Eau, biosignature et éclair : ce que nous a appris le rover Perseverance après cinq ans sur Mars

Source: The Conversation – France in French (2) – By Agnès Cousin, Astronome adjoint, Responsable scientifique de SuperCam, IRAP, Centre national d’études spatiales (CNES); Université de Toulouse

Le 10 mai 2025, 1 500 jours martiens après s’être posé sur le cratère Jezero, Perseverance se prend en photo. On peut voir la poussière qui s’est accumulée sur le rover durant tout ce temps. Nasa/JPL-Caltech/MSSS

Depuis cinq ans, le rover Perseverance nous en apprend plus sur la géologie de Mars, et ainsi sur les anciennes conditions de la Planète rouge. Aurait-elle pu abriter la vie par le passé ? Les études se succèdent, la dernière en date venant de sortir en mars 2026. On dresse le bilan des découvertes permises par SuperCam, l’un des instruments principaux du rover.


Le 18 février 2026, nous avons fêté les cinq ans de l’atterrissage du rover Perseverance sur Mars, dans le cratère de Jezero. À la suite du succès du précédent rover Curiosity, qui explore toujours la Planète rouge depuis son atterrissage en août 2012, la Nasa a lancé la mission « Mars 2020 ». Après plus de six mois de voyage, Perseverance se pose sur Mars avec en son bord de nombreux instruments, dont le nôtre, appelé SuperCam. C’est le début d’une nouvelle ère d’exploration martienne : la recherche de potentielles traces de vie ancienne et la collecte d’échantillons qui devraient un jour revenir sur Terre !

Bien sûr, nous nous intéressons aussi à la géologie et au climat de Mars. Le cratère Jezero n’a pas été sélectionné par hasard comme site d’atterrissage : les observations orbitales y montrent un ancien delta de rivière très bien préservé, ainsi que des signatures de carbonates, des minéraux qui se forment lorsque des roches interagissent avec de l’eau et du CO₂. Ce sont donc de précieux témoins des conditions qui régnaient lors de leur apparition sur Mars. Ces observations orbitales démontrent donc que l’eau a joué un rôle important dans l’histoire de ce site.

Photo noir et blanc du delta martien
Le delta qu’explore Perseverance, vue aérienne.
Nasa/JPL/Université d’Arizona

Sur Terre, les environnements des lacs et des deltas sont aussi les meilleurs pour piéger et préserver des molécules organiques, qui se retrouvent mélangées aux sédiments très fins transportés par la rivière, puis enfouies dans le delta où ils se déposent. Le site de Jezero fournit donc l’enregistrement d’un environnement passé propice à la conservation de molécules organiques et est, de ce fait, un bon endroit pour chercher des conditions favorables à l’émergence de la vie.

Durant les trois premiers mois de la mission, chacun des instruments et des sous-systèmes du rover ont pu se mettre en marche et commencer à fournir de précieuses informations. En particulier, cette période est marquée par le premier vol historique du drone Ingenuity, le 19 avril 2021. Ce démonstrateur technologique a prouvé la faisabilité de vols motorisés dans l’atmosphère ténue de Mars, ouvrant alors une nouvelle dimension de l’exploration martienne.

Explorer le fond d’un ancien lac martien

Parmi les sept instruments embarqués par Perseverance, on trouve SuperCam, qui constitue la « tête » du rover. Il a été développé en collaboration entre la France et les États-Unis. Cet instrument combine plusieurs spectromètres, des appareils capables d’analyser la composition chimique et minéralogique de la surface de Mars. En plus des spectromètres, SuperCam embarque une caméra, afin de documenter le contexte géologique des lieux où sont réalisées les analyses, et un microphone, qui permet d’étudier l’atmosphère de Mars. En France, nous sommes 13 instituts impliqués dans cette aventure martienne.

L’instrument SuperCam en laboratoire lors de sa conception
L’instrument SuperCam (ici lors de sa fabrication) a été construit par un consortium franco-américain mené en France par l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie et le Cnes, et aux États-Unis par le LANL et le JPL. À ce jour, il a effectué plus de 650 000 tirs laser pour analyser plus de 1 300 roches, pris de nombreux spectres de lumière infrarouge, des photos et enregistré les sons de Mars.
Bruno Dubois/OMP, Fourni par l’auteur

Très rapidement après l’atterrissage, SuperCam a acquis un panorama d’une butte, nommée Kodiak, qui nous a permis de confirmer la nature du delta dans Jezero, à savoir qu’il est formé de sédiments charriés par une rivière se jetant dans un lac. Un tel système permet de reconstruire l’histoire passée de l’eau dans cette région. Ces observations nous ont montré que le niveau du lac fluctuait, mais qu’il s’agissait d’un lac fermé la plupart du temps, c’est-à-dire sans cours d’eau qui en ressort, contrairement à ce que les observations orbitales avaient suggéré auparavant.

Quinze mois plus tard, Perseverance est arrivé au pied du delta dont l’exploration a confirmé ces premières observations et a permis de mieux comprendre l’évolution du lac au cours du temps. Plus récemment, sur la bordure du cratère, SuperCam a découvert du quartz pour la première fois de manière certaine sur Mars ! Le quartz n’est pas rare lorsqu’il est observé dans une roche magmatique, du granite par exemple. Mais dans le cas de cette observation, le contexte est très différent, sans relation avec du volcanisme. Cette roche est probablement liée à un impact de météorite qui aurait facilité la circulation et la remontée d’eau chaude en fracturant la roche, créant un système hydrothermal et des conditions propices à la formation de quartz.

Entre la première photographie de Kodiak et l’arrivée au delta, la première campagne scientifique a débuté en juin 2021 en explorant deux types d’environnements géologiques du fond du cratère. Perseverance a d’abord trouvé des roches volcaniques. Pour se repérer sur Mars, les géologues donnent des noms informels aux zones étudiées. Ainsi la première formation de roches volcaniques a été appelée « Màaz ». Il s’agit d’une succession de coulées de lave à la surface. La seconde (appelée « Seítah ») correspond à un cumulât d’olivines, des roches constituées de gros grains obtenus en cristallisant un minéral, l’olivine, en profondeur sous la surface. Ces roches ont été très peu altérées par l’eau.

Les modèles suggèrent que ces deux environnements géologiques ne proviennent pas de la même source magmatique, mais de deux volcans différents ou de deux chambres magmatiques différentes sous un même volcan. Des échantillons de ces roches, s’ils reviennent sur Terre, nous permettront de dater ces terrains et de mieux comprendre leur mise en place par rapport à la formation du lac présent sur le site.

Mars, anciennement habitable, voire habitée ?

C’est en bordure de cet ancien lac que Perseverance a détecté, en 2024, les carbonates dont nous parlions plus haut, en grande quantité, confirmant les détections orbitales. Il est important de déterminer leur abondance in situ, car ces sédiments ont pu piéger le carbone de l’atmosphère, qui devait être plus épaisse dans le passé. L’analyse minutieuse de ces roches nous a permis de comprendre leur processus de formation : il s’agirait de roches magmatiques ayant longuement interagi avec l’eau du lac et du système hydrothermal, enrichie par le CO2 dissout dans l’eau.

La prise en compte de ce processus dans le cycle du carbone martien donne une nouvelle perspective au devenir du carbone et de l’habitabilité passée de cette planète. En effet, la communauté recherchait jusque-là des carbonates similaires aux calcaires des anciens fonds océaniques terrestres. Or, comme nous l’avons vu, les observations de Perseverance montrent qu’un autre processus de formation des carbonates a eu lieu sur Mars. Il faut donc le prendre en compte pour étudier le cycle du carbone martien et son influence sur les conditions climatiques passées, lesquelles déterminent combien de temps l’eau a pu rester liquide à la surface de Mars, qui en est dépourvue aujourd’hui. La présence d’eau étant nécessaire pour rendre la planète habitable, c’est ce qui rend cette découverte importante.

C’est d’ailleurs dans le même secteur, dans la vallée de l’ancienne rivière se déversant dans le lac, que Perseverance a détecté des traces potentielles de biosignatures. La présence simultanée de matière organique et de phosphate et sulfure de fer rappelle des réactions chimiques qui, sur Terre, sont parfois utilisées par les microorganismes dans des processus biologiques. Seule l’analyse sur Terre de ces échantillons pourra trancher sur l’origine de ces composés et répondre à la question de l’habitabilité passée de Mars.

