Tu veux bien me faire un café ? Quand les tâches ingrates rendent les salariés silencieux

Source: The Conversation – in French – By Rahman Khan, Associate professor, PSB Paris School of Business

Même sans mauvaise intention, une tâche peut être perçue comme illégitime, voire témoigner d’un mépris pour l’expertise professionnelle. CastOfThousands/Shutterstock

Entre 30 et 50 % des salariés doivent effectuer des tâches sans lien avec leur poste ou leur expertise professionnelle. Résultat, ils deviennent silencieux, gardant pour eux leurs questions ou leurs suggestions, bien qu’elles pourraient s’avérer utiles pour l’entreprise. Alors, comment sortir de cette dynamique perverse ? Car, le silence des salariés n’est qu’un symptôme d’une entreprise malade.


L’image d’Épinal du stagiaire « responsable machine à café » ou « photocopieuse » traduit une réalité. Dans certaines entreprises, des employés en contrat limité ou non limité, souvent surdiplômés, doivent se cantonner à réaliser des missions ingrates. « Tu veux bien passer les slides PowerPoint pour ma présentation ? »

Dans une recherche récente, nous avons étudié la façon dont les tâches assignées déterminent le comportement des employés, en particulier lorsque ces tâches sont perçues comme illégitimes – considérées comme déraisonnables, inutiles ou ne correspondant pas au rôle des employés. Une étude complémentaire rappelle que de telles tâches ne sont pas une simple source de désagrément. Elles influencent la manière dont les employés perçoivent l’équité et leur place au sein de l’organisation, au-delà d’être des facteurs de stress.

Le silence est une réponse courante à l’illégitimité perçue. L’effet secondaire : les employés peuvent cacher des informations qui pourraient aider leurs équipes, comme leurs préoccupations, leurs idées ou leurs suggestions. Alors, comment fonctionne ce mécanisme pervers pour l’entreprise et pour les salariés ?

Tâches injustes sans mauvaises intentions

Les employés qualifient certaines tâches d’injustes lorsqu’ils constatent un décalage avec leur rôle, leur statut professionnel ou l’objectif de leur poste. Cette évaluation reflète la perception des employés et non les intentions de leur responsable.

Une tâche peut être donnée sans mauvaise intention, mais tout de même être perçue comme injuste quand elle entre en conflit avec les attentes liées à un poste ou qu’elle témoigne d’un mépris pour l’expertise professionnelle. Des études sur les tâches illégitimes établissent une distinction entre les tâches qui ne relèvent simplement pas d’un rôle précis et celles qui sont considérées comme inutiles.

Les deux cas remettent en question la manière dont les employés définissent leur contribution au travail. Lorsque les tâches vont à l’encontre des normes du métier, les employés se sentent méprisés dans leur identité professionnelle.

De 30 % à 50 % des salariés concernés

Les enquêtes indiquent que les tâches illégitimes sont monnaie courante dans le milieu professionnel. Entre 30 % et 50 % des employés sont confrontés, au moins occasionnellement, à des tâches déraisonnables ou inutiles, avec des variations importantes selon les professions et les secteurs.

Le phénomène est particulièrement fréquent dans les environnements à forte surcharge de travail et où les rôles sont flous. Des rôles mal définis augmentent le risque que les employés se voient confier des tâches ne relevant pas de leurs responsabilités officielles. Les environnements à forte charge de travail intensifient ce phénomène, car les managers s’appuient sur une délégation ad hoc pour répondre au besoin immédiat de l’entreprise.

L’injustice organisationnelle va de pair avec un silence accru, les employés choisissant de ne pas partager leurs idées même lorsque celles-ci pourraient être très importantes pour l’organisation. Le silence est notamment utilisé délibérément pour exprimer son désaccord avec l’attribution injuste des tâches.

Moins de sincérité dans l’entreprise

Le silence des employés traduit une tendance à ne pas communiquer à ses supérieurs ou à ses collègues, intentionnellement, des informations ou des suggestions liées au travail, même lorsque les exprimer pourrait être utile. C’est une décision délibérée. Le cas d’un silence délibéré peut traduire un motif de représailles ou de vengeance à la suite d’une injustice perçue.




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Il existe une différence entre silence et désengagement. Des employés désengagés fournissent globalement moins d’efforts, tandis que les employés silencieux restent impliqués dans leur travail, mais communiquent moins. Concrètement, ils ne souhaitent pas exprimer sincèrement leur opinion sur les conditions de travail à ceux qui sont en mesure d’y répondre.

Un traitement inéquitable et une injustice organisationnelle sont susceptibles d’entraîner un silence défensif, où les employés évitent de partager des informations afin de se protéger d’éventuelles conséquences négatives.

En revanche, le silence délibéré est dirigé vers l’organisation en réponse à une répartition des tâches jugée injuste. Les employés sont plus enclins à garder le silence lorsqu’ils s’attendent à :

La morale influence les réactions des salariés

La moralité des employés – leur sens du bien et du mal – détermine leur comportement éthique au travail. Par exemple, les employés ayant une forte identité morale sont moins susceptibles de tricher au sein de leur entreprise.

Cette conduite morale, traduction d’une conception de soi en entreprise, guide le comportement des salariés. Les employés qui valorisent des traits moraux importants pour leur image d’eux-mêmes, comme le fait d’être juste et bienveillant, sont plus à même d’éviter les comportements négatifs au travail, tels qu’un silence motivé par la vengeance, contraire à leurs valeurs morales.

Cette éthique individuelle a ses limites. En réalité, elle ne permet pas de déceler pleinement les systèmes injustes ni les environnements de travail toxiques. Lorsque la répartition des tâches et les processus de prise de décision restent constamment inéquitables, le silence persiste, même lorsque les employés ont une image morale élevée d’eux-mêmes.

Ce que les entreprises peuvent apprendre

La délégation des tâches reflète la manière dont les employés sont considérés au sein d’une organisation. La répartition des tâches est un signe de respect et de statut, mais aussi d’inclusion.

La perception d’une répartition des tâches équitable favorise la confiance et la coopération, tandis qu’une répartition inéquitable est source de tension et de ressentiment. Il n’est pas surprenant que les employés confrontés à cette dernière se plaignent davantage d’épuisement émotionnel et d’une baisse de leur bien-être.

La légitimité de la répartition prime sur les objectifs d’efficacité au sens strict. Des processus équitables renforcent les normes d’échange social et l’engagement en soulignant que chaque contribution est reconnue à sa juste valeur. Parallèlement, l’attribution des tâches sur la base de la justice est corrélée à un engagement plus fort et à une diminution des réactions de retrait.

Le silence des employés n’est qu’un symptôme. Les organisations devraient donc être attentives au silence de leurs employés et à leurs pratiques d’attribution afin de détecter les problèmes de légitimité avant que des conflits ouverts ou des départs ne surviennent.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Tu veux bien me faire un café ? Quand les tâches ingrates rendent les salariés silencieux – https://theconversation.com/tu-veux-bien-me-faire-un-cafe-quand-les-taches-ingrates-rendent-les-salaries-silencieux-274756

Quand le silence des clients devient un vrai risque commercial

Source: The Conversation – in French – By Pierre-Olivier Giffard, Enseignant et directeur du département Marketing, Entrepreneuriat et Développement commercial, ESCE International Business School

Un client qui prend la peine d’écrire « Bravo ! » est-il forcément un futur ambassadeur ? Un client qui se plaint annonce-t-il toujours une potentielle crise ? La réalité du bouche-à-oreille est plus subtile et contre-intuitive. Bienvenue dans le monde complexe des avis de consommateurs. Ou quand le silence devient une menace…


Une étude publiée en janvier 2026 dans l’International Journal of Retail and Distribution Management auprès de près de 1 000 consommateurs dans le secteur du commerce de détail montre que les réclamations jouent un rôle souvent plus déterminant que les compliments dans la dynamique de recommandation. Plus encore, elle révèle un point essentiel : ce n’est pas seulement la satisfaction ou l’insatisfaction qui compte, mais la manière dont le client l’exprime… ou non. Car un client silencieux peut parfois représenter un risque plus important qu’un client mécontent.

Un talon d’Achille de l’expérience client

Lorsqu’un client se dit insatisfait, deux causes principales sont généralement identifiées : un produit défaillant (panne, mauvaise qualité…) ou une interaction négative avec le personnel (manque d’écoute, absence d’empathie, impolitesse). Les résultats de l’étude montrent que l’insatisfaction liée à l’employé engendre 16 % moins de recommandations qu’une insatisfaction liée au produit.

Pourquoi une telle différence ? Une panne ou un défaut technique est souvent perçu comme une défaillance fonctionnelle et matérielle. À l’inverse, une mauvaise interaction humaine touche à la relation elle-même. Elle remet en cause le respect, la considération et parfois même le statut du client.




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La théorie de la justice interactionnelle permet de comprendre ce mécanisme. Lorsqu’un client se sent ignoré ou méprisé, il ne vit pas seulement un échec de service. Il ressent une forme d’injustice personnelle, qui fragilise son attachement à l’enseigne.

