En Afrique de l’Ouest, deux modèles de souveraineté face à face

Source: The Conversation – in French – By Christian Abadioko Sambou, Dr en Sciences Politiques, spécialiste en paix & sécurité, Université Numérique Cheikh Hamidou Kane

Depuis les luttes d’indépendance, la souveraineté occupe une place centrale dans les débats politiques africains. Elle renvoie à la conquête de l’autonomie, la quête de légitimité et la capacité des États à définir librement leur destin. Cette quête est continue et en lien profond avec l’histoire coloniale des Etats ouest-africains.

L’émergence de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso et Niger– en septembre 2023, a ravivé ces débats ? plaçant au coeur des discussions les notions de souveraineté, de panafricanisme, de démocratie, alimentant les discussions à travers les médias classiques et sociaux. La souveraineté est ainsi devenue un marqueur idéologique structurant, cristallisant des oppositions entre des « pro-0ccident » vs « pro-bloc sino-russe ».

Cette recomposition se manifeste à travers deux dynamiques distinctes: d’un côté, l’AES qui prône une souveraineté de rupture, articulée autour de la sécurité, de la dignité nationale et du rejet des tutelles extérieures ; de l’autre, des démocraties consolidées comme le Sénégal, le Cap-Vert, le Bénin et le Ghana, qui défendent une posture fondée sur la légitimité électorale, la coopération régionale et l’ouverture internationale dans une égale dignité, comme fondement de leur souveraineté internationale.

Pour avoir étudié les régimes politiques et les questions de gouvernance en Afrique de l’Ouest, j’ai observé que là où les régimes militaires du Sahel central revendiquent une souveraineté défensive, parfois exclusive, les États démocratiques côtiers manifestent une autonomie de décision politique basée sur une tradition d’ouverture internationale.

Dès lors, une question s’impose : quels facteurs expliquent la divergence entre ces deux conceptions de la souveraineté en Afrique de l’Ouest, et que révèlent-elles des transformations actuelles de l’État postcolonial africain ?

Deux conceptions de la souveraineté

L’usage contemporain de la souveraineté en Afrique de l’Ouest renvoie moins à une définition juridique univoque qu’à deux idéaux-types de gouvernement, construits à partir de trajectoires politiques contrastées.

La souveraineté de rupture : l’Alliance des États du Sahel

Le premier idéal-type est celui d’une souveraineté de rupture, incarnée par l’Alliance des Etats du Sahel (AES), née de la Charte du Liptako-Gourma en septembre 2023. Dans ce modèle, la souveraineté cesse d’être exclusivement nationale pour prendre une forme régionalisée, articulée autour d’une architecture de défense collective et d’assistance mutuelle (article 2 de la Charte). Elle est pensée comme une capacité à protéger, à combattre le terrorisme et la criminalité en bande organisée (article 4 de la Charte).

Trois piliers structurent cette souveraineté. D’abord, la sécurité comme fondement premier de l’État : l’autorité souveraine se légitime par la lutte contre le terrorisme et la reconquête territoriale. Ensuite, un discours panafricaniste de rupture, qui présente la souveraineté comme émancipation vis-à-vis des puissances occidentales et des institutions régionales jugées dépendantes.

Enfin, la volonté de reconstruire un État fort et centralisé, où l’armée devient l’acteur principal de la refondation nationale et du contrôle des ressources stratégiques. La souveraineté y est défensive, symbolique et identitaire, indissociable de la dignité nationale et de la survie de l’État.

Plus que la lutte contre le terrorisme, l’objectif de l’alliance est fondamentalement politique et souverainiste. A ce propos, le président de transition du Mali Assimi Goïta dans son discours à la nation du 31 décembre 2025, déclarait :

L’année qui s’achève a consacré une avancée majeure dans notre combat pour la souveraineté avec la consolidation de l’Alliance des États du Sahel. Avec le Burkina Faso et le Niger, nous avons choisi l’unité, la solidarité et la défense collective comme réponses aux défis sécuritaires, politiques et économiques auxquels nos peuples sont confrontés.

La souveraineté de consolidation : les démocraties côtières stabilisées

À l’opposé, le second idéal-type est celui d’une souveraineté de consolidation, portée par des États côtiers comme le Sénégal, le Cap-Vert, le Bénin ou le Ghana. Ici, la souveraineté repose sur la légitimité électorale, la stabilité institutionnelle et la continuité de l’État de droit. Elle ne s’exerce pas contre l’ordre régional, mais à travers lui. Le président du Sénégal Bassirou Diomaye Faye déclarait lors de son discours d’investiture le 2 avril 2024 que

le Sénégal doit exercer pleinement sa souveraineté, dans le respect de ses engagements internationaux, mais en plaçant en priorité les intérêts du peuple sénégalais.

Ces États conçoivent la souveraineté comme une capacité d’action collective, fondée sur la coopération, l’intégration régionale et le multilatéralisme, notamment au sein de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). La souveraineté n’y est pas synonyme d’isolement, mais d’influence partagée et de consolidation progressive de l’État.

Cinq points de divergence

Ces deux modèles se distinguent à travers cinq indicateurs.

– La centralité de la force armée

La souveraineté est pratique et se mesure à la capacité des armées à protéger, à sécuriser des territoires, à administrer, à user et imposer la force. Dans l’espace AES, la souveraineté est associée à la puissance militaire. Ainsi le militaire est partout comme instrument de coercition et au cœur du pouvoir politique. La sanctuarisation de l’état d’urgence, la médiatisation des succès militaires, la rhétorique de la guerre et la mise en scène d’un Etat protecteur participent à l’entretien de cette souveraineté militaire défensive.

En contraste, dans les démocraties côtières, la souveraineté repose moins sur l’omniprésence du militaire que sur la primauté de l’Etat de droit. La sécurité est une politique publique soumise au contrôle civil parlementaire. Toutefois au regard du contexte régional, l’insécurité constitue un défi et justifie un renforcement des capacités étatiques et une attention aux armées.

– Les fondements de la légitimité politique

La distinction entre les deux modèles est forte autour de cet indicateur. Dans les régimes de l’AES la légitimité n’est pas fondée par les urnes. Les transitions sont prolongées et perdent leur sens. L’insécurité fragilise les institutions. Le pouvoir repose sur la force populaire, pas sur les urnes. Les dirigeants cherchent légitimité par la rue plutôt que par la démocratie.

Dans les États dits démocraties stabilisées, la souveraineté est indissociable de la légitimité électorale.Les citoyens refusent tout report ou blocage des élections. Pourtant, dans certains pays, l’exclusion des principaux opposants dévoie la compétition électorale.

Dans les deux modèles la souveraineté cherche à s’ancrer dans une forme de reconnaissance populaire, mais par des mécanismes radicalement différents.

– Sécurité et droits

Pour les régimes militaires, la sécurité est une priorité absolue. Elle justifie ainsi la suspension ou la relativisation de droits et libertés. Au nom d’un état d’urgence, la lutte contre le terrorisme et la survie de l’Etat priment sur les garanties individuelles.

A l’inverse dans les souverainismes démocratiques, la sécurité est liée aux droits, à la justice, à la gouvernance inclusive. La souveraineté elle-même repose sur un cadre juridique.

– Place des oppositions et des contre-pouvoirs

La conséquence du tout sécuritaire dans l’espace AES est la remise en cause de la place centrale des oppositions politiques, des contre-pouvoirs dans la gouvernance politique. Les droits et libertés sont largement restreints. Les oppositions politiques sont écartées et la presse encadrée.

Les régimes militaires protègent leur légitimité face aux menaces internes.
Dans les souverainismes démocratiques, le pluralisme et les libertés garantissent la légitimité de l’État.

– Rapport à l’international et à l’intégration régionale

Enfin les régimes de l’AES défendent une souveraineté de rupture vis-à-vis des institutions régionales et des partenaires occidentaux, accusés d’ingérence. Cette posture ne signifie pas l’autarcie : elle s’accompagne d’alliances alternatives (Russie, Chine) et d’une affirmation d’idéologie panafricaine parfois présentée en modèle sahélien.

