Midterms 2026 : le logement, talon d’Achille de Trump

Source: The Conversation – France in French (3) – By Élisa Chelle, Professeure des universités en science politique, Université Paris Nanterre

La crise du logement aux États-Unis – il en manque 4 millions actuellement – a été aggravée par la politique de Donald Trump, en 2025. L’expulsion massive de migrants prive le secteur du bâtiment d’une main-d’œuvre indispensable, et les décisions erratiques en matière de droits de douane ainsi que les tensions avec l’Union européenne font planer une incertitude au long cours sur l’économie du pays, ce qui incite les investisseurs à la prudence. Ce dossier pourrait jouer un rôle central dans les élections de mi-mandat de novembre prochain, d’autant que plusieurs États supposés acquis aux républicains sont particulièrement touchés.


Une réforme « agressive » du logement : c’est ce qu’a promis Donald Trump pour 2026. Depuis la pandémie de Covid-19, les États-Unis traversent en effet une crise du logement sans précédent. Il s’agit d’un enjeu électoral majeur à l’approche des élections de mi-mandat du mois de novembre prochain. Trump avait bâti une partie de sa campagne de 2024 sur la promesse de résoudre cette « crise de l’accessibilité » (affordability crisis). En 2025, il manquait 4 millions de logements à l’échelle du pays.

Un an après le retour à la Maison-Blanche du « président du peuple », les politiques mises en œuvre révèlent les profondes tensions entre objectifs économiques, impératifs sécuritaires et contraintes géopolitiques. Le logement n’est plus seulement une question sociale : il est devenu un terrain d’affrontement entre protectionnisme commercial, rivalités internationales et équilibres budgétaires.

Une crise locative qui frappe les grandes villes, les jeunes… et les républicains

Entre 2021 et début 2023, les loyers aux États-Unis ont explosé, avec un pic à + 16 % au cœur de la crise pandémique. Ils sont, depuis, revenus à une inflation ordinaire, autour de 4 %. Les prix n’ont pas baissé pour autant. Ils ne font qu’augmenter moins rapidement. Résultat : les loyers n’ont jamais été aussi chers.

Tous les Américains ne sont pas affectés de la même manière. Les habitants des petits logements (studios, deux-pièces) subissent une hausse supérieure à la moyenne. Les jeunes se mettent en ménage de plus en plus tard, préférant le domicile parental ou la colocation pour faire des économies.

Paradoxe : les États « rouges » sont ceux qui sont le plus… dans le rouge. Le Montana et l’Idaho, deux bastions républicains du nord-ouest, ont connu des hausses de loyers de respectivement 20,7 % et 20,3 % en 2024 et 2025, soit plus de quatre fois la moyenne nationale, qui s’élève à 4,8 %. L’ironie ? Cette explosion est notamment due aux Californiens (souvent des démocrates) qui fuient un coût de la vie devenu exorbitant pour emménager dans ces zones moins tendues.

D’autres États plutôt conservateurs, comme la Virginie, le Tennessee ou l’Utah, figurent parmi les plus concernés. Pour les résidents, cela représente jusqu’à plusieurs centaines de dollars supplémentaires sur leur quittance de loyer. Ces hausses dépassent les 30 % dans les grandes villes.

Droits de douane et chasse aux migrants : un secteur de la construction au ralenti

Plusieurs facteurs freinent la construction de nouveaux logements. L’imposition de taxes douanières de 25 % sur l’acier et l’aluminium, ainsi que sur le bois d’œuvre canadiens se répercute sur le coût des projets résidentiels. La dévaluation du dollar est, de plus, défavorable aux importations. Le prix des matériaux augmente en moyenne de 7 %, ce qui représente plusieurs milliers de dollars par maison.

Les tensions géopolitiques mondiales perturbent la logistique internationale, déjà complexe et fragilisée par la période du Covid. Les équipements de chantier mettent plus de temps à être acheminés. Les calendriers de livraison sont perturbés. Les promoteurs, et par conséquent les acheteurs, doivent payer plus pour obtenir moins.

Parallèlement, les politiques migratoires restrictives de l’administration Trump ont réduit la main-d’œuvre disponible dans le secteur du bâtiment, qui souffrait déjà d’un déficit d’ouvriers qualifiés. Selon un sondage réalisé par une organisation professionnelle du secteur, environ 1 entreprise sur 10 et 1 sous-traitant sur 5 auraient perdu du personnel à la suite des raids, ou des menaces de raids, de la police de l’immigration (Immigration and Customs Enforcement, ICE). Les retards sur les chantiers sont en partie dus à cette pénurie de main-d’œuvre. Et ce, malgré une politique de recrutement volontariste des employeurs qui ont doublé les augmentations de salaire par rapport à la moyenne nationale (+ 8 %).




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L’administration Trump affirme que les expulsions massives de migrants ont contribué à faire baisser les prix de l’immobilier dans certaines villes. Selon la Maison-Blanche, les prix médians affichés ont baissé d’une année sur l’autre de 7,3 % à Austin (Texas), de 6,7 % à San Diego (Californie) et de 4,3 % à Miami (Floride). Le président attribue ces baisses à la réduction de la population immigrée clandestine dans les grandes villes. Pourtant, ce sont des États républicains, comme le Texas ou la Floride, qui demeurent disproportionnellement atteints par les hausses des loyers, par rapport aux terres démocrates de Californie ou du New Jersey.

Le moindre nombre de logements disponibles maintient les prix de l’immobilier (achat ou location) à un niveau élevé. Et la tendance est appelée à se poursuivre en 2026.

Les menaces sur le Groenland pourraient coûter cher aux acheteurs américains

La volatilité des droits de douane – avec les exemptions et reports à répétition – place les investisseurs dans une position attentiste. L’immobilier américain reste, certes, perçu comme un actif relativement sûr par comparaison avec d’autres régions du monde plus instables, comme l’Europe de l’Est ou le Moyen-Orient. Mais le style trumpien prive les détenteurs de capitaux de la prévisibilité essentielle à leurs calculs.

La rhétorique expansionniste au sujet du Groenland a des conséquences sur l’économie réelle américaine. Le 20 janvier 2026, lorsque Donald Trump brandit la menace de nouveaux tarifs douaniers contre l’Europe dans le cadre de ses ambitions d’acquisition du territoire autonome danois, les marchés financiers réagissent immédiatement. Le taux d’intérêt des prêts immobiliers à trente ans (le plus courant aux États-Unis) a augmenté de 14 points de base, passant par exemple de 6,50 % à 6,64 %. Cette hausse apparemment minime rend pourtant l’achat d’une maison plus coûteux : pour un prêt de 400 000 dollars (environ 337 700 euros), cela représente environ 40 dollars (33,7 euros) de plus à payer chaque mois, soit près de 14 400 dollars (plus de 12 000 euros) supplémentaires sur la durée totale du prêt.

Pourquoi cette réaction ? Les analystes de la Deutsche Bank ont rappelé un fait crucial : les pays européens (Allemagne, France, Royaume-Uni…) détiennent ensemble plus de 8 000 milliards de dollars (soit 6 750 milliards d’euros) d’actifs américains, dont une part importante en bons du Trésor. Ces bons du Trésor sont des prêts que les États étrangers accordent aux États-Unis. Si l’Europe décidait de vendre massivement ces bons en représailles aux menaces de Trump, cela ferait grimper les taux d’intérêt américains dans tous les domaines, y compris pour les prêts immobiliers.




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En d’autres termes, une dispute géopolitique sur le Groenland peut directement affecter le portefeuille des Américains qui souhaitent devenir propriétaires, illustrant le degré d’interdépendance entre politique étrangère et marché immobilier. C’est le facteur qui peut in fine freiner Donald Trump : la protestation dans les urnes des acquéreurs mécontents.

Loger la génération Z sans ruiner les boomers : une équation sans solution ?

Acheter une maison est la composante de base du « rêve américain ». Une accélération de la construction de nouveaux logements pourrait théoriquement permettre à plus d’Américains de le réaliser. En plus des obstacles pratiques déjà évoqués, cette augmentation poserait un inconvénient majeur : diminuer mécaniquement la valeur des biens immobiliers par la hausse de l’offre. Or la résidence principale est la première source de richesses des ménages. Si son prix diminue, c’est un manque à gagner pour tous les propriétaires actuels, de la génération des « boomers » pour la plupart. Aucune majorité n’a intérêt à se les mettre à dos.

Dans le même temps, l’âge médian du premier achat immobilier a atteint un record de 40 ans en 2025, contre 33 ans en 2020 et 29 ans en 1981. La part des primo-accédants est tombée à un niveau historiquement bas de 21 %. C’est un recul du niveau de vie pour plusieurs générations d’Américains. Cette évolution reflète les obstacles croissants à l’entrée sur le marché immobilier et contribue à retarder d’autres étapes importantes de la vie des jeunes adultes.

La solution proposée par l’administration Trump est de tirer vers le bas les intérêts d’emprunt tout en maintenant, voire en augmentant, la valeur des biens immobiliers. Les acquéreurs sont soutenus par deux principales mesures. Un décret du 20 janvier 2026 interdit aux investisseurs l’acquisition de maisons individuelles destinées à la location. L’État fédéral a par ailleurs acquis des titres hypothécaires en masse, ce qui a pour effet de diminuer les taux d’intérêt par une augmentation artificielle de la demande.

Mais, les budgets publics étant contraints, le président a ordonné en janvier 2026 à Fannie Mae et Freddie Mac – les deux agences hypothécaires sauvées par l’État fédéral lors de la crise financière de 2007-2008 – d’acheter pour 200 milliards de dollars de titres adossés à des créances hypothécaires. C’est une intervention très forte dans les mécanismes de marché. L’État se substitue à la Réserve fédérale (Fed), pour des effets encore incertains.

