Cameroun : l’élection présidentielle risque d’entraîner une instabilité, quel que soit le vainqueur

Source: The Conversation – in French – By Manu Lekunze, Lecturer, University of Aberdeen

Les Camerounais éliront le 12 octobre 2025. Le président sortant, Paul Biya, au pouvoir depuis près de 43 ans, sera candidat.

En 2025, comme lors de la dernière élection de 2018 et de toutes les élections présidentielles depuis 1992, il est raisonnable de s’attendre à ce que le parti au pouvoir l’emporte. Et les partis d’opposition contesteront certainement les résultats.

Si Biya remporte l’élection, à la fin de son nouveau mandat en 2032, il aura été au pouvoir pendant un demi-siècle. Ce sera un exploit qu’aucun autre chef d’État n’aura réalisé à l’ère moderne.

De plus, en 1968, Biya occupait simultanément les fonctions de directeur du cabinet civil du président et de secrétaire général de la présidence (le poste le plus important du gouvernement après celui de président). En 1979, il est devenu Premier ministre et, en novembre 1982, il a succédé à Ahmadou Ahidjo à la présidence.

Par conséquent, compte tenu du niveau d’éducation limité d’Ahidjo et de ses problèmes de santé à la fin de son mandat, on peut dire que Biya tient les rennes du pouvoir depuis 1968.

En tant que spécialiste de la sécurité internationale, j’ai mené des recherches sur la sécurité au Cameroun depuis plus de 10 ans, notamment sur l’insurrection séparatiste dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, et les implications sécuritaires du maintien au pouvoir de Biya.

À mon avis, malgré les nombreuses critiques adressées au régime de Biya, il a su contribuer à réguler la vie publique et préserver une certaine stabilité. Au cours des 42 dernières années, les investisseurs étrangers et les partenaires de sécurité externes n’ont pas eu à s’inquiéter de changements politiques radicaux au Cameroun.

Cette élection, qu’elle débouche sur un nouveau mandat ou sur une transition, risque de compromettre la stabilité à laquelle les partenaires externes du Cameroun se sont habitués. Elle pourrait accroître les tensions ethniques ou régionales résultant d’une marginalisation prolongée. Elle pourrait également amorcer un processus de transition qui pourrait prendre du temps à se consolider, laissant place à l’instabilité, y compris à davantage de conflits armés.

Menaces d’insurrection

Parmi les griefs les plus souvent cités par les séparatistes figurent l’abolition du système fédéral et le changement du nom officiel du Cameroun en 1984, qui est passé de République unie du Cameroun à République du Cameroun (nom adopté par l’ancienne colonie française du Cameroun en 1960).

Les séparatistes font valoir que le mot « unie » indiquait clairement que le Cameroun actuel était composé de deux parties égales. La suppression de ce mot signifie que l’une a absorbé l’autre.

Ils sont également mécontents de la sous-représentation des anglophones aux postes gouvernementaux de haut niveau.

En tant que secrétaire général de la présidence, Biya n’était pas un simple spectateur lors du référendum de 1972 qui a mis fin au système fédéral de gouvernement du pays. Il est également chargé de nommer les hauts fonctionnaires depuis 1982.

Certains séparatistes pensent que si son gouvernement avait répondu aux protestations de 2016, celles-ci n’auraient pas dégénéré en insurrection.

Les manifestations organisées en 2016 par des avocats et des enseignants anglophones contre la domination perçue des francophones ont déclenché une répression violente de la part des forces de sécurité. Cela a conduit à la formation de groupes séparatistes armés qui ont déclaré un État indépendant appelé « Ambazonie » et ont déclenché un conflit armé avec le gouvernement.

De même, on pourrait dire que l’approche de Biya en matière de politique étrangère a contribué à la croissance et à la puissance de Boko Haram, un groupe terroriste régional, au Cameroun. Le groupe a exploité les failles de l’architecture sécuritaire du Cameroun et la stratégie de Biya consistant à faire profil bas sur la scène politique internationale.

L’International Crisis Group et plusieurs analystes estiment que si le gouvernement camerounais avait réprimé les activités de Boko Haram, l’insurrection aurait eu du mal à prendre l’ampleur qu’elle a connue en 2014 et 2015.

À mon avis, la réticence de Biya à attirer l’attention internationale sur le Cameroun l’a rendu hésitant à agir contre Boko Haram.

En résumé : il est peu probable que le statu quo permette de faire face à la menace d’une insurrection persistante.




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Les élections peuvent aggraver les divisions

Maurice Kamto était le principal candidat de l’opposition lors de la dernière élection présidentielle. Sa contestation des résultats a provoqué une certaine crise post-électorale. Sa candidature à l’élection de 2025 a été rejetée.

Kamto appartient à l’ethnie Bamiléké, originaire de la région Ouest, où règne déjà un sentiment d’exclusion politique.

Issa Tchiroma, figure de l’opposition qui a occupé des fonctions ministérielles pendant de longues périodes depuis 1992, a démissionné en 2025 pour se porter candidat aux élections d’octobre. Tchiroma est originaire du nord (régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord). Il existe une certaine attente quant à la rotation de la présidence entre le nord et le sud. C’est au tour du nord, car Biya, le deuxième président, est originaire du sud, tandis que le premier président, Ahidjo, était originaire du nord.

Tchiroma risque de dénoncer un traitement injuste s’il ne remporte pas les élections. Il a déjà protesté publiquement contre le fait qu’on l’empêche de quitter le pays.

Les violences dans la région natale de Kamto, le Bamiléké, ou dans le nord de Tchiroma pourraient étendre les zones du territoire camerounais touchées par l’insurrection. Certaines parties du nord-ouest (où opèrent les séparatistes) et de l’ouest sont reliées à l’Adamaoua, puis aux régions du nord et de l’extrême nord (où opère Boko Haram). Une coalition entre les Bamiléké et le nord contre le sud (base électorale de Biya) pourrait sérieusement compromettre la sécurité du Cameroun. Cette division pourrait entraîner plus qu’une insurrection périphérique.

Si le Cameroun est déstabilisé en raison du maintien au pouvoir de Biya ou d’une transition bâclée, cela menacera la sécurité dans la région de l’Afrique centrale.

La voie à suivre

Mes recherches sur l’insurrection séparatiste montrent clairement que les responsables camerounais et leurs soutiens internationaux doivent s’attaquer au sentiment de marginalisation ou d’exclusion politique.

L’âge et la longévité de Biya au pouvoir, ainsi que la perspective d’un nouveau mandat de sept ans, soulèvent des questions quant à la transition éventuelle et à l’origine ethnique du prochain président.

Il serait nécessaire de parvenir à un consensus prudent afin de garantir qu’un groupe politiquement important comme les Peuls, les Bamilékés ou les anglophones ne se sente pas sérieusement marginalisé ou exclu de la vie politique.

The Conversation

Manu Lekunze reçoit un financement des conseils de recherche britanniques

ref. Cameroun : l’élection présidentielle risque d’entraîner une instabilité, quel que soit le vainqueur – https://theconversation.com/cameroun-lelection-presidentielle-risque-dentrainer-une-instabilite-quel-que-soit-le-vainqueur-264427

Sortir du piège de la dette : les alternatives au modèle FMI pour le Sénégal

Source: The Conversation – in French – By Souleymane Gueye, Professor of Economics and Statistics, City College of San Francisco

Depuis février 2025, le Sénégal est secoué par les révélations du rapport de la Cour des comptes sur une dette publique bien plus élevée que ce qui avait été annoncé. Une première mission du Fonds monétaire international (FMI) , en mars dernier, avait confirmé une sous-évaluation massive de la dette (passée à près de 100 % du PIB). Le FMI a dépêché une deuxième mission “spéciale” du 19 au 27 août suite à un deuxième audit. Celui-ci a montré que la dette réelle du pays était bien plus lourde que prévu, atteignant près de 119 % du PIB en 2024.