Les démocraties côtières assument une souveraineté coopérative, fondée sur le multilatéralisme, la Cedeao, l’intégration régionale. La souveraineté ici n’est pas exclusive ou contre l’international mais à travers lui.

Les facteurs de la divergence

Les divergences s’enracinent dans des contextes historiques, politiques et économiques profondément asymétriques.

– Un contexte sécuritaire asymétrique

Le premier facteur explicatif tient à la géographie différenciée de la violence armée. Le Sahel central est devenu l’épicentre de l’insécurité depuis 2010.
L’expansion des groupes djihadistes et la porosité des frontières ont affaibli l’autorité étatique. La souveraineté devient une urgence existentielle face à cette crise. La militarisation du pouvoir s’impose comme réponse pour préserver l’unité et la survie de l’État.

À l’inverse, les États côtiers comme le Sénégal ou le Ghana n’ont pas connu une telle intensité de violence armée. Cette relative stabilité sécuritaire a permis la continuité institutionnelle, la consolidation de l’État de droit et une souveraineté pensée dans la durée plutôt que dans l’urgence.

– Dynamiques politiques et crise différenciée de la légitimité démocratique

Le second facteur est politique. Dans l’espace AES, la montée des régimes de transition reflète une crise électorale. Les coups d’État et la perte de confiance expliquent le recul de la démocratie. Cette « fatigue démocratique » nourrit un souverainisme sahélien. Le peuple devient source directe du pouvoir, par la rue et le soutien populaire.

À l’inverse, dans les démocraties côtières, les alternances régulières consolident la confiance. La souveraineté y reste liée au suffrage et au respect des procédures.

– Des économies politiques contrastées

Les structures économiques jouent un rôle clé. Les pays enclavés du Sahel dépendent d’économies agro-extractives fragiles. Les conflits ont désorganisé la production et affaibli l’État. Cela renforce la tentation d’un pouvoir autoritaire centré sur les ressources.

De leur côté, les États côtiers, plus diversifiés et ouverts, privilégient la stabilité et l’intégration économique régionale.

– Reconfigurations géopolitiques et rapports à l’international

Enfin, les divergences tiennent à de profondes recompositions géopolitiques. Au Sahel, le retrait occidental et la rupture avec la Cedeao ont favorisé une souveraineté de défiance. Les régimes militaires recherchent des alliances alternatives. La souveraineté y devient protection et affirmation identitaire.

À l’opposé, le Sénégal et le Ghana privilégient, eux, une souveraineté coopérative.
Ils s’inscrivent dans le multilatéralisme, tout en redéfinissant certains partenariats, notamment militaires. Au Sénégal, les autorités, tout en privilégiant des relations coopératives, ont remis en cause des accords de défense avec la France et rendu effectif le retrait des armées françaises du sol sénégalais.

Que retenir ?

Les deux modèles de souveraineté qui coexistent aujourd’hui en Afrique de l’Ouest ne sont pas des anomalies, mais les expressions d’une même quête d’autonomie dans des contextes différenciés.

Le souverainisme de rupture de l’AES répond à une crise de survie étatique, tandis que celui du Sénégal, du Ghana, du Cap-Vert, du Bénin, repose sur la stabilité institutionnelle et cherche à consolider une autonomie de décision à travers les institutions démocratiques.

Ces trajectoires traduisent deux manières d’adapter la souveraineté africaine au monde contemporain : l’une par la résistance et le refoulement de la tutelle occidentale, l’autre par l’intégration régionale politique et éconnomique.

The Conversation

Christian Abadioko Sambou does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. En Afrique de l’Ouest, deux modèles de souveraineté face à face – https://theconversation.com/en-afrique-de-louest-deux-modeles-de-souverainete-face-a-face-273188

Mark Carney’s Davos speech marks a major departure from Canada’s usual approach to the U.S.

Source: The Conversation – Canada – By Stewart Prest, Lecturer, Political Science, University of British Columbia

It was a moment of global clarity. Prime Minister Mark Carney’s speech to the world’s political and economic elite gathered in Davos this week described global realities, past and present, with a candour and nuance rarely heard from a serving politician.

The message was twofold.

First, Carney made clear that the world has changed, and the old comfortable ways of global politics are not coming back. Those who wait for sanity to return are waiting in vain. We are in a world increasingly shaped by the threat and the use of hard power. All states must accept that reality.

Despite this, Carney’s second and more hopeful message was that while the globally powerful may act unilaterally, others — notably “middle powers” like Canada — are not helpless.

By finding ways to co-operate on areas of shared interest, states like Canada can pool their limited resources to build what amounts to a flexible network of co-operative ties. Taken together they can provide an alternative to simply rolling over and taking whatever great powers like the United States dole out.

There’s also little choice in the matter if countries want to remain independent. As he eloquently put it: “If we’re not at the table, we’re on the menu.

From ‘elbows up’ to capitulation, and back

The speech represented a remarkable departure from Canada’s usual approach to its relationship its neighbour to the south.

For all the talk of “elbows up” during the 2025 federal election campaign, the Carney government has been somewhat ambivalent since then. It’s placed its hopes in achieving a renewed trading relationship and normalized relations with the U.S. through a combination of good faith negotiations and a steady stream of conciliatory gestures on issues that seemed to matter most to U.S. President Donald Trump.




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That resulted in Canada committing significant funds to combat a largely non-existent fentanyl trafficking problem and to meet American demands for increased military funding. At times the conciliation verged on placation, as when Canada unilaterally ended relatiatory tariffs on American goods to no discernible effect.

This strategy clearly was not working, however, as Carney made clear in Davos.

While neither America, nor Trump, were mentioned by name, there’s no doubt who’s driving the dramatic global changes Carney was describing. At times the veneer became very thin as Carney reiterated Canada’s support for the sovereignty of Greenland as a territory of Denmark.

In fact, the speech was remarkably blunt in its rebuke of America’s foreign policy during Trump’s second term, drawing attention, as others have, to how U.S. actions leave almost everyone, including Americans, worse off.

Trump’s response

That not-so-subtle barb was not lost on the audience, either in the room or across the Atlantic in the White House.

Trump wasted little time in firing back in the manner and style the world has become accustomed to. During his own address to the World Economic Forum the next day, Trump delivered a rambling and at times confusing speech.

He reiterated his intent to annex Greenland while confusing the island multiple times with neighbouring and also sovereign Iceland, and he took time to single out Carney by name.

“Canada lives because of the United States,” he said. “Remember that, Mark, next time you make your statements.”

The comments provided helpful proof of Carney’s argument, demonstrating the naked threat of power by the American president to coerce its neighbour and ostensible ally. It revealed the kind of “gangster” mindset we see often from Trump, as he effectively said: “Nice country, Mark. Be a shame if something happened to it.”

Critique of past

As blunt as Carney’s assessment of the present was — that the rules-based, liberal international order has faded away — in some ways his critique of the past was even more remarkable. The prime minister spoke with a candour one wouldn’t expect to find at the podium at Davos.

Effectively, Carney correctly characterized the old order as one defined as much by its hypocrisy as by its rules. He acknowledged that countries like Canada benefited from a system in which rules are applied unevenly, and superpowers continue to shape outcomes.

This idea, along with the the need to look ahead in order to survive a new order, appeared to underpin Carney’s exhortation not to mourn the rapidly vanishing old order.

Carney clearly hopes a new system may emerge that is not only more resilient to diverse and unpredictable threats, but is more honest and just.

By finding common ground on shared issues, middle powers can act in accordance with their own values and interests, instead of deferring to the proclaimed values of global power that are frequently violated in practice. Power will always matter, but it doesn’t have to be all that matters.

History in the making?

Carney’s Davos remarks were powerful by any measure. But will he back up his words with action in the months and years ahead?

His speech was met with a rousing standing ovation, and has justly received plaudits from around the world for its clear-eyed description of a less forgiving world order and its vision for how states like Canada can continue to thrive within it.

