Pourquoi se fait-on tatouer ?

Source: The Conversation – in French – By Joan Tahull Fort, Profesor e investigador en sociología, especializado en dinámicas sociales y educativas contemporáneas, Universitat de Lleida

En Occident, le tatouage peut fonctionner comme une réponse postmoderne à une crise du sens. Rawpixel.com/Shutterstock

Dans une époque marquée par l’instantanéité et les tendances éphémères, nous choisissons d’apposer quelque chose de « permanent » sur notre peau en nous faisant tatouer. Pourquoi agissons-nous ainsi ? Des raisons historiques, sociologiques et psychologiques permettent de l’expliquer.


Un tatouage peut apparaître comme une contradiction : à une époque marquée par l’instantanéité et les modes éphémères qui disparaissent rapidement, nous décidons d’inscrire quelque chose « pour toujours » sur notre peau.

Cette tension n’est pas un détail esthétique : c’est un indice. Pour comprendre pourquoi nous nous faisons tatouer aujourd’hui, il faut regarder au-delà de l’encre et se demander ce qui se cache derrière.

D’une « pratique marginale » à un langage devenu courant

Pendant des décennies, en Occident, les tatouages ont été socialement stigmatisés et associés presque exclusivement aux prisonniers, aux marins, aux milieux criminels ou aux personnes en marge de la société. Dans d’autres contextes culturels (notamment dans diverses sociétés d’Asie, d’Afrique et d’Océanie), traditionnellement, le tatouage a toujours été accepté et intégré dans la vie sociale : il s’agissait non seulement d’une pratique normalisée, mais aussi fonctionnelle, car elle indiquait le statut, la profession, l’appartenance ou marquait des rites de passage. Mais la tradition philosophique et religieuse occidentale (avec l’idée que le corps serait quelque chose d’« intouchable » et avec la crainte de le modifier) avait tendance à déconseiller cette pratique.




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À partir des années 1980, le tatouage commence à apparaître chez les adolescents et les jeunes, d’abord de manière minoritaire et souvent lié à certains milieux. C’est au début du XXIe siècle que le phénomène explose : les sportifs et sportives, chanteurs et chanteuses, ainsi que les personnalités publiques le normalisent ; et, dans le même temps, des personnes « anonymes » de tous horizons (enseignants, avocats…) l’arborent sans le cacher.

Un monde liquide et une peau qui veut devenir une carte

Nous vivons dans un contexte souvent qualifié de « liquide » : des liens plus fragiles, des parcours de vie moins linéaires, des références philosophiques et religieuses plus diluées, et un sentiment d’incertitude devenu presque structurel. La vie (travail, couple, amitiés, identité…) se construit de plus en plus comme un puzzle personnel, sans mode d’emploi et avec des pièces qui changent de forme.

Dans ce contexte, le tatouage peut fonctionner comme une réponse postmoderne à une crise du sens. Non pas parce qu’il s’agit d’une « solution », mais parce qu’il offre quelque chose de très concret : un moyen de fixer, dans un monde éphémère, un souvenir, une valeur, un sentiment d’appartenance ou un engagement envers soi-même. Le corps est le territoire que nous habitons en permanence. Et le tatouage le transforme en une carte : une carte biographique, symbolique et émotionnelle.

Identité : « Voici qui je suis » (ou, qui je veux être)

Beaucoup de gens se font tatouer pour construire et renforcer leur identité. Il s’agit parfois d’une identité collective : dans les Terres de l’Èbre, en Catalogne, par exemple, certains jeunes donnent des explications à la pratique qui consiste à se faire tatouer un taureau. Ce n’est pas seulement un dessin, c’est un signe socialement lisible – « Je suis désormais adulte » et « j’appartiens désormais à un groupe ». Le tatouage agit comme un signe distinctif et un mécanisme de reconnaissance communautaire : il est lisible par les pairs, aussi par les adultes, et il contribue à légitimer socialement le changement de statut. Surtout, le jeune lui-même le vit comme la confirmation symbolique d’avoir franchi un seuil vital.

D’autres fois, le tatouage est une déclaration intime qui se veut également publique. Une jeune femme s’est fait tatouer une chèvre comme symbole de son végétarisme : « le penser » ou « le faire » ne suffisait pas.

Le tatouage peut aussi être perçu comme une biographie : certains adultes accumulent des tatouages au fil des ans, en combinant des motifs plus superficiels avec d’autres qui sont « essentiels » : les noms de leurs enfants, de leurs partenaires, des animaux associés à la force ou au combat, symboles de peurs ou d’aspirations. Dans ces cas-là, la peau devient une archive. Il ne s’agit pas une archive neutre, mais sélective de ce dont il faut se rappeler, ce qu’il faut préserver et conserver.

Appartenance et amitié : le tatouage comme un pacte

L’identité n’est pas seulement individuelle. Elle est aussi un lien. Et ici, le tatouage agit comme un sceau. Certains jeunes expliquent en quoi consistent les tatouages partagés après un voyage : trois amis se font tatouer le même trèfle en souvenir de l’Irlande. C’est une scène simple et en même temps puissante : la vie adulte disperse, fragmente et réorganise souvent les priorités. Mais le tatouage reste comme une promesse – « Nous avons fait cela », « cela nous a unis » et « cela ne disparaîtra pas ».

Au sein de groupes d’amies, on observe un phénomène similaire : se faire tatouer un papillon commun, avec des variations personnelles (taille et emplacement sur le corps), pour représenter une amitié « pour toujours ».

Quand les liens sociaux sont plus instables, les gens ont tendance à chercher des moyens de leur donner de la cohérence et de la visibilité. Aujourd’hui, le tatouage est un moyen tangible et socialement accepté d’y parvenir.

Rite de passage : quand la vie n’offre pas de cérémonies, nous les inventons

Dans de nombreuses sociétés traditionnelles, le passage d’une étape à une autre était ritualisé : il y avait un avant et un après, et la communauté le reconnaissait. Aujourd’hui, beaucoup de ces rites se sont affaiblis ou ont disparu. Cela laisse beaucoup de gens (en particulier les jeunes) dans une sorte de « limbe » permanente : ils ne sont plus des enfants, mais ne se sentent pas encore pleinement adultes. Ici, le tatouage peut agir comme un rituel contemporain d’affirmation de soi. Une jeune fille qui se fait tatouer juste après avoir atteint l’âge de 18 ans l’exprime ainsi : « Maintenant, je suis majeure et c’est moi qui décide de ce que je fais de mon corps. »

Il peut également marquer des ruptures et des renaissances : un homme qui se fait tatouer après une séparation parce qu’il n’a plus à « demander la permission » ; ou quelqu’un qui, après un grave accident, se fait tatouer carpe diem comme rappel physique d’une nouvelle philosophie de vie. Ce n’est pas que le tatouage guérisse le traumatisme, mais il peut aider à lui donner forme – « Cela m’est arrivé » et « je construis mon avenir à partir de ce que j’ai vécu ».

Le « high » : encre, adrénaline et calme existentiel

Un élément qui surprend à l’écoute des récits de personnes tatouées est la description d’un « high » : l’anticipation, l’excitation, l’adrénaline, la sensation d’énergie qui culmine pendant la séance et se prolonge après. Certains l’expliquent presque comme un besoin : quand vous l’avez ressenti une fois, vous en voulez plus. Ce n’est pas toujours par vanité, mais pour l’effet émotionnel : échapper aux problèmes, se remonter le moral dans les moments difficiles et se sentir « plus vivant ».

Dans un monde saturé de stimuli rapides, le tatouage est un stimulus intense mais différent : il n’est pas seulement consommable, il est transformateur. Le corps en ressort changé. Et cela donne un sentiment de contrôle qui, en période d’incertitude, peut être précieux.

Esthétique : se comporter comme une œuvre (et comme une armure)

Beaucoup de gens se font tatouer pour une raison apparemment plus simple : parce qu’ils aiment ça. Mais même dans ces cas-là, on distingue plusieurs niveaux. Certaines personnes tatouées parlent du corps comme d’un projet esthétique cohérent : des pièces qui « s’assemblent » entre elles, des couleurs réfléchies et des vêtements choisis pour les mettre en valeur. Certains disent que les tatouages leur donnent le sentiment d’être « habillés » ou « protégés », comme si la peau était une armure symbolique.

D’autres choisissent de « jolis » motifs (des fleurs, des animaux et formes diverses), mais ils leur ajoutent ensuite une fonction : se motiver, se rappeler des choses essentielles et renforcer leur état d’esprit. Il existe également des esthétiques identitaires très marquées, comme le style gothique (croix, crânes et roses sombres), qui ne se contentent pas de décorer : elles affirment une manière d’être au monde, une relation particulière avec la mort, le mystère ou « l’au-delà ».

