Mieux diagnostiquer et prendre en charge les règles douloureuses dès l’adolescence

Source: The Conversation – France in French (3) – By Nadjib Mohamed Mokraoui, Médecin épidémiologiste, doctorant au Centre de recherche en Épidémiologie et Santé des Populations (CESP), équipe Épidémiologie Gynécologique (EpiGyn), Inserm. Travaux de recherche portant sur l’endométriose, Inserm; Université Paris-Saclay


L’ESSENTIEL

  • Chez les adolescentes, les douleurs des règles, ou dysménorrhée, représentent le symptôme gynécologique le plus fréquent.

  • On déplore un retard dans la prise en charge des formes sévères qui affectent pourtant santé, qualité de vie et scolarité.

  • Des études s’intéressent aux liens entre dysménorrhées précoces et douleurs chroniques pelviennes ou liées à l’endométriose.


Chaque mois, des millions d’adolescentes vivent leurs règles dans la douleur. Pour certaines, il s’agit d’un inconfort passager. Pour d’autres, la douleur est telle qu’elle peut aboutir à une marginalisation sociétale.

Pourtant, ces douleurs restent encore largement banalisées, souvent considérées comme un phénomène « normal », parfois même reléguées derrière des formules floues dans les justificatifs d’absence, comme de simples « problèmes féminins ».

Des douleurs de règles fréquentes dès l’adolescence

Cette normalisation n’est pas sans conséquence. Chez les adolescentes, la douleur des règles – ou dysménorrhée – constitue le symptôme gynécologique le plus fréquent.

Des études suggèrent que ce symptôme peut affecter jusqu’à 70 % des jeunes filles et qu’environ 10 à 15 % d’entre elles sont susceptibles de présenter une forme sévère (grade 3 selon l’échelle d’Andersh et Milsom) qui se caractérise par des douleurs intenses, résistantes aux traitements usuels, avec un impact majeur sur la vie quotidienne : absentéisme scolaire estimé de 2 à 5 jours par cycle, limitations des activités sportives et sociales et troubles de santé mentale associés, tels que l’anxiété et la dépression.

Ces douleurs sévères peuvent constituer le premier signe de pathologies comme l’endométriose, une maladie qui touche environ 1 femme sur 10 et dont le diagnostic survient encore, en moyenne, dans un délai de 7 ans à 10 ans après les premiers symptômes.

Retard dans le diagnostic, aussi dans la prise en charge

Mais cette manière de poser le problème mérite d’être revisitée. Au-delà du retard diagnostique, c’est souvent la prise en charge elle-même qui est tardive.

Les recommandations récentes insistent sur l’importance de reconnaître précocement les symptômes, en particulier la douleur, chez les adolescentes. Repenser ces douleurs précoces comme un signal clinique à part entière permet ainsi de déplacer le débat du retard diagnostique vers un véritable retard de prise en charge.

Toutes les patientes ne développeront pas nécessairement une maladie identifiée. Chez certaines adolescentes, ces douleurs répétées pourraient, à elles seules, favoriser l’installation progressive de douleurs pelviennes chroniques.

Des travaux en neurosciences ont montré que des stimulations douloureuses répétées peuvent entraîner une hypersensibilisation du système nerveux – un phénomène appelé « sensibilisation centrale » – rendant la douleur plus intense et persistante. Dans le domaine des douleurs pelviennes, ces mécanismes sont désormais bien documentés.

Entre sous-reconnaissance des symptômes et risque de chronicisation, laisser ces douleurs évoluer sans prise en charge adaptée n’est donc pas sans conséquence.

L’adolescence, fenêtre d’intervention sous-exploitée

L’adolescence représente une période clé. C’est à ce moment que débutent les menstruations, mais aussi que se structurent les réponses du système nerveux à la douleur.

Plusieurs études suggèrent que des douleurs répétées à un âge précoce sont associées à un risque accru de douleurs chroniques à l’âge adulte.

À l’inverse, une prise en charge adaptée et précoce, médicamenteuse ou non, pourrait contribuer à limiter la chronicisation de la douleur et améliorer la qualité de vie à long terme pour soulager les personnes qui souffrent de dysménorrhées, aussi dans les situations d’endométriose.

Parmi les pistes actuellement explorées figurent aussi de nouvelles approches de neuromodulation, comme la stimulation électrique transcutanée (TENS), mais aussi des stratégies pharmacologiques visant plus spécifiquement les mécanismes à l’origine des contractions et de la douleur utérines.

Autrement dit, les règles douloureuses ne sont pas seulement un symptôme à soulager ponctuellement : elles constituent une opportunité d’intervention préventive encore largement sous-exploitée.

Changer de regard : de la banalisation à la prévention

Aujourd’hui, la prise en charge des dysménorrhées reste souvent tardive et fragmentée. Elle repose principalement sur des traitements symptomatiques, proposés lorsque la douleur devient trop intense.

Mais cette approche atteint ses limites. En continuant à considérer ces douleurs comme normales, on retarde leur reconnaissance et leur prise en charge, laissant parfois s’installer des mécanismes de chronicisation.

Repenser ces douleurs comme un signal d’alerte – et non comme une fatalité – implique un changement de paradigme : passer d’une médecine réactive à une approche préventive.

Intervenir tôt : une approche en développement

C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet PRECURSOR, un projet national français visant à évaluer l’impact d’une prise en charge précoce et multidisciplinaire des dysménorrhées primaires sévères chez les adolescentes.

Déjà soutenu par de nombreux acteurs – notamment les filières d’endométriose, à travers leurs annuaires de professionnels de santé couvrant l’ensemble du territoire ainsi que des associations de patientes et des fondations –, le projet s’appuie sur une stratégie de repérage précoce. Celle-ci repose sur des structures de proximité, en particulier les pharmacies, mais également les établissements scolaires et les réseaux spécialisés de santé.

Le projet se déploiera sur une durée de cinq ans, avec un début du recrutement prévu au cours de l’année.

L’objectif est d’agir dès les premiers symptômes, en proposant une prise en charge globale combinant traitements médicaux (hormones/antalgiques), approches non médicamenteuses (comme la neurostimulation ou la kinésithérapie) et accompagnement psychologique.

Un enjeu de santé publique

Les douleurs menstruelles sévères affectent la scolarité, la santé mentale et la qualité de vie de nombreuses adolescentes. Elles s’inscrivent aussi dans un contexte plus large de sous-reconnaissance des douleurs féminines.

Au-delà de l’impact individuel, cette question pose également celle de l’organisation du système de santé. Une reconnaissance plus précoce des symptômes et une prise en charge adaptée dès l’adolescence pourraient, à terme, s’avérer moins coûteuses que des prises en charge tardives, souvent plus complexes et prolongées.

En réduisant le risque de chronicisation et les parcours de soins fragmentés, une approche préventive pourrait contribuer à une utilisation plus efficiente des ressources de santé.

Agir tôt, c’est reconnaître que ces douleurs ne sont ni anodines ni inévitables. C’est aussi saisir une opportunité unique : celle d’intervenir avant que la douleur s’installe durablement.

La douleur ne devrait jamais être un rite de passage.

Et si, finalement, la prévention des douleurs chroniques commençait dès les premières règles ?

The Conversation

Nadjib Mohamed Mokraoui a reçu des financements de la Fondation pour la Recherche sur l’Endométriose (FRE), de la Fondation Apicil, de l’Institut UPSA de la douleur, de la Fondation URGO.

– ref. Mieux diagnostiquer et prendre en charge les règles douloureuses dès l’adolescence – https://theconversation.com/mieux-diagnostiquer-et-prendre-en-charge-les-regles-douloureuses-des-ladolescence-290110

Le lithium au Sahel : comment les groupes armés tirent profit de la ruée mondiale vers ce minéral stratégique

Source: The Conversation – in French – By Bradley A. Mortin, PhD Candidate, King’s College London

Chaque batterie de véhicule électrique, de smartphone ou d’ordinateur portable repose sur un élément essentiel : le lithium.

Ce minerai stratégique est au cœur de la transition mondiale vers des énergies plus propres. Le lithium alimente les batteries rechargeables. Garantir son approvisionnement est donc une priorité économique et géopolitique.

