The scientist Stephen Hawking lived with amyotrophic lateral sclerosis (ALS), the most common type of motor neurone disease, for 55 years. He was one of the longest-surviving people with the condition.
However, most people with motor neurone disease are not as lucky. It often progresses quickly, and many pass away within two to five years of diagnosis. There is still no cure. Genetics account for only about 10% of cases, and the rest of the causes are still largely a mystery.
A new study in the journal Jama Neurology showed one possible contributor: air pollution, both for the risk of developing motor neurone disease and for how it progresses.
In the study, my colleagues and I examined air pollution levels at each of the 10,000 participant’s home address for up to ten years before diagnosis. We focused on two common types of outdoor pollutants that are widely linked to health harms: nitrogen dioxide and particulate matter.
Particulate matter is made up of tiny airborne particles (far thinner than a human hair). It is usually grouped by size: PM2.5 (less than or equal to 2.5 micrometres), PM10 (less than or equal to 10 micrometres), and the in-between fraction PM2.5-10 (between 2.5 and 10 micrometres).
We found that being exposed to air pollution over the long term, even at the fairly low levels typically seen in Sweden, was linked to a 20–30% higher chance of developing motor neurone disease. What’s more, the pattern still held up when we compared siblings, which helps rule out a lot of shared factors like genetics and growing up in the same environment.
We also observed that people with motor neurone disease who had been exposed for years to higher levels of PM10 and nitrogen dioxide faced a greater risk of death or of needing a machine to help them breathe.
These pollutants are typically produced by nearby road traffic. Taken together, the results suggest that pollution generated close to home, especially from local vehicle emissions, may have a stronger effect than particulate matter carried in from farther away, which tends to account for much of the broader day-to-day variation in particulate matter levels.
Doctors regularly keep tabs on how well patients are managing everyday functions across a few key areas. These include bulbar function (speech, saliva control and swallowing), fine motor function (handwriting, cutting food, dressing and personal hygiene), gross motor function (turning in bed and adjusting bedding, walking and climbing stairs) and breathing (shortness of breath, difficulty breathing when lying flat, and signs of respiratory failure).
The participants in our study were assessed about every six months after diagnosis. We then looked at how quickly the disease was getting worse overall and within each of these domains. Patients whose decline was faster than that of 75% of other patients were labelled as having faster progression.
We found that long-term exposure to air pollution was associated with higher odds of having faster progression overall, particularly affecting motor and respiratory function, but not bulbar function.
Broader implications
The reasons for these differences are not yet clear. One possibility is that different parts of the nervous system vary in their vulnerability to pollution-related injury. It could also be because air pollution has consistently been linked to chronic lung diseases, reduced lung function and infections, all of which have been associated with poorer outcomes in ALS.
We accounted for many factors that could influence both air pollution exposure and motor neurone disease risk, including personal and neighbourhood income, education, occupation and whether participants lived in urban or rural areas. Our study did not have data on smoking habits or indoor air pollution exposure. However, there is no evidence suggesting that people with and without motor neurone disease differ significantly in these factors in ways that would explain our findings.
These results bring us closer to understanding motor neurone disease and may eventually help with earlier diagnosis and better treatment. But there’s a wider message here. We’re all exposed to air pollution, and the evidence keeps mounting that it harms our health in serious ways. Cleaning up our air could do far more good than we realise.
Jing Wu receives funding from Karolinska Institutet’s Research Foundation.
Difficiles à observer, les planètes errantes commencent à se dévoiler notamment grâce au télescope Euclid. De futures missions devraient nous en apprendre beaucoup sur ces astres.Hervé Bouy/Cosmic-Dance Team, Fourni par l’auteur
Sa mission est de cartographier le cosmos pour en dévoiler les mystères. Mais au passage, le satellite Euclid a découvert une quinzaine d’exoplanètes sans étoiles : des planètes errantes. On en connaît peu, mais Euclid et de futurs satellites devraient nous aider à comprendre leur formation.
Lorsque le télescope spatial Euclid de l’Agence spatiale européenne (ESA) a été lancé en 2023, son objectif était d’explorer l’un des plus grands mystères de l’Univers : le côté obscur du cosmos. En cartographiant des milliards de galaxies, Euclid doit aider à révéler la nature de la mystérieuse énergie noire qui serait le moteur de l’évolution du cosmos. Il n’avait pas été conçu pour étudier les régions de formation d’étoiles ni pour traquer des planètes.
Mais quelques mois après son lancement, l’ESA a mis en place le programme d’observations préliminaires d’Euclid (Euclid early release observations, ou ERO). Ce programme vise à démontrer les performances exceptionnelles du télescope à travers une large gamme d’objets astrophysiques, qu’il s’agisse de galaxies et d’amas lointains ou de régions de formation d’étoiles beaucoup plus proches. Cela permet de mettre en lumière la polyvalence et la précision des instruments d’Euclid, et prouver leur valeur bien au-delà de sa mission principale de cosmologie.
Des planètes sans soleil
Par définition, les planètes sont censées orbiter autour d’étoiles. Mais certaines sont solitaires, errant dans l’espace interstellaire sans étoile pour les réchauffer. Ces planètes errantes, comme on les surnomme, sont de véritables orphelines du cosmos. On pense qu’elles peuvent s’être formées comme des mini-étoiles, à partir de l’effondrement de petits nuages de gaz et de poussières.
Une autre hypothèse y voit de vraies planètes, nées autour d’une étoile et ayant été violemment éjectées de leur système d’origine. Les détecter et les étudier permet ainsi aux astronomes de mieux comprendre à la fois la formation des étoiles et la formation et l’évolution précoce (et parfois chaotique) des systèmes planétaires.
Jusqu’à présent, repérer ces corps discrets relevait presque de l’impossible tant la lumière qu’ils émettent est faible. Ils sont aussi très difficiles à distinguer d’autres objets astrophysiques, en particulier de galaxies lointaines. Mais Euclid, grâce à la combinaison unique d’un grand champ de vision, d’une résolution fine et d’une sensibilité allant de la lumière visible à l’infrarouge, a changé la donne.
Euclid prend le Taureau par les cornes
Lorsque l’ESA a proposé à la communauté scientifique de participer au programme ERO, notre équipe a suggéré de pointer Euclid vers une région de formation d’étoiles bien connue : le nuage LDN 1495, au sein de la constellation du Taureau, situé à environ 450 années-lumière. Cette région sombre, où le gaz et la poussière se condensent pour former de jeunes étoiles, est étudiée depuis des décennies, mais ne l’avait jamais été avec la précision et la sensibilité fournie par Euclid.
Les observations d’Euclid ont été combinées à plus de vingt ans d’imagerie au sol accumulée par notre équipe et obtenue avec des télescopes, comme le Canada-France-Hawaii Telescope
(CFHT), Subaru ou UKIRT, tous les trois situés sur le sommet du volcan Mauna Kea dans l’archipel hawaiien (États-Unis). Cette longue période d’observation nous a permis de mesurer les mouvements, les luminosités et les couleurs de centaines de milliers de sources faibles dans ces images.
Parmi elles, 15 objets se distinguent. Leur luminosité, leur couleur et leur mouvement correspondent à ceux attendus pour des objets qui se sont formés dans les nuages moléculaires du Taureau. Ces objets partagent certaines propriétés : étant nés à peu près ensemble, ils sont tous jeunes (quelques millions d’années), situés à une distance similaire (celle des nuages, d’environ 425 à 490 années-lumière) et se déplacent ensemble à la même vitesse et dans la même direction dans le ciel, ayant hérité du mouvement du nuage moléculaire où ils sont nés. Neuf de ces quinze objets sont totalement nouveaux, et parmi les plus faibles et les moins massifs jamais détectés dans cette région.
Certains de ces candidats sont incroyablement petits : d’après leur luminosité extrêmement faible, ils pourraient avoir des masses proches ou légèrement supérieures à celle de Jupiter. C’est bien en dessous du seuil de masse d’une étoile ou même d’une naine brune, un astre plus gros qu’une planète, mais trop petit pour être une étoile. Cela les place donc clairement dans la catégorie des objets de masse planétaire. S’ils sont confirmés, ils compteraient parmi les objets les plus légers jamais détectés de manière directe en dehors d’un système solaire.
