Quand Disneyland écoute ses travailleurs… mais pas vraiment

Source: The Conversation – in French – By Audrey Holm, Porfessseur assistant, HEC Paris Business School

Signer un accord avec les salariés, est-ce toujours un signe de qualité du dialogue social ? Parfois, les impressions peuvent être trompeuses… quand, par exemple, une entreprise fait en sorte que, à peine passé, l’objet de l’accord soit caduc.


La prise de parole est souvent célébrée comme une voie à privilégier pour créer des milieux de travail plus justes et plus inclusifs. Mais que se passe-t-il si l’entreprise fait semblant d’entendre, ou entend sans vraiment comprendre ce qui est dit ? C’est la question au cœur de notre récente étude sur les marionnettistes de Disneyland.

L’étude de ce cas montre comment une organisation peut donner l’impression d’être à l’écoute de ses employés, sans joindre le geste à la parole. Dans ces situations, la firme donne l’impression de ne pas avoir bien entendu, à moins qu’elle n’ait trop bien entendu. On parle dans ce cas de « participation de façade », quand, en apparence, l’employeur répond aux préoccupations des travailleurs – souvent par le biais d’ententes formelles – tout en réduisant simultanément sa dépendance à l’égard de ces travailleurs.

L’illusion d’être entendus

Le cas qui nous intéresse concerne Walt Disney Parks and Resorts US Inc. (qu’on nommera pour simplifier Disney ou Disneyland dans le reste de l’article), mais cela pourrait arriver dans d’autres entreprises. En 2014, en Californie, un groupe de marionnettistes de Disneyland a commencé à s’organiser en vue d’obtenir une représentation syndicale. Leurs revendications comprenaient un meilleur salaire, un équipement plus sûr et une plus grande participation à la conception des marionnettes.

Beaucoup gagnaient moins que les acteurs costumés avec lesquels ils jouaient, et les blessures – de la tension dorsale à la séparation des épaules – étaient trop courantes. Pendant près de deux ans, les marionnettistes ont négocié un contrat avec les avocats et les dirigeants du parc à thème. L’accord final, ratifié en 2017, comprenait un salaire de base de 12,25 dollars l’heure, des congés payés et l’accès à une salle où les artistes pouvaient se reposer avant et après les spectacles.

De l’extérieur, cela ressemblait à une victoire. D’ailleurs, les marionnettistes ont célébré en ligne – c’était comme si leurs voix avaient enfin été entendues. Mais dans les coulisses, Disney réduisait déjà les rotations de travail et réaffectait le personnel à des fonctions non couvertes par l’accord syndical, si bien que près de la moitié des marionnettistes concernés au départ était partie au moment où les négociations se sont terminées au début de 2017.

Puis vint le coup de grâce. En mars 2017, juste avant la ratification de l’accord, Disney a annoncé la fermeture dès le mois suivant du spectacle principal dans lequel se produisaient les marionnettistes. À la fin de l’année 2020, aucun des 30 marionnettistes ayant participé à l’action collective n’était encore en poste – et bien que techniquement en place, l’accord n’a de fait jamais été mis en œuvre. C’est ce qu’on appelle la participation de façade, lorsqu’une entreprise a l’air d’être à l’écoute de ses travailleurs, mais s’assure en même temps que rien ne change vraiment.

Bonne ou mauvaise foi ?

Nous sommes conscients qu’il est très difficile de déterminer si les dirigeants de Disney ont négocié de bonne foi. D’une part, tout au long du processus de syndicalisation, Disney s’est montré quelque peu réceptif aux préoccupations des marionnettistes, tentant de trouver un accord. Les licenciements massifs et le gel des embauches dus à la pandémie de Covid-19 et aux confinements nationaux à la fin du contrat de travail ont également pu mettre un terme aux efforts visant à développer de nouveaux spectacles de marionnettes.

D’un autre côté, cependant, il est possible d’interpréter ce résultat en considérant que l’entreprise a ratifié un accord en sachant pertinemment qu’il ne serait jamais mis en œuvre. En effet, les efforts visant à faire taire les employés avaient commencé bien avant la signature de l’accord de travail, lorsque Disney avait tenté de contenir la voix des salariés. Nous n’avons vu aucun signe indiquant que Disney était disposé à développer un nouveau spectacle au cours des trois années qui ont suivi la ratification de l’accord.

Bien que l’intention soit difficile à qualifier, étant donné que nos sollicitations auprès de l’entreprise sont restées sans réponse, le résultat est que, malgré le temps et les efforts investis par les travailleurs pour se syndiquer et ceux investis par l’entreprise pour ratifier un nouvel accord, les marionnettistes de Disneyland n’ont pas encore vu leurs efforts pour faire entendre leur voix porter pleinement leurs fruits.

En agissant de la sorte, un employeur, quel qu’il soit, ne peut pas être suspecté de réprimer les revendications ou de faire traîner les négociations. Plus subtilement, des accords sont signés, mais le contexte nécessaire à leur mise en œuvre est discrètement démantelé.

Il est important de noter que cela ne découle pas toujours de la mauvaise foi ou d’une stratégie délibérée, d’une volonté de tromper. Souvent, la façon dont les entreprises sont organisées – avec beaucoup de lignes hiérarchiques, de services mobilisés, et donc de personnes prenant part aux décisions à différents endroits – rend difficile le respect des accords en général, et, notamment des accords de travail.

Une démarche en trois temps

Nos recherches montrent que la participation de façade se déploie généralement en trois étapes :

  • Tentative de réduction au silence : Au début, les marionnettistes ont rencontré de la résistance. Disney a collé des affiches antisyndicales dans les coulisses. Les directeurs ont tenu des réunions individuelles avec les artistes pour essayer de les dissuader de soutenir le syndicat et ont réduit la programmation de certains travailleurs qui soutenaient l’effort.

  • Accord à contrecœur : Après l’échec de ces efforts, la direction a entamé à contrecœur des négociations formelles avec le syndicat des travailleurs. Le processus a été lent, composé de 28 réunions sur deux ans, et souvent frustrant pour les travailleurs. Mais en fin de compte, cela a abouti à la signature d’un accord portant sur les salaires et les conditions de travail.

  • Retrait stratégique : alors même que l’encre séchait, Disney a fermé le spectacle de marionnettes, réduit les heures de travail des salariés et beaucoup sont partis – certains parce qu’ils ne pouvaient pas survivre avec des salaires inférieurs, d’autres parce qu’ils ont été déplacés vers des fonctions non couvertes par le contrat.

Fort turnover

Une fois que le spectacle a été terminé et les marionnettistes poussés dehors ou déplacés ailleurs, il ne restait plus personne pour faire respecter ou bénéficier de l’accord signé. Plus généralement, ce genre de résultat est courant dans les secteurs où les emplois sont à court terme et le taux de rotation élevé, comme les parcs à thème, la production cinématographique et télévisuelle, ou certaines parties de l’économie des petits boulots. Dans ce contexte professionnel, les employeurs peuvent facilement mettre de côté les accords sans jamais avoir à les rompre.

France 24 – 2022.

La participation de façade peut sembler être un moyen peu coûteux de désamorcer les conflits – une concession symbolique qui satisfait la pression immédiate. Mais au fil du temps, cela érode la confiance et peut avoir des conséquences négatives pour l’entreprise. Pour le dire autrement, il ne peut s’agir que d’une victoire à très court terme.

Une perte d’engagement coûteuse à terme ?

En effet, les travailleurs qui pensent avoir été trompés sont moins susceptibles ensuite de s’engager pleinement dans leur travail. Les promesses qui ne sont pas tenues deviennent des histoires qui se répandent. À long terme, la perte d’employés peut être coûteuse.

La leçon pour les managers est simple. Dire que vous soutenez les travailleurs n’est pas la même chose que d’agir en conséquence. Si les changements s’effondrent au moment où les équipes changent ou que les projets se terminent, le message n’arrive pas et la confiance des travailleurs s’érode. Pour que leurs voix mènent à un véritable changement, les travailleurs ont besoin de plus qu’un siège à la table ; ils ont besoin d’avoir leur mot à dire sur ce qui se passera ensuite.

Si les mêmes gestionnaires qui négocient les accords décident également d’y donner une suite ou non, il n’y a pas de véritable responsabilité. Le suivi ne fonctionne que lorsque les employés restent impliqués, et les changements se manifestent dans la façon dont l’endroit fonctionne réellement, et pas seulement sur le papier. Si les entreprises veulent que les travailleurs s’expriment, elles doivent aller jusqu’au bout. Dire oui ne suffit pas, il faut que cela ait un sens.


Cet article a été rédigé avec Bella Fong, actuellement Postgraduate Researcher à Energy Studies Institute (ESI).

Méthodologie

Nous avons interrogé huit anciens marionnettistes de Disneyland et analysé sept ans de données de leur groupe Facebook privé, composé de 398 publications uniques, 2 228 commentaires et 1 780 likes. Nous voulions comprendre comment les travailleurs peuvent être entendus, mais rester exclus – et comment les entreprises, parfois sans le vouloir, finissent par bloquer les changements qu’elles semblent accepter.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Quand Disneyland écoute ses travailleurs… mais pas vraiment – https://theconversation.com/quand-disneyland-ecoute-ses-travailleurs-mais-pas-vraiment-259459

L’IA transforme le conseil plus qu’elle ne le remplace

Source: The Conversation – in French – By Laurent Flores, Maître de Conférences, HDR, Sciences de Gestion, Université Paris-Panthéon-Assas

Le cabinet McKinsey a déployé 12 000 agents IA au service de ses 40 000 collaborateurs, après avoir licencié 5 000 salariés. SuPatMaN/Shutterstock

Le conseil mue : moins d’exécution, plus de décision et de conduite du changement. Preuve à l’appui, cabinets et compétences s’ajustent vite.


