Détox digitale : se déconnecter, entre le luxe et le droit fondamental

Source: The Conversation – France (in French) – By Chloe Preece, Associate Professor in Marketing, ESCP Business School

Alors que les dangers d’une consommation excessive des outils numériques apparaissent de plus en plus, la possibilité de se déconnecter est en train de devenir un produit de luxe. Se couper des réseaux sera-t-il bientôt réservé aux very happy few ?


Selon Ouest France, près d’un Français sur cinq déclarait en 2025 vouloir réduire son usage numérique, tandis que Statista notait que 9 % des Français souhaitaient diminuer leur temps passé sur les réseaux sociaux.

Ce souhait reflète une tendance lourde : le temps d’écran moyen ne cesse d’augmenter – plus de cinq heures par jour en moyenne – suscitant des inquiétudes dans la société civile, chez les chercheurs et, plus récemment, chez les responsables politiques. En avril dernier, l’ancien premier ministre Gabriel Attal appelait même à un « état d’urgence contre les écrans ».

Une prise de conscience collective

Au-delà du malaise diffus lié à l’impression de vivre à travers un écran, une véritable prise de conscience s’est installée. Depuis la fin des années 2010, de nombreux travaux dénoncent la « captologie » – la manière dont les grandes plates-formes utilisent les sciences comportementales pour capter notre attention en optimisant leurs interfaces et en affinant leurs algorithmes. Leur objectif est de retenir les utilisateurs le plus longtemps possible, parfois au détriment de leur santé. « Netflix est en concurrence avec le sommeil », déclarait ainsi Reed Hastings, son PDG, en 2017.




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Les effets néfastes de la surexposition aux écrans sont aujourd’hui bien connus et prouvés : anxiété accrue, troubles du sommeil aggravés, perte de concentration. Le psychologue américain Jonathan Haidt a notamment mis en évidence le lien entre la surconsommation d’écrans et la hausse des suicides chez les plus jeunes, en particulier les jeunes filles, dont le taux a augmenté de 168 % aux États-Unis dans les années 2010. En France, la tendance est similaire. Cette accumulation de données scientifiques et de témoignages a ouvert un débat public : comment reprendre le contrôle, sans pour autant se couper du monde numérique ?




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Le marché du minimalisme digital

Face à ces inquiétudes, une nouvelle économie de la déconnexion s’est développée. Sur YouTube, les vidéos d’influenceurs présentant leur « détox digitale » dépassent souvent le million de vues. D’autres, à l’image de José Briones, se sont spécialisés dans le minimalisme digital proposant des formations et même des newsletters payantes pour aider à « rompre avec les écrans ». Une démarche paradoxale, puisque ces conseils circulent essentiellement sur les plates-formes qu’ils critiquent.

Le phénomène dépasse le simple développement personnel. Dans le tourisme, des séjours « déconnexion » – sans téléphone, centrés sur le bien-être – se multiplient, parfois à des tarifs élevés. À Paris, le concept néerlandais, The Offline Club, organise des évènements sans écrans : lectures, balades, rencontres entre membres, chaque évènement étant tarifé entre 8 et 15 euros. Ainsi se structure un véritable marché du minimalisme digital. Désormais, pour s’éloigner du numérique, certaines personnes sont prêtes à payer.

L’essor des « appareils idiots »

Autre réponse à cette quête de sobriété numérique : les appareils idiots. Il ne s’agit pas de ressusciter les Nokia 3310, mais de proposer des téléphones ou tablettes épurés (en anglais : dumb down), limités volontairement à leurs fonctions essentielles, préservant leurs utilisateurs des effets addictifs ou intrusifs des écrans.

Le Light Phone, version minimaliste du smartphone, et la ReMarkable, alternative simplifiée à la tablette, incarnent cette tendance. Leur promesse est de préserver les avantages technologiques tout en réduisant la distraction. Leurs prix, en revanche, restent comparables à ceux des modèles haut de gamme, 699 € et 599 € respectivement, ce qui en fait des objets de niche !

Un luxe réservé à un public privilégié

Le discours marketing de ces produits cible un public précis constitué de cadres, de créatifs, d’indépendants – ceux qui disposent du temps, de la culture et des moyens nécessaires pour « se déconnecter ». L’imaginaire mobilisé valorise la concentration, la productivité et une forme d’épanouissement intellectuel ou spirituel.

Mais cette approche reste individuelle : se protéger soi-même, sans interroger collectivement la place du numérique dans la société. Ainsi, le « droit à la déconnexion » tend à devenir un produit de consommation, un luxe réservé à ceux qui peuvent se l’offrir.

Pour la majorité, il est aujourd’hui presque impossible d’éviter les écrans. La double authentification bancaire, les démarches administratives ou les plates-formes scolaires rendent le smartphone indispensable. Les solutions existantes reposent donc sur la responsabilité individuelle et, donc sur les ressources économiques et culturelles de chacun.

Vers une réponse collective et politique

Face à cette dépendance structurelle, quelques initiatives citoyennes et politiques émergent. En 2024, la commission sur l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans, présidée par la neurologue Servane Mouton, a remis au gouvernement un rapport proposant des mesures concrètes pour limiter l’exposition précoce. Les assises de l’attention, organisées à Paris tous les deux ans, rassemblent élus, chercheurs et associations comme Lève les Yeux, qui militent pour un usage plus raisonné du numérique.

Ces initiatives restent modestes, mais elles ouvrent une perspective essentielle : faire de la déconnexion non pas un luxe, mais un droit collectif – au croisement de la santé publique, de l’éducation et de la démocratie. Un enjeu fondamental pour que la reconquête de notre attention et de notre autonomie ne soit pas laissée aux seuls acteurs privés.


Cet article a été réalisée à partir de la recherche Clara Piacenza, diplômée du MSc in Marketing & Creativity.

The Conversation

Chloe Preece ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Cyberattaques, sabotage, ingérence, drones… Bienvenue à l’ère de la guerre hybride

Source: The Conversation – in French – By Renéo Lukic, Professeur titulaire de relations internationales, Université Laval

Le système international se transforme depuis le début du XXIe siècle, passant d’un modèle bipolaire, en place depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, à un monde multipolaire en formation. C’est ainsi qu’on a vu émerger une nouvelle forme de conflit : la guerre hybride.

Cette dernière combine des actions militaires conventionnelles, mais aussi non militaires, comme les cyberattaques, l’ingérence informationnelle, le sabotage des infrastructures sur le terrain de l’ennemi, le survol de drones. Elle n’est jamais officiellement déclarée, ce qui rend difficiles l’attribution officielle et une réponse ciblée.

Professeur titulaire de relations internationales au Département d’histoire de l’Université Laval, la guerre en Ukraine et la réaction internationale vis-à-vis du conflit sont au centre de mes recherches.

La Russie et la guerre hybride

En Russie, la guerre hybride a trouvé sa légimité après le discours de Poutine à la conférence de Munich en 2007. Il y annonçait un renforcement de la politique étrangère russe, critiquait le monde unipolaire dirigé par les États-Unis et appelait à un ordre mondial multipolaire.

L’année suivante, la Russie lançait des hostilités en Géorgie et en 2014, elle annexait la Crimée. Puis, en 2022, la Russie a lancé une agression ouverte contre son voisin ukrainien.

Parallèlement à cette guerre conventionnelle, Moscou mène aussi une guerre hybride, non déclarée contre les alliés européens qui soutiennent l’effort de guerre ukrainien. Ainsi, depuis la mi-septembre, des drones russes survolent l’espace aérien de plusieurs pays limitrophes, mais aussi de la Belgique.