Une fenêtre sur les origines cosmiques
Cette découverte est bien plus qu’une curiosité : elle ouvre une fenêtre directe sur la façon dont l’Univers fabrique ses étoiles et ses planètes. Ces mondes solitaires se forment-ils de la même manière que les étoiles, à partir de petits fragments de nuages qui s’effondrent sous l’effet de la gravité ? Ou bien sont-ils les orphelins de systèmes planétaires, expulsés par le chaos gravitationnel de leur famille ?
Chacun de ces deux scénarios a des implications différentes pour notre compréhension des premiers stades de la formation stellaire, mais aussi de la formation des planètes. Dans des régions comme la constellation du Taureau, où la densité d’étoiles est faible et les étoiles massives sont rares, ces objets de masse planétaire pourraient se former directement par effondrement gravitationnel, brouillant encore davantage la frontière entre planète et étoile.
Les résultats de notre équipe suggèrent également que ces planètes errantes pourraient ne pas être si rares. En extrapolant nos résultats à l’ensemble du complexe du Taureau, on peut estimer que des dizaines d’entre elles, encore à découvrir, pourraient exister dans cette région.
Un Univers plein de surprises
Ce travail ne constitue qu’une première étape. Euclid a déjà observé d’autres régions de formation d’étoiles dans le cadre du programme ERO, actuellement en cours d’analyse, et pourrait en observer à nouveau à l’avenir, offrant ainsi des mesures de mouvements encore plus précises et des recensements plus complets.
À moyen terme, le futur télescope spatial Nancy-Grace-Roman, dont le lancement est prévu à l’automne 2026, disposera de capacités similaires et complémentaires en grand champ et en infrarouge. Ensemble, ces télescopes ouvriront une ère nouvelle pour l’étude systématique des objets de très faible masse dans les jeunes régions du cosmos.
Enfin, le James-Webb Space Telescope jouera un rôle clé dans le suivi de ces découvertes, en fournissant les observations spectroscopiques indispensables pour confirmer la nature, la masse et la composition des atmosphères de ces mondes errants. Ces missions dessinent un avenir particulièrement prometteur pour l’exploration des origines des étoiles et des planètes errantes.
Chaque nouveau grand télescope finit par accomplir des découvertes qu’il n’était pas censé faire. Le télescope spatial Hubble a révolutionné la cosmologie, mais il nous a aussi offert des vues spectaculaires des pouponnières d’étoiles. Aujourd’hui, Euclid, construit pour cartographier le squelette invisible du cosmos, révèle de nouveaux mondes en formation flottant dans l’Univers sans attache et sans étoile. Petits, froids et solitaires, ces mondes vagabonds nous rappellent que la frontière entre planète et étoile est mince et que, même dans l’obscurité entre les étoiles, il reste des histoires à découvrir.
Hervé Bouy est membre senior de l’Institut Universitaire de France. Il a reçu des financements du Conseil européen pour la recherche (ERC) et a été employé à l’Agence spatiale européenne (ESA).
Source: The Conversation – in French – By Cléa Fortuné, Maîtresse de conférences en civilisation des États-Unis, membre du laboratoire Langages, Littératures, Sociétés, Études Transfrontalières et Internationales (LLSETI)., Université Savoie Mont Blanc
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump ne cesse de reprocher au pouvoir (de gauche) de Mexico de ne pas en faire assez en matière de lutte contre l’immigration irrégulière et contre le trafic de drogue, et va jusqu’à menacer de frapper militairement les cartels de la drogue implantés sur le sol mexicain. La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum lui répond à l’occasion avec véhémence. Mais elle est allée dans son sens sur certains dossiers, à commencer par celui du contrôle de la frontière séparant les deux pays, laquelle est aujourd’hui plus que jamais la zone de tous les dangers pour les migrants.
Dès son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump a de nouveau, comme au cours de son premier mandat, placé la frontière avec le Mexique au cœur de son agenda politique. Sécurité nationale, contrôle strict des migrations et guerre contre les cartels de drogues sont redevenus des priorités affichées, tant à la frontière sud qu’à l’intérieur des États-Unis.
Un an plus tard, le bilan de cette première année de mandat révèle une militarisation renforcée, une remise en cause des droits des personnes migrantes et des relations diplomatiques avec le Mexique incertaines.
L’urgence sécuritaire malgré une frontière historiquement calme
Dès janvier 2025, Donald Trump a signé le décret présidentiel Protecting the American People Against Invasion, présenté comme une réponse à ce qu’il décrit comme une « inondation sans précédent de migrations illégales » sous l’administration Biden qui constituerait, selon lui, une « menace » pour la sécurité nationale. Ce décret permet notamment de restreindre les possibilités d’accès à l’asile aux États-Unis et de renvoyer les personnes migrantes sans audience devant un tribunal de l’immigration, rompant avec le droit international et le principe de non-refoulement.
Dans la foulée, l’administration Trump a déclaré l’état d’urgence nationale à la frontière États-Unis/Mexique, une décision qui lui a permis de débloquer des fonds fédéraux pour en renforcer la sécurisation. Cette logique s’est concrétisée en juillet 2025 par l’adoption de la loi dite One Big Beautiful Bill Act qui prévoit 46,5 milliards de dollars pour la construction d’un « mur intelligent » (Smart Wall), combinant barrières physiques, capteurs, drones, et dispositifs de surveillance numérique. Cette stratégie s’inscrit dans la continuité de politiques déjà engagées au niveau des États fédérés, notamment au Texas, où des barrières aquatiques ont été installées dans le Rio Grande dans le cadre de l’Operation Lone Star lancée par le gouverneur républicain Greg Abbott en 2021.
Au-delà de ces dispositifs physiques et technologiques, le mur reste un puissant symbole politique dans le discours de l’administration Trump. À l’instar de son slogan de campagne de 2016, « Build the Wall », l’administration continue de mettre l’accent sur les portions de mur inachevées, qu’elle érige en symbole d’une frontière prétendument « ouverte » permettant l’entrée de migrants qualifiés de « criminels ».
Cette insistance sur les « vides » du mur contraste pourtant avec la réalité de la frontière. Les cartes officielles publiées par la Customs and Border Protection entretiennent d’ailleurs une certaine confusion, en minimisant visuellement l’ampleur des infrastructures déjà existantes. En réalité, sur les 3 150 kilomètres de frontière, environ 1 130 kilomètres de barrières ont été progressivement installés depuis les années 1990, tandis qu’environ 1 100 kilomètres correspondent à une barrière naturelle constituée par le fleuve Rio Grande/Rio Bravo. Depuis mars 2025, les segments en construction – qui visent à remplacer des barrières déjà existantes pour la plupart –, notamment dans la vallée du Rio Grande (sud du Texas), s’inscrivent ainsi davantage dans une logique de continuité administrative (achevant des projets décidés sous l’administration Biden) que dans une réponse à une crise migratoire inédite.
Cette baisse des traversées s’explique en partie par des tendances amorcées sous l’administration Biden, notamment la restriction des possibilités de demande d’asile et la signature d’accords régionaux dans le cadre de la Déclaration de Los Angeles sur la migration et la protection de 2022 qui ont contribué à externaliser la gestion de la frontière sud des États-Unis vers les pays latino-américains. Elle tient également au rôle central joué par le Mexique, qui a intensifié les contrôles migratoires sur son territoire, sous la pression des administrations Trump et Biden. Le Mexique arrête aujourd’hui davantage de migrants en transit vers les États-Unis que les États-Unis eux-mêmes, agissant de facto comme le premier « mur » de la politique migratoire des États-Unis.
De la militarisation de la frontière aux expulsions intérieures
Alors que les traversées diminuent à la frontière, Donald Trump a déplacé son attention vers l’intérieur du territoire états-unien. Dès sa campagne présidentielle, il a annoncé un plan de rapatriements de masse, présenté comme le plus ambitieux de l’histoire des États-Unis, visant jusqu’à un million de personnes par an.
Cette politique s’est traduite par une intensification des raids menés par l’agence en charge des migrations, ICE (Immigration and Customs Enforcement), dans les villes sanctuaires, mais aussi par l’évolution des outils administratifs existants. L’application CBP One, initialement conçue en 2020 et largement utilisée par l’agence CBP (Customs and Border Protection) sous l’administration Biden afin de permettre aux migrants de prendre rendez-vous avec les autorités états-uniennes pour déposer une demande d’asile, a été relancée en mars 2025 avec une nouvelle fonction : celle de faciliter le départ volontaire des non-citoyens.
