« Dans la vie, il y a des cactus », chantait Jacques Dutronc. Il y en a même beaucoup d’espèces différentes : les cactus, champions de la lenteur de croissance, comptent parmi les groupes de plantes se diversifiant le plus vite au monde. Pourquoi certaines familles de plantes évoluent-elles rapidement quand d’autres, au contraire, stagnent ? Même Darwin s’est, en son temps, cassé les dents sur ce mystère. Une étude s’est intéressée aux fleurs de cactus, qui pourraient détenir la clé de l’explication.
La question de savoir pourquoi certaines branches du vivant se diversifient en milliers d’espèces, tandis que d’autres restent peu ramifiées, a façonné la biologie évolutive depuis Charles Darwin.
Mon collègue et moi avons publié une nouvelle étude sur les fleurs de cactus qui pourrait aider à élucider ce mystère ancien.
Depuis plus d’un siècle, les scientifiques considèrent que les fleurs adaptées à un pollinisateur ou à un environnement donné sont les moteurs de l’évolution et créent alors une nouvelle diversité. Nos recherches remettent en question cette idée, ce qui pourrait changer la façon dont les scientifiques appréhendent les forces à l’origine de la biodiversité dans le monde végétal.
Les cactus sont l’incarnation même de la croissance lente. Un saguaro imposant peut mettre une décennie à grandir d’un centimètre, et le peyotl psychédélique met des décennies à atteindre sa maturité. Pourtant, la famille des cactus est l’un des groupes végétaux qui évolue le plus rapidement sur Terre. Au cours des 20 à 35 derniers millions d’années, environ 1 850 espèces de cactus ont vu le jour.
Bien que cela puisse sembler lent, à l’échelle géologique, c’est un clin d’œil. À titre de comparaison, environ un quart des 415 autres familles de plantes à fleurs comptent cinq espèces ou moins. Ces familles de plantes ne se sont jamais diversifiées aussi rapidement que les cactus.
On imagine souvent les déserts comme des paysages immuables et impitoyables, mais ils peuvent être le théâtre d’une innovation évolutive rapide.
Les scientifiques ont établi un lien entre la grande diversité des espèces de cactus et la spécialisation des pollinisateurs, selon laquelle les fleurs de cactus s’adaptent à des pollinisateurs particuliers, tels que les abeilles, les papillons de nuit ou les colibris. Une autre théorie attribue le succès évolutif des cactus à l’expansion des déserts au cours des 30 derniers millions d’années, alors qu’une grande partie des Amériques est devenue plus sèche et plus dégagée.
Les cactus semblaient correspondre parfaitement à cette idée. Leurs fleurs vont de petites fleurs discrètes à de grandes fleurs qui s’épanouissent la nuit. Certaines sont pollinisées par les abeilles, d’autres par les colibris, les papillons de nuit ou les chauves-souris.
Les fleurs de cactus sont éphémères et magnifiques. Elles ne durent souvent que quelques jours et sont attendues avec impatience par les passionnés de cactus. Les fleurs courtes sont généralement associées à la pollinisation par les abeilles, tandis que les formes tubulaires plus longues ont évolué à plusieurs reprises pour s’adapter aux chauves-souris, aux colibris et aux papillons de nuit.
Cependant, mon étude de 2024, qui a porté sur un échantillon d’espèces bien plus large que les études précédentes, a révélé que ni l’aridité ni la pollinisation – les deux principales hypothèses avancées pour expliquer la diversité des cactus – ne constituaient une explication convaincante de la biodiversité des cactus. Cela a remis en cause une idée établie de longue date, remontant à Darwin, qui suggérait que des fleurs spécialisées, c’est-à-dire parfaitement adaptées à leur environnement, pouvaient favoriser la formation de nouvelles espèces végétales.
Mes collègues et moi-même avons récemment publié une base de données écologique sur les cactus (CactEcoDB), qui fournit des données sur les caractéristiques et les arbres phylogénétiques des cactus afin d’aider les chercheurs à comprendre leurs origines et leur futur. Lorsque nous avons analysé ces données dans un article récent publié dans la revue Biology Letters, nous avons découvert une tendance inattendue. Nous avons compilé des données sur la longueur des fleurs de plus de 750 espèces de cactus, révélant une gamme extraordinaire, allant de fleurs de deux millimètres à des fleurs de la taille d’une grande assiette. Cette variation reflète une adaptation à des pollinisateurs très différents.
En analysant l’arbre phylogénétique des cactus, nous avons observé que la vitesse à laquelle la taille des fleurs évolue est le moteur de la formation de nouvelles espèces, tant à l’échelle des temps récents qu’à celle des temps évolutifs lointains. La sélection naturelle ne semble privilégier aucune taille de fleur en particulier. Elle a néanmoins provoqué, tout au long de l’arbre évolutif des cactus, des vagues répétées de changements rapides vers des tailles différentes.
La conclusion est simple mais puissante : ce n’est pas la présence d’un type de fleur ou d’un pollinisateur en particulier qui détermine l’évolution des cactus. C’est la vitesse à laquelle l’évolution des types de fleurs se produit, quel qu’en soit le résultat, petites ou grandes fleurs. Les espèces aux fleurs plus petites ou plus grandes peuvent rapidement donner naissance à de nouvelles espèces de cactus, à condition qu’elles aient évolué rapidement au cours de leur histoire évolutive.
Pourquoi c’est important
Ceci a des conséquences pour la conservation des espèces. Notre étude suggère que la capacité d’une plante à évoluer, essentielle pour survivre à des périodes de changements environnementaux et d’extinctions – comme celle que connaît actuellement la Terre –, est plus importante que n’importe quelle adaptation spécifique.
La protection de la biodiversité ne consiste pas seulement à sauver les espèces que nous observons aujourd’hui, mais aussi à préserver le potentiel évolutif qui permet l’apparition de nouvelles espèces. Certaines espèces peuvent sembler stables ou banales aujourd’hui, mais recèlent ainsi un immense potentiel d’évolution à l’avenir.
Près d’un tiers des espèces de cactus sont aujourd’hui menacées d’extinction. C’est l’un des taux les plus élevés parmi tous les groupes végétaux, et nous risquons de perdre des lignées évolutives entières de cactus, pas seulement des espèces.
Protéger les cactus, et la nature en général, consiste ainsi à protéger le processus évolutif continu qui permet à la vie de s’épanouir dans certains des environnements les plus hostiles de la Terre.
Jamie Thompson a reçu des financements de The Leverhulme Trust.
Deux mois après la finale de la CAN 2025 disputée jusqu’à son terme sur le terrain avec un score de 1-0, le Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé d’infliger une défaite au Sénégal sur tapis vert (3-0) au profit du Maroc. Le motif invoqué : la sortie de l’équipe du Sénégal du terrain pendant une dizaine de minutes.
La décision de la CAF fondée sur les articles 82 et 84 du règlement, entre en contradiction avec le choix initial de l’arbitre de reprendre et de mener le match jusqu’à son terme. Comment comprendre ce basculement juridique d’un résultat acquis sur le terrain ? Que dit le droit du sport à ce sujet ? Et quelles en sont les implications ? Dans cet entretien avec The Conversation Africa, Abdoulaye Sakho, spécialiste du droit du sport, donne quelques éléments de réponse.
Quels sont les fondements de cette décision ? Que prévoient les règlements en cas d’abandon de match ?
Les fondements textuels de la décision du Jury d’appel de la CAF sont à trouver dans le chapitre 35 du règlement de la CAN qui est consacré au retrait des équipes. Ici, sont particulièrement visés les articles 82 et 84.
Ainsi, le Jury d’appel de la CAF a décidé,
en application de l’article 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), de déclarer l’équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 (« le match »), le résultat étant homologué sur le score de 3-0 en faveur de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).
