Tirage au sort, assemblées citoyennes, remplacement du Sénat : les Français veulent de l’innovation démocratique

Source: The Conversation – France in French (3) – By Dimitri Courant, Postdoctoral Researcher & Lecturer, Sciences Po

Pétitions, assemblées citoyennes, référendums : selon une enquête inédite, menée par Sciences Po et l’institut Verian, une large majorité de Français souhaitent un système qui favorise la participation directe. Le principe des assemblées citoyennes est soutenu par 67 % des sondés, et 53 % d’entre eux aspirent à remplacer le Sénat par une assemblée tirée au sort.


Les municipales de 2026 ont confirmé une tendance lourde : l’abstention progresse et les partis établis s’usent. La présidentielle de 2027 s’annonce comme un nouveau face-à-face entre des figures familières d’un sérail que les Français regardent avec une défiance croissante. Dans ce contexte, les assemblées citoyennes tirées au sort sont souvent présentées comme une réponse à la crise démocratique. Mais laquelle, exactement ? Et surtout, quelle forme les Français eux-mêmes appellent-ils de leurs vœux ?

Une enquête quantitative, conduite en mai 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 2 500 Français dans l’Hexagone, l’enquête DeCoDe « Délibération citoyenne et confiance dans la politique démocratique », à laquelle je participe avec Bernard Reber, Damien Bol, Flora Chanvril et Bruno Cautrès (Cevipof/Sciences Po), et dont le terrain a été effectué par l’institut Verian, offre des éléments de réponse précis. Les résultats brisent quelques certitudes.

Un désir de démocratie, pas d’« électocratie »

Le constat de départ est saisissant : seuls 13 % des répondants font confiance à la politique, 17 % au gouvernement, 21 % à l’Assemblée nationale. Mais 80 % restent attachés à un système politique démocratique.

Ce n’est pas la démocratie que les Français rejettent ; c’est l’électocratie, cette forme de gouvernement fondée sur l’élection d’élites sans mandat impératif, où les représentants ne sont pas tenus par les préférences de ceux qui les ont élus.

Ce rejet ne se traduit pas par une adhésion naïve aux assemblées citoyennes, aussi appelées « conventions citoyennes » en France. Ainsi, 67 % des sondés estiment que c’est une bonne chose que des citoyens participent à ces conventions, et 50 % font confiance à ces assemblées. Mais parmi les 35 % qui ne leur font pas confiance, 56 % justifient leur scepticisme par une formule révélatrice : les assemblées citoyennes sont « une arnaque qui permet aux politiciens de gagner du temps et de faire de la communication ».

Ce n’est donc pas une critique du tirage au sort délibératif. C’est une critique de la « consultation d’élevage », ce modèle dans lequel les élus choisissent le thème de l’assemblée, puis font leur marché parmi les recommandations, ou les ignorent totalement.

Trois modèles pour un système délibératif, un vainqueur relatif

La question centrale n’est pas tant de savoir si les Français veulent des assemblées citoyennes, mais dans quel système délibératif ils souhaitent les insérer, c’est-à-dire quelle place ces mini-publics doivent occuper dans l’architecture institutionnelle, entre les élus, les citoyens tirés au sort et la population dans son ensemble.

Dans un article publié dans Raisons politiques, j’avais proposé de distinguer trois grands modèles institutionnels.

  • D’abord, la « consultation d’élevage » : les élus fixent l’agenda du mini-public et décident ensuite du devenir de ses propositions.

  • Ensuite, la « démocratie radicale » : le peuple fixe l’agenda des assemblées citoyennes en amont, par initiative populaire ou pétition, et ratifie leurs propositions en aval, par référendum.

  • Enfin, la « klérocratie représentative » : les tirés au sort eux-mêmes choisissent les sujets, et leurs décisions ont force de loi, sans ratification extérieure.

Les données de l’enquête DeCoDe permettent de confronter cette tripartition théorique aux préférences réelles des Français. Le résultat est net.

Sur la mise à l’agenda, 40 % des répondants souhaitent que ce pouvoir appartienne aux citoyens eux-mêmes, par pétition ; le Parlement n’obtient que 20 %. Sur la ratification des résultats, 36 % privilégient le référendum, contre 23 % qui préfèrent une transmission au Parlement. Seulement 12 % souhaitent que les propositions du mini-public soient transposées directement dans la loi, sans aucune ratification extérieure.

La démocratie radicale recueille le plus de soutiens relatifs ; la consultation d’élevage est un peu plus faible ; la klérocratie représentative reste très minoritaire.

Près de 53 % pour remplacer le Sénat par une assemblée tirée au sort

Une majorité absolue de Français (53 %) se dit favorable au remplacement du Sénat par une chambre tirée au sort ; 17 % y sont « très favorables », 36 % « plutôt favorables ». À l’opposé, seulement 11 % y sont « très défavorables ». C’est peut-être le résultat le plus saillant de l’enquête.

Ce chiffre n’est pas anodin. Le Sénat cumule deux déficits particulièrement visibles. D’une part, un déficit de représentativité, sa composition reflétant très peu la diversité de la population française. D’autre part, un déficit de légitimité, ses membres étant élus indirectement par les grands électeurs et non au suffrage universel direct. Face à cette configuration, le tirage au sort dispose d’arguments comparatifs solides : représentativité descriptive (avec quotas), égalité des chances, impartialité, et absence de calcul politicien.

Sur le rôle législatif des assemblées citoyennes, les Français sont plus nuancés. Interrogés sur le format que devraient prendre les travaux d’un mini-public, ils privilégient largement des « recommandations détaillées » ou des « orientations générales » plutôt que des « propositions de lois ». Pourtant, lorsqu’on leur demande directement si les assemblées citoyennes devraient « écrire la loi », 35 % répondent par l’affirmative, un chiffre non négligeable. Il faut noter qu’« écrire la loi » n’implique pas nécessairement un transfert de souveraineté : une assemblée citoyenne peut très bien rédiger un texte soumis ensuite à référendum (ou au Parlement), ce qui reste compatible avec la démocratie radicale (ou la consultation d’élevage).

Quoi qu’il en soit, 44 % y sont explicitement opposés. Le vrai clivage ne passe donc pas entre partisans et adversaires du tirage au sort, mais entre ceux qui souhaitent confier davantage de pouvoir au peuple et ceux qui veulent cantonner les assemblées citoyennes à un rôle consultatif sous contrôle des élus.

Quand les données contredisent les théoriciens

Un dernier enseignement mérite d’être relevé. Parmi les raisons invoquées par les Français pour soutenir un rôle législatif des assemblées citoyennes, les justifications « épistémiques » (la qualité de la délibération, l’audition d’experts) arrivent en dernière position. Ce qui prime, c’est l’« ordinarité », donc le fait que « ce sont des gens comme moi » (43 %), l’impartialité des tirés au sort qui « ne cherchent pas à être réélus » (44 %) et la défiance envers les élus (41 %).

Autrement dit, les préoccupations d’une large part des théoriciens du politique sont en décalage avec celles des citoyens ordinaires. Le débat entre klérocrates et consultativistes, qui structure une bonne partie de la littérature académique, ne correspond pas aux attentes d’une opinion publique qui se porte davantage vers la démocratie radicale et ses dérivés hybrides.

En 2027, les candidats à la présidentielle qui voudront parler sérieusement de réforme institutionnelle auraient intérêt à intégrer ces enseignements.

The Conversation

Dimitri Courant a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et de Sciences Po.

ref. Tirage au sort, assemblées citoyennes, remplacement du Sénat : les Français veulent de l’innovation démocratique – https://theconversation.com/tirage-au-sort-assemblees-citoyennes-remplacement-du-senat-les-francais-veulent-de-linnovation-democratique-284599

Ce que la crise d’Ormuz a changé (ou non) au monde de l’énergie

Source: The Conversation – France (in French) – By Patrice Geoffron, Professeur d’Economie, Université Paris Dauphine – PSL

À la mi-juin 2026, les États-Unis et l’Iran ont signé, sous médiation pakistanaise, un protocole censé mettre fin à la guerre. Le détroit d’Ormuz, fermé depuis le 28 février, a commencé à rouvrir tandis que le prix du baril refluait. Après près de quatre mois de stress intense, l’heure est propice à un bilan d’étape. La crise a-t-elle rebattu les cartes de l’énergie mondiale ? Ou n’a-t-elle fait que confirmer des vulnérabilités patentes ?


À chaque crise énergétique revient la tentation d’annoncer un tournant historique. Le blocage du détroit d’Ormuz, devenu depuis la fin février le point de rupture d’une guerre ouverte, n’échappe pas à cet audit. Une fois les marchés apaisés et les tankers de retour, la crise d’Ormuz aura peut-être moins changé le monde de l’énergie, qu’elle en aura révélé les failles quasi sismiques.

Un extincteur… dans la maison en feu

Depuis des décennies, les marchés se rassuraient d’une idée simple. En cas de rupture, la capacité de production inutilisée de l’OPEP (sa « capacité de réserve ») pourrait être mobilisée pour compenser. La crise d’Ormuz a fortement altéré cette assurance. Car l’essentiel de cette capacité, logée en Arabie saoudite, aux Émirats et au Koweït, se trouvait précisément derrière le verrou.

Pour le dire autrement, l’extincteur était dans le bâtiment en feu… L’idée rassurante selon laquelle Riyad pourrait toujours ouvrir les vannes pour calmer les marchés ne vaut que si les barils peuvent effectivement sortir. La marge de sécurité qui fondait la confiance des marchés depuis le contre-choc des années 1980 s’est révélée ineffective en la circonstance.