Depuis plus de quarante ans, le Sénégal s’est engagé dans une coopération continue avec le FMI. Cette relation, justifiée à ses débuts par le besoin de rétablir les équilibres macroéconomiques, s’est traduite par une succession de programmes d’ajustement structurel, de stabilisation budgétaire et de réformes économiques.

Si elle a permis une certaine stabilité du cadre macroéconomique, elle a aussi généré une dépendance chronique vis-à-vis de l’endettement extérieur et a freiné la capacité du pays à définir une stratégie économique souveraine. Les révélations récentes de la Cour des comptes et la révision spectaculaire de la dette publique par le FMI confirment que ce modèle est à bout de souffle.

Dans une étude récente, j’ai examiné l’évolution des relations entre le Sénégal et le FMI. J’estime que cette coopération de plus de quatre décennies a laissé des traces profondes sur l’économie nationale. Aujourd’hui, l’enjeu pour le Sénégal est de redéfinir ce partenariat et de repenser les relations avec le FMI, afin d’éviter de reproduire le suivisme des régimes précédents.

Une coopération héritée de l’ajustement structurel

Les années 1980 inaugurent une ère d’austérité avec les premiers plans d’ajustement structurel. Sous l’impulsion du FMI, le Sénégal a réduit les dépenses sociales, privatisé des secteurs stratégiques et ouvert son économie à une concurrence internationale déséquilibrée.

Les promesses de modernisation se sont vite traduites par un affaiblissement de l’État, la disparition de pans entiers du tissu productif national et une pauvreté endémique. Le secteur agricole, notamment les filières arachidière, cotonnière et rizicole, ainsi que dans le secteur industriel les industries de transformation des produits halieutiques et du phosphate, ont particulièrement été touchés.

L’objectif officiel de réduction des déficits s’est payé d’un coût social et économique élevé, dont les séquelles sont encore visibles dans le pays.




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Des réformes macroéconomiques sans transformation sociale

Au tournant des années 2000, avec les initiatives PPTE (Pays pauvres très endettés) et les mécanismes concessionnels, le Sénégal a bénéficié des initiatives d’allégements de dette et de la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance. Mais la logique est restée la même : dépendre des financements extérieurs pour stabiliser le cadre macroéconomique, sans s’attaquer aux causes structurelles du sous-développement.

Le Plan Sénégal Émergent (PSE) lancé en 2014 a certes dopé la croissance par les infrastructures et l’énergie, mais sans transformation profonde du marché du travail ni réduction significative de la pauvreté et des inégalités. Il a contribué à accroître le taux de pauvreté, qui atteint 39 %. Il a aussi approfondi les inégalités : les 20 % les plus riches concentrent 48 % des revenus, tandis que les 20 % les plus pauvres ne disposent que de 5 %, soit un indice de 0,45.

De plus, il a créé les conditions d’une insécurité alimentaire inquiétante, touchant près de 3 500 000 personnes. Le chômage des jeunes (27,7 %), la précarité et l’informalité demeurent massifs.

Les politiques de développement du capital humain et social n’étaient pas au coeur des préoccupations des autorités étatiques. Il s’en est suivi une inadéquation entre la formation, la qualification professionnelle et les besoins réels du marché du travail d’une part et d’autre part, aucune attention n’était accordée à la mise en place de politiques d’emplois sérieuses en direction des jeunes, des femmes et des couches les plus vulnérables de la société.

L’absence manifeste d’une bonne stratégie de développement économique diversifiée adossée aux réalités économiques du pays explique aussi le manque de création d’emplois durant la mise en exécution du PSE.

D’autres facteurs expliquent le manque de transformation du marché de l’emploi, notamment la négligence du secteur agricole et la mauvaise gouvernance marquée par la corruption. Cette situation favorise une gestion défaillante des ressources publiques et crée une dissymétrie entre les investissements massifs dans les infrastructures et le secteur minier, d’une part, et leur faible impact réel sur le marché du travail, d’autre part. En conséquence, le développement économique et social du pays reste limité.

Le choc des révélations de 2025

Le rapport de la Cour des comptes (février 2025), confirmé par l’audit du cabinet Forvis Mazars, a révélé l’ampleur des « déclarations erronées » des autorités du régime précédent dans la gestion des finances publiques. La dette, présentée comme soutenable, est passée brutalement de 74,4 % à 111 % du PIB en 2023, puis 118,8 % en 2024.

Cette révision dramatique démontre l’absence de transparence et l’inefficacité des mécanismes de contrôle censés accompagner la coopération avec le FMI. L’institution elle-même, en validant pendant plusieurs années des données sous-estimées, porte une responsabilité dans cette crise de crédibilité.

De la transparence à la dépendance renforcée

La mission du FMI d’août 2025 a salué l’engagement du Sénégal à corriger ses pratiques budgétaires et annoncé une série de mesures techniques : centralisation de la gestion de la dette, audits des arriérés, création d’une base de données unifiée, renforcement du Compte unique du Trésor.

Si ces mesures peuvent améliorer la gouvernance financière, elles ne changent rien à la logique de dépendance. Le nouveau communiqué de presse du FMI, présenté comme aligné sur la Vision 2050 (référentiel de développement du Sénégal), reprend les conditionnalités classiques du FMI : rigueur budgétaire, discipline macroéconomique et promesse d’inclusion sociale. Mais l’expérience historique démontre que ces engagements se traduisent rarement en progrès tangibles pour les populations.

Le piège d’une économie à deux vitesses

L’économie sénégalaise affiche en 2025 une croissance record de 12,1 % grâce au boom pétrolier et gazier. Mais la croissance hors hydrocarbures reste limitée à 3,1 %, confirmant le risque d’une économie duale où la manne énergétique masque la stagnation des autres
secteurs. Cette dépendance aux hydrocarbures, adossée à un endettement massif, fragilise l’avenir du pays et l’expose aux chocs extérieurs. En poursuivant dans cette voie, le Sénégal risque de voir ses marges de souveraineté réduites à néant.

Pour une rupture nécessaire

Quarante ans de coopération avec le FMI montrent une constante : la dépendance aux financements extérieurs et la reproduction des déséquilibres structurels. Face à cette impasse, une rupture s’impose. Elle passe par :

  • la mobilisation des ressources internes (épargne nationale, appel à la diaspora, lutte contre la corruption et les détournements) ;

  • une politique industrielle et agricole endogène, tournée vers la création d’emplois et la sécurité alimentaire ;

  • la réorientation des priorités budgétaires vers l’éducation, la santé et la protection sociale ;

  • une gouvernance renforcée, fondée sur la transparence et l’appropriation nationale des réformes.

Le nouveau cycle de coopération proposé par le FMI, malgré son habillage technique et son discours sur la transparence, risque de reproduire le schéma de dépendance qui a marqué les décennies passées. Le Sénégal se trouve face à un choix historique : continuer dans la voie du suivisme, au prix d’une souveraineté économique toujours plus réduite, ou engager une véritable rupture pour construire un modèle de développement autonome, inclusif et résilient.

C’est seulement au prix de cette rupture que le pays pourra transformer la manne énergétique en un levier de prospérité partagée et durable. Il pourra aussi inscrire les financements extérieurs dans une logique de transformation systémique et structurelle de l’économie, au service des priorités nationales définies dans l’Agenda national de transformation Vision 2050.

The Conversation

Souleymane Gueye does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Sortir du piège de la dette : les alternatives au modèle FMI pour le Sénégal – https://theconversation.com/sortir-du-piege-de-la-dette-les-alternatives-au-modele-fmi-pour-le-senegal-263755

No, organ transplants won’t make you live forever, whatever Putin says

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Julian Koplin, Lecturer in Bioethics, Monash University & Honorary fellow, Melbourne Law School, Monash University

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What do world leaders talk about when they think we’re not listening? This week it was the idea of living forever.