L’Agence internationale de l’énergie prévoit une augmentation de la demande mondiale de lithium avec le développement des véhicules électriques et du stockage des énergies renouvelables. L’Afrique, en particulier le Sahel, joue un rôle de plus en plus important dans la recherche de sources d’approvisionnement. Les principaux producteurs actuels sont le Chili, l’Australie et la Chine.

Le Sahel est une zone semi-aride qui s’étend d’ouest en est en Afrique, entre le désert du Sahara au nord et les savanes tropicales au sud.

Dans cette vaste région, les groupes armés trouvent de nouveaux moyens de tirer profit de l’essor du commerce du lithium. Plus de 40 000 tonnes de lithium sont déjà extraites chaque année des gisements africains pour les consommateurs internationaux. Ce chiffre devrait atteindre environ 500 000 tonnes dès 2030.

Je suis chercheur spécialisé en géopolitique et en études sur les conflits. Dans une étude récente, j’ai examiné les liens entre l’expansion de l’extraction du lithium et les conflits dans le Sahel. J’ai étudié le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et le Nigeria.

J’ai constaté que les industries du lithium en pleine expansion s’insèrent progressivement dans les conflits existants. Elle est aussi liée aux activités des groupes insurgés et à la contrebande transfrontalière. Tous ces phénomènes sont favorisés par une gouvernance défaillante.

Par exemple, les groupes djihadistes et criminels — en particulier Boko Haram et la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (
ISWAP) — profitent du faible contrôle de l’exploitation minière du lithium pour générer des revenus et étendre leurs opérations.

Je soutiens que si les gouvernements du Sahel ne renforcent pas leur contrôle, le lithium risque de devenir une nouvelle ressource finançant les conflits plutôt que le développement. Là où la gouvernance est défaillante, des minerais précieux tels que l’or et les diamants ont déjà alimenté des conflits.

Le lithium au Sahel

Chaque batterie de véhicule électrique, de smartphone ou d’ordinateur portable repose sur un élément essentiel : le lithium.

Ce minerai stratégique est au cœur de la transition mondiale vers des énergies plus propres. Le lithium alimente les batteries rechargeables. Garantir son approvisionnement est donc une priorité économique et géopolitique.

L’Agence internationale de l’énergie prévoit une augmentation de la demande mondiale de lithium avec le développement des véhicules électrictiques et du stockage des énergies renouvelables. L’Afrique, en particulier le Sahel, joue un rôle de plus en plus important dans la recherche de sources d’approvisionnement. Les principaux producteurs actuels sont le Chili, l’Australie et la Chine.

Le Sahel est une zone semi-aride qui s’étend d’ouest en est en Afrique, entre le désert du Sahara au nord et les savanes tropicales au sud.

Sur la piste de l’argent

Comme toute organisation, les groupes armés ont besoin d’argent pour financer leurs opérations.

Ils imposent des taxes aux mineurs et contrôlent l’accès aux sites miniers. Ils perçoivent également des redevances auprès des négociants et des transporteurs qui acheminent des minerais à travers leur territoire, et assurent la « sécurité » là où les gouvernements ne le peuvent pas.

Ce faisant, ils assument certaines des fonctions habituellement dévolues à l’État. Mes recherches qu’avec l’expansion de l’extraction du lithium, ces mêmes systèmes s’adaptent à ce nouveau marché de matières premières.

J’ai examiné des données provenant du Nigeria, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad afin de déterminer pourquoi certaines industries émergentes du lithium sont plus vulnérables à l’exploitation par des groupes criminels et terroristes que d’autres.

J’ai comparé plusieurs facteurs: la gouvernance, la présence d’une exploitation minière artisanale, l’influence des groupes insurgés et l’accessibilité des itinéraires de contrebande transfrontaliers. Je me suis appuyé sur des bases de données sur les conflits, des études géologiques, des reportages médiatiques et des publications d’organisations africaines et internationales.

J’ai constaté que la vulnérabilité globale de chaque pays dépend de la solidité des institutions locales, des contrôles aux frontières et de la gouvernance.

Nigéria : L’exploitation minière du lithium connaît une expansion rapide, mais reste largement informelle et échappe au contrôle des pouvoirs publics. Des groupes criminels tirent parti de l’absence de réglementation. Ils exigent des paiements de protection et infiltrent aussi bien les chaînes d’approvisionnement légales qu’illégales.

Mali : Des groupes armés ancrés dans l’économie aurifère du pays ont commencé à appliquer des modèles similaires de taxation et d’extorsion dans les régions productrices de lithium. La faiblesse des institutions de l’État et la persistance du conflit ont accru le risque d’exploitation.

Burkina Faso : Des groupes djihadistes ont utilisé des réseaux miniers informels pour générer des revenus grâce au lithium et renforcer leur influence locale. Le contrôle limité de l’État dans les zones reculées a permis aux groupes armés de prélever des taxes et de réglementer l’extraction.

Niger : L’instabilité politique et l’affaiblissement des contrôles aux frontières à la suite du coup d’État de 2023 ont accru le risque de contrebande de minerais. Les itinéraires de trafic utilisés pour l’or et les armes sont en train d’être adaptés au lithium.

Tchad : La faiblesse de la gouvernance et la corruption facilitent le commerce transfrontalier illicite. Cela crée des vulnérabilités susceptibles d’être exploitées.

Lorsque les gouvernements réglementent efficacement l’exploitation minière et conservent le contrôle des chaînes d’approvisionnement en minerais — comme l’a fait le Botswana avec les diamants —, les recettes générées sont plus susceptibles de soutenir les infrastructures, les services publics et la croissance économique.

Dans les pays examinés dans mon étude, où la gouvernance est plus faible et le contrôle de l’État plus limité, les groupes armés parviennent à s’immiscer dans les chaînes d’approvisionnement.

Les perspectives

La transition mondiale vers des énergies plus propres dépend de l’augmentation de la production de lithium. Mais la hausse de la demande incite également à accélérer l’extraction. Cela peut dépasser la capacité des gouvernements à mettre en place une réglementation et une surveillance efficaces.

Les batteries qui doivent contribuer à réduire les émissions de carbone dans le monde pourraient donc, indirectement, aider à financer certains groupes armés les plus meurtriers d’Afrique.

La solution consiste à mieux réguler le lithium.

  1. Les gouvernements devraient intégrer les mineurs artisanaux et à petite échelle dans l’économie formelle. Cela peut se faire par le biais de licences, de protections juridiques et de marchés transparents. L’autorité de l’État doit être rétablie dans les régions minières.

  2. Les organisations régionales devraient renforcer les systèmes de suivi transfrontalier des minerais et partager les renseignements sur le commerce illicite.

  3. Les gouvernements africains devraient investir davantage dans la transformation du lithium plutôt que d’exporter du minerai brut.

Mais il n’existe pas de solution unique valable dans tous les contextes.

La formalisation de l’exploitation minière artisanale est susceptible d’être plus efficace là où les gouvernements contrôlent leur territoire. Le partage de renseignements est important lorsque les itinéraires de trafic traversent plusieurs pays – comme au Mali, au Burkina Faso et au Niger. La transformation nationale du lithium peut apporter des avantages à long terme dans les pays dotés d’institutions plus solides et capables de soutenir le développement industriel.

Ces recommandations s’appuient sur des approches déjà adoptées ailleurs en Afrique. Il existe des initiatives régionales de traçabilité des minerais dans la région des Grands Lacsainsi que des efforts menés par des pays comme le Zimbabwe pour promouvoir la transformation locale du lithium.

Les réserves de lithium de l’Afrique pourraient contribuer à alimenter l’une des transformations technologiques marquantes de ce siècle. Elles pourraient également ouvrir un nouveau chapitre dans la longue histoire des conflits liés aux ressources naturelles.

L’avenir dépendra des gouvernements chargés de cette ressource.

The Conversation

Bradley A. Mortin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Le lithium au Sahel : comment les groupes armés tirent profit de la ruée mondiale vers ce minéral stratégique – https://theconversation.com/le-lithium-au-sahel-comment-les-groupes-armes-tirent-profit-de-la-ruee-mondiale-vers-ce-mineral-strategique-289925

Pour devenir un meilleur leader, eh bien, dansez maintenant…

Source: The Conversation – France (in French) – By Secil Bayraktar, Professeur de Management, TBS Education

Et si la pratique de la danse formait de meilleurs leaders ? Loin d’être un simple loisir, la danse permet de développer des compétences clés du leadership, des savoir-être plus que jamais indispensables. Car un bon danseur, à l’image d’un bon leader, doit posséder une connexion à soi, aux autres et à son environnement.