Un référendum sur le pouvoir d’achat

Un an et demi après son retour triomphal à la Maison-Blanche, Donald Trump s’apprête à affronter un test électoral crucial : les élections de mi-mandat de novembre 2026. Le logement pourrait bien devenir le talon d’Achille des Républicains. Les bastions conservateurs du Montana, de l’Idaho, du Tennessee et du Texas – ces États « rouges » où les prix du logement ont explosé –risquent de sanctionner une administration qui a promis l’accessibilité mais n’a pu contenir l’inflation immobilière.

Le risque politique est majeur. Si Trump s’aliène les jeunes générations qui ne peuvent plus acheter une résidence principale et entrent plus tard dans l’emploi du fait des transformations de l’IA, celles-ci pourraient bouder les urnes, ou préférer le camp d’en face. Les démocrates l’ont bien compris après l’élection de Zohran Mamdani à New York, mais surtout avec les deux victoires dans le New Jersey et la Virginie.

Dans les quelques États clés où se joueront les majorités au Congrès, le logement abordable est devenu leur principal argument de campagne. Si les taux d’intérêt et les loyers continuent leur ascension, novembre 2026 pourrait marquer un tournant. La géopolitique trumpiste – avec sa politique commerciale erratique et ses menaces sur l’Europe – aura alors produit son effet le plus inattendu : transformer la crise du logement en crise politique, et faire de l’immobilier le champ de bataille décisif des Midterms.


Élisa Chelle est l’auteure de La Démocratie à l’épreuve du populisme. Les leçons du trumpisme, (Odile Jacob, 2025).

The Conversation

Elisa Chelle a reçu des financements de l’Institut universitaire de France.

ref. Midterms 2026 : le logement, talon d’Achille de Trump – https://theconversation.com/midterms-2026-le-logement-talon-dachille-de-trump-274871

Too little, too concentrated: why AI start-up funding in Africa needs rethinking

Source: The Conversation – France in French (3) – By Claire Zanuso, PhD, économiste du développement, chargée de recherche et d’évaluation / Development economist, research and evaluation officer, Agence Française de Développement (AFD)

One year after the AI Summit in Paris, the international community will meet again this week in New Delhi for the Global Summit on Artificial Intelligence, whose objective will notably be to support the diffusion of AI uses in developing countries. In Africa, AI and Tech investment remains concentrated in the “Big Four” – South Africa, Egypt, Kenya and Nigeria – at the expense of other countries across the continent. This analysis explores the causes of this imbalance and the levers that could be used to better direct capital.

Between 2015 and 2022, investment in African start-ups experienced unprecedented growth: the number of start-ups receiving funding increased more than sevenfold, driven by the expansion of mobile technologies, fintech and a massive inflow of international capital. However, from 2022 onwards, tighter economic conditions led to a “funding squeeze” (a reduction in venture capital investment) that was more severe for African start-ups than in other regions of the world. This trend further reinforced the concentration of capital in the countries with the most developed start-up ecosystems, namely South Africa, Egypt, Kenya and Nigeria.

There is, however, a strong case for ensuring that these investments are more evenly distributed across the continent. Beyond stimulating economic activity, the technological innovations developed by these start-ups represent a significant lever for development, as they offer solutions tailored to local contexts: targeted financial solutions, improved agricultural productivity, strengthened health and education systems, and responses to priority climate challenges, etc.

Trends in equity and debt financing granted to technology start-ups in Africa between 2019 and 2024.
Partech, 2024 Africa Tech Venture Capital

Concentration of investment in the Big Four

In the early 2020s, the expression “Big Four” emerged to describe Africa’s main tech markets: South Africa, Egypt, Kenya and Nigeria. The notion, likely inspired by the term Big Tech, suggests the existence of “champion countries” in the technology sector.

In 2024, the Big Four captured 67% of equity tech funding (investments made in exchange for shares in technology companies). In detail, the shares captured by each country were distributed as follows: around 24% for Kenya, 20% for South Africa, and 13.5% each for Egypt and Nigeria.

This funding cluster is not only geographical; it also has a strong sectoral dimension. Capital is largely directed toward sectors perceived as less risky, such as digital finance or “fintech”, often at the expense of areas such as edtech and cleantech – that is, technologies dedicated to education and to environmental solutions, respectively.

An estimated 60%-70% of funds raised in Africa come from international investors, particularly for funding rounds over 10-20 million dollars. These investments, often concentrated in more structured markets, represent the most visible transactions, but also those considered the least risky.

Emerging peripheral ecosystems and potential that remains insufficiently converted into investment

While the Big Four concentrate the majority of investment, several African countries now demonstrate proven potential in AI and a pool of promising start-ups, without capturing investment volumes commensurate with that potential.

Countries such as Ghana, Morocco, Senegal, Tunisia and Rwanda form an emerging group whose members have favourable AI fundamentals but remain underfunded. This gap is all the more striking given that Ghana, Morocco and Tunisia, all of which have dynamic start-up pools, together account for around 17% of African technology companies outside the Big Four. At the same time, local financial structures struggle to meet these funding needs in geographies perceived as peripheral.

This difficulty in attracting investment can be explained in particular by institutional and business ecosystems that still need strengthening, as the performance of technology companies relies on the existence of structured entrepreneurial ecosystems that enable access to knowledge, skilled labour, and support mechanisms (accelerators, incubators and investors).

Finally, it is important to recall that these weaknesses are part of a broader context: in 2020, the entire African continent accounted for only 0.4% of global venture capital flows and currently represents just 2.5% of the global AI market. Emerging countries outside the Big Four are therefore mechanically disadvantaged in a competition that is already highly concentrated.

Distribution of venture capital (equity) investment in African technology start-ups by country.
Partech, 2024 Africa Tech Venture Capital

Steering investment to prepare countries for AI

To attract capital toward AI start-ups, a country must itself be ready for AI. The adoption of AI at the national level does not depend solely on technological factors. The AI Investment Potential Index (AIIPI), a research initiative, highlights that this adoption also relies on economic, political and social factors. As a result, increasing a country’s AI potential requires not only strengthening energy and connectivity infrastructure, but also improving governance standards, public sector effectiveness and human capital.

Priority actions vary depending on countries’ level of advancement in AI. In more advanced countries, such as South Africa or Morocco, the challenge is more about supporting research, optimising AI applications and attracting strategic investment. In countries with more moderate scores, priorities tend to focus on strengthening connectivity infrastructure, human capital and regulatory frameworks.

The platform aipotentialindex.org enables, among other things, to visualise the index’s results at a global level and to identify the areas in which countries can invest to increase their AI investment potential (research, government effectiveness, connectivity, human capital, AI strategies, etc.). The AIIPI helps investors not only identify countries that are already advanced in AI, but also those with untapped potential. For public decision-makers and development actors, it provides a framework for prioritising reforms and investment.

Visualisation of AI investment potential in Africa: the darker the colour, the higher the potential.
aipotentialindex.org
Country Profile tool applied to Ghana. Ghana shows strong potential for AI investment. Start-ups such as Ghana Liquify, supported by Digital Africa, which facilitates bill payments for SMEs, illustrate the country’s entrepreneurial dynamism.
aipotentialindex.org

Sovereign funds and instruments dedicated to new technologies

Once a country’s AI investment strategy has been defined, the question of AI financing instruments arises. At the continental level, several instruments dedicated to technology and AI are emerging. Development finance institutions, such as the African Development Bank or the West African Development Bank, are launching initiatives aimed at supporting the growth of the continent’s digital economy.

At national level, African Sovereign Wealth Funds (SWFs) provide an additional channel to support AI and start-up financing across the continent. These funds, such as the Mohammed VI Fund in Morocco or the Pula Fund in Botswana, mobilise public savings for long-term economic development and work in partnership with development banks.

Partnerships as powerful levers for start-up financing

Financing digital and AI infrastructure alone is not enough to build start-up ecosystems capable of driving economic growth. International public-private partnerships also play a significant role. The Choose Africa 2 initiative, led by AFD and Bpifrance, aims to address financing constraints facing entrepreneurship across the continent, particularly at the earliest stages. Support mechanisms, like Digital Africa, bringing together public actors and local partners enable small-ticket investments in early-stage “Tech for Good” start-ups, whose technologies generate strategic, social and environmental impact.

While these mechanisms are not enough on their own to correct investment imbalances, they can nevertheless help broaden access to financing beyond the ecosystems that are traditionally best resourced.

Central political, strategic and legal leadership

Financial investment alone is not sufficient and must be supported by strong political ambition. Legislative and strategic frameworks put in place at national and continental levels are key structural levers for the growth of digital start-ups in Africa.

On the one hand, strategies led by the African Union, including the Digital Transformation Strategy for Africa, the Continental Artificial Intelligence Strategy and the African Digital Compact, provide roadmaps enabling states to accelerate digital transformation. There are also national-level instruments, such as Tunisia’s “Start-up Act” law or national AI strategies, such as the one published by Ghana, which sets out the country’s ambition to become Africa’s “AI Hub.”

Finally, a major political commitment was made at last April’s Global AI Summit in Kigali, where 52 African countries announced the creation of a 60-billion-dollar African AI Fund combining public, private and philanthropic capital. This initiative illustrates a strategic ambition across the continent: positioning Africa around these emerging technological challenges. However, these AI-focused funds may face governance and financial structuring challenges. There remains a risk that they could reproduce asymmetries already observed in sovereign wealth funds if transparency mechanisms are not put in place. Their impact will, therefore, depend on the establishment of standards and governance tools adapted to emerging technological challenges.