Des flux qui deviennent des armes

Henry Farrell et Abraham Newman avaient théorisé l’interdépendance instrumentalisée. Soit l’idée que les nœuds dominants des réseaux mondiaux, financiers, numériques ou logistiques, peuvent être transformés en armes par ceux qui les contrôlent. Ormuz en offre une illustration « chimiquement pure ». Des chercheurs parlent désormais de « dilemmes de flux ». Cette expression désigne le piège où se trouvent les économies ouvertes, dont l’intégration crée des dépendances dont il est coûteux de s’extraire.




À lire aussi :
Après le départ des Émirats arabes unis, assiste-t-on à la fin de l’Opep ? Et faudra-t-il la regretter ?


Lorsque l’Iran ferme Ormuz, il n’invente pas une arme nouvelle, il active un levier latent, inscrit depuis longtemps dans la géographie des flux. Fermer le détroit relevait jusqu’ici de l’arme à effet autolimitant, l’Iran en payant lui-même le prix. Un régime acculé a fini par franchir le pas, y voyant non plus un suicide mais un ultime levier de dissuasion. C’est ce que Xavier Carpentier-Tanguy qualifie de « rhéopolitique », l’art de contrôler les flux plutôt que les territoires, de les régler, les moduler, les interrompre.

De nouveaux buts de guerre

Une rupture mérite d’être isolée, car elle dépasse le seul détroit. Après l’Ukraine, Ormuz confirme l’avènement d’une véritable guerre des infrastructures énergétiques, où raffineries, terminaux, gazoducs et réseaux électriques ne sont plus des dommages collatéraux mais des cibles de premier choix. En Ukraine, la Russie a fait du réseau une arme à part entière, lançant neuf vagues d’attaques coordonnées sur le système électrique entre mars et août 2024 et privant le pays d’environ 9 gigawatts de capacité, soit près d’un tiers de sa consommation d’avant-guerre. La logique est désormais explicite : frapper l’énergie de l’adversaire pour atteindre son économie et sa population.

La crise d’Ormuz prolonge ce répertoire à l’échelle du Golfe. Depuis le 28 février, des dizaines de sites énergétiques ont été visés dans neuf pays : raffineries, champs pétroliers, terminaux gaziers et dépôts d’hydrocarbures confondus… Les États-Unis et Israël ont frappé les installations iraniennes, de la raffinerie de Tondguyan, au sud de Téhéran, à plusieurs dépôts de la capitale, et ont visé à plusieurs reprises l’île de Kharg, d’où part l’essentiel des exportations iraniennes. L’infrastructure énergétique, jadis sanctuarisée par la dissuasion, devient un champ de bataille assumé, et c’est peut-être là le changement le plus lourd de conséquences, car il transforme chaque terminal, chaque gazoduc et chaque centrale en cible potentielle des conflits à venir.

Une carte des puissances redessinée

La crise a enfin révélé une asymétrie de puissance énergétique. Les États-Unis, redevenus exportateurs nets de pétrole et premiers exportateurs mondiaux de GNL, en sortent relativement protégés, voire renforcés. « Que le pétrole coule à flots », a lancé Donald Trump en annonçant la réouverture. À six mois des élections de mi-mandat, son administration a fait de la baisse des prix une priorité, et la posture de domination énergétique américaine a trouvé dans Ormuz une confirmation éclatante. Cette protection reste pourtant très relative, car les prix se forment sur un marché mondial et l’automobiliste du Midwest a lui aussi vu grimper le prix à la pompe de près de 60 %.

À l’autre extrémité, l’Asie a été la plus exposée. La Chine occupe une position singulière, premier acheteur du pétrole du Golfe, donc premier exposé, mais aussi détenteur du principal levier sur Téhéran. La guerre a par ailleurs tendu la relation transatlantique, révélant des désaccords profonds entre Washington et les Européens sur l’usage de la force et les priorités stratégiques.

Surtout, la cohésion interne de l’OPEP s’est profondément fissurée, l’un de ses membres, l’Iran, retournant le détroit contre les autres, tandis que les Émirats arabes unis ont quitté l’organisation après près de soixante ans. Le choc d’Ormuz n’aura pas seulement neutralisé l’OPEP au moment où on l’attendait le plus, il aura accéléré un déclin que certains jugent déjà irréversible.

Un choc d’abord supporté par le Sud

La crise a aussi rappelé que ses premières victimes ne sont pas toujours celles que l’on croit. Vue du Sud, comme le souligne un volume collectif du Policy Center for the New South, la fermeture d’Ormuz a moins menacé l’essence des automobilistes occidentaux que la sécurité alimentaire de pays importateurs. Le détroit laisse en effet passer une part majeure des engrais phosphatés, de l’ammoniac et de matières critiques dont le monde se découvre tributaire, si bien qu’une interruption durable fait planer le risque d’une stagflation mondiale et de tensions sociales dans les économies les plus fragiles.

Les 3,4 milliards d’habitants qui vivent dans des États consacrants déjà plus à leur dette qu’à la santé ou à l’éducation y sont en première ligne, et jusqu’aux producteurs de minerais d’Amérique du Sud, contraints de revoir leurs débouchés. Même les pays exportateurs n’y gagnent guère, leurs recettes accrues étant absorbées par le renchérissement de leurs importations.

Europe : une dépendance déplacée plus que réduite

La crise confirme que la diversification engagée après l’invasion de l’Ukraine n’a pas réduit la dépendance européenne aux hydrocarbures. Elle l’a déplacée, de la Russie vers le Golfe et les États-Unis, c’est-à-dire d’une zone « sismique » vers d’autres. L’Europe est entrée dans la crise avec des stocks de gaz historiquement bas, 46 milliards de mètres cubes à la fin février contre 60 et 77 les deux hivers précédents, et un prix du gaz industriel deux à cinq fois supérieur à celui des États-Unis, comme le documentait le rapport Draghi.

La chimie, les engrais et la sidérurgie y ont vu ressurgir le spectre de 2022, et le choc énergétique s’est superposé au choc commercial des tarifs douaniers américains, une double exposition inédite depuis la stagflation des années 1970. La vulnérabilité européenne n’est donc, à l’évidence, pas conjoncturelle. Substituer un fournisseur à un autre ne change rien à la quantité d’énergie fossile importée, seulement l’adresse de l’expéditeur.

De l’urgence de décarboner pour sécuriser

Que retenir, alors ? La réponse structurelle à Ormuz n’est ni un énième oléoduc de contournement ni un fournisseur de substitution. C’est la décarbonation, entendue comme une stratégie de sécurité économique et non comme une simple contrainte climatique, formant une assurance contre le prochain choc d’Ormuz comme contre un éventuel chantage au GNL américain.

Les leviers existent, et ils sont connus. Il s’agit d’électrifier les procédés là où la technologie le permet, de déployer l’hydrogène bas carbone pour les usages à haute température difficilement électrifiables, de relever drastiquement l’efficacité énergétique et de développer la flexibilité de la demande. Chacun réduit mécaniquement l’exposition de nos économies aux chocs fossiles importés.

France 24 2026.

Le Clean Industrial Deal adopté par la Commission en 2025 articule d’ailleurs explicitement décarbonation et résilience industrielle, en reconnaissant que réduire la dépendance aux hydrocarbures importés est à la fois un objectif climatique et un levier de compétitivité et de sécurité.

Selon les calculs fondés sur le World Energy Investment 2026 de l’AIE, les investissements bas carbone, déployés depuis la COP 21 en 2015, ont permis d’éviter 260 milliards de dollars d’importations fossiles en 2025 aux grandes régions importatrices (Europe, Chine, Inde, Japon, Corée…). En 2026, ces économies, selon les conditions de sortie du conflit, pourraient atteindre de 350 à 400 milliards de dollars. Dont une centaine de milliards pour l’UE. Chaque technologie décarbonée fonctionne comme une police d’assurance dont la prime de risque géopolitique accroît mécaniquement le rendement.

Un révélateur, plus qu’un tournant

La crise d’Ormuz de 2026 n’aura donc rien d’une anomalie de l’Histoire. De la guerre des tankers des années 1980 aux alertes de 2011, 2019 et 2025, la menace est un invariant de la géopolitique de l’énergie. Si rien d’autre ne bouge, Ormuz 2026 ne sera qu’un choc particulièrement violent, prolongeant une longue série.

Si la décarbonation y est enfin lue comme une politique de sécurité, alors, rétrospectivement, cette crise sera célébrée comme un tournant. Et, ironie, Donald Trump en contribuant au chaos pétrogazier aura été un promoteur (bien involontaire) de la transition énergétique.

The Conversation

Patrice Geoffron est membre fondateur de l’Alliance pour la Décarbonation de la Route. Il siège dans différents conseils scientifiques: CEA, CRE, Engie.

ref. Ce que la crise d’Ormuz a changé (ou non) au monde de l’énergie – https://theconversation.com/ce-que-la-crise-dormuz-a-change-ou-non-au-monde-de-lenergie-285820

Ce que la crise d’Ormuz a changé (ou pas) au monde de l’énergie

Source: The Conversation – France (in French) – By Patrice Geoffron, Professeur d’Economie, Université Paris Dauphine – PSL

À la mi-juin de 2026, les États-Unis et l’Iran ont signé, sous médiation pakistanaise, un protocole censé mettre fin à la guerre. Le détroit d’Ormuz, fermé depuis le 28 février, a commencé à rouvrir, tandis que le prix du baril refluait. Après près de quatre mois de stress extrême, l’heure est propice à un bilan d’étape. La crise a-t-elle rebattu les cartes de l’énergie mondiale ? Ou n’a-t-elle fait que confirmer des vulnérabilités patentes ?


À chaque crise énergétique revient la tentation d’annoncer un tournant historique. Le blocage du détroit d’Ormuz, devenu depuis la fin février le point de rupture d’une guerre ouverte, n’échappe pas à cet audit. Une fois les marchés apaisés et les tankers de retour, la crise d’Ormuz aura peut-être moins changé le monde de l’énergie, qu’elle en aura révélé les failles quasi sismiques.

