L’IA au secours des enseignants débordés ? Oui, mais à conditions

Source: The Conversation – in French – By Alice Fomen, Professeure adjointe – Faculté des sciences de l’éducation, Université de l’Ontario français

L’inclusion scolaire est devenue une priorité dans les systèmes éducatifs. Pourtant, sur le terrain, le personnel enseignant manque souvent de temps et d’outils pour la mettre en œuvre. De nouvelles approches, notamment basées sur l’intelligence artificielle générative (IAG), pourraient contribuer à réduire cet écart.


Professeure adjointe en enseignement et apprentissage, mes travaux portent sur la fracture numérique, l’inclusion scolaire et l’intégration de l’intelligence artificielle en éducation.

Une ambition forte… mais des moyens limités

L’école d’aujourd’hui porte une ambition explicite : permettre à tous les élèves de réussir, quels que soient leurs besoins, leurs capacités ou leurs parcours. L’inclusion scolaire dans les écoles élémentaires et secondaires n’est plus une option, mais une exigence reconnue à l’échelle internationale.

Si cette inclusion est évidemment louable, elle a complexifié le travail du personnel enseignant. Une question se pose alors : quels sont les moyens donnés aux enseignants pour développer des pratiques pédagogiques réellement inclusives ?

Une exigence de plus dans un quotidien déjà saturé

Différencier l’enseignement, adapter les supports, varier les modalités d’évaluation, soutenir l’engagement de tous les élèves : ces attentes sont désormais au cœur du métier d’enseignant. Elles s’appuient notamment sur des approches reconnues comme la conception universelle de l’apprentissage (CUA), qui propose d’anticiper les manières de rejoindre la diversité des profils d’apprenants dès la planification pédagogique.

En théorie, le principe est convaincant. Dans la pratique, il se heurte à une réalité bien connue : le manque de temps.

Planifier une séquence, par exemple une série de séances portant sur une notion précise comme les fractions, demande déjà un investissement important. Y intégrer des variantes pour répondre à des besoins diversifiés (sans multiplier indéfiniment les activités) représente une charge supplémentaire considérable. Finalement, l’inclusion scolaire, bien que souhaitée, devient difficile à mettre en œuvre de manière systématique.

Ce décalage entre les intentions et les conditions réelles du travail enseignant crée une tension professionnelle souvent silencieuse. On attend beaucoup, sans toujours offrir les ressources correspondantes.




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Une difficulté moins liée à la volonté qu’aux outils

Contrairement à certaines idées reçues, le principal obstacle à l’inclusion n’est pas le manque d’engagement du personnel enseignant. De nombreuses recherches montrent plutôt que les défis sont organisationnels et structurels.

La difficulté réside surtout dans la traduction de principes pédagogiques en actions concrètes, notamment dans la capacité du personnel enseignant à varier les façons de présenter un contenu, à offrir plusieurs moyens d’expression tout en maintenant des exigences communes, et à soutenir l’engagement de tous sans fragmenter l’activité.

Ceci révèle un enjeu central, souvent sous-estimé : la disponibilité des outils pour planifier des leçons qui tiennent compte de la diversité des profils d’élèves.

Dans ce contexte, les enseignants réclament depuis longtemps des conditions favorisant réellement l’inclusion scolaire : réduction de la taille des classes, présence accrue de personnel spécialisé, ressources adaptées, accroissement des ressources financières. Ces revendications demeurent essentielles et aucune technologie ne peut s’y substituer.

Au milieu de ces diverses contraintes, certaines équipes explorent la manière dont des outils numériques pourraient soutenir concrètement certaines dimensions du travail pédagogique.




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Offrir du soutien aux enseignants pour une inclusion scolaire réelle

L’enjeu n’est donc pas seulement de former le personnel enseignant à l’inclusion scolaire, mais aussi de leur fournir des outils capables de soutenir concrètement cette ambition. C’est dans cette perspective que certains travaux examinent le potentiel de l’IAG en éducation

Au sein du Adopt-IA Lab de l’Université de l’Ontario français (UOF), nous avons par exemple développé un outil d’IAG nommé Movari, conçu pour accompagner la planification pédagogique à partir des principes de la CUA.


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Son fonctionnement repose sur une idée simple : à partir d’une activité proposée par le personnel enseignant, l’outil génère des pistes pour en élargir l’accessibilité et la flexibilité, sans en modifier les objectifs. Par exemple, une activité de compréhension de texte telle qu’une lecture suivie de questions peut être enrichie rapidement par l’ajout d’une version audio ou l’intégration des discussions en petits groupes.

L’intelligence artificielle comme levier… sous conditions

Les IAG ne constituent pas des solutions miracles en éducation. Leur usage soulève des enjeux importants : fiabilité des suggestions, risque de dépendance, protection des données et nécessité de formation du personnel enseignant.

Aussi, un risque est celui du solutionnisme technologique : investir massivement dans des outils numériques en laissant croire que la technologie peut, à elle seule, résoudre des problèmes avant tout humains et organisationnels.

Les IAG risquent-elles donc de servir à justifier des classes toujours plus chargées, sous prétexte que la technologie pourrait « compenser » le manque de ressources humaines ? Toutes les écoles auront-elles le même accès à ces outils, aux infrastructures numériques et à la formation nécessaire ? Si leur implantation dépend fortement des moyens financiers des établissements, le risque est réel de voir s’accentuer les écarts entre écoles privées et publiques, ou encore entre milieux favorisés et défavorisés.

Ces préoccupations n’impliquent toutefois pas qu’il faille rejeter entièrement les IAG en éducation. Elles invitent plutôt à réfléchir aux conditions de leur intégration, aux finalités poursuivies et aux garde-fous nécessaires pour éviter que ces outils ne viennent remplacer des investissements humains essentiels.

Repenser l’inclusion scolaire à partir du réel

L’enjeu dépasse la seule question de l’usage des outils numériques et de l’IAG en particulier. Il concerne plus largement la manière dont les systèmes éducatifs accompagnent concrètement les transformations qu’ils appellent de leurs vœux.

Promouvoir l’inclusion scolaire sans agir sur les conditions de sa mise en œuvre revient à déplacer la responsabilité vers le personnel enseignant, sans toujours leur donner les moyens d’agir. De plus, les réponses à ces défis ne peuvent être uniquement technologiques. Les besoins exprimés depuis longtemps par le personnel enseignant, au rang desquels la réduction des effectifs dans les classes, l’accès à des ressources spécialisées et le soutien institutionnel demeurent essentiels.

Toutefois, dans un contexte où ces transformations structurelles sont souvent lentes à mettre en place, certains outils numériques peuvent offrir un soutien concret à leur pratique pédagogique.

La Conversation Canada

Je dirige actuellement le Adopt-IA Lab basé à l’université de l’Ontario français.

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Cancer du pancréas : un médicament cible une protéine réputée « impossible à bloquer » et double les taux de survie

Source: The Conversation – in French – By Christopher Lieu, Professor of Medical Oncology, University of Colorado Anschutz

Le cancer du pancréas est notoirement extrêmement difficile à traiter. Steve Gschmeissner/Science Photo Library via Getty Images

Le cancer du pancréas est l’un des cancers dont les taux de mortalité sont les plus élevés. Jusqu’à présent, les options thérapeutiques pour lutter contre la maladie étaient très limitées. Un médicament innovant génère de nouveaux espoirs : il est parvenu à doubler la survie médiane des patients qui l’ont reçu. Un premier pas vers de la mise au point de molécules plus efficaces ?


Depuis des décennies, le pronostic du cancer du pancréas est extrêmement sombre. Parmi les patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique entre 2015 et 2021, environ 97 % sont décédés dans les cinq ans qui ont suivi le diagnostic.

(La France est particulièrement touchée par l’augmentation du nombre de cas de cancers du pancréas : de 1990 à 2023, son taux d’incidence n’a fait qu’augmenter, selon Santé publique France qui précise que les facteurs de risque de la maladie sont encore mal connus et que la France figure parmi les pays avec des taux standardisés parmi les plus élevés du monde. Les facteurs de risque demeurent quant à eux encore mal connus, NdT.)

Parmi les raisons pour lesquelles cette maladie est si meurtrière figurent le fait qu’il n’existe pas de test de dépistage réellement efficace et que, durant les stades les plus précoces, elle évolue généralement sans symptômes perceptibles. Lorsqu’un patient présente des signes cliniques tels qu’un jaunissement de la peau (aussi appelé ictère, NdT) ou des douleurs abdominales, le cancer s’est souvent déjà disséminé à d’autres organes.

Oncologue digestif et chercheur spécialisé dans les essais cliniques de phase précoce (c’est-à-dire essais de première administration chez l’être humain ainsi qu’essais cliniques permettant de renforcer la connaissance initiale, toujours chez l’humain, des profils de tolérance, sécurité, pharmacocinétique et pharmacodynamique, NdT), j’ai pu mesurer à quel point nous manquons de thérapies efficaces pour prendre en charge les patients atteints de cancer du pancréas.

Pendant des décennies, on a considéré qu’il était impossible de cibler avec succès le mécanisme central à l’origine de la très grande majorité des cancers du pancréas. Ce constat est désormais en train d’évoluer radicalement.

En effet, un nouveau médicament s’est avéré capable de bloquer la protéine clé à l’origine du cancer du pancréas. Les patients au stade avancé de la maladie qui ont eu accès à ce traitement ont vu leur durée de survie quasiment multipliée par deux.

Des tumeurs longtemps « intraitables »

Historiquement, le traitement de référence des stades avancés de cancer du pancréas était une chimiothérapie faisant intervenir des médicaments puissants, conçus pour détruire les cellules en division rapide. Si une telle approche peut ralentir la progression de la maladie, son efficacité est souvent limitée. En effet, les cellules cancéreuses pancréatiques ont la capacité de développer une résistance à ces traitements.

Les raisons pour lesquelles le cancer du pancréas est particulièrement agressif sont à chercher du côté génétique. Plus de 90 % des tumeurs pancréatiques sont causées par des mutations du gène Kras. Ce gène code pour des protéines qui fonctionnent comme des interrupteurs commandant l’activation et la désactivation de la croissance cellulaire.

