Non, on ne portait pas d’appareil dentaire dans l’Égypte antique… Historiens et archéologues s’attaquent au mythe

Source: The Conversation – France in French (3) – By Saroash Shahid, Reader in Dental Materials, Queen Mary University of London

Les chevauchements de dents n’existaient quasiment pas à l’époque antique. Hryshchyshen Serhii/Shutterstock.com

Longtemps, l’idée que les civilisations antiques auraient inventé l’orthodontie a fasciné chercheurs et grand public. Des fils d’or et des bandes dentaires retrouvés dans des tombes semblaient en apporter la preuve. Mais l’archéologie raconte aujourd’hui une histoire bien différente.


Les anciens Égyptiens et les Étrusques auraient été les pionniers de l’orthodontie, utilisant de délicats fils d’or et du catgut (un type de fil fabriqué à base de boyaux d’origine animale) pour redresser les dents. C’est une histoire que l’on retrouve depuis des décennies dans les manuels de dentisterie, présentant nos ancêtres comme étonnamment modernes dans leur quête du sourire parfait. Mais lorsque des archéologues et des historiens de la dentisterie ont enfin examiné les preuves de près, ils ont découvert que l’essentiel relevait du mythe.

Prenons la contention d’El-Qattah en Égypte, datée d’environ 2500 av. J.-C. Le fil d’or retrouvé avec les restes anciens ne remplissait pas du tout la fonction que l’on imaginait. Plutôt que de tirer les dents pour les aligner, ces fils servaient à stabiliser des dents branlantes ou à maintenir des dents de remplacement en place. Autrement dit, ils fonctionnaient comme des prothèses, pas comme des appareils orthodontiques.

L’or, un indice

Les bandes d’or découvertes dans les tombes étrusques racontent une histoire similaire. Il s’agissait probablement d’attelles dentaires destinées à soutenir des dents fragilisées par des maladies des gencives ou des blessures, et non de dispositifs visant à déplacer les dents vers de nouvelles positions.

Il existe d’ailleurs des raisons pratiques assez convaincantes pour lesquelles ces dispositifs anciens n’auraient de toute façon pas pu fonctionner comme des appareils orthodontiques. Des tests réalisés sur des appareils étrusques ont révélé que l’or utilisé était pur à 97 %, mais l’or pur est remarquablement mou.

Il se plie et s’étire facilement sans se rompre, ce qui le rend inutilisable en orthodontie. Les appareils dentaires fonctionnent en exerçant une pression continue sur de longues périodes, ce qui nécessite un métal à la fois solide et élastique. L’or pur en est tout simplement incapable. Essayez de le tendre suffisamment pour redresser une dent, et il se déformera ou se rompra.

Reste ensuite la question intrigante de l’identité des personnes qui portaient ces bandes d’or. Beaucoup ont été retrouvées sur des squelettes de femmes, ce qui suggère qu’il s’agissait peut-être de symboles de statut ou de bijoux décoratifs plutôt que de dispositifs médicaux. De manière révélatrice, aucune n’a été découverte dans la bouche d’enfants ou d’adolescents – précisément là où l’on s’attendrait à les trouver s’il s’agissait de véritables appareils orthodontiques.

Pas de réel besoin

Mais la révélation la plus fascinante est peut-être celle-ci : les populations anciennes ne connaissaient pas les mêmes problèmes dentaires que ceux auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.

La malocclusion – l’encombrement et le mauvais alignement des dents, aujourd’hui si fréquents – était extrêmement rare autrefois. Des études menées sur des crânes de l’âge de pierre montrent une quasi-absence de chevauchement des dents. La différence tient à l’alimentation.

Nos ancêtres consommaient des aliments durs et fibreux qui exigeaient une mastication intense. Tout ce travail de la mâchoire favorisait le développement de mâchoires fortes et larges, parfaitement capables d’accueillir toutes leurs dents.

À l’inverse, les régimes alimentaires modernes sont mous et transformés, offrant peu d’exercice aux mâchoires. Résultat : nos mâchoires sont souvent plus petites que celles de nos ancêtres, tandis que nos dents restent de la même taille, ce qui entraîne l’encombrement que l’on observe aujourd’hui.

Puisque les dents de travers étaient quasiment inexistantes dans l’Antiquité, il n’y avait guère de raison de développer des méthodes pour les redresser.

Premiers traitements

Cela dit, les populations anciennes ont parfois tenté des interventions simples pour corriger certaines irrégularités dentaires. Les Romains fournissent l’une des premières références fiables à ce qui peut être considéré comme un véritable traitement orthodontique.

Aulus Cornelius Celsus ou Celse, médecin et auteur romain du Ier siècle apr. J.-C., indiquait que lorsqu’une dent d’enfant poussait de travers, il fallait la repousser doucement chaque jour avec un doigt jusqu’à ce qu’elle se déplace vers la bonne position. Bien que rudimentaire, cette méthode repose sur le même principe que celui utilisé aujourd’hui : une pression douce et continue peut déplacer une dent.

Après l’époque romaine, les progrès furent minimes pendant des siècles. Toutefois, au XVIIIe siècle, l’intérêt pour le redressement des dents refit surface, au prix de méthodes parfois particulièrement douloureuses.

Faute d’accès à des instruments dentaires modernes, certains avaient recours à des « cales gonflantes » en bois pour créer de l’espace entre des dents trop serrées. Une petite cale de bois était insérée entre les dents ; en absorbant la salive, le bois se dilatait et forçait les dents à s’écarter. Rudimentaire et atroce, sans doute, mais cette pratique marquait une étape vers la compréhension du fait que les dents pouvaient être déplacées par la pression.

Orthodontie scientifique

La véritable orthodontie scientifique débute avec les travaux du dentiste français Pierre Fauchard en 1728. Souvent considéré comme le père de la dentisterie moderne, Fauchard publie un ouvrage fondateur en deux volumes, Le Chirurgien dentiste, qui contient la première description détaillée du traitement des malocclusions.

Il met au point le « bandeau » – une bande métallique courbe placée autour des dents afin d’élargir l’arcade dentaire. Il s’agit du premier instrument spécifiquement conçu pour déplacer les dents à l’aide d’une force contrôlée.

Fauchard décrit également l’utilisation de fils pour soutenir les dents après leur repositionnement. Son travail marque un tournant décisif, faisant passer l’orthodontie des mythes antiques et des expérimentations douloureuses à une approche scientifique qui conduira, à terme, aux appareils dentaires modernes et aux aligneurs transparents.

Une spécialité à part entière

Avec les progrès de la dentisterie aux XIXe et XXe siècles, l’orthodontie devient une spécialité à part entière. Les bagues métalliques, les arcs, les élastiques, puis l’acier inoxydable rendent les traitements plus fiables.

Des innovations ultérieures – bagues en céramique, appareils linguaux et aligneurs transparents – rendent ensuite le processus plus discret. Aujourd’hui, l’orthodontie s’appuie sur des scans numériques, des modèles informatiques et l’impression 3D pour une planification des traitements d’une précision remarquable.

L’image de populations antiques portant des appareils dentaires en or et en catgut est certes séduisante et spectaculaire, mais elle ne correspond pas aux faits.

Les civilisations anciennes avaient conscience de certains problèmes dentaires et ont parfois tenté des solutions simples. Elles n’avaient toutefois ni le besoin ni la technologie permettant de déplacer les dents comme nous le faisons aujourd’hui.

La véritable histoire de l’orthodontie ne commence pas dans l’Antiquité, mais avec les avancées scientifiques du XVIIIe siècle et au-delà – une histoire déjà suffisamment passionnante sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter des mythes.

The Conversation

Saroash Shahid ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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De l’histoire à la mémoire : 160 ans de commémoration de la fin de l’esclavage aux États-Unis

Source: The Conversation – France in French (3) – By Frédérique Sandretto, Adjunct assistant professor, Sciences Po

Cette célèbre photo (1863, ici colorisée) d’un esclave dont on voit le dos couvert de cicatrices s’est retrouvée en septembre 2025 au centre d’une polémique. Plusieurs journaux ont affirmé que l’administration Trump avait demandé au National Park Service de la retirer de plusieurs de ses sites. La Maison Blanche a aussitôt nié avoir fait cette demande. Une illustration de plus des tensions encore à l’œuvre aux États-Unis autour de la mémoire de l’esclavage. William D. McPherson et J. Oliver/Creative Commons, CC BY

De la guerre de Sécession au « 1619 Project », la fin légale de l’esclavage aux États-Unis s’inscrit dans une histoire longue de luttes, de résistances et de controverses. Commémorer l’abolition, c’est interroger les fondements mêmes de la démocratie américaine et ses promesses inachevées.


L’abolition officielle de l’esclavage aux États-Unis est consacrée le 18 décembre 1865, date de la ratification du treizième amendement de la Constitution américaine. Cet amendement interdit formellement l’esclavage et la servitude involontaire, et marque une rupture juridique majeure dans l’histoire politique et sociale des États-Unis. Cette date constitue aujourd’hui la référence historique et symbolique de la fin légale de l’esclavage sur l’ensemble du territoire national.