Le département de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security) affirme que 1,9 million de personnes seraient reparties volontairement en 2025, certaines incitées par la promesse d’un billet gratuit pour un vol de rapatriement et d’une aide financière de 1 000 dollars (860 euros), portée à 3 000 dollars (2500 euros) pendant la période de Noël 2025.
Ces chiffres sont toutefois contestés. Un tel exode ne serait vraisemblablement pas passé inaperçu. Des estimations plus plausibles évoquent plutôt environ 200 000 départs volontaires, tandis que de nombreux migrants en situation irrégulière adoptent des stratégies d’invisibilisation afin d’éviter les arrestations et les contrôles. Par ailleurs, un sondage national indique que 15 % des migrants sondés (en situation régulière ou non) auraient envisagé de quitter le pays, ce qui ne signifie pas nécessairement qu’ils soient effectivement partis.
Dès janvier 2025, l’administration Trump a désigné six organisations criminelles mexicaines comme organisations terroristes étrangères, une décision qui ouvre la possibilité d’interventions militaires. Cette rhétorique coercitive s’est durcie après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis, le 4 janvier 2026, officiellement justifiée par son implication présumée dans des trafics de drogues. Dans ce contexte, Donald Trump a de nouveau évoqué la possibilité d’une action militaire au Mexique, accusant le pays d’être géré par les cartels de drogues et de ne pas en faire assez pour endiguer les traversées irrégulières et le trafic de fentanyl.
Cette relation asymétrique renvoie à une tradition plus ancienne de la politique étrangère des États-Unis. Donald Trump évoque lui-même une « Doctrine Donroe », contraction de son nom et de la Doctrine Monroe. Si cette dernière, formulée en 1823, visait à écarter les puissances européennes des Amériques, son corollaire de 1904 (le corollaire Roosevelt) légitimait déjà l’intervention des États-Unis dans les affaires intérieures des pays latino-américains.
Face à ces accusations, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a adopté une ligne diplomatique à la fois prudente et ferme. Tout en réaffirmant la coopération du Mexique avec les États-Unis dans la lutte contre le trafic de drogues, elle a rejeté toute intervention militaire états-unienne sur le sol mexicain. Elle a également condamné l’intervention des États-Unis au Venezuela, invoquant les principes de la souveraineté et d’intégrité territoriale.
Cette montée des tensions pourrait laisser penser à la possibilité d’une rupture des relations bilatérales. Pourtant, les critiques publiques du Mexique face aux menaces d’actions unilatérales des États-Unis s’articulent avec une coopération sécuritaire étroite et durable entre les deux pays.
Lorsque, en septembre 2025, le secrétaire d’État Marco Rubio qualifie l’intensification de la coopération bilatérale entre Mexico et Washington d’« historique », il s’agit moins d’un tournant que de la poursuite d’une relation qui s’inscrit dans la durée.
De l’Initiative Mérida lancée en 2008 à la pression exercée par l’administration Biden sur le gouvernement d’Andres Manuel Lopez Obrador pour déployer des dizaines de milliers de membres de la garde nationale mexicaine à sa frontière avec le Guatemala et accepter des rapatriements de migrants non mexicains, les États-Unis ont, depuis longtemps, délégué une part essentielle de la gestion de leur frontière au Mexique.
Malgré la baisse des traversées irrégulières observée en 2025, la frontière États-Unis/Mexique demeure l’une des frontières terrestres les plus dangereuses au monde. La militarisation accrue, la suspension du droit d’asile, la surveillance massive et les pressions diplomatiques exercées sur le Mexique y produisent une violence structurelle, et font de la frontière un espace d’exception au cœur de la stratégie anti-migratoire et sécuritaire du second mandat de Donald Trump.
Cléa Fortuné ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
Depuis la dissolution de juin 2024, le système politique français semble grippé et la confiance des Français dans les institutions politiques s’érode. Pourtant, la recherche montre que les citoyens ne rejettent pas la démocratie en tant que telle, ils rejettent un système politique qui ne fonctionne plus comme une démocratie.
La France s’est installée dans une zone de turbulences démocratiques durables. Effondrement des partis de gouvernement, poussée de la droite radicale populiste et fragmentation de l’Assemblée nationale nourrissent depuis quelques décennies l’idée d’une démocratie structurellement déstabilisée. La séquence électorale de 2024, marquée par des élections européennes triomphales pour le Rassemblement national (RN), la dissolution surprise de l’Assemblée nationale et l’aggravation de la crise du fait majoritaire, a amplifié ce diagnostic d’une démocratie fragilisée.
Ces turbulences masquent pourtant un paradoxe : si la confiance des Françaises et des Français dans les institutions politiques s’érode, leur attachement aux valeurs démocratiques demeure très solide. Contrastant avec un discours répandu, les recherches que nous avons menées avec 23 autres chercheurs mettent en évidence que les Français ne sont pas fatigués de la démocratie mais d’un système politique qui, à leurs yeux, ne fonctionne plus comme une démocratie.
Une démocratie toujours plébiscitée mais jugée dysfonctionnelle
Les enquêtes internationales sont sans ambiguïté. Selon la dernière vague de l’« Enquête sur les valeurs des Européens » (2018), plus de 90 % des Français considèrent la démocratie comme un bon régime politique. Un soutien comparable à celui observé dans la plupart des démocraties européennes, et largement devant le soutien à une alternative technocratique ou à un gouvernement autoritaire. De la même manière, une large majorité estime qu’il est essentiel de vivre dans un pays gouverné démocratiquement, avec une note moyenne de 8,6 sur une échelle allant de 1 pour « pas important du tout » à 10 pour « absolument important ».
Les Françaises et les Français sont nettement plus sévères quand il s’agit d’évaluer le fonctionnement de leur démocratie. Quand on leur demande à quel point la France est gouvernée démocratiquement, ils la situent à 6,4 sur une échelle où 1 indique « pas du tout démocratique » et 10 « complètement démocratique ». Cela conduit à un niveau de satisfaction dans la démocratie très modeste, de l’ordre de 5,2 selon l’« Enquête sociale européenne » de 2020. Le même décalage entre adhésion et insatisfaction démocratique apparaît dans la plupart des autres pays européens.
Une fatigue démocratique « par le haut »
La crise actuelle ne traduit donc pas un rejet des valeurs démocratiques, mais une remise en cause d’un système institutionnel perçu comme n’étant plus en phase avec ces valeurs. Loin d’une fatigue démocratique « par le bas », c’est-à-dire parmi les citoyens, il s’agit plutôt d’une fatigue démocratique « par le haut », c’est-à-dire d’un processus dans lequel les pratiques de gouvernement contribuent à effriter la confiance des citoyens.
Le constat est désormais bien documenté dans la littérature comparative : les démocraties libérales s’affaissent moins sous l’effet d’une désaffection populaire ou d’un déficit de performances économiques et sociales que par des choix politiques, des logiques partisanes et des contournements institutionnels opérés par les élites au pouvoir. En France, plusieurs évolutions ont alimenté cette dynamique.
La centralisation extrême de la Ve République a progressivement transformé un exécutif fort en un exécutif hypertrophié, marginalisant le Parlement et affaiblissant les espaces de médiation censés coproduire la confiance démocratique : partis politiques, syndicats, corps intermédiaires… Les usages répétés de l’article 49.3, les négociations difficiles avec les partenaires sociaux ou encore les conventions citoyennes dont les recommandations ont été partiellement ou totalement écartées, ont renforcé l’idée que les dispositifs participatifs et délibératifs, supposés remédier aux dysfonctionnements de la démocratie électorale, restent largement symboliques.
Cette rigidification des pratiques de gouvernement s’est accompagnée d’une répression plus visible des mobilisations sociales. Des travaux récents, ainsi que la défenseure des droits, ont attiré l’attention sur la normalisation de dispositifs d’exception, l’extension du maintien de l’ordre judiciaire et administratif, et l’usage accru de qualifications pénales restrictives. De la gestion du mouvement des gilets jaunes à celle des mobilisations contre la réforme des retraites, la protestation, pourtant pilier historique de la vie politique française, s’est vue de plus en plus disqualifiée voire criminalisée. Ces évolutions ont aujourd’hui réduit la capacité de la société civile à influencer durablement l’agenda politique.
Des aspirations démocratiques qui se déplacent
Face à la fermeture des canaux conventionnels, les aspirations démocratiques se déplacent vers des formes d’expression plus faiblement institutionnalisées : blocages, actions locales, pétitions, mobilisations numériques. Celles-ci traduisent un désir persistant de participation à la fabrique des choix publics.