Il y a quelques mois à peine, nous évoquions trois phases dans l’adoption de l’IA : productivité, point d’inflexion, puis substitution.

Les grands cabinets de conseil viennent tout juste de franchir ce seuil critique.

McKinsey a déployé 12 000 agents IA pour assister ses 40 000 collaborateurs. Dans le même temps, l’entreprise est passée de 45 000 à 40 000 employés. Accenture a licencié 12 000 personnes en trois mois, celles jugées « incapables de se reconvertir » à l’IA selon sa direction. Le Boston Consulting Group affirme que 20 % de ses revenus proviennent désormais de l’IA, avec un objectif de 40 % d’ici 2026.

Le métier du conseil n’est pas mort. Il se réinvente, vite.

L’automatisation dévore les tâches analytiques

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle remplace ce que faisaient les consultants juniors : synthétiser des données, produire des slides, rechercher des informations.

Plus de 75 % des employés de McKinsey utilisent Lilli, la plateforme IA interne. L’outil traite plus de 500 000 requêtes par mois et permet d’économiser environ 30 % du temps consacré à la recherche et à la synthèse.

Cette évolution suit exactement le modèle anticipé.

Les trois phases d’adoption de l’IA dans le conseil.
Laurent Flores, CC BY

Une étude de Stanford (2023) menée auprès de 5 000 agents de support clients montre que l’IA augmente la productivité de 14 % en moyenne. L’effet est massif chez les débutants (+35 %) et plus modeste pour les personnes les plus expérimentées. L’IA gomme une partie de l’inexpérience du junior.

Les chiffres ne mentent pas. Accenture a formé 550 000 employés à l’IA générative. Le nombre de ses spécialistes data et IA est passé de 40 000 à 77 000 en deux ans.

La valeur migre vers la décision humaine

Pourtant, le conseil ne disparaît pas. Il se redéfinit.

« Do we need armies of business analysts creating PowerPoints ? No, the technology could do that » (« Avons-nous besoin d’armées d’analystes d’affaires qui créent des présentations PowerPoint ? Non, la technologie peut le faire »), déclare Kate Smaje, responsable mondiale de la technologie chez McKinsey.

L’IA synthétise et analyse. L’humain analyse et décide. Cette redistribution de la valeur se lit aussi dans les comptes.

Boston Consulting Group (BCG) a réalisé 2,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires lié à l’IA en 2024, sur un total de 13,5 milliards. Dans la foulée, le cabinet a créé BCG X, une division de plus de 3 000 spécialistes vouée à l’intégration de l’IA.

Part de l’IA au Boston Consulting Group (BCG).
Laurent Flores, CC BY

Ce que l’IA ne fait pas : c’est pondérer les options dans le contexte culturel d’une entreprise, anticiper les résistances humaines, adapter une recommandation aux dynamiques de pouvoir des organisations.

La machine digère les données. Le consultant orchestre la décision.

Se préparer maintenant ou rester sur le quai

La fenêtre pour s’adapter se referme de plus en plus vite.

Une nouvelle étude de Stanford (août 2025) confirme que les emplois juniors sont les plus touchés par l’IA, avec une baisse moyenne de 16 % depuis fin 2022. Les secteurs les plus impactés : le développement logiciel, les fonctions administratives et commerciales, et désormais le conseil.

Accenture l’assume pleinement.

« Nous nous séparons, dans un délai très court, de personnes dont nous pensons qu’elles ne pourront acquérir les compétences dont nous avons besoin », déclare Julie Sweet, la patronne du groupe.

Le message est certes brutal, mais limpide. La reconversion IA n’est plus une option, elle devient une réalité.

Cette trajectoire correspond au schéma du « point d’inflexion » que nous décrivions début 2025. D’abord, l’IA augmente la productivité. Puis elle atteint un seuil où elle remplace certaines tâches. Enfin, elle se substitue progressivement à l’humain sur un nombre croissant de fonctions.

Le conseil vient de franchir ce point d’inflexion. Les cabinets qui réussissent cette transition combinent formation massive et restructuration assumée. McKinsey forme plus de 70 % de ses effectifs à l’utilisation de Lilli. BCG a noué des partenariats stratégiques avec neuf géants de l’IA, dont Anthropic, Microsoft et OpenAI. Accenture a triplé ses revenus liés à l’IA en 2025.

La différence entre ceux qui montent dans le train et ceux qui restent sur le quai ? La capacité à déplacer la valeur de l’exécution vers la décision, de la production vers la synthèse, de l’analyse vers le jugement contextuel.

Un « modèle » pour tous les métiers intellectuels

La transformation du conseil préfigure celle de nombreux métiers intellectuels. Toutes les professions fondées sur la collecte, le traitement et la présentation d’informations structurées sont concernées : traduction, comptabilité, recherche juridique, études de marché, enseignement. La vague IA touche tous les « cols blancs ».

Une étude de l’Université de Stanford (juillet 2025) estime que l’IA pourrait accélérer près de la moitié des tâches dans les 100 métiers les plus courants. Les gains potentiels représenteraient 12 % du PIB. Mais ces gains dépendent fortement de la formation, des politiques d’accompagnement et de la vitesse d’adaptation.

Le conseil montre la voie. Les cabinets qui intègrent massivement l’IA tout en revalorisant l’expertise humaine prospèrent. McKinsey affiche 40 % de revenus liés à l’IA. BCG vise la même proportion d’ici 2026. Mais cette croissance s’accompagne de restructurations qui excluent celles et ceux qui ne suivent pas le rythme.

Le « conseil humain augmenté ».
Laurent Flores, CC BY

La leçon est double

L’IA ne remplace pas le conseil : elle le réinvente autour de sa véritable valeur, la capacité humaine à synthétiser, décider et accompagner le changement dans des contextes d’organisation de plus en plus complexes.

Mais cette réinvention exige une adaptation rapide. Celles et ceux qui maîtrisent l’IA pour « augmenter » leur jugement conservent leur avantage. Les autres deviennent « remplaçables ».

Le point d’inflexion est franchi. La question n’est plus de savoir si l’IA transformera votre métier, mais quand vous choisirez de vous transformer avec elle.

The Conversation

Laurent Flores ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. L’IA transforme le conseil plus qu’elle ne le remplace – https://theconversation.com/lia-transforme-le-conseil-plus-quelle-ne-le-remplace-267041

Autism charities can portray autistic people as helpless and a burden – our research shows why it matters

Source: The Conversation – UK – By Helen Abnett, Research Fellow, University of Hertfordshire

Roman Samborskyi/Shutterstock

Autism charities are important organisations. They provide essential services for autistic people, influence policy decisions, and often speak on behalf of autistic people.

This means that how these charities write about autistic people may influence how society understands what it means to be autistic. The words and pictures that autism charities choose to use affect how autistic people are understood, perceived and cared for. This really matters, as autism is still often stigmatised.

Our recent study shows that the language and images large autism charities use mainly portray autistic people as a problem. In contrast, charities represent themselves as the solution to this problem.

In England and Wales, different kinds of charity organisation are crucial providers of public services. Charities are often seen by government as the best way to meet the needs of less-heard or underserved groups, including autistic people. Some receive specialist care and education services from autism charities.

These charities also influence policy discussions and decisions. Research conducted by autism charities is regularly mentioned in parliament. The NHS refers autistic people and their carers looking for support to both national and local charities.

Previous research has shown how certain types of charities (particularly large international development charities) describe the people they are seeking to support in developing country communities in negative and problematic ways. People are often portrayed as “passive”, “voiceless” and “(culturally) backward”.

Similarly, a small amount of research demonstrates that autism charity advertising and websites consistently convey negative portrayals of autistic people. For example, one previous study describes how an advert for a UK charity depicted autism as “a child-enveloping monster that had to be destroyed to allow a boy to live a normal life”.

How we conducted our research

For our study, we identified the largest autism charities in England and Wales. We used data held by the Charity Commission to identify charities with incomes of £10 million or more and that only provided support to autistic adults, children or both. There were 11 charities that met these criteria. Then, we downloaded the most recent annual reports and accounts for these charities.

We explored how autism charities described autistic people, themselves and the government. We used critical autism studies – which seeks to question stereotypes, and views autism as a difference rather than a disorder – as an approach to evaluate and explain the reports, and suggest how things could be improved.

We found that autistic people are largely portrayed as problems, as challenging and as a burden. Autistic people are frequently depicted as being needy and infantile. Every single charity depicts autistic people as needing to change. Autistic people, they say, should be more communicative or resilient.




Read more:
Why the autism jigsaw puzzle piece is such a problematic symbol


We think that the use of this kind of language and imagery has negative consequences for wider societal attitudes towards autistic people. In contrast, in these documents, charities – who did not appear to be led by autistic people – represented themselves as experts, with the authority to act for and speak on behalf of autistic people.

