord-est, pourraient être compromis si les espèces menacées qui traversent sa frontière avec la Corée du Nord sont tuées à des fins commerciales.

En outre, le commerce transfrontalier illégal d’espèces sauvages en provenance de Corée du Nord constituerait une violation des engagements pris par la Chine dans le cadre de la CITES, un problème grave susceptible d’avoir de graves répercussions sur le commerce légal d’animaux et de plantes. Pour faire face à ce risque, Pékin doit redoubler d’efforts pour lutter contre la demande intérieure d’espèces sauvages illégales.

Le commerce d’espèces sauvages nord-coréennes est actuellement un angle mort pour la conservation mondiale. Nos conclusions contribuent à mettre en lumière le problème que représente le commerce illégal et non durable d’espèces sauvages, mais la lutte contre cette menace, qui pèse sur les ressources naturelles de la Corée du Nord, dépendra en fin de compte des décisions prises par Pyongyang. Le respect de la législation nationale sur les espèces protégées devrait être une priorité immédiate.

The Conversation

Joshua Elves-Powell a reçu des financements du London NERC DTP et ses travaux sont soutenus par Research England.

ref. Trafic d’animaux sauvage en Corée du Nord : quand le gouvernement ferme les yeux – https://theconversation.com/trafic-danimaux-sauvage-en-coree-du-nord-quand-le-gouvernement-ferme-les-yeux-264911

Après Renault, Luca de Meo pourra-t-il mettre le turbo chez Kering ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Isabelle Chaboud, Professeur senior d’analyse financière, d’audit et de risk management – Directrice de Programme pour le MSc Fashion Design & Luxury Management- Responsable de la spécialisation MBA "Brand & Luxury Management", Grenoble École de Management (GEM)

L’arrivée de Luca de Meo à la tête de Kering marque une nouvelle étape dans ce groupe de luxe fondé par la famille Pinault. Venu de l’automobile, le nouveau directeur général devra gérer le cash de façon très rationnelle, dans un univers créatif qui ne l’est pas toujours. Quels sont les défis à relever ? Avec quelles chances de succès ?


Le 9 septembre 2025, l’assemblée générale mixte de Kering va-t-elle entériner un tournant majeur dans la gouvernance du groupe ? Parmi les résolutions soumises au vote des actionnaires, les principales concernent Luca de Meo. Les actionnaires seront amenés à se prononcer sur sa nomination comme administrateur du groupe, sa prise de fonction comme directeur général à compter du 15 septembre et sa rémunération XXL.

Si dissocier les fonctions de président et de directeur général s’apparente à de bonnes pratiques en matière de gouvernance, choisir un profil à la fois extérieur à la famille et au secteur témoigne d’un changement radical au sommet de l’empire Kering. Comment ce groupe familial, créé par François Pinault et géré par son fils François-Henri depuis vingt ans, s’est-il développé avant de confier les rênes à un profil extérieur ? Quels sont les défis majeurs qui attendent Luca de Meo ? Et pour quelle rémunération ? Ses pouvoirs seront-ils réels ou seulement cosmétiques ?

La constitution d’un empire familial, le règne du père de 1962 à 2002

L’histoire commence en 1962 quand le Breton François Pinault lance un petit négoce de bois. Entrepreneur visionnaire et audacieux, il réalisera très tôt de multiples acquisitions, notamment à l’international avec la CFAO (Compagnie française de l’Afrique occidentale) et poursuivra une politique de diversification permanente. En 1988, Pinault SA entre en bourse et son fondateur conserve 50 % du capital. Après avoir racheté Conforoma, le Printemps, Prisunic, puis la Redoute et la Fnac, il devient le deuxième groupe européen dans la distribution. Dès 1987, son fils, François-Henri Pinault, entre dans le groupe et prendra successivement plusieurs postes de direction (CFAO, FNAC) avant de devenir Directeur général adjoint de Pinault-Printemps-Redoute (PPR).

International et diversifié, le groupe amorce en 1999 un nouveau virage en investissant dans le luxe où les marges sont beaucoup plus confortables que dans le négoce du bois et la distribution. PPR rachète la maison Yves Saint Laurent et prend 42 % du capital de Gucci. Une guerre l’oppose alors à Bernard Arnault et sera sans doute à l’origine d’une rivalité sans fin. Les acquisitions dans le luxe se poursuivront avec Boucheron (joaillerie), Balenciaga (couture), Bottega Veneta (maroquinerie et couture), Alexander McQueen (couture), qui porteront la part du luxe à 9 % du chiffre d’affaires de PPR en 2002.

Et PPR devint Kering

En octobre 2003, François Pinault confie à son fils, François-Henri, les rênes d’Artémis, la société financière familiale qui détient notamment PPR pour s’adonner à sa passion pour la collection d’art contemporain. François-Henri Pinault cède les activités d’origine dans le bois et les matériaux et celles de distribution, et prend la quasi-totalité du contrôle de Gucci. Il continue à étendre son portefeuille de marques de luxe avec les acquisitions de Brioni (tailleur italien), Qeelin (joailler chinois) et Pomellato (joailler italien).

PPR fait également une incursion dans le lifestyle avec Puma. En 2013, le groupe est rebaptisé Kering. Un choix combinant à la fois l’attachement du père à ses origines, Ker signifiant « maison » en breton, et confirmant sa volonté de positionnement international, Kering se prononçant caring en anglais et signifiant « prendre soin de ». Prendre soin de ses clients, de ses employés… En 2014, François-Henri Pinault étoffe encore le portefeuille d’activités et crée Kering Eyewear afin d’internaliser l’activité lunettes de toutes ses maisons. En 2017, le luxe représente 70 % du chiffre d’affaires du groupe et 90 % du résultat opérationnel. En 2018, le groupe cède Puma pour se concentrer uniquement sur le luxe.




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Deuxième groupe du secteur du luxe

Porté par la désirabilité de ses marques, Kering multiplie les ouvertures de boutiques à l’international, sélectionnant méticuleusement les emplacements de premier choix. Entre 2018 et 2022 (hors impact Covid, en 2020), le chiffre d’affaires progresse de 50 %, passant de 13,6 milliards d’euros à 20,4 milliards d’euros après les années Tom Ford, une nouvelle identité de marque voit le jour et Gucci devient la première maison du groupe sous l’impulsion de son directeur artistique ultra-créatif Alessandro Michele. En 2021, Gucci représente 55 % du chiffre d’affaires du groupe et 74 % du résultat opérationnel courant (calculé à partir du document d’enregistrement universel, DEU, 2021).

Ses solides performances contribuent largement à la bonne santé financière du groupe jusqu’en 2021. Le 13 août 2021, le cours de l’action atteint son plus haut niveau à 788,9 €, contre 237,35 € au 8 septembre 2025. À partir de 2022, les clients délaissent les collections trop marquées d’Alessandro Michele, en particulier les consommateurs chinois. Trop dépendant de Gucci, Kering n’arrive pas à compenser les pertes de chiffre d’affaires ni, surtout, celles de sa marge opérationnelle.

Dégradation des résultats entre 2022 et 2024

Ainsi, fin décembre 2022, les revenus de Kering dépassent les 20,3 milliards d’euros (en hausse de 16 % par rapport à 2021), mais reculent sous la barre de 20 milliards d’euros, à 19,6 milliards d’euros, en 2023. La chute est encore plus brutale à fin 2024. Affecté par la baisse des ventes en Asie, le contexte géopolitique et surtout la piètre performance de Gucci, son chiffre d’affaires global chute à 17,1 milliards d’euros alors que celui de Richemont dépasse les 21 milliards d’euros (fin mars 2025). Kering, qui était le numéro deux mondial dans le luxe, derrière LVMH et devant le Groupe Richemont, est relégué à la troisième place dès 2023 et à la quatrième place en 2024, derrière Chanel, qui réalise 17,95 milliards d’euros (18,7 milliards de dollars).

Malgré le lancement de Kering Beauté, le rachat de Creed en 2023, pour se diversifier dans les parfums haut de gamme, et les bonnes performances de Kering Eyewear, seule activité qui progresse encore en 2024, la fréquentation de ses boutiques chute, le taux de transformation est insuffisant. Kering continue pourtant à investir dans l’immobilier, en réalisant des acquisitions dans les villes et les rues les plus emblématiques au monde (Paris, New York, Milan), mais cela ne suffit pas. À tout cela s’ajoute une polémique, voire un scandale autour d’une campagne de communication de Balenciaga qui mettra du temps à s’essouffler, tandis que le nouveau directeur artistique de Gucci n’apporte pas les retombées escomptées. Résultat : la marque florentine se sépare de son directeur artistique Sabato de Sarno. François-Henri Pinault entame une réflexion avec le conseil d’administration pour opérer un changement de gouvernance.