La qualification juridique est un enjeu central de cette décision. Là où certains évoquent un “abandon de match”, le jury retient la notion de “retrait” telle que définie par le règlement. Or, en droit de manière générale, ou en droit du sport de manière spécifique, la qualification est déterminante. Elle conditionne le régime juridique applicable et, par conséquent, l’issue du litige. C’est un peu comme le diagnostic du médecin qui doit administrer une posologie, si on se trompe dans le diagnostic, cela pourrait déboucher sur le résultat non souhaité.
Pourquoi la CAF a-t-elle écarté la décision de l’arbitre de poursuivre le match ?
Il est difficile de se prononcer avec certitude sur la motivation du Jury d’appel. Par contre, on peut supposer que le Jury d’appel de la CAF a procédé à son choix en toute souveraineté en sa qualité d’organe indépendant de la CAF. On peut considérer qu’il a exercé son pouvoir souverain d’appréciation en choisissant de ne pas retenir un élément pourtant central dans cette affaire : la poursuite du match jusqu’à son terme.
C’est son droit le plus absolu ! J’avoue ne pas avoir bien compris la motivation de ce choix. Pourtant, en l’espèce, il est constant que l’arbitre n’a pas opté pour l’arrêt définitif du match. Face au retrait de certains membres de l’équipe sénégalaise, il a préféré une suspension temporaire suivie d’une reprise plutôt que le retrait définitif qui aurait consacré l’abandon du match par la partie sénégalaise.
Cette reprise du match sous le magistère de l’arbitre est essentielle dès lors que la loi 5 de l’International Football Association Board (IFAB) confère à l’arbitre un pouvoir discrétionnaire,
« toute autorité pour faire respecter les Lois du jeu …, arrêter, suspendre ou arrêter définitivement le match pour toute infraction aux lois ou en raison d’interférences extérieures ».
Aucune durée prédéterminée n’impose, par exemple, un seuil au-delà duquel un match devrait être considéré comme abandonné. L’intérêt ici est qu’il n’est pas imposé pas de délai du genre 10, 15 ou 20 minutes après lequel un match doit être abandonné. En l’occurrence, l’arbitre est le véritable maître du jeu. Il a fait son choix et ce choix s’impose à tous, « erga omnes », diraient les juristes puristes car, dit encore la loi 5 :
les décisions de l’arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont définitives, y compris la validation d’un but et le résultat du match. Les décisions de l’arbitre et de tous les autres officiels de match doivent toujours être respectées.
Un tel cas s’est-il déjà produit à ce niveau de compétition ?
Je n’ai pas une information fiable sur un cas similaire dans une finale de CAN. C’est vraiment inédit dans une finale continentale.
Le monde du football a horreur de revenir sur le résultat du terrain. C’est donc tout à fait exceptionnel que cela arrive à l’image de ce match Afrique du Sud/Sénégal pour les éliminatoires de la coupe du monde de 2018 qui avait été rejoué, parce qu’il a été prouvé que l’arbitre du match, « corrompu » par des parieurs, avait pris une décision qui avait eu une « influence illégale sur le résultat du match ».
Il existe aussi des cas célèbres de matchs interrompus dans l’histoire du football africain. J’ai en mémoire la finale de Ligue des champions 2019 Wydad/Espérance de Tunis. Les joueurs marocains du Wydad Casablanca avaient refusé de reprendre le jeu après un but refusé et aussi le refus de l’arbitre de consulter la VAR (qui était en panne).
Après plus d’une heure de conciliabule, l’arbitre siffle la fin du match en constatant l’abandon du Wydad. La sentence finale du TAS retient que le refus de reprendre le jeu constituait un abandon au sens du code disciplinaire de la CAF et l’équipe marocaine perd le match par forfait. Ici, la différence avec la finale de 2025 de la CAN est que le Sénégal a repris le match qui est allé jusqu’à son terme, alors que le Wydad n’avait jamais repris à l’époque.
Le Sénégal peut-il faire appel de cette décision et quelles sont ses chances ?
Bien sûr. Il a déjà, d’ailleurs, fait appel. Il est de notoriété en droit du sport que lorsqu’une autorité sportive a rendu une décision définitive comme c’est le cas ici avec la décision du Jury d’appel de la CAF, le Tribunal arbitral du sport peut être saisi pour juger la décision par un acte appelé « déclaration d’appel » avec un droit de greffe de 1000 francs suisses (1279 dollars américains).
Il y a un échange de mémoire, une plaidoirie et le TAS rend sa sentence. Il me semble également que la FSF aurait déposé une demande de suspension de la décision de la CAF. Ce qui va lui permettre de garder son titre jusqu’à la sentence définitive du TAS qui devrait arriver dans quelques mois.
Cette affaire est un vrai cas d’école pour le droit du sport car elle mobilise plusieurs problématiques de droit du sport qu’il n’est pas possible de traiter dans le cadre étroit de cet entretien ainsi : l’interprétation des règlements sportifs, les pouvoirs de l’arbitre sur le jeu, la composition des organes juridictionnels, la question de l’estoppel (éthique) dans une procédure juridictionnelle en cours, la gouvernance des organisations sportives.
Abdoulaye Sakho does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.
Fruit du consortium de quatre instituts de recherche français et de la Fondation One Science Montpellier, PlantNet enregistre en moyenne par jour de 100 000 à 700 000 utilisateurs actifs dans le monde et est accessible dans plus de 50 langues.Plantnet.org, Fourni par l’auteur
On l’appelle souvent le « Shazam des plantes ». Avec une simple photo, elle permet à qui le veut d’identifier une plante. L’application mobile PlantNet est aujourd’hui bien connue des randonneurs ou des curieux du monde entier qui veulent identifier une plante. Mais peu savent que cet outil est également précieux pour les scientifiques, pour lesquels elle a été initialement conçue.
Détection des espèces de plantes invasives, carte des allergies potentielles au pollen, découverte potentielle de nouvelles espèces, les possibilités des données collectées par ses utilisateurs sont aussi nombreuses que prometteuses. Retour, avec le botaniste Pierre Bonnet (Cirad) et le chercheur en informatique Alexis Joly (Inria), deux des concepteurs de l’application, sur cet outil qui a permis à certains de jouer à Pokémon Go avec les plantes et à d’autres de faire avancer les connaissances.
The Conversation : Que sait-on des utilisateurs actuels de PlantNet ?
Pierre Bonnet et Alexis Joly : Une étude d’impact réalisée il y a quelques années identifiait 12 % d’utilisation professionnelle, que ce soit pour la recherche, la gestion du territoire, pour l’agriculture ou bien l’enseignement. L’immense majorité des utilisateurs de PlantNet l’utilise donc par curiosité ou par intérêt personnel.
Si, on regarde maintenant qui utilise PlantNet et où dans le monde, on voit que cela reflète les usages des technologies dans le monde. En Asie, on a pas mal d’usagers jeunes, car ce sont eux qui sont les plus connectés. On peut aussi constater que la flore chinoise, qui est pourtant très riche, est très peu représentée à travers les usagers de l’application, et cela s’explique notamment par le fait que les plateformes non étatiques ou non chinoises, qui ne sont pas portées par des entreprises ou partenaires chinois, pénètrent beaucoup moins ce marché-là.
Les zones tropicales sont les plus riches en biodiversité, est-ce que PlantNet est particulièrement présent dans ces pays ?
P. B. et A. J. : Le Brésil est en huitième position avec un peu plus de 600 000 utilisateurs annuels. L’Indonésie et l’Inde sont, elles, dans le top 20. Actuellement, le gros de l’activité de PlantNet est encore en Europe et en Amérique du Nord. Plusieurs choses expliquent cela. Déjà, PlantNet a été amorcé en France et en Europe, et a donc été davantage promu et médiatisé dans cette région du monde. En suivant les demandes de ses usagers, l’application a aussi été, dans un premier temps, adaptée à la flore française et méditerranéenne avant d’être, petit à petit, étendue à d’autres flores européennes, puis nord-américaines, puis tropicales.