These frameworks create the initial conditions needed for the emergence of local AI solutions and provide a structuring strategic framework. Their impact on investor confidence will, however, depend on how effectively they are aligned with appropriate financing mechanisms and strengthened local capacities.


This article was co-written with Anastesia Taieb, Innovation Officer at AFD, and Emma Pericard, Digital Africa’s representative to the EU.


A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!


The Conversation

Claire Zanuso ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Too little, too concentrated: why AI start-up funding in Africa needs rethinking – https://theconversation.com/too-little-too-concentrated-why-ai-start-up-funding-in-africa-needs-rethinking-276100

Des États-Unis ébranlés par leur offensive de « domination énergétique » ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Patrice Geoffron, Professeur d’Economie, Université Paris Dauphine – PSL

Cela pourrait bien être la quadrature du cercle énergétique : peut-on à la fois être une puissance mondiale exportatrice et promettre à ses électeurs de baisser le prix de l’énergie ? Si on ajoute le frein mis sur les renouvelables, on se retrouve dans la situation des États-Unis de Donald Trump. Les promesses et les actions contradictoires ne touchent pas de la même façon tous les États. Si les gagnants se frottent les mains, les perdants se rebelleront-ils ? Et, dans ce cas, comment dit-on « gilet jaune » du côté du Dakota ?


Un an s’est écoulé depuis que Donald Trump a prêté serment pour son second mandat. Sa campagne de 2024 s’était construite sur la promesse du « retour de l’abondance ». L’un des engagements était de diviser par deux les factures énergétiques des Américains en douze à dix-huit mois, en « libérant » les hydrocarbures des réglementations de l’administration Biden. Un an après, le bilan d’étape de cette politique énergétique révèle un contraste saisissant entre promesses et réalités.

L’exploitation massive des énergies fossiles a effectivement battu des records, faisant des États-Unis le premier producteur et exportateur mondial de pétrole et de gaz. Mais cette « domination énergétique » se construit aux dépens des ménages et des entreprises américaines, qui font face à des coûts en nette hausse, à rebours des espoirs suscités. Analyse d’un piège économique qui se referme sur la base électorale du président républicain et résonne mal avec les promesses de l’America First.

Le retour de l’inflation

Le 20 janvier 2025, jour de son investiture, le nouveau président signait une déclaration d’« urgence énergétique nationale ». Ce texte a activé des leviers d’exception, notamment pour contourner les études d’impact environnemental. L’offensive s’est poursuivie avec le One Big Beautiful Bill Act, promulgué en juillet 2025, qui a enclenché le démantèlement de l’Inflation Reduction Act (IRA), ciblant les subventions à l’éolien et au solaire.




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L’idée maîtresse de ces trumponomics était que la suppression de ces subventions, couplée à une dérégulation massive, permettrait de baisser le prix des « vraies énergies », c’est-à-dire les fossiles. Pourtant, le ruissellement de cette abondance vers les ménages s’est brisé sur deux écueils : l’intégration mondiale des marchés et la révolution de l’IA.

Les chiffres de l’inflation publiés par le Bureau of Labor Statistics pour l’année 2025 dessinent un tableau problématique. Une baisse est certes enregistrée sur les carburants liquides (– 7,5 % sur 12 mois), mais sans rapport avec ce qui avait été promis (passer de 3 à 2 $, entre 2,54 et 1,69 €, le gallon, soit une baisse d’un tiers). L’administration Trump ne manque évidemment pas de mettre en scène la baisse (même timide) de cet indicateur qui s’affiche en lettres néon au bord des routes. Mais, dans l’intimité des foyers, l’inflation énergétique est douloureusement ressentie. Sur la même période, l’électricité a augmenté de 6,3 % et le gaz naturel de 9,8 %.

Les États républicains en première ligne

L’organisation Public Citizen estime que, sur les neuf premiers mois de 2025, les consommateurs américains ont payé 12 milliards de dollars (plus de 10 milliards d’euros) de plus pour leur gaz par rapport à 2024. Ce choc frappe de plein fouet les États du Nord et du Midwest, souvent des bastions électoraux clés pour les républicains, où l’hiver 2025-2026 est particulièrement rude.

Ces tensions sont d’autant plus aiguës que la Maison-Blanche a également rendu plus difficile l’accès des Américains aux aides, avec la suppression de crédits d’impôt pour les améliorations énergétiques des logements visant à réduire les coûts. Elle a également restreint le programme d’aide énergétique aux ménages à faibles revenus (LIHEAP), qui soutenait chaque année 6 millions de familles américaines pour le paiement de leurs factures. Le programme a survécu, mais il a été considérablement entravé après que l’administration avait licencié l’ensemble du personnel du LIHEAP, dès le début du mandat.

L’importation de la volatilité mondiale

La politique d’exportation produit des effets mécaniques, à rebours des promesses présidentielles de baisse des factures énergétiques. Sous l’administration précédente, un moratoire et des contraintes logistiques limitaient les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL). Donald Trump, en levant tous les freins à l’exportation dès janvier 2025 et en inaugurant de nouveaux terminaux sur la côte du Golfe du Mexique, a contribué au bond des exportations de près de 25 % en un an. Mais, cela a une conséquence : le prix du gaz américain ne dépend plus seulement de facteurs locaux, mais de la demande à Paris, Berlin ou à Shanghai.

En voulant faire des États-Unis la « superpuissance énergétique », l’administration a importé la volatilité mondiale sur le sol américain. Et le pire est à venir, car si l’Energy Information Administration (EIA) prévoit une pause en 2026, les prix de gros du gaz pourraient croître de… 33 % en 2027 (avec la mise en service de nouvelles infrastructures d’exportation).

Ce dilemme révèle l’impossibilité à maximiser la rente d’exportation des producteurs et tout en protégeant les consommateurs locaux d’une hausse de prix. Entre les profits de l’industrie gazière (soutiens majeurs du Parti républicain) et le pouvoir d’achat des ménages, la politique a tranché en faveur des premiers, créant une tension interne au sein même de la coalition trumpiste, entre les « globalistes » de l’énergie et les « localistes » du pouvoir d’achat.

Voracité électrique des data centers

Le prix de l’électricité est à la fois tiré vers le haut par celui du gaz et par les besoins de l’IA, qui a cessé d’être virtuelle pour devenir un problème d’infrastructure physique lourde. Les data centers nécessaires pour faire tourner les modèles de langage et le cloud computing sont devenus de nouveaux ogres énergétiques, de sorte que la demande électrique de ce secteur est en train de doubler, voire de tripler dans certaines régions. Et le réseau électrique américain, déjà vieillissant, sature par endroits. La loi de l’offre et de la demande joue à plein face à une capacité de production qui peine à suivre et des goulets d’étranglement dans les lignes à haute tension, de sorte que les prix de gros s’envolent. Selon l’EIA, la moyenne des prix de gros régionaux a augmenté de 23 % en 2025, progression qui pourrait se poursuivre à hauteur de 8 % en 2026.

La responsabilité de l’administration Trump est, a minima, engagée par omission. En supprimant les incitations aux énergies renouvelables, elle a réduit le déploiement de nouvelles capacités rapides à installer (solaire, éolien, batteries). Et le One Big Beautiful Bill Act a créé un attentisme chez les investisseurs verts, alors même que la demande explosait. Pour combler le trou, le réseau s’est tourné vers les solutions de dernier recours, souvent les plus chères à opérer dans un contexte de prix du gaz croissant.

Le retour du charbon

Face à la pénurie, les États-Unis ont également réactivé leur assurance-vie du XXe siècle : la production électrique charbonnière a augmenté de 13 % en 2025, une première après des années de déclin. Des centrales thermiques qui devaient fermer ont été prolongées par décrets. Si cela a permis d’éviter des black-out majeurs, ce choix a un coût, car le charbon n’est plus l’énergie « bon marché » d’antan. Extraire, transporter et brûler du charbon dans des centrales en fin de vie, coûte cher, surtout comparé au coût marginal nul du solaire. D. Trump, habile à orchestrer les symboles, a même obligé le Pentagone à signer un contrat d’approvisionnement en électricité produite au charbon. Sans surprises, ce retour du charbon a fait repartir les émissions de CO₂ à la hausse (+ 2,4 % en 2025).

Autre contradiction : la promesse de réindustrialisation reposait sur un avantage compétitif majeur : une énergie abondante et à prix cassé par rapport à l’Europe ou l’Asie. Or, cet avantage s’érode avec un gaz plus cher et une électricité volatile, les secteurs électro-intensifs (acier, aluminium, pétrochimie, engrais) voient leurs atouts érodés, d’autant que les droits de douane rehaussent le coût de certaines matières premières importées. L’incertitude réglementaire créée par l’abolition de l’IRA réduit, en outre, la capacité des industriels à signer des contrats d’achat d’énergie verte à long terme, qui leur offrent une visibilité sur quinze ou vingt ans.

Des gagnants et des perdants

Cette crise énergétique ne frappe pas les États-Unis de manière uniforme. Une géographie des tensions sur les prix émerge, débouchant sur des tensions politiques régionales. Les États du Sud-Est (comme la Floride ou la Géorgie), très dépendants du gaz naturel pour leur électricité et historiquement réticents aux renouvelables, subissent les hausses les plus fortes. À l’inverse, des États comme l’Iowa ou le Kansas, qui ont massivement investi dans l’éolien au cours de la décennie précédente, ou la Californie avec vaste parc solaire, amortissent mieux le choc. Bien que l’électricité californienne reste chère dans l’absolu, ses prix ont tendance à se stabiliser voire à baisser légèrement grâce à la pénétration massive des renouvelables, à rebours de la tendance nationale.