Un extincteur… dans la maison en feu

Depuis des décennies, les marchés se rassuraient d’une idée simple. En cas de rupture, la capacité de production inutilisée de l’OPEP (sa « capacité de réserve ») pourrait être mobilisée pour compenser. La crise d’Ormuz a fortement altéré cette assurance. Car l’essentiel de cette capacité, logée en Arabie saoudite, aux Émirats et au Koweït, se trouvait précisément derrière le verrou.

Pour le dire autrement, l’extincteur était dans le bâtiment en feu… L’idée rassurante selon laquelle Riyad pourrait toujours ouvrir les vannes pour calmer les marchés ne vaut que si les barils peuvent effectivement sortir. La marge de sécurité qui fondait la confiance des marchés depuis le contre-choc des années 1980 s’est révélée ineffective en la circonstance.

Des flux qui deviennent des armes

Henry Farrell et Abraham Newman avaient théorisé l’interdépendance instrumentalisée. Soit l’idée que les nœuds dominants des réseaux mondiaux, financiers, numériques ou logistiques, peuvent être transformés en armes par ceux qui les contrôlent. Ormuz en offre une illustration « chimiquement pure ». Des chercheurs parlent désormais de « dilemmes de flux ». Cette expression désigne le piège où se trouvent les économies ouvertes, dont l’intégration crée des dépendances dont il est coûteux de s’extraire.




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De nouveaux buts de guerre

Une rupture mérite d’être isolée, car elle dépasse le seul détroit. Après l’Ukraine, Ormuz confirme l’avènement d’une véritable guerre des infrastructures énergétiques, où raffineries, terminaux, gazoducs et réseaux électriques ne sont plus des dommages collatéraux mais des cibles de premier choix. En Ukraine, la Russie a fait du réseau une arme à part entière, lançant neuf vagues d’attaques coordonnées sur le système électrique entre mars et août 2024 et privant le pays d’environ 9 gigawatts de capacité, soit près d’un tiers de sa consommation d’avant-guerre. La logique est désormais explicite : frapper l’énergie de l’adversaire pour atteindre son économie et sa population.

La crise d’Ormuz prolonge ce répertoire à l’échelle du Golfe. Depuis le 28 février, des dizaines de sites énergétiques ont été visés dans neuf pays : raffineries, champs pétroliers, terminaux gaziers et dépôts d’hydrocarbures confondus… Les États-Unis et Israël ont frappé les installations iraniennes, de la raffinerie de Tondguyan, au sud de Téhéran, à plusieurs dépôts de la capitale, et ont visé à plusieurs reprises l’île de Kharg, d’où part l’essentiel des exportations iraniennes. L’infrastructure énergétique, jadis sanctuarisée par la dissuasion, devient un champ de bataille assumé, et c’est peut-être là le changement le plus lourd de conséquences, car il transforme chaque terminal, chaque gazoduc et chaque centrale en cible potentielle des conflits à venir.

Une carte des puissances redessinée

La crise a enfin révélé une asymétrie de puissance énergétique. Les États-Unis, redevenus exportateurs nets de pétrole et premiers exportateurs mondiaux de GNL, en sortent relativement protégés, voire renforcés. « Que le pétrole coule à flots », a lancé Donald Trump en annonçant la réouverture. À six mois des élections de mi-mandat, son administration a fait de la baisse des prix une priorité, et la posture de domination énergétique américaine a trouvé dans Ormuz une confirmation éclatante. Cette protection reste pourtant très relative, car les prix se forment sur un marché mondial et l’automobiliste du Midwest a lui aussi vu grimper le prix à la pompe de près de 60 %.

À l’autre extrémité, l’Asie a été la plus exposée. La Chine occupe une position singulière, premier acheteur du pétrole du Golfe, donc premier exposé, mais aussi détenteur du principal levier sur Téhéran. La guerre a par ailleurs tendu la relation transatlantique, révélant des désaccords profonds entre Washington et les Européens sur l’usage de la force et les priorités stratégiques.

Surtout, la cohésion interne de l’OPEP s’est profondément fissurée, l’un de ses membres, l’Iran, retournant le détroit contre les autres, tandis que les Émirats arabes unis ont quitté l’organisation après près de soixante ans. Le choc d’Ormuz n’aura pas seulement neutralisé l’OPEP au moment où on l’attendait le plus, il aura accéléré un déclin que certains jugent déjà irréversible.

Un choc d’abord supporté par le Sud

La crise a aussi rappelé que ses premières victimes ne sont pas toujours celles que l’on croit. Vue du Sud, comme le souligne un volume collectif du Policy Center for the New South, la fermeture d’Ormuz a moins menacé l’essence des automobilistes occidentaux que la sécurité alimentaire de pays importateurs. Le détroit laisse en effet passer une part majeure des engrais phosphatés, de l’ammoniac et de matières critiques dont le monde se découvre tributaire, si bien qu’une interruption durable fait planer le risque d’une stagflation mondiale et de tensions sociales dans les économies les plus fragiles.

Les 3,4 milliards d’habitants qui vivent dans des États consacrants déjà plus à leur dette qu’à la santé ou à l’éducation y sont en première ligne, et jusqu’aux producteurs de minerais d’Amérique du Sud, contraints de revoir leurs débouchés. Même les pays exportateurs n’y gagnent guère, leurs recettes accrues étant absorbées par le renchérissement de leurs importations.

Europe : une dépendance déplacée plus que réduite

La crise confirme que la diversification engagée après l’invasion de l’Ukraine n’a pas réduit la dépendance européenne aux hydrocarbures. Elle l’a déplacée, de la Russie vers le Golfe et les États-Unis, c’est-à-dire d’une zone « sismique » vers d’autres. L’Europe est entrée dans la crise avec des stocks de gaz historiquement bas, 46 milliards de mètres cubes à la fin février contre 60 et 77 les deux hivers précédents, et un prix du gaz industriel deux à cinq fois supérieur à celui des États-Unis, comme le documentait le rapport Draghi.

La chimie, les engrais et la sidérurgie y ont vu ressurgir le spectre de 2022, et le choc énergétique s’est superposé au choc commercial des tarifs douaniers américains, une double exposition inédite depuis la stagflation des années 1970. La vulnérabilité européenne n’est donc, à l’évidence, pas conjoncturelle. Substituer un fournisseur à un autre ne change rien à la quantité d’énergie fossile importée, seulement l’adresse de l’expéditeur.

De l’urgence de décarboner pour sécuriser

Que retenir, alors ? La réponse structurelle à Ormuz n’est ni un énième oléoduc de contournement ni un fournisseur de substitution. C’est la décarbonation, entendue comme une stratégie de sécurité économique et non comme une simple contrainte climatique, formant une assurance contre le prochain choc d’Ormuz comme contre un éventuel chantage au GNL américain.

Les leviers existent, et ils sont connus. Il s’agit d’électrifier les procédés là où la technologie le permet, de déployer l’hydrogène bas carbone pour les usages à haute température difficilement électrifiables, de relever drastiquement l’efficacité énergétique et de développer la flexibilité de la demande. Chacun réduit mécaniquement l’exposition de nos économies aux chocs fossiles importés.

France 24 2026.

Le Clean Industrial Deal adopté par la Commission en 2025 articule d’ailleurs explicitement décarbonation et résilience industrielle, en reconnaissant que réduire la dépendance aux hydrocarbures importés est à la fois un objectif climatique et un levier de compétitivité et de sécurité.

Selon les calculs fondés sur le World Energy Investment 2026 de l’AIE, les investissements bas carbone, déployés depuis la COP 21 en 2015, ont permis d’éviter 260 milliards de dollars d’importations fossiles en 2025 aux grandes régions importatrices (Europe, Chine, Inde, Japon, Corée…). En 2026, ces économies, selon les conditions de sortie du conflit, pourraient atteindre de 350 à 400 milliards de dollars. Dont une centaine de milliards pour l’UE. Chaque technologie décarbonée fonctionne comme une police d’assurance dont la prime de risque géopolitique accroît mécaniquement le rendement.

Un révélateur, plus qu’un tournant

La crise d’Ormuz de 2026 n’aura donc rien d’une anomalie de l’Histoire. De la guerre des tankers des années 1980 aux alertes de 2011, 2019 et 2025, la menace est un invariant de la géopolitique de l’énergie. Si rien d’autre ne bouge, Ormuz 2026 ne sera qu’un choc particulièrement violent, prolongeant une longue série.

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The Conversation

Patrice Geoffron est membre fondateur de l’Alliance pour la Décarbonation de la Route. Il siège dans différents conseils scientifiques: CEA, CRE, Engie.

ref. Ce que la crise d’Ormuz a changé (ou pas) au monde de l’énergie – https://theconversation.com/ce-que-la-crise-dormuz-a-change-ou-pas-au-monde-de-lenergie-285820

Elecciones en Colombia: qué nos dicen los resultados sobre la nueva forma de hacer política en Latinoamérica

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sergio Caballero, Director Master Relaciones Internacionales y Diplomacia Empresarial, Universidad de Deusto

El ganador de las elecciones presidenciales de Colombia, Abelardo de la Espriella, celebró su victoria en un vehículo blindado por las calles de Barranquilla. RTVE

Las elecciones presidenciales en Colombia de este pasado domingo 21 de junio han constatado algunas de las tendencias que vienen desarrollándose en América Latina en los últimos tiempos. La victoria ajustada (49,6 % frente al 48% 7) del candidato de ultraderecha Abelardo de la Espriella (autodenominado El tigre) frente al candidato de izquierda y continuista del gobierno de Gustavo Petro, Iván Cepeda, nos permite identificar algunos rasgos comunes en la región.