Des aéroports européens, notamment ceux de Copenhague, de Bruxelles et de Munich, ont vu leurs opérations perturbées par des drones d’origine inconnue.

La guerre hybride apparaît ainsi comme une mutation de la Guerre froide et s’inscrit dans la transformation de système international.




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Héritage de la guerre froide

La Guerre froide a marqué durablement les relations internationales entre les démocraties libérales et les États totalitaires et autoritaires, notamment l’Union soviétique, la Chine et leurs alliés. La chute du mur de Berlin en 1989 et la désintégration de l’Union soviétique en 1991 y a mis fin.

Après le massacre des étudiants à la place de Tian’anmen en 1989, la Chine est restée dans le collimateur de l’Occident. Une forme de Guerre froide à faible intensité a continué jusqu’au milieu des années 1990.

Durant la période de la Guerre froide, aucune guerre n’était envisageable entre l’Ouest et l’Est, ni conventionnelle, et encore moins nucléaire. Les traités signés limitant le nombre et la portée des armes nucléaires de deux côtés étaient respectés.

Après la crise des missiles à Cuba, en 1962, ces traités sont devenus la clé de voûte de l’architecture de sécurité de l’OTAN et du Pacte de Varsovie. La dissuasion nucléaire adoptée des deux côtés a exclu la guerre comme moyen pour obtenir des gains territoriaux, économiques ou autres. Cependant, la Guerre froide permettait d’autres formes de conflits entre deux camps, notamment une guerre de propagande, une course aux armements et des guerres interposées dans les pays qu’on appelait alors ceux du tiers-monde (Viêt-nam et Corée) entre autres.

Vers une Russie revancharde

La fin de la Guerre froide a été bénéfique pour la Russie et la Chine.

La coopération multiforme avec l’Occident était établie à tous les niveaux, politique, économique et culturel. Cependant, la prospérité créée par la fin de la Guerre froide n’a pas satisfait les ambitions géopolitiques de Vladimir Poutine. En attaquant l’Ukraine en 2022, il a décidé de restaurer l’empire russe par l’emploi de la force militaire et en violation flagrante du droit international.

Poutine a qualifié la guerre contre l’Ukraine « d’opération spéciale » visant à neutraliser la dérive néonazie du pays. Il s’agit d’une justification creuse, dénouée de crédibilité et digne de la rhétorique orwellienne. Outre d’imposer une souveraineté limitée à l’Ukraine en décembre 2021, deux mois avant le déclenchement de la guerre totale, Vladimir Poutine a exigé aussi le retrait géopolitique de l’OTAN, en lui demandant de revenir « aux frontières de 1991 ».

Ainsi, c’est un nouveau traité de Yalta que Poutine a exigé pour éviter la guerre contre l’Ukraine. Devant le refus de l’Occident de battre en retrait stratégiquement de l’Europe centre-orientale, Poutine a opté pour une guerre hybride, non déclarée, contre les États membres de l’OTAN, et une guerre totale contre l’Ukraine, aussi non déclarée. La guerre contre l’Ukraine peut être qualifiée comme totale, étant donné qu’elle englobe la guerre conventionnelle et la guerre hybride.




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L’Europe dans le collimateur

Le champ de bataille de cette guerre hybride lancée par Moscou contre les États membres de l’OTAN et de l’Union européenne est désormais dans le cyberespace.

C’est un nouveau front où se déroulent des cyberattaques menées par des pirates russes. L’éventail de l’ingérence informationnelle est large, elle peut cibler les infrastructures civiles, voire manipuler des élections, comme on soupçonne que ce fut le cas lors des présidentielles en Roumanie et en Moldavie en 2025.

Afin de protéger l’organisation de futurs scrutins, la Commission européenne a dévoilé le 12 novembre son « bouclier démocratique », un ensemble de mesures destinées à contrer la « guerre d’influence » menée par la Russie en Europe.

À cela s’ajoute une guerre de drones, jamais reconnue par la Russie. Elle paralyse des aéroports européens en perturbant les vols. La cible privilégie de ces attaques est désormais la Belgique (nouveau survol au début du mois de novembre), où est le siège de l’OTAN. Le pays semble être, avec les États baltes et la Pologne, au centre de la guerre hybride menée par Moscou.

Un rhétorique de menace

Vladimir Poutine envisage aussi la reprise des essais nucléaires. La réplique du président Trump ne s’est pas fait attendre. Les États-Unis vont emboîter le pas, même s’ils n’incluront pas d’explosions nucléaires lors de leurs essais.


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La remise en question de la dissuasion nucléaire par la Russie est accompagnée par une rhétorique toxique orchestrée par l’ancien président de la Russie, Dimitri Medvedev, proche de Poutine, et le politiste Serguei Karaganov, visant à intimider l’Occident.

La guerre hybride est la seule arme dont dispose la Russie pour dissuader les alliés de l’Ukraine de lui livrer des armes et d’apporter de l’aide économique. Tant que la guerre en Ukraine continue, celle, hybride, contre l’Occident ne s’arrêtera pas.

La guerre conventionnelle entre la Russie et les membres de l’OTAN est improbable. Le risque d’escalade deviendrait incontrôlable, et le danger d’utilisation d’armes nucléaires tactiques est tel que ni la Russie, ni l’OTAN ne veulent faire face à ce scénario catastrophe.

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Renéo Lukic ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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« Revenge quitting » : est-ce vraiment une bonne idée de régler ses comptes au moment de quitter son emploi ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Kathy Hartley, Senior Lecturer in People Management, University of Salford

Les départs spectaculaires peuvent nuire à la carrière, surtout dans des secteurs restreints où les réputations circulent vite. GaudiLab/Shutterstock

Quitter son poste avec fracas, c’est la nouvelle manière pour certains salariés d’exprimer leur ras-le-bol. Entre vidéos virales, mails incendiaires et départs spectaculaires, le « revenge quitting » traduit une colère profonde contre le monde du travail.

Beaucoup d’entre nous ont déjà ressenti la colère provoquée par un traitement injuste au travail – et parfois même l’envie soudaine de tout quitter. Chefs tyranniques, remarques humiliantes ou salaires dérisoires peuvent alimenter ces réactions impulsives. Mais tandis que la plupart des employés ravalent leur colère et retournent à leur poste, certains décident de partir d’une manière qui fait clairement passer le message à leur employeur. Bienvenue dans le monde du « revenge quitting ».

Contrairement au « quiet quitting », où les salariés restent en poste mais se contentent d’en faire le strict minimum, le « revenge quitting » consiste à partir de manière bruyante et spectaculaire.

Ce phénomène s’est désormais répandu dans le monde entier : certains filment leur démission pour les réseaux sociaux, envoient des mails d’adieu cinglants ou quittent leur poste à la dernière minute – parfois à deux heures du début d’un cours qu’ils devaient assurer.

Ces scènes illustrent la dimension libératrice du « revenge quitting » : une manière de reprendre sa dignité lorsque l’on se sent ignoré ou maltraité. Mais elles révèlent aussi autre chose qu’une simple montée du drame au travail ou un effet de génération : elles montrent qu’une partie des travailleurs, lorsqu’ils sont poussés à bout, sont désormais prêts à partir en faisant du bruit.

Dans son ouvrage classique de 1970 Défection et prise de parole (Exit, Voice, and Loyalty), l’économiste Albert Hirschman expliquait que face à une situation insatisfaisante, les individus disposent de trois options : faire entendre leur voix (voice), faire preuve de loyauté (loyalty) ou quitter (exit). Le « revenge quitting » relève de cette dernière catégorie – mais sous une forme particulière, pensée pour faire passer un message clair aux employeurs.