Russian president Vladimir Putin and his Chinese counterpart Xi Jinping were caught off-guard at a military parade in Beijing discussing the possibility of using biotechnology to pursue immortality. In particular, Putin suggested repeated organ transplants could keep a person young forever.

There’s a lot to unpack here. The idea of lifespan extension is less outlandish, and less objectionable, than it might seem. But as a bioethicist, I do have some concerns.

Could transplants allow us to live forever?

Putin’s suggestion that we can achieve immortality via repeated organ transplants is almost certainly false.

One obvious question is where these organs would come from. Transplantable organs are a scarce medical resource. Using them to sustain the life of an ageing autocrat would deprive others of life-saving transplants.

However, Putin may have been envisaging lab-grown organs created using stem cells. This approach would not deprive others of transplants.

Unfortunately for Putin, while scientists can grow miniature “organoids” that model some aspects of human tissues, creating full-size transplantable organs remains far beyond current capabilities.

Even if, hypothetically, we had access to limitless replacement organs, ageing erodes our body’s general resilience. This would make recovering from repeated transplant surgeries – which are significant operations – increasingly unlikely.

Our ageing brains present an even deeper obstacle. We can replace a kidney or a liver without any threat to our identity. But we cannot replace our brains; whoever inhabits our bodies after a brain transplant would not be us.




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Other approaches

There may be better routes to increasing longevity.

Scientists have prolonged the lives of laboratory animals such as monkeys, mice and fruit flies through drugs, genetic alterations, dietary changes and cellular reprogramming (which involves reverting some of the body’s cells to a “younger”, more primitive state).

It’s always challenging to translate animal studies to humans. But nothing suggests human ageing is uniquely beyond modification.

In 2024, Putin launched a national project to combat ageing. Could Russia deliver the necessary scientific breakthrough?

Perhaps, though many experts are doubtful, given Russia’s fragile research infrastructure.

But Putin is not alone in funding longevity research. Breakthroughs might come from elsewhere – including, potentially, from major investments in anti-ageing biotechnologies from billionaires in the West.

Anti-ageing research could bring benefits

Whether they are authoritarian presidents or Silicon Valley billionaires, it’s easy to sneer at wealthy elites’ preoccupation with lifespan extension.

Death is the great leveller; it comes for us all. We understandably distrust those who want to rise above it.

But we need to disentangle motives and ethics. It is possible to pursue worthwhile projects for bad reasons.

For example, if I donate to an anti-malaria charity merely to impress my Tinder date, you might roll your eyes at my motivations. But the donation itself still achieves good.

The same applies to lifespan extension.

Anti-ageing research could have many benefits. Because ageing raises the risk of almost every major disease, slowing it could make people healthier at every age.

If we value preventing diseases such as heart disease, cancer and dementia, we should welcome research into slowing ageing (which could in turn help to reduce these problems).

Is seeking longer lives ethical?

Putin and Xi might seem less concerned with improving population health than with postponing their own deaths. But is it wrong to want longevity?

Many of us dread death – this is normal and understandable. Death deprives us of all the goods of life, while the prospect of dying can be frightening.

Nor is it suspect to want more than a “natural” lifespan. Since 1900, life expectancy in wealthy countries has risen by more than 30 years. We should welcome further improvements.

The most serious ethical concern about lifespan extension is that it will result in social stagnation.

Our views become increasingly rigid as we age. Young minds often bring new ideas.

If Taylor Swift is still topping the charts in 2089, many other musicians will miss out. And we will miss out on enjoying the evolution of pop music.

Music is one thing; morals are another. The 21st century is raising many new challenges – such as climate change and AI developments – that may benefit from fresh moral perspectives, and from the turnover of political power.

A Russia still ruled by Putin in 2150 will strike many as the starkest version of this worry. Fortunately, we need not be too concerned about a 200-year-old Putin. He is no longer young, and significant lifespan extension is probably decades away.

Still, the prospect of ageless autocrats should give us pause. We should welcome technologies that slow ageing and help us stay healthier for longer, while remembering that even good technologies can have bad effects.

If we succeed in dramatically extending lifespans, we will need to work out how to prevent our societies from becoming as static as some of the elites who lead them.

The Conversation

Julian Koplin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. No, organ transplants won’t make you live forever, whatever Putin says – https://theconversation.com/no-organ-transplants-wont-make-you-live-forever-whatever-putin-says-264573

With global powers barred, can Pacific nations find unity at their annual summit?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Meg Keen, Head of Pacific Research Program, Australian National University

It’s been a testing time for Pacific regional unity.

So far this year, there have been rifts between Cook Islands and New Zealand over security arrangements with China; New Caledonia and France over independence for the French territory; and among various Pacific nations over deep-sea mining.

Now, geopolitical tussles are buffeting the annual Pacific Islands Forum (PIF) leaders’ meeting, held this week in Solomon Islands.

As regional leaders began preparing for their apex annual summit, there were disagreements over the regular dialogue with Pacific development partners held after the main meeting. Development partners include major outside powers such as the United States, China, France, United Kingdom and Japan, among others.

Last month, Solomon Islands Prime Minister Jeremiah Manele called off the meeting with these global partners. He argued that excluding outsiders will allow time to complete a review among members on how such external engagements occur.

However, most believe he was bowing to Chinese pressure to exclude Taiwan – Solomon Islands switched its allegiance from Taipei to Beijing in 2019.

Chinese rhetoric against Taiwan is sharpening. Earlier this year, a spokesperson for the Chinese embassy in New Zealand was blunt about the inclusion of Taiwan in the Pacific Islands Forum:

Taiwan is a province of China […] and has no qualification or right to participate in Forum activities whatsoever.

At last year’s summit in Tonga, China’s special envoy to the Pacific, Qian Bo, flexed his diplomatic muscles and insisted on the removal of a mention of Taiwan from the final communique.

Even so, the PIF 1992 Honiara Declaration does sanction a Taiwan dialogue during the annual gathering for those wanting to meet on a bilateral basis — that arrangement has persisted for more than three decades.

Next year’s host Palau will reinstate the more inclusive status quo.

An official statement from Taiwan ahead of this year’s forum makes clear it is in the region to stay:

We firmly believe in the inclusive spirit of “The Pacific Way” [and…] look forward to ongoing participation in the PIF.

The Pacific pushes back

Most members are not happy with the exclusion of partner nations, but all are still coming this week and will work out their differences, as they have done in the past.

Tuvalu, Palau and Marshall Islands recognise, and have development partnerships with, Taiwan. They believe the exclusion of outside powers is a missed development opportunity. Tuvalu Prime Minister Feleti Teo has been clear:

We do not need the competition and conflict overshadowing our development agenda in the Pacific.

Even countries that recognise China worry about the cost of exclusion. Senior representatives from Australia, New Zealand, Papua New Guinea and Samoa (all of whom are PIF members and will attend the summit) have expressed their disappointment in the decision to keep partner nations away.

The decision to call off the partner dialogue is divisive, but it is only a hurdle, not a hard stop. Those nations with diplomatic missions or visit visas to Honiara, including China, may well hold quiet bilateral meetings on the margins of the summit this week. However, Taiwanese representatives will not be present.

Setting the Pacific agenda

While exclusions and sharp reactions grab media headlines, much more crucial issues are on the summit agenda this year.

Climate change is top of the list. Buoyed by the recent Vanuatu-led triumph at the International Court of Justice, which ruled that states have a legal obligation to combat climate change, Pacific nations will look for more avenues to collectively seek climate justice.

Already Vanuatu, Fiji and Samoa have submitted a resolution to the Rome Statute (the treaty that established the International Criminal Court) for a new crime of “ecocide” to be added in recognition of the irreversible damage to ecosystems from climate change.

They are also pushing hard for more money to deal with biodiversity losses, and ensuring a new “loss and damage” fund to help vulnerable states recover from climate disasters is effective.