France 24, 2026.

Cette disparité met à mal le récit national unifié de D.Trump. Les gouverneurs républicains des États producteurs (Texas, Louisiane) se félicitent du boom économique local lié aux exportations. Simultanément, les élus du même parti dans les États consommateurs doivent répondre à la colère de leurs électeurs, confrontés aux factures qui flambent.

Vers une « gilet-jaunisation » états-unienne ?

À l’orée de 2026, l’administration Trump se trouve face à une impasse stratégique. Le pari de la baisse des prix par la seule production fossile a échoué car il a ignoré le levier de la demande (sobriété et efficacité énergétique) et la réalité des marchés internationaux. Politiquement, le danger est réel, car l’inflation énergétique nourrit un sentiment de déclassement et d’injustice. Tyson Slocum, directeur du programme énergie de l’organisation Public Citizen, résume la situation :

« La priorité donnée par Trump aux exportations de GNL est directement en contradiction avec les efforts pour rendre l’énergie abordable. Les coûts énergétiques des ménages ont grimpé trois fois plus vite que l’inflation générale. »

Même si le pouvoir cherche à reporter la responsabilité sur les responsables démocrates, le slogan « Drill, baby, drill » risque de virer au « Pay, baby, pay »…

Pour sortir du piège, Donald Trump devra peut-être commettre l’impensable pour son camp : admettre que dans un monde globalisé et numérisé, l’indépendance énergétique et les prix bas ne passent plus seulement par des puits de pétrole et de gaz, mais aussi par la maîtrise de la demande, la modernisation des réseaux et, ironiquement, ces énergies renouvelables qu’il met toute son énergie à démanteler.

Sous pression, le pouvoir trumpiste pourrait également décider de réduire les volumes d’exportation de gaz, notamment vers l’Europe qui en est la principale destination, revenant aux racines de l’America First. Motivation essentielle de l’effort de décarbonation dans l’Union européenne (UE), pour réduire ces menaces sur la sécurité d’approvisionnement, et sortir de la zone de domination énergétique américaine.

The Conversation

Patrice Geoffron est membre fondateur de l’Alliance pour la Décarbonation de la Route. Il siège dans différents conseils scientifiques: CEA, CRE, Engie.

ref. Des États-Unis ébranlés par leur offensive de « domination énergétique » ? – https://theconversation.com/des-etats-unis-ebranles-par-leur-offensive-de-domination-energetique-275941

La loi de Moore ayant atteint ses limites, que nous réserve l’avenir de l’informatique ?

Source: The Conversation – in French – By Domenico Vicinanza, Associate Professor of Intelligent Systems and Data Science, Anglia Ruskin University

Pendant près d’un demi-siècle, le nombre de transistors sur une puce a doublé approximativement tous les deux ans. Sax/Shutterstock

Après un demi-siècle de gains réguliers en puissance de calcul, l’informatique entre dans une nouvelle ère. La miniaturisation ne suffit plus : les progrès dépendent désormais de l’architecture, de l’énergie et de logiciels optimisés.


Pendant un demi-siècle, l’informatique a progressé de manière rassurante et prévisible. Les transistors – ces dispositifs qui servent à contrôler le passage des signaux électriques sur une puce informatique – sont devenus de plus en plus petits, ce qui permet d’en amasser davantage sur une seule puce. En conséquence, les puces ont gagné en rapidité, et la société a intégré ces avancées presque sans s’en rendre compte.

Ces puces plus rapides ont offert une puissance de calcul accrue en permettant aux appareils d’exécuter les tâches plus efficacement. On a ainsi vu les simulations scientifiques s’améliorer, les prévisions météorologiques gagner en précision, les images devenir plus réalistes, puis les systèmes d’apprentissage automatique émerger et se développer. Tout se passait comme si la puissance de calcul obéissait à une loi naturelle.

La fin des certitudes

Ce phénomène a pris le nom de loi de Moore, d’après l’homme d’affaires et scientifique Gordon Moore. Elle résumait l’observation empirique selon laquelle le nombre de transistors sur une puce doublait approximativement tous les deux ans. Cela permettait aussi de réduire la taille des appareils et alimentait en conséquence la miniaturisation.

Ce sentiment de certitude et de prévisibilité a désormais disparu, non pas parce que l’innovation se serait arrêtée, mais parce que les hypothèses physiques qui la soutenaient autrefois ne sont plus valables.

Qu’est-ce qui remplace alors l’ancien modèle d’augmentation automatique des performances ? La réponse ne tient pas à une seule avancée technologique, mais à plusieurs stratégies qui se superposent.

De nouvelles approches

L’une d’elles repose sur de nouveaux matériaux et de nouvelles architectures de transistors. Les ingénieurs améliorent encore leur conception afin de limiter les pertes d’énergie et les fuites électriques indésirables. Ces évolutions apportent des gains plus modestes et plus progressifs qu’autrefois, mais elles permettent de mieux maîtriser la consommation énergétique.

Une autre approche consiste à modifier l’organisation physique des puces. Au lieu de disposer tous les composants sur une surface plane unique, les puces modernes empilent de plus en plus les éléments les uns sur les autres ou les rapprochent davantage. Cela réduit la distance que doivent parcourir les données, ce qui permet de gagner à la fois en temps et en énergie.

Le changement le plus important est sans doute la spécialisation. Au lieu de confier toutes les tâches à un unique processeur polyvalent, les systèmes modernes combinent différents types de processeurs. Les unités de traitement traditionnelles, ou CPU, assurent le contrôle et la prise de décision. Les processeurs graphiques sont des unités de calcul très puissantes, conçues à l’origine pour répondre aux exigences du rendu graphique dans les jeux vidéo et d’autres usages. Les accélérateurs d’IA (du matériel spécialisé qui accélère les tâches liées à l’intelligence artificielle) se concentrent sur l’exécution en parallèle d’un très grand nombre de calculs simples. Les performances dépendent désormais de la manière dont ces composants fonctionnent ensemble, plutôt que de la vitesse de chacun pris isolément.

Des technologies expérimentales

Parallèlement à ces évolutions, les chercheurs explorent des technologies plus expérimentales, notamment les processeurs quantiques (qui exploitent les principes de la physique quantique) et les processeurs photoniques, qui utilisent la lumière plutôt que l’électricité.

Il ne s’agit pas d’ordinateurs polyvalents, et ils ont peu de chances de remplacer les machines classiques. Leur intérêt réside dans des domaines très spécifiques, comme certains problèmes d’optimisation ou de simulation, pour lesquels les ordinateurs traditionnels peinent à explorer efficacement un grand nombre de solutions possibles. En pratique, ces technologies doivent être envisagées comme des coprocesseurs spécialisés, utilisés de manière ciblée et en complément des systèmes traditionnels.

Pour la plupart des usages informatiques du quotidien, les progrès des processeurs conventionnels, des systèmes de mémoire et de la conception logicielle resteront bien plus déterminants que ces approches expérimentales.

Pour les utilisateurs, l’ère post-Moore ne signifie pas que les ordinateurs cesseront de s’améliorer. Cela veut juste dire que les progrès se manifesteront de manière plus inégale et plus dépendante des usages. Certaines applications — comme les outils fondés sur l’IA, le diagnostic, la navigation ou la modélisation complexe — pourraient connaître de vraies avancées, tandis que les performances généralistes progresseront plus lentement.

Nouvelles technologies

Lors de la conférence Supercomputing SC25 à Saint-Louis, plusieurs systèmes hybrides associant CPU (processeurs), GPU (processeurs graphiques) et technologies émergentes — comme les processeurs quantiques ou photoniques — ont été présentés comme des prolongements concrets de l’informatique classique. Pour l’immense majorité des usages quotidiens, ce sont toutefois les progrès des processeurs traditionnels, des mémoires et des logiciels qui continueront d’apporter les gains les plus significatifs.

On note un intérêt croissant pour les dispositifs quantiques et photoniques comme coprocesseurs, et non comme remplaçants. Ils sont particulièrement utiles pour des problèmes très spécifiques, comme l’optimisation ou le routage complexes, où les machines classiques seules peinent à trouver des solutions efficaces.

Dans ce rôle d’appoint, ils offrent un moyen crédible d’allier la fiabilité de l’informatique classique à de nouvelles techniques de calcul, élargissant ainsi les capacités des systèmes.

Un nouveau récit

La suite n’est pas une histoire de déclin, mais un processus de transformation et d’évolution permanentes. Les progrès en informatique reposent désormais sur la spécialisation des architectures, une gestion rigoureuse de l’énergie et des logiciels conçus en tenant pleinement compte des contraintes matérielles. Le risque est de confondre complexité et inéluctabilité, ou narratifs marketing et problèmes réellement résolus.

L’ère post-Moore impose une relation plus réaliste avec l’informatique : la performance n’est plus un acquis automatique lié à la miniaturisation des transistors, mais un résultat qu’il faut concevoir, justifier et payer – en énergie, en complexité et en compromis.

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Domenico Vicinanza ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La loi de Moore ayant atteint ses limites, que nous réserve l’avenir de l’informatique ? – https://theconversation.com/la-loi-de-moore-ayant-atteint-ses-limites-que-nous-reserve-lavenir-de-linformatique-274553

Les fusions de communes tiennent-elles leurs promesses  ?