Plusieurs dynamiques au travail augmentent la probabilité de « revenge quitting » :

  • des supérieurs ou des environnements de travail toxiques : des recherches montrent qu’une supervision maltraitante rend les salariés plus enclins à riposter et à démissionner ;
  • le mauvais traitement par les clients : là aussi, des études indiquent que le manque de politesse ou l’incivilité de la clientèle peuvent déclencher des envies de vengeance chez les employés en contact direct avec le public ;
  • l’épuisement émotionnel : le surmenage ou le manque de soutien peuvent pousser certaines personnes à adopter des comportements de représailles, y compris des démissions spectaculaires ;
  • la culture des réseaux sociaux : des plateformes comme TikTok offrent une scène, transformant la démission en acte non seulement personnel, mais aussi performatif.

Risques et alternatives

Bien sûr, le « revenge quitting » comporte des risques. Les départs spectaculaires peuvent nuire à la carrière, surtout dans des secteurs restreints où les réputations circulent vite, ou lorsque les démissions s’enchaînent après de courts passages dans plusieurs postes. Pour les personnes très qualifiées, expérimentées et dotées d’un bon historique professionnel, ces risques restent toutefois plus limités.

Quelles sont donc les alternatives ?

  • faire entendre sa voix plutôt que partir : exprimer ses préoccupations auprès du service des ressources humaines, des responsables du bien-être au travail ou des représentants syndicaux lorsqu’ils existent ;

  • se désengager : se retirer discrètement, par exemple en limitant le temps passé à préparer les réunions ou en évitant les tâches supplémentaires, afin de reprendre un certain contrôle sur sa situation.

Ces alternatives peuvent, au final, nuire davantage aux organisations qu’un départ spectaculaire (à moins que le « revenge quitting » ne devienne un phénomène généralisé dans la structure). Mais bien sûr, tout le monde n’a pas la possibilité de démissionner, même lorsqu’il en a envie.

Une enquête menée en 2023 a révélé que plus de la moitié des travailleurs dans le monde souhaiteraient quitter leur emploi, mais ne le peuvent pas. Les raisons sont multiples : responsabilités financières, manque d’opportunités ou contraintes familiales.

Les chercheurs spécialistes du monde du travail appellent ces personnes des « reluctant stayers » (des « employés coincés malgré eux »). Une étude sur deux organisations a montré qu’environ 42 % des salariés entraient dans cette catégorie. D’autres travaux ont observé que ces salariés « bloqués » finissent souvent par élaborer des stratégies de représailles : ils diffusent discrètement de la négativité ou sapent la productivité. À long terme, cela peut s’avérer plus nuisible pour l’entreprise que le « revenge quitting » lui-même.

L’impact du « revenge quitting » dépend sans doute du contexte. Dans les petites structures, un départ soudain peut être dévastateur, surtout si l’employé possède des compétences rares ou très recherchées. Une démission bruyante peut aussi peser sur les collègues qui doivent gérer les conséquences.

Dans les grandes organisations, l’effet est généralement moins grave : elles peuvent plus facilement absorber le choc. Lorsqu’un cadre ou un employé hautement qualifié quitte bruyamment son poste, les employeurs cherchent en général à éviter ce scénario, en tentant de résoudre les problèmes avant qu’ils ne dégénèrent. Pour cette raison, le « revenge quitting » se manifeste plus souvent chez les travailleurs plus jeunes, précaires ou peu soutenus.

Un départ en fanfare en 2012.

Que peuvent faire les employeurs ? Le « revenge quitting » est souvent le signe que les dispositifs classiques de soutien aux salariés ne fonctionnent plus. Beaucoup d’équipes de ressources humaines sont déjà surchargées et peinent à répondre à toutes les attentes. Mais certaines pratiques de base peuvent encore faire la différence.

Cela passe par une communication ouverte, où les employés se sentent en sécurité pour évoquer les problèmes, et par une formation des managers afin d’éviter les comportements abusifs ou le micro-management. Par ailleurs, même si cela semble évident, des charges de travail ou des conditions inéquitables finissent toujours par susciter du mécontentement : il est donc essentiel de veiller à l’équité. Les employeurs doivent aussi tenir compte des attentes des jeunes générations, souvent plus attachées au respect et à l’équilibre de vie.

En définitive, le « revenge quitting » met en lumière des dysfonctionnements profonds dans l’entreprise. Quitter bruyamment peut donner au salarié un sentiment de pouvoir, surtout sur le moment, mais c’est rarement une bonne nouvelle, ni pour lui, ni pour l’organisation.

The Conversation

Kathy Hartley ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. « Revenge quitting » : est-ce vraiment une bonne idée de régler ses comptes au moment de quitter son emploi ? – https://theconversation.com/revenge-quitting-est-ce-vraiment-une-bonne-idee-de-regler-ses-comptes-au-moment-de-quitter-son-emploi-268321

Pour les artistes comme pour les scientifiques, l’observation prolongée permet de faire émerger l’esprit critique

Source: The Conversation – France (in French) – By Amanda Bongers, Assistant Professor, Chemistry Education Research, Queen’s University, Ontario

S’il semble évident que les scientifiques doivent développer des compétences en analyse visuelle, ces dernières ne sont pas suffisamment enseignées ni mises en pratique dans nos universités.


C’est l’une des difficultés de l’apprentissage des sciences : il repose en partie sur des images et des simulations pour représenter des choses que nous ne pouvons pas voir à l’œil nu. Dans des matières comme la chimie, les étudiants peuvent avoir du mal à visualiser les atomes et les molécules à partir des symboles complexes qui les représentent.

Pourtant, la plupart des cours de chimie dispensés l’université n’aident pas les étudiants à mieux comprendre ces représentations. Les étudiants passent leurs cours à regarder passivement des diapositives pleines d’images sans s’impliquer ni générer les leurs. En s’appuyant sur leurs capacités innées plutôt qu’en apprenant à affiner leur pensée visuelle et leurs compétences en analyse d’images, de nombreux étudiants finissent par se sentir perdus face aux symboles et ont recours à des techniques de mémorisation fastidieuses et improductives.

Que pouvons-nous faire pour aider les élèves à analyser et à tirer des enseignements des visuels scientifiques ? La solution se trouve peut-être du côté de l’histoire de l’art. Il existe de nombreux parallèles entre les compétences acquises en histoire de l’art et celles requises dans les cours de sciences.

Développer un œil averti

Se sentir déconcerté par une œuvre d’art ressemble fortement à l’expérience que font de nombreux étudiants en chimie. Dans les deux cas, les spectateurs peuvent se demander : que suis-je en train de regarder, où dois-je regarder et qu’est-ce que cela signifie ?

Et si un portrait ou un paysage peut sembler, a priori, porter un message simple, les œuvres d’art regorgent d’informations et de messages cachés pour un œil non averti.

Plus on passe de temps à regarder chaque image, plus on peut découvrir d’informations, se poser des questions et approfondir son exploration visuelle et intellectuelle.

Par exemple, dans le tableau du XVIIIe siècle intitulé Nature morte aux fleurs sur une table de marbre (1716) de la peintre néerlandaise Rachel Ruysch, en regardant plus longuement les fleurs, on découvre plusieurs insectes dont les historiens de l’art interprètent la présence dans un contexte plus large de méditations spirituelles sur la mortalité.

Nature morte représentant de nombreuses fleurs sur fond noir, avec des insectes posés sur certaines feuilles
Avez-vous remarqué les insectes dans Nature morte avec des fleurs sur une table de marbre ?
(Rijksmuseum)

Le domaine de l’histoire de l’art est consacré à l’étude des œuvres d’art et met l’accent sur l’analyse visuelle et les capacités de réflexion critique. Lorsqu’un historien de l’art étudie une œuvre d’art, il explore les informations que celle-ci peut contenir, les raisons pour lesquelles elle a été présentée de cette manière et ce que cela signifie dans un contexte plus large.