Another high priority will be next year’s COP31 climate meeting, which Australia and the Pacific are proposing to co-host. This would be a chance to push harder for global climate action to speed up mitigation and adaptation. Pressure will be on Australia to deliver on its host bid promises, and for others to step up or out of the way.

Pacific nations also need better access to targeted funds to adapt to rising temperatures and sea levels. They are working to capitalise their own Pacific Resilience Facility to make communities disaster-ready. However, the ambitious aim to secure US$1.5 billion (A$2.3 billion) from the global community will be set back by the decision to exclude partner countries from the talks.

Working together to combat problems

Another priority on the PIF agenda is advancing economic integration. Supply chains, labour mobility and regional connectivity all need a boost.

For example, poor internet connectivity is hindering economic development, while inadequate infrastructure is impeding the movement of people, goods and information across the vast region.

With rising geopolitical pressures and donors crowding in to offer aid and curry influence in the Pacific, regional frameworks and rules of engagement need strengthening. Former PIF senior officials Sione Tekiteki and Joel Nilon argue:

By building on existing frameworks and creating a cohesive set of standards, the Pacific can assert its autonomy.

Significantly, the Blue Pacific Oceans of Peace Declaration will be launched at this year’s meeting — a move to advance Pacific sovereignty. It aims to prevent regional militarisation, keep the Pacific nuclear-free, and protect oceans from nuclear waste and degradation.

This reflects a determination to cooperatively manage transnational pressures such as ocean exploitation, pollution, and crime and security intrusions from foreign elements.

Tensions between global powers permeate all corners of the world, and the Pacific is no different. External players can pull at the fabric of regionalism, but PIF members are the threads that bind the region.

In the past, external pressures have led to improved collective management. The development of one of the world’s largest sustainable tuna fisheries is a good example. Let’s hope that will be true in the future and unity will hold.

The Conversation

Meg Keen leads the Pacific Research Program at the ANU which receives funding from the Australian Department of Foreign Affairs and Trade (DFAT). All research conducted under this program is independent.

Meg Keen is a non-resident fellow of The Lowy Institute.

ref. With global powers barred, can Pacific nations find unity at their annual summit? – https://theconversation.com/with-global-powers-barred-can-pacific-nations-find-unity-at-their-annual-summit-264331

Four victims, no remorse: Erin Patterson given a life sentence for mushroom murders

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Rick Sarre, Emeritus Professor in Law and Criminal Justice, University of South Australia

Erin Patterson, having been convicted in the Supreme Court of Victoria two months ago on three counts of murder and one count of attempted murder, has today received a life sentence from the trial judge, Justice Christopher Beale.

He ordered a non-parole period of 33 years. Given her age (50) and the 676 days she’s already spent in detention, this means Patterson will not be eligible to apply for parole until 2056, when she is in her 80s.

Erin Patterson’s story is now one of the most well-known true crime cases in Australia. Nine weeks ago, a jury found her guilty of poisoning her lunch guests in July 2023 at her home in Leongatha with foraged death-cap mushrooms she had baked into individual servings of Beef Wellington.

In sentencing, Justice Beale said he had no hesitation in finding Patterson’s offending falls into the “worst category” of murder and attempted murder.

So after months of media frenzy and myriad headlines, the sentencing now bookends the case, pending any appeal. Here’s how the judge reached his decision and what happens now.

A lengthy prison term

The life sentence was as expected, given Patterson’s lawyer, Colin Mandy, did not oppose the prosecution’s bid for the maximum sentence for murder in Victoria.

The matter that exercised the judge’s mind, principally, in considering the sentence was the length of the non-parole period. The standard such period for murder in Victoria is 20 years.

If there’s more than one victim, however, the minimum non-parole period increases to 25 years.

While it’s possible to sentence a murderer to life without parole, it is very unusual.

In 2019, the judge who gave a life sentence to James Gargasoulas, the man who drove down Bourke Street Mall in Melbourne, killing six people, set a non-parole period of 46 years.

What did the judge consider?

The factors taken into account in sentencing relate to the nature of the crime and the personal circumstances of the person convicted.

The final outcome is informed by principles that vary only slightly across Australia’s states and territories.

The main one here, arguably, was denunciation: the sentence needs to reinforce in the public mind the abhorrence of her conduct.

Indeed, there was no plea of guilty, and no remorse from Patterson at any time.

Moreover, when considering a non-parole period, a judge takes into account what is referred to as “proportionality”. This can be a limiting feature where there is lesser culpability, but an exacerbating feature where there are multiple deaths.

One might refer to it colloquially as a person receiving their “just desserts”.

In this instance, the judge was mindful of the fact there were four victims.

He was also mindful of Patterson’s “harsh” prison conditions, telling the court:

you have effectively been held in continuous solitary confinement for the last 15 months and at the very least there is a substantial chance that for your protection you will continue to be held in solitary confinement for years to come.

Deterrence, as a regular feature of the sentencing exercise, in this case becomes a companion to denunciation.

Rehabilitation was always unlikely to have any impact on the sentence, given the life term. There was no submission by defence counsel that his client had a diagnosed mental disorder or would benefit from any form of an ongoing remediation or restorative program.

Huge personal tolls

What dominated the submissions at the pre-sentence hearing in August were the victim impact statements.

In Victoria, such statements have been in place since 1994, but it has only been since 2005 that the court has been required to take account of the impact of the crime on any victim when sentencing.

Only since 2011 have victims been granted the right to read a statement aloud in court or have a nominated representative do so on their behalf.

In the Patterson pre-sentence hearing, the sole survivor of the meal, Ian Wilkinson, read his own statement and described the loss of his wife Heather. He said he felt “only half alive without her”.

Patterson’s estranged husband Simon did not attend the pre-sentence hearing, so his statement was read to the judge by a family member. His children, he wrote:

have […] been robbed of hope for the kind of relationship with their mother that every child naturally yearns for.

The Wilkinsons’ daughter, Ruth Dubois, also addressed the judge with her own statement. She highlighted the wider victims of the crimes, namely medical staff, investigators, shop owners (who had had their names scrutinised), mushroom growers, the health department and taxpayers.

“I am horrified,” she said, “that our family is even associated, through no choice of our own, with such destructive behaviour towards the community”.

Will there be an appeal?

Patterson’s counsel has 28 days in which to appeal. An appeal would either be against conviction or the sentence or both.

In relation to an appeal against conviction, defence counsel would need to establish that the trial judge made a mistake in admitting (or ruling out) certain evidence or failing to properly explain the defence case.

The former, a mistake about evidence, is the more common appeal ground.

Less likely is the latter appeal ground because it would be difficult for defence counsel to assert that his client’s case was given too little regard by the judge, given the amount of time (almost two days) Justice Beale devoted to explaining the defence case to the jury.

When appealing the length of the non-parole period, either counsel can argue the duration was either manifestly inadequate (a prosecution submission) or manifestly excessive (a defence submission). It remains to be seen if either side will pursue this option.

Whatever the case, there would not be too many observers surprised by the judge’s final determination.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Four victims, no remorse: Erin Patterson given a life sentence for mushroom murders – https://theconversation.com/four-victims-no-remorse-erin-patterson-given-a-life-sentence-for-mushroom-murders-264128

How MPs’ ‘abandoned’ cats became the unexpected symbol of Indonesia’s protests

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Ken M.P. Setiawan, Senior Lecturer in Indonesian Studies, The University of Melbourne

Instagram/animals_hopeshelterindonesia

During Indonesia’s recent mass protests, the looted homes of politicians in Jakarta revealed unexpected victims: cats reportedly left behind or stolen as their owners fled for safety.

The cats have gone viral on social media. Their politician owners – celebrities-turned-MPs Uya Kuya and Eko Patrio of the National Mandate Party (PAN) – were accused of “abandoning” their pets. This is a framing they reject, arguing they just didn’t have any opportunity to collect them before fleeing looters.