Lorsque le gène KRAS est muté, l’interrupteur se bloque en position « marche » et ordonne aux cellules, ainsi devenues cancéreuses, de se multiplier indéfiniment.

Pendant des décennies, les scientifiques ont considéré la protéine KRAS comme étant impossible à traiter grâce à des médicaments (« undruggable », en anglais) : sa surface, exceptionnellement lisse, ne présente pas les cavités moléculaires dont les médicaments classiques ont besoin pour s’y fixer et bloquer l’interrupteur.

Faute de médicaments capables de cibler cette protéine, la prise en charge du cancer du pancréas s’est donc principalement appuyée sur des agents cytotoxiques. Ceux-ci agissent davantage comme des outils grossiers que comme des instruments de précision. Avec la chimiothérapie, on tente de contrôler la maladie en mettant en œuvre une destruction cellulaire à large échelle. Ce faisant, des dommages collatéraux importants sont causés aux tissus sains, ce qui s’accompagne d’effets indésirables significatifs.

Mais les choses pourraient changer, grâce à un nouveau médicament, le daraxonrasib.

Qu’est-ce que le daraxonrasib ?

Le daraxonrasib constitue une avancée décisive dans le traitement du cancer du pancréas métastatique.

Au lieu de se lier directement à la protéine KRAS, ce médicament se fixe à une autre protéine présente dans les cellules, la cyclophiline A. Cette dernière contribue à replier les protéines dans leur structure tridimensionnelle définitive. Le complexe protéique daraxonrasib-cyclophiline A peut alors se lier à la protéine KRAS active et inhiber sa capacité à transmettre aux cellules cancéreuses le signal de prolifération.

Le laboratoire états-unien qui développe ce médicament, Revolution Medicines, a présenté le 31 mai 2026 les résultats de son essai clinique randomisé de phase 3 portant sur 500 patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique ayant déjà reçu un traitement antérieur. Comparativement à la chimiothérapie standard, le daraxonrasib a presque doublé la survie globale, qui est passée de 6,7 mois à 13,2 mois après le diagnostic. Dans l’ensemble, le daraxonrasib a réduit de 60 % le risque de décès chez les patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique.

L’effet indésirable le plus fréquent a été une éruption cutanée marquée, observée chez plus de 86 % des patients de l’étude. Les patients ont également souvent présenté une stomatite – une inflammation de la muqueuse buccale se traduisant par des œdèmes (gonflements) et des lésions (aphtes) – ainsi que des diarrhées, des nausées et des vomissements.

Durant l’essai, les patients traités par daraxonrasib se sont cependant avérés beaucoup moins susceptibles d’interrompre le traitement en raison d’effets indésirables sévères que ceux sous chimiothérapie. Leur qualité de vie était aussi meilleure, et la douleur moins intense.

Prochaines étapes

Les chercheurs ont démontré qu’en ciblant la mutation génétique spécifique qui sous-tend la très grande majorité des cancers du pancréas, il est possible de lutter contre cette maladie longtemps jugée impossible à traiter de façon médicamenteuse.

La prochaine étape est désormais réglementaire : il s’agira de déterminer si ce médicament peut être prescrit en pratique clinique. Les données étant désormais officiellement publiées, Revolution Medicines, le laboratoire qui a mis au point le daraxonrasib, va solliciter l’approbation formelle de la Food and Drug Administration aux États-Unis ainsi que d’autres instances réglementaires ailleurs dans le monde.

La disponibilité du daraxonrasib pour les patients dépendra de la durée d’instruction du dossier. Cependant, étant donné que les stades avancés du cancer du pancréas sont notoirement très difficiles à traiter, les thérapies innovantes qui démontrent un bénéfice de survie aussi significatif que ce médicament bénéficient souvent d’une procédure d’examen accéléré ou prioritaire. Si celle-ci aboutit à un résultat favorable, le daraxonrasib pourrait être disponible dans les mois qui suivent l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché.

En matière de développement de médicaments, cette étape marque probablement un tournant dans la prise en charge du cancer du pancréas. Je m’attends à ce que de nouveaux essais cliniques soient mis en place, afin d’explorer l’efficacité de thérapies combinées qui associeraient les inhibiteurs de KRAS à d’autres agents thérapeutiques, afin de prévenir l’acquisition par les tumeurs d’une résistance au traitement.

Si le daraxonrasib confirme son efficacité, il pourrait ouvrir la voie, dans les années à venir, à des traitements toujours plus précis, personnalisés et performants contre le cancer du pancréas.

The Conversation

Christopher Lieu ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Cancer du pancréas : un médicament cible une protéine réputée « impossible à bloquer » et double les taux de survie – https://theconversation.com/cancer-du-pancreas-un-medicament-cible-une-proteine-reputee-impossible-a-bloquer-et-double-les-taux-de-survie-284775

Cancer de la prostate : les activateurs de lymphocytes T « masqués », une immunothérapie prometteuse

Source: The Conversation – in French – By Sheena Cruickshank, Professor in Immunology, University of Manchester

Les lymphocytes T, un type de cellules immunitaires, peuvent s’attaquer aux cellules tumorales. Lightspring/Shutterstock

Les premiers essais cliniques faisant appel à des immunothérapies appelées « activateurs de lymphocytes T masqués » ont fait preuve d’une efficacité encourageante. Si ces résultats préliminaires restent encore à confirmer, ils font naître cependant de véritables espoirs, et pas uniquement dans le domaine de la lutte contre le cancer de la prostate.


Le VIR-5500 (développé par le laboratoire états-unien Vir Biotechnology, NdT) est un activateur de lymphocytes T « masqué » (« masked T-cell engager »).

Il a été administré (dans un essai clinique toujours en cours et non encore soumis à évaluation par les pairs) à des patients atteints d’un cancer de la prostate à un stade avancé, qui n’avait pas répondu aux autres traitements.

Les résultats initiaux (présentés en début d’année, lors du symposium 2026 sur les cancers génito-urinaires organisé par la Société américaine d’oncologie clinique, NdT) interpellent : parmi les patients ayant reçu les doses les plus élevées, 82 % ont présenté une diminution de leur taux de PSA (Prostate Specific Antigen, antigène prostatique spécifique), un marqueur couramment utilisé dans le suivi du cancer de la prostate.

Autre résultat frappant : chez près de la moitié des patients de ce groupe, une régression tumorale a également été constatée, tant au niveau du foyer primitif qu’au niveau des tumeurs métastatiques (tumeurs ayant essaimé depuis la prostate vers d’autres organes).

Les activateurs de lymphocytes T

Les cellules cancéreuses disposent de mécanismes leur permettant d’échapper à l’élimination par le système immunitaire. L’objectif des immunothérapies est de booster les capacités anticancéreuses de ce dernier pour mieux lutter contre la maladie. Elles visent tout particulièrement à contrecarrer ces stratégies d’évasion.

Diverses immunothérapies ont obtenu des succès spectaculaires ces dernières années. Cependant, de nombreux cancers, comme celui de la prostate, restent difficiles à traiter, ce qui plaide en faveur du développement d’immunothérapies plus efficaces.

Les activateurs de lymphocytes T appartiennent à une famille d’immunothérapies dont l’action consiste à rapprocher physiquement certaines cellules immunitaires (les lymphocytes T) des cellules cancéreuses. Ces médicaments agissent en se fixant à des molécules présentes à la surface de ces deux types de cellules.

Cette proximité forcée amène les lymphocytes T à libérer des substances toxiques capables de détruire les cellules cancéreuses et à déclencher une cascade de processus inflammatoires, qui favorisent l’élimination tumorale.

Il existe désormais plus de 200 activateurs de lymphocytes T différents, dont beaucoup font l’objet d’essais cliniques afin d’évaluer leur efficacité dans le traitement de toute une gamme de tumeurs, allant du myélome multiple à la leucémie, en passant par le cancer du poumon.

Les activateurs de lymphocytes T ne sont pas seulement testés contre le cancer. Ils pourraient également s’avérer utiles dans le traitement d’autres affections virales, comme l’hépatite B, qui est susceptible de provoquer une infection chronique à vie. À l’instar du cancer, le virus responsable de cette maladie peut échapper à la réponse immunitaire de l’organisme. Cependant, les activateurs de lymphocytes T favorisent une élimination plus efficace des cellules infectées.

Masquer les activateurs de lymphocyte T pour réduire leur toxicité

Les activateurs de lymphocytes T semblent très prometteurs, mais toute médaille a son revers, et ces thérapies ne font pas exception. En effet, dans certains cas, la puissante réaction inflammatoire qu’elles déclenchent peut provoquer un syndrome inflammatoire grave appelé « syndrome de libération de cytokines ».

Les cytokines sont des messagers protéiques libérés par les cellules, capables de déclencher l’inflammation. Normalement, leur sécrétion est étroitement régulée – mais dans le syndrome de libération de cytokines, elle devient excessive et incontrôlée. Cette situation peut conduire à une défaillance multiviscérale aux conséquences potentiellement mortelles.

Vue d’artiste de la libération de cytokine endommageant des cellules.
Les activateurs de lymphocytes T peuvent parfois entraîner une réponse immunitaire incontrôlée.
Mohammed Elamine Alioui/Shutterstock

Des effets indésirables inflammatoires similaires ont été observés avec d’autres immunothérapies. Cette complication est vraisemblablement liée à l’activation aiguë et intense de la réponse immunitaire.

C’est la raison pour laquelle les activateurs de lymphocytes T – et d’autres immunothérapies – doivent encore être perfectionnés, afin de diminuer leur toxicité.

Pour y parvenir, une approche consiste à concevoir des versions de ces immunothérapies initialement inactives, mais peuvent être activées une fois à l’intérieur des tumeurs.

Pour ce faire, le médicament est recouvert d’un « masque » qui l’empêche d’interagir à la fois avec les lymphocytes T et avec les cellules cancéreuses. Lorsque le médicament pénètre dans la tumeur, ce masque est dégradé par certaines molécules abondamment présentes dans les tissus cancéreux, ce qui permet au médicament d’atteindre ses cellules cibles.