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Processus d’observation et de questionnement

Ce processus d’observation et de questionnement sur ce que l’on regarde est nécessaire à tous les niveaux de la science et constitue une compétence générale utile.

L’organisation à but non lucratif Visual Thinking Strategies a créé des ressources et des programmes destinés à aider les enseignants, de la maternelle au lycée, à utiliser l’art comme sujet de discussion dans leurs classes.

Ces discussions sur l’art aident les jeunes apprenants à développer leurs capacités de raisonnement, de communication et de gestion de l’incertitude. Une autre ressource, « Thinking Routines » (Routines de réflexion) du projet Zero de Harvard, inclut d’autres suggestions pour susciter l’intérêt des élèves pour l’art, afin de les aider à cultiver leur sens de l’observation, de l’interprétation et du questionnement.

Pour regarder de manière critique, il faut ralentir

De telles approches ont également été adoptées dans l’enseignement médical, où les étudiants en médecine apprennent à porter un regard critique grâce à des activités d’observation attentive d’œuvres d’art et explorent les thèmes de l’empathie, du pouvoir et des soins.

Une personne assise à un bureau regardant des images médicales
L’observation des œuvres d’art peut aider à enseigner aux professionnels l’observation critique, une compétence essentielle pour interpréter les images médicales.
(Shutterstock)

Les programmes d’humanités médicales aident également les jeunes professionnels à faire face à l’ambiguïté. Apprendre à analyser l’art change la façon dont les gens décrivent les images médicales, et améliore leur score d’empathie.

Les compétences nécessaires à l’analyse visuelle des œuvres d’art exigent que nous ralentissions, que nous laissions notre regard vagabonder et que nous réfléchissions. Une observation lente et approfondie implique de prendre quatre ou cinq minutes pour contempler silencieusement une œuvre d’art, afin de laisser apparaître des détails et des liens surprenants. Les étudiants qui se forment à l’imagerie médicale dans le domaine de la radiologie peuvent apprendre ce processus d’observation lente et critique en interagissant avec l’art.

Les étudiants en classe

Imaginez maintenant la différence entre un cadre calme comme un musée et une salle de classe, où l’on est obligé d’écouter, de regarder, de copier, d’apprendre à partir d’images et de se préparer pour les examens.

En cours, les étudiants prennent-ils le temps d’analyser ces schémas chimiques complexes ? Les recherches menées par mes collègues et moi-même suggèrent qu’ils y consacrent très peu de temps.

Lorsque nous avons assisté à des cours de chimie, nous avons constaté que les élèves regardaient passivement les images pendant que l’enseignant les commentait, ou copiaient les illustrations au fur et à mesure que l’enseignant les dessinait. Dans les deux cas, ils ne s’intéressaient pas aux illustrations et n’en créaient pas eux-mêmes.

Lorsqu’elle enseigne la chimie, Amanda, l’autrice principale de cet article, a constaté que les élèves se sentent obligés de trouver rapidement la « bonne » réponse lorsqu’ils résolvent des problèmes de chimie, ce qui les amène à négliger des informations importantes mais moins évidentes.

Analyse visuelle dans l’enseignement de la chimie

Notre équipe composée d’artistes, d’historiens de l’art, d’éducateurs artistiques, de professeurs de chimie et d’étudiants travaille à introduire l’analyse visuelle inspirée des arts dans les cours de chimie à l’université.

Grâce à des cours simulés suivis de discussions approfondies, nos recherches préliminaires ont mis en évidence des recoupements entre les pratiques et l’enseignement des compétences en arts visuels et les compétences nécessaires à l’enseignement de la chimie, et nous avons conçu des activités pour enseigner ces compétences aux étudiants.

Un groupe de discussion composé d’enseignants en sciences à l’université nous a aidés à affiner ces activités afin qu’elles correspondent aux salles de classe et aux objectifs des enseignants. Ce processus nous a permis d’identifier de nouvelles façons d’appréhender et d’utiliser les supports visuels. À mesure que nos recherches évoluent, ces activités sont également susceptibles d’évoluer.

Exemple d’activité d’analyse visuelle associant une œuvre d’art à un visuel de chimie
Exemple d’activité d’analyse visuelle associant une œuvre d’art à un visuel de chimie. À gauche : Étude cubiste d’une tête, par Elemér de Kóródy, 1913 (The Met). À droite : Analyse d’une réaction de cycloaddition (fournie par l’auteur).

De nombreux étudiants en sciences ne poursuivent pas une carrière traditionnelle dans le domaine scientifique, et leurs programmes mènent rarement à un emploi spécifique, mais les compétences en pensée visuelle sont essentielles dans le large éventail de compétences nécessaires à leur future carrière.

Par ailleurs, l’analyse visuelle et la pensée critique deviennent indispensables dans la vie quotidienne, avec l’essor des images et des vidéos générées par l’IA.

Développer des compétences pour ralentir et observer

Intégrer les arts dans d’autres disciplines peut favoriser la pensée critique et ouvrir de nouvelles perspectives aux apprenants. Nous soutenons que les arts peuvent aider les étudiants en sciences à développer des compétences essentielles en analyse visuelle en leur apprenant à ralentir et à simplement observer.

« Penser comme un scientifique » revient à se poser des questions sur ce que l’on voit, mais cela correspond tout aussi bien à la façon de réfléchir d’un historien de l’art, selon les principes suivants :

  1. Observer attentivement les détails ;

  2. Considérer les détails dans leur ensemble et dans leur contexte (par exemple, en se demandant : « Qui a créé cela et pourquoi ? ») ;

  3. Reconnaître la nécessité de disposer de connaissances techniques et fondamentales étendues pour comprendre ce qui est le moins évident ;

  4. Enfin, accepter l’incertitude. Il peut y avoir plusieurs réponses, et nous ne connaîtrons peut-être jamais la « bonne réponse » !

The Conversation

Amanda Bongers receives funding from SSHRC and NSERC.

Madeleine Dempster reçoit un financement du Conseil de recherches en sciences humaines.

ref. Pour les artistes comme pour les scientifiques, l’observation prolongée permet de faire émerger l’esprit critique – https://theconversation.com/pour-les-artistes-comme-pour-les-scientifiques-lobservation-prolongee-permet-de-faire-emerger-lesprit-critique-266616

Un empereur romain à genoux devant un roi perse : que faut-il lire derrière la nouvelle statue dévoilée à Téhéran ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Peter Edwell, Associate Professor in Ancient History, Macquarie University

La mise en scène d’un empereur romain défait et soumis à Shapur Ier n’est pas nouvelle : elle puise dans l’imagerie triomphale de l’Iran antique. Mais son apparition sur la place Enghelab, à Téhéran, intervient à un moment où le pouvoir cherche à exalter la résistance nationale.


Une nouvelle statue dévoilée ces derniers jours en Iran représente un empereur romain se soumettant à un roi perse. Érigée sur la place Enghelab à Téhéran, la statue intitulée À genoux devant l’Iran montre l’empereur se prosternant devant Shapur Ier (qui régna aux alentours de 242 à 270 de notre ère). Mais d’où vient cette imagerie ? Et pourquoi cette statue a-t-elle été érigée maintenant ?

L’ascension de Shapur

Au IIIᵉ siècle de notre ère, une nouvelle dynastie appelée les Sassanides prend le pouvoir dans l’Iran antique. En quelques années, le premier roi sassanide, Ardachir Ier, commence à menacer les territoires romains en Mésopotamie (dans les régions correspondant aujourd’hui à la Turquie, l’Irak et la Syrie). Les Romains avaient arraché ces terres aux Parthes, les prédécesseurs des Sassanides.