Une étude récente, menée grâce au radar à bord du rover, a pu mettre en évidence la présence d’un environnement fluvial enfoui sous le delta actuel, démontrant que de l’eau circulait déjà il y a plus de 3,7 milliards d’années. Ces observations sont particulièrement importantes pour l’habitabilité passée de la planète et les recherches de biosignatures anciennes.

Écouter l’atmosphère sur une autre planète

Perseverance, depuis cinq ans, a aussi scruté l’atmosphère martienne. SuperCam et un autre instrument, MastCam-Z ont observé une aurore diffuse, comme une aurore boréale, mais qui ne se limite pas aux pôles, pour la première fois depuis la surface martienne. Mais c’est le microphone de SuperCam qui s’est nous a permis de sonder l’atmosphère de la planète, en dressant pour la première fois le paysage sonore martien. Ces écoutes permettent de déduire des propriétés importantes de l’atmosphère comme la vitesse du son qui varie selon la nature de l’atmosphère. Les bruits enregistrés sont aussi sensibles à la turbulence atmosphérique, ce qui permet d’étudier ces petits flux d’air proche de la surface.

Toujours grâce au microphone, nous avons récemment pu mettre en évidence des décharges électriques, de sortes de petits éclairs qui apparaissent dans des tourbillons qui soulèvent la poussière dans l’atmosphère. Cette détection permet d’apporter de nouvelles informations, car la dynamique des poussières dans l’atmosphère influe sur sa température et donc sur le climat. Ces petits éclairs pourraient aussi jouer un rôle insoupçonné dans la chimie atmosphérique et à la surface, par exemple en interagissant avec les composants chlorés pour former de nouvelles molécules, ou en cassant certaines molécules déjà existantes.

Après 43 km parcourus, et près de 1 500 roches martiennes analysées par SuperCam, Perseverance est désormais sorti du cratère de Jezero et explore sa bordure. Cette région expose des terrains vieux de plus de 3,8 milliards d’années, c’est-à-dire antérieurs à l’impact qui a formé le cratère, voire même à la formation du grand bassin régional Isidis dans lequel il se trouve. Ces roches sont les plus anciennes jamais étudiées in situ par un rover martien et offrent donc une fenêtre unique sur les premiers millions d’années de l’histoire de Mars. Les analyses en cours devraient révéler les conditions environnementales qui régnaient sur la planète rouge à cette époque reculée. Jezero tient bien ses promesses en termes de richesses des terrains, et de nombreuses découvertes nous attendent encore !

The Conversation

Agnès Cousin a reçu des financements du CNES, pour le projet Mars2020/SuperCam. Son laboratoire de recherche (IRAP) a aussi pour tutelle l’université de Toulouse et le CNES.

Olivier Gasnault a reçu des financements du CNES pour le projet Mars2020/SuperCam ; il est salarié du CNRS. Son laboratoire de recherche (IRAP) a aussi pour tutelle l’université de Toulouse.

Magali Bouyssou et Valérie Mousset ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

– ref. Eau, biosignature et éclair : ce que nous a appris le rover Perseverance après cinq ans sur Mars – https://theconversation.com/eau-biosignature-et-eclair-ce-que-nous-a-appris-le-rover-perseverance-apres-cinq-ans-sur-mars-277423

L’intelligence en essaim, de la nature aux algorithmes

Source: The Conversation – in French – By Antoine Dutot, Maître de conférence en informatique, Université Le Havre Normandie

Fourmis, étourneaux, lucioles… sans centre de décision unique, ces collectifs accomplissent des tâches complexes à partir d’informations strictement locales. Ils convergent vers de bons trajets, se synchronisent, se déplacent en nuées denses sans collision. Pour cela, il suffit en fait de règles simples, combinées à des rétroactions, où l’action de chaque individu modifie légèrement l’environnement ou l’état du groupe et où cette modification influence en retour les actions suivantes. Cette logique inspire aujourd’hui des algorithmes pour piloter des systèmes distribués, des robots aux réseaux de capteurs, par exemple.


On associe spontanément l’intelligence à un organe central, un cerveau, une tour de contrôle, un « grand modèle » qui verrait tout et déciderait pour tous. Pourtant, une bonne partie du vivant fait exactement l’inverse. Il n’y a pas de contrôle centralisé et, malgré tout, on observe des comportements collectifs remarquables.

Un murmure d’étourneaux au crépuscule forme des nuages mouvants, fluides, sans collisions apparentes. Une colonne de fourmis en quête de nourriture trouve des chemins efficaces sans vision globale. Certaines espèces de lucioles finissent par clignoter ensemble, comme si un métronome invisible donnait le tempo.

Dans ces exemples, la nature coordonne sans commander. Le point commun n’est pas l’absence de hiérarchie au sens social (une fourmilière a des rôles), mais l’absence de calcul et de prise de décision centralisés. La coordination émerge de règles locales, de signaux partagés, d’interactions et de rétroactions. C’est l’intuition au cœur de l’intelligence en essaim (swarm intelligence), obtenir un comportement global cohérent à partir de règles locales simples. Un algorithme en essaim en est la traduction informatique : une population d’agents simples explore collectivement une solution sans contrôleur central, à partir d’informations locales et de boucles de rétroaction.

Pour comprendre ce qui se passe, un bon réflexe en science est de chercher si un même schéma se dégage : une règle locale donne un effet global, qui peut être traduit au sein d’une algorithmique… et déboucher sur un usage concret.

Passons en revue trois cas significatifs : trois mécanismes simples observés dans la nature, qui ont donné trois familles d’algorithmes.

La trace des fourmis et des termites, ou la « stigmergie »

Règle locale. Un individu modifie son environnement en laissant une trace chimique, une structure, un marquage.

Effet global. Les actions futures sont orientées par ces traces ainsi certaines pistes se renforcent, d’autres disparaissent. C’est une communication indirecte, via l’environnement, qui a été appelée stigmergie pour expliquer la coordination chez les termites.

Traduction algorithmique. Cette idée a été reprise en informatique, notamment pour les algorithmes de type « colonie de fourmis ».

Usage concret. Optimiser des trajets, répartir des flux, résoudre des problèmes combinatoires. Pour cela, on explore plusieurs solutions, puis on renforce progressivement les meilleures (un peu comme si les bonnes pistes « sentaient plus fort » au fil des itérations).

Nuance utile : la reine n’est pas un « chef calculateur ». Elle a un rôle biologique central, la reproduction, mais la décision (au sens algorithmique) reste distribuée : aucune entité ne détient le plan d’ensemble.

Le mouvement des oiseaux et des poissons, ou le « flocking » (ou agrégation)

Règle locale. Je m’aligne avec mes voisins, je garde une distance de sécurité, je reste dans le groupe.

Effet global. Des formations fluides, adaptatives, robustes aux perturbations.

Traduction algorithmique. En informatique, le modèle « Boids » a popularisé l’idée qu’un mouvement collectif réaliste peut émerger de quelques règles de voisinage simples.

Ce que la recherche a affiné. Pour les étourneaux, une idée clé est que l’interaction semble surtout topologique, c’est-à-dire que chaque oiseau « suit » un nombre à peu près constant de voisins (plutôt qu’une distance fixe), ce qui aide à garder la cohésion quand la densité varie brutalement (attaque d’un prédateur, par exemple).

Usage concret. Modéliser des foules, coordonner des robots, concevoir des contrôleurs distribués qui restent stables quand l’environnement bouge vite ou encore faire voler des essaims de drones autonomes en formation serrée sans GPS centralisé, comme l’ont démontré des équipes de recherche récentes.

Battre à l’unisson, ou la synchronisation collective des lucioles

Règle locale. J’ai une horloge interne. Si je vois mon voisin clignoter, je l’ajuste légèrement.

Effet global. Petit à petit, les ajustements se propagent et le groupe se synchronise.

Traduction algorithmique. C’est la logique des oscillateurs couplés : un cadre mathématique classique (famille des oscillateurs de « Kuramoto ») pour expliquer comment un ensemble d’unités faiblement couplées peut finir par battre à l’unisson.