BFM Business, 2025.

Plus inquiétante, la rentabilité se détériore considérablement, comme en témoigne l’analyse des ratios de rentabilité (1). À la fin décembre 2024, bien que son taux de marge brute soit parmi la plus élevée du secteur à 74 % des ventes, sa marge opérationnelle à 13 % fait pâle figure face à Hermès (41 %), LVMH (22 %) ou Richemont (21 %). Encore une fois la dépendance à Gucci pénalise fortement la rentabilité du groupe. Les ventes de son ancien fer de lance sont en recul de 23 % sur l’exercice et son résultat opérationnel courant chute de 51 %. À la fin de l’année 2024, la rentabilité nette (résultat net part du groupe divisé par les capitaux propres du groupe) s’écroule à 7 % alors que ses pairs présentent tous un indicateur supérieur à 13 %. LVMH affiche une rentabilité nette de 15 % (double de celle de Kering) et Hermès de 30 % à fin décembre 2024.

Un endettement et des charges financières qui explosent

Non seulement la rentabilité se dégrade mais l’endettement bondit. Le calcul du taux d’endettement net (ce dernier étant défini par le ratio des dettes financières à court terme et à long terme diminuées de la trésorerie et des capitaux propres part du groupe) montre la forte dépendance de Kering aux financements bancaires et obligataires externes.




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Ce ratio atteint désormais 71 % fin 2024 contre 13,3 % pour LVMH et seulement 4 % pour Richemont, conséquence des acquisitions coûteuses réalisées sur les deux derniers exercices : celle de Creed en 2023 (dépassant les 3,4 milliards d’euros), la prise de participation de 30 % dans Valentino (1,7 milliard d’euros) et les acquisitions immobilières majeures de 2024 à New York (885 millions d’euros) et Milan (1,3 milliard d’euros) pour un total 2,2 milliards d’euros pour ne citer que les principales. Il en résulte également une hausse du coût de l’endettement net, de 108 millions d’euros en 2023 à 320 millions d’euros en 2024 (Note 8 du DEU de Kering 2024).

Luca de Meo face à ses nouveaux défis

Son défi majeur consistera à relancer la désirabilité des marques emblématiques et historiques du groupe Kering pour rétablir la rentabilité, notamment opérationnelle. Si l’automobile et le luxe présentent des caractéristiques similaires en matière d’innovation, d’engagement pour le développement durable, de présence internationale, la créativité si chère à Kering devra pouvoir continuer à s’exprimer. Avant l’arrivée de Luca de Meo, Kering a officialisé de nombreux changements de directeurs artistiques en 2024 et en 2025, à l’instar de Demna,, qui a quitté Balenciaga pour Gucci, et de Pierpaolo Piccioli,, qui reprend Balenciaga après quinze ans à la tête de Valentino. Deux choix très audacieux considérés comme des exemples de Dada Management :

« Cette approche managériale, inspirée du mouvement dada, prône l’absurde et l’irrationnel pour dynamiter les conventions établies et provoquer l’innovation. »

Cette pratique est certainement très éloignée des terrains connus de Luca de Meo. D’autres différences fondamentales avec l’industrie automobile résident dans le cycle court et rapide du secteur de la mode. Les directeurs artistiques devront produire a minima deux collections par an et, si non écoulées, elles seront difficilement vendables l’année suivante. Enfin, la valse des designers stars est devenue monnaie courante au sein de grandes maisons, un phénomène amplifié depuis l’accélération du digital et la sanction impitoyable des réseaux sociaux.

À son arrivée, il devra scruter les réactions du public et analyser les retombées des prochaines fashion week avant de prendre de nouvelles décisions sur les activités couture et mode. Kering compte toutefois sur son nouveau directeur général pour appréhender très rapidement le secteur du luxe en constante mutation et comprendre la culture de ses marques. Il devra avant tout cerner les nouvelles attentes des consommateurs lassés des augmentations de prix successives sans amélioration de la qualité. Des clients qui semblent favoriser l’alliance entre l’artisanat et le luxe et, pour certains, en recherche de créations plus intemporelles.

Dans une perspective de croissance modérée du secteur, estimée à 2 à 4 % par an pour la période 2025-2027 par the State of Fashion Luxury, alors que la demande chinoise ralentit pour les produits de luxe occidentaux et que le contexte géopolitique instable crée de multiples incertitudes, la progression du chiffre d’affaires n’est peut-être plus la priorité. Quelles seront les alternatives ? Renforcer la diversification dans les lunettes (Kering Eyewear) et la beauté et améliorer les marges pour ces activités pourraient être des pistes, notamment pour attirer à nouveau de jeunes clients. Va-t-il trouver la formule pour relancer Gucci tout en permettant aux autres maisons de progresser ? Réussira-t-il à collaborer avec les nouveaux directeurs artistiques des maisons de couture tout en respectant leurs besoins vitaux de liberté ?

BFM Business, 2025.

Près de 867 millions de cessions immobilières en 2024

Luca de Meo devra également réduire l’endettement du groupe et faire face aux remboursements de plus de trois milliards d’euros prévus à court terme. Cela nécessitera des rentrées de trésorerie d’exploitation plus conséquentes (si la désirabilité se concrétise et les ventes redémarrent) voire des cessions, comme l’opération réalisée avec Ardian concernant de l’immobilier de premier plan qui aura rapporté 867 millions d’euros à Kering en 2024.

Si le groupe a choisi ce profil expérimenté qui a effectué toute sa carrière dans l’automobile (Renault, Toyota, Lancia, Fiat, Alfa Romeo, Volkswagen), c’est parce que nommé directeur général de Renault en juillet 2020, il a réussi à redresser le groupe de façon spectaculaire avec son programme « Renaulution », une méthode qui aurait même été décortiquée par Harvard et vue comme un miracle.

Une rémunération exceptionnelle

Alors, pour attirer un profil de ce calibre, Kering va casser sa tirelire. Comme indiqué dans l’avis de convocation à l’assemblée générale mixte du 9 septembre, le groupe appelle les actionnaires à voter une rémunération pour le moins (très) attractive. Il propose d’octroyer à Luca de Meo un salaire fixe de 2 200 000 euros annuels (contre 1 700 000 euros chez Renault, p. 332 du DEU), ce dernier représentant 12,5 % de la rémunération du directeur général. Il sera complété d’une partie variable sous condition de performance (87,5 %). Cette dernière étant elle-même composée à 27,5 % par une variable annuelle et par une rémunération variable long terme en actions de performance.

Pour ce qui est de la partie variable à court terme, le nouveau directeur général touchera au maximum 1 210 000 euros annuels s’il atteint 100 % des objectifs de performance. En sus, Luca de Meo bénéficiera d’une indemnité de prise de fonction pour compenser les actions de performance en cours d’acquisition chez Renault et celles perdues du fait de son départ. Au total ce seront 20 000 000 d’euros qui lui seront versés pour sa prise de fonctions avec 15 000 000 d’euros en numéraires versés au plus tard le 31 décembre 2025 et 5 000 000 d’euros en actions Kering sous condition de présence continue pendant trois ans et d’atteinte des objectifs de performance.

Raviver la désirabilité

Luca de Meo réussira-t-il le miracle de raviver la désirabilité, de réinventer l’expérience client et de ramener la rentabilité du groupe à son plus haut niveau alors que la croissance du secteur ne devrait pas dépasser les 2 à 4 % par an sur la période 2025-2027 et que le contexte géopolitique est très incertain ? En tous cas, Kering semble y croire en lui faisant une offre de bienvenue à hauteur de ses espérances. Reste à savoir également quelle latitude, quelle liberté il aura vraiment. Devra-t-il soumettre de nombreuses opérations à l’autorisation du CA ? François-Henri Pinault, qui a dirigé le groupe pendant vingt ans, lui laissera-t-il être le véritable dirigeant chargé de la gestion, ce que laisse entendre le code AFEP-Medef pour lequel seul le DG est mandataire social exécutif ?


(1) Ratios calculés à partir des états financiers consolidés issus des documents d’enregistrement universel (DEU) de Kering, de LVMH et de Hermès, à fin décembre 2024, et du rapport annuel du Groupe Richemont, à fin mars 2025

The Conversation

Isabelle Chaboud ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Après Renault, Luca de Meo pourra-t-il mettre le turbo chez Kering ? – https://theconversation.com/apres-renault-luca-de-meo-pourra-t-il-mettre-le-turbo-chez-kering-264903

What causes muscle cramps during exercise? Athletes and coaches may want to look at the playing surface

Source: The Conversation – USA – By Michael Hales, Associate Professor of Health Promotion and Physical Education, Kennesaw State University

Muscle cramps have felled many an athlete on game day. Paul Ellis/AFP via Getty Images

For athletes across all sports, few experiences are as agonizing as being forced to leave competition with a sudden muscle cramp. These painful, uncontrolled spasms – formally known as exercise-associated muscle cramps – have frustrated athletes, coaches and researchers for decades.