La douleur : « Si ça ne coûte rien, ça ne vaut rien »

Enfin, le grand sujet : la douleur. On pourrait penser que, dans une société qui évite la souffrance, le tatouage serait une anomalie. Mais c’est précisément là que cela devient intéressant : beaucoup de gens attribuent à la douleur une valeur symbolique. Comme une forme de sacrifice volontaire, un coût nécessaire qui donne de la valeur à l’expérience. « Si cela ne faisait pas mal, cela n’aurait aucun sens », disent certains. « Plus les choses coûtent cher, plus elles ont de la valeur. »

La douleur transforme le tatouage en expérience, et pas seulement en résultat. Elle rend sa signification non seulement visuelle, mais aussi corporelle, car le processus même de réalisation, qui inclut douleur et intensité, reste associé à ce qu’il représente.

Une réponse imparfaite (mais compréhensible) au besoin de sens

Nous nous faisons tatouer pour plusieurs raisons à la fois : identité, appartenance, rituel, esthétique, émotion, douleur… et souvent, pour une combinaison de tout cela. Dans une société complexe et en mutation, le tatouage peut fonctionner comme un « calmant existentiel » : il donne un sentiment d’ordre, de contrôle et de continuité. Il ne remplace pas les philosophies ni les communautés solides, mais il peut servir de soutien, de rappel et de phare personnel.

Et c’est peut-être là l’idée centrale : le tatouage n’est pas seulement une mode. C’est une tentative (parfois ludique, parfois désespérée, parfois profonde) de dire – « Cela compte », « cela me soutient » et « je veux que cela dure ».

The Conversation

Joan Tahull Fort ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi se fait-on tatouer ? – https://theconversation.com/pourquoi-se-fait-on-tatouer-277056

Golfe d’Amérique, droits de douane, citoyenneté : les mots de Trump font-ils la loi ?

Source: The Conversation – in French – By Labarre Nicolas, Professeur en civilisation des Etats-Unis, Université Bordeaux Montaigne

Depuis le début de son second mandat, Donald Trump multiplie les annonces spectaculaires et les décrets présidentiels, souvent présentés comme des décisions effectives alors même que la Constitution encadre strictement ses pouvoirs et que de nombreux contre-pouvoirs subsistent. Les « executive orders » lui permettent certes d’orienter concrètement l’action de l’exécutif et d’imposer des priorités politiques, mais nombre de ses proclamations relèvent aussi du symbole, du coup de force ou du pari juridique.


Depuis qu’il a débuté, il y a un peu plus d’un an, le second mandat de Donald Trump semble confondre les commentateurs français. Les annonces qui se succèdent depuis son investiture, sur les sujets les plus divers, font en effet l’objet de commentaires et d’analyses qui traitent la parole présidentielle comme l’expression d’un véritable pouvoir.

Deux exemples parmi d’autres : le Huffington Post titre ainsi le 28 janvier 2025 : « Donald Trump va changer le nom du golfe du Mexique, Google Maps va (en partie) s’adapter à ses exigences. » Quelques mois plus tard, le 3 avril, Libération, à l’unisson de la plupart des organes de presse, annonce : « Donald Trump vient d’ériger, en direct à la télévision mercredi soir, des barrières douanières jamais vues depuis près d’un siècle. » C’est aller un peu vite en besogne, en confondant les mots du président et le pouvoir réel dont il dispose, et en projetant une image monolithique de la politique des États-Unis, sans tenir compte des contre-pouvoirs en place.

Théorie et pratique du pouvoir

Les prérogatives théoriques du président des États-Unis sont décrites dans l’assez brève deuxième section de l’article II de la Constitution (moitié moins longue que celle décrivant les pouvoirs du Congrès, par exemple). Ces pouvoirs sont précis et limités : il est le commandant des armées ; il est chargé de négocier des traités (mais pas de les signer) et de nommer les hauts fonctionnaires ; il dispose, enfin, d’un pouvoir de grâce dans les affaires relevant des lois fédérales. Pas un mot dans tout cela d’un éventuel pouvoir de renommer le golfe du Mexique en golfe d’Amérique, de couper les subventions fédérales à Harvard, de repousser sine die l’application de la loi exigeant l’interdiction de TikTok, et rien non plus sur la capacité du président à changer le mode d’attribution de la citoyenneté états-unienne.

Les commentateurs ne se trompent cependant pas en supposant que les pouvoirs réels du président excèdent ceux que lui accorde la Constitution. Une longue tradition lui a par exemple conféré des pouvoirs étendus et peu contestés dans le domaine des affaires étrangères, unissant en quelque sorte son rôle de chef de guerre et de négociateur en une seule fonction.

De façon plus générale, les pouvoirs du gouvernement fédéral tout entier se sont considérablement accrus depuis la fin du XVIIIe siècle, avec, pour ne prendre que deux exemples, un rôle dans le domaine de l’éducation ou dans la régulation environnementale déroulant d’une interprétation vraiment inclusive de certains passages de la Constitution (notamment la capacité du Congrès à réguler le commerce entre les États). Le président – à la tête de l’exécutif – est l’un des bénéficiaires de ces pouvoirs accrus. De plus, il jouit d’une importance symbolique considérable, puisqu’il est le seul personnage élu par la nation tout entière.

Cette position, magnifiée depuis le début du XXe siècle par les médias, qui permettent au résident de la Maison Blanche de s’adresser directement au peuple américain, lui donne un pouvoir considérable lorsqu’il s’agit d’orienter le travail du gouvernement vers les objectifs qui sont les siens. L’exécutif s’exprime d’une seule voix, quand la branche législative, le Congrès, possède littéralement 450 visages et autant de voix potentiellement discordantes.

Au fil de ses deux mandats, Donald Trump a d’ailleurs fait abondamment usage de cette capacité à diriger l’attention du gouvernement et du pays, notamment autour de la question de l’immigration, en utilisant Twitter puis Truth Social pour porter une parole plus directe encore que celle de ses prédécesseurs. En ce sens, les mots sont bien un pouvoir (et l’administration Trump l’a bien compris, menant une guerre langagière dans bien d’autres domaines).




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Diriger l’exécutif

Le président dispose aussi de pouvoirs plus concrets et plus directs, en tant que chef de l’exécutif. Il peut en effet donner des instructions à l’ensemble des employés de l’exécutif, soit près de trois millions de personnes. Ces instructions peuvent, de fait, prendre force de loi : quand Barack Obama demandait à la police des frontières de ne plus poursuivre certains immigrants arrivés enfants aux États-Unis (les « Dreamers »), il ne s’agissait pas d’une décision de routine, mais bien d’une réorganisation significative de la politique migratoire du pays. Ces décisions sont éphémères, puisqu’elles peuvent être renversées d’un trait de plume par le président suivant, mais leur portée est réelle.

C’est essentiellement par le biais de ces executive orders, ces instructions aux employés fédéraux, que Donald Trump a cherché à exercer des pouvoirs nouveaux depuis son retour à la présidence. En un peu plus d’un an, il en aura promulgué 240, contre 220 durant la totalité de son premier mandat. C’est notamment par ces ordres qu’il a proclamé la fin du droit du sol dans l’obtention de la nationalité ou encore le changement de nom du golfe du Mexique.

Un tel ordre peut se comprendre de trois façons différentes. D’abord au sens littéral : instruction est donnée à toutes les agences gouvernementales de cesser d’utiliser l’appellation « golfe du Mexique » pour la remplacer par « golfe d’Amérique ». En tant que chef de l’exécutif, le président est en droit de faire cela, même si la décision est atypique. Vu l’ampleur de l’administration fédérale et son intrication dans le tissu socio-économique du pays, le changement de pratique peut rapidement rayonner, aux États-Unis et même au-delà. Il serait difficile pour une compagnie aérienne internationale d’ignorer la dénomination en usage chez les contrôleurs états-uniens – qui sont des agents fédéraux – par exemple.

Cet ordre peut ensuite être compris comme une extension de la capacité du président à fixer des priorités dans le monde politique et pour la société des États-Unis plus généralement. Il s’agit ici d’indiquer la politique du gouvernement, de façon officielle et qui plus est dans un domaine où le président dispose de vastes prérogatives, en espérant qu’elle s’impose aux autres corps de la société ainsi qu’aux entreprises nationales, au-delà des aspects pratiques évoqués précédemment. Depuis février 2025, Google affiche ainsi pour ceux qui consultent ses cartes en France « golfe du Mexique (golfe d’Amérique) », et « Gulf of America » pour qui les consulte depuis les États-Unis, sans avoir été directement contraint de le faire.

Capture d’écran Google Maps (calibré en anglais) effectuée depuis la France. On y voit la mention « Gulf of Mexico (Gulf of America) ». Cliquer pour zoomer.
Google Maps

Enfin, et notamment à l’échelle internationale, cet ordre peut et doit être compris comme un coup de bluff : l’affirmation d’un pouvoir qui n’existe dans aucun texte, mais qui devient un fait accompli si personne n’y résiste. Les mots du président ne sont plus alors une expression du droit, mais de la puissance, bien au-delà de la fonction « interne » des executive orders.