Synchronisation d’un essaim de lucioles. Source : Faironnerie ABC.

Ancrage biologique. Des travaux de synthèse sur la synchronisation des lucioles décrivent les mécanismes, les hypothèses et les limites de ce phénomène dans le vivant.

Usage concret. Ce principe est utile chaque fois qu’un grand nombre d’objets doivent agir ensemble au bon moment, sans chef d’orchestre. Par exemple, dans un réseau de capteurs dispersés dans une forêt pour détecter un départ de feu, il faut que les appareils se réveillent, mesurent et transmettent leurs données de façon coordonnée afin d’économiser leur batterie et de ne pas saturer les communications. Le même mécanisme peut aussi servir à faire travailler ensemble une flotte de petits robots ou de drones qui doivent avancer au même rythme malgré des échanges imparfaits. L’idée générale est simple : obtenir un comportement collectif synchronisé même lorsque chaque unité ne dispose que d’une information locale et de signaux parfois bruités.

Rendre visible l’émergence : mettre le collectif en scène

Les modèles d’essaim se présentent souvent sous forme d’équations et de simulations, comme dans la vidéo ci-dessus. Mais on les comprend parfois mieux… en les voyant « vivre ». Dans les projets de médiation LED it be et Arduiciole, des collaborations entre fab Lab et laboratoire de recherche où nous utilisons des matrices de LED, d’objets lumineux ou des ballons gonflés à l’hélium, chaque lumière suit une règle locale simple : clignoter, attendre, se caler sur ses voisins, ou réagir à une « trace » dans son environnement. Ce ne sont pas de simples ampoules, mais des pixels qui s’éveillent à la vie artificielle. Le dispositif rend visible l’invisible : il simule des automates cellulaires ou des modèles de synchronisation inspirés des lucioles.

Arduicioles, récit d’un rêve synchronisé. Source : Faironnerie ABC.

Ce que le public observe alors n’est pas un code, mais une dynamique : propagation d’un motif, stabilisation, bascule, synchronisation. La démonstration est double : le modèle n’est pas le réel, mais un outil pour isoler un mécanisme ; la complexité collective est une propriété liée aux interactions, et non à chaque individu pris séparément.

Des essaims dans nos technologies… et deux écueils à éviter

Ces principes de coordination distribuée intéressent les ingénieurs et les scientifiques pour une raison simple, ils offrent souvent trois avantages simultanés : robustesse, passage à l’échelle, adaptabilité. C’est exactement la promesse de la robotique en essaim, qui s’inspire explicitement de l’auto-organisation du vivant, mais aussi des algorithmes en essaim.

On retrouve ces principes dans une grande variété de systèmes. Ils sont particulièrement utiles lorsqu’il faut identifier de bonnes configurations dans un ensemble de possibilités immense, comme en logistique, en calibration ou en réglage de paramètres, car ils permettent de faire émerger progressivement des solutions efficaces sans pilotage central.

Ils servent aussi à organiser l’exploration collective, qu’il s’agisse de répartir des robots, des drones ou des entités logicielles pour couvrir une zone, cartographier un environnement, détecter des signaux ou parcourir un espace de recherche.

Enfin, ils offrent un cadre robuste pour maintenir la cohérence d’un système distribué en synchronisant les comportements, en assurant une coordination locale et en préservant le fonctionnement global malgré la perte ou la défaillance de certaines unités.

Ces systèmes ne sont pourtant ni spontanément stables ni naturellement sûrs. Hors des environnements idéalisés, les perceptions sont imparfaites, les échanges sont retardés et la communication entre agents reste souvent partielle. Dans ces conditions, une règle locale élégante en simulation peut devenir fragile en situation réelle. De plus, dès lors que la coordination dépend de signaux partagés, qu’il s’agisse d’une trace, d’un rythme commun ou d’une information sur un meilleur état collectif, la fiabilité de ces signaux devient un enjeu central. Un signal erroné, perturbé ou manipulé peut suffire à désorganiser l’ensemble. La décentralisation n’élimine donc pas le risque ; elle impose de penser autrement la robustesse, en la ramenant au niveau des interactions.

L’intelligence en essaim invite à l’humilité. Elle montre que la force d’un collectif ne vient pas toujours d’un chef, mais de la qualité des interactions entre ses membres. À partir de règles simples, un groupe peut faire émerger une organisation efficace, souple et robuste. La puissance réside alors dans la capacité à agir ensemble. Ce passage du « je » au « nous » offre un modèle de résilience fondé sur la coopération et l’adaptation.

The Conversation

Damien Olivier a reçu des financements de l’ANR et de la commission Européenne.

Yoann Pigné a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche.

Antoine Dutot et Jean-Luc Ponty ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

– ref. L’intelligence en essaim, de la nature aux algorithmes – https://theconversation.com/lintelligence-en-essaim-de-la-nature-aux-algorithmes-275250

What caused the blood red skies in Western Australia? A weather expert explains

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Steve Turton, Adjunct Professor of Environmental Geography, CQUniversity Australia

The apocalyptic red skies in Western Australia have generated considerable international media attention. Crimson dust whipped up by the strong outer winds of Severe Tropical Cyclone Narelle created this unusual phenomenon.

Spectacular weather events like this are not common in northwest Australia. They occur under very specific environmental conditions. Most of the tropical cyclones hitting this arid region don’t cause red skies. Mega dust storms which do change the colour of the sky often take place during prolonged droughts. Perhaps the most memorable storm traversed over Melbourne on 8 February 1983, turning the sky red-brown and later pitch black.

A screen shot of a New York Times piece about the red dust storm.
The New York Times and other international media published stories about Australia’s blood red dust storm.
New York Times

So what caused Cyclone Narelle’s dust storm and why was the sky so vividly red? Four factors came together to create these conditions: a very dry and exposed landscape with red soils, a lack of preceding rain, very strong winds ahead of the rain bands from the cyclone, and a particular wind direction.

Why was the dust storm so spectacular?

Australia’s northwest is one of just a few places in the world where tropical cyclones affect an otherwise arid desert climate. Other locations include the Arabian Peninsula and semi-arid parts of India and Pakistan. These dry regions have very little natural vegetation to protect fragile soils from cyclonic winds. In the northwest of WA, the iron-rich soils which attract many big mining companies also give the region its exceptional red appearance.

According to the Bureau of Meteorology, in the six weeks prior to Cyclone Narelle, the greater northwest region had experienced 10-50 mm of rainfall and the barren landscape was very dry. This was a crucial factor behind the size and magnitude of the red-tinged dust storm.

In the Southern Hemisphere, tropical cyclones rotate in a clockwise direction due to the “Coriolis Force”, which applies movement on rotating objects. This explains how the dust storm developed. Strong winds to the south of the cyclone’s eye were coming from the northeast to southeast direction, and hence off the dry landscape.

After tracking in a southerly direction, close to the North West Cape of WA, Narelle eventually crossed the coast near Coral Bay and headed inland, where it weakened.

Narelle’s large area of gale-force winds extended 200-260 kilometres from the centre. These very strong winds in the southwest area of the cyclone blew across the dry Pilbara landscape, picking up fine red sediments ahead of the bands of rain and transporting them westwards. These blood-red dust storms hit coastal towns in the Gasgoyne and Pilbara regions.

The large, flat terrain of the Pilbara would also have created a long wind “fetch” (the distance the wind blows over open terrain). This would have picked up greater numbers of dust particles.

As the cyclone moved through, humidity increased rapidly, followed by dense cloud and finally heavy rain. This is why the apocalyptic dust was short lived – it was washed out of the atmosphere and back to earth.

An orange-coloured picture of a verandah and the sky.
The dust cloud as it approaches.
Good Morning Australia/Facebook

Why was the sky so red?

The Pilbara’s deep red soils are rich in iron oxides. These soils form the basis of the multi-billion dollar iron ore mining industry.

Understanding the physics of the atmosphere is important. Airborne dust particles scatter shorter wavelengths (blue and green light) more effectively. Longer wavelengths (red and orange light) pass through or dominate what reaches your eyes. The red soil particles made the light an even deeper shade of red. Hence, the sky appeared deep orange red, or even blood coloured.