Qu’est-ce qu’un bon danseur de salsa ? Un danseur qui connaît parfaitement les figures et les enchaîne en rythme, qui guide sa partenaire tout en lui permettant d’improviser, qui maîtrise l’espace, sait capter la lumière et le regard des spectateurs et, bien sûr, qui endosse la responsabilité du moindre faux pas.

Cette description peut être transposée sans difficulté à l’art de diriger. De la même manière que les danseurs de salsa ou de tango, les leaders, en effet, doivent être capables de tracer leur voie d’un pied ferme, imperturbables et souriants, mais avec tous les sens aux aguets, connectés de mille façons à des environnements instables, complexes et mouvants. Aucun leader n’agit seul : il évolue dans un système de relations, de contraintes et d’opportunités interdépendantes.

La danse, comme formation au leadership ? La suggestion peut sembler osée, mais, en réalité, elle est plus pertinente qu’on ne l’imagine et enseigner ainsi sur le dance floor l’art de diriger se révèle une idée fructueuse.




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Être ou ne pas être dans le flow

Comme le danseur sur la piste, le leader, en effet, doit être totalement présent dans l’action, se sentir dans le flow. Pas question de relâcher l’attention, d’être là et ailleurs à la fois. Pour parvenir à cette concentration et à cette disponibilité, il doit, évidemment, s’être entraîné pour maîtriser les pas… pardon, maîtriser les règles de son métier.

L’esprit suffisamment libre, il peut ainsi rester en alerte, suivant en permanence les évolutions du marché (la musique et son rythme), les réalités du terrain où il évolue (la piste) et les actions de ses concurrents (les couples avec lesquels il partage la piste), tout cela sous le regard des parties prenantes (les spectateurs).

Il doit enfin réussir à guider ses collaborateurs (partenaires) en posant le cadre, mais en leur laissant de l’espace pour déployer leur créativité, rayonner, s’épanouir.

Cultiver les connexions

En filant jusqu’au bout cette métaphore de la danse, nous avons identifié six connexions que le leader doit veiller à cultiver pour arriver à bon port sous les bravos du public.

La connexion du danseur avec son corps, ses émotions, tout d’abord. Pour diriger, il importe de se connaître, de savoir identifier ses points forts et ses limites personnelles, d’être bien ancré. Ce n’est pas une activité purement cérébrale.

La connexion entre partenaires sur le dance floor est aussi inspirante. L’un conduit et l’autre suit. Les rôles sont différenciés, mais rien n’est possible sans confiance mutuelle entre les partenaires, sans écoute active ni réactions rapides aux signaux envoyés.

Quand le mouvement est cocréation

Une pression très légère de la main sera suffisante pour faire tourner telle danseuse, tandis qu’une débutante aura besoin d’un geste plus appuyé. On expérimente sur le dance floor cette relation subtile. La danse est harmonieuse quand le mouvement est cocréation.

Au tango tout particulièrement, les figures sont précises, l’anticipation des prochains pas, indispensable. Mais le couple gagnant ne déroule pas une chorégraphie planifiée, la cocréation est continue.

Vouloir tout organiser à l’avance dans le moindre détail est contre-productif, sur le dance floor comme dans l’entreprise.

De l’importance d’une bonne écoute

Pour une prestation réussie, la qualité de l’écoute est aussi essentielle. La musique donne le tempo, il faut la suivre et s’adapter. C’est aussi le cas dans l’univers économique, où les ruptures de rythme se succèdent : innovations technologiques, nouvelles concurrences, crises… Le pas se ralentit parfois, on diminue temporairement l’activité. Et puis, soudain, la cadence devient plus rapide, de nouvelles possibilités surgissent. Un manager qui continue à danser sur l’ancien tempo risque vite d’être dépassé.

Encore faut-il composer avec la piste elle-même : trop étroite, encombrée ou glissante, elle impose d’adapter ses pas. De même, les contraintes du contexte, les ressources disponibles ou les opportunités du terrain peuvent, elles aussi, freiner ou faciliter l’action.

Ajuster en permanence ses mouvements à ceux des autres couples est également nécessaire pour éviter les collisions sur la piste où l’on se croise. Dans l’entreprise aussi, aucun acteur n’évolue seul. Concurrents, partenaires, fournisseurs, clients et régulateurs façonnent ce qui est possible.

Le leader doit donc avoir un cap, une direction, mais il doit veiller à garder une capacité de manœuvre, trouver des espaces libres pour déployer son action.

TedX Mines Nancy, 2020.

Vibration

Le regard des spectateurs symbolise, quant à lui, l’image que l’on donne dans un contexte où la réputation est un atout central, où les parties prenantes tolèrent de moins en moins les sorties de route, où l’on demande aux entreprises de se montrer socialement et environnementalement responsables.

Il ne s’agit pas seulement de réaliser une performance impeccable, mais de créer une atmosphère, de transmettre une vibration. Pour beaucoup de managers, l’enjeu n’est donc pas de contrôler davantage, mais d’apprendre à mieux écouter, à sentir le moment juste et à laisser de l’espace aux autres.

On l’apprend ainsi en dansant : le leadership est affaire de connexion – à soi, aux autres, et au rythme du monde qui nous entoure.

The Conversation

Secil Bayraktar ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Pour devenir un meilleur leader, eh bien, dansez maintenant… – https://theconversation.com/pour-devenir-un-meilleur-leader-eh-bien-dansez-maintenant-280951

Si la España de hoy no es la misma que la de hace un siglo, ¿tiene sentido fijarnos en el pasado para conservar al lobo?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alejandro Martínez Abraín, Profesor Titular, Facultad de Ciencias, Departamento Biología, Área de ecología, Universidade da Coruña

Ejemplar de lobo ibérico. Pablo Santana Duran/Shutterstock

En conservación, se da como una verdad establecida que conocer la distribución pasada de una especie es clave para entender su ecología y que eso ha de ser útil para preservarla (de la extinción regional) ahora y más adelante. Tanto es así que hasta los criterios orientadores que ofrece la legislación ambiental en España para determinar si una especie tiene un estatus de conservación “vulnerable” contienen esa idea como un punto a evaluar.

Sin embargo, estudiar las consecuencias ecológicas (negativas y positivas) del abandono rural durante los últimos 60 años nos llevó a plantearnos si la distribución de los grandes mamíferos carnívoros ibéricos a principios del siglo pasado es realmente el mejor espejo en el que mirarnos. El mejor objetivo a alcanzar en el futuro.

En un reciente estudio, publicado en el Journal for Nature Conservation, analizamos los pros y los contras de este objetivo conservacionista en relación al oso pardo, el lince ibérico y, sobre todo, el lobo.

Menos ovejas en el campo

La duda emergía especialmente por el gran papel que en el pasado debieron jugar los enormes rebaños de ovejas pastoreados en régimen extensivo en los campos y montes en la ecología trófica del lobo.

La oveja es el mamífero doméstico con el tamaño idóneo para ser depredado por el lobo en su estado adulto (terneras y potros lo serían en el caso de vacas y caballos). En España, la relevancia económica de este bóvido durante varios siglos ha llevado incluso a la creación de instituciones únicas como la Mesta (Honrado Consejo de la Mesta de Pastores del Reino de Castilla), fundada en 1273 por Alfonso X el Sabio.

Además, los montes estaban casi desprovistos de grandes mamíferos herbívoros, salvo en contados enclaves protegidos por normas reales, tanto por destrucción del hábitat (desmonte de bosques en el medievo para su puesta en cultivo) como por persecución intensa en tiempos de subsistencia.

Por ejemplo, cazar jabalíes en la Edad Media era tan apreciado por la nobleza y la realeza como cazar osos. Nada que ver con la situación actual en la que los jabalíes abundan en los medios rurales y urbanos. Para muestra se puede visitar la iglesia de San Francisco de Betanzos en la que reposan los restos de Fernán Pérez de Andrade, uno de los nobles gallegos más poderosos, dentro de un sepulcro de piedra sostenido por un jabalí y un oso.