Le VIR-5500, utilisé dans ce récent essai prometteur sur le cancer de la prostate, fait partie des nombreux activateurs de lymphocytes T « masqués » de cette nouvelle génération d’immunothérapies.

Le masquage permet d’obtenir un médicament non seulement efficace, mais qui pourrait aussi s’avérer plus sûr. Le fait que son activation se produise spécifiquement au sein de la tumeur devrait circonscrire la réponse anticancéreuse inflammatoire au microenvironnement tumoral, prévenant ainsi une inflammation généralisée.

Des résultats cliniques préliminaires prometteurs

Cette approche permettrait également aux activateurs de lymphocytes T d’être plus sélectifs vis-à-vis des cellules cancéreuses. En effet, certaines de leurs cibles sont susceptibles d’être exprimées par des cellules saines normales. Cette sélectivité pourrait à la fois réduire la toxicité et améliorer l’efficacité anticancéreuse de ces médicaments.

Par ailleurs, le masquage présente un avantage supplémentaire : dans l’organisme, la conversion du médicament de la forme inactive à la forme active prend du temps, ce qui a des implications concernant la dose de médicament délivrée aux patients.

Généralement, lors de l’administration d’activateurs de lymphocytes T, les patients reçoivent de faibles doses initiales, qui sont ensuite progressivement augmentées, afin de prévenir toute suractivation immunitaire aiguë. En revanche, lors de l’utilisation d’activateurs de lymphocytes T masqués, le masque permet une libération plus lente du médicament, ce qui simplifie et sécurise l’administration.

Enfin, le masque est également susceptible de protéger les molécules thérapeutiques d’une dégradation dans l’organisme, et donc de prolonger leur durée d’action.

Autre résultat notable de cet essai sur le cancer de la prostate : la grande majorité des patients ayant reçu les doses les plus élevées de VIR-5500 n’ont présenté que de légers effets indésirables inflammatoires. Au vu de la toxicité connue des activateurs de lymphocytes T, il s’agit là d’une découverte encourageante, qui laisse supposer que le masquage remplit bien son rôle de protection contre l’inflammation excessive.

Si des recherches complémentaires confirment que le masquage des activateurs de lymphocytes T permet d’obtenir des médicaments à la fois plus sûrs et plus efficaces, il deviendra possible d’élargir leur champ d’application. Ces immunothérapies pourront être combinées à des thérapies anticancéreuses plus classiques, telles que la chimiothérapie ou la radiothérapie, ce qui pourrait s’avérer encore plus efficace pour éliminer le cancer.

Des résultats cliniques préliminaires prometteurs ont aussi été obtenus avec d’autres activateurs de lymphocytes T masqués (toujours dans le contexte de la lutte contre le cancer de la prostate).

Des essais cliniques ont, par ailleurs, débuté pour tester de tels médicaments contre de nombreux autres cancers, notamment le cancer du pancréas, le cancer colorectal et le cancer du poumon. Ces essais étant tous toujours en cours, il est encore trop tôt pour mesurer pleinement l’ampleur des succès cliniques qu’ils pourraient permettre de remporter. Il faut aussi souligner que de tels essais de phase précoce portent sur un nombre limité de patients.

Enfin, il faut garder à l’esprit que ces données n’ont pas encore été soumises à l’évaluation par les pairs ; elles ont pour l’heure seulement fait l’objet de communications au cours de congrès d’oncologie. Néanmoins, si préliminaires soient-ils, ces résultats constituent un véritable espoir en matière de traitement de cancers qui résistaient jusqu’à présent aux autres immunothérapies.

The Conversation

Jonathan Worboys reçoit des financements de Wellcome et du BBSRC (Biotechnology and Biological Sciences Research Council).

Sheena Cruickshank ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Cancer de la prostate : les activateurs de lymphocytes T « masqués », une immunothérapie prometteuse – https://theconversation.com/cancer-de-la-prostate-les-activateurs-de-lymphocytes-t-masques-une-immunotherapie-prometteuse-284810

Sexisme parlementaire en RDC : pourquoi les femmes élues restent des cibles

Source: The Conversation – in French – By Marie-Rose Tshite, PHD Student, University of Cincinnati

Le 15 mai 2026, des propos sexistes et misogynes prononcés depuis le sommet du perchoir de l’Assemblée nationale ont marqué l’actualité congolaise. Dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, on voit Micheline Mpundu, députée nationale, finissant de lire sa motion d’information avant de quitter le perchoir après son intervention. Le deuxième vice-président, Christophe Mboso, présidant exceptionnellement la séance plénière, commente publiquement son physique et sa beauté depuis sa tribune : “Merci collègue, elle est très belle… hein.”

Puis, il poursuit en lingala : “Regardez-la par vous-mêmes” et rit de plus belle, en soulevant ses mains pour mimer les formes du corps de l’élue en ajoutant : “Dieu l’a créée” et “ce sont les choses (les biens) d’un autre”, sous les rires et les applaudissements visiblement nourris de l’hémicycle. Et la séance s’est poursuivie, comme si de rien n’était.

Ce n’est qu’après l’indignation de certaines figures politiques, d’acteurs sociaux et d’activistes des droits humains, ainsi qu’après des pressions internes de sa hiérarchie, que le député Mboso a fini par présenter des excuses plusieurs jours après. Sans faire l’objet d’aucune sanction.

Ce récent cas de sexisme et de violence verbale impose de se poser une fois de plus une question importante : quand les parlements africains, et congolais en particulier, cesseront-ils d’être des espaces hostiles aux femmes qu’ils sont censés représenter ?

Mes recherches doctorales en science politique explorent également les questions de masculinité au sein des organes législatifs congolais. C’est sous un angle comparatif africain que j’analyse ce que révèle cette vidéo. Je ne la vois pas simplement comme un écart de conduite isolé, mais comme un problème structurel. Dans cet article, j’interroge ainsi l’écart entre ce que les autorités de la RDC se sont engagées à garantir sur papier et ce que vivent concrètement les femmes élues.




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Analyse comparative d’un phénomène pas exclusif à la RDC

Les violences parlementaires font partie du registre étendu des violences que les femmes subissent en politique, tant en RDC qu’ailleurs. Bien avant que la vidéo mettant en cause le député Mboso ne commence à circuler à Kinshasa, d’autres scènes de sexisme dans le passé avaient déjà été documentés. Ces faits mettent en lumière la gravité du phénomène qui entrave la pleine participation des femmes en politique à tous les niveaux de prise de décision.

Cette participation féminine a connu un afflux au début des années 1990, avec les vagues de démocratisation qui avaient suscité un espoir réel, ont propulsé un nombre sans précédent de femmes dans les hémicycles africains. Le nombre de femmes législatrices avait triplé entre 1990 et 2010. Je me souviens avoir lu ces chiffres avec étonnement la première fois. On a longtemps cru, avec l’illusion tenace, que l’accès au mandat électif suffirait à transformer la culture des institutions. Cette illusion a volé en éclats, très vite. Car cette présence, et c’est là que réside le paradoxe, a été vécue comme un défi lancé au système en place.

Elle s’est ainsi heurtée à de profondes résistances structurelles, souvent émanant des collègues masculins de ces femmes, qu’ils appartiennent à l’opposition ou au même parti politique. Certains estiment en effet, et l’affirment parfois ouvertement, que la politique est un domaine réservé aux hommes, que les femmes n’y sont pas les bienvenues ou qu’elles n’y ont pas leur place.

L’Union interparlementaire, organisation mondiale réunissant tous les parlementaires nationaux, créée en 1889, l’a rigoureusement documenté. Dans son enquête mondiale de 2016, menée auprès de femmes parlementaires de 39 pays sur cinq continents, plus de 65,5 % des élues déclarent avoir subi des agressions verbales et des insultes de manière répétée au cours de leur mandat. Ces chiffres sont statistiquement inquiétants. Pourtant, ils en disent long sur les réalités parlementaires.

Ces violences, en grande partie, émanent des collègues masculins. Ce qui est intéressant avec cette étude, c’est aussi le fait qu’elle met en lumière le regard particulier que la société pose sur les femmes élues. Ce n’est pas leur bilan politique qu’on interroge, c’est leur droit même d’être là qui est questionné et débattu dans les médias. Elles ne sont pas évaluées sur leurs contributions politiques mais plutôt sur leur apparence, leur situation matrimoniale, leur conformité aux rôles traditionnels d’éducatrice ou de mère.

Et le sexisme ne s’arrête pas aux portes du Parlement. Il y entre avec les élus, s’y installe et parfois s’y exhibe depuis le perchoir lui-même, comme nous venons de le voir en RDC. L’étude régionale menée conjointement par l’UIP et l’Union parlementaire africaine (UPA) sur les parlements africains (datant de novembre 2021) confirmait que cette réalité persistait, avec des progrès insuffisants en matière de participation politique effective des femmes.




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Les applaudissements qu’on entend dans la vidéo ne sont pas anodins. Ils révèlent que le problème n’est pas M. Mboso, c’est le système qui produit et tolère ces comportements, celui-là même que la philosophe australienne Kate Manne analyse comme un mécanisme de contrôle qui maintient les femmes en position subordonnée, y compris dans les institutions dites démocratiques. Et ce contrôle ne passe pas toujours par la violence physique. Les gestes, les mots, le rire du perchoir – ce que Mona Lena Krook, spécialiste de la violence contre les femmes en politique nomme violence sémiotique – suffisent à rappeler aux femmes élues qu’elles restent, aux yeux de certains collègues, des corps avant d’être des législatrices. Une réalité illustrée par Mboso qui soulève ses mains pour reproduire le corps de sa collègue Mpundu.

La colonialité du genre, concept développé par la féministe María Lugones, explique cette naturalisation de la hiérarchie entre les sexes comme un héritage colonial et cela permet d’éclairer cette contradiction, où ont voit que les femmes parlementaires sont élues par les mêmes électeurs, dans les mêmes urnes, sous les mêmes textes constitutionnels que leurs collègues masculins. Cependant, elles restent soumises à des systèmes de contrôle patriarcal qui les réduisent, y compris depuis le perchoir, à autre chose qu’à des législatrices. Elles ont des droits égaux sur le papier, mais inégaux dans la salle.