Par ailleurs, les Françaises et Français sont maximalistes en matière de démocratie : ils adhèrent massivement aux piliers électoraux et constitutionnels du régime libéral, mais aussi à la dimension sociale de la démocratie, qui suppose l’égalité réelle et la protection contre l’arbitraire économique. On constate également un fort soutien à une souveraineté populaire plus directe, qui va de pair avec l’attrait pour des formes de démocratie sans intermédiaires. Les citoyens ordinaires tirés au sort ou les experts sont perçus comme capables de prendre des décisions rationnelles et rapides, transcendant les divisions politiques.
Les données du baromètre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) 2023 confirment ce soutien élevé aux réformes démocratiques. Le référendum recueille notamment une adhésion majoritaire, en particulier parmi les citoyens qui se sentent exclus de la représentation politique. Les électeurs du Rassemblement national, souvent décrits comme antidémocratiques, ne font pas exception à cette logique. Une part importante d’entre eux soutient des dispositifs de démocratie directe ou délibérative. Paradoxalement, ce parti qui valorise l’ordre et l’autorité ne trouve pas ses meilleurs soutiens chez les personnes en faveur d’un « dirigeant fort qui n’a à se préoccuper ni du Parlement ni des élections », mais chez celles qui souhaiteraient plutôt que « des citoyens tirés au sort décident ce qui leur paraît le meilleur pour le pays ». L’idée selon laquelle l’électorat de droite radicale populiste serait par principe hostile à la démocratie ne résiste pas à l’examen empirique.
Une démocratie sociale en berne
Le décalage entre valeurs démocratiques et fonctionnement institutionnel s’enracine dans les inégalités sociales. La précarité économique, les faibles niveaux de revenus et de diplômes comme les discriminations raciales s’accompagnent d’un sentiment aigu de ne pas compter politiquement. Le score EPICES, qui mesure la précarité sociale individuelle, est fortement associé à l’abstention répétée. Les minorités racisées comme les classes populaires vivent la représentation comme distante, parfois hostile, et développent un rapport à la fois utilitaire et méfiant à la politique.
Les institutions de l’État social – école, logement, justice, services publics – constituent des lieux centraux où les citoyens font l’expérience concrète et émotionnelle de la démocratie. Or, sous l’effet de contraintes budgétaires et de réformes structurelles de long terme, ces institutions ont vu leur capacité protectrice se recomposer ; ce qui alimente un sentiment d’abandon et d’injustice. Sans un socle minimal de justice sociale, l’égalité politique formelle et l’État de droit peinent à produire de la légitimité durable.
La France est-elle alors en voie de basculer dans l’autocratisation ? En comparaison européenne, l’attachement à la démocratie est élevé. La participation record aux législatives anticipées de 2024 – plus de 66 %, soit près de vingt points de plus qu’en 2022 – rappelle aussi que les citoyens peuvent se mobiliser lorsque l’enjeu est perçu comme décisif. Enfin, il faut voir dans l’attrait des Français pour différentes formes de démocratie le signe d’une culture démocratique mature et exigeante, qui entend combiner pluralisme, efficacité, inclusion et capacité décisionnelle. Cela représente une opportunité pour l’action publique pour réinventer les règles du jeu démocratique en mêlant plusieurs façons de décider.
Que faire ?
Dans ces conditions, la réponse aux turbulences actuelles ne peut se limiter à des ajustements techniques. Elle suppose une refondation du lien politique.
Les assemblées citoyennes dotées de pouvoirs réels, les référendums d’initiative citoyenne encadrés, les budgets participatifs décisionnels ou les dispositifs délibératifs sur les politiques complexes sont des instruments éprouvés et bénéficiant, on l’a vu, d’un soutien populaire significatif.
En définitive, la France se trouve à un carrefour. Une voie mène à la poursuite de la centralisation technocratique, à la déresponsabilisation des élites et à la tentation illibérale. L’autre ouvre sur un nouvel horizon démocratique, où la participation citoyenne produit de véritables décisions.
Le choix appartient moins aux citoyens, dont l’attachement aux valeurs démocratiques ne faiblit pas, qu’aux responsables politiques, aujourd’hui appelés à réformer un système perçu comme verrouillé. Les Français ne sont pas fatigués de la démocratie. Ils sont fatigués d’une démocratie inachevée, car vécue comme défaillante et confisquée.
Frédéric Gonthier a reçu des financements du programme Horizon Europe n°1010952237: TRUEDEM—Trust in European Democracies.
Nonna Mayer ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
Contrairement à certaines idées reçues, il n’est pas nécessaire de décourager les enfants de compter sur leurs doigts. Une étude publiée récemment apporte quelques éléments d’explication.
Si vous demandez à un jeune enfant de résoudre une opération mathématique simple, telle que 4 + 2, il est possible qu’il compte sur ses doigts pour trouver la solution. Devrions-nous encourager ce type de réflexe ? La question peut paraître simple, mais il est étonnamment complexe d’y répondre.
Certains enseignants et parents pourraient dire que, oui, car cela semble aider les jeunes enfants à apprendre les chiffres. D’autres pourraient être plus réticents, arguant que cela pourrait ralentir la mise en place de stratégies mentales.
Une nouvelle étude suisse montre que les enfants qui comptent sur leurs doigts dès leur plus jeune âge obtiennent de meilleurs résultats pour résoudre des additions que ceux qui ne le font pas.
Que dit la recherche ?
Les chercheurs ont de vifs débats entre eux quant à l’intérêt pour les enfants de compter sur leurs doigts.
Les psychologues scolaires affirment que cela aide les enfants à élaborer des stratégies sans surcharger leur mémoire de travail (la capacité de notre cerveau à stocker des informations pendant un court laps de temps pendant que nous réfléchissons à quelque chose), jusqu’à ce qu’ils maîtrisent des stratégies plus abstraites.
Les chercheurs en cognition incarnée (apprentissage par l’action) affirment que l’association des doigts et des chiffres est « une action naturelle » et qu’elle doit donc être encouragée. Les neuroscientifiques pourraient également noter que des parties similaires du cerveau s’activent lorsque vous bougez vos doigts et pensez à des chiffres, ce qui aide la mémoire.
Plusieurs études menées en classe ont montré que les enfants qui utilisent des stratégies avec leurs doigts pour résoudre des problèmes mathématiques obtiennent de meilleurs résultats que ceux qui ne le font pas, jusqu’à l’âge de 7 ans environ, où l’inverse devient vrai.
Ainsi, avant l’âge de 7 ans, il vaut mieux compter sur ses doigts. Après 7 ans, il vaut mieux ne plus le faire.
Pourquoi en est-il ainsi ? Qu’est-ce que cela signifie pour l’enseignement des mathématiques ? Cela fait l’objet d’un débat depuis plusieurs années.
Les chercheurs affirment que les précédentes études nous ont laissé deux explications possibles à cette apparente bascule dans les avantages du fait de compter sur les doigts vers l’âge de 7 ans.
Une interprétation est que les stratégies fondées sur le décompte des doigts deviennent inefficaces lorsque les questions mathématiques se complexifient (par exemple, 13 + 9 est plus difficile que 1 + 3), de sorte que les enfants qui les utilisent obtiennent de moins bons résultats.
L’autre possibilité est que les enfants qui n’utilisent pas de stratégies digitales à l’âge de 7 ans (et qui obtiennent de meilleurs résultats que ceux qui les utilisent) en étaient auparavant des utilisateurs mais sont passés à des stratégies mentales plus avancées.
Pour démêler ces explications contradictoires, les chercheurs ont suivi près de 200 enfants âgés de 4,5 ans à 7,5 ans et ont évalué leurs compétences en addition et leur utilisation des doigts tous les six mois.
Ils ont notamment suivi si et quand les enfants ont commencé et arrêté d’utiliser leurs doigts. Ainsi, à chaque point d’évaluation, il a été noté si les enfants n’utilisaient pas leurs doigts, s’ils venaient de commencer à les utiliser, s’ils continuaient à les utiliser ou s’ils avaient arrêté de les utiliser.
Quels sont les résultats de l’étude ?
L’étude a révélé qu’à l’âge de 6,5 ans, la plupart des enfants qui n’utilisaient pas leurs doigts étaient en fait d’anciens utilisateurs. Ces anciens utilisateurs étaient également ceux qui obtenaient les meilleurs résultats aux questions d’addition et continuaient à s’améliorer un an plus tard. L’importance de cette découverte réside dans le fait que, dans les études précédentes, ces enfants très performants avaient seulement été identifiés comme des enfants n’utilisant pas leurs doigts, et non comme d’anciens utilisateurs de stratégies basées sur les doigts.