Le contexte de cette abolition est indissociable de la guerre de Sécession (1861–1865), conflit né des profondes divergences économiques, politiques et morales entre les États du Nord et ceux du Sud. Tandis que le Nord se dirigeait progressivement vers l’abolition, le Sud fondait sa prospérité sur un système esclavagiste profondément enraciné. En 1863, le président Abraham Lincoln promulgua l’Emancipation Proclamation, qui déclara libres les esclaves des États confédérés en rébellion. Toutefois, cette proclamation avait une portée limitée et ne constituait pas une abolition universelle. Seule une réforme constitutionnelle pouvait garantir une suppression définitive et juridiquement incontestable de l’esclavage.

Le treizième amendement fut adopté par le Congrès en janvier 1865, puis ratifié par le nombre requis d’États en décembre de la même année. Abraham Lincoln, bien qu’assassiné en avril 1865, demeure la figure centrale de ce processus abolitionniste, en raison de son engagement politique et moral en faveur de l’amendement. La ratification marque l’aboutissement institutionnel d’un long combat mené par les abolitionnistes, les anciens esclaves et les défenseurs des droits humains.

Les contradictions originelles du projet américain

La commémoration de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis ne peut être comprise sans un retour approfondi sur les luttes politiques, sociales et intellectuelles qui ont conduit à la disparition formelle de cette institution, ni sans une analyse des contradictions qui traversent dès l’origine le projet national américain.

L’esclavage constitue en effet l’un des paradoxes majeurs de la construction des États-Unis : alors même que la jeune nation se fonde sur un discours universaliste de liberté, d’égalité et de souveraineté populaire, elle maintient et institutionnalise un système reposant sur la négation radicale de ces principes pour une partie de la population.

Dès la période coloniale, des résistances à l’esclavage émergent, portées à la fois par les personnes réduites en esclavage elles-mêmes – à travers des révoltes, des fuites ou des formes quotidiennes de résistance – et par des mouvements abolitionnistes structurés à partir de la fin du XVIIIᵉ siècle.

La révolte de Stono, survenue en Caroline du Sud en 1739, est l’une des plus importantes insurrections d’esclaves de l’Amérique coloniale. Les insurgés se soulèvent contre leurs maîtres et tentent de rejoindre la Floride espagnole, où la liberté est promise aux esclaves fugitifs. La répression est extrêmement violente, mais l’événement révèle l’ampleur de la résistance organisée des personnes réduites en esclavage.

Parallèlement, les Quakers jouent un rôle pionnier dans la lutte contre l’esclavage en Amérique du Nord dès le XVIIIᵉ siècle. Ils sont parmi les premiers à condamner l’esclavage pour des raisons morales et religieuses, affirmant l’égalité spirituelle de tous les êtres humains. Leur engagement conduit à la création des premières sociétés abolitionnistes et influence durablement le mouvement antiesclavagiste américain.

Au XIXᵉ siècle, ces luttes se renforcent avec la diffusion d’écrits abolitionnistes, de récits d’anciens esclaves et par l’action de réseaux militants, tels que l’Underground Railroad. Toutefois, ces combats se heurtent à des intérêts économiques considérables, en particulier dans les États du Sud, où l’esclavage constitue le pilier du système de production agricole.

La rédaction de la Constitution de 1787 illustre de manière exemplaire cette tension. Bien que le texte ne mentionne jamais explicitement le mot « esclavage », plusieurs dispositions en assurent la protection et la pérennité. Le compromis des trois cinquièmes, la clause relative aux esclaves fugitifs (établissant que les personnes qui échappaient à l’esclavage dans le Sud n’étaient pas réellement libres) ou encore la garantie du maintien de la traite jusqu’en 1808 traduisent un choix politique clair : préserver l’unité des États au prix d’un renoncement moral.

La clause des trois cinquièmes, inscrite dans la Constitution de 1787, est directement liée à la question de l’esclavage aux États-Unis et révèle les profondes contradictions sur lesquelles la nation s’est construite. Lors de la convention de Philadelphie (1787), les États du Sud, fortement esclavagistes, souhaitaient que les esclaves soient comptés comme des citoyens à part entière pour augmenter leur représentation politique au Congrès, tandis que les États du Nord s’y opposaient puisqu’ils refusaient d’accorder des droits politiques à des personnes privées de liberté. Le compromis trouvé fut la clause des trois cinquièmes, selon laquelle chaque esclave serait compté comme trois cinquièmes d’une personne pour le calcul de la population. Cette décision renforça le pouvoir politique des États du Sud tout en maintenant les esclaves dans une situation de déshumanisation totale, puisqu’ils n’avaient ni droits civiques ni libertés fondamentales. L’esclavage, déjà central dans l’économie des plantations de coton et de tabac, fut ainsi institutionnalisé et protégé par le cadre constitutionnel.

Cette clause illustre le paradoxe fondateur des États-Unis, une nation proclamant l’égalité et la liberté tout en acceptant l’exploitation et l’oppression de millions d’Africains réduits en esclavage. À long terme, ce compromis contribua à creuser les tensions entre le Nord et le Sud, tensions qui mèneront finalement à la guerre de Sécession et à l’abolition de l’esclavage en 1865.

Les Pères fondateurs, souvent présentés dans la mémoire nationale comme des figures héroïques de la liberté, apparaissent ainsi comme des acteurs ambivalents, pris entre idéaux philosophiques hérités des Lumières et réalités économiques et sociales profondément inégalitaires. Cette contradiction structurelle nourrit progressivement les divisions politiques et idéologiques qui mèneront à la guerre de Sécession (1861-1865), conflit au terme duquel l’abolition est proclamée par le 13ᵉ amendement. La commémoration de cette abolition renvoie donc moins à une victoire consensuelle qu’à l’issue d’un affrontement violent révélant les failles du projet démocratique américain.

Le « 1619 Project », une relecture de l’esclavage

Dans les débats contemporains sur la mémoire de l’esclavage, le « 1619 Project » occupe une place centrale. Lancé en 2019 par le New York Times, ce projet historiographique et médiatique propose une relecture profonde de l’histoire des États-Unis en plaçant l’esclavage et ses héritages au cœur du récit national. En faisant de l’année 1619 – date symbolique de l’arrivée des premiers Africains réduits en esclavage en Virginie – un point de départ alternatif à 1776, le projet remet en question la centralité de l’indépendance comme moment fondateur unique.

L’impact du « 1619 Project », qui a valu à sa créatrice, Nikole Hannah-Jones, le prix Pulitzer en 2020, est multiple. Sur le plan académique, il s’inscrit dans une historiographie critique qui insiste sur le rôle structurant de l’esclavage dans le développement économique, institutionnel et culturel des États-Unis. Sur le plan politique et mémoriel, il alimente de vives controverses, notamment autour de l’enseignement de l’histoire, de la légitimité des récits nationaux et de la place accordée aux populations afro-américaines dans la mémoire collective.

Ses promoteurs défendent l’idée que l’abolition de l’esclavage ne peut être comprise comme une rupture nette, mais comme un moment dans une longue continuité de domination raciale et de luttes pour les droits civiques. À l’inverse, ses détracteurs dénoncent une approche jugée téléologique ou idéologisée. Quelles que soient ces critiques, le « 1619 Project » a contribué à transformer durablement les cadres de la commémoration de l’esclavage, en mettant l’accent sur les héritages contemporains de cette institution.

L’analyse comparée permet aujourd’hui d’éclairer les spécificités du processus abolitionniste américain. Contrairement à d’autres puissances esclavagistes, l’abolition aux États-Unis résulte d’un conflit armé interne d’une ampleur exceptionnelle. Là où le Royaume-Uni adopte une abolition progressive par voie législative, accompagnée d’indemnisations pour les propriétaires, et où la France proclame l’abolition par décret en 1848 dans un contexte révolutionnaire, les États-Unis connaissent une abolition imposée par la victoire militaire du Nord sur le Sud.

Cette violence structure la mémoire de l’abolition et contribue à expliquer les résistances persistantes à son acceptation pleine et entière. À titre d’exemple, les Copperheads illustrent ce courant. Il ne s’agit pas d’un mouvement officiellement fondé par un leader unique, mais d’une nébuleuse d’élus, de journalistes et de militants – tels que Clement L. Vallandigham, figure emblématique du groupe – unis par leur opposition à la politique de guerre d’Abraham Lincoln. Les Copperheads aspirent avant tout à une paix négociée avec les États confédérés, au nom de la préservation de l’Union telle qu’elle existait avant la guerre, sans transformation sociale profonde. Leur rejet de l’abolition de l’esclavage repose sur plusieurs arguments : ils la considèrent comme inconstitutionnelle, dangereuse pour l’équilibre fédéral, et susceptible de provoquer une concurrence économique entre anciens esclaves et travailleurs blancs du Nord.