Así pues, analizamos las estadísticas disponibles en la literatura especializada sobre el cambio en la proporción de ganado ovino versus ganado vacuno. En todas las regiones estudiadas, menos en una (la Subbética), la abundancia relativa de las ovejas disminuyó con mayor o menor fuerza desde 1865 hasta 1999. Es decir, la presencia de ovejas se desplomaba en las zonas sur de la península ibérica, la cordillera Penibética, Pirineos centrales, norte de la Península, Pirineos orientales, Galicia, Sistema Central, Cantábrico oriental y región astur-leonesa.

Gráfico que muestra cómo, en general, ha disminuido la proporción de ovejas respecto a ganado vacuno en España
Variación de la proporción de ovejas respecto a ganado vacuno entre 1865 y 1999 en distintas regiones de España.
Alejandro Martínez

Independientemente del número total de ovejas, durante la segunda mitad del siglo XX y en lo que llevamos del XXI, su presencia en el campo ha experimentado profundos cambios, que sin duda tienen repercusiones para los lobos. Muchas ovejas –de variedades más productivas– permanecen estabuladas, lo que facilita el trabajo de los pastores. Muchos cultivos de montaña han sido abandonados y ya no constituyen zonas de pasto para los rebaños. Apenas hay pastores disponibles más allá de los que nos brinda la inmigración humana. Los desplazamientos trashumantes se realizan principalmente por medio de camiones o del ferrocarril.




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Más ciervos, corzos y jabalíes

Además, las poblaciones de presas silvestres se han recuperado en gran medida, como reflejan, por ejemplo, los accidentes de tráfico relacionados con ciertos animales y las pólizas de seguros que los cubren. En el monte ibérico hay muchos más ciervos, corzos o jabalíes que hace 100 años. Y eso significa más comida alternativa para los lobos. Rayones, bermejos, corcinos y cervatillos son presas fáciles para un grupo familiar de lobos. Y cazarlos les supone un menor riesgo de represalias humanas.

Tres ciervos hembra adultos y cuatro crías corren por una llanura de pasto seco salpicada de encinas
Ciervos en el Parque Nacional de Cabañeros.
Virginia Torralba/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Por todo ello, sugerimos que el estatus de amenaza del lobo ibérico y las perspectivas de éxito en su conservación pasan hoy en día más por la disponibilidad de presas silvestres. De esta forma, su distribución presente y futura se verá condicionada por la densidad de esas presas más que por la del ganado, al contrario de lo que debía de suceder antaño.

Finalmente, recurrimos al concepto de capacidad cultural de carga (emulando la capacidad de carga biológica) para recordar que con especies con las que pueden surgir conflictos humanos-fauna salvaje, la distribución futura de esas especies estará muy condicionada por el grado de tolerancia o aceptación social de las mismas. Una capacidad que afortunadamente es modificable si se realizan las campañas adecuadas de concienciación y preparación social para la vuelta de las especies temporalmente perdidas. Algo que ha sido y está siendo vital para el regreso de osos y linces, por ejemplo.




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Así pues, sugerimos revisar los criterios orientadores que hagan referencia a distribuciones antiguas de las especies a la hora de decidir su grado de amenaza. Aunque biológicamente sea de gran interés saber dónde llegó a haber lobos a principios del siglo XX, ligados a la actividad ganadera, ahora toca mirar hacia adelante en un país que en poco se parece al que fue.


Luis Llaneza, consultor medioambiental y experto en gestión y conservación de grandes mamíferos, ha participado en la elaboración de este artículo.


The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Si la España de hoy no es la misma que la de hace un siglo, ¿tiene sentido fijarnos en el pasado para conservar al lobo? – https://theconversation.com/si-la-espana-de-hoy-no-es-la-misma-que-la-de-hace-un-siglo-tiene-sentido-fijarnos-en-el-pasado-para-conservar-al-lobo-289165

La cirugía estética ha salido de las consultas: así crean nuevos estándares de belleza la televisión y las redes sociales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan José Aguilón Leiva, Profesor Ayudante Doctor. Departamento de Fisiatría y Enfermería, Universidad de Zaragoza

shutterstock

Hace apenas unos años la mayoría de los procedimientos de medicina estética quedaban en el ámbito privado de la consulta, entre el profesional y el paciente. Hoy basta con acceder a cualquier red social para encontrarse con cientos de publicaciones sobre estas intervenciones. Lo que antes era un acto sanitario, ahora también forma parte del contenido digital que consumimos cada día.

Este cambio va mucho más allá de una cuestión estética. Puede influir en cómo percibimos los beneficios de estos procedimientos, sus riesgos y, en última instancia, en las decisiones que tomamos sobre nuestra propia salud. ¿Estamos normalizando la medicina estética sin apenas darnos cuenta?

De la consulta a las redes sociales

La medicina estética no es un fenómeno nuevo. Lo que sí ha cambiado de forma radical es la manera en que la sociedad accede a la información sobre estos procedimientos y construye su percepción sobre ellos. Ahora la primera toma de contacto ya no se limita al ámbito sanitario.

Las redes sociales se han convertido en un escenario donde millones de usuarios se exponen a contenidos relacionados con la medicina estética. En los entornos digitales, personas influyentes, personajes televisivos y otros creadores de contenido comparten sus tratamientos, muestran sus resultados y relatan sus experiencias con un lenguaje cercano.

Todo esto crea el formato idóneo para captar la atención de la audiencia. Lo que antes parecía reservado a una minoría forma ahora parte de las conversaciones cotidianas.

El antes y el después: el foco en los resultados

Las redes sociales muestran una versión muy concreta de la medicina estética. Los procedimientos suelen presentarse a través de imágenes del antes y el después, con vídeos y relatos en primera persona que ponen el foco en los resultados estéticos. Este tipo de contenidos ayudan a moldear la percepción que la sociedad tiene de ellos.

Esta tendencia se refleja en un reciente trabajo de fin de grado realizado en la Universidad de Zaragoza. En él se analizaron las publicaciones compartidas por los participantes de uno de los programas televisivos con mayor audiencia entre la población joven española: La isla de las tentaciones.

Los resultados mostraron que 7 de cada 10 participantes se habían sometido a procedimientos de medicina estética y habían compartido esa experiencia en sus redes sociales. Además, la mayoría de esos jóvenes (79 %) recurrieron a estos tratamientos en más de una ocasión, sobre todo en el caso de las mujeres. Las infiltraciones de ácido hialurónico fueron el procedimiento más frecuente: casi la mitad se había sometido a ellas (47 %).

Esta investigación también reveló que este tipo de contenidos era cada vez más frecuente entre las sucesivas ediciones analizadas. Tres cuartas partes de esas publicaciones estaban vinculadas a colaboraciones con clínicas estéticas.

¿Pero cómo se transmite el mensaje en las redes sociales? La mayoría de las publicaciones proyectan una imagen idealizada de los procedimientos de medicina estética, centradas casi exclusivamente en los cambios obtenidos. Y quedan relegados a un segundo plano otros aspectos igualmente esenciales, como los posibles efectos adversos.

Esta forma de comunicar resulta especialmente dañina en el ámbito de la salud. Una selección parcial o incompleta de la información puede influir en la manera en que las personas comprenden una enfermedad, valoran un tratamiento y toman decisiones relacionadas con su propia salud. También puede contribuir a normalizar estos procedimientos al presentarlos como prácticas sencillas, accesibles y rápidas, sin contextualizar adecuadamente los riesgos ni las limitaciones clínicas.

Lo que queda fuera del relato

Ninguna de las publicaciones analizadas hacía referencia a las posibles complicaciones, efectos adversos, limitaciones o cuidados posteriores asociados a estos procedimientos. Tampoco se explicaba que muchos de ellos requieren revisiones periódicas o futuras intervenciones para mantener los resultados a lo largo del tiempo.

Esta circunstancia cobra todavía mayor importancia si se tiene en cuenta que buena parte de los contenidos analizados respondían a colaboraciones promocionales con clínicas estéticas y eran difundidos por personas con una gran capacidad para influir en miles de seguidores, especialmente jóvenes.