Cette dimension symbolique des décrets présidentiels est particulièrement marquée dans les cas où l’ordre contrevient manifestement aux règles en vigueur aux États-Unis, empiétant par exemple sur les prérogatives du Congrès ou sur celles des États. La charge symbolique est alors mobilisée contre les structures de pouvoir établies. Chacun de ces usages est en fait une épreuve de force, qui active les contre-pouvoirs au président, et qui est susceptible soit de ne jamais entrer en vigueur soit d’être complètement invalidé à une date ultérieure.

Les États-Unis sont un système dans lequel la régulation se fait le plus souvent a posteriori, par le biais des juges : un tel système encourage, au fond, les proclamations ronflantes et les attaques contre le statu quo. Quand des politiciens français s’auto-censureraient face à une règle explicite, leurs homologues américains peuvent braver cet interdit en se résignant sans doute à ce que leur triomphe soit de courte durée, une fois les premières plaintes enregistrées. Il est donc juste d’affirmer dans ces cas que Donald Trump prétend prendre une décision, alors qu’il adopte une mesure purement symbolique.

Les mots pour réécrire la règle

Et c’est peut-être là l’ironie finale, en pensant à ces titres qui méconnaissent le système politique américain, et l’équilibre des pouvoirs qui le fonde. Les textes sous-tendant ce système, qui peuvent paraître si clairs, si explicites – comme le fait que le 14ᵉ amendement garantisse la citoyenneté à toute personne née sur le sol des États-Unis – sont malgré tout susceptibles d’être examinés à nouveau frais, relus et réinterprétés de façon radicalement nouvelle.

La super-majorité conservatrice à la Cour suprême, avec 6 conservateurs, dont 3 nommés par Trump, pour 3 progressistes, fait montre depuis 2024 d’une loyauté presque sans faille envers le président, pourtant largement désavoué par les cours inférieures. Des décisions qui paraissaient impensables, comme l’autorisation pour la police des frontières d’utiliser la couleur de peau pour cibler ses opérations (Noem v. Vasquez Perdomo, septembre 2025) ont montré que la Cour ne se sent aucunement tenue par les précédents. Même le revers spectaculaire sur les droits de douane apparaît comme un désaveu limité, en deçà de l’importance qu’a voulu y lire la presse mondiale, dans laquelle trois des juges (Thomas, Alito et Kavanaugh) ont exprimé leur soutien pour Donald Trump en renversant sans scrupule des positions qu’ils avaient adoptées pendant le mandat de Joe Biden.




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De fait, la Cour ne se contente pas de lire la Constitution, elle lui donne son sens, en s’abritant de façon hypocrite derrière la doctrine d’un retour au sens « originel » du document. Il semble bien qu’elle soit décidée à aller très loin pour que ce sens soit aussi celui que lui donne Donald Trump au fil de ses proclamations. Les mots et le pouvoir symbolique peuvent alors être transmutés en une nouvelle organisation politique, une réécriture du système lui-même au profit de la fonction présidentielle.

D’ici là, il reste crucial de ne pas confondre les mots et le droit, sauf à vouloir entériner d’avance cet état de fait, symptôme troublant d’une dérive illibérale désormais impossible à occulter.

The Conversation

Labarre Nicolas ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Golfe d’Amérique, droits de douane, citoyenneté : les mots de Trump font-ils la loi ? – https://theconversation.com/golfe-damerique-droits-de-douane-citoyennete-les-mots-de-trump-font-ils-la-loi-277044

Droits de douane : une brèche ouverte par la Cour suprême ?

Source: The Conversation – in French – By Michael Nafi, Enseignant-chercheur, philosophie, droit, science politique, Université Paris Cité

Le déclenchement de la guerre en Iran par Donald Trump sans que le Congrès en ait été informé au préalable suscite de nombreux remous aux États-Unis. Une semaine plus tôt, la Cour suprême venait de réaffirmer la séparation des pouvoirs entre le Congrès et l’exécutif. L’examen de son arrêt sur les droits de douane montre comment cette frontière constitutionnelle peut être activée devant les tribunaux – car le bras de fer n’est pas terminé, loin de là.


L’arrêt de la Cour suprême sur les droits de douane publié le 20 février dernier a été essentiellement interprété sous des angles politiques. Beaucoup y ont vu un revers pour le président Trump, négligeant parfois le fait que ce dernier a immédiatement annoncé de nouvelles mesures douanières. Ces lectures passent à côté de la portée juridique de l’arrêt, bien plus profonde qu’il n’y paraît.

Le président pouvait-il imposer des droits de douane en invoquant l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA, loi sur les pouvoirs économiques en situation d’urgence internationale, 1977) ? La Cour a estimé que ce texte ne lui confère pas ce pouvoir.

L’opinion majoritaire ne s’est pas contentée d’écarter une lecture trop large de l’IEEPA. Elle a déployé un raisonnement dont il convient de bien comprendre la mécanique précise.

Comment une doctrine conservatrice a fédéré une majorité inattendue

Dans un article publié avant le prononcé de l’arrêt de la Cour suprême (20 février 2026), j’indiquais, sur la base des échanges en audience (5 novembre 2025), que la doctrine des « questions majeures » (major questions doctrine, MQD) serait au cœur de l’affaire. En revanche, je n’avais pas anticipé qu’elle serait mobilisée de manière aussi structurante.

Le texte de l’IEEPA ne contient pas l’expression « droits de douane », mais, contrairement à ce qui a pu être affirmé, cela ne suffisait pas. La Cour devait expliquer précisément pourquoi le texte n’évoquait pas implicitement les droits de douane.

C’est là qu’intervient la MQD, qui vise à encadrer le contrôle de l’interprétation de textes législatifs. Elle ne constitue pas un bloc uniforme. Elle se décline en conceptions différentes autour d’un socle commun. Lorsqu’un pouvoir aux conséquences économiques ou politiques majeures est revendiqué par l’exécutif en vertu d’une loi, l’idée centrale consiste à exiger une habilitation claire du législateur dans le texte de cette loi. Autrement dit, dans de telles situations, l’attribution du pouvoir en cause doit être explicite.

La MQD ne surgit pas de nulle part. On en trouve les prémisses dans MCI Telecommunications Corp. vs AT&T (1994) et surtout dans FDA vs Brown & Williamson Tobacco Corp. (2000). Elle a été structurée dans Utility Air Regulatory Group vs EPA (2014), puis cristallisée dans West Virginia vs EPA (2022), deux décisions relatives à l’Agence de protection de l’environnement (EPA). Dans ces affaires, la majorité conservatrice a invoqué la MQD pour insister sur une exigence de clarté de la délégation de pouvoir vers l’EPA (relevant de l’exécutif). De leur côté, les juges progressistes ont privilégié une analyse contextualiste sans un quelconque contrôle doctrinal, insistant sur la nécessité d’une certaine déférence envers l’expertise administrative dans des domaines techniques.

De manière générale, pour le juge en chef John Roberts, la MQD est simplement un déclencheur de contrôle textuel exigeant, et non un principe constitutionnel supérieur. Le juge conservateur Neil Gorsuch tend à l’inscrire plus spécifiquement dans la protection des prérogatives constitutionnelles du Congrès prévues à l’article I. Pour sa part, la juge Amy Coney Barrett, elle aussi conservatrice, l’intègre comme un outil parmi d’autres dans une démarche textualiste contextualisée.

Dans l’affaire des droits de douane, le juge en chef a mobilisé la MQD pour contraindre la revendication présidentielle dans une démarche textualiste rigoureuse – ce qui a pu rallier Amy Coney Barrett – tout en rappelant que le pouvoir de lever des droits, s’apparentant à une forme de taxation, relève constitutionnellement de la compétence exclusive du Congrès, ce qui a pu rallier Neil Gorsuch. Le seuil de contrôle étant strict, l’urgence ne pouvait justifier une lecture plus large de l’IEEPA.

Les trois juges progressistes – Elena Kagan, Sonia Sotomayor et Ketanji Brown Jackson – ont rejoint la majorité instaurée par le juge en chef Roberts, mais sans mobiliser la MQD comme fondement structurant. Selon elles, les outils ordinaires d’interprétation des textes de loi suffisaient à conclure à l’absence d’autorisation d’imposer les droits en cause. Fidèles à une approche contextualiste héritée notamment des affaires relatives à l’EPA, elles ont privilégié une analyse historique et structurelle du droit des échanges commerciaux et de la genèse de l’IEEPA, adoptée pour encadrer les pouvoirs d’urgence hérités du Trading With the Enemy Act (TWEA, loi sur le commerce avec l’ennemi, 1917). Seule la juge Jackson a rédigé un complément pour prévenir toute extension implicite de la MQD.

L’approche du juge en chef, s’appuyant sur une MQD pragmatique et disciplinée, a donc permis la mise en œuvre d’une coalition incluant des critiques de la doctrine.

Les juges conservateurs dissidents ont eux aussi raisonné dans le cadre de la MQD. Cependant, à leurs yeux, la pratique de retenue judiciaire vis-à-vis de l’exécutif en situation d’urgence et dans les affaires touchant aux relations internationales justifiait une lecture plus souple de l’exigence de clarté. Là où la majorité a refusé que l’urgence modifie le niveau de contrôle, la méthode contextualiste de la dissidence a conduit à une interprétation moins stricte de l’IEEPA.