Wherever the truth lies, images of these frightened cats rescued by concerned citizens have struck a deep chord in cat-obsessed Indonesia.

Protesters and netizens quickly came to view these incidents as symbolic of politicians’ betrayal of their duty toward society’s most vulnerable.

Pets are political

Cats are hugely popular in Indonesia, which boasts the highest rate of cat ownership in the Asia-Pacific.

Indonesia is a majority Muslim country, and the high status of cats in Islam may help explain why cats are so popular there.

Beyond the cultural significance of cats, however, the recent incidents also offer insights into the nature of political image-making in Indonesia.

The phenomenon of politicians using cats and other animals to bolster their popularity is of course not new, nor is it uniquely Indonesian.

From Winston Churchill’s wartime cat Nelson, to Bill Clinton’s cat Socks or Downing Street’s “chief mouser” Larry, politicians have long used pet cats to carefully curate their public images as warm, approachable, relatable and humane.

The prime example from Indonesia is President Prabowo Subianto and his rescue tabby cat Bobby Kertanegara.

Bobby boasts almost 1 million followers on Instagram. Images of Prabowo feeding, playing with, and cuddling him helped transform the former army general’s public image in the lead-up to last year’s presidential election. He went from strongman with a questionable human rights record to a cuddly, sweet, animal-loving grandpa.

Now Indonesia’s “first cat” Bobby gets wheeled around in a luxury pet stroller and has his own security detail. He makes appearances at state functions where he receives gifts from foreign leaders. This includes a bespoke scarf Bobby recently received from Australian Prime Minister Anthony Albanese.

Vice President Gibran Rakabuming Raka and former Jakarta governor and 2024 presidential candidate Anies Baswedan have also used their pets to bolster their public image in Indonesia.

The recent protests

The recent protests in Jakarta were triggered by a proposed rise in MP allowances but also by general resentment towards the political class.

Anger has intensified over coverage of politicians’ lavish lives, as ordinary Indonesians struggle with high living costs and youth unemployment rates.

During the recent protests, several high-profile politicians had their houses looted.

Kuya and Patrio were reported to have left behind their cats, some of which were taken by looters or rescued by concerned citizens.

While many of these claims have been disputed by the politicians, commentary on viral posts have asked: if politicians can’t take responsibility for their own pets, how can they be trusted to care for the citizens they are supposed to represent?

Political image-crafting

Social media attention for these cats soon triggered a response from their owners.

Both Kuya and Patrio refuted claims the cats were “abandoned”. They argue there was no opportunity to grab the cats when their homes were targeted for looting, with the animals fleeing on their own.

Both have appealed for their pets to be returned, which has received some support from netizens.

The damage to the politicians’ reputations, however, has been done.

In the age of social media, pets have proven to be a double-edged sword.

Once used to soften politicians’ images and generate public support, these cats have now been drawn into a narrative that positions politicians as uncaring and out of touch. They have become metaphors for what some see as the elites’ betrayal of the people.

These cat incidents also reveal the precarious nature of political image-crafting in the age of social media.

Where once social media enabled political pets to be used to drive public adoration, it has now become a vehicle for backlash.

The Conversation

Ken M.P. Setiawan receives funding from the Australian Research Council. She is a Board Member of EngageMedia, a nonprofit organisation that promotes digital rights, open and secure technology, and social issue documentary in the Asia-Pacific.

Charlotte Setijadi has previously received research funding from Singapore’s Ministry of Education and the Singapore Social Science Research Council. She is currently one of the co-convenors of the University of Melbourne’s Indonesia Forum.

Elisabeth Kramer receives funding from the Australian Research Council. She is affiliated with the Australia-based Indonesia Council and the Australian Consortium for In-Country Indonesian Studies (ACICIS).

ref. How MPs’ ‘abandoned’ cats became the unexpected symbol of Indonesia’s protests – https://theconversation.com/how-mps-abandoned-cats-became-the-unexpected-symbol-of-indonesias-protests-264511

Les performances des universités et des écoles de commerce se rapprochent-elles ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Pascal Favard, Professeur d’économie, Université de Tours IRJI François-Rabelais, Université de Tours

Singularité française, l’enseignement supérieur en économie et gestion peut être dispensé dans les universités ou dans des écoles de commerce. Quelles sont les différences sur le marché du travail entre ces voies ? Quelle filière possède le meilleur rapport entre coût et bénéfice ?


Le paysage français de l’enseignement supérieur a profondément évolué depuis le début des années 2000, dans un contexte de massification des études longues, de réforme LMD et de mise en concurrence des établissements. Ainsi, l’accès au niveau master (bac+5), autrefois réservé à une minorité, s’est élargi, mais selon des voies différenciées aux logiques parfois divergentes (académiques, professionnalisantes, ou tournées vers la recherche)

Dans le champ « droit économie et gestion », deux modèles dominent : d’un côté, les écoles de commerce, sélectives et payantes, associées à la professionnalisation et au prestige ; de l’autre, les masters universitaires, publics, plus accessibles et souvent perçus comme plus académiques.

Une fonction de signal

Les écoles de commerce bénéficient jusqu’à présent d’une forte attractivité, en partie grâce à leur fonction de signal. Le diplôme transmet une image valorisée du diplômé. Les classements, omniprésents, renforcent cet effet de signal auprès des étudiants comme des employeurs. Les modalités de sélection (concours, classes préparatoires, admissions sur dossier) consolident l’idée d’une excellence scolaire synonyme de réussite professionnelle.




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Le rôle des associations étudiantes et des réseaux d’anciens, activement cultivés par les écoles, contribue également à l’insertion. Ces réseaux, loin d’être anecdotiques, sont des instruments stratégiques de réputation maintenant utilisés par certaines universités.

Des raisons d’investir

Ces éléments peuvent expliquer pourquoi tant de familles acceptent d’investir plusieurs milliers d’euros. Ce « prix » génère des inégalités d’accès, même si certaines de ces écoles ont su profiter du système de l’alternance pour aider, indirectement, les étudiants financièrement en leur permettant d’être rémunérés pendant leurs études.Il peut aussi y avoir des exonérations partielles des frais d’inscription sur critères sociaux.

Le master universitaire constitue une autre voie jugée pertinente par de nombreux étudiants. D’abord, les coûts sont faibles : 254 euros annuels en 2025. Reposant par ailleurs majoritairement sur le dossier du candidat, la sélection reste limitée puisque tout étudiant titulaire d’une licence doit pouvoir obtenir une place. Cela permet une ouverture plus large, quoique parfois perçue comme un manque de lisibilité sur le marché du travail.

Une offre restructurée

Depuis quelques années, de nombreuses universités ont restructuré leur offre, développant des parcours sélectifs, des doubles diplômes, et des spécialisations notamment dans des domaines en tension. Cette diversification, intégrant la notion de projet professionnel, a ouvert des débouchés professionels, notamment via l’alternance, les partenariats d’entreprises et la recherche appliquée.

Cette transformation de l’offre de formation des universités fait que, contrairement aux idées reçues, certains masters offrent des débouchés souvent développés dans le cadre de stratégies d’ancrage territorial ou sectoriel et permettent aux étudiants d’acquérir des compétences directement mobilisables sur le marché du travail.

Quelles performances respectives ?

Dans ce contexte, où les diplômés des deux filières, écoles ou universités, peuvent prétendre aux mêmes emplois, la question de la performance respective des formations se pose en termes de capital humain acquis et de rendement. Notre travail de recherche analyse l’insertion professionnelle des diplômés du sous-domaine « sciences économiques, sciences de gestion et communication » dans le domaine Droit, Économie, Gestion, en comparant universités et écoles. Il s’inscrit dans la continuité de travaux antérieurs et montre une insertion plus favorable des diplômés d’écoles de commerce avant 2010.