La réclamation, une soupape de sécurité plus qu’une attaque

Le résultat le plus surprenant concerne cependant la plainte elle-même. Intuitivement, on pourrait croire qu’un client qui se plaint alimentera nécessairement un bouche-à-oreille négatif autour de lui. Or, l’étude suggère souvent l’inverse : exprimer une réclamation peut atténuer les effets négatifs de l’insatisfaction sur la recommandation.

Formuler une plainte – notamment via les champs libres des enquêtes de satisfaction – joue un rôle de régulation émotionnelle. En mettant des mots sur sa déception, le client relâche une partie de la tension accumulée. En psychologie, ce mécanisme est connu sous le nom de venting anger : verbaliser sa frustration permet de relâcher la tension. Se plaindre ce n’est pas seulement chercher une réparation, c’est aussi chercher à retrouver un équilibre.

Un silence menaçant

Ainsi, l’intention de bouche-à-oreille (la volonté d’un client de recommander l’entreprise) est environ 41 % plus forte chez les clients insatisfaits qui expriment une réclamation que chez ceux qui restent silencieux.

L’effet est encore plus marqué lorsque l’insatisfaction concerne l’interaction humaine : les clients mécontents d’un employé présentent un bouche-à-oreille 82 % plus favorable lorsqu’ils écrivent une réclamation que lorsqu’ils ne disent rien. Même pour les problèmes liés au produit, la plainte améliore l’intention de recommandation (+14 %).

Entendre les silencieux ?

Le véritable problème n’est donc pas toujours la plainte. C’est l’absence de plainte. Les profils les plus préoccupants pour les entreprises ne sont pas nécessairement ceux qui protestent, mais ceux qui se taisent. Un client insatisfait qui ne formule aucun retour peut signaler un désengagement : il ne cherche plus à être entendu, ne croit plus à la possibilité d’une amélioration et se prépare souvent à quitter la relation commerciale.

Dans un environnement où les avis circulent rapidement sur les réseaux sociaux ou les plates-formes publiques, ces frustrations non exprimées ne disparaissent pas. Elles peuvent se déplacer vers d’autres espaces, hors du champ de vision et du contrôle de l’entreprise.

Le paradoxe des avis positifs

L’étude met également en lumière un second paradoxe, moins intuitif encore : les compliments n’ont pas toujours l’effet attendu. On suppose souvent qu’un client qui laisse un avis positif deviendra spontanément un ambassadeur de la marque.

Pourtant, les données montrent que les clients satisfaits qui envoient un message positif directement à l’entreprise n’ont pas une intention de recommandation significativement supérieure à ceux qui restent silencieux (une différence de seulement 1 %).

Le compliment peut alors fonctionner comme une forme de clôture : le client exprime sa satisfaction, mais ne ressent pas nécessairement le besoin de promouvoir activement la marque à l’extérieur. Un avis positif interne ne se transforme donc pas automatiquement en bouche-à-oreille public.

Quatre leviers à manœuvrer

Les résultats de l’étude offrent plusieurs leviers concrets pour les enseignes. D’abord, faciliter l’expression des réclamations. Puisque la plainte réduit le bouche-à-oreille négatif, les entreprises ont intérêt à proposer des espaces d’expression accessibles, notamment via des champs libres encourageants.

Ensuite, identifier les clients insatisfaits silencieux. Le profil le plus à risque pour une entreprise est le client qui attribue une mauvaise note sans laisser de commentaire. Les outils CRM et les enquêtes de satisfaction devraient isoler ce segment de clients « silencieux et déçus » afin de déclencher des actions de récupération ciblées et personnalisées, avant qu’ils ne deviennent des détracteurs actifs.

Stratégies 2023.

Partager la satisfaction

Enfin, mieux activer les retours positifs. Lorsqu’un client laisse un compliment, l’entreprise peut l’encourager à partager son expérience sur des plates-formes publiques (Google Reviews, réseaux sociaux), afin de transformer une satisfaction privée en recommandation visible.

À l’heure où les réputations se construisent en temps réel sur TikTok, Google ou Instagram, comprendre la psychologie du feedback client devient stratégique.

Pour les entreprises, l’enjeu n’est pas seulement de collecter davantage de retours, mais de mieux interpréter ce qu’ils révèlent. Car dans la relation client, le silence n’est jamais anodin : il est souvent le premier signe d’un désengagement durable.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Quand le silence des clients devient un vrai risque commercial – https://theconversation.com/quand-le-silence-des-clients-devient-un-vrai-risque-commercial-275482

Early wins for the social media ban, new survey claims. But the full picture is far more complicated

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Susan M. Sawyer, Professor of Adolescent Health The University of Melbourne; Director, Royal Children’s Hospital Centre for Adolescent Health; and Murdoch Children’s Research Institute, The University of Melbourne

Australia’s world-first national legislation to restrict access to social media accounts for children under 16 years old has been in force for about three months. New data from a survey of 1,070 Australian adults provides tantalising evidence of some positive effects.

The YouGov survey found many parents had noticed several positive behavioural shifts in their children aged 16 and under since the law took effect on December 10 2025. This, however, wasn’t universal, with some parents also reporting negative changes in their children’s behaviour.

This data does offer some insights into the impact of Australia’s Online Safety Amendment (Social Media Minimum Age) Act. But it also has some major limitations.

So what exactly do the results of the survey show? And how should they be interpreted?

A first step

Before we can assess any effect of the legislation in preventing online harms we need to know whether the age-assurance processes are working.

Initial figures gathered by Australia’s eSafety Commission indicated social media platforms had removed 4.7 million accounts of children under 16 last December.

This figure reportedly includes a number of inactive and duplicate accounts. As a result, it may not be an accurate representation of the actual number of young people affected.

Young people are also reportedly circumventing age verification restrictions. And a report by Crikey, based on new data by parental control company Qustodio, showed social media usage among under-16s had dropped only marginally in the first three months of the ban.

Parents see some positive impacts

The YouGov survey took place online on January 12–14 this year – a little over a month after social media age restrictions took effect.

Among parents of children under 16 years old, 61% observed between two and four positive effects. Some 43% noticed more in-person social interactions, while 38% said their children were more present and engaged during interactions and 38% reported improved parent-child relationships.

But these parents also reported negative impacts. Some 27% noted a shift to alternative or less regulated platforms. And 25% observed reduced social connection, creativity or peer support online.

Two thirds of adults in this survey believed greater parental involvement could make the ban more effective. And 56% agreed stricter enforcement and age verification would improve its effectiveness.

This suggests many parents understand the complex challenges around implementation of effective age-assurance processes.

Limitations of the survey

Disappointingly, the proportion of parents in the YouGov sample is not reported, nor is the exact age of their children.

Given the survey took place in the middle of the summer holidays, it is hard to know what contribution this may have had, as social media use generally declines then.

We also do not know whether the reported behavioural changes were observed among young people who had been “kicked off” their social media accounts.

Crucially, the YouGov survey is also missing the voices of young people.

Ongoing work

We are involved in an ongoing study that aims to evaluate the impact of social media age restrictions. This study directly measures how much time young people actually spend on different social media apps using passive sensing technology, in addition to more common self-reported questionnaires.

Our baseline data (collected before the new rules came into effect) from 171 young people counters the prevailing narrative that “all teens are against the social media restrictions”.

In fact, 40% of 13–16-year-olds were either supportive of or indifferent to the legislation, suggesting a more nuanced examination is warranted.

Young people also showed insights into their own experiences of using social media. Watching short videos was the most frequently reported activity. But only 16% thought it was a good use of their time.

Australia’s eSafety Commissioner Julie Inman Grant has also committed to a comprehensive evaluation of the Social Media Minimum Age Act.

A collaboration between the eSafety Commission, Stanford University’s Social Media Lab (the lead academic partner), and an 11-member academic advisory group, this evaluation aims to assess how the minimum age requirement is being implemented and examine both intended and unintended impacts.

A major element of the eSafety evaluation is its longitudinal design over at least the next two years, with perspectives from over 4,000 young people aged 10–16 years and their parent or carer. The participants include enough young people from certain groups, such as those living in the country, or who are neurodiverse, to take a closer look at whether restricting access to social media has a disproportionate impact on them.

The eSafety evaluation will also directly track how much time young people spend on different apps and when they do so.

Measuring success in years, not months

The next few months will no doubt be the toughest for the eSafety Commissioner as she works with each of the technology platforms to ensure they are taking the “reasonable steps” required by the law.

There will be much global interest in the public compliance report that the eSafety Commission will soon release, which will detail these steps.

Technology companies face fines of up to A$49.5 million for failing to comply with the law. For many, the financial cost may be less of a concern than avoiding damage to their reputation, as evident in recent court cases in the United States where Snapchat and TikTok settled out of court.