This links to an overwhelming message in the reports that these charities need to be able to do more, to be bigger and often better-known, and that they need more funding to enable them to achieve this.

Gigantic red hand points at defeated man sitting on red floor.
Charities need to help foster agency in people with autism.
Master1305/Shutterstock

This seems to reflect the “non-disabled saviour” trope that has been found to be common in popular culture. This trope highlights the action, even heroism, of non-disabled people “saving” disabled people, rather than centring disabled people’s agency.

All these charities also describe themselves as being funded by government. Alongside this, however, government is primarily portrayed as a barrier to the effective provision of services for autistic people. Government funding and policy decisions are described as arbitrary and inconsistent. It suggests a government (at both local and national level) that is ineffective and unreliable.

What should change?

We hope our findings encourage autism charities to reflect on how they describe the people they exist to support. Words and imagery should convey the reality of autistic lives rather than leaning on outdated notions of pity or burden.

That starts with meaningful autistic representation at every level of charity leadership, including decision-making roles. Representation shouldn’t be tokenistic. It should shape how organisations operate and communicate.

Charities and governments also need to rethink the current system of service provision and funding, which often leaves charities overstretched and autistic people underserved.

Most of all, we hope our research helps to contribute to a society that recognises autistic people not as problems to be solved, but as people to be valued and understood on their own terms.

The Conversation

Helen Abnett has previously received funding from the Economic and Social Research Council.

Aimee Grant receives funding from the Wellcome Trust, MRC and ESRC.

Kathryn Williams receives funding from the Economic and Social Research Council. She is also the research director for Autistic UK CIC, a non-profit Autistic-led organisation seeking to improve the representation and wellbeing of Autistic adults across the UK.

ref. Autism charities can portray autistic people as helpless and a burden – our research shows why it matters – https://theconversation.com/autism-charities-can-portray-autistic-people-as-helpless-and-a-burden-our-research-shows-why-it-matters-267385

Comment Telegram est devenue le champ de bataille des conflits modernes

Source: The Conversation – France in French (3) – By Marie Guermeur, Sorbonne Université

Née comme une messagerie destinée à protéger au mieux la vie privée de ses utilisateurs, Telegram est devenue un théâtre d’affrontement permanent. Sur l’application, de multiples canaux diffusent l’horreur brute, la criminalité organisée prospère, les services secrets recrutent et, surtout, la propagande bat son plein. Décryptage du fonctionnement de cet outil qui s’est transformé en véritable arme de guerre numérique.


Longtemps perçue comme une alternative sécurisée aux réseaux sociaux de la galaxie Meta notamment par une frange d’internautes soucieux de la protection de leur vie privée et par les défenseurs des libertés numériques, séduits par son image « anti-système » et sa promesse d’un espace affranchi de la surveillance commerciale, Telegram, fondée en 2013 par les frères Durov, s’est imposée comme l’une des plateformes les plus influentes de la planète.

Pavel Durov, en est à sa seconde aventure numérique. Avant Telegram, il avait lancé VKontakte (VK), souvent qualifié de « Facebook russe ». Dès sa création en 2006, VK s’était distinguée comme un rare bastion de liberté sur le Web russe, jusqu’à ce que Durov refuse de livrer aux services secrets de son pays (le FSB) les données des blogueurs et de fermer les pages de l’opposition. Ce refus lui coûta progressivement le contrôle de l’entreprise, reprise ensuite par des proches du pouvoir. Aujourd’hui, Telegram, forte de près de 950 millions d’utilisateurs dans le monde, séduit par son chiffrement, sa promesse de confidentialité et la possibilité de créer des « canaux » rassemblant des centaines de milliers de personnes.

Mais derrière l’image de havre numérique pour défenseurs de la vie privée, Telegram est devenue un outil central pour des usages beaucoup plus sombres : trafic, voyeurisme et surtout… guerres de propagande.

Arrestation et mise en examen de Pavel Durov

Le 24 août 2024, le cofondateur de Telegram Pavel Durov, franco-russe, est arrêté et mis en examen en France. La justice lui reproche de ne pas avoir empêché la prolifération sur son réseau d’activités illégales : trafic de stupéfiants, pédocriminalité, escroqueries.

Mis en examen, Durov s’est défendu en soulignant le caractère inédit d’une telle procédure : « Arrêter le PDG d’une plateforme parce que certains utilisateurs commettent des crimes, c’était absurde », déclare-t-il alors. Depuis cette date, Telegram collabore davantage avec les autorités, selon plusieurs sources judiciaires. Mais la question reste entière : comment contrôler un espace aussi vaste et opaque ?

En Chine, une enquête de CNN a récemment révélé l’existence d’un gigantesque réseau de voyeurisme pornographique hébergé sur Telegram. Plus de 100 000 membres y échangeaient, à l’insu de leurs victimes, des milliards de photos et vidéos intimes et récits d’agression. L’affaire a choqué l’opinion publique et souligné l’extrême difficulté à contenir les dérives de l’application.

Car Telegram est un écosystème : tout y circule, de la contrebande de drogues aux fichiers frauduleux, en passant par des contenus extrêmes de propagande. Si le darknet exigeait autrefois des compétences techniques pour accéder à ces contenus, l’application rend aujourd’hui de tels échanges disponibles en quelques clics.

Du chiffrement à la cruauté

C’est sans doute sur le terrain de la guerre que Telegram s’impose le plus brutalement. Lors des attaques terroristes du Hamas contre Israël en octobre 2023, l’application est devenue un champ de bataille parallèle. Les groupes armés ont immédiatement compris le potentiel de l’outil : diffuser sans filtre des vidéos de violences, de tortures, de profanations de cadavres, accompagnées de messages galvanisant.

Le même jour, nous avons décidé d’infiltrer le canal du Hamas depuis la France. La facilité avec laquelle nous avons pu accéder à des contenus insoutenables a été glaçante : viols, exécutions, actes nécrophiles, corps – souvent d’enfants – mutilés et exhibés comme trophées de victoire. Chaque jour, des dizaines de vidéos de propagande inondaient les canaux, repoussant sans cesse les limites de l’indicible.

Le lendemain, les canaux liés à l’armée israélienne, Tsahal, adoptaient la même logique : images de massacres et de représailles, accompagnées de messages de haine et d’encouragement à la vengeance. La guerre des armes trouvait son double, instantané et cru, sur Telegram.

Les horreurs observées sont telles que nous avons choisi de ne pas toutes les relater ici. Mais il est essentiel que le lecteur comprenne l’ampleur de cette banalisation de la violence : sur cette plateforme, la cruauté devient quotidienne, accessible à tous et, souvent, reproduite à l’infini.

« Ce canal enfreint la législation locale »

En France, il a fallu attendre le 17 octobre 2023 pour qu’un blocage partiel du compte du Hamas soit mis en place, peu après la diffusion d’une vidéo montrant un otage. Dès lors, une tentative de connexion au canal faisait apparaître : « Ce canal enfreint la législation locale. » Trop tard pour éviter la propagation de scènes inimaginables, parfois accessibles à des mineurs, et pour certaines reprises sur des réseaux comme X. Car l’utilisation de VPN permet encore de contourner ces restrictions, laissant circuler sans entrave les pires images de guerre.

Cette banalisation de la violence interroge. En rendant la propagande accessible au grand public, Telegram transforme le spectateur en témoin, parfois complice, d’atrocités qui étaient jadis reléguées aux marges cachées d’Internet, à ce que l’on appelait le « darknet ». Les groupes armés, eux, ont compris l’impact psychologique de cette exposition massive. La guerre ne se joue plus seulement sur le terrain militaire ; elle s’écrit et se diffuse en direct, dans la poche de chacun.

Telegram, par sa souplesse et par son opacité, est devenue l’arme invisible des conflits contemporains.

De l’outil de contestation à l’arme de propagande

Bien avant d’être l’outil favori des groupes armés au Moyen-Orient, Telegram avait déjà marqué l’histoire des contestations. Du Printemps arabe aux manifestations iraniennes « Femme, vie, liberté » de 2022 après la mort de Mahsa Amini, l’application s’est imposée comme un refuge numérique pour les dissidents, pour les journalistes citoyens et pour les organisateurs de mobilisations. Son atout majeur : un chiffrement et une architecture décentralisée qui échappent aux régulations traditionnelles.

De 2015 à 2019, Telegram se dressait comme un outil central de mobilisation citoyenne en Iran. Néanmoins, en 2018, les autorités iraniennes ont procédé à l’interdiction de la plateforme, sous prétexte de préserver la sécurité nationale, anéantissant l’un des derniers canaux d’expression et de coordination accessibles à la société civile.

En Biélorussie, puis ailleurs en Europe de l’Est, les manifestants se sont organisés sur l’application, tandis que les États tentaient de reprendre la main sur ce canal incontrôlable. L’histoire de Telegram dans les révoltes est celle d’un couteau à double tranchant : un outil de contre-pouvoir, mais aussi une scène où s’exerce la lutte pour le contrôle de l’information.

Lorsque Israël a coupé l’accès à Internet dans la bande de Gaza, le 27 octobre 2023, Telegram est restée la seule fenêtre sur le monde. Les journalistes palestiniens, comme Motaz Azaiza, y ont diffusé en direct des images de frappes, de victimes et de quartiers dévastés, vues par des millions de personnes en quelques minutes. L’application suppléait ainsi les médias traditionnels, empêtrés dans la vérification des faits et les contraintes d’accès.