Ardachir entend désormais reconquérir une partie de ces territoires perdus. Il remporte quelques succès dans les années 230. Mais son fils et successeur, Shapur Ier, porte cette ambition à un tout autre niveau. Ce dernier défait une armée romaine venue l’envahir en 244, une victoire qui entraîne la mort du jeune empereur romain Gordien III.

Dans les années 250, Shapur lance une vaste offensive en territoire romain à travers l’Irak, la Syrie et la Turquie. Deux grandes armées romaines sont vaincues et des dizaines de villes tombent. En 253, il s’empare d’Antioche, l’une des cités les plus importantes de l’empire. Certains de ses habitants, se trouvant au théâtre au moment de la chute de la ville, s’enfuient terrorisés tandis que les flèches pleuvent sur la cité.

L’empereur fait prisonnier

Si la prise d’Antioche est une lourde défaite pour les Romains, l’événement qui marque un tournant se situe en 260. Après une bataille à Édesse (dans l’actuelle Turquie méridionale), l’empereur romain Valérien est capturé. C’est la première et unique fois dans l’histoire qu’un empereur romain tombe vivant aux mains de l’ennemi. Valérien est emmené en Perse, avec des milliers d’autres prisonniers.

Son sort fait naître, par la suite, quantité de récits. Selon l’un d’eux, Valérien et des soldats prisonniers auraient été contraints de construire un pont sur le fleuve Karoun, à Shushtar. Les vestiges de cet ouvrage, connu sous le nom de Band-e Qayṣar (« le pont de l’empereur »), sont encore visibles aujourd’hui.

Le Band-e Kaïsar, construit par les Romains à Shushtar, en Iran, aurait été édifié par des prisonniers romains durant le règne de Shapur Ier.
Les ruines du pont Band-e Qayṣar.
Ali Afghah/Wikimedia

Selon un autre récit, Shapur aurait exigé que Valérien se mette à quatre pattes pour servir de marchepied, afin que le roi perse puisse monter à cheval. Shapur aurait également ordonné qu’après sa mort, le le corps de Valérien soit conservé, empaillé et placé dans une armoire. Ainsi, l’humiliation était totale.

On érigea des représentations des victoires de Shapur sur Rome dans tout l’empire perse. Plusieurs bas-reliefs sculptés célébrant ces triomphes ont survécu jusqu’à aujourd’hui. Le plus célèbre se trouve sans doute à Bishapur, dans le sud de l’Iran, où Shapur fit construire un palais magnifique. On y voit Shapur richement vêtu et assis sur un cheval. Sous le cheval gît le corps de Gordien III. Derrière lui se tient le captif Valérien, retenu par la main droite de Shapur. La figure placée à l’avant représente l’empereur Philippe Iᵉʳ (qui régna de 244 à 249 apr. J.-C.), successeur de Gordien. Il implore la libération de l’armée romaine vaincue.

Shapur sur son cheval.
Shapur est assis sur son cheval, sous lequel gît le corps de Gordien III. Derrière lui se tient le captif Valérien.
Marco Prins via Livius, CC BY

Shapur fit également graver une immense inscription en trois langues, qui célébrait notamment ses victoires majeures sur les Romains. Connue aujourd’hui sous le nom de Res Gestae Divi Saporis, elle est encore visible à Naqsh-i Rustam, dans le sud de l’Iran.

Le grand empire romain avait été profondément humilié. Les Perses emportèrent d’immenses ressources mais aussi des spécialistes comme des bâtisseurs, des architectes et des artisans, issus des villes conquises. Certaines cités de l’empire perse furent même repeuplées avec ces captifs.

Une nouvelle statue célébrant une vieille victoire

La statue révélée à Téhéran semble s’inspirer directement d’un bas-relief commémoratif de Naqsh-i Rustam. La figure agenouillée est présentée, dans plusieurs médias, comme Valérien. Si elle est effectivement inspirée du bas-relief de Naqsh-i Rustam, cette figure agenouillée correspond plutôt à Philippe Iᵉʳ, Valérien y étant représenté debout devant Shapur. Néanmoins, les déclarations officielles affirment qu’il s’agit bien de Valérien, notamment celle de Mehdi Mazhabi, directeur de l’Organisation municipale de l’embellissement de Téhéran, consignée dans un rapport :

La statue de Valérien reflète une vérité historique : l’Iran a toujours été une terre de résistance au fil des siècles […] En installant ce projet sur la place Enghelab, nous voulons créer un lien entre le passé glorieux de cette terre et son présent porteur d’espoir.

Les grandes victoires de Shapur sur les Romains restent une source de fierté nationale en Iran. La statue a ainsi été décrite comme un symbole de défi national après le bombardement par les États-Unis des installations nucléaires iraniennes en juin.

Bien que ces victoires sassanides remontent à plus de 1 700 ans, l’Iran continue de les célébrer. La statue s’adresse clairement au peuple iranien, dans la foulée des attaques américaines. Reste à savoir si elle constitue également un avertissement adressé à l’Occident.

The Conversation

Peter Edwell a reçu des financements de l’Australian Research Council.

ref. Un empereur romain à genoux devant un roi perse : que faut-il lire derrière la nouvelle statue dévoilée à Téhéran ? – https://theconversation.com/un-empereur-romain-a-genoux-devant-un-roi-perse-que-faut-il-lire-derriere-la-nouvelle-statue-devoilee-a-teheran-269733

Why the chemtrail conspiracy theory lingers and grows – and why Tucker Carlson is talking about it

Source: The Conversation – USA – By Calum Lister Matheson, Associate Professor of Communication, University of Pittsburgh

Contrails have a simple explanation, but not everyone wants to believe it. AP Photo/Carolyn Kaster

Everyone has looked up at the clouds and seen faces, animals, objects. Human brains are hardwired for this kind of whimsy. But some people – perhaps a surprising number – look to the sky and see government plots and wicked deeds written there. Conspiracy theorists say that contrails – long streaks of condensation left by aircraft – are actually chemtrails, clouds of chemical or biological agents dumped on the unsuspecting public for nefarious purposes. Different motives are ascribed, from weather control to mass poisoning.

The chemtrails theory has circulated since 1996, when conspiracy theorists misinterpreted a U.S. Air Force research paper about weather modification, a valid topic of research. Social media and conservative news outlets have since magnified the conspiracy theory. One recent study notes that X, formerly Twitter, is a particularly active node of this “broad online community of conspiracy.”

I’m a communications researcher who studies conspiracy theories. The thoroughly debunked chemtrails theory provides a textbook example of how conspiracy theories work.

Boosted into the stratosphere

Conservative pundit Tucker Carlson, whose podcast averages over a million viewers per episode, recently interviewed Dane Wigington, a longtime opponent of what he calls “geoengineering.” While the interview has been extensively discredited and mocked in other media coverage, it is only one example of the spike in chemtrail belief.

Although chemtrail belief spans the political spectrum, it is particularly evident in Republican circles. U.S. Secretary of Health and Human Services Robert F. Kennedy Jr. has professed his support for the theory. U.S. Rep. Marjorie Taylor Greene of Georgia has written legislation to ban chemical weather control, and many state legislatures have done the same.

Online influencers with millions of followers have promoted what was once a fringe theory to a large audience. It finds a ready audience among climate change deniers and anti-deep state agitators who fear government mind control.