Rather than anticipating immediate benefits in young people who have already enjoyed access to social media, we may see stronger effects in the next generation of children, whose parents are yet to provide permission for them to access social media accounts.

In this regard, the true benefit of Australia’s legislation may be whether it changes social norms among parents about the “right” age for children to have a phone and around what role social media should play in young people’s lives.

Such changes will be measured in years, not months.

The Conversation

Susan M. Sawyer has received funding from NHMRC, other government and philanthropic grants to undertake research on mental health and social media. She is a member of the eSafety Commission’s Academic Advisory Committee that is overseeing the evaluation of the Online Safety Amendment Act.

Sylvia C. Lin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Early wins for the social media ban, new survey claims. But the full picture is far more complicated – https://theconversation.com/early-wins-for-the-social-media-ban-new-survey-claims-but-the-full-picture-is-far-more-complicated-278768

Morgan le Fay was King Arthur’s sister – but also a healer, mathematician and murderer

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Nicole Kimball, Casual Academic, School of Humanities, Creative Industries and Social Sciences, University of Newcastle

Morgan le Fay is one of the most infamous characters of Arthurian mythology. A powerful sorceress and, in later stories, King Arthur’s half-sister, Morgan was a healer, a mathematician, murderer, adulteress and queen.

In later versions of the legends, Morgan is shown most often as the lover or enemy – and sometimes both – of many of Arthur’s closest allies, including Sir Lancelot and the powerful wizard Merlin.

Her surname, le Fay, is thought to be a combination of the French and Gaelic words for fairy, and refers to her fantastical powers.

Modern versions of Arthur’s story, such as the BBC program Merlin (2008–12) or the Irish/Canadian series Camelot (2011), continue this trend. They pair Morgan with Mordred, the knight who kills Arthur, pitting the two of them against the king and his knights in epic battles of good and evil.

Off screen, however, Morgan’s story starts completely differently.

A healer and mathematician

We first see her in approximately 1150 as part of an epic poem called Vita Merlini (Life of Merlin), by Welsh cleric Geoffrey of Monmouth.

She appears when Merlin brings the mortally wounded Arthur to Avalon (an island of magic) in the hope Morgan can heal him.

Curiously, this journey to Avalon is the only part of Morgan’s story consistent to nearly every version of Morgan that we see in later texts.

Unlike later versions, Morgan’s earliest form in the Vita Merlini is entirely positive.

The queen of Avalon, she rules alongside her eight sisters, of whom she is the most beautiful.

As a healer, she is an expert in herbology. She is also a shape-shifter, allowing her to visit cities famous for being centres of learning in medieval Europe.

Geoffrey also tells us Morgan teaches mathematics to her sisters. In 12th-century terms, this means she was probably trained in maths, finance and astronomy. While nearly every noblewoman of this time would have known enough maths to run her castle, Morgan’s education is definitely outside the norm.

A painting of Morgan le Fay by Frederick Sandys, 1863-1864 depicts her enchanting a cloak.
A painting of Morgan le Fay by Frederick Sandys, 1863-1864 depicts her enchanting a cloak.
Morgan-le-Fay, by Frederick Sandys/Wikimedia

The powers Geoffrey of Monmouth gave her reflected the early forms of natural philosophy, the earliest form of the scientific process. Natural philosophy was about seeking to understand nature and the world around you through reasoning, rather than religion.

Morgan’s powers fall under two key branches of natural philosophy: the science of medicine, and the science of necromancy according to physics.

The science of medicine is pretty much as it sounds. The science of necromancy according to physics, however, was not about bringing people back from the dead – it was the study of what was and was not possible.

In a period before biology and physics, many of the simplest processes – such as the creation of frogs from frog spawn – were considered occult.

The ability to manipulate these processes was considered the educated (and thus proper) practice of magic.

This early version of Morgan, although not herself a real person, was partly based on a very powerful medieval woman who was actually real – the Empress Mathilda, daughter of King Henry I.

Geoffrey was a supporter of the empress and this likely influenced his decision to depict Morgan as positive and chaste.

A personality change

As Arthurian legends were adapted by the French chivalric romances (a 12th–15th century literary genre), Morgan began to change.

She is still a fantastic healer, but is no longer queen of Avalon.

Instead, she has become Arthur’s half-sister (same mother, different fathers).

In the slightly later texts, she becomes vindictive, jealous and cruel, and begins to use her magic selfishly. Instead of healing, she becomes a master of illusion and enchantment, often using her magic to trap Arthur’s knights (particularly Lancelot).

In one example, from a text called the Lancelot-Grail cycle, Morgan is rejected by a knight who loves another woman.

Furious, Morgan creates the Valley of No Return (or the Valley of False Lovers). No man who has been unfaithful to his lover, even just in thinking, can leave the valley. The spell lasts for decades, until it’s broken by Lancelot and the men are freed.

We also see sleeping enchantments in texts from this time, which Morgan uses to kidnap Lancelot.

In later texts, things get much darker. Morgan enchants a mantle, a type of cloak, so it will burn its wearer to death. She sends it to Arthur as a gift.

He is stopped from putting it on by the Lady of the Lake, who suggests the messenger puts it on instead. Morgan’s assassination attempt is foiled.

This shift in Morgan’s character happened, among other reasons, because of increasingly complicated beliefs about what it meant to be a witch in medieval Europe.

Powerful, independent and vindictive

Finally, the nature of chivalric romance also had some influence.

This type of storytelling operated by strict rules in which a knight and his lover faced various obstacles in their attempt to be together.

Morgan, as a very independent figure even when she is married, helps fill the role of the obstacle for the knight – the bad guy.

Even so, Morgan le Fay is a much-loved character of the Arthurian legends.

Powerful, independent and vindictive, Morgan set the standard for witchy women.

Her influence appears today in everything from fairy tales to comic books – think of the wicked fairy from Sleeping Beauty, the White Witch from The Chronicles of Narnia and as herself in both DC and Marvel comics – making her possibly the most famous medieval witch we have.

The Conversation

Nicole Kimball is the Secondary Schools Liaison for the Australasian Classical Society.

ref. Morgan le Fay was King Arthur’s sister – but also a healer, mathematician and murderer – https://theconversation.com/morgan-le-fay-was-king-arthurs-sister-but-also-a-healer-mathematician-and-murderer-275927

Doit-on se préparer à une Troisième Guerre mondiale ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Antony Dabila, Relations internationales, Sciences Po

Alors que l’opération « Epic Fury » frappe l’Iran depuis le 28 février 2026, la multiplication des conflits armés marque la fin d’une certaine idée de la dissuasion. De l’Ukraine à Gaza, du Caucase au Moyen-Orient, quelque chose s’est déréglé dans l’architecture de sécurité qui empêchait depuis 1945 le retour des guerres de conquête. Non pas une Troisième Guerre mondiale identique aux deux premières, mais quelque chose de potentiellement plus insidieux : une mise en série de conflits que plus personne ne semble en mesure de contenir.


Depuis 1945 et le premier usage des explosifs nucléaires, une conviction a structuré la pensée stratégique occidentale : l’existence de ces « armes absolues » rend impensable toute guerre de conquête entre grandes puissances, rendant inviolable le territoire des États dotés de l’arme nucléaire. Ces derniers ne pouvaient donc plus s’affronter qu’indirectement, dans des guerres limitées, dont l’intensité n’atteindrait jamais la violence hyperbolique des deux premiers conflits mondiaux.

Pourtant, cette certitude s’est fissurée. En envahissant l’Ukraine, un pays dont elle avait pourtant garanti l’indépendance et la sécurité dans le cadre du mémorandum de Budapest en 1994, la Russie a utilisé son arsenal atomique comme bouclier (sans risquer d’implication directe des États-Unis) pour mener une guerre de conquête conventionnelle. Cette invasion russe a provoqué une profonde perturbation des mécanismes de dissuasion, dont les conséquences n’ont peut-être pas été pleinement diagnostiquées.

Un seuil qui s’est déplacé

L’étendue de ce qu’il est possible de faire sous « la voûte nucléaire », sans en provoquer l’effondrement, s’est considérablement accrue. La guerre d’Ukraine a démontré qu’un affrontement conventionnel de haute intensité, poursuivant des objectifs d’annexion territoriale explicites, pouvait se dérouler sans que la menace nucléaire soit activée ni par l’agresseur pour protéger ses gains ni par les États soutenant la défense ukrainienne pour y mettre fin.

La notion de « seuil » nucléaire, telle que théorisée en 1960, supposait une ligne précise au-delà de laquelle la guerre atomique devenait certaine. Depuis la guerre d’Ukraine, cette notion ne peut plus être comprise de façon stricte. Dans la réalité, en effet, les comportements obéissent à des mécanismes plus complexes : il existe une zone d’incertitude, un espace intermédiaire où un nombre indéfini d’actes hostiles restent possibles sans pour autant mener automatiquement à l’escalade ultime.