Whether it proves a speech for the ages, however, depends on what happens next. If Canada is serious about charting a new path, distinct from the great powers of the world, it must do more than talk. Acts like deploying symbolic forces to Greenland if necessary will show a seriousness of purpose. Canada cannot expect others to stand with it if it doesn’t stand with them.

Similarly, Canada must reject schemes like Trump’s “board of peace,” a thinly disguised attempt to replace institutions of global governance with a body composed by and serving at the president’s whim.

Carney has captured the world’s attention with this speech. There’s a lot hanging on what he does with that attention.

The Conversation

Stewart Prest does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Mark Carney’s Davos speech marks a major departure from Canada’s usual approach to the U.S. – https://theconversation.com/mark-carneys-davos-speech-marks-a-major-departure-from-canadas-usual-approach-to-the-u-s-274090

‘Pluribus’: qué hace humano al ser humano

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Ángel Agejas Esteban, Catedrático de Ética y Deontología, Universidad Francisco de Vitoria

Rhea Seehorn en el centro de una escena en _Pluribus_. Apple TV

Una de las series televisivas más aclamadas de los últimos meses, Pluribus, tiene la virtud de hacernos reflexionar a través de su narración. Como sucede con la obra de los grandes artistas, la ficción plasma de forma intuitiva cuestiones de hondo calado antropológico: ¿qué valor tiene el individuo?, ¿cómo logramos nuestra identidad?, ¿en qué consiste la felicidad?

El arranque del primer capítulo nos sumerge de lleno en una distopía: un virus extraterrestre ha infectado a toda la humanidad. Bueno, no a toda: una serie de personas dispersas por el globo resultan ser inmunes. El virus, como el soma de la novela Un mundo feliz de Huxley, anula a los individuos y los convierte en una amalgama de seres indiferenciados, una mente colmena en la que todos sienten y piensan lo mismo, y en la que todos son, supuestamente, felices. ¿Qué harán las excepciones a la regla?

Tráiler de la primera temporada de Pluribus.

La genialidad del creador de la serie, Vince Gilligan (también responsable de Breaking Bad y Better Call Saul) sitúa a la protagonista ante un dilema: unirse a los felices o resistir. A diferencia de lo que sucedía con el personaje principal de Breaking Bad (cuya decisión inicial de fabricar droga le ataba a una espiral de decadencia), la escritora Carol Sturka quiere plantar cara, pero a veces duda, se rebela, se siente tentada a ceder… Nos caiga bien o mal por su modo de ser, serán sus constantes decisiones, tomadas en total libertad, las que nos provoquen atracción o repulsa.

Al hilo de esto podemos apuntar algunas ideas que nos ayuden a pensar qué nos constituye como individuos y qué nos destruye.

‘De muchos, uno’

Anverso del Gran Sello de los Estados Unidos en el que se ve escrito 'e pluribus unum'.
Anverso del Gran Sello de los Estados Unidos.
U.S. Government

El título de la serie alude a la máxima latina que aparece en el escudo de los Estados Unidos, “E pluribus unum”: “de muchos, uno”. Recogía la experiencia de las primeras trece colonias que se unieron para formar un solo estado.

Pero si le damos una vuelta, todo grupo social implica pluralidad de miembros. Somos individuos, sí, pero no aislados. Y somos individuos porque vivimos en sociedad. A la hora de querer explicar cómo se da esa relación entre individuo y grupo sin privilegiar a uno sobre el otro, no cualquier teoría pasa la prueba del algodón

Particularmente valiosa en este sentido es la filosofía de Julián Marías. A partir de la sentencia de Ortega y Gasset “Yo soy yo y mi circunstancia, y si no la salvo a ella no me salvo yo”, Marías, su discípulo, desarrolló su propia reflexión. Según él, la circunstancia contribuye a nuestra identidad porque ésta se descubre en el encuentro con el entorno (los “qués”, las cosas) pero, sobre todo, con el otro (el “quién”, las personas).

Libertad y creatividad

¿Es casual que la protagonista sea una escritora de novelas románticas? No parece que la aportación de Sturka vaya a pasar a la historia de la literatura universal. Sin embargo, tenía miles de seguidores que encontraban en sus libros claves para entenderse a sí mismos y para pensarse en una relación valiosa.

Marías nos dice que la persona se encarna en una realidad concreta, en una estructura empírica por la que nos instalamos en el mundo. Su filosofía no entiende la identidad personal como una idea abstracta y desvinculada de lo real, sino como una instalación en el mundo. La identidad es un relato. Cada individuo tiene que escribir el suyo y no seguir una pauta externa impuesta.

Una mujer se graba hablándole a una cámara de vídeo.
Carol busca dejar constancia de todo lo que pasa.
Apple TV

Ya en Aristóteles encontramos tres claves que hoy siguen mostrando su potencial teórico. La primera es que el ser humano es un animal político. La segunda, que todos los seres aprendemos de los demás por mímesis, por imitación. Y la tercera, que lo que nos eleva a la plenitud no es la imitación de los otros, sino aquellas acciones que se encaminan a la felicidad.

El verdadero manual de ética de este filósofo griego lo encontramos en su Poética, no en el tratado que escribió a su hijo Nicómaco. ¿Por qué? Porque cada individuo cimenta su individualidad en la narración de su propia vida, en el diálogo de encuentros y desencuentros con los demás. Por eso no hay una felicidad definitiva, ni igual para todos, ni homogénea… Si suprimimos el espacio de la creatividad personal, anulamos a la persona.

Individuos en sociedad

Marías construye en La estructura social uno de los intentos más lúcidos por articular la antropología con la sociología. La sociedad es el ámbito natural en el que cada individuo expresa lo que es y cómo lo desarrolla en relación con los demás.

Hay un dato de esa estructura social que ayuda a describir lo que sucede en la serie. Igual que todo ser humano tiene unos órganos que nos permiten vivir, la sociedad tiene unas vigencias. Lo que está vigente (creencias, usos y costumbres) no lo elegimos, lo encontramos (lengua, leyes…), pero cada individuo se configura a sí mismo dialogando o luchando con ellos. Por el contrario, los humanos contagiados en la serie no dialogan con nada ni con nadie. Siempre dan la razón, como un algoritmo de la complaciente IA.

Una mujer de pie entre mucha gente tumbada.
Una entre todos.
Apple TV

Felices ¿para siempre?

Aspiramos a ser felices, sí. Pero, definitivamente, no como en la serie: ser feliz no es ser anodino. Carol Sturka es perfecta como protagonista porque no lo es como persona. Ninguno lo somos, aunque busquemos configurar nuestro modo de ser de la mejor manera posible. Ella añora los momentos de felicidad vividos antes de que ese virus alienígena absorbiera todas las mentes y anulara todos los corazones. Y busca otros nuevos.

Como expresa el escritor griego Cavafis en su poema Ítaca , la felicidad primigenia se reencuentra en un viaje rico en experiencias y conocimientos. Por eso Marías habla de la identidad personal de cada uno como “innovación radical”, porque es el resultado de la trayectoria recorrida por cada uno, de la vida entendida como biografía.

En el mundo de Pluribus, un mundo en el que todos son iguales, no hay innovación radical, no hay identidad individual, solo fotocopias.

The Conversation

José Ángel Agejas Esteban no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ‘Pluribus’: qué hace humano al ser humano – https://theconversation.com/pluribus-que-hace-humano-al-ser-humano-273719

¿Está justificado el control de las urracas mediante su caza o captura?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Gabriel Martínez, Catedrático de Zoología, Universidad de Granada

Una pareja de urracas. Kike.garcia.85/Shutterstock

En diciembre de 2025, la Junta de Andalucía aprobó una orden que establecía nuevos métodos de captura de depredadores cinegéticos, aquellos que son controlados mediante la caza, como zorros, jabalíes y urracas.

Estas especies ya se consideraban antes cinegéticas y se podían cazar mediante armas de fuego, cetrería o perros de madriguera. Pero, con la nueva normativa,
se homologan otros métodos de control en el marco de los planes técnicos de caza, e incluso en terrenos no cinegéticos dentro de contextos justificados.