Heads I win, tails you lose

Although research on weather modification is real, the overwhelming majority of qualified experts deny that the chemtrail theory has any solid basis in fact. For example, geoengineering researcher David Keith’s lab posted a blunt statement on its website. A wealth of other resources exist online, and many of their conclusions are posted at contrailscience.com.

But even without a deep dive into the science, the chemtrail theory has glaring logical problems. Two of them are falsifiability and parsimony.

The philosopher Karl Popper explains that unless your conjecture can be proved false, it lies outside the realm of science.

According to psychologist Rob Brotherton, conspiracy theories have a classic “heads I win, tails you lose” structure. Conspiracy theorists say that chemtrails are part of a nefarious government plot, but its existence has been covered up by the same villains. If there was any evidence that weather modification was actually happening, that would support the theory, but any evidence denying chemtrails also supports the theory – specifically, the part that alleges a cover-up.

People who subscribe to the conspiracy theory consider anyone who confirms it to be a brave whistleblower and anyone who denies it to be foolish, evil or paid off. Therefore, no amount of information could even hypothetically disprove it for true believers. This denial makes the theory nonfalsifiable, meaning it’s impossible to disprove. By contrast, good theories are not false, but they must also be constructed in such a way that if they were false, evidence could show that.

Nonfalsifiable theories are inherently suspect because they exist in a closed loop of self-confirmation. In practice, theories are not usually declared “false” based on a single test but are taken more or less seriously based on the preponderance of good evidence and scientific consensus. This approach is important because conspiracy theories and disinformation often claim to falsify mainstream theories, or at least exploit a poor understanding of what certainty means in scientific methods.

Like most conspiracy theories, the chemtrail story tends not to meet the criteria of parsimony, also known as Occam’s razor, which suggests that the more suppositions a theory requires to be true, the less likely it actually is. While not perfect, this concept can be an important way to think about probability when it comes to conspiracy theories. Is it more likely that the government is covering up a massive weather program, mind-control program or both that involve thousands or millions of silent, complicit agents, from the local weather reporter to the Joint Chiefs of Staff, or that we’re seeing ice crystals from plane engines?

Of course, calling something a “conspiracy theory” does not automatically invalidate it. After all, real conspiracies do exist. But it’s important to remember scientist and science communicator Carl Sagan’s adage that “extraordinary claims require extraordinary evidence.” In the case of chemtrails, the evidence just isn’t there.

Scientists explain how humans are susceptible to believing conspiracy theories.

Psychology of conspiracy theory belief

If the evidence against it is so powerful and the logic is so weak, why do people believe the chemtrail conspiracy theory? As I have argued in my new book, “Post-Weird: Fragmentation, Community, and the Decline of the Mainstream,” conspiracy theorists create bonds with each other through shared practices of interpreting the world, seeing every detail and scrap of evidence as unshakable signs of a larger, hidden meaning.

Uncertainty, ambiguity and chaos can be overwhelming. Conspiracy theories are symptoms, ad hoc attempts to deal with the anxiety caused by feelings of powerlessness in a chaotic and complicated world where awful things like tornadoes, hurricanes and wildfires can happen seemingly at random for reasons that even well-informed people struggle to understand. When people feel overwhelmed and helpless, they create fantasies that give an illusion of mastery and control.

Although there are liberal chemtrail believers, aversion to uncertainty might explain why the theory has become so popular with Carlson’s audience: Researchers have long argued that authoritarian, right-wing beliefs have a similar underlying structure.

On some level, chemtrail theorists would rather be targets of an evil conspiracy than face the limits of their knowledge and power, even though conspiracy beliefs are not completely satisfying. Sigmund Freud described a fort-da (“gone-here”) game played by his grandson where he threw away a toy and dragged it back on a string, something Freud interpreted as a simulation of control when the child had none. Conspiracy theories may serve a similar purpose, allowing their believers to feel that the world isn’t really random and that they, the ones who see through the charade, really have some control over it. The grander the conspiracy, the more brilliant and heroic the conspiracy theorists must be.

Conspiracies are dramatic and exciting, with clear lines of good and evil, whereas real life is boring and sometimes scary. The chemtrail theory is ultimately prideful. It’s a way for theorists to feel powerful and smart when they face things beyond their comprehension and control. Conspiracy theories come and go, but responding to them in the long term means finding better ways to embrace uncertainty, ambiguity and our own limits alongside a new embrace of the tools we do have: logic, evidence and even humility.

The Conversation

Calum Lister Matheson does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why the chemtrail conspiracy theory lingers and grows – and why Tucker Carlson is talking about it – https://theconversation.com/why-the-chemtrail-conspiracy-theory-lingers-and-grows-and-why-tucker-carlson-is-talking-about-it-269770

Blue Origin’s New Glenn rocket landed its booster on a barge at sea – an achievement that will broaden the commercial spaceflight market

Source: The Conversation – USA – By Wendy Whitman Cobb, Professor of Strategy and Security Studies, Air University

Blue Origin’s New Glenn rocket lifted off for its second orbital flight on Nov. 13, 2025. AP Photo/John Raoux

Blue Origin’s New Glenn rocket successfully made its way to orbit for the second time on Nov. 13, 2025. Although the second launch is never as flashy as the first, this mission is still significant in several ways.

For one, it launched a pair of NASA spacecraft named ESCAPADE, which are headed to Mars orbit to study that planet’s magnetic environment and atmosphere. The twin spacecraft will first travel to a Lagrange point, a place where the gravity between Earth, the Moon and the Sun balances. The ESCAPADE spacecraft will remain there until Mars is in better alignment to travel to.

And two, importantly for Blue Origin, New Glenn’s first stage booster successfully returned to Earth and landed on a barge at sea. This landing allows the booster to be reused, substantially reducing the cost to get to space.

Blue Origin launched its New Glenn rocket and landed the booster on a barge at sea on Nov. 13, 2025.

As a space policy expert, I see this launch as a positive development for the commercial space industry. Even though SpaceX has pioneered this form of launch and reuse, New Glenn’s capabilities are just as important.

New Glenn in context

Although Blue Origin would seem to be following in SpaceX’s footsteps with New Glenn, there are significant differences between the two companies and their rockets.

For most launches today, the rocket consists of several parts. The first stage helps propel the rocket and its spacecraft toward space and then drops away when its fuel is used up. A second stage then takes over, propelling the payload all the way to orbit.

While both New Glenn and Falcon Heavy, SpaceX’s most powerful rocket currently available, are partially reusable, New Glenn is taller, more powerful and can carry a greater amount of payload to orbit.

Blue Origin plans to use New Glenn for a variety of missions for customers such as NASA, Amazon and others. These will include missions to Earth’s orbit and eventually to the Moon to support Blue Origin’s own lunar and space exploration goals, as well as NASA’s.

NASA’s Artemis program, which endeavors to return humans to the Moon, is where New Glenn may become important. In the past several months, several space policy leaders, as well as NASA officials, have expressed concern that Artemis is progressing too slowly. If Artemis stagnates, China may have the opportunity to leap ahead and beat NASA and its partners to the lunar south pole.

These concerns stem from problems with two rockets that could potentially bring Americans back to the Moon: the space launch system and SpaceX’s Starship. NASA’s space launch system, which will launch astronauts on its Orion crew vehicle, has been criticized as too complex and costly. SpaceX’s Starship is important because NASA plans to use it to land humans on the Moon during the Artemis III mission. But its development has been much slower than anticipated.

In response, Blue Origin has detailed some of its lunar exploration plans. They will begin with the launch of its uncrewed lunar lander, Blue Moon, early next year. The company is also developing a crewed version of Blue Moon that it will use on the Artemis V mission, the planned third lunar landing of humans.

Blue Origin officials have said they are in discussions with NASA over how they might help accelerate the Artemis program.