Par ailleurs, l’après-abolition américain se caractérise par l’échec partiel de la Reconstruction, période pourtant cruciale pour la redéfinition de la citoyenneté et des droits civiques. Là où certains pays tentent – avec des succès variables – d’intégrer les anciens esclaves dans le corps politique, les États-Unis voient se mettre en place, dès la fin du XIXᵉ siècle, des systèmes de ségrégation et de discrimination légalisée. Cette comparaison met en évidence le caractère inachevé de l’abolition américaine, tant sur le plan social que politique.

Enfin, la commémoration de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis s’inscrit pleinement dans les débats contemporains sur la question raciale. L’abolition juridique de 1865 n’a pas mis fin aux inégalités structurelles, comme en témoignent la ségrégation, les violences raciales, les discriminations systémiques et les inégalités socio-économiques persistantes. Les commémorations actuelles, telles que Juneteenth, le 19 juin, reconnu comme jour férié fédéral en 2021 pour célébrer l’émancipation des esclaves, prennent ainsi une dimension éminemment politique. Elles visent non seulement à rappeler un événement historique, mais aussi à souligner la continuité des luttes pour l’égalité et la reconnaissance.

Dans cette perspective, commémorer l’abolition revient à interroger la capacité des États-Unis à se confronter à leur propre passé et à reconnaître les limites de leur projet démocratique. Loin d’être un simple rituel mémoriel, la commémoration devient un espace de débat critique sur la nation, ses valeurs et leurs traductions concrètes. Elle révèle que l’abolition de l’esclavage, plutôt qu’un aboutissement, constitue un moment fondateur d’un combat toujours en cours pour une démocratie réellement inclusive.

The Conversation

Frédérique Sandretto ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. De l’histoire à la mémoire : 160 ans de commémoration de la fin de l’esclavage aux États-Unis – https://theconversation.com/de-lhistoire-a-la-memoire-160-ans-de-commemoration-de-la-fin-de-lesclavage-aux-etats-unis-272635

Débats sur les rythmes scolaires : la discrète fin de la « guerre du caté »

Source: The Conversation – France (in French) – By Yves Verneuil, Professeur des Universités en sciences de l’éducation, Université Lumière Lyon 2

Au fil des décennies, les débats sur les rythmes scolaires reviennent et se ressemblent souvent. Mais il y a des exceptions. Lors de la dernière Convention sur les temps de l’enfant (juin-novembre 2025), les voix de l’Église catholique ne se sont pas fait entendre comme par le passé où on est allé jusqu’à parler de « guerre du caté ». Que nous dit la fin des tensions autour du mercredi matin dans les emplois du temps scolaires ?


La récente Convention citoyenne sur les temps de l’enfant (juin-novembre 2025) a rappelé la difficulté d’adapter les plannings scolaires aux rythmes biologiques des élèves. D’autres enjeux, économiques par exemple (notamment dans les débats sur les calendriers de vacances), s’entremêlent avec cet objectif.

Si l’on pourrait faire remonter au moins à la fin du XIXe siècle les observations des médecins dénonçant l’emploi du temps trop chargé des lycéens, c’est à partir des années 1960 que le débat concernant les rythmes scolaires est devenu récurrent. Dans la préface qu’il rédige pour le livre du Dr Guy Vermeil la Fatigue à l’école (1976), le Pr Robert Debré regrette que le souci de l’enfant « soit quelque peu effacé par des revendications professionnelles et l’égoïsme des adultes ».

Les chronobiologistes, dont la discipline se développe au CNRS dans les années 1970, abondent dans le même sens. Rien de neuf sous le soleil, par conséquent ? Si. Un élément du débat encore présent dans les années 1970-1980 a disparu. Cet élément, c’est la question de l’instruction religieuse et de son positionnement le mercredi. Et sa disparition est significative des évolutions de la société.

Libérer ou non le mercredi matin : un enjeu des rapports entre l’Église et l’État ?

Rappelons que la loi du 28 mars 1882 a prévu que « les écoles primaires publiques vaqueront un jour par semaine, en outre du dimanche, afin de permettre aux parents de faire donner, s’ils le désirent, à leurs enfants, l’instruction religieuse, en dehors des édifices scolaires ».

En 1972, pour rééquilibrer la semaine scolaire, après que les cours du samedi après-midi ont été supprimés dans le primaire par l’arrêté du 7 août 1969, l’arrêté du 12 mai substitue le mercredi libéré au jeudi libéré ; mais le principe reste le même. Cependant, le ministère de l’éducation nationale commence à envisager d’offrir aux écoles la possibilité de déplacer le cours du samedi matin au mercredi matin (circulaire du 12 mai 1972).

Même si les autorités religieuses devraient être consultées, l’épiscopat s’inquiète rapidement, et la circulaire du 23 mai 1979 rappelle qu’en principe, dans l’enseignement primaire, « la journée entière du mercredi doit obligatoirement être dégagée de toute activité scolaire, les neuf demi-journées de travail se répartissant nécessairement sur les autres jours de la semaine ».

Dans l’enseignement secondaire, toute modification dans l’organisation de la semaine devrait également avoir l’aval des autorités religieuses (circulaire du 19 décembre 1979). Cependant, après l’alternance politique de 1981, la question du transfert est reposée. En décembre 1984, Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’éducation nationale, envisage de réformer les rythmes scolaires hebdomadaires, en donnant la possibilité aux écoles primaires de libérer le samedi matin.

La décision serait décentralisée au niveau des écoles ou des groupes d’écoles, après que les autorités académiques se seraient assurées d’un consensus suffisant, comprenant les autorités religieuses. Mais Mgr Jean  Vilnet, président de la conférence des évêques de France, et Mgr Albert Decourtray, vice-président, reçus par François Mitterrand le 10 janvier 1985, expliquent au président de la République que, à leurs yeux, il n’est pas question que l’éventuel aménagement des rythmes scolaires compromette l’organisation de la catéchèse en France. Et le 12 février, Mgr Vilnet envoie une lettre au ministre pour l’informer que l’épiscopat entend que soit respecté le cadre défini par la loi de 1882 :

« Toute modification à la répartition des jours scolaires qui briserait l’organisation actuelle de la catéchèse, le mercredi matin, ne pourrait que compromettre les rapports de l’Église et de l’État dans notre pays. Ce que, je pense, vous et moi ne souhaitons pas. »

C’est ce que les journalistes ont appelé la « guerre du caté ».

Transférer les cours du samedi au mercredi : une demande des familles

La question est gelée pendant la période de la cohabitation (1986-1988), mais le retour des socialistes au pouvoir, en 1988, a pour effet de relancer le projet d’autoriser les transferts de cours du samedi au mercredi. L’épiscopat s’empresse de réagir. Les cardinaux Jean-Marie Lustiger et Albert Decourtray sont reçus, le 3 avril 1990, respectivement par le ministre de l’éducation nationale Lionel Jospin et par le premier ministre Michel Rocard.

Résultat : le 31 mai 1990, à Montauban, Lionel Jospin déclare ne pas vouloir imposer de changement brutal et affirme que la liberté dans l’organisation de la semaine scolaire « doit absolument s’accompagner de garanties nationales, notamment pour la catéchèse ». Des négociations ont lieu au ministère. La question du réaménagement du rythme de la semaine est large, mais « on ne parlait que du catéchisme », se souvient Catherine Moisan, chargée du dossier. Finalement, le décret du 22 avril 1991 retient les dispositions suivantes :

« Lorsque […] le conseil d’école souhaite adopter une organisation du temps scolaire qui déroge aux règles fixées par arrêté ministériel, il transmet son projet à l’inspecteur d’académie [qui] ne l’adopte que s’il ne porte pas atteinte à l’exercice de la liberté de l’instruction religieuse. »

Il est remarquable que ce ne soit pas le respect du rythme biologique des enfants qui ait motivé les projets de transfert, mais la demande des parents.

Au cours des Trente Glorieuses, l’importance des activités de loisir s’est accrue. Les parents peuvent désirer pratiquer ces activités avec leurs enfants le samedi, jour où ils sont de moins en moins nombreux à travailler. Dans les grandes villes, ce phénomène est d’autant plus marqué que les activités de loisir sont nombreuses et peuvent se trouver éloignées. De fait, le problème du samedi matin se pose avant tout en milieu urbain.

Un second facteur réside dans les mutations de la famille. De nombreux parents estiment important pour la vie familiale et l’équilibre affectif des enfants de pouvoir vivre pleinement ensemble pendant le week-end. L’augmentation du nombre des divorces joue dans le même sens : pour des raisons à la fois pratiques et affectives, les pères divorcés ayant la garde de leurs enfants un week-end sur deux sont désireux de prendre en charge leurs enfants dès le vendredi soir.

Par ailleurs, les parents qui travaillent préfèrent emmener leur enfant à l’école le mercredi plutôt que le samedi, où ils peuvent souhaiter faire la grasse matinée. L’accroissement du taux d’activité féminin, qui a été très marqué à partir des années 1960, représente un autre facteur : pour une femme qui travaille, il n’est pas toujours facile de trouver une solution de garde pendant toute la journée du mercredi. Aussi la libération du mercredi pour les enfants explique le fait que de nombreuses femmes sont contraintes de demander à travailler à temps partiel.