Cuando un procedimiento sanitario se comunica con una finalidad predominantemente comercial, el equilibrio informativo deja de ser una cuestión deseable para convertirse en una responsabilidad. Presentar únicamente los beneficios y omitir los riesgos dificulta que las personas puedan tomar decisiones verdaderamente informadas sobre su propia salud.

Más allá de la estética

La creciente presencia de la medicina estética en las redes sociales refleja un cambio que va mucho más allá de la comunicación de unos determinados procedimientos. Cuando estas intervenciones pasan a formar parte del contenido digital que consumimos a diario también pueden influir en la construcción de los estándares de belleza, en la percepción del propio cuerpo y en las decisiones relacionadas con la salud.

En este escenario, conviene preguntarse hasta qué punto elegimos libremente. O si, sin apenas darnos cuenta, estamos normalizando modelos e ideales de belleza que el entorno digital presenta como cotidianos y deseables.


En este artículo ha participado Lorena Eizaguerri Burillo, graduada en Enfermería.


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Juan José Aguilón Leiva es investigador efectivo de SAPIENF (B53_23R), Grupo de Referencia de la Universidad de Zaragoza reconocido por el Gobierno de Aragón.

– ref. La cirugía estética ha salido de las consultas: así crean nuevos estándares de belleza la televisión y las redes sociales – https://theconversation.com/la-cirugia-estetica-ha-salido-de-las-consultas-asi-crean-nuevos-estandares-de-belleza-la-television-y-las-redes-sociales-287263

No solo estómago e intestino: tres zonas corporales redescubiertas que cambian cómo entendemos la nutrición

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Miguel Soriano del Castillo, Catedrático de Nutrición y Bromatología del Departamento de Medicina Preventiva y Salud Pública, Universitat de València

surprisestock/Shutterstock

Cuando pensamos en nutrición, casi siempre imaginamos los mismos protagonistas: boca, estómago, intestino, hígado, páncreas y, quizá, microbiota. Sin embargo, el cuerpo humano no funciona por compartimentos aislados. Comer no es solo introducir alimento en un tubo digestivo, sino también salivar, tragar, transportar, distribuir líquidos, activar defensas, mover grasas por la linfa, comunicar tejidos y sostener órganos.

En los últimos años, tres estructuras han despertado especial interés: las glándulas salivales tubariales, el intersticio y el mesenterio. Las tres tienen algo en común: actúan como zonas de interfaz, conectando alimentación, hidratación, absorción, transporte, inmunidad y metabolismo.

Las glándulas tubariales: comer también depende de tragar bien

En 2021, se describieron mediante técnicas de imagen unas estructuras glandulares situadas en la parte posterior de la nasofaringe –cerca de la región donde se abre la trompa de Eustaquio– que no encajaban con las descripciones anatómicas clásicas.

En realidad, las glándulas salivales tubariales no digieren grasas, no absorben aminoácidos y no regulan la glucosa, pero pueden tener importancia en algo mucho más básico: mantener húmeda y lubricada una zona clave para tragar, más allá de la boca.

La saliva ayuda a formar el bolo alimenticio, facilita la deglución, participa en el gusto, protege mucosas y contribuye a las primeras fases de la digestión. Cuando su producción o distribución se altera, pueden aparecer sequedad (xerostomía), dificultad para tragar (disfagia), cambios en el sabor y menor apetito. En pacientes con cáncer de cabeza y cuello, estas alteraciones pueden comprometer de forma clara su ingesta y estado nutricional.

Por eso, las glándulas salivales tubariales interesan especialmente en radioterapia de cabeza y cuello. Si una zona glandular se irradia sin reconocer su posible función, podría contribuir a producir efectos secundarios. Desde el punto de vista nutricional, no es algo menor: una persona que no puede tragar bien no se alimenta bien. Así, las glándulas recientemente descubiertas ayudan a recordarnos que la nutrición empieza antes del estómago.

El intersticio: el agua que comunica los tejidos

El segundo ejemplo es el intersticio, descrito como una red de espacios llenos de líquido dentro y entre tejidos. La noticia fue presentada en muchos medios como el descubrimiento de un “nuevo órgano”, aunque esa etiqueta ha sido discutida. Lo importante no es tanto el nombre como la idea: el líquido intersticial no es un simple relleno pasivo entre células.

Desde el punto de vista de la nutrición, puede entenderse como un territorio de intercambio. Los nutrientes absorbidos en el intestino pasan a la sangre, pero para llegar a muchas células deben atravesar el espacio extracelular, donde se mueven agua, electrolitos, glucosa, aminoácidos, ácidos grasos, señales inmunitarias, metabolitos, productos de desecho… Por eso, la nutrición no termina cuando los nutrientes cruzan la pared intestinal.

¿Y cómo llegan realmente a los tejidos? La respuesta implica sangre, linfa, endotelio (capa interna de los vasos sanguíneos y linfáticos), matriz extracelular (red que sostiene y conecta las células) y el propio líquido intersticial. Es decir, involucra una anatomía de distribución que muchas veces queda fuera de los mensajes nutricionales simplificados. El agua corporal no está solo en la sangre o dentro de las células: se reparte entre compartimentos. Por eso, beber agua y mantener una dieta adecuada afecta, más allá de la digestión, al medio líquido donde viven nuestras células.

El mesenterio: la autopista entre el intestino y el resto del organismo

Hasta hace poco se creía que el tercero de nuestros protagonistas, el mesenterio, consistía en una serie de pliegues que sujetaban partes del intestino. Sin embargo, una investigación anatómica de 2022 reveló que en realidad se trataba de una estructura con entidad funcional propia. Es verdad que el mesenterio sostiene el intestino, pero no es solo un “soporte”: contiene vasos sanguíneos, vasos y ganglios linfáticos, nervios y tejido adiposo. Es, en definitiva, una autopista entre el intestino y el resto del organismo.

Su relevancia nutricional resulta indudable. Tras la digestión, muchos nutrientes pasan a la sangre a través de vasos que viajan por el mesenterio. Las grasas siguen una ruta especial: para transportarlas, el intestino las convierte en unas partículas llamadas quilomicrones, que pasan al sistema linfático y, desde allí, a la circulación sanguínea.

Además, el mesenterio tiene una dimensión inmunológica. El intestino está expuesto constantemente a alimentos, bacterias, metabolitos y moléculas extrañas. Por eso, el tejido inmune asociado al intestino debe aprender a tolerar lo útil y responder ante lo peligroso. El mesenterio participa en ese diálogo entre dieta, microbiota, inmunidad e inflamación.

Desde esta perspectiva, no es solo anatomía: se trata de metabolismo organizado en tejido.

Una nueva forma de enseñar nutrición

Estas tres estructuras no cambian las recomendaciones básicas, pero sí enriquecen la forma de explicar la nutrición. Nos obligan a pasar de una visión centrada solo en nutrientes a una visión anatómica, funcional e integrada.

Las glándulas tubariales nos recuerdan que alimentarse requiere saliva, lubricación y deglución; el intersticio, que el agua y los nutrientes deben circular entre células y tejidos; y el mesenterio, que absorber no es solo atravesar la pared intestinal: también implica transportar, defender y comunicar.

Quizá el mensaje más interesante sea que la nutrición no ocurre solo en el plato y el intestino: comer es un acto anatómico completo que implica a todo el cuerpo.

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José Miguel Soriano del Castillo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. No solo estómago e intestino: tres zonas corporales redescubiertas que cambian cómo entendemos la nutrición – https://theconversation.com/no-solo-estomago-e-intestino-tres-zonas-corporales-redescubiertas-que-cambian-como-entendemos-la-nutricion-286055

El planeta que hace posible los viajes en el tiempo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos Vázquez Monzón, Profesor Ayudante Doctor, especializado en Astrofísica y Astrodinámica, Universidad Loyola Andalucía

Recreación del sistema binario HDE 226868–Cygnus X-1, donde un agujero negro extrae materia de una estrella gigante azul ESA, Hubble/Wikipedia, CC BY

La idea de viajar a un planeta donde el tiempo transcurra de forma diferente parece sacada de una novela de ciencia ficción. Sin embargo, la física moderna muestra que es posible, y que además ocurre constantemente. Todos experimentamos pequeñas diferencias en el paso del tiempo debido a la gravedad terrestre, aunque son tan diminutas que no podemos percibirlas.