Dans la nouvelle étude suisse, seuls 12 enfants n’ont jamais utilisé leurs doigts au fil des ans, et ils constituaient le groupe le moins performant.
De plus, l’étude a montré que les « débutants tardifs » utilisant des stratégies de comptage sur les doigts, qui continuaient à utiliser ces stratégies à l’âge de 6,5 à 7,5 ans, n’étaient pas aussi performants que les anciens utilisateurs de leurs doigts.
Dans la nouvelle étude suisse, seuls 12 enfants n’ont jamais utilisé leurs doigts au fil des ans, et ils constituaient le groupe le moins performant.
De plus, l’étude a montré que les « débutants tardifs » utilisant des stratégies de comptage sur les doigts, qui continuaient à les mobiliser à l’âge de 6,5 à 7,5 ans, n’étaient pas aussi performants que les anciens utilisateurs.
Quelles conséquences en tirer ?
Les résultats de cette étude longitudinale unique sont éloquents. Il semble raisonnable de conclure que les enseignants et les parents devraient encourager le fait de compter sur ses doigts dès la maternelle, et pendant les deux premières années d’école.
Cependant, l’étude suisse s’est principalement concentrée sur des enfants européens blancs issus de milieux socio-économiques moyens à élevés. Trouverions-nous des résultats aussi clairs dans une école publique multiculturelle de niveau moyen ? Nous pensons que oui.
Notre propre étude 2025 a révélé une grande variété de méthodes pour compter sur les doigts dans ces écoles, mais lorsque les enseignants y prêtaient attention, cela favorisait les compétences des enfants en matière de calcul.
Les parents peuvent montrer aux enfants d’âge préscolaire comment représenter les chiffres, par exemple en levant trois doigts et en disant « trois ».
Aidez-les à s’entraîner à compter de un à dix, en levant un doigt à la fois. Une fois qu’ils auront commencé, le reste viendra naturellement. Il n’est pas nécessaire de les décourager de le faire. Les enfants cessent naturellement d’utiliser leurs doigts lorsqu’ils n’ont plus besoin de ce recours.
Jennifer Way a reçu un financement du ministère de l’Éducation de Nouvelle-Galles du Sud, Fonds de recherche stratégique (2021-2024). ID : G212850.
Katherin Cartwright a reçu un financement du ministère de l’Éducation de Nouvelle-Galles du Sud, Fonds de recherche stratégique (2021-2024). ID : G212850.
Un affichage de type éco-score sur les vêtements pourrait-il avoir un impact sur les habitudes de consommation, en orientant les consommateurs vers les marques les plus vertueuses ? Ces derniers seraient-ils prêts à payer plus cher des vêtements respectueux de l’environnement ? Deux facteurs vont influencer la réponse des acheteurs : l’impact de l’éco-score sur l’image du vêtement et sur leur sentiment de culpabilité.
L’industrie textile est réputée être l’une des plus polluantes au monde, produisant 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et 20 % de la pollution de l’eau potable (Agence européenne pour l’environnement. Pourtant, contrairement au secteur alimentaire où le Nutri-Score est devenu familier en quelques années, le textile ne dispose pas encore de systèmes d’étiquetage environnemental largement reconnu dans le monde entier.
Face à ce vide, l’Agence de la transition écologique (Ademe) a lancé une expérimentation d’éco-score textile, dans le cadre de la loi Climat et résilience, avec l’objectif de donner une information synthétique aux consommateurs pour identifier les vêtements les plus respectueux de l’environnement. Mais ce type d’affichage peut-il vraiment influencer les comportements d’achat ? Et surtout, sommes-nous prêts à payer plus cher pour des vêtements plus respectueux de l’environnement ?
Bien que plus de la moitié des consommateurs expriment le souhait que les marques de mode adoptent des pratiques plus vertueuses en matière d’écologie, moins d’un tiers se disent réellement prêts à débourser davantage pour des vêtements conçus de manière durable.
Un signal qui change la donne
Nous avons étudié dans un article à paraître l’impact que pourrait avoir un indicateur de type éco-score sur la propension à payer un surprix, c’est-à-dire un prix plus élevé, pour des vêtements plus durables. Après avoir interrogé 136 clients dans deux magasins d’une même marque de vêtement, six scénarios ont été testés via une expérimentation en ligne auprès de 277 répondants. Les manipulations (des AB tests) correspondent aux éco-scores allant de A (très bon) à E (très mauvais), ainsi que l’absence de score.
L’éco-score est un signal efficace pour encourager les consommateurs à payer un surprix à travers deux mécanismes : l’image verte perçue de la marque et la culpabilité anticipée.
L’image verte, un levier pour les marques
À l’heure où la fast-fashion explose (Shein a connu une croissance de 57 % en un an), il devient crucial de proposer des alternatives plus durables, qui ne soient pas seulement une forme de greenwashing.
Notre étude montre que les scores A et B, en améliorant significativement « l’image verte » des marques, augmentent la propension des consommateurs à payer un surprix, par rapport au même vêtement proposé sans indication de score. À l’inverse, les scores D et E ont un effet plus négatif que l’absence de score, alors que le score C a des effets similaires à l’absence de score.
L’image verte perçue de la marque joue ainsi un rôle clé. Un affichage environnemental clair et crédible améliore cette image, et peut donc devenir un levier stratégique pour les marques les plus vertueuses.
Le prix de l’innocence
De manière contre-intuitive, notre étude révèle que seul le score E (le plus défavorable) génère plus de culpabilité anticipée comparativement à l’absence de score. La culpabilité est définie comme « l’anticipation d’un sentiment que l’on peut éprouver lorsqu’on envisage de violer ses normes personnelles ». Le score C, souvent perçu comme neutre, ou le D (négatif) ont les mêmes effets sur la culpabilité des consommateurs que l’absence de score. Cela souligne l’importance d’un affichage obligatoire, car sans signal clair, même un produit écologique peut être perçu comme peu vertueux. En effet, sans étiquette, les consommateurs ne détectent pas le caractère durable du produit, et ne sont donc pas enclins à payer plus cher. À l’inverse, une marque peu écologique qui n’affiche rien évite de générer de la culpabilité, ce qui peut favoriser l’achat.
Or, notre recherche montre que plus les consommateurs se sentent coupables, moins ils sont prêts à payer un surprix. Un affichage environnemental positif (scores A ou B) permet donc non seulement de valoriser les efforts des marques, mais aussi de réduire la culpabilité liée à l’achat, favorisant ainsi des comportements plus responsables.
France 24, 2024.
Peur sur l’image des marques
Au-delà de son rôle incitatif, l’éco-score pourrait aussi jouer un rôle dissuasif : en rendant visibles les pratiques peu vertueuses, il pénalise les entreprises non responsables en exposant leur impact environnemental aux yeux des consommateurs. Ce mécanisme de signalement négatif pourrait encourager les marques à revoir leurs chaînes de production, sous peine de voir leur image écologiquement dégradée. L’absence de score, elle aussi, devient suspecte, puisqu’elle peut être interprétée comme une volonté de cacher des pratiques peu durables.
Trop de labels ?
Reste le problème du nombre de labels, aujourd’hui nombreux et parfois confus. Notre recherche montre qu’un affichage standardisé et bien conçu peut aider à clarifier les choix. Les consommateurs veulent un signal simple et auxquels ils sont déjà familiers (« on a l’habitude de ce genre d’étiquette, comme pour le Nutri-Score ou l’électroménager », indique une des personnes interrogées). Mais attention : il ne s’agit pas dans notre étude de consommer moins, mais de consommer mieux.
La généralisation de l’éco-score textile pourrait encourager des pratiques d’achat plus durables, à condition que les marques jouent le jeu de la transparence ou qu’elles y soient contraintes. Pour les consommateurs, c’est une opportunité de faire des choix plus éclairés – et pour les marques, une chance de redéfinir leur positionnement éthique.
Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.
Nous les croisons partout, sans vraiment y prêter attention : dans les salles d’attente, les couloirs d’hôpitaux, les stations de métro ou les écoles. Les affiches de santé publique semblent n’être que de simples rappels destinés à nous aider à « bien nous comporter ». Mais, sous leurs couleurs pastel et leurs slogans bienveillants, elles transmettent une vision très précise, et rarement neutre, de ce que doivent être la santé, le citoyen et la responsabilité.