C’est donc essentiellement des parents que vient la demande de transfert : celle-ci n’est pas envisagée pour des raisons pédagogiques, mais pour faire face à la demande sociale.

Semaine de 4 jours et sécularisation de la société ?

Si les cours du samedi matin sont transférées le mercredi matin, la loi de 1882 n’est-elle pas respectée, puisque le samedi est entièrement libéré ? C’est ce que confirmera une décision de la Cour administrative d’appel de Lyon, le 18 septembre 2007. Mais dans les années 1970-1980, l’épiscopat ne voit pas les choses ainsi.

À ses yeux, les attraits du week-end complet sont irrésistibles pour que l’on puisse espérer, en dehors de parents de forte conviction, que les familles consentent à consacrer une partie des heures à l’instruction religieuse. Quant à placer le catéchisme le mercredi après-midi, ce n’est pas plus réaliste, alors que les enfants sont très sollicités par toutes sortes d’activités culturelles et sportives. Certes, de moins en moins d’enfants vont au catéchisme. Mais pour l’épiscopat, n’y eût-il que quelques cas, ce serait le principe de la liberté religieuse qui serait en jeu.

Admettant que l’évolution vers la libération du samedi est un phénomène de société difficile à combattre, il propose toutefois une solution : la semaine de quatre jours, la réduction de l’horaire hebdomadaire devant être compensée par l’allongement de l’année scolaire. Il fait observer que cette solution est de toute façon souhaitable pour alléger la semaine des enfants. Les oppositions corporatistes (instituteurs) et économiques (tourisme) ne doivent pas primer.

Si cette solution est permise par le décret du 22 avril 1991, elle n’a pas été généralisée. De toute façon, en 2008, les cours du samedi matin ont été supprimés dans les écoles primaires. En 2012, Vincent Peillon décide de remodeler les rythmes scolaires et de placer des cours le mercredi. Cette fois, pas de tempête : l’épiscopat ne réagit pas. Pas plus qu’il n’a réagi à la récente proposition de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant de passer de la semaine d’enseignement de quatre jours, à laquelle sont revenues depuis 2017 la plupart des écoles, à une semaine d’enseignements sur cinq jours, du lundi au vendredi.

Ce silence est révélateur de la conscience d’une perte d’influence dans l’opinion et dans une population française de plus en plus diverse.

The Conversation

Yves Verneuil ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Débats sur les rythmes scolaires : la discrète fin de la « guerre du caté » – https://theconversation.com/debats-sur-les-rythmes-scolaires-la-discrete-fin-de-la-guerre-du-cate-272568

CAN 2025 de football : quand l’image du sport influence le business et l’économie

Source: The Conversation – in French – By Fabrice Lollia, Docteur en sciences de l’information et de la communication, chercheur associé laboratoire DICEN Ile de France, Université Gustave Eiffel

À l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, l’attention se concentre naturellement sur les équipes et les performances sportives. Pourtant, au-delà du football, cet évènement continental joue un rôle tout aussi influent : il contribue à la construction de l’image économique des pays africains en projetant des signaux de confiance, de capacité organisationnelle et de crédibilité institutionnelle. Or cette dimension est rarement analysée pour elle-même.

Le sport est souvent pensé comme levier d’émotion ou de cohésion sociale, plus rarement comme un producteur d’images économiques susceptible d’influencer les perceptions des investisseurs, des partenaires internationaux et des acteurs business. La CAN offre ainsi un terrain privilégié pour interroger ce lien.

Je travaille sur la manière dont les images, la confiance sociale et les dispositifs symboliques influencent les dynamiques économiques, politiques et organisationnelles. J’analyse comment cette grande compétition sportive africaine participe au façonnage de représentations économiques qui dépasse largement le cadre du sport.

Un dispositif de visibilité pour tous

Les grandes compétitions sportives concentrent plusieurs dynamiques puissantes : une visibilité médiatique mondiale, une forte intensité émotionnelle et des récits de réussite ou de fragilité à forte portée symbolique. Ces « méga événements » sont analysés en sciences de l’information et de la communication comme des dispositifs de visibilité capables de structurer durablement des représentations collectives.




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Dans ce cadre, le sport agit comme une fabrique d’images. Il donne à voir, sur un temps court, des éléments rarement observables ailleurs comme la capacité d’un pays à organiser, sécuriser, coordonner et accueillir un évènement d’ampleur mondiale. Ces images ne relèvent pas du simple spectacle. Elles nourrissent une véritable économie de la confiance au sens où elles participent à forger des croyances partagées de fiabilité, de stabilité et de compétence des institutions – des croyances centrales pour l’attractivité économique et politique d’un pays.

Organiser une CAN mobilise des infrastructures lourdes, des chaînes logistiques complexes, des dispositifs de sécurité et une gouvernance multi-acteurs. Lorsqu’un tel événement se déroule sans incident majeur, il projette un message implicite, notamment celui d’un État capable de gérer des projets complexes dans des délais contraints. Ces signaux jouent un rôle dans l’évaluation informelle du risque par les acteurs économiques.

Au-delà de l’organisation, l’impact le plus difficile à mesurer est psychologique. Les grandes compétitions renforcent temporairement la fierté nationale, atténuent certaines fragmentations sociales et nourrissent le sentiment que des projets ambitieux sont possibles. Or la confiance collective influence des comportements économiques concrets tels que l’initiative entrepreneuriale, la propension à investir, la consommation ou perceptions du risque.

Une CAN réussie ne transforme pas une économie, mais elle modifie le climat cognitif et émotionnel dans lequel elle évolue. À l’inverse, des dysfonctionnements visibles — retards, problèmes de sécurité, désorganisation — peuvent fragiliser l’image projetée et alimenter des perceptions d’instabilité. Il ne s’agit pas d’un lien automatique entre sport et investissement, mais d’un effet de résonance. Le sport amplifie des signaux préexistants et les rend visibles à grande échelle.




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Le rôle amplificateur du numérique et des réseaux sociaux

L’impact de la CAN sur l’image économique des pays africains ne se construit plus uniquement dans les stades ni à travers les médias traditionnels. Il se joue désormais largement sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux, où images, récits et émotions circulent en continu, surpassant les audiences TV chez les jeunes générations. Les analyses de la Coupe du monde 2022 et des JO 2024 confirment que les réseaux sociaux surpassent les audiences TV traditionnelles, avec 70 % des 18-34 ans consommant le sport principalement via plateformes numériques.

Les algorithmes des réseaux sociaux privilégient les contenus les plus visibles et émotionnels. Les hashtags événementiels (#CAN2025) génèrent des milliards d’interactions qui façonnent l’image du pays en temps réel auprès des diasporas et investisseurs.

Ils amplifient aussi bien les signaux positifs — ferveur populaire, organisation maîtrisée, infrastructures modernes — que les signaux négatifs — incidents, retards, controverses.

Lors de la Coupe du monde 2022, le Maroc a bénéficié de cette dynamique numérique. Sa visibilité dans les médias influents a augmenté de 277 % pendant la Coupe du monde et de 23 % après la Coupe du monde, renforçant une image internationale de pays structuré et crédible, bien au-delà du seul terrain sportif.

De la même manière, la victoire du Sénégal à la CAN 2021 a été amplifiée sur les réseaux sociaux, consolidant une perception de cohésion nationale et de stabilité, largement reprise par les médias internationaux.

La CAN fonctionne ainsi comme un événement à forte intensité réputationnelle. L’image des pays hôtes se construit en temps réel à partir des contenus produits par les institutions, les médias, les supporters et les marques. Ces perceptions numériques influencent des décisions économiques concrètes : stratégies de sponsoring, choix de partenariats, attractivité touristique, implantation de marques ou évaluation informelle du risque pays. La réputation devient un actif immatériel central.

Le numérique agit donc comme un accélérateur. Il renforce rapidement la confiance lorsque l’organisation est perçue comme maîtrisée, mais peut tout aussi vite amplifier la défiance en cas de problème. L’image sportive devient plus réactive mais aussi… plus fragile. Lors de la CAN 2023, la diffusion massive d’une organisation globalement maîtrisée a contribué à renforcer la confiance autour du pays hôte. À l’inverse, la circulation virale, sur les réseaux sociaux, de rumeurs ou d’incidents ciblés a montré comment le numérique peut, en quelques heures, fragiliser ce récit.

Au-delà de la possibilité d’attirer directement des investisseurs, les
travaux montrent que ces signaux contribuent à projeter une capacité organisationnelle et un climat de sérieux, particulièrement importants pour des pays en voie de développement, où la confiance et la crédibilité perçues constituent des leviers essentiels de l’attractivité économique.