Scientists have traditionally attributed exercise-induced cramps to dehydration or electrolyte imbalances. However, this theory left unanswered questions. For example, many well-hydrated athletes experience cramps, while others competing in hot, humid conditions remain unaffected.

A growing body of research is challenging this explanation, pointing instead to the playing surface as a critical factor.

In my work as a sports scientist, I study how different variables affect athletic performance. Work from my team has found that specific qualities of playing surfaces can lead to early neuromuscular fatigue and unexpected muscle cramps.

Muscle cramps and playing surfaces

As muscles fatigue, the normal balance between signals in the nervous system that direct muscles to contract and relax become disrupted. Muscle spindles, which sense stretch, increase their firing rate. Meanwhile, inhibitory feedback from Golgi tendon organs – a part of the nervous system at the intersection of muscle fibers and tendons – declines.

In other words, muscles are getting mixed signals about whether to contract or relax. The result is excessive activation of motor neurons that stimulate muscle fibers into a sustained, involuntary contraction – a cramp.

Getting your muscles to contract and relax involves some intricate biochemistry.

Recent studies suggest that competing on surfaces with unfamiliar mechanical properties – such as stiffness and elasticity – can accelerate neuromuscular fatigue. Surfaces alter the mechanics of your muscles and joints. If your neuromuscular system is not accustomed to these demands, fatigue can prematurely set in and create the conditions for cramping.

In one study, my team and I found a 13% difference in muscle activity among runners performing on fields of varying stiffness and elasticity. Another study from my team found a 50% difference in hamstring activity among athletes performing identical drills on different types of turf.

Beyond sports-specific performance metrics, biomechanics research has long shown that altering the properties of playing surfaces changes muscle stiffness, joint loading and range of motion. These variables directly affect fatigue. Muscles crossing multiple joints such as the hamstrings appear especially vulnerable to variations in playing surfaces, given their central role in sprinting and cutting.

Preventing cramps during exercise

If playing surfaces influence fatigue, then managing how they interact with players could help prevent cramps.

Researchers have proposed developing regional databases cataloging the mechanical characteristics of competition surfaces for sports such as tennis. With this data, coaches and sports organizations could tailor training environments to mimic competitive conditions, reducing the shock of unfamiliar surfaces. It’s not necessarily the inherent properties of the surface that causes cramping, but rather how similar or different they are from what an athlete is used to.

Consider a soccer team that practices on a soft surface but competes on a more stiff surface. Without preparation, the shift in how their muscles will be used may lead to premature fatigue and cramps during competition. By incorporating drills that replicate how athletes’ muscles will be activated on competition turf could help the team better prepare for game conditions.

Similarly, a basketball team accustomed to new hardwood may benefit from training sessions on worn or cushioned courts that simulate upcoming away venues.

Trojans basketball player JuJu Watkins sitting on the court stretching her leg
Cramps often strike at inopportune times.
Brian Rothmuller/Icon Sportswire via Getty Images

The key is systematic exposure. Conditioning on surfaces that replicate competitive demands acclimatizes the neuromuscular system, lowering fatigue risk and potentially reducing the risk of cramps.

Toward a holistic approach to cramps

Hydration and nutrition remain essential for performance. But accounting for conditioning, footwear traction and adaptation to different playing surfaces could help sports medicine move toward a more complete solution to exercise-associated muscle cramps.

With continued research and technology development, cramps may no longer need to be a frustrating inevitability. Instead, athletes and coaches could anticipate them, adjust training to match surface demands, and take steps to prevent them before they derail performance.

The future of cramp prevention may lie in real-time monitoring. Advances in a combination of wearable biosensors to detect neuromuscular fatigue, surface testing equipment and machine learning could help predict individualized cramp risk. Coaches might then adjust practice plans, make in-game substitutions or even adapt surface conditions when possible.

By better preparing athletes for the mechanical demands of competition surfaces, teams may protect their athletes’ health and ensure top performers are available when the game is on the line.

The Conversation

Michael Hales does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. What causes muscle cramps during exercise? Athletes and coaches may want to look at the playing surface – https://theconversation.com/what-causes-muscle-cramps-during-exercise-athletes-and-coaches-may-want-to-look-at-the-playing-surface-262619

Techno-utopians like Musk are treading old ground: The futurism of early 20th-century Europe

Source: The Conversation – USA – By Sonja Fritzsche, Senior Associate Dean and Professor of German Studies, Michigan State University

Twentieth-century futurists celebrated flight, communications and manufacturing. Today, they’re inspired by space, AI and biotechnology. Davide Mauro/Wikimedia, CC BY-SA

In “The Singularity is Nearer: When We Merge with AI,” the futurist Ray Kurzweil imagines the point in 2045 when rapid technological progress crosses a threshold as humans merge with machines, an event he calls “the singularity.”

Although Kurzweil’s predictions may sound more like science fiction than fact-based forecasting, his brand of thinking goes well beyond the usual sci-fi crowd. It has provided inspiration for American technology industry elites for some time, chief among them Elon Musk.

With Neuralink, his company that is developing computer interfaces implanted in people’s brains, Musk says he intends to “unlock new dimensions of human potential.” This fusion of human and machine echoes Kurzweil’s singularity. Musk also cites apocalyptic scenarios and points to transformative technologies that can save humanity.

Ideas like those of Kurzweil and Musk, among others, can seem as if they are charting paths into a brave new world. But as a humanities scholar who studies utopianism and dystopianism, I’ve encountered this type of thinking in the futurist and techno-utopian art and writings of the early 20th century.

Techno-utopianism’s origins

Techno-utopianism emerged in its modern form in the 1800s, when the Industrial Revolution ushered in a set of popular ideas that combined technological progress with social reform or transformation.

a bronze sculpture of a human form with bulging, distorted leg muscles and no arms
Umberto Boccioni’s 1913 sculpture ‘Unique Forms of Continuity in Space’ conveys speed, dynamism and the melding of human and machine.
Sepia Times/Universal Images Group via Getty Images

Kurzweil’s singularity parallels ideas from Italian and Russian futurists amid the electrical and mechanical revolutions that took place at the turn of the 20th century. Enthralled by inventions like the telephone, automobile, airplane and rocket, those futurists found inspiration in the concept of a “New Human,” a being who they imagined would be transformed by speed, power and energy.

A century ahead of Musk, Italian futurists imagined the destruction of one world, so that it might be replaced by a new one, reflecting a common Western techno-utopian belief in a coming apocalypse that would be followed by the rebirth of a changed society.

One especially influential figure of the time was Filippo Marinetti, whose 1909 “Founding and Manifesto of Futurism” offered a nationalistic vision of a modern, urban Italy. It glorified the tumultuous transformation caused by the Industrial Revolution. The document describes workers becoming one with their fiery machines. It encourages “aggressive action” coupled with an “eternal” speed designed to break things and bring about a new world order.

The overtly patriarchal text glorifies war as “hygiene” and promotes “scorn for woman.” The manifesto also calls for the destruction of museums, libraries and universities and supports the power of the rioting crowd.

Marinetti’s vision later drove him to support and even influence the early fascism of Italian dictator Benito Mussolini. However, the relationship between the futurism movement and Mussolini’s increasingly anti-modern regime was an uneasy one, as Italian studies scholar Katia Pizzi wrote in “Italian Futurism and the Machine.”

Further east, the Russian revolutionaries of 1917 adopted a utopian faith in material progress and science. They combined a “belief in the ease with which culture could be destroyed” with the benefits of “spreading scientific ideas to the masses of Russia,” historian Richard Stites wrote in “Revolutionary Dreams.”

a painting of people, arms raised, along a landscape with numerous giant planets in the sky and rays of light rising from beyond the horizon
Konstantin Yuon’s 1921 painting ‘New Planet’ captures the early Soviet Union’s revolutionary fervor and sense of cosmic societal transformation.
WikiArt

For the Russian left, an “immediate and complete remaking” of the soul was taking place. This new proletarian culture was personified in the ideal of the New Soviet Man. This “master of nature by means of machines and tools” received a polytechnical education instead of the traditional middle-class pursuit of the liberal arts, humanities scholar George Young wrote in “The Russian Cosmists.” The first Soviet People’s Commissar of Education, Anatoly Lunacharsky, supported these movements.

Although their political ideologies took different forms, these 20th-century futurists all focused their efforts on technological advancement as an ultimate objective. Techno-utopians were convinced that the dirt and pollution of real-world factories would automatically lead to a future of “perfect cleanliness, efficiency, quiet, and harmony,” historian Howard Segal wrote in “Technology and Utopia.”