« N’attendez pas les premiers effets des fortes chaleurs », « Debout, chez vous – 10 astuces anti-sédentarité », « Avec le cannabis, on peut vite se sentir dépassé », « Pour un mode de vie plus équilibré, chaque petit pas compte »…
Les affiches de santé publique qui fleurissent toute l’année autour de nous constituent autant de rappels destinés à nous inciter à faire les bons gestes, à adopter les bons comportements pour notre santé. Cependant, loin d’être de simples supports d’information, elles sont aussi des outils de normalisation.
Elles individualisent des problèmes collectifs, construisent un référentiel universel trompeur et occultent les inégalités sociales, matérielles ou linguistiques qui rendent certains comportements difficiles, voire impossibles.
Sous couvert d’aide ou de prévention, elles déplacent subtilement les responsabilités collectives vers les individus. Décryptage.
Quand informer devient prescrire
En tant que chercheuses en sciences du langage, nous avons été interpellées par les réactions de jeunes adultes interrogés dans le cadre du projet CARES (« Comprendre, analyser et repenser les énoncés “brefs” dans les campagnes nationales de prévention de la santé »).
Face à une affiche dénonçant les violences verbales et physiques envers les soignants, l’ensemble des participants a condamné ces pratiques. Cependant, davantage que l’adhésion au message véhiculé par l’affiche en question, les réactions recueillies ont mis en lumière un élément de discours sous-jacent : les participants ont largement dénoncé le jugement moral porté par l’affiche, soulignant l’absence d’explications concernant les défaillances structurelles de l’État sur ces problématiques, susceptibles d’être à l’origine de ces agressions.
Les participants ont immédiatement pointé que, sur l’affiche, rien n’était dit du sous-effectif, de la saturation des services ou des interminables heures d’attente. Autrement dit, le poster condamnait un comportement individuel, sans évoquer aucun des facteurs structurels qui alimentent ces tensions.
Cette observation nous a conduits à constater que les messages de ce type ne se limitent pas à présenter une situation, mais qu’ils tendent à orienter le comportement des individus.
Une question est dès lors apparue centrale dans notre étude : les messages des affiches de santé visent-ils à éclairer ou à orienter le comportement des individus ? Autrement dit, le rôle social de ces affiches est-il d’« informer sur » ou plutôt « d’inciter à » ?
Partant de ce constat, nous nous sommes interrogées sur les mécanismes et les raisons qui amènent la communication publique à déplacer l’objet de ses messages et à transférer une responsabilité collective vers les individus.
Prévention plutôt que promotion de la santé ? Une confusion qui n’est jamais neutre
Dans le langage institutionnel, le terme prévention et l’expression promotion de la santé sont souvent employés comme s’ils allaient de soi, alors même qu’ils recouvrent des réalités très différentes.
La prévention, telle qu’elle est mise en scène dans la plupart des affiches, repose sur la discipline individuelle. Les messages proposés visent à éviter un risque ou l’aggravation d’une pathologie en demandant aux individus d’adopter un « bon » comportement : annuler un rendez-vous, se laver les mains, ne pas se rendre aux urgences pour un problème bénin, etc.
La promotion de la santé, quant à elle, vise à transformer l’environnement social pour rendre les comportements souhaités possibles. Cette approche relève d’une tout autre logique. Il ne s’agit plus seulement de dire aux individus quoi faire, mais de créer les conditions favorables à l’action : horaires adaptés, renforcement de l’accueil, simplification administrative, médiation linguistique, etc.
Sous les affiches rassurantes, un ordre social se dessine
Comme l’a montré le sociologue Érik Neveu, les messages de santé publique fabriquent une citoyenneté sanitaire sans conflits sans antagonismes, sans classes sociales, un espace où l’effacement des tensions donne l’illusion d’un consensus moral.
Si chacun adoptait les « bons réflexes », le système fonctionnerait mieux. Peu à peu, « informer » se mue en « orienter », « accompagner » en « commander », « prévenir » en « moraliser ». La santé, pensée hier comme un droit collectif, glisse vers un devoir individuel où le devoir de se soigner prend la place du droit à la santé.
C’est précisément dans ce basculement vers une responsabilisation individuelle que se joue l’ambiguïté des campagnes. Derrière l’apparente neutralité des messages, une confusion s’installe entre prévention et promotion de la santé.
Ce brouillage n’est jamais neutre car il laisse entendre que si le système dysfonctionne, c’est avant tout parce que les citoyens n’adoptent pas le comportement attendu. Autrement dit, derrière les appels au « bon sens » sanitaire se construit une véritable forme de gouvernement des conduites.
Comment la santé publique fabrique le « bon patient »
Pour saisir les ressorts de cette orientation, les travaux du philosophe français Michel Foucault et du sociologue britannique Nikolas Rose constituent un cadre d’analyse particulièrement opérant, en développant notamment la notion de biopolitique.
Le biopolitique désigne la manière dont le pouvoir s’exerce non plus uniquement sur les territoires et les lois, mais directement sur la vie des individus et des populations. En résumé : les institutions modernes gèrent également les populations par le biais de la santé, de la natalité, de l’hygiène, etc. L’État ne contrôle plus directement l’individu mais l’incite à s’autodiscipliner et à s’autoréguler.
Foucault montre ainsi que les institutions modernes gouvernent les populations en agissant sur leurs comportements : hygiène, sport, alimentation, gestion du « capital santé » comme on gère un capital économique. Rose prolonge cette réflexion en décrivant un citoyen sommé de devenir l’entrepreneur de son propre corps, toujours vigilant, anticipant, optimisant.
Dans les sociétés néolibérales, la santé devient une norme morale et identitaire, il y a donc « responsabilisation biologique ». Pour Rose, l’individu est sommé de devenir un acteur actif de sa propre santé, sous peine d’être considéré comme irresponsable, voire coupable. Dans ce cadre, ne pas être un « bon patient » devient presque une faute morale.
Cette reconfiguration du rôle du citoyen ne dépend pas seulement des dispositifs administratifs et politiques, elle s’exprime aussi dans la manière même dont les institutions prennent la parole. Le langage institutionnel ne se limite pas à relayer des faits. Il construit et impose en réalité une « vérité sociale », portée par l’autorité de celui qui énonce.
Abordées sous l’angle de la performativité du langage (Austin, 1962 ; Butler, 2004, ces affiches énoncent tout autant des comportements attendus qu’elles contribuent à produire la figure du « bon patient », celui qui est prévoyant, calme, discipliné, autonome, respectueux, et relègue à la défaillance, voire à la faute, celles et ceux qui s’en écartent.
Entre humour et culpabilité : comment une affiche produit le « bon usager »
L’affiche des « lapins posés aux rendez-vous médicaux » est un exemple très parlant de ce type de processus. Cette campagne de sensibilisation à la gestion du parcours de soin transforme un problème systémique en faute individuelle, à travers un dispositif graphique, langagier ainsi que moral, politiquement et économiquement pensé.
DR — l’Assurance maladie
L’affiche montre un lapin qui patiente sur une chaise dans une salle d’attente, accompagné du slogan : « Ne posez pas de lapin à un médecin. Annulez et votre rendez-vous profitera à quelqu’un. »
À partir d’un énoncé construit sur une métaphore légère (le lapin) et par l’usage d’un langage simple, familier, infantilisant ou humoristique (rime : lapin/médecin), on délivre un message culpabilisant.
On observe un contraste entre la légèreté de la formule et la gravité de la conséquence évoquée : la perte de temps médical. Le lecteur est face à un énoncé qui prescrit une conduite ou un comportement socialement/moralement requis : il faut annuler son rendez-vous !
Or, dans cette affiche, le patient est le seul acteur nommé et mis en cause, les raisons systémiques de la situation sont complètement effacées. Le fonctionnement, ou plutôt les dysfonctionnements, du système de santé aboutissant à ces annulations de dernières minutes n’est pas non plus questionné.
Le manque de praticiens peut en effet entraîner des délais de rendez-vous très longs, délais qui augmentent le risque de potentiels oublis de date. Certains patients peuvent rencontrer des difficultés à contacter le médecin ou son secrétariat pour annuler. Sans oublier que tous les patients ne maîtrisent pas nécessairement – ni techniquement ni linguistiquement – les plates-formes de rendez-vous. D’autres raisons peuvent aussi aboutir au fait que certains patients décident de ne pas se présenter au rendez-vous. On peut par exemple citer l’angoisse de l’annonce d’une maladie potentielle, qui peut faire tourner les talons à certaines personnes en dernière minute.