Il faut aussi avoir en tête qu’en zone tropicale, la richesse en espèces est, certes, beaucoup plus élevée, mais les capacités d’accès sont souvent plus limitées. Le réseau routier est moins développé, la connectivité 3G peut être mauvaise, notamment en zones montagneuses forestières.
Sur le terrain, la biodiversité végétale peut aussi être plus complexe à photographier, si l’on pense, par exemple, aux nombreuses plantes tropicales qui sont épiphytes, c’est-à-dire qui poussent sur une autre plante, notamment au niveau de la canopée. Quand on parle d’arbres qui font plusieurs dizaines de mètres de haut, cela devient tout de suite plus complexe à photographier.
Tout cela fait que la flore tropicale reste considérablement moins connue. La flore européenne est couverte presque à 100 % par PlantNet. Pour celle des pays tropicaux, on se situe à quelques dizaines de pour cent. Cette réalité n’est cependant pas propre à PlantNet, on la retrouve également dans l’ensemble des bases de données institutionnelles, notamment car cela coûte plus cher de couvrir les zones tropicales.
Mais l’on travaille malgré tout avec des partenaires, au Costa Rica, en Guyane, au Brésil, au Cameroun, à Madagascar, en Malaisie, notamment pour étendre la couverture du nombre d’espèces.
Sous les tropiques ou ailleurs, que peut-on noter sur les plantes que les utilisateurs cherchent à identifier ? Les plantes les plus courantes sont-elles les plus demandées ou pas forcément ?
P. B. et A. J. : Il y a forcément une corrélation, car les plantes très rares sont forcément peu observées. Mais on constate également que certaines plantes sont très communes, mais intéressent peu, car elles sont « discrètes ». Cela peut être les adventices (mauvaises herbes, ndlr) des cultures, les plantes qu’on trouve en bord de route mais qui n’ont pas de fleurs remarquables, qui sont pollinisées par le vent avec des fleurs grêles verdâtres, telles que les espèces de fétuques (Festuca spp.), ou de bromes (Bromus spp.). Elles sont moins observées parce qu’elles sont moins attractives en fait. On peut aussi noter qu’on a une bonne représentation des arbres là où certaines herbacées ou plantes épiphytes vont être extrêmement peu observées.
Les gens observent en fait souvent les plantes qui leur plaisent, ou les plantes qui leur semblent utiles. On a comme ça beaucoup de requêtes sur les fruits, les baies, les prunes, sans doute parce que les gens veulent savoir si elles sont consommables ou pas.
Mais cet enjeu des plantes utiles pour l’humain n’était, au départ, pas du tout l’objectif principal du projet PlantNet. On a cependant dû se l’approprier pour répondre à un usage attendu de ce côté-là, mais on reste modéré dans le volume d’informations que l’on donne.
En parallèle, on travaille de plus en plus avec des personnes qui étudient la santé animale, soit en santé humaine et qui utilisent le service ou les données de PlantNet pour leurs propres travaux. On a comme cela des personnes qui ont travaillé sur ToxiPlant qui identifie les plantes toxiques pour les chevaux. On échange aussi avec des médecins sur les cas d’usage de PlantNet pour identifier les plantes allergisantes, notamment celles générant des allergies cutanées. On a également des échanges avec l’agence régionale de suivi de la qualité de l’air, ATMO Occitanie, qui utilise les données qu’on partage avec elle sur les plantes en fleurs recensées à travers PlantNet et qui les intègre dans ses modèles d’estimation de la qualité de l’air liés à la charge pollinique.
Y a-t-il certaines plantes qui gagneraient à être davantage prises en photo ?
P. B. et A. J. : Oui. Il y a des plantes qui nous intéressent, ou qui intéressent nos partenaires, mais pour lesquelles on a très peu de données. Ce sont, par exemple, des plantes allergisantes pour les allergies respiratoires, comme les genévriers mâles, qui, lorsque leurs cônes sont ouverts, libèrent le pollen.
Ces cônes sont très discrets. Les genévriers sont donc photographiés, mais rarement avec des illustrations permettant de connaître le stade de développement des cônes. Ils suscitent pourtant des allergies, donc certains de nos partenaires voudraient collecter des données à ce sujet. On espère y remédier à travers des mécanismes d’animations soit directement à travers la plateforme, soit à travers les réseaux sociaux pour susciter de l’intérêt pour la collecte de données sur ce type de plantes ou bien sur des plantes rares qui sont menacées et pour lesquelles il y a des enjeux de conservation, telles que Marsilea strigosa Willd. et Arenaria provincialis Chater & P. Halliday.
On a aussi le cas de certaines plantes qui nous intéressent pour l’agriculture, des adventices, par exemple, qu’on a peu identifiées au stade de jeunes pousses, telles qu’Imperata cylindrica (L.) Raeusch. ou que Galium aparine L.
Pour identifier une plante, votre application propose de prendre plusieurs types de photos : des photos de fleurs, de feuille, de fruit, d’écorce, de la plante entière. Quels sont les types de données que vous avez le plus ?
P. B. et A. J. : Ce sont les fleurs, notamment parce que les périodes où PlantNet est le plus utilisé sont les saisons de nombreuses floraisons, le printemps, le début de l’été. Les fleurs sont alors des motifs attractifs qui déclenchent l’observation. Ce sont aussi les clés visuelles les plus performantes, celles qu’ont beaucoup utilisées les botanistes dans le passé.
Sur PlantNet, après les fleurs, on constate un degré de performance décroissant avec les fruits, les feuilles et ensuite les rameaux et écorces, qui sont plus difficiles parfois aussi à prendre en photo, même si l’on encourage toujours les utilisateurs à utiliser plusieurs critères (fleur et fruit, fleur et feuille…) à chaque fois pour maximiser leur chance d’identification correcte.
Que se passe-t-il si PlantNet ne trouve pas de correspondance entre la photo prise et une espèce connue ?
P. B. et A. J. : La gestion de l’ignorance reste un problème très difficile pour toutes les IA, celle de PlantNet ne fait pas exception. Certaines espèces sont très peu représentées, et il est très dur d’apprendre au modèle à faire la différence entre quelque chose qui est très rare dans la base de données d’apprentissage et quelque chose qu’on n’a pas du tout. On cherche du coup plutôt à quantifier l’incertitude, décider quand le modèle est incertain ou pas. On travaille avec notre équipe sur la création d’intervalles de confiance. C’est pour cela que, dans ces cas-là, l’application proposera plusieurs espèces.
Mais une réalité rend ce travail difficile : les nouvelles espèces ressemblent souvent à des espèces déjà connues. On pense qu’une nouvelle espèce va être très folklorique visuellement, mais ce n’est pas nécessairement le cas.
Il y a aussi la problématique des plantes ornementales, hybrides. Il y a toujours des créations de plantes. On les couvre, mais moins bien que le reste actuellement, même si on essaie de pallier cette difficulté.
On tâche aussi tout simplement de recenser de plus en plus de plantes. PlantNet couvre aujourd’hui 85 000 espèces sur les 400 000 estimées, sachant qu’on en découvre 2 000 nouvelles par an. Ces découvertes sont faites par des taxonomistes du monde entier, notamment via le réseau World Flora Online, qui regroupe plusieurs dizaines d’universités, d’herbiers, de jardins botaniques, et que PlantNet a rejoint en 2025.
En se rapprochant de ces réseaux-là, on va pouvoir améliorer les cas où PlantNet a de faibles performances, notamment lorsque des espèces nouvelles émergent grâce au travail de ce réseau de taxonomistes qui fait progresser la connaissance en divisant, par exemple, ce qu’on pensait jusque-là être une seule espèce, mais qui en représente, en fait, plusieurs ou, à l’inverse, en regroupant ce qu’on pensait être différentes espèces mais qui se révèle en réalité n’être qu’une seule plante.