Argan et Gary-Bobo (2023) observaient une baisse des rendements salariaux des diplômés de master entre 1992 et 2017, tous domaines confondus. Si le domaine « droit, économie et gestion » semble partiellement épargné, des écarts persistent. Deux questions guident notre approche : les diplômés d’écoles de commerce « gagnent-ils » systématiquement davantage que ceux des universités ? Et la dégradation salariale a-t-elle affecté davantage les seconds ?




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Un retard qui se comble

Nous mobilisons trois vagues de l’enquête Génération du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq) réalisées en 2004, en 2010 et en 2017. Les résultats révèlent une évolution notable. Pour la génération 2004, l’avantage des écoles de commerce est marqué : insertion plus rapide, plus de postes de cadre, meilleurs salaires. Mais dans les générations suivantes cet écart s’atténue, voire s’inverse. Les diplômés universitaires, notamment en sciences économiques, comblent progressivement leur retard. En matière d’emploi et de postes à responsabilité, leur situation devient équivalente, et leurs salaires dépassent parfois ceux des diplômés d’écoles de commerce. Seuls les diplômés en sciences de gestion et de communication restent légèrement en retrait.

Trois facteurs peuvent expliquer cette convergence :

  • la professionnalisation croissante des masters, avec une offre repensée et davantage connectée aux entreprises ;

  • les compétences en analyse de données, fréquentes dans les cursus en sciences économiques, deviennent un avantage déterminant à l’ère du big data, y compris dans les secteurs traditionnels ;

  • l’expansion rapide de l’offre des écoles de commerce s’accompagne d’une hétérogénéité croissante de qualité, côté établissements comme étudiants. Cela pourrait diluer la valeur du signal que constituait jusqu’alors leur diplôme.

Ces résultats, une fois mis en perspective avec l’écart en termes de coût financier parfois très significatif entre les différents types de formations, invitent à une réflexion attentive de la part des familles quant aux critères déterminants dans le choix d’une filière. Au-delà des considérations de prestige ou de réputation, il nous semble opportun de s’interroger sur la nature réelle des bénéfices attendus, au regard de l’investissement consenti.

Nos résultats devront être corroborés dans les années qui viennent, alors que le dernier baromètre de l’Agence pour l’emploi des cadres (Apec) indique un recul de l’emploi des cadres. Par ailleurs, pour estimer le rendement des diplômes des uns et des autres, il conviendrait de suivre les parcours des uns et des autres durant toute leur carrière professionnelle.


Dylan Suaud, stagiaire de recherche au Laboratoire d’économie de Poitiers (LèP), a participé à cet article.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Les performances des universités et des écoles de commerce se rapprochent-elles ? – https://theconversation.com/les-performances-des-universites-et-des-ecoles-de-commerce-se-rapprochent-elles-260017

La franc-maçonnerie est-elle une religion malgré elle ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Philippe Ilial, Professeur de Lettres-Histoire. Chargé de cours en Histoire Moderne. Chercheur associé au CMMC, Université Côte d’Azur

« La franc-maçonnerie est une religion pour ceux qui n’en ont pas. » Cette phrase résume parfaitement l’ambiguïté qui entoure cette « société ». Car la franc-maçonnerie est souvent perçue comme une religion – ou du moins comme une spiritualité parallèle. Pourtant, elle s’en défend avec force. Alors pourquoi cette confusion ? Pourquoi, alors que la maçonnerie se veut fondamentalement non dogmatique, voire adogmatique selon les obédiences, continue-t-on à l’assimiler à une religion ?


Apparu dans l’Angleterre du XVIIe siècle, le latitudinarisme est un courant philosophique et théologique qui cherchait à unir les chrétiens au-delà de leurs divisions. Les Constitutions d’Anderson de 1723, texte fondateur de la franc-maçonnerie anglaise, s’inscrit clairement dans cette mouvance, mais elle ne crée pas une religion universelle. Les “Constitutions” établissent une maçonnerie résolument chrétienne, où seuls sont admis ceux qui professent la religion « sur laquelle tous les hommes sont d’accord » – à savoir dans l’esprit de ces Britanniques du début du XVIIIe siècle, le christianisme dans sa version la plus large. Les musulmans, les juifs, les déistes purs en sont explicitement exclus. En effet, nous sommes alors en plein cœur de l’Europe chrétienne, mais divisée entre catholiques, protestants… et anglicans.

Cette approche latitudinaire – chrétienne donc – crée une spiritualité minimale, un cadre suffisamment large pour accueillir anglicans, presbytériens, luthériens, mais pas au-delà. C’est ce qui explique que la maçonnerie des origines ait pu être perçue comme une forme de religion, une religion chrétienne minimaliste.

L’hébraïsme maçonnique, un leurre ?

Le qualificatif de judéo-chrétien est régulièrement usité pour qualifier la franc-maçonnerie. Cette « appellation » participe à la ranger du côté des religions. Alors, cette assertion est-elle véridique ? La référence à l’Ancien Testament dans la symbolique maçonnique ne fait pas de l’Ordre maçonnique une institution judéo-chrétienne. Bien au contraire, d’ailleurs les Juifs furent longtemps exclus de la maçonnerie !

L’utilisation du Temple de Salomon, des colonnes Jakin et Boaz (les deux piliers qui soutiennent le temple de Salomon forment un rappel latitudinaire), ou des références à la Kabbale – en ce qui concerne certains degrés dits de perfection – ne sont en fait qu’un alibi latitudinaire au service d’une vision fondamentalement chrétienne. Pour les rédacteurs des Constitutions d’Anderson, l’Ancien Testament n’est qu’une préfiguration du Nouveau, et son utilisation en loge vise à créer un « plus petit dénominateur commun » selon l’historien Pierre-Yves Beaurepaire. Les chrétiens envisagent l’Ancien Testament comme un texte prophétique qui annonce le Nouveau tandis que le monde juif le considère comme une finalité !

Ainsi, lorsque l’on parle d’hébraïsme maçonnique, il faut comprendre un hébraïsme réinterprété, christianisé, vidé de sa substance juive originelle. Le Delta lumineux avec l’œil divin n’est plus une simple reprise du Tétragramme hébraïque, mais devient la symbolique chrétienne de la Providence !

À ce stade du raisonnement, relisons Pierre-Yves Beaurepaire qui affirme que la franc-maçonnerie n’est pas une religion (Op. cit.) pour deux raisons fondamentales.

Un christianisme minimaliste

En premier lieu, son latitudinarisme originel est en réalité un christianisme minimaliste, loin de l’universalisme qu’on lui prête parfois. Cet universalisme des origines est donc chrétien ; c’est le basculement dans la modernité avec l’aventure coloniale du XIXe siècle qui va permettre à l’Europe, donc à la franc-maçonnerie de se confronter à l’altérité. La notion de laïcité va aussi participer à ouvrir les portes des temples maçonniques à d’autres religions, comme le montre Daniel Tollet.

Ensuite, son hébraïsme apparent est un vernis symbolique au service d’une vision chrétienne du monde, ce que montre très bien Roger Dachez dans son article Hébraïsme et franc-maçonnerie, heurt et malheur d’une filiation incertaine (La chaîne d’Union n°51, 2010).

Pourtant, la franc-maçonnerie continue d’être perçue comme religieuse parce qu’elle utilise des formes sacrées, des rituels, une symbolique qui parlent à l’inconscient collectif. En cela, elle répond à un besoin de sacré que les religions traditionnelles ne satisfont plus dans nos sociétés actuelles très sécularisées, donc détachée du religieux – un phénomène décrit notamment par Denis Pelletier. La question qui demeure est donc celle-ci : « dans un monde où les grands récits religieux s’effritent, la franc-maçonnerie offre-t-elle une voie pour explorer le sacré sans dogme ? » Sans dogme car la force de la maçonnerie réside dans le fait qu’elle propose sans imposer.