Des cas africains

En regardant la vidéo de Mboso, beaucoup doivent avoir pensé à d’autres pays africains dont le Sénégal avec la députée Amy Ndiaye, enceinte, qui s’est fait gifler et a reçu un coup de pied au ventre en 2022, en plein hémicycle, devant des caméras. En 2025, la sénatrice Nigériane Natasha Akpoti-Uduagha s’est faite suspendre non pas a cause d’une faute professionnelle, mais pour avoir osé nommer le harcèlement sexuel qu’elle subissait de la part du président du Sénat.

Ce n’est pas un hasard du tout, si Ndiaye, Akboti-Uduaga et Mpundu qui sont trois femmes originaires de trois pays différents ont expérimentées ces cas de violences. Ce sont des faits qui démontrent que si les parlements africains tolèrent la voix des femmes, leur dignité n’est pas encore pleinement respectée.

Les cas congolais

Le 30 avril 2020, Thambwe Mwamba, ancien président du Sénat Congolais, a rabaissé une femme en pleine séance plénière, une scène diffusée sur la chaîne nationale. Il a révélé toutes les réunions secrètes qu’ils avaient eues, affirmant que la sénatrice Bijoux Ngoya l’avait approché pour solliciter son appui à sa candidature au poste de questeur du Bureau du Sénat. Il l’a subtilement accusée de lui avoir fait des avances. La séance plénière prit fin, dans le chaos, avec les indignations de plusieurs élus.

Le 15 juillet 2021, alors que la députée Christelle Vuanga démolissait les arguments d’un collègue lors d’un débat constitutionnel, Nsingi Pululu l’a interrompue par ces seuls mots en lingala : « Vous êtes une femme ». Une façon de diminuer sa capacité à s’exprimer publiquement sur cette question sensible simplement parce qu’elle est une femme.

L’affaire Mboso n’a rien de surprenant. La RDC a ratifié les conventions, adopté les lois, signé les engagements et pourtant, dans l’hémicycle, rien n’a changé. L’écart entre le texte et la pratique n’est pas nouveau et a été documenté. Ce qui est nouveau, c’est qu’on continue de faire semblant de ne pas le voir.

Une réflexion qui continue

La militante féministe française Simone de Beauvoir écrivait en 1949 que les femmes étaient définies comme « les autres ». En 2026, cette altérité persiste au Parlement congolais : les députées élues continuent d’être réduites à leur corps plutôt qu’à leurs prises de parole politiques.

Ces incidents signalent que le système patriarcal sape la démocratie de l’intérieur. Tant que les comportements sexistes resteront impunis, comme le montrent les applaudissements entendus dans la vidéo, sans aucune sanction à l’encontre de M. Mboso, le Parlement congolais restera un lieu misogyne, alors qu’il est censé représenter les femmes qui y siègent soit 65 femmes sur 477 députés, soit à peine 13 % de l’hémicycle dans un pays où elles représentent près de 51 % de la population. Le fait qu’elles ne soient pas assez représentées ne justifie en rien que l’on puisse tolérer ce genre de comportement.

D’autres parlements ont trouvé des pistes de solutions avec des campagnes #NotTheCost (NDI), #NotInMyParliament (Parlement européen) qui prouvent qu’on peut changer une culture par des sanctions concrètes et la protection des victimes. La RDC a de belles lois. Le projet sur les violences faites aux femmes examiné au Sénat en octobre 2025 en est un exemple, mais une loi sans mise en œuvre reste un vœu. Le silence n’est plus une option. Ne pas avoir sanctionné M. Mboso envoie un signal clair à toutes les femmes congolaises qui envisagent une carrière politique.

The Conversation

Marie-Rose Tshite does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Sexisme parlementaire en RDC : pourquoi les femmes élues restent des cibles – https://theconversation.com/sexisme-parlementaire-en-rdc-pourquoi-les-femmes-elues-restent-des-cibles-284574

No publico fotos de mi hija en redes, pero sí lo hacen sus amigos: ¿qué dice la normativa?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Andrea Cantos Martínez, Profesora de la Facultad de Derecho y Ciencias Sociales, Universidad de Castilla-La Mancha

Inside Creative House/Shutterstock

Muchos padres y madres toman decisiones deliberadas para que la imagen de sus hijos no circule en internet. Por ejemplo, no abren cuentas a su nombre ni publican fotografías en sus perfiles.

Esa cautela, sin embargo, choca frontalmente con la realidad: los compañeros de sus hijos llevan móvil desde edades cada vez más tempranas y comparten espontáneamente en Instagram, TikTok o grupos de WhatsApp cualquier momento del día. El niño o la niña que no aparece en las redes de sus padres acaba apareciendo, inevitablemente, en las de sus amigos.

Los datos ilustran la magnitud del fenómeno en España. Según la Encuesta sobre Equipamiento y Uso de Tecnologías de la Información y Comunicación en los Hogares del INE, en 2025 el 67,9 % de los menores de 10 a 15 años utilizaba teléfono móvil, porcentaje que asciende al 93,9 % a los 15 años.

El estudio Infancia, adolescencia y bienestar digital (Red.es, UNICEF España, 2025), elaborado a partir de 93 153 encuestas, eleva al 92,5 % el porcentaje de adolescentes registrados en al menos una red social. España, lideró en 2025 el tiempo diario que los menores dedican a las redes sociales –una hora y 17 minutos de media–, según el séptimo informe anual de Qustodio.

Este fenómeno, al que cabe denominar sharenting horizontal –para diferenciarlo del sharenting vertical protagonizado por los propios progenitores–, plantea una pregunta de fondo: si un menor publica en sus redes la fotografía de otro menor sin consentimiento de los padres del fotografiado, ¿qué derechos se vulneran, quién responde y cómo puede reaccionar quien es perjudicado?

El marco normativo: una protección reforzada

El primer dato jurídico relevante es que los menores son titulares de los derechos al honor, a la intimidad y a la propia imagen garantizados por el artículo 18 de la Constitución Española, con una protección especial y cualificada, según palabras del propio Tribunal Supremo. Esta protección se articula sobre tres pilares.

  1. El primero es la Ley Orgánica 1/1982, que considera intromisión ilegítima la publicación de la imagen de una persona sin consentimiento del titular o, cuando es un menor sin madurez suficiente, de sus representantes legales.

  2. El segundo es la Ley Orgánica 1/1996 de Protección Jurídica del Menor, cuyo artículo 4.3 protege al menor siempresas que la publicación pueda implicar menoscabo de su honra o ir contra sus intereses. Incluso cuando consta su propio consentimiento.

  3. El tercero es el Reglamento General de Protección de Datos –RGPD– y la Ley Orgánica de Protección de Datos Personales y Garantía de los Derechos Digitales –LOPDGDD–: publicar una fotografía identificable de un menor es un tratamiento de datos personales, y por debajo de los 14 años el consentimiento corresponde a quienes ostenten la patria potestad.

A estos pilares internos se suma un marco normativo internacional: el artículo 16 de la Convención sobre los Derechos del Niño prohíbe las injerencias arbitrarias en la vida privada del niño, y la Observación General n.º 25 (2021) del Comité de los Derechos del Niño extiende expresamente esos derechos al entorno digital.

En el horizonte español, el Proyecto de Ley Orgánica para la protección de menores en entornos digitales –aún en tramitación parlamentaria con notorio retraso– elevará a 16 años la edad mínima para crear perfiles en redes sociales y tipificará nuevas conductas digitales lesivas.

¿Quién responde? Vías civil y penal

En la vía civil, los progenitores del menor fotografiado pueden ejercitar la acción de tutela prevista en el artículo 9 de la LO 1/1982 para solicitar la retirada del contenido, la declaración de intromisión ilegítima y una indemnización por daños morales.

Cuando es un menor quien difunde la imagen, el artículo 1903 del Código Civil hace responsables directos a sus padres por culpa in vigilando e in educando. Una sentencia de la Audiencia Provincial de Madrid de septiembre del pasado año exigió el consentimiento conjunto de ambos progenitores para publicar imágenes de un menor y ordenó la retirada de las fotografías ya publicadas.

La vía penal solo resulta pertinente si el menor difusor tiene entre 14 y 18 años –por debajo es inimputable conforme a la LO 5/2000– y los hechos encajan en un tipo concreto. Los más relevantes son el artículo 197 del Código Penal (apoderamiento de imágenes sin consentimiento para vulnerar la intimidad) y el artículo 197.7 del Código Penal (difusión no consentida de imágenes obtenidas en un contexto de privacidad, el llamado delito de sexting). En ambos casos, los padres del menor infractor responden solidariamente de los daños causados.

Lo que dicen los tribunales

La Sala Primera del Tribunal Supremo ha construido un test de dos preguntas para resolver conflictos entre libertad de información y derechos del menor (STS 1068/2024; STS 426/2022): ¿tenía la publicación relevancia pública suficiente? ¿Fue la afectación proporcional y necesaria?

La notoriedad pública de los padres, recuerda el Supremo, no equivale a una patente de corso y en ningún caso se transfiere a los hijos menores. En una sentencia de 2023, el tribunal reiteró que los menores ostentan esa protección “de manera especial y cualificada”: cuanto menor es la justificación informativa de la publicación –y en el sharenting horizontal entre compañeros de clase dicha justificación es, por regla general, inexistente–, mayor es el peso que debe asignarse al interés del menor fotografiado.

A escala europea, el Tribunal Europeo de Derechos Humanos condenó la fotografía de un recién nacido publicada sin consentimiento parental y el Tribunal de Justicia de la UE estableció que difundir datos personales en internet a un grupo indeterminado de personas excluye la excepción doméstica del Reglamento General de Protección de Datos. La doctrina del derecho al olvido de Google Spain (C-131/12, 2014) permite, además, exigir la desindexación de contenidos dañinos cuando la retirada directa no es posible.