Due to the right mix of environmental conditions, the Narelle dust storm involved a very high dust concentration, thick enough to significantly filter and tint all incoming sunlight. This created the Mars-like or “apocalyptic” appearance. Cyclone Narelle also approached the North West Cape in the early morning, when sunlight has to travel through more atmosphere. This meant more scattering occurred and made the red tones even stronger.

Mega dust storms are a regular feature during prolonged droughts in central, southern and eastern Australia. A striking example was the “Red Dawn” dust storm in Sydney on 23 September 2009. Residents woke to an eerie red dawn due to a huge dust cloud.

Huge dust storms like this are usually produced by strong cold fronts and severe thunderstorms that force fine sediment particles up into the atmosphere. These particles are typically moved towards the east, even making their way into the upper levels of the troposphere. Occasionally the dust is deposited as far away as the Southern Alps of Aotearoa/New Zealand.

Spectacular weather events such as this stand out on the global stage. A rare combination of the Pilbara’s exceptionally red soils, cyclonic winds from the right direction and perfect pre-rain timing allowed atmospheric dust to build to very high concentrations. Certainly a feast for the eyes and record books.

The Conversation

Steve Turton has previously received funding from the Australian and Queensland Governments.

– ref. What caused the blood red skies in Western Australia? A weather expert explains – https://theconversation.com/what-caused-the-blood-red-skies-in-western-australia-a-weather-expert-explains-279557

Why a second global shipping chokepoint could soon live up to its name as the ‘Gate of Tears’

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Flavio Macau, Associate Dean – School of Business and Law, Edith Cowan University

Luke Dray/Stringer/Getty

If you’d never heard of the Strait of Hormuz before, you probably have by now. Iran’s effective closure of the waterway, which usually carries about 20% of the world’s oil and gas, has put severe pressure on the global economy.

Now, some analysts are warning a new flashpoint could emerge: the Bab el-Mandeb Strait.

That’s because on March 28, the Houthis, a military group that controls large parts of northern Yemen and is aligned with Iran, entered the war, launching missiles towards Israel for the first time since the war with Iran began.

Yemen is situated on one side of the strait, and the Houthis have previously attacked shipping in the Red Sea, causing major disruption in late 2023 and 2024.

Bloomberg now reports Iran has approached the Houthis to prepare for a similar campaign.

Here’s why all eyes will be back on the Houthis, Bab el-Mandeb and the Red Sea, and what disruption of a second major chokepoint could mean for the world economy.

What is the Bab el-Mandeb Strait?

The Bab el-Mandeb Strait is about 30 kilometres wide at its narrowest point. It is situated between Yemen on the Arabian Peninsula to the northeast and Eritrea and Djibouti in Africa on the west.

Its name literally means “Gate of Tears” in Arabic, after its famously treacherous sailing conditions.

It has become so important because, along with the Suez Canal in Egypt, it allows ships to transit directly between the Mediterranean Sea and the Indian Ocean by passing through the Red Sea and the Gulf of Aden.

Before the Suez Canal’s opening in the 19th century, ships had to travel all the way around the southern tip of Africa to join these two points.

An oil tanker leaving Saudi Arabia to go to the Netherlands, for example, only has to travel 12,000 kilometres if it goes via the Red Sea, compared with more than 20,000 kilometres going south around Africa.

As you’d expect, that’s much faster too. According to the US Energy Information Administration (EIA), a trip between the Arabian Sea and the Netherlands that takes 34 days the long way around is shortened to just 19 days.

What passes through it?

In normal times, as much as 14% of global maritime trade goes through the Bab el-Mandeb Strait.

Detailed data on what passes through the Bab el-Mandeb Strait is somewhat limited. But fossil fuels are a major component.

The International Energy Agency (IEA) estimates that in 2025 about 4.2 million barrels of crude oil and petroleum liquids crossed the Bab al-Mandeb Strait per day. That’s about 5% of global production.

Given most ships use the Suez Canal as well, official data from the Suez Canal Authority allow us to paint a detailed picture of Red Sea shipping.

In the final quarter of 2025, about 40% of the 3,426 ships passing through the Suez Canal transported fossil fuels: (1,330 oil tankers, 88 liquefied natural gas (LNG) ships).

Bulk and general cargo made up another 40% (1,339 ships), typically transporting agricultural commodities such as corn, wheat and soybeans, and also coal and iron ore. Container ships made about 13% of the traffic (459 ships).

Notably, total traffic through the Red Sea has declined considerably since Houthi attacks on shipping in late 2023 and 2024, even though these attacks have largely stopped.

Can the strait be closed?

The Bab el-Mandeb Strait can’t be “closed” entirely. Its narrowest point is still a considerably wide waterway. And unlike the Strait of Hormuz, the Bab el-Mandeb Strait is not a “cul-de-sac”, where the passage is closed at one end with only one way out. Ships can still exit to the Mediterranean via the Suez Canal.

That’s little comfort for those bound for Asia, which would then have to round Africa to do so, adding weeks to the journey.

Notably, Saudi Arabia had already built a “Plan B” to avoid the Strait of Hormuz, called the East-West pipeline. This pipeline connects Abqaiq in the north with Yanbu on the Red Sea, and had already begun pumping oil at almost full capacity in response to the conflict.

But oil bound for Asia from this new exit point still has to pass through Bab el-Mandeb to avoid the long way around, meaning it could be disrupted.

We’ve been here before

To get a sense of how the Houthis could disrupt shipping again, we can look to the most recent Red Sea crisis.

According to the International Maritime Organization (IMO), 67 incidents were recorded between November 2023 and September 2024. Some ships only suffered minor equipment damage. But others faced severe fires, flooding and structural damage after being hit by missiles or drones.

However, there have been relatively few attacks since 2024. And the strait was never totally “closed” per se: some ships continued to pass through throughout the crisis.




Read more:
Today’s global economy runs on standardized shipping containers, as the Ever Given fiasco illustrates


The mere threat of attacks

These same tactics would probably apply today. But for shipping companies, the mere threat of attacks may be enough to slow or restrict shipping. There are significant risks to civilian crew, who face a threat to life.

Adding to this, insurance costs could become prohibitive enough to close the route in practical terms. Back in 2024, insurance costs were about 0.6% of the value of the cargo on a ship. After the Red Sea crisis, this rose as high as 2%.

The effective closure of both the Strait of Hormuz and Bab el-Mandeb at the same time would be severely disruptive to global supply chains and the global economy.

The Conversation

Flavio Macau does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Why a second global shipping chokepoint could soon live up to its name as the ‘Gate of Tears’ – https://theconversation.com/why-a-second-global-shipping-chokepoint-could-soon-live-up-to-its-name-as-the-gate-of-tears-279548

New Israeli law could mean death penalty by default for Palestinians convicted of deadly attacks

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Shannon Bosch, Associate Professor (Law), Edith Cowan University

Israel’s parliament, the Knesset, this week passed legislation that would vastly expand capital punishment in Israel and in the occupied Palestinian territories.

The changes, made via an amendment to Israel’s penal law, allow for executions without proper appeal, pardons or meaningful judicial discretion.

According to media reports, 62 of 120 Knesset members voted in favour of the bill on Monday, including Prime Minister Benjamin Netanyahu, and 48 voted against. The remainder absented themselves from the vote or abstained.

UN experts and Amnesty International have warned these new death sentencing rules would apply almost exclusively to Palestinians.

It would, they argue, entrench discrimination already identified by the International Court of Justice as amounting to apartheid. UN experts said of the bill:

Since Israeli military trials of civilians typically do not meet fair trial standards under international human rights law and humanitarian law, any resulting death sentence would further violate the right to life […] Denial of a fair trial is also a war crime.

This development is a significant change for Israel, which has not executed anyone for more than 60 years. It reverses decades of global movement towards abolition, while normalising executions in an occupied territory.

Death penalty as the default

These changes were made via legislation brought by National Security Minister Itamar Ben-Gvir and his far-right Otzma Yehudit party.

The Penal Bill (Amendment ― Death Penalty for Terrorists) amends both Israeli civil law (applicable to Israeli settlers) and Israeli military law (applicable to Palestinians) in the occupied West Bank.