Rites et rituels maçonniques : entre sacralisation et fonction sociale

Si donc la franc-maçonnerie n’est pas une religion, elle en partage certaines caractéristiques fonctionnelles. C’est là que se situe la confusion. Comme l’envisage l’universitaire spécialiste de l’Angleterre des Lumières, Cécile Révauger, on peut envisager la maçonnerie comme une spiritualité sans théologie, des rites sans dogme, une communauté sans Église…

Trois éléments essentiels créent cette ambiguïté : la sacralisation de l’espace, une forme particulière de croyance évolutive, et surtout un système rituel d’une extraordinaire richesse ; car c’est cette mécanique rituelle qui fait de la franc-maçonnerie un système parareligieux si particulier.

Une distinction anthropologique fondamentale

Le rituel constitue le cadre cérémoniel global, ce que les anthropologues appellent le « cérémonial englobant ». L’ouverture des travaux maçonniques se fait toujours autour d’un ouvrage sacré ou sacralisé, souvent l’Ancien Testament, les Constitutions d’Anderson ou le livre de la Constitution de l’obédience dont il est question. C’est ce texte sacralisé qui régit l’ouverture et la fermeture des travaux, comme le missel régit la messe. Les rites sont les actes particuliers, des « unités minimales de sens » selon l’expression de Roger Dachez, comme le comportement du maçon, à savoir la batterie, le signe, la marche, l’agenouillement devant l’autel…

Les rites maçonniques incarnent ce que l’on a coutume d’appeler un « invariant anthropologique » que l’historien des religions Mircea Eliade avait identifié, à savoir que toute société humaine crée du rite pour conjurer le désordre. En loge, le profane entre dans un état de « chaos » symbolique (bandeau sur les yeux…). Les rites successifs qu’il va subir pour renaître à l’état de maçon (purification, serment, lumière) reconstruisent un ordre symbolique, ainsi la loge devient un microcosme organisé, à l’image du Temple de Salomon, dont tout temple maçonnique est l’allégorie.

La Bible comme « objet-frontière »

Concrètement, c’est la place de la Bible sur l’autel des serments dans de nombreuses loges qui laisse place à la confusion entre démarche maçonnique et religion. Contrairement à l’image que la Bible véhicule, l’ouvrage n’est pas ici un vestige religieux. Pierre-Yves Beaurepaire, professeur d’Histoire moderne à l’université Côte d’Azur et grand spécialiste de la franc-maçonnerie, propose de la considérer à la fois comme un outil de travail symbolique (elle sert de support aux serments) (Dictionnaire de la Franc-maçonnerie, Armand Colin, 2014), un objet mémoriel chrétien partagé et un artefact davantage culturel que religieux ; en effet, lorsqu’un athée prête serment sur la Bible, il ne sacralise pas le texte, mais sa propre parole donnée. Nuance essentielle.

Le rituel – constitué par l’addition des rites – est en maçonnerie « consciemment théâtralisés » : le frère sait qu’il joue un rôle, il n’est jamais dans cette posture dans sa vie profane. Ainsi, lorsque les maçons tracent leurs signes, suivent leurs rituels, ils ne pratiquent pas une religion, mais plutôt actualisent une forme de sacralité propre qui s’adapte à la société dans laquelle ils évoluent.

La franc-maçonnerie est-elle une religion sans Dieu ni dogme ? En refermant cette réflexion, une évidence s’impose ; la franc-maçonnerie fascine parce qu’elle brouille les frontières entre sacré et profane, tout en refusant catégoriquement le statut de religion. Ce paradoxe s’éclaire lorsque l’on réalise qu’elle opère une alchimie unique entre trois niveaux : un langage religieux détourné (temples, bibles, rites) qui parle à l’inconscient collectif, comme l’a montré Émile Durkheim ; une spiritualité latitudinaire où chacun projette ses croyances et des fonctions anthropologiques universelles (rites de passage, cohésion sociale).

Si tant de francs-maçons y voient une « religion sans dogme », c’est sans doute parce que la maçonnerie répond à des besoins humains fondamentaux que les religions traditionnelles ont longtemps captés comme le besoin d’appartenance (la chaîne d’union qui a lieu à la fin de chaque tenue peut être l’équivalence d’une communion ou d’une messe), le besoin de transcendance (la quête de connaissance remplace la révélation divine), le besoin de ritualité (les tenues maçonniques structurent le temps comme les offices religieux le faisaient jadis).

Mais la différence est cruciale, car là où les religions imposent, la maçonnerie propose – théorème partagé par Pierre-Yves Beaurepaire et Claude Delbos dans « Les sept devoirs du franc-maçon adogmatique ». Comme le résume le premier dans une conférence publique donnée dans le cadre du laboratoire de recherche CMMC, « la loge est un laboratoire du sacré bien plus qu’un sanctuaire » religieux ! Un laboratoire où se joue une pièce de théâtre chrétienne dans un cadre hébraïsé…

The Conversation

Philippe Ilial ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La franc-maçonnerie est-elle une religion malgré elle ? – https://theconversation.com/la-franc-maconnerie-est-elle-une-religion-malgre-elle-262390

Quand la galaxie trumpiste accuse l’Europe de pratiquer la censure

Source: The Conversation – France in French (3) – By Stefania Di Stefano, Chercheuse postdoctorale au sein de la Chaire sur la modération des contenus, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

Alors même que, aux États-Unis, la liberté d’expression, la liberté des médias ou encore la liberté académique font l’objet d’attaques sans précédent de la part de l’administration Trump, Washington prétend que c’est l’Union européenne qui serait un dangereux censeur. En cause : les mesures visant à modérer les contenus haineux sur les réseaux sociaux.


Comment déterminer la maturité d’une démocratie ? Comment reconnaître qu’elle sombre progressivement vers un régime autoritaire ?

Le début du second mandat présidentiel de Donald Trump incarne sans aucun doute un tel glissement, avec fracas et sans souci pour l’image de bienséance qu’une personne exerçant une telle fonction devrait renvoyer. Depuis le retour du milliardaire new-yorkais à la Maison Blanche le 20 janvier, les attaques contre les libertés sur le territoire états-unien sont nombreuses et variées.

Les universités ont été l’une des premières cibles du président. Gel des fonds fédéraux, instrumentalisation du système d’accréditation universitaire pour influencer les formations, révocation des visas pour les étudiants étrangers… Autant de mesures attaquant frontalement la liberté académique. Des mesures visant surtout à remodeler l’éducation supérieure selon une idéologie définie par le régime trumpiste et restreignant la libre pensée.

La liberté de la presse n’est pas épargnée par la nouvelle version du « free speech » portée par le président. Dernière victime à avoir été « fired » : Stephen Colbert, présentateur du populaire « Late Show » sur CBS. Cette émission satirique s’attaquait régulièrement et sans ménagement à Donald Trump. Elle n’a plus sa place dans les programmes télévisés. Pour dénoncer le silence s’installant progressivement dans les médias, la série humoristique South Park a sorti un nouvel épisode caricaturant le président, laissant cependant un sentiment amer aux spectateurs.




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Pourtant, et dans une sorte d’inversement psychologique, Washington accuse l’Union européenne (UE) de mettre en œuvre, sur le Vieux Continent, une censure massive.

Les textes européens dans le viseur de l’administration Trump

Si l’UE est critiquée, c’est en réalité pour les valeurs qu’elle représente et pour les libertés qu’elle protège. En effet, les États-Unis dépeignent l’encadrement juridique des plateformes numériques à l’œuvre au sein de l’UE comme la manifestation d’une censure quasi orwelienne.

Se fondant sur un rapport à charge, la Commission judiciaire de la Chambre des représentants a tenu une audition sur « la menace européenne sur la liberté d’expression et l’innovation américaines », affirmant notamment que le Règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) porte atteinte au droit des Américains de s’exprimer librement en ligne aux États-Unis.

Pour rétablir les faits et la correcte interprétation du droit européen, une coalition d’universitaires européens et américains a transmis une lettre expliquant les principales applications du DSA.