En d’autres termes, on constate une élévation du seuil à partir duquel le comportement de certains acteurs devient intolérable. Et c’est précisément cette élévation qui ouvre une fenêtre d’opportunité aux puissances « révisionnistes », c’est-à-dire souhaitant modifier les règles du système à leur avantage.

Par exemple, en utilisant la force pour annexer de nouvelles provinces, et faire fi d’un principe cardinal des Nations unies : l’intangibilité des frontières. Selon ce principe clé, les frontières ne peuvent être modifiées par la force et toute modification de leur tracé ne peut être fait que selon des limites administratives intérieures déjà existantes. Ce principe a notamment été appliqué lors des décolonisations et de la fin de l’URSS. Il n’avait connu que de rares exceptions en soixante-dix ans (le Tibet acquis par la Chine en 1950, le Cachemire, la frontière entre les deux Corées, les guerres israélo-arabes, Chypre-Nord).

Le retour des guerres de conquête

Nous voyons ici se dessiner le risque le plus sérieux : non pas une Troisième Guerre mondiale déclarée sciemment par une puissance ou un groupe de puissances, entraînant une guerre atomique totale, mais une multiplication de conflits conventionnels simultanés épuisant les capacités et la volonté de réaction américaines que l’on pourrait appeler guerre mondiale « sous le seuil » (c’est-à-dire ne provoquant pas, dans un premier temps, d’utilisation d’armes nucléaires).

Depuis cinq ans, les ruptures les plus significatives sont le fait des puissances nucléaires elles-mêmes. La Russie a tenté de soumettre l’Ukraine par une offensive-éclair et d’annexer formellement cinq provinces, avant de s’installer dans une guerre d’usure aux conséquences durables pour l’ordre européen. Israël, puissance nucléaire non déclarée, a répondu à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 par des opérations militaires d’une ampleur inédite à Gaza, au Liban, en Syrie, contre les houthistes du Yémen et, enfin, contre l’Iran, selon sa doctrine de « réponse disprortionnée ». Enfin, les États-Unis, loin d’être spectateurs de la dérégulation du système, en sont devenus l’un des agents : l’opération en Iran a été lancée sans mandat onusien ni consultation du Congrès et Washington menace ouvertement des membres de l’Otan, sapant ainsi les institutions qu’il avait lui-même contribué à bâtir. Le garant de l’ordre précédent, las de contribuer au financement de l’alliance, a ainsi lancé une réforme brutale qui en perturbe l’architecture et menace de la faire vaciller.

D’autres conflits, sans faire intervenir d’arsenal nucléaire, ont été lancés non sans corrélation avec ces affrontements. En septembre 2020, l’Azerbaïdjan lance sa première offensive victorieuse sur l’Arménie, menant progressivement à la disparition de la République d’Artsakh et à l’exil de plus de 100 000 Arméniens, sans que la communauté internationale parvienne à empêcher cet exode. À ce conflit s’ajoutent les guerres entre le Cambodge et la Thaïlande, entre l’Inde et le Pakistan ou entre le Pakistan et l’Afghanistan. Autant de situations qui montrent que le retour des guerres locales restreintes n’était pas un accident, mais une tendance lourde, venant s’ajouter aux luttes insurrectionnelles des décennies précédentes.

Certes, ces guerres n’ont pas toutes amené des changements de frontière importants, mais ni les États-Unis ni ses compétiteurs stratégiques ne sont en mesure de les réguler tous à la fois. Les États-Unis pouvaient autrefois rééquilibrer l’ensemble des régions et des tensions par une intervention extérieure (traditionnellement appelée offshore balancing), mais la multiplication des situations d’urgence et des conflits ne leur permettent plus, à budget égal, d’agir suffisamment. La multiplication des conflits montre que cela est devenu beaucoup plus difficile. Cela laisse donc une marge de manœuvre bien plus importante aux acteurs locaux pour modifier le rapport qu’ils entretiennent avec leurs voisins.

La Russie, en particulier, a démontré aux autres puissances révisionnistes que les sanctions économiques pouvaient être absorbées, que l’effort de guerre occidental avait des limites industrielles et politiques réelles, et que la protection nucléaire offrait une marge d’action conventionnelle bien plus large qu’on ne le pensait. Tout ceci constitue une « incitation », au sens précis que donne à ce terme la théorie des jeux (une hausse de la récompense pour une action, ou bien une réduction du risque), à utiliser la force pour remodeler son territoire et les équilibres entre puissances. Jusqu’à remettre en cause la nature même du système international ?

Quand les conflits menacent de fusionner

Raymond Aron, dans les Guerres en chaîne, paru en 1951, avait relevé que les stratèges américains de l’immédiat après-guerre n’avaient envisagé que deux scénarios : la paix armée sans affrontement direct ou la guerre totale à déclenchement nucléaire. Selon lui, ils en omettaient une troisième, les « guerres chaudes limitées », comme la guerre de Corée, lancée en 1950, qui avait pris par surprise l’Amérique.

Cependant, malgré les pertes terribles qu’elles occasionnèrent parfois, aucune de ces « guerres chaudes » ne dégénéra en conflit impliquant deux coalitions intervenant directement. Les interventions extérieures, comme celle de l’Union soviétique et de la Chine en faveur du Vietnam du Nord, se devaient d’être discrètes, ou bien de se cantonner à une aide défensive, destinée à protéger l’intégrité des frontières de l’allié.

La dissuasion nucléaire avait donc jusque-là permis de confiner les guerres locales au territoire des États concernés. Mais les conflits multiples, distribués, intenses, sans front unique, auxquels nous assistons sans pouvoir les arrêter, ont à présent pris une telle ampleur qu’une possibilité s’est ouverte : celle de la création d’une chaîne de conflits intégrée (ou plus précisément d’une concaténation), où l’ensemble des « guerres chaudes locales » produisent un seul et même conflit incontrôlable, sur le modèle des guerres mondiales du XXe siècle.

Pour prendre une métaphore tirée du domaine de l’électricité, pendant la guerre froide (1947-1991, ndlr) et la période de monopole de puissance américain, les conflits fonctionnaient en dérivation sur le circuit international. Chacun pouvait éclater ou s’éteindre indépendamment des autres, sans perturber le système dans son ensemble. Un court-circuit sur un point n’affectait pas le reste.

Notre époque est peut-être en train de les réinstaller en série : les conflits sont désormais connectés les uns autres autres, de sorte que chaque nouveau foyer de tension amplifie les précédents et accroît la charge pesant sur l’ensemble du circuit.

Quel ordre pour éviter l’emballement ?

Qu’adviendrait-il alors si un nombre important de conflits s’installait en série ? Aucune puissance ne serait en mesure de réguler les conflits locaux par une projection de puissance suffisante.

Conçue théoriquement pour conduire deux guerres majeures simultanément, l’armée américaine ne peut, dans les faits, en mener qu’une seule à pleine intensité. Les États-Unis paient ici une des conséquences de leur prééminence mondiale : ils doivent être forts sur tous les théâtres à la fois, quand chacun de leurs adversaires n’a qu’à dominer sa propre région.

Cette asymétrie structurelle est au cœur du risque de mise en série des conflits : une seule crise supplémentaire, à Taïwan, dans le Golfe ou dans le sous-continent indien, suffirait à placer Washington en situation de surcharge stratégique, c’est-à-dire dans l’incapacité de contenir simultanément tous les foyers de tensions.

L’Europe, encore indécise sur la direction à prendre, entre fidélité au lien transatlantique et autonomie stratégique, n’est pas assez unie pour remplacer les États-Unis. La Chine, quant à elle, malgré sa montée en puissance incontestable, est à la fois privée des moyens (flotte de haute mer, bases à l’étranger en nombre suffisant) et de la volonté d’intervenir dans les conflits (sa discrétion dans le conflit en Iran montre qu’elle préfère voir les problèmes liés à son approvisionnement en hydrocarbures réglés par d’autres, à moindres frais pour elle).

Or, un monde sans puissance régulatrice serait un monde où la dérégulation de la dissuasion pourrait finir de produire ses effets : la création d’un chapelet de conflits qui signerait peut-être le retour aux formes de violence hyperbolique des deux premiers conflits mondiaux. Une fois enclenchée, cette violence incontrôlée pourrait mettre en danger la sécurité des États nucléaires eux-mêmes. On se rapprocherait ainsi des conditions d’une utilisation des armes de destruction massive, non pas en début de conflit comme on le pense souvent, mais après l’installation dans un état de violence durable.

La fin de la « nation indispensable » est inscrite dans le rééquilibrage entre les PIB des grandes puissances. Le système international est incontestablement en train de basculer vers un autre modèle. Mais celui-ci peut prendre deux formes très différentes : soit il sera plus distribué et polycentré, ce que le politiste Jean Baechler nommait le monde « oligopolaire », soit il s’agira d’un nouveau système bipolaire organisé autour de Washington et de Pékin. Reste à savoir si, dans la période intermédiaire, le monde sera à l’abri d’un dérèglement de la dissuasion et de la maîtrise des conflits, qui lui ferait connaître à nouveau un épisode de violence incontrôlé semblable à celui de 1914-1945.