Entre las nuevas técnicas de captura admitidas están los lazos para zorros, los capturaderos para jabalíes y las jaulas metálicas para urracas. Sin entrar en la discusión de si esta ampliación de métodos es apropiada, si son más o menos selectivos o qué criterios deberían usarse para autorizarlos –cuestiones todas que merecen sin duda una reflexión–, resulta necesario hablar de la necesidad de controlar las urracas y otros córvidos.

La urraca: una sospechosa habitual

Debido a su costumbre de alimentarse de huevos y pollos de otras especies de aves, como las perdices, las urracas tienen mala fama, fundamentalmente entre agricultores y cazadores.

Consideradas como depredadores generalistas, están incluidas en la lista de especies cinegéticas, y en ocasiones se plantea la necesidad de controlarlas. Sin embargo, estudios sobre la dieta de las urracas muestran que estas aves se alimentan principalmente de invertebrados, especialmente insectos, semillas y frutas. Con cierta frecuencia se alimentan de carroña y solo en ocasiones capturan pequeños vertebrados, como topillos, o depredan sobre huevos y pollos de otras aves.

Las urracas no son, pues, depredadores en el sentido más popular del término, que deja fuera a los consumidores de insectos e invertebrados, sino que hablamos de aves omnívoras que a veces comen vertebrados. Y aunque se las considere el principal sospechoso de la depredación de nidos, esta es practicada más frecuentemente por otras especies.

Dos estudios diferentes llevados a cabo con cámaras con el fin de identificar diversos depredadores –uno realizado en Francia y otro en Portugal– mostraron que las cornejas, otro tipo de córvidos, depredaban entre 3 y 20 veces más nidos que las urracas.

Otro trabajo de Reino Unido desveló que especies como los erizos, los tejones o los arrendajos –este último también de la familia de los córvidos– son más a menudo responsables de la depredación de nidos que las urracas. Los autores destacaron el papel casi inofensivo de nuestras protagonistas.




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Sin conclusiones claras

Para que los planes de control tengan sentido, se debe tener claro que las especies de depredadores producen perjuicios en las especies presa. Y en el caso de la urraca no hay evidencias claras. Algunos estudios experimentales que eliminaron a esta especie y a otros animales depredadores potenciales de lugares concretos y luego midieron el éxito de los nidos (la productividad) y la abundancia de sus poblaciones en años posteriores, solo encontraron pruebas de un efecto positivo a corto plazo. La retirada de los depredadores potenciales mejoró el éxito de los nidos, y solo para algunas especies presa.

Sin embargo, no hubo efectos sobre la abundancia de las especies a largo plazo.
Como en la mayoría de estos trabajos se retiraron varios depredadores al mismo tiempo, el impacto de las urracas en el éxito de los nidos no queda claro. Un estudio en el que se retiraron solamente las urracas mostró que esta medida solo fue positiva para una de las 10 especies estudiadas.

Y una revisión que incluyó todas las investigaciones en la línea de la anterior concluyó que, si bien el impacto negativo de los córvidos sobre otras especies es pequeño, se trata de un efecto sobre la productividad (corto plazo) más que sobre la abundancia (largo plazo). Y que son más responsables las cornejas que las urracas.

De hecho, la evidencia científica apunta a que, aunque las urracas pueden tener un impacto sobre la productividad en áreas y especies particulares, no tienen un efecto global en las tendencias poblacionales de las especies de pájaros que potencialmente pueden depredar.




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Los beneficios de una especie clave para los ecosistemas

Sabemos que la regulación de depredadores puede tener efectos beneficiosos a corto plazo para algunas presas, y que el control cinegético de urracas, así como el de zorros, disminuye el tamaño de sus poblaciones. Sin embargo, muchos gestores de cotos también saben que, a veces, la matanza de decenas de urracas no se traduce en una medida tan efectiva, ya sea porque se eliminan solo ejemplares juveniles o bien por la llegada de nuevos individuos desde otras zonas.

Para ser efectivo, el control debe ser sostenido en el tiempo, lo que lo convierte en una estrategia difícil y cara. Además, los estudios hechos con otros depredadores generalistas, como cuervos, cornejas o zorros, sugieren que controlar las poblaciones no tiene efecto a largo plazo. Si no hay evidencias de un impacto negativo de las urracas sobre la abundancia de otras especies, ¿por qué controlarlas?

Por otro lado, las urracas traen grandes beneficios a nuestros hábitats gracias a
que cumplen un papel ecológico en el control de algunas especies que pueden resultar perjudiciales para nuestros intereses, como roedores o insectos.
Además de constituir presas habituales de muchos depredadores en peligro de extinción, como algunas rapaces y mamíferos carnívoros, pueden llegar a funcionar como ingenieros de ecosistemas, dispersando semillas de árboles como las encinas, los quejigos o los nogales.

Aún asumiendo que en algunos casos concretos sus poblaciones llegan a ser grandes, sería deseable que los gobiernos sopesasen bien la necesidad de controlar el número de individuos, considerando que sus efectos negativos a largo plazo sobre otras especies no están suficientemente documentados.

The Conversation

Juan Gabriel Martínez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado

ref. ¿Está justificado el control de las urracas mediante su caza o captura? – https://theconversation.com/esta-justificado-el-control-de-las-urracas-mediante-su-caza-o-captura-273662

Redes sociales reales frente a las virtuales: cómo la participación protege el bienestar juvenil

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mª Pilar Rodrigo Moriche, Prof. Ayudante Doctor del departamento de Pedagogía – Directora Escuela UAM de Animación, Universidad Autónoma de Madrid

Dos estudiantes de arte participan en un evento de The Conversation con el Parque de las Ciencias de Granada sobre bienestar digital. Elena Sanz.

Las redes sociales virtuales han cambiado la forma en que las personas nos relacionamos y participamos en causas sociales: facilitan, por un lado, el acceso y la comunicación, pero por otro acaban frecuentemente llevando al cansancio emocional, al exceso de exposición y a la sensación de soledad. Así lo cuenta Marina, una joven activista que participó en nuestra investigación: “Son un arma de doble filo: muy útiles para algunas cosas pero también te quitan mucho tiempo y energía”.

En nuestro proyecto de investigación HEBE, centrado en el empoderamiento y la participación social, exploramos cómo las personas jóvenes encuentran sentido, crean vínculos y se sienten bien en espacios fuera de internet. Los resultados indican que participar en la comunidad en persona y de forma voluntaria no solo fortalece su bienestar, sino que también los protege. Por ejemplo, Marina hace años que participa en una entidad cultural y social de su municipio. Junto a otros jóvenes organizan actividades de ocio, en defensa del territorio o en respuesta a emergencias sociales.

Individualismo y desafección colectiva

Los jóvenes que participan en asociaciones, grupos culturales, deportivos o de ocio educativo desarrollan un fuerte sentido de pertenencia. Este sentimiento surge en la interacción cara a cara y en la acción compartida. Además, actúa como factor de protección frente al malestar psicológico.




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Otros estudios confirman la diferencia entre la participación real y la que se realiza en línea: las plataformas de internet facilitan las interacciones sociales, pero que estas interacciones sean realmente valiosas depende de cómo sean de significativas, cuánto nos importen y con quiénes las mantengamos.

“Estar en el grupo me ayuda a desconectar del ruido de las redes”, nos han dicho algunos de los jóvenes que han participado en nuestro estudio. “Aquí puedo ser yo sin filtros” o “Me siento útil” son observaciones frecuentes, que muestran cómo los espacios de interacción física, cara a cara, no solo sirven para socializar, también ayudan a organizarse y afrontar retos personales y colectivos.

Aprendizajes fuera de internet

La investigación también muestra que estos espacios de participación permiten desarrollar capacidades muy valiosas para la vida. Entre ellas encontramos el saber comunicarse, controlar emociones, resolver conflictos, pensar de forma crítica y organizarse. Son aprendizajes esenciales para vivir mejor y para que la sociedad funcione. Por ejemplo, ayudan a identificar y expresar sentimientos y motivaciones, reflexionar y cuestionar prejuicios y estereotipos; o bien a desarrollar capacidad de agencia individual o colectiva, es decir, la convicción de poder efectuar cambios en sus contextos.