Si l’on revient maintenant aux plus de 10 % d’usagers qui utilisent PlantNet dans le cadre de leur travail, qui sont-ils ? Quels sont ces travaux ?
P. B. et A. J. : Les données de PlantNet sont très utiles pour les modèles de distribution d’espèces qui cherchent à prédire quelles espèces se trouvent où. Il y a certes des biais dans nos données, en fonction de là où les gens vont, là où les gens ne vont pas, mais elles peuvent aider à mieux comprendre les facteurs qui influencent ces distributions, notamment le changement climatique. Cela permet de répondre à des questions comme « Est-ce que les espèces vont se déplacer ou pas » ou « Quel est l’impact humain sur ces distributions ? » Beaucoup d’écologues vont pour cela télécharger les données PlantNet et les coupler à d’autres données pour faire ces modèles de distribution.
Les données de PlantNet peuvent aussi aider aussi pour la détection des espèces envahissantes qui sont souvent notables par leur dimension, leur densité, leur aspect visuel, leur nouveauté, comme Carpobrotus edulis (L.) N.E.Br ou Mirabilis jalapa L. On échange à ce sujet avec l’Office français de la biodiversité, qui s’intéresse à l’usage de caméras embarquées pour détecter la présence de plantes envahissantes, afin de contenir leur expansion dans les zones où elles seraient détectées.
On a aussi des travaux en cours pour mieux caractériser les espèces présentes dans les milieux agricoles et reconnaître les pathogènes végétaux qu’il s’agisse de virus, de bactéries, de champignons…
Y a-t-il eu aussi des usages qui vous ont surpris ?
P. B. et A. J. : La chose la plus surprenante était peut-être de découvrir ce musée hollandais où PlantNet était utilisé pour reconnaître les plantes présentes sur les tableaux.
On a aussi parfois des surprises en voyant des personnes utiliser PlantNet pour identifier un tatouage de plante, le motif végétal d’une toile cirée… Il y a aussi les usages ludiques (par exemple, l’application Explorama ou l’application Tree Quest qui utilise notre service d’identification automatisé). PlantNet soutient la diversité des usages possibles, non pas en cherchant à les intégrer, mais plutôt en diffusant le service de reconnaissance. On a comme ça plus de 20 000 comptes qui utilisent le service de reconnaissance PlantNet pour intégrer ce service soit dans leur propre application mobile, application web, soit dans leur workflow de traitement de données.
Et quels sont, sinon, les usages qui pourraient être développés de PlantNet à votre avis ?
P. B. et A. J. : On a traité un peu plus de 1,3 milliard de requêtes d’identification. Il y a dans ces données énormément de matières pour caractériser des milieux, des espèces… Cependant, ces données sont encore difficilement exploitables de par leur volumétrie. Il y a probablement à l’intérieur de toutes ces photographies des espèces nouvelles, des données sur des espèces qui n’existent pas ailleurs. Il y a aussi, dans les clichés postés, dans les arrière-plans des plantes photographiées, des informations potentiellement intéressantes sur les communautés associées, sur les milieux dans lesquels ces plantes sont. Ce n’est pas l’objet premier de la photographie, mais ce sont des données potentiellement très intéressantes sur les associations végétales, pour l’instant inexploitées.
On a peu exploité nos données pour étudier l’impact des changements climatiques très rapides actuels. PlantNet a, à cet égard, des données nombreuses sur les cinq à dix dernières années qui pourraient permettre de mieux comprendre comment les plantes réagissent à ces changements rapides. D’une année sur l’autre, on peut noter beaucoup de variabilité, mais, pour l’instant, on a du mal à mesurer cet impact.
Comment un utilisateur de PlantNet peut-il faire pour aider à toutes ces recherches possibles ?
P. B. et A. J. : Ce qui nous aide le plus, c’est d’utiliser la plateforme en s’identifiant, ça augmente nettement les bénéfices pour la recherche. En créant un compte, les gens acceptent des conditions d’usage et facilitent la réexploitation pour la recherche. De plus, plus les données sont de qualités, plus elles sont pertinentes pour les activités de recherches. La géolocalisation est, par exemple, très précieuse. Elle est aussi bénéfique pour l’utilisateur avec une qualité de détermination potentiellement plus élevée.
Il faut aussi avoir en tête que PlantNet est un consortium ouvert. C’est encore trop peu connu, même si on a eu récemment eu l’adhésion du CNRS, et reçu des demandes d’adhésion d’universités étrangères. Cette adhésion permet à nos adhérents de plus largement bénéficier de la plateforme, et d’y contribuer pour en permettre l’évolution dans leurs domaines d’expertises.
Propos recueillis par Gabrielle Maréchaux.
Pierre Bonnet a reçu des financements de la commission européenne (projets HORIZON GUARDEN – 101060693 et MAMBO – 101060639) ainsi que de l’agence nationale de la recherche (PEPR AgroEcoNum – 22-PEAE-0009).
Alexis Joly a reçu des financements de la commission européenne (projets HORIZON GUARDEN et MAMBO) ainsi que de l’agence nationale de la recherche (PEPR AgroEcoNum).
Source: The Conversation – UK – By Keith Godfrey, Professor of Epidemiology and Human Development, University of Southampton
A father’s health can affect both pregnancy outcomes and the infant’s health.muse studio/ Shutterstock
When we think about preparing for a healthy pregnancy and baby, most advice focuses on women. Such advice might include good nutrition, taking dietary supplements, avoiding alcohol or smoking and managing their medications and health conditions. But growing evidence shows that men’s health also plays a vitally important role in pregnancy and child development.
In a new review of research on health before pregnancy and parenthood (referred to as “preconception health”), we found that the health and life experiences of boys and men can have important influences on pregnancy outcomes and the wellbeing of future children in several ways.
To understand the role of men’s preconception health, we reviewed studies published from 2000 to 2025 from fields including medicine, biology, psychology and social science. Rather than focusing only on the period just before pregnancy, we looked at research examining how men’s health and experiences throughout their lives – from their own time in the womb through to adolescence and adulthood – can affect families later on.
The research explored factors such as men’s physical health, their health-related behaviour, mental health, environmental exposures and social conditions. This included how fathers influence their partner’s health and the family environment their children grow up in.
This broader perspective shows that men’s influence on pregnancy and child outcomes goes far beyond simply providing half of the baby’s genetic inheritance.
The affect of men’s health
As set out in our review, one important pathway through which a father’s health can affect both pregnancy outcomes and the infant’s health is through sperm health.
Factors such as age, the father’s nutrition, whether he smokes, is overweight or obese, has an unhealthy alcohol intake, experiences stress and his level of exposure to pollution or chemicals can all influence so-called non-coding nucleic acid (RNA) signals carried in sperm. These signals can affect how genes act in the early stages of the baby’s development, which can subsequently impact long-term health outcomes in children.
For example, one study of over 500,000 couples found higher odds of birth defects (including cleft lip, digestive tract anomalies and congenital heart disease) when fathers reported drinking alcohol before pregnancy.
Older father’s age (particularly those who conceived a child after the age of 35) is also linked with both risk of birth complications as well as a child’s likelihood of being diagnosed with autism spectrum disorder. These links are stronger than those seen with a mother’s age.
Research involving millions of fathers and children has additionally shown that depression in fathers is linked with higher risks of depression in their children.
Some research even suggests that experiences earlier in life may play a role. For example, studies have linked nutrition and environmental exposures such as food shortage or abundance during boys’ pre-teen years with health outcomes in the next generation.
But biology is only part of the picture, as described in our review.
Men also influence pregnancy through their relationships with their partners. Supportive partners are consistently linked with healthier pregnancies. Women who feel supported are more likely to attend antenatal appointments, avoid smoking or alcohol, maintain healthier diets and experience lower levels of stress and depression during pregnancy.