Source: The Conversation – in French – By Gabriel Bideau, Géographe, Université Paris Cité

L’entrée d’Épinay-le-Comte, membre de la commune nouvelle de Passais-Villages, formée en 2016 de la fusion de trois communes de l’Orne, en Normandie. Gabriel Bideau, Fourni par l’auteur

Les 15 et 22 mars prochains, les Français voteront pour élire leurs conseils municipaux. Certains d’entre eux voteront dans des « communes nouvelles », créées par fusion de plusieurs communes. Dix ans après les premières vagues importantes de regroupements, le recul est suffisant pour proposer un premier bilan de cette politique.


L’idée (discutable) selon laquelle il serait nécessaire de réduire le nombre de communes françaises est ancienne et répétée par plusieurs acteurs : le gouvernement vient d’ailleurs d’accélérer l’examen d’un projet de loi sur ce sujet.

Plusieurs mesures ont été prises ces dernières années pour encourager les communes à se regrouper. Ainsi, le statut de « commune nouvelle » a été créé en 2010, et amendé à plusieurs reprises : il permet le regroupement – certains acteurs répugnent à parler de « fusions » – de plusieurs communes au sein d’une nouvelle entité. Celle-ci détient alors toutes les compétences communales mais a la possibilité de maintenir en son sein une existence légale (bien que largement symbolique) pour les anciennes communes, devenant « communes déléguées ». Des incitations fiscales ont également été instituées depuis 2014.

Aujourd’hui, on compte 844 communes nouvelles, rassemblant 2 724 communes historiques et près de 3 millions d’habitants. Alors que les communes nouvelles créées en 2015 (année de la première vague importante de fusions) ont passé leur première décennie et à l’approche des élections municipales de mars 2026, il est opportun de faire un point d’étape sur ce phénomène, entre autres car il fait l’objet d’un certain nombre d’idées reçues.

Idée reçue n°1 : « Les communes qui fusionnent sont les toutes petites communes rurales »

Verdict : Plutôt faux

La politique de réduction du nombre de communes en France s’appuie sur l’idée qu’il y aurait trop de communes de toute petite taille. Il est vrai que les communes françaises sont moins peuplées que les entités comparables dans d’autres pays, et qu’elles sont plus nombreuses.

Cependant, le raisonnement selon lequel il faudrait réduire le nombre de communes pour que, en fusionnant, elles arrivent à rassembler chacune une « masse critique » en termes de population est pour le moins débattu. Les différentes études portant sur une éventuelle « taille optimale » ont bien du mal à l’identifier : il n’existe pas de seuil démographique au-delà duquel une commune serait plus efficace qu’en dessous.

En partant néanmoins du principe, débattu donc, que les toutes petites communes poseraient problème pour l’efficacité de l’action publique, les fusions permettent-elles de résoudre cette difficulté ? Globalement, non.

Les toutes petites communes (moins de 200 habitants) sont plutôt sous-représentées dans les communes fusionnantes par rapport à la proportion qu’elles représentent dans l’ensemble des communes françaises. Les communes qui fusionnent ont en effet une population médiane (404 habitants) proche de celle des autres communes (426 habitants).

Au final, la proportion de communes de moins de 200 habitants est passée, depuis 2012, de 25,9 % à 25,4 %. Si l’objectif premier de la politique des communes nouvelles était de réduire drastiquement le nombre de très petites communes, on peut dire selon l’adage que, faute d’être un échec, « ça n’a pas marché ».

Les très petites communes ne sont pas surreprésentées parmi les communes fusionnantes

Un graphique montrant la proportion de communes fusionnantes comparée à la proportion des communes inchangées, par tranches de population
Ce graphique illustre la proportion de communes fusionnantes (en rouge) comparée à la proportion de communes inchangées (en bleu), par tranche de population. On peut voir qu’il n’y a pas de surreprésentation des petites communes parmi les communes fusionnantes, puisqu’aucune différence significative entre leur proportion parmi les communes fusionnantes et parmi les communes inchangées n’existe. Seule exception : les communes entre 200 et 500 habitants, légèrement surreprésentées parmi les communes fusionnantes (32 %, contre 29 % des communes inchangées).
Fourni par l’auteur

Les communes fusionnantes ne sont pas non plus systématiquement rurales. Ainsi, 6,7 % des communes fusionnantes sont dans une agglomération. Cela paraît peu, mais sur l’ensemble des communes françaises les communes situées en agglomération ne représentent que 12,7 %. Les communes nouvelles sont donc un peu plus fréquentes dans les espaces éloignés des pôles urbains, sans toutefois y être limitées.

Idée reçue n°2 : « Les fusions communales permettent de mettre en cohérence les territoires vécus et les territoires administratifs »

Verdict : C’est plus compliqué

François Baroin, qui clôturait en 2017 en tant que président de l’Association des maires de France (AMF) la 3ᵉ rencontre des communes nouvelles, considérait que « ce sont les bassins de vie qui ont créé les conditions de l’avancement de la coopération entre les communes », faisant sans doute référence à l’idée d’un espace au sein duquel les individus se déplacent pour leur travail, leurs loisirs et leurs achats.

Or, les communes nouvelles ne se créent que partiellement en cohérence avec les territoires vécus. Si on s’intéresse aux communes fusionnantes qui appartenaient à une aire urbaine en 2014 (avant la très grande majorité des fusions), 35 % d’entre elles ont fusionné avec d’autres communes n’appartenant pas à la même aire urbaine. Si on s’intéresse spécifiquement aux déplacements domicile-travail, dans 72 % des cas le principal flux sortant de la commune fusionnante ne va pas vers une commune avec laquelle elle fusionne, mais vers une commune tierce. Il y a donc bien persistance d’une différence entre le maillage administratif et les territoires pratiqués et vécus par les habitants.

Idée reçue n°3 : « Les fusions communales permettent de faire des économies d’échelle »

Verdict : Plutôt faux

Des acteurs comme l’AMF mettent en avant l’idée que les fusions permettraient presque automatiquement de réaliser des économies d’échelle, c’est-à-dire de mutualiser des coûts pour faire baisser les dépenses totales. Or, une étude des évolutions budgétaires entre 2011 et 2022 contredit ce présupposé. Ces résultats se retrouvent également dans une étude portant sur les communes créées en 2016, 2017 et 2019. On n’observe pas une diminution des dépenses : bien au contraire, en général celles-ci augmentent nettement dans les années suivant la fusion.

Par exemple, si on regarde spécifiquement l’évolution entre 2011 et 2022 des charges de fonctionnement des communes (c’est-à-dire leurs dépenses hors investissement), le groupe des communes fusionnantes a connu une augmentation plus importante (+31 %) que le groupe des autres communes françaises (+28 %).

Un processus mené par le haut, qui semble favoriser l’abstention

Deux derniers points peuvent être relevés.

Tout d’abord, le passage en commune nouvelle est décidé par les conseils municipaux des communes fusionnantes, qui n’ont pas l’obligation de consulter la population. Fréquemment, les élus ne lui laissent d’ailleurs qu’une place limitée dans la construction des décisions, soit par crainte d’ouvrir une « boîte de Pandore » démocratique poussant à la remise en question systématique des décisions prises, soit par méfiance envers les décisions des populations, perçues comme peu éclairées. Un maire interrogé dans le cadre de mes travaux affirmait ainsi en 2016 : « Les gens vont voter pour quelque chose, mais ils ne savent pas forcément tout à fait les tenants et les aboutissants. Donc […] à mon avis, ce n’est pas la bonne solution. »

Par exemple, concernant le nom de la nouvelle commune, il est fréquent que les administrés soient invités à en proposer, voire à voter pour celui qu’ils préfèrent. En revanche, ce sont les élus qui vont conserver la main sur la décision finale ou sur les modalités de choix (par exemple en décidant des noms qui seront soumis à la consultation), permettant, in fine, d’orienter le vote. Cela pose la question de la place réelle laissée aux populations dans ces formes de participation ou de consultation.

Enfin, on observe aussi une montée de l’abstention dans les communes nouvelles. Ainsi, entre 2014 et 2020, la participation aux élections municipales a diminué de manière bien plus importante dans les communes nouvelles que dans les communes inchangées : le pourcentage de votants par rapport au nombre d’inscrits a baissé de 21 % dans les communes nouvelles entre 2014 et 2020, contre une baisse de 15 % pour les communes inchangées. Certes, la diminution généralisée de la participation s’explique par le contexte pandémique. Mais celui-ci n’a, a priori, pas touché différemment les communes nouvelles, quelle que soit leur taille.

Chaque élément présenté ici ne peut, à lui seul, délégitimer les communes nouvelles. Il est évident que certains projets de fusion font sens et remplissent les objectifs qu’ils se sont fixés, comme la mutualisation de structures ou de personnels, la montée en compétence des équipes communales ou l’aboutissement de décennies de collaborations concernant des services aux populations ou des équipements. Mesurer ces effets bénéfiques est d’ailleurs complexe, et mériterait des analyses encore à conduire.

Il serait toutefois souhaitable que les réflexions sur les communes nouvelles prennent en compte toutes les données en jeu, sans idées préconçues, et que les décisions de regroupement soient prises sur des bases saines. Les fusions sont parfois comparées à des mariages, or ce n’est pas parce qu’on peut observer des couples heureux que tout le monde doit se marier, a fortiori avec n’importe qui !

Il faut en tout cas appeler à ce que les prochaines semaines de campagne à l’échelon municipal, outre les questions programmatiques et partisanes qui ne manqueront pas, soient aussi l’occasion de débattre de ces enjeux liés aux communes nouvelles pour que, dans les communes qui ont fusionné comme dans celles qui pourraient l’envisager, le débat démocratique soit nourri et éclairé.