L’objet du message véhiculé par cette affiche est de culpabiliser les patients « défaillants ». À sa lecture, le lecteur est engagé dans une sorte de dette symbolique envers les soignants : « il n’y a déjà pas beaucoup de rendez-vous possibles donc en plus si on n’y va pas… C’est honteux ! »
Le soin se trouve ainsi dépolitisé ; c’est le comportement individuel – ici, le fait de ne pas honorer un rendez-vous – qui serait responsable de la dégradation du système, plutôt que ses limites structurelles. L’idée sous-jacente est claire et renvoie à l’opposition entre « bons usagers » et « usagers déviants », récurrente dans les discours institutionnels contemporains.
Autrement dit, l’individu est sommé d’être un citoyen discipliné et donc un acteur efficient de la santé publique. Ces éléments de discours mettent ainsi en œuvre une forme de paternalisme discursif et effacent une forme de dialogue en considérant le lecteur comme un sujet à éduquer plutôt qu’un citoyen à accompagner. Cet aspect renvoie au « registre autoritaire masqué », selon lequel « la violence symbolique s’exerce avec le consentement de ceux qui la subissent, par le biais du langage ».
Les affiches de santé ne sont pas neutres
Considérer les affiches de santé dans leur dimension sociale et linguistique permet de rappeler que la santé publique ne se réduit pas à convaincre chacun d’être un « bon patient », mais à construire collectivement les conditions qui rendent les « bons comportements » possibles.
En effet, cette polarisation entre « bon usager » et « usager déviant » reflète une logique de gestion néolibérale des comportements, où l’individu devient responsable du bon fonctionnement du système. L’orientation choisie pour élaborer ces campagnes tend à faire disparaître la dimension politique des questions de santé, comme les inégalités sociales, les politiques publiques ou les choix économiques.
Elle masque également les déterminants sociaux de la santé, tels que la précarité, l’environnement, le stress ou l’illettrisme. Tout cela se fait au profit d’un discours centré sur la volonté, l’effort et la discipline relevant d’une responsabilité individuelle et de choix présentés comme purement personnels et « naturels ».
Pour les publics précarisés et faiblement scolarisés, ces affiches deviennent alors une double peine : ils sont responsables selon la norme, bien qu’étant souvent incapables d’en saisir pleinement les codes.
Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.
In certain corners of the internet recently, people have been debating why “women can’t stop reading fairy porn”.
These discussions centre around the fantasy romance genre, also known as romantasy, which has exploded in both popularity and sales. Onyx Storm, Rebecca Yarros’s third book in The Empyrean series, was the fastest-selling adult novel in 20 years when published in early 2025, according to the New York Times. It sold more than 2.7m copies in its first week.
Bloomberg reported that romantasy was estimated to bring in US$ 610m (£455m) in sales in 2024, revitalising the publishing industry. These growing sales have made us, as feminist marketing scholars, interested in understanding this genre and its readers who swoon over muscular, handsome faerie princes and dream of dragon taming.
Traditionally, male readers have dominated fantasy fiction fandoms. As such, narratives centring female characters have often been sidelined in many of the most popular fantasy fiction books. Think of J.R.R. Tolkein’s Bilbo and Frodo Baggins from The Hobbit and The Lord of the Rings, or Fitz from Robin Hobb’s The Farseer Trilogy series.
Romantasy stories counter this, offering fantasy worlds where romance is a key plot point. The protagonists are often women and they centre women’s stories and women’s romantic relationships.
Female characters in these books set off on “hero journeys”, meet handsome and caring men along the way, experience romance and sexual pleasure, and defeat evil. In some ways, romantasy follows many familiar fantasy tropes, including good vs evil, medieval settings or magical schools, fantastical creatures and magical powers. However, they also incorporate tropes from romance – a genre that has historically sustained the publishing industry – such as enemies to lovers, forbidden love and forced proximity (oh no, there’s only one bed).
No one’s 20s and 30s look the same. You might be saving for a mortgage or just struggling to pay rent. You could be swiping dating apps, or trying to understand childcare. No matter your current challenges, our Quarter Life series has articles to share in the group chat, or just to remind you that you’re not alone.
Romantasy books, however, are often mistaken for erotica or “smut” for women. Readers sometimes rank books in terms of “spicy” levels indicating how salacious their storylines are. However, sexual content is not new to fantasy. Some of the most popular fantasy books, like George Martin’s A Song of Ice and Fire series (Game of Thrones), include frequent and graphic sex scenes.
Romantasy, however, has a distinct draw. These stories feature experiences of consensual sex and female-centred sexual pleasure while also tapping into complex themes. For instance, Rebecca Yarros’s Fourth Wing deals with chronic illness and Sarah J Mass’s A Court of Thornes and Roses deals with several traumas, including grooming, sexual abuse, war and poverty.
Romantasy authors, who are often women, aim to eschew the “male gaze” typical of much media, including literature. This is where, as feminist film scholar Laura Mulvey describes, women are often presented as passive objects for male sexual pleasure and viewing, rather than as active subjects with agency. For instance, in A Song of Ice and Fire and similar fantasy books, the sex often includes a form of violence against women.
Romantasy books instead centre the “female-gaze” in which female desire, power and identity are explored from a female point of view.
In the study we are working on, women have expressed that romantasy enables them to experience romantic and sexual fantasies that they might not experience in the real world, and helps them discover and experiment with their sexuality.
Younger readers we spoke to found liberation in reading about realistic and non-taboo representations of women’s romantic and sexual fantasies. Women from conservative cultures said they were inspired by female characters who are not afraid or ashamed to seek out sexual pleasure.
Romantasy books are not without their issues, however. Despite the female-centred narratives, some of the most popular books in the genre perpetuate heterosexual norms, either ignore racial and sexual diversity, or feature problematic and limiting representations of them. For example, Rebecca Yarros proudly states that Xaden, the male love interest character in Fourth Wing, is not white, without specifying which race he is – as though all non-white racial groups are the same.
However, in our study, we continue to find that even if all women (especially older women and women of colour) cannot connect to romantasy protagonists, they resonate with how these stories prioritise female pleasure and safety, with partners that are devoted to them. It is not only “smut” or “spice” that appeals to female readers, but more importantly, the acknowledgement of women as sexual subjects, rather than objects for male pleasure or targets of sexual violence.
While sex is an important part of romantasy, it is not erotica. Where erotica is all about the sex, often, the “spicy” content in romantasy only lasts a few pages and is a part of a broader romantic arc between the protagonist and the supporting male love interests.
As the genre continues to grow, we hope that romantasy is taken seriously by the publishing industry (it’s certainly benefiting from it) as well as by the wider public. Currently, the industry popularises TikTok viral books, resulting in repetitive, white-centric and heterosexual stories. There are, however, diverse representations to be found. For instance, The Emily Wilde series by Heather Fawcett or Paladin’s Grace by T. Kingfisher both feature women in their thirties and forties.
For queer representation and cosy romance, there’s Legends and Lattes by Travis Baldree. Additionally, books by women of colour, like The Inheritance Trilogy by N.K. Jemisin, and The Adventures of Amina al-Sirafi by Shannon Chakraborty, feature racial and ethnically diverse characters in a fantasy setting with a romantic subplot.
Perhaps in time, like with other genre writing, publishers and readers will seek out, support and promote more diverse stories in romantasy that will appeal to all kinds of women.
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The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.
Labour insists the delays are needed because of ongoing local authority reorganisation. Opponents allege the decision has more to do with opinion polls that show both parties losing out badly to Reform, the Lib Dems and the Greens.
Who knows which is true? But it’s all yet another reminder that the UK’s formerly cosy, two-party system seems to be falling apart in front of our eyes.
In a year that holds the potential for electoral gains in councils and in races for the Welsh Senedd and Scottish parliament, what we used to refer to as country’s “minor” parties will have to run many campaigns.
In order to take full advantage of that fragmentation, they ideally need boots on the ground – people prepared to knock on doors and push leaflets through letter boxes in order to encourage supporters to actually get out and vote. These days, it’s also useful to have people willing to create (or at least share) content online.
That raises the question: who do they have? Given that the people who do the most campaigning for parties are its members, we can start by looking at how these numbers are distributed around the country. Reform makes big splashes in the national media, but does it have people who know the ground in the Vale of Clwyd?