Myths of efficiency and everyday tech

Despite the remarkable technological advances of that time, and since, the vision of those techno-utopians largely has not come to pass. In the 21st century, it can seem as if we live in a world of near-perfect efficiency and plenitude thanks to the rapid development of technology and the proliferation of global supply chains. But the toll that these systems take on the natural environment – and on the people whose labor ensures their success – presents a dramatically different picture.

Today, some of the people who espouse techno-utopian and apocalyptic visions have amassed the power to influence, if not determine, the future. At the start of 2025, through the Department of Government Efficiency, or DOGE, Musk introduced a fast-paced, tech-driven approach to government that has led to major cutbacks in federal agencies. He’s also influenced the administration’s huge investments in artificial intelligence , a class of technological tools that public officials are only beginning to understand.

Twentieth-century futurism influenced the politics of the day but was ultimately an artistic and literary movement, as this exhibit at the Guggenheim Museum shows.

The futurists of the 20th century influenced the political sphere, but their movements were ultimately artistic and literary. By contrast, contemporary techno-futurists like Musk lead powerful multinational corporations that influence economies and cultures across the globe.

Does this make Musk’s dreams of human transformation and societal apocalypse more likely to become reality? If not, these elements of Musk’s project are likely to remain more theoretical, just as the dreams of last century’s techno-utopians did.

The Conversation

Sonja Fritzsche does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Techno-utopians like Musk are treading old ground: The futurism of early 20th-century Europe – https://theconversation.com/techno-utopians-like-musk-are-treading-old-ground-the-futurism-of-early-20th-century-europe-259367

The surprising recovery of once-rare birds

Source: The Conversation – USA (2) – By Tom Langen, Professor of Biology, Clarkson University

Sandhill cranes can be spotted in many states, but in the 1930s their populations had crashed to a few dozen breeding pairs in the eastern U.S. Rsocol/Wikimedia Commons, CC BY

When I started bird-watching as a teenager, a few years after the first Earth Day in 1970, several species that once thrived in my region were nowhere to be found.

Some, like the passenger pigeon, were extinct. Others had retreated to more remote, wild areas of North America. In many cases, humans had destroyed their habitat by cutting down forests, draining wetlands and converting grasslands to agriculture. Pesticides such as DDT, air and water pollution, and the shooting of birds added to the drop in numbers.

Birds are still declining across the continent. A recent study of 529 species found their numbers fell nearly 30% from 1970 to 2017. In 2025, nearly one-third of all North American bird species are declining; 112 bird species that have lost over half their population in the past 50 years.

Yet, half a century after I started birding, I am starting to see a few long-missing species reappear as I ride my bike from my home through the village and surrounding farmland in rural New York.

Pileated woodpecker on a tree, with house in the background.
A pileated woodpecker foraging in a suburban neighborhood. This bird will excavate holes in trees, telephone poles and even wooden house siding to extract carpenter ants and beetle larvae or to create a nest cavity.
Christopher Langen

What has brought these species back while others are disappearing?

In some cases, like the bald eagle, state wildlife officials have reintroduced the birds. But others have returned on their own as habitat protection and restoration, the elimination of certain pesticides, and a shift away from shooting raptors and other large birds made the region less threatening for them.

As a wildlife biologist, I believe their return is a testament to conservation and the positive effect of reversing harms to the natural environment. Here are three examples.

Merlin: Pesticides’ collateral damage

The merlin is a falcon, a little smaller than a pigeon, that eats other birds.

Until the 1970s, merlins primarily bred in the vast coniferous forests of the far north. But in the early 1970s, they began nesting in Saskatoon, in Saskatchewan, Canada. Twenty years later, the city had 30 nests. Soon, merlins were breeding in towns across Canada’s prairie provinces, then spreading east into the cities and towns of eastern Canada and the northeastern U.S.

A falcon with alert eyes rests on a porch railing in the snow.
Merlins are falcons once rarely found outside remote boreal forests. They are now a familiar bird in many towns in Canada and the northeastern U.S. This one was spotted in Elmira, Ontario, Canada.
David St. Louis/Wikimedia Commons, CC BY

In Ontario, merlin populations have increased 3.5% per year over the past half-century, an explosive rate of increase.

Where I live in the Saint Lawrence Valley of New York, nearly every village has a pair nesting in an old crow nest at the top of a tall Norway spruce tree today. The loud ki-ki-kee of a territorial pair becomes a familiar sound when they’re in the area.

Why did merlin populations grow and spread so rapidly?

Merlin held in the author's hand, in front of a Christmas tree.
A merlin that was injured in a window strike − the left eye is swollen shut. The author delivered it to a licensed rehabilitator, who cared for it until it could be released. Window strikes are a frequent cause of injury to these falcons.
Tom Langen

Exposure to the pesticide DDT in the 1960s weakened the shells of eggs laid by merlins and other raptors, and fewer of their chicks survived. Their numbers plummeted as a result. When the U.S. and Canada began restricting DDT in the early 1970s – and other pesticides – it was possible for merlins to successfully breed once again in areas with extensive agriculture.

The indiscriminate shooting of birds of prey like the merlin has also declined. In the late 1800s, with farmers upset about losing poultry to raptors, Pennsylvania offered 50-cent bounties for the heads of merlins and other hawks and owls, and paid $90,000 over two years. People gathered at migratory passages, such as Hawk Mountain, to shoot birds of prey.

Ending bounty programs and enforcing laws prohibiting shooting helped stop this. More importantly, people became aware of the ecological value and beauty of raptors and turned against killing them. Today, Hawk Mountain is a site for bird-watching rather than bird-shooting.

Merlins may have also gotten some help from a large increase in urban-breeding crows. Merlins do not build their own nests but instead move into old crow nests. And it appears that merlins have adapted to the presence of humans, as well.

Pileated woodpecker: The need for big trees

Another bird that has dramatically increased in population and range is the pileated woodpecker. These black-and-white woodpeckers, recognizable for their bright red crest, are large – about the size of a crow.

The two other large woodpecker species in North America – the ivory-billed and imperial woodpeckers – are likely extinct today.

In the early 20th century the pileated woodpecker appeared to be on the same trajectory, as forest clearing took away their habitat. These woodpeckers rely on large dead or dying trees where they can excavate nesting cavities and feed on carpenter ants and wood-boring beetle larvae.

A closeup of a woodpecker with a bright red crest and black and white markings.
Pileated woodpeckers appeared to be at risk of extinction as their habitat disappeared in the early 20th century, but they have since rebounded.
Gary Leavens/Wikimedia Commons, CC BY-SA

The regrowth of forest in eastern North America boosted their population – as did protection from shooting.

They now forage in large trees in suburban yards, visit bird feeders, nest in parks with substantial tree cover, and are not shy around people.

Their return is good for other species, too. The pileated woodpecker is a keystone species: Several birds and mammals benefit from the large tree cavities that the woodpeckers excavate.

Sandhill crane: A Clean Water Act success story

It’s not every day that you see a 4-foot-tall (1.2-meter) bird in rural New York, but it’s happening more often. Sandhill cranes were once almost extinct in the eastern U.S. Today, they’re making a comeback.

These large waterbirds disappeared across much of their breeding range in the early 20th century as wetlands were drained for agriculture. They were also shot to prevent crop damage and heavily hunted for meat and were referred to as “ribeye of the sky.”

By the 1930s, there were only about three dozen pairs in the eastern half of the U.S., mainly in remote marshes of northern Wisconsin. Laws such as the Clean Water Act, and programs that protect and restore wetlands and grasslands, such as the USDA Agricultural Conservation Easement Program, have played an important part in this species’ recovery.

Sandhill cranes walk on a golf course, looking a lot like the the golfers ignoring them in the background.
A pair of sandhill cranes make themselves at home on a Florida golf course. These large birds turn up in towns and fields in many states today.
Jeffrey Greenberg/Universal Images Group via Getty Images

Hunting regulations and migratory bird treaties have also been key. Probably because of reduced shooting, cranes now tolerate the presence of people. They’re spotted foraging on golf courses and even breeding in suburban wetlands near Chicago.

Today, over 90,000 sandhill cranes exist in the U.S., and they can be found breeding across the Great Lakes states, New England and eastern Canada. They aren’t beloved everywhere, however – in some areas, the cranes cause crop damage in cornfields.

Lessons for the recovery of other species

Other bird species that are now breeding in my area, but weren’t in 1970, include the Canada goose, turkey, trumpeter swan, great egret, bald eagle, osprey, peregrine falcon and raven.