En primer lugar, la importancia de las redes sociales en las campañas electorales. El candidato De la Espriella se construyó en las redes, con discursos simples y fuerte proyección mediática, siguiendo la estela de presidentes como Javier Milei en Argentina.

Por el contrario, el candidato Cepeda representaba una izquierda programática, de discurso leído, preciso pero tedioso, que no conecta con el votante actual que sigue la campaña en redes y recibe los mensajes que busca. Es interesante recordar cómo desde el referéndum del Brexit en 2016, la utilización por parte de Cambridge Analytica del uso de algoritmos para instrumentalizar la segmentación del voto se ha convertido ya en rutina.

Un doble de Bukele

En segundo lugar, la priorización de la agenda de seguridad, que lleva a votaciones más emocionales que racionales. Incluso por encima del desempeño económico, el auge de las organizaciones criminales transnacionales, unido a la “securitización” de la migración, han puesto el foco en la provisión de seguridad.

De la Espriella no solo ha replicado la imagen de Nayib Bukele, presidente de El Salvador (influencer con gorra y barba recortada), sino también su política de mano dura contra el crimen. Esta agenda será especialmente complicada de acometer en Colombia: no se trata solo de maras como en El Salvador, sino de un conflicto que ha transitado desde guerrillas y paramilitares a bandas criminales y donde las capacidades del Estado para controlar su territorio y su población (lo que Max Weber entendería como el monopolio de la violencia) está permanentemente desafiado por actores paraestatales que buscan legitimarse.

Esta apuesta por la seguridad es la que explica, en parte, que la candidata del otrora todopoderoso Álvaro Uribe, Paloma Valencia, quedara relegada en los sondeos y no pasara a la segunda vuelta.

Voto de castigo

En tercer lugar, la desafección con el gobierno en curso. Las expectativas frustradas, unido a escenarios decepcionantes en lo socioeconómico, motivan siempre un sentimiento creciente de voto de castigo. En el caso colombiano, frente a las promesas del gobierno de Gustavo Petro de paz total, redistribución de riqueza y reformas estructurales, se pasa al descontento, que aúpa a outsiders que se presentan como antisistema, como es el caso de De la Espriella.

Esto también explica por qué Iván Cepeda intentó a lo largo de la segunda vuelta de las elecciones “despegarse” de la gestión de Gustavo Petro y no fungir como el candidato continuista del gobierno en curso.

En cuarto lugar, estos elementos se aglutinan en lo que hemos venido en llamar polarización, que no es lo mismo que la fragmentación (en el caso peruano, Keiko Fujimori y Roberto Sánchez, los dos candidatos que pasaron a la segunda vuelta, no sumaban ni el 20 %). En el caso colombiano, Cepeda y De la Espriella habían sumado el 85 % del voto en la primera vuelta electoral del 31 de mayo. Lo que sí desapareció fue el centro-izquierda de Sergio Fajardo y la derecha tradicional de Paloma Valencia, que solo sumaron un 10 %, demostrando que cuando uno vota visceralmente, parece que prefiere los extremos claramente diferenciados y no el centro donde caben los matices.

¿Quién quiere ser amigo de Trump?

Y en quinto lugar, y abriendo el foco más allá de la región, el rol del presidente de EE. UU., Donald Trump. Aunque su apoyo en Europa parece que pudiera empezar a ser tóxico, como se ha constatado en la Hungría de Orbán y en los roces con la presidenta italiana Meloni, su influencia en el hemisferio occidental es inequívoca.

La aplicación de la llamada “doctrina Donroe” el 3 de enero de 2026 con la captura (ilegal) de Nicolás Maduro en Venezuela ha servido para mandar un aviso a navegantes de cara a “disciplinar” la región. En el actual contexto geopolítico de tensiones entre Estados Unidos y China, el mensaje desde Washington es que el no alineamiento con la potencia del norte puede implicar una injerencia externa de distintas intensidades: desde meros insultos en redes sociales hasta intervenciones militares, pasando por la aplicación de aranceles discrecionalmente a modo de diplomacia transaccional.

En suma, ser respaldado por el presidente Trump parece que dota de cierta inmunidad frente a reacciones furiosas (aunque Claudia Sheinbaum en México y Luiz Inácio Lula da Silva en Brasil no solo consiguieron minimizar los daños, sino incluso sacar rédito político a nivel doméstico), e incluso “otorga” apoyo directo, como el respaldo económico en el caso de la Argentina de Milei.

En definitiva y, aprovechando que estamos en tiempos del Mundial, la política hace ya tiempo que se ve con una fidelidad identitaria similar a la que genera el fútbol, deseando incluso la victoria partidaria por penalti injusto en el descuento). Ya está lejos esa visión más estratégica y racional propia del ajedrez que se solía atribuir también a la geopolítica.

La política latinoamericana vive, en fin, tiempos turbulentos, donde los partidos a veces se disputan en terrenos de juego inclinados hacia una portería, donde hay que ganar al adversario por cualquier vía, donde el público jalea con fervor pero tampoco perdona ningún error y, además, a veces arbitra un hombre de negro con la piel un poco anaranjada.

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Sergio Caballero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Elecciones en Colombia: qué nos dicen los resultados sobre la nueva forma de hacer política en Latinoamérica – https://theconversation.com/elecciones-en-colombia-que-nos-dicen-los-resultados-sobre-la-nueva-forma-de-hacer-politica-en-latinoamerica-285883

Atrapar lo invisible: la tecnología que puede eliminar del agua microplásticos y superbacterias viajeras

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Serena Molina Martínez, Investigadora en el área de tecnología de membranas, IMDEA AGUA

SIVStockStudio/Shutterstock

En las últimas décadas, nuestra relación con el plástico ha pasado de la admiración por su versatilidad a la alarma por su ubicuidad. Hoy sabemos que los microplásticos (partículas de menos de 5 milímetros) están en todas partes, desde las cumbres de las montañas hasta las profundas fosas oceánicas. Sin embargo, la ciencia ha descubierto una amenaza aún más insidiosa: estas partículas no viajan solas, sino que actúan como caballos de Troya biológicos para los patógenos y genes de resistencia a los antibióticos, creando un ecosistema flotante conocido como la plastisfera.

¿Qué es la plastisfera y por qué es peligrosa?

La plastisfera describe las diversas comunidades microbianas que colonizan la superficie de los microplásticos. A diferencia de los materiales naturales, el plástico ofrece un andamiaje sólido y persistente que permite a los microorganismos sobrevivir en condiciones extremas y viajar largas distancias.

El peligro reside en que estas partículas funcionan como hotspots o puntos calientes de intercambio genético. Al estar tan próximas entre sí dentro de biopelículas pegajosas, las bacterias intercambian “secretos” de supervivencia mediante la transferencia horizontal de genes. Entre estos secretos se encuentran los genes de resistencia a los antibióticos, que permiten a las bacterias volverse invencibles frente a los medicamentos actuales.




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Un giro histórico: la Directiva (UE) 2024/3019

Ante esta crisis silenciosa, la Unión Europea ha aprobado recientemente la Directiva (UE) 2024/3019 sobre el tratamiento de las aguas residuales urbanas. Esta normativa marca un hito, ya que actualiza leyes que tenían más de tres décadas para adaptarse a los nuevos desafíos ambientales, como los microcontaminantes y la resistencia antimicrobiana.

La nueva ley reconoce que las depuradoras convencionales no fueron diseñadas para eliminar estas partículas diminutas ni la carga genética que transportan. Por ello, introduce la obligatoriedad de implementar tratamientos más avanzados y rigurosos de forma progresiva hasta el año 2045.




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La tecnología de membranas: el escudo definitivo

En este nuevo escenario legislativo, la tecnología de membranas, y específicamente los biorreactores de membrana (MBR, por sus siglas en inglés), se posiciona como la herramienta clave para cumplir con los estándares de la Unión Europea.

A diferencia de los tratamientos de agua residual convencional, los MBR combinan el tratamiento biológico con una barrera física de filtración muy fina. Las membranas de ultrafiltración poseen poros tan diminutos que pueden interceptar no solo los micronanoplásticos y las bacterias resistentes, sino incluso fragmentos de ADN libre que contienen genes de resistencia.




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En nuestro estudio, publicado en la revista científica Separation and Purification Technology, hemos evaluado la capacidad de los sistemas MBR para eliminar mezclas complejas de micro y nanoplásticos, con resultados que confirman su alta eficacia. Estos sistemas han demostrado ser capaces de eliminar hasta el 99,99 % de estas partículas, reduciendo los microplásticos a niveles prácticamente indetectables y dejando los nanoplásticos (mucho más pequeños y difíciles de retener) únicamente en trazas mínimas, detectadas tras la aplicación de metodologías analíticas altamente específicas.

Además, hemos comprobado la resiliencia del sistema. La acumulación prolongada de estos plásticos no afectó al rendimiento biológico, manteniéndose una eliminación eficaz de materia orgánica y otros contaminantes. De hecho, la presencia de partículas de mayor tamaño puede incluso mitigar el ensuciamiento de las membranas mediante un efecto de limpieza física. Estos hallazgos se están haciendo dentro del marco del proyecto nacional EMERGING.

En conjunto, estos resultados demuestran que los sistemas MBR son más eficaces que los procesos convencionales para eliminar este tipo de contaminantes invisibles, con reducciones más drásticas de contaminantes biológicos que garantizan una salida de agua de mayor calidad. Al actuar como una barrera efectiva, las membranas interrumpen el ciclo de dispersión de la plastisfera y evitan la propagación de vectores de resistencia al medio ambiente.

Esta tecnología contribuye así a la protección de los recursos hídricos, lo que la convierte en una solución clave para la reutilización del agua en un contexto de creciente escasez hídrica.

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Serena Molina Martínez recibe fondos del proyecto EMERGING (PID2022-143233OB-I00 financiado por MICIU/AEI /10.13039/501100011033 y por FEDER, UE). Ella trabaja para el instituto IMDEA Agua.