La non-délégation : un bouleversement du droit évité

Samuel Alito (juge) : « Avez-vous envisagé que votre héritage d’avocat constitutionnel puisse être d’avoir ressuscité la non-délégation ? »
(Rires)
Neal Katyal (avocat) : « Oh que oui. »

Cette plaisanterie lancée par un juge conservateur lors de la plaidoirie d’un avocat progressiste en novembre dernier pointait une ironie. La doctrine de non-délégation (ND), généralement associée aux juges conservateurs, repose sur l’idée que le Congrès ne peut transférer l’essence de son pouvoir législatif à l’exécutif sans encadrement suffisant (principe intelligible). Elle est souvent confondue avec la MQD. Pourtant, leur portée diffère : la ND met en cause la validité même de la loi ; la MQD en discipline l’interprétation.

L’alternative présentée par Katyal constituait une stratégie puissante : soit considérer que le pouvoir de lever des droits de douane est exclu de l’IEEPA (MQD), soit remettre en cause plus largement l’ensemble des délégations prévues par cette loi (ND). La Cour a choisi la première voie, avec une version pragmatique et circonscrite de la MQD, afin d’éviter tout bouleversement juridique.

Autre point significatif : Katyal, grand avocat de causes progressistes, n’a pas contesté le langage de la MQD et de la ND. Bien au contraire, il a placé la MQD au premier plan comme cadre d’interprétation, tout en laissant planer la ND en arrière-plan comme hypothèse plus radicale.

La Cour a renforcé une double légitimité. Elle a imposé une grammaire argumentative partagée par des acteurs du contentieux situés de part et d’autre d’un clivage idéologique. Par ailleurs, sa décision encadre le pouvoir exécutif sans provoquer de bouleversement juridique.

Et maintenant ?

Dans l’immédiat, la question des remboursements se posera sur un plan administratif. Les importateurs disposent d’un délai de 180 jours à compter de la notification par les services douaniers pour contester les droits imposés. En cas de rejet, ils peuvent saisir la seule juridiction compétente en première instance, la Cour fédérale du commerce international (CFCI). Deux questions pourraient alors remonter jusqu’à la Cour suprême : l’invalidation a-t-elle un effet rétroactif intégral, c’est-à-dire dès l’origine ? Si tel est le cas, les importateurs qui n’auront pas contesté les droits dans les délais pourront-ils néanmoins prétendre à un remboursement ?

L’IEEPA écartée, quels sont les autres instruments dont dispose l’exécutif en matière de droits de douane ? Il s’agit notamment des articles 122 et 301 du Trade Act de 1974 ainsi que de l’article 232 du Trade Expansion Act de 1962.

L’article 122 – mobilisé par le président dès l’invalidation des droits fondés sur l’IEEPA – autorise la promulgation de droits plafonnés (15 % pour cent cinquante jours) afin de répondre à un déséquilibre de la balance des paiements. Contrairement à l’IEEPA, ces droits sont expressément prévus dans ce texte (import surcharges). Cependant, si la mesure vise un déficit commercial ou des objectifs industriels plus larges, la qualification pourrait être contestée devant la CFCI, y compris par la voie d’un recours en urgence.

C’est sur le fondement de l’article 232 qu’ont été imposés des droits douaniers, notamment sur l’acier et l’aluminium, y compris à l’égard du Canada et de l’Union européenne. Cet article de la loi de 1962 autorise le président à prendre des mesures de régulation du commerce pour des motifs de sécurité nationale. Les « droits de douane » n’y sont pas explicitement mentionnés, mais la Cour suprême a déjà permis une lecture large de ce dispositif en raison du motif invoqué (arrêt Algonquin), et la CFCI demeure liée par ce précédent. Toutefois, s’il s’avérait que l’invocation de la sécurité nationale déguisait un instrument de politique macroéconomique, la question d’un détournement de la délégation pourrait se poser. Dans une telle hypothèse, la MQD (exigence de clarté) et la ND (encadrement des délégations) pourraient conduire la Cour à resserrer la définition opératoire de la « sécurité nationale », à travers une coalition au sein de la majorité incluant des juges plus sensibles à ces enjeux (Gorsuch, Kavanaugh).

Le recours à l’article 301 du Trade Act de 1974 est plus complexe. Pour l’Union européenne, son usage s’inscrivait dans le cadre spécifique du différend Airbus et de contre-mesures autorisées par l’Organisation mondiale du commerce. Ces mesures ont été levées dans le cadre d’un accord de trêve.

La réponse aux mesures douanières peut ainsi passer par le droit, et non pas uniquement par la diplomatie. L’Union européenne ne peut être partie à des litiges devant la CFCI, mais elle pourrait soutenir financièrement des acteurs économiques qui souhaiteraient engager des recours. Cette pratique autorisée aux États-Unis mais déontologiquement balisée pourrait être explorée de manière méthodique.

The Conversation

Michael Nafi ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Droits de douane : une brèche ouverte par la Cour suprême ? – https://theconversation.com/droits-de-douane-une-breche-ouverte-par-la-cour-supreme-277425

How Snoop Dogg became Swansea City’s most unlikely asset

Source: The Conversation – UK – By Iwan Williams, Senior Lecturer in Sports Communication and Public Relations, Swansea University

When Snoop Dogg swaggered into Swansea wearing a Swansea City hoodie and beanie, it felt surreal. The American rapper took his seat at the Swansea.com Stadium and, for a moment, Welsh football tilted slightly off its axis.

Far from being incidental, it was a calculated public relations strategy – and a smart one. His arrival offers a revealing lesson in sports branding, celebrity capital and the globalisation of lower-league football.

Snoop Dogg’s minority investment in Swansea City, announced in July 2025, triggered an immediate surge of interest in a Championship club that has struggled for visibility since relegation from the Premier League in 2018. Swansea have spent years trying to stabilise themselves financially and culturally outside the glare of the top flight.

The club’s chief executive, Tom Gorringe, has been candid about those constraints. Swansea needed fresh revenue streams and renewed attention. Snoop’s social media reach – more than 100 million followers across platforms, including more than 88.5 million on Instagram – offered exactly that.

That kind of reach acts as a multiplier. Every post, every appearance, exposes the club to audiences traditional marketing budgets could never reach. Nowhere is that more valuable than in the US, a market long targeted by British clubs but notoriously difficult for smaller sides to penetrate in any meaningful way.

The effect was almost immediate. Ticket demand spiked ahead of Swansea’s match against Preston on February 24, the first widely publicised fixture attended by Snoop. The club opened additional sections of the ground to accommodate a crowd of 20,233. This was an unprecedented move in recent years. What would normally have been a modest second-tier fixture sold out. It became one of the largest attendances in recent Swansea history.

Snoop Dogg attends Swansea City V Preston North End.

Celebrity endorsements in sport are nothing new. Yet the pairing of a west coast rapper with a west Wales Championship club is less random than it first appears. Snoop’s public persona dovetails neatly with Swansea’s self-image. He has described the city as “proud” and “working class”, “an underdog that bites back, just like me”.

That underdog identity carries weight in Welsh sport. Whether in football or rugby, Wales often frames itself as resilient, defiant and collectively driven when competing against wealthier or more populous opponents. The emotional logic fits. And in modern sporting PR, emotional authenticity matters more than cynical brand alignment.

There is another advantage. Snoop’s presence humanises the club’s ownership structure. Since November 2024, following a takeover, Swansea’s central decision-makers have been two American businessmen. For many supporters, overseas ownership can feel distant and abstract. A globally recognised cultural figure who turns up at games, posts enthusiastically and participates in club promotions offers something more tangible.

No magic bullet

Still, this is no magic bullet. Snoop Dogg’s investment is relatively modest. Swansea remain bound by financial regulations and the economic realities of the Championship. Celebrity attention can amplify a brand, but it cannot increase recruitment budgets or guarantee promotion. If results falter, media interest will cool.

Within those limits, however, Swansea appear to be maximising what celebrity PR can offer. The club is not claiming that Snoop will transform its fortunes overnight. Instead, it is treating his global cultural capital as a strategic asset in an unequal league ecosystem where visibility itself has value.




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His involvement also reflects a broader shift in how football clubs operate. Increasingly, they exist at the intersection of sport, entertainment and global media. Ownership is no longer just about balance sheets. It shapes narrative, perception and the way fandom itself is constructed.

In that sense, Swansea are doing more than enjoying a surreal headline. They are experimenting with identity. They are attempting to reposition themselves within a crowded, rapidly evolving football mediascape.

It is also telling that the club’s other celebrity co-owners, American lifestyle personality Martha Stewart and Croatian footballer Luka Modrić, have not generated similar column inches. Clearly, not all celebrity is equal.

Swansea City, to their credit, seem to understand where the real leverage lies. By directing the PR spotlight squarely at Snoop Dogg, they have recognised that brand alignment works best when it feels culturally coherent. In football, as on the pitch, timing and positioning matter. Get them right, and even a Championship club can land a global headline.