All have benefited from habitat protection and restoration, less shooting of birds and, in the case of the raptors, bans of certain pesticides such as DDT.

While other bird species are declining, these recoveries show that when habitat is restored and protected, when people remove harmful substances from the environment and address harms caused by human infrastructure such as lights at night and reflective windows, some species that are currently rare and found only in remote places may return to the places we live.

The Conversation

Tom Langen does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The surprising recovery of once-rare birds – https://theconversation.com/the-surprising-recovery-of-once-rare-birds-263595

Québec’s school cellphone ban won’t solve the challenges of family tech use

Source: The Conversation – Canada – By Alex Baudet, Assistant professor in Marketing, Université Laval

This back-to-school season, students across Québec are adjusting to a significant policy change: cellphones are now fully banned in elementary and secondary schools. This conversation, though contentious, is not new, nor is it unique to Québec.

With stories ranging from teenage suicide after conversations with ChatGPT to allegations of child exploitation on Roblox feeding parental anxiety, policymakers worldwide have been responding to rising concerns about the effects of digital technology on youth.

But as researchers of everyday technology use, we argue that a ban alone overlooks a key challenge that families face: once children return home for the day, parents must independently manage tech-related negotiations. But because much of children’s online activities are hidden, it’s difficult to set boundaries and maintain open communication.

Parents need digital literacy

According to l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique, a think tank based in France, 53 per cent of parents believe that they lack support when it comes to the digital education of their children.

Our research shows that the issue isn’t just screen time, but the invisibility of children’s activity that fuels household conflicts.

For example, a teenager we interviewed used gaming to stay in touch with friends, but his mother saw it as a way to isolate himself. A simple conversation might have eased tensions, but the stigma around gaming made it harder.

These misunderstandings widen the digital literacy gap between parents and children.

Thinking beyond screen time

Screen time alone doesn’t tell us much about youth’s online activities. Some studies link moderate use rather than none — roughly an hour a day — to lower depression rates, and show that digital platforms can foster more diverse and inclusive friendships than offline ones. Context matters: what children are doing, with whom, and under what conditions.

Focusing on gaming, our study explored how families experience technologies at home.

We found that parents worry not only about gaming itself — often seen as isolating and unproductive — but also about how it disrupts routines. A child refusing to quit a game for dinner is one example. Because technologies are designed to absorb the user, their impact on others in the household is often overlooked.

The challenge of invisibility

These struggles are worsened by the invisibility of online activity. Watching a child at a screen offers no insight into whether they are bonding with friends, arguing with strangers or facing harm.

We found that this opacity complicates household negotiations.

Parents certainly do set limits: “one hour of gaming,” “no phone after 9 p.m.,” but without understanding gaming dynamics, these rules can feel arbitrary and unfair to teens.

In our study, players were often caught between competing demands: leaving mid-session could mean penalties or letting down teammates, while staying online clashed with family expectations like coming to dinner. These clashes left parents feeling disrespected and children feeling misunderstood.

Why bans fall short

From a policy perspective, banning devices in classrooms may reduce distractions, but it does little to help families manage tech use at home, where tensions quickly resurface.

Evidence from abroad shows bans rarely solve deeper issues.

In Australia, for example, where several states restrict phones in schools, researchers warn such measures shouldn’t altogether replace broader digital literacy efforts.

Fostering literacy and dialogue

If we want to support families, we need to better understand the hidden aspects of digital life. This means helping parents develop the literacy to ask informed questions, grasp usage contexts and negotiate fair rules.

Phones and gaming consoles are often treated as private devices which leaves parents guessing about what’s happening behind the screen. Dialogue helps, but parents need specific support systems.

In Québec, for example, Vidéotron has partnered with CIEL to offer tools that help families discuss and manage phone use.

In our study of competitive gamers, we found that such initiatives show how intermediaries can act like coaches: guiding youth and adults toward healthier, more balanced tech practices. Rather than leaving families to navigate this alone or relying solely on school bans, structured support can make the invisible side of technology more manageable.

It also means recognizing that technology use is rarely solitary. A child gaming is connected to peers; a teen scrolling social media is navigating complex social pressures. By acknowledging these connections, parents can move beyond screen-time limits toward conversations about safety and balance.

Our research shows that when families can talk openly about online life, even if parents don’t fully understand the platforms, tensions ease and rules become easier to follow.

Where do we go from here?

Technology will always evolve faster than policy. And while bans may offer short-term relief, they’re no substitute for open dialogue, digital literacy and patient understanding at home.

As the new school year begins, the real challenge isn’t just deciding whether phones belong in class.

It’s finding realistic ways to support families in navigating a digital world where much remains hidden from view.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Québec’s school cellphone ban won’t solve the challenges of family tech use – https://theconversation.com/quebecs-school-cellphone-ban-wont-solve-the-challenges-of-family-tech-use-264079

Les robots, des collègues de travail comme les autres ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Thierry Colin, Professeur des universités en Sciences de gestion, Université de Lorraine

Le concept de cobot a été inventé par l’industrie automobile. L’objectif : créer des robots capables de travailler aux côtés des humains, sans risque d’insécurité. Gumpanat/Shutterstock

Les robots collaboratifs, ou cobots, ne remplacent pas seulement les humains : ils peuvent travaillent avec eux. Quel est leur impact sur la division du travail ?


Les robots sont omniprésents dans la production industrielle. Leur diffusion a toujours été au cœur d’enjeux humains, sociaux, économiques et en management, entraînant très tôt de nombreux questionnements.

Une nouvelle interrogation émerge aujourd’hui avec l’apparition des cobots. Capables de travailler non seulement à la place, mais aussi avec les humains au sein des ateliers, les robots collaboratifs sont-ils en train de devenir des collègues comme les autres ? Légers, flexibles, relativement accessibles et conviviaux… sont-ils susceptibles de remettre en cause les codes de la division du travail ?

Nos recherches récentes, basées sur des études de cas comprenant des entretiens et des observations en situation, ont permis de repérer quatre types d’usage des cobots : configuration simultanée, alternée, flexible ou coexistence. Elles rentrent dans le cadre du projet Impact « C-Shift » (Cobots in the Service of Human activity at work) qui vise à étudier l’impact de la mise en œuvre de dispositifs collaboratifs intelligents tels que les cobots dans le cadre des défis de l’industrie du futur.

Qu’est-ce qu’un cobot ?

Le terme cobot est créé par la contraction des termes anglais « collaborative » et « robot ». La paternité en est attribuée à des universitaires états-uniennes qui cherchent à la fois à limiter les troubles musculosquelettiques et à améliorer la productivité dans des usines de production automobile – Ford et General Motors.

Un robot collaboratif est un robot qui peut être installé dans le même espace de travail que les opérateurs humains, sans barrière de protection physique. Ils sont équipés de capteurs et de programmes déclenchant un ralentissement du mouvement ou un arrêt complet si un risque de collision est détecté. Ils sont capables de réaliser la plupart des opérations industrielles – visser, percer, poncer, souder.

Les cobots ne sont pas conçus pour des usages prédéfinis. Ils sont caractérisés avant tout par leur flexibilité. Facilement programmables grâce à des interfaces accessibles sur des tablettes, ils sont faciles à déplacer. Ils peuvent aussi bien mettre des produits cosmétiques dans des cartons, que faire du contrôle qualité à l’aide d’une caméra en bout de chaîne de production ou souder des pièces métalliques.

Marché multiplié par quatre d’ici 2030

Les cobots ne sont plus de simples prototypes de laboratoire. Ils sont désormais couramment utilisés dans des usines de toutes tailles et dans divers secteurs – automobile, logistique, santé, agroalimentaire –, bien que leur adoption reste encore loin d’être généralisée. La part des cobots dans les ventes mondiales de robots serait de l’ordre de 3 % et, selon ABI research, le marché des cobots pourrait être multiplié par quatre d’ici 2030.

Courbe
Prévision de croissance du marché mondial des robots collaboratifs (cobots) de 2020 à 2030 en millions de dollars états-uniens. »
Statista et ABI Research, FAL

Les cobots ne visent pas à remplacer les robots traditionnels en raison de plusieurs limitations :

  • Leur charge utile est réduite : leur légèreté et leur petite taille les empêchent de manipuler des objets lourds.

  • Leur vitesse d’exécution est volontairement limitée pour garantir la sécurité des humains qui travaillent autour. Cela freine leur productivité et les rend peu adaptés aux productions à très grande échelle.

  • Installés dans les mêmes espaces que les humains, les cobots soulèvent des problèmes de sécurité lorsqu’ils sont équipés d’outils dangereux – outil coupant ou torche de soudage.