Junkal Landaburu Aguirre recibe fondos del proyecto EMERGING (PID2022-143233OB-I00 financiado por MICIU/AEI /10.13039/501100011033 y por FEDER, UE). Ella trabaja para el instituto IMDEA Agua.

ref. Atrapar lo invisible: la tecnología que puede eliminar del agua microplásticos y superbacterias viajeras – https://theconversation.com/atrapar-lo-invisible-la-tecnologia-que-puede-eliminar-del-agua-microplasticos-y-superbacterias-viajeras-282914

Por qué los niños dejan de preguntar en la escuela y cómo recuperar el hábito

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Céspedes Ventura, Profesor Asociado del Departamento de Didáctica y Organización Escolar de la Facultad de Educación, Universidad de Murcia

BearFotos/Shutterstock

Miguel tiene cuatro años. Son las ocho de la mañana. Está en el aseo con su madre preparándose para ir al colegio. Se queda mirando fijamente el grifo y pregunta: “¿Adónde va el agua del lavabo?”. No será la única pregunta que haga ese día. A esa edad, preguntar forma parte de su manera de estar en el mundo. Sin embargo, unos años después, ese mismo niño permanece en silencio en el aula.

¿Por qué los niños preguntan tanto cuando son pequeños, y qué sucede durante su paso por la educación obligatoria para que, poco a poco, dejen de hacerlo?

Cuando la escuela llega, las preguntas se van

La evidencia sobre este fenómeno es sólida. Uno de los trabajos más conocidos es el de la psicóloga Susan Engel, autora del libro The Hungry Mind. En un estudio, su equipo introdujo cámaras en aulas durante tres meses para analizar cuántos episodios de curiosidad, entendidos como preguntas destinadas a aprender algo nuevo o conductas exploratorias con objetos y materiales, aparecían durante la jornada escolar. En educación infantil registraron entre dos y cinco episodios cada dos horas. En quinto de primaria, la cifra descendía hasta el rango de cero a dos.

Muchos niños pasan buena parte de su jornada escolar sin formular una sola pregunta auténtica. Para Engel, esto no es casual. A medida que avanza la escolarización, la escuela prioriza contenidos, ritmos y evaluación. En ese contexto, preguntar empieza a percibirse más como una interrupción que como una oportunidad de aprendizaje.

No hay conocimiento sin pregunta previa

Paulo Freire y Antonio Faundez defendieron esta idea a mediados de los ochenta en Por una pedagogía de la pregunta. Allí criticaban una educación construida sobre respuestas. Respuestas a preguntas que el alumno nunca se había hecho: justo lo contrario de lo que ocurre cuando un niño pregunta adónde va el agua del lavabo.

Investigaciones recientes han mostrado que los niños pequeños no preguntan para prolongar la conversación, sino para entender el mundo. Cuando el adulto ofrece una explicación satisfactoria, el niño suele quedar conforme. Cuando no la recibe, insiste, reformula o vuelve a preguntar. El aprendizaje comienza con una pregunta, y aprender a formularlas bien no es un recurso retórico ni una moda pedagógica, sino una de las bases más solidas de la psicología y la pedagogía contemporáneas.

Qué dice la evidencia en el aula

Los interrogantes formulados en clase activan destrezas cognitivas concretas en los niños, como la explicación, la inferencia y el análisis. No es un simple recurso para mantener la atención o controlar la dinámica del grupo, sino una herramienta intelectual capaz de movilizar el razonamiento.

Linda Elder y Richard Paul, referentes internacionales en pensamiento crítico, llegan a conclusiones similares en El arte de formular preguntas esenciales. Sostienen que enseñar no consiste únicamente en transmitir respuestas, sino en plantear problemas y dirigir el razonamiento mediante preguntas.

Esta idea se remonta a la mayéutica de Sócrates, basada en preguntar para ayudar al otro a descubrir y construir su propio pensamiento. Responder bien obliga a detenerse y pensar. Formular una buena pregunta implica curiosidad, análisis y capacidad de reflexión. Y, como cualquier otra habilidad intelectual, necesita entrenamiento y práctica.

El ‘protopensamiento’: tres pasos que se pierden

El filósofo español José Carlos Ruiz ha llevado esta idea al terreno educativo en ensayos como El arte de pensar y El arte de pensar para niños. Ruiz denomina “protopensamiento” al origen del pensamiento crítico y sostiene que nace del asombro, la curiosidad y el cuestionamiento. Los tres aparecen conectados y pueden trabajarse en el aula.

Imaginemos que un niño ve una imagen de un parque lleno de basura y se pregunta: “¿Por qué la gente ensucia algo que también usa?”. Ahí todavía no hay un pensamiento filosófico adulto, sistemático y elaborado, pero sí aparecen sus bases: observación, atención, extrañeza, criterio moral, pregunta y apertura al debate.




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Para Ruiz, el asombro debe cultivarse en la vida cotidiana. Así surge la curiosidad y, después, la pregunta que obliga a pensar. El autor observó en la práctica, en talleres escolares de filosofía para niños, que el asombro podía recuperarse y que la calidad de las preguntas mejoraba de forma notable. Se puede trabajar en el aula y obtener resultados.

Un ejemplo podría ser “La caja del asombro”, en la que el docente mete un objeto cotidiano: una llave, una piedra, una foto antigua o una cuchara. El alumnado no debe decir qué es, sino formular preguntas del tipo “¿Quién las habrá usado?”, “¿Por qué las cosas tienen dueño?”, “¿Qué pasaría si nadie tuviera llaves?”. De lo concreto se pasa al pensamiento.

Qué podemos hacer desde la escuela

Preguntar debe convertirse en un contenido educativo en sí mismo. La pregunta no puede quedar reducida a una herramienta de evaluación o a un mecanismo para comprobar si el alumno ha retenido los contenidos trabajados en el aula. Formular interrogantes exige análisis, atención y pensamiento, y por eso necesita enseñarse y practicarse.

Para ello debemos enseñar qué es una buena pregunta. Existen taxonomías y modelos, como los que desarrollan en sus trabajos Richard Paul y Linda Elder, además de numerosos recursos prácticos que el profesorado puede incorporar al aula con relativa facilidad.




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Por ejemplo, en una actividad de lectura, no basta con preguntar al alumnado “¿Te ha gustado el texto?”. Esa pregunta puede tener valor expresivo, pero no desarrolla por sí misma pensamiento crítico. El docente puede enseñar a formular preguntas más potentes: “¿Cuál es la idea principal del autor?”, “¿Qué información utiliza para defenderla?”, “¿Hay otro punto de vista posible?” o “¿Qué consecuencias tendría aceptar esta idea?”.

Del mismo modo, ante un debate de aula, el alumnado puede aprender a distinguir entre preguntas de respuesta factual, de preferencia personal y de juicio razonado. Esta enseñanza explícita convierte la interrogación en una herramienta de pensamiento y no solo en una dinámica participativa.

La necesidad de comprender como base del aprendizaje

Enseñar a hacer preguntas y animar a seguir haciéndoselas es por lo tanto un contenido educativo: el aprendizaje profundo comienza cuando aparece una necesidad auténtica de comprender, y esa necesidad suele expresarse en forma de pregunta.

Para lograrlo, no hacen falta grandes reformas educativas, sino que docentes y familias volvamos a preguntarnos por lo cotidiano y convirtamos lo normal en objeto de pensamiento. No se trata de definir grandes temas filosóficos, sino mirar el patio, una norma, una discusión, una pantalla, una fila, una mentira, un castigo… y preguntarse: ¿por qué esto es así? ¿Podría ser de otra manera? ¿Es justo? ¿Qué damos por supuesto?

En ejemplo claro sería un niño que dice “Siempre eligen primero al mismo en el fútbol”. Preguntarse en lo cotidiano sería no dejarlo solo como queja, sino abrir pensamiento: ¿qué significa elegir justamente? ¿Es justo elegir siempre por habilidad? ¿Cómo se siente quien queda para el final?

La filosofía no empieza con conceptos abstractos, sino mirando con extrañeza lo que hacemos todos los días. Ahí aparece el asombro, la curiosidad y, finalmente, la pregunta que obliga a pensar, como cuando Miguel pregunta adónde va el agua del lavabo.

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Raúl Céspedes Ventura no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué los niños dejan de preguntar en la escuela y cómo recuperar el hábito – https://theconversation.com/por-que-los-ninos-dejan-de-preguntar-en-la-escuela-y-como-recuperar-el-habito-282814

Cuba aprueba 176 medidas en un nuevo intento de encauzar su economía

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Iker Saitua, Associate Professor, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

Gasolinera CUPEX junto al edificio de la embajada estadounidense en La Habana, cerrada por falta de suministro ProSportFoto.co.uk/Shutterstock

Cuba acaba de aprobar el mayor paquete de reformas económicas en al menos quince años. Según la cobertura de Granma, órgano del Comité Central del Partido Comunista, y la nota de prensa de la propia Asamblea Nacional, el primer ministro Manuel Marrero Cruz presentó ante la Tercera Sesión Extraordinaria del Parlamento, en su X Legislatura, un documento con 176 transformaciones agrupadas en 23 ejes. Es el resultado de un cribado de 390 propuestas iniciales –de las que se aceptó el 66,7 %– y de 69 recomendaciones incorporadas por el Buró Político (el órgano superior de dirección del Partido Comunista Cubano, PCC). El pleno lo ratificó el 19 de junio.

El tiempo transcurrido entre la presentación del documento y su aprobación ha sido de apenas una semana. La velocidad del proceso ha resultado excepcional para los estándares políticos de la isla. El contenido, en cambio, mantiene la continuidad con varias medidas ya ensayadas en etapas anteriores.