Pero ¿qué ocurriría si encontráramos un mundo donde esas diferencias fueran extremas? ¿Podría existir un planeta en el que una estancia relativamente breve equivaliera a un siglo en la Tierra?

La respuesta sorprendente es que sí, al menos en teoría.

Cuando la gravedad modifica el tiempo

Nuestra intuición nos dice que el tiempo avanza igual para todo el mundo. Sin embargo, la teoría de la relatividad general, desarrollada por Albert Einstein en 1915, cambió para siempre esa visión. Según esta teoría, la gravedad no es una fuerza convencional, sino una curvatura del espacio-tiempo causada por la presencia de masa y energía.

Una de sus consecuencias más fascinantes es la llamada dilatación temporal gravitatoria: cuanto más intenso es un campo gravitatorio, más lentamente transcurre el tiempo para quien se encuentra inmerso en él.

Este fenómeno ha sido medido experimentalmente en numerosas ocasiones. Los satélites del sistema GPS, por ejemplo, deben corregir continuamente los efectos relativistas para proporcionar posiciones precisas. Sin estas correcciones, los errores acumulados alcanzarían varios kilómetros al día.

En la Tierra el efecto es minúsculo. Sin embargo, cerca de objetos extremadamente masivos puede llegar a ser espectacular.

Un viaje real al futuro

El universo podría albergar lugares donde el tiempo transcurra mucho más despacio que en la Tierra. Los candidatos más prometedores serían planetas orbitando cerca de agujeros negros supermasivos, donde la gravedad alcanza niveles extraordinarios.

Si alguna vez una civilización lograra visitar uno de esos mundos y regresar después a nuestro planeta, no encontraría necesariamente el mismo mundo que dejó atrás. Mientras para los viajeros habrían transcurrido meses o años, aquí podrían haber pasado generaciones enteras.

No sería una máquina del tiempo en el sentido clásico. Nadie podría regresar al pasado. Pero la relatividad de Einstein permite viajar al futuro escogiendo cuidadosamente dónde pasar el tiempo.

El sueño –o la pesadilla– de un siglo en unas horas

La cultura popular popularizó esta idea con la película Interstellar (2014). En ella, los protagonistas visitan un planeta situado cerca de un agujero negro supermasivo. Debido a la intensa gravedad, una hora en la superficie equivale aproximadamente a siete años en regiones alejadas del agujero negro.

Aunque la situación representada en la película se diseñó para respetar las leyes de la física conocidas, alcanzar una diferencia temporal tan extrema requiere condiciones extraordinarias.

Un agujero negro concentra enormes cantidades de masa en una región muy pequeña. Cerca de él, el espacio-tiempo se encuentra tan deformado que los relojes avanzan mucho más despacio que en lugares alejados. Para un observador distante, una persona situada en las proximidades del agujero negro parecería moverse a cámara lenta.

Primera imagen de un agujero negro supermasivo, ubicado en el centro de la galaxia M87. Fue difundida en 2019.
Wikimedia Commons

Si existiera un planeta estable orbitando lo suficientemente cerca de uno de estos objetos, sus habitantes experimentarían el tiempo con total normalidad. Sin embargo, al regresar a la Tierra descubrirían que aquí han transcurrido décadas o incluso siglos.

Desde su punto de vista apenas habría pasado tiempo; desde el nuestro, habrían viajado hacia el futuro.

¿Podrían existir realmente esos planetas?

La existencia de planetas alrededor de agujeros negros ya no pertenece exclusivamente al terreno de la especulación. Los astrónomos han encontrado indicios de que pueden formarse o sobrevivir en entornos extremadamente hostiles.

De hecho, se han descubierto exoplanetas que orbitaban un púlsar, el remanente ultradenso de una estrella masiva que explotó como supernova. Este hallazgo demostró que los planetas pueden existir en escenarios mucho más exóticos de lo que se pensaba décadas atrás.

Los agujeros negros también podrían albergar sistemas planetarios. Algunos planetas podrían sobrevivir a la muerte de su estrella progenitora, mientras que otros podrían formarse posteriormente a partir del material acumulado alrededor del agujero negro.

Que un planeta exista cerca de un agujero negro lo hace difícilmente habitable: las fuerzas de marea gravitatorias y la dificultad para mantener una órbita estable representan desafíos enormes.

Además, para obtener dilataciones temporales realmente extremas el planeta tendría que encontrarse peligrosamente cerca del horizonte de sucesos, la frontera a partir de la cual nada puede escapar.

Las estrellas más masivas del universo

Algunas estrellas superan varias decenas o incluso más de un centenar de veces la masa del Sol. Un ejemplo es R136a1, considerada una de las estrellas más masivas conocidas, con una masa estimada de más de 150 veces la solar. Estos gigantes estelares brillan millones de veces más que nuestra estrella y consumen su combustible a un ritmo vertiginoso, agotando en apenas unos millones de años lo que el Sol tardará unos 10 000 millones de años en consumir.

Ilustración de R136a1, una de las estrellas más masivas conocidas.
Wikimedia Commons

Un hipotético planeta orbitando muy cerca de una estrella ultramasiva como R136a1 experimentaría un tiempo ligeramente más lento que otro situado alrededor de una estrella como el Sol. No obstante, las diferencias serían insuficientes para generar saltos temporales de décadas o siglos.

La razón es sencilla: las estrellas poseen superficies materiales y radios enormes. En cambio, los agujeros negros concentran masas comparables o superiores en regiones muchísimo más compactas, lo que produce deformaciones extremas del espacio-tiempo.

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Carlos Vázquez Monzón no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El planeta que hace posible los viajes en el tiempo – https://theconversation.com/el-planeta-que-hace-posible-los-viajes-en-el-tiempo-284670

Las voces que faltan: mujeres y autoridad en la conversación pública sobre educación

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Daniel Turienzo, Asesor técnico docente y profesor asociado, Universidad Camilo José Cela

Rido/Shutterstock

¿Por qué, si la educación en España es un sector claramente feminizado, son tan pocas las mujeres que participan en el debate público? Las aulas españolas están mayoritariamente ocupadas por mujeres pero, cuando se abre el micrófono en los medios, las voces suelen ser masculinas.

En la etapa de infantil, las mujeres rozan la práctica totalidad del profesorado; en primaria y secundaria son mayoría; y también lo son entre el alumnado universitario en titulaciones vinculadas a la educación. Sin embargo, cuando la conversación salta del aula a la esfera pública -a los medios de comunicación, a las tribunas de opinión, a las entrevistas que marcan agenda- suelen hablar los hombres.




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Artículos y tribunas en los medios

Para comprender hasta qué punto ocurre esto, analizamos todos los artículos sobre educación no universitaria publicados durante un año en los dos diarios generalistas con mayor audiencia en España. Tras un proceso de selección sistemática, trabajamos con 461 piezas periodísticas. En ellas identificamos y clasificamos 1 401 intervenciones: declaraciones, entrevistas, tribunas o participaciones a petición del medio. No contabilizamos citas indirectas ni extractos de ruedas de prensa, sino voces que realmente «entran» en el debate.

El objetivo no era determinar quién tiene razón en cada controversia educativa -móviles en el aula, informe PISA, acoso escolar o EBAU-, sino mapear quién opina y en calidad de qué. Es decir, quién es reconocido como interlocutor autorizado cuando se define qué es un problema educativo y qué voces son escuchadas cuando se habla de cómo debería resolverse.

Intervenciones en medios

El primer dato es elocuente: el 51,5 % de las comparecencias corresponde a hombres y el 43,8 % a mujeres. El resto son intervenciones colectivas. En un sector donde las mujeres representan alrededor de dos tercios del profesorado no universitario, la brecha es clara, pues las intervenciones deberían ser mayoritariamente femeninas para poder hablar de una representación real.

Entre el profesorado de infantil y primaria, donde las mujeres superan el 80 % del total, solo el 65 % de las intervenciones corresponde a maestras. En secundaria, donde ellas representan aproximadamente el 60 % del profesorado, alcanzan el 40 % de comparecencias.

¿Qué ocurre en la universidad?

El patrón se repite en la universidad y en los centros de investigación. Aunque las mujeres representan en torno al 44 % del personal docente e investigador -y porcentajes mayores en el ámbito educativo-, su presencia en la prensa está más de 14 puntos por debajo de lo esperable (menos del 30 %). También desde los equipos directivos, donde ocupan una proporción relevante de cargos (67 %), los hombres intervienen con más frecuencia (51 %).