Leur potentiel réside avant tout dans de nouveaux usages et une approche différente de l’automatisation. Ainsi, dans une PME spécialisée dans la tôlerie qui a fait l’objet d’une étude de cas, les soudures sont effectuées par un robot de soudure traditionnel pour les grandes séries récurrentes. Pour les séries de taille moyenne et par des soudeurs pour les petites séries ou des soudures trop complexes, elles sont effectuées par des cobots.

Quatre usages des cobots en usine

Si par définition les cobots ont la possibilité de travailler dans le même espace que des opérateurs humains, leurs usages ne sont pas nécessairement collaboratifs et nos recherches nous ont permis de distinguer quatre configurations.

Projet C-SHIFT, cobots et industrie du futur, de l’Université de Lorraine.
Université de Lorraine, Fourni par l’auteur

Coexistence avec l’humain

À un extrême, les cobots viennent se substituer aux opérateurs pour prendre en charge les gestes les plus pénibles et/ou gagner en productivité. On qualifie cet usage de coexistence, car il n’y a aucune interaction directe avec les humains.

Dans l’industrie automobile, des cobots vissent des pièces sous les véhicules, là où les positions sont particulièrement difficiles pour les opérateurs.




À lire aussi :
Comment rendre les robots plus adaptables aux besoins de leurs collaborateurs humains ?


Configuration simultanée

Dans la configuration simultanée, cobots et opérateurs travaillent ensemble en adaptant mutuellement leurs mouvements, côte à côte ou face à face. Si cette configuration est largement réalisable en laboratoire, elle est assez rare en condition réelle. La raison : le temps nécessaire à sa mise au point et sa certification sécurité obligatoire.

Chez un équipementier, le cobot positionne une colonne de direction pour automobile avec précision, évitant le port de charges et les chocs, et l’opérateur effectue des tâches de vissage sur la pièce.

Configuration alternée

La configuration alternée correspond à une situation où l’opérateur utilise le cobot, mais n’interagit pas directement avec lui. Il le programme pour une série de tâches, et le laisse travailler seul, dans un espace différent. Cette configuration garantit une meilleure sécurité pour l’opérateur humain. Ce dernier optimise la répartition du travail entre ce qu’il confie au cobot et ce qu’il continue de faire lui-même.

Chez un fabricant d’échangeurs thermiques pour la production de gaz industriels, les soudeurs délèguent aux cobots les soudures les plus simples et se concentrent sur des soudures plus complexes ou moins répétitives.

Configuration flexible

Dans la configuration flexible, la répartition du travail entre humains et cobots évolue au cours du temps, en fonction du plan de charge. Une fois la technologie maîtrisée, les cobots peuvent être réaffectés à différentes activités en fonction des exigences du moment. Le même cobot peut être utilisé pendant une période pour une activité de chargement de machines, puis réoutillé, il peut servir pour du ponçage, puis des opérations de peinture, etc.

L’efficacité réside dans la capacité des opérateurs, des techniciens et des ingénieurs à travailler ensemble pour inventer constamment de nouveaux usages. Cette configuration semble particulièrement adaptée à des PME dans lesquelles les séries sont courtes et variables.

Cobots et IA

Les cobots font partie d’un vaste mouvement technologique. Le contexte de l’industrie 5.0 et l’utilisation croissante de l’IA permettront aux cobots d’être encore plus adaptables, voire capables d’improvisation. Ils pourront être intégrés dans des « systèmes cyberphysiques de production », c’est-à-dire des systèmes très intégrés dans lesquels l’informatique contrôle directement les outils de production.

Cette intégration n’est pas évidente à ce stade. Si elle est possible, on peut penser que c’est la capacité à « combler les trous » de l’automatisation traditionnelle qui sera dominante, reléguant la flexibilité et l’aspect collaboratif au second plan. Inversement, le recours à l’intelligence artificielle peut aider au développement de configuration flexible misant sur la collaboration au sein des collectifs de travail.

Si ces évolutions technologiques ouvrent de nombreux possibles, elles laissent ouverte la question des usages en contexte réel. Les tendances futures dépendront des choix qui seront faits en termes de division du travail et de compétences.

Les configurations dites coexistence et activité simultanée ont finalement peu d’implications sur l’évolution des compétences ou de modalités de collaboration entre ingénieurs, techniciens et opérateurs. À l’inverse, le choix des configurations flexible ou activité alternée suppose que les opérateurs développent de nouvelles compétences, notamment en programmation, et que de nouvelles formes de collaboration verticales se développent.

En d’autres termes, les cobots redistribuent moins les cartes en matière de collaboration homme-machine qu’ils n’invitent à revoir les logiques de collaborations entre humains au sein des organisations.

The Conversation

Thierry Colin a bénéficié d’une aide de l’Initiative d’Excellence Lorraine (LUE) au titre du programme France 2030, portant la référence ANR-15-IDEX-04-LUE. Il a aussi bénéficié d’une aide de l’ANACT dans le cadre de son AMI “Prospective pour accompagner la transition des systèmes de travail”

Benoît Grasser a bénéficié d’une aide de l’Initiative d’Excellence Lorraine (LUE) au titre du programme France 2030, portant la référence ANR-15-IDEX-04-LUE. Il a aussi bénéficié d’une aide de l’ANACT dans le cadre de son AMI « Prospective pour accompagner la transition des systèmes de travail ».

ref. Les robots, des collègues de travail comme les autres ? – https://theconversation.com/les-robots-des-collegues-de-travail-comme-les-autres-260231

Qu’est-ce que le kratom, cet antidouleur interdit en France, mais en vente libre aux États-Unis ?

Source: The Conversation – in French – By David Kroll, Professor of Natural Products Pharmacology & Toxicology, University of Colorado Anschutz Medical Campus

Issu d’un arbre originaire d’Asie du Sud-Est, le kratom, réduit en poudre, est traditionnellement consommé pour ses effets stimulants, euphorisants et analgésiques. Cependant, l’utilisation de ce produit, interdit en France, n’est pas toujours sans risque.


David Bregger n’avait jamais entendu parler du kratom avant que son fils Daniel, 33 ans, décède à Denver, en 2021, après avoir consommé ce qu’il pensait être un inoffensif remède naturel contre l’anxiété. Selon M. Bregger, son fils ignorait que ce complément alimentaire d’origine végétale pouvait lui être fatal.

Et pour cause : l’étiquette ne comportait ni liste d’ingrédient ni indication posologique. En outre, les risques liés à une consommation en conjonction avec d’autres substances sédatives (telles que la diphénhydramine, un antihistaminique en vente libre) étaient passés sous silence.

Quatre ans après la mort de Daniel, le projet de loi 25-072 du Sénat du Colorado, connu sous le nom de Daniel Bregger Act, a été adopté. Le texte vise à épargner à d’autres familles le drame vécu par les Bregger, en limitant notamment l’accès au kratom pour les mineurs. Il s’attaque notamment aux pratiques commerciales qualifiées de « trompeuses » en lien avec la vente de produits à base de kratom.

M’intéressant aux sciences pharmaceutiques, je donne depuis plus de trente ans des cours sur les compléments alimentaires à base de plantes telles que le kratom. J’ai publié plusieurs travaux sur ses effets et les controverses qu’il suscite. Voici ce qu’il faut savoir de cette substance.

Derrière le mot « kratom », une multiplicité de produits

Le terme « kratom » recouvre une large gamme de produits issus des feuilles de l’arbre Mitragyna speciosa, originaire d’Asie du Sud-Est. Cette plante tire son appellation latine de la forme de ses feuilles, qui rappellent la mitre épiscopale, la coiffe portée par les évêques et certains autres dignitaires religieux.

Le kratom est produit à partir de feuilles séchées et réduites en poudre, lesquelles peuvent être mâchées ou infusées en thé. Utilisé en Thaïlande par les ouvriers agricoles pour accroître leur endurance et leur productivité, le kratom agit comme un stimulant proche de la caféine. À des doses plus élevées, il procure une sensation de bien-être analogue à celle des opioïdes.

Les effets du kratom sont dus à la présence dans ses feuilles d’une molécule en faible quantité, la mitragynine. Celle-ci stimule partiellement les récepteurs opioïdes du système nerveux central – les mêmes que ceux qui sont activés par des substances comme la morphine ou l’oxycodone. Lorsqu’ils sont suractivés, ces récepteurs peuvent influer sur la respiration, la ralentissant voire la stoppant complètement.

Après ingestion, la mitragynine contenue dans la poudre est transformée en 7-OH (ou 7-hydroxymitragynine) par les enzymes du foie, ce qui explique ses effets de type opioïde. Également synthétisable en laboratoire, la 7-OH peut être utilisée pour accroître la puissance de certains produits à base de kratom. C’est une des raisons de la controverse autour de cette substance.