The Conversation

Iwan Williams does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How Snoop Dogg became Swansea City’s most unlikely asset – https://theconversation.com/how-snoop-dogg-became-swansea-citys-most-unlikely-asset-276904

Cultural appropriation? How westerners have worn indigenous clothing for a variety of reasons throughout history

Source: The Conversation – UK – By Robert Frost, Early Career Fellow in History, University of Leicester

TE Lawrence wearing Arab dress in January 1917. S.F. Newcombe / Imperial War Museum, CC BY

The concept of cultural appropriation, or “the act of taking or using things from a culture that is not your own”, is a controversial topic guaranteed to provoke polarising debate.

Recently, the National Portrait Gallery added a trigger warning to its photographs and portraits of T.E. Lawrence, also known as Lawrence of Arabia. Visitors are now advised that these reflect “attitudes and viewpoints of the time”. Two Daily Telegraph columnists voiced contrary opinions, though both ultimately subsumed the issue into an attack on Free Palestine activists, impeding our understanding of the historical context.

If we restrict ourselves to looking at the images alone, they can indeed be classed as acts of cultural appropriation: there was, after all, no obligation for Lawrence to wear the costume when posing.




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But there is also Lawrence’s personal reality to consider. In the Seven Pillars of Wisdom, Lawrence recounted being given the clothing by the Arabian Emir Feisal, the leader of the Arab revolt. The emir felt that British army khaki was uncomfortably close to that worn by the Turkish colonial soldiers, and that his followers would be more willing to accept someone dressed like themselves.

And Lawrence’s loyalty to the Arab cause did not end in 1918. In 1919, he lobbied the British government – unsuccessfully – to back them at Versailles. The most famous painting of Lawrence in Arab robes, from the same year, was a radical act of solidarity with another culture.

In this light, Lawrence was not simply engaging in frivolous cosplay. His choices should be distinguished from those of contemporaries such as Margaretha Geertruida Zelle) also known as Mata Hari, the Dutch courtesan, dancer and convicted spy whose performances revolved around discarding the slendong veils worn by Javanese temple dancers. Yet beyond such surface-level engagement, I have come across documentation showing how and why many others donned indigenous dress in the countries they visited, as opposed to simply wearing it, in effect, for show.

Practical considerations

Wearing native dress for more practical purposes was part of a longer tradition extending back many centuries. For starters, it had practical benefits. Turkish dress was particularly popular; it was composed of layers which could be added or removed as needed. It was also looser than standard European clothing, so better suited to a warm climate. And it was no small advantage that it could actually be obtained locally. Those venturing to Egypt and Palestine frequently wore it.

In the 1810s, the British sailors Charles Irby and James Mangles, quickly realised that western dress tended to attract a little too much attention. They recalled how local people, intrigued by their appearance, “used to flock to gaze at us as if we had been wild beasts”.

An sepia toned illustration of a white man in middle-Eastern dress.
English Orientalist Edward William Lane in 1829.
Jason Thompson / WIkipedia, CC BY

Witnessing a play in Cairo in 1815, the Italian adventurer and Egyptologist Giovanni Belzoni was surprised to see a character in western dress “who served as a sort of clown”. Under such conditions, it is unsurprising that Irby, Mangles and Belzoni all opted to change out of western clothing.

As I point out in my recent research, travellers were often advised by local people. Sadic Gibraltar, the son of an Egyptian admiral, told the British Egyptologist Gardner Wilkinson that Egypt was safe, “but costume of Turk is better”. Gibraltar sent Wilkinson to Osman Effendi, who led Wilkinson around the city to buy the recommended clothing. He also fitted out Edward William Lane in the same way; this dress allowed Lane to conduct a study of Islamic culture that would now be classed as participant observation.

A couple of decades later in 1839, the Scottish artist David Roberts was only permitted to enter mosques after he promised Cairo’s governor that he would wear local dress.

Two centuries later, it is difficult to assess whether any of these people were in any real danger. More likely, the dress simply made the wearer less conspicuous, so reduced unnecessary stress. William Rae Wilson probably also spoke for many when he wrote that his hosts “look upon it as a sort of compliment to imitate their dress”.

Resistance to wearing local dress came primarily from other Europeans, not indigenous people. Early 19th-century British embassy missions abroad always wore military uniform. Even Lord Byron – well-known for donning Greek national dress in the Greek war of independence – chose full-dress uniform for meeting Albania’s ruler, Ali Pasha. At an official level, there was an expectation that every Briton should behave similarly.

In one extreme episode, the British consul in Egypt, Henry Salt, sought to disavow Britons who continued to wear native dress. Charged by Britain’s growing power during the Napoleonic wars, Salt envisaged a future in which western clothing would mark his compatriots out for special treatment.

An objection by the Britons themselves meant the order was rescinded, though eventually a trend developed toward tropical kit being used as a marker of difference in the late 19th century.

It has become almost a stock-in-trade to suggest that Britons, from the Arctic to the Sahara, failed to copy local customs more appropriate to their situation. Paintings from the past are complicated artefacts, but it is perhaps time to reclassify them as examples showing that some Britons actually did adapt.

The Conversation

Robert Frost receives funding from The Leverhulme Trust.

ref. Cultural appropriation? How westerners have worn indigenous clothing for a variety of reasons throughout history – https://theconversation.com/cultural-appropriation-how-westerners-have-worn-indigenous-clothing-for-a-variety-of-reasons-throughout-history-275110

Qu’est-ce que le bonheur ? Un philosophe propose quelques éléments de réponses

Source: The Conversation – in French – By Anné H. Verhoef, Professor in Philosophy, North-West University

Lorsque nous recherchons le bonheur, que recherchons-nous exactement ? Et lorsque nous souhaitons le bonheur à quelqu’un d’autre, que désirons-nous vraiment pour cette personne ?

Le bonheur peut-il même être défini ou s’agit-il d’une illusion, d’un désir impossible à satisfaire ? Alors pourquoi existe-t-il autant de livres de développement personnel sur le bonheur ? Que promettent-ils. Et ces promesses peuvent-elles être tenues ? Est-il possible de mesurer le bonheur ? Si oui, comment les gens ordinaires et les scientifiques s’y prennent-ils ?

Pour répondre à ces questions, j’ai exploré différentes définitions du bonheur dans mon livre Happiness, Unhappiness, and Chance. Ce livre s’appuie sur ma thèse de doctorat en philosophie.

Aujourd’hui, le bonheur est étroitement défini par certains psychologues de la psychologie positive comme un état d’esprit joyeux ou de bien-être.

Les sciences du bonheur le considèrent comme quelque chose que l’on peut calculer et quantifier. Elles ont développé un indice du bonheur et le rapport mondial sur le bonheur. Ceux-ci mesurent essentiellement le bonheur en tant que satisfaction, avec des critères tels que le produit intérieur brut par habitant (argent) et l’espérance de vie (santé) parmi les facteurs pris en compte.

Mais le bonheur est également défini par notre société capitaliste et consumériste comme certains produits, marques et modes de vie auxquels nous aspirons. Ces définitions consuméristes sont souvent amplifiées par les influenceurs sur les réseaux sociaux, mais aussi par la manipulation des consommateurs par les algorithmes en ligne qui sous-tendent les outils numériques que nous utilisons. Et de plus en plus par l’intelligence artificielle.

Toutes ces différentes définitions du bonheur créent leur propre problème pour le bonheur. En fait, elles engendrent souvent plus de malheur que de bonheur.

La joie et le plaisir sont souvent de courte durée et difficiles à maintenir. Le bien-être peut être rapidement ruiné par la maladie et les aléas de la vie. Posséder certaines marques, certains produits et certains modes de vie expose au piège du « tapis roulant hédoniste », qui pousse les gens à « s’habituer très vite aux bonnes choses et à les considérer comme normales».




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Le bonheur réduit à une définition unique et simple ne tient pas compte de la complexité de l’être humain, des sociétés dans lesquelles nous vivons et de la relation fragile que nous entretenons avec l’environnement.

Mon livre recherche une définition plus inclusive et plus globale du bonheur. Un bonheur qui soit plus que la simple joie ou le bien-être, plus qu’une vie éthique ou bonne. Plus que de simples relations humaines bonnes et significatives. Plus que la chance, l’absence de douleur ou un sous-produit de la consommation. Plus qu’une vie significative, épanouie et satisfaisante.

Je voulais savoir s’il était possible de mieux comprendre le bonheur et de l’atteindre réellement. Une compréhension qui tienne compte de toutes les cultures et de facteurs tels que la justice et le souci des autres et de l’environnement.

Je me suis demandé si une telle compréhension du bonheur ne pouvait pas être une puissante motivation pour vivre et travailler pour un avenir meilleur pour tous.

Le consumérisme

Pour étudier la vision philosophique du bonheur, nous devons d’abord comprendre pourquoi les définitions dominantes actuelles du bonheur ne fonctionnent plus.