Diplomatie sportive et influence économique

Le sport joue également un rôle croissant dans la diplomatie économique. Une CAN réussie renforce la visibilité internationale d’un pays et contribue à repositionner son image dans l’imaginaire global. En communication stratégique, ce phénomène relève du soft power : une forme d’influence indirecte fondée sur l’attractivité, la crédibilité et la capacité à susciter l’adhésion, plutôt que sur la contrainte.




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Cette diplomatie par le sport ne remplace pas les instruments classiques de la politique économique, mais elle peut en renforcer l’efficacité. En améliorant l’image d’un pays, elle crée un climat plus favorable aux échanges, aux partenariats et aux investissements, en réduisant les perceptions de risque et en renforçant la confiance.

Il convient toutefois de rester prudent. L’image sportive ne saurait se substituer aux fondamentaux économiques : gouvernance, réformes structurelles, stabilité institutionnelle et investissement productif. Sans stratégie de transformation, une réussite sportive reste un moment émotionnel sans effet durable.

Les recherches récentes montrent que même si les grands événements sportifs stimulent souvent l’activité économique immédiatement autour de l’événement, ces effets tendent à s’estomper en l’absence de stratégies spécifiques pour prolonger leur impact.

La CAN 2025 illustre le rôle souvent invisible du sport dans les dynamiques économiques africaines. À l’image du sportif de haut niveau, l’événement sportif est encore trop souvent perçu à travers le prisme de l’instantanéité, réduit à une émotion collective éphémère. Pourtant, en produisant des images, des récits et des signaux de confiance, la CAN participe à la construction d’une crédibilité qui influence, de manière directe et indirecte, le monde du business.

Le sport apparaît ainsi comme un acteur symbolique de l’économie. Son impact ne tient pas tant à l’événement lui-même qu’à la capacité des États à penser cette ressource immatérielle, à l’intégrer dans une stratégie cohérente et à la prolonger par des politiques publiques capables de transformer l’émotion en confiance durable et en opportunités économiques structurées.

The Conversation

Fabrice Lollia does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. CAN 2025 de football : quand l’image du sport influence le business et l’économie – https://theconversation.com/can-2025-de-football-quand-limage-du-sport-influence-le-business-et-leconomie-273279

Evidence for link between digital technology use and teenage mental health problems is weak, our large study suggests

Source: The Conversation – UK – By Qiqi Cheng, Quantitative Research Associate, School of Environment, Education and Development, University of Manchester

PeopleImages/Shutterstock

For years, the narrative surrounding teenagers’ use of digital technology has been one of alarm.

Time spent scrolling through TikTok or playing video games is widely seen to be driving the current crisis in youth mental health, fuelling rising rates of anxiety and depression.

But our recent study suggests that this simple story of cause and effect is not supported by the evidence.

After following more than 25,000 young people in Greater Manchester over three school years, we found little evidence that self-reported time spent on social media or frequent gaming causes mental health problems in early-to-mid adolescence. Instead, the relationship between digital technology use and teenagers’ wellbeing is far more nuanced than simple cause and effect.

While many previous studies have looked at a single snapshot in time, we used a longitudinal approach: observing the same young people over an extended period of time. We did this through the #BeeWell programme, which surveys young people annually. We tracked the same pupils across three annual waves, from year eight (when they were aged 12-13) to year nine (aged 13-14) to year ten (aged 14-15).

Another crucial point is that our analysis separated “between-person” effects from “within-person” effects. In other words, rather than just comparing the mental health of heavy users of social media or gaming to that of light users, we looked at whether a specific teenager’s mental health worsened after they started spending more time on social media (or gaming) than they usually did.

Child alone on swing with phone
It’s easy to assume that social media causes low mood.
caseyjadew/Shutterstock

When we applied this rigorous method, the supposed link between digital technology use and later “internalising symptoms” – worry, low mood – largely vanished. For both boys and girls, an increase in time on social media or gaming frequency did not predict a later rise in symptoms.

How teens use social media

A common theory is that how we use social media matters more than how long we spend on it. Some argue that “active” use, like posting photos and chatting, is better than “passive” use, such as endless scrolling.

However, our sensitivity analyses found that even when we distinguished between these two types of online behaviour, the results remained the same. Neither active nor passive social media use was a significant driver of later mental health problems in our sample.

While we found no evidence of digital technology use causing later mental health issues, we did find some interesting differences in how boys and girls navigate their digital lives over time.

Girls who spent more time gaming in one year tended to spend less time on social media the following year. This suggests that for girls, gaming and social media may compete for the same limited free time.

Boys who reported higher levels of internalising symptoms (like low mood) in one year went on to reduce their gaming frequency the next. This suggests boys may lose interest in hobbies they previously enjoyed when their mental health declines. This is known as “anhedonia”.

The gap between headlines and research

If the evidence is so weak, why is the concern so strong? Part of the issue is a reliance on simple correlations. If you find that anxious or depressed teens use more social media, it is easy to assume the social media caused their difficulties.

But it is just as likely that the mental health problems came first, or that a third factor, such as school stress or family difficulties, is driving both. By using a large, diverse sample and controlling for factors like socio-economic background and special educational needs, our study provides a clearer view of the real-world impact (or lack thereof) of teenagers’ digital technology use.

Our findings do not mean that the digital world is without risks. Our study looked at year-on year trends, so it does not rule out the possibility of negative effects of social media or gaming in the shorter-term – such as immediately after use. Furthermore, issues like cyberbullying, sleep disruption or exposure to harmful content remain serious concerns.

However, our findings suggest that limiting the hours spent on consoles and apps or measures such as banning social media for under 16s is unlikely to have an effect on teenagers’ mental health in the long term. Policymakers should take note. Worse, such blanket bans may obscure the real risk factors by offering a simple solution to a complex problem.

Instead, it’s important to look at the broader context of a young person’s life, including the factors that may lead to both increased digital technology use and internalising symptoms. If a teenager is struggling, technology use is rarely the sole culprit. By moving away from the predominant “digital harm” narrative, we can focus on the real, complex factors that drive adolescent wellbeing.

The Conversation

Neil Humphrey receives funding from various bodies including The National Lottery Community Fund to conduct research on young people’s wellbeing

Qiqi Cheng does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Evidence for link between digital technology use and teenage mental health problems is weak, our large study suggests – https://theconversation.com/evidence-for-link-between-digital-technology-use-and-teenage-mental-health-problems-is-weak-our-large-study-suggests-273386

Why the world’s central bankers had to speak up against Trump’s attacks on the Fed

Source: The Conversation – Global Perspectives – By John Hawkins, Head, Canberra School of Government, University of Canberra

Central bankers from around the world have issued a joint statement of support for US Federal Reserve Chair Jerome Powell, as he faces a criminal probe on top of mounting pressure from US President Donald Trump to resign early.

It is very unusual for the world’s central bank governors to issue such a statement. But these are very unusual times.

The reason so many senior central bankers – from Australia, Brazil, Canada, Europe, New Zealand, South Africa, South Korea, the United Kingdom and other countries, as well as the central banks’ club the Bank for International Settlements – have spoken up is simple. US interest rate decisions have an impact around the world. They don’t want a dangerous precedent set.

Over the course of my career as an economist, much of it at the Reserve Bank of Australia and the Bank for International Settlements, I have seen independent central banks become the global norm in recent decades.

Allowing central banks to set interest rates to achieve inflation targets has avoided a repeat of the sustained high inflation which broke out in the 1970s.

Returning the setting of monetary policy to a politician, especially one as unpredictable as Trump, is an unwelcome prospect.

What’s happened

Trump has repeatedly attacked the US Federal Reserve (known as the Fed) over many years. He has expressed his desire to remove Powell before his term as chair runs out in May. But legislation says the president can only fire the Fed chair “for cause”, not on a whim. This is generally taken to mean some illegal act.

The Supreme Court is currently hearing a case about whether the president has the power to remove another Fed board member, Lisa Cook.

And this week, Powell revealed he had been served with a subpoena by the US Department of Justice, threatening a criminal indictment relating to his testimony to the Senate banking committee about the US$2.5 billion renovations to the Fed’s historic office buildings.

Trump has denied any involvement in the investigation.

But Powell released a strong statement in defence of himself. He said the reference to the building works was a “pretext” and that the real issue was:

whether the Fed will be able to continue to set interest rates based on evidence and economic conditions – or whether monetary policy will be directed by political pressure or intimidation.

US Federal Reserve Chair Jerome Powell’s statement addressing the investigation.

On Tuesday, more than a dozen of the world’s leading central bankers put out a statement of support:

We stand in full solidarity with the Federal Reserve System and its Chair Jerome H Powell. The independence of central banks is a cornerstone of price, financial and economic stability in the interest of the citizens that we serve. It is therefore critical to preserve that independence, with full respect for the rule of law and democratic accountability.

Another statement of support came from leading US economists – including all the living past chairs of the Fed. This included the legendary central bank “maestro” Alan Greenspan, appointed by Ronald Reagan and reappointed by George HW Bush, Bill Clinton and George W Bush.

This statement warned undermining the independence of the Fed could have “highly negative consequences” for inflation and the functioning of the economy.