Se présentant en « défenseur de la démocratie », l’administation Trump utiliserait même la suspension des enquêtes ouvertes à l’encontre des grandes entreprises technologiques américaines comme monnaie d’échange dans les négociations douanières avec la Commission européenne. Les plateformes ont en effet comparé les sanctions imposées pour violation des dispositions européennes à des « droits de douane », s’appuyant aussi sur la (fausse) affirmation que le cadre juridique de l’Union cible spécifiquement les entreprises états-uniennes.

Trump a ouvertement pris la défense de ces « amazing Tech Companies », menaçant d’imposer des droits de douane supplémentaires aux pays ciblant ces entreprises avec leurs législations.

Message posté par Donald Trump sur son réseau Truth Social le 25 août 2025.

En encadrant l’activité des plateformes numériques, notamment par le biais du fameux règlement général sur la protection des données (RGPD) ou du DSA, l’Europe établit-elle un régime de censure ?

Afin de permettre l’expression de toutes et tous, le droit à la liberté d’expression doit être encadré par la loi. Les contours de cette liberté sont délimités par les droits fondamentaux des tiers et comprennent notamment la protection de la vie privée, la non-discrimination, ou encore la dignité humaine. Ce sont justement ces limites que rappelle le DSA. Le texte vise à s’assurer que les contenus circulant sur les plateformes respectent ces principes cardinaux. Et si la désinformation ou les discours haineux sont des problèmes préoccupants, la critique du pouvoir reste, en Europe, protégée par la liberté d’expression, laquelle est garantie par le DSA.

La modération délaissée par les grandes plateformes

Cet encadrement déplaît fortement au régime trumpiste ainsi qu’à certaines grandes plateformes numériques américaines. Celles-ci estimaient pourtant, il y a quelques années, que des réglementations étaient nécessaires pour un système efficace de gouvernance des contenus en ligne. En suivant désormais la ligne trumpiste, les plateformes ont tendance à fausser délibérément le concept de censure en l’assimilant à celui de modération des contenus. Cette dernière vise toutefois à s’assurer que les contenus circulant sur les plateformes sont conformes aux conditions générales du service mais, aussi, aux lois et droits fondamentaux protégés par les textes fondateurs.

Mais ce n’est pas seulement d’un point de vue théorique que la modération des contenus, mise en place par le DSA, est attaquée. Cela passe aussi par les nombreuses baisses budgétaires au sein des plateformes, entraînant une réduction des ressources humaines consacrées à la sécurité en ligne. Ces mesures sont par ailleurs couplées à une « simplification » des politiques de modération des contenus, qui s’affranchissent des protections sur des sujets considérés comme « woke », notamment la protection de la communauté LGBTQIA+ ou la lutte contre la haine en ligne.

Dernière annonce en date ? Meta déclarant, un vendredi au cœur de l’été, la suspension de ses publicités ciblées à caractère politique. Sans même évoquer le moment de l’annonce, comment interpréter un tel signal ? L’initiative concerne les publicités à caractère politique, électoral ou traitant de « questions sociales ». Raison invoquée : le règlement européen relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique, qui rendrait le ciblage des usagers trop complexe.

Pourtant, une étude conduite par l’organisation AI Forensics, avant l’entrée en application de ce règlement, avait démontré que Meta laissait la propagande pro-russe envahir les publicités politiques ciblées, avec un système de détection des contenus complètement défaillant.

L’Union européenne, modèle d’anti-trumpisme ?

Certes, l’Europe n’est pas parfaite. Certes, l’Europe vit aussi d’importantes dérives identitaires. Mais l’Europe tente, dans un monde de plus en plus complexe, de garantir à toutes et tous la possibilité de s’exprimer en ligne.

Aujourd’hui, les victimes des attaques visant la liberté académique et la liberté de la presse ne se trouvent pas en Europe, mais aux États-Unis. Dans ces conditions, l’Europe doit porter encore plus haut et encore plus fort ses valeurs. Elle doit offrir un modèle dans lequel les libertés sont protégées par la loi et les institutions, et non par la volonté d’un homme.

The Conversation

Suzanne Vergnolle a reçu des financements de la région Île-de-France.

Stefania Di Stefano ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Quand la galaxie trumpiste accuse l’Europe de pratiquer la censure – https://theconversation.com/quand-la-galaxie-trumpiste-accuse-leurope-de-pratiquer-la-censure-263855

New research indicates caribou populations could decline 80 per cent by 2100

Source: The Conversation – Canada – By Elisabetta Canteri, Postdoctoral Researcher, Globe Institute, University of Copenhagen

Caribou will likely face population declines rarely experienced in 21,000 years due to climate change. That’s the main finding from our recently published research on the historical resilience of caribou populations.

Caribou, also called reindeer, are a majestic species with remarkable adaptations to the cold Arctic environments of Eurasia and North America. Despite surviving through large climatic fluctuations in the past, future climate warming may cause a drastic decline in caribou populations. Arctic environments are extremely sensitive to climate change, and they are expected to warm two times more than the global average.

In our research, we simulated how caribou population abundance shifted in response to climate change since the last ice age to the present day, and projected it into the future to 2100. This allowed us to directly compare past and future rates of declines.

We decided to look back 21,000 years because, in the past, Arctic climates have fluctuated abruptly, with temperatures in areas such as Greenland increasing by up to 10 degrees in just a few decades. We figured that if we could identify the traits that helped caribou to survive these past warming events, we would be able to better predict their vulnerability to future climate change.

To do this we combined fossils and historical observations with climate reconstructions to map caribou habitat suitability across regions and time at a high resolution. We then used computer modelling to simulate how populations responded to changes in the suitability of these environments following the last ice age.

What our research shows

We found that caribou were able to survive past climatic fluctuations thanks to their ability to live in diverse environments, move long distances and survive in low numbers.

However, when projecting these models forward in time we discovered that these traits might not be enough to safeguard future populations. If action is not taken to mitigate climate change, we project a 58 per cent decline in population size across the whole geographic distribution of the species by 2100.

Losses in North America are likely to be most severe, with decreases of 84 per cent predicted in response to Arctic warming. This is because North America is projected to be the region losing the largest extents of habitats suitable for caribou due to climate change and other human impacts on the land.

Even under a more optimistic climate change scenario, with less temperature change, we still expect North American caribou populations to experience large losses. This suggests that recent declines observed in large herds of caribou are expected to continue into the future.

Threats not directly included in our models, such as diseases, extreme weather die-offs and unregulated hunting, could further worsen the impacts of climate change on caribou populations.




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Broader ecological implications

Dramatic declines in caribou populations might have far-reaching ecological implications. Thanks to their feeding behaviour, caribou help stop the advancement of forests to northern latitudes and maintain the diversity of plants in the tundra.

In doing so, caribou play a key role in maintaining healthy tundra environments. A decrease in tundra plant diversity affects carbon uptake, soil nutrient availability and even how well the landscape reflects light. Therefore, declines in caribou populations will have knock-on effects on tundra ecosystems that will further accelerate climatic warming.




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These drastic declines in caribou populations will have impacts that go beyond the Arctic’s natural environment. For many Indigenous Arctic communities, caribou are essential. People in these regions rely on caribou for food and economy, cultural identity and an overall sense of well-being. Population declines will therefore cause profound losses, impacting the livelihoods of many communities.

Our findings suggest a grim future for caribou, and signal an urgent need for governments to increase investments in the conservation and management of the species. This should include protecting and ensuring access to historical pastures and migration routes.

Actions that we take today to reduce our carbon footprint will benefit caribou, nature and Arctic Indigenous communities in the decades to come.

The Conversation

Damien Fordham receives funding from the Australian Research Council

Elisabetta Canteri does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. New research indicates caribou populations could decline 80 per cent by 2100 – https://theconversation.com/new-research-indicates-caribou-populations-could-decline-80-per-cent-by-2100-263696