De 1993 a 2026

Desde la disolución de la URSS, en diciembre de 1991, Cuba ha puesto en marcha reformas basadas en la misma fórmula. La primera apertura, entre 1993 y 1995, legalizó el trabajo por cuenta propia –el autoempleo en una lista cerrada de oficios– y despenalizó la tenencia de dólares, reconociendo de facto la economía informal en divisas que ya circulaba en la isla. Ese mismo periodo trajo también la legalización de los mercados agropecuarios libres, donde los precios dejaron de ser fijados por el Estado.

A partir de los Lineamientos de la Política Económica y Social, aprobados en el VI Congreso del Partido (2011), se amplió el usufructo de tierras estatales sin uso –de 40 a 67 hectáreas, con derecho a construir vivienda en la parcela–; se crearon las cooperativas no agropecuarias, una nueva figura jurídica para gestionar servicios y comercio (transporte, gastronomía, mercados) al margen de las cooperativas agrícolas ya existentes; y se abrió la Zona Especial de Desarrollo del Mariel, un polo industrial-portuario con régimen fiscal preferencial y trámites de aprobación más rápidos para la inversión extranjera.

Una nueva Ley de Inversión Extranjera, en 2014, amplió las modalidades de asociación con capital foráneo. El propio texto de 2011 definía también el límite de esa apertura: establecía que el sistema de planificación socialista seguiría siendo la vía principal para dirigir la economía nacional. Una década después, la Tarea Ordenamiento de 2021 eliminó la dualidad monetaria vigente desde 1994 –el peso cubano junto al peso convertible (CUC)– y fijó un tipo de cambio único, lo que implicó una devaluación y un repunte inflacionario.

Lo que sí es nuevo esta vez

Ahora, en 2026, lo distinto no es tanto el repertorio de instrumentos, ya ensayados antes (pero parcialmente), como su simultaneidad y su alcance. El salario mínimo estatal sube un 53 % (de 2 100 a 3 210 pesos), y el Estado retira gradualmente unos 92 500 millones de pesos anuales en subsidios al sistema empresarial, la mitad de ellos destinados solo a la tarifa eléctrica. El usufructo agrícola pasa de plazos fijos a tiempo indeterminado, sin exigir ya la residencia en la parcela. Termina el monopolio estatal sobre la venta de combustibles y se libera buena parte de la larga lista de actividades antes vedadas al sector privado.

El cambio de mayor calado institucional, sin embargo, es jurídico: las empresas estatales podrán convertirse en sociedades por acciones, con el Estado fijando su participación sector por sector y reservándose la mayoría solo en los considerados estratégicos. Particulares y capital extranjero podrán comprar esas acciones. Por primera vez se toman medidas que involucran tanto a la empresa estatal, los subsidios, el salario mínimo y la propiedad accionarial, en lugar de una pieza a la vez como en etapas anteriores.

Lo que se sabe de experiencias anteriores en economías en transición muestra que ese tipo de simultaneidad tiene un coste organizativo propio: pierden valor las rutinas y capacidades acumuladas por las empresas bajo el sistema previo antes de que exista el nuevo, lo que puede deprimir el desempeño durante la propia transición.

El diseño separa explícitamente la titularidad del activo, que sigue siendo estatal, de su gestión, que se cede a terceros mediante derechos de usufructo y superficie, o por participación accionarial. La fórmula recuerda al mecanismo que usó China a partir de 1978, manteniendo la propiedad colectiva nominal de la tierra mientras transfería el control productivo a las familias campesinas.

Una isla, no una metáfora

En este mecanismo se observa algo común a estos casos: cómo un sistema de planificación centralizada ha podido sostenerse durante más de sesenta años dentro de una economía mundial organizada en torno al capital privado.

La continuidad institucional cubana no se explica por una sola causa, sino por una secuencia de sostenes externos que se han ido sustituyendo unos a otros: la ayuda soviética hasta 1991, y después el petróleo venezolano, las remesas y el turismo. Un análisis reciente de la economía de Cuba describe este proceso como socialismo periférico: la pérdida de los acuerdos comerciales preferenciales y el acceso al crédito que ofrecía la URSS obligó a una introducción gradual de mecanismos de mercado, sin que las relaciones más recientes con China o Venezuela hayan logrado recrear aquellas condiciones.

Cada vez que uno de esos puntales se debilita llega una nueva fase de actualización del modelo, que recompone el equilibrio sin alterar su arquitectura de fondo. Lo distintivo de 2026 es que varios sostenes flaquean a la vez, mientras Washington ha intensificado las sanciones –con nuevas medidas coercitivas en vigor desde junio que penalizan a empresas extranjeras con negocios en la isla y que aplican restricciones adicionales al suministro de combustible– y ha condicionado explícitamente cualquier mejora en la relación bilateral a la profundidad de los cambios.

Lo que de verdad está en disputa

Sobre las causas del estancamiento cubano hay posiciones encontradas entre los propios economistas: mientras que unos lo atribuyen principalmente a la transición al socialismo, otros sitúan el peso mayor en el bloqueo exterior. El debate sigue abierto.

Que el paquete se aprobara apenas una semana después de haber sido presentado no debe confundirse con el ritmo real del cambio institucional que lo sostiene. El patrón que recorre todo este artículo remite al concepto de path dependence: una vez que un sistema adopta una trayectoria, las decisiones posteriores tienden a construirse sobre ella en lugar de partir de cero, incluso cuando el objetivo es corregir sus propios resultados.

Desde los años noventa, Cuba ha seguido un mismo patrón: cada etapa de apertura se acumula sobre la anterior, sin que el país se haya desviado del camino trazado en 1993 para paliar los efectos del Periodo Especial, la gran crisis iniciada tras la caída de la URSS y el fin de las ayudas soviéticas.

Que el paquete de 2026 sea la cuarta etapa de esa secuencia, y no la primera, es en sí mismo un indicio de que persiste una necesidad de resolver un estancamiento que ninguna de las etapas previas ha despejado por completo. Las propias palabras de del presidente cubano Miguel Díaz-Canel al cerrar la Tercera Sesión Extraordinaria de la Asamblea Nacional parecen confirmarlo: “No hemos partido de cero”.

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Iker Saitua no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuba aprueba 176 medidas en un nuevo intento de encauzar su economía – https://theconversation.com/cuba-aprueba-176-medidas-en-un-nuevo-intento-de-encauzar-su-economia-285791

Tecnoestrés: cómo lograr que la tecnología no mine la salud

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Iván Fernández Suárez, Profesor en el máster en Prevención de Riesgos Laborales. Consultor PRL para Fraternidad Muprespa. Grupo de investigación TR3S-i, Trabajo Líquido y Riesgos Emergentes en las Sociedad de la Información., UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Ilustración artística de una persona estresada con la tecnología. Pauline Wee & DAIR / https://betterimagesofai.org, CC BY-SA

Ahora mismo podemos saber de todo (los buscadores o la inteligencia artificial nos lo dicen), aprender a hacer de todo (plataformas de vídeo nos ofrecen tutoriales) o comprar cualquier cosa con un solo clic.

Estos cambios han modificado nuestras vidas en todos los planos. Nuestra forma de trabajar, la forma en la que nos comunicamos y nuestros hábitos de ocio y descanso.

Pero todo cambio tiene consecuencias y el tecnoestrés es una de las principales en el ámbito de la salud mental, causado por el uso (intensivo) de las tecnologías.

Qué es el tecnoestrés

Primero debemos entender el estrés, que no es más que un desajuste entre las exigencias (demandas) a las que estamos sometidos y nuestras capacidades para afrontarlas.

Aunque lo hemos demonizado, no siempre tiene efectos negativos. De hecho, los momentos más felices de nuestras vidas (una boda, un nacimiento, el primer trabajo) son momentos con niveles máximos de estrés, que nos ayuda a afrontar las exigencias de esos momentos. El problema surge cuando nos supera y en lugar de ayudarnos a ser más efectivos, nos perjudica.

Las tecnologías han supuesto una ayuda tan importante que se han vuelto imprescindibles. Esto provoca que no podamos separarnos de ellas, muchas veces sin necesidad. Y es precisamente esa sobreutilización la que está generando el mayor impacto sobre nuestra salud.

Efectos sobre la salud

El impacto del tecnoestrés no es inmediato, sino acumulativo. Se va instalando en nuestro organismo poco a poco, a través de pequeñas situaciones cotidianas como consultar el correo, enviar un whatsapp o entrar en una red social. Este continuo goteo de notificación y necesidades digitales adquiridas provocan una acumulación elevada de tiempo de conexión digital.

Dentro de los efectos más habituales, aparece la saturación mental. De la misma forma que nuestro cuerpo se extenúa ante una exigencia física prolongada, la mente muestra síntomas de agotamiento. Nuestra atención vive bajo una exigencia constante y los recursos son limitados.

Creemos que podemos gestionarlo todo, pero el cerebro humano no está diseñado para una multitarea constante.

Es ahí, cuando superamos nuestros límites, cuando aparecen los efectos sobre la salud. Síntomas como dificultades para conciliar el sueño, ansiedad, irritabilidad o fatiga mental se pueden combinar con manifestaciones somáticas.

Así, la tensión emocional puede provocar dolores musculares o cefaleas, así como problemas digestivos y alimenticios, circulatorios, de piel, etc.

El tecnoestrés es un factor precursor de enfermedades crónicas no transmisibles, como cáncer, diabetes, dolencias respiratorias y cardiovasculares o trastornos mentales. La Organización Mundial de la Salud ya las reconoce como una pandemia, pues se han convertido en la primera causa de muerte en el mundo.

Curiosamente, han tenido un aumento exponencial en los últimos años, coincidiendo con la explosión de la tecnología. Y es que el estrés crónico se considera un factor de riesgo para muchas enfermedades.