Opinadores no docentes

Resulta especialmente significativo lo que ocurre cuando se habla de educación con perfiles que no forman parte del profesorado. Cuando los medios recurren a «expertos educativos» -profesionales de la sociología, la pedagogía, la economía o la psicología que analizan el sistema- solo el 34 % de las intervenciones son de mujeres. En el caso de intelectuales no especializados en educación, el porcentaje apenas sube al 37 %. Es decir, cuanto más se asocia la intervención a autoridad técnica o simbólica, menor es la presencia femenina entre esas intervenciones.

Una excepción: las madres

Hay, sin embargo, una excepción llamativa: las familias. En este colectivo, las mujeres protagonizan más del 76 % de las intervenciones. Son mayoría clara cuando se habla desde la experiencia materna. La paradoja es evidente: la voz femenina es ampliamente recogida en educación cuando se vincula al cuidado y a la crianza, pero pierde peso cuando se trata de conocimiento y especialización profesional o liderazgo institucional.

Este patrón no puede explicarse únicamente por la distribución real de hombres y mujeres en cada categoría. Hay algo más. Nuestra investigación apunta a una combinación de factores materiales y simbólicos.

¿Por qué?

Entre los factores materiales, destaca la desigual distribución de los cuidados y del tiempo. Las mujeres siguen dedicando más horas a tareas domésticas y familiares aparte de sus responsabilidades profesionales, lo que puede limitar su disponibilidad para atender a periodistas o escribir tribunas.

Pero, además, persisten imaginarios que asocian la autoridad técnica, la dirección o la capacidad de análisis estructural a perfiles masculinos, mientras que vinculan a las mujeres con la dimensión afectiva y cotidiana de la educación. Así, la maestra de infantil encaja en el relato mediático como figura de cuidado; la experta que diagnostica fallos sistémicos, no tanto.




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¿Por qué es importante?

El problema no es solo de visibilidad, sino de poder. Participar en el debate público implica influir en la definición de los problemas y en la legitimidad de las soluciones. Los medios no son un simple espejo de la realidad: contribuyen a construirla. Seleccionar a unas fuentes y no a otras supone otorgar autoridad y, al mismo tiempo, restarla.

Si las mujeres -que sostienen mayoritariamente el sistema educativo- no ocupan proporcionalmente el espacio donde se decide cómo interpretarlo y reformarlo, su experiencia profesional queda parcialmente desplazada.

No se trata solo de que estén excluidas del espacio mediático, sino de que, en muchos casos, hablamos de un fenómeno de autoexclusión que ocurre porque no se sienten legitimadas para utilizar su voz. Y cuando su presencia se justifica por el rol de la maternidad, se refuerza la idea de que su legitimidad proviene más de su experiencia en el ámbito privado que en el profesional.

Futuros análisis

Nuestro estudio tiene límites: no analiza la extensión de cada intervención ni su impacto en redes sociales, donde los debates se amplifican. Tampoco entra en la percepción que periodistas y lectores tienen de la credibilidad según el género. Son líneas abiertas para futuras investigaciones.

Pero los datos ya permiten una conclusión clara: la feminización del sector educativo no se traduce automáticamente en una feminización del debate educativo. Ni siquiera la sobrerrepresentación femenina en las aulas garantiza igualdad de voz en la esfera pública. Si aspiramos a un sistema educativo más justo, quizá debamos empezar por preguntarnos no solo quién enseña, sino quién habla cuando discutimos qué significa educar.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Las voces que faltan: mujeres y autoridad en la conversación pública sobre educación – https://theconversation.com/las-voces-que-faltan-mujeres-y-autoridad-en-la-conversacion-publica-sobre-educacion-276078

El registro de jornada: ¿la garantía del derecho a que duren lo justo?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Henar Álvarez Cuesta, Profesora Titular de Derecho del Trabajo y de la Seguridad Social, Universidad de León

Dhammarat Nunart/Shutterstock

El impacto de la tecnología ha supuesto una revolución en los puestos de trabajo, en los sectores productivos y en cómo (y dónde) se trabaja. De hecho, una de las repercusiones más comunes ha sido la disolución de las coordenadas de horario y tiempo. La ubicuidad de los dispositivos permite seguir en conexión (y trabajando) en cualquier momento y en cualquier lugar.

Es verdad que los avances tecnológicos pueden conllevar la desaparición de las tareas más físicas, duras, repetitivas o peligrosas, o también de las más tediosas, sin menoscabo de la productividad. Es más, podría mejorarla, por lo que las nuevas tecnologías supondrían un incentivo para la reducción de la jornada máxima.




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A día de hoy, sin embargo, parece haber ganado el trabajo permanente gracias a la tecnología. Un ejemplo: en el entorno de las plataformas digitales, la disponibilidad de los trabajadores, gracias a la enorme conectividad que ofrecen los dispositivos móviles (smartphones, tabletas, portátiles), y la gestión del logaritmo de asignación de tareas hacen que importen tanto los tiempos de disposición o de espera como el tiempo efectivamente trabajado. Hasta el punto de extender hasta el infinito los primeros y fragmentar y hacer imprevisibles los últimos.




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Un registro objetivo, fiable y accesible

Frente a esta expansión del tiempo de trabajo, y luego del fracaso del Proyecto de Ley de reducción de la jornada de trabajo, el Gobierno ha presentado un Proyecto de Real Decreto que desarrolla el sistema de registro de jornada regulado en el Estatuto de los Trabajadores, que se espera que se apruebe a la vuelta de verano.

El punto 9 del artículo 34 del Estatuto obliga a las empresas a garantizar el registro diario de jornada, incluido el horario concreto de inicio y finalización de la misma para cada persona trabajadora.

Según lo estipulado en el proyecto de real decreto, este registro deberá ser:

  • Objetivo (“cualidad del registro de reflejar la información de manera imparcial, perceptible e indiscutible”).

  • Fiable (“sus asientos, una vez practicados, no puedan ser modificados sin la autorización de la empresa y de la persona”).

  • Accesible (“todas las personas que deban realizar asientos o disponer del contenido del registro puedan hacerlo de manera sencilla, con facilidad de uso y asegurando la igualdad y la no discriminación en el acceso de todas las personas usuarias”).

Un registro consensuado

Aunque en el proyecto de real decreto no queda definido el modelo o sistema a implementar por cada empresa, sí señala que “El sistema de registro deberá permitir el acceso de la Inspección de Trabajo y Seguridad Social en cualquier momento y de forma inmediata, de manera remota y presencial en los centros de trabajo” (artículo 6, punto 3).

También indica: “La información del registro y sus copias deberán figurar en un formato tratable, legible y compatible con los formatos y sistemas de uso generalizado” (artículo 6, punto 4).

Para ello aboga por la elaboración de un protocolo consensuado entre la empresa y la representación legal de las personas trabajadoras que concrete, como mínimo: qué información debe quedar reflejada, bajo qué procedimiento y un sistema de evaluación periódica del funcionamiento del registro.

Por lo tanto, en función del tipo de empresa, de cómo esté organizada y de los medios técnicos de que disponga, son posibles el formato papel, el digital o el uso de sistemas mixtos.

Las cuestiones a registrar

En el artículo 3 de la norma se definen los contenidos mínimos que deberán quedar registrados, y que son una radiografía de los tiempos de trabajo y las zonas grises:

  • El tipo de jornada.

  • Las horas extraordinarias y su compensación.

  • Las pausas.

  • Los tiempos de espera o disponibilidad.

  • Las interrupciones de la desconexión.

  • Las medidas de conciliación disfrutadas.

Implantar un sistema digital hará más transparentes los derechos de acceso a la información contenida. Así, el artículo 6 señala quiénes pueden acceder de forma inmediata y en cualquier momento y obtener copia de los registros (con algunas limitaciones vinculadas a la protección de datos):

  • Las personas trabajadoras respecto a sus asientos.

  • Los representantes legales y sindicales de las personas trabajadoras.

  • La Inspección de Trabajo.