The law states, according to a Deutsche Welle media report:

Palestinians in the occupied West Bank convicted of terrorism in military courts will face a mandatory death sentence or, in the wording of the bill “his sentence shall be death, and this penalty only.” Only if the court determines that there are “special reasons” can it then commute the death sentence to life in prison.

Under this change:

  • prosecutors do not need to request the death penalty
  • the defence minister may submit an opinion to the judicial panel of three military officials who only need a simple majority to impose the death penalty
  • judges need to record exceptional reasons for imposing a life sentence over the death penalty
  • avenues for appeal would be tightly restricted
  • there would be no possibility of a pardon
  • people sentenced to death would be detained in isolated facilities that would have restricted visitor access, with legal counsel only by video link
  • executions (by hanging) would take place within 90 days of the final judgement.

Another yet-to-be-passed bill that may still be brought before the Knesset – the Prosecution of Participants in the October 7 Massacre Events Bill – would also see more death sentences handed down.

It establishes ad hoc military tribunals with retrospective jurisdiction to prosecute those accused of participating in the October 7 2023 Hamas-led attacks on southern Israel.

These tribunals would:

  • consist of a retired district court judge and two officers qualified to serve as judges
  • be authorised to depart from ordinary rules around evidence and procedure
  • be able to impose the death penalty via a simple majority, without prosecutors requesting it.

Appeals and clemency mechanisms would again be extremely limited.

Taken together, the two amendments significantly expand the scope of capital punishment in Israel. They also remove many procedural safeguards.

Supporters argue capital punishment could deter future attacks and preclude hostage-taking for prisoner exchanges.

Yet, historically, Israel’s intelligence services have opposed death sentences. They have argued it may encourage armed groups to kidnap Israelis as bargaining chips to prevent executions.

International humanitarian law

Critics have argued the new changes place Israel in breach of international humanitarian law and international human rights law.

As critics point out, Israel’s new death penalty rules limit access to legal counsel. They also:

  • restrict appeals
  • allows trials before ad hoc military tribunals for new capital offences
  • mandate executions be carried out within 90 days.

This all runs counter to international humanitarian law.

Significant legal concerns are raised by Israel enforcing new capital offences in the occupied territory after the International Court of Justice concluded Israel’s occupation violates international law and must cease.

These concerns are compounded by longstanding criticisms of Israeli military courts in the occupied West Bank, where conviction rates for Palestinian defendants reportedly exceed 99%.

International human rights law

Under international human rights law people should be guaranteed equality before the law and protected from discrimination.

But the changes passed by the Knesset this week subject Palestinians to death sentences as the default, while Israeli citizens accused of killing Palestinians would appear before civil courts. Here, capital punishment would be discretionary and far more limited. This entrenches a discriminatory system.

Critics argue this amounts to collective punishment against Palestinians, which is prohibited under the Geneva Convention.

The European Union has warned that executions through hanging would also violate the absolute prohibition on cruel, inhuman or degrading treatment.

Taken together, the two new amendments normalise state-sanctioned executions and violate Israel’s obligations under international law.

The Conversation

Shannon Bosch does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. New Israeli law could mean death penalty by default for Palestinians convicted of deadly attacks – https://theconversation.com/new-israeli-law-could-mean-death-penalty-by-default-for-palestinians-convicted-of-deadly-attacks-279458

Reducir la capacidad de la ciudadanía para protestar amenaza la conservación de la naturaleza y la sostenibilidad ambiental

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos Javier Durá Alemañ, Investigador Ramón y Cajal. Derecho de la Biodiversidad., Instituto de Estudios Sociales Avanzados (IESA – CSIC)

Manifestación climática en Barcelona, 2019. SUE WETJEN/Shutterstock

La conservación de la naturaleza no solo depende de la biología, la ecología o la legislación ambiental. También depende, en buena medida, de la capacidad de la sociedad civil para vigilar, denunciar y protestar contra las actividades que dañan el medio ambiente.

En España, la entrada en vigor en 2015 de la Ley Orgánica 4/2015 de protección de la seguridad ciudadana, conocida popularmente como “ley mordaza”, supuso un cambio de paradigma que ha afectado negativamente al activismo ecológico. Al criminalizar la protesta pacífica y limitar la libertad de expresión, esta norma ha creado un “efecto disuasorio” que debilita la lucha por la conservación de la naturaleza y la lucha contra el cambio climático.

Desafortunadamente, España se ha convertido en un ejemplo que varios países europeos (Reino Unido, Francia, Hungría, Alemania o Dinamarca) están tomando como referencia hacia el endurecimiento de las leyes de seguridad ciudadana y de orden público. Varias organizaciones de derechos humanos como la Comisión de Venecia y el Consejo de Europa han expresado preocupación por el “potencial represivo” de las leyes de seguridad ciudadana que estos Estados están implantando.

El activismo en el punto de mira

El activismo ambiental es, por definición, una forma de acción política que busca proteger el entorno frente a amenazas, a menudo causadas por grandes intereses económicos o por negligencias administrativas. Históricamente, las protestas y las acciones directas no violentas (como las de ONG como Greenpeace y Ecologistas en Acción o de plataformas locales) han sido clave para visibilizar la destrucción ambiental.

Sin embargo, la ley mordaza ha transformado estas acciones en un riesgo jurídico y económico elevado. Las infracciones graves y muy graves introducidas por la ley permiten imponer multas que oscilan entre los 601 y los 600 000 euros. Para muchas personas e incluso para muchos colectivos ecologistas, estas cifras no son sanciones, sino que en la realidad se convierten en medidas de “represión social y desmovilización ciudadana”.

Impacto en la acción climática

Cuando un colectivo ciudadano intenta bloquear la tala de un bosque, la construcción en una zona protegida o la contaminación de un río, a menudo se enfrenta a una respuesta policial amparada en la nueva seguridad ciudadana. La ley mordaza ha provocado varias cuestiones contrarias a la libertad de expresión y de dudosa constitucionalidad.

Por un lado, se produce una criminalización de la protesta pacífica: acciones simbólicas clásicas, como encadenarse a una maquinaria u ocupar terrenos en defensa del patrimonio natural, son castigadas con una contundencia desproporcionada.

También hubo desproporción en considerar terroristas a los activistas que participaron en 2022 y 2023 en diversas acciones de desobediencia civil no violenta para reclamar mayores y más eficaces medidas políticas ante el cambio climático. Tanto Naciones Unidas como Amnistía Internacional recordaron al Fiscal General del Estado que el derecho de protesta se estaba vulnerando con esta categorización de terroristas a los activistas climáticos. Algo que se había visto venir tras la ambigua definición jurídica en la que había quedado el terrorismo.

El miedo a las sanciones económicas desproporcionadas se traduce en que muchos activistas y organizaciones limitan sus acciones reduciéndose mucho la presión social sobre los destructores de la naturaleza.

Un obstáculo adicional para ejercer el derecho de protesta de forma segura es la dificultad impuesta en el registro de pruebas. La limitación o prohibición de grabar y difundir imágenes de los agentes de las fuerzas de seguridad reprimiendo a manifestantes y activistas dificulta enormemente la documentación de posibles abusos en el desalojo o represión de una protesta ambiental.




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La Vuelta, Mayo del 68 o las campañas contra el apartheid: cómo las protestas incomodan y transforman


Efectos en la conservación de la naturaleza

La principal consecuencia de la ley mordaza, es el llamado “efecto disuasorio”. Activistas de diversas organizaciones han denunciado que la ley reprime la protesta, obligando a los defensores de la naturaleza a guardar silencio o a limitar sus actuaciones frente a lugares simbólicos como el Congreso de los Diputados o las delegaciones de Gobierno.

En un contexto de emergencia climática y pérdida de biodiversidad, reducir la capacidad de la ciudadanía para protestar es una amenaza directa a la conservación de la naturaleza y la sostenibilidad ambiental, siempre amenazadas por intereses privados.

La vigilancia ciudadana es imprescindible, ya que las autoridades se ven desbordadas y, en muchas ocasiones, son los ecologistas los primeros en descubrir actividades ilícitas que las autoridades no detectan, ignoran o incluso en ocasiones, provocan.

Al disminuir esta vigilancia por miedo a las multas, la biodiversidad queda desprotegida y los riesgos ambientales como el cambio climático o las distintas formas de contaminación se vuelven mucho más peligrosos para la ciudadanía.