Another pathway is through parenting. A father’s mental health, stress levels and childhood experiences can influence how he interacts with his children after birth.
For example, men who experienced adversity growing up – such as poverty, neglect or trauma – are more likely to experience anxiety or depression later in life. This can affect family relationships and parenting.
This means that experiences during a boy’s childhood can have ripple effects decades later, shaping the environment his own children grow up in.
What this means for families
Taken together, the evidence from our review shows the importance of shared responsibility for pregnancy and parenthood.
Improving men’s health before pregnancy benefits not only men themselves but also their partners and future children. Yet most health advice about preparing for pregnancy still focuses almost entirely on women. In many countries, there is little information or support available for men who want to prepare for fatherhood.
Raising awareness is an important first step. Research shows that many men want to be involved in planning for pregnancy and supporting their partners – but they often don’t realise how their own health may influence outcomes.
For men who hope to become fathers, general health guidance needs to be followed: avoid smoking, limit alcohol, maintain a healthy weight, manage stress and seek medical advice for ongoing health conditions. Just as important, strong and supportive relationships between partners can help create healthier environments for future parenthood.
Our review suggests it’s time to rethink how we approach preparing for pregnancy. Instead of focusing only on women before pregnancy, a more effective approach should involve supporting the health and wellbeing of both boys and girls throughout their lives.
This includes addressing wider social factors such as education, mental health support, economic stability and childhood adversity. Experiences early in life shape later health behaviour and relationships, influencing the next generation.
Most healthcare systems are also simply not designed to support father’s involvement in preparation for pregnancy and parenthood. But men need to be included in conversations about reproductive health and couples should be supported to approach pregnancy preparation together.
More research is still needed to better understand the biological and social pathways linking men’s health to pregnancy and child outcomes. But our review makes one message clear: the health of the next generation does not begin with pregnancy – it begins much earlier, in the early lives and wellbeing of both parents.
Keith Godfrey receives funding from the National Institute for Health and Care Research (NIHR Senior Investigator (NF-SI-0515-10042) and NIHR Southampton Biomedical Research Centre (NIHR203319)) and the Wessex Medical Trust, Gerald Kerkut Charitable Trust and Rosetrees Trust.
Danielle Schoenaker receives funding from the National Institute for Health and Care Research (NIHR) through an NIHR Advanced Fellowship (NIHR302955) and the NIHR Southampton Biomedical Research Centre (NIHR203319).
Gold has long enjoyed a reputation as a financial “safe haven” during stormy times. But over the past few months of geopolitical chaos and market panic, the precious metal has moved more like a roller coaster than a steady ship at anchor.
In late January, the gold price surged to an all-time high near US$5,600 per ounce – effectively double what it was a year earlier. It’s lost about 20% since then, sliding sharply while major conflict broke out in the Middle East.
To be clear, gold is still at lofty heights by historical standards, up almost 300% over the past decade. Much of this surge has been driven by “financialisation”.
Put simply, more ways of investing in gold on paper – with complex financial products called derivatives and funds that track its price – have seen a boom in speculation by institutional and retail investors.
But this year’s wild swings in price should shatter any remaining illusion that gold is always a safe haven. To understand why, we need to look at how modern financial markets work – and in particular, why an oil shock is different to other crises.
Umbrellas and storm shelters
To protect their wealth, investors often seek assets that are either “hedges” or “safe havens”.
A hedge is an investment that generally moves in the opposite direction to the rest of the market on average over a normal, long-term period.
Think of a hedge like holding an umbrella above your head every single day. You’ll stay drier than everyone else when it rains, but you’ll also block out on some of the sunshine (potential gains) when it doesn’t.
Hedging can reduce risks – but limit potential gains for an investor. Suresh tamang/Pexels
A safe haven, on the other hand, is an investment that generally moves in the opposite direction to the rest of the market only during sudden periods of extreme stress or crashes.
It’s like a storm shelter you only run to during a hurricane.
Where does gold fit?
In a 2016 research study, colleagues and I found gold had some of the qualities of a safe haven, particularly for share markets in Australia, the United States, Germany and France.
During the 2008 global financial crisis, gold was the most stable commodity among the precious metals we studied. Its price did drop, but it avoided the catastrophic losses seen in other precious metals.
It had similar safe haven qualities in 2011, when ratings agency Standard & Poor’s (S&P) downgraded the US’ AAA credit rating to AA+ for the first time in history and many global stock markets fell.
Importantly, those market shocks came out of the financial system itself (a banking system failure and a credit downgrade).
Today, the world faces something fundamentally different: a massive energy shock due to interrupted oil supplies and major damage to oil and gas facilities in the Middle East.
Why an oil shock is different
Traditional finance textbooks will tell you that when a war breaks out, inflation spikes or stock markets crash, investors typically engage in what’s called a “flight to quality” – fleeing riskier assets and moving their money somewhere seen to be safer (such as gold).
In a 2025 research paper, colleagues and I offer a more nuanced view. Crucially, we incorporated data from more recent periods of stock market turbulence, including the COVID pandemic, where gold’s safe haven properties were more muted.
We found gold is still a go-to choice for investors moving out of riskier investments. But it is not an untouchable storm shelter.
Instead of standing completely separate from the panic during a crisis, gold absorbs some of the volatility from both the stock market and energy markets, which can cause its price to fall.
Gold isn’t always a safety net. Market chaos can drag its price down. Marko Ivanov/Unsplash
Ripple effects
Why? For one, market chaos means some large investors may be forced to sell gold to cover other losses or meet financial obligations, such as margin calls (where a lender demands funds to cover the falling value of an asset).
For other large investors, the recent price rally may have created an opportunity to sell high and take profits, or rebalance their investment portfolios.
But there is also the fact gold does not have as much essential intrinsic value as something like oil. There is not much industrial demand for it compared to other commodities.
In a severe crisis, forced to chose between a commodity like oil and gold, what does global industry really need? Oil.
Rock, paper, gold
The different ways people are investing in gold is another important factor. Over several decades, gold has become increasingly “financialised”.
Now, it can be bought and sold with ease on “paper” via speculative, complex financial instruments called derivatives, or in increasingly popular exchange traded funds which track the price of gold.
With these funds, you aren’t buying gold itself. You’re buying an asset whose price is designed to track the price of gold in some way.
Today, a massive rise in speculative investment means that commodity prices depend on far more than real-world supply and demand.
Because global investors now hold gold derivatives and conventional stocks at the same time, the risk of exposure to common market shocks has drastically increased.
Rand Low does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.
On October 6 1973, the Yom Kippur War – mainly involving Egypt, Syria and Israel –triggered one of the biggest energy crises of the 20th century. Eleven days later, several Arab members of the Organization of the Petroleum Exporting Countries (OPEC) announced they would stop selling oil to countries supporting Israel and would cut production.
The effect was immediate. Within a few months, global oil prices quadrupled.
After decades of price stability, the world faced a severe shortage. Petrol stations ran dry, with some displaying a red flag to signal empty pumps; drivers queued for hours.
In parts of the US, fuel was rationed by licence plate number. By March 1974, time spent waiting in line had raised the cost of petrol by around 50%, because drivers were also “paying” through lost time — hours that could otherwise have been spent working.
Across Europe, governments imposed fuel-saving measures. The Netherlands and West Germany introduced car-free Sundays, while Britain cut speed limits to reduce petrol consumption.
Today, as the United States and Israel continue a widening war against Iran, energy markets have again reacted: disruptions in the Strait of Hormuz, a key artery for global oil, have pushed prices above US$100 per barrel, echoing the supply shocks of the 1970s.
These pressures make it timely to revisit 1973 and why its effects were so economically severe.