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Cómo fomentar la comunicación cara a cara entre los adolescentes


Adquirir estas habilidades hace que los jóvenes se sientan empoderados, porque ellos y ellas son quienes deciden y actúan sobre lo que afecta a sus propias vidas. Y también, participan en decisiones y colaboran de forma responsable en lo que afecta al grupo del que forman parte.

Ciberactivismo frente a participación real

Las redes sociales han creado nuevas formas de activismo juvenil. Son rápidas, visibles y llegan a todo el mundo, pero también son inestables.

El ciberactivismo usa las redes para organizarse y difundir ideas. Esto plantea debates interesantes entre los jóvenes, que observan cómo participar en espacios comunitarios ofrece una dimensión más profunda y sostenida del compromiso social. No se trata de recibir me gusta, sino de crear vínculos. No de viralidad, sino de transformación.

Los jóvenes que hemos entrevistado consideran que el activismo digital es un complemento al activismo tradicional, no un sustituto. Marina lo pregunta claramente: “¿Entonces compartes una publicación y ya no te organizas ni te movilizas?”.

El proyecto HEBE muestra que muchos jóvenes combinan ambas formas. Sin embargo, valoran más las que les permiten “poner el cuerpo”, “sentirse parte” y “ver el impacto directo” de sus acciones.

Aunque hoy cuesta imaginar la participación sin internet, ellos y ellas se preguntan si estas prácticas son efectivas. Especialmente cuando no se conectan con acciones reales en el mundo físico.

Ocio educativo y bienestar

Hoy existe una gran preocupación por la salud mental juvenil. Por eso, es importante mirar más allá de las pantallas.

Fomentar el voluntariado –como colaborar en actividades solidarias–, el ocio educativo –vivir experiencias de ocio que enseñan, como un taller de teatro–, la educación en el tiempo libre –aprovechar ese espacio para formarse, por ejemplo, en un curso de monitor de tiempo libre– y la participación comunitaria —implicarse en proyectos comunitarios— no solo es una estrategia educativa, sino que también mejora el bienestar personal y colectivo.

Un ejemplo es la Escuela UAM de Animación, que ofrece formación en ocio y tiempo libre. La escuela crea un escenario donde descubren las oportunidades del campus y las redes que les conectan con la comunidad desde este ámbito. A través de acciones de formación, dinamización y participación se visibilizan posibilidades y se activa la implicación de los jóvenes en proyectos de la comunidad universitaria. De este modo, no solo se adquieren competencias, sino que también conectamos y nos transformamos.

Los estudios muestran que cuando participan, estos chicos y chicas se sienten mejor y más conectados. No obstante, cabe recordar que no debemos aspirar a que la participación “surja” siempre de manera espontánea de los jóvenes: el entorno familiar y personal, así como el contexto social, político e institucional, influyen y pueden favorecerlo u obstaculizarlo.

Las políticas públicas, los profesionales de juventud y las comunidades tienen la capacidad de abrir espacios y valorar estas prácticas. Deben facilitar que todos los jóvenes que lo deseen puedan acceder a estos espacios y oportunidades, con la garantía de condiciones equitativas y sin barreras.

Porque participar no es solo opinar o compartir una publicación digital. Es construir, convivir, transformar. Y también, cuidar(se).

The Conversation

Mª Pilar Rodrigo Moriche recibe fondos del Proyecto HEBE (Proyecto Ref.: PID2023-147368OB-I0 financiado por MICIU/AEI /10.13039/501100011033 y por FEDER, UE.)

Lara Morcillo Sanchez recibe fondos del Proyecto HEBE (Proyecto Ref.: PID2023-147368OB-I0 financiado por MICIU/AEI /10.13039/501100011033 y por FEDER, UE.)

ref. Redes sociales reales frente a las virtuales: cómo la participación protege el bienestar juvenil – https://theconversation.com/redes-sociales-reales-frente-a-las-virtuales-como-la-participacion-protege-el-bienestar-juvenil-269566

Matar de hambre al cáncer con grasa: una nueva terapia celular basada en los adipocitos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Enrico Castroflorio, Neurocientífico especializado en función sináptica y lípidos, Universitat de les Illes Balears

Durante décadas, la palabra “grasa” ha tenido mala prensa en biomedicina. Sin embargo, un trabajo reciente propone algo contraintuitivo: usar sus células para frenar el crecimiento de los tumores.

Lejos de alimentar al cáncer, ciertos adipocitos, las células especializadas en almacenar energía en forma de grasa, pueden convertirse en competidores metabólicos tan eficaces que dejan a las tumorales sin los recursos que necesitan para proliferar.

El talón de Aquiles metabólico del cáncer

Las células cancerosas crecen y se dividen rápidamente, y para ello requieren grandes cantidades de energía y bloques de construcción moleculares. Por eso, muchos tumores “reprograman” su metabolismo para captar más glucosa, lípidos y otros nutrientes del entorno.

Estudios previos ya habían mostrado que la activación de la grasa parda, un tipo de tejido adiposo especializado en quemar energía para producir calor, puede ralentizar el crecimiento tumoral. El problema es que activar este tejido mediante exposición prolongada al frío no es práctico ni eficaz en todos los pacientes (especialmente en personas mayores, ya que la grasa parda es mucho menos activa en edades avanzadas).

Reprogramar adipocitos para competir con el tumor

La nueva estrategia parte de una observación sencilla: los adipocitos no son solo almacenes pasivos de grasa, sino células metabólicamente activas y fácilmente manipulables. Pueden aislarse mediante liposucción, modificarse genéticamente en el laboratorio y reimplantarse en el organismo, una práctica ya habitual en cirugía plástica y reconstructiva.

Aprovechando estas características, investigadores de la Universidad de California en San Francisco diseñaron adipocitos capaces de “quemar” grandes cantidades de nutrientes. Para ello, forzaron la expresión de una proteína clave, UCP1, que normalmente se encuentra en la grasa parda y permite disipar energía en forma de calor en la mitocondria.

El resultado son adipocitos blancos reprogramados que consumen glucosa y ácidos grasos a un ritmo muy elevado, como si fueran adipocitos pardos. Cuando estas células modificadas se cultivan junto a células tumorales, el crecimiento del cáncer se reduce de forma notable. Lo más llamativo es que este efecto se observa incluso sin contacto directo entre ambos tipos celulares, lo que indica que la competencia por los nutrientes del medio es suficiente para frenar al tumor.




Leer más:
La segunda vida de la grasa: una rica fuente de células madre para crear terapias avanzadas


Resultados prometedores en modelos animales

Este enfoque se ha probado también en modelos de cáncer de mama y páncreas en ratones. Como demostró otro estudio, al implantar adipocitos modificados cerca del tumor, la progresión del cáncer se ralentizó de manera significativa en comparación con animales que recibieron adipocitos no modificados.

Además, esta terapia puede encenderse o apagarse usando fármacos o implantes celulares que se pueden colocar y retirar fácilmente. Así es posible activar o desactivar el “modo consumidor” de los adipocitos según convenga, lo que añade una capa importante de seguridad y flexibilidad terapéutica.

Un aspecto especialmente interesante es que la estrategia no se limita a un solo tipo de metabolismo tumoral. Los autores del trabajo demostraron que los adipocitos pueden programarse para consumir no solo glucosa o ácidos grasos, sino también otros metabolitos. Esa opción permitiría adaptar la terapia al perfil metabólico específico de cada cáncer.

Una terapia celular con potencial clínico aunque con limitaciones

El nuevo enfoque, denominado por sus autores como “trasplante de manipulación adiposa” (AMT por sus siglas en inglés), recuerda a terapias celulares ya consolidadas, como las CAR-T, que consiste en extraer células inmunitarias del propio paciente, modificarlas y reintroducirlas con un fin terapéutico.