Sur ce même réseau circulaient aussi les vidéos officielles des Brigades Al-Qassam, la branche armée du Hamas, glorifiant leurs combattants et diffusant des images insoutenables. De leur côté, les chaînes proches de l’armée israélienne diffusaient leurs propres contenus militaires, souvent teintés de propagande. Telegram s’est transformé en un champ de bataille à part entière, où journalisme citoyen, propagande terroriste, communication officielle et rumeurs incontrôlées cohabitaient sur le même écran.

Une plateforme qui refuse de trancher

Contrairement à X (ex-Twitter) ou à Facebook, Telegram se distingue par l’absence de modération coercitive. Son cofondateur Pavel Durov revendique une conception radicale de la liberté d’expression, n’hésitant pas à héberger des groupes proscrits ailleurs. Cette latitude a bénéficié à des organisations, telles que Hayat Tahrir Al-Cham, ex-filiale d’Al-Qaida en Syrie, qui exerce désormais un contrôle politique et administratif étendu sur plusieurs régions du pays, où elle s’impose comme l’autorité de facto, tout en continuant à y diffuser sans entrave communiqués, vidéos et matériaux idéologiques.

Dans des zones auxquelles aucun journaliste étranger n’a accès et où les reporters locaux risquent leur vie, ces chaînes deviennent la seule source d’information disponible. Mais ce sont les groupes armés eux-mêmes qui décident de ce qui est montré, et de ce qui est passé sous silence.

L’exemple de la Syrie est frappant. En 2022, lors des pénuries de gaz, les chaînes prorégime imputaient la crise aux sanctions occidentales. En parallèle, celles de l’opposition diffusaient des vidéos de files interminables dans les stations-service, accusant l’Iran de sabotage. Aucune des deux versions n’a pu être vérifiée par des médias indépendants, mais toutes deux ont circulé massivement et nourri la colère populaire.

L’étude, publiée en 2024 par Hans W. A. Hanley et Zakir Durumeric lors de l’International Conference on Web and Social Media (ICWSM), intitulée Partial Mobilization : Tracking Multilingual Information Flows amongst Russian Media Outlets and Telegram montre l’usage systématique de Telegram par les médias russes pour orienter et modeler l’opinion publique autour de la guerre en Ukraine. Les auteurs développent une approche originale et extensible, capable de suivre les flux narratifs à travers différentes langues et plateformes, appliquée à 215 000 articles et 2,48 millions de messages Telegram. Les chercheurs soulignent une intensification marquée de l’usage de Telegram par les médias russes, qui y puisent régulièrement des thèmes qu’ils réinjectent ensuite dans leurs publications traditionnelles.

Leur méthodologie permet également d’identifier de manière automatisée des chaînes Telegram véhiculant des contenus pro-russes ou anti-ukrainiens, souvent en résonance avec les narrations des médias d’État. Telegram se révèle ainsi un vecteur stratégique clé, central dans la diffusion et la coordination de ces narratives (récits) à grande échelle.

Telegram, média ou machine d’influence ?

À cette dimension géopolitique s’ajoute une logique économique. Dans plusieurs pays en crise, comme le Liban, des équipes rédactionnelles de médias exclusivement installés sur Telegram se sont constituées. Certaines chaînes vendent des abonnements premium, d’autres acceptent des dons en cryptomonnaies, et beaucoup diffusent des contenus sponsorisés par des partis politiques. Sans transparence ni vérification, la frontière entre information et propagande devient poreuse.

Le danger n’est pas seulement la désinformation. C’est qu’à défaut d’alternatives, Telegram devienne la seule source d’information dans des environnements fragiles. Là où les civils n’ont pas de médias indépendants, et tandis que les milices et les États disposent de puissants relais, l’équilibre est faussé dès le départ.

Depuis le début de l’invasion russe, en février 2022, la direction générale du renseignement de l’Ukraine (DGRR, souvent désignée par son acronyme anglais HUR) a adopté une posture inédite : utiliser Telegram comme un relais officiel. Selon une étude publiée en août 2025 par le chercheur Peter Schrijver dans la revue scientifique The International Journal of Intelligence and CounterIntelligence, il s’agit d’un tournant majeur. Pour la première fois, un service de renseignement d’État conçoit sa communication non plus comme une sensibilisation ponctuelle, mais comme un processus continu d’engagement public.

Un instrument de renseignement public

Ce choix illustre ce que les spécialistes appellent la « communication participative du renseignement ». Sur Telegram, la DGRR ne se contente pas de diffuser des informations : elle coordonne le récit national tout en impliquant directement la population dans la défense du pays. Trois axes structurent cette stratégie. D’abord, l’institution met en avant ses opérations réussies, honore ses agents tombés et valorise ses valeurs de service et de sacrifice. La stratégie consiste à projeter l’image d’un renseignement compétent, héroïque et digne de confiance. Les chercheurs parlent d’un véritable « lobby du renseignement », une diplomatie de l’image destinée à rallier les civils autour d’un appareil habituellement secret.

Ensuite, la DGRR diffuse des documents ciblés visant l’adversaire : conversations interceptées, preuves de crimes de guerre, affaires de corruption, et parfois des données personnelles de militaires russes. Ces publications ont une double fonction : tactique, en fragilisant le moral et la crédibilité des troupes ennemies ; symbolique, en renforçant la légitimité morale de l’Ukraine sur la scène internationale.

Enfin, l’agence implique directement les citoyens. Les canaux Telegram incitent à signaler les mouvements ennemis, proposent un « Main Intelligence Bot » pour centraliser les informations et diffusent des conseils pratiques, notamment de cybersécurité pour les habitants des zones occupées. Dans ce modèle, le citoyen cesse d’être simple spectateur : il devient un acteur distribué de la défense nationale.

Telegram, né comme un refuge pour les défenseurs de la vie privée, est aujourd’hui devenu une scène mondiale où se mêlent contestation, propagande et espionnage. Mais derrière l’écran, c’est une autre guerre qui se joue : celle des récits, des images, sans filtre et sans règles. En rendant l’horreur accessible en un clic, l’application brouille les frontières entre information et manipulation. Dans les conflits du début de notre siècle, ce ne sont plus seulement les bombes qui frappent les populations… ce sont aussi les notifications.

The Conversation

Marie Guermeur ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment Telegram est devenue le champ de bataille des conflits modernes – https://theconversation.com/comment-telegram-est-devenue-le-champ-de-bataille-des-conflits-modernes-267339

The conflation problem: Why anti-Zionism and anti-semitism are not the same

Source: The Conversation – Canada – By Mira Sucharov, Professor of Political Science, Carleton University

With antisemitism on the rise while Israeli-Palestinian relations remain at an historic low, one question that continues to dog public discourse is whether anti-Zionism is a form of antisemitism.

The stakes within the Jewish community have recently increased, with the issuing of a letter signed by more than 850 American rabbis and cantors opposing New York City mayoral frontrunner Zohran Mamdani due to his opposition to Zionism. The letter argues that anti-Zionism “encourage[s] and exacerbate[s] hostility toward Judaism and Jews.”

Why does the distinction matter?

If anti-Zionism is understood to be antisemitism, then those protesting or otherwise articulating deep opposition to the governing ideology of the state of Israel could find themselves on the receiving end of public opprobrium — harsh criticism and disgrace.

A global debate with deep roots

People in Canada and the United States have lost employment offers and jobs for seeming anti-Zionist.

This debate is not new, however. In 2022, Jonathan Greenblatt, head of the Anti-Defamation League, stated that “anti-Zionism is antisemitism” and that anti-Zionism is “an ideology rooted in rage.” A year later, the U.S. House of Representatives passed a resolution stating that “anti-Zionism is antisemitism.”

In 2017, French President Emmanuel Macron called anti-Zionism a “reinvented form of antisemitism.” And perhaps most importantly, against this backdrop is the definition of antisemitism adopted by many countries, including the U.S. and Canada, which brings the two concepts very close together, if not outright equating them.

Specifically, the International Holocaust Remembrance Alliance defines antisemitism, among other things, as “denying the Jewish people their right to self-determination (e.g., by claiming that the existence of a State of Israel is a racist endeavour).”

What data reveals about Zionism

But is anti-Zionism really antisemitism?

To determine whether anti-Zionism is antisemitic, we first need to think about how we define Zionism. As a Canadian Jewish political scientist, my own research has found that the term Zionism is understood in wildly different ways.

In 2022, I surveyed American Jews with a weighted sample to account for various demographics. I found that while 58 per cent identified as Zionist, 70 per cent identified as such when I defined Zionism as “a feeling of attachment to Israel.” When I defined Zionism as a “belief in a Jewish and democratic state,” the number rose slightly, to 72 per cent.

But a very different picture emerged when I presented a vastly alternate definition of Zionism. If Zionism, I offered, “means the belief in privileging Jewish rights over non-Jewish rights in Israel, are you a Zionist?” Here, respondents’ support for the kind of Zionism experienced by Palestinians plummeted: only 10 per cent of respondents said they were “definitely” (three per cent) or “probably” (seven per cent) Zionist, according to this definition, with a full 69 per cent saying they were “probably not” or “definitely not.”