A lo largo de los más de diez años de vigencia de esta norma, las organizaciones ecologistas han reportado múltiples casos donde el activismo ha sido sancionado bajo el amparo de la seguridad ciudadana. La ley mordaza no solo afecta a grandes ONG; plataformas locales que luchan contra megaproyectos (minería, proyectos de implantación de energías renovables sin ordenación, infraestructuras innecesarias) se ven desbordadas por sanciones administrativas, lo que paraliza de facto sus movimientos en defensa del territorio.

La ley mordaza bloquea radicalmente las protestas de grupos pequeños o de individuos aislados, que se ven completamente desamparados ante esta “nueva” ley.

La ley mordaza nos desprotege a todos

La conservación de la naturaleza y la acción climática requieren un entorno democrático fuerte y transparente donde la ciudadanía pueda alzar la voz sin miedo a represalias. La ley mordaza funciona como un mecanismo que prioriza el orden público –entendido a veces como la protección de intereses económicos o políticos concretos– frente al derecho universal a un medio ambiente sano y frente al derecho a la libertad de expresión.

Mientras la ley siga vigente con los términos actuales, el activismo ambiental operará bajo la sombra de la inseguridad. Para una verdadera conservación de la biodiversidad en España, es indispensable garantizar que los defensores de la naturaleza puedan protestar pacíficamente sin ser criminalizados, asegurando que la protección del territorio siga siendo un derecho ciudadano cuyo ejercicio nos beneficia a todos y no una actividad de alto riesgo.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Reducir la capacidad de la ciudadanía para protestar amenaza la conservación de la naturaleza y la sostenibilidad ambiental – https://theconversation.com/reducir-la-capacidad-de-la-ciudadania-para-protestar-amenaza-la-conservacion-de-la-naturaleza-y-la-sostenibilidad-ambiental-279487

¿Y si mañana, al levantarme, no pudiera ver la pantalla?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Antonia Moreno Cano, Investigadora Asociada en el Equipo de Investigación en Comunicación, Universidad de Deusto

Imagine por un momento que enciende su ordenador o su móvil… y no puede leer nada. No distingue los botones, no comprende los menús, no puede completar un formulario. Lo que para la mayoría es rutina, para millones de personas es una barrera cotidiana.

En España, solo el 7 % de las personas con discapacidad visual accede a formación en tecnologías. El 93 % restante queda excluido, con graves consecuencias para su autonomía y participación social. No es un dato menor: es una brecha que condiciona la autonomía, la empleabilidad y la participación social.

La tecnología tiene el potencial de cambiar esta realidad. Pero solo lo hace cuando es accesible y cuando va acompañada de formación adaptada. De lo contrario, amplifica la desigualdad. Un estudio reciente lo confirma: sin un diseño inclusivo y sin alfabetización digital, estas herramientas no llegan a quienes más las necesitan.

¿Qué implica realmente vivir con baja visión?

Existe una idea extendida (y errónea) de que la discapacidad visual es sinónimo de ceguera total. Sin embargo, muchas personas con baja visión no cumplen los criterios de ceguera legal y, por tanto, no acceden a recursos especializados como los de la ONCE.

Quedan en una especie de zona “gris” del sistema. Sin apoyos estructurados, sin formación específica y, en muchos casos, sin conocer siquiera las soluciones disponibles.

La tiflotecnología (lectores de pantalla, magnificadores o líneas braille) permite superar muchas barreras. Pero el problema no es solo la tecnología: es el acceso a ella. Sin formación, estas herramientas son invisibles.

El resultado es conocido: improvisación, dependencia y, en demasiados casos, aislamiento.

Cuando el diseño excluye

Incluso quienes tienen conocimientos técnicos encuentran muchas barreras. Muchas webs y aplicaciones no cumplen con los mínimos de accesibilidad exigidos por ley. Textos que no se amplían, botones sin etiqueta, colores sin contraste o formularios imposibles de leer son algunos ejemplos.

Esto obliga a depender de familiares o amigos para realizar tareas cotidianas. Trámites bancarios, gestiones públicas o incluso pedir una cita médica pueden convertirse en obstáculos insalvables.

La accesibilidad web no es un lujo. Es un derecho. Y no solo beneficia a las personas con discapacidad visual. También ayuda a mayores, personas con problemas temporales o usuarios con mala conexión o dispositivos antiguos. Además, en España existe una normativa legal específica para la accesibilidad digital, recogida en el Portal de Administración Electrónica del Gobierno de España.

Sí, la tecnología puede ser transformadora

Cuando se cumplen ciertas condiciones, la tecnología cambia vidas. Aplicaciones con voz, lectores de pantalla, funciones de ampliación y herramientas de comunicación han permitido a muchas personas estudiar, trabajar y mantenerse conectadas.

Durante la pandemia, varias personas aprendieron a usar redes sociales y apps de videollamadas para no perder el contacto. En algunos casos, fue esa necesidad de comunicarse la que impulsó el aprendizaje.

Pero estas experiencias siguen siendo la excepción. Muchas personas siguen sin saber qué recursos existen ni a dónde acudir.

¿Qué necesitamos para cerrar esta brecha?

Primero, es necesaria formación especializada. Y fuera de la ONCE, casi no existe. Faltan instructores, materiales y puntos de referencia.

En segundo lugar, es urgente un diseño accesible desde el origen. No como añadido o como un favor. Hacer las webs y apps accesibles desde el principio evita costes futuros y amplía su utilidad.

Además, precisamos voluntad política. La tecnología inclusiva no llega sola. Requiere leyes claras, recursos públicos y campañas de sensibilización.

La brecha digital no se cierra solo con dispositivos. Se cierra con diseño inclusivo, políticas públicas y formación para todos. Como recuerda la UNESCO, el acceso a la información es un derecho universal. Y, como señala la Organización Mundial de la Salud, la pérdida de visión afecta a más de 2 200 millones de personas en el mundo. No podemos permitirnos dejar a millones fuera de la sociedad digital.

Agradecemos especialmente a Fiorella Fuentes por su compromiso y colaboración en el desarrollo del proyecto. Su trabajo ha sido clave para visibilizar la exclusión digital que afecta a muchas personas.

(Una versión de este artículo fue publicada originalmente en la revista Telos de Fundación Telefónica).

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. ¿Y si mañana, al levantarme, no pudiera ver la pantalla? – https://theconversation.com/y-si-manana-al-levantarme-no-pudiera-ver-la-pantalla-262014

Cuando sobrevivir no es el final: el envejecimiento acelerado del cerebro tras el cáncer infantil

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Estefanía Díaz del Cerro, Investigadora Postdoctoral IDISCAM en el Grupo Mixto de Fragilidad y Envejecimiento Exitoso UCLM-SESCAM, Universidad Complutense de Madrid

Elif Bayraktar/Shutterstock

Hoy cada vez más niños sobreviven al cáncer, y la mayoría alcanza la edad adulta. Sin embargo, para muchos de ellos la historia no termina con la remisión del tumor. Años e incluso décadas después del tratamiento, una proporción significativa de supervivientes presenta dificultades persistentes de atención, memoria y velocidad de procesamiento.

Estos problemas pueden afectar al rendimiento académico, al empleo y a la vida independiente. Son secuelas a menudo invisibles, pero especialmente llamativas porque aparecen en personas jóvenes. ¿Se trata solo de efectos tardíos del tratamiento o de algo más profundo?

Jóvenes con un cerebro que envejece antes

Más del 40 % de los adultos que superaron un cáncer infantil presenta alguna alteración neurocognitiva. Durante años estas dificultades se atribuyeron al efecto directo de la quimioterapia o de la radioterapia, sobre todo cuando el tratamiento afectó al sistema nervioso central.

Sin embargo, esta explicación puede ser incompleta. Estudios recientes sugieren que muchos supervivientes siguen un proceso de envejecimiento biológico más rápido de lo esperado. En otras palabras, su organismo podría envejecer antes que el de otras personas de la misma edad.

El envejecimiento no consiste solo en cumplir años. Implica una acumulación de daño molecular, inflamación persistente y cambios en el sistema inmunitario. También aparecen alteraciones en la regulación del ADN. En este contexto cobra importancia la epigenética.