La ventaja de AMT es que los procedimientos necesarios, la extracción y trasplante de grasa, ya se utilizan de forma rutinaria en la práctica clínica. Además, los adipocitos son células robustas, fáciles de mantener y con una potente capacidad endocrina, lo que abre la puerta a combinarlos con otras estrategias, como la secreción controlada de factores antitumorales.

No obstante, como toda investigación preclínica, el estudio tiene sus limitaciones. Los resultados se han obtenido en cultivos celulares y en modelos animales. Aún no sabemos qué cantidad de adipocitos serían necesarios para obtener un beneficio terapéutico en humanos, ni cuál sería el perfil completo de seguridad a largo plazo. También será fundamental entender mejor cómo interactúan estas células de grasa con el microambiente tumoral y con el resto del organismo.

Cambiar nuestra concepción de la grasa

Más allá de su aplicación directa, este trabajo invita a replantear el papel del tejido adiposo en la enfermedad. La grasa deja de ser un actor secundario para convertirse en una herramienta terapéutica activa, capaz de explotar una de las mayores debilidades del cáncer: su adicción a los nutrientes.

Si futuros estudios confirman su eficacia y seguridad en humanos, “matar de hambre” al tumor usando grasa podría convertirse en una nueva arma en el arsenal contra el cáncer, lo cual nos brinda otro ejemplo de cómo entender la biología fundamental puede abrir caminos terapéuticos inesperados.

The Conversation

Enrico Castroflorio recibe fondos de Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidad, y Agencia Estadal de Investigación. Trabaja como investigador senior para Laminar Pharmaceuticals y es Profesor y Colaborador de Universidad de las Islas Baleares (UIB).

ref. Matar de hambre al cáncer con grasa: una nueva terapia celular basada en los adipocitos – https://theconversation.com/matar-de-hambre-al-cancer-con-grasa-una-nueva-terapia-celular-basada-en-los-adipocitos-272388

Secadores de manos o toallitas desechables: ¿quién gana la batalla contra los microbios en los baños públicos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Rivas González, Catedrático de Microbiología. Miembro de la Sociedad Española de Microbiología., Universidad de Salamanca

Mike_shots/Shutterstock

Un adulto promedio orina más de 2 000 veces al año y la mayoría de las personas sanas van al baño entre 8 y 10 veces al día. Justo después, si siguen las recomendaciones de los Centros para el Control y la Prevención de Enfermedades de Estados Unidos (CDC), deberían lavarse las manos. No hay que olvidar que un solo gramo de heces humanas –aproximadamente el peso de un clip– puede contener un billón de gérmenes.

Mientras que los microorganismos residentes de las manos forman parte de la microbiota cutánea habitual y desempeñan un papel protector en la salud, los transitorios se adquieren mediante actividades cotidianas, como el uso de los sanitarios o la manipulación de alimentos crudos. Aunque muchos de estos colonizadores temporales son inocuos, otros poseen un potencial patógeno capaz de propagar enfermedades.

Mantener las manos limpias es una de las mejores maneras de eliminar microorganismos nocivos, evitar enfermedades y prevenir la propagación de patógenos a otras personas. Las cifras indican que el correcto lavado de manos reduce la cantidad de personas que contraen diarrea entre un 23 % y un 40 %; disminuye las enfermedades respiratorias, como los resfriados, en la población general entre un 16 % y un 21 % y evita el absentismo escolar por enfermedades gastrointestinales entre un 29 % y un 57 %.

Pero ojo, porque para mantener las manos limpias no basta con un lavado de manos eficaz: también hay que secarlas. Al fin y al cabo, las manos húmedas tienen mayor probabilidad de transmitir microorganismos que las completamente secas.

¿Aire caliente, aire rápido o toallas de papel?

Los baños públicos disponen de diversas alternativas para el secado de manos, principalmente toallas de tela o papel y dispositivos eléctricos. Las toallas de tela y de papel secan las manos absorbiendo agua, mientras que los secadores eléctricos retiran la humedad de las manos con chorros de aire. Para ello recurren a un flujo de aire caliente (secadores de aire caliente) que evapora el agua o un flujo potente de aire a alta velocidad (secadores de aire a chorro) que la elimina.

Pues bien, aunque varios estudios han demostrado que el uso apropiado de toallas de papel o secadores de aire a chorro disminuye la cantidad de bacterias en las manos lavadas, se ha sugerido que los secadores de aire a chorro, debido a su método de eliminación de agua, pueden crear pequeños aerosoles que dispersan microorganismos en el aire del baño. De hecho, el proceso de secado de manos puede generar tanto los citados aerosoles –es decir, pequeñas partículas sólidas o líquidas suspendidas en el aire– como gotas “balísticas”, más grandes.

Los secadores de aire a chorro suelen generar más gotas balísticas que las toallas de papel. No obstante, debido a su mayor tamaño, estas se depositan rápidamente en el suelo o las paredes alrededor del dispositivo, lo que supone un riesgo relativamente bajo de transmisión de infecciones.

En términos de dispersión de microorganismos en el aire interior, la literatura es inconsistente. Varios estudios han demostrado concentraciones comparables de bacterias en el aire para secadores de aire a chorro y toallas de papel. Sin embargo, otros trabajos han identificado una mayor dispersión de bacterias y de virus en el aire al usar secadores eléctricos.

La industria ha respondido implementando filtros HEPA –del inglés High Efficiency Particulate Air, filtro de partículas de alta eficiencia– en los aparatos. Estos filtros están diseñados para atrapar al menos el 99,97 % de las partículas suspendidas en el aire con un diámetro igual o superior a 0,3 micras. Esto incluye polvo, polen, esporas de hongos y bacterias. En los secadores de manos equipados con filtro HEPA, normalmente modelos de alta gama, el aire entra en la unidad y pasa a través del filtro antes de llegar a las manos, lo que mitiga significativamente el riesgo de contaminación. Sin embargo, los filtros pierden eficacia con el tiempo y la carga de trabajo, por lo que es necesario realizar un mantenimiento correcto.

Si bien varias investigaciones han encontrado cierta relación entre los secadores de manos y la propagación de gérmenes a través de gotitas y aerosoles, la extensión y el alcance de la contaminación siguen sin estar claros y son necesarios más datos para inferir una conclusión correcta.

The Conversation

Raúl Rivas González no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Secadores de manos o toallitas desechables: ¿quién gana la batalla contra los microbios en los baños públicos? – https://theconversation.com/secadores-de-manos-o-toallitas-desechables-quien-gana-la-batalla-contra-los-microbios-en-los-banos-publicos-273128

¿Un mercado laboral diseñado para la obsolescencia?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ángel José Olaz Capitán, Profesor Titular de Sociología, Métodos y Técnicas de Investigación Social, Universidad de Murcia

Marina Demidiuk/Shutterstock

La sociedad occidental y sus hábitos de consumo invitan a practicar, casi de forma compulsiva, el comprar-usar-tirar. El ritmo es tan vertiginoso que reparar o sustituir un producto se convierte en algo complejo. ¿Las razones?: es difícil localizar la pieza averiada, el coste de reparación (coste de oportunidad) es mayor que si se compra uno nuevo, faltan personas cualificadas para hacer el trabajo y puede, incluso, que ya no se fabrique el componente necesario.

Acortar la vida útil

El concepto de lo desechable o eliminable está asociado a su reposición y, sin duda, guarda relación con la vida útil del producto. Cuando ya han cumplido su ciclo de vida, las cosas dejan de servir. Entonces, deben reponerse en su integridad por otras que cumplan las mismas funciones. Generalmente versiones mejoradas pero que aportan nuevas utilidades (no especialmente necesarias) y que, en su mayoría, se venden como una necesidad real. Recuerden lo que sucede con los móviles, los ordenadores, los televisores, los coches, etc.