Aujourd’hui, le consumérisme et le capitalisme influencent les technologies numériques et donc notre manière de voir le bonheur. Le consumérisme, avec son approche « vous devez avoir ceci ou cela pour être heureux », s’est imposé avec une telle force à travers les plateformes numériques actuelles qu’il est devenu difficile de savoir si nous pouvons encore imaginer, espérer et vivre pour quelque chose de plus que ce que nous présentent les écosystèmes algorithmiques dans lesquels nous vivons.

Les sciences du bonheur

Les sciences du bonheur, en tant que force motrice du bonheur dans notre culture mondiale contemporaine du bonheur, proclament que le bonheur est quelque chose pour lequel il faut travailler et qu’il faut atteindre. Le bonheur lui-même devient tellement envahissant qu’il ressemble à une nouvelle religion. L’historien américain Darrin McMahon décrit la situation ainsi :

À l’aube de l’ère moderne, Dieu était le bonheur ; le bonheur est depuis lors devenu notre Dieu.

Par conséquent, le bonheur devient et reste une entreprise épuisante et impossible qui, paradoxalement, rend plus malheureux. Dans ce processus, les gens renoncent au bonheur et peuvent même devenir cyniques en raison de cette pression impossible d’être heureux d’une certaine manière.

Religion

À l’échelle mondiale, la religion est la force la plus puissante derrière certaines formes de bonheur, en particulier le bonheur « vrai et éternel ».

Le type de bonheur que certaines religions offrent est celui où l’idéal est que le malheur doit être surmonté ou le sera dans l’au-delà. Certaines religions enseignent que le vrai bonheur ne peut être atteint que dans l’au-delà, au paradis ou au nirvana, par exemple. Elles proclament qu’il est impossible de trouver le vrai bonheur dans ce monde, ici et maintenant.




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C’est un bonheur où cette vie n’est pas pleinement affirmée, car le bonheur ne peut être atteint. Il est encore à venir. En fait, cela revient non seulement à renoncer à la possibilité du bonheur, mais aussi à la « véritable » bonté et beauté de la vie quotidienne.

Philosophie

Comme alternative à ces conceptions problématiques du bonheur et aux différentes forces motrices qui les sous-tendent, je me suis inspiré de la pensée du célèbre philosophe français Paul Ricoeur. Il que affirmait le bonheur ne devrait être défini comme le fait de dépasser le malheur ou comme le simple dépassement du malheur. Une telle tentative serait vaine. Elle nie le malheur en tant que partie intégrante de la réalité fondamentale et de la plénitude de la vie, et nous laisse avec une tâche impossible et malheureuse. Le bonheur et le malheur sont toujours liés l’un à l’autre, et l’un ne signifie pas l’anéantissement de l’autre.




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Deuxièmement, la relation entre le bonheur et le malheur s’inscrit dans notre fragile capacité à œuvrer pour le bonheur. Mais en même temps, il faut être conscient que le bonheur n’est pas seulement le fruit d’un travail acharné, mais peut aussi être le résultat du hasard. Le malheur peut prendre la forme d’une tragédie inattendue.

La tension entre la recherche du bonheur et le fait de recevoir le bonheur de manière inattendue doit rester présente. Nous devons continuer à œuvrer pour notre propre bonheur et celui des autres. Mais si nous essayons de toujours tout contrôler, nous finirons par nous épuiser. Nous devons donc également continuer à laisser une place au hasard – sous forme de chance et de tragédie – dans nos vies.

Pourquoi est-ce important ?

Aujourd’hui, plus que jamais, il est essentiel de pouvoir rêver d’un autre bonheur. Un bonheur ancré dans notre vie réelle et non dans le monde technologique actuel. Il doit aussi être lié à nos désirs et non à ceux que fabrique le consumérisme. Ce bonheur doit être attentif aux besoins du monde et aller de pair avec la notion de malheur et d’injustice.

Nous avons besoin de meilleures définitions du bonheur dans un monde où ce terme est constamment détourné et utilisé par le consumérisme, les politiciens, les évangélistes de la prospérité, l’industrie du développement personnel et les technologies algorithmiques.

Un tel bonheur devrait nous aider à mieux vivre nos vies, ici et maintenant. Une telle idée deviendra d’autant plus importante que nos vies sont davantage influencées et contrôlées par la technologie et le consumérisme.

Je soutiens dans mon étude que cette manière de voir la vie permet un bonheur qui accepte le malheur et le hasard.

La vie elle-même est une chose à laquelle nous ne devons pas facilement renoncer. Sinon, le bonheur perdra, lui aussi, tout son sens.

The Conversation

Anné H. Verhoef does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Qu’est-ce que le bonheur ? Un philosophe propose quelques éléments de réponses – https://theconversation.com/quest-ce-que-le-bonheur-un-philosophe-propose-quelques-elements-de-reponses-277746

The federal government’s Musqueam agreements raise questions about who truly owns land

Source: The Conversation – Canada – By Daniel Sims, Associate Professor of First Nations Studies; Adjunct Professor of Education, University of Northern British Columbia

Canada’s federal government recently signed three agreements with the Musqueam First Nation that, among other things, recognize the Musqueam People’s Aboriginal title to their traditional territory — which includes most of Vancouver.

For that reason, it’s surprising that rather than making headlines immediately, most media outlets didn’t report on the agreements until a week after Ottawa’s announcement. The situation was reminiscent of how the Cowichan case in the summer of 2025 didn’t make news until the City of Richmond started informing residents in October that it might affect their fee simple title, a term referring to ownership of full, permanent property rights.

Given how many residents not only in Richmond and Vancouver, but also the rest of British Columbia, have responded with concern about what this ruling means — including some who blame reconciliation efforts — the delay in informing the public is less than ideal and only causes further anxiety.

It hasn’t helped that when asked in the B.C. legislature, provincial government officials simply responded they weren’t involved in reaching the three agreements.

Cowichan

The Cowichan case is potentially precedent-setting because it stated that Aboriginal title could co-exist with fee simple title, the form of title most Canadians associate with land ownership.

In doing so, it transformed the general understanding of treaty-making in Canada — that only the Crown could acquire Aboriginal title, and having acquired it, could then grant title to third parties.

This concept is enshrined in the Royal Proclamation of 1763, which is referenced in the Canadian Constitution and often cited as the reason why treaties were — or are — signed with Indigenous nations.

In fact, this belief was so entrenched in Canadian legal thought that in 1923, the federal government and the province of Ontario rushed through what are known as the Williams Treaties — final historic land cessions involving seven Mississauga and Chippewa First Nations — when they realized Aboriginal title had not been dealt with throughout the province.

One of the major exceptions to this way of handling Aboriginal title is British Columbia. Aside from the Douglas Treaties — negotiated by the colony of Vancouver Island, and Treaty 8, negotiated by the federal government without the province — treaties were not historically signed in B.C..

That means most Aboriginal title in B.C. has not been dealt with. They’re
currently being negotiated because past leaders refused to do so.

Perspectives on treaties

There has been a wealth of research and discussion regarding treaties between the Crown and Indigenous nations, and at times they come to some radically different conclusions.

For example, some First Nations view them as sacred agreements while others regard them in less than ideal terms.

The Conversation Canada ran a powerful piece two years ago that reconsidered the Williams Treaties from Anishinaabe perspectives.




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Seven years ago, historian Sheldon Krasowski, who was born in Treaty 6 territory in Saskatoon, published his book No Surrender: The Land Remains Indigenous challenging the Crown’s perspective that treaties extinguished Aboriginal title. It illuminates why not all First Nations in British Columbia are negotiating treaties.

These discrepancies do not mean, however, that First Nations aren’t interested in having their Aboriginal title recognized. Instead, some nations, like the Tšilhqot’in, decided to take the matter to court. In 2014, the Supreme Court of Canada recognized the Tšilhqot’in had Aboriginal title to a portion of their traditional territory.

This prompted other First Nations to make similar legal claims, including the Cowichan and Musqueam, which brings us back to the Cowichan case and the Musqueam agreements.

Put simply, provincial and federal governments appear to be taking a calculated approach when it comes to these claims, fighting those they think they might win in the courts and simply recognizing Aboriginal title if they think they’ll lose.

‘Canadian dream’

As someone who researches this topic, I am amazed by how seemingly OK people are with the Haida Aboriginal Title Agreement in 2024 given that it also stated Aboriginal title can co-exist with fee simple title.

This brings us back to fee simple title. It’s important to remember it’s a legal concept that developed over time. In this sense, saying it can co-exist with Aboriginal title is a new development. That being said, given the place home ownership and land ownership play in the Canadian dream, it’s understandable that people who own property are concerned.

No one wants to worry that their land is not really theirs. Many people think of land ownership as absolute, even though strictly speaking, fee simple title starts with a Crown grant and can be revoked and infringed upon for a number of reasons. It also does not automatically include mineral rights.

In other words, no one has complete control over their land, and Aboriginal title is simply another layer of legal obligation.

Only time will tell what the co-existence of Aboriginal title with fee simple title will mean. The Cowichan case is currently being appealed, and given that in December 2025 the Wolastoqey ruling in New Brunswick found they could not co-exist, it’s possible the Cowichan ruling will be overturned.