Cuando el ADN guarda memoria

La epigenética estudia cambios químicos que regulan la actividad de los genes sin modificar la secuencia del ADN. Una de las modificaciones más conocidas es la metilación del ADN: pequeñas marcas que actúan como interruptores y pueden activar o silenciar genes.

Estas marcas cambian con el tiempo y también bajo la influencia de factores como el estrés, la enfermedad y algunos tratamientos médicos. A partir de estos patrones se han desarrollado los llamados relojes epigenéticos.

Los relojes epigenéticos estiman la edad biológica de una persona mediante el análisis de la metilación del ADN. Cuando la edad biológica supera a la edad cronológica se habla de aceleración de la edad epigenética, un posible indicador de envejecimiento prematuro.

Más de 1400 supervivientes analizados

Para investigar la relación entre envejecimiento biológico y dificultades cognitivas, investigadores del Hospital de Investigación Infantil St. Jude, en Estados Unidos, analizaron datos de 1 413 adultos que habían superado un cáncer en la infancia.

Los participantes completaron pruebas para evaluar atención, memoria, velocidad de procesamiento y funciones ejecutivas. Además, se analizaron muestras de sangre para estimar la edad biológica mediante varios relojes epigenéticos.

También se estudió la longitud media de los telómeros, estructuras situadas en los extremos de los cromosomas que se acortan con el envejecimiento celular y que durante años se han considerado un marcador clásico del envejecimiento.

No son los telómeros sino la epigenética

Los resultados mostraron un patrón claro. Los supervivientes con mayor aceleración de la edad epigenética obtenían peores resultados en distintos dominios cognitivos, especialmente en atención, velocidad de procesamiento y funciones ejecutivas.

En cambio, la longitud de los telómeros no mostró una relación significativa con el rendimiento cognitivo. Esto sugiere que no todos los marcadores de envejecimiento reflejan los mismos procesos biológicos. En este caso, la epigenética parece captar cambios más relacionados con el funcionamiento cerebral.

Las asociaciones también variaban según el tratamiento recibido. Los supervivientes que habían recibido terapias dirigidas al sistema nervioso central mostraban relaciones más marcadas en memoria. Sin embargo, incluso quienes no recibieron tratamientos cerebrales presentaban vínculos entre envejecimiento epigenético y peor rendimiento cognitivo.

Un cambio de paradigma

Estos hallazgos sugieren un cambio en la forma de entender las secuelas del cáncer infantil. Los problemas cognitivos podrían no ser solo consecuencia de un daño puntual causado por el tratamiento décadas atrás. También podrían formar parte de un proceso dinámico de envejecimiento biológico acelerado que se mantiene con el paso del tiempo y que podría contribuir al deterioro cognitivo prematuro.

Esta idea conecta con un fenómeno más amplio. Muchos supervivientes de cáncer infantil desarrollan antes de lo esperado enfermedades cardiovasculares, fragilidad física o alteraciones metabólicas. El envejecimiento acelerado podría ser el mecanismo común que une estas complicaciones.

¿Se puede intervenir?

La epigenética no es un destino inmutable. A diferencia de la secuencia genética, las marcas epigenéticas pueden modificarse.

Diversos estudios en población general sugieren que la actividad física regular, una alimentación equilibrada y la reducción del estrés pueden influir en la edad biológica. En el futuro, identificar a los supervivientes con mayor aceleración epigenética podría permitir intervenciones tempranas para proteger la salud cognitiva.

Los relojes epigenéticos también podrían utilizarse como biomarcadores para evaluar si esas intervenciones funcionan.

Prudencia y próximos pasos

Los resultados deben interpretarse con cautela. El estudio es transversal, por lo que muestra asociaciones pero no permite establecer relaciones de causa y efecto.

No se puede afirmar con certeza que el envejecimiento epigenético cause el deterioro cognitivo. Serán necesarios estudios longitudinales que sigan a los supervivientes a lo largo del tiempo para confirmar esta relación y comprender mejor los mecanismos implicados.

Sobrevivir mejor, no solo más tiempo

El éxito de la oncología pediátrica ha transformado el pronóstico de miles de niños. Hoy la supervivencia ya no es la única meta: el desafío es garantizar que quienes superaron un cáncer en la infancia puedan envejecer con la mejor calidad de vida posible.

Comprender cómo el tratamiento deja huella en el reloj biológico del organismo es un paso importante para lograrlo. Porque sobrevivir al cáncer debería ser solo el comienzo de una vida larga y cognitivamente saludable.

The Conversation

Estefanía Díaz del Cerro recibe fondos en forma de beca postdoctoral de IDISCAM (Instituto de Investigación Sanitaria de Castilla-La Mancha)

– ref. Cuando sobrevivir no es el final: el envejecimiento acelerado del cerebro tras el cáncer infantil – https://theconversation.com/cuando-sobrevivir-no-es-el-final-el-envejecimiento-acelerado-del-cerebro-tras-el-cancer-infantil-276101

¿Puede caducar el pasado digital? Los límites del derecho al olvido

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mariana N. Solari Merlo, Profesora titular de universidad. Derecho penal y criminología, Universidad de Cádiz

ArtVibe1/Shutterstock

¿Puede una decisión libre convertirse con el tiempo en una condena identitaria permanente? La pregunta no es meramente teórica. En el entorno digital, determinadas actividades –como la creación de contenido sexual– generan una huella persistente que puede reactivarse con facilidad incluso cuando la persona ha abandonado esa etapa.

En los últimos años, especialmente desde la pandemia, se ha producido un aumento significativo de perfiles que, en el entorno digital, generan contenido erótico o sexual con fines económicos, tal como recogen diversos estudios recientes.

Plataformas como OnlyFans han contribuido a consolidar este modelo bajo lógicas propias de la economía digital –suscripción, acceso exclusivo y consumo privado–, apoyadas en redes sociales que funcionan como escaparate y canal de captación de audiencia.

Se trata, en la mayoría de los casos, de actividades lícitas y voluntarias. Sin embargo, lo relevante no es tanto la naturaleza de la actividad como sus efectos en el tiempo. La digitalización no solo amplía el alcance, sino que altera la duración y la intensidad de la exposición: lo que antes era limitado y contextual pasa a ser potencialmente permanente y global.

La exposición y sus efectos

El entorno digital multiplica las oportunidades de difusión, pero también amplía los riesgos. La visibilidad deja de estar acotada y el contenido puede alcanzar audiencias muy diversas, incluyendo entornos personales, profesionales o públicos no deseados.

Desde la criminología y la victimología digital se ha señalado que una mayor exposición pública incrementa la probabilidad de sufrir distintas formas de victimización en línea, especialmente en contextos de alta autoexposición (self-disclosure) y uso intensivo de redes sociales.

No obstante, el problema no se limita a los riesgos durante la etapa de actividad. Existe una segunda dimensión, más persistente, vinculada a la identidad digital que se construye a partir de esa exposición. A diferencia de otros contextos, esta identidad no se desvanece fácilmente sino que queda fijada en sistemas de indexación, archivos y copias que permiten su reaparición constante.

Incluso cuando la persona ha abandonado esa actividad, su pasado puede seguir siendo accesible mediante búsquedas asociadas a su nombre o imagen, configurando lo que algunos trabajos han descrito como una memoria técnica difícilmente reversible.

Identidad digital y cambio vital

El caso de la ciclista y creadora de contenido Cecilia Sopeña ilustra este problema. Tras alcanzar notoriedad y beneficios económicos en plataformas de contenido para adultos, anunció su intención de iniciar una nueva etapa y reivindicó el denominado “derecho al olvido”, con el objetivo de dejar de ser identificada públicamente por esa actividad pasada.

La reacción social ha sido desigual. Parte de la opinión pública ha cuestionado esta pretensión, apelando a la idea de que la obtención de beneficios económicos debería conllevar una exposición permanente. Este tipo de respuestas pone de relieve la persistencia de valoraciones morales que exceden el plano jurídico.

Más allá del caso concreto, la cuestión de fondo es si el entorno digital debe fijar de manera indefinida una identidad vinculada a una etapa ya superada o si es posible limitar esa asociación cuando deja de responder a un interés actual.