Qué pueden hacer los progenitores: pasos prácticos

Conforme a la Agencia Española de Protección de Datos y la jurisprudencia analizada se traza una hoja de ruta gradual (sin ser las únicas soluciones posibles):

  1. Solicitud extrajudicial dirigida al menor difusor y a sus progenitores, pidiendo la retirada inmediata del contenido. Conviene documentarla por escrito y conservar capturas de pantalla fechadas.

  2. Notificación a la plataforma (Instagram, TikTok, WhatsApp…) mediante los formularios de denuncia por uso indebido de imagen de menor. Las plataformas están obligadas por el Reglamento General de Protección de Datos y la Ley 34/2002 de Servicios de la Sociedad de la Información a actuar diligentemente ante conocimiento efectivo del contenido ilegítimo.

  3. Reclamación ante la Agencia Española de Protección de Datos, que puede ordenar la supresión del contenido. Si la difusión alcanza a un grupo indeterminado de personas, la excepción doméstica del Reglamento General de Protección de Datos no opera.

  4. Acción civil de tutela al honor o intimidad, con posibilidad de solicitar medidas cautelares y una indemnización por daños morales, dirigida conjuntamente contra el menor difusor y sus progenitores.

  5. Denuncia cuando el contenido revele aspectos íntimos del menor fotografiado y el difusor tenga entre 14 y 18 años (artículos 197 y 197.7 del Código Penal).

  6. Ejercicio del derecho al olvido frente a los motores de búsqueda, conforme a la doctrina Google Spain, cuando el contenido se haya replicado más allá de la plataforma original.

El menú de respuestas existe: hay que saber activarlo

La protección reforzada del menor no es una aspiración: es un principio jurídico operativo que ha calado en el Tribunal Constitucional, el Tribunal Supremo, el Tribunal Europeo de Derechos Humanos y el Tribunal de Justicia de la UE y que se proyecta sobre cualquier sujeto que publique la imagen de un menor sin consentimiento de sus representantes legales, con independencia de que el medio sea un medio de comunicación, a través de un progenitor o un compañero de clase.

La especificidad del sharenting horizontal reside en que añade un eslabón inesperado a la cadena de responsables: los padres del menor que publica también responden, por culpa in vigilando e in educando. Como hemos analizado en un trabajo anterior sobre la protección jurídica en casos de autoficción, el juicio de ponderación exige atender a todos los factores relevantes: contexto, identificabilidad, finalidad y potencial de daño.

Conviene recordarlo –y difundirlo entre padres, madres y educadores– antes de que el móvil del hijo documente sin más consecuencias aparentes la vida cotidiana de otros niños que nunca dieron su permiso.

The Conversation

En mi ejercicio como abogada asesoro a empresas y particulares, pero no podrían beneficiarse del artículo en ningún caso.

ref. No publico fotos de mi hija en redes, pero sí lo hacen sus amigos: ¿qué dice la normativa? – https://theconversation.com/no-publico-fotos-de-mi-hija-en-redes-pero-si-lo-hacen-sus-amigos-que-dice-la-normativa-282334

Perú se debate entre la polarización y el voto de rechazo: ajustadísimo resultado en las elecciones presidenciales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen Beatriz Fernández, Profesora de Comunicación Política en la UNAV, el IESA y Pforzheim, Universidad de Navarra

Después de una campaña con un récord histórico de 35 candidatos presidenciales y tras meses discutiendo sobre fragmentación política, volatilidad electoral y crisis de representación, el país dio un giro de 360 grados y llegó en la segunda vuelta exactamente al mismo lugar donde estuvo hace cinco años: una contienda entre Keiko Fujimori y el heredero político de Pedro Castillo, Roberto Sánchez.

“¿Por quién va a votar, señor?”, preguntábamos a los taxistas con los que nos topábamos. “Por el menos malo”, solía ser la respuesta.

Aunque en la primera vuelta de 2021 competían 18 candidatos y esta vez fueron 35, el desenlace es extraordinariamente parecido. En ambos casos, siete de cada diez peruanos votaron en primera vuelta por opciones distintas de las que finalmente llegaron al balotaje.

Tras la votación, las encuestas a pie de urna daban ganadora a Keiko, mientras el conteo rápido otorgaba la victoria a Sánchez. La Oficina Nacional de Procesos Electorales ONPE señalaba en la mañana del lunes, al 93 % escrutado, que Keiko obtenía un 50.091 % y Sánchez un 49.909 %.

Empate virtual

Las informaciones disponibles antes de la jornada electoral apuntaban ya a ese empate virtual. Las encuestas simuladas, que suelen hacerse en vísperas de una elección, circulaban pródigamente por canales de WhatsApp, pese a la veda electoral. Las plataformas digitales y los mensajes de persona a persona amplificaron la difusión.

El silencio electoral y la etiqueta de “confidencial, no difundir” no hacía sino incrementar la capacidad viral de los mensajes. Recibimos seis encuestas distintas simuladas que daban el mismo resultado: una ínfima ventaja para Keiko. La diferencia entre ambos candidatos era mínima, y siempre dentro de los márgenes técnicos de error.

Keiko aventajaría a su rival en Lima, mientras Roberto Sánchez encontraría sus principales apoyos en las zonas rurales e indígenas. Era, nuevamente, un mapa electoral reconocible.

Al día siguiente el vaticinio se hizo resultado: en las encuestas de salida o exit polls, que comenzaron a circular al cerrar las mesas, Keiko ganaba por un punto; mientras que, en el conteo rápido, unas horas después, la diferencia se invertía a favor de Sánchez. La ventaja de los 0,5 puntos porcentuales se hacía realidad, todo dentro de la posibilidad del error estadístico.

Lima es de Keiko, las zonas rurales de Sánchez

La geografía política peruana parece mucho más estable que sus candidaturas. Keiko ha obtenido el 66 % de los votos en Lima, que concentra un tercio de los electores del país, mientras Sánchez ha mantenido el dominio en el sur del país, especialmente en las zonas rurales, donde el 56 % ha votado por él.

La experiencia es un grado y Keiko salió la noche electoral a decir que esperaría el recuento final. Sánchez fue por el mismo camino. Ambas sedes de fin de campaña albergaban a unos pocos seguidores, desencajados en la sede de Fuerza Popular (Fujimori) y poco convencidos en la sede de Juntos por el Perú (Sánchez). No era una noche de fiesta electoral, era la confirmación de que el Perú se había partido en dos nuevamente y se volvía a debatir entre la incertidumbre y la ingobernabilidad.

Más opciones, mayor polarización

Cuantas más alternativas ofrece el sistema, más termina reduciendo la decisión final a una confrontación entre polos. La hiperfragmentación no está produciendo mayor pluralismo. Al contrario, está produciendo polarización.

Durante la campaña de abril, describíamos al sistema político peruano como un entorno caótico, donde pequeñas variaciones podían alterar significativamente los resultados finales.




Leer más:
El ‘déjà vu’ electoral peruano: 35 candidatos, volatilidad y el eterno voto del mal menor


La extrema cercanía entre los candidatos que disputaban el segundo lugar confirmó esa intuición. Entre varios aspirantes apenas existían diferencias marginales. Entre el segundo y el quinto hubo apenas dos puntos de diferencia, un cuádruple empate entre quienes aspiraban al segundo lugar.

La segunda vuelta vuelve a simplificar el abanico de la realidad política peruana en un dilema binario. Como en 2021, Perú no es una sociedad particularmente polarizada cuando se observa el posicionamiento ideológico de sus ciudadanos. Como ocurre en buena parte de América Latina, la mayoría de los electores se ubica cerca del centro. Sin embargo, las reglas de competencia terminan empujando la elección hacia opciones que muchos ciudadanos perciben como extremas.

La polarización no surge desde abajo, sino que se incentiva por la propia dinámica institucional. Por ello, la campaña de segunda vuelta parece organizada principalmente alrededor de los rechazos. Los apoyos de los candidatos eliminados importan, pero difícilmente se transfieren de manera automática. Los votos pertenecen a los ciudadanos y no a los dirigentes políticos.

Lo decisivo parece ser otra cosa: el miedo. Quienes perciben en Sánchez la continuidad del “castillismo” encontrarán incentivos para votar por Keiko Fujimori. Quienes identifican en el “fujimorismo” una amenaza para la calidad democrática harán el recorrido contrario.

Votar al mal menor

Antes del debate electoral las encuestas mostraban un 26 % de voto indeciso. Después del debate, ante una imagen de un Roberto Sánchez crecido y ganador, había bajado al 13 %, según la empresa de estudios de mercado y opinión pública CPI. Contrariamente a lo que se pudiera pensar, ese voto no iba a favor de Sánchez. El miedo había movilizado a los indecisos para que se inclinaran por Keiko: era mejor una candidata por la que no sentían simpatía, que una reedición de un Gobierno de corte populista de izquierdas.

El miedo al discurso de expropiaciones de casas, nacionalizaciones de empresas y a la intervención cambiaria –Perú tiene una de las monedas más estables de la región– dio paso al voto de la resignación: votar a Keiko, votar al mal menor. Así, una vez más, el voto a la contra adquiere más relevancia que el voto a favor.

Tomando el pulso gracias a los taxistas

En Lima, donde un 66 % de electores han votado por Fujimori, hicimos nuestro ejercicio particular de opinión pública, con los receptores de las opiniones de miles de personas que se atreven a atravesar sus caóticas calles: los taxistas.

Durante nuestra semana de observación electoral en el Perú, los taxis, Uber o Cabify se convirtieron en nuestro marco muestral.

Preguntados 14 conductores por su intención de voto, seis dijeron que votarían por Keiko. Aunque los mismos seis coincidían en que no les gustaba, todos ellos señalaban que no había otra opción. Otros cuatro manifestaron que no votaban porque eran de fuera, pero que, si pudieran hacerlo, se inclinarían también por Keiko. La razón: al ser venezolanos, reconocían en Sánchez el discurso de Hugo Chávez al inicio de su régimen. Dos no quisieron decir su voto y dos dijeron claramente que su opción era el partido de Roberto Sánchez.

En resumen, ninguno era apasionado de Keiko como su candidata, pero diez señalaban que había que votarle. Ella ha sido, en Lima, la opción para frenar a Sánchez.