New Glenn’s significance

New Glenn’s booster landing makes this most recent launch quite significant for the company. While it took SpaceX several tries to land its first booster, Blue Origin has achieved this feat on only the second try. Landing the boosters – and, more importantly, reusing them – has been key to reducing the cost to get to space for SpaceX, as well as others such as Rocket Lab.

That two commercial space companies now have orbital rockets that can be partially reused shows that SpaceX’s success was no fluke.

With this accomplishment, Blue Origin has been able to build on its previous experience and success with its suborbital rocket, New Shepard. Launching from Blue Origin facilities in Texas since 2015, New Shepard has taken people and cargo to the edge of space, before returning to its launch site under its own power.

A short, wide rocket lifts off from a launchpad.
Blue Origin’s suborbital rocket, New Shepard.
Joe Raedle/Getty Images

New Glenn is also significant for the larger commercial space industry and U.S. space capabilities. It represents real competition for SpaceX, especially its Starship rocket. It also provides more launch options for NASA, the U.S. government and other commercial customers, reducing reliance on SpaceX or any other launch company.

In the meantime, Blue Origin is looking to build on the success of New Glenn’s launch and its booster landing. New Glenn will next launch Blue Origin’s Blue Moon uncrewed lander in early 2026.

This second successful New Glenn launch will also contribute to the rocket’s certification for national security space launches. This accomplishment will allow the company to compete for contracts to launch sensitive reconnaissance and defense satellites for the U.S. government.

Blue Origin will also need to increase its number of launches and reduce the time between them to compete with SpaceX. SpaceX is on pace for between 165 and 170 launches in 2025 alone. While Blue Origin may not be able to achieve that remarkable cadence, to truly build on New Glenn’s success it will need to show it can scale up its launch operations.

The Conversation

Wendy Whitman Cobb is affiliated with the US School of Advanced Air and Space Studies. Her views are her own and do not necessarily reflect the views of the Department of Defense or any of its components. Mention of trade names, commercial products, or organizations do not imply endorsement by the U.S. Government, and the appearance of external hyperlinks does not constitute DoD endorsement of the linked websites, or the information, products or services therein.

ref. Blue Origin’s New Glenn rocket landed its booster on a barge at sea – an achievement that will broaden the commercial spaceflight market – https://theconversation.com/blue-origins-new-glenn-rocket-landed-its-booster-on-a-barge-at-sea-an-achievement-that-will-broaden-the-commercial-spaceflight-market-269786

How I found an unexpected connection to science in the works of Iris Murdoch – by a molecular biophysicist

Source: The Conversation – UK – By Rivka Isaacson, Professor of Molecular Biophysics, King’s College London

When I first began appropriating the plots of British-Irish novelist Iris Murdoch’s novels to explain scientific concepts, I never stopped to think about whether Murdoch herself would have approved of such an endeavour.

As a professor of molecular biophysics, I find that in both scientific research and all aspects of life, there can be great advantage in thinking differently. I’ve recently given some sessions on this at the Physics of Life summer school, and the fun, ideas and feedback were beyond my wildest dreams – especially as I’d been encouraged to conceal this side of myself as a young scientist.

Back in the 1990s, I did my PhD on protein folding – a conundrum underpinning all biology which has challenged scientists for decades. I wrote about it for The Conversation when a breakthrough won the Nobel prize in chemistry in 2024.

At its heart is a question of competing energies: entropic forces, which motivate a protein and its surrounding medium to move as freely as possible, versus enthalpic, in which positive charges gravitate towards negative charges and things with oily properties congregate. Protein folding is driven by finding the best balance in a three-dimensional shape to satisfy as many of these forces as possible.

An early book by the Booker-winning author A.S. Byatt, Degrees of Freedom, examines the power structures and layers of control that drive Murdoch novels. It’s a comparable scenario to protein folding: the compromise between many clashing forces.

When Degrees of Freedom first came out in 1965, Murdoch had published nine novels. The book was reissued in 1994 with additional material, when only Murdoch’s final novel, Jackson’s Dilemma – written when Alzheimer’s disease was just beginning to invade her beautiful mind – had yet to emerge.

Reading Murdoch’s 1975 novel A Word Child in 2003, I was struck by the helix-shaped nature of the plot, with London Underground’s Circle Line platform pubs at Sloane Square and Liverpool Street acting as points of vulnerability. I immediately turned to Byatt’s book to see whether her analysis matched my own.

In finding there was no chapter on A Word Child, I trawled the internet and discovered the Iris Murdoch Society, which one could join for the princely sum of £5. Signing up at that time required emailing Anne Rowe at Kingston University, and I couldn’t resist explaining my thoughts on A Word Child and the molecular mechanisms underpinning Alzheimer’s disease. She invited me to submit an abstract to a conference – and from then on, I was hooked.

So far, I’ve used ten out of Murdoch’s 26 novels to illustrate topics as broad as alcoholism and its effect on the liver, sex hormone signalling, evolution, molecular crowding and electron microscopy. While I’m not in any immediate danger of running out of Murdoch material, the recent publication of Poems from an Attic, a collection assembled from material found in her Oxford home many years after her death, adds a glorious new angle to my exploits.

While Murdoch is obsessed with nature – wild swimming, the changing seasons, flora, fauna and the meditative effects of being outdoors – she often speculates in her poems as to why things are as they are, which is an undeniably scientific way of thinking. There are examples of this in many of the poems, whatever their topic.

The word science occurs three times in the new volume – the first in the poem To B, who brought me two candles as a present (B was Murdoch’s lover, Brigid Brophy):

What you require of me no science gives –

To make these fires constant but not consumed.

What blazes every moment when it lives

Has eaten its own substance as it bloomed.

Yet though they burn not all the evening through,

While they are burning each to each is true.

This provides a satisfying analogy to justify sustaining Murdoch’s simultaneous passions. It invokes the same fuel-based resignation as American poet Edna St Vincent Millay’s First Fig:

My candle burns at both ends;

It will not last the night;

But ah, my foes, and oh, my friends

It gives a lovely light!

The other two mentions of science in the new collection appear in You by Telephone – in which Murdoch muses over the changes, both positive and negative, that the invention of the phone had on the practicalities of relationships:

For I cannot close with kisses the lips that may speak me daggers,

Nor give you a gentle answer just by taking your hand.

The poem also includes this delightful digression:

In spite of the case of Odysseus, who might have got home much sooner

If at the start he could have dialled Ithaca one.

But he might have offended Hermes, that rival tele-communer,

And science would have precluded a lot of Homer’s fun.

I am relieved Murdoch didn’t have to grapple with smart phones, social media and today’s attention spans. Years ago, I scoured her archive for thoughts on science, which were mostly touched upon in correspondence, and her entertaining annotations of The Question Concerning Technology and Other Essays by Martin Heidegger, and The Tao of Physics by Fritjof Capra.

Murdoch was certainly interested in science, albeit with a healthy dose of scepticism, while being alarmed at its pace of development. I like to fantasise that I could have talked her down.

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The Conversation

Rivka Isaacson receives funding from the UK Research and Innovation Biotechnology and Biological Sciences Research Council.

ref. How I found an unexpected connection to science in the works of Iris Murdoch – by a molecular biophysicist – https://theconversation.com/how-i-found-an-unexpected-connection-to-science-in-the-works-of-iris-murdoch-by-a-molecular-biophysicist-269580

How climate cooperation turned into a global race for green power

Source: The Conversation – UK – By Rahmat Poudineh, Honorary Research Associate, Oxford Sustainable Finance Group, University of Oxford

shutterstock Piyaset / shutterstock

Nearly a decade after the Paris agreement, the world is emitting more greenhouse gases than ever. Global emissions reached a record 53 billion tonnes in 2024 – about 10% higher than in 2015, when the deal was signed. Despite near-universal participation, the international effort to cut emissions is failing.