En este contexto se sitúa el denominado derecho al olvido, que permite solicitar que determinados datos personales dejen de ser accesibles a través de motores de búsqueda cuando su difusión resulta inadecuada, irrelevante o desproporcionada con el paso del tiempo.

Este derecho fue reconocido en el ámbito europeo a partir del conocido caso Google Spain y posteriormente incorporado al artículo 17 del Reglamento General de Protección de Datos (RGPD), consolidándose como un instrumento clave para gestionar los efectos de la memoria digital.

No implica borrar el pasado ni eliminar necesariamente el contenido original, sino limitar su visibilidad mediante la desindexación. Se trata de una manifestación del derecho a la protección de datos personales, en conexión con el honor, la intimidad y la propia imagen.

Como todo derecho fundamental, no es absoluto. En caso de conflicto con la libertad de información o expresión debe realizarse una ponderación atendiendo a factores como la relevancia pública de la información, el interés general y la proporcionalidad.

El papel del consentimiento

En el caso de las creadoras de contenido sexual, el análisis presenta una particularidad: el contenido fue producido y difundido voluntariamente y con finalidad económica.

Este elemento es relevante, pero no determinante. El consentimiento no supone una renuncia definitiva a los derechos fundamentales. El marco jurídico europeo reconoce su carácter revocable, especialmente cuando están en juego la dignidad y la proyección futura de la persona.

El problema no radica tanto en la existencia del contenido como en su asociación persistente a la identidad actual. Cuando una persona abandona esa actividad y el contenido continúa reapareciendo de forma sistemática en búsquedas vinculadas a su nombre, los motores de búsqueda dejan de actuar como intermediarios neutrales para convertirse en mecanismos de reactivación constante del pasado.

En la práctica, el derecho al olvido permite reducir esa visibilidad mediante la desindexación y limitar la asociación automática entre la identidad presente y contenidos antiguos, aunque no garantiza la desaparición total del material en internet.

Una cuestión más amplia

El debate, en última instancia, trasciende el ámbito del contenido sexual. Plantea una cuestión más general: si una persona puede quedar indefinidamente definida por decisiones pasadas en un entorno que tiende a conservar y reactivar toda información.

En otros ámbitos jurídicos, como el derecho penal, se han desarrollado mecanismos orientados a evitar efectos perpetuos y facilitar la reintegración social. La persistencia digital introduce una tensión similar en el ámbito de la identidad.

El derecho al olvido no pretende negar el pasado ni cuestionar decisiones previas. Su función es, más bien, permitir que una etapa vital no se convierta necesariamente en una marca permanente cuando su mantenimiento deja de responder a un interés público actual.

The Conversation

Mariana N. Solari Merlo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Puede caducar el pasado digital? Los límites del derecho al olvido – https://theconversation.com/puede-caducar-el-pasado-digital-los-limites-del-derecho-al-olvido-271817

Dolor lumbar y pélvico en el embarazo: qué tratamiento funciona mejor según la ciencia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gemma Biviá Roig, Bióloga y Fisioterapeuta. Profesora e investigadora, Universidad CEU Cardenal Herrera

Martin Novak7Shutterstock

Durante décadas, se ha aceptado que el dolor de espalda y de pelvis es un “peaje” inevitable de la gestación. Las cifras parecen respaldar esa creencia: más de la mitad de las mujeres embarazadas lo experimentan. Aunque para algunas es una molestia leve, en otros casos supone una limitación real que afecta al sueño, al trabajo y, en definitiva, a la calidad de vida.

La evidencia más reciente no solo muestra que puede tratarse, sino también que el éxito del abordaje depende de un factor que a menudo pasamos por alto: además de mover el cuerpo, es fundamental comprender cómo funciona el dolor.

Ejercicio: necesario, pero no siempre suficiente

El ejercicio terapéutico es una de las intervenciones más recomendadas para el dolor lumbar, tanto en mujeres embarazadas como en el resto de la población. Mejora la fuerza, el control motor y la capacidad funcional y activa mecanismos biológicos con efecto analgésico. Pero en la práctica clínica vemos con frecuencia que la actividad física por sí sola no siempre resuelve el problema.

Un metaanálisis publicado en 2023 analizó 13 ensayos clínicos en mujeres embarazadas con dolor lumbar y/o pélvico. Los resultados mostraron que la combinación de ejercicio y educación en salud redujo tanto el dolor como la discapacidad de forma significativamente mayor que la educación sola. En otras palabras, la combinación de ambas estrategias obtiene mejores resultados que por separado.

Comprender el dolor para moverse sin miedo

¿Y qué tipo de educación marca la diferencia? No se trata únicamente de dar consejos posturales básicos o recomendar evitar ciertas actividades: en los últimos años ha cobrado protagonismo la educación en neurociencia del dolor.

Este enfoque explica cómo funciona el sistema nervioso y por qué el dolor no siempre equivale a un daño estructural grave. Es una señal de alarma que puede volverse más sensible cuando intervienen factores como el estrés, el miedo o determinadas creencias.

En un estudio reciente llevado a cabo por nuestro grupo de investigación y publicado en Pain Medicine, analizamos el efecto de añadir educación en neurociencia del dolor a la educación prenatal estándar en mujeres con dolor lumbopélvico asociado al embarazo. Observamos que las gestantes que recibieron esta información adicional experimentaron una reducción significativa de sus molestias y, especialmente, del miedo al movimiento en comparación con quienes solo recibieron la educación prenatal.

Este punto es crucial. Si una mujer interpreta su dolor como señal de “inestabilidad peligrosa”, es más probable que evite moverse, actitud que puede contribuir a perpetuar el problema. Cuando comprende que su cuerpo es resistente y que moverse de forma progresiva y segura es beneficioso, aumenta su confianza y su participación activa en el tratamiento.

Entender el dolor no lo hace menos real, pero sí lo hace menos amenazante.

El mensaje para el sistema nervioso

El beneficio de combinar instrucción y ejercicio no es exclusivo del embarazo. En un artículo publicado en Frontiers in Neuroscience analizamos múltiples revisiones sistemáticas sobre educación en neurociencia enfocada al dolor musculoesquelético crónico. La conclusión principal fue que dicha educación aplicada de forma aislada muestra efectos limitados en dolor y discapacidad. Sin embargo, cuando se combina con ejercicio u otras intervenciones activas, los resultados mejoran, especialmente en variables como la “catastrofización” y el miedo al movimiento.

En conjunto, la dirección de la evidencia es consistente: los enfoques que integran intervenciones activas y educativas obtienen mejores resultados que las estrategias aisladas.

¿Por qué es especialmente importante durante la gestación?

El embarazo tiene características propias que hacen que esta perspectiva mixta sea especialmente relevante.

El ejercicio proporciona una experiencia física de seguridad: movimiento progresivo, adaptado y tolerable; mientras que la educación aporta seguridad cognitiva: entender qué ocurre y por qué moverse es seguro. Juntos, envían un mensaje coherente al sistema nervioso: el cuerpo es capaz y el movimiento no es una amenaza.

Un cambio de paradigma

En conclusión, las investigaciones actuales invitan a desterrar algunos mitos. La evidencia no respalda el reposo prolongado ni los tratamientos donde la mujer adopta un papel poco activo en su recuperación. Tampoco sostiene que la sobrecarga mecánica sea la única explicación del dolor.

Para las mujeres embarazadas, el mensaje es esperanzador: el dolor es frecuente, pero no tiene por qué ser inevitable ni permanente. Combinar ejercicio adaptado con una comprensión adecuada del dolor es una de las estrategias con mayor respaldo científico disponible para recuperar el bienestar.

The Conversation

Gemma Biviá recibió financiación de la Generalitat Valenciana para el desarrollo del proyecto “Eficacia de una intervención online basada en educación en neurociencia del dolor sobre mujeres embarazadas con dolor lumbopélvico asociado al embarazo y la experiencia de dolor durante el parto” (CIGE/178).

Celia García Lucas no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Dolor lumbar y pélvico en el embarazo: qué tratamiento funciona mejor según la ciencia – https://theconversation.com/dolor-lumbar-y-pelvico-en-el-embarazo-que-tratamiento-funciona-mejor-segun-la-ciencia-277018