My colleagues and I – the party members project run out of Queen Mary University of London and the University of Sussex – have looked into this in a newly published report.
It’s one thing to have plenty of party members – and there have been huge surges in people joining both the Greens and Reform since we conducted our surveys around the time of the 2024 election – but it matters where they’re located and how much they’re prepared to do.
Obviously, it helps to have members in those areas of the country that, opinion polls suggest, are particularly fertile territory. This may well be the case for the Lib Dems and for Reform, although Reform leader Nigel Farage will surely be hoping that that he’s managed to recruit a few more members in Wales and in London since we did our field work.
At that time, just 8% of Reform members were located in Wales, compared to 30% in the south of England. Only 12% of members were in London, where every borough has a council election in 2026.
As for the Greens, they look rather thinly spread. Like Reform, there’s more of a presence in the south, where 32% of members are to be found. But in London it’s 12%, although it looks like that might be changing fast and for the better in some parts of the capital.
Certainly, irrespective of which region they’re located in, if Green party members live in those multicultural urban areas where Labour looks vulnerable, then they could still prove very useful in May.
How useful members are, of course, also depends on whether they’re willing to actually help out. At the 2024 election, from which our data is derived, around a third of all Lib Dem and Reform UK members, devoted no time at all to their party’s campaign efforts. The Tories, Greens and Labour had it even worse. Around half of their members put no time in.
Digging a bit deeper into the kind of activities members do reveals some interesting differences. In the increasingly important online world, it looks as if the Greens and Reform UK may well have something of an advantage. Their members were more likely to share social media content about their party than members of the Lib Dems and Conservatives.
Which party members are active on social media? T Bale, CC BY-ND
On the doorstep, however, it’s the Lib Dems who are right up there. Some 37% of Lib Dems delivered leaflets to people’s homes in 2024 – a figure that rises to 59% if we ignore those members who told us they’d done nothing for the party during the election.
This is one of the reasons, along with continued Conservative weakness, why, in spite of them being paid far less attention than current media darlings, the Greens and Reform UK, Lib Dem leader Ed Davey’s often underrated party stands to do well in the spring.
Reform’s membership performed less impressively in 2024 – only 20% delivered leaflets, albeit a figure that rises to 34% if we take those members who did nothing at all out of the equation. The figures for canvassing (a rather more demanding activity which parties often struggle to persuade members to help with) – 12% and 21% – are much lower.
A key question for Farage, then, will be how he can motivate the people who’ve flooded into his party (boosting its membership to over 270,000) to get out on the doorstep or at least hit the phones in order to contact voters. Zack Polanski faces a similar challenge when it comes to the 150,000 people who now belong to the Greens, most of whom have joined since he took over as leader.
Campaigning by members isn’t everything, of course. Activists who aren’t members play a part, as does top-down, national campaigning – even in local elections. Still, these figures do give some insight into the strengths and weaknesses of party organisation around the country at the start of what looks set to be a crucial set of elections this spring.
Want more politics coverage from academic experts? Every week, we bring you informed analysis of developments in government and fact check the claims being made.
In Iran, protestors and especially militants are being subjected to an extremely violent crackdown with shooting aimed at their eyes. Blinding the enemy who dares to dispute the powers that be, is the latest act of repression to go down in the country’s long history.
Over the course of the Iranian dissident action in recent years, and during the nationwide Women, Life, Freedom movement in 2022 the frequency of eye injuries inflicted upon protestors has come under public scrutiny. Women, young people and students, often passers-by even, have literally lost an eye, or their – eyesight – from buckshot or close-range projectiles. A tactic by security forces that we are now witnessing again: lawyer and 2003 Peace Nobel laureate Shirin Ebadi estimated on 9 January that “at least 400 people have been admitted to hospital in Tehran with firearm-related eye injuries since protests kicked off at the start of the year.
Such brutal use of force reveals far more than just police slip-ups. These acts are part of a political rhetoric that is echoed throughout Iran’s long history, in which aiming for the eyes symbolically signifies stripping someone of their personal, political capital.
A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!
Power lies in the eye of the beholder
In ancient Iranian political culture, power and the eyes are inextricably linked. I see, therefore I know; I see, therefore, I judge; I see, therefore I govern. This concept runs throughout Iran’s literary and political realms. For instance, in the Shahnameh (Book of Kings) by Ferdowsi (10th Century), blindness constitutes a narrative marker of political and cosmic decline: heralding the loss of farr (divine glory), the principle of the legitimisation of power as a durable, symbolic disqualification of the exercise of sovereignty. Being blinded is synonymous with being fallen.
In the Shahnameh, the passage where Rustam blinds Esfandiar with an arrow is an edifying scene for Iran’s political realm: by targeting the eyes, the tale overtly associates the loss of vision with the disqualification of power and an end to all grounds for claiming sovereignty.
Historically, blindness was used as a political neutralising weapon. It was a way of eliminating a rival – prince or dignitary – without spilling blood, which was considered sacrilegious where the elite was concerned. Blind people weren’t executed, they were eradicated from the political arena.
The Shah of Persia Abbas the Great (who ruled from 1588 until his death in 1629) blinded several of his sons and grandsons whom he suspected of plotting against him or opposing succession to the throne.
In 1742, Nader Shah ordered for his son, then heir to the throne Reza Qoli Mirza to be blinded, an emblematic act of political silencing practices in Persia.
From blinding rituals to blinding to maintain security: why are protestors’ eyes so frequently in the firing line of Iranian security forces?
The Islamic Republic does not lay claim to blinding as punishment, but the massive repetition of eye injuries during contemporary repression reveals a symbolic continuity.
Once rare, targeted and admitted to, the use of blinding is now widespread, denied by the authorities, carried out using weapons termed “non-lethal” and rarely sanctioned.
Yet its political role of neutralising without killing, strike the body to deter and prevent further dissent still remains comparable.
In contemporary Iran, the eyes have become a political weapon. Demonstrators film, document and diffuse what they see. Images circulate, reach the borders and weaken the government’s narrative. When the eyes are hit, you can’t see or show others, putting a stop to filming, identifying and witnessing.
The target isn’t just the individual’s point of view; it’s the broader vision that connects the streets of Iran with international public opinion.
Unlike the act of blinding in ancient times that was reserved for the male elite, nowadays eye-related violence mainly is targeted at women and young people. The female gaze, independent, freed from all ideological control, for the world to see becomes politically intolerable for a regime founded on dictating the body and what should be seen.
A continuum of visible brutality
The ongoing repression following on from mass protest action that kicked off in late December 2025, intensified after a nationwide Internet blackout, blatantly sought to reduce exposure of the acts of violence inflicted on protestors.
Independent medical reports and witness accounts described hospitals as being overwhelmed with casualties – specifically eye-related – along with a rise in crowd-control involving firearms with real bullets, documented in several Iranian provinces. These injuries confirm that the body and particularly, the ability to see and report, are still the main target of repressive rule.
Beyond the figures, women’s first-hand accounts tell a different tale of these contemporary practices. While Iranian society has witnessed women spearheading activist movements since Mahsa Jina Amini’s killing in 2022 – some of whom were deliberately blinded during protests –, such injuries symbolise both crackdown efforts to cancel out the independent female gaze posing a political threat to the establishment; and the resistance of these injured, yet defiant women bearing mutilated faces, who are living proof of Iranian repression.
History isn’t confined to a distant past of political neutralisation: it is impregnated by women of today’s personal bodily experiences, where eye trauma can be interpreted as exploitative violence and a sign of a political struggle that revolves around the field of vision.
The body becomes ‘capital’: the ultimate sovereignty
The Islamic Republic may have broken away from the monarchy’s sacredness, but the ancient principle by which the body is perceived as capital that holds personal power, is still intact. While monarchs resorted to blinding their subjects in order to protect their dynasties, security forces use mutilation to ensure its survival.
This strategy produces a paradoxical effect. In Persia, blinding was used as a weapon of political destruction in ancient times. Today, it makes the regime’s brutality visible for all to see. As mutilated faces are in circulation, victims become symbols and the eyes they have lost become a testimony to Iran’s profound crisis of democratic legitimacy.
History doesn’t repeat itself but it lives on through gestures. By shooting at the eyes, the Iranian government revives the old rule book for domination: take away an individual’s ability to see and you politically eliminate them.
Firouzeh Nahavandi ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.