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Gabriel Bideau ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Les fusions de communes tiennent-elles leurs promesses  ? – https://theconversation.com/les-fusions-de-communes-tiennent-elles-leurs-promesses-273486

Quand la Coupe d’Afrique des nations réactive les tensions au sein de l’Afrique

Source: The Conversation – in French – By Jean-Loup Amselle, Anthropologue et ethnologue, directeur d’études émérite à l’EHESS, chercheur à l’Institut des mondes africains (IRD-CNRS-Panthéon Sorbonne-Aix-Marseille-EHESS-EPHE), Institut de recherche pour le développement (IRD)

La finale Maroc‑Sénégal a tourné au chaos. La suite des événements a vu une large mobilisation des imaginaires opposant Afrique du Nord « blanche » et Afrique subsaharienne « noire ».


Dans un article rédigé à l’époque des faits, j’avais tenté de montrer que le refus du footballeur du PSG et de l’équipe du Sénégal Idrissa Gana Gueye de porter le maillot LGBTQIA+ lors de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie en mai 2022 avait cristallisé les tensions entre les milieux footballistiques français et sénégalais, et au-delà, entre une partie des opinions publiques de ces deux pays, au point de faire apparaître cette affaire comme l’expression d’un antagonisme foncier entre la culture sénégalaise et la culture française.

Le scénario de la crise survenue lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) qui s’est déroulée au stade Moulay-Abdellah de Rabat au Maroc le 18 janvier 2026 est en principe différent puisqu’elle met aux prises deux pays africains – même si, on le verra, le fantôme de l’ancienne puissance coloniale conserve un certain rôle en arrière-plan.

Rappelons tout d’abord le cadre général de cette finale dont la victoire était en quelque sorte programmée pour revenir au pays hôte, le Maroc. En effet, Rabat a dépensé des sommes considérables pour accueillir cet événement, ce qui a provoqué une éruption populaire de jeunes qui auraient préféré voir les crédits affectés à l’organisation de la compétition aller à des équipements scolaires ou à des hôpitaux.

Le tournoi a vu s’affronter de multiples équipes africaines, mais ce qui retient l’attention sur le plan symbolique, perspective choisie ici, ce sont les matchs qui ont opposé des équipes du nord et du sud de l’Afrique, autrement dit du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne.

« La Société archaïque », un ouvrage de référence et une grille de lecture pour la finale

Des tensions avaient déjà été observées dès avant la finale : les Algériens étaient sortis furieux contre l’arbitre sénégalais après leur quart de finale perdu contre le Nigeria, l’accusant de partialité et ajoutant que l’un de ses assistants aurait tenu des propos racistes à leur égard ; durant la demi-finale entre le Maroc et le Nigeria, le gardien nigérian avait vu des ramasseurs de balles locaux voler sa serviette – un épisode qui annonçait l’épisode de la serviette du gardien sénégalais durant la finale que des remplaçants marocains allaient chercher à subtiliser.

C’est bien cette finale entre le Maroc et le Sénégal qui a cristallisé le plus de sanctions, et l’on voudrait ici replacer ce match dans un cadre anthropologique emprunté à Lewis H. Morgan, l’un des pères fondateurs de cette discipline.

Dans la Société archaïque (1877), Morgan retrace l’évolution de l’histoire de l’humanité en définissant trois stades successifs : d’abord la sauvagerie, puis la barbarie (entendue comme une phase intermédiaire, où commencent à naître des structures relativement complexes) et enfin la civilisation. Ce paradigme temporel peut être transformé en un syntagme géographique s’appliquant au climat dans lequel s’est déroulée la finale de cette compétition.

Mais commençons par un bref rappel des faits. Dans le temps additionnel de la rencontre, à la 92ᵉ minute, alors que le score est toujours de 0-0, un but est refusé – à tort ou à raison – au Sénégal par l’arbitre Jean-Jacques Ndala (République démocratique du Congo), suscitant l’incompréhension des Lions de la Teranga. Quelques instants plus tard, deuxième moment de tension, bien plus intense, celui-là : à la toute dernière minute du temps additionnel, toujours à 0-0, l’arbitre accorde un pénalty au Maroc. Cette décision – tout aussi discutable que le but sénégalais annulé quelques instants plus tôt – provoque, cette fois, une véritable fureur de l’équipe sénégalaise. Suivant son entraîneur Pape Thiaw, elle quitte alors le terrain et ouvre véritablement la crise, puisque ce départ contrevient à la réglementation du football et fait donc peser le risque de lourdes sanctions à l’encontre de la sélection.

Un seul joueur sénégalais, le capitaine Sadio Mané, reste sur le terrain et, après avoir pris conseil auprès de l’entraîneur français Claude Le Roy, 78 ans, qui a exercé en Afrique pendant des décennies, obtient le retour de ses coéquipiers sur la pelouse. Le match reprend après un gros quart d’heure d’interruption.

L’attaquant marocain Brahim Diaz peut enfin tirer le pénalty qui a entraîné l’incident… et le manque. Le match se poursuit donc avec des prolongations, et le Sénégal finit par remporter la rencontre et donc la compétition.

Résumé de la finale (Bein Sports). La séquence polémique décrite ci-dessus commence à 11’47.

Dans la présentation des choses souvent faite au Maroc à la suite de cette soirée traumatisante pour le pays hôte, l’équipe du Sénégal, par son comportement sans précédent consistant à quitter massivement le terrain, ainsi que par l’explosion de colère de ses supporters, a représenté le premier des stades défini par Morgan, celui de la « sauvagerie » ; le capitaine sénégalais Sadio Mané, par sa volonté constructive de ramener « ses » joueurs vers le terrain, a représenté le second, celui de la « barbarie » JLA, étape intermédiaire vers la « civilisation » qui, elle, incombe au Maroc, aussi bien en sa qualité d’équipe nationale stoïque durant les turbulences de la fin de match et, au-delà, de pays organisateur d’une CAN vouée à devenir un modèle pour l’ensemble du continent.

Derrière cette vision est réactivée la division coloniale entre une Afrique du Nord « blanche », perception relevant plutôt de l’orientalisme, et une Afrique subsaharienne « noire », davantage interprétable dans le cadre de l’ethnographie.

Mais à cette triangulation, il faut ajouter un quatrième élément : celui de l’ombre de l’ancienne puissance coloniale représentée par celui qui a entraîné de nombreuses équipes de football africaines, Claude Le Roy, véritable parrain de la résolution partielle de la crise intervenue sur le terrain.

Accusations réciproques

Le résultat de la finale provoque une sorte de déflagration non seulement entre le Maroc et le Sénégal, mais également au sein de l’Afrique tout entière. « Chaos », « fiasco », entre autres, sont les qualificatifs donnés à ce match par les journalistes tandis que les commentaires vont bon train dans toute l’Afrique et notamment au Maghreb. C’est que le football, dans ce cas comme dans d’autres, est le révélateur de tensions entre pays et entre portions du continent africain.

En dépit des sommes considérables dépensées par le Maroc, les Sénégalais se sont plaints d’avoir été mal hébergés, d’avoir été obligés de s’entraîner sur des terrains ne leur convenant pas, de ne pas avoir bénéficié d’un service de sécurité efficace, etc. Bref, d’avoir été traités avec condescendance.

Plus grave, le défenseur sénégalais Ismaël Jakobs a affirmé que le forfait quelques heures avant la finale de trois de ses coéquipiers avait été dû à un empoisonnement. En outre, les Sénégalais ont accusé l’arbitre de partialité puisqu’il leur a refusé un but et accordé un pénalty aux Marocains ; et ils se sont émus du vol de la serviette de leur gardien de but.

Parallèlement, les Marocains (certains spectateurs maghrébins JLA) se sont moqués de supposées tentatives sénégalaises de peser sur l’issue du match en ayant recours à des pratiques magiques issues de traditions animistes, tandis qu’eux-mêmes n’avaient d’autre repère religieux que le Coran. On retrouve ainsi une opposition tranchée entre magie africaine subsaharienne et religion maghrébine, et donc une nouvelle fois entre « sauvagerie » et « civilisation ».

La victoire des nationalismes

En définitive, à une certaine rancœur envers un hégémonisme attribué au Maroc a correspondu un certain mépris à l’égard du Sénégal, voire un racisme déclaré comme en témoignent, entre autres exemples, les propos d’une enseignante de l’Université internationale de Casablanca qui a qualifié les Sénégalais d’« esclaves ».

À l’issue de cette compétition, l’image de l’unité de l’Afrique a donc une nouvelle fois été profondément fragilisée — de même que, dans une certaine mesure, les ambitions dominatrices du Maroc sur le sud du continent. Mais cela n’a pas concerné seulement l’opposition entre un Nord « blanc » et un Sud « noir » puisqu’à cette occasion a aussi été révélé le fossé entre le Maroc et le reste du Maghreb : une partie des opinions tunisienne et algérienne ont « joué » de façon fantasmatique la défaite de l’équipe marocaine et, à travers cette défaite l’affaiblissement du royaume chérifien, accusé non seulement de refuser l’indépendance au Sahara occidental (projet soutenu par l’Algérie et la Tunisie), mais aussi d’entretenir des liens étroits avec Israël. À travers les fantasmes africains qui se sont déployés autour de la CAN, ce sont donc aussi la tragédie de Gaza et la double articulation du Maghreb tiraillé entre l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient qui se sont invitées dans la compétition.