Une politique de sécurité passive, fondée sur la seule existence d’arsenaux nucléaires et d’alliances défensives, ne suffit plus à protéger les démocraties. Il leur faut donc contribuer, par leur réaffirmation, à bâtir de nouveaux mécanismes de régulation capables de maintenir les conflits en dérivation, c’est-à-dire de les empêcher de fusionner. Cela suppose non seulement de restaurer des normes partagées sur l’usage de la force, mais aussi de construire un nouveau régime de sécurité, fondé sur des équilibres de puissance régionaux capables de fonctionner sans dépendre d’un seul garant de plus en plus erratique.

The Conversation

Antony Dabila ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Doit-on se préparer à une Troisième Guerre mondiale ? – https://theconversation.com/doit-on-se-preparer-a-une-troisieme-guerre-mondiale-277682

Démocratiser les vacances et les loisirs des enfants : les réseaux de proximité, un moyen de lutte contre les inégalités ?

Source: The Conversation – in French – By Bertrand Réau, Professeur titulaire de la chaire "Tourisme, voyage, loisirs", Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

Les activités culturelles et sportives ainsi que les départs en séjour collectif sont marqués par de profondes disparités sociales. La dernière enquête de l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes, ou Ovlej, le confirme. Mais les données recueillies montrent aussi que les relais associatifs et l’offre locale permettent aux familles modestes de diversifier ces pratiques extrascolaires.


Près de 5 millions d’enfants ne partent pas en vacances, par manque de ressources financières dans la plupart des cas. Tandis que 73 % des enfants issus des classes les plus favorisées partent au moins une fois par an, 56 % des enfants affiliés aux foyers les plus modestes ne partent jamais.

Longtemps, les colonies de vacances et autres séjours collectifs ont été un moyen privilégié pour démocratiser les mobilités mais, depuis plusieurs années, la tendance est à la polarisation des publics, entre les foyers disposant de ressources économiques et ceux qui y accèdent seulement grâce aux aides publiques ou d’entreprises.

L’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (Ovlej) a analysé comment les parents combinent activités hebdomadaires en période scolaire et séjours ou activités durant les vacances. Si les inégalités sociales restent déterminantes, l’enquête, dont nous diffusons ici les premiers résultats, montre que l’offre accessible localement, l’information de proximité et les relais associatifs dessinent des opportunités pour les familles modestes.

Des écarts selon les territoires et les contextes familiaux

L’accès aux loisirs et aux vacances collectives demeure le théâtre d’inégalités sociales tenaces. L’enquête que dévoile l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (Ovlej) en ce printemps 2026 en témoigne : certes, 72 % des enfants s’investissent dans au moins une activité de loisir encadrée, et 40 % multiplient les séjours collectifs en 2024. Mais la fréquence et le cumul de ces expériences dessinent une cartographie sociale contrastée, où l’origine familiale trace des frontières invisibles mais puissantes.

Le diplôme parental s’impose comme premier marqueur de ces inégalités. Les enfants de parents peu diplômés se concentrent massivement parmi ceux qui ont des vacances sans aucune activité collective, qu’ils partent ou non en séjour (30 % des répondants), à l’opposé des enfants dont les deux parents détiennent un diplôme universitaire.

Ce contraste reflète une double logique : stratégie de diversification chez les familles diplômées et capacité financière permettant de multiplier les activités. Les familles disposant de revenus supérieurs à 5 000 € mensuels envoient ainsi plus volontiers leurs enfants vers des activités collectives sur plusieurs périodes de vacances. À l’inverse, les foyers aux budgets plus serrés voient leurs options se rétrécir.

Le territoire d’habitation amplifie ce phénomène. L’enquête dévoile une polarisation géographique saisissante : zones rurales et territoires peu denses regroupent davantage d’enfants coupés de toute activité collective, qu’ils partent ou non en séjour. Ainsi, 20 % des enfants n’ayant effectué qu’un seul séjour sans autre activité collective vivent en zone rurale. À l’autre extrémité, grandes métropoles et Paris concentrent les enfants engagés dans des pratiques régulières et intensives : 29 % vivent dans des unités urbaines de plus de 200 000 habitants et pratiquent d’autres activités collectives sur plus de 2 périodes de vacances. Un gradient apparaît : plus la ville est grande, plus les enfants cumulent séjours et activités collectives.

Au Parc de Clères (Seine-Maritime), le Secours populaire français (SPF) accompagne les enfants qui ne partent pas en vacances (reportage de France 3 Normandie, 2019).

La structure familiale superpose une strate supplémentaire d’inégalités. Les enfants en garde alternée s’investissent davantage dans des pratiques intensives, quel que soit leur nombre de départs en séjour. Leur présence s’accroît à mesure que la fréquence des activités collectives grimpe durant les vacances. En miroir, les enfants de familles monoparentales, surtout lorsque le parent vit seul, s’éloignent des activités collectives, indépendamment du nombre de séjours effectués. Contraintes organisationnelles et économiques constituent de véritables freins pour ces familles.

Les « super-cumulants » : des enfants privilégiés, plutôt urbains

Les enfants qui concentrent le plus d’activités – séjours collectifs multiples et loisirs encadrés réguliers tout au long de l’année – présentent des profils sociologiques nettement tranchés. Ils représentent 34 % des enfants enquêtés et proviennent de familles aisées : revenus élevés, parents diplômés. Ces familles, dotées des plus forts capitaux économique et culturel, offrent à leurs enfants loisirs réguliers et séjours multiples.

Émergent également les « pluri-partants », très engagés dans d’autres activités collectives durant les temps de vacances » (23 % de l’échantillon total) : un profil particulièrement favorisé, urbain et marqué par des recompositions familiales. Cette catégorie concentre principalement des familles en garde alternée ou des configurations monoparentales où le parent vit en couple. Ces enfants résident plutôt en milieu urbain dense et habitent des maisons sans espace extérieur. Leurs familles affichent des revenus supérieurs à 6 000 € mensuels. Les parents détiennent également plus fréquemment un diplôme de l’enseignement supérieur.

Ces enfants multi-pratiquants investissent davantage de structures de loisirs collectifs : en moyenne 1,3 structure annuelle contre 0,9 pour ceux qui ne partent qu’une fois en séjour. Durant l’année scolaire, ils fréquentent massivement les mouvements de jeunesse (3,3 fois plus), les structures collectives type maison de quartier (1,8 fois plus) ou encore les conservatoires et clubs artistiques (1,6 fois plus). Cette multipratique témoigne d’un recours intense aux structures encadrées.

En moyenne, ces enfants ont pratiqué 1,9 activité de loisir encadrée entre avril 2023 et mars 2024, et 7 % d’entre eux en pratiquent même 4 ou plus. L’enquête révèle une corrélation positive entre le nombre d’activités de loisirs encadrés et celui de départs en séjours collectifs : parmi les enfants pratiquant 3 loisirs encadrés ou davantage, 30 % sont partis au moins 3 fois en séjour collectif dans l’année.

Classes populaires et moyennes : des brèches grâce aux réseaux de proximité

Si les inégalités sociales sculptent fortement l’accès au cumul d’activités, l’enquête met également en lumière l’existence de profils d’enfants de classes populaires et moyennes qui parviennent à conjuguer loisirs réguliers et séjours collectifs. Leurs trajectoires révèlent les conditions qui rendent possible cet accès.

Premier profil identifié : les « mono-partants très engagés dans d’autres activités collectives pendant leurs vacances » (14 % de l’échantillon). Il s’agit principalement de jeunes enfants âgés de 6 à 10 ans, résidant dans de petites villes (unités urbaines de 5 000 à 9 999 habitants). Ces enfants vivent plus fréquemment en garde alternée lorsque l’un des deux parents est en couple, et l’on y trouve aussi plus d’enfants dont les deux parents sont ouvriers. Le jeune âge et l’ancrage dans de petites villes à offre accessible apparaissent comme des facteurs facilitateurs décisifs.

Le deuxième profil correspond aux enfants qui partent peu en séjour collectif mais qui pratiquent régulièrement, par exemple chaque semaine, des loisirs collectifs (44 % de l’échantillon). Ce sont des enfants établis dans des petites à moyennes unités urbaines offrant des loisirs encadrés accessibles. Le niveau de diplôme de leurs parents atteint le baccalauréat ou le premier cycle universitaire. Ces enfants s’insèrent solidement dans les structures locales, mais leur fréquentation de séjours collectifs reste modérée. Ils incarnent les classes moyennes pour qui l’ancrage territorial et l’offre de proximité permettent une pratique régulière de loisirs, même si les séjours multiples demeurent hors de portée.

Qu’est-ce qui rend possible ce cumul d’activités malgré des ressources limitées ? L’enquête identifie plusieurs leviers essentiels. Le premier : l’accessibilité de l’offre locale. Les petites et moyennes villes qui proposent des structures de loisirs accessibles financièrement et géographiquement permettent aux familles modestes d’inscrire leurs enfants dans une pratique régulière. Le territoire joue ici un rôle protecteur contre les inégalités.