When OPEC gained influence
The scale and persistence of the 1973 oil shock reflected not just the embargo itself, but how it interacted with the economic system at the time.
One important shift was that the US stopped being the world’s main “backup supplier” of oil. For decades, American production had been large enough that output could increase when global supply tightened, but production peaked around 1972.
Without this buffer, markets became far more sensitive to disruptions. At the same time, oil-producing countries in the Middle East gained political leverage by coordinating production through OPEC, strengthening their influence over prices.
Moreover, the international monetary system that had kept postwar inflation under control had collapsed in 1971. This agreement, known as Bretton Woods, had tied currencies to the US dollar. The result was that oil prices, like most commodity prices, were already rising before the embargo began.
Inflation surged, and so did wages
Higher oil prices pushed up the cost of almost everything. Transport became more expensive. Electricity bills increased. Businesses faced higher production costs and passed these costs onto consumers.
Inflation surged across many advanced economies. Workers tried to protect their living standards by asking for higher pay. In many countries, strong labour unions negotiated big wage increases to keep up with rising prices.
Expectations made the shock worse: fearing shortages, firms and households stocked up, reducing available supply and pushing prices even higher.
The economic consequence of this shock was a decade of stagflation: high inflation amid stagnating growth.
Governments tried several ways to respond. Some countries, such as the US, introduced price controls to limit how much petrol companies could charge. Others, such as the UK and France, imposed rationing rules to manage shortages.
Trouble for central banks
Central banks also faced difficult choices: raising interest rates could reduce inflation by slowing borrowing and spending. But higher rates also risked pushing the economy deeper into recession.
During the 1970s, many central banks including the US Federal Reserve struggled to strike the right balance. The Fed kept cutting interest rates to support the economy, but this only added to inflation.
The result was an “inflationary psychology” where expectations of higher prices become self-fulfilling.
The world today has stronger defences against an oil shock. Central banks now have clear mandates to keep inflation low and the credibility to act quickly. Research suggests the economic impact of oil price shocks has declined over time because wages adjust faster, central banks act decisively to keep inflation in check, and oil now makes up a smaller share of the economy.
Recent shocks confirm this transformation: the Russian invasion of Ukraine pushed up energy prices and inflation, but did not trigger a deep recession.
There is another difference as well. Today, high oil prices may encourage investment in renewable energy, and have the potential to accelerate the shift toward cleaner energy sources.
Modern economies are better prepared
The events of 1973 still offer an important lesson.
The damage caused by an energy shock depends not only on the size of the disruption but also on the economic environment in which it occurs. In the 1970s, heavy dependence on oil, rigid wage systems and uncertain economic policy amplified the crisis.
Modern economies are better prepared. Constraints on energy supply, however, remain real and the disruption to the Strait of Hormuz highlights this uncertainty. The duration and objectives of the current conflict remain unclear, and uncertainty itself is costly to businesses and the economy.
History is therefore less useful for prediction than for perspective. The size of a supply shock is only one piece of the puzzle; what matters is the system it hits, how long the shock persists and how it affects expectations.
Laura Panza does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.
Social media platforms Instagram and YouTube have a design defect which means they are addictive, a jury in the United States has ruled.
The Los Angeles jury took nearly nine days to reach its verdict in the landmark case brought by a woman known as KGM against social media platforms. It awarded US$3 million (A$4.3 million) in damages, with Meta (owner of Instagram) being 70% responsible and Google (owner of YouTube) 30%. The jury later awarded a further US$3 million in punitive damages.
This is Meta’s second big loss in the US courts this week, with a New Mexico jury finding the company guilty on March 24 of concealing information about the risks of child sexual exploitation and the harmful effects of its platforms on children’s mental health.
KGM’s case is the first of its kind, but won’t be the last: it is one of more than 20 “bellwether” trials due to go to court soon. These are essentially test cases used to gauge juries’ reactions and set a legal precedent.
As such, the verdict is set to have far reaching ripple effects. It could be big tech’s big tobacco moment, with thousands more similar cases waiting in the wings.
Machines designed to addict
KGM – now 20 years old – said she began using YouTube at age six and Instagram at age nine, and allegedly developed compulsive use patterns, including up to 16 hours in a single day on Instagram. The platforms’ design features, she argued, contributed to her anxiety, depression, body dysmorphia, and suicidal ideation.
Her case argued that Meta and YouTube made deliberate design choices – for example, “infinite scroll” – to make their platforms more addictive to children in order to boost profits. It alleged the companies borrowed heavily from the behavioural and neurobiological techniques used by poker machines and exploited by the cigarette industry to maximise youth engagement and drive advertising revenue.
These companies built machines designed to addict the brains of children, and they did it on purpose.
Lanier cited an internal Meta study called “Project Myst”. This allegedly found that children who had experienced “adverse effects” were most likely to get addicted to Instagram, and that parents were powerless to stop the addiction.
The moment [KGM] was locked into the machine, her mom was locked out.
The jury heard that Meta’s internal communications compared the platform’s effects to pushing drugs and gambling. The jury found this internal awareness was the kind of corporate knowledge that supports liability.
In addition, a YouTube memo reportedly described “viewer addiction” as a goal, and an Instagram employee wrote the company was staffed by “basically pushers”.
Mark Lanier drew a direct parallel to tobacco litigation, arguing that where there is corporate knowledge, deliberate targeting, and public denial, liability follows.
Pointing the finger at the family
Meta argued KGM faced significant challenges before she ever used social media, and that the evidence did not support reducing a lifetime of hardship to a single factor.
Meta’s lawyer highlighted KGM’s family dynamics as responsible for her mental health struggles, and argued social media may have actually provided a healthy outlet for her when she faced difficulties at home.
In closing arguments, YouTube’s lawyer argued there was not a single mention of an addiction to YouTube in KGM’s medical records.
The companies centred part of their defence on Section 230 protections, arguing they cannot be held liable for content posted on their platforms.
However, the judge instructed the jury that the way content is delivered is a separate consideration to what the content is. This limited Meta and Google’s ability to rely on Section 230 protections.
This was one of the first cases against big tech which was a jury trial – something companies have previously been keen to avoid.
For example, in June 2024, a few months ahead of a scheduled jury trial in the Department of Justice’s challenge to Google’s advertising technology monopoly, Google paid more than US$2 million (A$2.8 million) to the Department of Justice.
This was treble the damages claimed, plus interest.
In the US, a jury trial is only required when monetary damages are at stake. By paying the full damages amount upfront in that case, Google eliminated the damages claim and with it, the right to a jury.
Until now, US courts have largely denied motions that focused on design.
This includes infinite scroll and notification systems. The distinction between “platform design” and “content curation” has been central to how courts have analysed First Amendment arguments in this litigation.
The effect of the jury’s verdict in KGM’s case is to demonstrate the limitations of the Section 230 protection.
The first – but not the last
This is the first big tech case, on a global basis, that has examined addiction as a cause of damage. Other cases have focused on breaches of law.
For example, in the case in New Mexico against Meta, the jury concluded the company made false or misleading statements and engaged in “unconscionable” trade practices that exploited children’s vulnerability and inexperience. It identified thousands of individual violations, resulting in a total penalty of US$375 million (A$539 million).
KGM’s case paves the way for the many other actions seeking damages from social media platforms for the effects of addiction.
There is logic for these cases to be heard concurrently in a class action in the US. The verdict could also be used as the basis for both class actions and individual actions on a global basis.
Meta and Google have said separately they plan to appeal the verdict.
Rob Nicholls is a part of the University of Sydney Centre for AI, Trust, and Governance and receives funding from the Australian Research Council.
Source: The Conversation – USA (3) – By Carolina Rossini, Professor of Practice and Director for Program, Public Interest Technology Initiative, UMass Amherst
Is the social media platform she’s using, rather than the content she’s viewing, a threat to her well-being?Fiordaliso/Moment via Getty Images
The verdict in a Los Angeles courtroom on March 25, 2026, may become one of the most consequential legal challenges that Big Tech has ever faced.