Estrategias para mantenerlo a raya

De todos modos, la tecnología no es el problema, sino cómo nos relacionamos con ella. Es un arma de doble filo, nos ayuda en todos los ámbitos de nuestra vida, pero su abuso genera riesgos.

La primera estrategia para utilizarla de forma adecuada es hacer una utilización consciente, huir del uso automático. Muchas veces, nuestro cerebro busca esa recompensa inmediata y, sin darnos cuenta, por inercia, ya estamos haciendo scroll.

He aquí algunas preguntas que nos pueden ayudar a identificar si tenemos un uso adecuado de las tecnologías:

  • ¿Recuerda la última vez que pasó 48 horas sin consultar el teléfono móvil?

  • ¿Cuántas horas al día pasa mirando una pantalla (tableta, smartphone, ordenador, televisión…), incluyendo ocio y trabajo? Más de 6 horas, ya es un síntoma de sobrecarga.

  • ¿Lo primero que hace al levantarse y lo último antes de dormir es verificar sus notificaciones o correos electrónicos?

  • Revise en el móvil, en la pestaña de bienestar digital, el promedio diario de horas que lo utiliza. ¿Es mucho más de lo que tenía en mente?

Revisiones científicas recientes sobre estrategias de desintoxicación digital muestran que reducir de manera voluntaria el uso de dispositivos digitales está asociado con mejoras en bienestar psicológico, estrés y comportamientos compulsivos relacionados con el uso de pantallas.

Vías de limpieza mental

De igual forma que el cuerpo necesita descanso cuando llevamos a cabo una actividad física intensa, la mente necesita reponerse. El plano físico nos advierte rápidamente del cansancio, nos marca los límites. Sin embargo, nuestra mente no es tan clara con los síntomas.

En este sentido, es muy importante identificar dos variables sencillas, pero a veces inadvertidas por las prisas de la vida cotidiana. En primer lugar, los estresores: todas aquellas situaciones que provocan que nos desgastemos mentalmente (personas, situaciones cotidianas, exigencias de nuestro trabajo, familia, redes sociales…).

Se trata de saber qué episodios de nuestras vidas elevan nuestra ansiedad resulta crítico para poder prepararnos y anticiparnos a la sobrecarga.

En segundo lugar, es aconsejable identificar e incorporar como rutina actividades que permitan reducir el nivel de estrés. Este aspecto requiere un autoanálisis individual: ¿qué tipo de actividades consiguen generar descanso mental?

La clave para responder a este interrogante es plantearnos qué actividades favorecen una desconexión total de nuestros pensamientos y logran captar la suficiente atención como para olvidar lo que nos preocupa y detener el runrún mental.

El deporte (especialmente de equipo), la lectura, el baile, la relación con algunas personas que nos aportan calma o tocar un instrumento son ejemplos de actividades que requieren la suficiente concentración como para permitirnos descansar de nosotros mismos.

Este tipo de acciones permiten la autorregulación digital y evitan que nos dejemos llevar por la atracción de las nuevas tecnologías. Asimismo, establecer pausas efectivas se asocia con una disminución del uso problemático del smartphone y una mejora en la regulación emocional.

En definitiva, ser conscientes de nuestro uso de las tecnologías es el primer paso para conseguir una higiene digital adecuada. Si, además, somos capaces de atender al estado de nuestra mente y ayudarla a descansar, lograremos mantener a raya el tecnoestrés, una de las enfermedades del presente y, sin duda, del futuro.

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Iván Fernández Suárez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Tecnoestrés: cómo lograr que la tecnología no mine la salud – https://theconversation.com/tecnoestres-como-lograr-que-la-tecnologia-no-mine-la-salud-277629

¿Por qué seguimos celebrando la noche de San Juan? Una fiesta entre la tradición, la fe y la magia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Anna Peirats, Catedrática de Humanidades, Universidad Católica de Valencia

_La fiesta de San Juan_, de Jules Breton. Museo de Arte de Filadelfia/Wikimedia Commons

En la noche de San Juan convergen el ciclo solar, la celebración cristiana, los saberes de la medicina popular y un amplio conjunto de creencias y prácticas mágicas. Tal vez esta mezcla sea la que hace que siga viva en la actualidad.

La fecha no es casual. En torno al 21 de junio tiene lugar el solsticio de verano, cuando la luz alcanza su plenitud en el hemisferio norte. Desde ese instante los días comienzan a menguar.

El cristianismo incorporó esa fecha a su calendario al celebrar la natividad de san Juan Bautista el 24 de junio, seis meses antes de la Navidad. En el Evangelio de Juan, el Bautista afirma: “Conviene que él crezca y que yo disminuya”. San Agustín interpretó estas palabras en clave cósmica: Juan nace cuando la luz empieza a decrecer; Cristo, cuando los días vuelven a crecer.

La significación cristiana de la fecha no borró antiguas celebraciones estacionales ligadas a la luz, el fuego y la renovación de la naturaleza. Su huella puede rastrearse incluso en algunos motetes polifónicos del siglo XIII dedicados a san Juan Bautista, donde aparecen referencias a hogueras y fiestas comunitarias.

El liturgista parisino Jean Beleth describía ya en el siglo XII los fuegos de la víspera, mientras diversos sínodos condenaban supersticiones asociadas a esa misma noche.

Fuego y agua: la materia del rito

El fuego ocupó durante generaciones el centro de la fiesta. En torno a la hoguera se reunían familias y comunidades para afrontar la incertidumbre del año que comenzaba. Quemar y saltar las llamas significaba dejar atrás el mal.

Por eso los fuegos solsticiales han perdurado con tanta intensidad. En los Pirineos, estas fiestas, reconocidas por la UNESCO como Patrimonio Cultural Inmaterial de la Humanidad, conservan una imagen poderosa: la llama desciende desde la montaña hasta el corazón de la comunidad. En Alicante, las Hogueras de San Juan transforman esa herencia en una de las grandes fiestas del fuego del Mediterráneo.

Una hoguera en el centro de un pueblo rodeada de gente.
Las Fallas de Isil de San Juan, en el Pirineo catalán, son conocidas por el descenso de troncos encendidos por la montaña hasta el centro del pueblo.
Roc Garcia-Elias Cos/Wikimedia Commons, CC BY-SA

El agua constituye el otro gran símbolo de la noche, ya que podía sanar, proteger y renovar. Tampoco resulta casual que estas creencias quedaran vinculadas a Juan el Bautista, que bautizó a Cristo en el río Jordán y convirtió el agua en uno de los grandes símbolos de purificación del cristianismo.

Numerosas tradiciones atribuyeron a la madrugada de San Juan virtudes curativas, capacidad para favorecer la fertilidad o alejar el mal. En algunas zonas gallegas pervive el llamado rito de las nueve olas: las mujeres que deseaban concebir recibían sobre el cuerpo nueve embates del agua en la playa, convencidas de que este rito favorecía la maternidad.

Hierbas, curanderas y saber doméstico

Ningún aspecto refleja mejor la unión entre naturaleza y creencia que las hierbas. Se pensaba que determinadas plantas alcanzaban en esa madrugada su máxima eficacia. La hora de la recolección resultaba decisiva: debían cortarse antes de la salida del sol o permanecer toda la noche al sereno.

Ilustración en color de una hierba con sus diferentes partes.
Ilustración de la hierba de San Juan (Hypericum perforatum).
Otto Wilhelm Thomé

La verbena, la artemisa, la ruda, el romero, el hinojo, el saúco, el malvavisco y el nogal aparecen en distintas tradiciones como plantas protectoras. Entre todas ellas destaca el hipérico, conocido precisamente como hierba de San Juan. Sus flores amarillas evocan el sol, mientras que el tono rojizo que desprenden al ser presionadas favorece la asociación simbólica con la sangre del Bautista.

En la Edad Media se atribuyó al hipérico la capacidad para combatir maleficios y enfermedades. Por este motivo recibió el nombre de fuga daemonum, “huida de los demonios” y se colgaba en puertas, ventanas y establos como medida de amparo frente a fuerzas consideradas malignas.

En este contexto adquieren especial relevancia las curanderas y las ensalmadoras. Su saber reunía experiencia práctica, conocimiento de plantas, fórmulas religiosas y calendarios rituales. San Juan era una fecha privilegiada para que estas mujeres actuaran en beneficio de la comunidad.

Amor, brujería y literatura de la noche

Junto a la salud y la preservación del hogar, el amor también era protagonista.

Las llamadas “suertes de San Juan”, pequeños rituales de adivinación muy populares en la Europa tradicional, ocupaban un lugar destacado entre las prácticas de esa noche. Una clara de huevo vertida en un vaso de agua podía formar al amanecer figuras interpretadas como presagios del porvenir.

También se podían colocar papeles con nombres bajo la almohada para intentar descubrir la identidad del futuro enamorado. Las velas, espejos o recipientes de agua permitían formular preguntas sobre el destino sentimental.

Junto a estas prácticas existía una magia más activa. Los filtros amorosos, los nudos y los amarres pretendían atraer a la persona deseada, recuperar una relación perdida o favorecer una unión.

La vinculación de la noche de San Juan con la brujería era evidente. Se creía que a medianoche lo oculto podía manifestarse con mayor facilidad y determinadas acciones adquirían una eficacia extraordinaria.

A finales de la Edad Media, tratados como el Malleus Maleficarum, el más influyente manual europeo de persecución de la brujería, reforzaron la identificación entre determinadas prácticas populares y la figura de la bruja. Sin embargo, muchas de las acciones asociadas a la noche de San Juan pertenecían al ámbito de la religiosidad popular, la medicina doméstica y las creencias transmitidas dentro de las comunidades rurales.