A lifetime of analysis of Zionism, and adopting various labels at different phases of life for myself — I have at times identified as progressive Zionist, liberal Zionist, anti-Zionist, non-Zionist and none of the above — leads me to conclude that anti-Zionism and antisemitism should be considered distinct concepts.

Identity, nationalism and belonging

Those who see anti-Zionism as antisemitic deploy various arguments.

One is that self-determination is a right, and denying that right to Jews — and sometimes seemingly only to Jews — is discriminatory and prejudicial. But while everyone has the right to self-determination, no one has the right to determine themselves by denying the rights of others to do the same.

Another is that given that the majority of Jews by most accounts embrace some form of Zionism, denying a part of their identity is hateful. But unlike most other markers and symbols of ethnic or religious identity, Zionism has historically, and continues to, directly affect another ethnic group: namely, Palestinians.

Contrast this kind of identity with dietary laws, clothing restrictions, modes of prayer and one’s relationship to sacred texts: none of these aspects of identity necessarily affect another group. By contrast, the historical record of how Zionism has affected Palestinians is vast.

A third argument concerns antisemitism in general — that every other group gets to define the terminology around their own oppression, and therefore so should Jews. But again, when a state — which by definition interacts with others within and outside its borders — is brought into the equation, the debate about antisemitism ceases to be about only Jews.

At its core, Zionism is a political ideology. A cornerstone of liberal society is political debate, including subjecting ideologies to the stress test of critique. These ideologies include capitalism, socialism, social democracy, communism, ethno-nationalism, settler colonialism, theocracy, Islamism, Hindu nationalism and so on.

In the right of others to support, oppose, analyze or criticize it, Zionism is — or at least should be — be no different.

The personal and the political

I understand why many Jews feel that anti-Zionist actions or statements are hateful to their identity. Most Jews have grown up believing that to be Jewish is to feel a deep connection to the state of Israel.

I grew up singing Hatikvah, Israel’s national anthem, every evening at Hebrew summer camp in Manitoba as we lowered the two flags hanging from the flagpole: one the flag of Canada, the other, of course, of Israel.

And in many synagogues across Canada, it is typical to hear the Prayer for Israel recited, and it is not uncommon for the Israeli flag to be displayed prominently. At one synagogue I attended last year for a family celebration, there were even depictions of Israel Defense Forces soldiers etched into the stained-glass windows above the sanctuary.

But to feel connected to Israel — the land, the people, the safe refuge it has served for Jews in crisis, especially but not only after the Holocaust — one doesn’t necessarily need to embrace its governing ideology.

One can seek to understand the harm Zionism has caused to Palestinians. One can try to consider alternative framings, ideologies or governing structures that would enable Israelis to thrive along with Palestinians.

As Zionist founder Theodor Herzl famously said, “If you will it, it is no dream.”

The Conversation

Mira Sucharov has received funding from the Social Sciences and Humanities Research Council. She is on the Advisory Council of New Israel Fund-Canada, sits on the task force of the Nexus Project, and is a founding signatory of the Jerusalem Declaration on Antisemitism.

ref. The conflation problem: Why anti-Zionism and anti-semitism are not the same – https://theconversation.com/the-conflation-problem-why-anti-zionism-and-anti-semitism-are-not-the-same-267676

Struggling with closure? Here are some things you can try

Source: The Conversation – Canada – By Chantal M. Boucher, Assistant Professor, Clinical Psychologist, University of Windsor

We all want closure. A breakup, a sudden job loss, or the death of someone we love can leave us desperate for answers. Wars, natural disasters and shared tragedies stir the same kind of longing.

Our need for closure runs so deep, it’s echoed everywhere — in movies, novels, songs about heartbreak and loss, even in everyday phrases like “moving on” or “getting over” something.

However, closure is easier said than done. Sometimes it never fully arrives. When it doesn’t, unfinished business can weigh on us, affecting our mood, our health, our identity and our relationships. In a world of growing uncertainties, learning how to cope with what’s “open” or unresolved is essential.

As a psychologist, I am interested in studying why closure matters, why it’s hard to find and how we can begin to heal when life fails to provide clear answers.

What is closure, and why does it matter?

Closure is the psychological sense of resolution felt when a painful or confusing experience is settled enough that it no longer demands constant mental and emotional energy.

It’s a sense that an event is understood, settled and no longer bothersome. Without it, old memories intrude like uninvited guests, resurfacing with regret, anger or confusion, even years later.

Trauma research shows unresolved memories can feel as though they’re happening right now until they’re reframed as part of the distant past. Everyday hurts work the same way.

Resolution frees the mind to focus on what matters now — our goals, our emotional needs and the people around us — with calm and clarity. This is why so many turn to therapy, self-help resources and other tools to make sense of, find peace with or otherwise close open parts of their lives.

Measuring closure: A step forward

Despite its popularity and adaptive value, closure has been hard to study because it has been hard to measure. A new tool colleagues and I have developed, the Closure and Resolution Scale, is changing that.

This self-report measure captures multiple facets of resolution — finality, understanding, distance, emotional relief, mental release, even behavioural shifts — offering a comprehensive picture of what closure looks and feels like for people.

Clinicians and researchers can use the CRS to track progress, test interventions and identify what helps or hinders resolution.

Our preliminary work, aided by research assistant, Meaghan Tome, suggests that beliefs about finding closure are as rich and nuanced as the construct itself.

Some see it as self-driven, others as dependent on someone else. Some treat it as active problem-solving, others as quiet acceptance. Some lean on internal change, others on external action. These personal theories shape how we seek — or avoid — closure in our own lives.

Why we struggle to find closure

Why does closure often feel out of reach? Research suggests several reasons.

Ambiguity: When stories feel unfinished, like when we’re ghosted, the mind scrambles to fill in the blanks. We crave coherent explanations, but life doesn’t always provide them.

Avoidance: Pain hurts. Memories can spark guilt, shame, fear or grief, and our natural inclination is to push these feelings away. Avoidance offers short-term relief but delays real healing. What we resist persists.

Barriers: Open memories are often interpersonal. People who lack closure may feel like they need an apology, explanation or conversation that never comes. Limited time, money or unsupportive environments can make getting closure feel impossible.

Working toward closure

If you or someone in your life is struggling with closure, here are a few things you can try:

Talk it through. Therapy can help name the experience, examine thoughts, manage emotions and identify steps toward resolution.

Write it out. Expressive writing and journaling can ease intrusive memories and facilitate new meaning. Try writing an unsent letter when direct dialogue isn’t possible.

Shift perspective. Reframe the story from an outside view or focus on the broader significance to gain clarity and distance.

Lean on others. Friends, peers or people who’ve “been there” can offer comfort and validation.

Rethink closure. Some endings remain unresolved. For ambiguous losses, rituals, meaning-making and flexibility can help to live with uncertainty.

Act on values. When change is possible, take purposeful steps that align with your values — have the conversation, set boundaries, leave harmful situations. When it isn’t, let go, treat it as a lesson rather than a weight and redirect your energy.

Beware the closure trap

Not every experience is “closable” in the way we might hope. Some losses are ambiguous. Some events remain unclear. And rigid ideas about what closure should look like can keep us stuck.

A healthier aim is to make space for what can’t be answered, create meaning where we can and live our values alongside the unknown — freeing attention and energy, with acceptance and compassion, for what matters now.

Closure isn’t always possible, but new meaning and movement forward always are.

Looking ahead

Closure isn’t about forgetting the past. It’s about learning to live with it, answers or no answers. What we know so far is that closure is deeply personal, impacting our health, our relationships and our views of ourselves and others.

While therapy, writing, social support or values-guided actions can help, the path to resolution is rarely one-size-fits-all. Tools like the Closure and Resolution Scale can help us to better understand the idiosyncrasies of this journey.

In the end, what often hurts most is not an event itself, but the silence and questions it leaves behind. The good news? Closure doesn’t have to be given by others. It can be chosen.

Sometimes the most powerful ending is the one we write ourselves.

The Conversation

Chantal M. Boucher does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Struggling with closure? Here are some things you can try – https://theconversation.com/struggling-with-closure-here-are-some-things-you-can-try-264856

The fate of Marineland’s belugas expose the ethical cracks in Canadian animal law

Source: The Conversation – Canada – By Maneesha Deckha, Professor and Lansdowne Chair in law, University of Victoria

Most people think countries like Canada have strong animal protection laws, but it doesn’t. A case in point is the unfolding tragedy-in-the-making at Marineland.

Facing economic ruin amid waning public acceptance of whale captivity, Marineland has threatened it will euthanize its remaining 30 beluga whales unless the government provides emergency funding for their care.

This ultimatum follows the federal government’s recent denial of Marineland’s request for an export permit to ship the belugas to a large theme park in China. Fisheries Minister Joanne Thompson denied the permit due to concerns that the belugas would be used for entertainment — a fate now illegal in Canada since the 2019 ban on capturing cetaceans for display.

The 2019 federal legislation banned bringing new cetaceans into captivity, subject to a few exceptions. Ontario passed a similar law in 2015. However, the cetaceans who were already in captivity were not included, effectively preserving Marineland’s property rights over its remaining animals.




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Marineland’s decline raises questions about the future of zoo tourism


But with changing public attitudes, Marineland now has a deteriorating facility and expensive care on its hands for animals it can no longer use to turn a profit.