Pérdida de confianza institucional

A la decisión defensiva, que intenta evitar la peor opción, se suma un elemento que diferencia esta elección de la de hace cinco años: la confianza institucional. Las controversias asociadas al desarrollo y escrutinio de la primera vuelta han debilitado la credibilidad del árbitro electoral precisamente cuando la competencia parece más cerrada.

El temor al fraude ha propiciado que los partidos y las instituciones hayan hecho un esfuerzo por la transparencia. A diferencia de las elecciones de 2021, los dos partidos han contado esta vez con un total de 100 000 personeros (testigos electorales de los partidos) para 90 223 mesas de sufragios. El Jurado Nacional de Elecciones (JNE) ha situado a 28 771 fiscalizadores para que estén presentes en las mesas y reporten las incidencia. También se han desplegado voceros en medios de comunicación y se ha presentado una web abierta a toda la ciudadanía, con información actualizada cada cinco minutos.

La jornada electoral ha trascendido sin novedades ni incidencias relevantes. El recuento de votos ha sido rápido, por la facilidad que supone la participación de solo dos candidatos. El traslado de actas y cédulas electorales ha resultado seguro. Sin embargo, las autoridades contenían la respiración para que en las elecciones no reapareciera el fantasma del fraude.

La consecuencia inevitable de un proceso polarizado ha sido un escenario de máxima incertidumbre. Una elección extremadamente ajustada, entre candidatos con elevados niveles de rechazo, en un contexto de confianza institucional disminuida.

Déjà vu peruano

El problema, sin embargo, trasciende a los candidatos. Después de 35 postulaciones presidenciales, una campaña hiperfragmentada y varios lustros de crisis política, el sistema vuelve a desembocar en el mismo dilema. La pregunta no es quién ganará la elección, sino por qué las reglas siguen produciendo sistemáticamente resultados similares.

Quizás el verdadero déjà vu peruano no es tanto la presencia recurrente de determinados candidatos, como la persistencia de un sistema que convierte la diversidad de opciones en una elección entre temores.

Y mientras eso ocurra, el país seguirá atrapado entre la fragmentación de la primera vuelta y la polarización de la segunda, reproduciendo, una y otra vez, la misma melodía electoral.

The Conversation

Las autoras han sido observadoras internacionales de la elección peruana, como parte de la misión del Observatorio Complutense de Desinformación

observadora intrenacional

ref. Perú se debate entre la polarización y el voto de rechazo: ajustadísimo resultado en las elecciones presidenciales – https://theconversation.com/peru-se-debate-entre-la-polarizacion-y-el-voto-de-rechazo-ajustadisimo-resultado-en-las-elecciones-presidenciales-284687

La paradoja de la cronofobia: el miedo al paso del tiempo nos hace envejecer más

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Romero-Castillo, Profesor de Psicobiología e investigador en Neurociencia Cognitiva, Universidad de Málaga

Dentro de las múltiples formas de angustia temporal, aquello que denominamos “cronofobia”, una de sus expresiones más frecuentes y estudiadas es la ansiedad ante el envejecimiento. Studio Romantic/Shutterstock

Nadie sabe vivir; todo el mundo improvisa. En esta carrera, cuando aparece la fatiga, hay que parar a respirar. Entonces, al observar analíticamente el camino, descubrimos obstáculos. Temores. Y entre ellos, seguramente aparecerá el tiempo. Pero ahora sabemos que deberíamos intentar no reparar demasiado en él: paradójicamente, el miedo al paso del tiempo nos hace envejecer más.

Cuando el patriarcado y el edadismo se dan la mano

La llamada “cronofobia” no es una etiqueta clínica, sino más bien un concepto de la cultura popular. Esa “inquietud con respecto al tiempo” se explora en muchas obras artísticas desde la década de los 60, como cuenta la historiadora del arte Pamela Lee en su libro Cronofobia (2006). Sin embargo, este concepto ha trascendido el arte y ha evolucionado para hacer referencia al miedo al paso del tiempo.

O, mejor, al “miedo al tiempo”, porque el atributo del tiempo es pasar, como señala el periodista Sergio Fanjul en otro libro reciente dedicado al tema. Y dentro de las múltiples formas de angustia temporal, una de sus expresiones más frecuentes y estudiadas es la ansiedad ante el envejecimiento.

La persistencia de la memoria (Salvador Dalí, 1931) no trata específicamente sobre la cronofobia, sino que explora la relatividad del tiempo. A pesar de ello, podría ser una buena metáfora visual del concepto.

Esta ansiedad proviene del declive físico, la pérdida del atractivo y de la salud reproductiva. Como puede intuirse, es un factor de estrés psicológico particularmente acusado entre las mujeres, ya que afrontan más presiones socioculturales. La preocupación por evaluar persistentemente la identidad corporal eleva los sistemas de respuesta al estrés a lo largo del tiempo.

A estas presiones de género se añade una narrativa edadista instalada en la sociedad: los cuerpos envejecidos de las mujeres están biológica y socialmente devaluados. Esta imposición de “mantener la juventud” fomenta la autovigilancia crónica y aumenta el malestar psicológico a buena parte del género femenino debido al incansable trabajo por encajar en perfiles artificiales… o por luchar contra ellos.

Cómo se acelera el reloj biológico

Está bien establecido que cualquier malestar psicosocial contribuye al envejecimiento biológico a través de la epigenética. Así se conoce al proceso por el que se activan o desactivan genes a consecuencia del entorno, pero sin que se altere la secuencia de ADN.

Por ejemplo, la exposición a factores estresantes crónicos en la infancia es un factor de riesgo conocido para la aparición de depresión en la adolescencia (a través de una reacción química, llamada metilación, que experimentan ciertos genes relacionados con el estrés). Es decir, mantener en el tiempo un estado de alerta ansiosa potencia el desgaste biológico.

Heráclito de Éfeso, filósofo presocrático del siglo V a.e.c., defendía que nadie puede bañarse dos veces en el mismo río, porque ni el río ni la persona serán nunca exactamente iguales. Así, la base de su filosofía fue el inicio de una de las bases del universo: lo único que permanece constante es el cambio. Muchos años después, el actor Bruce Lee pareció recoger aquella idea cuando dijo ‘Be water my friend’, una invitación filosófica a valorar la adaptabilidad y coexistir con la constancia del flujo.
Wikipedia, CC BY

Recientemente, un estudio con 726 mujeres ha revelado que el estrés relacionado con el envejecimiento, en particular el temor al deterioro de la salud, es un factor relevante asociado con un envejecimiento epigenético acelerado. La tasa de desgaste fisiológico ha quedado probada mediante un biomarcador llamado DunedinPACE.

Esto es, las preocupaciones no son meramente cognitivas o emocionales, sino que se experimentan somáticamente, creando un círculo vicioso donde la idea de envejecimiento aumenta la conciencia corporal. Esta conciencia intensificada refuerza un estado de angustia psicológica, que a su vez puede desencadenar una activación fisiológica sostenida a través de, entre otros mecanismos, la activación del eje hipotalámico-hipofisario-adrenal (HPA) y la señalización inflamatoria.

Con el tiempo, este círculo de angustia psicológica y activación fisiológica puede dejar huellas biológicas duraderas (mediante cambios acumulativos en la metilación del ADN) y acelerar el envejecimiento. En conjunto, estos hallazgos respaldan la idea de que la forma en que vivimos subjetivamente los efectos del tiempo en nuestro cuerpo no solo afecta a nuestra salud mental, sino también al propio funcionamiento biológico del organismo.

Más obstáculos que provocan fatiga

Pero el miedo al tiempo también puede surgir por la percepción de un futuro amenazante: crisis climática, viviendas inaccesibles, aumento constante de los precios de productos básicos, salarios precarios… Es decir, la relación con el tiempo no trata solo de una experiencia íntima, sino también social y política.

En este sentido, la presencia de ideologías que pretenden limitar derechos civiles, coartar las libertades o abolir avances sociales previamente consolidados también genera incertidumbre ante lo que puede venir. Especialmente, en colectivos más vulnerables.

Estos obstáculos estructurales contribuyen a engendrar una sensación de futuro abolido que podría exacerbar el miedo al tiempo, favoreciendo la angustia e influyendo sobre los relojes biológicos del envejecimiento.

Desacelerar para encontrar el equilibrio

Entonces, ¿cómo vivir sin desvivirnos? Aunque no haya una respuesta única, quizás la más precisa sea afrontar los obstáculos a un tic-tac propio, mientras se disfruta del placer consciente del aquí y el ahora. Así, ajustando el ritmo, se distribuye mejor el peso entre la obligación y la autonomía. Entre lo prescindible y lo esencial. Entre el deber y el ser.

Ahora bien, buscar espacios de desaceleración no implica ignorar las causas estructurales del malestar, sino impedir que colonicen nuestra experiencia del tiempo. En una sociedad atravesada por la precariedad, la hiperproductividad, las prisas y la incertidumbre constante, parar a respirar se convierte en una forma de resistencia psicológica y emocional.

Y, por encima de todo, hay que vivir sin perder de vista lo más importante del camino: somos el tiempo que nos queda.

The Conversation

Jorge Romero-Castillo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La paradoja de la cronofobia: el miedo al paso del tiempo nos hace envejecer más – https://theconversation.com/la-paradoja-de-la-cronofobia-el-miedo-al-paso-del-tiempo-nos-hace-envejecer-mas-277881

Josefina Molina, mucho más que una directora esencial para la historia del cine español

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sonia García López, Profesora titular del Departamento de Comunicación, Universidad Carlos III

Entrega de medallas Junta de Andalucía en 2012. Junta de Andalucía/Wikimedia Commons, CC BY-SA

El 30 de mayo falleció en Madrid, a los 89 años, Josefina Molina. Las principales instituciones cinematográficas y medios de comunicación del país la han celebrado como revolucionaria cineasta, autora visionaria y referente indiscutible del feminismo en el cine español.