The Conversation

Daniel Sims is a member of the Tsay Keh Dene First Nations. Currently he holds an Insight Grant from the Social Sciences and Humanities Research Council (SSHRC) to research failed economic developments and concepts of wilderness in Tsek’ehne traditional territory (the Finlay-Parsnip watershed).

ref. The federal government’s Musqueam agreements raise questions about who truly owns land – https://theconversation.com/the-federal-governments-musqueam-agreements-raise-questions-about-who-truly-owns-land-277219

Gulf attention is turning inward: why the Iran war could destabilise the Horn of Africa

Source: The Conversation – Africa (2) – By Brendon J. Cannon, Associate Professor, Khalifa University

Gulf states have become increasingly prominent in the squabbles, civil wars and inter-country tensions in the Horn of Africa over the past decade. The countries in this region include Sudan, Ethiopia, Eritrea, Somaliland, Somalia and Djibouti.

As a result, the US-Israel war on Iran matters for the Horn, where Gulf money, Gulf diplomacy and Gulf defence equipment have become part of the operating environment of conflict and rivalry.

For over a decade, I have researched the interactions of sub-Saharan Africa with Arab Gulf states, as well as Turkey, Japan, China and others. In my view, Gulf states may scale back their engagement in the Horn as the security situation in the Middle Eastern region deteriorates.

This could potentially reshape conflicts, alignments and diplomacy across the Horn of Africa – if the war drags on.

Gulf states like the United Arab Emirates and Qatar – important partners for Ethiopia, Sudan and Somalia – will likely begin focusing inward on their own security. The strategic importance of Horn of Africa states for Saudi Arabia or the UAE will diminish.

In practical terms, this could mean a drop in high-level visits, a reduction in arms flows and a weakening of political loyalty as Horn actors adjust.

For the Horn, this could lead to two outcomes. One, an escalation in conflict, with states and armed groups seeking to settle scores while external patrons are distracted. Or second, a temporary cooling-off period as actors reassess the implications of reduced Gulf funding, arms and mediation.

Either way, the Horn is unlikely to grow calmer. Instead, longstanding grievances, between Ethiopia and Eritrea for instance, may become more pronounced.

Sudan’s war and Gulf backing

For Sudan, the implications of the ongoing conflict in the Gulf could be significant. The two warring parties – the Rapid Support Forces (RSF) and Sudan’s military – have relied heavily on external support.

Both may find themselves suddenly without the largesse and military equipment from Gulf backers, depending on how the Iran war unfolds. This drawback of support could hit the RSF particularly hard as its biggest external backer, the UAE, focuses on its own security. Sudan’s military, however, may continue to benefit from Turkish and Egyptian support.

Much recent commentary has focused on evolving “alliances” and “blocs” that pit the UAE/Israel/Somaliland/Ethiopia against Turkey/Saudi Arabia/Egypt/Somalia within Sudan’s civil war.

This framing, however, often misses two basic facts. First, these are not alliances but rather opportunistic alignments that bring together diverse actors and interests from outside the Horn. These alignments have always been opportunistic on the part of external state actors, such as Turkey, the UAE and Qatar.

They hold only as long as external patrons can plausibly deliver resources, arms and diplomatic attention without unacceptable reputational damage to themselves.

Second, state leaders in the Horn of Africa have largely steered these relationships themselves. They have used external patrons to advance domestic and regional interests.




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Gulf states’ opportunistic interventions were possible largely because they were at peace with one another and with Iran. That is no longer the case.

Sudan’s civil war may last even longer now that Gulf states are focused elsewhere. Neither side in the civil war will have the ability to land a knock-out punch.

Ethiopia, Eritrea, Somalia and Somaliland’s recognition

The Iran war could affect Ethiopia, Eritrea, Somalia and Somaliland in a number of ways.

Firstly, the diplomatic flurry of visits by Gulf leaders to Ethiopia and Somalia may slow. From 2023 to early 2026, Gulf leaders sought to shape political outcomes and advance investment and logistics interests. If this tempo slows, Horn actors will face less patronage and mediation, which may lead either to a pause in tensions or to quick escalation.

Secondly, Israel’s recognition of Somaliland – which Qatar and Saudi Arabia (as well as Egypt and Turkey) have taken a stand against – is now likely to be far from their agendas. Somalia’s long-standing ambition of reabsorbing Somaliland may also find waning external support.

Thirdly, Ethiopia’s interest in gaining access to the Red Sea has been one of the central issues in recent diplomatic manoeuvring in the Horn. With Saudi Arabia, in particular, focused on Iran, Addis Ababa may feel emboldened to formalise access through Somaliland (with which it had signed an agreement in 2024).

Turkey and Egypt may remain engaged

Two non-Gulf states, however, are likely to remain active in the Horn: Turkey and Egypt.

Turkey can still afford foreign policy opportunism in the region, as long as it does not become directly involved in the Iran war. For Ankara, the Gulf states’ distraction may create an opportunity to expand its influence. This could be through trying to help Somalia reassert control over Somaliland and other autonomous regions. It could also encourage Ethiopia to reduce tensions with Eritrea, or help balance relations between Ethiopia and Egypt. These would all enhance Turkey’s reputation outside its region and reinforce the image it has of itself as a rising, global power.




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Egypt’s involvement is driven by existential concerns over the Nile. This is particularly about a dispute with Ethiopia over the Grand Ethiopian Renaissance Dam. This is a massive project on the Blue Nile that Egypt fears could reduce the flow of water on which its agriculture, economy and population depend.

For both Turkey and Egypt, curtailing Israel’s growing influence across the wider Middle East and the Horn of Africa remains a strategic priority. A stronger Israel would dilute Turkey’s desired role as a broker and patron in the Horn, and complicate Egypt’s efforts to constrain Ethiopia.

An emboldened Israel, however, could also reshape Egypt’s engagement with Ethiopia. Egypt and Turkey might offer Ethiopia’s Abiy Ahmed diplomatic incentives – including limited or symbolic access to the Red Sea in Somaliland’s port of Berbera, for instance. This would be in return for Addis Ababa’s agreement to reaffirm Somalia’s territorial integrity (and never recognise Somaliland). But this seems unlikely as neither Egypt nor Turkey possesses the power to put Somalia back together again.

The Horn’s own agenda

The real powers in the Horn of Africa remain the region’s own states and rival centres of authority. Horn states have the agency and interests to shape outcomes. They have long drawn external patrons into the region, playing them off against one another to extract resources, recognition and diplomatic support.

What the Iran war changes is not who sets the Horn’s agenda, but the external conditions under which Horn actors pursue it.

Gulf states have been opportunistic precisely because they had the capacity to act in the Horn when the Gulf itself was stable. That capacity may now be constrained.

This is not a new finding. In work published over five years ago, my colleague Federico Donelli and I argued that enduring security burdens at home limited the reach of Gulf ambitions in the Horn.

The Horn’s underlying conflicts and rivalries will therefore continue to interact in unpredictable ways.

The Conversation

Brendon J. Cannon does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Gulf attention is turning inward: why the Iran war could destabilise the Horn of Africa – https://theconversation.com/gulf-attention-is-turning-inward-why-the-iran-war-could-destabilise-the-horn-of-africa-277855

Mau Mau: how Kenya’s history of colonial violence speaks through living bodies and graves

Source: The Conversation – Africa (2) – By Rose Miyonga, Researcher, University of Warwick

The Mau Mau Memorial Monument in Nairobi, Kenya. Wikimedia Commons, CC BY

Between 1952 and 1963, Kenya experienced one of the most violent chapters in its modern history. The Mau Mau uprising, rooted in land dispossession and political repression under British colonial rule, escalated into a brutal counterinsurgency war.

An estimated 50,000 Kenyans died during the violent conflict between Mau Mau guerrillas and British forces, and from disease and starvation. Torture, sexual violence and forced detention were widespread. Over a million people were displaced into villages and detention camps in the 1950s.

Many victims of the uprising were buried in unmarked mass graves. Others survived, but were permanently scarred.

As Britain prepared to leave in the early 1960s ahead of Kenya’s independence in 1963, officials took painstaking efforts to hide the evidence of their brutality. They destroyed some archival material that described their violent conduct and secretly took other documents back to the UK.

Further, after independence, Kenya’s own government pushed Mau Mau survivors to “forgive and forget” the past.

This created a profound historical gap. So if archives were destroyed and public history suppressed, where else might the past be found?

As an oral historian, I set out to answer this question. I embarked on an oral history project, speaking to 60 Mau Mau survivors, visiting memory sites such as mass graves, and collecting material from archives in the UK and Kenya.

I set out my findings in a recent paper.

My research shows that many Mau Mau survivors are living with permanent wounds and disabilities, which serve as constant reminders of the past. During interviews, people were keen to show me their scars and wounds, using them to illustrate their painful histories. These included bullet wounds (and sometimes bullets still lodged in the body), scars from torture and amputations.