The threat to kill the belugas as a solution to its economic woes, while shocking, reflects the ethical emptiness of the Canadian legal system when it comes to animals. Simply put, Canadian law still allows human and corporate owners to kill their animals because animals are legally treated as “property.”

The weakness of Canada’s animal cruelty laws

Marineland can carry out its “euthanasia” so long as it doesn’t run afoul of tepid anti-cruelty laws, which are poorly enforced, as demonstrated by Marineland’s history.

Animal advocates have long argued that captive and socially deprived animals at Marineland have suffered for decades. A 2012 Toronto Star investigation series brought overdue and much-needed public and prosecutorial attention to the park, resulting in more than 200 visits by provincial inspectors since 2000.

Even so, since 2019, 20 whales have died in Marineland’s care. The park has only been charged with animal cruelty a handful of times, and all of those charges were eventually dropped. Other complaints to Animal Welfare Services, the provincial body responsible for the enforcement of anti-cruelty legislation, have largely gone nowhere.

In fact, anti-cruelty charges against Marineland have only gone ahead twice: once in 2021 regarding water quality for the cetaceans and once in relation to its care of black bears in 2024.

The dearth of legal sanctions for Marineland, and its ability to hold the lives of its belugas as a bargaining chip, highlights the need for a legal paradigm shift.

But it’s not just the interests and needs of whales that are at stake here. Other animals matter, too, not least the non-cetaceans still at Marineland and the animals trapped in farms, labs and zoos.

Challenging human exceptionalism

Book cover of 'Animals as Legal Beings' by Maneesha Deckha. It has a painting of a monkey on the cover
‘Animals as Legal Beings’ by Maneesha Deckha.
(University of Toronto Press)

As I’ve written at length in my book Animals as Legal Beings, we need to displace the human exceptionalism that characterizes our laws and shapes our relationships with all animals — even dogs, cats and other companion animals.

This means rejecting the idea that humans are superior and animals are merely “property.” It also means valuing and respecting animals enough to stop their immense suffering in captive industries.

Eliminating human exceptionalism would dramatically reshape society by calling for structural changes to our economy, laws and daily practices. But it would benefit all of us.

Now, more than ever, we need to see the links between the dismal legal treatment of animals and other social issues. As I have also written about, human exceptionalism in the law undermines efforts to surmount sexism and racism because all of these systems depend on devaluing animals.

Human exceptionalism is also incompatible with reconciliation and decolonization, which require respect for Indigenous worldviews and laws. Many Indigenous legal orders view animals as equals, kin and beings with their own intentions, families and life purposes.

Keeping belugas and other animals in captivity disavows animal autonomy and devastates animal families. The suffering of captive animals is part of a broader failure to see animals as fellow beings with their own rights.

Protecting animal lives

Human exceptionalism is at the heart of climate change, biodiversity loss, ocean warming and other planetary health crises. The same extractive logic that drives industrial pollution, deforestation and climate destruction also governs how we treat animals.

While whales in the ocean have it better than the belugas still enduring captivity at Marineland, all animals — no matter where they live — are unjustly harmed by a social and legal system that privileges human and corporate interests and runs roughshod over the interests of non-humans.

The belugas and other animals at Marineland deserve to live. A legal system that allows them to be killed because it is economically convenient is one that needs to change. It’s not the belugas that should be euthanized, but rather the human exceptionalism that continues to drive Canadian law and policy.

We can transition away from this outdated and harmful worldview toward a future that views justice and compassion from an interspecies lens and will uplift us all.

The Conversation

Maneesha Deckha is a monthly supporter of the advocacy group Animal Justice.

ref. The fate of Marineland’s belugas expose the ethical cracks in Canadian animal law – https://theconversation.com/the-fate-of-marinelands-belugas-expose-the-ethical-cracks-in-canadian-animal-law-267500

Médecine, transports, technologies numériques… Et si on arrêtait d’inventer de nouveaux matériaux ?

Source: The Conversation – in French – By Mathilde Laurent-Brocq, Docteure – chercheuse en science des matériaux, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC); Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

Développer des matériaux nouveaux semble toujours nécessaire pour répondre à des besoins urgents en médecine ou dans le registre de la transition écologique. Pourtant, l’extraction des matières premières nécessaires à leur fabrication et leur mauvaise capacité de recyclage engendrent des impacts environnementaux très lourds. Comment résoudre ce dilemme ?


« L’un des pires scandales sanitaires depuis des décennies », « une famille de 10 000 polluants éternels », « la France empoisonnée à perpétuité », « la pollution sans fin des PFAS » : voilà ce que titrait la presse à propos des PFAS, acronyme anglais de per- and polyfluoroalkyl substances. Il est loin le temps où ces nouveaux composés chimiques étaient admirés et développés pour leurs nombreuses propriétés : antiadhésifs, ignifuges, antitaches, imperméabilisants… Aujourd’hui, c’est plutôt leur toxicité qui inquiète. Cela nous rappelle évidemment l’histoire de l’amiante, un très bon isolant, mais qui s’est révélé hautement toxique. Face à ces scandales à répétition, la question se pose : et si on arrêtait d’inventer de nouveaux matériaux ?

Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’un matériau ? C’est une matière que nous utilisons pour fabriquer des objets. Scientifiquement, un matériau est caractérisé par une composition chimique (la concentration en atomes de fer, de silicium, de carbone, d’azote, de fluor…) et une microstructure (l’organisation de ces atomes à toutes les échelles). Ces deux caractéristiques déterminent les propriétés du matériau – mécaniques, électriques, magnétiques, esthétiques… – qui guideront le choix de l’utiliser dans un objet en particulier. Après avoir exploité les matériaux d’origine naturelle, nous avons conçu et produit de très nombreux matériaux artificiels, de plus en plus performants et sophistiqués. Bien sûr, personne ne souhaite revenir à l’âge de fer, mais a-t-on encore besoin de continuer cette course folle ?

D’autant que l’impact sur la santé n’est pas le seul inconvénient des nouveaux matériaux. Ces derniers requièrent souvent des matières premières ayant un impact environnemental majeur. Prenons l’exemple des fameuses terres rares, tels que l’erbium ou le dysprosium, omniprésents dans les aimants des éoliennes ou dans les écrans des appareils électroniques. Leur concentration dans les gisements varie de 1 % à 10 %, à comparer aux plus de 60 % des mines brésiliennes de fer.

On extrait donc énormément de roches pour obtenir une maigre quantité de terres rares. Il reste encore à traiter le minerai, à en séparer les terres rares, ce qui est coûteux en énergie, en eau et en produits chimiques. Donnons aussi l’exemple du titane, étoile montante de l’aéronautique et du secteur biomédical. La transformation de son minerai émet environ 30 tonnes de CO₂ par tonne de titane produite, soit 15 fois plus que pour le minerai de fer.

Grande mine à ciel ouvert dans un paysage montagneux
La mine de Mountain Pass, aux États-Unis en Californie, est un gigantesque gisement de terres rares à ciel ouvert.
Tmy350/Wikimedia, CC BY-SA

Des composés si complexes qu’on ne peut pas les recycler

Autre inconvénient des nouveaux matériaux : leur recyclage est peu performant, voire inexistant, du fait de leurs compositions chimiques complexes. Par exemple, la quatrième génération de superalliages, utilisés dans les moteurs d’avion, contient au moins 10 éléments chimiques différents. Un smartphone en contient facilement une trentaine. Il existe une très grande variété de ces nouveaux matériaux. On dénombre 600 alliages d’aluminium classés dans 17 familles et une centaine de plastiques durs largement utilisés dans l’industrie, bien plus en comptant les nombreux additifs qui y sont incorporés.

Alors, imaginez nos petits atomes de dysprosium perdus à l’échelle atomique dans un aimant, lui-même imbriqué à d’autres matériaux du moteur de l’éolienne, le tout enseveli sous une montagne de déchets en tous genres. Il existe des techniques capables de trier puis de séparer ces éléments, mais elles font encore l’objet de nombreuses recherches. En attendant, plus d’une trentaine d’éléments chimiques ont un taux de recyclage inférieur à 1 %, autant dire nul.

Tableau périodique des éléments indiquant en couleur pour chaque élément son taux de recyclage
Estimation du taux de recyclage en fin de vie des métaux et métalloïdes, d’après les données du rapport « Recycling rates of metals : A status report » du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).
Mathilde Laurent-Brocq/CNRS, Fourni par l’auteur

Nous aurons pourtant besoin de nouveaux matériaux

Mais, au moins, est-ce que cela vaut la peine de produire et de (trop peu) recycler à grands frais environnementaux ces matériaux ? Laissons de côté les applications gadget et inutiles, tels que les écrans pliables, pour nous concentrer sur la transition énergétique.

Le déploiement des véhicules électriques et des énergies renouvelables semble indissociable du développement des matériaux qui les constitueront. Pour l’énergie nucléaire produite dans les réacteurs de quatrième génération ou par l’ambitieux projet de fusion nucléaire, les matériaux sont même le principal verrou technologique.

Ces nouveaux matériaux tiendront-ils leurs promesses ? Engendreront-ils un bénéfice global pour la société et pour l’environnement ? Le passé nous montre que c’est loin d’être évident.