Why it matters for global inflation

Trump has said he wants the Fed to lower interest rates dramatically, from the current target range of 3.5–3.75% down to 1%. Most economists think this would lead to a large increase in inflation.

At 2.8% in the US, inflation is already above the Fed’s 2% target. The Fed’s interest rate would normally only drop to 1% during a serious recession.

A clear example of the dangers of politicised central banks was when the Fed lowered interest rates before the 1972 presidential election. Many commentators attribute this to pressure from then president Richard Nixon to improve his chances of re-election. This easing of monetary policy contributed to the high inflation of the mid-1970s.

A more recent example comes from Turkey. In the early 2020s, President Recep Tayyip Erdoğan leaned on the country’s central bank to cut interest rates. The result was very high inflation, eventually followed by very high interest rates to try to get inflation back under control.

Trump should be careful what he wishes for

What will happen if Trump is able to appoint a compliant Fed chair, and other board members, and if they actually lower the short-term interest rates they control to 1%? Expected inflation and then actual inflation would rise.

This would lead to higher long-term interest rates.

If Trump gets his way, US voters may face a greater affordability problem in the run-up to the mid-term elections in November. This could then be followed by a recession, as interest rates need to rise markedly to get inflation back down.

And as over a dozen global central bank leaders have just warned us, what happens in the US matters worldwide.

The Conversation

John Hawkins was formerly a senior economist at the Reserve Bank of Australia and the Bank for International Settlements.

ref. Why the world’s central bankers had to speak up against Trump’s attacks on the Fed – https://theconversation.com/why-the-worlds-central-bankers-had-to-speak-up-against-trumps-attacks-on-the-fed-273450

Why Iran can’t afford to shut down the internet forever – even if the world doesn’t act

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Dara Conduit, ARC DECRA Fellow, The University of Melbourne

As citizens around the world prepared to welcome the new year, Iranians began taking to the streets to protest their country’s deepening economic crisis. Spurred by the continued devaluation of the Iranian currency against the US dollar, as well as crippling inflation, the unrest is the latest in years of economic pain and protest.

The Iranian regime initially acknowledged the legitimacy of the protesters’ concerns, distributing hopelessly inadequate cash vouchers worth only US$7 to help with the cost of living.

But it’s since taken a much heavier hand. According to the regime’s own figures, as of today, at least 2,000 people have been killed. Protesters bravely continue to take to the streets.

Like clockwork last Thursday, the regime rolled out one of its most potent tools of population control: internet shutdowns. In the six days since, Iranians have been almost entirely cut off from the internet, with alternative means of access, such as smuggled Starlink terminals, proving unreliable because of satellite jamming.

As the world waits to see if US President Donald Trump follows through on his threats of “very strong action” if Iran hangs protesters, the truth is that even without international action, the regime can’t afford to keep Iran’s internet offline indefinitely.




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Why the regime blocks the internet

The Iranian regime has used internet shutdowns since the Green Movement protests following the disputed 2009 presidential election. They’re a powerful tool that stops citizens from communicating with the outside world and each another.

This limits opposition organising, because people can’t join protests if they don’t know where they are. It also isolates individuals, preventing them from seeing violent crackdowns outside their neighbourhood. Internet shutdowns also obscure the international gaze, allowing the regime to crack down on protesters in the dark.

Shutdowns have become so synonymous with political unrest that the non-government digital rights organisation Article 19 declared in 2020 “protests beget Internet shutdowns in Iran”.

Internet shutdowns are costly

But it would be a mistake to think the Iranian regime has an endless capacity to shut down the internet. Each shutdown comes at a high economic and political cost.

As well as blocking instant messengers and social media sites, internet shutdowns in Iran have often blocked work applications such as Slack, Skype, Google Meet and Jira. These are central to ordinary businesses’ operations.

Similarly, the regime’s efforts to block virtual private networks (VPNs) and secure HTTPS connections can wreak havoc on corporate payment systems, multi-factor authentication and even corporate email.

Global internet monitor Netblocks estimates internet shutdowns cost the Iranian economy more than US$37 million a day. That’s more than US$224 million in the past six days alone.

As I wrote in a recent journal article, we’ve already seen how bad the economic impacts of internet shutdowns can be in Iran.

During the 2022-23 protests following the death-in-custody of the Kurdish-Iranian woman Mahsa “Jina” Amini, internet shutdowns had far-reaching implications.

One source claimed the volume of online payments inside Iran halved in the first two weeks of the protests alone.

Iran has a vibrant e-commerce sector. An estimated 83% of its online businesses use social media platforms such as Instagram, WhatsApp and Telegram to generate sales. All three were blocked during the 2022-23 unrest. A report later found Instagram blocking and periodic internet disruptions in the 17 months after the protests cost the Iranian economy US$1.6 billion.

The regime has been working hard for decades to build a domestic internet that could alleviate some of this damage, but so far it has failed.

The regime’s enormous technology needs – for surveillance, but also to power a modern economy for around 92 million people – has led to the emergence of a large semi-private information and communications (ICT) sector in Iran. This includes internet service providers, cell network operators and a large IT sector.

Just six weeks into the 2022 protests, the cellphone operator RighTel’s chief executive penned an open letter to the ICT minister, Issa Zarepour, complaining the digital crackdown was crippling his business. He noted RighTel had upheld the regime’s “security priorities and requirements” during the shutdowns, and demanded compensation or RighTel may be forced to withdraw from the market.

These demands were echoed in letters privately written (but later leaked) by other communications providers.

These were not natural regime critics. Indeed, internet shutdowns were creating a dangerous dynamic in which even those close to the regime were being alienated, generating a new class of potential protesters who could one day join those marching in the streets.

Why the current shutdown can’t last forever

This is why the current internet shutdown is a risky strategy. While the regime is succeeding in concealing the worst of its bloody crackdown, it risks further provoking the country’s already struggling economic class.

In 2022-23, the shutdowns were implemented in a targeted manner, taking place for the most part in certain cities, or at specific times of day when protests were expected. In contrast, the current shutdown is countrywide.

Only 1% of internet connections in Iran are online today (which is how the supreme leader is still able to freely use X to spout propaganda). This means the economic and political impacts of this current shutdown, if it continues, could easily dwarf those of 2022-23.

Given Iran’s economic woes are the driving force of the current unrest, a sustained internet blackout could motivate more people to take to the streets. The regime is only too aware of this risk.

The Conversation

Dara Conduit receives funding from the Australian Research Council.

ref. Why Iran can’t afford to shut down the internet forever – even if the world doesn’t act – https://theconversation.com/why-iran-cant-afford-to-shut-down-the-internet-forever-even-if-the-world-doesnt-act-273454

El laberinto de la soledad: anatomía de una crisis de salud pública

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jose Juan Rivero Pérez, Profesor universitario: Intervención psicología de la salud, habilidades del terapeuta en psicología de la salud, experto en psicología positiva, Universidad Europea

David Michael Bellis/Shutterstock

La soledad no deseada es una de las crisis existenciales y de salud pública más relevantes. Y lo es en una época definida por la hiperconectividad digital y el individualismo. Esta paradoja, propia de la sociedad moderna, trasciende toda frontera y barrera generacional. Sus ramificaciones impactan en el bienestar y la salud mental de la población. ¿Cuál es la naturaleza psicológica de este fenómeno multifactorial? ¿Qué papel juegan las redes sociales? ¿Qué consecuencias supone la desconexión sobre nuestra vida?

En primer lugar es fundamental distinguir entre dos conceptos: el aislamiento social y la soledad no deseada. Ambos a menudo se confunden, pero no son lo mismo.

El aislamiento social implica la ausencia de contacto social y es una condición objetiva que podemos cuantificar. Por ejemplo: falta de amigos, vivir solo, tener pocas interacciones fuera del entorno virtual.

Por contraste, la soledad no deseada es una experiencia intrínseca, subjetiva y de carácter emocional. Se trata de una carga negativa que genera malestar y sufrimiento. Surge cuando las relaciones sociales que poseemos son diferentes, en calidad y cantidad, de las que anhelamos. En España, el 20 % de las personas se encuentra en esta situación, aunque casi la mitad dice haberla vivido alguna vez en la vida.

La soledad es una sensación visceral de desconexión emocional o ausencia de apoyos significativos. Puede experimentarse incluso estando rodeado de personas, porque el problema no está solo en la cantidad, sino en la calidad del vínculo. Comprender esta diferencia es crucial.

Los lazos se debilitan y aumenta el individualismo

La soledad crónica en adultos se alimenta de rupturas en tres pilares relacionales: pareja, familia y amistad. Antes estos lazos ofrecían seguridad, pero hoy su fragilidad se debe a una profunda reconfiguración de los valores sociales y económicos.

Una serie de enemigos silenciosos están debilitando nuestros lazos afectivos:

  • Masificación y movilidad urbana. Las grandes ciudades facilitan el anonimato y diluyen la responsabilidad comunitaria. La constante movilidad dificulta la formación de lazos vecinales profundos y estables.