My study showed that the body can become evidence in contexts where written documentation is absent or contested. Physical scars authenticate memory. These injuries also ensure that the past is never fully forgotten. Chronic pain and disability materially shape everyday life, tying the present to wartime violence.

My research also included understanding the Mau Mau war through human remains. I visited memory sites where communities mourn and remember, such as mass graves. I also researched the contents of boxes at the National Museum of Kenya on Mau Mau victims.




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By sharing their experiences, survivors reclaim agency over their histories. Rather than being passive victims of silence, they become active custodians of memory.

My findings suggest that archives are not limited to documents stored in state repositories. In post-conflict contexts where records are incomplete or destroyed, memory often persists through bodies and landscapes.

Custodians of memory

Through my study, I was able to observe how people use their bodies to tell their histories. I noticed this most powerfully in the 2002 BBC documentary Kenya: White Terror.

In one section, Mau Mau survivor Mwangi Kinyari goes with presenter John McGhie to a detention camp, and takes him to the cell where he was tortured and held for eight days during a three-year imprisonment.

Ignoring McGhie’s urges to be careful, Kinyari removes his jacket and insists on acting out a scene of torture, manoeuvring himself into a handstand position with his feet up on the wall and his hands on the dirt floor to demonstrate how he was hung upside down during torturous interrogations in that cell.

He then removes his belt and lifts his shirt to show the scars from the operation he had for the internal bleeding that resulted from beatings.

The descriptions of brutality he endured at the hands of white guards were powerful enough. Kinyari gives testimony of having his testicles beaten until he urinated blood, and his eyes seared with hot coals.

His words and descriptions communicate the facts of what happened, but there is something more that his body conveys through acting out the scene of his torture, using his body to write into the missing record of his experiences, and recentring himself in the frame of historical memory.

Aged 80, Kinyari seized an opportunity to speak back to the historical forces that had forgotten him. He used his entire body as a vehicle to do this.




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Mass grave sites also deserve greater recognition as spaces of history and remembrance. These mass graves are a visceral reminder of Mau Mau history, countering attempts to silence and sanitise the past. They offer insights into the brutality and devastation of the war.

Even though they are not marked or honoured in an official capacity, community members have found ways to tend to them as sites of mourning and remembrance.

Violence has profoundly shaped the past and present of Mau Mau survivors. This is evident both in survivors’ bodies and in the remains of those who were killed. These are archives in their own right.

Unhealed wounds aren’t only symbolic. They continue to shape survivors’ economic opportunities, health and wellbeing decades later. Embodied memory also strengthens contemporary justice claims. Survivors seeking compensation rely not only on testimony but on visible physical evidence of abuse.

What should be done

Bodies have powerful stories to tell. Unhealed wounds have resonance in the present, materially affecting survivors’ lives, illustrating the legacies of war. They are also record-keepers, offering evidence for people who still hope to have their stories heard and maybe even get compensation for their suffering.

Tending to these wounds would be literally and figuratively healing for the Kenyan nation. Ignoring these embodied archives risks reproducing historical erasure.

First, there needs to be urgency in recording survivors’ testimonies through oral histories and community memory work. The Mau Mau generation is ageing, and embodied memory will not last indefinitely.

Second, mass grave sites and human remains deserve formal recognition as spaces of national history and mourning.

Third, continued engagement with reparations processes is essential as it allows survivors of Mau Mau traumas to seek justice and closure.

Acknowledging embodied suffering is central to meaningful justice. Addressing these wounds – both literal and historical – could contribute to broader national reflection in a country still shaped by colonial violence and inequality.

The Conversation

Rose Miyonga receives funding from the UK Arts and Humanities Research Council via the Midlands4Cities consortium.

ref. Mau Mau: how Kenya’s history of colonial violence speaks through living bodies and graves – https://theconversation.com/mau-mau-how-kenyas-history-of-colonial-violence-speaks-through-living-bodies-and-graves-277118

Treaty 4 raises hard questions like how did ‘Crown land’ come to be?

Source: The Conversation – Canada – By Ken Wilson, Assistant Professor, Department of English and Creative Writing, University of Regina

In my recently published book, Walking the Bypass: Notes on Place from the Side of the Road, I describe standing beside the Regina Bypass, a new (and politically controversial) highway around Saskatchewan’s capital, asking myself how settlers came to own the land that stretched to the horizon in all directions.

Canadian courts have generally treated the numbered treaties as land cessions, though they also recognize them as solemn agreements requiring honourable interpretation.

I recalled what the late Stó:lō Elder Lee Maracle wrote in My Conversations With Canadians: settlers like me rarely get curious about “how the shift from Indigenous authority over the land to Canadian authority over the land occurred.”

I decided to get curious, and what I learned surprised me.

The official story: Surrender

Regina is in Treaty 4 territory. In September 1874, treaty commissioners representing the Crown negotiated that treaty with Cree, Saulteaux and Nakoda chiefs at Fort Qu’Appelle, now a town east of Regina, but then a Hudson’s Bay Co. trading post.

What Treaty 4 means depends on whose story you believe. The federal government tells one story; First Nations treaty Elders and legal scholars tell another. Those stories offer radically different versions of that treaty.

According to the federal government, First Nations surrendered their title to the land through the historical numbered treaties, including Treaty 4. That interpretation depends on the words of the treaty document: First Nations “do hereby cede, release, surrender and yield up” their land.

There’s a problem, however. As historian Sheldon Krasowski points out in No Surrender: The Land Remains Indigenous, there’s no evidence those words were mentioned by the treaty commissioners during the negotiations, or that their translator, Charles Pratt, a Cree-Nakoda catechist who often translated for Anglican missionaries, would have been able to convey the treaty’s legalese into the chiefs’ languages.

When pioneering Cree lawyer Harold Cardinal and historian Walter Hildebrandt explained the meaning of what’s come to be known as the “surrender clause” to First Nations Treaty Elders, those Elders were incredulous that anyone would think the chiefs would have agreed to give up their rights to the land. Elder Kay Thompson (Treaty 4) told Cardinal and Hildebrandt:

“We never gave it up; we never surrendered anything.”

If that interpretation is wrong, then Canada’s legal claim to much of the land west of Ontario rests on uncertain ground.

A different account of Treaty 4

If the so-called “surrender clause” wasn’t interpreted, and if contemporary Treaty Elders say no surrender of land took place, then the federal government’s story about the treaties doesn’t make much sense. And, if there was no surrender of land, then what gave the federal government the right to survey, sell or give away to settlers everything outside of reserves?

How did the notion of “Crown land” come about? How did the shift in authority that Edler Maracle describes happen?

First Nations legal scholars and Elders offer a completely different account of Treaty 4 and the other historical treaties: they were about sharing the land and establishing an ongoing relationship with settlers.

The most important speech of the Treaty 4 negotiations, the one that brought the talks to a conclusion, was made by Chief Loud Voice on the last day of the discussions. He said:

“Let us join together and make the treaty; when both join together it is very good.”

Those words suggest a desire to create a relationship with the newcomers to the Plains, not a surrender of land. Contemporary Indigenous legal scholars agree with this interpretation.

In Two Families: Treaties and Government, writer and lawyer Harold Johnson argues that the treaties represent sacred ceremonies in which First Nations adopted settlers as their kin. That’s why the Elder he consulted suggested he use the Cree word kiciwâminawak — “our cousins” — to refer to settlers.

For Johnson, the key element of the negotiations was the Sacred Pipe Ceremony, which solemnized that adoption, not the treaty document. “The paper at treaty was ancillary to ceremony,” he explains. “My ancestors recognized your paper as your ceremony and participated so as not to offend.”

Ceremony, not paper, constituted the agreement.

What if the story isn’t true?

Interpreting Treaty 4, like the other historical treaties, as a sharing agreement rather than a surrender of land raises profound questions. How did so much land in Saskatchewan, as in other parts of Canada, come to belong to settlers?

This disagreement is not simply about history; it is about what counts as law.

In Saskatchewan, as elsewhere, reserves are a tiny part of the total area. The rest belongs to the Crown or has been sold or given to settlers.

How can that situation be considered sharing? How did the Crown come to possess the land? On what basis was the land sold or given away? Is our title to the land the product of a story that simply isn’t true? Did that shift from Indigenous to Canadian authority happen through a misunderstanding, at best, or trickery, at worst?

These two interpretations aren’t just trivia. The unsettling questions they raise block genuine reconciliation today because the official interpretation relies on a version of the treaty that partners reject. Thinking about those questions, and discussing them with Indigenous Peoples, won’t be easy for settlers, but it needs to happen.

As Dallas Hunt and Gina Starblanket, Cree authors and advocates for Indigenous thoughts, point out:

“Treaty is work; it takes labour to be in relationship with other people.”

Are we settlers ready for that work? The first step might be reconsidering which story about the treaties we believe.

The Conversation

Ken Wilson does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Treaty 4 raises hard questions like how did ‘Crown land’ come to be? – https://theconversation.com/treaty-4-raises-hard-questions-like-how-did-crown-land-come-to-be-270036