Prenons l’exemple de l’allègement des matériaux de structure, mené pendant des dizaines d’années, avec l’objectif final (et louable) de réduire la consommation en carburant des véhicules. Ce fut un grand succès scientifique. Néanmoins le poids des voitures n’a cessé d’augmenter, les nouvelles fonctionnalités annulant les gains de l’allègement. C’est ce que l’on appelle l’« effet rebond », phénomène qui se manifeste malheureusement très souvent dès qu’une avancée permet des économies d’énergie et/ou de matériau.




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L’effet rebond : quand la surconsommation annule les efforts de sobriété


J’ai participé à l’organisation d’une session du Tribunal pour les générations futures (TGF), une conférence-spectacle qui reprend la mise en scène d’un procès pour discuter de grands enjeux de société. La question était « Faut-il encore inventer des matériaux ? » Plusieurs témoins ont été appelés à la barre : des chercheurs en science des matériaux, mais aussi un responsable d’un centre de recherche et développement (R&D) et une autrice de science-fiction. Après les avoir écoutés, les jurés ont répondu « Oui » à une large majorité.

Personnellement, malgré toute la conscience des effets délétères que je vous ai présentés, je pense également que cela reste nécessaire, car nous ne pouvons pas priver les générations futures des découvertes à venir. Actuellement, des laboratoires travaillent sur des matériaux qui permettraient de purifier l’air intérieur ou d’administrer des médicaments de manière ciblée.

Évidemment que nous souhaitons donner leur chance à ces nouveaux matériaux ! Sans parler des découvertes dont nous n’avons aucune idée aujourd’hui et qui ouvriront de nouvelles perspectives. De plus, nous ne souhaitons pas entraver notre soif de connaissances. Étudier un nouveau matériau, c’est comme explorer des galeries souterraines et chercher à comprendre comment elles se sont formées.

Image en noir et blanc d’un alliage métallique vu de très près par microscopie électronique à balayge
Observations au microscope électronique à balayage de la surface d’un alliage métallique après rupture. « Explorer les galeries », comme sur l’image zoomée en bas à droite, aide à identifier la cause de la rupture. À terme, le but est de concevoir des alliages plus résistants.
Mathilde Laurent-Brocq/CNRS, Fourni par l’auteur

Dès la conception, prendre en compte les impacts environnementaux

Alors oui, continuons à inventer des matériaux, mais faisons-le autrement. Commençons par questionner les objectifs de nos recherches : pour remplir quels objectifs ? Qui tire profit de ces recherches ? Quelle science pour quelle société ?

Ces questions, pourtant anciennes, sont peu familières des chercheurs en sciences des matériaux. La science participative, par exemple grâce à des consultations citoyennes ou en impliquant des citoyens dans la collecte de données, permet de créer des interactions avec la société.

Cette démarche se développe en sciences naturelles où des citoyens peuvent compter la présence d’une espèce sur un territoire. Des collectifs citoyens espèrent même intervenir dans les discussions concernant les budgets et les objectifs des programmes de recherche. En science des matériaux, de telles démarches n’ont pas encore émergé, probablement limitées par le recours fréquent à des équipements expérimentaux complexes et coûteux ou à des simulations numériques non moins complexes.

Ensuite, éliminons dès le départ les applications néfastes et intégrons les enjeux environnementaux dès le début d’un projet de développement d’un matériau. Appliquons la démarche d’écoconception, qui a été définie pour les produits et les services. Évaluons les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi la consommation de ressources, la pollution ou encore la perte de biodiversité qui seront induites par la production, l’utilisation et la fin de vie d’un matériau. Pour un nouveau matériau, la plupart de ces informations n’existeront pas et devront donc être mesurées en laboratoire puis extrapolées. C’est un défi en soi et, pour le relever, une unité d’appui et de recherche (UAR) baptisée Unité transdisciplinaire d’orientation et de prospective des impacts environnementaux de la recherche en ingénierie (Utopii), regroupant le CNRS ainsi que plusieurs universités et écoles d’ingénieur, vient d’être créée.

Et dans les nombreux cas de matériaux à l’impact environnemental néfaste, mais aux performances très prometteuses, que faire ? Les superalliages, dont la liste des composants est longue comme le bras, n’ont pas été développés par un irréductible ennemi du recyclage, mais parce que leur tenue à haute température est bien plus intéressante que leurs prédécesseurs. C’est le choix cornélien actuel de nombreux matériaux : performance, parfois au profit de la transition énergétique, ou respect de l’environnement.

Changer notre façon de faire

Pour sortir de cette impasse, un changement de point de vue s’impose. Et si, comme le propose le chercheur en biologie Olivier Hamant, on s’inspirait du vivant pour basculer de la performance vers la robustesse ?

La performance, c’est atteindre à court terme un objectif très précis : une bonne stratégie dans un monde stable aux ressources abondantes. La robustesse au contraire, c’est la capacité de s’adapter aux fluctuations, grâce à de la polyvalence, de la redondance, de la diversité.

Dans notre monde aux aléas croissants, la robustesse est très probablement préférable. Alors, comment l’appliquer aux nouveaux matériaux ? En créant des matériaux réparables, au moins en partie, qui supportent les contaminations du recyclage, ou bien qui s’adaptent à plusieurs applications ? Il semble que tout reste à inventer.

The Conversation

Mathilde Laurent-Brocq a reçu des financements du CNRS et de l’Université Paris Est Créteil.

ref. Médecine, transports, technologies numériques… Et si on arrêtait d’inventer de nouveaux matériaux ? – https://theconversation.com/medecine-transports-technologies-numeriques-et-si-on-arretait-dinventer-de-nouveaux-materiaux-267560

Ethiopian quarter: how migrants have shaped a thriving shopping district in South Africa’s city of gold

Source: The Conversation – Africa – By Tanya Zack, Visiting senior lecturer, University of the Witwatersrand

Since its founding in 1886, Johannesburg, has been a city of migrants, internal and international. But the economic capital of South Africa has undergone big changes since 1994 when South Africa became a democracy. One such change involves migration into the city by people from other African countries.

A new book, The Chaos Precinct: Johannesburg as a port city, by Tanya Zack traces how migrant Ethiopians have shaped a trading post in Johannesburg’s inner city. Zack, a planner who specialises in urban policy, regeneration, informality and sustainable development, explains how the Ethiopians did it.

What space have Ethiopian migrants carved out in the centre of Johannesburg?

The book is set in the shopping centres of the so-called Ethiopian Quarter, in high-rise, formerly commercial buildings in the inner city of Johannesburg. It is a cross-border shopping hub of thousands of cupboard-sized shops crammed into buildings. It defies the categories of formal or informal, of wholesale or retail. And it is where people from all of southern Africa come to shop for fast fashion.

While migrants from several countries trade here, the trading post was pioneered by and remains dominated by Ethiopian and Eritrean migrants. It is an extraordinary shopping district in what were high-rise medical buildings. These office towers centre on Rahima Moosa (previously Jeppe) Street, where medical practitioners and pharmaceutical companies once agglomerated.




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Buildings that had been underutilised or abandoned became the canvas for an entrepreneurial transformation. Ethiopian migrants led the repurposing of these structures into over 3,000 tiny shops. Shopfronts are linked to storerooms located higher up in the buildings or nearby spaces. This new retail footprint wasn’t known in Johannesburg three decades ago. And the scale of trading has attracted many infrastructure uses that support the transnational movement of goods and people.

It was not supported by formal planning or pension funds, but developed by migrant entrepreneurs, one shop at a time.

They draw on global supply chains, particularly Chinese wholesalers operating in warehouse-style malls west of the inner city, to access a steady stream of fast fashion, cosmetics and household items. Inner-city-based Ethiopian traders then retail these goods in individual or smaller quantities. Their clientele is composed largely of cross-border traders who on-sell the products throughout southern Africa.




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This model has effectively turned the inner city into an inland port. It’s a logistics hub where goods circulate rapidly, and where shoppers are embedded in an informal yet highly organised distribution network.

The inner-city street grid, first surveyed in 1886 during Johannesburg’s mining camp era, consists of very short blocks, which amplify pedestrian and vehicular congestion. It’s a frenzied shopping environment.

Shopkeepers and stallholders have maximised their display areas through creative lightweight architectures. Small shopfronts are linked to storerooms higher up in buildings or nearby. Sidewalks are lined with street vendors, forming mini corridors.

Internal arcades in the buildings further maximise the retail footprint. This hybrid, vertically integrated structuring has generated a real estate boom in previously underutilised buildings in a flagging property market.

The success of this enclave is also tied to the migrants’ ability to craft both social and commercial networks. Migrant traders and cross-border shoppers have relationships based on trading through information sharing, mutual assistance, and informal credit mechanisms. Traders are necessarily adaptive. They adjust to the pace of demand, shifting product lines quickly. They also coordinate closely with suppliers and resellers throughout Southern Africa. The spaces they use and adapt are similarly flexible.

This combination of adaptive reuse, dense retail specialisation and networked entrepreneurship has allowed Ethiopian migrants to carve out a commercial territory that is at once highly visible and deeply embedded in regional trade flows.

South Africa has been harsh towards informal economic activity. How has this been managed?

The Ethiopian Quarter exists in a context of often-hostile municipal and national governance.