El Plan Estratégico de la Inspección de Trabajo y Seguridad Social 2025-2027 apunta en su objetivo 13 al uso de las nuevas tecnologías para la gestión y tratamiento de sus registros con el fin de detectar patrones de incumplimiento, lo que podría afectar al control de registro de jornadas.

La norma establece que se debe garantizar que “todas las personas trabajadoras que deban acceder al registro o realizar asientos cuenten con formación e información adecuadas, suficientes y actualizadas sobre el protocolo previsto en el apartado anterior, y sobre el funcionamiento y el manejo del sistema de registro”.

También se deberá informar en los casos especiales

La obligación de registro de jornada incluye a las relaciones laborales especiales (personal de alta dirección, trabajadores del hogar, deportistas profesionales, artistas de espectáculos públicos, representantes de comercio, entre otros), y las actividades sometidas a jornadas especiales (como transporte, trabajos en el campo, vigilancia, comercio y hostelería, minería, trabajos en cámaras frigoríficas o expuestos a riesgos ambientales).

La única excepción es la de las personas trabajadoras del hogar familiar, cuyo registro de jornada podrá hacerse por cualquier medio que resulte adecuado “a las capacidades y recursos con los que cuenten la persona empleadora y la persona trabajadora, y que garantice el cumplimiento de dicha obligación de manera efectiva”.

Este real decreto ley, en caso de ser aprobado, revolucionará el cómputo de la jornada y de los tiempos, y permitirá un control exhaustivo y al momento del cumplimiento de los tiempos máximos de trabajo, de descanso, de disponibilidad y de desconexión de las personas trabajadoras.

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Henar Álvarez Cuesta no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El registro de jornada: ¿la garantía del derecho a que duren lo justo? – https://theconversation.com/el-registro-de-jornada-la-garantia-del-derecho-a-que-duren-lo-justo-266339

¿Conoce el idioma que hablan los mosquitos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen Martín Cuadrado, Profesora e investigadora del departamento de Lengua Española y Teoría de la Literatura, Universidad Complutense de Madrid

Foto de la laguna de Carataska, en Mosquitia. Imagen de Dr. Hesse Fellechner. Wikimedia Commons, CC BY-SA

Verano, calor, noche y mosquitos, muchos mosquitos. Suena fatal, ¿eh? Pero ¿y si le dijera que hay “mosquitos” más allá de los insectos pesados? ¿Que son también una población indígena con una historia fascinante y una lengua propia?

Hablamos de la Mosquitia, una región centroamericana, entre Nicaragua y Honduras, donde el miskito es un idioma vivo hablado en la actualidad. Aunque casi todos los adultos lo tienen como su lengua materna en el día a día, en los colegios se utiliza el español y las nuevas generaciones empiezan a dejarlo de lado. Así, desgraciadamente, el miskito podría enfrentarse a la silenciosa amenaza de la extinción.

Por suerte, la historia de la lingüística nos dejó un salvavidas inesperado. Desde el siglo XIX, viajeros, historiadores y religiosos viajaron a esta zona y dejaron constancia de las particularidades de la lengua a través de manuscritos, gramáticas, ediciones de la Biblia, canciones, etc. Estos misioneros, sin buscarlo, se convirtieron en los primeros lingüistas de la zona, ya que tuvieron que sumergirse de lleno en el miskito para conseguir transmitir la fe protestante, propósito principal con el que llegaron al territorio.

Un tablero de ajedrez geopolítico

Para entender cómo la religión se mezcló con los verbos, hay que volver atrás en el tiempo. Durante la época colonial, la zona de la Mosquitia fue un campo de disputa entre España e Inglaterra. Mientras que los españoles dominaban el Pacífico, los ingleses se aliaron con los miskitos –o mosquitos– en la costa caribeña.

Los británicos no solo comerciaron y llevaron a la zona barcos y armas modernizadas; también introdujeron el idioma inglés y la religión protestante. Esta alianza fue tan estrecha que los miskitos llegaron a tener reyes coronados en Jamaica bajo el auspicio británico. Incluso tras la independencia de Nicaragua, Gran Bretaña mantuvo un protectorado sobre la región hasta finales del siglo XIX. La Mosquitia parecía un mundo aparte, “independiente” y angloparlante en mitad de la América hispana.

Cuatro acuarelas que representan viviendas de Bluefields, en la Costa de los Mosquitos, en julio de 1845.
Cuatro acuarelas que representan viviendas de Bluefields, en la Costa de los Mosquitos, en julio de 1845.
Wikimedia Commons

En este contexto, la Iglesia Morava, una hermandad protestante originaria de República Checa, llegó a la región en 1849. A diferencia de otros grupos, los moravos se integraron profundamente en la cultura local, aprendieron la lengua amerindia, fundaron iglesias y escuelas, se encargaron de instruir a las comunidades indígenas, etc.

Nació en Nicaragua entonces lo que se conoce como lingüística misionera. El objetivo de los religiosos no era el afán desinteresado por el miskito ni por la redacción de diccionarios o gramáticas, sino la eficacia y el interés evangelizador. Los diccionarios, vocabularios, calepinos, gramáticas, ediciones de la Biblia, canciones… eran en realidad instrumentos de transmisión de la religión morava.

La labor de Herman Bereckenhagen

Herman Bereckenhagen, misionero alemán, que llegó a la Mosquitia en 1882, se dio cuenta de que la lengua y su enseñanza eran sus mejores aliados para conseguir instaurar la religión protestante. Publicó una Grammar of the Miskito language with exercises and vocabulary (1894), un English-Miskito-Spanish phrase book (1905) y un Pocket dictionary: Miskito-English-Spanish and English-Miskito-Spanish, primer diccionario trilingüe que se publicaba de manera independiente y que incoporaba el español como lengua de la correspondencia.

Pero ¿por qué incluir el español en una zona donde el inglés era casi universal? La respuesta vuelve a ser política: en 1894, con el presidente nicaragüense José Santos Zelaya, la Mosquitia pasó a formar parte de la República de Nicaragua y se impuso el español como lengua oficial. Parece que Berckenhagen, con gran pragmatismo, comprendió que para que la Iglesia Morava y el pueblo miskito sobrevivieran en esta nueva realidad, debían dominar el idioma del Estado.

Las relaciones tempranas entre los mosquitos y los ingleses hicieron, no obstante, que el inglés tuviese mucha presencia en la lengua miskita. Pero los hablantes no adoptaron el inglés estándar, sino un inglés creole, rústico y marinero, hablado en el Caribe y con unas características fonéticas especiales. Algunos de estos ejemplos se observan de manera evidente en el diccionario de Bereckenhagen:

  • BRED: del inglés bread (pan).
  • BINS: del inglés beans (frijoles), usado curiosamente en singular en miskito.
  • BUK: del inglés book (libro)
  • DANS: del inglés dance (bailar)
  • REDDI: del inglés ready (preparado)
  • PRAIS: del inglés price (precio)
  • KUL: del inglés school (escuela)

Luces y sombras de los textos misioneros

No podemos dejar de lado el hecho de que la labor de los misioneros y los textos producidos eran también armas de control. La finalidad de los diccionarios o las gramáticas era colonizar, evangelizar e imponer, en este caso, la religión protestante, acabando así con las creencias y culturas locales.

Sin embargo, desde una perspectiva lingüística, sus obras son, en muchos casos, los primeros testimonios escritos de las lenguas indígenas y nos permiten, en la actualidad, acceder a una serie de documentos escritos en idiomas amerindios que, de no ser por ellos, lo más probable es que se hubieran extinguido.

Así pues, la próxima vez que el calor del verano nos rodee y escuchemos hablar de “mosquitos”, nuestra mente ya no volará únicamente hacia esos insectos que interrumpen el silencio de la noche, sino que podremos recordar al pueblo mosquito y la historia de su lengua.


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Carmen Martín Cuadrado forma parte del proyecto de investigación I+D+i “Biblioteca Virtual de la Filología Española. Fase V: renovación y actualizaciones. Nuevos recursos y aplicaciones. PID2024-155270NB-I00”, financiado por el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, Agencia Estatal de Investigación, 10.13039/501100011033, Fondo Europeo de Desarrollo Regional.

– ref. ¿Conoce el idioma que hablan los mosquitos? – https://theconversation.com/conoce-el-idioma-que-hablan-los-mosquitos-287996