En définitive, si à l’occasion de la finale de cette compétition le Maroc a fait preuve d’un hégémonisme contrarié comme en témoigne le fait que le frère du roi Moulay Rachid ait refusé de remettre la coupe au capitaine de l’équipe du Sénégal Sadio Mané, ce dernier pays n’est pas en reste pour affirmer sa supériorité par rapport à ses voisins de l’intérieur du continent – on y observe souvent la manifestation d’un sentiment de supériorité intellectuelle par rapport au Mali, au Burkina Faso, ou encore au Niger, dont les habitants sont considérés comme des « ploucs » plus ou moins animistes ou moins islamisés que les Sénégalais. Les fantasmes de l’Afrique n’opposent pas seulement l’Afrique « blanche » à l’Afrique « noire », mais sont aussi internes à l’Afrique subsaharienne elle-même. Les véritables vainqueurs de cette finale de la CAN 2026 sont en réalité les nationalismes marocain et sénégalais.

The Conversation

Jean-Loup Amselle ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Quand la Coupe d’Afrique des nations réactive les tensions au sein de l’Afrique – https://theconversation.com/quand-la-coupe-dafrique-des-nations-reactive-les-tensions-au-sein-de-lafrique-275877

Species on east-west coasts have greater extinction risk than those on north-south shores – here’s why

Source: The Conversation – UK – By Cooper Malanoski, Postdoctoral research associate, University of Oxford

MarcelClemens / shutterstock

As the Atlantic warms, many fish along the east coast of North America have moved northwards to keep within their preferred temperature range. Black sea bass, for instance, have shifted hundreds of miles up the coast.

In the Mediterranean, the picture is very different. Without an easy escape route towards the poles, many species are effectively trapped in a sea that is warming rapidly. Some native fish are even being replaced by more heat-tolerant species that have slipped in through the Suez Canal.

It’s a process affecting coastal species around the world: without a continuous pathway to cooler waters, many are in trouble. Escape becomes difficult where coastlines run east–west or are broken into enclosed basins and islands. In these settings, species have to move huge distances just to gain a few degrees of latitude – the so-called “latitudinal trap”.

It’s also a process that has repeated throughout history. When we analysed 540 million years of fossil data for a recent study published in the journal Science, we found that species along east-west coastlines were more likely to go extinct than those with easier movement north-south.

Diagram of coastlines showing why north-south coasts have less extinction risk

Malanoski et al (2026) / Science

We hypothesised that the shape and orientation of coastlines could help species escape – or trap them. If coastlines provide direct, continuous pathways to move north or south, species should be able to better track shifting climates. But, where species have to travel a long way for minimal latitude gain, their extinction risk is raised during episodes of environmental change.

Coastlines themselves are not fixed. Over millions of years, plate tectonics rearrange continents, sometimes producing long north-south coasts, like those of the Americas today, and at other times sprawling east-west seaways such as during the Ordovician a bit over 400 million years ago.

This means climate shocks can produce very different extinction outcomes depending on the layout of continents at the time.

To test this hypothesis, we analysed fossil data for about 13,000 groups of related shallow-marine invertebrate species, such as clams, snails, sponges and starfish, spanning the last 540 million years. We then paired these records with reconstructions of ancient geography.

For each fossil, we estimated how difficult it would have been for that species to shift its latitude along shallow coastlines. We measured this as the shortest number of steps to travel 5°, 10°, or 15° latitude north or south. (For context, Great Britain covers about 9° from top to bottom). Short distances imply a relatively direct escape; long distances imply a long or maybe impossible escape route.

Annotated maps of various coastline shapes
A 5° shift in latitude can be reached quickly along a simple north–south coastline (A), but requires much longer routes—or cannot be reached at all—along convoluted east–west margins (B), interior seaways (C), and islands (D).
Malanoski et al (2026) / Science

We found that, over the last 540 million years, extinction risk was consistently higher for marine animals with long escape routes.

Geography amplifies catastrophe

This pattern intensified during Earth’s five mass extinction events. In our models, species with longer distances showed increases in extinction risk of up to 400% during mass extinctions, compared with about 60% during other intervals, highlighting that geography becomes far more consequential when climate change intensifies.

Although our analyses focused on geologic timescales, our results help us understand how shallow marine species may respond to climate change today. Species living in the Mediterranean or the Gulf of Mexico or other regions with semi-enclosed geography, or around the margins of islands, may have more difficulty as the ocean warms.

Coastline geometry may matter less for species that are good at dispersing themselves, however, especially those that have a long planktonic larvae phase where they drift around the ocean before becoming fixed in place. The survival of those species depends more on factors like ocean currents than coastline orientation.

Estimating whether a species is at risk of extinction is typically done with reference to attributes such as body size or geographic range size. But our work shows that extinction risk also depends on geography. Survival during climate upheaval depends not only on a species’ biology – but on whether the map itself offers an escape.

The Conversation

Erin Saupe receives funding from the UK Natural Environment Research Council (NERC) and the Leverhulme Trust.

Cooper Malanoski does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Species on east-west coasts have greater extinction risk than those on north-south shores – here’s why – https://theconversation.com/species-on-east-west-coasts-have-greater-extinction-risk-than-those-on-north-south-shores-heres-why-275280

How shaming unethical brands makes companies improve their behaviour

Source: The Conversation – UK – By Janet Godsell, Dean and Professor of Operations and Supply Chain Strategy, Loughborough Business School, Loughborough University

Alive Color Stock/Shutterstock

Recent investigations have uncovered forced labour in agricultural supply chains, illegal fishing feeding supermarket freezers, deforestation embedded in everyday food products, and unsafe conditions in factories producing “sustainable” fashion. These harms were not visible on labels. They surfaced only when journalists, whistleblowers or activists exposed them.

And when they did, something predictable happened. Consumers felt uneasy. Brands issued statements. Promises were made. The point is that the force that set change in motion was not regulation. It was consumers.

Discovering that an ordinary purchase may be tied to exploitation or environmental damage creates a jolt of personal responsibility. In our research,
we found that when environmental consequences are clearly linked to people’s own buying choices, many are willing to switch products — especially when credible alternatives exist.

But guilt is private. It nudges personal behaviour. It does not automatically reshape systems. The shift happens when private discomfort becomes public voice.

Consumers are often also the first to make hidden environmental harms visible. They post evidence on social media. They question corporate claims. They compare sustainability promises with independent reporting. They organise petitions, boycotts and review campaigns. By shining a spotlight on the truth, the scrutiny shifts from shoppers to brands.

That shift matters because modern brands depend on trust. Reputation is an asset. When sustainability claims are publicly challenged, credibility is at risk. Research in organisational behaviour
shows that firms respond quickly to threats to legitimacy. Reputational damage affects customer loyalty, investor confidence and regulatory attention.

In many high-profile cases, supply chain reforms have followed intense public scrutiny rather than quiet compliance checks. Leaders may not act out of moral awakening — but they do act when inaction becomes costly to their reputation.

Consumers can trigger the emotional chain reaction. They feel guilt. They seek information. They speak collectively. That collective voice generates corporate shame.

woman shopper with trolley checking two bottles
Consumers have the power to demand more transparency from brands.
Stokkete/Shutterstock

Sustainability professor Mike Berners-Lee argues in his book A Climate of Truth that demanding honesty is one of the most powerful climate actions available to citizens. Raising standards of truthfulness in business and media changes incentives. When the gap between what companies say and what they do becomes visible, maintaining that gap becomes harder.

Our research explores how that visibility can be strengthened. The findings were clear. When environmental and social consequences are personalised and traceable, sustainability feels less distant. People see both their own role and the role of particular firms. That dual awareness encourages two responses: behavioural change driven by guilt and corporate accountability driven by shame.

Shame works because it is social. Brands care about how they are seen. When the negative environmental and social effects of supply chains can be publicly connected to named products, corporate narratives become contestable in real time.

Making supply chains socially visible

The technology to improve transparency already exists. Companies track goods through logistics systems, supplier databases and digital product-tagging that collect detailed information about sourcing and production. The barrier is not data collection. It is disclosure.

Environmental indicators — carbon emissions, water use, land conversion risk, labour standards compliance — can be linked to products through QR codes or retail apps. Comparable reporting standards would ensure consistency. Simple digital interfaces would make information accessible. Social sharing tools would allow consumers to compare and discuss findings publicly.

Social media is crucial. It already enables workers, communities and campaigners to challenge corporate messaging. Integrating verified supply chain data into these spaces would shift transparency from crisis response to everyday expectation.

This strategy, with its behaviour change directive, could work more effectively than rules or green marketing campaigns alone.

Regulation is essential but often slow and uneven across borders. Marketing campaigns can highlight selective improvements while leaving deeper practices untouched. Transparency activated by collective consumer voice operates differently. It aligns emotional motivation with reputational consequence.

Consumers are not passive recipients of information. They are catalysts. By feeling the first twinge of guilt, asking harder questions and speaking together, they create the conditions under which companies experience shame. When shame threatens trust and market position, change becomes rational and inevitable.

Shame is uncomfortable. But when directed at opaque systems rather than consumers, it can be powerful. By demanding truth and making supply chains socially visible, consumers can push businesses towards greater transparency — and, ultimately, towards more sustainable practice.


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The Conversation

Janet Godsell receives funding for the Interact Network+ from the Innovate UK Made Smarter Innovation Programme via the ESRC. She is affiliated with the World Economic Forum (WEF) Advanced Future Council for Advanced Manufacturing and Global Value Chains.