South Africa has historically oscillated between tolerance and repression of informal economic activity, particularly when driven by foreign migrants. Law enforcement campaigns have regularly targeted street traders and migrant shopkeepers. Traders and shoppers alike face the constant threat of violent policing, corruption, theft, and harassment. Uniformed police or wardens regularly confront them, demanding that they prove their migrant status. There’s talk of being detained in vehicles until a bribe is paid.

Ethiopian migrant traders have developed a range of strategies to navigate the challenges of hostility. They co-locate with other Ethiopian traders, and rely on ethnic and commercial networks to absorb shocks and share information about law enforcement activities.

Ethiopian traders have also innovatively adapted their physical and commercial operations to reduce vulnerability. Shops are designed to control stock and display goods while concealing cash and high-value items. The light architectures and arcade designs of Jeppe also make it possible to conceal the shop in the event of raids.




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Shoppers spend as little time as possible inside the crime-ridden Johannesburg CBD. On the day they choose goods, they often carry no money. They return later with cash to purchase goods as swiftly as possible so that cash is not carried unnecessarily. Many hide cash on their bodies.

The infrastructures that have developed to service the port-like functions of this massive cross border trading hub offer storage, package, information exchange and distribution services. Hotels, buses and storage facilities provide relative safety for cross-border shoppers who must navigate a city known for crime. A 2017 survey, funded by the Johannesburg Inner City Partnership,
found that over 60% of retailers had experienced physical assault. 38% reported regularly giving police officers something to mitigate harassment.

What lessons do you draw about how cities should govern migration?

The cross-border shopping hub demonstrates that migrant-driven informal economies are engines of economic activity. Estimates based on the 2017 cross border shopping survey showed that shoppers in the Jeppe district alone spent close to US$600 million annually. This was twice the turnover of Sandton City, at that time Africa’s richest mall.




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The activities of Jeppe mimic international entrepots like Singapore and Hong Kong. They offer information exchange, repackaging and distribution services for goods flowing from China to international destinations. This Johannesburg entrepot has regional significance, distributing goods throughout southern Africa. But it’s under-recognised by municipal authorities.

A law and order approach must at least be coupled with a developmental approach. Cities that aim to govern migration must integrate migrant economic activity rather than suppress it.




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Support through infrastructure improvements and security provision would amplify Jeppe’s economic impact.

This includes recognising the legitimacy of informal trading spaces, investing in basic infrastructure and safety, and developing regulations that protect safety while accommodating new building uses.

Partnership approaches that involve traders’ associations, building managers and community intermediaries to co-manage spaces would be valuable.

What does your work tell us about a city that’s been in decline. And solutions?

The burgeoning economy in Jeppe needs to be recognised alongside the private investments in Johannesburg that are celebrated for their regenerative capacity. This migrant enclave demonstrates how urban regeneration can evolve out of the actions of thousands of actors.

The challenge is to direct, support and harness this energy.




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If we were to think of Johannesburg as a port, how would we understand and use the ecosystems of trade, movement and distribution that this networked economy has created? What other services could flow through these ecosystems? And what safety, mobility and public infrastructure services are required to enhance these entrepot functions and claim this role for the city, an African urban hub tied to multiple cities and small towns across the continent?

The cross-border shopping hub of Jeppe offers hope for an inland entrepot to be recognised, supported and expanded to offer the global services that Johannesburg’s infrastructure can provide.

The Conversation

Tanya Zack does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Ethiopian quarter: how migrants have shaped a thriving shopping district in South Africa’s city of gold – https://theconversation.com/ethiopian-quarter-how-migrants-have-shaped-a-thriving-shopping-district-in-south-africas-city-of-gold-266494

Ghana’s banks are not lending enough to sectors where it matters most, like agriculture and manufacturing

Source: The Conversation – Africa – By Abotebuno Akolgo, Postdoctoral Fellow, Bard College Berlin; Bayreuth University

Bank lending is a major source of funding for businesses in Ghana. It helps pay for operational expenditure and investment in expansion of productive capacity. Therefore, it is important that there is substantial, affordable, and accessible financial credit for all businesses in the medium to long term. More than this, it matters which sectors of the country’s economy receive most of its bank credit.

In a recent study of the sectoral distribution of bank lending in Ghana, I found that for two and a half decades, bank lending to the agricultural and manufacturing enterprises has been in sharp decline.

In the 25 years from 1999 to 2023, the share of total bank credit that went to the agricultural and manufacturing sector fell by about 65% and 56% respectively. For instance, in 1999, about 25% of total bank lending went to manufacturing businesses. By 2023 however, that figure had fallen to about 11%.

I am an economist with expertise in the political economy of money, finance, and development in Africa. My research on Ghana has attempted to explain the financial constraints to the country’s economic transformation since independence in 1957. I have previously written on Ghana’s sovereign indebtedness and its banking and monetary policies.

The findings in the current study matter because in Ghana, agriculture and manufacturing are crucial to creating substantial, sustainable, and shared economic growth. Agriculture is the second largest employer in Ghana’s economy after the services sector. It is also crucial for creating the raw materials that can fuel manufacturing sector growth.

The role of banks & finance in economic development

There is no single perspective among economists on how banks operate or should operate in an economy. There are those economists within neoclassical economics circles who hold the conventional, largely discredited view that banks act merely as intermediaries who take money from savers and lend to borrowers.

In contrast, there are those, particularly post-Keynesian economists, who assert, rightly, that modern banks do not merely receive deposits and turn them into loans. They insist that banks create credit for borrowers but not necessarily from savers’ deposits.

Still, most economists agree on some things. First of all, that finance is crucial to economic development. Secondly, that the banking system has a role in the flow of finance to individuals, households and businesses.

Not all forms of financial flows are healthy for economic transformation, however. The key then for successful financial policy is to distinguish between productive and unproductive credit.

Productive credit flows support the entrepreneurial innovation that is central to creating new products or expanding production levels. This kind of credit will for instance support agricultural production and expand manufacturing capacity and outputs.

Unproductive credit does not increase the level of output. For instance, lending to support household consumption or financial speculation is unproductive.

The Ghanaian banking system does not generate enough credit for the private sector. However, that was hardly the concern for this study. Of particular interest is the question: where does the credit go to?

Bank credit to agriculture and manufacturing has declined

My study set out to disaggregate the data on financial credit to the various sectors of the Ghanaian economy. These sectors included agriculture, manufacturing and services. The evidence shows that bank lending has not significantly supported real productive sectors such as agriculture and manufacturing.

As indicated in Figures 1 and 2, the shares of financial credit to the agricultural and manufacturing have been in decline. On average, over the last 25 years, 14.6% and 5.8% of total bank credit was allocated to manufacturing and agriculture respectively. In contrast, the services sector averaged 20.7% of bank credit. Commerce and finance sector received an average of 17.3% over the same period.

As productive sectors are denied sufficient credit, well-paid and sustainable jobs cannot be created in agriculture or manufacturing as most Ghanaians are reduced to informal petty trading of foreign goods.

Two main reasons have accounted for this dysfunction of the financial system. First, the foreign domination of Ghana’s banking sector, and second the failure of monetary policy. About 50% of banks in Ghana are foreign owned. Foreign banks tend to be more risk averse. They are less likely to lend to small and medium-scale enterprises (SMEs).

Second, the Bank of Ghana’s excessive focus on monetary stability through inflation-targeting is problematic. It often results in raising interest rates and, consequently, borrowing costs. This discourages private sector borrowing while attracting bank investments into government securities. Ghana’s inflation is largely driven by structural factors and not money supply problems. These factors include production and transport costs. Monetary stability through inflation-targeting is therefore a misplaced priority.

Besides, by focusing solely on monetary stability, the central bank is neglecting its role to support the overall development of the economy through credit policy. This developmental role is clearly set out in The Bank of Ghana (Amendment) Act 2016 (Act 918). This revised the 2002 Act to take account of the central bank’s role to support government economic policy and ensure an efficient operation of the banking and credit system.

Before the IMF-led financial reforms of the 1980s and 1990s which were necessitated by the 1980s financial crisis, the Bank of Ghana intervened, effectively and efficiently, to direct credit to priority sectors. For instance, in the early 1980s when the liberal financial reforms had not taken root in Ghana, the Bank of Ghana used a combination of credit ceilings, interest rates, reserve requirements, and mandatory lending ratios to direct credit to agriculture and industry. Credit ceilings ensured that banks could not lend beyond a certain limit to sectors other than agriculture and manufacturing. Lower interest rates were also offered to agricultural loans and in other instances, mandatory lending ratios ensured banks were forced to lend a certain share of loans to agriculture and manufacturing.

Drawing lessons from the present moment and past, I recommend a serious rethink of financial policy. A return to some level of credit policies, a deliberate support for indigenous participation in the banking system and a revitalisation of development banks such as the Agricultural Development Bank and the National Investment Bank.

The Conversation

This article is the outcome of research conducted within the Africa Multiple Cluster of Excellence at the University of Bayreuth, funded by the Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG, German Research Foundation) under Germany’s Excellence Strategy – EXC 2052/1 – 390713894

ref. Ghana’s banks are not lending enough to sectors where it matters most, like agriculture and manufacturing – https://theconversation.com/ghanas-banks-are-not-lending-enough-to-sectors-where-it-matters-most-like-agriculture-and-manufacturing-265433