Le deuxième levier : les réseaux de proximité et les canaux d’information. Le principal canal utilisé par les familles pour se renseigner sur les séjours collectifs demeure la structure fréquentée par l’enfant durant l’année (centre de loisirs, club), mobilisée par 37 % des familles. Plus les enfants multiplient les séjours collectifs, plus leurs parents sollicitent la mairie et les recherches en ligne.

Ces résultats confirment le rôle central du local – structures, mairies, ressources numériques – pour orienter les familles et favoriser les départs multiples. Les réseaux associatifs et les politiques municipales d’information constituent ainsi des leviers d’action pour réduire les inégalités d’accès, à condition qu’ils soient renforcés et que l’information circule efficacement auprès de tous les publics.


Cet article a été co-écrit par Bertrand Réau, professeur titulaire de la chaire « Tourisme, voyage, loisirs » du Cnam, Stéphanie Rubi, professeure des universités en sciences de l’éducation et de la formation, et Lydia Thiérus, chargée de mission à l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (Ovlej).

The Conversation

Stéphanie Rubi co-préside avec Bertrand Réau l’Observatoire des Vacances et des Loisirs des Enfants et des Jeunes (Ovlej)

Bertrand Réau ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Démocratiser les vacances et les loisirs des enfants : les réseaux de proximité, un moyen de lutte contre les inégalités ? – https://theconversation.com/democratiser-les-vacances-et-les-loisirs-des-enfants-les-reseaux-de-proximite-un-moyen-de-lutte-contre-les-inegalites-277573

Des bactéries pour aller sur Mars

Source: The Conversation – France in French (2) – By Laurent Palka, Maître de conférences, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

Aller sur Mars représente un voyage de plus de mille jours. Comment rendre autonome un équipage pendant autant de temps ? Découvrez le projet MELiSSA qui vise à recycler le carbone, l’hydrogène, l’oxygène et l’azote grâce aux bactéries en recréant le fonctionnement d’un écosystème terrestre à l’intérieur d’une fusée.


Les voyages habités vers la Planète rouge ne sont plus de la fiction. La Nasa prévoit même les premiers dans les années 2030, autrement dit demain. Pourtant, les défis techniques, scientifiques et humains à relever sont encore immenses avant de parcourir les 225 millions de kilomètres qui nous séparent de Mars, à l’aller comme au retour. L’équipage devra résister pendant des mois à l’effet des radiations, de la microgravité, du confinement, de l’isolement, etc., et à l’absence de biodiversité. C’est pourtant d’elle qu’il sera question ici pour régler un autre défi, celui de l’autonomie.

Des ressources pour un voyage au long cours

Dans l’espace, un homme ou une femme a besoin toutes les 24 heures d’un kilo de nourriture, d’un kilo d’oxygène, de trois litres d’eau potable et de 20 litres supplémentaires pour l’hygiène corporelle. De sorte qu’un voyage de mille jours aller-retour vers Mars obligerait à décoller avec 25 tonnes de ressources par personne.

En admettant que ce soit possible avec un des lanceurs super lourds qui emportent 130 à 150 tonnes, il faudrait ajouter la quantité de ressources quotidiennes nécessaire une fois sur Mars et pouvoir redécoller avec un emport suffisant pour le retour. L’autonomie de l’équipage sur le long terme est donc un vrai défi.

Pour le surmonter, l’idée serait de tout produire et recycler en cours de route et sur place, de manière durable. Tel est l’objectif du projet MELiSSA. L’acronyme signifie système de support de vie micro-écologique alternatif, qui se base sur deux composantes de la biodiversité, les bactéries et l’écosystème. Ce dispositif bio-inspiré est développé par l’Agence spatiale européenne (ESA) et ses partenaires.

Des bactéries fonctionnant comme dans un écosystème terrestre

Le préfixe « éco » du terme écosystème provient du grec ancien Oikos qui se traduit par la métaphore de la maison et ses habitant·es. Mais une maison a besoin de lumière, de CO2 et d’eau pour créer un phénomène crucial pour la vie sur Terre, la photosynthèse oxygénique.

À partir de lumière, de CO2 et d’eau, les cyanobactéries, c’est-à-dire les bactéries photosynthétiques, les algues et les plantes se mettent à fabriquer des molécules carbonées (sucres et lipides), en libérant de l’oxygène. Ce sont les producteurs primaires à la base des principaux écosystèmes, de la pyramide des consommateurs et des réseaux trophiques. Ce type de réseau se définit comme l’ensemble des interactions alimentaires. Mais les producteurs primaires ont besoin de minéraux. Une partie provient de la décomposition de la matière organique et des excréments assurée par les bactéries et les champignons.

C’est ce fonctionnement circulaire dans le milieu terrestre qui a inspiré les scientifiques du projet MELiSSA en le simplifiant pour mieux le contrôler. Le dispositif est ingénieux et comporte cinq compartiments interconnectés. L’objectif est de produire les ressources nécessaires à l’équipage par des plantes cultivées en hydroponie, ou culture hors sol, et des cyanobactéries, puis décomposer les déchets par des consortiums bactériens artificiels.

Fonctionnement du dispositif MELiSSA étudié par l’ESA.
L. Palka, Fourni par l’auteur

Les déchets sont un mélange d’au moins 70 % de végétaux non consommés et d’un maximum de 30 % d’excréments. La décomposition se fait en absence d’oxygène et à 55 °C par un consortium dominé par les bacilles Thermocaproicibacter et Thermoanaerobacterium. Dans ce four, les bactéries thermophiles atteignent leur optimum de croissance, tandis que les pathogènes opportunistes meurent, ce qui fait partie aussi de l’objectif. La décomposition libère des acides gras volatiles, du CO2, de l’ammoniac et de l’hydrogène qui vont alimenter les autres compartiments.

Rhodospirillum rubrum, vue en microscopie électronique à balayage sans les flagelles.
HZI/Manfred Rohde, Fourni par l’auteur

Les acides gras sont transférés dans le compartiment n°2 contenant une seule espèce de bactéries, Rhodospirillum rubrum. La majorité des cellules sont spiralées et possèdent sept flagelles à chaque pôle. Certaines peuvent atteindre entre 10 et 60 µm de long dans certains milieux. Ces bactéries, de couleur rose en absence d’oxygène, sont multitâches, capables de faire la photosynthèse mais sans produire d’oxygène, de fixer l’azote et de libérer de l’ammoniac. Ce n’est pourtant pas ces caractéristiques qui intéressent MELiSSA, mais leur capacité à pousser plus loin la conversion des acides gras en CO2. Celui-ci passe alors directement dans le compartiment n°4 pour entretenir la photosynthèse par les plantes et par les cyanobactéries.

Le compartiment suivant, n°3, contient deux autres espèces de bactéries, typiques d’une étape fondamentale du cycle de l’azote, la nitrification. Il s’agit de réactions chimiques en chaîne très complexes. Tout commence par les bactéries appartenant au genre Nitrosomonas qui fixent des atomes d’oxygène à l’ammonium en produisant des nitrites ou NO2. L’oxygène nécessaire émane du compartiment n°4 tandis que l’ammoniac provient principalement de l’urine de l’équipage. Les nitrites sont ensuite oxydés à leur tour par les bactéries du genre Nitrobacter en nitrates ou NO3. Les nitrates passent alors dans le compartiment n°4 comme source d’azote pour les plantes et les cyanobactéries.

Un dispositif de production et de recyclage en constante amélioration

Illustration de la cyanobactérie filamenteuse Limnospira, repère 10 µm.
C. Duval et C. Bernard, MNHN, Fourni par l’auteur

La biomasse produite, mais aussi l’oxygène et l’eau sont consommés par l’équipage dans le compartiment n°5. Les déchets vont dans le compartiment n°1, le CO2 dans le n°4, et le cycle recommence. Tous les éléments, à savoir le carbone, l’hydrogène, l’oxygène et l’azote, sont recyclés.

Mais ce dispositif est sans cesse en développement pour être optimal. Par exemple les scientifiques de MELiSSA essaient de remplacer R. rubrum par des biopiles où un consortium bactérien contenant le genre Geobacter est associé à l’anode, l’une des deux électrodes, pour convertir les acides gras en CO2 en créant un courant électrique. Sur le plan énergétique, celui-ci est encore marginal, certes.

Les scientifiques testent par ailleurs des plantes, comme la laitue, la tomate, le chou ou le riz et un genre de cyanobactérie, Limnospira connu sous le nom de spiruline. Si les cyanobactéries représentent aujourd’hui seulement 30 % de la biomasse, leur contribution est appelée à croître, car leur système photosynthétique leur donne la capacité de réagir de manière quasi instantanée au changement de flux lumineux. Par ailleurs, la spiruline est très riche en protéines et contient des vitamines et des acides gras de type oméga 6.