La literatura conservó con especial intensidad esta tradición. En el romancero, la mañana de San Juan aparece como un momento propicio para la irrupción de lo extraordinario. Shakespeare transformó ese imaginario en hadas, bosques encantados y filtros amorosos en El sueño de una noche de verano. En ambos casos, la fecha funciona como un umbral narrativo: durante San Juan, el orden cotidiano parece perder consistencia y lo imposible se vuelve verosímil.

Una noche que todavía cambia

La vitalidad de esta fiesta sigue manifestándose a nivel mundial. Conviven celebraciones tan diversas como el Midsommar escandinavo, centrado en la celebración del solsticio, con las fiestas juninas de Brasil, que han trasladado al otro lado del Atlántico buena parte del imaginario sanjuanero.

Pintura de gente celebrando la noche de San Juan en una colina cerca de un pueblecito.
El Midsommar según Edvard Munch.
Munch Museum/Wikimedia Commons

Las tradiciones eslavas de Iván Kupala, equivalente oriental de la noche de San Juan, conservan uno de los símbolos más bellos de esta celebración. Según la leyenda, la flor del helecho brota una sola vez al año y concede riqueza o sabiduría a quien consigue encontrarla. Pero los helechos no florecen; precisamente por eso la historia resulta tan poderosa. La flor inexistente expresa la promesa más profunda de San Juan: la búsqueda de aquello que se sabe casi inalcanzable.

Cada 23 de junio creemos celebrar la llegada del verano. Sin embargo, bajo las hogueras, los baños nocturnos, las hierbas y los deseos sigue latiendo la convicción de que existen momentos privilegiados del calendario, capaces de poner en contacto el mundo visible con aquello que escapa a nuestra comprensión.

Quizá por eso la noche de San Juan continúa siendo una de las grandes noches simbólicas en todo el mundo.


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The Conversation

Anna Peirats no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Por qué seguimos celebrando la noche de San Juan? Una fiesta entre la tradición, la fe y la magia – https://theconversation.com/por-que-seguimos-celebrando-la-noche-de-san-juan-una-fiesta-entre-la-tradicion-la-fe-y-la-magia-284903

Europa aprueba el uso de la edición genética en plantas, aunque con limitaciones

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lluís Montoliu, Investigador científico del CSIC, Centro Nacional de Biotecnología (CNB – CSIC)

PeopleImages.com/Shutterstock

El miércoles 17 de junio de 2026 se recordará como una jornada histórica para la biotecnología y la agricultura de Europa. El Parlamento Europeo tumbó, una por una, todas las enmiendas registradas por diferentes partidos políticos en contra del reglamento para regular el uso en plantas de las llamadas nuevas tecnologías genómicas (NGT, en sus siglas en inglés). Entre ellas se incluyen las herramientas CRISPR de edición genética.

Finalmente, y tras muchos años de aislamiento tecnológico, los agricultores europeos podrán beneficiarse, aunque con numerosas limitaciones, del cultivo de plantas que hayan sido editadas con CRISPR para generar otras mejor adaptadas, resistentes a plagas o con mayores índices de productividad. Podrán hacer lo que los agricultores y productores de la mayoría del resto de países vienen haciendo ya desde hace años.

Por lo tanto, en primer lugar, hay que alegrarse y celebrar este avance significativo.

Un jarro de agua fría y un despropósito científico

Repasemos cómo hemos llegado hasta aquí. Tras la aparición de las herramientas CRISPR de edición genética en 2012 y su diseminación universal en 2013, investigadores y productores vegetales imaginaban un futuro lleno de éxitos, con cultivos de plantas editadas genéticamente, más productivas, más resistentes a plagas, con nuevas características.

Pero en julio de 2018 el Tribunal de Justicia de la UE vertió un jarro de agua fría sobre estas expectativas cuando respondió a la pregunta sobre si la edición genética con CRISPR podía constituir una excepción a la legislación de organismos modificados genéticamente (OMG), como ya se había acordado anteriormente con plantas obtenidas por mutación química y por radiación. La pregunta fue formulada por un sindicato de agricultores franceses y el Gobierno francés, tradicionalmente contrarios a los avances biotecnológicos en agricultura.

El Tribunal de Justicia les dio la razón y sentenció que los organismos editados con CRISPR podían presentar los mismos riesgos para la salud humana y para el medio ambiente que supuestamente presentaban los transgénicos (aunque no se hubieran encontrado en ninguno de los muchos análisis realizados durante más de 20 años). En conclusión, no constituían una excepción y se les aplicaría la misma legislación aprobada en 2001 para OMG, cuando las herramientas CRISPR fueron descubiertas en 2012.

Todo un despropósito científico y, de facto, un bloqueo al empleo de estas tecnologías para los cultivos europeos. Porque, más que regular, la directiva europea de 2001 había rechazado todas las propuestas presentadas. Con una sola excepción: el maíz Bt (MON 810), transgénico y resistente a la plaga del taladro: se trata de la única planta OMG autorizada en la Unión Europea para su cultivo. En España se concentra la mayor parte de las hectáreas dedicadas a la producción de este maíz, que no resulta atacado por la plaga del taladro.

La comunidad científica reaccionó con rapidez rechazando esa sentencia y pidiéndole a la Comisión Europea que revisara cuanto antes la situación, que dejaba aislada a Europa de los potenciales beneficios de la tecnología CRISPR.

La Comisión Europea respondió tres años después, a través de un informe publicado en abril de 2021 en el que reconocía el problema y anticipaba que debería actualizarse la legislación para incorporar las nuevas tecnologías, como CRISPR. También indicaba que debería realizarse una consulta general a todos los sectores implicados en la producción de vegetales, constatando los intereses no solo científicos, sino económicos, sociales y políticos que concurrían en este tema.

Nuevas técnicas genómicas

No volvimos a saber nada más del asunto hasta el mes de julio de 2023, cuando la Comisión Europea publicó una primera propuesta para regular el uso de CRISPR y otras nuevas técnicas, que agrupó bajo el nuevo acrónimo de NGT (nuevas técnicas genómicas). Se distinguían dos grupos:

  • NGT-1: plantas con modificaciones genéticas simples, como las obtenidas mediante CRISPR, que podrían haberse obtenido mediante cruces tradicionales (aunque tras muchas generaciones y muchos años).

  • NGT-2: plantas con modificaciones genéticas más complejas, como las transgénicas, que no podrían haberse obtenido mediante cruces tradicionales.

El diablo, naturalmente, estaba en los detalles. Concretamente, en la definición de lo que era una modificación genética simple, para poder ser catalogada como NGT-1 y escapar a la legislación sobre OMG.

Un sinuoso camino hasta la aprobación definitiva

El complejo sistema de contrapesos políticos en la unión europea (UE) exige que este tipo de modificaciones legislativas sea aprobado por tres instituciones: la Comisión Europea, el Consejo Europeo de la UE y el Parlamento Europeo. En febrero de 2024 supimos que el Parlamento Europeo había aprobado la propuesta de la Comisión Europea en primera lectura, aunque introduciendo algunos cambios.

A continuación, el Consejo Europeo empezó a discutir el texto de la propuesta en los llamados trílogos, diálogos a tres bandas entre el Consejo Europeo, la Comisión Europea y el Parlamento Europeo. De esa discusión se acordó un texto que finalmente fue adoptado por el Consejo Europeo el 21 de abril de 2026. Constituía la propuesta actualizada de la Comisión Europea en primera lectura, aceptando algunos de los cambios y rechazando otros. Finalmente, esta propuesta actualizada debía ser aprobada de nuevo por el Parlamento Europeo, en segunda lectura. Y eso fue lo que sucedió el pasado 17 de junio, cuando fueron rechazadas todas las enmiendas que pretendían tumbar la propuesta del reglamento sobre NGT. Al no poder ser rechazada, quedó, de facto, aprobada.

Múltiples excepciones y limitaciones

Esta nueva regulación entrará en vigor veinte días después de haberse publicado en el boletín de la Unión Europea, pero no se aplicará hasta pasados dos años. O sea, los agricultores no podrán beneficiarse de ella hasta 2028.

Es un buen principio, y deberíamos estar razonablemente satisfechos. Sin embargo, las limitaciones y excepciones que se han incluido para poder obtener la categoría NGT-1 –tras el debate político y más allá de las evidencias científicas– van a limitar los tipos de plantas editadas que puedan acceder a esta categoría.

Tres ejemplos de los criterios consensuados que aparecen en el reglamento aprobado, relativos a las plantas NGT-1, son:

  1. No tener más de 20 letras en su ADN sustituidas o insertadas. ¿Por qué 20? Aunque, por otro lado, se admite la posibilidad de eliminar o invertir fragmentos de ADN de cualquier tamaño. Incomprensible.

  2. No portar modificaciones genéticas encaminadas a que la planta sea resistente a herbicidas o a que produzca algún producto insecticida. ¿Por qué estas resistencias y no otras? Tengamos en cuenta que esos dos tipos de resistencias son las más extendidas en las plantas modificadas genéticamente.

  3. A pesar de considerarse indistinguibles de las variedades naturales, las plantas NGT-1 no podrán usarse en cultivos de agricultura ecológica. ¿Pero no habíamos quedado que eran equivalentes?

Es importante resaltar que estas mismas excepciones no existen en otros países, aunque tanto en Estados Unidos como en el Reino Unido también se especifican limitaciones para aceptar aquellas plantas indistinguibles de las convencionales de las que presentan un mayor número de cambios.

Por lo tanto, la aplicación de esos filtros limitará de alguna manera la competitividad de los agricultores europeos que, aunque (¡por fin!) podrán usar las herramientas CRISPR en sus cultivos, no las podrán emplear para todas las posibles aplicaciones, como sí pueden hacer sus colegas en otros países del mundo.

The Conversation

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ref. Europa aprueba el uso de la edición genética en plantas, aunque con limitaciones – https://theconversation.com/europa-aprueba-el-uso-de-la-edicion-genetica-en-plantas-aunque-con-limitaciones-285632