This is an inflection point in the global debate over Big Tech liability: For the first time, an American jury had been asked to decide whether platform design itself can give rise to product liability – not because of what users post on them, but because of how they were built. The jury found that Meta and Google knew the design or operation of Instagram and YouTube was or was likely to be dangerous when used by a minor, and that the platforms failed to adequately warn of that danger.
As a technology policy and law scholar, I believe that the decision will likely generate a powerful domino effect in the United States and across jurisdictions worldwide.
The jury awarded the plaintiff US$3 million in damages and recommended to the court an additional $3 million in punitive damages. The jury split responsibility for the award between the companies: 70% from Meta and 30% from Google. A Meta spokesman stated that the company disagrees with the verdict and is evaluating its legal options.
Separately, a jury in New Mexico on March 24 found that Meta knowingly harmed children’s mental health and concealed what it knew about child sexual exploitation on its platforms.
The case
The plaintiff in the Los Angeles case is a 20-year-old California woman identified by her initials, K.G.M. She said she began using YouTube around age 6 and created an Instagram account at age 9. Her lawsuit and testimony alleged that the platforms’ design features, which include likes, algorithmic recommendation engines, infinite scroll, autoplay and deliberately unpredictable rewards, got her addicted. The suit alleges that her addiction fueled depression, anxiety, body dysmorphia – when someone see themselves as ugly or disfigured when they aren’t – and suicidal thoughts.
TikTok and Snapchat settled with K.G.M. before trial for undisclosed sums, leaving Meta and Google as the remaining defendants. Meta CEO Mark Zuckerberg testified before the jury on Feb. 18.
Meta CEO Mark Zuckerberg testified in court in a lawsuit alleging that Instagram is addictive by design.
The stakes extend far beyond one plaintiff. K.G.M.’s case is a bellwether trial, meaning the court chose it as a representative test case to help determine verdicts across all connected cases. Those cases involve approximately 1,600 plaintiffs, including more than 350 families and over 250 school districts. Their claims have been consolidated in a California Judicial Council Coordination Proceeding, No. 5255. This means potential awards could run into the billions of dollars.
The K.G.M. litigation used a different legal strategy: negligence-based product liability. The plaintiff argued that the harm arises not from third-party content but from the platforms’ own engineering and design decisions, the “informational architecture” and features that shape users’ experience of content. Infinite scrolling, autoplay, notifications calibrated to heighten anxiety and variable-reward systems operate on the same behavioral principles as slot machines.
Judge Carolyn Kuhl of the California Superior Court agreed that these claims warranted a jury trial. In her Nov. 5, 2025, ruling denying Meta’s motion for summary judgment, she distinguished between features related to content publishing, which Section 230 might protect, and features like notification timing, engagement loops and the absence of meaningful parental controls, which it might not.
Here, Kuhl established that the conduct-versus-content distinction – treating algorithmic design choices as the company’s own conduct rather than as the protected publication of third-party speech – was a viable legal theory for a jury to evaluate. This fine-grained approach, evaluating each design feature individually and recognizing the increased complexities of technology products’ design, represents a potential road map for courts nationwide.
Internal communications disclosed in the K.G.M. proceedings have included exchanges among Meta employees comparing the platform’s effects to pushing drugs and gambling. Whether this internal awareness constitutes the kind of corporate knowledge that supports liability is a central factual question for the jury to decide.
Tobacco companies were eventually held to account because what they knew – and hid – about the addictiveness of their products came to light. Ray Lustig/The Washington Post via Getty Images
There is a clear analogy to tobacco litigation. In the 1990s, plaintiffs succeeded against tobacco companies by proving they had concealed evidence about the addictive and deadly nature of their products. In K.G.M., the plaintiff here is making the same core argument: Where there is corporate knowledge, deliberate targeting and public denial, liability follows.
K.G.M.’s lead trial attorney, Mark Lanier, is the same lawyer who won multibillion-dollar verdicts in the Johnson & Johnson baby powder litigation, signaling the scale of accountability they are pursuing.
The science: Contested but consequential
The scientific evidence on social media and youth mental health is real but genuinely complex. The Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5) does not classify social media use as an addictive disorder. Researchers like Amy Orben have found that large-scale studies show small average associations between social media use and reduced well-being.
Yet Orben herself has cautioned that these averages might mask severe harms experienced by a subset of vulnerable young users, particularly girls ages 12 to 15. The legal question under the negligence theory is not whether social media harms everyone equally, but whether platform designers had an obligation to account for foreseeable interactions between their design features and the vulnerabilities of developing minds, especially when internal evidence suggested they were aware of the risks.
First, a manufacturer has a duty to exercise reasonable care in designing its product, and that duty extends to harms that are reasonably foreseeable. Second, the plaintiff must show that the type of injury suffered was a foreseeable consequence of the design choice. The manufacturer doesn’t need to have foreseen the exact injury to the exact plaintiff, but the general category of harm must have been within the range of what a reasonable designer would anticipate.
This is why the Facebook Papers and internal Meta research are so legally significant in K.G.M.’s case: They go directly to establishing that the company’s own researchers identified the specific categories of harm – depression, body dysmorphia, compulsive use patterns among adolescent girls – that the plaintiff alleges she suffered. If the company’s own data flagged these risks and leadership continued on the same design trajectory, that would considerably strengthen the foreseeability element.
Why it matters
Even if the science is unsettled, the legal and policy landscape is shifting fast. In 2025 alone, 20 states in the U.S. enacted new laws governing children’s social media use. And this wave is not only in the U.S.; countries such as the U.K., Australia, Denmark, France and Brazil are also moving forward with specific legislation, including mandates banning social media for those under 16.
The K.G.M. trial represents something more fundamental: the proposition that algorithmic design decisions are product decisions, carrying real obligations of safety and accountability. If this verdict causes that framework to take hold, every platform will need to reconsider not just what content appears, but why and how it is delivered.
This is an updated version of an article originally published on March 6, 2026. It was updated to include the jury’s verdict.
I was staff at organizations including the Electronic Frontier Foundation, Public Knowledge, and the Harvard Berkman Klein Center, which were funded by various foundations and companies. Refer to their websites for disclosures. I was a staff member in the connectivity policy team at Facebook (2016-2018). I am an advisory board member of non-profits, including Internet Lab (Brazil) and Derechos Digitales (Chile). I am a senior advisor (without any honorarium) at the Datasphere Initiative and Portulans Institute. More details at https://www.carolinarossini.net/bio
Cette situation révèle une transformation de l’économie du sport. L’économie mondiale du sport n’a jamais généré autant de richesse, mais elle reste inégalement répartie entre disciplines.
La croissance des droits de diffusion constitue un moteur majeur de cette expansion. La NFL a signé des contrats télévisuels d’environ 110 milliards de dollars sur onze ans, illustrant la valeur du sport en tant que contenu audiovisuel. Dans un paysage médiatique fragmenté, les événements sportifs en direct demeurent parmi les programmes capables de rassembler des audiences élevées.
Cette dynamique attire désormais des investisseurs institutionnels. Des fonds de capital-investissement ont pris des participations dans des ligues, clubs ou infrastructures sportives. Pour ces investisseurs, le sport présente plusieurs caractéristiques intéressantes : des audiences mondiales, des revenus prévisibles et des actifs rares, le nombre d’équipes dans les grandes ligues étant limité.
Mais cette prospérité ne concerne pas l’ensemble du monde sportif. Dans de nombreuses disciplines olympiques, les athlètes dépendent encore de subventions publiques, de commandites ou même de ressources personnelles pour poursuivre leur carrière.