  • Precarización laboral y falta de tiempo. La presión por la productividad y las largas jornadas reducen el tiempo necesario para cultivar relaciones significativas. El tiempo libre se consume en la recuperación o el consumo, no en la construcción de relaciones sanas.

  • Debilitamiento del lazo familiar extenso. Las estructuras familiares cambiantes y la falta de contacto entre generaciones reducen la red de apoyo inmediato.

Sin embargo, el factor que más deteriora los vínculos es la filosofía de la autosuficiencia radical. Hoy, la autonomía, la independencia absoluta y la soledad disfrazada de tiempo para uno mismo parecen la máxima realización personal.

Esta doctrina del “yo primero” tiene consecuencias devastadoras. Fomenta las relaciones frágiles, al permitir desvincularse ante el primer conflicto. Se demoniza la interdependencia, se genera terror a la vulnerabilidad y se bloquea la intimidad real.

Al priorizar el crecimiento individual, se impone una cultura del descarte. Los conflictos se resuelven con la eliminación del vínculo en lugar de su reparación. La soledad se convierte en el coste inevitable de esta búsqueda.

Las redes sociales: el instrumento de la soledad

Las redes sociales no son la causa, pero sí el instrumento que amplifica esta filosofía. Ofrecen una ilusión de conexión mientras profundizan el aislamiento emocional. El ecosistema digital está diseñado para la idealización y la comparación social negativa.

  • Identidad e idealización. Los usuarios presentan una versión editada y exitosa de su vida. Esto genera una presión que hace que las interacciones reales parezcan fallidas.

  • Magnificación de la carencia. La exposición constante a narrativas de éxitos activa el miedo a perderse experiencias. Esto magnifica la percepción de las propias carencias y alimenta la envidia.

  • Validación superficial. La obsesiva búsqueda de likes genera una dependencia excesiva de la validación social externa. De lo contrario, la persona se siente vulnerable, sola e insuficiente, y pierde su sentido de identidad.

La calidad de la interacción digital es clave, pero rara vez es nutritiva:

El factor de la edad

La soledad se manifiesta con matices distintivos en cada edad.

En personas mayores se relaciona con pérdidas vitales inevitables (fallecimiento de seres queridos, deterioro de la salud). La brecha digital también aumenta el aislamiento. Los factores protectores son la calidad de las relaciones sociales previas y el involucramiento comunitario.

En jóvenes, la soledad está impulsada por la presión social, la búsqueda de identidad y la dependencia excesiva de la validación de redes sociales. Aunque sean frecuentes, las interacciones online resultan superficiales y no suplen el apoyo emocional profundo. Dejan una sensación constante de vacío y dificultad para desarrollar habilidades de conexión genuina.

Problemas de salud mental asociados a la soledad crónica

La soledad no deseada es un factor de riesgo psicológico y médico de primer orden. Cuando se cronifica, sus efectos son graves:

  1. Trastornos del estado de ánimo y ansiedad. La soledad no deseada es un potente predictor de la depresión. La sensación prolongada de desconexión lleva a un estado de indefensión. Aumenta la ansiedad social y es un factor de riesgo significativo para la ideación suicida.

  2. Impacto cognitivo y autoestima. La falta de estimulación social y el estrés crónico se han vinculado a un mayor riesgo de deterioro cognitivo y demencia con un deterioro más rápido de la función cognitiva. La soledad prolongada se asume como un fallo personal, que deteriora la autoestima y la visión negativa de uno mismo.

  3. Trastornos de la conducta. La falta de apoyo dificulta la regulación emocional. Las personas solitarias pueden recurrir al consumo de sustancias o a la sobrealimentación para compensar el vacío. También puede generar hipervigilancia social, que perpetúa la desconfianza.

La soledad no deseada es el coste psicológico y social de una individualización impuesta. Desmontarla requiere reconocer que la interdependencia no es una debilidad, sino la clave de la resiliencia humana. El esfuerzo debe redirigirse hacia construir vínculos significativos y proteger relaciones de calidad.

The Conversation

Jose Juan Rivero Pérez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El laberinto de la soledad: anatomía de una crisis de salud pública – https://theconversation.com/el-laberinto-de-la-soledad-anatomia-de-una-crisis-de-salud-publica-271696

The World Trade Organization is on life support. Will Trump’s new rules finish it off?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Jane Kelsey, Emeritus Professor of Law, University of Auckland, Waipapa Taumata Rau

Chip Somodevilla/Getty Images

The United States has now withdrawn from 66 international organisations, conventions and treaties, illegally invaded Venezuela, and promoted an “America First” agenda in its new National Security Strategy.

This all signals the collapse of a global system that has operated for the past 60 years. The old world order – driven by hyper-globalisation and US hegemonic power – is in its death throes, but a new era is yet to be born.

We now face a deepening ideological, strategic and military conflict over what shape it will take. The global “free trade” regime, overseen by the World Trade Organization (WTO), is one such battleground.

Largely designed to serve its strategic and corporate interests, the US now sees the WTO as a liability because of the economic ascendancy of China and a domestic populist backlash against globalisation and free trade.

But US antipathy to the current multilateral trade regime is not exclusive to the Trump administration. America has long resisted binding itself to the trade rules it demands other countries obey.

Congress reserved the power to review US membership when it authorised joining the WTO in 1994. Since then, both Republican and Democrat administrations have undermined its operation by:

  • calling for an end to the Doha Round of negotiations launched in 2001

  • breaking the WTO dispute mechanism by defying rulings that go against it, and refusing to appoint judges to the WTO Appellate Body so it is now moribund (effectively allowing rules to be breached)

  • and starving the WTO’s budget during the latest US review of international organisation memberships.

To date, Trump has not withdrawn the US from the WTO. But his administration seeks instead to reinvent it in a form it believes will restore US geostrategic and economic ascendancy.

Rewriting the rulebook

In December 2025, the newly-arrived US Ambassador to the WTO warned its General Council:

If the WTO does not reform by making tangible improvements in those areas that are central to its mission, it will continue its path toward irrelevancy.

“Reform” in this context means abandoning the cornerstone most-favoured-nation rule that requires all WTO members to be treated equally well, which is the bedrock of multilateralism.

The US wants to reinterpret the WTO’s “security exceptions” (which apply to arms trade, war and United Nations obligations to maintain peace and security) to allow countries absolute sovereignty to decide when the exception applies – effectively neutralising the rules at will.

The WTO would also cease to address issues of “oversupply” and “overcapacity”, “economic security” and “supply chain resilience”, which the US believes have enabled China’s growing economic dominance, leaving the way open for unilateral action outside the WTO.

In the stripped-down WTO, decision-making by consensus would be abandoned and multilateral negotiations replaced by deals that are driven by more powerful players on cherry-picked topics.

Unilateral action is not an idle threat. Trump has imposed arbitrary and erratic tariffs on more than 90 countries for a variety of “national and economic security” reasons, demanding concessions for reducing (not removing) them.

Those demands extend way beyond matters of trade, and impinge deeply on those countries’ own sovereignty. There is nothing the WTO can do.

Weaponising tariffs is also not a new strategy. President Joe Biden maintained the tariffs imposed on China during the first Trump presidency, triggering WTO disputes which remain unresolved.

But Trump’s embrace of raw coercive power strips away any chimera of commitment to multilateralism and the model that has prevailed since the 1980s, or to the development of Third World countries that have been rule-takers in that regime.

Where now for the WTO?

Some more powerful countries have bargained with Trump to reduce the new tariffs. China’s retaliation generated an uneasy one-year truce. Brazil held firm against Trump’s politically-motivated tariffs at considerable economic cost. Australia made a side-deal on critical minerals.

The European Union remains in a standoff over pharmaceutical patents and regulating big tech. India has diversified to survive relatively unscathed, ironically forging closer ties with China.

Less powerful countries are much more vulnerable. Among other obligations, the full texts of “reciprocal trade agreements” with Malaysia and Cambodia, signed in October, require them to:

  • replicate US foreign policy and sanctions on other countries

  • consult the US before negotiating a new free trade agreement with a country that “jeopardises US essential security interests”

  • promise to make potentially crippling investments in and purchases from the US

  • involve the US in regulating inward investment and development of Malaysia’s rare earth elements and critical minerals (Malaysia has large unmined repositories, an alternative to China)

  • and not tax US tech giants, regulate their monopolies or restrict data flows.

If implemented, these agreements risk creating economic, fiscal, social and political chaos in targeted countries, disrupting their deeply integrated supply chains, and requiring they make impossible choices between the US and China.

In return, the 2025 tariffs will be reduced, not reversed, and the US can terminate the deals pretty much at will.

This poses an existential question for WTO members, including New Zealand and Australia, at the 14th ministerial conference in Cameroon in late March: will members submit to US demands in an attempt to keep the WTO on life support?

Or can they use this interregnum to explore alternatives to the hyper-globalisation model whose era has passed?