Nació en Córdoba en 1936, en plena Guerra Civil, y estudió Dirección en la Escuela Oficial de Cinematografía (EOC) durante la década de 1960. Simultaneó su labor como directora cinematográfica, realizadora de televisión y dramaturga a lo largo de más de 30 años. Hoy es recordada por su deslumbrante trabajo en el documental Función de noche (1981), la serie Teresa de Jesús (1983) y la adaptación teatral de la obra de Miguel Delibes Cinco horas con Mario (1979).

Sin embargo, lo cierto es que durante muchos años –la mayor parte de los que permaneció en activo– su trabajo no gozó del reconocimiento que hubiera merecido. Recibió el Goya de Honor en 2012 y el Premio Nacional de Cinematografía en 2019, siendo, en ambos casos, la primera mujer en recibir esos galardones en sus 25 y 40 años de historia, respectivamente.

Josefina Molina recibe el Goya de Honor 2012.

Por otro lado, Molina fue, junto con Cecilia Bartolomé, una de las dos primeras mujeres que consiguieron graduarse en Dirección en la EOC, en 1969. Esto ocurría más de tres décadas después de la fundación del que fuera el primer centro oficial de enseñanza del cine en España. Bartolomé y Molina constituyen, junto a Pilar Miró –graduada en la especialidad de Guion en 1967–, la primera generación de mujeres cineastas que dirigieron películas tras la dictadura franquista. Parece este, por tanto, un buen momento para examinar el lugar que ocupa Josefina Molina en el canon del cine español.

Un lenguaje visual para todo

Si Josefina Molina pudo conquistar un pequeño gran lugar como directora en las historias del cine español, fue, fundamentalmente, gracias a los cinco largometrajes que dirigió entre 1973 y 1993: Vera, un cuento cruel (1973), Función de noche (1981), Esquilache (1988), Lo más natural (1990) y La Lola se va a los puertos (1993).

Pero conviene interrogar y ampliar ese corte de 20 años que suele acotar su obra. Porque la totalidad de los trabajos que realizó Molina como directora se extiende, en realidad, desde 1964 a 1999 y se eleva a más de 70 producciones. Entre ellas, se incluyen películas estudiantiles, cortometrajes y largometrajes –documentales y de ficción–, realizados en 16 mm, en 35 mm y en vídeo y emitidos, principalmente, en la primera y la segunda cadena de Televisión Española.

Solo en los últimos diez años, investigadoras como Natalia Martínez Pérez han comenzado a prestar atención y poner en valor los trabajos televisivos de Josefina Molina. Que esta producción sea virtualmente desconocida ni siquiera se justifica desde la óptica de las historias tradicionales del cine. Sobre todo, si tenemos en cuenta que directores como Alfred Hitchcock, Ingmar Bergman o Roberto Rossellini trabajaron con asiduidad e innovaron en la televisión a través de formatos sobre los que Rossellini, entre otros, teorizó ampliamente.

La propia Josefina Molina confesaba en sus memorias, publicadas por la Semana Internacional de Cine de Valladolid (SEMINCI) el año 2000, no haber entendido nunca “esas disquisiciones sobre el lenguaje específicamente televisivo o lenguaje cinematográfico”. Ya por entonces, Molina ponía de manifiesto algo que hoy es, a todas luces, evidente: que el cine está producido en gran medida por las cadenas de televisión, y que la pequeña pantalla ha dado cabida a todo tipo de películas.

Experimentación televisiva

Josefina Molina no solo cuenta con un apasionante recorrido en el ámbito de la adaptación literaria para televisión y el teatro televisivo, en el contexto de programas como Hora once, Teatro de siempre o Estudio 1. También se desempeñó en la realización de series de ficción para televisión con trabajos como Aire frío (1974), El camino (1977), Teresa de Jesús (1983) y Entre naranjos (1997).

Una mujer vestida de monja.
Concha Velasco en un fotograma de la serie Teresa de Jesús, dirigida por Josefina Molina.
RTVE

El camino, adaptación de la novela homónima de Miguel Delibes, recibió el premio a la Mejor Dirección en el XV Festival Internacional de Televisión de Praga. Teresa de Jesús –coproducida por la Radiotelevisione Italiana (RAI)– recibió el Premio Italia y fue elegida “Serie del Año” en la 29 SEMINCI, y Entre naranjos ganó el premio a la Mejor Dirección de la Academia de las Ciencias y las Artes de la Televisión.

La importancia de muchos de los trabajos realizados por Josefina Molina para televisión no difiere demasiado de sus obras cinematográficas en lo que concierne a valores técnicos y estéticos, innovación y reconocimiento. De hecho, la experimentación que Molina puso en práctica en sus creaciones televisivas le sirvió también para innovar en el campo cinematográfico, y viceversa.

Documentalista desde el inicio

Por otro lado, cabe destacar las contribuciones de la cineasta al campo del documental a través de programas como Aquí España y Fiesta, para los que realizó, en 35 mm, los reportajes Écija (1967), Almagro (1968) y Feria en Córdoba (1968).

Cartel de Función de noche.
Cartel de Función de noche, un documental con formato innovador.
Sabre Films

El interés de la cineasta por la forma documental –con tan reveladores resultados en Función de noche– resulta notorio desde su primer trabajo cinematográfico. Se trata de la práctica de 16 mm que realizó en la EOC durante el curso de 1963-1964, titulada Cárcel de mujeres o Documental.

Existe poca o nula documentación sobre este insólito cortometraje, pero llama poderosamente la atención el hecho de que Molina lograse adentrarse con su equipo en la sección de maternología de una prisión. Allí la cineasta en ciernes observó la vida de las reclusas realizando labores de costura, cocina y limpieza, amamantando a sus bebés o asistiendo a misa, siempre bajo la implacable supervisión de sus carceleras. Quizá sea este uno de los pocos registros, si no el único, que han quedado de la vida de las mujeres en prisión durante la dictadura franquista.

La extrañeza de una mujer tras la cámara

La invisibilidad de estos trabajos ha sido paliada solo en parte gracias a la posibilidad de acceder a algunos de ellos a través de las plataformas Platfo y RTVE Play o de perfiles de usuarios de YouTube. La dificultad de acceder a estas obras seguramente haya tenido que ver con el “olvido” del que han sido objeto durante tan largo tiempo.

Retrato en blanco y negro de una mujer con un jersey de cuello alto.
La actriz y directora de cine Ana Mariscal, en un retrato de 1952.
Wikimedia Commons, CC BY-SA

Pero no es ese el único motivo. Un año antes de que Josefina Molina se graduase como directora en la EOC, había dejado de dirigir Ana Mariscal, la única cineasta que, a lo largo de más de una década, había conseguido sacar adelante largometrajes en la España franquista, consolidando una filmografía de 11 películas.

Molina y Mariscal, que solo se conocieron ocasionalmente, se encontraban en los antípodas desde un punto de vista ideológico, especialmente con respecto a la dictadura. Sin embargo, cuando en 2002 Victoria Fonseca publicó la primera monografía sobre Ana Mariscal, Josefina Molina firmó el prólogo. En él reivindicaba “la solidaridad y el respeto que debemos hacia las que vinieron antes que nosotras y sentaron el precedente para que cuando llegáramos otras generaciones fuera un poco menos extraño y admisible para la sociedad vernos allí”. Molina reconocía haberse beneficiado, “si no de su trabajo o de su experiencia, sí de que ver a una mujer tras la cámara no resultara tan extraño”.

Aunque parece haber llegado el momento en que ver a una mujer tras la cámara ya no resulta tan raro, todavía queda mucho camino por recorrer. Así lo evidencian los informes de CIMA (Asociación de Mujeres Cineastas y de Medios Audiovisuales) que Josefina Molina contribuyó a fundar hace ahora veinte años. Recordémosla, por tanto, también, en su lucha incansable por reivindicar a las mujeres cineastas.

The Conversation

Sonia García López no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Josefina Molina, mucho más que una directora esencial para la historia del cine español – https://theconversation.com/josefina-molina-mucho-mas-que-una-directora-esencial-para-la-historia-del-cine-espanol-284678

Los contaminantes persistentes en el agua de consumo, un problema difícil de eliminar que puede afectar a nuestra salud

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Yolanda Pérez Cortés, Profesora de Química Inorgánica en la Universidad Rey Juan Carlos e Investigadora asocidada en IMDEA Energía, IMDEA ENERGÍA

Tatjana Meininger/Shutterstock

Si lee la etiqueta de productos de uso cotidiano como lubricantes, pesticidas y utensilios de cocina antiadherentes encontrará unas siglas en común: PFAS. Que significa sustancias perfluoroalquiladas y polifluoroalquiladas (PFAS). Se trata de un grupo de compuestos químicos creados por el ser humano que se caracterizan por repeler el agua, la grasa y la suciedad.

Existen miles de sustancias PFAS diferentes, más de 4 000 identificadas para ser exactos. Todas ellas tienen en común una estructura química muy resistente, formada por átomos de carbono y flúor unidos por enlaces extremadamente fuertes. Esta gran estabilidad hace que estos compuestos no se degraden fácilmente con el paso del tiempo. Como consecuencia, estas sustancias persisten en el medio ambiente y pueden acumularse en el suelo, el agua e incluso en los seres vivos.

Efectos en la salud humana

En la actualidad numerosos estudios científicos han analizado el impacto potencial de las sustancias PFAS en el cuerpo humano. Los resultados indican que la exposición a estos compuestos puede provocar efectos adversos para la salud como hepatotoxicidad, inmunotoxicidad, aumento del riesgo de cáncer, reducción de la fertilidad y enfermedades tiroideas, entre otros.

La Agencia Internacional para la Investigación del Cáncer (IARC, por sus siglas en inglés) ha clasificado el ácido perfluorooctanoico (PFOA) como carcinógeno para los seres humanos y el sulfonato de perfluorooctano (PFOS) como posible carcinógeno.

La principal fuente de exposición humana de estas sustancias es el agua de consumo, en la que algunos PFAS pueden llegar a tener una vida media de hasta 92 años.

Por todos estos motivos, la Unión Europea en su directiva sobre la calidad del agua destinada al consumo humano ha establecido el límite de todas las sustancias PFAS en 0,50 μg/L y la suma de 20 sustancias PFAS específicas en 0,1 μg/L.