The Paris system, built on voluntary pledges, has turned into more of a reporting exercise than a coordination mechanism.

Even if all countries’ pledges were fully implemented, global emissions would be only 2.6% lower than 2019 levels by 2030 (versus 43% required).

Paris succeeded in creating a shared language of ambition and reporting, but not in enforcing collective compliance. It now functions less as a steering mechanism and more as a global scoreboard, showing who is ahead or behind. The absence of binding rules made universal participation possible – but also removed incentives to stay on course.

Emissions within acceptable limits

The world is entering the age of “managed emissions” – an era of containment, not cure. Instead of eliminating greenhouse gases, governments are learning to live with them, keeping pollution within politically acceptable limits.

Deep decarbonisation is being pushed further into the future, perhaps the 2060s or 2070s. Each revision of global scenarios quietly redefines delay as progress.

Car traffic from above
To be managed – not eliminated.
JKVisuals / shutterstock

Climate policy as industrial strategy

The erosion of cooperation hasn’t led to inaction. Instead, it has sparked a new kind of race: competitive decarbonisation.

Major economies are cutting emissions mainly to strengthen energy security, secure industrial advantage, and expand geopolitical influence. Clean-energy investment reached around US$2.2 trillion in 2024, mostly concentrated in China, the EU, and North America. Climate action is now shaped more by a desire to promote key industries than by multilateral coordination.

A new industrial climate regime has emerged where success is measured by national market share in clean technologies, not by collective progress toward global goals.

This shift is also geopolitical. The rivalry between the US and China has spilled into climate policy, with each using green leadership to project influence and set global standards. Competition over clean technologies has encouraged export restrictions and trade disputes, stifling open collaboration.

The race for critical minerals adds another layer. These resources are essential for renewable technologies, and nations are moving from cooperation to resource nationalism, securing supplies by forming strategic partnerships and investing heavily in domestic mining.

At home, governments are tailoring climate policies to domestic interests. Action on climate is now tied to industrial jobs, competitiveness, and voter expectations.

Protecting economies, not the planet

To prevent “carbon leakage” – where companies relocate to countries with weaker rules – rich nations are introducing trade measures such as carbon border adjustments. These policies aim to protect national industries while maintaining environmental standards, but they also risk deepening global divides.

Developing countries argue that wealthy nations have failed to deliver on climate finance and technology transfer, promises central to the Paris deal. The result is an erosion of trust: poorer countries see a system that benefits the industrialised world while restricting their own growth.

These trends reveal something deeper than a shortfall in ambition. They expose an illusion of control. Despite record investment, global emissions continue to rise because today’s governance tools no longer match the scale and complexity of the energy system. The world is not defying Paris by choice, but by design – through a framework relying on voluntary pledges in a fiercely competitive global economy.

This is not necessarily a story of failure. The shift from cooperation to competition has unleashed investment, innovation and the deployment of clean technologies. Yet without global alignment, progress is uneven at best.

The challenge ahead is not only technological but moral: can global governance resist the comfort of incremental progress? Can it reclaim a sense of shared direction?

If “managed emissions” become the accepted destination, humanity may master adaptation yet forfeit transformation. At the UN’s Cop30 climate summit, the task is not merely to promise more – but to recover belief in collective action before it quietly disappears.

The Conversation

Rahmat Poudineh is head of electricity research at the Oxford Institute for Energy Studies (OIES). OIES is an independent and autonomous energy research institute based at Oxford.

ref. How climate cooperation turned into a global race for green power – https://theconversation.com/how-climate-cooperation-turned-into-a-global-race-for-green-power-268768

The hidden environmental cost of anti-wrinkle injections

Source: The Conversation – UK – By Bridget Storrie, Teaching Fellow, Institute for Global Prosperity, UCL

marevgenna/Shutterstock

The increasing number of injectable cosmetic treatments and fillers carried out around the world is driven by a seemingly universal need to look younger than we are. Most are administered to women, but a growing number of men are having them too.

This beauty-is-youth belief has a geological cost. Over 14 million stainless steel hypodermic needles are used and discarded annually for cosmetic treatments around the world. The metals used to create them are considered critical.

Stainless steel is an iron and chromium alloy with nickel added to most of it. The iron in a needle might have come from the Pilbara in Western Australia. It was born over a billion years ago when oxygen from the photosynthesis of early bacteria combined with iron in the ancient oceans and settled on the sea floor.

The chromium could have come from the Bushveld Complex in South Africa, an igneous intrusion created when magma found its way to the Earth’s crust through vertical cracks, then cooled, allowing the chromite to differentiate itself, crystallising in distinct layers.




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The importance of critical minerals should not condone their extraction at all costs


And then there’s the nickel. Like chromite, it began its life in the upwelling and cooling of magma associated with the formation of the continents as we know them now, and through the weathering of igneous rocks. It’s likely to have come from Indonesia, where deposits of nickel are close to the surface and economical to extract.

A critical mineral is one that is considered essential for a state’s economy, national security and clean energy technologies, and has a supply chain vulnerable to disruption by war, tariffs and scarcity. Critical minerals cannot easily be replaced by something else.

woman's face, injection near lips with gloved hand of medical professional
The needles used to perform injectable cosmetic surgey are made using various critical minerals.
fast-stock/Shutterstock

The critical list

What is on a particular country’s critical minerals list says something about the geopolitics of the places where commodities are mined, the characteristics of the commodity itself and the priorities of the country compiling the list.

Chromium is considered critical by the US, Canada and Australia because it is essential for stainless steel production and other high-performance alloys. Demand for chromium is expected to grow by 75 times between 2020 and 2040 due, in part, to the clean energy transition. Reserves are concentrated, with South Africa producing over 40% of supply in 2023, followed by Kazakhstan, Turkey, India and Finland.

Nickel was added to the UK’s critical mineral list in 2024. Described as the “Swiss army knife” of energy transition minerals, it is used to increase energy density in lithium batteries, allowing for their miniaturisation and increasing the range in electric cars. Indonesia holds 42% of the world’s reserves.




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The global race is on to secure critical minerals. Why do they matter so much?


Even iron ore is on the list. High-quality iron ore was put on Canada’s critical minerals list in 2024 because of its importance for “green steel” production and decarbonisation goals.

The rapidly increasing demand for stainless steel for cosmetic purposes is tangled up with urgent demands from other sectors. It is essential for construction, transportation, food production and storage, medicine and the manufacture of consumer goods.

It is vital for defence. Stainless steel is used in aircraft and vehicle components, naval vessels, missile parts and ballistics.

Needles used in cosmetic procedures are also entangled with other resource-related issues that have no easy answer: mining-related conflict, concerns about the environmental and social impact of mining and controversy over new mining frontiers, like the deep seabed and the Moon.

Then there is the carbon footprint of the multiple processes required to turn rocks into needles and disposing of them safely. Each one has to be mined, shipped, smelted, manufactured, trucked, used, put in a sharps bin and then incinerated.

Do we have to choose between cosmetic procedures or the green transition? Cosmetic procedures or defence? No. Our increasing demand for injectable cosmetic procedures isn’t responsible for making chromium, nickel and iron ore critical. But it’s part of that story and it comes with a cost.


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Bridget Storrie is a director of Storrie Consulting, a mining and minerals consultancy

ref. The hidden environmental cost of anti-wrinkle injections – https://theconversation.com/the-hidden-environmental-cost-of-anti-wrinkle-injections-266926