Hace poco más de 100 años, el 23 de diciembre de 1924, nueve representantes de los principales fabricantes de bombillas acordaron estandarizar la duración de sus productos para que no existiera una sola bombilla que durara más de 1 000 horas. Así nació la obsolescencia programada. La idea era acortar su vida útil para poder vender más lámparas incandescentes. Hay una que se salvó y todavía puede verse encendida en el parque de bomberos de Livermore (California, EE. UU.).

¿Trabajadores obsolescentes?

A principios del siglo XX surgieron nuevos modelos productivos. Con el taylorismo y su organización científica del trabajo se estableció el control de los tiempos de realización de las tareas, y se dividieron y especializaron al máximo las funciones de los trabajadores para una mayor eficiencia.

En esa misma época, el fabricante de automóviles estadounidense Henry Ford cambiaría el diseño del trabajo al introducir en sus fábricas las cadenas de montaje para mejorar la productividad.

A medida en que la automatización del mercado laboral ha ido cosificando a las personas ha ido reduciendo su vida útil a un tiempo cada vez menor. En Europa, este periodo representa, en el mejor de los casos, [37,2 años].

¿Hasta qué punto los trabajadores pueden estar siendo sometidos a un proceso de obsolescencia programada?

Menos experiencia, mejor formación

Cumplir años genera efectos también en el mercado de trabajo. Aunque posible, es improbable ver a personas mayores de 55 años trabajando de dependientes en una franquicia de comida rápida o en una tienda de las grandes marcas globales de moda.

Las jubilaciones (sobre todo las anticipadas) marcan el fin de la vida laboral, la llegada de la obsolescencia laboral, y motivan la contratación de profesionales de nueva generación: trabajadores versión 2.0 con menos experiencia pero con una mejor formación, más adaptados a las innovaciones. A menudo, este reemplazo está peor pagado en aras de la reducción de costes y la mejora de la productividad.

Ganancia por trabajador (media anual, en euros)
FUENTE: INE, Jóvenes y mercado de trabajo (2025, T1).

Desde una perspectiva quizás más subjetiva, en determinados oficios de cara al público también puede observarse una cierta obsolescencia en el empleo juvenil: hostelería, tiendas de ropa low cost o de cosmética, gimnasios, entre otros.

Recambios laborales

La triada comprar-usar-tirar genera tensiones en el mercado de trabajo. Cuando se cosifica a las personas pueden acabar convertidas en excedentes y ser gestionadas como tales hasta quedar obsoletas al final de su ciclo de vida laboral. Hay serios indicios.

Un ejemplo: los contratos realizados a personas mayores de 55 años no alcanzan el 17 % del total. Además, este colectivo es el que más personas desempleadas tiene, con cifras cercanas al 60 %.


Fuente: INE, Informe del mercado de trabajo de las personas mayores de 45 años (2025).

Queda preguntarse si habrá empleo para todos y por siempre tal y como está concebido el sistema. Lógicamente, esto comporta que solo los individuos competencialmente mejor formados se afiancen, asegurando la mejor rentabilidad en los procesos de trabajo, mientras que quienes no lo estén quedarán más expuestos a los vaivenes del mercado de trabajo.

The Conversation

Ángel José Olaz Capitán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Un mercado laboral diseñado para la obsolescencia? – https://theconversation.com/un-mercado-laboral-disenado-para-la-obsolescencia-263838

Trump’s annexation of Greenland seemed imminent. Now it’s on much shakier ground.

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Eric Van Rythoven, Instructor in Political Science, Carleton University

Looking at headlines around the world, it seemed like United States President Donald Trump’s annexation of Greenland was imminent. Buoyed by the success of his military operation to oust Venezuelan President Nicolás Maduro, Trump has ratcheted up his rhetoric and is now threatening tariffs on any nation that opposes him.

Adding insult to injury, he’s openly mocked European leaders by posting their private messages and sharing an AI-generated image of himself raising the American flag over Greenland.

But behind these headlines a different story is emerging.

Trump’s military threats have toxic polling numbers with the American public. His Republican allies have openly threatened to revolt. European countries are rapidly sending reinforcements, raising the costs of any invasion. And Europeans are starting to think about what economic retaliation might look like.

Far from being inevitable, Trump’s Greenland gambit appears to be on increasingly shaky ground.

No good options

Trump has three options to take control of Greenland: diplomacy, money and military force. The latest diplomatic talks collapsed as Greenland and Denmark’s foreign ministers left the White House in “fundamental disagreement” over the future of the territory.

Simply buying the territory is a non-starter. Greenlanders have already said the territory is not for sale, and U.S. Congress is unwilling to foot the bill. That’s left military force, the worst possible option.

It’s difficult to convey in words just how stunningly unpopular this option is with Americans. A recent Ipsos poll found that just four per cent of Americans believe using military force to take Greenland is a good idea.

To put that in perspective, here are some policies that are more popular:

If your official foreign policy is less popular than pardoning drug traffickers, then your foreign policy might be in trouble.

Sensing this unpopularity, Trump has already begun to walk back his military threats. Using his platform at Davos, he claimed “I don’t have to use force. I don’t want to use force. I won’t use force.”

It is too early to tell whether Trump’s claims are sincere. Not long after claiming to be the “president of peace,” he was invading Venezuela and bombing Iran.

The broader point is that if diplomacy has failed, money is a non-starter, and now military action is ostensibly being taken off the table, then Trump has no good options.

The danger of defections

Trump’s political coalition, in fact, is increasingly fragile and in danger of defections. The Republican House majority has shrunk to a razor-thin margin, and Republicans are already signalling a loud break with Trump over Greenland.

Nebraska congressman Don Bacon recently told USA Today: “There’s so many Republicans mad about this … If he went through with the threats, I think it would be the end of his presidency.”

The situation in the Senate looks even worse. Multiple Republican senators have pledged to oppose any annexation, with Thom Tillis and Lisa Murkowski visiting Copenhagen to reassure the Danish government. With enough defections, Congress could sharply curtail Trump’s plans and force a humiliating climb-down.

There’s yet another danger of defection. Senior military officers can resign, retire or object to the legality of orders to attack America’s NATO allies. Just last year, Adm. Alvin Holsey, the leader of U.S. Southern Command, abruptly retired less than year into what is typically a multi-year posting.

Holsey’s departure came amid reports that he was questioning the legality of U.S. boat strikes in the Caribbean. Americans still have a high level of confidence in the military, so when senior officers suddenly leave, it can set off alarm bells.

Creating a tripwire

In recent days, Denmark and its European allies have rushed to send military reinforcements to Greenland. These forces, however, have no hope of defeating a committed American invasion. So why are they there?

In strategic studies, we call this a “tripwire force.” The reasoning is that any attack on this force will create strong pressures at home for governments to respond. Once Danes and Swedes — and other Europeans for that matter — see their soldiers being captured or killed, this will force their governments to escalate the conflict and retaliate against the United States.

The Trump administration would like to seize Greenland, face no European forces and suffer no consequences. But the entire point of a tripwire force is to deny easy wins and to signal that any attack would be met with costly escalation. It creates a price to invading Greenland for an administration that rarely wants to pay for anything.

The B-word

Amid the Trump administration’s threats, people are forced to grapple with what comes next. European governments are already quietly debating retaliation, including diplomatic, military and economic responses.

Chief among these is the European Union’s Anti-Coercion Instrument, colloquially known as the “trade bazooka,” that could significantly curb America’s access to the EU market.

But for ordinary Europeans a different B-word will come to mind: boycott.

Some Europeans began boycotting U.S. goods last year amid Trump’s trade threats — but never to the same level as Canadians. That could quickly change if the U.S. engages in a stunning betrayal of its European allies. Fresh anger and outrage could see Europeans follow Canada’s lead.

Trump repeatedly threatened Canada with annexation, and it triggered a transformation of Canadian consumer habits. Canadians travel to the U.S. less, buy less American food and alcohol and look for more home-grown alternatives. Despite Canada’s small population, these boycotts have caused pain for U.S. industries.

Now imagine a similar scenario with the EU. In 2024, the U.S. exported almost US$665 billion in goods and services to the EU. It’s one of the largest export markets for the U.S., fuelling thousands of jobs and businesses.