Le projet MELiSSA montre que la connaissance des bactéries et la compréhension du fonctionnement des écosystèmes terrestres sont une des clés pour rendre possible l’autonomie des vols habités vers la planète Mars. Mais le développement de ce dispositif européen aussi complexe est long et ne sera pas prêt d’ici les années 2030. A priori, il en serait de même côté américain pour la Nasa, et la question reste posée pour les approches russes et chinoises. Quoi qu’il en soit, l’idée de l’ESA est aussi de valoriser plus rapidement le dispositif sur Terre pour contribuer au développement de l’économie circulaire.


Ce texte n’aurait pas été possible sans la relecture de Chloé Audas, directrice du projet MELiSSA, Brigitte Lamaze, ingénieure à l’ESA, et Claude-Gilles Dussap, directeur de la Fondation MELiSSA. L’auteur les remercie vivement.

The Conversation

Laurent Palka est membre du CESCO, Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation et de l’association Chercheurs Toujours.

ref. Des bactéries pour aller sur Mars – https://theconversation.com/des-bacteries-pour-aller-sur-mars-273518

War in Iran: Why destroying cultural heritage is such a foolish strategic move in any conflict

Source: The Conversation – Canada – By Costanza Musu, Associate Professor, Graduate School of Public and International Affairs, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

The ornate ceiling of the Ali Qapu Palace in Isfahan, Iran. It’s a UNESCO Heritage site that began construction in the 1500s and has been damaged by U.S.-Israeli strikes on Iran. (Matt Biddulph), CC BY

Since the start of the ongoing United States–Israeli military campaign against Iran, the human toll of the conflict has mounted relentlessly.

Civilian casualties have been reported across the country, and the bombing campaign has caused widespread destruction to infrastructure. Alongside military targets, thousands of civilian buildings have been damaged or destroyed in the first weeks of the war.

Amid this destruction, another dimension of the conflict is increasingly drawing international concern: the damage inflicted on Iran’s cultural heritage.

Several historically significant sites, including UNESCO landmarks, have been affected. Blasts in Tehran have damaged the Golestan Palace, while strikes in Isfahan hit structures around Naqsh-e Jahan Square, including Ali Qapu Palace, Chehel Sotoun and the Masjed-e Jameh.

The destruction of such sites highlights a frequently overlooked consequence of warfare: when the rules governing the conduct of war are stretched or ignored, cultural heritage, like civilian lives, becomes collateral damage.

Rules of engagement

Warfare is not meant to be unconstrained. It is governed by international humanitarian law, which sets limits on how military force can be used once hostilities begin. These rules are intended to reduce the human and material devastation of armed conflict by protecting civilians and civilian objects.




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States implement these legal obligations through rules of engagement, which guide how and when force may be used in compliance with international humanitarian law: what U.S. Secretary of War Pete Hegseth has dismissively called “stupid rules of engagement.”

International humanitarian law protects cultural heritage. After the widespread destruction of the Second World War, states adopted the 1954 Hague Convention, recognizing monuments, museums and archeological sites as specially protected cultural property, and requiring warring nations to refrain from attacking them except in cases of imperative military necessity.

Ignoring cultural property protections runs counter to a lesson many military forces, including the United States, have come to recognize: that safeguarding cultural heritage is not only a legal obligation, but also strategically smart.

Over the past two decades, this approach has increasingly been integrated into military doctrine. By protecting monuments and historic sites, military forces signal respect for a society’s identity, build trust with local populations and advance broader political objectives by fostering local civilian support.

Shifting public sentiment

In the current conflict, American officials have argued that the military campaign is aimed not at Iran’s people but at the regime that has ruled the country since the 1979 revolution.




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U.S. President Donald Trump has suggested that the future of Iran now lies in the hands of its citizens, implying that the weakening of the regime could allow Iranians to shape a different political future.

Initially, some voices in the Iranian diaspora and within Iran welcomed the strikes in the hope that they might open the door to political change.

Yet the scale of the destruction inflicted on cities, infrastructure and cultural landmarks appears to be shifting public sentiment, allowing the Iranian leadership to rally the population around a narrative of national unity against foreign aggression.

At the same time, the conflict is threatening cultural heritage beyond Iran. Iranian missiles have struck areas in and around Jerusalem, where its Old Town contains some of the most significant religious and historical sites in the world within barely one square kilometre. These sites are sacred to Judaism, Christianity and Islam.

If the stated objective of the military campaign is to weaken the Iranian government and open the possibility for political change, the destruction of cultural heritage will produce the opposite effect. Cultural monuments, historic cities and religious sites are not simply architectural artifacts; they are powerful symbols of collective identity and historical continuity.

When they’re damaged or destroyed by foreign military force, the attack is often perceived not only as a strike against a government but an assault on the nation itself.

A black-and-white photo shows a destroyed cathedral.
The German Luftwaffe destroyed Coventry Cathedral in 1940 during the Second World War, strengthening British resolve against the Nazis.
(Imperial War Museum)

Rallying citizens

History offers many examples of how damage to cultural heritage during wars can galvanize nationalist sentiment and strengthen the legitimacy of governments under pressure. Examples include the destruction of the Old Bridge of Mostar during the Bosnian War, which became a powerful symbol of national loss and identity, to the levelling of Palmyra’s ancient temples by ISIS, which the Syrian government invoked to reinforce claims of cultural guardianship and political legitimacy.

Rather than weakening the Iranian leadership, widespread destruction, particularly when it affects cultural landmarks, may instead help it mobilize public anger and rally citizens around the defence of the country.

Both international law and historical experience point in the same direction: protecting cultural heritage is not only a humanitarian obligation, but a strategic consideration in conflicts with long-term outcomes that depend on the attitudes of the people affected.

The Conversation

Costanza Musu receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada.

ref. War in Iran: Why destroying cultural heritage is such a foolish strategic move in any conflict – https://theconversation.com/war-in-iran-why-destroying-cultural-heritage-is-such-a-foolish-strategic-move-in-any-conflict-277922

A million new SpaceX satellites will destroy the night sky — for everyone on Earth

Source: The Conversation – Canada – By Samantha Lawler, Associate Professor, Astronomy, University of Regina

A Starlink train passing through auroras over rural Saskatchewan in November 2025. (Samantha Lawler), CC BY-NC-ND

More than 10,000 Starlink satellites currently orbit the Earth. We see them crawling across dark skies, no matter how remote our location, and streaking through images from research telescopes.

SpaceX recently announced that it wants to launch one million more of these satellites as orbital data centres for AI computing power.

A few years ago, we wrote a paper predicting what the night sky would look like with 65,000 satellites from four planned megaconstellations: SpaceX’s Starlink, Amazon’s Kuiper (now Leo), the U.K.’s OneWeb and China’s Guowang. We calibrated our models to observations of real Starlink satellites and came up with a startling prediction: One in 15 visible points in the night sky would be a satellite, not a star.

A million satellites would be so much worse.

The human eye can see fewer than 4,500 stars in an unpolluted night sky. If we permit SpaceX to launch these satellites, we will see more satellites than stars — for large portions of the night and the year, throughout the world. This will severely damage the night sky for everyone on Earth.

SpaceX’s proposal also completely fails to account for atmospheric pollution, collision risk or how to develop the technology needed to disperse waste heat from orbital data centres.

Predicting the night sky

SpaceX has filed its million-satellite proposal to the United States Federal Communications Commission (FCC) and has only provided bare-bones information about these new satellites so far.

We do know that the proposed constellation will have satellites in much higher orbits, making them visible for longer periods of the night.

We decided to build an updated simulation, using the website of astrophysicist Jonathan McDowell. This includes a set of orbits consistent with the limited information in SpaceX’s filing.

We used the observed brightness of Starlink satellites as a reference, scaling the brightness model by considering size jumps between Starlink V1, V2 and predictions for V3, and assuming even higher complexity and power requirements.

There are many factors we don’t know anything about, so there is some uncertainty in the brightness we predict.

Two circles, one filled with yellow and orange, indicating the brightness of a million satellites, compared to a mostly grey circle with dots of light from 42,000 satellites.
Predictions for satellite brightness and positions comparing SpaceX’s proposed one-million-satellite AI data centres with a previously approved 42,000 satellite megaconstellation.
(Lawler et al. 2022), CC BY-NC-ND

In the figure above, each grey circle shows a simulation of the full night sky, as seen from latitude 50 degrees north at midnight on the summer solstice.

The left circle shows the night sky with SpaceX’s orbital data centres (SXODC), and the right shows the night sky with 42,000 Starlink satellites for comparison.

The coloured points show the positions and brightness of satellites in the sky, with blue the faintest and yellow the brightest. Below each all-sky simulation we list the number of sunlit satellites in the sky (Ntot) and the number of naked-eye visible satellites (Nvis), with tens of thousands predicted for SXODC.

Each of our simulations shows there will be more visible satellites than stars for large portions of the night and the year.