La 7-OH a attiré l’attention de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence états-unienne en charge de la surveillance des denrées alimentaires et des médicaments. Le 29 juillet 2025, l’agence a publié un avertissement indiquant que les produits contenant de la 7-OH sont de puissants opioïdes, susceptibles de provoquer de graves risques pour la santé et même d’entraîner la mort.

Par ailleurs, divers travaux sur le kratom et sur ses composants ont mis en évidence ses effets potentiellement délétères. Des analyses post-mortem effectuées par les centres pour le contrôle et la prévention des maladies et par plusieurs chercheurs universitaires ont montré qu’aux États-Unis, les corps de centaines de personnes décédées contenaient des substances provenant du kratom.

Cependant, il semblerait que s’il est consommé seul, le kratom est cependant rarement mortel. En Floride, l’analyse de 551 décès en lien avec sa consommation a ainsi révélé que les corps de 93,5 % des victimes contenaient également d’autres substances, comme des opioïdes tels que le fentanyl.

Naturel ou synthétique, tout médicament comporte des risques

Parce que le kratom est d’origine végétale, sa commercialisation aux États-Unis se situe dans une zone grise réglementaire. Il est souvent vendu en ligne comme complément alimentaire, généralement au kilo, par des vendeurs situés à l’étranger.

(En France, le kratom et ses composés – mitragynine et 7-hydroxymitragynine – sont inscrits sur la liste des psychotropes ; en conséquence, leur détention et leur achat sont interdits, ndlr.)

En 2016, j’ai rédigé une série d’articles pour le magazine Forbes, alors que la Drug Enforcement Administration (DEA, l’agence états-unienne de lutte contre les drogues) proposait d’inscrire les composants du kratom au tableau 1 du Controlled Substances Act, la classification la plus restrictive à sa disposition. Le tableau 1 est réservé aux substances que la DEA estime dénuées de toute utilité médicale reconnue et qui présentent, par ailleurs, un fort potentiel d’abus, comme l’héroïne ou le LSD.

À la lecture de ces textes, des lecteurs ont réagi en m’envoyant plus de 200 témoignages décrivant leur usage du kratom. Certains les utilisaient comme alternative aux opioïdes, pour lutter contre la douleur, tandis que d’autres expliquaient comment le kratom les avait aidés à sortir d’une dépendance à l’alcool ou aux opioïdes. Ces récits ont également afflué dans les commentaires sollicités par la DEA. Celle-ci a finalement renoncé à classer le kratom sur la liste des substances contrôlées, sans doute sous la pression de l’opinion.

Les témoignages reçus n’étaient cependant pas tous aussi élogieux. Certains mettaient en garde contre un risque majeur : celui de développer une dépendance au kratom lui-même. Le kratom m’est, dès lors, apparu comme une arme à double tranchant – remède pour les uns, il pouvait devenir dangereux pour les autres dans le cadre d’un usage récréatif.

Une enquête nationale auprès d’utilisateurs de kratom a confirmé ce constat (formulé de façon non scientifique) : elle a révélé que plus de la moitié des consommateurs de kratom prenait ce produit pour soulager la douleur, le stress, l’anxiété, ou une combinaison de ces troubles.

Poudre de feuille ou extrait artificiellement concentré

En 2016, après que la DEA a abandonné son projet d’interdire la poudre de feuilles, des revendeurs aux États-Unis ont isolé la mitragynine et l’ont concentrée dans de petits flacons, pour la proposer à leurs clients sous une forme similaire à celle des shots de caféine, vendus dans les stations-service du pays. Ce format permettait aux consommateurs d’absorber davantage de kratom.

Les vendeurs ont, par ailleurs, progressivement réalisé qu’ils pouvaient aussi produire de la 7-OH à partir de la mitragynine et ainsi renforcer la puissance de leurs produits. Une transformation qui en augmente malheureusement aussi la dangerosité.

Les utilisateurs de poudre de kratom déclarent consommer de 3 grammes à 5 grammes de produit par prise, soit l’équivalent d’une cuillère à soupe bien remplie. Ils ingèrent le produit sous forme de gélules ou bien en infusion, plusieurs fois par jour, afin de soulager les douleurs, de contrôler le besoin d’alcool ou les symptômes de sevrage (dûs à une utilisation prolongée d’opioïdes). Comme cette forme de kratom ne contient que 1 % de mitragynine environ, il est rare ce type de consommation entraîne des overdoses.

Ce constat (conjuguée à la pression des consommateurs de poudre de kratom) a conduit la FDA établir une distinction entre les produits à base de kratom, et à proposer de limiter les restrictions prévues à la seule 7-OH, sans interdire la mitragynine ni la poudre de feuilles. La nouvelle loi votée par l’État du Colorado limite quant à elle la concentration des ingrédients de kratom dans les produits commercialisés, et en interdit la vente et la publicité aux moins de 21 ans.

Même David Bregger est un partisan de cette distinction. L’an dernier, durant une manifestation organisée lors d’une conférence de l’American Kratom Association (une association dont l’objet est la protection des droits des citoyens des États-Unis à consommer légalement du kratom), il déclarait sur une chaîne du réseau WPRI :

« Je ne suis pas anti-kratom, je suis favorable à sa régulation. Ce que je souhaite, c’est que les consommateurs puissent uniquement se procurer le produit brut issu de la feuille. »

Ce type d’actions de lobbying a conduit l’American Kratom Association à reconnaître qu’il était légitime d’inscrire la 7-OH au tableau 1, étant donné l’état des connaissances scientifiques sur le sujet.

Des bénéfices malgré l’interdiction

Le débat, local et national, autour de la 7-OH, n’empêche pas les scientifiques de poursuivre les recherches afin de déterminer comment les propriétés du kratom pourraient être mises à profit à des fins médicales.

Les National Institute of Health ont ainsi accordé une subvention de 3,5 millions de dollars, laquelle s’ajoute à d’autres financements visant à déterminer si le kratom pourrait constituer une source potentielle de nouveaux médicaments.

Les travaux des scientifiques ont déjà permis d’identifier de nombreux autres alcaloïdes dans les feuilles de kratom, et dans les produits commerciaux qui en sont dérivés. Ces découvertes révèlent aussi que certaines variétés d’arbres produisent des composés uniques, ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouveaux antalgiques. Ils ont aussi découvert que certains composants du kratom, comme la 7-OH, se lient de manière spécifique aux récepteurs opioïdes.

Ces composés semblent agir davantage sur la gestion de la douleur que sur la suppression, potentiellement mortelle, des fonctions respiratoires. Bien entendu, ces observations ne valent que lorsque ces substances sont utilisées seules et non en combinaison avec d’autres sédatifs.

Sur la base des connaissances actuelles, les chercheurs estiment que la mise au point de médicaments basés sur des molécules isolées et purifiées à partir du kratom pourrait non pas aggraver la crise des opioïdes, mais plutôt ouvrir la voie vers de nouveaux traitements contre la dépendance.

Certaines de ses molécules, comme la mitragynine ont de multiples effets, ce qui pourrait permettre de remplacer à la fois les analgésiques existants (telles que la buprénorphine) ou les médicaments utilisés dans le cadre du sevrage aux opioïdes comme la clonidine.

Les recherches scientifiques rigoureuses menées jusqu’ici ont conduit à adopter un point de vue nuancé sur le kratom, ce qui a abouti à la mise en place, aux États-Unis, d’une régulation plus adaptée.

Rien, hélas, ne pourra ramener Daniel Bregger. Toutefois, les efforts conjugués des scientifiques et des législateurs peuvent non seulement ouvrir la voie à de nouveaux traitements, mais aussi éviter que d’autres familles ne soient frappées par de semblables tragédies.

The Conversation

David Kroll ne travaille pas pour, ne conseille pas, ne détient pas d’actions et ne reçoit pas de financement de la part d’une entreprise ou d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune affiliation pertinente au-delà de son poste universitaire.

ref. Qu’est-ce que le kratom, cet antidouleur interdit en France, mais en vente libre aux États-Unis ? – https://theconversation.com/quest-ce-que-le-kratom-cet-antidouleur-interdit-en-france-mais-en-vente-libre-aux-etats-unis-264816

The hidden plastic problem in your daily dental routine – and what’s being done about it

Source: The Conversation – UK – By Saroash Shahid, Reader in Dental Materials, Queen Mary University of London

Vladimir Sukhachev/Shutterstock.com

You brush twice daily, floss religiously and see your dentist every six months. But what if these acts of oral hygiene are quietly contributing to one of the planet’s most pressing environmental crises?

A growing body of research reveals that our pursuit of clean, healthy teeth comes with an unexpected cost: we’re washing billions of microplastic particles down the drain every day.