The real danger for American companies, however, is when consumer pressure moves upwards to governments and corporations. European governments and corporations who buy from American giants like Microsoft, Google and Boeing will start to see public pressure to buy European — or at least not American. America’s most valuable corporate brands risk being contaminated by the stigma of the U.S. government.

Will he, won’t he?

None of this will stop the Trump administration from trying. Trump’s own words — that there is “no going back” on his plans for Greenland — ensure he’s backed himself into corner.

The more likely scenario seems to be starting to play out — Trump will try and then fail. His threats to annex Greenland will likely be remembered next to “90 trade deals in 90 days” and “repeal and place” in the pantheon of failed Trump policies.

The tragedy here is not simply a Trump administration with desires that consistently exceeds its grasp. It’s that the stain of betraying America’s closest allies will linger long after this administration is gone.

The Conversation

Eric Van Rythoven does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Trump’s annexation of Greenland seemed imminent. Now it’s on much shakier ground. – https://theconversation.com/trumps-annexation-of-greenland-seemed-imminent-now-its-on-much-shakier-ground-273787

Bearing witness after the witnesses are gone: How to bring Holocaust education home for a new generation

Source: The Conversation – USA (3) – By Chad Gibbs, Assistant Professor of Jewish Studies, College of Charleston

Joe Engel, joined here by fellow Holocaust survivors Rose Goldberg and Diny K. Adkins, along with College of Charleston students, dedicated his later years to speaking about his experiences during the Holocaust. Courtesy of the Zucker/Goldberg Center for Holocaust Studies

Joe Engel was and remains an icon in Charleston, South Carolina. Born in Zakroczym, Poland, he survived Auschwitz and several other concentration camps and fought with the resistance before landing on American shores as a refugee in 1949.

After retirement from his dry-cleaning business, Engel focused his later years on Holocaust education. As part of these efforts, he took to sitting on downtown park benches wearing a name tag that read “Joe Engel, Holocaust Survivor: Ask me questions” – becoming the city’s first public memorial to the victims of Nazi genocide. Knowing he would not be here to impart his message forever, Engel and his friend and fellow survivor Pincus Kolender led a drive to install the permanent memorial that now stands in Charleston’s Marion Square park.

In 2021, I moved to the city to take up my role as a professor and director of Holocaust studies at the College of Charleston. I arrived just in time to meet Engel and to teach many local students who had met him. He died the following year, at age 95.

For years, historians, educators and Jewish groups have been considering how to teach about the Holocaust after the survivors have passed on. Few of today’s college students have ever met a Holocaust survivor. Those who have likely met a child survivor, with few personal memories before 1945. American veterans of the war are almost entirely unknown to our present students; many know nothing of their own family connections to World War II.

Time marches on, distance grows, and what we call “common knowledge” changes. One alarming study from 2018 revealed that 45% of American adults could not identify a single one of the over 40,000 Nazi camps and ghettos, while 41% of younger Americans believe that Nazi Germany killed substantially less than 6 million Jews during the Holocaust.

According to a 2025 study by the Claims Conference, there are somewhat more than 200,000 survivors still alive, though their median age is 87. It is sadly expected that 7 in 10 will pass away within the next decade. With their absence near, how can educators and community members bring this history home, decreasing the perceived distance between the students of today and the lessons of the Holocaust?

Bringing history home

One method that shows promise is helping students realize the connections of their own home and their own time to a genocide that might seem far away – both on the map and in the mind.

A faded, handwritten letter in blank ink, positioned against a brown surface.
A letter dated Dec. 27, 1938, sent from Malie Landsmann to her cousin Minnie Tewel Baum of South Carolina.
Courtesy of the Jewish Heritage Collection, Addlestone Library, College of Charleston

In classes on the Holocaust, I now use a set of letters sent by a family of Polish Jews to their relatives in Camden, South Carolina. The letters themselves are powerful sources demonstrating the increasing desperation of Malie Landsmann, the main writer. In 1938, she reached out to her cousin Minnie Tewel Baum, seeking help to escape Adolf Hitler’s Germany.

Even though the two had never met, Minnie tried everything to help her cousin and her family. In the end, however, she was not successful. American immigration barriers and murderous Nazi policy took their toll, with Malie, her husband, Chaim, and their two children, Ida and Peppi, all killed at Auschwitz.

These haunting letters demonstrate the connections of the war to small-town South Carolina. They give the Holocaust a real human face and a connection to places students know.

Letter collections like these are not rare. The College of Charleston holds a second, far larger group of letters, the Helen Stern Lipton Papers, which runs to over 170 pages of correspondence between family members in South Carolina, German-occupied Europe, Russia and even Central Asia. When I was a Ph.D. student, I participated in classes using the Sara Spira postcards sent from a series of ghettos in Poland to rural Wisconsin. Further archives exist all over the United States. Most communities have connections to the Holocaust, whether via artifacts, people with direct ties or both.

The important thing is to teach in ways that can break down the mental barriers created by time and space. It is indeed the same reason that the Auschwitz-Birkenau State Museum created a traveling exhibit called “Auschwitz. Not Long Ago. Not Far Away.”

Learning from descendants

As teachers and professors attempt to bridge these divides, they often invite the descendants of Holocaust survivors to their classes to speak. Descendants can retell the stories of their parents’ or ancestors’ perseverance and survival, but what is more important is their ability to put a human face on these events and show how they remain relevant in the lives of so many.

White roses placed on a sidewalk with four inlaid, bronze memorial stones, next to four candles and a framed family photo.
The Stolpersteine memorial to the Landsmann family, installed in Berlin in 2025.
Pablo Castagnola, Anzenberger Agency. Courtesy of the Zucker/Goldberg Center for Holocaust Studies

I take these short visits a step further in a class where students train as oral history interviewers, then conduct recorded conversations with a descendant of survivors. These meetings encourage discussion of family Holocaust history, but only after the student asks the descendant about how they learned about what happened to their parent, grandparent or great-grandparent, and how this might have weighed on their own life years after the war.

This is truly the point here. The most impactful parts of these recordings are almost always the discussions of legacies; of how the families that students meet still live with the enormity of Holocaust trauma.

When a descendant tells students about the past, that is important. But when a descendant speaks of what that past means for them, their family and their community, that is so much more.

Students gain firsthand knowledge of intergenerational trauma; the difficulties of rebuilding; the prevalence of anxiety, worry and depression in survivor homes; and so much more. All of this shows students in no uncertain ways how the Holocaust still has bearing on the lives of people in our communities.

History after memory: A path forward

What’s most heartening about these methods and their successes is what they reveal about what today’s students value. In the age of AI, Big Tech and omnipresent social media, I believe it is still – and maybe even more than ever – the real human connection.

A young woman and a man in a blue suit kneel by a small memorial installed on a sidewalk of paving stones.
Chad Gibbs with student Leah Davenport, who arranged for Stolpersteine to be installed outside the Landsmann family’s home in Berlin.
Pablo Castagnola, Anzenberger Agency. Courtesy of the Zucker/Goldberg Center for Holocaust Studies

Students are drawn in by the local connections and open up to the stories of real people, brought to them in person. Often, they launch their own research to better understand the letters.

One of my students even helped turn them into classroom materials, now used well beyond our own college. Another did the painstaking work to have four new Stolpersteine, or Stumbling Stone, memorials installed in Berlin to commemorate the Landsmann family.

Never having witnessed them myself, I can only imagine the impact of Joe Engel’s conversations on those park benches in downtown Charleston.

Nothing will ever truly replace the voices of the survivors, but I believe teachers and communities can carry on his work by making history feel local and personal. As everything around us seems to show each day, little could be more important than the lessons of these people, their sources and the Holocaust.

The Conversation

Chad Gibbs does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Bearing witness after the witnesses are gone: How to bring Holocaust education home for a new generation – https://theconversation.com/bearing-witness-after-the-witnesses-are-gone-how-to-bring-holocaust-education-home-for-a-new-generation-272491