En 2024, la Agencia de Protección Ambiental de Estados Unidos (EPA) anunció una nueva regulación sobre el agua potable que establece límites máximos para cinco sustancias PFAS en el agua de consumo humano. En particular, las concentraciones de PFOA y PFOS se han fijado en 4 ng/L, mientras el ácido perfluorohexano sulfónico (PFHxS), el ácido perfluorononanoico (PFNA) y el ácido dímero del óxido de hexafluoropropileno (GenX) se han limitado a 10 ng/L. Además, se prevé que en el futuro esta legislación continúe endureciéndose.




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¿Pueden eliminarse estas sustancias del agua?

Existen distintas estrategias para eliminar las sustancias PFAS del agua de consumo, como el uso de resinas de intercambio iónico o nanofiltración. Sin embargo, muchos de estos métodos no son lo suficientemente eficaces o resultan costosos, por lo que es necesario desarrollar nuevas soluciones.

Una de ellas es la eliminación de PFAS mediante su adsorción –adherencia a la superficie– en materiales porosos. Este método resulta de especial interés debido a su alta eficiencia, bajo coste y potencial escalabilidad.

En particular, los carbones activos destacan como materiales porosos con una elevada superficie específica y una gran capacidad de adsorción, lo que les hace ser excelentes candidatos para eliminar contaminantes en el agua. Estos adsorbentes convencionales de bajo coste han demostrado ser muy eficientes para la eliminación de las sustancias PFAS de cadena larga (sustancias que contienen más de 6 átomos de carbono), pero resultan poco eficientes frente a PFAS de cadena corta (con menos de 6 átomos de carbono).

Por este motivo, es necesario desarrollar nuevos materiales que permitan eliminar de forma más eficaz y sostenible este tipo de contaminantes del agua que bebemos. Investigadores de la Fundación IMDEA Energía, en colaboración con Canal de Isabel II, hemos comenzado a trabajar en un proyecto conjunto para desarrollar un sistema capaz de eliminar de manera rápida y eficaz las sustancias PFAS del agua potable.

Este sistema se basa en el uso de materiales porosos avanzados, diseñados para atrapar estos contaminantes y que puedan integrarse fácilmente en los procesos habituales de potabilización del agua. El objetivo final es garantizar que el agua de consumo humano alcance niveles de PFAS seguros para la salud.

The Conversation

Yolanda Pérez Cortés recibe fondos de las ayudas para doctorados industriales de la Comunidad de Madrid (IND2024/AMB-34307).

Guillermo Morón Navarrete recibe fondos de ayudas para doctorados industriales de la Comunidad de Madrid (IND2024/AMB-34307). El trabaja para Canal de Isabel II como doctorado industrial.

Patricia Horcajada Cortés recibe recibe fondos de ayuda para doctorados industriales de la Comunidad de Madrid (IND2024/AMB-34307), y del proyecto “CMOFs4Water-CM” (TEC-2024/ECO-332 Comunidad de Madrid)

ref. Los contaminantes persistentes en el agua de consumo, un problema difícil de eliminar que puede afectar a nuestra salud – https://theconversation.com/los-contaminantes-persistentes-en-el-agua-de-consumo-un-problema-dificil-de-eliminar-que-puede-afectar-a-nuestra-salud-277392

¿Se puede tener dislexia en un idioma y en otro no?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Diego Paniagua Martín, Lingüista clínico | Experto en Competencia Lingüística y disCapacidad, UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

stockfour/Shutterstock

Marcos, un adolescente bilingüe que crece entre dos idiomas y dos formas distintas de enfrentarse a la lectura, sigue el ritmo con relativa normalidad en clase de Lengua y Literatura: lee despacio y comete algunos errores, pero comprende los textos y participa sin demasiadas dificultades. En Inglés, sin embargo, duda ante palabras frecuentes, pierde el hilo de la lectura y tarda mucho más que sus compañeros en escribir o descifrar frases aparentemente sencillas. Además, cuando le piden que lea en voz alta, baja la mirada incluso antes de que llegue su turno.

Este tipo de situaciones desconcierta a muchas familias y docentes. ¿Cómo puede alguien desenvolverse relativamente bien en un idioma y experimentar importantes dificultades en otro? ¿Puede la dislexia manifestarse de forma diferente según el idioma?

Lejos de ser anecdóticas, ambas preguntas aparecen cada vez con más frecuencia en contextos bilingües y multilingües. Plantean una cuestión central para la investigación actual: hasta qué punto las dificultades asociadas a la dislexia dependen no solo del cerebro que lee, sino también del sistema de escritura que ese cerebro intenta descifrar.

¿Idiomas que hacen más visible la dislexia?

La idea de que una persona pueda presentar dislexia en inglés, pero no en español, puede parecer contradictoria. Sin embargo, la evidencia científica actual apunta a que las dificultades asociadas a ese trastorno del aprendizaje pueden hacerse mucho más visibles en unos idiomas que en otros. Aunque la dislexia tiene una base neurobiológica –es decir, relacionada con la forma en que el cerebro procesa el lenguaje escrito–, sus manifestaciones también pueden variar según las características del sistema de escritura de cada lengua.

Esto es así porque no todos los idiomas presentan el mismo grado de regularidad en la relación entre letras y sonidos: justamente esta relación es la que el aprendizaje de la lectura automatiza. En inglés, por ejemplo, los mismos grupos de letras pueden sonar de formas muy diferentes (drought o brought no se pronuncian de la misma manera, al igual que mint, lint y hint se pronuncian de modo diferente a pint), lo que puede aumentar la complejidad del aprendizaje lector.




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Relación con la escritura

Estas diferencias no solo afectan a la lectura, sino también a la forma en que se aprende a escribir. La neurocientífica Taeko Wydell ha señalado que en sistemas de escritura como el japonés, en los que el aprendizaje combina repetición motora y pronunciación oral de los caracteres, algunas dificultades pueden manifestarse de manera diferente.

En este sentido, casos documentados de estudiantes bilingües que presentan dificultades en inglés, pero no en japonés, han contribuido precisamente a cuestionar la idea de una dislexia idéntica en todos los idiomas.

Idiomas transparentes y no tan transparentes

En la misma línea, un estudio reciente con adultos bilingües en galés e inglés con dislexia demostró que mostraban un perfil lector diferente al de los hablantes monolingües en inglés. Los participantes bilingües presentaban menores dificultades en tareas relacionadas con el procesamiento fonológico y la lectura de pseudopalabras (palabras inventadas utilizadas para evaluar el procesamiento de los sonidos del lenguaje), probablemente porque el galés posee una ortografía mucho más consistente, o transparente, que el inglés.

Como hallazgo principal, los autores concluyeron que aprender a leer simultáneamente en una lengua consistente, o transparente, y en otra inconsistente, o no tan transparente, puede modificar las estrategias lectoescritoras y alterar la forma en que se manifiestan las dificultades asociadas a la dislexia.




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De hecho, revisiones científicas actuales señalan que algunas dificultades, como la velocidad de acceso a los sonidos del lenguaje o ciertas alteraciones en la fluidez lectora, tienden a mantenerse relativamente estables entre idiomas. Sin embargo, otras dificultades dependen mucho más de las características ortográficas de cada uno, lo que explica que estas diferencias puedan resultar más visibles en unos sistemas de escritura que en otros.

Cuando la dislexia pasa desapercibida

En idiomas consistentes como el español (es decir, en los que los sonidos de las letras y sus combinaciones se mantienen casi siempre regulares), muchas personas consiguen leer con relativa exactitud desde edades tempranas. Sin embargo, esa aparente normalidad puede resultar engañosa.

Aunque la lectura les exige más tiempo, más concentración y un mayor desgaste cognitivo, desde fuera puede parecer funcional. Sin embargo, tal y como se lleva documentando desde hace años en numerosas investigaciones, esto no significa que el problema desaparezca sino que, a menudo, logran compensar parcialmente estas dificultades durante años, lo cual explica que algunos alumnos obtengan buenos resultados académicos y, aun así, experimenten una enorme fatiga lectora.




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No obstante, la situación cambia cuando estos estudiantes se enfrentan a ortografías más inconsistentes. Diversos estudios con personas bilingües indican que las dificultades tienden a hacerse más evidentes en idiomas ortográficamente más irregulares. Esto ocasiona que comiencen a aparecer errores que antes parecían inexistentes y que lleguen a desarrollar estrategias compensatorias diferentes dependiendo de las características ortográficas de cada uno.

Por ello, no es extraño que algunos casos de dislexia se detecten precisamente durante el aprendizaje de un segundo o tercer idioma dado que, en realidad, no “aparece” de repente sino que, simplemente, determinadas características lingüísticas hacen mucho más visibles dificultades previas.

Idiomas que esconden frente a idiomas que revelan

Llegados hasta aquí podemos reconocer que la pregunta inicial encerraba una idea engañosa: pensar que la dislexia pertenece a un idioma concreto.

La dislexia tiene una base neurobiológica relacionada con el procesamiento del lenguaje, pero sus manifestaciones dependen también de las características del sistema de escritura al que se enfrenta cada lector. Por eso, una persona puede parecer un lector competente en español y experimentar importantes dificultades en inglés. No porque sea disléxico solo en inglés, sino porque algunos idiomas actúan como una lupa sobre dificultades que hasta ese momento permanecían parcialmente ocultas, mientras que otros consiguen disimularlas durante años.

Y quizá esa sea una de las ideas más importantes que aporta la investigación actual: comprender la dislexia no implica únicamente entender cómo funciona el cerebro lector, sino también cómo este interactúa con los distintos idiomas que este aprende a descifrar.

En definitiva, entender cómo interactúan el cerebro y el lenguaje escrito en cada idioma no solo ayudará a desmontar futuros y pasados mitos, sino también a mejorar la respuesta educativa en aulas cada vez más diversas lingüísticamente.

The Conversation

Diego Paniagua Martín no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Se puede tener dislexia en un idioma y en otro no? – https://theconversation.com/se-puede-tener-dislexia-en-un-idioma-y-en-otro-no-280828