La Formule 1 constitue un exemple révélateur. Depuis son rachat en 2017 par Liberty Media, la stratégie vise la croissance des audiences : multiplication de contenus numériques, présence sur les réseaux sociaux et storytelling par la série Drive to Survive sur Netflix. L’effet a été net en Amérique du Nord : la popularité de la F1 y a explosé, entraînant de nouveaux Grands Prix pour répondre à la demande.
Le golf professionnel illustre également cette financiarisation. La création du circuit LIV Golf, soutenu par le Public Investment Fund (PIF), a introduit une logique d’investissement proche de celle des grandes ligues professionnelles : garanties financières, contrats majeurs pour attirer les meilleurs joueurs et formats conçus pour maximiser la visibilité médiatique.
Dans ces disciplines, les compétitions sportives deviennent progressivement des actifs financiers. La valeur d’un championnat dépend désormais de sa capacité à générer des droits médiatiques croissants et des partenariats commerciaux de long terme. Elle repose aussi sur une visibilité numérique permanente et sur une valorisation de marque qui dépasse largement le terrain sportif.
Ce mouvement concentre de plus en plus les ressources dans un nombre restreint de sports capables d’attirer les investisseurs institutionnels et les diffuseurs mondiaux. Les autres disciplines, même structurées et performantes, ne bénéficient pas des mêmes leviers économiques et restent à l’écart de cette dynamique.
Le sport institutionnel : une autre réalité économique
Pour de nombreuses disciplines olympiques, le modèle économique repose largement sur les ressources publiques et les structures sportives nationales. Leur fonctionnement repose principalement sur les fédérations sportives, les programmes olympiques et les subventions gouvernementales.
Au Canada, par exemple, le programme de soutien aux athlètes de Sport Canada verse environ 2 175 dollars par mois aux sportifs de haut niveau selon leur statut. Pour plusieurs disciplines, cette aide ne couvre qu’une partie des coûts liés à l’entraînement, aux déplacements et à l’équipement, ce qui oblige de nombreux athlètes à chercher des sources de financement complémentaires.
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Des sports comme l’escrime, la lutte ou le tir à l’arc illustrent bien cette réalité. Leur importance sportive et symbolique – notamment dans le cadre des Jeux olympiques – n’est pas proportionnelle à leur rentabilité économique. Cette situation a suscité plusieurs débats au Canada après les Jeux olympiques d’hiver de 2026, certains observateurs ayant attribué certaines performances à l’insuffisance des moyens financiers disponibles dans certaines disciplines.
Un système sportif à deux vitesses
L’écart économique entre les disciplines sportives s’explique d’abord par leur capacité à générer des revenus commerciaux. Les sports dotés d’une forte exposition médiatique attirent les diffuseurs, les commanditaires et les investisseurs institutionnels. À l’inverse, les disciplines moins visibles peinent à bâtir un modèle économique autonome et demeurent dépendantes des financements publics ou des structures fédérales.
Cette dynamique a progressivement fait apparaître un système sportif à deux vitesses.
D’un côté, un sport financiarisé, centré sur les grandes ligues professionnelles et les disciplines très médiatisées, dont la valeur économique croît rapidement grâce aux droits médiatiques, aux partenariats et aux investissements privés.
De l’autre, un sport institutionnel, qui regroupe la majorité des disciplines olympiques et du sport amateur, et dont l’équilibre repose encore sur les fédérations sportives et les budgets publics.
Cette situation reflète une transformation du système sportif. L’économie du sport semble aujourd’hui connaître une bifurcation. D’un côté, certaines disciplines sont devenues des actifs financiers mondialisés, attirant investisseurs et capitaux privés. De l’autre, une grande partie du sport – notamment olympique – continue de reposer sur des logiques institutionnelles et sur le financement public.
La question dépasse donc le simple cadre sportif. Faut-il laisser les ressources se concentrer dans les disciplines les plus rentables, au risque de fragiliser une partie du système sportif ? Ou faut-il considérer que certaines disciplines, moins médiatisées, mais essentielles à l’équilibre du système sportif, justifient un soutien public durable ?
Julien Le Maux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
I study global supply chains and how they interconnect and depend on each other around the world. There are several ways in which U.S. consumers will begin to feel the pinch of the war. Some of those effects have to do with domestic commerce, and some are a result of the interwoven nature of global trade, where raw materials from one place are shipped somewhere they are manufactured into specific items that are then transported to consumers.
Many products are shipped by truck in the U.S., and diesel fuel is more expensive now. Justin Sullivan/Getty Images
Rising costs in the US
There are three main categories in which costs will begin to rise.
Fuel shortages and freight surcharges: From March 2-16, 2026, the average nationwide price of U.S. regular gasoline rose from US$3.01 to $3.96 per gallon, while diesel fuel rose from $3.89 to $5.37. Diesel prices matter to consumer costs because diesel engines power trucks, farm machines, construction equipment, fishing vessels and many of the vehicles that carry domestic freight. When items become more expensive to harvest, build and ship, diesel costs spread quickly into grocery, household and building material prices.
Factory slowdowns abroad: When shipping slows and energy costs rise, factories abroad face higher operating costs. As a result they ration production, diverting energy supplies to producing a narrow range of high-value products that can absorb these costs. Diversions of shipment traffic and fewer transportation routes lead to delivery delays. Economic research shows that shipping-cost increases also raise import prices, producer costs and consumer inflation.
About 80% of the oil and 90% of the LNG moving through the Strait of Hormuz, between the Persian Gulf and the Gulf of Oman, is destined for Asian markets. With strait shipments stopped, consumer electronics and manufacturing hubs in China, Japan, Taiwan and South Korea are drawing on their energy reserves and inventories. But those supplies will run out in a few months. Reduced manufacturing capacity can be expected to cause shortages and higher costs for textiles, chemicals, consumer goods, electronics, appliances, auto parts and fertilizer-intensive industries.
Europe is less directly dependent than Asia on Hormuz shipments, but it is still vulnerable to high LNG prices, increased shipping costs and diesel fuel shortages. Europe has also already faced shortages of heating oil and other fuels as a result of Russia’s war on Ukraine. The strait carried about 7% of Europe’s LNG inflows in 2025, and higher costs for energy, ship fuel, freight and insurance can ripple through global trade. For the U.S., that matters because Europe supplies industrial equipment, precision components, medical technology and specialty chemicals sold to businesses and directly to consumers.
African economies are especially exposed to fuel and fertilizer shocks. Large volumes of fertilizer pass through Hormuz, and higher energy and fertilizer prices threaten crop yields and food systems across most of Africa. As a result, U.S. prices can rise for coffee and chocolate – much of which originates in Africa – as well as critical minerals for electric vehicles, energy storage and high-tech equipment.
This war is not a distant geopolitical shock for U.S. households. It reaches everyday life through fuel, freight, fertilizer, petrochemicals and global supply chains through factories that produce consumer goods.
Some mitigation is possible: 32 nations will be releasing more than 400 million barrels of oil to the global market over the next few months. There are pipelines and alternative ports in Saudi Arabia and the United Arab Emirates that, if they remain undamaged and uninterrupted, can handle potentially 40% of the 20 billion barrels per day that was passing through the Strait of Hormuz. Combined with a temporary easing of sanctions on Russian oil, limited shipments to India and China through the Strait of Hormuz and the March 23 announcement of a five-day pause on U.S. and Israeli strikes on Iran, it is possible to head off the worst-case scenario.
But these measures cannot fully replace the strait’s normal oil and LNG shipment volume. And if oil production, refining and shipment locations continue to be targeted, recovery can be expected to stretch into many months. The likely result is broader inflation, prolonged shortages and longer waits for goods of all sorts, including food and packaging as well as electronics and appliances.
Vidya Mani has received funding from LMI. She is a Senior Research Fellow with the Mexico Program and Inter-American Dialogue and an Expert Advisor on Critical Minerals, Emerging Technologies, and Supply Chain Resilience at the Public Spend Forum.