Nikolai Kazantsev receives funding from UKRI funded project “Resilience in Agrifood Systems Supply Chain Configuration Analytics Lab (Project ID: R1650GFS). He is a fellow of Clare Hall College, Cambridge.

ref. How shaming unethical brands makes companies improve their behaviour – https://theconversation.com/how-shaming-unethical-brands-makes-companies-improve-their-behaviour-273062

Extra/Ordinary Women exhibition explores the women in Charles Dickens’s life and writing

Source: The Conversation – UK – By Oliver Bray, Dean of Leeds School of Arts, Leeds Beckett University

Walking through the doors of London’s Charles Dickens Museum is always a special moment. This handsome, tall London townhouse – middle class by Victorian standards but practically palatial to visitors today – was the crucible in which a young, ascending Charles Dickens wrote himself into international superstardom.

It is here that The Pickwick Papers, Oliver Twist and Nicholas Nickleby spilled from his pen. And it is here, as the new exhibition Extra/Ordinary Women compellingly demonstrates, that Dickens lived in constant proximity to the intelligent and talented women who shaped his imagination, his domestic life and his enduring theatricality.

The Extra/Ordinary Women exhibition offers insights to many of these women. His wife, Catherine Dickens, who also wrote within these walls. His sister, Mary Hogarth, whose sudden death here devastated him. His sister-in-law, housekeeper and adviser Georgina Hogarth, who remained his rock for the rest of his life.

Victorian culture, which was suspicious of women who moved in theatrical, artistic or public spheres, left deep traces on Dickens’s portrayals of women. In his writing, Dickens either sanitised his female characters, like the “saintly” Little Nell in The Old Curiosity Shop (1841) or the “innocent” Rose Maylie in Oliver Twist (1838); or he reformed them, like the “fallen” women, Martha Endell and Little Em’ly in David Copperfield (1850). He gave these characters emotional clarity and symbolic weight that belies the more complex real-world inspirations.

The exhibition shows that Mary Hogarth, for instance, is scattered through Dickens’s fiction in the form of saintly young women whose deaths confer moral meaning. Dickens’s close friend Angela Burdett‑Coutts – a philanthropist and powerful progressive – was softened into Agnes Wickfield, a gentle moral influence in David Copperfield.

Dickens the performer

Looking around the exhibition, I found myself thinking about performance. Not just the performances of the women around him, but Dickens’s own lifelong, desperate theatricality.

It has always seemed obvious to me, as a performer of Dickens’s work, that he wrote with an actor’s mind. My own performed reading of A Christmas Carol taught me that his prose demands embodiment: the regretful cadences of Scrooge’s former fiancée Belle, the anguish of Bob Cratchit, the vocal changes that illustrate the transformative journey of Scrooge himself. These characters were not merely written to be read, they were written to be heard.

The deputy director of the museum, Emma Harper, informed me that while writing, Dickens would break from his desk to perform the characters he was developing in the mirror. He also performed domestic dramas for his children, founded amateur dramatic troupes and he threw himself into public readings so intensely that doctors monitored his pulse before and after each performance. He made himself physically ill with the sheer force of his acting. This is not a writer who happened also to perform. This is a performer who happened also to write.

And the women around him were, in many ways, part of that theatrical and artistic world. His daughters are good examples. Mamie Dickens loved performing, and Katey Perugini, an artist of real talent, appears in the exhibition through in a newly displayed painting that mimics her own painting style. The exhibition also reminds us that Ellen Ternan – Dickens’s longtime mistress – came from a theatrical family.

All of this becomes shockingly vivid with the exhibition’s centrepiece: the newly revealed, previously unpublished letter to the French opera singer Pauline Viardot. It is, in many ways, a perfect artefact, because it shows Dickens in full, contradictory colour.

Pauline Viardot in a black and white photo
Pauline Viardot in 1860.
Musée Carnavalet

Here is the great novelist, in Paris for his triumphant theatrical readings, writing with unabashed admiration to a woman whose artistry moved him to tears. But here is also Dickens the flirt – offering her an invitation to dine and promising tickets to his next reading.

Dickens wrote the letter while en route to see his mistress, Ternan, in Geneva. “I am going to Geneva tomorrow night, but will be back in seven days,” he says breezily, attempting to schedule dinner with Viardot for the following week.

The exhibition also includes a letter from Viardot to Dickens’s biographer, where she recalls Dickens “raining tears” during her performance of Orphée. And it reveals something about Dickens that the exhibition continually circles back to: he existed in a self-made world of performance, admiration, emotional excess and artistic intoxication. He was drawn to women who were brilliant, expressive and creative, because they belonged to that same world of heightened feeling and dramatic possibility.

This is what makes Extra/Ordinary Women so compelling: it reframes Dickens not only through the women he knew, but through the theatrical culture they collectively inhabited. Stepping outside, I felt his familiar voice linger, now joined by the sense that the women behind the scenes were finally stepping into the light – something the dramatist in Dickens might have appreciated.

Extra/Ordinary Women is at the Charles Dickens Museum in London until September 6


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The Conversation

Oliver Bray does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Extra/Ordinary Women exhibition explores the women in Charles Dickens’s life and writing – https://theconversation.com/extra-ordinary-women-exhibition-explores-the-women-in-charles-dickenss-life-and-writing-275861

Why coping with heavy rain in Scotland’s whisky country shows how to save water for the summer

Source: The Conversation – UK – By Josie Geris, Reader in Hydrology, University of Aberdeen

After weeks of relentless rain and flooding, and even more forecast, 2025’s droughts and hosepipe bans feel like ancient history. But they shouldn’t.

The UK is increasingly caught between these wetter winters and warmer, drier summers. What if this year’s summer brings water shortages again? The seemingly endless rainfall causing flooding across the UK right now could help solve future summer drought problems – if we capture it right.

The stakes are high in Speyside, home to around half of Scotland’s malt whisky distilleries. They had to cope with 2025 being the UK’s warmest and sunniest on record, where prolonged dry conditions led to widespread restrictions on water abstraction. Multiple distilleries were forced into temporary closures, costing the industry millions of pounds and highlighting just how vulnerable even Scotland’s famously wet regions are to water scarcity.

Whisky production represents one of the UK’s biggest industrial water users. Large quantities of water are required for the distilling process and the product itself, so understanding water conservation is both extremely important for the industry, and can also help others recognise the benefits.

If it was possible to retain this winter’s rainfall and release it gradually when it was needed, the nation could become more resilient to both floods and droughts without building expensive new reservoirs.

Managing droughts with floods

Across Speyside, they’re testing ways to slow, store and steadily release water by working with the landscape rather than against it. Distillers have invested in leaky dams (small barriers built across temporary upland streams) to slow the flow of water during heavy rain and allow the rainwater to soak into soil and recharge groundwater.

Leaky dams hold the water at surface level as well helping it store underground. Water in the soil and deeper groundwater move through the subsurface much more slowly than over land – taking weeks or months rather than hours or days – which is why rivers still flow even after long dry spells.

An overhead view of the Tromie river.
Tromie river in Speyside.
Ondrej Zeleznik/Shutterstock

There are other examples of useful interventions. Peatland restoration, wetland creation and tree planting all work by increasing temporary storage in the landscape and slowing the movement of water into rivers.




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Research across upland catchment areas in Cumbria and West Yorkshire shows how the principles being tested in Speyside could translate to elsewhere. A large academic review of natural flood management evidence concluded that measures increasing water storage, slowing the flow of water over the land or enhancing soil structure can consistently reduce the peak level of a flood.

This growing body of evidence supports a simple but powerful idea: the UK and other countries could be more resilient to droughts and floods by redesigning landscapes to keep water around for longer.

Three lessons for the rest of the UK

1. Design and location matter

Local factors and hydrology (the study of the movement and management of water) can determine what works best where. For example, planting trees “somewhere” delivers far less benefit than planting them in the right places, especially near rivers, near the source of the river, or where soil can absorb water.

2. Benefits must stack up or they won’t be adopted

Leaky dams and other projects, such as tree planting, are relatively inexpensive, compared with traditionally engineered flood defences or having to deal with flood and drought consequences. They can deliver benefits at a fraction of the cost, while potentially also increasing biodiversity, soil health, carbon capture and improving water quality.

But there are trade-offs, which need to be assessed early. For example, in some cases, large-scale tree planting can also reduce summer water availability in already stressed catchment areas. Tree canopies can temporarily store water on the leaves, but if this water evaporates it doesn’t return to the soil. Tree roots improve the soil so it absorbs and stores more water, but trees can also use more water. The net effects depend on factors such as climate, soil type and tree species.

3. Good governance will unlock funding

When water security has clear economic benefits, businesses are willing to engage. However, investment is not always private, and a recent review showed public funding is often fragmented, with inconsistent planning rules. Strengthening overall governance of these kind of schemes is essential, because farmers, businesses and landowners are far more likely to participate if they benefit.

Managing our landscapes appropriately won’t stop all floods or prevent every drought, but it can make both less severe, while restoring habitats, supporting farming, and protecting industries that rely on dependable water supplies.

Every river carrying floodwater to the sea represents water that could be stored for drier months. Thinking ahead for what happens during heavy rains can be part of forward planning for more extreme weather in years to come.

The Conversation

Josie Geris receives funding from the Natural Environment Research Council, Royal Society, the Scottish Government via CREW (Scotland’s Centre of Expertise for Waters), and Chivas Brothers.

Megan Klaar receives funding from the Natural Environment Research Council, The Leverhulme Trust and National Trust.

ref. Why coping with heavy rain in Scotland’s whisky country shows how to save water for the summer – https://theconversation.com/why-coping-with-heavy-rain-in-scotlands-whisky-country-shows-how-to-save-water-for-the-summer-275762