It is hard to overstate this: Should a million new satellites be launched, in the orbits and with the sizes proposed, the stars we are able to see at night would be completely overwhelmed by artificial satellites — throughout the world.

This does not even account for additional large satellite system proposals filed to the International Telecommunication Union (ITU) in recent years by numerous national governments.

A satellite crematorium

SpaceX’s proposal is that these new satellites will operate as orbital data centres.

Data centres on the ground are drawing increasing criticism for the huge amounts of water and electricity they use. In an impressive feat of greenwashing, SpaceX suggests that launching data centres into orbit is better for the environment. This is only true if you ignore all the consequences of satellite launch, orbital operations and re-entry.

We can already measure atmospheric pollution from “re-entries,” when satellites fall back to Earth. We know that multiple satellites are falling every day and that if they do not fully burn up on re-entry, debris falls on the ground with risk for injury and death.




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Increasing densities of satellites also drive up collision risks in orbit. And using the atmosphere as a satellite crematorium is changing the atmosphere in ways we don’t yet understand.

Practically, it is not at all clear whether the proposed orbital data centres are feasible any time soon. To operate data centres in orbit, they would need to disperse huge amounts of waste heat. Despite the greenwashing, this is actually very hard to do in space as they would have to manage the intense radiation from the sun, while cooling the satellite by radiation.

SpaceX should know this well: one of the first brightness mitigations they tested for Starlink was “darksat,” a Starlink satellite they effectively just painted black. The satellite overheated and the electronics fried.




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A slap in the face for astronomers

SpaceX has done a lot of engineering work to make its Starlink satellites fainter. They are still too bright for research astronomy, but thanks to new coatings, their brightness has not increased dramatically even as SpaceX has launched larger and larger satellites.

SpaceX’s proposal for one million AI data centre satellites with enormous power requirements does not include any discussion of the co-ordination agreement for dark and quiet skies required by the FCC.

It feels like a slap in the face after many astronomers have spent years working with SpaceX on ways to mitigate their Starlink megaconstellation and save the night sky.

Orbital space is a finite resource

The SpaceX filing does not include exact orbits, the size or shape of satellites or the casualty risk from de-orbiting (other than a vague promise that it won’t exceed 0.01 per cent per satellite). It doesn’t even include any information on how the company plans to develop the technology that does not currently exist but is needed to make this plan work.

Despite how shockingly little information SpaceX provided, the FCC accepted SpaceX’s filing and opened the comment period within four days. Astronomers and dark sky advocates worldwide scrambled to write and submit comments in the short four weeks that the comment period was open.

The scientific process is slow and careful and it often takes months or years to publish a peer-reviewed result. Companies like SpaceX have stated repeatedly that their method is to “move fast and break things.” They are now close to breaking the atmosphere, the night sky and anything on the ground or in space that their satellites and rockets fall on or crash into.

Earth’s orbital space is a finite resource. There is an evolving set of international guidelines for operating in outer space, grounded in a set of high-level international rules. Yet, those rules and guidelines are inadequate.

One corporation based in one country should not be allowed to ruin orbit, the night sky, and the atmosphere for everyone else in the world.

The Conversation

Samantha Lawler receives funding from the Natural Sciences and Engineering Research Council of Canada. She is a fellow of the Outer Space Institute.

Aaron Boley receives funding from NSERC, the Canada Tri-agency, and the Department of National Defence. He co-directs the Outer Space Institute.

Hanno Rein receives funding from NSERC.

ref. A million new SpaceX satellites will destroy the night sky — for everyone on Earth – https://theconversation.com/a-million-new-spacex-satellites-will-destroy-the-night-sky-for-everyone-on-earth-277938

Not just boys: The overlooked story of ADHD in women and girls

Source: The Conversation – Canada – By Emma A. Climie, Associate Professor in School & Applied Child Psychology, University of Calgary

School-aged and adolescent girls with ADHD often slip through the cracks. (Unsplash+/Getty Images)

When people think about attention-deficit/hyperactivity disorder (ADHD), they often picture a hyperactive young boy running around a classroom, not the quiet girl daydreaming in the corner, the chatty student who can’t finish her work or the mother who is chronically late and constantly searching for her keys.

Yet all of these individuals — boys and girls, men and women — may be showing signs of ADHD, a neurodevelopmental condition that can significantly affect daily functioning.

As psychologists and researchers who are focused on understanding ADHD in girls and women across the lifespan, we want to better understand the social, emotional, cognitive and hormonal factors that uniquely intersect with ADHD in girls and women. Our combined research examines the experiences of ADHD in girls in childhood and adolescence through adulthood and older adulthood, with a focus on understanding how girls and women can thrive.

Girls with ADHD

School-aged and adolescent girls with ADHD often slip through the cracks. They are frequently described as “spacey” or daydream-y and tend to display fewer overtly disruptive behaviours than boys. Instead, they may hold in their stress, which can lead to misdiagnoses of anxiety or depression, rather than accurate identification of ADHD.

A girl wearing headphones and playing with a multicoloured bubble popper fidget toy
As they enter puberty, girls with ADHD face heightened risks of academic difficulties.
(Unsplash/Andrej Lisakov)

There are, however, clear signs. Girls with ADHD are often emotionally sensitive, may experience social difficulties (such as interrupting conversations or struggling to read social cues) and tend to show more “internalized” hyperactivity, like hair-twirling, skin-picking or leg-bouncing.

As they enter puberty (often beginning between ages nine and 11), girls with ADHD face heightened risks of academic difficulties, earlier substance-related concerns and increased rates of mood disorders.

Hormonal changes during this period may also affect the effectiveness of ADHD medications, creating additional challenges at an already vulnerable developmental stage.

Women with ADHD

When we work with women with ADHD, we often hear comments like: “I was diagnosed because my child was diagnosed.” Many women were not identified in childhood, only later recognizing that the challenges their children face closely mirror their own experiences growing up.

Women who have been living with unrecognized ADHD symptoms for many years often develop strong coping strategies that allow them to function well, but major life transitions (such as becoming a parent or entering menopause) can disrupt these strategies. When that happens, approaches that once worked may become less effective, leading to more noticeable challenges. Currently, women in their 30s and 40s represent one of the fastest-growing groups receiving stimulant prescriptions for ADHD, suggesting a rise in diagnoses in this demographic.

So, what does ADHD look like in women?

Women with ADHD frequently describe a range of experiences that, while not explicitly listed in the diagnostic criteria, significantly affect their daily lives. For example, many report “masking” their behaviour or emotions, in an effort to not stand out. They may overcompensate to appear organized and competent, spending excessive time on tasks to avoid mistakes or criticism.

Over time, these patterns can contribute to chronic stress and exhaustion and often present as anxiety or depression, further delaying accurate identification and appropriate support. In addition, women with ADHD often experience difficulties with task initiation, procrastination and completing tasks on time. These challenges can affect both their personal and professional lives, contributing to chronic stress, self-doubt and burnout.

A woman in a white blouse at a desk with a laptop and crumpled papers, burying her face in her hands
women with ADHD often experience difficulties with task initiation, procrastination and completing tasks on time.
(Pexels/Karola)

ADHD in later life

As women enter mid-life, many say they experience a significant worsening of their ADHD symptoms, likely resulting from both normal brain aging and menopausal changes. The frontal lobes of the brain usually begin to function less efficiently as people get older, and people aging with ADHD may be particularly impacted by these age-related changes because of pre-existing differences in the structure and functioning of their brain’s frontal lobes.

Women with ADHD may face even greater challenges than men as they age, in part because of declines in estrogen that occur during menopause. Estrogen works together with dopamine (an important brain chemical) to enhance mood and cognition; when estrogen levels decrease (for example, during peri-menopause), dopamine’s positive effects are less pronounced.

Many women with ADHD experience these hormone fluctuations as more extreme than other women, suggesting that perimenopause might be an especially challenging time for them.

What do I do if I think I have ADHD?

If you think you may have ADHD, an important step in diagnosis is determining that at least some symptoms have been present for a long time (rather than having started only recently), and ensuring those symptoms aren’t better accounted for by another medical or psychiatric condition.

A family doctor is often well positioned to make these determinations because they are familiar with your health history and usually have followed you over an extended period of your life. If you think you may have ADHD, speaking with your family doctor about your concerns is typically a good first step.

You can also connect with the Centre for ADHD Awareness, Canada to get more information about ADHD testing, diagnoses and supports.

The Conversation

Emma Climie receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council, the Azrieli Foundation, and the Carlson Family Research Award in ADHD. She is a Member of the Board of Directors for CADDRA – Canadian ADHD Resource Alliance.

Brandy Callahan receives funding from the Canadian Institutes of Health Research, the Social Sciences and Humanities Research Council, and the Canada Research Chairs Program.

ref. Not just boys: The overlooked story of ADHD in women and girls – https://theconversation.com/not-just-boys-the-overlooked-story-of-adhd-in-women-and-girls-275686