Take toothpaste, for example. Decades of using toothpastes with plastic microbeads triggered bans in many countries, but studies show that many modern toothpastes still contain microplastic particles.

And toothpaste isn’t the only offender; dental floss is another stealth culprit. Most flosses are made of nylon or Teflon – non-biodegradable fibres – that shed and linger in ecosystems.

Even the simple toothbrush sheds dozens of nylon bristle fragments during normal use. These fragments enter sewage, pass through treatment systems and end up in marine food chains where they are ingested by plankton, shellfish, fish and, eventually, us.

Beyond daily hygiene products, the materials dentists use inside our mouths also matter. For years, dentists have been replacing mercury-containing silver amalgam fillings with white plastic ones, believing them safer for patients and the planet.

That shift got a boost in 2013, when the UN Minamata Convention treaty urged countries to phase out dental amalgam to cut mercury pollution.

Resin-based composite fillings (the white plastic kind) became the go-to alternative. However, new research suggests these plastic fillings might have their own hidden environmental costs.

A 2022 review in the British Dental Journal confirmed this risk, showing how resin-based composites could contribute to pollution. It found that all the ingredients in these fillings might act as pollutants once they start breaking down.

In other words, the plastic material in a filling doesn’t just sit harmlessly in your tooth forever. Over time, tiny fragments and chemical components can wear off and leach out.

These resin bits and monomers (the basic chemical building blocks of the plastic) can make their way into saliva and wastewater, and eventually into the wider environment.

These risks don’t only emerge while fillings are in the mouth. A key concern is the microscopic plastic dust produced during routine dental work. Drilling out an old composite or polishing a new one generates fine debris that gets suctioned up and flushed down the drain.

These particles, often only a few microns wide, are essentially microplastics. They spread easily through water, and their large surface area means they can leach even more of the filling’s chemicals as they break down.

The problem doesn’t stop with fillings. Acrylic dentures, worn by millions of older adults, are another constant source of microplastic exposure. With every bite and every cleaning, tiny particles can rub off their surfaces and be swallowed.

Similarly, acrylic mouthguards, nightguards, clear aligners and removable retainers are held in the mouth for hours each day and show visible wear over time. That wear is a sign that microscopic fragments are being released and either ingested or rinsed into the sink.

An orthodontist fitting a retainer.
Retainers and mouthguards can also shed plastic through wear and tear.
Rec Stock Footage/Shutterstock.com

Effect on health

All of this plastic debris inevitably raises a bigger question: what does it do to us? The effect of microplastics on our health is worrying. Bisphenol A, a chemical used in some dental resins (plastics), can mimic hormones and disrupt the endocrine system.

In 2024, a medical study detected microplastics embedded in arterial plaque and those patients were far more likely to suffer a heart attack or stroke. Other studies suggest swallowed microplastics may disturb gut microbes and trigger inflammation.

Given these mounting risks, solving this plastic invasion will take action from industry and consumers alike. Manufacturers are developing toothpastes with natural abrasives like silica or clay instead of plastic beads and researching biodegradable polymers for future dental products.

Over 15 countries have already banned plastic microbeads in toothpastes and cosmetics, removing one obvious source of pollution. Some dental clinics are testing filters (like activated carbon filters) to trap resin dust before it enters wastewater.

Consumer choice

Consumers also have choices. Toothpaste tablets or powders in plastic-free packaging are now available. Bamboo toothbrushes or those with natural bristles significantly reduce plastic waste.

Plastic-free natural fibre-based floss options can also help minimise the impact of plastics.

For orthodontics, traditional metal braces offer effective alternatives without adding plastic to your mouth or the environment.

Dental plastics have brought clear benefits such as whiter teeth, easy treatments and safer alternatives to mercury. Yet their environmental costs and possible health risks are now coming into focus.

With microplastics turning up from the oceans to the human bloodstream, even our mouths are not safe from this invisible contamination. The hope lies in innovation and vigilance so dentistry can continue to protect our smiles without adding to the plastic crisis.

The Conversation

Saroash Shahid does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The hidden plastic problem in your daily dental routine – and what’s being done about it – https://theconversation.com/the-hidden-plastic-problem-in-your-daily-dental-routine-and-whats-being-done-about-it-264072

How the global anti-scam community could come together to beat the criminals

Source: The Conversation – UK – By Mark Button, Professor of Security and Fraud, University of Portsmouth

iSOMBOON/Shutterstock

Consumers are increasingly being targeted by financial fraudsters who deceive them into sending money, access their bank accounts or take out loans using their identity. Over the summer, new and more sophisticated scams have been widespread. Behind these frauds – things like phishing emails and scam calls – are a variety of schemes designed to trap people from any section of society.

In England and Wales, there was a 33% increase in the number of people falling victim to fraud in 2024, meaning it now accounts for 40% of all crime against individuals. According to one study, looking at the scale of the problem internationally, 31% of all adults in the US were targeted by fraudsters between 2021 and 2023. This figure was just 8% for Japan.

Much of this fraud is cross-border, so much so that the UK Home Office estimated in 2023 that 70% of fraud has an international element. And while some fraud schemes involve only lone fraudsters, the spectrum runs right through to sophisticated organised crime groups. In some of the most disturbing cases in east Asia, scam compounds have evolved, filled with tens of thousands of people forced to carry out scams – generating billions of dollars for the crime gangs.




Read more:
Scam Factories: the inside story of Southeast Asia’s brutal fraud compounds


This cross-border nature of most fraud poses immense challenges for police. There are substantial barriers to conducting international investigations and securing extraditions. The truth is that most active fraudsters based in different countries to their victims have few worries about being caught and punished, or even of having their criminal activities interrupted.

Indeed, there is very little evidence of extradition in western countries. So what can be done about this cruel, complex and costly problem?

The UK government has taken a leading role against cross-border fraud, introducing several initiatives in its counter-fraud strategy. However, most of the action points are defensive – focused on protecting potential victims and tightening the systems fraudsters exploit, such as banks, tech firms and telecoms.

On the offensive

Campaigns centred on fraud awareness, as well as making banks invest in prevention and getting internet companies to take down fraudulent adverts, are all important measures that should form the basis of any strategy. But offensive measures targeted at fraudsters have been under-used so far.

Our own research has highlighted several ways to take more offensive actions against fraudsters. Disruption efforts such as taking down scam websites, fake profiles and using bots are already being carried out by private companies, nongovernmental organisations and the private anti-scam community (Pasc). This group includes “scambaiters” (people who pretend to be taken in by the fraud in order to keep the criminals occupied) and volunteers working against scammers.

Some tactics are widely accepted – things like talking to fraudsters to waste their time, taking down fraudulent websites and using bots to communicate with criminals. However, other disruption methods are more controversial as they often break the law. These include placing malware on scammers’ computers, using “call-flooders” to disable scam phone numbers, hacking scammers to destroy files and intervening to warn victims.

Some groups also expose known scammers by informing their associates, friends and family of what they are doing. Alternatively, they report them to internet service providers and regulators. But publicly outing scammers runs the risk of serious harm to the criminal outside the formal justice system. Worse, it has the potential for mistaken identity and innocent people being vilified or even harmed.

The Pasc community is larger than any one country or global body’s anti-fraud police infrastructure. Retail giant Amazon alone has 15,000 people in its global anti-fraud community. As well as engaging in disruption, it also possesses huge amounts of data.

finger hovering above a link in a scam text message
The focus is on keeping consumers alert to fraud – but more offensive strategies could also be effective.
mundissima/Shutterstock

For any kind of global anti-fraud strategy to work, governments must embrace this community. In this way, they could work together to share data and strategies to target scammers efficiently and effectively.

Much more offensive disruption is needed, but it needs to be done with proper legal and ethical safeguards and in a coordinated way. This means working with existing or new international structures.

And police based in the victims’ countries should work more closely with the nations that are home to large numbers of cross-border scammers.

Sanctions too are a big part of the solution. While actions such as freezing assets and travel bans have been used against individuals and groups (as well as governments) to target things like corruption, money-laundering and people-trafficking, they have not been used in the counter-fraud area. These measures could easily be used against known scammers.

Fraud prevalence looks set to continue to grow globally. Increasing investment in prevention is welcome, but it is only part of the solution. Both public and private groups must renew their focus on offensive measures to target the fraudsters themselves. Sanctions should be central to a suite of strategies to disrupt the scammers, slashing the profits of their criminal enterprises.

The Conversation

Mark Button receives funding from various Government funded bodies to conduct research on fraud and related areas. He is also a member of the Labour Party.

Branislav Hock receives funding from various Government funded bodies to conduct research on economic crime and related areas.

ref. How the global anti-scam community could come together to beat the criminals – https://theconversation.com/how-the-global-anti-scam-community-could-come-together-to-beat-the-criminals-258450