The Conversation

Jane Kelsey is affiliated with a number of international NGOs that monitor and advise on developments in international trade law and the WTO.

ref. The World Trade Organization is on life support. Will Trump’s new rules finish it off? – https://theconversation.com/the-world-trade-organization-is-on-life-support-will-trumps-new-rules-finish-it-off-273216

Iran’s protests have spread across provinces, despite skepticism and concern among ethnic groups

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Shukriya Bradost, Ph.D. Researcher, International Security and Foreign Policy, Virginia Tech

Protester in Punak, Tehran on Jan. 10, 2026. Author-obtained image., CC BY

When Iran’s ongoing protests began in Tehran’s Grand Bazaar on Dec. 28 2025, the government initially treated them as manageable and temporary.

Bazaar merchants have historically been among the most conservative social groups in Iran, deeply embedded in the state’s economic structure and closely connected to political authority. Within the Iranian government itself, there was apparent confidence that their protests were not revolutionary in nature but transactional – a short-lived pressure campaign aimed at stabilizing the collapsing currency and curbing inflation that directly threatened merchants’ livelihoods.

This perception led to an unprecedented development. In his first public response, Iran’s supreme leader Ali Khamenei openly acknowledged the merchants’ protests – the first time he had ever accepted the legitimacy of any demonstration.

He characterized them as part of the traditional alliance between the state and the bazaar, indicating that the government still viewed the unrest as controllable.

But authorities did not anticipate what happened next: The protests spread to over 25 provinces and developed into a nationwide challenge to the government’s survival, met by a violent crackdown in which more than 6,000 protesters have reportedly been killed.

As an expert on Iran’s ethnic groups, I have watched as the unrest has expanded to include minority groups – despite skepticism among these communities over the possible outcome of the unrest and concerns over the plans of some central opposition figures.

As reports emerge of government forces killing thousands, the central question has now shifted from whether the state can suppress the protests to how different regions of Iran interpreted the concept of change – whether it is something achievable within the government or necessitates regime change itself.

Ethnic minorities join the protest

Iran is a country of about 93 million people whose modern state was built around a centralized national identity rather than ethnic pluralism.

But that masks a large and politically significant ethnic minority population. While 51% form the Persian majority, 24% of the country identify as Azeri. Kurds number some 7 million to 15 million, composing roughly 8% to 17% of the total population. And Arabs and Baluch minorities represent 3% and 2% of the population, respectively.

A map highlights different regions
A map of the distribution of Iran’s ethnic groups.
Wikimedia Commons

Since the Pahlavi monarchy’s nation-building project began in 1925, successive governments, both monarchical and then the Islamic Republic, have treated ethnic diversity as a security challenge and repeatedly suppressed demands for political inclusion, language rights and local governance.

The role of Iran’s ethnic minority groups in the current protests has evolved. Initially, minority regions were less prominent than in the last serious wave of protests: the 2022–23 “Women, Life, Freedom” uprising sparked by the death of a Kurdish-Iranian woman named Jina Mahsa Amini.

The Kurdish involvement in the current protests began in the small city of Malekshahi in Ilam province on Jan. 3. A subsequent violent raid by security forces on wounded protesters inside Ilam hospital provoked outrage beyond the local community and attracted international attention.

Protests continued in Ilam, while in nearby Kermanshah province, particularly the impoverished area of Daradrezh, they erupted over economic deprivation and political discrimination.

A strategic approach to protest

Shiite Kurdish communities in Ilam and Kermanshah continue to experience exclusion rooted in their Kurdish identity. That’s despite sharing a Shiite identity with Iran’s ruling establishment in Tehran – a factor that has historically afforded greater access to government than for the Sunni Kurdish population.

Following the killing of protesters in Ilam and Kermanshah, Kurdish political parties issued a joint statement calling for a region-wide strike.

Notably, Kurdish leaders did not call for protests but for strikes alone. During the “Women, Life, Freedom” uprising, the government treated Kurdish cities as security zones – framing the protests as a threat to Iran’s territorial integrity and using that justification to carry out mass killings and executions.

By opting for strikes this time, Kurdish leaders sought to demonstrate solidarity while reducing the risk of large-scale violence and another massacre.

A protester in Tehran on Jan. 10, 2026.
Author-obtained image., CC BY

The result was decisive: Nearly all Kurdish cities shut down.

Baluchestan, in Iran’s southeast, followed Kurdistan a day after. Beginning with Friday prayers on Jan. 9, protests erupted, also driven by long-standing ethnic and religious marginalization there.

Iranian Azerbaijan, an area in the country’s northwest, joined later and more cautiously. This delayed, small protest reflects Azerbaijanis’ current favorable position within Iran’s political, military and economic institutions.

Historically, from the 16th century to 1925, Shiite Azari-Turks dominated the Iranian state, with Azerbaijani functioning as a court language.

The Pahlavi monarchy marked a rupture, banning the Azerbaijani language and curtailing local autonomy. But since 1979, the Islamic Republic has partially restored Azerbaijani influence, allowing clerics to address constituents in their native language and reintegrating Azerbaijan into central government in Tehran. The current supreme leader, Ali Khamenei, is of Azerbaijani descent.

A history of repression

Ethnically based political movements emerged across Iran immediately after the 1979 revolution, which many minority groups had supported in hopes of greater inclusion and rights.

But these movements were quickly suppressed as the Islamic Republic crushed uprisings across Iranian Azerbaijan, Baluchestan, Khuzestan and other peripheral regions.

Kurdistan was the exception, where resistance, military confrontation and state violence, including massacres, continued for several years.

This repression and the impact of the Iran–Iraq War, during which wartime mobilization overshadowed internal grievances, muted ethnic minority demands throughout the 1980s.

But these demands resurfaced in the 1990s, especially sparked by a sense of cultural revival and cross-border identity formation after the Soviet Union’s collapse. In Iranian Kurdistan, a large part of the armed struggle was transformed into a civil struggle, while Peshmerga forces maintained arms and military training across the border in the Kurdistan region of Iraq.

The Iranian government has increasingly viewed this awakening as a strategic threat and has responded by decentralizing security and military authority to enable rapid crackdowns on protests without awaiting approval from Tehran.

Diverging protest demands

This history of repression explains why the protests in Iran now were at least initially more centralized than previous uprisings. Ethnic minority regions are not indifferent to change; they are skeptical of its outcome.

Many Persian-majority urban protesters seek social freedoms, economic recovery and normalization with the West, particularly the United States. But ethnic communities carry additional demands: decentralization of power, recognition of linguistic and cultural rights, and genuine power-sharing within the state.

For over four decades, ethnic minority demands have been labeled as separatist or “terrorist” and met with arrests and executions by the Islamic Republic.

This rhetoric has also influenced major Persian-dominated opposition groups – spanning the ideological spectrum from left to right and operating largely in exile – that perceive ethnic minority demands as a threat to Iran’s territorial integrity.

Fears of the shah’s return

Reza Pahlavi, the exiled son of the last shah of Iran, is positioning himself as the leader of the opposition and a transitional figure. But ethnic communities have reason for concern.

Pahlavi’s office has published a road map for a transitional government that sharply contrasts with his public claims of not seeking to monopolize power. The document envisions Pahlavi as a leader with extraordinary authority. In practice, the concentration of power he proposes under his leadership closely resembles the authority currently exercised by Iran’s supreme leader.

A protester holds aloft a photo of a man with 'King Reza Pahlavi' written above.
Reza Pahlavi, the son of Iran’s late ruler Mohammad Reza Pahlavi, has seen his support surge among protesters, such as those seen here in Germany on Jan. 12, 2026.
John MAcDougall/AFP via Getty Images

For ethnic communities, these implications are particularly troubling. The road map characterizes ethnic-based demands and parties as threats to national security, reinforcing long-standing state narratives rather than departing from them. This explicit stance has deepened skepticism in peripheral regions.

In contrast to Ayatollah Khomeini in 1979, whose revolutionary vision was deliberately vague regarding the future status of ethnic groups, the current opposition leadership project articulates a centralized political order that excludes ethnic inclusion and power-sharing.

For communities whose languages were banned and whose regions were systematically underdeveloped during the Pahlavi monarchy, the resurgence of monarchist slogans in central cities only reinforces fears that any transition driven by centralized narratives will again marginalize Iran’s peripheral regions.

The risk of ignoring provinces

Iran’s protests, therefore, reveal more than resistance to authoritarian rule. They expose a fundamental divide over what political change means – and for whom.

In a country as ethnically diverse as Iran, where millions belong to non-Persian ethnic communities, a durable political order cannot, I believe, be built on centralized power dominated by a single ethnic identity.

Any future transition, whether through reform within the current system or through regime change, will have a better chance of success if it incorporates a political framework that acknowledges and incorporates the demands of all regions and communities. Without such inclusion, trust in the process of change will remain elusive – and hopes for a better future dimmed.

The Conversation

Shukriya Bradost is affiliated with the Middle East Institute.

ref. Iran’s protests have spread across provinces, despite skepticism and concern among ethnic groups – https://theconversation.com/irans-protests-have-spread-across-provinces-despite-skepticism-and-concern-among-ethnic-groups-273276